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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 14:34

II. Musée de Boulogne : le sarcophage intermédiaire de Nehemsimontou au Musée de Boulogne-sur-Mer:

Suite de : Le sarcophage de la momie de Nehemsimontou , I : Le cercueil anthropoïde antérieur du marinier d'Amon Nehemsimontou au Musée de Grenoble.

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Voir aussi dans ce blog les autres articles sur le Musée de Grenoble ::

Présentation.

En 1837, la municipalité de Boulogne-sur-Mer fit l'acquisition auprès d'un collectionneur parisien, le Dr Hébray, de deux cercueils égyptiens en bois emboîtés autour d'une momie. Les cercueils portaient le nom de Nehemesimontou , prêtre de Thèbes à la fin de la XXVe dynastie, mais il s'avéra par la suite que la momie et le sarcophage n’avaient rien en commun mais avaient été assemblés après leur découverte dans le but d’une meilleure vente, pratique courante au XIXe siècle. C’est cet ensemble, présenté dès 1837 au Musée de Boulogne, qui aurait donné à Auguste Mariette sa passion pour l’Egypte «je suis entré dans l’Egypte (…) par la momie du Musée de Boulogne ».

Cette momie qui n'a pas révélé son identité est celle d'un sujet masculin, qui proviendrait de la région de Thèbes et qui aurait vécu entre XIe et le VIe siècles avant notre ère (XXIe -XXVIe dynasties).

Le cercueil le plus extérieur a disparu, sans-doute lors de la Première Guerre Mondiale, mais le musée de Boulogne conserve encore la momie, et le second cercueil de Nehemsimontou, qualifié de cercueil "médian" ou "intermédiaire" pour signaler sa position dans le complexe funéraire. Celui-ci doit être complété par un "cartonnage" (toile de lin en plusieurs couches agglomérées, enduite — stuquée— et peinte), placé à l'intérieur des deux caisses de bois. C'est, précisément, celui qui est conservé par le musée de Grenoble, et que j'ai décrit dans la première partie. Ce cartonnage, sur lequel se lit aussi le nom de Nehemsimontou, porte une inscription du XIXe siècle mentionnant qu'il avait été ramené d'Égypte en 1799 par Vivant Denon ; mais comme on ignore qui a écrit cette indication, et à quelle époque, elle peut être remise en cause. Dans tous les cas, les trois éléments ( 2 cercueils et cartonnage) sont arrivés en France dans le premier tiers du XIXe siècle, ont été proposés, dans le contexte alors courant de pillage et de recomposition factice d'ensembles égyptiens, d'une part au docteur Hébray à Paris (avant 1837), d'autre part au comte Saint-Ferriol à Grenoble (avant 1861).

A la différence du cartonnage de Grenoble, je vais décrire les cercueils de Boulogne en faisant la synthèse des éléments disponibles en ligne (en effet, je ne me suis pas –encore–rendu à Boulogne). J'ai copié et collé diverses informations et tournures puisées dans les sources que j'indique en fin d'article. Je les placerai dans la mesure du possible en retrait.

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Les collections égyptiennes du musée de Boulogne-sur-Mer.

Créé en 1825 suite à l’acquisition du cabinet de curiosité du Vicomte Isidore Leroy de Barde, premier peintre d’histoire naturelle du roi Louis XVIII, le musée de Boulogne sur Mer conserve des collections riches et variées. Cette diversité s’explique notamment par la situation géographique de la ville, au bord de mer. De nombreux voyageurs boulonnais sont partis découvrir le monde et ont offert, au musée, à leur retour les objets collectés. Des érudits d’origines boulonnaises, tel Ernest Hamy, fondateur du Musée du Trocadéro à Paris, ont eu aussi à cœur d’enrichir le musée de leur ville natale.

Présente dès le fonds initial du musée, la collection égyptienne a été peu à peu enrichie par des dons de particuliers et par un important dépôt du musée du Louvre. Elle se concentre essentiellement autour des rites funéraires et des croyances religieuses.

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Auguste Mariette (Boulogne, 1821 -Le Caire, 1881) et Nehemsimontou.

Né à Boulogne, [François Ferdinand] Auguste Mariette, qui allait devenir l'égyptologue français de premier plan, fondateur du musée du Caire, fut d'abord enseignant de français, latin et anglais.dans sa ville natale, au collège communal. Il quitte l'enseignement pour se lancer dans le journalisme, devenant ainsi de 1843 à 1846 le rédacteur en titre de L'Annotateur, un journal boulonnais, mais il écrivait aussi dans d'autres parutions.Il signant ses articles du pseudonyme, Eugène Morice.

C'est le hasard qui fit qu'il attrapa le virus de l'égyptologie. En effet son cousin Nestor L'Hôte, qui avait participé aux cotés de Champollion en qualité de dessinateur, à la grande mission d'Egypte de 1827 à 1830, mourut en 1842. Ses papiers (notes et dessins) furent envoyés à sa famille boulonnaise: Auguste Mariette fut chargé de les classer. Lui qui ignorait tout de l'Egypte dut se documenter, chercher à percer le sens des inscriptions hiéroglyphiques, aller étudier la momie et le sarcophage que possédait le Musée de Boulogne-sur-mer , et les quelques 3000 hiéroglyphes qui s'y trouvent.

La présence d'un fonds égyptien parmi les collections du Musée de Boulogne-sur-mer a favorisé l'éclosion de la vocation de Mariette et lui a offert ses premiers sujets d'étude. Si la collection reste encore modeste, elle comprend quelques pièces intéressantes sur lesquelles le jeune égyptologue a pu s'exercer au déchiffrement des hiéroglyphes. Citons la stèle de Ptolémée IX Evergète II, offerte par l'amiral de Rosamel en 1834; celle de Kemrou, par la comtesse de Rigny en 1837; l'oushebti du "Directeur des Flottes royales de transport Psametik-Mery-Ptah", par M.Macdonough en 1837 et, surtout, le sarcophage de Nehemsimontou, acquis par souscription et 1837 - année faste pour l'enrichissement de la collection égyptienne- dont les hiéroglyphes auraient, selon la tradition, posé au jeune Mariette des problèmes de déchiffrement. C'est à cette collection boulonnaise qu'il consacre une description commentée dans un article de L'Annotateur du 18 mars 1847, intitulé: Quelques mots sur la Galerie égyptienne du Musée de Boulogne-sur-mer, étude reprise sous forme de brochure. Plus tard, Mariette a jugé sévèrement cette publication. Il ne faut toutefois pas oublier qu'elle représente le premier travail scientifique d'un amateur provincial isolé travaillant en autodidacte, dont la formation est encore loin d'être achevée.

Auguste Mariette est ensuite devenu célèbre pour avoir mis à jour le sérapéum de Saqqarah. Il a créé le Service des antiquités égyptiennes et est devenu son premier directeur en 1858. Il a ainsi créé le musée du Caire en 1861. Au cours de sa vie en Egypte, il a dirigé les fouilles de nombreux monuments égyptiens.

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Une campagne de restauration de 2005 à 2009.


 Après l'exposition «Des Dieux, des tombeaux, un savant, un érudit. En Egypte, sur les traces de Mariette Pacha," qui se déroula au Musée du Château de Boulogne-sur-Mer du 10 mai au 31 Août, 2004 , le cercueil fut confié au centre de Recherche et de Restauration des Musées de France ou C2RMF à Versailles.  « Il y avait des suspicions de fragilité et d’infestation par les insectes, explique Anne-Claire Laronde, conservatrice du Château-musée, et c’était aussi l’occasion de se lancer dans une étude poussée de cet objet que beaucoup d’égyptologues avaient découvert pendant l’exposition ». L’opportunité, aussi, de « nettoyer » le sarcophage de ses restaurations les plus récentes – datant des années cinquante – qui « masquaient la plus grande partie de l’oeuvre ». Celle-ci n’avait en effet plus vraiment son apparence d’origine… notamment à cause de «masticages très invasifs qui débordaient beaucoup sur les peintures ». Ses pieds, par exemple, étaient complètement recouverts d’un mastic marron alors qu’ils étaient originellement ornés de peintures !

Traitement Une équipe de cinq restaurateurs indépendants (Isabel Bedos i Balsach, Anne Courcelle, Geneviève Delalande, Daniel IBLED et Amélie METHIVIER) a travaillé sur le cercueil de Février 2008 pour Juin 2009. Ils ont bénéficié d'un comité composé d'experts scientifiques et les égyptologues du Louvre , le Collège de France, et le C2RMF. En effet, le développement du protocole de conservation soulevé diverses questions. Débat portait sur des questions de nettoyage et si restaurations antérieures doivent être enlevés ou acceptés afin de récupérer la polychromie d'origine partiellement caché par repeints. Ces questions doivent décisions collectives et collaboratives. Figure 5: Haut du couvercle lors de l'enlèvement des repeints: remplissage blanc avec © C2RMF / Thomas Clot Ce traitement de conservation des repeints brunes visant à éliminer les interventions modernes, tels que les remplissages et repeints, et à rétablir l'état du XIXe siècle de l'objet en raison de la modifications irrévocables qui avaient eu lieu précédemment à l'original [4]. L'étude stratigraphique permis à l'équipe de déterminer la nature et l'état de conservation des différentes couches de couleur de la polychromie d'origine. Connaissance de la couche accumulation aidé l'évaluation lors de l'enlèvement de matériaux autres que d'origine, qui se sont avérées techniquement difficile. Les tests mécaniques et chimiques ont été effectuées pour établir la meilleure façon d'enlever les remplissages et repeints. Chaque zone du cercueil présenté différentes questions du point de vue de la conservation et le traitement, de sorte que différents produits ont dû être utilisées. La plupart des traitements entrepris étaient chimique. En outre, le traitement de conservation impliqué stabiliser le soutien, la consolidation de la polychromie, nettoyage de la surface, le remplissage des lacunes et des joints d'assemblage ouverts et les zones de retouche de la perte, par exemple dans le visage représenté sur le couvercle. Les remplissages ont été appliquées plus bas que la surface d'origine afin que les lacunes resté évident, mais que la continuité visuelle des éléments décoratifs a été retourné, assurer l'unité du cercueil sans masquer les restaurations et les traces du temps actuels (figures 5 et 6). Les plus anciens repeints, nouveau masquées par certaines interventions ultérieures, ont révélé des tendances surprenantes comme la tête d'un cheval face à un «cheval-serpent" figure sur le côté droit de la large collier. Ces éléments ont été retenus, bien que ne faisant pas partie de la décoration originale, en raison de leur qualité et l'importance du point de vue de l'histoire de la restauration et de l'égyptologie. Bien qu'ils soient les résultats de l'interprétation des artistes du XIXe siècle, ils donnent une indication de ce qui restait de la décoration originale [BEDOS je Balsach et al, 2009]. Figure 6: fond du couvercle: enlèvement de repeints brun actuelle, montrant l'aspect du 19ème siècle sous-jacente peintures © C2RMF / Thomas Clot Conclusion passées et les interventions successives ont donné un aspect confus et incohérent de le cercueil avant le traitement en cours. Un strict retour à l'aspect d'origine était techniquement et éthiquement impossible. Les niveaux options de traitement, de nettoyage, de remplissage et de retouche ont été effectuées pour donner un aspect homogène et cohérente de la boîte et le couvercle, tout en respectant son authenticité et la preuve unique qu'elle transmet. Notes [1] Le cercueil a été transporté à l'C2RMF après l'exposition "Dieux, Graves, un érudit. En Egypte, sur les traces de Mariette Pacha,« Château-Musée de Boulogne-sur-Mer du 10 mai au 31 Août, 2004 . [2] François Auguste Ferdinand Mariette (1821 à 1881) était un égyptologue français qui est devenu célèbre pour ses découvertes à Saqqara. Il a créé le Service des antiquités égyptiennes et est devenu son premier directeur en 1858. Il a également créé le musée du Caire en 1861. Au cours de sa vie en Egypte, il creusé à de nombreux monuments égyptiens. Son travail a été importante à l'ouverture du domaine de l'égyptologie. [3] Nehemsimontou était un prêtre égyptien de la 25ème dynastie, qui a appartenu au clergé du temple de Karnak, dédié au culte du dieu thébain Amon. Il était «capitaine» de la barque sacrée d'Amon, le dieu de Thèbes ". [4] L'apparition du XIXe siècle de l'objet a une signification historique.  

 

La restauration dura de février 2005 à juin 2009 et fut confié à une équipe de cinq spécialistes des sarcophages égyptiens indépendants, , (Isabel Bedos i Balsach, Anne Courcelle, Geneviève Delalande, Daniel Ibled, Amélie Méthivier) placée sous la direction d’un comité scientifique où siège notamment le C2RMF (Noëlle Timbart, Victoria Assendi-Amoros pour les analyses des bois, Sandrine Pagès-Camagna pour l'analyse des polychromies) le Louvre (Hélène Guichard), le Collège de France (Olivier perdu)  et  Anne-Claire Laronde .  On a alors découvert que la caisse était faite en bois de figuier sycomore. La radiographie a aussi révélé qu’il avait été encore plus restauré que prévu… notamment par des artistes non spécialistes en Egyptologie juste après la Seconde Guerre mondiale, le sarcophage était jusqu’à présent recouvert d’un mastic qui lui donnait une couleur marron. Aujourd’hui,  le mastic a disparu et les hiéroglyphes ont retrouvé leur aspect originel (notamment un hiéroglyphe représentant une divinité à la tête de cheval et la queue de serpent qui a pu éclairer les égyptologues), les restaurations  effectuées au XIXe siècle étaient beaucoup moins grossières que celles du XXe siècle… Par exemple, au siècle de Mariette, on utilisait des colles de poisson, facilement réversibles. Plus de 100 ans plus tard, après la Seconde Guerre mondiale, les personnes chargées de restaurer n’ont pas hésité à recourir à des « colles très dures », moins respectueuses des œuvres. 

Les recherches menées dans le cadre  d'un diplôme de maîtrise à l'Ecole du Louvre [Catherine Thomas, 2006-2007] ont enrichi notre connaissance et notre compréhension de l'objet et de son histoire matérielle. Cinq campagnes de restauration distincts ont été identifiées. La première, réalisée avant la vente par le collectionneur parisien, a du être effectuée pour augmenter sa valeur de marché. A cette époque, les pieds ont été repeints, le visage a été doré et la barbe peinte en noir. La boîte a aussi été repeinte en plusieurs endroits. Les restaurations ultérieures ont été faites au cours de la période de l'entre-deux-guerres (1920-1940), réparant les dommages subis par l'objet , en particulier à la partie basse du couvercle. Trois autres campagnes ont été menées: en 1948 (comprenant: la fumigation contre les parasites, le nettoyage de l'intérieur de la boîte, l'application de remplissage, et la consolidation structurelle) ; en 1980 (comprenant: les applications de remplissage et des retouches); et plus récemment, en 2004 (comprenant: le nettoyage, la consolidation minimale de la couche de peinture et la suppression partielle de joints modernes). Sauf pour la campagne la plus récente, les interventions de thèse sont peu ou  pas du tout documentées. 

Etude.

Une étude préliminaire  utilisant un large pannel de techniques d'examen (UV, IR et rayons-X)  et d'analyse (polychromie bois et identifications) a mis en évidence les composantes techniques du cercueil et la composition de ses matériaux. La cuve et le couvercle sont fabriqués à partir de bois de sycomore Ficus sycomorus, et consistent en  planches liées par des assemblages à tenon-mortaise par des chevilles en bois de jujubier Ziziphus spina Christi  [Asensi-Amoros 2006 & 2008]. Ces deux essences sont celles qui sont aussi utilisées pour le sarcophage d'Ir Bastet-Oudja-En Nefou. (22e-23e dynastie)

   Le fond au  pied de la cuve, fait d'une seule pièce pleine de bois, est réuni au cercueil sur les côtés par un système de chevilles à queues d'aronde.

L'objet a, dans le passé, a subi les attaques d' insectes xylophages, ce qui a affaibli le support en bois. Ces dommages ont été partiellement couverts par des  repeints. Les joints d'assemblage sont ouverts et des fissures courent  à travers certaines parties de la surface. Les fissures, résultant des mouvements du bois,ont aussi endommagé les couches polychromes, surtout le long des joints. Plusieurs remplissages et interventions structurelles ont été identifiées  sur le couvercle et la boîte. Les radiographies ont révélé que le remplissages de gesso ont été renforcés  avec des clous et des éléments métalliques (par exemple une tige filetée dans le fond du couvercle). L'analyse a aidé notre compréhension de la stratigraphie de la polychromie, et a permis l'identification de la matière utilisée. Une vingtaine de micro échantillons ont été prélevés pour caractériser la polychromie d'origine et l'histoire de la restaurations du cercueil  ". Les techniques suivantes ont été utilisées: la microscopie optique (OM), le microscopie électronique à balayage (MEB), le transfert de Fourier (FTIR), la spectroscopie de masse en chromatographie gazeuse (GC-MS), des tests microchimiques [Pages Camagna, 2007]. Dans l'ensemble, la surface du cercueil est très irrégulière. Le support en bois et couches décoratives montrent une détérioration dans certains endroits.. Plusieurs interventions passées étaient les techniques de peinture différente visibles et divers utilisés pour appliquer des retouches antérieures ou plus de peintures pourraient être facilement distingués. Une campagne de nettoyage précédente avait fait disparaître des  scènes entieres peintes à l'intérieur de la boîte et certains des hiéroglyphes bleus appliqué sur le fond blanc du couvercle. De plus, certains pigments étaient partiellement effacés, laissant certaines marques et indications de cette ancienne campagne de nettoyage, et il en résulte des zones illisibles dans lequel le motif ou l'image ne sont plus clairs.

 Certaines des précédentes restaurations du XIXe siècle ont non seulement soulignées à nouveau le dessin original, mais elles ont aussi ré-interprétées  les zones de perte partielle. Ces restaurations étaient de qualité suffisante pour tromper le jeune Mariette, qui les a décrit sans se rendre compte qu'elles étaient peintes par dessus les peintures d'origine. L'extérieur du cercueil a reçu une couche de vernis (présentant une fluorescence jaune sous la lumière UV) à une date ultérieure à la fabrication. 

 

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Une réinstallation en novembre 2009.

Le cercueil a été reinstallé dans le musée en novembre 2009.

Image Frédéric Cuvillier

 

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DESCRIPTION  : le sarcophage intermédiaire de Nehemsimontou.

 

C'est le cercueil en bois polychrome de Nehemsimontou, un égyptien de la 25ème dynastie, qui a appartenu au clergé du temple de Karnak, dédié au culte du dieu thébain Amon. Il était le «nautonnier» de la barque sacrée d'Amon, le dieu de Thèbes.

Pour cette description, je suis obligé de me débrouiller seul, car je n'ai pas eu accès aux textes descriptifs des spécialistes. Je m'inspirerai de la description du cercueil de Grenoble.

H. 210 cm L. 70 cm. Inv. 1b/2. 

Datation : 

Le cartonnage de Grenoble était daté de "la fin du XXVe dynastie / début XXVIe dynastie". Pour ce cercueil, bien-entendu contemporain du cartonnage, je trouve, dans les travaux de restauration du C2RMF les plus récents et les plus compétents, celle de la fin de la XXVe dynastie. Si je retiens, pour cette période, le régne des trois derniers pharaons, Shabataka (-702 à -690), Taharqua (-690 à - 664) et Tanoutamon (-664 à -656)  cela correspond au 7ème siècle av. J.C. La XXVe dynastie est celle des souverains nubiens de Napata.

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I. Décor extérieur du couvercle.

Le cercueil est "anthropoïde", façonné comme si le défunt se tenait debout,  le visage recouvert d'un masque d'or, portant un collier large sur la poitrine, sur lequel se croisent deux manches d'objet,  au dessus  d'un bijou en forme d'oiseau ;  le corps, où le relief des bras et des jambes disparait, prend l'apparence de celui d'une momie.  Le décor peut être divisé en sept registres en dessous de la tête : le collier ; l'oiseau aux ailes étendues ; deux bandes peintes de personnages  en motifs polychromes sur fond jaune ; deux bandes alternant avec les précédentes, blanches portant des colonnes d'hiéroglyphes comme sur un rouleau de papyrus, ; un décor brun-jaune plus dégradé sur les pieds.

Les  hiéroglyphes  des registres blancs sont inaccessibles à un examen à partir des clichés disponibles en ligne. Je discerne seulement que le texte est disposé sur 10 (ou 12?) colonnes. Je ne décrirai que les registres à figures. 

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1°) La tête.

Je n'ai pas accès à une vue du dessus de la tête. Le défunt est représenté le visage peint à l'or, coiffé de la perruque à rayures jaunes et noires. (cette lourde perruque rayée verticalement et dont les pans encadrent le visage comme des ailes de protection, évoque la coiffe pharaonique dite némès . Ce dernier n'étant qu'un foulard de lin rectangulaire terminé par des retombées sur les épaules, n'est-ce pas lui qui recouvre la perruque ? ) Les oreilles sont figurées quasiment de face. La barbe n'est pas celle, fine et tressée, du cartonnage, mais une barbe courte, peinte en noir homogène, et adoptant la forme d'un carré massif. Elle se rapproche de la barbe postiche trapézoïdale portée par les pharaons de leur vivant.

Source image ici.

 

2°) Le collier large.

Il est composé de quatre bandes décorées d'éléments rectangulaires polychromes. C'est le collier ousekh ou "large collier" (son nom égyptien signifie justement « large » — wsḫ) et qui se composent en réalité  de perles de faïence, de pierres précieuses ou semi-précieuses, organisées en réseau ornementale. Il se termine par deux fermoirs plats au niveau des épaules, souvent décorés de figures de faucon, et il  est maintenu par un contrepoids qui retombe dans le dos du porteur. Il  joue un rôle protecteur, d'amulette.

 Deux objets se croisent sur le buste : il pourrait s'agir de deux rubans provenant de la perruque.

 

 

 

 

Sarcophage intermédiaire de Nehemsimontou Photo (C) RMN-Grand Palais / Benoît Touchard, détail ( recadrée)

Sarcophage intermédiaire de Nehemsimontou Photo (C) RMN-Grand Palais / Benoît Touchard, détail ( recadrée)

3°) Troisième registre : l'oiseau.

— Ce que je vois :

a)  les ailes étalées sur la poitrine du défunt (trois zones, l'une distale réaliste faites de plumes brunes, l'autre médiane à traits noirs sur fond rouge, la première ou proximale dont le fond jaune est tigré d'élements ovoïdes ou octogonaux). Au centre, le disque solaire rouge de Rê, encadrée de deux cobras. 

b) deux colonnes d'hiéroglyphes à droite (9 signes ?) et à gauche (4 signes).

— ce que j'interprête : un disque solaire ailé d'où pendent deux uraeus étend ses alies protectrices sur le défunt.

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Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

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4°) Quatrième registre. Pesée du cœur.

— ce que je vois : une frise d'une dizaine de personnages et d'animaux, encadrés d'hiéroglyphes.

— Ce que je tente de décrypter. Je comprends vite qu'il s'agit de la scène de la Pesée du cœur, telle qu'elle se déroule dans la Salle du Jugement, et telle qu'lle est décrite dans le Livre des Morts formules 30B et 125. .

 de gauche à droite :

a) Osiris, et les hiéroglyphes D4 et Qi de son nom Wsjr. Il porte la couronne Atef  avec un uraeus fraontal, et tient les attributs de la royauté : le flagellum et le sceptre-héqa. Son corps momifié est orange.

b) le dieu Rê tenant le signe du souffle de vie ânkh et le sceptre ouas, vêtu du pagne court , avec trois hiéroglyphes devant le dique solaire à cobra dressé : Zi ; N5 et D21 (translitteration  Rˁ ). Rê-Horakhty

c) Un serpent vertical, dont la gueule porte la barbe postiche des dieux. Quelle est cette divinité ophidienne ? Ne serait-ce pas Néhebkaou ?  

Serpent bienfaisant au rôle nourricier, dont le nom signifie "celui qui approvisionne les ka", Néhebkaou gardait l'entrée du monde souterrain. Il protègeait pharaon dans l'Au-delà et accompagnait le soleil Rê durant son voyage nocturne. Il est aussi un aide précieux pour les défunts. Il apparaît dans le Livre des Morts comme une manifestation de Rê. Son nom signifie « celui qui accouple (ou unit) les deux Ka » ou « Celui qui approvisionne les kas ». Néhebkaou est chargé de donner des kaou au défunt, une fois que ce dernier a été prononcé juste. Ce concept, attesté dès la IIe dynastie, semble désigner à la fois l’offrande funéraire et les défunts qui en bénéficie.  

d) Un dieu à tête d'ibis, surmonté du signe de l'eau ,  tenant en main un rouleau de papyrus : il s'agit de Thot. Son nom est indiqué par l'hiéroglyphe G26 (un ibis sur un pavois).

Sous le papyrus, trois signes V30-S43-R8 doivent composer une formule d'eulogie ou un titre débutant par Neb "Seigneur" (Neb-med- Ntr). Elle se retrouve

e) un homme à la tête rasée, au pagne transparent, portant des bracelets turquoise aux bras et aux poignets : c'est ??

f) un babouin juché sur un piédestal à degrés, tenant un rouleau de papyrus et un calame : c'est Thot 

g) Un déesse coiffée d'une plume : Maât, divinité de la rectitude de vie, de l'ordre et de l'équilibre du monde.

h) la scène de la pesée : la balance est surmontée de deux yeux oudjat. Un seul plateau est visible sur la photo, celle où est installée Maât, tenant le signe ânkh du souffle de vie. Le cœur du défunt est, selon toute vraisemblance, sur l'autre plateau. Anubis, le dieu à tête de chacal, procède, accroupi, à la pesée, devant un chien qui attend la sentence. C'est la Dévoreuse, le dieu Ammout qui ne fera qu'une bouchée du  cœur s'il est jugé plus lourd que la plume d'autruche ! Cette créature est classiquement représentée avec une tête de crocodile, un corps et les pattes avant de lion et à l'arrière-train et les  pattes arrière d'hippopotame 

Anubis tient dans sa main droite un peson suspendu à une potence. Celle-ci est fixée à l'axe central, au sommet duquel est juché un singe, (Thot ? ou le défunt ?).

Tout ceci est conforme aux représentations du Livre des Morts du papyrus d'Ani, du papyrus d'Hounefer

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Cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

Cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

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5°) Sixième registre. Séparation du ba.

Il comporte  trois cases : dans les cases latérales, deux déesses assises, bras gauche levé, robe longue, sein gauche dénudé, assistent à la scène centrale. On reconnait Isis à gauche (elle porte le hiéroglyphe Q1 du trône royal)  et sa sœur Nephthys à droite.

La case centrale représente la momie, étendue sur un lit et assimilée à Osiris: le défunt porte la barbe recourbée osirienne. Le dieu Anubis, patron des embaumeurs, se tient debout devant la momie du défunt qui est couché sur un lit funéraire. Le Ba, sous la forme d'un oiseau à tête humaine, quitte le défunt en s'envolant, mais plane encore au-dessus de la momie en lui présentant le signe hiéroglyphique shen de la vie shen. C'est la " séparation du ba d'avec le cadavre". en effet, outre la fabrication d'un corps momifié, les rites de l'embaumement visent à séparer le ba du cadavre. Cette séparation est nécessaire car le destin du ba est de participer aux grands cycles cosmiques que sont la course du soleil et la rotation des 36 étoiles décanales.  Les chapitres 94-97 des Textes des Sarcophages ont pour but cette séparation. Dans ces formules magico-funéraires, le ba ne s'est pas encore séparé de la dépouille mortelle. Le rôle de l'officiant est de l'aider à s'en détacher. Pour ce faire, le défunt est assimilé au ba d'Osiris à savoir Horus, son fils posthume. À partir de ses humeurs putrides, Osiris se crée un ba qui doit rejoindre le monde des vivants. (D'après Wikipédia)

Devant le pied antérieur d'Anubis, se succèdent les quatre fils d'Horus. Protecteurs des viscères momifiés, ils prennent la forme de vases canopes, dont les couvercles portent les quatre têtes différentes des Fils d'Horus.   Douamoutef, à tête de chacal protège les poumons, avec Neith ; Kébehsénouf, à tête de faucon, protège l'intestin, avec Serket. Amset, à tête humaine, protège le foie, avec Isis. Hâpi, à tête de babouin, protège la rate, avec Nephtys .

La main gauche d'Anubis tient les attributs d'Osiris : la couronne atefconstituée d'une mitre centrale à rayures verticales colorées, surmontée par un disque et flanquée de deux plumes d'autruche. les deux "rubans" qui pendent de cette coiffe se retrouvent aussi sur cette image de la tombe d'Inherkhâou.

 

"La mort (cessation de la vie) est différenciée du mort (individu qui cesse de vivre). Cette différenciation s'intègre dans le mythe osirien. Le mort est Osiris assassiné par Seth, la mort. Ici, la mort n'est pas naturelle, c'est une violence et une injustice contraire à la Maât (ordre et vérité) instituée par le dieu primordial et créateur. Seth (la mort) est donc dans son tort. Une action judiciaire et un procès contre lui sont donc possible et même nécessaire. Le but étant de rétablir Osiris (le mort) dans ses pleins droits. Isis, la sœur-épouse d'Osiris, pleure le défunt et reconstitue son corps déchiqueté. Le cadavre par la momification est sauvegardé. De ce corps revivifié, Isis conçoit Horus, le fils et l'héritier de la victime. Lors du procès, Seth est mis en déroute et Osiris est proclamé juste. Son règne dans le monde souterrain commence tandis que son fils Horus lui succède parmi les vivants. Dans ce mythe Isis est la réanimation et la continuité de la vie. Et Horus, c'est l'individu vivant ; à savoir la persistance de la vie sur terre telle que le dieu créateur l'a instaurée.

Osiris sort finalement vainqueur de son combat contre Seth car son fils Horus a poursuivi la lutte. Malgré sa victoire, Osiris est un roi mort. Il poursuit son existence retiré du monde des vivants. Sa royauté s'exerce dans la Douat. C'est un lieu secret où son corps momifié est a l'abri d'une nouvelle attaque des forces hostiles." (Wikipédia)

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Cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html
Cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

Cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

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II. Décor intérieur de la cuve.

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Le fond de la cuve, bien évidemment anthropoïde elle-aussi puisque le couvercle s'y ajuste, est peint d'un décor divisé par deux larges bandes jaunes et or en trois registres. Le sommet (tête), le fond (pieds) et les cotés latéraux sont également peints, mais le décor ne s'aperçoit que partiellement, pour le flanc droit, sur un cliché en ligne. Globalement, on peut décrire autour de la tête une divinité étendant ses ailes, et, dans le tiers inférieur, deux déesses, Nephthys et Iris, entourant la déesse du fond.

 De même, le décor extérieur échappe à l'internaute.

 

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Image http://www.photo.rmn.fr/archive/14-582148-2C6NU0AWO3GD4.html recadré et éclaircie.

Image http://www.photo.rmn.fr/archive/14-582148-2C6NU0AWO3GD4.html recadré et éclaircie.

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Image monsieur Devos  http://www.laregiondesmusees.fr/oeuvre/sarcophage-median-nehemsimontou/

Image monsieur Devos http://www.laregiondesmusees.fr/oeuvre/sarcophage-median-nehemsimontou/

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1°) Cuve, premier registre.

Au centre, un homme (barbe) ou plutôt une femme (sein ; robe moulante à bretelle) porte sur sa perruque l'hiéroglyphe du jonc N22, soit le bilitère nn (nèn) *. Elle lève les bras autour du disque solaire rouge. Il s'agit de Nout.

* à confirmer.

Quatre babouins à corps bleu présentent leurs paumes vers elle en signe d'adoration. Les babouins sont  associés au  soleil levant, car on pensait qu'ils avaient l'habitude de pousser des grands cris au lever du jour, juste avant l'apparition du soleil; cette habitude leur valut d'être associés à la renaissance solaire car ils acclamaient l'astre à son apparition. (Livre des Morts, chapitre 16, Papyrus d'Ani).

Deux yeux oudjat sont placés en sommité.

Je rapproche cette figure de celle de Nout  qui orne l'intérieur du cercueil d'Isetenkheb :

http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/mobile/collections/chefs-doeuvre/cercueil-d-isetenkhe/

 

 

"Au Moyen Empire égyptien, le cercueil et le sarcophage se couvrent de formules où Nout, la déesse du ciel, se déclare comme la mère du défunt. Si elle est identifié au sarcophage, elle est aussi la nécropole du Bel-Occident et la tombe du défunt. Bref tous les éléments qui accueillent le défunt. Cette deuxième représentation de la mort se perpétue dans le Livre des Morts. Nout, la déesse du ciel, promet toujours au défunt, eau, ombre, et nourriture. Une de ses formes est l'arbre de la vie, le sycomore.

« Formule pour vivre de la brise et avoir de l'eau à volonté dans l'empire des morts. Paroles dites par (Nom du défunt): Ô ce sycomore de Nout, donne moi l'eau et la brise qui sont en toi ! Je suis celui qui occupe cette place qui est au centre d'Hermopolis. (...) S'il vit, je vis ; s'il respire la brise, je respire la brise. » — Extraits du chap. 59. Traduction de Paul Bargueta .

"Nout apparaît à l'intérieur de sarcophages vue de devant, souvent en train d'avaler ou d'enfanter le Soleil. Cette scène est exécutée sur la partie inférieure du couvercle afin d'assurer une sorte d'union avec le défunt. Le cercueil symbolisait ainsi le corps de Nout, qui accueillait en elle le mort afin de pouvoir l'enfanter à nouveau. Elle était la protectrice des morts qui les accompagne dans l'Au-delà. " (Wikipédia)

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Cette photo me permet de mieux voir l'oiseau qui étend ses ailes sur le tour de la tête : je discerne les pattes enserrant le disque solaire et le signe shen de l'universel et de l'éternité : il s'agit peut-être du faucon à tête de bélier qui orne aussi le cartonnage de Nehemsimontou.

Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

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2°) Registre médian de la cuve.

 

Après une bande horizontale (rayures bleu blanc et rouge, puis jaune et or, puis bleu blanc et rouge) vient un registre de 10 colonnes d'hiéroglyphes sur fond blanc, une nouvelle bande de rayures, puis une scène figurée, sur fond blanc.

Un dieu à tête de faucon (Horus) et un dieu à tête d'ibis (Thot) versent des libations sur la tête d'un personnage central, coiffé d'un bandeau tenant une plante. Leur nom  est indiquée dans les hiéroglyphes — le faucon G5 pour Horus l'ibis G26 pour Thot — , précédés et suivis de deux signes. Ce sont :  la corne et l'eau du signe F17, signe de purification,  et la corbeille d'osier  V31 correspondant à la lettre K.

Cette scène est retrouvée dans les figurations des rites de purification ("baptème") du pharaon. Le personnage est sans-doute le défunt revivifié.

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Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

3°) Troisième registre de la cuve.

Une déesse verse maintenant le contenu de deux vases sur ses cotés. Le liquide retombe sur un oiseau à tête humaine (le ba ?) monté sur un support, à gauche, et sur un autre personnage que je n'identifie pas à droite.

L'identité de la déesse est donnée par les hiéroglyphes placés au dessus, et sur sa tête et qui se lisent Nwt ou Nout : W24 et le pain X1 au dessus du ciel  N1 .

W24 

Elle est entourée à sa gauche de 3 étendards R8 Ntr signe qui est l'idéogramme de "dieu". A  sa droite on lit les deux signes F31 et  signe S29, qui peuvent se lirent -mes, ou mosis , "qui est né[e]". Faut-il comprendre : "qui est née trois fois divine "? 

La photographie montre aussi le fond de la cuve au niveau des pieds, orné d'un signe shen  où se croisent deux flagellum .

 

Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

4°) Les bords latéraux de l'intérieur de la cuve.

Je ne peux voir que le coté droit, où Isis élève les bras vers l'intérieur et donc vers la momie en signe de protection. Il est certain que le coté gauche présente Nephthys, dans la même posture. Le nom Isis est inscrit au dessus des mains avec le trône Q1 qui se lit st , et le déterminant de divinité B1. En dessous, deux signes R8 (indiquant la divinité) encadrent deux yeux oudjat, le signe N35 de l'eau et le signe du trône royal Q1.

Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html
Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

Cuve du cercueil de Nehemsimontou, Musée de Boulogne-sur-Mer, Source : http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

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Conclusion.

Cette description d'amateur attend les remarques qui permettront d'en corriger quelques bévues. Des indications sur des documents bibliographiques accessibles m'intéressent aussi. 

 

LIENS ET SOURCES.

 

—Images RMN cuve :  http://www.photo.rmn.fr/archive/14-582148-2C6NU0AWO3GD4.html

—Image RMN couvercle et cuve : 

 http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PKFJV0TG&RW=914&RH=442

Notice Musenor  webmuseo.com/ws/musenor/app/collection/record/12167

Petite histoire de la momie égyptienne du musée, Muséonews n°8 , Musée de Boulogne-sur-Mer  avril 2014 :

http://www.ville-boulogne-sur-mer.fr/A/images/pdf/chateau_musee/museonews_08.pdf

— http://www.laregiondesmusees.fr/oeuvre/sarcophage-median-nehemsimontou/

—http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Boulogne_sur_Mer/actualite/Secteur_Boulogne_sur_Mer/2009/11/28/article_apres-cinq-ans-de-restauration-le-sarcop.shtml

— L'Avenir de L'Artois - La restauration du sarcophage de Nehemsimontou est terminée

le 16/07/2009  : http://www.lavenirdelartois.fr/actualite/Pas-de-Calais/article_1078500.shtml

—  Restauration du sarcophage médian de Nehemsimontou / Les albums photos de La Semaine dans le Boulonnais / DSC_0924 : dix photos du cercueil en cours de restauration :

http://portfolio.nord-littoral.fr/main.php?g2_itemId=8673

— Blog EGYPTE DJESERDJESEROU 25 mars 2013 :http://djeserdjeserou.canalblog.com/archives/2013/03/25/26734095.html

— Musée de Boulogne-sur-Mer : http://www.ville-boulogne-sur-mer.fr/A/les-collections/archeologie-mediterraneenne/egypte

— blog de Frédéric Cuvillier 30 nov. 2009 http://frederic.cuvillier.over-blog.com/article-le-sarcophage-de-nehemsimontou-de-retour-a-boulogne-40322016.html

— La Semaine dans le Boulonnais le 24 décembre 2008.  Rencontre avec Olivier Perdu, membre du collège de France L'égyptologue au coeur boulonnais

http://www.lasemainedansleboulonnais.fr/actualite/boulogne/2008/12/24/article_rencontre_avec_olivier_perdu_membre_du_c.shtml

— La Semaine du Boulonnais 8 juillet 2009 : Nehemsimontou bientôt de retour.

http://www.lasemainedansleboulonnais.fr/actualite/boulogne/2009/07/08/article_nehemsimontou_bientot_de_retour.shtml

— http://www.archivespasdecalais.fr/Anniversaires/11-fevrier-1821-naissance-d-Auguste-Mariette

Documentation générale :

— Wikipédia Livre des morts des Anciens Égyptiens.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_morts_des_Anciens_%C3%89gyptiens

 

— Dictionnaire des hiéroglyphes en couleur : http://fmalarde.pagesperso-orange.fr/FM-hiero/FM-dico.htm et (tous les signes ) : http://fmalarde.pagesperso-orange.fr/FM-hiero/FM-images.htm

 

— lecture hiéroglyphes :

http://www.ancientegyptonline.co.uk/hieroglyphs.html

 http://www.hierogl.ch/hiero/Hiero:Tous_les_signes

 

—lecture des hiéroglyphes : formules d'offrandes :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Formule_d%27offrande

En savoir plus sur les sarcophages 

http://jfbradu.free.fr/egypte/LA%20RELIGION/LE%20SARCOPHAGE/LE%20SARCOPHAGE.php3

 Cercueil d' Isetenkheb. Thèbes-Ouest (?), début de l'époque saïte, XXVIe dynastie, vers 664-500 avant J.-C., Musée des beaux-arts de Lyon http://www.mba-lyon.fr/mba/sections/fr/mobile/collections/chefs-doeuvre/cercueil-d-isetenkhe/

Sarcophage et Momie d'Ânkhpakhéred, dessinateur d'Amon,  (fin XXVe dynastie) au Musée de Besançon : 

http://memoirevive.besancon.fr/?id=83_89

— ...et cartonnage d'Ânkhpakhéred, barbier d'Amon (XXIIe dynastie)  au Musée du Louvre :

http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/cartonnage-du-barbier-d-amon-ankhpakhered

LECLANT (Jean), 1981,  "Mariette Pacha et le patrimoine archéologique de l'Égypte" , Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  Année 1981  Volume 125  Numéro 3  pp. 487-496 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1981_num_125_3_13870

— THOMAS ( Caroline), 2007, La Collection égyptienne  du Château-Musée de Boulogne-sur-Mer. Le Cas de l 'ensemble funéraire de Nehemsimontou, Ecole du Louvre, Master I en 2006-2007.

— ASENSI-AMOROS V., Rapports d'expertise xylologique, Laboratoire XYLODATA, 30 août 2 006 et 2 décembre 2008 Pages

— CAMAGNA S., Etude de La polychromie et des enduits de Bouchage, Rapport de Laboratoire, Territoire de recherche, Filière Matière picturale Graphiques / arts, Groupe polychromie, C2RMF, 12 mars 2007

 BEDOS je Balsach (Isabel) COURCELLE (Anne), DELALANDE (Geneviève), IBLED (Daniel) METHIVIER (Amélie), 2009, Etude du sarcophage médian de Nehemsimontou (XXV-XXVI fin Dynasty débuts), février-mars 2008

— BEDOS je Balsach (Isabel) , COURCELLE (Anne), DELALANDE (Geneviève), IBLED (Daniel) METHIVIER (Amélie), 2009,Rapport de restauration du sarcophage médian de Nehemsimontou (Fin de la XXVème-Début de la XXVIème dynastie), mai 2008- juin 2009 2 vol.

WALLON (Henri), Notice sur la vie et les travaux de François-Auguste-Ferdinand Mariette-Pacha, membre ordinaire ..."https://archive.org/details/noticesurlaviee00wallgoog

MASSIERA (Magali),2013, - Les divinités ophidiennes Nâou, Néhebkaou et le fonctionnement des ”kaou” d’après les premiers corpus funéraires de l’Egypte ancienne. Archéologie et Préhistoire. Université Paul Valéry - Montpellier III, 2013. https://hal.inria.fr/file/index/docid/976977/filename/2013_massiera_diff.pdf

 

MARUEJOL Florence , Les rites funéraires de l'Égypte ancienne,http://www.louvre.fr/sites/default/files/medias/medias_fichiers/fichiers/pdf/louvre-ritesfunerairesegypte.pdf

 DEWACHTEZ (Michel), 2008, "Imbroglio Djedmoutefänkh et Psamétique, Le Cabinet d'Uriage et sa contribution aux débuts de l'égyptologie (1841-1916)", in  Le château d'Uriage, son cabinet de curiosités,Chapö Public Editions, p. 48-62.

— LEPSIUS (Karl Richard) Lepsius (1810–1884), 1842-1845, Denkmaeler aus Aegypten und Aethiopien nach den Zeichnungen der von Seiner Majestät dem Koenige von Preussen, Friedrich Wilhelm IV., nach diesen Ländern gesendeten, und in den Jahren 1842–1845 ausgeführten wissenschaftlichen Expedition auf Befehl Seiner Majestät

 PIERRET (Paul), 1882, Le Livre des morts des anciens Égyptiens: traduction complète d'après le Papyrus de Turin et les manuscrits du Louvre, accompagnée de Notes et suivie d'un Index analytique par Paul Pierret, conservateur du Musée égyptien du Louvre, 1882, Paris, Ernest Leroux, 694 pages.

https://archive.org/stream/lelivredesmorts00piergoog#page/n9/mode/2up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Musée de Grenoble
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