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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 12:37

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Le chancel de la chapelle Saint-Herbot  est formé de panneaux décorés d'arabesques et portant une claire-voie à balustres tournés. Sur les panneaux de la frise, du côté de la nef, sont sculptés, sur dix panneaux,  les douze  Apôtres entourant saint Herbot, et, au verso des mêmes panneaux du côté du chœur, les douze Sibylles, prêtresses païennes qui passaient pour avoir annoncé la venue du Sauveur.  

Cet ensemble des douze prophétesses antiques est l'un des trois exemples de cette série complète en Finistère, avec Brennilis et la Poutre de Gloire de Lampaul-Guimiliau, précédemment étudiés sur ce blog. D'autres séries sont incomplètes, à Guimiliau, Roscoff, Pleyben, Irvillac, Le Faou, Le Faou, La Martyre, Plabennec et Plouzévédé. Je renvoie à la description princeps des soixante-dix Sibylles du Finistère par l'abbé Castel.

J'ai longuement étudié leur iconographie dans mon article sur les Sibylles de Brennilis. Je ne donne ici que ce bref rappel :

 

Les Sibylles, légendaires prêtresses d'Apollon, apparaissent dans l'art français au XIIIe siècle, mais on n'en représente encore qu'une seule, la sibylle Erythrée, la redoutable prêtresse qui a prophétisé le Jugement dernier. Dans la seconde partie du XVe siècle, les sibylles se montrent en groupe pour annoncer le Sauveur. Le dominicain Philippo Barbieri, dans un livre paru en 1481, « Discordantiae nonnulloe ... », aux fins d'harmoniser le paganisme avec la religion chrétienne, rapproche les Sibylles des prophètes, en fixant à douze le chiffre de ce1les-ci. Il assigne, de surcroît, à chaque Sibylle un âge, un aspect, un costume déterminé. Ce motif des sibylles associées aux prophètes s'impose à l'art italien et français, dès 1481. Il se rencontre en 1489 dans le livre d'heures de Louis de Laval, dont procèdent toutes les sibylles que l'on trouve en France au XVe et au XVIe siècles.

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Ce qui va s'avérer passionnant, ce sera de placer en comparaison les panneaux homologues de l'église de Brennilis, et de constater une telle proximité, non seulement des postures et de la tenue des attributs, mais aussi des vêtements, que l'hypothèse d'une création par le même atelier mérite d'être envisagée. Ce qui, à ma connaissance, n'a pas été observé.

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1°) La Sibylle Cimmérienne et son biberon.

Elle annonce l'allaitement de Jésus par la Vierge.

Elle est coiffé d'un turban enrubanné d'une étoffe qui se poursuit par une barbette nouée dont les brins passent par l'anneau fermoir de la cape. La robe est plissée à la taille par une ceinture ; les manches sont doubles, et frangées. Le biberon, tel un hanap, s'évase en pavillon et est doté d'une embouchure.

 

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La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Cimmérienne de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2°) La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection.

Elle porte un voile, un manteau à manches bouffantes, une robe serrée par une ceinture.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Je placerai en comparaison le panneau de Brennilis :

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 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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3°) La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion.

La tenue vestimentaire est proche de la précédente, hormis le décolleté carré de la robe.

La croix est écotée.

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La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La proximité avec la Sibylle de Brennilis est là encore frappante, malgré la différence concernant la croix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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4°) La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent (le démon dont triomphe le Christ).

 

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La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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5°) La Sibylle Erythrée et son rameau floral (un lys). La Sibylle Europa et son glaive.

La première annonce par ses vaticinations la virginité de la mère du Sauveur. La seconde a prédit le Massacre des saints innocents ordonné par Hérode.

 

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 La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

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 La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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6°) La Sibylle de Tibur et son gant du soufflet de la Passion. La Sibylle Libyque et son flambeau.

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Comparaison avec les Sibylles de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle de Tibur et son gant. La Sibylle Libyque et son flambeau,  chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Tibur et son gant. La Sibylle Libyque et son flambeau, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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7°) La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité.

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En comparaison : la Sibylle Samienne de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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8°) La Sibylle Delphique et la couronne d'épines.

 

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 La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 La Sibylle Delphique et la couronne d'épines,  chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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9°) La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf.

Cet attribut semblable, à Brennilis, à un pain rond, est en réalité un coquillage de type porcelaine, vulgairement appelé Vulve de Vénus, et faisant allusion à la virginité . 

 

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La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

Nous retrouvons le même drapé, le même balzo  dont les rubans retombent sur les épaules, exactement la même feuille de figuier sous la ceinture, mais la prise du coquillage se fait en pronation à Saint-Herbot, et en supination à Brennilis .

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La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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10) La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation.

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La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis : on retrouve la même coiffure et le tablier se terminant par des glands en boules.

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La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— Infobretagne "Enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou" 

http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

— COUFFON (René), 1953, L'église de Saint-Herbot , Bulletin Monumental Année 1953 Volume 111 Numéro 1 pp. 37-50

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVFA.pdf

— PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sibylles
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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 22:06

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Le porche de l'église de Pencran est encadré par deux crossettes, un lion à gauche et un dragon à droite. La facture particulièrement remarquable par sa finesse de ces ouvrages en kersanton est due à l'atelier de Bastien Prigent et de son frère Henry, établi à Landerneau et actif de 1527 à 1577. Cet atelier  a fourni trois porches successifs, celui de Pencran en 1553, celui de Landivisiau en 1554-1565, et celui de Guipavas en 1563. Dans les trois cas, les deux crossettes d'encadrement sont comparables (à Guipavas, seul le dragon subsiste). Documenter en ligne les sculptures de cet atelier permet de livrer au jeu très instructif des comparaisons réciproques.

Datation du porche.

La datation du porche est basée sur une inscription figurant, selon Le Seac'h,  sur un phylactère tenu par un ange dans une niche du contrefort gauche (Lécureux parle d'un "cube de pierre qui remplace une statue"). Depuis, le bloc de pierre a été volé. Le texte en avait été relevé par  Lécureux et publié en 1915 et 1919 :

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Je suivrai, comme un témoignage de mon admiration, assez fidèlement la description d'Emmanuelle Le Seac'h, qui a été la première et la seule a dresser en 1997 un catalogue descriptif exhaustif de toutes les crossettes des quatre cantons de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry et Sizun.  

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1°) Le lion tenant un os. Crossette du rampant gauche de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

Le lion mâle tient dans ses pattes antérieures un os long sans réalité anatomique (deux épiphyses à deux condyles). Dans cette crossette en ronde bosse et faible relief d'excellente facture, les quatre pattes sont figurées ; l'animal s'appuie en avant sur une petite console et à l'arrière, la patte postérieure repose sur une autre petite console. Les mèches de fourrure des pattes sont sculptées avec précision tant au niveau des antérieures et des postérieures. 

Avec un sourire plus débonnaire que carnassier, le lion sort la langue qui s'enroule en cuillère à son extrémité. Il tourne sa tête vers la gauche pour faire face au visiteur ou au fidèle qui accède au porche. Les yeux ressortent avec intensité à l'intérieur d' orbites creusées et de paupières ourlées. La crinière soyeuse et abondante s'étage en mèches bouclées. La queue passe sous la patte postérieure gauche et se divise sur le dos en trois branches.

Cette description est, en fait, celle de tous les lions de crossettes du Finistère, mais ailleurs, l'érosion, les fractures, l'envahissement par les lichens (ici assez discrets) ou parfois les insuffisances du sculpteur ne nous permettent pas d'observer le modèle avec toute sa complétude. Le lion de Pencran peut servir de "type" à tous les autres, même si certains d'entre eux abandonneront l'os pour un crâne, une petite tête humaine ou un simple rouleau.

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Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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2°) Le dragon tenant sa queue. Crossette du rampant droit de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

Ce dragon a dérobé ses ailes dépliées à un oiseau, ses oreilles à une chauve-souris, ses narines dilatées à un porc qui serait resté trop longtemps le nez contre la vitre, sa queue dentelée à un lacertilien (un "lézard " si vous préférez, mais du genre iguane alors), sa dentition à une fillette perdant ses dents de lait, sa tête à un cheval, sa barbiche de sous-officier à la chèvre de Monsieur Seguin, ...    mais son air faussement féroce et terriblement benêt n'appartient qu'à lui. Il se nourrit sans doute de quelque mouche ou insecte venu se poser par mégarde sur sa langue, fort gluante et dont il étend le piège à dessein en dehors de sa gueule ; son haleine infecte fait le reste. De mœurs principalement diurne, le Dragon des murailles Drago muralis crossetis peut passer — j'en atteste — des heures entières sans bouger.

Mais son jeu préféré, auquel il se livre surtout lorsqu'il sait qu'on l'admire, est de tracer avec sa queue (elle dépasse parfois 2 mètres) une jolie boucle puis de s'en ceindre   comme d'un hula hoop, la faisant disparaître derrière son flanc avant de la faire resurgir à la hauteur de l'aile, et , hop, de l'attraper entre ses deux pattes : il reste ainsi à vous regarder en ricanant, tenant cette rambarde improvisée et s'imaginant piloter quelque soucoupe volante fendant l'air à toute allure.

S'il regarde notre monde depuis son balcon caudal, lui qui a connu le temps du roi Henri II, il eut été étonnant qu'il ne se marrât point en nous voyant passer. Et nous-mêmes, nous n'imaginions pas, avant d'arriver, que nous nous marrassions à voir un dragon se fendre la poire comme une baleine.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Comparaison de lions.

À Landivisiau :

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Comparaison de dragons.

A Landivisiau :

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À Guipavas :

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1988, - Pencran, dépliant touristique, textes avec la collaboration de Y.P. Castel et A. Le Menn.

— CASTEL (Yves-Pascal), articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

0581 L'Enclos Paroissial de Pencran et ses accès... 06.01.90.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5807abcd10b0f868094d744fc3486dbd.jpg

0449 bis Un guide nouveau pour l'enclos paroissial de Pencran... 13.08.88.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8435a91bbdc2fc95132da6c3ecbd938d.jpg

— COUFFON (René), 1988, , Répertoire des églises : paroisse de PENCRAN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/938.https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7f786fe0966306242750d6e111e8c78d.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes,  Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Description de Pencran pages 147-151.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm . (Pencran : Tome I page 53 et tome II page 122-128).

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

—PÉRENNÉS (chanoine Henri ), 1938, Notice sur Pencran, “Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1938,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/269. page 51. http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

—LÉCUREUX (Lucien.) 1919, "L'église de Pencran",  Congrés archéologique de France Paris-Caen, 1919, p. 112

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f157.image

—LÉCUREUX (Lucien) 1915,  "L'église de Pencran et ses annexes", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, t. XLII p. 139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f191.image

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Published by jean-yves cordier - dans Pencran Gargouilles et crossettes
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 22:31

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J'ai présenté ce porche dans mon article précédent qui en présente le portail et le tympan, à l'extérieur. Je rappelle que ses sculptures sont l'œuvre de Bastien et Henry Prigent, tailleurs de pierre et  "ymagiers" de  Landerneau, entre 1563 et 1566 : cet atelier avait déjà réalisé en pierre de kersanton les porches de Pencran en 1553 et celui de Landivisiau en 1554-1565. Les Apôtres du porche de Landivisau peuvent donc être mis en parallèle avec ceux que nous allons découvrir à Guipavas.  

 

L'ordre des Apôtres a été dérangé, et ne suit plus aucune logique. On sait que la série des douze apôtres des porches bretons permet d'illustrer les douze articles du Credo, douze articles de la Foi chrétienne : à chaque apôtre s'est vu attribuer, très tôt dans les écrits des Pères de l'Église, un des articles pour former le "Credo apostolique", ce qui explique pourquoi chacun d'eux tient, dans les porches, un phylactère où il était rédigé (peint ou gravé). L'ordre dans lequel les disciples du Christ se succède a pu varier avec les siècles, mais dans tous les cas Pierre est, bien-entendu, le premier, en tant que premier évêque, et pierre de fondation de l'Église. Dans les porches, il débute la série à droite de la porte d'entrée vers l'église Puis viennent derrière lui saint André, saint Jacques, saint Jean et saint Thomas. De l'autre coté du porche (coté gauche), la série reprend depuis l'extérieur et se termine à gauche de la porte avec Matthias.

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Sur ce thème du Credo apostolique, voir :

 

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Or, à Guipavas, dans l'église Saint-Pierre-et-saint Paul, nous ne trouvons pas saint Pierre à cette première place du mur de droite, et toute la séquence apostolique est en désordre.

Les difficultés d'identification que cela génère sont accentuées par le fait que d'une part, les attributs distinctifs ont été brisés, mais aussi que  les statues des apôtres avaient été décapitées à la Révolution, comme en témoignent les photos prises en 2011 (Henri Moreau, Wikipédia). En 2015, les têtes de six statues ont été retrouvées dans un panier de l’ancien presbytère et le sculpteur Joël Kerhervé a pu les sceller sur leur corps grâce à l’Association Guipavas Identité et Patrimoine (AGIP). Le même sculpteur a recréé l'année suivante les têtes des autres apôtres, Barthelémy, Jacques le majeur, Pierre, Philippe, Simon et Thomas.

Les statues, où chaque apôtre déroule sa banderole  et dont le socle porte le nom d'un donateur,   trouvent place dans des niches en pierre de Logonna à dais gothiques de kersanton (tous identiques, à l'opposé de Landivisiau) et à consoles qui reçoivent chacune une ornementation différente. Ces consoles s'intègrent dans une frise à feuille d'acanthes, initiée à un angle par un masque.

Les apôtres ont en commun la barbe (sauf Jean bien-sûr), les  pieds nus, la banderole, parfois le livre, et toujours le manteau au drapé agencé différemment pour chacun. Ce manteau laisse apparaître tout ou partie d' une robe aux plis verticaux, fermée au cou par un seul bouton formant un motif en 8 typique des Prigent, et serrée par une ceinture.

Des traces de polychromie (ocre rouge, bleu) s'observent ici et là, témoignant du caractère jadis entièrement peint de ces sculptures. Notamment, les lettres sculptées étaient vraisemblablement peintes en rouge, et rendues beaucoup plus lisibles qu'aujourd'hui. J'ai utilisé le procédé de l'estampage humide pour améliorer leur lisibilité.

Je décrirai pour chaque statue le personnage, l'inscription du donateur sur le socle, et la console.

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I. LE COTÉ DROIT DE L'INTÉRIEUR DU PORCHE .

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Coté droit de l'intérieur du porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Coté droit de l'intérieur du porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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1. Saint ANDRÉ portant une croix en X écotée . Y. BIZIAN.

L'apôtre est facilement identifié par son attribut, la croix en X sur laquelle il fut supplicié.

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Saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

Saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

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Inscription.

Elle est gravée en lettres minuscules gothiques type textura, en utilisant le deux-points comme élément de séparation des mots. Bien que les premiers livres imprimés l'ont été avec cette écriture gothique, dès avant la fin du XVe siècle, l'écriture humanistique développée en Italie a supplanté l'écriture gothique pour l'édition des livres imprimés dans la plus grande partie de l'Europe. Dans l'histoire de l'imprimerie, les caractères romains ont été créés à Venise par Nicolas Jenson en 1470 dans son Eusèbe et dans son Epistolæ ad Brutum de Cicéron. Mais c'est en 1530 / 1540 que Claude Garamond créa les poinçons de ses caractères romains pour l'imprimeur Henri Estienne.

Pourtant, en épigraphie lapidaire, ce ne sera qu'à partir de 1562 que le gothique sera définitivement abandonné en Finistère sur les calvaires, et en 1628 dans le corpus des inscriptions lapidaire de l'enclos paroissial du Faou .

: YVES :  BIZIAN :

Le patronyme du donateur est attesté à Guipavas, sous la forme BIZIEN, par la mention d'Ollivier Bizien comme prêtre en 1702. Nous retrouverons un membre de cette famille, O. BIZIAN comme donateur de la statue de saint Jacques le Mineur.

Les généalogistes mentionnent divers Bizian à Guipavas au XVIIe siècle, comme François Bizian, né entre 1570 et 1618 et dont le fils François est né à Guipavas

://gw.geneanet.org/dagornjp?lang=fr&p=francois&n=bizian&oc=1

http://gw.geneanet.org/dagornjp?lang=fr&p=francois&n=bizian

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Inscription à la base de la statue de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription à la base de la statue de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Le choix de l'artiste s'est porté sur une composition de trois feuilles frisées et nervurées, aux tiges réunies dans le creux d'une main. A sa droite immédiate, un animal fantastique pointe ses longues oreilles.

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Culot de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Culot de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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2°) Saint JACQUES LE MAJEUR.

Tête moderne (2016) par Joël Kerhervé, avec le chapeau frappé d'une coquille. Sur la statue amputée de sa tête, le seul élément distinctif était le bourdon, bâton de marche des pèlerins de Compostelle.

Pas d'inscription.

Saint Jacques le Majeur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jacques le Majeur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Il s'agit, au sein de feuillages,  d'un masque féminin au front épilé et aux cheveux nattés réunis par un bandeau.

 

Console de la statue de l'apôtre Jacques, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de l'apôtre Jacques, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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3°) Saint MATTHIEU et son écritoire  :c LESCOP.

 

Le saint tient dans la main gauche un livre, tenu horizontalement. Ou plutôt, comme l'a bien vu E. Le Seac'h, c'est un écritoire, sur lequel l'évangéliste trace son texte avec un instrument tenu dans la main droite. C'est ce détail qui permet l'identification.

Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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L'inscription.

 

:c LESCOP

Une petite boucle en forme de c précède sans explication les lettres du patronyme du donateur,  LESCOP (du latin episcopus, "l'évêque"). On trouve aussi L'escob, Escob. Je n'ai pas trouvé de données sur la présence de ce patronyme à Guipavas au XVIe siècle. Yann Gweguen lit "AN ESKOP" et Couffon "S.A. LESCOP"

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Inscription de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Masque entre deux lions. La figure humaine, yeux exorbités et bouche entrouverte sur les rangées de dents,  semble terrorisée par les deux lions qui l'enserrent, la gueule ouverte et la langue pendante. C'est donc une reprise, sous cette forme inspirée de l'héraldique, du thème du lion de crossette emportant les vivants pour le compte de la Mort. 

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Console de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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4°) Saint JUDE-THADDÉE et sa croix. F.G. ANROUS.

L'identification de ce saint est donnée par E. Le Seac'h. Elle est loin d'être évidente, puisque l'attribut habituel de cet apôtre est la massue avec laquelle il fut achevé, ou la hallebarde. Certes, Émile Mâle signale (Les Compagnons du Christ) que "la plupart des écrivains ecclésiastiques admettaient que saint Jude avait été crucifié et saint Simon coupé en deux par une scie." mais il suffit de poursuivre la lecture de son texte, de poursuivre les recherches ou de consulter l'iconographie pour y perdre vite toute certitude.

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Saint Jude-Thaddée,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jude-Thaddée, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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L'inscription.

F.G : ANROUS

L'apôtre était difficile à identifier ? Le nom du donateur n'est pas plus facile à déchiffrer. Le -F- initial indique sans-doute un fabricien de la paroisse, le G l'initiale du prénom (Guillaume ?), le A est certain, le N est probable, mais la lettre suivante peut être un R ou un X (cf. Kerouanton infra). La dernière lettre en forme de 8 est bien un S, et se retrouve sur le nom THOMAS (statue de Jacques le Mineur). Couffon, recopié par E. Le Seac'h, oublie une lettre en lisant ici J.G. ANOUS . Yann Gweguen propose F.G. AN ROUS. Un  LE ROUX figure parmi les nobles de Guipavas, et AN ROUX pourrait être sa forme agrémentée à la sauce bretonne (manoir de Pratanroux à Penhars). 

C'est ce que confirment les documents collectés par Abgrall 1912 , sur Infobretagne ou sur Kergilles :  

— Hervé le Roux et Yvon Le Roux sont présents à la montre de 1448.

— Dans la montre de 1488, nous retrouvons Yvon le Roux, infirme, pour luy Prigent son fils, voulgier en brigandine ; et Hervé le Roux, voulgier en brigandine. ("vougier" :armé d’une vouge, arme d’hast médiévale utilisée pour atteindre les cavaliers ou pour couper les jarrets des chevaux).

— Dans la montre de l'évêché de Léon reçue à Lesneven le 25 septembre 1503 paraît "Louys AN ROUX en vougier" . Alors que dans une montre de 1534, est mentionné "Louis Le ROUX, par maistre Pierre LE ROUX".

D'après le Nobiliaire et Armorial de Bretagne de Pol de Courcy, LE ROUX, de Kerbernard, sieur de Kerasbihan, paroisse de Guipavas,  figure parmi les familles nobles :

Roux (LE), sr de Kerbernard, —de Kerasbihan, par. de Guipavas, — de Kermadec , — deMézoumeur, - de l'Isle, par. de Tréouergat, — de Kerguiomarc'h, par. de Querrien.

Ane. ext., réf. 1669, dix gén. ; réf. et montres de 1446 à 1534, par. de Guipavas, Plouzané et Plouarzel, év. de Léon.

D'azur fretté d'argent ; aliàs : au chef d'or chargé d'une quintefeuille d'azur.

Hervé, vivant en 1375, père de Jean, vivant en 1400, marié à Sibille de Quilbignon.

— En 1631, François Le Roux est prêtre de la paroisse ; en 1696 Le Roux, prêtre, est mentionné également.

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Inscriptions sur le socle de la statue de saint Jude-Thaddée,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscriptions sur le socle de la statue de saint Jude-Thaddée, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Voici le motif, observé couramment sur les sablières et ornementations des églises bretonnes, du masque dont la bouche donne naissance à deux tiges florales. Ici, la figure est barbue, aux cheveux courts recouverts par un capuchon, et les feuilles déploient un très bel éventail de nervures et de digitations.

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Console de la statue de saint Jude-Thaddée,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Jude-Thaddée, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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5°) Saint BARTHÉLÉMY et son coutelas. G. KIANN.

Tête moderne (2016) par Joël Kerhervé.

Le saint tient le grand coutelas de dépeçage par lequel il fut martyrisé.

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Saint Barthélémy,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Barthélémy, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

: G : KIANN :

L'inscription G. KIANN doit être lue comme G. Keriann. Elle doit être mis en relation avec l'inscription relevée par Abgrall sur le bénitier : "en l'an 1565 Me Kian"  afin de postuler que le donateur portait le nom de Kerian, graphie pour Kerjean (on trouve aussi Kerjehan) . Cette famille est attestée à Guipavas par les généalogistes,  au XVIIe siècle : http://gilles.berthou.pagesperso-orange.fr/Gaby/Fiches/D42/P4.htm

Paul Kerjean, docteur en théologie, fut recteur de Guipavas de  1618 (?) jusqu'à son décès en  1627. René Kerjean fut vicaire en 1661, et Yves Kerjean, prêtre en 1701. Le 15 avril 1684 eut lieu la fondation par "Missire Michel Kerjean, prestre, d'une messe de "requiem" à notte, tous les jours de lundy de l'année, à l'issue procession au tout de l'église".

Elle était particulièrement honorée dans l'église de Guipavas comme l'indiquent les documents rapportés par Abgrall : leurs armoiries fascé d'or et d'azur, figuraient sur le soufflet du vitrail à gauche  du chœur, à coté de celles des Guengat, Cornouaille, Coataudon, Kergolay, Kermorvan, Penfentenyo, et Kerouale.

Le nom de Tanguy Jehan apparait, avec celui de 9 autres paroissiens de Guipavas, dans une pièce concernant une aliénation d'héritage préjudiciable à la fabrique de Guipavas, et faite par les paroissiens et leur défunt recteur, Olivier Richard, en 1538. 

Dans un document de 1487, Yvon Jehan est cité comme procureur de la fabrique.

En 1648, Vincent de Kerjehan était "Sr du dit-lieu et de Kerhuon", et en 1675, Ronan Mol était seigneur de Kerjean.

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Inscription de la base de la statue de saint Barthélémy,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription de la base de la statue de saint Barthélémy, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Elle associe des godrons en spirale et un rinceau de pampres.

 

Console de la statue de saint Barthélémy,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Barthélémy, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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6°) Saint SIMON et sa scie. F.G. K[e]ROUANTON.

L'identification de l'apôtres se fonde sur son attribut, la scie de son supplice.

 

Saint Simon,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Simon, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

F : G : KROUANTON

Note : le R, certifié par le reste du nom, est le même que celui de l'inscription ANROUS sous saint Jude.

Il faut tenir compte de l'abréviation très courante du suffixe Ker- et lire ici : KEROUANTON. Le F initial, déjà présent pour F : G : ANROUS, correspond plus volontiers à "Fabrique" qu'à un prénom composé du type "François-Guillaume". 

En 1674, une déclaration devant notaire citée par le chanoine Abgrall cite les noms des métayers Olivier  Bastien et Goulven Kerouanton. Abgrall indique aussi "la fondation, le 17 avril 1667, à la fabrice de St Pierre de Guipavas, par Marye Bernicot, 0llivier Kerouanton, de 6 livres tournois de rente annuelle pour célébrer tous les ans à perpétuité un office et service solennel avecque les prières et recommandations ordinaires, alumage de cierges et sonnerye de glas, etc. ". 

En 1642 Jean Kerouanton (fabrique) donna 33 livres à Guillaume Guéguen par commandement du Sieur de Guengat, pour peindre les images de la chapelle de Sainte Barbe et pour sculpter sur les bancs les armes des seigneurs de Lossulien et du Cludou. (H. 187). (Gilles Berthou)

La lettre initiale G peut correspondre au prénom Guillaume, mais aussi Goulven. Le 3 juillet 1651, Goulven Kerouanton épousa à Bourg-Blanc Marie Salaun, et leur fis Jean naquit le 27 mars 1659 à Guipavas.

Bien-sûr, aucune de ces données ne concernent le XVIe siècle.

Voir :

http://geneatique.net/genealogie/gisele-denis/denisarzel-74ae6d/KEROUANTON_Gabriel_95058619

ou http://www.breneol.net/Gedi/fr/Gedinfr3.html

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Inscription sur le socle de la statue de l'apôtre Simon,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sur le socle de la statue de l'apôtre Simon, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Elle associe trois rangs de rinceaux et une couronne tressée.

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Console de la statue de l'apôtre Simon,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de l'apôtre Simon, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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II. LES SIX APÔTRES DU COTÉ GAUCHE DU PORCHE. 

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Les six apôtres du coté est,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Les six apôtres du coté est, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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7°) Saint JEAN tenant la coupe de poison. Initiales J.K et calice.

Jean est identifié facilement par son visage juvénile et imberbe, et par le "calice" ou plutôt la coupe de poison sur laquelle il s'apprête à tracer une bénédiction. C'est le rappel de la Légende Dorée et de la tradition selon laquelle, mis à l'épreuve sur la validité de sa Foi par le grand-prêtre d'Éphèse Aristodème, il but sans encombre le poison de reptiles venimeux pilés dans un mortier.

 

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Saint Jean,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jean, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Écu ecclésiastique J/K.

L'inscription est remplacé par un écu ecclésiastique, caractérisé par la présence d'un calice surmonté d'une hostie. Les initiales J.K sont celles du prêtre en question, mais l'indétermination ne peut être levée. On peut bien-sûr supposer que le J correspond au prénom Jean.

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Écu ecclésiastique, statue de saint Jean,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Écu ecclésiastique, statue de saint Jean, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Motif de feuillages intégrant à la frise de rinceaux cinq feuilles en dents de lions".

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Console de la statue de saint Jean,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Jean, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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8°) saint THOMAS et son équerre. J.B. ISAC : F :SEGALENN.

L'apôtre se reconnaît par son équerre.

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Saint Thomas,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

J . B . ISAC : F : SEGALENN

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Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Il ne reste que les fragments d'un groupe de feuilles d'acanthes.

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Console de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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9°) Saint PIERRE et sa clef. H : TOULLEC

Tête moderne (Joël Kerhervé 2016) mais n'oubliant pas la calvitie et le toupet caractéristique de saint Pierre. Clef et main gauche (qui devait tenir un livre) brisées.

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Saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

H:TOULLEC.

 

Les registres mentionnent le décès en 1616 d'Henry Toullec, prêtre, inhumé en l'église Saint-Pierre. Il est possible qu'il s'agisse du donateur de cette statue de saint Pierre, patron de son église. 

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Inscription du socle de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription du socle de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

.Elle associe une frise en spirale, une frise de pétales recourbés, et des godrons.

 

Console de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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10°) Saint JACQUES LE MINEUR avec son bâton de foulon. R. THOMAS : O : BIZIAN.

Bien que brisé, le bâton de foulon est particulièrement bien représenté, avec une hampe cannelée en partie médiane et une extrémité en fuseau. On sait que ce bâton, accessoire du foulonnier dans le traitement des draps, est l'attribut de Jacques fils d'Alphée en fonction de la Légende Dorée de Jacques de Voragine :

 

"Ils montèrent et le jetèrent en bas, après quoi, ils l’accablèrent sous une grêle de pierres en disant : « Lapidons Jacques le Juste. » Il ne fut cependant pas tué de sa chute, mais il se releva et se mettant sur ses genoux, il dit : « Je vous en prie, Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Alors un des prêtres, qui était des enfants de Rahab, s'écria : « Arrêtez, je vous prie, que faites-vous ? C'est pour vous que prie ce juste, et vous le lapidez ! » Or, l’un d'entre eux prit une perche. de foulon, lui en asséna un violent coup sur la tête et lui fit sauter la cervelle. C'est ce que raconte Hégésippe. Et saint Jacques trépassa au Seigneur par ce martyre sous Néron qui régna l’an 57 : il fut enseveli au même lieu auprès du temple. Or, comme le peuple voulait venger sa mort, prendre et punir ses meurtriers, ceux-ci s'enfuirent aussitôt. "

La tradition iconographique, notamment bretonne, représente cette perche comme un bâton terminé en crosse de  soule par une boule ovale recourbée. Le foulon de Guipavas est ici très différent, et semble inspiré, comme dans une Encyclopédie des Sciences Techniques, par un marteau-pilon contemporain des Prigent. Il ne correspond pourtant pas aux maillets des moulins folerets, dont le bruit causa une si grande frayeur à Don Quichotte et Sancho Panza avant qu'ils n'en identifient l'origine.  

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Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

F:THOMAS : O : BIZIAN.

Dans les documents publiés par Abgrall, le patronyme THOMAS est attesté en 1631 (François THOMAS, prêtre), en  1674 (Goulven THOMAS, métayer de la cordelée de Lanaérec). La famille BIZIAN, à laquelle nous avons déjà été présenté par saint André, revient sous la forme d'un probable Olivier BIZIAN.

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Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

On y trouve une première frise de feuilles de chêne, très décorative, puis une couronne tressée, puis des feuilles à l'extrémité enroulée sur elle-même.

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Console de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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11°) Saint PHILIPPE avec sa croix. H : DIVERRES.

Tête moderne par Joël Kerhervé (2016). Philippe tient, dans une curieuse prise en pronation et flexion du poignet, ce qui lui reste de son attribut, une croix à longue hampe.

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Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

H : DIVERRES. 

La sixième lettre du patronyme peut être lue (et a été lue) comme un S (la leçon de René Couffon est "DINERSES"), mais il faut bien entendu reconnaître ici le patronyme breton  Diverres.

Inscription du socle de la statue de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription du socle de la statue de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Un magnifique chou frisé !

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Console de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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12°) Saint MATTHIAS et le manche de sa hache.  :LANGAALB

C'est à sa place de bon dernier de la série, de treizième apôtre tiré ausort pour remplacer Judas que nous trouvons l'apôtre Matthias, qui tient le manche de sa hache.

 

Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

:LANGAALB

René Couffon a lu : "LANGAALH". Ces noms n'ont guère de sens, mais j'ai cherché en vain  une autre lecture. 

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Inscription sous saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sous saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Un bouquet de cinq feuilles.

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Console supportant saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console supportant saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Marginalia.

La frise du porche de Landivisiau débute et s'achève, des deux cotés, par des masques, animaux et personnages amusants. Ici, seul une extrémité comporte un masque.

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L'église de Guipavas III : les Apôtres du porche nord (1563).

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L'église de Guipavas III : les Apôtres du porche nord (1563).

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notices sur les paroisses : Guipavas Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Guipavas", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 114-124, 148-158, 183-192, 205-218, 237-248.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

 

— BERTHOU (Gilles), Monuments et vieilles pierres de Guipavas.

http://gilles.berthou.pagesperso-orange.fr/Guipavas_monuments.htm

— BOUCHER (Michel), 2015, association Guipavas identité et patrimoine , Le porche de la Nativité. Guipavas le mensuel n°5 - janvier 2016

http://www.mairie-guipavas.fr/IMG/GLM/N005/GLM_web-005-p09.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, “ Le porche de Guipavas...,” Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 1er septembre 1979 Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1935.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Le patrimoine architectural et les sites de la commune de Guipavas, “0016 patrimoine commune de Guipavas 1.09.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1476.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988 Répertoire des églises : paroisse de GUIPAVAS Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d7fa2365a76658fe5c12b1ddf3e34546.pdf

— INFOBRETAGNE, "Guipavas"

http://www.infobretagne.com/guipavas.htm

— GWEGEN (Yann), 1988, , Guipavas gwechall goz: son histoire, ses familles, ses villages - 279 pages page 8 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n., 2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

 — TOSCER (Guillaume) 1907, Le Finistère pittoresque, (Sites et monuments) Pays de Léon et Tréguier, Imp. A. Kaigre.

— WIKIPEDIA avant restauration

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:010_Guipavas_Porche_Six_autres_apotres.jpg

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 11:22

L'église de Guipavas II. Le porche de 1563 par l'atelier des Prigent. L'extérieur.

 

 

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— Sur Guipavas, voir :

 

Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

 

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"Laissez toute hâte, vous qui entrez". Ce lieu de passage était jadis là en transition pour préparer à l'accès dans l'espace sacré, et, comme tout seuil, il procédait d'un rituel et d'une symbolique propre à en déjouer les dangers . Il mérite donc qu'on s'y arrête.  

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L'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Guipavas a été presque totalement détruite par les bombardements liés aux combats de la libération de Brest dans la nuit du 12 au 13 août 1944. Elle a été rebâtie en 1952-1955 avec des matériaux locaux comme la pierre jaune de Logonna ou encore de l'ardoise des monts d'Arrée, sur les plans de l'architecte d'art sacré, Yves Michel à qui l'on doit également la nouvelle abbaye de Landévennec ou l'église Saint-Louis à Brest.

Le porche Nord, qui daterait d'après G.Toscer de 1563 , et qui a été classé en 1926, est, avec les pignons des bras du transept, le seul élément à avoir résisté à l'incendie. Il a été réintégré à la nouvelle église.

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L'atelier des Prigent

Ce n'est pas un hasard si ce porche rappelle au visiteur, avec son arc déprimé sculpté d'une lierne de feuillage et de grappes de raisins qui sortent de la gueule d'animaux, ceux de Pencran (1553) et de Landivisiau (1554-1565) : car ils sont sortis du même atelier de tailleurs de pierre, celui des frères Bastien et Henry Prigent, établi à Landerneau, et actif entre 1527 et 1577. Les vestiges de la Nativité de son tympan avec la tête de l'âne et du bœuf dépassant de leur stalle évoquent la Nativité du porche de Pencran, et c'est bien cette démarche de comparaison stylistique qui va rendre sa visite passionnante,  riche de ces mille sensations émouvantes de "déjà vu quelque part".

D'autant que les Prigent ont aussi sculpté le haut du porche de Lampaul-Guimiliau, les calvaires monumentaux de Pleyben et de Plougonven, des statues isolées pour les porches de la vallée de l'Elorn (Le Tréhou, Trémaouézan, Commana et Ploudiry), trois Pietà (voir ici celle de Saint-Nic), et enfin six croix et vingt-trois calvaires ! Autant dire que le coup d'œil de reconnaissance du style et du vocabulaire Prigent trouve, en Basse-Bretagne, de quoi  s'exercer dans d'excitantes promenades.

En bon sculpteurs landernéens s'approvisionnant en matériau dans la Rade de Brest via l'Elorn, les Prigent sont des virtuoses de la kersantite ("kersanton", du nom du lieu-dit de la commune de Loperhet), et c'est bien cette pierre qui donne au porche de Guipavas sa résistance à l'érosion et la finesse onctueuse de son grain gris sombre.

La date de 1563, avancée par Guillaume Toscer en 1907 (et peut-être lue sur le phylactère aujourd'hui effacé d'un ange?), semble plausible si on réalise que les trois chantiers se seraient ainsi succédés, avant le déclenchement des Guerres de la Ligue en 1588. D'autre part, le trumeau de Landivisiau supporte un magnifique bénitier due au ciseau de Bastien Prigent Or, les chanoines  Abgrall et Peyron mentionnent dans leur description du porche de Guipavas un bénitier daté de 1565  (inscription "En l'an 1565 Me K/ian" soit Kérian, ou Kerjean), qui renforce le crédit apporté à la datation de Toscer, et qui aurait pu, s'il n'avait pas disparu depuis, enrichir la démarche d'étude stylistique et les relations entre Landivisiau et Guipavas.

 

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Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Je ferais de larges emprunts (placés en retrait) à la description d'Emmanuelle Le Seac'h, qui a établi le catalogue raisonné des Prigent dans sa thèse, repris dans un ouvrage de 2014. Je tente de payer la dette de ces emprunts en saluant l'exceptionnel intérêt de ce travail, et en contribuant à ses inventaires iconographiques.

 

"L'archivolte repose sur des colonnettes prismatiques. L'accolade décorée de crochets en feuilles de choux et sommés d'un fleuron gothique s'appuie sur des colonnes torsadées comme à Pencran ou à Landivisiau, terminés par des pinacles. 

Les contreforts de biais sont décorés d'une niche à console et à dais gothiques avec les statues modernes de Joseph et de la Vierge. Les rampants du pignon sont décorés des mêmes crochets, avec des pinacles mutilés autour du corps. A gauche, une crossette représente un dragon, la queue enroulée autour du corps." 

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Puisque le premier article de cette série concernait les crossettes, je peux aussi remarquer la ressemblance entre le dragon ailé de Guipavas, et celui de Pencran, chacun placé à l'angle du porche.

Il me reste à décrire la statue moderne de saint Pierre sous l'accolade, mais surtout les deux anges des consoles des statues. Leur tête, leurs bras et leur phylactères sont brisés, mais une ou deux lettres sont encore visibles sur la banderole de gauche.

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Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le tympan.

Les traces de polychromie attestent qu'ici comme ailleurs le porche et ses statues étaient peints, en faisant notamment appel à l'ocre rouge et au bleu. Il faut imaginer ce lieu comme ceux que ressuscitent les illuminations lasers des grands calvaires bretons, ou des porches des cathédrales.

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Tympan et voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Tympan et voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Les voussures du tympan.

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"Dans les voussures de l'archivolte, il ne reste que sept anges. Ils sont thuriféraires, orants, porteurs de phylactères, ou musiciens — cornemuse et trompette — ou font le geste de bénédiction. Leurs visages, similaires à ceux de Pencran et de Landivisiau, sont de la main d'Henry Prigent. Le sculpteur leur a donné  deux plis verticaux au niveau du front, ce qui leur donne un air songeur. Les paupières sont doubles. Les cheveux forment des crochets bouclés  sur le front. Les plissés des tuniques resserrées à la taille par une ceinture sont habilement rendus. Le vêtement est plaqué  sur les cuisses. Les ailes sont déployées en V ou seulement ouvertes dans le dos et leurs plumes sculptées de manière variée : en écaille, ovales ou striées ou tout simplement lisses. Tous ces détails rappellent le soin et la minutie de l'atelier des Prigent"

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Voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Trois anges de la voussure droite.

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Bien entendu, l'ange joueur de cornemuse n'a, une fois de plus, pas échappé à la vigilance d'Argus de Jean-Luc Matte, qui le décrit ainsi :

"Sc/pierre : anges musiciens : hautbois et cornemuse. L'ange cornemuseux a la tête brisée ainsi que les mains. Apparemment seule la gauche était posée sur le hautbois. 1563. 1 bourdon d'épaule à raccord médian et pavillon, orné d'un ruban tressé. Hautbois brisé, poche cousue à décor géométrique. Il est dommage que la statue soit brisée car la représentation est bien détaillée."

 

Je remarque aussi le costume exceptionnellement luxueux de ce cornemuseux, puisqu'il est le seul à bénéficier de manches à quatre rangs de crevés et à dentelles aux poignets. Sa posture échappe à tout hiératisme, puisqu'il ploie le genou droit.

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Trois anges des voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.
Trois anges des voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Trois anges des voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Ange joueur de trompette droite. Voussure de gauche.

 Je ne vois aucune anche à l'embouchure, qui est légèrement évasée et cannelée. Je ne vois pas non plus de trous pour les doigts. C'est donc bien, comme l'indique E. Le Seac'h, une trompette.  Le pavillon s'orne de trois lignes sinueuses.

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Deux  anges des voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Deux anges des voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Un nouveau-né nouveau venu.

Depuis 2015, le tympan, jadis  particulièrement vide hormis l'âne et le bœuf (tête ou museau brisés) dans leur stalle d'osier tressé, s'est enrichi d'une crèche. 

"Ayant disparu depuis plus de 100 ans, le hasard a voulu que l'élément essentiel de la Nativité représentée sur ce porche ait pu être retrouvé. La pierre ouvragée de l'enfant Jésus a ainsi repris sa place d'origine sur la corniche. Désormais tous les personnages sont à nouveau réunis sur la façade de notre vieux porche sous le regard amusé des anges musiciens sculptés dans la voussure. La pierre ouvragée a été rescellée sur la corniche début novembre 2015" (Michel Boucher 2015)

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Je suis néanmoins frappé par le manque de rapports de proportion entre ce nouvel élément, et l'espace disponible. Il comporte sur fond de paille un corps nu étendu au centre, entre deux anges orants. Je n'ai pu déchiffrer, de l'inscription de la bande inférieure, que le mot -dieu- central. 

Comparer avec la Nativité du porche de Pencran.

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Tympan (détail)  du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Tympan (détail) du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La corniche à rinceaux autour d'un soleil ailé. La frise de pampres.

Yann Gwegen décrivait en 1988 " de riches pampres entrelacés, dans lesquels des insectes, des reptiles, des oiseaux voire même des amours qui mangent avec avidité d'abondantes grappes de raisin." .

Effectivement, on remarquera un dragon à l'extrémité droite de la corniche, et un oiseau picorant à gauche du portail.

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Tympan et voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Tympan et voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Entrée du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Entrée du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Comme à Pencran, comme à Landivisiau, mais aussi comme à Landerneau et à Daoulas, la tige du rinceau qui monte le long des piédroits trouve son origine dans la gueule d'un animal, plus ou moins monstrueux. Et ce détail est si émouvant à retrouver  qu'il se charge par réminiscence de "la mélancolie d'un souvenir" dont parle Proust à propos de la Vierge Dorée. Ou de la simple excitation qu'accompagne, lors d'un dîner familial, l'attente de savoir sur quelle assiette à soupe on va tomber parmi les trente-six qui composent le service des Fables de la Fontaine. Ou  quelle image du chocolat Poulain va receler la tablette que maman va ouvrir.

Ici, j'ai eu  : un chien de chasse ; un deuxième (mais j'échangerai mes doubles) ; un dragon à queue de serpent ; et un lion.

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Ma récolte à Landivisiau : un autre dragon, mais à la queue en tire-bouchon :

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notices sur les paroisses : Guipavas Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Guipavas", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 114-124, 148-158, 183-192, 205-218, 237-248.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

— BOUCHER (Michel), 2015, association Guipavas identité et patrimoine , Le porche de la Nativité. Guipavas le mensuel n°5 - janvier 2016

http://www.mairie-guipavas.fr/IMG/GLM/N005/GLM_web-005-p09.pdf

— BERTHOU (Gilles), Monuments et vieilles pierres de Guipavas.

http://gilles.berthou.pagesperso-orange.fr/Guipavas_monuments.htm

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, “ Le porche de Guipavas...,” Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 1er septembre 1979 Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1935.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Le patrimoine architectural et les sites de la commune de Guipavas, “0016 patrimoine commune de Guipavas 1.09.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1476.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988 Répertoire des églises : paroisse de GUIPAVAS Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d7fa2365a76658fe5c12b1ddf3e34546.pdf

— INFOBRETAGNE, "Guipavas"

http://www.infobretagne.com/guipavas.htm

— GWEGEN (Yann), 1988, , Guipavas gwechall goz: son histoire, ses familles, ses villages - 279 pages page 8 :

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n., 2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

 

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

 

— TOSCER (Guillaume) 1907, Le Finistère pittoresque, (Sites et monuments) Pays de Léon et Tréguier, Imp. A. Kaigre.

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 09:29

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De l'ancienne église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas, restaurée au XVIe siècle, mais reconstruite en 1848, il ne restait plus, lors de la visite du chanoine Abgrall en 1912, que le porche nord et un bénitier de 1565, ainsi que les pignons des bras du transept. L'incendie consécutif aux bombardements d'août 1944 entraîne la reconstruction de l'église en 1952-1955 dans un style contemporain, mais intégrant ces éléments anciens. C'est précisément eux qui vont nous permettre d'observer de belles crossettes.

1°) Je poursuis ici ma petite enquête photographique sur les crossettes, enquête qui s'enrichit à chaque étape des comparaisons avec les visites précédentes.

J'utiliserai le terme de "crossette" tel que je le trouve défini dans Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014) d'Emmanuelle Le Seac'h page 40 :

"Les pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon, sont généralement prolongées par des acrotères, des crossettes ou des pots-à-feu. Les crossettes, situées à la terminaison des rampants d'un pignon ou d'un fronton, sont extrêmement nombreuses. Les plus belles sont sculptées dans la pierre de kersanton sur les porches de la vallée de l'Élorn, comme à Landivisiau où un lion et un dragon se font pendant. "

Régulièrement photographiées pour leur beauté et leur thème pittoresque, les crossettes zoomorphes et anthropomorphes de Bretagne ont fait l'objet d'une seule étude réglée, celle d'Emmanuelle Le Seac'h, mais elle s'est « limitée » aux quatre cantons du Finistère de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, et Sizun. Néanmoins, le bestiaire, la thématique et la stylistique sont suffisamment homogènes pour en étendre les conclusions à l'ensemble de la Basse-Bretagne.

2°) Cette axe d'investigation iconographique en croise un autre, puisque je tente aussi de documenter en ligne les ouvrages d'un atelier de sculpture sur pierre (et surtout sur kersanton) établi à Landerneau entre 1527 et 1577, celui de Bastien et d'Henry Prigent. Or, ce sont eux qui sont les auteurs du porche de Guipavas, daté de 1563, mais aussi auparavant  des porches de Pencran (1553) et de Landivisiau (1555-1565). Existe-t-il des points communs entre les crossettes qui encadrent ces trois porches ?

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Précisément, la crossette la plus visible et la plus spectaculaire de Guipavas, car elle termine le rampant gauche du porche nord par lequel le visiteur pénètre dans l'église, est un dragon qui est le frère jumeau de celui de Landivisiau. Parlons plutôt ici de triplets, car l'air de famille avec celui de Pencran est aussi évident.

C'est un ouvrage de kersanton, tout en finesse, non sans préciosité, audacieusement ancré à la pierre d'amortissement par une attache très réduite correspondant à l'arrière-train de l'animal. Le dragon à l'échine épineuse dresse vers le ciel des yeux exorbités et une gueule fort pourvue de crocs ; puis vient une forte paire d'oreilles de chauve-souris et une courte crinière méchée. Le thorax  annelé et l'abdomen long et mince forment une courbe en S, précédant une queue aux anneaux dentelés, si longue et si contournée qu'on en perd l'itinéraire. C'est qu'elle passe d'abord sous les pattes postérieures, entoure le col comme une écharpe, et achève sa prestation par une boucle fermée sur elle-même. Les pattes antérieures se saisissent de ce lasso, comme pour en modérer les spasmes rageurs.

Tout laisse à penser que ce dragon est contemporain du porche, dont il est solidaire, et qu'il date de 1563.

 

Dragon, kersanton (1563), B. et H. Prigent, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Dragon, kersanton (1563), B. et H. Prigent, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Comparons-le maintenant à celui du rampant gauche du porche de Landivisiau :

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Retour à Guipavas : 

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Dragon, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Dragon, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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2. Crossette du rampant gauche du bras sud du transept : dragon ailé.

Cette crossette n'est pas en kersanton, mais en pierre de Logonna. Le dragon aux dents menaçantes a le corps couvert de pustules verruqueuses et la queue formant une boucle. Le corps est dirigé vers l'ouest mais la tête se tourne vers le sud, vers le spectateur auquel il adresse sa mise en garde. 

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Dragon ailé, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Dragon ailé, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Dragon ailé, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

Dragon ailé, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

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3. Crossette du rampant droit du bras sud du transept : lion.

Le lion est l'animal le plus représenté avec le dragon. Je ne suis donc pas surpris de le trouver ici, avec sa tête frisée comme un mouton, sa gueule débonnaire à la langue bien pendue, la crinière fournie, sa queue passant entre les pattes avant de se diviser sur la croupe en trois digitations, et la patte postérieure velue. Se tient-il posé sur un os à moelle ou sur un rouleau de papier ? Les branchages d l'arbre voisin ne me permettent pas de le dire.

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Lion, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Lion, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notices sur les paroisses : Guipavas  Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Guipavas", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 114-124, 148-158, 183-192, 205-218, 237-248.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, “ Le porche de Guipavas...,” Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 1er septembre 1979 Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1935.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Le patrimoine architectural et les sites de la commune de Guipavas, “0016 patrimoine commune de Guipavas 1.09.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1476.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988 Répertoire des églises : paroisse de GUIPAVAS Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d7fa2365a76658fe5c12b1ddf3e34546.pdf

— INFOBRETAGNE, "Guipavas"

http://www.infobretagne.com/guipavas.htm

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

 

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle,  1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395.  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 19:33

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Il s'agit d'une Pietà à cinq personnages dans laquelle la Vierge, drapée dans son grand voile-manteau bleu, retient le corps de son Fils en l'entourant de ses bras. Elle n'est pas assise, mais  a posé un genou à terre, et sa cuisse droite et ce genou gauche supporte le corps sans vie du Christ. Saint Jean a adopté aussi cette posture un genou posé à terre, tandis qu'à droite, une Sainte Femme et Marie-Madeleine sont agenouillées. Ces quatre personnages sont en larmes, et, selon le procédé caractéristique de l'atelier landernéen des Prigent, ces larmes sont sculptées en trois virgules effilées. Chacun diffère par sa posture : Jean a les mains jointes, la sainte Femme les mains croisées, et Marie-Madeleine tient le pot à onguent. 

Les vêtements se ressemblent ; un manteau à galon d'or sur une robe serrée par une ceinture. Mais on reconnaît, par exemple, sur saint Jean la tunique à col ras-du-cou fermée par quelques boutons dont les Prigent habillent leurs apôtres (Porche de Landivisiau, saint Pierre du calvaire de Dinéault,...). Ou bien, tout aussi habituel , le bandeau dont ils coiffent les cheveux de Marie-Madeleine (calvaire de Dinéault, calvaire et statue de Pencran, ...). 

Un style reconnaissable.

Les caractéristiques de l'atelier des deux frères (Bastien, le plus habile, et Henry) sont, outre les trois larmes emblématiques, le style réaliste, la forme pointue ou rectangulaire des visages (pour Bastien), le voile "coqué" des femmes, les arcades sourcilières nette ou aiguë voire cassées, les petits yeux étrécis et le nez droit aux narines légèrement dilaté, le Christ aux cotes saillantes et le pagne dont le tissu forme un motif à entrelacs.  Mais selon Emmanuelle Le Seac'h, qui a décrit ces données stylistiques et a dressé le catalogue raisonné des œuvres des Prigent, cette pietà, comparée à celle de l'église Saint-Budoc à Plourin-Ploudalmézeau, est plus petite, d'un style moins abouti, les personnages sont plus raides et leur éloignement par rapport aux autres empêche de les englober totalement du regard comme à Plourin-Ploudalmézeau. (E. Le Seac'h 2014 page 161).

Trois pietà venant de l'atelier Prigent.

Au sein de la statuaire décorative, trois Pietà sont sorties de cet atelier : celles de Saint-Nic et de Plourin-Ploudalmézeau, mais aussi une troisième, à deux personnages, offerte par Athelstan Riley dans les années 1930 à la cathédrale de Truro, en Cornouailles, où elle est nommée "The Breton Pietà". Voir photo sur Flickr ici. (avec une datation erronée "du XIVe siècle"). On y retrouve les trois larmes, le voile coqué, l'arcade sourcilière aiguë, etc... La position de la main gauche diffère, car elle soutient le bras gauche du Christ.

D'autres pietà des Prigent sur les calvaires.

— À Plougonven (1554) : la pietà est un peu dispersée au pied de la croix derrière d'autres personnages ; et seul saint Jean porte les trois larmes Prigent. Par contre, la Mise au Tombeau réunit les 4 saints personnages avec leurs larmes. (photo lavieb-aile).

 

 

 

 

 

 

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— À Pleyben (1555) où il s'agit en fait, là aussi, d'une Mise au Tombeau

– À Dinéault (photo lavieb-aile)

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  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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 Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jean, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Vierge, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Vierge, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Une sainte Femme,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Une sainte Femme, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Sainte Marie-Madeleine.

Avec son bandeau "chouchou". Deux exemples pris du calvaire de Dinéault :

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Dans les trois cas, le décolleté de la robe est rectangulaire.

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Sainte Marie-Madeleine,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Sainte Marie-Madeleine, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 14:28

L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault VII. La crossette.

— Sur Dinéault, voir :

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— Sur les crossettes, voir :

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Je n'ai observé qu'une seule crossette sous les toits de l'église de Dinéault, à l'angle sud-est, sur le rampant du pignon ouest. Elle représente :

Le lion dévorant une âme.

Or, depuis que je me suis lancé dans la chasse aux crossettes, j'ai pu observer combien ce thème du lion était, sinon constant, du moins extrêmement fréquent en Finistère. Soit le lion est isolé, soit il tient un rouleau, soit, très souvent, un ossement (un fémur, parfois un crâne), et soit encore un petit être, ou seulement sa tête. J'en suis venu à conclure que ce lion stéréotypé (la crinière méchée de la moitié antérieure, le pelage lisse de la moitié postérieure, la queue qui passe entre les pattes et fait retour sur le dos, la tête frisée et le sourire bêta, etc.) avait pour nos ancêtres la valeur d'un voleur d'âme, au service de la Mort, plutôt qu'à celui du Diable. Il était sans-doute chargé de rappeler que la Dame Noire pouvait venir à tout moment avec sa grande faux (pour les bretons, c'était plutôt une lance ou une flèche) et donc qu'il s'agissait d'entretenir son âme pour qu'elle soit bien proprette à l'heure H du jour J. Donc, ne pas oublier ses devoirs de chrétien, aller aux offices, recevoir les sacrements, et mieux, participer aux dévotes pratiques de la confrérie du Rosaire. Accessoirement, faire la charité et aimer son prochain.

Retrouver ce bon Lion, mi-Ankou, mi-psychopompe (un mot que je cherche toujours à placer) suscite donc désormais cette dilatation du cœur, ce chatouillement neuronal — que dis-je, cette épanouissement synaptique en queue de paon — qu'entraîne les retrouvailles avec un bon camarade. Et je vois bien que c'est réciproque, et qu'un large sourire gagne la face du bon félin.

C'est tout lui. Voyez comme il a su arrondir sa queue en une large et élégante courbe avant d'en utiliser la pointe trifide comme un éventail à mouches. Voyez ses yeux exorbités, sa gueule attirée avec appétit vers le paroissien qu'il doit envoyer ad patres, mais avec ce bon fond, cette absence totale de volonté de nuire, cette jovialité dans l'exercice du devoir qui le caractérise. Voyez même cette pilosité de l'arrière des pattes postérieures qui me permet de le reconnaître entre mille. 

— Salut, domestique de la Fossoyeuse, salut, et le bonjour chez toi !

Rencontre après rencontre, je l'apprivoise un peu. Il restait assis loin de moi, timide et gauche?  Voyez maintenant comme je l'apostrophe ! Et comme nous nous sentons  proches, lui et moi ! 

 

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Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 10:13

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Retable de la Trinité, granite polychrome, hauteur 1 m. (ou 134 x 86 cm), fin XVe ou début XVIe siècle.

 

"L'église était aussi dédiée à la Trinité ; voilà pourquoi on trouve au-dessus de l'autel du transept Nord, une belle représentation des trois divines Personnes. C'est un groupe en pierre blanche très résistante, rehaussée de peinture et de dorures, ayant bien dans les poses, dans l'ornementation et le type des figures, le caractère du XVème ou du commencement du XVIème siècle. Le Père et le Fils sont assis sur des nuages et tiennent sur leurs genoux un livre ouvert, au-dessus duquel plane l'Esprit-Saint, sous forme de colombe. L'un des personnages, celui de gauche, est couronné et tient le globe du monde, est-ce le Père, est-ce le Fils ? Rien ne l'indique, tous deux sont barbus, et aucun ne porte les stigmates de la Passion. Tous deux également sont vêtus d'un riche manteau à fermail, orfrois et bords ornés de rangs de perles et fleurons de pierreries. Le bas d'un des manteaux, très largement développé, vient recouvrir les genoux de l'un et de l'autre. (Abgrall, 1907).

L'interrogation du chanoine Abgrall est étonnante, car il me semble évident de reconnaître Dieu le Père à gauche, avec ce que je pourrais cavalièrement nommer ses attributs régaliens, la couronne impériale – et non une tiare– et le globe crucifère. Sa barbe est légèrement plus fournie, et grisonnante. Le Christ bénit  de la main droite.  Néanmoins, la recherche de ressemblance entre Père et Fils pourrait être influencée par l'ancienne règle du "christomorphisme" qui christomorphisme » de la représentation de Dieu, qui voulait que l’on ne donnât pas au Père d’autres traits que ceux du Christ, par respect du « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9). (F. Boespflug)

L'interrogation méconnaît aussi que ces Trinités horizontales (à la différence des Trinités verticales que sont les Trônes de Grâce) sont des illustrations du psaume  109 : « le Seigneur à dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite !” » dans lesquelles  Père et Fils siègent côte à côte, mais le Christ à droite. Pour cette raison, elles sont aussi désignées sous le terme de "Trinité du psautier".

Les deux personnages sont revêtus au dessus de leur robe de la même chape épiscopale à orfrois de boutons dorés et perlés en ligne, ou alternativement groupés par 5 et par 2. 

Comme dans certains groupes d'Anne trinitaire, les jambes des deux personnages sont recouvertes par un drap rouge perlé qui rend manifeste leur unité, et, de même, leurs manteaux respectivement blanc et brun tendent à se confondre.Les deux personnes tiennent ensemble   un livre ouvert sur lequel sont peints ces mots : « BENEDICTA SIT SANCTA ET INDIVISA TRINITAS NUNC ET SEMPER ET PER SECULA SECULORUM. AMEN « Bénie soit la Sainte et indivisible Trinité est maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. AMEN » . Il s'agit de l' Introït de la messe du dimanche de la Sainte Trinité (paroissien romain, XVIIIe s), ou Solennité de la Très Sainte Trinité célébrée le dimanche qui suit la Pentecôte.

L'église était donc dédiée principalement à sainte Marie-Madeleine, mais aussi secondairement à saint Nicolas  (la fête de dédicace de l'église de Dinéault le 6 décembre honore ce saint), et enfin à la sainte Trinité. Ogée signale dans son Dictionnaire qu'il y avait "foire à Dinéault le 22 février et le lundi de la Trinité". L'existence d'une chapelle de la Trinité est signalée par Abgrall,, attenante à l'église. Selon la liste des décimes (taxe ecclésiastique due au roi par les paroisses) de Dinéault en 1789 : sur un total de 40 livres et 10 sols, on trouve le décompte suivant : Falher, recteur (22 livres et 10 sols), la fabrice (8 livres et 10 sols), le Rosaire (2 livres), Saint-Exupère (5 livres et 10 sols), la Trinité (2 livres). Rien n'atteste par contre l'existence d'une confrérie de la Sainte-Trinité à coté de la confrérie du Rosaire, fondée en 1673.

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Comparaison : 

voir le retable de la Trinité de Saint-Aignan, photographie lavieb-aile : une autre "Trinité du psautier" bretonne du XVIe siècle :

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Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.
Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

 

 

SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, Impr. de Kerangall, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109986g/f168.image

— BOESPLFUG (François), 2009, "La Trinité dans l’art breton (XVe-XVIIIe siècle)
Esquisse d’une enquête",  
Revue des sciences religieuses 83/4 | 2009
Référence électronique
François Boespflug, « La Trinité dans l’art breton (XVe-XVIIIe siècle) », Revue des sciences religieuses [En ligne], 83/4 | 2009, mis en ligne le 15 novembre 2013, consulté le 01 octobre 2016. URL : http://rsr.revues.org/441 ; DOI : 10.4000/rsr.441

— BOESPLFUG (François),Yolanta Zaluska 1994, Le dogme trinitaire et l'essor de son iconographie en Occident de l'époque carolingienne au IVe Concile du Latran (1215) , Cahiers de civilisation médiévale  Année 1994  Volume 37  Numéro 147  pp. 181-240 http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1994_num_37_147_2591

 

— "Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

 

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 22:19

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Ce triptyque du XVIIe siècle représente saint Yves entre le Riche et le Pauvre, un thème dont Virginie Montarou a pu dénombrer 123 exemples dont 111 en Bretagne (22 disparus) sur tout support. Parmi ceux-ci, 12 retables sculptés. Ils prédominent au XVIe et XVIIe siècle,  non pas en Trégor (saint Yves est né près de Tréguier), mais dans le Léon et la Cornouaille.

Tous ces groupes mettent en scène le même message moral : le juge ne doit pas céder aux propositions financières des riches et doit prononcer son jugement avec une équité incorruptible. Saint Yves, en costume d'Official (de juge aux affaires religieuses) et assis sur une cathèdre se tourne légèrement vers le pauvre en guenille, et lève la main tenant une pièce du procès, faisant peu de cas de la pièce que le riche lui propose.

Saint Yves est fort vénéré à Dinéault, comme en témoigne sa statue sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère (1590) ou sur celui de l'église paroissiale (XVIe, et 1648-1696), tandis que de nombreux paroissiens sont baptisés du prénom d'Yves. 

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Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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 "La statue du Saint est en ronde-bosse, en surplis ou cotte, avec camail et bonnet carré. Le riche et le pauvre sont en bas-relief méplat ; le riche ayant habit ou pourpoint long à manches échancrées dans le haut pour laisser passer les bras, bas de chausse et brodequins ; la tête coiffée d'une sorte de calotte pointue, avec oreillettes terminées par des globules ou boutons ronds. Le pauvre est tête nue, vêtu d'une tunique à ceinture descendant jusqu'aux genoux, molletières et sandales. Il a une besace au côté, tient un long bâton de la main droite, un parchemin ou cédule de la main gauche" (Abgrall, 1907)

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Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves.

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Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Pauvre.

"L’opposition entre le pauvre et le riche, le « bon » et le « mauvais » ne transparaît pas seulement au travers du costume mais aussi grâce à l’utilisation par l’artiste de différents signes conventionnels. En ce qui concerne la place des plaideurs au sein du groupe, le pauvre est bien souvent placé à la droite de saint Yves – le bon côté, celui des justes – et le riche à sa gauche. L’homme d’Église représente d’ailleurs le seul lien entre les deux plaideurs, quasiment toujours diamétralement opposés physiquement mais aussi socialement et moralement. Les traits du riche importent souvent peu : son costume et sa bourse paraissant suffisants pour l’opposer au pauvre. Son visage est souvent rond pour matérialiser sa bonne vie, rasé de près ou la barbe bien taillée à la mode du temps. Son visage est souvent inexpressif, voire parfois hautain ou méprisant. Le visage du pauvre, lui, est le plus expressif : il symbolise la vie dure comme à Saint-Thois même si ses traits semblent moins accusés dans la deuxième partie du xviie siècle. Il est aussi marqué par l’âge (rides, calvitie…), ce qui renforce son aspect chétif face au riche. Ses traits bien souvent sont outranciers pour renforcer l’aspect grotesque du gueux. La civilité ne s’exprime pas seulement à travers le costume mais aussi par la bonne posture du corps. La rectitude corporelle du riche ou sa préciosité comme à Irvillac contraste avec la posture du pauvre, souvent voûté ou s’élançant vers l’official dans un mouvement plein d’espoir ou d’abandon. L’arrogance du riche contraste avec la gêne qu’éprouve le pauvre par timidité, honte ou modestie. L’ordre social d’Ancien Régime est clairement défini à travers la taille des personnages : saint Yves, représentant du clergé, est toujours le plus grand tandis que le plus petit, lorsqu’il y en a un, est alors le pauvre. Le pauvre qui semble porter tous les malheurs du monde, à l’image du Christ souffrant, est particulièrement attachant face au riche trop sûr de son pouvoir, arrogant, fier et surtout immoral." (Montarou 2003 p. .

Ici, nul misérabilisme, nulle marque d'infirmité. Ce qui m'amuse, c'est la fonction métonymique donnée au rideau pour témoigner des deux environnements sociaux. Pour le pauvre, c'est un simple morceau d'étoffe bleu (soigneusement ourlé de rouge néanmoins) qui est passé à la diable entre deux arceaux. Mais passons maintenant chez son opulent vis-à-vis.

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Le Pauvre,  Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Pauvre, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Riche.

C'est peut-être un bourgeois, mais plutôt un seigneur de la noblesse locale, avec son manteau pourpre doublé de fourrure d'hermine, sa robe verte à huit boutons dorés, sa culotte,  ses guêtres de toile fine, ses chaussures de cuir, mais aussi son aumônière et ses deux pièces d'argent, qui tiennent lieu de plaidoirie (on ne voit aucun rouleau de papier). La barbe est taillée. Le bonnet gris à revers rouge est doté d'oreillettes enrichies de billes d'or.

Mais c'est le rideau qui est le plus expressif,  avec son ciel de lit à franges de cannetille, et glands dorés, et ses pans de velours rouge retenus par des patères ou embrasses dorées, qui s'ouvrent avec pompe sur le personnage.

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Le Riche,  Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Riche, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, Impr. de Kerangall, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109986g/f168.image

— "Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

 

— MONTAROU (Virginie), 2003, Saint Yves entre le riche et le pauvre, in Saint Yves et les Bretons, culte, images, mémoire (1303-2003), Presses Universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22412?lang=fr

—  MONTAROU (Virginie), 1998, Saint Yves entre le riche et le pauvre. L’évolution de sa représentation iconographique en Bretagne auxxvie et xviie siècles, mémoire de maîtrise, 2 vol., université Rennes 2, 1998.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault
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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 12:26

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Situation et toponymie:

Voir Vitrail de la chapelle Saint-Exupère. La chapelle est nichée près du lieu-dit et de la ferme de Loguisper, sur l'une des pentes des bois de Rosarnou, dont le manoir a totalement disparu. Elle domine le vallon conduisant au Moulin de Rosarnou, dans l'une des dernières boucles de l'Aulne.  Le calvaire occupe le centre d'un placître planté d'arbres en périphérie, devant l'angle sud-ouest de la chapelle. 

Historique.

"Les dégâts de l’érosion entre le fût et le croisillon ne sont pas les mêmes. Ce calvaire a subi plusieurs restaurations dont une connue en 1860, où un bras était brisé. Il a été réparé par Exupère Nédelec pour 3 francs. Il est possible que cette réparation se soit traduite par un remplacement pur et simple des bras. Les restes des anciens bras brisés ont été découverts en 1996, lors des travaux de mise en valeur de la chapelle. Ces vestiges sont en tous points semblables à notre calvaire et portent les armoiries des Kersauson, seigneur de Rosarnou d’une part et de l’autre la date de 1590. Il est étonnant que ces blasons n’aient pas été dégradés malgré les édits de la Révolution de 1789." (Philippe Bittel)

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Vue générale par l'ouest de la vallée de l'Aulne et du bois de Rosarnou, fief des seigneurs de Rosarnou.

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La flèche indique les bois de Rosarnou surplombant l'Aulne. Photographie lavieb-aile février 2017.

La flèche indique les bois de Rosarnou surplombant l'Aulne. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Descente vers la chapelle.

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Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Description.

Ce calvaire est décrit en style télégraphique dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère sous le n° Dinéault 412 avec deux dessins de Y-P. Castel et 5 photos de G. Lemoigne.

Cette description peut être reprise ainsi :

412. Le calvaire de Loguispar, Saint-Exupère mesure 4,50 mètres de haut et date du XVIe siècle. Trois degrés en granite (avec moulure sur le premier degré) reçoivent le socle, qui supporte lui-même le fût de kersanton. Le croisillon porte les statues géminées en kersanton de la Vierge et François d'Assise et de Saint-Yves et saint Jean. Au centre, le crucifix au dessus de la sainte Face et des anges au calice coté ouest, et saint Exupère au dessus d'un écu coté est. . Les fleurons du crucifix sont godronnés.

Je développerai cette description au fil de mes images, en faisant mon miel du texte rédigé par Philippe Bittel, maire de Dinéault, pour le compte du site de sa commune. .

Le calvaire est orienté selon la règle qui place le Christ mort sur la croix face au couchant.

 

 

 

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Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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I. LE COTÉ OCCIDENTAL. LE CRUCIFIX, LA VIERGE ET SAINT-YVES.

Le visiteur découvre le massif de l'emmarchement, le socle au bord supérieur biseauté, mais son regard est arrêté en premier lieu par le personnage sculpté en bas relief sur le fût de kersanton à section carrée.

Saint Marc évangéliste.

Ce personnage barbu, la tête coiffée d'un bandeau à escarboucle et les épaules recouvertes d'un scapulaire au dessus d'une chape, tenant un livre et un phylactère, est l'évangéliste saint Marc, comme l'indique son attribut, le lion qui avance sa patte en partie basse. Comme tout rédacteur d'évangile, il porte à la ceinture son écritoire (plumier et encrier). Une telle sculpture en bas-relief sur le fût s'observe aussi à l'église d'Argol (Atlas n°1, 1593) , où elle représente saint Pierre. De même, le fût du calvaire de Kerluan à Châteaulin (Atlas n°216) porte un saint Sébastien sur une face et saint Roch de l'autre. A Lopérec, le fût de la croix de Kergonan, Croas-Nevez (Atlas n°1244)  de 1580 porte un saint Sébastien.

Saint Marc était-il honoré particulièrement à Dinéault ? L'église renferme aussi une statue en bois du saint datant du XVIIe siècle.

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Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le croisillon et le crucifix (kersanton). Vue générale.

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Le croisillon et le crucifix (kersanton). Vue générale, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le croisillon et le crucifix (kersanton). Vue générale, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ mort sur la croix.

Il porte, sur des cheveux longs, une couronne d'épines à deux brins tressés. Sa tête est inclinée vers la droite et en avant ; le nez est fort, les lèvres charnues, la barbe courte, la moustache traitée comme deux épaisses virgules. La musculature antérieure du cou est saillante. Les côtes du thorax sont bien soulignées, le nombril peu visible ; le pagne est noué au centre, avec un pan sortant sur sa droite. Les clous ont des têtes prismatiques. Les pieds sont en rotation interne.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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L'ange tenant le titulus.

Un ange descend du ciel, tête en bas, ailes de part et d'autre du corps vêtu d'une robe, pour présenter le titulus où se déchiffrent les lettres INRI. L'érosion l'a transformé en un petit être cocasse.

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Ange présentant le titulus INRI, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Ange présentant le titulus INRI, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La Vierge.

Elle porte en signe de deuil la guimpe et un voile qui se prolonge en manteau dont le pan droit est croisé. Le visage, peu expressif ou témoignant d'une affliction maîtrisée, est caractérisé par de grands yeux en amande aux sourcils dessinés par deux traits parallèles.

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La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves.

Par une erreur déjà ancienne lors du remontage, et qui n'a pas été corrigée lors de la restauration récente, la statue géminée de saint Jean d'un coté et de saint Yves de l'autre a été tournée de telle façon que ce n'est pas saint Jean, dont c'est la place, que nous trouvons ici à gauche du Christ et aux cotés de la Vierge, mais saint Yves, patron des avocats mais surtout protecteur des pauvres face à la justice.

Son culte à Dinéault est attesté par la statue en kersanton présente sur le calvaire de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Devant le socle, saint Yves y est représenté en robe, épitoge, camail à capuchon, tête nue, sac à procès au bras gauche. Il est attesté aussi par un triptyque du XVIIe siècle de la même église, représentant Saint Yves entre le Riche et le Pauvre .

Dans la configuration primitive, il devait figurer sur la face orientale,où il côtoyait  saint François :

"Yves est souvent associé à François d’Assise : calvaires de Dinéault, Loguispar (Atlas n° 412), du Drennec (Atlas n° 448), de Plougastel-Daoulas, Tinduff, 1639 (Atlas n° 1920), de Plouhinec (Atlas n° 2130), de Saint-Thégonnec, Bodéniry et Croas-Calafrès (1632) par Roland Doré (Atlas n° 2823).

L’iconographie associe aussi, comme on l’a déjà fait remarquer plus d’une fois, Yves et François. L’origine de l’affinité s’explique par le fait qu’au cours de ses études parisiennes, le jeune Kermartin avait suivi au couvent des Franciscains les leçons de théologie des maîtres de l’ordre. Séduit par leur idéal de pauvreté, Yves avait continué à Rennes les rapports initiés à Paris. Ajoutons que les frères mineurs, voués au culte de la Croix, ont participé, sans doute plus que d’autres, à l’érection des monuments en l’honneur du signe chrétien par excellence. On l’a vu sur les croix et les calvaires, l’alliance Yves/François est un thème non négligeable. On le constate aussi dans les statues placées de part et d’autre du fronton de la porte monumentale à l’enclos de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. L’association se retrouve dans des porches. Si à la porte intérieure de Landivisiau (1554) saint Yves est seul en bas à gauche, la porte intérieure de Bodilis, datée 1570, montre François au-dessus de lui. À Saint-Houardon de Landerneau la liaison, moins stricte, est réelle : Yves, en bas à gauche, François de l’autre côté au quatrième rang…" Yves-Pascal Castel (2004)

Yves Hélori, du manoir de Kermartin en Minihy-Tréguier, canonisé en 1347, est le protecteur de la Bretagne depuis Charles de Blois et plus encore depuis son vainqueur le duc Jean V (1389-1442).

La statue.

On remarque vite les grands yeux en amande ourlés d'un trait double, déjà noté sur le visage de la Vierge et qui est donc une caractéristique stylistique du tailleur sur pierre. Il porte une barrette, ou le petit bonnet plat des clercs, sous le capuchon d'un chaperon. Sous ce dernier, un surcot  à manches évasées recouvre la longue robe, qui ne laisse voir que le bout des "estiviers" ou chaussures légères en cuir. Cette tenue est la même qui apparaît dans une gravure des Croniques d'Alain Bouchard, édité en 1514. 

Le saint  tient dans la main deux objets : un "sac à,procès" à droite, et un rouleau de parchemin à gauche, l'une des pièces du procès tirée du sac. Le sac à procès est un sac de jute, de chanvre ou de cuir contenant toutes les pièces du procès. 

 

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Saint Yves,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Les deux anges recueillant le Précieux Sang dans un calice.

Sous les pieds du Christ, deux anges tiennent un calice.

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Deux anges tenant un calice au pied de la croix. calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Deux anges tenant un calice au pied de la croix. calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Voile de la Sainte Face.

Difficile à photographier ou à observer en raison du brouillage ou camouflage induit par les lichens. Certaines heures conviendraient mieux, lorsque la lumière est frisante. Le voile de la vera icona de Véronique porte l'image du visage du Christ, barbu et portant la couronne d'épines.

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La Sainte Face,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Sainte Face, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA FACE ORIENTALE : SAINT EXUPÈRE, SAINT JEAN ET SAINT FRANÇOIS.

Sur les culots du croisillon en arc se tiennent saint François d'Assise à droite et saint Jean à gauche, encadrant le patron de la chapelle.

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Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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1. Saint Exupère en évêque.

Voir en annexe : les autres statues de saint Exupère.

Ce saint est l'avatar de Sant Dispar, saint venu  établir son ermitage au bord de l'Aulne, comme l'atteste le toponyme loguisper, "le lieu –l'ermitage– d'Isper" reprenant le suffixe loc commun au XIIe siècle.

"En vieux-breton, loc, qu'il ne faut pas confondre avec loch, "étang, marais", du sens banal de "lieu" acquiert une spécificité religieuse qui en fait, à partir du Xe-XIe siècle, le successeur du mot lann "lieu consacré" et plus précisément, "monastère". (Bernard Tanguy, in Locronan et sa région, 1979).

Il s'apparente au latin locum, "lieu". "Le breton lok a pour correspondants gallois loc, log et l'irlandais locc, log. Outre le sens de "lieu", le mot a eu, en irlandais moyen, comme d'ailleurs en latin dans les inscriptions de l'époque chrétienne, l'acceptation de "tombeau, sépulture". En gallois moyen, loc a aussi celle de "monastère, lieu saint". Larguillière considérait les toponymes en Lok- comme une formation propre à la Bretagne et qui n'était pas antérieure au XIe siècle. Ils sont exceptionnelles en Haute-Bretagne. Les saints éponymes des noms en lok- ne font pas l'objet d'un culte ancien. Le mot est absent des chartes avant le XIe siècle. Enfin, dans le Porzay, outre Locronan, 5 toponymes en lok- correspondent à des saints éponymes dont on ignore tout. 

"L'évangélisation de la péninsule armoricaine antérieurement à l'émigration bretonne semble bien n'avoir été que partielle[...] et pourrait bien n'avoir marquée que les régions directement soumises à l'influence ligérienne. Il n'est pas douteux que, dans la partie occidentale, elle est imputable à l'action des moines bretons insulaires. Mais après avoir connu une période d'apogée vers le VI-VIIe siècle, qui se traduit notamment dans la toponymie par un semis de noms en plou- et en lan-, la situation religieuse de la péninsule a vu, avec les invasions normandes des IXe et Xe siècles, une profonde régression. La floraison des toponymes en Lok- témoignera de son renouveau, un renouveau qui s'épanouira dans les siècles à venir et dont l'architecture religieuse sera l'un des plus brillants et des plus éloquents témoignages." (Bernard Tanguy, in Locronan et sa région, 1979))

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On peut penser qu'un jour,  le recteur de Dinéault, face à ce saint Isper ou Ispar (du celte isper, "race du seigneur") rapproché du breton Dispar "sans pareil", qu'il ne pouvait décemment pas célébrer parce qu'il ne figurait pas dans la liste des saints de l'Église catholique romaine, y a substitué le saint dont le nom lui semblait le plus proche, saint Spire, ou saint Exupère, évêque de Toulouse, et a fixé ensuite le pardon à la date de la Saint-Exupère. 

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Quoiqu'il en soit, sa statue est celle d'un saint évêque, avec mitre,  pluvial fermé par un mors de chape rond, chasuble à col ample, aube, sandales, crosse (brisée au dessus du nœud), mais ni gants ni anneau. La main droite, qui bénissait, est brisée.

La mitre est simple (elle n'est ornée ni de broderies, ni de perles ni de pierreries, mais d'une fine bande circulaire), elle a une forme losangique proche de celle du "bonnet d'évêque", avant de s'arrondir et de s'achever par une sorte de pompon. Elle est munie de ses fanons qui recouvrent le coté de la tête.

Le visage est caractéristique du style de l'artiste, avec ses yeux en amande, ses joues rondes, son menton court, paraissant rétrognathe par l'avancée de la lèvre supérieure qui fait (seule) la moue.

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Saint Exupère,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Exupère, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Exupère,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Exupère, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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2. Saint François d'Assise présentant ses stigmates.

Il est vite identifié par sa façon de présenter les paumes de ses mains qui portent les stigmates de la crucifixion de Celui dont il est le disciple. Le froc de bure  et la cordelière à trois nœuds lèveraient un doute éventuel. Le saint porte aussi sur la tête le capuchon qui retombe sur ses épaules. 

Les caractéristiques du visage sont les mêmes que celles de saint Exupère.

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Saint François,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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3°) Saint Jean l'évangéliste.

Puisque la statue géminée a été inversée de sens, le saint, qui devait lever la main et les yeux vers le Christ en croix, est désormais tourné vers la place vide. A sa place originelle, il devait contraster avec la passivité de la Vierge par le dynamisme de sa gestuelle, par le pied droit placé en avant avec le genou légèrement fléchi. La main droite tient un pan de la robe.

Noter l'écritoire suspendu à la ceinture.

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Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Détail du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Détail du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Discussion stylistique.

Si nous retenons la date de 1590, ce calvaire correspond, dans le catalogue des ateliers des sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne établi par Emmanuel le Seac'h (2014), à une période un peu postérieure à l'activité des frères Prigent (1527-1577), pourtant auteurs (Bastien) des statues de la Vierge, de Sébastien, d'un évêque, de la Pietà, de Madeleine, Jean et Pierre, de la Sainte Face et de saint François sur le calvaire de l'église de Dinéault, mais aussi de la sainte Marguerite et du saint  Antoine de l'église. Nous ne pouvons retenir non plus, en raison de la période d'activité, le sculpteur Fayet, au style indiscernable des Prigent, et qui a signé le calvaire de Lopérec réalisé en 1552, et le haut de celui de Laz, daté de 1563.

En outre, le style du "maître du calvaire de Dinéault" (!, en attendant mieux) est très différent de celui des Prigent. 

Il me semble aussi que la qualité de la pierre de kersanton n'est pas aussi belle à Saint-Exupère qu'à l'église (mais il faudrait l'avis de Louis Chauris).

Toujours sur le seul critère des dates, nous pouvons envisager le Maître de Plougastel (1570-1621) ou son Valet, ou quantité de petits maîtres contemporains attestés par leur signature, et enfin exclure Roland Doré(1618-1663), qui a participé également au calvaire de l'église (Crucifix et Christ aux liens).

Impossible d'être plus précis.

On remarquera néanmoins de nombreux points communs avec le calvaire de l'église de Dinéault :

  • Beaucoup de personnages communs : outre le Christ, la Vierge et saint Jean (à la posture très différente), présence de saint François et de saint Exupère (ou du moins d'un saint évêque qui ne peut être que lui),
  • Deux anges recueillant le sang dans un calice
  • Le voile de la Sainte Face.

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L'écu aux armes de Kersauson.

Le nœud de la croix porte un écu au décor divisé en deux parties.

A gauche (en 1), il est facile de reconnaître le fermail des armoiries de Kersauson de gueules au fermail d'argent, l'ardillon posé en fasce. A droite (en 2), au moins trois barres horizontales (les fasces) peuvent correspondre à de multiples armoiries à trois fasces. 

En l'année 1590, Tanguy de Kersauson, époux de Barbe le Sénéchal puis de Claude Le Ny, était décédé depuis peu : son fils Jean (décédé en 1655) inaugurait, dans la famille de Kersauson,  la "branche du Rosarnou". Il n'épousa Marie Touronce qu'en 1621. 

L'écu ne peut être ni blasonné, ni interprété entièrement.

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Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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LA FONTAINE SAINT-EXUPÈRE.

Je reprends les explications données par le site de la commune : "La fontaine de dévotion, assortie du lavoir qui n’est plus utile de nos jours  se trouvait  vers le sud de la chapelle au milieu d’une prairie fort humide. Ce lieu peu hospitalier pendant les périodes pluvieuses et l’état de délabrement dû à la végétation ont conduit les membres de l’association des amis de la chapelle à procéder à son déménagement en contrebas et à l’est de la chapelle en 1996. Cette opération a été précédée par l’envoi à l’église du bourg de la statue de Saint Exupère qui trônait dans cette construction au toit en bâtière façon XVIe siècle." (voir cette statue en bois en Annexe)

Le cadastre montre l'emplacement de la fontaine en 1848 :

— Cadastre napoléonien : 3P47/2/21 Section B2 de Rozarnou 1848. 

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_p%2Fserie_3p%2FFRAD029_00000003P%2Exml&page_ref=72633&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

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Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

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Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

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On peut reconnaître à nouveau le fermail de Kersauson et son "ardillon". C'est peut-être l'occasion de dire un mot sur ce meuble héraldique, car nous pouvons remarquer qu'ici, l'ardillon n'est pas en fasce (horizontal), mais en pal (dirigé vers le haut). La pierre a-t-elle été reposée en modifiant son axe initial ? 

"Le fermail dans l'écu est posé ordinairement en fasce, la pointe de l'ardillon à dextre ; s'il se trouve perpendiculairement, on le dit en pal."

Le fermail est une  pièce d'orfèvrerie ou d'archéologie qui servait à fermer un vêtement ou un livre.  Les synonymes en sont agrafe, attache, ou fermoir.  "Ce vieux mot désigne les boucles des ceinturons, baudriers, harnais,  les agrafes, crochets, boucles garnies de leurs ardillons, et autres fermoirs de ce genre, dont on s'est servi anciennement pour fermer des livres et dont l'usage a été transporté aux manteaux, aux chapes, aux baudriers ou ceintures pour les attacher. On les a aussi nommés fermalets ou fermaillets, et ils faisaient alors une espèce de parure, tant pour les hommes que pour les femmes."

En héraldique, le terme désigne un meuble représentant une boucle avec son "ardillon" (terme diminutif de hart, "lien" qui a désigné une « corde pour attacher les bêtes à l'écurie » et dès avant 1265  une « pointe servant à arrêter une boucle »).

Que ce soit ici (date ?) ou sur le calvaire (1590), ou sur le vitrail (vers 1530), le fermail est toujours un demi-fermail puisque les armoiries sont toujours associées à d'autres (en partition).

Liens :

http://artefacts.mom.fr/fr/result.php?id=FER-7004&find=FER-&pagenum=2&affmode=list

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/f/fermail-fermaux.htm

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Mais ici, ce fermail des Kersauson et associé en haut à deux petites drapeaux dans lesquels je propose de reconnaître des "haches d'armes" certes rudimentaires, mais qui me rappellent celle du premier vair du vitrail de la chapelle.

En dessous, nous avons trois formes en cloches, qui ne correspondent pas à la fourrure héraldique du "vair" (car elles ne sont pas tête bêche avec des "pots" ).

Ici comme ailleurs, cette énigme attends les avis éclairés.

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Écu aux armes de Kersauson, fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Écu aux armes de Kersauson, fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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L'arrière de la fontaine.

Elle porte en lettres capitales romaines l'inscription en réserve suivante:

 

HENRI : IA[N]

1670 GF:

Soit : "[fait par ] Jean Henri 1670 Gouverneur de la Fabrique." 

Dans la liste des personnes nées à Dinéault, on trouve : 

  • André HENRY  (° ca 1662, + avant le 4 février 1751)
  • Jean HENRY  (° ca 1629, + le 30 avril 1709)
  • Roland HENRY  (° ca 1639, + le 2 mars 1709)
  • Suzanne HENRY  (° ca 1631, + le 11 mars 1703)

Voir aussi la généalogie Le Quéau qui mentionne le couple Catherine Le Quéau ca 1625 & Jean Henry 1628

Il s'agit sans doute du même individu qui a fait inscrire son nom sur la sablière de la chapelle, où l'on pouvait lire, avant sa reconstruction, le texte suivant au dessus de l'autel nord :

 : M : IAN : HENRI : M : I : LE : CARO : QVRE : T : IACQ : FABRICQ : 1648 : M : F : LE : GVILLOV : P. 

M. Jean Henri ; M. I. le Caro Curé ; T. Jacq, Fabrique 1648 ; M. F[rançois] Le Guillou P[rocureur ?].

On doit cependant noter qu'Abgrall indique parmi les vicaires ou curés de Dinéault l'indication : "Henry : 1653".

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Puisque cette inscription date de 1670, on peut signaler encore un autre détail : en 1674, selon la "liste des personnes nées à Dinéault",  une cloche est baptisée Gabriel, son parrain étant (Gabriel) de Kersauson et la marraine -- de Tregoazec, la famille de Tregoazec étant une famille noble de Dinéault dont les armoiries étaient d'argent à la croix pattée de gueules. Il s'agit sans doute de la première cloche de l'église paroissiale, puisque selon Abgrall page  35,   la seconde, bénite par le recteur Keraudren, fut baptisée François-Sébastien, en 1698, sous le parrainage de (Sébastien) de Penfentenyo, qualifié de "seigneur de Mesgral,  Rosarno, La Haye".

Or ce Sébastien de Penfentenyo a épousé en 1686 Renée-Françoise de Kersauson (1662-1721), fille de Gabriel de Kersauson. A-t-il obtenu le titre de "seigneur de Rosarno" (Rosarnou) après le décès de Jean-Gabriel de Kersauson en 1695 ? Son fils Jean-Baptiste de Penfentenyo porte le suffixe "De Rozarnou".

Les  Penfentenyo portent burelé de gueules et d'argent de dix pièces. Un rapport avec les fasces de l'écu du calvaire ?

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fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Inscription à l'arrière de la fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Inscription à l'arrière de la fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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ANNEXE I : LES AUTRES STATUES DE SAINT EXUPÈRE.

1°) La statue en bois provenant de la fontaine. 1410-1420.

Hauteur 0,95 m. Le saint-évêque porte la mitre, tient sa crosse, et bénit de la main droite. Il est vêtu de la dalmatique. La tête a été reconstituée récemment.

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Saint Exupère, bois, XVe, église Sainte-Marie-Madeleine, Dinéault.  Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Exupère, bois, XVe, église Sainte-Marie-Madeleine, Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le calvaire et la fontaine de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault.

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Statue de saint-évêque ou de saint-abbé exposée devant la Bibliothèque (ancien presbytère), considérée comme Saint Guénolé (Abgrall, 1907). Datant du XVIIe siècle, elle est classée  depuis le 23 octobre 1987.

 

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Statue de saint Guénolé  exposée devant la Bibliothèque, Dinéault.  Photographie lavieb-aile, février 2017.

Statue de saint Guénolé exposée devant la Bibliothèque, Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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POUR CONCLURE par un pas de coté.

ECCE HOMO exposé sur le placître devant la chapelle.

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Le calvaire et la fontaine de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

— "Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  La chapelle Sant-Dispar ou Saint-Exupère 

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/la-chapelle-saint-exupere

CASTEL (Yves-Pascal), "Dinéault", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dineault/dineault.html

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

CASTEL (Yves-Pascal) (2004), "Saint Yves et ses statues", in Saint Yves et les Bretons Culte, images, mémoire (1303-2003) Jean-Christophe Cassard et Georges Provost Presses Universitaires de Rennes, Rennes pp. 199-213.

http://books.openedition.org/pur/22411?lang=fr

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DINEAULT.pdf

LE MOIGNE G. (Logonna) : site de ses photos sur Flickr

https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

— LISTE DES PERSONNES NÉES À DINÉAULT

http://genealogies.geneamania.net/delacotte/Liste_Pers2.php?Type_Liste=N&texte=O&idNom=0&Nom=DINEAULT%20(29)&Ville=447&Tri=0

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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault
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