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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 11:09

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Lors de ma visite de l'exposition Picasso du Fonds Hélène et Édouard Leclerc aux Capucins de Landerneau (été 2017), j'ai été frappé par la "ressemblance" entre l'un des portraits exposés, et les fameux portraits du Fayoum, ces peintures sur bois ou lin réalisées entre le Ier siècle et le IVe siècle de notre ère dans l'Égypte romaine. Ce sont les premiers portraits conservés dans l'histoire de l'art. 

Le portrait de Picasso s'intitule "Jacqueline" : c'est une huile sur papier de 42 cm sur  27 cm , annoté au crayon  "13.6.62.  IV" . Il représente donc Jacqueline Roque (1926-1986), que le peintre a rencontré en 1952 à Vallauris alors qu'elle avait 27 ans,  et épousé en 1961.

Le visage triangulaire est de face, mais un léger trois-quart permet de voir le chignon et le bandeau. Les couleurs employées sont principalement le gris et le noir, avec des rehauts ocre pâle pour les reflets de lumière, et le vert la robe et le bandeau. Les yeux sont très grands, et la pupille d'un noir homogène nous fixe de façon mélancolique. Le nez est long, aux narines pincées, au dessus d'une bouche étroite au sourire fantomatique.

Le fond est uniforme : gris à gauche, et ocre jaune à droite, d'où vient la lumière.

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"Jacqueline", huile sur papier, collection particulière. Exposition Picasso, FHEL de Landerneau. Photographie lavieb-aile juin 2017.

"Jacqueline", huile sur papier, collection particulière. Exposition Picasso, FHEL de Landerneau. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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Or, beaucoup de ces caractéristiques se retrouvent dans les portraits des momies découvertes à Fayoum, ville moderne d'Égypte qui fut successivement nommée Sedhet ou Crocodilopolis, et à Hawara (Arsinoë), ou dans d'autres endroits d'Égypte.

 Ces portraits étaient fixés sur les momies de romains qui ont colonisé l'Égypte entre le 1er et le IVe siècle : ils reproduisent les traits du défunt de façon reconnaissable, mais idéalisée. 

 En effet, les spécialistes indiquent à leur propos (Wikipédia) que :

 

— Les portraits du Fayoum sont  peints selon une palette de quatre couleurs : le blanc, le noir, l'ocre jaune et la terre rouge.

— Ils sont de face, ou de trois-quart. Le sujet fixe le spectateur (sauf exception).

—  Les cheveux et sourcils sont peints de larges traits de noir. Les sourcils sont sombres et épais, le nez long et étroit.

 le fond est systématiquement sobre, gris ou vert.

— L'expression de vie est si saisissante que les spécialistes pensent qu'ils ont été peints du vivant de la personne, qu'ils n'aient été qu'ensuite découpés puis posés sur son corps une fois embaumé.  Du vivant du propriétaire, le portrait était ainsi suspendu au mur dans un cadre.

"La fonction funéraire des « portraits du Fayoum » est enrichie à l'époque romaine par la recherche de ressemblance des traits héritée de la culture romaine. La présence de l’image du défunt, idéalisée ou non, directement liée au corps du défunt connaît déjà des précédents de manière continue tout au long de l’époque pharaonique. Le défunt doit en effet survivre physiquement et spirituellement, et son corps sert d’attache physique aux parties immatérielles qui le composent (kâ et bâ). Mais la présence des momies au sein de la maison, voire au cours de banquets funéraires, laisserait penser que la ressemblance physique du portrait funéraire rendrait le défunt physiquement présent."

— La personne ne sourit pas, ou arbore un sourire triste.

 

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Il est difficile pour moi de choisir, parmi les quelques 900 portraits découverts, et les multiples exemples proposés en ligne, un exemple particulier à placer en face du portrait de Jacqueline. Le flash de reconnaissance ou d'évocation a fonctionné pour moi comme une réminiscence proustienne, avec sa force de conviction parfaitement subjective, que je ne peux rendre fidèlement par un raisonnement analytique en présentant des pièces justivicatives.

Mes choix sont donc imparfaits. Je les ai choisi dans ce site :

http://portraits.fayoum.free.fr/fayoum/fayoum2b.php?imgport=146&img=140&mus=0&pas=2&dat=0&ori=0

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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https://lombradelleparole.wordpress.com/2015/08/08/poesie-di-annalisa-comes-autoantologia-da-ouvrage-de-dame-2004-da-racconti-italoamericani-2007-da-fuori-della-terraferma-2013-poesie-inedite/roma-citta-di-fondi-ritratti/

https://lombradelleparole.wordpress.com/2015/08/08/poesie-di-annalisa-comes-autoantologia-da-ouvrage-de-dame-2004-da-racconti-italoamericani-2007-da-fuori-della-terraferma-2013-poesie-inedite/roma-citta-di-fondi-ritratti/

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Peut-on sérieusement penser que Picasso a pu s' inspirer des portraits du Fayoum ?

Je réponds positivement car :

1. C’est en 1954, avec sa relation avec Jacqueline, que Picasso abandonne les peintures politiques pour se lancer dans « la peinture de la peinture » en prenant comme modèle quelques tableaux importants de l’histoire de l’art européen comme Goya, Vélasquez, Greco, Zurbaran, Melendez, Poussin, mais il s'est inspiré depuis toujours de l'art non européen, notamment pour remettre en cause les fondements picturaux mis en place à la Renaissance. 

2. Il est attesté que Picasso a examiné attentivement  les portraits du Fayoum conservés au Musée du Louvre : voir ici : http://museumlab.fr/exhibition/06/about.html

Dans un article http://www.christies.com/features/mummy-portraits-a-visual-record-of-evolving-styles-in-roman-egypt-7723-1.aspx, je lis : "Fayum portraits have been a source of inspiration for artists working in the modernist tradition, with Picasso known to have studied them carefully at the Louvre. Buste d’homme, painted in 1965 and sold at Christie’s in 2016, echoes the intense, confronting eyes found on mummy portraits from Graeco-Roman Egypt."

3. Alors que Picasso vit à Paris depuis 1900 sa Période bleue où il est marqué par le thème mélancolique de la mort après le suicide d'un ami , la Gazette des beaux-arts  avait publié dans son n° de juillet 1903  l'article de Maurice Pernot  Portraits antiques de la région du Fayoum (collection de M. Th. Graf) :cinq reproductions, qui rend compte d'une exposition à Paris en 1899 et 1890 de 34 portraits de la collection réunie par Théodore Graf. J'en extrait ceci :

 

"Les caractères dominants des portraits, c'est l'expression vibrante et individuelle qui les anime. Elle éclate dans les yeux très brillants et démesurément grandis ; on la retrouve dans toutes les parties du portrait : le port de tête, le jeu des muscles du cou et de s joues, le mouvement des lèvres et des narines, les lumières du front et du menton atteste,t, poussée très loin, la recherche du caractère individuelle et du détail expressif, et prouvent en même temps une connaissance profonde de la technique. La tête « tourne et se détache habilement sur le fond ; dans certains portraits, la distribution des ombres et des lumières, la perfection du modelé, l'exacte mise en valeur des différents tons et le surprenant fondu des contours rappellent la manière de certains peintres modernes. L'importance donnée à la saillie anormale d'un muscle, à une déformation de la bouche, à un pli du front, révèle un souci réaliste de la ressemblance et de l'individualisation. Le coup de pinceau ou de couteau à palette est donné dans le sens du muscle, et le relief est parfois obtenu, non seulement par le jeu des lumières et des ombres, mais par un véritable empâtement de la couleur.

...L'exagération des yeux : les Égyptiens s'agrandissaient les yeux avec des fards ; et sans-doute ce maquillage faisaitencore partie de la toilette des morts...Une faute de dessin qui allonge démesurément le cou … L'inégale hauteur des yeux ...L'attache du nez est si haute …

Le sentiment profond de la vie qui anime ces peintures, l'expression particulière, qui fait qu'un on sent chacune d'elles inspirée par un modèle déterminé dont le peintre a voulu concentrer dans son œuvre le caractère individuel et distinctif. »

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203159n/f350.image.r=fayoum

 

4. Il a été fasciné par le visage humain.

5. Ces portraits possédaient une fonction funéraire afin d'assurer la renaissance effective du défunt dans l'au-delà. C'est aussi la démarche d'un peintre vis à vis de sa muse. Mais le peintre ne recherche pas tant la ressemblance photographique du modèle que l'expression de sa vie mentale, et  de cette conscience tragique de la coexistence entre une apparence fugace, datée ("13 juin 1962, IV"), et une certitude, partagée entre le peintre et son modèle, de l'existence de la mort.

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Diorama, Portraits funéraires trouvés dans la région du Fayoum, Gazette des beaux-arts 1903 p.303 :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203159n/f358.image.r=fayoum
Diorama, Portraits funéraires trouvés dans la région du Fayoum, Gazette des beaux-arts 1903 p.303 :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203159n/f358.image.r=fayoum
Diorama, Portraits funéraires trouvés dans la région du Fayoum, Gazette des beaux-arts 1903 p.303 :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203159n/f358.image.r=fayoum
Diorama, Portraits funéraires trouvés dans la région du Fayoum, Gazette des beaux-arts 1903 p.303 :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203159n/f358.image.r=fayoum
Diorama, Portraits funéraires trouvés dans la région du Fayoum, Gazette des beaux-arts 1903 p.303 :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203159n/f358.image.r=fayoum

Diorama, Portraits funéraires trouvés dans la région du Fayoum, Gazette des beaux-arts 1903 p.303 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k203159n/f358.image.r=fayoum

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J'ai recherché en ligne, en proposant au moteur de recherche les mots Picasso + Fayoum (ou Fayum), une confirmation de mon intuition. Mais ma récolte a été pauvre.

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— Pablo Picasso, Pinacothèque de Paris, Picasso intime: la collection de Jacqueline Skira, 2003  page 35 : « Elle devient un portrait du Fayoum, avant qu'elle ne s'incarne en carreaux de céramique, puis à nouveau en tôle peinte."

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Pablo Picasso, ‎Guy Tosatto, ‎- 2001 Picasso, la peinture seule, 1961-1972: exposition, Musée des .. - ‎exposition, Musée des beaux-arts de Nantes, 5 octobre 2001-14 janvier 2002 Souvent de face, figées, elles font songer à des icônes ou à des portraits du Fayoum.

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—  Klaus Gallwitz, Picasso: The Heroic Years, Abbeville Press, 1985 - 230 pages, page 99 : "According to one of Picasso's friends, Jacqueline's startling resemblance to one of the seated Moorish women inspired ... other pictures of Jacqueline of the same period have a mysteriously soulful (émouvante) expression recalling Fayum mummy portraits"

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— Pierre Cabanne - 1992 Le Siècle de Picasso L'époque des métamorphoses (1912-1937) : "Car tandis qu'il travaille à ces Femmes à la fontaine, qu'il peint des visages féminins dont le type se situe entre la Grèce au profil droit et le Fayoum, la peau mate, les yeux écarquillés, et qu'il se penche, crayon en main, sur le berceau de Paulo, Picasso dresse, comme une monumentale anthologie cubiste, les deux versions simultanées des Trois Musiciens "

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— Pierre Daix - 2007 Pablo Picasso : "Certaines, ressemblantes comme des portraits du Fayoum, sont sur papier ; d'autres en carreaux de céramique"

Marie-Laure Bernadac, ‎Michèle Richet - Hélène Seckel-Klein, 1985, Musée Picasso: Peintures, papiers collés, tableaux-reliefs, ... - Page 31‎ "... sans doute un portrait de Jacqueline, qui nous rappelle ceux du Fayoum et les images de l'impératrice Théodora dont elle a la monumentalité"

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—  Pierre Dufour, Picasso 1950-1968: Biographical and Critical Study Skira, 1969 - :

"The archaic elegance of the design frames in a scroll of dark dots a face that is vaguely reminiscent of Coptic art or the Fayum. Is Picasso simply "having a little fun" or does he want to prove that one can make a work of art with anything and ..."

 

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 Gillian McIver Art History for Filmmakers: The Art of Visual Storytelling page 59 : Egyptian Realism: The Fayum Portraits Depicting real people looking as they do in real life was developed to an almost perfect ... In the twentieth century, artists like Picasso also turned away from naturalism, though he could paint it very well

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 Pablo Picasso, ‎Yolande Clergue, Pablo Picasso: portraits d'Arlésiennes : 1912-1958 - Page 155 ‎Fondation Vincent van Gogh--Arles - 2005 - ‎".. beauty, which reminds us of the Fayum effigies, was enlivened by neat Nice headdresses or Vincent's straw hat lent by Picasso."

 

 

Finalement, je trouve ce titre "Roma Fayum portrait compared with Picasso’s self-portrait" accompagné du montage suivant : un autoportrait de Picasso placé contre un portrait de femme du Fayoum :

 

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Dés lors, j'ai poursuivi la visite de l'exposition en confiant à mon objectif celui —j'aime les zeugmes — de traquer les visages et les regards pour y déceler l'influence du Fayoum. Cela m'a procuré le "matériel" iconographique suivant, sans être réellement interpellé une seconde fois, alors que je retrouvais toujours les grands yeux noirs tournés vers l'infinie béance du temps.

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Le visage de Jacqueline en quarante jours et vingt-deux reprises.

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Mais c'est le tableau intitulé L'Arlésienne qui est le plus émouvant pour exprimer cette hantise enragée de saisir l'insaisissable de la conscience de la mort à travers le visage quotidien de l'être aimé. Car ce Ripolin et huile sur toile de 61 cm sur 41 cm porte, en colonne sur le coté gauche, les dates successives des 22 reprises du portrait de Jacqueline, vêtue d'un costume et d'une coiffe d'arlésienne, du 8 juillet au 15 août 1958.

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L'Arlésienne, Coll. part., exposition Picasso au FHEL de Landerneau. Photographie lavieb-aile juin 2017.

L'Arlésienne, Coll. part., exposition Picasso au FHEL de Landerneau. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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Exposition Picasso à Landerneau : un portrait du Fayoum !

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Published by jean-yves cordier
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 13:33

Les six carvelles sculptées sur la façade de l'église Notre-Dame de Croas-Batz à Roscoff, de son ossuaire et de la chapelle Saint-Nicolas.

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Voir aussi sur les carvelles et autres embarcations sculptées : 

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Voir aussi  sur Roscoff :

http://www.lavieb-aile.com/2017/07/les-six-sibylles-de-la-tribune-1606-de-l-orgue-de-l-eglise-n-d.de-croas-batz-a-roscoff.html

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Un patrimoine mis en valeur par les services de la Région et de la Ville à destination des touristes.

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Roscoff, avant-port de Morlaix à l'entrée sud-ouest de sa Baie, conserve de son passé maritime du XV et XVIe siècle un témoignage précieux : les sculptures en bas-relief de sept navires sur les murs de l'église, de l'ossuaire et d'une chapelle, commandées en témoignage de donation par leurs riches armateurs.

Un cartel apposé devant l'église en donne une  présentation précieuse sous le titre "Les vaisseaux de pierre", accompagnée d'une liste et d'un schéma.

On y lit :

"L'église Notre-Dame de Croas-Batz est l'un des rares édifices religieux du Nord-Finistère à posséder des vaisseaux taillés dans la pierre, témoins d'une prospérité remarquable au XVIe siècle.

Cette décoration extérieure de l'église confirme ainsi la vocation maritime des Roscovites, recommandant leur vaisseaux à la protection divine contre les "périls et fortunes de mer"

Puis vient une description, extraite de Choses et gens de Bretagne, de Louis Le Guennec (1937), des  quatre vaisseaux de l'église, de celui de l'ossuaire et de celui de la chapelle Saint-Nicolas. J'en donnerai le texte plus bas.

Enfin, le schéma annote sur le plan de l'église la localisation des sculptures et donne le relevé des quatre premières.

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Je reprendrai ici l'ordre de description de ce panonceau.

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Documentation apposée devant l'église de Roscoff.

Documentation apposée devant l'église de Roscoff.

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Documentation apposée devant l'église de Roscoff.

Documentation apposée devant l'église de Roscoff.

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Ces six navires ont des caractéristiques communes : ce sont tous des bâtiments à trois-mâts (mats de misaine, grand-mât, mât d'artimon) sans compter le mât de beaupré, à fort château arrière (et un discret gaillard), faisant voile sous voilure réduite car seule est établie la voile carrée d'avant (misaine).  Ils sont donc représentés en manœuvre, soit de départ, soit d'atterrissage et d'entrée de port. À Roscoff, cela correspondrait au  moment où ils passent devant la Pointe Sainte-Barbe. 

Au sommet de chaque mât se voit une sorte de chapeau soit en demi-tonneau, soit conique, qui correspond moins à une hune,  (plate-forme intermédiaire du bas-mâts des navires pour servir de fixation et de renvoi pour les haubans de mât de hune, ou de plate-forme pour l'équipage pour exécuter des travaux dans la mâture), qu'à une gabie, position dominante aménagée en poste d'observation pour la vigie par un grand panier ou gabion. C'est cette cage qui adopte, sur certaines illustrations de l'époque, une forme conique.

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Dans un manuscrit du XIVe siècle, Tractatus de Sphaera de Johannes de Sacrobosco, (Bibl. Mazarine Ms 0643 f. 009), représentant une nef entrant dans un port, on voit une vigie (ou plutôt un pilote) effectuant le relèvement d'un amer du haut d'un nid-de-pie.

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A la différence du bordé à clins de la cogue de cette enluminure, à un seul mât, au gaillard d'avant plus haut que le château arrière, au gouvernail d'étambot suspendu,  la coque des navires roscovites est lisse ("à carvel, cf. infra), mais renforcée par deux forts listons.

 

 

Le mât d'artimon  porte un espars oblique (parallèle aux étais des mâts) dont il est difficile de dire s'il s'agit de l' antenne ou vergue d'une voiles latine (permettant de bien remonter au vent, et équipant souvent l'artimon) ou  de la vergue d'une voile carrée, fort efficace par vent portant.

Enfin, ces navires portent de longs étendards, qui flottent vers l'avant puisque ces nefs naviguent vent arrière. On y lisaient peut-être autrefois des marques d'armement, ou le nom du bateau.

Ils doivent déplacer de 30 à 50 tonneaux, et sont destiner au "roulage", transport de marchandise vers Bordeaux et l'Aunis-Saintonge pour y chercher du vin, vers Cadix ou Bilbao, ou vers l'Angleterre et l'Europe du Nord. 

Ces navires sont décrits comme des carvelles. Mais la définition de ce terme est floue.  Augustin Jal, dans son Glossaire nautique de 1848, définit les mots Carveel, Carveille, Carvelle Carvel-work ou "bordage à carvelle", Carveil-ship, Clou à carvelle, et Karveel. 

Augustin Jal illustre le terme en citant  Antoine de Conflans (Les faits de la marine et navigaiges, vers 1515) , dans un sens bien approprié aux navires de Roscoff :  "sont navires à carvelles, allant en marchandises à Bordeaux et à La Rochelle, etc."

Le dictionnaire Godefroy  donne : Caruelle "bateau" (1438). 

Caravelle 2 : http://micmap.org/dicfro/search/dictionnaire-godefroy/caravelle

"A Calais arriva une petite carvele, non sachans ceulz de dedens que le duc de Warvick y fust "(Wavrin, Recueil des croniques et anchiennes istories de la Grant Bretaigne, a present nommé Engleterre, II, 203, vers 1455-1475)

 

La première attestation absolue du substantif « caravelle » remonte à 1439. Le mot apparaît sous une forme probablement populaire, avec syncope du /ə/, dans un document conservé à Lille, qui concerne la comptabilité des ducs de Bourgogne. Il s'agit des dépenses faites pour une caravelle, construite à la manière portugaise, commandée par Philippe le Bon, laquelle était sortie d'un chantier près de Bruxelles en 1439 (Degryse 228-229) : À Jehan Perhouse et ses compaignons, maistre de faire vaisseaulx de mer des pays de Portugal, pour don à eulx faits par MS [Philippe III le Bon, duc de Bourgogne] quant ils ont eu parfait une caruelle, qu'ils ont faite par l'ordonnance d'icellui S, après ce qu'ils l'ont boutée en l'eaue, xviij francs, et au maistre des escluses de Brouxelles, pour avoir tenu l'eaue de la rivière haulte durant ce que ladite caruelle y a esté........xlviij sols (Comptes Lille L., volume 1, page 356, in DMF2 = Jal 2 = Gdf s.v. caruelle). http://micmap.org/dicfro/search/dictionnaire-godefroy/caravelle

Jacques Paviot donne tous les détails sur cette commande de plusieurs carvelles par le duc de Bourgogne Philippe le Bon à un maître-charpentier portugais nommé Joao Afonso a Bruxelles en 1438-1439.  Elles furent construites dans un chantier de Bruxelles et gréées à L'Écluse. 

Par ailleurs, la construction " à carvel " définit un principe de construction "membrure première " pour un assemblage à franc-bord, opposée à l'assemblage à clins. Au Moyen Âge, les coques étaient construites à partir d'un assemblage de bordés renforcé ensuite de membrures. À la fin du XVe siècle, une nouvelle technique est apparue, accompagnant le développement des caravelles, celle qui consiste à procéder dans l'ordre inverse. Les membrures assemblées en premier dans la quille, les bordés venaient les garnir ensuite.

"La seconde moitié du XVIe siècle correspond, en matière d’architecture navale, à la fin d’une phase de transition débutant au milieu du XVe siècle. Cette période, au cours de laquelle sont apparus les voyages océaniques, voit en premier lieu l’apparition du “ navire ” à trois mâts, succédant à la “ nef ” médiévale à mât unique. Par ailleurs, les régions bordant l’océan Atlantique connaissent un bouleversement dans les méthodes de construction des navires avec le passage d’une construction à clin “ bordé premier ”, d’origine scandinave, à une construction à franc-bord “ membrure première”, d’origine méditerranéenne ; les modalités de l’adoption de cette technique ne sont pas précisément connues, mais donnent naissance à une tradition de construction dite “ ibéro-atlantique ” conforme aux principes généraux de la construction méditerranéenne, mais qui s’en distingue cependant par quelques caractéristiques architecturales." Anne Gérardot 2004 http://theses.enc.sorbonne.fr/2004/gerardot

Au total, les différences avec les caravelles destinées aux traversées de l'Atlantique ne sont pas évidentes pour moi, et j'ai consulté avec intérêt le site qui les décrit :

 http://www.mandragore2.net/dico/lexique2/lexique2.php?page=caravelle

Ou bien cette description d'un "Model of a Hanseatic League carvel-built ship de 1470 :

http://www.modelships.de/Verkaufte_Schiffe/Hanse_Schiff_1/Hansa_ship.htm

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1. LE PORCHE OCCIDENTAL.

Le porche à la base de la tour fut édifié vers 1550.

"La carvelle se trouve entre deux niches surmontées d'une accolade au-dessus du porche Ouest. Elle est dominée par un petit personnage - l'armateur peut-être - dont on croit qu'il tient dans sa main gauche une bourse d'écus. La coque est dépourvue de tonture, c'est-à-dire que le pont est bien droit. La tonture est l'arrondi du pont de façon à ce que les paquets de mer s'échappent du bateau. Elle porte deux bordés en forte saillie, ce sont peut-être les préceintes de bordé "est à francs bords ". Les préceintes sont des pièces de bois qui renforcent la structure du bateau longitudinalement. Elles sont bien visibles. La guibre à l'avant est une pièce de bois reliée à la pièce d'étrave et qui supporte le beaupré (ou bout dehors) et la figure de proue. Ici, la guibre porte une petite tourelle dissimulant partiellement le beaupré. L'arrière légèrement relevé et peu voûté se termine par un tableau. Un safran maintenu par des fermetures aux dimensions exagérées est fixé sur l'étambot qui est un morceau de bois fixé à la voûte et à la quille. La mâture est constituée par un beaupré, un mât de misaine portant un phare carré, un grand mât et un mât d'artimon (ou mât de tape-cul) avec une vergue apiquée. C'est sur la vergue que la voile est gréée - le phare carré est une voile carrée. Les haubans munis d'enflêchures sont fixés sur le porte-haubans en légère saillie sur les flans sur tribord. Le "porte-haubans" s'appelle aussi "cadene de haubans". Les haubans soutiennent le grand mât, le mât de tape-cul et le mât de misaine. Entre le grand mât et le mât de misaine, sous le hunier (nid de pie) un étais soutient le grand mât sur l'avant et l'empêche de cabaner vers l'arrière. Des rides d'étais du mât de misaine sont bien visibles sur le beaupré. Une hune coiffe chaque mât. On l'appelle aussi "nid de pie". On aperçoit une flamme au haut du mât de misaine." (?, sur Infobretagne)

"Surmontant le porche, un vaisseau cingle, misaine tendue. Un petit personnage tenant une bourse est campé sur la hune centrale. Maître après Dieu de son navire, l'armateur voulait-il ainsi indiquer qu'il ferait volontiers largesse de ses écus au profit de l'église si la protection d'En-Haut gardait nef et cargaison de toute mésaventure." (Le Guennec, 1937)

 

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Porche et clocher-tour de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Porche et clocher-tour de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Sur la corniche sont alignées les deux niches de chaque coté, avec leurs accolades à crochets et retombant sur des masques, et la nef centrale.

Les niches accueillent des anges scutifères, aux cheveux en boules.

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Porche et clocher-tour de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Porche et clocher-tour de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Carvelle du porche occidental de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle du porche occidental de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le personnage perché sur la gabie du grand-mât est peut-être l'armateur tenant une bourse, comme le pensait Le Guennec, Il tiendrait alors aussi son chapeau.Mais c'est peut-être aussi le pilote car la forme triangulaire qu'il tient dans la main gauche peut correspondre à un instrument de navigation (comme sur l'enluminure montrée plus haut). Ou bien un matelot qui fait des signaux. 

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La vigie de la carvelle du porche occidental de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La vigie de la carvelle du porche occidental de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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II. LE PIGNON DE LA  CHAPELLE LATÉRALE SUD.

"Un trois-mâts orné à sa proue d'une grosse tête d'animal fait route vers l'Occident. Le négociant qui fonda cette chapelle n'avait pas oublié d'y joindre l'image de son navire, afin d'attirer l'attention du Tout-Puissant sur ses entreprises commerciales." (Le Guennec, 1937)

 

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La chapelle sud  de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La chapelle sud de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Il faut d'abord décrire trois éléments disposés sur une corniche à rinceaux. La niche centrale, à accolade sommé d'un fleuron, et rehaussée à son pied d'un écu. A sa gauche,  un phylactère plié pour former une boucle autour d'un cercle central, orné peut-être d'un triskel. L'inscription de cette banderole n'est plus lisible. El enfin, à droite, la carvelle orientée avec la proue tournée vers la gauche.

Ce bâtiment armé de trois-mâts est sculpté en deux blocs de pierre, l'un rectangulaire et l'autre en trapèze. Il possède un château arrière, et des sabords. Une voile carrée, la misaine, semble double car elle est coupée par la ligne de jonction des deux blocs. Le beaupré, légèrement apiqué, sert de point d'origine à une forme en S dirigée vers l'angle de la voile : c'est cette forme qui a été interprétée comme une tête d'animal à la proue, par Le Guennec.

 

Carvelle du pignon de la chapelle sud  de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle du pignon de la chapelle sud de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Carvelle du pignon de la chapelle sud  de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle du pignon de la chapelle sud de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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III. LA CARVELLE DE L'ARRIÈRE  DE LA FAÇADE ORIENTALE, MUR DE  LA SACRISTIE.

 

"Cette carvelle est de construction plus récente, début du XVIIème siècle, quand le nouveau chevet de l'église a été construit (comprenant le chœur et la sacristie). Elle est très bien conservée. Ce peut-être un navire de convoi à cause des sabords visibles entre les préceintes qui suivent l'arrondi de la coque. Le château avant relevé se termine par une guibre dépouillée. Le château arrière présente une voûte importante. Le safran d'étambot est bien visible. La mâture est composé de mât de misaine avec phare, un grand mât avec enfléchures et un mât de tape-cul ou d'artimon portant une vergue apiquée. Trois hunes coiffent les mâts." (cité dans Infobretagne)

"Un de ces compères (de l'armateur du navire de la chapelle sud) imita ce pieux exemple et fit tailler la figure de son vaisseau d'un galbe admirable sur l'arrière de la sacristie. Ce navire devait avoir des dimensions supérieures à celles des autres bâtiments roscovites car il possède une galerie de poupe." (Le Guennec 1937)

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Carvelle de la façade orientale du chevet,  mur de la sacristie de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle de la façade orientale du chevet, mur de la sacristie de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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IV. LA CARVELLE DE LA FACE NORD DU CLOCHER.

 "Sur la face nord du clocher, un armateur, qui avait sans-doute notablement contribué aux frais de l'édifice, est représenté en costume de gentilhomme Henri II, bourse à la main, rappelant l'argent généreusement consacré à ce louable dessein. A ses cotés, un vaisseau à trois-mâts — le sien — fait route vers l'Est." (Le Guennec, 1937)

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Carvelle de la face nord de la tour-clocher,  l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle de la face nord de la tour-clocher, l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Entre les deux fausses-gargouilles en canons, et sous une corniche cantonnée de masques, le navire est à la droite de deux personnages.

À gauche, un homme marchant vers l'ouest et coiffé d'un très large chapeau tient dans ses bras écartés deux objets verticaux. Je me plais à voir dans celui de sa main droite un poisson. 

A sa droite, un acrobate fait un saut en grand écart, en empoignant ses chevilles dans cette posture pleine de jovialité qui est souvent retrouvée sur les ornementations sculptées du haut des églises, et qui est héritée des modillons romans.

Le vaisseau de pierre est semblable aux autres, et un ou plusieurs matelots se dissimulent peut-être dans la  gabie principale qui est cylindrique.

 

Carvelle de la face nord de la tour-clocher,  l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle de la face nord de la tour-clocher, l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Carvelle de la face nord de la tour-clocher,  l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle de la face nord de la tour-clocher, l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Carvelle de la face nord de la tour-clocher,  l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle de la face nord de la tour-clocher, l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Carvelle de la face nord de la tour-clocher de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Carvelle de la face nord de la tour-clocher de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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V. LA CARVELLE DU PIGNON NORD DE L'OSSUAIRE.

Cet ossuaire étant daté du XVIIe siècle, cela précise la datation de ce vaisseau de pierre :

"Deux ossuaires forment les angles de l'enclos.
L'un est daté du 16e siècle, à droite en entrant dans l'enclos. Il est très sobre.
L'autre est daté du 17e siècle, à gauche en entrant dans l'enclos et retient notre attention.
Il est admirablement ajouré d'un double rang de balustres. L'accès bizarrement se fait par une porte cintrée située à l'extérieur de l'enclos.
Sur la seconde face extérieure on distingue un bas-relief représentant une caravelle qui illustre la prospérité du commerce maritime autrefois. C'est un ex-voto." (Petit patrimoine)

http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=29239_1

"Le bâtiment sculpté sur le pignon nord de l'ossuaire possède trois mâts sommé de hunes. Selon l'usage, seule sa voile de misaine est déployée, mais elle est surmontée d'une vergue et d'un drapeau, tandis qu'un second étendard est arboré au mât d'artimon." (Le Guennec, 1937).

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La carvelle de l'ossuaire de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La carvelle de l'ossuaire de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Cette carvelle fait route, à une allure portante, vers l'occident. Ce qui frappe, c'est la hauteur du mât de misaine, prolongé au dessus de la hune par un second mât, celui qui arbore le pavillon de l'armement. Mais surtout, nous sommes intrigués par la boule ovoïde posée, comme une pleine lune, sur le sommet du grand-mât, et qui est coiffée elle-même par une construction pyramidale que nous ne pouvons plus identifier. 

Le plus curieux, ce n'est certainement pas ce gigantesque ballon, dont la taille dépasse la distance allant "de la quille à la pomme du mât", pour reprendre le titre du dictionnaire de Marine du capitaine Paasch (1885). Non, le plus curieux, c'est que cette énigme, proposée depuis plus de trois siècles par le sculpteur, n'ait pas excité d'avantage la curiosité des roscovites, ou des millions de visiteurs de la "Perle du Léon". 

Est-ce une allusion au nom du navire ? A celui de son armateur ? Un renvoi aux circonstances  d'un vœu, bien que rien n'affirme que, comme l'affirme le site du Petit patrimoine, ces vaisseaux de pierre ne soient des ex-voto ? 

Cette sphère approximative portait-elle un blason ? Une inscription ?

Je l'observe longuement, assis,  laissant le soleil faire jouer sa lumière sur ses doux volumes avant de gagner, lui aussi, l'occident. Mais cet œuf qui vire alors au rouge ne se décide pas à éclore. 

Je reviens à zen le lendemain matin. Les goélands lancent leurs koan, koan dans le ciel tandis que les heures passent. Un vieux s'assied sur le même banc que moi ; il éternue : Hua tou !

La montgolfière  chauffée à blanc par le fourneau de la hune refuse de décoller. Le télégraphiste qui fait l'équilibriste à son sommet refuse de tomber. 

Le soir, c'est moi qui laisse tomber. Est-ce que je lui en pose, des questions, à ce  citron, à cet oocyte, à cette bulle sans texte, à cette coquille pondue ici par un dinosaure antédiluvien ? Sait-il au moins où se trouve la virure d'hiloire des barrots de gaillard ? Et le Grand Vistemboir ?

 

 

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La carvelle de l'ossuaire de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La carvelle de l'ossuaire de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La carvelle de l'ossuaire de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La carvelle de l'ossuaire de l' église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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VI. LA CARVELLE DU PIGNON DE LA  CHAPELLE SAINT-NICOLAS.

"La chapelle Saint-Nicolas est aussi ornée d'une superbe carvelle, fort bien taillée pour la course, aux mâts munis d'enflèchures, de dunes rondes, pourvue d'une galerie et d'une lanterne de poupe." (cartel d'information)

Le bas-relief occupe trois blocs de pierre différents.

Trois petits drapeaux flottent sur les trois gabies.

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La carvelle du pignon de la chapelle Saint-Nicolas à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La carvelle du pignon de la chapelle Saint-Nicolas à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La carvelle du pignon de la chapelle Saint-Nicolas à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La carvelle du pignon de la chapelle Saint-Nicolas à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Annexe : 

la carte des ports de Bretagne sur le Manuel de pilotage du cartographe du Conquet  Guillaume Brouscon (1548).

La Bretagne compte au XVe et XVIe siècle 130 ports, dont certains sont mal abrités et d'autres peu commodes d'accès car situés au fond d'estuaires. On lit sur cette carte (ma flèche rouge) les noms de Morlaix (Morles) et de Saint-Pol-de-Léon, mais non celui de Roscoff, sans-doute assimilé au précédent.

 

Manuel de pilotage à l'usage des pilotes bretons par G. Brouscon, 1548.  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55002488s/f7.zoom

Manuel de pilotage à l'usage des pilotes bretons par G. Brouscon, 1548. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55002488s/f7.zoom

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SOURCES ET LIENS.

Illustrations : https://fr.pinterest.com/pin/810155420437874869/

— Histoire maritime de la Bretagne

https://abp.bzh/histoire-maritime-de-la-bretagne-la-construction-navale.-10-11-27361

— ROSCOFF AU QUOTIDIEN. "La chapelle Saint-Nicolas."

http://www.roscoff-quotidien.eu/st-nicolas.htm

— Wikipédia "Carvelle" https://fr.wikipedia.org/wiki/Carvelle

 

— LE GUENNEC (Louis) 1979 - ‎Morlaix et sa région - Page 345

Sous la Révolution, Roscoff fut un port de relâche important pour les corsaires, et aussi le centre d'une contrebande ... Des caravelles, des vaisseaux de haut bord à château d'arrière élevé sont sculptés au portail sur la tour et en divers

Des ports de Kerity-Penmarc'h et de Roscoff partaient pour de longs voyages des bateaux reproduits avec fidélité dans le granite des monuments: une caraque - trois-mâts de haut-bord ... 2); des caravelles sur celles de Poullan, Audierne.

— LE GUENNEC (Louis) 1937, Choses & gens de Bretagne, Edition de la Société "Les amis de Louis Le Guennec" , in 8°, 290 pages.

— PAVIOT (Jacques), La Politique navale des ducs de Bourgogne 1384-1482 page 107 https://books.google.fr/books?id=sXi4VtUdFCoC&pg=PA106&lpg=PA106&dq=%22carvelle%22&source=bl&ots=69Ye38owlt&sig=h7jYBCtNtWcnrhtPpu9sMRqKrgw&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjXx92I67jVAhXJ2hoKHRp2D604ChDoAQhUMAw#v=onepage&q=%22carvelle%22&f=false

— PORCHER ( Françoise),  Histoire, Patrimoine et promenades de Roscoff à l'île de Batz

https://books.google.fr/books?id=r6wvpCo8AgIC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=carvelle&f=false

— TANGUY (Jean)  1975 Le port et havre de Roscoff: ou, Histoire d'une vocation maritime, Éditions des Paludiers, 1975 - 116 pages

https://books.google.fr/books?id=r6wvpCo8AgIC&pg=PT23&dq=caravelles+roscoff&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi64Iuww7PVAhUESRoKHbsfCHgQ6AEIJzAA#v=onepage&q=caravelles%20roscoff&f=false

— TANNEAU (Georges), 2007, Les vaisseaux de pierre.

http://www.la-mer-en-livres.fr/vaisseaux.html

TOUCHARD (Henri)  1967. Le commerce maritime breton à la fin du Moyen Âge ; Annales littéraires de l'Université de Nantes, fascicule 1 ; Paris, Les Belles Lettres, 1967, XXXIX-451 p. (dont 27 pages pour les pièces annexes) : : Perrin Charles-Edmond. Le commerce maritime breton à la fin du Moyen Âge [Henri Touchard. Le commerce maritime breton à la fin du Moyen Âge ; Annales littéraires de l'Université de Nantes, fascicule 1]. In: Journal des savants, 1968, n° pp. 244- 254; http://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1968_num_4_1_1183

— PÉRÉNNÉS (Henri), Roscoff, perle du Léon;

http://www.roscoff-quotidien.eu/roscoff-perle-leon.htm#ossuaires

— INFOBRETAGNE "L'église de Roscoff" 

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Published by jean-yves cordier
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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 09:23

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Dans le Finistère, trois églises offrent la représentation de la série des douze Sibylles, ces prophétesses de l'Antiquité païenne qui, selon l'Église, auraient annoncé par leurs vaticinations douze événements de la Vie et de la Passion de Jésus : ce sont celles de Brennilis, de Lampaul-Guimiliau et de Saint-Herbot en Plonévez-Le-Faou.

Et  neuf autres en offrent une série partielle, à Guimiliau (deux  endroits, sur la chaire et autour du chœur), Pleyben, Plouzévédé,  Irvillac, La Martyre, Le Faou, au château de Kerjean, à Plabennec, ...et à Roscoff.

Au total, douze sanctuaires offrent treize séries partielles ou complètes des Sibylles totalisant plus de soixante-dix personnages, sculptés dans le bois aux XVIe et XVIIe, et jusqu'au XIXe siècle pour Rumengol.

J'ai étudié dans mon article sur Brennilis l'apparition de ce thème iconographique et la tradition qui s'établit, depuis Filippo Barbieri en Italie en 1481, et surtout depuis les Heures de Louis de Laval enluminées avant 1489, de constituer une série de douze (comme les douze Apôtres et les Prophètes) Sibylles, de donner à chacune un attribut, et de les coupler à douze événements de l'Enfance de Jésus et de la Passion.

A Roscoff, dans l'église Notre-Dame de Croas-Batz, c'est la tribune de l'orgue, réalisée en 1606, qui fut ornée de sept panneaux en bas-relief sur bois polychrome représentant les Sibylles, séparées par des statues en ronde-bosse des Apôtres (deux actuellement en place) et peut-être dans les niches vides aux prophètes ou aux docteurs de l'église.  Six des sept panneaux des  Sibylles sont associés à un panneau plus petit, de thème allégorique d'interprétation difficile. 

La tribune mesure, selon la base Palissy,  8 m de haut, 3,60 m de large et 3,60 m de profondeur. Elle est classée au titre immeuble aux Monuments historiques depuis le 12 juillet 1886. On peut lui décrire, pour la part qui nous intéresse, trois cotés qui sont ceux d'un demi-hexagone : une façade principale encadrée par deux grandes statues et équipée elle-même d'un pupitre hémihexagonal comporte trois panneaux de Sibylle. De chaque coté, des pans obliques réservent encore au visiteur deux autres grands panneaux sculptés chacun. Une photo éclaircira cela : 

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Tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

 

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Demandez le programme !

  • La Sibylle Cimmérienne et sa corne à office de biberon, liée à la Crèche de la Nativité. En dessous : Femme goûtant des fruits, avec son singe : Le Goût ?
  • La Sibylle Europa et son glaive liée au Massacre des Innocents. En dessous : Femme respirant le parfum des fleurs, devant un lévrier : l'Odorat ?
  • La Sibylle de Tibur tenant une main liée à la gifle lors de la Passion . Au dessous : l'Organiste = l'Ouïe ?
  • La Sibylle Delphique et la couronne d'épines liée à la Passion. En dessous : la date 1606.
  • La Sibylle de Perse tenant une lanterne et piétinant le serpent liée à l'Incarnation et la Rédemption. En dessous :  le Faucon apprivoisé et la Tortue terrassée.
  • La Sibylle Agrippa et son fouet de la Flagellation. En dessous : un joueur de luth et un cerf : l'Ouïe (2) ?
  • La Sibylle Hellespontique tenant la croix ...de la Crucifixion. En dessous : une femme tenant un miroir devant un aigle. La Vue ?
     

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Je débuterai par le coté sud de la tribune.

 

 

Coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1. La Sibylle Cimmérienne et sa corne à office de biberon.

Elle annonce ainsi que la Vierge allaitera son Fils, comme elle le fit après l'avoir mis au monde dans une étable à Bethléem.

Elle est entourée, comme les autres,  de quatre étoiles, allusion possible à la croyance au lien entre l'Astronomie et la prédiction de l'avenir. Elle lève l'index gauche dans un geste d'énonciation et d'indication, comme celle qui prononce une parole importante.

Elle est coiffée d'un turban orientalisant, mais semblable aux bazlos, ce bourrelet de brocart, de velours ou de soie à la mode au XVIe siècle, (Voir l'Esclave turc de Parmigianino, 1530, ou la Fornarina de Raphaël 1519). De ce turban descendent devant les joues, comme les branches d'un stéthoscope ou les fils d'écouteurs d'un adepte de la Génération Y, deux cordons qui se réunissent avant de donner corps à un gland à pompon : la dame était coquette. Elle serait originaire de la Mer Noire, même si les Cimmériens restent un peuple plus ou moins mythique

Ses cheveux s'échappent librement sur ses épaules. La robe, serrée à la taille par une ceinture avant de se soulever en deux trous de souris d'où pointent les chaussures, et le manteau,  au pan droit ramené vers le coude gauche, sont par contre d'un commun achevé : on les trouvent sur toutes les statues de Vierges ou de Saintes. 

 

 

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La Sibylle Cimmérienne, Coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle Cimmérienne, Coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle Cimmérienne, Coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle Cimmérienne, Coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1bis. Une femme goûtant des fruits devant un singe qui l'imite. "Le Goût" ? La Gourmandise ? 

La femme, nonchalamment étendue au pieds d'un pommier entre deux corbeilles de fruits, s'apprête à croquer la pomme, tout en offrant en spectacle les appâts de sa poitrine dénudée .Elle porte aussi un turban, ainsi qu'un pendentif suspendu à un collier. Ses pieds sont nues, et une cuisse gauche échappe à la vigilance de la robe. Un singe, devant elle, la singe.

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Une femme goûtant des fruits devant un singe qui l'imite, coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Une femme goûtant des fruits devant un singe qui l'imite, coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. La Sibylle Européenne tenant le glaive et levant l'index droit.

Elle indique ainsi qu'elle avait, lors d'un accès de voyance, annoncé le Massacre des Innocents ordonné par l'odieux Hérode.De sa tenue, nous retiendrons surtout sa coiffure : la tête est couverte par un voile sommé par un ornement en fleur de lis, puis ce voile entoure par des spires un bourrelet avant de retenir les cheveux derrière la nuque.

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coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les sept Sibylles de la tribune (1606) de l'orgue de l'église N-D. de Croas-Batz à Roscoff.

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2 bis. Femme respirant le parfum des fleurs d'un vase, devant son lévrier. L'Odorat ? 

De même qu'il y avait deux paniers de pommes, nous trouvons deux hauts vases remplis d'un bouquet. La dame, guère plus sage que la précédente malgré son décolleté carré (voyez la nudité ostensible de  cuisse et la jambe droite), daigne sortir de sa sieste pour respirer le parfum d'une des fleurs qui l'entourent. Son lévrier  fait le beau devant elle. Si ces panneaux ont débuté une série des sept péchés, nous aurions ici quelque chose comme la Lascivité, ou l'Oisiveté. Le Bon Plaisir.

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coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

coté sud de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'apôtre qui marque la transition entre le pan coupé sud, et la façade.

Ses pieds nus et son livre font bien de lui un apôtre, et celui-ci a perdu son attribut, un bâton ou un manche tenu dans la main gauche.

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L'apôtre qui marque la transition entre le pan coupé sud, et la façade, tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'apôtre qui marque la transition entre le pan coupé sud, et la façade, tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les trois Sibylles de la façade centrale.

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La façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. La Sibylle Tiburtine tenant la main coupée .

Elle préfigure le soufflet reçu par le Christ lors de sa Passion. Elle est entourée de six étoiles.

 La coiffure est ici ce bandeau passé à l'arrière de la nuque qu'on retrouve si souvent en statuaire religieuse du Finistère, notamment sous le ciseau de Bastien Prigent dans ses statues de Marie-Madeleine. (Pour le distinguer des autres bandeaux, je l'affuble du surnom de "chouchou" ce qui me permet une recherche iconographique plus facile dans mon blog.)

Des vêtements, je retiens surtout la découpe à trois pointes de l'étoffe sous la ceinture et sous le bracelet de bras. À Brennilis, c'est la Sibylle Agrippa qui présente de telles indentations en feuilles sous sa ceinture et son devant de tablier.

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La Sibylle de Tibur, façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Tibur, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle de Tibur, façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Tibur, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3 bis. L'organiste. L'Ouïe, ou La Musique.

 

Il s'agit d'une organiste, puisque la musicienne porte un voile à l'arrière de cette sorte de turban aux spires d'étoffe plissées qui font fureur parmi les Sibylles roscovites. Sa tête se superpose sur un soleil aux doubles rangs de rayons, qui peut être interprété comme un nimbe. Dès lors, il est judicieux d'y voir la figure de sainte Cécile, patronne des musiciens, parfaitement à sa place sur cette tribune d'orgue. On retrouve sur ses vêtements les crénelures des manches et de la ceinture notés chez la Sibylle de Tibur.

La sainte joue peut-être d'un orgue positif de chœur, si on en juge par le soufflet représenté à gauche (on distingue l'orgue portatif, joué d'une seule main, l'orgue positif de table et de chœur, et l'orgue de tribune).

Les représentations de sainte Cécile jouant de l'orgue  sont fréquentes, comme sur la terre-cuite de la cathédrale du Mans, datant de 1633.  

C'est l'occasion de parler de l'orgue de Roscoff :

Selon Castel et Bardedor 1985, la tribune d'orgue est  datée de  1606,  vestige d'un ancien orgue construit vers 1610 par John Bourne et réparé par Olivier de La Motte en 1624 ; l'orgue actuel a été construit entre 1649 et 1650 par Thomas Harrisson et Robert Dallam, le buffet exécuté par le menuisier Yves Richard en 1649. En 1649,  le menuisier Jean Malgorn  ajouta  deux panneaux à la tribune.   Florentin Grimont procède au relevage en 1786 et répare 873 tuyaux, l'orgue a alors 13 jeux distincts ; en 1811, Joseph Gardet répare les soufflets ; en 1840, lors de la restauration par Herland, l'orgue a 14 jeux distincts ; instrument par Clauss en 1887. L'électrification de la soufflerie par Gloton survint en 1926 ; installation d'une machine Barker en 1930 ; dernière restauration en 1980 ou 1985 par Jean Renaud. 

Il est doté de 2 claviers ; 56 notes ; go : bourdon 16 ; salicional 8 (1930) ; montre 8 ; bourdon 8 ; prestant 4 ; octavin 2 ; cornet V (1930) ; récit : quintaton 8 ; flûte harmonique 8 ; voix Céleste ; gambe 8 ; flûte octaviante 4 ; trompette 8 ; basson ; haut bois 8 ; pédalier 30 notes : bourdon 16 (du go) ; Dolce 8 (1930) ; console séparée, l'organiste a le dos à l'orgue ; Barker au go (1930) ; copula II. I, tirasse II. I. Voir aussi ici.

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L'organiste,  façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'organiste, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. La Sibylle de Delphes tenant une couronne tressée. Le chronogramme 1606.

La Sibylle Delphique ou Pythie annonce ainsi le Couronnement d'épines du Christ lors de sa Passion. Elle tient la couronne par l'intermédiaire d'un linge, comme cela se faisait pour la relique de la Couronne conservée dans le reliquaire de la Sainte-Chapelle, et comme cela se voit sur les statues de saint Louis.

Elle porte un voile retenu par un bourrelet semblable à celui de ses consœurs, mais ce voile est sommé par un pompon d'où s'échappe deux longs rubans. La robe plissée serrée par une ceinture a une encolure ajustée, sous laquelle un dessin en V laisse imaginer une broderie en chaînons. Un pan de la robe est retenu au dessus de la chaussure gauche par une pince munie d'un gland. Mais le plus notable est la cordelière médiane qui porte six roses et un gland. 

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La Sibylle de Delphes, façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Delphes, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle de Delphes, façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Delphes, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le chronogramme 1606 est précieux, car la plupart des autres séries de Sibylles du Finistère ne sont datées que par estimation. Cette date nous place sous le règne de Henri IV, lequel a signé l'Édit de Nantes en 1598. Les guerres de  la Ligue liées à la révolte du Duc de Mercœur en Bretagne, s'achèvent également en 1598. 

 

 "Après les guerres de religion, Morlaix profite pleinement de l'apogée du commerce de la toile de lin au XVIIe siècle. La ville est le principal port d'exportation des toiles de lin de Basse-Bretagne vers l'Angleterre et de nombreux marchands britanniques s'installent sur ses quais. Il exporte aussi du papier produit également dans son arrière-pays et importe principalement du vin. Mais le trafic a déjà tendance à migrer en direction de ses avants-ports, Saint-Pol-de-Léon et surtout Roscoff ." ("Morlaix", Wikipédia)

Attirés par cette prospérité, des fabricants d'orgues anglais traversèrent la Manche pour exercer leur art en Bretagne. John Bourne fut le premier, et aurait œuvré non seulement à Roscoff, mais aussi à Quimper en 1610 (Stephen Bicknel) et ? pour l'église Sainte-Melaine de Morlaix en 1613 (BIOS). Il fut suivi par Thomas Alport vers 1640, avant l'ère des Thomas Dallam (Lesneven 1654, Crozon, Le Faou, Ergué-Gabéric, Guimiliau, Morlaix, Pleyben, etc..) et du gendreThomas Harrison  (Roscoff, etc).

 

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5. La Sibylle Persique tenant une lanterne et écrasant le serpent.

Elle annonce l'avènement du Christ, Lumière pour l'Humanité déchue et Victoire sur le Péché (serpent).

Elle porte un voile maintenu par un bandeau de grosses perles.

La Sibylle de Perse,  façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Perse, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle de Perse,  façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Perse, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Perse,  façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Perse, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5 bis. Femme éduquant un faucon et écrasant une tortue du pied. Au loin, un bateau de pêche et ses filets.

La femme est coiffée, comme la Sibylle de Tibur, ou la Femme goûtant des fruits, du bandeau derrière la nuque en "chouchou". En position de chevalier servant, elle apprend à un faucon à venir chercher sa pâtée, en dressant l'index droit. Devant elle, un soleil. Sous son pied, une tortue. La scène se passe au bord de la mer, et un bateau de pêche est figuré, filets relevés sur le plat-bord.

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Femme éduquant un faucon,  façade centrale  de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Femme éduquant un faucon, façade centrale de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les deux Sibylles du pan coupé nord.

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Les deux Sibylles du pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les deux Sibylles du pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6. La Sibylle Agrippa tenant le fouet.

Elle a, par ses vaticinations, annoncé la Flagellation du Christ lors de sa Passion.

Elle porte un bonnet sur des cheveux longs et bouclés.

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La Sibylle Agrippa,  pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle Agrippa, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle Agrippa,  pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle Agrippa, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6 bis. Le musicien de luth devant un cerf. L'Ouïe (2) ?

Le musicien joue une sorte de luth étroit, en forme de demi-poire comme la mandoline, mais sans ouïes visibles ni rosace décorative, à cinq cordes, à cheviller formant un angle de 75° avec le manche. Les chevilles ne sont pas visibles mais la main gauche du joueur semble régler la tension d'une cheville. Un livre (de partition) est ouvert à ses pieds.

Un cerf est agenouillé devant lui et semble envoûté  par la musique.

Trois autres instruments sont visibles : un violon ou une viole (aux ouïes hautes, au dessus des éclisses), et une trompette Renaissance, plutôt qu'un "serpent" comme le suggère un commentateur. Et, "en bas de tout", comme on dit dans le pays, un cornet à bouquin

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Le musicien jouant du luth devant un cerf,  pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le musicien jouant du luth devant un cerf, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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7. La Sibylle Hellespontique tenant une croix.

Elle annonce bien-sûr la Crucifixion.

Elle porte la même ceinture aux sept roses  que la Sibylle de Delphes, sur une châle au bord frangé en bas, et découpé en pointes sur les épaules. 

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 La Sibylle de l'Hellespont, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de l'Hellespont, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle de l'Hellespont, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de l'Hellespont, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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7 bis. Femme se regardant dans un miroir, sous la lune, avec un aigle. La Vue ?

Sous la lune, mais aussi sous un arbre, madame la coquette s'admire dans son miroir. Mais que fait ici cet aigle aux ailes éployées ?

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La coquette au miroir, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La coquette au miroir, pan coupé nord de la tribune de l'orgue (1606), église Notre-Dame de Croas-Batz. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), Les 70 Sibylles du Finistère, en ligne, Société Archéologique du Finistère http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles

CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201

CASTEL (Yves-Pascal), BARBEDOR (Isabelle), 1985, Notice de la base Palissy :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_6=REPR&VALUE_6=SIBYLLE%20CIMMERIENNE&NUMBER=5&GRP=0&REQ=%28%28SIBYLLE%20CIMMERIENNE%29%20%3aREPR%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

COUFFON (René), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de ROSCOFF,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 29 juillet 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1015.

— FEUTREN (Jean), 1968,  "Les Orgues à Roscoff", article du Bulletin paroissial La voix de Sainte-Barbe, n°225,  juillet-août -septembre  et n° 226

http://www.roscoff-quotidien.eu/histoire-bulletin-paroissial-225.htm

http://www.roscoff-quotidien.eu/histoire-bulletin-paroissial-226.htm

http://www.roscoff-quotidien.eu/histoire-bulletin-paroissial-227.htm

— GUERET (Jean-Claude), 1983, "L'orgue de Roscoff, de 1609 à 1984", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.

— LECLERC (GUY), 1996, Les enclos de Dieu, édition Jean-Paul Guisserot, 141 p. 

https://books.google.fr/books?id=jr0qsPpgWpkC&pg=PA30&lpg=PA30&dq=sibylles+roscoff&source=bl&ots=1tEkVYnmFR&sig=m17DdO2WOltTZ1dfh-jJ0KMzUsk&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiZgNSiiK7VAhXJ1BoKHXdkB6wQ6AEIOTAE#v=onepage&q=sibylles%20roscoff&f=false


— PÉRÉNNES (Henri), 1939, Roscoff, perle du Léon, http://www.roscoff-quotidien.eu/roscoff-perle-leon.htm

 

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Published by jean-yves cordier
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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 15:20

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le chœur et le haut de la nef. Sablières et  blochets.

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Voir aussi :

— Sur les sablières et sculptures du Maître de Pleyben :

 

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— Et sur les sablières bretonnes :

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Cet article prolonge les trois articles étudiant les sculptures de la charpente de la croisée du transept, du transept sud et nord de l'église de Pleyben : j'attaque in medias res, en renvoyant le lecteur aux liens placées en introduction.

Les sablières des bras du transept, avec leurs seize cartouches dont sept à motifs religieux liés  à la Passion ou à la Vie de Jésus sont complétées, sur l'axe orthogonal, par  deux sablières du chœur et deux sablières de la nef, dans lesquelles on reconnaît le style et le programme iconographique du Maître de Pleyben, mais aussi la frise distinctive. Ce sont :

Dans le chœur :

  • La sablière de la Sainte-Face présentée par deux anges, à droite.
  • Le cuir découpé des Cinq Plaies du Christ, à gauche.

Dans la nef :

  • La sablière du Paysan écrasé par son attelage, à droite.
  • Le blochet de Sonneur de Cornemuse, à droite.
  • Le cuir découpé du Cadavre dévoré par les vers, à gauche,
  • Le blochet du Jeune homme lisant, à gauche,

Enfin, au fond de la nef, cachée par le buffet d'orgue, du coté sud, une sablière est à joindre à ce corpus :

  • Le Cuir découpé de la Sainte-Face présentée par deux anges.

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LES SABLIÈRES ET BLOCHETS DU CHŒUR.

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1°) Du coté sud : le Voile de la Sainte-Face.

a) la frise :  comme sur les bras du transept, elle associe en ses rinceaux des grappes ou des épis, des feuilles lancéolées ou sagittées, ou les quatre proéminence du  fond d'une courge.

b) Ce sont, comme pour la majorité des sujets religieux, des anges allongés comme s'ils volaient, tenant d'une main le linge blanc qui va présenté le motif, et tendant l'index, soit vers celui-ci, soit vers l'extérieur. On y retrouve les caractéristiques propres à l'atelier du Maître sculpteur, dont les plus évidentes sont la chevelure ramassée en sept boules chocolat,  les manches bouffantes,  les graciles bras nus,  le regard franc, la tunique courte cintrée au dessus d'une partie libre gondolée, ou le pliage régulier du linge avant qu'il ne se concentre dans la main. Ou bien ce coup de vent qui emporte vers l'extérieur la longue robe, et les deux jambes.

c) Le cartouche : pas de cuir découpé ici, mais le linge qui servait, sur les autres sablières, de moyen de suspension et qui forme ici un fond blanc ourlé d'or dont on ne peut dire si il s'agit du Voile de Véronique,  ou simplement d'un écrin pour la Sainte-Face.

d) le motif. Il s'agit de la tête couronnée d'épine du Christ, très différente de son équivalent  olympien de la chapelle de Kerjean : les cheveux longs en mèches épaisses et la barbe encadrent une face pathétique, mais dont le nez long et étroit, ou les sourcils en arc sont propres au style du  Maître.

Le motif est présent en doublon à Pleyben, sur les sablières de Saint-Divy et sur celles de Kerjean, où il orne aussi le nœud central d'un entrait. 

 

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Sablière de la Sainte-Face,  coté sud du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sablière de la Sainte-Face, coté sud du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Sablière de la Sainte-Face,  coté sud du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sablière de la Sainte-Face, coté sud du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Sablière de la Sainte-Face,  coté sud du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sablière de la Sainte-Face, coté sud du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Au passage : un ange sculpté dans le chœur.

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Un ange,  coté sud du chœur, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Un ange, coté sud du chœur, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Et une statue d'une sainte femme (la Vierge sans-doute) aux épaules couverte par une chape bleue.

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Blochet du coté sud du chœur, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet du coté sud du chœur, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2°) Le coté nord du chœur. Les Cinq Plaies.

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a) la frise : différente (restaurée ?) des autres, elle associe un masque et des volutes.

b)  Les anges présentateurs. Ils sont parfaitement semblables aux anges les plus archétypaux du Maître, et on identifie au premier  coup d'œil les manches élargies en cloches d'où émergent des bras et avant-bras nus et maigres aux coudes globuleux. Ou leurs pieds patauds qui s'appuient sur le montant vertical, ou leur façon d'empoigner les rubans qui suspendent les cuirs, ou bien, ou bien...

c) le cartouche : comme tous ceux de Pleyben, qui diffèrent en cela de ceux, très sophistiqués, de Kerjean, celui-ci est un simple cadre rectangulaire mouluré vert, posé sur le cuir découpé à enroulement blanc muni de quatre œillets par où se faufilent les rubans verts.

d) le motif : c'est celui des Stigmates, ou Cinq Plaies du Crucifié. Au centre, le cœur transpercé. De chaque coté, les pieds et les mains avec la marque ensanglantée des clous. Ce motif existe aussi à Pleyben dans le transept sud, à Kerjean dans le chevet, 

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Sablière des Cinq Plaies,  coté nord du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sablière des Cinq Plaies, coté nord du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Sablière des Cinq Plaies,  coté nord du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sablière des Cinq Plaies, coté nord du chœur par le Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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II. LES SABLIÈRES ET BLOCHETS DU HAUT DE LA NEF.

 

Pour suivre un parcours cohérent, je passe du nord du chœur au nord de la nef.

1°) Le coté nord de la nef, après son dernier entrait.

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Le coté nord du haut de la nef, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le coté nord du haut de la nef, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir découpé au Cadavre dévoré par les vers.

a) la frise : nous retrouvons les feuilles sagittées et lancéolées, les épis et les grappes, et les courges à quatre sections.

b) les personnages présentateurs : pour ce motif sérieux mais non religieux, l'artiste a chois de faire figurer deux hommes. L'un, accroupi,  est nu ; il porte une main derrière la tête et présente le cartouche en s'en écartant. L'autre, aux allures d'acrobate, porte, depuis l'intervention d'un Braghettone breton du XIXe, un short bleu. Il se détourne du cartouche, et, tenant sa tête d'un air horrifié, s'enfuit à toutes jambes.

c) le cuir découpé. C'est encore le sempiternel cadre rectangulaire mouluré, posé sur une peau de cuir qui ne déploie son enroulement que sur le bord supérieur. Quelle indigence de créativité !

d) Le motif. Un cadavre, dont rien ne permettrait de préciser le sexe, si ce n'étaient les deux masses de cheveux descendant en mèches le long de la tête, alors que le front et le vertex sont glabres. Donc, une femme, avec ses sourcils arqués et ses lèvres peintes , avec sa peau dont la blancheur est accentuée par la pâleur cadavérique, mais dont le décès n'est pas récent puisque sa poitrine est décharnée. Une femme riche peut-être,  puisque le linceul qui drape son bassin est orné d'un galon d'or.

 

La mort est rendue hideuse par le contraste entre l'apparente conservation du corps et la présence de deux vers, aux pattes de reptiles, à la queue de serpent et à la tête de dragon, qui rampent depuis les jambes et pénètrent par l'abdomen pour surgir sous l'aisselle et au dessus de la clavicule gauche. Pouah !

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Cet art du Memento mori, "Souviens-toi que tu es mortel", cherche à convaincre le fidèle, non pas de profiter au mieux de la vie, mais de redouter que l'échéance fatale ne le surprenne en état de péché : c'est une exhortation à la conversion, à la rectitude morale et à la pratique rigoureuse des préceptes de l'Église. Si elle n'est pas récente, elle s'est exacerbée en Bretagne avec les épidémies, les guerres (Guerre de religion 1562-1598), et surtout la construction d'ossuaires dans lesquels les ossements qui ne trouvaient plus place sous les dalles des églises ou dans les cimetières furent rassemblés. L'ossuaire de Pleyben date de 1560, moins de dix ans avant ces sablières. Mais la date de celles-ci (1571) indiquée dans le transept nord peut aussi être rapprochée de la date de parution du Mirouer de la Mort, imprimé à Morlaix en 1575, et rédigé en 1519 par Jehan Larcher. 

Le titre exact en est : "Le Mirouer de la Mort en Breton, auquel doctement et Devotement est trecté des quatre fins de l'home : c'est à scavoyr de la Mort, du dernier Jugement, du très-sacré Paradis : et de l'horible Prison de L'enfer et ses infinis tourments." Au-dessous viennent les deux vers suivants 

En Marv, en Barn, en Iffern, yen, preder map den, ha na enoe, - Ha nepret nep lech ne pechy, gat laquat da spy en ty Doe.

"A la mort au jugement, à l'enfer froid, pense, fils de l'homme, et ne te lasse point. — Et jamais nulle part tu ne pécheras, si tu mets ton espoir dans la maison de Dieu".

Puis vient une gravure sur bois figurant un crâne humain serrant un tibia entre ses mâchoires, avec l'inscription "Mire toi là, Fils".

Dans le même esprit, dans l'église de Pleyben, nous avons vu dans le transept nord le blochet présentant aux fidèles une tête de mort. Crâne qui se retrouve sur les sablières de la nef, entourée d'une couronne.

On pourrait aussi se référer aux multiples représentations de l'Ankou, squelette grimaçant armé d'une lance, à Brasparts,  La Martyre (1619), Landivisiau, Lannédern, La Roche-Maurice ou Ploudiry par exemple.

Mais on ne trouve nulle part en Finistère une représentation si naturaliste de la mort.

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 Le cuir découpé au Cadavre dévoré par les vers par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir découpé au Cadavre dévoré par les vers par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir découpé au Cadavre dévoré par les vers par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir découpé au Cadavre dévoré par les vers par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir découpé au Cadavre dévoré par les vers par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir découpé au Cadavre dévoré par les vers par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blochet : Un homme jeune tenant un livre.

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Le livre porte (dans une inscription récente bien-sûr) sur la page de gauche Notre père qui êtes aux cieux, et sur la page de droite Je crois en Dieu le père tout puissant.

Les sablières suivantes, reconnaissables par une frise en ove répétitive, sortent d'un autre atelier. Il faut traverser la nef et passer du coté sud pour retrouver la production du Maître de Pleyben.

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Le blochet : Un homme jeune tenant un livre,  par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le blochet : Un homme jeune tenant un livre, par le Maître de Pleyben (vers 1571), coté nord du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2°) Le coté sud de la nef, après son dernier entrait.

Après la statue de l'évangéliste Matthieu, qui marque l'angle de la croisée du transept, vient une sablière où se reconnaît une scène de labourage. Pourquoi fait-elle face au tableau macabre placé coté nord ?

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Sablières du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sablières du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La sablière de La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage .

a) la frise : on y reconnaît les mêmes feuilles, légumes et épis que sur toutes les sablières du Maître de Pleyben : nous sommes encore sur le même corpus.

b) Ni personnages présentateurs, ni cartouche. Manque de place ?

c) Le motif. Après avoir observé les sablières de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (Plomodiern), il est facile de reconnaître l'épisode de la mort accidentelle du paysan écrase par son attelage, qui côtoyait, là-bas, la Fuite en Égypte.  Car la victime, étendue visage épouvanté tourné vers le ciel,  était plus facilement identifiable. Ici, c'est par analogie que l'on comprend que l'homme qui lève les bras juste derrière les chevaux a les jambes écrasées par la roue de la charrue, coincé entre le palonnier et la roue, et que son collègue assiste au drame en témoignant de son impuissance par ses bras écartés. Cet accident a peut-être été causé par l'étourderie du chef d'attelage, qui, au lieu de regarder ce qu'il fait, s'est retourné vers l'arrière pour observer dans le ciel quelque chose (mais certainement pas le blochet, qui n'appartient pas à ce récit).

L'attelage à trois chevaux  qui a été choisi associe deux chevaux de front, et le troisième devant les deux autres. Ce dernier, "qui marche dans la raie", et qui est trop éloigné pour être accessible au fouet du conducteur, n'est pas placé entre les deux chevaux noirs, mais sur le coté droit. 

Les chevaux sont attelés grâce à un collier d'épaule. Ils n'ont pas de mors.

La charrue à roue.

Les parties métalliques sont peintes en gris anthracite. La charrue se compose du "coultre tranchant" qui ouvre la terre et coupe verticalement la tranche à renverser, frayant le chemin au soc. La bande de terre est alors tranchée par l'aile du soc, qui casse les tiges, puis basculée vers la droite par le versoir. La charrue est guidée par deux mancherons (comme à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom) ou par un seul (comme ici). Le laboureur appuie dessus pour faire pénétrer le soc. Coultre et soc sont réunis à l'age, ou perche

Le sillon, tranchée ouverte dans le sol par la charrue, se nomme "raie". Et on nomme "guéret" la partie non encore labourée.

 

On distingue dans l'avant-train des charrues la roue de raie et la roue de guéret . La première roulait dans la raie, la seconde sur la terre non encore fraîchement labourée, c'est-à-dire sur l'ancien guéret. 

 Il reste quelque chose à comprendre. Les trois chevaux ont au moins une patte posée sur un élément architectural polygonal grisâtre (qui n'existe pas à Plomodiern). Le cheval de tête, qui a franchi cet obstacle, s'est emballé. Le cheval noir redresse la tête et semble hennir. 

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Le chanoine Abgrall avait indiqué, dans son analyse de cette scène à Sainte-Marie-du Ménez-Hom,, placée à coté de la Fuite en Égypte,  "La tradition du pays dit que c'est la traduction d'une légende d'après laquelle ces gens, labourant leur champ, se seraient moqués de la Sainte Vierge et de saint Joseph fuyant en Égypte, et auraient été punis sur le coup et blessés par leur chevaux pris d'une terreur panique.". Mais cette explication, suscitée sans-doute a posteriori aux habitants par la proximité des deux motifs, ne tient plus à Pleyben, où la Fuite en Égypte n'est pas représentée. D'autre part, cette tradition locale n'a jamais été confirmée par une autre source. 

A défaut de comprendre avec exactitude à quel récit ou quelle fable morale fait allusion ces deux scènes, je propose d'y voir l'illustration de la "mort accidentelle", telle qu'elle peut survenir pour frapper n'importe qui, menaçant d'emporter en Enfer un paroissien  de Pleyben (en majorité des agriculteurs) s'il n'est en règle avec les exigences de l'Église. 

 

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La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage,    sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571)  du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage, sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage , sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage , sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage , sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage , sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage , sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage , sablière par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blochet : le sonneur de cornemuse.

Le Maître de Pleyben a sculpté quatre sonneurs de cornemuse : un about de poinçon à la chapelle de Kerjean , un blochet à l'église de saint-Divy, un about de poinçon de la voûte de la croisée du transept de Pleyben, et ce blochet.

Celui-ci est le plus spectaculaire, par sa taille, sa conservation, sa restauration et sa polychromie. 

Dans son Iconographie de la cornemuse, Jean-Luc Matte indique seulement : "1 bourdon d'épaule dont il ne reste que la souche". 

http://jeanluc.matte.free.fr/fichpr/pleybsab.htm

On peut remarquer aussi que le sac est tenu sous le coude droit, à la différence des trois autres sonneurs (et des documents photographiques de sonneurs) et  que le pavillon du hautbois est intact.

Mais c'est le costume du musicien qui est le plus intéressant peut-être, ainsi que sa posture. Il est coiffé d'un bonnet, hélas mal visible du sol. Le visage est typique du Maître, avec sa forme triangulaire, ses sourcils en arc, ses yeux larges et francs, et surtout son nez long, fin en étroite pyramide avant de s'élargir en deux narines en V. Le costume associe un gilet sans manches, comme la chupenn bretonne, fendu par devant, au dessus d'une tunique plissée qui tombe au dessus des genoux, et d'un bragou braz bouffant et plissé. Le gilet et le pourpoint sont ourlés d'or. Les deux détails remarquables sont les poignets de chemise blanche qui sont plissés en fraise,  et bien-sûr les rubans dorés noués par une rosette sous les genoux. Si on examine attentivement ces rubans, on voit qu'ils servent à maintenir des guêtres de tissu fin que l'on suit jusqu'aux souliers noirs. 

Ce costume est proche des costumes bretons traditionnels des sonneurs, tels qu'on les découvre sur les images en ligne.

Enfin, la position sous les  jambes croisés en X, des pieds, parallèles et tournés vers la gauche, évoque un pas de danse, même si l'un des buts de cette posture est de répondre aux contraintes de la sculpture d'une pièce de bois, en moyen relief dans la partie basse.

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Le sonneur de cornemuse, blochet par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le sonneur de cornemuse, blochet par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le joueur de cornemuse de Kerjean par le Maître de Pleyben (photo lavieb-aile)

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Le joueur de cornemuse de Saint-Divy par le Maître de Pleyben (photo lavieb-aile)

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Le joueur de cornemuse de l'about de poinçon de Pleyben (photo lavieb-aile)

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Le sonneur de cornemuse, blochet par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le sonneur de cornemuse, blochet par le Maître de Pleyben (vers 1571) du coté sud du haut de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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III. LA SABLIÈRE DU  FOND DE LA NEF, BAS-COTÉ SUD.

La présentation de la Sainte-Face par deux anges.

Je ne m'étendrai pas sur ce motif, déjà présent sur le coté sud du chœur, mais l'existence de ce doublon devait être signalée.

 

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La présentation de la Sainte-Face par deux anges. sablière par le Maître de Pleyben du bas-coté sud  de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La présentation de la Sainte-Face par deux anges. sablière par le Maître de Pleyben du bas-coté sud de la nef de l' église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

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1°) Les cartouches et cuirs découpés.

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Le premier volume des plus excellents bastiments de France : Le Louvre, Vincennes, Chambord, château de Madrid (Philibert Delorme 1548-1559), Covussi, Folambray, Montargis, La Muette, Saint-Germain, Creil, Vallery, Verneuil, Ancy-le-Franc, Gaillon, Manne.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10411354/f45.image

Le second volume : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3137097/f12.image

Blois, Amboise, Fontainebleau, Villiers, Charleval, Les Tuileries, St-Mort, Chenonceau, Chantilly, Anet, Ecouen, Challueau, Dampierre, Beauregard, Bury.

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), s.d, Termes et cariatides, 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-4R85BIndex.asp

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1542 et 1545] Grands cartouches,  [20] pl., Eau forte ; 38 cm [S.l.], [s.n.] 2 suites sans titre ni inscription. 7 des 20 planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées vers 1542-1543.

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1807/?offset=#page=5&viewer=picture

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1545 et 1547] Petits cartouches de Fontainebleau,  [31] pl., Eau forte ; 26 cm, [S.l.], [s.n.]Suite sans titre d'ornements inspirés par l'art de Fontainebleau et destinés à servir de modèles. Certaines planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées entre 1542 et 1545 ; D'autres figurent déjà dans la première ou la seconde suite des grands compartiments

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1801/?offset=#page=5&viewer=picture

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40564725t

— DIETTERLIN (Wendel), 1598, Architectura, Nuremberg.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

— FLORIS (Cornelis II de Vriendt ,dit) 1556, Veelderley Veranderinghe van grottisen  avec HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

https://collections.vam.ac.uk/item/O977184/veelderley-veranderinghe-van-grotissen-ende-engraving-floris-cornelis-ii/

https://www.nationalgalleries.org/art-and-artists/60572/plate-veelderley-veranderinhe-van-grottissen-ende-compartimenten-design-fantastic-fountain-published

— FLORIS (Cornelis), 1557, Veelderley Niewe Inuentien,  HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

— VREDEMAN DE VRIES (Hans), 1557 Architectura ou batiments prins de Vitruve, Anvers,  

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

 

 

2°) Sur l'église de Pleyben :

ABGRALL, Jean-Marie (1892), Pleyben. Eglise, calvaire, ossuaire, chapelle Notre-Dame de Lannélec Bulletin dee la Société archéologique du Finistère pages 55-72

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207622m/f136.item

COUFFON (René), 1988, Notice sur Pleyben

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ; préf. d'Alain Croix, Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. 

— LECLERC (GUY), 1996, Les enclos de Dieu, édition Jean-Paul Guisserot, 141 p. 

— LECLERC (Guy), 2007, Pleyben, son enclos et ses chapelles, éditions Jean-Paul Guisserot, 31 pages pages 18 et 19.

https://books.google.fr/books?id=hWctwxQfyhgC&pg=PA18&lpg=PA18&dq=sibylles+pleyben&source=bl&ots=kzc-VMkVBx&sig=29B6LVXN1nHu2s5hEpHEt3en1vA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiI596WxpfVAhXH2xoKHQ5WDd4Q6AEIQjAF#v=onepage&q=sibylles%20pleyben&f=false

LE FLOCH (Jean-Claude), Pleyben : l'ensemble de sablières sculptées.

http://www.mairiepleyben.fr/joomla-mairie/images/stories/documents/docs_historiques/sablires.pdf

— Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Enclos_paroissial_de_Pleyben

Infobretagne : http://www.infobretagne.com/pleyben-eglise-sablieres.htm

LECLERC (Guy), 2007, Pleyben, son enclos et ses chapelles, éditions Jean-Paul Guisserot, 31 pages pages 18 et 19.

https://books.google.fr/books?id=hWctwxQfyhgC&pg=PA18&lpg=PA18&dq=sibylles+pleyben&source=bl&ots=kzc-VMkVBx&sig=29B6LVXN1nHu2s5hEpHEt3en1vA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiI596WxpfVAhXH2xoKHQ5WDd4Q6AEIQjAF#v=onepage&q=sibylles%20pleyben&f=false

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Enclos_paroissial_de_Pleyben

 

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Published by jean-yves cordier - dans Pleyben Sablières
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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 21:49

 

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le transept nord. Sablières, blochets et entraits.

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Voir aussi :

— Sur les sablières du Maître de Pleyben :

 

 

 

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— Et sur les sablières bretonnes :

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Présentation générale : voir mon article sur les sablières du transept sud. Comme pour ce dernier, je débute par l'angle de la croisée du transept proche du chœur, c'est à dire ici à gauche de la statue de l'évangéliste saint Marc, et j'étudie pour chaque sablière la frise inférieure, les personnages présentant le cartouche de cuir découpé, et enfin le motif principal.

Nous trouverons successivement :

— sur le coté oriental au dessus du retable (quatre cartouches) :

  • Le cuir découpé de La Trahison de Judas face au grand prêtre au pied de la Croix.
  • Un blochet : jeune homme tenant un bâton.
  • Le cuir découpé de La femme montrant un livre et tenant un rouleau de papier.
  • Le premier entrait à engoulant.
  • Le cuir découpé du Couple autour d'un cœur.
  • Le second entrait à engoulant.
  • Les cuirs au chronogramme 1571.
  • Le blochet d'un Homme tenant une couronne d'épines.

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— sur le coté occidental (quatre cartouches):

  • Le blochet de la Femme tenant un objet (brisé).
  • Le cuir découpé à l'objet brisé, présenté par quatre oiseaux.
  • Le second entrait à engoulant, aux armoiries de Mgr Sergent.
  • Le cuir découpé de Deux personnages couchés tenant un cuir.
  • Le premier entrait à engoulant, aux armoiries de Pie IX.
  • Le cartouche du Nain vert tenant un poireau.
  • Le blochet d'un Personnage présentant un crâne.
  • Le cuir découpé des Soldats jouant aux dés la Tunique du Christ.

... avant d'arriver à l'angle de la croisée du transept, avec la statue de l'évangéliste Jean.

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La voûte du transept nord et sa charpente, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La voûte du transept nord et sa charpente, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le transept nord. Sablières, blochets et entraits.

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La voûte du transept nord et sa charpente, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La voûte du transept nord et sa charpente, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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I. LE COTÉ ORIENTAL.

 

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Les sablières du coté oriental du transept nord, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les sablières du coté oriental du transept nord, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1. De l'évangéliste Marc au premier entrait.

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Les sablières du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les sablières du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir découpé  Le Remord ou la Trahison de Judas, face au grand prêtre au pied de la Croix.

a) la frise : inspirée des guirlandes Renaissance, elle alterne des grappes de fruits ou des épis de grains avec des feuilles lancéolées et la partie distale d'un légume charnu, à quatre lobes souvent centrés par un bouton. 

b) Les anges présentateurs du cuir.

Ils sont les pendants de leurs homologues de la première sablière du transept sud, dont le premier tenait un clou et portait une écharpe blanche,  et le second une trompette. Ici, l'objet tenu par le premier ange est moins facile à identifier, et le second ne tient pas de trompette, mais désigne la scène centrale de l'index. Autre différence, les anges tiennent le cuir en s'éloignant de lui. Mais on retrouve toutes les spécificités des anges du Maître. En sixième année, vous êtes censés les connaître sur le bout des doigts.

c) Le cuir découpé : il s'agit plutôt d' un cadre rectangulaire mouluré, posé, comme un objet indépendant, sur deux cuirs à enroulements blancs à bords dorés, par les oreilles desquels passent les deux brins du linge blanc tendu par les anges. 

d) Le motif :

La traverse d'une croix en T s'intègre au cadre, dans une indistinction du cadre et du motif très habituelle au Baroque : le Monde est un théâtre, nous en sommes les acteurs et les spectateurs, rêveurs éveillés sur une scène qui se confond avec la salle.

A la base de cette croix sont plantés trois clous : c'est la Croix de la Passion, comme le confirme la couronne d'épines, celle qui fut posée sur la tête du Christ en dérision de sa royauté.

Comme deux marionnettes de guignol, deux personnages semblent s'interpeller en s'accoudant à leur fenêtre. L'un est le grand prêtre du Temple de Jérusalem, Caïphe, ou du moins l'un des "chefs des prêtres", et l'autre est Judas Iscariote tenant un sac rempli de pièces : les fameux "trente deniers" :

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"Alors, l’un des Douze, celui qui s’appelait Judas Iscariot, se rendit auprès des chefs des prêtres pour leur demander: Si je me charge de vous livrer Jésus, quelle somme me donnerez-vous? Ils lui versèrent trente pièces d’argent." (Matthieu 26:14-15)

...

"En voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait trahi, fut pris de remords: il alla rapporter aux chefs des prêtres et aux responsables du peuple les trente pièces d’argent et leur dit: J’ai péché en livrant un innocent à la mort!

Mais ils lui répliquèrent: Que nous importe? Cela te regarde! Judas jeta les pièces d’argent dans le Temple, partit, et alla se pendre. Les chefs des prêtres ramassèrent l’argent et déclarèrent: On n’a pas le droit de verser cette somme dans le trésor du Temple, car c’est le prix du sang. Ils tinrent donc conseil et décidèrent d’acquérir, avec cet argent, le «Champ-du-Potier» et d’en faire un cimetière pour les étrangers. Voilà pourquoi ce terrain s’appelle encore de nos jours «le champ du sang». Ainsi s’accomplit la parole du prophète Jérémie: Ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix auquel les descendants d’Israël l’ont estimé, et ils les ont données pour acheter le champ du potier, comme le Seigneur me l’avait ordonné." (Matthieu 27 : 3-10)

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Puisque Judas et Caïphe se trouvent de part et d'autre de la Croix, il est logique de penser que c'est le Remords de Judas, et non sa Trahison, qui est représentée, mais on peut aussi voir la composition comme une accusation dénonçant la cupidité du disciple de Jésus et l'implication des chefs Juifs et les présentant comme les responsables de sa mort. Alors que la première sablière du transept sud dénonçait la responsabilité de Pilate.

Cette scène est également représentée sur les sablières du chœur de Roscoff, alors que celles de l'église de Saint-Divy comporte le motif de la Croix et de la Couronne, encadrée par l'aiguière et le bassin du lavement de main de Pilate.

 

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 Judas face au grand prêtre au pied de la Croix, première sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Judas face au grand prêtre au pied de la Croix, première sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 Judas face au grand prêtre au pied de la Croix, première sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Judas face au grand prêtre au pied de la Croix, première sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blochet : un homme jeune tenant un bâton (et un objet brisé dans la main gauche).

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Blochet du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Entre le blochet et l'entrait :

Cuir découpé de La femme montrant un livre et tenant un rouleau de papier.

C'est une femme puisqu'on discerne une coiffe au dessus de cheveux ramassés sur les cotés. Mais que veut-elle dire en tendant l'index droit sur la page de son livre, et en brandissant un codex ? "C'était écrit là " ? .

La femme montrant un livre et tenant un rouleau de papier,  sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La femme montrant un livre et tenant un rouleau de papier, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Du premier au second entrait.

Le premier entrait à engoulant.

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Le cuir découpé du Couple autour d'un cœur.

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Le  Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le  Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir est encadré par un groupe de deux personnages. Nous voici devant le premier personnage du groupe de droite : c'est une femme qui fait face au spectateur et lui sourit. Elle est richement vêtue d'un manteau bleu clair à manches courtes et d'une robe blanche, usant avec largesse des  galons or.  

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Le  Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Cette voisine est couchée sur le coté et tient de la main gauche un livre ouvert, qu'elle désigne de l'index. 

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Le  Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le couple apparaît dans des niches dorées comme à la fenêtre de leur demeure. Lui est coiffé d'un chapeau rond, peu éloigné d'une barrette. Ses deux mains sont posées sur des tablettes noires. Au centre, un cœur vermillon blessé de trois entailles en losange. Elle est accoudée à une tablette, et tient un objet cylindrique brun. Sa coiffure, élaborée, demande à être décryptée.

La signification exacte de cette scène m'échappe.

La frise semble inclure le motif des deux dragons accouplés par le col (sablière du transept sud), mais le bois est fort dégradé. 

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Le  Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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A gauche, l'énigme se poursuit car le personnage d'allure féminine tient une massue et un fouet, tous les deux verts, et sa voisine une sorte de quenouille. 

La frise donne à voir un masque libérant de sa bouche des tiges végétales.

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Avec cette sablière, nous changeons de style puisque non seulement le motif, même énigmatique, est profane, alors que le transept sud et le chœur sont décorés de sablières à sujets religieux, mais aussi que les anges présentateurs aux lignes dynamiques et déliées  laissent la place à ces femmes aux corps ramassés dans des postures acrobatiques, et encore que les frises s'enrichissent de mascarons et animaux fantastiques.

Il est difficile pour moi d'affirmer qu'il s'agit du travail d'un autre artiste, ou bien d'une capacité du Maître de Pleyben à s'adapter à un autre style, en sachant qu'il faut mieux parler d'un atelier, avec plusieurs "mains" restant fidèles aux spécificités communes tout en exprimant des talents particuliers.

 

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La partie gauche du cuir du  Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.  Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La partie gauche du cuir du Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017. Couple autour d'un cœur, sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Après le second entrait : la dernière sablière orientale et le blochet final.

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La dernière sablière orientale : le chronogramme 1571.

 

A l'entrée du transept, près de la sacristie (1680)-(1690), on trouve l'inscription A LONNEUR DE DIEU ET NOTRE DAME . MONSIE / GNEUR SAINCT GERMAIN ET SAINCTE KATHERINE CETE OEUVRE FUST FAICTE . LAN / MILL CINQ . CENTZ SOIXANTE QUATRE . / VENERABLE MAISTRE ALAIN KERGADALEN  RECTEUR POUR LORS .

 Cette inscription a été complétée en caractères gravées par la mention : FUT ENTIEREMENT RESTAUREE  DE 1857 À 1860.

Sur le mur du bas côté Sud, au dessus de la porte située entre le porche et le transept, se trouve une autre inscription  LAN (1583) VE VOBIS GENTIBUS IN TEMPLO VANA LOQUENTIBUS.

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Dernière sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Dernière sablière du coté oriental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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II. LE COTÉ OCCIDENTAL.
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Le coté occidental du transept nord, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le coté occidental du transept nord, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blochet : une femme vêtue du bleu tenant un objet (brisé).

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Blochet nord-ouest du  coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet nord-ouest du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Entre le blochet nord-ouest et le second entrait : le cuir de l'Objet blanc  tenu par deux oiseaux-volutes .

a) la frise : rinceaux et épis.

b) les deux oiseaux : on distingue de la tête le bec rehaussé de rouge, la langue, l'œil noir, et un collier doré. Le bas du corps est remplace par deux volutes.

c) le cartouche : un cadre rectangulaire en bois mouluré est posé par dessus le cuir, aux doubles enroulements latéraux.  Rien de sorcier, mais c'est pourtant un modèle différent des précédents.

d) Le motif : il est intercalé entre deux enroulements, et la convexité est brisée. S'agissait-il d'un cœur ?

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Dernière sablière  du  coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Dernière sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Dernière sablière  du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Dernière sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Entre les deux entraits.

Le cuir des Deux personnages allongés tenant un cuir . 

a) la frise : assez riche, elle comporte un masque (femme sous une coiffe), une coquille, et deux dragons liés par la queue, qui est une volute. De fait, ces dragons étaient aussi présent sous le cuir précédent.

b) les personnages présentant le cuir.

Nous sommes ici loin des anges raffinés qui, près de la croisée, ou dans le transept sud, présentaient les cuirs à motifs religieux. Et pourtant, nous retrouvons le traitement particulier des cheveux en petits choux, ou les manches à ballons, qui indiquent que la production sort du même atelier. 

A droite, une femme vêtue de rouge à manches or déroule une étoffe dorée. A la différence des "cuirs à anges", cette étoffe ne se resserre pas en un lien qui sert d'accrochage au cuir en se faufilant par des opercules. Le décor est-il moins précis, moins élaboré ?

A gauche, nous virons à la franche gaudriole frivole voire grivoise,avec ce personnage en habit bleu, empoignant ses chevilles et faisant le grand écart. Nous trouvons sur les clefs (abouts de poinçons) en ronde bosse de tels acrobates, mais ici, les dimensions étroites et le bas-relief imposent des contraintes qui accentuent le caractère grossier, naïf  ou grotesque du saltimbanque. Mais sa fraise rose au galon doré, les crevés de son gilet ou les rubans de ses coudes soulignent son élégance. 

c) le cuir : proche du précédent, avec un rectangle mouluré posé sur deux cuirs latéraux.

d) le motif.

Deux personnages ( féminins ?), l'un en habit bleu et l'autre en beige, reprennent la posture allongée avec les pieds nus appuyés aux montants, des anges et autres personnages  présentateurs de cuirs. Et, effectivement, ce que j'avais pris pour une colonne n'est autre qu'un cuir enroulé. Autrement dit, l'image, plus ingénieuse qu'il n'y paraît, est une mise en abyme. Le cartouche montre deux présentateurs de cartouche, placés en miroirs. Comme un théâtre posé sur la scène d'un théâtre, ou bien une pièce de théâtre qui montre des acteurs préparant une pièce de théâtre. Hamlet date de 1603, le Songe d'une nuit d'été de 1600, La Vie est un songe, de 1635. Quand au changement du regard humain sur son environnement, qu'il se met à placer dans un cadre pour l'observer en développant la notion de Théâtre de la Nature, il correspond à l'apparition des œuvres de Joris Hoefnagel, vers 1580. Placer le cadre dans le cadre, cela ne relève sans-doute pas, de la part de l'atelier du Maître de Pleyben, de l'initiative d'une seconde main, dégradée et de tradition populaire, mais d'un esprit vif, averti des mutations en cours dans l'art. L'acrobate de gauche est ici parfaitement à sa place.

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 Le cuir des Deux personnages allongés tenant un cuir , sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux personnages allongés tenant un cuir , sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 Le cuir des Deux personnages allongés tenant un cuir, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux personnages allongés tenant un cuir, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 Le cuir des Deux personnages allongés tenant un cuir, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux personnages allongés tenant un cuir, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blochet du personnage tenant une tête de mort.

On a pu penser qu'il s'agissait de Marie-Madeleine, qui sera, plus tard dans l'Histoire de l'art, requise dans ce rôle. Le personnage androgyne aux jambes croisées associe les traits d'un ange, tels que nous les connaissons, à ceux de saint Jean. 

Une aide précieuse nous serait apportée par la connaissance des attributs des autres blochets, mais beaucoup de ceux-ci sont brisés. Le crâne est peut-être celui d'Adam, souvent rencontré au pied de la Croix pour affirmer que le Christ libère, par sa mort, l'humanité de la malédiction du premier homme. Ou bien, ce crâne est tendu par cet ange bleu comme un Memento mori, si commun aux ossuaires bretons. On comprendrait alors que ses orbites creuses soient dirigées vers l'assistance, alors que le craniféraire (ce néologisme me démangeait) dirige son regard vers les Cieux, comme un exemple à suivre.

Un mot sur le nain vert encadré à la droite de ce blochet. 

Le cartouche du Nain vert tenant un poireau.

Il n'est nain que pour le plaisir du titre, mais c'est bien un indubitable poireau qu'il brandit dans sa main droite, alors que la gauche est posée sur son genou. Est-ce un rébus ? Un autoportrait et une signature de l'artiste, comme l'envisage (sur d'autres motifs) Jean-Claude Le Floch ? Un poireau se dit " pour" en breton, ce qui ne mène pas loin. 

Mais je vois aussi une courge dressée droit sur son épaule gauche. "Koulourdr" en breton. Bof. 

 

Le blochet du personnage tenant une tête de mort, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le blochet du personnage tenant une tête de mort, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Du premier entrait jusqu'à la statue de saint Jean.

Voici le dernier cartouche, qui vient en vis à vis avec le premier, celui de la Trahison ou du Remord de Judas au pied de la Croix. Or, nous revenons ici à un motif religieux, et à une scène évangélique au pied de la Croix.

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Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ.

a) frise. On y trouve à l'extrême gauche une feuille sagittée (j'ai cru à une étoile de mer et à une seiche),  des feuilles lancéolées, des épis, des grappes, et enfin un escargot. Cet escargot est présent aussi sur les sablières de la chapelle de Kerjean, sous le cuir des Cinq Plaies. Il évoque ceux qui grimpent le long des pampres des colonnes des retables bretons,  ou ceux des voussures et piédroits des porches, sculptés en kersanton par l'atelier du Maître du Folgoët (1423-1509) ou des frères Prigent de Landerneau (1527-1577).

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Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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b) les soldats.

Ils occupent l'emplacement en dehors du cartouche qui est celui des anges et autres personnages chargés de présenter et de soutenir par des cordages ces encarts, alors qu'en fait ils appartiennent au motif , dans un nouvel exemple de confusion ou du brouillage de la convention du cadre et du hors-cadre.

Comme ces anges présentateurs, ils sont presque couchés (pour figurer en pied malgré la hauteur très réduite de la sablière), et comme eux, ils fléchissent une jambe, dont le genou est tendu devant eux, et ils étendent l'autre jambe, dont le pied (ici chaussé) atteint avec vigueur les limites de la sablière. 

Leur posture d'escrimeur et leur menton projeté par l'hyperextension du cou leurs confèrent des allures de ridicules matamores, d'autant qu'en guise d'épées, ce sont leurs dès qu'ils mettent si martialement en avant : un cinq à gauche, un quatre à droite.

Ce ridicule est achevé par celui de leur toilette.  À droite, le perdant porte une armure d'opérette, sans casque, avec des jambes et des bras nus. A gauche, cette armure bleu métal est portée sur des bragou braz, ces larges braies ou culottes bouffons des Bretons, au dessus de chaussures de cuir noir fort civiles. Les envolées des manches (qui singent celles, identiques, des anges présentateurs) et la ressemblance du bas de l'armure avec une jupette dénient, malgré son casque, toute crédibilité à ce légionnaire mal échappé d'une page d'Astérix.

 

 

Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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c) le cuir. Oh, rien de plus sobre ! Ce sont les vaches maigres ! Un tableau de bois à moulures, et un cuir à enroulements de chaque coté. Mais le comique provient des découpes de ces enroulements, qui servent de fenêtres de passage aux mains de soldats, avec leur dès.

 

 

Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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d) Le motif. La scène décrite est très sérieuse, elle est tirée de l'évangile de Jean 19:23-24 : ayant crucifié Jésus, les soldats se partagent ses vêtements, en faisant quatre parts, mais ils se refusent à partager la tunique en la déchirant, car elle est "sans couture, d'une seule pièce depuis le haut jusqu'en bas". Au pied de la Croix, pendant l'agonie du Christ, ils décident de la tirer au sort (en latin : sortiamur, de sortio, is, ire "tirer au sort".

Au centre du cartouche, ne figurent que la tunique et les deux mains tenant les dès. 
La tunique est rouge, une couleur d'emploi exceptionnel sur ces sablières. Elle est pliée, l'encolure à galon doré rabattue sur le  devant, alors que les manches à crevés sont écartées. Ainsi, ce vêtement devient une représentation du Christ mort, la tête inclinée sur la poitrine et les bras en croix. Dans la solitude crée par l'expulsion des deux soldats hors-champ, elle atteint une dense signification spirituelle qui évoque ce qu'écrivait Joseph Malègue dans Augustin : " Il  [le Christ] a subi le délaissement de son Père, l'abandon de Dieu, la sécheresse et le désert des dérélictions absolues : cette croix sur la Croix, cette mort dans la mort".

Ce motif est également représenté sur les sablières de la chapelle de Kerjean, et, deux fois, sur celle de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.

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Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir des Deux soldats romains jouant aux dés la Tunique du Christ, sablière du coté occidental du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LES ENTRAITS.

Le centre de ces entraits porte, visible de la croisée du transept, deux blasons, celui du pape et celui de l'évêque en fonction lors de la campagne de restauration du XIXe siècle. Le recoupement des dates de Pie XI (1846-1878) et de Monseigneur Sergent (1855-1871) donne le créneau de 1855-1871, cohérent avec les dates de la restauration générale indiquée par l'inscription lapidaire proche de la sacristie, de 1857 à 1860. 

Nœud du premier entrait. Armoiries du pape Pie XI (1846-1878).

 Le nœud sculpté porte les armoiries écartelé en 1 et 4 d'azur au lion couronné d'or et en 2 et 3 d'argent aux deux bandes de gueules.

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Nœud du premier entrait. Armoiries du pape Pie XI (1846-1878), transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Nœud du premier entrait. Armoiries du pape Pie XI (1846-1878), transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'engoulant du second entrait.

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Le second entrait du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le second entrait du transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le nœud du second entrait. Armoiries de Mgr Sergent (1855-1871).

Il porte les armoiries d'azur à la Vierge entourée de douze étoiles dans une gloire et posée sur une nuée mouvant de la pointe de l'écu, le tout d'argent.

 

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Nœud du second entrait. Armoiries de Mgr Sergent (1855-1871),  transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Nœud du second entrait. Armoiries de Mgr Sergent (1855-1871), transept nord, atelier du Maître de Pleyben (vers 1571), église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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CONCLUSION PROVISOIRE.

Avec ce deuxième article sur les sablières des deux bras du transept de Pleyben, et celui sur la voûte de la croisée du transept, il est possible de rechercher une concept global, un programme derrière les seize cartouches sculptées.  La première remarque est  de constater que  sept ont un thème religieux, deux au nord et cinq au sud, et que neuf  cartouches sont profanes. La deuxième remarque est de noter que les quatre angles de la croisée sont occupés par des thèmes liés à la Passion  : la Lâcheté de Pilate lors du Lavement de main, et des Stigmates, au sud, et du Remord de Judas au pied de la Croix, et de la Tunique tirée au sort, au nord. (bien que les Stigmates soient précédées, à l'angle sud-ouest, par les deux dragons). Le thème central est donc christique, et traite de la Passion. Les autres thèmes religieux sont tirés de l'enfance, puis de la vie de Jésus : Nativité, Présentation au Temple, et Rencontre de la Samaritaine.

 

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SOURCES ET LIENS.

 

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1°) Les cartouches et cuirs découpés.

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Le premier volume des plus excellents bastiments de France : Le Louvre, Vincennes, Chambord, château de Madrid (Philibert Delorme 1548-1559), Covussi, Folambray, Montargis, La Muette, Saint-Germain, Creil, Vallery, Verneuil, Ancy-le-Franc, Gaillon, Manne.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10411354/f45.image

Le second volume : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3137097/f12.image

Blois, Amboise, Fontainebleau, Villiers, Charleval, Les Tuileries, St-Mort, Chenonceau, Chantilly, Anet, Ecouen, Challueau, Dampierre, Beauregard, Bury.

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), s.d, Termes et cariatides, 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-4R85BIndex.asp

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1542 et 1545] Grands cartouches,  [20] pl., Eau forte ; 38 cm [S.l.], [s.n.] 2 suites sans titre ni inscription. 7 des 20 planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées vers 1542-1543.

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1807/?offset=#page=5&viewer=picture

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1545 et 1547] Petits cartouches de Fontainebleau,  [31] pl., Eau forte ; 26 cm, [S.l.], [s.n.] Suite sans titre d'ornements inspirés par l'art de Fontainebleau et destinés à servir de modèles. Certaines planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées entre 1542 et 1545 ; D'autres figurent déjà dans la première ou la seconde suite des grands compartiments

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1801/?offset=#page=5&viewer=picture

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40564725t

DIETTERLIN (Wendel), 1598, Architectura, Nuremberg.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

FLORIS (Cornelis II de Vriendt ,dit) 1556, Veelderley Veranderinghe van grottisen  avec HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

https://collections.vam.ac.uk/item/O977184/veelderley-veranderinghe-van-grotissen-ende-engraving-floris-cornelis-ii/

https://www.nationalgalleries.org/art-and-artists/60572/plate-veelderley-veranderinhe-van-grottissen-ende-compartimenten-design-fantastic-fountain-published

FLORIS (Cornelis), 1557, Veelderley Niewe Inuentien,  HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

VREDEMAN DE VRIES (Hans), 1557 Architectura ou batiments prins de Vitruve, Anvers,  

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

 

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2°) Sur l'église de Pleyben :

ABGRALL, Jean-Marie. Pleyben, son église, son calvaire. Editions d'art Jos Le Doaré, Quimper, 1969.

ABGRALL, Jean-Marie (1892), Pleyben. Eglise, calvaire, ossuaire, chapelle Notre-Dame de Lannélec Bulletin dee la Société archéologique du Finistère pages 55-72

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207622m/f136.item

 

COUFFON (René), 1988, Notice sur Pleyben

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ; préf. d'Alain Croix, Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. 

— LECLERC (GUY), 1996, Les enclos de Dieu, édition Jean-Paul Guisserot, 141 p. 

LECLERC (Guy), 2007, Pleyben, son enclos et ses chapelles, éditions Jean-Paul Guisserot, 31 pages pages 18 et 19.

https://books.google.fr/books?id=hWctwxQfyhgC&pg=PA18&lpg=PA18&dq=sibylles+pleyben&source=bl&ots=kzc-VMkVBx&sig=29B6LVXN1nHu2s5hEpHEt3en1vA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiI596WxpfVAhXH2xoKHQ5WDd4Q6AEIQjAF#v=onepage&q=sibylles%20pleyben&f=false

LE FLOCH (Jean-Claude), Pleyben : l'ensemble de sablières sculptées.

http://www.mairiepleyben.fr/joomla-mairie/images/stories/documents/docs_historiques/sablires.pdf

Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Enclos_paroissial_de_Pleyben

Infobretagne : http://www.infobretagne.com/pleyben-eglise-sablieres.htm

— http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/pleyben/pleyben.html

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Pleyben
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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 08:19

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le transept sud. Sablières, blochets et entraits.

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Voir aussi :

— Sur les sablières du Maître de Pleyben :

 

 

 

 

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— Et sur les sablières bretonnes :

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LE SCULPTEUR SUR BOIS DIT LE "MAÎTRE DE PLEYBEN".

Vers 1580, un sculpteur anonyme, désigné aujourd'hui sous le nom de convention de "Maître de Pleyben", réalisa les sculptures de la charpente de la chapelle du château de Kerjean, en Saint-Vougay, à la demande de Louis Barbier, seigneur de Kerjean. Un véritable chef-d'œuvre, influencé par l'École de Fontainebleau qui avait introduit vers 1535 le motif décoratif du cuir découpé à enroulement, et par la diffusion du style de la Seconde Renaissance française dans des recueils de gravures : le prospère Léon était largement ouvert à l'Europe par ses ports de Landerneau, Morlaix et Roscoff.

Cet artiste a reçu ce nom car son style, et ses cuirs, et ses thèmes, se reconnaissent dans une partie des sablières de l'église de Pleyben, en Haute Cornouaille datées vers  1571.  On les retrouvent sur la charpente de l'église de Saint-Divy, dans le Léon, et  dans la chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern, située à 23 km de Pleyben et 70 km de Kerjean.

Son style ? On le distingue à ces cuirs découpés à enroulements, car l'artiste  faufile dans les découpes des linges et des cordages dont il confie les extrémités à des anges ou autres personnages. Ses anges aussi sont caractéristiques, avec une coiffure faite de mèches rondes cerclant  la périphérie du visage, et avec une tunique aux plis prononcés, bouffante à la taille en formant une ligne sinueuse, avant de filer vers les pieds avec une grande liberté. Ajoutons que les manches de ses tuniques s 'évasent en larges couronnes au dessus des coudes, qui sont globuleux. Ses personnages en pied (Évangélistes ou Sibylles, notamment) ont en commun un visage fin, ovale, avec des nez longs et fins, de grands yeux aux pupilles en creux,  des bouches charnues, à nouveau des manches bouffantes, ou, pour les femmes, des bandeaux de cheveux. 

Mais ce sont surtout ses motifs iconographiques qui se répètent en tableaux stéréotypés :  mascarons zoomorphes ou anthropomorphes sur le plan profane, guirlandes et frises à petits pois, musiciens, et, sur le plan religieux, des thèmes plus christiques que mariaux :  Sainte Face, Tunique du Christ, Plaies du Christ, Instruments de la Passion, Rencontre de la Samaritaine. Et les Sibylles, à Kerjean et à Pleyben.

Datation : un chronogramme de la sablière du transept de Pleyben indique "1571". Sophie Duhem, qui estime que cette pièce n'est pas de la main du Maître de Pleyben mais appartient à une partie qui s'inspire de son travail, et qui indique que la construction du chœur date de 1564, propose la fourchette 1564-1571. Guy Leclerc propose celle de 1571-1580. Dans la première hypothèse, Pleyben aurait précédé les trois chantiers de Kerjean, Plomodiern (Ménez-Hom) et Saint-Divy de 10 à 20 ans, qui seraient des œuvres de maturité du Maître. Dans la seconde, les quatre chantiers sont pratiquement contemporains.

Pour Couffon, " L'inscription de 1564, qui se trouve a l'angle du chœur et du croisillon sud, se rapporte, comme nous le verrons, à l'abside. La date de 1571, inscrite sur la charpente du croisillon nord, indique l'époque où l'on couvrait le transept. "

Descriptions :

Les sablières de Pleyben ont été décrit par le chanoine Abgrall en 1892 aux page 63-65 du Bulletin de la Société archéologique du Finistère (recopié sur Infobretagne), en 1996 par Guy Leclerc dans Les enclos de Dieu, avec un plan, en 1997 dans la thèse de Sophie Duhem et enfin par Jean-Claude Le Floch (s.d) dans un article en ligne de 8 pages ; les thèmes sont énumérés sur l'article Wikipédia.

On y dénombre (G. Leclerc)  255 personnages et 116 clefs pendantes.

Restauration. 

a) "En 1699, la foudre fit tomber le couronnement du clocher sur le croisillon sud. Il fallut donc refaire en partie le mur de fond, tout le pignon et la charpente de ce bras du transept : les travaux n'étaient pas terminés en 1719. " (Couffon)

b) " Enfin, la restauration générale entreprise de 1857 à 1860, connue par le complément d'inscription qui se voit près du choeur, ne parait pas avoir rien apporté de nouveau au gros oeuvre." (Couffon)

c). S. Duhem indique : "L'église de Pleyben a fait l'objet d'une restauration récente: la structure externe de la charpente a été entièrement refaite en bois de chêne, un matériau pourtant onéreux, et les sculptures abîmées ont été remplacées par des reliefs taillés à l'identique. L'absence délibérée de polychromie sur les parties restaurées permet l'identification rapide des éléments insérés". (p. 41)

Cette restauration a du s'achever en 1990, comme en témoigne le document du Ministère de la Culture ETU/0340 "Restauration de la toiture du transept, du chœur et fin des travaux de la nef. Restitution des lambris de l'ensemble de l'édifice."

Polychromie

A la différence des sablières de Kerjean, de Saint-Divy et de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, les sablières de Pleyben ont conservé leur polychromie, même si ce que nous voyons est le résultat des différentes restaurations. A l'origine, toutes les sablières étaient peintes, et,  selon Duhem, 41 % des pièces de bois du Finistère sont encore polychromes.

Les couleurs privilégiées sont, pour les vêtements, le bleu clair et plusieurs teintes de vert et  l'or. le blanc est utilisé pour les carnations, pour les fonds, et les étoffes. Le rouge est exceptionnel (sauf pour rehausser les lèvres, les joues, etc), réservé au cœur des Trois Plaies. Le noir est rare.

 

En voiture Simone !

 

J'ai décrit pour commencer la croisée du transept, riche en statue mais dépourvus de sablières et de cuirs. Mais nous allons trouver ces dernières et ces derniers dans les bras du  transept et dans la nef. Un programme si vaste que je débute par le bras sud du transept. Suivez le guide !

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Je débuterai par le coté gauche ou oriental et la statue de l'évangéliste Matthieu : je vous y rejoins. 

Nous verrons successivement :

— Du coté est :

  • Le cuir découpé de L'aiguière et du bassin.
  • Blochet : Homme jeune.
  • Le cuir de la Nativité
  • l'entrait à engoulant.
  • Le cuir découpé de la Présentation au Temple
  • Blochet : un évêque.
  • Le cuir découpé de La rencontre du Christ et de la Samaritaine.
  • Blochet : l'Ange à la colonne.

— Du coté ouest :

  • Blochet : l'Ange à la couronne d'épines.
  • Le cuir découpé à l'œuf et aux figues.
  • Blochet : Homme barbu.
  • Prométhée et l'aigle de Jupiter
  • L'entrait à engoulant.
  • Le cuir des  Trois Plaies du Christ.
  • Blochet : Homme jeune.
  • Les deux dragons accouplés par le col.

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Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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I. Le coté oriental du bras sud du transept.  Au dessus du retable du Sacré-Cœur.

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Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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A. De la statue de saint Matthieu jusqu'à l'entrait.

(On nomme "entrait" la poutre transversale)

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Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Cuir découpé présenté par deux anges : Une aiguière et un bassin. La disculpation de Pilate.

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Nous pouvons divisé cette pièce de bois en quatre sujets d'étude.

a) La frise inférieure.

Nous pourrons la suivre tout du long, pour y trouver des grappes, des légumes, des feuillages, et plus loin des masques. Ces motifs proviennent des encadrements des fresques du château de Fontainebleau. Les grappes sont-elles des grains de raisin ? Elles sont serrées en épi à disposition souvent géométrique. 

b) les anges.

Ils suivent un modèle constant que nous avons déjà vu à Kerjean, à Saint-Divy et à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, avec leur visage et leur tronc de face, leurs jambes allongées comme s'ils volaient, leurs bras écartés avec enthousiasme théâtral, leurs courtes manches béantes, leurs coudes globuleux, les vagues  que forme le feston de leur tunique, et on retrouve comme de vieux amis leurs cheveux disposés en sept  beignets autour d'une assiette, leur regard franc comme l'or sous l'arc de leurs sourcils.

Mais leur spécialité, c'est de glisser leur main à travers les poignées des cuirs découpés, comme de petits chapardeurs.

L'ange de gauche tient un clou, une "pointe" comme disent les menuisiers ; on y voit une allusion aux clous de la Crucifixion.

Son collège de droite embouche une trompette, comme une Renommée.

c) Le cuir découpé.

Je ne reviens pas sur leur histoire, leur intérêt et leur description, mais l'artiste de Pleyben a le génie pour  créer à chaque fois des nouveautés. Ici, le schéma est très simple, rectangulaire aux quatre bords enroulés, mais chaque enroulement est divisé en deux languettes qui s'enroule en volutes, ménageant entre elles des orifices, que les deux petits malins vont utiliser pour y glisser leur menotte.

d) le motif.

Il résiste à toute interprétation simple, et je me contentai de le décrire comme un pichet, et une coupe,

Un pichet ?  Et pourquoi pas plutôt une aiguière, une carafe, un vase, voire un broc ou une cruche ?

– Pichet :  Récipient de petite taille, de terre ou de métal, de forme galbée avec un collet étroit où s'attache une anse, utilisé pour servir une boisson.

– Aiguière :Vase élégant avec anse et bec, pouvant affecter les formes les plus diverses, destiné à contenir de l'eau (parfumée ou non) pour l'ablution des doigts ou des mains généralement après les repas, de l'eau (tiède) pour la toilette, ou de l'eau (fraîche) pour boire. Du provençal « aiguiera » (vase à eau), l’aiguière est un récipient destiné à contenir et verser de l’eau. Façonnée à l‘origine en poterie, les premières aiguières en verre apparaissent à la fin du XVe siècle. On les trouve en argent ou en or, en étain, en faïence

Nous avons ici un récipient doté d'un pied, d'un ventre, d'un col, d'un bec et d'une anse, mais aussi d'un couvercle.

 Si j'utilise le terme de "pichet", je suppose que la fonction est de servir à boire. Dés lors, la coupe est un récipient pour boire. 

Si j'adopte, comme le chanoine Abgrall,  le terme d'aiguière, je présume alors qu'elle sert à une ablution, et que la "coupe" est en fait un bassin. Or, cette fonction ne m'était pas venue à l'esprit. Cela me tente. Nous aurions ici, présentée au centre de ce cuir, une ablution rituelle, ou sacrée, un rite de purification, comme celui du Lavabo de l'Office, où le prêtre prononçait le verset du  psaume 25 6:7 lavabo inter innocentes manus meas et circumdabo altare tuum Domine

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Très bien, mais au centre, entre coupe et pichet, entre aiguière et bassin, qu'est-ce que je vois ?

— Un champignon ?

— Une pomme, et sa tige ?

— Un cœur, qui saigne ?

Si je retiens cette dernière interprétation, qui introduit une dimension eucharistique à la scène, les possibilités de lecture théologiques de "Le Pichet et la Coupe" s'enrichissent tant que je décide d'y mettre un terme.

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Note : lors de ma visite des sablières de l'église de Saint-Divy, j'ai observé ce motif , cette fois-ci entourant une croix et la couronne d'épines.  Ce qui montre que ces objets ne doivent rien au hasard, et qu'ils se placent dans un contexte liturgique lié à la Passion.

Mais c'est Jean-Claude Le Floch qui m'apporte la clef d'interprétation en faisant remarquer que la sablière placée dans la même position dans le transept nord représente la Trahison de Judas. " Comme pendant à droite, ce sont des emblèmes – bassin et aiguière – qui rappellent le geste de Pilate, le gouverneur romain, se lavant les mains de la mort de Jésus ". Cette observation est convaincante : l'artiste a débuté les cuirs du transept sud par la scène décrite par les évangiles :

"Et Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que plutôt il s'élevait un tumulte, prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, disant : Je suis innocent du sang de ce juste ; vous, vous y aviserez." (Matthieu 27:24).

Matthieu disculpe Pilate de la responsabilité de la mort du Christ, mais ce geste du lavement des mains est vu traditionnellement comme un signe de lâcheté du procurateur romain. La scène figure sur toutes les Passions des maîtresses-vitres finistérienne du XVIe siècle.

 

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Cuir Le Pichet et la Coupe, Maître de Pleyben vers 1570-1580,  sablière du bas-coté sud de l'église de Saint-Divy, photographie lavieb-aile juillet 2017.

Cuir Le Pichet et la Coupe, Maître de Pleyben vers 1570-1580, sablière du bas-coté sud de l'église de Saint-Divy, photographie lavieb-aile juillet 2017.

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"Le Pichet et la Coupe ", bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

"Le Pichet et la Coupe ", bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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"Le Pichet et la Coupe ",  bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

"Le Pichet et la Coupe ", bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir découpé Le Pichet et la Coupe,  bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir découpé Le Pichet et la Coupe, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le blochet : un homme jeune.

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Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges. Bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571.

a) frise : épis, fleurs, feuilles, gueule d'un animal .

b) les anges : ils tiennent des deux mains un linge blanc qui va passer dans la volute de l'enroulement du cuir, afin de le maintenir. Ce sont eux qui nous présentent la Nativité. Ils sont drapés par une écharpe blanche. Comme précédemment, l'ange de gauche nous regarde, son voisin regarde vers la droite.

c) le cuir découpé : rectangle à quatre enroulements divisés en deux languettes. Mais ici, quatre découpes permettent le passage du linge, qui devient un cordage auquel le cuir est suspendu.

d) le motif : la Nativité. La Vierge est agenouillée, mains jointes. L'âne et le bœuf sortent leur tête sous l'arche des enroulements supérieurs, et réchauffent de leur souffle l'Enfant Jésus. Celui-ci tient une pomme d'or (le globe terrestre) dans la main gauche, et bénit le monde de la main droite. Le personnage de droite est trop richement vêtu pour être le vieux Joseph. Ce serait un roi Mage, d'autant qu'il tient un objet brisé dans la main droite, et un sac (d'or ?) dans la main gauche.

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Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges,  bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571,  coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges,  bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571,  coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges,  bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571,  coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges,  bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571,  coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir découpé de la Nativité présenté par deux anges, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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B. De l'entrait vers le blochet d'angle.

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Le cuir déroulé de La Présentation au Temple.

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a) la frise. cf.

b) les anges : ça alors, l'ange de gauche a changé de sens ! Le voilà qui vole de droite à gauche ! Ils tiennent tous les deux un gros cordage pour remplir leur fonction de tireurs de cuirs. Leurs manches à air se dilatent avec enflure et  démesure.

c) Le cuir découpé : encore plus simple, car dépourvu d'enroulement supérieur.

d) Le motif. Non, monsieur le chanoine Abgrall, il ne s'agit pas d'une Circoncision, mais d'une Présentation au Temple  tel que relaté dans l'évangile de Luc 2:22-40 . En effet, le premier personnage est Joseph, puis vient une servante qui tient le couple de tourterelles ou les deux petites colombes exigées pour le sacrifice rituel. Puis vient Marie, l'Enfant, et le grand prêtre, mais celui-ci ne tient aucun instrument contondant.  Enfin, nous trouvons une femme particulièrement élégante.

 

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Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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 Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir déroulé de La Présentation au Temple, bois polychrome, Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet (ou corbel) : un évêque.

avec mitre, crosse, chirothèques, bagues et anneau épiscopal,  chape pluviale à orfroi  à fermail, surplis, et pantoufles . 

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Un évêque, corbel, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Un évêque, corbel, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine.

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a) la frise : présence d'un cuir à ove et d'un masque à la tête de lion, ainsi que deux exemples de cette  "quelconque variété de courge vue du côté du pédoncule" (J-C. le Floch) si souvent rencontrée.

b) Les anges : égaux à eux-mêmes ; notez le geste de l'ange de gauche, désignant la scène centrale de son index.

c) le cuir : identique aux précédents.

d) le motif. La Rencontre du Christ et de la Samaritaine au Puits de Jacob tirée de l'évangile de Jean 4:1-30 est aussi traitée à la chapelle de Kerjean : mais alors, le Christ est du coté droit, et la Samaritaine est coiffée d'un turban.

Ici, le Christ, accroupi près du puits, tend l'index de la main droite, ce qui indique qu'il énonce une demande "Donne-moi à boire" ou plutôt une vérité évangélique : "Quiconque boira de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l'eau que moi je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant pour la vie éternelle". De la main gauche, il montre la margelle du puits.

La femme, à robe verte à décolleté carré et manches bouffantes et ourlées d'or au dessus de manches de chemise à crevés, et de bracelets, verse l'eau d'un pichet à long col dans une cruche. 

 

 

 

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Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Deux anges présentant le cuir découpé La Rencontre du Christ et de la Samaritaine., Maître de Pleyben vers 1571, coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le blochet ou corbel : une femme tenant une colonne brisée.

Cette colonne appartient peut-être aux Instruments de la Passion, en tant que Colonne de la Flagellation.

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Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté oriental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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II. Le coté occidental du bras sud du transept.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le blochet d'angle : femme (ange) portant la Couronne d'épines.

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Le blochet d'angle : femme (ange) portant la Couronne d'épines,coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le blochet d'angle : femme (ange) portant la Couronne d'épines,coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le blochet d'angle : femme (ange) portant la Couronne d'épines, coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le blochet d'angle : femme (ange) portant la Couronne d'épines, coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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A. Du blochet d'angle jusqu'à l'entrait.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Deux anges présentant un cuir découpé "à l'œuf et au figues".

Nous voyons d'emblée que si la structure de base de deux anges tenant un cuir est présente,  le style est très différent. 

a) La frise : des feuilles allongées, des légumes et deux cuirs découpés, l'un centré par un cartouche et l'autre par un ove (un ovale en forme d'œuf).

b) les anges. Très curieux. Ce sont bien des anges puisqu'ils ont des ailes, mais celles-ci ont un bord rectiligne enroulé sur lui-même, selon un procédé que j'ai rencontré sur les liernes et nervures de la croisée du transept (article précédent). Le visage est bien entouré de ses sept boules de glace au chocolat, mais le torse est nu (et androïde), au dessus d'un bouquet de feuilles d'acanthes charnues. En guise de ceinture, cette chimère porte trois ou quatre "fruits" ovales. C'est ma première rencontre avec ce type d'énergumène, depuis mon départ à la découverte des œuvres du Maître de Pleyben.

c) Le cuir. Ah, je retrouve les cuirs sophistiqués observés à Kerjean : une forme arrondie, à enroulements supérieur et inférieur, percé de huit œillets par où passent deux cordages verts, et de deux autres orifices qui laissent passer les tiges de deux fruits de même couleur verte.Mais aussi, fusionné à ce cuir souple, fin, et aux bords ronds, les deux bras en H d'un matériau plus épais et plus rigide, tracé à la règle, et aux extrémités crénelées.

d) Le motif. C'est un ovale à axe horizontal, vaguement ovoïde, blanc cerné par un jonc vert, énervant par son insignifiance. Tout un cuir, toute une sablière pour cet œuf d'autruche ! Pour cette énigme dure et lisse ! J'en ai vu à Kerjean, mais qui portaient, au moins, les armoiries du maître des lieux. J'en ai vu, de petite taille, à l'extrémité gauche de la dernière sablière de Saint-Divy, mais j'ai cru pouvoir faire l'impasse sur son interprétation. Que disent les érudits ? Eggs and dart : "les oves alternés avec des dards en forme de flèche symboliseraient l'alternance de la vie et de la mort". Mais quid de l'egg sans dart ?

e) Pire. Devant cet œuf, je reste coi , mais calme. Mais les six objets verts  en forme de poire,  à cul de coing et à tige de figue que l'artiste a cru nécessaire de suspendre sous les bras des anges et, mieux encore, de faire mûrir à travers le cuir me narguent par leur formes molles, triviales, voire obscènes me turlupinent et m'horripilent. 

Pourtant. J' ai déjà observé ces cucurbites (c'est le nom que ces choses verdâtres méritent, pour sa sonorité). A Saint-Divy, mais sur une autre cuir que celui de l'ove : le cuir à la tête de lion. Je le retrouve dans mes archives : oh, surprise, la forme générale du cuir est la même. Mais je n'en sais pas plus pour autant.

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Le cuir "aux figues" de l'église de saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cuir "aux figues" de l'église de saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir "à l'œuf et aux figues", coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir "à l'œuf et aux figues", coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le cuir "à l'œuf et aux figues", coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Le cuir "à l'œuf et aux figues", coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet : saint homme barbu tenant un livre rouge.

Un apôtre, car il a les pieds nus.

N;b : La frise : un mascaron sur un cuir.

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coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Prométhée enchaîné : son foie est dévoré par l'aigle du Caucase par vengeance de Jupiter.

C'est l'une des sablières les plus intéressantes, car elle offre un exemple unique de motif profane, ou du moins lié à la mythologie grecque.

On connaît l'histoire depuis Hésiode, mais Eschyle a écrit sa tragédie Prométhée enchaîné vers 450 av. J.C. 

"Lorsque Zeus décide d'abolir la race humaine afin d'en fonder une nouvelle, seul Prométhée s'y oppose et donne aux hommes le feu (symbole de la connaissance) jalousement gardé par les dieux. Il leur apprend également la notion de temps, les mathématiques (le nombre), l'écriture, l'agriculture (par la soumission de l'animal), le dressage des chevaux, la navigation maritime, la médecine, l'art divinatoire et l'art métallurgique. Sur ordre de Zeus, il est alors enchaîné, à contrecœur, par Héphaïstos (fils de Zeus, dieu du feu et des métaux) à un rocher aux confins de la Terre.

Océan apparaît alors, qui lui promet d'intercéder en sa faveur auprès de Zeus, suivie d'Io qui raconte les malheurs qui lui sont arrivés avant que Prométhée ne lui dévoile son destin.

Prométhée révèle ensuite que sa punition ne durera pas éternellement mais qu'il sera délivré par un descendant d'Io (Héraclès) et que Zeus ne restera pas au pouvoir éternellement mais sera renversé. Prométhée ne peut en dire plus car il doit garder le secret connu de lui seul, sous peine que Zeus ne puisse se soustraire à son destin.

Hermès intervient alors, au nom de Zeus, pour demander à Prométhée de livrer son secret, sans quoi il sera torturé. Prométhée ne cède pas car il sait que Zeus ne peut le faire mourir. Il est condamné à être torturé par un aigle qui lui dévorera éternellement le foie, celui-ci se régénérant sans cesse." (Wikipédia)

 

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Le mythe a été mis en parallèle avec le récit biblique d'Adam et Ève, chassés du Jardin d'Éden pour avoir goûté le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal dans le Livre de la Genèse. C'est sans doute pour cette raison qu'il est représenté ici. Mais pour le professeur de  philosophe Jean-Claude  Le Floch "... le Prométhée des Anciens apparaît alors comme une préfiguration du Christ : comme le Verbe fils de Dieu, il prend part à la création des choses ; comme lui, par amour des hommes, il assume les rigueurs du supplice ; comme lui il sera délivré."

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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a) frise : présence d'un cuir à ove, à défaut de cœur parmi "des fruits des fleurs des  feuilles et des branches".

b) anges : je dirais que ce sont là les plus beaux, si chaque sablière n'entraînait le même enthousiasme radical. Le premier est archétypal. Le cordage qui nous sert de passe à travers ces œuvres est ici une sangle verte qui se fronce en passant devant la tunique plissée jaune d'or. La couleur ponceau de la robe ourlée d'or trouve un rappel dans le vermillon des lèvres et le feu des joues. Et ce bandeau dans les cheveux !

c) Le cuir : on retrouve le rectangle à quatre volutes latérales.

d) Le motif : Prométhée, allongé sur le dos,  est enchaîné aux poignets et aux chevilles sur le Rocher de Caucase, tandis qu'un aigle noir lui dévore le foie, avec une belle précision de l'emplacement anatomique. Notez les ailes aux bords enroulés, selon le procédé propre à l'artiste.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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De l'entrait vers la statue de saint Matthieu à l'angle de la nef.

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Le cuir des Trois Plaies.

a) la frise : des grappes, des feuilles, et encore un cuir à ove.

b) Les anges : parfaits. Ils tiennent d'une seule main les deux brins du linge qui tend le cartouche.

c) le cartouche en cuir découpé : un rectangle en cadre, débordé par les quatre enroulements. Huit orifices pour les cordages blancs. 

d) Le motif : c'est une version abrégée des Cinq Plaies, qui associent les plaies des mains et pieds du Christ Crucifié avec celle du cœur (la plaie du flanc droit n'est pas facile à figurer). Ici, ne sont représentées que les mains et le cœur.

Le cuir des Cinq Plaies se voit sur les sablières de la chapelle de Kerjean, mais aussi, tout simplement, sur celles de Pleyben, dans le coté gauche du chœur.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet.

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Volutes des deux dragons réunis par un collier commun.

a) frise : des feuilles effilées, et un épi .

b) les anges et le cuir : remplacés par deux rubans blancs aux bords frangés de feuilles d'or.

c) le motif : deux dragons sont réunis par le col par un collier de maillons d'or. Les oreilles pointues ont pu en abuser pour des licornes. Ce seraient des chevaux, à cause de leur crinière, si ce n'était la couleur rouge des naseaux et de la bouche en feu. De même, on voit l'amorce de deux ailes. Le corps est remplacé par une verdure faite de feuilles d'acanthe, avec un tronçon doré. Nous retrouvons là le procédé utilisé pour les anges du cuir "de l'œuf et des figues".

Je reconnais dans ce motif des dragons accouplés celui que j'ai observé dans les sculptures de pierre de Bastien et Henri Prigent à diverses reprises, notamment sur le porche de Landivisiau.

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Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Coté occidental du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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La voûte lambrissée : l'entrait et les abouts de poinçon.

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La voûte lambrissée et l'entrait du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

La voûte lambrissée et l'entrait du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le "nœud" (l'élément central) de l'entrait 

Ce détail exploite la veine comique ou paillarde.  C'est un ange qui semble être passé à travers un cuir découpé, ses jambes nues et roses gesticulant sous lui.

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Nœud central de l'entrait du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

Nœud central de l'entrait du bras sud du transept, église Saint-Germain de Pleyben. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

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1°) Les cartouches et cuirs découpés.

 

 

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Le premier volume des plus excellents bastiments de France : Le Louvre, Vincennes, Chambord, château de Madrid (Philibert Delorme 1548-1559), Covussi, Folambray, Montargis, La Muette, Saint-Germain, Creil, Vallery, Verneuil, Ancy-le-Franc, Gaillon, Manne.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10411354/f45.image

Le second volume : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3137097/f12.image

Blois, Amboise, Fontainebleau, Villiers, Charleval, Les Tuileries, St-Mort, Chenonceau, Chantilly, Anet, Ecouen, Challueau, Dampierre, Beauregard, Bury.

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), s.d, Termes et cariatides, 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-4R85BIndex.asp

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1542 et 1545] Grands cartouches,  [20] pl., Eau forte ; 38 cm [S.l.], [s.n.] 2 suites sans titre ni inscription. 7 des 20 planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées vers 1542-1543.

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1807/?offset=#page=5&viewer=picture

ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1545 et 1547] Petits cartouches de Fontainebleau,  [31] pl., Eau forte ; 26 cm, [S.l.], [s.n.]Suite sans titre d'ornements inspirés par l'art de Fontainebleau et destinés à servir de modèles. Certaines planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées entre 1542 et 1545 ; D'autres figurent déjà dans la première ou la seconde suite des grands compartiments

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1801/?offset=#page=5&viewer=picture

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40564725t

DIETTERLIN (Wendel), 1598, Architectura, Nuremberg.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

FLORIS (Cornelis II de Vriendt ,dit) 1556, Veelderley Veranderinghe van grottisen  avec HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

https://collections.vam.ac.uk/item/O977184/veelderley-veranderinghe-van-grotissen-ende-engraving-floris-cornelis-ii/

https://www.nationalgalleries.org/art-and-artists/60572/plate-veelderley-veranderinhe-van-grottissen-ende-compartimenten-design-fantastic-fountain-published

 

FLORIS (Cornelis), 1557, Veelderley Niewe Inuentien,  HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

VREDEMAN DE VRIES (Hans), 1557 Architectura ou batiments prins de Vitruve, Anvers,  

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

 

 

2°) Sur l'église de Pleyben :

— ABGRALL, Jean-Marie. Pleyben, son église, son calvaire. Editions d'art Jos Le Doaré, Quimper, 1969.

— ABGRALL, Jean-Marie (1892), Pleyben. Eglise, calvaire, ossuaire, chapelle Notre-Dame de Lannélec Bulletin dee la Société archéologique du Finistère pages 55-72

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207622m/f136.item

 

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Pleyben

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ; préf. d'Alain Croix, Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. 

— LECLERC (GUY), 1996, Les enclos de Dieu, édition Jean-Paul Guisserot, 141 p. 

LECLERC (Guy), 2007, Pleyben, son enclos et ses chapelles, éditions Jean-Paul Guisserot, 31 pages pages 18 et 19.

https://books.google.fr/books?id=hWctwxQfyhgC&pg=PA18&lpg=PA18&dq=sibylles+pleyben&source=bl&ots=kzc-VMkVBx&sig=29B6LVXN1nHu2s5hEpHEt3en1vA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiI596WxpfVAhXH2xoKHQ5WDd4Q6AEIQjAF#v=onepage&q=sibylles%20pleyben&f=false

— LE FLOCH (Jean-Claude), Pleyben : l'ensemble de sablières sculptées.

http://www.mairiepleyben.fr/joomla-mairie/images/stories/documents/docs_historiques/sablires.pdf

Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Enclos_paroissial_de_Pleyben

— Infobretagne : http://www.infobretagne.com/pleyben-eglise-sablieres.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Pleyben
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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 10:47

La charpente sculptée de l'église de Pleyben par le Maître de Pleyben (vers 1571-1580). I. La croisée du transept et ses Sibylles.

 

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Voir aussi :

— Sur les sablières du Maître de Pleyben :

 

 

 

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— Et sur les sablières bretonnes :

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LE SCULPTEUR SUR BOIS DIT LE "MAÎTRE DE PLEYBEN".

Vers 1580, un sculpteur anonyme, désigné aujourd'hui sous le nom de convention de "Maître de Pleyben", réalisa les sculptures de la charpente de la chapelle du château de Kerjean, en Saint-Vougay, à la demande de Louis Barbier, seigneur de Kerjean. Un véritable chef-d'œuvre, influencé par l'École de Fontainebleau qui avait introduit vers 1535 le motif décoratif du cuir découpé à enroulement, et par la diffusion du style de la Seconde Renaissance française dans des recueils de gravures : le prospère Léon était largement ouvert à l'Europe par ses ports de Landerneau, Morlaix et Roscoff.

Cet artiste a reçu ce nom car on lui attribue aussi une partie des sablières de l'église de Pleyben, en haute Cornouaille vers 1564 et 1571.  On reconnaît aussi son style sur la charpente de l'église de Saint-Divy, dans le Léon, et  dans la chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern, située à 23 km de Pleyben et 70 km de Kerjean

Son style ? On le distingue à ces cuirs découpés à enroulements, car il  faufile dans les découpes des linges et des cordages dont il confie les extrémités à des anges ou autres personnages. Ses anges aussi sont caractéristiques, avec une coiffure faite de mèches rondes cerclant  la périphérie du visage, et avec une tunique aux plis prononcés, bouffante à la taille en formant une ligne sinueuse, avant de s'évaser vers les pieds avec une grande liberté. Ajoutons que les manches de ses tuniques s 'évasent en larges couronnes au dessus des coudes, qui sont globuleux. Ses personnages en pieds (Évangélistes ou Sibylles, notamment) ont en commun un visage fin, ovale, avec des nez longs et fins, de grands yeux aux pupilles en creux,  des bouches fines, des manches bouffantes, ou, pour les femmes, des bandeaux de cheveux. 

Mais ce sont surtout ses motifs iconographiques qui se répètent en tableaux stéréotypés :  mascarons zoomorphes ou anthropomorphes sur le plan profane, guirlandes et frises à petits pois, musiciens, et, sur le plan religieux, des thèmes plus christiques que mariaux :  Sainte Face, Tunique du Christ, Plaies du Christ, Instruments de la Passion, Rencontre de la Samaritaine. Et les Sibylles, à Kerjean et à Pleyben.

Datation : un chronogramme de la sablière du transept indique "1571". Sophie Duhem, qui estime que cette pièce n'est pas de la main du Maître de Pleyben mais appartient à une partie qui s'inspire de son travail, et qui indique que la construction du chœur date de 1564, propose la fourchette 1564-1571. Guy Leclerc propose celle de 1571-1580. Dans la première hypothèse, Pleyben aurait précédé les trois chantiers de Kerjean, Plomodiern (Ménez-Hom) et Saint-Divy de 10 à 20 ans, qui seraient des œuvres de maturité du Maître. Dans la seconde, les quatre chantiers sont pratiquement contemporains.

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Vue d'ensemble de la voûte de la croisée du transept.

Aux quatre angles du transept siègent les Évangélistes sous forme de statues à encorbellement (ou corbel). Ils tiennent, chacun, un phylactère avec les premiers mots de leur évangile. Leur positionnement aux quatre angles affirment  le rôle fondamental, crucial, du Nouveau Testament .

La voûte forme, à la croisée, un grand carré découpé par deux diagonales reliant deux à deux les angles : ces diagonales  réalisées en nervures moulurées se croisent en une clef pendante. Je nomme ces diagonales "liernes" (le couvre-joint des arêtes du lambris), et ce sont elles qui reçoivent seize sculptures en haut-relief. Le réseau est structuré par cinq nervures qui dessinent autant de carrés emboîtés. Enfin, quatre grandes nervures traversent en croix l'édifice, d'un transept à l'autre ou de la nef vers le chœur : elles sont rythmées par des abouts de poinçons (ou clefs). 

Au total, nous aurons donc à examiner 4 Évangélistes,  16 personnages de liernes, une clef pendante, et 20 des 116 clefs de voûte. Soit 41 pièces sculptées, et même d'avantage car je vais dépasser un peu les limites du cadre imparti.

Le but est d'enrichir l'iconographie disponible en ligne. De favoriser la connaissance du patrimoine artistique de Bretagne. Et de poursuivre mon étude des Sibylles du Finistère, des instruments de musique de la Renaissance, et de la production du Maître de Pleyben.

L'exploration rapprochée de ces sculptures m'ont révélé (comme sur les autres sites, à Saint-Divy, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom et même à Kerjean) le mauvais état de conservation, ou l'attaque par les parasites du bois. J'ai été choqué par la façon dont les figures sculptées ont été fixées au support par des vis cruciformes qui les transpercent et dont les têtes sont restées apparentes, sur un site classé par les Monuments historiques. 

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Angle nord-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Angle nord-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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I. LA LIERNE NORD-OUEST.

 

1. L'évangéliste saint Jean et son aigle.

Phylactère : In principio erat Verbum. "Au commencement était le Verbe". Une citation qui prend un sens particulier si on considère que les Sibylles, comme les Prophètes, ont été, dans leurs paroles, inspirées par Dieu bien avant l'avènement du Christ, pour en annoncer la venue. 

Les quatre évangélistes sont également sculptés à Kerjean et  à Saint-Divy où deux seulement sont conservés.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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1. Femme tenant un objet (brisé) dans la main gauche.

La femme est vêtu d'un manteau bleu sur lequel tombent ses longs cheveux. Marie-Madeleine ?  L'objet pourrait être un miroir.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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2. Femme en brun.

Elle est vêtue à la mode d'Anne de Bretagne (mais nous sommes sous Henri II) avec une coiffe en chaperon, dont les ailes retombent sur les épaules, et un décolleté carré. D'une main, elle tient le pan du manteau, et l'autre main est placée sur la poitrine. Mais l'index de cette main est tourné vers le haut, comme chez les Prophètes qui, sur les Arbres de Jessé, indiquent par ce geste que leur prophétie se réalise par le Christ, et également comme les Sibylles, ces prophétesses antiques.

Alors, serait-ce ici une Sibylle, dépourvu d'attribut d'identification ?

 

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Éléments de décor : un masque féminin.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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3. Femme en bleu tenant une une tige verte .

Pris par mon sujet, j'en ferais volontiers une Sibylle Lybique tenant un flambeau ; mais, est-ce raisonnable ? . N'est-ce pas un roseau, celui de la dérision du Christ lors de sa Passion ?

Notons pourtant cette main gauche placée sur la poitrine, et cet index expressif. Elle veut nous dire quelque chose, mais quoi ?

 

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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4. Femme tenant une palme. 

La palme est l'attribut des vierges et martyres. 

Mais ici, l'index gauche placé face au pouce alors que les autres doigts sont repliés est indubitablement "indicatif". 

Est-ce la Sibylle Érythréenne et son rameau fleuri, elle qui a deviné la survenue de l'Annonciation  (car on sait que l'ange Gabriel apporte à Marie un lys, ou du moins un rameau) ?

Comme les précédentes, elle est agenouillée. On notera l'élégance de son col, nervuré comme une fraise et couvrant ses épaules.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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II. LA LIERNE NORD-EST.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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L'évangéliste Marc et son lion.

Le phylactère indique le texte de l'incipit Marc 1:1  Initium evangeli jesu christi. "Commencement de l'évangile de Jésus-Christ".

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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5. Un ange tenant une lanterne. Ou la Sibylle Persique.

Puisqu'il s'agit d'un ange avec deux ailes et des pieds nus, ce ne peut être la Sibylle Persique, dont la lanterne est l'attribut. Ah, c'est irritant, d'autant qu'elle montre clairement par son index gauche qu'elle avait prédit l'avènement de cette Lumière éclairant le Monde. 

Ce serait un ange tenant la lanterne des gardes de l'arrestation de Jésus à Getsémani ?

A moins que ce ne soient pas ici des ailes, mais un écran doré appartenant au décor sous-jacent ? Et à moins d'interpréter les deux "ailes " dorées comme un dossier aux bords enroulés. 

Notez les manches courtes évasées en spires concentriques, caractéristiques du Maître, tout comme la tunique cintrée au dessus d'un feston en coquille Saint-Jacques

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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6. La Sibylle Europa et son glaive.

Là, plus de doute. C'en est une. Elle porte le glaive parce qu'elle avait prévu, plusieurs années ou siècles auparavant, le Massacre des Innocents. C'est fort, non ? 

Mais quelle jolie brune ! Si élégante et si bien maquillée !  Et cet art pour laisser échapper, d'un manteau trop grand pour elle, une cuisse fine et bronzée !

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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7. Sainte Barbe tenant sa tour à trois fenêtres.

Sainte Barbe, je ne vous la présente pas. Sa coquetterie ne se dément pas ici, avec ses sourcils et son front épilés, son rouge au joues, ses longs cheveux châtains dénoués comme toute jeune fille. Comme elle protège de la foudre, elle est ici fort utile sous ce lambris qui n'attend qu'une étincelle ...

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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8. Jeune homme barbu.

Qui est ce quidam  chaussé de sabots ? Un pèlerin dans sa pèlerine ? Et que tient-il dans la main droite ?

—Un presse-agrume !

—  Un moule à Kouglof !

— Une coquille ?

— Mais non, ce sont les doigts de sa main gauche sortant du poignet de sa houppelande. Un genou à terre, il prie, les mains jointes.

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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III. LA LIERNE SUD-EST.

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Lierne sud-est, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Lierne sud-est, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.


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Saint Luc et son taureau. 

Sur sa banderole se lit son incipit Luc 1:1 : Quoniam quidem multi conati sunt. "Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit".

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Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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9. Une femme tenant une aiguière. La Samaritaine.

On reconnaît ici la femme qui a puisé de l'eau au Puits de Jacob, à la demande de Jésus. Comment la reconnaît-on ? Car elle figure de façon plus explicite sur une sablière du transept sud de Pleyben, mais aussi de la chapelle de Kerjean. 

On comprend que l'artiste a choisi de représenter en majorité sur la voûte des femmes, n'appartenant pas au peuple Juif (Sibylles ; Barbara l'orientale ; la Samaritaine) ou réprouvée par les Pharisiens (Marie-Madeleine),  mais qui l'ont annoncé ou reconnu ou ont joué un rôle important dans la Foi .

 

 

La Samaritaine, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Samaritaine, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Samaritaine, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Samaritaine, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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10. La Sibylle de Tibur tenant la main coupée.

Cette main montre qu'elle a prédit par ses vaticinations le soufflet qu'un soldat romain infligea au Christ lors de sa Passion.

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La Sibylle de Tibur,  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Sibylle de Tibur, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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La Sibylle de Tibur,  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Sibylle de Tibur, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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11. La Sibylle de Samos tenant son berceau.

car elle a, pars ses oracles, prévu la Nativité du Christ.

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La Sibylle de Samos,  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Sibylle de Samos, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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La Sibylle de Samos,  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Sibylle de Samos, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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12. La Sibylle Cimmérienne tenant la corne servant de biberon.

annonçant que la Vierge donnerait le sein à l'Enfant-Jésus. 

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La Sibylle Cimmérienne,  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Sibylle Cimmérienne, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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La Sibylle Cimmérienne,  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La Sibylle Cimmérienne, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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IV. LA LIERNE DU SUD-OUEST.

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La lierne sud-ouest de la  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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L'évangéliste Matthieu et son ange .

.... ainsi que le phylactère portant l'incipit de son évangile Liber generationem jesu  christi."Livre de la genèse de Jésus Christ".

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L'évangéliste Matthieu,  voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

L'évangéliste Matthieu, voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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13. Ange tenant la Couronne d'épines. Ou la Sibylle de Delphes

On ne peut assimiler cet ange avec la Sibylle de Delphes, qui porte le même attribut...à moins d'interpréter les deux "ailes " dorées comme un dossier aux bords enroulés. La Sibylle Delphique aurait annoncé le couronnement d'épines du Christ lors de sa Passion.

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La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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14. Ange présentant la Croix. Ou la Sibylle Hellespontique.

On ne peut confondre cet ange avec la Sibylle Hellespontique, qui porte le même attribut, ...à moins d'interpréter les deux "ailes " dorées comme un dossier aux bords enroulés. La Sibylle Hellespontique aurait prévu la Crucifixion. 

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La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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15. Un évêque.

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La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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16. Une femme en vert, bras croisés sur la poitrine. Ou une Sibylle lambda, sans attribut.

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La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

La lierne sud-ouest de la voûte de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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DISCUSSION: LES SIBYLLES DE PLEYBEN

Si je m'en tiens aux prophétesses  identifiables sans ambiguïté, je retiens les Sibylles Europa avec son glaive, de Tibur avec sa main, de Samos avec son berceau et Cimérienne  avec son biberon. J'accepte à la rigueur la Lybique et son flambeau, l'Erythréenne et son rameau. Si on prend le parti de considérer les "ailes" dorées des trois anges comme des dossiers, parti que j'adoptai d'abord après examen du bord rectiligne et enroulé de deux-ci, on accepte alors d'y reconnaître   la Persique et sa lanterne, la Delphique avec la Couronne d'Épines, et l'Hellespontique avec la Croix. Au maximum, on enrôle la dernière, dépourvue d'attribut, mais au vêtement et à la coiffure soignée dignes d'une de ces dames vaticinatrices. Donc, quatre certainement, et peut-être neuf parmi les douze Sibylles.

Après examen des anges des nervures du chœur, qui ont tous leurs ailes à bords rectilignes et enroulés (voir ici en fin d'article),  je ne conserve que les quatre Sibylles certaines.

Pour l'abbé Yves-Pascal Castel,  "les Sibylles, au nombre de cinq sont l'Européenne, la Samienne, la Libyque, l'Erythréenne et Agrippa". L'attribut de cette dernière est le fouet, que je n'ai pas observé.

Le frère des Écoles chrétiennes Guy Leclerc (frère d'Edouard) décrit "La sibylle de Samos porte un berceau et annonce la Nativité du Christ, celle de Perse porte une lanterne et annonce  le Christ lumière du monde, celle de Tibur tient le gant qui rappelle le soufflet du soldat romain, la sibylle cimérienne tient un biberon en forme de corne d'abondance [sic], et ainsi de suite". Cet "ainsi de suite" témoigne de la difficulté à donner une identification définitive.

Je rappelle qu'à Kerjean, le même sculpteur a représenté cinq ou six Sibylles, Agrippa, celle de Samos, de Crimée (cimmérienne), de Delphes, et Hellespontique. 

Il est possible que le thème des Sibylles se mêle avec, ou soit détourné au profit du culte des Instruments de la Passion, et  de la compassion pour les souffrances du Christ, qui est évident sur les quatre sanctuaires ornés par le Maître de Pleyben avec les cuirs des Cinq Plaies, de la Couronne d'épines autour de la Croix, de la Sainte Face, des porteurs de la Colonne de Flagellation, entre autres.

De manière générale, le culte christique l'emporte sur le culte marial. Enfin, notons l'absence, sur ces personnages des liernes, des thèmes profanes, qui apparaissent sous forme de masques dans le décor intermédiaire.

 

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LA CLEF PENDANTE CENTRALE ET LES ABOUTS DE POINÇON SUR LES QUATRE NERVURES.

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Nous n'avons fait que la moitié du chemin — et encore ! —et nous devons encore rester un bon moment le nez levé, pour observer le réseau des nervures qui, à partir de la clef pendante centrale, se dirigent vers les quatre directions cardinales, égrenant à chaque croisement avec les carrés des nervures transversales leur 20 à 24 "abouts de poinçons". Nous y trouverons des anges, des musiciens et des acrobates, mais aussi quelques fleurons. 

Dirigeons d'abord nos jumelles vers la clef pendante. 

I. La clef pendante : les quatre anges du Jugement Dernier.

Quatre anges buccinateurs ont embouché leur trompette qu'ils dirigent vers nous pour annoncer le Jugement Dernier. Assis sur le même siège, ils portent une tunique or, vers l'Orient,  bleu et blanche, vers le Septentrion, verte vers l'Occident, et bleue, vers le Midi. Ah, mes amis, quel vacarme ! À réveiller les morts !

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Clef pendante des quatre anges buccinateurs de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Clef pendante des quatre anges buccinateurs de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Clef pendante des quatre anges buccinateurs de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Clef pendante des quatre anges buccinateurs de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Clef pendante des quatre anges buccinateurs de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Clef pendante des quatre anges buccinateurs de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Les abouts de poinçon des quatre nervures.

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Pour chaque nervure, je me dirigerai du centre vers la périphérie.

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II. La nervure se dirigeant vers le chœur.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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1. Un ange en tunique blanche.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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2. Un joueur de vièle.

En bonnet, tunique bleue, braies brunes, chaussures noires, il joue avec un archet sur un instrument à (trois) cordes.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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3. Un fleuron. Je passe.

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4. Un joueur de luth. Là, je prends.

Barbu, le regard inspiré, vêtu d'une tunique jaune à manches bouffantes, jambes écartées et  comme saisi en plein vol plané, il joue (sans plectre visible)  d'un instrument à cordes pincées, dépourvues d'ouïes : un luth, si on veut, malgré sa forme peu ventrue. Ou une guiterne (joué avec un plectre), une mandore, ou une mandoline (plus ventrue), etc.

Voir S. Duhem pages 225-228 et tableau page 357 et qui mentionne les instruments de Bodilis, Lannédern (1559-1581), Saint-Divy, Roscoff, et Ploermel, . Voir le joueur de luth de Kerjean sur mon blog, par le Maître de Pleyben.

Il faudrait voir, comme pour le joueur de vièle, le manche de l'instrument et ses chevillers.

D'une manière générale, sur les musiciens sculptés en Bretagne ou aux XV-XVIe siècle, voir dans mon blog, entre autre :

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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5. Le sonneur de cornemuse.

Il figure dans le site Iconographie de la cornemuse de Catherine et Jean-Luc Matte avec quatre photos de Joël Jubin, avec le seul commentaire "Cornemuseux aux genoux repliés ; un bourdon d'épaule". En effet, Jean-Luc Matte a fait remarqué que les cornemuses du Moyen-Âge, et jusqu'au XVIe siècle, ne sont pas toujours représentées avec un  bourdon d'épaule.

Notre joueur presse le sac de cuir sous le coude gauche, veille à remplir ce sac en soufflant dans le porte vent, et place trois doigts sur les trous du hautbois, dont il assure la prise par le pouce et l'auriculaire. De la main droite, il désigne la direction de l'est, c'est à dire l'autel du chœur.

Il est coiffé d'un bonnet qui est replié vers l'avant (déjà observé à Saint-Divy) et il est vêtu d'un grand manteau vert ourlé d'or, frioncé à la taille, au col rond, et à revers bleu couvrant en vagues les genoux.

Le Maître de Pleyben a également sculpté en blochet  un autre cornemuseux à Pleyben (vers 1571) , que je présenterai dans un futur article sur les sablières, mais aussi à l'église de Saint-Divy (blochet, 1575-1580) et dans la chapelle du château de Kerjean (about de poinçon,1575-1580). 

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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6. L'ange gris-souris tenant un cuir découpé.

Ce cuir portait sans doute une inscription peinte. Les "cuirs découpés" introduits en France par les décorateurs italiens du château de Fontainebleau sont l'une des particularités stylistiques du Maître de Pleyben. L'une de ses autres manies est d'encadrer la tête de ses créatures de sept choux bruns comme autant de bouclettes frisées.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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7. L'ange bleu aux bracelets d'or.

Chut ! (et non "chute") : il vole, bras écartés, les yeux écarquillés par la contemplation de Dieu. Les choux frisés précédents se sont transformés en délicieuse anglaises.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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II. La nervure se dirigeant vers le transept sud.

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1. Le joueur de percussion.

Que tient-il ? Deux objets blancs resserrés au centre, que j'interprète comme deux petits tambours ou boites à rythme, la partie évasée me semblant recouverte d'une peau. En tout cas, il est emporté par la musique. On retrouve le bonnet  "de musicien (voir le sonneur de cornemuse). La tunique bleu-gris est rayée sur le torse comme la livrée d'un domestique, serrée à la taille avant de se terminer par une fronce charmante, caractéristique du sculpteur (voir les anges présentateurs de cuir à Kerjean, par exemple).

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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2. L'ange à la tunique vert-d'eau.

Il vole, une main sur le chœur et l'autre, inspirée et déclamative.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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3. L'acrobate bleu et brun.

Un acrobate apporte toujours avec lui ses valeurs ou contre-valeurs de rupture avec l'ordre conventionnel et de pratique ludique alors condamnée, comme le théâtre et les arts de tréteaux, par l'Église. Mais cette dernière tolérait cette transgression, et mieux, elle lui donnait une place, notamment dans les hauteurs de ses sanctuaires, sans que l'on puisse dire jamais si il s'agit d'un exutoire, d'une condamnation de Mal, ou d'une capacité à conjoindre les contraires pour mieux proclamer la gloire divine. Je renvoie à Michael Bakhtine et la carnavalisation médiévale, ou de la Fête des Fous instituée à la Sainte Chapelle pour les enfants de chœur, etc., 

Celui-ci fait la roue, et saisit ses pieds. Le geste de la préhension des pieds très fréquemment représenté sous forme de crossettes, et auparavant sous forme de modillons romans en sculpture sur pierre. Il possède manifestement une valeur érotique.

Mais notre saltimbanque fait mieux : c'est par l'intermédiaire d'une sorte de grande  pince à linge qu'il empoigne sa cheville. Ce qui mériterait de plus amples recherches.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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4. L'homme brun et bleu une main gauche sur la poitrine.

5. ?

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III. La nervure allant vers la nef.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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1. L'homme au plastron doré.

Il est coiffé du bonnet "des musiciens", ce qui me conduit à remarquer qu'il a dans les mains des sortes de cymbales ou de castagnettes.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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2 et 3 : Deux fleurons.

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4. Un ange blanc faisant un bras d'honneur  esquissant un geste de salutation.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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5. Un ange vert présentant un rouleau de papier.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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6. Un fleuron.

7. Un homme (?) vêtu d'une robe bleue tenant ses chevilles.

C'est la fameuse posture licencieuse dont je parlais à propos de l'acrobate bleu.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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IV. La nervure allant vers le transept nord.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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1. L' ange blanc jouant de la trompette.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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2., 3, et 4 : trois fleurons.

5. Un ange blanc tenant une trompette droite.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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6. Un satyre  au pourpoint brun.

Barbu, les oreilles pointues et le sexe ostensible : c'est un satyre, malgré ses pieds nus. Et, hasard, cet être lubrique tient ses chevilles empoignées.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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7. Un ange jouant du pipeau ou un hautbois.

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Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Nervure de la croisée du transept de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.


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9. Un ange à tunique rouge tenant un objet vert.

Quel est cet objet dont l'extrémité est pyramidale ?

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Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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10. Un homme déguisé en grenouille, portant une pancarte.

Cet homme vert porte l'écriteau suivant : BATISTE LARS / DEC Sd MOUCHE. 

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Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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11. Un ange bleu tenant un rouleau.

Nous sommes arrivés à l'extrémité du transept nord.

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Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Voûte de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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UN BONUS : L'ABSIDE DU CHŒUR.

Elle ouvre en éventail ses quatre voûtains.

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Vue générale du coté nord.

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Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange tenant la Couronne d'épines.

 

Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange tenant un objet brisé.

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Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange au monogramme de Marie.

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Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange au tétragramme.

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Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange au monogramme christique IHS.

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Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Clef pendante.

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Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Joueur de luth à cinq cordes. Absidiole de gauche.

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Abside du chœur de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Abside du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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BONUS BIS : ANGES DES NERVURES.
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Ange des nervures du chœur  de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Ange des nervures du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange au hautbois.

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Ange des nervures du chœur  de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Ange des nervures du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange de l'Annonciation.

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Ange des nervures du chœur  de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Ange des nervures du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange des nervures du chœur  de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Ange des nervures du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange des nervures du chœur  de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Ange des nervures du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

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Ange à la colonne.

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Ange des nervures du chœur  de  l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Ange des nervures du chœur de l'église Saint-Germain de Pleyben, photographie lavieb-aile 2017.

Euh, comment dirais-je ? 

Ouf !

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), Les 70 sibylles du Finistère. site de la Société Archéologique du Finistère.

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles

— CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006

— LECLERC (Guy), 2007, Pleyben, son enclos et ses chapelles, éditions Jean-Paul Guisserot, 31 pages pages 18 et 19.

https://books.google.fr/books?id=hWctwxQfyhgC&pg=PA18&lpg=PA18&dq=sibylles+pleyben&source=bl&ots=kzc-VMkVBx&sig=29B6LVXN1nHu2s5hEpHEt3en1vA&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiI596WxpfVAhXH2xoKHQ5WDd4Q6AEIQjAF#v=onepage&q=sibylles%20pleyben&f=false

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

— Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Enclos_paroissial_de_Pleyben

BIBLIOGRAPHIE NON CONSULTÉE.

- J.M. Abgrall : Pleyben. Eglise, calvaire, ossuaire, chapelle Notre-Dame de Lannélec (B.S.A.F. 1892) ; Pleyben (Quimper, 1908) ; Le Livre d'Or des églises de Bretagne

- A. de La Barre de Nanteuil 1914, : Pleyben (S.F.A. C.A. 1914)

-  Le Coz (Y) : Construction et translation du calvaire de Pleyben (B.D.H.A. 1910)

- B.D.H.A. 1938 : Notice de Pleyben

- R. Lisch : Pleyben (S.F.A. C.A. 1957)

- M. Moreau-Pellen : Pleyben (Châteaulin, 1950)

- Ass. Bret. : Congrès de Châteaulin, 1960 (Pleyben) 

- G. Leclerc : Pleyben, la rogue paroisse (Châteaulin, s.d.)

- A. Legrand : Pleyben (Rennes, 1979)

 

 

— ABGRALL, Jean-Marie. Pleyben, son église, son calvaire. Editions d'art Jos Le Doaré, Quimper, 1969.

— BARREAU, Loïc, MARCEL-ROUAULT, Claude. Les enclos paroissiaux de Bretagne. Editions OUEST-FRANCE, 2006, p. 88-89.

— LEGRAND, André. Pleyben. Editions OUEST-FRANCE, Rennes, 1979.

— MOREAU-PELLEN, Madeleine. Pleyben, son église, son calvaire. Collection 'Reflet de Bretagne'. Editions d'art Jos Le Doaré, Châteaulin, 1957.

— MUSSAT, André. Arts et cultures de Bretagne. Paris, 1879.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Sibylles
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 22:17

La charpente sculptée du collatéral nord de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern par le Maître de Pleyben (vers 1575). Sablières, blochets, abouts de poinçons et engoulants.

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Voir aussi :

Sur les sablières du Maître de Pleyben :

 

 

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Et sur les sablières bretonnes :

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LE SCULPTEUR SUR BOIS DIT LE "MAÎTRE DE PLEYBEN".

Vers 1580, un sculpteur anonyme, désigné aujourd'hui sous le nom de convention de "Maître de Pleyben", réalisa les sculptures de la charpente de la chapelle du château de Kerjean, en Saint-Vougay, à la demande de Louis Barbier, seigneur de Kerjean. Un véritable chef-d'œuvre, influencé par l'École de Fontainebleau qui avait introduit vers 1535 le motif décoratif du cuir découpé à enroulement, et par la diffusion du style de la Seconde Renaissance française dans des recueils de gravures : le prospère Léon était largement ouvert à l'Europe par ses ports de Landerneau, Morlaix et Roscoff.

Cet artiste a reçu ce nom car on lui attribue aussi une partie des sablières de l'église de Pleyben, en haute Cornouaille vers 1564 et 1571.  On reconnaît aussi son style sur la charpente de l'église de Saint-Divy, dans le Léon, et ... dans la chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern, située à 23 km de Pleyben et 70 km de Kerjean

Son style ? On le distingue à ces cuirs découpés à enroulements, car il  faufile dans les découpes des linges et des cordages dont il confie les extrémités à des anges ou autres personnages. Ses anges aussi sont caractéristiques, avec une coiffure faite de mèches rondes cerclant  la périphérie du visage, et avec une tunique aux plis prononcés, bouffante à la taille en formant une ligne sinueuse, avant de s'évaser vers les pieds avec une grande liberté. Ajoutons que les manches de ses tuniques s 'évasent en larges couronnes au dessus des coudes, qui sont globuleux. Ses personnages en pieds (Évangélistes ou Sibylles, notamment) ont en commun un visage fin, ovale, avec des nez longs et fins, de grands yeux aux pupilles en creux,  des bouches fines, des manches bouffantes, ou, pour les femmes, des bandeaux de cheveux. 

Mais ce sont surtout ses motifs iconographiques qui se répètent en tableaux stéréotypés :  mascarons zoomorphes ou anthropomorphes sur le plan profane, guirlandes et frises à petits pois, musiciens, et, sur le plan religieux, des thèmes plus christiques que mariaux :  Sainte Face, Tunique du Christ, Plaies du Christ, Instruments de la Passion, Rencontre de la Samaritaine.

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

La chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom s'élève aujourd'hui  sur la départementale D887 Chateaulin-Crozon, à son embranchement venant de Plomodiern au pied des deux sommets du Ménez-Hom à une altitude de 193 mètres. Mais la carte de Cassini montre qu'au XVIIIe siècle, "Sainte-Marie de Ménéhomme" était isolée sur ses landes, au sud de la route  Chateaulin-Crozon qui passait par Dinéault et Argol, séparée de Plomodiern par la barre des "Montagnes de Run braz et bian", et restant à l'écart de la route Quimper-Telgruc-Lanvéoc qui longeait la côte.

Pour celui qui s'intéresse aux sources, notons que ce plateau est le point de départ des ruisseaux qui alimenteront les rivières se jetant au nord dans la partie maritime de l'Aulne (qui prend le nom de Rivière de Châteaulin), et au sud aux deux extrémités de la Lieue de Grève (plage de Pentrez), comme cela apparaît sur la carte d'Etat-Major 1820-1866. A 300 m de la chapelle à mi-pente du Ménez-Hom se voit encore la fontaine votive du XVIIe. 

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Trois ou quatre grandes foires réunissaient le 17 Juin, (jour de la St Hervé), le 16 août ( fête de la St Armel, mais la St Laurent est le 10 août)  et le 9 septembre (St Thégonnec ?)  les commerçants du Faou, de Brest, de Douarnenez, de Quimper et du Morbihan. Ce lieu est le croisement d’anciennes route à forte fréquentation. Les  importantes collectes d'argent  ont permis d'édifier, sur une ancienne chapelle romane,  la chapelle entre 1570 et 1597 (puis jusqu'en 1773) et expliquent sa richesse architecturale . "Il se vend aux foire de Minchomme des chevaux propres au tirage, pour la poste, roulier et cabriolets" (Almanach 1779)

 

L'édifice d'origine, en croix-latine à chœur peu saillant, remontait à la première moitié du XVIème siècle ainsi que l'indiquent les inscriptions de la nef :  H HO MOREAU F EN LAN 1570 ; H OLIER FA EN LAN 1572 ; bas côtés en 1573, 1573, 1591 portant les inscriptions : R POLESEC FA LAN 1573 ; l MAUGUEN FAB LAN 1574 ; AV MOREAU FAB LAN 1591 ;

 

 

Dans le bas-coté nord, qui nous intéresse, notons l'inscription lapidaire en lettres capitales inégales en deux cartouches  : FP : POLESEC / FA [BRIQVE]. LA[N] : 1573. : "Fait par Polesec, fabrique en l'an 1573". En effet, cette inscription est placée sur la face ouest d'un mur qui, de son coté est, comporte une sablière sculptée.  Le patronyme POLOZEC est attesté à Saint-Nic dès 1612 et celui de  LE POLOZEC  à Plomodiern dès 1676.

 

 En effet, cet édifice a été agrandi entre 1570 et 1591 : doublement du bas-côté, création dans l'angle nord-ouest de la "chambre des moines".

Une seconde campagne concernant l'édification du porche méridional débuta en 1668 (inscription sur la  souche du clocher en 1668, 1670 portant les inscriptions : GUILLAUME D HERVE F ; JACQUES NICOLAS 1668 ).

. Entre 1700 et 1715, la fabrique orne le chevet de ses trois retables. En 1739, le fabrique Hervé Lastennet (HERVE LASTENNE FABRICQUE 1739 ) fait édifier la porte monumentale du placître. En 1766, une longue inscription témoigne de la reconstruction du pignon sud et ouest et sud de la nef   : MISSIRE M CRAVEL RECTR DE PLOMODIERN GUILL LE DOARE PRETRE VICAIRE L ROIGNANT F 1766 . Enfin, le clocher porte les dates de 1772 et 1773, peut-être à la suite de dégâts occasionnés par la foudre : MESSIRE MATHIAS PLASSART RECTEUR JEA LE QUINQUIS FABRICQUE 1772 ; GERMAIN HILLI .

  L'édifice actuel est de plan irrégulier en forme de tau comprenant une nef avec une travée sans bas-côté et tour au sud, puis deux travées avec bas-côté sud et double bas-côtés nord, une travée avec double bas-côtés et enfin un vaste chœur à chevet droit peu débordant.

 

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Après une longue période d'abandon au XIXe et XXe (et les travaux sur la toiture, les lambris retables et vitraux après 1870), a chapelle a été restaurée sous l'impulsion du recteur Auguste Tephany (Camaret 1920-Plomodiern 2003)  de 1988 à 2013 pour un total de plus d'un million d'euros, dont 450 000 pour les retables. Le comité de la chapelle a assuré 32 % du financement relevant de la commune de Plomodiern.

 

Datation des sablières sculptées : 1573-1575.

C'est dans ce "double bas-coté nord", résultat de l'agrandissement de 1570-1591,  que se trouve la charpente qui m'intéresse aujourd'hui. 

 Si le calvaire porte la date de 1544 sous le règne de François Ier, les murs intérieurs portent celles de 1570, 1572, 1573, 1574 et 1597, sous les règnes de Charles IX et Henri III. C'est la date de 1575 qui est donnée pour les sablières par les documents disponibles dans la chapelle, date cohérente avec l'activité du Maître de Pleyben entre 1564 et 1580, et avec la parenté de style avec la chapelle de Kerjean (1570-1580).

Enfin, le mur soutenant la quatrième sablière porte, sur son coté ouest, l'inscription du fabricien Polosec qui l'a fait faire en 1573. Ce sera notre terminus ante quem.

Documentation photographique :

a) Une photo noir et blanc d'Emmanuel-Louis Mas, datant d'avant 1987, est disponible sur le site de l'Inventaire :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005276

http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/memoire/1034/sap01_52p01185_p.jpg

b) Deux photos n.b d'Albert Poulain, éditées par Dastum, sont disponibles sur le site BRETANIA.

c) Une photo d'Henri Moreau sur Wikipédia 

Descriptions.

La première description est celle de l'incontournable chanoine Abgrall en 1891.

Les sablières ont fait l'objet d'une notice de Jean-Pierre Ducouret et Claude Quillivic pour en 1978 pour l'enquête de l'Inventaire Général.

"Bois taillé (décor dans la masse, décor en demi-relief, décor en haut relief) . 2 tronçons séparés par un entrait, avec 2 blochets aux extrémités.

Scène : en médaillon : cartouche : cuir (Fuite en Egypte) ; en encadrement : figures (femme : à mi-corps : nu, satyre) ; scène (labour à la charrue, paysan, chute) ; figure : en bordure (évêque : en pied, livre : ouvert)
scène : en médaillon : cartouche : cuir (figuration partielle, Judas : bourse : prêtre, croix : couronne : épine) ; en encadrement : figures (femme : renommée, en bordure : aigle : bicéphale) ; figure : en bordure (évêque : en pied, livre, bénédiction)
ornementation (ove, entrelacs, feuille d'acanthe, volute)"

Elles ont été observées par Victor-Henry Debidour (l'Art de Bretagne 1979), décrites par André Mussat en 1957, et cet auteur les a attribué au sculpteur des sablières de Pleyben.

Elles sont intégrées à la description du sculpteur de Pleyben dans le chapitre "Autour de Plomodiern" de l'ouvrage de Sophie Duhem Les sablières sculptées de Bretagne 1997 page 143-146 :

"Le programme n'a pas la monumentalité de celui de Pleyben, toutefois certaines images s'en inspirent, comme la scène de la trahison de Judas, ou comme quelques figures de blochets qui portent des mitres ornées de motifs géométriques que l'on retrouve à Pleyben. Le traitement des faciès, des postures et des vêtements est similaire et ne laisse planer aucun doute sur l'identification." [...]  "Il est probable que les deux charpentes de Saint-Divy et de Plomodiern, plus proches stylistiquement de l'œuvre élaborée à Kerjean, aient été décorées à la même époque". [...] Les représentations des soldats présentant la tunique et les dés sont très proches à Plomodiern et Kerjean. de même que la tête du bœuf qui accompagne Saint-Luc à Kerjean est identique à celle de l'âne de la Fuite en Égypte de Plomodiern. Les anges sont vêtus des mêmes tuniques aux manches creusées, aux drapés entrecroisés sur la poitrine". 

D'autres commentaires sont placés aux pages 219-223, 231, 236, 242, 259 et 262, accompagnés par des illustrations.

Enfin, le visiteur trouve sur place des documents et un dépliant qui soulignent la valeur remarquable de ces sablières, et en donnent les clefs d'interprétation, ... ce qui n'empêche pas la majorité des visiteurs de consacrer toute l'attention aux retables, et de passer à coté (sous) de ces sculptures, qui restent parfois dans l'obscurité.

 

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La chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le double bas-coté nord, à deux travées, vu du fond de la nef.

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Bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La moitié nord, vue du mur portant l'inscription datée de 1573, et cette inscription:

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Troisième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Inscription Troisième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Inscription Troisième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La charpente sculptée par le Maître de Pleyben occupe l'extrémité orientale de ce bas-coté nord, au niveau de la dernière et quatrième travée, devant le chœur et son retable nord (où figure Saint Louis tenant la couronne d'épines).

Le mur oriental porte des corbelets  inutiles, car ils ne supportent plus la charpente, témoignant de profondes modifications. De même, le bas-coté est séparé de la nef par une cloison lambrissée contre laquelle l'un des abouts de poinçon est plaquée, le visage d'un personnage masqué par cette paroi récente.

Le mur occidental est renforcé par un contrefort. 

La voûte ogivale lambrissée comporte neuf nervures moulurées, et autant d'abouts de poinçons, et elle est cantonnée par quatre blochets (évêques).

Un entrait engoulé reprend la division des deux bas-cotés.

Les sablières sont formées de quatre pièces, que je décrirai en débutant par la partie droite (lorsqu'on regarde la fenêtre) devant le chœur. Nous trouverons successivement :

1. Les Soldats jouant aux dés la tunique du Christ ; une tête de lion.

2. La Croix et la Couronne d'épines entre le Grand Prêtre et Judas, présentées par deux anges.

3. La Fuite en Égypte présentés par un couple d'humains, et Le paysan écrasé par un attelage.

4. (comme en 1) Les Soldats jouant aux dés la tunique du Christ ; une tête de lion.

On constate donc la prévalence des thèmes religieux évangéliques  et l'absence des mascarons ou de putti.

 

 

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Quatrième travée du double bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Quatrième travée du double bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Vue générale de la voûte.

J'ai fléché la direction du chevet.

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La voûte lambrissée du collatéral nord, Maître de Pleyben v. 1575, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La voûte lambrissée du collatéral nord, Maître de Pleyben v. 1575, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1. La première sablière : coté chœur. Deux soldats jouant aux dés la tunique du Christ. Un cuir au lion.

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Première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'évêque du  blochet d'angle. 

Un évêque, assis, tient un livre. Il porte la chape à orfroi, la mitre dont les larges fanons couvrent les épaules. La tête a été détachée et rapportée (restaurée ?).

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Blochet de l'angle sud-est, première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet de l'angle sud-est, première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La tête de lion dans un cuir.

Cordage.

La pièce de bois commence par un cordage, qui va servir de fil d'Ariane tout du long, selon le procédé cher au sculpteur anonyme. Il court il court, le furet !

Volute.

Au dessous du cordage, une volute. Sophie Duhem en a compté dans 7 % des pièces de sablières bretonnes (329 sur 4740), principalement dans le Finistère (246 pièces). Cela paraît très simple, mais cela nous introduit d'emblée dans le vocabulaire de la Renaissance et du style italien introduit en France par l'École de Fontainebleau : nous voilà dans le bain ! Cette volute, indenté d'une encoche, va à la rencontre d'une autre, et à l'aisselle de leur rencontre naît une moitié de feuille. Le cordage, en linge torsadé, ressort ici, après avoir disparu en passant par le centre d'une fleur à quatre gros pétales. 

Oui, cela paraît simple, mais cela ne l'est pas. Au dessus de l'œil de la deuxième volute débute le premier bras du cuir.

Cuir découpé à enroulements.

Un cuir Renaissance, c'était d'abord semblable à une peau de vache ou de mouton, avec la découpe de ses pattes, et qui serait en train de sécher, en s'enroulant sur ses bords. Puis, c'est devenu un "cartouche", une petite carte, un petit encart  en forme de cornet, pour y mettre en valeur ornementale une inscription, un emblème ou un autre motif qui, isolé du fond, est ainsi mis en exergue. Cette tête de lion n'est pas placée pour figurer un lion, mais pour exprimer, par métonymie ou condensation, toutes les significations symboliques (puissance royale, domination, férocité), mythologiques (Némée), religieuse (Livre de Daniel, Tétramorphe, etc.)  et des Bestaires. De plus, il est une citation de tous les endroits (palais, portes, cuirasses, blasons etc) où il a été employé comme ornement.

Puis ce cuir est devenu soit semblable à des bandes de tissus ou de ferronnerie, soit au contraire épais et creux comme des étuis de métal : c'est ce qui se passe ici, où le "cuir" associe quatre bras latéraux, en bandes, mais aux extrémités creuses. Pour accentuer la complexité, plonger le regard du spectateur dans un trouble et une perte de repères typiquement baroques, les volutes s'intègrent au cuir, tandis qu'une frise d'entrelacs passe au dessus et au dessous du motif, qu'un enroulement en oreille coiffe la tête du lion, et que des découpes circulaires  permettent au cordage de continuer son jeu de cache-cache.

Tête de lion.

Le masque de lion est présent dans 30 des 4740 pièces examinées par S. Duhem, dont 27 dans le Finistère à Landerneau, Bodilis, Dirinon, La Martyre, tout comme à Kerjean,  Saint-Divy et Pleyben : encore un motif Renaissance !

Je signale que le lion tenant entre ses pattes un ossement, ou même un homuncule, est une constante de toutes les crossettes sculptées en pierre sur les églises (ou quelques maisons) du département. Et pas seulement dans le Léon ! Il tient le rôle de passeur d'âmes, avertissant les fidèles que la vie est courte, et le trépas proche. Avec lui, pas de pitié, et gare aux âmes pécheresses.

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première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Volutes et cuir à la tête de lion, première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Volutes et cuir à la tête de lion, première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Volutes et cuir à la tête de lion, première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Volutes et cuir à la tête de lion, première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ.

La scène est presque exactement semblable à la sixième sablière de la chapelle du château de Kerjean, si bien qu'elle incite plutôt à jouer au jeu des sept différences qu'à en redonner une nouvelle description.

On peut également se livrer à la même comparaison avec la scène homologue des sablières de l'église de Pleyben, puisqu'il sa'git là d'un des motifs préférés du Maître.

La scène évangélique.

 

Je rappelle, pour ceux qui viennent d'arriver, que nous avons là une représentation des deux soldats romains se disputant aux dés la tunique sans couture du Crucifié, selon le récit de l'évangile de Jean 19:23-24

Ah, vous ne connaissez pas ? Voilà le texte (je vous le traduis du latin de la Vulgate):

 

"Après avoir crucifié Jésus, les soldats prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'une seule pièce depuis le haut jusqu'en bas. Ils se dirent entre eux:  «Ne la déchirons pas, mais tirons au sort pour savoir à qui elle sera.» C'est ainsi que s'accomplit cette parole de l'Ecriture: Ils se sont partagé mes vêtements et ils ont tiré au sort mon habit. Voilà ce que firent les soldats."

Si Jean écrit cela, c'est pour montrer, selon la démarche typologique, que le Christ réalise ou accomplit  les Écritures,  et notamment ici le Psaume 22 verset 19 "Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique": pour l'évangéliste (et pour l'Église), le Psalmiste avait annoncé par son chant ce que Jésus allait faire.

Ce psaume 22, c'est celui du Serviteur souffrant.  On peut l'entendre d'un bout à l'autre comme une description de la Passion, de l'expression des souffrances du Christ exposé au mépris (v.7), aux moqueries (v. 8), à la crucifixion (v.8 et 9) à la soif (v.16) et à la mort (v. 16), et, selon Marc 15, 34 et Matthieu 27, 46, Jésus en a prononcé l'incipit en araméen  « Eloï, Eloï, lama sabactani? », « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? 

Or, que dit le verset 14 ? Aperuerunt super me os suum sicut leo rapiens et rugiens "Ils ouvrent contre moi leur gueule, semblables au lion qui déchire et rugit."

Et le verset 22 ? Salva me ex ore leonis. " Sauve-moi de la gueule du lion, délivre-moi des cornes du buffle !"

    

Dans un tel contexte, la figure du lion, toute issue qu'elle soit des décors bellifontains, prend une singulière signification.

La sablière.

Les deux soldats en costume de guerriers du XVIe siècle avec armure presque complète : morion, cuirasse et son plastron dont l'arête médiane détourne le fer des lances ; jupe faite de lames métalliques ; genouillère, grève et soleret.

Leur posture en fente avant est celle d'un duel à l'épée, mais c'est un dé qu'ils tendent dans la main gauche. Alors qu'à Kerjean, le dé était encore caché derrière le dos, dans la main droite. 

Mais, dans une confusion très habituelle à la Seconde Renaissance et à l'art des cuirs découpés, ces deux personnages, extérieurs au motif central du cuir, y pénètrent par effraction pour placer leurs dés.

Le motif central, c'est la Tunique sans couture. Heureusement que je l'avais vu à Kerjean, car elle est transformée ici en une cuve à deux siphons latéraux et poignée centrale, qu'on jugerait issu d'un catalogue de sanitaires. Doté du mode d'emploi, je reconnais la tunique plissée, le col replié, les deux manches aux poignets béants, et un ruban noué en rosette au dessus.

Enfin, n'oubliez pas le cordage, qui, obstiné, poursuit son faufilage dans les orifices du cuir.
 

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Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Autre différence avec Kerjean : les soldats ont perdu leur belle moustache. Mais quel nez !

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Et surtout, la cape qui flottaient derrière eux est remplacé, pour le seul légionnaire de gauche, par une composition en double feuille aux digitations rayonnantes, pleine de panache.

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Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les soldats jouant aux dés la Tunique du Christ, première sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. La deuxième sablière : La Croix et la Couronne d'épines entre le Grand Prêtre et Judas, présentées par deux anges.

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Deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Croix, la Couronne d'épines, le Grand prêtre et Judas.

Le sculpteur reprend ici la disposition qu'il privilégie pour les scènes religieuses : deux personnages — le plus souvent des anges —  tenant par un linge faisant office de cordage le cuir découpé à enroulement comportant le motif chrétien. Nous venons d'en voir un avatar avec les deux soldats, nous en avons quatre à la chapelle de Kerjean, deux à l'église de Saint-Divy, et beaucoup (je n'ai pas encore rédigé cet article) à Pleyben. Ici, les deux personnages ressemblent à des anges, mais, puisqu'ils n'ont pas d'ailes, on peut les nommer, avec Abgrall, des "Renommées".

 

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Deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'ange de droite.

Il tient un linge dont un pan tombe en deux plis impeccables, et l'autre forme une boucle et se transforme en un cordage : celui qui soutient le cuir.

 Il pourrait servir d'archétype, tant il s'ingénie à cumuler toutes les caractéristiques stylistiques de l'atelier du Maître de Pleyben. La chevelure faite de huit choux de Bruxelles autour de la tête. Le nez en Tour Eiffel. Les lèvres charnues. Les effets de manche, en larges cloches ovales autour de maigres bras nus. Les coudes en boule. La tunique au plissé croisé, et au bord inférieur en feston. Le court genou antérieur, plus stylisé qu'anatomique. La jambe postérieure, excessivement longue, emportée par l'emphase du drapé de la robe. Et le pied, enfin, tordu pour montrer son profil comme sur une sculpture d'un temple de l'Égypte antique, pied égyptien d'ailleurs puisque le premier orteil est plus long que le deuxième, mais doté d'un hallux valgus fâcheux pour cette créature divine.

Et surtout, cet élan, cette fougue qui a tant inspiré François Rude pour l'Ange de la Victoire de l'Arc de Triomphe !

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Mais les yeux semblables à deux pruneaux fendus, mais dont la paupière supérieure tombe bas, réduisant l'œil à une fente, m'ont paru propres à l'artiste du Ménez-Hom.  Nous les retrouverons.

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Deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cuir découpé  et son motif.

Le cuir est très simple : un enroulement à chaque face, chacun fendu en deux parties. Deux trous à gauche, car le cordage de l'ange de droite se trouve mystérieusement dédoublé en passant derrière le panneau. Un seul trou à droite, et voilà tout.

Le motif associe une croix, à laquelle est accrochée une couronne à deux brins torsadés. Nous retrouvons, à peine plus complète, la croix et la couronne de la  première sablière de Saint-Divy, et, surtout, la sculpture homologue de Pleyben

L'importance donnée à la Couronne d'épine dans le corpus des sculptures du Maître, tant dans cette représentation que sur la Sainte-Face, est à rapprocher de l'insistance sur les Cinq Plaies ou sur les Instruments de la Passion. Faut-il y voir l'influence d' une dévotion inspirée par l'Imitation de Jésus Christ, et la méditation sur les souffrances endurées par le Christ pour la rédemption des pécheurs ? Ou un choix relevant de la Contre-Réforme ? Ou encore, l'expression depuis Saint-Louis, de la validation du Royaume de France par la possession, en la Sainte-Chapelle, des reliques de la Vraie Croix et de la Couronne d'épines ?

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Deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Judas et ses trente deniers devant le grand sacrificateur.

Cette scène illustre la Trahison de Judas selon l'évangile de Matthieu :

Matthieu 26 : "14-15 : Alors l'un des douze, appelé Judas Iscariot, alla vers les principaux sacrificateurs, et dit: Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai? Et ils lui payèrent trente pièces d'argent."

Le chanoine Abgrall  y a vu plutôt le Remords de Judas restituant les trente deniers au grand prêtre :

Matthieu 27: 3-4 : "Alors Judas, qui l'avait livré, voyant qu'il était condamné, se repentit, et rapporta les trente pièces d'argent aux principaux sacrificateurs et aux anciens,  en disant: J'ai péché, en livrant le sang innocent."

 

Quoiqu'il en soit, cette scène est représentée sur les sablières de l'église Pleyben (présentée par deux anges, mais dans un cadre rectangulaire,  avec une croix en T et une demi-couronne) :

photographie lavieb-aile :

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Et dans l'église de Roscoff : dans une version quasi identique à celle de Sainte-Marie-du-Ménéz-Hom et, toujours, présentée par deux anges :

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photographie lavieb-aile :

 

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Le grand prêtre, deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le grand prêtre, deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Judas Iscariote et les trente deniers,  deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Judas Iscariote et les trente deniers, deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'ange de gauche :

Par rapport à son collègue, celui-ci doit tenir un deuxième cordage de la main droite.

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L'ange de gauche,  deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'ange de gauche, deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'aigle bicéphale.

sur un cuir, parmi des fruits.

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Aigle bicéphale, deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Aigle bicéphale, deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blochet : un autre évêque.

... très semblable à celui de l'angle sud-ouest.

 Blochet de la deuxième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet de la deuxième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. La troisième sablière : la Fuite en Égypte et le paysan écrasé par l'attelage d'une charrue.

Coté ouest, près de la baie.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le troisième blochet : surprise, c'est un évêque !

Différence avec le précédent : il ne bénit pas.

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Blochet de la troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet de la troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cartouche de la Fuite en Égypte présenté par un couple très naturel.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La femme.

Sous sa poitrine nue, elle est vêtue d'une jupe d'où dépassent ses pieds nus. Elle retient ses cheveux par un bandeau dont les rubans se confondent avec ses mèches. De la main droite, elle tient le cordage qui nous sert de rampe tout au long de ces sablières, et, de la main gauche, elle s'appuie sur la crosse d'une volute. 

Ah, j'oubliais : c'est elle qui nous offre le plus bel exemple (avec le paysan, qui suit) des yeux en amande fendue, si particulier à ce sculpteur. 

La bouche ouverte et les yeux mi-clos, elle semble crier.

Qui est-elle ? 

Allons d'abord faire une petite visite à son compère.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'homme.

Lui, il est entièrement nu. Ce n'est pas un satyre, car il n'a ni sabots de chèvre ni oreilles pointues. Barbu, il lève le bras gauche derrière ses cheveux hirsutes et il semble crier.

Alors, que sont ces gens ? J'ai pensé d'abord à Adam et Éve, premiers parents du genre humain qui auraient toute leur place autour de la Sainte Famille.

Mais comme aucun indice ne nous permet d'identifier nos ancêtres de la Genèse, que nous connaissons bien avec leurs attributs (la pomme et la feuille de vigne !), je change d'avis : ce sont la Femme et l'Homme, tout simplement, Madame Tout-le-monde et son mari. L' humain sui generis, en ses deux formes sexuées. Si ce couple crie, s'il est désespéré, c'est que sur lui  pèse la malédiction du Péché. Dont le petit Rédempteur encore emmailloté va les relever.

 

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cartouche de la Fuite en Égypte.

a) le cartouche.

Ce cuir découpé issu des artistes de Fontainebleau superpose un premier parchemin, plat, à quatre  enroulements en volutes et deux poignées en oreille, recouvert par un long rectangle aux extrémités creuses découpées en H. Le cordage qui s'est introduit par une orifice, passe derrière ce cuir. Au total, nous avons déjà trois plans superposés.

b) Le motif.

Au dessus vient le motif : Marie tenant l'Enfant emmailloté, et Joseph menant l'âne par son licol, le bâton sur l'épaule. Mais remarquez que l'artiste ne respecte pas la convention fictionnelle d'une scène présentée dans le cuir qui sert de cadre, puisque les saints personnages, et leur âne, marchent en dehors de ce cadre.

C'est la Fuite en Égypte, précédant le Massacre des Innocents :

Matthieu 2:13-14 : Lorsqu'ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu'à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le paysan écrasé par un attelage.

"La tradition du pays dit que c'est la traduction d'une légende d'après laquelle ces gens, labourant leur champ, se seraient moqués de la Sainte Vierge et de saint Joseph fuyant en Égypte, et auraient été punis sur le coup et blessés par leur chevaux pris d'une terreur panique" (Abgrall 1891)

"C'est une scène excessivement mouvementée : quatre chevaux attelés à une charrue, un homme les conduisant, deux autres menant la charrue, un quatrième tombé sous les pieds des chevaux et à moitié écrasé. Tout cela avec des postures, ces costumes et des contorsions impossibles à décrire." (Abgrall 1891)

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'homme "qui mène l'attelage", et qu'André Mussat a peut-être pris pour un soldat, tient en réalité une houe ou une faux, dont le fer, mal visible, est dirigé vers lui. Il saisit le manche par son extrémité recourbée en épingle à cheveux, et par une poignée placée à mi-hauteur.

Il est animé par un mouvement de torsion qui rend bien le geste de la fauche : le tronc et la tête sont tournés dans la direction opposée aux pieds et aux jambes. Il est coiffé d'un bonnet déjà observé sur la tête des musiciens de Saint-Divy. 

Ses yeux mis clos, le bas de son visage triangulaire, son long nez, ses lèvres proéminentes en font un bel exemple du talent du sculpteur.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Puis vient l'attelage, à quatre chevaux deux à deux. L'un des intérêts de cette sablière est d'illustrer les instruments aratoires de Basse-Bretagne au XVIe siècle. On en trouve d'autres exemples sur les sablières du Tréhou (trois chevaux et une paire de bœufs), de La Martyre (une paire de bœufs entre deux paires de chevaux), de Pleyben (trois chevaux)  et de Bodilis. 

A Pleyben la sablière décrit le même accident survenu au paysan qui s'est moqué de la Sainte Famille : le malheureux, qui lève les bras, est écrasé par la roue droite.

Photographie lavieb-aile : 

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Cet attelage à quatre chevaux est réservé aux laboureurs les plus riches. Il est mené par trois hommes.

 Le premier manie les deux mancherons du soc. Devant lui, le long axe oblique qui relie le soc et les deux roues se nomme l'age ; il porte le coutre ou couteau qui ouvre la terre devant le soc.

Le deuxième pèse de tout son poids sur des poignées fixées sur l'age.

Le troisième ? Il est passé entre les chevaux et nous ne voyons de son corps allongé que sa tête aux traits déformés par la douleur et la peur.

Les chevaux  sont attelés par des colliers d'épaule rembourrés de paille, à une pièce transversale.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Troisième sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. La quatrième sablière : Les soldats tirant au dès la Tunique du Christ. Un cuir à la tête de lion.

Je serais bref : c'est le doublon de la première sablière, en vis à vis.

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Quatrième  sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Quatrième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Quatrième  sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Quatrième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Quatrième  sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Quatrième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le quatrième blochet : oh, un évêque !

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Quatrième  sablière  par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Quatrième sablière par le Maître de Pleyben v. 1575, quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LES NEUF ABOUTS DE POINÇON.

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Je ne montrerai que les poinçons figurés ; mais certains sont dans l'ombre, peu visibles ou peu photographiables.

Du centre , vers la baie : 

 

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1. Ange (?) tenant un objet strié.

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About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de  la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Ange (?) tenant contre lui la Tunique (?)

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About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de  la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Ange (?) ou homme bras écartés.

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About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de  la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Homme tenant un cuir.

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About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de  la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. Homme tenant un verre ??

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About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de  la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom.  Photographie lavieb-aile juillet 2017.

About de poinçon, par le Maître de Pleyben v. 1575, voûte de la quatrième travée du bas-coté nord, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom",  Bulletin Diocésain d'Histoire et d'Archéologie de Quimper.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f362.item

— BARDONESCHI (Floriana), 2015, « Les images du cheval attelé au travail dans les campagnes : réalités anatomique et morphologique et construction artistique à travers les enluminures (Europe, XIIe-XVIe siècle) », In Situ [En ligne], 27 | 2015, mis en ligne le 02 novembre 2015, consulté le 18 juillet 2017. URL : http://insitu.revues.org/12073 ; DOI : 10.4000/insitu.12073

— COUFFON, 1988, Notice sur Plomodiern

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOMODIE.pdf

"Du type à nef obscure, la chapelle est lambrissée. Les voussures des grandes arcades, les unes en tiers-point, les autres en plein cintre, pénètrent directement dans les piliers. Plusieurs des sablières sculptées sont remarquables, particulièrement celles qui représentent une scène de labourage, une Fuite en Egypte (bas-côté nord de la quatrième travée). Ces sablières sont très proches de celles de Pleyben, seconde moitié du XVIe siècle "

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ...  ; préf. d'Alain Croix., Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes 2 en 1997. 

Bulletin Monumental 1958 vol. 116 page 124

— LECLERC (Guy), 2013, La chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, une création rurale", Avel Gornog n°22 août 2013 pages 18-21.

— MUSSAT (André), 1957, "Sainte Marie du Menez-Hom", Congrès archéologique de France page 135.

— ROZIER, Cours d'agriculture, article "Charrue"

https://fr.wikisource.org/wiki/Cours_d%E2%80%99agriculture_(Rozier)/CHARRUE

 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 22:27

La charpente sculptée de l'église de Saint-Divy ( Finistère) par le Maître de Pleyben (vers 1570-1580) : sablières, blochets, et clefs de voûte.

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Voir aussi :

— Sur la production du Maître de Pleyben :

 



 

 

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— Et sur les sablières bretonnes :

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Vers 1580, un sculpteur anonyme, désigné aujourd'hui sous le nom de convention de "Maître de Pleyben", réalisa les sculptures de la charpente de la chapelle du château de Kerjean, en Saint-Vougay, à 30 km au sud-ouest de Saint-Divy, à la demande de Louis Barbier, seigneur de Kerjean. Un véritable chef-d'œuvre, influencé par l'École de Fontainebleau qui avait introduit vers 1535 le motif décoratif du cuir découpé à enroulement, et par la diffusion du style de la Seconde Renaissance française dans des recueils de gravures : le prospère Léon était largement ouvert à l'Europe par ses ports de Landerneau, Morlaix et Roscoff.

Cet artiste a reçu ce nom car on lui attribue aussi une partie des sablières de l'église de Pleyben vers 1564 et 1571.  On reconnaît aussi son style sur la charpente de la chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern.

Son style ? On le distingue à ces cuirs découpés à enroulements, car il  faufile dans les découpes des linges et des cordages dont il confie les extrémités à des anges ou autres personnages. Ses anges aussi sont caractéristiques, avec une coiffure faite de mèches rondes cerclant  la périphérie du visage, et avec une tunique aux plis prononcés, bouffante à la taille en formant une ligne sinueuse, avant de s'évaser vers les pieds avec une grande liberté. Ajoutons que les manches de ses tuniques s 'évasent en larges couronnes au dessus des coudes, qui sont globuleux. Ses personnages en pieds (Évangélistes ou Sibylles, notamment) ont en commun un visage fin, ovale, avec des nez longs et fins, de grands yeux aux pupilles en creux,  des bouches fines, des manches bouffantes, ou, pour les femmes, des bandeaux de cheveux. 

Mais ce sont surtout ses motifs iconographiques qui se répètent en tableaux stéréotypés :  mascarons zoomorphes ou anthropomorphes sur le plan profane, guirlandes et frises à petits pois, musiciens, et, sur le plan religieux, des thèmes plus christiques que mariaux :  Sainte Face, Tunique du Christ, Plaies du Christ, Instruments de la Passion, Rencontre de la Samaritaine.

Aussi ai-je pris mon bâton de pèlerin pour, quittant Kerjean, me rendre à Saint-Divy. J'ai d'abord été rebuté par le fait que ces sablières étaient badigeonnées d'une couche uniforme de peinture couleur chocolat qui les desservaient fort. En outre, il n'y en avait que trois. 

 

J'ai fait néanmoins de belles découvertes, et j'ai pu surmonter mon indigestion de chocolat.

L'église date dans sa majeure partie du XVIe siècle (1501-1531) et l'ancien ossuaire portait la date de 1506. La maîtresse-vitre date de 1531, la statue de Saint Divy de 1533. C'est un édifice comprenant une nef de trois travées avec bas-coté du coté nord, et de quatre travées avec bas-coté au sud, un transept et un chœur à chevet droit. Sa voûte est lambrissée, et peinte, dans le chœur, d'un cycle dédié à la vie du saint patron.

Sophie Duhem estime que les sablières datent de la seconde moitiè du XVIe siècle, ou même (page 145) qu'elles seraient contemporaines de Kerjean et de Sainte-Marie du Ménez-Hom, vers 1580.

 

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I. LES NEUF BLOCHETS.

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Les blochets sud.

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1. Le joueur de cornemuse.

 

Il est décrit sur le site de Catherine et Jean-Luc Matte  avec deux excellents clichés de Joël Lubin :

"Sc/bois : blochet à l'extrême ouest de la sablière sud. Ce blochet n'est, cependant, plus relié à une sablière. Celle qui devait le jouxter semble avoir disparu. Personnage "'assis-debout", c'est à dire le séant appuyé sur un support relativement haut et donc jambes presque tendues. Il tient les mains posées sur le tuyau mélodique de sa cornemuse, tête tournée vers sa droite. On distingue nettement les doigts de la main gauche, tandis que la main droite (en partie manquante ?) est réduite à la forme d'une moufle. Il est coiffé d'une sorte de bonnet. [...]

Sans bourdon ou bourdon d'épaule manquant tout comme le porte-vent dont il ne reste que le trou dans lequel la pièce de bois le représentant devait venir se ficher, sur le dessus du sac. Tuyau mélodique presque entièrement caché par les mains. Sac à gros col de cygne."

 

On le comparera aux sonneurs de cornemuse des clefs de voûte de Pleyben et de Kerjean, par le même atelier.

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Sonneur de cornemuse, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sonneur de cornemuse, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Sonneur de cornemuse, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sonneur de cornemuse, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Ange au geste gracieux, présentant une banderole. Angle droit de la première lucarne.

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Ange, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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C'est sur de tels exemples qu'on peut évaluer toute la maîtrise du sculpteur de Kerjean et Pleyben, et retrouver les caractères de son style. Par exemple, des sept mèches de cheveux enroulées en escargots autour de sa tête, un nombre qui sera retrouvé avec constance sur les autres exemples que nous allons découvrir.

 Ou par exemple le nez, long,  fin et aux bords parallèles avant de s'élargir en deux narines charnues, formant l'image d'un bulbe bilobé d'où s'élève une tige. Une fois mémorisé, il nous apparaîtra telle une signature évidente, comme le nez au milieu du visage.

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Ange, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Personnage âgé présentant une banderole. Angle gauche de la première lucarne.

Un Prophète ? Un évangéliste ?

Notez l'évasement en cloche des manches retroussées.

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Prophète ?, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Prophète ?, blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Un évangéliste tenant son encrier et une banderole, devant un pupitre armorié. Angle droit de la seconde lucarne.

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On retrouve l'évasement en cloche des manches, ici au dessus des poignets.

 

Évangéliste, quatrième blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Évangéliste, quatrième blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les armoiries : ce sont les mêmes que celles que nous trouverons présentées par l'ange du voûtain, mi-parti Mesgral et Penfentenyo. Soit, la branche de la famille Penfentenyo de Mesgral, qui débute avec Guyomarc'h de Penfentenyo, fils de Jean IV de Penfentenyo et de Amette de Coetquis de Kerneguez. 

Les armoiries associent en effet à droite les armes de la famille de Penfentenyo : burelé de dix pièces de gueules et d'argent,  en haut à gauche  trois heures de sanglier et en bas à gauche un fretté, évoquant  les armes  des  seigneurs de  Mesgral,  : écartelé aux 1 et 4 d'azur fretté d'argent qui est Kerguern, aux 2 et 3 d'argent à trois hures de sanglier (Courtois)

Penfentenyo est  Sr. de Mesgral : Mesgral est le nom du manoir de La Haye à Saint-Divy (reconstruit par Sébastien de Penfentenyo au XVIIe).  https://www.saint-divy.fr/manoir.html

Ce qui serait amusant, c'est de voir dans ces armoiries un lien avec le château de Kerjean construit par Louis Barbier né vers 1525 et décédé en 1595. Car la sœur de ce dernier, Perrine Barbier, épousa en 1538 l'écuyer Jean V de Penfentenyo, Sr de Kermorus. Frère ainé de Guyomarch, fondateur de la branche de Mesgral. Ce sera peut-être plus simple sur l'arbre généalogique de Jean-Claude Bourgeois.

 

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Armoiries, quatrième  blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben (vers 1580),  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Armoiries, quatrième blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben (vers 1580), nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. Ange tenant la couronne d'épines. Angle gauche de la deuxième lucarne.

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Nous allons retrouver la couronne d'épines, l'une des Arma Christi, sur la première sablière, puis sous la forme de la Sainte-Face, mais le thème est cher au Maître de Pleyben (ou à ses commanditaires), puisqu'on le retrouve sur ses différents chantiers.

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Ange tenant la couronne d'épines, cinquième blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben (vers 1580),  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange tenant la couronne d'épines, cinquième blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben (vers 1580), nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6. Ange tenant le marteau et les clous de la Passion. Angle droit de la troisième lucarne.

Cet ange complète le précédent, avec lequel il forme un ensemble de part et d'autre de la très courte troisième sablière : le marteau et les clous, comme la couronne d'épines, font partie des Instruments de la Passion.

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Ange tenant le marteau et les clous de la Passion, sixième blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben (vers 1580),  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange tenant le marteau et les clous de la Passion, sixième blochet du bas-coté sud, Maître de Pleyben (vers 1580), nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les trois blochets nord.

Ils sont de facture plus grossière, et sont d'une autre main que les six blochets sud. .

7. Personnage. Bas-coté nord de la nef.

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Blochet du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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8. Lion tenant une banderole. Bas-coté nord de la nef.

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Blochet du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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9. Saint François présentant ses stigmates. Angle nord-ouest de l'église.

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Blochet du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Blochet du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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II. LES CLEFS DU VOÛTAIN DE LA PREMIÈRE LUCARNE SUD : TROIS ANGES.

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Vue générale. 

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Voûtain de la première lucarne sud,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Voûtain de la première lucarne sud, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1. Ange bras croisés. Bois peint, trace de peinture bleue.

Notez la chevelure répartie en sept coquilles radiantes, que l'on retrouve aussi un siècle auparavant comme trait stylistique de Maître du Folgoët en sculpture sur pierre. Ou le col de tunique formant un joli repli. Toujours le nez en bulbe, les manches retroussées. Des lèvres bien épaisses.

On retrouve un ange identique sur les abouts de poinçon de la chapelle de Kerjean.

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Voûtain de la première lucarne sud,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Voûtain de la première lucarne sud, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Ange tenant son  écu comme un accordéon.
On retrouve les six choux à la crème autour du visage, les manches retroussées et évasées, un col rond au ras du cou,   .

Voûtain de la première lucarne sud,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Voûtain de la première lucarne sud, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'écu montre à nouveau les armoiries Mesgral / Penfentenyo déjà observées sur le quatrième blochet sud.

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Deuxième ange, Voûtain de la première lucarne sud,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième ange, Voûtain de la première lucarne sud, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Armoiries Mesgral / Penfentenyo, Voûtain de la première lucarne sud,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Armoiries Mesgral / Penfentenyo, Voûtain de la première lucarne sud, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Joueur de galoubet (flûte tambourine à trois trous et tambour).

La flûte tambourine à trois trous est un instrument en bois d'une trentaine de centimètres qui se joue de la main gauche tout en marquant le rythme sur un tambourin, "un tambour très allongé dont le timbre est situé sur la peau de frappe, et qui est « touché » à l'aide d'une massette tenue dans la main droite." (Wikipédia). C'est exactement ce que nous voyons ici ; la peau du tambour est tendue par un corde qui entre en résonance. Cet instrument, souvent représenté en Bretagne (vitraux d'Ergué-Gabéric (où je l'étudie), de Bulat-Pestivien, de l'église de Ploërmel) se retrouve sur les sablières de La Roche-Maurice et de la chapelle Saint-Nicolas-des Eaux de Pluméliau.

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Les vitraux de Bulat-Pestivien : les Anges Musiciens.

 Les vitraux de l'église Saint-Armel de Ploërmel. 

 

Le musicien est coiffé d'un chapeau en casque couvrant la nuque, assez proche de celui du cornemuseux du premier blochet.

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Joueur de galoubet, voûtain de la première lucarne sud,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Joueur de galoubet, voûtain de la première lucarne sud, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LES TROIS SABLIÈRES DU BAS-COTÉ SUD.

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Elles sont encadrées par les blochets dans les espaces séparant les trois  lucarnes. Je les décrirai à partir du fond de l'église (élévation ouest).

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1. Première sablière : La Croix et la Couronne d'épines présentés par deux anges buccinateurs. 

Les anges latéraux sont parfaitement semblables à ceux de Kerjean, même si ceux-ci soufflent dans une trompette. On retrouvent les sept alsaciennes encadrant le visage, le long nez, le beau sourire, le col formant un revers,  les manches dilatées en cloches ou en entonnoir, la partie haute de la tunique aux plis épais évasés à la taille en une fronce pleine de gaieté, et la partie basse qui libère, à la va-comme j'te-pousse, deux pieds patauds, mais dûment équipés de leurs cinq orteils.

Comme à Kerjean également, les anges glissent un bras nu à travers la découpe du cuir à enroulement. 

Mais ici, au lieu de tenir un linge ou un cordage, ils tiennent l'un un pichet (une aiguière), et l'autre un objet rond à bord évasé que je n'identifie pas. Impossible de leur donner un sens dans ce contexte.

 

Ce n'est qu'après avoir décrit les sablières du transept sud de Pleyben, où le pichet et la coupe sont également présents sur un cuir (première sablière), que j'adopte la lecture de Jean-Claude Le Floch : cette aiguière (vase servant aux ablutions) et ce bassin sont ceux du lavement des mains de Pilate, et ces deux objets sont métonymiques d'une des douze scènes de la Passion répétée sur toutes les Passions des maîtresses-vitres finistérienne. Ponce Pilate, administrateur romain de la Judée, est accusé d'avoir, par sa lâcheté et sa faiblesse,  abandonné le Christ aux Juifs du Sanhédrin alors qu'il était convaincu de son innocence et que son épouse l'avait enjoint à ne pas porter la responsabilité de son accusation : "Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car cette nuit, j'ai été fort tourmentée par des rêves à cause de lui". (Matthieu 27:19)

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Au centre, la moitié basse d'une couronne d'épines autour d'une partie de la croix. Ces deux objets confirment que les deux objets concernent le drame de la Crucifixion.  Quand au cuir découpé, il lui manque l'enroulement supérieur, comme si la pièce de bois avait été arasée d'une vingtaine de centimètres. 

Cette croix coiffée de la couronne d'épines se retrouve sur la deuxième sablière du bas-coté nord de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et sur la première sablière du transept nord de Pleyben, entourée de Judas et du grand prêtre. Mais la croix et la couronne y sont entières. 

 

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 Première sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Première sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 Première sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Première sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 Première sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Première sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deuxième sablière : le Voile de la Sainte-Face.

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Ici, je retrouve bien mon garçon : il débute par un cuir à enroulement typique (quoique dans sa forme la plus simple), puis il me sert un ange avec ses six bigoudis, son nez en paire de ciseaux et ses épaules à manche à air, lequel ange tient, dans la main droite, un linge torsadé . Et, se conformant à mes attentes, il dirige ce lien vers la droite, l'escamote derrière le cartouche, et le fait réapparaître dans la main de l'ange de droite. 

Le premier ange glisse la main gauche à travers l'enroulement du cuir et attrape l'extrémité d'un voile, qu'il replie et laisse retomber en un beau drapé. Tout cela à l'aveugle, en me regardant avec son beau visage poupin.

Le cuir n'a pas la complexité virtuose de ceux de Kerjean, avec des enroulements aux quatre bords.  Il nous présente le Voile de Véronique, avec la Sainte-Face : un visage barbu, serein, souriant malgré le couronnement d'épines.

A droite, l'ange ne diffère du premier que par le nombre de ses bigoudis.

En définitive, la ressemblance avec la troisième sablière de Kerjean est très forte, et la parenté avec celle de Pleyben est réelle.

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Le Voile de la Sainte-Face, deuxième  sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Voile de la Sainte-Face, deuxième sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le Voile de la Sainte-Face, deuxième  sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Voile de la Sainte-Face, deuxième sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le Voile de la Sainte-Face, deuxième  sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Voile de la Sainte-Face, deuxième sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le Voile de la Sainte-Face, deuxième  sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Voile de la Sainte-Face, deuxième sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le Voile de la Sainte-Face, deuxième  sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Voile de la Sainte-Face, deuxième sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Troisième sablière : le cartouche au lion.

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Les fruits semblables à des figues ou des coings qui pendent sur ce cuir se retrouvent sur un cuir du transept sud de Pleyben.

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Le cartouche au lion.  Troisième sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cartouche au lion. Troisième sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le cartouche au lion.  Troisième sablière du bas-coté nord,  nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le cartouche au lion. Troisième sablière du bas-coté nord, nef de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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ANNEXE : QUELQUES COMPARAISONS ICONOGRAPHIQUES.

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L'ange aux bras croisés de Kerjean.

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L'ange aux bras croisés de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'ange aux bras croisés de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le voile de la Sainte Face à Kerjean.

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Le voile de la Sainte Face à Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le voile de la Sainte Face à Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le Voile de la Sainte Face à l'église de Pleyben.

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Le Voile de la Sainte Face à l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le Voile de la Sainte Face à l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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APEVE :

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=4&id_article=253

COUFFON

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5eb27adca1ceb10a93836495d298f812.pdf

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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 14:24

La charpente sculptée de la chapelle seigneuriale du château de Kerjean (Saint-Vougay, Finistère) par le Maître de Pleyben (vers 1570-1580) : sablières, blochets, entraits et clefs de voûte.

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Voir aussi sur la production du Maître de Pleyben :

 

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Et sur les sablières bretonnes :

 

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La chapelle de Kerjean : l'élévation sud-ouest. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La chapelle de Kerjean : l'élévation sud-ouest. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La chapelle de Kerjean a une forme très simple : un simple vaisseau rectangulaire s'achève en un chevet en demi-cercle. La charpente  probablement "à chevrons formant ferme" est dissimulée sous une voûte  lambrissée de plein cintre, non peinte, structurée par deux poutres horizontales ou entraits, qui délimitent trois espaces : un espace de transition autour d'une sorte de grande cheminée blanche sur le mur du fond, un carré entre les deux entraits (aujourd'hui centré par un appareil visualisant grâce à une lunette et un écran vidéo les sablières), et le chevet centré par un autel. Aux chaque coins,  quatre blochets, et un cinquième au dessus de l'autel, offrent l'occasion de scander l'espace de façon liturgique avec les statues des quatre évangélistes et de Marie-Madeleine, la première à transmettre la Nouvelle de la Résurrection.

  Cette partition se simplifie dans le décor des sablières et des entraits en deux ensembles : la salle rectangulaire, au décor profane ou héraldique, et le chevet hémisphérique, qui traite de trois épisodes des Évangiles  ( La rencontre de la Samaritaine ; le partage de la tunique au pied de la Croix ; et les Cinq Plaies de la Passion) et d'un épisode apocryphe ( le Voile de Véronique). 

Le style du sculpteur de grand talent se reconnaît aussi sur la charpente de l'église de Pleyben, de l'église de Saint-Divy et  de la chapelle de Notre-Dame du Ménez-Hom (Plomodiern) : l'auteur, anonyme, est désigné par l'appellation de Maître de Pleyben. C'est l'étude de ce style, et les jeux de correspondance entre les quatre sites, qui rendent passionnante la découverte de ces sablières. Sophie Duhem en 1997 puis Jean-Claude Le Floch dans sa description des sablières de Pleyben l'ont parfaitement souligné. Je m'intéresserais plus particulièrement aux relations stylistiques avec l'école de Fontainebleau, relations bien connues dans l'architecture du château à travers les influences de  Philibert Delorme, en étudiant l'emploi des "cuirs découpés".

Concernant le programme iconographique, il peut être étudié selon cinq thématiques : le décoratif, le religieux, le tremendum, l'anecdotique, et  le trivial ou obscène . On constate l'absence des deux dernières, alors que les sablières abondent souvent en scènes cocasses, de genre, en figures scatologiques voire ithyphalliques. Les deux premières ont au contraire une place de choix. Quant au tremendum, ce qui provoque l'effroi,  Dieu étant un "mysterium tremendum et fascinans", on peut le voir sous la forme des masques et mascarons.

 

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VUE D'ENSEMBLE DE LA VOÛTE.

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1. Vue du bas, en trois photos.

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Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean : l'entrée. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean : l'entrée. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean : le milieu. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean : le milieu. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean : le chevet. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean : le chevet. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Vue vers l'entrée à l'ouest.

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Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Vue vers le chevet.

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Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Vue de la voûte lambrissée de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LES CINQ BLOCHETS.

On nomme Blochet  des pièces de charpente horizontales "formant une jambe de force avec le pied d'un arbalétrier". Ici, ces pièces ne sont pas horizontales, mais étayent la charpente en ressortant de biais vers le haut et l'intérieur de la chapelle. Particulièrement longues, elles sont sculptées en ronde bosse de cinq personnages. Ce sont :

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— Au chevet :

  • Saint Matthieu au centre
  • Saint Jean à droite
  • Saint Marc à gauche

Notons que cet emplacement de choix honore les deux évangélistes qui ont connu le Christ et ont été parmi ses apôtres, Matthieu et Jean.

— Aux angles ouest

  • Saint Luc.
  • Sainte Marie-Madeleine

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« Le travail du sculpteur de Pleyben est aisément reconnaissable. Les faciès présentent des traits caractéristiques : les visages sont dessinés, de forme ovale, avec des fronts et des pommettes hautes, des nez fins et longs, des bouches fines, des barbes constitués de mèches ondulées, des chevelures formant des boucles hautes ou des mèches déployées." (S. Duhem 1997)

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1. Saint Matthieu : attribut : l'homme ou ange.

Au centre du chevet. Matthieu,  comme tous les apôtres selon la tradition, a les pieds nus. ; il se tient assis, et tourne les pages d'un livre (l'évangile selon Matthieu, bien-sûr), aidé par un garçon blotti à son coté gauche.  Ce garçon figure l'homme, ou l'ange, qui sert d'attribut à l'évangéliste, en relation avec le Tetramorphe de la vision d'Ézéchiel Ez. 1:1-28 ou avec les Quatre Vivants de l'Apocalypse. 

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Saint Matthieu, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Matthieu, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint Matthieu, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Matthieu, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Saint Jean l'évangéliste.

Attribut : l'aigle et un livre ouvert. Le saint est assis devant un pupitre, avec son aigle à sa droite, comme dans de nombreuses sculptures de kersanton à l'extérieur des églises bretonnes (comme à Landivisiau par Bastien Prigent vers 1554-1565). 

Il est imberbe, comme il se doit afin de souligner qu'il est le plus jeune des apôtres, et "le disciple préféré de Jésus". Les boucles torsadées de ses cheveux se poursuivent avec le nœud et les plis en vagues de son manteau. Son visage est tourné vers la droite, où se trouve l'autel au centre du chœur. 

Selon la tradition chrétienne, Jean est l'auteur de l'évangile qui porte son nom, mais aussi du Livre de l'Apocalypse. 

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Saint Jean, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Jean, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint Jean, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Jean, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Saint Marc et son lion.

Il est placé dans le chevet à gauche de Matthieu, et il tient un phylactère sur lequel était probablement jadis peint un texte : l'incipit de son évangile ?

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Saint Marc, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Marc, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint Marc, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Marc, chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Saint Luc et son taureau.

Il se tient à l'angle sud-ouest au fond de la chapelle. 

Saint Marc, angle sud-ouest de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Marc, angle sud-ouest de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. Sainte Marie-Madeleine.

Angle nord-ouest.

Quel dommage ! La sainte la plus belle, la plus élégante et la plus séduisante de l'iconographie est défigurée par une altération du bois qui envahit en une traînée brun-chocolat son nez et son menton, ses cheveux et ses épaules, et le devant de sa robe. C'est avec peine que l'on distingue le bandeau de cheveux  qu'avaient adopté aussi certaines sibylles pour dégager un front très épilé. Le flacon d'aromates destiné à l'embaumement du corps du Crucifié est tenu dans la main gauche (certains y verront le parfum de prix qu'elle a versé sans compter sur les pieds de son Maître). La robe  à décolleté carré dévoile une gorge nue, sans collier. Les manches bouffantes sur les épaules et les avant-bras sont resserrés par des bracelets de bras. La robe d'abord stricte  libère sous la ceinture une exubérance de plis tourmentés.

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Sainte Marie-Madeleine, fond de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sainte Marie-Madeleine, fond de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LES SEPT CLEFS DE LA VOÛTE, OU ABOUTS DE POINÇON.

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Le terme de "clef pendante" est réservé aux voûte de pierre, et celui de "poinçon" à "la pièce centrale verticale qui s'assemble à l'entrait (ou de l'entrait retroussé) en son milieu". Le terme  d' "about de poinçon" convient  le mieux.

De l'entrée vers le chevet :

1. Ange portant le blason des Barbier.

2. Joueur de cornemuse.

3. Ange 

4.

5.

6. Joueur de petit luth : mandore ou vièle guiterne.

7.

 

Ange bras croisé

Ange bras écarté

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1. L'ange portant le blason de la famille Barbier

D'argent à deux fasces de sable

http://www.tudchentil.org/spip.php?article174

Ce blason se retrouvera ici sur un entrait et sur une sablière.

Le château de Kerjean fut construit, entre 1566 et 1595 sur un ancien manoir médiéval  par Louis  Barbier  dont les armes étaient : « d’argent à deux fasces de sable » et la devise : « Var va buez » (Sur ma vie).  Louis Barbier, fils de Jean Barbier (premier seigneur de Kerjean) et de Jeanne de Kersauzon,  avait épousé Jeanne de Gouzillon en 1570 ; leurs armes écartelées se voient encore sur le porche d'entrée. Il décéda en 1595. Il avait bénéficié de l'héritage  de son oncle, le richissime chanoine Hamon Barbier.

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Ange portant le blason de la famille Barbier, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange portant le blason de la famille Barbier, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le visiteur trouve, en sortant de la chapelle, une pierre portant ce blason entouré des ornements extérieurs de l'écu : le heaume coiffé d'un tortil, les lambrequins, et en support deux lions ou léopards. 

 

 

Le blason de la famille Barbier, château de Kerjean, Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le blason de la famille Barbier, château de Kerjean, Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Le joueur de cornemuse.

Il est décrit, avec trois belles photos de Joël Lubin, dans l'Iconographie de la cornemuse de Jean-Luc et Catherine Matte. Le commentaire est le suivant :

"Long hautbois barrant de toute sa longueur le torse du sonneur et orné d'une petite moulure (raccord ?) à mi-longueur, entre les deux mains du sonneur, porte-vent, poche allongée tenue sous le bras gauche; il ne semble pas y avoir de bourdon"

Les boucles de cheveux encadrent le visage comme une ligne de coquillettes jointives, selon une sorte de fragment de nimbe, ce qui rappelle le style de l'atelier de sculpture sur pierre du Maître du Folgoët (1423-1509). Cette caractéristique se retrouve sur les autres personnages de la chapelle de Kerjean.    Le costume est assez proche de celui des Sibylles, avec leurs manches retroussées aux poignées et bouffantes aux épaules. La tunique et les jambes sont représentées en fuite avec beaucoup d'habileté.

On le comparera avec celui de la clef de voûte du transept de Pleyben, pour constater que le musicien y est assez différent quant au visage et  à l'habit. 

http://jeanluc.matte.free.fr/fichpr/pleybchoeur.htm

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Sonneur de cornemuse, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sonneur de cornemuse, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Sonneur de cornemuse, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sonneur de cornemuse, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6. Le joueur de mandore ou luth guiterne.

Pour identifier cet instrument, je me base sur le fait qu'il s'agit d'un instrument à cordes pincées (pas d'archet), à trois cordes, plus élancé et plus petit qu'un luth. Sa forme incurvée est très certainement due aux impératifs techniques du sculpteur pour s'adapter au volume de la clef pendante. 

Le même musicien se voit sur les clefs de voûte du transept sud de Pleyben .

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Jouer de mandore,  clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Jouer de mandore, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Ange les bras croisés.

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Ange bras croisés, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange bras croisés, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange volant bras écartés.

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Ange aux bras écartés, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Ange aux bras écartés, clef de la voûte de la chapelle de Kerjean, vers 1470-1480. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LES ENTRAITS.

Entrait :  poutres qui réunissent les arbalétriers et s'opposent à leur écartement. Elles forment avec les deux arbalétriers obliques le triangle nommé "ferme".

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Les deux entraits à engoulants, de section octogonale par chanfrein d'une poutre de section carrée,  sont sculptés en leur centre d'un élément cubique. Le premier en venant des entrées ouest, à fonction héraldique et civile, porte les armoiries du propriétaire, le seigneur de Kerjean. Le second, à fonction religieuse, face au chevet et dont au cœur de l'espace sacré, porte un Voile de Véronique avec le visage du Christ couronné d'épines. Ce sont des anges dont on voit les mains et les pieds mieux que la tête aux cheveux bouclés, qui présentent ces motifs dans des "cuirs découpés" Renaissance. 

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1. La Sainte Face (ou Voile de Véronique).

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Entrait du chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Entrait du chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Ce visage du Christ couronné d'épines renvoie au motif du Voile de Véronique, mais ce voile n'est par représenté, et la Sainte Face est sculpté au milieu d'un cartouche réalisé — c'est le premier exemple que nous découvrons —  en  "cuir découpé à enroulements" soutenu par un putti.

Le nom masculin "cartouche" vient du terme italien cartoccio, diminutif de carta (papier) qui signifie "cornet de papier". Il est attesté au XVIe siècle comme terme d'architecture. C'est un ornement en forme de carte ou de rouleau de papier aux bords enroulés, et dont le champ porte des armoiries, une inscription ou une figure.

Cet ornement dérive des cartouches portant le nom en hiéroglyphes des pharaons, des volumen des tombes étrusques, des phylactères portés par les anges médiévaux, des cartellino en trompe l'œil de certains tableaux, du rouleau de parchemin portant une épitaphe, etc..., mais c'est à la deuxième Renaissance italienne, sous l'influence du goût pour les volutes et pour les coquilles, qu'il s'est constitué comme tel.

L'influence décisive et fondatrice fut l'emploi dans la décoration du château de Fontainebleau par deux artistes italiens, Giovanni Battista di Jacopo dit Le Rosso Fiorentino (jusqu'à son suicide en 1540), et le Primatice (qui reprit le chantier), de combinaisons de cadres en stuc en ronde-bosse autour des panneaux peints, entre 1530 et 1532. Malgré les destructions, on peut encore admirer à Fontainebleau la Galerie François Ier, la Salle de bal et ce qu'il reste de la Chambre de la duchesse d'Étampes. Cette influence de l'École de Fontainebleau, créant le style bellifontain, s'étendit ensuite en Italie (Palais des Doges à Venise, palais Thiene à Vicence), en Flandre (Fronton d'Anvers par Cornelis Floris), en Allemagne et dans toute l'Europe centrale au sein du Manièrisme du Nord. Les recueils d'estampes et de gravures d'Antonio Fantuzzi, de Pierre Milan et René Boyvin, d'Androuet du Cerceau (1545-1547), de Cornelis Floris (1556 et 1557), de Hans Vredeman de Vries (1557) et plus tard de Wendel Dietterlin (1598) permirent cette diffusion non seulement auprès des artisans stucateurs et des ornemanistes, mais aussi des tailleurs de pierre, des sculpteurs sur bois, des ouvriers du cuir, des orfèvres, des tapissiers ou des créateurs de meubles. Voir les liens vers les différentes références bibliographiques infra.

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Si le modèle le plus simple ressemble à une pièce de cuir (avec la forme d'une peau de mouton ou de veau) aux bords enroulés, et si ce modèle fut compliqué de découpes plus savantes, ce motif du "cuir découpé avec enroulements" engendra  au moins deux autres manières.

La première se nomme en anglais strap-work et peut se traduire par "décoration à bandes plates" : il s'agit alors d'imiter des courroies de cuirs percées et parfois cloutées, entrelacées selon des dessins géométriques. La structure initiale en volutes, coquilles, sinuosités et formes en C et courbes et contre-courbes (le scrollwork)  laissa alors la place à des dessins tracés à la règle. 

La seconde, sous les noms de Rollwerk et de Beschlagwerk (travail de serrurerie), va imiter des lames métalliques entrecoupées, enroulées et clouées. 

La survalorisation du cadre sur le motif encadré participe d'une nouvelle esthétique — maniériste — qui annule les distinctions entre support architectural et figure fictionnelle, avant de rompre les distinctions entre minéral, végétal, animal et humain (masques feuilles, sujets anthropomorphes à faciès léonin, contamination de l'humain par l'animal, termes à bustes humains et corps en piliers, etc..), entre le mythologique, le réel et le religieux, qui tournera au culte de l'informe et du décadent.

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Si nous revenons au morceau de cuir découpé qui nous attend encore sur l'entrait, nous suivons assez facilement sa forme à deux bras latéraux, deux ailes encadrant la tête du garçonnet, et, en bas,  une pointe découpée en W. Il ressemble bien à une peau assez épaisse, retroussée sur ses bords. Mais en arrière-plan, le putto est assis sur un un bâti bien différent, à bords droits et non plus courbes, semblable à un meuble en poutres métalliques creuses. Il sera surtout visible par en dessous, centré par une fleur, et sa rigidité métallique s'affaisse comme des tuyaux de plomb incurvés.

Ce jeu avec l'œil du spectateur suppose à l'évidence  une parfaite maîtrise des volumes de la part de l'artiste.

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La Sainte Face, entrait du chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sainte Face, entrait du chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Au verso : un cuir  par un ange.

Ce cuir porte un cœur barré par une fasce. Il a une valeur religieuse ou allégorique plutôt qu'héraldique .

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Entrait du chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Entrait du chevet de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Les armoiries de la famille  Barbier.

Les deux fasces entourent une boule ovoïde qu'on retrouvera sur les sablières.

Le cuir découpé mélange cette fois-ci dans un seul cartouche à forme en croix un aspect de faux cuir avec deux languettes supérieures et deux autres inférieures,  enrubannées en spirales, avec un aspect de tubes rectangulaires rigides des deux bras latéraux, qui résistent à tout enroulement.

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Armoiries de la famille Barbier, entrait  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Armoiries de la famille Barbier, entrait de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LE TOUR DES SABLIÈRES.

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Les corniches, nommées "sablières" en Bretagne,  sont au nombre de dix, dont trois pour le chevet.

Le décor sculpté des corniches de la chapelle est organisé selon une partition ouest / est ou "nef" / chevet délimitée par le deuxième entrait et séparant, je l'ai dit, un décor profane et quatre scènes évangéliques. 

Par contre, l'unité de style est entière, et toutes les sculptures peuvent être attribuées au même auteur, le Maître de Pleyben (alors qu'à Pleyben, seul le chœur et les transepts, mais non la nef, sont de sa main). 

On peut y décrire deux parties superposées : la corniche proprement dite, avec le motif principal sur lequel se concentre l'attention. Et, en dessous, une frise géométrique ou naturaliste qui ne manque pas d'intérêt pour y découvrir, parmi les volutes et lignes grecques, des cuirs et les rubans,  des cosses de petits pois (assez spécifiques de cet auteur), des escargots, des grappes de raisins, des légumes, des rosettes, des feuillages et palmettes issues des guirlandes des stucs bellifontains. 

Le "maître de Pleyben" va se montrer parfaitement averti des tendances introduites par l'École de Fontainebleau et des développements de l'utilisation des cuirs découpés sous l'effet des bandes plates et des lames métalliques, mais il va se distinguer par un trait qui lui est propre (bien qu'on puisse le trouver ailleurs) : il faufile des rubans, des cordages et des rubans à travers les découpes des cuirs et des lames,  et il en confie les extrémités aux anges ou aux personnages qui , de chaque coté, semblent alors les soutenir.

 

Je vais prendre comme point de départ l'angle qu'occupe Marie-Madeleine, au dessus de la porte.

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1. Quatre mascarons et un chérubin.

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Sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Au centre du cuir découpé : la tête d'un satyre.

La corne, dans ses différents développements, s'intègre parfaitement au style des cuirs avec enroulements, spirales et torsions. Elle pourrait en être l'emblème maniériste, avec son animalité, ses contre-valeurs se riant de l'humanisme pondéré, son absence de droiture et d'élévation.

Au dessus, les contorsions du cuir. Au milieu, les torsades du cordage. En bas, deux trompes qui s'évasent, comme des tubes mous. Tout se tord et grimace.

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Masque : détail de la première   sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Masque : détail de la première sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Entre deux cuirs : la tête d'un putto ailé comme un chérubin.

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Chérubin ; détail de la première   sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Chérubin ; détail de la première sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

 

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Un deuxième satyre en mascaron, et, de profil, un masque au nez camus.

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Deux masques : détail de la première   sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux masques : détail de la première sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Quatre masques et deux chérubins.

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Deuxième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un mascaron : visage mi-bestial mi-humain, cornu, coiffé d'un enroulement de cuir, vomissant des liens de corde.

C'est à la fois un masque-feuille, un homme sauvage au visage mangé par la barbe, un lion et un singe. Il accentue avec plaisir son regard bestial d'œil-de-bœuf. Il tient son rôle dans la ronde du cordage, mais en l'attrapant entre ses dents et en le recrachant. Ses deux cornes de bucrane sont coiffées par les deux torsades de cuir qui, manifestement, se fichent de sa gueule. 

Ce qui est très drôle aussi (mais ma photo le rend mal), c'est la façon dont l'artiste se joue du digne et antique chapiteau ionique à volutes pour encadrer son masque de deux accroche-cœurs .

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Deuxième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deuxième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deuxième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deux putti ailés sous un cuir enroulé. Dans la frise, une cosse de petits pois et des légumes.

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Deux chérubins : deuxième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux chérubins : deuxième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Chevet (1). Deux anges présentant la Sainte Face. 

Deux anges aux bras écartés tiennent des rubans torsadés qui déroulent le cuir découpé central. On remarquera les bras aux coudes hypertrophiés en boule, qui caractérisent le style de ce sculpteur. Les anges sont allongés pour s'adapter à la taille de la sablière, ils sont vêtus d'une tunique courte au dessus de jambes nues aux pieds naïvement dessinés. Les manches de la tunique sont retroussées au dessus des coudes en formant ds spires concentriques qui répètent les spirales d'enroulement des "oreilles" des cuirs découpés.

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Troisième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les anges ont introduit leurs mains dans (à travers) le cuir et ce sont eux qui étendent le Voile de Véronique. Le Christ couronné d'épines est semblable à un Neptune antique.

 

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Troisième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Troisième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Chevet (2). Deux anges présentant l'épisode de la Samaritaine. 

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On connaît cet épisode de l'évangile selon saint Jean 4:1-30 racontant comment Jésus, arrivant dans une ville de Samarie près du puits de Jacob, s'y assied pour se reposer et demande à une femme de lui donner à boire.

«  La femme samaritaine lui dit : “ Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine ? ” Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. Jésus lui répondit : “ Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive ”. “ Seigneur, lui dit la femme, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond ; d’où aurais-tu donc cette eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? ” Jésus lui répondit : “ Quiconque boit de cette eau aura encore soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle ”. »

 

La composition est particulière, puisque les deux anges, quasiment identiques à ceux de la troisième sablière, tiennent un ruban qui tend le cuir découpé où sont sculptés le puits et le pichet, alors que la Samaritaine et le Christ sont figurés hors de ce cadre, et que la femme verse l'eau de son broc dans le pichet. Autrement dit, l'artiste ne respecte pas la convention du champ fictionnel délimité par le cuir et de l'hors-champ d'une autre réalité, il brise la mise en scène que les anges sont sensés présenter.

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La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob :  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob : sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'ange de gauche. Notez la représentation non réaliste du pied, imposé par l'espace disponible : elle est suffisamment habile pour ne pas choquer.

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La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob :  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob : sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Samaritaine. 

On admirera avec quel brio l'artiste tire parti de la contrainte spatiale pour conférer à cette femme une posture très naturelle.

La concavité du col du broc se moule exactement avec la convexité de l'oreille en spirale du cuir. J' imagine comment le sculpteur a pu jubiler en utilisant l'anse de ce broc pour reprendre le leitmotiv de tous son travail : le tourbillon, qui fait un coucou au cuir recroquevillé. Alors je jubile aussi.

Le cliché suivant mettra en lumière la coiffure déjà observée chez la Sibylle Cimméréenne et où les mèches de cheveux, divisées en deux masses latérales, sont enrubannées pour former un turban dégageant le front épilé. Tout cela tournicote avec fièvre derrière une apparente innocence.

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La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob :  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob : sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Samaritaine au puits de Jacob :  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Samaritaine au puits de Jacob : sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le Christ.

Il est assis, comme cela est dit dans l'Évangile, mais son corps et surtout ses bras sont tendus vers son interlocutrice. Le geste de sa main droite, avec les trois premiers doigts tendus et les deux autres repliés, est un geste de locution, et même d'enseignement.

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La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob :  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob : sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les drapés de l'ange. Son visage à la Buster Keaton.  La grandiloquence de son geste. Le pied-de-nez de son pied. Excellent.

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La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob :  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La rencontre du Christ et de la Samaritaine au puits de Jacob : sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. Chevet (3). Deux anges armés de glaive présentant les Cinq Plaies.

Les deux anges ouvreurs de scène tiennent, comme précédemment, les deux extrémités d'une étoffe d'abord pliée, puis torsadée qui passe dans des orifices du cuir afin que celui-ci, déroulé, expose son tableau. Malgré la faible épaisseur relative du plateau de bois, le sculpteur exécute un travail en haut relief, où les bras et les liens sont décollés du fond. Le cuir découpé possède un volume notable, où la forte épaisseur du matériau est soulignée par les rouleaux latéraux et les volutes supérieurs et inférieurs, mais aussi par le galon des bordures. 

Deux anges armés de glaive présentant les Cinq Plaies : cinquième  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux anges armés de glaive présentant les Cinq Plaies : cinquième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le tableau exposé est celui des Cinq Plaies du Christ crucifié : celles des mains et des pieds, et celle du flanc droit, symbolisé par le cœur. 

Ce motif se retrouve aussi sur les sablières de Pleyben.

Le glaive des anges : le seul objet qui, dans ce monde de frou-frou, conserve quelque rectitude.

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Deux anges armés de glaive présentant les Cinq Plaies :  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux anges armés de glaive présentant les Cinq Plaies : sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les escargots : l'artiste ne pouvait éviter d'avoir recours à leur coquille, pour rimer avec tous les colimaçons des cuirs, toutes les boucles des cheveux, tous les festons  de tuniques. Ensemble, ils refont le coup du chapiteau ionique.

Mais par contre,  allonger leur cou, leur tête (cornue, bien-sûr) et leur pied en ces deux lignes horizontales qui singent sans vergogne l'héroïque gestuelle des anges ? Il fallait  oser !

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Escargot mangeant des raisins. Détail de  la cinquième  sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Escargot mangeant des raisins. Détail de la cinquième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6. Chevet. Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ.

Cette corniche trouve sa correspondance à Pleyben dans le transept nord. Les sculpteur reprend sa disposition générale, mais remplace les deux anges par deux soldats romains se disputant aux dés la tunique sans couture du Crucifié, selon le récit de l'évangile de Jean 19:23-24. 

Le cuir découpé fait alors office de table de jeu, sur laquelle se trouve en enjeu central la tunique dont le plissé et l'encolure tout en rondeur exprime bien l'absence de coutures. Deux dés sont posés sur cette table. Le soldat de gauche, un moustachu plein d'entrain, est coiffé d'un casque proche d'un chapeau à larges bords. Il porte une armure à lames, et des guêtres . Il tient dans la main droite le dé qu'il s'apprête à poser, et semble assuré de sa victoire. 

Son adversaire est tout aussi moustachu,et tout aussi pris par la fièvre du jeu.  Il porte l'armure serrée par une ceinture, les guêtres égayées par un ruban.

Les deux joueurs laissent flotter derrière eux une cape qui participe à la dynamique de la composition, tout en créant une similitude avec les ailes des anges précédents.

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Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière  de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Deux soldats jouent aux dés la tunique du Christ : sixième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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7. Six masques et le blason de la famille Barbier, seigneurs de Kerjean.

Avec cette septième sablière, nous quittons le chevet et ses scènes évangéliques pour retrouver les mascarons. .

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Six masques et le blason de la famille Barbier, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Six masques et le blason de la famille Barbier, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le premier mascaron : un monstre anthropoïde cornu.

Notez le cordage qui se dirige vers la droite.

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Premier masque, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Premier masque, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le deuxième mascaron : un satyre ricanant  à deux paires de corne.

Bien que nous en ayons vu deux exemples sur la première sablière, je le présente ici pour examiner le "cuir". Il ne s'agit plus de l' imitation d'un parchemin ou d'un vélin souple  dont les bords s'enroulent sur eux-mêmes, mais d'une boite rigide, creuse, à la découpe géométrique.

Et on retrouve, en réduction un peu ridicule, les deux tuyaux en trompette notés sur le premier satyre, et placés ici sous son menton en guise de lavallière (anachronique, puisque Louise, la maîtresse de Louis XIV qui a donné son nom à cet accessoire, n'était même pas encore née) .

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Un satyre, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Un satyre, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Troisième mascaron : anthropoïde cornu aux yeux en spirale.

Si on a pu suivre les méandres du trajet de la corde qui traverse ou contourne les cuirs, et si on a pu différencier les cuirs découpés souples et les appareils géométriques creux, le repérage va devenir plus compliqué car les enroulements en spirales et les étuis creux en H se mélangent, se cachent et s'enjambent ou se métamorphosent comme si l'artiste cherchait à déstabiliser le spectateur et à accentuer le caractère diabolique ou troublant de ses créatures.

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Trois masques , septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Trois masques , septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blason de la famille Barbier : 

 

Le blason de la famille Barbier, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le blason de la famille Barbier, septième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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8. Deux têtes de bélier et trois masques.

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Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un exemple original de masque-feuille, cher aux ornemanistes, et qui se marre, entre parenthèses.

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Masque-feuille, huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Masque-feuille, huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Je n'insiste pas sur les métamorphoses du cuir en bandes plates (au centre) puis en étui creux (à droite), pour me concentrer  sur celles des spires de parchemin qui perdent leur nature de cornet  de papier ou de peau et deviennent des constructions métalliques à rivets ou poinçons destinés à mettre en forme dûment recroquevillée (c'est ici la règle) la corne postérieure des sauvages camus et hirsutes qui s'affrontent avec leur dents au jeu de la corde. 

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Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Huitième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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9. Neuvième sablière : à gauche de l'autel du fond.

Quand un masque de face rencontre un masque de profil, keskis confient ?

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Neuvième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Neuvième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Masque grimaçant .

Des cuirs en étuis creux. Des cornes. Des cuirs enroulés frisés. Des cordes qui se dissimulent et qui reviennent. Deux trompettes en cornets sous le menton. 

C'est bon, on a compris. Rideau, rideau.

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Neuvième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Neuvième sablière de la chapelle de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Dixième sablière. Une tête de lion.

Et alors, tu fatigues ? . Tu ne retrouves plus tes photos ?

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Les cartouches et cuirs découpés au château de Kerjean.

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Le château de Kerjean conserve de nombreux exemples témoignant du goût de son architecte et des artistes sculpteurs sur pierre pour les cartouches et les cuirs découpés à enroulement Renaissance. 

On sait que :

"Lieu de réception et d’agrément, l’édifice suit la mode de son siècle et donc les règles de l’architecture de la Renaissance, qui abandonne le gothique au profit de l’esthétique antique. Le nom du maître d’œuvre du chantier demeure aujourd’hui inconnu, mais ses sources d’inspiration transparaissent à travers les formes du château. Jacques Androuet du Cerceau, l’architecte qui a construit le Pont Neuf à Paris, Philibert Delorme, bâtisseur du Palais des Tuileries ou encore Sebastiano Serlio, auteur d’un important traité d’architecture, ont sans doute influencé le style de Kerjean" (Chemins du Patrimoine, in Wikiipédia).

Or, Jacques Androuet du Cerceau est l'auteur des Grands Cartouches et des Petits Cartouches, et Philibert Delorme a été l'architecte du château de Fontainebleau après Le Primatice, notamment pour la Salle de bal. Le château de Kerjean relève bien du style de l'École de Fontainebleau. La présence de cuirs découpés n'y est donc pas étonnante. Je veux seulement montrer que ces cuirs se trouvent non seulement dans la chapelle, mais aussi aux emplacements les plus en vus du château.

 

Le premier exemple attend le visiteur au dessus du guichet de la billetterie. Il comporte les armes des Barbier et de Gouzillon d'or à la fasce d'azur accompagné de trois colombes (ou pigeons) de même, becquées et membrées de gueules. Un moulage d'un cartouche analogue, qui diffère par les deux masques en haut relief, est exposé dans la cour.

Le cartouche est simple, avec deux enroulements encadrant les masques en haut et en bas, et des créneaux géométriques sur les cotés.

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Entrée du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Entrée du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Cartouche aux armes mi-parti Kerjean-Gouzillon, (vers 1570-1595), entrée du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Cartouche aux armes mi-parti Kerjean-Gouzillon, (vers 1570-1595), entrée du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Cartouche aux armes mi-parti Kerjean-Gouzillon, (vers 1570-1595), château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Cartouche aux armes mi-parti Kerjean-Gouzillon, (vers 1570-1595), château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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On trouve dans le mur d'enceinte au dessus des portes donnant accès à la cour du château deux ensembles sculptés en kersanton : ils représentent deux supports anthropoïdes ou termes, un atlante et une cariatide en bustes mains croisés, dont la partie inférieure (le pilier) est un cartouche en cuir découpé orné d'un masque.

Leur moulage est conservé au rez de chaussée.

 

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Les deux termes (cercle rouge) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les deux termes (cercle rouge) du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'atlante du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.
L'atlante du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'atlante du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le terme féminin du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.
Le terme féminin du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le terme féminin du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Une cheminée à ornementation à bande plate.

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cheminée à ornementation à bande plate du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

cheminée à ornementation à bande plate du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le "maître de Pleyben" ? Je dirais plutôt : le "maître de Kerjean" !

 Sophie Duhem a considéré que les sablières de l'église de Pleyben qui relèvent du style de celui qu'elle nomme "l'anonyme de Pleyben" datent de l'édification du chœur en 1564 ou au plus tard de 1571, en vertu d' un chronogramme de la nef sur une sablière qui n'est pas de sa main. Elle date les sablières de Kerjean de 1580. 

« Le travail du sculpteur de Pleyben est aisément reconnaissable. Les faciès présentent des traits caractéristiques : les visages sont dessinés, de forme ovale, avec des fronts et des pommettes hautes, des nez fins et longs, des bouches fines, des barbes constitués de mèches ondulées, des chevelures formant des boucles hautes ou des mèches déployées." 

"Il n'hésite pas à représenter les personnages en pieds, avec une certaine maîtrise des proportions : les corps sont quelquefois comprimés dans l'espace étroit des sablières mais le sculpteur représente avec soin les membres, souvent longs et fins, aux jointures marquées. Plusieurs figures d'anges sont représentées, vêtus de tuniques dont les plis sont traités en haut relief, et dont les manches évasées laissent apparaître les bras osseux caractéristiques du travail de l'artisan. Le traitement des cuirs retient l'attention : leur extrémités forment des enroulements volumineux que l'on retrouve dans d'autres sanctuaires.

A. Mussat attribuait déjà au sculpteur de Pleyben les sablières de Sainte-Marie du Ménez-Hom à Plomodiern. Nous partageons sans hésitation cet avis. Le programme n'a pas la monumentalité de celui de Pleyben,"

"L'ensemble sculpté pour la chapelle de Kerjean à Saint-Vougay est une œuvre majeure réalisé par cet anonyme [de Pleyben] et datée de 1580. Environ une quinzaine ou une vingtaine d'années séparent les créations de Pleyben et de Kerjean, soit une période assez longue durant laquelle s'est forgée la maturité de l'artiste. Ce que l'on perçoit à l'observation des décors de la chapelle, et des ouvrages de Plomodiern et de Saint-Divy, plus proche de l'œuvre élaborée à Kerjean. Il est d'ailleurs vraisemblable que ces deux charpentes aient été décorées à la même époque."

"La charpente de Kerjean est l'une des plus belles réalisations qui subsiste du XVIe siècle. L'ensemble est majestueux et d'une très grande qualité esthétique. Le sculpteur a amélioré sa technique du haut-relief et enrichi le répertoire développé à Pleyben. Plusieurs thèmes sont réutilisés, notamment les anges tenant des cuirs portant le Suaire, la tunique et les dés, ou les Stigmates, associés cette fois aux nouveaux motifs renaissants, composés de mascarons, de volutes et de masques de lions. Quelques détails sont notables, qui apparaissent aussi sur les reliefs sculptés sur les autres édifices. Les représentations des soldats présentant la tunique et les dés sont très proches à Plomodiern et à Kerjean ; de même que la tête de bœuf qui accompagne saint Luc à Kerjean est identique à celle de l'âne de la Fuite en Égypte de Plomodiern. Les anges sont vêtus des mêmes tuniques aux manches creusées, aux drapés entrecroisés sur la poitrine. Les stigmates ou la face du Christ sur le Suaire sont représentés de la même manière qu'à Pleyben." (Duhem 1997 p. 145-146)

Autrement dit, le titre d' "anonyme de Pleyben" est du à l'antériorité des œuvres malgré l'infériorité stylistique de Pleyben par rapport à Kerjean .

Sans contester au sculpteur  ce titre (qui est d'ailleurs parfaitement formel et de convention) ou celui de "Maître de Pleyben" qu'il a reçu ensuite en fonction des usages en histoire de l'art, je souhaite souligner que l'emploi très original des cuirs découpés faufilés de cordes place ces œuvres dans la filiation de l'École de Fontainebleau et donc d'une culture de cour qui concerne très concrètement  la construction du château de Kerjean et sa chapelle par Louis Barbier, bien plus que la restauration des églises paroissiales sous la direction des fabriques et des recteurs. D'autre part, bien que je ne puisse développer ce point suffisamment brièvement, cette ornementation de Kerjean est à comparer à celle d'autres chapelles seigneuriales, qui obéit à des impératifs et des traditions particulières. Ainsi, la chapelle du château d'Écouen réalisée par Jean Goujon ou Jean Bullant pour le Connétable  Anne de Montmorency vers 1548 possède une voûte décorée de cuirs entourant les armoiries du propriétaire, tandis que les deux cheminées de la Chambre du Connétable rivalisent de cuirs découpés et de ferronneries, de mascarons et termes.

Le sculpteur anonyme aurait pu être formé sur de grands chantiers des résidences seigneuriales françaises ou flamandes et aurait pu être recruté par l'architecte de Kerjean pour ses compétences. Il aurait pu réaliser ou diriger dans le Finistère des chantiers paroissiaux annexes  tout en consacrant tous ses soins à la réalisation de la chapelle seigneuriale de Louis Barbier.

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Les cuirs découpés, un motif étudié par Sophie Duhem dans sa thèse.

Sophie Duhem consacre aux cuirs des cartouches un paragraphe de sa publication de 1997 reprenant sa thèse, à la page 186. Elle donne le chiffre de 180 pièces de bois soit 3,8% des sablières de Bretagne, plus spécifiquement en Basse-Bretagne. Le document 32 dénombre, sur les 4843 pièces étudiées de son corpus, 18 pièces sculptées en Côtes-d'Armor (1,4% de la production), 158 en Finistère (8,3%), 4 dans le Morbihan (0,2%), et aucun en Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique.

Une carte (document 34) indique par des ronds noirs le nombre de sites (et non plus de pièces) présentant des cuirs : j'en compte environ 52, très majoritairement situés dans le Finistère (29), et tout spécialement dans le Léon, autour de Kerjean.

Ces données confirment la place du Léon, enrichi à la fin du XVIe siècle par la culture et le commerce des céréales et du lin ou la fabrication de toiles, comme berceau du style de la Renaissance en Bretagne, grâce aux relations maritimes avec l'Europe du Nord par les ports de Morlaix, Landerneau et Roscoff. 

 

 

J'ai décrit dans ce blog les cuirs des sablières de Saint-Thomas de Landerneau, de l'église de Dirinon (1623) ou de La Martyre. Je décrirai plus tard ceux de l'église de Roscoff, et bien-sûr celles de Pleyben, Saint-Divy et Sainte-Marie du Ménez-Hom.

 

 

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EN PRIME : LES STATUES DE LA CHAPELLE.

Si cet article vous semble trop court ...

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1. Le Christ aux liens.

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 Christ aux liens, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Christ aux liens, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. Saint Sébastien.

Le bel éphèbe au maillot de bain doré de maître-nageur de luxe subit dans une belle indifférence les traits tirés par les propres archers qu'il commandait comme officier de la garde prétorienne de l'empereur Dioclétien à Rome. Les mains liées derrière le dos au tronc d'un arbre, il goûte les félicités de son premier martyre de la Foi en Christ,  et l'imitation dans sa propre chair des plaies du Crucifié. Il gagne ainsi le rang des grands saints auxiliateurs et thaumaturges, avec une spécialité, la protection contre la Peste.

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Saint Sébastien,  chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Sébastien, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint Sébastien,  chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Sébastien, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. Saint Antoine de Padoue.

Il est identifié par la bure franciscaine, la cordelière ...des Cordeliers, à trois nœuds de capucin, et par l'inscription dans un cartouche du socle S : ANTOINA : DE : PADA. (pour Sancto Antonio de Padua). Mais concernant la nature de l'attribut qu'il porte dans la main droite, on peut seulement parier qu'il s'agit d'un lys.

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 Saint Antoine de Padoue,  chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Antoine de Padoue, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 Saint Antoine de Padoue, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Antoine de Padoue, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Saint Antoine le Grand et son cochon.

Drelin drelin, c'est frère Antoine et sa clochette ! Mais aussi sa canne en T (en tau, son attribut), son bouquin, et son habit monastique de l'Ordre des Augustins. Sa spécialité ? Le Mal des ardents, ou Feu de saint Antoine, occasionné par l'ingestion par temps de disette de farines contaminées à l'ergot de seigle.

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Saint Antoine d'Egypte,  chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Antoine d'Egypte, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. La Vierge à l'Enfant.

Vierge à l'Enfant, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Vierge à l'Enfant, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6. Une sainte.

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Une sainte,  chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Une sainte, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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7. Un prédicateur.

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Un prédicateur, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Un prédicateur, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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8. Un fort saint homme.

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 Statue, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Statue, chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

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1°) Les cartouches et cuirs découpés.

 

 

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), Le premier volume des plus excellents bastiments de France : Le Louvre, Vincennes, Chambord, château de Madrid (Philibert Delorme 1548-1559), Covussi, Folambray, Montargis, La Muette, Saint-Germain, Creil, Vallery, Verneuil, Ancy-le-Franc, Gaillon, Manne.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10411354/f45.image

Le second volume : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3137097/f12.image

Blois, Amboise, Fontainebleau, Villiers, Charleval, Les Tuileries, St-Mort, Chenonceau, Chantilly, Anet, Ecouen, Challueau, Dampierre, Beauregard, Bury.

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques), s.d, Termes et cariatides, 

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-4R85BIndex.asp

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1542 et 1545] Grands cartouches,  [20] pl., Eau forte ; 38 cm [S.l.], [s.n.] 2 suites sans titre ni inscription. 7 des 20 planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées vers 1542-1543.

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1807/?offset=#page=5&viewer=picture

— ANDROUET DU CERCEAU (Jacques) (1510?-1585?), [Entre 1545 et 1547] Petits cartouches de Fontainebleau [31] pl., Eau forte ; 26 cm, [S.l.], [s.n.]Suite sans titre d'ornements inspirés par l'art de Fontainebleau et destinés à servir de modèles. Certaines planches reprennent des compositions de Fantuzzi connues par des estampes publiées entre 1542 et 1545 ; D'autres figurent déjà dans la première ou la seconde suite des grands compartiments

http://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/1801/?offset=#page=5&viewer=picture

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40564725t

— DIETTERLIN (Wendel), 1598, Architectura, Nuremberg.

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

— FLORIS (Cornelis II de Vriendt ,dit) 1556, Veelderley Veranderinghe van grottisen  avec HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

https://collections.vam.ac.uk/item/O977184/veelderley-veranderinghe-van-grotissen-ende-engraving-floris-cornelis-ii/

https://www.nationalgalleries.org/art-and-artists/60572/plate-veelderley-veranderinhe-van-grottissen-ende-compartimenten-design-fantastic-fountain-published

 

— FLORIS (Cornelis), 1557, Veelderley Niewe Inuentien,  HIERONYMUS COCK (graveur et éditeur) 

— VREDEMAN DE VRIES (Hans), 1557 Architectura ou batiments prins de Vitruve, Anvers,  

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-Res207Index.asp

.

2°) Le château de Kerjean et ses sablières.

 

— APEVE Les sablières de Saint-Divy

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=4&id_article=253

— ARLAUX Claire ,2011,Le château de Kerjean : Un chateau renaissance en Bretagne Éditeur: Coop Breizh, 2011 80 p.: Photogr. en coul.; 21 cm .

ASSOCIATION POUR L'ANIMATION DU CHATEAU DE KERJEAN Château de Kerjean, été 1989 de. Éditeur: Impr. de Bretagne, 1989.

ASSOCIATION POUR L'ANIMATION DU CHATEAU DE KERJEAN  1998, Kerjean, les travaux et les jours d'une seigneurie bretonne.   63 p. : ill. en coul. ; 30 cm .

ASSOCIATION POUR L'ANIMATION DU CHATEAU DE KERJEAN Saint-Vougay. Colloque : Médiation culturelle dans un lieu patrimonial dans un lieu en relation avec son territoire : Château de Kerjean, juin 2000. de CARRIER Christian ; HETET Véronique .Éditeur: Association pour l'Animation du Château de Kerjean, 2000  95 p. : 30 cm .

— BARRIE (Roger) 1988 Dir .ASSOCIATION POUR L'ANIMATION DU CHATEAU DE KERJEAN .1988, Le château de Kerjean.Collection: Parcours du patrimoine .Éditeur: Inventaire Général, 1988 .16 p. : ill. ; 19 cm .

CHATENET (Monique), 2009, Le château de Kerjean, Congrés archéologique 2009. pages 117-126

CHAUSSEPIED (M.C. ), 1907, "Notice sur le château de Kerjean,, commune de Saint-Vougay, " Société Archéologique du Finistère - SAF 1907 tome 34 - Pages 124 à 145

Pour faciliter la défense de cette dernière entrée et pro­téger le soubassement des murs d'un pavillon à l'autre par les meurtrières placées de côté dans les angles, l'architecte à biaisé les murs de la chapelle et des archive$~ de façon , à découvrir entièrement ces murs à l'approche de l'as­saillant. 
Le pavillon de la chapelle est à deux étages; à la hauteur de la chapelle proprement dite, le chevet prend une forme semi circulaire sur la base carrée du dessous; le maître 
d'œuvre a su tirer habilement partie de cette superposition en plaçant sur les parties découvertes de petits édicules à coupoles et lanternons à jour, La chapelle .est éclairée à l'Est et au Midi par quatre fenêtres géminées de forme ogivale ; à ce propos il ne faut pas croire, comme certains auteurs l'ont prétendu, qu'on ne pouvait se décider à abandonner complètement l'art gothique dans un édifice religieux, alors que ce mode d'architecture était tombé en désuétude, car bon nombre d'édifices religieux bâtis 'pendant les XVIe et VIIe siècles, n'ont plus aucun rapport avec les styles passés ; n'y voyons donc simplement qu'un pâle souvenir de l'architecture de Moyen-Age que l'artiste de Kerjean a fait revivre un peu en cet endroit ; du reste l'arc ogival est bien peu accentué et les profils des meneaux et des rinceaux sont bien de là fin de la Renaissance. Au-dessous de ces fenêtres sont pratiquées des meurtrières à couleuv­rines et la salle basse qui n'offre aucun intérêt prend jour par deux longues fenêtres placées vers l'extérieur des bâtiments. La façade sur la terrasse est percée de deux ouvertures ovales richement encadrées, au-dessous une fenêtre 
basse rectangulaire et très simple et une petite porte plein cintre donne accès en contre-bas de la terrasse à la chapelle. Ce pavillon est tout en pierre de taille couronné tout autour d'une belle corniche à modillons. Mais ce qu'il a de plus remarquable c'est son élégant campanile qui semble plutôt dater de l'époque de Henri IV que de Charles IX ;' posé en encorbellement sur une suite d'entablements et de consoles, il est à trois étages superposés dont le der-nier à jour. Le beffroi est couronné d'une petite coupole surmontée elle-même d'un lanternon coiffé d'une calotte sur laquelle un beau vase vient se fixer. Ses angles sont décorés de pilastres et gaines cannelés" ou ornés d 'arabesques, les frisés sont couvertes d'entrelacs et les panneaux de cartouches armoriés. Ce campanile est d'une grande richesse et d'une belle élégance. 
L'intérieur de cette chapelle, très somptueux autrefois n'offre plus que des ruines, le sol en petits carreaux rouges s'effondre, la belle voûte en lambris qui reposait sur une sablière toute sculptée a presque disparu et des  personnages en bois qui ornaient encore cette voûte, quelques-uns seulement, vermoulus gisent épars sur l'autel abandonné. Ils représentaient les douze apôtres et' étaient encastrés dans la sablière au pourtour du sanctuaire. 
A la rencontre des nervures s'accrochaient de fins pen­dentifs et deux entraits sans poinçon, reliaient les murs, ils étaient ornés comme de coutume de grosses têtes de dauphins aux extrémités. Tout cela devait être décoré de peintures et de dorures. Entre chaque fenêtre d'élégants culs de lampe en pierre supportaient des statues; l'autel était tout en pierre de forme bombée, reposant sur un degré de granit; une dalle d'un seul morceau de 2 mètres sur 0m 70 la recouvrait en entier. Sur le mur Nord auquel s'adossait l'aile droite existe de larges ouvertures, donnant l'entrée de la chapelle aux divers étages et  permettant aux malades  d'entendre la messe d'une petite salle contiguë : la baie du haut est orné d'un petit entablement dorique à deux  pilastres et munie d'un croisillon de fer. "

 

COUFFON (René), 1988, “Couffon, Répertoire des églises : paroisse de SAINT-VOUGAY,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 juillet 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1044.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0397fbf7bfd94095b7b52bc0e66657cc.pdf

"A l'extrémité orientale de la galerie couverte fermant la cour du château, c'est un pavillon rectangulaire avec chevet arrondi. Elle date du dernier quart du XVIè siècle ; mais quelques-unes de ses fenêtres en tiers-point et les entraits engoulés de sa charpente indiquent dans cet édifice classique une curieuse survivance de l'art gothique. Les sablières sont d'une sculpture remarquable ; elles sont décorées notamment d'un cartouche des cinq Plaies entouré de deux victoires que l'on retrouve à Pleyben, mais d'une moins bonne exécution. La charpente a été restaurée vers 1960. ."

 — COUFFON (René) 1948, L'architecture classique au pays de Léon, 1573-1700 l'atelier de l'Elorn : l'atelier de Kerjean .Éditeur: [S.n], 1948 1 vol. (p.[23]-101-[9] p. de pl.) : ill ; 25 cm .

 

 

 

— ELEGOUËT ( Yves) .Chapelle du château de Kerjean : témoins raffinés de la dévotion en Bretagne  Revue de Saint-Joseph.Éditeur: s.n., 198?  p 16-23 : ill. en coul. ; 29 cm .

 

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... Sophie Duhem ; préf. d'Alain Croix. Vue : ... Publication, Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. 

 

—  DUHEM (Sophie), L'art au village : La production artistique des paroisses rurales (XVIe-XVIIIe siècle)  2009  

LECLERC (GUY), 1996, Les enclos de Dieu, édition Jean-Paul Guisserot, 141 p. 

— LE FLOCH (Jean-Claude ), s.d, "Pleyben : l'ensemble de sablières sculptées."

http://www.mairiepleyben.fr/joomla-mairie/images/stories/documents/docs_historiques/sablires.pdf

"Les sablières historiées – les sablières sont ces poutres horizontales en haut de mur sur lesquelles porte la charpente - les sablières historiées donc sont une spécialité bretonne : fort répandues en particulier en Basse-Bretagne, elles sont tout à fait rares ailleurs. On doit à Sophie Duhem d'en avoir fait la recension et particulièrement d'être parvenue par comparaison à retrouver la marque d'un même sculpteur en différents endroits . Parmi ces auteurs qu'elle sort de l'oubli, celui qu'elle a baptisé « l'anonyme de Pleyben » apparaît comme un personnage hors du commun. « Anonyme de Pleyben » car c'est où il a créé un des plus beaux ensembles de sablières. Mais on lui doit également la décoration de la chapelle du château de Kerjean (en Saint-Vougay) ainsi que les sablières qui subsistent à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (commune de Plomodiern) et dans l'église de Saint-Divy. Personnage hors du commun ? Ces quatre localisations suffiraient à en témoigner : pour nous aujourd'hui, toutes en Finistère, c'est vrai ; mais dans les années 1570, cela veut dire deux diocèses différents séparés par la barrière des Monts d'Arrée, cela veut dire des distances de plus de dix lieues (les autres sculpteurs identifiés par Sophie Duhem n'interviennent guère que dans deux ou trois paroisses contiguës). On pressent la notoriété d'un artiste recherché."

—  LE FEBVRE (Yves), 1916,  Musée des antiquités léonaises à établir au château de Kerjean, in   GUENNEC ( Louis), “Société des amis de Kerjean pour la conservation des antiquités du Léon,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 juillet 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3167.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e9a034174e1a5080fd521925a84efd48.pdf

"Ajoutons encore, pour être aussi complet que possible, dans ce premier plan rapide de nos travaux, qu'il nous appartiendra de meubler comme il convient l'admirable petite chapelle de Kerjean dont la restauration a été  si heureusement commencée. "

MIORCEC DE KERDANET (Daniel) , 1834,  “Notice sur le château de Kerjean,” Éditeur: Impr. J.B. Lefournier, 1834 58 p. ; 15 cm 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d3b6efb625cca2644d865d5919262803.pdf

"A l'extrémité de cette aile , et contre la galerie découverte , est la chapelle, qui se distingue encore par son petit clocher et d'autres ornements. Elle avait autrefois un beau lambris et des vitraux peints , chefs-d'œuvre d'Alain, Cap, artiste de Lesneven."

 

MONUMENTS HISTORIQUES , 1980, La Bretagne : le château de Kerjean Éditeur: s.n., 1980  96 p. ; 27 cm .

PERSON (Catherine), 2006   Histoire et architecture dans le Léon, une étude de trois sites patrimoniaux du XVIème siècle : le château de Kerjean, le manoir de Kermadec et le manoir de Mézarnou.Éditeur: s.n., 2006 203 p. : photogr. en coul. ; 30 cm .

— SERLIO (Sébastiano), 1545, Le premier livre d'architecture, cf Sette libri dell'architettura

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/LES1736Index.asp

Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 1999, t. LXXVII page 545

— http://classeelementaire.free.fr/kerjean/parcours/Fiches-avant-visite.pdf

— http://musee-renaissance.fr/sites/musee-renaissance.fr/files/dossier_pedagogique_architecture.pdf

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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