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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 14:27

La cloche du Prêcheur, (Thomas Le Soueff, 1712) offerte par Louis XIV à la demande de Madame de Maintenon, et atteinte par l'éruption de la Montagne Pelée en 1902.

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Voir :

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Un très grand merci à Eric Brottier, expert campanaire MCC, qui m'a autorisé à reprendre les données et les photographies de son expertise d'octobre 2018. 

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Il y a des cloches qui vont, par les airs, à Rome : c'est  économe.

Il en est d'autre qui prenne le bateau au port de Brest et qui débarquent, au début du XVIIIe siècle, sur l'Île de la Martinique : c'est plus chic.

La cloche du Faou, restée en Métropole, a communiqué à lavieb-aile le courrier qu'elle a reçu de sa sœur martiniquaise.

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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PRÉSENTATION.

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Chère petite sœur du Faou ! Comme je suis heureuse de pouvoir te donner de mes nouvelles, plus de 300 ans après la séparation de notre famille !

Depuis que j'ai découvert ta description sur internet grâce à lavieb-aile, je sais combien nous nous ressemblons, et j'étais impatiente de te le montrer avec de belles photos.

Je ne te raconte pas comment j'ai été fondue par notre père Thomas Le Soueff, "fondeur du Roi" à Brest, puisque tu as connu cela. Lorsqu'un des vaisseaux des escadres royales m'a chargée à son bord  au port de Brest et m'a débarquée à Fort-de-France (ou à Saint-Pierre ?), en l'île de Martinique, j'ai été  transportée par un navire jusqu'au  village du Prêcheur, tout au nord de l'Île,  8 kilomètres au dessus de Saint-Pierre, sous la sombre masse de la Montagne Pelée nous dominant de ses 1397 m. Depuis l'embarcadère, il a fallu me conduire au sommet du Morne Danty, où, sous l'impulsion du fameux père Du Tertre, qui fut en 1647 curé de cette paroisse érigée en 1644, avait été construite la première église du village. Il n'en reste aujourd'hui que le clocher, haut de 12 m. où j'ai vécu pendant près de trois siècles. Je te joins un copier-coller :

"Ses murs épais, en moellons andésites ramassés dans la rivière voisine sont établis sur un plan carré de 6m de côté et n’ont d’ailleurs que 7m de hauteur, de sorte que l’édifice se rapproche plus d’un cube que d’une flèche et prend un aspect massif et fortifié.
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 1979, il est certainement le plus ancien monument français de la Martinique."

 

Ce qui est plaisant, pour une cloche, c'est d'avoir élu domicile dans un lieu nommé "Le Prêcheur" (en raison de la forme d'un rocher, selon J-B. du Tertre, ) , car on nous a toujours expliqué que notre sainte mission était une sorte de prédication, et que déjà  l'évêque Guillaume V Durand (1230-1296), dans son  Le Rationale divinorum officiorum associait la dureté du métal de la cloche à la force du prêcheur.

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Fiche Mérimée PA 105946

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Le clocher de l'église Saint-Joseph , Le Prêcheur.

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En 1870, je fus rejointe par deux collègues, issues de la fonderie parisienne Dubuisson-Gallois (comme celles de la flèche de Notre-Dame !).

En 1902 survint la terrible éruption de la Montagne-Pelée .

Nous fûmes touchées dans notre chair d'airain  par ce déchaînement de feu, et nous en avons gardé les plaies. Pour nous permettre de remplir à nouveau nos fonctions, un emplâtre de métal fut appliqué, tant bien que mal.

En 1930, nous fûmes installées dans le clocher de la nouvelle église, mais nous en fûmes déposées cinq ans plus tard sous prétexte que nous étions trop lourdes. On nous a installées en présentation  sous un petit abri  sur le devant de l'église. C'est encore là que chacun peut nous rendre visite, mais l'inactivité nous pèse.

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J'ai gardé une vieille photo,prise par le curé du Prêcheur, Jean-Baptiste Delaware, en 1936, avec  la nouvelle église, le presbytère et l'ancien clocher au fond  :

 

 

http://www.patrimoines-martinique.org/ark:/35569/a011273060641w3KTJP/1/1

http://www.patrimoines-martinique.org/ark:/35569/a011273060641w3KTJP/1/1

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Et maintenant, voici une photo de 2018 (E. Brottier), sur laquelle je t'indique notre emplacement :

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 Photographie Éric Brottier 2018.

Photographie Éric Brottier 2018.

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Sur ce bref document, je suis celle du milieu, incarcérée dans notre cage de fer à béton.

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https://www.youtube.com/watch?v=JwCThgAe5rw

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Je t'envoie ma photo, mais aussi celles de mes moindres grains de beauté pour que tu puisse vérifier les marques que nous a choisi  notre père commun. Tout le monde rend hommage à ma grande beauté.

Par contre, je ne peux pas te faire connaître mon nom, car, — comme toi d'ailleurs — je ne porte pas l'inscription de mon nom de baptême. Vu la durée du voyage, le paternel ignorait sans doute qui allait être choisie comme marraine. 

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Si tu veux, voici d'abord mon poids : 560 Kg. Mon diamètre (mesuré comme d'habitude à l'extérieur de la pince) est de 995 mm. Je suis donc plus légère et plus fine que toi, puisque tes mensurations sont divulguées ( près de  680 kg et un diamètre de 1010 mm). Je sonne en Fa, et je forme ainsi un carillon avec mes deux voisines qui jouent le sol et le la. 

Je porte, sur deux lignes au cerveau,  en lettres capitales antiques, l'inscription :

IAY ESTE FAITTE POVR SERVIR A LEGLIZE PAROISSE DE St IOSEPH LISLE DE / LAMARTVNIQUE MONSr RENAVDOL MARGVILLIER

L'inscription débute par un angelot (une tête entre deux ailes), comme celui que tu as sous tes filets, puis par une croix pattée, comme toi également. Les lettres proviennent certainement du même moule d'alphabet de l'atelier.  Chaque mot est séparé par une belle fleur de lis.

Papa a utilisé pour toi la même formule "Iai este faitte pour servir à l'église ---" .  Même sous la graphie "J'ai été faite pour servir à l'église de --", elle est fort rare (1688, Saint-Sauveur de Cressé, Charente-Maritime ; Notre-Dame du Pariset,  Isère ).

Tout le monde me charrie pour mes belles fautes d'orthographe, celle de EGLIZE et surtout celle de MARTVNIQVE. Martunique, moi, j'en suis fière, je suis unique !

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Chacun me demande qui est ce  monsieur "RENAVDOL" mais  il s'agit certainement encore d'une coquille et il faut peut-être lire RENAUDOT. C'est un nom attesté sur l'île :  Christophe Renaudot, riche planteur-sucrier, fut directeur de l'hôpital de Saint-Pierre en 1665. Mon marguillier serait-il son fils ? Ou bien faut-il lire RENAUDIN ? Ce nom figure dans la Liste des habitants propriétaires de La Martinique en 1671 (Dessales, Hist. gen. des Antilles p. 565), précisément pour Le Prêcheur, tandis que le curé est Jacques Hébert. Un Michel Renaudin figure dans la liste des habitants sucriers de l'Île en 1720. 

Les limites de la paroisse du Prêcheur furent fixées en 1680, et la paroisse fut confiée au Jésuites. En 1687, le curé est le R.P Bernard, et les notables de la paroisse s'adresse au roi pour demander une aide financière pour diverses réparations. Le marguillier est alors Jean Roy, riche habitant du quartier, évergète du village, capitaine de sa milice (1680), conseiller du Conseil souverain de Martinique, propriétaire d'une habitation et concession de 72 ha à Anse Couleuvre et principal mécène de l'église. Mais parmi les quatre autres signataires de la demande figure un certain RENAUDIN.  (Rennard, Origine des paroisses et des quartiers de la Martinique, page 18) .

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Un autre point commun avec ton inscription est l'utilisation de lettres suscrites entre deux filets. C'est le cas pour le T de ST IOSEPH, placé au dessous de deux points.

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Comme toi, je porte  la signature de celui qui nous a mis au monde, sur une ligne sur la partie basse du profil : Chaque mot est séparé par une petite fleur de lys (remplacé ici par un point) : 

. IAI . ESTE . FONDVE . A BREST . PAR . THOMAS . LE . SOVEFF .  EN .  LAN .  1712.

Mon inscription est donc un peu plus explicite que celle que tu portes et qui dit TH. LE SOVEF ME FECIT. Mais dans les deux cas, nous sommes sûres toutes les deux de son identité, puisque le prénom Thomas est indiqué.

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

Ce qui m'amuse beaucoup, c'est de retrouver sur toi le décor que je porte au dessus de la signature paternelle : une croix remplie de rinceaux, posée sur trois  ou cinq degrés, et entourée de deux médaillons. Les tiens sont ronds et les miens octogonaux, mais dans les deux cas ils sont sculptés du profil de la Vierge et du Christ, et comportent une inscription.

Le médaillon de la Vierge porte les mots REFUGIUM PECCATORUM, une  locution signifiant "refuge du pêcheur " qui  fait référence à la Vierge dans les litanies de Lorette, dans la mesure où elle intercède en faveur des pécheurs vis à vis de Dieu. 

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Le médaillon du Christ porte les mots ALLEGREZA DEL CIELO E DELLA TIERRA, une formule en italien qui qualifie, nous allons le voir, le Christ comme Sauveur du Monde. Il est représenté nimbé, avec des cheveux longs et bouclés, une barbe courte et pointue, et le buste de trois-quart.

 

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Tu avais déjà remarqué que la locution ALLEGREZA DEL CIELO E DELLA TIERRA figure dans un ouvrage italien de Trattenimenti spirituali per chi desidera d'avanzarsi nella servitu, e nell'amore della santissima Vergine, Volume 1 p. 42 de Alessandro Diotallevi della Compagnia di Gesù, 1716.

Mais j'ai découvert mieux : Thomas Le Soueff s'est contenté d'utiliser les deux faces d'une médaille de dévotion comme d'un sceau dans un bloc de cire pour réaliser les deux médaillons, ce qui lui a permis d'en placer le moule en cire perdue  sur la fausse cloche (voir les détails de fabrication d'une cloche ici). 

Des exemplaires de cette médaille octogonale existent encore :  ils portent bien au recto la formule ALLEGREZA DEL CIELO E DELLA TIERRA (avec la graphie "allegreza" avec un seul Z) autour du profil du Christ, mais aussi  verso la formule REFUGIUM PECCATORUM ORA P.N. autour du profil de la Vierge.

Cette médaille est recensée sous le numéro 83  dans le catalogue d'un ouvrage spécialisé espagnol, "La Medalla de Devoción en Europa entre los siglos XVI y XIX" de Fernando Sainz Varona (2008), et elle est présentée sur un forum web consacré à l'étude des collections de médailles religieuses, Cruces y medallas http://www.cruces-medallas.com/ . Copyright ©2008-2018 Todos los derechos reservados. Registro de la Propiedad Intelectual Nº 1210202542553 .

Elle est décrite ainsi :

 

 XVIIe siècle. BRONZE DORÉ médaille octogonale de 44 x 39 mm. Avec poignée perpendiculaire sur la tranche.

recto :  Buste de Jésus-Christ tourné vers la droite, aux cheveux longs et nimbe circulaire Autour de la légende: ALLEGREZA. DEL. CIELO .E. DELLA. TERRA. sur le bord inférieur gauche de la médaille.

verso : Buste de la Vierge tourné vers la gauche, avec voile de drap et nimbe circulaire. Autour de la légende: REFVGIVM. PECCATORVM. ORA. P. N.
 

On y apprend que les médailles de dévotion représentant au verso les profils de Jésus-Christ et de la Vierge, de profil,  ont été officiellement diffusées par l’Église à l’occasion de l’année jubilaire de 1650.

Parmi les médailles de dévotion après le Concile de Trente (milieu du XVIe au XIXe siècles), se distingue par la fréquence de sa représentation, celle représentant  Jésus-Christ comme Sauveur du monde (Christ Rédempteur); par conséquent, de son action rédemptrice de l'humanité devant le Dieu-Père, à travers sa passion et sa mort sur la croix. Les artistes de la Renaissance et du Baroque représentent un portrait du Christ de profil (à droite ou à gauche), avec une barbe et de longs cheveux éparpillés et parfois une couronne d'épines et sa tête, magnifiée par un halo ou un rayon de rayons . Une telle image est diffusée en la couplant avec le visage de la Vierge sur son verso, avec les variantes suivantes de légende qui, nous le croyons, changent dans son énonciation au fil des siècles, probablement en suivant les directives doctrinales et cultuelles proclamées par la hiérarchie des sociétés.  Pour le Christ : ECCE HOMO ; GESU CRISTO ; LVX MVNDI ;  EGO SVM LVX MVNDI ; EGO SVM VIA VERITAS E VITA ; IES. CHRISTVS ; IESVS CRISTVS FILI DEI VIVI ;  IESVS CHRISTI MIS NOBIS ;  QVI. SEQVITVR. ME. NON. AMEVLAT. IN. TENEBRIS ;  SPECIOSVS FORMA PRAN FILIS HOMINVM ; IN ME SPECVLENTVR OMNIA ; SOLE CLARIOR ; ALLEGREZA DEL CIELO E TERRA ; CREATORE DEL CIELO E DELLA TIERRA ; SALVATOR MVNDI ; SALVATOR MUNDI ; SALVATOR MVNDI MISERERE NOBIS ; SALVATOR. MVNDI. SALVA. NOS ; JESUS TENED PIEDAD DE NOSOTROS.

Pour la Vierge :  SPECVLVM SINE MACVLA ; TV ES SPECVLVM MACVLA ;  REFVGIVM. PECCATORVM. ORA. P.N ; TV. SOLA. SVPERGRESSA. ES. VNIVERSAS ; MATER IESV CHRISTI ORA P.N ; MATER CAELI ; REGI. CAELI ; REGINA CAELI ; MATER. CHRISTI. ORA. PRO. NOB ; MATER DIVINAE GRATIAE ; MATER SALVATORIS ; MATER. SAVATORIS. ORA. PRO. NOB ; MATER SALVATORIS SALVA NOS ; HE AQUÍ VUESTRA MADRE.

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http://www.cruces-medallas.com/t8313-salvator-mvndi-mater-salvatoris-83

http://www.cruces-medallas.com/t8313-salvator-mvndi-mater-salvatoris-83

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Une autre version de cette médaille est proposée en vente, cette fois-ci circulaire et avec un nimbe ovale, mais avec la même inscription :

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Je porte encore un autre médaillon, rectangulaire, représentant la Vierge de l'Immaculé-Conception, voilée, mains jointes, les pieds sur un croissant, dans une mandorle de rayons lumineux circonscrite par une cordelière et cantonnée de quatre têtes d'anges (?).

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Enfin, je terminerai la comparaison de nos anatomies respectives par celle de nos anses : dans les deux cas, il s'agit de têtes masculines composant une couronne à six anses ; mais dans ton cas, tu as eu droit à six beaux gaulois à moustache impressionnante !

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Maintenant que je me suis mise à nue devant toi, ma chère sœur cadette, je dois t'annoncer une grande nouvelle. Dans le même temps où je faisais des recherches pour renouer le contact avec mes racines brestoises, j'ai découvert avec stupéfaction dans les archives que j'avais une sœur jumelle.

Oui, tu as bien lu, j'ai une jumelle, née comme moi en 1712, et donc te voilà avec deux sœurs aînées à présent !

Mais hélas, j'ai le regret de t'annoncer en même temps que cette sœur n'est plus là. Elle a occupé pendant des siècles le clocher de Plouha, dans les Côtes d'Armor. Si je connais son nom de baptême, PIERRE-MARIE,  je n'ai même pas une seule de ses photos, mais j'ai, par contre, sa description, suffisamment précise pour m'avoir fait pleurer d'émotion : elle me ressemble trait pour trait.

Elle portait exactement les mêmes vignettes octogonales de la Vierge et du Christ, et la même vignette de la Vierge de l'Immaculée-Conception ! Mais comme j'ai encore beaucoup de choses à te dire, et que je dois te laisser le temps de te remettre de tes émotions, je te la décrirai dans un autre courrier.

La cloche de Plouha fondue par Thomas Le Soueff en 1712 : une sœur aînée de la cloche du Faou (Thomas Le Soueff 1714) !

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Mes blessures, stigmates de l'éruption de la Montagne-Pelée en 1902.

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En 1902 le Prêcheur fut sévèrement touché par l'éruption volcanique de la Montagne-Pelée.

5e cliché d’une série de six de la nuée ardente du 16 décembre 1902 par Lacroix, dans La montagne Pelée et ses éruptions.

Si l'éruption est connue  avoir détruit la ville de Saint-Pierre le 8 mai, ainsi que ses habitants, l'activité de la Pelée s'est tout d'abord fait ressentir au Prêcheur pendant toute la période de signes avant-coureurs précédant la nuée ardente paroxystique. Une partie habitants fut contrainte de se déplacer à Saint-Pierre moins exposée au danger à ce moment. Dans la nuit du 7 au 8 mai, résultat de pluies torrentielles et d'orage volcanique mélangés à des débris volcaniques, une énorme coulée de boue provoque la mort de 400 personnes.

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Nous trois les cloches du Prêcheur , (moi, et mes consœurs de 9870 LEONIE ADÈLE PIERRE , et ANTOINETTE JOSEPH) ,  conservons les traces de ce drame. Voici comment l'expert Eric Brottier décrit cela :

 

"Les cloches portent les stigmates des nuées ardentes et leur analyse fait entrevoir quelques détails intéressants sur la façon dont ils sont apparus.

La cloche N°1 de 1712 est la plus atteinte. Cette cloche est de belle facture : la définition des décors et inscriptions est relativement fine et démontre que le fondeur n’est pas un débutant et qu’il devrait maîtriser parfaitement sa technique. D’autres cloches en Bretagne comme celle du Faou, coulée en 1714 sont également là pour en témoigner.

Pourtant, sur le profil extérieur de la cloche apparaissent des accidents de surface que l’on pourrait dans un premier temps interpréter comme des défauts de fonderie grossiers, résultant d’une décohésion des matériaux du moule extérieur ou de la fausse cloche. Mais on ne peut en même temps qu’être surpris qu’un fondeur de ce niveau ait pu se résoudre à livrer une cloche aussi défectueuse alors qu’elle aurait été commandée par Louis XIV, et ce d’autant plus que la cloche a été fabriquée à Brest pour être expédiée en Martinique. Ce que l’on observe, notamment en partie basse n’est pas exceptionnel et j’ai pu observer de diverses cloches anciennes présentant des défauts de fonderie dont l’aspect est très similaire. On constate que ces défauts sont alignés sensiblement sur une verticale et ce de façon discontinue tandis qu’au bas du profil les défauts sont moins marqués mais s’étalent sur une plus grande surface.

C’est en examinant le profil intérieur de la cloche dans la même zone qu’un début d’explication peut être apporté : On constate sur la même hauteur une « cicatrice » verticale qui s’élargit également en partie basse. Rappelons également que du haut vers le bas, l’épaisseur du profil d’une cloche augmente progressivement jusque sur l’anneau de frappe puis s’amincit à nouveau dans la partie de la pince. Ce type d’aspect fait également penser que l’on aurait pu essayer de pratiquer une restauration de la cloche par soudage, ce qui aurait pu se justifier en cas de félure. Cependant c’est improbable car dans cette hypothèse la cloche aurait du être soudée autant sur l’intérieur que l’extérieur alors que sur l’extérieur dans la zone concernée il existe des parties saines où n’existe aucune fêlure.

En revanche on peut constater que la partie basse est recouverte d’une couche grise qui semble bien révéler une tentative de restauration plus locale : il semble, sous réserve d’analyse, qu’il s’agisse d’un mastic époxy de type « sintofer » qui a été appliqué sur la partie basse ce type de produit étant présenté par le fabricant comme une véritable « soudure à froid ». Cette consolidation de surface est d’ailleurs recouverte au niveau de l’anneau de frappe d’une couche rougeâtre pouvant être de l’oxyde de fer, ce qui met en évidence qu’après la catastrophe on a effectivement remis cette cloche en usage à la volée lors de la construction de la nouvelle église en 1930. C’est un peu plus tard en 1935 que l’on redescend ces cloches du clocher au prétexte de leur poids était trop important.

La partie haute est d’aspect irrégulier et fait apparaître une surface rugueuse avec des inclusions colorées semblant contenir des traces d’oxyde de fer, sans doute des scories de produits d’origine volcanique.

Mon analyse est donc la suivante : dans la mesure où, contrairement à la surface extérieure où les stigmates sont discontinus, une surchauffe s’est produite à l’intérieur peut-être par projection de scories ou de lave ou sous le fait d’un contact avec un élément incandescent lors d’un incendie consécutif à l’éruption. La cloche devait être encore en position verticale puisque ces projections sont localisées sur une verticale. La progression de l’échauffement a agi de l’intérieur vers l’extérieur, et les effets s’en sont fait sentir en premier lieu vers le haut de la zone affectée là où le profil de la cloche est le plus mince. Il en a résulté un début de fusion sur la partie haute du profil extérieur de la cloche. Cette fusion localisée d’un élément de bronze, se trouvant sans doute encore dans un état plus ou moins pâteux, a produit un début d’écoulement qui a marqué dans sa chute le profil en milieu de zone, pour s’échouer sur la partie où le profil est le plus épais. Il en découle à cet endroit une dégradation plus forte affectant l’inscription (nom du fondeur) et les filets. Le bronze fondu s’est ensuite réparti sur une surface plus grande au niveau de la pince donc en marquant moins la surface le liquide étant mieux réparti : effacement des filets inférieurs, modification de l’état de surface.

Et ric Brottier ajoute :

Voici donc comment ces cloches gardent à jamais marquées dans leur profil, pour ne pas dire dans leur chair, l’événement tragique de l’éruption de la Montagne Pelée du 8 mai 1902. Ne valent-elles pas à ce titre d’être aujourd’hui protégées au titre des monuments historiques ?

Eric Brottier. 17/11/2018.

Voici les images de mes cicatrices :

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La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche du Prêcheur (Thomas le Soueff, 1712). Photographie Éric Brottier 2018.

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Ces lésions font de nous de véritables lieux de mémoire du drame de 1902 et des 30 000 victimes de l'éruption péléenne.

Mais le bourdon de la cathédrale de Saint-Pierre témoigne elle aussi de ce destin :

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photo Jean-Louis Lascoux. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ruption_de_la_montagne_Pel%C3%A9e_en_1902#/media/File:Le_bourdon_de_saint-Pierre,_Martinique.JPG

photo Jean-Louis Lascoux. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ruption_de_la_montagne_Pel%C3%A9e_en_1902#/media/File:Le_bourdon_de_saint-Pierre,_Martinique.JPG

Il est temps de te parler de ma mère, ou de ma marraine, celle qui est à l'origine de ma présence ici : François d'Aubigné. C'est grâce à elle que je fus offerte par Louis XIV, au temps où elle était devenue, sous le titre de Madame de Maintenon,  épouse "secrète", (non officielle) du roi.  C'est là encore une histoire très émouvante.

La vie de cette femme est remplie de mystères ou de dissimulations.

Une ascendance calviniste ; un père débauché ; une enfance rocambolesque.

Françoise d'Aubigné (27 novembre 1635-15 avril 1719) est la petite-fille d'Agrippa d'Aubigné, poète ami de Henri Iv et calviniste intransigeant. 

Son père, Constant d'Aubigné (1585-1647), abjure le protestantisme en 1618 pour mener une vie de débauche dans le château paternel de Maillezais, avant de tuer en 1619 sa première femme, qu'il surprend en flagrant délit d’adultère dans une auberge, puis de se remarier en décembre 1627, à Bordeaux, avec  Jeanne de Cardilhac, la fille du capitaine de la prison où il était enfermé, le château Trompette à Bordeaux. Ils ont d'abord deux fils enfants : Constant (1628-1647), Charles, comte d'Aubigné (1634-1703), — dont la fille deviendra duchesse de Noailles. Constant dilapide la dot de son épouse. Enfermé pour dettes  à la prison de Niort, avec son épouse enceinte, ce serait en prison que serait née la future madame de Maintenon ; mais nous ne disposons que de la date de son baptême, le 27 novembre 1635.

La jeune Françoise passe les premiers mois de sa petite enfance chez Madame de Villette, sa tante huguenote, au château de Mursay, au nord de Niort.

Arrivée au Prêcheur à l'âge de 1 an.

 Puis elle passe les six années suivantes avec ses parents à la Martinique qui y arrivent en 1636.  Françoise vit avec ses parents dans le village du Prêcheur,  à Grand-Case, à l’Anse Belleville. 

Voir Grand-Case sur la carte Geoportail.

Grand-Case sur le diagramme du DEAL de la Martinique :  

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Étude pluridisciplinaire Versants Nord Ouest de la Montagne Pelée / Volet historique / DEAL de la Martinique /

 

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Une vie de pauvreté avec sa mère au Prêcheur jusqu'à ses 12 ans (?).

"Officiellement, son père est gouverneur de la toute petite île de Marie-Galante, toute proche. Mais ce titre ne lui est pas reconnu et il n'a pas les moyens de le valoriser. L'île est alors vierge et doit en principe gouverner la Martinique, elle-même couverte aux neuf dixièmes de forêts, où Indiens et boucaniers font la loi. La famille de Françoise survit en fait dans la pauvreté, alors que la Barbade anglaise, non loin accède bientôt à la richesse. Ce séjour de six ans lui vaudra le surnom de « Belle Indienne ». Il s'achève à l'époque où les Martiniquais tentent sans succès d'introduire la culture de la canne à sucre, qui s'avère très rentable à la Barbade dès les années 1640, et entraîne l'éviction des planteurs de tabac. À son retour en France, en 1647, Françoise apprend la mort de son père, parti en 1645 chercher à faire reconnaître son titre de gouverneur." (Wikipédia)

Élevée dans la foi calviniste qu'elle renie ensuite. 

"Françoise perd aussi très vite sa mère qui vivait dans la quasi-misère. Elle doit faire des procès à la famille de son père pour essayer de récupérer ses biens, puis est à nouveau prise en charge par sa tante de Niort, Mme de Villette, fervente protestante. Sa marraine, Madame de Neuillant, fervente catholique, obtient de la reine-mère Anne d'Autriche une lettre de cachet pour récupérer Françoise et lui permettre de pratiquer le catholicisme (en effet à sa naissance Madame d'Aubigné l'avait fait baptiser dans la religion catholique) et renier sa foi calviniste. Elle la place contre sa volonté au couvent des Ursulines de Niort, puis chez les Ursulines de la rue Saint-Jacques à Paris où, grâce à la douceur et l'affection d'une religieuse, sœur Céleste, la jeune fille renonce définitivement au calvinisme, condition indispensable pour pouvoir accompagner Mme de Neuillant dans les salons parisiens. C'est à l'une de ces réunions mondaines qu'elle rencontre le chevalier de Méré qui se prend d'affection pour celle qu'il nomme « la belle Indienne » et s'offre de l'instruire convenablement.

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Épouse de Scarron, elle n'oublie pas son Île.

Quatre ans après son retour en France, en avril 1652, à l'âge de seize ans, Françoise d'Aubigné, sans le sou mais jolie et sage, épouse le poète burlesque Paul Scarron, de vingt-cinq ans son aîné et gravement handicapé. Le salon de ce lettré amateur de fêtes et ami de nombreux artistes est fréquenté par les plus prestigieux noms de la capitale, Scarron est partiellement paralysé depuis un malencontreux bain nocturne dans l’Huisne (une rivière de la Sarthe) en hiver. Il propose à une Françoise orpheline, très pauvre (elle ne possède absolument rien) et fragilisée, de la doter pour qu'elle puisse entrer au couvent, ou de l'épouser lui-même. Le contrat de mariage conclu le 4 août 1652 lui reconnaît ainsi vingt-quatre mille livres de pension.

« La belle Indienne » influence la deuxième partie de l'œuvre de Paul Scarron, qui fera ensuite fréquemment référence à la nécessité d'aller aux Indes et à la Martinique. Le poète a très sérieusement investi 3 000 livres dans une société commerçant avec la Martinique. Pour faire plaisir à sa jeune épouse, Scarron accepte aussi d'enlever de son œuvre des répliques trop grivoises.

Madame Scarron devient l’animatrice du salon ouvert par son mari, très fréquenté par les écrivains de l'époque. Dès lors, elle se tisse un solide réseau de relations avec les beaux esprits du Marais parmi lesquels se trouvent Françoise-Athénaïs de Montespan et Bonne d'Heudicourt, nièces du maréchal d'Albret, Madame de La Fayette, Madame de Sévigné, Ninon de Lenclos, et bien d'autres.

En 1660, alors qu'elle a vingt-cinq ans, Paul Scarron, qui lui avait transmis une grande culture, meurt en ne lui léguant que des dettes. Elle se forge dès lors une image de femme pieuse et dévote, comme en atteste sa correspondance avec l'abbé Gobelin, son confesseur depuis 1666.

Gouvernante des enfants bâtards  du roi ; richesse .

Madame de Montespan l'invite à la cour de France en 1668. En 1669, elle accepte la charge de gouvernante des enfants illégitimes du roi et de Mme de Montespan. Elle s’installe donc à proximité de la capitale dans un grand hôtel du village de Vaugirard y vit dans la plus grande discrétion et y rencontre pour la première fois le roi qui s’y aventurait pour voir ses enfants.

Elle réapparaît à la cour en 1673 lors de la légitimation des bâtards royaux. Mais la gouvernante doit affronter la jalousie de plus en plus grande de Madame de Montespan, si bien qu'elle menace de démissionner. Le roi lui fait don d'une gratification extraordinaire de 100 000 écus pour qu'elle reste.

Une préoccupation opiniâtre : la Martinique. Elle prend le titre de Madame de Maintenon

Madame de Maintenon acquiert en 1674, l'année de la dissolution de la Compagnie française des Indes occidentales, la nouvelle ferme du tabac, un monopole fiscal sur les 2,5 millions de livres produites annuellement à Saint-Domingue, qu'elle revend rapidement à un consortium de financiers mené par le banquier Antoine Crozat, futur entrepreneur de la Louisiane.

Selon le P. Labat, elle possédait une raffinerie de sucre à Saint-Pierre.

 

Le 27 décembre 1674, elle achète pour 150 000 livres, avec l'argent de sa revente, le château et le titre de Maintenon à Françoise d’Angennes, épouse d'Odet de Riantz marquis de Villeroy, et héritière de Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon, qui fut gouverneur de Marie-Galante (le titre qu'avait convoité le père de Françoise) et qui devient l'année suivante l'un des chefs des flibustiers aux Antilles pendant deux ans, avant de pourchasser ces mêmes flibustiers pour le compte du roi, puis devenir le plus riche planteur de la Martinique, dans le village même où avait habité Françoise, au nord de Saint-Pierre de la Martinique.

"Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon est une autre illustration des corsaires qui ont fait prospérer l’île : au départ enseigne de vaisseau à Toulon, il arrive aux Antilles en 1670 et il guerroie avec ses navires en qualité de corsaire du Roi au large de Saint-Domingue et de la Jamaïque. Revenu en France en 1673, il vend son château et son titre à Françoise d’Aubigné ; en 1675, il quitte Nantes au commandement d’un navire de guerre partant à nouveau combattre d’autres flibustiers au nom du Roi. En 1679, il sert de pilote à l’escadre du comte d’Estrées et il repasse ensuite en France. Gouverneur de Marie-Galante, il signe un contrat avec la compagnie du Sénégal ; figurant alors parmi les protagonistes modernes de la Traite des Noirs, il s’engage à livrer 1 600 esclaves africains en 4 ans. Possédant environ 200 esclaves en 1685, il est alors devenu le plus riche planteur de canne à sucre de la Martinique."

 

 

"Les enfants bâtards du roi, d'abord élevés à Vaugirard, le sont ensuite aussi dans le château de Maintenon. L'un d'eux accompagnera en 1691 Cavelier de la Salle dans l'expédition de trois navires en Louisiane, qui se terminera par un fiasco.

Même s'ils se sont rencontrés dès 1669, le roi ne parut pas apprécier la Veuve Scarron dans un premier temps. En 1675, tout s'accéléra, sa faveur grandit, Louis XIV lui conféra la charge de seconde « dame d’atours » de la dauphine Marie-Anne de Bavière le 8 janvier 1680, et elle forma aussitôt avec le roi le vrai couple parental des bâtards."

Elle épouse "secrètement" (pour ne pas avoir le titre de reine de France) le roi Louis XIV le 10 octobre 1683, moins de trois mois après la mort de la reine Marie-Thérèse d'Autriche. Son "règne" va durer 32 ans.

Mme de Maintenon fait planer sur la cour à la fin du règne de Louis XIV une ère de dévotion et d'austérité. On lui prête une grande influence sur le roi et sur la Cour, mais cette influence, notamment sur la répression du protestantisme, est très discutée.

Féministe ? Soucieuse de venger son enfance pauvre ? Elle crée la Maison royale de Saint-Cyr en 1686, un pensionnat 'une école destinée aux jeunes filles de la noblesse pauvre.

" L'origine de la Maison Royale de Saint-Louis est fortement liée à la jeunesse de Madame de Maintenon. Issue elle-même d'une famille noble, mais ruinée, elle ne connut dans sa jeunesse qu'une instruction limitée, celle dispensée par les couvents qui assuraient l'instruction des jeunes filles nobles. On n'y enseignait qu'un minimum de connaissances en français, latin, calcul et travaux ménagers, l'accent était mis principalement sur la religion et la liturgie, et on n'y donnait aucune ouverture sur le monde réel.  Elle fréquenta par la suite les milieux intellectuels grâce à son premier mari Scarron, puis devint gouvernante des enfants de Madame de Montespan, ce qui lui donna une expérience et une vocation d'éducatrice. Une fois aux côtés du roi Louis XIV, Madame de Maintenon eut à cœur d'améliorer l'instruction des jeunes filles de la noblesse pauvre, de plus en plus nombreuses dans le pays, car beaucoup de gentilshommes de province se faisaient tuer lors des guerres ou se ruinaient au service de l'État."

En 1712, elle obtient du roi le don d'une cloche pour son village du Prêcheur. La cloche est fondue à Brest par Thomas le Soueff  fondeur du roi"

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À la mort du roi en 1715, elle  se retire à Saint-Cyr .

Je découvre que la litanie refugium peccatorum figure dans un ouvrage pieux (Le Cours du jour chrétien)  dédié à madame de Maintenon et datant de 1714. 

Ces litanies étaient chantées par les Demoiselles de Saint-Cyr, puisqu'on les retrouvent sur un recueil de Chants et motets à l'usage de l'église et communauté des dames de la Royale Maison de St-Loüis à St-Cyr, composés par Nivers, organiste du Roy, mort en 1714. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53059257t/f165.image

 

Elle y  meurt le 15 avril 1719.

Une plaque à la mémoire de Madame de Maintenon a été apposée près de l'église du Prêcheur.

 

 

 

Voilà ma chère sœur tout ce que je peux t'apprendre sur mon sort, et, quand je retrace mon parcours, je réalise quel roman s'est écrit à travers mon existence   : un temps glorieux, un temps  heureux, un temps tragique mais toujours palpitant.

Comme je ne te rendrai jamais visite dans ta guérite surveillant la rivière du Faou, dans ce Finistère que j'ai quitté en 1712 mais auquel mon cœur reste aussi fidèle que celui de Françoise d'Aubigné à l'égard de son village du Prêcheur, et comme je suis désormais muette (à moins que ?), je te dis : Kenavo kalonig !

Ta grande sœur créole.

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LES DEUX CLOCHES DE 1870.

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1°) Cloche n°2 : LEONIE ADELE PIERRE, Dubuisson-Gallois, 1870 441 kg, diam 918 cm, Note : Sol.

 

inscription : sur la robe (côté mairie) sur 6 lignes :

JESUS MARIE JOSEPH / VIVE PIE IX PONTIFE ROI / PAROISSE DE St JOSEPH DU PRECHEUR / DON DES PAROISSIENS 1870 / LEONIE ADELE PIERRE

Sur la robe (côté église) sur 7 lignes :  

LEON ALBERT MAIRE CHEVALIER / DE LA LEGION DHONNEUR / LUCOTTE PRESIDENT DU CONSEIL / DE FABRIQUE / LETANG TRESORIER MARGUILLIER / THOUIN CURE /

DUBUISSON -GALLOIS FONDEUR A PARIS

Ces inscriptions sont encadrées dans une guirlande type cordon.

Cette cloche du 19ème siècle de belle facture a subi, comme la cloche de 1712, les méfaits de l'éruption de 1902, mais à un niveau d'intensité cependant. Surchauffée, le seuil de fusion n'a pas été atteint et les stigmates sur la face extérieure se limitent à de légères déformations en surface, ainsi qu'une dégradation plus importante à la base de la pince sur une partie de la circonférence. Les cloches devaient avoir chuté au sol et été envahies par l'intérieur de scories provoquant une progression de l'échauffement sur la génératrice du profil intérieur au point le plus bas de l'intérieur vers l'extérieur, comme pour la cloche de 1712. 

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La cloche  LEONIE ADELE PIERRE, (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche LEONIE ADELE PIERRE, (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

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Cloche n°3 : ANTOINETTE JOSEPH, Dubuisson-Gallois, 1870,  diam 798, note la.

Inscriptions :

JESUS MARIE JOSEPH / VIVE PIE IX PONTIFE ROI / PAROISSE DE St JOSEPH DU PRECHEUR / DON DES PAROISSIENS 1870 /ANTOINETTE JOSEPH

LEON ALBERT MAIRE CHEVALIER / DE LA LEGION DHONNEUR / LUCOTTE PRESIDENT DU CONSEIL / DE FABRIQUE / LETANG TRESORIER MARGUILLIER / THOUIN CURE /

DUBUISSON -GALLOIS FONDEUR / PARIS

Cette cloche du 19ème siècle de belle facture a subi, comme la cloche de 1712, les méfaits de l'éruption de 1902, mais à un niveau d'intensité cependant. Surchauffée, le seuil de fusion n'a pas été atteint et les stigmates sur la face extérieure se limitent à de légères déformations en surface. Les cloches devaient avoir chuté au sol et été envahies par l'intérieur de scories provoquant une progression de l'échauffement sur la génératrice du profil intérieur au point le plus bas de l'intérieur vers l'extérieur, comme pour la cloche de 1712.

 

 

La cloche ANTOINETTE JOSEPH   (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

La cloche ANTOINETTE JOSEPH (Dubuisson-Gallois, 1870) du Prêcheur. Photographie Éric Brottier 2018.

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ANNEXE.

EXPERTISE DES EFFETS DE L'ERUPTION DE 1902 SUR LES TROIS CLOCHES. ERIC BROTTIER 2018.

"Les cloches portent les stigmates des nuées ardentes et leur analyse fait entrevoir quelques détails intéressants sur la façon dont ils sont apparus.

La cloche N°1 de 1712 est la plus atteinte. Cette cloche est de belle facture : la définition des décors et inscriptions est relativement fine et démontre que le fondeur n’est pas un débutant et qu’il devrait maîtriser parfaitement sa technique. D’autres cloches en Bretagne comme celle du Faou, coulée en 1714 sont également là pour en témoigner.

Pourtant, sur le profil extérieur de la cloche apparaissent des accidents de surface que l’on pourrait dans un premier temps interpréter comme des défauts de fonderie grossiers, résultant d’une décohésion des matériaux du moule extérieur ou de la fausse cloche. Mais on ne peut en même temps qu’être surpris qu’un fondeur de ce niveau ait pu se résoudre à livrer une cloche aussi défectueuse alors qu’elle aurait été commandée par Louis XIV, et ce d’autant plus que la cloche a été fabriquée à Brest pour être expédiée en Martinique. Ce que l’on observe, notamment en partie basse n’est pas exceptionnel et j’ai pu observer de diverses cloches anciennes présentant des défauts de fonderie dont l’aspect est très similaire. On constate que ces défauts sont alignés sensiblement sur une verticale et ce de façon discontinue tandis qu’au bas du profil les défauts sont moins marqués mais s’étalent sur une plus grande surface.

C’est en examinant le profil intérieur de la cloche dans la même zone qu’un début d’explication peut être apporté : On constate sur la même hauteur une « cicatrice » verticale qui s’élargit également en partie basse. Rappelons également que du haut vers le bas, l’épaisseur du profil d’une cloche augmente progressivement jusque sur l’anneau de frappe puis s’amincit à nouveau dans la partie de la pince. Ce type d’aspect fait également penser que l’on aurait pu essayer de pratiquer une restauration de la cloche par soudage, ce qui aurait pu se justifier en cas de félure. Cependant c’est improbable car dans cette hypothèse la cloche aurait du être soudée autant sur l’intérieur que l’extérieur alors que sur l’extérieur dans la zone concernée il existe des parties saines où n’existe aucune fêlure.

En revanche on peut constater que la partie basse est recouverte d’une couche grise qui semble bien révéler une tentative de restauration plus locale : il semble, sous réserve d’analyse, qu’il s’agisse d’un mastic époxy de type « sintofer » qui a été appliqué sur la partie basse ce type de produit étant présenté par le fabricant comme une véritable « soudure à froid ». Cette consolidation de surface est d’ailleurs recouverte au niveau de l’anneau de frappe d’une couche rougeâtre pouvant être de l’oxyde de fer, ce qui met en évidence qu’après la catastrophe on a effectivement remis cette cloche en usage à la volée lors de la construction de la nouvelle église en 1930. C’est un peu plus tard en 1935 que l’on redescend ces cloches du clocher au prétexte de leur poids était trop important.

La partie haute est d’aspect irrégulier et fait apparaître une surface rugueuse avec des inclusions colorées semblant contenir des traces d’oxyde de fer, sans doute des scories de produits d’origine volcanique.

Évidemment, cet examen serait à consolider avec une analyse chimique des composants observés.

Mon analyse est donc la suivante : dans la mesure où, contrairement à la surface extérieure où les stigmates sont discontinus, une surchauffe s’est produite à l’intérieur peut-être par projection de scories ou de lave ou sous le fait d’un contact avec un élément incandescent lors d’un incendie consécutif à l’éruption. La cloche devait être encore en position verticale puisque ces projections sont localisées sur une verticale. La progression de l’échauffement a agi de l’intérieur vers l’extérieur, et les effets s’en sont fait sentir en premier lieu vers le haut de la zone affectée là où le profil de la cloche est le plus mince. Il en a résulté un début de fusion sur la partie haute du profil extérieur de la cloche. Cette fusion localisée d’un élément de bronze, se trouvant sans doute encore dans un état plus ou moins pâteux, a produit un début d’écoulement qui a marqué dans sa chute le profil en milieu de zone, pour s’échouer sur la partie où le profil est le plus épais. Il en découle à cet endroit une dégradation plus forte affectant l’inscription (nom du fondeur) et les filets. Le bronze fondu s’est ensuite réparti sur une surface plus grande au niveau de la pince donc en marquant moins la surface le liquide étant mieux réparti : effacement des filets inférieurs, modification de l’état de surface.

Cette description du processus peut être sujette à caution, car il est étonnant que les autres parties de la cloche soient si bien conservées par rapport à cette zone surchauffée. Une autre hypothèse que je ne peux totalement exclure serait que l’on aurait tenté de souder les cloches par l’intérieur en des zones fragilisées. Mais cela reste très douteux car cette intervention qui aurait fait plus de mal que de bien aurait porté sur des cloches dont le profil externe aurait été jusque là épargné et la maladresse du soudeur aurait conduit à surchauffer le profil par l’intérieur pour provoquer une fusion superficielle sur le profil extérieur, cela reste assez difficile à croire.

Or l’examen des deux autres cloches apporte un éclairage complémentaire . En effet si l’on examine le profil extérieur de la cloche N°3 de 1870, l’attention est attirée par un élément particulier qui pourrait être également sujet à une interprétation erronée :Vu de loin, les motifs situés sur une verticale à droite du portique abritant la Vierge pourraient évoquer des étoiles faisant partie du décor de la cloche. Si tel est le cas, on peut d’emblée s’étonner du fait qu’un tel décor ne soit pas symétrique par rapport à l’ensemble du décor. S’agit-il alors d’un défaut de fonderie affectant la surface ? On note que l’état de surface de ces sortes « d’efflorescences » est peu rugueux, leur relief est peu marqué, alors qu’en général ce n’est pas le cas lorsque des particules se détachent d’un moule de cloche qui a mal séché ou qui ne résiste pas au flux du métal en fusion lors de la coulée de la cloche. Il faut noter également un écart plus important entre l’efflorescence supérieure par rapport aux deux autres. C’est également en observant le faciès du profil intérieur au même endroit que l’on note une dégradation de surface très similaire à celle remarquée dans la cloche de 1712 :Une fusion localisée peut être remarquée en deux plages superposées dont la forme pourrait évoquer une carte de la Corse et de la Sardaigne. Ces deux plages correspondent aux défauts de surface du profil extérieur. La plage haute se décompose d’ailleurs en deux zones superposées :

- Une zone supérieure légèrement en creux conséquence d’une perte de métal qui s’est écoulé par fusion (flèche rouge),

- Une zone inférieure où le métal issu de la zone supérieure a coulé par gravité sur une surface encore solide, ce qui a refroidi cette coulure de métal qui s’est collée ou ressoudée sur la surface de ce fait devenue légèrement saillante (flèche bleue).

Ce processus de dégradation explique notamment pourquoi le faciès extérieur présente une distance plus marquée entre les deux plages affectées telles qu’on les observe côté inférieur.

Ce que l’on peut déduire de cette observation - La progression du flux thermique n’a pu se faire que de l’intérieur vers l’extérieur et en aucun cas l’inverse, sinon la fusion aurait été intégrale à l’extérieur et la cloche serait transpercée.

- Le phénomène s’est figé en se limitant à une seule déformation de surface du profil extérieur passant d’un état solide à un état à un état viscoplastique, juste avant apparition d’une fusion.

On en déduit que ce qui s’est passé sur la cloche de 1712 est l’illustration du même phénomène qui a progressé jusqu’à un stade un peu plus avancé puisque qu’un début de fusion a bien eu lieu sur le profil extérieur.

De toute évidence ces cloches auraient pu être considérablement plus endommagées si la température du milieu ambiant avait continué à se maintenir.

On peut noter un phénomène similaire sur la phase opposée de la cloche N°3 qui présente sur son profil une zone d’aspect similaire.

La cloche N°2 quant à elle a été fortement surchauffée sur une partie de la base du profil (au niveau de la pince) mais ne comporte pas de stigmates plus haut sur le profil. Sur deux parties de la base, l’état pâteux du bronze a été atteint sans fusion massive, détruisant les filets décoratifs :

La zone en creux désignée par la flèche correspond à une fusion localisée, peut-être due à l’impact d’un élément incandescent.

Voici donc comment ces cloches gardent à jamais marquées dans leur profil, pour ne pas dire dans leur chair, l’événement tragique de l’éruption de la Montagne Pelée du 8 mai 1902. Ne valent-elles pas à ce titre d’être aujourd’hui protégées au titre des monuments historiques ?

Eric Brottier. 17/11/2018.

 

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RAPPEL : Thomas Le Soueff.

Installé à Landerneau puis à Brest, Thomas Le Soueff fondit les cloches suivantes

1691 Briec  :

"La cloche du côté Nord a 25 pouces de hauteur sur 30 pouces de diamètre, elle ne porte aucun écusson, mais l'inscription suivante : ANNO : DNI : 1691 : LVDOVICO : MAGNO : XIV° : REGNANTE : ILLMO : DD :FRANCISCO : DE : COETLOGON : DIOECESIM : CORISOPITEN : GUBERNANTE : JOANNES : HVELVAN : SACR : FACULT : PARISIEN : BACCALAUREVS : THEOLOGVS : DOMVS : SORBONAE : NEC : NON : PAROCHIAE : BRIZIEC : RECTOR. Au bas est écrit : T. LE : SOUEFF : FONDEVR : Au milieu, côté du Nord : IHS. Côté du Midi, dans un médaillon circulaire de 4 pouces de diamètre, la Vierge avec l'Enfant-Jésus dans ses bras, assise sur des nuages.

Sur la seconde cloche, du côté du Midi, qui a 27 pouces de haut et 31 pouces de diamètre, est écrit : SIT : NOMEN : DOMINI : BENEDICTVM : 1702. Sans armoiries, mais elle porte une croix sous laquelle on lit FRANCOIS : LE : MOYNE : FONDEVR. De l'autre côté, est une Vierge en pied ayant les mains jointes. Cette cloche est éclatée." (Abgrall, 1904)


 

1699, Saint-Thomas de Landerneau, (perdue)

1699 Lochrist au Conquet (perdue)

1701, cathédrale de Quimper, 3901 livres (1909 kg ?) [fondeur Le Soueff sans précision de prénom]. (perdue)

1704,  Plouguerneau, en 1704. (perdue)

1706,  Plougourvest (perdue)

1707,  Lanhouarneau. (perdue)

1707 Plougastel-Daoulas (perdue)

1708, Bodilis, pesant 231 livres. (perdue)

1711,  Plouzané . (perdue)

1711,  Plougoulm, (perdue)

1712 « Le Prêcheur » à la Martinique. 560 kg, Diam. 99,5 cm. Note : Fa Sans nom. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra... et Refugium peccatorum . Anse  à têtes . Inscription débutant par une croix: Chaque mot est séparé par une petite fleur de lys.

1712, Plouha 757 kg, diam. 91 cm , nom Pierre-Marie. Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions allegreza del cielo et del tierra  et Refugium peccatorum ora pro nobis. Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine. Cloche perdue.

1714 Le Faou 1389 l (679 kg?) , diam. 101 cm, sans nom.  Croix entourée de deux médaillons de la Vierge et du Christ avec inscriptions  à déchiffrer.   Inscription débutant par une croix et dont  chaque mot est séparé par une petite fleur de lys et une moucheture d'hermine.

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SOURCES ET LIENS.

— BROTTIER (Eric), 29-10-2018, rapport d'expertise des cloches de l'église Saint-Joseph, Le Prêcheur, Martinique, Patrimoine campanaire de Martinique, dir. des Affaires Culturelles de Martinique, Ministère de la Culture. Non publié, mais communiqué aimablement.

 

— DURAND (Pierre, 1954, Première description en France de la cloche du Prêcheur : Bull. SAF 1954 page VII

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_135/SociAtA_archAologique_du_FinistAre_1954_tome_130_.pdf

 

 

— Vincent Huygues Belrose _ historien ; Geneviève Nouhaud _ muséographe _ urbaniste ; Alise Meuris _ paysagiste Jean-Pierre Fiard _ botaniste Léa Dubreuilh _ géographe _ urbaniste Alexandre Moisset _ paysagiste Thierry L’Étang _ anthropologue Coordination et mise en forme Geneviève Nouhaud Alise Meuris Étude pluridisciplinaire d’approfondissement des connaissances sur les versants nord-ouest de la Montagne Pelée [03] Volet Histoire Ecriture et données Maîtrise d’ouvrage DEAL de la Martinique

http://www.martinique.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Pages_de_03_Histoire_13-03-29-_normal1partief-red_cle0d1112.pdf

http://www.martinique.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Pages_de_03_Histoire_13-03-29-_normal-22partief-red_cle6f8bf9.pdf

 

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