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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 15:36

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Le  vitrail de Roncherolles à Beauvais : des révélations passionnantes ! 

Dans la cathédrale de Beauvais, le vitrail que je recherche se trouve dans la Chapelle du Sacré-Cœur — anciennement chapelle Sainte-Barbe—, dans le Transept nord. Réalisée en 1522, il est attribué, par son style reconnaissable, au maître-verrier  Engrand Le Prince dont d' autres réalisations sont à admirer dans l'église Saint-Étienne de Beauvais. 

Venu enquêter sur saint Christophe, je constaterais vite que nous étions ici devant la mise en scène muette d'un drame où se mêlent les famines et les épidémies, des cerfs apparaissant au fond des bois pour délivrer un message, des noyades miraculeusement évitées en traversant un gué, des plaies transmises à distance, et d'indicibles secrets.

  Des crânes à la mandibule grimaçante, de mystérieuses armoiries, des mots partiellement déchiffrés autour d'une tête, servaient d'indices pour comprendre les messages d'un réseau de gestes et de regards. La découverte d'un vieux manuscrit au fond de la bibliothèque d'un Arsenal m'apporta des éléments d'importance capitale. Mais quelque chose m'échappait.

C'est alors que j'arrivais à la fin de mes recherches, et que j'allais conclure sur mes pauvres trouvailles, que j'ai trouvé dans ma boîte à lettres un épais document intitulé "Pourquoi Louis de Roncherolles a-t-il commandé un vitrail pour Beauvais en 1522 ?".   Un Indiana Jones m'avait précédé pour fouiller ces tombes, et il se nommait COTHREN. Le Professeur Michael W. Cothren.

 

 

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http://www.swarthmore.edu/Humanities/art/Faculty/mwc/mcothren.html

 

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Derrière ces lunettes se cache le regard infaillible d'un des meilleurs spécialistes du vitrail gothique français, notamment pour les verrières de Saint-Denis, Rouen et Beauvais. Tandis qu'il prétend enseigner l'histoire de l'art à  Swarthmore College, U.S.A,  et  occuper le poste de  commissaire consultatif de vitraux médiévaux auprès du Musée de Glencairn (Bryn Athyn, Pennsylvanie), ou tandis qu'il feint de relire son livre sur les verrières du 13ème et 14ème siècle  de Beauvais pourtant publié en  2006, ou de s'intéresser aux  bols peints préhistoriques de la culture de Mimbres au sud-ouest du Nouveau-Mexique, c' est plutôt un shérif occupé à résoudre, derrière les piliers de la cathédrale de Beauvais,  les ténébreuses énigmes qui s'y cachent, avant de les raconter en bon adepte du storytelling. Car, à la différence de la plupart des chercheurs modernes de vitraux qui adoptent —selon lui— un angle de vue synchronique, découpant dans le rôti du Temps une fine tranche pour la contextualiser ensuite, Cothren  choisit une approche diachronique, retraçant l'histoire d'une verrière d'un monument particulier telle qu'elle a évolué à travers le temps, et en donnant un vrai récit d'aventure de l'édification d'un site.

Beauvais se prête volontiers à ce jeu de piste, car sa construction a commencé après l' incendie de 1225, qui détruisit totalement l'ancien chœur. Après une interruption dans les années 1230, le chœur ne fut achevé que dans les années 1260, et le 3 octobre 1272, les vêpres sont chantées dans le nouveau chœur . Peu de temps après, en 1284,  la rupture de l'arc-boutant supérieur provoque l'effondrement des voûtes et le chœur a été restauré ou  largement reconstruit entre les années 1290 et les années 1340. Les bras du transept n'ont été ajoutés au chœur que pendant la première moitié du XVIe siècle, mais depuis l'effondrement de la tour de croisée (construit dans les années 1560) a renversé en 1573, la cathédrale est reste inachevée et privée de nef.

 

Ancre

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Un beau jour de juillet 1982, ce digne disciple de Jane Hayward, de Gloria Gilmore House et de Catherine Brisac, cet auteur d'une thèse intitulée "The Thirteenth- and Fourteenth-Century Glazing of the Choir of the Cathedral of Beauvais". Ph.D. Diss. Columbia University, 1980,  était en train de déchiffrer le fil de l'histoire de Beauvais dans les vitraux du XVIe siècle du transept, eut une chance inespérée : il découvrit un échafaudage posé devant le vitrail de Roncherolles du transept nord.

Celui qui est entré un jour dans la chapelle du Sacré-Cœur pour admirer le vitrail de Roncherolles a constaté l' exiguïté des lieux, qui n'autorise pas le recul nécessaire, alors que la verrière est vue en contre-plongée . En-outre, le vitrail éclaire l'autel et son retable, dont l'accès est barré par une grille. Le problème s'aggrave si une fidèle trop dévote, plongée (mais trop peu) dans ses prières, vous lance des regards furibonds. Toutes mes photos, a fortiori celles du tympan, seront affectées par des distorsions pénalisantes.

 

Sur cette image du site http://www.cathedrale-beauvais.fr/, le vitrail est à l'extrême gauche : 

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On comprend donc M.A.Cothren lorsqu'il aperçut l'échafaudage que lui envoyait la Providence :

" Lors d'une visite à Beauvais le 10 Juillet 1982, je découvris un échafaudage érigé directement en face de la baie de Louis de Roncherolles dans la chapelle du transept nord-ouest. Face à ce qui est habituellement une situation unique dans une vie, sans me poser de questions, je sautais la barrière de la chapelle et me précipitais jusqu'à l'échelle. L'impression que ce vitrail fit sur moi à partir de ce point de vue rapproché était écrasante. La qualité technique de la peinture était étonnante. Cet Engrand Le Prince —- l'artiste à qui cette fenêtre est universellement attribuée — était un virtuose du vitrail reconnu par tous,  mais je ne m'étais jamais retrouvé assez proche de son travail pour en  évaluer la réputation. Comme je montais dans le monde de la verrière, toutefois, ce sont les figures de sa fiction plutôt que la virtuosité de son exécution qui me parlait le plus puissamment, qui me fit impression la plus durable, et qui me posait les questions les plus fascinantes. Je fus d'abord captivé par  le visage terreux et presque absent du donateur , Louis de Roncherolles, qui semblait raide et mal à l'aise, plus préoccupé par sa tenue héraldique, qu' au livre qui, devant lui, était censé être diriger ses prières. Son délicat et gracieux saint patron, le richement vêtu  Saint Louis semblait même plus distant, et semblait presque s'ennuyer . La femme de Louis, Françoise d'Halluin, cependant, m'est apparue plus calme, élégant, forte, même très à l'aise. Elle maîtrisait mieux sa posture, son costume, même son livre de prières. Son blason se distinguait parmi les nombreux autres qui parsèment la fenêtre par sa plus grande taille et son format inhabituel. Son patron, Saint François, n'a pas été un insipide mentor courtois, mais un saint homme passionné, adorant le Crucifix ailé après sa stigmatisation, impliqué dans le récit de sa propre vie plutôt que détaché pour participer à la sienne. Ma concentration sur ce côté de la fenêtre a été renforcé par ma fascination pour la représentation détaillée de la cathédrale de Beauvais dans l'arrière-plan ainsi que par une inscription énigmatique tournant en spirale dans le nimbe brillamment coloré au jaune d'argent de François. Mais je rencontrais la surprise la plus convaincante en haut de la verrière, où l'artiste avait situé la cathédrale une seconde fois, nichée dans l'arrière-plan, peint dans une délicate et délicieux grisaille. Je me suis vite rangé à la conclusion vertigineuse que cette image de la réalisation terrestre de la Jérusalem céleste avait été placée ici pour représenter la cité céleste elle-même dans une fenêtre qui était, elle-même, une partie de l'édifice représenté. Au moment où je suis descendu de l'échafaud, la parcelle de temps qui me séparait de Louis et de Françoise me semblait aussi insignifiant que celle qui les séparait de leurs patrons médiévaux dans la fiction de l'artiste. Paradoxalement, cependant, je sentais en même temps un réel besoin d'expliquer leur histoire à travers une meilleure compréhension de son contexte historique: une préoccupation certes synchronique, plutôt que diachronique ." (Traduction personnelle, au risque de mon incompétence).

 

 

 

Il est manifeste que Cothren a éprouvé sur son échafaudage, ce 10 juillet 1982, une collision temporelle semblable à celle que Freud décrivit lors de son malaise sur l'Acropole ou que Stendhal ressentit après sa visite de Santa Croce à Florence

[« J'étais dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »].

Je dois témoigner du fait que les troubles de ce "syndrome de Cothren" sont ressentis non seulement sur les échafaudages, mais aussi lorsqu'une œuvre d'art est auscultée à l'aide de jumelles ou d'un fort téléobjectif, et que l'on semble emporté par le vortex d'une chute vers les antipodes avant que le temps ne s'arrête comme pour l'heure du thé, où trempe une madeleine. 

 

  Descendu de ces hauteurs, Cothren rédigea un rapport de 14 pages avec la précision d'un médecin légiste et l'intuition d'un spirite. Il y développait la conviction que Louis de Roncherolles avait fait construire cette verrière à l'occasion du décès de sa chère Françoise. L'article est paru en 2001, élégamment introduit en exergue par cet incipit d'Alice au Pays des Merveilles où l'héroïne se demande : 

"...and what is the use of a book without pictures or conversations? .

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Je revendique mon statut de dilettante ; je picore ici ou là un bon morceau ; mais j'apprécie le travail professionnel radical, qui laisse derrière lui un os nettoyé à blanc, la moelle sucée, la vaisselle faite. Et une citation de Lewis Carroll en prime. 

Monté sur les épaules de cet américain qui m'a précédé, je  vais tenter, tout en faisant mon miel de son travail, de présenter mon grain de sel cristallisé lors de ma rencontre très rapprochée  avec le regard du saint Christophe de ce vitrail, et du trouble visionnaire qui m'a saisi . Ce sera ma seconde partie (II). Mais auparavant, je dois faire de longues présentations. C'est l'objet de cette première partie.

 

 



 

 

Dans la cathédrale de Beauvais, le vitrail que je recherche se trouve dans la Chapelle du Sacré-Cœur — anciennement chapelle Sainte-Barbe—, dans le Transept nord. Réalisée en 1522, il est attribué, par son style reconnaissable, au maître-verrier  Engrand Le Prince dont d' autres réalisations sont à admirer dans l'église Saint-Etienne de Beauvais. 

La verrière est montée dans une baie de 11 mètres de haut et 3 mètres de large, à trois lancettes trilobées juxtaposées et un tympan ajouré. Chaque lancette comprend douze panneaux superposés (têtes de lancettes comprises). Elle a été commanditée par  Louis de Roncherolles, conseiller et chambellan du roi gouverneur de Péronne, Roye et Montdidier, et par son épouse Françoise d'Halluin, : on y trouve donc leurs  figures en donataires agenouillés sur leur prie-dieu et  présentés respectivement par leur patron  saint Louis et  saint François. Le seigneur de Roncherolles devait être, comme les autres nobles, un chasseur acharné, et, comme tel, particulièrement dévoué à saint Hubert à qui il dédia une chapelle dans son château de Roncherolles dans le Vexin près de Rouen. Il décéda en 1538 et fut inhumé à Ecouis.

Une monographie de D. barbier consacrée à Louis Halluin indique :

Elle mourut vers 1523, date à laquelle ses entrailles furent inhumées dans le choeur de l'église de Maignelay. Son corps reposait avec celui de son mari dans la collégiale d'Ecouis (Eure) où ils étaient encore représentés en gisants mais le sarcophage était cette fois-ci décoré de vertus et très italianisant. Ce couple nous a laissé encore deux témoignages de son mécénat ; d'abord un livre d'heures enluminé (Arsenal, mss 1191), dans lequel, au folio 103, nous trouvons une très belle représentation des armes de la famille d'Halluin de Piennes et des armes des Ghistelles et enfin un vitrail à la cathédrale de Beauvais, chapelle du Sacré-Coeur où malheureusement les restaurateurs ont remplacé les armes des d'Halluin par celles du chapitre de Beauvais, tout en conservant l'écu de Piennes qu'ils ont placé au milieu de la composition... 

On distingue commodément deux registres iconographiques. Dans le registre inférieur, une Pietà est encadrée par les donateurs présentés par leur saint patron : saint Louis (à gauche), portant son manteau fleurdelisé et le collier de l'ordre de Saint-Michel, présente Louis de Roncherolles agenouillé en prière et vêtu d'une armure ; saint François d'Assise (à droite) présente Françoise d'Halluin agenouillée en prière devant un livre. En arrière-plan se trouve une ville figurée en grisaille.

Dans le registre supérieur de la lancette centrale, se trouve un Christ en croix  entre la Vierge  et saint Jean. A gauche se trouve la représentation de l'apparition à saint Hubert d'un cerf blanc portant dans ses bois la croix du Christ ; il est entouré de ses chines et de son cheval.

C'est à droite que se trouve le saint Christophe qui suscite ma curiosité. en prière (à gauche), accompagné d'un ange portant une étole et des attributs relatifs à sa passion pour la chasse (un cor de chasse, trois chiens, un cheval et un cerf) ; et saint Christophe (à droite) portant le Christ enfant sur ses épaules, ainsi qu'une branche de palmier.

Le tympan accueille le Couronnement de la Vierge. 

La datation est établie grâce à l'inscription lisible sur l'auréole de saint François : L'AN MIL VC XXII DURANT LA FAMINE CAGR... E... ANT MORT CESTE VERRIERE.

Nombreuses armoiries (description en annexe), notamment : armes de Louis de Roncherolles en bas à gauche, de Françoise d'Halluin en bas à droite, armes de l'évêché et du chapitre de Beauvais.

Les armoiries présentes dans le vitrail

A. Lancettes

Registre inférieur :

- A gauche : armes de Louis de Roncherolles (écu 1) : écartelé, aux 1 et au 4 d'argent à deux fasces de gueules ; aux 2 et 3 d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or ; sur le tout, d'or au lion de sable.

- A droite : armes de son épouse, Françoise d'Halluin (écu 2) : mi-parti, au 1 : écartelé, en a : d'argent à deux fasces de gueules, en b : d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or (armes de son époux) ; au 2 : d'argent à deux lions de sable, en abîme : demi-écu d'azur à la fasce d'or. Ce demi-écu est abîmé, il faut sans doute restituer : d'azur à la fasce d'or accompagnées de (n) billettes du même, la moitié 2 de l'écu formant alors les armes de Louis d'Halluin (armes d'Halluin et de Piennes en abîme), père de la donatrice.

Registre supérieur :

A gauche (près de saint Hubert), deux écus :

- écu 3 : écartelé, aux 1 et au 4 d'argent à deux fasces de gueules ; aux 2 et 3 d'argent à la croix de gueules chargée de six coquilles d'or ; sur le tout, de gueules à trois pals d'argent, au chef d'or.

- écu 4 : de gueules à trois pals de vair, au chef d'argent. A l'origine le chef était probablement d'or, le jaune d'argent s'étant perdu. On peut donc restituer ici les armes des Châtillon (Marguerite de Châtillon était la mère de Louis de Roncherolles).

A droite (près de saint Christophe), trois écus :

- écu 5 : de gueules à la croix d'or cantonnée de quatre clés du même (armes du chapitre de la cathédrale).

- écu 6 : d'azur à la fasce d'or, accompagnée de six billettes (?) du même, 3 en chef et 3 en pointe (armes de Piennes).

- écu 7 : de gueules au chevron d'hermine, à une étoile d'argent en pointe. Il faut restituer : à trois étoiles d'argent (cf. Barraud, p. 54) qui sont les armes de Lorgeril, ou : à trois étoiles d'or (avec la perte du jaune d'argent), qui sont les armes de Jeanne de Gistelles, mère de Françoise d'Halluin.

Au sommet des trois lancettes :

- écu 8 (moderne) : d'azur à deux fasces d'argent (armes de la famille de Marigny : cf. Barraud, p. 52).

- écu 9 : d'or à la croix de gueules cantonnée de quatre clés du même (armes de l'évêché de Beauvais).

B. Tympan

- Écu 10 (moderne) : écartelé, aux 1 et 4 : de gueules au sautoir d'argent, aux 2 et 3 : d'or à la croix de sable.

- Écu 11 : d'azur semé de billettes d'or, à deux bars adossés d'argent. Écu également moderne d'après l'abbé Barraud (p. 54) qui l'identifie comme armes de la famille de Rouville.

A GAUCHE. Le vitrail d'Engrand Le Prince, qui fait la fierté de cette chapelle, date de 1522. Les donateurs du vitrail entourent une Vierge de Pitié. Au-dessus, le Calvaire entouré de saint Hubert et saint Christophe.
A DROITE. La donatrice, Françoise d'Halluin, accompagnée de son saint protecteur saint François d'Assise (1522)

Vitrail (1522) de la chapelle du Sacré-Cœur
Le donateur, Louis de Roncherolles, est accompagné de son saint protecteur, saint Louis.

https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-hagiographique-dite-vitrail-de-roncherolles-baie-25/1494d3c9-e418-4d16-b85d-0ad72bce2b9c

Verrière hagiographique dite vitrail de Roncherolles (baie 25) - Vue du registre inférieur de la lancette droite : saint François et la donatrice Françoise d'Halluin.

https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-hagiographique-dite-vitrail-de-roncherolles-baie-25/1494d3c9-e418-4d16-b85d-0ad72bce2b9c/illustration/4

Plan de la cathédrale indiquant le vitrail dit de Roncherolles ou Baie 25. Plan Chanoine Marsaux, "Beauvais," Congres Archeologique 72 [1905]: in Cothren,

Plan de la cathédrale indiquant le vitrail dit de Roncherolles ou Baie 25. Plan Chanoine Marsaux, "Beauvais," Congres Archeologique 72 [1905]: in Cothren,

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PRÉSENTATION.

La verrière  a été commanditée par  Louis de Roncherolles (v.1472-1538), conseiller et chambellan du roi, dont l' épouse était Françoise d'Halluin, : on y trouve donc leurs  figures en donataires agenouillés sur leur prie-dieu et  présentés respectivement par leur patron  saint Louis et  saint François. Le seigneur de Roncherolles devait être, comme les autres nobles, un chasseur acharné, et, comme tel, particulièrement dévoué à saint Hubert puisqu'il fonda à perpétuité  une chapelle sous le nom et titre de saint Hubert dans son château de Roncherolles dans le Vexin près de Rouen.  Saint Hubert figure donc au dessus de son portrait. C'est Saint Christophe, l'un des 14 saints Auxiliateurs protecteurs contre les dangers des voyages, mais aussi contre les épidémies, qui surplombe Françoise d'Halluin du coté droit. Mais pourquoi tout cela ? 

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CONTEXTE HISTORIQUE:

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Le vitrail est daté de 1522 par une inscription.

Cette date correspond au règne de François Ier (1515-1547) ; au pontificat d'Adrien II (1522-1523) et de Clément VII (1523-1534) ; à la  période de vacance qui a suivie l'épiscopat de Louis de Villiers de l'Isle-Adam (1497-1521) suivi avant la nomination d'Antoine Lascaris de Tende (1523-1530).

Dans le roman à épisode de la construction de la cathédrale,  après l'édification du chœur achevé en 1347, le début du XVIe siècle correspond à une reprise des travaux sous l'impulsion du comte-évêque Louis de Villiers de L'Isle-Adam et sous la direction de l'architecte Martin Chambiges, afin de donner enfin un transept à ce sanctuaire. Notre période correspond donc précisément à la construction du transept dans lequel se trouve le vitrail. La chapelle Sainte-Barbe, au nord, n'a été terminée qu'en 1517, et la chapelle des Morts, au sud, en 1519., 

 [Ensuite, une fois le transept érigé (entre 1500 et 1548), on décidera de construire la flèche la plus haute de toute la chrétienté. Les travaux commencent en avril 1563 et se terminent en 1569, elle atteint alors 153 m de hauteur. Le 30 avril 1573 est un jour noir dans l'histoire de la cathédrale : alors que les fidèles sortent de la célébration de l'Ascension, la flèche et les trois étages du clocher s'effondrent. La reconstruction des voûtes du transept prive la cathédrale des fonds nécessaires pour édifier la nef. La cathédrale reste depuis inachevée. ]

 

 

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 Louis de Roncherolles II, né le 20 décembre 1472 et décédé en 1538, était conseiller et chambellan du roi, gouverneur de Péronne, Roye et Montdidier, chevalier de l'ordre du roi, baron de Heuqueville et de Saint-Pierre,  Il fut fut inhumé à Ecouis. Son grand-père Louis de Roncherolles I avait été chambellan de Charles VI. Son père Pierre de Roncherolles, décédé en 1503 et inhumé à la Collégiale d'Ecouis,  chambellan de Charles VII et de Louis XI, avait épousé Marguerite de Châtillon.

«Mons. Lovs de Roncerolles baron de Heugueville et du Pont S. Pierre fut né à Chatillon-sur-Marne le xxe jour de décembre mil IIIIc LXXII et le tint sur fons mons. Loys de Laval Sgr de Chastillon en Bretaigne, Jehan de Roncerolles son frère et damoiselle Agnès de Vauldray, et espousa madamoiselle Françoise de Hallewin cy après escripte le pénultième jour d'avril l'an mil cinq cens et quatre. Le xixe jour de décembre le vendredi des quatre temps au soir à ix heures l'an mil IIIIc IIIIxx et XIII madamoiselle Francoise de Hallewin fut née à Passy près Paris et furent ses parrains et marraines mons. de Vandosmes madamoiselle Marie de Ghistelle sa tante et madame Jehane de Hallewin sa sœur. Adrian de Roncerolles premier fils des dessus dits fut né dudit Roncherolles le mardi xxve de mars environ viii heures du soir l'an mil cinq cens et cinq et furent ses parrains et marraines mons. de Piennes père de la dite damoiselle Françoise pour principal parrain lequel le fit tenir par mons. de Buguenon son filz ainsné et mons Descrebècgs son filz puisné son second parrain et ses marraines madame de Piennes sa grant-mère et madamoiselle du Neufbourg sa tante sa seconde marraine et fut baptizé en la chapelle de Roncerolles par maistre Phle Lebouteiller curé et chanoine de Nostre Dame d'Escouys. Pierre de Roncerolles second filz des dessus dis fut né audit Roncerolles le jour de Pasques entre trois et quatre heures du matin xiie jour d'apvril l'an mil cinq cens et six et furent ses parrains et marraines mons. d'Amyans frère de ma dite damoiselle Françoise de Hallewin, mons. de Rambure, madame de Rambures et madamoiselle de Buguenon ...»  (Livre d'Heures  de Louis de Roncherolles, Source E. Pattou 2015)

Il épousa Françoise d'Halluin le 30 avril 1504 : Il eut douze enfants de son premier mariage  : Adrien, Pierre, Louis, Philippe, Marie, François et Hubert, Laurent,  Jean , Suzanne et Madeleine. 

Adrien (25/03/1505 + 1523 ), l'aîné, élevé enfant d'honneur du roi François Ier, fut envoyé en otage par le roi jusqu'au paiement complet de la somme due pour la ville de Tournay. Il fut fait Gentilhomme ordinaire de la Chambre à son retour, et envoyé en Italie, où il fut tué en 1523 pendant le siège d'Arona. 

 Pierre de Roncherolles (° 12/04/1506) seigneur d’Esquaquelan épousa Jeanne de Houdetot (fille de Jacques, écuyer, seigneur de Herville, et de Péronne Chenu, d’Yvetot)

Louis (né le 12 mars 1507 : mort jeune ?)

 Philippe de Roncherolles (né le 1er mai 1508,  + 4 mars 1570)  succéda à son père comme seigneur de Roncherolles : Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, capitaine de 50 hommes d'armes de son ordonnance, Gouverneur successif de Pontoise, Caen et Beauvais, il se marie en 1527 avec  Suzanne de Guisencourt   , puis en 1558 avec Renée d'Espinay. Pendant les Guerres de Religion, Charles IX eut tant de confiance en lui qu'il voulut toujours l'avoir auprès de sa personne. Il mourut le 4 mars 1570 au retour d'un voyage à Tours.

Marie, née le 26 octobre 1509, épousa en 1526 Jean de la Rivière

Les jumeaux François et Hubert, nés le 17 décembre 1510. 

Laurent (né le 20 juillet 1512)

Jean (né le 31 janvier 1514), abbé commendataire des abbayes du Gard et de Mortemer.

Suzanne, née le 16 mai 1516, épousa en 1527 Louis de la Haye

Madeleine, née le 4 février 1518, épousa en 1531 Antoine Payen et en 1537 Jean de la Mothe.

Anne, née le 18 octobre 1519.

 

Devenu veuf en 1523, Louis de Roncherolles épousa en 1524 Marie de Cormeilles, sans enfant, et en 1527 Marguerite de Guisencourt, sans enfant.

La façon dont le seigneur de Roncherolles fit don à la cathédrale d'un vitrail  est consignée dans les Registres du Chapitre de la cathédrale, à la date du 13 juin 1522 :

« Le 13 juin 1522, M. d'Heuqueville de Ronquerolles ayant fait remise des droits seigneuriaux dus pour des biens sis à Auneuil ; légués à l'église par feu Jean Bellin, à condition qu'à sa volonté, et sur les dessins qu'il en donnerait, serait faite une verrière de même valeur, c'est-à-dire de cent livres, à quoi montaient les dits droits de relief, le chapitre prend la résolution de faire faire ledit vitrail que l'on voit encore actuellement à la chapelle de Sainte-Barbe, en laquelle ledit seigneur d'Auneuil et sa femme, leurs patrons et leurs armes se voient désignés à coté d'un christ descendu de la croix, et le tout au dépens de l'église » (P.C. Barraud, 1860 p. 59)

 

Ancre

L'abbé Barraud a repris ici, mais en les adaptant, les termes d'un document cité par Cothren :

Registres Capitulaires, Collection Bucquet-aux Cousteaux, vol. 28, 253:

"13 juin 1522 M. d'Hucqueville [de Roncherolles] fait remise au chapitre des droits seigneuriaux alui dus pour des biens seis à Auneuil legues a l'Eglise par feu jean belin, a condition qu'a sa volunté et sur le dessein quil en donneroit seroit fait une verriere de meme valeur cest adire de 100 l.t. le chapitre fait faire le vitrage que Ion voit encore actuellement ala chapelle de Ste barbe [pres la porte dela gallerie qui conduit a  l'Eveché] en laquelle verriere led seigr d'Auneuil et sa femme leurs patrons et leurs armes sont representés a cote d'un christ."

 

Jean Belin ou Jean de Blin est un chanoine de la cathédrale de Beauvais décédé en 1521, et présenté comme "le bienfaiteur de l'église de Beauvais, ce qui est prouvé par un dénombrement fourni le 3 février 1528 par les doyens, chanoines et chapitre de l'église cathédrale de Beauvais, comme donataires dudit de Belin, pour deux fiefs sis en la paroisse d'Auneuil, à noble et puissant seigneur Louis de Roncherolles, seigneur d'Auneuil." (Nicolas Viton de Saint-Allais,1817, Nobiliaire universel de France: recueil général des généalogies historiques page 457).

Il faut réaliser l'importance de ce document, qui indique le prix du vitrail, sa localisation, mais surtout qui atteste que le choix du dessin a été décidé directement et avec précision par Louis de Roncherolles. On notera aussi que seul le registre inférieur est ici décrit.

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Louis de Roncherolles présenté par saint Louis :

 

Louis de Roncherolles présenté par saint Louis. Photo lavieb-aile

Louis de Roncherolles présenté par saint Louis. Photo lavieb-aile

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Louis de Roncherolles. Photo lavieb-aile

Louis de Roncherolles. Photo lavieb-aile

–  Françoise d'Halluin    née le 29 décembre 1492 et décédée vers  1523, épousa Louis de Roncherolles le 5 mars 1503, ou le 30 avril 1504, par contrat du 16 février 1500 (?).

C'était la fille de Louis de Halwin, seigneur de Piennes, et d'Isabeau de Ghistelles.

 

Louis de Halwin ou d'Halluin , décédé en 1519, fut un personnage considérable de son temps :  seigneur de Piennes, chevalier de l'ordre du roi (promotion de 1495), capitaine de 100 hommes d'armes de son Ordonnance,  conseiller et chambellan du roi Louis XI puis du roi Charles VIII, Capitaine de Montllhery, Bailli et Gouverneur de Péronne, Montdidier et de Roye en 1496 et  Gouverneur et Lieutenant-général de Picardie en 1512.

Selon Jean-Luc Deuffic, :

"La famille flamande van Halewijn, francisée en d’Halluin, tire son origine de la ville de ce nom près de Lille.

Né vers 1450, Louis d'Halluin, fils de Josse, bailli de Flandres, et de Jeanne de la Trémouille, s'attacha aux cours des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et de Charles le Téméraire. De par son père, il était lié à la famille de Bruges-la Gruthuse, une des plus puissantes du comté, et, par alliance, au célèbre Philippe de Commynes. Il épouse en effet vers 1475 Jeanne de Ghistelles, fille de Jean, seigneur d'Esquelbecq, grand veneur de Flandre et de Jeanne de Bruges-la Gruthuse (de gueules au chevron d'hermines, accompagné de trois étoiles d’or, deux en chef et une en pointe), qui décédera avant lui. En 1474, Louis de Halluin est chambellan et capitaine de cinquante lances au service du dernier duc de Bourgogne. Assiégé dans Saint-Omer dont il est capitaine, Louis d'Halluin est fait prisonnier par Louis XI, auquel il se rallie un peu plus tard. Le roi le prend alors comme chambellan, le fait capitaine de Montlhéry (lettre du 14 mars 1480). [...] En 1494, il accompagne le roi Charles VIII à son voyage de Naples, et à la bataille de Fornoue (Fornovo), il fut un des six chevaliers que le roi choisit pour combattre auprès de sa personne, revêtus d’habits semblables aux siens.  Maître des cérémonies lors du couronnement de Charles VIII à Naples (22 février 1495). Louis d'Alluin [est] fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel en 1495.

Aux obsèques de Charles VIII, le seigneur de Pienne, avec trois autres chambellans, tient le drap d'or au-dessus du cercueil du roi.
Le 6 juillet 1498 il achète d'Arthus de Villequier la seigneurie de Maignelay en Beauvaisis (aujourd'hui Maignelay-Montigny), dont il reconstruisit l’église et l'antique forteresse dans un style puisé de ses voyages italiens.
En juillet, lors de l'entrée de Louis XII à Paris, Louis d'Halluin est à sa droite. Le nouveau roi l’honore en lui confiant plusieurs missions diplomatiques, comme celle de la négociation en Allemagne, en 1501, ou de l'investiture du duché de Milan reçue du roi des romains.  
Louis XII le fait gouverneur et lieutenant général de la Picardie en 1512.
Sous Louis XII enfin, Louis d'Hallewyn, seigneur de Piennes, avait offert sa propre effigie, en argent, prosternée devant l'image (Hist. de N. D. de Boul. par Ant. Le Roy) "

Son troisième fils François d'Halluin fut nommé en 1502 évêque d'Amiens.

 

Une monographie de D. Barbier consacrée à Louis Halluin indique à propos de sa fille Françoise :

 

"Elle mourut vers 1523, date à laquelle ses entrailles furent inhumées dans le chœur de l'église de Maignelay. Son corps reposait avec celui de son mari dans la collégiale d'Ecouis (Eure) où ils étaient encore représentés en gisants mais le sarcophage était cette fois-ci décoré de vertus et très italianisant. "

 

Son testament (cité par Cothren) figure dans les Pièces Originales du Cabinet des titres , provenant des anciennes archives de la Chambre des Comptes  conservées à Paris, BNF fr. 29023, folios. 116r-116v.

 Il est daté du 27 février 1522 et est rédigé lors de la phase finale de sa maladie, alors qu'elle résidait, avec son fils aîné Adrien,  à Amiens dans le palais épiscopal de son frère François d'Halluin. Elle laisse à son mari une relique en or venant de son père et un diamant venant de sa belle-mère. Elle confie son jeune fils Jean à la garde de François d'Halluin évêque d'Amiens avec le souhait qu'il devienne prêtre à son tour. Elle lui destine une peinture de saint Jean, et le calice et ornements sacerdotaux de ses futures fonctions. Jean, né le 31 janvier 1514, deviendra effectivement prêtre. Un mois avant que Françoise ne conclue son testament, son fils Adrien demanda au roi que son frère , de 10 ans plus jeune, soit nommé chanoine de la Sainte-Chapelle. [Le 7 janvier 1522 Adrien, qualifié de "panetier ordinaire du roi"-demanda au roi d'accepter son frère  Jean de Roncherolles comme chanoine de la Ste-Chapelle: Catalogue des actes de François ler, vol. 7, 108-9, no. 23749.] Ultérieurement il deviendra abbé commendataire  des abbayes du Gard (en 1539)  et de Mortemer. Enfin, Françoise D'Halluin confie ses filles à la garde de sa sœur Jeanne d'Halluin, qui avait épousé André de Rambures

116r: "Elle laisse aud. Sgr son mari une image d'or qui avais touche au St Suaire qui avoir ete donne alad. De testatrice par feu Mgr de Piennes son pere, avec un diamant ou il y avoir 2.1. et 2.m. que feu Madme de Chastillon Belle-mere de lad. De testatrice lui avoir donne." Ibid: "de Jean quelle prie son mari de laisser aupres de Mr l'Eveque d'Amiens, esperant que ledit Sgr Eveque lui fera vrai oncle.... elle donne a Jean aussi son fils une image de StJean et s'il est pretre elle lui donne pour le jour quil chantera un calice et des ornemens." 

 "Elle suplie son mari de metter les demoiselles leurs filles sous la conduite de la De de Ramburer, soeur de lad. testatrice, la supliant de vouloir les regarder et elever comme ses filles, et s'il plaisoir aud. Sgr. son mari de les mettre avec Madelle Made soeurs de lui, elle recommande auxd. Delles ses filles de leurs obeir." Ibid., fol. 116v: "Ce testament passe a Amiens en l'hotel Episcopale ou lad. De etoit malade en presence de Nobles et snnr Sgnr R S. en Dieu Mgr l'Eveque d'Amiens, Mgr Jean de Hallwin, nobles hommes adrien de Roncherolles, Mre Guillaume de Hamel, Chancelier de N. De d'Amiens, Louis de Brequin, Antoine de Lievin Euyern, discretu passoer Wagner MeJean Willemat, docteur en autres, devant Martin le Febvre Pretre et notaire apostoliquejure."

 

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La date du décès de Françoise d'Halluin ne semble pas être connue avec précision, et D. Barbier la fixe "vers 1523". Si elle a suivi d'assez près la rédaction du testament (27 févier 1522), et qu'elle est survenue dès mars 1522, alors il est plausible que Louis de Roncherolles ait décidé de construire un vitrail en raison de cette mort, puisque la mention de ce vitrail par le Chapitre de la cathédrale date de juin 1522. 

Françoise d'Halluin présentée par saint François Source image :

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Françoise d'Halluin, photo lavieb-aile.

Françoise d'Halluin, photo lavieb-aile.

Une famine en 1522 ?

Une inscription lisible sur l'auréole de saint François dit : L'AN MIL VC XXII DURANT LA FAMINE CAGR... E... ANT MORT CESTE VERRIERE. 

M.W. Cothren (note 34) suggère d'en moderniser la forme en : "L'an 1522, durant la famine, sa grande mort, cette verrière,", et qualifie cette inscription de "simple, mais (intentionnellement ?) énigmatique".

Cette date corrobore le document daté du 13 juin 1522 qui mentionne le don de la verrière par Louis de Roncherolles. 

 

La réalité de cette famine peut être expliquée par l'état de guerre puisque André Delettre signale dans son Histoire du diocèse de Beauvais qu'en 1523 , l'ennemi (les Anglais et les Impériaux de Charles Quint) était aux portes de Beauvais et que le roi levait de nouveaux impôts pour le repousser. Plus précisément, cet auteur mentionne aussi,  en 1530-1533, la reprise d'une épidémie "qui avait frappé tant de victimes les années précédentes" : en mai 1522, "les hospices étaient encombrés de malades dénués de toutes ressources. L'Hôtel-Dieu en avait près de trois cent, non compris les orphelins et les indigents. On se trouvait dans une telle détresse qu'il fallut ordonner des quêtes dans tout le diocèse pour pouvoir subvenir à tant de besoins". En 1524, il précise encore "La crainte de manquer de vivres empêcha d'approvisionner les marchés et fit hausser le prix du blé, à tel point que le plus grand nombre d'habitants, hors d'état de s'en procurer,  se voyait condamné à mourir de faim "(page 175).

Cothren cite également un extrait des archives du Chapitre dans la  Collection Bucquet-aux Cousteaux , vol. 26, 360. :"6 mai 1522. assemblee extraordinaire a l'Eveché avec les maire et pairs pour pourscoir aux necessiter du peuple de la ville et du diocece qui couroit risque de perir par la famine." . En août 1522, mais déjà en 1519 1520,   les reliques de saint Germer avaient été menées en procession à travers la ville pour tenter d'interrompre une épidémie de "peste". (Collection Bucquet-aux Cousteaux , vol. 26, 360. Ibid., 359. ) Selon Fauqueux page 82   ,un rapport mentionne 1.800 décès entre Octobre 1522 et juin 1523.

Dés lors que cette famine de 1522, par la disette, par la guerre et par les effets des épidémies, est attestée, et que le vitrail, dont la composition a été ordonnée par le commanditaire, la mentionne dans son inscription, il est justifié d'y voir un principe organisateur réunissant la présence des saints du registre supérieur. Saint Hubert était connu pour ses pouvoirs de guérison, notamment auprès des nobles chasseurs contre la rage, parfois surnommé "le mal Saint-Hubert" . Saint Christopher est encore plus célèbre en tant que saint qu'il faut invoquer en cas de de peste. Enfin sainte Barbe, à qui la chapelle était dédiée, faisait partie des quatorze Saints Auxiliateurs protégeant, comme Christophe, des périls de la mort soudaine sans confession.  

Dans une situation de disette, de saturation d'accueil des hôpitaux, de forte augmentation des décès, et de risque de révoltes populaires, l'axe central s'élevant des crânes grimaçant parmi les fleurs vers le corps sans vie du Christ, puis, traversant la silhouette de la cathédrale, vers la Croix, avant de culminer en la Vierge Intercetrice apporte la réponse chrétienne à ce drame.

 

 

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CONTEXTE TECHNIQUE.

Le vitrail fut restauré par Jules Houilles en 1918-24, et ce dernier en a alors réuni les deux parties . En effet, avant la Première Guerre mondiale, il était disposé en deux baies différentes, celle-ci (baie 25) et la baie voisine qui domine l'autel (baie 23). Dans la description donnée en 1885 par l'abbé Louis Pihan, la baie 25 contient le registre inférieur et le tympan alors que la baie 23, partiellement cachée par le retable d'autel, renferme  le registre supérieur. Quelle était la disposition originale ? Les chercheurs se sont divisés en deux camps :  certains se prononçaient sur l'existence de deux fenêtres dès le début (Rayon,, Grodecki, Bonnet-Laborderie). Les autres croyaient à l'authenticité de la fenêtre actuelle unifié (Barraud, Desjardins, Leblond, Lafond).  M.W. Cothren estime (note 36)  que  la comparaison de l'incohérence flagrante de l'état précédent la Première Guerre mondiale, dont il détaille les exemples,  avec la cohérence formelle, iconographique et héraldique  de l'installation actuelle  soutient de façon convaincante  la validité de la deuxième option: les panneaux formaient dès l'origine un seul ensemble, semblable à ce que nous voyons aujourd'hui, dans le mur ouest de la chapelle.

 

Maître-verrier.

 

Le vitrail est attribué (Pierre Le Vieil, L'art de la peinture sur verre et de la vitrerie (Paris: Imprimerie de L.-F. Delatour, 1774), 35 ;  Lafond, Grodecki , etc.) à Engrand Leprince, que j'ai présenté dans mon article sur l'Arbre de Jessé de l'église Saiint-Etienne de Beauvais (cf. lien supra). Rappellons que la virtuosité picturale d'Engrand Leprince , notamment dans son emploi du jaune d'argent, en fait l'un des meilleurs artistes verriers du XVIe siècle ( Lafond,  "Essai historique sur le jaune d'argent," in Trois etudes sur la technique du vitrail (Rouen: Imprimerie Laine, 1943). Françoise Perrot a pu écrire dans Le vitrail à Rouen (Rouen: Imprimerie Lecerf, 1972), qu'il s'agissait peut-être du plus grand maître-verrier ayant jamais existé.

Il est classique de citer  Lucien Magne, (L'Œuvre des peintres verriers français, 1888) : « Je reconnaîtrais partout un vitrail d'Engrand Le Prince à la liberté du dessin, à l'indication large des modelés, aux touches légères de jaune d'argent qui brillent comme l'or dans la lumière des étoffes blanches, aux oppositions justes des tons les plus éclatants. »

Michael W. Cothren décrit son admiration ainsi (page 14) : 

  "It is the large, free brushstrokes, energized with self-confident spontaneity, that most cleanly separate Engrand's painting not only from that of his many contemporaries but also from the work of members of his own glass-painting family. His windows are also notable for the subdued, clear blue of the backgrounds and their delicately detailed architectural renderings, both of real and fictive cityscapes. Dense blocks of landscape, evoked through several shades of dark and saturated green, are juxtaposed with these atmospheric renderings, overlapping them with a delicate and continual fringe of dark leaves painted on the blue glass itself. Engrand's figures are infused with artificiality and grace. They usually take on bloated, mannerist proportions, with small heads and swaggering, curvilinear poses. For instance, Saint Christopher's transportation of the infant Jesus in this window is conceived as a courtly dance; the Virgin adores the body of her dead son with grandiloquent pathos. Most figures are clothed in rich and fanciful costumes of billowing, sumptuous fabric, elaborately accessorized. But what is perhaps most distinctive about Engrand's work-here and elsewhere-is his unparalleled technical virtuosity, especially in the use of silver stain, employed not only to enliven the chromatic composition but also to color, highlight, and shade its figures and their fabulous costumes."

 

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DESCRIPTION DE LA VERRIÈRE DE LA BAIE 25.

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Elle prend place dans une baie de 11 mètres de haut et 3 mètres de large, à trois lancettes trilobées juxtaposées et un tympan ajouré. Chaque lancette comprend douze panneaux superposés (têtes de lancettes comprises). 

On distingue aisément dans ces trois lancettes deux registres iconographiques, supérieur et inférieur, chaque registre étant divisé selon les lancettes en une partie centrale lié à la Passion, et deux parties latérales, soit six compartiments thématiques. Le pied et la tête des  lancettes latérales portent des armoiries, ainsi que le septième de leur douze panneaux.

– Dans le registre inférieur, l'axe central accueille une Pietà (dont le Christ est inspiré d'une gravure de Dürer),  encadrée de chaque coté par les donateurs présentés par leur saint patron : saint Louis (à gauche), portant son manteau fleurdelisé et le collier de l'ordre de Saint-Michel, présente Louis de Roncherolles II agenouillé en prière et vêtu d'une cotte d'armes recouverte d'un manteau et d'un tabard à ses armes. Louis de Roncherolles est ainsi incité à participer émotionnellement à la scène de la Vierge de Pitié contemplant le cadavre de son fils.   Saint François d'Assise (à droite) recevant les stigmates dans sa contemplation du crucifix,  présente Françoise d'Halluin agenouillée en prière devant son  Livre d'Heures. Une inscription se lit dans le nimbe de saint François (cf.).

En arrière-plan se trouve des bâtiments  figurés en grisaille, dans lesquels on a reconnu la cathédrale de Beauvais avec ses arc-boutants à double niveau et ses pinacles à crochets. Elle permet au  vitrail d'échapper à un flottement dans les universalités d'un monde intemporel, et de monter les tréteaux de la scène dramatique dans la réalité historique d'un lieu sacré particulier : Beauvais.

 

 

– Dans le registre supérieur se trouve dans la lancette centrale  un Christ en croix  entre la Vierge  et saint Jean. A gauche se trouve la représentation de l'apparition à saint Hubert d'un cerf blanc portant dans ses bois la croix du Christ, alors qu'il était parti à la chasse un Vendredi Saint ; il est entouré de ses chiens et de son cheval. Un ange descend en tenant une étole dorée brodée de croix blanches, et ce détail est important pour identifier le saint comme Hubert et non comme Eustache, autre chasseur à qui apparaît un cerf crucifère. En effet, dans un autre épisode plus tardif de sa Vita, ce manipule symbolisant ses fonctions sacerdotales fut envoyée à Hubert par la Vierge pour vaincre ses réticences à accepter la charge d'évêque de Maastricht. en succession de saint Lambert. Notez, sur la gibecière de Seigneur Hubert, deux lettres en perles blanches, TM.

C'est à droite que se trouve le saint Christophe qui suscite ma curiosité,  portant le Christ enfant sur ses épaules.

Le tympan accueille, au dessus de deux armoiries, l'apothéose de la Vierge : elle apparaît, mains jointes et cheveux dénoués, au centre de rayons de feu et de nuées. Les trois personnes de la Trinité la reçoivent, le Père Éternel à gauche tenant l'orbe crucifère, le Christ en manteau de gloire tenant la croix, et la colombe de l'Esprit-Saint au dessus d'elle. Plus haut, l'ange de droite tend une couronne de fleurs, celui de gauche tient une verge, 

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Datation.

La datation est établie grâce à l'inscription lisible sur l'auréole de saint François : L'AN MIL VC XXII DURANT LA FAMINE CAGR... E... ANT MORT CESTE VERRIERE.

 

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Héraldique.

On trouve les  armes de Louis de Roncherolles en bas à gauche, de Françoise d'Halluin en bas à droite, et les armes de l'évêché et du chapitre de Beauvais. On en trouve diverses description, et une synthèse par l'Inventaire de Picardie :

A. Lancettes

Registre inférieur :

Ancre - A gauche : armes de Louis de Roncherolles  présentées par trois lions : écartelé, aux 1 et au 4 d'argent à deux fasces de gueules ; aux 2 et 3 d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or ; sur le tout, d'or au lion de sable.

 C'est l'association de trois armoiries différentes : celles de Roncherolles, d'argent à deux fasces de gueules ,dont Louis a hérité de son père Pierre à son décès en 1503 celles des Hangest   (d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or), et celles de Léon (d'or au lion de sable).

 

 

- A droite : armes de son épouse, Françoise d'Halluin (écu 2) : mi-parti, au 1 : écartelé, en a : d'argent à deux fasces de gueules, en b : d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or (armes de son époux) ; au 2 : d'argent à deux lions de sable, en abîme : demi-écu d'azur à la fasce d'or. Ce demi-écu est abîmé, il faut sans doute restituer : d'azur à la fasce d'or accompagnées de (n) billettes du même, la moitié 2 de l'écu formant alors les armes de Louis d'Halluin (armes d'Halluin et de Piennes en abîme), père de la donatrice.

Registre supérieur :

A gauche (près de saint Hubert), deux écus :

- écu 3 : écartelé, aux 1 et au 4 d'argent à deux fasces de gueules ; aux 2 et 3 d'argent à la croix de gueules chargée de six coquilles d'or ; sur le tout, de gueules à trois pals d'argent, au chef d'or.

- écu 4 : de gueules à trois pals de vair, au chef d'argent. A l'origine le chef était probablement d'or, le jaune d'argent s'étant perdu. On peut donc restituer ici les armes des Châtillon (Marguerite de Châtillon était la mère de Louis de Roncherolles).

A droite (près de saint Christophe), trois écus :

- écu 5 : de gueules à la croix d'or cantonnée de quatre clés du même (armes du chapitre de la cathédrale).

- écu 6 : d'azur à la fasce d'or, accompagnée de six billettes (?) du même, 3 en chef et 3 en pointe (armes de Piennes).

- écu 7 : de gueules au chevron d'hermine, à trois étoiles d'or (avec la perte du jaune d'argent), qui sont les armes de Jeanne de Gistelles, mère de Françoise d'Halluin.

Au sommet des trois lancettes :

- écu 8 (moderne) : d'azur à deux fasces d'argent (armes de la famille de Marigny .

- écu 9 : d'or à la croix de gueules cantonnée de quatre clés du même (armes de l'évêché de Beauvais).

B. Tympan

- Écu 10 (moderne) : écartelé, aux 1 et 4 : de gueules au sautoir d'argent, aux 2 et 3 : d'or à la croix de sable.

- Écu 11 : d'azur semé de billettes d'or, à deux bars adossés d'argent. Écu également moderne d'après l'abbé Barraud (p. 54) qui l'identifie comme armes de la famille de Rouville.

 


 

 

Vitrail de Roncherolles, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Vitrail de Roncherolles, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

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Vitrail de Roncherolles, 1522, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Vitrail de Roncherolles, 1522, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Vitrail de Roncherolles, 1522, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Vitrail de Roncherolles, 1522, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

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SAINT CHRISTOPHE PORTANT L'ENFANT, ET L'ERMITE.

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L'attitude globale du saint est celle des peintures et vitraux du XVIe siècle déjà observés, la jambe gauche en avant de la droite, l'allure de marche dirigée, dans la traversée du fleuve,  vers la rive située à gauche. Le bassin est tourné vers la droite et se présente à nous presque de face ; cette présentation frontale se complète au niveau du thorax. Mais alors que jusqu'à présent le saint poursuivait la rotation ainsi amorcée et tournait le visage et les yeux vers l'Enfant, ici, Engrand Leprince  représente le visage de face, de telle sorte que Christophe nous regarde . C'est un retour au regard fixant le fidèle qui caractérisait les peintures du XIVe siècle, alors que l'on prêtait à la rencontre des regards une vertu magique de protection, dite apotropaïque, et qui se renforçait par la prononciation d'une formule parfois écrite sur le support. 

 

 Mais le géant, parce qu'il prend un appui très haut sur son bâton de marche, s'incline automatiquement  vers la gauche, ce qui incline aussi son visage et l'axe des deux yeux. Cela n'est pas anodin, car depuis l'Antiquité cette posture est celle de la Mélancolie, et nous la décryptons inconsciemment comme telle. La noblesse du visage à la longue barbe blanche de Neptune ou de Dieu-le-Père  est alourdie par cette gite  du port de tête, et la gravité triste qui s'en dégage est accentuée par la ligne tombante du coin des lèvres. Rien à voir avec l'attitude gaillarde et enjouée des Christophe de Séville. L'Enfant semble d'ailleurs s'inquiéter et  se pencher vers lui pour lui demander : ça va pas ?  Saint Christophe a interrompu sa marche pour nous dévisager et sonder notre âme.

Saint Christophe, Vitrail de Roncherolles, 1522, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.522,

Saint Christophe, Vitrail de Roncherolles, 1522, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.522,

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Cela n'empêche pas le miracle de la reverdie du bâton de survenir dans les règles, et trois feuilles certes un peu chiches mais résolument vertes s'affichent à l'extrémité de tendres rameaux. Tout va bien.


 

 

 

Saint Christophe portant l'Enfant, Engrand Leprince, Vitrail de Roncherolles, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Saint Christophe portant l'Enfant, Engrand Leprince, Vitrail de Roncherolles, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

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Tout va d'autant mieux que, à force de le chercher comme dans le jeu "Où est Charlie?", j'ai fini par trouvé l'ermite. Sa lanterne faisait pourtant un éclat bien repérable! 

Ermite à la lanterne, in Saint Christophe portant l'Enfant, Engrand Leprince, 1522, Vitrail de Roncherolles, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Ermite à la lanterne, in Saint Christophe portant l'Enfant, Engrand Leprince, 1522, Vitrail de Roncherolles, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

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Les Livres d'Heures, modèles du commanditaire pour sa verrière ?

 

Mon étude du saint Christophe de la cathédrale d'Angers m'avait permis de suggérer que le Maréchal de Rohan avait pu trouver dans sa bibliothèque les enluminures de Christophe et des Apôtres afin de procurer au maître-verrier un modèle de ce qu'il souhaitait pour sa chapelle.  J'ai voulu tenter de savoir si, dans le Livre d'Heures de Louis de Roncherolles, saint Christophe était représenté et avait pu servir de source d'inspiration pour le vitrail qu'il commandait à Engrand Leprince. Ce Livre d'Heures est conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal sous la cote Ms 1191 et il est daté de 1495-1500. L'enluminure m'attendait au folio 83v, tel que l'avait peinte le "Maître des Entrées parisiennes", avec son Enfant sur les épaules, son bâton, et l'ermite, et la lanterne. Il se dirigeait vers le sens opposé, mais cela peut arriver à tout le monde.

Saint Christophe portant l'Enfant-Jésus, Livre d'Heures de Louis de Roncherolles  (1495-1500) Arsenal Ms 1191 folio 83v  Maître des entrées parisiennes

Saint Christophe portant l'Enfant-Jésus, Livre d'Heures de Louis de Roncherolles (1495-1500) Arsenal Ms 1191 folio 83v Maître des entrées parisiennes

J'ai ensuite trouvé dans le même Livre d'Heures, au folio 102v   Louis de Roncherolles présenté par saint Louis, Presque comme sur le vitrail ! 

Dans les marges se trouvent trois armoiries :

a) Celles du haut :  écartelé : aux 1 et 4 d'argent à deux fasces de gueules (Roncherolles, reçues à la mort de son père Pierre III ), aux 2 et 3 d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or (Hangest, armes qui passèrent dans la famille après le mariage en 1367 de Jean de Roncherolles avec Isabelle de Hangest). Sur le tout d'or au lion de sable. (Léon, signalant le mariage de Guillaume V de Roncherolles (d. 1415) avec Marguerite de Léon). Elle se retrouvent a la base de la lancette de gauche.

 

b) celles du milieu  de gueules à trois pals de vair, au chef d'or, est de Châtillon-sur-Marne

c) Celles du bas reprend, dans sa moitié gauche, celui du haut, mais il s'associe en parti avec les armes d'Halluin d'argent à trois lions de sable armés, couronnés et lampassés d'or, posés 2 et 1  et de Piennes d'azur à la fasce d'or ace. de six billettes du même, trois en chef, trois en pointe, rangées en fasce.

Soit " parti : au I coupé d'argent à deux fasces de gueules (Roncherolles) et d'argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or (Hangest); au II d'argent à trois lions de sable (Hallewin). Sur le tout, écu parti d'or au lion de sable et d'azur à la fasce d'or ace. de six billettes du même, trois en chef, trois en pointe, rangées en fasce (Piennes).

 

Elles notifient donc l'alliance  de la famille de Roncerolles avec celle de Louis d'Halluin, seigneur de Piennes, par le mariage de Louis avec Françoise d'Halluin. On le retrouve, mais dans un écu en losange, à la base de la lancette de droite, celle de Françoise d'Halluin.

 

 

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Au folio 103r (source image) se trouve  l'enluminure montrant saint Hubert face au cerf crucifère. Les armes centrales  sont celles de Louis d'Halluin seigneur de Piennes : d'argent à trois lions de sable (Halluiin); en abîme écusson d'azur à la fasce d'or ace. de six billettes du même, 3 en chef, 3 en pointe, rangées en fasce (qui est Piennes, depuis le mariage au XIVe siècle de  Wautier II avec Péronne de saint-Omer, dame de Piennes). L'écu est entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel.


 

Le blason en losange (donc celui d'une femme) porte les armes de Jeanne de Ghistelle (de gueules au chevron d'hermine,  à trois molettes (ou étoiles)  d'argent), ce qui indique que ce manuscrit est postérieur à 1503-1504, date du mariage de Françoise D'Halluin.

Ces  armes de Ghistelle sont retrouvées, dans le vitrail, sous la figure de saint Christophe

Notez sur les deux pages,  les initiales  L. et F. (Louis et Françoise) associées aux R., entourant les encadrements à fleur de lys.

Comparez avec les Grandes Heures d'Anne de Bretagne par Jean Bourdichon vers 1503, folio 191v : on y retrouve les mêmes éléments. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f391.item

Voir encore la Conversion de saint Hubert dans la Vie de saint Hubert par  Hubert le Prévost, enluminure du  Maître de Marguerite d’York, vers 1470-1480. Paris, B.n.f. Mss, fr. 424, folio  9

http://expositions.bnf.fr/flamands/grand/fla_218.htm

 

 

 

 

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En réalité, les deux feuillets 102v et 103r se trouvent l'un en face de l'autre lorsque le livre est ouvert, et ils composent un ensemble, où saint Louis introduit Louis de Roncherolles à la contemplation de la vision de saint Hubert . C'est ce que montre l'illustration suivante, empruntée à M. Cothren. 

 Livre d'Heures de Louis de Roncherolles, Bibliothèque de l'Arsenal Ms 1191 folio 102r-103v in COTHREN (Michael W.), 2001

Livre d'Heures de Louis de Roncherolles, Bibliothèque de l'Arsenal Ms 1191 folio 102r-103v in COTHREN (Michael W.), 2001

 

Le manuscrit de la Bibliothèque de l' Arsenal Ms 1191 est richement illustré de 22 grandes enluminures , de 67 petites enluminures et d'encadrements ou bordures à toutes les pages.  A quelques pages, dans la bordure, on lit : « Louis de Roncerolles » ou « Ronceroles » ; et à un grand nombre de pages, les initiales « L. D. R. ».Il comporte un calendrier en français avec 24 miniatures, Passages des quatre évangiles, suivis des oraisons Obsecro te et O intemerata, Heures de la Vierge , Les sept psaumes pénitentiels et les litanies. Dans les litanies : SS. Mellon, Godard et Médard, Romain, Ouen, Sever, Lô, Eloi, Gilles, Julien, Tau [...], Vigiles des morts, Antiennes et oraisons, Oraisons en français ;l' Oraison à la Vierge, en vers français, Oraison latine, Oraisons et antiennes des SS. Cosme et Damien, Louis, Hubert

Il a appartenu à la collection de Roger de Gaignieres (don de Nicolas Fremont d'Ablancourt), puis au marquis de Paulmy. Voir  Leopold Delisle, Le cabinet des manuscrits de la bibliotheque imperiale, vol. 1 (Paris: Imprimerie Imperiale, 1868), 349-50 (qui publie la propre description de Gaignères). Voir aussi  Henry Martin, Catalogue des manuscrits de la Bibliotheque de lArsenal, vol. 1 (Paris: E. Plon, Nourrit, 1886), 338-40 (avec une description partielle); and Jean Lafond, in Manuscrits à peinture de l'ecole de Rouen par Georges Ritter and Jean Lafond (Rouen: A. Lestringant, 1913), 28, 58 (avec plusieurs illustrations).

Voir surtout la Notice de la Bnf en ligne .

Ce Livre d'Heures se termine aux folios 103v-105 le Journal ou "Livre de famille"  de Louis de Roncherolles, contenant les dates de naissance et de mariage de lui, Louis de Roncherolles et de sa femme, Françoise de Halluin, et les dates de naissance et de baptême, avec les noms des parrains et marraines, de ses douze enfants : « Adrian », 25 mars 1505 ; « Pierre », 12 avril 1506 ; Loys », 21 mars 1506 [1507] ; « Phlippes », 1er mai 1508 ; « Marie », 26 octobre 1509 ; « Françoys et Hubert, frères d'une ventrée », 17 décembre 1510 ; « Laurens », 20 juillet 1512 ; « Jehan », 31 janvier 1513 [1514] ; « Susanne », 16 mai 1516 ; « Magdalene », 4 février 1517 [1518] ; « Anne », 18 octobre 1519.  Çà et là, dans le volume, au bas des pages, quelques notes de la main de différents membres de la famille de Roncherolles.

 

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Livre d'Heures de Louis de Roncherolles (vers 1500) Arsenal Ms 1191 folio 87r par le Maître des Entrées parisiennes : Saint François recevant les stigmates :

 

http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Daguerre&O=7814598&E=JPEG&NavigationSimplifiee=ok&typeFonds=noir

Image Bnf http://images.bnf.fr/jsp/index.jsp?contexte=accueil&destination=accueil.jsp

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Livre d'Heures de Louis de Roncherolles (vers 1500) Arsenal Ms 1191 folio 9r par le Maître des Entrées parisiennes : Pietà

Image Bnf http://images.bnf.fr/jsp/index.jsp?contexte=accueil&destination=accueil.jsp

 

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Livre d'Heures de Louis de Roncherolles (vers 1500) Arsenal Ms 1191 folio 42v  par le Maître des Entrées parisiennes : Crucifixion. Voir aussi Crucifixion folio 15

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Livre d'Heures de Louis de Roncherolles (vers 1500) Arsenal Ms 1191 Couronnement de la Vierge folio 43 v

Cette enluminure a pu inspirer au commanditaire le motif  du tympan.

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Il paraît donc envisageable que ce Livre d'Heures ait servi de modèle, —pour les sujets mais non pour le style incomparable d'Engrand Leprince—, au projet de vitrail de la cathédrale de Beauvais, notamment pour la lancette de gauche (folio 102r et 103v) et pour la partie supérieure de la lancette de droite (folio 83v).

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ANNEXES

I.  Tombeau de Louis de Roncherolles et de Françoise d'Halluin à Ecouis 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k118788k/f271.image.r=Tr%C3%A9sors%20et%20tombeaux.langFR

Avant sa mort Louis fit construire  une tombe élaborée à Ecouis, qui fut détruite à la Révolution, mais , mais qui nous est connue par une  gravure de  Aubin-Louis Millin, Antiquites nationales, ou Recueil des monuments pour servir a l'histoire generale de particuliere de l'empire francois, vol. 3 (Paris: Chez M. Drouhin, 1791), pl. 4. Elle est reproduite par  Regnier. : 

 

Tombeau de Louis de Roncherolles et de Françoise d'Halluin à Ecouis, in COTHREN (Michael W.), 2001

Tombeau de Louis de Roncherolles et de Françoise d'Halluin à Ecouis, in COTHREN (Michael W.), 2001

II. Albrecht Dürer, Saint-Eustache

Estampe, 1501, Bnf, Département des Estampes Res. CA.4, 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6951256m

Engrand Leprince a pu s'inspirer pour son saint Hubert de cette gravure de Dürer.

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N.B Le petit-fils et héritier de Louis d'Halluin, Antoine de Hallwin (1500-1553) sera Grand Louvetier du roi, et un de ses ancêtres avait été Grand Veneur. ce qui témoigne que la passion de la chasse était partagée par les deux famille de Ronquerolles et d'Halluin.

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III. Dürer, Mise au tombeau (1509-1511).


Dürer Série de "La Petite Passion", sur bois (1509-1511) Strasbourg ; cabinet des estampes et des dessins, © Service des musées de France, 2013 

http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0719/m001302_0020243_1.jpg

Le modèle pour le Christ de la Pieta est ici clair.

DISCUSSION.

En 1522, lors du chantier de construction du transept de la cathédrale de Beauvais, 5 ans après que le bras nord ou "chapelle Sainte-Barbe" ait été achevée mais non vitrée, Louis, seigneur de Roncherolles, âgé de 50 ans, commanda un vitrail pour la baie nord-ouest en échange de renoncements de ses droits seigneuriaux d'une valeur de 100 livres. Il posait comme condition qu'il puisse posséder la maîtrise des sujets qui y seraient représentés, et il demandait de s'y trouver peint, avec son épouse Françoise D'Halluin, selon la représentation traditionnelle du donateur, agenouillés à un prie-dieu devant le Livre d'Heures, et présentés par leur saint patron respectif, saint Louis et saint François, devant une Vierge de Pitié saisi de douleur devant le cadavre de son Fils déposé de la Croix.

La contemplation de la Pietà  correspond à un exercice spirituel en vigueur entre les années 1350-1500, période très marquées par de graves périodes d'épidémies et de pandémies de peste noire, et par des conflits.  Elle s'inscrit dans une forme de dévotion individuelle, comme d'ailleurs les Livres d'Heures qui en sont le support, par l'association d'oraison avec des méditations participatives, empathiques et émotionnelles sur les souffrances acceptées par le Christ (Imitatio Christi)  et de sa Mère. La lecture (par les lèvres et par le cœur) d'un poème comme celui du Stabat Mater Dolorosa appartient à ce type de dévotion.  Le thème de la Mater Dolorosa, dont l'affliction est le thème central,  s'inscrit aussi dans l'explosion de la dévotion mariale, promue notamment par l'ordre franciscain.

[...] Ô Mère, source de tendresse,

Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.

Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.

Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

[...]

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

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Il est peut-être significatif que Ignace de Loyola ait commencé la rédaction de ses Exercices Spirituels (l'ouvrage archétypale de cette pratique ascétique) entre 1522 et 1523. Mais la rédaction de De Imitatione Christi 

 

par Thomas a Kempis date de 1400 et la diffusion de ses quatre Livres, commencée en 1427, est déjà très forte en 1450. Cet ouvrage, où la Croix est omniprésente, est d'un pessimisme anthropologique radical : il  souligne " l'universalité de la souffrance, provenant du caractère incertain et décevant du monde. Mais après avoir montré la souffrance inséparable de la nature, il présente, en Jésus, la grâce inséparable de la souffrance. Pour se préparer à recevoir cette grâce, il s'agit de renoncer à soi-même, c'est-à-dire refuser toute complicité avec la faiblesse humaine, et d'imiter Jésus-Christ, c'est-à-dire s'offrir à lui aussi totalement qu'il s'est offert au Père. (Wikipedia) 

La diffusion de gravures sur les souffrances du Christ durant la Passion (Dürer, Martin Schongauer) facilite cette pratique, tout en fournissant des modèles aux autres artistes, notamment les verriers.

Il est possible que le couple formé par Louis et Françoise de Roncherolles ait été engagé dans ces pratiques et imprégné de la spiritualité qui les accompagnent depuis longtemps. Il est aussi possible que des événements propres au diocèse de Beauvais, comme les épidémies et les famines, aggravées par la guerre entre François Ier et Charles Quint  aient accru la conscience du Mal et de la Mort, et aient rendu plus impérieux le recours aux différentes formes de prières. Et il est encore possible que ce couple ait ressenti avec une acuité douloureuse les deuils qui les frappaient, comme le décès de Louis d'Halluin le 12 décembre 1519, la perte en bas-âge de cinq de leurs douze enfants (Louis, François et Hubert, Laurent, Anne) et, en 1523, la mort de leur fils aîné Adrien. Françoise d'Halluin a pu, elle-même, vouloir traduire sa douleur de mère par un geste, la donation d'un vitrail, qui exposait au public, à tous les fidèles de la cathédrale, les enluminures dont elle avait, avec son mari, un usage privé dans son Livre d'Heures.

Certes, Louis de Roncherolles a pu vouloir témoigner de sa souffrance, et l'élever à un niveau universel,  après le décès de son épouse, survenu après la rédaction du testament de celle-ci, daté du 27 février 1522.

Ou bien encore, plus prosaïquement, il a pu seulement souhaiter vouloir remplacer la jouissance d'un droit seigneurial auquel il était contraint de renoncer par l'exercice d'un autre droit, celui de placer ses armoiries dans un vitrail.

S'il était —comme chacun alors— préoccupé par sa vie dans l'au-delà, il a pu désirer que son éffigie soit présentée dans la chapelle, afin que fidèles prient pour son âme. 

Dans tous les cas, les mots qui sont déchiffrés dans la seule inscription du vitrail DURANT LA FAMINE --GRANT-- MORT  associent avec certitude cette verrière avec la souffrance, le tragique et la mort.

Les deux registres supérieur et inférieur ont été, au moins au XIXe siècle, un temps, posés comme deux verrières indépendantes, et peuvent, malgré leur profonde  unité de style et de thème, fonctionner indépendamment.

Dans le registre supérieur, on peut dénombrer deux croix, et même plutôt trois, une dans chaque lancette, faisant de la contemplation bouleversante de la croix le thème fondamental. Hubert interrompt sa chasse impie et tombe à genoux, saisi par l'apparition de la croix dans le bois du cerf (cerf crucifère). Christophe, parti pour une banale traversée du gué, s'immobilise devant le poids excessif de l'Enfant, car il porte le Monde et la Croix (globe crucifère, ici absent ou virtuel). La croix est ici figurée par la position de corps de Christophe, et par le bois refleuri qu'il tient. Au centre, le Christ meurt sur la croix, entre sa Mère et son Disciple préféré, Jean. 

 

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 Engrand Leprince, 1522, Vitrail de Roncherolles registre inférieur, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Engrand Leprince, 1522, Vitrail de Roncherolles registre inférieur, chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

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Dans le registre inférieur, deux croix sont présentes : celle du Christ au centre, et le crucifix contemplé par saint François à droite. 

 Engrand Leprince, 1522, Vitrail de Roncherolles Registre supérieur, , chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

Engrand Leprince, 1522, Vitrail de Roncherolles Registre supérieur, , chapelle "du Sacré-Cœur", cathédrale de Beauvais, photo lavieb-aile.

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Les conclusions à tirer de ces considérations feront l'objet de mon second article, qui sera, je l'espère, plus bref.

 

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SOURCES ET LIENS :

— Inventaire de Picardie ; Verrière hagiographique dite vitrail de Roncherolles (baie 25)

https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-hagiographique-dite-vitrail-de-roncherolles-baie-25/1494d3c9-e418-4d16-b85d-0ad72bce2b9c

https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-hagiographique-dite-vitrail-de-roncherolles-baie-25/1494d3c9-e418-4d16-b85d-0ad72bce2b9c

Verrière hagiographique dite vitrail de Roncherolles (baie 25) - Vue du registre inférieur de la lancette droite : saint François et la donatrice Françoise d'Halluin : 

https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-hagiographique-dite-vitrail-de-roncherolles-baie-25/1494d3c9-e418-4d16-b85d-0ad72bce2b9c/illustration/4

https://inventaire.picardie.fr/recherche/globale?ou=Beauvais&texte=Mons+Jean-Baptiste+Marie+Fran%C3%A7ois-Xavier+de

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=PERS&VALUE_98=Roncherolles%20Louis%20de%20&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=1

— Photographies de Walwyn sur Flickr : https://www.flickr.com/photos/overton_cat/5816343002/in/photostream/

— Famille de Halewi(j)n (Haelwyn, Halluin)

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Halluin.pdf

 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bulmo_0007-473x_1998_num_156_2_1783000

—  Médiathèque de Beauvais, Bibl. mun. Beauvais, collection Bucquet-Aux Cousteaux [ désormais: Bucquet],  « Cathédrale de Beauvais, archives capitulaires, 1355-1650». 

Victor Leblond, Inventaire sommaire de la collection Bucquet-Aux Cousteaux, comprenant 95 volumes de documents manuscrits et imprimés rassemblés au XVIIIe siècle sur Beauvais et le Beauvaisis, Paris : Honoré Champion, Beauvais : Société académique de l'Oise, s.d. [1906], xxii-360 p En ligne 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Collection_Bucquet-Aux_Cousteaux

Bnf  Français 29023 (Pièces originales 2539) Roncherolles, Chambre des Comptes.  -  Cabinet des Titres, Pièces originales du Cabinet des Titres. Département des Manuscrits. Collections généalogiques - Cabinet des titres. Français 26485-29545-(Pièces originales 2539) Français 31776 (Chérin 214) PIECES ORIGINALES du Cabinet des titres , provenant des anciennes archives de la Chambre des Comptes. 68,460 dossiers, reliés en 3061 volumes.XIVe-XVIIIe siècle. 

 

BALCON (Sylvie ) 1998 "Les vitraux de Beauvais"    Bulletin Monumental   Volume  156-2   pp. 199-200

 BALCON (Sylvie) 1996,  "La portée politique d'un vitrail à Beauvais au XIIIe siècle"  Bulletin Monumental   Volume   154  pp. 87-88

— BARRAUD (Abbé) Description des vitraux des chapelles, p.4 et Description des vitraux des hautes fenêtres du chœur, p. 19 ; — Société Académique d'Archéologie, Sciences et Arts du Département de l'Oise, Beauvais Mémoires, Volume 3 pages 51-59 https://books.google.fr/books?id=QrtLAAAAMAAJ

— BARRAUD (Pierre Constant) 1860 Description des Vitraux des hautes fenêtres du choeur de la Cathédrale de Beauvais, contenant en abrégé la vie des principaux saints du diocèse de Beauvais, 39 pages

BARBIER (D) 2006-2007 Louis de Halluin 

http://maison.omahony.free.fr/ascendants/fiche%20halluin%20%20louis%20V3.pdf

 — CAMBRY (Jacques de), Description du département de I'Oise, vol. 2 (Paris: Imprimerie de P. Didot, 1803), 214;

 

— COTHREN (Michael W.), 2001« Why did Louis de Roncherolles commission a stained-glass window for Beauvais in 1522? », The Art Bulletin, Volume 83, Issue 1. 7-31. . http://www.jstor.org/stable/3177188?seq=1#page_scan_tab_contents 

— COTHREN (Michael W.), 1996, « Restaurateurs et créateurs de vitraux à la cathédrale de Beauvais dans les années 1340 » Revue de l'Art  Volume   111 pp. 11-24

 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rvart_0035-1326_1996_num_111_1_348248

 

— COTHREN (Michael Watt.),  [2006] Picturing the Celestial City : the medieval stained glass of Beauvais Cathedral  Princeton, N.J. : Princeton University Press,  .xii, 276 p. : ill. (some col.), map ; 29 cm.

— DELETTRE (André) 1843, Histoire du diocèse de Beauvais page 169.

https://books.google.fr/books?id=kG9-SdyzG6sC&pg=PA39&dq=famine+beauvais&hl=fr&sa=X&ei=Q5OVVcq1DIGaygOVrp7wDg&ved=0CC0Q6AEwAg#v=onepage&q=famine%20beauvais&f=false

—  DESJARDINS (Gustave), 1865,  Histoire de la cathédrale de Beauvais

page https://books.google.fr/books?id=QiKLGfdRjQAC&pg=PA51&dq=St-Etienne+de+Beauvais.+engrand+famine&hl=fr&sa=X&ei=VtuXVb-PBIHiUdKHj8AH&ved=0CCAQ6AEwAA#v=onepage&q=St-Etienne%20de%20Beauvais.%20engrand%20famine&f=false

— DEUFFIC (Jean-Luc) 2012, Les Heures de Loys de Halewyn (Louis d'Halluin, + 1519), chambellan de Louis XI : San Marino (CA), Huntington Library, HM 1171

http://blog.pecia.fr/post/2012/01/12/Les-Heures-de-Louis-d-Halluin-(-1519)-%3A-San-Marino,-Huntington-Library,-H-1171#sthash.Mv0j7YTt.dpuf

Voir aussi : http://bancroft.berkeley.edu/digitalscriptorium/huntington/HM171.html

 — FAUQUEUX (Charles) 1938 , Beauvais : son histoire (des origines à nos jours) ouvrage illustré de 126 gravures, dont 15 cartes et plans et 4 hors-textes / Ch. Fauqueux / Beauvais : Imprimerie centrale administrative.

 — FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978. p. 179

— GILBERT (Albert-Pierre-Marie), 1829, Notice historique et descriptive de l'église cathedrale de Saint-Pierre de Beauvais (Beauvais: Moisand, 1829), 25;

GRODECKI (Louis) 1953 , Vitraux de France (Paris: Musee des Arts Decoratifs, 1953), 96-97;

GUILHERMY (François de) 1858, "Description des localites de la France," 1858, Paris, BNF, ms nouv. acq. fr. 6096, fol. 153r-153v;

LEBLOND (Victor) 1924  , Beauvais, petite ville d'art (Beauvais: Prevot, 1924), 88-89;

— LEBLOND (Victor) 1926, La cathédrale de Beauvais, Petites monographies des grands édifices de la France (Paris: H. Laurens, 1926), 71-72; 

OTTIN (L.) 1896, Le vitrail: Son histoire, ses manifestations a travers les ages et les peuples (Paris: H. Laurens, 1896), 184.

PATTOU (Etienne), 2015, Maison des Roncherolles, 

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Roncherolles.pdf

— PECQUEUR (Marguerite) , 1956,  Répertoire des manuscrits de la Bibliothèque de l'Arsenal peints aux armes de leur premier possesseur (XIIIe-XVIe siècles)    Bulletin d'information de l'Institut de Recherche et d'Histoire des Textes  Volume   4    Numéro   4-1955    pp. 107-176 

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rht_0073-8204_1956_num_4_1955_938#

— PIHAN (Louis)  Beauvais: Sa cathedrale, ses principaux monuments (Beauvais: H. Trezel, 1885), page 86

https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n97/mode/2up/search/christophe

— RAYON E. "Inventaire des vitraux de l'Oise (1926-27)," Bibliotheque de la Direction du Patrimoine 4? DOC 9, pp. 144-47;

 

WOILLEZ (Emmanuel), 1838 Description de la cathédrale de Beauvais accompagnee du plan, des vues et des details remarquables du monument, et precedee d 'une resume des principaux evenements qui s 'y rattachent (Paris: Deracho, Caux-Porquier, 1838), 15;

 

— Livre d'Heures de Louis de Rocherolles Arsenal Ms 1191

http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ead.html?id=FRBNFEAD000079218

http://images.bnf.fr/jsp/index.jsp?contexte=accueil&destination=accueil.jsp (mot de recherche : "Roncherolles".

— Maître des entrées parisiennes : http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Daguerre&O=7814592&E=JPEG&NavigationSimplifiee=ok&typeFonds=noir

 

 

 

 

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