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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 22:34

          Chapelle Ste-Tréphine à Pontivy.

 

  Il s'agit de l'ancienne chapelle tréviale de Stival, datant du XVe siècle, reconstruite au XVIIe siècle sur un plan rectangulaire et dont la charpente lambrissée date de 1653 ; ce lambris a été peint en 1704. Elle est dédiée à sainte Tréphine, Tryphine, Triphine, Triffine ou Tréffine, en breton sant Trifin, sainte martyre du VIe siècle victime d'un des précurseurs de Barbe-Bleue, et qui était invoquée pour les enfants malades, ceux qui arrivent après terme ou ceux qui tardaient à marcher .

  Le nom Trifina ou Trivina apparaît, selon Albert Deshayes comme la forme féminine de l'anthroponyme masculin Trivin, apparenté au gallois triw, "vrai, exact, fidèle".

 

  Elle est fêtée le 7 novembre et son fils Trémeur le 21 juillet.


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Armoiries sur la poutre avec la date de 1625.

  Les six besants (d'or?) sur fond de gueules évoquent les Malestroit. Ailleurs, les Rohan ont frappé de leurs macles (losanges) et d'hermines les entrants.

 

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 I.  Les représentations de sainte Tréphine.

 

Le grand retable, et les statues de sainte Tréphine et de sainte Noyale, date de 1819 et a été réalisé ou restauré par Jean Le Chevallier, "peinte de Sourn".

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Statue de la sainte en "céphalophore", portant sa tête.

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Statue de procession installée sous son baldaquin couronné, sur son brancard, et vêtue d'une chasuble de la liturgie des Défunts.

  Sur sa tête, un turban rouge orné de pierres précieuses.

 

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  Au dessus de l'autel, un tableau représente le mari cruel Conomor à cheval s'apprêtant à trancher la tête de son épouse. Il est habillé d'une tenue de cuirassier, et la bave de son cheval témoigne de sa rage. 

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II. Le lambris peint et ses neuf tableaux.

  Il a été peint en 1704 par  Jean-Baptiste Le Corre et sa femme. Les maître-peintres de Pontivy  Le Corre père et fils (Louis et Jean) furent actifs de 1685 à 1745 ; on les trouve désignés comme sieur du Pont, et ils signaient leurs oeuvres Dupont. On retrouve aussi un Martin Le Corre, en 1736, ou auteur du retable de Stival en Pontivy, paroisse où Louis avait peint le lambris.

   Leur oeuvre est abondante en Centre-Bretagne et concerne des lambris, des retables, des tableaux ou des restaurations de dorure : lambris de l'église Saint-Cornély à Carnac en 1731, lambris de Saint-Mériadec à Stival,  chapelle Ste-Suzanne à Mûr-de-Bretagne, plusieurs toiles de la chapelle St-Mélec à Lanouée ou à la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours à Rohan, tableau de l'église de Trévé (22), etc...

    La voûte lambrissée comporte neuf tableaux racontant la vie de sainte Tréphine décapitée par son mari Conomor et ressuscitée par saint Gildas. Les tableaux en forme de médaillons portés par des anges s'intègrent à des éléments architecturaux où s'adossent des atlantes , à des pavillons, des rinceaux ou des teintures, des feuillages d'acanthes. Ils sont légendés par des cartouches à l'écriture appliquée.

   Malgré une facture naïve, il s'agit d'un vrai travail d'ornemaniste, dans le sens donné au XVIIIe de "peintre, sculpteur  ou dessinateur d'ornements pour les plafonds, panneaux ou lambris ou pour les vaisseaux", ou, comme l'expliquait Claude Perrault, "toutes les choses qui ne sont point les parties essentielles, mais qui sont ajoutées seulement pour rendre l'ouvrage plus riche et plus beau". L'artiste puise dans des recueils d'ornements, où abondent les modèles de feuilles d'acanthes, rosaces, coquilles, palmettes, rubans, cartouches ou trophées. Parmi les artistes les plus connus figure Charles Le Brun (1614-1690) et son élève Jean Bérain père (1640-1711), ornemaniste du roi, ou encore Jean Lepautre (1618-1682), mais il faut tenir compte aussi des ornemanistes des arsenaux de Marine à Lorient ou à Brest 

 

 1.

 "Guérok compte de Vannes donne sa fille en mariage au compte Gonomor sous le cauptionnemt de St Gildas d'un report vi pour vie" "A ésté peint lan 1703".

 

 

 

 

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2.     

  La sainte se voyant grosse fuit la tyrannie de son mary et ....l'atrape sous le bois de Lannaux.

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3.

La sainte se voyant poursuivie par son mary se jette de cheval et se cache dans le bois de lanuos mais lui layant trouvé la prend par les chveux luy tranche la tête.

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4. 

Guerock averti par les serviteurs de la sainte de sa mort va avec les gens d'armes et faict transporter son corps dans son chateaux de lermine à Vannes.

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      5.

      Le père de sainte Tréfine vient trouver St Gildas dans son hermitage pour lui déclarer la mort de sa fille et lui souvenir de son cauptionnement

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6

St Gildas estant arrivé au chateau de finance le jeta par terre d'une poignée de sable.

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7. 

St Gildas estant randue à vannes vat au chateau de l'Ermine trouva la ste morte sur son lit il luy remit la teste sur le corps et la resuscita.

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8.

Après estre resuscité elle accoucha d'un fils qui fut nommé Trémeur elle fit bâtir à Vannes où elle finit sa vie.

 

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Statue de saint Louis.

  Placée dans une niche située à droite du maître-autel avec la légende St LOUIS ROY DE FRANCE, elle représente Louis IX présentant la couronne d'épine qu'il a obtenu en août 1238 auprès de Baudouin II, dernier empereur de Constantinople, pour 40 000 livres tournois.

 

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  Statue de saint Isidore.

  Malgré, ou à cause de la petite taille de cette statue, c'est l'une des plus attachantes de celles que j'ai rencontré autour de Pontivy ; elle a perdu le bras droit qui tient traditionnellement la faucille, mais on a attaché une belle gerbe de blé au bras gauche par  une ficelle à gâteau dorée. On admire sa culotte plissée, ses guêtres à sept boutons latéraux, ses chaussures noires, mais surtout sa veste rouge plissée sur le coté, à revers doré et à treize boutons dont les petites poches au rabat boutonné, sais-je pourquoi ?, me séduisent comme ces détails trop réels d'un jouet. Et le chapeau, où est-il passé ?

  Ce n'est pas le costume "mouton blanc" connu au XIXe siècle à Pontivy, mais le costume des paysans, sans particularité régionale, des siècles précédents.


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  Données sur la légende de sainte Tréphine.

 

  La lecture de la bande dessinée des huits tableaux précédents ne donne qu'un aperçu partiel de la légende de sainte Tréphine, et laisse néanmoins dans l'ombre son argument principal : la terrible manie du "meschant et vicieux" Comonor, le mari, lequel, ne supportant pas l'idée que son épouse donne le jour à un enfant, poignarde celle-ci sitôt qu'elle se retrouve enceinte, se faisant veuf comme d'autres se font hara-kiri : or, il avait déjà abusé de "cette manière la plus cruelle et la plus détestable d'abuser du sacrement du Mariage" (dom Lobineau) laquelle consistait en somme "pour assouvir sa concupiscence & pallier ses saletez plutost que pour désir d'avoir lignées, à traiter ses femmes plûtost en qualité de concubines que de légitimes épouses" (Albert Le Grand).

  Nous avons donc affaire à un thème dont l'histoire biblique de Tobie a exposé la version féminine avec le personnage de Sara et de ses sept défunts maris : si Tréphine avait lu son histoire, elle aurait fait brûler du fiel de poisson le jour des noces et alléluia ; mais le lut-elle le long livre au lent débit du laid Tobie ?

  L'autre aspect qui nous échappe en levant le cou vers les lambris peints, c'est que le comte Guérech (ou Waroch 1er)  n'est absolument pas en position de refuser sa fille à l'irascible Conomor (son nom signifie "grand chien"), qui est roi de la Donomée (la partie nord de la Bretagne), comte du Poher, et protecteur de Guérech, qui ne régne que sur le vannetais (Bro-Waroch ou Bro-erec).

  Par contre, ici, la mention d'un cautionnement de saint Gildas "d'un report vie pour vie" (si je déchiffre bien le cartouche) me semble beaucoup plus explicite que les versions de la Vita d'Albert le Grand et de Dom Lobineau : si tu la tues, Dieu reprendra ta vie.

  Il resterait à identifier ce bois de Launnois, ce chateau de l'Hermine et de Finance (dans la région de Vannes) :le chateau de l'Hermine est l'ancien chateau de Jean IV à Vannes.

  Mais avant de vous laisser le soin de vous régaler des récits proposés en lien, je vais me payer le plaisir de recopier le passage le plus beau. A vos mouchoirs !

 

 "Comorre se rendit à Vennes & épousa sa Dame dans le Chasteau de Vennes, & l’ammena avec soy en ses terres, la traittant assez respectueusement, jusqu’à ce qu’il sentit qu’elle fut grosse ; car lors il commença à la regarder de travers ; ce qu’apercevant la pauvre Dame, &, craignant la fureur de ce cruel meurtrier, resolut de se retirer à Vennes vers son pere pour y accoucher, & puis, aprés s’estre délivrée de son fruit, s’en retourner vers son mary. Cette resolution prise, elle fit, d’un bon matin, équiper sa Haquenée, &, avec peu de train, sortit avant jour du Chasteau, & tira le grand galop vers Vennes ; le Comte, à son reveil, ne la trouvant pas prés de soy, l’appelle & la fait chercher par tout ; mais ne se pouvant trouver, il se doute de l’affaire, se lève et s’accoustre promptement, prend la botte, monte à cheval, la suit à pointe d’espron, & enfin l’attrape à l’entrée des rabines d’un Manoir hors les faux-bourgs de Vennes. Elle, se voyant decouverte, descend de sa Haquenée, &, toute éperduë de crainte, va se cacher parmy des halliers en un petit boccage là auprés ; mais son mary la chercha si bien qu’il la trouva. Lors la pauvre Dame se jette à genoux devant luy, les mains levées au Ciel, les jouës baignées de larmes, luy crie mercy ; mais le cruel bourreau ne tient conpte de ses larmes, l’empoigne par les cheveux, luy desserre un grand coup d’épée sur le col & lui avale la teste de dessus les espaules, &, laissant le corps sur place, s’en retourna chez soy. " 'Albert le Grand)

 

sources : 

 

         Concernant saint Trémeur, qui perdit la tête en digne fils de sa mère  voir : Chapelle Saint-Trémeur à Plougastel.   

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Published by jean-yves cordier
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