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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 22:48

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L'église Sainte-Nonne de Dirinon possède deux bannières du XVIIIe siècle, classées au titre des monuments historiques. Celles-ci appartiennent au corpus de 43 bannières classées datant de l'Ancien Régime en Basse-Bretagne, très majoritairement dans le nord (Léon et Trégor) et étudié par C. Guillou.

Je décrirai donc, sans compétence mais en m'appuyant notamment sur les publications de cet auteur:

1. La bannière de l'Assomption / de Saint Divy.

2. La bannière de la Crucifixion / Rosaire.

Cet ensemble est bien représentatif du corpus, puisqu'il associe les quatre motifs majeurs : la dévotion au Christ (Crucifixion) et à la Vierge (Assomption), au saint patron (Saint Divy) et à une Confrérie ( Rosaire) : bannières liturgique, paroissiale, et de confrérie.

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Le support.

 

"L'archétype des bannières basses bretonnes, c'est un tableau de velours brodé, porté en procession, qui doit être vu de loin, comme tout signe de ralliement. Le support doit donc être très haut, un mât qui peut atteindre quatre mètres, pour permettre la visibilité, mais aussi la lisibilité de l'image, ce qui suppose une traverse horizontale solidement fixée, afin que la bannière se rapproche autant que faire se peut d'un tableau en promenade. On y adjoint des haubans, des cordelières en passementerie, pour faire face aux coups de vent : qu'ils soient de soie, d'or ou d'argent ne doit pas faire illusion, ce sont d'abord des cordages qui doivent permettre de redresser la bannière par grand vent. Le porteur maladroit qui laisse sa bannière faire ventouse est bien aise du renfort de ses deux acolytes manœuvrant en force les agrès. Les extrémités de la traverse sont agrémentées de deux grosses pommes de bois, dorées voire peintes de couleurs vives. Ce sont parfois des boules recouvertes de passementerie, dont l'origine, est inconnue : pen baz lorsque le bois est nu, amortisseur des heurts et des coups lors des rixes, dont Georges Provost a relevé la survenue pour des motifs pieux ou de rivalité villageoise. " (C. Guillou, 2010)

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1. Bannière n° 1 de l'Assomption /  de saint Divy. 

Bannière de procession classée MH au titre d'objet le 15 juillet 1993. Tissu rouge uni brodé de  1,70 m  de haut et 1,10 m de large daté du 1er quart du XVIIIIe siècle (données de l'Inventaire PM29003832  ), très restaurée.

A. L'Assomption. 

—Fond : tissu de velours rouge uni pailleté de sequins et orné en périphérie de 12 fleurs brodées à quatre pétales.

—Sujet :  la Vierge, couronnée, bras ouverts, monte parmi les nuées, soutenue par deux anges et deux angelots. Les visages, bras et jambes sont en tissu rapporté et peint, 

"Les superbes Assomptions, portée par 4 anges, de Locquénolé et de Hengoat  reprennent un modèle connu de Poussin. Peint en 1649, reproduit en gravure dès l'année suivante, ce qui facilite les copies soit sous forme de tableau soit sous forme de bannière : l'image étant alors détourée, ne conservant que les personnages, au détriment du paysage. 

"On est frappé aussi par la rapidité d'adoption de certains modèles comme l'Assomption de la Vierge. Réalisée par Poussin à Rome en 1649, la reproduction gravée intervient dès 1650. Elle est copiée en l'église de Saint Thégonnec, traduite en bannière à Locquénolé, et à Hengoat, à une date indéterminée, vraisemblablement entre le dernier quart du XVIIe et le tout début du XVIIIe par un atelier inconnu de très grande qualité. L'Assomption à deux anges et un angelot [?] de Dirinon, a les bras ouverts et moins d'élan. (inspirée du Titien ?). Mais la rénovation lui a fait, sans nul doute, perdre de son caractère et de son charme." (C. Guillou 2010)

Les nuées et les auréoles sont brodées selon le procédé de la couchure :

De Saint-Aubin* écrit à propos de la broderie en couchure que « Comme les points de soie de la couchure paroissent beaucoup , on lui donne le nom de la figure que ces points expriment par leur rencontre ; ainsi on dit couchure de deux points , en chevron , en losange , en serpenteau , &c » et ajoute qu’on fait « … des fonds entiers de grands ronds tournés en spirale … en les commençant chacun par leur centre. Ces ronds en se mêlant les uns dans les autres , reçoivent différents rayons de lumière dont le mélange est fort agréable…» comme le montre clairement la reproduction ci-dessus.* Saint-Aubin (Charles-Germain de), 1770 L'art du brodeur, , réédité par le Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, 1983. Cité par http://www.plaisirstextiles.com/

 

"– Couchure simple : Fils métalliques groupés, placés à plat à la surface du tissu, sans le traverser, et maintenus par des points de fixation disposés en quinconce. Lorsque ces points de fixation forment des motifs (damiers, chevrons, à bâtons rompus ) c'est une couchure à point de figure;

– Couchure de fils textiles : le principe et le même. Comme elle est employée le plus souvent pour de grandes surfaces, les points de fixation se font en deux temps : d'abord de longs points couchés par-dessus, et perpendiculairement, à la série de fils initiaux Ce sont les barres (ou barrettes) de fixation). Puis fixation de ces points perpendiculaires, en plusieurs endroits, par de petits points souvent invisibles qui, cette fois, traversent le support. Les sols d'herbe des scènes de Calvaire, sont des couchures. Les longs traits blancs sont les restes des anciennes barres de fixation : l'âme des fils. Les travaux savants autour de la Tapisserie de Bayeux ont remis en évidence ce point un peu passé de mode. La technique de la couchure est économe en fil (un seul passage de fil noble, les fils de fixation pouvant être de matériaux moins riches). Elle a été utilisée dans quasiment toutes les civilisations. Les bannières utilisent la couchure en rond ou en spirale en argent clair pour les nuées, en or sombre brun rouge en arrière fond. Voire pour l'anatomie des personnages. Comme toute broderie qui a recréé un nouveau fond, les couchures peuvent être rebrodées. L’or nué, très utilisé au Moyen Âge, est une couchure d’or servant de support à des broderies au point passé de soies multicolores." (C. Guillou 2010)

—Bordure : galons d'or.

— Gousset : non cousu sauf aux extrémités : La bande supérieure forme gousset, dans lequel passe la traverse horizontale.

— Lambrequin : à cinq festons (rectangle + pointe triangulaire) galonnés et frangés de cannetille. Chaque feston est orné d'un fleuron,  bouquet de fleurs, de métal et de soie. La fleur réunit 16 pétales autour d'un cœur rouge quadrillé. Au creux des festons étaient suspendus des sortes de pompons de passementerie plissée, dissimulant des clochettes en bronze. 

— Clochettes : non.

— Support : en bois, sans prétention et sans-doute récent.

 

 

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Assomption, Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Assomption, Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Vues de détails.

Des serpentins de fil sont cousus au dessus du tissu brodé, entourant les parties en tissu peint, ou traçant les lignes des plis des vêtements.

Les visages peints sont opalins, d'un réalisme appliqué mais suranné.

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Assomption (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Assomption (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Le nimbe est formé de deux teintes de fils placés en lignes concentriques, et maintenus par des points de fixation radiants, "en soleil".

La couronne semble un élément rapporté par dessus le fond ; elle comporte des fils d'or et d'argent.

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Assomption (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Assomption (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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B. Saint Divy.

Très restaurée.

 

—Fond : velours brun-rouge semé de sequins dorés et de six bouquets au fil d'or et d'argent.

—Sujet : diverses étoffes brodées ; satin rose (mains) et saumon (revers de la chape) ; visage peint.

Saint Divy, patron de la paroisse avec sa mère sainte Nonne. Mais aucun attribut, aucune inscription ne permet d'identifier ce saint, qui est représenté de façon stéréotypé comme un saint évêque. Christiane Guillou a souligné combien ce qu'elle nomme "évêques « modèle » de la Réforme tridentine" se ressemblent tous : 

 

"Quelques bannières anciennes portent inscrit, entre les passants du gousset, le nom de leur patron, comme Goulven ou Suliau. A Coatascorn on révère Maudez, à Grâces Léonard (le seul à ne pas être d'origine galloise ou bretonne), à Sizun c'est Suliau, à Plougourvest Paul Aurélien, mais toutes leurs bannières sont semblables, à quelques infimes détails près, alors que chaque paroisse pense détenir un objet original, unique. Sur fond de velours rouge, de velours jaune clair ou au contraire très sombre, se déploient des fleurons au-dessus d'un sol verdoyant et fleuri, d'esprit identique aux sols sur lesquels reposent les croix des Crucifixions ou les Donations du Rosaire. Un évêque s'avance. De l'évêque il a les attributs : la mitre, la crosse, les vêtements sacerdotaux, la croix pectorale, le tout richement brodé comme il sied à un membre du haut clergé. il n'est pas statique comme Paul Aurélien de Lampaul-Guimiliau. Il va vers la droite du tableau, en se servant de sa crosse comme d'un bâton de marche tenu de la main gauche . Sans prétendre à l'exhaustivité, les recherches faites, tant dans les galeries des musées que dans les ouvrages d'art, semblent prouver que cette utilisation de la crosse comme bâton de marche est peu fréquente, voire rare, ce qui tend, selon nous, à démontrer que le parti choisi est assumé, et volontairement démultiplié"

Saint Léonard à Grâces : "Ses vêtements accompagnent le mouvement, qui est sûr mais non précipité. A preuve, les plis de la soutane, du surplis qui suivent un même tracé : un léger arrondi déporté vers l'arrière. La main droite étendue à l'horizontale, au niveau de la taille, entraîne le pluvial qui se soulève à hauteur de l'épaule, élargissant visuellement la carrure, conférant importance et majesté au personnage. Seul le visage contrarie ce mouvement vers l'avant : il est lui, légèrement tourné vers l'arrière, regard dirigé vers le bas. On devine un interlocuteur invisible, en léger contrebas, non sans doute parce qu'il est plus petit, mais parce qu'il s'agit de quelqu'un ou de quelques uns qui lui doivent respect, en l'occurrence les fidèles. C'est un personnage dominant, mais son autorité est bienveillante à en croire l'expression de son visage. La main droite étendue pose question. Patrick Savidan y voit une main enseignante, à l'image de la main de Dieu, les trois premiers doigts allongés et les autres pliés, figuration classique de l'argumentation. Mais Léonard est main nue, et les clichés des autres évêques les montrent main gantée, ce qui est sans doute plus conforme à la pompe ecclésiastique mais rend le geste moins lisible – il peut alors tout aussi bien être interprété comme une invite à le suivre. La mitre, et l'importante auréole qui mord sur l'encadrement, accentuent cette sorte de déséquilibre, expression du dynamisme du personnage, souligné par l'inclinaison du bâton de la crosse. Enseignant ou guide, c'est bien l'évêque de la Réforme catholique, telle qu'elle se met en place en Bretagne, bien au-delà du personnage de Léonard, ermite, (qui fut baptisé par Rémi mais jamais évêque) partageant le sort des saints traditionnels bretons qu'on les nomme Suliau, Goulven ou Maudez. Savidan suggère comme date de confection de la bannière de Grâces, 1635, année de l'arrivée des dominicains à Guingamp.  Les images véhiculées par les bannières ne sont pas celles des saints populaires. On y rechercherait vainement la trace des humbles moines (ou chefs de clan) venus d'outre-manche. Ce sont au contraire des évêques issus de l'aristocratie et, comme elle, vêtus de splendeur."

"On doit souligner surtout la perte d'identité des patrons bretons des paroisses. A part ceux des trois paroisses du pays des enclos, ils sont tous transformés en membres anonymes du Haut Clergé. C'est une image savante et... romaine donc internationale de l'évêque. Ailleurs ou à une autre époque on parlerait d'entreprise systématique d'acculturation. Plus de moines-évêques!. ... Les vieilles semi-légendes sont éradiquées. ..On peut penser que, en Basse-Bretagne, l'abondance et l'univocité des nouvelles images suffisent à diffuser la doctrine de la Réforme, sans recours aux destructions des statues des saints populaires, ni des Trône de Grâce par exemple." (C. Guillou)

 

 

—Bordure : sur trois cotés, bande de 10 cm environ de velours rouge brodé or et argent d'un rinceau de fleurs à quintefeuilles, et lys stylisé aux coins.

" Le fond achevé est calé par une bordure d'une dizaine de centimètres de large : une bande brodée, placée qui se déploie sur trois ou quatre côtés, parfois seulement sur deux . Son absence est caractéristique des scènes, des tableaux de taille exceptionnelle. Les motifs sont soit des fleurs semblables à celles du panneau central mais reliées en guirlande, soit un motif non figuratif. Les angles prennent la forme de la fleur de lys stylisée. Si le motif est floral, la fleur est proche soit de celle qui orne les festons du lambrequin, soit de l'une de celle des bouquets. On voit aussi apparaître une énigmatique fleur-fruit (saint Pierre de Locmélar) en couchure en rond, d'où émergent quatre gros pistils. Des feuilles enroulées prennent la forme des gisehs indiens. Les rameaux se superposent, s'entrecroisent, savoir faire de brodeur. Le plus souvent d'un ton contrasté - rouge si le panneau est vert, vert si le panneau est rouge- ce cadre de tissu cale la bannière-tableau et lui confère une grande élégance .C'est en particulier le cas de tous les « saint Pierre, portier du ciel » comme des « saints Evêques de la Réforme » et pourrait être comme la signature des bannières basse bretonnes, commune aux Landais de Lannion ( Tréflez ) aux Tuberville de Quimper ou Morlaix (le Cloître-Pleyben) et à Marzin de Guingamp pour Grâces . Outre leur fonction esthétique ces bandes rapportées participent à la consolidation de l'ouvrage en répartissant le poids du tissu et les tensions qui s'exercent sur les fils de chaîne comme de trame. En outre, et les concepteurs l'avaient sans doute prévu, la place des consolidations ultérieures est ainsi préparée, on constate que la plupart de ces cadres sont aujourd'hui renforcés d'un fort galon ( Le Minihy-Tréguier)." (C. Guillou 2010)

— Gousset : cf. Assomption.

— Lambrequin : cf. Assomption. Fleurs à trois pétales émergeant d'un bouquet.

 

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Saint Divy, Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Divy, Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Détails.

"Divy, le saint patron de Dirinon est éclatant, par la grâce d'un satin rose qui double le pluvial en lamé doré orné de paillettes, remplaçant les broderies initiales.

Etait-ce un choix cornélien soit une bannière remisée au fond d'un placard soit cet objet quasi nouveau ? en l'absence d'informations sur l'original, que Couffon qualifie seulement d'ancien, on ne peut que dresser constat. Le problème n'est pas récent, déjà le BDHA évoquait « les deux vieilles bannières restaurées ou presque renouvelées [BDHA 1907 notice Dirinon, p. 193] » (C. Guillou)

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Saint Divy, (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Divy, (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Couchures métalliques : je les décrirai comme je peux :

Le nimbe du saint est réalisé par des cercles concentriques de fil d'or et d'argent  couchés par des points de fixation en rayons de soleil.

La mitre est, elle, réalisée par  l'application sur la toile de lames ou fins rubans métalliques gris maintenus par faufilage d'un fil de fixation.

Ces dessins sont circonscrits par un cordon (textile ou métallique) lui-même fixé par faufilage.

L'orfroi de la chape est rendu par des entrelacs d'un cordonnet gris (âme de coton entouré de tissu)

Etc...

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Saint Divy, (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Divy, (détail), Bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Cette bannière n'est pas, on s'en doute, une œuvre isolée, mais elle s'intègre à un ensemble liturgique et cultuel d'une part, à une collectivité paroissiale d'autre part, et à une histoire locale. Ainsi, Saint Divy est figuré sur cette bannière car si Dirinon, (1173), "ecclesia Sanctae Nonnitae," (1218)  , ancien prieuré de l'abbaye de Daoulas, tirerait son nom de Sainte Nonne, la paroisse voue également un culte à son fils Saint Dewi, patron du Pays de Galles, qui a sa chapelle à Lannuzel et sa fontaine à Kerverrot, mais aussi sa statue dans la nef. Et c'est sans-doute lui qui figure, à coté de saint Corentin, dans une niche du retable de la Trinité, devant lequel la bannière trouve sa place traditionnelle. La chapelle date de 1702, alors que le retable et la bannière sont tous deux datés de la même époque, au début du XVIIIe siècle. 

Moine de règle celtique, saint Divy fonde un monastère à Ménévie, au sud-ouest du pays de Galles. Il en devient évêque-abbé, et meurt en 588 ou 589.

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Statue de saint Divy, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Statue de saint Divy, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Retable de la Trinité et bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Retable de la Trinité et bannière n° 1 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. La bannière n° 2 de la Crucifixion / Rosaire. 

Bannière de procession datée du 1er quart du XVIIIIe siècle classée MH au titre d'objet le 15 juillet 1993. Tissu rouge uni brodé de 1,65 m de haut et 1,05 m de large.   (données de l'Inventaire PM29003833 ), très restaurée. 

— Support : traverse en bois soignée, aux belles pommes de bois peint en doré  et aux glands de passementerie.  Hampe surmontée d'une croix pattée en métal.

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A. Crucifixion.

—Fond : Tissu de velours uni semé de sequins dorés et orné de quatre bouquets et deux fleurs, or et argent.

—Sujet : Crucifixion.  Sol de velours gris associant rocailles et fleurs, et crâne ("d'Adam") et ossements en tissu peint. Christ en croix au dessous du titulus INRI. Le corps et le titulus sont peints, la croix, le nimbe et le perizonium sont brodés (couchure).

"Les Crucifixions sont nombreuses, près d'une trentaine (27/43) Pour tous le même schéma, le même traitement : un seul « poncif » a servi de modèle, à des ateliers différents. La croix est solidement fixée par des coins dans un sol fleuri, vue en très légère contre plongée car on en voit l'épaisseur. Ce parti permet de mettre en évidence les yeux levés du Christ, crucifixion d 'avant l'instant de la mort, lorsqu'il prononce ses derniers mots « tout est achevé ». Le sang qui coule du côté rappelle le coup de lance, donné après la mort (Jean 19 v 31-35 ), cette contradiction, qui valut à certains peintres des difficultés de diffusion de leurs oeuvres, ne semble pas troubler les dessinateurs de bannière, qui pour accentuer le symbolisme, donnent aux gouttes de sang la forme d'une grappe de raisin ( Plougourvest ). Les fidèles d'aujourd'hui semblent ignorer ce qui leur paraît des subtilités sans objet. Les deux pieds sont posés côte à côte. Un crâne est au pied de la croix, sur l'herbe, parfois accompagné des deux tibias croisés, rappelant que le lieu de la crucifixion s'appelait Golgotha, le lieu du Crâne. On a pu y voir aussi le symbole d'Adam, enfin racheté par la mort du Christ. Plus certainement, pour les croyants de cette époque, ce crâne, se détachant sur l'herbe verte, toutes dents dehors, est une évocation de leur propre fin dernière On sait l'importance des ossuaires et reliquaires d'attache dans toute cette région immédiate. Le Christ est, on l'a signalé, le plus souvent peint sur toile fine, parfois rebrodée de points de traits soulignant l'anatomie, parfois en points fendus comme une peinture à l'aiguille. " (C. Guillou 2010)

—Bordure : sur les cotés droit et gauche, fin galon frangé de cannetille.

— Gousset : constitué de cinq bandes alternativement rouge et or

— Lambrequin : cinq  festons arrondis sont bordés d'une large frange de cannetille , au creux desquels sont suspendus en sortes de pompons des glands de passementerie et cannetille, qui dissimule des clochettes en bronze.

"Les lambrequins des bannières sorties des ateliers Landais, Tuberville, Marzin sont découpés en cinq festons ronds, très réguliers, dont les creux reçoivent quatre clochettes de bronze. Dorées à Plougourvest, elles sont le plus souvent dissimulées par une jupe de passementerie. Frangés de cannetille et galonnés d'or, ornés d'un motif extrait d'un fleuron, les lambrequins assument la double fonction d'orner élégamment le bas de la bannière et d'améliorer sa tenue au vent."

 

 

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Crucifixion, Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion, Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crucifixion, Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion, Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Détails.

 

Crucifixion (détail), Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion (détail), Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crucifixion (détail), Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion (détail), Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crucifixion (détail), Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion (détail), Bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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B. Rosaire.

 

—Fond : Velours rouge semé en quinconce de petits séquins argentés. 

—Sujet :   "Donation du Rosaire", bannière de confrérie. Il s'agit de la traduction brodée du retable  qui accompagne la fondation d'une confrérie. C. Guillou en dénombre 10 sur les 43 bannières de son étude.

 

"D'après certains auteurs, la Bretagne a connu de très bonne heure la pratique du Rosaire : le chevalier-moine Alain de la Roche  la propagea dans le pays de Dinan dès le XIIIe siècle. Que la Bretagne ait entendu les sermons d'Alain de la Roche, ou qu'elle ne les ait connus que par des résumés transcrits par ses confrères dominicains, il est certain qu'en cette province il fit des adeptes, puisque ce fut à la demande du duc François II et de la duchesse Marguerite de Foix que, le 12 mai 1479, le pape Sixte IV promulgua une bulle approuvant la dévotion du Rosaire et accordant des indulgences aux fidèles qui le réciteraient.

Les confréries du Rosaire sont, de toutes les associations de Basse-Bretagne, celles qui ont laissé le plus grand nombre de monuments de leurs générosités ; mais ces monuments ne sont pas anciens, car elles ne commencèrent à se répandre que vers 1630. Etablies dans la plupart des paroisses, elles survécurent à la Révolution; mais elles se montrèrent moins actives et moins généreuses au XVIIIe siècle que pendant le siècle précédent.

C'était le privilège de l'ordre des Dominicains d'établir la confrérie dans les différentes paroisses, mais c'était toujours à la condition que la confrérie aurait dans l'église son autel particulier, surmonté d'une représentation peinte ou sculptée de la sainte Vierge remettant le chapelet à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne. Ce tableau principal, ou ce groupe en bas-relief ou en haut-relief, était généralement entouré de quinze médaillons représentant les quinze mystères." (Bienheureux Alain de la Roche

"  Le schéma iconique est le même que celui des tableaux, mais simplifié, sans les médaillons des mystères. La Vierge au centre, assise, tenant l'enfant assis sur son genou droit. L'enfant se penche vers Dominique à genoux, en habit noir et blanc de son ordre, symétriquement, Catherine pareillement vêtue, mais couronnée d'épines. Tous deux tiennent à la main un bouquet de fleurs blanches. Des divers attributs dont sont parfois enrichis les nombreux tableaux ne restent que l'orbe au sol et deux fois au moins le livre ouvert. " (C. Guillou 2010)

—Bordure : fin galon et franche de cannetille

— Gousset : cf. Crucifixion.

— Lambrequin : cf. Crucifixion. Bouquet à fleur à cinq pétales blancs.

— Similitude : avec la bannière de la Crucifixion/Rosaire de l'église Sainte-Ediltrude à Tréflez, datée de 1761

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Rosaire,  bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Rosaire, bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Rosaire, détails.  Tête de la Vierge.

La tête est peinte sur toile fine cernée d'un cordon marron. Le nimbe traité en couchure alterne des cordons marron clair à points de fixation radiants  et de grands sequins argent tenus par un fil concentrique.

 

Tête de la Vierge, Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Tête de la Vierge, Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Détail : l'Enfant-Jésus.

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l'Enfant-Jésus. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

l'Enfant-Jésus. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Détail : Sainte Catherine de Sienne .

Sainte Catherine de Sienne . Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Sainte Catherine de Sienne . Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Saint Dominique de Guzman.

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Saint Dominique de Guzman.  Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Dominique de Guzman. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Détails : anges des nuées.

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Un ange des nuées. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Un ange des nuées. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Autre ange.

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Un ange des nuées. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Un ange des nuées. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Couchure concentrique des nuées.

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Couchure concentrique des nuées. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Couchure concentrique des nuées. Détail de la bannière du Rosaire, (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'un ces cinq  glands de cannetille, dissimulant une clochette.

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Gland de cannetille de la  bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Gland de cannetille de la bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Clochette de la  bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Clochette de la bannière n° 2 (1700-1725) de l'église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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La bannière du Rosaire dans son contexte.

Comme la bannière de saint Divy placée devant sa statue devant le retable de la Trinité, à droite du chœur, celle-ci est placée devant l'autel du bras nord du chœur, face au retable du Rosaire.

Note : Couffon indique "Retable du Rosaire, autrefois maître-autel : il fut commandé le 26 septembre 1724 à Fenestre, sculpteur à Quimper, ainsi qu'un retable du Saint-Sacrement." Cette commande survient peu après l'agrandissement de l'église et l'élargissement du transept, en 1712-1714. 

Mais les statues de saint Dominique et de sainte Catherine ont été attribuées en 1988 par Y-P. Castel à Jean Berthoulous ou Bertoulous, sculpteur qui eut son atelier à Morlaix en 1630 (porte du tabernacle de Sainte-Melaine 1639) avant de le transférer sur Brest. Il est l'auteur des retables de Plougastel-Daoulas (Rosaire, 1654), Saint-Thégonnec (1668), Sizun (Rosaire,1655),  Plougasnou (Rosaire, 1667-1668), Saint-Jean-du Doigt (1646-1647).

Comparer avec le retable du Rosaire de Crozon par Maurice Le Roux, 1664.

La date retenue par Couffon n'est pas complètement compatible avec cette attribution des deux sculptures à Jean Berthoulous : cela suppose un réemploi depuis un retable antérieur.

J'ajouterai que les auteurs de la monographie de l'APEVE signalent la particularité de la Vierge à l'Enfant : "l'enfant semble sortir d'une poche". or, cette particularité, qualifiée de "Vierge kangourou" est aussi propre à Jean Berthoulous et on la retrouve à Plougastel, Sizun, Plougasnou. Ce sont donc les trois statues de la Vierge, de saint Dominique et de sainte Catherine qui proviennent d'un retable antérieur du au ciseau de Berthoulous.

 

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Retable du Rosaire, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Retable du Rosaire, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Retable du Rosaire et sa bannière, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Retable du Rosaire et sa bannière, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. AUTRES BANNIÈRES.

 

a) Bannière de Sainte Nonne (moderne)

Bannière de Sainte-Nonne, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Bannière de Sainte-Nonne, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Bannière de sainte Nonne : recto, l'Immaculée Conception et le monogramme marial MA.

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Bannière de Sainte-Nonne, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Bannière de Sainte-Nonne, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

b) 

Bannière de sainte Anne éducatrice, bas-coté sud

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Bannière de sainte Anne éducatrice, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Bannière de sainte Anne éducatrice, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'ARMOIRE À BANNIÈRES.

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Les bannières de l'église de Dirinon sont, comme ailleurs, conservées dans une "armoire à bannière", meuble singulièrement adapté à cet usage par sa forme en T. La partie haute est une armoire habituelle, mais elle s'accorde avec une partie basse semblable au coffre d'une horloge. Ainsi, les bannières sont rangées sur leur support, la hampe se logeant dans la partie étroite bien-sûr. Elles trouvent place au bas de la nef et accueillent les bannières qui ne sont pas "à poste", dans le chœur. Certaines armoires sont anciennes, datant du XVIIe siècle et parfois datées, mais celle de Dirinon est en bois vulgaire et date sans-doute du début du XXe siècle. 

Aujourd'hui encore, l'armoire de Dirinon renferme six bannières en plus des quatre qui sont soit dans le chœur ou dans la nef. Elles ont été restaurées  (simple nettoyage) voici une dizaine d'années, et la restauratrice a pris le soin de les placer dans une housse de toile blanche portant une description sommaire. Bannière de Sainte Thérèse ("Puie de rose et monogramme ST), de la Sainte Famille, de sainte Bernadette, de la Congrégation des Enfants de Marie...

 

 

 

Armoire à bannière,  église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Armoire à bannière, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Armoire ouverte et presque vidée de son contenu.

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Armoire à bannière,  église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Armoire à bannière, église Sainte-Nonne de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Détail de la bannière de la Sainte Famille / An Itron Varia (face verte et face bleue).

On y trouve :

1) les armoiries épiscopales et la devise en breton de Mgr Duparc :

 Adolphe-Yves-Marie Duparc né le 05.02.1857 à Lorient, évêque de Quimper le 11.02.1908. = le 08.05.1946 à Quimper.

Armes : Parti : 1) d’azur à l’agneau d’argent – 2) d’or au lion de sable, tenant une crosse – Slt) un chef d’hermines. Devise : Meulet ra vezo jezuz krist (que soit loué Jésus-Christ).

2) Les armoiries papales de Pie X :

Pie X (Giuseppe Sarto), pape de 1903 à 1914

D'azur à l'ancre de sable posée sur une mer d'argent et d'azur accompagnée en chef d'une étoile d'or, au chef d'argent au lion d'or léopardé et ailé, tenant un évangile ouvert de même portant le texte "PAX TIBI MARCE EVANGELISTA MEUS" en lettres de sable.

Par conséquent, cette bannière a été réalisée entre 1908 et 1914. C'est en 1901 que Mgr Dubillard, évêque de Quimper et du Léon de 1901 à 1908, décida  d'instaurer une Commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, laquelle fut dotée du Bulletin diocésain d'Histoire et d'Archéologie, le fameux BDHA . Le premier recensement des bannières du diocèse, qui en signale 2 à Dirinon sans les décrire, date également de 1901. Cela créa bien-entendu une émulation  pour de nouvelles réalisations.

 

 

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Détail de la bannière de la Sainte Famille (1908-1914), église de Dirinon.  Photographie lavieb-aile 2017.

Détail de la bannière de la Sainte Famille (1908-1914), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bannière récente.

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L'enclos paroissial de Dirinon IV : les bannières anciennes (XVIIIe siècle).

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SOURCES ET LIENS.


— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

—APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

— Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

"Bannière du XVIIe siècle : Crucifixion et, au revers, Vierge du Rosaire. - Autre bannière ancienne, celle de saint Divy, avec, au revers l'Assomption."

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

—FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages.

 

— CASTEL (Yves-Pascal) , DANIEL T., THOMAS G.-M., 1987,  Artistes en Bretagne. Dictionnaire des artistes artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l’Ancien Régime, Quimper, Société archéologique du Finistère. 

— GUILLOU HEMELIN (Christiane) 2010. Les bannières religieuses en Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles : Les ”vieilles” bannières. 79 pages + 38 illustrations hors texte Ceci est le chapitre d’une thèse en cours. 2010.

https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00546728/document

 

L'ASSOMPTION, À DEUX ANGES et un angelot de Dirinon, a les bras ouverts et moins d'élan. (inspirée du Titien ?). Mais la rénovation lui a fait, sans nul doute, perdre de son caractère et de son charme."

— GUILLOU HEMELIN (Christiane) 2013. Les bannières religieuses , une approche du catholicisme bas-breton. Thèse de doctorat d'histoire de l'art sous la direction d'Yvon Tranvouez. UBO Brest / CRBC.

www.theses.fr/2013BRES0070.pdf

— GUILLOU HEMELIN (Christiane) 2016, Les bannières de Basse-Bretagne, Société des Amis de Louis Le Guennec.

— LE BER (Georges) / PROVOST (Georges) 2003, Plougastel-Daoulas, Sizun, Plougasnou : trois retables du Rosaire de Jean Berthouloux. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (132, p. 229-252). 

— Site de la commune :

http://www.dirinon.fr/l-origine-du-nom-de-la-commune-de-dirinon.htm

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:44

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UNE ANCIENNE POUTRE DE GLOIRE (1623 et 16--).

La sixième poutre de l'église, aux entraits engoulés, après la troisième travée, sépare la nef du nouveau transept. Il s'agit vraisemblablement d'une poutre de Gloire, car on a retrouvé sur sa face supérieure seize points de fixation qui devaient servir à maintenir une croix centrale au Christ crucifié, entourée de la Vierge éplorée et de saint Jean. D'ailleurs, à l'aplomb du point central, l'ange du poinçon est taillé droit, rabotant le visage et l'instrument qu'il tenait, afin de servir de point d'appui supérieur à la croix.

C'est cette Passion qui donne tout son sens à l'inscription qui figure sur la face occidentale.

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Ancienne poutre de Gloire de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Ancienne poutre de Gloire de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Ancienne poutre de Gloire (détail) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Ancienne poutre de Gloire (détail) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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On lit en effet sur cette face, en lettres majuscules latines gravées et peintes à l'or, l'inscription suivante : 

 

O, VOS OMNES, QVI TRANSITIS PER / VIAM ATTENDITE SI EST DOLOR

SICVT DOLOR MEVS / :P : ET : O : QVILAN : FE : 16 --.

O vos omnes qui transitis per viam attendite si est dolor sicut dolor meus. P. et O. Quilan fe[cit] 16--.

 

a) La première partie est une citation tronquée d'un verset biblique du premier poème lyrique du Livre des Lamentations, qui suit le Livre de Jérémie : il décrit l'affliction causée par la destruction de Jérusalem et de son Temple par Nabuchodonosor II, roi de Babylone. C'est un poème acrostiche, où chaque strophe de six vers commence par l'une des 22 lettres de l'alphabet hébreu : la strophe en question, le douzième, débute par la lettre Lamed (mais cela ne peut être rendu par la traduction de l'hébreu en latin). C'est Jérusalem qui exprime sa douleur :

LAMED O vos omnes qui transitis per viam attendite et videte si est dolor sicut dolor meus quoniam vindemiavit me ut locutus est Dominus in die irae furoris sui Lamentations 1:12

"(Lamed.) O vous tous qui passez par la voie ! Considérez, et voyez s’il y a une douleur semblable à ma douleur : car le Seigneur m'a vendangée comme le Seigneur a parlé au jour de la fureur de son ire .  " 

 

J'ai transcris le texte de la Saincte Bible en françoys de Lefèvre d'Étaples (Anvers,1530), première bible éditée en français, puisque la Bible de Sacy ou de Port Royal , au texte ici d'ailleurs assez prochen'était pas encore publiée en 1623, date de cette Poutre.  Le verbe latin vindemio, issu de vino et demo, signifie "vendanger", mais aussi par extension "cueillir, récolter". La traduction de Louis Segond, qui suit le texte hébreu, ne reprend pas ce verbe imagé, de même qu'il abandonne l'idée, elle aussi riche en métaphore, de passage sur un chemin "per viam" : " Je m’adresse à vous, à vous tous qui passez ici! Regardez et voyez s’il est une douleur pareille à ma douleur, A celle dont j’ai été frappée! L’Eternel m’a affligée au jour de son ardente colère."

Voir ici les différentes traductions comparées et le texte d'André Chouraqui.

Quoiqu'il en soit, la douleur de Jérusalem exprimée par la Ville dans la Première Lamentation se voit déjà accompagnée de la mention de la colère de Dieu, et d'un châtiment annoncé (Je 34:8-32) pour les fautes à expier selon un pacte conclu initialement. C'est l'axe central de la Bible, celui d'une Alliance conclue avec Adam et renouvelée avec Noé et Moïse, entre Yahvé et son Peuple, avant de se rompre avec l'Exil : voir les Pleurs de Jérémie dans le vitrail de Chagall à Metz

b) Dans la tradition typologique de l'Église, la destruction de la ville et du Temple préfigure la mort du Christ le Vendredi de la Passion, et la destruction du Temple spirituel . Aussi, les Lamentations sont entendues comme l'expression de la douleur face à la Croix. Elles furent en 15 incluses dans la liturgie de l'Office des Ténèbres des trois derniers jours de la Semaine Sainte, qui revêtent un caractère de deuil. Depuis la bulle Quod a nobis de 1568, consécutive au Concile de Trente, l'office de chaque jour comporte trois Nocturnes suivies de Laudes. Le Concile de Trente fixe aussi un ton de récitation particulier, le tonus lamentationum proche du 6ème ton psalmodique, utilisé la première fois par Guidetti en 1582. Chacun des 3 jours comporte 3 Nocturnes et les Laudes. Chacun des 9 Nocturnes est constitué de 3 Psaumes et des 3 leçons (lecture) suivis de leur répons. Pour le premier Nocturne de chaque jour, la leçon est tirée du Livre des Lamentations :  I:1-14 le Jeudi Saint, II:8-15 et III:1-19 le Vendredi Saint, et III:22-30 le Samedi Saint      La "leçon" de Lamentations 1:12 O vos omnes est la troisième leçon du  premier nocturne du Jeudi saint. La lettre hébraïque Lamed est psalmodié au début de cette leçon. Puis O vos omnes est repris comme cinquième répons du deuxième nocturne et comme antienne du Psaume 150 du Samedi Saint.

c) Une tradition d'origine ancienne est fixée après le Concile de Trente : pour symboliser l'abandon du Christ par les douze apôtres et les trois Marie et sa solitude lors de la Passion, un grand chandelier – appelé triangle ou herse – est placé dans le chœur  et porte 15 cierges. · la fin de chaque psaume,  on éteint un à un chacun des cierges, sauf le 15ème, qui symbolise le Christ et qui reste allumé au sommet du chandelier : à la reprise de l’ultime antienne, celle du cantique de Zacharie Benedictus, ce dernier cierge est placé sur l’autel le temps du chant de l’antienne, puis provisoirement caché derrière l’autel pour les ultimes prières : le Christus factus est, le Miserere et l’oraison finale Respice, de sorte que toute cette fin de l’office est célébrée in tenebris, dans l’obscurité totale et dans une posture prosternée. Une fois l’office terminé, les prêtres (avec un marteau caché) et l'assistance déclenche à trois reprises un vacarme  symbolisant le désordre et le chaos du monde après la mort du  Christ. A ce signal; le cierge symbolisant le Christ est replacé, toujours allumé, sur le chandelier de Ténèbres. http://www.schola-sainte-cecile.com/  et Guide des genres de la musique occidentale.

 

 

d) Au XVe siècle : La citation O vos omnes ....meus se trouve inscrite  en lettres d'or sur la Pietà de Villeneuve-lès-Avignon (vers 1455) d'Enguerrand Quarton   (musée du Louvre), où la Vierge porte sur ses genoux le corps de son Fils mort. Dès lors, la lamentation y est attribuée à la Vierge prenant à témoin l'humanité, ou les fidèles, dans une dévotion émotionnelle et mystique.

e) Mise en musique du O vos omnes

Voir :  Guide des genres de la musique occidentale Par Eugène de Montalembert et Claude Abromont 2010

 

– Chant a capella : De nombreux musiciens créeront des motets sur le O vos omnes .  Dès le XVe siècle, Loyset Compère  (1445-1518)  compose un motet à trois voix sur O vos omnes . Le verset est souvent mis en musique de manière isolée dans le courant du XVIe siècle, comme par l'espagnol Tomás Luis de Victoria ( en 1572 et en 1581-1585 à 4 voix), Giovanni Croce (1545-1609, à 4 voix) ou Carlo Gesualdo (1561-1613, à 5 voix), ou Roland de Lassus (Hieremiae Prophetae Lamentationes, Munich 1585).

—   Après la Contre-Réforme, les Lamentations de Jérémie lues au premier des trois nocturnes sont mis en musique au XVIIe siècle selon un genre musical liturgique nommé en France "Leçons de Ténèbres" (1650-1790) : voir  Marc-Antoine Charpentier (1634-1704), Couperin ( 1715). (Et Pablo Casals au XXe s)

Antienne O vos omnes qui transítis per víam, attendite et videte:

Si est dolor símilis sícut dolor meus.

Répons . Attendite, universi populi, et videte dolorem meum.

Si est dolor símilis sícut dolor meus.

On remarque que , dans le répons, le chant prend à témoin au Peuple universel. 

e) enfin, sur une croix d'Irvillac , paroisse du Finistère proche de Dirinon, une croix datant vers 1600 (n° 829 de l'Atlas) sainte Véronique tenant la Sainte Face est sculptée avec l'inscription O VOS OMNES. 

f) sur une croix du cimetière de Saint-Vougay (29, dans le Léon) datant de 1677, Miorcec de Kerdanet signale l'inscription o :vos: os : qv :trasitis : per : via : atendite : et : videte : si : est : dolor : sicut : dolor : meus . La Vie des Saints de la Bretagne-Armorique page 305.

g) Voir aussi cette inscription dans la citation et la graphie exacte de Dirinon:

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Coté gauche de l'ancienne poutre de Gloire de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile

Coté gauche de l'ancienne poutre de Gloire de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile

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La seconde partie de l'inscription.

a) P : et : O Quilan : ce patronyme, qui peut être une forme de Quilen ou Quillen, est originaire de la Somme en Picardie, et est attesté en Seine-Maritime, dans le  Morbihan ou les Côtes d'Armor. Mais on peut aussi y voir une graphie approximative de Quillien. "Très répandu dans le sud du Léon et au nord de la Cornouaille", ce patronyme breton adopte les formes de Chillian, Killian, Quilian, Quillian, Quillyan et Quilien (A. Deshayes).  Quillien (diminutif de killi "bocage, bosquet") est aussi un toponyme de Dirinon. 

Le  patronyme est attesté un peu plus tard à Dirinon : François Quillien est ainsi en 1715 fabricien et il refuse de payer Pierre Béchennec et François (de) Launay qui ont peint les voûtes de l'église de Dirinon parce que "l'ouvrage n'est pas bien fait, et le travail pas fini". (Cahier de paroisse)

b) La mention fecit  "fait", et non "a fait faire" est employée en épigraphie non par des commanditaires, mais par les artisans.

 

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Ancienne poutre de Gloire de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile

Ancienne poutre de Gloire de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile

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Conclusion.

1°) Au XVIIe siècle, deux frères sculpteurs sur bois ("huchiers"),  deux membres de la même famille du moins, Olivier et Pierre peut-être, ont signé leur travail sur cette poutre : soit des picards ou normands nommés Quilan (c'est le plus probable), soit des bretons, des artisans locaux au nom proche de Quillien. Mais ce qu'ils signent n'est pas cette simple poutre, mais certainement un travail bien plus conséquent : un Calvaire associant une Crucifixion centrale, la Vierge et saint Jean, mais aussi peut-être une Pietà ou une sainte Véronique mettant en scène de façon dramatique et émotionnelle la souffrance assumée par le Christ pour la rédemption de l'Humanité, et illustrant de manière poignante la citation des Lamentations. En même temps, il renvoie l'assistance (qui se tient dans la nef) à la liturgie des trois jours du Triduum Pascal, à l'atmosphère de deuil, de tristesse et de douleur qui la caractérise, à l'effet saisissant de l'extinction progressive des cierges de la herse, et, sur le plan sonore, au tonus lamentationum  de la récitation des Lamentations propre aux Nocturnes. 

La date inscrite en creux et peinte en noir à travers la partie droite de l'inscription, 1623, est la même que celle qui figure sur les sablières. Mais l'inscription présente lui est-elle postérieure ? Ou bien P. et O. Quilan sont-ils aussi les artisans qui ont sculpté les sablières ?

2°) On sait que la Poutre de Gloire a parfois remplacé les jubés après leur destruction ou mise à l'écart après le Concile de Trente. Par contre, la chapelle de Saint-Herbot (Plonévez-du-Faou, Finistère) conserve son Chancel du XVIe siècle, et cette clôture de chœur est surmontée d'une Poutre de Gloire. (photo Wikipédia). Or, on y trouve, datant de 1659, l'inscription

L'AN 1659 - O VOS OMNES QUI TRANSITIS PER VIAM ATTENDITE ET VIDETE SI EST DOLOR SICUT DOLOR MEUS - O VOUS TOUS PASSANTS ARRESTEZ-VOUS ET VOYEZ S'IL EST UNE DOULEUR SEMBLABLE A LA MIENNE.LAM...

Au dessus de cette inscription, la disposition de six personnages sur la poutre est bien à même de nous aider à imaginer ce que fut peut-être la Poutre de Dirinon, et, notamment, la croix montant jusqu'à la voûte en s'appuyant sur un ange-poinçon.

D'autre part, la version bilingue latin-français de 1659 est intéressante : d'une part la citation latine y est complète (alors que et videte manque à Dirinon). D'autre part, la traduction en français n'est pas retrouvée parmi les traductions connues et publiées ("Vous tous passans" se trouve dans la Bible de David Martin 1736

Ce rapprochement entre les poutres de Dirinon et Saint-Herbot mériterait d'être approfondie.

P.S.

Le calvaire de Lothey par Larc'hantec comporte cette inscription O vos omnes etc, mais elle date de 1899

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article85

 

— BARRAL I ALTET (Javier), 1987, Décor peint et iconographie des voûtes lambrissées de la fin du Moyen Âge en Bretagne, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  Année 1987  Volume 131  Numéro 3  pp. 524-567. http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524

http://www.persee.fr/docAsPDF/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524.pdf

Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

 

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

 

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Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Revue de littérature.

J'aime débuter ma visite en rassemblant les informations disponibles .

– Jean-Marie Abgrall (1907) :

"Sur le calvaire voisin du chevet de l'église, se voient les armes des sieurs de Toutenoutre : d'argent à trois hures de saumon coupées, d'azur."

 

– Yves-Pascal Castel in Atlas des croix et calvaires consulté en 2017:

"Dirinon no 1, cimetière, k. 5 m. XVè s. Deux degrés. Socle: O CRUX AVE. CROIX DU XVIIè SIECLE RESTAUREE POUR LA MISSION DE 1909 DONNART. Fût à pans semés d’hermines. Branche, écu aux armes Du Louet, statues géminées: Vierge-sainte Barbe, Jean - Pierre. Croix fleuronnée, dais, crucifix, Vierge à l’Enfant."

– René Couffon (1988): 

"Dans l'enclos (site classé), croix en kersanton du XVe siècle, restaurée par Donnart en 1909 : statues géminées sur le croisillon, Vierge à l'Enfant au revers ; écu aux armes des Du Louët."

Emmanuelle Le Seach (2014) : non décrit (!), mais référence capitale pour l'atelier du Folgoët, auquel le gisant de sainte Nonne est attribué.

Chanoine François Falc'hun (1986).

"Le Calvaire du cimetière de Dirinon : la partie supérieure, sculptée en un seul bloc de kersantite, est de belle facture : sous un dais de décor flamboyant sont rassemblés sept personnages : vers l'ouest, le Christ, encadré par la Vierge et  saint Jean ; vers l'est, la Vierge à l'enfant, saint Pierre, tenant la clef dans la main droite, et Marie-Madeleine portant dans sa main gauche le vase des aromates."

– Infobretagne :

"le calvaire de l’enclos paroissial (XVème siècle), restauré en 1909, avec statues de saint Pierre et sainte Barbe"

Topic-topos :

"Sous un dais au décor flamboyant, sont rassemblés sept personnages : vers l'ouest, le Christ encadré par la Vierge et saint Jean ; vers l'est, la Vierge à l'Enfant, saint Pierre tenant la clef, et Marie Madeleine portant le vase des aromates. Le nœud porte les blasons des familles Du Louët et Simon de Kerbringal"

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Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Je ne m'arrêterai pas sur l'emmarchement à deux degrés, sur le socle avec l'inscription O Crux Ave ("Salut, ô Croix") et sur le fût à pans semés d'hermines datant de la restauration après la mission de 1909 (recteur J-F. Corre). L'entreprise Donnart, installée Boulevard de la Gare à Landerneau par Jean Guillaume, –qui a travaillé pour le sculpteur Larchantel–  et ses frères, a employé jusqu'à 100 personnes pour tailler la pierre, principalement du kersanton  ; elle possédait une carrière de kersantite, celle de Kersafloc'h à Loperhet. Les frères Alain et Mathieu se réservait la sculpture des églises (Christ, bourdons, ...). Source Bernard Kernéis.

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A. LA FACE ORIENTALE : VIERGE À L'ENFANT.

Comme c'est la règle, la face principale (Crucifixion) est tournée vers l'ouest pour témoigner de la foi dans la Résurrection face au couchant de la mort. Au dos de celle-ci, face à l'est, sous un dais à accolade, la Vierge à l'Enfant est entourée sur le croisillon de saint Pierre et de sainte Marie-Madeleine.

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Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Sous les pieds de Marie se voit un écu à trois têtes animales : ce sont les armes de la famille du Louet, Sr. de Lesquivit : d'or à trois têtes de loup de sable arrachées de gueules.

 

"La famille possédait les domaines de Liorzinic en Plougastel-Daoulas, du Plessix et de Lesquivit en Dirinon, de Coëtjunval en Ploudaniel, de Keranhoat, Kerhoënt et Kerrom (Minihy du Léon), Kerguiziau en Bohars, de Quijac en Lambézellec, de Penanvern en Saint-Martin-des-Champs, de Pirvit en Plédran, de Kerangarz, Treffilis et la Fosse en Lannilis, de Coëtivy en Plouvien, de la Villeneuve en Plouézoch, du Rest et Trévéhy en Plouénan, de Lesplougoulm en Plougoulm, de Penaot en Mahalon.

"La famille du Louet est présente aux réformations et montres de 1426 à 1534, paroisses de Plougastel-Daoulas, Dirinon et Ploudaniel. Cette famille semble originaire de Plougastel-Daoulas (la chapelle de Notre-Dame de la Fontaine-Blanche dans cette paroisse possède un blason de la famille du Louët de Liorzinic).

Macé du Louët, fut conseiller du duc de Bretagne Jean IV en 1391. Son fils Pierre du Louët, sieur de Liorzinic, se maria avec Marguerite de Launay. Leur fils, Alain du Louët, marié avec Marguerite de La Palue. Leur fils, Jean du Louët, marié avec Françoise de La Lande. Leur fils, Pierre du Louët, sieur de Kerhanhoat [Kerancoat], marié vers 1515 avec Marguerite de Coëtmenech, dame de Coëtjunval, dont il prit les armes " (Wikipédia, Loperhet)

"Macé, conseiller du duc Jean IV en 1391 ; Pierre, Sr. de Liorzinic, marié à Marguerite de Launay, veuve en 1426, laissa de ce mariage : Alain, vivant en 1448, époux de Marie de la Palue, père de Jean, marié à Françoise de la Lande, dont : 1° Pierre, Sr. de Kerhanhoat, marié vers 1515 à Marguerite de Coëtmenec'h, dame de Coëtjunval, dont il prit les armes : 2° Jean, auteur des Srs. de Lesquivit, marié à Isabeau Simon, de la maison de Kerbringal.
Six chevaliers de l'ordre du Roi depuis 1573 ; René, abbé de Daoulas en 1581, mort en 1598 ; René, évêque de Cornouaille en 1642 mort en 1666.
La branche de Keranhoat fondue dans du Harlay, puis Montmorency-Luxembourg ; la branche de Lesquivit fondue dans Kerguern ; la branche de Penanvern fondue au XVIIè dans Marbeuf.
Le Sr. de Trémaudez, débouté à la réformation de 1668, portait les premières armes.
" (Pol de Courcy, Nobiliaire..)

L'auteur de l'article "Dirinon" sur Wikipédia (consulté le 10-02-2017) reprend la lecture d'Abgrall 1907 et voit dans ces armoiries des hures de saumons :

 

" La famille Du Louët, seigneur de Liorzinic à Plougastel-Daoulas et de Keranhoat en Loperhet, etc., était aussi seigneur du Plessix et de Lesquivit en Dirinon. L'actuel château de Lesquivit, qui date du xviiie siècle a été construit par des membres de la famille Du Louët à l’emplacement de l'ancienne enceinte médiévale « Castel ar Roue », édifiée par la même famille Du Louët18.

En 1585, le manoir de Pennarun (Penn a Run signifie en breton : "à l'extrémité de la colline") passe par alliance aux Toutenoutre, par le mariage de Jérôme de Toutenoutre avec Gilette Le Louët. La Chambre des comptes de Bretagne possède des archives concernant un certain « Olivier de Toutenoutre, écuyer, seigneur de Penanrun et autres lieux » et les Archives du Finistère conservent un acte du 22 septembre 1718 concernant une dame Marie de Keroudant, veuve douairière de Louis Toutenoutre, seigneur de Penanrun, et autres lieux, demeurant en son manoir de Penanrun, paroisse de Dirinon. Les armes des seigneurs de Toutenoutre (d'argent à trois hures de saumon coupées d'azur) se trouvent sur le calvaire situé dans l'enclos paroissial de Dirinon." Wikipédia.

 

Si ce calvaire date des années 1450, les armoiries correspondent aux couples Alain du Louët (décès avant 1517) / Marie de la Palue, ou Jean du Louët / Françoise de la Lande, ou encore Jean, sr de Lesquivit / Isabeau Simon. Les armoiries de la Palue peuvent être, d'après mes recherches, d'argent au lion morné de sable surmonté d'un lambel de gueules mais je lis aussi : "les seigneurs de la Palue, ramage de la famille de Léon, dont ils portaient les armes :d’or au lion de sable brisé en chef d’un lambel de gueules. ". Par contre (cf. infra), celles des Simon de Kerbringal sont de sable au lion d'argent, armé et lampassé de gueules. A suivre...

 

 

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Armoiries Du Louet, face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Armoiries Du Louet, face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Armoiries Du Louet, face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Armoiries Du Louet, face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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1°) La Vierge à l'Enfant.

Une couronne est posée sur la longue chevelure libre. La Vierge porte un manteau à fermail au dessus d'une robe ras-du-cou et tombant très as, ne laissant voir que le bout de chaussures rondes. Elle présente un fruit rond (donc, une pomme) à son Fils. Celui-ci, en robe à pli médian, tend la main droite, index tendu, en direction peut-être de ce fruit. L'autre main, vide, pend le long du corps. L'ensemble, comme le reste du calvaire, est envahi par un lichen blanc regrettable. Des photos plus anciennes montrent mieux la chevelure de l'Enfant, en boules ou macarons, typique de l'atelier du Folgoët, comme nous le verrons.

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Saint Pierre et Vierge, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre et Vierge, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Vierge, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Vierge, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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2°) Saint Pierre, à la droite de la Vierge.

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Saint Pierre, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre, Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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3°) Sainte Marie-Madeleine à gauche de la Vierge.

Elle tient un objet perdu dans la main droite, et un vase d'aromate dans la main gauche. Sur l'île de Lilliput, il y a les Petits-boutiens et les Gros-boutiens, et, pour ce personnage, il y a les Sainte-Barbiens et les Sainte-Marie-Madeliens. Sainte Barbe protège de la foudre (fort mal, le clocher de Dirinon en sait quelque-chose), et tient avec elle une tour percée de trois fenêtres, que l'on a pu reconnaître dans l'objet à chapeau pointu ici présent. L'objet perdu de droite serait, en toute logique, alors, une palme du martyre. Mais qui a déjà vu  Santez Barba juchée sur le culot d'un calvaire breton ? Alors que sainte Marie Madeleine, caractérisée par sa longue chevelure et son vase de parfum (ou d'aromate), est constamment placée au pied de la croix dans les Passions finistériennes des maîtresse-vitres, et qu'elle forme avec Marie et Jean, un trio de compassion dans les Déplorations. 

 

Marie-Madeleine.  Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Marie-Madeleine. Face orientale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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B. LA FACE OCCIDENTALE / LE CHRIST ENTOURÉ DE LA VIERGE ET DE SAINT JEAN.

La croix   : Les  branches des fleurons sont à choux carrés. Le dais carré gothique flamboyant est caractérisé par ses arcs en accolades.

 

Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile.

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Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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Vue de trois-quart : les statues sont géminées. Vierge / Marie-Madeleine et Jean / Pierre.

Certes, les statues sont géminées, comme le fera plus tard Roland Doré. Mais, avec une virtuosité incroyable, c'est l'ensemble du calvaire avec ses sept personnages et sa croix qui est sculpté dans un seul bloc de kersanton !

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Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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1°) Le Christ.

Titulus JNRJ (INRI). Tête baissée et inclinés, yeux clos, le Christ aux traits paisibles est figuré après sa mort. Ses cheveux sont longs, ceints de la couronne d'épines. Le perizonium, plus plissé et moins gracieux qu'à Rumengol, est noué sur la droite.  Les mains sont clouées dans la paume. Les pieds sont cloués ensemble, pied droit sur le pied gauche. La représentation du thorax est assez réaliste, les côtes sont marquées. L'écoulement du sang des plaies n'est pas représenté.

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Le Christ. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

Le Christ. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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2°) Saint Jean.

Mains croisées sur le ventre, traits lisses, les yeux ouverts mais inexpressifs, le disciple préféré du Christ semble figé dans l'attente. 

La caractéristique qui est remarquable est sa coiffure, en boules ou macarons méchés, car elle est reconnaissable comme relevant du style du premier atelier du Folgoët, décrit par Emmanuelle Le Seac'h. C'est elle qui a souligné ces cheveux "ébouriffés", "méchés" (aucun terme n'est parfaitement descriptif) qu'elle a retrouvé sur l'autel des Anges du Folgoët (vers 1445), sur le coffre du tombeau de Gatien de Monceaux (Musée départemental breton de Quimper, vers 1420), sur le coffre du tombeau de l'évêque Alain de Lespervez (vers 1455), ou coiffant les anges du porche sud de la cathédrale de Quimper, du porche de La Martyre (1450-1468) ou des apôtres du porche Rumengol (vers 1468), sur saint Jean du calvaire de Rumengol et de celui de Plomodiern, mais qui se retrouvent aussi sur l'ange tenant un écu du gisant de sainte Nonne à Dirinon, et, nous venons de le voir, sur l'Enfant-Jésus de ce calvaire.

Pourtant, E. Le Seac'h, qui a dressé le catalogue raisonné des ateliers de sculpture de Basse-Bretagne, a bien attribué le gisant de sainte Nonne au grand  atelier ducal du Folgoët (1423-1509), mais n'y a pas inclus ce calvaire.

Comparer avec le calvaire de Rumengol, qui est contemporain de celui de Dirinon (vers 1450) photo lavieb-aile:

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Saint Jean. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Jean. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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Saint Jean. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Jean. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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Saint Jean. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

Saint Jean. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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3°) La Vierge.

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La Vierge. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

La Vierge. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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Notez les yeux en amandes, ourlés, qui sont, avec les pommettes saillantes et l'arcade sourcilière prononcée, l'ovale marqué et les lèvres fines, une des caractéristiques de l'atelier du Folgoët (Le Seac'h, p. 74 et 77)

 

La Vierge. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

La Vierge. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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4°) L'écu au pied de la croix.

Il porte les armoiries des Simon, sieur de Kerbringal,  de sable au lion d'argent armé et lampassé de gueules : un blason qui se retrouve sur le coté du gisant de sainte Nonne, et sur le reliquaire en argent de la sainte.

Selon le Nobiliaire de Pol de Courcy :

"SIMON, sr de Kergoulouarn, par. de Plouvorn, — de Tromenec, par. de Landéda, — de Bigodou, par. de Saint-Martin-des-Champs, —de Kerbringal, par. de Dirinon, — de Kerannot, par. de Saint-Thégonnec, —de Kergadiou, —de la Palue, par. de Plougoulm, — de Pensez, par. de Plouvien, — de Poulhalec, — de Keropartz, par. de Lanmeur, — de Kerénez, par. de Kerlouan , — de Kersalliou, par. du Minihy de Léon, — de Kerven, — de la Lande.

Anc. ext., réf. 1669, neuf gén.; réf. et montres de 1428 à 1862, par. de Plouvorn , Plougoulm et Landéda, év. de Léon, Dirinon, év. de Cornouailles, et Plougaznou, év. de Tréguier.

De sable au lion d'argent, armé et lampassé de gueules. Devise : C'est mon plaisir.

Eudes, croisé en 1248; Yvon, archer dans une montre de 1378 reçue par Olivier Le Moine, capitaine de Lesneven, père de 1° Yvon, sr de Kergoulouarn, marié vers 1400 à Catherine de Kerouzéré, • dont Guillaume, époux en 1437 d'Adelice Le Barbu, dame de Tromenec; 2° Hervé, sr de Kerbringal, dont la postérité s'est fondue dans Silgny."

Vers 1450, je peux penser que c'est Hervé Simon de Kerbringal qui a fait timbrer ici ses armes, mais je ne trouve pas de données sur ce personnage. Mais nous avons vu supra que Jean du Louet a épousé Isabeau Simon de Kerbringal, ce qui me conduit à proposer l'hypothèse que c'est ce couple qui est le commanditaire de ce calvaire. Cependant, j'ignore la date précise de leur mariage. Ou bien, ce sont les deux familles, déjà proches, qui se sont unies pour financer et ordonner cette construction, suivant en cela l'exemple du mécénat des ducs de Bretagne (Jean V et ses fils, puis François II) au Folgoët, à Quimper ou ailleurs.

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Écu des Simon de Kerbringal. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

Écu des Simon de Kerbringal. Face occidentale du Calvaire (vers 1450) de Dirinon . Photographie lavieb-aile 2016.

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Discussion .

La paroisse –ou la commune– de Dirinon conserve trois témoignages de l'activité de mécénat religieux des seigneurs locaux datant du milieu du XVe siècle.  Le calvaire de l'enclos paroissial (Familles du Louët de Lesquivit et Simon de Kerbringal) et le le gisant de sainte Nonne semblent sortir du même atelier de sculpteurs, celui du Folgoët (1423_1509). Le reliquaire de sainte Nonne , datant de 1450, porte les blasons des familles  Simon de Kerbringal, de Maufuric de Lézuzan, de Goulezre et du Rouazle. Il est l'œuvre d'un orfèvre de Morlaix. 

Ce sont les seuls témoins de la vie religieuse du XVe siècle, puisque l'église  actuelle et sa chapelle furent mises en chantier en 1577, 1588 et 1593 selon les inscriptions lapidaires.

L'intérêt majeur est de conserver l'un des rares calvaires finistériens du XVe siècle, et de le situer dans le cadre stylistique du premier atelier de sculpture sur pierre (kersanton) de Basse-Bretagne.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

—APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

— Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

—  CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon" Calvaire n°421,  Atlas des croix et calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère, Quimper Atlas en ligne :

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère, Quimper, 370 p.

CASTEL (Yves-Pascal), 1993, Croix et calvaires de Dirinon, Progrès de Cornouaille /Courrier du Léon 9 mars 1993

0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 février 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

—FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

POTIER DE COURCY (Pol), 1890, Nobiliaire et Armorial de Bretagne tome II, 3ème édition

https://archive.org/stream/NobiliaireEtArmorialDeBretagne2/Nobiliaire_et_armorial_de_bretagne2#page/n215/mode/2up/search/kerbringal

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Published by jean-yves cordier - dans Dirinon
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:39

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Comme toutes les églises et chapelles du Finistère, l'église de l'enclos paroissial de Dirinon, et sa chapelle adjacente Sainte-Nonne, comportent de nombreuses crossettes, pierres d'amortissement nécessaires à la structure et à l'équilibre des rampants des pignons et fenêtres. Et comme dans les autres enclos paroissiaux et les autres paroisses, ces crossettes sont majoritairement figuratives et elles représentent des animaux et des anthropomorphes adoptant des modèles ou des postures stéréotypées.

A Brasparts, à Landerneau, à Landivisiau, à Lannédern, à Rumengol, à Saint-Urbain, ou à La Martyre, les lions et dragons tenaient des ossements ou emportaient des formes humaines (crânes, têtes, corps entier) comme des acolytes de la Mort tandis que des représentations féminines parfois animalisées (serpents ou poissons) et des hommes intempérants illustraient les  dangers d'une vie adonnée aux vices dans l' insouciance du trépas. Qu'allais-je découvrir à Dirinon ?

Pour la seule église, je dénombrais  1 gargouille et 8 crossettes . Et la chapelle en ajoutait 6 à ma collection. Emmanuelle Le Seac'h, qui m'a précédé pour la même enquête, a compté 1 ange, 1 dragon, 1 monstre, 6 humains, 2 lions, 2 chiens, 1 loup, ...et les 6 gargouilles-canons du clocher !

–Matériau :  Pierre de Logonna.

– Sculpture : Ronde-bosse et faible relief.

– Datation : déduite de celle des bâtiments :

  • 1577 : chapelle Sainte-Nonne.
  • 1588 à 1593 : gargouilles-canons des deux plate-formes du clocher-tour.
  • 1588 (date inscrite sur le contrefort sud-ouest) et 1618 (date inscrite sur le porche) : église Sainte-Nonne.

Voir en fin d'article quelques inscriptions lapidaires et chronogrammes.

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Comment les décrire ? Je choisis de faire le tour de l'église, par le nord et en partant de la porte ouest, sous le clocher. Puis de tourner dans le même sens autour de la chapelle.  Une, deux, trois petits tours, on y va.

 

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Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

Plan schématique de l'église Sainte-Nonne : emplacement des crossettes en rouge.

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LE PIGNON OUEST.

 

1. Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.

Crossette d'angle en pierre de Logonna, rampant gauche de l'élévation ouest. ronde-bosse et faible relief, érodé. Vers 1618. 

Le lion, tourné vers le nord, est couché, mais les pattes antérieures repliées vers l'arrière, et donc courant. La gueule ouverte laisse pendre une longue langue. Il répond au stéréotype du "lion de crossette", avec son front frisé, sa crinière méchée, la moitié arrière lisse et fine, et, selon une règle constante, sa queue passe entre ses jambes postérieures, remonte sur l'échine et se divise en une fourche de trois branches. 

Il est difficile d'affirmer que les pattes antérieures prennent appui, ou maintiennent un objet, mais cela semble être le cas, car on voit une forme rectangulaire, peut-être un livre.

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 Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 1. Le lion de l'angle nord-ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'ÉLÉVATION NORD.

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Avant le décroché du transept nord, deux lucarnes proposent chacune à notre curiosité deux crossettes.

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Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Vue nord-ouest de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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La première lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

Les rampants de cette lucarne sont dentelés de crochets et coiffés d'un fleuron.

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Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Première fenêtre passante nord et ses deux crossettes. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Première lucarne nord.

Rampant droit de la première fenêtre passante de l'élévation nord, crossette en ronde-bosse et faible relief, datée entre 1618 et 1653. 

L'homme est en position de chevalier servant, la jambe droite allongée le long du mur et la jambe gauche repliée. Il fait face à l'ouest. Très ventru, avec l'abdomen plissé tombant en tablier, il tient entre ses mains ses moustaches tombant en tresses depuis ses narines. Ses cheveux sont longs, bien visibles sur l'épaule droiteQuoique son menton paraisse lisse, on ne peut exclure qu'il se caresse la barbe, ou encore qu'il tienne entre ses mains un objet ou un petit être. E. Le Seac'h y voit "un vieillard se caressant la barbe".

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

Crossette n° 2.  Homme  caressant sa moustache. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. 

Est-ce une femme à la poitrine peu marquée ou un homme au sexe discret ? J'opte pour la première possibilité en raison de la correspondance avec d'autres crossettes comparables, à Notre-Dame-de-Berven de Plouzévédé, à Saint-Hervé de Gourin ou à Notre-Dame des Trois-Fontaines à Gouezec, où les femmes nues ont une poitrine sans ambiguïté.

Pour E. Le Seac'h, "Acrobate se tenant le sexe".

Il s'agit d'un personnage, nu, dans une posture proche du précédent car son genou gauche est fléchi, la jambe prenant appui sur le mur tandis que la cuisse gauche est étendue sur la partie visible de la base de la crossette. L'axe de son corps est orthogonale à celui  du mur. Selon un geste adopté souvent par les acrobates sculptés, la femme (ou l'homme, j'hésite encore) tient sa cheville gauche par la main homolatérale, ramenant ainsi son talon vers sa fesse. Cette attitude corporelle n'est pas clairement acrobatique, car les amplitudes articulaires n'ont rien d'une performance, mais néanmoins elle nous interpelle car elle suppose une liberté contraire à l'étiquette de l'individu qui "se tient bien en public". 

Ce qui nous intrigue également, c'est la position de la main droite : elle est placée dans l'entre-cuisse, un index tendu ; mais le sexe n'est que légèrement sculpté.

Il faut admettre que cette femme se tient ou se touche le sexe, que son visage exprime la jouissance, et que le maintien du talon sur la fesse a une valeur érotique. Le visage est concentré, les yeux dilatés et la commissure des lèvres basse. Les côtes sont bien marquées, évoquant une expansion thoracique. Les cheveux sont longs et tombent dans le dos. Les épaules et les bras sont athlétiques.

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Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.    Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante.   Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°3 : Femme tenant son pied gauche. Rampant gauche de la première fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La deuxième lucarne ("fenêtre passante") nord et ses deux crossettes.

Les rampants de cette lucarne sont dépourvus de crochets mais coiffés d'un fleuron.

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4. Crossette n° 4. Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. 

 

Il saut' sur la fenêtre

Et groume du museau

Pasqu'il voit sur la crête

S'découper les oiseaux

Tirelo

 (Léon-Paul Fargue, Chanson du chat, in "Ludions")

Un animal est sculpté, de profil, tête dirigé vers l'occident. Sa queue est longue et fournie, ce qui m'évoque celle d'un renard, mais on peut penser aussi à un chien ou à un loup. Elle n'est pas tombante, mais au contraire tendue dans l'axe de l'arrière-train et de l'échine. Le pelage est lisse. Les pattes arrières sont semi-fléchies, les antérieures tendues, dynamiques. Cette bête tient dans sa gueule une proie (ce qui, hors dans le contexte d'une scène de chasse, n'est pas compatible avec un chien). J'ai cru voir dans la proie une volaille, et comme j'avais fait du quadrupède un renard, il s'agissait d'une poule. Mais pourquoi pas un agneau dans la gueule d'un loup ? 

Dans tous les cas, c'est une scène de prédation.

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Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Renard emportant une poule. Rampant droit de la deuxième fenêtre passante. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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5. Crossette n°5. Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord.

Ce dragon ailé répond, comme le lion de la crossette n°1, aux stéréotypes du genre : yeux exorbités, oreilles pointues, dents pointues bien visibles, ailes nervurées de chauve-souris, queue de serpent formant des boucles et des nœuds (se prolongeant sur la pierre supérieure). Mais il a été amputé partiellement lors de la construction du bras du transept.

Il participe, comme le lion, de l'expression de forces terrifiantes et maléfiques menaçant l'homme qui les expulse ainsi dans les hauteurs du sanctuaire. Pour un chrétien, ces forces devaient être soit celles du péché et des vices, soit celle du danger de mort en état de péché.

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Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Dragon ailé. Rampant gauche de la deuxième fenêtre passante de l'élévation nord. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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ÉLÉVATION SUD.

6. Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept. 

L'animal est assis sur l'arrière-train, la tête tournée vers le visiteur. Il montre ses crocs.

 

Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°6. Chien assis. rampant droit de l'ancien transept.  Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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7. Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. 

Il est érodé et mangé par un lichen blanc. Pour E. Le Seac'h, "Buveur acrobate". 

L'homme tiendrait un verre tout en attrapant de la main gauche sa cheville. Il est difficile à observer en raison de la présence gênante de la gargouille, et la jambe droite n'est pas visible. Il est vêtu comme un jeune seigneur ou un homme aisé, coiffé d'une toque, au dessus de cheveux coupés à la mode qui cessa avec François Ier en 1515. Il porte des chaussures à bouts ronds, des chausses et une tunique courte à manches bouffantes. Les pans de cette veste sont sculptés de motifs pouvant correspondre à une succession de boutons, ou à des poches. Les yeux sont dilatés, fixant le ciel. 

Au vu de la connotation négative (en terme de morale) que l'homme nu de la crossette n°3 a conféré à la posture de la "prise de cheville", nous sommes amenés à suspecter que cet homme illustre un nouveau vice. Ceci est accentué par la cambrure exagérée qui peut être celle d'un acrobate. Cette crossette m'évoque celle du buveur, 6 rue des Boucheries à Landerneau, ou celle observée à La Martyre  (photo lavieb-aile

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Bien-sûr, c'est ce coté énigmatique de cette crossette (et des autres) qui fait notre bonheur, et lui donne toute sa poésie, clef d'exquises rêveries...

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Et puis c'est le hasard du croisement avec la gargouille qui crée cet effet de surprise parfaitement délicieux.

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Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 7. Homme tenant son pied et buvant. Rampant gauche de l'ancien transept. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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8. Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe.

Sur un contrefort à la jonction des rampants du porche et de l'ancien transept, érodée. Gargouille ayant une fonction effective d'évacuation des eaux pluviales, sa goulotte étant équipée de zinc.

C'est un  parallélépipède dont l' extrémité incurvée est  sculptée en une tête anthropomorphe, mais aux traits  grossiers. La bouche largement ouverte est armée de 18 dents environ. Du fait de l'incurvation, elle semble, telle la gueule de la murène, se projeter avec une férocité hilare vers nous. Cet effet est accentué par le grain très rugueux (accentué par le ciseau du sculpteur ?) de la pierre, évoquant des pustules sur la peau d'un reptile. 

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Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille n°1. Monstre anthropomorphe. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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9. Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche.

Voici encore un lion bien conforme au modèle-type. La queue passe exactement comme il se doit entre les pattes pour revenir se diviser en trois pointes sur le dos. La gueule est béante  à souhait, sur de belles quenottes, avec une longue langue pendante.  Le sculpteur lui a donné une crinière particulièrement généreuse, en trois rangs d'alvéoles. Entre ses pattes antérieures, il tient la tête d'un petit homme, dont on imagine le corps en arrière. Le lion va-t-il le dévorer, ou seulement exercer sur lui sa puissance d'émissaire de la Mort, et l'emmener aux Enfers ? Cette crossette me confirme dans ma conviction que ces lions et dragons sont, en Bretagne, les formes animales de l'Ankou.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 8 : lion tenant un homme. Rampant gauche du porche. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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10. Crossette mutilée n° 9. Angle sud-ouest.

A l'angle sud-ouest de l'église, sur le rampant droit de l'élévation ouest, une crossette mutilée et partiellement couverte de lichens ne montre plus qu'une paire de pattes (antérieures) reposant sur une console. A vos imaginations !

 

Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n°9, rampant droit du pignon ouest. Église Sainte-Nonne à Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA CHAPELLE SAINTE-NONNE.

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Les crossettes encadrent la fenêtre passante de la façade nord, qui donne presque devant le porche de l'église. 

La chapelle datant (inscription) de 1577, les 2 crossettes de  la chapelle Sainte-Nonne sont estimées de la même date. Le matériau est le même que celui de l'église, a priori la pierre de Logonna.

Je garde, pour les décrire, ma progression de l'ouest vers l'est.

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Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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11. Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

Pierre érodée, quelques plaques de lichens et traces verdâtres par micro-organismes.

La sculpture représente un homme nu, aux traits assez grossiers (yeux fermés mais dilatés, pommettes saillantes, nez large) portant une moustache en accolade dont les extrémités remontent vers les joues. Le menton est sculpté en deux épaisses virgules que nous interprétons comme une barbe. Ses cheveux frisés encadrent de leurs boucles les cotés du visage. Il est agenouillé sur sa jambe gauche, celle placée du coté mur, alors que la jambe droite est maintenue pliée par la main droite qui empoigne la cheville. La main gauche est placée vers le pubis.

Bref, c'est un troisième exemple de cette posture "d'acrobate" qui pourrait avoir une signification érotique, ou stigmatisante, d'autant que, malgré l'absence de détails anatomiques formels, la nudité de cet homme, son visage vultueux et la position de sa main sont autant d'indices, appelons un chat un chat, de la masturbation.

En 1644, lors de la Mission du Père Maunoir à Dirinon, le récit de la conversion d'un jeune homme illustre la lutte de l'Église contre ce qu'elle considérait comme un vice s'opposant au Salut :

"Il y avait à cette mission un jeune homme très dévot à la Sainte Vierge, qui avait cependant contracté de mauvaises habitudes, dont il ne se pressait pas de se corriger ; une nuit, pendant son sommeil, il se voyait en pèlerinage vers un sanctuaire voisin de la Sainte Vierge, lorsque, sur son chemin, il remarqua une croix élevée au pied de laquelle reposait un ange tenant de la main droite une hostie et de la gauche un calice. Le jeune homme le voyant resplendissant de lumière, s'écria : « Ange de Dieu, comme tu es beau, qui t'a envoyé ici ? » — « C'est la Sainte Vierge, répondit l'ange. » — « Conduis-moi avec toi. » — « Je ne le puis. » — « Je t'en conjure. » « Non, cela est impossible. » — « Pourquoi donc ? » — « Si je te conduisais avec moi, Dieu te chasserait. » — « Pourquoi cela ? » — « Parce que, depuis l'âge de sept ans, tu as une mauvaise habitude, dont tu ne t'es pas débarrassé. Voilà la mission qui s'achève, les Pères vont partir, hâte-toi de te confesser, ne retombe plus dans ton péché, et sois sûr alors qu'un jour je te conduirai dans la céleste patrie ». "

En 1975, dans  la "Persona Humana, Déclaration de la Congrégation pour la foi sur diverses questions d'éthique sexuelle" le Vatican rappelle ceci :

La masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné. La raison principale en est que, quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux contredit essentiellement sa finalité. Il lui manque, en effet la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise « le sens intégral d’un don réciproque et d’une procréation humaine dans le contexte d’un amour vrai ». C’est à cette relation régulière que l’on doit réserver tout l’exercice délibéré de la sexualité. Même si l’on ne peut assurer que l’Ecriture réprouve ce péché sous une appellation distincte, la tradition de l’Eglise a compris à juste titre qu’il était condamné dans le Nouveau Testament lorsque celui-ci parle d’« impureté », d’« impudicité » ou d’autres vices contraires à la chasteté et à la continence."

En janvier 1976, le curé de la paroisse saint-Louis de Brest est revenu dans le Bulletin diocésain de Quimper et du Léon, à propos de ce qu'il qualifie de "pavé dans la mare".

 

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Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon,  1577. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette n° 10. Homme tenant sa cheville droite. Rampant droit de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne à Dirinon, 1577. Photographie lavieb-aile 2017.

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12. Crossette n° 11. Ange tenant un livre, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne. 1577. 

L'ange, les yeux fermés,  est agenouillé sur une console. Il tient sur son cœur un livre.

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Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Fenêtre passante de la façade nord, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n° 11. Ange, rampant de la fenêtre passante de la façade nord, (1577), chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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Les crossettes d'angle de la chapelle.

13. Crossette n°12 : Angle nord-ouest : Masque, sous un fronton. Érodé.

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chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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13. Crossette n° 14.  Angle nord-est : Masque, crossette sculptée sur la lèvre uniquement. Érodé. 

. Buste d'homme  coiffé d'un tortil ?.

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 Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n°16. Buste d'homme,  chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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14. Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, museau pointu et oreilles dressées,  tenant un rouleau entre ses pattes antérieures. Érodé.

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 Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

Crossette n° 15. Angle sud-est : Loup, chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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J'ajoute enfin (oublié dans mon parcour autur de l'église) cette crossette :

15. Crossette n°14.  Église de Dirinon.  Masque d'homme. 

Rampant gauche du transept nord de l'église.

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chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

chapelle Sainte-Nonne, enclos paroissial de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.  

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COMPLÉMENT. QUELQUES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES ET CHRONOGRAMMES.

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La tour-clocher. 1588 et 1593.

Profitez-en pour découvrir les six gargouilles-canons.

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Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Sur le contrefort sud-ouest du pignon ouest : chronogramme 1588.

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contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

contrefort sud-ouest : chronogramme 1588. église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Sous la deuxième balustrade du clocher: inscription et chronogramme.

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Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile.

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Inscription entre 2 chapiteaux (masque d'une femme en coiffe et guimpe à gauche).

1593. I KZVNCVF

Y. LEREST

Le premier patronyme doit être rectifié KERZVNCV[F], mais cela ne permet pas de le déterminer, à moins d'y lire KERDUNCUFF, assimilé à Kerdoncuff. En réalité, cette modification ne s'impose pas, car  A. Deshayes signale à propos de Kerdoncuff :  "les variantes lénifiées de ce patronyme [sont] Kerzoncuff et Kerzoncuf, et réduites Keroncuff (Keroncuff, 1627, Quimper ; Keroncuff, 1630, id. Keroncu, 1735, id. ) tous attestés à Plougastel-Daoulas. Elles  proviennent vraisemblablement du village de Loperhet, ancien lieu noble noté Kedoncuf en 1426. (Dict. des noms de famille bretonne, 1995). Loperhet est placée entre Dirinon et Plougastel-Daoulas.  Kerzoncuff est attesté à Dirinon en 1772 (Jean François KERZONCUFF 1772-1828 &1803 Marie Jeanne GUIRRIEC 1774-1853)

 Le nom est attesté dans la commune (Marc et François furent  maires entre 1796 à 1883). Le toponyme Keroncuff (près de la chapelle Saint-Divy) y existe aussi. 

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Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription du clocher 1593, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La statue en kersanton de sainte Nonne. 1588.

Attribuée par un auteur au Maître de Guimiliau.

Inscription STE NON[NE].  Notez le N rétrograde.

La sainte patronne de la paroisse est voilée, vêtue d'une cape ou manteau à fermail. Elle tient un livre.  C'est l'occasion de mentionner le Buhez santez Nonn hac ez map deuy  (La Vie de Sainte Nonne ), un manuscrit sur papier de la fin du  XVIe siècle, qui fut découvert  en 1834 par l'abbé Marzin, secrétaire de l'évêque de Quimper. Il s'agit d'un Mystère, racontant la vie de sainte Nonne, les miracles qui s'opérèrent sur son tombeau, l'épiscopat et la mort de saint Divy, et qui était peut-être joué par les habitants de Dirinon. Le caractère très précieux de ce document est qu'il a été  composé en langue bretonne . 

Et chacun peut consulter à sa guise, si ce n'est le manuscrit, du moins sa transcription et sa traduction par Le Gonidec.

https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

... ou par Yves Le Berre 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/80d88f81a9a064fda9b122ff0d667bbc.pdf

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Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Statue de sainte Nonne, au dessus de la porte occidentale de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton.

Le patron des jardiniers, horticulteurs et maraîchers a aussi sa statue (XVe siècle) au dessus de la porte nord de la chapelle Saint-Divy, montrant ainsi son importance pour les paroissiens. Et, peut-être, l'importance des cultes liés à la nature. Comme à la chapelle Saint-Divy, le saint est représenté avec son capuchon sur la tête.

Elle est classée MH depuis le 14 /11/1991 :  les spécialistes de l'Inventaire l'estiment exécutée vers 1600, "en granit de kersanton" (sic). Ils donnent les mensurations suivantes : hauteur 85 cm ; largeur 28 cm ; profondeur 24 cm.

Emmanuelle Le Seac'h l'attribue à l'atelier landernéen de Bastien et Henry Prigent (1527-1577).

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La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

La statue de saint Fiacre (1577?), au dessus du portail nord de la chapelle Sainte-Nonne. Kersanton. Atelier de Bastien et Henry Prigent. Photographie lavieb-aile 2017.

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Élévation sud : transept, cadran solaire, et crossette n°6.

 

 

Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Transept, élévation sud, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Cadran solaire de 1653.

Table de schiste de 55 cm de diamètre

Restauré par Mr Labat en 2010 qui installa un nouveau style orienté vers le nord géographique afin que le cadran indique l'heure solaire

"Au centre, un astre déploie ses rayons vers les heures du jour. Coté ouest, il est orné d'un soleil alors qu'en face, coté est, les heures du jour se déclinent vers une lune. Le décor aux volutes au dessus de la date est un calice surmonté d'une hostie."

Il apparaît dès lors que les initiales M.H.G.C sont celles du curé de l'époque et qu'il faut lire "Messire Hierosme Gayement Curé." .

 L’objet a été déplacé, car on voit « un encadrement mouluré encore visible au-dessus d’une des fenêtres Midi » (Abgrall 1907 p.191 et 237)

— LABAT-SEGALEN (Pierre), CORNEC (Jean-Pierre), 2010, Cadrans solaires de Bretagne, Oralajoù heol Breizh. , ed. Skol Vreizh

— LALOS (Michel), http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_brest.php

— CASTEL (Yves-Pascal), 2010, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_cadrans_solaires

  Hierosme Gayement fut diacre puis prêtre de Loperhet de 1636 à 1646   puis curé de  Dirinon de 1642 à 1671, et curé-témoin des missions du Père Maunoir en 1644 et 1666.

L'église de Dirinon, donnée comme prébende de l'abbaye de Daoulas par l'évêque de Quimper, Geoffroy, 1170-1185, fut possédée jusqu'à la fin du XVe siècle par un prieur chanoine régulier de Daoulas; mais en vertu d'une bulle du Pape Alexandre VI, ce prieuré fut uni à la mense conventuelle de Daoulas, le 7 Juin 1498, par l'official de Cornouaille, exécutant la bulle du Pape (Archives départementales, Daoulas). Depuis, la paroisse fut gouvernée par un prêtre séculier qui prit successivement le titre de curé, de vicaire perpétuel, puis de recteur. Ce furent, avant Jérôme Gayement, :

  • 1599-1620. Pierre Heleouet, curé.
  • 1621-1639. Claude Morvan.
  • 1639-1642. Briz.

"Lorsque les missionnaires, sous la conduite du Père Maunoir, quittèrent Plougastel-Daoulas, en 1644, pour prêcher à Dirinon, ils trouvèrent une certaine opposition de la part des ecclésiastiques des paroisses voisines et même de la part du recteur de Dirinon, M. Gayement qui, plusieurs années plus tard, avoua ses préventions au Père Maunoir et lui dit comment elles cessèrent lorsqu'il vit un ange assistant à la messe, le Père, directeur de la mission." ( Père Maunoir: Relation manuscrite des dix premières années de ses missions). Abgrall 1907

Ce curé semble avoir été fort actif et soucieux de placer les heures et le temps sous la tutelle de Dieu et de son Église puisqu'outre ce cadran de 1563, il fit réaliser trois cloches en  1666, année de la seconde mission .

a) L'une d'entre elles, sans nom de baptême mentionnée ["Mauricette", est encore en place : "La cloche datant de 1655, ayant 1 m. 12 de diamètre et 1 mètre de hauteur : elle est due à Jacques Le Louarn et porte l'inscription : "ESCVYER. G. DV. LOVET. SEIGNEVR. DE. LISQVIVIT. & C. PARIN. & DAME. MAVRICETTE. DV. LOVET. DAME. DE COATIVNVAL. MARINE. M. HIEROME. GAYEMANT. CVRE. C. CANN. & ANTO. CALVEZ. FAB 1655." Plus bas est un poinçon ou marque de fabrique, figurant un renard ; ce sont les armes parlantes du fondeur, car LOVARN signifie renard. — On lit au-dessous  :"IAC. LE. LOVARN. MA. FAICTE". (Abgrall 1907)

b) sans nom, 1661, bénie par Pierre Héleouet curé de Dirinon:

 "Les registres paroissiaux relatent plusieurs autres baptêmes de cloches. Le premier est du 15 Avril 1661. Les parrain et marraine furent le seigneur de Kerdoulas et la dame du Rouazle : « Anno Domini millesimo sexcentesimo primo, die vero decima quinta mensis Aprilis fuit facta benedictio unius campane in hac ecclesia de Dyrinon per me dominum Petrum Heleouet curionem dicte parochie de Dyrinon. Compatres fuerunt nobilis dominus de Kerdaulas et domina du Rouazle ». 

c) "Françoise", 1666 « Ce jour, 27 Octobre 1666 a esté benite et consacrée en l'église paroissiale de Dirinon en l'honneur de Dieu et de la Sainte-Vierge et de Madame sainte Nonne une cloche par Missire Hierome Gayement curé, le parein et maraine ont esté escuyer Marc Anthoine le Pappe, seigneur de Lezuzan, et dame Françoise Gousabatz, dame de Lesquiffit. On lui a imposé le nom de Françoise en présence des soubzsignants : Françoise Goasabatz, Marc-Anthoine le Pappe, Nouel Emdivat, prêtre, François André, prêtre, Vincent Coatagas, prêtre. Le Louarn, fondeur, Hierome Gayement ».

d) "Perrine", 1666. "Le 31 Octobre suivant fut bénite une autre cloche par Dom Noel Emdivat, prêtre de la paroisse, les parrain et marraine furent vénérable et discrète personne Missire Hiérosme Gayement, curé de Dirinon, et demoiselle Perrine Joliff, dame de Monval. On lui assigna le nom de Perrine. Louarn, fondeur." 

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Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Cadran solaire (1635), église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1714.

Sur le pignon sud du transept, juste à droite du cadran solaire mais assez difficile à découvrir lorsque la lumière n'est pas rasante, on trouve dans un double cartouche en creux l'inscription : G. DENIEL F. 1714.  G[uillaume] Deniel F[abrique] 1714

Il s'agit sans-doute du même fabricien qui a inscrit son nom dans le chœur la même année 1714.

Inscription de 1714, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1714, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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 Inscription de 1713.

N : DIVERRES : F. / 1713.

"N[icolas] Diverres, F[abrique] 1713"

Notez le N rétrograde. Il pourrait s'agir de Nicolas Diverres (mars 1662 / 9 juin 1720), fils de Jean Diverres et de Jeanne Caret, époux de Marie Le Bris et père de 5 enfants, Jacques, Marc, Marie, Jeanne et Hervé. Jean Diverres était fabrique en 1702, date à laquelle il a inscrit son nom sur la chapelle de Saint-Divy, à Dirinon.

 

Ces deux inscriptions de 1713 et 1714 sont contemporaines de l'agrandissement agréé par l'évêque en 1712 de l'église : destruction de l'ancien chœur et édification d'un nouveau transept plus large et plus haut que le premier, qui est néanmoins conservé

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Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1713 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1756  l'est du pignon nord de l'ancien transept.

FAIT PAR JEAN /  QVENECADEC / ET IOSEPH  MVSE / LEC, FABRIQVE, L'AN 1756.

Notez, à nouveau, le N rétrograde et le Q rétrograde de JEAN, QVENECADEC,  FABRIQVE, et AN.

Jean Quenecadec, né le 23 août 1725 à Dirinon et décédé au lieu-dit L'Isle à Dirinon le 3 décembre 1761 ; il est le fils de François Quenecadec et de Françoise Caret. Il est le frère aîné d'Hervé, Marie et Françoise Quenecadec. Il épousa en 1747 Marie Kernéis et eut cinq enfants. Voir généalogie G. Kerautret.

Un de ses successeurs a inscrit sur le pignon de la chapelle de Saint-Divy l'inscription F. QVECADEC FABRIQVE 1778. Il s'agit sans-doute de François Quenecadec, né le 8 avril 1748 au lieu-dit L'isle à Dirinon. 

Joseph Muzellec est né à Dirinon le 14 mai 1708 de Guillaume Muzellec et Marie Le Bot.

 

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L'inscription, en lettres majuscules romaines, signale la réfection, pour une cause inconnue, du pignon nord de l'ancien transept.

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Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

Inscription de 1756 de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile 2017.

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DISCUSSION.

Les crossettes de ces deux édifices sont placées soit aux angles, soit en encadrement des fenêtres passantes, mais sans orientation cardinale privilégiée. Sur un total de 15 figures exploitables, nous dénombrons 1 ange, 7 humains et 6 animaux :

  • 4 hommes dont 3 sont nus (et 3 têtes d'homme en masque) 
  • 2 lions dont un tenant un être humain .
  • 1 dragon ailé
  • 1 chien
  • 1 renard tenant une poule
  • 1 loup
  •  1 ange 

Cette distribution est globalement conforme  à celle des monuments religieux du Finistère, malgré l'absence de figures féminines (femme, femme serpent ou sirène). La constance de figures stéréotypées montre que ce décor n'est pas dû au bon plaisir d'un artisan local, mais qu'il répond soit à la volonté des commanditaires (les fabriques paroissiales) soit au savoir-faire et aux modèles d'ateliers de sculpture, et sans-doute de la conjonction des deux.

J'ai d'abord pensé que ce décor placé dans une zone très particulière des églises, zone intermédiaire entre les murs et la toiture, toujours en hauteur, témoignait d'une fonction d'exutoire, de projection des pulsions contraires à la morale chrétienne : un entre-deux de refoulement, rempli des animaux du légendaire pré-chrétien et de l'héritage fabuleux populaire. 

Je constate désormais que ces pierres saillantes sont organisés selon trois thèmes fondamentaux :

1. L'animal menaçant, dévorant ou prédateur est une forme de l'Ankou : un assistant de la Mort. Par sa présence, il est un rappel insistant du péril majeur que représente alors pour tout chrétien la mort en état de péché, qui l'expédierai droit en Enfer.

2. L'homme (ou la femme) peccamineux — j'adore ce mot, quitte à l'utiliser à tort—, soumis à un vice. Deux ordres de vices sont particulièrement illustrés : ceux du ventre, en latin Gula ou Gastrimargia (Gourmandise et Ivrognerie) et ceux du sexe, Luxuria ou Pornéia (plaisir sexuel recherché pour lui-même). Autrement dit, ces sculptures laissent de coté les autres péchés capitaux que sont l'Orgueil (sauf dans le cas du jeune seigneur richement vêtu), l'Avarice, l'Envie, la Colère et l'Envie. Voir Les sept péchés capitaux par Jérôme Bosch.

3. L'ange, en contrepoint, mais toujours comme messager. Soit il tient un phylactère, soit il s'entoure d'une inscription d'injonction, soit, comme ici, il tient un livre qui renvoie aux Évangiles. Il indique la Voie à suivre vers le Salut.

Dès lors, ce décor pittoresque (ou "sculptoresque") s'intégrerait dans une action pastorale, complétant par l'image le travail de prédication. 

La datation de ces crossettes les placent à la fin du XVIe siècle (1577) ou au début du XVIIe siècle (1618), après le Concile de Trente (1545-1563) qui s'est opposé aux décors fabuleux, et dans le cadre militant de la Contre-Réforme. Si la première mission du Père Maunoir à Dirinon date de 1644, les premières "cartes"  illustrant par l'image la prédication de Michel le Nobletz furent peintes entre 1613 et 1639. Ces crossettes pourraient être considérées, dans un style bien différent et exempt de toute moraline, comme des formes préalables, mais jubilatoires, de ces Taolennou.

Mes articles sur ces Tableaux :

http://www.lavieb-aile.com/2015/10/douze-tableaux-de-mission-de-l-eveche-de-quimper-la-serie-de-plouguerneau-1.html

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/la-tribune-des-peches-capitaux-de-la-chapelle-saint-yves-a-priziac.html

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

https://archive.org/stream/bulletindiocsai00arcgoog/bulletindiocsai00arcgoog_djvu.txt

—APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

—  "Buhez santez Nonn" ou "Vie de sainte Nonne et de son fils saint Divy, archevêque de Ménevie en 519" avec une introduction de l'abbé Sionnet et accompagné d'une traduction littérale de Legonidec et d'un fac-similé du manuscrit, Paris, Merlin, 1837

https://archive.org/details/buhezsanteznonn01gonigoog

— Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

 

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

—FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

— LE MEN (Annie) , Dirinon Kerliezec, 1998, la cloche de 1573

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a64395e3a45082e87616943e6418235b.jpg

—CASTEL (Yves-Pascal)  1990, Retrouvaille des cloches en 1990. Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c723cbe89ac41b0f1c6516d4a7c97b0a.jpg

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.

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Published by jean-yves cordier - dans Dirinon. Gargouilles et crossettes
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:25

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Entre la cinquième et la sixième travée, la poutre aux entraits engoulés par de grandes mâchoires de dragon sépare symboliquement la nef du chœur, les fidèles des officiants, comme le faisaient matériellement les jubés, avant leur destruction presque totale.  La poutre est  sculptée sur trois faces avec des scènes de la Passion,  sur la face tournée vers les fidèles, et les douze Sibylles autour de l'Annonciation, pour la face tournée vers le chœur. 

Les Poutres de Gloire (traduction du latin trabes doxalis), ou tref, portent un Christ crucifié, entouré de la Vierge et de saint Jean, comme sur les calvaires bretons à trois personnages.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX.

Croix aux fûts écotés. Thorax marqué par les pointes du flagellum. Cheveux et barbe longues et mêchés. Yeux clos. Lettres INRI du titulus en majuscules gothiques, aux fûts ornés. Perizonium noué à gauche. 

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE.

Voile blanc recouvrant entièrement la tête. Cou et poitrine couverts par une guimpe. Manteau bleu ciel. Visage rond, peu expressif, yeux ouverts. Mains jointes. Impression générale de prostration et de sidération, ou de quiète confiance.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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SAINT JEAN.

Contraste avec la Vierge par le mouvement des bras et de la tête, levés vers le Christ, et par l'animation en vague de la chevelure bouclée, des manches plissées et, surtout de l'admirable pan du manteau rouge sur une robe dorée. (L'opposition des couleurs des manteaux, bleu de la Vierge et  rouge de Jean, est par contre très habituelle). Visage sublime de beauté juvénile, regard empreint d'admiration, d'amour et de foi. Pieds nus, comme ceux de tout apôtre. 

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Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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I. LE COTÉ OUEST DE LA POUTRE : LES  8 SCÈNES DE LA PASSION DU CHRIST.

Sur le coté tourné vers la nef et donc vers les fidèles, deux anges recueillent le Précieux Sang au pied de la Croix. Et, de part et d'autre,   encadrées par deux arbres à larges feuilles, 8 vignettes rappellent les temps les plus douloureux de la Passion. Des scènes bien connues, inspirées de gravures (Passions de Schongauer ou de Dürer pour ne citer que ces maîtres) largement diffusées, et qui figurent par exemple sur les maîtresses-vitres de très nombreuses églises et chapelles du Finistère ; mais, ici, tout l'intérêt vient d'un détail supplémentaire.

1. Agonie au Jardin des Oliviers.

Le Christ en agonie prie son Père, tandis que lui apparaît dans une nuée un ange tenant la croix du sacrifice auquel il doit se destiner. Les trois disciples (Pierre, Jean et André), sont endormis malgré la demande de Jésus. Mais ce qu'il faut noter, c'est le personnage, vêtu en moine, qui est agenouillé à gauche, mains jointes. Il peut s'agir du donateur et commanditaire, ou, plus généralement, de la figure du chrétien appelé à méditer sur les souffrances endurées lors de la Passion, dans le cadre d'une dévotion participative (Imitation de Jésus-Christ de Thomas a Kempis, Meditationes Vita Christi de Ludolphe le Chartreux, ou troisième semaine des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola, postérieurs à cette Poutre).

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Agonie du Christ, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Agonie du Christ, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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2. Flagellation (fouet) et fustigation (verges).

La scène de flagellation est classique, mais le Christ est lié à un arbre et non à la colonne. Là encore, un personnage inhabituel dans les gravures de référence est agenouillé, très différent des bourreaux , dans une tenue vestimentaire dont l'anachronisme avec la période judéo-romaine a été soulignée. Il m'est difficile de discerner s'il s'agit d'une femme, pieds nus, ou d'un riche marchand de toile vêtu d'une pelisse et tenant en main son chaperon. Il ne peut plus guère s'agir d'un donateur, et nous comprenons que l'artiste a choisi d'accompagner chaque temps de la Passion d'un de ses contemporains : après le Moine, le Bourgeois. L'hypothèse d'une œuvre marquée par le courant spirituel d'origine flamande de Devotio moderna se renforce. Les fidèles sont appelés à participer émotionnellement voire charnellement, comme ces personnages à genoux méditant sur  les souffrance endurées par le Christ, au Rédempteur.

Dés lors, nous sommes impatients de découvrir la scène suivante.

 

 

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Flagellation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Flagellation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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3. Couronnement d'épines.

Tandis que deux bourreaux enfoncent avec force la couronne d'épines sur la tête de leur victime à qui ils ont fait revêtir par moquerie de ses prétentions à la royauté le manteau pourpre et à qui ils ont donné en guise de sceptre un roseau, un roi du XVIe siècle, en manteau fourré, manches bouffantes et couronne doré, s'est agenouillé et lève la tête et les mains jointes, comme saisi par un élan de compassion.  Outre le fait que ce roi continue (comme dans une danse macabre) la liste des types sociaux, la relation spéculaire entre sa royauté temporelle et celle, divine, du Christ, est soulignée, de même ses prestigieux atours contrastent les regalia dérisoires du Dieu dont il tient son investiture.

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Couronnement d'épines, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Couronnement d'épines, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4.  Christ aux outrages.

Dans la même logique de la royauté tournée en dérision, deux bourreaux tiennent le pan du manteau pourpre comme une traîne tout en le bastonnant .

Le dévot qui est figuré à genoux porte, comme le "marchand" (c'était finalement plutôt une femme) de la deuxième vignette, un confortable manteau fourré. Il a posé son chapeau rond devant lui. Au vu des lois somptuaires, il s'agirait d'un seigneur ou d'un prince.

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Christ aux outrages, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Christ aux outrages, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. Deux anges recueillent le sang du Christ au pied de la Croix.

La séquence de la Passion s'interrompt pour cette station au pied de la Croix . La couleur des vêtements des anges est inversée. Le panneau est encadrée par deux tours qui peuvent évoquer les remparts de Jérusalem.

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Anges et calice, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Anges et calice, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Le Portement de Croix.

Le personnage à genoux, en manteau court et capuche,  tient son chapeau rond devant lui, face au spectacle du Portement de Croix. 

Portement de Croix, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Portement de Croix, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Contemplation des Arma Christi et du Christ aux liens.

Cette mise en scène, toujours entre deux arbres, prouve si besoin était que nous ne sommes pas dans le même registre que les Passions finistériennes : là encore, un homme est agenouillé, tenant sa toque à plume (à la mode sous Henri II et jusqu'à Henri III soit la période 1547-1589), mais les cheveux longs (Louis XII), la dague à la ceinture. Mais il est inclus dans une composition allégorique associant le Christ au liens sur un banc avec les Instruments de la Passion (Arma Christi), sans respect pour la chronologie du récit évangélique : croix, lance du percement du flanc, marteau et clous, pichet  (de vinaigre). Dans un sens, seul ce chevalier est présent dans cette scène, face à des images, des fruits de l'imagination émotionnelle. La Devotio moderna suit l'itinéraire spirituel qui débute par la lecture du texte saint, la poursuit par la méditation, puis par l'oraison (lecture chantée du Livre d'Heures par exemple), pour conduire à la componction, sentiment éprouvé devant l'indignité de l'homme à l'égard de Dieu, et, enfin, à la contemplation ou communion de l'âme avec le divin.

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Contemplation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Contemplation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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La Crucifixion.

Les personnages du XVIe siècle disparaissent et le bas relief reprend le motif de la Poutre de Gloire: le Christ crucifié entre la Vierge et saint Jean. Mais comme ceux-ci, au lieu d'être debout, comme sur la Poutre, mais à genoux et les mains jointes. Ils sont donc assimilés aux dévots, ou, plus justement, ceux-ci s'assimilent à la Vierge et à saint Jean en oraison et contemplation face à la Croix. Le Stabat Mater, évoquant la souffrance de la Mater Dolorosa, s'inscrit dans la même tendance, car, comme l'écrit l'auteur de l'article Wikipédia : "Ce poème latin médiéval est souvent considéré comme l'expression classique d'une nouvelle forme de piété, plus empathique et émotive, caractéristique de la fin du Moyen Âge. L'affliction en demeure le thème central. Le croyant est plus à même de ressentir sa douleur humaine de mère que celle du fils d'essence divine, mais aussi de nature divine.". Voir la Trinité de Masaccio, peinte en 1425-1426, dans lequel, dans ce jeu subtile de l'espace contemporain ici-bas et de l'espace sacré, deux personnages en prière au premier plan contemplent intérieurement ce drame chrétien.

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Crucifixion, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. La Vierge de Pitié.

Le dernier arbre (clairement ici, un palmier) franchi, nous voyons la Vierge tenant le corps de son Fils après sa Déposition de la Croix : alors que sur les vitraux des Passions, ce sont plutôt l' épisode de la Déposition ou celui de la Déploration ou de la Mise au Tombeau qui sont choisis, ici, l'artiste a opté pour une Pietà ou Vierge de Pitié. L'accent est mis sur la compassion avec la souffrance de la Mère éplorée que sur le récit évangélique. Le fil d'interprétation de ces huit scènes est donc cohérent. 

Comme pour les cas précédents, le personnage de gauche n'appartient pas à l'espace sacré, mais il s'incline en prière et en contemplation. Est-ce une femme ? Un soldat casqué ? Quel est le sens de ce tablier ou linceul blanc placé devant lui ?

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Vierge de Pitié, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Vierge de Pitié, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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II. LA FACE INFÉRIEURE DE LA POUTRE, EN CINQ MOTIFS.

Après la face occidentale et son profond mysticisme, cette face est décorative et marquée par le style des ornemanistes de la Renaissance.

1. Éphèbe, rubans et rinceaux.

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1. Éphèbe rubans et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

1. Éphèbe rubans et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. Masque ailé et rinceaux.

 

 Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. Tête bouclée d'ange, rinceaux et fleurs.

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Tête d'ange, rinceaux et fleurs. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Tête d'ange, rinceaux et fleurs. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4 Masque ailé et rinceaux.

 

 

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. Putto, rinceaux, rubans. 

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Putto, rinceaux, rubans.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Putto, rinceaux, rubans.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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III. LE FACE ORIENTALE DE LA POUTRE DE GLOIRE : LES SIBYLLES.

C'est elle qui a motivé ma visite, après ma découverte des 12 Sibylles de l'église de Brennilis. Je me suis suffisamment appesanti sur ce thème  (cf. le dossier complet de mon article sur Brennilis) pour me contenter de ce rappel :

Les sibylles du Finistère (d'après Y-P. Castel, 2000)

  • Brennilis, autel au sud,

  • Plonévez-du-Faou, église de Saint-Herbot, chancel, côté du chœœur,

  • Lampaul-Guimiliau,au revers de la poutre de gloire

  • Roscoff, garde-corps de la tribune de l'orgue. Sept bas-reliefs : Cimmérienne, Européenne à allure d'homme, Tiburtine, Delphique, Persique, Agrippa, Hellespontique.

  • Pleyben, croisée de transept. Le couvre-joint des arêtes du lambris de la croisée porte, appliquées, seize statuettes diverses. Les Sibylles, au nombre de cinq sont l'Européenne, la Samienne, la Libyque, l'Erythréenne et Agrippa.

  • Guimiliau, 1. Aux angles de la chaire à prêcher, la présence de la Cimérienne reconnaissable au biberon en forme de corne laisse à penser que les quatre autres belles statuettes mutilées et désormais privées de leurs attributs distinctifs, la cinquième n'ayant d'ailleurs plus ni visage ni poitrine, représentaient des Sibylles.

  • Guimiliau, 2. Dans le chœœur, derrière l'autel trois bas-reliefs Renaissance : Cimérienne ( ?), Erythréenne et Persique.

  • Irvillac, chapelle de Coatnan. Quatre Sibylles. Les attributs ne suivent la tradition de Lampaul que pour la seule Delphique (SI : DELPHICA). La Persique, (SI : PERSICA) prend la croix de la Résurrection. La Phrygienne (SI : PHRYGIA) porte l'épée. L'Hellespontique (SI : HELLESPONCA) tient le bouquet fleuri de l'Erythréenne.

  • Le Faou, église de Rumengol, stalles du chœœur, trois Sibylles : " Sibie " (sic), " Delphiqua " et " Persica ".

  • La Martyre, au bas de la première colonne dans le chœœur. On croit distinguer la Cimmérienne avec le biberon en forme de corne parmi les douze allégories féminines au milieu desquelles les vertus théologales.

  • Plabennec, chapelle de Locmaria-Lan, mur intérieur. Trois Sibylles, Cimérienne, Samienne, Libyque.

  • Plouzévédé, église Notre-Dame de Berven. Trois Sibylles en bas-relief, sur le rabat du volet gauche du retable de la Vierge : Cimérienne, Samienne, Erythréenne.

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1. Vue générale.

Autour d'une Annonciation centrale, des niches en plein cintre accueillent les 12 Sibylles tenant chacune son attribut, selon l'iconographie fixée, en France, par le Livre d'Heures de Louis de Laval. Chacune tient un livre, témoignant du texte de sa vaticination, mais l'artiste a rompu la monotonie en le représentant, alternativement, ouvert et fermé.

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Les douze Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les douze Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'entrait et les cinq premières Sibylles.

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Les cinq premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les cinq premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les deux premières Sibylles.

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Les deux premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les deux premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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1. La Sibylle Cimmérienne et son biberon.

Elle porte le livre qui fait allusion à ses vaticinations, et un biberon qui, dans l'Antiquité, avait la forme d'une corne. Elle aurait annoncé en effet l'allaitement de Jésus par la Vierge.

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 La Sibylle Cimmérienne et son biberon. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. La Sibylle Europe et son épée.

La sibylle Europa ou Européenne  porte un glaive évoquant le massacre des Innocents et par association la fuite en Égypte.

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 La Sibylle Europe et son épée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Europe et son épée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les Sibylles Libyque et Hellespontique.

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Les Sibylles Libyque et Hellespontique.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les Sibylles Libyque et Hellespontique. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. La Sibylle Libyque et son flambeau.

 

 

La sibylle Libyque porte  un cierge allumé qui symbolise la Lumière que la naissance du Sauveur  a apporté au monde. Elle aurait été mentionnée par Euripide, selon le pavement de la cathédrale de Sienne.

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La Sibylle Libyque et son flambeau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Libyque et son flambeau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4. La Sibylle Hellespontique et sa croix.

La sibylle d'Hellespont ou Hellespontine : elle porte une grande croix en relation avec la crucifixion du Christ au Golgotha.

 

 

La Sibylle Hellespontique et sa croix. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Hellespontique et sa croix. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les Sibylles de Tibur et de Samos.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. La Sibylle de Tibur et la main coupée.

 

 

La sibylle de Tibur ou Tiburtine : elle porte un gant, ou une main coupée qui symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion.

 

La Sibylle de Tibur et la main coupée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Tibur et la main coupée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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6. La Sibylle de Samos  et son berceau.

La sibylle de Samos ou Samienne : elle porte un berceau parce qu'elle avait entrevu la Vierge couchant l'enfant dans une crèche.

 

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 La Sibylle de Samos  et son berceau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Samos  et son berceau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'Annonciation.

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L'Annonciation. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

L'Annonciation. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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7. La Sibylle Persique tenant une lanterne.

 

La sibylle Persique : on lui associe une lanterne symbolisant la lumière apportée par le Messie.  A Brennilis et ailleurs, elle foule au pied le serpent de Genèse qui a abusé Ève.

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La Sibylle Persique tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Persique tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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8. La Sibylle de Cumes.

La sibylle de Cumes ou Cuméenne  peut porter un coquillage qui représente la virginité de la Vierge. Mais ici, personne n'a trouvé le moindre indice, et nous la désignons comme Sibylle de Cumes par élimination.

 

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La Sibylle de Cumes. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Cumes. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. La Sibylle Érythréenne tenant une fleur.

La sibylle Érythréenne : elle porte un grand rameau fleuri qui évoque l'Annonciation parce qu'elle a proclamé qu'une vierge doit enfanter. Voir, sur l'Annonciation centrale, le lys blanc que l'ange Gabriel tient sur l'épaule droite.

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La Sibylle Érythréenne tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Érythréenne tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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10. La Sibylle Agrippa et le fouet.

La sibylle Agrippa ou Agrippine  porte un fouet symbolisant la flagellation du Christ.

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 La Sibylle Agrippa et le fouet. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Agrippa et le fouet. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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11. La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines.

 

La sibylle Delphique ou Pythie  porte à la main une couronne d'épines, telle que celle dont les bourreaux affligèrent le Christ lors de sa Passion. Elle avait prophétisé « un Dieu viendra pour mourir et il sera plus grand que les immortels. »

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La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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12. La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection.

La sibylle Phrygienne  porte l'étendard du Ressuscité ou la Croix du Crucifié et sa victoire.

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La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les deux dernières Sibylles et l'entrait engoulé de la poutre.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoines Jean-Marie), PEYRON ( Paul), 1916, "[Notices sur les paroisses] Lampaul-Guimiliau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, 16e année 1916 p. 65-75, 97-107, 129-141.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/lampaul-guimiliau.pdf

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, XVIII. Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau, Bulletin de la Société archéologique du Finistère Société archéologique du Finistère. Pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

 

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

 

CASTEL (Yves-Pascal),1993, Les Sibylles de Lampaul-Guimiliau, in Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 23 août 1993.

“0571 Les Sibylles de Lampaul-Guimiliau... 16.12.89.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2059.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2b7d4a6314a7635dbf3400370c523cb5.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Répertoire des églises : paroisse de Lampaul-Guimiliau Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, , Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— LA BARRE DE NANTEUIL (Vicomte Alfred de) "Lampaul-Guimiliau", Congrès archéologique de France, LXXXIe session, 1914, Brest-Vannes. -Paris Caen : A. Picard : H. Delesques, 1919 p. 141-159 : ill. Sur les Sibylles : page 155.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f210.image

—Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/poutre-de-gloire-lampaul-guimiliau

— Wikipédia "Poutre de Gloire"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Poutre_de_gloire#/media/File:Enclos_du_nord_Finist%C3%A8re_-_Lampaul-Guimiliau_-_029.JPG

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lampaul-Guimiliau-_Enclos_paroissial_-_La_poutre_de_gloire_-_PA00090020_-_006.jpg

— http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/lampaul/lampaul.html

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Published by jean-yves cordier - dans Lampaul-Guimiliau Sibylles
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 11:18

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L'atelier de sculpture sur pierre de Bastien et Henry Prigent, installé à Landerneau, fut actif de 1527 à 1577 dans cinquante paroisses des diocèses de Cornouaille et de Léon, et à Plougonven dans l'ouest du Trégor. Leur style, étudié par Emmanuelle Le Seac'h dans un ouvrage majeur, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014), est marqué par le réalisme. Bastien a le ciseau le plus fin : "les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides." Son style plus souple produit un effet plus expressionniste, voire réaliste, qui contraste avec le hiératisme, la raideur de Henry. Leur trait commun, trois larmes en relief sur les joues de leurs Vierges éplorées, de Jean ou de Marie-Madeleine, n'est pas observable à Landivisiau, mais ils partagent aussi les arcades sourcilières nettes et les visages pointus et, dans les sculptures du porche, "un nez droit et franc, des yeux rétrécis et un visage ovale" (op. cit. p.154). Se désignant sur les inscriptions comme "ymageurs", ils sont les auteurs de deux calvaires monumentaux à Plougonven (1554) et Pleyben (1555), de quatre porches à Pencran (1553), Landivisiau (1554-1565), Guipavas (1563), haut de Lampaul-Guimiliau (1533), et de nombreuses statues isolées,  de diverses croix et  calvaires de série.

Leur matériau de prédilection est le kersanton, ou kersantite, qui doit son nom à un hameau de la Rivière de Daoulas, en rade de Brest. Ce lamprophyre, une roche éruptive, peut être qualifié de "marbre breton", mais marbre sombre puisque sa teinte est grise, plus ou moins foncée selon le faciès. La réputation des enclos paroissiaux lui doit beaucoup.  Louis Chauris est l'auteur de la publication de référence à son sujet.

Un auteur a consacré sur Wikipédia (en anglais!!) un riche article au travail de cet atelier, reprenant les descriptions de Le Seac'h en les accompagnant de photographies personnelles. List of the works of Bastien and Henry Prigent.

Ma description s'inspire de celle des auteurs cités en sources (Jean-Marie Abgrall et Emmanuelle Le Seac'h).

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porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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I. LES MOULURES DE L'ARCADE.

Le porche intérieur est encadré de trois moulures prismatiques, la plus interne suivant le dessin des deux arcs de la porte géminée et du trumeau.

Les gorges de deux moulures intérieures  reçoivent  des guirlandes de feuilles d'acanthe et de pampres de vigne, d'un travail très fouillé, semblable aux moulures  de l'arcature extérieure du porche et abritant comme elle des petits animaux et personnages. Comme elles, elles débutent par un animal fantastique qui cherche à atteindre les tiges fructifères : un dragon ailé à queue nouée et un renard à gauche, un lion et un dragon (ou phoque à queue bifide, tourné vers nous) à droite.

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porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Au sommet de l'arc d'ogive, un homme en buste réunit les extrémités des plants de vigne, là encore comme sur l'arcade extérieure.

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porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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La moulure la plus extérieure est  sculptée d'une série de statuettes dans de petites niches aux dais couronnés de pinacles à crochets. Les saints représentés sont repris pour beaucoup à Landerneau pour le porche de Saint-Houardon (1604) : saint Yves, Saint Salomon, saints Côme et Damien, saint Pierre, les saints évêques ou abbés. 

1°) A GAUCHE.

 

1. Saint Yves, tenant dans la main droite un rouleau de parchemin ou une liasse de papiers. Il est revêtu d'une robe longue et d'une sorte de cotte à manches larges qui descend jusqu'à la ceinture. Sur ses épaules est un camail garni d'hermines héraldiques, en relief, avec un capuchon qui vient recouvrir la barrette ou bonnet carré dont il est coiffé.

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Saint Yves, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Yves, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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3. Saint Salomon, roi légendaire de Bretagne, portant l'armure de chevalier, l'épée et la couronne royale.

C'est le patron de l'église Saint-Salomon de La Martyre, à 13 km au NO de Landivisiau.

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Saint Salomon, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Salomon, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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5. Saint Thivisiau, ou Thuriau, patron de la paroisse vêtu de la chasuble et coiffé de la mitre. Il bénit de la main droite et tient de la gauche la croix archiépiscopale.

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Saint Thivisiau, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Thivisiau, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Le  porche de l'église de Landivisiau VII. L'arcade intérieure et son tympan.

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7. Saint Côme, martyr à Alep sous Dioclétien, tenant une boîte à onguent.

Son frère Damien, est représenté à la même hauteur à droite.  Patrons des médecins, des chirurgiens et des pharmaciens, ils étaient tenus au Moyen-Âge comme les inventeurs d'un remède contenant 65 éléments, l'opopira, une panacée guérissant les yeux et la bouche, les mains et les pieds. A Saint-Nic (29), sur le calvaire de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien,  la statue de Côme le représente tenant le mortier et le pilon. Traditionnellement, l'un tient une boite d'onguent et l'autre un urinal pour mirer les urines. La Légende Dorée de Jacques de Voragine fait d'eux des jumeaux, et le nom Côme viendrait de cosmos, "ordre, bon ordre, parure" d'où "univers" .

Côme porte une tunique courte, plissée et à boutons (très fréquente sous le ciseau des Prigent) et un manteau dont il tient le pan de la main gauche, mais c'est sa coiffure, le bonnet des docteurs, qui est caractéristique.

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Saint Côme, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Côme, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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9. Un père-abbé (tonsure) tenant une crosse et un livre.

Saint Guénolé, abbé fondateur de Landevennec au Ve siècle ? La crosse est tournée crosseron vers l'intérieur, selon la règle que le pouvoir d'un abbé est limité à l'intérieur de son abbaye, alors que celui de son évêque s'étend à l'ensemble de son diocèse. Les autres insignes épiscopaux sont présents, comme la chape à fermail et l'anneau dûment porté à l'annulaire de la main gauche.

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Père abbé, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Père abbé, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Père abbé, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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11. Ange, les mains jointes.

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Ange,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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2°) A DROITE.

2. Saint Pierre, le front chauve, vêtu d'une chasuble, tenant un livre et une clef.

Dans la moulure intérieure, petit personnage dans les pampres.

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Saint Pierre,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Pierre, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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4. Saint Denis, ou plus probablement saint Miliau, décapité et portant sa tête dans ses mains.


 

Saint céphalophore,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint céphalophore, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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6. Évêque bénissant ; peut-être saint Pol-Aurélien.

 

 

Évêque,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Évêque, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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8. Saint Damien, portant une ampoule.

 Il semblerait que leur culte fût populaire dans notre pays, car on les trouve représentés de la même manière dans le porche de Landerneau, et ils ont aussi leurs statues sur l'autel du bas-côté Sud dans l'église de Lambour, à Pont-l'Abbé. Voir leur chapelle à Saint-Nic.


 

Saint Damien,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Saint Damien,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Damien, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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10. Un évêque bénissant .

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Évêque,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Évêque, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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12. Ange, les mains jointes.

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Ange orant,  porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange orant, porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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II. LE TYMPAN.

Le tympan est organisé selon un axe de symétrie constitué par la statue du Christ, dans sa niche, sur son culot et sous son dais. De chaque coté, viennent ensuite quatre anges échelonnés verticalement et présentant trois courtes banderoles, puis sur un culot et sous une coquille, une statue d'ange porteur d'un calice. Enfin, deux anges tenant un cartouche avec une inscription. On compte au total neuf inscriptions.

A. LE CENTRE.

Dans le milieu du tympan, est placée une statue, à laquelle on a rapporté une tête coiffée de la tiare et qui a dû appartenir à un Père-Eternel (probable inversion avec la tête d'une statue de pape du lanternon pour E. Le Seac'h). Le nez de cette tête est également rapporté. 

On considère que la statue, aux pieds nus, au corps vêtu d'une robe longue et sans ceinture, au genou gauche fléchi, et aux deux mains brisées au sortir de manches plissées, était celle d'un Christ Sauveur.  Au bas de la robe  est placée une banderole avec cette inscription en caractères gothiques :

M. BIZIAN. TANGVY. RECT.

A . FAICT. FABRIQUE. H. A MARTIN.

"Messire Tanguy Bizien recteur a fait / fabrique H.A Martin." ( E. Le Seac'h a lu, à la place de "H.A. MARTIN, "H. LIOGAN". Mais celle lecture pose problème car le patronyme Liogan n'est pas attesté, notamment à Landivisiau, tandis que celui de Martin est courant parmi les marchands de toile du Léon).

Tanguy Bizian est le Premier Chapelain de la chapellenie de sept prêtres,  fondée par François de Tournemine et Renée de Saint Amadour et chargée de célébrer deux messes quotidiennes, dont l'une à voix basse.  A son décès, il fut remplacé en 1560 par Goulven Floch. Voir Pierre Hévin 1734 qui donne néanmoins la graphie "Tanguy Bizien".

 

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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B. PARTIE GAUCHE.

 

 

Tout à fait au haut, deux anges sont en prière ; des deux côtés, trois anges tiennent trois banderoles avec des  inscriptions, dont l'une est ainsi conçue :

MEMENTO . MEI

 0 . MATER . DEI

 PAX VOBIS.

"Cette invocation : « Memento mei, o mater Dei, Souvenez-vous de moi, ô mère de Dieu, » était, semble-t-il, en usage à cette époque, car nous la trouvons aussi sur la porte latérale Nord de la chapelle de la Mère - de - Dieu, en Kerfeunteun, près de Quimper, avec la date de 1578, ainsi que sur une sonnette, n° 148 de la collection Revoil au musée du Louvre, et qui porte la date de 1544." (J-M. Abgrall)

La formule était gravée sur l'épée de Ferdinand V le Catholique. La formule inversée (O mater Dei, memento mei) conclut le motet  Ave Maria...Serena Virgo composé par Josquin des Prez vers 1485 et qui fut extrêmement populaire au XVIe siècle.

Écriture en minuscules gothiques. 

 

 

Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Diorama, Inscriptions de gauche, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Toujours à gauche, une autre inscription porte sur un cuir tenu par deux anges :

ANNO : DOMINI :  1554.

"Année du Seigneur 1554".

ANNO : DOMINI :  1554, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

ANNO : DOMINI :  1554, Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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C. LA PARTIE DE DROITE.

Les trois anges porteurs de phylactère annoncent de haut en bas : 

DOMVS : MEA

SALVATOR : MVNDI

LETVS : MARIA

 "Ma maison, Sauveur du monde, Joie de Marie".

La séquence Domus mea Salvator mundi letus Maria n'a aucun sens. Domus mea, et Salvator mundi  sont des titres possibles de cantiques grégoriens. Surtout, Salvator Mundi est le nom donné aux représentations du Christ portant un orbe dans sa main gauche tout en utilisant sa main droite pour bénir. C'est sans doute ainsi que se présentait la statue centrale avant que les mains ne soient brisées. Les trois banderoles correspondraient donc à trois qualificatif du Christ.

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A droite, tout près du bord, au-dessus de la porte , deux petits anges tiennent un cartouche avec l'inscription en lettres gothiques

LAN . MIL . Vccc LIIII . FVST . FONDÉ . CESTE . PORTAL . ET . ESTOIENT . LORS . FABRIQVE . Y. MARTIN . J . ABGRALL.

"L'an 1554 fut fondé ce porche. Les fabriques étaient alors Y[ves] Martin et J. Abgrall".

Avec la précédente, cette inscription fournit la date la plus précoce de tout le porche.

Nous retrouvons le patronyme "Martin" qui était déjà celui d'un fabrique sur l' inscription du socle de la statue. De même le patronyme Abgrall figure sur le socle d'une statue d'apôtre du porche. 

 

"Sous l’Ancien Régime, chaque paroisse est administrée par un organisme composé de douze membres et appelé corps politique, fabrique ou général. Cet organisme exerce une fonction primordiale qui consiste à pourvoir aux besoins du culte, à entretenir l’église, à faire procéder à des travaux d’agrandissement ou de reconstruction de l’enclos paroissial, (église, ossuaire, calvaire...) Il nomme, par ailleurs, les collecteurs d’impôts, subvient aux besoins des enfants abandonnés et, quelquefois, des paroissiens plus pauvres, salarie, le cas échéant, le ou les maîtres d’école. Il désigne, chaque année, deux « fabriques » ou trésoriers qui sont chargés de gérer le budget de la paroisse." Louis Elegoët, Les Juloded. Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse-Bretagne, Presses universitaires de Rennes. Rennes, 1996. Chapitre VI. Place des Juloded dans leur société paroissiale. p. 165-211. http://books.openedition.org/pur/11559

"Un julod  (au pluriel juloded ) est un terme de la langue bretonne qui désigne des paysans riches, généralement aussi fabricants et (ou) marchands de toiles, parfois tanneurs du Haut-Léon, centrés sur le Pays Chelgen, entre le XVIe siècle et le XIXe siècle, et qui ont constitué une véritable caste aristocratique rurale, à l'origine de la création des enclos paroissiaux et dont les descendants sont parfois devenus des responsables politiques. Les marchands toiliers constituent alors l’élite sociale de la région . Implantés uniquement dans le Léon méridional ou Haut-Léon, proche des Monts d'Arrée, cette aristocratie paysanne, pratiquaient une véritable caste à très forte endogamie et jouèrent un rôle important lors de la « Renaissance bretonne », construisant églises avec un riche mobilier, calvaires et enclos paroissiaux . Ce sont ces juloded enrichis qui ont financé la construction et la réalisation des enclos paroissiaux du Léon, manifestation la plus visible de leur prospérité."(d'après Wikipédia "Julod").

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les sculptures méplates qui forment comme une tapisserie sur le fond de ce tympan, donnent leur place à tout le vocabulaire de la Renaissance : feuilles d'acanthe, mascarons, coquilles Saint-Jacques, rubans accolés, galons plats décorés de rosettes. Nous les retrouvons, avec les mêmes caractères, au fond du porche de Landerneau.

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Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA VOÛTE ET SES ARMOIRIES.

"L'intérieur est voûté en croisée d'ogives avec une clé de voûte qui témoigne du remontage du porche en 1728. Elle est décorée du blason des Danycan, d'azur au monde d'or, surmontée d'une étoile d'argent et soutenu du vol de même.Le richissime armateur malouin Noël Danycan de l'Épine (1651-1731)  avait acheté en 1702 la seigneurie de Coatmeur en Landivisiau." (E. Le Seac'h 2014 p.153)

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Clé de voûte du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Clé de voûte du porche intérieur de l'église Saint-Thuriau de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23. “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau", Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

— CHAURIS (Louis), 2010, Le kersanton, une pierre bretonne, Presses Universitaires de Rennes.

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred) « Landivisiau », Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes,  Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

— WIKIPEDIA 2017 : List of the works of Bastien and Henry Prigent

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 17:42

D'après le site de la commune : http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

"FONTAINE ST THIVISIAU - 

L’origine de cette fontaine remonte à l’âge du fer ( -700 à l’an 0) puisque des fouilles archéologiques réalisées en 1985 ont mis à jour sur le site l’existence d’un Lech, stèle tronconique, qui dans les temps anciens signalait la présence d’un lieu sacré. Cette fontaine était donc probablement votive lors de la préhistoire. Avec l’apparition du christianisme cette fontaine est devenue celle de Saint Thiviziau, moine qui, au Ve siècle, est venu s'installer sur ces terres et y fonder un monastère, Lann en breton, donnant ainsi le nom de la ville, Lann Thivisiau. La fontaine a ensuite été transformée en lavoir. 

Elle se présente aujourd’hui sous forme de panneaux de Kersantite de style flamboyant ornant sa partie supérieure. On peut notamment y distinguer : plusieurs religieux en prière, un ange portant la couronne d’épine, la Sainte Trinité et un ange portant un écusson.

Ces panneaux ornaient à l’origine les parties latérales d’un gisant aujourd’hui démantelé qui se trouvait dans le chœur de l’ancienne église paroissiale détruite et reconstruite au XIXème siècle : le gisant du seigneur [François] de Tournemine, Sieur de Coat-Meur, commanditaire en 1554 de la première église de Landivisiau.

Ce sont ces panneaux du gisant de François de Tournemine que je veux observer de près, afin de tenter d'identifier la moitié de l'écu de Tournemine, énigme que Yves-Pascal Castel n'a pas résolu en 1983. 

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Les panneaux de kersanton sont au nombre de dix (et demi). Ils sont détaillés sur ce site

http://trainjoel.canalblog.com/archives/2014/05/08/29829075.html 

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Je montrerai d'abord deux panneaux :

1°) La Trinité souffrante (ou Trône de Grâce, Gnadenstuhl ).

Dieu-le-Père est représenté en majesté, assis, coiffé de la tiare, le visage grave. Il soutient le corps du Christ crucifié, nu, portant la couronne d'épine, les reins ceints du perizonium, la main sur la plaie du thorax. La colombe ou Saint- Esprit, troisième terme de la Trinité, vient se poser sur la tête du Christ. 

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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2°) L'ange en chevalier servant, portant les armoiries.

Les armoiries du seigneur de Tournemine, sieur de Coat-Meur sont écartelées d'or et d'azur. On ne note pas de lambel, à la différence des armoiries de la façade de l'église.La moitié droite n'a pas été identifiée, mais puisque l'épouse du défunt était Renée de Saint-Amadour, je peux suggérer d'y voir deux têtes de loup, comme sur les armoiries de sa famille de gueules, à trois têtes de loup d'argent

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_Famille_Saint-Amadour.svg

Cela me permet de constater que Jean de Tournemine était grand veneur du duc Pierre II de 1457 à 1477, alors que Jean de Saint-Amadour fut grand veneur d'Anne de Bretagne en 1508.

Rappel généalogique : Jean de Saint-Amadour (1463-1538) qui fut fait chevalier par Charles VIII à Fornoue,  et Marguerite de Lebiest eurent une fille, Renée de Saint-Amadour, qui épousa François de Tournemine fils d'Alain de Tournemine Ier et de Marguerite du Chastel : d'où Jacques de Tournemine, marquis de Coëtmeur, qui épousa Lucrèce de Rohan-Guéméné et décéda de ses blessures sans postérité après avoir tué en 1584 dans une querelle à Rennes les deux frères de Carman.

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Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Le même panneau après estampage humide des meubles de l'écu.

Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Ange présentant l'écu mi-parti au 1 écartelé d'or et d'azur qui est TOURNEMINE et au 2 de gueules à trois têtes de loup d'argent, qui est de SAINT-AMADOUR, fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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RAPPEL : LE GISANT DE FRANCOIS DE TOURNEMINE .

D'après : http://cities.reseaudesvilles.fr/cities/17/documents/xim11s51qqflix.pdf

Ces panneaux proviennent de la partie basse de l’ensemble tumulaire du tombeau de François de Tournemine, seigneur de Coatmeur au XVIème siècle, qui est notamment à l’origine de la création l’église paroissiale de Landivisiau en 1554.

A sa mort il est donc tout naturellement enterré dans le chœur de l’église qu’il a contribué à créer en tant que commanditaire. Le gisant associe à son origine une représentation anthropomorphe  (statue en armure)  placée sur un socle dont les panneaux latéraux étaient ornés de bas reliefs qui ne sont autre que ceux que l’on peut actuellement voir sur la fontaine St Thivisiau.

Suite aux événements révolutionnaires elle est déplacée et en 1835, le Chevalier de Fréminville de passage à Landivisiau en fait une description précise et indique l’emplacement de sa nouvelle demeure.

« Parmi les décombres amoncelés près d’une fontaine voisine, je retrouvai la tombe d’un chevalier, provenant originairement de l’église de Landivisiau, d’où on l’avait retirée en 1793. Cette tombe ornée de la statue couchée d’un guerrier armé de toutes pièces, excepté la tête, qui est nue, et qui repose sur une oreiller soutenu par deux figures d’ange. La forme de son armure présente quelques particularités ; une partie des brassards et des épaulières sont en mailles ; à droite de la cuirasse, on remarque la douille où, se vissait l’arrêt de lance ; les tassettes sont fort longues, et par dessous on voit une chemisette de maille qui tombe jusqu’à la moitié des cuissards. L’épée est suspendue au côté gauche du ceinturon. A la droite de la statue est une longue banderole déployée, sur laquelle on lit , en lettres gothiques, les mots «aultre n’auray » , devise de la maison Tournemine Coatmeur. » Le chevalier de Fréminville, Antiquités du Finistère, Brest, 1835, T II page 271

En 1906, un autre voyageur nommée G. Toscer (Le Finistère pittoresque) passe par Landivisiau et mentionne lui aussi le gisant. Mais, cette fois ci, il a quitté le centre ville pour une destination plus lointaine : Saint-Pol de Léon. C’est ainsi qu’une carte postale du début du XXème siècle, nous montre le Sieur de Tournemine rebaptisé Saint Bidouzin, installé à la verticale sur l’îlot Sainte Anne. Scellé dans le sol, le gisant est, selon les commentaires d'une carte postale, assimilé à une statue…antique ! C’est à cette période que le folklore de la statue se met en place, puisqu’au fil du temps lui sont prêté de multiples vertus thérapeutiques. Ainsi Saint Bidouzin aurait le pouvoir de guérir les malades atteints de troubles gastro-intestinaux. Ceux-ci, par simple contact de leur ventre sur celui du saint, verraient leurs maux disparaîtrent. Mais, c’est le pouvoir de Saint Bidouzin contre la stérilité qui lui valut ses plus fréquentes visites de badauds sur l’îlot Sainte Anne. L’histoire ne nous dit pas comment mais la statue qui avait disparu de l’îlot fut retrouvée en 1987, toujours sur la commune de Saint-Pol. De nouveau couché le Sieur de Tournemine reposait au pied d’un château… d’eau cette fois-ci.

Ce n’est qu’en 1990, qu’il retrouve un emplacement approprié à son statut de vestige du patrimoine léonard puisqu’il orne la cour de la maison prébendale de Saint-Pol. Mais la ville de Landivisiau en possède néanmoins un moulage, placé dans la salle de spectacle "François de Tournemine" !

Voir aussi l'article de Yves-Pascal Castel 1983.

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Quelques autres panneaux du gisant.

 

Homme barbu tenant un bâton et un chapelet.

Pèlerin ? Saint Antoine ?

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Religieux la tête recouverte du scapulaire, ou femme sous son scapulaire.

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ange présentant un écu martelé.

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Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fontaine Saint-Thivisiau, Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Pèlerin ou religieux tenant un objet martelé et ange tenant un écu également martelé.

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L'église de Landivisiau VI. La fontaine Saint-Thivisiau .

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983. 

0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.  

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

COUFFON (René), Le BARS (Alfred), 1988, Nouveau répertoire 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— http://www.monumentum.fr/fontaine-saint-thivisiau-pa00090044.html

— Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/fontaine-saint-thiviziau-landivisiau

 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 16:03

L'église de Landivisiau V : la bannière.

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Voir aussi :

​​​​​​​Pour les nombreux articles sur les bannières, activer la fonction "rechercher".

 

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je ne la trouve pas décrite par Christine Guillou dans son ouvrage récent (2016) et je ne trouve aucune information en ligne la concernant. Lors de ma visite de l'église, la face exposée était celle de saint Michel, mais la face principale serait celle dédiée au saint patron de l'église, saint Thuriau ou Thivisiau. Faut-il la voir comme la "banniel braz", grande bannière de procession de la paroisse, ou bien une bannière de confrérie ? 

 

C'est un rectangle de velours rouge, brodé au fil d'or d'un encadrement de rinceaux (lys et chrysanthème) autour du motif principal, saint Michel terrassant le dragon de sa lance. Au dessus, un crucifix, une balance et le monogramme SM renvoient à Saint Michel dans son rôle de peseur des âmes lors du Jugement. On se souviendra que la statue de saint Michel terrassant le dragon est présente depuis le XVIe siècle sur la façade sud de l'église.

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Bannière de la paroisse de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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Datation : cette bannière date de la période 1903-1908. 

— A gauche, les armoiries épiscopales sont celles de Mgr Dubillard (1900-1908)

Les armoiries aux trois épis de blé avec la devise DEUS ADJUVA ME sont celles de Monseigneur François Dubillard "d"azur à trois épis de blés d'or, tigés et à la feuille ployée d'argent" . Son épiscopat sur le diocèse de Quimper et du Léon s'étend de 1900 à 1908. 

— A droite, les armoiries papales sont celles  de Pie X (1903-1914):

Pie X (Giuseppe Sarto), pape de 1903 à 1914 :

D'azur à l'ancre de sable posée sur une mer d'argent et d'azur accompagnée en chef d'une étoile d'or, au chef d'argent au lion d'or léopardé et ailé, tenant un évangile ouvert de même portant le texte "PAX TIBI MARCE EVANGELISTA MEUS" en lettres de sable

La devise instaurare omnia in Christo est remplacée par le nom du pape : PIUS P P X. 

En 1910, lors d'un inventaire des bannières du diocèse parue dans le premier numéro du BDHA, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie créé à l'initiative de Mgr Dubillard, 20 bannières sont recensées, mais Landivisiau ne figure pas dans cette liste. On peut penser que c'est ce constat de carence qui a incité la paroisse à y pourvoir, et à commander une bannière conforme au modèle-type décrit par le chanoine Abgrall :

« Toutes ont la même physionomie générale, portant sur les deux côtés les images des saints patrons de l'église ou de la confrérie à laquelle elles appartiennent, brodées en fil de soie, d'or et d'argent, entourées de bordures en arabesques, semis de bouquets, fleurons et rosaces ; à chaque extrémité de la traverse du haut est une boule massive, sculptée et dorée ou couverte d'une riche étoffe, et le bas est découpé en lambrequins d'où pendent des glands en franges dorées, où sont cachées des clochettes qui font entendre leurs joyeux tintements." Chanoine Jean-Marie Abgrall, Bannières, BDHA, 1904, pp 5-9

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Bannière de la paroisse de Landivisiau (1903-1908). Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Landivisiau (1903-1908). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— GUILLOU HERMELIN (Christiane), 2016,  "Les bannières de Basse-Bretagne. Société des Amis de Louis Le Guennec, Quimper. 199 pages 

— GUILLOU (Christiane), Les bannières religieuses en Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles : Les "vieilles" bannières. 79 pages + 38 illustrations hors texte

http://hal.univ-brest.fr/hal-00546728v2/document

 

— GUILLOU HERMELIN (Christiane), 2013, Les bannières religieuses : une approche du catholicisme bas-breton : 1805-2012. Thèse de doctorat en Histoire soutenue le 18 / 12 / 2013 à l'UBO de Brest sous la direction de Fabrice Bouthillon.

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01231402

Résumé : "La thèse traite du catholicisme en Basse-Bretagne, du début du 19è siècle à nos jours, à travers l'étude des bannières de procession présentes dans les églises du diocèse de Quimper et Léon , soit le département du Finistère. Les quatre parties s'organisent autour de la production des bannières, de leur comptage à partir des différents types d'inventaires disponibles, des piétés qu'elles mettent en évidence, voire des évolutions sociales dont elles témoignent. L'approche est quantitative et qualitative. Cela implique une visite systématique des églises et la conservation de traces photographiques de toutes leurs bannières. Il est fait appel aux sources classiques que sont les rapports des visites canoniques et à d'autres qui le sont moins, comme les inventaires de 1906. L'étude de la vie de deux paroisses, un doyenné datant du concordat et une anciennne ville épiscopale, a permis de mettre en évidence les mobiles générateurs de l'acquisition de bannières. Si les bannières paroissiales sont de règle, les bannières de congrégations témoignent du dynamisme des groupes de piété et de leur évolution au fil des siècles. Des approches quantitatives permettent de proposer une hypothèse de riposte, par bannières interposées, à la politique des lois laïques, parallèlement aux évolutions sociales.Si l'iconographie montre une influence lointaine des arts, c'est surtout l'importance du négoce qui apparaît, laissant cependant des possibilités d'expression d'une créativité, voire d'une spiritualité différente. Le chapitre final est consacré aux bannières réalisées à l'occasion de la Mission 2012."

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:25

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Aujourd'hui, pas question de piquer un roupillon, d'écouter mes microsillons ou de classer ma collection de papillons, d'agrions et de ténébrions, car sous l'aiguillon tatillon de la curiosité, je pars  à la chasse au goupillon :

"Au trumeau, bénitier orné d'un ange tenant un goupillon, sous un dais Renaissance à quatre mascarons" (Couffon).

"Au trumeau qui sépare les deux portes, est fixé un bénitier, au-dessus duquel est un ange tenant un goupillon et, plus haut, un dais richement sculpté, genre Renaissance, d'où sortent quatre têtes saillantes ou mascarons, deux hommes et deux femmes."  (J-M. Abgrall)

Après avoir gravi dans un tourbillon le fort raidillon de l'escalier du porche et sans passer par le portillon, j'atteins, rouge vermillon, mon but au moment précis où, du clocher, me parvient un joyeux....carillon : prions !

Vue générale de la porte d'entrée géminée et du trumeau avec son bénitier.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le bénitier. 

La vasque, actuellement sans pied, est ornée de godrons, d'entrelacs en accolades liées et de frises d'oves et de feuillages. Sa margelle est usée par le geste répété des paroissiens y puisant l'eau bénite pour de signer. 

Les cartes postales anciennes montrent un piétement par une colonne.  Voir carte postale Delcampe ND 137 F

Carte postale Delcampe

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Je m'approche par le septentrion :

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Je modifie sans ostentation mon orientation :

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le dais témoigne de traces de polychromie (ocre...Roussillon). Son tambour est rythmé par quatre pilastres rectangulaires, avec soit un petit personnage soit un animal au sommet. Quatre têtes en haut relief (deux féminines, deux masculines) surgissent pour observer les passants. Au dessus et au dessous d'eux court une frise de rinceaux et d'oies attachées deux à deux par le cou (même motif que sur le piédroit droit du porche, au dessus d'Abel).

photo lavieb-aile

 

 

 

 

 

 

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Au dessus, ce sont des coquilles et des feuilles d'acanthe, des fleurs en bourgeons ou pots à feu, autour d'un lotus (pot à feu) central.

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Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche (1554-1565) de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Nous avons ici une belle tête coiffée d'une toque à plume style Henri II ou François II, ou Charles IX, le roi en titre à l'époque où fut construit le porche (débuté en 1554 et achevé vers 1565), ou Henri III en 1570 avant son accession au trône. On devine une amorce de fraise autour du cou. Mais l'effet comique vient du coup de vent qui emporte la barbe du même coté que la plume, dans un jeu d'imitation ridicule. Exactement comme au dessus de la porte nord de l'église de La Martyre (par exemple) :

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photo lavieb-aile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les masques sont groupés par couple tournés l'un vers l'autre. Si la femme de gauche a les cheveux dénoués, ceux de sa collègue de droite sont couverts, sur le vertex, d'un bandeau qui vient s'enrouler en spires autour des nattes qui s'échappent sur le coté. 

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ce dais Renaissance coiffe d'une coquille un ange tenant un goupillon dans la main droite et posant, comme un acolyte rompu aux usages liturgiques, la main sur la poitrine lorsqu'il ne tient pas le bénitier.

Voir Cérémonial de l'église cathédrale du Mans 1789

  • aspersion des pénitents le Jeudi Saint par le Grand Pénitencier p. 104 et 105
  • aspersion des Fêtes annuelles p. 8.
  • aspersion dominicale et antienne Asperges me p.73
  • aspersion des Vêpres des Morts p.222 à 224.

 

La signification de l'aspersion, associée à celle de la bénédiction, est double : génération par rappel de l'infusion baptismale (aspersion dominicale ou de la Vigile pascale), conférant le principe vital de la grâce divine . Et valeur pénitentielle ou purificatrice de libération du mal et de protection  de toute contagion du mal. C'est alors une protection contre L'Ange exterminateur et donc contre la Mort (celle de l'âme) par référence à la Pâque Juive et au passage d'Exode 12 dans lequel les Hébreux marquèrent du sang de l'agneau du sacrifice le linteau et le seuil de leur maison. Cette signification est majeure ici, puisque le trumeau marque le seuil et le passage initiatique du franchissement du porche.

  Cette utilisation liturgique de l'aspersoir étant distincte du signe de croix tracé par le paroissien à l'entrée dans l'église, il faut y voir un rappel fait à ces paroissiens d'une part de la nécessité de prier pour les défunts, d'autre part de se préoccuper du salut de leur âme. 

Cet ange au goupillon va se retrouver ensuite repris à La Martyre (à l'intérieur de l'église, mais juste après le passage du porche) en 1601 : photographie lavieb-aile :

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...puis à Landerneau, sur le trumeau du porche de l'église Saint-Houardon (1604), sur un bénitier qui est très similaire à celui de Landivisiau. Photographie lavieb-aile.

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...puis à Guimiliau, pour le bénitier placé dans la même situation qu'à Landivisiau sur le trumeau du porche de 1606 (photo lavieb-aile, article à paraître).

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Mais dans ces trois derniers cas, l'ange tient deux goupillons, l'un de la main droite (faste) et vers le haut, l'autre de la main gauche (funeste) et vers le bas, dans un approfondissement du thème illustrant à merveille la double valence positive vitale / négative liée à la Mort, de l'aspersion.

Dans le cas de l'ange de Landivisiau, sa posture n'est pas sans rappeler celle de l'ange de l'Annonciation tenant un lys.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Bénitier du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23.  “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau",, Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred) « Landivisiau », Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

— WIKIPEDIA : List of the works of Bastien and Henry Prigent. Consulté le 30 janvier 2017.

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

 Dans cet article : Bénitier de Landivisiau.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Landivisiau
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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 19:56

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L'intérieur du porche de Landivisiau est décrit ainsi par le chanoine Abgrall : 

"A l'intérieur du porche, les statues des douze Apôtres sont logées dans des niches moitié gothique, moitié Renaissance.

Dans les culs-de-lampe, on remarque deux sujets assez singuliers : deux lions mettent leurs griffes dans la bouche d'une jeune fille ; trois sortes de lansquenets, à moitié ivres, entraînent deux jeunes filles, dont une tient un miroir et l'autre un sceptre ; puis vient une bête, sorte de lévrier, qui joue du biniou. Les dais qui couronnent les niches sont surmontés d'anges portant les instruments de la Passion."

Couffon et Le Bars ajoutent :

"A l'intérieur, dans des niches mi-gothiques mi-Renaissance, statues des douze Apôtres, en pierre (C.). Au-dessus des dais, anges portant les instruments de la Passion, et sous les niches, culs-de-lampe ornés de sujets singuliers."

Afin de compléter cette description, je présenterai mes photos, en m'aidant du commentaire d'Emmanuelle Le Seac'h (2014) ou d'Yves-Pascal Castel (1997), qui souligne par exemple "la diversité avec laquelle les manteaux couvrent les tuniques et la variété avec laquelle, avec ou sans agrafes, ils sont maintenus à l'épaule" ou les qualités des visages et des barbes. C'est l'abbé Castel qui attribuera clairement ces sculptures à l'atelier de Bastien et Henry Prigent de Landerneau qui exécute dans les mêmes années le porche de Pencran (1553) et la statue, signée de Sainte Apolline (1555), le grand calvaire de Plougonven signé par Henri et Bastien, et les statues de Pleyben (1555). E. Le Seac'h ajoutera la précision suivante : les apôtres du porche de Landivisiau relèvent de la main d'Henry Prigent.

Plan :

  • Les douze apôtres.
  • Les culots.
  • Les dais.
  • Les armoiries timbrant la voûte.

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LES DOUZE APÔTRES

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I. LE COTÉ DROIT.

Comme c'est la règle, la série des 12 apôtres débute à droite de la porte intérieure, par saint Pierre. Nous voyons déjà la disposition générale : sur des culots très travaillés, dans des niches et sous de hauts dais, les six apôtres de droite sculptés dans la pierre de kersantite tiennent chacun une banderole dans la main droite et un livre (sauf exception) dans la main gauche. Sur la banderole était sans-doute peint   jadis l'un des douze articles du Credo apostolique, ou Symbole des Apôtres : chacun le sien ! 

La difficulté d'identification, assez constante dans ces séries, est accrue car les attributs ont été martelés à la Révolution sans-doute, et les têtes ont été décapitées, puis re-scellées au ciment. On ne peut, non plus, tenir compte de leur position (qui devrait suivre la succession des articles du Credo), les statues ayant pu être déplacées.

Les niches mi-gothique , mi-Renaissance sont séparées en alternance par des colonnettes en nid d'abeille et par des pilastres lisses.

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Les apôtres de droite, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Les apôtres de droite, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

1. Saint Pierre.

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L'apôtre Pierre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L'apôtre Pierre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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2. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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3. Saint Jacques le Majeur.

En habit de pèlerin de Compostelle, avec chapeau large timbré d'une coquille, besace, baudrier aux coquilles cousues, et bourdon (brisé).

 

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jacques le Majeur, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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4. Apôtre. Saint Jacques le Mineur ? Saint Philippe ?

L'extrémité d'un bâton est visible, identifiant Jacques le Mineur si on y voit un bâton de foulon (le plus souvent dilaté à cette extrémité), ou Philippe si on y voit la hampe d'une croix. 

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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5. Saint Jean.

Imberbe et tenant le calice de poison qui le qualifie.

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L' apôtre Jean, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

L' apôtre Jean, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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6. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le groupe des six apôtres de gauche.

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Les apôtres de gauche,  Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Les apôtres de gauche, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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7. Apôtre.

8. Apôtre.

 

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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9. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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10. Apôtre.

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Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Un apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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11. Saint André.

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Saint André, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint André, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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12. Apôtre.

 

Dernier apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dernier apôtre, Henry Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LES CULOTS.

Les ornemanistes ont puisé dans le répertoire Renaissance pour sculpter les culots de masques, de feuillages, de pampres et de godrons, mais, du coté gauche, nous trouvons aussi des scènes habituelles aux sablières ou aux crossettes, à visée moralisatrice malgré leur aspect cocasse.

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Chien joueur de cornemuse.

coté gauche, près du portail.

 

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Chien joueur de cornemuse.  coté gauche du porche, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Chien joueur de cornemuse. coté gauche du porche, église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n°7.

Masque à collerette et aux feuillages.

 

Culot n°7, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°7, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n° 9.

Remarquons d'abord l'inscription de la base de la statue :

A : AB : GRALL. La première lettre est douteuse. Le patronyme Abgrall apparaît aussi au dessus de la porte droite du porche, indiquant le nom d'un fabricien.

Sur le culot apparaît une tête tenue de chaque coté par deux lions. Ces deux animaux ont tous les caractères des lions de crossettes du Finistère, chargés d'emporter les âmes des vivants pour le compte de la Mort. 

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Culot n°9, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°9, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n° 11 : Gavotte menée par deux femmes.

Trois hommes se tiennent étroitement par le bras de manière caractéristique des danseurs  de dans-tro, les jambes emportées par le rythme des pas. A la différence de la sablière de Saint-Sébastien du Faouët, ce n'est pas le diable musicien qui mène la danse et entraîne les paroissiens dans la voie dévoyée des plaisirs, mais deux femmes dont l'une tient un miroir et l'autre un flambeau. La première est une allégorie de la Coquette. Cette scène relève donc de la même logique que le culot n°9 : mettre en garde contre l'oubli de la Mort, et rappeler la nécessité de sauver son existence par une vie chrétienne éloignée des bals et des cabarets !

Yves-Pascal Castel voit dans les hommes trois ivrognes, et dans ces deux femmes des allégories de la Tempérance, qui tient le miroir, et de la Prudence, qui tient la torche ; mais on comprend mal alors le rôle de ces Vertus.

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Culot n°11, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°11, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Culot n° 12.

Autour d'une composition de feuillages à larges digitations rondes, deux masques surgissent comme par métamorphose d'une de ces feuilles : à droite, un visage rond, jeune et féminin au dessus d'un lotus, et à gauche un visage barbu et âgé. "Mignonne allons voir si la rose"...

A l'extrême droite, pour clore ce discours sur le vice, et ses périls, un personnage (féminin ?) accroupi pose une main sur le pubis et l'autre sur la poitrine.

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Culot n°12, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Culot n°12, atelier des Prigent 1554-1565, intérieur du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LES DAIS.

Pour peu que nous ne passions sans les voir, ils vont provoquer notre enthousiasme esthétique et susciter par le fourmillement de détails notre curiosité. La variété d'inspiration, la qualité d'exécution, la maîtrise à la perfection du vocabulaire gothique et des masques Renaissance, font de ces dais des chefs d'œuvre. Ils résument toute la sculpture de l'atelier des Prigent, voire de toute la sculpture des enclos, par l'association d'une pieuse représentation des thèmes chrétiens (anges tenant les instruments de la Passion) et d'une reprise débridée de l'ironie baroque.

Dais des apôtres de droite du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres de droite du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres de gauche du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres de gauche du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le "chapeau" des dais. Les instruments de la Passion. 

Désolé pour la qualité des images.

 

 

 

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Véronique présentant la Sainte Face.

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Sainte Véronique présentant la Sainte Face. Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Véronique présentant la Sainte Face. Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les dais eux-mêmes.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ce dais associe une base gothique à pinacles, accolades et fleurs de lys, et une lanterne (identique au lanternon qui coiffe le porche lui-même)  à cariatides (plutôt "termes féminins") aux seins provoquants, à vieillard barbu, à petits personnages qu'il faudrait détailler un par un, comme celui qui est saisi par l'épaule par un bras venu du haut...

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.
Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ce dais associe une scène de chasse dans la balustrade (lion et sonneur de trompe), des atlantes (jambe croisée ou non) alternant avec des masques.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau, coté gauche. Photographie lavieb-aile 2017.

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Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dais des apôtres du porche de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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ARMOIRIES TIMBRANT LA VOÛTE.

"L'intérieur est voûté en croisée d'ogives avec une clé de voûte qui témoigne du remontage du porche en 1728. Elle est décorée du blason des Danycan, d'azur au monde d'or, surmonté d'une étoile d'argent et soutenu d'un vol de même. Le richissime armateur malouin Noël Danycan de l'Épine (1651-1731)  avait acheté en 1702 la seigneurie de Coatmeur en Landivisiau." (E. Le Seac'h 2014 p.153)

Selon le Nobiliaire et Armorial de Bretagne :

"Danycan (orig. de Normandie), sr de l’Epine, — d’Annebaud, — de la Thébaudaye, — de Launay-Quinard, — de Daoudour, de Coëtmeur et de Landiviziau, par. de Plougourvest, — de Kermilin, par. de Trefflaouénan, — de Lanuzouarn, de Penanec’h et de Pontéou, par. de Plouénan.

D’azur au monde d’or, surmonté d’une étoile et soutenu d’un vol de même.

Noêi, s’établit à Saint-Malo en 1650 et épousa Jacquemine Corbin ; Noël, son fils, armateur à Saint-Malo, secrétaire du Roi en 1695, chevalier de Saint-Michel en 1700, marié à Marguerite Chantoiseau, fréta deux vaisseaux commandés par ses frères, qui sous la direction de du Guay-Trouin s’emparèrent de Rio-Janeiro en 1711 ; deux maîtres des comptes depuis 1723 ; un brigadier de dragons en 1756 ; un volontaire blessé au combat de Saint-Cast en 1758."

 

Ce blason présenté par deux personnages est couronné, comme c'est aussi le cas sur les armes qui ornent deux assiettes récemment achetées aux enchères (en 2013) par le Musée de Saint-Malo. La meilleure image sur ce lien des Musées de la Marine : http://mnm.webmuseo.com/ws/musee-national-marine/app/collection/record/9847

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On peut penser que cette couronne et les deux personnages sont empruntés aux armes de la Compagnie des Indes orientales (image Wikipédia ). Fondée par Colbert en 1664, avec Port-Louis comme port d'attache, celle-ci subit les effets de la guerre de Hollande, de la ligue d'Augsbourg et de certaines opérations commerciales désastreuses, qui  entrainent sa ruine. Elle  doit louer ses privilèges à des négociants connus « comme étant les plus considérables du Royaume : les Messieurs de Saint Malo », parmi lesquels  Danycan, qui reprend le commerce avec le Pérou pour sa « Compagnie des mers du sud ».

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Armes de Noël Danycan, voûte du porche de l'église de  Landivisiau.  Photographie lavieb-aile 2017.

Armes de Noël Danycan, voûte du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Le porche méconnu de Landivisiau, 3 parties, Le Progrès de Cornouaille-Courrier du Léon samedi 1er février, 8 février et 15 février 1997 page 23.  “1290 Le porche de Landivisiau (3ème et dernière partie)... 150.02.97.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2806.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/101918beed0220579dab324c65112b94.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2a2657bd8d664f2a53afe62d4c5b64af.jpg

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9ad6a25f74c98674d09e6aef3ad92a6e.jpg

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1979, "Un porche remarquable : Landivisiau", Les Cahiers de l' Iroise, 1979, n°2.

CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  "De Saint-Pol à Landivisiau: à la recherche des sieurs de Tournemine", Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon samedi 14 mai 1983. 

0135 de St-Pol-de-Léon à Landivisiau, à la recherche des sieurs de Tournemine. 14.05.83,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1616.  

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/408be039e7a310691325124ca16674fa.jpg

 

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred) « Landivisiau », Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/494edd1782a578c953b613ec4d2b371e.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014,  Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/porche-sud-landivisiau

Site de la mairie :

http://www.landivisiau.fr/fr/information/61960/le-patrimoine-landivisien

GUEGANTON (Olivier ), 2009, "Landivisiau"  :

http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Landivisiau.htm

 

 

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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