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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 08:40

  C'est un souvenir de l'été : sur la falaise de l'île d' Houat, le 18 juillet, j'avais photographié cette guêpe en train de creuser le sol sablonneux.

  Il me semble qu'il s'agit de Bembix rostrata Linnaeus 1758. (Bembex à rostre)

Le mot bembix ou bembex vient du grec bembis, -ikos, bourdon.

Nous ne sommes plus dans la superfamille des Vespoidea, comme avec la guêpe germanique précédente, mais dans celle des Apoïdes et dans la famille des Crabronidea (Latreille 1802).

Le genre Bembix a été décrit par Fabricius (1775), et on dénombre 340 espèces mondiales.

   Le Bembix ou Bembex rostrata est décrit ainsi :

Une taille de 15 à 25 mm, ce qui en fait l'une des plus grandes guêpes fouisseuses

Un abdomen orné de bandes jaunes sinueuses souvent brisées au milieu.

Les yeux verdâtres.

Les premières pattes munies d'un peigne, plus développé chez la femelle.

Les pattes jaunes.

Un labre étiré en long bec étroit qui lui vaut son nom de rostrata. (non visible ici car rabattu vers le bas)

L'extrémité des mandibules noirâtre et tacheté de noir à la base.

Le scape jaune dessous et noir dessus.

 

 

 

DSCN0181

 

 

 

 

Bembix rostrataest une "sandwasp" une guêpe inféodée aux milieux sablonneux telles que les dunes littorales. C'est dire qu'elle est menacée. En France, on la trouve principalement sur le littoral, de mai à septembre. Elle vit en colonies d'une dizaine à une centaine d'insectes ; chaque femelle creuse dans le sable un tunnel d'une vingtaine de centimètres, contenant la cellule d'une seule larve, pour laquelle elle stocke six à huit grosses mouches (taon, syrphides) de taille progressivement croissante en fonction du développement de la dite-larve (ce qui est remarquable car elle elève en même temps plusieurs larves d'age différent) en une quinzaine de jours vers le stade d'imago. A chaque sortie, la femelle prend soin de refermer l'entrée du tunnel. Elle nourrira ainsi au cours de l'été sept à huit larves tout-au-plus.

Chaque année, elle reviendra sur le même site.

Pierre André Latreille a signalé que son nid est parfois parasité par une "guêpe coucou," Parniopes grandior.

 

 

  Ses moeurs ont fasciné Jean-Henri Fabre (souvenirs entomologiques, série I, chapitre 16), et avant lui Le Pelletier de Saint Fargeau (Histoire des Hyménoptères, Tome II ) ou Pierre Latreille.

 

Tous insistent sur la rapidité d'exécution de l'insecte lorsqu'elle creuse le sable :

 

  . "Avec ses tarses antérieurs qui, armés de robustes rangées de cils, rappellent à la fois le balai, la brosse et le râteau, il travaille à déblayer sa demeure souterraine. L'insecte se tient sur les quatre pattes postérieures, les deux de derrière un peu écartées ; celles de devant, à coups alternatifs, grattent et balaient le sable mobile. La précision et la rapidité de la manoeuvre ne seraient pas plus grandes si quelque ressort animait le moulinet des tarses. Le sable, lancé en arrière sous le ventre, franchit l'arcade des jambes postérieures, jaillit en un filet continu semblable à celui d'un liquide, décrit sa parabole et va retomber à deux décimètres plus loin. Ce jet poudreux, toujours également nourri, des cinq et des dix minutes durant, démontre assez l'étourdissante rapidité des outils en action. Je ne pourrais citer un second exemple de pareille prestesse, qui n'enlève rien néanmoins à la grâce dégagée, à la liberté d'évolution de l'insecte, avançant et reculant d'un côté puis de l'autre, sans discontinuer la parabole de son jet. " (J.H Fabre)

  

DSCN0182

 

DSCN0183

 

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Published by jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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