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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 12:03

Les papillons décrits dans le Theatrum insectorum de Thomas Moffet (1634) et dans son édition anglaise par Edward Topsell (1658).

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Dans le cadre de mes recherches sur l'histoire des noms des papillons (mes 89 articles de zoonymies des rhopalocères), de leur iconographie (mes articles sur Joris Hoefnagel puis sur Claude Aubriet ), sur leurs collectionneurs et descripteurs (Aldrovandi, Petiver, Geoffroy, Engramelle, Godart, Oberthür ), sur leur signification symbolique et leur présence dans l'art, j'ai accumulé plusieurs centaines d'articles accessibles sur ce blog en utilisant le bouton "recherche" ou en consultant cette liste :

Tous mes articles sur les papillons

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Cet article vient compléter ce travail. Mais son ampleur m'impose de me contenter d'une esquisse. Le texte latin a été rapidement traduit en anglais (1658), sans difficulté (mais pas toujours sans infidélité) à une époque où les lettrés maniaient facilement le latin. Mais le Theatrum insectorum n'a jamais été traduit en français. Je tente maladroitement cet exercice ici, pour la partie traitant des Papillons, mais les difficultés rencontrées et non surmontées sont telles que ma copie n'obtiendra même pas la moyenne. Incitera-t-elle un amateur à me corriger ?

De même, George Thomson a donné des chapitres consacrés au Papillons du Théâtre des Insectes une remarquable édition en anglais en 2000 et 2012, mais l'étude du Theatrum de Moffet avec l'identification précise des espèces de Lépidoptères et de leurs chenilles n'avait pas encore été proposée en français.

Enfin, mon but a été aussi de mettre ces identifications et ces travaux à la disposition des internautes (la publication de Thomson en 2000, tirée a 500 exemplaires numérotées, n'autorise pas la consultation par prêt entre bibliothèques).

Je compte sur votre indulgence.

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PRÉSENTATION.

 

a) Abrégé biographique et bibliographique.

Voir Dictionary of National Biography, 1885-1900, Volume 38 par Sidney Lee

 

Thomas Moffet (1552-1604), dit aussi Moufet ou Muffet, est un médecin et naturaliste anglais de conviction protestante, né vers 1552 à Londres et mort le 5 juin 1604 à Wilton dans le Wiltshire.  C' est un fervent adepte des doctrines de Paracelse (1493-1541), qui ne se résument pas à leurs aspects ésotériques (théorie des signatures, alchimie, astronomie), mais qui mettent à l'honneur  l'examen direct de la nature (plantes, minéraux, animaux) et l'expérimentation, en tournant le dos à la compilation des textes antiques. Après des études à Trinity College de Cambridge avec  Peter Turner, Timothy Bright, et Thomas Penny, qui se sont tous distingués dans la science médicale, il a voyagé à l'étranger, il a assisté à des conférences médicales de Félix Plater et de Zwinger (acquis à la médecine de Paracelse après s'y être opposé),  a obtenu  en 1579 son doctorat de médecine à Bâle, ville où il fit imprimé ses deux recueils de thèses: l'un de 32 pages  intitulée   De Anodinis Medicamentis, (1578), une critique de l'antiparacelscisme trop formel de Thomas Erastus,   et l' autre de 24 pages en mai 1578  De Venis Mesaraicis Obstrvctis ipsarvmqve ita affectarum Curationeavec une dédicace à  Pientissimo et Clarissimo viro Thomas Penny.

Après avoir obtenu son diplôme, et avoir exercé à Francfort,  Thomas Moffet se rend en 1580 en Italie et en Espagne et y étudie l'anatomie des vers à soie, et l'entomologie. Il est ensuite à Nuremberg et à Francfort. Il rentre définitivement  en Angleterre en 1582, et en 1588 il exerce la médecine d'abord à Ipswich et ensuite à Londres. Le 22 décembre 1588, il a été admis en tant que candidat du College of Physicians, puis est devenu membre. En 1589 il a été nommé à un comité responsable de l'élaboration de la Pharmacopoeia Londinensis (1618) pour le College of Physicians,  l'Ordre des médecins.

Je dois maintenant présenter Thomas Penny, l'ami et confrère de Moffet.

Médecin anglais  passionné par l'histoire naturelle, Thomas Penny (c. 1532-1588) commença à étudier la botanique avant de se tourner vers l’entomologie. Il fit plusieurs longs voyages sur le continent et rencontra à Zurich le monstre d'érudition et professeur d'histoire naturelle Conrad Gessner  en 1565, peu de temps avant la mort de ce dernier. Il obtint de lui un certain nombre d’illustrations et de notes manuscrites sur les insectes. Il étudia la physiologie des plantes à Orléans avec Natalis Caperon, il visita Montpellier en 1566 et se lia d'amitié avec Matthias de L'Obel qui y avait obtenu son diplome de médecin. Il alla ensuite à Paris ; il rencontra Jean Bauhin, qui s'installa à Lyon en 1563. Il se rendit aussi à Majorque

 

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 Il retourna en Angleterre où il commence à exercer la médecine à Londres. Il devint un proche ami de Thomas Moffet (1553-1604) : ils avaient tous deux étudié à Cambridge et s’intéressaient aux insectes.  Penny consacra ses quinze dernières années à accumuler des observations qui seront reprises dans le Theatrum Insectorum de Thomas Moffet. Penny reçevait également diverses contributions et illustrations de ses correspondants en Europe comme Matthias de L'Obel (Lobelius) Charles de l'Écluse ou Clusius (1525-1609) qui l’informe sur les abeilles, Jean Bauhin (1541-1613) qui explique l’origine des scorpions à la fois par la reproduction sexuelle et la génération spontanée, et Joachim Camerarius le Jeune (1534-1598) qui lui envoie une illustration de coléoptère et avait reçu de Penny de nombreuses plantes. La mort l’empêcha de mener à bien son projet d’écrire une Histoire naturelle des insectes et il laissa ses notes à Moffet. 

Thomas Moffet et Thomas Penny résidaient à Lime Street parmi les  maisons de commerçants aisés et appartenaient à la communauté scientifique, éprise de recherches et de collections en botanique et zoologie, dont cette rue était l'épicentre à l'est de Londres, allant de Fenchurch Street au sud à Leadenhall Street au nord. Penny y possédait un "Jardin sec", ou Hortus siccus, c'est à dire une collection de spécimens botaniques de plantes séchées entre des feuilles de papier, selon la mode lancée par Luca Ghini dans le premier jardin botanique d'Europe, celui de Pise.

Luca Ghini et son herbier ou hortus siccus, publié en 1544.

 

Il y conservait aussi   sa collection d'insectes et de dessins ou illustrations en couleurs d'insectes. Moffet y était fier de son "Entrepôt d'insectes", où il conservait ses spécimens les plus rares, comme le criquet africain que Pieter Quickelberg lui adressa d'Anvers. 

[Quickelberg ? Oui, le fils du médecin Samuel Quickelberg (1529-1567), bibliothécaire du banquier Anton Fugger, collectionneur en tous genres, celui qui organisa le travail de rédaction des luxueux manuscrits de musique du duc de Bavière : les Motets de Cipriano de Rore et les  Psaumes pénitentiels de Roland de Lassus  enluminés par  Hans Mielich...le prédécesseur de Joris Hoefnagel à Munich. Le monde dans lequel nous évoluons ici est tissé de liens étroits, aussi étroits que ceux qui rapprochent la communauté anversoise en exil en raison de son protestantisme avec les protestants de Londres.]

Ils avaient comme voisins à Lime Street James Cole, gendre de Matthias de l'Obel et, comme  neveu d'Abraham Ortelius (un ami d'Hoefnagel), héritier de ses collections. James Cole possédait deux cabinets de curiosité. Charles de l'Ecluse, qui avait résidé dans ce quartier, mais vivait maintenant à Vienne,  adressait à Penny des  illustrations d'une Mante religieuse de Grèce, ou de magnifiques papillons.... L'apothicaire James (Jacob?) Garret  faisait venir des plantes et des remèdes des Indes de l'Est et de l'Ouest,, Matthias de L'Obel avait connu Penny lors d'un bref séjour à Montpellier.

Si Lime Street était bien connu comme le site de l'une des grandes communautés intellectuelles de l'Angleterre, la plupart des membres de cette communauté étaient pas vraiment anglais. Les hommes éminents de la communauté, y compris Mathias de L'Obel, James Cole, et James Garret étaient tous des «étrangers», ou les immigrants à l'Angleterre (Harkness 2007: 21), avec un important contingent protestant flamand qui avait fui les persécutions religieuses et le sac d'Anvers par les Espagnols. Bien qu' ils ont fait d'importantes contributions à la communauté qu'ils étaient encore traités comme des étrangers par quelques Anglais dédaigneux comme l'anglais chirurgien-barbier John Gerard (Harkness 2007: 17). Malgré le souhait de nombreux Londoniens pour une science «anglaise», la communauté scientifique dans son ensemble a été de plus en plus cosmopolite (Harkness 2007: 18). 

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La République des Lettres et Lime Street.

Toute cette communauté de Lime Street vivait dans une effervescence de curiosité et d'échanges et était intégrée à un vaste réseau national et européen, la République des Lettres, une "confédération lâche de chercheurs et d'intellectuels qui ont enjambé le continent européen et se sont même  propagé aussi loin que l'Asie, l'Afrique et du Nouveau Monde" (Datson, 2006). Voici le lien vers une carte interactive des membres de cette République des Lettres : 

https://www.zeemaps.com/map?group=224572&add=1​

Ainsi, c'est de Moscou que le chirurgien Edward Elmer adressa à Penny  une mouche à ailes dorées, puis à Moffet un Scarabeidé de Russie. "Bauchinus"  adressa à Penny une expérience faite à Paris sur le Basilic , une forme de scorpion (Caspar Bauchinus, 1560-1624  plus connu sous le nom de Bauhin, et son frère Jean. Bauhin est l'auteur d'un Theatri Botanici, ou Pinax). Des dessins ou des spécimens parvinrent de Normandie, d'Italie, d'Espagne, de Genève, de Guinée, d'Afrique, du cap Saint-Augustin en Inde 

Parmi les correspondants de Thomas Penny, citons Sir Edmund Knyvet, d'Ashwellthorpe, dans le Norfolk, et son fils Thomas (1539-1618), qui possédaient un musée privée où ils amassaient leurs collections. Leur bibliothèque était riche de quelques 1400 livres et 7 manuscrits, d' architecture, de géographie, mais surtout de botanique et de médecine, ainsi que des livres illustrés d'histoire naturelle. Selon J. Neri, pour Knyvet comme pour Aldrovandi, Penny et Moffet,  les interrelations entre les images et les spécimens étaient centrales pour la compréhension du monde des insectes.

La Liste des Auteurs cités dans le Theatrum occupe trois pages, soit plus de 400 noms.

 

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L'édition du Theatrum insectorum.

Le Theatrum insectorum de Thomas Moffet est le premier livre d'entomologie publié en Angleterre, et le second livre publié en Europe sur ce sujet après De animalibus insectis libri septem d'Ulisse Aldrovandi en 1602.  Il pourrait être plus juste de l' attribuer à Thomas Penny.

 

Partiellement compilé à partir des écrits d'Edouard Wotton, de Conrad Gessner et de Thomas Penny, le traité abondamment illustré de Moffet était le meilleur ouvrage du genre au moment de sa parution : il a analysé systématiquement les habitudes, l'habitat, l'élevage et de l'importance économique des insectes, et a établi un nouveau niveau de précision dans l'étude des invertébrés. Le travail a une histoire complexe. Lorsque le suisse Conrad Gessner est mort à Zurich en 1565, il a laissé dans ses papiers un livre inachevé sur les insectes, qui a été finalement vendu à son assistant le médecin anglais Thomas Penny. Penny a également acquis les notes entomologiques de Edward Wotton, et avait fait progresser l'ensemble  en combinant les informations de Gessner et Wotton avant sa mort dans le manuscrit de 1589. A sa mort, Penny passa le manuscrit et ses propres notes à son voisin et ami Thomas Moffet. Mais la nièce de Penny aurait maltraité le précieux texte, et dilapidé les lettres, imposant à Moffet un gros travail de reconstitution. Dans sa préface, il déclare avoir rédigé la partie historique, avoir fourni 150 illustrations inconnues de Penny et de Gessner ;  il se targue aussi d'avoir introduit la méthode et l'art oratoire qui manquait à Penny, d'avoir corrigé toutes les grossièretés de style, les centaines de tautologies et les détails triviaux. Parmi ceux-ci figurent peut-être les indications de date et de lieux de capture, qui nous seraient si précieuses. qui en acheva la rédaction et fit gravé un frontispice  (datée de 1589)  par William Rogers. L'ensemble fut probablement prêt à être imprimé vers 1589 (ce qui en ferait effectivement le premier traité d'entomologie). Les démarches débutèrent pour en obtenir l'impression à La Haye, mais elles ne purent aboutir, sans-doute en raison de la faiblesse du marché londonien pour les ouvrages de sciences naturelles.

Il a obtenu la permission de l'imprimer à la Haye le 24 mai 1590, et a écrit une dédicace élaborée à la reine, mais des retards suivirent . Lorsque Jacques Ier monte sur le trône anglais, Moffet lui a écrit une nouvelle dédicace . 

Les occupations de Moffet ne lui laissèrent pas le temps disponible, car  son patron, William Herbert, 3e —ou 4e— comte de Pembroke, fut nommé membre du Parlement. Moffet le suivit à Wilton en 1592 comme second médecin du comte. En 1599, il  dédicaça à la comtesse un poème sur les vers à soie, The Silke Worms and theirs Flies, combinant ainsi  de réelles aptitudes littéraires  avec ses intérêts pour l'histoire naturelle    A la mort de Thomas Moffet, l'ouvrage était toujours sous sa forme manuscrite. Le manuscrit est resté dans la famille de Moffet pendant de nombreuses années, jusqu'à ce que Darnell, le pharmacien de Moffet le vende  à Sir Theodore Turquet de Mayerne, un médecin huguenot établi à Londres en 1611, qui le publia en 1634. Pour réduire les coûts, les bonnes illustrations gravées furent remplacées par 580 médiocres gravures sur bois (sans les références numérotées du manuscrit) et sans le frontispice gravé de Rogers.

 

Un manuscrit conservé.

Le manuscrit original en latin avec ses 1200 folios, ses 500 dessins aquarellés et les deux dédicaces adressées respectivement à Elizabeth et James I, est conservé par la British Library dans la collection Sloane Ms 4014 . Il a été consulté par George Thomson (2000, 2012) pour son édition critique du De papilionibus.

 

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Premiere publication en latin en 1634.

Thomas Moffet Insectorvm sive minimorum animalium theatrvm : olim ab Edoardo Wottono, Conrado Gesnero, Thomaqve Pennio inchoatum / tandem Tho. Movfeti Londinâtis operâ sumptibusq[uae] maximis concinnatum, auctum, perfectum: et ad vivum expressis iconibus suprà quingentis illustratum. Londini : Ex officinâ typographicâ Thom. Cotes. Et venales extant apud Benjam. Allen, in diverticulo, quod anglicé dicitur Popes-head Alley.1634.

L'imprimatur (page 326) en a été délivré le 4 décembre 1633 : folio 2v "Recensui hunc tractatum, ... quo minùs cum utilitate publicâ imprimantur, ità tamen, ut si non intra septem menses proximè sequentes typis mandentur, haec licentia sit omnino irrita. Ex aedibus Lambithanis 4. Decem. 1633. Guliel. Bray."

 

Il existe trois versions successives, ou concommitante selon Thomson :

-celle éditée par Benjamin Allen (avec la mention citée supra). La page 46 y est indiquée "52" par erreur. Benjamin est un libraire londonien établi à Pope's head Alley qualifié ici de "diverticulo", un deverticulum étant un "chemin écarté" . Son enseigne serait The Flower de Luce, ou celle de The Crown. Actif de 1632 à 1637, en 1645, .

-celle éditée par William Hope avec la mention "Guiliel. Hope, ad insigne Chirothecae, prope regium Excambium", 1634. Son enseigne tire son nom d'une chirothéque, nom médiéval du gant, encore utilisé pour les gants épiscopaux. Cette librairie se situait "près du Change royal".  L'erreur de pagination signalée supra est corrigée, sauf sur l'exemplaire de Glasgow.

-une troisième, plus rare, sans nom de libraire, avec la seule mention de l'imprimeur Thomas Cotes.

 

 

Thomas Cotes (mort en 1641) était un imprimeur  londonien  surtout connu pour l'impression de la deuxième édition des pièces de Shakespeare de 1632. Il fut un  important éditeur de textes du théâtre anglais de la Renaissance, et de poésie (édition par John Benson  des poèmes de Shakespeare en 1640). A partir de 1635, il était associé  avec son frère Richard Cotes . Leur boutique se situait dans le Barbican à Aldersgate Street. Ses compétences en histoire naturelle sont donc minimes.

L'ouvrage contient :

  • Le frontispice
  • 9 pages de dédicace (Epistola) de Théodore de Mayerne à Guilhelmo Paddy (Sir William Paddy, médecin du roi Jacques Ier).
  • un Index des titres des chapitres.
  • 4 pages d'introduction (Praefacio)
  • 3 pages donnant la liste des auteurs cités.
  • 326 pages de texte et gravures,
  • et 4 pages de gravures complémentaires (dont 4 papillons).

 


 

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Edition en anglais en 1658 par E. Topsell.

Une traduction anglaise par John Rowland fut publiée en 1658 par E. Cotes à la suite de la seconde édition d'une compilation des écrits de Conrad Gessner sur les serpents et les dragons, par Edward Topsell . C'est donc sous le titre de The History of four-footed Beasts and Serpents : whereunto is now added the Theater of Insects by Thomas Muffet en trois volumes, qu'il faut chercher le Theater of Insects qui forme  le troisième tome. Cela explique que je l'ai longtemps cherché en vain.

On ne sait pas grand-chose du traducteur, John Rowland. C'était un médecin, puisque la page de titre indique  “J.R. M.D.”. On ne lui connaît pas de compositions originales, mais on le  considère comme  le traducteur de deux autres traités, An History of the Wonderful Things of Nature et  An History of the Constancy of Nature, tous les deux du naturaliste John Johnston,  et tous les deux imprimés parJohn Streater en 1657. Dans l'épître dédicatoire adressée à Edward Montagu, deuxième comte de Manchester, qui introduit l'ouvrage précédent, Rowland rapporte qu'il "était  étudiant  à l' Eaton Collegde, " and that I once hade the happinesse to be domestick Servant unto your Honours Noble Father” .

Le traducteur de Moffett John Rowland reste obscure. Lui aussi était un médecin:  L'histoire de la page de titre lui enregistre comme «JR  MD" Rowland est pas connu pour avoir écrit des compositions originales, mais il l'a fait traduire deux traités plus,  Une histoire de la merveilleuse choses de la nature  et  Une Histoire de la constance de la nature, à la fois par le naturaliste polonais John Johnston, tant imprimé par John Streater en 1657. 

 

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Le frontispice initial (1589) par William Rogers (1545-1610). 

Le titre est inscrit dans un médaillon central entouré par quatre portraits. CONRAD GESNERVS tient le haut du pavé. THOMAS PENNIVS ANG. est à droite, l'index en marque-page dans un livre. Le médecin et naturaliste britannique EDOARDVS WOTTONVS (Oxford,1492-1555) est à gauche. C'est, selon M.A. Salmon, le premier qui étudia scientifiquement les insectes, et il est l'auteur du livre IX de De differentis animalium (1552). Enfin THOMAS MOFFETVS ANGL. est, modestement,  en bas.

Outre l'architecture à colonnes et fronton, on peut décrire de nombreuses allusions à l'entomologie. En haut, deux ruches entourées d'abeilles  (de ces ruches sortent des fleurs, Fritillaires et Lis martagon peut-être) Deux têtes de chien encadrant le portrait de Gessner ; une chenille de Sphingidae, et un papillon de nuit. A peine plus bas, deux chrysalides, celle de droite laissant s'échapper l'imago. 

Dans le tiers inférieur, deux chenilles grimpent le long des parois; Celle de droite, velue, évoque celle des Acronictinae, et, pourquoi pas, celle de Moma alpium.

Enfin, si nous traçons une ligne entre ces deux chenilles, nous découvrirons à gauche un papillon, dans le cadre du titre une sauterelle, et à droite une araignée suspendue à son fil. 

Une petite énigme : à qui sont les armoiries placées à gauche ? A Jacques Ier ?

Janice Neri 2011 a mis en évidence le fait que, sur ce frontispice, les ruches à fleurs du coin supérieur proviennent directement des vases de fleurs du recueil de gravures de Jacob Hoefnagel paru en 1592 sous le nom d'Archetypa studiaque  et qui diffusent les peintures de son père l'enlumineur anversois Joris Hoefnagel. Celui-ci est le premier à dessiner la nature, et plus particulièrement les insectes, avec une fidélité scrupuleuse et presque microscopique à l'égard du modèle naturel, et on a pu parler à son sujet de "naturalisme scientifique", contrastant avec les à peu près des illustrations antérieures, contaminées par la croyance en des créatures fabuleuses et l'incapacité à faire la part de l'imagination et de la fantaisie. C'est aussi des Archetypa d'Hoefnagel que proviennent le papillon, la sauterelle et l'araignée. 

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British Library Sloane Ms 4014 fol. 3

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Le frontispice de 1634.

Le titre précédent (Insectorum Theatrum ) devient Insectorum sive Minimorum Animalium Theatrum, le Théâtre des Insectes ou Plus Petits Animaux.

Il n'est pas indifférent que l'ouvrage soit qualifié de Théâtre. Cela fait éventuellement référence au théâtre élisabéthain (puis jacobéen et caroléen) avec sa production foisonnante (plus de 1500 pièces) et aux principaux dramaturges comme Shakespeare, Ben Jonson ou John Fletcher. Ou bien  à "The Theatre",  première salle de théâtre de Londres construite en 1567, et qui sera suivie en 1599 par le Théâtre du Globe. Mais il signifie surtout deux choses :

a) que la Nature est une scène où tous les acteurs méritent d'être l'objet de notre curiosité, y compris les plus petits.

b) que l'ambition des auteurs est de pratiquer une science qui ne se contente pas de compiler les textes de l'Antiquité, ni seulement de collectionner et de classer les espèces vivantes, mais qui souhaite les montrer, les exposer comme des entités dont chacune mérite d'être examinée. La valeur du spécimen réel prime sur la citation d'un auteur antique, et ce spécimen devient un objet de science communicable par l'illustration qui en est faite, pour peu que celle-ci soit fidèle à son modèle. C'était là le Credo des naturalistes de la communauté de Lime Street  : ils croyaient en la valeur de preuves empiriques, de l'observation, du  travail sur le terrain, mais par dessus tout en la valeur du spécimen ou de l'équivalent médiatisable de celui-ci, l'illustration scientifique. La démonstration  ne pouvait se dispenser de la monstration.

Ce titre est suivi de la mention "olim ab", inversion de l'adverbe ab olim "autrefois ; de longue tradition" et qui précède la liste des auteurs qui ont nourri ce Théâtre de leurs travaux, Edoardo Wottono, Conrado Gesnero et Thomas Pennio. Inchoatum ("en commençant").

Je traduis par : "Théâtre des Insectes ou plus petits animaux, Débuté autrefois par E. Wotton, C. Gessner et T. Penny ..."

Tandem Tho. Moffet Londinatis operam sumptibusque ; maximis concinnatum, auctum, perfectum ; et ad vivum expressis iconibus quingentis illustratum

..."Et enfin [achevé] par les soins et les dépenses de Thomas Moffet de Londres [qui l' a ] assemblé, augmenté et  perfectionné ; et  a présenté ces insectes sous leur vivante expression par  plus de 500 illustrations ".

Sous ce titre, l'illustration place au centre, dans un cadre à part, la ruche de paille tressée en forme de pain de sucre, qui tient ici  une place emblématique pour l'entomologie. Sept abeilles sont figurées autour d'une abeille centrale.

Autour du cadre courent onze formes animales dont un scorpion et une araignée, qui font alors partie des "insectes". Les lépidoptères sont mis en valeur avec une chenille, décrite page 184 comme chenille du peuplier noir,  et un papillon adulte, identique au neuvième des Petits papillons diurnes de la page 106 ; la "chenille" du bas est le scolopendre illustré au chapitre VIII du Livre II page 199 .


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Réception.

 Les jugements sur l'œuvre de Moffet furent parfois sévères. Martin Lister (1638-1712) écrira à John Ray (1627-1705) en 1667 :

«  De lui [Moffet], on aurait pu s'attendre à ce que tout soit brillant et parfait, car il a eu des contributions de si grands assistants, de si grands noms comme Wotton, Gesner, de l’Écluse, Penny, Knivett, Bruer et d'autres. En fait, tout le Theatrum est composé avec une telle confusion, un tel manque d'ordre, que Moffet semble n'être qu'un très pauvre compilateur des matériaux réunis par d'autres, en faveur desquels il n'exprime aucune gratitude. En réalité, il était presque totalement ignorant du sujet, ce qui ressort d'une façon cruelle. »

Pourtant, Jonston compilera ses gravures avec celle de son prédécesseur Aldrovandi sous forme de planches . James Petiver recherchera et notera les références correspondants aux insectes de ses collections dans son Musée et son Gazophylacii, de même que John Ray en 1710 dans son Historia insectorum, et Linné dans sa Fauna suecica puis son Systema Naturae de 1758. En France, Geoffroy reprendra ces références dans son Histoire abrégée des insectes de 1762, à Vienne Denis & Schiffermüller citeront son Theatrum pour leur Catalogue de 1775, mais on peut abréger cette liste et dire qu'aucun naturaliste entomologiste n'a négliger de confronter ses travaux et ses spécimens aux gravures de Moffet.

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La place des papillons dans le Theatrum insectorum.

Cet ouvrage est formé de deux Livres, dont le premier comporte 29 chapitres et le second 42 chapitres.  Les papillons occupent le chapitre 14, De papilionibus, du livre I, dans les pages 87 à 107. Les chenilles sont traitées à part, dans les cinq premiers chapitres du Livre II, pages 179-193.

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Le chapitre XIIII De papilionibus débute par un paragraphe philologique qui mentionne le nom des papillons dans douze langues différentes, et cite ensuite, selon l'usage établi, divers auteurs de l'Antiquité.

Les descriptions débutent page 89 par les Phalènes (41 au total) et, en premier par les 18 Grands Phalènes ( Maxima Phalena) de la collection de Thomas Moffet. On en suit l'énumération par les séries Primo, Secunda, Tertia, etc... au début du paragraphe descriptif qui les concerne. Les Diurnes viennent ensuite, classés aussi en trois formats. On trouve ainsi :

  • 41 "Phalaena" = Papillons de Nuit : 18 Grands, 17 Moyens, 6 Petits.

  • 38 "Diurnae papiliones" = Papillons de Jour : 15 Grands, 13 Moyens, 10 Petits.

...soit une collection de 79 espèces.

Le décompte de George Tompson est différent, puisqu'il recense 82 "formes", correspondant à 56 de nos espèces : 30 hétérocères, 25 rhopalocères, 1 espèce non identifiée. Il note que parmi ces 56 espèces, 5 seulement n'appartiennent pas (ou plus) à la faune actuelle de Grande Bretagne : deux nocturnes (Saturnia pyri et Eucharia festiva) et trois diurnes (Parnassius apollo, Iphiclides podalires et un papillon américain, Papilio glaucus)

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J'emprunte les planches au site Biodiversity Heritage Library, et à l'édition latine, mais je citerai, ou je consulterai le texte anglais de la version de 1658 mise en ligne par archive.org. et Earl English Book. J'ai remplacé ce texte par ma traduction en français lorsque j'en ai eu le courage ou le temps. J'ai souvent traduit alae exteriores par "ailes antérieures" et alae interiores ou intima par "ailes postérieures" et, de façon plus discutable, scapulum (traduit en anglais par shoulders) par "thorax".

Les identifications d'espèces sont celles qui ont été proposées dans la littérature, notamment par Petiver et Ray, puis par Linné en 1758, Geoffroy en 1762,  et par Thomson en 2000 . Les noms scientifiques et les noms vernaculaires sont —bien-sûr—  les noms actuels.

Outils :

http://biodiversitylibrary.org/item/123182#page/11/mode/1up

https://archive.org/stream/historyoffourfoo00tops#page/958/mode/2up

 

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LES 18  GRANDES PHALÉNES.

 

Page 89.

Ligne 12 : Phalaenae omnes sunt vel admodum magnae,  vel exiguae  : "Les phalènes sont soit très grandes soit très petites". 

-n°1  Acherontia atropos (Linnaeus, 1758) Sphinx à tête de mort. Identifié par G. Thomson. Vue dorsale et vue ventrale. 

 

Le ventre et l'intérieur des ailes des plus grandes Phalènes sont entièrement de couleur sable. Les yeux apparaissent bleus, la tête fortement noirâtre; entre les yeux sortent deux antennes assez sombres, de couleur brun rouge, avec des lignes noires torsadées comme une corde. Sur les épaules il y a une espèce de  rouleau  couleur sable : d'où part une tache noire en croix filant vers les épaules. Le corps, si vous en regardez le dos est d'un bleu azur, mais si vous regardez son ventre, il est d'une couleur sable. Les deux ailes extérieures [antérieures] sont très grandes et  leur couleur rivalise avec celle de l'aigle, étant couvertes de diverses taches arrondies noires et blanches ;  les ailes intérieures [postérieures] sont beaucoup plus petites, jaunâtres , orné à l'intérieur de diverses stries  et de taches sombres; elle a des pattes  musclées et fortes, entièrement d'une couleur sombre, et dont les extrémités sont  fourchue et noires. Elle vole avec un grand bruit, et étant aveugle dans la nuit, elle poursuit goulûment le bois pourri, les écailles de pisson et autres déchets du jardin [?]. Comme les grands tyrans qui dévorent et spolient leurs sujets, de même ce papillon nocturne frappe et détruit les papillons diurnes en cachant ses ailes sous les feuilles. 

Commentaire : ce papillon était déjà(*) décrit en 1602 par Aldrovandi (De Papilionibus, Pl. 1 in De insectis libri 2, page 237 fig.3). Bien que la gravure en soit médiocre – mais assez proche de celle-ci — il écrit à son propos page 236  "in tergore, macula, humanum quodam modo cranium, anterius experimens" : "dans le dos, des taches réalisent à peu près la forme d'un crâne humain vu de face". Aldrovandi en donnait aussi la chenille. 

(*) Certes avant la publication du Theatrum de Moffet, mais après la rédaction du manuscrit.

 

Ce papillon avait été peint, de profil,  dès 1330-1340 dans le Codex Cocharelli.

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Page 90.

—Phalène 2 : "Regina Papilionum". Vue dorsale et vue de profil pour le dessous des ailes . Saturniidae,  Grand Paon de Nuit Saturnia pyri (Denis & Schiffermüller, 1775).

 "Le deuxième Phalène de première grandeur, bien qu'il soit plus petit en grosseur de thorax que le précédent, le dépasse de loin par le luxe et la magnificience de ses couleurs ; et Nature a du dépenser pour l'orner toute son échoppe de peinture. Et elle a considéré le précédent comme le Roi des Papillons, c'est à dire fort, vaillant, sombre, rayé,et celui-ci  pour la Reine, délicate, tendre, fine, toute parée de perles et de pierres précieuses, revêtue de broderies et de travaux d'aiguilles ; son corps duveteux comme celui d'une oie, quelque chose de doux et fourré comme la peau de martre ou de zibeline. Sa tête est petite, ses yeux proéminents, ses antennes plumeuses sont jaunes. Il a quatre grandes ailes portant chacune un œil de plusieurs couleurs : le cœur en est noir, le cercle qui l'entoure est de couleur variée avec des cercles et demi-cercles  jaune, orange-feu, blanc et noir. Les ailes extérieures sont blanchâtres de leur origine à leur extrémité, embellies par certaines veines et nervures. Leurs bordures sont décorées d'une zébrure ou un ourlet jaune foncé. Les ailes intérieures sont brunes ou porto, avec un œil comme le précédent, avec une périphérie à trois plis, le premier uni, le second festonné comme des flammes (a scollop),  et le plus externe blanc pâle, et  comme s'il était ? par un fourreur. [...]"

 

 " Celui-ci, qui a été envoyé de Vienne par Charles de l'Escluse, est de si élégante et remarquable figure, qu'il est plus facile de l'admirer que de trouver les mots pour le décrire."

Commentaire. 

- Aldrovandi avait représenté en 1602 Saturnia pyri sur la Planche 1 de son De Papilionibus page 237 d'abord sous sa forme femelle (figure 1) puis sous sa forme mâle (fig.4) . 

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— N°3 Petit Paon de nuit Saturnia pavonia femelle identifié par Thomson..

"La troisième sorte a un corps grand, velu et noirâtre. Chaque aile porte un œil, dont le centre est noir, le pourtour brun, le demi-cercle blanc. Diverses pièces des ailes ressemblent à des améthystes. Les ailes semblent au premier coup d'œil de couleur gris-cendre, puis apparaissent de couleur aquilain [fauve ou brun]. La tête est courte et petite avec des yeux noirs dont la pupille est d'un blanc remarquable, et entre ceux-ci deux courtes antennes de couleur  gris-brun. Sa chenilles est velue, et non glabre."

 

 

 

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page 91.

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-n°4. Sphingidae : Sphinx ligustri le Sphinx du Troène identifié par Thomson; Vue de profil.

La quatrième a un grande tête de couleur sombre, d'où se dressent deux antennes droites et un peu noires. Le  cou est orné de taches vermeilles, la poitrine (thorax) est velue, carrée, brunes, les épaules en partie noir anthracite, le ventre améthyste , divisés avec cinq ou six cercles noirs; les pieds sont noirs comme de la poix, les ailes d'un brun clair,remplies de longues petites veines noires.

-n°5. Sphingidae  Sphinx ligustri Sphinx du Troène, identifié par Linné S.N. p. 489.

La cinquième a une tête blanchâtre, les yeux noirs, les antennes un peu jaune, les ailes antérieures  longues, d'une couleur sale entre le blanc et le brun, les ailes postérieures étant coloré légèrement et comme en passant en rouge, les épaules très noires, le reste du corps avec des nuances roses, une ligne blanche court tout le long du milieu du ventre, divisée par sept cercles noirs. 

Commentaire : Thomson remarque qu'il s'agit soit d'un individu très usé, soit d'une vue ventrale.

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 -n°6. Sphingidae  Smerinthus ocellata, le Sphinx Demi-paon, identifié par Linné S.N. p. 489.

La sixième a la  tête et le scapulum/thorax velus, les ailes antérieures sont blanchies avec des nervures linéaires   de couleur sanguine sur fond brun ; les yeux, couleur violet [hyacinthini] ou possiblement bleu, sortent en avant de la tête ; les ailes postérieures ont  un je-ne-sais-quoi d'incarnat, avec un œil représenté dans sa partie médiane, à la pupille noir corbeau, et le contour d'un violet [iacinthino] éclatant ; le corps couleur chair flétrie et un peu fumée [infumatis signifie plutôt "bas, vile"] est divisée par six cercles noirs et bruns. 

 

-n°7. Arctiidae  Arctia caja (Linnaeus, 1758) l'Ecaille martre  identifiée par Thomson

"Le septième a les ailes  extérieures blanches avec certaines  taches brunes ici ou là  comme un tissu ondé. La nuque est ceinte comme par une peau rouge  s'étendant sur les épaules comme une fourrure. La tête est rouge, les yeux couleur perle, les antennes couleur feu. Les ailes intérieures sont d'un rouge vif rayé de noir. Les pattes rouges, le ventre entièrement de la même couleur avec sept incisures rouge sombre. "

 

 -n°8. Lasiocampidae Lasiocampa quercus Linnaeus,  le Bombyx du Chêne, mâle, identifié par Thomson.

Le huitième est presque complètement brun [Baetici coloris = couleur bétique, jaune blond ou châtain], mais les bords des ailes et la partie moyenne des antennes sont jaunes de la couleur du buis.

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Page 92.

-n°9 Lasiocampidae. Lasiocampa quercus Linnaeus, le Bombyx du Chêne, mâle, identifié par Thomson.

 

 La  neuvième est presque semblable à la précédente, mais  la partie distale des ailes tendent vers la couleur  sable (foncé). Ses antennes sont réellement  larges et retroussées, blanchâtre sur fond noir. La partie médiane des ailes antérieures  s'orne d'une tache  blanche et ronde.

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-n°10. Lasiocampidae. Lasiocampa quercus Linnaeus, le Bombyx du Chêne, mâle, identifié par Thomson .

La  dixième est semblable, mais plus grande. toute revêtue de blanc cassé, mais le milieu des ailes antérieures  est marqué avec une tache blanche, et l'œil avec une pupille très noire.

 

-n°11. Notodontidae. Phalera bucephalata (Linnaeus, 1758), le Bucéphale identifié par Thomson.

 

La tête de la onzième est bosselée, avec des antennes très grèles, le corps et la partie externe (distale) des ailes sont comme de l'argile pétrie, alors que le reste des ailes est entièrement de couleur argent foncé 

 

-n° 12. Noctuidae. Polia nebulosa (Hufnagel, 1766), la Noctuelle nébuleuse.

 La douzième apparaît vaguement cendrée, ses ailes sont ponctuées de noir, les yeux sont très noirs, avec la pupille blanche.

-n°13. Hepialidae Hepialus humuli Linnaeus, l'Hepiale du Houblon.  Identifié par Thomson.  

La treizième ne montre que de petites antennes, son corps est tout jaune, excepté les yeux (qui sont petits et noirs), et les ailes qui sont blanchâtres.


-n°14. Cossidae. Zeuzera pyrina (Linnaeus, 1761), la Zeuzène du poirier.

La quatorzième apparaît de couleurs variées, elle a des antennes à renflements de couleur noire, comme ses yeux et ses pattes. Le thorax est orné de cinq plumes blanches, avec   trois taches noires au centre. Les ailes sont blancs comme la neige, saupoudré ici et là de taches noires, jaunes et bleues : le corps  est bleu-noir, segmenté, et blanc sur les cotés extrêmes ; elle tient sa queue  en dehors ou en dedans comme il lui plait, et celle-ci est forte, segmentée et jaunâtre. Tout le corps est poudreux comme cela est illustré. Elle se classerait dans les papillons diurnes s'il n'y avait pas ses antennes bosselées. Elle pond de nombreux œufs jaunâtres, après quoi / au dessus desquels elle dresse une petite queue, qu'elle tire ensuite à loisir ??? (ac inter excludendum caudam exilem exerit , ac deinde pro libitu recondit / in the laying whereof she puts forth a little tail, which she puls in again at pleasure.) .

 

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page 93.

-n°15. Arctiidae  Arctia caja l'Écaille martre identifiée par Linné S.N. page 500

La quinzième a deux fines antennes noires, la tête et les épaules velues de couleur châtain, le cou orné d'un collier vermillon, les fémurs sont rouges. Les ailes  extérieures sont chamois avec du blanc et du brun, les ailes inférieures sont rouges avec des points noirs. Le corps est rouge clair avec six anneaux noirs.

 

-n°16. Sphingidae Deilephila  elpenor (Linnaeus, 1758), le Grand Sphinx de la Vigne, identifié par Thomson.  

La seizième semble être très particulière [mira : "étonnante, singulière"] : si vous la regardez quand elle se trouve sur son dos [?? ; supinam], vous la diriez  partout d'une couleur de feuille morte [xerampelinam] ; et si  elle est tournée sur le ventre [?? ; pronam] elle apparaît verte et jaune; ses épaules sont ornées de cinq lignes très rouges ; de la même façon (de la même couleur) sept points ornent en travers le milieu du dos et le reste du corps. Nous pouvons voir aussi en travers sur les ailes des taches ou ombres de cette couleur feuille morte [xerampelinis] alors que des lignes blanches partent de la tête et se terminent vers le bas de la poitrine.

Commentaire : l'adjectif xerampelinus, du grec puis du latin ampelos,i "la vigne" , a-t-il pu inspirer le nom de "Sphinx de la Vigne" autant que la plante-hôte de la chenille ? Linné cite certes la Vigne comme plante nourricière, mais seulement après l'Epilobe et l'Impatience.

-n°17. Noctuidae. Confusion, selon Thomson, entre Catocala nupta Linnaeus et Noctua pronuba Linnaeus : la description, et les ailes postérieures correspondent à Catocala nupta, mais non les ailes antérieures.

 

La dix-septième, si vous la voyez ailes fermées, vous apparaît brune. Mais si elle étend ses ailes, vous distinguez le coloris incarnat de ses ailes postérieures et une bande noire étendue  sur le bord : elle a de longues antennes et une trompe quasiment enroulée : les épaules [scapulum :thorax ?blanchies  sont marqués par des taches de couleur gris sable , de même que le côté , et tous les segments du corps sont frangés et blanchâtres.

 

 

-n°18 . Arctiidae.  [Eucharia] ou  Arctia festiva (Hufnagel, 1766). L'Écaille rose. 

La dix-huitième. Clusius [Charles de l'Ecluse] m'a adressé ce spécimen très précieux [ou littéralement "très beau"]. Ses antennes sont blanches et noires, la tête sombre comme la poix, le museau [nasus] recourbé, le cercle des yeux est blanc, le collier est rouge écarlate, le thorax qui est velu est comme vêtu d'un mantelet noir, les ailes antérieures [litt. "extérieures"] alternent le blanc et le noir, les ailes postérieures [litt.:"intérieures"] sont rouges ornées ici et là de taches noires. Le corps est noir de poix, de même que les pattes, mais sept taches rouge sang ornent  chaque coté du corps.

 

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Page 94.


- n°19  . Arctiidae.  [Eucharia] ou  Arctia festiva (Hufnagel, 1766). L'Écaille rose. 

Comme la précédente, dont un autre spécimen a été envoyé, mais dont les antennes toutes noir corbeau; et avec une ligne parfaitement blanche sur le milieu du thorax, comme un collier de perles. 

De tous ceux-ci, les corps apparaissent de grande taille. 

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LES 17 PHALÉNES MOYENNES. 

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Maintenant, nous allons parler des Phalènes de taille moyenne.

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-n°1. deux figures : Papilionidae reconnu par Linné S.N.p.465  comme un papillon diurne,  Parnassius apollo, (Linnaeus, 1758) l'.Apollon 

La première serait tout blanche, s'il n'y avait ces taches de rousseur noires non négligeables sur les ailes antérieures ; et vraiment sur les ailes postérieures des points rouges comme les boutons de variole et de rougeole avec un centre blanc ; les yeux sont parfaitement noirs, les pattes et les antennes jaunâtres. Au niveau du museau les poils deviennent hirsutes, et s'enroulent souvent en spirales.

 

 

 

 


-n°2 . Deux figures, mâle vue ventrale, et vue dorsale. Saturniiade Saturnia pavonia (Linnaeus, 1758), le Petit Paon de nuit  

Tout le corps est hirsute ou touffu [litt.  en inflorescence de palmier : spadiceum], de même que les ailes antérieures ( où se trouvent des taches, des lignes et franges blanchâtres, et un ocelle jaune). Les antennes jaunes sont ornées de points noirs. Les ailes postérieures portent des couleurs orange comme le souci [calendularem] mais des ocelles et des lignes frangées y brillent comme les ailes antérieures. 

 

 

 

 


-n°3. Selon Thomson, le texte et l'illustration ne correspondent pas : le texte décrit Pieris rapae, la Piéride de la Rave, alors que l'llustration du manuscrit Sloane 93v est probablement  celle d'un Colias crocea Geoffroy, forme helice Hübner.

 

Ses quatre ailes sont blanches ; les ailes antérieures sont noircies par un réseau fourni de veines bleuâtres, et sont ornées aui milieu de deux taches noires arrondies. Nous voyons une ligne jaune courir le long des ailes. Les antennes sont jaunes également. La tête et le corps sont noirs, les yeux sont très blancs, comme la région scapulaire. Les côtés sont ornés par quatre lignes très blanches obliques.

Exteriores autem caerulae quedam venulae affluentius sparsae infuscant, duaeque in medio, rotundae, nigricantes, maculae, adornant ; linea circum alas ducta mellina videtur, qualis antennarum color ; corpus, caputque nigricant ; oculos habet albissimos, scapularumque ; latera quatuor utrinque lineae albissimae obliquae decorant.

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-n°4 Nymphalidae identifié par Thomson ("probablement") comme  Argynnis paphia (Linnaeus), le Tabac d'Espagne, forme valesina Esper

Elle porte des antennes de couleur grise [gruini], son corps  noir est blanchi sur les cotés.  les ailes jaunâtres sont envahies de multiples taches noires qui imitent les serpents, plus larges au dessus, plus rondes au dessous. La frange des ailes  est  épineuse et dentelée comme celles de Chauves-Souris, toute noire, avec six perles (blanches) placées de chaque coté.

 

-n°5. Nymphalidae Selon Thomson, le motif de l'illustration du manuscrit Sloane f.93v correspond à Melanargia galathea (Linnaeus, 1758),mais la description concerne plus exactement Lasiommata megera, la Mégère. 

Le cinquième est complètement noir anthracite, hormis les points rougeâtres sur fond blanc qui ornent les ailes. 

 

-n°6  Nymphalidae. Selon Thomson, Lasiommata megera (Linnaeus, 1767), la Mégère

Son corps et ses antennes sont très noires, ses yeux sont blancs. Ses ailes sont noir corbeau en dessous, au-dessus se voient des filaments d'or et des taches; à laquelle sont associés des boutons  noirs, et comme des fils d'argent ; les ailes extérieures ont une bordure noire s'enroulant en feston (comme un ourlet cousu avec une aiguille ??).

Alae illis subtus coracinae, extra aureis villis, atque maculis conspicuae,  quibus vicissim lati clavi, nigri coloris, et argenteo quasi filo transfixi, adhaerescunt : extimas quoque alas, maeander quidam ornat nigerrimus, auro subtus fuso, et quasi striatim acu picto.

 

-n°7 Nymphalidae Selon Thomson,  Argynnis sp

je ne sais si je peux porter à son crédit ou à son désavantage ses larges antennes,et  son corps noir grissonant. Le début de ses ailes est rouge, le reste est jaune, mais chaque partie est envahie d'un damier noir , alors que resplendit aux extrémités une ligne dorée. 

...Utramque vero partem nigrae tesserae laminatim positae inficiunt, quarum extremitas lineam unam auream splendescit.

 

-n°8 Nymphalidae. Selon Thomson, ce pourrait être un spécimen usé d'Aglais urticae, la Petite Tortue.

 

Elle a quatre antennes à grains en chapelet [racemosa] , grises, les deux les plus externes étant  très longues avec une extrémité très large. le corps est comme celui du n°7 , les ailes sont couleur gris cendré avec un damier noir, et sur le bord extérieur des gouttes sont peintes de la même couleur.  ...et circa extimam oram guttis ejusdem ioloris aequaliterpictas.

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Page 96.

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-n°9. Noctuidae Noctua pronuba Linnaeus, la Fiancée, identifiée par Thomson.

9. Sa tête, ses yeux, ses antennes, son corps et ses ailes postérieures sont de couleur ocre doré ; les "épaules" [scapulae, "thorax"?] et les ailes antérieures sont noires, mais seulement en périphérie, car elle a de chaque coté une ligne gris-cendre.

-n°10 : trois figures (vue dorsale, ventrale de profil, et la chrysalide).  Abraxia grossulariata (Linnaeus, 1758), la Zérène du Groseillier   identifié par Linné S.N. page 528

10. Son corps est jaune, constellé de noir de la nuque à la queue, en arrière et sur les côtés; les yeux, les antennes et pattes sont  parfaitement noirs, les ailes antérieures sont blanches, mais bordées de jaune avec de fins points noirs et des taches également noires.

-n°11. Arctiidae. Spilosoma lubricipeda Linnaeus identifié par Thomson. 

11. Si vous regardez ses ailes, vous les trouvez blanches comme le lait ou la neige si ce n'est qu'elles sont éclaboussées de petites taches noires. Ses épaules sont également blanches et duveteuses ; son dos et son corps sont jaunes, et segmentés, avec huit petits points noirs.Entre ses yeux  grands et proéminents émergent deux antennes noires et velues. Elle vole la nuit dans  les prairies et les pâturages.

-n°12. Hepialidae. Hepialus humuli Linnaeus, l'Hépiale du Houblon identifié par Thomson.

12. Les ailes de celle-ci sont si longues qu'elle ne peut voler facilement. Elle a des antennes très courtes, de petits yeux parfaitement noirs, tout son corps est blanc jaune,  traversé ici et là de veines et de poils jaunes.

-n°13. Thomson, qui a examiné le manuscrit  Sloane 4014, signale que l'illustration du folio 94 qui représente apparemment Odezia atrata, le "Ramoneur", diffère sensiblement de la gravure sur bois n°13 du livre de Moffet .

 

13. Tout son corps (sauf ses yeux qui sont noirs) est gris "grue" ou noirâtre. Les antennes sont plus longues que d'ordinaire, le corps  est couvert de poils, les ailes de la même couleur que le corps, sauf les bords qui brillent d'un vernis verdâtre et vitreux. 

-N°14. Arctiidae Spilosoma lubricipeda Linnaeus, l'Écaille tigrée identifiée par Thomson.

14. Celle-là est très belle, presqu'entièrement de couleur sable, elle a des antennes de la longueur du corps, fortes, noires et incurvées comme les cornes des taureaux, les yeux grands et noirs, la tête courte, le cou épais; les ailes antérieures ornées de points noirs. Le dos est marqué comme par cinq têtes de clous de girofle noirs à trois pointes.

-N°15. Geometridae [Ortholitha] Scotopteryx chenopodiata Linnaeus, la Phalène de l'Anserine identifiée par Thomson. 

15. Ses ailes sont entièrement d'un gris cendré. Elle est la seule de toutes à être dépourvue d'antennes. Ses yeux sont noirâtres, son dos jaunâtre est marqué de cinq points bruns.  

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-n°16 Pterophoridae Agdistis bennetii Curtis, 1833, identifié par Thomson.

 

16. Celle-ci nous apparaît toute de la même couleur, si ce n'est que les ailes antérieures sont ornées de petites taches noires alignées. Mais elle est vraiment  partout d'une seule couleur (sauf les yeux qui sont noirs). Son corps est long et segmenté, ses quatre ailes sont longues et étroites. Elle a six pattes, les dernières plus longues que les premières. Ses antennes sont fines,mais avec de longues excroissances. 

-n°17. Bombyx mori Linnaeus, non illustré.

 

17. Celle-ci est sortie d'une chenille de ver à soie [bombycina], elle est toute blanche sauf les yeux noirâtres, et les veinules jaunâtres qui sont droites sur les ailes et perpendiculaires aux segments sur le corps. Je l'ai nommée Bombycina Phalaena. On en saura plus dans le chapitre sur l'histoire du Ver à soie.  

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LES 6 PETITES PHALÉNES

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-n°1 L'illustration correspond à un Coléoptère, mais la trompe telle qu'elle est décrite est celle d'un lépidoptère" (G. Thomson). 

 Parmi les plus petits, nous en placerons en premier un qui est  admirable, et marche sur quatre pattes. Il a des ailes antérieures bleu azur, les ailes postérieures jaunes, et plus petites (ce qui est rare) que les antérieures. Le corps  est aussi jaune, et tellement  gros que les ailes ne peuvent le recouvrir . Les antennes sont pleines de petits points, et les yeux (dont la pupille est blanche) sont noirs. La tête et la trompe (longue, mince et spiralée) sont jaunes.   

-n°2. Arctiidae [Lithosia] Eilema lurideola Zincken, 1817,  la Lithosie plombée ou Lithosie complanule, identifié par Thomson (mais pourtant décrite bleue et verte). 

 La seconde apparaît bleue et verte, elle a un corps de petite taille, les pattes et les antennes noirâtres.

-n°3. Geometridae Hemithea aestivaria Hübner, la Phalène sillonée identifié par Thomson.

 

La troisième a le thorax  et les ailes vert poireau; le corps est  gris-brun ; les ailes antérieures sont bordées de taches blanches et brunes; elle a une très petite tête, les pieds et antennes de couleur cendre.

 

Par ailleurs on trouve dans les maisons une certaine sorte de petites  Phalènes argentées, marquée de taches noires, qui volent autour des bougies, appelées Moths en anglais, qui mangent les vêtements de lin et de laine , et pondent des œufs, d'où  viennent les mites, et ces mites donnent naissance à leur tour à des Phalènes.  On dit qu'elles viennent d'abord de feuilles de rosiers et d'autres herbes en putréfaction.

J'ai observé trois autres dans les pâturages et prairies. 

1. Figure la plus basse : Zygaenidae   Identifiée par Linné S.N. page 494 à son Sphinx filipendulae, soit Zygaena filipendulae, la Zygène de la Filipendule. Zygaena filipendulae ssp. anglicola Tremewan identifiée par Thomson .

La première a les ailes extérieures noires, chacune d'entre elles  marquées de 5 taches rouge-sang, les ailes les plus intérieures sont entièrement rouges, le corps est brun, la tête, les antennes assez courtes, et les pattes,  noirâtres.

2.  Figure de droite. Zygaenidae  Thomson suggère, entre crochet, d'y voir [Zygaena trifolii (Esper, 1783), la Zygène des prés, la Zygène des Cornettes] 

la seconde est toute semblable, seulement elle n'a que quatre taches rouges sur les ailes antérieures, et a un corps plus splendide. 

 

 

 

 

 

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Page 98. 

 

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-3  Figure de gauche. Arctiidae  Tyria jacobaeae la Goutte de sang ou Écaille du Seneçon identifié par Linné, S.N. p. 511

La troisième est presque de la même forme, mais les antennes sont beaucoup plus longues, et les points rouges sont disposés d'une autre manière. Car on n'observe sur l'extrémité des ailes que deux gouttes de sang ; mais sur le bord qui remonte le long de l'aile  s'étendent deux longs traits. [Nam circa extremitatem alarum guttae sanguineae duae tantum apparent ; ab exortu vero maculae duae longius tractae conspiciuntur.]

Commentaire : le texte latin de Moffet avec sa mention guttae sanguineae peut être à l'origine de notre zoonyme vernaculaire de "Goutte de sang".

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Et en voilà assez avec les papillons nocturnes ou Phalènes. Passons maintenant aux [ nom en grec ήμϛρηειγς ??]*  ou Papillons diurnes.

* sans-doute ημερήσιος, imerisios, "diurnes" en grec.

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LES DIURNES.

 38 espèces sont représentées, mais quatre seulement sont accompagnées de leur chenille, ce qui est peu lorsque l'on sait l'importance de l'élevage des chenilles dans l'étude des papillons à l'époque. 

 

Les papillons de jour sont décrits à cette place car chacun peut  voir et admirer la fécondité [l'exubérance ?] et l' élégance  de la Nature à leur propos. Car elle n'a pas fait moins pour eux, en termes de variétés, de coloris, de robes et de parures, d'ocelles, de sphères, de clefs, d'entrelacs de quadrillage, ou de méandres, qu'elle ne l'avait fait pour les Phalenes.

 

 

 

 

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LES 15 GRANDS PAPILLONS DIURNES.

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-n°1. Papilio glaucus Le Papillon glauque, Tiger Swallowtail butterfly. Il s'agit d'une copie d'une aquarelle de John White, que ce dernier avait réalisé lors d'un voyage en Virginie en 1585-86. l'original figure dans le Ms 1906 0509.1.66. Mais Moffet ne signale pas cette provenance exotique, et ce manque d'information témoigne des lacunes graves de sa présentation.

"Le premier des Papillons diurnes étant le plus grand de tous, jaunâtre en majeure partie, excepté les plages et parties qui sont ici noircies à l'encre. Pourtant, les ocelles des ailes inférieures sont azur, tellement que vous pourriez penser qu'elles sont faites de pierres de saphir. Les yeux sont comme des Chrysolithes . Sa taille et sa forme sont exactement celles qui sont représentées sur la figure, ce qui ne nécessite pas d'autres commentaires."

Pourtant, le dessin original, collé sur la page 97 du manuscrit, (reproduit in J. Neri 2011, page 58) portait la mention  "Hanc e Virginiam Americanam Candidus [nom latin de White] ad me  Pictor retulit...1587", "Le peintre White me l'a rapporté de la Virginie d'Amérique". Cette note est sans-doute de la main de Thomas Penny. A la décharge de Moffet, il est possible que cette indication ait disparu lors de la publication posthume par Thomas Cotes, dans le but de supprimer toutes les légendes des gravures, de simplifier la mise en page et de réduire les coûts.

La comparaison entre la gravure sur bois, l'aquarelle de White, et le dessin du manuscrit initial de Penny et de Moffet, montre la perte drastique d'intérêt entomologique et de valeur esthétique de la publication de 1634.

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https://www.britishmuseum.org/pdf/2-Harkness-Elizabethan%20Londons%20Naturalists.pdf

https://www.britishmuseum.org/pdf/2-Harkness-Elizabethan%20Londons%20Naturalists.pdf

 

 

 

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Page 99.

-n°2.   Papilionidae  Papilio machaon. Le Machaon. Vue dorsale, vue ventrale de profil, et chenille. Identifié par Linné, S.N. p. 462.

 La seconde ne diffère que peu de la première hormis par sa taille plus grande, elle a néanmoins les yeux plus noirs et des antennes plus longues. Là où vous voyez du blanc, supposez que c'est du jaune, sauf sur les grands ocelles de l'extrémité des ailes postérieures, dont le centre doit être de couleur feu, et la périphérie de couleur rouge feuille-morte [xerampelinum = couleur de la feuille de vigne en automne]

 

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-n°3. Papilionidae Iphiclides podalirius Scopoli. Le Flambé. Vue dorsale et vue ventrale de profil. Non signalé par Linné S.N. 1767, mais par Geoffroy, Insectes, page 56.

 Le troisième ne s'éloigne pas beaucoup en couleur, si ce n'est que les  prolongements ["exphyses" : ce mot latin n'est rencontré qu'ici]  et la bordure externe des ailes postérieures sont bleues, comme également trois taches en bracelet [sphinteres]  que vous voyez peints sous leur partie concave . 

[totaque ipsarum excima lacinia glastiva fit ; uti et tres illi spintheres, quos sub concava illarum parte vides depictos.]

N.B: Gastiva ; de gastum,i , Gaffiot : "Guède, pastel pour teindre en bleu"

Sphinteres, eris, n. : Gaffiot "bracelet que les femmes portaient en haut du bras gauche" 

 

 

 

-n°4. Nymphalidae Aglais io. Le Paon du Jour. Identifié par Linné S.N. p. 769 

 Celle-ci peut être considérée comme la reine de tous, car à l'extrémité des ailes, brillent comme quatre diamants sur un manteau [pala, err. pour palla] violet [couleur Hyacinthe], étonnant spectacle d'opulence, oui les diamants et béryls brisent presque les yeux (?) car ils brillent magnifiquement (comme des étoiles) et jettent autour d'eux des étincelles aux couleurs de l'arc-en-ciel. Celles-ci sont si bien connues qu'il serait superflu de décrire tout le reste du corps (bien qu'il soit peint de diverses couleurs ) .

[...ostendunt, imo fere adamanti et Hyacintho oculum  effodiunt. Lucent enim pulcherrime (ut Stellae) Scintillasque iriscolores circumfundunt : his notis ita dignoscitur, ut reliquum corpus  describere (licet variis pictum coloribus) supervacaneum esset.]

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Page 100.

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-n°5. (deux figures)  Pieridae.  Colias croceus Geoffroy  femelle. Le Souci. Vue dorsale et ventrale de profil.

 La tête, les pattes et les antennes sont couleur rouge feuille-morte [xerampelina = couleur de feuille de vigne en automne], mais les yeux sont pourpres [hyacinthinos], le dos noir et bleu [atrocaeruleum], l'abdomen jaunâtre. Les ailes sont d'un jaune d'abord gai et vif à leur base  et ensuite  plus éteint.  Leur partie la plus externe [les ailes antérieures], qui s'obscurcit de teintes rouille et d'un brun désagréable , est embellie par trois petits points jaunes. La partie plus interne de couleur rouille est maculée d'abord de   deux taches jaunes puis de trois ronds  jaune pâle. Si vous les regardez ventralement [supinam], les ailes antérieures virent du jaune vers le vert, marquées de 6 à 8 points. Ls ailes postérieures sont d'un vert gazon, [herbidae et virentes] avec deux taches blanches. L'abdomen et la  face sont jaunâtres. Il provient d'une chrysalide blanchâtre, tachetée de petites taches de couleur foncée.

 

 

6.  (deux figures) : Vanessa atalanta. Le Vulcain. Identifié par Linné S.N. p. 478. Vue dorsale et vue ventrale de profil.

 

Les ailes supérieures sont noirâtres à l'extérieur, une bande couleur rouille pâle court en travers de leur partie médiane ; leurs extrémités brillent  avec des taches blanches comme neige et des taches comme des gouttes, et sont obscurcies tout autour avec des encoches de couleurs sombres ; à l'intérieur le bandeau apparait de couleur plus claire et plus franche, et vers le fond il semble bleu. Les ailes postérieures  apparaissent soit d'une couleur en dedans, soit d'une autre en dehors, mais elles sont partout brunes, à l'exception , sur le bord épineux, d'une très petite bande noire rougeâtre rouge ;  marquée par quatre petits points,  et  deux plages réunies de couleur opale ; dedans, ils ne font rien voir de semblable, mais une broderie  noir et pourpre qui s'achève en couleur rouge pâle [xerampelinum tristius]  .  Le corps est noir, et les yeux, les antennes, les pattes, sont d'une même couleur brune .

Extremitates ipsarum panno, guttis que niveis micant, obscursis per amitum crenulis asperatae ; intus antem limbus ille putiorem atque saturiorem exprimit colorem, et juxta radicem caerulea videntur. 

 

 

 

7. Nymphalidae.  Aglais urticae (Linnaeus), 1758, La petite Tortue.

Tout son corps est noir comme la poix [picea], bien qu'il ait deux taches très blanches entre chaque segment. Les ailes rougeâtres sur fond jaune sont ornées de taches noires et blanches.  Mais la générosité de Dame Nature a principalement embelli les bordures des ailes, qui ont de petites dents à égale distance l'une de l'ensemble comme les dents de scie, et dans la frange desquelles vingt poinçons bleus traversés de noirs lui rendent gloire.

 

[Verum munifica rerum parens natura extremam alarum oram potissimum decoravit, quae nonnullis denticellis serratim aequo intervallo distantibus donatur, in quarum fimbria viginti clavi caerulei filo nigro transfixi mirificum edunt splendorem]

 

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page 101.

N.B : Attention, à partir de maintenant, les illustrations seront décalées et retardées d'un rang par rapport au texte. 

-n°8 : Nymphalidae. Vanessa cardui Linnaeus, 1758. La Belle-Dame. Vue dorsale. Identifié par Thomson.

La  Nature l'a mis au monde avec un vêtement d'ondulations de  couleurs variées, mais vives ;  ce sont pour les ailes  le noir, le rouge, le jaune traversées de brun, mais  elles nous paraissent encore plus belles par leur douceur laineuse. 

Veste undulatam et mixtam peperit natura ; sed vegetis coloribus destitutam : constant enim alae ex minio, nigro, flavo et fusco fatiscente, magisque vellere mollica quam ornatu splendida videtur.

 

-n° 9.Nymphalidae Vanessa cardui. La Belle-Dame. Identifié par Linné S.N. p. 475. Vue ventrale.

Il est principalement de couleur gris-cendre, mais si vous examinez la partie interne des ailes postérieures rien n'y ressemble plus que les ailes d'un Dindon. [Indici galli, Turkey-cock] :  car les plumes  avec lesquelles il vole sont recouvertes d'autres plumes squameuses ??? [Nam pennas remiges, aliae quasi vestitrices et squameae tegunt ;]. L'œil est noir corbeau, de même que les antennes, qui rivalisent de gonflements et d'enflures.

 

-n°10. Nymphalidae. (deux figures). Argynnis aglaja. Le Grand Nacré. Identifié par Linné S.N. page 481.

 Le corps est noir comme la poix, les "épaules" revêtues d'une laine jaune (comme d'ailleurs toute la tête) : les antennes sont également jaunes jusqu'à  la tête qui se présente assombrie par des taches d'un rouge sombre. De nombreuses perles ovales sont disposées à égale distance, sur la frange arrondie des ailes antérieures pour les embellir, mais elles sont encrassées par des taches noires qui imitent des lentes. Mais comme l'extérieur est moins beau, la partie la plus interieure des ailes brille de taches blanc-vert, resplendissant comme des gouttes argentées, et ce qui ressemble à des perles à l'extérieur apparaît comme du pur argent à l'intérieur. 

 

...Externam minium alarum fimbriam circinatam, plurimae ovales margaritae aequis distinctae intervallis, gratiorem reddunt ; intus vero maculis integerrimis, lentis effigiem imitandibus faedantur. Verum sicut foris minus speciosa, ita interior internarum alarum pars, albo virore nitens, guttulis vero argenteis superinductis resplendet : et quae extra vales margaritae videbantur, intus argentum purum putum non mentiuntur.

-n°11. (deux figures).  Nymphalidae .  Aglais urticae. La Petite Tortue. Identifié par Linné S.N. p. 477. imago et chrysalide.

Il déploie une succession de belles perles bleues ; ses ailes supérieures sont embrasées par un jaune feu, et marquées par six points noirs ; la racine des ailes postéérieures est noire, puis elles brillent d'un jaune orange de feu. Le corps est couvert de poils duveteux sombres, et les pattes et les antennes sont noir comme les corbeaux. 

Speciosam radiantum in caerulo margaritu institam ostentat, alae superiores ex flammeo flavescentes ignem referunt, sex nigerimis pannis infecte : internarum radix anthracina, deinde flavo in igneus coruscant : corpus fuscis capillamentis hirsutum, quem colorem cornicula cum pedibus imitantur.

-n°12. Illustration page 102.  Nymphalidae. Thomson écrit que les seuls papillons qui ont une telle bordure de points marginaux bleus sont soit la petite Tortue Aglais urticae, soit le Robert-le-Diable Polygonia c-album

Il est d'une beauté exceptionnelle, ses ailes sont teintées d'un clair  rouge sang avec des taches noires,  avec des radicelles brillantes et dorées portées comme des fils dispersées des lobes jusqu'à la périphérie. Celles-ci sont vraiment découpées en dents de scie couleur feuille-morte [xerampelina] , ornées à l'intérieur de lignes en croissant de lune dorés. Le corps est pourpre virant au noir, les yeux apparaissent dorés, les pattes et les antennes sont noirâtres. 

 Eximiae est pulchritudinis, alae leviter cruentae et maculis nigris tinctae, radiolis micant auratis filatim ad laciniae usque ambitum dispersis. Haec vero xerampelina serratim desinens, intus aureis lineis lunatim ductis ornatur. Corpus ex nigro purpurascit, oculi aurei videntur, pedes et cornicula nigricant.

 

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page 102.

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Rappel : la première illustration concerne le spécimen n°12 de la page 101.

 

-n°13. Nymphalidae  Pararge aegeria (Linnaeus, 1758). Le Tircis. Identifié par Thomson.

 Le corps et les ailes apparaissent noires, mais ces ailes noires, dentelées [empennelées] à leur périphérie,  sont peintes de motifs dorés d'abord effilés, puis en plages et enfin en points à centre noir. Les petits yeux sont noirs comme de la poix sur une tête enduite d'or. Mais les antennes qui se dressent avec des points noirs et blancs se terminent par un bouton noir. 

-n ° 14. Nymphalidae. Lasiommata megera Linnaeus, 1767, la Mégère / le Satyre. Identifié par Thomson.

Son aspect réserve beaucoup de satisfaction au curieux ; son corps est velu et noir et blanc, l' oeil est noir et sa pupille blanche. Autour de l'œil se voit un cercle glabre blanc comme la neige,  les antennes sont de même couleur que le précédent, la majeure partie des ailes supérieures se distingue  par sa couleur flamboyante, et les  lignes dorées qui s'y dessinent , avec quatre indentation de franges imprégnées de noir  ;  près de l'extrémité trois pièces triangulaires argentées l'ornent. Mais la face interne est également très belle, embellie d'écailles  et de rivets dorés, imbriqués comme de pièces de cuirasse . Les ailes antérieures sont surtout dorées décorées d' une ligne. Elles ne s'éloignent en rien des ailes du paon, et son corps en est tout autant élégant et somptueux. Mais ses pattes  et ses jambes sont noirs, (pour ne pas encouurager son orgueil). Le museau est enroulé en spirale comme un labyrinthe.

 

 

-n ° 15.  Nymphalidae  Pararge aegeria (Linnaeus, 1758). Le Tircis. Vue ventrale de profil. Identifié par Thomson.

Cela a également un bec poilu couronné comme un Tendrel de la vigne; vers l'intérieur, il est couleur de cendre, et à l'extérieur d'un gris pâle, les ailes sont de Barbarie, déchiqueté comme les chauves-souris ailes, une partie dun ces lignes font vers l'extérieur, vers l'intérieur, six étalons noirs ne beaucoup les exposer.This hath also a hairy beak wreathed up like a vine tendrel; it is inwardly ash-coloured, and outwardly a faint gray, the wings are prickly, jagged like bats wings, some dun lines do outwardly part these, inwardly six black studs do much set them forth.

 

 

-n ° 16. Deux figures en bas de page. Arctiidae Panaxia dominula Linnaeus, l'Écaille marbrée, Écaille rouge. Identifié par Thomson ( qui écrit "diminula").

Les ailes extérieures sont d'un vert sombre dans la vue de tous, dont certaines pièces de taches blanches et jaunes et font beautifie; l'intérieur sont parfaitement rouge, étant parsemé de dix plupart des taches noires: le ventre brille avec huit échelles jaunes; l'arrière est inclinée rouge au jaune, et le bout de la queue est un bleu clair. Les épaules sont tirés vers le bas rugueuses Lune félicité par une jaune, une pomme d'argent blanc rouge couleur rend les yeux plus forte. The outward wings of all are a dark green in sight, which some spots and pieces of white and yellow do beautifie; the inward are perfectly red, being sprinkled with ten most black spots: the belly shines with eight yellow scales; the back is red inclining to yellow, and the tip of the tail is a light blue. The rough shoulders are commended by a yellow Moon drawn downwards, a white silver coloured apple makes the red eyes more sharp.

 

 

 

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Page 103.

LES 13 PAPILLONS DIURNES MOYENS.

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-n°1. Trois figures. Pieridae  Gonepteryx rhamni Le Citron. Identifié par Linné S.N. p. 765 (avec des références érronées). Vues dorsale et ventrale, et chrysalide.

  Les yeux apparaissent jaunâtre, les antennes brun passé, les ailes et tout le reste du corps sont d'un jaune pâle; les ailes postérieures sont marquées à l'extérieur [face dorsale] d'un seul rond complètement jaune, mais à l'intérieur [face ventrale] , elles portent  un  caducée [un double rond] vert allant jusqu'au brun tacheté ; le dos est noirâtre et bleuté, le ventre est jaunâtre, Elle procède d'une chenille couleur d'or. 

...Interiores alae extra unam tantum maculam saturiore luteam notantur : intus autem caducea herbidae fusca quadam variolam inficiuntur, dorsum est caeruleao nigricat, venter subflavet. Ex chrysalide oritur auro illita.

-n°2. (figuré tête en bas).  Nymphalidae.   Polygonia c-album Robert-le-Diable Identifié par Linné S.N. p. 477  Le texte le décrit comme une  personne en deuil . George Thomson l'identifie comme un Paon du Jour Aglais io, et ajoute "De la description qu'en donne Moufet, il ressort clairement qu'il le décrit d'après l'illustration et non d'après nature".

Le second n'est pas d'une couleur aussi agréable, les ailes postérieures d'un gris triste s'ouvrent sur un bleu pâle, et finissent vers le  gris-plomb ;  les ailes extérieures sont plus noires, ponctuées  ici et là par  des taches sombres, et le corps apparaît être le même. Ses ailes supérieures sont  indentées et crénelées , et comme un peu herrissées d'épines sur les bords ,et comme rogné, il se présente dans ce triste habit de deuil. ??  [Serratis alis summaque crenatis et veluti aculeatis horridiuscula volitat, et quasi suae gentis praesica, nunquam nisi funerali habitu tristius incedit.]

 

-n°3. Nymphalidae. Aglais urticae (Linnaeus, 1758) la petite Tortue. Vue ventrale de profil tête en bas.  Identifié par Thomson.

 Nous avons peint celui-ci avec les ailes droites, dressées comme s'il voulait s'élever ;  il a aussi des édentations épineuses, mais les ailes antérieures jaune pâle sont marquées par des taches noires, par contre les ailes postérieures sont noir foncé à leur racine, plus pâle au milieu, et les extrémités sont  quadrillées d'un réseau de lignes blanchâtres ; le corps apparaît sombre, l'œil est noir comme de la poix, les antennes sont noires.

 

 

-n°4. Deux figures.  Nymphalidae Maniola jurtina Linnaeus, 1758, le Myrtil. Mâle vue  ventrale et dorsale. Identifié par Thomson.

 Celui-ci est figuré de deux façons : car quand il ouvre la balance de ses ailes, il montre son corps noir, et quatre ailes peignées de sillons noirs et se terminant dans une brillante couleur rouille ; mais quand il est posé sur des fleurs et élève les ailes, la première aile est jaunâtre, ornée d'une tache  ronde comme un bouclier, dont le milieu est  pâle, la bosse centrale noir, et le cercle exttérieur citrin ; le ventre et le thorax sont blancs, mais pas entièrement ; les antennes divérgentes sont  jaune et noirâtres. [...fuscas quatuor alas nigricante peniculo veluti liratas et in rubiginosum fulgentem desinentes eidem affixas. Quum autem floribus infidens alas attollit, prima ala luteola eleganti clypeo ornata conspicitur, cujus centrum pallidum, umbo piceus, circulus exterior citrinus. Venter atque thorax, nec non totus vultus, albicant, ; antennae nigricantes in flavum divergunt.]

 

 

-n°5. Pieridae.   Pieris rapae. La Piéride de la Rave,  identifiée par Linné  S.N p. 759 qui se réfère à la page 971 fig. 9-10 ...de l'édition en anglais. Geoffroy page 69 reprend cette identification sous le nom de Petit papillon blanc du Chou. Thomson donne aussi cette identification.  Ou bien Aporia crataegi Le Gazé. Identifié par Linné S.N. p. 758  qui renvoie à la page 103 sans en indiquer la figure.

 Il est identique vu de l'intérieur ou de l'extérieur. Les ailes et la tête apparaissent pâles ; le corps est bleuâtre (livide), comme les antennes . Les yeux sont d'un rouge feu, et le thorax est couvert de poils laineux et pâles  [scapula pallenti quadam lanugine hispidae].

 

-n°6. Nymphalidae. La description  correspondrait à la première figure de la page 104, figure qui est celle de   Polygonia c-album (Linnaeus, 1758) Le Robert-le-Diable. 

"Quand il étend ses ailes devant vous, il apparaît une splendide couleur de sable, avec des points noirs comme ceux d'un dragon (anglais "comme de l'herbe de dragon"). Si vous voyez son corps noir, c'est un noir aquilain (fauve) , le ventre étant plus sombre. Les yeux sont noirs, éclaircis par une pupille blanche ou blanchâtre. Les antennes sont noires comme un corbeau. Les ailes sont d'un brun désagréable, ou couleur belette délavée."

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page 104.

-n°7. Nymphalidae. Pour Thomson, il s'agit probablement  d'une espèce du genre Argynnis.

Des ailes dentelées  imitant la pyrite, des veines aux reflets cuivrés, et des bordures parsemées de taches noires;  tout le corps d'un noir brillant , suaf les antennes ponctuées de blanc ;  et des yeux dorés scintillent sur le front noir comme la poix.

...aereis micantes venulis, et fimbria maculisque nigris conspersae : corpus totum  nigro colore splendescente, nisi quod antennas punctuli albi intersecant, et in picea fronte aureoli quodam modo oculi scintillant.

-n°8. Nymphalidae Euphydrias aurinea Rottemburg, le Damier de la Succise identifié par Thomson.

Ceci a le même genre de corps, mais les antennes sont rougeâtres sur fond jaune, les ailes apparaissent changeantes, marqués avec divers plis, des crêtes, des bords, des franges, de nombreuses couleurs : toutes ces couleurs sont atténuées et ternes à l'œil, elles manquent toutes d'éclat et de splendeur, et ne sont agréables que dans leur mélange, leurs places, et leur nombre; dans certains endroits, elle présente une flamme fumeuse, ailleurs une  couleur sombre désagréable, et un rouge pâle; et les  rubis inclus dans la dernière bordure dans les demi cercles blancs n'ont rien de très animé. ??

(...É vacui spendore [sic, pour splendore] omni et tono, solasque mixtione, positione et numero amaeni ; alicubi flammam fuliginosam, alibi ingratum fuscum, languentem rubidum praesese ferunt , rubinique ultima fimbria albis semicirculis inclusi, nihil vividi spirant.)

-n°9. Deux figures.  Nymphalidae.  Lasiommata megeraLa Mégère, le Satyre. Identifié comme Papilio maera par Linné dans le S.N. 1758 page 473 et dans le S.N. 1767. Identifiée par Geoffroy Ins. page 50 comme son Satyre. Vue dorsale et vue ventrale de profil.

Les ailes antérieures sont ponctuées ou même saturées  de taches sales jaunâtres et la dernière partie est ornée d'un écu noir ( décoré au milieu par un point  ivoire) ; les ailes postérieures portent de la même façon quatre écus, mais enrichis d'un centre jaunâtre ; les deux du milieu sont de bonne taille, les deux plus extérieures sont très petites.  Le corps est brun clair, les yeux proéminents noirâtres. Si vous regardez maintenant la partie interne des ailes postérieures, vous la trouvez gris fuligineux, et six lames d'or très belles et élégantes y sont posées. (et é sex pulcherrimis brachtéolis affabrem collocatis elegantiam habent).

-n°10.Arctiidae. Spilosoma lubricipeda Linnaeus l'Écaille tigrée.

 La tête est d'un blanc immaculé, mais des points noirs et bruns ornent la blancheur laiteuse des ailes ; le dos et les cotés sont rouges sur fond jaune, et 9 à 10 points noirs les décorent sous des sillons .

-n°11. Sphingidae. Macroglossum stellatarum le Sphinx-colibri ou Moro-sphinx

 En proportion, et presque dans la couleur et la forme du corps, il représente un oiseau de proie. Il a des ailes plus étroites que les autres papillons, la queue plus large et comme plus riche en plumes, les ailes postérieures ne sont pas de couleur aquilain (fauve ou brune) comme le reste du corps, mais   rougeâtre et presque feu sur un fond jaune  rouge du jaune. Elle a un museau plus crochu que celui d'un aigle [nasusilli aquilarium more adunctus] l'abdomen comme blanchi (chenu), les antennes grandes et fortes, ,le  un chenue du ventre, les cornes sont grande et forte, de la même couleur que les ailes supérieures; les yeux sont assez proéminents, noirs, avec une pupille blanche comme la neige. 

 

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page 105.

Papillons diurnes moyens (suite) :

- deux figures du spécimen n°11 page 104. 

 

-n°12 . Sphingidae : Macroglossum stellatarum  Linnaeus, le Moro-Sphinx ? Geoffroy 1762 page 83 avec une référence erronée. Vue ventrale, tête en bas.

 Celui-ci a la même forme, et ne diffère que par sa couleur. Le corps est gris cendré, la queue est noire, et le dos a des nuances argentées. Les ailes sont plus longues et brunes, marquées par des petites tavelures noires. Les ailes intérieures [?] apparaissent jaunâtres sombres. Ces deux papillons sont d'une rapidité admirable, et on est en droit de comparer leur vol à celui de l'aigle.   

-n°13 : Sphingidae Hemaris fuciformis Linnaeus, le Sphinx fuciforme ou Sphinx gazé.

C'est le plus rapide de tous, et il a les épaules qui paraissent de couleur jaune moussu. Les ailes sont  comme du lait, et leurs extrémités sont marquées par cinq ou six plumes sombres ; le milieu du dos jaunâtre est orné d'un point noir. Des deux cotés saillent des protubérances duveteuses , la croupe est environnée d'un certain duvet noir. Son vol soutient la comparaison avec celui des hirondelles, et il est en effet plus rapide que n'importe quel oiseau.

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LES 10 PETITS PAPILLONS DIURNES.

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Nous examinons maintenant huit espèces plus petites.  

-n°1. Arctiidae Tyria jacobaeaea (Linnaeus, 1758), la Goutte de sang. Identifié par Thomson.

 

Les  ailes premières  intérieures vivement brillantes, sont d'une  couleur écarlate et d'un rouge délicat , mais les ailes extérieures affichent un pourpre lumineux, mêlé de noir et rouge, et avec quelques taches blanches comme neige qui y sont répandues ; le reste du corps est noir, tout comme les antennes en grappe .

n ° 2. Lycaenidae. Selon Thomson, cela pourrait être soit Polyommatus icarus Rottemburg, l'Azuré Bleu ou Azuré de la Bugrane, ou Celastrina argiolus Linnaeus, l'Azuré des Nerpruns. Vue ventrale de profil.

 Les ailes  sont  de couleur argent à leur base, puis elles se terminent de couleur bleu violacées, les ailes supérieures sont ornées de deux clefs blanche et noir. Le corps est rempli de points sombres. Il a six pattes purpurines, trois tendues vers l'avant de chaque côté; il a une trompe en spirale; quatre petites antennes jaillissent hors de la tête, en plus des deux longues.

n ° 3. Deux figures. Lycaenidae. Selon Thomson, c'est probablement Cupido minimus (Füssli, 1775), l'Argus frêle. Vue ventrale et dorsale.

 Si vous pouviez voir ce papillon voler, vous diriez que les ailes sont d'un violet pâle passant à un bleu vif, et plissées de diverses façons (?); mais intérieurement nous voyons des ocelles, qui apparaissent gris et rouille. La tête resplendit d'un vert bleu, le corps porte des ornementations en lacis noir et blanc, et les yeux sont très noirs avec une pupille très blanche.

-n°4. Lycaenidae Polyommatus icarus Linnaeus, L'Azuré de la Bugrane ou Argus Bleu. Vue ventrale de profil. Identifié par Thomson. Identifié comme Papilio argus par Linné S.N. p. 483 ? 

Il se présente dans un joyeux habit, avec ses ocelles sur ses ailes qui sont d'un bleu céleste incomparable. Dédale le plus parfait ingénieur de toutes les choses de la nature  fit lui-même ses yeux, dont vous diriez que les yeux d'Argus n'ont pas été confiés à la queue du Paon, mais aux ailes de ce papillon. Il en  joue avec les rayons du Soleil avec pas moins de fierté que ne le fait l'oiseau de Junon, et (par les célestes couleurs dont il excelle), il est presque en mesure de lui faire honte. N.B. La traduction anglaise, que j'ai suivi, s'éloigne du texte latin, lequel fait mention d'Argus panotes (cet épithète en caractères grecs), fils d'Arestor (nommé Arctoris par Mouffet) et se rapporte à la Mythologie  : Argus panoptes, c'est à dire "qui voit tout" possède des yeux sur tout le corps, devant et derrière la tête, etc. Il est chargé par Junon de surveiller Io, maîtresse de Zeus/Jupiter, qu'elle a transformé en génisse. Jupiter envoie alors Mercure qui réussit à tuer Argus. Junon récupère les cent yeux d'Argus et en orne son oiseau de compagnie, d'où l'origine des ocelles de la queue des paons. Ce texte de Moffet est la première mention de ce qui deviendra le zoonyme Argus, actuellement réservé à Plebejus argus.

 

 

 

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5. Trois figures. Pieridae Anthocharis cardamines Linnaeus, l'Aurore de la Cardamine. Vue ventrale d'une femelle. Vue dorsale et ventrale d'un mâle.   identifié par Linné S.N. 761 dans les figures .2, 3 et 4. 

 

Le corps est couleur de Grue [gruinum "de grue", traduit en anglais par Crane, même sens serait une espèce de gris], les ailes supérieures sont vert et blanc à la racine, gris-jaune au milieu ; les ailes inférieures sont à la racine d'un vert sombre, et blanches ailleurs, mais à l'intérieur elles sont  parsemées de taches d'un vert sale.  Les yeux sont noirs, comme le sont les têtes de leurs antennes.

 

-n°  6. Zygaenidae. Zygaena filipendulae ssp. angicola Tremewan. Identifié par Thomson. 

Ses épaules voûtées et arrondies, qui ressemblent à un mélange de cendre et d'encre. sont de couleur cendrée mélangée de noir. Le corps, plein de cannelures, est cendré. Sur ses ailes étroites  couleur de grue [gruini] brillent, en périphérie,  quelques  gouttes  rouge sang d'une incandescence intense.  Les pattes, la petite tête et les antennes sont de la même couleur que le corps.  

 

-n ° 7. Zygaenidae. Zygaena filipendulae ssp. angicola Tremewan. Identifié par Thomson, qui signale que le manuscrit original contient aussi une seconde illustration de ce papillon émergeant de sa chrysalide.

Vous diriez qu'il est né de la [Siliquastro : Passerage (Herbe au poivre) ou Arbre de Judée ? Ginny Pepper dans la traduction anglaise], et mis à part que son corps est moins mou et et plus noir, et l'aspect argenté des ailes supérieures, il ne diffère guère de celui.

 

n ° 8. Geometridae Opisthograptis luteolata Linnaeus, la Citronelle rouillée,  identifiée par Thomson. Cinq formes : imago, chrysalide, chenille  précoce, chenille tardive, œuf.

 Tous les ailes sont de couleur d'un doux jaune, ou plus (souvent) d'un blanc jaunâtre affaibli, parsemé de quelques taches brunes,  et d'autres qui sont d'une couleur vieille rouille infecté de noir,   sinon le reste est tout jaune.

 

-n°9. Geometridae Camptogramma bilineata Linnaeus, la Brocatelle d'or.

  Toutes ses ailes sont peintes en brun sur fond blanc comme les coquillages marins, les extrémités sont arrondies, et sur le milieu blanc quelques lignes crénelées courent en guise d'ornement.

 

-n ° 10. Nymphalidae. Euphydryas aurinea Linnaeus, le Damier de la Succise. Une vue ventrale de profil.

 

 Celui-ci a  aussi des ailes au décor de coquillage ponctué de clous  ;  il s'y mêle des rouges blanchâtres ou noirâtres, et il témoigne par la diversité de ses couleurs de la puissance inénarrable de Dieu.

 

 

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Page 107. De usu papilionibus.

De l'utilisation des papillons.

 

He that beholds the forms, clothing, elegancy, and rich habits of the Butterflies, how can he choose but admire the bountisul God, who is the Author and giver of so rich treasure? wherefore art thou proud in decking thy self, and takest so much delight in thy own beauty? possess thy temporary fading goods without envie, for know that there is no Butterfly but is as beautiful and pleasing, and for the length of their life they have a more constan• comeliness than thou hast: thou hast it may be an incredible agility of body, and numbleness in running, but yet O man if thou shouldest exceed all men, thou canst not equall a Butterfly. But you will reply that your cloathing is incomparable, and that you can boast of the Persianand Tyrian silk, of the best purple dyes, brought unto you by shipping: truly should you but see the rich robes of any Butter-fly, besides their purple dyes, and the rowes of pearls, and the borders set with diamonds, rubies, the pyropus, opals, emrods; if you did but see and consider seriously the elaborate composition of their futures and joynts and the imbroidered work here and there, of fine divers coloured twine silk set with studs and eyes of gold and silver, thou wouldst let fall thy painted tail like the Peacock, and casting thy eyes down to the ground from whence thou wert made, thou wouldst learn to be more wise. It may be thou wert born at first in a house of clay and mud walls, or else in a pa∣lace built of polished stones; but some Butterflies are born in their houses that are the Aureliae like to pure gold, and exceed Attalus for the excellency of their birth, and delicacy of their ap∣parel. Learn therefore O mortal Man, who ever thou art, that God that is best and greatest of all, made the butterfly to pull down thy pride, and by the shorrness of their life (which is of no great continuance) be thou mindful of thy own failing condition. We•t thou as strong as Milo or Hercules, and wert fenced or guarded about with an host of Giants for force and valour; remember that such an Army was put to the worst by an army of Butterflies flying in Troops in the air, in the year 1104. and they hid the light of the Sun like a cloud. Licosthenes relates, that on the third day of August, 1543. that no hea•b was left by reason of their multitudes, and they had cevoured all the sweet dew and natural moisture, and they had burn'd up the very grasle that was consumed with their dry dung. Also in the year 1553. as Sleidanus reports, a little before the death of Mauritius Page  975the Duke of Saxony, an infinite Army of Butterflies flew through great part of Germany, and did infect the grasse, herbs, trees, houses and garments of men with bloudy drops, as though it had rai∣ned bloud. But it may be thou art in love with some female beauty, and desirest to please her; O fool, remember the fate of the Phalena Butterfly, which being invited by the light of the can∣dle, as by a fair beauty, is consumed by the flame it fell in love withall: and rejoycing like the Pyrausta bred in the fire, removing but a little from it is presently dead. And thou great Astro∣loger, who makest Aries to be the forerunner of the Spring, rather adore the Butterfly that is a certain messenger of the Spring, and a more sure prophet than your horned Ram. Would you al∣lure fish to your hook, and catch them? hear what gallant baits are made, as we finde it in the Tarentine Geopon. Take 1 ounce of the venomous dung of Butterflies, Anniseed, Goats-milk cheese, Hogs bloud, Galbanum, of each half an ounce, Opopanax 2 drams, beat them all diligently, and powring on good sharp Wine, make Troches, dry them in the Sun and keep them for your use. Castrels, and almost all birds of prey are freed from consumptions by feeding on Butterflies, and grow very fat thereby.Nicolaus in a composition of some powder, makes mention of burnt Butterflies; by which words Turnebus understands Butterflies that fly to the candles: they cause urine exceedingly, as almost all Insects do, but with less danger: moreover, since they feed on dew alone, as do snails, and abhor to meddle with sharp corroding or stinking things, or such as have any venomous or malignant quality in them; truly the Colledge of Physicians are too wayward that dare prescribe a Spanish fly inwardly, yet never made an essay to know what force there is in Butterflies. Plinius saith wisely; Maxima pars eorum quae scimus, minima est eorum quae ignoramus,  That our greatest knowledge is very small compared to that we are ignorant of: for some sall creatures upon the earth are despised, whose force, if we did know it, we should praise to the skies. You therefore sons of Aesculapius, search out the vertues of But∣terflies to be used inwardly and outwardly, for the health of the body; for had Butterflies been useless, surely God would never have set them forth, bestowing so great liberality upon them. But since they are not only for a remedy for us, but may do us much hurt, being inwardly taken in too great a quantity, as being poyson; I shall shew how that may be prevented, and driven off, if Ardoynus deceive me not. Phalenae or night Butterflies, such as fly at candles at night, it may be were accounted of ancient time amongst dangerous medicaments, for the same reason that Toads, Bats, Owls, Howlets and Gnats were; for they held that all living creatures that labour in the day were safe to be used; but night-workers most unhappy and accursed. Pliny commends a Goats liver to drive them away, yet he shews not the means to use it. But if night Mothes go into a Bee-hive and trouble Bees in the night, bury dung mingled with the marrow of an Oxe, and by the smell thereof these unquiet disturbers will presently fall down.

 Columella. Palladius, in April, (for then they commonly do most hurt) places a brass vessel between  the hives, that is high and narrow, and puts a lighted candle in the bottom of it, and they will come in there for love of the light, and there they are half burnt, or choaked by the smoak in the narrow vessel. Bitter vetches are held amongst edible herbs, to prevail most against Butterflies; others drive them away with smoak of  ith and Hemlock, as Rhasis: others hang a horse tail pulled off, upon the door, and they wittily believe that Moths are kept away thereby. Thus much I had to say of the divers use of Butterflies; who though some despise them, yet are they of great use and admirable.

 

 

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n ° 9. Il Est decrit PAR SES ailes "peintre de gris et de blanc Comme les Coquillages marins" (ACDE Peut évoquer les Nacre?), Aux bords arrondis.

 

-n ° 10

 Ceci a des ailes comme Shels Perwinkle, fixés avec des clous, il se mêle la couleur d'un rouge blanc et noir, et le pouvoir indicible de Dieu DOTH énoncés à nous dans la diversité de ses couleurs.

 

 

 

-n°7

 

 

 

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REPRISE PAR LES AUTEURS SUIVANTS.

En 1657, Jan Jonston reprend toutes les figures et les descriptions de Moffet et les réunit à celles d'Aldrovandi (1602) dans son De Insectis .

De Papilionibus, Tableau V Livre I page 46

http://www.biodiversitylibrary.org/item/150732#page/59/mode/1up

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

MOFFET (Thomas), 1634, Insectorum sive Minimorum Animalium Theatrum. London: Thomas Cotes pour Benjamin Allen, 1634. 

http://biodiversitylibrary.org/item/123182#page/11/mode/1up

MOFFET,(Thomas), 1657 The Theater of Insects, in   The history of four-footed beasts and serpents describing at large their true and lively figure, their several names, conditions, kinds, virtues ... countries of their breed, their love and hatred to mankind, and the wonderful work by Edward Topsell ; whereunto is now added, The theater of insects, or, Lesser living creatures ... by T. Muffet 

https://archive.org/stream/historyoffourfoo00tops#page/958/mode/2up

Texte en ligne : http://quod.lib.umich.edu/e/eebo/A42668.0001.001/1:16.2?rgn=div2;view=fulltext

CRAWFORTH (Hannah), DUSTAGHEER (Sarah), YOUNG (Jennifer), 2015, -Experimentation in Shakespeare's London  : The Tempest (1610-1611) and Lime Street , in  Shakespeare in London, Bloomsbury Publishing, pages 193-219 Google books

Lime Street et la République des Lettres.  King's College of Londonhttp://map.shakespeare.kcl.ac.uk/blogs/map-articles/lime-street-and-the-republic-of-letters/

DATSON, Lorraine, “The Ideal and Reality of the Republic of Letters in the Enlightenment” Science in Context 4, 2 (1991).

DATSON  Lorraine, Katherine Park and Roy Porter (eds), The Cambridge History of Science, vol. 3, ‘Early Modern Science’ (Cambridge: Cambridge University Press, 2006).

 

— HARKNESS (Deborah), s.d,  -Elizabethan London's Naturalist and the world of John White. European Visions : American Voices

https://www.britishmuseum.org/pdf/2-Harkness-Elizabethan%20Londons%20Naturalists.pdf

— HARKNESS (Deborah), 2007, The Jewel House : Elisabethan London and the Scientific Revolution, London Yale University Press, 384 pages

https://books.google.fr/books?id=y5nkqCbxtjEC&dq=%22lime+street%22+thomas+penny&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— JONSTONUS (Joannes), 1650-1653, Historiae naturalis de quadrupetibus libri : cum aeneis figuris; [Historiae naturalis de serpentibus libri II ; Historiae naturalis de insectis libri III ; Historiae naturalis de exanguibus aquaticis libri IV ; Historiae naturalis de piscibus et cetis libri V ; Historiae naturalis de avibus libri VI] Francofurti ad Moenum :Impensis haeredum Math: Meriani, MDCL-MDCLIII

http://www.biodiversitylibrary.org/item/150732#page/58/mode/1up

Voir aussi Edition de 1657 Schipper, Amstelodami 

— LINNÉ (Carl) 1758 Systema naturae Dixième édition :

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/513/mode/1up

— LINNÉ (Carl) 1767 Systema naturae Douxième édition

http://www.biodiversitylibrary.org/page/25848844#page/256/mode/1up

MERRET (Christopher)  Pinax rerum naturalium Britannicarum: continens vegetabilia, animalia, et ...

 https://books.google.fr/books?id=p0SjZ7N6TA0C&pg=PA204&lpg=PA204&dq=mespilaria&source=bl&ots=WJUpp82tGk&sig=RNghiCbs9ARE5peFdfOieWNZkvA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi3tL3X9qfKAhVGCBoKHTg7ClQQ6AEIMjAD#v=onepage&q=mespilaria&f=false

— NERI (Janice), 2011, The Insect and the Image : Vizualizing Nature in Early Modern Europe, 1500-1700. University of Minnesota Press, 233 pages.

RAVEN (Charles)  El. English Naturalists from Neckham to Ray: A Study of the Making of the Modern World. (Cambridge: Cambridge University Press, 1947).

— SALMON, (Michael. A.), MARREN, (Peter) , HARLEY, (Basil), 2000, The Aurelian legacy: British butterflies and their collectors. Harley Books, Great Horkesley. 2000. p 432   

 

— THOMSON (Georg), 2000, Insectorum sive minimorum animalium theatrum = the butterflies and moths : olim ab Edoardo Wottono, Conrado Gesnero, Thomaque Pennio inchoatum tandem Tho. Moufeti Londinatis opera sumptibusq' ; maximis concinnatum, auctum, perfectum …Editeur Lochmaben, Scotland : George Thomson, 2000. 65 p. [dont pp. 87-108 du texte originel] : ill. ; 30 cm Notes : Facsimile de l'extrait "De Papilionibus" de l'éd. de 1634 de "Insectorum sive minimorum animalium theatrum" de Thomas Moffet (Moufet), E. Wotton, K. Gesner et T. Penny avec commentaires, biographies, notes et bibliographie de George Thomson. - Tirage limité de 500 exemplaires numérotés. - Texte en anglais avec texte du facsimile en latin Annexes :  Bibliogr. (p. 40-41). Deuxième édition révisée et augmentée en 2012 avec le chapitre De Eruca.

 

 

WEBSTER (Charles) 1979,  Health, Medicine and Mortality in the Sixteenth Century C.U.P archive, 394 pages. Frontispice de 1590 reproduit Planche 7 page 170. Voir aussi page 328

https://books.google.fr/books?id=g588AAAAIAAJ&dq=Health,+Medicine+and+Mortality+in+the+Sixteenth+Century&lr=&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— WILKINSON (Ronan S.) 1966. English entomological methods in the seventeenth and eighteenth centuries. Part I: to 1720. Entomol. Rec. 78:143-151.

— WILKINSON (Ronan.S.) . 1969. The oldest extant specimens of North American Lepidpptera, Mich. Entomol. 2:46-47.  

WILKINSON (Ronan.S.) . John White's drawings of Papilio glaucus L (Lepidoptera: Papilionidae): new light on the 'first American butterfly and the problem of glaucus versus antilochus L. Part I: White to Moffet, THE GREAT LAKES ENTOMOLOGIST Published by the Michigan Entomological Society Volume 6 1973 No. 1  http://www.michentsoc.org/gle-pdfs/vol6no1.pdf

Autres liens :

https://books.google.fr/books?id=g588AAAAIAAJ&pg=PA170&lpg=PA170&dq=British+Library+Sloane+Ms+4014+%22title+page%22+%22william+Rogers%22&source=bl&ots=R9btdWcVhu&sig=Ob4qcU78-6dCXuF4qPlqw9QPzhQ&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjl2OyJpaHKAhVLVhQKHdowDZEQ6AEIJDAB#v=onepage&q=British%20Library%20Sloane%20Ms%204014%20%22title%20page%22%20%22william%20Rogers%22&f=false

 

https://books.google.fr/books?id=cfysIyxApyQC&pg=PA56&lpg=PA56&dq=%22william+rogers%22+theatrum+insectorum&source=bl&ots=6ExcMaUphQ&sig=PgYFiPdOkhEB_KTM5Kk3no1Sd8s&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjx0MjHoqHKAhVBPhQKHYupAMcQ6AEIKTAB#v=onepage&q=%22william%20rogers%22%20theatrum%20insectorum&f=false

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Rhopalocères.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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