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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 18:47
L'église Saint-Salomon de La Martyre. I. L'Arc de Triomphe et le Porche sud.

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I. LA PORTE TRIOMPHALE.

 

La face sud de l'enclos de La Martyre, associée à sa gauche à l'important ensemble du Guet, et à sa droite à une ancienne auberge, ouvrait sur l'emplacement de la foire. Avec son chemin de ronde, le portail constituait un poste de surveillance et de police, et en même temps un lieu de prédication lors des fêtes solennelles. L'enclos de La Martyre et son portail figurent parmi les plus anciens exemples conservés en Bretagne avec celui de Saint-Jean-du-Doigt.La forme de l'arc reprend celui du porche sud. La Porte est daté par J-J. Rioult des années 1520-1530, en se fondant sur le corps de moulure qui se retourne et redescend sans chapiteaux sur des bases « en flacons ». Au sommet de l'arc, sur la pointe de l'accolade, un écu en bannière, bûché, était probablement revêtu des armes de Rohan, tandis que le culot sculpté de la Pietà semble avoir porté les armes du Chastel. (J-J. Rioult)

 

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Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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1°) L'Annonciation.

L'association peu banale sur ce portail des deux temps fort de la vie de la Vierge, L'Annonciation, dont la représentation est répartie de part et d'autre de l'entrée, et la Déploration du Christ ou Vierge de Pitié, juste au dessus de l'arc, de même que le Calvaire de la plate-forme, illustrent l'épithète bretonne du sanctuaire, itron varia ar merzer ou Vierge Marie du martyre. (J-J. Rioult)

Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Ange de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Ange de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Vierge de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Vierge de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Vierge de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Vierge de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Dans l'angle rentrant de gauche, sur le culot supplémentaire qui porte le prie-dieu de la Vierge de l'Annonciation, les lettres du nom de Jésus IHS, entrelacées et présentées dans un cœur par un ange, symbolisent la prédestination de la Vierge comme mère du Christ. ((J-J. Rioult)

Prie-dieu, l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Prie-dieu, l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Culot du prie-dieu de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Culot du prie-dieu de l'Annonciation, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Déploration. 

La Vierge éplorée, assise,la tête recouverte par son manteau, porte sur ses genoux le corps de son Fils après la Déposition de Croix, entre saint Jean (à sa droite) et Marie-Madeleine tenant le flacon d'onguent pour l'embaumement. 

 

Déploration, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Déploration, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Christ en croix.

Sous le fleuron sommital, un ange (difficile à voir car envahi de lichen) tient le titulus où sont inscrites les lettres INRI . Deux colonnes torsadées donnent appui aux anges tournés vers l'autre face. Un ange recueille dans un calice le Sacré Sang qui s'écoule des pieds. Un crâne, celui du vieil Adam, rappelle l'origine du nom du Golgotha, "lieu du crâne". 

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Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La base de ce calvaire est sculpté d'un Christ du Jugement Dernier, assis sur un arc-en-ciel (celui de l'Alliance biblique conclue avec Noé) et les pieds posés sur le globe terrestre. Vêtu du manteau glorieux de la Résurrection, il montre les plaies de la Croix. Il est entouré des deux anges sonnant de la trompe annonçant le Jugement.

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Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Deux hommes sauvages, velus de la tête aux pieds,  tenant des bâtons, occupent les cotés, en dessous des pieds des anges.

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Homme sauvage, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Homme sauvage, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Homme sauvage, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Homme sauvage, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Du coté opposé le Christ ressuscité sort du tombeau, son linceul étant tenu par deux anges ; deux autres anges soutiennent un blason et présentent des banderoles.

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Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le bon larron.

Son visage est (légèrement) tourné vers le Christ, en signe de foi dans le Salut. Les traits sont creusés , avec des orbites profondes, des plis naso-géniens soulignés. Les jambes sont fléchies en grenouille (abduction et rotation externe). Il est vêtu d'un pagne court froncé à la ceinture par un lien. Un ange, en dessous de lui, témoigne du fait que son âme va rejoindre le Christ en son Paradis. 

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Bon larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bon larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Bon larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bon larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le mauvais larron.

A l'opposé, le mauvais larron se détourne du Christ en croix, et c'est un diable qui se prépare, à ses pieds, à emporter son âme en Enfer. Le mauvais larron porte un bandeau sur les yeux, signe de son aveuglement, et sa bouche est tordue en un rictus.

 

Mauvais larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Mauvais larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Mauvais larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Mauvais larron, Calvaire, Porte triomphale, enclos paroissial, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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II. LE PORCHE SUD : EXTÉRIEUR (1450-1468).

L'un des intérêts du porche sud de La Martyre est d'avoir été attribué par E. Le Seac'h au premier atelier identifiable de sculpture de Basse-Bretagne, celui qui, sous l'influence du mécénat artistique du duc Jean V (1399-1442), se consacra à la construction de la basilique du Folgoët dès 1423. Il rayonna ensuite en Basse-Bretagne et on en retrouve les caractéristiques stylistiques sur les porches de la cathédrale de Quimper (1424-1442), du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon (1436 et 1472), de Kernascléden (1433-1464), Saint-Fiacre du Faouët (vers 1450) et Quimperlé (vers 1420-1450), à Chateauneuf-du-Faou, sur les calvaires de Rumengol et de Plomodiern (vers 1433 et 1475) et du Folgoët (vers1443). Un second atelier du Folgoët, celui "des enfants" fut actif entre 1458 et 1509 dans la construction du porche de Plourach (vers 1458-1488) et de Saint-Herbot (1498-1509).

Cet atelier actif sous cinq ducs, Jean V, François Ier, Pierre II, Arthur III et François II , accompagna de ses sculptures (principalement de kersanton) les grandes innovations architecturales de style gothique flamboyant. Son style se définit par le visage aux yeux bridés, taillés en amande, les pommettes hautes, les ovales des visages féminins et le carré des visages masculins. Mais aussi, nous allons le voir, par des anges à la chevelure crêpée spectaculaire.

Le porche de kersanton de La Martyre est sensiblement de la même période que celui de Rumengol (1468), et sur leur tympan, la Nativité de l'un n'est pas étrangère à l'Adoration des Mages de l'autre.

L'église de La Martyre a été fondée par les Rohan qui ont apposé leurs armoiries à l'intérieur du porche, mais c'est le duc Jean V qui a accordé en 1431  l'affranchissement des impôts qui a permis à la foire franche  de La Martyre de devenir, au carrefour de voies médiévales,  un événement commercial majeur dans la vente de chevaux de joailleries et d'étoffes qui trouva son apogée au XVe et XVIe siècle.

Rappel historique :

La Martyre était une trève de Ploudiry elle même dépendance de l’abbaye de Daoulas et enclave de l’ancien comté de Léon dans la Cornouaille. Cette situation a donné à La Martyre un rôle de place militaire.

 L'église tréviale était à l'origine sous l'invocation de Notre-Dame (ecclesiae Beatae Mariae du Merzer en 1363, Notre-Dame-du-Merzer en 1428), avant d'être placée sous le patronage de Saint Salomon Salaün en breton, en souvenir du martyre du roi breton Salomon qui aurait été perpétré à cet endroit.

 a) La Martyre est passée à la fin du XIV siècle du comte de Léon à la vicomté de Rohan . En 1363, Hervé VIII de Léon, seigneur de Léon, résidant en son château de La Roche-Maurice, meurt sans enfants et lègue par testament 50 livres de rentes à l'église de La Martyre à la condition que l'on célébrât deux messes par semaine pour lui et ses prédécesseurs. Sa sœur Jeanne hérita de la seigneurie qui passa aux Rohan lors de son mariage avec Jean Ier de Rohan.

Jean Ier de Rohan (1324-1396), dont l'une des places-fortes est le château tout proche (4,5 km) de La Roche-Maurice, s'est marié en l'église de La Martyre en 1349 avec Jeanne de Léon, héritière qui apporta aux Rohan une partie de la vicomté de Léon. Il hérita à la mort de son beau-frère Hervé VIII de Léon, en 1363, de l’ensemble du Guet de la Martyre. Son fils Alain VIII (1696-1429) hérita du titre de vicomte de Rohan. 

Puis Alain IX fut vicomte de Rohan de 1429 à 1462 . Il épousa Marguerite de Monfort, fille du duc Jean IV (puis Jeanne d'Évreux). Or, les armoiries ducales sont présentes sous le porche sud, mais les deux écus dotés de leur cimiers de part et d'autre du trumeau sont ceux de Rohan à gauche et de Léon à droite.

b) La première moitié du XVe.

 

Pouvoir ducal : Le duc Jean V, qui régna de 1399 à 1442, fut l'initiateur d'un vaste programme de mécénat religieux à visée de propagande afin de récupérer au profit des Monfort l'image de piété et de sainteté qui avait été celle des Penthièvre et de Charles de Blois. Il débuta une série de sanctuaire à Notre-Dame par le chantier de la basilique du Folgoët en 1423-1468, suivi de celui de la cathédrale de Quimper, (Porche sud, 1424-1442) , Lambader en Plouvorn (1432) La Martyre (1430), à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët (1450), tout en ayant la sagesse d'associer ses principaux vassaux à ce mécénat. 

C'est dire toute l'importance de l'acte de 1431 par lequel il procura à la chapelle de La Martyre (Le Merzer) les ressources nécessaires à son agrandissement : Le 12 mai 1431 le duc accorde des lettres de franchise d’impôt sur le vin pour l’augmentation de Notre-Dame du Merzer. Mais devant la mauvaise volonté et opposition des fermiers, il doit  confirmer cette décision  le 13 mars 1433.

 "Ordre de laisser les chapelains du Lambader et du Merzer jouir des dons qui leur ont été faits, à Redon 13 mars 1433... chapelles Nostre Dame de Lanbader et du Merzer ...Puis naguère nous avons donné en aumônes de notre dévotion à la chapelle de Lambader ...de même à ladite chapelle du Merzer (la Martyre) avons voulu et octroyé que tout le vin qui fut vendu au détail en la maison de ladite chapelle par dom Jehan Le Saux et ses commis, qui en est gouverneur, fut quitte de tout devoir d'impôt tant du temps que avenir, pour être icelui devoir être mis et employé au bien et augmentation d'icelle chapelle, comme peut apparaître par nos lettres sur ce données en cette ville, datées du XIIe jour de may, l'an mill IIIIcr trente et un. ...et afin de s'informer du nombre desdits vins qui sont et seront vendus au dit lieu du Merzer, avons commis notre bien aimé et féal conseiller Hervé Le Ny, "...(R. Blanchard, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne, n° 2072, lettre du 13 mars 1433, copie d'un don du 12 mai 1431) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73684n/f57.item.zoom

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Ossuaire (1619) et porche sud (1450) de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1619) et porche sud (1450) de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le porche est flanqué de contreforts  de biais, chacun  creusés de quatre paire de niches et coiffés par des pinacles gothiques décorés de crochets en feuillage. La façade extérieure est sculptées en haut-relief pour l'essentiel. Les sculptures étaient polychromes comme le montrent les traces d'ocre rouge qui subsistent encore. Un arc d'entrée en anse de panier (ou plus exactement en accolade ou en talon) caractérise le style gothique flamboyant du porche. Je décrirai successivement : 

A. Le pignon : couronnement de la Vierge.

B. Le tympan : La Nativité, et les voussures.

C. Les piédroits : Enfance du Christ.


 

A. LE FRONTON : COURONNEMENT DE LA VIERGE.

Le thème du Couronnement de la Vierge n'apparaît pas dans la Bible mais provient d'un récit apocryphe attribué à Méliton, l'évêque de Sardres, au IIe siècle. Il est probablement lié à l’approfondissement du culte marial vers l'an Mil, au développement des idées d'Immaculée Conception  et d'Assomption, combinées au thème traditionnel, voire païen, du couronnement de la mariée virginale. Le Couronnement implique que la Vierge, mère de Dieu, sans être elle-même divine, est placée par Dieu au-dessus de toutes les créatures, anges, démons et hommes. La vierge couronnée est généralement associée à l'arbre de Jessé pour indiquer son lignage royal avec la maison de David, point capital au Moyen Âge. Grégoire de Tours au VIe siècle puis Jacques de Voragine au XIIIe siècle dans la Légende Dorée en ont assuré la diffusion. En iconographie, on le voit au XIIe siècle sur un vitrail de Notre-Dame de Paris offert par l'abbé Suger,  puis illustré au porche des cathédrales de Senlis (1170) puis de Laon, d'Amiens, de Chartres, Notre-Dame de Paris, de Bourges ou  de Meaux . La Vierge couronnée assise y fait face au Christ-roi alors que des anges thuriféraires l'entoure. Parfois, la Vierge est couronnée devant la trinité de Dieu-le-Père, du Fils et de la colombe.

Voir

 

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    Pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    De part et d'autre du fleuron, deux anges agenouillés présentent des phylactères tout comme ceux du parement du mur, flottant dans les airs. 

    Au dessus du fleuron, la scène du Couronnement est sculpté sur une petite console qui fait saillie hors du mur. Dieu, qui est figuré sous les traits d'un homme barbu tenant le globe terrestre, lève la main en signe de bénédiction vers la Vierge qui joint les mains. Un ange à la chevelure bouclée se tient en retrait derrière lui, un autre, à la tunique bouffante à la taille participe à poser la couronne sur la tête de Marie, un troisième est moins bien visible. Les vêtements multiplient les plis à volutes et à becs.

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    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Les anges thuriféraires.

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    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Couronnement de la Vierge, pignon du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    L'église Saint-Salomon de La Martyre. I. L'Arc de Triomphe et le Porche sud.

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    B. LE TYMPAN ET SES VOUSSURES.

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    Tympan du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    1°) La Nativité.

    Au tympan, la Vierge couchée est représentée allongée, les bras arrondis contre sa poitrine ; le drap sans plis, tiré jusqu'au buste, laisse deviner la forme des pieds. Le reste du corps aurait été martelé à une date inconnue par un recteur qui aurait jugé la scène d'allaitement trop impudique. La Vierge porte les cheveux divisés en mèches ondulantes qui tombent sur les épaules Ils sot identiques à ceux de sainte Catherine du porche sud de la cathédrale de Quimper et de Notre-Dame de l'ancienne église de Lesneven, conservée au musée de Bretagne de Rennes. Le nez fin est légèrement écrasé sur le dessus. Les paupières en amande sont ourlées. Les arcades sourcilières sont hautes et légèrement creusées, ce qui donne à la Vierge un air interrogatif. Sa bouche fine est bien dessinée. Elle porte un voile qui, contrairement à ceux du Maître de Tronoën, ne fait pas de cassures sur le dessus. Ici, il forme un demi-cercle, légèrement relevé au dessus du front.

    Dans le cadre de cet atelier du Folgoët, le rapprochement s'impose entre cette Nativité de La Martyre, et la Nativité, associée à l'Adoration des Mages, du porche ouest de la basilique du Folgoët (1423). La Vierge y est également couchée, tenant l'Enfant qu'elle présente aux Mages tandis que, derrière elle, c'est saint Joseph qui manipule l'un des pompons du coussin. La représentation réaliste de la Vierge couchée est fréquente en France de 1380 à 1450 selon Émile Mâle. On la retrouve en Bretagne au calvaire de Tronoën (vers 1470) puis  sur des retables de bois polychrome dans les Côtes d'Armor à la chapelle du Guiaudet de Lanrivain, à celle du Yaudet en Ploulec'h, et à Kergrist en Paimpol. 

    Un autre rapprochement doit être fait avec la Vierge couchée en bois du XVe siècle conservée en l'église Saint-Thomas de Landerneau

     

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    Le bœuf et l'âne aux têtes faisant irruption devant la mangeoire comme s'ils transperçaient la façade se retrouvent de manière similaire sur le tympan du porche de Rumengol

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    Tympan du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Nativité, Tympan du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Nativité, Tympan du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Nativité, Tympan du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Nativité, Tympan du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Joseph est assis au pied du lit (l'une de ses places habituelles dans les Nativités) et, comme d'habitude, il semble ailleurs, un peu hébété et perdu dans ses pensées, exclu de la dualité mère-enfant, et parfaitement passif. Sa barbe illustre son grand âge, alors que son bonnet pointu à oreillettes veut indiquer sans-doute sa judéité. Le complexe appareil de plis de son manteau accentue ou extériorise l'état mental effondré que l'artiste lui prête.

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    Saint Joseph, Tympan du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Saint Joseph, Tympan du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    La tête de la Vierge repose sur un coussin dont les angles sont décorés de glands qu'un petit personnage, agenouillé derrière elle, tient dans sa main. Il pourrait s'agir d'un ange, ou de Zélomi, l'accoucheuse qui se déplaça avec Salomé au chevet de la Vierge(E. Le Seac'h). 

    Ce sujet délicat dont Émile Mâle date l'arrêt de la diffusion au début du XIIIe siècle perdure en fait jusqu'au XVIe siècle selon Réau. Selon E. Le Seac'h, il est représenté seulement au XVe siècle en Basse-Bretagne.

    Je me suis attaché à explorer l'iconographie des sages-femmes de la Vierge dans l'article suivant :

    Les Livres d'Heures manuscrits de la bibliothèque Les Champs Libres de Rennes (2). Le thème de la sage-femme: Zélomi, Salomé ou sainte Anastaise?

    J'ai exploré le thème des Vierges couchées et des Vierges allaitantes ici :

    A. LES VIERGES COUCHÉES. 6 articles.

    http://www.lavieb-aile.com/article-les-vierges-couchees-de-bretagne-2-chapelle-du-yaudet-a-ploulec-h-105555217.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-vierges-couchees-3-chapelle-de-kergrist-a-paimpol-105604068.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-vierge-couchee-calvaire-de-tronoen-a-saint-jean-trolimon-29-110465874.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-la-vierge-couchee-dans-les-nativites-des-livres-d-heures-113263711.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-vierges-couchees-la-cathedrale-de-chartres-112103311.html

    LES VIERGES ALLAITANTES. 12 articles.

    http://www.lavieb-aile.com/article-virgo-lactens-ou-miss-nene-5-candidates-du-finistere-les-vierges-allaitantes-96615012.html

    L'église Saint-Salomon de La Martyre. I. L'Arc de Triomphe et le Porche sud.

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    2°) Les anges porteurs d'écus.

    Les voussures et autres sites du porche sont occupés par une douzaine d'anges (avec ou sans ailes) porteurs d'écus.  La plupart sont muets et devaient porter des armoiries peintes, et seuls deux portent les armes sculptés de la famille de Kersauson.

    a) Les armoiries de Kersauson.

    Elle se blasonnent De gueules au fermail d'argent

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On les trouve à la place d'honneur, en sommité dans l'angle de l'accolade du tympan, portées par deux anges tête contre tête. Et on les trouve aussi sur une voussure de gauche, à une place non moins éminente, tenues au dessus de la tête de la Vierge par un ange debout.

    Depuis Fons de Kort, on considère qu'il s'agit des armes de Guillaume de Kersauson, et, par conséquent, on en déduit qu'il devait avoir été le principal fondateur du porche. 


     

    "L'accolade du tympan est formé de feuillages sommées d'un fleuron. Dans l'angle qu'elle forme, deux anges tiennent tête contre tête le blason des Kersauson, les donateurs locaux. Les cheveux méchés des anges sont coiffés en boucles symétriques, avec une petite houppe frisée sur le devant." (E. Le Seac'h).

    "C'est le blason de Guillaume de Kersauzon qui, en 1426, figure sur un état de la maison du vicomte de Rohan comme sénéchal de Landerneau. L'office de sénéchal était alors à la fois civil et militaire, il avait la surintendance de la maison du seigneur et conduisit les troupes à la guerre. Ses attributs comprenaient les armes, les finances et justice. A ce moment, le château de la Roche-Maurice, fief alors des Rohan dans le Léon, était occupé par Louis de Rosnyvinen officier du vicomte de Rohan et chambellan du duc, qui, en était le capitaine. Il paraît donc vraisemblable que de Kersauzon, officier de première importance , était logé dans les vastes bâtiments que les Rohan, par l'héritage de 1363, possédait à la Martyre et où il était, comme officier de justice, également à pied d'œuvre pour la surveillance de la pus importante foire de l'ouest. Nul doute que Guillaume I de Kersauzon, seigneur de Penhoet et de Saint-Frégant, mort vers 1484, est le principal donateur du porche si richement orné et que la figure de la Vierge couchée, couronnée pour ainsi dire par les armes des Kersauzon, soit le portrait de son épouse Isabeau du Châtel-Trémazan, fille de Tanneguy du Châtel, capitaine de Brest, mort en 1477, marié à la fille cadette de Jean Raguenel, sire de Malestroit, vicomte de la Bellière, maréchal de Bretagne."

    Les données que je retrouve signalent plutôt que Guillaume de Kersauson fut sénéchal de Landerneau en 1472 ou 1479 ; qu'il acheta le manoir de Penhoët en 1440 ; qu'il était très âgé en 1481 et 1483, date où son fils Guénolé comparut pour son père aux montres du Léon ; qu'il épousa Guillone du Chastel-Trémarzan, nièce de Tanneguy du Chastel, et fille de son frère aîné Olivier.


     

    Puis-je me permettre une hypothèse ? La généalogie de Kersauson est assez embrouillée à cette époque, et il est difficile de retrouver une cohérence entre les auteurs. Je note ainsi : http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/armorial.htm : ​

     

    De Kersauson : De gueules au fermail d'argent. Devise : Pred eo, pred a vo. (Il est temps, il sera temps.) Anc. ext. chev., réf. 1669, neuf gén. ; réf. et montres de 1427 1562, par. de Guiclan, St-Thégonnec, Plounéour-Menez, Plouénan, Plouescat et St-Frégant, év. de Léon, Trégom, év. de Tréguier, Plonéis et Dinéault, év. de Cornouaille.

    Robert, croisé en 1248 (cab. Courtois) ; Guillaume, évêque de Léon en 1306, reconstruisit une partie de sa cathédrale, où il fut inhumé en 1327 ; Typhaine de Rosnyvinen, dame de Kersauson, en 1340, aîeule de Juzette, seule et unique héritière de Kersauson, mariée à Salomon Le Ny, chambellan du duc en 1380, veuf de Marguerite de Coëtélez, à condition que les enfants à naître de ce 2è mariage prendraient les noms et armes de Kersauson, dont : 
    Hervé Le Ny, dit le jeune, seigneur de Kersauson, marié 1° en 1418 à Marguerite du Carpont ; 2° en 1427 à Aliette de Lanroz, veuve d'Alain de Penmarc'h. Du premier lit, Jean, seigneur de Kersauson, marié à Jeanne de Kérimel, qui a continué la branche ainée, fondue au XVIIIè siècle dans Tinténiac, et Montbourcher et auteur des seigneurs de Guénan, de Goasmelquin, de Kerjan et du Vijac ; et du deuxième lit : Paul, marié à Sybille, dame de St-Georges, auteur des siehneurs du Vieux Châtel, et de la Ferrière.

    La Branche de Pennendreff a pour auteur :
     Guillaume, seigneur de Penhoët, vivant en 1440, père de Guénolé, archer dans une montre en 1481, marié à Catherine de St-Goueznou.

    Jean, prête serment au duc entre les nobles de Léon en 1437 ; 
    Guillaume sénéchal de Léon en 1479  ; 

    Voir aussi : http://www.decarne.com/gencar/dat53.htm#26

    Sans rentrer dans les détails, je suggère que cet Hervé Le Ny de Kersauzon soit le même que Hervé Le Ny, conseiller du duc Jean V (et qualifié de Sénéchal de Cornouailles en 1426 et en 1437 Lobineau ), et que celui-ci a chargé en 1433 de surveiller l'exécution de son Ordre d'exemption  d'impôt sur le vin à la foire de La Martyre cf. Historique : "et afin de s'informer du nombre desdits vins qui sont et seront vendus au dit lieu du Merzer, avons commis notre bien aimé et féal conseiller Hervé Le Ny, "...Ce serait donc en tant que conseiller du duc Jean V puis de Francois Ier et François II particulièrement chargé de La Martyre que Hervé Le Ny (et/ou son fils Guillaume) serait en droit de faire placer ses armoiries au dessus du porche donnant accès au sanctuaire. Le 14 janvier 1472, François II accorda des lettres de répit à Hervé Le Ny pour le remercier de la bravoure qu'il avait déployé dans une guerre où il fut prisonnier.

    Certes les armoiries de Hervé Le Ny, seigneur de Coadelez sont d'argent à l'écusson d'azur en cœur accompagné de six annelets de gueules. Mais, vu la complexité des données, l'hypothèse mérite sans doute d'être considérée.




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    Armoiries de Kersauson, porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries de Kersauson, porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Armoiries de Kersauson, porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries de Kersauson, porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Armoiries de Kersauson, porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries de Kersauson, porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries de Kersauson, voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries de Kersauson, voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Les autres blasons ne sont pas sculptés. Fons de Kort leur a fixé des attributions sans les justifier :

    Les autres donateurs avaient leur blason peint sur les écus portés ça et là par des anges ou serviteurs. Celui du duc près d'Hérode, Guyomarc'h de Maufuric avait le sien près de son portrait. Les autres étaient ceux de Jean II vicomte de Rohan, du seigneur de Kerhoet habitant alors le château de Lilyon, de Louis de Rosnyvinen capitaine de la Roche(-Maurice, de Huon de Kerézellec et de Gestin seigneur de Poullbroc'h." (Fons de Kort)

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    Relevé des armoiries du porche proposé par Fons de Kort. Droits réservés.

    Relevé des armoiries du porche proposé par Fons de Kort. Droits réservés.

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    A défaut de satisfaire ma curiosité en terme d'héraldique, je placerai mon intérêt dans l'examen stylistique. Les anges aptères ou ailés sont vêtus de tuniques longues qui leur couvrent les pieds, mais leur parures capillaires retiendra toute notre attention. En effet, ces messagers divins ont tous en communs des cheveux méchés et ébouriffés en nids de fettucine, ou bien des chevelures crêpés et volumineux, en deux éponges latérales réunies par un lobe central. Comme l'explique avec humour Emmanuelle Le Seac'h, "Ces deux types de coiffure révèlent d'en fait  deux manières de travailler : l'une où le coup de peigne du sculpteur est complet, — les mèches sont structurées en frisottis savamment orchestrées — et l'autre où les anges sont décoiffés, avec une touffe compacte et bien embrouillée comme au saut du lit — si on admet que les anges pouvaient dormir— , ce qui crée une impression d'inachevé. La variation entre le fini et l'inachevé fait mieux ressortir les capacités d'innovation et la réflexion esthétique à laquelle le sculpteur s'est livré. Il sembla avoir délibérément choisi d'intégrer dans son œuvre les traces laissées par son outil, surement une broche (instrument à percussion posée avec percuteur permettant des interventions plus fines en sculpture) , et de ne pas tout polir pour donner une forme hirsute et décoiffée à ses personnages. Quelques femmes enfin portent une coiffure particulière. L'une dans la foule de la Présentation au Temple, une autre qui répond au Seigneur les pouces dans la ceinture, dans la dernière voussure de gauche, et une autre encore dans une voussure de droite, tenant un écu muet, ont des cheveux longs relevés sur le coté, formant des lobes latéraux. Cette coiffure était en usage à la fin du XIIIe siècle au XVe siècle et annonce les coiffures à cornes. "

    Il se trouve que les anges porteurs d'écus ont tous le style afro, crépu et bouffant, bi ou trilobé. Les plus beaux exemples de coiffure méchée en boules se trouvent sur les thuriféraires du Couronnement de la Vierge.


     

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Ces coiffures bien reconnaissables sont retrouvées à l'identique dans les différentes réalisations de l'atelier du Folgoët. Sur le porche sud de la cathédrale de Quimper, les anges se livrent, autour de la Vierge, à un véritable défilé de mode du style échevelé en gros scoubidous, imités en cela par Saint Jean sur les calvaires de Rumengol ou de Plomodiern. Mais on les trouve déjà sur l'autel des Anges du Folgoët (vers 1445), sur le coffre de Gatien de Monceaux au Musée de Quimper, ou sur la façade de la basilique du Folgoët.


     

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    3°) Les anges thuriféraires.

    Bien plus animés que leurs collègues voués à l'héraldique, ils semblent exécuter avec leur encensoir une véritable chorégraphie : leurs genoux sont fléchis, leur visage est incliné, et ils envoient la boule fumante de leur ustensile tracer des trajectoires acrobatiques, tandis qu'ils tiennent la navette dans la main gauche. Tout cela sans se départir d'un sourire qui témoigne de la maîtrise qu'ils ont atteint, et de leur sprezzatura .

     

    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

     

    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Autres anges.

    Ange porteur d'un livre (ou d'une missive).

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    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Bel exemple d'ange échevelé.

    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.
    Voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    4°) Les personnages des voussures.

    a) Guyomarc'h de Maufuric, abbé de Daoulas.

    Représenté en prière et sans mitre à droite au dessus d'anges porteurs de blasons, vêtu d'une robe longue de moine  avec un capuchon tombant dans son dos, l'abbé de Daoulas, où il fit bâtir le clocher de 1441 à 1463 a été identifié (sur quels critères ?) par Fons de Kort. 

    "Issu d'une importante famille locale, attestée anciennement à Lezuzan (Dirinon), il gouverna l'abbaye entre 1441 et 1467, date où il résigna sa charge. Ses armes (d’azur, au chevron d’argent accompagné de trois oiseaux de mer de même) se voient encore sur une croix de l'enclos abbatial et sur la charpente de l'église. En son temps, il avait fait faire la grosse cloche et les chaises qui entouraient le chœur des chanoines, aujourd'hui disparu. Guyomarc'h, licencié en droit canon, fut chargé en 1450 de défendre les biens du cardinal Alain de Coëtivy, évêque d'Avignon, dans la province de Tours. Pour ces services le cardinal lui accorda, le 12 avril 1456, le droit et la faculté de porter la mitre et les ornements pontificaux.  L'abbé mourut le 22 mai 1468, ayant gouverné durant 27 années." (Jean-Luc. Deuffic)

     

    "Guy Manfuric, licencié en droit canonique, gouverne l'abbaye pendant vingt-sept ans, et s'en démet en 1452. Il a fait bâtir la tour qui était sur le chœur, et obtient du pape le droit de porter la mitre. Sa mort est marquée dans le nécrologe au 22 mai 1468. Guyomarc'h, que certains historiens, assure avoir été de la maison de Rohan, est élu en 1468."

    "Le chevron et les trois oiseaux de mer, dits Huppes, étaient aux seigneurs de Lézuzan, du nom de MAUFURIC, dont les armes se voient encore au fronton des deux fontaines de Sainte-Nonne et de Saint-Divy, et sur l'une des fenêtres du charmant reliquaire gothique en vermeil, où l'on conserve, dans l'église de DIRINON, les reliques de la mère et du fils. (un cadet de la maison de Lézuzan fut élu abbé de DAOULAS au XVème siècle)." (le blason de Dirinon)

    Pol de Courcy Nobiliaire de Bretagne

    Topic-topos

    Fons de Kort signale la présence des armoiries de Maufuric. en n°7 de son schéma, au milieu du linteau, à coté de celles des armoiries des Rohan. Ces deux blasons sont actuellement indéchiffrables, et plus rien ne permet de valider l'identification. 

    Les abbés de Daoulas avaient droit de prévôté sur La Martyre.

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    Guyomarc'h de Maufuric, voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Guyomarc'h de Maufuric, voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Personnage couronné et portant un sceptre fleuronné.

    Pour Fons de Kort, il s 'agit du roi Hérode en manteau royal avec sceptre, et les soldats qui suivront sont eux à qui il a donné l'ordre du Massacre des Innocents, hypothèse qui a l'avantage de fournir une continuité avec les scènes de l'Enfance du Christ des piédroits. "Alors que sa tête est recouverte d'un bassinet en maille, le reste de son corps est protégé d'une armure rigide composée d'une cuirasse, de harnais de jambes et de bras. Il pourrait s'agir [...aussi]  du roi Salomon, s'apprêtant à affronter son destin, ou de Jean V." (E. Le Seac'h). Cette description semble plutôt s'appliquer aux soldats suivants.

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    Personnage royal, voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Personnage royal, voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Trois soldats.

    Ils sont en cotte de maille, levant l'épée, la main sur le fourreau. 

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    Trois soldats, voussure du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Trois soldats, voussure du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    C. LES PIÉDROITS DU PORCHE.

    Ces piédroits sont divisés par des moulures en une bande intérieure ornée d'une frise de feuillages ; d'un espace central narratif (divisé en deux loges du coté gauche) ; et de niches à l'extérieur, occupées par des saints ou des anges portant des écus.

    De petites scènes racontent l'Enfance du Christ ou la Vie de Marie. Ces scènes narratives inaugurent le genre des porches sculptés bas-bretons tel qu'on le trouvera ensuite à Daoulas (XVe), Pencran (1553), Landivisiau (1554-1565), Guimiliau (1606-1617), Ploudiry (1665), La Roche-Maurice (1530-1540) ou Bodilis (1570).

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    Piédroits du  porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Piédroits du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    1. L'Annonciation (à gauche).

    L'Ange, aux cheveux en rouleaux, est debout  et tient un phylactère. De la Vierge, on distingue la main gauche et un morceau du drapé de la robe. Au centre, un lys s'élève d'un vase.

    L'Annonciation, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    L'Annonciation, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    2. L'Adoration des Mages (à droite).

    A gauche, la Vierge nimbée est assise. Le voile lui recouvre presque la tête, et seul le devant de ses cheveux  est découvert. Elle tient son nouveau-né emmailloté, dont la tête de celui-ci est absente, mais dont le bras gauche est tendu en avant. Melchior, agenouillé, présente sa cassette d'or ; il est vêtu d'une longue tunique aux manches bouillonnantes  et aux plis en forme de zébrure.  Les deux autres mages portent des pourpoints de Balthazar est relevé en plis verticaux. Celui de Gaspard est à revers rond et lisse. Leur tenue et leur couronne les assimilent à des rois vêtus à la mode de l'époque, celle de Charles VII, qui fut diffusé par les tableaux de Jean Fouquet. (E. Le Seac'h p.72).

    Les rapprochements avec le tympan du porche de Rumengol (vers 1468) s'imposent : les trois rois sont couronnés mais Melchior a passé sa couronne autour de sa manche gauche. Balthazar se tourne vers Gaspard et lui montre l'étoile à six branches qui brille à coté de l'ange. 

    La même posture des trois rois se retrouve aussi au tympan du porche du Folgoët (1423). Les trois Adoration des Mages issus du même atelier sont très comparables.

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    L'Adoration des Mages, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    L'Adoration des Mages, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    3. L'Annonce aux bergers.

    A gauche,   deux pastoureaux entourés de leurs agneaux sont surpris par l'ange qui les survole et leur annonce par un phylactère la Bonne Nouvelle :  l'un, la tête en arrière,  est tombé à genoux  et joint les mains en signe d'adoration tandis que l'autre, assis sur les fesses, lève les yeux, ébahi. 

    A droite, un personnage tient une crosse des deux mains et au dessus d'un objet rond : il est traditionnellement considéré comme un joueur de soule à la crosse (Bazhig kamm ou Bazh dotu en breton), un sport pratiqué pendant tout le Moyen-Âge notamment dans les milieux ruraux. 

     Il est vêtu d'un pourpoint long avec (comme les deux bergers)  un chaperon  qui pend dans le dos. Ses cheveux sont crêpés. 

    La scène est bien fixé en iconographie, avec trois bergers, l'un debout paumes vers le ciel, l'autre assis et plaçant sa main en visière, et le troisième étant souvent un joueur de biniou. Le port du chaperon est quasi constant.  Ces bergers portent des houlettes ayant soit la forme d'une pique ferrée, soit celle d'une boucle, soit d'une crosse pleine, dont la palette ovale est tournée soit vers le haut, soit vers le sol. Une crosse identique est aussi parfois vue entre les mains de Saint Joseph dans les Nativités ou les Fuite en Égypte. Vu le nombre d'exemples de ces crosses dans l'iconographie, il est pour le moins  hâtif de voir  dans ce trop réputé "joueur de soule" de La Martyre autre chose qu'un berger tenant sa houlette en crosse posé sur un caillou.

    Site enluminures.culture.fr : 273 réponses.

    Voir par exemples le folio 118v des Heures à l'usage de Troyes (vers 1415-1420) :

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    L'Annonce faite aux bergers, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    L'Annonce faite aux bergers, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    L'Annonce faite aux bergers, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    L'Annonce faite aux bergers, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    L'Annonce faite aux bergers, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    L'Annonce faite aux bergers, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    4. La Visitation et le Mariage de la Vierge.

    Elisabeth , à droite, est agenouillé devant la Vierge, voilée, et celle-ci pose la main de sa cousine  sur son ventre.

    A droite, le mariage de Marie et de Joseph par le grand prêtre est très érodé.

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    La Visitation et le Mariage de la Vierge, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    La Visitation et le Mariage de la Vierge, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    5. La Présentation au Temple.

    Scène très érodée : Jésus enfant, au centre , debout sur une table, est entouré du prêtre et de son assistant, et à gauche,  "la servante, si vive et si fraîche" (Fons de Kort).

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    La Présentation au Temple, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    La Présentation au Temple, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    6. Jésus parmi les docteurs.

    "et le groupe remarquable de sept personnages blottis les uns contre les autres" (Fons de Kort).

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     Jésus parmi les docteurs, voussures du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Jésus parmi les docteurs, voussures du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Les niches latérales.

    Elles sont occupées par des saints et des personnages.

    En bas à droite, saint Antoine parmi les flammes tenant sa clochette et un chapelet.

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    Saint Antoine, piédroit du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Saint Antoine, piédroit du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Sébastien (??) et saint Laurent.

    Saint Sébastien (?) est vêtu d'un pourpoint court ceinturé à la taille ;  il tient dans ses mains une flèche(?). Au dessus de lui, un personnage présente un écu. Puis   vient saint Laurent, vêtu d'une aube et d'un amict, tenant le grill de son supplice, et un livre.

     

     

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    Niches latérales du du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Niches latérales du du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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     On découvrira aussi saint Fiacre et sa bêche,  ou un petit personnage assis, dormant drapé dans son manteau, la tête recouverte de son capuchon  ; ou une femme assise, les mains cachées, vêtue d'une tunique et la tête enserrée dans une guimpe ; ou un personnage debout, les mains ramassées dans ses manches comme le font les moines ; et plus haut, une dame qui esquisse une révérence, la main droite soulevant les plis de sa robe et l'autre main posée sur le cœur.

    Niches latérales du du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Niches latérales du du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Niches latérales du du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Niches latérales du du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Fiacre ?? ou saint personnage aux cheveux en rouleaux, pieds nus, tenant un phylactère.

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    Niches latérales du du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Niches latérales du du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Niches latérales du du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Niches latérales du du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Niches latérales du du porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Niches latérales du du porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    III. LE PORCHE SUD : INTÉRIEUR.

     

    Selon de nombreux auteurs, la statue dite Notre-Dame-de-Bon-Encontre sur le trumeau, de même que celles des apôtres, dans les niches latérales, datent du XVIe siècle. Mais Emmanuelle Le Seac'h les rapportent au même premier atelier du Folgoët, et à la même période de 1450-1468 que le porche extérieur.

    1. La statue de la Vierge à l'Enfant.

    Au trumeau, entre les deux portes géminées du porche, c'est une statue de 1,22 m de haut en kersanton.

    "L'Enfant-Jésus, qui est de toutes les représentations de l'atelier, celui qui ressemble le plus à un nouveau-né, est sur son bras gauche. Il regarde sa mère avec confiance en tenant à son bras droit le pan de sa tunique qui forme des larges plis. Ses petites mains saisissent un livre ouvert dont il semble faire la lecture à sa mère, emblème du Verbe. La Vierge saisit délicatement le pied de son Fils.

    La Vierge  a la taille cambrée. Elle regarde droit devant elle. Elle porte une robe à col rond recouvert d'un manteau ouvert sur le devant. Les plis souples et harmonieux, en V sur le devant, donne à sa vêture le tombé d'une reine. Elle est couronnée et porte les cheveux en tresses ondulantes et en spirale identiques à ceux des Vierges de la Ferrière et du porche sud de la cathédrale Saint-Corentin, de sainte Marguerite au dragon de l'extérieur du Folgoët ou encore de saint Jean à l'intérieur du Folgoët. Son visage est typique de l'atelier avec l'ovale marqué, les yeux surlignés et les lèvres fines. Son style l'assimile aux Vierges occidentales de la cathédrale d'Amiens vers 1230, avec des cheveux qui se partagent en deux tresses étiques sur les cotés, un Enfant semblable à un adulte miniaturisé et le flot de draperie qui tombe à la verticale. La Vierge à l'Enfant de la Martyre s'intègre ainsi dans le courant général du gothique européen." (E. Le Seac'h p. 73-74)

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    Portail à portes géminées et Vierge à l'Enfant, porche sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Portail à portes géminées et Vierge à l'Enfant, porche sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Vierge à l'Enfant (1450-1468) du trumeau du portail sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    2. Les armoiries à cimiers.

    La Vierge est encadrée par les armoiries et coiffées de casques à cimier, dont les meubles ont été martelées. Néanmoins, on a pu y reconnaître les macles des Rohan à gauche et le lion des seigneurs du Léon à droite, soit l'alliance du vicomte de Rohan et des seigneurs de Léon par le mariage de Jean Ier de Rohan (1324-1396) en 1349 avec Jeanne de Léon. 

    A gauche : les armoiries des Rohan et le cimier à l'aigle (ou aux faucons, ou au cygne).

    On distingue encore les macles (flèche) et une couronne.

    Les trous disposés en croix par cinq témoigneraient du fait que ces armoiries étaient jadis enrichies de pierreries qui y étaient fichées.

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    Reconstitution des armoiries par Fons de Kort.

    Reconstitution des armoiries par Fons de Kort.

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    Armoiries aux macles des Rohan. portail sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries aux macles des Rohan. portail sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    A droite, les armoiries des seigneurs de Léon.

    Le cimier est entouré de deux lions.

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    Armoiries des seigneurs de Léon, portail sud  de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries des seigneurs de Léon, portail sud de l'église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Armoiries des seigneurs de Léon au sommet de la voûte.

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    Clef de voûte du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Clef de voûte du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Rappel : le bénitier à l'Ankou à droite.

    Voir l'article qui lui est dédié :

    http://www.lavieb-aile.com/2016/12/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre.iii.les-benitiers.html

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    4. Les apôtres.

     

     

    Ils relèvent du style du premier atelier du Folgoët.

    "Les visages ovales ont des paupières ourlées, un nez légèrement épaté. Les cheveux sont extrêmement typés. Séparés en mèches bouclées, ils ont un rendu moins souple que ceux des anges de la cathédrale de Quimper et de l'extérieur du porche de La Martyre. 

    De petite taille, entre 80 et 90 cm, les Apôtres sont difficilement reconnaissables. Du coté est,  Pierre, André et Jacques le Majeur se remarquent parmi d'autres Apôtres qui portent des phylactères s'enroulant en S, en U renversé ou s'étirant simplement en diagonale. 

    De l'autre coté, Barthélémy porte un couteau. Plus loin, Matthieu porte une épée, variante de la lance, et à ses cotés se trouve Matthias dont la hallebarde est brisée. Les plissés verticaux donnent l'impression de raideur que les angelots de la façade ne produisaient pas." (E. Le Seac'h p. 73).

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    1°). Les six apôtres de droite.

    Les douze  apôtres sont, comme il se doit,  pieds nus et barbus (sauf saint Jean), et ils tiennent tous une banderole sur laquelle devait être peint l'un des douze article du Symbole des apôtres : leur alignement dans le porche constitue donc un Credo Apostolique.  Le fidèle qui franchit ce porche, seuil sacré à très forte valeur symbolique et même initiatique, se voit donc rappeler les douze articles qui définissent la Foi. Les quatre pas par lequel il s'engage dans le sanctuaire l'engagent et l'investissent corporellement de ces vérités dogmatiques au même titre que les quatre temps et les quatre portions de phrase du signe de croix, tracé après avoir puisé l'eau bénite du bénitier  placé à droite. Il sera alors face à la Vierge à l'Enfant, icône-synthèse de l'Incarnation et de la Rédemption, mais aussi du rôle d'intercession de Marie. 

    S'ils ne sont pas tous dotés d'un attribut permettant de les identifier, c'est que cette identification va de soi, les douze apôtres suivant un ordre établi par l'usage (malgré quelques variantes) entre saint Pierre, toujours le premier à droite de la porte, et Matthias toujours le douzième à gauche de la porte. En outre, l'article de Credo qu'ils portaient était aussi un attribut spécifique, et, lorsqu'il était lisible, il permettait d'identifier l'apôtre en cas de doute. Ainsi, dans le Psautier de Jean de Berry (1380-1400), l'ordre est le suivant : 1 Pierre ; 2 André ; 3 Jacques le Majeur ; 4 saint Jean ; 5 Thomas ; 6 Jacques le Mineur ; 7 Philippe ; 8 Barthélémy ; 9 Matthieu ; 10 Simon ; 11 Thaddée ; 12 Mathias. (voir les articles qui leur sont attribués )

    Cet ordre séquentiel des apôtres est, malgré ses variantes, suffisamment fixé pour  qu'il soit possible aujourd'hui d'affirmer que l'ordonnance actuel des statues n'est pas celle d'origine, car jamais saint Jean (imberbe) n'est placé dans le second groupe, en neuvième position. Dès lors que cet ordre originel a été bouleversé, et que les phylactères ne sont plus lisibles, on ne peut plus identifier les apôtres dépourvus d'attributs.

    Voir : 

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     Porche sud vu depuis les portes intérieures, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Porche sud vu depuis les portes intérieures, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Apôtres du coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtres du coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Pierre.

    Attribut : la clef.

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    Apôtre Pierre,  coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtre Pierre, coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Saint André. 

    Attribut : la croix en X.

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    Apôtre André, coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtre André, coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Troisième apôtre.

    Les cheveux figurés en boules contiguës autour de la tête sont caractéristiques de cet atelier du Folgoët. Utilisé aussi pour les anges, ou pour saint Jean sur le calvaire de Rumengol et de Plomodiern, ils peuvent (comme les "cornes" de l'iconographie traditionnel de Moïse) témoigner de l'embrasement par l'Esprit de Dieu. 

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    3ème apôtre du coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    3ème apôtre du coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Quatrième apôtre.

     

     

    L'église Saint-Salomon de La Martyre. I. L'Arc de Triomphe et le Porche sud.

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    Cinquième apôtre du coté droit.

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    5ème Apôtre du coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    5ème Apôtre du coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Jacques le Majeur.

    Attributs : le chapeau orné d'une coquille ; le bourdon. 

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    Saint jacques le Majeur,  coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Saint jacques le Majeur, coté droit du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    2°) Les six apôtres de gauche.

    tels qu'ils se présentent  de l'entrée du porche vers la porte. 

    Apôtres du coté gauche du porche sud, vus depuis la porte intérieure, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtres du coté gauche du porche sud, vus depuis la porte intérieure, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Septième apôtre.Saint Barthélémy.

    Attribut : le couteau avec lequel il fut dépecé lors de son martyre.

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    Saint Barthélémy, coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Saint Barthélémy, coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Huitième apôtre.

    Pas d'attribut..

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    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Neuvième apôtre. Saint Jean ?

    Son menton carré projeté en avant me fait hésiter : cet apôtre est-il imberbe ? Si oui, il ne peut s'agir que de saint Jean. Il est traditionnellement le deuxième ou le quatrième.

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    Saint Jean, Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Saint Jean, Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Dixième apôtre. Saint Matthieu.

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    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Onzième apôtre.

    Attribut : la hampe d'une lance (Thomas), ou d'une croix (Philippe), d'une scie (Simon) ou d'une hallebarde (Matthias).

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    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Douzième apôtre. Matthias ?

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    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

    Apôtre du coté gauche du porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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    Culot à droite du portail d'entrée.

     

    L'église Saint-Salomon de La Martyre. I. L'Arc de Triomphe et le Porche sud.

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    SOURCES ET LIENS.

    — COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

     

    FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

     

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

    — LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

     

    — RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149. 

    —https://en.wikipedia.org/wiki/La_Martyre_Parish_close

     

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