Dimanche 12 août 2012 7 12 /08 /Août /2012 21:37

          Les églises des îles du Ponant I.

    Île de Groix, l'église Saint-Tudy au bourg.


I. Présentation.

  L'église paroissiale Saint-Tudy est célèbre pour sa girouette en forme de thon, affirmant de loin que l'île doit son développement à la pêche du thon germon (thon blanc) de 1870 à 1940 en devenant le premier port français d'armement de thonier. Le sanctuaire initial a été reconstruit entièrement en 1850 par le recteur Lagueux, lui donnant sa forme de croix latine.  Cette réussite explique que nous entrions ici dans une riche et grande église du style néo-xxl en vigueur au XIXe, aux murs traités en faux-marbre ou peint en blanc cassé, aux statues sulpiciennes, qui feraient oublier le charme des petits ports bretons si certains détails ne rappelaient la vocation maritime et les traits insulaires de cette église. Ce sont eux que j'ai recherchés.




bourg 5076


II. Les maquettes de procession.

  Rien n'indique qu'il s'agisse d'ex-voto proprement dit (des oeuvres réalisées après la réalisation d'un voeu, ou par les rescapés d'un naufrage), et les deux maquettes de thoniers ont plutôt été données à la paroisse pour être portées en procession lors des fêtes religieuses ou du pardon pour honorer le passé maritime de l'île et pour protéger les marins et leur flottille.

1. Le Stiren ar Mor Gx 3287 (Étoile de la Mer)

Dundee thonier de 45,95 Tx construit aux Sables d'Olonnes en 1927 pour Groix. Première immatriculation G 1631 puis LGX 3287. Fin de carrière en 1943, Concarneau 2987. Il n'a donc pas pu, sauf erreur, naviguer sous les lettres GX instituées en 1946. Maquette de Mr Louis Charles Gueran en 1991, don à la paroisse. 

  La réalisation est soigneuse, comme on pouvait s'y attendre, et on remarque des détails comme les deux bandes de ris de la trinquette et de la voile de tapecul. Les voiles de tissu rouge rappellent que les marins passaient leur voile de travail au tan, poudre d'écorce de chêne, pour leur conférer une meilleure résistance ; souvent, seules les voiles de régate étaient blanches.

  Ce type de voilier de travail est nommé dundee (prononcer dindé) non en raison du port d'Ecosse, mais par francisation  d'un terme anglais assez flatteur, dandy (élégant) par lequel les britanniques désignaient ce nouveau gréement apparu vers 1860. Ce sont des cotres à tapecul, mais dont la voile du mât arrière (d'artimon, de tapecul)  voit son écoute renvoyée non pas à l'extrémité d'une bôme articulée sur le mât, comme sur d'autres yawls, mais à celle d'une "queue de malet", espar fixe dépassant à l'arrière du navire. Cette queue de malet, qui se retrouve aussi sur les lougres qui ont précédés les dundees, est donc caractéristique. Pour les profanes, c'est le bout de bois qui dépasse tout en arrière, sous la voile. 

 


bourg 5088c

2. Dundee thonier :

Sans matricule, mais d'allure plus ancienne. On note trois voiles d'avant.

bourg 5094c

III. Les statues.


Je me contenterai de montrer celle de sainte Bernadette.    

bourg 5082

 


IV. Les vitraux.

 On trouve deux ensembles de vitraux : ceux réalisés en 1976 par Pierre du Vorsent, maître-verrier de Lorient qui a réalisé aussi, entre-autres, ceux de la chapelle St-Léonard à Ploemeur en 1980 ou ceux de Locmiquelic en 1970, et d'autres, plus anciens, assez typiques de la première moitié du XXe siècle, dont j'ignore l'auteur. 

 

bourg 5077c

bourg 5078

 

bourg 5079

 

bourg 5080

      Vitrail de l'apparition de la Vierge à Bernadette Soubirou en 1858 dans la grotte de Massabielle à Lourdes :

La Vierge prononce la phrase Je suis l'immaculée-Conception,mais c'est en réalité en patois qu'elle s'est adressée à Bernadette en disant "Que soy era Immaculata Councepciou".

  Le culte rendu à Groix à la Vierge de Lourdes est manifeste, puisque la chapelle sud lui est consacrée (voir "statues").

bourg 5081

Vitrail de la pêche miraculeuse.

  qui a tout-à-fait sa place dans cette paroisse de marins-pêcheurs qui , avec une flottille de près de 300 thoniers en 1914, a connu un développement économique exceptionnel grâce à la pêche du thon et de la sardine.

bourg 5136c

V. Les autres éléments remarquables.

  1. Réuni dans la chapelle des fonds baptismaux désormais vitrée, un "trésor de sacristie" est constitué d'éléments d'orfèvrerie, de paramentique et d'objets du culte.

 

bourg 5098c

bourg 5102c7

 

Moule à hostie (ou "fer à hostie"): 

On distingue les motifs gravées sur le pain azyme , dont le Christ en croix entouré du monogramme IHS. Après cuisson sur un feu clair, on les découpait au rondeau. Elles étaient fabriquées par les Clarisses et les Carmélites, mais le presbytère disposait peut-être d'un fer?

bourg 5112c

 

Vitrine avec la barrette du recteur.

bourg 5116v

 

Ostensoir à six médaillons et encensoirs: 

 

bourg 5109cc

Burettes :

présentées par l'enfant de choeur, elles serviront à trois reprises lors de l'office, notamment pour que le prêtre se lave les mains lors du "lavabo", du nom de l'extrait du psaume 25 qu'il prononce alors (lavabo inter innocentes manus meas et circumdabo altare tuum domine, "je laverai mes mains en signe d'innocence pour approcher de ton autel Seigneur").

bourg 5127c

Bannières : 

Bannière de la paroisse, ou envers d'une bannière de Jeanne d'Arc, puisque la formule "De par le Roy du ciel" est la devise de Jeanne d'Arc, et que les motifs de l'épée, de la couronne et des rameaux de chêne (et d'olivier ?) lui sont propres.

 

bourg 5120c

 

  "Hatoup" terme nautique breton signifiant "tout-dessus", "toutes voiles dehors", est la devise de l'Île de Groix témoignant de sa détermination courageuse. Elle est placée sous les armoiries de la commune :

  • " Parti : au un d'argent à cinq moucheture d'hermine de sable posées en sautoir.
  • ...Au deux d'azur à un bateau de pêche aussi d'argent équipé de gueules, accompagné à senestre d'une falaise de sinople issante du flanc et surmontée d'un phare d'argent allumé de gueules ; à la bordure aussi d'argent.
  • ...Une ancre de sable brochante sur la partition et la bordure, l'organeau soutenu à dextre par un lion de mer et à senestre par un requin, les deux aussi d'argent."

 

bourg 5119c

bourg 5100c

  La brodreie montre un thonier en pêche, qui a abaissé ses tangons afin de faire travailler six lignes équipées d'hameçon. Il a établi la trinquette mais non le foc, la grand-voile (et la flêche de grand-voile visible sur le deuxième dundée), et la voile de tapecul. Des lettres sont peintes à l'avant : CJQ ??

bourg 5105c

 

 

 Bannière de sainte Thérèse. 

Bannière de la Vierge au dessus de la carte de Groix :  : Guerhiez vari steren er mor goarnet enezenn, Vierge Marie étoile de la mer protégez l'île

bourg 5107c  bourg 5108c

 

Chasuble-violon pour la couleur  liturgique rouge. 

 

 

 

bourg 5104c


Chape de couleur verte pour les temps ordinaires de la liturgie. 

bourg 5110c

bourg 5121c

2. Maître-autel contemporain.

bourg 5131c

3. Tabernacle "marin".

  Le tabernacle décoré d'un poisson est placé dans un encadrement constitué d'une ancre avec son jas et  d'un fragment de mât gréé d'une poulie ; l'ancienne poulie profite ici d'une pieuse retraite, mais ses réas et ses joues de bois rêvent encore des garants et des dormants dont elle composait moults palans et cartahus simples ou doubles, forces itagues ou caliornes, sans parler des bredindins, où les dormants des poulies se rejoignent tendrement sur le même crochet. Ah, où sont passées les bredindins de jadis ?

  

  C'est un fanal  babord qui fait office de veilleuse de Saint-Sacrement.

  Tout cela rappelle combien l'accastillage et le gréement d'un navire, comme le navire lui-même, et le poisson qu'il pêche ont alimenté la symbolique religieuse.

bourg 5134v

 

4. Confessionnal "M. le recteur" et escalier hélicoïdal.

bourg 5140c

 

bourg 5139v

Par jean-yves cordier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 12 août 2012 7 12 /08 /Août /2012 16:53

     La chapelle de La Lorette à Plogonnec.

 

      la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, édifice de style néogothique en forme de croix latine sur plan de l'architecte Le Bigot (1872) a remplacé une chapelle du XVème siècle située au bord de la rivière Steir en contrebas. Elle aurait été fondée  par un seigneur de Rubihan (ou Rubien) : emporté par le courant alors qu'il traversait à cheval la rivière, il aurait imploré Notre-Dame de La Lorette de lui accorder son secours.  Ces seigneurs de Rubian sont attestés en 1426, où le manoir d'Alain Rubian, fief d'évêque, figure à la réformation. Plus tard, ils se retirèrent en Penquelennec en Peumerit, et le manoir passa  aux mains des seigneurs de Kerviher.

  Le 31 décembre 1834 a lieu une "donation entre vifs de la chapelle de la Lorette en Plogonnec par Yves Nihouarn de Kerganape [Kerganpé], René Le Berre de Korédan, de René Philippe de Rubihan et de Claude Philippe de Trébourez  à Nicolas Cornic [de Kerlagat] chef actuel de la fabrique de Plogonnec demeurant à Kerlagat. La dite chapelle appartient aux donateurs pour l'avoir acquis par acte notaire le 8 avril 1809 au sieur Joseph du parc demeurant à Quimper. 4E68/Notaire [Claude Henry Joseph] Damey de Plogonnec Archives du Finistère. Le document est complété par les indications accompagnant les signatures et qui signale jean Joncour, cultivateur, témoin.  On peut penser que la chapelle avait été désaffectée et mise en vente à la Révolution, puis acquise par les habitants voisins pour la rendre au culte. Il s'agit bien-sûr de l'ancienne chapelle.

  Le 10 mars 1872 a lieu devant Maître Henri Marie Damey, notaire "la donation par Laurent Hervé Pennarun recteur à Plogonnec à la fabrique de Plogonnec d'un champ nommé Cozqueper et d'un petit champ de terre froide appelé Hent Coz. La présente donation est faite à la charge à la dite fabrique de faire construire sur les champs une chapelle dédiée à Notre Dame de la Lorette." Le recteur avait acquis ces terres en les achetant à Hervé Bezic (?) et Marie-Anne Cosmao, sa femme.

  Le culte de Notre-Dame de Lorette est italien avant d'être breton : C’est par une notice écrite en 1472 par Pietro Giorgio di Tolomei, dit le Teramano, que l’on connaît l’histoire de la « Maison de Lorette » : il n’y avait plus de chrétiens en Palestine ; en 1291 la maison de Marie à Nazareth est transportée par des anges d’abord en Croatie (Dalmatie), puis en 1294 par-delà l’Adriatique vers Recanati dans une propriété appartenant à Loreta (Lorette). La « Maison de Lorette » devient alors un lieu de pèlerinage et de miracles. Ainsi, en 1462 (1464), le cardinal Pietro Barbo, atteint de la peste, en revient guéri et est élu pape en 1464 sous le nom de Paul II, conformément au message de la Vierge qui lui était apparue là-bas en songe. Un culte se développe à Notre-Dame-de-Lorette. En 1632 un office propre à Notre-Dame-de-Lorette s’ajoute au calendrier liturgique le 10 décembre.

  En Finistère, on la vénèrait en l'église de Rédéné (pays de Quimperlé), à Notre-Dame de Lorette de Lanriec près de Concarneau, à la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (Chateaulin) ou en l'église de Plouhinec prés d'Audierne, mais ce n'est qu'à Plogonnec qu'une chapelle porte son nom. En Bretagne, on trouve une chapelle votive à Comblessac (35), Le Quillio (22).

 Le sanctuaire du bord du Steir était sans-doute voué à une autre Notre-Dame, mais sur la carte de Cassini (XVIIIe), le lieu se nomme La Lorete. Rapidement, sur la réputation de guérir de la fièvre, des pèlerins vinrent si nombreux que, tous les sept ans, il fallait remplacer la marche d'acier du portail, usée par le passage des fidèles. Le culte est réactivé à partir de la reconstruction du nouveau sanctuaire, avec le grand pardon se célèbre le second dimanche d'Août, le petit pardon le dernier dimanche de Mai, et la Semaine religieuse se fait régulièrement l'écho de son pèlerinage dès 1890. Des cantiques sont composés : Quelques strophes de ce chant cantique breton de 1872 : E kichenik ar ster vras tre daou venez huel, - En amzer goz, on tadou d’oa savet eur chapel, - Savet eur chape! vian d’an Itron Varia, - A roet o devoa dezi vit hano Loreta. Chapel Intron Loreta zo savet a nevez - Savet gant tud Plogonec, francoc'h war ar menez. / E peb leac’h voa Loreta anavezet bars pell, - A bep tu e tiredjer da bedi er chape!, - Kement a dud a zeue, mar des bet lavaret - E vije a bep seiz vloas eun treujou diruset.

Henri Pérennès signalait trois cantiques bretons édités chez de Kerangal, Quimper. Les deux premiers datant de 1872 : Kantikou Loreta, Histor ar chapel, le troisième portant l'imprimatur du 14 Janvier 1893.

 

 DSCN4682c.jpg

 

 

I. Le vitrail.

Il est intéressant par son thème, mais aussi par les détails qui s'y trouvent et par sa signature.

1°) Le thème est indiqué par l'inscription Gwerc'hez vari diwalit ho pugale. Vierge Marie protège les enfants, formule qui prend tout son sens dans l'après-guerre. La Vierge ouvre son manteau bleu étoilé qu'elle étend en protection au dessus du registre inférieur représentant la paroisse, la chapelle et ses habitants.

                 la-lorette 5583v

 


2°) Détail : le Pardon à Plogonnec.

  Une étoile (venant du manteau de la Vierge) domine la scène où une procession de bretons et bretonnes en costume traditionnel glazig pénètre dans le sanctuaire. Deux bannières sont visibles.

la-lorette 5601c

 

3°) La signature.

C'est une signature plurielle qui mentionne le nom du cartonnier, A. Noël et les noms de l'atelier du maître-verrier, Le-Bihan Saluden, ainsi que la date Quimper 1946 nous plaçant ainsi juste après la Seconde Guerre Mondiale. Au nom de l'atelier s'ajoute celui de deux autres artistes, Y. Dehais et P. Toulhoat, ainsi qu'une indication latine, laboraverunt, "y ont travaillé".

  Une autre "signature" est figurée, c'est le logo carré contenant un poisson et les initiales B.S avec la mention Quimper 1946.

 — André Noël, peintre et cartonnier de ce vitrail  a réalisé avec l'atelier Saluden Le-Bihan un vitrail de l'église de Locoal-Mendon (56). Le blog de J.P. Le Bihan indique que ce cartonnier habitant Paris rue Saint-Séverin, ami de Paul Sérusier de l'école de Pont-Aven a travaillé aussi avec d'autres verriers dont Jacques Simon de Reims. Entré comme cartonnier auprès de l'atelier Le Bihan-Saluden, ami également de Sérusier, mené par Yves Le Bihan et ouvert à Quimper dès la Libération, l'atelier de Brest tenu depuis 1907 par Madame Anna Saluden ayant été détruit par les bombardements.

 

— Yves Dehais (Nantes 1924, Nantes 2013), sorti de l'École des Beaux-Arts de Nantes, a collaboré aux débuts de la manufacture de faïence Keraluc de 1945 à 1948. Formé à la technique du vitrail à l'atelier Saluden-Le-Bihan il a ouvert son propre atelier de vitraux à Nantes 44 rue de la Bastille en  1948 avec l'aide d'un compagnon du devoir. Il élabore de nombreux vitraux d'églises pour le Diocèse de Nantes et au-de là du Département, ainsi que pour des maisons particulières. En 1986, lors de sa retraite, il créa l'Association Art & Culture dont il fût le Président jusqu'en 2008. 

— Pierre Toulhoat a également collaboré à l'atelier Le-Bihan-Saluden comme peintre cartonnier.

— les autres compagnons formés à l'atelier d' Yves Le Bihan sont alors Nicol, Roger Louval, Guy Gouzard et Charles Grall.

la-lorette 5600c

 

4°) Le tympan

renferme des armoiries d'azur, à l'agneau pascal d'argent, au chef cousu d'hermines . L'agneau ne tient ni banderole, ni étendard. On peut les rapprocher de celles  du chapitre de la cathédrale : d’azur à l’agneau pascal d’argent tenant une croix d’or à la banderole d’argent, ou plus vraisemblablement à une part de celles de   Monseigneur Duparc  évêque de Quimper de 1908 au 08.05.1946 et qui se blasonnent Parti : 1) d’azur à l’agneau d’argent – 2) d’or au lion de sable, tenant une crosse – Slt) un chef d’hermines. Devise : Meulet ra vezo jezuz krist (que soit loué Jésus-Christ).  

 

II. Notre-Dame de  Lorette.

 Chanoine Pérennès, 1940 : "Parmi les statues anciennes, il y a une Vierge-Mère, vêtue d’une longue robe sans ceinture, finement ciselée et dorée : c’est Notre-Dame de Lorette".

  L'iconographie des statues de Notre-Dame de Lorette est intrigante ; ici, elle est coiffée d'une tiare, et vêtue d'une robe grossièrement conique, flottante, ornée de quatre bandes horizontales rouges et bleues qui portent des joyaux ronds ou losangiques. Ailleurs, c'est souvent une Vierge noire, portant un Enfant à tête noire. Mais la statue typique, celle qui est produite en série pour la dévotion, est très particulière ; c'est elle que l'on découvre à l'extérieur au dessus du porche occidental. La Vierge couronnée y est comme emmaillotée de bandelettes pour mouler une forme générale conique évasée en cloche vers le bas ; sur la surface lisse du plâtre ou d'une pierre fine, cinq dessins en croissant de lune s'étagent de façon décroissante vers le haut jusqu'à atteindre une forme en demi-cercle, coiffée d'un dernièr croissant convexe dans le sens opposé aux autres. 

  C'est la Virgo Lauretana de la Santa Casa, dont j'ai trouvé les reproductions sous forme de médailles ou de statuettes mais dont je n'ai pas trouvé d'indication sur le modèle original, ni d'explication sur cette forme et sur ces curieux motifs. :

une image trouvée sur le net :

 "

la-lorette 6084c

 

la-lorette 5582c


III. La bannière Le Minor.    

      Voir :  Les bannières Le Minor.

 

              la-lorette 5585c

 

                                   la-lorette 5586v

la-lorette 5592c

 

IV. Les statues.

  Je lis que la chapelle abritait les statues de Notre-Dame de Lorette, saint Tugen (actuellement Eugène), saint Cado, sainte Barbe et saint Michel. Mais c'est bien un Saint Laurent que je découvre, doté, en guise de grill, d'un véritable radiateur de fonte qui ferai pâlir de jalousie plus d'un de nos adeptes du barbecue dominical. 

 

                            la-lorette 5589v

Quand à ce Saint Michel, il avait perdu la lance par laquelle il terrassait le dragon ; une paroissienne a trouvé sans-doute une balance à fléau qui ne servait plus dans sa cuisine et l'affaire fut réglée pour le grand soulagement du diablotin joufflu, cornu et à la queue fourchue qui trouvait lassante l'existence sous cette épée de Damocles. Mais non : le chanoine Perennes dans sa Notice le décrivait déjà ainsi :"un assez beau saint Michel, aux ailes dorées et éployées tenant sa balance de Balanser an eneou, et frappant de sa lance le hideux dragon qui se tord à ses pieds ". En 1940, il avait encore sa lance, et déjà sa balance !

                                      la-lorette 5588c

 

VI Les sablières.

 

   Elles datent de la chapelle primitive du seigneur Rubian. Elles alternent les monstres aux gueules de caïman, les bacchus menant des bacchanales, les fables animalières (le chat et le renard, peut-être tiré du Roman de Renart), les énigmes allégoriques (l'homme aux oreilles mangées par les corneilles ou craves) quelque rébus peut-être (homme caressant l'arrière-train d'un féroce mâtin), les masques entre deux gerbes de blé...

la-lorette 6081c

la-lorette 6087c

 

la-lorette 6088v

 

la-lorette 6090c

 

 

 

la-lorette 6093c

 

 

la-lorette 6094c

 

 

la-lorette 6095c

 

 

Sources et liens.

 

Site de la Mairie :http://www.mairie-plogonnec.fr/histoire-des-chapelles.htm

Site infobretagne. http://www.infobretagne.com/plogonnec.htm

Henri Pérennès, Notice sur Plogonnec, Bulletin diocésain d'Histoire et d'Archéologie du Diocèse de Quimper 1940 http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=61

 

Sophie Duheim   « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest   1998 Volume   105  pp. 53-69 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 

 

 


Par jean-yves cordier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 12 août 2012 7 12 /08 /Août /2012 15:54

               Chapelle St-Albin à Plogonnec. 

  Le village de Saint-Albin (ou sant alc'houen), sur la commune de Plogonnec, se trouve à 8 km à l'est du bourg, sur les confins de Kerfeunteun.

  La chapelle date du XVe siècle ; l'édifice vendue à la Révolution est rachetée en 1809 par les paroissiens, les sieurs Cariou, Seznec et Le Noac'h, qui l'offrent ensuite à la fabrique le 10 octobre 1828. En 1950, la chapelle est reconstruite, à l'exception du clocher du XVIe, par M. Lachaud, qui prolonge la nef par un transept de dimension plus importante et crée une sacristie, conservant l'ancienne fenêtre du chevet, gothique à deux lancettes trilobées, comme ouverture du mur du transept nord. Comme le dit un document, "le reste du bâtiment reprend avec plus ou moins de bon goût des éléments et matériaux contemporains" "épurant" l'aspect intérieur, mais préservant une statue de Vierge primitive du XVIe siècle, les statues de la Vierge à l'Enfant, de  St Albin, St Gurloës, St Sébastien et de  Ste Barbe. Ces statues se trouvaient auparavant dans des niches, réalisées en 1696 où les comptes mentionnent les sommes versées à Jean Le Berre, menuisier et François Morvan, sculpteur. En 1699, ces statues, et les autels furent peintes par Guillaume Nicolas, qui reçut 93 livres.

  La chapelle était, au XVIIe siècle, desservie par un chapelain qui percevait 20 sols pour ses messes le premier jour de l'an, le dimanche gras, le lundi et mardi de Pâques, et 10 sols pour sa messe de la Chandeleur et le jour du pardon, le 1er mars. Plus tard, le pardon eut lieu le premier dimanche de septembre, comme c'est toujours le cas aujourd'hui.

  En 1940, H. Pérennès pouvait encore lire l'inscription H : H : Y : OLLIVIER : 1728 sur la sacristie du XVIIIe siècle. 

 

st-albin 5571c

 

Inscription DERVE : F 1667

  Le patronyme Le Dervé est attesté à Plogonnec (Hervé Le Dervé, décédé le 22 juin 1688 à Plogonnec, père d'Hervé Le Dervé, né le 13 juillet 1673, etc...)

st-albin 5570c

 

Statue de saint Albin en évêque : Albin, ou Aubin, fut l'un des  premiers évêques d'Angers.

Il resterait à expliquer pourquoi une chapelle lui est dédiée à Plogonnec.

 

               st-albin 5558c

              st-albin 5559c

 

 Vierge à l'Enfant.

En 1940, H. Pérennès décrit face à la statue de St Albin, " à gauche, dans une niche à colonnes torses et dont le socle porte MI RE RENE HENAF 1698, une très jolie vierge, simplement drapée : Itron Varia ar c'helou mad." (Bulletin Diocésain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper 1940 n° 61 p. 156 link) René Hénaff ne figure pas dans la liste des recteurs de Plogonnec, puisqu'en 1698, c'étaient Louis des Hayeux puis Claude Salaün qui exerçaient cette fonction. Quand à Itron Varia ar c'helou mad, il s'agit de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, parfois invoquée ou remerciée pour une naissance.

  Par contre, c'était dans la nef qu'il pouvait admirer " sur un socle de granit où est inscrite la date 1576 [date la plus ancienne], une Vierge en bois, presque plate".


                  st-albin 5561c

 

                  st-albin 5560c 

Notre-Dame des Portes (?)  

 

 

                  st-albin 5562v


      Saint Sébastien.

  Il trouvait place jusqu'en 1940 au moins dans une niche à volet. Pour une fois, Sébastien n'est ici ni blond, ni vraiment beau, et malgré son maillot de bain, il ne ressemble pas du tout à un surfer. Mais il garde sa belle indifférence aux flèches de ses bourreaux.

                 st-albin 5563c

 

Saint Gurloës, ou Urlou, Hurlou, Eurlo, 

   Je l'avais confondu d'abord avec un saint Roch. Quelle erreur, car saint Roch montre sa cuisse gauche et son bubon de peste et se fait accompagner par son chien Roquet, alors que saint Urlou, lui, montre son genou droit enflé par la goutte, droug sant Ourlou en breton. En outre, point de toutou pour saint Urlou. Le saint abbé est invoqué non seulement pour ces accès microcristallins d'acide urique, mais aussi contre les maux de tête  et les rhumatismes, ou contre les "maux de rein", sans préciser s'il n'agit que sur les crises de lithiase urique. On s'attendrait plutôt à ce qu'il montre son gros orteil, mais le bon moine n'était point podagre, ou laissait à un confrère le soin de cette forme trop répandue de goutte.

  Ce moine de Saint-Sauveur de Redon du XIe siècle  et premier abbé de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé accéda aux fonctions de prieur de Redon, puis, à la suite d'un rêve du Comte de Cornouailles Alain Canhiart, il s'en alla fonder un monastère à Quimperlé, où il  s'établit avec douze de ses moines. On la nomma abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, et le Comte de Cornouailles  octroya à l'abbaye un fief seigneurial comprenant, entre autre, Belle-Île et Groix (Saint-Ghutiern). Le 14 septembre 1029, il fut béni premier abbé par l'évêque de Nantes Orscand.

  Vingt-huit ans et vingt jours après, le Père Abbé Urlou mourût. En odeur de sainteté, si bien que les moines plaçèrent ses reliques dans la crypte de l'abbaye, et lui élevèrent un tombeau, confiant sur leurs relations avec le pape Grégoire VII pour l'élever à son titre de saint Gurloës. Hélas, les papes se suivent mais ne se ressemblent pas, et Urbain II refusa la canonisation  en arguant sur l'absence de témoignage de miracles, et de synode plénier. Ce que ne fit pas Urbain, le peuple breton le fit, et les paroissiens de Clohars-Carnouët, Le Faouët, Languidic et Lanvénéguen élevèrent des chapelles en l'honneur de leur saint. On voit aussi sa statue à St Ivy, chapelle N.D.-de-la-Route, ou à Bannalec.

 Finalement, il fut béatifié par le pape qui le déclara bienheureux. 

 Ici, saint Urlou est représenté en Abbé, avec la crosse (restaurée récemment sans-doute car le chanoine Pérennès ne voyait qu'un "bâton") , la mitre, un livre, mais pieds nus. Il relève la chape et la tunicelle pour dévoiler son genou. 

 

 

               st-albin 5564c

 

Sainte Barbe.

   On reconnaît la vierge bien connue, toujours attachée à sa pieuse lecture et toujours aussi déterminée à subir tous les martyrs que son père ou que le Prévot veut bien, dans son sadisme, inventer plutôt que de renoncer à ses voeux de célibat et à son attachement aux dogmes de la religion, que le diacre Valentin était venu lui enseigner. Près d'elle, la tour où elle fut séquestrée, et les trois fenêtres de la Sainte Trinité. Voir par exemple  Vierges allaitantes VII : Chapelle de Lannelec à Pleyben, Ste Barbe.

 

                st-albin 5566c

 

 

Le calvaire du XVIIe siècle a été relevé en 1984.

  On (H.P) relevait jadis sur le socle l'inscription I. KNALEGVEN . F , soit I(ves?) Kernaleguen, fabricien. Les généalogistes citent Yvon Kernaleguen, né en 1612 de Joannis Kernaleguen. Il s'agit d'un des patronymes importants de la commune de Plogonnec, puisqu'il se retrouve sur les murs de l'église Saint-Thurien ( pour désigner un fabricien de 1581) ou de la chapelle St-Pierre où un membre de cette famille était fabricien en 1591. Corentin Kernaleguen fut recteur de la paroisse de 1804 à 1805. Kernaleguen est aussi un toponyme, celui d'un lieu-dit de Plogonnec.

  Cette Vierge couronnée tenant l'Enfant-Jésus à droite et un livre dans la main gauche évoque Notre-Dame-des-Portes, telle qu'elle est vénérée à Châteauneuf-du-Faou. L'Enfant tient une pomme. 


                st-albin 5567c

 

 


Par jean-yves cordier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 12 août 2012 7 12 /08 /Août /2012 15:17

   La chapelle St-Thégonnec à Plogonnec.

 

 


  Lors de ma visite, j'ai recherché les éventuelles inscriptions (1701, à droite de la baie du pignon ouest), puis j'ai examiné les statues du choeur (St Thégonnec et St Égarec) ou de la nef ( celle de sainte Marguerite), mais j'ai vite constaté que l'élément remarquable était cette source dont les eaux s'écoulaient à l'intérieur de la chapelle en son mitan, la traversaient transversalement avant de réapparaître près de la porte sud et suivre un trajet linéaire imposé par un agencement de dalles. 

   Revenu chez moi, j'ai lu le texte que propose le site de la mairie de Plogonnec ici : http://www.mairie-plogonnec.fr/histoire-des-chapelles.htm, et j'ai trouvé celui-ci si bien rédigé et si instructif que je ne peux qu'y renvoyer, et me permettre d'en recopier la description de la fontaine. 

 

 

 


                                 st-thegonnec 5471c

 

st-thegonnec-5475v.jpg

 

                                               st-thegonnec 5467c

 

st-thegonnec 5469c

 

st-thegonnec 5453c

                                                st-thegonnec 5458c         st-thegonnec 5459c

 

  "L'édifice rectangulaire datant de 1701 semble très vraisemblablement avoir été établi sur un lieu de culte antique, où l'eau tenait un rôle essentiel. Il s'agissait probablement d'un ensemble de rituels dédiés à la déesse païenne Sirona dite aussi Dirona. Cette hypothèse est étayée par la présence de deux fontaines qui sourdent non loin l'une de l'autre ." (site de la mairie)

 

 

st-thegonnec 5450c

  "Le mur nord accueille une petite fontaine qui fait toute l'originalité de cet édifice; Elle comprend un premier bassin hémisphérique encastré dans une niche en arc outrepassé dont le fond est orné par le socle destiné à recevoir la statuette de saint Egonnec. Un second bassin circulaire permet aux fidèles de faire leurs ablutions. Il déborde ensuite dans une conduite forcée faite de grandes dalles au travers de l'édifice" ( site de la mairie)

                                      st-thegonnec 5465c

"Le filet d'eau jaillit ensuite à l'extérieur par un déversoir situé au bas de la porte de la façade Sud, puis s'écoule par une autre conduite dallée et enterrée au travers du placître. Cette eau est réputée pour guérir les fièvres. Plus loin dans le placître un petit escalier de pierre conduit à une seconde fontaine logée sous une grande dalle. Cette fontaine aujourd'hui tarie , est dédiée à saint Egarec. On y soignait les maux d'oreilles."

 

 


                                   st-thegonnec 5466c

 

    Le nom de cette déesse Sirona, Thirona ou Dirona dériverait  d'une racine celtique stir- qui a donné steren en breton, "étoile" : son nom signifierait "astral" ou "stellaire". Ce serait une déesse lunaire (équivalent de Diane), parèdre d'un  Grannos solaire formant un couple indissociable du panthéon gaulois. Les statues de Sirona la représentent souvent tenant un serpent ou coiffée d'un bandeau portant un serpent. Un autel votif à Sirona a été découvert en 1833 dans le pays de Dinan. 

Par jean-yves cordier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 11 août 2012 6 11 /08 /Août /2012 14:36

La chapelle de St Pierre à Plogonnec.

 

  Voir les précédents articles sur Plogonnec:

Église de Plogonnec : statues et bannières.

Église Saint-Thurien à Plogonnec II : une inscription du tonnerre!.

Les vitraux de Plogonnec I : Saint Sébastien

Les vitraux de Plogonnec II : le Jugement dernier.

      Vitrail de Plogonnec III : la Transfiguration.

  Les vitraux de Plogonnec IV : Vitrail de la Résurrection.

 

Vierges allaitantes X : La chapelle St-Denis de Seznec à Plogonnec. 

La chapelle St-Thegonnec à Plogonnec.

  I. Présentation.

DSCN4643c

   La chapelle St-Pierre de Plogonnec a été édifiée, en bordure du bois de Névet, sur l'ancien site de la chapelle seigneuriale des seigneurs de Névet. Ceux-ci occupèrent une place de premier plan dans la région depuis Hervé Ier (av.1270-1309) jusqu'à Malo Ier (1699-1721), accédant au titre de baron au XVIe siècle, puis à celui de marquis au XVIIe, et aux fonctions de gouverneur de Quimper ou à celle de colonel du ban et de l'arrière-ban de Cornouaille. Leur premier château se trouvait sur la paroisse de Plogonnec, mais en raison de démêlés avec l'évêché de Quimper, ils le démontèrent pour le rebâtir de l'autre coté de la forêt de Nevet, à Lezargant sur la paroisse de Kerlaz.  C'est là ( Vierges allaitantes IV, Kerlaz, église Saint-Germain, les vitraux, 3ème partie.) que j'ai découvert la vié édifiante de René de Névet. 

  Claude Ier de Névet ( baron de Névet et seigneur du lieu de 1585 à 1597) épousa en juillet 1585 Elisabeth d'Acigné. Il se soucia de reconstruire l'ancienne chapelle seigneuriale, et y apposa une plaque commémorative où on peut lire  ceci :

Clavigeri templi quod longum diruit aevm

Claudius hic Nemeus primo fundamenta jecit

Tertius Henricus Francos cum jure regebat

Pontifice et summo Sixto tum presule Carlo

Ac humil(is) pastor Lodoicus sacra ministra(ba)t 1594.

  On admira les très nombreuses lettres conjointes (TE, AV, HE, NR , etc...), on notera la forme abréviative 9 pour remplacer la finale -us (prim9, terti9, Henric9, Lodoic9), on s'amusera du mot presule, qui, après avoir désigné pour les romains le chef des danseurs dirigeant les choeurs de danse puis "le chef, le président" désigne ici l'évêque !

st-pierre 5477c

  Vous ne serez pas plus long que moi pour résoudre la petite énigme des premiers mots Clavigeri templi, que le bon chanoine Pérennès avait traduit (BDHA 1940 p. 154, note 23) par "le temple du Porte-clefs". Clavigeri, c'est bien-sûr de Saint-Pierre qu'il s'agit, et nous traduisons donc :

 La chapelle de St-Pierre étant tombée de vétusté,

Claude Premier de Névet en jeta les fondations 

Sous le régne de Henri III roi de France,

Sous le pontificat de Sixte (V) et l'épiscopat de Charles (du Liscoat)

Et durant le saint ministère de l'humble recteur Louis (Le Noy) 1594.

  Tout concorde ... presque puisque Louis Le Noy ne fut recteur qu'à partir de 1596 (et jusqu'en 1623, juste avant Guillaume Toulguengat et René Seznec dont les noms sont sculptés à la chapelle de St-Denis en Seznec), ou encore puisque Sixte Quint ne fut pape que de 1585 à 1590. Charles du Liscoat fut bien évêque de Quimper de 1583 à 1614, mais Henri III ne régna que de 1574 à 1589. On en conclue que le texte fut rédigé avant 1589, ce qui est cohérent avec une autre  inscription lapidaire Belinger 1588.

  La chapelle en forme de croix latine a donc été construite entre 1588 et 1594 pendant la guerre de la Ligue, sous Henri IV ; puis son pignon Ouest fut repris au XVIIe siècle (dates 1614 et 1616) alors que la sacristie porte la date de 1674 et le clocher du XVIIIe siècle (dates 1765 et 1769). 

  


 

II. Les inscriptions extérieures.

1. Le clocher  

  Construit au cours du XVIIIe siècle, il est à balustrade, cantonné de canons de pierre faisant office de gargouille et doté d'une tourelle contenant l'escalier d'accès à la chambre des cloches. Il fut frappé par la foudre en 1992 et restauré en 1995.

  Au dessus des cloches, un dôme bulbe est surmonté d'un lanternon. On y lit :   HENRY . OMNES DE . ROSAVEN F. 1?75, RENE . LE . HENAFF / DE KHERVAN . F. 1765

  Il faut lire : Henri Omnes de la ferme de Rosaven, et  René le Henaff, de la ferme de Kerhervan ; actuellement orthographiée Kerherven, elle est toujours (selon le web) en exploitation par un GAEC de Kerherven au lieu-dit Kererven.


 

                st-pierre 5503c

 

st-pierre 5504c

 

st-pierre 6033c

 

st-pierre 6035c

 

Sur la tourelle d'accès : LE DOARE CHAPALAIN 1769 / E. PHIL/LIPPE : F

  Les patronymes Le Doaré, Chapalain et Phillipe sont attestés à Plogonnec


 

st-pierre 5519c

 

 

Le pignon Ouest de la chapelle : 

  Elle est de pure inspiration Renaissance et en décline le vocabulaire architectural : volutes terminant les contreforts, colonnes galbées et cannelées, chapiteaux ioniques supportant un fronton triangulaire sous lequel se lit une date 16??, porte à voussure bloquée par une clef feuillagée en agrafe.

 

st-pierre 5507cd

A gauche du portail : J. JONCOVR 1616

  On n'omettra pas de noter le N rétrograde du patronyme : 

st-pierre 6037c

 

 

 

A droite du portail : Y. MAP . F. 1614.

st-pierre 5506c

 

 

 

 

Porte latérale facade sud : 

      La Facade sud est de style gothique

Sur la porte : COSMAO F QUAG (?) 1784 

 

st-pierre 5497x

 

  Au dessus, encadrant le pinacle gothique : Y. QVEO C 1608 FA (Y. QVEO FA 1608, correspondant au patronyme Le Quéau ).


st-pierre 5527c

 

 

 

 


Porte gothique du transept sud :

st-pierre 5502c

 

Facade ouest du transept sud : BELINGER 1588 H. LAGALLAY 

DSCN4631c

 

Sur le pignon de la chapelle sud : QVERNALEGVEN : FA: 1591

  La famille Kernaleguen est attestée à cette date à Plogonnec (Yvon Kernaleguen, né en 1612 de Joannis Kernaleguen)

DSCN4641c

 

Au dessus de la fenêtre de la sacristie au  nord : M . Y. NIHOVARN PRESTRE  ET CHAPELAIN : G. LE DOARE : F 1674


st-pierre 5511c


 

 

 


III. l'intérieur.

 

 

 

   Le choeur est composé d'un maître-autel à retable et de deux niches abritant les statues de St-Pierre à gauche et de Notre-Dame à droite. Cet ensemble a été réalisé en 1677 par l'atelier Le Déan de Quimper, puis le retable a été repeint par maître Hauteville de Locronan en 1694. 

st-pierre 5492c

 

  On raconte que ce sont les filles d'un des derniers seigneurs de Névet qui ont servi de modèles pour les deux femmes encadrant le tabernacle ; et il faut reconnaître que les traits de ces deux anges thuriféraires sont suffisamment caractéristiques pour se prêter à cette supposition. Ce serait alors, en 1677 les filles de René II de Névet et d'Anne de Guyon Matignon...qui eurent, de mémoire, un fils et une fille !

DSCN4618c

 

DSCN4619c

 

Notre-Dame du Bon-Secours, Itron Varia guir zicour.

 

                DSCN4617c

  Saint Pierre, St Pêr. 

Les armoiries qui surmontent la niche sont, selon Henri Pérennès, "de fantaisie". Le saint et apôtre "clavigère" est saisi en plein mouvement de présentation de la clef de notre salut, en grande tenue de premier évêque de Rome et de premier pape selon le dogme de la primauté pontificale.

 

               st-pierre 5487c

  

Dans le bras de transept nord : Sainte Anne dans une scène de Sainte éducation.

 Anne, la tête couverte d'un pli de son manteau, assise, "apprend à lire" à Marie, debout, les cheveux libres comme toute jeune fille. Elle lui indique plutôt, dans les saintes Écritures, comment les prophètes ont annoncé sa destinée et celle de son Fils. Les mains de la mère et de la fille se rejoignent, co-optant résolument le rôle qui leur est dévolu dans le plan divin de l'Incarnation. Sous le pied de sainte Anne, la tête d'un angelot rappelle que c'est un ange qui a annoncé à chacune d'entre Elles leur virginale nativité.

 

              st-pierre 5480c

 

             st-pierre 5482c

  Au sud, dans le bras de transept, la statue  de la Vierge de l'Apocalypse. 

  Ou plutôt celle de la Vierge de l'Immaculée-Conception, comme l'indique l'inscription en breton Mari, conçevet hep pec'het.

  Elle foule la démone qui entoure vainement l'orbe de sa queue serpentine autour des pieds de la Nouvelle Éve. Cette démone posséde les traits habituels qu'elle présente sur les arbres de Jessé bretons, la tête dressée mi-arrogante mi-spasmée de douleur et les seins "discoïdes" plats car stériles mais suffisamment marqués pour affirmer sa féminité malèfique.

 

          DSCN4623c

  Dans le bras sud du transept également, saint Jean présentant son Évangile.

 

            DSCN4624c

 


 Dans la nef, un beau Christ en croix.

 

                 st-pierre 5496c

 

Les sablières :

 

st-pierre 5493c

 

st-pierre 5494c

 

st-pierre 5495c

 

 Près de la porte du transept sud, un bénitier a été confectionné en récupérant le croisillon d'un calvaire portant l'inscription RECTEVR 1644 : c'est René Seznec qui était "pour lors", responsable de ce saint ministère. Sur le fût, l'emblème des armoiries des seigneurs de Nevet, un léopoard morné (blason " d'or au léopard morné de gueules") . Je rappelle qu'un lion est nommé "lion" en héraldique s'il sa tête est de profil, et "léopard" s'il sa tête est, comme ici, de face.  Et que ce léopard est dit "morné" s'il est dépourvu de griffes, de langue et de dents (mais sans être dépourvu de sexe, ce qui serait particulièrement infâmant). La position normale du lion est d'être "rampant" (dressé sur l'une des pattes arrière) et celle du léopard est d'être "passant", avec le corps de profil, allongé en appui sur trois pattes.

  En 1644, c'était le baron Jean III de Nevet (1616-1647) qui tenait le château de Lezargant avec son épouse Bonaventure de Liscoët.

st-pierre 5486c

 

III le calvaire.

  Il a été édifié en 1644 par Roland Doré, et qui dit Roland Doré, de Landerneau, dit kersanton bien-sûr. C'est un réassemblage héteroclyte d'élements provenant d'un calvaire antérieur.

  Il est décrit ainsi par l'atlas des croix et calvaires du Finistère coordonné par Y. P. Castel : 

1559. Saint-Pierre, g.f. 4m. 1644, XXe s. Trois degrés, corniche. Socle hémisphérique, inscription sur deux lignes : QVID TIBI MORTIFEROS PEPERIT SIC XPS DOLORES QVID QVOQVE VESTE TVA SPOLIAVIT. AMOR. (D'Où vient que tu soufffres, O Christ, jusqu'à en mourir, d'où vient que te vilà nu, vêtements arrachés ? La seule réponse est Amour). Statues géminées : Vierge-Paul, Jean-Pierre. Croix de granite récente, crucifix métal.

J'ai omis de photographier l'inscription latine, difficilement lisible mais dont je découvre le texte magnifique. J'ai photographié saint Pierre et saint Paul.

st-pierre 5523c

 

st-pierre 5525v

 

 

Source http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=61

http://www.mairie-plogonnec.fr/histoire-des-chapelles.htm

http://fr.topic-topos.com/chapelle-saint-pierre-plogonnec


Par jean-yves cordier
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • Le blog de jean-yves cordier
  • : nature patrimoine finistère papillon chapelle Environnement
  • : Le partage de photographies de tout ce qui, dans la nature, porte les ailes de la grâce : un blog pour ouvrir autant de fenêtres que possible sur mon coin de Bretagne, autour de Brest et de Crozon, et un blog aussi pour faire vivre tous les mots savoureux de la zoologie. De l'émerveillement, mais aucune compètence, ne prenez mes identifications d'espèce animale qu'avec beaucoup de réserve.
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recherche

Profil

  • jean-yves cordier
  • Le blog de jean-yves cordier
  • "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers". Pythagore. "Laudato ingentia rura ; exiguum colito" Virgile, Gé. II, v.412, "Fais l'éloge des grands domaines ; cultives-en un tout petit."
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés