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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 21:45

La chouette ou le hibou harcelés par des oiseaux. La chasse à la pipée, description cynégétique et valeur allégorique. Troisième partie : la description de la pipée par Noël Chomel (1709), et le tableau allégorique où la "Chouette" est une belle qui attire les galants (XVIIIe).

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Voir les  parties précédentes :

Sur le hibou harcelé, voir aussi :

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Rappel.

Un panneau d'azulejos que l'on doit à Cristobal de Augusta vers 1577 dans le Salon de Charles Quint à l'Alcazar de Séville montre un hibou harcelé par deux oiseaux qui menacent les yeux jaunes de l'oiseau nocturne de leur bec. On retrouve ce motif de l'oiseau de nuit persécuté par les oiseaux diurnes dans la littérature naturaliste depuis Aristote et Pline, donnant lieu à des interprétations allégoriques de sagesse et de patience face à l'adversité (expliquant que l'artiste flamand Hoefnagel l'adopte comme emblème), ou d'un conflit plus général entre les puissances de la Nuit et celles du Jour. 

Comme beaucoup de thèmes iconographiques, celui-ci s'avère vite inépuisable, par ses rebondissements, ses surprises, et l'arborescence des chemins dérivés. C'est ce qui en fait le charme, mais cela explique aussi ma démarche par sauts et gambades, au petit bonheur la chance. Ainsi, la Chouette harcelée est au centre de la technique de chasse dite à la pipée, où une chouette sert d'appât aux oiseaux, à moins qu'on n'imite son chant.

Pour cet article, où je vais partir explorer le thème de la chasse à la pipée, j'ai emmené ceci dans mon sac de pique-nique : une description de Noël Chomel ; un livre de chasse du XIVe siècle avec de belles images; un tableau satirique du XVIIIe ; et un extrait du Cinquième Livre de Rabelais. 

Ou plutôt je me ravise : je ne laisse dans le sac que la description de Chomel en entrée et le tableau satirique en dessert, car le livre de chasse, qui a gonflé au fur à mesure de mon enquête, devient indigeste et exige une vrai valise pour lui tout seul : ce sera ma Quatrième partie. Je me demande où cela va bien me mener. 

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Rappel du point de départ :



 

 

Hibou harcelé par deux oiseaux, azulejos, Salon de Charles Quint Palais de l'Alcazar de Séville. Photographie lavieb-aile.

Hibou harcelé par deux oiseaux, azulejos, Salon de Charles Quint Palais de l'Alcazar de Séville. Photographie lavieb-aile.

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LA CHASSE À LA PIPÉE DÉCRITE PAR L'ABBÉ NOËL CHOMEL EN 1718.

Noël Chomel était "prêtre, curé de la paroisse Saint-Vincent de Lyon" (page de titre). Il décrit ici la chasse à la pipée sans chouette, car la Chevêche est remplacée par un pipeur qui en imite le chant.

La première édition du Dictionnaire oeconomique est parue en 1709. Je donne ici le texte de l'édition de 1718, parue à Paris chez Etienne Ganeau : page 590-593

https://books.google.fr/books?id=dRk-AAAAcAAJ&dq=Pr%C3%A9paratif+pour+la+Pip%C3%A9e.+noel+chomel&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Edition revue, augmentée par M.P. Danjou  parue en 1740 à Lyon, tome II page 622 : en rouge.

https://archive.org/stream/bub_gb_g-icl__yxPgC#page/n317/mode/2up

PIPÉE.

C'est une chasse fort divertissante dans le temps des vendanges qui se fait avec des pipeaux en contrefaisant le cri des oiseaux. Cette chasse ne dure pas plus d'un mois. On y prend principalement des pies, des grives, des geais, des merles et autres oiseaux qui s'y rencontrent.

Du temps de la pipée

On peut faire la Pipée le matin, depuis la pointe du jour jusqu'au lever du soleil. Cependant il est plus à propos de le faire sur le soir une demi-heure avant le coucher du soleil jusqu'à ce que les oiseaux soient retirés.

Préparatif pour la Pipée.

Il faut avoir de la glu et un millier de gluaux, qui ne font que de petites branches d'ormeau, longues d’un pied, qu'on a soin de couvrir de glu. Il faut de plus une vingtaine de feuilles de lierre, et un petit paquet de feuilles d'une herbe qu'on appelle gramen, c'est une espèce de chiendent qui croît parmi les buissons de houx. Au lieu de cette herbe , on peut se servir d’un instrument qui est représenté au bas de la figure ci-dessous. Il est composé de deux petits morceaux de bois, b f e g , qui doivent être longs environ comme le doigt , et gros comme un demi-travers de doigt. Ils sont tellement coupés qu'on peut placer entre les deux un petit ruban h i, qui sert à contre-faire le cri des oiseaux, lorsqu'on met cet instrument à la bouche qu'on le fait jouer. En un mot cette machine est semblable au pipot des enfants avec lequel ils contrefont les marionnettes.

On peut aussi se passer de feuilles de lierre, et se servir d'un morceau de fer blanc, qui doit être recourbé de la même manière, que si on coupait un entonnoir par la moitié suivant sa longueur, et qu'après on mit la main dessus les deux bords pour les aplatir et les joindre ensemble, en donnant une figure ronde au fond, au milieu duquel il faut faire un trou gros comme un pois. Cet instrument doit être semblable à une feuille de lierre repliée.

Le bruit qu'on fait avec ce morceau de fer blanc recourbé, ou avec la feuille de lierre repliée, trouée par le milieu, en soufflant par la plus petite extrémité, ressemble au bruit que fait un geai, lorsqu'il crie contre le hibou.

Si on veut se servir de la feuille du gramen, il la faut prendre avec le pouce et le premier doigt de chaque main par les deux bouts, la mettre entre les lèvres, l’avancer jusqu’à la moitié de sa largeur, et puis en pressant les lèvres l’une contre l’autre souffler délicatement. Le bruit qui se fait de cette manière contrefait le cri de la chevêche qui est la femelle du hibou. Le pipeau de fer blanc est meilleur.

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Comment il faut préparer le lieu pour faire la Pipée.

La Pipée se fait dans les bois taillis, qui sont forts, et qui ont du moins cinq ou six ans de coupe, il faut choisir un endroit qui soit écarté des chemins, et où il y ait un petit arbre comme A B, haut de trois ou quatre toises et éloigné des autres grands arbres, pour le moins de cinquante pas. Il le faut ébrancher tout à l'entour, à la réserve de quelques branches principales qui se rencontrait de coté et d'autre, faisant à peu prés comme une forme de coupe, ou verre à boire, de sorte que les plus hautes répondent dessus l'entre deux des baies, afin que ce qui tombera des plus élevées, ne s'arrête pas dessus les autres. Il faudra aussi ébranchiller et curer chaque grande branche, depuis le tronc de l’arbre jusques auprès des extrémités , comme on voit celle qui est marquée de la lettre C, à laquelle il ne parait point de petite branche ni feuille que vers l'extrémité. Quand toutes les grosses branches feront ainsi dégarnies de feuilles de de brins de bois, vous y ferez des entailles tout au long, en frappant de biais avec une serpe , qui fera des fentes de trois en trois doigts ; comme il se voit en la branche F, pour y ficher des gluaux 1234567. L'arbre étant préparé, coupez quelques branches de taillis qui soient droites, piquez le tout autour du tronc de l'arbre aux lieux marqués des lettres MRS T V ; en sorte que le pied de chaque brandie soit éloigné du pied de l’arbre d'environ quatre pieds , et que leurs cimes aillent toutes joindre le tronc de l'arbre par le haut à la lettre B ; ainsi qu'on peut voir par les lignes ponctuées M B R B S B T B. Il faut que cette loge soit suffisante pour placer quatre ou cinq personnes, selon qu'il s'y en rencontrera , il faudra y laisser quelques ouvertures , afin qu'une personne puisse entrer et sortir.

La loge faite, cherchez autour de l'arbre quatre ou cinq clairières de bel abord, ou bien s'il n’y en a point , vous en ferez de cette forte : coupez à peu près ai droite ligne les petites branches de taillis qui peuvent faire obstacle, commençant depuis la loge jusques à la distance de trente ou quarante pas , tout au plus , en forte que vous puissiez seulement voit , quand il y aura quelque oiseau pris sur les gluaux que vous y mettrez. Les clairières étant bien faites , choisissez tout au long sept ou huit branches unies , qui soient éloignées de six en six pas , on les fera pencher à travers la clairière , en leur donnant un coup de serpe par l'endroit qu'on jugera à propos , afin qu'elles soient de bonne hauteur pour les pouvoir ébranchiller et y faire des fentes ou entailles, comme aux branches de l’arbre , pour les couvrir aussi de gluaux , ces branches vous sont représentées de la sorte qu'elles doivent être penchées et glués par la figure marquée des lettres N O P Y L IL . II n'est pas absolument nécessaire d'avoir la vue sur toutes ces branches gluées , il faut pourtant faire attention , lors qu'il y aura quelque chose de pris aux gluaux , et le bien se souvenir du lieu où ils feront, afin d'y aller tout droit , car en courant , vous faites fuir les oiseaux qui vous voient , c'est pourquoi il faut marcher sur les mains et sur les pieds.

On peut faire cette chasse sans arbre, ayant tout au tour de soi des clairières , avec des branches gluées , comme on l'a dit. Ces branches s'appellent plaisses.

Comment en doit piper et appeler les oiseaux.

Ayant disposé de bonne heure la loge avec l'arbre et les plaisses, il faut prendre tous les ustensiles, comme la serpe, les feuilles de lierre, le chiendent, et les autres choses dont on a parlé au commencement de cet article ; il faudra couvrir du glu tous les gluaux, non pas tout au long ; mais depuis trois doigts proche le gros bout, jusques à la petite pointe, afin de les pouvoir manier sans se salir ni gluer les mains, puis menez les par paquets de deux ou trois cents à la fois dans un morceau de quelque vieux parchemin, pour empêcher qu’il ne s'y attache des ordures ; portez tous vos ustensiles sur le lieu préparé , et soyez y tout au plus tard une heure , avant que le soleil se couche , afin d’avoir le temps pour ajuster le tour en cette sorte.

Il faut qu'un homme monte au haut de l'arbre, et mette des gluaux tout au long des branches dans les entailles, comme ils sont représentés sur la branche marquée de la lettre F qui font penchés et presque couchés à trois doigts de haut sur la branche, de sorte qu'ils avancent de la moitié à coté, ou par dessus les uns des autres sans pourtant se toucher, ce que vous pouvez comprendre par les chiffres qui font marqués sur la branche F, il en faudra mettre aussi toutes les plaisses N O P Y L K qui auront été faites autour de la loge, le tout doit être en état un quart d'heure ou demi- heure avant que le soleil soit couché : Ce qui étant fait, tout le monde se retire promptement dans la loge au pied de l’arbre où il faut qu'il soit bien caché, chacun faisant le guet, de la vue et de l'ouie du coté auquel il aura été destiné pour y prendre garde, non ailleurs afin de ne rien troubler. Le silence étant exactement observé de tous, sinon de celui qui doit pipe , il commencera la Pipée en appelant avec la feuille de lierre, ou le morceau de fer blanc dans lequel il soufflera et contrefera le geai, comme on l'a dit ci-dessus, en continuant toujours de souffler dans le même instrument.

Le roitelet sera le premier oiseau qui viendra voir jusques dans la loge, après suivra la gadrille, autrement gorge-rouge , les mésanges viennent ensuite, puis les pinsons qui se prennent les premiers capables de faire venir les gros oiseaux.

D'abord que vous avez un pinson, il faut que quelqu'un le prenne et lui rompe un aile pour le faire crier de temps en temps, selon que le Pipeur l’ordonnera ; les geais et les pics, s'il y en a dans le pays, suivront les pinsons , pour lors il faudra changer de pipeau , et prendre une feuille de gramen , ou le pipet de bois et de ruban pour souffler et contrefaire la chevêche qui est la femelle du hibou. Aussitôt que les geais l'auront entendue, ils se jetteront de plein abord sur votre arbre, où ils les glueront, et tomberont à bas au pic de la loge.

Quand vous aurez un geai , rompez lui une aile et faites le crier, comme vous aurez fait le pinson, tous les autres geais et pies viendront à la foule se poser sur l’arbre, et cependant les merles approcheront sourdement autour de la loge, volant et sautant de branche en branche pour découvrir ce qu'ils entendent, tellement qu'ils se prennent sur les piailles, et tombent à bas, où on les entend crier, il faut y courir promptement , et le plus à couvert qu’on pourra. L'on a plus de peine à prendre ceux-ci que tous les autres, parce qu'ils courent et emportent le gluau , qui les empêche de voler.

Les geais font bientôt pris, ou quittent le lieu, s'enfuient, lorsqu’ils ont découvert la ruse du chasseur, les grives viennent prendre leurs places, quelques unes se prennent aux plaisses ; mais la plus grande partie se prennent sur l’arbre. Ces oiseaux ici sont les plus faciles à prendre , d'autant qu'ils se posent tout du premier coup sur l'arbre fans aucune méfiance, et tombent à vos pieds, si bien qu’on n'a point la peine de courir après.

Dès que vous avez pris un merle, ou une grive, ou bien un touret, qui est presque la même chose qu’une qu'une grive, il faut cesser de faire crier le geai, et se servir de la grive, du merle, ou du touret.

C'est le plus grand plaisir du monde de voir tous ces oiseaux étonnés et curieux du bruit qu'ils entendent , se jeter et se prendre parmi les gluaux.

Le roitelet est le premier oiseau qui vient au bruit du pipeau , mais la grive ou le touret est le dernier ; c'est pourquoi quand vous n’en verrez plus venir , quittez le lieu et vous vous en retournez jusques au lendemain à la pointe du jour que vous pourrez piquer ; il se prendra encore quelques oiseaux ou bien vous ramasserez tous les gluaux pour une autrefois, que vous désirerez faire la Pipée dans un autre bois ; car il ne fera pas bon de tendre dans ce même endroit de plus de quinze jours ; parce que les oiseaux qui auront échappé la première fois, feront épouvanter les autres , qui voudraient s’approcher ; mais quinze jours pourrait leur faire perdre le souvenir de la ruse de de l'endroit préparé. Cette chasse est une des plus divertissantes qu’on fasse de jour aux petits oiseaux."

Noël Chomel, Dictionnaire oeconomique. Ed. 1740 (Iere édition en 1709, 2eme édition 1718).

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Illustration de l'article PIPÉE, Noël Chomel, Dictionnaire oeconomique, 1740.

Illustration de l'article PIPÉE, Noël Chomel, Dictionnaire oeconomique, 1740.

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"LA CHASSE À LA CHOUETTE", UNE PEINTURE ALLÉGORIQUE DU XVIIIe SIÈCLE D'APRÈS UNE GRAVURE DU XVIe. 

Pour présenter cette peinture, dont il existe plusieurs exemples, je me contenterai de vous lire à haute voix le commentaire qui accompagna la vente chez Christie's en juin 1995 d'un de ces tableaux

Ecole française du XVIIe siècle La chasse à la chouette ou La Belle et ses Adorateurs Huile sur toile 
Titrée 'Le Piegeage' sur une ancienne étiquette au verso 
h: 120 w: 100 cm Provenance : Vente anonyme ; Cheverny, Orangerie du château, Me Rouillac, 11 juin 1989, n° 280 ;
Vente anonyme ; Monaco, Christie's, 30 juin 1995, n° 15 ;Acquis lors de cette vente par les actuels propriétaires ; Collection d'un couple d'amateur, Paris


Commentaire : Cette surprenante composition prend place dans un agréable jardin mais le discours qu'elle assène n'est pas aussi délicieux que nous pourrions le penser.
Il convient de décrypter notre tableau à la lumière d'une gravure de Giacomo Franco, édité au XVIe siècle, probablement à Venise, ville dans laquelle était actif ce dessinateur et graveur. Le quatrain en vieil italien accompagnant la gravure peut ainsi se traduire :
" Fuyez y imprudents jouvenceaux
Les filets d'un visage agréable et séduisant,
De peur que le Diable, avec l'appeau
De la civetta, ne vous prenne à ses pièges "
Une chouette vivante était souvent utilisée au XVIIe siècle afin d'attraper de petits oiseaux. Dans notre tableau, la femme galante est utilisée comme appât par le diable. L'homme à droite retient un chat, symbole de prudence, et par le geste du doigt qu'il porte à son œil se moque du diable et de ses ruses.
La gravure semble avoir eu un succès prolongé dans le temps puisque plusieurs tableaux s'en inspirèrent, en adaptant la mode ou l'identité des personnages, ou encore les discours accompagnant les œuvres en fonction de l'époque à laquelle ils furent peints.
Dans un article paru en 1907 Paul Perdrizet élabore une liste de quatre tableaux représentant le même sujet. L'auteur démontre que ce sujet est " une moralisation dont la pointe est dirigée contre les femmes de mauvaise vie ".
Toutes les cultures et les religions sont représentées dans les truculents portraits qui coiffent les corps d'oiseaux. De véritable portrait était parfois exécutés comme c'est cas dans la version du musée des Beaux-arts et d'archéologie de Besançon qui illustre le scandale de Jean-Baptiste Girard, jésuite recteur du séminaire de Toulon, qui fut accusé en 1730 d'avoir séduit une jeune fille et fut mis hors de cause après de longs débats au parlement."enchères.lefigaro

Les tableaux semblables sont : 

— Au Musée des beaux-arts de Calais : La chasse à la chouette ou la belle et ses adorateurs, Anonyme, école flamande, XVIIe siècle
Huile sur toile, 130X 67,2 cm, N° inv 951.48.1,

— Dans la Collection de Jean-Jacques Lebel. http://willemsconsultants.hautetfort.com/archive/2009/12/24/chouette.html

— Au Musée de Besançon  avec la notice suivante 

 http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0746/m033204_016733_p.jpg

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=M0332001458

"La scène représente une clairière. Au milieu un pieu, couronné d'un plateau, sur lequel est accroupie une jolie femme a demi nue, une draperie autour des reins, qui se regarde dans un miroir. Un satyre, accroupi à gauche, dans un buisson, fait tourner le plateau avec une ficelle attachée à la cheville droite de la femme. Vers cette femme arrivent, de toutes parts du ciel, d'étranges oiseaux à tête d'homme. Beaucoup sont posés sur des baguettes attachées, soit au montant du perchoir, soit aux arbres de la clairière. Tous, ils dévorent de regards concupiscents l'affriolant appeau. Un, plus hardi que les autres, plus jeune aussi, n'y peut tenir : il fond sur la femme et la baise à la joue : c'est un petit abbé. Contre le pieu se dresse un chien à tête d'homme. A droite passe un gros rustre, coiffé d'un feutre, en veste, culotte, bas blancs, avec de forts souliers et une chemise au col ouvert ; de l'index de la main droite, il montre son oeil ; il porte un chat au creux du bras gauche. Deux des hommes-oiseaux portent la fraise et le chapeau de feutre ; plusieurs sont moustachus et barbus ; deux , coiffés de turbans, doivent représenter des Turcs. Peinture satyrique qui illustre le scandale de Jean-Baptiste Girard. J.B. Girard était un jésuite, recteur du séminaire de Toulon, qui fut accusé en 1730 d'avoir séduit une jeune fille et fut mis hors de cause après de longs débats au parlement." © Besançon ; musée des beaux-arts et d'archéologie, 2009, © Service des Musées de France, 2013

— Au Musée des Granges de Port-Royal

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http://webmuseo.com/ws/musenor/app/collection/record/23023
http://webmuseo.com/ws/musenor/app/collection/record/23023

http://webmuseo.com/ws/musenor/app/collection/record/23023

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Voici maintenant la gravure de Giacomo Franco qui a inspiré ces tableaux.

— LA CHASSE A LA CHOUETTE. Gravure de Giacomo Franco. 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57805404/f202.item.r=pertrizet.texteImage

Revue de l'art ancien août 1907 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57805404/f202.item.r=pertrizet.texteImage

Revue de l'art ancien août 1907 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57805404/f202.item.r=pertrizet.texteImage

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Et maintenant, voici l'article de Paul Perdrizet, auteur de référence  pour ces œuvres :

 

LA CHASSE A LA CHOUETTE  CONTRIBUTION A L'HISTOIRE DE LA PEINTURE SATIRIQUE. Paul PERDRIZET,   Revue de l'Art Ancien et Moderne, Paris, août 1907, pp. 143-150

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57805404/f198.item.r=pertrizet



"Il existe plusieurs répliques du tableau que l'on voit reproduit plus loin. L'une appartient à M. Franck Chauveau. Une autre est au musée de Calais . Une troisième  a été donnée au musée de Besançon, avant 1843, par le marquis de Rosières (Le marquis de Rosières appartenait à une vieille famille parlementaire de la Comté.  ). 
Une quatrième, qui m'a été signalée par le peintre Grivaz, appartenait en 1905 « a une dame des environs de Paris ». 

La scène représente une clairière. Au milieu un pieu, couronné d'un plateau, sur lequel est accroupie une jolie femme toute nue, qui se regarde dans un miroir (la réplique de Besançon, plus prude que les autres, lui met une draperie autour des reins). Un satyre, accroupi à gauche, dans un buisson, fait tourner le plateau avec une ficelle attachée à la cheville droite de la femme (réplique de Besançon), à un clou planté dans le plateau (réplique de Calais). Vers cette femme arrivent, de tous les coins du ciel, d'étranges oiseaux, des oiseaux à tête d'homme. Beaucoup sont posés sur des baguettes attachées, soit au montant du perchoir, soit aux arbres de la clairière. Tous, ils dévorent l'affriolant appeau de regards de concupiscence. Un, plus hardi que les autres, plus jeune aussi, n'y peut tenir : il fond sur la femme et la baise à la joue : c'est un petit abbé. Contre le pieu se dresse un chien à tête d'homme. A droite passe un gros rustre, coiffé d'un feutre, en veste, culotte et bas blancs, avec de forts souliers et une chemise débraillée; de l'index de la main droite, il montre son oeil'; dans la main gauche, il porte un chat, précieusement, contre son coeur. Son costume paraît indiquer le milieu du xviie siècle. 
Deux des hommes- oiseaux portent la fraise et le chapeau de feutre ; plusieurs sont moustachus et barbus; deux, coiffés de turbans, doivent représenter des Turcs. 
Je ne vois point que personne, jusqu'ici, ait bien expliqué cette allégorie. 
Dans le catalogue du musée de Calais, dont il est conservateur , M. Wiart s'exprime ainsi : «Le tableau représente la belle X. et ses adorateurs. Les oiseaux à tête humaine sont autant de personnages laïques ou ecclésiastiques du temps de la Ligue, qui essaient d'obtenir les faveurs de la belle... M. Wiart a bien voulu me faire connaître par lettre que la belle X. était, à son avis, Gabrielle d'Estrées. 

D'après Castan, la réplique de Besançon serait relative aux querelles soulevées par la bulle Unigenitus. Castan n'était pas un connaisseur sans mérite : c'est lui, notamment, qui a signalé le premier l'importance des  Très belles heures de Turin, pour l'étude de l'Agneau mystique. Mais il n'a pas toujours l'ail assez d'efforts pour se défendre contre son ingéniosité. 
Les commissaires responsables de l'inventaire des richesses d'art de la France, où Castan a publié sa description, auraient pu lui demander plus de prudence. « Au premier plan, dit-il, une 
sorte de paysan, qui semble au moment de se mettre un doigt dans l'oeil : on croit que ce personnage est le Régent. Un chien à tête humaine, coiffé d'une calotte , cherche à escalader la plate- forme : c'est probablement le P. Quesnel .Suit une longue citation du Siècle de Louis XIV. Le tableau daterait de 1715 à 1718. 

Personne ne sera surpris que la bulle Unigenitus et les querelles des acceptants et des refusants n'aient rien inspire d'aussi folâtre. Le dossier du Cabinet des Estampes relatif au jansénisme est tout  à fait austère; on n'y trouve ni femmes nues, ni petits abbés donnant des baisers polissons. 
En réalité, le tableau en question est une moralisation dont la pointe est dirigée contre les femmes, plus précisément contre les femmes de  mauvaise vie, et une moralisation qui n'a rien d'original, puisqu'elle est inspirée d'une gravure italienne du XVIe siècle. La gravure dont il s'agit est rarissime et n'a jamais été décrite. Un exemplaire s'en trouve au Cabinet des Estampes, dans ce recueil de la collection Marolles intitulé : Facéties et pièces de bouffonnerie  dont la valeur, pour l'étude du genre satirique aux XVIe et XVIIe siècles, est inestimable. 
Ce recueil est analysé dans Bouchot, le Cabinet des Estampes, p. 301-306, où la gravure qui nous intéresse est mentionnée sommairement en ces termes : « Le Piège aux amoureux, par Franco».

Cette gravure est signée Franco forma. Giacomo Franco, dessinateur et graveur, né probablement à Venise, et parent, croit-on, du peintre et graveur Giovanni Baptista Franco, travaillait à Venise vers la fin du XVIe siècle (de 1588 à 1598, suivant Zani). Sa manière rappelle celle d'Augustin Carrache, dont il était contemporain. On connaît de lui une Adoration des Bergers, Jésus en croix avec plusieurs saints, un petit Crucifiement, une Pietà d'après Michel-Ange, l'Image de Noire-Dame de Lorette, un Saint Jérôme (petite pièce gravée à Rome), seize planches tirées des Métamorphoses d'Ovide, une partie de l'illustration de la Jérusalem délivrée, publiée à Gênes en 1590, d'après les dessins de Bernardo Castelli; le portrait de Francesco Aldobrandino, une suite de portraits d'hommes illustres (1596), les planches de l'ouvrage intitulé : Il Ballorino di M. Fabritio caroso da Sarmoneta (Venise, 1581, in-4°); la suite des Habite d'huomini e donne venetiane (25 planches petit in-f°). Aucun catalogue ne lui attribue la pièce satirique de la collection Marolles ; mais la signature Franco forma, et la similitude entre l'écriture de la légende et les caractères gravés au bas des planches qu'on vient d'énumérer, ne permettent pas de douter que Giacomo Franco ne soit l'auteur de cette estampe. 

Sur le sens de la gravure, il ne saurait pas non plus y avoir d'incertitude, car Franco nous en a donné l'explication dans le quatrain suivant, en hendécasyllabes (le vers hendécasyllabique est employé dans la poésie italienne pour les devises et les sentences) : 

Fuggite, incauti giovinetti. i lacci 
D'un volto lusinghiero. anchorche bello, 
Accio clie il rio  Démon, con il cimb(ello)  
[
Rio, « méchant », du latin reus. Mot poétique. ]
Délia civella. non v' intrichi e imp(acci) Le mot est écrit en abrégé et la cédille omise : ç — z est courant dans l'italien du XVIe siècle.

c'est-à-dire :

« Fuyez, imprudents jouvenceaux, les filets d'un visage agréable et séduisant, de peur que le Diable, avec l'appeau de la civetta, ne vous prenne à ses pièges ».

Les auteurs des catalogues de Besancon et de Calais n'ont pas compris ce que faisait le satyre : il chasse à la chouette, colla civetta. Pour prendre les petits oiseaux, on se sert parfois 
d'une chouette vivante. Cette chouette sert d'appeau, zimbello :  In. Petrocchi, Nuovo Dizionario della lingua ilaliana (Milan, 1902) : « ZIMBELLO : uccelo che si fa svolazzare per richiamo. Fig. Lusinga, allettamento. ZIMBELLARE : movere la zimbullo per allettare gli uccelli.»

On l'attache avec une ficelle à une sorte de perchoir, puis, avec une autre ficelle, on la fait voleter. Les petits oiseaux détestent les chouettes. Ils accourent près de celle qui sert d'appeau, pour la larder de coups de bec ; le chasseur, les ayant à portée, s'en empare d'une façon ou d'une autre . Ni l'Encyclopédie de Diderot (t. III du Recueil des planches, pl. XIII, 2, p. 28), ni l'Encyclopédie méthodique, publiée à Paris chez Agasse (volume des Chasses, p. 153), ne décrivent exactement la chasse à la chouette comme l'a représentée Franco, et comme on la pratique en Italie. 

Généralement, le montant du perchoir où est attachée la chouette et les branches des arbres voisins sont garnis de bâtons englués. Les  petits oiseaux se prennent à cette glu [Petrocchi, op. cit. : « CIVETTA. Caccia alla civetta : specie di caccia con panioni o paniuzze, la civetta ammaestrata e una gruccia dove essa monta e scende e richiama gli uccelli. » ]. Franco n'a pas oublié ces gluaux : la plupart de ses oiseaux allégoriques y sont déjà pris. 

La langue italienne, par allusion à cette sorte de chasse, appelle civetta les coquettes et les femmes galantes [Petrocchi, op. cit. : « CIVETTA. Fig. Donna che s'abbiglia (qui se fait belle) e si mette in mostra e si lascia vagheggiare per lusingare gli uomini e una civetta. »  ].

L'Italien prête donc à un jeu de mots sur civetta. C'est ce jeu de mots qui a inspiré l'estampe de Franco: notre graveur a fait de l'esprit sémantique. Dans son allégorie, la chouette, c'est la femme galante, la courtisane (il n'en manquait pas à Venise, au temps de Franco) ; le chasseur, c'est le Diable (l'artiste lui a donné la forme d'un satyre antique, par « humanisme », le satyre étant, en quelque sorte, la forme humaniste du Diable des chrétiens) ; enfin, les oiseaux, ce sont les jeunes gens. Tous les hommes-oiseaux de la gravure de Franco représentent évidemment déjeunes hommes; l'un d'eux a une belle barbe en éventail ; les autres sont encore imberbes; ils sont coiffés, pour la plupart, de toques en velours comme les élégants en portaient à l'époque d'Henri III ; ceux qui sont tête nue ont les cheveux « mignottés » et frisés, à la mode du temps. — Le geste du jeune homme qui est représenté au premier plan, à gauche, ne signifie ni, comme l'a cru Castan, qu' «il se met le doigt dans l'oeil », c'est-à-dire qu'il se trompe, ni « qu'il se bat l'oeil », c'est-à-dire qu'il se moque des ruses du Démon et des séductions féminines, mais bien « qu'il est sur l'oeil », c'est-à-dire qu'il se tient sur ses gardes. Le geste est courant en Italie, dans ce sens. J'expliquerais volontiers de même le chat que le personnage tient sur le bras : le chat serait un emblème de prudence. 

Quant à l'inscription sur la banderole, au-dessus de l'homme au chat, je n'en vois pas l'explication. 

Le genre satirique et moralisateur n'a pas été cultivé par les Italiens autant que par les Flamands. Ceux-là ont préféré l'allégorie, qui est plus noble, plus idéale, qui s'interdit le gros rire, la plaisanterie salée. Giotto peint à la voûte de l'église d'Assise ses grandes allégories franciscaines ; Mantegna représente la Sagesse victorieuse des Vices; Lotto, Vénus et l'Amour mis en fuite par la Chasteté. L'art du Nord s'est complu dans des moralisations plus grasses et plus lourdes. Le genre satirique, tel que les Flamands l'ont pratiqué au xvie siècle, convenait à leur bon sens rude et court, à leur vulgarité de bourgeois. 

Leurs plus grands artistes à cette époque, Jérôme Bosch, Pierre Bruegel l'Ancien, multiplient les compositions satiriques et moralisantes, mettent en images les proverbes flamands. Il suffit de rappeler de Jérôme Bosch ses estampes des Aveugles et de la Chevalerie, de l'Eléphant et de 
la Baleine [1. L. Maeterlinck, le Genre satirique dans la peinture flamande, 2° éd. (Bruxelles, 1907), fig. 189 et 189 bis, 190 et 190 bis.] ; de Bruegel, ses estampes de la Cuisine des Gras et de la Cuisine des Maigres, ses Proverbes flamands, ses Vertus et ses Vices [R. Van Bastelaer et Georges H. De Loo, Peter Bruegel l'Ancien (Bruxelles, G. Van Oest, 1905).] ; ou encore le tableau attribué à Patenier, qui apprend Comment il faut traverser le Monde [Maeterlinck, op. cit., fig. 196.]. Au xviiesiècle encore, dans le coin des tableaux de Jordaens, se lisent des proverbes qui précisent l'intention satirique du peintre [Par exemple, le Concert en famille du musée d'Anvers, qui porte cette inscription: Soo d'oude songen, soo pepen de jonge (« Comme chantent les vieux, gazouillent les petits »). ]. 

La vogue de ces compositions satiriques et moralisantes des Flamands a été si grande, que je croirais volontiers que la gravure de Franco a été conçue sous leur influence plus ou moins directe. 

A quelle école appartenait le peintre qui, vers le milieu du xviie siècle, eut l'idée de s'inspirer de cette vieille gravure? C'était, je crois, un artiste des Pays-Bas. Les coiffures et les rabats de ses hommes-oiseaux se retrouvent dans les tableaux flamands ou hollandais du xviie siècle. La peinture a un précis, un fini, qui semblent bien indiquer la provenance 

néerlandaise. Ajoutons qu'à la fin du xvii° siècle et au commencement du xviiie, le goût des compositions satiriques et moralisantes, qui avait été, au xvie siècle, si général dans les Pays-Bas, n'y était pas complètement aboli : à preuve tel tableau des Proverbes flamands d'un peintre flamand du xviiie siècle [Op. cit., fig. 239.  ] publié par M. Maeterlinck. Que dis-je? Aujourd'hui même, des Flamands souhaitent, naïvement, de le voir renaître. 

M. Maeterlinck termine son livre (couronné par l'Académie royale de Belgique, et récemment réimprimé) sur le Genre satirique dans la peinture flamande, par des réflexions comme celle-ci : «Peut-être verrons-nous reparaître un jour, sur la toile ou sur les murs de nos écoles ou de nos 
édifices publics, ces compositions à la fois amusantes et moralisatrices de jadis, les illustrations de nos dictons populaires et de nos proverbes.... Il faut espérer que le genre national, à la fois familier et moralisateur, de Bruegel le Vieux renaîtra et qu'il reparlera encore au peuple, comme par le passé, le seul langage qu'il puisse comprendre.» Il est permis de souhaiter d'autres méthodes pour l'éducation du peuple ; et, d'ailleurs, l'art n'a pas à moraliser. Mais je m'égare loin de mon sujet. Il devrait me suffire d'avoir exposé ici un problème curieux de folklore artistique, sur lequel je n'ai sans doute pas tout dit. PAUL PERDRIZET. 

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J'y ajoute cette image,trouvée sur Pinterest 

https://fr.pinterest.com/pin/76350156162487826/

La chasse à la pipée, ou chasse à la chouette, tableau début XVIIIe. Des femmes attirent des oiseaux à tête d'homme pour les punir d'avoir succombé. Hôtel d'Agar à Cavaillon.

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https://fr.pinterest.com/pin/76350156162487826/

https://fr.pinterest.com/pin/76350156162487826/

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SOURCES ET LIENS.

— BRAZ (Jean-Pierre), 2011, La chasse à la chouette

http://www.jpbrazs.com/__download/CRFP/PICTORIAL/CRFP_%20com_16-11-11_chouette.pdf

 

— PERDRIZET (Paul) 1907, " La Chasse à la Chouette, Contribution à l'histoire de la peinture Satirique ", in Revue de l'Art Ancien et Moderne, Paris, août 1907, pp. 143-150 

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57805404/f198.item.r=pertrizet.texteImage

—ROUSSE (M.) , 1976, L'allégorie dans la farce de "La Pipée" ,Cahiers de l'Association internationale des études francaises  Année 1976  Volume 28  Numéro 1  pp. 37-50

http://www.persee.fr/doc/caief_0571-5865_1976_num_28_1_1105

Sur un livret anonyme, Niccolo Jommelli a composé Il paratajo, Le filet à oiseaux ou La pipée. Cet intermède en deux actes a été créé à l’Académie royale de musique, à Paris le 25 sept. 1753 durant la Guerre des bouffons.

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