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16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 20:57

Le calvaire (granite et grès arkosique, Maître de Quilinen, vers 1500) de l'église de Mellac.

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Voir :

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PRÉSENTATION.

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Un certain nombre de caractères thématiques et stylistiques, remarqués par J.-M. Abgrall dès 1891, par Y.-P. Castel en 1980 et E. Le Seac'h en 2014, incitent à rapprocher ce calvaire de celui de la chapelle de Quilinen, en Landrévarzec, et de celui de Motreff, tous les trois en Finistère. Ce sont entre autres :

  • le rapprochement des trois croix sur une base étroite,

  • Les larrons renversés sur leur traverses, jambe  gauche repliée.

  • la Déploration sur le socle,

  • Les  marmousets formant console, et portant des écus,

  • Le Christ en croix encadré, en diagonale des deux anges tenant leur calice sous les mains du Crucifié,

  • Le titulus large, en linge plié,

  • Le Christ ressuscité vers l'est,

  • Le matériau : le granite (et quelques personnages en grès feldspathique à Mellac),

  • un élan vertical ascensionnel.

J'y ajoute la facture des visages, —ronds, à bouche concave et yeux enfoncés dans les orbites —, et, pour saint Jean, la présence d'un livre-ceinture.

J'ajouterai aussi que, comme à Quilinen et Motreff, le visiteur, pour se placer face aux différentes scènes, ne peut se contenter de se placer d'abord à l'ouest, puis à l'est, mais doit tourner, par séquence d'une trentaine de degrés, autour du calvaire, examinant par exemple d'abord la Déploration, —qui fait face au nord-ouest— et le Bon Larron, puis dans un nouvel axe le Christ en croix entouré de la Vierge et de Jean, puis le Mauvais Larron, puis, tournant encore, le Christ ressuscité, et, enfin, saint Michel qui fait face au nord-est. Cette composition  spatiale  géométrique, très calculée, stellaire ou à multiples axes de direction, des personnages ne peut être due au hasard, et découle sans doute d'une réflexion spirituelle sur le pèlerinage de l'âme et sur le processus de conversion pris ici au pied de la lettre du latin conversio "action de se tourner, mouvement circulaire, changement, métamorphose".

 

  Aussi, en 2014, E. Le Seac'h  a attribué ces calvaires, par un nom de convention, au "Maître de Quilinen". Et elle lui a attribué également les Larrons (grès arkosique) du calvaire de Saint-Hernin et la croix du Vieux-Bourg de Lothey.

J'ai décrit déjà les calvaires de Saint-Hernin et de Motreff. J'étudie aujourd'hui celui de Mellac, à 50 km au sud-ouest de Motreff.

 

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DESCRIPTION.

 

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Sur une plate-forme élevée de deux marches, un autel en pierre est surmonté d'un grand socle carré. Au milieu de ce socle est dressée la croix du Christ et, un peu en arrière d'elle, celle des  deux larrons.

Le calvaire de Mellac a été quelque peu décalé en 1886 — Christel Douard, 2002— par rapport à son emplacement d'origine. Il a été consolidé, les fûts raccourcis, de nouveaux socles et soubassements posés, ce qui le rend un peu plus petit (6 mètres de haut) que celui de Motreff (7 mètres).

L'un des  socles porte l'inscription gravée JUBILÉ 1886 40 DEVEZ INDULJANSOU et l'autre la plaque de marbre MISSION 1894. Cette dernière mission du 8 juillet rassemblait autour du recteur Émile Guichaoua 1100 personnes (Semaine Religieuse page 509). L'année 1886 est celle où l'église était restaurée ; elle sera bénie l'années suivante par un chanoine titulaire de la cathédrale de Quimper, l'abbé Le Moign (Semaine Religieuse 1887). Mais c'est celle du Jubilé sacerdotal de Léon XIII, proclamé par l'encyclique papale  Quod autorictate du 22 décembre 1885 ou Annonce d'une année sainte extraordinaire, destinée à lutter contre la décadence sociale et religieuse par la pratique du Rosaire. Un Jubilé est une fête survenant tous les 50 ans, mais les Jubilés ou Années Saintes sont célébrées dans l'église catholique tous les 25 ans (par ex. en 1825, 1850 et 1875). Cette Année Sainte supplémentaire est donc qualifiée d'extraordinaire. Elle permet l'obtention de 40 jours d'indulgences (40 devez induljansou).

 

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Les sculptures, du fait de ce remaniement, sont ainsi encore plus ramassées dans une pyramide chargée. La succession des étages, clairement lisible à Motreff, est escamotée. Nous ne trouvons ici qu'une forme de  fût, cylindrique, et non la transition des sections rectangulaire, puis octogonale puis ronde.

Le coté ouest.

Un premier étage sera néanmoins décrit, sur le socle qui porte une Déploration à quatre personnages. Derrière leur tête, la ronde des trois marmousets porteurs d'écus annonce le deuxième étage, car deux d'entre eux servent de consoles pour les statues de la Vierge et de Jean. Le troisième étage, chevauchant le précédent, est celui du Christ en croix, encadré de deux anges recueillant le sang des plaies du crucifié. Le corps des deux Larrons s'insère dans ce dernier étage.

Le coté est.

En bas, saint Michel terrasse le démon (il occupait à Motreff la face ouest). En haut, le Christ ressuscité montrant la plaie du flanc droit.

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VUES GÉNÉRALES.

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LE CRUCIFIÉ ET LES ANGES HÉMATOPHORES.

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Le titulus.

 

Avant d'examiner ces anges, il faut remarquer le titulus. C'est le nom donné à l'écriteau apposé au dessus de la tête du Christ et portant les lettres INRI (pour Iesus Nazarenus  Rex Iudaeorum, "Jésus de Nazareth, Roi des Juifs"). Dans les peintures et enluminures, il adopte la forme d'un panneau de bois, rectangulaire, ou d'un rouleau de papier aux bords enroulés. Mais jamais, comme ici,  celle d'une longue (très longue) bande d'étoffe, qui part du bras droit de la Croix, s'élève en diagonale, se replie en diagonale opposée en passant devant le bras supérieur de la Croix et en présentant les quatre lettres INRI, puis qui se replie, et que nous retrouvons sur l'autre face en formant un V inversé au dessus de la tête du Ressuscité.

Dans une vue générale, ce V inversé répond en miroir au V des deux anges hématophores.

Quelles sont les raisons de ce choix original ? Sont-elles graphiques, pour former ce losange centré par la tête du Christ, où sont-elles spirituelles, la banderole INRI s'inversant, vers l'est, comme la Mort s'inverse dans la Résurrection?

Quoiqu'il en soit, on  retrouve ce titulus-banderole, plus ou moins déplié, à Quilinen et à Motreff, mais aussi sur la croix du Vieux-Bourg de Lothey.

 

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Le calvaire de Mellac.

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Les anges hématophores.

- nb : hématophore : hemato "sang" et phore "porter" : se dit d'anges portant des calices recueillant le sang des plaies du Christ.

Il est important de souligner qu'un calvaire n'est pas seulement  un mémorial rappelant au chrétien que le Christ est mort sur une croix pour sauver l'Humanité du Péché, mais qu'il s'appuie sur une mystique médiévale (et d'abord monastique) du sang versé, et sur une pratique d'une communion émotionnelle. 

Le spectacle de ce sang salvateur (base de l'Eucharistie) appelle le fidèle à partager les souffrances du Rédempteur, cette participation émotionnelle s'exprimant par les larmes (de remords et de gratitude) qu'il verse lors de sa méditation, et la mystique des larmes rejoint celle du sang.

Ces anges sont ici au nombre de deux : celui à la droite du Christ recueille le sang de la main et du flanc droit, celui à sa gauche le sang de la main gauche. Les calices ont une forme de bobine. Les anges au visage rond sont vêtus d'une aube plissée, bouffant à la taille au dessus d'un cordon non visible. Leur corps longiligne forment de chaque coté de la croix deux arcs symétriques à partir du niveau du bassin du Crucifié. "La banderole et les deux anges avec leurs corps gracieusement ployés forment comme un nimbe autour du Christ." (Abgrall)

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Le Christ porte un pagne au linge croisé au milieu, entourant les hanches de façon basse. Il est tourné vers la droite, comme le montre la position du nombril, et sa tête est inclinée et fortement tournée vers la droite. Ce nombril est saillant, comme à Quilinen et Motreff.

L'épaule droite est plus basse que la gauche.

Les membres sont fins ; le pied droit est en dessous du gauche (à l'inverse de Motreff et Quilinen).

Ses cheveux sous la couronne d'épines forment une corde rejoignant l'épaule.

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Le calvaire de Mellac.

Le calvaire de Mellac.

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LA VIERGE ET SAINT JEAN.

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La Vierge. Grès feldspathique, XVIe siècle.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Saint Jean tenant son livre dans un sac. Grès feldspathique, XVIe siècle.

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Jean bénit ou fait un geste paume vers l'avant. Il est vêtu d'une robe blousant à la taille, et aux manches très larges.

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Le livre-ceinture, dont la reliure forme un sac se refermant par une boule permettant d'être tenue dans le poing ou retenue à la ceinture, est un signe stylistique précieux pour l'attribution à un artiste puisque qu'il n'est pas rencontré dans d'autres calvaires que ceux de Motreff et Quilinen. Voir dans mon article sur Motreff la description de cet accessoire.

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-motreff.html

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LES LARRONS.

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Ils sont crucifiés sur des croix en tau, mais dont la traverse forme un axe oblique avec le fût ; les bras entourent cette traverse et sont liées ensemble derrière le fût, tandis que les jambes sont liées au fût.

Les branches des croix sont perpendiculaires à celle de la Croix. Les Larrons sont symétriques et forment une courbe qui souligne, selon Le Seac'h, les contours des corps de la Vierge et de Jean juste au dessous.

Ils portent une culotte, à braguette généreuse, et dont les jambes descendent jusqu'au dessus des genoux. Tous les deux se contorsionnent dans les affres de l'agonie, corps formant un arc convexe (imposé par l'obliquité de la traverse), tête inclinée à gauche. Les jambes du Bon Larron sont droites, et liées aux chevilles, tandis que celles du Mauvais sont fléchies, et le lien des chevilles passent derrière le fût. C'est presque la même chose sur le calvaire de Saint-Hernin, mais le Mauvais Larron n'a qu'une jambe fléchie.

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Le calvaire de Mellac.

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Le Bon Larron. Granite.

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Le calvaire de Mellac.

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Le Mauvais Larron. Grès feldspathique.

Il détourne son visage du Christ.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LES  MARMOUSETS.

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Ils sont trois à Motreff et Quilinen, aux allures de petits pages bedonnant dans leur costume et se tenant par la main ou le bras, séparés par des écus. Mais ici, ils ne sont que deux, formant par l'intermédiaire d'un coussin posé sur le vertex, une console pour les statues de la Vierge et de Jean. 

L'abbé Abgrall les décrit comme des anges, mais ils m'évoquent plutôt des petits diables, au visage un peu bestial et aux yeux caves (l'érosion de la pierre aidant), tenant leur écu devant leur jambe, sous la taille.

Le raccourcissement des fûts fait qu'ils sont moins visibles, et moins faciles à discerner.

Les écus sont "muets", ils ne portent aucune armoiries. 

 

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LA DÉPLORATION.

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Si nous poursuivons la séquence chronologique, après la Crucifixion, nous arrivons à la Déploration (granite), où Marie tient le corps de son Fils, après sa descente de la croix, entourée de Jean et de Marie-Madeleine, les disciples les plus proches.

Comme je l'ai dit, le groupe n'est pas orienté dans le même axe que la Croix, mais franchement tourné vers la droite. Mais au sein du groupe, Jean, Marie et Marie-Madeleine ne sont pas alignés de face, puisque le visage de la Vierge est orienté à 90° de celui de Jean. 

Marie est au centre du groupe, voilée par son manteau, qui couvre une robe dont la manche, aux 6 boutons ronds remarquables, est visible. Comme à Motreff et à Quilinen, elle est demi-assise (elle serait debout, à juger par sa tête à la même hauteur que les deux autres personnages ; et elle serait assise, pour supporter sur ses genoux le tronc de Jésus). Le bras droit de son Fils, tenu par Jean, pend le long de la jambe de Marie, avant-bras vertical. Le bras gauche, presque horizontal, est tenu par Marie-Madeleine. La Vierge soutient l'aisselle gauche. Le Christ est semblable à celui de la Croix, avec son pagne très bas au dessus du pubis sous un ventre rond.

La jambe gauche du Christ est brisée. Comme dans beaucoup de Pietà et de Déploration, les axes du corps du Christ (tête, tronc, 4 membres) sont disloqués, comme dans une métaphore du drame et du deuil, mais ici, cela est accentué par le changement d'orientation des corps des trois personnages supérieurs. Ces ruptures imposent de multiplier les angles de prises de vue pour rendre compte du groupe.

E. Le Seac'h, dans sa description de 2014, signale que la tête du Christ est brisée : elle a donc été réparée ou restituée depuis.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Marie-Madeleine.

Elle est identifiée par son flacon d'aromates posé à ses pieds, mais aussi par son élégance ou la finesse de sa taille, mieux visible en vue dorsale où le manteau, seulement porté sur l'épaule droite, dévoile un corsage très ajusté.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LE CHRIST RESSUSCITÉ DE LA FACE ORIENTALE.

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Il est comparable à celui de la Croix (même inclinaison de la tête, même rotation du corps vers la droite, même pagne, même ventre, etc.) mais il est vêtu du manteau de la Résurrection et il montre, par sa main droite écartée, la plaie du flanc droit. Ses pieds sont posés sur le globe terrestre (à la différence de Motreff).

Notez le drapé du linge portant le titulus sur la face occidentale. Là encore, le Christ s'encadre dans la mandorle, cette fois-ci glorieuse, des anges vus de dos et de la banderole.

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Le calvaire de Mellac.

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SAINT MICHEL TERRASSANT LE DÉMON.

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Il est orienté vers le nord-est, à 60° de l'axe du Christ. On le retrouve presque semblable à celui de Motreff, taillé en demi-relief sur le fût, avec son visage rond, ses cheveux mi-longs en boules latérales, son armure, sa main droite posées sur la garde d'une longue épée dont la pointe s'enfonce dans la gueule du démon, qu'il traverse. Le bouclier n'est pas la rondache de Motreff, mais un écu.

Comme à Motreff, le démon est sur le ventre, mais repousse par le bras droit la lame de l'épée. Le bras droit entoure la jambe de l'archange, alors que le pied de ce dernier écrase le ventre de la bête.

Les jambes (ou pattes inférieures, comme on voudra) sont croisées et viennent agripper un objet arciforme évasé que je n'identifie pas. Une trompe ? 

 

Une fois de plus, pour voir correctement le démon, il faut se déplacer en tournant autour du calvaire.

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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DISCUSSION.

Il est émouvant et passionnant de retrouver, sur trois calvaires séparés de 50 kms, les mêmes traits stylistiques, la même organisation spatiale, et de pouvoir affirmer, dans le grand brouillard de l'ignorance sur la vie des ateliers de sculpture au début du XVIe siècle par manque d'archives, qu'un même artisan est à l'œuvre sur ces trois paroisses. Pourtant, le changement de matériau (grès feldspathique et non granite) pour la Vierge, Jean et le Mauvais Larron conduit E. Le Seac'h a ne pas les attribuer au Maître de Quilinen (vers 1500) et à rester plus imprécise pour la datation de ces trois statues ("XVIe siècle"), alors même que le motif du livre-ceinture de Jean est un indice très fort d'une communauté d'atelier, mais dont la valeur n'a pas été noté par E. le Seac'h.

Le recours à ce grès propre à la vallée de l'Aulne centrale est d'ailleurs singulier, même s'il s'explique par la qualité exceptionnelle qu'il offre au sculpteur sur pierre. On le retrouve à Saint-Hernin pour les deux Larrons attribués par Le Seac'h au Maître de Quilinen vers 1530, ce qui montre que ce dernier ne se limite pas au granite.

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-hernin.html

Les anges aptères qui recueillent le sang du Christ se voient dès ca. 1470 au calvaire de Tronoën.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Le calvaire de Mellac", Bulletin de la Société archéologique du Finistère  p. 246-247

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1891_0139_0140.html


"Dans le cimetière de Mellac se trouve un calvaire très curieux, d'un style qui diffère beaucoup de celui des autres calvaires de Bretagne. Sur une plate-forme élevée de deux marches est un autel en pierre surmonté d'un grand socle carré. Au milieu de ce socle est dressée la croix. Au-dessus de Notre-Seigneur crucifié, une grande banderole, et de chaque côté, deux anges recueillant dans des calices le sang qui coule des plaies des mains du Sauveur. La banderole et les deux anges avec leurs corps gracieusement ployés forment comme un nimbe autour du Christ. Deux autres anges sortant de la tige de la croix et portant des écussons sur la poitrine servent de cariatides pour soutenir les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean.
La Sainte-Vierge a les mains croisées dans l'attitude de la douleur. Saint Jean tient de la main gauche le livre de l'Évangile suspendu au moyen de cordelettes. Les deux larrons sont sur deux croix séparées, un peu en arrière de la croix principale. Ils ont les membres très maigres, et celui de gauche fait des contorsions étranges.
Au pied de la croix principale est le groupe de Notre-Dame-de-Pitié. Le corps de Notre-Seigneur repose à moitié sur les genoux de sa mère; les membres sont grêles, et la pose très mouvementée et tout à fait différente de celles des statues analogues de la même époque. Saint Jean et la Madeleine aident la Sainte-Vierge à rendre les derniers devoirs à Notre-Seigneur.
De l'autre côté, adossé à la croix, est le Christ ressuscité. Plus bas, saint Michel terrassant le dragon. De la main droite il tient une grande épée dont il perce de part en part la gorge de Lucifer. Celui-ci, le corps tordu autour de la tige de la croix, s'efforce de la main droite d'arracher l'épée et de l'autre s'accroche à la jambe de saint Michel. Par un caprice bizarre, le vieux sculpteur a transformé ses deux pieds en deux mains dont il étreint les replis de sa queue. est pleine de verve et semble dater toute cette œuvre des premières années du XVIe siècle.
À Braspartz existe un calvaire ayant beaucoup d'analogie par ce qui est de la disposition générale
et de certains détails avec celui de Mellac , mais sans offrir la même perfection ni la même richesse; c'est une œuvre sortant du même atelier qui, peut-être, a fourni également le calvaire de Notre- Dame-de-Quilinen, en Briec. J.-M. ABGRALL, Prêtre."

— CASTEL, ( Yves-Pascal), 1980,. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980, Quimper.

http://croix.du-finistere.org/commune/mellac.html

 "Mellac, église, g. 6 m. XVIè s. Soubassement élevé, corniche. Socle, double niveau. Trois fûts, au pied du fût central, Vierge de Pitié, sur des consoles, Jean et la Vierge. Sculpture du type de Quilinen (Landrévarzec). "

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. "Mellac", Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988 p. 210

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6713ef0da1add323fc0da5f23f411635.pdf

"Sur le placitre, intéressant calvaire du XVIè siècle (I.S.) : sur un socle à deux niveaux, trois fûts de croix, la Vierge et saint Jean sur les consoles, Notre Dame de Pitié au pied de la croix centrale."

— DOUARD (Christel), 2002, Quimperlé et son canton, ed. Apogée, coll. Images du Patrimoine n°217, Rennes.

— BLOG LE RETOUR CHEZ CANELLE, 2016 "Le calvaire du cimetière". Très beau dossier photo.

http://www.dinclo56.com/2016/03/le-calvaire-du-cimetiere.html

 

ÉVEILLARD (Jean-Yves), 2001, "Les grès feldspathiques du bassin de Châteaulin dans l’architecture et la sculpture des siècles passés", La pierre en Basse-Bretagne, Brest, Université de Bretagne occidentale, CRBC, p. 41-53.

— OLLIVIER,( Sophie), 1993 -L'architecture et la statuaire en grès arkosique dans la vallée de l'Aulne centrale. Mém. de maîtrise d'histoire (inédit), J.Y. Eveillard, dir., U.B.O., Brest, 2 vol. Non consulté, cité par E. Le Seac'h.

https://memhouest.nakalona.fr/items/show/17711

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_2_3988

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne  les ateliers du XVe au XVIIe siècle / ouvrage préparé par Jean-Yves Eveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut , Rennes, Presses Universitaires de Rennes.  page 241

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/calvaire-pa00090114.html

— PATRIMOINE

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-pierre-aux-liens-mellac/24adf5e7-c8b8-4263-b0db-b1fb8b6abe12

— PÉRENNÈS,( Henri), 1933. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie. Quimper, 32e année, 1933. p. 243-280

Le calvaire du cimetière de Mellac (XVIème siècle). La croix du cimetière, note M. le chanoine Abgrall, a été composée avec une verve extraordinaire. La banderole qui surmonte le Sauveur, avec les deux anges qui recueillent le sang de ses plaies, semblent former autour de lui un nimbe en amande. On voit devant la croix la Sainte Vierge, saint Jean et une Pietà. Derrière, c’est le Christ ressuscité et saint Michel terrassant le démon et le pourfendant de son épée. Ce saint Michel est du genre de celui du calvaire de Laz, qui est de 1527 (M. Abgrall). La croix de Mellac porte les armes des Lescoet, seigneurs de Kernault, associées, à celles des Le Bot de Poulheriguen : d’argent au croissant de gueules surmonté de 2 haches d’armes de sable adossées, et accompagnées de 3 coquilles d’or . 

[Note : Les armoiries de Lescoet/Le Bot de Poulheriguen, et plus bas celles de Jean de Lescoet et de son épouse Catherine de Guer, dame de Kernault en 1495, figuraient sur la maîtresse-vitre de l'église de Mellac. Charles Le Lescoet faisait défaut lors de la Montre de l'évêché de Cornouailles de mai 1562.]

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— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Calvaire,_bourg_de_Mellac.jpg

Photo :

http://www.betermin.com/media/9cf76018-9a47-4c29-8fb5-fa036e63bb5a-calvaire-au-cimetere-de-mellac

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires

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