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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 23:20

            Les vitraux de Manessier,

              chapelle de Bonne-Nouvelle à Locronan.


Vitraux contemporains : voir aussi :

 Bazaine  à La Madeleine de Penmarc'h :

http://www.lavieb-aile.com/article-chapelle-de-la-madeleine-a-penmarc-h-les-vitraux-de-jean-bazaine-104010551.html

ou tout simplement les vitraux de Saint-Louis à Brest :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-l-eglise-saint-louis-de-brest-103429661.html

Jacques Le Chevallier à Gouesnou :

http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-l-eglise-de-gouesnou-et-les-autres-vitraux-117897470.html,

Gérard Lardeur à Langonnet :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-gerard-lareur-a-langonnet-104407243.html

ou Gérard Lardeur à Saint-Sauveur :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-contemporains-de-saint-sauveur-finistere-90229755.html



      Voir aussi la chapelle et ses statues :  Vierges allaitantes IX : Chapelle de Bonne-Nouvelle à Locronan.

 

Présentation de l'œuvre :

Pour une fois, je placerai les commentaires sur l'œuvre à la fin.

J'ai pris ces photos le matin, en avril, par temps couvert : chaque visite recrée un nouveau spectacle.      

Baie O ou Maîtresse-vitre :

 

                vitraux 2369x


Baie 2, à gauche du chœur :

               DSCN2641

 

Baie 1, à droite du chœur :

                                vitraux 2364c

Détail : la signature :

vitraux 2367c

 

 

 

Baie 3 : à droite, au dessus de la Déploration :

                            vitraux 2374cx

Baie 4 :

 

                                   vitraux 5189 xcx

Baie 5 :

                    DSCN2653

 

Baie 6 :

                          vitraux 2371xc

Au dessus du portail ouest et de la tribune :

                       DSCN2652

 

 

 

Commentaires.

I. Maurice Dilasser ( 1918-2005)

  Le chanoine Maurice Dilasser a été recteur de Locronan en 1974 à 1990, fonction qui le désigne comme le commanditaire de ces vitraux. Mais c'est surtout par son engagement pour la promotion de l'art sacré, et pour ses fonctions à la tête de la Commission d'art sacré qu'il est important de le citer comme premier auteur de ces verrières de Bonne-Nouvelle. 

N'ayant pas trouvé ces renseignements sur le web, je donne ici une Biographie (d'après la notice nécrologique de Yann Celton, Bull Soc. Arch. Fin. Tome CXXXV, 2006 pp.433-435):

   Né le 22 mars 1918 à Lesneven, Maurice Dilasser est ordonné prêtre en 1942 puis nommé professeur à Lesneven avant de prendre de 1960 à 1964 les fonctions d'aumônier à Quimper à Sainte Anne et auprès des enseignantes chrétiennes. Supérieur de Saint-Yves de 1964 à 1965, il devient recteur de Tréboul de 1965 à 1969. Profitant du renouveau liturgique impulsé par Vatican II et sous l'influence des principes novateurs exposés par les pères dominicains Couturier et Régamey dans la revue Art sacré, il rénove radicalement l'intérieur de l'église de Tréboul, supprimant les peintures en trompe-l'-oeil fin XIXe qui dataient de la construction de l'édifice par l'abbé Abgrall en 1881-1884, supprimant le mobilier liturgique et les statues de plâtre produites en série par les entreprises de bondieuserie saint-sulpicienne, respectant les verrières datées de 1885-1901 des ateliers Megnen, Bordereau, Fenep et Florence complétées en 1948 par Lorin et Choisnard et en 1957 par des vitraux confiés à Pierre Toulhoat. 

   En 1969, il revient à Quimper comme aumônier de maison de retraite et il est nommé official diocésain (la même fonction que saint-Yves à Tréguier), un rôle d'avocat qu'il conserva toute sa vie.

   En 1974, et jusqu'en 1990, il devient recteur de Locronan, et il ajoute à cette fonction celle de recteur de Kerlaz en 1988.

Maurice Dilasser et l'art sacré.

  Maurice Dilasser est le frère de François Dilasser (1926-.), peintre contemporain  qui a réalisé les vitraux de Ty Mamm Doué à Quimper et de la chapelle Saint-Maudez à Guiscriff. 

    En 1949, l'évêque de Quimper, Mgr André Fauvel, attentif à la création contemporaine, crée une commission d'art sacré, dirigée par un (ou, actuellement, une) délégué(e) diocésain(e). Ses statuts seront publiés en 1983. C'est en 1979 que Maurice Dilasser rentrera dans cette commission, et il sera le délégué diocésain de la CDAS  pour neuf ans en 1990.

  A Locronan, il fait venir des artistes pour les exposer dans le Pénity. "Proche de Bazaine et de la Galerie de France à Paris, il fait venir ainsi Manessier, Le Moal, Viera da Silva, Arpad Szenes, Raoul Ubac, Pierre Tal-Coat, Serge Poliakoff, Elvire Jan entre les années 1974 et 1985, et se met en contact avec Pierre Soulages et avec les héritiers d'Yves Tanguy." Depuis 1980, il est le conseiller technique et artistique auprès de la CDAS dirigé par Yves Marzin qui en est plutôt l'économe, et il visite de nombreux chantiers. "Partisan de la non-figuration dans le vitrail, il fait travailler Bazaine dans les chapelles Chapel-ar-Zonc de Locronan et de la Madeleine à Penmarc'h, fait intervenir Manessier au Pouldu et à la chapelle de Bonne-Nouvelle, et approuve le choix de Kim en Joong (peintre dominicain, créateur de vitraux pour la cathédrale d'Évry) à la chapelle classée de Perguet en Bénodet. Il s'oppose aux tenants d'un art figuratif plus classique, au risque de frictions et d'incompréhension, préférant systématiquement des créations plus résolument contemporaines, envisageant de faire intervenir Marta Pan pour le baptistère de l'église Saint-Louis de Brest. Le figuratif peut cependant trouver place, comme ces vitraux de Nicolas Fédorenko réalisés à la chapelle Saint-Maudez à Lennon."

   "Suivant de près les chantiers diocésains d'église, il veille à la réalisation, et spécialement à l'aménagement intérieur des églises de Tourbian à Guipavas (1993), de Kerinou à Brest (1998). A Concarneau en 1996, il confie à son ami Bazaine la réalisation de la grande mosaïque du porche, à Quimper il confie la réalisation du mobilier liturgique de la cathédrale de Quimper nouvellement restaurée au sculpteur Pierre Manoli."

Il a fondé en 1983 l'Association du Patrimoine Religieux en Vie SPREV qui forme de nombreux jeunes à la fonction de guide des chapelles et églises bretonnes.

En 2005, il reçut la décoration de chevalier des arts et des lettres.


   On lui doit : 

  • Locronan, ed. Ouest-France 1983,
  • Loc Ronan et Tromènie,Maurice Dilasser et paroisse de Locronan, 1989
  • Locronan 1993
  • Antiquité de la petite Troménie de Locronan, Bull. Soc. arch. Finist. t. CVVIII, 1994, p. 254-261.
  • Locronan et sa région, Yves Gallo, Maurice Dilasser et U.B.O.,1979
  • Églises et symboles, ed du Signe, 1999
  • Sculpter la lumière, le vitrail contemporain en Bretagne Philippe Bonnet et Maurice Dilasser,1945-2000
  •  Patrimoine religieux de Bretagne Maurice Dilasser (dir.) Hervé Gusty Brest, Ed Le Télégramme, 2006,381 p.

 

 

 II. Alfred Manessier (Saint-Ouen dans la Somme 1911-1993)

   Trop connu pour que je m'étende d'avantage, je rappellerai que ce peintre non-figuratif animé d'une profonde foi catholique, très sensible aux lumières littorales et fluviales de la Baie de Somme, attaché à observer et à rendre les paysages naturels,  a développé une importante œuvre de vitrail depuis 1948. Il a été l'un des premiers à introduire l'art non figuratif dans les églises par sa verrière de Sainte-Agathe des Brézeux en 1948, et s'est initié aux techniques du verre ancien et plomb notamment auprès du maître-verrier François Lorin à Chartres. Il est l'auteur de 27 ensembles de vitraux, dont 16 en France et deux en Bretagne, à Locronan et en 1958 à la chapelle Notre-Dame de la Paix au Pouldu.

La verrière de Bonne-Nouvelle :

     C'est Maurice Dilasser qui a proposé  "le thème de Marie qui présente au monde d'hier, d'aujourd'hui et de demain la Bonne Nouvelle. Celui qui est venu après une longue attente... Marie dans le mystère de l'Annonciation, de la Visitation et de la  Nativité. Celui qui vient aujourd'hui apporter la lumière et la paix au milieu de nos incertitudes, de nos angoisses et de nos dissensions. Marie dans les jours cachés de Nazareth : "Heureuse celle qui a cru"... Celui qui viendra pour le salut des nations et qui nous réunira pour toujours dans la vie et la résurrection. Marie dans la gloire de l'Assomption".
     Ce à quoi Manessier répondra en déclarant le jour de la bénédiction lors de la petite Troménie en juillet 1985 :"Ces vitraux non figuratifs évoquent un mouvement qui part du chœur et continue avec les autres vitraux : c'est comme un manteau qui s'ouvre, un mouvement d'accueil qui vous tend les bras. Au fond le petit vitrail du pignon c'est l'écho du grand vitrail du chœur : c'est en quelque sorte la "bonne nouvelle". Dans le mouvement dessiné, le rythme est donné par les lignes de plomb" (in Hélène Claveyrolas, Les vitraux de Manessier dans les édifices historiqueslink)

 

III. Les ateliers Hermet-Juteau

  Le maître-verrier est l'atelier Lorin-Hermet-Juteau de Chartres. J'ai déjà présenté ici les vitraux d'Elliant et ceux de Carolles (50) par François Lorin  Les vitraux de Jacques Simon en l'église saint-Vigor de Carolles (50)

Costumes bretons d'Elliant : vitrail et statues.

  Il faut signaler que Manessier est l'auteur des vitraux de 1972-73 de la tombe de François Lorin au cimetière de Saint-Chéron à Chartres.

  Les vitraux sont réalisés en verre antique et plomb.

 

Leurs commentaires : 


   Maurice Dilasser : " Dans cette chapelle édifiée au milieu des maisons et des courtils de tisserands, [Manessier] a orchestré l'outremer de l'océan et l'azur nacré, l'ocre des terres et la gamme de verts bocagers en l'honneur de Marie et de son fils, le Verbe porteur de la bonne nouvelle. La transparence des verres sans grisaille est sensible au passage des nuages, qui jouent en contrepoint avec le graphisme élancé des plombs. Cependant, drapée dans son manteau bleu comme à la conque de torcello, la mère de Dieu habite souverainement le chevet de la chapelle. Présence aussi affirmée par sa densité chromatique que celle de la mosaïque vénitienne. Vision plus discrète qui se laisse découvrir et appeler. Le mouvement qui s'élève du panneau central aux flammes des fenêtres voisines évoque Notre-Dame-de-la-Miséricorde accueillant les enfants dans les plis de son manteau.

  "Les autres fenêtres sont accordées à d'autres mouvements de l'âme : "Pluie diaphane de grâces au nord, au sud gravité de rouges et de violets déplorant le sang versé, au dessus du groupe de Kersanton où Marie reçoit le corps de son enfant". 


   Alfred Manessier : " Les trois vitraux du chœur répondent précisément à un même  thème : la proclamation de la Bonne-Nouvelle qui s'exprime dans un mouvement d'ouverture, de bras ouverts. C'est peut-être une allusion au paysage, à l'ouverture de la Baie de Douarnenez qui est si proche de l'église. 

  "Les quatre vitraux de la nef, plus modestes, sont des vitraux d'accompagnement. Ils n'ont pas de thème précis. Leur style est plus simple, comme d'ailleurs le dessin des verrières. Le vitrail rouge accompagne une sculpture de la descente de croix ; le petit vitrail de la tribune est un écho du chœur, ses couleurs sont tirées de la palette du chœur ; les deux autres comportent des grisailles, le plus clair est marin.

  "Les vitraux du chœur et ceux de la nef ont été conçus dans deux styles différents -style que l'on retrouve dans l'architecture même du lieu, le chœur n'étant pas du même style que la nef. Cette opposition est également présente dans le dessin des verrières. 

  " Les vitraux apportent dans la chapelle toute une joie de couleur. Il y aura de la couleur partout, changeante avec le soleil et la lumière qui ne sont pas constamment les mêmes. 

  "Les vitraux ont la sensiblité des oursins. Il n'y a rien de plus vivant que les vitraux."

 

Le renouveau des vitraux en Bretagne :

Présentant "le vitrail contemporain en Bretagne 1945-2000", le catalogue "Sculpter la Lumière" de l'exposition du château de Kerjean dresse la liste à peine croyable de plus de 1000 vitraux contemporains créés dans cette période par 119 artistes différents. Et ce n'est pas fini !



 




 

 



 


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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:38

           Ma visite de Locronan

                  Les bannières.

 


  I. Les bannières anciennes :

Trois bannières anciennes sont visibles dans l'église, correspondant aux deux "chapelles" latérales de l'église à droite et à gauche du choeur avec leur autel et leur retable, dédiées l'une au Rosaire et l'autre à Saint Eutrope, et à la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.

  Elles ne sont pas datées, mais on peut penser qu'elles ont été réalisées au début du XXe siècle.

  1. Notre-Dame du Rosaire : Reine des Vierges

lien : http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=45 page 147

  En 1645, une confrérie du Rosaire a été fondée à Locronan, qui a obtenu une chapelle latérale à gauche du choeur pour la dédier à ce culte. En 1668, elle commandait à Maurice Le Roux, peintre et sculpteur de Landerneau un retable pour l'autel. De 1724 à 1738, 761 fidèles s'étaient fait inscrire à cette confrérie, chiffre considérable pour une population, très stable jusqu'à nos jours, de 768 habitants en 1793. Cette confrérie disposait d'un fabrique (François Bellec en 1766).

  On peut rapprocher cette date de création de la confrérie des missions du père Maunoir, lequel est venu prêcher à Locronan en 1651, 1659 et 1679.

 

  Au verso, la bannière est consacrée à Sainte Thérèse avec la phrase fameuse "Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre."




bannieres 3890c

 

 


 

2. Saint Eutrope:

Cette bannière est en rapport avec l'ancienne chapelle de Saint-Eutrope et son hôpital adjacent, mais aussi avec la première station de la grande Tromènie. 

  Il s'agit d'un personnage énigmatique ou légendaire,  premier évêque de Saintes, au IIIe siècle, mais aussi contemporain de Jésus dont il serait le treizième apôtre ;  vénéré dans le sud-ouest et le centre-ouest de la France, on rapporte qu'un noble breton, Maurice de Kergloaguen, (mariage en 1446) seigneur de Rosampoul près de Morlaix et gouverneur de Saintonge qui introduisit son culte en la commune actuelle de Plougonven, d'où il s'étendit. Le diocèse de Quimper célébra sa fête jusqu'en 1542, date à laquelle elle y renonça en considérant que le saint était un étranger. 

 L'eglise de Locronan a dédié au saint une chapelle et un hôpital, au XVe siècle, un autel avec son retable à droite du choeur, et elle possède dans son Trésor un reliquaire en forme de coffret du XVIe siècle. 

   La chapelle a sans-doute été attribuée a un autre culte après 1542, puisqu' au XVIIe siècle, une frérie du Sacre (confrérie du Saint-Sacrement ?) est mentionnée en même temps que celle du rosaire.

bannieres 3903c

 

Au verso, la bannière est dédiée à Saint Maurice.

 

2. Notre-Dame de Bonne-Nouvelle :

  Cette bannière est en rapport bien-sûr avec la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle à Locronan :  Vierges allaitantes IX : Chapelle de Bonne-Nouvelle à Locronan.

bannieres 3897c

 

  Le verso est dédié à Sainte Anne, double hommage à la maternité.

 

II. Les bannières contemporaine de Pierre Toulhoat et Le Minor.

 

  La bannière de 1953.

  C'est la toute première bannière brodée par Le Minor, qui a été créée pour la Grande Troménie de 1953, celle qui, sous l'initiative de l'abbé Combot, vit s'instituer le jeu scénique de Saint Ronan.  Elle porte les inscriptions Parrez Lokorn 1953  Sant Korantin Pedit evidomp, "Paroisse de Locronan 1953, Saint Corentin Priez pour nous", avec le saint représenté en évêque du diocèse de Quimper, comme on peut le voir sur la gauche du maître-autel de l'église, et son fameux poisson  qui rappelle à la fois la légende où Dieu envoie un poisson miraculeux pour nourrir Corentin pendant sa période érémitisme, mais aussi le Christ selon le symbole tiré du grec ancien ichtus, "poisson"  acronyme de lettres grecques signifiant Jésus Christ Dieu Fils Sauveur. Le motif de broderie bigoudène dit d'"arête de poisson" (drein pesk) est bien-entendu largement utilisé, mais aussi les palmettes, les rosettes, les coeurs et les volutes, les chaînes de vie, les soleils (rond plein), les feuilles de fougère (boud radenn) et les cornes de bélier (kornou maout). sur les motifs de broderie du costume breton, voir ici : link)

 Pierre Toulhoat, né en 1923 à Quimper, est un "ouvrier d'art" multicartes qui travaille le métal (bijoux, orfèvrerie, médailles), le verre sous forme de vitraux avec l'atelier Le Bihan Saluden, la faïence avec Keraluc, et enfin le tissu avec ses foulards, ses costumes, son linge de maison ... et ses bannières.

  On mesure la rupture de sa création artistique par arpport aux bannières d'autrefois, dont les plus anciennes sont de très précieuses oeuvres, mais dont celles du XIXe et première moitié du XXe siècle tombent sous le coup des critiques de la production saint-sulpicienne, quasi industrielle et standardisée (on changeait le nom du saint patron) sur catalogue, malgré que le travail de broderie et de passementerie (cannetilles, perles et verroterie) souvent éffectué par des carmélites soit admirable de minutie.



DSCN0601c

 

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      On remarque les deux clochettes suspendues sous la bannière.

DSCN0601cc

 

bannieres 3915c

 

Le verso : 

Il porte l'inscription : ADOROMP DOUE E SAKRAMANT AN AOTER qui signifie "Adorons Dieu, dans le sacrement de l'autel ". Deux anges sont prosternés devant une stylisation d'un ostensoir, qui devient un soleil, la force cosmique fondamentale, ou l'embrasement de l'Amour. 


bannieres 3912c

 

Il s'agit de l'un des cantiques bretons incontournables, un chant de communion qui est entonné lors des pardons :

Adoromp holl, e sakrament an Aoter

Gwir Vab Doue, Jezuz hon mestr, hon Salver

Speredou evurus, priñsed eus e balez

Adorit-eñ ganimp, meulit-eñ da james, meulit-eñ da james

  Adorons tous, dans le sacrement de l'autel,

Le vrai Fils de Dieu, Jésus notre maître, notre Sauveur,

Esprits bienheureux, princes de son palais,

Adorez-le avec nous, louez-le à jamais, louez-le à jamais.

  S'agissant d'un chant de communion, il est logique de retrouver les épis de blé et la grappe de raisin à la partie basse.

 

2. la bannière de 2007 :

  Il s'agit de la treizième bannière dessinée par Toulhoat pour Le Minor . Elle est dédiée au saint patron de Locronan, Saint Ronan, avec la mention Parrez Lokorn, Sant Ronan Pedit evidomp.

  On lit encore Kee tramor Dan arvoric, en dessous d'une scène où un ange guide le misainier de Ronan qui quitte l'Irlande et qui navigue "à travers les mers vers l'Armorique".

Azeahadi an aviel  : l'ange indique l'endroit où Ronan doit accoster pour évangéliser les bretons : à proximité du Menez Hom.

  Il est entouré de paroissiens de divers corps de métiers, et on distingue la mère de famille et son enfant,le laboureur, la fileuse, le bûcheron, la prêtre ou le moine, les outils de l'architecte ou du maçon. 

  En dessous se lit AD 2007, année de Dieu 2007, et PA OA FRANÇOIS SAVINA PERSON, qui désigne le commanditaire, le père François Savina, curé de Locronan qui, le 8 juillet 2007, mena la procession à travers les rues, les champs et les chemins sur les traces de Saint Ronan en passant par les douze étapes de la Grande Tromènie.


bannieres 3899c


  Le verso de la bannière porte l'inscription Oll Zent Ha Sentezet eus ar Baradoz Pedit evidomp, ce que je me traduis par : Tous les saints et saintes du Paradis, Priez pour nous (?)

DSCN0604c  DSCN0603c
 Douze saints sont représentés :  Ce sont, dans le désordre, les douze stations de la Troménie, où Plas ar chor'n, l'endroit où la corne du boeuf du  saint se brisa, est désigné par le saint lui-même.
  • Sant Maoris, Saint Maurice.
  • Sant Telo, Saint Théleau, correspondant à la chapelle du même nom à Plogonnec,
  • Sant Ronan,
  • Sant Yann, Saint Jean,
  • Sant Gwenolé, Saint Gwénolé
  • Sant Ouen, Saint Ouen patron de Quéménéven,
  • Sant Miliau, Saint Milliau dont la statue vient de Plonevez-Porzay
  • I.V Kélou mad, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, et la chapelle éponyme
  • Santez Anna ar Palud, Sainte Anne-la-Palud, dépendant de la paroisse de Plonévez-Porzay,
  • Sant Eutrope,
  • Ecce Homo, dont la statue marque la station nommée "le père éternel",
  • Sant Gremen, Saint-Germain, saint patron de Kerlaz

En dessous se voit le blason de Locronan, les ciseaux témoins de la richesse de la ville est due à l'industrie de la toile et aux tisserands. Puis, les armoiries de la Bretagne, et la châsse des reliques de saint Ronan.
Enfin on trouve la signature de l'artiste, Toulhoat, et de la maison Le Minor, qui broda la bannière.
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 21:57

              L'église de Locronan.

 

A. La chapelle du Pénity :

 

1.  la Déploration.

Groupe en kersantite polychrome du XVIIe.

statues 2285c

 

 

statues 2289c

 


 


 

Piédestal  :

Deux bas-reliefs en kersantite  sont consacrés aux apparitions du Christ ressuscité , à Marie-Madeleine, puis aux pèlerins d'Emmaüs.

  1. Noli me tangere :

Sainte Madeleine vient avec un flacon de parfum, et rencontre Jésus ressuscité, habillé en jardinier. Elle lui dit "Rabouni !" mais Jésus lui dit Noli me tangere, "ne me touches pas".

  2. Les témoins d'Emmaüs :



statues 2304c

 

2. Saint Louis

 

statues 2306x

 

3. La Pietà :

statue en bois du XVIe siècle.

statues 3892c


4. Saint Michel :

  Peseur des âmes, il rappelle à chacun l'heure du Jugement Dernier.

statues 2324c

 

6. Les vitraux de la chapelle du Penity :

 

vitraux 2250v

vitraux 5182c

 

vitraux 5183c

vitraux 5186c

 

vitraux 2252c

 


 

vitraux 2251v

vitraux 2248c

 

B. L'église proprement dite :


5. Saint Roch et son chien :

L'inscription gothique a été déchiffrée (par M. Le Men, notamment) comme portant le nom de R. Guilimin précédé de la date de 1509. On lit M Vcc IX 

statues 2330c

 


6. Sainte Marie :

statues 2346c


7. Saint Christophe :

      Il y avait, daté de 1709, un autel dédié à Saint Christophe du coté nord.


statues 3889c


8. Sainte Barbe et sa tour : 

statues 2349c

 

9. Saint Herbot

statues 3906c

10. Saint Antoine :

statues 3905c

 

11. Sainte Marie-Madeleine en figure de la Mélancolie:

statues 3904c

12. Saint Maurice : 

 

statues 3907c

 

13. Saint Yves :

statues 3908c

 

14. Saint Mathurin :

statues 3913c

 

   Dans le choeur :

vitraux 2253c


      15. La Vierge 

statues 2259c

      16. Saint Jean :

statues 2265c

    17.  La niche de gauche : saint Corentin et son poisson:

statues 2274c

 

18. La niche de droite : Saint Ronan


 statues 3911c

statues 2267c

 


19 : les vitraux du choeur :


 

 

 vitraux 2254c

 

vitraux 2255c7

 

vitraux 2271c

 

 

  Le mobilier :

Confessional :

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 La chaire de St Ronan :

réalisée en 1707 par Louis Bariou, maître menuisier à Quimper, elle illustre par dix médaillons situés entre la cuve et la rampe la vie de Saint Ronan.

  Louis Bariou (v. 1638-Quimper 17 octobre 1730) est aussi l'auteur de la chaire à prêcher (1679-1680) de l'église paroissiale de Crozon , et lors du contrat qu'il passa en 1706 "tant pour lui que pour son gendre" avec Louis Moreau, sieur de Rosaven syndic perpetuel de la paroisse, il s'engagea à réaliser une chaire à prêcher conforme en tout à celle de Crozon, mais en remplaçant les médaillons de la vie de Saint Pierre par ceux consacrés au mystère de Saint Ronan.

 Elle est décrite par la fiche IM 29001249 rédigée par J.C. Ducouret et C. Quillivic du Service Régional de l'Inventaire Bretagne comme composée d'un culot soutenant une cuve à six pans, un escalier tournant, dorsal à retour latéral, abat-voix à six pans, couronnement sommé d'un ange, h = 550, la =180, pr = 280. L'ornementation est faite de feuilles d'acanthes, de feuillages, de volutes, de chutes végétales, de fleurs et de bouquets, de corne d'abondance et de guirlandes. 

mobilier 2336c

 

mobilier 2337c

Sur la porte qui donne acces à la chaire est inscrit :

EN : 1707 : V : D : M : M.RIN : SENE : V. PPL

M : L. HALNAY : CVRE

HERVE : MARHIC FABRIQVE 

En 1707 Vénérable et Discret Messire Mathurin Sené Vicaire Perpetuel Messire L Halnay Curé Hervé Marhic Fabrique.

Mathurin Sené est également mentionné sur la fontaine de la chapelle Bonne -Nouvelle : Vierges allaitantes IX : Chapelle de Bonne-Nouvelle à Locronan.

Louis Halnay fut curé de Locronan de 1707 à 1711

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Médaillons de 3 à 10 :

 

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mobilier 2335c

 

mobilier 2334c

 


 

mobilier 2331c

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Inscription sur la porte de sacristie avec un N rétrograde:

MIre . F : LE . HÉ : V : PPll. 

M : A : BIHAN : F : 1679

"Messire F. Le Hé Vicaire perpétuel M. A. Bihan Fabricien 1679".

  François Le Hé est connu pour avoir signé l'acte de déces de René de Nevet le 14 avril 1676, comme je l'ai détaillé lors de ma visite des vitraux de Kerlaz, et comme le rappelle l'inscription lapidaire de la pierre funéraire qui va suivre :  Vierges allaitantes IV, Kerlaz, église Saint-Germain, les vitraux, 3ème partie. 

  En 1665, les paroissiens rentrèrent en conflit avec François Le Hé et refusaient de lui payer les fondations ducales, estimant que cela relevait du Prieur. Mais l'évêque les condamna à payer le vicaire lorsqu'il officiera les marids et vendredis, fera les prières et les processions, 40 sols 20 d par jour, et lorsqu'il ne fera qu'assister, 15 sols ; et aussi 15 sols pour les vêpres du samedi. Ils furent contraint à acquitter la somme de 614 livres, réduite à 426 livre par compromis avec le vicaire.

source :link

DSCN0608c

 

La dalle funéraire des seigneurs de Nevet :

Voir :  Vierges allaitantes IV, Kerlaz, église Saint-Germain, les vitraux, 3ème partie.

inscriptions-2358c.jpg


 

Pour terminer, le cadran solaire :

locronan 3888c

 

Source : Bulletin diocesain d'histoire et d'archéologie 1925, p. 128 Notice sur Locronan par MM. Pondaven et Abgrall http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=45

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 19:41

               L'Aurore de la cardamine

                        à Crozon

 

aurore 0081c

 

 3 avril 2012, étang de Kerloc'h, ancienne gare. 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 19:23

               Chrysalide de Pieride :

                       Pieris brassicae ?

Crozon, L'Aber, 3 avril 2012 :

Contre le mur de la maison, que les chenilles escaladaient chaque soir à l'automne : cette chrysalide de Piéride du chou a hiverné. On note le fin filament de soie qui l'arrime verticalement (la photo suivante a été basculée de 90°) sur le mur, et qui passe au dessus des futures ailes.

pieride 0098

 

pieride 0112c


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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 09:43

Groupes de Sainte-Anne trinitaires

du Musée départemental de Quimper.

 

  Le seul but de cet article est de compléter mon iconographie des statues bretonnes de Sainte-Anne trinitaires.

 

1. Fin du XVIe siècle, provenant du dépot de l'évêché de Quimper.

                     musee-departemental 1531c

 

2. XIII -XIVe siècle, chapelle du manoir de Trévarez, St-Goazec.


                          musee-departemental 1533c

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 20:54

        L'église du Vieux Bourg à Lothey :

               Anne trinitaire.

 

Voir d'abord  L'église du Vieux Bourg à Lothey et ses statues.

 

  La niche qui abrite le bas-relief du XVIe siècle en bois polychrome de Sainte Anne est placée à droite du choeur, du coté de l'épître, en vis à vis de celle de saint Jean. Elle est surmonté d'un ovale peint en bleu mais où se découpent cinq "fusées" qui ne peuvent être que les cinq fusées rangées et accolées accompagnées de quatre roses de même" qui sont de Kergoët : un restaurateur bien intentionné aura peint en "azur" ce qui était rouge, "de gueules", et on comprend alors les roses adjacentes, mêlées de marguerites ou de fleurs sp.

vieux-bourg 0759

 

Ce groupe en bois polychrome du XVIe siècle mesure 95 cm de haut, 55cm de large et 27 cm de profondeur.

  Le bas-relief montre deux femmes assises. L'une, placée un peu plus haut que l'autre, la tête recouverte d'un voile verdâtre ou guimpe est Sainte Anne la mère de Marie, laquelle est représentée avec de longs cheveux dénoués, retombant sur les épaules et devant la poitrine. La couronne qui repose sur ces cheveux semble être une fine tresse dorée.

  Ces deux femmes ont la tête légèrement inclinée sur la gauche et leur regard, un peu rêveur, est dirigé vers le bas et la droite. Ce jeu des regards est particulier, inhabituel, Anne notamment semble à la fois feuilleter son livre, présenter un fruit à son fils, sans rien perdre de son émission préférée sur le poste de télévision placé en bas à droite. Mais comme cela est légèrement anachronique, je laisse à chacun le soin d'imaginer une autre explication.

  La mère de Marie est vêtue d'une grande robe rouge à larges manches tandis que sa fille porte une robe de ton écru, à décolleté rectangulaire. Sur les genoux de la Vierge se tient le troisième personnage de ce groupe trinitaire, l'Enfant-Jésus dont le corps et le regard sont tendus dans une direction oblique vers le haut et la droite qui conduit à un triangle presque central de la sculpture.

Ce triangle est constitué sur le bord droit d'une belle grappe de raisin, pointée vers le haut ; et trois mains forment les trois coins, main de l'enfant en haut, saisissant le fruit pour le presser, main de la grand-mère proposant la grappe, et main de Marie soutenant le bras de son fils pour guider sa prise et participer à son acte.

  A coté de ce point nodal de la composition, la main gauche de Sainte Anne tourne la page du livre qu'elle tient sur ses genoux, et la main droite de Marie, que la menotte de l'enfant vient tenir fermement, soutient les fesses du garçonnet.

vieux-bourg 0736c   

    Ce groupe  appartient à l'ensemble d'une dizaine d'oeuvres semblables d'Anne trinitaire de la moyenne vallée de l'Aulne. Mais Guy Leclerc a montré (Bull. Soc. Arch. Finist. CXXXXIV, 2005 pp 68-72) qu'une oeuvre en réalise un double presque parfait, alors qu'elle se trouve aux Îles Canaries, et qu'elle a été fabriquée à Anvers !

  Il s'agit de la Sainte Anne Trinitaire de l'église paroissiale san Francisco de Asis à Santa Cruz sur l'île de La Palma, et qui porte (ainsi que cela a été découvert par hasard en juillet 1998 par un restaurateur lors d'un gazage contre les insectes), la marque de la guilde d'Anvers. Elle est datée vers 1510-1525. Elle mesure 115cm de haut pour Sainte Anne, 94 cm pour la Vierge, 27 cm pour l'Enfant ; elle est en bois polychrome essentiellement dorée.

 http://www4.gent.be/sintpietersabdij/05_El_Fruto/extra_fruto3_fr.htm

 

  Cette découverte laisse présumer que la statue de Lothey a été réalisée à la même date et par le même atelier d'Anvers, bien que les personnages soient de taille plus petite d'une vingtaine de centimètres à Lothey, (Anne 87 cm contre 115, Marie 80 cm contre 90, Jésus 21 cm contre 27).

  Certes les relations économiques, politiques et artistiques entre la Bretagne et la Flandre au XIVe, XVe et XVIe siècles sont parfaitement établies, mais Guy Leclerc fait aussi remarquer qu'une vingtaine d'année avant la date présumée de cette sculpture, le seigneur de Guilly en Lothey, Hervé de Launay, était sieur de Port-Launay, le port qui assurait, sur l'Aulne maritime, le débouché vers l'Océan, la Manche et la Mer du Nord : ce qui procurait au commanditaire potentiel des contacts avec la Flandre.

 

Interprétation religieuse de l'oeuvre:

  a) Cette "trinité" de la Grand-mère, la Mère de Dieu et l'Enfant-Jésus peut être considérée en parallèle de la Sainte Trinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit selon la théologie de l'Incarnation pour illustrer comment se sont unies la nature humaine et la nature divine en la personne du Christ. En 1519 à Chartres, à l'époque même de fabrication de l'Anne Trinitaire de Lothey, Jehan Soulas sculpte sur le pourtour du choeur de la cathédrale la rencontre d'Anne et de Joachim à la Porte Dorée de Jérusalem, là où les époux échangèrent, selon la Légende Dorée,  le baiser d'où naquit, selon la prédiction de l'ange, la Vierge Marie : la pensée médiévale voyait dans cette conception par un baiser, "sans semence d'homme", la preuve de la virginité miraculeuse d'Anne, et de la conception de Marie par l'intervention divine. 

  La croyance en une conception virginale de l'enfant Marie par Anne accompagne celle de sa naissance échappant au péché originel, c'est-à-dire l'immaculée conception de la Vierge : croyance discutée pendant tout le Moyen-Âge mais réaffirmée par le Concile de Trente.

  b) En même temps l'oeuvre peut se lire, un peu comme un arbre généalogique, selon un axe de filiation honorant Sainte Anne, de la famille de David, en illustrant sa descendance.

c) Ces trinités célèbrent le chiffre trois, mais introduisent toujours à coté des trois personnages des attributs qui orientent l'interprétation théologique du trio dans une direction particulière. Ici, à Lothey, deux attributs sont présents : le livre, et la grappe de raisin.

  • Le livre peut être considéré comme celui de l'Ancien Testament, l'histoire juive du Salut qui se clôt avec Anne avant que ne débute, avec Marie, le Nouveau Testament.
  • Il est remarquable que le livre de l'iconographie de sainte Anne soit presque toujours un livre ouvert en son milieu (alors que les évangélistes ou les apôtres ou les Pères de l'église portent plutôt des livres fermés) : il est le double symbole de la lecture, et de l'enseignement. Anne est souvent représentée apprenant à lire à sa fille, plus rarement à son petit-fils, illustrant le rôle éducatif du parent ; mieux, elle devient (beaucoup plus que Saint Joseph) la représentante du Parent en tant que tuteur, exemple et  initiateur. Anne est à la fois , prosaïquement, le modèle de la Mère de famille, puis spirituellement,celui de l'Éducatrice chrétienne, et enfin  le modèle de la lecture prophétique, déchiffrement de l'Ancien Testament pour initier sa fille à la mission qui l'attend. Ce rôle est celui qu'illustrent les Éducations de la Vierge, duo mère-fille. Sur 60 statues du diocèse du Mans, 57 ont le livre comme attribut : il est ouvert dans 53 cas ; c'est souvent un abécédaire  link
  • Enfin Sainte Anne est figurée en train de tourner une page, et annonçant ainsi la page qui va se tourner pour l'humanité dans l'histoire du Salut. 
  • La  grappe de raisin est un symbole de l'eucharistie, elle évoque la grappe mystique écrasée sous le pressoir (torculus christi) durant la Passion du Christ, son sang étant le jus de raisin puis le vin de l'eucharistie rachetant les âmes du péché. Présentée ici par Anne éducatrice et prophétique, elle est saisie par l'enfant dont le bras est guidé par la main de sa mère. Ainsi les deux femmes apparaissent ainsi comme actrices essentielles du sacrifice christique, mais leur regard détourné indique qu'elles n'en sont que les vecteurs, et que c'est en partie à leur insu que se réalise le Plan Divin : par leurs corps et par leurs gestes mais, pour ainsi dire, sans que cela ne les regarde, ou lisant ailleurs les instructions qu'elles reçoivent et qu'elles exécutent.



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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 19:21

        Groupes dits de Sainte-Anne Trinitaire :

               l'ensemble de la vallée de l'Aulne

 


      Introduction.

sources :link

               link

  La Bretagne voue à Sainte-Anne un culte si particulier qu'on a pu qualifier la mère de Marie de Mamm goz ar Vretoned, "grand-mère des bretons" ( Job an Irien et Y.P. Castel, Santez Anna, mamm goz ar Vretoned, Sainte Anne et les Bretons Minihi Levenez, 1996). Si la dévotion des bretons est devenue considérable après que la sainte soit apparue en 1623 à Yves Nicolazic, date de fondation du sanctuaire de Sainte-Anne d'Auray et de son pèlerinage, elle est très antérieure à cette date et remonterait au VIe siècle. Certes le prénom Anne (Anna en breton) n'apparaît pas en Bretagne avant le XVe siècle et le prénom de la Duchesse Anne (1477-1514) lui aurait été transmis par Anne de Beaujeu. Certes encore le prénom de la mère de la Vierge ne lui était pas attribué avant le VIIIe siècle, et si en 1381 Urbain VI autorisa sa fête pour toute l'Angleterre, ce n'est qu'en 1584 que Grégoire VIII fixa sa fête au 26 juillet pour toute la chrétienté. En 1622, Grégoire VX en faisait un fête chômée, et les apparitions à Nicholasic commencèrent l'année suivante.

  Les statues qui vont être étudiées sont du XVIe siècle, et donc antérieures à cette date charnière de 1622. Elles représentent trois personnages groupés, Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant-Jésus, sous le nom de groupe d' Anne trinitaire (ou Trinités mariales)  représentation qui n'est pas, loin s'en faut, propre au Finistère. Mais le long de la moyenne vallée de l'Aulne, sur une quarantaine de kilomètres entre Carhaix et Châteaulin, sept groupes rassemblent des caractéristiques qui incitent à les considérer comme un ensemble cohérent. Géographiquement, ce Bassin de Châteaulin traversé par l'Aulne après sa rencontre avec son affluent l'Hyère, est une dépression entre Monts d'Arrée au nord et Montagnes Noires au sud, ancien golfe marin aux riches terres sédimentaires, qui offre des paysages doucement ondulés sillonnés de vallons verdoyants, alternant les prairies et les champs, les haies plantées, et le cours paisible du fleuve.

   De l'ouest à l'est, de Châteaulin à Saint-Hernin, 7 groupes trinitaires peuvent y être relevés, même si on est tenté d'y ajouter quelques autres exemples excentrés (8 à 10) :

1. Châteaulin, chapelle Notre-Dame.

2. Lothey, église du Vieux-Bourg.

3. Gouezec, chapelle de Tréguron.

4. Saint-Thois, église St-Éxupère.

5. Saint-Gouazec, Le Moustoir, chapelle de la Madeleine.

6. Châteauneuf-du-Faou, église Saint-Julien.

7. Saint-Hernin, ossuaire.

8. Edern, chapelle Notre-Dame de Hellen (idem).

9. Daoulas, chapelle Sainte-Anne.

10 Quéménéven, fontaine de Kergoat.



 

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En 1991, Guy Leclerc publia une première étude du groupe de Châteaulin et énuméra les différents exemples de l'Ensemble de la Vallée de l'Aulne dans Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (pp 150-154).

  En 2005, le même auteur, actuel vice-président de la Société Archéologique du Finistère, publiait dans le Bulletin (Bull.S.A.F. Tome CXXXIV, pp 68-72) un nouvel article indiquant l'origine flamande du modèle.

 

Caractères communs :

les caractères qui sont communs à ces groupes statuaires sont : 

  • la position assise de sainte Anne et de la Vierge,
  • La taille presque semblable d'Anne et de Marie, mais avec une différence au profit d'Anne,
  • La coiffure d'Anne, constituée par, un voile,
  • la présence d'au moins un de ces objets : fruit, livre, globe terrestre.
  • les dimensions générales du groupe, avec une hauteur proche de 1,30m.

Seule la statue de Châteauneuf crée un écart, la Vierge étant de taille trés inférieure à celle de sa mère. 

Le matériau n'est pas le même pour tous, le groupe de Châteaulin étant en pierre, et celui de Lothey en bois.

  La signification religieuse et spirituelle, qui fait tout l'intérêt de ces sculptures, provient de la circulation qui s'établit entre les trois personnes par le biais "d'objets transitionnels", si on peut emprunter à Donald Winnicot et détourner cet élément essentiel de la relation mère-enfant : dans chaque groupe, la grappe de raisin, symbole eucharistique du don que Jésus devra faire de sa chair, la pomme, rappel de la pomme de la Genèse, mais aussi du sein maternel nourricier, le globe terrestre, symbole de la descente du Dieu sauveur pour le rachat de l'humanité, et le livre, symbole du Verbe et aussi du passage de l'Ancien au Nouveau Testament, créent une dynamique de don et de contre-don, et témoignent de la chaîne de transmission suivante :

  • Dieu a envoyé son ange à Anne et Joachim pour donner la vie à Marie
  • Dieu a envoyé son ange à Marie pour qu'elle porte Jésus,
  • Jésus a donné sa chair et son sang pour sauver l'humanité
  • le Verbe ou le message évangélique continue à être délivré par l'intercession agissante des deux femmes.


 

      1. Châteaulin, chapelle Notre-Dame :


Jésus tient la pomme dans la main droite, et tend la main gauche vers la grappe de raisin présentée par Anne, alors que Marie guide le bras et participe ainsi, véritable co-rédemptrice, à réaliser le dessein de Dieu. Anne tourne la page des Livres Saints.

  Les cheveux d'Anne sont couverts par un voile qui les circonscrits, alors que ceux de Marie, couronnée, ruissellent librement comme une source productive.

chateaulin-24-mars 1096cc

 

 2. Église du Vieux-Bourg, Lothey :

L'église du Vieux Bourg à Lothey : Anne trinitaire.

Bois polychrome, XVIe

La pomme est absente et Jésus tend la main vers le bras de sa mère comme pour rechercher son soutien ; un triangle est formé par les trois mains qui se rejoignent autour du dessein eucharistique représenté par la grappe mystique.

vieux-bourg 0736c  

3. Chapelle Notre-Dame de Tréguron, Gouezec :

Vierges allaitantes I : N.D de Tréguron à Gouezec, la chapelle et ses saints.

  C'est ici le livre qui est au premier plan, représentant d'abord le rôle d'apprentissage rempli par Anne, qui est pleine de vie et très présente : la prévalence de la grand-mère comme éducatrice non seulement de la Vierge, comme dans les duos nommés Éducation de la Vierge, mais aussi de l'Enfant rédempteur, ouvre des perspectives nouvelles. 

  Ici, les trois mains se rejoignent autour de Livre, Biblos, pour rappeler que le Christ est le Verbe qui s'est fait chair. Le globe terrestre rappelle cette incarnation qui est descente sur la terre du Très-Haut.

 Sur le socle, les deux paires de pied sortant comme sous un rideau de scène de l'étoffe des robes soulignent, avec un leger effet comique, la solidarité féminine entre mère et fille dans le jeu des ressemblances mutuelles.

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4. Saint-Thois, église St-Éxupère :

L'église Saint-Exupère de Saint-Thois : les statues; le manipule.

       Le visage de sainte Anne garde la vivacité du groupe précédent, et les mêmes coussins se retrouvent également. Pourtant, malgré la proximité des statues deTréguron et de Saint-Thois, le livre a ici disparu, pour recentrer le message autour de l'eucharistie. Anne a nourri sa fille, Marie a allaité Jésus, le Christ donne son sang, dans un grand flux de générosité sacrificielle et salvatrice. La pomme parle de l'ambivalence de ce fruit qui est à la fois symbole du péché et de la sexualité, car ce fruit introduit Éve et le Malin dans la dramaturgie du Salut, mais qui est à la fois Le fruit par excellence, la fructification, le don productif et la transmission de la Vie.

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 5. Église Saint-Julien, Châteauneuf-du-Faou :

L'église Saint-Julien et Notre-Dame à Châteauneuf du Faou.

 

   La scène est plus étrange et déroutante par son coté irréaliste voire fantastique où l'ancêtre tient sa fille et son petit-fils comme deux poupées, deux marionnettes qu'elle semble mettre en scène autour d'un livre, ce qui crée une situation d'égalité de Marie et de Jésus. Si on oubliait l'identité des personnages, on pourrait voir deux enfants apprenant à lire, un frère et sa grande  soeur. Il faut par un effort rétablir l'interprétation correcte et y voir Marie apprenant à lire à son fils sous le regard d'Anne.

   Ce qui est troublant sur le plan théologique retrouve toute la force de l'expérience vécue lorsqu'on pense qu'aux yeux d'une grand-mère, sa fille devenue mère reste toujours son enfant, reste toujours sa petite fille.

  Là encore, le jeu des pieds est drôle à observer, avec les petits pieds sur les petites jambes de l'Enfant-Jésus, les moyens pieds sur des moyennes jambes de la Mère de Dieu, et les grands pieds sur des grandes jambes de la grand-mère.

 

Par rapport aux groupes où les deux femmes adultes ont à peu-prés la même taille, que j'intitulerai de type I, je nommerai type II cette disposition où Marie adulte puisque mère est représentée avec une taille d'enfant proportionnellement à sa mère.

 


 chateauneuf 1046c

 

6. Chapelle de la Madeleine, le Moustoir à Saint-Goazec

http://fr.topic-topos.com/groupe-de-sainte-anne-saint-goazec

  Il s'agit donc d'un exemple de mon "type II".

  L'effet de drôlerie involontaire est encore accentué par le caractère naïf et presque maladroit de ce groupe, par la grimace d'Anne, par la couronne posée de guingois sur la tête de Marie.

  J'ai mentionné trois personnages, et trois objets, le livre, la grappe et la pomme/globe. Mais il existe un quatrième objet qui est le siège sur lequel Anne est assise. Si on s'interroge sur son rôle, on réalise qu'il joue, par sa raideur hiératique, celui de trône, et qu'il doit provenir des lointains héritages pré-chrétiens avec des Déesses-Mères, des grandes figures tutélaires de la féminité réunissant les significations de Déméter, de Cybèle et d'Astarté. On décrit ainsi "Cybèle assise majestueusement sur un trône, vêtue d'un chiton et d'un himation, et, en tant que déesse chtonienne, portant sur la tête le calathos. Comme protectrice des villes, elle porte une couronne en forme de tour crénelée" (in Divinités d'Asie Mineure sur le littoral de la Mer Noire, M.M. Kobylina, 1976)

7. Ossuaire de Saint-Hernin.

Ce groupe est cité par Guy Leclerc dans son article de 1991.

  Il est décrit ainsi  (Inventaire Général des Monuments, Carhaix-Plouguer p. 70) : Groupe : Sainte Anne enseignant à lire à la Vierge enfant, debout et couronnée ;  sainte Anne assise, tient l'Enfant Jésus bénissant et portant le globe, sur son genou gauche, et écrase sous ses pieds une femme aux seins nus, à queue de serpent, tenant une pomme. Fin XVIIe (Catalogue National des Arts et Traditions populaires, juin-sept. 1951). Bois, polychromie, h. 1,32. Sur le livre, inscription : "STE ANNE PRIEZ POUR NOUS LE 21 JLET 1870. DÉPART DES SOLDATS POUR PRUSSE"

(M.H. 1931) A rapprocher du groupe des Vierges terrassant des Éves-serpents. Provient de l'ossuaire de Saint-Hernin.

 Je n'ai pu le visiter qu'en août 2012 :  La sainte Anne Trinitaire de Saint-Hernin (29) et la guerre de 1870.

                        st-hernin 6053x

8. Chapelle Notre-Dame à Edern

http://catholique-quimper.cef.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/edern.pdf

  Je n'ai pas trouvé l'occasion de me rendre dans cette chapelle, qui n'est ouverte que sur demande.

9. Chapelle Sainte-Anne à Daoulas.

La chapelle Sainte-Anne à Daoulas.

  Bien que ce groupe à trois personnages soit bien différent de ceux de l'Ensemble de la vallée de l'Aulne puisque les trois personnes sont sculptés  en statues indépendantes, il me semble intéressant de l'inclure dans cette étude par la présence du tabernacle remplaçant ici la grappe de raisin avec la même signification : la même dynamique s'établit en une vaste boucle des bras et des mains, des corps et des regards, boucle qui inclut l'assemblée des fidèles, et l'humanité entière ; les deux femmes participent à part entière au geste rédempteur de l'Enfant bénissant et portant le Monde, alors que, invisible, montré-caché, le Corps  eucharistique du tabernacle sert de point d'appui et de base de sa Royauté.

chapelle-sainte-anne 0584c

 

 

  10. Quéménéven, Fontaine de la chapelle de Kergoat :

  La fontaine est particulièrement émouvante à découvrir car il faut s'écarter du bourg de Kergoat, longer des champs, pénétrer dans un bois aux troncs moussus vénérables et s'imbiber de forces telluriques et aquatiques très prégnantes avant de découvrir, dans un décor de fées des romans arthuriens, ce groupe de pierre finalement très altéré, mais où l'on retrouve bien le triangle du Don autour des mains, de la grappe, de la pomme et du livre Anne tourne la page des Livres Saints


fontaine 1172c

 

AUTRES EXEMPLES EN FINISTERE:

11. Église Notre-Dame à Collorec 

Statue en bois polychrome, mauvais état. h = 1,25 m, 17e : Sainte-Anne est assise, tenant la Vierge et Jésus sur ses deux genoux comme deux enfants ; Marie, couronnée, tient le livre qu'elle semble présenter à son fils, lequel tient un globe terrestre d'une main et bénit de l'autre.

  C'est un autre exemple de type II.

collorec 1597c

12. Chapelle Sainte-Anne à Lampaul-Guimiliau :

http://fr.topic-topos.com/sainte-anne-trinitaire-lampaul-guimiliau

  Ce groupe fait exception car Marie y est représentée plus grande que sa mère, dans une scène pleine de vie mais où aucun objet n'ajoute une signifcation symbolique.

  C'est aussi le premier groupe où les personnages sont représentés debout.

13. église de La Martyre 

   Ce sera le deuxième exemple où Anne et Marie sont debout. Pas de livre, pas de grappe, mais un globe terrestre brandi par l'Enfant.

la-martyre-1777c.jpg

 



14 Eglise de Saint-Sauveur (29)

  Un groupe assis, de type II intermédiaire, avec le livre et la pomme/monde. 

  Je remarque que dans les types II, sainte Anne englobe Jésus et Marie de ses bras, et qu'elle ne participe plus dés lors à la présentation des attributs.


DSCN0440c

15. église Saint-Nonna de Penmarc'h:

  La statue est bien abimée, il semble que la tête de l'Enfant ait été recollée à l'envers, mais ce nouvel exemple de type II m'a semblé particulièrement émouvant. 

DSCN3008c

16. Chapelle Saint-Diboan, Trémeven :http://fr.topic-topos.com/groupe-de-sainte-anne-trinitaire-tremeven-pays-de-quimperle

  Un type II très simple où les trois personnages sont placés l'un derrière l'autre par ordre de taille, et où Anne pose les mains d'un geste émouvant car très maternel sur les épaules de sa fille?

17. église Saint-Pierre, Riec-sur-Belon :http://fr.topic-topos.com/sainte-anne-trinitaire-riec-sur-belon

  Un groupe qui fait exception puisque sainte Anne, tenant un livre dans son rôle d'éducatrice, entoure de son bras droit Marie qui est représentée en Vierge allaitante.

 


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 22:14

      L'église du Vieux-Bourg à Lothey,

          et ses statues 

 


      1. Présentation:

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        La paroisse de Lothey remonte au Moyen-Âge où elle était un ancien bénéfice de l'abbaye de Landevennec qui y possédait un prieuré.  Au XVIe siècle, les seigneurs de Guilly, un domaine situé à un kilomètre à l'ouest, possédaient des droits prééminenciers en l'église de Lothey, et on apprend dans le culturezine d'Hervé Torchet qu'en 1529, une sauvegarde est prononcée à Chateaulin pour Maître Guillaume de Kergouet sur prééminences en l'église de Lothey.

   Je retrouve donc ici ces seigneurs de Kergoët que j'avais rencontré à la chapelle de Lannelec en Pleyben : Vierges allaitantes VII : Chapelle de Lannelec à Pleyben, la Vierge., dont les armes sont d'argent à cinq fusées rangées et accolées de gueules accompagnées de quatre roses de même, et la devise En christen mad, mé bev en doué, "en bon chrétien, je vis en Dieu". Ces armoiries étaient donc en prééminence dans la maîtresse-vitre de l'église.

  Le fondateur de cette branche des Kergoët, originaire de Saint-Hernin, est Pierre de Kergoët. En 1502 est relevé "une réintégrande de certains écussons et armes es églises de Lotey avoir ésté démoliz et obtenue par Maître Pierre Kergouet curateur de Henry de Launay sieur du Guilly au nom dudict Launay".  En 1529, nous venons de découvrir "Maître Guillaume Kergoët", lequel est tué lors d'un combat (qualifié de meutre)  "devant la maison de Jean du Vieux Chastel et de Jehanne Fremant" par Henri et Geoffroi de Kerfredect. La veuve de Guillaume Kergoët est Françoise de Tréguen. Elle marie sa fille Gillette avec René de St Alaouarn. La généalogie semble être celle-ci:

  • Pierre de Kergoët, vivant en 1502, épouse en 1499 Catherine de Launay et devient sieur du Guilly et de Trohemboul. Il a deux fils, Guillaume et Alain. Il reprend la seigneurie du Guilly à Hervé de Launay, sieur de Port-Launay.
  • Leur fils Guillaume Kergoët, vivant en 1529, mort en 1530,  épouse Françoise de Tréguen (Trégaïn). Il est en 1525 lieutenant et procureur du roi à Châteaulin. 
  • Gilette leur fille épouse en 1533 René de St Alaouarn.
  • Jean Kergoët, frère de Guillaume, bailli de Châteaulin, épouse en 1541 Perrine de Kerpaen.
  • leur fils Alain de Kergoët épouse en 1567 Juliette de Trégain.
  • François de Kergoët (1610-1693), Sénéchal de Cornouaille se déclare en 1639  fondateur de l'église paroissiale de Lothey, seul prééminencier, avec droit de placer ses armes en la maîtresse-vitre, dans la chapelle de Notre-Dame et de Saint-Sauveur, au dessus du portail d'entrée, au pignon méridional de la sacristie, aux quatre quarrés du clocher, sur tous les bois de l'église, et sur la croix du cimetière. En 1668 est mentionné, à l'occasion du baptême de son fils François Claude, François de Kergoët, sieur de Guilly et autre lieux, conseiller du roi, époux de Marie-Yvonne de Rosily.
  • François de Kergoët 1694 
  • En 1690, René François de Kergoët (décédé le 30 mars 1705) et Marie du Dresnay baptisent leur fils Jean-Baptiste
  • Jean-Baptiste de Kergoët, décédé le 26 avril 1726 à Lothey
  • Les enfants de Jean-Baptiste revendiquent leurs droits prééminenciers en 1726.

Le clocher contient selon l'inventaire des Monuments historiques une cloche portant cette inscription : Franciscus du Quergoët dominus temporalis du Guilly et [trois mots illisibles ] dono dedit eccesie parrochiali de Lothey 1636 avec les armoiries et la devise des Kergoët.

 

   Cette église de Lothey devient église de Vieux-Bourg lorsqu'en 1846, le chef-lieu est transféré   au village de Landrémel, dont la chapelle Saint-Fiacre est agrandie pour devenir l'église paroissiale de Lothey-Langrémel. L'examen d'une carte IGN permet de comprendre combien l'ancien bourg était enclavé dans une anse formée par les méandres, particulièrement resserrés ici, de l'Aulne. Certes un bac permettait de traverser le fleuve pour se rendre, par exemple, vers Pleyben, mais c'est ce bac qui fut à l'origine du drame de Tresiguidy (le lieu-dit de l'autre rive) où, en 1693 en retour d'une Mission à  Lothey que prêchaient les Jésuites, 77 personnes dont 61 habitants de Pleyben se noyèrent; (Voir article Lothey de Wikipédia link). 

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     Un des facteurs qui expliquent l'abandon de Lothey-goz comme centre paroissial est sans-doute l'évolution de l'industrie ardoisière, qui était depuis le Moyen-Âge l'activité principale de Lothey. Louis Chaumeil, dans sa monographie (L'industrie ardoisière en Basse-Bretagne, résumé dans Annales de géographie, 1940, 49 n°280, pp. 236-238 link ) précise que tant que la voie principale de transport fut la mer, les exploitations se groupaient autour de Châteaulin et exportaient par Port-Launay les ardoises vers Brest principalement, mais aussi la Normandie voire la Grande-Bretagne. "Au milieu du XIXe siécle, le bassin de Châteaulin garde sa prépondérance mais l'établissement du canal de Nantes à Brest permet une migration le long de l'Aulne vers l'amont autour de Châteauneuf-du-Faou et de St-Goazec avec transports par chalands. Depuis, chemins de fer at automobiles ont permis à l'industrie de s'installer à l'est du bassin de Châteaulin en pleine Montagnes Noires. D'industrie littorale elle est devenue industrie intérieure." Le Vieux-Bourg possède une situation avantageuse vis à vis de la voie fluviale, mais l'actuel Lothey est mieux placée par rapport au réseau routier et ferroviaire. Lorsqu'en 1889 H. Diverres visite le village, d'abord séduit par le magnifique paysage boisé traversé par le ruban d'argent de l'Aulne serpentant entre sa double rangée de peupliers et charmé par "le silence de ce lieu charmant où le dieu de la paix semble avoir élu domicile", il déchante lorsqu'il constate que le lieu est désert, en ruine, autour d'une église dévastée : "le bourg paraît vide, la mort semble y être rentrée".

  Le nom de Lothey vient de l'association de -loc, "lieu consacré" et de -They, nom d'un disciple de Saint Guénolé qui fut moine à Landevennec, puis choisit de venir s'installer dans les bois de Lothey en ermite . Ce saint du VIe siècle est connu en Grande-Bretagne dans le Cornwall sous le nom de Saint Day, et près de Quimperlé sous le nom de Théa en l'église de Lothea. On verra la statue de ce saint dans l'église. Celle-ci date du XVIIe siécle, mais le calvaire est du XVe.


 Les recteurs de Lothey :


  • Raoul Siochan, 1405
  • Yves Gouzec, 1405
  • Michel de Kergadalen (recteur de Landeleau également), déces en 1559.
  • Roland Le Bars, 1642-1666. François Créau, Jean Creac'h et Hervé le Douguet, curés en 1657
  • Curés en 1663 : Yves Porc'hel, François Rolland, Paul Gourlay
  • Alexandre Floch, recteur de 1666 à 1671, décédé le 27 juin 1771
  • François Cevaër, de 1671 à 1677
  • François (le) Creis, de 1677 à 1705.
  • Yves Gourlay, curé de Lothey en 1705
  • Yves Roparz, né à Lothey le 30 septembre 1686, en fonction en 1725. Il serait l'auteur d'un ouvage intitulé Boquet ar mission (Bouquet des missions). 
  • Gilles-François Floc'h, 1726 à 1764
  • Yves Kerriou, 1765-1790
  • François Le Cann, 1790-1795, prêtre réfractaire.

Yves Roparz a écrit Instructions chrétiennes ou le Bouquet spirituel de la mission, Instructionou christen, pe ar Boquet eus ar mission gant an Autrou Ropars, Quimper e ty Périer 1764, in 12, dont il y eut cinq ou six éditions jusqu'en 1824 (edition S. Bolt).

  La BNF possède en base gallica un ouvrage intitulé An Imitation Jésus-Christ hor salver biniguet Lequet e Brezonec a nevez-flam gat Euzen Roparz, Belec euz a barres Lothey, Quimper 1743. link

 Il s'agit de la seconde édition d'une traduction en breton de l'Imitation de Jésus-Christ, oeuvre anonyme de la fin du XIVe siècle attribuée à Thomas a Kempis. L'ouvrage paru à Brest en 1707 (é Brest, é ty intanvez Malassis ha R. Malassis vis à vis ty an Intendant) porte  une approbation des docteurs en théologie de 1689. H. Pérennès fait remarquer qu'à cette date, Y. Ropars avait 3 ans, et que le véritable auteur était un autre Yves Ropars, oncle du précédent. 

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      L'église mesure une vingtaine de mètres de long et 17 mètres de large au transept. Elle avait anciennement deux bas-cotès qui ont été supprimés.Le clocher est dépourvu de flèche. A proximité, à 500 mètres à l'est dans le bois de Coat-Mao se trouve la fontaine de l'ermitage de Saint-They. Le dimanche avant les Rogations, on s'y rendait en procession pour le pélerinage des trois-Lundis, qui guérissait la fiévre (H. Diverres). Selon H. Pérennès, les fêtes paroissiales avaient lieu le premier dimanche après la Saint-Pierre, où on fêtait la Saint-They, le second dimanche d'août pour la fête de la dédicace, le dimanche immédiatement après la Saint-Simon et Saint-Jude, et le dimanche de la Passion : pour chacun de ces pardons, le pape Alexandre VI concéda en l'an 1500 cent jours d'indulgence, à perpétuité.

2. Le  calvaire : 

daté du XVe siècle par l'atlas des calvaires du Finistère de Y.P. Castel.

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3.  inscriptions lapidaires  :

a)  Sur la facade sud :

FAIT F . PAR . J KRIO

J. MAIRE. BOZEC.F.

Ter MOCAER A

Kerriou, Le Bozec et Mocaer sont des patronymes attestés à Lothey. 

Henri Pérénnes la déchiffre ainsi :

FAIT : F : PAR JF RIOU RCT

MAIRE BOZEC J 1837

Ter MOCAER A D J 

La date de 1837 est inscrite sur le bloc de pierre de droite.
 

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      b)  Au dessus de la fenêtre de sacristie on retrouve le patronyme Kriou (Keriou ou Cariou)

KRIOU R :

  Elle a été déchiffrée ainsi par H. Pérénnes :

F. RIOU R, 

S:P: HM

S. 1788

  Je propose d'y voir la mention du recteur de Lothey, Yves Kerriou qui exerça cette fonction de 1765 à 1790. Né à Lennon en 1736, il fut nommé recteur de Lothey en janvier 1765 et résigna ses fonctions par acte notarié le 7 janvier 1790.

 

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4. La sacristie :

      Henri Pérennès y voyait "un vieil autel et un ancien meuble qui ressemble à un baldaquin"

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5. L'intérieur de l'église :


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 6. La voute lambrissée et les quatres blochets de la croisée du transept :

  Ces quatre "cariatydes" (H. Pérennés) portent l'un une couronne centrée par une fleur, l'autre une clef, le troisième l'étole sacerdotale, le quatrième un livre.

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L'aspect du choeur: 

à droite, Saint-They, puis derrière la cloture de choeur le banc des fabriciens, et  le groupe de sainte-Anne dans sa niche ; à gauche, Notre-Dame, puis la porte de la sacristie, Saint Jean dans sa niche. 

De part et d'autre, les deux chapelles latérales Notre-Dame et du Saint-Sauveur.

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7. A droite de la nef, le Christ en croix :

On voit l'emplacement des statues de la Vierge et de Saint Jean, statues qui, du fait de leur grand âge, avaient été reléguées dans la sacristie.

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     8. Sainte Barbe , bras doit du transept

  s'appuie nonchalamment sur sa tour tandis qu'elle s'évente de sa palme.

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     9. Saint They:

  représenté ici en abbé :

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 10. Notre-Dame de Bon Secours :

Placée au transept nord, elle tient encore de la main droite la tige de ce qui fut un lys, alors que du pied gauche, elle foule, sur le globe du monde, le serpent tenant en sa gueule un rameau vert où pend une (petite) pomme.

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      11. Saint Jean

La niche de bois polychrome est placée du coté de l'évangile, donc à gauche de l'autel, et contient cette statue où Jean l'évangéliste trace de la main droite une bénédiction alors qu'il tient de la main gauche la coupe de poison qu'il but miraculeusement "cul sec" comme s'il s'agissait de petite bière. Plus  imberbe que jamais, l'éternel adolescent, le beau Jean dont on comprend qu'il ait été "le disciple préféré du Christ" est surmonté d'un ovale bleu qui contenait jadis les armes des Kergoët.

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      12. Le coeur du Père Guillaume Le Roux :

http://catholique-quimper.cef.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/gouezec.pdf

http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=25 page 329

  En juillet 1725, le père Guillaume Le Roux, jésuite, présidait une mission à Gouezec lorsqu'il tomba malade en chaire "au moment où il faisait un exercice spirituel". Transporté au manoir de Guilly le 14 juillet, il y mourut le mardi 17 vers trois heures du matin. Le corps du défunt reposa dans l'église de Lothey au cours d'un office funèbre, puis il fut accordé au recteur de Gouezec, pour être transféré en cette paroisse. On l'inhuma le 17 juillet dans l'église de Gouezec. Vers six heures du soir, le coeur du missionnnaire fut enterré dans l'église de Lothey : Sur les cahiers de l'église de Lothey on trouve écrit : 

   "En l'année 1725 le 17 juillet a été inhumé par Monsieur Guillaume Tromeur Recteur de Leuhan vers six heures du soir dans notre église paroissiale de Lothey du coté de l'évangile le coeur du Révérend Père Guillaume Le Roux, missionnaire jésuite, mort le même jour à trois heures du matin au manoir du Guilly après avoir reçu tous les sacrements.

   " Le corps du Révérend Père, après avoir été dans notre église pendant le temps voulu pour faire les cérémonies ordinaires, a ètè donné par nous, prêtres et paroissiens de Lothey, à Monsieur Julien Gouezel, recteur de Gouezec pour être inhumé dans son Église où le Père Le Roux avait commencé une mission, et ceci à cause de la mission, aux prières et à la demande du Révérend Père François-Xavier de Coëtlogon son supérieur, Recteur du Collège des Péres jésuites à Quimper, et d'après les demandes de Messieurs les Missionnaires, selon l'avis du monde et de ceux qui faisaient leur mission en l'église parroissiale de Gouezec. Et ont signés

-G. Tromeur, prêtre, recteur de Lehan ;

-Yves Ropars, prêtre ;

- H. Toulancoat, recteur d'Edern ;

- Abibon-Paul Le Coz, prêtre, curé de Blévin ;

-Yves Balc'h, prêtre;

- Julien Gouezel, recteur de Gouezec ;

- Bertrand Le David, prêtre ;

- G.H. Chiron, jésuite missionnaire ; [qui succéda au R. P. Le Roux comme supérieur des missions]

- G. F. Floc'h, prêtre, nommé par Monseigneur l'Évêque pour tenir lieu de resteur, en la paroisse de Lothey.

 

L'inhumation à Gouezec eut lieu le 18 juillet dans le sanctuaire de l'église paroissiale, au bas des degrés de l'autel, vis à vis de tabernacle où est le Saint-Sacrement, c'est-à-dire à la place la plus éminente. La plaque tombale de Gouezec porte l'inscription suivante :

Hic jacet R. P. Guillelmus Le Roux J. I. In missionibus diu versatus, plenus dierum ac meritorum, positis hic corporie reliquiis, coelum adiit. Inter agrestes, quos verbo et exemplo sancte vivere docuerat, obiens, ne quid apostolico muneri deesset, sancte mori docuit.

" Ci-git le R. P. Guillaume Le Roux. Longtemps occupé aux missions, plein de jours et de mérites, sa dépouille ici déposée, il entra dans le ciel. Par sa parole et son exemple il avait appris aux paysans à vivre saintement. Pour que rien ne manquât à son enseignement, c'est au milieu d'eux qu'il est mort leur apprenant à saintement mourir".



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La plaque de cuivre porte l'inscription

IHS    COR REVERENDI PATRIS GVILLELMI LE ROUX SOC.IESV MISSIONNARII 

OBIIT DIE XVII MENSIS IULII

ANNO MDCCXXV

"Coeur du Révérend Père Guillaume Le Roux de la Société de Jésus missionnaire mort le 17 juillet 1725."

  Le Révérend Père Guillaume Le Roux :

selon l'article de Trévidy dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 1902 pp 111-133 :link

" Aux premières années du XVIIIe siècle, les Pères Jésuites de Quimper poursuivaient concurremment deux oeuvres d'évangélisation : les missions dont nous allons parler d'abord, et les retraites dont nous dirons quelques mots plus loin. L'oeuvre la plus ancienne était celle des missions surtout dans les campagnes : oeuvre inaugurée par l'abbé Michel Le Nobletz, continuée, on sait avec quel zéle et quel succes par le P. Maunoir, et à laquelle ce merveilleux apôtre avait donné un développement que M. Le Nobletz n'avait pu espérer.

" Dès les débuts du P. Maunoir, des personnes riches reconnaissant les services que rendaient les missions se préoccupaient d'en assurer la perpétuité. C'est ainsi que Sébastien  II de Rosmadec et de Molac, alors gouverneur de Quimper, versa au collège une somme suffisante pour fonder à perpétuité la pension de deux missionnaires. Mais deux missionnaires ne "travaillent" pas seuls, il leur fallait des prêtres auxiliaires. Trente ou quarante ont été parfois réunis autour du P. Maunoir.

  " Il y avait nécessité d'assurer l'entretien de ce collège de missionnaires. C'est à ce besoin qu'allait pourvoir les "fondations de missions" en diverses paroisses. Nous verrons ces fondations se continuer au milieu du XVIIIe siècle."

L'article se poursuit en rappellant que le Père Maunoir, " l'une des plus importantes figures de notre histoire provinciale du XVIIe", évangélisant 100,000 bretons en la seule année de 1664, donnant prés de 400 missions de 1640 et 1683, participa lors de la révolte du papier timbré à arréter la rebéllion, sachant que "ses ouailles étaient au premier rang des insurgés". 

  L'auteur rappelle aussi que, tout comme le R.P. Le Roux, c'est lors d'une mission que le P. Maunoir, agé de 70 ans, décéda à Plévin en 1683, et que son successeur, le P. Vincent Martin, trouva la mort en 1686 à Plouisy après avoir "vu trente mille communions". A Plévin, le corps du Père Maunoir fit l'objet de pourparlers identiques à ceux que nous avons vu pour le R.P. Le Roux : car Mgr de Coëtlogon, évêque de Quimper réclama son corps pour l'enterrer dans la cathédrale du diocèse, mais les paysans réunis en troupe et armés s'y opposèrent par la force, refusant de se séparer de la dépouille du saint homme, et acceptant seulement d'en concéder le coeur, qui fut amené au collège des jésuites de  Quimper (et, depuis 1977, à Plouguerneau).

  Le collège des Jésuites à Quimper (actuel collège La Tour d'Auvergne) a été établi en 1656 ; il accueille 1000 élèves dès 1665. Une chapelle est construite entre 1667 et 1747, puis en 1670 une maison contigüe permet d'accueillir deux cents personnes pour des retraites de dix jours, lsequelles se succédaient au nombre d'une quinzaine par an. En 1762, le Parlement décrète l'expulsion des Jésuites, qui quittent alors Quimper.

Biographie du R.P. Le Roux:

Il est né près de Carhaix le 03 ou le 13 décembre 1653 et devient novice de la Compagnie de Jésus à Paris le 27 septembre 1673 après trois années de philosophie ; De 1675 à 1680 il est professeur de collège à Hesdin, puis professeur de seconde à Arras jusqu'en 1681, avant d'étudier 4 ans la théologie à La Flèche au Mans, et d'être ordonné prêtre. Il est missionnaire à Quimper de 1685 à 1686, puis après la troisième annèe de probation à Rouen, à nouveau missionnaire à Quimper en 1688, il fait profession le 2 février dans la chapelle du collège. Il succède depuis 1686 au P. Maunoir et au P. Vincent Martin pour diriger les équipes de dix, vingt ou trente membres du clergé, jésuites ou jeune clergé séculier qui parcourent les paroisses de Basse-Bretagne pour l'évangéliser. Supérieur des missions de 1686 à sa mort en 1725, il fut aussi procureur du collège et confesseur à l'église et directeur de la "retraite des hommes". 

  


  La bibliothèque du diocèse de Quimper conserve les oeuvres suivantes :

  • De l'imitation de Jésus-Christ, Quimper, Jean Perier 1696
  • Instructions de la mission sur les sacrements de pénitence et d'eucharistie avec un traité du sacrifice de la messe, chez Jen Périer, Quimper 1697.
  • Les missions du Père Le Roux en Cornouailles 1687-1719
  • Moyens de persévérance pour augmenter le fruit des missions et des retraites, chez Jean Périer, Quimper 1703
  • recueil des vertus et des miracles du Révérend Père le Maunoir, chez Jean Périer 1756 et édition 1786 (également sur gallica, édition St Brieuc 1848 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624088k.r=guillaume+le+roux.langFR qui mentionne que la première édition date de 1716)

On peut trouver aussi :

  •  Le Parfait missionnaire du Père Le Roux Gaulthier Buitthing Quimper 1696 (à ne pas confondre avec Le Parfait missionnaire, R.P. Boschet, 1696)

En résumé, il s'agit du coeur du successeur du Pére Maunoir qui a multiplié les missions d'évangélisation autour de Quimper de 1686 à 1725. C'est lors d'une de ces missions que survint le drame de la mission de 1693 sur le bac surchargé de Trésiguidy. 

 

Sources : 

H. Diverres, Notice historique sur la commune de Lothey-Landremel, Bull. Soc. Arch. Fin. 1889, LXXV-LXXX  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076052/f85.image

Henri Pérénnés, Notice sur la paroisse de Lothey-Landermel, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie n°51 1930 p 125 et suivantes. http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=51

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 00:13

     Le repas de Meloé proscarabeus.

 

meroe-proscarabius 1258v

 

meroe-proscarabius 1280c

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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