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17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 15:30

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35).

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Voir aussi sur cette église :

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Voir :

 

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Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

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PRÉSENTATION.

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La fondation de la collégiale et le mécénat des seigneurs d'Épinay.

Simon d'Espinay avait obtenu en 1414 du duc Jean V l'autorisation de reconstruire l'église, une ancienne maladrerie (et donc dédiée à Marie-Madeleine) située près de son manoir de la Rivière en Champeaux. L'édifice devint alors (et jusqu'au XVIIe siècle)  la nécropole de sa famille. Vers 1432, son fils Robert d´Espinay, grand maître de Bretagne et chambellan du duc Jean V, obtient du pape la création à Champeaux d´une collégiale, dont les statuts définitifs ne sont approuvés qu´en 1484, avec un collège de  cinq (ou six) chanoines tenus à résidence au cloître, tout comme les chapelains, les employés au chœur, les enfants de la psallette.

Les six chanoines sont aussi recteurs de six églises paroissiales, dont les revenus s'ajoutent à ceux de la collégiale. En 1548, Carloix décrit un maître de chapelle, de nombreux chantres, huit enfants de chœur, une très bonne musique. 

Robert Ier d'Espinay y fut inhumé en 1439 ;  Jacques, évêque de Rennes, en 1482 ; Guy Ier, qui fit construire la chapelle Saint-Julien, en 1518, Guy II en 1522, avec sa femme Françoise de Villebranche.

L'édifice bénéficia ensuite des fondations successives des membres de la famille d'Épinay. Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, mariés en 1528, y exercèrent un mécénat actif, et y offrirent les stalles (vers 1530) et les vitraux (1539-1541) de la maîtresse-vitre  et de la chapelle Sainte-Barbe.

 En 1542, ce seigneur et cette dame fondèrent à Champeaux douze obits (service religieux pour la paix de leur âme) par an .

Guy III d'Espinay mourut le 2 août 1551 et fut inhumé à droite du maître-autel. Sa veuve (qui  mourut le 8 février 1567 et fut inhumée près de son époux) fit construire sur sa tombe le monument funéraire par  Jean de Lespine.  "Ce Jean de Lespine est célèbre. Il est à juste titre considéré comme le plus grand des architectes angevins de la Renaissance. On lui doit, parmi bien d'autres travaux, le délicieux logis Pincé d'Angers, achevé vers 1530, la tour centrale de la cathédrale. d'Angers, celle de la Trinité, etc. Lespine fut pendant plus de trente années l'architecte de la ville d'Angers." Il dirige aussi en 1539 la construction d'un escalier à double volée et plafond à caisson du château de Serrant. Son épitaphe en 1576 aux Carmes d'Angers comporte ces deux vers : "Tu as élabouré temples et sépultures, Logis des ossements des nobles créatures".

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Le contrat :

Le contrat entre  "Jehan de Lespine, maistre maczon" et l'abbé Jean du Mas représentant Louise de Goulaine date du 7 novembre 1552. Il stipule que le matériau en sera, outre le marbre noir,  la "pierre de Rajace" (ou Rapasse, ou Rajasse, lieu-dit au nord de Champigny-sur-Veude), une pierre blanche, plus dure que le tuffeau,  et de beau grain, fort estimée des sculpteurs. Elle avait été employée en 1431, par Jean Poncet pour le tombeau de l'abbé Jean du Bellay à Saint-Florent-es-Saumur, et, avant 1453, pour le tombeau du roi René et Isabelle de Lorraine en la cathédrale d'Angers.

http://dune.univ-angers.fr/fichiers/14002177/2019HMHCP11361/fichier/11361F.pdf

https://saumur-jadis.pagesperso-orange.fr/methode/materiau.htm

 

Le prix fixé est de 1380 livres tournois.

 

"c'est assavoir que edIt de Lespine a promys et demeure tenu faire et construiree à ses coustz, mises et despens en l'église de Champeaulx près ledict lieu de la Rivière d'Espinay, diocese de Rennes, en l'endroict ouquel ledict deffunct est ensépulturé. une sépulture dudict deffunct et de ladicte damoyselle par la forme qui s'ensuyt :

scavoir est faire deux prians et deux gisans lesquelx seront faictz de pierre de Rajace l'un pour la figure dudict deffunct et l'autre pour la figure de ladicte damoyselle et lesquelx prians et gisans seront estoffez de blanc polyz en manière de beau marbre et les esperons du priant de cuyvre doré.

Lesdicts gisans seront nuds et posez sur une table de Rajace dont le davant sera faict de marbre noir en sorte qu'il semblera à l'œil que toute ladicte table soit de marbre. Et les deux prians seront poséz dessus une table de marbre noir qui aura quatre piedz et demy de long pour le moins et deux piedz quatre doiz de large, et pour ce que ladicte table se monstreroit ung peu trop courte, sera allongée par les boutz de marbre jaspe ou de marbre noir. Et seront faictz troys termes en forme de monts qui seront faictz de pierres, madriers ou d'alebastre.

Item les columnes qui seront aux deux coustez seront faictes de marbre, scavoir l'une de blanc et l'autre de noir; les embasses et chapiteaulx de pierre de Rajace mys en couleur de marbre.

Item l'epitaphe de l'admortissement de ladicte sepulture sera faict de marbre noir et les mouleüres
d'alentour de Rajace. La mort tenante ledit epitaphe sera de pierre de Rajace à  blanc poly mys en couleur de marbre blanc. Item au derriere et coustez des deux prians sera faict ung compartiment et deux epitaphes en tables de cuyvre qui seront assis aux deux boutz du dessus de ladicte sepulture, l'un pour ledict deffunct et l'autre pour ladicte damoyselle chacun de grandeur de deux piedz de long et ung pied et demy de large.

Item sera faict une voulte au dessus des deux prians, laquelle sera faicte de pierre de Rajace à compartiemens et parcquets et armaries dudict deffunct et tout le sourples de ladicte sepulture sera de pierre de Rajace. Et le tout selon les protraictz sur ce faictz et signés des signs manuelz dudict Reverend  dudict Lespine qui sont en nombre troys, l'un du principal corps de ladicte sepulture, l'aultre de la voulte et l'autre du compartiement, lesquelx protraictz sont demeurez audict de Lespine à la charge de les représenter touleffois et quantes que mestier sera.

Et fournira ledit de Lespine de toutes matières et fera fere les estoffes et Painctures ou y aura, filletz d'or aux endroictz mercquetz de jaulne par lesdicts portraictz, lesquelles matières, ledit de Lespine rendra au port de Segré et dudict port de Segré, ladicte damoyselle les fera mener et charger à ses despens jusques à la place de ladicte sepulture, le plus tost que fere ce pourra après que ledict de Lespine les aura rendues audict lieu de Segré; et rendra ledict de Lespine ladicte sépulture faicte et parfaicte bien et deüment dedans la fin-aoust prouchain venant."

 

 

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Henri Busson attribue le texte des épitaphes et inscriptions au cardinal Charles d'Espinay (1531-1591) fils de Guy III d'Espinay, disciple de Ronsard et auteur en 1559 de Sonnets amoureux. Mais en 1552, il était au début de sa carrière.

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Description.

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Le tombeau de Guy d'Espinay, en pierre blanche rehaussée de marbres de couleur, se composait  donc de deux enfeus superposés, l'un pour les gisants, l'autre pour les orants, selon le plan mis à la mode par les Italiens à Saint-Denis pour le mausolée de Louis XII.  Les priants agenouillés des défunts revêtus de leurs plus beaux atours et situés dans la niche supérieure ont disparu à la Révolution. Les corps décharnés des gisants ou transis sont répartis aujourd'hui entre les deux niches du tombeau ; celui de Louise de Goulaine dans la niche supérieure, celui de Guy d'Epinay dans la niche inférieure.

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Il est impossible de ne pas penser au célèbre Transi de René de Chalon, Prince d'Orange, réalisé par le sculpteur lorrain Ligier Richier en pierre calcaire en ... 1545-1547. Le défunt (décédé à 25 ans) est représenté sous ses armoiries comme un corps décomposé, écorché, debout, la main droite sur un écu posé sur la poitrine et la main gauche levée, brandissant son cœur vers le ciel. On peut voir ce geste comme le souhait d'accéder, par la gloire de sa mort et par celle de son nom, à l'immortalité en sauvant son cœur et son blason de la décomposition.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Transi_de_Ren%C3%A9_de_Chalon

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Les deux gisants , photo in Henri Busson 1922.

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Il mesure 6,60 m de hauteur,  3,30 m dans sa plus grande largeur et 1,60 m de profondeur, mais les deux enfeus sont fort inégaux. Tandis que l'inférieur, formant soubassement, est bas et sombre, comme il convient à un sépulcre destiné à recevoir l'image des cadavres, celui d'en haut, arrondi en plein cintre inscrit dans un portique dorique à deux colonnes, atteint plus de deux mètres et s'ouvre largement à la lumière près du beau vitrail du chevet. Le tout est couronné par un large fronton semi-circulaire.

Le fond et le plafond en sont ornés d'arabesques fort gracieuses et d'un écusson portant la date : 1553. Sur les cotés de la niche inférieure l'artiste a disposé deux pilastres ornés à l'italienne d'un trophée suspendu à une tête de griffon ; au dessus, encadrant l'arc triomphal, s'élèvent deux colonnes de marbre rose. L'ensemble du monument est semé de fleurs, d'oiseaux, de fruits et les moulures en sont rehaussées d'or. Des cartouches portent les lettres G et L, initiales des deux défunts.

Le tombeau de la fille des défunts, Claude d´Epinay, est placé dans la chapelle Sainte-Barbe, juste de l'autre coté du mur. Il est plus petit mais témoigne tout autant de cet art raffiné de cour, empreint de modèles antiquisants et de l´esprit nouveau de la Renaissance.

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Un tombeau sans référence chrétienne, une rupture dans l'art funéraire.

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On remarquera l'absence complète de tout signe ou de toute inscription en rapport avec la religion chrétienne, et plus généralement avec quelque religion, sur ce tombeau. Pourtant, la famille d'Espinay compte de nombreux prélats, des abbés des abbesses . Il faut voir là la façon de faire de l'époque en matière de monument funéraire.

L'artiste a substitué des statues de cadavres aux gisants qui ornaient les anciens tombeaux, la tête entourée d'anges, pieusement couchés dans leurs armures (ou leurs atours, pour les dames), les yeux ouverts tournés vers le ciel , les pieds sur des animaux emblématiques (lions ou moins souvent chiens). Mais ici les deux cadavres sont absolument nus ; ils ont les yeux fermés, et rien ne rappelle plus ni l'espoir chrétien de la résurrection.

Les statues des Apôtres, ou des saints, qui se suivaient dans des niches du soubassement, ont disparu, alors qu'on les trouve encore dans les tombeaux d'Artus, de Claude Gouffier en leur collégiale Saint-Maurice dOiron vers 1518 et 1559. Dans le tombeau de Guillaume Gouffier de Bonnivet, l'amiral de France est en armure, dans la disposition traditionnelle du gisant, mais son tombeau de marbre noir porte des médaillons blancs à ourobouros et, au centre, l'emblème à ancre et dauphin avec la devise festina lente, empruntée à l'imprimeur vénitien Alde Manuce. 

Cette sépulture de Champeaux est, dans son aspect, proprement "païenne" (H. Busson), mais plutôt pour adopter la tendance esthétique et humaniste de leur milieu de la cour royale du Val de Loire que par détachement de la Foi et pratique chrétienne, puisque les deux époux  veillèrent, par donation,  à ce que premier dimanche de chaque mois on chante la messe et un Libera à leur intention, alors que la veille, on chantait les vêpres, un nocturne et les laudes des morts, ou que le 2 août et le 8 février, la messe d'anniversaire remplaçait l'office du 1er dimanche de ces mois (Arch. Ille-et-Vilaine G.449 f°25 cité par Busson).

 

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Une restauration récente.

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Ma première visite de la collégiale date de 2013. C'est l'année suivante que les travaux de rénovation intérieure ont démarrés, ils se sont poursuivis jusqu'en 2018.

Je montrerai en fin d'article quelques photographies de l'état avant restauration.

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Mon  but est de contribuer à rendre disponible, en ligne, les clichés photographiques récents, afin de documenter les recherches d'iconographie sur la sculpture de la Renaissance en Bretagne.

Voir notamment ici la chapelle du château de Kerjean (29) vers 1580, et les sablières de l'atelier du Maître de Pleyben présentant des cuirs à enroulement, ou les panneaux de la tribune d'Esquibien et de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le fronton.

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Au centre du fronton cintré trône la Mort, sous la forme d'un homme décharné émergeant en buste d'une plaque noire . Sa tête aux  longs cheveux est au centre d'un médaillon orné de rayons blancs .

L'ensemble, peint en noir, blanc et or, est une composition parfaitement Renaissance, avec volutes, pots à feu, frise grecque, masques léonins tenant dans leur gueule une linge, coquilles, guirlandes, et, en bas, un ange dans un cuir à enroulement. C'est là tout le vocabulaire issu de l'école de Fontainebleau après la décoration en stuc de la Galerie François Ier (1534-1539) par les décorateurs italiens comme le Rosso et le Primatice.

Mais le rapport avec le cénotaphe de Thomas James en sa cathédrale de Dol-de-Bretagne (premier monument Renaissance en Bretagne), réalisé par les  sculpteurs italiens Betti (surnommés les Juste) vers 1509, doit être remarqué. [Charles d'Espinay, fils des défunts, a été évêque de Dol, mais seulement à partir de 1560. Il y sera inhumé.]

Longtemps, le monument funéraire de Champeau fut attribué — notamment par Henri Busson — à l'atelier des Juste à Tours, et notamment à Jean Juste II (1510-1577), malgré les réserves faites par Henri Bourde de la Rogerie. On sait que Jean Juste Ier (1485-1549) a sculpté le tombeau de Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, à Ancenis, celui de Thomas Bohier dans l'église Saint-Saturnin de Tours, de l'abbé Louis de Crévent à Vendôme, et d'Artus Gouffier (mort  en 1519) et/ou Claude Gouffier (mort en 1570) à la collégiale Saint-Maurice du château d'Oiron (Deux-Sèvres). Mais cette attribution des tombeaux de Champeaux est désormais réfutée : cela n'interdit pas les comparaisons.

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L'inscription. La Mort victorieuse de l'amour terrestre.

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Presque au sommet du monument, qui garnit toute la muraille à droite de l'autel, est gravée en lettres d'or sur fond noir  l'inscription suivante en vers latins : 

 

Mors in utriusque mortem :

Non cedat tellus, styx, aer, pontus, amori,

 Tellus, styx, aer, cedet et unda mihi ;

Cedat et ipse puer Quidvis [Quidnis] mihi, si quid amori.

Mundus habet ; mundus nam domo quidquid habet.

Quos nunc funereo junxi sub marmore quondam

Junxit amor ; vici ; sic quoque victus amor.

At quis amor ? Mortalis amor, qui numina divi

Emeritus erat ; vicit at alter amor.

Sic mors, verus amor, coelum concessit utrique,

Vitam, nectar, opes, morte, siti, spoliis.

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H. Busson propose la traduction suivante (je remanie à peine le début): 

"La Mort, à chacun des défunts :

"La terre, les enfers, l'air, l'océan ne sont pas soumis à l'amour ; la terre, les enfers, l'air, la mer me sont soumis à moi. Cède toi-même aussi à ma puissance, Enfant de Vénus, si tu commandes aux éléments. Le monde te possède ; or, je détruis tout ce qui est en ce monde. Ceux-là que j'ai réunis sous ce marbre, autrefois l'amour les unit.

Je suis donc victorieuse et l'amour est vaincu. Mais quel amour ?

L'amour mortel qui avait acquis un pouvoir divin ; mais il est vainqueur, l'autre amour.

Ainsi, la mort, véritable amour, leur a donné le ciel à tous deux,  la vie, l'ambroisie, l'abondance, par la mort, par la soif, par la privation. "

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Cette curieuse épitaphe est significative de ce temps  où, comme l'écrit H. Busson, "Platon avait remplacé l'Évangile pour les érudits" : elle est toute entière construite sur l'opposition entre l'amour mortel générateur, et l'amour immortel , et renvoie au dialogue de Pausanias et Socrate dans Banquet de Platon (VIII-IX)  où la prêtresse Diotime initie Socrate à l'élévation de  l'âme de la vision des beautés charnelles à celles de l'esprit, puis à cette « beauté immuable, éternelle, dont participe tout ce qui est beau sans rien enlever ni ajouter à sa perfection » ( Banquet chap. XXIX) . L'amour de la Beauté mène ainsi à l'immortalité. Plus loin, Pausanias répond à Phèdre qu'il faut distinguer deux Amours, Amour céleste et Amour populaire,  et deux Vénus (dans la mythologie, Vénus est mère d'Eros/Cupidon/Amour], la Vénus-Uranie qui est fille du Ciel et Vénus populaire. "La conclusion est donc qu'il est beau d'aimer pour la vertu. Cet amour est celui de la Vénus céleste, céleste lui-même, utile aux particuliers et aux états , et digne de leur principale étude , puisqu'il oblige l'amant et l'aimé de veiller sur eux-mêmes, et d'avoir soin de se rendre mutuellement vertueux. Tous les autres amours appartiennent à la Vénus populaire."

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L'épitaphe relève plutôt de la lecture qui se fit à la Renaissance du Banquet de Platon, et notamment de celle du futur cardinal Bembo, dans ses Gli Asolani  entre 1497 et 1502. Une traduction française, sous le titre « Les Azolains - De la nature de l'amour », avait été publiée par l'humaniste Jean Martin en 1545 chez Michel de Vascolan et rééditée en 1553. Dans son Livre III sous-titré Lavinello , le héros soutient la théorie de la l'amour platonique, défini comme la contemplation de la beauté idéale présente dans les choses terrestres.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k710955.image

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In fine, cette inscription peut se lire comme une qualification du mécénat artistique des seigneurs d'Espinay en leur collégiale de Champeaux :  si la finalité de l'amour terrestre est "la génération dans la beauté" , l'amant initié aspire à se survivre dans sa postérité et veut obtenir par la commande artistique un accès vers l'immortalité.  C'est aussi la base des Amours de Ronsard, qui par le biais de la description de la beauté (périssable) de l'aimée, cherche la gloire pérenne.

 Le dernier vers relève parfaitement des jeux d'oxymore des SonnetsLa mort est le vrai Amour, elle procure la Vie (de la Gloire), comme la Soif procure l'ambroisie, boisson des dieux de l'Olympe, et la privation (donc le Désir) procure l'opulence .

Sic mors, verus amor, coelum concessit utrique,

Vitam, nectar, opes, morte, siti, spoliis

De même, Ronsard avait exprimé dans ses Odes (ode VIII où l'Usure du temps s'adresse au poète), comment l'œuvre artistique était, mieux encore qu'un tombeau, capable de perpétuer un grand nom :

Ne pilier, ne terme dorique,

D'histoires vieilles décoré,

Ne marbre tiré de l'Afrique

En colonnes élabouré,

Ne fer animé sur l'enclume

Ne feront vivre ton renom,

Comme la pointe de ma plume

Pourra perpétuer ton nom. 

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'enfeu supérieur.

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Un arc en plein cintre posé sur deux pilastres soutient un architrave de style dorique avec alternance en frise de triglyphes et de métopes sculptés de trophées d'armes : la référence à l'antique est patente.

Les trophées associent boucliers et carquois, cuirasses, lances et flèches, soulignant le rôle militaire de la noblesse bretonne, le titre de chevalier du défunt, et les expéditions récentes en Italie. Guy d'Espinay était un grand historien de son temps, et son fils Jean lisait des ouvrages de science de la guerre (S. Joubert).

Un panneau associe à une cuirasse deux boucliers au décor comique et fantasque de deux masques, l'un riant et l'autre triste.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le fond et son inscription.

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Le fond noir comporte un savant entrelacs blanc dont l'ovale central renferme un cartouche posé sur un cuir à enroulement.

On y lit l'inscription :

FAMA . MORTALIBVS 

VNA . SUPERSTES

Fama, ae est le renom, la réputation, la célébrité ou la gloire.  Solen Joubert propose la traduction "Aux mortels  ne survit que la Renommée ". Mais cette gloire posthume n'est pas accessible aux simples mortels,  et le Renom suppose au préalable un Nom, et des Armes.  Pour les nobles mécènes, l'importance donnée à la gloire posthume est cruciale.

Henri Busson remarque les mots Fama superstes ("la Renommée qui survit") dans une Ode d'Horace, ou dans les Tristes d'Ovide (III, VII, 50), ou sur l'épitaphe de l'évêque de Dol Thomas Le Roy en la cathédrale de Nantes (BnF lat. 17025 f°50). Alain Croix, sans donner de traduction, trouve que cette inscription dénote l'idée majeure du monument : servir la renommée, la gloire du nom, dans un macabre précieux, élitiste et totalement coupé des réalités et d'une préoccupation de la mort.

L'importance donnée à la Gloire militaire se manifeste dans le décor guerrier du monument.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le plafond de l'enfeu supérieur, ses armoiries et ses inscriptions.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les armoiries.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le blason associe les armoiries de Guy d'Espinay à gauche (on note des traces des couleurs d'origine) et celles de Louise de Goulaine à droite.

Les armoiries de la famille d'Espinay : D’argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d’or :

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Ce fichier est dérivé de :  Armoiries de Mirwart.svg:Cette image vectorielle non W3C-spécifiée a été créée avec Inkscape., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26791876

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Les armoiries de Goulaine  Mi parti d'Angleterre et de France (mi-parti de gueules à trois léopards d'or passant l'un sur l'autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or :

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Armoiries de la famille de Goulaine, Wikipedia, travail personnel de Jimmy44

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La date de 1553 figure dans un cartouche à cuir à enroulement sous la forme 1.S.S.3.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les chiffres (initiales) des époux Guy et Louise figurent dans un cartouche à cuir à enroulement, réunis par un lac d'amour.

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Ces initiales entrelacées rappellent celles de Louis III de Montpensier et de Jacquette de Longwy, dans la nef de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude, réalisée entre 1538 et 1561. Souvenons-nous que Louise de Goulaine exigea pour le monument funéraire la pierre de Rajace, extraite à proximité de Champigny-sur-Veude.

Ces initiales au lacs d'amour se trouve aussi sur un coté de la maîtresse-vitre.

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Baie 0 de Champeaux, vers 1540. Photo lavieb-aile août 2020.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les cotés de l'enfeu et ses armoiries.

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À droite, les armoiries bûchées de Guy d'Espinay avec casque et lambrequins.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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À gauche, dans un panneau de fond noir, un angelot présente un blason losangique (et donc féminin) les armoiries mi parti d'Espinay et de Goulaine, qui ont été bûchées mais dont les couleurs persistantes permettent l'attribution.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'enfeu inférieur.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Deux personnages en buste sur colonne (télamons) représentent les défunts décharnés se mettant debout. Voir les photos du site POP https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/IVR53_19843500519V

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les pilastres.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Guirlandes de fruits, têtes de bélier, oiseau (aigle ?). Le cartouche porte la date de 1553, peinte et non gravée.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Ce très bel ensemble de cuirs découpés à enroulement en lanières cloutées parmi des fruits s'orne d'une tête féminine. On y trouve le motif de linges passant par des orifices circulaires des cuirs, comme au château de Kerjean (entre autre).

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'état  avant la restauration de 2014-2018.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

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SOURCES ET LIENS.

—BUSSON (Henri), 1922, Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591): Thèse complémentaire, présentée pour le Doctorat ès lettres, à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Champion ed, Paris. 246 pages

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3380739s

https://books.google.fr/books?id=NX3VDwAAQBAJ&pg=PT31&lpg=PT31&dq=%22tellus+styx%22&source=bl&ots=RzqKwKQm30&sig=ACfU3U1sfHNtevj6Vdd1wooHxy8GUEx57A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj4oqDjle7rAhVJ8uAKHeIKCjwQ6AEwAXoECAMQAQ#v=onepage&q=%22tellus%20styx%22&f=false

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

—BUSSON (Henri), 1922, "Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591)", Mémoires de la SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

— ESPINAY (Charles d'), 1559, - Sonets amoureux / par C.D.B. [Charles d'Espinay. Breton], 1559

— ESPINAY (Charles d'), 1560  Les Sonets amoureux : Les sonets / de Charles d'Espinay, Breton, reveus et augmentez par l'autheur, de l'imprimerie de Robert Estienne, 1560 .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70650m.image

—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

— HEURES A L'USAGE DE RENNES Horae ad usum Redonensem Mazarine ms 0506, 141 folios. Le manuscrit porte les armoiries de Richard d'Espinay au folio 13.

https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&reproductionId=14099&VUE_ID=1373802&panier=false&carouselThere=false&nbVignettes=tout&page=1&angle=0&zoom=&tailleReelle=

https://portail.biblissima.fr/fr/ark:/43093/mdata1b17160092233d2f86f48948aebacf534fb0f7f7

Enluminures :

https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?reproductionId=14099

— JOUBERT (Solen), 2003, "Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance." SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

 

Guy III d'Espinay fut élevé à la cour des Laval à Vitré, très réceptive aux nouveautés de la Renaissance. En 1526, il fut présenté à François Ier de retour de sa captivité de Pavie, au moment même où le roi donnait une nouvelle impulsion à l'humanisme et à l'influence artistique italienne en France.

— LEVRON (Jacques), 1939, « Le tombeau de Champeaux », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t.XIV, p. 87-92.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65611407/f131.image


— LEVRON (Jacques), 1940, "Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine)", Bulletin monumental tome 99 n°1 pages 85-98

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1940_num_99_1_9755

— MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux" Bulletin Monumental  Année 1925  84  pp. 253-282.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Chaêaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-cha.mpeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

—GUINNEBAULT (Yves),Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=YbESi-0hrg4

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance Inscriptions Héraldique
16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 13:07

Le vitrail des Chars ou verrière du Triomphe de la Vierge (Jean et Engrand Le Prince, v.1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, provenant de l'église Saint-Vincent.

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Voir sur l'atelier des verriers  Le Prince de Beauvais :

 Cathédrale de Beauvais :

Église Saint-Etienne de Beauvais :

Ailleurs en Haute Normandie :

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Voir aussi :

 La liste de mes articles sur les vitraux..

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PRÉSENTATION.

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Le vitrail.

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Les 13 verrières provenant du chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen  et magnifiquement remontées  en 1979 dans l'église Sainte-Jeanne d'Arc, sont parfaitement présentées en ligne sur le site patrimoine-histoire.fr. La description de référence est celle du volume du Corpus Vitrearum consacré aux Vitraux de Haute-Normandie.

Parmi ces 13 verrières, trois, provenant de la chapelle Sainte-Anne du sud du déambulatoire de Saint-Vincent, sont consacrées à la Vierge et à sa mère. Ce sont les baies 2 (verrière de sainte Anne), 3 (Triomphe de la Vierge) et 4 (Arbre de la Parenté de la Vierge). Le thème de la Vierge, nouvelle Ève conçue sans tache et ne participant pas du Péché originel était déjà évoqué dans deux autres verrières de Saint-Vincent : les Litanies de la Vierge au tympan de la verrière du martyre de saint Vincent (baie 13 de Sainte Jeanne d'Arc) et l'image de l'Immaculée-Conception aujourd'hui intégrée dans la baie 9 de l'Enfance du Christ. 

La consécration officielle de la doctrine de l'Immaculée Conception par le pape Sixte 4 en 1476 (avant d'obtenir le statut de Dogme en 1854) avait contribué au développement de son culte. La confrérie rouennaise de l'Immaculée Conception fonda en 1486 un concours de poésie, le "Puy des Palinods", où la Vierge était honorée par des poèmes dont on encourageait la transcription en images. 

 

Je complète ces descriptions  par l'étude des inscriptions (traduction, sources, analyse) et par  mes photographies commentées.

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Les Triomphes de Pétrarque.

Dans l'Antiquité romaine, les héros des conquêtes étaient acclamés, monté sur un char, lors de défilés.

  En 1374, Pétrarque avait publié I Trionfi, suite de six poèmes, où chaque personnage, allégorie du sujet, défilait dans un char triomphal au sein d'un cortège. Dans un  songe où il revit son célèbre amour cruel pour Laure à Avignon, la  première allégorie figure sur son char le Triomphe de l’Amour qui se trouve vaincu par le Triomphe de la Chasteté dont le visage est celui d’une Laura inaccessible. Pour le grand malheur du poète, la Chasteté est à son tour vaincue par le Triomphe de la Mort. Cette dernière ne survit pas au Triomphe de la Renommée qui garde vie à ceux que l’on a aimés. Mais la Renommée ne peut résister au Triomphe du Temps qui dévore tout. Le Temps lui-même n’aura pas le dernier mot, puisqu’il est supplanté par l’Éternité, belle promesse d’un paradis où le poète retrouvera sa bien-aimée.

L'œuvre va avoir un immense succès et va susciter de très nombreuses illustrations sous formes d'enluminures, de tapisseries ou de sculptures.

En 1502, une femme commande pour illustrer le poème de Pétraque le superbe vitrail des Triomphes pour l'église d'Ervy-le-Châtel (Aube).

L'engouement pour le thème des Chars va être considérable à la Renaissance, y compris sous la forme d'entrées triomphales des princes dans leurs villes, des spectacles mis en scènes par les plus grands artistes qui se chargeaient aussi de la réalisation des décors.

 


 

Le thème des Triomphes à Rouen au début du XVIe siècle.

a) Le cardinal Georges d'Amboise fit réaliser en 1500-1505 pour l'offrir à Louis XII, un luxueux manuscrit d'une traduction, par un rouennais, des Triomphes de Pétrarque : BnF fr. 594. Il le fait enluminer par un artiste (nom de convention Maître des Triomphes de Pétraque) sous forme de sept doubles pages. On pense que cet artiste (rouennais ou parisien ?) appartenait à l'atelier parisien de Jean Pichore, et on lui attribue les Petites Heures d'Anne de Bretagne BnF NAL 3027, daté vers 1500-1505 et vraisemblablement offert par Georges d'Amboise à Anne de Bretagne. On lui attribue aussi le Livre d'Heures de Henri IV, manuscrit également lié à Georges d'Amboise.

Voir le BnF fr.594 :

F. 2v et 3r

Folio 7v et 8r

Folio 101v et 102r

F. 134v et 135r

f. 178v et 179r

f.348v et 349r

f.375v et 376r

 

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b) À Rouen, Guillaume II Le Roux fit orner son hôtel particulier, l'Hôtel de Bourgtheroulde réalisé en 1501, de bas-reliefs figurant les Triomphes de Pétrarque.

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En conclusion, cette verrière est au croisement de deux traditions artistiques attestées à Rouen (et plus largement en Haute-Normandie), celle des Triomphes, et celle de la glorification de la Vierge en sa conception exempte du Péché originel.

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Vitraux de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile 2020.

Vitraux de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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LE TYMPAN : LA VIERGE DANS LA CRÉATION ET LE PLAN DIVIN.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le tympan peut débuter la description de cette verrière, comme dans le volume du Corpus Vitrearum, puisqu'il en est l'incipit en montrant la Vierge incluse dès le début dans le Plan du Salut et intégrée au cœur de la Trinité, comme Nouvelle Ève rachetant par sa conception virginale la faute attribuée à Ève.

Le tympan peut aussi se placer en conclusion, puisque le versant marial de l'histoire du Salut va être présentée dans les lancettes en trois tableaux (trois chars successifs, trois Triomphes) : le Triomphe d'Adam et Ève au Paradis, le Triomphe de Satan, et le Triomphe de la Vierge. 

Chacun des trois tableaux est accompagné de phylactères portant des inscriptions, qui vont argumenter la pensée théologique illustrée par la verrière, et dont le spectateur peut difficilement faire abstraction.

Dés lors, l'inscription de la pointe de la 4ème lancette doit être intégrée au tympan et considérée comme son commentaire.

On y lit (je complète les abréviations par tlides)  MONDUM ERANT ABISSI ETIAM CONCEPTA ERAM.

Il faut rectifier en comprenant : Nondum erant abissi etiam concepta eram. Il s'agit d'une citation du Livre des Proverbes Prov 8:24  dans la traduction latine de la Vulgate Nondum erant abyssi et ego jam concepto eram "Je fus enfantée quand il n'y avait point d'abîmes".

Les partisans de la conception immaculée (indemne du Péché originel) de Marie appliquent cette parole biblique à la Vierge.

Pour eux, cette dernière a eu "deux conceptions passives, l'une éternelle, l'autre temporelle ; l'une divine, l'autre humaine, et toutes deux pures et immaculées. Pour la première, elle a été conçue de toute éternité dans les idées de Dieu et choisie dans les décrets de la Providence pour être la Mère future de son Fils.C'est à cette première conception que l'Église applique ces paroles que Salomon a dites de la Sagesse éternelle : Nondum erant abyssi et ego jam concepto eram : il n'y avait encore ni Terre, ni Ciel, ni Anges, ni Hommes, ni Mer, ni Abîmes, et j'étais  déjà conçue dans l'entendement du Créateur. Par la seconde conception, elle a été formée dans le sein de sainte Anne sa Mère. "(Nicolas de Dijon, Octave de l'assomption de la Vierge, 1687)

Je cite ici un texte postérieur à la verrière que j'étudie, mais la citation biblique figure sur la tenture de chœur de la Vie de la Vierge offerte en  1530 à la cathédrale de Reims par son archevêque Robert de Lenoncourt. Sur la pièce consacrée à la Rencontre d'Anne et de Joachim devant la Porte Dorée de Jérusalem, qui illustre et défend la conception miraculeuse de Marie par Anne, la citation latine est prononcée par Salomon, auteur traditionnel du Livre des Proverbes. Or, les 17 pièces de cette tenture sont (S. Savigny) une démonstration doctrinale de l'Immaculée-Conception. 

https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1986_num_5_3_1430

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Baiser de la Porte Dorée, tenture de la Vie de la Vierge (1530), Palais du Tau (Reims). Photo lavieb-aile.

 

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Citation de Proverbe 4 par Salomon, tenture de la Vierge (1530), Palais du Tau (Reims). Photo lavieb-aile.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Cette citation biblique affirmant que Marie était déjà conçue dans l'esprit de Dieu avant même la Création va être illustrée par les peintures suivantes :

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Marie au centre du triangle de la Trinité au dessus de l'Alpha et de l'Omega (début et fin de toute chose).

Le Christ en Logos (Verbe créateur) au centre d'un brasier, bénissant et présentant la Vierge enfant de la main gauche.

Les signes du Zodiaque

Marie transportée par un ange dans les Cieux au dessus du Chaos originel (flammes, nuées et terres) à gauche.

La naissance d'Ève issue d'une côte d'Adam, et le Paradis terrestre à droite.

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Soufflet supérieur : La Trinité accompagnée de la Vierge enfant debout sur le livre ouvert.

Le livre porté en commun par Dieu le Père (tiare, globus cruciger, manteau rouge) et par le Christ porte les lettres Alpha et Oméga. Le Christ présente de la main la Vierge, mains jointes, peinte en grisaille dans une mandorle au jaune d'argent. Au dessus, la colombe du Saint-Esprit a un visage humain. 

La scène (qui peut se rapprocher de certains Couronnements de la Vierge par le Père et le Fils) s'inscrit dans un verre blanc peint de deux cercles au jaune d'argent de teinte différence, jaune citron puis orangé. Verre bleu en périphérie.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le Christ en Logos (Verbe créateur) au centre d'un brasier, bénissant et présentant la Vierge enfant de la main gauche.

Le cercle de feu, les rayons, et la mandorle entourant la Vierge sont peints au jaune d'argent sur un verre blanc. Vierge peinte à la grisaille. Manteau rouge, tunique bleu-clair à larges manches.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Les douze signes du Zodiaque. Le signe de la Vierge en exergue.

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Le verre de fond est bleu ou violet, mais le verre bleu a été gravé pour peintre au jaune d'argent une série de cercles concentriques figurant le Cosmos.

Les 12 signes occupent des médaillons disposés en suivant la forme en pique de carte de la mouchette. Sont-ils en verre jaune gravé pour la figure zodiacale, ou bien en verre blanc peint en périphérie, ce qui semble techniquement peu possible ?

Le Zodiaque présente une singularité qui n'est pas mentionnée par les auteurs due Vitraux de Haute-Normandie. Il débute en haut à droite par le Bélier, suivi par le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, et le Lion (23 juillet-22 août), puis, au lieu de faire figurer la Vierge, on trouve la Balance (23 septembre- 22 octobre), et la séquence reprend avec le Scorpion, le Sagittaire, le Verseau et les Poissons qui terminent le cycle en haut à gauche à coté du Bélier.

Le signe de la Vierge (Virgo) est absent, ou plutôt il ne peut correspondre qu'au médaillon placé entre Verseau et Poissons, à gauche du Taureau. En outre, au lieu de la figure féminine de ce signe, nous trouvons deux masses superposée, jaune et blanche, la masse inférieure rehaussée de grisaille pouvant éventuellement correspondre à un paysage de colline.

Cette singularité souligne évidemment le rapport entre la Vierge Marie et le signe Virgo, et témoigne de la volonté de lui donner une place hors norme dans le cycle zodiacal, métonymie de la Création.

Il serait très intéressant de trouver d'autres exemples de cette représentation, et d'en étudier les rapports avec la défense de l'Immaculée-Conception.

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Le signe de la Vierge correspond à la période du 23 août au 22 septembre. Il inclut donc le 8 septembre, date de la fête de la Nativité de la Vierge.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Soufflet latéral gauche de la rangée intermédiaire : deux anges en adoration.

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Le verre rouge de l'ange de droite est gravé pour peindre en jaune le bras de son voisin.

Cette position est curieuse, j'ai d'abord pensé que l'ange jaune à ailes vertes portait le corps de Marie ; mais l'amorce d'une aile à droite ne conforte pas cette idée. À discuter.

On notera que ce tympan reprend en partie le thème de la Création dans les Bibles historiales réalisées à Paris au début du XVe siècle [KBR ms 9001] (et repris dans le frontispice de la Fleur des histoires  de Jean Mancel KBR ms 9231 vers 1450) : six vignettes montrent successivement la Sagesse disant Ab initio et ante secula creata sum, puis la Trinité, puis le jugement des anges, les anges élus montant aux Cieux tandis que les anges déchus sont précipités dans la gueule de l'Enfer. Ces soufflets pourraient trouver là leur interprétation.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Soufflet  gauche de la rangée intermédiaire : le chœur des anges ; deux anges portant une forme colorée.

 

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Cette forme peinte avec des lignes jaune orangé évoquant une matière en fusion reste à déterminer.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le Chaos.

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Des flammes acérées comme des explosions d'éclairs jaillissent depuis des nuées ou depuis une étendue verte. Ces flammes sont en verre rouge, en verre rouge gravé, tandis que les nuées ou rochers sont en verre bleu clair gravé pour peindre au jaune d'argent les reflets lumineux plus ou moins orangés.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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La naissance d'Ève issue d'une côte d'Adam, au  Paradis terrestre.

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Adam est endormi, et Ève se dresse de son flanc, parmi des animaux dont un cerf et un agneau (symboles christiques), un lion et un sanglier.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le Paradis terrestre.

Un bélier voisine avec un porc (?) et un loup.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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LE TRIOMPHE D'ADAM ET ÈVE AU PARADIS TERRESTRE.

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Les trois scènes présentent une composition analogue : le personnage glorifié est installé sur un char richement décoré qui forme le centre d'un cortège animé, avec de nombreuses inscriptions nominatives et un phylactère citant un texte sacré.

Pour le char et le cortège, les Le Prince se seraient inspirés de la gravure du «Grand char de l'empereur Maximilien» d'Albert Dürer, l'empereur couronné par la Victoire, qui date de 1522.

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Albrecht DÜRER , gravure, Le char de triomphe de Maximilien Ier : Fidentia et Ratio, Louvres, © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Tony Querrec

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Deuxième lancette : le char d'Adam et Ève.

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a) L'inscription du phylactère.

Elle dit : OMNIA SVBIECISTI SVB PEDIBVS EIVS.

On reconnaît là une citation biblique, celle du psaume 8 verset 8 de la Vulgate, "tu as mis tout sous ses pieds". Ce verset est cité par saint Paul, en l'appliquant au Christ comme une affirmation de son Règne, dans la première Épître aux Corinthiens I Cor 15:26, dans  l'Épître aux Hébreux Heb 2:8 , dans celle aux Éphésiens 1:22 .

Une partie de la tradition chrétienne voit d'ailleurs l'ensemble du psaume 8 comme s'appliquant à Jésus-Christ.

Mais placée ici sous les roues du char d'Adam et Ève, la citation s'applique bien évidemment à l'Homme (l'humain) placée au sein de la Création. C'est d'ailleurs le sens premier pour une lecture naïve du verset replacé dans son contexte . 

Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom par toute la terre ! [...] À voir ton ciel,  ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui, le fils d'un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu, le couronnement de gloire et d'honneur ; tu l'établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds; les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les cieux.

Ô Seigneur, notre Dieu, qu'il est grand ton nom, par toute la terre ! (traduction T.O.L)

La citation biblique de chacun des quatre étages de la verrière en  détermine la lecture. Ici, le renvoi au psaume 8 incite à voir le soleil et la lune, les arbres de la forêt traversée par le char et surtout les animaux terrestres et célestes comme témoignant de l'étendue de la domination donnée par Dieu à Adam et Ève, et par eux à l'humanité. Mais cette étendue, témoignant de la générosité divine, doit, comme l'exprime le psaume, inciter l'homme à la louange. 

Les deux musiciens danseurs peints sur les roues du char (un jouant de trompe et l'autre du tambour) témoignent peut-être de cette action de louange [le psaume 8, comme les psaumes 81 et 84, le confie "au maître de chœur ; sur la guittith", ou gittiyth qui serait un instrument de musique ].

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Sur le char, Adam et Ève, nus et enlacés, tiennent un étendard à hampe semblable à un sceptre, et dont le drapeau rouge porte la figure de la Justice, ou son Allégorie portant le glaive et la balance.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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La "signature" des Le Prince, maître-verriers à Beauvais.

Entre les deux roues du char, on peut lire des lettres peintes au jaune d'argent : JEHAN LE PR / PRI, interprétées comme la signature de Jean Le Prince. On trouvera plus loin (char de la Vierge) un candélabre portant les lettres ELP, reconnues comme les initiales d'Engrand Le Prince.

Cet atelier familial actif entre 1491 et 1555 inclut Lorin (en 1491), puis dans la  deuxième génération Jean (de 1496 à 1536) et Engrand ( de 1522 à sa mort en 1531), et ensuite pour la troisième génération Nicolas (de 1527 à 1551) et Pierre (de 1531 à 1561). On lui doit la verrière de Roncherolles de la cathédrale de Beauvais, l'Arbre de Jessé et plusieurs autres verrières de l'église Saint-Etienne de Beauvais, des vitraux de l'église Notre-Dame de Louviers, le vitrail de Charles Villiers de l'Isle-Adam de la Collégiale Saint-Martin de Montmorency, et trois verrières de l'église Saint-Vincent de Rouen remontés à l'église Jeanne d'Arc, les baies 3 (Les Chars), 5 ( Vie de saint Jean-Baptiste) et 6 (Oeuvres de Miséricordes).

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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La Foi et la Force tirant le char.

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FORTITUDO  (Force), couronnée de lauriers, tire la chaîne du char en premier plan. Sa robe rouge, serrée par une ceinture de tissu mauve, est ornée d'une faveur bleue à l'épaule et d'un pompon bleu à l'extrémité d'une sorte de traîne. Elle a la grâce légère des ménades grecques comme sur le bas-relief de Gradiva. FIDES, la Foi, en robe bleue, tient une maquette d'église, métaphore de l'Église pourtant non instituée dans les temps édéniques.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Quatrième lancette : les animaux du paradis terrestre.

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Les animaux terrestres sont au nombre de six : le taureau (ou bœuf), le lion, le sanglier, la grenouille, et le lapin , tous dirigés vers la droite (direction du char) entourent une licorne qui, elle, tourne la tête vers la gauche (c'est à dire vers le char).

Parmi les trois oiseaux se trouve peut-être un perroquet.

La licorne, seul animal mythique du groupe, est considéré comme liée à la virginité, car la légende veut que, pour la chasser, il est nécessaire de l'attirer grâce à une jeune fille vierge. Par extension, la "chasse mystique" est une métaphore de l'Annonciation, comme sur la verrière de l'Arbre de Jessé (v.1503)  de la cathédrale de Sens.

Dans les Triomphes, elle est liée à la force et à la chasteté , tirant le char de cette vertu dans les Triomphes de la chasteté (Triomphes de Pétrarque, Rouen, XVe s. BnF fr. 223 f. 94v, ou huile sur panneau du cercle de Giovanni di Paolo vers 1470).

On comparera les autres animaux à ceux que Dürer a placé dans une gravure de 1504 au Paradis derrière Adam et Ève : un chat face à une souris, un cerf, un bœuf, un bélier et un lapin, ainsi qu'un perroquet. 

 

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Première lancette : quatre Vertus, la Prudence, l'Espoir, la Charité et la Tempérance suivent le cortège en présentant leur attribut.

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Après SPES, en robe rouge fendue, et qui tient une ancre,  TEMPERANCIA, en robe blanche, brandit une tête de mort. PRUDENCIA, en robe blanche damassée de motifs en rouelles dentelées et ornée de rubans ou pompons bleus, tient les Tables de la Loi. CHARITES, en robe rouge clair, tient un cœur enflammé.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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DEUXIÈME REGISTRE : LE TRIOMPHE DE SATAN.

 

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Satan, sous la forme du serpent de l'Arbre de la Connaissance, brandit l'étendard de la Mort, accompagné de la Désobéissance ; son char est tiré par Douleur et Labeur qui entraînent Adam et Ève ligotés. Derrière le char, la Crédulité porte l'étendard de la Justice, tête en bas, et précède les sept péchés capitaux accompagnés de leurs animaux emblématiques.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le char de Satan portant l'arbre de la Connaissance. Troisième lancette.

Satan, sous la forme d'un serpent à tête humaine enroulé autour de l'Arbre de la Connaissance brandit l'étendard de la Mort : un squelette portant un sablier et brandissant une flèche. (sur le motif de la Mort tenant une flèche, et non la faux, voir L'ossuaire de la Roche-Maurice). Cet étendard est en verre rouge gravé.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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L'inscription du phylactère basal.

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ET AMPLIVS EORVM LABOR ET DOLOR.

Cette citation biblique du psaume 89 verset 10 se traduit par "Et l'orgueil qu'ils en tirent n'est que peine et misère" (Louis Segond), ou, littéralement, "leur orgueil [est] travail et douleur". Dans le contexte du psaume, cela qualifie la vanité des années vécues par l'homme dans la brièveté de son existence : "les jours de nos années s'élèvent à soixante-dix ans, et, pour les plus robustes, à quatre-vingt ans ; et l'orgueil qu'ils en tirent n'est que peine et misère, car il passe vite, et nous nous envolons".

Mais dans le contexte de ce Triomphe, les mots Labor et Dolor font allusion au texte du chapitre 3 de la Genèse où Dieu, après la Faute, annonce à Adam (verset 17) qu'il ne se nourrira qu'au prix du travail et de la peine (labor) et à Ève (verset 16) qu'elle accouchera dans la douleur (dolor).

Ce même chapitre fournira le texte du phylactère du Triomphe de la Vierge.

Ce texte détermine donc bien toutes les scènes de ce triomphe du Mal, et notamment la dernière, ou Adam et Ève sont conduits par LABOR et DOLOR devant le char.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Il est important de remarquer que Satan est un être à ailes de chauve-souris (nervures), au visage humain mais doté d'oreilles longues et pointues, à la poitrine féminine et à la queue de serpent enroulée autour du tronc d'un pommier. Cet être hybride s'apparente par tous ces traits à la Démone, (version maléfique d'Ève) que terrasse la Vierge dans les multiples représentations bretonnes des Vierges à la Démone.

Il s'apparente aussi au serpent à visage et poitrine féminine des représentations de la scène de la Tentation, lequel enroule sa queue autour de l'arbre séparant Adam et Ève, comme sur les porches bretons, mais surtout sur l'enluminure 20v des Heures dites d'Henri IV. En effet, ces Heures ont été influencées par la librairie du cardinal Georges d'Amboise à Gaillon. Ses enluminures sont attribuées au Maître des Triomphes de Pétraque, actif à Paris et peut-être à Rouen.

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La Tentation, Heures dites de Henri IV , BnF lat. 1171 f. 20v vers 1500-1505 (postérieures à 1476) : copyright Gallica.

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Le char est poussé sur le coté par la belle INOBEDIENTIA (Désobéissance) et un autre personnage à robe rouge et parements bleus.

La roue arrière porte l'inscription CVPIDITAS (Cupidité) et la roue avant l'inscription I.S.IS, couramment lue par les auteurs comme 1515. On explique alors que si la verrière a été réalisée entre 1522 et 1524, elle a été peut-être préparée ou commandée dès 1515. On retrouve cette inscription sur les deux roues du char de la Vierge.

Le char porte, à l'arrière, deux candélabres où se dressent des idoles nues. Le décor des cotés comporte des angelots.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Quatrième lancette. Labor traîne le char, derrière Adam et Ève nus, mains ligotés et tête basse. Dolor, à genoux, bras croisés, lève les yeux au ciel. Une femme plus âgée, en tête, fait un geste au couple ancestral.

En arrière-plan, un paysage est peint en camaïeu de bleu : un pont franchi un fleuve navigable et conduit à une ville, ceinte de rempart, avec de nombreuses maisons regroupées autour d'une cathédrale  : il s'agit du pont de Rouen, de sa cathédrale aux deux tours asymétriques, et de la tour de Saint-Cande-le-Vieux (?).

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Derrière le char, la Crédulité tient l'étendard inversée de la Justice.

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CREDULITAS porte le même étendard qu'Adam dans le premier Triomphe, mais la hampe est brisée, plaçant  l'emblème de la Justice, une femme portant le glaive et une balance,  tête en bas, signe d'un renversement des valeurs morales. Verre rouge gravé .

Le paysage en camaïeu de bleu débute par un édifice urbain (château ?), se poursuit par de hautes montagnes.

À droite, dans un bois, trois anges discutent ; un ange rouge tient un glaive.

Credulitas porte une coiffe à oreillettes perlées et à nœud de ruban. Elle est vêtue d'une robe jaune d'or et rouge damassée de grenades, et d'un manteau formant bustier avec des manches flottantes.

Elle marche dans une prairie bordant un fleuve où navigue une nef à un mât. Un lapin blanc est à ses pieds.

De nombreuses pièces de verre bleu sont gravées, dans une composition riches en teintes de vert, pour rendre les petites fleurs ou le jeu des lumières d'un sous-bois.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Les sept péchés capitaux ferment la marche.

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Inscription LES SEPT PECHES MORTE[L]S.

Il y a bien sept femmes, mais deux sont au premier plan et dansent en chevauchant, l'une un porc (ou une truie), l'autre un lion : ce seraient, bien qu'elles ne soient pas nommées,  la Gourmandise (Gula) — ou la Luxure,   et l'Orgueil (Superbia).

Une autre est placée derrière des oreilles d'âne : serait-ce la Paresse (jadis Acédie) ? Derrière le lion se voit un chien, associé par Eustache Deschamps à l'Envie.

La coiffe et la robe d'Orgueil sont magnifiques, en verre blanc peint au jaune ; le motif du damas se retrouve souvent chez Engrand Le Prince

En arrière-plan, et en camaïeu de bleu (teinté ici ou là de jaune), les ruines d'un château et de son donjon.

Le sol est en verre bleu gravé teinté au jaune d'argent pour rendre le vert, tout en préservant des réserves figurant des fleurs. Des œillets sont en verre rouge, rose ou jaune.

Un sujet analogue était reproduit sur un bas-relief en pierre au 13 rue de l'Écureuil de Rouen.

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TROISIÈME REGISTRE : LE TRIOMPHE DE LA VIERGE.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Les quatre inscriptions bibliques.

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— Première lancette , sous les pieds des "donateurs" :

DNE ADIVVA ME, "Domine ajuva me".

Citation de Matthieu 15:25, cette supplication de la femme cananéenne, "Seigneur secours-moi",  s'adresse à Jésus pour obtenir la guérison de sa fille.

 

— Deuxième lancette :

1°) En bas, sous le char écrasant le serpent :

IPSA : CONTERET : CAPVT TVVM.

Genèse 3:15, Vulgate "Elle t'écrasera la tête". Le texte biblique relate la condamnation prononcé par Dieu envers le serpent après la Faute originelle : " L'Éternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. Il dit à la femme: J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. " (tr. Louis Segond) 

Le sujet "elle" de la phrase "elle t'écrasera la tête" renvoie, non à Ève, mais à "ta descendance". Selon la traduction, les commentateurs peuvent y voir soit le Christ, soit la Vierge :

 

"Dans la Septante (une traduction de la Bible en grec réalisée à Alexandrie autour de l’an -270), on y place le « lignage » victorieux de la femme dans une forme personnelle. « Autos », qui veut dire « il », écrasera la tête du serpent. « Autos » est un pronom masculin pour le substantif neutre « tò sperma » (le lignage). « Il » est ici une personne concrète et non pas simplement l’humanité en général. Le contexte messianique est alors évident. Le Messie représente l’humanité devant Dieu. 

Dans la Vulgate (une traduction de la Bible en latin par saint Jérôme qui remonte à la fin du 4e siècle), on met davantage l’emphase sur l’aspect marial. On peut y lire « Ipsa conteret caput tuum », ce qui signifie « Elle t’écrasera la tête ». On voit alors comment dans ce cas-ci, le rôle de la Vierge Marie est davantage mis en évidence, car elle représente la nouvelle Ève qui écrase le serpent." (Le Tourneau)

Dans le contexte palinodique (celui du Puy des Palinods de Rouen), "elle" désigne la Vierge comme Nouvelle Ève.

En 1515, Guillaume Mauduit fut le premier poète latin couronné par le Palinod de Rouen sur le texte Virgo conteret caput tuum, la précision "virgo" (Vierge) levant toute ambiguïté.

En 1520, Guillaume Thibaut, pour le même Puy de Rouen, confronte une Dame à l'agneau (la Vierge) et une Dame à l'aspic (la Démone).

Dans les Heures de la conception de la Vierge, datant du début du XVIe siècle, Guillaume Tasserye, auteur de chants royaux présentés aux Palinods de Rouen en 1490, une enluminure en double page (f.15 et 16) montre la Vierge foulant un dragon et entourée de banderoles dont l'une indique Ipsa conteret caput tuum, une autre Tota pulchra es amica mea et macula non es in  et une autre cite le Livre de la Sagesse 24 Je suis crée dès l'origine et avant les siècles.

 

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2°) au dessus des têtes d'Isaïe et David :

TOTA PVLCRA  AMICA MEA ET MACVLA NON EST IN TE

Cette citation du Cantique des Cantiques 4:7 est traduit par "Tu es toute belle ô mon amie, et il n'y a point en toi de défaut". Mais si on l'applique à la Vierge, le mot macula (tache) fait allusion à la conception immaculée, sans tache, exempte du Péché originel.

https://gregorien.info/chant/id/8141/9/fr

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— Quatrième lancette, en bas, sous les pieds de Moïse :

CVSTODI FAMVLV[M] TVVM  SPERANTEM IN TE

"Garde ton serviteur qui espère en toi". 

Il s'agit d'une citation tronquée du psaume 85(86) verset 2  : Custodi  animam meam propter salutem tuam. Deus salva famulum tuum sperantem in te.

"Garde mon âme, car je suis pieux ! Mon Dieu, sauve ton serviteur qui se confie en toi" (Louis Segond)

 


 

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Les blasons à monogramme.

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Ils n'ont pas été déchiffrés, mais ils ressemblent aux blasons professionnels des artisans et marchands, ou des imprimeurs.

La lecture du premier est perturbée par le réseau des plombs de casse, mais on reconnaît à gauche un A majuscule, à droite un b minuscule, et en haut un sigle (P ou 4 ), maçonnique pour A. Pottier (p. 253).

 

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le second associe deux lignes brisées en miroir, où A. Pottier a proposé de voir deux G accolés.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le char de la Vierge triomphante de la deuxième lancette.

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La tête de la Vierge est restaurée.

La Vierge tient un sceptre et une palme.

Les roues du char écrasent un animal aux ailes nervurées, aux pattes griffues et à la tête de mouton : c'est le Serpent, la Démone, ou le Dragon du Mal.

Les roues portent l'inscription I . SI . S, dont la ponctuation n'est pas favorable à y lire le chronogramme 1515. L'une des roues est peinte d'une joueuse de viole à archet, et l'autre d'un joueur d'un instrument à cordes pincées (sans usage de plectre).

Le char est précédé par deux personnages dont l'un tient une harpe. Leur barbe, leur  coiffure à oreillettes et leur robe confortent l'hypothèse d'y reconnaître le prophète biblique Isaïe (qui a prophétisé la survenue d'une Vierge donnant naissance à un Sauveur), et le roi David. Ils n'ont pas les pieds posés au sol et sont presque suspendus ou volant au devant du char.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Selon André Pottier, la femme représente à la fois la Vierge, la Foi et l'Église, et c'est volontairement que cette détermination est restée imprécise. Mais la Vierge est nimbée, ce qui lève l'ambiguïté.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Le cortège des anges tirant le char, en troisième lancette.

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Ils marchent pieds nus dans une prairie fleurie, sont vêtus de robes blanc et or, et tiennent des palmes ; leurs ailes sont multicolores. Trois têtes sont restaurées.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Sur le ciel se détachent des constructions urbaines, riches demeures ou châteaux, en camaïeu de bleu.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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La tête du cortège en quatrième lancette : Moïse brandissant le Serpent du Mal empalé sur une lance.

Tête de Moïse restaurée. 

En premier devant le char vient une femme vêtue de bleu et voilée et guimpée de blanc portant un étendard rouge portant dans un médaillon blanc la colombe du Saint Esprit. Elle est montée sur une licorne dont la corne est pointée vers son flanc. Cette licorne porte autour du cou l'écriteau VERITE. 

Cette femme (dont la représentation est proche de celle de Marie) repousse en arrière plan une femme âgée désignée par inscription comme HERESIS, l'Hérésie. Son âge renvoie aux Vetule décrites par Jean Gerson comme agents de la CREDULITAS mentionnée plus haut. 

Moïse tient au bout de sa lance le serpent ou Démone, empalée ou du moins brandie victorieusement. Néanmoins, comme dans les scènes de terrassement du Mal par la Vierge ou par saint Michel, la bête n'est pas morte, elle redresse la tête, sort la langue et tend une patte vers le haut.

En arrière plan, un paysage de montagne avec un château.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Moïse, pieds nus, en robe rouge, est précédé par des angelots sonnant de leur trompe, portant chacun un pennon héraldique carré, comme des hérauts d'armes sonnant un tournois .

— Un étendard à fond rouge  portent les armes de France d'azur à trois fleurs de lys d'or.

— L'étendard à fond vert porte les armes parti à trois fleurs de lys d'or et d'hermines (de France et de Bretagne), qui sont celles d'Anne de Bretagne (décédée en 1514), ou, selon les auteurs (A. Pottier, M. Callias-Bey et col), de sa fille Claude de France, reine de France de 1514 à 1524. A. Pottier voit une cohérence entre l'accès au trône de Claude de France et sa lecture d'I .S I. S . comme étant la date de 1515.

Les armes de Claude de France devraient être, après 1515, un parti d'azur aux trois fleurs de lys d'or au lambel d'argent et écartelé d'azur à trois fleurs de lys d'or, comme il figure — au lambel près — sur son Livre d'Heures Morgan MS 1166 f.15v.

 

— L'étendard à fond jaune porte les armes de Normandie de gueules aux deux léopards d'or.

—  L'étendard à fond bleu porte les armes de Rouen, de gueules à l'agneau pascal d'argent portant une bannière d'argent à la hampe d'or, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.

Ces verres colorés sont gravés et peint au jaune. La pièce héraldique du pennon vert est montée en chef d'œuvre.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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Une assemblée de personnages en première lancette.

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Le char est suivi par trois hommes en tenue de bourgeois du XVIe siècle, et un seigneur [une tête restaurée], et d'une vieille femme portant une coiffe et désignant le char de la main.

On a supposé qu'il s'agissait des donateurs, membres probables d'une confrérie. Mais rien n'est certain.

En arrière plan, la cathédrale de Beauvais (Corpus) est peinte en camaïeu de bleu, avec une autre fabrique.

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Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

Verrière des Chars (Jean et Engrand Le Prince, v. 1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Rouen, photographie lavieb-aile août 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,  Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495

— DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)

— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.

— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché",  Bull. AMR, 1958-1970, p. 147-167.

— LAFOND (Jean), 1908, "Un vitrail de Engrand Leprince à l'église Saint-Vincent", Bull. AMR, 1908, p. 22, 23, 157-167.

— LAMY (Marielle) 2011,Le culte marial entre dévotion et doctrine : de la « Fête aux Normands » à l’Immaculée Conception,  in Marie et la « fête aux normands » Presses Universitaires de Rouen et du Havre.

https://books.openedition.org/purh/10869?lang=fr#:~:text=La%20%C2%AB%20F%C3%AAte%20aux%20Normands%20%C2%BB%20est,comm%C3%A9morant%20la%20conception%20de%20Marie.

— LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 69.

—LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux,  Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page 358.

https://books.google.fr/books?id=FNYwAQAAIAAJ&dq=bas-reliefs+de+la+%22rue+de+l%27Ecureuil%22+rouen&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— LE TOURNEAU (Mgr Dominique), "Pourquoi appelle-t-on Marie la Nouvelle Ève", Aleteia.

https://questions.aleteia.org/articles/82/pourquoi-appelle-t-on-marie-la-nouvelle-eve/

PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.

PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 49-98

— POTTIER (André), 1862, "Description d'une verrière de l'église St-Vincent de Rouen", Revue de la Normandie, 1862, p. 236-255.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57317571/texteBrut

https://books.google.fr/books?id=jTwFAAAAQAAJ&pg=PA253&dq=custodi+famulum+tuum+sperantem+in+te&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiyprDk9-jrAhVBQhoKHW5GCJUQ6AEwAnoECAIQAg#v=onepage&q=custodi%20famulum%20tuum%20sperantem%20in%20te&f=false

PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.

— RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), p.91, 172, 220, 283, 358.

— RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.

— RIVIALE (Laurence), 2011, L’Immaculée Conception dans les vitraux normands, in Marie et la « fête aux normands » Presses Universitaires de Rouen et du Havre.

https://books.openedition.org/purh/10932?lang=fr

— SAVIGNY (Sophie), 1986, Notes sur la tenture de Robert de Lenoncourt de la cathédrale de Reims", Histoire, économie et société 5:3 pp.347-352.

https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1986_num_5_3_1430

— SCHOLZ (Hartmut), 1995, Dürer et la genèse du vitrail monumental de la Renaissance à Nuremberg Traducteur : Martine Passelaigue, Revue de l'Art  Année 1995  107  pp. 27-43

https://www.persee.fr/doc/rvart_0035-1326_1995_num_107_1_348186

THELAMON (Françoise), 2011, "Tota pulchra es... La beauté de Marie manifestation de son immaculée conception", in Marie et la « fête aux normands »Presses Universitaires de Rouen et du Havre.

https://books.openedition.org/purh/10866

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http://www.rouen-histoire.com/SteJA/index.html

http://www.rouen-histoire.com/Eglises_Rouen/St-Vincent.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Sainte-Jeanne-d-Arc.htm

https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/petit-palais/oeuvres/le-grand-char-triomphal-de-l-empereur-maximilien-ier-1-l-empereur-couronne-par#infos-principales

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Jeanne-d%27Arc_de_Rouen

 

 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 19:59

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La maîtresse-vitre (atelier quimpérois Le Sodec, v.1550) de l'église Saint-Miliau de Guimiliau.

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Voir sur Guimiliau :

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Voir sur les 29 Passions des verrières du Finistère au XVIe siècle  dont beaucoup  sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

et dans le Morbihan :

 

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On attribue aussi à l'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

Liste des 225 articles de mon blog décrivant des vitraux 

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PRÉSENTATION.

À la fin du XVe et surtout au XVIe siècle, les paroisses du Finistère choisirent, pour leurs églises qui, souvent, étaient en pleine reconstruction, une baie d'axe consacrée à la Passion, la Crucifixion et la Résurrection du Christ. On en estime le nombre à une cinquantaine, dont 29 sont conservées, complètes ou par vestiges.  Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper et partagent des caractères stylistiques communs, ou parfois même des cartons identiques. 

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Dans les verrières les plus anciennes,  les lancettes sont découpées par registres en une douzaine de scènes successives de la Passion (Locronan, 18 scènes ; Plogonnec, 6 scènes ; Baie 4 de Guengat ; Penmarc'h ; Ergué-Gabéric ; Brasparts, etc. ) . Cette répartition en damier ne sera pas abandonnée.

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— D'autres, plus tardivement au deuxième quart du XVIe siècle, placent la Crucifixion dans un grand tableau central de 3 lancettes, tandis que les épisodes qui la précèdent (Cène, Lavement des pieds, Agonie, Arrestation, Comparutions, Flagellation, Couronnement d'épines,) ou qui la suivent (Déposition, Mise au Tombeau, Sortie du Tombeau) sont de nombre réduit, et repoussés en position périphérique.  C'est le cas à Saint-Mathieu de Quimper dès 1535, puis à La Roche-Maurice (1539), La Martyre (1540) et Ploudiry (ces trois églises voisines appartenant alors à la même paroisse de Ploudiry) ainsi qu'à Quéménéven, à Pleyben (v.1570) ou à Tourc'h. C'était également le cas à Daoulas.

René Couffon cite aussi les Crucifixions de Labanan à Pouldreuzic, de l'église du Juch, de la chapelle de la Véronique à Bannalec (perdue) ou de Saint-Gunthiern à Langolen.

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— Enfin, les petits tableaux de la Passion disparaissent à Gouezec  (v. 1550) où trois lancettes entières montrent la Crucifixion et une lancette montre la Déposition, à Guimiliau (v. 1550) avec la même disposition (malgré une inversion de lancette), et à Guengat (1550) avec trois lancettes pour la Crucifixion, une pour la Passion préalable, une pour la Déposition et une pour la Résurrection .

D'autres paroisses choisiront de consacrer toute la verrière à la Crucifixion.

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Dans ce groupe à grande Crucifixion centrale, certaines ressemblances montrent la reprise des mêmes cartons. C'est le cas pour Ploudiry et ses trèves de La Roche-Maurice et de La Martyre (*). Un quart de siècle plus tard, ces poncifs sont repris en partie à Guimiliau, à Guengat, à Gouezec et à l'église Saint-Ouen de Quéménéven, en nord de Cornouaille. C'est ce regroupement, ce sont ces comparaisons iconographiques et cette compréhension d'une évolution dans la composition de l'espace et de la structuration du récit de la Passion  qui rendent la découverte d'une nouvelle verrière si passionnante malgré la répétition des séquences.

On peut aussi séparer les Crucifixions à ciel rouge — Guimiliau, Guengat, — et à ciel bleu — Ploudiry, La Roche-Maurice, La Martyre, Pleyben, Gouezec, Quéménéven—...

(*) Une autre trève, Tréflévénez, possède les restes d'une maîtresse-vitre de la Passion de 1560-1570, mais ne provenant pas de l'atelier quimpérois.

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Je vais présenter ce vitrail en associant des vues générales avec des plans rapprochés dont les détails vont permettre — entre autre — de poursuivre l'étude de mes thèmes préférés :

  • L'iconographie comparative de ces maîtresses-vitres .
  • La peinture des visages.
  • Les larmes et le sang (larmes de Marie, Jean et Marie-Madeleine au pied du Calvaire ; lien électif entre le sang s'écoulant le long de la Croix, et Marie-Madeleine).
  • Les chevaux hilares (si caractéristiques de cet atelier) et leur harnachement.
  • L'étude des costumes et coiffures : les crevés.
  • Les inscriptions des galons chez Le Sodec.

J'utiliserai dans ma description celle qui a été publiée par Gatouillat et Hérold pour le Corpus Vitrearum VII, et qui fait référence.

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Historique.

L'église Saint-Miliau datait du Moyen-Âge mais a été augmentée d'une nef dans la première moitié du XVIe siècle. Sa maîtresse-vitre a alors été réalisé vers 1550.

Mais après la construction du porche sud (1606 et 1617) , le chœur a été rebâti et suivi d'un faux-transept vers 1664 (date inscrite sur un contrefort) : l'ancienne maîtresse-vitre y fut réinstallée, au prix de quelques modifications, et en réduisant la taille du tympan.

 

La verrière fut déposée pendant la Seconde Guerre mondiale, puis replacée par Labouret en 1951. La dernière restauration fut effectuée par Hubert de Sainte-Marie qui réalisa les vitreries abstraites du tympan.

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Description.

La baie mesure 4 mètres de haut et 2,40 m de large. Ses quatre lancettes (A, B, C et D) sont surmontées d'un tympan à 24 ajours . On distingue  un soubassement composite à quatre personnages, avec au dessus en  lancette A une Descente de Croix, et en lancettes B, C et D une Crucifixion. La comparaison avec la maîtresse-vitre de Guengat, réalisée sur les mêmes cartons à grandeur, mais qui comporte six lancettes, montre une composition bien mieux équilibrée et où la Vierge affligée d'une Descente de Croix, placée à l'extrême droite, répond à son homologue du pied de la Croix.

Ici, la Descente de Croix a été placée (lors d'une réfection) paradoxalement avant la Crucifixion, ce qui place côte à côte les deux masses bleues de la Vierge, et non plus en symétrie de part et d'autre.

Les quatre scènes de la Passion se détachent sur un ciel rouge.

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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LA LANCETTE A : LA DESCENTE DE CROIX.

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Rappel : ces trois panneaux ont été déplacés et devraient se placer à droite de la verrière.

Le torse du Christ, la tête de saint Jean et la moitié  inférieure du panneau de la Vierge ont été restaurés. (Gatouillat et Hérold).

Joseph d'Arimathie, grimpé sur une échelle, laisse doucement descendre le corps du Christ grâce à un linge qui le ceinture sous les aisselles (comme dans l'enluminure de Fouquet pour les Heures d'Etienne Chevalier)  Son appartenance au Sanhédrin en tant que notable juif est soulignée par le bonnet à oreillettes, la barbe, la robe longue (à damassé en rouelles et à ceinture d'étoffe) et les franges des manches, alors qu'au contraire les taillades des chausses et des bottes à rabat sont celles d'un seigneur français du XVIe siècle (comme dans les Déplorations de Quilinen ou de Locronan).

Au pied de l'échelle, Nicodème (le bonnet conique à oreillette rappelle qu'il est également membre du Sanhédrin, le Conseil des Juifs) et un assistant (dont la robe aux manches frangées est également serrée par une ceinture d'étoffe) reçoivent dans un linceul le tronc et les jambes du Christ.

Au dessous d'eux, saint Jean, Marie-Madeleine (qui tient le flacon d'aromates) et une autre Sainte Femme (Marie Salomé ou Marie Jacobé), tous nimbés, en pleurs, entourent la Vierge effondrée.

Il est important de remarquer que les larmes  sont peintes avec précision, sous forme de lignes blanches (par retrait de la peinture du bout du pinceau) qui s'élargissent en gouttes à l'extrémité, car c'est à la même époque que l'atelier de sculpture sur pierre des Prigent (1527-1577), à Landerneau, prend soin de sculpter trois larmes sous les yeux des saints personnages de leurs Calvaires, de leurs Pietà  et de leur Déplorations. Sur le vitrail de Guengat, ce détail est désormais difficilement visible. On l'observe à Quéménéven.

Déploration de Saint-Nic.

Calvaire de la chapelle Saint-Laurent de Pleyben.

Calvaire de Tal-ar-Groas à Crozon

Calvaire de Lopérec (1542 ou 1552)

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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Sainte Marie-Madeleine, en pleurs, soulevant entre pouce et index le couvercle du flacon d'aromates.

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Marie Salomé ou Marie Jacobé, en pleurs.

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Saint Jean.

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La Vierge en pleurs.

La façon de représenter les yeux, (et notamment les paupières), ou la bouche est la même que pour le visage de Marie-Madeleine.

 

 

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LES LANCETTES B, C ET D : LA CRUCIFIXION.

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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LANCETTE B : LE BON LARRON ; LE BON CENTENIER ; PÂMOISON DE LA VIERGE.

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Le Bon Larron dont un ange recueille l'âme sous forme d'un petit personnage nu. Le panneau est bien conservé, hormis la culotte verte et une partie du bois du gibet. Les larrons sont attachés au niveau des bras et des jambes, mais la jambe gauche est fléchie à 90° pour signifier, selon une tradition iconographique également très présente sur les calvaires sculptés, que les jambes ont été brisées sur ordre de Pilate (à la différence de celle du Christ).

Les traits du Larron  sont accentués, les sourcils épais, les rides marquées.

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La maîtresse-vitre de l'église de Guimiliau.
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Les soldats romains et les saints personnages (nimbés).

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Nous pouvons distinguer six soldats, dont deux cavaliers. L'un est un porte-étendard. Le second, qui tend l'index vers la Croix, est le Centurion, celui qui prononce les paroles Vere filius Dei erat iste.

Les chevaux sont caractéristiques de l'atelier quimpérois de ces Passions, tant par leur harnachement (et leurs mors à balancier crénelé) que par leur gueule hilares.

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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La maîtresse-vitre de l'église de Guimiliau.
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Marie-Madeleine (bien que son identité ne soit pas affirmée par son attribut) est en pleurs. Une nouvelle fois, ces larmes sont bien visibles sous la forme de traits blancs enlevés sur le lavis de grisaille.

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Saint Jean, en pleurs.

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Une autre sainte Femme, essuyant ses larmes.

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La Vierge soutenue par saint Jean.

Les larmes sont plus discrètes, mais présentes.

Le drapé du bas de la scène date de 1951.

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LANCETTE C : LE CHRIST EN CROIX ; LONGIN DONNANT LE COUP DE LANCE ; L'ÉPONGE DE VINAIGRE ; MARIE-MADELEINE ; LES SOLDATS SE DISPUTANT LA TUNIQUE.

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Les lettres du titulus INRI sont perlées.

Le nimbe cruciforme  est en verre rouge gravé puis peint au jaune d'argent.

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Le corps du Christ est peu restauré. On retrouve les paupières très lourdes et accentuées. Les plaies de la flagellation sont présentes, non pas, comme d'ans d'autres Passions, sous la forme des marques des fers, mais sous celle du sang écoulé, peint à la sanguine.

De part et d'autre, deux lances, dont celle qui blesse le flanc droit, et l'éponge imbibée de vinaigre au bout d'une branche d'hysope.

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Le centurion Longin, à cheval, donne le coup de lance sur le flanc droit. Deux autres cavaliers sont coiffés de turbans, signalant peut-être que ce sont des notables Juifs.

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Marie-Madeleine est cette fois identifiable sans hésitation, car elle occupe, au pied de la Croix, cette place qui lui est propre, levant les yeux vers le Christ. 

Fusion de Marie de Magdala et de Marie de Béthanie depuis les Pères de l'Église, elle est déterminée par le lien que les Évangiles lui réservent avec les pieds du Christ qu'elle oint de parfum (Jn 12:3), (ou qu'elle arrose de ses larmes dans les Dépositions), mais aussi avec le lien que la tradition monastique a fixé avec la contemplation douloureuse du sang s'écoulant des plaies et qui ruisselle le long du fût, et dont témoigne ses deux mains jointes en signe d'affliction.

Elle est également déterminée par ses longs cheveux non voilés (à la différence du même personnage dans les lancettes A et B) et sa gorge non couverte.

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Les soldats se disputant la tunique sans couture du Christ.

Même scène à Guengat et Quéménéven.

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LANCETTE D : LE MAUVAIS LARRON ; PILATE À CHEVAL ET SON CHIEN.

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Gatouillat et Hérold décrivent la partie supérieure ainsi  : "le mauvais larron lié à sa croix par un jeune soldat (têtes intactes, panneau complété de bouche-trous et de pièces modernes)". 

Sachant que tout, dans ce panneau supérieur, est une macédoine de bouche-trous hormis ces "têtes intactes", et tenant compte de la bizarrerie de cette mise en croix et de cette tunique, on pourrait s'interroger sur l'état initial de la scène. D'autant qu'à Quéménéven, au dessus d'une foule de soldats semblable, nous avons un Mauvais Larron lié sur son gibet,  symétrique du Bon, avec son âme qui s'échappe.

Mais à Guengat, nous trouvons également ici (dans une partie également très restaurée) un larron enveloppé dans une chemise blanche, et hissé grâce une échelle. Et à Gouezec, cette Mise en croix ou déposition du Mauvais Larron est bien conservée, et incontestable.

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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Au niveau intermédiaire, un soldat en armure et une demi-douzaine  de notables s'affairent autour d'une double échelle. 

 

Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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Plus bas, et au premier plan, deux cavaliers sont montrés, de trois-quart arrière. Le premier est un chef militaire (nous voyons de son armure les pièces de jambe, les solerets à la poulaine et les éperons) qui lève les yeux vers les crucifiés. Il s'agit vraisemblablement de Pilate, car il porte au dessus d'une tunique verte un manteau de commandement rouge et or. Selon les Évangiles, il donne alors l'ordre d'achever les victimes en leur brisant les jambes ; et c'est peut-être le rôle de l'échelle, avant la modification de la scène.

Un autre indice pour identifier Pilate est le chien blanc qui dresse la tête au pied de sa monture ; car on le trouve très souvent (depuis Schöngauer et Dürer) dans les scènes de Comparution. Ici, le panneau inférieur est perdu, réduisant ce chien à sa tête, mais il est complet à Guengat, à Quéménéven, à Saint-Mathieu de Quimper et à La Roche-Maurice.

Pilate porte un chapeau serré par une sangle rouge, et doté d'une plume bleue.

Ailleurs, ce personnage (ou son voisin) peut être interprété comme un grand prêtre Juif (bonnet conique, franges).

Une inscription sur son col est partiellement masquée par la barlotière : --OVEN VICOS .  

L'harnachement du cheval porte trois inscriptions : 

IOSEFABATLI

AVEN

IOARESE : DRDARBL.

Cette dernière inscription mêlant les minuscules et les capitales et de lecture difficile et aléatoire. 

Pour R. Couffon : Sur la bride du centurion : "IOSEF ABATII" (Joseph Labat) ; sur la croupière : "IOHANES DE DARBLE" (un Paul Robert, sieur de Darble et chirurgien, fut inhumé aux Dominicains de Morlaix le 19 mars 1670).

Gatouillat et Hérold lisent : IOHANES DE DARBL (?), IOSEFABATH.

À  Guengat, ces mêmes parties de l'harnachement (guides, sangle de poitrail et croupière) portent des inscriptions, différentes mais également dépourvues de sens. On en trouve également à cet endroit à Saint-Mathieu de Quimper, à Gouezec, à La Martyre (sur la tunique du cavalier), mais non à La Roche-Maurice

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE SOUBASSEMENT :  LAVEMENT DE MAIN DE PILATE ; ANGES PORTANT LES INSTRUMENTS DE LA PASSION ; UN SAINT DIACRE.

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Le soubassement regroupe en quatre panneaux des fragments dont deux viennent du tympan.

 

Baie A. Pilate se lavant les mains de la condamnation de Jésus.

"Fragments d'une Comparution devant Pilate (vers 1530 ? ; carton repris à Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou en 1556)" au dessus d'un fragment de dais Renaissance. (Gatouillat et Hérold)

La sanguine est utilisée pour la chevelure du serviteur et la fourrure de Pilate. Mais ici, le vert des rideaux et les pièces bleues portent des lignes (droites, en K, en F, en O). Le jaune du  turban est traversé par des lignes claires, tandis que sur les mains et la cuvette, les gouttes d'eau sont tracées en rais (gravure ou enlevés ?).

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Comparution devant Pilate, maîtresse-vitre de la chapelle Saint-Herbot. Photo lavieb-aile.

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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Lancette B. Ange tenant les verges de la Passion. Réemploi d'ajour provenant du tympan primitif de cette verrière.

"vers 1550. Damas à rosaces sur la tunique. Inscription "...HAN 1599" en bouche-trous d'en bas, datant peut-être cette intervention su l'ancienne baie d'axe." (Gatouillat et Hérold).

Les rouelles du damassé, en grisaille sur verre bleu, sont les mêmes que sur la tunique de Joseph d'Arimathie sur la Descente de Croix de la  baie A. 

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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Lancette C. Ange tenant la colonne de la Passion. Réemploi d'ajour provenant du tympan primitif de cette verrière.

"Largement refait vers 1600. " (Gatouillat et Hérold).

Notez la paire de tenailles (verre blanc sur verre rouge).

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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Lancette D. Buste d'un saint diacre.

"Tenture galonnée, arc d'une niche (milieu du XVIe s. facture différente)" (Gatouillat et Hérold).

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Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie 0 de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2020.

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TYMPAN : VITRERIE ORNEMENTALE PAR HUBERT-SAINTE-MARIE (QUINTIN) VERS 1980.

 

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie) , 1883 : L'église de Guimiliau (B.S.A.F. 1883)

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1883_0145_0161.html

Le maître-autel actuel , qui recouvre probablement l'autel primitif en pierre, n'a rien de remarquable. On peut seulement noter la maîtresse-vitre qui le surmonte et qui repré­sente la Passion. C'est un mélange bien confus de person­nages, et analogues, du reste, au style des vitraux de cette époque .

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Guimiliau, B.D.H.A. Quimper

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/afef0cf82b371a72f35a42200cb9a127.pdf
 

ABGRALL (Jean-Marie) , 1924 1935 : L'église de Guimiliau (porche, baptistère, ...) Morlaix,

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/10703

"On doit noter la maîtresse-vitre qui représente la Passion. C'est un mélange bien confus de personnages, et analogue, du reste, au style des vitraux de cette époque (1599)."

— APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article281

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Guimiliau, in Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper

"Vitrail du chevet : la maîtresse vitre représente la Crucifixion et la Déposition de croix (XVIe siècle. - I.S.). Le carton est identique est identique à celui de la maîtresse vitre de Guengat, tous les deux inspirés par la Crucifixion de La Martyre. Sur la bride du centurion : "IOSEF ABATII" (Joseph Labat) ; sur la croupière : "IOHANES DE DARBLE" (un Paul Robert, sieur de Darble et chirurgien, fut inhumé aux Dominicains de Morlaix le 19 mars 1670)."

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/GUIMILIA.pdf

 

— COUFFON (René), 1945, La peinture sur verre en Bretagne, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne (SHAB) pages 27 à 64.

https://www.shabretagne.com/document/article/2531/La-peinture-sur-verre-en-Bretagne-Origine-de-quelques-verrieres-du-XVIe-siecle

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 183.

— NDODUC

http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8/eg_StMiliau@Guimiliau_0.htm

WAQUET (H.), 1952 et 1977 : Guimiliau (Châteaulin) 

E. Royer : Guimiliau (Rennes, 1979)

PRIGENT (Christine), 1986, Guimiliau (Châteaulin).

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 21:18

Les vitraux (Mauméjean, 1948, chœur et Jacques Bony, 1958, bas-cotés) de l'église Notre-Dame au Relecq-Kerhuon (29).

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Voir : 

Voir sur Le Relecq :

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PRÉSENTATION.

L'église Notre-Dame du Relecq-Kerhuon comporte deux ensembles de verrières datant de l'Après-guerre, et séparés d'une décade.

Le premier ensemble, situé dans le chœur et datant de 1948, est figuratif. Les baies à 3 lancettes de la Crucifixion et de l'Assomption, ainsi que les trois lancettes simples dédiées à sainte Anne,  reprennent des thèmes iconographiques des plus courants. Ils sont l'œuvre de verriers issus d'une dynastie active depuis le milieu du XIXe siècle, celle des Mauméjean.

Dix ans plus tard, en 1958, la rupture est totale et c'est celle de l'abstraction. Les 14 verrières en place  de Jacques Bony sont des compositions de pièces géométriques colorées éclairant les bas-cotés de la nef selon une rythmique très musicale. La spiritualité de Suger, commanditaire des tout premiers vitraux en la basilique de Saint-Denis au XIIe siècle, —celle d'une théophanie de la lumière se révélant par la traversée du verre de couleur —, émerge ici avec pureté.

Il faut citer pour être complet les 25 verrières des fenêtres hautes, un oculus, un quadrilobe et les baies historiées du transept, actuellement déposées pour restauration par Valérie Salaun.

D'autre part, sept verrières du déambulatoire restent en verre blanc. Elles faisaient partie du projet confié en 1958 à Jacques Bony, mais pour une raison inconnue la commande (ou la pose) s'est interrompue, alors que le peintre avait réalisé quatre  baies dont les panneaux sont toujours disponibles si la volonté se manifestait de re-concrétiser ce projet. Les baies blanches et muettes semblent, comme une Belle au Bois Dormant, figées dans cette attente.

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CLIQUEZ SUR LES IMAGES.

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LES CINQ VITRAUX DU CHOEUR PAR MAUMÉJEAN EN 1948 POUR LE CINQUANTENAIRE DE L'ÉGLISE.

  • Assomption. 
  • Crucifixion.
  • Trois vitraux consacrés à sainte Anne.

Selon l'inventaire de Bonnet et Dilasser, Henri et Joseph Maumejean, de Paris ont réalisé  des vitraux pour 27 paroisses de Bretagne, dont 18 en Finistère. 

Jules Pierre Mauméjean (1837-1909)  fut le premier verrier de la famille, en fondant en 1860 son atelier de Pau. Parmi ses 5 enfants, Joseph Jules Edmond (1869-1952) dit José s'installa à San Sebastian, et Jean Simon Henri, dit Henri ou Henrique, (1871-1932) s'installa à Madrid. Léon (1878-1921) s'installa à Paris, tout comme Carl ( ou Charles Emile Joseph, 1888-1957). Selon ces données, les vitraux du Relecq sont à attribués à Carl Mauméjean ; mais la signature porte juste la mention de l'atelier : MAUMEJEAN 1948.

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LA BAIE AXIALE : ASSOMPTION (trois lancettes en plein-cintre et une rose), MAUMÉJEAN 1948..

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Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LA CRUCIFIXION. (trois lancettes en plein-cintre et une rose) MAUMÉJEAN 1948.

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Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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DÉCOUVERTE DU CORPS DE SAINTE ANNE À APT. Une lancette cintrée. MAUMÉJEAN 1948.

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"Le corps de sainte Anne est découvert en la cathédrale d'Apt en la présence de Charlemagne".

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Sainte-Anne_d%27Apt

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Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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SAINTE ANNE ÉDUCATRICE.  Une lancette cintrée. MAUMÉJEAN 1948.

"Sainte Anne éduque la Vierge enfant".

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Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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APPARITION DE SAINTE ANNE À NICOLAZIC À AURAY.  Une lancette cintrée. MAUMÉJEAN 1948.

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Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux du chœur (Mauméjean 1948) de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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 DIX DES QUATORZE VERRIÈRES DES BAS-COTÉS DE LA NEF PAR JACQUES BONY EN 1958.

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Jacques Bony (1918-2003).

Je peux reprendre, à condition de compter sur l'indulgence du lecteur, la présentation que je donnais en 2012 pour les vitraux de Saint-Louis de Brest :

"Jacques Bony (1918-2003) entra à l'École des arts décoratifs en 1943, puis crée son premier vitrail l'année suivante et rejoint son frère Paul également peintre-verrier,  à l'atelier Hébert-Stephens. Délégué au Recensement des Monuments de la France de 1944 à 1946,  il a rénové des vitraux pour des églises de Franche-Comté de 1946 à 1950,  a réalisé les vitraux de Matisse, Rouault, Braque, ou a travaillé sous la direction de Jean Bazaine pour la cathédrale de Saint-Dié de 1984 à 1986, mais pour ses oeuvres personnelles, il a conçu de purs filtres diffusant la couleur et la lumière. De 1949 à 1954, en tant que secrétaire de la revue L'Art Sacré, il milite avec les Pères Couturier et Régamey pour le renouveau de l'art sacré par l'introduction de l'art contemporain à l'intérieur des églises. Il participa à la reconstruction d'églises en Normandie et en Franche-Comté.

  Pour présenter Jacques et Paul Bony (1911-1982) son frère, il faut parler de l'atelier Hébert-Stevens, ouvert en 1924 rue de Bagneux (Paris 6e) et qui fut dès sa création un lieu de rencontre pour Maurice Denis, Georges Devaillières, Valentine Reyre, le Père Couturier, ou Georges Gallet. C'est là que Georges Rouault, Marcel Gromaire et Jean Bazaine firent réaliser leurs premiers vitraux dès 1939. Or Paul Bony rejoint cet atelier en 1934, y fait la connaissance d' Adeline Hébert-Stevens qu'il épouse,  et son frère Jacques Bony (qui épouse Geneviève,  la jeune sœur d'Adeline) les rejoint tout naturellement dans ce qui devient un des lieux de réalisation de vitrail pour la restauration de monuments historiques ou pour les architectures contemporaines.  En 1939, Jean Hébert-Stevens et Marie-Alain Couturier organisent au Petit-Palais l'exposition Tapisseries et vitraux modernes en commandant des œuvres à Gromaire, Bazaine et Rouault. C'est lors de cette exposition que le père Devémy, curé d'une chapelle de Haute-Savoie et qui cherche à orner sa chapelle  est frappé par la spiritualité d'un vitrail de Rouault : rentré à Assy, il constate que les dimensions de ce Christ aux Outrages correspondent exactement à l'ouverture qu'il fallait orner, c'est le "miracle d'Assy", point de départ, après que Rouault ait offert son œuvre, de la grande aventure de Notre-Dame d'Assy...

   Ce "miracle" fut aussi déterminant pour les frères Bony puisque Paul réalisa alors en vitrail quatre tableaux de Rouault, et les cartons des premiers vitraux de Chagall, de Berçot et de Brianchon, puis créa deux verrières au Plateau d'Assy, avant de devenir le verrier attitré de Matisse, notamment pour la chapelle de Vence.

  En Bretagne, Jacques Bony a créé  les grandes baies hautes et neuf petites baies du mur ouest de la nef de l'église Saint-Louis de Brest, 14 vitraux pour l'église Notre-Dame du Relecq-Kerhuon (1958) — dont 10 posés —, 7 vitraux pour l'église saint-Armel de Ploermel (1956-1964), et 12 vitraux de l'église de la Sainte-Croix au Conquet (1960 et 1970)"

Je complète aujourd'hui ce texte en renvoyant à l'article Encyclopaedia Universalis qui m'indique que de 1949 à 1954, Jacques Bony fut secrétaire de la revue L'Art sacré, et a  milité avec les Pères Couturier et Régamey pour que la création contemporaine gagne le domaine religieux.  Mais la phrase "Ses vitraux tendent vers une abstraction nourrie de cubisme, qui conserve les repères figuratifs selon lui nécessaires aux fidèles" n'est pas confirmée par les vitraux du Relecq-Kerhuon, où ces repères figuratifs sont absents .

On remarquera que Paul Bony et son épouse Adeline Hébert-Stévens ont réalisé en 1960 et 1963 des vitraux pour la chapelle de Lossulien du Relecq-Kerhuon.

 

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Les dix verrières que j'ai photographiées.

Elles sont en pièces de verre montées au plomb, mais non peintes, à la différence du Baptême,  vitrail de 1953 conçu pour Choye, et dont les pièces sont peintes de rehaut de grisaille.

Ces vitraux sont proches de ceux réalisés pour le mur ouest de l'église Saint-Louis de Brest en 1958-1962.

 

 

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Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La signature et le chronogramme .

C'est la seule pièce qui soit en verres plaqués (deux verres, l'un bleu clair l'autre mauve) et gravé à l'acide.

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Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Quelques panneaux pour le plaisir.

(le carroyage est dû au grillage de protection extérieur).

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Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

Vitraux (Jacques Bony, 1958) des bas-cotés de l'église du Relecq-Kerhuon. Photographie lavieb-aile août 2020.

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ANNEXE : LES QUATRE VERRIÈRES DE JACQUES BONY NON POSÉES.

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Les enfants de Jacques Bony, qui détiennent ces panneaux, proposent qu'ils trouvent désormais leur place dans le chœur (communication pers. Pascal Bony).

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Photographie Pascal Bony.

Photographie Pascal Bony.

Photographie Pascal Bony.

Photographie Pascal Bony.

Photographie Pascal Bony.

Photographie Pascal Bony.

Photographie Pascal Bony.

Photographie Pascal Bony.

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SOURCES ET LIENS.

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— BONNET (Philippe, DILASSER (Maurice), 2000, "Sculpter la lumière. Le vitrail contemporain en Bretagne 1945-2000", Neo éditions, Centre international du vitrail. Inventaire pages 66 à 91.

Catalogue  du Musée du verre, Conches : Hébert-Stevens. Rinuy. Bony, l'atelier de vitrail au XXe siècle. Exposition du 4 mars au 27 août 2017. Conches, Musée du verre, 32 cm, 80 p., ill., Bibliogr.

https://museeduverre.fr/sites/default/files/upload/dossier_de_presse_expo_vitrail_1.pdf

— BONY (Pascal), photos des vitraux de Jacques Bony en haute définition avec le procédé Gigapan

  http://gigapan.com/galleries/4218/gigapans

chœur de l'église d'Aunay-sur-Odon, 1951

http://gigapan.com/galleries/4218/gigapans/203571

Vitrail  de 1953 pour l'église de Choye (Haute-Saône), refuse car trop moderne. Vitrail abstrait

http://gigapan.com/galleries/4218/gigapans/169878

Vitraux de l'église Saint-Armel de Ploermel

http://gigapan.com/gigapans?tags=Ploermel

 

BONY (Pascal), mars 2020, "Jacques Bony peintre-verrier", vidéo.  Extraits de films présentant le peintre verrier Jacques Bony travaillant à la réalisation de vitraux avec les peintres Geneviève Asse et Pierre Lafoucrière.

https://www.youtube.com/watch?v=fbW5kTz81xU

BONY (Pascal), 2012, "Jacques Bony la Vierge de Boulogne". 

https://www.youtube.com/watch?v=rpBH14nYkdI

BONY (Pascal), 2017 Expo Hébert-Stevens Conches . Vidéo 

L'exposition sur l'atelier de vitraux "Hébert-Stevens", présentée au Musée du Verre de Conches en Ouche du 4 mars au 27 août 2017. Vitraux de Jean Hébert-Stevens, Pauline Peugniez, André Rinuy, Adeline Bony, Paul Bony et Jacques Bony. Présentation de Monsieur Eric Louet Conservateur du Musée du Verre de Conches-en-Ouche.

https://www.youtube.com/watch?v=VwyIsa86mqM

BONY (Pascal), 2017, "Vitrail Vernon 1976 ; Vitrail Sainte Geneviève Saint Jacques de la Collégiale de Vernon". Film super-huit. En 1976 Jacques Bony élabore dans son atelier le vitrail "Sainte Geneviève - Saint Jacques" destiné à la Collégiale de Vernon dans l'Eure.

https://www.youtube.com/watch?v=N_hFvXoBZvc

BONY (Pascal), 2017 , "Pauline Peugniez". Film réalisé en 16 m/m présentant des oeuvres de l'artiste Pauline Peugniez (1890 - 1987) à l'occasion de la rétrospective que lui a consacré le Salon d'Automne en 1990 au Grand Palais à Paris.

https://www.youtube.com/watch?v=yI28LmeQiYM

 

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur le Relecq-Kerhuon, in  Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9903d7bdec041f2bee26eb26ce7db93e.pdf

FOND PAUL BONY et ADELINE HÉBERT-STEVENS

http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/egf/donnees_efg/2002_001/2002_001_INV.pdf

WIKIPEDIA, article MAUMÉJEAN

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maum%C3%A9jean

LE TÉLÉGRAMME

https://www.ouest-france.fr/bretagne/le-relecq-kerhuon-29480/le-relecq-kerhuon-des-travaux-de-restauration-des-vitraux-hauts-6430834

Après consultation pour la restauration des vitraux hauts de l’église, la ville a retenu l’atelier Le verre opaline de Valérie Salaun de Lanildut. Le montant des travaux se monte à 28 100 € TTC. Ils concernent les 25 baies hautes, l’oculus et le quadrilobe au-dessus du portail d’entrée ainsi que les vitraux historiés du transept. [...]

 

 —WIKIPEDIA

 La chapelle de Lossulien, qui date du xvie siècle, mais a servi un temps d'écurie, a été conservée. Le vitrail de la chapelle, réalisé en 1963 par Adeline Hebert-Stevens, montre Guillaume de Cornouaille lors de la première croisade, faisant vœu à Notre-Dame du Relec en Plounéour-Ménez de lui dédier une chapelle sur ses terres, à son retour.

Le Relecq-Kerhuon, manoir de Lossulien, verrière figurée de Paul Bony légendée « Kerguelen, 13 juin 1960 ».

 

 

 

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 14:09

Le calvaire (kersantite, Maître de Plougastel, 1621) de l'église du Relecq-Kerhuon.

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Sur le Maître de Plougastel, voir :

 

 

 

Sur les calvaires en général, utiliser l'onglet "rechercher"

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PRÉSENTATION.

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Le Maître de Plougastel.

Ce sculpteur, et son atelier probablement installé à Landerneau sont responsables d'œuvres en kersanton dans une cinquantaine de paroisses, essentiellement situées en Léon au nord de l'Élorn, mais aussi à Plougastel où il réalisa entre autres en 1602-1604 le calvaire monumental qui lui donne son nom, et en Cornouaille à Confort-Meilars et Saint-Tugen de Primelin (voir les articles supra), à Plogoff et Tréguennec.

Il intervient après l'atelier des Prigent (1527-1577) et avant celui de Roland-Doré (1618-1663), également sculpteurs de kersanton à Landerneau.

Il a travaillé pour 4 croix et 24 petits calvaires dont six sont complets, à la chapelle Christ de Guimaëc, pour le calvaire de Corran à Plougasnou en 1594 , à la chapelle Saint-Trémeur de Plougastel en 1600,  à la chapelle de Locmazé au Drennec et enfin au cimetière de Gouesnou.

Il est également l'auteur des statues géminées (mais non du Christ) des calvaires de la chapelle Saint-Adrien et de la chapelle Sainte Christine de Plougastel.

"Le style du Maître de Plougastel, dans sa maturité [après 1602] se caractérise par une certaine rigueur et un hiératisme prononcé, visible dans la gestuelle des personnages et les plis des vêtements. La rondeur des traits imprimés aux visages donne aux sculptures une quiétude magnifiée proche de l'ataraxie de pierre." Postérieures aux guerres de la Ligue (1589-1598 et à la peste de 1598 (Plougastel), les créations majeures du Maître de Plougastel ont pu être marquées par les atrocités et la souffrance physiques qu'il a dû voir autour de lui et qui imprègnent son œuvre d'une note d'intériorité froide." (Le Seac'h 2014) 

"Les crucifix se répétant sur le même  modèle avec la Vierge et Jean : les statues sont toutes en kersanton. Les sculptures du Crucifié sont de petites dimensions avec le thorax réduit et des flancs creusés. Les bras sont lisses, sans articulations visibles. La rotule du genou et le pli caractéristiques de la peau ne sont pas oubliés. Le bas-ventre est recouvert d'un pagne formé de plis plats ressemblants à des bandelettes, maintenu par un nœud simple dont chaque pan retombe sur les hanches. Les pieds larges se croisent avec des orteils marqués, le pied droit sur le pied gauche selon une tradition constante. Il en est de même pour la tête toujours incliné à droite. (Le Seac'h 2014) 

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DESCRIPTION.

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Le soubassement de granite porte un socle cubique chanfreiné, portant sur la face ouest la date de 1621 et le monogramme M.S.B.P. autour d'un calice indiquant que le commanditaire est un ecclésiastique. On peut  interpréter ces lettres ainsi :" Messire Sébastien Billant Prêtre", puisque Abgrall (BDHA Guipavas) signale ce nom dans la liste des curés ou vicaires attachés à Guipavas en 1614, et ajoute qu'il a été enterré en 1623 à Saint-Pierre de Plovavatz. Missire Sébastien Billant  fit également une fondation à la chapelle du Relecq.

Le Relecq est un démembrement de la paroisse de Guipavas : "La paroisse de Guipavas se divisait en huit cordellées, savoir : Le Froulven ; La Lande, le côté donnant sur Gouësnou et comprenant le bourg; l'EUès; Saint-Yves; Saint-Nicolas; Le Hellec; Sainte-Barbe, et Camfrout. Ces trois dernières cordellées étaient ordinairement désignées sous le nom de Trétrit, et sont devenues, en grande partie, Ia paroisse du Relecq-Kerhuon (1869)" (BDHA)

 .

On lit aussi sur l'autre face CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902.

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Le fût à pans porte un croisillon à culots portant les statues de Jean (à gauche) et de la Vierge (à droite). On remarque qu'elles ont été inversées, puisque en règle la Vierge est à gauche, c'est à dire à la droite du Christ crucifié. On remarque aussi que ces statues sont simples, et non géminées comme dans les autres calvaires du Maître de Plougastel.

La croix à fleurons porte le Christ crucifié, conforme à la description donnée supra par Le Seac'h.

Le nœud entre les bras du croisillon porte les armoiries du seigneur de Guengat ( trois mains dextres en pal)  associées à celles de son épouse Marie de Poulpry ( au rencontre de cerf), propriétaires du fief de Lossulien et des terres du Relecq. Jacques III de Guengat épousa Marie de Poulpry (fille d'Allain, conseiller au Parlement de Bretagne) en 1606. Le manoir de Lossulien (XVème siècle) fut la propriété des familles de Guengat, puis de Kergolay, Fleury, Kergroadès et enfin Kerouartz au XVIIIème siècle. En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. La chapelle seigneuriale  de Lossulien  date du XVIème siècle et était dédiée à Saint-Pierre. 

Poulpry : d'argent au rencontre de cerf de gueules.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f307.textePage.langFR

https://gw.geneanet.org/hamety?n=du+poulpry&oc=&p=francois

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La Vierge est très sobre dans sa gestuelle (les mains croisées devant la poitrine) et l'expression sévère du visage, presque absent.

Comparez avec la Vierge du Grand calvaire monumental de Plougastel :

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Maitre de Plougastel, Grand calvaire de Plougastel (kersantite, 1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Jean est imberbe, bien-sûr. Il tient son livre sous l'aisselle gauche et pose la main droite sur la poitrine. Il est vêtu d'une robe serrée à la taille par une ceinture, et d'un manteau dont le pan gauche, délicatement pincé entre les doigts de la main gauche, est tenu par la main droite en un retour accentué. Ce mouvement du drap est le seul qui rompe la statique verticale et grave du personnage.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La face orientale ne présente pas de figures.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PEYRON, Notice BDHA Quimper, Kerangal ed.

http://www.infobretagne.com/relecq-kerhuon.htm

le manoir de Lossulien (XVème siècle), propriété des familles de Guengat, Kergolay, Fleury, Kergroadès et Kerouartz (XVIIIème siècle). En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. En 1727, le domaine appartient à Michel Corentin de Fleury ;

la chapelle de Lossulien (XVIème siècle), dédiée à Saint-Pierre. Il s'agit d'une ancienne chapelle privée de plan rectangulaire remontant en partie au XVIème siècle. La chapelle abrite une statue ancienne de saint Jean. Le coffrage d'autel ancien comporte un bas relief représentant saint Suliau

— ABGRALL (Jean-Marie), Notice de Guipavas, BDHA Quimper, Kerangal ed.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/le_relecq_kerhuon.html

"2630. Le Relecq-Kerhuon, église, g. k. 5 m. 1621. Soubassement. Socle cubique: calice, M.S.B.P. 1621. Autre inscription peu lisible et: CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902. Fût à pans. Croisillon à culots, écu, statues: Jean, la Vierge. Croix, fleurons, crucifix. Les armoiries sont de Guengat, seigneurs de Lossulien. Le type de sculpture est de l’atelier du calvaire de Plougastel. [YPC 1980] "

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, nouveau répertoire des églises et chapelles.

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9903d7bdec041f2bee26eb26ce7db93e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Description matérielle : 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm. Description : Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Édition : Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut page 191

WIKI-BREST

http://www.wiki-brest.net/index.php/Calvaire_de_1621

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 20:57

Le calvaire (granite et grès arkosique, Maître de Quilinen, vers 1500) de l'église de Mellac.

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Voir :

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PRÉSENTATION.

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Un certain nombre de caractères thématiques et stylistiques, remarqués par J.-M. Abgrall dès 1891, par Y.-P. Castel en 1980 et E. Le Seac'h en 2014, incitent à rapprocher ce calvaire de celui de la chapelle de Quilinen, en Landrévarzec, et de celui de Motreff, tous les trois en Finistère. Ce sont entre autres :

  • le rapprochement des trois croix sur une base étroite,

  • Les larrons renversés sur leur traverses, jambe  gauche repliée.

  • la Déploration sur le socle,

  • Les  marmousets formant console, et portant des écus,

  • Le Christ en croix encadré, en diagonale des deux anges tenant leur calice sous les mains du Crucifié,

  • Le titulus large, en linge plié,

  • Le Christ ressuscité vers l'est,

  • Le matériau : le granite (et quelques personnages en grès feldspathique à Mellac),

  • un élan vertical ascensionnel.

J'y ajoute la facture des visages, —ronds, à bouche concave et yeux enfoncés dans les orbites —, et, pour saint Jean, la présence d'un livre-ceinture.

J'ajouterai aussi que, comme à Quilinen et Motreff, le visiteur, pour se placer face aux différentes scènes, ne peut se contenter de se placer d'abord à l'ouest, puis à l'est, mais doit tourner, par séquence d'une trentaine de degrés, autour du calvaire, examinant par exemple d'abord la Déploration, —qui fait face au nord-ouest— et le Bon Larron, puis dans un nouvel axe le Christ en croix entouré de la Vierge et de Jean, puis le Mauvais Larron, puis, tournant encore, le Christ ressuscité, et, enfin, saint Michel qui fait face au nord-est. Cette composition  spatiale  géométrique, très calculée, stellaire ou à multiples axes de direction, des personnages ne peut être due au hasard, et découle sans doute d'une réflexion spirituelle sur le pèlerinage de l'âme et sur le processus de conversion pris ici au pied de la lettre du latin conversio "action de se tourner, mouvement circulaire, changement, métamorphose".

 

  Aussi, en 2014, E. Le Seac'h  a attribué ces calvaires, par un nom de convention, au "Maître de Quilinen". Et elle lui a attribué également les Larrons (grès arkosique) du calvaire de Saint-Hernin et la croix du Vieux-Bourg de Lothey.

J'ai décrit déjà les calvaires de Saint-Hernin et de Motreff. J'étudie aujourd'hui celui de Mellac, à 50 km au sud-ouest de Motreff.

 

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DESCRIPTION.

 

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Sur une plate-forme élevée de deux marches, un autel en pierre est surmonté d'un grand socle carré. Au milieu de ce socle est dressée la croix du Christ et, un peu en arrière d'elle, celle des  deux larrons.

Le calvaire de Mellac a été quelque peu décalé en 1886 — Christel Douard, 2002— par rapport à son emplacement d'origine. Il a été consolidé, les fûts raccourcis, de nouveaux socles et soubassements posés, ce qui le rend un peu plus petit (6 mètres de haut) que celui de Motreff (7 mètres).

L'un des  socles porte l'inscription gravée JUBILÉ 1886 40 DEVEZ INDULJANSOU et l'autre la plaque de marbre MISSION 1894. Cette dernière mission du 8 juillet rassemblait autour du recteur Émile Guichaoua 1100 personnes (Semaine Religieuse page 509). L'année 1886 est celle où l'église était restaurée ; elle sera bénie l'années suivante par un chanoine titulaire de la cathédrale de Quimper, l'abbé Le Moign (Semaine Religieuse 1887). Mais c'est celle du Jubilé sacerdotal de Léon XIII, proclamé par l'encyclique papale  Quod autorictate du 22 décembre 1885 ou Annonce d'une année sainte extraordinaire, destinée à lutter contre la décadence sociale et religieuse par la pratique du Rosaire. Un Jubilé est une fête survenant tous les 50 ans, mais les Jubilés ou Années Saintes sont célébrées dans l'église catholique tous les 25 ans (par ex. en 1825, 1850 et 1875). Cette Année Sainte supplémentaire est donc qualifiée d'extraordinaire. Elle permet l'obtention de 40 jours d'indulgences (40 devez induljansou).

 

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Les sculptures, du fait de ce remaniement, sont ainsi encore plus ramassées dans une pyramide chargée. La succession des étages, clairement lisible à Motreff, est escamotée. Nous ne trouvons ici qu'une forme de  fût, cylindrique, et non la transition des sections rectangulaire, puis octogonale puis ronde.

Le coté ouest.

Un premier étage sera néanmoins décrit, sur le socle qui porte une Déploration à quatre personnages. Derrière leur tête, la ronde des trois marmousets porteurs d'écus annonce le deuxième étage, car deux d'entre eux servent de consoles pour les statues de la Vierge et de Jean. Le troisième étage, chevauchant le précédent, est celui du Christ en croix, encadré de deux anges recueillant le sang des plaies du crucifié. Le corps des deux Larrons s'insère dans ce dernier étage.

Le coté est.

En bas, saint Michel terrasse le démon (il occupait à Motreff la face ouest). En haut, le Christ ressuscité montrant la plaie du flanc droit.

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VUES GÉNÉRALES.

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LE CRUCIFIÉ ET LES ANGES HÉMATOPHORES.

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Le titulus.

 

Avant d'examiner ces anges, il faut remarquer le titulus. C'est le nom donné à l'écriteau apposé au dessus de la tête du Christ et portant les lettres INRI (pour Iesus Nazarenus  Rex Iudaeorum, "Jésus de Nazareth, Roi des Juifs"). Dans les peintures et enluminures, il adopte la forme d'un panneau de bois, rectangulaire, ou d'un rouleau de papier aux bords enroulés. Mais jamais, comme ici,  celle d'une longue (très longue) bande d'étoffe, qui part du bras droit de la Croix, s'élève en diagonale, se replie en diagonale opposée en passant devant le bras supérieur de la Croix et en présentant les quatre lettres INRI, puis qui se replie, et que nous retrouvons sur l'autre face en formant un V inversé au dessus de la tête du Ressuscité.

Dans une vue générale, ce V inversé répond en miroir au V des deux anges hématophores.

Quelles sont les raisons de ce choix original ? Sont-elles graphiques, pour former ce losange centré par la tête du Christ, où sont-elles spirituelles, la banderole INRI s'inversant, vers l'est, comme la Mort s'inverse dans la Résurrection?

Quoiqu'il en soit, on  retrouve ce titulus-banderole, plus ou moins déplié, à Quilinen et à Motreff, mais aussi sur la croix du Vieux-Bourg de Lothey.

 

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Le calvaire de Mellac.

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Les anges hématophores.

- nb : hématophore : hemato "sang" et phore "porter" : se dit d'anges portant des calices recueillant le sang des plaies du Christ.

Il est important de souligner qu'un calvaire n'est pas seulement  un mémorial rappelant au chrétien que le Christ est mort sur une croix pour sauver l'Humanité du Péché, mais qu'il s'appuie sur une mystique médiévale (et d'abord monastique) du sang versé, et sur une pratique d'une communion émotionnelle. 

Le spectacle de ce sang salvateur (base de l'Eucharistie) appelle le fidèle à partager les souffrances du Rédempteur, cette participation émotionnelle s'exprimant par les larmes (de remords et de gratitude) qu'il verse lors de sa méditation, et la mystique des larmes rejoint celle du sang.

Ces anges sont ici au nombre de deux : celui à la droite du Christ recueille le sang de la main et du flanc droit, celui à sa gauche le sang de la main gauche. Les calices ont une forme de bobine. Les anges au visage rond sont vêtus d'une aube plissée, bouffant à la taille au dessus d'un cordon non visible. Leur corps longiligne forment de chaque coté de la croix deux arcs symétriques à partir du niveau du bassin du Crucifié. "La banderole et les deux anges avec leurs corps gracieusement ployés forment comme un nimbe autour du Christ." (Abgrall)

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Le Christ porte un pagne au linge croisé au milieu, entourant les hanches de façon basse. Il est tourné vers la droite, comme le montre la position du nombril, et sa tête est inclinée et fortement tournée vers la droite. Ce nombril est saillant, comme à Quilinen et Motreff.

L'épaule droite est plus basse que la gauche.

Les membres sont fins ; le pied droit est en dessous du gauche (à l'inverse de Motreff et Quilinen).

Ses cheveux sous la couronne d'épines forment une corde rejoignant l'épaule.

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Le calvaire de Mellac.

Le calvaire de Mellac.

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LA VIERGE ET SAINT JEAN.

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La Vierge. Grès feldspathique, XVIe siècle.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Saint Jean tenant son livre dans un sac. Grès feldspathique, XVIe siècle.

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Jean bénit ou fait un geste paume vers l'avant. Il est vêtu d'une robe blousant à la taille, et aux manches très larges.

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Le livre-ceinture, dont la reliure forme un sac se refermant par une boule permettant d'être tenue dans le poing ou retenue à la ceinture, est un signe stylistique précieux pour l'attribution à un artiste puisque qu'il n'est pas rencontré dans d'autres calvaires que ceux de Motreff et Quilinen. Voir dans mon article sur Motreff la description de cet accessoire.

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-motreff.html

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LES LARRONS.

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Ils sont crucifiés sur des croix en tau, mais dont la traverse forme un axe oblique avec le fût ; les bras entourent cette traverse et sont liées ensemble derrière le fût, tandis que les jambes sont liées au fût.

Les branches des croix sont perpendiculaires à celle de la Croix. Les Larrons sont symétriques et forment une courbe qui souligne, selon Le Seac'h, les contours des corps de la Vierge et de Jean juste au dessous.

Ils portent une culotte, à braguette généreuse, et dont les jambes descendent jusqu'au dessus des genoux. Tous les deux se contorsionnent dans les affres de l'agonie, corps formant un arc convexe (imposé par l'obliquité de la traverse), tête inclinée à gauche. Les jambes du Bon Larron sont droites, et liées aux chevilles, tandis que celles du Mauvais sont fléchies, et le lien des chevilles passent derrière le fût. C'est presque la même chose sur le calvaire de Saint-Hernin, mais le Mauvais Larron n'a qu'une jambe fléchie.

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Le calvaire de Mellac.

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Le Bon Larron. Granite.

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Le calvaire de Mellac.

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Le Mauvais Larron. Grès feldspathique.

Il détourne son visage du Christ.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LES  MARMOUSETS.

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Ils sont trois à Motreff et Quilinen, aux allures de petits pages bedonnant dans leur costume et se tenant par la main ou le bras, séparés par des écus. Mais ici, ils ne sont que deux, formant par l'intermédiaire d'un coussin posé sur le vertex, une console pour les statues de la Vierge et de Jean. 

L'abbé Abgrall les décrit comme des anges, mais ils m'évoquent plutôt des petits diables, au visage un peu bestial et aux yeux caves (l'érosion de la pierre aidant), tenant leur écu devant leur jambe, sous la taille.

Le raccourcissement des fûts fait qu'ils sont moins visibles, et moins faciles à discerner.

Les écus sont "muets", ils ne portent aucune armoiries. 

 

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LA DÉPLORATION.

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Si nous poursuivons la séquence chronologique, après la Crucifixion, nous arrivons à la Déploration (granite), où Marie tient le corps de son Fils, après sa descente de la croix, entourée de Jean et de Marie-Madeleine, les disciples les plus proches.

Comme je l'ai dit, le groupe n'est pas orienté dans le même axe que la Croix, mais franchement tourné vers la droite. Mais au sein du groupe, Jean, Marie et Marie-Madeleine ne sont pas alignés de face, puisque le visage de la Vierge est orienté à 90° de celui de Jean. 

Marie est au centre du groupe, voilée par son manteau, qui couvre une robe dont la manche, aux 6 boutons ronds remarquables, est visible. Comme à Motreff et à Quilinen, elle est demi-assise (elle serait debout, à juger par sa tête à la même hauteur que les deux autres personnages ; et elle serait assise, pour supporter sur ses genoux le tronc de Jésus). Le bras droit de son Fils, tenu par Jean, pend le long de la jambe de Marie, avant-bras vertical. Le bras gauche, presque horizontal, est tenu par Marie-Madeleine. La Vierge soutient l'aisselle gauche. Le Christ est semblable à celui de la Croix, avec son pagne très bas au dessus du pubis sous un ventre rond.

La jambe gauche du Christ est brisée. Comme dans beaucoup de Pietà et de Déploration, les axes du corps du Christ (tête, tronc, 4 membres) sont disloqués, comme dans une métaphore du drame et du deuil, mais ici, cela est accentué par le changement d'orientation des corps des trois personnages supérieurs. Ces ruptures imposent de multiplier les angles de prises de vue pour rendre compte du groupe.

E. Le Seac'h, dans sa description de 2014, signale que la tête du Christ est brisée : elle a donc été réparée ou restituée depuis.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Marie-Madeleine.

Elle est identifiée par son flacon d'aromates posé à ses pieds, mais aussi par son élégance ou la finesse de sa taille, mieux visible en vue dorsale où le manteau, seulement porté sur l'épaule droite, dévoile un corsage très ajusté.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LE CHRIST RESSUSCITÉ DE LA FACE ORIENTALE.

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Il est comparable à celui de la Croix (même inclinaison de la tête, même rotation du corps vers la droite, même pagne, même ventre, etc.) mais il est vêtu du manteau de la Résurrection et il montre, par sa main droite écartée, la plaie du flanc droit. Ses pieds sont posés sur le globe terrestre (à la différence de Motreff).

Notez le drapé du linge portant le titulus sur la face occidentale. Là encore, le Christ s'encadre dans la mandorle, cette fois-ci glorieuse, des anges vus de dos et de la banderole.

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Le calvaire de Mellac.

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SAINT MICHEL TERRASSANT LE DÉMON.

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Il est orienté vers le nord-est, à 60° de l'axe du Christ. On le retrouve presque semblable à celui de Motreff, taillé en demi-relief sur le fût, avec son visage rond, ses cheveux mi-longs en boules latérales, son armure, sa main droite posées sur la garde d'une longue épée dont la pointe s'enfonce dans la gueule du démon, qu'il traverse. Le bouclier n'est pas la rondache de Motreff, mais un écu.

Comme à Motreff, le démon est sur le ventre, mais repousse par le bras droit la lame de l'épée. Le bras droit entoure la jambe de l'archange, alors que le pied de ce dernier écrase le ventre de la bête.

Les jambes (ou pattes inférieures, comme on voudra) sont croisées et viennent agripper un objet arciforme évasé que je n'identifie pas. Une trompe ? 

 

Une fois de plus, pour voir correctement le démon, il faut se déplacer en tournant autour du calvaire.

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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DISCUSSION.

Il est émouvant et passionnant de retrouver, sur trois calvaires séparés de 50 kms, les mêmes traits stylistiques, la même organisation spatiale, et de pouvoir affirmer, dans le grand brouillard de l'ignorance sur la vie des ateliers de sculpture au début du XVIe siècle par manque d'archives, qu'un même artisan est à l'œuvre sur ces trois paroisses. Pourtant, le changement de matériau (grès feldspathique et non granite) pour la Vierge, Jean et le Mauvais Larron conduit E. Le Seac'h a ne pas les attribuer au Maître de Quilinen (vers 1500) et à rester plus imprécise pour la datation de ces trois statues ("XVIe siècle"), alors même que le motif du livre-ceinture de Jean est un indice très fort d'une communauté d'atelier, mais dont la valeur n'a pas été noté par E. le Seac'h.

Le recours à ce grès propre à la vallée de l'Aulne centrale est d'ailleurs singulier, même s'il s'explique par la qualité exceptionnelle qu'il offre au sculpteur sur pierre. On le retrouve à Saint-Hernin pour les deux Larrons attribués par Le Seac'h au Maître de Quilinen vers 1530, ce qui montre que ce dernier ne se limite pas au granite.

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-hernin.html

Les anges aptères qui recueillent le sang du Christ se voient dès ca. 1470 au calvaire de Tronoën.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Le calvaire de Mellac", Bulletin de la Société archéologique du Finistère  p. 246-247

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1891_0139_0140.html


"Dans le cimetière de Mellac se trouve un calvaire très curieux, d'un style qui diffère beaucoup de celui des autres calvaires de Bretagne. Sur une plate-forme élevée de deux marches est un autel en pierre surmonté d'un grand socle carré. Au milieu de ce socle est dressée la croix. Au-dessus de Notre-Seigneur crucifié, une grande banderole, et de chaque côté, deux anges recueillant dans des calices le sang qui coule des plaies des mains du Sauveur. La banderole et les deux anges avec leurs corps gracieusement ployés forment comme un nimbe autour du Christ. Deux autres anges sortant de la tige de la croix et portant des écussons sur la poitrine servent de cariatides pour soutenir les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean.
La Sainte-Vierge a les mains croisées dans l'attitude de la douleur. Saint Jean tient de la main gauche le livre de l'Évangile suspendu au moyen de cordelettes. Les deux larrons sont sur deux croix séparées, un peu en arrière de la croix principale. Ils ont les membres très maigres, et celui de gauche fait des contorsions étranges.
Au pied de la croix principale est le groupe de Notre-Dame-de-Pitié. Le corps de Notre-Seigneur repose à moitié sur les genoux de sa mère; les membres sont grêles, et la pose très mouvementée et tout à fait différente de celles des statues analogues de la même époque. Saint Jean et la Madeleine aident la Sainte-Vierge à rendre les derniers devoirs à Notre-Seigneur.
De l'autre côté, adossé à la croix, est le Christ ressuscité. Plus bas, saint Michel terrassant le dragon. De la main droite il tient une grande épée dont il perce de part en part la gorge de Lucifer. Celui-ci, le corps tordu autour de la tige de la croix, s'efforce de la main droite d'arracher l'épée et de l'autre s'accroche à la jambe de saint Michel. Par un caprice bizarre, le vieux sculpteur a transformé ses deux pieds en deux mains dont il étreint les replis de sa queue. est pleine de verve et semble dater toute cette œuvre des premières années du XVIe siècle.
À Braspartz existe un calvaire ayant beaucoup d'analogie par ce qui est de la disposition générale
et de certains détails avec celui de Mellac , mais sans offrir la même perfection ni la même richesse; c'est une œuvre sortant du même atelier qui, peut-être, a fourni également le calvaire de Notre- Dame-de-Quilinen, en Briec. J.-M. ABGRALL, Prêtre."

— CASTEL, ( Yves-Pascal), 1980,. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980, Quimper.

http://croix.du-finistere.org/commune/mellac.html

 "Mellac, église, g. 6 m. XVIè s. Soubassement élevé, corniche. Socle, double niveau. Trois fûts, au pied du fût central, Vierge de Pitié, sur des consoles, Jean et la Vierge. Sculpture du type de Quilinen (Landrévarzec). "

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. "Mellac", Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988 p. 210

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6713ef0da1add323fc0da5f23f411635.pdf

"Sur le placitre, intéressant calvaire du XVIè siècle (I.S.) : sur un socle à deux niveaux, trois fûts de croix, la Vierge et saint Jean sur les consoles, Notre Dame de Pitié au pied de la croix centrale."

— DOUARD (Christel), 2002, Quimperlé et son canton, ed. Apogée, coll. Images du Patrimoine n°217, Rennes.

— BLOG LE RETOUR CHEZ CANELLE, 2016 "Le calvaire du cimetière". Très beau dossier photo.

http://www.dinclo56.com/2016/03/le-calvaire-du-cimetiere.html

 

ÉVEILLARD (Jean-Yves), 2001, "Les grès feldspathiques du bassin de Châteaulin dans l’architecture et la sculpture des siècles passés", La pierre en Basse-Bretagne, Brest, Université de Bretagne occidentale, CRBC, p. 41-53.

— OLLIVIER,( Sophie), 1993 -L'architecture et la statuaire en grès arkosique dans la vallée de l'Aulne centrale. Mém. de maîtrise d'histoire (inédit), J.Y. Eveillard, dir., U.B.O., Brest, 2 vol. Non consulté, cité par E. Le Seac'h.

https://memhouest.nakalona.fr/items/show/17711

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_2_3988

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne  les ateliers du XVe au XVIIe siècle / ouvrage préparé par Jean-Yves Eveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut , Rennes, Presses Universitaires de Rennes.  page 241

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/calvaire-pa00090114.html

— PATRIMOINE

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-pierre-aux-liens-mellac/24adf5e7-c8b8-4263-b0db-b1fb8b6abe12

— PÉRENNÈS,( Henri), 1933. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie. Quimper, 32e année, 1933. p. 243-280

Le calvaire du cimetière de Mellac (XVIème siècle). La croix du cimetière, note M. le chanoine Abgrall, a été composée avec une verve extraordinaire. La banderole qui surmonte le Sauveur, avec les deux anges qui recueillent le sang de ses plaies, semblent former autour de lui un nimbe en amande. On voit devant la croix la Sainte Vierge, saint Jean et une Pietà. Derrière, c’est le Christ ressuscité et saint Michel terrassant le démon et le pourfendant de son épée. Ce saint Michel est du genre de celui du calvaire de Laz, qui est de 1527 (M. Abgrall). La croix de Mellac porte les armes des Lescoet, seigneurs de Kernault, associées, à celles des Le Bot de Poulheriguen : d’argent au croissant de gueules surmonté de 2 haches d’armes de sable adossées, et accompagnées de 3 coquilles d’or . 

[Note : Les armoiries de Lescoet/Le Bot de Poulheriguen, et plus bas celles de Jean de Lescoet et de son épouse Catherine de Guer, dame de Kernault en 1495, figuraient sur la maîtresse-vitre de l'église de Mellac. Charles Le Lescoet faisait défaut lors de la Montre de l'évêché de Cornouailles de mai 1562.]

.

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Calvaire,_bourg_de_Mellac.jpg

Photo :

http://www.betermin.com/media/9cf76018-9a47-4c29-8fb5-fa036e63bb5a-calvaire-au-cimetere-de-mellac

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires
3 août 2020 1 03 /08 /août /2020 20:18

 Zoonymie du papillon Le Soufré Colias hyale (Linnaeus, 1758).

 

   La zoonymie (du grec ζῷον, zôon, "animal" et ónomaὄνομα, "nom") est la science diachronique  qui étudie les noms d'animaux, ou zoonymes. Elle se propose de rechercher leurs significations, leurs étymologies, leur évolution et leur impact sur les sociétés (biohistoire). Avec l'anthroponymie (étude des noms de personnes), et la toponymie (étude des noms de lieux) elle appartient à l'onomastique (étude des noms propres).

Elle se distingue donc de la simple étymologie, recherche du « vrai sens », de l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale du nom.

Voir aussi :

.

 

Résumé.

 

 — Colias (Fabricius, 1807) : épithète de Vénus, lié au nom d'un cap de la côte orientale de l'Attique (Grèce), où était édifié un temple et une statue dédiés à Vénus. 

— hyale : nom d'une des cinquante Danaïdes, selon une convention choisie par Linné pour sa "phalange" des Danaii candidi. Hyale est, dans la liste donnée par Hyginus, l'épouse de Perius, dont elle transpercera le cœur de son épingle à cheveu le soir des noces pour prévenir une malédiction annoncée en oracle à son père.

— "Le Soufré" est le nom vernaculaire choisi par G.C. Luquet en 1986. Il fait suite aux noms "Le Soufre" d'Engramelle (1779), "La Coliade Hyale" de Latreille et Godart (1819), la "Coliade Soufre" de Godart (1821) et des auteurs du XIXe siècle, et à "La Coliade Soufrée" utilisée par Oberthür et Houlbert (1912-21). Le Jaune soufre est une couleur plus pâle que le Jaune Citron, de même que cette espèce (The Pale Clouded Yellow en anglais) est plus pâle que le Citron (The Clouded Yellow).

 

 

 

 

               I. Nom scientifique.

 

1. Famille et sous-famille.

a) Famille des Pieridae, Swainson, 1820, ou Piérides.

Je n'ai pas trouvé la publication originale ; sans-doute The Zoological Illustrations

(BHL libr)

Elle comporte, en France, les sous-familles

  • des  Dismorphiinae Schatz, 1888, ou Dismorphiines (avec le genre Leptidea)
  • des Coliadinae Swainson, 1827 ou Coliadines (rassemblant les Coliades et les Citrons) 
  • et celle des Pierinae Duponchel, 1835, ou Piérines.

 

b) Sous-famille : Coliadinae, Swainson 1827. Elle réunit les Coliadini, les Goniopterygini et les Euremini : en anglais, The Yellows, Sulphurs, and the Emigrants.  En France, cette sous-famille ne rassemble que deux genres, Gonepteryx et Colias. 

 

 

 

2. Nom de genre : Colias, Fabricius, 1807.

 a) publication originale.

   Le genre Colias a été créé par Johan Christian Fabricius en 1807 dans l'article suivant : "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge aus den Linneischen Gattungen Papilio und Sphinges""Nach Fabricii systema glossatorum Tom 1" , in Johann Karl Wilhelm Illiger*, Magazin für Insektenkunde, Karl Reichard Braunschweig [Brunswick] (6) page 284. n° 24..

*Illiger a publié dans sa revue les prémisses d'un livre de Fabricius sur sa classification des lépidoptères, son Systema glossata. Il se contente d'y indiquer l'organisation en genres, laquelle était une nouveauté. Le livre lui-même ne parut jamais, en raison de la faillite de l'éditeur, et du décès de Fabricius en mars 1808. Voir le récit détaillé ici : Zoonymie du papillon la Belle Dame, Vanessa Cardui (Linné, 1758).

 

 Dans la note préliminaire d'Illiger, Fabricius divisait l'ensemble de ses Papilio (papillons "de jour") en 49 "genres", dans lesquels il englobait les Sphinx (n°43), les Sesia (n°44) les Zygaena (n°47), sans distinction, alors que Latreille (dont la classification de 1804 est présentée dans la partie B du même article page 90) crée des Sections (Diurnes-Crépusculaires-) divisées en familles (Papillionides et Sphingides), elles-mêmes divisées en quatre sous-groupes.

 

b) caractéristiques.

Le genre fut repris par Latreille en 1810 sous le nom de "Coliade". Les anglais les désignent sous le nom de "Clouded Yellows".

Type spécifique :  L'espèce-type, celle sur laquelle se base la description, est Papilio hyale.

 

Il comporte en France 7 espèces :

Colias palaeno (Linnaeus, 1761), le Solitaire.

L'espèce est décrite par Linné dans son Fauna suecica (Faune de Suède) de 1761 parmi ses Heliconii n°1041 page 272 ainsi :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/100333#page/330/mode/1up

alis intergerrimis rotundatis flavis apice nigris margineque fulvis ; posticis subtus puncto argenteo. Uddm.diff. 56. Papilio hexapus, alis rotundatis albis ocello parvo fusco oblongo ; apicibus fuscis. Habitat in Pteride rarissime Upsaliae, frequentior in Finlandia.

DESCR. Antennae & Pedes rubro. Alae flavescentes aut albae marginibus exterioribus rubris. Primores apice late nigrae, disco utrinque puncto nigro. Posticae subtus cinerescentes, in medio puncto argenteo lunato, imprimis in superioribus ; basis alatum inferiorum subtus rubra.

 

Dans cette description Linné fait référence sous l'abréviation Uddm.diff à l'espèce 56 de Johan Leche (1753) page 23. L'insistance sur la petite ocelle brune oblongue  de l'aile antérieure (ocello parvo fusco oblongo) pouvait laisser penser que l'épithète palaeno dérivait  du latin palea, "balle du blé, paillette" , également à l'origine de l'épithète paleana (Totricidae Clepsis paleana Hübner, 1819), qu'Emmet commente ainsi : "chaff. From the whitish ochreous forewing". L'ocelle  non pas ronde, mais fusiforme pouvait être à l'origine de paleano "en forme de balle de blé "(enveloppe du grain de blé).

Mais pas du tout. Palaeno est le nom de l'une des 50 Danaïdes de l'Antiquité, fiancée par contrainte à Aristonus. L'espèce Papilio Palaeno suit directement, dans le Fauna suecica, Papilio Hyale , Hyale étant une autre Danaïde. (voir infra)

Nom vernaculaire:

-Le nom est créé en 1779 par Engramell : Engramelle Papillons d'Europe tome I page 328 pl. VI, 3eme supplément fig. III quart. "Ce papillon est de la même famille que ceux représentés sous les numéros 111 et 112, Pl. LIV, LXXVIII et LXXIX, mais il ne se trouve jamais avec eux. C'est une espèce qui n'habite que les lieux solitaires ; de là vient sans doute qu'il est peu connu."

https://books.google.fr/books?id=_2hTAAAAcAAJ&pg=PA101&dq=colias+solitaire&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj666HAif_qAhXID2MBHXcMAWoQ6AEwAHoECAEQAg#v=onepage&q=colias%20solitaire&f=false

-Il est cité en 1819 par Latreille qui se réfère à Engramelle, en  1823 par Von Waldheim

-En 1836, Boisduval emploie le nom Le Solitaire en référence à Ernst.

-Paul-A. Robert 1934 : "en français, cet insecte s'appelle "Le Solitaire" précisément parce qu'il est rare et généralement isolé"

Colias palaeno europome (Esper, 1778).

Colias palaeno europomene Ochsenheimer, 1816. (Alpes)

Colias phicomone (Esper, 1780), le Candide.

Colias hyale (Linnaeus, 1758), le Soufré.

Colias alfacariensis Ribbe, 1905 le Fluoré.

Colias crocea (Geoffroy in Fourcroy, 1785), le Souci. 

Synonymes ou sous-genres*:

  • Eurymus Horsfield, [1829]

  • Ganura Zetterstedt, [1839]

  • Scalidoneura Butler, 1871

  • Eriocolias Watson, 1895

  • Coliastes Hemming, 1931

  • Protocolias* Petersen, 1963 [2]

  • Mesocolias* Petersen, 1963

  • Neocolias* Berger, 1986 [3]

  • Palaeocolias* Berger, 1986

  • Eucolias* Berger, 1986

  • Similicolias* Berger, 1986

  • Paracolias* Berger, 1986

Voir :Josef GRIESHUBER & Gerardo LAMAS "A Synonymic List of the Genus Colias FABRICIUS, 1807 (Lepidoptera: Pieridae)" Mitt. Münch. Ent. Ges. 97 131-171 München, 31. 10.2007 en ligne

 

Synonymes faux-ami : Colias, Hübner, 1819 ou Phoebis, Hübner, 1819 (Hübner, [1819]; Verz. bek. Schmett.(7): 98).

 

Le genre se caractérise par :

  • Ses couleurs principales jaune, orangé, parfois blanc-verdâtre, plus ou moins tachées de noir, le bord de l'aile étant souligné ou encadré de noir (Yellow Clouded), de façon plus marquée chez les femelles.
  • Une  taille généralement moyenne.
  • L'apex des ailes antérieurs est arrondi
  • un vol rapide, puissant et infatigable qui font des espèces du genre de puissants migrateurs.
  • chez les mâles de nombreuses espèces, une tache androconiale sur le bord antérieur de la face supérieure de l'aile postérieure : formée d'écailles épaisses "crayeuses", elle est nommée Mehlflekt ("tache-farine") par les auteurs allemands.
  • une nervuration typique : nervure sous-costale avec 4 rameaux, naissant loin avant l'extrémité de la cellule. Absence de nervure disco-cellulaire antérieure, la nervure radiale antérieure  étant anastomosée à la nervure costale 4.
  • des antennes courtes à massue en cône renversé (Godart).
  • des chenilles, de couleur verte avec rayures, qui se nourrissent de légumineuses (fabacées)
  • l'absence en général d'aposématisme et de fabrication à partir des plantes-hôtes de composés toxiques pour les prédateurs, ce qui fait d'eux une proie appréciée (à la différences des Piérides/Piérines).

 

 

c) étymologie.

 Kôlias Κωλιάς «De Kolias» : épithète de Vénus/Aphrodite.  Nom d'un cap de la côte orientale de l'Attique (Grèce), proche de Phalère, l'un des ports d'Athènes. Il y était édifié un temple et une statue dédiés à Aphrodite (Vénus pour les grecs)  selon Strabon (Livre IX page 612) et Pausanias (Description de l'Attique ou Livre I, chapitre 1 page 5). Les anciens prenaient plaisir à rapprocher le nom grec de celui de Kolios, "membre" ; plus précisément, Hesychius compare la forme du promontoire "au pied de devant d'une victime, kólos κωλος ", ce jeu de mot sur Kôlias (Colias) et kôlê ("pénis") se retrouvant chez qu'Aristophane (Nuées, v.49-52). D'autres, plus respectueux, disait que l'endroit avait pris ce nom  "de la cuisse (kôlê) de la victime sacrificielle volée par un corbeau et déposée en l'endroit nommé cap Kôlias".

  Se rendre au sanctuaire de Vénus à Kolias tenait plus de l'Embarquement pour Cythère que du pèlerinage de Lourdes. On connaît peut-être la pièce d'Aristophane, Lysistrata, où les femmes font la grève du sexe pour obliger leurs maris à renoncer aux guerres. La pièce commence par une déclaration furieuse de Lysistrate contre les Athéniennes qu'elle a convoquées pour réfléchir à un moyen d'obtenir la paix : il n'y a personne !

 LYSISTRATA, d'abord seule. - Voyez pourtant ! si on les avait convoquées au temple de Bacchus, ou de Pan, ou de Vénus Coliale, ou de Génétyllide, la foule des tambourins ne permettrait pas même de passer

   "Toutes les divinités citées par Lysistrate étaient favorables à la débauche", indique en note le traducteur Georges G. Toudouze. La déesse de Kolias y était vénérée comme présidant (comme Bacchus et Pan) aux plaisirs de l'amour, mais aussi à l'union conjuguale, alors qu'un culte voisin était rendu à une déesse Génétyllide protectrice des engendrements. (Le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio en ligne). Les femmes athéniennes se rendaient au cap Kolias le deuxième jour des Thesmophories, ce qui laisse soupçonner une fusion du culte de Déméter (fécondité) avec les deux cultes précédents. La prêtrise du temple était exercée par une femme. 

 Fabricius s'était donné la règle d'attribuer aux genres qu'il créait pour son Systema glossata(Système des lépidoptères) des épithètes de Vénus (épiclèses pour l'épithète grec) aux papillons diurnes, et inversement, des épithètes de la déesse lunaire Diane/Artémis aux genres de papillons de nuit. le genre Colias rentre dans cette série, en numéro 24, après les genres Doritis (Vénus bienfaitrice) et Pontia (protectrice de la mer profonde). A.M. Emmet 1991, qui ignorait manifestement cette convention de Fabricius, attribue ce choix de nom Colias et Pontias liés à la déesse de la beauté "peut-être simplement parce que les papillons eux-mêmes étaient beaux". Pour la même raison, et parce qu'il suspecte toujours Fabricius d'être un joyeux farceur ("his fondness for punning names and word play"), Emmet rapproche Colias du grec κολιας, kolias, un poisson de la famille des thons décrit par Aristote, avec un jeu de mot avec khole, kholos, "bile" (cf notre mélancolie, bile noire"), en raison de leur couleur jaune. Cette étymologie liée au poisson d'Aristote et de Pline avait été dénichée chez Ramann, 1870 p. 18, qui comparait le vol rapide de ce papillon très coloré aux mouvements ondulatoires de la nage des thons. Le même rapprochement est aussi cité par Spannert. Ah, si non e vero... mais Glaser 1887 a souligné la différence entre les noms grecs Κωλιάς  et κολιας

 Dans ce genre où il plaçait 35 espèces aux ailes jaunes , Fabricius distingue deux types : ceux aux ailes arrondies (Papilio palaeno, hyale, glaucippe) et ceux aux ailes anguleuses (Papilio rhamni, cleopatra) qui rentreront plus tard parmi les Gonepteryx. Les autres Pieridae blancs se trouvaient dans le genre Pontia (94 espèces, dont P. crataegi, rapae, daplidice, elathea, belia).

 

 

 

3. Nom d'espèce :  Colias hyale (Linnaeus, 1758)

 

a) la publication originale.

       Protonyme :P[apilio] D[anaus] hyale n° 71 , Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 824 pp. page 469 . 

— Localité-type: Bocking, Essex, Angleterre, lectotype désigné par Verity & Querci (1923). Cette désignation est contestée par Honey & Scoble (2001)]

Cette espèce migratrice possède une répartition eurasiatique. Elle est observée dans toute la France. Les chenilles se nourrissent sur diverses Fabaceae, principalement Trifolium repens L. et Medicago sativa L.  

 —Habitat in Europa, Africa

— Description : P.D. alis integerrimis rotundatis flavis ; posticis macula fulva, subtus puncto sesqualtero argenteo. " Papillon Danaus, ailes jaunes arrondies, les ailes postérieures tachées de fauve, avec un point sesqualtier [une fois et demi plus grande que la tache des ailes antérieures] argenté en dessous".

 

 — Références (mentions bibliogr. complétées si besoin ) :

- John Ray, Historia insectorum I page 112 n° 6. Papilio mediae magnitudinis...

- James Petiver gazophylacii, page 22 t.14 f.11 : papilio croceus, apicibus nigrantibus. Papilio 5 Moffet 100...The Saffron butterfly

- Roesel  Ins. III. t. 46

- Uddm. ins. 56

      Voir aussi Fauna suecica édition 2 page 272 n°1040.

J'ai mis un certain temps à découvrir la signification de l'abréviation Uddm, mais l'Histoire des Insectes de Geoffroy m'a donné la solution  de cette référence à Johan Leche   Novae insectorum species, quas dissertationis Academicae loco, praeside Joanne Leche, proponit Isaacus Uddman. Alboe, Jakob Merckel 1753, in-4°. 

Jacob Uddman (1731-1781) avait publié en 1765 avec Linné une thèse (14 pages) sur la Lèpre. Linné lui a dédié un Tortrix, l'actuelle notocelia ou epiblema Uddmanniana voir  Zoonymie de deux microlépidoptères très communs : Tortrix viridana et Epiblema uddmanniana. où je donne les renseignements sur ce médecin.

Le suédois Johan Leche (1704-1764), (biographie) docteur en médecine en 1740, fut nommé médecin de la Compagnie des Indes Orientales de Suède à Göteborg, et a été élu en tant que membre de l'Académie royale suédoise des sciences en 1748 puis promu professeur de médecine à Turku . C'était un naturaliste très  apprécié de Linné, qui a souvent  profité de ses données, en particulier dans l'étude des oiseaux, et qui a nommé en son honneur le genre botanique  Lechea (cf. Lechea maritime)  et, parmi ses Tortrix,  Phalæna Lecheana (Fauna suecica page 345 n°1318). Polyvalent, il s'est aussi occupé de météorologie, de rassembler une collection de minéralogie, de créer un laboratoire de chimie ou de pratiquer des travaux d'anatomie, quand il ne s'impliquait pas dans la création du jardin botanique de Turku. En tant que médecin, il a fait porté son effort sur la promotion de l'hygiène . Le reste du temps, il parlait hébreu, latin ou grec, s'entretenait en français en anglais ou en allemand. Il est l'auteur de Flora Fennica (1827) et surtout de Dissertatio sistens primitias Floræ Scaniæ

La correspondance échangée entre Leche et Linné entre 1738 et 1763 est conservée par la Linnean Society.

 

 

 

 

 

c) étymologie.

     Avant de rechercher l'étymologie du nom du papilio hyale de Linné, il faut d'une part rappeler que il appartient à ses Danaii ; et il faut rappeler la note que Linné a donné dans sa publication :   Danaorum candidorum nomina a filiabus Danai aegypti ; Festivorum a filiis mutuatus sum. "Je donne aux Danaii blancs —les candidi— le nom d'une des filles du roi Danaos ; et aux bariolés — les festivii— le nom d'un des fils d'Aegyptos".

En effet, si on écarte la possibilité de voir en -hyale- un qualificatif dérivé du grec ὕαλοςhyalos, "verre" qui a donné notre "hyalin", Linné n'étant pas enclin à quitter la mythologie pour créer des noms descriptifs, nous nous trouvons, avec les auteurs qui nous ont précédé, devant deux possibilités.

1. Hyale ou Hyalé, nymphe de Diane.

Dans le Livre III de ses Métamorphoses, Ovide décrit le bain de la déesse Diane/Artémis (vers 163-172)


Hic dea siluarum uenatu fessa solebat

uirgineos artus liquido perfundere rore   

 

Quo postquam subiit, nympharum tradidit uni 

armigerae iaculum pharetramque arcusque retentos,

altera depositae subiecit bracchia pallae,

uincla duae pedibus demunt; nam doctior illis

Ismenis Crocale sparsos per colla capillos 

colligit in nodum,quamuis erat ipsa solutis. 

excipiunt laticem Nepheleque Hyaleque Rhanisque

et Psecas et Phiale funduntque capacibus urnis.

 

 

"La déesse des forêts, fatiguée de la chasse, venait ici

Baigner de rosée son corps de vierge.

Elle descend, remet à une des nymphes

Chargées des armes sa lance, son carquois et son arc détendu.

Une autre reçoit sur les bras le manteau,

Deux encore détachent les chaussures de ses pieds ; et la plus douée

Crocale, fille d’Ismenos, noue les cheveux qui flottaient

Sur le cou ; elle garde les siens libres.

Elles recueillent l’eau de source, Nephélé, Hyalé, Rhanis,

 

Psecas et Phialé, la versent dans d’amples vases."

 C'est justement le moment que choisit le chasseur Actéon pour sortir du bois, ce qui lui vaut d'être maudit par la prude déesse rétive à l'amour et aux hommes : elle le transforma, on le sait, en un cerf, une proie pour ses propres chiens.

 

2. Hyale, l'une des cinquante Danaïdes selon Hyginus.

Dans la Fable 170 d'Hyginus, Hyale figure dans la liste des cinquante filles du roi Danaos, qui vont épouser chacune l'un des cinquante fils de leur oncle Egyptos afin de les tuer le soir même. Hyale est mariée avec Perius. Comme ses sœurs, elle a caché une grande épingle dans ses cheveux...

 En raison des arguments que j'ai donné, il est évident que Hyale est, dans le Systema naturae de Linné, le nom de cette funeste Danaïde, et cela est d'autant plus évident que son nom est accompagné de celui de Daplidice, Euippe, Glaucippe, Pyranthe, Arsalte, Hyparete, Damone, Trite, Hecabe, alors que les maris Niavius, Enceladus, Obrinus, Perius ( n° 79,) Plexippus, Chrysipus, Mineus, Hyperantus, Pamphilus, Xanthus, les attendent dans la liste des festivi ... et que dans l'édition suivante, ils seront rejoint par Palaeno, Hero, Arcania, etc...

voir  Zoonymie du papillon Céphale.

 

 3. Le choix des auteurs :

— Arnold Spuler 1 (1908) page 9 : "Une nymphe des bois grecque"

—Janssen (1980) page 38 : " "un des noms de Diane (Ovide)".

— Ramann : "nom d'une de celles qui accompagnent/ de la suite de Diane".

— Glaser, page 116 :"Nymphe de Diane, signifiant 'verre' ".

— G. Spannert (1888) page 21 : "Hyale, une nymphe de Diane".

— W. Dale 1890) : "Hyale : a nymph in the train for Diana (Ovid Met. III, 470)"

— H.A. Hürter (1988): "Parce que Linné n'a pas précisé son intention, il est impossible de dire si il s'agit ici du nom d'une nymphe de Diane ou de celui d'une Danaïde".

— Doux et Gibeaux (2007) : "Hyale : le nom de l'une des cinquante (!) fille de Danaus".

— Perrein et al. 2012 : "De Hyalé, l'une des cinquante filles de Danaos, roi d'Argos, selon Emmet (1991), du grec hualos, "verre" ?. "

 

 

 

                II. Noms vernaculaires.

 

 

 

0. Avant l'Âge des Noms Français : les auteurs étrangers .

Le premier nom scientifique de 1758 donné par Linné n'avait été précédé par aucun nom propre spécifique.

 Le seul auteur étranger qui a précédé Engramelle 1779 et qui a créé un nom propre différent de celui de Linné est :

— Harris 1775 : "The Pale Clouded Yellow."

Puis en 1779, on trouve le nom de Hübner "Kornwickenfalter".

 La spécification du papillon n'est pas encore pleinement établie : si Linné a décrit en 1758 le hyale, il l'a fait en renvoyant à des références (Petiver, Ray, Roesel) dans lesquels on ne reconnaît pas actuellement notre Colias hyale. D'autre part, il ne décrit qu'une seule espèce, qui recouvre notre Colias crocea et C. palaeno.

   Ce n'est qu'en 1761 qu'il décrivit son Papilio palaeno dans la Fauna suecica page 272. Les auteurs qui se réfèrent à ses publications n'ont alors le choix qu'entre deux espèces,  P. palaeno et P. hyale donné comme semblable au palaeno, mais "aux ailes plus jaunes", ou "avec plus de jaune sur les ailes", alae magis flavae".

 En 1767, dans la 12eme édition de Systema Naturae, Linné continue à proposer Hyale, avec les références à Petiver et Ray, Schaeffer, Roesel, Scopoli, mais aussi au Souci de Geoffroy (sans préciser la variété), alors que le Palaeno renvoie à la référence de Uddmann et Leche. 

 Ce n'est qu'en 1785 (Geoffroy in Fourcroy) avec le papilio crocea, ou en 1787 après que Fabricius (ici) ait établi une troisième espèce edusa (edusa = crocea), que les entomologistes purent, comme Godart en 1819, distinguer le Souci de Geoffroy var A, —edusa ou crocea—, le Soufre d'Engramelle, —hyale—, et le Solitaire d'Engramelle, —palaeno—. 

 

 

[Auteurs plus tardifs : 

—Fabricius, 1775 , Hyale, Systema Entomol; p. 477 n° 148. "Der Linneische Character"

—Fabricius, Species Ins., II, page 48, 211

—Fabricius 1787  Mantissa Insectorum II page 23 n°243
—Fabricius 1793 Entomologia Systema emendata tome III pars 1, page 207 n° 649

—Hübner 1779 : "Kornwickenfalter" Papilio hyaleSammlung Europaïscher Schmetterlinge page 67 n° 19 fig. 438-439. 

—Esper, (de 1776 à 1807, [1829]) I, page 68 tab.IV fig. 2 palaeno "Die Schwefelgelbe Heuvogel". Esper se livre à une belle analyse comparative des  descriptions des différents auteurs.

—Schaeffer (Jacob-Christian) 1766, Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum, Ratisbonne 1766, 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées . Tab. 149 fig. 4-5. Papilio hexapus alis integris decimum tertius.

—Jean Gaspard Fuesli ou Füslli), 1775, Verzeichnis der ihm bekannten Schweitzerischen Inseckten  p.29 Palaeno n° 553 "der Silverpunkt", Hyale der Pomeranzenvogel* n°554.

* Pomeranzenvogel est aussi le nom du Pluvier doré. Pomerans = Orange bigaradier, orange amère.

—Ochsenheimer 1808 in  Die Schmetterlinge page 181

— Müller : "der Silverpunkt".

 Les autres auteurs sont Hüfnagel, Panzer, Borckhausen, Brahm, Illiger, Schneider, Rossi, Lang, Ochsenheimer.

  Cette espèce est très rare en Angleterre ; la première description a été donnée par Harris, 1775 mais la première observation serait due à  Lewin, 1795. Les autres auteurs sont : Jermyn, 1824 ; Coleman, 1860; Rennie, 1832, Haworth, 1836. William Dale (page 33) décrit toutes les années où, lors de flux migratoires, elle fut observée, avec la grande année de 1868.

 

Lewin The papilios of Great-Brittain 1795 page 33   Hayale (sic) Le Jaune Pâle Nébuleux. (fig. 3 et 4)  (BHL)

            n138_w441

 

 

 

 1. Le Souci variété C, Geoffroy, 1762.

 Le Souci variété C   Étienne Louis Geoffroy Histoire abrégée des Insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Volume 2  page 75 n°48.

      Variété C: Papilio alis sulphureis, primariis limbo nigro fascia flava maculato, maculaque nigra, secundariis fulvâ. 

 

 2. Le Soufre, Engramelle 1779.

  Jacques Louis Engramelle Papillons d'Europe, peints d'après nature, Volume 1 page 228 planche 54 fig. 112 a-b  par J.J. Ernst,  1779. 

Dans cette description, Engramelle renvoie au Papilio palaeno de Linné S.N. 1767; Geoffroy (Souci, C) ; Fuessli ; Schaeffer ; Esper ; Müller ; Fabricius Ent. . et Uddman, soit un joyeux mélange de palaeno et de hyale.

  "Ce papillon a longtemps été regardé comme une variété du précédent (le Souci). Les caractères de ressemblance qu'il a avec lui ont naturellement établi cette opinion ; mais les naturalistes modernes qui l'ont examinés avec plus d'attention se sont convaincus qu'il formait une espèce particulière. Linnaeus est de ce sentiment. [...]Le mâle a le fond des ailes en dessus couleur de soufre. Celui de la femelle est plus pâle. La bordure noire qui entoure leurs ailes n'a pas, vers le bas des ailes supérieures et dans tout le contour des inférieures, autant de largeur que celle du Souci, et surtout au mâle. Elle est, dans les deux sexes de cette espèce, chargée de taches de la couleur du fond des ailes, c'est à dire soufre dans le mâle et blanchâtre dans la femelle."

      Alors que nous sommes — par habitude ?— tenté de lire Le Soufré, Engramelle, et plus tard Godart, baptise bien son espèce Le Soufre. Geoffroy avait largement puisé dans le vocabulaire des couleurs pour nommer ses papillons, illustrant comment les noms de couleur prenaient le nom de la matière elle-même, et nom d'un adjectif dérivé : le Citron, l'Aurore, le Souci. C'est aussi le cas de [la couleur] soufre, que j'imaginais plus foncée et intense alors qu'elle est, dans la gamme des jaunes, plus pâle que le Jaune. Dans la littérature du XVIIIe, on emploie souvent "jaune soufre", "jaune-soufre" ou "jaune soufré" plutôt que "soufre". Dans le vocabulaire des couleur, le rapprochement avec un métal ("bleu acier", "blond platine") ou un métalloïde ("gris ardoise", "bleu outremer" (lazulite)) est moins fréquent que celui avec un élément de la flore ; il semble également moins flatteur, et moins utilisé pour qualifier le vêtement.

 Le soufre se nommait en pharmacopée Sulphur, et évoque ainsi les différents papillons nommés par les anglais et américains "Sulphurs", comme Colias pholidice, the Common Sulphur ou Clouded Sulphur.

 

   3. P[apillon] Souci (P. hyale) Walckenaer 1802.

Walckenaer Faune parisienne 1802 page 268

 

 4. Coliade Hyale, Latreille et Godart 1819.

   Latreille (P.A) Godart (J.B), Encyclopédie méthodique. Histoire Naturelle. Entomologie, ou histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des insectes. Vol. 9. Paris : Vve Agasse,1819 828 pp,  page 87  et page 99 n°33.

 Latreille a formé son groupe Coliade en le calquant sur le genre Colias de Fabricius ; Godart donnera en 1823 la précision "Partie des Danaïdes blanches (Linné)" pour rappeler la classification initiale où Linné (1758) avait séparé ses Danaïdes (Papilio Danaus) en Candidi ("blanches" mais aussi jaunes) et en Phalerati (bariolées). Ces Candidi sont désormais réparties en Piérides (blanches...) et en Coliades (jaunes). 

5.  Coliade Soufre Godart 1821.

Jean Baptiste Godart, Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France Paris : Crevot 1821/1823 Tableau Méthodique page 14 ; page 46 n°4 planche IIsecond.  peinte par C. Vauthier et gravée par Lanvin.

 Comme il le fait parfois, Godart abandonne le nom utilisé en 1819 avec Latreille —Coliade Hyale— pour un nom français, et se place sous le drapeau d'Engramelle en reprenant son nom de Soufre   ; mais, comme toujours, il respecte sa règle d'une structure binominale avec le genre Coliade de Latreille en premier. 

Il justifie le nom dans sa description : "Le dessus du mâle est d'un jaune soufre, le dessus de la femelle d'un blanc-verdâtre, avec un point très noir vers le milieu de la côte des premières ailes, et une tache orangée pâle au centre des secondes".

 

    Ce nom a été repris par J.V. Audouin 1823 ; Bory de Saint-Vincent 1823 ; Boisduval, Rambur et Graslin 1832 ; Hippolyte Lucas 1834 ; P.A. Duponchel en 1849 ; A. Dupuis 1863 

 

Le Borgne de Kermorvan, dans Le Tableau Systématique des lépidoptères du Finistère (Souvestre, 1836) page 165, n'utilise que les noms de Coliaves (sic) edusa et hyale.

 

 La Chenille.

 

 La Coliade soufre (Duponchel, 1849).

  Philogène Auguste Joseph Duponchel,  Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir de complément à l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de MM. Godart et Duponchel Paris :1849 page 58 n° 13 Planche IV par Dumenil. BHL

 

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6. La revue des noms vernaculaires par Gérard Luquet en 1986.

       Dans la révision des noms vernaculaires français des rhopalocères parue dans la revue Alexanor en 1986, Gérard Christian Luquet propose "Le Soufré" comme nom principal, et cite "La Piéride soufrée" qu'un auteur* avait utilisé en 1965. Il bannit "Le Soufre" comme appartenant aux  "noms incorrectement orthographiés, mal transcrits". Un auteur belge** avait utilisé le nom "Le Faux soufré", rejeté par Luquet car "employé à tort ou à mauvais escient".

 Curieusement, il omet "La Coliade soufre" de Godart.

D'autre part, la "Piéride soufrée" qu'il tolère ne va pas sans ambiguïté, puisque Tolman & Lewington adaptés par Leraut (p. 60) nomment de ce nom Euchloe charlonia, alors que Euchloe penia porte le nom de "Piéride soufrée des steppes".

* Jean-Pierre Vanden Eeckhoudt 1965, Papillons de jour, L'école des loisirs éditeur : Paris.

** Eric Verbist, 1982, Les noms vernaculaires des Lépidoptères de Belgique et de France, / De inheemse namen van de Lepidoptera van België en frankrijk (Lexique français-néerlandais-anglais) Institut Libre Marie Haps éditeur : Bruxelles.

7. Noms vernaculaires contemporains :

— Oberthür et Houlbert dans la Faune armoricaine (1912-21) utilise le nom scientifique Colias hyale, mais emploient une fois (page 72) le nom de Coliade soufrée

— Bellmann / Luquet 2008 : " Le Soufré ". 

— Blab / Luquet 1988 : " La Soufré ".

— Chinery / Luquet  2012 : non cité

— Doux & Gibeaux 2007 : " Le Soufré" .

— Higgins & Riley /Luquet 1988 : " Le Soufré ".

— Lafranchis, 2000 : "Le Soufré" .

— Perrein, 1012 : " le Soufré".

— Tolman & Lewington / P. Leraut 2009 : "Soufré" .

— Wikipédia : " Le Soufré ".

 

 

 

 

III. Les noms vernaculaires dans d'autres pays.

 

  • "Gele luzernevlinder" en néerlandais ("le papillon jaune de la luzerne")
  • "Žluťásek čičorečkový" en tchèque 
  • "Szlaczkoń siarecznik" en polonais
  • "Gul høsommerfugl" en danois ("jaune opacifié" ?)
  • "Fakó kéneslepke" en hongrois 
  • "Žltáčik ranostajový " en slovaque
  • "Niidu-võiliblikas"  en estonien ("du soufre..")
  • "Ljusgul höfjäril"en suèdois ( "le papillon ...jaune clair")
  • "Vaaleakeltaperhonen" en finois ("papillon jaune clair")
  • "Dirvinis gelsvys" en lithuanien ("le soufré des fourrages")
  • "Orman Azameti" en turc.
  • "Желтушка луговая" en russe. ("oriole des près" ?)

 

Les noms en allemands.

 a) "Goldene Acht"  : "Le Huit doré". Ce nom est-il lié aux deux ocelles mitoyens des ailes postérieures ?

b) "Posthörnchen, Kleines Posthörnchen" : j'ai déjà étudié ce nom qui qualifie le Souci: Le Postillon, et, ici, le Petit Postillon, dont le nom allemand vient du cor de postillon. Zoonymie du papillon Le Souci, Colias crocea (Geoffroy in Fourcroy, 1785).

 c) "Weißklee-Gelbling", , faut-il traduire par "le papillon jaune du trèfle blanc", qui est l'une des plantes hôtes?

d) "Gemeiner Gelbling" : le Jaune commun.

 e) "Gelber Heufalter" ou "Gemeiner Heufalter" : "le jaune des foins", "le papillon commun des foins".

f) cf Hübner "Kornwickenfalter" : "le papillon de la vesce". 

g) Esper :"Die Schwefelgelbe Heuvogel" : "le papillon soufré du foin".

h) Fuessli :  "der Pomeranzenvogel" est aussi le nom du Pluvier doré. Pomerans = Orange bigaradier, orange amère.

i) Müller : "Silverpunkt" : "le Point d'argent".

 

Hübner : "Posthörnchen", 1-2 page 28 (Hübner nomme Colias edusa "Le Postillon").

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Les noms en langues celtiques.

1. langues gaéliques :  irlandais (gaeilge) ; écossais (Gàidhlig ) ; mannois ( gaelg :île de Man).

  • en irlandais

  • en mannois.
  •  en gaélique écossais*

2. Langues brittoniques : breton (brezhoneg) ; cornique (kernevek); gallois (Welshcymraeg).

  •  pas de nom en breton avant 2014 ; 

  •  Llwydfelyn gwelw en gallois. 

 *Liste des noms gaéliques écossais pour les plantes, les animaux et les champignons. Compilé par Emily Edwards, Agente des communications gaélique, à partir de diverses sources.   http://www.nhm.ac.uk/research-curation/scientific-resources/biodiversity/uk-biodiversity/uk-species/checklists/NHMSYS0020791186/version1.html

 

 

 Voir aussi : http://www.lepidoptera.pl/show.php?ID=70&country=FR

 

IV. Zoonymie vernaculaire anglo-saxonne ( M.A Salmon, 2000). 

 

  • "The Pale Clouded Yellow" : Harris, 1775 ; Lewin, 1795 ; Jermyn, 1824 ; Coleman, 1860 ; W.F. Kirby, 1896 ; W.E. Kirby, 1901 ; South, 1906, et la plupart des auteurs suivants.
  • "The Clouded Yellow" : Lewin, 1795 ; Rennie, 1832
  • "The Clouded Sulphur" : Haworth, 1836 ; Coleman, 1860.

Le nom principal "The Pale Clouded Yellow" se réfère à l'espèce proche "The Clouded Yellow", le Jaune assombri ou jaune encadré de sombre, ou pour Lewin, le "jaune nébuleux"" (C. crocea) dont il apparaît comme une version plus pâle : de ce fait, il peut être confondu, selon Dale, avec la variété plus blanche de C. crocea, helice.

 

 

John Curtis 

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      Bibliographie, liens et Sources.

Funet : Colias .

Inventaire national du patrimoine naturel (Muséum) : Le Soufré

Images : voir les superbes dessins de Hübner :http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Jacob_H%C3%BCbner 

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ; Nr. 213 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69604#/summary 

 

— UK Butterflies : colias hyale

— lepiforum : colias hyale.

 —Images : voir les superbes dessins de Hübner .

HÜBNER, Jacob, 1761-1826 Das kleine Schmetterlingsbuch : die Tagfalter : kolorierte Stiche,  Insel-Bücherei ;http://www.biodiversitylibrary.org/item/138312#page/35/mode/1u

 

                 I.  Étymologie des lépidoptères :

 

— EMMET (Arthur Maitland) 1991. The Scientific Names of the British Lepidoptera: Their History and Meaning, Colchester, Essex, England : Harley Books, 1991,  288 p. : ill. ; 25 cm.

— GLASER L, 1887 Catalogus etymologicus Coleoperum et Lepidopterum. Erklärendes und verdeutschendes namensverzeichnis der Käfer und Schmetterlinge fûr Liebhaber und wissenschaftliche Sammler, R. Friehändler : Berlin 1887, 396 pages. BHL Openlibrary.

— GLASER, L, 1882 "Zur Nomenklatur des deutschen Tagfalter, in Entomologischen Nachrichten, Stettin 1882  pages 303-317,

  https://archive.org/stream/entomologischena81882berl#page/310/mode/2up/search/lycaena)

— Gozmány, László: Vocabularium nominum animalium Europae septem linguis redactum2 vols. Budapest: Akadémiai Kiadó, 1979. 

—HÜRTER Hans-Arnold 1988 Die wissenschaftlichen Schmetterlingsnamen, Herleitung und Deutung, Bottrop ; Essen : Pomp, 492 pages.

— ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

— JANSENN (August) 1980, "Entomologie und Etymologie der Namen der belgischen Tagfalter"; in : Phegea, driemaandelijks tijdschrift van de vereniging voor Entomologie van de Koninklijke Maatschappij voor Dierkunde van Antwerpen, Jgg.8 Nr.2, 1980.

 — KEMPER Heinrich 1959 Die tierischen Schädlinge im Sprachgebrauch, Berlin : Duncker & Humblot 1959. Google books.

— MACLEOD (Roderick Donald) 1959 Key to the names of British Butterflies and moths, 86 pp. Londres.

— RAMANN (Gustav) 1870-76, Die Schmetterlinge Deutschlands und der angrenzenden Länder in nach der Natur gezeichneten Abbildungen nebst  erläuterndem Text, 4 Bände, Band 1, Arnstadt 1870-1876. 

— SODOFFSKY (W), 1837. "Etymologische undersuchungen ueber die gattungsnamen der Schmetterlinge von W Sodoffsky, in Riga", Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou, n° VI, Moscou : imprimerie d'Auguste Sémen, 1837, 167 p. Archiv.org.

 — SPANNERT (Anton), 1888, Die wissenschaftlichen Benennungen der Europäischen Großschmetterlinge mit sâmmtlichen anerkannten Varietâten und Aberationen, Karl Duncker : Berlin,1888, 239 pages.

 —SPULER  (Dr Arnold), 1901-1908, Die Europas Schmetterlinge, . Vol.1. Allgemeiner Teil —Spezieller Teil. I-CXXVIII + 1-386 + [1]-[6], 265 fig. dans le texte, E. Schweizelbart'sche Verlagsbuchhandlung, Nägele und Dr Sproesser édit., Stuttgart, Allemagne. En ligne sur BHL

 

 

 

        II. Bibliographie entomologique : Rhopalocères.

— ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

— BELLMANN Heiko, 2008 Quel est donc ce papillon, Les Guides Nathan, Paris : Nathan, 2008. Traduction française et noms vernaculaires par G.C. Luquet.

— BLAB (Josef), RUCKSTULH (Thomas) ESCHE (Thomas)  [et al.], adaptation et traduction française LUQUET (Gérard-Christian), 1988 Sauvons les papillons  : les connaître pour mieux les protéger ; préface de Pierre Richard Paris : Duculot 1 vol. (192 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 27 cm Trad. de : "Aktion Schmetterling so können wir sie retten". 

 BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

— BOISDUVAL ( Jean Alphonse),  GRASLIN, (Adolphe Hercule de), Dumesnil (P.C.R.C)  Rambur (Pierre).1833 Collection iconographique et historique des chenilles ou description et figures des chenilles d'Europe, avec l'histoire de leurs métamorphoses et des applications à l'agriculture, Paris : Librairie encyclopédique de Roret, 1832-1837 [1833]. BHL Libr

—  BOISDUVAL (Jean-Alphonse) Essai sur une monographie des zygénides : suivi du Tableau méthodique des lépidoptères d'Europe Paris : Méquignon-Marvis 1829 Gallica

— BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828,  Gallica

— BRIDGES (Charles A.) 1993 Bibliography (Lepidoptera: Rhopalocera)  2nd ed. C.A. Bridges in Urbana, Ill . Archiv.org. 

— CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française  G. Luquet pour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

— CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres.             http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

— DAREMBERG (C.) et SAGLIO (E.),  Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines  (1877-1919) Univ. de Toulouse Le Mirail :http://dagr.univ-tlse2.fr/sdx/dagr/rechercher.xsp?qid=sdx_q3&hpp=51&p=7&filtre=A

— DALE (Charles William) 1890 The history of our British butterflies containing - a full bibliographical note of each species, with copious extracts from the old authors; and full descriptions of all the British species, their eggs, caterpillars, chrysalides and varieties, with a notice of their habits, localities, frequency,  J. Kempster : London 1890 Archiv.org.

— DOUX (Yves), GIBEAUX (Christian), 2007, Les papillons de jour d'Île de France et de l'Oise,Collection Parthénope, Edition Biotope, Mèze, ; Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, 2007, 288 p. Préface, index et supervision scientifique de Gérard Chr. Luquet.

— DUPONT (Pascal), DEMERGES (David), DROUET (Eric) et LUQUET (Gérard Chr.). 2013. Révision systématique, taxinomique et nomenclaturale des Rhopalocera et des Zygaenidae de France métropolitaine. Conséquences sur l’acquisition et la gestion des données d’inventaire. Rapport MMNHN-SPN 2013 - 19, 201 p. 

  http://www.mnhn.fr/spn/docs/rapports/SPN%202013%20-%2019%20-%20Ref_Rhopaloceres_Zygenes_V2013.pdf

— DUPONCHEL (Philogène Auguste Joseph) 1849 Iconographie et histoire naturelle des chenilles pour servir à de compléter une l'Histoire naturelle des lépidoptères ou papillons de France, de MM. Godart et Duponchel . Paris : Germer Baillère, 1849. BHL.Library

—  ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst. Gravés par M. Gérardin et coloriés sous leur direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour [décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Quartier Saint-Germain] Se vend à Paris chez M. Ernst et Gérardin. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Volume 1 [1]+[VIII],[i-xxxiv] - 206p-errata [i-vi], 3 pl. en noir, 48 planches coloriées (I-XLVIII), 100 espèces. 

— ENGRAMELLE (R.P. Jacques Louis Florentin), 1779, Papillons d'Europe peints d'après nature par M; Ernst et gravés et coloriés sous sa direction. Première partie. Chenilles, Crysalides et Papillons de jour décrits par le R.P. Engramelle, Religi[eux] Augustin, Q[uartier] S[aint-] G[ermain] Se vend à Paris chez M. Ernst, auteur ; Bazan ; P.M. Delaguette, imprimeur ;  Basan & Poignant marchands d'Estampes rue et et Hôtel Serpente. Paris : Delaguette/Basan & Poignant 1779. Tome II . (i-ii), pp 207-229, espèces n° 102-112, puis suppléments pp; 230-333 puis Table. Books-Google.

— ESPER (Eugenius Johannes Christian) Die Schmetterlinge in Abbildungen nach der Natur / mit Beschreibungen, herausgegeben mit Zusätzen von Toussaint von Charpentier. Leipzig : T.O. Weigel, [1829-1839] En ligne BHL.

  — FABRICIUS (Johann Christian) 1807  "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

— FABRICIUS (Johann Christian) 1787  Fabricii Mantissa insectorum Hafniae 1787 en ligne Goettingen.

— FABRICIUS (Johann Christian)  1798  Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

 — FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

— FUESSLI (Johan Caspar) Verzeichniss der ihm bekannten Schweizerischen Inseckten : mit einer augemahlten Kupfertafel: nebst der Ankhundigung eines neuen Insecten Werks Joh. Caspar Fuesslins 1775.  BHL libr

 — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ;Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII  colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

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                           III. Boite à liens. 

      Liste des références d' auteurs avec les liens vers leurs publications:  http://www.ukbutterflies.co.uk/references.php

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Engramelle :    http://books.google.fr/books?id=em0FAAAAQAAJ

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Engramelle vol. 2 : http://books.google.fr/books/about/Papillons_d_Europe_peints_d_apr%C3%A8s_natur.html?id=jbS5ocRuGsYC&redir_esc=y

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Fuessli    http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

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Kirby  1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

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Latreille 1810 :  http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

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Scopoli Entomologia carniolica 1763

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Soddoffsky :http://www.archive.org/stream/bulletindelas10183768mosk#page/n82/mode/1up

Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

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Westwood et Humphreys 1841 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/12483#/summary

Wilkes, english moths and butterflies http://books.google.fr/books?id=x1xnr4VCDe0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false 

Goettingen animalbase : base de donnée : http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/search

Butterflies of America : http://butterfliesofamerica.com/polyommatus_icarus.htm

 Bestimmungshilfe für die in Europa nachgewiesenen Schmetterlingsarten :http://www.lepiforum.de/

— Un beau plaidoyer sur les noms de papillons :

 http://excerpts.numilog.com/books/9782759217045.pdf 

— Articles biographiques sur les taxonomistes entomologistes http://gap.entclub.org/taxonomists/index.html 

  — http://www.reserves-naturelles.org/sites/default/files/fichiers/protocole-rhopalo-liste-especes.pdf

 

— site d'identification ;http://r.a.r.e.free.fr/interactif/photos%20nymphalidae/index.htm

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Rhopalocères.
2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 15:49

Le calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff.

.

.

Le calvaire de Saint-Hernin (granite et grès arkosique, XVIe et XXe siècle).

Pour les autres calvaires, utiliser l'onglet "rechercher".

 

 

 

 

 

 

 

.

.

DESCRIPTION.

.

Deux marches en moellons, coté ouest, sont accolées à un soubassement carré en pierres de taille (granite) formant en périphérie un banc, puis à un deuxième soubassement carré plus petit avec table d'offrande coté ouest et bénitier du coté nord. Un socle cubique biseauté en pans sur le dessus, reçoit trois croix très rapprochées, et coté ouest, un groupe de la Déploration.

La croix centrale débute par une forme cubique,  s'affine en forme octogonale jusqu'à une ronde de trois marmousets présentant des écus concaves, s'affine encore en forme cylindrique jusqu'à un disque tulipé et enfin s'achève par la croix, de section ronde. 

La partie ouest du fût octogonal porte un Saint Michel terrassant le dragon, en haut-relief.

La partie cylindrique du fût est encadrée par les statues en ronde-bosse de la Vierge et de saint Jean, posées sur la tête des marmousets et orientés vers l'ouest.

La croix est dotée de deux anges hématophores, et d'un titulus  aux lettres gothiques INRI. Ce titulus n'est pas un écriteau, mais une banderole en large linge plié.

Du coté ouest de la croix, le Christ crucifié a la tête inclinée vers la droite ; son dos est cambré.

Du coté est, le Christ ressuscité a la tête inclinée et tournée vers la droite ; il désigne de sa main droite la plaie du flanc.

Les croix des larrons, en retrait, cylindriques, s'affinent également jusqu'aux gibets,dont il ne reste que les croix en tau, sans les personnages.

.

Un certain nombre de caractères, remarqués par Y.-P. Castel en 1980 et E. Le Seac'h en 2014, incitent à rapprocher ce calvaire de celui de la chapelle de Quilinen, en Landrévarzec. Mais aussi de celui de Mellac. Ce sont :

  • le rapprochement des trois croix sur une base étroite,
  • Les larrons cambrés, jambe  gauche repliée.
  • la Déploration sur le socle
  • Les 3 marmousets formant console, et leurs écus
  • Le Christ en croix encadré, en diagonale des deux anges tenant leur calice sous les mains du Crucifié.
  • Le titulus large, en linge plié.
  • Le Christ ressuscité vers l'est.
  • Le matériau : le granite (et quelques personnages en grès feldspathique à Mellac).
  • un élan vertical ascensionnel.

Aussi, en 2014, E. Le Seac'h les a attribuées par un nom de convention au "Maître de Quilinen". Et elle lui a attribué également les Larrons du calvaire de Saint-Hernin et la croix du Vieux-Bourg de Lothey.

Le calvaire de Motreff peut aussi être rapproché de celui de Brasparts, qui a aussi le titulus en linge plié en Z, les trois marmousets, l'ange saint Michel terassnt le démon, etc.

Les ateliers de sculpture sur pierre en Basse-Bretagne au XVe siècle sont ceux de l'atelier ducal du Folgoët (1423-1509), qui travaille la kersantite, dans le cadre du mécénat du duc de Bretagne, et du maître de Rosnoën  (vers 1470), auteur du calvaire éponyme à Saint-Jean-Trolimon  et de son atelier, travaillant le granite, exceptionnellement la kersantite, mais aussi dans la région de Carhaix-Gourin le grès arkosique , plus rarement  le calcaire sur une dizaine ou quinzaine de sites.

L'atelier du Maître de Quilinen et celui du Maître de Brasparts, actifs vers 1500, ou à la fin XVe-début XVIe, occupent donc une place précoce (la troisième) dans l'histoire (présentée à grands traits) de la sculpture sur pierre du Finistère. 

Les ateliers landernéens travaillant le kersanton sont plus tardifs, ce sont ceux des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) ou de Roland Doré (1618-1663). Ils sont responsables de la majorité des calvaires attribués des enclos bas-bretons. 

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VUE GÉNÉRALE.

Ces vues font apparaître l'empilement pyramidal des quatre étages. 

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Du coté ouest.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Du coté est.

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La seule figure (outre le marmouset) est celle du Christ ressuscité, au dos du Christ en croix.

À la différence du calvaire de Quilinen (aux figures tournées de façon radiaire sur une base triangulaire et même stellaire), celui de Motreff apparaît aujourd'hui comme organisé seulement en deux faces, occidentale au couchant pour la mort du Christ et oriental au levant pour sa résurrection.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'ÉTAGE SUPÉRIEUR.

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LE CRUCIFIÉ ET LES ANGES HÉMATOPHORES.

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Il est semblable à celui de Quilinen, avec ses jambes maigres, raides et tendues, ses pieds croisés le droit au dessus du gauche, son pagne ou perizonium croisé bas devant le bassin, au ras du pubis, le ventre rond propulsé en avant, le nombril en excroissance et le dos cambré, le buste très légèrement tourné vers la droite dans un mouvement accentué par les bras (épaule droite plus basse que la gauche) et la tête très inclinée sur la droite, avec le visage long, les cheveux formant un voile depuis la couronne d'épines, et les mains fixées par deux clous trapézoïdaux au bout de bras malingres.

Les anges, très érodés, sont vêtus d'une robe au drapé raide. 

L'ange de gauche porte la main droite devant sa poitrine, mais le calice est soit tenu par le bras gauche abaissé, soit suspendu sous la croix, si le bras gauche est brisé.

De même,  du coté droit, le bras droit de l'ange, qui tenait le calice supérieur, semble brisé, tandis que le bras gauche présente un deuxième calice devant la plaie du flanc.

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Le titulus est un linge, aussi large que la tête du Christ, plié trois fois sur lui-même en Z ; les lichens dont il est couvert masquent en partie les lettres INRI. Il manque peut-être une partie.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LE CHRIST RESSUSCITÉ.

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Placé contre la croix, pieds nus appuyés sur le disque tulipé, il s'affirme en contre-type du Christ en croix, d'autant qu'il en garde les jambes maigres et droites, le pagne descendu, le ventre protrus devant la cambrure des reins, ou la tête tournée et inclinée vers la droite ;  et que  nous prenons à première vue les deux anges, vus de dos, en diagonale, pour ses bras élevés en V.

Il faut l'examiner de près pour voir que le bras droit, au coude levé à 120°, est plié  afin que la main vienne nous désigner la plaie du flanc droit, l'un des cinq stigmates. L'autre bras, coude fléchi mais abaissé,vient placer le dos de la main contre la poitrine, afin que la paume ouverte expose le trou béant de la plaie causée par le clou du crucifiement.

C'est le Christ victorieux, vêtu du manteau écarlate de la Résurrection (et non du manteau pourpre de la Passion) : ce manteau entoure, coté gauche, l'épaule avant de retomber jusqu'au genou, tandis qu'à droite, il est soulevé par le coude,  et  tombe en un pli  jusqu'au talon. Son agrafe (qui réunit les deux pans devant le torse) est ce losange centré par un bouton visible devant le sternum.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Cette face orientale montre aussi comment le linge du titulus vient envelopper le sommet de la croix puis retomber en un pan vertical marqué de deux plis en tuyaux derrière le bras supérieur de la croix, puis se replier une ou deux fois encore. Si nous déroulons mentalement la bande de tissu, elle atteint peut-être 1,50 ou 2 mètres.

Ce titulus-banderole se retrouve à Quilinen, Mellac, et Brasparts, il a, par sa rareté dans l'art occidental, une valeur sémiologique précieuse. Il peut évoquer la banderole du Jugement Dernier au dos du crucifix des calvaires de Châteaulin et d'Argol, datant du XVe siècle, mais c'est ici quelque chose de différent.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LES CROIX DES LARRONS.

Il en reste peu de chose : une croix en tau à droite, avec une main en bas-relief sur le fût, et un lien (celui par lequel le Larron était garrotté par les bras et par une jambe), et un fragment de fût à gauche. Les deux suppliciés ont disparu.

On verra à Saint-Hernin, Mellac et Quilinen à quoi ils pouvaient ressembler.

 

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'ÉTAGE INTERMÉDIAIRE : LA VIERGE ET SAINT JEAN.

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Autour de la partie cylindrique du fût, et posées sur les consoles, la Vierge et Jean occupent toute la hauteur du troisième étage (en partant du bas) entre ces consoles et le disque tulipé. Ils sont tous les deux orientés vers l'ouest, dans le même axe que le Christ en croix, ce qui est logique puisqu'ils se rapportent au texte de l'évangile de Jean 19:25-27

 Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.  Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.

 

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Les statues de Jean et de la Vierge frappent par leur haute taille contrastant avec leur faible largeur, ainsi que par la rondeur des visages.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LA VIERGE.

Toute en longueur, elle est vêtue d'un manteau qui  tombe jusqu'aux pieds, par le voile qui englobe sa tête  en dépassant le front en auvent comme une capuche, d'autant qu'il forme un pli en pointe au milieu du front. La guimpe traditionnelle de Marie au pied de la croix est bien là.

Ses bras sont croisés sur la poitrine ; ils émergent du manteau, mais à gauche, l'avant-bras sort d'une manche large.  

 Ses traits sont sévères, la bouche aux lèvres avancées en moue se creusent à chaque commissure d'une fossette triste. Le visage aux joues rondes et au menton court  est presque inscrit dans un cercle.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint Jean, et son livre de ceinture.

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Ce qui est le plus remarquable est le sac rectangulaire qu'il tient dans sa main gauche mais qui est suspendu en réalité à sa ceinture. C'est bien-sûr, le livre dont il est l'auteur (Évangile selon saint Jean plutôt que le Livre de l'Apocalypse), livre qui, comme tous les manuscrits  précieux de l'époque, enluminés et reliés, est protégé par une "couverte" qui sert d'enveloppe pour son transport. Ce détail, assez logique, est en réalité assez rare pour servir de marqueur iconographique, et il est notable qu'on le retrouve à Quilinen (sur les deux statues de Jean) et à Mellac. 

On le trouve souvent sur les statues de saint Yves, où il peut correspondre à un sac à procès.

Cet étui de livre suspensif  est une façon de reliure des livres de prières, très répandue au Moyen-Âge, où la couverture en cuir ou en étoffe, qui d'un coté se prolonge en forme de sac, est pourvue à son extrémité supérieure d'un crochet au moyen duquel le livre était suspendu à la ceinture pour le porter avec soi, ou d'un nœud permettant de le retenir dans le poing fermé . Quand le livre est ouvert pour la lecture, le sac pend en bas.

 

Wikipédia le décrit sous le titre d'article "Livre de ceinture" ou "livre en aumonière" ( girdle book en anglais, beutelbuch en allemand), en soulignant la pénurie de recherches. L'article s'accompagne d'illustrations éloquentes. Néanmoins, seuls 23 livres de ceinture médiévaux nous sont parvenus, le plus ancien datant vers 1453. Selon l'auteur, cet usage est limité à une région allant des Pays-Bas à la région rhénane, ce qui, si cela était confirmé, serait un indice important à propos du Maître de Quilinen. Il en existe plus de 800 représentations du XIIe au XVIIe siècle, mais ils passèrent de mode à la fin du XVIe.

Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne BnF latin 9474 en fournissent un bel exemple dans l'enluminure du folio 179v de saint Pierre le martyr. Or ce manuscrit est daté de 1505-1510, proche de la datation estimée des calvaires du Maître de Quilinen.

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droits réservés BNF Gallica

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.de France

— BOULET (Eric), 2012, La reliure en aumônière.

http://www.atelier-rochebonne.fr/article-reliure-aumoniere.html

— Jérôme Bosch, saint Jacques en pèlerin, triptyque du Jugement Dernier, vers 1482-1515.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Hieronymus_Bosch_097.jpg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jugement_dernier_(Bosch,_Vienne)

— L'objet-livre, livre de ceinture :

https://bibliothecaire.wordpress.com/2006/12/22/lobjet-livre-livres-de-ceinture/

https://www.flickr.com/photos/25300312@N08/sets/72157625022673359/with/4998163808/

https://www.pinterest.fr/pin/330310953891464552/?nic_v1=1aWEm%2BNOOwZshGIafcGDxKYXgrogqKwReRnZEyRQi3hiD4Wa52UftimysqnwC5m8kb

https://www.iostopan.com/a-modern-take-on-the-medieval-girdle-book/

Le site larsdatter.com propose 3 représentation de saint Jean au pied de la croix, portant un livre à la ceinture.

http://www.larsdatter.com/girdlebooks.htm

 

Le saint est vêtu d'un curieux manteau fermé,aux manches larges, et serré comme une tunique par une ceinture portée haut et qui fait bouffer l'étoffe. Ce manteau est court, et il recouvre en tablier la robe ou cotte talaire, d'où ne dépassent que l'extrémité de souliers ronds.

L'autre élément remarquable, c'est, je l'ai déjà signalé, la rondeur du visage et la faible hauteur de l'étage inférieur, ce qui, avec la bouche en accent circonflexe, le nez large et épaté et les orbites profondes, confère un aspect sévère à ce saint plus souvent représenté ailleurs avec plus d'aménité.

Enfin sa coiffure mi-longue forme deux masses latérales qui accentuent l'impression de rondeur.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LES TROIS MARMOUSETS.

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Le terme de "marmouset" est employé par tous les auteurs depuis P.-Y. Castel pour désigner ces trois personnages en buste qui font une ronde pour séparer les étages du fût tout en servant de console aux personnages de l'étage sus-jacent. Il désignait habituellement, en histoire de l'art monumental, une figure grotesque qui sert d'ornement architectural. On les trouve à Quilinen, Motreff, Mellac (où ils sont réellement grotesques voire hideux), Saint-Hernin et Brasparts où ils tiennent dans la plupart des cas des écus. 

On les trouve également, mais cette fois, par deux et tenant un phylactère, sur le calvaire de Saint-Nic.

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-nic.html

Aucun de ces écus ne portent d'armoiries, et il me semble que ce soient plutôt les boucliers de ces petits messieurs vêtus en écuyer, et dont les seuls traits grotesques sont d'être bedonnants et excessivement cambrés.

Ils tiennent de la main droite leur écu et posent leur main gauche sur le poignet de leur compagnon de gauche.Ils sont vêtus d'un gilet à large col  à rabats en pointe, à un seul bouton  sous le menton, ouvert sur la poitrine, et ceinturé à la taille. Ils sont coiffés d'un bonnet à revers, sur un front largement épilé. Leur visage rond est proche de celui de saint Jean.

Deux d'entre eux portent, directement sur la tête sans console, la statue de la Vierge dans un cas et de Jean de l'autre. Entre eux, faisant face à l'ouest au dessus de saint Michel, le troisième ne porte pas de statue. Sur les trois consoles soutenues par les marmousets, l'une, celle de l'est, est vide. 

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SAINT MICHEL TERRASSANT LE DÉMON.

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Le saint s'étire tout en longueur sur le fût,  il est taillé en demi-relief sur le même bloc que lui. Il est en armure (on en voit la cuirasse, la jupe ouverte sur la braguette, ou les solerets) et il tient en main droite une très grande épée ou une lance dont l'extrémité est pointée dans la gueule du dragon. Dans la main gauche, il saisit son bouclier ou rondache, si rond qu'on le confond volontiers avec un chapeau. Tout en rondeur est, cela ne nous étonnera pas, le visage de l'archange, et nous retrouvons ici les traits du saint Jean ou des marmousets, les orbites creusées rendant le regard triste et profond,  et la bouche sévère ; la calvitie frontale (que j'avais décrite avec tact plus haut comme une épilation) s'étend ici largement en arrière ; mais le saint se rattrape par deux masses latérales de cheveux  très fournies.

La forme du démon n'est pas facile à saisir car il est sur le dos, et il dresse une patte sur l'épée, et une autre contre la jambe gauche de son adversaire : dans cette iconographie, comme dans celle des Vierges à la Démone, il est important de montrer que la bête, figure du Démon, n'est pas morte, loin s'en faut : elle est terrassée, mais se rebelle.

On le trouve, avec quelques différences (orienté vers l'est ; bouclier en écu, etc) à Mellac, on le trouve aussi à Brasparts, mais non à Quilinen.

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LA DÉPLORATION À QUATRE PERSONNAGES.

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Jean, Marie et Marie-Madeleine porte le corps du Christ décroché de la croix et exprime leur chagrin. Jean et Marie-Madeleine sont debout, un peu en arrière de Marie, les trois personnages formant un arc de cercle imposant de tourner autour d'eux pour les examiner. La Vierge me semble à demi-assise, soutenant le Christ sur ses genoux. 

Jean soutient le bras droit, Marie-Madeleine pose la main sur le bras gauche, tandis que Marie retient le corps de son Fils par le coté.

Le Christ est en tout point semblable à celui de la Croix, avec ses membres longs et fins, ses pieds encore superposés (mais en sens inversé, pied gauche au dessus), son pagne entourant la face externe des hanches et se croisant au dessus du pubis, son ventre rond, sa plaie béante du flanc, sa tête inclinée vers la droite, son crâne  ras et les cheveux longs sur le coté.

La Vierge est aussi  très semblable à celle du pied de la croix, avec le grand voile qui la couvre entièrement comme une cape, la guimpe, le visage rond bien-sûr, et la bouche amère et butée. 

Jean, que je ne vois pas bien (seule la lumière du couchant l'éclairerait car celle d'une fin d'après-midi le laisse encore partiellement dans la pénombre) n'a, bien sûr, plus son livre de ceinture (ou bien il le porte à gauche, et il est caché), mais c'est bien le même que tout à l'heure, front dégarni, flots de cheveux sur les épaules, le visage carré à force d'être rond, un enfant faisant la bouche en gueule de raie.

Marie-Madeleine est fidèle à son image, jeune, élégante, cambrée, richement vêtue d'une robe au corsage très ajusté avant de s'évaser en un plissé savant dont le bord se glisse sous les pieds de son Maître. Elle n'a pas le flacon d'aromates qui l'identifie, mais ce ne peut être qu'elle, à cette place favorite aux pieds du Seigneur. La finesse de ses bras et avant-bras est soulignée par le manchon (des manches rapportées) qu'elle porte sous le coude.

Cette Déploration diffère de celle de Brasparts (trois femmes de même taille, alignées sur le même plan, debout), mais il ressemble à ceux de Mellac et de Quilinen, avec Jean et Marie-Madeleine debout autour de la Vierge demi-assise : la posture des personnages est la même, et les traits stylistiques du Maître de Quilinen s'y retrouvent. Dans les trois cas, la Vierge n'est pas placée frontalement dans l'axe du Christ en croix, mais décalé vers la droite ; dans les trois cas, le corps du Christ s'enroule autour du genoux de sa Mère, et dans les trois cas,  spectateur (ou le fidèle) est obligé de se déplacer pour suivre l'arc de cercle de la composition du groupe.

 

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Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire (granite, vers 1500) de l'église de Motreff. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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CONCLUSION.

Si ce calvaire de Motreff mérite à lui-seul notre admiration, c'est surtout la comparaison avec ceux de Quilinen et de Mellac (et avec les Larrons du calvaire de Saint-Hernin) qui rend sa visite passionnante, en faisant apparaître l'unité stylistique de ces œuvres qui, quoique toutes dans le diocèse de Quimper et dans le Finistère, sont toutefois éloignées l'une de l'autre de 50 kms.

Chacune, ainsi, éclaire la compréhension des deux autres, et en complète les parties manquantes. Les choix esthétiques se révèlent être, par leur répétition par le même atelier, vraiment délibérés. J'ai mentionné en introduction quels sont ces points communs. Le plus intéressant pour moi est l'absence d'une polarité unique, celle ouest-est des calvaires habituelles, construits sur les axes d'une croix. Cette volonté est déjà détectable à Motreff.

À Motreff, cela commence par cette Déploration qui nous oblige, pour être face à la Vierge de Pitié, à nous décaler à droite de l'axe crucial. Cela se poursuit avec le recul des croix des larrons, qui ne s'alignent pas avec celle du Christ. Et cela s'achève par la rotation du corps du Christ crucifié vers la droite. C'est encore peu de chose. C'est à Quilinen que le sculpteur et organisateur spatial réussit un coup de maître en associant l'élan ascensionnel avec une rotation en spirale des axes que le regard doit adopter.

Le sens spirituel de ces mouvements et de ces ruptures de point de vue est fécond, mais c'est à chacun de l'interpréter.

On aimerait en savoir beaucoup plus, découvrir les commanditaires, leur milieu, les influences qui se croisaient en cette fin du XVe siècle et à l'aube du XVIe, le rôle possible des seigneurs de Kergorlay, l'effervescence artistique dans le Poher, etc.

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SOURCES ET LIENS.

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CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

"Motreff, église, g. 7 m. XVè s. Quatre degrés. Soubassement de plan carré. Socle à pans, bénitier, trois fûts ronds, ceux des larrons ne portant plus que des vestiges. Fût central, Vierge de Pitié, statue de saint Michel terrassant le dragon, consoles à marmousets portant Vierge et Jean. Croix, branches rondes, large titulus, lettres gothiques, anges recueillant le Sang, crucifix cambré, Christ ressuscité. Parenté avec le calvaire de Quilinen (Landrévarzec). "

http://croix.du-finistere.org/commune/motreff.html

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Motreff, Nouveau répertoire des églises du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e914c89e712f882d58147e3a2c190bee.pdf

"Dans l'enclos, calvaire du XVIe siècle, du type à trois fûts rapprochés comme à Saint-Hernin. Croix privées de leurs larrons. Sur la croix principale, Christ ressuscité au revers du Crucifix ; Vierge et saint Jean sur des culots, saint Michel terrassant le dragon en bas-relief contre le fût, Vierge de Pitié soutenue par deux saintes Femmes  au pied du fût. "

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne  les ateliers du XVe au XVIIe siècle / ouvrage préparé par Jean-Yves Eveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut , Rennes, Presses Universitaires de Rennes.  page 241

S.N, 2014, QUATRE CALVAIRES DE LA RÉGION DE CARHAIX. Motreff, Brasparts, Saint-Hernin, Cléden-Poher

http://gwezen.dero.pagesperso-orange.fr/

http://gwezen.dero.pagesperso-orange.fr/motreff/motreff.html

PÉRENNÈS (Henri), 1938, Motreff, Notice, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

" Près de l'église, nous dit M. Waquet, se trouve un calvaire du xvie siècle du type de celui de Saint-Hernin."

FINISTERE - CANTON CARHAIX-PLOUGUER / EN 2 TOMES : TEXTE + ILLUSTRATIONS. / Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. COLLECTIF / COMMISSION REGIONALE DE BRETAGNE. Edité par IMPRIMERIE NATIONALE - PARIS (1969)

Site de la commune de Motreff :

http://www.motreff.fr/accueil_motreff/vivre_a_motreff/le_patrimoine/le_calvaire

PATRIMOINE.BZH/GERTRUDE. 1986. Photos d'archive

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-motreff/7e19450a-31ae-4183-854f-0115034e2f9b

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319652900481v/6fcf7be6-9c62-4f6b-ac2c-60e0b41bdd4a

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires
30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 21:40

Les sablières (1663), l'entrait (1667)  et les statues de la chapelle de Lanjulitte exposées dans l'église Saint-Magloire  à Telgruc.

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Sur Telgruc, voir :

 

Sur les sablières, voir :

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PRÉLUDE.

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On connaît le mythe de Pygmalion ("poing" — grec qui a donné aussi Pygmée—), sculpteur qui tombe amoureux de la statue qu'il a créé ; il l'étreint et l'embrasse, et aussitôt  Aphrodite  lui confère la vie sous le nom de Galathée ("blanche comme lait"). Il l'épouse, et cette alliance de la force du poignet et de la grâce de la beauté devient féconde.

Je pourrais en proposer la version suivante :  une poignée d'amateurs, séduits par la beauté des trésors d'une chapelle, les ressuscitent et leur passion anime désormais ces sculptures de la vie propre aux belles choses. Ils se nomment, entre autre, Auguste Dizerbo, Dominique de Lafforest, Marie Bideau, Maurice Keravel, Louis Dagorn, Breiz Santel, EOST,  Eric Blanc, ou Christian Moureaux :  le récit de leur amour opiniâtre (sous la plume de Didier Cadiou) est magnifique. Le rôle d'Aphrodite serait tenu par la restauratrice d'art Hélène Champagnac .

Mais il faudrait disposer d'un autre mythe où le simple touriste tombe amoureux d'une statue et la voit  venir l'embrasser de ses lèvres mignardes.  C'est mon histoire, et mes yeux sont encore brûlants de l'azur du regard de la belle Julitte. Ses deux yeux bleus, deux flambeaux de ma vie,  dessus les miens foudroyant leur clarté, ont esclavé ma vieille liberté. Elle m'a rendu la vie et mort d'amour je suis. Transformé en un âne brayant.

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PRÉSENTATION.

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"Chapelle de la fin du 15e siècle construite sur les terres des Rosmadec. Deux socles de statue du transept sud portent des blasons : l'un d'un ecclésiastique ; l'autre, aujourd'hui muet, était peut-être peint aux armes des Rosmadec. La mise en oeuvre en petits moellons réguliers du transept sud ainsi que ses baies (avec remplage gothique) et celles du choeur témoignent de l'ancienneté de l'édifice. En 1677, la chapelle est partiellement reconstruite, notamment le pignon ouest et la charpente, à l'initiative du recteur François de Kerscao, du curé Horellou et du fabricien Jacques Le Monze dont le nom figure sur une pierre remployée à la croisée du transept et sur le pignon ouest, avec la date. C'est sans doute à cette époque que la baie du transept sud est partiellement bouchée pour mettre en place un retable. La fenêtre percée dans le mur sud du choeur est transformée en porte pour accéder à une sacristie construite après 1831, autrefois couverte en appentis. Les ruines de la chapelle ont été consolidées en 2000.

Chapelle construite en moellon de grès et de schiste avec encadrements de baies en granite. Plan en croix latine asymétrique avec aile sud profonde et petite aile au nord. Nef courte sans bas-côtés et chevet plat. Tour carrée avec chambre des cloches ajourée. Au sud, petite pièce accolée au choeur à usage probable de sacristie.

Seule chapelle de la commune conservée après la Révolution sur les quatre existantes, Sainte-Julitte possédait un riche décor de poutres sculptées et de statues en bois polychrome dont un groupe sculpté de sainte Julitte et saint Cyr, classé M.H. en 1994. Après la dernière messe célébrée en 1955, elle est laissée à l'abandon. Les ruines de la chapelle ont été restaurées par l'association Eost de Telgruc grâce à des subventions obtenues par la municipalité en 2000." (Judith Tanguy-Schröer)

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La chapelle a été restaurée au XVIIe siècle sur un édifice précédent du XIVe ou XVe siècle. Son historique a été remarquablement décrit par Didier Cadiou (Avel Gornog 2018) avec une précision de détective, et un dossier iconographique et bibliographique complet.

Les éléments de datation sont :

-1595 : une ancienne maison de prêtre est signalée au Lez voisin de Lanjulitte, avec sur le linteau de la porte nord une inscription, un calice (signalant la demeure d'un prêtre) et cette date.

-Une date de 1618 se trouve sur une pierre posée à l'envers (c'est donc un réemploi) à la base et au revers du clocheton avec la mention "G : HOREL/LOV : 1618."

-l'inscription lapidaire du linteau de la maison voisine portant le nom de "M.G. CADIOV" avec la date de 1646. Il s'agit vraisemblablement de maître Guillaume Cadiou, mentionné dans un acte de 1682 comme redevable d'une chefrente (rente perpétuelle payable en argent ou en nature au seigneur suzerain par le détenteur d'un héritage noble) à Eustache Joseph Marie du Han. 

-l'inscription des sablières avec IACQUES  FABRI et la date de 1663.

-D. Cadiou signale la date de 1663 sur une pierre de taille du chevet avec l'inscription GVIL. BOVSS/ART FAB 1663 soit "Guillaume Boussart fabricien en 1663". [un Guillaume Le Boussart (1652-1721) est mentionné par les généalogistes comme laboureur à Porslous, à moins de 1 km  au sud-ouest de Lanjullite. Il avait épousé Jeanne Le Monze. Il peut s'agir du fils du fabricien]. 

-Une  inscription lapidaire est brisée, le chronogramme est absent,  on ne  lit plus que IACQVESL / FABRI : L, comme sur la sablière de 1663.

-l'inscription lapidaire de la porte d'entrée, dont le plein cintre associe la date de 1677 sur la clef de voûte et les inscriptions gravées I LE MONZE  sur le claveau de gauche et FA --- sur le claveau de droite.

-l'inscription de l'entrait associant le nom du recteur François de Kerscao . Il n'était plus recteur de Telgruc en 1679.

-l'inscription d'un autre entrait, signalé par Dizerbo et photographié, portait l'inscription F: PAR . MOY : IACQVES : LE : MONZE : F : 1677 (Fait par moi Jacques Le Monze fabricien l'an 1677.)

-le pennon généalogique provenant de la chapelle, avec les armes de René de la Porte et Anne-Marie du Han, dont le mariage date de 1656.

-le nom du recteur Monfort sur la cloche : Maurice Monfort (1816-1890) fut recteur de Telgruc de 1865 à 1889.

-le millésime 1880 gravé sur un granite de la face sud du clocheton signalant la date de sa reconstruction.

-Une autre inscription lapidaire est brisée, le chronogramme est absent,  on ne  lit plus que IACQVESL / FABRI:L, comme sur la sablière de 1663.

On peut conclure, avec Didier Cadiou, de ce qui précède que la chapelle de Lanjulitte a fait l'objet d'une première restauration en 1618, à la fin des guerres de la igue, et qu'elle a ensuite été restaurée de façon plus importante entre 1663 et 1677. "On imagine qu'une première tranche de travaux, en 1663, a concerné l'aile sud-est et le chœur, tandis qu'une seconde tranche, en 1677, a concerné le chœur et le clocher" (D. Cadiou). Ces travaux ont été supervisés par les fabriciens Guillaume Boussart et Jacques Le ? en 1663. Ils ont été exécutés alors que René de la Porte et Anne Marie Le Han étaient les seigneurs du lieu.

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I. LES SABLIÈRES SCULPTÉES (1663).

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Les sablières sont des pièces de bois horizontale qui, à la jonction entre les murs et la charpente, reçoivent l'extrémité inférieure des chevrons dans un pan de toiture.

 

Celles de Lanjulitte n'ont pas été étudiées par Sophie Duhem, auteure de référence sur les sablières de Bretagne par sa thèse de 1997, puisque ces sablières de Lanjulitte n'étaient alors ni restaurées ni présentées.

Elles sont aujourd'hui présentées dans l'aile sud de l'église Saint-Magloire.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Première sablière. Deux dragons crachant un rinceau.

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Comme pour les autres pièces qui seront examinées, les identifications des animaux représentés sont imprécises. Les seules raisons de voir ici deux dragons sont d'une part la mise en perspective avec l'iconographie traditionnelle des sablières de Bretagne (et notamment du Finistère) , où les dragons sont prédominants, et d'autre part la queue de serpent. Les deux oreilles rondes sont également traditionnelles dans ces représentations ; les  écailles seraient un indice précieux ... si on ne les trouvaient pas ensuite sur des animaux différents.

Mais libre à chacun d'y voir des crocodiles...

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deuxième sablière. Inscription gravée de 1663.

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Jadis placée dans l'aile sud-est de la chapelle, elle a été restaurée jusqu'en juillet 2013 par Hélène Champagnac de l'Atelier régional de Restauration de Bignan (56), car son état nécessitait un traitement écologique contre les insectes, contre la pourriture cubique causée par les micro-champignons , et une consolidation par injection de résines époxydes.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'inscription  est gravée en lettres capitales avec ponctuation de séparation par le deux-points:

MESIRE : HENRI : HORELLOV
PBRE : CURE : 1663.

La graphie MESIRE pour "messire" est attestée dans les manuscrits français. PBRE est l'abréviation très courante pour "prêtre" par le latin presbyter, même sens.

Soit "Messire Henri Horellou, prêtre curé, 1663". Il ne s'agit donc pas du recteur de Telgruc, mais de son vicaire. La plupart des prêtres des paroisses en étaient natifs, mais la base Geneanet ne propose aucun individu portant ce patronyme à Telgruc avant 1663. Le nom, qui dérive du diminutif du breton horell "hochement, ébranlement" ou "balle de bois pour jouer à la crosse" est d'abord attesté à Quimper et  à Primelin vers 1580, puis à Saint-Nic en 1600 et Dinéault (vers 1615).

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Troisième sablière. Trois animaux, et inscription  par  le fabricien de 1663.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Inscription :

Elle n'est pas gravée, mais sculptée en réserve, en lettres capitales (sauf le Q), avec un S rétrograde, et une ponctuation de séparation des mots par le deux-points.

IACQVES :

FABRI : 1663.

Il est probable que IACQUES corresponde au prénom Jacques, et que le patronyme soit perdu. Pourtant, la partie brisée ne conserve pas la partie basse d'une inscription de complément, et, d'autre part, la disposition générale en deux lignes achevée par un feuillage n'est pas en faveur de cette hypothèse. Souvent, le prénom du fabricien est en initiale ou en abrégé (I. LE MONZE ou GVILL. Le BOUSSART). Pourtant, aucune autre lecture ne peut être proposée.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.
Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'âne.

Là encore, l'identification animale n'est que probable.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deux autres animaux affrontés (dragon et renard).

Ils différent surtout par leur queue, large, à droite, comme celle d'un renard et longue, fine et enroulée à son extrémité à gauche, comme celle des dragons de la première pièce. D. Cadiou évoque l'hypothèse d'une genette. Aucune certitude n'est possible.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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II. L'ENTRAIT (vers 1677) DE LA NEF.

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Inscription : 

NOBLE ET DISCRET M[ESS]IRE  FRACOYS DE K'SCAO . RECR

Soit "Noble et discret messire François de Kerscao, recteur".

—"La famille de Kerscao est une très vieille maison qu'on voit aux anciennes réformations des XVème et XVIème siècles et dont un membre messire Maurice de Kerscao figure à celle de 1427, marié à noble demoiselle Typhaine Thomas ; ils vivaient en 1415, il était fils de messire Jean de Kerscao et de noble demoiselle Marguerite Le Long. Lors de la réformation de 1660 cette maison fut reconnue noble d'ancienne extraction avec neuf générations. Armes : D'argent à deux dauphins d’azur en pal adossés. (P. A-Grancière).


— Messire François de Kerscao apparaît dans un acte de 1679 (*) comme recteur de Quimper-Corentin, et il est qualifié en 1669 de seigneur de Penanguer.

(*)1679 , à Pluguffan : Mariage de fermiers demeurant au manoir de Kerascouët. Ont signé François de Kerscao, recteur de Quimper-Corentin, Alain de Goulhezre, Jeanne et Anne de Goulhezre, René Louis de Cornouaille." ( AVENEAU DE LA GRANCIÈRE,  1895 -Notes historiques sur la paroisse de Pluguffan, ‎Revue historique de l'Ouest - Volume 11 - Page 585)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67171p/f590.item.r=kerscao

 

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Extrémité à engoulant de la poutre : une gueule de lion ou de dragon.

Je privilégie l'hypothèse du dragon puisque c'est cet animal qui est le plus fréquemment trouvé aux extrémités des entraits des charpentes bretonnes. 

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Nœud de l'entrait : un cœur enflammé dans un cartouche à enroulement stylisé.

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Extrémité  à engoulant de la poutre : une gueule de lion ou de dragon.

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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DISCUSSION SUR LA CHARPENTE SCULPTÉE.

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Les 4 pièces (3 sablières et 1 entrait) sont datées par inscription de 1663 pour les premières, et par  estimation de 1677 pour la dernière. Si on compare ce créneau de la seconde moitié du XVIIe avec les dates des charpentes sculptées encore conservées en Presqu'île de Crozon et Aulne Maritime, nous constatons que celle de Lanjulitte sont trop tardives pour être attribuées au Maître de Pleyben (auteur des sablières de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom vers 1575) ou au Maître de Plomodiern (auteur des sablières de l'église de Plomodiern en 1564 et de celle de Saint-Nic en 1561-1566).

Par contre, cette charpente est contemporaine de celles de l'église de Landévennec (v.1659), de Trégarvan, et des chapelle Saint-Jean (1653) et Saint-Côme (1641-1675) de Saint-Nic. Pourtant, alors que les sculptures de ces 4 charpentes ont de manifestes points communs stylistiques, — au point que j'ai proposé de les attribuer à un atelier nommé par convention celui du Maître de Saint-Nic), ces caractères stylistiques ne sont par retrouvés à Lanjulitte.

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Peut-être cela est-il dû au trop faible nombre de pièces conservées ici, mais néanmoins et inversement, les sablières de Lanjulitte ont des particularités que nous ne trouvons pas ailleurs :

- importance des représentations animales.

-dessin grossier voire naïf, pauvre en détails anatomiques.

-contraste bicolore entre le fond blanc et le bois (du moins dans la présentation actuelle, mais qui se retrouve sur les photos des sablières avant restauration)

-surtout, remplissage de toute la surface des animaux par des encoches creusées à la gouge (et, dans le cas d'un "dragon", de stries parallèles)pour rendre les écailles des dragons et/ou le pelage de l'âne et du "renard" .

Ce procédé répétitif et invariant quelque soit le sujet est primitif, mais il excelle pourtant à obtenir par le contraste du bois sur le fond blanc un effet décoratif et une lisibilité remarquables.

Nous devons donc, sous réserve d'autres découvertes, conclure à une œuvre isolée (sans équivalent ailleurs), qui pourrait être attribuée à un menuisier local si nous ne constations pas la maîtrise de la réalisation.

Mais nous ne disposons plus des sablières des autres chapelles de Telgruc (celles de Luzéoc, de Saint-Thomas à Kérédan et de la Vierge-Noire à Penhoat-Jardin, déjà absentes du cadastre de 1831), de l'église paroissiale (du XVIe-XVIIe mais détruite par un bombardement en 1944), ou de nombreux édifices religieux des communes voisines, qui auraient pu témoigner d'une activité plus riche de ce sculpteur.

 

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III. LA STATUAIRE.

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Statue de sainte Julitte. Bois polychrome du XVIIe siècle, de 105 cm de haut, restaurée en 2001 à Kerguehennec. 

Classement MH 1991/11/14.

Il pourrait  s'agir d'une œuvre des ateliers de la Marine de Brest.

Un cliché ancien (de 1994 ?) de la Médiathèque du Patrimoine montre qu'il s'agissait à l'origine d'un groupe de Sainte Julitte avec son fils saint Cyr.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Elle tenait un objet (la palme du martyre ?) dans sa main droite ; sa main gauche est posée sur un livre. Un voile est visible sur sa tête, et il passe ensuite derrière sa nuque. Saint Cyr portait une pèlerine à larges rabats, et boutons antérieurs,  et une besace.

 

Sainte Julitte et son fils saint Cyr, âgé de 3 ou 4 ans, subirent le martyre à Tarse au IVe siècle.

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Copyright Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (objets mobiliers), tous droits réservés https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Copyright Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (objets mobiliers), tous droits réservés https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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On peut comparer ce groupe à celui de la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers : mais moi, j'ai ma préférée.

Cette cathédrale possède les reliques de saint Cyr et de sa mère depuis la fin du VIIIe siècle.

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Sainte Julitte et saint Cyr, pierre polychrome, XVIe siècle, cathédrale de Nevers. Photo lavieb-aile.

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Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Vierge allaitante ou Virgo lactans, bois polychrome de 75 cm de haut,  XVIe siècle, restaurée en mai 2012.

Vierge couronnée, présentant à travers une fente de sa robe le sein droit à son Fils.

Ce thème est répandu en Bretagne, notamment en Finistère :

 

 

Virgo lactans ou miss Néné ? Les candidates du Finistère. Les Vierges allaitantes.

 

 

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint Marc. Bois polychrome (4 niveaux successifs), XVIe siècle, restaurée en mars 2014 par l'ARR de Kerguehennec à  Brignan.

Inscrit MH au 21012/12/20

Le saint évangéliste tient un livre dans la main gauche . Il a perdu l'objet qu'il tenait en main droite et qui était peut-être un calame ou une plume de rédacteur.   Il s'identifie par le lion du Tétramorphe à ses pieds. Ce qui est particulier, c'est le bonnet de docteur dont il est coiffé. On retrouve cela en sculpture sur pierre, soit par Le Maître de Plougastel (statue en kersantite de saint Matthieu du Grand calvaire de Plougastel vers 1602 ; statue en kersantite de saint Marc du calvaire de Guipronvel), ou par Roland Doré (statue en kersantite de saint Marc su la façade ouest de Cast).

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004260

http://www.lavieb-aile.com/2020/04/la-fin-d-une-epidemie-le-calvaire-monumental-de-plougastel.html

http://www.lavieb-aile.com/2020/03/le-calvaire-de-l-eglise-de-cast.html

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Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint- Yves. Bois polychrome du XVIIe siècle de 107 cm de haut, 34 cm de large et 26 cm de profondeur.

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Inscrit MH 1992/01/21.

Le saint est représenté en juriste (comme avocat ou comme Official) avec la barrette de docteur, le livre de droit en main droite, le rouleau de plaidoirie ou un "placet" (requête de justice) dans la main gauche, la cotte talaire (recouvrant les talons), le surplis, et le camail couvrant les épaules et dont la capuche entoure le cou. Les manches du surplis blanc ont des revers rouges.

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— Voir aussi sur l'iconographie de  saint Yves :

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Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte et restauré en avril 2016 par Gilles Mantoux.

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Ce pennon armorié était autrefois accroché au dessus du maître-autel de Lanjulitte. Il est en châtaignier polychrome et mesure 96 cm de haut, 105 cm de large et 12 cm d'épaisseur.

Les armoiries présenté de deux aigles sont timbrés d'une couronne de marquis, et sommée d'une tête d'ange ailée entourée de volutes.

A.H. Dizerbo et D. Cadiou l'ont décrit écartelé au 1 du Han — d'argent à la bande fuselée de sable soutenant un lion morné de sable —, au 2 Le Méneust — d'or à la fasce de gueules chargée d'un léopard d'argent et accompagné de trois roses de gueules—, au 3 d'Artois —de sable au greslier enguiché d'argent — et en 4 de Goulaine —mi-parti d'Angleterre et de France—, sur le tout de la Porte — de gueules au croissant d'hermines —.

Ce sont les armes de René de la Porte, vicomte d'Artois, conseiller au Parlement de Bretagne, qui a épousé en 1656 Anne Marie du Han, fille de Jean du Han et de Claude de Goulaine et petite fille de Le Meneust. C'est elle qui a hérité du comté de Crozon et de la seigneurie de Rosmadec.

Comme on le constate, les émaux (couleurs) d'origine n'ont pas été respectés, et tous les meubles ont été peints en or sauf le croissant central, bleu-gris sur fond blanc.

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Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte  et exposé dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte et exposé dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SOURCES, LIENS ET REVUE DE PRESSE.

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CADIOU (Didier) 2018,  Les restaurations de la chapelle de Lanjulitte, n°27 de la revue Avel Gornog  : Dossier  Telgruc-sur-Mer (Terrug) de juillet 2018 pages 83-95.
— CHAURIS (Louis), 2018,  La chapelle de Lanjulitte : polylithisme maîtrisé, 
 n°27 de la revue Avel Gornog  : Telgruc-sur-Mer (Terrug) pages 96-98.

— COUFFON (René) & LE BARS (Alfred), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8a73db67e2598582bf4670b1179c0215.pdf

CHAPELLE SAINTE-JULITTE A Lanjulitte. Edifice en forme de croix latine avec aile sud profonde, aujourd'hui en ruines. La poutre de gloire portait l'inscription : " FAICT PAR MOI IACQVES LE MONZE. 1677. ", mais la chapelle a gardé une partie de son fenestrage du XVe siècle.  Le mobilier, qui a pu être sauvé, a été transporté à l'église paroissiale (autel de l'aile nord, Crucifix du XVIe siècle de la sacristie, statue de saint Yves) et au presbytère (statues en mauvais état de sainte Julitte, saint Marc, saint Sébastien imberbe, Virgo Lactans). Chapiteau monumental ancien, au presbytère.

— DIZERBO (A.-H.), 1980, Monuments et objets d'art du Finistère. Telgruc, le chapiteau. Bulletin de la Société archéologique du Finistère. tome CVII p.262-264

—DIZERBO, A. Monuments et objets d'art du Finistère - Etudes, découvertes, restaurations. Telgruc, le chapiteau. Société archéologique du Finistère, tome CXXV, 1995, p. 166 et 521-522.

— DOUARD (Christel), 2011,  L'église Saint-Magloire, dossier IA29004999 de l'Inventaire.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-magloire-bourg-telgruc-sur-mer/5726fa3f-adbb-4471-8b54-855ae3ca1ee2

— DUHEM (Sophie), 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.) sous la direction d'Alain Croix, Rennes 2.

— MÉDIATHÈQUE DU PATRIMOINE : la statue de sainte Julitte et de saint Cyr en 1994, 29W04774. Hauteur h =105 ; XVIIe siècle (?). Il pourrait  s'agir d'une œuvre des ateliers de la Marine (de Brest). Classé au titre d'objet 1991/11/14

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304?base=%5B%22Patrimoine%20mobilier%20%28Palissy%29%22%5D&mainSearch=%22telgruc%22&producteur=%5B%22Monuments%20Historiques%22%5D&idQuery=%228f0b44-786c-db22-812-84a1c56aa71%22

 

—  TANGUY-SCHRÖER (Judith), 2011, Dossier de l'Inventaire général IA29005013 .

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-sainte-julitte-lanjulitte-telgruc-sur-mer/e668da8c-0402-4e2d-be70-f4ca37c3dc55

 

"Chapelle de la fin du 15e siècle construite sur les terres des Rosmadec. Deux socles de statue du transept sud portent des blasons : l'un d'un ecclésiastique ; l'autre, aujourd'hui muet, était peut-être peint aux armes des Rosmadec. La mise en oeuvre en petits moellons réguliers du transept sud ainsi que ses baies (avec remplage gothique) et celles du choeur témoignent de l'ancienneté de l'édifice. En 1677, la chapelle est partiellement reconstruite, notamment le pignon ouest et la charpente, à l'initiative du recteur François de Kerscao, du curé Horellou et du fabricien Jacques Le Monze dont le nom figure sur une pierre remployée à la croisée du transept et sur le pignon ouest, avec la date. C'est sans doute à cette époque que la baie du transept sud est partiellement bouchée pour mettre en place un retable. La fenêtre percée dans le mur sud du choeur est transformée en porte pour accéder à une sacristie construite après 1831, autrefois couverte en appentis. Les ruines de la chapelle ont été consolidées en 2000.

Chapelle construite en moellon de grès et de schiste avec encadrements de baies en granite. Plan en croix latine asymétrique avec aile sud profonde et petite aile au nord. Nef courte sans bas-côtés et chevet plat. Tour carrée avec chambre des cloches ajourée. Au sud, petite pièce accolée au choeur à usage probable de sacristie.

Seule chapelle de la commune conservée après la Révolution sur les quatre existantes, Sainte-Julitte possédait un riche décor de poutres sculptées et de statues en bois polychrome dont un groupe sculpté de sainte Julitte et saint Cyr, classé M.H. en 1994. Après la dernière messe célébrée en 1955, elle est laissée à l'abandon. Les ruines de la chapelle ont été restaurées par l'association Eost de Telgruc grâce à des subventions obtenues par la municipalité en 2000."

—  TANGUY-SCHRÖER (Judith), 2011, Telgruc-sur-mer, Présentation de la commune. Dossier de l'Inventaire général IA29004998

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/presentation-de-la-commune-de-telgruc-sur-mer/38510869-7551-46df-8246-5459936d9f77

— FONDATION DU PATRIMOINE : Les sablières de la chapelle Sainte-Julitte.

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/sablieres-de-la-chapelle-de-lanjulitte-a-telgruc-sur-mer

— PRESQU-ILE-DE-CROZON.COM

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/telgruc-sur-mer/chapelle-de-lanjulitte-001.php

— WIKI-BREST

http://www.wiki-brest.net/index.php/Chapelle_Sainte-Julitte_de_Telgruc-sur-Mer

Ouest-France avril 2016. Le blason de la chapelle Sainte-Julitte a été restauré :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/telgruc-sur-mer-29560/le-blason-de-la-chapelle-de-lanjulitte-ete-restaure-4153985

— Ouest-France mars 2014. La statue Saint-Marc a été restaurée.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/telgruc-sur-mer-29560/la-statue-saint-marc-ete-restauree-2061292

— Le Télégramme 27 juillet 2013

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/crozon/telgruc/eglise-une-sabliere-de-lanjulitte-restauree-27-07-2013-2185404.php

— Le Télégramme 2016

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/eglise-le-blason-a-retrouve-sa-place-08-04-2016-11023362.php

— Le Télégramme 11 septembre 2017

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/patrimoine-des-sablieres-a-restaurer-11-09-2017-11658497.php

— Le Télégramme 22 décembre 2017

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/sablieres-lancement-de-la-souscription-22-12-2017-11790919.php

— LE Télégramme février 2019

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/patrimoine-une-souscription-pour-restaurer-des-sablieres-08-02-2019-12204521.php

— Le Télégramme mars 2020

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/les-entraits-de-lanjulitte-ont-rejoint-les-sablieres-dans-l-eglise-saint-magloire-03-03-2020-12517155.php

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 11:05

Le calvaire (XVIe et XXe siècle) de l'église de Saint-Hernin.

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Sur les articles sur les calvaires du Finistère, utilisez l'onglet "rechercher".

Sur Saint-Hernin, voir :

 

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PRÉSENTATION.

Alors que la construction de l'église de Saint-Hernin date de 1632, le calvaire de l'enclos  date, selon l'estimation d' Y.-P. Castel, vers 1530. Le site de la commune le situe plutôt entre 1555 et 1575. 

Des rapprochements stylistiques ont été faits par R. Couffon avec le Maître de Brasparts (auteur du calvaire éponyme), tandis que E. Le Seac'h a attribué les deux larrons au Maître de Quilinen ; les deux maîtres relevant de la même veine. Enfin, la Déploration est attribué au Maître de [la Déploration de] Laz.

La proximité resserrée des trois croix se retrouve à Motreff, Mellac, Quilinen et Brasparts, mais aussi au calvaire Saint-Maudez d'Edern.

C'est dire que ce calvaire ne manque pas d'intérêt dans une perspective d'étude comparative des ateliers de sculpture, et des sites paroissiaux.

C'est de toute façon un calvaire composite, tant dans ses matériaux (granite et grès arkosique) que pour ses éléments. Il a été restauré au XXe siècle (marmousets, Jean, saint Michel).

 Il mesure 6 mètres de haut. il comprend un emmarchement à 2 degrès, un soubassement architecturé avec table d’offrande  sur la face ouest, un socle rectangulaire portant 3 fûts rapprochés et une Déploration. Le fût central, octogonal puis cylindrique, est sculpté dans la masse de trois hommes en buste, qualifiés de "marmousets", et d'un archange Michel terrassant le dragon.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Crucifix (granite, vers 1530).

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Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La Vierge (grès arkosique, vers 1530).

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La Vierge se tient les mains jointes en prière. Le cou enserré d'une guimpe, elle porte un long voile et une robe longue qui lui cache entièrement les pieds" (Le Seac'h)

Le grès arkosique ou feldspathique :

"D'autres roches [que le granite]  sont plus favorables mais elles sont très localisées dans l'espace. Ainsi le kersanton, que l'on assimile à tort à un granite, serait un peu le marbre de la Bretagne par son grain et sa dureté sans sa couleur sombre et triste. Les filons affleurent au fond de la rade de Brest dans les communes de Plougastel-Daoulas, de Loperhet et de L'Hôpital-Camfrout. À partir du XVe siècle, il contribua grandement à l'éclosion de l'art breton et de la statuaire en particulier, dans les églises et dans les calvaires 23. Des ateliers le travaillèrent dans la vallée de l'Élorn à Landerneau, et leurs œuvres embellirent les enclos paroissiaux de la Basse-Bretagne.

Le grès arkosique (dit aussi feldspathique) du Bassin de Châteaulin (Finistère) est peu connu et sa renommée est loin d'égaler celle du kersanton. Il a pourtant concurrencé avec succès celui-ci et sa place est loin d'être négligeable dans la statuaire de la vallée de l'Aulne à l'époque de la splendeur de l'art breton. C'est une pierre gris-verdâtre, à grain fin, assez tendre, très apte à la sculpture quand elle se présente en bancs suffisamment épais. Elle n'est pas sans rappeler le grès de la Rhénanie qui a donné naissance à une statuaire remarquable dans la région de Trêves à l'époque romaine." (J-Y. Eveillard 1998)

 

 


"Ces grès ont aussi été mis en oeuvre dans la statuaire : parmi bien d’autres, évoquons les statues dressées au chevet de l’église de Laz, la statue de Saint-Maudez au Vieux-Marché (Châteauneuf-du-Faou), celle de Saint-Nicolas dans la chapelle N.-D. de Hellen (Edern), plusieurs personnages du célèbre calvaire de Pleyben… Quelques éléments de la chapelle – ruinée – de Saint-Nicodème, en Kergloff, ont été remployés lors de la reconstruction de la chapelle Saint-Fiacre de Crozon, après la dernière guerre ; en particulier de superbes sculptures d’animaux ont été emplacés à la base du toit dans la façade occidentale (Chauris et Cadiou, 2002).

Cette analyse entraîne quelques remarques de portée générale.

Dans un terroir dépourvu de granite, artisans et artistes locaux ont su mettre en œuvre un matériau qui, au premier abord, ne paraissait pas offrir les atouts de la « pierre de grain » qui affleure au nord et au sud du bassin.

Ce matériau local, utilisé dans les édifices les plus variés, confère au bâti du bassin de Châteaulin une originalité architecturale. Son association fréquente aux granites « importés » induit un polylithisme du plus heureux effet. Parfois, le grès a même été exporté vers les bordures du bassin, au-delà de ses sites d’extraction.

Du fait de ses aptitudes à la sculpture, le grès vert a été très tôt recherché pour la statuaire. Il joue localement le rôle des célèbres kersantons de la rade de Brest, à tel point que, dans un musée dont nous tairons le nom, une statue du xvie siècle, a été rapportée au kersanton, alors qu’en fait elle est en grès vert : hommage inconscient à ce dernier matériau !

L’emploi de cette roche singulière, constant pendant plusieurs siècles (au moins du xvie au début du xxe siècle) paraît aujourd’hui totalement tombé dans l’oubli. Ses qualités devraient susciter une reprise artisanale, tant pour les restaurations que pour les constructions neuves." (L. Chauris

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Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Les larrons (grès arkosique, Maître de Quilinen, vers 1500).

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"Les larrons ont une jambe repliée en arrière. Le bon, situé à gauche, le corps tordu, lève la tête. Le mauvais  larron est complètement renversé en arrière. Sa barbe est comme celle de l'Apôtre Pierre [du calvaire ] de Quilinen : elle est constituée de petites boules volumineuses placées sur trois rangées et qui remontent haut sur les oreilles. La corde qui les attache au fût est reproduite d'une manière scrupuleuse. " (Le Seac'h)

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Je rappelle que la "jambe repliée en arrière" figure en réalité une jambe brisée, et les contorsions sont celles de l'agonie, par fidélité (très fréquente en Bretagne) au texte évangélique de Jean 19:31-32  Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, -car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui.

J'admire la finesse de sculpture que permet ce matériau (la ceinture de la culotte du mauvais larron, ou le rabat lacé de sa braguette), et sa résistance à l'érosion.

Dossier photo complémentaire ici :

https://monumentum.fr/eglise-saint-pierre-pa00090418.html

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Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Les trois marmousets servant de consoles (restaurés au XXe siècle).

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"Les marmousets qui servent de consoles sont évidés entre les bras et le fût comme le Maître de Brasparts l'a fait pour ses calvaires. " (Le Seac'h) 

Ils sont qualifiés par les auteurs de "marmousets", terme désignant des statuettes grotesques. Mais ce caractère grotesque n'est pas présent ici. Ils portent sur la tête une console carrée, leurs cheveux bouclés encadrent leur visage, et ils sont vêtus d'un pourpoint à plastron. Bras écartés pour saisir les mains de leur voisin, ils forment une chaîne ou danse pleine de dynamisme.

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Comparaison stylistique avec Braspart, Quilinen, Motreff (et Mellac bien différent) :

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Marmousets du calvaire de Brasparts. Photo lavieb-aile.

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Marmousets du calvaire de Quilinen à Landrévarzec. Photo lavieb-aile.

 

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Marmousets du calvaire de Motreff. Photo lavieb-aile.

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L'un des deux marmousets du calvaire de Mellac. Photo lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint Michel terrassant le dragon (restauré au XXe siècle).

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"Il est sculpté sur le fût en dessous des marmousets. Ses cheveux s'étalent en mèches. Il porte une armure et un  bouclier, et, comme à Mellac, il enfonce sa lance dans la gueule du dragon dont la queue est représentée par des stries successives. Ses yeux sont d'avantage en amande qu'à Mellac, et bridés ; son visage est plus carré. Il est copié sur le style du Maître de Quilinen." (Le Seac'h)

On le trouve également à Motreff, mais aussi à Brasparts également sculpté dans le même bloc que le fût sous les marmousets. Mais le bouclier est rond dans ces deux calvaires.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La Déploration (Grès arkosique , Maître de Laz, vers 1527).

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Dans cette Déploration a quatre personnages, "saint Jean est décapité et la Vierge a perdu le haut de sa tête. Le Christ a le bras droit brisé au niveau du poignet. La statue la mieux préservée est celle de Marie-Madeleine qui porte un voile comme la Vierge. Ses cheveux ondulent jusque sur son bras. La Vierge est revêtue d'un voile à franges godronnées  caractéristique et le bord de son manteau fait des gaufrures verticales." (Le Seac'h)

Le Christ est disposé  à l'horizontale, la tête appuyée sur les genoux de Jean, le bassin sur ceux de la Vierge, tandis que les jambes pliées placent les pieds au devant des genoux de Marie-Madeleine. La Vierge lui tient la main gauche, devant l'aine, tandis que Jean soutient la tête. Marie-Madeleine porte le flacon d'aromates.

Les robes de Jean et de Marie se confondent en une seule étoffe aux nombreux plis en volutes, étoffe recouverte sous le corps du Christ d'un linge fortement plissé.

Cette Déploration est comparable à celle du cimetière de Laz, malgré plusieurs différences ; elle évoque aussi la Pietà de l'église de Briec-sur-Odet, et la Déploration de l'église de Plourac'h. Toutes sont en grès arkosique et ont reconnaît immédiatement la main du Maître de Laz par le voile aux bords frisés en petites plissures. Ce sculpteur a été actif vers 1527.

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Pietà de l'église de Briec.

 

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Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Calvaire de l'enclos de Saint-Hernin. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère

http://croix.du-finistere.org/commune/saint_hernin.html

"Saint-Hernin, église, g. k. 6 m. Vers 1530. Deux degrés. Soubassement architecturé, table d’offrande. Socle rectangulaire portant trois gibets et la Vierge de Pitié. Fût central, saint Georges, marmousets, Vierge et Jean. Croix, crucifix (plus récent). [YPC 1980]"

CHAURIS (Louis), Pour une géo-archéologie du Patrimoine : pierres, carrières et constructions en Bretagne, deuxième partie : Roches sédimentaires Part two: Sedimentary rocks, in For a Geo-Archaeology of Heritage: Stones, quarries and buildings in Brittany p.171-208

https://journals.openedition.org/rao/1384

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/67ae4592ec929b13eab4d173d2b7e36c.pdf

Dans l'enclos, calvaire du XVIè siècle (I.S.), du même atelier que celui de Brasparts. Tandis que le Christ et saint Michel en demi-relief sont en granit à gros grain, les larrons sur leurs croix et le groupe de la Vierge de Pitié posé sur le socle sont en kersantite. Au revers de saint Michel, sur une console, statue de saint Pierre portant l'inscription en caractères gothiques : " F. COENT. FIST. FAIRE. "

— ÉVEILLARD (Jean-Yves), 2001, "Les grès feldspathiques du bassin de Châteaulin dans l’architecture et la sculpture des siècles passés", La pierre en Basse-Bretagne, Brest, Université de Bretagne occidentale, CRBC, p. 41-53.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne page 656.

— OLLIVIER,( Sophie), 1993 -L'architecture et la statuaire en grès arkosique dans la vallée de l'Aulne centrale. Mém. de maîtrise d'histoire (inédit), J.Y. Eveillard, dir., U.B.O., Brest, 2 vol. Non consulté, cité par E. Le Seac'h.

https://memhouest.nakalona.fr/items/show/17711

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_2_3988

— PATRIMOINE.BZH/GERTRUDE

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-de-saint-hernin-saint-hernin/2ff1320b-fd91-4caa-ba9b-cbaefef6954d

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090418

— SITE DE LA COMMUNE.

http://www.saint-hernin.fr/accueil_st_hernin/tourisme/le_patrimoine_religieux

Le calvaire de l’enclos a été construit entre 1555 et 1575, par le même atelier que celui de Brasparts, semble-t-il. Fait en granit à gros grain et kersantite, il comprend un emmarchement à 2 marches, un soubassement appareillé avec table d’autel saillante sur la face ouest, un socle et 3 fûts rapprochés. Sur le socle, au pied du fût central, la vierge en kersantite est assise, assistée, à gauche, de saint Jean (assis) et à droite de Marie Madeleine (debout). Sur ce fût, saint Michel (en granit) terrasse le dragon en demi-relief. Puis, 3 marmousets, formant les culots du croisillon, portent, à gauche, la vierge, mains jointes, et à droite saint Jean en ronde bosse. Sur la croix, le Christ (en granit) est en haut relief. Sur les fûts latéraux, les larrons (en kersantite) ont le corps rejeté en arrière par-dessus la traverse de la croix.

Il semble, de par sa position, que ce calvaire était destiné à célébrer des offices religieux en plein air.

— Monumentum

Très beau dossier photo.

Le calvaire est du 17e siècle,

MONUMENTUM

 

https://monumentum.fr/eglise-saint-pierre-pa00090418.html

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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