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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 17:22

 

  TAXIDERMIE ET COLLECTIONS ORNITHOLOGIQUES AU XVIIIème ET XIXème SIECLES. (3)

 

 

III. Les collections naturalistes -  les muséums.

 

1. Les Cabinets de curiosité.

 

Passons rapidement sur ceux-ci : ils sont, à la Renaissance et au XVIIème siècle, les lieux de collecte d'objets insolites, fantastiques, exotiques ou rares : des "chaos organisés". Ces cabinets font l'objet de catalogues qui circulent dans toute l'Europe.

  -Citons d'abord une exception, celui d'Ulisse Aldrovandi (1522-1605) à Bologne au XVIème siècle. Le cabinet de curiosité apparaît comme un phénomène majeur en Italie à cette époque et de très nombreuses collections étaient réalisées dans la seule ville de Bologne. Le cabinet d' Aldrovandi fut l'un des plus importants d'Europe si on excepte les collections princières, royales ou papales. Surtout, elle s'écarte de ces dernieres et de leur but ostentatoire car elle se place dans un dispositif de construction exhaustif du savoir scientifique. Le maître déclaré d'Aldrovandi est Aristote, et son disciple bolonais refuse la simple énumération des realia au profit d'un projet de description, de classification et d'insertion dans un ensemble plus vaste où le cabinet de curiosité forme un tout avec le jardin botanique, avec l'oeuvre écrite (360 volumes !) et les illustrations tirées des objets collectés. Il s'agit de donner à voir il theatro di natura, un microcosme du monde, et du savoir, universel. Aldrovandi cite les 4454 tiroirs de ses deux armoires consacrées à la minéralogie, les 14 gros volumes de ses herbiers, mais dispose aussi de spécimens de zoologie séchés ou naturalisés.

- le cabinet de Conrad Gessner,

- les cabinets des apothicaires : de Besler ;  de Francesco Calzolari à Vérone, représenté sur une gravure de 1622, et dont le catalogue date de 1584 ; et  d'Imperato Ferrante, à Naples : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_2003_num_91_340_5556

 

-Ole Worms (1588-1654), médecin danois.

-Rodolphe II du Saint-Empire (1552-1612). Il faudrait plutôt citer le peintre Arcimboldo, qui enrichit les Wunderkamen de Ferdinand I, Maximilien II puis de Rodolphe II à Prague de ses ghiribizzi et tableaux allégoriques maniéristes.

-Honoré d'Urfé (1568-1625), l'auteur de l' Astrée.

- Georg Everhard Rumphius (1627-1702), architecte employé de la Compagnie des Indes Occidentales.

- Albertus Seba (16665-1736), zoologiste et pharmacien hollandais, dont la première collection est vendue au tsar Pierre-le-Grand (elle sera l'amorce du Muséum de Saint-Petersbourg) et dont le catalogue de 1710, le Thesaurus, est constitué de quatre volumes de 51 cm et de 9 kg chaque ; il est riche de 446 planches de serpents, de mammifères, d'oiseaux, de mollusques et d'insectes.

- Sir Hans Sloane (1660-1756), médecin et naturaliste, mais surtout collectionneur. Il racheta le cabinet de curiosité de William Courten en 1701. Il détenait 1172 spécimens d'ornithologie (peaux, squelettes, oeufs, nids).

- Réaumur de Ferchault, qui réunit le plus grand cabinet naturaliste de France.

-Le Cabinet du Roi, créé en 1729 au Jardin du roi, et dont les collections confiées à Buffon sont décrites par Daubenton dans l'Histoire Naturelle de Buffon.

 

2. XIXème siècle :Les muséums d'histoire naturelle et les collections privées.

   Si le XVIIIème siècle fut saisi par la fièvre des découvertes et des explorations, le XIXème fut LE siècle de la passion pour l'histoire naturelle et  revues, sociétés, amateurs d'entomologie, d'ichtyologie, de botanique, de mycologie, de malacologie, de paléontologie ou d'ornithologie se multiplièrent.

Après que le Muséum National d'Histoire Naturelle ait été fondé le 10 juin 1793, chaque ville voulu avoir son muséum, et de 1820 à 1850 c'est au rythme de 2 muséums par an que ceux-ci apparurent...Il fallu satisfaire la demande explosive en spécimens naturalisés.

  Pour se donner une idée du nombre d'individus prélevés sur le stock naturel, on peut se référer aux chiffres suivants : actuellement, le Muséum de Washington dispose de 125 millions de spécimens, celui de Londres 70 millions, et celui de Paris 60 millions.

  La conservation d'animaux naturalisés s'impose dans un but didactique (éduquer le public ou satisfaire sa curiosité), dans un but scientifique ( permettre l'étude des animaux) et dans un but taxinomique lié à la notion de type.

 

 La notion de type en zoologie.

   L'un des premiers à en décrire la nécessité est Mathurin Jacques Brisson.

 En biologie, un typenomenclatural est un élément de référence attaché à  un nom scientifique, à partir duquel une espèce vivante (ou ayant vécu), a été décrite. Il désigne le matériel original ayant servi à la typification. Un "spécimen" est défini en zoologie  comme l'exemplaire d'un animal, d'un fossile ou d'un travail d'un animal, ou d'une partie de ceux-ci.  Ce peut être un spécimen conservé (par herbier en botanique, lyophilisation en mycologie, naturalisation en zoologie ), ou une illustration (on parle alors d'iconotype) si elle respecte les conditions du Code de Nomenclature. L'holotype est le spécimen original, explicitement désigné par l'auteur du nom dans sa publication originale. C'est l'holotype porte-nom. En l'absence de cette précision, tous les spécimens sont des syntypes, à moins qu' un lectotype soit désigné.

  Le protologueest l'ensemble des informations associées à un nom d'éspèce dans la publication originale. On peut y trouver une diagnose, une illustration, des rèfèrences, une synonymie,une situation géographique, et une citation de spécimen : c'est celle-ci qui fixe l'holotype.

 

La conservation, dans les muséums, des types leur confère un rôle clé en taxinomie. Aussi, au Muséum National d'Histoire Naturelle, Claire et Jean-François Voisin, du département Systématique et Evolution, nous explique  qu'alors que  les oiseaux étaient  jadis exposés au public , dans la seconde moitiè du XXème siècle, les spécimens susceptibles d'être des types furent démontés et placés dans des boites assurant une meilleure conservation.   Chaque spécimen reçoit une étiquette mentionnant, outre son nom, la référence de description, le nom usuel, le numéro au Catalogue Général.  Les types font l’objet de la publication de catalogues par familles ou ordres. Le dix-septième catalogue du Muséum _MNHN_serait sous presse dans Zoosystema.

 

Prenons un premier exemple, concernant le Cormoran huppé. Lors de son inventaire de la Corse, Charles Payraudeau décrivit dans le volume 8 des Annales des Sciences Naturellesd' Audouin, Brongniart et Dumas, Paris 1826, deux espèces :

  -La Mouette d'Audouin, Larus Audouiniipages 462-464,(actuellement Goéland d'Audouin, Ichtyaetus audouiniiPayraudeau,1826, (synonyme Larus audouinii) décrite en latin puis en français, précisant son habitat, ses moeurs, son régime. Elle est dédicadée à "son excellent ami " Victor Audouin (1797-1841).

   - Le Cormoran de Desmarest, Carbo Desmarestii,pages 464-465, (actuellement sous-espèce Phalacrocorax carbo desmarestii)  dédié "à M. Desmarest, dont les nombreux travaux contribuent si puissamment, chaque jour, aux progrés des sciences naturelles ".

http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=2139

   L'article Alauda, 1998, vol.66,n°1, pp64-66, de J.F.Voisin, Vimpere J., Yesou P. nous explique que Charles Payraudeau fonda sa description de ces deux espèces sur au moins deux spécimens. Le spécimen-type de Carbo Desmarestiiest encore représenté par le spécimen n°00049 du Musée ornithologique de la Chaize-le-Vicomte, qui est désigné comme le lectotype, et par le spécimen n° 87038 du Musée d'Histoire naturelle de Leyde (Nederland), qui est un paralectotype.

   Le spécimen-type du Goéland d'Ardouin est conservé au Musée d'histoire naturelle de Leyde sous le numéro 87581, il est le lectotype de ce taxon.

 

 Prenons un deuxième exemple, qui permet d'illustrer les relations entre la taxidermie, les collections des muséums et les grands voyages maritimes : le Manchot   antipode, ou manchot à oeil jaune, se trouve exclusivement au sud de la Nouvelle-Zélande. Son nom scientifique est Megadyptes antipodes Hombron & Jacquinot , 1841. Trois spécimens ont  été ramenés par Hombron et Jacquinot des îles Auckland lors du voyage de l'Astrolabe et de la Zélée, ils décrirent cette espèce  dans les Annales de Sciences naturelles (Zoologie), 2ème série, 16: 320 sous le nom de Catarrhactes antipodes, et les spécimens arrivérent dans les collections du Muséum National d'Histoire Naturelle : ils y figurent dans le Catalogue Général sous les numèros 2000-3292 , 2000-3293, et 2000-3294. Le premier est le lectotype, les deux autres sont les paralectotypes. ( J.F.Voisin et J.L.Mougin, Liste des types d'oiseaux des collections du Muséum National d'Histoire Naturelle de paris, 11, Manchots (Spheniscidae ) 2002).

 

Quelques collections visibles en France. (dans le désordre) Mon but en les énumérant est de montrer leur importance et leur nombre.

 

-Musée Geoge-Sand et de la Vallée noire à La Châtre (Inde).

  Il possède 3000 pièces dont 400 sont exposées dans des vitrines thématiques : rapaces, oiseaux de mer, canards, oiseaux exotiques, oiseaux de Brenne ou de la vallée de la Creuse. On y note la présence d'espèces aujourd'hui disparues : Perruche de la Caroline du Sud (Conuropsis carolinensis), Eider du Labrador (Camptorhynchus labradorius), Pigeon migrateur (Ectopistes migratorius)…

 

Jean-François-Emmanuel Baillon, le père (1742-1802) était avocat et bailli de Waben ; il consacrait tout le temps libre que lui laissait sa charge à l'étude de l'histoire naturelle et correspondait avec les plus célèbres naturalistes de son époque comme Buffon, Cuvier et Daubenton. Il étudia particulièrement les oiseaux de mer présents sur la côte picarde. La plupart des spécimens que l'on voit au Muséum ont été préparés par lui. Baillon a commis divers ouvrages dont un Mémoire sur les causes du dépérissement du bois et les moyens d'y remédier et un autre Sur les sables mouvants qui couvrent les côtes du département du Pas-de-Calais et les moyens de s'opposer à leur invasion.

Son fils, Louis-Antoine-François Baillon naquit à Montreuil-sur-Mer en février 1778. Plongé dès son plus jeune âge dans ce grand bain naturaliste, il partagea très vite la passion de son père pour les sciences. À vingt ans, Louis Baillon vint à Paris occuper le poste d'assistant naturaliste au jardin des Plantes, fonction qu'il abandonna en 1802, à la mort de son père, pour revenir à Abbeville. Il devint alors le correspondant de Bonelli, de Geoffroy-Saint-Hilaire, du prince de Neuwield… et sa réputation égala rapidement celle de son père. Il poursuivit et développa considérablement la collection d'oiseaux initiée par ce dernier, la portant à 6 000 pièces. C'est par l'achat ou surtout par échange contre des espèces de la région d'Abbeville que les Baillon obtinrent des oiseaux des principaux voyages de découverte de l'époque et des premières navigations autour du monde.
   À travers la lecture des étiquettes écrites de la main de Louis Baillon, collées sur les socles des oiseaux du musée, transparaît toute l'histoire des grandes explorations de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle : par exemple, Labillardière à la recherche de La Pérouse, voyage de L'Astrobale, de La Coquille, Dumont d'Urville à la terre Adélie, « acheté sur une prise anglaise provient de Québec » (guerres de Napoléon), « un oiseau d'Australie abîmé par suite du naufrage du bateau sur les côtes d'Amérique du Sud »…

 

Louis Baillon mourut à Abbeville le 3 décembre 1855. Sa collection se montait à 6000 pièces.
   En reconnaissance de son travail, on a donné le nom du naturaliste à trois espèces d'oiseaux : la Marouette de Baillon (Porzana pusilla), le Puffin de Baillon (Puffinus lherminieri bailloni), endémique de l'île de la Réunion, et le Toucan de Baillon - ou Araçari - (Baillonius bailloni). Louis Baillon publia les Catalogues des mammifères, oiseaux, reptiles, poissons et mollusques de Picardie et collabora à la Flore du département de la Somme et des environs de Paris de C. Pauquy (1831).

 

- Collection du Chateau Naillac : écomusée de la Brenne.

 il contient la collection rassemblée par Jean-Mercier Génétoux  à partir de 1823 : riche de 1200 spécimens au départ, elle présente 819 pièces actuellement, soit 224 espèces différentes.

 

- Collection ornithologique de la faculté des sciences de Montpellier.

Crée en 1809, elle offre 1500 spécimens.

 

- Musée ornithologique Charles Payraudeau à La Chaize-le-Vicomte en Vendée.

  contenant les collections de Charles Payraudeau, soit 2000 oiseaux : 1200 oiseaux de l'Ouest paléarctique, 800 oiseaux de l'hémisphère Sud.

 

- Musée vert du Mans.

qui posséde les collections de l'ornithologue Abel Martin (1776-1863), soit 360 oiseaux naturalisés dans la première moitié du XIXème siècle.

 

- Musée Victor Brun à Montauban.

3000 spécimens ( coloibris, perruches, perroquets, paradisiers) colléctés dans la seconde moitiè du XIXème siècle par divers amateurs.

 

- Collection ornithologique de Port Saint-Louis du Rhône.

présentant 168 oiseaux naturalisés.

 

-Collections de Bourg-sous-la-Roche,

c'est une collection privée qui a été léguée au Muséum National, mais qui est conservée sur place ; elle contient des milliers de spécimens capturés en Vendée.

 

-Musée Zoologique de Strasbourg.

10000 animaux+2000 mis en peaux, 1500 pièces ostéologiques, 400 nids, 900 lots d'oeufs, un ensemble constitué par

        -G.W.Schimper, pour des espèces de N.E  africain.

       - Kroener, pour des espèces régionales,

       - N.Saucerotte, pour des espèces originaires de Java,

       - John Gould ; celui-ci a adressé en prime au Musée de Strasbourg qui avait souscrit à son luxueux et onéreux Birds of Australia, des espèces naturalisées d'Australie, mais aussi de Chine, de Nouvelle-Zélande, de Tahiti et de Corse.

      -Alfred Brehm, naturaliste de Thuringe, et qui avait hérité de l'immense collection de son père.

      - Adolphe Boucard

      - Wehrum, pour une collection de 1500 oeufs.

  Cela nous illustre la partique généralisée des échanges entre collectionneur au XIXème siècle.

 

- Muséum d'histoire naturelle de Bordeaux.

  Le muséum de Bordeaux figure parmi les premières collections publiques créées au lendemain de la Révolution Française à partir de cabinets privés d'Histoire naturelle, notamment celui du Pr. Latapie, disciple de Montesquieu, remis à la ville de Bordeaux dès 1791, puis celui de l'armateur Bernard Journu-Auber, en 1804.
Achats, dons, legs, collections provenant d'outremer puis collections régionales, zoologie, ostéologie, paléontologie, géologie : l'origine, la provenance et la nature des collections constitue un ensemble riche et variée, témoignant de la passion pour les sciences de la nature de la fin du 18e siècle jusqu'au milieu du 20e.

     La collection d'oiseaux compte 4 400 spécimens, plus de 1 760 espèces, avec notamment la quasi-totalité des espèces européennes (sur les 9 602 espèces existantes soit 20% de la population mondiale) ainsi qu'une collection de 5 000 œufs.

 

-Muséum d'Autun,

  qui annonce 10 000 spécimens ornithologiques (oiseaux, nids, oeufs) .

 

- Muséum de Perpignan.

C'est une collection de 700 oiseaux, pour moitié d'origine européenne, pour l'autre d'origine exotique, remarquablement étudiée et présentée en ligne sur : http://www.mediterranees.net/museum/oiseaux1.html

 

-Muséum de Lyon.

8500 spécimens d'oiseaux   dont près de la moitié existait déjà au début du XXème siècle.

Mais une absence, celle de la collection d'oiseaux en herbier de Mouton-Fontenille, pourtant présente sur l'inventaire de 1814.

 

-Muséum de Chartres

riche de la collection du Baron Antoine de Layre : 72 spécimens.

 

- Muséum de Nantes.

    Il fait partie des grands : sa collection de zoologie atteint 1 600 000 spécimens, et la collection d'ornithologie 25 836 oiseaux ! Pourtant les collections les plus anciennes ont disparu, qui avaient permis à son premier conservateur, François-René Dubuisson, d'initier Audubon à l'ornithologie. Actuellement, il est riche de 11135 oiseaux naturalisés, 4869 oiseaux en peau, 9140 oeufs, 365 plumes, 132 nids, 195 squelettes.

  L'origine de ces spécimens est diverse, témoignant bien des échanges et des apports par les savants, les passionnés ou les voyageurs : le Dr Louis Bureau (1847-1936) qui dirigea le Muséum, et fonda la SSNOF, avait débuté à 13 ans une collection d'oeufs, et de pattes d'oiseaux : il légua ses 471 oiseaux naturalisés. Le Muséum National reçu de Nantes 122 spécimens, mais en donna 300 spécimens, venant de Jules Verreaux, du Prince Bonaparte, d' Alcide d'Orbigny, ou des voyages de l'Uranie, de l'Astrolabe, du Passge de Venus. Des oiseaux ont été ramenés par Alfred Marche lors de trois explorations de l'Afrique.

  Depuis 1988, le Muséum a reproduit le cabinet d'histoire naturelle du marquis René Adabie (1895-1971), taxidermiste de sa collection d'oiseaux et de poussins.

   Plus interessant encore est peut-être la collection régionale constituée par un réseau de membres de la SSNOF.

  Enfin une collection d'oiseaux en peau est utilisée actuellement par les candidats au diplome de bagueur du CRBPO : elle se constitue des oiseaux qui sont trouvés morts et récoltés (et non plus capturés) par les ornithologues  ou les agents de l'ONCFS : elle permet de se former à l'identification des oiseaux en main, et illustre l'actualité de l'intéret scientifique et didactique de la taxidermie.

  Parmi les gloires du Muséum, le specimen du Grand Pingouin (espéce éteinte), celui du pigeon Migrateur (également disparu).

 

- Muséum d'histoire naturelle de Rouen.

   Il prend le deuxième rang après Paris en terme d'importance, et  possède 800 000 pièces dont 400 000 sont présentées. La collection ornithologique atteint 12 000 oiseaux, montrés en petits dioramas par milieu naturel. De nombreux types sont présents.

      Le MHN de Rouen a été créé par un éléve d'Achille-Cléophas Flaubert (1784-1846), chirurgien des Hopitaux de Rouen : le docteur Félix-Archimède Pouchet (1800-1872), biologiste qui opta pour une carrière de naturaliste.

   D'abord destiné aux étudiants en médecine pour illustrer leurs études de zoologie, botanique et pharmacie, le Muséum s'ouvre au public en 1834.

  Son successeur Georges Pennetier fut le premier à présenter ses collections en dioramas en plaçant les animaux dans une reconstitution de leur milieu.

Parmi les oiseaux naturalisés, l' un d'entre eux est rentré par la grande porte dans le monde des Lettres : un perroquet que Gustave Flaubert a emprunté au Muséum pour le poser sur sa table de travail et en faire le modèle de Loulou, ce perroquet que la brave Félicité a reçu de sa patronne et auquel elle s'est tant attachée qu'elle l'a fait empaillé à Paris.   "Il s'appelait Loulou ; son corps était vert, le bout de ses ailes roses, son front bleu et sa gorge dorée." (Un coeur simple in Trois Contes, Gustave Flaubert, 1877). Il a eu aussi les honneurs d'un best-seller, Le perroquet de Flaubert,de Julian Barnes, qui raconte son enquète sur cet oiseau. A l'époque de Flaubert, le Muséum disposait de 50 perroquets d'Amazonie, mais il n'en restait que trois lors de cette enquète. Loulou est un témoignage de la vogue des oiseaux exotiques et de la taxidermie au XIXème siècle. Et je suis sûr que le pharmacien de Madame Bovary, Homais, est membre de la Société des Amis des Sciences Naturelles et du Muséum de Rouen , qu'il pratique la taxidermie et que c'est pour préparer le savon arsenical de Bécoeur (pharmacien comme lui) qu'il stocke dans son capharnaüm une grande quantité d'arsenic. Il adresse ses spécimens au Muséum avec une note pour le bulletin de la S.A.N.M.R, et je le suspecte d'avoir soufflé à Gadeau de Kerville sa devise : "Matière et Mouvement, Tout pour l'Humanitè".

 

 

- Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris.

 

  Il posséde 130 000 spécimens d'oiseaux , dont 2500 types, 600 d'entre eux ayant été validés.400 spécimens sont

ceux d'une espèce disparue ou en voie de disparition. On compte 30 000 oiseaux montés sur socle, 6000 squelettes et des petites collections d'oiseaux en alcool, de nids et d'oeufs.

  L'origine des collections est glorieuse : Buffon bien-sûr, et Pierre Sonnerat pour les pièces les plus anciennes, puis le butin du voyage de l'expèdition Baudin (cf infra), et l'apport de trois grandes collections :

   -celle de Jules Verreaux.

   - celle du Dr Marmottan.

   - celle de A.Boucard., marchand et collectionneur, qui donna 25 000 spécimens, une partie en don en 1895, l'autre en legs en 1904. 

Il faudrait citer la contribution de tous les grands voyages maritimes d'exploration  et de toutes les expéditions en Amérique et en Afrique : c'est pourquoi nous y consacrerons un chapitre particulier.

  Je fais un copier-coller du paragraphe "activité" du site consacré par le MNHN, qui explique le rôle important de ces collections pour l'ornithologie:

Ces collections sont à vocation principalement scientifique, et aussi muséographique. Les oiseaux sur socle servent à de nombreuses expositions en interne et à l'extérieur de l'établissement. Sur le plan scientifique, les collections de mises en peau sont à la base d'études taxonomiques (définition de nouvelles espèces, limite d'espèces, révision de taxons supérieurs, genre ou famille), d'études morphologiques (en vue de l'identification des populations lors du baguage des oiseaux), écomorphologiques (morphométrie) et éthomorphologiques (comme l'étude des lumières réfléchies et des patrons de coloration en vue de l'étude de la sélection sexuelle). Les squelettes sont utilisés pour des travaux d'anatomie systématique (beaucoup moins fréquents désormais) ou comme référence pour l'identification de restes animaux retrouvés dans les fouilles archéologiques (c'est l'utilisation la plus fréquente). Les prélèvements (sang, organes) constituent une source d'ADN, dont les séquences sont utilisées dans des études de phylogénie moléculaire.La collection s'accroît régulièrement (saisies, ramassages, dépôts anonymes, zoos...). Cet accroissement est maintenant limité par la législation.

 

 

Pour illustrer l'ambiance d'un atelier da taxidermie, nous pouvons nous inspirer de ce tableau de Henry Coeylas (vers 1845), exposé au Muséum, représentant  la salle de tannerie du Muséum où le Professeur Oustalet (debout) et ses assistants Terrier et Boudarel travaillent à la reconstitution du Drone, ou "Dodo", animal exotique de l 'île Maurice et de la Réunion qui avait totaelment disparu vers 1680.

 

DSCN6922

 

   Un autre détail du même tableau :

 

DSCN6921

 

  Quelques autres collectionneurs.


- le marchand et collectionneur A. Boucard (1839-1905)

qui donna au Muséum National quelques 25000 pièces.

- Le Comte de Riocour

dont la collection fut décrite par Vieillot, et rachetée par Boucard.

- Victor Massena (1799-1863),

fils du Maréchal d'Empire Masséna, il réunit une collection de 12 500 spécimens dans les années 1830-1840 ; elle fut vendue au muséum de Philadelphy, l' Academy of Natural Sciences of Philadelphy ANSP.

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