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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 08:56

Le manuscrit des Cocharelli : un bestiaire d'insectes du XIVe siècle.

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Le site web du Museum de Toulouse a publié un remarquable article sur le Manuscrit Cocharelli : "Des sciences naturelles avant la lettre : le surprenant bestiaire des Cocharelli."

Rédigé par Colette Bitsch, entomologiste, chargée de Recherche honoraire au CNRS, c'est le résumé de son travail antérieur publié en 2014 : Colette Bitsch, "Le Maître du codex Cocharelli: enlumineur et pionnier dans l'observation des insectes", in Laurence Talairach-Vielmas & Marie Bouchet (eds), History and Representations of Entomology in Literature and the Arts. (Bruxelles: Peter Lang, 2014).

Pour celui qui, comme moi, cherche à retracer l'histoire de l'étude des papillons, (et, par ce biais, l'histoire de l'entomologie) et à retrouver les illustrations les plus précoces des diverses espèces de papillons, cet article était un vrai cadeau. Et ce manuscrit s'avère un trésor. Car cinq genres ou espèces de lépidoptères, identifiables, s'y trouvaient enluminées sur un manuscrit italien du quatorzième siècle ! Entre 1330 et 1340, près de 250 ans avant Joris Hoefnagel, que je considère comme le précurseur du naturalisme scientifique !

Certes, on cite la Piéride du Chou enluminée sur le Alphonso and Bird Psalter anglais vers 1309 (The Bird Psalter, Fitzwilliam Museum, University of Cambridge, , MS 2- 1954, f. 1r). Ou bien la libellule Calopteryx splendens et les deux Aglais urticae (Petite Tortue) des marges du Bréviaire de Belleville entre 1323 et 1326, par l'atelier parisien de Jean de Pucelle. Mais l'ensemble des autres papillons peints ou enluminés sont fantaisistes (Nazari, 2014).

Le Codex Cocharelli nous est parvenu incomplet, fragmenté et dispersé. Les folios connus sont conservés à la British Library sous les cotes Egerton 3127 (folio 1 et 2) et Egerton 3781 ( folio 1), Additional 28841 (7 folios ff. 1-7) et Additional 27695 (15 fragments), mais on doit y ajouter ceux du Musée des Arts de Cleveland (J.H. Wade Fund n.1953.152) et du Musée du Bargello de Florence (inv. 2065). Une autre section a été vendue à Berlin le 12 mai 1930 comme appartenant au "Eine Wiener Sammlung", lot 3 avec planches. Le texte est disposé sur deux colonnes, dans une écriture gothique , sur des feuillets de parchemin de 170 x 110 mm environ, utilisées au recto et au verso, dans un ensemble relevant d'un artisanat de grand luxe et très coûteux.

En 1952, A.C. Combrie a commencé de tenter d'identifier les insectes du Ms 28841. Colette Bitsch a poursuivi ces identifications en 2014.

Je me suis d'abord contenté de copier l'article mis en ligne par le Muséum (j'en place le texte en retrait), mais j'ai ensuite approfondi, lorsque je l'ai cru utile, les informations sur les espèces de lépidoptères identifiées. Je me suis fait communiquer l'article de C. Bitsch de 2014, et j'en ai recopié également des extraits. Je souhaite rendre hommage à la qualité littéraire de cet article de Colette Bitsch.

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Colette Bitsch. Des sciences naturelles avant la lettre : le surprenant bestiaire des Cocharelli.

 

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"Depuis quand observe-t-on en détail les insectes au point de réussir des représentations fidèles et donc facilement identifiables ? Il faut attendre les XVIe et surtout XVIIe siècles pour que naisse une Entomologie illustrée. Pourtant, une exception existe à cette assertion bien établie : un manuscrit médiéval orné de nombreux insectes dont le naturalisme stupéfiant anticipe de trois cents ans au moins l'avènement des Sciences Naturelles. Ce document si peu ordinaire est présenté ici."

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.Des sciences naturelles avant la lettre : le surprenant bestiaire des Cocharelli.

Egerton 3127, extrait de la marge basse de f. 2v. British library de Londres. Domaine public.

"Portraits en médaillon de divers insectes extraits du manuscrit Cocharelli : en haut, de gauche à droite, criquet en plein vol montrant ses ailes postérieures rouges puis un cousin (Tipula) vu de profil. "

 

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enluminure insectes

Egerton 3781, marge basse de f. 1v. British library de Londres. Domaine public.  

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Dessous, de gauche à droite, on reconnaît aisément un criquet vu de profil puis trois insectes en plein vol et en vue dorsale : cousin, criquet à ailes postérieures bleues et un criquet à ailes postérieures transparentes.

    
 

Contexte historique

Au XIVe siècle, une riche famille de banquiers vivait à Gênes : les Cocharelli. Pour assurer l'éducation de leurs enfants, le père et le grand-père avaient écrit un manuel scolaire à usage privé. Le texte latin, transcrit sur parchemin et luxueusement enluminé, est tombé dans l'oubli pendant 5 siècles. Vers la fin du XIXe siècle, puis au siècle suivant, quelques uns des feuillets du manuscrit sont apparus sur les marchés de l'Art. Or certaines miniatures composent un véritable atlas de représentations entomologiques peintes dans un naturalisme totalement inédit pour l'époque. En effet, au XIVe siècle, les quelques papillons qui animaient les décors fleuris de manuscrits n'étaient que des schémas aussi improbables que fantaisistes et les abeilles, pourtant bien connues en raison de leurs productions de cire et de miel, étaient souvent évoquées comme de petits oiseaux.
    Les études de spécialistes en manuscrits anciens ont permis de dater ce manuscrit Cocharelli entre 1330 et 1340, mais l'identité de l'artiste enlumineur est restée une énigme. Ce trésor familial comprenait un traité de morale écrit en prose sous forme d'un dialogue entre un père et son fils Petit-Jean, puis un récit versifié par le grand-père Pelegrino, rapportant des évènements historiques survenus dans la Sicile du XIIIe siècle.


Les loisirs savants d'une famille riche et cultivée

Plusieurs grandes enluminures insérées dans le traité de morale présentent la famille Cocharelli. L'une d'elles offre, sur un fond de tapis orientaux, les portraits du grand-père, puis de Petit-Jean représenté avec un oiseau perché sur son poing gauche ganté tel celui d'un fauconnier et enfin le portrait du père guidant affectueusement son fils. Les trois personnages sontrichement vêtus selon le haut rang que tenait cette famille au sein de la société génoise médiévale.

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMINBig.ASP?size=big&IllID=1301


trois portraits
     
Trois portraits. Additional 27695, extrait de f. 2v. British library de Londres. Domaine public.


    Une seconde enluminure, également en pleine page, montre cette famille aisée dans la pleine campagne et s'adonnant à lachasse aux faucons en compagnie des enfants. Canards, cigognes, perdrix, huppes, faisans, chardonnerets, pies et autres oiseaux charognards sont ici parfaitement identifiables en dépit de leur miniaturisation. Il se pourrait que l'enlumineur, ou bien la famille Cocharelli, ait disposé d'une très rare copie enluminée du traité de fauconnerie « De l'art de chasser au moyen des oiseaux » écrit au XIIIe siècle par Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) dans lequel l'empereur avait inséré une véritable faune ornithologique.

Folio 1v

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMINBig.ASP?size=big&IllID=7744

enluminure chasse

Chasse au faucon. Egerton 3127, f. 1v. (11cmx17cm). British library de Londres. Domaine public.   


    "Les enluminures parvenues jusqu'à nous à ce jour laissent penser que le cercle familial Cocharelli initiait la jeunesse à l'observation de la nature sur le terrain et que la conquête du milieu aérien par les animaux ailés, oiseaux et insectes, aurait été des sujets d'études privilégiés. Voilà un comportement surprenant d'anachronisme puisque, dans le même temps, tous les bestiaires médiévaux diffusaient des fables animalières édifiantes ou des contes à dormir debout venus de traditions anciennes."

Un remarquable répertoire d'insectes

"Notre surprise devient stupéfaction devant le décor animalier dispersé dans les marges cernant le texte du poème historique. Ces marges sont littéralement envahies d'une faune diversifiée, principalement entomologique. Cette galerie zoologique sans rapport avec le texte a été longtemps considérée comme strictement ornementale. Cependant, une analyse approfondie récente révèle que les animaux n'étaient pas du tout un décor anodin mais composaient des leçons de Sciences Naturelles mises en images et propres à susciter l'éveil du sens de l'observation de la nature et l'éveil de la curiosité à l'égard du concret.En outre, des répartitions d'animaux selon leurs mœurs, des figurations à l'évidence pédagogiques, les repérages de stades immatures et de stades adultes, mettent en relief une parfaite connaissance du Traité de Zoologie d‘Aristote.
 
Ad. 28841 Folio 4v. Observons par exemple les animaux identifiables sur deux pages empruntées au récit historique. Les échantillons sont comme posés sur des plantes volubiles. En haut d'une première page dont les marges sont tapissées d'un lierre ornemental schématisé, deux profils de Coléoptères Scarabéides (Oryctes nasicornis) se font face en haut de page. A coté est placé un Hémiptère aquatique muni de pattes postérieures natatoires : une notonecte. Dans la marge droite, en haut et en bas, sont représentés deux Hémiptères Pentatomides, des punaises aux formes géométriques typiques. L'artiste a représenté l'insecte du haut avec des ailes antérieures coriacées mises au repos sur le dos alors que celui du bas est pédagogiquement présenté avec les ailes antérieures écartées pour laisser découvrir la seconde paire d'ailes membraneuses. Ce type de démonstration didactique est repris sur l'Oryctes de la marge basale : la seconde paire d'ailes dégagées montre bien son réseau de nervures. Le coléoptère est encadré de deux papillons d'une même espèce mais l'un, dessiné  en vue dorsale, a les ailes étalées alors que l'autre, vu de profil, a les ailes au repos. A leur coloration typique il est aisé de reconnaître des Arctiidae mâles : Utethesia pulchella, une espèce méridionale migratrice. On remarque aussi dans le haut de l'entrecolonne, une forme immature de punaise avec des fourreaux alaires courts laissant voir la face dorsale aplatie de l'insecte."

-Bitsch 2014 : "La troisième punaise  est une forme juvénile placée sur le coté gauche de l'entre-colonne, à cheval sur les lignes 10 et 12 du texte versifié. L'immaturité de l'individu se reconnaît par les deux fourreaux alaires courts dégageant la face dorsale de l'abdomen."

 

enluminures insectes
  Insectes. Additional 28841, f. 4v. (11 x 17 cm). British Library de Londres. Domaine public.

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"Le  folio 5v présente deux espèces typiquement méditerranéennes, étalées sur les feuillages d'une courge en fleurs et en fruits. Dans la marge droite apparaît le stupéfiant réalisme objectif d'une véritable étude comparée des faces dorsale et ventrale de la cigale de l'Orne ou cigale grise, Cicada orni (un Homoptère de grande taille). La perfection des observations faites sur les nervures alaires, le rostre piqueur, les plaques ventrales recouvrant les organes du chant et l'armure génitale mâle, est totalement inédite dans cette première moitié du XIVe siècle.

-Bitsch 2014 : "l'artiste a vu parfaitement les petites antennes fines insérées entre deux yeux proéminents, le rostre piqueur glissé au repos entre la base des pattes thoraciques, la segmentation de l'abdomen. [...] Des petites taches sombres présentes sur les ailes de l'insecte permettent de reconnaître l'espèce, la cigale du frêne  ou Cicada orni".

 

Dans la marge du bas et comme posés au sol se font face deux Truxalis, soit deux curieux criquets dits « à long nez ». Ces Acridiens sont mal visibles dans la nature car leurs formes et couleurs les confondent avec les herbes où ils vivent communément. Mais ils n'ont pas échappé aux regards curieux et exercés des Cocharelli."

- Bitsch 2014 :  "L'enlumineur a bien repéré la tête prolongée en cône, porteuse de gros yeux ovales et d'antennes élargies à la base. Il a vu combien les pattes postérieures, allongées pour le saut, paraissent grèles. En outre, il a parfaitement repéré l'existence de deux formes, l'une claire, l'autre foncée. "

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enluminure insectes

Insectes.  Additional 28841, f. 5v. (11 x 17 cm). British Library de Londres. Domaine public.

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    "Enfin, le traité de morale accueille lui même des insectes ailés, associés par quatre dans  de nombreux bas de page. Chaque animal est enchâssé dans un médaillon schématiquement végétalisé. Ce sont de véritables portraits incrustés dans les marges dorées et filigranées de rouge vermillon éclatant. Voici de gauche à droite : un petit Sphingide, Macroglossum stellatarum, très commun et dont le comportement évoque celui de l'oiseau-mouche en vol stationnaire ; ensuite ce sont une Noctuelle et un petit Rhopalocère aux ailes tachetées de la famille des Hespérides, Pyrgus malvae; tout à droite, l'insecte présentant des ailes membraneuses et une « taille de guêpe » très allongée est un Sphécide qui pourrait être une guêpe solitaire et maçonne, tel un Sceliphron."

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Egerton 3127 Folio 1r
https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMIN.ASP?Size=mid&IllID=11857

et zoom

 https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMINBig.ASP?size=big&IllID=11857

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 enluminures insectes
Insectes. Egerton 3127, marge basse de f. 1r. (extrait de 11 x 3 cm). British Library de Londres. Domaine public.

 

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"En somme, cet étonnant atlas de figurations entomologiques aurait joué le rôle d'un cabinet de curiosités avant la lettre chez les Cocharelli : les représentations d'espèces, très diverses mais toutes méditerranéennes et toutes banales dans la campagne lombarde, auraient visé à éduquer des regards émerveillés à l'observation concrète de la nature. Ceci au moins trois siècles avant l'avènement des Sciences Naturelles. Cette galerie de portraits entomologiques a été peinte environ 165 ans avant le cerf-volant mâle, Lucanus cervus, une œuvre de Dürer datée de 1505, dont tout le monde célèbre la précocité de la vraisemblance totale. Voilà des anticipations troublantes! Un naturaliste inconnu, l'enlumineur lui-même ou un membre de la famille Cocharelli, aurait-il été un pionnier de l'entomologie bien avant la Renaissance, un précurseur vite tombé dans l'oubli car trop précoce, trop novateur pour les mentalités de l'époque ? Ou bien, à l'inverse, ce manuscrit porte-t-il le témoignage de références venues d'ailleurs, d'un autre temps et perdues à jamais ?"

Fin de l'article de Colette Bitsch.

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ETUDE DETAILLÉE DES FEUILLETS . Colette Bitsch, 2014.

Egerton 3127 folio 2r. 

 

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De haut en bas :

3ème ligne : Collembole ?

Bitsch, 2014, p. 64 "...un petit animal portant une paire d'antennes et présentant une morphologie générale tripartite. Ce serait donc un insecte dont les pattes thoraciques paraissent mutilées ou mal comprises. L'absence d'ailes oriente soit vers un stade larvaire d'une forme ailée, soit vers un représentant des Aptérygotes (des insectes primitifs dépourvus d'ailes). La difficulté majeure de la détermination  tient à la forme arborescente des antennes. Des Coléoptères peuvent présenter des antennes pennées, mais pas ramifiées; L'hypothèse d'un insecte aptérygote serait étayée par la forme de la tête évoquant une entotrophie (pièces buccales cachées). Cette hypothèse serait aussi bien soutenue par la présence d'un appendice abdominal ventral rejeté en arrière, et évoquant l'organe saltatoire singulier , nommé "furca", spécifique des Collemboles Arthropléones appartenant à la microfaune du sol et dont les plus grands (quelques millimètres) sont repérables par un observateur aussi minutieux et passionné que le pouvait être le Maître du codex Cocharelli. Cette identification, évidemment incontrôlable par d'autres critères de diagnose, est plausible, mais ne résoud pas le problème des antennes énigmatiques. Faut-il penser que l'artiste, émerveillé par la découverte du microcosme insoupçonné habitant la litière du sol, a recomposé un insecte chimérique dont l'anatomie mixte pouvait avoir un sens à l'époque médiévale ?"

 

— 5ème ligne Chenille :

 

Bitsch, 2014, p. 64 "L'artiste a parfaitement repéré la présence de petites ventouses ventrales sur l'abdomen des chenilles et appelées "fausses pattes".

— 7ème ligne. Chenille de Papilionidae.

D'après Bitsch, 2014, p. 64,  cette chenille porte une formation orangée en forme de Y (flêche sur la photo) derrière la tête. "Il s'agit d'une vésicule glandulaire , bifide et exsertile, typique de la famille des Papilionidae". Voir ici la photo de l' osmeterium des Papilionidés sur la chenille d'un Papilio machaon.

— Dixième ligne. deux chrysalides. 

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Cicacidae  cigale de l'Orne ou cigale grise, Cicada orni 
Codex Cocharelli, Egerton 3127 f.2.r, British Library de Londres. Domaine public.
Codex Cocharelli, Egerton 3127 f.2.r, British Library de Londres. Domaine public.

Codex Cocharelli, Egerton 3127 f.2.r, British Library de Londres. Domaine public.

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Egerton 3127 f.2.r. deux-tiers de la colonne de gauche.

Arthropoda, Myriapoda, Diplopoda (Mille-pattes), famille des Iulidae (Iules). 

Arthropode terrestre au corps pluri-segmenté et aux multiples pattes marcheuses. 

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Codex Cocharelli, Egerton 3127 f.2.r, British Library de Londres. Domaine public.

Codex Cocharelli, Egerton 3127 f.2.r, British Library de Londres. Domaine public.

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 Egerton 3127 folio 1r.

Incipit : ADERUNT duisi seneratores speciali iavveusis quai subtilio 

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMIN.ASP?Size=mid&IllID=11857

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Bitsch, 2014 page 64-65:

 "Les marges sont luxueusement ornées d'un fond d'or vivifié de filigranes rouge vermillon et parcourue de volutes feuillagées également dorées. Ainsi le texte parait enchassé dans les tourbillons d'une lumière étincelante. L'entrecolonne est une bande étroite de fond bleu filigrané de blanc et bordée d'or . La marge du bas apparaît dilatée car les diamètres de ses quatre volutes d'or s'élargissent en créant qautre médaillons circulaires égaux alignas sous le texte. Ces quatre cercles semblent découper, comme à l'emporte-pièce, le fond doré des marges, si bien que la teinte du parchemin redevient visible. Chaque médaillon contient la représentation d'un insecte ailé dessiné en vue dorsale avec les ailes déployées ou bien vu de profil avec les ailes redressées. Une petite plante schématisée est toujours présente en arrière-plan pour mettre en scène l'insecte dans son univers naturel."

 

"Les trois médaillons les plus à gauche sont occupés par trois papillons soigneusement représentés. C'est d'abord un individu typique de la famille des Sphingidae, Macroglossum stellatarum, une espèce qui butine les fleurs en vol stationnaire. A sa droite apparaît un représentant de la famille des Noctuelles. Le troisième Lépidoptère est un petit Rhopalocère (papillon diurne) aux ailes mouchetées de la famille des Hesperidae ; il s'agit de Pyrgus malvae. Enfin le médaillon le plus à droite montre un inscete avec des ailes membraneuses et un fort rétrecissement allongé au début de l'abdomen. Il s'agit d'un insecte ptérygote de l'ordre des Hyménoptères. La taille de  guèpe longuement pétiolée révèle la famille des Sphecidae et la répartition des couleurs noire et jaune suggère le genre Sceliphron."

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Egerton 3127 folio 2v.

Incipit : ..iste qui ne[m] vegnat no..

Une Punaise en bout de ligne 8 de la colonne de gauche. Lettrine R en or et rouge sur fond bleu. La description du folio 1r s'applique au folio 2v.

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMIN.ASP?Size=mid&IllID=11860

 

 

 

Cocharelli Egerton 3127 folio 2v, British Library, Droit commun.

Cocharelli Egerton 3127 folio 2v, British Library, Droit commun.

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Egerton 3127 f.2v, C. Bitsch, 2014 page 65:

"Le médaillon de gauche a été malencontreusement détérioré. Il se pourrait que l'artiste ait représenté, en vue de profil, une sauterelle à longues antennes fines (Orthoptères de la famille des Tettigonidae ou Sauterelles). Le second médaillon est occupé par la vue dorsale d'un criquet (Orthoptère de la famille des Acridiens) du genre Oedipoda, dont les ailes postérieures, déployées à l'envol, sont d'un rouge éclatant et bordées de noir. Ensuite apparaît le profil d'une sorte de grand moustique à très longues pattes grèles. C'est un Diptère de la famille des Nématocères, probablement du genre Tipula. Le dernier insecte est probablement une espèce d'Oedipoda à ailes membraneuses transparentes "

Mikaël Buord (29) s'est intéressé à cette "espèce d'Oedipode" du dernier médaillon : 

" Bitsch évoque un "Oedipoda à ailes membraneuses transparentes", et elle a raison d'y voir un criquet, ce qui ne m'avait pas du tout sauté aux yeux! En revanche, même si dans le deuxième médaillon on reconnaît bien Oedipoda germanica, elle a tort d'appeler tous les criquets Oedipoda. Le rouge de l'abdomen et l'allure générale m'avaient d'abord fait penser aux Alydidés, mais je m'expliquais mal les bandes blanches en avant de l'abdomen. En grossissant, on comprend que c'est un criquet avec ses gros yeux et ses fémurs postérieurs développés, et sa coloration abdominale en fait un Omocestus haemorrhoidalis très convaincant."  

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Egerton 3781 1v 

Première ligne : ista verba undie. ecce dico ub...

 

Même description générale que Egerton f.1r. Une punaise dans le bas de la marge droite.

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https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMIN.ASP?Size=mid&IllID=12205

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Cocharelli Egerton 3781 1r, British Library. Droit commun.

Cocharelli Egerton 3781 1r, British Library. Droit commun.

Bitsch 2014 page 65.

"L'artiste a représenté de nouveau un Oedipoda, mais vu de profil. L'insecte est représenté avec exactitude jusque dans la répartition des taches colorées portées sur les longs fémurs des pattes postéreiures sauteuses, ou bien encore dans le petit détail de la présence de palpes appendues aux pièces buccales. Ensuite, de nouveau une Tipula apparaît, mais placée en vue dorsale cette fois. Puis ce sont encore deux autres espèces d'Oedipoda qui déploient leurs ailes postérieures en révélant une couleur bleu-vert chez l'une et très claire chez l'autre".

Mickaël Buord (comm. pers. 2015) identifie la punaise de la marge comme Graphosoma semipunctatum (Fabricius, 1775) le Graphosome ponctué, qui vit exclusivement dans les régions méditerranéennes. Il propose pour le 3ème médaillon à partir de la gauche le genre  Aiolopus (tegmina avec grandes bandes claires et sombres, ailes postérieures verdâtres avec apex sombres, tâches à la face interne des fémurs postérieurs).

 

—  Additional  28841

f4r : Saturnium pyri (cf. infra)

f. 4v : cf

f.5 : cf.

f.6v. : Sauterelle verte dans la marge droite (image infra).

Pour Mickael Buord, la punaise sous la sauterelle du folio 6v  "fait penser à Raphigaster nebulosa, sous toute réserve (on pourrait y voir aussi Dolycoris baccarum par exemple)".  

 

 

Sauterelle verte , marge , Additional  28841 f.6v. British Library de Londres. Domaine public.

Sauterelle verte , marge , Additional 28841 f.6v. British Library de Londres. Domaine public.

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COMPLÉMENT. 

I. Liste des espèces d'insectes.

Les noms placés entre crochets sont de simples suggestions ou éléments de comparaison. 

— Coleoptera

 a) Coléoptères Scarabéides

  • Oryctes nasicornis 

 

— Diptera

  • Tipula

— Hemiptera

a) Hémiptère aquatique Hydrocoride  : probable Notonecte. [Notonecta maculate selon Hutchison] . Voir note ici : Ad. 28841 f.4v

b)  Hémiptères Pentatomides,  "Punaises", Ad. 28841 f.4v.

  •  Graphosoma semipunctatum (Fabricius, 1775) le Graphosome ponctué,  Egerton 3781 1v

c) Cicacidae

  •  cigale de l'Orne (ou du Frêne) ou cigale grise, Cicada orni 

— Hymenoptera 

a) Sphécide 

  • un Sceliphron.

— Lepidoptera

a)​ Papilionidae

  • Chenille de Papilionidae

b) Hesperiidae

  •  Pyrgus [malvae ou Malvoides] Egerton 3127 f.1r 

     

c) Noctuidae " une Noctuelle"

d) Sphingidae Sphinx :

  • Macroglossum stellatarum
  • Acherontia atropos

e) Arctiidae

  • mâles : Utethesia pulchella, 

f) Saturniidae

  • Saturnia pyri Additional 28841 f 4r.

​g) Zygaenidae

  • Zygaena sp.

 

 

— Orthoptera 

 a) Acrididae (Criquets) 

  • Oedipoda [germanica] "Oedipode à ailes rouges"

  • Oedipoda [caerulescens] "Oedipode à ailes bleues"

  • Criquet Oedipoda à ailes transparentes ou possible Omocestus haemorrhoidalis (Charpentier, 1825), le Criquet Rouge-queue. 

 

  • Acrida sp.  "Truxales" (comme Acridia ungarica par exemple) Ad 28841 f.5v.

     

b) Tettigonidae (Sauterelle) 

  • Sauterelle verte  Ad. 28841 f.6v.

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En dehors des Insectes  :

Arthropoda, Myriapoda, Diplopoda (Mille-pattes), famille des Iulidae (Iules). Egerton 3127 f.2r

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II. Etude de quelques espèces de Lépidoptères.

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1°) . Utetheisa pulchella. Arctiidae.

Utetheisa pulchella pulchella (Linnaeus, 1758), la Gentille, l'Écaille du Myosotis.

Phalaena pulchella Scopoli, 1763,  Entomologia carnolica page 208 n° 514 

= PhalaenaTinea pulchella Linné, Systema naturae 1758 p. 534 n° 238 

Utetheisa pulchra ([Denis & Schiffermüller], 1775) in Systematisches Verzeichniß der Schmetterlinge der Wienergegend page 69 famille C

= James Petiver, Gazophylacii I, page 3 n°3

La Gentille, Chenille de l'Heliotrope,  Engramelle, 1788,  Papillons d''Europe peints d'après nature, Tome 6 p. 48 Pl.  221 n°309 (Gallica)

Le Bombix gentil,  Olivier, 1790, Encyclopédie methodique,  tome V,  page 100

 

La Lithosie gentille, Godart, 1824, Papillons de France tome 5, Nocturnes vol. 2 n°135 page 23

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Utetheisa pulchrella La Gentille, Chenille de l'Héliotrope,  Engramelle Tome 6 p. 48 Pl.  CCXXI n°309

Utetheisa pulchrella La Gentille, Chenille de l'Héliotrope, Engramelle Tome 6 p. 48 Pl. CCXXI n°309

Utetheisa pulchella, La Lithosie gentille, Godart, 1824, Papillons de France tome 5, Nocturnes vol. 2 n°135 page 23

Utetheisa pulchella, La Lithosie gentille, Godart, 1824, Papillons de France tome 5, Nocturnes vol. 2 n°135 page 23

 

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Additional 28841, f. 4v. , détail

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2°) La "Noctuelle" : Autographa gamma, le lambda ou Gamma ???

On pourrait rapprocher le Noctuidae de l'Autographa gamma, en supposant que l'artiste se soit laissé détourné de la réalité par la forme des ouïes de quelque instrument à corde.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Autographa_gamma

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3°) Hesperiidae. L'Hespérie de la mauve  Pyrgus malvae (Linnaeus, 1758).  Ou l'Hespérie de l'Aigremoine ?

Pyrgus malvae est une identification possible. Ce serait la première illustration disponible dans l'histoire de l'entomologie de ce papillon diurne. Mael Garrin me fait remarquer que "s'il vient d'Italie, et à considérer que ces taches soient fidèlement représentées, ce pourrait plutôt être P. malvoides l'espèce affine de P. malvae dans le sud"

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hesp%C3%A9rie_de_la_mauve

 

  

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Insectes. Egerton 3127, marge basse de f. 1r. (extrait ). British Library de Londres. Domaine public

Insectes. Egerton 3127, marge basse de f. 1r. (extrait ). British Library de Londres. Domaine public

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4°) Une Zygène.

Le folio 6v est consacré à l' histoire versifiée de la Sicile du temps de Frédéric II, mais les marges sont ornées de feuillages et de fleurs, de lapins, d'une chenille, d'une libellule, et d'un papillon aux ailes bleu sombre à cinq points rouges posé sur une fleur violette. Ne peut-on y voir un Zygaenidae à cinq points comme la Zygène du Trèfle Zygena trifolii ...posée sur une fleur de trèfle ? Mais les cinq points rouges se rencontrent sur d'autres espèces, et leur combinaison avec un collier blanc complique encore les choses. Restons-en au genre Zygaena, c'est déjà bien.

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Image Wikipedia

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 Colette Britsch (2014, p. 62)   indique la présence dans le folio 6v d'un grand migrateur arrivant en début d' été en Europe, le  Sphinx à tête de mort Acherontia atropos  : "Il est posé au sol, vu de profil et la tête dirigée vers les pieds de pavots. Les ailes sont repliées en toit et laissent voir une extrémité abdominale caractéristique, rayée de noir et jaune, tel un frelon. 

Additional 28841  f. 6v British Library, Droits publics.

Additional 28841  f. 6v British Library, Droits publics.

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5°) Mâle d'un Grand paon de nuit Saturnia pyri .

J'ai abordé avec réserve l'image de cette page du Codex Cocharelli, et d'un Grand Paon de nuit qui s'y trouve en marge. En effet, Florence Dupont en donne la reproduction dans son article de 2011, en faisant référence à une publication d'Aguilar page 22, mais je n'ai pas découvert ce folio sur le site de la British library. Florence Dupont écrit : "Feuillet de vélin de la fin du XIVe siècle, attribué au moine Cybo d'Hyères (*), les marges y sont ornées de chenille, bourdon, libellule, Grand Paon de nuit… (Aguilar, p. 22)".

C'est Colette Bitsch (2014, p.70) qui me procure la précision nécessaire : il s'agit du manuscrit "Additional 28841 au bas du folio 4". Puisque la British Library ne donne à voir que le folio 4v, où je ne vois pas ce papillon,  j'en déduis qu'il s'agit du folio 4r. Les antennes pectinées bien visibles permettent de préciser qu'il s'agit d'un mâle. Ce n'est qu'un siècle et demi plus tard que Robinet Testard a représenté à nouveau cette espèce, dans le Livre des Simples médecines , traduction du Liber de simplici medicina, ou Circa instans de Matthaeus Platearius. (Bnf Français 12322 f.143v). Probablement vers 1487-1496, entre un Rosier (Anthera) et un Sceau de Salomon (Sigyllum Sanctae Mariae). Testard, enlumineur privilégié de la cour d'Angoulème  a travaillé en 1484 à Cognac pour Charles d'Angoulème. 

 

 

 

Saturnia pyri, attribué à Robinet Testard, vers 1487-1496,, Bnf fr.12322 f.143v 

Voir aussi : Bibliothèque nationale russe à Saint-Pétersbourg, fr. F.v.VI,1 

 

 

(*) Le Monge, ou le Moine de l'Ile d'Or, de l'antique famille Cybo de Gênes, est, selon les Vies les plus célères et anciens poetes provensaux de Jean de Nostredame,   un moine de Lérins qui  fréquentait un ermitage  des îles d'Or, ou île d' Hyères, qui dépendait de Lérins. Il était le bibliothécaire de la "literie" de l'abbaye Saint-Honorat de Lérins, "renommée dans toute l'Europe pour avoir été enrichie et douée par les comtes de Provence et rois de Naples et de Sicile". Bon enlumineur, il rédigea un recueil historique des victoires des Comtes d'Aragon, fit une transcription des poètes provençaux pour le roi Louis II, etc. 

On crut longtemps à l'existence de ce moine d'Hyères, avant de découvrir que son histoire avait été inventée de toute pièces par Jean de Nostredame. On en trouve par exemple la biographie en 1843 sous le nom de Monaco del Issoro del Oro , où on précise qu'il était né à Gênes en 1326. Le manuscrit Cocharelli lui a été attribué longtemps.

 

 

Le manuscrit des Cocharelli : un bestiaire d'insectes du XIVe siècle.

 

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SOURCES ET LIENS.

— BITSCH (Colette), 2014, "Le Maître du codex Cocharelli. Enlumineur et pionnier dans l’observation des insectes", in Laurence Talairach-Vielmas & Marie Bouchet (eds), History and Representations of Entomology in Literature and the Arts. (Bruxelles: Peter Lang, 2014) pages 57-80, .

BITSCH (Colette), 2015,  sur le site web du Muséum de Toulouse :  Des sciences naturelles avant la lettre : le surprenant bestiaire des Cocharelli, publié à l'occasion du Kiosque actualité du 1er septembre 2013 "les insectes, c'est fou” au Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.  

DURAND (Florence), 2011, Petite histoire des classifications et collections entomologiques : en particulier les coléoptères chez Etienne Louis Geoffroy (1727-1810), pdf

http://www.acorep.fr/documentations/Florence%20Durand%20Dec%202011.pdf

NAZARI (Vasrick), 2014,  "Chasing Butterflies in Medieval Europe", Journal of the Lepidopterists’ Society 68(4):223-231. 2014 

A survey of illuminated medieval manuscripts from Europe reveals depictions of several different methods used in the Middle Ages for catching butterflies. A discussion on the meaning and iconography of lepidopteran imagery in these manuscripts is presented.

http://images.peabody.yale.edu/lepsoc/jls/2010s/2014/2014-68-4-223.pdf

— https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/record.asp?MSID=8329&CollID=28&NStart=3127

Catalogue of illuminated Manuscripts, British Library, 

https://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/results.asp?OriginID=503

— The Cleveland Museum of Art : Leaf of a Cocharelli treatise on the Vices : Accidia and her Court, ca 1330. 

http://www.clevelandart.org/art/1953.152

 


A. C. Crombie, 'Cybo d'Hyères: a fourteenth century zoological artist',Endeavour, 9 (1952), 18-37 (figs. 1-2). 



G. Evelyn Hutchinson, 'Aposematic insects and the Master of the Brussels Initials', American Scientist, 62 (1974), 161-71.



Francesca Fabbri, 'Il "Cocharelli": osservazione e ipotesi per un manoscritto genovese del XIV sec', Tessuti, oreficerie, miniature in Liguria XIII-XV secoli, ed. by A. R. Calderoni Masetti, C. Di Fabio and M. Marcenaro, Atti del Convegno Internazionale di Studi: Genova-Bordighera, 22-25 May 1995 (Bordighera: Istituto Internazionale di Studi Liguri, 1999), pp. 305-20, fig. 1 [f. 5v].

Robert Gibbs 'Antifonario N: A Bolognese choirbook in the context of Genoese illumination between 1285 and 1385,' ibidem, pp. 247-78, (pp. 270-78).


Francesca Fabbri, 'Maestro del Codice Cocharelli', Dizionario biografico dei miniatori Italiani: Secoli IX-XVI, ed. by Milvia Bollati (Milan: Bonnard, 2004), pp. 495-97, 1040.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Rhopalocères.
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