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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 13:11

                     Les tsubas

de l'exposition La gravure sur bois en couleur

du Musée départemental de Quimper.

 

     Collection particulière, vitrine exposée dans le cadre de l'exposition Japon Paris Bretagne. La gravure sur bois en couleur du Musée Départemental Breton de Quimper du 30 novembre 2012 au 3 mars 2013. Je remercie le conservateur Mr. Philippe Le Stum, et le propriétaire de la collection, de leur agrément à la mise en ligne de cet article.

  N'ayant aucune compétence dans le domaine vers lequel j'ai été entrainé par ma seule admirartion, on se gardera de prendre pour argent comptant mes allégations.

 

 

 

 

Lors de ma visite de l'exposition La gravure sur bois en couleur qui termine un ensemble d'exposition sur le japonisme en Bretagne, j'ai eu l'occasion d'admirer une très belle collection de tsubas.

 

 

I. La Tsuba : définition et présentation.

 On désigne ainsi les gardes des sabres des samourais, gardes dont la fonction est de retenir (tsumeha) la main sur la poignée et d'éviter qu'elle ne glisse vers la lame, afin de la protéger.

    Elle comporte donc un trou central de forme triangulaire, par lequel elle est enfilée sur la soie de la lame, partie du métal qui est recouverte par la poignée. Si les premieres sont apparues dés le VIe siècle, ce n'est qu'à la fin de l'époque Muromachi (1333-1573) qu'elle est devenue un objet de prestige. On distingue les tsubas réalisées par les forgerons (tsubas de kotôsho ), d'un diamètre de 8 à 9 cm, à la surface toujours martelée, n'ayant qu'un seul trou, et celles fabriquées par les armuriers (les tsubas de kokatchûshi), plus larges, aux bords renforcés, et à la surface soit martelée soit polie. On décrit aussi les tsubas des miroitiers (kagamishi), plus rares, de bronze poli.

  Deux orifices supplémentaires apparurent autour de celui de la soie, servant à y glisser deux lames ou instruments particuliers :

 Le Kozuka-hitsu en forme de demi-lune recevra, comme son nom l'indique, la kozuka : c'est, me dit-on, " une petite saya qui contient soit un kogatana (poignard) soit un kogaï (épingle à chignon)" autrement dit un petit fourreau contenant une lame de couteau, que le samourai utilise  à divers usages domestiques : tailler des cure-dents , tailler les plumes servant à écrire ( le dernier poème avant de se trucider), tailler des baguettes 

Le kogai-hitsu de forme trilobé recevra le kogai, instrument dont l'utilité est incertaine, et qui "selon sa forme pouvait servir de grattoir pour les sabots des chevaux, d’épingle à cheveux pour la coiffure des bushi, d’outil pour réparer ou démonter une armure. Plus rarement, on trouvait à la place du kogai une paire de baguette pour le repas. Enfin, le kogai pouvait servir de lame de jet ou de pique" On signale aussi son usage comme cure-oreille, bref une lame moins glorieuse que le kotagana, et qui est placée du coté Omote du sabre, plus vulgaire que le coté Ura. (armes japonaises.com)

 

 tsubas 1549ccc

 

   On voit aussi sur ce cliché les empreintes des sekiganes, deux petites cales en cuivre matées sur le nagako-ana et qui permettaient "d'adapter la taille de d'orifice à un nouveau sabre" ou surtout de sertir deus entretoises nommées seppasIl faut encore définir une surface lisse en ovale autour du trou central : c'est le seppa-dai. Li ne porte aucune ornementation, hormis, souvent, la signature de l'artisan. Avec ces indications, lorsque j'aurais signalé que l'un des orifices peut être obstrué par une pièce de métal (hitsu-ume), et lorsque j'aurais prononcer le terme de mimi, qui est le bord plus ou moins épaissi de la tsuba, nous en avons terminé quant au coté fonctionnel de la tsuba. 


  Car cette garde de sabre est devenue, à partir du 16 ème siècle, à la fin des guerres internes au Japon et sous l'égide des Tokugawa ou époque Edo (1603-1868) un objet d'art, et une grande part de sa description est liée à son ornementation. Elle sert dès lors  à marquer l'appartenance sociale de son possesseur ainsi que d'exprimer ses idéaux et convictions. La matière, initialement en fer (tetsu) peut aussi être en métaux mous (cuivre rouge ou jaune, argent, or, alliages) ; la forme peut-être  ronde (marugata) ou bien carrée à angles arrondies (kaku gata), rectangulaire (aori gata) ou hexagonale, ovale, losangique, en croix, en chrysanthème reprenant l'emblème de l'empire, octogonale, ect... Son surfaçage (chi no shori) peut être poli, martelé, granuleux, granuleux "en œufs de poissons", martelé au poinçon imitant la pierre, ou avec effet de vague ; les tsubas peuvent être ajourés. Elles peuvent être gravés au burin, ou porter des incrustations (zogan), des motifs en laiton, et s'ornent de motifs naturels (floraux, animaux) fabuleux ou guerrier, ou de symboles bouddhistes.

  Mais rien de tout cela ne compte si on ne réalise pas que la tsuba, contrepoids du fer offensif, masculin et actif de la lame foncièrement YANG, est toute entière  de nature YIN et forme un couple parfaitement ZEN qui est le sabre.

 

 

 


II. La collection exposée.

 

   Je me suis amusé à tenter de les décrire à la manière d'un expert fort féru de son art, moi qui suis un fieffé coquin ignare es sciences tsubacologiques. 

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Tate marugata, fer, décor incrusté de deux chauves-souris en vol, feuilles et ?.

Shin marugata, fer, incrustation de métal jaune : feuilles et fruits, points, ?. Obstruction du kozuka-hitsu et du kaogai-hitsu.

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      Tate marugata, fer martelé, décor gravé de vagues, incrustation en métal cuivreux d'un lièvre.

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Fer martelé ; décor incrusté en métal cuivreux Tigre tuant un serpent, feuilles, bambou. Mimi torsadé.

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      Kaku gata, fer martelé, décor ajouté en ? représentant un moine tenant une coupe et mordu par un dragon. Signature. Effets d'arabesques ; sekigane. Mimi relevé

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      Mokko-gata en fer poli , incrustation d'un vol d'oie sous la pluie.

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      Trois shin marugata, fer ajouré, motifs floraux.

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     Shin marugata, fer à décor ajouré, voiles, mâts, cordages, pin. Signature.

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      Shin marugata, cuivre poli, décor gravé floral, décor incrusté en cuivre rouge et ? représentant ??. Signature.

tsubas 1554c

 

Shin maru gata, cuivre poli, décor gravé de pieuvre, vagues.

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      Naga marugata : cuivre rouge poli, décor gravé de roseaux et d'un cheval galopant. Signature. Absence de kogai-hitsu.

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Shin maru gata en fer, décor ajouré floral, décor incrusté d'une aiguille de pin. Sekigane. Mimi souligné d'une gorge.

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      Shin maru gata, fer ajouré et gravé, deux feuilles de lotus. Signature. Sekigane.

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    Maru gata,  fer ajouré d'un décor de  roseau ; signature ; kogai-hitsu et hozuka-hitsu obstrués par hitsu-ume. Sekiganes.

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      fer, décor ajouré éventail,  décor de feuilles ;  sekigane

tsubas 1563c

 

 

 

Shin maru gata, fer, décor ajouré, gerbe de blé liée. Signature sur le seppa-dai   

tsubas 1565c

      Shin maru gata en fer, décor ajouré de phénix  et branche fleurie , sekigane

tsubas 1566c

      Fer, décor ajouré oiseau et ?lézard ou tortue ; sekigane.

tsubas 1567c

 

      Kaku gata , fer, décor incrusté en or et argent ? de trois canards, roseau, rides de l'eau, filet.

tsubas 1577c

 

Naga maru gata, fer, gravé en haut d'un motif de montagnes dens les nuées, et incrusté en bas d'oiseaux picorant, en métal jaune et rouge. Kogai-hitsu obstrué.

tsubas 1578c

 

      Naga maru gata, fer poli, incrusté à droite  d'un vieux mine grimaçant  tenant un arbre ou une branche et se penchant vers un jardin miniature. Absence de trous secondaires.

tsubas 1579c

 

      Shin maru gata. Fer . La zone centrale (seppa-dai) se transforme ici en une jarre à saké dont le contenu dégouline. Un personnage se penche pour y puiser. Un arbre chenu à gauche, et deux personnages aux allures d'ourses avnacent sur la droite, l'un tenat un étendard. Un personnage / animal est à terre, aux prises avec un serpent, alors qu'un quatrième se sauve en courant. Deux caractères sigilliformes à valeur peut-être de signature.

Même jarre sur n°10 de coll. R. Lecuir.

tsubas 1580c

 

      Shin maru gata en fer, incrustations de cinq coquillages (fer et cuivre),  de montagnes et marque rituelle : traits d'or ou cuivre. Signature.

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      Tate maru gata en fer, décor ajouré et ciselé (six rayons de roue de moulin *), incrustation de fleur avec son pistil,  traces d'or, 

* ce motif d'une roue de 12 rayons est associé au nom de kuruma-sukashi.

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  Shin maru gata en fer au déor ajouré  en yo-sukashi représentant un arbre. Signature. 

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      Tate maru gata en fer, éléphant en bas-relief, incrustation . L'éléphant, symbole de force, de sagacité, d'intelligence et de prudence est ici un symbole de bon augure bouddhique ; harnaché d'un tapis de selle, il porte sur son dos le joyau qui exauce tous les souhaits (Kia-hai en Chine).

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Les  inrō .

  L'exposition montre, dans la même reconstitution d'un cabinet de collectionneur, trois boîtes à remède nommées  inrō et qui appartiennent à ces objets pendus (sagemono) à la ceinture des kimonos et qui y sont retenus de la chute par un objet rond nommé netsuke.

  Depuis que j'ai découvert au Musée Guimet la minutie fabuleuse des décors de nacre de ces boîtes compartimentées, je sais combien ces objets d'art doivent être observés avec soin pour en découvrir les détails.

  Les  inrō sont, avec les tsubas et les netsuke, les objets les plus aptes à déclencher, chez un quidam, la fièvre de la collection, pour peu qu'il soit richissime. 

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II. Tsubas : entre l'héraldisme, l'emblemata et le haïku.

 Je perçois bien que si ces tsubas me fascinent, c'est qu'elle me renvoient à d'autres formes.

La première est peut-être celle du haïku : une forme brève, des contraintes à respecter, une référence parfois aux saisons et à la nature. Un à trois trous, et donc du Vide.

La seconde est celle  du blason : dans un espace également réduit et contraint se trace un portrait, non pas du proprietaire du sabre, mais de son idéal. Don Quichotte y aurait gravé Dulciné, mais il semble que la Femme soit la grande absente de ces tsubas ; on dira qu'elle y figure en creux.

La troisième est l'emblème, au sens d'André Alciat *, mais dépourvue de la lourdeur didactique qui le rend, parce qu'il est proche de la sentence, précisément sentencieux.

* "Mais icy, Emblemes ne sont autre chose que quelques peintures ingenieusement inventees par hommes d’esprit, representees, & semblables aux lettres Hieroglyphiques des Egyptiens, qui contenoient les secrets de la sagesse de ces anciens là par le moyen de certaines devises, & comme pourtraits sacrez: de laquelle doctrine ils ne permettoient que les mysteres fussent communiquez sinon à ceux qui en estoient capables, & qui d’ailleurs estoient bien entendus: & non sans bonne raison en excluoient le vulgaire profane. ».

 

III. Tsubas : les frères Goncourt et autres collectionneurs en France.

  Si cette collection de tsubas se trouve présentée dans cette exposition non pas au domicile d'un samourai, mais dans la reconstitution d'un cabinet de collectionneur pour évoquer le japonisme, il paraît important de parler de ceux qui, en France, au XIXe siècle, s'intéressèrent à ces tsugas, aux armes japonaises et à tous les objets d'art qui arrivaient du Japon depuis la fin de l'isolement de ce pays en 1868: autour du magasin du marchand d'art Samuel Bing et de sa revue Le Japon artistique ou de sa diffusion d'estampe japonaise, et après l'exposition universelle de Paris en 1878, ou la parution du roman de Pierre Loti Madame Chrysanthème en 1887, toute la France se passionne pour l'empire du Soleil Levant. Les grands aristocrates comme Charles, duc de Morny ou Napoléon Lannes, duc de Montebello, ornaient leurs châteaux de céramiques et de laques japonaises. On connaît le portrait d'Emile Zola entouré d'estampes, mais d'autres écrivains comme  Théophile Gautier, Jules Husson dit Champfleury, Baudelaire, Octave Mirbeau, Guy de Maupassant et, bien-sûr, Marcel Proust connurent l'engouement pour le Japon.

C’est à partir de l’ouverture du Japon, à la fin du 19e siècle, qu’apparait sur le marché une très grande quantité d’objets d’art japonais.  Les collectionneurs de l’époque sont des  bourgeois et des industriels aisés, ainsi que  des artistes tels Lautrec, Van Gogh, Monet  et Rivière, qui n’hésitent pas à dépenser des  sommes importantes. Ainsi, M. de Goncourt dépensa en une journée, le 21 août 1889, la  somme de 2 750 francs soit l’équivalent de 10 000 euros aujourd’hui, sachant qu’il achetait des objets une à deux fois par semaine... Les deux plus grands marchands furent S.Bing et T.Hayashi. On prétend que le collectionneur Gillot n’a pas hésité à devenir l’amant de Madame Hayashi pour avoir le choix des meilleurs objets que son mari rapportait du Japon.

Les ventes aux enchères des grandes collections témoignent du nombre des objets :

•Tadamasa Hayashi, en 1902 : 2 350 objets et 1 800 estampes. 

•Charles Gillot : 2 120 objets et 1 300 estampes. 

•Charles Haviland, de 1922 à 1927 : 6 000 estampes, 3 000 objets (700 laques, 1 000 gardes de sabre, 400 sculptures et 630 grès). Les années suivantes, le nombre de collectionneurs augmenta grâce à une plus large diffusion des connaissances : livres, thèses, revues et congrès. Les collections actuelles sont plus thématiques et comprennent en général une centaine de pièces. Certaines anciennes collections, complétées par des héritiers, restent tout de même très importantes : de mille à trois mille pièces.

[ Copié-collé d'un article de l'expert Thierry Potier in Jipango, 2004]

  La collection des frères  Jules et Edmond de Goncourt  marque aussi le début du japonisme en France

   Dans La maison d'un artiste , Edmond de Goncourt entraîne le lecteur de pièce en pièce en décrivant chaque objet. Ces descriptions figureront d’ailleurs au catalogue de la vente publique de l’ensemble (expert : S. Bing) qui sera dispersé en huit séances en février 1897. Ce sont les œuvres d’arts plastiques qui permirent de récolter près de la moitié du produit total, mais l’on est impressionné par le nombre d’objets : à elle seule, la séance consacrée aux « objets d’art japonais et chinois, peintures, estampes » comporte un peu moins de 1.700 numéros, parmi lesquels 150 gardes de sabre ou tsuba* et 200 pièces de céramique japonaise !

*d'après le catalogue de la collection des Goncourt: porcelaines, bronzes (74), tsuba (90), netsuke (environ 140), étoffes, peintures, estampes (218), surimono (29), livres (série de Hokusai -30 lots).

   " Dans ce texte hybride qu’est La Maison d’un artiste, à la fois description d’un espace et d’un itinéraire personnels, inventaire historique de diverses séries d’objets (livres, dessins, estampes), ouvrage sur les arts décoratifs du XVIIIe siècle français et de l’Extrême-Orient (Chine et Japon) et manuel de décoration intérieure comme ceux qui fleuriront dans les années 1880-1890, on découvre de nouvelles facettes du collectionneur et de l’historien d’art, dans l’évocation des grands bronziers du XVIIIe siècle (chapitre « Salle à manger »), ou l’examen formel des terres cuites de Clodion (« Grand salon »).Mais ce qui frappe surtout les contemporains, c’est la classification et l’étude, inédites à cette date, des productions artistiques d’Extrême-Orient : estampes, broderie (les panneaux brodés ou foukousas évoqués dans le chapitre « Vestibule ») ; peinture (l’analyse des kakemonos – bandes de tissu peintes – s’accompagne d’une chronologie des anciens peintres du Japon dans le chapitre « Second étage ») ; sculpture fine des netsukés inventoriés par matière et par thèmes ; céramique (porcelaines, faïence de Satzuma, flambés), travail du métal (bronzes, sabres et gardes de sabres), objets en laque… (« Cabinet de l’Extrême-Orient »). La Maison d’un artiste s’impose comme le premier ouvrage de référence sur les arts de l’Extrême-Orient ; c’en est le « premier guide imprimé », pour Philippe Burty ; et Louis Gonse, autre spécialiste, qui fera paraître deux ans plus tard L’Art japonais, loue en 1881 « la description exacte et l’analyse esthétique des objets, les notices d’ensemble sur les séries, la traduction des inscriptions et des signatures » : « voilà ce que nous donnent les deux volumes de M. de Goncourt et ce qu’aucun livre français ne nous donnait encore » (Gazette des Beaux-Arts, 1er juillet 1881). Mais Gonse et Burty dénoncent aussi les limites d’une analyse qui se refuse à prendre en compte des formes d’art plus anciennes et qui s’en tient, somme toute, au bibelot raffiné du XVIIIe siècle.

Dans les années 1880-1890, Edmond de Goncourt poursuit ses acquisitions d’objets japonais à un rythme soutenu. Il s’oriente vers un projet de monographies sur le modèle de L’Art du XVIIIe siècle, aidé à partir de 1888 par les traductions d’Hayashi, Japonais arrivé à Paris pour l’Exposition universelle de 1878 et installé comme marchand à partir de 1883. Il prévoit d’évoquer la carrière et l’œuvre « de cinq peintres [Utamaro, Hokusai, Harinobu, Gakutei et Hiroshige], de deux laqueurs, d’un ciseleur du fer, d’un sculpteur en bois, d’un sculpteur en ivoire, d’un bronzier, d’un brodeur, d’un potier » (préface d’Outamaro, 1891). Seules paraîtront les deux monographies Outamaro(1891) et Hokousaï (1891). Ce sont, là encore, des récits de vie ponctués d’examens minutieux d’estampes. Pour Outamaro, la trame biographique, mal connue, reste assez lâche et cède souvent la place à des analyses thématiques (les représentations de la femme et du costume féminin, de la faune et de la flore), à des digressions sur l’histoire des mœurs (les courtisanes dans le Japon du XVIIIe siècle), à des comparaisons avec d’autres artistes (Toyokuni). La seconde moitié de l’ouvrage est un catalogue raisonné de l’œuvre peint et gravé.

Pour Hokousaï, la trame biographique est beaucoup plus serrée et s’apparente souvent à une présentation chronologique de l’œuvre d’Hokusaï : Goncourt s’appuie en fait sur la très riche collection d’Hayashi et prend soin d’insérer toutes les informations fournies par les traductions de ce dernier, s’agissant notamment de préfaces rédigées par l’artiste. Là encore, la seconde partie du volume est réservée au catalogage des peintures d’Hokusai à l’encre et à l’aquarelle ; il se clôt enfin sur une bibliographie, rédigée par Hayashi, des livres et albums de l’artiste."

 Dominique Pety, professeur de littérature française à l’université de Savoie : Notice sur Edmond de Goncourt, site INHA

 


 

Tsuba de la collection Cartier-Bresson, venant de la collection des Goncourt.  Cartier Bresson Nancy :8  shakudo nanako incrusté de shibuichi, d’or et de bronze sentoku, musée des beaux-arts de Nancy © ville de Nancy, cliché Patrice Buren.

Tsuba de 77 x 70cm, orné d'un chevalier sur la route et d'un pin près d'une cascade, auteur Lyounsaï Hirotchika. Shibuichi incrusté de shakudo, un alliage de cuivre, de bronze sentoku, d'antimoine et d'or. Date XVII ou XIXe ?.

 

 Outre les frères Goncourt, il faut citer aussi  les noms de collectionneurs français spécialisés en tsubas, ce sont ceux du Dr Edouard Mené et surtout du docteur Francis Poncetton (1877-1950) auteur en 1924 d'un ouvrage sur Les gardes de sabre japonaises , Albert Morancé, 29 p.  Sa collection a été vendue en juin 1929 à Drouot (Lot n°172  : Gardes de Sabres. Ornements de Sabres - Netzuke ... Casques et Pièce d'Armure - Okimono en fer forgé. Lames de Sabre.  Catalogue de 500 numéros. Illustré de 23 planches dont 18 de gardes de sabres. )

 Un autre collectionneur est René Lecuir (1907-1968) : sa collection a été vendue à Drouot le 14 juin 2012 : le catalogue en ligne piasa.fr présente 109 pièces.

  Par l'intermédiaire de ce document, nous recençons aussi :

a) les collectionneurs :

—la collection du musée du Louvre de 1884

—la vente des collections Alexis Rouart, Paris 1911 (catalogue préfacé par le marquis de Tressan) ; Roubeaud, Paris, 1920 ; Raphaêl Collin Paris 1922, Haviland Paris 1923, Louis Gonse Paris 1924 ; Marteau 1924 ; Paul Corbin 1926 ; Jacques Millot 1931 ; J. Stonborough 1938.

b) la bibliographie :

— F. Poncetton, op. cité.

— Marquis de Tressan, L'évolution de la garde de sabre japonaise des origines au XVe siècle, sn, 1910.

Georges-Antoine-François-Ludovic Lavergne, marquis de Tressan, est  aussi l'auteur

  • de Au sujet des gardes dites primitives, sn, 1912
  • Exposition de garnitures de sabres & d'inros japonais... : Musée des arts décoratifs, [Paris] du 10 janvier au 12 février 1911 .- [s. n.] .- 1911 .- Livre
  • Exposition des gardes de sabre japonaises... au Palais du Louvre (Pavillon de Marsan) du 20 janvier au 20 février [1910] .E. Lévy .- 1910 .- Catalogue d'exposition
  • Nouvelles contributions à l'étude de l'histoire de la garde de sabre japonaise  .- [S. n. ?] .- 1914 .- Livre
  • Quelques problèmes relatifs à l'histoire de la Garde de sabre japonaise  .- [S. n. ?] .- 1912 .- Livre
  • Société franco Japonaise de Paris. L'évolution de la garde de sabre japonaise .Bibliothèque de la société fra .- 1912 .- Livre  

La vente de ses collections eut lieu en mai 1933 (Imp. Lahure, 69 p.)

 Une exposition eut lieu aussi :L'art japonais des tsuba et netsuké, Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, 1981, avec son catalogue par Fleury, Christian, L'art japonais des tsuba et netsuke, Saint-Omer, musée de l'hôtel Sandelin, 1991 

Collection Barbouteau sur dans l'Art Français n°791 gallica

 

 

Sources.

 

—Wikipédia : tsuba

—Site Nippon to ken 

— Site Samourais et Ikebana . com :

—  http://www.shibuiswords.com/tsuba.htm selon les études de Robert E. Haines

— Catalogue Piasa de la vente R. Lecuir.

— Handbooks par Markus Sesko.

 

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Published by jean-yves cordier
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commentaires

Sebastien 07/04/2013 00:17

Bonjour,
Je vous felicite pour ce travail de recherche et de mise en page, d'apres vos ecrits, l'expo semblait tres interessante!....Un peu eloignee je n'ai pu m'y rendre.
Les tsubas comme beaucoup de domaines des Arts Deco japonais, sont passionnants, et un simple objet, que votre oeil remarque, vous amene a vouloir en savoir un peu plus, et cela devient le fil
d'Ariane....Qui vous plonge dans cet Univers de l'esthetisme et du geste porte a sa perfection que l'on retrouve dans l'artisanat nippon....

jean-yves cordier 07/04/2013 08:56



merci beaucoup, 


je partage complétement votre conclusion.


Cordialement,


Jean-Yves Cordier



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