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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 15:46

La chapelle Saint-Laurent de Rozalghen en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Voir aussi sur Pleyben :

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Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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« Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, de leurs Vierges de Pitié, et de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés. L'appartenance au même atelier de Bastien et Henri Prigent se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus." (Le Seac'h p. 140)

 

 

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PRÉSENTATION.

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Parmi les 24 croix et calvaires repérés à Pleyben, (y compris ceux  dont ne subsistent que les socles, à Guénily (1577 et 1821) et à Keryunet (1633),  19 sont des croix, cinq des calvaires. Ils sont répartis de manière à peu près uniforme sur l'ensemble du territoire communal, à l'exception du quart nord-ouest et de la frange centrale est qui en sont dépourvus.

Les cinq calvaires datent du 16e siècle. Quatre d'entre eux  sont composés de plusieurs personnages sur croisillon, ceux des  chapelles de  Garz Maria, de Lannélec et et de la chapelle Saint-Laurent à Rozalghen,  et celui de Kerflouz. Quant au calvaire monumental de l´ enclos paroissial, réalisé par l'atelier Prigent en 1555,  une trentaine de scènes de l´Évangile couronnent et surplombent le grand massif architecturé reposant sur quatre imposants contreforts.

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La chapelle Saint-Laurent (autrefois consacrée à saint Pabu et à Saint Tugdual) est située à 1,5 km du bourg de Pleyben. On ne connaît rien de sa fondation, mais elle doit remonter au-delà du XVIème siècle, puisqu’en l'an 1500, il était question de faire d’importantes réparation, comme en fait foi une bulle d’indulgences découverte aux Archives départementales et signée de 22 cardinaux, diacres et évêques. Elle est mentionnée dès 1550, restaurée en 1662 et reconstruite en 1731.

Le calvaire est certainement le principal témoin encore visible de la construction du XVIe siècle,  plus spectaculaires que la niche crédence nord, ou les portes nord, sud et est qui sont conservés dans la chapelle.

Il est attribué à un atelier de sculpture de la pierre de Kersanton, établi à Landerneau et actif entre 1522 et 1577, celui de Bastien Prigent, et de son fils (ou frère) Henri. L'un des critères les plus sûrs de cette attribution est la présence des larmes qui s'écoulent des joues de la Vierge et de Jean au pied du Crucifix. Si on se base sur le fait, bien documenté, que cet atelier a construit le calvaire monumental de l'église de Pleyben en 1555, après avoir fait celui de Plougonven en 1554, ou encore que leur compagnon Fayet, qui partage les mêmes caractéristiques stylistiques, a fait celui de Lopérec (à 10 km de Pleyben) en 1552, il est raisonnable de dater celui de la chapelle Saint-Laurent des années 1550-1560.

Il se trouve que ces trois larmes figurent aussi sur les deux  calvaires de Saint-Ségal (une ancienne trève de Pleyben), celui du bourg et celui de la chapelle Saint-Sébastien daté entre 1541 et 1554. Ces larmes forment donc un motif récurrent, un fil rouge de reconnaissance d'un artiste dont il faut savoir examiner de près la production.

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

 

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DESCRIPTION

Sur un emmarchement en moellon de schiste à trois degrés hauts, puis sur un socle cubique, un fût rond à écots en granite porte le croisillon aux deux statues géminées (Vierge - saint Laurent et saint Jean - saint évêque) entourant le Christ en croix avec au revers le Christ ressuscité ; ces parties figurées sont  en kersantite, dont la couleur sombre se repère aisément. Le calvaire atteint 6 m de haut.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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LA FACE OCCIDENTALE DU CALVAIRE : LA VIERGE ET JEAN AUTOUR DU CRUCIFIÉ.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Le Crucifié est au centre sous le titulus (le panonceau portant les lettres INRI) et au dessus de deux anges recueillant le sang s'écoulant des pieds dans un calice qu'ils tiennent ensemble.

Un autre ange est agenouillé mains jointes au sommet de la croix, comme un gentil oiseau venu se poser là ; hélas, il a perdu la tête, et des lichens foliacés grisâtres tentent maladroitement de le consoler. On remarquera la façon dont il a fait bouffer sa robe au dessus de la ceinture, en plis godronnés charmants.

Du Christ, nous remarquons tous les détails qui font le style de Bastien Prigent, et dont il faut énumérer à chaque fois la litanie. La couronne est tressée en brins parallèles et non croisés ; la barbe est peignée drue avec des mèches radiantes ; les cheveux tombent sur les épaules (devant les épaules de chaque coté, et non en avant à droite et en arrière à gauche comme chez Doré) en laissant un espace entre le cou et les grosses baguettes des mèches ; les yeux sont clos, la bouche entrouverte, la tête inclinée à droite, mais ce n'est guère spécifique ; les côtes sont étirés horizontalement par le supplice des bras crucifiés ; le nombril est un petit bouton ; le pagne forme trois plis horizontaux en vague qui se nouent sur le coté gauche ; et les jambes à peine fléchies sont fixées par un seul clou, pied droit au dessus.

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Le bras de la croix s'achève par des cylindres bien frustes, sans fleuron ni boule à godrons.

Rien oublié ? On continue.

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La Vierge.

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Avant tout (mais il faut parfois l'observer aux jumelles), il faut remarquer les fameuses trois larmes, en pendeloque, celle du milieu plus longue que les deux autres. 

Puis, le voile bien reconnaissable, mais qu'Emmanuelle Le Seac'h ne décrit que par l'adjectif "coqué" que le CNRTL ou l'Académie ignorent. Je ne sais pas ce qu'est un "voile coqué", j'imagine une coque de noisette coupée en deux, le Wiktionnaire renvoie au renfort de l'extrémité d'une chaussure, mais avec un peu d'intuition et la confrontation aux images qu'elle commentent, je comprends que Le Seac'h souligne le coté rigide, et la forme en boite presque carrée du voile.

Mon repère stylistique est plutôt le repli de l'étoffe au dessus de la tête.

On peut passer rapidement sur les yeux "en amande" (guère significatif) ou la bouche entrouverte. Le visage est figé, peu expressif, ce qui, paradoxalement, est bien expressif de la déréliction et  de l'anéantissement émotionnel de Marie.

Il faut ensuite remarquer la guimpe, cette pièce de toile cachant la poitrine et remontant sur le cou jusqu'à la gorge.

Sous le manteau à étoffe épaisse mais animé à droite de plis en courbes, la robe est très simple, juste serrée à la taille par une ceinture d'étoffe nouée. Le pied droit qui s'avance compense par son mouvement timide l'allure sévère et triste de la Vierge.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Saint Jean.

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Il contraste avec Marie par sa posture redressée, la tête levée et tournée vers le visage du Christ, et par ses deux bras écartés.

De même, son costume attire le regard par ses accessoires.

Mais à tout seigneur... les trois larmes, bien-sûr !

Et puis l'arcade sourcilière découpée comme par un tranchet sur de l'argile, les yeux en pruneaux, les narines qui hument le vent, la bouche entrouverte, les cheveux mi-longs qui moutonnent sur le front, le visage rectangulaire au dessus d'un petit menton pointu.

Prigent aime les boutons et les boutonnières en S. Il s'en prive ici au profit de l'attache du manteau, et du plumier d'écrivain glissé dans la ceinture avec son encrier au bout de deux cordons. C'est l'attribut du rédacteur de l'évangile (et de l'Apocalypse). Il remplace ici, et c'est mieux choisi, le livre que Jean tient sous son aisselle à Plougonven.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Bastien Prigent a donné ici la même statue que pour le calvaire de Pleyben : un autre indice pour dater ce calvaire de 1555 environ.

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Calvaire de Pleyben (B. Prigent, 1555). Photo lavieb-aile

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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LA FACE ORIENTALE DU CALVAIRE : LE CHRIST, SAINT LAURENT ET SAINT GERMAIN/PABU.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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1°) Le Christ ressuscité montrant ses plaies.

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On trouve  beaucoup plus souvent au revers du Crucifié de l'atelier Prigent le Christ aux liens, ou la Vierge à l'Enfant, ou une pietà. Cette sculpture est originale car si le Christ montre sa plaie du flanc et celle de sa paume gauche (comme dans les Apparitions, notamment à Thomas), ce n'est pas un Christ Ressuscité, au nimbe crucifère, vêtu du manteau, portant l'étendard de sa victoire, ou enjambant le tombeau. Il porte encore le pagne ou perizonium de la Croix, (exactement le même qu'au verso).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Saint Laurent.

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Le seul indice affirmant qu'il s'agit bien de lui est sa tenue de diacre (la dalmatique). Que ne tient-il pas son grill, ou du moins la palme, plutôt que ce chapelet ! Et pourquoi se tenir les coudes, laissant croire que ses bras sont liés ? Tels sont les mystères qui donnent à l'iconographe tout le charme de sa tâche : point de routine !

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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[Saint Germain ou] saint Pabu .

C'est, objectivement,  un évêque ou un abbé, et même, puisqu'il accède au croisillon d'un calvaire, un saint évêque ou un saint abbé. Guénolé ? Corentin ? 

Mais nous sommes à 1,5 km à vol d'ange du calvaire de l'église de Pleyben, dédiée à saint Germain. Je serai prêt à parier ma souris ou mon clavier (j'ai jeté le plumier et l'encrier aux orties) qu'il s'agit donc ici du patron de la paroisse, au coté du patron de la chapelle. Celui dont Bastien Prigent a sculpté la statue (aujourd'hui au dessus du porche de l'église).

Oui, mais sitôt entré dans la chapelle, nous trouvons, dans le chœur, les statues de saint Laurent à droite et de saint Pabu à gauche : ce dernier y est représenté en évêque, et son nom est clairement inscrit sur la niche qui l'abrite.

Tout réfléchi, je vote pour saint Pabu, premier titulaire de la chapelle.

 

Il est mitré (les fanons de la mitre couvrent ses épaules), il porte la chape, et tient la crosse, brisée au dessus du nœud. Il bénit le bon peuple.

Les yeux ovales et vides de pupilles, l'arcade sourcilière bien franche, le visage carré au dessus du triangle du menton qui s'affirme, la petite bouche charnue nous permettent de réciter encore une fois le vocabulaire des Prigent.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

 

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Les sculptures du croisillon.

Les faces latérales des croisillons sont sculptés, et, de loin, on parlerait volontiers rapidement de feuillages. Mais en s'y attardant, on découvre de véritables dragons, ailés, ou un masque humain   crachant  sa tige d'une large feuille, ou le motif — qu'on voit à foison sur les sablières de Pleyben— de deux dragons dont les cous sont attachés par un collier commun.

Ces dragons, ces masques, si on les voit sur les sablières, se trouvent surtout , pour notre propos, dans les porches décorés par Henri et Bastien Prigent : ceux de Landivisiau, de Pencran, de Guipavas que j'ai déjà eu l'occasion de décrire dans ce blog.

C'est le moment d'ouvrir l'œil !

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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ANNEXE. L'ART DE SCULPTER LE KERSANTON DE L'ATELIER PRIGENT.

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Outre les porches de Pencran (1553),  de Landivisiau (1554-1565), de Guipavas (1563), outre les statues isolées de divers porches ou sanctuaires, outre le gisant de Laurent Richard à Plouvien , outre les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), on conserve de l'atelier des Prigent 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier.

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Les 10  croix et calvaires complets :

Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré. Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

-Le Tréhou, croix de l'ouest du bourg 

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572, signée des Prigent, avec  le Crucifié avec une pietà :

-Lanhouarneau, croix de Kerlaouérat, attrib.Henri Prigent.

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages. Le Christ crucifié est entouré de la Vierge et Jean sur le croisillon.

- Saint-Servais, calvaire du sud du bourg.

2°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages (statues géminées du croisillon) ou 6 personnages (toutes les statues sont géminées, y compris celles du centre ).

-Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. On reconnaît ici le style de Bastien Prigent.

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 peronnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous., attribué à Henri Prigent.

3°) Calvaire à deux croisillons.

-Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.

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Les 17 vestiges de croix et calvaires :

 

-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : le Crucifié et l'ange orant, attribués à Henry Prigent  Dans la chapelle elle-même, d'autres statues de Prigent, qui faisaient partie du calvaire, sont représentées dos à dos : cellesde Saint Paul Aurélien et d'un saint non identifié, ainsi que de saint Nicolas une pietà et un "Christ ressuscité" .

-Dinéault, Calvaire de l'église Sainte Marie Madeleine. les Prigents ont travaillé sur le piédestal supportant le calvaire, Bastien Prigent a sculpté Marie-Madeleine, la tête levée vers Jésus sur la croix et Jean-l'Évangéliste debout, la tête baissée et le front plissé, tandis que François d'Assise est représenté et, à l’avant du piédestal, un bas-relief représentant un moine tenant un tissu sur lequel est gravé un visage sacré. Ces œuvres datent de 1550. Les statues sur la traverse ne sont pas de l'atelier des Prigent, mais datent de 1696 et représentent géminées des statues de la Vierge jumelées à Saint Sébastien, un évêque soutenu par un pietà, Marie-Madeleine agenouillée soulève le couvercle de son pot à onguents et Jean l'évangéliste s'associe à Saint Pierre, tandis que la sculpture de Jésus crucifié renversé avec un "Christ aux liens" est attribuée à l'atelier de Roland Doré. Ce calvaire a une hauteur de 6,00 mètres. D'autres sculptures de Prigent peuvent être vues dans l'église Sainte Marie Madeleine elle-même

 

-Guiclan, calvaires de la Croix-Neuve et de Kersaingilly. Il y a deux calvaires dans la région de Guiclan. Parmi les sculptures impliquées dans le calvaire de la Croix-Neuve, seules la statue de Sainte Véronique et la Vierge Marie avec bébé sont de l'atelier Prigent. Le calvaire est simple et contient des statues de Sainte Véronique et de la Vierge Marie avec un enfant placé de chaque côté de la représentation du Christ crucifié. Le calvaire de Kersaingilly présente des représentations de Saint Yves, le Christ crucifié inversé avec la Vierge Marie avec son enfant et Saint Gilles. L'atelier des Prigent ne travaillait que sur la statue de Saint Yves. Bastien Prigent est attribué au travail. Saint Yves est représenté dans la robe d'un avocat. Cette statue venait de La Roche-Maurice et a été ajoutée au calvaire lors de sa restauration en 1889 par Yan Larhantec.

-Guissény calvaire du cimetière de l'église. Il est inscrit "J. Habasc gouver (neur) 1555" et les statues sont attribuées à Henry Prigent. Le calvaire était à l'origine situé à la chapelle Saint-Yves à Kervézennec, mais après le pèlerinage de 1920 ("mission"), il a été érigé à Guissény par le restaurateur Donnart. Le calvaire a une représentation de la Vierge Marie adossée à une représentation de saint Yves, du Christ crucifié inversé avec un "Christ lié" et de Jean l'évangéliste soutenu d'une représentation d'un évêque. La tête de Jean l'évangéliste a disparu et la tête de l'évêque n'est pas la tête d'origine.

-Kerlouan : Croix Saint-Sauveur : Trinité de Bastien Prigent.

-La Forest-Landerneau : cimetière haut statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.

-La Forest-Landerneau : cimetière bas : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix.

-Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.

-Lanneufret : Calvaire de l'église Des statues géminées de l'atelier Prigent de la Vierge, associées à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associées à un moine, sont associées à une crucifixion du XXe siècle. 

-Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associé à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.

-Le Folgoët, musée  : vestige d'un Crucifié par Bastien Prigent.

-Plonevez-Porzay : Calvaire de l'église Le Crucifié et d'un ange portant un titulus est attribuée à l'atelier de Prigent. 

-Ploudaniel, calvaire de l'église : Dans la chapelle Saint-Éloi se trouvent les restes de deux calvaires. Il y a une statue géminée de Jean/un autre saint et un "Christ aux outrages". 

-Ploudaniel : calvaire de la chapelle Saint-Pétronille de attribué à l'atelier de Prigent avec les statues de Saint-Pétronille et de Jean l'évangéliste de Bastien Prigent et près du corps de la croix, une Marie-Madeleine attribuée à l'atelier.

-Quimper, jardin du cloître de l'église Notre-Dame de Locmaria de Quimper, restes d'un calvaire et l'atelier Prigent est attribué à une statue géminée de la Vierge/Saint-Pierre.

-Plouider, calvaire à Brondusval : Il ne reste plus grand chose du calvaire mais les statues de saint Yves, de saint Fiacre et d'un saint non identifié sont attribuées à l'atelier de Prigent. 

-Plouhinec, calvaire de la "Maison du sculpteur Quillivic" Il s’agit d’un calvaire contemporain où l’image du Christ crucifié est remplacée par la partie supérieure du cadre d’une fenêtre gothique. Le calvaire a des statues géminée de la Vierge /saint Yves et Jean

-Plouvorn, calvaire de la chapelle de Lambader : des statues de la Vierge Marie et de Marie Madeleine sont de l'atelier des Prigent qui ont également sculpté le blason d'Audren de Kerdrel et l'emblème des "Cinq-Plaies" .

 

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Les  croix et calvaires de Fayet :

A cette liste, on peut ajouter les calvaires de Fayet, un compagnon des Prigent au style « si proche de celui des sculptures des Prigent qu'il est parfois difficile de le différencier », s'il n'avait signé de son nom le calvaire de Lopérec avec la date de 1552.

Il rentre dans la liste des calvaires à deux croisillons avec la Vierge/Pierre et Jean/Marie-Madeleine en bas, les deux cavaliers de la Passion sur le 2ème croisillon et le Crucifié au dessus, avec le Christ aux liens au revers et deux anges au calice sous le Crucifié. Marie-Madeleine est au pied de la croix.

E. Le Seac'h lui attribue aussi :

-Le haut du calvaire du cimetière du calvaire de Laz : le Crucifié, les anges au calice, et l'Ecce Homo au revers.

-Le Christ mutilé de Coat-Nant en Irvillac.

-Le vestige du Crucifié du jardin du Doyenné au Folgoët.

-Le vestige du Crucifié du pignon de l'école Notre-Dame du Tromeur de Landerneau

 

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LA STYLISTIQUE « REALISTE » DE L'ATELIER PRIGENT.

Henri (frère ou fils de Bastien) est le moins habile. Bastien, par sa manières plus souple, qui produit un effet expressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme , la raideur des réalisations d' Henri.

a) Le Crucifié :

Les yeux en amande à l'arcade sourcilière cassée

Les mèches de cheveux qui ne sont pas collés au cou, laissant un vide = un espace ajouré entre les mèches de cheveu et le visage.

La couronne tressée 

Les yeux clos

Les grandes narines
La bouche charnue aux lèvres entrouvertes.

Une barbe étagée ou bifide

un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril en forme de bouton

Un pagne volant, noué sur le coté par une brande boucle

b) La Vierge

Elle porte une guimpe montant jusqu'au menton et un voile coqué.

Trois ou cinq larmes coulent sur la joue , en forme de patte d'oiseau avec une larme plus grande au milieu

Vierge de pietà : agenouillée, se tenant bien droite, le visage impassible, elle tient son Fils dans ses bras, le corps de celui-ci renversé en diagonale, en appui sur le genou de sa mère.

Marie-Madeleine agenouillée (Pleyben et Plougonven, Bastien Prigent) : tête inclinée en arrière, elle porte une robe aux plis lourds et harmonieux. Son voile a glissé sur son dos.

Par ailleurs

Visages rectangulaires ou ovales. Arcades sourcilières « aiguisées ». Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides.

 

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Fayet se distingue par :

un style sévère avec des Crucifiés raides

l'association de la statuaire gothique et d'un décor renaissance, avec les fleurons godronnés entourés d'un galon décoratif, des consoles moulurées et des feuilles d'acanthe sur les culots.

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SOURCES ET LIENS.

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BDHA 1938

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, article. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ed6c2bc160f40c8aa6e03dc9f0bdccb1.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/pleyben.html

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005, Guide des sept grands calvaires bretons, Minihy-Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

 

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel),

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-laurent/1e9b5ce0-97b9-4c88-8458-e7734af71ac5

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Pleyben Chapelles bretonnes. Calvaires
27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 20:59

Saint-Ségal : le calvaire du bourg (vers 1550 et 1630, kersanton, atelier Prigent  et Roland Doré).

 

 

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 Sur le patrimoine de Saint-Ségal, voir aussi :

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PRÉSENTATION.

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La commune de Saint-Ségal, paroisse   réunie à celle de Pleyben jusqu'au XVIIe siècle, et qui n'a perdu que tardivement son territoire de Port-Launay (en 1840) et de Pont-de-Buis (en 1949), compte quatre croix et trois calvaires. Parmi ces derniers, le calvaire de la chapelle Saint-Sébastien a été décrit dans l'article précédent, avec sa datation vers 1541-1554 et ses caractéristiques (bandeau occipital, trois larmes des Éplorés, visage) évoquant l'atelier des Prigent.

Le bourg possède deux calvaires, dont le principal, devant l'église du XIXe siècle, en est séparé par un carrefour. 

Désigné dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère comme Saint-Ségal n°2814 bourg n°1, il occupe un territoire étriqué et remanié, presque adossé à un mur , son emmarchement débordant sur le trottoir. Il n'est sans doute plus exactement orienté, et le crucifix normalement tourné vers l'ouest s'oriente plutôt au nord-ouest, face au carrefour.

Les cartes montrent qu'il est proche du cimetière, dont il est séparé par un jardin privé. 

Le nœud routier est ancien et figure sur les cartes de 1820-1866, les routes se dirigeant au nord  vers Pont-de-Buis, Lopérec, ou Port-Launay et Châteaulin au sud, se modelant sur le réseau hydrographique des rivières se jetant dans l'Aulne. L'étude du cadastre et des archives préciserait sans doute l'emplacement initial de ce qui est aujourd'hui une marque de carrefour.

On appréciera mieux cette fonction si on considère que le  croisement routier n'est pas imposé par la modernisation, mais remonte à l'époque où se dressait sur le haut-bourg un oppidum romain relié à des voies militaires. Ou à celle des pèlerinages de St Jacques du VIIe au XIIe siècle, ou des axes Le Faou-Pleyben et Châteaulin-Carhaix, etc:

http://www.mairie-saintsegal.fr/historique-du-bourg.htm

 

Voir les cartes :

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.065200&y=48.239832&z=19&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.065448&y=48.239962&z=17&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS.1950-1965&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap

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DESCRIPTION.

C'est un calvaire composite, associant, sans beaucoup d'unité, les œuvres de plusieurs sculpteurs, avec  en haut les statues géminées  du croisillon (Sébastien-Vierge, Pierre-Jean)  et un saint-François agenouillé derrière le crucifix du XIXe, et, plus bas,  un Christ au lien, (tout cela vers 1550) avec deux  statues de Roland Doré (vers 1630) de la Vierge et de Jean, puis encore sur le socle cubique une statue en haut-relief de saint Yves, et, enfin autour du socle une Marie-Madeleine agenouillée  à droite, et une Déploration à gauche.

L'ensemble, en kersantite, avec sa succession d'emmargement, de socle, de fût hexagonal puis cylindrique, et sa croix fleuronnée,  atteint 7,80 m.

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Pourtant, il faudra surmonter ce manque de cohérence, et l'envahissement par les lichens camouflant les traits des visages, et enfin l'impossibilité d'accéder à la face sud-est, pour découvrir les œuvres remarquables des meilleurs ateliers de sculpture sur pierre de kersanton, et, surtout peut-être, de les situer dans un réseau de correspondance avec des œuvres analogues.

Castel attribue les statues du XVIe au Maître de Saint-Thégonnec (comme le calvaire de Saint-Sébastien), pourtant, il date ces statues  de 1550 alors que le calvaire de Saint-Thégonnec date de 1610.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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SAINT YVES ET LE GESTE D'ÉNUMÉRATION DES ARGUMENTS.

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Kersanton, vers 1550.

a) La statue est sculptée en demi-relief dans le socle cubique. Ce procédé est employé à la même époque sur le calvaire de Saint-Sébastien  pour le soldat endormi de la Résurrection, mais il est également fréquent entre Aulne et Elorn comme à Dinéault, Argol, Plomodiern, Châteaulin, Roscanvel etc. Voir la répartition de cet usage ici :

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b) Le saint est représenté coiffé de la barrette de docteur , qu'il porte au dessus du capuchon qui protège aussi ses épaules. Il est vêtu de la cotte "talaire" (qui recouvre ses talons) et du surcot à plis tubulaires. Les manches sont nettement élargies.

Voir CASTEL, Saint Yves et sa statues.

https://books.openedition.org/pur/22411?lang=fr

c) Il tient deux accessoires : le livre de droit (son Livre des Décrets) — ou les pièces du procès —, dans son étui suspendu au poignet, et un rouleau de parchemin en diagonale dans le creux de sa main gauche. 

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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d) Le plus intéressant pour moi est d'y  trouver, clairement figuré, le geste de plaidoirie : d'une part car c'est un document attestant du statut emblématique de ce geste professionnel, d'autre part par les liens qu'il entraîne vers d'autres sculptures du saint.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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COMPARAISON.

En premier lieu, c'est sur l'arc de triomphe (vers 1541-1554) de  la chapelle Saint-Sébastien que se trouve une sculpture en kersanton  très proche de celle-ci, avec le mêmes accessoires, la même tenue et le même geste.

 

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Arc de triomphe de la chapelle Saint-Sébastien. Photo lavieb-aile.

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Ensuite (ou auparavant ?), c'est sur le calvaire de Pencran que le saint, de visage différent, montre le même geste. Il y  est mieux observable, la pulpe de l'index droit placée sur celle du pouce gauche, comme pour énoncer le "premièrement".

N.B : les statues (1553-1555) et le porche (1553) de Pencran sont attribués aux frères Prigent .

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Calvaire de Pencran. Photo lavieb-aile.

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À Plougonven, le calvaire des frères Prigent (1554) comporte un saint Yves entre les plaideurs, mais sans ce geste.

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Calvaire de Plougonven (frères Prigent, 1554). Photo lavieb-aile)

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Enfin on ne trouve pas ce geste sur le calvaire (1610) de Saint-Thégonnec :

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Calvaire (1610) de Saint-Thégonnec. Photo lavieb-aile.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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MARIE-MADELEINE AGENOUILLÉE AU PIED DE LA CROIX.

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Elle est prosternée au pied de la croix, à genoux, bras écartés, visage tourné vers le Christ du crucifix. Le pot d'aromates ou de parfum qui est son attribut est posé près de son genou droit. .

Trois larmes s'écoulent de chacun de ses yeux. 

Elle porte un manteau, au dessus d' une robe à décolleté carré, serrées par une ceinture d'étoffe nouée , puis une chemise au ras du cou.

Ses cheveux tombent en nattes devant ses épaules et sa poitrine, mais ils sont retenus par ce bandeau occipital si caractéristique par sa façon de passer derrière la nuque et autour des cheveux comme un chouchou.

On peut penser que les bras écartés enserraient la croix (du moins, une croix), comme c'est encore le cas ailleurs.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Elle est proche de la Marie-Madeleine agenouillée au pied du calvaire de la chapelle Saint-Sébastien (nouveau rapprochement après le cas de saint Yves), qui présente globalement les mêmes caractéristiques (le même bandeau, le même costume) mais avec plusieurs différences pour la ceinture, les manches plissées, le coté où se trouve le pot, la position de la main droite, le visage plus rond, et surtout l'absence des trois larmes.

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Calvaire (1541-1554, Prigent ?) de la chapelle Saint-Sébastien. Photo lavieb-aile.

 

Par contre, il n'existe pratiquement pas de différence avec la même Marie-Madeleine de l'église Notre-Dame de Pencran, placée sur un socle sur la pelouse nord, et attribuée par E. Le Seac'h à Bastien Prigent (vers 1553-1555). Le bandeau, la ceinture nouée, les bras ouverts, les trois larmes sont communes aux deux œuvres. Il me paraît donc légitime d'attribuer cette statue de Saint-Ségal à Bastien Prigent.

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Marie-Madeleine, (1553-1555, B. Prigent), église de Pencran. Photo lavieb-aile.

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Il faut donc rappeler que l'atelier de Henri et Bastien Prigent, installé à Landerneau, a été actif dans la sculpture de la kersantite entre 1527 et 1577, notamment dans la paroisse de Pleyben où il réalisa le calvaire monumental en 1555, mais aussi à Châteaulin, Lothey, Qunéménéven, Plogonnec, Plonévez-Porzay, Saint-Nic, Dinéault, (donc le Pays Porzay et le Pays de l'Aulne), tandis que leur compagnon Fayet réalisa le calvaire de Lopérec.

Une autre Marie-Madeleine agenouillée se trouve au pied du calvaire nord de Pencran. Sa posture est la même, elle porte le bandeau (derrière les cheveux et non derrière la nuque) mais les larmes sont absentes. La robe forme une grande poche à la hauteur de la ceinture.

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Calvaire nord de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Une autre Marie-Madeleine se trouve au pied du calvaire du cimetière de l'église de Pencran, avec bandeau, sans les 3 larmes et avec moins de finesse d'exécution.

Calvaire sud de Pencran. Photo lavieb-aile

 

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À la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom de Plomodiern, la sainte est face à la Croix ; elle ne porte pas de bandeau. Sa robe vient former une vaste corolle à l'arrière, comme à Pencran 2.

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Calvaire de Sainte-Marie-du Ménez-Hom. Photo lavieb-aile.

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À Lopérec, le compagnon des Prigent, Fayet, a réalisé pour le calvaire une statue identique aux précédentes. Il a doté des 3 larmes de l'atelier la Marie-Madeleine du croisillon.

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Revenons à notre calvaire :

 

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La Déploration à quatre personnages.

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On comparera d'abord avec la Déploration du calvaire de la chapelle Saint-Sébastien :

 

Sur les Déplorations du Finistère :

Sur les Pietà (Marie et le Christ):

 

Jean, Marie et Marie-Madeleine sont serrés debout,  l'un à coté de l'autre, devant le corps du Christ qui s'adosse sur le genou fléchi de Jean. La ligne diagonale du cadavre est brisée par la posture de la tête, en extension, et d'avantage par les jambes qui sont croisées. Le bras droit pend et expose la plaie de la paume, le bras gauche est posé sur la hanche.

Jean, à peine penché, place la main gauche sur sa poitrine, tandis qu'il soutient de l'autre main la tête du Christ. Il est vêtu d'une cape et d'une robe. 

Marie, voilée dans son manteau, joint les mains.

Marie-Madeleine, qui tient des deux mains le flacon d'onguent aux flancs cannelés,  brille par son élégance, avec ses manches ballons doubles ou triples au dessus d'une robe dont les poignets s'ornent de dentelle en accordéon. La chemise se ferme sous le cou par un col en V. On retrouve ici le bandeau occipital placé exactement de la même façon que sur Marie-Madeleine agenouillée au Calvaire., et les deux statues sont très proches, malgré l'absence ici des trois larmes.

 

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Marie-Madeleine.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La Vierge.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Jean.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le Christ.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LE CHRIST AUX LIENS.

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Là encore, les éléments de comparaisons partent en réseau soit dans le périmètre de l'ancienne paroisse de Pleyben — à commencer par la chapelle Saint-Sébastien—, soit sur les calvaires contemporains à celui-ci.

http://www.lavieb-aile.com/2019/07/la-chapelle-saint-sebastien-en-saint-segal-le-calvaire.html

Le Christ tient le roseau, la couronne d'épines et le manteau écarlate qui se moquent  de sa prétention à la royauté pour les soldats qui ne comprennent pas que "son royaume n'est pas de ce monde".

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LES STATUES GÉMINÉES : SÉBASTIEN/VIERGE. 

Les statues géminées ont été mal orientées lors de leur remontage, puisqu'il est de règle que la Vierge et saint Jean entourent le Crucifié et soient donc tournés vers l'occident.

La prolifération des lichens en rend l'examen ingrat. D'autre part, la Vierge et Jean ne sont visibles que depuis la haie du pied du mur, sans recul.

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1. Saint Sébastien.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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2. La Vierge.

Mains jointes, tête baissée recouverte du voile.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LES STATUES GÉMINÉES : PIERRE : JEAN. 

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1. Saint Pierre.

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Saint-Ségal : le calvaire du bourg.
Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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2. Saint Jean.

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Main droite sur la poitrine, un livre tenu du coté gauche. Robe serrée par une ceinture à boucle.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint François recevant les stigmates.

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Saint François est également présent sur l'arc de triomphe de la chapelle Saint-Sébastien.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LES STATUES DE KERSANTON PAR ROLAND DORÉ (1618-1663; pour Castel vers 1630).

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Yves-Pascal Castel attribue en 1980 à Roland Doré trois statues, celles de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine. Emmanuelle Le Seac'h reprend cela pour sa thèse et son catalogue raisonné de 2014 (page 351).

C'est étonnant, car si on reconnait immédiatement le style de Roland Doré dans les statues de Jean et Marie, il est évident que la Marie-Madeleine agenouillée ne peut venir de cet atelier. Ces auteurs parlent-ils d'une autre statue de Marie-Madeleine (qui aurait disparu), tout en passant sous silence la première ? C'est peu probable.

C'est d'autant plus étonnant que c'est E. Le Seac'h qui a attribué la Marie-Madeleine de Pencran (jumelle de celle de Saint-Ségal) à Bastien Prigent.

La Vierge et Jean rappellent le couple de statues habituellement placés sur un croisillon dans les 15 calvaires intacts de Roland Doré, de part et d'autre du Crucifix . Mais ici, les statues ne sont pas géminées.

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Sur Roland Doré :

 

 

 

Dans un périmètre proche de Saint-Ségal, Roland Doré a réalisé ses œuvres à Pleyben, Port-Launay, Châteaulin, Dinéault, Cast, et à peine plus loin en Pays de Porzay à  Plomodiern, Ploéven, Plonévez-Porzay, Saint-Nic, Locronan, Plogonnec.

Ce virtuose de la taille du kersanton, qui a repris vers 1621 l'atelier du Maître de Plougastel établi à Landerneau, est célèbre par la grande maîtrise technique d'un style délié et fin  qui se reconnaît immédiatement. Même sur Jean et Marie éplorés au pied du calvaire, les visages sont avenants, animés d'un léger sourire entre les coins des lèvres soulignés par un sillon, les joues sont rondes, le regard est vivifié par des pupilles creusées. On reconnaît aussi un drapé qui tombe verticalement en plis de serviette.

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1. La Vierge.

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Mains jointes, elle est voilée et enveloppée dans son manteau dont les deux pans  s'ouvrent en un étroit couloir central.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Jean.

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On peut distinguer  plusieurs types de Jean au Calvaire par Roland Doré, selon la position des bras, et selon la coiffure. Celui-ci a les deux bras croisés sur la poitrine, main droite au dessus, les plis du manteau sont verticaux et symétriques, et les cheveux qui forment un triangle comme une perruque sont bouclés.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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CONCLUSIONS.

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Comme on le voit, dans ce calvaire composite, des correspondances multiples s'établissent, fondées soit un un thème iconographique, soit sur un détail (geste de saint Yves, bandeau, 3 larmes), soit sur la reconnaissance du style d'un sculpteur.

La correspondance la plus étroite est sans doute celle qui rapproche ce calvaire et celui de la chapelle Saint-Sébastien, suggérant qu'ils ont été édifiés à la même époque.

J'ai favorisé les rapprochements avec le calvaire et la statuaire de Pencran, et d'autre part avec les œuvres sculptés par Henri et Bastien Prigen, ou leur compagnon Fayet. Mais l'analyse des styles et des thèmes des sculpteurs de Basse-Bretagne, et notamment des pays de l'Aulne et du Porzay, est inépuisable. L'essentiel était de montrer combien ces trésors patrimoniaux, si accessibles, réservaient de satisfaction aux amateurs.

 

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SOURCES ET LIENS.

 

— Le beau site de la mairie :

http://www.mairie-saintsegal.fr/lieux-et-monuments.htm

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, article. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ed6c2bc160f40c8aa6e03dc9f0bdccb1.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/

http://croix.du-finistere.org/commune/saint_segal.html

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005, Guide des sept grands calvaires bretons, Minihy-Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

 

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

— DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Saint-Ségal Calvaires
25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 22:40
Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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PRÉSENTATION.

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Les façades orientales de la chapelle (celles du chevet et du transept) se prolongent, à leur gauche, par la porte monumentale autrefois fermée par une grille, puis par un calvaire dont le haut soubassement,  parce qu'il s'encadre de deux échaliers, participe à fermer l'enclos. Ces échaliers, des plaques de pierre placées verticalement sur tranche, se laissent enjamber, mais s'opposent à la pénétration des vaches ou autres animaux.

Par cette situation, c'est donc un calvaire de seuil, comme ceux de Pencran, de La Roche-Maurice ou de Saint-Divy, alors que beaucoup d'autres sont placés au centre du placître, et du cimetière.

Ce soubassement est un massif rectangulaire en pierre de taille. Il reçoit un premier socle, dont la pierre blonde (microdiorite quartzite) d'une vingtaine de centimètres de haut est chanfreinée en partie haute. On y remarque immédiatement une série de masques en pleine lune, au nombre de quatre par faces.

Puis vient un deuxième socle, cubique, dont la teinte sombre révèle qu'il est fait de kersantite. Ses angles sont biaisés. Il reçoit déjà un premier personnage, un soldat allongé.

Le fût s'élève alors, cylindrique mais régulièrement marqué d'écots, pour rappeler que la croix est, symboliquement ou selon la légende de la Vraie Croix, un arbre née de la tombe d'Adam. Les bretons nomment ces fûts Kroaziou ar Vossen, "croix de la peste" en associant les branches coupées à des bubons ; et cette tradition trouve facilement écho ici, en la chapelle du principal saint invoqué contre la peste.

La hauteur totale du calvaire est de 7  mètres, autant que celui de Saint-Thégonnec : cela permet d'y étager deux croisillons.

Nous trouverons donc : 

— Sur le socle : Sortie du Tombeau à l'est. Marie-Madeleine et un homme agenouillé à l'ouest.

— Croisillon inférieur : Déploration à 4 personnages à l'est.  Deux cavaliers de la Passion à l'ouest. Armoiries des Kergoët.

— Croisillon supérieur : Saint Sébastien entre deux archers et armoiries des Kergoët. à l'est. Le Crucifié entre Marie et Jean et armoiries Kergoët/Kerpaen à l'ouest. (statues latérales géminées Jean/archer et Vierge/archer) .

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Matériau.

Kersantite ou "[pierre de] kersanton"

Microdiorite quartzite ou "pierre de Logonna".

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Datation : 1541-1567, ou 1541-1554.

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Elle est apportée par le blason des Kergoët, seigneurs prééminenciers (et fondateurs) de la chapelle, car ils possédaient un manoir à Lezaon en Saint-Ségal, terre toute proche d'ici. Sur la face ouest, ces armes sont associées à celle de Kerpaen. Jean de Kergoët, fils cadet de Pierre de Kergoët a épousé Perrine de Kerpaen en 1541. Son frère aîné n'a pas eu d'héritiers mâles (malgré le mariage en 1554 de sa fille Gilette avec Michel Du Bot), ce qui permit à Jean de Kergoët, tuteur de Gilette, de prétendre à la prééminence de la chapelle. Ce qui fut définitivement reconnu en 1567 lors du mariage de son fils Alain avec Julienne de Trégain. Cette date forme un terminus ante quem, car ce couple aurait placé là ses propres armes.

Les auteurs adoptent en général la date de 1550, sous le roi Henri II.

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Nota bene : il existe une marge d' imprécision. La date du mariage Kergoët/Le Bot est donnée en 1554 sur le site de l'Inventaire Général, en 1562 par Pol de Courcy, elle n'est pas précisée sur la généalogie de Jean-Claude Bourgeois. Elle est obligatoirement postérieure au décès du premier mari de Gilette de Kergoët, René de Saint-Alouarn le jour de Noël 1553. Elle est donnée comme 1554 sur la Monographie de Lothey.  En 1558, Michel du Bot est encore dit seigneur du Guilly en Lothey lors d'un achat d'une partie du Parc au Duc de Châteaulin. ( Voir Monog. Lothey page 91). Il est présent à la Montre de l'Évêché faite à Quimper en mai 1562, parmi les nobles de Lothea, avec le  titre  de sieur du Guilly, où il paraît "en état d'arquebusier à cheval et a dit être exempt de servir, en raison de son office de procureur de Châteaulin. Il n'y est pas à titre personnel, mais en représentation de Gilette de Kergoët, dame du Guilly, qui fait défaut.

Ce couple n'avait pas renoncé à leurs droits dans la chapelle puisqu'il a placé ses armoiries sur le mur est du bras nord du transept, et sur la charpente à la croisée du transept. René Lisch 1957 les dataient "probablement du troisième quart du XVIe siècle" et "avant 1567". 

Si on suppose que Gilette a commencé par laisser la prééminence à son tuteur Jean de Kergoët et son épouse après 1541, puis a repris ses droits à partir de son second mariage (au plus tôt en 1554), avant d' admettre son absence d'héritiers et de les céder à Alain de Kergoët en 1567, la datation déduite des armoiries Kergoët/Kerpaen devient : entre 1541 et (?) 1554.

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Attribution : Bastien et Henri Prigent.

J'attribue ce calvaire où prédomine le kersanton à l'atelier des frères Prigent (1527-1577) de Landerneau alors que Castel et Le Seac'h l'attribuent au Maître de Saint-Thégonnec, auteur du calvaire de cet enclos en 1610.

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Contexte : les calvaires à deux croisillons ( à un ou trois fûts).

Le calvaire de Saint-Sébastien est édifié au cœur de la période pendant laquelle on voit éclore, en Finistère, notamment dans les enclos paroissiaux, des calvaires à deux croisillons, dont la majorité répondent à la même organisation  donnant place à deux statues géminées (avec la Vierge et Jean sur la face occidentale), les deux cavaliers de la Passion, une Pietà ou Déploration au centre et un Christ au lien sur l'autre face, et enfin Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix . Il y a donc reprises par les ateliers de sculptures d'un modèle, jamais copié mais toujours développé.

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Cléden-Poher (1575)

Guimiliau (1581-1588)

Locmélar (vers 1600), par le Maître de Plougastel

Lopérec (1552) par Fayet.

Pencran, (1521 ?)

Pleyben (1555) par Henri et Bastien Prigent.

Plomodiern, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544).

Plougastel (1602-1604) par le Maître de Plougastel.

Plougonven, (1554), Henri et Bastien Prigent.

Loqueffret (1576?)

Plounéventer (1578)

Saint-Thégonnec (1610)

 

 

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DESCRIPTION.

 

 Je décrirai le soubassement, puis la face orientale du calvaire, puis sa face occidentale, comme cela se présente pour le visiteur qui vient de l'extérieur de l'enclos.

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Le soubassement : 

les quatre faces du bloc de microdiorite quartzite sont ornés de masques circulaires lunaires ou solaires aux faces humaines grimaçantes ou souriantes.

Ce motif des "faces plates" , initié sur le bas de la tour commencée en 1548 de l'église Saint-Matthieu de Morlaix, se répète à la fin du XVIe siècle sur le chevet de l'église de Bodilis daté de 1564, à la chapelle Sainte-Anne du cimetière de Landivisiau, à  la Maison des treize Lunes (5, place Saint-Thomas) de Landerneau (XVIe) et sur les piles d'entrée du portail du château du Chef-du-Bois de Pencran , qui sont  en pierre de Logonna également.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LA FACE ORIENTALE.

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Tout le calvaire est en kersantite au dessus du soubassement.

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LA SORTIE DU TOMBEAU.

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Elle est singulière car elle n'est pas faite de statues individuelles, mais sculptée dans le support cubique et dans le second bloc. Celui-ci forme le tombeau, qu'enjambe le Christ portant l'étendard (ici une croix) de sa victoire sur la Mort et vêtu de la cape glorieuse. Le fût de la croix est taillé dans le même bloc que le tombeau, et le Christ n'est pas sculpté en ronde-bosse, mais en haut-relief sur cette croix. La symbolique religieuse de cette unité de la Croix et de la Résurrection est forte.

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Les soldats endormis pendant leur veille sont seulement deux : l'un est allongé,  taillé dans le support, et l' autre est assis à gauche. Ils portent l'armure complète, le casque et son gorgerin. Il y avait, selon Le Seac'h, un troisième soldat, qui a été volé : c'est fort probable.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'atelier Prigent a réalisé une Sortie du Tombeau pour les deux calvaires monumentaux de Pleyben et de Plougonven (tous les deux restaurés). La cuirasse des soldats est à deux facettes formant un angle sternal, comme pour le soldat assis de Saint-Sébastien.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Pleyben (1555, Prigent). Photographie lavieb-aile.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Plougonven (Prigent, 1554). Photographie lavieb-aile.

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Voici maintenant la Sortie du Tombeau du calvaire de Saint-Thégonnec : le Christ est très proche de celui de Saint-Sébastien.

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Sortie du tombeau (1610, Maître de St-Thégonnec), calvaire de St-Thégonnec. Photo lavieb-aile

 

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LE CROISILLON INFÉRIEUR : LA DÉPLORATION.

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Une Déploration à quatre personnages (nommée aussi "pietà" par Castel) occupe la face de ce croisillon. La Vierge portant sur ses genoux le corps du Christ est entourée de Jean et de Marie-Madeleine. 

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La Vierge.

Mains jointes, tête à peine fléchie et inclinée, elle porte un manteau attaché par une languette à deux boutons, et un voile formant un pli en Z sur le front. Elle ne maintient donc pas le corps de son Fils, qui repose à la fois sur son genou droit et sur les genoux de Jean. Le bras droit du Christ pend en diagonal, montrant la plaie de la paume.

Le visage de la Vierge est carré, au dessus d'un petit menton pointu. La bouche, fermée, est triste, la lèvre supérieure charnue en léger surplomb sur la lèvre inférieure. Le nez est droit, aux narines pleines, entre des joues rondes.

Les yeux ont la forme d'amandes en saillie, dessinés par deux traits pour tracer les paupières. L'orbite est un arc convexe en auvent.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Jean.

Sa main droite soutient la tête de son Maître sur un coussin ou un linge plié, tandis que la main gauche est placée sur la poitrine. Son visage incliné vers la gauche est levé vers le ciel. La chevelure bouclée forme une couronne de boules. 

Son visage a les mêmes caractéristiques que celui de la Vierge, notamment le menton très court.

Il porte un manteau serré sous le cou.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Marie-Madeleine.

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Elle tient de la main gauche le flacon d'aromates, tandis que sa main droite se pose sur sa poitrine, dans une symétrie avec saint Jean dont elle adopte la même posture, tête levée.

Ses cheveux qui forment deux nattes devant les épaules sont regroupées derrière la nuque par le fameux bandeau occipital, déjà noté sur la Vierge à la démone du bras nord du transept, et qui est assez spécifique de la deuxième moitié du XVIe siècle.  Il est présent sur la chevelure de Marie-Madeleine de la Déploration du calvaire de Pleyben  (Prigent 1555), et de la Déploration  du calvaire de Plougonven (Prigent 1554),  de la Déploration du calvaire de Saint-Ségal, du pied de la croix du calvaire de Saint-Ségal, ou sur la Vierge de l'Annonciation de Pleyben. 

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les masques du croisillon.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LE CROISILLON SUPÉRIEUR. LE MARTYRE DE SAINT-SÉBASTIEN.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Sébastien.

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L'Athleta Christi est beau comme un Apollon, bien musclé, à peine couvert par un pagne. Ses cheveux bouclés font, comme le saint Jean de la Déploration, une couronne de boules.

Il importe que les trous des flèches soient bien visibles.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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COMPARAISON.

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Arc de triomphe de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire du bourg de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile

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église de Ploudiry. Statue en kersanton par l'atelier Prigent. Photo lavieb-aile.

 

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L'archer de droite .

Beaucoup plus fruste d'allure que son collègue, il a les traits typiques du bourreau, grimaçant et tirant la langue hors d'une bouche mal dentée, et inclinant la tête. Il porte barbe et moustache et est coiffé d'un morion. Il est vêtu d'une tunique boutonnée, aux manches bouffantes et à taillades, des hauts-de-chausse extrêmement plissés,  et des bottes à revers. Un couteau pend à son coté.  On n'oublie pas, bien-sûr, la braguette hypertrophiée car rembourrée : elle resta à la mode jusqu'en 1580. 

Il tient  la flèche empennelée entre index et majeur au dessus de la corde, tandis que les deux autres doigts passent derrière.  

 

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'archer de gauche.

Il a la noblesse d'un officier ; 

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le blason.

De ce coté-ci, il ne porte que les cinq fusées et les quatre roses des Kergoët, sans alliances. Il est présenté par un masque qui le tient entre ses dents, tandis que deux autres masques l'encadrent.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LA FACE OCCIDENTALE.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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AU PIED DE LA CROIX. MARIE-MADELEINE.

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Cette statue de Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix, et tenant son pot d'onguent rappelle immédiatement celles qu'on observe à Pencran (en deux versions), à Dinéault, à Sainte-Marie-du Ménez-Hom, ou à Lopérec, ou celles qui sont incluses dans les calvaires monumentaux de Pleyben et Plougonven. Elles sont parfois tournées vers la croix, mais  celle-ci fait face à l'ouest, une main sur la poitrine. Elle porte un costume aux manches ballonnées et resserrées au coude, se continuant en plis cannelés et se terminant en plis tuyautés au niveau des poignets. Sa robe est serrée à la taille par une ceinture au motif imitant une succession de perles. Le décolleté carré laisse voir une chemise qui monte par une série de plis convergents jusqu'au cou, qu'elle entoure d'un épais bourrelet. Le pot d'aromates est décoré de godrons et fermé par un couvercle à boules.

Les cheveux aux longues nattes descendants devant les épaules sont réunis derrière la nuque par le bandeau occipital propre à l'époque et à la région (Basse-Bretagne, 2ème moitié XVIe), et qu'on observe, à l'intérieur de la chapelle, sur la Vierge à la Démone du transept nord.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La sainte animée par un élan mystique lève la face et semble humer l'atmosphère. Son  visage est particulièrement rond, puis on retrouve les éléments stylistiques déjà mentionnés, le menton court dont la pointe est accentuée, la bouche petite aux lèvres tendues vers l'avant, les yeux globuleux et le front épilé.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un homme agenouillé. Donateur ? 

Placé en symétrie de la sainte, cet homme en robe longue lève les deux bras aux mains brisées dans un geste d'adoration. On a pu y voir le commanditaire, le seigneur de Kergoët . Sa coiffure mi-longue aux pointes bouclées est bien celle des seigneurs du XVIe siècle.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le croisillon inférieur : les deux cavaliers de la Passion, le Christ aux liens.

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1°) Le blason Kergoët/Kerpaen.

Il est présenté par un masque moustachu entre deux enfants nus.

Ces armoiries ont quatre quartiers :  en 1, Kergoët, en 2 Kerguiliou, en 3 du Launay, en 4 Kerpaen .

-En 1 : Kergoët : d'argent, à cinq fusées de gueules, accolées et surmontées de quatre roses de même .

-En 2 :   trois têtes animales de profil (loup ?lévriers ? aigles ? oiseaux?) , on peut attendre ici les armes des Kerguiliou

-En 3 :  armes de Catherine du Launay d'or à trois rocs d'échiquier d'azur 

-En 4 : armes de  François de Kerpaen : d'argent au chêne arraché de sinople, au sanglier de sable, brochant sur le fût de l'arbre.

 

Ces armoiries sont celles de Jean de Kergoët (fils de Pierre de Kergoët et de Catherine de Launay) et de son épouse Perrine de Kerpaen (fille de François de Kerpaen et de Jeanne Kerguiliou), mariés en 1541, et parents d'Alain de Kergoët (qui épousera en 1567 Julienne de Trégain).

https://gw.geneanet.org/jcbo?lang=en&n=de+kerpaen&oc=0&p=perrine

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=609

Jeanne de Kerpaen devint veuve en 1550 et tutrice de son fils Alain.

 

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Au centre : le Christ aux liens (Ecce homo, Christ de dérision).
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Il est paré par dérision de substituts de la royauté, pour s'être déclaré Roi, et, pour Pilate et le peuple, "roi des Juifs" devant Pilate (Jean 18:33-38). Après avoir été couronné d'épines et flagellé, il est alors revêtu par les soldats d'un manteau de pourpre  (Jn 19:3) et salué par les cris "Salut, roi des Juifs !". Il est alors présenté ainsi au peuple en dehors du prétoire par Pilate qui déclare "Voici l'homme" (Ecce Homo).

Le roseau  (arundo dans la Vulgate, kalamos dans le texte original) qui lui est donné en guise de sceptre est cité par Matthieu 27:27-31 "Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte. Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d’un manteau écarlate.  Ils tressèrent une couronne d’épines, qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite ; puis, s’agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant : Salut, roi des Juifs ! Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête. Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier."

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Le Christ, vêtu d'un pagne et du manteau écarlate, est debout, genou flêchis, mains liées, tenant le roseau. Il est barbu, tête légèrement tournée vers la droite.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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COMPARAISON.

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De nombreux Christ aux liens peuvent être placés en comparaison.

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Calvaire de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 2019.

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calvaire de Pleyben (Prigent, 1555). Photographie lavieb-aile 2019.

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Les deux cavaliers. Longin et le Centenier converti.

Au XVIe siècle se développa dans les représentations de la Passion l'habitude de placer deux cavaliers aux gestes caractéristiques. L'un montre son œil du doigt, tandis que l'autre lève l'index vers le Christ. On retrouve ce couple dès le XIe siècle dans les enluminures et peintures, dans les Maîtresse-vitres finistériennes, et en sculpture. 

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/partie-centrale-d-un-triptyque-la-crucifixion-avec-longin-et-stephaton_ivoire-d-elephant_sculpte

Si, en peinture ou peinture sur verre, le nombre et la posture des cavaliers sont variés, ils sont bien plus fixés sur les calvaires bretons.

Le premier est souvent identifié à Longin, le soldat qui donna un coup de lance dans le flanc droit du Christ pour s'assurer de son décès. La scène représente Longin guéri de sa cécité . J'ai étudié ce motif à Landerneau :

Ce buste en pierre de kersanton est très vraisemblablement issu d'un calvaire, car il représente un personnage  régulièrement représenté autour du Christ crucifié des grandes Passions finistériennes, et dont il est parfois difficile de comprendre la signification. Il regarde le Christ en croix tout en plaçant son index sous sa paupière gauche. C'est bien le cas ici, et, de plus, notre homme porte bonnet conique ceint d'un turban, et la coiffe à longues "oreillettes" se terminant en pointes par des franges rituelles, qui désigne les dignitaires hébreux dans l'iconographie du XVIe siècle. 

Ce personnage illustre la scène de la Guérison de Longin. Longin est  le nom qui fut  donné dans l'Évangile de Nicodème chap. X  au soldat romain, plus tard assimilé au centurion converti de Marc 15:39, qui perça le flanc droit du Christ de sa lance selon Jean 19:34 . Au IXe siècle, Adon archevêque de Vienne, dans son Martyrologe au 1er septembre, en fait un saint martyr. Les martyrologes suivants fixent la date du 15 mars pour son martyre. Au Xe siècle,  Syméon Métaphraste dans son Ménologue en grec, (si la traduction en français est fidèle) en fait non plus un Romain, mais un homme "de la Synagogue des Juifs" mais établi capitaine de cent hommes d'armes (donc centenier) pour garder la Croix.  Au XIIIe siècle, dans sa Légende Dorée, Jacques de Voragine, reprenant des récits antérieurs, écrit :

"Longin fut le centurion qui, debout avec les soldats près de la croix, par l’ordre de Pilate, perça le côté du Sauveur avec une lance. En voyant les miracles qui s'opéraient, le soleil obscurci et le tremblement de terre, il crut en surtout depuis l’instant où, selon le dire de certains auteurs, ayant la vue obscurcie par maladie ou par vieillesse, il se frotta les yeux avec du sang: de N.-S., coulant le long de sa lance, car il vit plus clair tout aussitôt. Renonçant donc à l’état militaire, et instruit par les apôtres, il passa vingt-huit. ans dans la vie monastique à Césarée de Cappadoce, et convertit beaucoup de monde à la foi par sa parole et ses exemples".

La fusion en un même personnage du soldat romain, du centenier converti, du nom de la lance (Longin = Lance), et de la guérison d'une cécité s'expliquerait par la rapprochement du centurion s'exclamant "Vere filius dei" ("Matth 27, 54), du lancier de Jn 19:34, de la guérison de saint Paul (des écailles lui tombent des yeux, et des mots latins "et qui vidit testimonium" qui suivent, en Jn 19:35, le verset Jn 19:34. (Quand ils s'approchèrent de lui, ils virent qu'il était déjà mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes, 34 mais un des soldats lui transperça le côté avec une lance et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. 35 Celui qui a vu ces choses en rend témoignage et son témoignage est vrai. )

 

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/sur-la-piste-des-crossettes-de-landerneau.html

 

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Le cavalier à la droite de la croix (à notre gauche) : Longin.

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Il a bien les caractères décrits à Landerneau : il porte l'index vers sa paupière gauche, la tête levée. Il est vêtu d'une cape d'officier, mais il est coiffé d'un bonnet à glands, comme les Juifs de l'iconographie chrétienne du XVIe (cette couronne de glands ou pompons est mieux visible vue d'arrière). Sa main droite est posée sur la hampe de sa lance, dont le reste est brisé (ou n'a pas été représenté en pierre) et qui débute par une longue poignée ampulaire.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'harnachement des chevaux est figuré avec minutie, ce qui permet une comparaison avec les peintures contemporaines, avec les vitraux finistériens (où la concordance est franche), et entre les calvaires eux-mêmes.

Le frontal, qui descend sur le front par une pièce en T ou en O, la muserolle ou plutôt  le  filet (simple, ou fleuri d'une boucle),  le portail avec son médaillon ou sa boucle, le sous-gorge, l'étrivière : tout est en place.

Le mors à balancier est bien visible : une ferrure en S sert d'intermédiaire entre le mors et les rênes.

 

http://www.lavieb-aile.com/2017/09/la-maitresse-vitre-de-l-eglise-saint-yves-de-la-roche-maurice.html

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/la-verriere-de-la-passion-baie-0-de-1500-1510-de-l-eglise-saint-lo-de-bourg-achard.html .

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La vue postérieure permet d'observer les croupes des chevaux, et le balancement opposé des queues soigneusement tressées.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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. http://expositions.bnf.fr/flamands/grand/fla_096.htm

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Le cavalier à la gauche du Christ : le Bon Centenier.

Son casque ou bonnet à plumet est posé les cheveux longs qui tombent sur les épaules en rouleaux qui peuvent aussi correspondent à une étoffe. Il est barbu.

On y reconnaît souvent Stéphaton, ou le centurion Stéphane "de la Posca", qui, selon la tradition, tendit au Christ au bout d'une tige d'hysope (roseau)  une éponge imbibée de posca, cette boisson rafraîchissante des soldats romains. En effet, les doigts de la main droite s'enroulaient peut-être jadis autour d'un manche (en bois). Mais l'homme lève la tête d'un air inspiré et son index est tendu (il serait fléchi avec les autres doigts s'il tenait l'hysope). Il s'agit plutôt du "bon centenier", qui s'exclama au pied de la croix  Vere filius dei erat iste .

D'ailleurs, aucun calvaire n'a conservé la trace de l'éponge ou du roseau qui soutiendrait l'hypothèse de Stéphaton.

 

http://classes.bnf.fr/livre/grand/152.htm

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/la-verriere-de-la-passion-baie-0-de-1500-1510-de-l-eglise-saint-lo-de-bourg-achard.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/09/la-chapelle-saint-jacques-de-merleac-la-maitresse-vitre-1402-ii.la-passion.html

http://www.lavieb-aile.com/search/vere%20filius/

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le croisillon supérieur. Le Crucifié entre Marie et Jean.

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Le Christ incline la tête à droite, ses yeux sont clos, sa bouche entrouverte. Il est barbu, la couronne d'épines est fait de brins parallèles. La chevelure longue tombe devant l'épaule droite et derrière l'épaule gauche.

Les clous sont gros et pyramidaux.

La plaie du flanc est bien marquée ; le nombril est large.

Le Crucifié a un pagne noué par un gros nœud  sur son coté  gauche.

Le sang de ses plaies est recueilli dans des calices par trois anges "hématophores", deux aux pieds et un sous la main gauche (le support de l'ange de droite est visible). Ces anges se retrouvent à Ploéven bourg, Ploéven Sainte-Barbe, Saint-Thégonnec, Cleden-Poher, Lopérec, Locmélar, Pleyben, Guimiliau, etc.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La Vierge a les bras croisés sur la poitrine. Sa tête est couverte du voile "coqué" (globalement carré et replié sur le dessus) propre aux Prigent .

L'élément le plus remarquable est la présence des trois larmes sous chaque œil, que nous allons retrouver aussi sur la statue de saint Jean. Selon E. Le Seac'h, ces trois larmes sont une des caractéristiques les plus nettes du style des frères Prigent, mais pourtant, elle ne les remarque pas dans sa description (page 290) et elle attribue ce calvaire au Maître de Saint-Thégonnec. 

Ces trois larmes sont présentes sur les statues de la Vierge et de Jean (et souvent de Marie-Madeleine) , de Pencran, de Plougonven (Prigent, 1554), sur la Déploration de Saint-Nic  et de Plourin-Ploudalmézeau , sur la Pietà de Lothey, (tous de Prigent), etc..

Dans la paroisse de Pleyben ( à laquelle appartenait Saint-Ségal), on les retrouve sur trois autres calvaires : celui de l'église de Pleyben (Prigent, 1555), celui de sa chapelle Saint Laurent et celui du bourg de Saint-Ségal.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Jean.

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Saint Jean a la main droite posée sur la poitrine, tandis que la main gauche tient un livre.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Au total, le calvaire de Saint-Sébastien est parfaitement représentatif des calvaires érigés en Basse-Bretagne dans la seconde moitié du XVIe siècle, autour de l'Elorn et de l'Aulne et il en reprend les caractères principaux : croisillons doubles, prévalence du kersanton associé à la pierre de Logonna, statues géminées sur les croisillons, Déploration, Christ aux liens, anges hématophores.

Des marqueurs iconographiques suffisamment spécifiques permettent de les relier plus précisément  avec d'autres calvaires soit de la même paroisse, soit du même atelier, soit du moins de la même région : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix ; bandeau occipital ; trois larmes sous les yeux de Marie et/ou de Jean et/ou de Marie-Madeleine, couple des cavaliers Longin et Centenier converti.

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Enfin, la sagittation de  saint Sébastien introduit ici l'élément local propre au culte du grand intercesseur contre les épidémies, en écho à la même scène représentée sur l'arc de triomphe, et à l'intérieur sur les sablières et sur le retable du chœur. Elle offre la truculence  des expressions et la diversité des costumes qui ne se trouvent d'habitude que sur les calvaires monumentaux (Pleyben, Plougonven, Plougastel, Guimiliau, Saint-Thégonnec).

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SOURCES ET LIENS.

 

Le beau site de la mairie :

http://www.mairie-saintsegal.fr/lieux-et-monuments.htm

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, article. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ed6c2bc160f40c8aa6e03dc9f0bdccb1.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/

http://croix.du-finistere.org/commune/saint_segal.html

— CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005, Guide des sept grands calvaires bretons, Minihy-Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes, page 289-290.

 — LISCH, (René) , 1957, Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien."Congrès archéologique de France", CXV session, 1957, Cornouaille. - pp. 178-187 : ill. Éditeur(s) : Paris; Société francaise d'archéologie; 1957

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

SPREV:

http://www.sprev.org/centre-sprev/saint-segal-eglise-saint-sebastien/

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Published by jean-yves cordier - dans Saint-Ségal Calvaires
20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 08:14

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PRÉSENTATION.

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On ne rencontre pas tous les jours des "sacraires" ; mais sait-on au moins ce que c'est ? Du latin sacrarium, c'est, d'après le Thresor de la langue française de Jean Nicot (1606), " le lieu où on met les choses sacrées". C'est vague. 

Le dictionnaire de l'Académie et le CNRTL ignore ce terme. Godefroy rejoint Nicot.

Viollet-le-Duc est plus précis : 

SACRAIRE, s. m. Petite pièce voûtée, située près du chœur des églises, où l’on renfermait les vases sacrés. Dans un grand nombre d’églises, la sacristie servait de sacraire ; c’était dans la sacristie que l’on déposait les vases sacrés. Cependant on signale de véritables sacraires annexés à des chœurs d’églises du moyen âge. L’ancienne cathédrale de Carcassonne possède deux sacraires à droite et à gauche du sanctuaire (voy. Cathédrale, fig. 49), qui sont voûtés très-bas et munis d’armoires à doubles vantaux. Ces sacraires datent du XIVe siècle. Nous en trouvons également dans la cathédrale de Châlons-sur-Marne, qui datent du XIIe siècle. Ces réduits n’ont pas d’issues sur l’extérieur, et s’ouvrent sur l’église par des portes étroites et bien ferrées. Dans certaines églises conventuelles, le sacraire, c’est-à-dire le dépôt des vases sacrés, consistait en un édicule en pierre ou en bois placé près de l’autel. Cette disposition était observée autrefois dans l’église abbatiale de Cluny, dans celle de Saint-Denis, en France.  https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Sacraire

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On y plaçait "les vases sacrés" ?  Mais encore ? Il faut entendre par là "les principaux récipients utilisés dans la liturgie : le calice et sa patène, le ciboire, l'ostensoir, la pyxide, la custode, les ampoules ou burettes destinées à contenir les saintes huiles".

Certains l'assimilent à l'armoire eucharistique, et le définissent comme un tabernacle ménagé dans le mur, à gauche du chœur, le côté noble. Il pouvait en effet contenir, dans les "vases sacrés" et  les hosties consacrées.

C'est en quelque sorte une petite sacristie, et les sacraires cesseront d'être construits lorsque le Concile de Trente (1545-1563) préconisa qu'une sacristie de bonne taille soit placée en appendice des chapelles et églises ; ce qui prendra un siècle, au bas-mot.

Il en est de grand, comme à Pleyben, et de modeste, comme à Locarn. Bertrand Bonvoisin en a recensé une vingtaine en Pays de Brocéliande. Couffon en décrit cinq ou six dans les Côtes d'Armor. La base patrimoine.bzh-gertrude donne une trentaine d'exemples, parfois redondants, mais ignore Pleyben (et le Finistère). 

En Finistère, on se rendra à Brennilis, à Locmélar, à la chapelle Saint-Eutrope de Plonévez-du-Faou, , au Moustoir de Châteauneuf-du-Faou, à la chapelle de Quilinen de Landrévarzec, à Edern, à Briec-de l'Odet, que sais-je !

Mais pourquoi allez au diable puisque le sacraire de l'église de Pleyben est l'un des plus beaux et des plus intéressants ?

La construction de l'église Saint-Germain a commencé en 1530, le calvaire  date de 1555, les transepts datent de 1564 et 1571, le porche sud de 1583 et le clocher débute en 1588. Le sacraire doit trouver sa datation dans la seconde moitié du XVIe, d'autant que la sacristie n'a été construite qu'en 1680-1690, et reconstruit en 1719.

Je n'ai pas trouvé d'autre description que celle de Couffon : "Sacraire en bois polychrome du XVIe siècle, à gauche du maître-autel : porte triangulaire , arabesques dorées ; sur les bords, petits personnages en bas-relief. Ce sacraire servait d'armoire aux saintes huiles, d'après l'inscription latine".

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Un regard plus attentif au détail sera, comme d'habitude, fort récompensé. La première récompense  sera d'y découvrir, comme les santons de nos crèches, une pleybennoise et un pleybennois en costume du dimanche. Un entrelacs Renaissance inspiré  d' Androuet du Cerceau (1563) réjouira les amateurs . Ceux qui aiment les drôleries marginales découvriront les dragons, les  masques-feuilles et les animaux insolites. 

Les amateurs d'énigmes trouveront ici des personnages à identifier.

Mais tout d'abord, on remarquera l'inscription qui donnera la clef de l'usage qui, ici, était réservé à celle d' y placer les saintes huiles. Mais quelles sont-elles ? On l'apprendra.

Enfin, le regard faisant des va-et-vient entre les sculptures du sacraire et celles des sablières ne cessera de découvrir des relations passionnantes entre ces deux réalisations sans doute contemporaines.

Pourtant, le plus passionnant pour moi fut de confirmer ici les rapports entre le thème principal du décor, celui des Cinq Plaies, et la présence ici de saint Sébastien, comme je l'avais déjà constaté à la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal (alors incluse dans la paroisse de Pleyben) : le corps transpercé de flèches de l'Athlète du Christ introduit au thème de la blessure sacrée, ou rédemptrice.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Le panneau supérieur forme un fronton encadré par deux pilastres.

Le fronton est consacré aux Cinq Plaies : le cœur rouge est au centre (il renvoie à la plaie du flanc), les deux pieds et les deux paumes transpercés par les clous encadrent une croix entourée de la couronne d'épines.

Ce motif des Cinq Plaies est plusieurs fois représenté à Pleyben ou à Saint-Sébastien .

On trouve aussi par exemple  présenté par un ange, un retable en kersanton, des Cinq Plaies à Logonna-Daoulas.

Autour, des lys, ou palmes.

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Sablière de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Un homme tient deux dragons ailés portant des colliers.

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Ce motif des dragons ailés à colliers se retrouve à plusieurs reprises sur les sablières, à Pleyben ou sur les autres chantiers du sculpteur anonyme, nommé " Maître de Pleyben. Il est aussi rencontré, en sculpture sur pierre, sous le ciseau des frères Prigent, auteurs du calvaire de Pleyben.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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L'inscription peinte

Elle énonce :

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S. OLEUM S. CHRISMA

O. INFIRMORUM

Soit : "Sanctum oleum, sanctum chrisma, oleum infirmorum".

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On distingue en effet trois sortes d'huiles: l'huile des malades (O.I, oleum infirmorum), celle des cathécumènes (O.C, Oleum Catechumenorum), et le Saint-Chrême (S.C. Sanctum Chrisma) , huile parfumée "utilisée pour les onctions de consécration : après l’immersion ou l’aspersion baptismale, sur le sommet de la tête ; au moment essentiel du sacrement de la confirmation, sur le front ; après l’ordination épiscopale, sur le sommet de la tête du nouvel évêque ; après l’ordination sacerdotale, dans les paumes des mains du nouveau prêtre ; lors de la dédicace des églises et des autels, il est répandu sur les tables d’autel et sur les croix de consécration. " (Dict. de Liturgie)

Elles sont consacrées lors de la messe chrismale, le Lundi Saint ou pendant la Semaine Sainte.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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La porte, fermée à clef, porte un décor d'entrelacs Renaissance or sur fond rouge .

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Les modèles utilisés par les ornemanistes ont été diffusés par Jacques Androuet du Cerceau (1511-1586), architecte huguenot de la duchesse d'Este, bien connu pour son architecture, ses ornements, son mobilier et son travail du métal et pour d'autres gravures décoratives et qui est  le fondateur de la dynastie Androuet Du Cerceau. Son corpus éclectique et abondant, clairement influencé par le maniérisme de l’École de Fontainebleau  comprend des plans explicites et des vues aériennes des jardins dans  Les plus excellents bastiments de France  (1576-1579). On sait que son art a pénétré le Finistère par la famille Barbier, pour leur château de Kerjean à Saint-Vougay, et on sait aussi que cette influence est marquante pour le Maître de Pleyben, auteur des sablières et éléments de charpente de Kerjean tout comme de l'église de Pleyben, entre 1570-1580.

Ces entrelacs ou séries de nœuds dans un cadre rectangulaire ont participé  à la renaissance de l'art des jardins à la française, créée vers 1550 et développée entre 1570 et 1610, par l'art des parterres. Mais les travaux d'Androuet du Cerceau   étaient aussi destinés à la ferronnerie, [comme en témoigne le titre des ouvrages de Jacques Androuet  « Balustrades ou petits nielles », recueil de quarante-et-une petites gravures d’ornement destinés  à « des balustrades extérieures pour lucarnes, fenêtres, etc. » ] mais aussi à l'art du parquetage et de la marqueterie  [« Parquets ou mosaïques », 26 gravures].

 

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Jacques Androuet du Cerceau, Parquets et mosaïques

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http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Images/INHA-4R88BIndex.asp

http://architectura.cesr.univ-tours.fr/Traite/Notice/INHA-4R84B.asp?param=

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Les dix statuettes latérales.

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1°) Couple de paroissiens de Pleyben en costume.

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La femme :

Petite coiffe blanche ; robe noire ourlée d'or ; tablier bleu et or.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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L'homme.

Chapeau rond noir ; cheveux mi-longs ;  chemise blanche ; veste (chupenn) noire non fermée non boutonnée, à galon or ; gilet ( giletenn) blanc croisé ; large ceinture dorée (gouriz) ;  hauts de chausse bouffants (bragou braz) ; guêtres ou houseaux ; chaussures noires ; chapelet.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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3°) Un saint apôtre (Paul).

Attribut : un rouleau de papier (codex). Saint Paul ? (en raison de sa calvitie et car il formerait  un couple avec saint Pierre).

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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4°) L'Ange et la Vierge .

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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La Vierge.

Manteau bleu, robe blanche à ceinture. Pieds nus.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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5°) Ange aptère ou homme tenant un morceau de bois, courbe, à multiples trous.

Musicien ? Branche à écots ?

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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6°) A gauche de l'inscription : ange agenouillé tenant un phylactère.

D'une main moins habile que les statues précédentes ?

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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7°) À droite de l'inscription : femme agenouillée : Marie-Madeleine ? Vierge ?

Dans la main gauche, elle tient un globe, qu'elle désigne de son index droit. Ce geste rappelle, en sculpture sur pierre,  celui d'argumentation énumérative de  saint Yves (calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, calvaire du bourg de Saint-Ségal) ou de différents personnages du calvaire de Pleyben, dans les trois cas par l'atelier Prigent.

Un bandeau occipital ou "chouchou" plissé retient ses cheveux. Là encore, ce "détail" est fréquent sous le ciseau des frères Prigent à Pleyben ou dans la région, soit pour des Vierges — et notamment des Vierges à la Démone— soit pour Marie-Madeleine.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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9°) Saint Pierre, son livre et sa clef.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Saint Jean et son calice.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Les montants latéraux.

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Du coté droit (qui semble consacré aux vices)

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Tête d'homme barbu coiffé d'un bonnet . 

Prophète ??

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Un lièvre, pattes antérieures appuyées sur une console.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Autre masque, crachant des feuilles.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Du coté gauche.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Fleur et ange, puis Saint Thomas, apôtre, et son équerre.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Angelot.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Un masque barbu.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Saint Sébastien lié à un tronc d'arbre, sous une coquille.

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Sa présence ici peut s'expliquer par la simple existence d'une chapelle Saint-Sébastien sur le territoire de la paroisse (actuellement en Saint-Ségal), en relation à l'épidémie de peste dont le saint est protecteur. Mais l'existence dans cette chapelle d'un blochet à l'ange présentant les Cinq Plaies, ou l'insistance sur le motif de saint François recevant les stigmates, incite à approfondir la réflexion au thème de la blessure sacrée , la plaie transfixiant le corps du martyr, du saint voire du fidèle devenant une imitation participative à la Passion.

Il faut admettre que le saint tient une place importante, puisqu'il est représenté sur la bordure de chape de saint Germain, patron de la paroisse, sur la statue placée aujourd'hui au dessus du porche sud (mais qui appartenait auparavant au calvaire de 1555 par les Prigent. Il y est placé au dessus de saint Laurent, patron de la chapelle voisine de l'église et dont le calvaire est (à mon sens) également de la main des frères Prigent.

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Si le saint est largement représenté dans l'ancienne paroisse de Pleyben, le motif des Cinq Plaies, et celui des Instruments de la Passion tient également une place majeure dans la sculpture sur bois du Maître de Pleyben sur l'ensemble de ses chantiers : Pleyben, Saint-Sébastien en Saint-Ségal, Sainte-Marie-du Ménez-Hom, Bodilis, Saint-Divy, Kerjean en Saint-Vogay, et Roscoff. Outre les Cinq Plaies, on retrouve en leitmotiv la couronne d'épines, soit présentée par un ange, soit entourant la croix comme sur ce sacraire.

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Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Sacraire du chœur de l'église de Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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DISCUSSION.

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La séquence des images présentées convaincra facilement que nous avons affaire à une œuvre de premier plan, qui mérite, lors d'une visite de l'église, de ne pas être négligée. Au contraire, il est essentiel d'en faire jouer les facettes avec le décor qui l'environne, pour retrouver, sur les sablières et abouts de poinçon du chœur et du transept, l'ensemble des représentations des Cinq Plaies, de la Couronne d'épines, ou des autres Instruments de la Passion. On comprend dès lors que le recteur qui a participé à l'élaboration de l'ornementation (notamment Alain Kergadalen, 1564-1587, dont le nom s'inscrit à droite du chœur avec la date de 1564) s'est appuyé sur une pensée théologique profonde et cohérente, pensée qui devait d'ailleurs être celle de tout le clergé de l'époque, au moins dans le diocèse de Cornouailles et de Léon. Il faudrait mieux connaître les prédications et les convictions  d'alors, et évaluer le rôle des personnalités fortes, comme celle de Roland de Neufville, évêque de Léon, qui a provoquer sous son épiscopat (1562-1613) une floraison de calvaires.

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

Il faut aussi évaluer le rôle du Concile de Trente, qui s'est achevé en 1563. Mais c'est au contraire sous son influence que d'une part les sacraires vont être remplacés (comme les jubés), et que le culte des saints, et notamment de celui des Grands Intercesseurs comme saint Sébastien, va être réorienté vers celui du Christ.

 

Quoiqu'il en soit, ce thème est encadré par les apôtres Pierre, Paul, Jean et Thomas, par la Vierge, par le martyr saint Sébastien  tandis que des dragons, des masques et des animaux introduisent le contrepoint (ou l'antithèse) habituel aux sablières .

L'entrelacs de rubans place ce sacraire dans la Renaissance bretonne, initiée à Dol (cénotaphe de Thomas James) mais surtout au château de Kerjean en 1570-1580 et qui s'exprime largement dans les sablières du Maître de Pleyben par les cuirs à enroulement, les mascarons, les frises végétales issus de l'école de Fontainebleau .

L'ensemble de ces éléments crée des relations profondes entre ce sacraire et l'ornementation sculptée de la charpente (sablières, blochets et abouts de poinçon), amenant à s'interroger : le sacraire est-il aussi l'œuvre du Maître de Pleyben ?

 

 

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ÉBAUCHE DE CATALOGUE DES SACRAIRES BRETONS.

On notera la proximité de thèmes du sacraire de Pleyben avec celui de Maxent.

  • Landrévarzec, CHAPELLE DE QUILINEN (I.S.) : Maître-autel à pavillon, sans doute de la fin du XVIIè siècle (C.). Les huit niches du retable ont perdu leurs statuettes. Sur le coffre de l'autel, panneau peint de la Vierge à l'Enfant, avec l'inscription : "JANUA CAELI ORA PRO NOBIS.". Piscine de style flamboyant et sacraire double, la partie supérieure ayant conservé sa porte de chêne. Dans la chapelle latérale, deux autels en pierres de taille, sans boiseries. Sacraire et piscine gothique. Dans la sacristie, crédence ancienne à trois portes et deux tiroirs.
  • Châteauneuf du Faou : CHAPELLE DU MOUSTOIR Au-dessus du sacraire, côté évangile, bas-relief en kersanton du Christ n croix. Un autre sacrairedans l'aile sud, à l'autel latéral, a perdu ses boiseries.
  • Église Saint-Envel de Loc-Envel : À gauche de l'autel, la porte du sacraire du xvie siècle représente la messe au cours de laquelle saint Grégoire a une vision du Christ sortant du tombeau. Un sacraire est une niche abritant les objets sacrés, et notamment le ciboire, qui contient les hosties consacrées. Les sacraires disparaissent peu à peu à partir du concile de Trente (1545) : le tabernacle, disposé au-dessus du maître-autel, met mieux en valeur la présence eucharistique.
  • SAINT-PEVER,  chapelle Notre-Dame d'Avaugour (1454-1504) : Le sacraire, en bois polychrome et oeuvre de Roland Le Neindre, date de 1576. On y trouve plusieurs inscriptions : sur le le baldaquin : P. Morvan me fit faire 1576 ; sur un médaillon : P. F. Rolland Le Neindre ; enfin sur le socle : Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis. 
  • EDERN, chapelle Notre Dame de Lannien : Dans le choeur, sacraire et deux piscines, l'une couronnée d'une arcature à crochets ; autre piscine gothique dans la chapelle en aile. 
  • Briec-de-l'Odet : Chapelle saint Corentin. 
  • Plufur : chapelle Saint-Nicolas, vue intérieure, maitre-autel et niche-crédence ou sacraire.
  • Brennilis : des fonts baptismaux et du sacraire, bois sculpté, sans polychromie, fin du XVIe siècle 
  • Longaulnay XVIIIe
  • MAXENT +++ (22), en tuffeau , remonté en tabernacle : Christ , Instrument de la Passion , Sainte Face saint Pierre ,saint Paul, saint Jean ,saint Jean-Baptiste, ange , chien , angelot , représentation végétale http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/demi-reliefs-saint-jean-baptiste-saint-pierre-et-saint-paul-portant-le-voile-de-la-sainte-face-christ-portant-les-instruments-de-la-passion-saint-jean/9129d245-8760-4a58-93ac-fa1af6ad4976
  • Chapelle de Landugen (Duault) SAINT-JEAN DE LANDUGEN. Sacraire en pierres du xvie siècle. Il est surmonté d'un Christ montrant ses plaies entre deux anges, l'un portant les clous et l'autre la couronne d'épines. En bas, de chaque côté de la porte, saint Pierre et saint Paul.
  • Chapelle Notre-Dame de Légevin (Nostang)
  • Ploubezre, chapelle de Kerfons : , sacraire de style gothique flamboyant 
  • Chapelle Saint Gildas-du-Pré, Saint-Gildas (Saint-Gilles-Pligeaux)
  • BONEN CHAPELLE DE LOCMARIA-GAUDIN. — Ancienne église tréviale de Plouguernével.  Sacraire en pierre el piscine du xive siècle. Statues anciennes de la. sainte Vierge, sainte Anne, saint Michel, saint Jean-Baptiste, saint Yves, et plat avec lêle de saint Jean-Baptiste.
  • GURUNHUEL (T.)EGLISE NOTRE-DAME. sacraire en pierre et piscines du xve siècle.
  • HÉNANSAL (ST-B.) .EGLISE ET SAINT-JEAN-BAPTISTE. — Eglise lambrissée en forme de croix latine. Elle date du début du xvie siècle ainsi que l'indiquait sur le sacraire l'inscription suivante (1509): L'an mil cinq cenl neuf fut faicl ce pignon tout neuf parle seigneur d'Lzel el de la Soraye ; mais a été presqu'entièrement reconstruite au xixe siècle.
  • PLONEVEZ-DU-FAOU CHAPELLE DU QUILLIOU Dédiée à saint Eutrope, c'est l'église de l'ancienne paroisse du Quilliou rattachée à Plonévez en 1820 ; Dans le mur nord, sacraire en kersanton, de style flamboyant et surmonté d'un bas-relief, en kersanton aussi, représentant le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Sur la porte de bois avec ferrures du XVIe siècle, représentation en bas-relief peu prononcé de la Passion : le Christ entre les deux larrons, la Vierge, Madeleine et Jean au pied de la croix .
  • Mais aussi : : Breteil, Clayes, Iffendic, La Nouaye, La Chapelle-du-Lou et Pleumeleuc

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988, Notice sur Pleyben.

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ccac16d54f79e16e3a756360112f92a7.pdf

— Monvoisin, Bertrand), 2007, Sacraires dans le pays de Brocéliande [Texte imprimé] : XVe-XVIe siècles ; suivi d'un Catalogue des sacraires dans les églises et chapelles des départements de l'Ouest / Bertrand Monvoisin  Rennes : B. Monvoisin, 2007 35-Cesson-Sévigné : Impr. Identic 1 vol. (102 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 21 cm  Publié à l'occasion d'une exposition itinérante, Écomusée de Montfort-sur-Meu, Abbaye de Paimpont, Office du tourisme de Gaël, Mairie de Montauban-de-Bretagne, avril-septembre 2007. - Bibliogr. p. 93 

Il a recensé avec Raymond Lecrocq une vingtaine de sacraires : Breteil, Clayes, Iffendic, La Nouaye, La Chapelle-du-Lou et Pleumeleuc, etc

— INVENTAIRE GENERAL

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=sacraire+&render=liste&type=&start=2

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Published by jean-yves cordier - dans Pleyben
18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 15:14

Liste de mes articles sur le Pays de l'Aulne et du Porzay.

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Voir aussi parmi mes 1600 articles:

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BRIEC

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CAST

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CHÂTEAULIN :

 

—Chapelle Notre-Dame de Kerluan :
 

 

 

Sur l'église Notre-Dame de Châteaulin:

Port-Launay :

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GOUEZEC.

 

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GUENGAT

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KERLAZ.

 


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LANDREVARZEC.

 

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LOCRONAN .

 

L'église : 

 

 

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Les chapelles.

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LOTHEY

 

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PLEYBEN

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Chapelle de Lannélec :

 

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Chapelle de Saint-Laurent.

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Chapelle de la Trinité

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Chapelle de Guénily

 

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PLOÉVEN.


 


 


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PLOGONNEC.

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L'église :

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 Les chapelles :

 

 

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PLOMODIERN

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PLONEVEZ-PORZAY.

 

 

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QUÉMÉNÉVEN.

 

 

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SAINT-SÉGAL.

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Le bourg :

La chapelle Saint-Sébastien :

 

 

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SAINT-THOIS

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THÈMES

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1°) VIERGES ALLAITANTES.

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2°) GROUPES DE SAINTE-ANNE TRINITAIRE DE LA VALLÉE DE L'AULNE

 

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3°) LES VITRAUX

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4°) LES BANNIERES

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Published by jean-yves cordier
16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 15:15

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : l'entrée monumentale (vers 1541-1567).

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Voir sur cette chapelle :

 

 

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PRÉSENTATION.

La chapelle Saint-Sébastien n'appartient pas stricto sensu à un enclos paroissial, mais à un enclos cultuel, ou placître, car elle n'a jamais été une chapelle paroissiale et n'a donc jamais eu ni ossuaire, ni baptistère. Son terrain était limité par une clôture associant la porte monumentale jadis fermée par une grille (qui ne s'ouvrait que pour les grandes occasions) et qui a eu le nom d'Arc de triomphe, et  une pierre verticale ou échalier reliant cet arc à l'emmarchement du calvaire.

La perte de cette grille ne permet plus de percevoir la continuité de cette clôture.

L'appellation habituelle d'"arc de triomphe" est trompeuse, cette entrée étant plutôt réservée aux défunts.

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 Dédiée à St Sébastien que l'on implorait pour se préserver de la peste a pour origine la terrible épidémie qui venant de Brest s'étendit jusqu'à Hanvec et le Faou, cette chapelle fut installée dans la seconde moitié du XVIe siècle sur les terres du Seigneur de Kergoët dont la famille participa aux rénovations et transformations de la chapelle jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, comme en attestent les armoiries du calvaire ou des peintures murales qui ornent la chapelle.  Elle était un lieu de pardons (7 encore avant la Première Guerre Mondiale), pénitence, rogations, etc) . Ogée y signale en juillet le "pardon des Guignes" "fameux dans le pays" tant les cerises y réussissaient.

Pour comprendre le site, il faut regarder sur une carte la disposition géographique de la chapelle dans une boucle de l'Aulne : isolée en pleine campagne à l'écart des routes et à 3 kms du bourg, elle ne peut justifier son allure monumentale qu'en suppossant qu'elle attirait des pèlerins qui venaient des environs ( Dinéault, Tregarvan, Port Launay, Saint-Segal, le Pont de Buis, Pleyben),  de préférence, par la voie fluviale, en naviguant sur l’Aulne et en gravissant la colline (l'altitude de Saint-Sébastien est de 55 m). La chapelle possédait (et possède toujours) de précieuses reliques, dont celle de Sébastien.

Voir la carte IGN, mais aussi  la photo aérienne qui montre la richesse agricole du lieu (la terre était amendée par le maerl marin amené par bateau); repérer la source (pas de chapelle sans sa fontaine) et le ruisseau qui descend vers l'Aulne, et les maisons (dont celle du chapelain) : au XIXe, on comptait là 30 habitants.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.101207&y=48.220547&z=14&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

On repérera le lieu-dit Lezaon, où se trouvait le manoir des seigneurs de Kergoët ; et on visualisera, sur la carte 1820-1866, le chemin qui monte de la rive et traverse Le Rest.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.101207&y=48.220547&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN50.1950&mode=doubleMap

La carte de Cassini montrera la route Châteaulin-Saint-Ségal-Rosnoën (Quimper-Brest) à la fin du XVIIIe.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.104534&y=48.229401&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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"L'entrée monumentale

Établie sur la bordure orientale de l'enclos, la porte monumentale se cale, au prix de quelques ébréchures, contre le contrefort de la chapelle. Cette situation assez peu habituelle indique que le gros des pèlerins arrivé par la mer montait des rives de l'Aulne par un chemin qui abordait l'enclos de ce coté.

Le tracé de la porte s'inscrit dans un rectangle construit sur le carré et la diagonale. L'arc plein cintre en pierre de kersanton s'intègre dans une façade en pierre blonde « de Logonna » raidie par des contreforts aux moulures en talon qui, reprises dans la tablette horizontale au dessus de l'arcature, supporte une sorte d'architrave rustique. Trois niches à fronton courbe orné d'un motif issu de la coquille Saint-Jacques librement interprétée la rythme. Une grille de fer à deux battants de six barreaux et croix latine, passablement oxydés, ferme le passage. Les ornements classiques portés par la structure médiévale (sic) situe l'ouvrage dans la seconde moitié du XVIe siècle à la charnière entre les deux époques." (Castel et Leclerc)

 

 

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Datation : 1541-1567 : par assimilation avec le chevet et les bras du transept porteur des armoiries de Jean de Kergoët et Perrine de Kerpaen et celles de Gilette du Kergoët et Michel du Bot  : deuxième moitié du XVIe siècle ( mariage Jean de Kergoët et Perrine de Kerpaen en 1541, mariage Kergoët/du Bot 1554).

Par assimilation avec celle du calvaire porteur des armoiries de Jean de Kergoët et Perrine de Kerpaen  : terminus post quem 1541, terminus ante quem 1567, date du mariage d'Alain du Kergoët et Julienne de Trégain, qui auraient placé leurs armoiries si la date était ultérieure.

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Matériau : microdiorite quartzite et (statues) kersantite.

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Contexte :

Règne de Henri II 1547-1559 puis François II (1559-1560) et Charles IX (1560-1574), avant la Guerre de la Ligue en Bretagne 1588-1598. 

Date de l'enclos  d'ARGOL  et son arc de triomphe : 1575. Date du calvaire de Pleyben 1555.

Date des ateliers de sculpteurs :

  • Henry et Bastien Prigent  1527-1577 ( calvaire de Plougonven, 1554, et  Pleyben, 1555.)
  • Fayet (1552-1563), le second compagnon de l'atelier des Prigent : auteur du calvaire de Lopérec, 1552.
  • Le compagnon des Prigent sur le calvaire de Pleyben (1555)
  •  Maître de Plougastel (1570-1621), calvaire de Plougastel 1602-1604.
  • Le Maître de Guimiliau , calvaire éponyme 1581-1588.
  • Le Maître de Saint-Thégonnec : calvaire éponyme 1610.

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Attribution :

Pour moi : atelier des Prigent, comme le calvaire adjacent. Pour Castel et Le Seac'h, atelier du Maître de Saint-Thégonnec.

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La frise centrale : le martyre de saint Sébastien.

Microdiorite quartzite, deuxième moitié XVIe.

La scène, représentée à la même époque sur les sablières du chœur, est emblématique du saint.  Les blessures infligées au corps athlétique du saint, qui affiche une parfaite et vertueuse indifférence, est une allégorie  de toute blessure sacrée, et en premier lieu des cinq plaies du Christ lors de sa Passion (ces Cinq Plaies faisant alors l'objet d'une vénération remarquable à Pleyben comme en témoigne un sacraire, et les sablières). D'où l'importance de bien tracer, dans la pierre, les trous des flêches.

On sait que, dans la Vie de saint Sébastien de la Légende Dorée, ce dernier, officier romain converti au christianisme, fut condamné par Dioclétien à être attaché à un pieu et à être frappé de flèches par ses propres soldats.

La même scène figure par exemple à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët.

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Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët. Photo lavieb-aile.


 

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les cinq fusées surmontées de roses du  blason de Kergoët figurent, sculptées dans le microdiorite quartzite,  juste en dessous du saint. Elles ne permettent pas une datation précise.

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La statue du saint est placée dans une niche centrale. Elle tranche, par la teinte sombre de la kersantite, avec l'ocre de la pierre de Logonna. Le saint est lié par un pied et par les bras aux branches et au tronc d'un arbre. Seulement vêtu d'un pagne qui évoque bien-sûr le Crucifié, il élève légèrement ses grands yeux en amande. Sa chevelure en boules forme une couronne de rayons. (Cette coiffure évoque le style du premier atelier du Folgoët). Pour Y.-P. Castel, "le modelé fruste du visage ne permet pas d'attribuer cette sculpture à quelque atelier défini.". Quand à E. Le Seac'h, elle élude la question.

 

 

 

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le saint Sébastien du calvaire du bourg :

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Saint Sébastien, calvaire de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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De part et d'autre se campent les deux archers . "Traités en demi-relief, vêtus d'un casque et de chausses, coiffés de chapeaux, l'un d'eux, fiérot, le poing à la hanche, attend son tour pour décocher sa flèche. " (Castel et Leclerc)

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un archer. Un vase rempli de lys.

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L'archer  nous regarde de face, mais se tient de profil (bas-relief oblige), un pied en avant, l'arc bandé, les bras nus (les manches gênerait le tir). La main gauche est placée au dessous de la flèche.

 

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Je ne partage pas l'opinion de Castel et Leclerc lorsqu'ils écrivent : "Derrière le premier archer un grand vase à deux anses débordant de fleurs de lis, accessoire habituels des scènes de l'Annonciation, témoigne d'un archange Saint Michel et d'une Vierge disparus. Ce type de représentation se rencontre sur les seuils d'église, comme à Bodilis, La Martyre, Pleyben, ou Rumengol, revêt une signification symbolique si clairement en rapport avec l'accueil qu'il n'est guère nécessaire de l'expliciter."

En effet, rien n'autorise à penser qu'une Annonciation a pu trouver place ici, ce qui supposerait une modification profonde de la frise. Surtout, c'est donner une importance excessive à un motif décoratif qui s'explique parfaitement : le lys,symbole de pureté, peur rendre hommage à la pureté d'âme du saint martyr.

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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"À l'angle du faîte s'accroupit un chien, une sculpture laissée sous le coup de l'outil, avec, sur l'arrière, un masque d'homme. " (Castel et Leclerc)

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint François d'Assise.

kersanton, maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610.

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"En revanche, saint Yves et saint François portent les marques de celui du Maître de Saint-Thégonnec. Une certaine moue des lèvres imprimée aux visages est un indice qui ne trompe pas."

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J'ai déjà fait remarquer  (peinture murale de la chapelle) que saint François montrant ses stigmates est représenté non seulement sur ces peintures de date inconnue mais encadrées par les armoiries de Kergoët, mais aussi sur le calvaire du bourg, à coté de saint Sébastien. Que le prénom François a été attribué à plusieurs membres de la famille de Kergoët. Et que le thème de la réception des stigmates et celui de la sagittation de saint Sébastien ont en commun celui de la blessure sacrée.

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Le saint porte la robe de bure (mais étrangement plissée et dotée de manches larges à rabats), le capuchon couvrant les épaules et l'arrière de la tête, le cordon à deux nœuds de capucin (il en manque donc un). Il montre ses paumes transpercées, tandis que les pieds sont chaussés.  La paume gauche et le tiers supérieur droit sont brisés.

C'est Yves-Pascal Castel qui a isolé, parmi les styles des ateliers de sculpteurs bas-bretons, celui du Maître de Thégonnec, auteur du calvaire éponyme en 1610, à l'aide d' un "indice qui ne trompe pas, une certaine moue imprimée sur le visage". Puis qui a retrouvé cette moue sur les statues de saint François et de saint Yves de cet arc de triomphe, ainsi qu'aux 25 figures du calvaire. Emmanuelle Le Seac'h a repris à son compte cette attribution. À cet atelier actif à Landerneau "vers 1600" est aussi attribué, sur le critère de la "moue triste",  le calvaire de Locquénolé, et six autres vestiges de calvaire. 

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Comparer avec le calvaire de Saint-Ségal.

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Saint François recevant les stigmates. Calvaire de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Yves.

kersanton, maître de Saint-Thégonnec, 1550-1610.

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Il se reconnaît à la barrette, au chaperon, au livre ou au sac à procès pendu au bras et aussi au geste de l'argumentation, l'index de la main droite joignant le pouce de la main gauche.

Comme saint François et saint Sébastien, il figure aussi sur le calvaire du bourg de Saint-Ségal, portant la même tenue et effectuant le même geste énumératif de l'argumentation. Et on y discerne mieux le rouleau de parchemin tenu dans le creux de la main gauche, pourtant présent ici.

 Le geste des doigts, qu'il faut différencier du "comput digital médiéval" plus complexe, a déjà  été étudié par Y.-P. Castel :

 

"La gestuelle oratoire

Le geste de l’argumentateur , à considérer certains personnages de la Passion sur les grands calvaires, n’appartient pas en exclusivité à saint Yves. Les deux premiers doigts – pouce sur index, index sur index – appuyés l’un sur l’autre, s’apprêtent à faire le décompte des arguments que le locuteur va énumérer. Ainsi, au porche de Bodilis (1570), sur les petits calvaires de Saint-Yves à Landudal (1605), de Saint-Claude à Plougastel-Daoulas et de l’église de Plounéour-Ménez (vers 1630). Le geste de l’argumentation est, de même, évident dans la statue à l’intérieur de l’église de Sainte-Sève. Il s’inspire des gravures populaires comme celle qui rappelle l’image du portail de Saint-Yves : un édifice démoli en 1823, où se réunissait à Paris la confrérie fondée en 1348."

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La compagnie des saints, Yves et François, qui encadrent la  scène centrale n'est pas fortuite. Le prêtre trégorrois, avocat des pauvres, mort en 1303, estimait fort les frères mineurs du Povello de l'Ombrie.

 

"Saint Yves et saint François.

Sur les calvaires, saint Yves est souvent associé à François d’Assise : calvaires de Dinéault, Loguispar , du Drennec , de Plougastel-Daoulas, Tinduff, 1639, de Plouhinec , de Saint-Thégonnec, Bodéniry et Croas-Calafrès par Roland Doré . 

L’iconographie associe aussi, comme on l’a déjà fait remarquer plus d’une fois, Yves et François. L’origine de l’affinité s’explique par le fait qu’au cours de ses études parisiennes, le jeune Kermartin avait suivi au couvent des Franciscains les leçons de théologie des maîtres de l’ordre. Séduit par leur idéal de pauvreté, Yves avait continué à Rennes les rapports initiés à Paris. Ajoutons que les frères mineurs, voués au culte de la Croix, ont participé, sans doute plus que d’autres, à l’érection des monuments en l’honneur du signe chrétien par excellence. On l’a vu sur les croix et les calvaires, l’alliance Yves/François est un thème non négligeable. On le constate aussi dans les statues placées de part et d’autre du fronton de la porte monumentale à l’enclos de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. L’association se retrouve dans des porches. Si à la porte intérieure de Landivisiau (1554) saint Yves est seul en bas à gauche, la porte intérieure de Bodilis, datée 1570, montre François au-dessus de lui. À Saint-Houardon de Landerneau la liaison, moins stricte, est réelle : Yves, en bas à gauche, François de l’autre côté au quatrième rang…"

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Comparez avec le saint Yves du calvaire du bourg de Saint-Ségal :

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Saint Yves, calvaire de Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Entrée monumentale de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

 

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SOURCES ET LIENS.

— Le beau site de la mairie :

http://www.mairie-saintsegal.fr/lieux-et-monuments.htm

CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— CASTEL (Yves-Pascal), 2004,Saint Yves et ses statues, in Saint Yves et les Bretons, Presses Universitaires de Rennes, sous la direction de Jean-Christophe Cassard et Georges Provost, pages 199-213.

https://books.openedition.org/pur/22411?lang=fr

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005, Guide des sept grands calvaires bretons, Minihy-Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

 

 

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

— SPREV:

http://www.sprev.org/centre-sprev/saint-segal-eglise-saint-sebastien/

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Published by jean-yves cordier - dans Saint-Ségal
14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 15:59

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : Les sculptures du clocher (vers 1694).

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Voir sur cette chapelle :

 

 

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PRÉSENTATION.

Le clocher de la chapelle Saint-Sébastien  a été construit ou reconstruit en 1694 (inscription face sud) et dans les années suivantes (inscription du couronnement, non datées ou non déchiffrées). La tour des cloches se termine brusquement, cet aspect tronqué témoignant d'un probable effondrement. Ses éléments sculptés figurés sont un Christ aux liens de la façade occidentale, quatre têtes féminines cantonnant la première galerie,  et huit figures cantonnant le couronnement actuel.

Ils méritent d'être examinés, ne serait-ce que pour s'interroger sur deux personnages fort singuliers.

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I. LA FAÇADE OCCIDENTALE.

Elle a gardé un porche gothique en kersanton, aux arcades ogivales à pinacles, et crochets et fleuron en choux frisés.

La plaque de kersanton portant les armoiries de Kergoët en alliance avec de Dresnay  a dèjà été décrite, et rapportée à René-François de Kergoët et Marie du Dresnay, dont le mariage date de 1688. 

Entre ces deux éléments, une console supporte un Christ aux liens de kersanton. Castel et Leclerc nous apprennent qu'il provient de l'ancienne église paroissiale de Saint-Ségal, et qu'il a remplacé en 1896 un statue de saint Sébastien.

Les yeux baissés, la tête inclinée, un pan de son manteau de dérision ramené sur sa jambe gauche, ne tenant pas de roseau, il diffère des autres Ecce Homo du calvaire de la chapelle et du calvaire du bourg.

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les quatre têtes féminines des angles de corniche sous la chambre des cloches.

Microdiorite quartzite.

Elles diffèrent  entre elles : j'en décrirai une seule, d'allure primitive, avec son menton triangulaire, ses yeux globuleux et ses cheveux bouclés en boules. Mais les autres, avec leurs cheveux longs et leurs joues très ronds, rappellent les crossettes du XVIIe siècle de la nef.

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les huit figures du couronnement.

Successivement dans le sens horaire :

Un ange (brisé), angle nord-est

Un joueur de flûte traversière (?), corniche est

Un ange mains jointes (angle sud-est)
Un mouton , corniche face au sud

Un joueur de trompe (?), angle sud-ouest

Un homme agrippé à une rambarde, face à l'ouest 

Un chien (angle nord-ouest)

Un cochon, corniche face au  nord

 

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un joueur de flûte traversière (?), corniche est

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Il tient un bâton qui part de sa bouche par une embouchure coudée,  et se dirige en diagonale vers le bas et la droite en s'évasant en pavillon à la fin ; les doigts sont posés comme sur une flûte.

Le visage acéré, les doigts longs témoignent d'une maîtrise vigoureuse et personnelle de l'art de sculpter.

 

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.
Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un ange mains jointes (angle sud-est)

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un joueur de trompe (?), angle sud-ouest

L'instrument dont il joue avec un visage extatique est coudé à l'embouchure, puis droit, avant de former une boucle .

Tunique aux manches plissées.

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : les sculptures du clocher.

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Un homme agrippé à une rambarde, face à l'ouest 

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un chien (angle nord-ouest)

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un cochon, corniche face au  nord

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Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Clocher (fin XVIIe) de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

 

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Saint-Ségal
14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 14:23

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : les crossettes (microdiorite quartzite, XVIe et XVIIe) et autres éléments sculptés.

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Voir sur cette chapelle :

 

 

 

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Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

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PRÉSENTATION.

Les crossettes ne doivent pas être confondues avec les gargouilles, qui sont creuses et servent à évacuer les eaux pluviales. Ce sont des pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon,  situées à la terminaison de leurs rampants . Elles peuvent être figurées, à thème zoomorphe, fantastique ou anthropomorphe, mais leur thème, loin d'être laissé au bon plaisir du sculpteur, répond à une tradition où les dragons et  les lions prédominent, suivi des chiens, des sirènes  et des représentations des vices comme la lubricité et la coquetterie dans les deux sexes. Exception faite pour les anges à phylactère, on y trouve aucune figure biblique ou chrétienne. Leur position marginale et intermédiaire (entre murs et toiture) les placent, à l'extérieur des bâtiments, en parallèle avec les sablières  à l'intérieur. Elles n'atteignent jamais la grivoiserie débridée ou la scatologie des miséricordes des stalles.

Quoique spectaculaires, les crossettes et sculptures figurées en pierre sur la chapelle Saint-Sébastien n'ont  été décrites que par Castel et Leclerc. 

Leur datation est déduite de celle de l'édifice : deuxième moitié du XVIe siècle pour le chevet et les transepts, fin XVIIe (1685-1694) pour la nef et le clocher.

Le matériau est la pierre de Logonna (microdiorite quartzite).

Treize crossettes (C1 à C13) s'offrent à notre examen, soit aux rampants des lucarnes à gables (chevet et transept, XVIe siècle) et du fronton du porche, soit aux angles ouest.

À ces crossettes s'ajoutent les figures qui ornent ici les sommets des gables, ou qui cantonnent les étages du clocher.

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Je débuterai ma description par la lucarne orientale du bras nord du transept (c'est à dire là où se présente le plus spontanément le visiteur) et je ferai le tour de la chapelle dans le sens horaire : nous irons ainsi du XVIe au XVIIe siècle. 

C1 + C2 : lucarne du bras nord du transept : deux lions.

C3 : façade du chevet : femme tenant une sphère.

C4 :  façade du chevet : un lion.

C5 + C6 : lucarne du bras sud du transept : deux lions.

C7 : rampant du pignon du transept sud : chasseur et son chien.

C8 + C9 : fronton du porche sud : deux visages féminin

C10 : angle sud-ouest : visage d'homme moustachu.

C11 : angle nord-ouest : visage de femme

C12 = C13 : pignon du bras nord du transept : deux anges.

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Les 12 figures du clocher seront décrites dans l'article suivant.

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CLIQUEZ POUR UN DIAPORAMA.

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Annotation sur un plan au sol de François Dagorn, copyright Inventaire Général.

Annotation sur un plan au sol de François Dagorn, copyright Inventaire Général.

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Vue depuis le parking d'arrivée. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Vue depuis le parking d'arrivée. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Bras droit du transept. Rampants de la lucarne est. C1 + C2 Deux lions.

Lucarne à gables, aux rampants à crochets en choux frisés sommé d'un fleuron. Blason  en kersanton de Gilette de Kergoët et Michel du Bot, mariés en 1554.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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C1. Rampant droit : un lion s'appuyant sur une console.

Pierre de Logonna (microdiorite quartzite).

Tous les lions de crossettes du XVIe siècle en Basse-Bretagne se ressemblent, avec la moitié antérieure du corps frisée, la moitié postérieure lisse, la queue passant entre les pattes et faisant retour sur le dos, les pattes à fourrure en mèches, la tête débonnaire au front bouclé et à la langue pendante, et prenant appui sur une console, plus rarement un os (témoin de leur fonction ancillaire au service de la Mort), et plus rarement encore (et pas ici) un petit être.

Ils témoignent, dans cette marge de l'édifice, de la croyance en un intermonde, qui n'est jamais terrifiant, mais qui monte la garde.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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C2. Rampant gauche : un lion s'appuyant sur une console.

Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), 2ème moitié XVIe siècle.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Façade orientale du chevet.

Ses rampants à crochets en choux frisés sommé d'un fleuron s'appuient sur de solides contreforts à pinacles. Blason  en microdiorite quartzite de Jean de Kergoët et Perrine de Kerjean, mariés en 1541.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

 

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C3. Rampant droit de la baie est du chevet. Femme tenant une sphère.

 

 Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), 2ème moitié XVIe siècle.

La crossette est cachée par le pinacle du contrefort qui vient l'englober. À gauche, nous voyons deux jambes fléchies, chaussées, et d'allure plutôt masculines. À droite, le personnage qui émerge est plutôt féminin par sa coiffure, et tient une sphère, évoquant les femmes proposant une pomme, en allégorie du Désir. La crossette reste ici beaucoup plus ambiguë que dans d'autres cas. Elle mériterait un examen plus rapproché et d'un point de vue plus favorable que celui du touriste au sol.

 

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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C4 . Rampant gauche de la lucarne du chevet. Un lion.

 

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Ange tenant un parchemin.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Rampants  de la lucarne est du bras sud du transept  : deux lions.

Lucarne à gables, aux rampants à crochets en choux frisés sommé d'un fleuron. Blason  en kersanton  des Kergoët .

 

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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C5. Rampant droit de la baie est du bras sud du transept  : un lion.

 Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), 2ème moitié XVIe siècle.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette C6. Rampant gauche de la baie est du bras sud du transept  : un lion s'appuyant sur une console en forme d'os.

 Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), 2ème moitié XVIe siècle.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Sommet du pignon du bras sud du transept : deux têtes.

 Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), 2ème moitié XVIe siècle.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette C7. Rampant gauche du pignon  du transept sud : un chasseur et son chien.

 

 Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), 2ème moitié XVIe siècle.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA NEF (XVIIe)

 

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Sommet de la deuxième lucarne du bas-coté sud. Deux têtes.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le porche sud (1685).

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entablement : deux visages.  Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), fin XVIIe siècle.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette C8 : rampant droit du fronton du porche sud. Visage féminin.

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Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), fin XVIIe siècle.

Les crossettes du XVIIe siècle C8 à C11 sont toutes des têtes de même facture, trois féminines et une masculines. Avec leurs chevelures nattées ou bouclées, leurs joues très pleines, et la coiffure à boucle frontal de l'homme, elles rappellent celles des églises de Trégarvan et de Landévennec, qui partagent le même secteur géographique, le même matériau et des datations proches (vers 1690 pour Trégarvan et 1693 pour Landévennec), ainsi  que, pour C10 et C11, l'élection pour les rampants du pignon occidental. Cela est suffisant pour proposer de voir l'intervention du même atelier de sculpture de pierre de Logonna dans les trois édifices ; et d'en rechercher désormais d'autres interventions.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette C9 : rampant gauche du fronton du porche sud. Visage féminin.

Pierre de Logonna (microdiorite quartzite), fin XVIIe siècle.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Sommet de la lucarne de la première baie du bas-coté sud : deux têtes.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette 9 :  rampant droit,  angle sud-ouest :  visage d'homme.

Cet homme aux moustaches frisant en spirales se retrouve sur d'autres édifices.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette 10 : angle nord-ouest :  visage de femme. 

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette 11 : Angle nord-est de la nef : ange les mains levées

Il vole, vêtu d'une tunique plissée, , le visage tourné vers le ciel et les paumes exposées à la Divinité qu'il vénère.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Crossette 12 : Angle nord-est du transept : ange les mains levées.

Il forme une paire avec l'ange précédent.

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Crossettes  de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Crossettes de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

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Published by jean-yves cordier - dans Saint-Ségal Gargouilles et crossettes
13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 16:06

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L'ensemble des inscriptions lapidaires et des blasons des murs extérieurs de la chapelle permettent de fonder sur des preuves l'historique de l'édification de la chapelle.

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PRÉSENTATION.

"Bâtie sur un mamelon qui domine l'Aulne, non canalisée en cet endroit ; placée à quelque sept kilomètres au-dessous de Châteaulin, la chapelle ne manque pas de cachet artistique. Un bouquet de chênes vénérables ombragent et défendent l'antique sanctuaire qui a vu tant de génération s'agenouiller et prier sur ses dalles froides. L'Aulne, débarrassée des écluses qui entravent son cours en amont, roule librement ses eaux entre deux berges couronnées de roseaux ; elle est tantôt calme comme un lac aux limpides et endormies, tantôt impétueuse comme un torrent dévastateur. En face de Saint-Sébastien, la rive de Dinéault est dominée par des collines boisées mais abruptes, coupées ça et là, par de frais et riants vallons, cependant que les pentes de Saint-Ségal. viennent mourir insensiblement sur la rive droite . "  (Yves Madec)

Souvent surnommée la petite cathédrale, elle est pourtant isolée dans une boucle de l'Aulne et ne possède pas la notoriété de sa "jumelle" Sainte-Marie du Menez Hom.  

 

L'édifice est entouré d'un placître rectangulaire incluant un arc de triomphe et un calvaire au nord-est. Adossé au contrefort du bras sud de la chapelle, un arc de triomphe à porte en plein cintre contrebutée par des contre-forts droits affiche sa façade antérieure est portant un décor sculpté représentant le martyre de saint Sébastien. Son plan en croix latine irrégulier est proche du plan en tau, avec une nef courte à trois travées doublée de bas-côtés, un choeur à chevet plat empiétant sur la croisée du transept, et un clocher-porche occidental.

La sacristie de plan polygonal est adossée au chevet, construite en schiste avec encadrement et chaînage en microdiorite quartzique.

La blondeur des pierres lui vient d'un gros oeuvre en pierre de taille de microdiorite quartzique et de granite, tandis qu'à l'ouest le portail est encadré de la teinte sombre de la kersantite. L'édifice a été entièrement restauré entre 1995 et 1999.

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Trois campagnes de construction.

Elle aurait été édifiée pour conjurer la peste.  Les Kergoët, seigneurs prééminenciers, sont à l'origine de cet édifice : leurs armoiries et ceux de leurs alliances (du Bot, de Kerpaën, du Dresnay, du Chastel, ) se retrouvent en différents endroits de l'édifice.

 

a) La plus ancienne affecte le transept et le choeur, le gros oeuvre et la charpente, les grandes arcades de la nef et le portail ouest, se situe dans la seconde moitié du 16e siècle. Par leur style, les arcades et le portail ouest appartiennent à cette même campagne.

-a1 : les armoiries relevées sur le chevet (Jean de Kergoët et Perrine de Kerpaën, mariés en 1541)  suggèrent la période 1541-1550.

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-a2 :sur le mur est du bras nord du transept et la croisée du transept les armoiries  de Kergoët et du Bot  suggèrent la période postérieure à 1554-1567.

- Une ancienne cloche porte la date de 1599.

 

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b) Dans le dernier quart du 17e siècle, une importante campagne de reconstruction affecte la nef et sa charpente ainsi que le clocher-porche occidental.  Le mur du bas-côté sud est réalisé en 1685 ;  la charpente et du lambris de couvrement date de 1686. Le clocher-porche refait en 1694 intègre l'ancien portail de style gothique flamboyant.  Ces dates sont confirmées par l'écu de la façade ouest aux armes des Kergoët et du Dresnay (René François de Kergoët et sa femme née du Dresnay), qui indiquent la fin du 17e siècle et le début du 18e siècle. Le retable du bras sud du transept porte les mêmes armes associées à la date 1706-1707. Enfin le retable axial est un peu plus tardif (après 1710) car il porte les armes des du Chastel face à celle de Kergoët. Cette campagne est marquée par la personnalité du recteur Yves Coquet et des artisans qu'il choisit, Jean Le Seven et Jean Cevaër.

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c) La troisième et dernière campagne concerne la sacristie construite contre le chevet en 1742, date portée accompagnée de nombreuses inscriptions. On peut y inclure le confessionnal portant la date de 1766 et le nom du recteur Guillaume Le Léon.

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LES ARMOIRIES  DES KERGOËT : BRAS SUD DU TRANSEPT.

"Saint-Sébastien conserve vingt écus que la Révolution n'a pas supprimés et qui constituaient l'armorial des Kergoët de Lezaon, un lieu-dit éloigné de la chapelle de huit cent mètres et par où l'on passe en montant. Les cinq fusées rangées et accolées de gueules accompagnées de quatre (parfois cinq) roses de même sur champ d'argent se rencontrent partout. Gravées dans la pierre de la porte monumentale, au nœud du calvaire., sur la sacristie, en haut des pignons sud et est, dont deux sur des carreaux de kersanton. Les cinq fusées marquent aussi le bois du poinçon de charpente centrale, et le centre de la troisième poutre de la nef. Elles s'imposent, polychromes et altières dans les grands cartouches en haut des retables du chœur et de la chapelle sud. Elles ont été récemment retrouvées peintes sur les murs. " (Castel et Leclerc) 

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Il n'est pas possible de dater ces armoiries entières, et sans alliance, ni de dire si elles témoignent, pour ce bras sud comme pour l'arc de triomphe,  d'une date antérieure aux suivantes sous l'autorité de Guillaume II de Kergoët, décédé avant 1532.

Les armes de Kergoët sont : d'argent, à cinq fusées de gueules, accolées et surmontées de quatre roses de même 

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a) sommet de la fenêtre du bras sud du transept.

Blason de kersanton.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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b) pignon du bras sud du transept.

Blason de kersanton.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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c) Au centre de l'arc de triomphe.

Microdiorite quartzite.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LES ARMOIRIES DU CHEVET : KERGOËT / KERPAEN, 1541-1567.

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Les armes de Kergoët sont : d'argent, à cinq fusées de gueules, accolées et surmontées de quatre roses de même 

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Les armes de Kerpaen sont : d'argent au chêne arraché de sinople, au sanglier de sable, brochant sur le fût de l'arbre. On les voit sur la maîtresse-vitre de l'église de Plogonnec.

Ici, à Saint-Sébastien, nous ne voyons que la moitié droite, c'est à dire l'arrière-train du sanglier, et la racine et une branche du chêne.

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Photo lavieb-aile

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Jean de Kergoët, fils de Pierre de Kergoët (Kergoët branche de Guilly en Lothey)  et de Catherine de Launay, épousa le 6 septembre 1541 Perrine de Kerpaen, fille de François de Kerpaen et Jeanne Kerguillou.

Jean est le deuxième fils de Pierre, après Guillaume II, époux de Françoise de Trégain et père de Gilette de Kergoët.

https://gw.geneanet.org/jcbo?lang=fr&alwsurn=yes&p=jean&n=de+kergoet&oc=6

C'est en 1537 que Jean de Kergoët obtint, "par partage noble et avantageux", la charge de sieur de Lesaon (manoir en Saint-Ségal, proche de Saint-Sébastien) qui lui conférait la prééminence sur la chapelle "en ramage et comme juveigneur d'aisné" de sa nièce Gillette, héritière principale du titre dont il était le tuteur. 

Ce qui explique la présence de ses armes.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article908

En 1550, Perinne de Kerpaen, veuve de Jean, gère encore le manoir de Lesaon  dont elle signe un bail.

https://www.tudchentil.org/spip.php?article908

Lorsque  Gilette de Kergoët, dame du Guilly, de Lezaon (en Saint-Ségal), de Launay, etc. n'eut pas d'héritier mâle après son second mariage en 1554,  avec Michel du Bot, le titre de sieur de Lesaon et de seigneur de Kergoët revint  à son cousin Alain, fils de Jean de Kergoët et de Perrine de Kerpaen.

"

https://www.tudchentil.org/spip.php?article908

"Contract de mariage de nobles homs maistre Allain du Kergoet, fils aisné, heritier principal et noble de deffunct maistre Jan du Kergoet, vivant bailliff de Chasteaulin, et de Perrinne de Kerpaen, sa compagne, sieur et dame de Lesaon, avecq damoiselle Jullienne de Tregain, fille aisnee de noble maistre Louys de Tregain et Janne de Kerdegace, sieur et dame de Tregain, par lequel se voit que damoiselle Gillette du Kergoet, assistee et aucthorisee d’escuyer Michel du Bot, sieur de Kermadou, son mary en secondes nopces, intervient audict mariage et recongnoist ledict Allain son cousin germain et fondé à luy succéder comme son herittier presomptiff et noble par la representation de Jan du Kergoet, son pere, son oncle paternel, frere juveigneur de Guillaume, son pere, seigneur du Guilly. Ledict contract du 18e Novembre 1567, avecq la quittance d’icelluy du 14e Decembre 1572."

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a) Blason du sommet de la baie du chevet.

Blason en microdiorite quartzite.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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b) Blason du nœud ouest du calvaire.

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Ces armoiries ont quatre quartiers :  en 1, Kergoët, en 2 ?, en 3 du Launay, en 4 Kerpaen .

En 2 :   trois têtes animales de profil (loup ? aigles ? oiseaux?) , on peut attendre ici les armes des Kerguilliou

En 3 :  armes de Catherine du Launay à trois rocs d'échiquier d'azur : selon Pol de Courcy :

 

 Launay (de), sr du Guilly, par. de Lothey, — de Kerpérénez, par. de Landrévarzec. Montre de 1481, par.. de Lothey, ev. de Cornouaille. D’or a trois rocs d’echiquier d’azur.

Herve, époux de Marie Nedellec père et mère de Catherine, dame du Guilly, mariée en 1499 à Pierre, sr  de Kergoët et aieul de Gillette, dame du Guilly, femme en 1562 de Michel du Bot.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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c) Le nœud est du calvaire porte les armoiries de Kergoët.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LES ARMOIRIES DU TRANSEPT NORD, ET DE LA CROISÉE DU TRANSEPT : KERGOËT, et KERGOËT/DU BOT, entre 1554 et 1567

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Kergoët : d'argent, à cinq fusées de gueules, accolées et surmontées de quatre roses de même 

Après son mariage avec Michel du Bot, Gilette de Kergoët revendiqua sans doute la reprise de son titre de dame de Lesaon, précédemment cédé à son tuteur et oncle Jean (cf. supra), puisqu'on trouve ses armoiries dans la chapelle, à la croisée du transept, en alliance avec celle des du Bot, d'argent à deux haches d'armes adossées de gueules.

Gilette de Kergoët, dame du Guilly, de Lezaon (en Saint-Ségal), de Launay, etc. épousa en seconde noces en 1554  Michel du Bot dont elle n'eut pas d'héritier et transmis en 1567 son titre à son cousin Alain.

La date du transept se situe entre 1554 et 1567 (cf supra l'acte de novembre 1567 où Gilette et Michel sont encore vivants). 

 

https://gw.geneanet.org/jcbo?lang=fr&alwsurn=yes&p=gillette&n=de+kergoet&oc=1

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a) Sommet de la fenêtre du bras du transept nord.

Blason en kersanton.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'inscription de la cloche de 1599.

J'en rappelle les termes, encore inscrits sur la cloche de 1902 :

JAI ETE F. POVR LA HAPELLE [sic] DE MONSIEVR ST SEBASTIEN AN SAINT-SEGAL IAN LE ROY

RECTEVR M PIERRE BRICHETTE HERVE RIOV FABRIQVES AN  PLEBEN ET S SEGAL

LAN MIL VCC IIII XX ET XVIIII [1599]

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 LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES.

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A. L'ÉLÉVATION DU BAS-COTÉ SUD : 1685.

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Elle se situe à droite du porche sud.

 Microdiorite quartzite (pierre de Logonna), texte en réserve, lettres majuscules romaines. Notez la ponctuation archaïque à type de deux-points en séparation de mots, les "points en question étant des losanges. Notez aussi les N rétrogrades, très courants dans les inscriptions (parce que la forme de la lettre n'est pas encore fixée, ou bien par choix esthétique pour faire plus chic).

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S : SEBASTIEN : PR

IE : POVR : NOVS :

                   1685

 

"Saint Sébastien prie pour nous 1685".

Une partie de l'inscription (8 à 9 lettres) a été martelée avant la date : le nom d'un fabricien ?

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Contexte.

a) On sait que saint Sébastien est invoqué contre la peste (ou les épidémies plus généralement).

La peste a sévit à Quimper en 1564-1565, en 1586, 1594-1595 et 1636 et 1639, à Plougastel en 1598, un peu partout et notamment dans le Léon en 1626. Mais  la peste disparut à partir de 1670 pour plus de 50 ans en raison de l'accentuation du "petit âge glaciaire (1550-1850)", car le froid tuait les puces.

Cela n'empêchait ni les famines, ni les épidémies de varioles et typhus (jusqu'en 1657) ou les ravages dus à l'ergot de seigle ou Mal des Ardents (pour lequel on invoquait saint Antoine). 

https://cgf-bzh.fr/autour-de-la-genealogie-2/autour-de-la-genealogie/calendrier-climat-et-epidemies/

b) C'est en 1675 qu'eut lieu la Révolte des Bonnets rouges et sa répression, soutenue par les Jésuites et le père Maunoir.

c) Julien Maunoir mena ses campagnes d'édification de la foi en Bretagne (400 missions) jusqu'à sa mort en 1683 ; l'une des dernières missions eut lieu à Crozon.

d) Le seigneur prééminencier est alors François de Kergoët (1610-1693), qui a épousé en 1665 Marie-Yvonne de Rosily. Leur fils aîné René-François, né en 1668, épousera Marie du Dresnay en 1688.

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L'année suivante, la charpente et le lambris de recouvrement de la nef ont été posés, comme en témoigne  l'inscription gravée sur la sablière nord de la nef  : "M. F. : CVNIAT. CVRE : CH : LHARIDON : FA. 1686".

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Je place ici, en raison de la proximité spatiale et temporelle de la sculpture et de l'inscription, la Vierge placée au dessus du porche.

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LA VIERGE À L'ENFANT PAR ROLAND DORÉ (1618-1663).

L'attribution de cette Vierge à Roland Doré  été affirmée par Emmanuelle Le Seac'h dans son catalogue raisonné de 2014. On reconnaît d'ailleurs le style de ce sculpteur majeur du premier coup d'œil, par les joues rebondies de la mère et de son fils ou par le demi-sourire caractéristique. Roland Doré a aussi réalisé pour le calvaire de Saint-Ségal la Vierge, Marie-Madeleine et Jean au pied de la croix.

On notera le bandeau occipital de Marie.

Elle tient un fruit à sommet ovale, ou un hochet. Elle porte un manteau dont les pans tombent en deux plis symétriques festonnant, et une robe longue, ajustée au buste et plissée sous la taille. L'Enfant pose une main sur la nuque maternelle et une main sur sa propre poitrine, il porte une tunique longue et plissée.

Sous cette statue : le blason aux armes de Kergoët.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les inscriptions de la face sud de la  tour-clocher.

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1°) La première inscription (pour le regard qui part du bas de l'édifice) est celle qui accompagne un cadran solaire gravé dans la pierre, sous la corniche du clocher.

On y lit : I : L'HARIDON FA 1694.

Le cadran est tracé dans un cartouche rectangulaire, avec des lignes radiantes aboutissant aux chiffres romains de l'heure correspondante. Le stylet est absent.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

Nous pouvons imaginer qu'il s'agit de Jean (IAN) L'HARIDON, de la généalogie Louis Brun :

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr&iz=1542&p=jean&n=l+haridon&oc=10

En effet, il est décédé en 1724, il avait épousé Françoise Favennec,  ses 4 enfants sont nés entre 1683 et 1698, et surtout, son fils Christophe est décédé à Penfrat, lieu-dit tout proche de la chapelle.

Un autre Jean L'Haridon est celui de la généalogie Elisabeth Mazaud. Il est décédé avant 1699. Son fils René est ou serait né à Saint-Ségal

https://gw.geneanet.org/peafa?lang=fr&p=jean&n=l+haridon&oc=14

On aimerait relier ce I. L'HARIDON avec le CH. L'HARIDON qui était fabrique en 1686 et a inscrit son nom sur la sablière de la nef. C'est possible si on admet que CH correspond à Christophe, puisque Christophe et Jean sont deux frères :

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr&iz=1542&p=.&n=l+haridon&oc=1

Quoiqu'il en soit, nous sommes alors 9 ans après l'inscription du porche sud. 

 "Le clocher-porche refait en 1694 intègre l'ancien portail de style gothique flamboyant.  Ces dates sont confirmées par l'écu de la façade ouest aux armes des Kergoët et du Dresnay (René François de Kergoët et sa femme née du Dresnay), qui indiquent la fin du 17e siècle et le début du 18e siècle." (Inventaire général)

 

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les inscriptions hautes de la façade sud du clocher.

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Elles sont juste mentionnées sans être relevées par la notice de l'Inventaire, mais elles ont été partiellement  relevées par Couffon et par  Castel et Leclerc. Elles sont très difficiles à interpréter.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'inscription de gauche.

Elle semble simple et semble indiquer le nom d'un fabricien :

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P : LE FLOHE

F / L : 9.

P. Le Flohe, Fabricien. Mais le nom de Le Flohe n'est pas attesté (ou seulement dans le Morbihan). La forme très répandue Le FLOCH n'est pas attesté non plus à Pleyben ou Saint-Ségal à l'époque.

Castel a lu : P: LE : F : L : 9 .

Couffon a lu :  P : LE : PLOE.../F... L... 

Le repli du cartouche est également curieux. Enfin, on ne sait comment comprendre la fin de l'inscription, "L : 9". On ne peut lire L comme un chiffre romain, à coté d'un chiffre arabe.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'inscription de droite.

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La lecture est aléatoire, et n'aboutie à rien (LE MER ??) .

peut-être

LEPIO : PAR : KEL : AVA

LE MAIRE

Castel a lu :  LEP : G : ----- AV ---AC / MACE .

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le blason de la face ouest de la tour du clocher.

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Du Dresnay : d'argent à la croix anillée (ou ancrée) de sable, accompagnée de trois coquilles de gueules.

 

 

Les deux blasons de Kergoët et du Dresnay  sont réunis à l'intérieur de palmes sous une couronne .

Ce sont les mêmes armes qui figurent au dessus du retable sud (1706), et qui sont celles du couple René-François de Kergoët (1668-1705) et de Marie du Dresnay qu'il épousa en 1688.

http://www.lavieb-aile.com/2019/07/la-chapelle-saint-sebastien-en-saint-segal-la-chaire-a-precher-et-les-statues.html

Ces données sont cohérentes avec la date de 1694 de l'inscription de la face sud (I. L'HARIDON)

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LES INSCRIPTIONS DE LA SACRISTIE DE 1742.

La sacristie octogonale (différente de celle, quadrilobée, de Pleyben reconstruite en 1719) est couverte en carène renversée et s'abouche entre le chevet et le bras sud du transept . Elle porte trois inscriptions.

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copyright François Dagorn Inventaire Général.

copyright François Dagorn Inventaire Général.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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1°) Inscription du linteau de la fenêtre  sud-est.

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 Microdiorite quartzite (pierre de Logonna), texte en réserve dans un cartouche, lettres majuscules romaines. Pas de ponctuation entre les mots. Lettres conjointes (TE), M en W, et N rétrogrades.

" MI : RE IVLIEN BORNIC  RE

CTER MI : RE MICHEL CRAVEC CVRE 1742.

Messire Julien Bornic recteur, messire Michel Cravec curé 1742

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a) Julien Le Bornic fut recteur de Pleyben de 1720 à 1743.  Il fit élever, en 1725, l'arc-de-triomphe placé à l’entrée du placître, ancien cimetière. Il convertit en chapelle des Trépassés, en 1736, l'ossuaire, qu’il bénit à cet effet. Il réalisa le déplacement du Calvaire monumental et sa translation à l’endroit qu’il occupe actuellement, de 1738 à 1742. Il fut enterré dans l'ossuaire, le 5 Février 1743.

Il avait été auparavant (en 1699 et 1704)  recteur de ChâteaulinSes revenus étant suffisant, il fit, ou fut obligé de faire, enregistrer son blason vers 1696 dans les registres de Charles d'Hozier ;  d'argent à une bande d'azur chargée de trois macles d'or

b) Michel Cravec curé de Pleyben, fut ensuite recteur de Plomodiern (il en signe les registres en 1744 et en 1749)

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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2°) Angle droit du pan sud de la sacristie.

Appartient au chaînage d'angle. Microdiorite quartzite (pierre de Logonna), texte en réserve dans un cartouche, lettres majuscules romaines. 

F: NICO

LASFA

BRIQVE

"F. Nicolas Fabrique."

Le nom du fabricien accompagne régulièrement  celui du recteur et du curé, l'inscription doit donc être associée à la précédente.

Le petit blason en haut du pan sud porte les armes de Kergoët mais il est peu lisible. À cette date, la famille de Kergoët est alors représentée par Mathurine-Josèphe-Reine du Kergoët, qui a épousé le 19 mai 1733  "haut et puissant Messire Jacques-Joseph-René de Kerouartz, seigneur de Lomenven, président au Parlement de Bretagne". Ils occupent le manoir de Guilly en Lothey. Mais leurs armoiries ne sont pas présentes (Kerouartz = d'argent à la roue de sable accompagnée de trois crossettes de même).

 

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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3°) Linteau de la fenêtre sud-ouest.

 

Microdiorite quartzite (pierre de Logonna), texte en réserve dans un cartouche, lettres majuscules romaines. M en forme de W, N rétrogrades.

 MI : RE IEHAN HELGOVA

RCH CHAPELAIN  MI : RE

IEAN BRIS P:TRE. 

"Messire Jean Helgouarc'h chapelain, messire Jean Bris prêtre."

 

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Jean HELGOUARC'H était le chapelain de la chapelle Saint-Sébastien depuis au moins 1726, puisqu'à cette date, il assiste à l'inhumation de François Jean-Baptiste de Kergoët, en compagnie de Julien Le Bornic.. 

1726. — « Le 29ème jour d'Avril 1726 a esté inhumé le corps de Messire François-Jean-Baptiste, cheff de nom et d'armes du Kergoët, issu des Bannerets de Bretagne, chevallier seigneur, comte du dit lieu, Le Guilly, Lézaon, Troamboul, Loppeau, Coetsquiriou et aultres lieux, âgé de trente-six ans, huit mois et vingt-six jours, décédé le 26 du courant après avoir reçu tous ses sacrements, et ont assisté au convoy les soubsignants et plusieurs autres. J. Le Bornic, prestre recteur de Pleiben et de Saint-Ségal ; G.-J. Bigeaud, vicaire perpétuel à Châteaulin ; H. Le Garz, recteur de Saint-Thois ; Gilles-François Floc'h, recteur de Lothey ; Y. Rohou, recteur de Saint-Coulitz ; Yves Ropartz, prestre de Lothey ; L. Mallégol, prestre de Pleiben ; H. Robin, prestre de Saint-Coulitz ; Jean Helgouarc'h, prestre et chapelain de Saint-Sébastien, en Saint-Ségal ; Guillaume Guédès, prestre ».

Le chapelain disposait d'une maison, placée à quelques mètres au sud. Il devait dire quotidiennement la messe dans la chapelle. Pour Yves Madec, "Le chapelain de Saint-Sébastien avait donc très peu à faire, quoiqu'il eût une maison et un jardin clos de murs, contigus à l'enceinte entourant la chapelle. Il avait une messe basse à dire tous les dimanches, à Saint-Sébastien même, tout comme le chapelain de Saint-Nicolas avait la sienne à dire dans la chapelle du Port-Launay."

Mais le site de la mairie fait remarquer que "Isolée du bourg par 4 kms, sa taille assez importante pour une chapelle, en  faisait souvent l'annexe de l'église paroissiale pour les habitants du Goulit éloignés du bourg".

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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CONCLUSION
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Les inscriptions ne donnent pour cette chapelle que 3 dates extérieures (1685 pour l'élévation sud de la nef,  1694 pour le clocher et 1742 pour la sacristie) et 3 dates intérieures (1706-1707 pour le retable sud et 1763 pour la sablière du bas-coté nord, 1766 pour le confessionnal). J'y ajoute la date de 1599 sur l'ancienne cloche.

Les données héraldiques extérieures témoignent de l'investissement, ou de la marque de prééminence de la famille de Kergoët par trois couples : Gilette de Kergoët et Michel du Bot (bas-coté nord), son oncle Jean de Kergoët et Perrine de Kerpaen, et René-François de Kergoët ( chevet et calvaire) et Marie du Dresnay (clocher) , tandis qu'un blason complémentaire du retable du chœur introduit le couple de François Jean-Baptiste du Kergoët et Marie-Josephe du Chastel.

Ces données sont moins fiables, car le créneau est large pour chaque couple, entre la date de leur mariage et celle, parfois imprécise, du décès du dernier survivant (sans faire intervenir la possibilité d'armoiries apposées de façon posthume).

Rappelons ces dates :

Jean de Kergoët x Perrine de Kerpaen : 1541 , d'où [1541-1567] : chevet et calvaire.

Gilette du Kergoët x Michel du Bot :  1554, d'où [1554-1567] : bas-coté nord et charpente du transept

René-François de Kergoët x Marie du Dresnay : 1688, d'où [1688-1710] : clocher-mur.

François Jean-Baptiste du Kergoët x Marie-Josephe du Chastel : 1710 : retable du chœur.

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Ces données chronologiques sont complétées par la mention des noms des membres du clergé (recteur, curé et chapelain), des fabriciens et des parrain et marraine de la cloche. Cela précise les choses lorsque ces personnages nous renvoient à des documents datés et à des données généalogiques.

Pierre BRICHETTTE (BRICHET), fabricien en 1599.

Hervé RIOU, fabricien en 1599,

Christophe L'HARIDON , fabricien en 1686

Jean L'HARIDON, fabricien en 1694

F. AUTRET, fabricien en 1706 (et 1707?)

F. NICOLAS fabricien en 1742

Jean LE ROY, recteur de Pleyben et Saint-Ségal en 1599

François CUNIAT, curé à Saint-Sébastien et curé de Pleyben en 1686

Yves Le COQUET, recteur de Pleyben et Saint-Ségal de 1694 à 1720.

Julien LE BORNIC , recteur de Pleyben de 1720 à 1743.

Michel CRAVEC curé du recteur Le Bornic en 1742

Jean L'HELGOUARC'H chapelain de Saint-Sébastien en 1742,

Jean BRIS, prêtre en 1742

Guillaume Le Léon, recteur en 1766 (confessionnal)

 

 

Les artistes et artisans sont parfois aussi connus, ou reconnus :

Jean Le SEVEN, menuisier et JEAN CEVAËR, sculpteur  pour les retables sud (1706-1707) et du chœur (v. 1710) : par attribution.

Louis COZIC peintre-doreur en 1714 pour le retable sud.

Olivier GRALL, peintre doreur du maître-autel en 1729.

Roland Doré, sculpteur (1618-1663) de la Vierge à l'Enfant du porche sud : par attribution.

Maître de Saint-Thégonnec sculpteur actif en 1550-1610), pour le calvaire et pour  les  saints Yves et François d'Assise de l'arc de triomphe (attribution par E. Le Seac'h)

Atelier du Maître de Pleyben, sculpteur sur bois actif au dernier quart du XVIe pour les sablières du chœur et des bras du transept (attribution personnelle)

 

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Enfin, des indices stylistiques peuvent encore préciser les évaluations :

 

Retable du bras nord du transept :  Vierge à la démone et au bandeau occipital de la deuxième moitié du XVIe / certains éléments polychromes du XVIe siècle.

Arc de triomphe : peut-être du XVIIe par son inspiration classique (Inventaire Général)

 

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Résumé : la chapelle Saint-Sébastien fut construite au XVe siècle pour conjurer la peste, avec un plan en croix latine dont témoigne encore la structure de la nef, le chœur à chevet plat et le bras sud du transept.

Le bras nord du transept et le bas coté nord ont été reconstruits au XVIe siècle. Le calvaire date de la seconde moitié du XVIe.

Le bas-coté sud fut reconstruit au XVIIe siècle (1685). 
Le clocher-mur fut élevé à la toute fin du XVIIe siècle (1694)

Le recteur Yves Coquet fit construire les retables sud et du chœur entre 1706 et 1710, et jusqu'en 1729.

La sacristie fut ajoutée en 1742.

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SOURCES ET LIENS.

CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— COUFFON, (René), LE BARS, (Alfred), 1988. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

 

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Saint-Ségal Inscriptions héraldique
12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 20:36

Concert de serpent et clavecin à l'abbaye du Relec le 11 juillet 2019 : A trace of grace, Michel Godard et Freddy Eichelberger.

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"On dirait un serpent qui danse, au bout d'un bâton" (Baudelaire)

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Voir ici sur le serpent comme instrument de musique :

 

 

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Pour la première fois, j'ai l'occasion d'entendre jouer du serpent, cet instrument tordu que j'avais découvert sur le lutrin de Brest, dont j'avais appris qu'il était joué couramment en accompagnement des chantres es églises et chapelles notamment bretonnes, et que tous les chœurs des cathédrales étaient soutenus par le jeu d' un serpentiste ... qui laissait parfois son nom gravé sur sa place dans les stalles.

Et, pour cette première fois, j'avais le privilège d'écouter celui qui l'avait ré-introduit dans la musique classique, dans le jazz et l'improvisation : Michel Godard.

https://michel-godard.fr/french/html/equipment.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Godard_(musicien)

Il se produisait en duo avec le claveciniste Freddy Eichelberger lors du Petit Festival de Son ar Mein à l'abbaye du Relec en Plounéour-Ménez, avec le concours de Chemins du Patrimoine en Finistère.

http://www.petitfestival.fr/xwiki/bin/view/festival/2019/concerts

Le programme ? Des "improvisations musicales à la croisée du jazz et des musiques anciennes".

 

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S.... S....Silence !

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Concert de serpent et clavecin à l'abbaye du Relec : A trace of grace, Michel Godard et Freddy Eichelberger.

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Concert de serpent et clavecin à l'abbaye du Relec : A trace of grace, Michel Godard et Freddy Eichelberger.

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Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

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Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

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Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

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Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

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Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

Michel Godard et Freddy Eichelberger, abbaye du Relec. Photographie lavieb-aile 11 juillet 2019.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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