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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 09:27

J'avais du stationner sous un chêne, ou secouer en roulant dans un chemin des branches basses : j'ai trouvé , posé sur l'essuie-glace de ma voiture, ce monstre en miniature (13 à 18 mm ) qu' il a fallu identifier : un Ledra aurita, Linnaeus 1758 , alias Grand diable. C'est une cicadelle, un insecte qui se dissimule sur l' écorce des arbres, où il devient indétectable, et suce la sève grâce à son rostre, ce prolongement  de la bouche qui sert de guide aux stylets perforant l'écorce.

   Il est bien reconnaissable par les deux appendices de son pronotum en forme d'oreille, qui lui a valu son qualificatif de aurita et son nom vernaculaire de Grand diable (depuis les représentations médiévales, les grandes oreilles velues et élancées sont un attribut diabolique ).

  J'ai pu m'assurer en le soumettant à la question (c'est à dire en le confrontant au miroir de mon objectif photographique, ce que tout être satanique abhorre ) qu'il est un excellent sauteur, et qu'il émet une stridulation comme les cigales.

   Il est doté de faux yeux au dessus des vrais, et d'une lame dentée externe sur le tibia postérieur (aramel.free.fr).

 

   Il me reste à relire mon Malleus maleficarum(Marteau des sorcières ) afin de soutirer à l'animal d'autres aveux, noter d'autres marques du diable, obtenir une confession spontanée des sabbats auquel il se livre, el le reconduire aux frontières.

 

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 20:27

       La F.A.O a fait les comptes : Cent grammes de boeuf fournissent 20,2g de protéines alors que cent grammes de sauterelles en procurent 26,3 g. Pour produire un kilo de boeuf, il faut 9 kilos de végétaux et pour produire un kilo d'insectes comestibles, seulement  un à deux kilos de végétaux. La respectable Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture propose donc de nous convertir à l'élevage intensif d'insectes. Le japon, la Thaïlande , l'Afrique du Sud et le Mexique sont cités en exemple, et un producteur anglais propose déjà des tarentules braisées, des sauterelles au curry ou des sucettes au scorpion.

 

     Mecostethus grossus ne se trouve pas encore au fast-food du coin, aux Dieux ne plaisent, et je me suis rendu dans les tourbières du Venec en Brennilis pour le découvrir. Ce grand criquet de 2 à 3 cm de long est remarquable par son tibia postérieur annelé de jaune et de noir et par la bordure rouge vif de son fémur postérieur. On le trouve exclusivement dans les  zones humides, notamment les tourbières.

Selon Alain Guéguen et Bernard Clément ( Revue Penn ar Bed n°117 consacrée aux tourbières et bas-marais, 1984, page 88) dans leur article "Les criquets et sauterelles d'un marais tourbeux " signalent qu'on le trouve autant dans la cariçaie, milieu fermé à végétation touffue et haute, que dans la tourbière, milieu ouvert à végétation rase : ceci s'explique par la biologie de ce criquet dont les femelles déposent leurs oothéques dans le feutrage des coussinets des sphaignes où les oeufs passeront l'hiver, alors qu'en vieillissant la population tend à coloniser la végétation plus haute, où elle trouve son alimentation. la consommation des carex et des graminées permettra aux adultes _ je recopie ici leur article_d'assurer leur maturation sexuelle.

    J'ai aussi admiré les rateaux qui équipent tibias et fémurs.

 

On nomme aussi cet orthoptère le Criquet Ensanglanté.

 

 

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Si vous voulez vous amuser avec un criquet ou une sauterelle, essayez de la photographier de profil lorsqu'il grimpe le long d'une tige ; vous le verrez tourner de telle façon qu'il restera toujours de face, caché derrière son petit doigt, mais si malin que vous aurez bien du mal à prendre à défaut sa stratégie. Ce qui nous donne ces images :

 

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  A coté, un autre criquet plus petit, que je n'ai pas identifié, mais qui sautait dès que j'approchais mon objectif : dans le creux de ma main, il s'est laissé faire ;;;et puis hop!

 

 

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Qui veut bien m'indiquer son nom ?

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 15:14

Un peu partout autour des plans d'eau, des libellules passent à vive allure, tournent autour des saules, montent dans le ciel, partent vers les fossés, les étangs. Des Anax, des Aeschnes, sans-doute et même certainement quand je parviens à les observer avec les jumelles malgé leur vivacité, mais j'en vois qui passent accouplées et se posent sur le sol : là, j' identifie des sympetrums, et un coup de filet me permet de préciser : sympetrum striolatum (sous réserve, bien-sûr, sous  toutes réserves...)

Voilà donc les images, plus faciles à regarder qu'à prendre : l'accouplement, et la ponte en duo .

Tout d'abord, l'identification :

Le mâle :

 

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La femelle :

 

 

 

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Dans les terrains sablonneux des herbus de l'anse de Kernig à Plouneour-Trez :

 

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...ou autour de l'étang de Curnic à Guissény :

 

 

 

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Et maintenant la ponte, avec beaucoup de photos pour  donner une idée de ces flèches orangées vire-voltant, tantôt ici, tantôt là, non là ! ici ! là!

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:11

Le Bronzé, c'est  lui : le Cuivré commun, Lycaena phlaeas :

 

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   Le plaisir de l'observation d'un animal ne serait rien  sans son identification, et il est étrange de constater combien nous sommes peu capable de nous satisfaire de la contemplation pure  des formes, des couleurs et des mouvements ; il nous faut joindre , Augustin d' Hippone l'avait déjà observé, à la libido sentendi la libido sciendi, le plaisir de savoir, par lequel les naturalistes satisfont, sous une forme forme pacifique et respectueuse, leur libido dominandi.

  Donc, tenant un papillon, il nous faut, renouvelant la clameur inaugurale du vieil Adam, lui attribuer un nom, que l'on recherche fébrilement dans les guides lorsqu'on est encore potache au Lycée papillon.

    C'est Buffon qui imposa l'usage de la nomenclature pour désigner sans ambiguïté un ensemble fini d'objet dans le cadre d'une science, alors que dans la Rome antique, le nomenclator était l'esclave qui clamait les noms des plats que l'on servait, ou, tel l'huissier "habillé de noir comme un bourreau" de la Princesse de Guermantes,annonçait les personnes qui rentraient.

  ( On se souvient de l'embarras du héros de Marcel Proust : " L'huissier me demanda mon nom, je le lui dis aussi machinalement que le condamné à mort se laisse attacher au billot. Il leva aussitôt majestueusement la tête et avant que j'eussepu le prier de m'annoncer à mi-voix pour ménager mon amour-propre si je n'étais pas invité, et celui de la Princesse de Guermantes si je l'étais, il hurla les syllabes inquiétantes avec une force capable d'ébranler la voûte de l'hotel. "A la Recherche du Temps Perdu, Sodome et Gomorhe )

 

  Et bien ce n'est pas le moindre de nos plaisirs de naturaliste que de jouer -in petto- à l'aboyeur  et de "hurler" le nom vernaculaire et le nom bi-nominal de l'individu ailé que nous tenons au bout de nos jumelles, de notre objectif ou dans le repli de tulle de notre filet.

 

Tel le hérault d'armes qui, possédant à fond son armorial, sait dire à son Seigneur l'identité d'un chevalier, son rang, et sa maison par l'observation de son écu, de sa bannière et de ses pennons , il nous faut blasonner les ailes de notre specimen jusqu'à pouvoir crier comme une Eureka : " Cuivré commun!"

 

   Et c'est précisément là que tout s'effondre : commun, notre beau bronzé ! Commun,celui que toute l'onomastique lépidoptériste s'accorde à placer sous le triple portique du Loup fauve ( lycaena : de lycos, le loup ), du Métal (en français le cuivré, en anglais small copper, en italien argo bronzeo ) et du Feu (phlaeas viendrait du grec phlego, enflammer, qui donne aussi phlegme -humeur issue de l'inflammation- et phlégmon - collection de phlégme-, son nom allemand feuerfalter signifie papillon du feu, le nom néerlandais vuurvlinder associe aussi vuur, le feu et vlinder le papillon ) !

  Commun,comme l'Azuré commun ou le  Fadet commun  qui se sont vu aussi affligés de ce qualificatif blasé qui en rabat tant sur la fierté et le bonheur de notre découverte qu' aussitôt l'émerveillement s'émousse !  Ah, non! Il aurait fallu la verve d'un Cyrano, les adjectifs dithyrambiques, le feu, la flamme, le panache, le cri admiratif , l'emphase !

  On eut pu, là, tout de go, le comparer en superlatif , non pas même à Rabbi Yo'hanan, mais à sa soeur !

             Ah, vous n'avez pas lu le Baba-Metsia, ce récit talmudique qui raconte la vie de Rabbi Yo'hanan Bar Narphela ?

Cet amora, interprète vénéré qui a contribué au Talmud, vivait au troisième siècle. Il était jeune il sentait peut-être le sable chaud mais en tout cas  il était si beau qu'il se vantait d' être "un reste des spendeurs de Jérusalem", et si son nom ne figure pas dans la liste des cent plus beaux rabbi , c'est que cette liste ne mentionne que les barbus. Lui, il était parfaitement imberbe, si imberbe qu'alors qu'il se baignait dans le Jourdain, Rech Lakish, qui n'était pas encore le docteur dont les sentences émaillent le Talmud de Jérusalem et celui de Babylone, mais un vil gladiateur, plongea pour le rejoindre en croyant pouvoir conquérir une jolie jeune fille. Est-ce pour le repousser que Yo'hanan lui déclara qu'il avait une soeur encore plus belle que lui et que Rech Lakish pourrait l'épouser pour peu qu'il veuille bien renoncer aux armes et consacrer ses forces à l'étude de la Torah ?

 

   Vous lirez ailleurs comment ces beau-frères se fâchèrent, comment Rech Lakish mourut et comment Yo'hanan se consumma de chagrin pour ne plus rencontrer, face à se opinions, que vingt-quatre louanges à la place des vingt-quatre objections que lui opposait Lakish, exigeant vingt-quatre réponses !

Là n'est pas mon propos, mais de citer Baba-Metsia 34 : "Si on veut contempler une beauté comparable à celle de rabbi Yo'hanan, qu'on prenne un gobelet d'argent à peine sorti des mains d'un orfèvre, qu'on le remplisse des grains d'une grenade rouge, qu'on l'orne de roses rouges et qu'on le pose entre ombre et soleil , et vous n'aurez encore qu'un simple reflet de la beauté de Rabbi Yo'hanan !"

    Voilà comment on aurait pu décrire la beauté de Lycaena phleas plutôt que de le qualifier de "commun".

 

 

 

 

A ses cotés volait aussi le Cuivré fuligineux, Lycaena tityrus, Poda 1761.

  Il s'agit de la femelle. Eh bien, que faut-il ajouter au gobelet d'argent, aux grains de grenade rouge, aux roses rouges et au vermeil des jeux du soleil pour l'égaler ?

 

A une époque où on savait son Virgile par coeur, un savant déjà émerveillé sans-doute par l'Amaryllis (grec amaryssein: resplendir) a baptisé notre fuligineux du doux nom du chevrier joueur de flûte de la première églogue des Bucoliques : Tityre.

      " Melebeus:

                        Tityre, tu patulae recubans sub tegmine fagi

                        silvestrem tenui Musam meditaris avena

                        nos patriae finis et dulcia linquimus arua;

                        nos patriam fugimus ; tu, Tityre, lentus in ombra

                        formosam resonare doces Amaryllida siluas. "

 

  ( Couché sous le vaste feuillage de ce hêtre, tu essayes, ô Tityre, un air champêtre sur tes legers pipeaux. et nous, chassés du pays de nos pères, nous quittons les douces campagnes, nous fuyons la patrie. Toi, Tityre, étendu sous de fraisombrages, tu apprends aux échos de ce boisà redire le nom de la belle Amaryllis. Trad M.Nisard, 1850.)

 

Ce qui est interessant, c'est que les Bucoliques ont pour cadre l' Arcadie, province grecque quasi-mythique, dont Tityre et Mélibée sont deux bergers.

  Or on lit dans l'article consacré à Lycaena phlaeas dans Butterflies of British Columbia de Crispin Spencer Guppy, à propos de l'étymologie de lycaena : " the name lycaena is most likely derived from the greek Lucaios (Arcadian) , as several of the species names are those of Arcadian shepherds (Emmett 1991) "

 

Le Mont Lykaion est le plus haut sommet d'Arcadie, et c'est sur ses pentes qu'un culte était rendu à Zeus Lukaios, culte décrit par Platon en République 565D-e. Les Lykaïa étaient des fètes archaïques où des éphèbes subissaient des rites de passage incluant le cannibalisme. 

   Mais depuis Théocrite (280 av J.C) et surtout Ovide et Virgile, l'Arcadie n' évoque pas le déchainement de sauvageries et de scénes de loup-garou, mais un lieu primitif et idyllique peuplé de bergers, et un Age d'or , un monde pastoral d'union avec la nature et de démocratie. Le Mythe acadien joua un rôle majeur à la Renaissance,  au siècle des Lumières et jusqu'à nos jours.

    Il est donc légitime de penser que les savants qui ont baptisé nos papillons, très shématiquement entre 1750 et 1850 ont été inspirés par ce mythe et les noms propres, de lieu, de personne ou de figure légendaire, comme ils ont puisé aussi dans la mythologie gréco-latine. Fabricius, qui a créé le genre lycaena, publiait en latin.

 

 

 

 

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Il y avait encore l'Argus bleu, Polyommatus icarus, ci-devant azuré commun : bof, que c'est banal !

 

 

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Et puis, dans la même prairie, cette chenille oursonne (d'écaille ?)

 

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Et aussi cette sauterelle, que j'ai emmené voir la vue du haut du Four à Chaux de l'Aber : elle a crié "Banzaï" et elle a sauté !

 

 

 

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Enfin les cuivrés, l'argus, la sauterelle, la chenille et le grillon des bois  avaient ce compagnon au teint rouillé :

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 11:35

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Les mures, les fruits de l'aubépine et les champignons nous l'annonçait, le voilà, le lierre grimpant Hedera helix en sa floraison automnale !

Et aussitôt le Paon du jour, le Vulcain et le Tircis se sont invités au festin.

 

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Mais les papillons ne sont pas les seuls, et les entomologistes (message sur obsnorm d' Alain Livory) décrivent parmi les butineurs des guêpes sociales, des syrphes (eristales, myathropa), des sphecides (philantères, méllines), des eumènes, guêpes sociales à l'abdomen pétiolé, des punaises, et surtout l'abeille du lierre.

 

   Avant de présenter celle-ci, voyons quelques exemple de la faune sus-dite:

 

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Colletes hederae, la Collète du lierre, n'a été décrite qu'en 1993 en Allemagne par Konrad Schmidt et  Paul Westrich sur des spécimens venant du sud de l'Europe mais a vite été retrouvé dans nos régions.

   Cette espèce est "oligoleptique", elle nourrit ses larves exclusivement de pollen du lierre, Hereda helix.

Elle niche au sol sur des sols nus dans des lieux à faible couvert végétal, le plus souvent sur des surfaces en pente, des talus argileux ou argilosableux, dans des nids individuels groupés en "bourgades" . Ces bourgades sont parcourus par de nombreux mâles qui patrouillent à la recherche d'une femelle vierge qui émergerait de sa cellule larvaire.

   C'est une abeille solitaire, qui apparaît au printemps, niche, nourrit ses larves et meurt avant l'hiver.

  On la reconnaît à son thorax couvert de poils bruns légèrement plus clairs sur les bords. Chez la femelle les tergites sont noir brillant avec un anneau jaune interrompu sur le premier segment. L'arrière-train des mâles est moins brillant.

Ajoutons qu'elle est parfaitement inoffensive.

 

 

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 11:14
                                                       En 1980 fut découvert  en France une nouvelle espèce d'oiseau chanteur : le Bérus, Berus nigricans (Olympia 1989).

 

 

   Ils sont apparus dans mon jardin en  piaillant, sautant du mélèze à l'aulne et de l'aulne au bouleau, j'ai reconnu la mésange charbonnière, la mésange bleue, les mésanges à longue queue, le roitelet triple-bandeau, et quand j'ai pris mon appareil photo, c'est un lutin à coiffure de punk que j'ai eu dans l'objectif : clic, clic, re-clic, et puis ils étaient déjà repartis, oiseaux joueurs, gourmands, nomades, insaisissables.

 

 

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Tous les oiseaux sont sans-papiers, tous les oiseaux sont clandestins

Tous les oiseaux qui passent par mon jardin

Iront aussi dans celui du voisin.

 

 

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Salut à toi mésange-lutin

Salut à toi piqueur de grain

Salut à toi merle farceur

Salut à toi  cygne chanteur

Salut à toi goéland marin

Salut à toi le Nain de Jardin

Salut à toi le p'tit oiseau

de mon appareil photo.

 

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Salut à toi Riquet la houppe

Salut tu as le vent en poupe

Salut à toi bandit masqué

Salut à toi le Pied Nickelé

Salut à toi mésange huppée

Salut à toi le roitelet

Salut à toi la Pie Qui Chante

Salut la sarcelle élégante

 

 

 

 

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Salut à toi alouette lulu

Salut à toi gypaète barbu

Salut à toi bruant zizi

Salut à toi qui n'est pas d'ici

Salut à toi l' ibis sacré

Qui te fait exterminer

Salut à toi fauvette grisette

Salut à toi la fine aigrette

 

Salut à toi !

Salut à toi !

A toi !    A toi, à toi, à toi !

 

Salut à toi l' Groenlandais

Salut à toi le Finlandais

Salut à ceux qui sont bagués

Et ceux qu'amène le vent léger

Salut à toi l'Mauritanien

Salut à toi le Marocain

Salut à toi pigeon ramier

Salut à toi pluvier doré

 

 

  

 

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                                                                                            Une image de la mésange à longue queue, Aegithalos caudatus 

 

 Salut aux oiseaux migrateurs

Salut à toi pouillot siffleur

Salut à tous les bécasseaux

Salut   bergeronnette des ruisseaux

Salut bouscarle de Cetti

Salut grosminet et titi

Salut au plongeon catmarin

Et salut au plongeon imbrin

 

Salut à vous oiseaux pirates

Salut à toi ö ma frégate

Salut au Fou que mon coeur encage

Et qui rêve de vous retrouver.

 

 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 16:45

J'avais admiré Monsieur Everes argiades cet ètè, je rencontre Madame en cette fin du mois de septembre : le verso des ailes est semblable (mais celles-ci sont bien dépoudrées, comme fanèes, et les belles marques orange en regard de la petite cuche ne sont plus que des tac ) mais le recto est de ce profond marron propre aux dames azurées.

 

   Je l'ai trouvé à Crozon, au bord de la rivière de l'Aber, sur une prairie humide.

Il doit s'agir d'une deuxième voire troisième génération depuis les émergences d'avril. (première génération d'avril à juin, deuxième en juillet août.)

 

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   Voici le spécimen observé en juillet : était-ce un mâle ?

 

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La première description , sous le nom de papilio argiades, de l'Azuré du trèfle, peut être lue dans l'appendice au Voyage de M.P.S.Pallas en différentes provinces de l'Empire de Russie, et dans l'Asie septentrionale, traduit  de l'allemand par M. Gauthier de la Peyronie Paris 1788, Tome Premier, page 772 ; La description est en latin :

 

 

               66 PAPILIO Argiades. (Plebei ruric.)

 

Papilioni Argiolo utraque pagina similimus, sed dimidio minor, alisque subcaudatis (ut Papilio rubi) et angulo ani fulvo diversus. Femina (ut in Papilione Argo ) fusca. Habitat in  Holco odorato.

 

   Le traducteur y ajoute ce commentaire :

 

 * An papilio (cleobis) alis integris coeruleis, subtus argenteo-cinereis ; punctus oblongis nigris simplicibus. Gmel, syst nat, 4, p 2350.

  Je ne crois pas que ce papillon soit le même que le papilio argiades de  Fabricius ( Mant.ins, 2 page 76,n° 698) mais c'est plutôt le papilio cleobis qu'on retrouve en Autriche, dont celui de Russie ne diffère que parce que ses ailes sont un peu en queue."

 

 

Les noms de ce texte peuvent être rapprochés de noms contemporains :

Papilio argiolo : rapproché de Celastrina argiolus (Linnaeus 1758), l'Azuré des nerpruns.

Papilio rubi : rapproché de Callophrys rubi, le thécla de la ronce ou Argus vert

Papilione Argo :  rapproché de l' Argus bleu, Polyommatus icarus

Cleobis : rapproché de: Plebejus cleobis, Bremer 1861

 

Gmelse réfère à Johann Friedrich Gmelin, qui a supervisé et enrichi la treizième édition du Systema Naturaede Carl von Linné.

 

Fabricius (Mant.ins)se réfère bien entendu  à Johann Christian Fabricius, entomologiste danois, 1745-1808, et à son Mantissa insectorum sistens speciesnuper  detectas adiectis synonymis, observationibus, descriptionibus, emendationibus de 1787.

 

Enfin, ou surtout, l'auteur du Voyage en Russie est  Peter Simon Pallas, qui mena à la demande de Catherine II de Russie une exploration de la Sibérie de 1769 et 1774.

 

 

Etymologie.

Everes: genre dénommé par Jakob Hübner 1819 :Verz. bek. Schmett.(5) : 69.

   Macleod (1959) voit en everesun heros grec. Emmet 1991 est sceptique, note qu'il existe un mot grec eueres signifiant "bien équilibré", en parlant d'aviron, avec une bonne répartition du poids entre la partie intérieure et la partie située en dehors de l'embarcation ; par métonymie, il y verrait la désignation d'un rameur habile.

 

argiades : de argus et eidos, qui ressemble à . Donc, qui ressemble à un argus.

 

 

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 08:00

Mi-septembre, déjà, et déjà les papillons se font plus rares.Et le lierre n'est pas encore fleuri, qui entrainera peut-être l'arrivée d'insectes gourmands attirés par les effluves melliflues.

 

                                                      Le grand jardin est défleuri, mon égoïste,

                                                       Les papillons de jour vers d'autres fleurs ont fui,

                                                       Et seuls dorénavant viendront au jardin triste

                                                                                    Les papillons de nuit.

 

                                                       La cueillette, Apollinaire, Il y a, in Poèmes à Lou, Poèsie/Gallimard 1969.

 

   Aussi ce Souci vient avec bonheur promener l'éclat de ses ailes à travers les prairies monotones :

 

 

  Le Souci, Colias croceus (Geoffroy 1785) ou Colias croceus, (Fourcroy 1785)

 

 

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   Pour les anglais, c'est le Dark Clouded Yellow, en raison sans-doute de la coloration sombre de la lisière du recto de ses ailes, mais ce recto, le Souci ne le montre jamais, et c'est tant-mieux qu'il ne nous expose que sa face ensoleillée et qu'il réserve les tristes nuages noirs de ses ailes aux amateurs de papillons épinglés.

 

   Son nom latin scientifique se réfère au crocus, ce qui n'est pas logique si on pense aux fleurs (les crocus sont de couleur violette, ou blanche, et le crocus sativus dont les étamines donnent les safran est mauve) mais cohérent s'il se rapporte au grec krokos, safran, pollen de crocus, avec des dérivés comme krokow teindre en jaune, ou krokov, jaune d'oeuf, ou comme Krokodeilos, "à la peau jaunâtre", désignant le lèzard puis notre crocodile (crocodrille en ancien français) .

 

 

   Le nom scientifique de Papilio croceus aurait, selon A.M.Emmet, été donné en 1703 par James Petiver (1663-1718), "le père de l'entomologie britannique", apothicaire londonien, botaniste, membre de la Royal Society, dont les collections rassemblées grace à ses correspondants américains formeront la base du British Museum. Il décrivit aussi le Petit Sylvain.

  

   Quand au nom de genre Colias, que l'on doit à Fabricius, 1807, c'est le nom d'un promontoire de la côte est de l'Attique où était érigé un temple dédié à Venus. A.Maitland  Emmet nous explique que Fabricius avait créé parmi nos Piérides le genre des Colias pour les piérides jaunes et celui des Pontia pour les piérides blancs, les deux noms renvoyant à Venus puisque pontios -qui vient de la mer- est un attribut de la déesse qui naît de l'écume. Si on peut y voir une simple réfèrence à la beauté de ces papillons, le goût de Fabricius pour les jeux de mot   incite Emmet à lancer l'hypothèse d'une allusion au grec kolias, un poisson de la famille du thon, avec calembour sur khole, kholos, la bile, en raison de la couleur jaune.

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 09:15

Au bord de l'étang de Moulin-Neuf à Plonéour-Lanvern, j'observe ces deux Sympétrum :

 

Rappellons que nous avons en Bretagne cinq Sympétrum : le fascié (striolatum), le rouge-sang (sanguineum), le noir (danae), le jaune (flaveolum), le méridional, et celui à nervures rouges ( Fonscolombii)

  Mes identifications n'étant pas qualifiée, je vais en défendre les arguments.

 

 

Tout d'abord le Sympétrum méridional :

  .son thorax est uniforme, et non strié.

  . Ses pattes sont noires et jaunes avec prédominance jaune.

  . Les marques noires de l'abdomen sont discrètes.

  . Les ptérostigmas sont longs, clairs, bordés de noir.

   . La lame vulvaire de la femelle est peu visible car non saillante.

   . La bordure du front ne présente qu'une marque noire discrète.

   . L' abdomen du mâle est rouge orangé, celui de la femelle est brun clair.

 

Voilà le candidat que je propose : une femelle.

 

 

DSCN1952

 

 

DSCN1953

 

DSCN1957

 

 

Le Sympétrum sanguin, ou rouge-sang, Sympetrum sanguineum.

 

. Ses pattes sont noires.

. Son thorax est peu strié, brun uniforme.

. il a des moustaches frontales noires le long des yeux.

. La base de ses ailes est colorée de jaune.

. Ses ptérostigmas sont rougeâtres.

.La face et les yeux du mâle sont rouges. Le bas des yeux de la femelle est verdâtre.

. L'abdomen du mâle , rouge vif est enflé en massue.

 

 

Je présente d'abord une femelle:

 

DSCN1881

 

DSCN1890

 

DSCN1908

 

Puis le mâle :

 

DSCN1920

 

DSCN1948

 

DSCN1950

 

Alors, qui veut corriger ma copie?

 

La nomenclature scientifique associe au nom de Sympetrum meridionale la mention Selys 1841 pour indiquer le zoologiste qui en a donné la description princeps et la date de cette desciption, et pour Sympetrum sanguineum  la mention Müller 1764.

 

Le baron Edmond de Selys Lonchamps(1813-1900) appartient à la noblesse belge. Cet homme politique successivement député, sénateur, vice-président puis président du Sénat belge fut un specialiste chevronné des odonates, ce qui ne l'empécha pas de s'interesser aux vertébrés ( Faune belge de 1842), aux mammiféres (Etudes de micromammologie 1834), aux oiseaux avec une collection de 3000 specimens et 37 publications, et aux névroptères.

Il publie une Monographie des Libellulidés d' Europe en 1840.

 

Otto Friedrich Müller (1730-1784) est un zoologiste et botaniste danois qui publia en 1764  Fauna insectorum fridrichsdalina : sive Methodica descripio insectorum agri fridrichsdalensis, dans lequel se trouve page 62, sous le numéro 547, la description de:

 "  Libellula sanguinea, alis hyalinis puncto marginali ferrugineo : dors sanguineo."

 

Au même auteur est lié le nom de Sympetrum pedemontanum (Müller in Allioni 1766), de libellula fulva (1764), effectivement décrit dans la Fauna insectorum sous le n° 544, de l'Aeschne printanière Brachytron pratense  ( n°543: LIBELLULA pratensis ),et de l'Aeschne isocèle.

 

 

A Bodonou  (St Renan) , j'observe cette libellule mâle à qui je décerne le titre de Sympétrum fascié, Sympetrum striolatum,( Charpentier 1840)

  en raison des critéres suivants :

 

Abdomen cylindrique, non dilaté en massue

pattes noires à lignes jaunes

ailes tout au plus teintées d'une petite tache jaune à la base,

Marque noire du front ne descendant pas le long des yeux,

Thorax bariolé par des bandes de couleur (jaune et rouge) et marqué par des sutures noires,

ptérostigmas rouge-sombre.

 

DSCN2004

 

DSCN2000

 

 

DSCN1998

 

 

 

 DSCN2010

 

 

DSCN2003

 

 

 

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 17:39

Temps pluvieux ce 7 septembre à l'Aber de Crozon : ni libellule ni papillon, si ce n'est ce Talisman, ou Anguleuse, ou Timandre aimée, la Timandra comae :  un papillon de nuit à livrée rose-fuschia pour ce temps gris.

 

 

DSCN1340

 

   Cette Timandre est une femelle, mais je profite de sa rencontre pour citer le Timandre de La Fontaine dans son opéra Galatée, où ce berger amant de sa Climène chante :

 

 

    Brillantes fleurs, naissez,

Herbes tendres croissez

Le long de ces rivages;

Venez petits oiseaux

Accorder vos ramages

Aux doux bruits de leurs eaux.

 

Clymène sur ces bords

Vient chercher les trésors

De la saison nouvelle

Messagers du matin

Si vous voyez la belle

Chantez sur son chemin.

 

Et vous charmantes fleurs,

Douces filles des pleurs

De la naissante Aurore,

Méritez que la main

De celle que j'adore

Vous moissonne en chemin.

 

 

 

 

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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