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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:43

 

 

Les vitraux de Louis-René Petit à Saint-Jean-du-Doigt (29).


 

 


    C'est un ensemble de 10 verrières couvrant une surface de 80 m², remplaçant l'ensemble des vitraux du XVIe siècle détruits par l'incendie du 5 novembre 1955. Ils ont été mis en place en 1989-1991 et inaugurés par Mgr Guillon évêque de Quimper le jour du pardon de Saint-Jean le 24 juin 1990.

  J'emprunte au site Infobretagne http://www.infobretagne.com/saintjeandudoigt-eglise. l'image suivante qui permettra de situer les vitraux (désignés V1 à V10). J'ai appliqué des régles de numérotation différentes, celles du Corpus Vitrearum, numéro pair au sud, impair au nord. Je renvoie au site infobretagne pour la documentation historique complète de cette paroisse et de l'église, ainsi que pour l'inventaire photographique :

Saint Jean du Doigt : église

 

 DSCN3551c

Le chevet est éclairé par trois baies (Maîtresse-vitre, baie 1 et baie 2) au tympan de style flamboyant de la deuxième tranche de construction entre 1460 et 1470.

I. La maîtresse-vitre ou Baie 0.

Six lancettes de 11 panneaux, à tête trilobée et un réseau comportant une rosace. Remplage flamboyant. Élévation : 11 mètres.

Thème : le baptême du Christ et la Transfiguration. Ou, d'après les indications de l'artiste en 2005 sur son site http://www.louis-rene-petit.org/spip.php?article9, " la Nuée précédant le Peuple de Dieu, l'ouverture du Ciel, la couleur soutenue par l'espace, l'ombre devient transparente".

  Selon Maurice Dilasser, "Le fin réseau gothique de la haute fenètre évoque l'Église, Jérusalem céleste. Les tâches de couleur vives aux formes d'algues rappellent le printemps et la mer toute proche à l'est, et l'automne aux teintes chaudes mais qui s'éteignent dans la gravité du couchant, à l'ouest." (Patrimoine religieux de Bretagne, Le télégramme, 2006, p. 198)

 

                                     vitraux 3443c


 vitraux 5494cc

 

 

 

                                 vitraux 5496cc

 

II. Baies du coté droit ou sud B2 à B6  du choeur vers le fond de la nef :

 

Baie 2, chevet  : trois lancettes trilobées de quatre panneaux. Remplage flamboyant.  Réseau en un groupe au sommet de  sept ajours et deux groupes latéraux de neuf ajours, plus deux écoinçons :

                                  vitraux 3441c

 

Baie 4  de deux lancettes trilobées de quatre panneaux  et réseau de sept ajours:

                                       vitraux 3440c

 

Baie 6 : deux lancettes de quatre panneaux et réseau de quatre  ajours (quatre-feuille, 2 mouchettes, 1 écoinçon).


                                      vitraux 3438c

 

Baie 8  dans la chapelle : à deux lancettes trilobées de trois panneaux et réseau à trois quatre-feuille et une pièce en losange : 

Louis-René Petit indique sur son site cette citation d'Isaïe : "comme un veilleur attend l'aurore".

                                 vitraux 3436c

 

Baie 10  dans la chapelle : " l'arbre de Jessé" à trois lancettes trilobées de cinq panneaux et réseau de cinq mouchettes et deux écoinçons :

Commentaire de L.R. Petit : "De la nuit des temps s'érigera la racine de Jessé comme un signal" (Isaïe)"

 Pour Maurice Dilasser (op. cité) " Le vitrail méridional fait transition. Sa partie basse évoque l'occident et la terre, et à son sommet, l'orient et le ciel. Entre les deux, l'échelle de l'arbre ou de la croix, lien des saisons et des généalogies".

                                vitraux 3433c

 

Baie 12  à deux lancettes trilobées de trois panneaux et réseau de huit ajours :

Ce jour-là, la lumière mettait mal en évidence le contraste entre les parties bleutées et les parties jaunes, qui motivent le commentaire de Louis-René Petit : " Tout espace, toute vie a son coté lumière et son coté ombre".

                               vitraux 3432c

 

 

III. Baies placées au nord B1 à B3 :

Baie 1  à trois lancettes trilobées de cinq  panneaux  et réseau de 14 ajours. Remplage flamboyant: 

Très partiellement masquée par le grand pavois d'une maquette ex-voto.

                                      vitraux 3446c

 

Baie 3 à deux lancettes trilobées de trois panneaux et réseau de sept ajours :


                                               vitraux 3449c

 

IV. Baie de la facade occidentale :

Quatre lancettes trilobées de neuf panneaux et réseau de 32 ajours. Signature en bas à droite.

                            vitraux 3451c

 

 

V. L'artiste : Louis-René Petit (Melun, 1934-2007):


vitraux 5493c

Peintre verrier diplômé de l'école nationale des Métiers d'Art, il a ouvert un atelier à Orléans puis dans les Alpes-de-Haute-Provence, et a réalisé de très nombreux vitraux parmi lesquels :

  • église Saint-Saturnin de Saint-Sornin (Charente-Maritime) 19
  • Saint-Jean-du-Doigt
  • Eybiens
  • Saint-Benoît-sur-Loire
  • Montier-en-Der
  • Saint-Sauveur-de-Givre-en-Mai
  • Abbaye de Sénanque (1994 et 2001)
  • église Saint-Saturnin, La-Forêt-Sainte-Croix (Essonne) 2002
  • église Saint-Martin, Saint-Martin-en-Brière, 2001
  • église Saint-Blaise, Usclades (Ardèche), 2003
  • Rasdorf en Allemagne, 2003
  • église Saint-Saturnin à Saint-Brice, 2005

En Bretagne, on lui doit les verrières de Sizun (29) en 1989, d'une chapelle à Lanrivain (22) en 1995, de Saint-Servan (35) en 1973 et Le Minihic-sur-Rance (35) en 1993.

  Il fut co fondateur du groupe de verriers HYALOS en 1977, puis du groupe TRANSPAROIS en 1989. Le Centre International du Vitrail de Chartres écrit de lui : " il appartient à cette génération d'artistes qui explorent les ressources expressives des matériaux et nouvelles techniques pour dépasser l'approche traditionnelle du vitrail fondée sur le verre mis en plombs. En 1974, il use avec sensualité et poésie de la technique de la dalle de verre pour le préau du collège du Grand-Pré à Montargis : il réussit à rendre dans la masse du verre des formes colorées en vert proprement stupéfiantes, qui ressemblent à de lourdes gouttes d'encre se dissolvant lentement dans de l'eau. "

  L'un de ses principes fut de "dissocier les couleurs du graphisme du plomb", principe qu'il illustre par ce détail de la maîtresse-vitre de Saint-Jean-du-Doigt qui montre le passage des couleurs à travers les plombs sur des verres plaqués dégradés à l'acide, et l'autonomie du graphisme des plombs: 

 

(site de L.R.Petit)

  Cet artiste nous incite à découvrir toutes les innovations dans le travail du verre par les maître-verriers contemporain : cuisson, surcuisson, trempage, découpage au jet d'eau, contrôle des recuits et des tensions, soufflage de "cives" comme les décrivaient le moine médiéval Théophile par Gérard  Garrouste, recherche par Soulages à Conches d'un verre blanc translucide mais non transparent avec le Laboratoire de Saint-Gobain et le maître-verrier Fleury, et enfin expérience par Louis-René Petit de trempage vertical permettant de travailler le décor de grisaille, de jaune d'argent et d'émaux sur les deux faces du verre.

  Ces éléments techniques sont bien difficiles à comprendre pour un néophyte, mais face à un vitrail non-figuratif ou même abstrait, le spectateur est mis au défi de dépasser sa manière habituelle d'appréhender une oeuvre par son coté "anecdotique" (en reconnaître le sujet et apprécier comment il est rendu de manière originale et quelles émotions y ont été exprimées) pour en découvrir la matière pensée. C'est Soulages qui préconisait de penser la lumière : nous-voilà amenés, au XXIe siècle, à ne plus regarder le motif d'une oeuvre, mais à en observer les rythmes, le jeu des ombres et des lumières, les vibrations, les données immatérielles, et donc spirituelles. L'abbé Suger de Saint-Denis écrivait au XIe siècle que "l'esprit stupide s'élève à la vérité grâce à ce qui est matériel", mais le matériau qu'est le verre tient son génie paradoxal d' épurer sa matérialité pour la mettre au service de la lumière et de la couleur.

  Pour ce changement de regard, nous avons besoin de guides qui viendraient nous faire découvrir l'aspect technique des oeuvres : leur mise en oeuvre concrète, expliquant la fabrication du verre, l'utilisation des plombs, les dangers de surtension ou ceux de choc thermique et de casse et comment ils ont été maîtrisés ici, tout cela au service d'une pensée esthétique. 

  Ma première réaction face à ces vitraux a été d'évoquer une influence japonisante, et de voir les taches rouges, rosées, blanches ou vertes comme celles qui constellent une estampe de cerisiers en fleurs. Qui sera le critique qui m'initiera à dépasser cette gentille idée? 

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 21:58

Église Saint-Pierre et Saint-Paul de Langonnet :

              L'art sulpicien.

  Pour une fois, ces exemples de la production de l'art religieux du XIXe-début XXe siècle ne sont pas relégués dans un placard de sacristie, dans l'obscurité d'un fond de chapelle ou au sommet d'une tribune inaccessible, voire à l'intérieur d'un confessional désaffecté et recoivent de la part des fidéles le culte auquel ils étaient destinés, rehaussant de leurs franches couleurs l'austérité d'une architecture romane que les cisterciens avaient voulu sobre et dépouillée, quasi silencieuse dans son intériorité.

  On distingue des exemples d'une production plus typiquement sulpicienne (qui reçoivent d'ailleurs les suffrages unanimes des cierges ) d'une statuaire de bois polychrome pour laquelle le nom du sculpteur lorientais Alphonse le Brun (qui a travaillé à la décoration des navires de la Marine) est évoqué. Il a travaillé aux églises de  Baden, Priziac, Pont-Scorff, Guidel, Guéméné, Saint-Avé, Séné, Theix, Meilars, à la production de statues ou de mobilier (tribune, chaire à prêcher) au 4ème quart du XIXe siècle.

 

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      saint Maurice : 

  La statue est de métal (fonte), elle date du XIXe et  son auteur est inconnu. Saint Maurice Duault tient du bras gauche l'abbaye Saint-Maurice de Carnoët dont il fut l'abbé jusqu'en 1191. Il tenait une crosse de la main droite.

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      Saint Maur  (oeuvre de Le Brun ?):

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      Sainte Apolline :

  Date et auteur ?

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       saint Yves (par Le Brun ?):

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      Le saint curé d'Ars :

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 Sainte Thérèse de Lisieux :

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 18:38

 

      L'église St-Pierre et St-Paul de Langonnet :

Les vitraux de Gérard Lardeur et les chapiteaux romans.

Vitraux contemporains : voir aussi :

 

 Gérard Lardeur à Saint-Sauveur :

 

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-contemporains-de-saint-sauveur-finistere-90229755.html

Manessier à Locronan, 

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-manessier-a-locronan-chapelle-de-bonne-nouvelle-103071184.html

 Bazaine  à La Madeleine de Penmarc'h :

http://www.lavieb-aile.com/article-chapelle-de-la-madeleine-a-penmarc-h-les-vitraux-de-jean-bazaine-104010551.html

ou tout simplement les vitraux de Saint-Louis à Brest :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-l-eglise-saint-louis-de-brest-103429661.html

Jacques Le Chevallier à Gouesnou :

http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-l-eglise-de-gouesnou-et-les-autres-vitraux-117897470.html,

 

 

 

langollet 3123

  Le visiteur trouve à l'intérieur de l'église des panneaux explicatifs remarquables, accompagnés de schémas et d'illustrations de qualité : j'en ai recopié quelques extraits, préjugeant que leurs auteurs n'y verraient pas d'inconvénients, et que le lecteur serait incité à en découvrir sur place les qualités pédagogiques.

  Langonnet est une antique paroisse jadis du diocèse de Cornouaille et que l'on trouve mentionnée dans le cartulaire de Landevennec au XIe siècle (sous la graphie Lan Chunuett). On peut penser que l'église actuelle a été construite sur un ancien établissement monastique bénédictin du Xe siècle. Deux siècles plus tard, un autre monastère fut fondé par les Cisterciens à quelques kilomètres du bourg, sur les bords de l'Ellé.

L'église dans ses parties les plus anciennes remonte à la fin du XIe ou au début du XIIe siècle : de cette époque ne subsiste que la partie orientale de la nef dans le plus pur style roman.

   Au XVIe siècle, tout l'extérieur fut refait ainsi que les collatéraux, la chapelle des fonds et la partie orientale de l'église. On refit également les premières travées de la nef dans le style gothique.

   En 1662, des restaurations assez importantes eurent lieu et à cette occasion l'église fut couverte d'une nouvelle charpente.

Au XIXe le carré du transept est entièrement refait ainsi que le clocher qui le surmonte.

Une enveloppe gothique pour un intérieur partiellement roman, c'est toute la finesse de l'histoire et de l'architecture de l'église de Langonnet. 

 

      I. Les chapiteaux romans :

      L'église actuelle dont les dimensions intérieures sont de 32 m sur 12 m présente une nef de sept travées avec collatéraux dont quatre du coté nord et cinq du coté sud sont romans, un transept et un choeur à chevet plat.

  L'originalité des supports réside dans la forme des corbeilles et des chapiteaux. Réalisés dans la Bretagne des ducs, ces chapiteaux relèvent d'une école locale originale où on a pu déceler une influence celte.

 


  • Entrelacs en rectangle
  • Deux ovales accolés

 

chapiteaux 5403v  chapiteaux 5404c  

  •  Volutes
  • Faisceau de tiges à volutes

chapiteaux 5405  chapiteaux 5411

  • Main tenant un faisceau de volutes
  • Volutes et diamant

chapiteaux 5417  chapiteaux 5418

 

  • Main tenant une croix pattée

  chapiteaux 5432

 

  • Entrelacs en rectangle et une diagonale
  • Quatre lignes en gerbe

chapiteaux 5422  chapiteaux 5424

 

  •  Deux volutes et une pointe de diamant
  • Deux ovales amandiformes accolés

chapiteaux 5425   chapiteaux 5426

  • Scène de combat
  • Motif à type de feuilles

  chapiteaux 5412  chapiteaux 5430

 

  • Tête moustachue
  • Quadripède longiligne

chapiteaux 5410     chapiteaux 5428

 

  •    Personnage tenant une croix pattée et une palme.
  •    Deux animaux fantastiques

chapiteaux 5429  chapiteaux 5431

 

 

Personnages en demi-relief sur colonnette engagée (Vierge et Dieu le Père ??):

  • statue d'allure féminine serrant contre elle un objet ou un enfant
  • vieillard accroupi portant les mains vers sa longue barbe

 

  chapiteaux 5423  chapiteaux 5407cv   

 

  • Armoiries :

chapiteaux 5444

 

  • Crucifix encadré de deux oiseaux : ce chapiteau surmonte, à la troisième arcade du coté nord en venant du choeur, un massif carré dont chaque angle est entouré de deux colonnes jumelées engagées., l'ensemble du support s'appuyant sur une base unique et sans sculpture et soutenant un unique chapiteau carré dont l'astragale est remplacée par une simple pierre plate en forme de disque épais profilé de deux tores, dont le tailloir est de même constitué par une autre pierre plate, carrée, sans moulure.

 

chapiteaux 5414

 

  • Inscription du coté opposé du chapiteau précédent au dessus de la pile carrée à huit colonnettes : IESUSNASAR ENUSREXIUDEORUM, c'est à dire Jésus, roi des Juifs.

 

  • chapiteaux 5406v

 

II. Les vitraux de Gérard Lardeur, 1995. 

Voir aussi :  Les vitraux contemporains de Saint-Sauveur (Finistère).

  L'artiste s'est inspiré des effets de trame textile du lin ou de la toile de jute, pour réaliser avec une grande économie de couleurs des graphismes tracés par les plombs d'épaisseur variable

  Les vitraux sont présentés en partant du fond de l'église, coté sud jusqu'au transept, puis en faisant retour par le coté nord vers le fond.

 

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  Le cercle est un motif prédominant chez Lardeur, qui y voit l'entité humaine et sa division complémentaire entre matérialité et spiritualité.

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      Baie du bras nord du transept : trois lancettes trilobées et un réseau composé de deux mouchettes, fleurs de lys et écoinçons.

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      Baie du bras sud du transept, à trois lancettes trilobées, semblable au coté nord.

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III. La maîtresse-vitre par Pierre Toulhoat : la Passion, 1984.

  L'artiste quimpérois a placé ici un projet qui avait été proposé pour Saint-Jean-du-Doigt et refusé par les Monuments historiques. (Source : blog J.P. Le Bihan). Verrière à quatre lancettes trilobées de quatre panneaux.

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vitraux 5416c

 

        La signature de Pierre Toulhoat est placée dans un panneau consacré au reniement de saint Pierre, alliant ainsi une allusion au patronage de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul, et au prénom de Pierre Toulhoat. Le coq du reniement est visible en haut à droite.

DSCN3198c

 

 

IV. Le cadran solaire de 1703:

  Les armoiries en ont été martelées. Je propose la lecture Le Moine Recteur, Lesguern Fabriciens Fait par Eveillard.  

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 22:02

             Église de Saint-Aignan (2):

                        La Trinité

 

st-aignan 1415c

 

Sous un cadran solaire très succint, une pierre porte la date de 1568 (et une inscription que je n'ai pas déchiffré).


st-aignan 1416c

 

Au dessus de l'horloge, des armoiries, dont celles d'Olivier d'Arradon.

st-aignan 1417c

 

st-aignan 1422c

 

 

 

Le retable de la Trinité , XVIe siècle :

 

Sur le fond d'une grande draperie retenue par une couronne, le Père et le Fils, surplombés par l'Esprit-Saint tiennent un tableau en forme d'arche où sont inscrits les mots SANTA TRINITAS UNUS DEUS. Aux quatre coins de cette composition trinitaire, des médaillons présentent les évangélistes et leur attribut : saint Marc et son lion, saint Matthieu et l'ange, saint Luc et le taureau, saint Jean et l'aigle. En dessous, deux anges porteurs de bougeoir présentent le calice et l'hostie de l'Eucharistie.

  Les couleurs sont le bleu du fond et de la robe de Dieu, le vert de celle des anges, le rose des visages, le brun des cheveux et barbes, mais c'est surtout le rouge et l'or qui dominent.

 

  Coome l'indique le site topic-topos, c'est ici le double mystère de la Trinité et de l'Eucharistie qui est représenté.

statues 1315c

 

Les statues :

  Elle proviendraient peut-être de l'abbaye de Bon-Repos.

Pietà, XVIe siècle :

statues 1399c

 

 

statues 1327c

Saint Cornéli :

statues 1394c

 

statues 1403c

 

Le choeur : saint Aignan et saint Paterne :

  L'église est dédiée à saint Aignan, évêque d'Orléans (358-453).

st-aignan 1337c

 

Panneau de fondation d'un retable

dont on remarquera le N rétrograde du mot  CONSEIL 

st-aignan 1340c

 

 

Saint Paterne, évêque de Vannes au Ve siècle. 

st-aignan 1343c

 

Les sablières :

 

 

st-aignan 1335c

 

 

st-aignan 1388c

 

st-aignan 1391c

 

st-aignan 1392c

 

st-aignan 1395c

 

st-aignan 1400c

 

Armoiries de la famille d'Arradon:

de sable, à sept macles d'argent. Le berceau de cette famille est la seigneurie de Kerran à Arradon (56). Ces armoiries sont celles d'Olivier d'Arradon, seigneur de Bot-Pléven au XVIe siècle

 

st-aignan 1386c

 

 

Les vitraux :

sont manifestement de Jean-Pierre Le Bihan, de Quimper :

st-aignan 1405v  st-aignan 1406c

 

Le mobilier :

 

st-aignan 1402c

 

Le confessionnal breton :

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 Il date du 19e siècle et  porte l'inscription MA ZAD PEC'HET MA ZEUZ, "Mon Père j'ai péché".

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st-aignan 1413c

 

 

Le haut-relief représentant le Fils Prodigue, illustrant le pardon par le père des fautes du fils qui a dépensé toute sa fortune : le frère resté sérieux auprès de son père  tient le manteau.

st-aignan 1421c

 

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 22:01

L'arbre de Jessé de l'église de Saint-Aignan.

 

Voir dans ce blog lavieb-aile des articles consacrés aux Arbres de Jessé de Bretagne:  

Les sculptures :

Et les vitraux : 

Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

 

     "Il sortira un rejeton de la tige de Jessé et un surgeon naîtra de sa racine. Et l'esprit du Seigneur se reposera en lui". C'est cette prophètie d'Isaïe 11,1-2 que les artistes médiévaux vont combiner avec la généalogie de Jésus telle qu'elle apparaît dans les évangiles synoptiques (Matthieu 1,1 et Luc 3, 23-38) pour représenter Jessé, le père du roi David donnant naissance à un arbre sur les branches duquel sont installés les douze rois de Juda avant de culminer dans le Christ. 

  Sur les verrières des cathédrales (celle de St Denis inaugura l'iconographie) ou des églises, sur leur portail, dans les Livres d'Heures, sur les hauts et bas-reliefs de pierre ou de bois, Jessé sera debout, assis ou couché et souvent assoupi comme s'il contemplait en songe sa descendance. Les prophète Isaïe et Jérémie (pour sa prophétie "En ce temps-là je susciterai dans la race de David un rejeton, héros de la justice", Jérémie 33, 15) l'accompagneront souvent, les douze rois, souvent en réduction, s'installeront sur les branches, conduisant soit au Christ, soit à la Vierge tenant l'Enfant. Des anges ou des colombes seront placés autour d'eux.

   Parmi les 34 exemples iconographiques que le Dr Louis le Thomas (1)  a relevé en Bretagne ( dont  13 vitraux, 2 niches, 15 haut-reliefs), trois thémes se dégagent :

  • Le thème christique, où le Christ trône au sommet de la ramure
  • Le thème marial (1), où c'est la Vierge qui culmine, tenant l'Enfant dans ses bras,
  • Le thème marial (2), où la Vierge à l'Enfant, debout, est au centre, encadrée par deux rameaux latéraux sur lesquels sont placés les deux groupes de six rois de Juda.

   En Bretagne, les arbres de Jessé en vitrail comportent en majorité Jessé assis ou plus rarement debout, alors que Jessé est couché dans l'ensemble des haut-reliefs. Parmi les quinze haut-reliefs, treize introduisent la figure d'une démone, cornue, à la poitrine dénudée, tenant une pomme, et allongée . Ce sont ceux de Cléguerec, Duault, Guimaëc, Loc-Envel, Locquirec, Ploerdut, Plounevezel, Plourin-Morlaix, St-Aignan, St-Thégonnec (niche), St-Tugdual, St-Yvi et Tredrez. La totalité de ces arbres bretons sont du XVIe siécle, hormis 5 arbres datant du XVIIe.


I. L'arbre de Jessé.

  Il figure dans le groupe "marial (2)" et  comporte 19 personnages Deux anges, la vierge et l'Enfant, 12 rois, Isaïe, Jessé, une démone.

arbre-de-jesse 1349c

 

La Vierge à l'Enfant : 

   Son visage, très humain et expressif, est couvert par un voile et encadré par deux nattes.

Elle est vêtue d'un manteau bleu frappé de quatre-feuille d'or, à la doublure blanche peut-être en hermine,  dont le pan droit est maintenu par une attache sous le poignet gauche. Au dessous, elle porte une robe dorée au décolleté rectangulaire et  au corselet très ajusté, cintré par une ceinture. Elle tient un livre entre le coude droit et le tronc.

  Elle est chaussée de souliers fermés de cuir rouge, et elle est placée sur un massif végétal, sorte de figuier, de bourgeon originel ou d'involucre aux brachtées stylisées.

L'enfant, qui n'est plus un nourrisson mais un garçon bien éveillé aux beaux cheveux bouclés et vêtu d'une courte tunique jaune d'or, se tourne vers la gauche et amorce le geste de bénédiction, alors qu'il tient un globe terrestre (ou du moins une boule bleue) dans la main gauche.


arbre-de-jesse 1350c

 

  Jessé et la démone :

  Sous les pieds de la Vierge se voit le tronc de l'arbre, qui se divise vite en trois branches princeps, les branches latérales des rois de Juda et la branche centrale. Ce tronc naît par de courtes racines de la poitrine de Jessé, lequel, couché, la tête à longue barbe soutenue par la main droite accoudée, regarde (ses yeux sont ouverts) d'un air pensif vers le sol, alors que sa main gauche laisse presque échapper le livre où est inscrit RADIX JESSÉ, l'Arbre de Jessé. Il porte, sous un manteau rouge à quatre-feuille d'or retenu par un fermoir, une robe vert foncé.

  Sa posture songeuse presque abattue et mélancolique et tournée vers le bas contraste avec celle qui se tient tête-bêche, au dessus de lui, la tête relevée : la démone cornue aux longs cheveux sombres et dénoués, au torse nu athlétique, au regard décidé et malin semble viser une cible, alors qu'elle tient une superbe pomme rouge dans la main gauche. Accoudée en symétrie avec Jessé sur les pieds même du vénérable ancêtre, elle s'accroche à l'arbre d'une main aux quatre doigts qui trahissent sa nature monstrueuse. Et en y regardant de près l'on voit que ce bras de cauchemar, sur lequel s'enroule la queue annelée et squameuse de la femme-serpent, sort de la gueule d'une bête aux crocs acérés, aux babines et aux oreilles rouges. 

 Les seins de la démone ont bénéficié d'interventions de plastie mammaire : dans certains groupes, c'est pour en limiter le volume ; ici, on a souligné le dessin des mamelons, mais Louis Le Thomas  décrivait en 1963 le "torse dénudé, magnifiquement galbé, en torsion légère ; mamelles discoïdes, retouchées". Cet auteur, qui pouvait déjà en 1955 prétendre à "vingt ans de campagnes photographiques et d'études d'art populaires " des saints bretons est un homme de terrain qui sait donner à sa plume une élégante emphase lorsqu'il écrit plus loin, à propos de l'ensemble des "démones bretonnes" : Il commence par écrire que leur présence "relève en effet d'une gynécomorphie du Serpent de la Tentation", ou que leur buste a été "traité avec une verve évidemment complaisante et un réalisme particulièrement suggestif", décrivant leur attribut principal, des mamelles orthomorphes, discoïdes, d'un galbe partout exagéré" (p. 60) avant de conclure dans un Résumé Critique :

  "Elles sont des répliques originales du Serpent de la Tentation, figuré par ailleurs avec buste anthropomorphe féminisé. Étude inespéré du nu féminin, cette figuration naturaliste attribue aux démones des mamelles discoïdes, par contraste avec celles des diablesses -et même des diables- affligées par ailleurs "d'affreuses mamelles pendantes". Au point que, partout ou presque, des retouches persévérantes ont amenuisé des attributs que, moins exigeant, certain personnage moliéresque se contentait de faire "couvrir" par Dorine"

   La queue de ces créatures n'est pas oubliée par Louis Le Thomas, docteur es sciences et formé aux archétypes jungiens, qui les aborde avec le même esprit scientifique mâtiné de fascination: elles sont, explique-t-il, lorsqu'elles accompagnent le thème de l'Immaculée Conception, soit de typé "Nereïde", à queue de poisson,  soit de type Echidna à queue de serpent, mais les démones bretonnes des arbres de Jessé ne sont jamais du signe du poisson, mais toujours des Démones ophioures dont celle de Saint-Aignan est l'exemple le plus typique et le plus remarquable" (p. 71), avec ses noeuds où il voit une résurgence du vieil archétype des "dieux lieurs".

  Si donc cette femme-serpent maléfique relève la tête, elle n'en n'est pas moins maîtrisée et soumise par la Vierge qui affirme sa royauté sur le monde, et la prépondérance de sa force génératrice : face à la duplicité et la séduction stérile, La Mère, c'est Marie.


 

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Le Prophète Isaïe : Ecce virgo concepiet et pariet filium. Isai.

Citation d'Isaïe 7, 14 : Ecce virgo concepiet et pariet filium et vocabitur nomen Emmanuel,

      "Une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera nommé Emmanuel"

  La statue du prophète Isaïe a été, curieusement, placée à droite alors qu'elle était à l'origine, et en toute logique concernant sa posture, placée à droite (illustration p. 54 de l'article de Le Thomas, Bull. S.A.F. 1963).

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Les rois : en deux théories parallèles encadrant la Vierge :

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Le groupe de gauche :

  Ils portent ce genre de costume de rois d'opérette qui est le costume de seigneurs à la période Renaissance : des fraises assez courtes ornent les cous, des crevés fendent les manches, certains vêtements sont mi-partis, les armures, plutôt d'apparat depuis qu'elles ne protégent plus vraiment des armes à feu, ne couvrent que le tronc alors que les jambes sont habillées de chausses. Les rois sont tous équipés d'un sceptre et coiffés d'une couronne, parfois sur un turban. Certains sont imberbes.

  La couleur dominante est le rouge, symbole de royauté, puis l'or; puis viennent le vert, le bleu (avec parcimonie car c'est la couleur du fond), le marron des barbes, le rose des chairs, 

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Le roi David :

      est reconnu par la lyre sur laquelle il composa les 150 psaumes du Livre des Louanges. Sa couronne est...particulière.

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Le roi Salomon :

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Les rois Roboam et Asias :

 

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Les rois Asa et ...

 

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      Les rois de droite :

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Le roi Manassé : (ou "Manassés")

  Ce fils d'Ézéchias est décrit par le Second Livre des Rois comme particulièrement impie, réintroduisant le culte de Baal et Ashera ou celui des astres. 

  Sa présence est quasi constante sur une arbre de Jessé, mais ne va pas sans paradoxe puisque, selon la tradition et les écrits apocryphes, il condamna le prophète Isaïe (qui exerça lors des régnes d'Oziaz, Achaz, Ézechias, et qui est représenté ici avec sa prophétie) à être scié en deux dans un tronc...d'arbre où il s'était réfugié (Hb 11, 37). L'âme d'Isaïe est ravie au ciel juste avant son supplice afin qu'il ne souffre pas, c'est l'Ascension d'Isaïe. L'assasin figure donc dans l'arbre dont sa victime avait annoncé la croissance. 

  Il est l'un des rares à porter des éléments à frange, soit sous forme de glands à l'extrémité des pointes du pectoral, soit le long de son manteau rouge. Mais son voisin porte des piéces de vêtement identiques.


 

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Les rois ... et Ezechiaz :

 

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Le roi Joatham :

  On admire comme chaque personnage est différent : la barbe-fleuve de Joatham est spectaculaire, ainsi que les spalières de son armure en forme de gueule ouverte.

 

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Le roi Achaz :

  On note la présence d'une boucle d'oreille en or : j'ai déjà étudié comment celle-ci pouvait être vue, à l'époque, comme un signe de judeité :  Éloge de l'omission : Le titulus dans l'Annonciation d'Ambrogio Lorenzetti.

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Le roi Ozias : 

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Les trois anges portant la couronne et les phylactères :

 

  Ils sont en tenue de chevalier Renaissance comme les rois, avec une armure ou une tunique couleur de métal argenté et des pièces de protection d'épaule et de bassin au dessus de longues robes. Les couleurs dominantes restent le rouge et l'or.

 

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Le phylactére porte le texte suivant : 

AVE MARIS STELLA DEI MATER ALMA AT AVE SEMPER VIRGO FELIX CELI PORTA SUMENS ILLUD AVE

  Ce sont les vers non rimés du premier quatrain, et le premier vers du second quatrain de l'Ave maris Stella, prière qui en contient sept et qui date au moins du IXe siècle: 

Salut, étoile de la mer,

Mère nourricière de Dieu

Et toujours vierge,

Bienheureuse porte du ciel.

En recevant cet Ave

(de la bouche de Gabriel

et en changeant le nom d'Éve

établis-nous dans la paix.)

  Le qualificatif d'"étoile de la mer" est issu du prénom hébreux Maryam décomposé en Mar yam, en hébreu "goutte de mer", traduit en latin par stilla maris, devenu par glissement sémantique stella maris, "étoile de la mer". On trouve souvent en réference 1, Rois, 18,45, mais ce texte qui parle d'un " nuage qui s'élève de la mer, qui est comme la paume de la main d'un homme" que le prophète Elie annonce à Achab afin qu'il parte sans tarder, ne contient pas l"expression "stilla maris". 

  Il est intéressant de lire la fin du quatrain où Marie "change le nom d'Éve" (mutans Evae nomem) qui joue sur l'inversion Ave/Eva à propos de cette sculpture où Marie domine la Mauvaise Éve croqueuse de la pomme du péché.




 

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(1) : Louis Le Thomas, Les Arbres de Jessé Bretons, Bull. Soc. Arch. Finist. 1962 : 163-197 et 1963 : 35-72.

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Published by jean-yves cordier
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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 15:54

     La chapelle Saint-Nicolas en Priziac.

 

     J'avais prévu de m'y rendre sur la simple mention du carillon à clochette qu'on y signalait, sans savoir que j'allais trouver là l'une de mes plus heureuses surprises, celle d'un splendide jubé et des restes d'un arbre de Jessé non moins admirable ; et cela en un jour maussade, après avoir poussé sans succès la porte de multiples églises et chapelles, seul dans ce sanctuaire sombre et humide à près de  mille mètres de tout lieu habité et saisi par l'émoi de ma découverte comme un explorateur des anciens temps.

 

La première mention de cette chapelle date de 1516, date de début de sa construction, alors que les dates de 1533 (?) et 1583 apparaissent sur le clocher. 

      Photo : on voit comme le temps n'aidait pas à ramener de belles images...

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I. Ce qu'il reste de l'Arbre de Jessé.

  Dans le choeur se trouvent deux niches, de styles différents ; celle de droite abrite, comme d'habitude, une statue du saint patron de la chapelle, et celle de gauche, la place vénérable, du coté de l'Évangile, est occupée par un arbre de Jessé. C'est un haut-relief du XVIe siècle où Jessé, couché, la tête soutenue par la main gauche dans la posture mélancolique habituelle, donne naissance à un tronc qui se divise en rameaux qui montent à droite et à gauche en servant de perchoir aux douze rois de Juda, les ancêtres légendaires de la généalogie de Jésus.

  Au centre se trouvait une représentation de la Vierge, mais celle-ci a été volée entre le 5 et le 8 novembre 1973, et on signale qu'un autre élément a été dérobé entre le 1er et le 2 mai 1990. On voit comment tous les rameaux qui reliaient la statue ont été soigneusement sectionnés.

  Je n'étais pas préparé à cette découverte, et j'en ressens une profonde affliction, une amertume sans fond ; je me suis présenté hors saison devant la chapelle, croyant la trouver fermée comme les autres, j'ai eu la surprise de trouver la porte ouverte et j'ai découvert un superbe jubé, puis ce choeur, et je me sens presque coupable de me trouver seul dans ce lieu qui expose ainsi sa vulnérabilité et ses richesses. 

  L'amertume est d'autant plus forte que ce qu'il reste de la sculpture montre qu'on avait affaire à une oeuvre exceptionnelle, comparable à l'arbre de Jessé que j'ai pu voir à Saint-Aignan (56).


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  Jessé est très attachant, avec sa barbe à doubles cornes de meringue, son costume à manches en accordéon et surtout ce superbe chapeau rouge. A ses cotés, un vase du même rouge (il y en avait trois auparavant) ressemble à un bon flacon que le roi de droite semble lorgner avec concupiscence.

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La série des cinq rois de gauche débute par David, que l'on reconnaît à sa lyre. Les autres semblent avoir tous grimpés sur ses épaules. Aucune inscription ne permet de les identifier, et s'ils sont tous différents, ils portent le même costume (des chausses, une tunique, un manteau, et une armure courte pour l'un d'eux), un sceptre et une couronne. 

                                            arbre-jesse 5448cc

 

La série de droite débute par un autre roi musicien (je lui donne arbitrairement le nom de Salomon, l'auteur du Cantique des Cantiques) jouant une sorte de luth à quatre cordes, puis les autres sont juchés pareillement sur ses épaules.

  L'alternance de quatre couleurs rouge, bleu et or et blanc, (auxquelles on ajoute le rose des mains et visage et le brun des barbes) donne un ensemble pimpant dont les personnages m'évoquent les Pères Noël des bûches glacées ou les nains de jardin.

  A chaque niveau, la section bien nette des rameaux de l'arbre vient me fendre le coeur.

 

                                                 arbre-jesse 3277c

 

  Puisqu'on ne compte que dix rois, c'est donc qu'il en manque deux ; la notice PM 56000911 des Monuments historiques (l'oeuvre est classée au titre d'objet à la date du 12 juillet 1912) signale sept personnages à gauche et six à droite, ce qui ferait treize, mais aujourd'hui il y en a dix.

 En 1963, le Dr Louis Le Thomas (Les Arbres de Jessé Bretons, Bull. Soc. Arch. Finist. 1963 p. 46) en a compté 10 également.

   Au dessus se trouvent trois angelots dont deux portent un calice et un phylactère : L'un proclame EXU . P. IXIT . IX....AL ( peut-être une forme d'Exultavit Spiritus Meus du Magnificat ?) et l'autre ORA PRO . NOBIS . DEVM .

  

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 La niche forme un dais décoré de feuillages, de chérubins, de têtes d'anges et de barbus, pour culminer en une pyramide de fuseaux (ou candélabres) bleu-blanc-jaune. Elle est datée de la seconde moitié du 16e siècle.

 

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  Je retrouve une description complète et une photographie couleur de cette oeuvre, avant que la Vierge ne soit dérobée, dans Le Faouët et Gourin, inventaire topographique, Paris 1975, publié par l'Inventaire général des Monuments historiques et des richesses artistiques de la France, Commission régionale de Bretagne, page 89 (texte) et 459 (illustration). La description est la suivante :

 " Ensemble de deux niches, deuxième moitié du XVIe siècle, bois, polychromie, h. 2,20 (sans le couronnement) Niche (à gauche de la fenêtre axiale) Niche en encorbellement, reposant sur deux culots ; plan trapézoïdal (trois pans, pan central plus petit ) composé en élévation d'une plinthe, de montants plaqués de candélabres, d'un dais à trois niveaux (bandeau inférieur à claire-voie, bandeau intermédiaire en bas-relief) ; couronnement formé de trois groupes en candélabres (celui du centre, à deux niveaux, supporte un globe) Décors du dais : mascarons et rinceaux, grotesques et têtes d'angelots, bustes et arabesques.

  " Dans la niche : ensemble comprenant une statue, un groupe en haut-relief, et trois haut-reliefs isolés, traitant le thème de l'Arbre de Jessé : Statue (au centre de la niche) Vierge à l'Enfant, XVIe, bois, polychromie, h. 1,10. Vierge couronnée vêtue d'une robe et d'un manteau portant sur le bras gauche l'Enfant vêtu d'une tunique, un globe à la main gauche, bras droit mutilé [M.H.1912]. Groupe (partie inférieure de la niche) Jessé et les rois de Juda, XVIe, bois, haut-relief, polychromie, h. 1,50. Jessé, coiffé d'un chapeau, étendu, tête appuyé contre la main gauche. De sa poitrine sort le tronc de l'arbre se ramifiant en deux rameaux portant les rois de Juda ( cinq à droite et cinq à gauche)."

 

 

II. La statue de saint Nicolas :

Fêté le 6 décembre.

  Saint Nicolas, (né en 280 à Patara en Lycie, mort en 345) devint évêque de Myra ; au concile de Nicée, en 325, il s'opposa vivement à l'hérétique Arius, et il est alors giflé, dépouillé de ses vêtements sacerdotaux et emprisonné par Arius, avant d'être délivré et rétabli dans la dignité de son titre par le Christ et la Vierge. Très vénérées en Orient, ses reliques qui ont la particularité de laisser suinter une huile sacrée et thérapeutique sont dérobées en 1087 par des marins de Bari en Italie pour les revendre. Lors du trajet, une tempête fait comprendre à l'équipage qu'ils doivent renoncer à ce commerce, et établir les reliques dans un sanctuaire de Bari. Sitôt qu'ils en font la promesse, la tempête s'apaise.

  Ce Saint-Nicolas-de-Bari était dénommé Saint-Nicolas à l'Anabulium, c'est-à-dire "portant le pallium", l'écharpe ou étole sacerdotale propre à son titre, et ce qualificatif aurait donné naissance au prénom nabulione, qui n'est autre que la forme corse du prénom de Napoléon Bonaparte... (données non vérifiées entièrement,  issues de http://quelqueshistoires.centerblog.net/1531005-Napoleon--drole-de-prenom%E2%80%A6. Napoléon enfant était surnommé Nabulio, mais le terme signifie "serpent".)

   La statue  présente dans cette niche montre un saint-évêque bénissant et tenant ce qu'il reste d'une crosse, sans aucun critère d'identification spécifique ; dans l'iconographie (surtout bizantine), Nicolas se reconnaît habituellement par un front large et haut sillonné de rides, une barbe courte et grisonnante, par le port d'un omophorion orné de croix, c'est-à-dire une longue étole croisée sur la poitrine et repliée sur le bras gauche, et par le port d'un évangile fermé dans la main gauche. Son geste de bénédiction se fait alors selon le rite grec, l'index dressé comme un I, le majeur replié dessinant un C, le pouce et l'annulaire croisés en un X, l'auriculaire courbé en un C, pour réaliser les lettres initiale ICXC  du nom grec Jésus- Christ, IHCOYC XPICTOC.

  Le seul élément caractéristique est la partie basse, qualifiée par l'Inventaire d'"eau ou flammes (?) stylisées" : ne pourrait-il pas s'agir de la fameuse huile miraculeuse dont la tradition rapporte qu'elle s'écoula du corps du saint lors de sa mort, puis de ses reliques ? 


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      La niche du 16e siècle, peinture du 18e, est formée de deux piédroits décorés de feuillage soutenant un dais à deux étages et trois pans, décoré de rinceaux (Dieu ou plutôt Moïse au centre, tient les tables de la loi, encadré par deux profils en médaillon) Source : notice PM 56000912 des Monuments historiques, 1994, et IM 56002986 de l'Inventaire régional

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III. Le carillon à carillon :

Voir : La Roue à carillon de Confort-Meilars, celle de Locarn et de Priziac .

     Transept, bras nord, mur est : Roue du XVIe siècle à sept rayons et à huit clochettes, à moyeu encastré dans un bâti scellé au mur, à brancard et manivelle. 

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  IV Le jubé : 

 

    C'est en réalité la première oeuvre que l'on découvre, avant d'accéder au choeur, et c'est certainement la pièce de choix de cette chapelle. 

1°)  Coté nef :

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Neuf panneaux rectangulaires alternant avec des pilastres à atlantes engainés et à cariatides canéphores (portant une corbeille sur sa tête) sont consacrés à la vie de saint Nicolas : de gauche à droite :


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Premier panneau : naissance de saint Nicolas.

On lit dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine que "Nicolas, citoyen de Patras, naquit de nobles et  riches et pieux parents. Son père se nommait Epiphanus et sa mère Jeanne... Le premier jour qu'il fut né, comme on le baignait, il se dressa dans son bain, et il ne prenait le sein de sa mère qu'une fois le mercredi et une fois le vendredi, et, dans son enfance, il ne se mêlait pas aux jeux des autres enfants."

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          Nicolas  nè en 270 à Patara en Lycie (Turquie) arriva selon la légende dans la ville de Myre (Turquie) où l'évêque venait de mourir. Le plus vénérable candidat à sa succession entendit une nuit une voix qui l'exhortait à se tenir à la porte de l'église à l'heure de matines et  de sacrer évêque le premier qui se présenterait. Et "ce fut chose merveilleuse car à l'heure de matines par un mouvement de Dieu Nicolas se leva avant tous les autres. Et l'évêque l'arrêta au moment où il entrait dans le lieu saint et il lui dit : "comment te nommes-tu? Et lui, qui était simple comme une colombe, inclina la tête et répondit : Je me nomme Nicolas, serviteur de votre sainteté".

Panneau 2 : Guérison d'un aveugle


  

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Panneau 3 : Le concile de Nicée.

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Panneau 4 : 

 On commence par penser qu'il s'agit de la scène fameuse où le thaumaturge vient sauver "quelques mariniers en danger de périr et qui l'ont imploré", prenant la barre et dirigeant les manoeuvres. Saint Nicolas est, pour cette raison, le saint patron des marins. Mais on voit plutôt trois personnages vêtus comme des religieux et religieuses : il s'agit de pèlerins qui voguent vers Myre pour rencontrer le saint évêque. Mais un passager clandestin, que l'on aperçoit dans la voile, a pris place avec eux et s'est déguisé en bonne femme, leur demandant de remettre de sa part à Nicolas un peu d'huile diabolique, qui brûle les pierres et que l'eau ne peut éteindre, ou plutôt d'en enduire les murailles de sa demeure... Le pays se livrait alors au culte païen de Diane d'Éphèse, et l'évêque venait de faire abattre l'arbre sacré sous lequel les fidèles se réunissaient. 

  Saint Nicolas apparut alors à ces pèlerins et leur ordonna de jeter cette huile à la mer, s'écriant : "C'est la mauvaise Diane !" "Et quand ils l'eurent jeté, un grand feu prit à la mer, et ils la virent longtemps brûler contre nature".


 

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Panneau 5 : miracle de la multiplication des grains.

   "Il fut un temps où la province où était saint Nicolas souffrit d'une extrême famine, et tous manquaient de nourriture. Alors l'homme de Dieu apprit que des navires chargés de froment étaient arrivés au port ; il y alla et demanda aux mariniers de soulager le peuple qui mourait de faim en donnant de chaque nef au moins cent muids de froment. Et ils lui répondirent : "Seigneur, nous n'oserions, car le grain a été mesuré, et il faut que nous rendions aux greniers de l'empereur la quantité qui nous a été livrée. Et le saint leur dit : faites ce que je vous dis, et je vous promets qu'il n'y aura aucune diminution lorsque vous aurez à rendre votre cargaison aux greniers de l'empereur. Ils lui donnèrent du blé, et quand ils déchargèrent leur cargaison, il se trouva exactement la même quantité qu'ils avaient chargés à Alexandrie"

 

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Panneau 6 : réssurection des trois enfants mis au saloir.

   Cet épisode ne figure pas dans la Légende dorèe, ni dans la compilation de Siméon de Métaphraste (premier légendaire en grec du Xe siècle), mais dans les octosyllabes de l'auteur du Roman de Brut, le normand Wace, dans sa Vie de saint Nicolas (v 1150), ou dans un sermon attribué à Bonaventure, ou dans un Mystère latin (Secundum miraculum sancti Nicholai ), avant que Gérard de Nerval n'en popularise la chanson dans La Sylphide de 1842 après l'avoir recueilli dans le Valois. 

  Il s'agit de la complainte de Saint Nicolas : Il était trois petits enfants / Qui s'en allaient glaner aux champs./ S'en vont au soir chez un boucher./ "Boucher, voudrais-tu nous loger ? : Entrez, entrez, petits enfants,/ Il y a de la place assurément." / Ils n'étaient pas sitôt entrés / Que le boucher les a tués, / Les a coupés en petits morceaux, / Mis au saloir comme pourceaux. 

Saint Nicolas au bout d'sept ans / Saint Nicolas vint dans ce champ. / "Boucher, voudrais-tu me loger ?" / Entrez, entrez, saint Nicolas, / Il y a d'la place, il n'en manque pas." / Il n'était pas sitôt entré, / Qu'il a demandé à souper. / Voulez-vous un morceau d'jambon ? / Je n'en veux pas il n'est pas bon. / Voulez-vous un morceau de veau ? / Je n'en veux pas il n'est pas beau ! / Du p'tit sale je veux avoir / Qu'il y a sept ans qu'est dans l'saloir. / Quand le boucher entendit cela, / Hors de sa porte il s'enfuya. / "Boucher, boucher, ne t'enfuis pas, / Repens-toi, Dieu te pardonn'ra." / Saint Nicolas posa trois doigts / Dessus le bord de ce saloir. / Le premier dit : "j'ai bien dormi ! " / Le second dit "et moi aussi!" / Et le troisième répondit : / "Je me croyais en paradis!"



  

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Panneau 7 : Mort de saint Nicolas

  La légende Dorée écrit ceci : "Quand il fut enterré dans un tombeau de marbre blanc, une fontaine d'huile coula de sa tête, et une autre de ses pieds. Et encore aujourd'hui il coule de cette huile sainte, et beaucoup se trouvent guéris de leurs maux."

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      Panneau 8 : châtiment d'un débiteur malhonnête.

  "Un homme avait emprunté à un juif une somme d'argent. Et il jura sur l'autel de saint Nicolas qu'il la rendrait dès qu'il pourrait ; et il la garda fort longtemps, et le juif la lui redemanda. et l'homme dit qu'il lui avait rendue. Alors le juif le cita devant les juges, et le débiteur fut appelé à prêter serment. Il avait mis cette somme dans un bâton creux sur lequel il s'appuyait. Et quand il fut sommé de jurer, il demanda au juif de tenir son bâton, et il prêta serment qu'il lui avait rendu plus qu'il ne lui avait prêté. Et quand il eut fait le serment, il redemanda au juif le bâton. Et le juif qui ne savait pas la ruse dont il s'était servi, le lui rendit ; et alors celui qui avait fait cette fraude s'en alla, et le sommeil le prit, et il s'endormit dans un carrefour. Il passa un chariot qui le tua, et qui brisa le bâton, et l'or se répandit à terre. "

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Panneau 9 : réssurection d'un jeune homme

 " Et le juif apprit cela, et il vint tout ému, et il vit la fraude. Et ceux qui étaient là lui disaient de reprendre l'or, mais il s'y refusa, disant qu'il ne le ferait point à moins que le mort ne revint au monde par les mérites de saint Nicolas ; mais que s'il ressuscitait, il se ferait, lui, baptiser. Et alors celui qui était mort ressuscita, et le juif fut baptisé au nom de Jésus-Christ"

  Source : Jacques de Voragine, Légende Dorée, Bnf Gallica link p. 31

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      Les quatre piédroits des arcs de la balustrade portent des atlantes engainés et des cariatides canéphores, dont deux se détachent sur des cuirs. Chacun est orné de deux têtes de grotesques.

jube 3155c  jube 3156v

 

 

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      La balustrade est formée de trois arcs à plein cintre, celui du milieu formant portail à deux vantaux. La voûte est décorée d'anges portant coté nef des phylactères sans inscription, ou les instruments de la passion. (Du coté choeur, les mêmes anges portent des inscriptions, antiennes ou prières en latin)

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  Les armoiries seront détaillées infra.

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2°) Coté choeur : les apôtres.

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      Chaque apôtre est dans sa niche surmontée d'un dais à trois pans creusé d'arcatures, séparé du voisin par un pilastre:

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      Bizarrement, le résumé de fiche IM56003004 de l'inventaire général par Denise Dufief et Claude Quillivic mentionne 13 panneaux et propose 13 noms d'apôtres.


Saint Pierre 

et sa clef : 

jube 3170c


Saint André :

avec la croix en X de son supplice : 

jube 3171c

 

Saint Jacques le Majeur :

avec son chapeau, son aumonière, et son bâton de pélerin :

jube 3172c

 

Saint Jean l'évangéliste :

avec son calice d'où émerge le dragon d'Éphèse: 

jube 3179c


Saint Thomas :

  avec son équerre d'architecte

jube 3176c

 


Saint Philippe : 

avec sa croix :

jube 3180c

 

Saint Matthieu : 

avec son évangile:

jube 3187c

 

Saint Barthélémy : 

avec le couteau par lequel il fut écorché vif :

jube 3188c

 

  Saint Jude ? avec comme attribut un bâton 

 que j'ai omis de prendre en photo !

   jube-3185c-copie-1.jpg

Saint Simon : 

avec la scie avec laquelle il fut coupé en deux : 

jube 3194c

 

Saint Jacques le Mineur : 

  et son bâton de foulon particulièrement remarquable: 

 

jube 3195c

 

Saint Matthias le remplaçant de Judas avec sa hache ou hallebarde qui le décapita.

jube 3196c

 

 

 

jube 3174c

 

 

jube 3181c

 

 

 

 

jube 3182c

 

 

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jube 3200c

 

 

jube 3201c

 

jube 3202c

 

jube 3205c

jube 5464v

 

 

jube 3208c    jube 3212v

 

jube 3213c   

 

 Inscriptions :

1) coté nef : lan 1680 fvt peint sclt letrin catherin le schavff . noble damoesel fille dv dréor . dame de morgant fvt bone fioe

Explication dans l'article Wikipédia consacré à la chapelle. Il y aurait une erreur de date et il faudrait lire 1580. Catherine Le Scanff est la fille de Tristan Le Scanff, seigneur de Dréors (décédé en 1577) et la soeur d'Yves Le Scanff (décédé en oct. 1591) et de Françoise Le Scanff, héritière, dont le mariage avec Jean de Talhoët-Kersévant vers 1564 fit basculer le titre dans cette famille. 

  Catherine Le Scanff figure en 1571 et 1576 dans l'inventaire des titres de Paule comme "dame de morgant".

Le jubé a été commandé en 1565 à la naissance de Nicolas de Talhouët, fils de Françoise Le Scanff, et qui devint seigneur de Kersévant, du Dréortz, de Paule, de Crémenec, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, capitaine du ban et de l'arrière-ban de l'évêché de Cornouailles.

2) corniche, coté choeur : 

REPAINT ET DORÉ 1768 me LOUIS.  DURANS. FABRIQVE goudemare pinxit 1768.

  Louis Durand (?-15/05/1789 à Priziac) est attesté à Priziac, où il épousa Marie-Anne Hervé le 15-02-1987.

 Le patronyme Goudemare est attesté en Morbihan en 1751.

Armoiries : celles de la famille Le Scanff, de sable à la croix engreslée d'argent, à gauche, et les mêmes en alliance à droite au dessus des vantaux du portail, des deux cotés du jubé. Mais les armes en alliance sont différentes entre le coté nef ( où on discerne cinq macles d'or sur fond d'azur en dessous d'une forme carrés à quatre points noirs qui pourrait se rapporter à Claudine de Guer, que Tristan le Scanff épousa, et dont les armes sont "d'azur à sept macles d'or 3,3,1, qui est le Sénéchal ; au franc carton d'argent, frétté de huit pièces de gueules" ) et coté choeur (où un lion rampant d'argent , armé, lampassé et couronné de gueules sur fond d'azur qui est du Juch, rappelle le mariage de Pierre Le Scanff (mort en 1566) avec Jeanne du Juch )


La fiche PM56000908 des Monuments historiques signale à propos du jubé : "éléments volés en 1973. Retrouvés à Bruxelles mais volés à nouveau entre le 1er et le 2 mai 1990."

 

 

V. La déploration, le Christ aux liens et la chaire à prêcher.

 

deploration 3233c

 

 

La Déploration, nommée Descente de croix sur la fiche 56000909 des Monuments historiques, est datée du premier quart du 16e siècle. Elle est placée de façon originale sur une sorte de scène ou de baldaquin à faux rideaux de bois bleu. Et curieusement encore, Joseph d'Arimathie est absent, et saint-Jean, la Vierge et Marie-Madeleine se trouvent assistés par Nicodème, qui tient encore la paire de tenaille qu'il a utilisé pour la déposition.

  Le corps du Christ forme la diagonale de la composition rectangulaire.

  Le groupe est formé de l'assemblage de trois blocs. 

deploration 3246c

 

 

      Le Christ aux outrages en granite date du XVIe siècle.

 

Chaire à prêcher en bois polychrome à abat-voix du XVIIe , à la cuve hexagonale sur pieds à ailerons. Elle n'est pas à son emplacement d'origine, et l'escalier a disparu.


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  Saint Jean-Baptiste et son agneau, 16e siècle, granite:

Transept, bras nord, mur est, sur un culot. H. 1,08m.

st-nicolas 3214c

 

 

Saint Jacques le Majeur : non identifié formellement comme tel , on évoque un pélerin, ou saint Hervé.

16e siècle, granite, inscription sur la tunique, h. 1,37.

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st-nicolas 3219c

 

 

 

 

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 22:27

                       Ecce Homo :

               Vingt-six piquets de prairie.

 


                      Mourir, cela n'est rien, mais souffrir, ô souffrir !


 

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  Parmi ces vingt-six vues de poteaux et de barbelé se cache un symbole de libération : la chrysalide d'un papillon : l'espoir est là, saurez-vous le voir ?

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 17:38

 

   Bodonou, coté nature : éloge du pissenlit.

Ayant visité la chapelle, j'ai été faire un tour sur le sentier de randonnée qui longe les sablières : rien d'extraordinaire, en ce mois d'avril, mais il est toujours plaisant de faire quelques rencontres : c'est surtout alors les pissenlits qui ont du succès, car ils sont les premiers à produire du pollen.

 Une fleur de pissenlit après la pluie : 


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Misumène vatia et voikukka (en finnois)

après sa capture d'un bibionide type Bibio marci. La misumène adopte la couleur jaune du pissenlit, mais lorsque les fleurons disparaissent au profit des akènes des aigrettes, elle ne peut modifier ses pigments aussi rapidement. Pourtant, elle attrape des proies, ce qui montre que ce phénomène de mimétisme n'est pas un avantage adaptatif impératif. Voir : Deux "araignées-crabes", Misumena vatia, et Xysticus sp.


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Le syrphe porte-plume sur le Pusteblume ( en allemand) 

Sphaerophoria scripta sur le fleuron de taraxacum: voir Sphaerophoria scripta : un emblème pour lavieb-aile ?

Né de la dernière averse comme en témoigne les perles de pluie, ce mâle dédicace chaque page de cet exemplaire de Dent-de lion.

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Pieris napi & pissenli (au Missisipi):

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Pieride du chou et chwervizon (en breton)

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Helophilus et odouvantchik (en russe) :

Un autre syrphidae, Helophilus pendulus si mon pendule dit juste.


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Les triongulins et le papadie roumain

Les triongulins ou "pous des abeilles" sont les larves primaires des Meloe (voir  Le repas de Meloé. et  Meloe proscarabeus, ou ma vie est-elle un songe? ). Ils vont attendre l'eventuel passage d'une certaine abeille pour la parasiter. 

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Tettigonia et pampeliska (en tchèque) :

  Les larves de grande sauterelle verte Tettigonia viridissima prennent des allures de cabri ou de licornes :

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La chrysomèle de la menthe Chrysolina herbacea (Duftschmidt, 1825) (ou Oreina menthastri)

  Ce n'est pas tous les jours, la plupart de nous en conviendra, que l'on rencontre une espèce décrite par Kaspar Erasmus Dufftschmidt (1767-1821) fils d'Anton et père du botaniste Johann-Baptist Duftschmidt, et lui-même docteur en médecine de l'Université de Vienne. Pas tous les jours que l'on trouve l'occasion d'ouvrir sur Biodiversitylibrary.org le tome 3 de sa  Fauna Austriae Ober Beschreibung der österreichischen Insekten für angehande Freunde der Entomologie, Linz, 1825 link puis d'y rechercher patiemment parmi les 289 pages la page 192 qui mentionne la belle chrysomèle   (copyright biodiversitylibrary.org) : à vos dictionnaires !

chrysomela-herbacea.png



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  Si vous êtes saturés des rayons jaunes du Taraxacum Dent-de-lion, (ou Dandelion  en anglais), voici , pour conclure, l'Aurore de la cardamine Anthocharis cardamines :

  D'abord le mâle :

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Puis la femelle :  c'est elle que l'on observe sur la cardamine des près ou cresnonnette : alors que Monsieur butine, Madame se préoccupe de choisir la plante où pondre ses oeufs.

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   Cardamine pratensis L, 1753 dans les prairies humides, le long des ruisseaux:

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  C'est une fois les ailes ouvertes que l'on constate qu'elles ne sont pas orange, mais blanche à points noirs comme une autre piéride :

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 20:00

La chapelle de Bodonou à Plouzané.


  Avec mes remerciements à l'équipe qui m'a accueillit si gentiment.

bodonou 3095c

 

 

   Au centre d'un triangle tracé entre les villes de Plouzané, Saint-Renan et Guilers, l'Ildut forme une vaste zone humide ou marécageuse, actuellement occupée par les gravières, qui est un terrain privilégié pour les naturalistes brestois. Aussi y ai-je consacré quelques articles témoignant de mes découvertes des cygnes et de leurs cygnots, des ragondins, des libellules et des papillons, des hirondelles ou des rapaces :

les hirondelles de Bodonou

Bodonou : Raclée sans parole pour cygne muet

Le ragondin de Bodonou.

Pouillot véloce, Bodonou

Papillons d'Avril à Bodonou

Verdier d'Europe à Bodonou

Toilette du cygne à Bodonou

Bécassine des marais à Bodonou

Ducky contre Swanny(2) : les cygneaux de Bodonou.

11 mars: premières hirondelles de rivage à Bodonou.

Le phragmite des joncs à Bodonou.

Meutre à Bodonou : un géotrupe empalé.

 

  Mais chaque fois que je longeais la chapelle, passage obligé du randonneur, je la trouvais fermée : elle est pourtant ouverte chaque dimanche, et aujourd'hui, jour du Seigneur, je profitais pour la visiter.

  Le pardon a lieu le deuxième dimanche de septembre.

 


 DSCN3127c

 

bodonou 3087c

  Elle a été construite au 16e siècle en l'honneur de Notre-Dame sur un plan simple, une nef sans collatéraux, plus longue autrefois puisqu'on pense que le clocher était placé au milieu de l'édifice. Les archives mentionnent une restauration en 1732. Mais lors d'une restauration en 1822, l'abside fut supprimée, l'ancien arc diaphragme fut muré et devint le pignon qui supporte actuellement les deux flèches jumelles caractéristiques. Deux solides contreforts viennent soutenir ce pignon, crénelé par l'escalier d'accès aux cloches.

  Sous la Révolution, la chapelle, en très mauvais état, fut vendue à une famille Simon pour une valeur estimèe de 407 livres, puis  rachetée pour le compte de la fabrique par Yves Pailler, cultivateur à Kerandantec "dans l'intention d'empècher qu'elle ne fût détruite pour en enlever les matériaux, ce qui aurait pu arriver si les anciens propriétaires, préssés de vendre, avaient traités avec des personnes qui n'eussent pas eu le désir de remettre à la fabrique  en possession de cette chapelle dont les voeux des habitants de Plouzané sollicitent la restauration" (archives de l'évêché, in H. Pérennès). En 1822, Y. Pailler cède donc la chapelle à la fabrique contre la somme de 500 francs.

  Par ordonnance royale du 2 avril 1823, N.D. de Bodonou fut érigée en chapelle de secours.

   En 1931, la foudre (encore elle :  Église Saint-Thurien à Plogonnec II : une inscription du tonnerre!.) frappa la flèche nord. Un autre indice du raccourcissement de la chapelle, ce sont les deux cordes destinées à sonner les cloches, qui pendent désormais librement à l'extérieur, le long du pignon.

  La dernière restauration date de 1957-1959. Le vieux retable baroque vermoulu fut alors déposé, et on installa un maître-autel en granit de kersanton. Un projet de vitrail est actuellement discuté, le carton ne faisant pas l'unanimité.

  Son plan est rectangulaire avec trois entrées et deux fenêtres au niveau du choeur. Une petite sacristie s'élève du coté Est et renferme l'escalier à vis qui donnait accès au clocher.

 Une fontaine existait à une cinquantaine de mètres.

facade ouest :

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Facade sud :

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 Facade nord  et la sacristie:

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Facade nord :

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  Une pierre encastrée dans l'un des contreforts sud porte la date de 1544. Nous l'avons cherché en vain longtemps avec les bénévoles qui "étaient de garde" pour ouvrir le sanctuaire malgré le froid, jusqu'à ce qu'une dame plus initiée nous la désigne ; nous ne la voyions toujours pas. Là, là voyons ! Il fallut aller chercher l'escabeau pour découvrir le bloc de kersanton parmi les moellons, insigne mais modeste témoin de la dédicace camouflée par les lichens:

DSCN3101c

 

L'année 1544 et la peste :

Connaître la date de construction est un élément important : 1544, nous sommes encore sous François Ier (qui meurt en 1547), et l'union de la Bretagne à la France a été conclue en 1532. On peut aussi confronter cette date à la légende qui se rapporte à Notre-Dame de Bodonou : celle-ci serait apparue, en pleine épidémie de peste, à un meunier pour lui demander une place sur sa charrette. A un certain endroit, elle demanda à descendre et déclara : "pour te récompenser, je te promets que la peste ne dépassera jamais cet endroit-ci". L' épidémies de peste la plus notable pour Plouzané, Guilers et Locmaria (où elle fit 53 victimes et entraîna la construction de la chapelle Saint-Sébastien) date de 1640. Les autres épidémies concernent d'autres localités, comme Daoulas en 1521, Quimper en 1564-1565, Plougastel en 1598, (lors de la Grande Peste de 1597-1599 qui fit un millier de victimes au total), Morlaix et le nord du Léon entre 1625 et 1640.

   Mais j'apprends (Y.P. Castel, AUCUBE 1977) que cette pierre a été placée ici lors d'une restauration, alors qu'elle provient d'un ancien calvaire disparu. Pour dater la chapelle, on s'appuie alors sur les éléments d'architecture les plus anciens, arc diaphragme, les trois portails, la fenêtre nord et le clocher à flèches géminées qui pourraient dater du XVe siècle (Y.P. Castel, id.), et sur la date 1560 du bénitier (voir infra).

  Enfin cette légende de la peste ressemble un peu trop à celle de Notre-Dame de Kerdévot qui évita à Ergué-Gabéric la propagation de la peste d'Elliant ; elle fut recueillie par le Docteur Dujardin auprès de M. Taburet de Saint-Renan qui la tenait de sa grand-mère... (in H. Pérennès). 


Les cloches :

   Avant de pénétrer dans la chapelle, j'examine les cloches à la recherche d'inscriptions : la seconde me comble par un très bel ensemble de N rétrogrades ( voir : Visite de Camaret et de ses inscriptions lapidaires ; tildes et N rétrograde .)

 

 

 

 

bodonou 5330c

  Je déchiffre ceci  :

MIre . CLAVDE . VENN . VICAIRE . DE . ST . RENAN . PAREIN. NOBLE  ..MAR

IEAL LE GAC . Sr . DE . KAMPARCQ . COMMANDANT . DE ..RENAN MARENE 

DEMOISFRANCOISE . DV . MESCAM . DAME . DE . KERSAINT . MARCHAND YVES 

HERVE . MENARD . GOVERNEVRS . DE . ST . YVES. L'AN 1692 ... MIL(ECE)

 

bodonou 5328c

 

 Les personnages et lieux cités sont :

  • Le vicaire Claude Venn 
  • Le Gac, sieur de Keramparc 
  • Françoise du Mescam, dame de Kersaint
  • Hervé Ménard, gouverneur de St-Yves 

1) Le vicaire Claude Venn signalé comme parrain :  (attesté dans un document cité par le Bull. Soc. Arch. Finist. 1936)

2) Le Gac, sieur de Keramparc : signalé comme marraine : 

3) Françoise du Mescam : il s'agirait de la fille unique héritière de François du Mescam sieur de Kerambellan et de Marie de Kerannou. Elle épousa Jacques de Coetnempren sieur de Querochant et de Kersaint, de la paroisse de Plouzévédé par contrat passé en la ville de Saint-Renan devant maître Guillou notaire le 4 septembre 1691.

 Une notice des Archives de France indique ceci :  "22AP, fond Kersaint et Coëtnempren:

 : La famille de Coëtnempren est originaire du pays de Léon, en Bretagne. Elle a eu pour berceau la seigneurie de son nom, située dans la paroisse de Trefflaouénan. Son premier représentant est Raoul, qui, en 1248, accompagne Pierre Mauclerc à la première croisade de saint Louis. La famille de Coëtnempren figure de 1426 à 1534 aux réformations et montres de la noblesse des diocèses de Léon, Tréguier et Saint-Malo. La souche se partage à une époque très reculée en branches dont on connaît mal le point de jonction. La branche des seigneurs de Kerdournant descend de Jacques de Coëtnempren, seigneur de Kergoulan, dans la deuxième moitié du XVIe siècle. A la fin du XVIIe siècle, un des descendants de Jacques de Coëtnempren recueille la seigneurie de Kersaint par héritage de son cousin germain René, fils de son oncle Tanneguy de Coëtnempren."

 

4) Hervé Ménard est donné comme Sieur de Nolières en 1698 dans des documents concernant St-Renan (Arch. Finist. liasse B 1789).

5) St-Yves : il s'agit-il vraisemblablement de l'hôpital saint-Yves de Saint-Renan, et non de celui de Brest, dont nous parlerons à propos de Pierre Quilbignon qui y fit une donation en 1534.

 

 

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La cloche plus petite porte l'inscription FAITE PAR  (UVEL ?) FRERES BREST 1829 (?) autour d'un crucifix.

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  Les bénitiers

  Je les mentionnent ici car ils apportent des indices historiques. Au nombre de trois, ils ont été placés par un prêtre qui a fait représenté un calice entouré de (ses) initiales Y VP autour d'un calice sur deux d'entre eux. 

  Voici le premier, situé à l'ouest à droite de la porte d'entrée : on remarquera la graphie particulière du Y, sur laquelle je m'interroge.

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  Il porte un blason frontal à six fasces, interprété comme représentant les armoiries des du Chastel "fascé d'or et de gueules de six pièces". En 1646, le Père Cyrille Le Pennec écrit à propos de la chapelle de Bodonou : "elle n'est pas beaucoup éloignée du manoir de Kerélec [...] la nomination du chapellain est aux puissants seigneurs du Chastel-Trénazan".(H. Pérennès). Il faut lire "du Chastel-Trémazan", le château de Trémazan en Landunvez étant le fief d'origine de l'une des quatre plus puissantes familles de Bretagne jusqu'à son extinction à la fin du XVIe siècle.

  H. Pérennès ajoute : "Bodonou constituait un gouvernement à la présentation des seigneurs du Chastel, valant 410 livres en 1583, à charge d'une messe basse dimanches et fêtes".

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  La face droite la plus à l'ombre porte l'inscription L.MdLV, L'an 1560, datation assez proche de la pierre venant du calvaire. 

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Le second bénitier est placé à gauche du choeur, près d'une autre porte.

bodonou 3083c

 

  Les armoiries des de Poulpiquet :

A coté du calice et des initiales Y VP, on découvre un blason portant trois merlettes, qui seraient de Poulpiquet. Les armoiries de Poulpiquet sont "d'azur à trois pies de mer d'argent, becquées et membrées de gueules", ce qui présente le double intérêt d'une part d'être des armes "parlantes", traduisant le nom de famille (poul piquet = la mare aux pies, Pol de Courcy), et d'autre part de faire apparaître en héraldique l'huitrier-pie (ou pie de mer) Haematopus ostralegus :

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Lien pour connaître cette famille et voir le blason : http://www.gwiler.net/cub/cubplouzane.htm#poulpiq

La devise des de Poulpiquet est euz a neubeut awalc'h, "de peu assez".

  D'autres familles portent des armoiries à trois merlettes : Penmarc'h de Coatenez (d'or à trois colombes d'azur, qui sont Colombier, mais seulement en écartelé), Le Vayer ( d'or à trois merlettes de sable), Le Garo de Keredec (d'or aux trois sarcelles de sable).

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  Ces éléments historiques étant présentés, nous pouvons élargir le regard et découvrir l'intérieur de la chapelle :

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Notre-Dame de Bodonou a toujours fait l'objet d'une grande dévotion, et son pardon reste de nos jours un temps fort de la communauté paroissiale. De nombreuses plaques ex-voto en attestent, dont la plus ancienne est celle-ci :

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La Vierge à l'enfant :

statue en kersanton polychrome, h : 1,45 m, première moitié du XVIe siècle. Socle gravé. 

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Le socle :

il porte une roue à cinq rayons et l'inscription en lettres gothiques onciales :

                     o m :y : quilbigno

 interprété comme o Messire Yves ou Yvon Quilbignon (La première lettre n'est pas mentionnée par les différents auteurs hormis M. Floch qui y voit un -s-, mais cette lettre est bien présente et ressemble à un -o-)

   Y.P. Castel reprend H. Pérennès qui signale un maître Yves Quilbignon, seigneur de Coaténez, présent en 1534 à la montre de l'évêché de Quimper. Mais il fut précédé par Yvon Quilbignon, noble, de Ploëzané, qui figure à la montre de 1427, et par Yvon Quilbignon absent en 1503 de la montre en tenue à Lesneven, "excusé pour ce qu'il est des ordonnances du roi". Le manoir de Coatenez ou Coadenez est situé à 2,5 km au NE du bourg, et conserve un pavillon de défense et une habitation, datant du XVe siécle et appartenant alors à une branche cadette des Quilbignon avant de passer aux Bohier, Penmarc'h (1525, mariage de Charles de Penmarc'h avec Jeanne Quilbignon), Le Veyer de Kerandantec, sr du Parc en Rosnoen (vers 1640, mariage de Marie-Françoise de Penmarc'h avec François le Veyer), Guer de Pontcallec, Kerguiziou. Ce manoir était surnommé " le château du diable" et voisinait la feunten ar diaoul.

  Les seigneurs de Quilbignon possédaient la terre de Lanneuc, sur l'actuel Saint-Pierre-Quilbignon, ce qui leur donnait droit de prééminence sur la vitre, droit de tombe et d'enfeu en l'église de Saint-Pierre. En 1602, le seigneur de Coaténez fut amené à défendre ce droit face à Guillaume de Penmarc'h. (la paroisse primitive de Plouzané englobait Plouzané, Saint-Pierre-Quilbignon, Locmaria, et une partie de Saint-Renan).

  Un Prigent de Quilbignon fut notaire à Brest de 1510 à 1537.

   C'est Henri Pérennès qui compare la rouelle  à celle de sainte Catherine d'Alexandrie, mais cette comparaison ne vaut pas raison, et sa signification restait à trouver :  il est temps de reprendre ces éléments, à la lumière du document suivant : Michel Floch, Regard sur le passé de Saint-Pierre-Quilbignon, en ligne ici :link. et à l'aide du site suivant link

La famille de Quilbignon est présentée ainsi par Pol de Courcy:

Quilbignon (de), sr dudit lieu, par.de Saint-Pierre, -de Goëtenez, de Penamprat, de Coscastel, de Penhoët et de Pellinec, par. de Plouzané.  Réf. et monstres de 1427 à 1534, dites par. év. de Léon. Porte un croissant surmonté d'une molette. Pierre, fait une donation à Saint-Yves de Brest en 1534.

 Selon Michel Floch, dont l'étude est particulièrement approfondie, les armoiries sont "d'argent au croissant de gueules", croissant surmonté d'une molette d'éperon. "Les érudits ne sont pas d'accord sur cette roue, les uns y voient une étoile, les autres une roue dite de sainte-Catherine. La molette a d'ailleurs six branches et est percée en son centre, ce qui laisse supposer que les Quilbignon étaient chevaliers et avaient été aux Croisades."

  Selon cet auteur encore, mais qui ne donne pas ses sources, la chapelle de Bodonou "qui existait en 1501 fut édifiée par la haute et puissante dame de Laneuc, douairière de Coaténez, qui fut mariée à un seigneur de Quilbignon". Celle-ci est plutôt fondatrice d'un oratoire en l'honneur de N.D du Rosaire non loin de Bodonou.

En l'èglise Saint-Yves des Carmes à Brest se trouvait une statue de saint-Yves dont le socle portait des écussons avec un croissant surmonté d'une molette à six branches et de l'inscription P : Quilbignon. 1534 fit faire l'image.  Pierre Quilbignon offrit donc cette statue en complément de la donation faite la même année à l'hôpital Saint-Yves de Brest


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      Cette vue montre l'arc diaphragme muré sur lequel on a disposé cinq statues. Jadis, un petit retable  à colonnes et fronton les intégrait dans des niches, mais il était en trop mauvais état et il a été déposé et remplacé par un autel  et un crucifix en kersantite :

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Vierge à l'enfant "Notre-Dame de Bodonou":

Bois, hauteur 1,10m, XVIIe 

bodonou 5320c

 

      Sainte Barbe :

Bois polychrome, hauteur 1m, XVIIe siècle.

  Une paroisienne me confie qu'elle la reconnaît "à son phare" (sans-doute celui de l'Île Vierge).

 Comme on l'a vu, la vigilance de Madame sainte Barbe dans sa mission de protéger le clocher de l'orage fut prise à défaut une nuit de 1931 : sans-doute quelqu'un qui n'avait pas payé son cierge ce jour là.

bodonou 5321c

 

Saint Joseph :

Bois polychrome, hauteur 0,95 m, XVIIe, toujours affligé d'un lys géant soulignant sa pureté.

bodonou 5318c

 

Saint Gouesnou :

Bois polychrome, hauteur 0,85 m, XVIIIe.

L'origine possible du nom de Bodonou est Bot Gouesnou, "village de Gouesnou", formule qu'emploie l'aveu du Chastel de 1505 (H. Pérennès).

  L'identification de saint Gouesnou n'est pas certaine, et H. Pérennès y voit " un évêque, genre Louis XIV, coiffé d'une haute mitre". Mais la chapelle de la Trinité à Plouzané abritait une statue de Saint-Gouesnou.


bodonou 5322c

 

Saint Bernard (?)

      Bois, hauteur 0,95 m, XVIe siecle : "un saint moine vêtu d'une coule à long plis, aux manches très amples, tenant un bâton terminé par une croix" (H. Pérennès), qui évoque assez bien "Saint Bernard préchant la seconde Croisade à Vézelay en 1146", que nous montrait nos livres d'histoire.

bodonou 5323c

 

La pierre de l'age de fer christianisée:

  Une pierre antique (stèle de l'age de fer pour Pérennès, gallo-romaine ? pour Y-P Castel) se découvre à une cinquantaine de la chapelle ; c'est un fut en forme de cône polygonique de 2 mètres, qui a été installée lors de la restauration de 1959 sur les instance du Dr Dujardin alors qu'elle était auparavant utilisée comme pierre d'angle d'une grange d'une ferme de Milizac, dont elle garde deux trous servant de gond pour une porte.  Elle est surmontée d'une petite croix récente.

  Gravée en creux sur toutes les faces de ce lech, une inscription en breton a été relevée partiellement par Y-P. Castel : link n°2412 :

DANAON--FO/ NISO BET---N / NE SI DOMP QUET MARO / NE CHOMO QUET / PEDIT EVIDOMP / NIO PET ------ / GANT DOVE INC / ANET / ...

  La traduction donne : "Nous fûmes vivants, nous ne resterons pas dans la mort. Priez pour nous le Seigneur incarné."

Coté ouest :

058x.jpg

coté est :

 DSCN3143c

 

Croix de Bodonou

1,40 m.

  Placée contre la talus au croisement de l'allée d'accès avec la route, elle posséde des branches très courtes à larges chanfreins. J'aime son aspect massif mais rendu élégant par sa section octogonale.

  En 1977, Y.P. Castel proposait une datation incertaine du XVIe, mais l'inventaire de son Atlas des croix et calvaires link n° 2411 propose désormais la période du haut Moyen Âge (?).

DSCN3126c

  Sources :

 

   Yves-Pascal Castel, Sylvaine Lozac'h, Commune de Plouzané, Le Patrimoine architectural et les sites, AUCUBE, 1977 p. 25-30.

 

   Chanoine H. Pérennès, Plouzané et Locmaria-Plouzané, monographie des deux paroisses, Rennes imprimerie bretonne 1942.

 

   Feuillet explicatif mis à la disposition des "pélerins, randonneurs, marcheurs, visiteurs occasionnels" gracieusement dans la chapelle.

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:42

                Ancienne gare à Crozon :

             Papillons de jour du 17 avril.

Date : 17 avril 2012.

Lieu : étang de Kerloc'h, ancienne gare.

  L'année dernière, le 13 avril 2011, j'avais écrit cet article :  Encore de nouveaux papillons à Crozon : La petite Violette, le Point-de-Hongrie et la Mégère. Aujourd'hui, on prend les mêmes et on recommence... avec une surprise en prime.

1. Le Point-de-Hongrie  Erynnies tages (Linnaeus, 1758) :

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2. La pieride du navet Pieris napi (Linnaeus, 1758):

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3. La mégère Lasiommata megera (Linnaeus, 1767) :

   J'avais observé les tout-premiers couples le 13 mars sur les talus de pierre sèche des sentiers littoraux de Plomoguer, mais la journée était exceptionnelement chaude. 

079c

 

4. La Petite violette Clossiana dia (Linnaeus, 1767) :

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040c

103c

 

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095c

025c

 

5. Le Machaon Papilio machaon Linnaeus, 1758 :

 

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6. Les intrus :

a) le grillon champêtre Gryllus campestris Linnaeus, 1758:

 Sur le bord abrupt d'un talus sud.  A noter que selon la liste obsnorm, les premiers chanteurs de Normandie ont été observées le 16 avril près de Carolles (à Jullouville) et le 20 avril à Siouville. Le Finistère est ex-aequo.

 

064c.jpg

 

DSCN3070c.jpg

 

b) L'Agrion  porte-coupe enallagma  cyathigerum :

055c.jpg


c) La petite nymphe à corps de feu Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776):

nymphe-a-corps-de-feu-0068.JPG

 

d) Une syrphe : une helophile ?

110c.jpg

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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