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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:50

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Situation : église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault (29), transept sud, sur le rebord du mur sud. 

Matériau : Kersanton polychrome.

Attribution (E. Le Seac'h) : Henry Prigent, actif à Landerneau entre 1527 et 1577 aux cotés de son frère Bastien.

Bastien Prigent est l'auteur de la statue en kersanton avec traces de polychromie de saint Antoine, placée également dans le transept sud. (Voir sa description couplée avec le saint Antoine de Dirinon, du même sculpteur).

Les deux frères ont également sculptés différentes statues du calvaire de Dinéault (Jean, Marie-Madeleine et François d'Assise) le moine et la Sainte-Face du socle.

Description. 

La sainte est représentée, comme le veut la tradition iconographique, "issant" (faisant issue hors) du dragon qui l'avait avalée, et qui conserve encore entre les dents un morceau d'étoffe de sa robe. Le visage est assez épais, le regard est alourdi par des paupières qui recouvrent près de la moitié de l'œil,  le front est épilé loin en arrière, les sourcils sont également épilés. Les cheveux retombent sur les épaules par deux mèches, en avant et en arrière.

La robe rouge (à manches plissées et à revers verts sur les poignets) est à décolleté carré (comme sur les portraits d'Anne de Bretagne), elle est serrée à la taille par une forte ceinture.

Le dragon ailé  prend comme d'habitude une tête de bon diable regrettant d'avoir fait une grosse bêtise. 

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Sainte Marguerite d'Antioche, fêtée le 20 juillet, est la patronne des femmes en couche, ce qui lui donne beaucoup de travail. Elle appartient, avec sainte Catherine, sainte Barbe et plus rarement sainte Apolline, aux saintes thaumaturges protectrices des risques de mort subite, constamment présentes et invoquées dans les Livres d'Heures et représentées dans les églises et chapelles.

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Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

BITTEL (Philippe) et Mairie de Dinéault : Eglise Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:37

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Le calvaire est décrit dans l'Atlas en ligne des croix et calvaires du Finistère sous le n° 408 avec 1 dessin de Yves-Pascal Castel et 24 photos.

On peut reprendre avec quelques modifications cette description en mentionnant un édifice en kersanton, atteignant  6 mètres de haut,  datant par estimation de 1550 environ, portant la date de 1648 par inscription, et comportant une base à table d’offrande. Vient ensuite un socle portant l'inscription A LE BVLIER F 1648 et sur lequel est sculpté saint Yves, et Véronique tenant la sainte Face. Ce socle reçoit les  statues de Marie-Madeleine, François d’Assise, et Jean. Le fût porte l'inscription L. GARO. F. 1650. Sur le croisillon sont installées les  statues géminées de Vierge-Sébastien, de Jean-Pierre, les statues d'un évêque et de Marie-Madeleine. Sur le croisillon se lit l'inscription: M K[er]AUDEN REC / M HORELLOV F 1696. Au centre, le  Crucifix à l'ouest et le Christ aux liens à l'est.

Cet ensemble hétéroclite associe les sculptures de deux ateliers de Landerneau  : celui des frères Prigent, actif entre 1527 et 1577, et celui de Roland Doré, actif entre 1618 et 1663. Soit, dans les deux cas, et à près d'un siècle d'écart, ce que la sculpture bretonne sur kersanton a fait de mieux. Je m'attacherai, guidé par l'ouvrage d'Emmanuelle Le Seac'h qui en a dressé le catalogue raisonné, d'en étudier les caractéristiques stylistiques. 

Nous verrons :

1. La face principale au crucifix faisant face à l'ouest, avec la Vierge, Jean, Marie-Madeleine et saint Exupère.

2. La face orientale portant l'Ecce Homo et la Pietà.

4. Les inscriptions du croisillon.

4. Le socle  avec Marie-Madeleine à genoux, Jean, François d'Assise, sainte Véronique et saint Yves.

 

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I. LA FACE PRINCIPALE TOURNÉE VERS L'OUEST. LE CRUCIFIX.

 

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La croix.

 

Elle se dresse dans le ciel breton comme un mât et sa vergue, où un équipage serait réuni autour de sa vigie.

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Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le crucifix. Le Christ mort sur la croix (Roland Doré vers 1648-1650).

Roland Doré et son atelier ont sculpté 21 croix, 50 calvaires et 26 vestiges, dont 41 sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec. Les commanditaires sont rarement des nobles, plus souvent des prêtres (Ploeven, Hanvec, Seznec à Plogonnec, Douarnenez, Cast, La Martyre, Plonevez-Porzay), ou des fabriciens (ou "fabriques"). A Dinéault, nous pouvons supposer que les commanditaires sont les fabriciens  A. Le Bulier  et Louis Le Garo qui ont accompagné leurs noms des dates de 1648 et de 1650, compatibles avec l'activité de Roland Doré. Par contre, deux inscriptions du recteur et d'un fabricien, datant de 1696 sur le croisillon, indiquent des interventions plus tardives sur la structure même du calvaire, ou des restaurations. 

Selon Le Seac'h (2014), "les Christ sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes, ils penchent la tête sur le coté droit, les yeux clos. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines".

Le corps est étiré, sa longueur correspondant à sept hauteurs de tête. Les lombes sont cambrées, écartées de la croix. Les jambes sont discrètement arquées, les pieds sont posés l'un sur l'autre en équin.

 

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La large couronne, posée bas sur le front effacé, est un soigneux tressage de deux brins décoratifs, fort éloignée des engins de torture enfonçant leurs épines sur des chairs ensanglantées . Les cheveux longs tombent comme un large voile devant l'épaule, à gauche,  ou derrière l' épaule, à droite, selon une formule quasi immuable. Une vue en lumière frisante montre mieux la région sternale du torse parcourue de six stries costales, et l'abdomen saillant, aux deux parenthèses piriformes autour de la bande verticale des grands droits. 

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Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Comparer avec :

a) le Christ de la croix de Cléménéc'hy à Logonna Daoulas, par le même Roland Doré.

https://en.wikipedia.org/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)#/media/File:Logonna-Daoulas,_croix_de_Cl%C3%A9m%C3%A9n%C3%A9c%27hy.JPG

b) le Christ de la croix de la Croix Rouge à Dirinon (photo lavieb-aile):

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le plus remarquable est la tête, travaillée de façon étonnamment plastique comme sous l'effet d'un couteau sur de l'argile, manié par un geste hanté par la sobriété ou la retenue recueillie. Les traits sont hélas défigurés par deux ovales de lichens crustacés blanchâtres.

 Les yeux baissés semblent prolongés par l'axe très vertical du visage , très épuré, dont la ligne est accentuée par la ligne saillante du nez et  le V inversé des sillons nasogéniens. La moustache trace au contraire un grand U sous lequel le menton à courte barbe bifide et la bouche semblent être des pièces imbriquées.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le pagne tranche aussi de manière étonnante avec le perizonium des ateliers de sculpture précédents : au lieu des plis fins et aériens, aux pans gaufrés et volants, nous avons ici des bandes agencées en Z avec des lignes dépouillées, des volumes pleins, simplifiés à des épures géométriques. La formule du pan gauche pris par dessous, et de l'autre replié par dessus perd tout réalisme au profit d'un équilibre de masses.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Deux anges recueillant le Précieux Sang des pieds du Christ.

Ils ont  cas le sourire amène des anges qui encadrent le  Christ du calvaire de Senven-Lehart et celui la chapelle Seznec à Plogonnec.

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Deux anges au calice, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Deux anges au calice, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur le croisillon. La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent).

En descendant d'un étage dans la mâture du calvaire, c'est un autre atelier virtuose du kersanton, antérieur de 80 ans environ à Roland Doré,  que nous découvrons, facile à reconnaître par l'un de ses traits : les trois larmes en relief des personnages qui pleurent la mort du Christ. Les deux frères Prigent, Bastien (le plus doué) et Henry, ont produit, le plus souvent à la demande des fabriques paroissiales et parfois des prêtres, les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), les porches de Pencran (1553), de Landivisiau (1554-1565), de Guipavas (1563), des sculptures isolées (à Dirinon) dont la statue de sainte Marguerite et celle de saint Antoine à l'église de Dinéault, et enfin 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets, à Guimiliau, Lanhouarneau, Saint-Servais, Saint-Derrien, Bourg-Blanc, Saint-Divy, Lothey, etc...

 

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 La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La Vierge (Bastien Prigent).

Elle porte la guimpe et le voile du deuil, et ce voile est recouvert par le col arrondi d'un long manteau. Le pan droit de celui-ci revient s'accrocher à la ceinture en une large boucle. La robe ne manque pas d'élégance, avec ses manches bouffantes et à revers. Mais Marie se moque de cela, elle prie, les mains jointes, les yeux  mi-clos, les lèvres à peine jointes : elle n'est plus que chagrin, et foi. Six larmes s'écoulent, qui sont les six clous de son crucifiement.

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 La Vierge (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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 La Vierge (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean l'évangéliste (Bastien Prigent).

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Saint Jean (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Saint Jean (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Sainte Marie-Madeleine.

Entre saint Jean et la Vierge, à genoux au pied de la croix selon un schéma répété constamment sur les Passions finistériennes des maîtresses-vitres du XVIe siècle, Marie-Madeleine la pécheresse repentie (Marie de Magdala) ou la sœur de Lazare et de Marthe (Marie de Béthanie) , celle qui verse le parfum de nard très rare et très coûteux sur les pieds ou la tête de Jésus, celle qui participera à la Mise au Tombeau et bénéficiera de la première apparition du Christ ressuscité est la patronne de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Elle est présente deux fois sur ce calvaire ; mais ici, partageant avec Marie et Jean les larmes de l'affliction,  elle se penche sur le flacon d'aromates (de myrrhe) et se prépare à accomplir les usages de l'embaumement, puisque son Maître, son "rabbouni" (Jn 20:16), est mort.

Comme ailleurs, elle se caractérise par sa chevelure longue et défaite, seulement rassemblée par un bandeau retro-occipital, mon "chouchou". Son élégance fait sa réputation ; mais ici, l'artiste l'a voulu sobre, sans bijoux ni coiffure, seulement apparente par les formes moulantes de la robe et, surtout, par les doubles manches, bouffantes, resserrées par un lien brachial, puis plissées.

On la comparera à celle du calvaire monumental de Plougonven, œuvre des Prigent (photo lavieb-aile) : même front épilé, mêmes sourcils froncés, même bandeau, mêmes fronces sur l'encolure de la robe, mêmes manches où s'invitent quelques crevés.

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017
Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Saint Exupère (Bastien Prigent).

Rien n'indique son identité, et il se présente comme un saint évêque anonyme, mais chacun reconnaît le patron vénéré ici dans la chapelle Sant-Dispar : l'ermite Isper ou Ispar, romanisé par rapprochement avec saint Spire en "saint Exupère", évêque de Toulouse (ou de Bayeux, cela n'a pas beaucoup d'importance). Il est important pour lui d'être ici, à coté de Marie-Madeleine, avec qui il forme le couple emblématique de la paroisse, comme sur la bannière de procession;

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Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017
Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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II. LA FACE ORIENTALE : ECCE HOMO.

 

Face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le Christ aux liens par Roland Doré (vers 1650).

On attribue 3 autres Christ aux liens à l'atelier de Roland Doré, dont celui de Senven Lehart (Wikipédia),  et celui de la chapelle Seznec à Plogonnec (image lavieb-aile) ci-après. Pourtant, celui de Dinéault diffère singulièrement de celui de Seznec. Son visage, tout en intériorité, est plus expressif, la bouche est entrouverte, le manteau de pourpre est largement ouvert sur le corps presque nu et sur le pagne noué à gauche, le roseau expose son l'épi en quenouille de son inflorescence entre deux  feuilles, les mains sont nouées à hauteur du nombril, la main droite retenant le pan du manteau.

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Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur les culots du croisillon: Saint Pierre et saint Sébastien (Bastien Prigent). 

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Sur le croisillon, face orientale du  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sur le croisillon, face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.


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Saint Pierre (Bastien Prigent).

Saint Pierre est pieds-nus comme tout apôtre, crâne désolé par la calvitie à l'exception d'un îlot frontal comme tout saint Pierre qui se respecte, et il tient l'énorme clef du Paradis pour qu'on le reconnaisse facilement. Le bouton rond qui ferme, non sans traction, le manteau rappelle ceux des apôtres du porche de Landivisiau, dans le style Prigent.

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Saint Pierre (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Pierre (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Sébastien (Bastien Prigent).

Si on le compare avec les saints Sébastien du porche de l'église de Ploudiry par Bastien Prigent, et de Pencran par son frère Henry, il reflète une évolution de l'iconographie sébastianesque qu'il serait passionnant de retracer, si le crédit de patience de mes lecteurs n'était – et de très loin – déjà épuisé.

— Oh..aller... siouplait...

— En quelques mots alors :

a) La figure dévotionnelle médiévale. À l'époque médiévale Sébastien, officier romain  martyr sous Dioclétien en raison de sa foi, était représenté correctement habillé, mais assailli par les multiples flèches de ses soldats devenus ses bourreaux : "et les soldats lui lancèrent tant de flèches qu'il fut tout couvert de pointes comme un hérisson" (Jacques de Voragine, Légende Dorée). On l'invoquait lors des épidémies de peste, par analogie entre les blessures de la maladie, et les plaies auxquelles il avait survécu. En effet, le hérisson, laissé pour mort,  avait miraculeusement échappé à ce funèbre destin, afin de se rendre au palais impérial et de morigéner Dioclétien. Mauvaise idée, quoique d'inspiration divine : il fut battu de verges, jeté dans les égouts, où sainte Lucine vint récupérer sa dépouille. Il fut représenté aussi sous cette influence médiévale à l Renaissance, toujours habillé, mais sous forme emblématique, en officier et en archer : ici, sur le retable San Benito de Calatrava (v. 1480) à Séville, pour un Ordre militaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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b) L'éphèbe aux bras liés, déliés.

 à la Renaissance,  les artistes ont vu en Sébastien l'occasion d'un exercice de nu masculin sur le modèle grec antique (alors très en vogue). Le saint, seulement vêtu d'un pagne parfois très court et porté très bas, perd sa barbe et devient un adolescent apollinien, blond, bouclé, qui, tel un surfeur à Waikiki Bieach, se déhanche et adopte une gestuelle libérée de tout hiératisme moyenâgeux. Sa beauté physique passe pour un reflet de celle de son âme. Les bras s'élèvent et expriment, malgré les liens, un dynamisme paradoxal. C'est ainsi que nous le voyons sur la gravure de Martin Schongauer : intitulée Le Petit Saint Sébastien (Colmar, Unterlinden) :

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Albrecht Dürer (Saint Sébastien attaché à un arbre, 1501 ) donne un Sébastien dont le pagne s'abaisse encore, mais dont les bras sont sagement liés derrière le dos.

Bastien Prigent réalise lui aussi un Sébastien dont le corps suit les contours d'un arbre, le bras gauche liée à une branche basse et le bras droit lié à une branche haute : c'est la statue de l'église de Ploudiry :

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c) Les jambes croisées.

Une étape supplémentaire est franchie lorsque le mouvement touche non seulement les bras et le bassin, mais aussi les jambes. Ce saint  aux allures d'éphèbe est toujours figuré presque nu, attaché à un arbre, exposé aux flèches de ses bourreaux, témoignant de l'ardeur de sa foi chrétienne par sa belle indifférence à ses blessures. Mais sa posture est ici remarquable, non pas tant par le geste du bras droit au dessus de la tête que par les jambes acrobatiquement croisées, comme saisies en instantané lors d'une chorégraphie particulière.

le Grand Saint Sébastien de Martin Schongauer (1435/50-1491) en est un exemple encore timide:

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L'influence semble venir des Pays-Bas, mais on peut la voir cheminer à travers les enluminures depuis la seconde moitié du XVe siècle :

La statuaire montre divers exemples de ces jambes liées qui se délient, se tordent, adoptent des positions extravagantes :

— Statue de Saint Sébastien, (fin XVIe) église de Bar-sur-Aube  https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/BarAube/Bar-sur-Aube-Saint-Pierre.htm

— Statue de Saint Sébastien à Wissembourg.

http://fr.topic-topos.com/statue-de-saint-sebastien-wissembourg

— Saint Sébastien en bois sculpté en ronde-bosse et polychromé. Brabant, vers 1500

http://elogedelart.canalblog.com/archives/2009/11/22/15892491.html

—Saint Sébastien, saint Roch et saint Wolfgang, Bad Aussee, 1475, 

http://www.tenbunderen.be/bedevaarten/bedevaartsplaatsenalgemeen.html

 — musée des Beaux-arts de Gand : chêne, par maître Arnst (Nord des Pays-Bas)  environ  1480-1485. Wikipédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wiki_Loves_Art_-_Gent_-_Museum_voor_Schone_Kunsten_-_De_marteling_van_de_heilige_Sebastiaan_(Q22080797)_(1).JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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On doit aussi souligner que le thème iconographique du Christ à la colonne, ou de la Flagellation, exerce aussi son influence, Sébastien devenant un double juvénile et athlétique du Christ.

 

C'est sous ces influences du bras droit levé et des jambes croisées que se place la statue de saint Sébastien par Bastien Prigent à Dinéault. 

 

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 Saint Sébastien (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Sébastien (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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d) L'art baroque italien développera ensuite une "figure homo-érotique" voire "sado-homo-érotique" .  Avec Le Sodoma (Saint Sébastien, (1525)  Galleria Palatina, Florence), Guido Reni, Le Caravage, le corps sera érotisé et féminisé, la métaphore liée à la pénétration des flèches sera soulignée, et les pieds échapperont à leurs liens. 

— Ludovico Carraci, Saint Sébastien, 1599 Gravina (Bari), Fundazione Pomarici-Santomasi. 

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Le Sodoma, Saint Sébastien, (1525) Huile sur canevas, 206 × 154 cm, Galleria Palatina, Florence.

 

 

Sebastian est représenté peut être vu au début du XVe siècle en Italie. Sa représentation passe de l' un d'un homme plus âgé avec un visage barbu d'un adolescent.

 Artistes baroques Caravaggio et Guido Reni dépeint Sebastian comme une figure homoérotique

dans le symbolisme des flèches pénétrant son corps.

Tant de Pérugin Saint - Sébastien et de Amico Aspertini Saint -Sébastien sont semblables dans le contenu du travail de Sodoma, érotisation et féminiser le corps du Saint.  En revanche, une représentation antérieure de Sebastian par Andrea Mantegna a une apparence beaucoup plus masculine, bien que le potentiel érotique pour certains téléspectateurs ne pouvait pas être refusée. Contrairement Il Sodoma, peu de preuves existe pour suggérer que soit Pérugin ou Aspertini, engagés dans une activité homosexuelle. Bronzino, cependant, a été réputé pour avoir ses œuvres en couches avec sous - texte homoérotique. 16 Étant donné les traits délicats de sa représentation de Saint - Sébastien, une lecture homoérotique est possible. La représentation des adolescents de Sebastian ainsi que la preuve de l'homoérotisme de même sexe dans la vie de nombreux artistes au cours decette période donne du crédit à un sous - texte sexuel à ces images. Il va de servir que la représentation physique de Sebastian peut donc être lu à travers une lentille homoérotique.

 

Entre son apparition initiale en Christian

Art au VIe siècle apr. J.-C. à des représentations dans le

Baroque, l'iconographie de Saint Sébastien a subi

Une transformation significative. Les rôles qu'il

Rempli plus tard dans cette période comprenait figure dévotionnelle

Pendant les fléaux commençant au milieu du 14ème siècle,

Un nude classique tout au long de la Renaissance, et

Une figure homoérotique dans l'art baroque italien. Pendant le

Début de la Renaissance, les artistes cherchaient à imiter

Nu grec, mais la nature religieuse conservatrice

De la plupart des arts à cette époque créait une situation difficile.

Comme l'un des rares personnages masculins religieux dont

La nudité a été jugée appropriée par Renaissance

Saint Sébastien a été exploité par des artistes

Qui souhaitait intégrer l'art classique. En plus de

La revitalisation des canons artistiques grecs,

Attitudes à l'égard de la sexualité ont également été

À travers l'art de la Renaissance. Homoérotisme et érotisme

En général, est devenu un thème récurrent dans Renaissance

Art, même dans des œuvres de nature religieuse.

En raison de la demande du marché pour les

Style sexué, saint Sébastien est devenu un

Homoérotique. Malgré sa prévalence au cours

Renaissance, la classicisation et la sexualisation de

Saint Sébastien serait critiqué par beaucoup, la plupart

Notamment par l'Eglise catholique pendant la Contre-Réforme

Du milieu à la fin du 16ème siècle. Vers le 17

Siècle, l'iconographie de saint Sébastien

Ressemblance avec sa représentation au cours de

période. Le but de cet article est d'examiner

Circonstances dans lesquelles il est devenu possible

Pour Saint-Sébastien être utilisé comme une figure homoérotique,

Y compris ses représentations artistiques historiques,

Pratiques homosexuelles contemporaines en Italie, et

Une analyse des nombreuses représentations de Guido Reni de St.

Sébastien.

En raison de la nature controversée de ce sujet,

Il est important de comprendre le contexte

Ce changement iconographique se produit. Selon

À Jacobus de Voragine, auteur du XIIIe siècle

Legenda Aurea, Sebastian était un soldat romain

Le règne des empereurs Maximien et Dioclétien

Le 3ème siècle. Quand on a découvert que Sebastian

Était chrétien, Dioclétien lui ordonna d'être lié

À un poteau et tiré avec des flèches. Jacobus de Voragine

Affirme que les soldats «ont tiré tant de flèches dans son

Corps qu'il ressemblait à un porc-épic, et le laissa

Mort ".

 Malgré cette brutalité, Sebastian miraculeusement Survécu, seulement pour être battu à mort peu de temps après

Au commandement de Dioclétien. Dans ce compte, il n'y

Saint-Sébastien était tout à fait nu pendant

Soit un épisode violent. Images de Saint-Sébastien

Avant le XIVe siècle avec la description de

Sebastian donné par Jacobus de Voragine. Typiquement,

Il est représenté blessé par une multitude de flèches, ou

Montré dans le costume d'un soldat romain comme il convient en tenant compte

Sa carrière militaire. Un tel exemple est un 9ème

Situé dans la Chiesa di San Giorgio Saint-Sébastien avait toujours été populaire

L'Italie, et particulièrement à Rome, en raison du fait que

C'était le lieu de son martyre3.

L'Histoire Longobardorum du 8ème siècle par Paul le

Le diacre, à la fin du VIIe siècle, Rome et Pavie

Frappé par une épidémie mortelle. Dans ce récit, le soulagement

Venus à la ville de Rome après avoir construit une

L'autel dédié à saint Sébastien qui

Cette action a été répétée en 1348 à Paris

Par Foulques de Chanac, évêque de Paris,

La Mort Noire commençait à décimer la ville. Reliques de

Saint-Sébastien fut placé dans l'abbaye de Saint-Victor;

Par la suite, son association avec la propagation de la peste

L'Europe a également fait valoir que

Il y a une métaphore plus profonde reliant saint Sébastien

Avec la peste. L'argument est qu'il existe une corrélation

Entre la douleur subie au cours de la première

Tentative de sa vie par les soldats de Dioclétien et

Qui est souffert par ceux affligés par la peste.

De plus, il existe un précédent biblique dans lequel les flèches

Représentent une maladie ou une punition

Divin. Par exemple, dans le Psaume 64: 7, il est dit: «Mais

Dieu leur tirera avec une flèche; Soudainement

Ils sont blessés. "De plus, comme Job souffre d'un

L'affliction envoyée par Dieu, il dit: «Pour les flèches des

Tout-puissant est en moi. "6 Indépendamment des causes

Pour le nouveau rôle religieux de Saint-Sébastien, il est indéniable

Que l'image de saint Sébastien est devenue l'une des

Icônes de dévotion primaires par rapport à la peste

La Renaissance et qu'une iconographie standard

A évolué pour refléter ce statut.

S'écartant de l'iconographie du IXe siècle

Du saint, au XIVe siècle, une représentation typique

De Saint-Sébastien le présenterait lié

À un poteau avec un nombre variable de flèches de perçage

Son corps exposé. Un exemple de cette nouvelle iconographie

Est présent dans un triptyque de Le Martyre de Saint

Sebastian et Scènes de sa vie de 1370 (fig.

2), situé dans le Museo dell'Opera del Duomo, Florence.

Dans le panneau central, Sebastian a une multitude

Des flèches dépassant de son corps, qui est recouvert

Seulement par un pagne et montre le sang qui coule de

Ses blessures. Il a une barbe pleine dénotant sa maturité

Âge, mais autrement, ses traits faciaux manquent de distinction.

Le rôle de saint Sébastien en tant qu'intercesseur et protecteur

Des victimes de la peste se manifeste également

Art, comme à Saint-Sébastien pour Plague Frappée par Lieferinxe de 1497 à 1499 (figure 3).

Dans ce tableau, Lieferinxe dépeint un milieu urbain

Frappé par la peste avec des hommes de l'Église priant

Les livres et les gens pleurant pour de l'aide dans les rues bordées

Avec des corps dans des haubans. Saint Sébastien est agenouillé sur un

Nuage dans le ciel, et semble plaider devant

Une figure céleste, probablement Saint-Pierre, au nom

De la population de la ville. Alors qu'il est peint à genoux

Plutôt que lié à un poste comme il était devenu habituel,

Il est toujours montré principalement nu couvert seulement avec un pagne,

Et percé de flèches. La menace de la peste

En Europe a continué pendant des siècles, et par conséquent,

Saint-Sébastien a été assuré d'une présence

Religieux.

La mort noire du milieu du XIVe siècle s'est produite

Pendant une longue période de regain d'intérêt

Dans l'art et la littérature gréco-romaines anciennes,

Catalyseur de la Renaissance italienne. Il y avait

Intérêt autour du nud grec classique,

Et les artistes s'empressaient de l'imiter. Cependant,

Problématique étant donné que la majorité des

Pendant la Renaissance était de nature religieuse. Comme

Suite à son association avec la peste, et

Accent mis sur ses blessures par la flèche, Saint-Sébastien

Pourrait être correctement montré avec son corps

Exposé, couvert seulement par un pagne. Théologique

Existaient des arguments qui étayaient la pertinence

D'un Saint Sébastien nu. Une telle demande

Que sa nudité est comparée à celle de Christ, dont

Corps nu montrait l'humilité devant Dieu et dont

La beauté physique agissait comme un reflet de la sainteté de son âme.

Utilisant ce dernier argument, les artistes ne

Ne pouvait justifier la nudité de saint Sébastien, mais

Créer une figure idéalisée dont la beauté avait un

fonction. Cependant, ce trope n'était pas uniformément

Convenu. En 1592, le Pape Clément VIII commença une

Campagne contre l'utilisation de la nudité dans l'art religieux,

Et des images de Saint-Sébastien étaient parmi ceux qu'il

On a pensé que de telles œuvres

Constituait un art profane et manquait d'un véritable

Représentation de la souffrance du saint.

Un cas bien documenté dans lequel le

Classicisation, et la sexualisation naissante, de St.

Sébastien devient problématique était un retable

Créé par Fra Bartolomeo pour le couvent de San

Marco à Florence vers 1514. Selon Giorgio

Vasari, biographe du XVIe siècle d'artistes italiens,

Il [Fra Bartolomeo] a peint une photo

De S. Sébastien, nu, très vivant dans

Coloration de la chair, douceur de visage,

Et également exécuté avec

Beauté correspondante de la personne ....

Les frères trouvèrent, par le confessionnal,

Femmes qui avaient péché à la

Vue de celui-ci, à cause du charme

Et fusion de la beauté de la réalité réaliste

Par le génie de Fra

Bartolommeo; Pour quelle raison ils

L'a enlevé de l'église.9

La véracité de cette anecdote peut être contestée, mais

Le fait qu'il était jugé plausible par les adhérents de Vasari

Implique qu'un tel événement soit possible.

L'emplacement actuel de la peinture est inconnu, Mais en plus des comptes écrits sur la pièce,

Il y a une copie de la peinture de Fra Bartolomeo

Dans Fiesole (fig.4) .10

 De nombreux facteurs peuvent avoir conduit à la

Du retable. En peinture Saint-Sébastien, Fra Bartolomeo

A pris des mesures sans précédent. En plus de

Naturalisme du corps, y compris le corps

Taille, le pagne qui le couvrait était minime et diaphane.

En outre, Saint-Sébastien est en mouvement,

Sorti de sa niche plutôt que d'être attaché à un poste.

Ce dernier point est particulièrement important parce que dans

Pose, Bartolomeo émet intentionnellement une

Sculpture florentine de Jacopo Sansovino à partir de 1512

D'un Bacchus nue, le dieu grec du vin

Et festivités. Si elle était réalisée, la connexion

Probablement contribué à la décision de supprimer la

Peinture de San Marco12 Fra Bartolomeo créé

Un saint chrétien de Bacchus, un dieu païen, pour

Pour démontrer sa compétence et imiter le classique

Nu grec.

Quelle que soit la raison du retrait de Fra

Peinture de Bartolomeo de San Marco, elle démontre

La tentative de l'autorité religieuse de censurer

Le rôle émergent de Saint-Sébastien en tant que

Sexué figure. Cependant, le patronage traditionnel

Les pratiques changeaient au fur et à mesure que la Renaissance progressait;

Les artistes ont commencé à exercer une

Contrôle de leur travail. En plus du patronage

Par l'Église catholique, le patronage de l'élite

Les familles dominantes et les marchands riches

Dans l'art pour les résidences personnelles et les

espaces publics. Cela signifiait que les religieux ne

L'autorité, seule, contrôler ce qui a été

Appropriés dans l'art, même lorsqu'il s'agit de religieux

Après une enquête approfondie sur

Patronage pendant la Renaissance, historien d'art Martin

Wackernagel est parvenu à la conclusion que

Était une «divergence croissante entre les

Les objectifs et le sens et le but réels des

Art. "15 Le Saint-Sébastien de Fra Bartolomeo

Est un indicateur du désir de l'artiste de créer des hommes

Nus dans le style classique. Vasari écrit que «il

[Fra Bartolomeo] avait été accusé de nombreuses fois

Ne sachant pas peindre des nus; Pour cette raison il

Résolu à se mettre à l'épreuve ... il a peint une photo

De S. Sébastien, nu ... par lequel il a gagné l'infini

Louange de la part des artisans »16.

Cette tendance, comme on peut le constater à la fin du XVe siècle

De Savonarola à Florence, mais de telles tentatives

En conséquence, la mythologie païenne et l'érotisme

Thèmes sont devenus de plus en plus fréquents au 16ème siècle

Italie.

En plus de la revitalisation de l'art classique

À la Renaissance est venue la redécouverte des

Littérature et pratiques sociales. Dans la Grèce antique,

La sexualité masculine impliquait souvent la pédérastie et la sodomie,

Et cela se reflète dans l'art, la littérature et la mythologie

du temps. De même, il existe de nombreuses preuves

Que les pratiques homosexuelles prospèrent parmi

Des membres masculins de la société en Italie à

La période médiévale18.

Introduction aux pratiques homosexuelles grecques,

Et donc on ne peut pas considérer que ce dernier

15

 

 

 

 

Mais en plus des récits écrits sur la pièce, il y a une copie du tableau de Fra Bartolomeo situé à Fiesole (fig.4) 10. De nombreux facteurs ont pu conduire à l'enlèvement du retable. Dans la peinture de Saint-Sébastien, Fra Bartolomeo a pris des mesures sans précédent. En plus du naturalisme du corps, y compris la taille réaliste de la figure, le pagne qui le recouvrait était minime et diaphane. En outre, Saint-Sébastien est en mouvement, sortant de sa niche plutôt que d'un poteau. Ce dernier point est particulièrement important parce que dans la pose de saint Sébastien, Bartolomeo émule intentionnellement une sculpture florentine de Jacopo Sansovino à partir de 1512 d'un Bacchus nu , Le dieu grec célèbre du vin et des festivités. Fra Bartolomeo créa un saint chrétien à partir de Bacchus, un dieu païen, afin de démontrer son habileté et d'imiter le nu grec classique. Quelle que soit la raison de l'enlèvement de la peinture de Fra Bartolomeo de San Marco, il démontre la tentative de l'autorité religieuse de censurer le rôle émergeant de Saint-Sébastien comme une figure classée et sexuée. Cependant, les pratiques de patronage traditionnel changeaient au fur et à mesure que la Renaissance progressait; Les artistes ont commencé à exercer un contrôle accru sur leur travail. En plus du mécénat de l'Église catholique, le parrainage par les familles dominantes d'élite et les marchands riches était commun en fournissant l'art pour les résidences personnelles et les espaces publics laïques. 13 Ce qui signifie que l'autorité religieuse ne contrôlait plus seule ce qui était considéré comme approprié dans l'art, même lorsqu'il s'agissait de sujets religieux.14 Après une enquête approfondie sur le favoritisme à la Renaissance, l'historien de l'art Martin Wackernagel est arrivé à la conclusion que Il y avait «une divergence croissante entre les buts artistiques et le sens et le but réels de l'art religieux» 15. Le Saint-Sébastien de Fra Bartolomeo témoigne du désir de l'artiste de créer des nus masculins dans le style classique. Vasari écrit que «il [Fra Bartolomeo] avait été accusé à plusieurs reprises de ne pas savoir peindre des nus; Pour laquelle il a résolu de se mettre à l'épreuve ... il a peint une image de S. Sébastien, nue ... par laquelle il a gagné des éloges infinis des artisans »16. Il y avait une résistance à cette tendance, comme on peut le voir à la fin du 15ème siècle De Savonarola à Florence, mais de telles tentatives furent de courte durée.17 En conséquence, la mythologie païenne et les thèmes érotiques devinrent de plus en plus fréquents dans l'Italie du XVIe siècle. En plus de la revitalisation de l'art classique à la Renaissance est venu la redécouverte de la littérature ancienne et les pratiques sociales.

 

Dans la Grèce antique, la sexualité masculine impliquait souvent la pédérastie et la sodomie, et cela se reflétait dans l'art, la littérature et la mythologie de l'époque. De même, il existe de nombreuses preuves que les pratiques homosexuelles ont prospéré parmi les membres masculins de la société en Italie à partir de la fin de la période médiévale.18 Ceci est antérieur à l'apparente introduction de la Renaissance aux pratiques homosexuelles grecques, et donc ce dernier ne peut pas L'amour du même sexe. Pourtant, cette sous-culture de l'homoérotisme a probablement été validée et normalisée plus tard par sa similitude avec les pratiques anciennes, ainsi que par sa popularité dans la mythologie et la littérature grecques. Elle se reflétait aussi dans l'art de l'époque; L'érotisme et, plus précisément, l'homoérotisme deviennent de plus en plus courants dans l'art de la Renaissance italienne19. L'art religieux n'est pas à l'abri de cette tendance et, de ce fait, de nombreuses personnalités saintes se sexiniquent.

Marie-Madeleine était particulièrement soumise à cette sexualisation, La prostitution et la beauté physique. Comme à Saint-Sébastien, parfois, sa nudité a servi un but religieux car elle a forcé le voyeur masculin à être inspiré par sa piété, au lieu de son attraction sexuelle.21 À l'époque, la Madone pénitente de Titien (1530) a été saluée par Vasari parce que «Même si elle est très belle, elle ne se déplace pas vers la convoitise, mais vers la pitié» 22. La déclaration de Vasari implique que les peintures de Marie-Madeleine pourraient potentiellement inspirer la luxure, et dans la peinture de Titien, on voit facilement pourquoi. Elle est une jolie jeune femme vêtue seulement de ses longs cheveux, mais commodément, ses cheveux et ses bras croisés échouent à couvrir l'un ou l'autre de ses seins.

Il est évident que certains membres de l'Église catholique ont réalisé cette question et ont pris un but agressif pour éliminer les figures nues ou semi-nus dans l'art religieux. La campagne précitée du pape Clément VIII contre ce qu'il considérait comme un art religieux indécent en est un exemple. Il a cité des images nues de Marie-Madeleine, ainsi que le Saint-Sébastien, comme un des plus offensifs. Son ordonnance, Per gli Altari e Pitture, tentait de déterminer comment les figures religieuses pouvaient être représentées23. Cependant, la prévalence des pratiques homosexuelles et de l'art érotique à la Renaissance rendait impossible même le pape d'éradiquer

 

 

 

 

 

 

Capitolina (1615), Rome, and in Palazzo Rosso (1615-1616), Genoa, they appear almost identical in composition. However, the St. Sebastian at RISD has a much darker background and landscape, in contrast to the illuminating light covering St. Sebastian’s body, especially the torso, which glows with light. The St. Sebastian of Rome demonstrates a narrative element: in the background of both paintings, a retinue of soldiers and horses can be seen retreating from the saint, and the arrows with which they tried to kill him are clearly visible on the saint’s torso. Only one of these figures is easily discernable in the St. Sebastian at RISD, while the others are obscured by the darkness of the background. It is unlikely that this comparative darkness is due to the application of a varnish or lack of cleaning considering that the canvas in not uniformly darkened.46 The isolation of the figure emphasizes the hegemony of the body, and hence, its sexual appeal, instead of the religious narrative. One of the most prominent features about the RISD Saint Sebastian is its size. Even though he is shown in a three quarter view, the body is scaled to life. This factor, along with the realism of the image, creates an intimate encounter between the viewer and the saint which is conducive to interpreting the painting in a sensual, if not sexual, manner.47 Reni would return to the figure of St. Sebastian years later in 1640, but this time, he departed from both the tenebrism and the realism demonstrated in his earlier paintings. Despite this change in style, many of the same homoerotic elements remain in Reni’s St. Sebastian at the Pinacoteca Nazionale, Bologna (1640-42). In this painting, there are no arrows to designate the identity of the adolescent; however, he is tied to tree and clothed with a scant loincloth as in Reni’s other Sebastians and according to the trope. The youthful beauty of Reni’s St. Sebastians, as well as man of his other religious subjects, is 20 the grazie with which he imbues his subjects. Despite the pain of his martyrdom, St. Sebastian realizes that his actions will bestow upon him God’s love, and this causes bliss. 48 Regardless of the religious basis for this ecstasy, this factor could, in and of itself, create a sexualized figure.49 Theoretically, at least, the youthful androgyny of Reni’s St. Sebastians could serve the dual purpose of religious grace and a sexualized youth who could appeal to mature, male patrons.50 Spear acknowledges that it is impossible to conclude decisively that Reni’s work evoked sexual responses from 17th century viewers, but he believes that there is a clear homoerotic potential in some of Reni’s male subjects, most notably those of St. Sebastian.51 Reni’s own sexuality and its influence on his art is a matter of debate. It is possible that Reni participated in homosexual practices, but in the end, his homoerotic treatment of St. Sebastian cannot be wholly attributed to his personal sexual preferences. Despite the fact that artists at this time were beginning to have greater control over their work, they would not continue to work exclusively in a style for which there was no market demand. In many cases, economic motivations would have had far greater influences on style than the sexual preference of the artist. This is especially true in the case of Reni, who was renowned for his preoccupation with his finances and the way that his wages compared to those of his peers.52 Unlike contemporary artists such as Annibale Carracci and Bernini, Reni did not set a price for the paintings he sold. Rather, he would force a potential buyer to make a price offer, which often exceeded the standard market price for similar paintings.53 It could be argued that Reni’s homoerotic work was, in fact, a result of his own sexual preference and that patrons simply bought this work because they wanted a piece of the Reni brand. However, the prevalence of same-sex love during this time, the absence of a functional free art market in Italy, and other examples of a market demand for homoerotic work by other artists work against this claim. With regard to the latter, Parmigianino’s Cupid Carving his Bow uses homoerotic elements similar to portrayals of St. Sebastian: Cupid is a full-length nude portrayed as a youthful, androgynous beauty. The knife positioned above his thigh is also thought to have a phallic allusion.54 Like Reni’s St. Sebastian, many copies were made of this painting, again demonstrating the market demand for homoerotic art.55 Carlo Saraceni, in particular, did little to hide the homoerotic message of his paintings. In his St. Sebastian from 1610-1616, the saint has been removed from the customary post, and is reclining on red tapestry beside which is his discarded soldier’s armor. The cloth covering the saint appears to be less of a loincloth than a strategically-placed sheet reminiscent of the bedroom. Similar to Reni’s paintings, Saraceni presents a youthful nude with an idealized body. However, unlike Reni, the arrow is not hidden; rather, it is displayed prominently on the lower torso. St. Sebastian’s head is thrown back in an ecstasy beyond the religious to the sexual. This combination of heavenly spirituality and earthly sexuality would 21 continue to permeate religious art throughout the 17th century, Bernini’s Ecstasy of St. Teresa being a prominent example.56 Similar to Saraceni’s Saint Sebastian, Bernini’s saint is reclined with a single arrow aimed at her lower abdomen, her head thrown back in ecstasy. As a result of the homoerotic elements present in many artistic representations of Saint Sebastian during the Renaissance and Baroque periods, a modern cult of homosexuality surrounding St. Sebastian grew.57 Yet, this does not mean that every image of St. Sebastian from this period is, by necessity, homoerotic. Artwork from this time which can be interpreted in this manner often shares similar elements which are conducive to its potential interpretation as homoerotic. In the art of Reni and his contemporaries, such indicators include the homosexual practices of the society in which they appeared, the androgyny of the figures, the youthful age of the figures, and the level of potential interaction between the sexualized figure and the male voyeur, be it the patron or the artist, both of whom were overwhelmingly male. The sexual practices of certain Italian regional societies at this time were conducive to many of these indicators and can be used to contextualize the high number of Italian artists in the late 16th and 17th century who produced homoerotic art. Additionally, the erotic nature of Greek art and literature acted as a legitimate outlet for expression of both heterosexual and homosexual desire. Even though not all male nudes in art were influenced by this eroticism, certainly, a great number were shaped by the Greek perception

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La Pietà (Bastien Prigent).

L'atelier des Prigent a sculpté ici une pietà à deux personnages, la Mère tenant son Fils par une main placée sous le torse tandis que la main gauche élève le bras du Christ, dont la main retombe inerte. La Vierge, qui  porte le voile et la guimpe, est en larmes, et on retrouve ici encore le leitmotiv des trois gouttes effilées.

 La Pietà du calvaire de Plougonven est à quatre personnages. Plusieurs autres pietà indépendantes sont sorties du même atelier, comme celle de l'église de Saint-Budoc à Plourin-Ploudalmézeau, à six personnages, et celle de l'église Saint-Nicaise de Saint-Nic, à cinq personnages.

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La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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III. LES INSCRIPTIONS DU CROISILLON.

 

Sur la face Ouest du croisillon formant console double feuillagée et ornementée d'une tête d'ange, on lit : 

M : C : KAVDEN : REC

Soit "Messire C[laude]. Kerauden recteur".

Malgré la forme utilisée (Kerauden et non Keraudren, et Ker abrégé en K), il faut reconnaître ici Claude Keraudren, recteur de Dinéault de 1694 à sa mort le 28 mai 1702. C'est lui qui, le 1er jour de mai 1698, a béni la seconde cloche de l'église paroissiale, baptisée François-Sébastien. 

Nota bene : Le 14 mai 1700, Claude Keraudren s'opposa à la prise de possession du bénéfice de la paroisse par Alain Le Cargour. 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1938.pdf

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Croisillon coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Croisillon coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur l'avers du croisillon, on lit : l'inscription :

M : HORELLOV : F : 1696.

soit "M. Horelllou Fabrique 1696".

Le patronyme Horellou est très répandu à Dinéault (plus de 500 noms sur les registres d'état-civil 1674-1868), et nous n'avons que l'embarras du choix pour proposer un éventuel candidat. Par exemple Yves Horellou, né vers 1666,  marié en 1690 à Louise Lanchou, et dont les enfants Jeanne, Pierre, Jane et Marguerite sont nés en 1691, 1693, 1697 et 1698. Parmi d'autres. Si la première lettre est l'initiale du prénom, je ne peux proposer que Mathieu Horellou, époux de Marguerite Briz, et dont le premier enfant est né en 1674.

On lit aussi sur la face sud du fût l'inscription :

L. GARO F. 1650

"L Garo Fabrique 1650"

Les archives signalent qu'en 1686, Louis Le Garo et Louise Beulier déclarèrent la naissance de leur fils Guillaume, puis, l'année suivante, de leur fils Yves, en 1689 de leur fille Marie, puis viendra Guillaume en 1692, François en 1694, François en 1695, Françoise en 1698, Gabriel en 1701,  Marie-Gabriele en 1704, et Gabrièle en 1707.

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Croisillon coté est, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Croisillon coté est, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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IV. SUR LE SOCLE.

1°) Du coté ouest : sainte Marie-Madeleine, saint Jean, et saint Yves.

Sur le socle sont posées deux statues en kersanton dues au ciseau de Bastien Prigent : Sainte Marie-Madeleine à genoux tenant un flacon d'onguent, et Saint Jean debout, tête baissée. Tous les deux sont en larmes.

 

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Socle coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Socle coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Marie-Madeleine.

Cette statue de sainte Marie-Madeleine à genoux, en pleurs au pied de la croix, visage levé visage levé vers le Christ et tenant près d'elle son flacon d'aromates pour l'embaumement se retrouve presque à l'identique à Pencran, dans une statue de kersanton sculptée par Bastien Prigent. A son propos, E. Le Seac'h notait le travail remarquable des draperies, disposées dans les trois dimensions.

On peut noter aussi les doubles manches, plissées, la ceinture dont le nouage est très précisément sculpté, et — mon détail préféré, mon "chouchou" — le bandeau réunissant la partie moyenne de la chevelure derrière la nuque avant de la laisser filer en deux mèches sur les épaules.

La Marie-Madeleine qui est tournée face à la croix au pied du calvaire de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, si elle n'est pas du même atelier (pas de larmes, pas de bandeau de cheveux), est également très évocatrice de celle-ci par sa posture.

 

 

 

 

 

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean éploré (Bastien Prigent).

Le front est plissé, le visage baissé est encadré de boucles en cascade, les trois larmes s'écoulent des yeux du saint, qui semble ployer sous le poids du chagrin et porte la main à sa poitrine.

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Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Yves (Bastien Prigent).

Sur le coté du socle est sculptée une statuette d'un religieux, qui répond, à l'ouest, à celle sainte Véronique,  à l'est. Bien que les principaux auteurs n'identifient pas ce "moine", je partage l'avis de J-M. Abgrall qui voit ici saint Yves, en cotte et camail à chaperon, tenant un rouleau de parchemin à droite, et un sac à procès (ou un livre dans une gaine en étoffe) à gauche.

Le culte de saint Yves est attesté dans la paroisse d'une part par sa présence sur le croisillon du calvaire de la chapelle de Dinéault (1590), d'autre part par le triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre à l'intérieur de l'église (XVIIe siècle), et surtout par le nombre considérable de paroissiens portant son prénom dans les archives d'actes du XVII et XVIIIe siècle. C'était aussi le prénom d' Yves Lozeac'h, recteur de 1673 à 1694, ou de trois prêtres originaires de Dinéault et y ayant exercé pendant la même période (Yves Horellou, Yves Le Gourlay et Yves Guillou).

On le comparera à la statue homologue mais bien différente du calvaire de Plougonven, à celle du Folgoët, ou de la chapelle Saint-Yves de Guipavas, ou aux statues  de la croix de Brondusval à Plouider ou du calvaire de Guissény, ou enfin à la statue géminée du calvaire de Plouhinec.

Saint Yves (Bastien Prigent), calvaire de Plougonven, photo lavieb-aile :

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Saint Yves figure aussi en statue géminée sur le calvaire de la chapelle de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (Plomodiern), datant de 1544 et dont l'auteur n'est pas connu. Cette chapelle de ce siège de foires jadis très importantes est voisine de Dinéault.

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Saint Yves,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Yves, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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2°) Le socle coté est. Saint François et sainte Véronique.

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Saint François et sainte Véronique,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François et sainte Véronique, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint François d'Assise présentant ses stigmates.

Saint François est également présent sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère. Il porte le capuchon de scapulaire, ici rabattu, le froc de bure, la cordelière à trois nœuds et les sandales des Frères Mineurs.

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Saint François,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Véronique présentant le voile de la Sainte Face.

La Sainte Face est aussi présente sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault.

La coiffure de la sainte est un bourrelet proche du balzo à la mode à la fin du XIVe siècle.

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Sainte Véronique et le voile de la Sainte Face,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Véronique et le voile de la Sainte Face, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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3°) Le socle coté nord : inscription.

LE

A BULIER F 1648.

Selon les actes de décès,  ce fabricien pourrait être décédé le 10 9 1674 à 55 ans (l'acte ne mentionne pas le prénom du défunt).

 

 

 

Coté nord du socle du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Coté nord du socle du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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COMPARAISON.

Comparaison avec deux calvaires proches de celui-ci :

—Le calvaire de la chapelle Saint-Exupère (1590) : Crucifix, Vierge, Jean, saint Yves, saint évêque (Exupère), Voile de la Sainte Face.

—Le calvaire de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544 et Roland Doré vers 1630 ) : Crucifix, anges au calice, deux larrons, deux cavaliers, Jean, Marie-Madeleine, Vierge à l'Enfant, Marie-Madeleine à genoux, Pietà.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

"Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

— Monuments historiques

http://www.monuments-historiques.net/mobilier/48547_pm29000206-groupe-sculpte-la-trinite-eglise-sainte-marie-madeleine-dineault-finistere-bretagne

— CASTEL (Yves-Pascal), "Dinéault", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dineault/dineault.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1985,  "Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIe siècle", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, p. 97-156.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DINEAULT.pdf

COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton",, Mémoires de la Société d'émulation des Cötes-du-Nord vol. 89 p. 76-106.

GLENN (C.), 2013, The queering of St.Sebastian: Renaissance iconography and the homoerotic body

Clhttp://cujah.org/past-volumes/volume-ix/essay-4-volume-9/inton Glenn

— LE MOIGNE (Gilbert) (Logonna) : site de ses photos sur Flickr

https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 292-293.

— LISTE DES PERSONNES NÉES À DINÉAULT.

http://genealogies.geneamania.net/delacotte/Liste_Pers2.php?Type_Liste=N&Nom=DINEAULT%20(29)&Ville=447

— NAISSANCE ALPHABÉ A-Z pdf

http://www.dineault.fr/la-mairie/archives-municipales/etat-civil-avant-1903

— THE ICONOGRAPHY OF SAINT SEBASTIAN.

https://web.archive.org/web/20080505081739/http://bode.diee.unica.it/~giua/SEBASTIAN/index.html

— WALL (Rachel) Saint Sébastien in the Renaissance : the classicization and homoeroticization of a saint. http://digitalcommons.providence.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1018&context=art_journal

— WIKIPEDIA Roland Doré (Sculptor). Ce remarquable catalogue illustré en ligne des œuvres de Roland Doré reprend en fait le catalogue raisonné établi par Emmanuelle Le Seac'h.

https://en.wikipedia.org/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)


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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault Calvaires
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 09:00

Le vitrail de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault (29) au Musée Départemental Breton de Quimper. Vers 1530.

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— Sur Dinéault, voir :

— Sur les vitraux du XVIe siècle en Bretagne, et particulièrement en Finistère, utiliser "Rechercher" en haut à droite avec le mot Vitraux. Deux vitraux doivent être mis en lien en raison de leur rapport étroit avec ce vitrail de Saint-Exupère  :

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Comme pour beaucoup des œuvres que j'ai présenté ici, j'ai cru pouvoir rédiger un article aéré, bref et agréable à lire, mais j'ai été une nouvelle fois confronté à la complexité de mon sujet. Désolé !

Les points d'intérêt ou de discussion sont les suivants :

  • Le thème (Donateur + saint-évêque+ Marie-Madeleine + Vierge)
  • Les dais à angelots, d'intérêt reconnu depuis le XIXe.
  • Les rapports avec les autres vitraux aux dais semblables.
  • La datation stylistique et la comparaison avec les autres vitraux contemporains du Finistère
  • L'inscription identifiant le saint (vite réglée : saint Exupère et non saint Paterne comme on le lit encore)
  • L'identification du donateur ( Rolland de Kersauzon et non Raoul comme le proposait R. Barrié repris par le Corpus).
  • L'absence de donatrice.
  • L'interprétation des armoiries, particulièrement ardue.
  • Les relations avec le calvaire de la chapelle, et son écu.

J'ai largement utilisé les textes des auteurs cités en référence.

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Présentation générale.

Situation de la chapelle Sant Dispar et toponymie.

Sur la carte IGN, la chapelle St Exuper apparaît légèrement en contrebas à l'ouest du hameau de Loguispar [loc-Ispar, "l'ermitage d'Ispar"], sa fontaine (point bleu) étant placée sur un petit cours d'eau, à 120 m d'altitude environ.

Si l'on suit ce cours d'eau, vers le nord, on le voit se jeter dans une courbe de l'Aulne et on y voit trois lieux-dits : Bois de Rozarnou,  Le Moulin de Rozarnou, et Rozarnou. Nous verrons que les seigneurs de Rosarnou (dont le manoir a totalement disparu) vont bientôt nous concerner. Mais retenons surtout que l'ermitage de saint Dispar s'est établi — sur les pentes dénudée du Menez-Hom— au sommet d'un vallon boisé, fertilisé et animé par un cours d'eau.

La carte de Cassini, la plus ancienne dont nous disposons (vers 1780) mentionnent les lieux-dits de St Exuper, Les Guilper et Rosarnoult. La carte d'Etat-Major (1820-1866) indique St Exupère Chelle, Loguisper, et Min.

—Carte IGN et photos aériennes : http://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.132471&y=48.226700&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&layer2=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS.1950-1965&mode=doubleMap

— Carte IGN et carte de Cassini :

http://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.132686&y=48.229366&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=doubleMap

L'étymologie du toponyme Rozarnou s'accorde à ce paysage, puisque le radical Roz- signifie "coteau, colline" et vient du vieux-breton ros "tertre, hauteur" (voir la motte féodale du Rozenn à l'Aber de Crozon) . Peut-être "le coteau d'Arnou" (cf le patronyme Abarnou, "fis d'Arnou) ?  Arthnou, apparaît au Cartulaire de Redon  dans une charte de 882, et Arnou à Cleder en 1446. A. Deshayes signale le toponyme Kerarnou à Quimper.

— Cadastre napoléonien : 3P47/2/21 Section B2 de Rozarnou 1848.  : Toponymes Loguisper et St Exuper, Fontaine St Exuper , Moulin de Rozarnou et Bois de Rozarnou.

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Histoire de cette verrière.

Elle aurait été offerte à la chapelle Saint-Dispar  de Dinéault par Raoul ou Rolland de Kersauzon, et elle ornait le chevet de cette chapelle, avant sa reconstruction en 1892. La fabrique de la paroisse envisagea de la vendre au Musée parisien du vitrail de Lucien Magne ou à des amateurs tels Chappée du Mans. Le peintre verrier Küchelbecker avait fait office d'expert avant cette cession.  En 1893, elle a été acquise par la Société archéologique du Finistère, inv. 893 1.1, et déposée au Musée archéologique, fondé en 1846 par la S.A.F. , et qui s'installa dans l'ancien évêché (l'actuel Musée Départemental Breton) à Quimper en 1911.  Auparavant, la verrière a été restaurée et complétée en 1896 par le peintre concarnois Théophile Deyrolle associé au peintre parisien Megnen-Cesbron. Ceux-ci restituèrent le panneau supérieur de la lancette centrale, qui avait été remplacé au XVIIIe siècle par un morceau étranger à la verrière.

Elle occupe, au rez-de-chaussée du Musée, une salle où se trouve aussi l'ancienne maîtresse-vitre de Saint-Gunthiern à Langolen. Au centre de la pièce se trouve le gisant de Yves Le Bervet du Parc par Roland Doré (1640).

     Le pourquoi et le comment de la vente. Selon Roger Barrié. Sur le blog de Jean-Pierre Le Bihan 

    http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/46


    "Le 2 juin 1893, Yves Berthou, recteur de Dinéault, écrit à l’évêque de Quimper pour expliquer quelle nécessité financière conduit la fabrique à vendre cette oeuvre d’art ; on y perçoit une certaine gêne et comme une mauvaise conscience, le recteur se désolidarise de ses paroissiens et paraît trouver de la fierté, sorte de réconfort moral, à considérer non pas tant la surenchère que la sensibilité artistique des éventuels acheteurs, tous gens considérables et cultivés.
    « la chapelle de saint Exupère menaçant de tomber en ruines, le conseil de la fabrique.., a décidé de la reconstruire entièrement sauf le clocher... Si Monseigneur veut bien autoriser l’aliénation du vitrail saint Exupère qui du reste ne saurait être placé désormais dans la nouvelle chapelle, n’étant pas du même style, je crois pouvoir assurer à sa Grandeur que tous les travaux seront payés à la fin de l’année courante... Pour mon conseil de fabrique et tous mes paroissiens, le vitrail de saint Exupère n’a aucune va leur je pense même qu’ils me blâment de ne l’avoir pas cédé plus tôt. »
    « Monsieur Kuchetbecker estime 500 fr la valeur commerciale du vitrail. Monsieur Chappée du Mans m’a offert 500 fr. Monsieur Deyrolles de Concarneau envoyé par Monsieur le Préfet du  Finistère m ‘a offert 550 Fr... »

    « Monsieur le Préfet du Finistère a dit également à l’adjoint au maire de Dinéault qu’il ferait tout son Possible pour venir voir notre vitrail à l’occasion du conseil de révision. Je n’ai pas eu la visite de Monsieur le Préfet. Monsieur Foucault, de Fiers, me propose 600 Fr. Enfin Monsieur le prévost de Paris me demande de vendre le vitrail au Ministère des Beaux-Arts pour le Musée des Vitraux exposé aux Arts décoratifs en me priant d’envoyer à Paris, aux frais de l’état, un ou deux panneaux, si cela est possible, ces Messieurs des Monuments Historiques ne pouvant quitter facilement la capitale à cause de leur occupation. Monsieur Leprévost croit fermement que l’état ferait l’acquisition de notre vitrail »"

     

    La lecture de ces auteurs va nous permettre de débuter notre visite du Musée quimpérois, en toute connaissance de cause..

     

    Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Cette verrière, datée vers 1530-1535 par R. Barrié, est composée de trois lancettes et d'un tympan à trois ajours. Elle mesure 2,65 m de haut et 1,70 m de large. Chaque lancette mesure 1,70 m de haut et 0, 47 m de large. Le réseau en pierre reproduit l'original. Chaque lancette est constituée de deux panneaux maintenus par deux barlotières et quatre vergettes. La verrière représente une Vierge à l'Enfant au centre, entourée de Marie-Madeleine à droite, et Saint-Exupère présentant un donateur, à gauche.

    LE SUJET.

    La composition associant un donateur présenté par un saint qui le patronne, +/- une donatrice présentée par une sainte, agenouillés face à la Vierge, est un motif particulièrement fréquent au XV et XVIe siècle en France et en Flandres. En peinture : La Vierge au chanoine Van der Paele de Van Eyck en 1430, Nicolas Rolin et Guigone de Salins autour du Polyptique de Beaune par Van der Weyden en 1443 serviront de balises spectaculaires.

    En Bretagne, le duc Jean V fit réaliser sur ses grands chantiers de mécénat des vitraux reprenant ce thème : le chœur de la cathédrale de Quimper en 1417-1419 servira de jalon, où il est figuré avec son épouse et ses enfants de part et d'autre d'un Calvaire. Dans les baies latérales du chœur, les grandes familles nobles du duché se font représenter dans la même posture, présenté par le saint de leur choix. Dans la même cathédrale, sous le règne de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, en 1495-1497, de nouveaux donateurs font réaliser de nouveaux vitraux de 16 fenêtres hautes sur le même principe : ici, la famille de Kerguelenen. Puis, dans leurs fiefs, de nombreux seigneurs reprennent cet exemple dans la chapelle ou l'église dans laquelle ils ont des prééminences : Jugement Dernier de l'église de Guengat en 1510,  chapelle Sainte-Barbe au Faouët en 1512, maîtresse-vitre de Plogonnec (1520), Vitre de Saint Sébastien de l'église de Plogonnec (1525), etc, etc.

    C'est donc dans ce contexte de mécénat et d'affirmation des prééminences seigneuriales que les seigneurs bretons font représenter leurs armoiries  et leur effigies sur les monuments religieux en pleine reconstruction au début du XVIe siècle. Les armoiries de Kersauzon sont sculptées sur le porche de La Martyre dès 1420.

    A la chapelle Sant-Dispar de Dinéault, le seigneur de Rosarnou s'est donc fait représenter sous la protection du saint titulaire de la chapelle, saint Exupère, face à la Vierge à l'Enfant. Du coté droit, il a fait figurer sainte Marie-Madeleine, sainte patronne de l'église de Dinéault. Une donatrice était-elle représentée jadis ? Le seigneur de Rosarnou était-il alors célibataire ??

    Le couple Saint-Exupère / Sainte Marie-Madeleine, emblématique de la paroisse de Dinéault, se retrouvait aussi sur la bannière ancienne (XVIe siècle) dont est conservée une copie de 1925.

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    I. LA LANCETTE  DE GAUCHE : SAINT EXUPÈRE PRÉSENTE ROLLAND DE KERSAUZON,  SEIGNEUR DE ROSARNOU.

    Lancette A. Rolland de Kersauzon présenté par saint Exupère.

    "Bien conservé. Le socle, le genoux et les pièces inférieures de la cotte du donateur ont été restaurés, ainsi que l'écu armorié de la tête de lancette. "(Gatouillat et Hérold 2005)

     

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    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Le saint évêque : Exupère.

     

    "Dans la baie à droite de la Sainte-Vierge, est un saint évêque présentant un donateur ; c'est saint Exupère, patron de la chapelle, et dont le nom se lit sur la bordure courant à la hauteur de sa tête : EXVPATER. Est-ce saint Exupère, Exuperius, évêque de Toulouse (28 Septembre), dont saint Jérôme a fait un éloge spécial ? Est-ce un saint local ? Dans le peuple, on l'appelle sant Ispar.

    L'évêque est vêtu de la dalmatique rouge et de la chasuble verte, ganté de violet pâle, avec anneau au pouce de la main droite, coiffé d'une mitre très riche, et tient une crosse à pied d'argent et à volute d'or de courbe très allongée, à ornementation feuillagée. (J.M Abgrall)

     

     

    Comme le Corpus Vitrearum, l'article du site de la mairie, et celui de Wikipédia, signalent qu'il s'agit de saint PATERNE, premier évêque de Vannes et l'un des sept saints fondateurs de Bretagne. Pourtant Abgrall a lu EXU / PATER, et je lis clairement PATER. L'auteur de l'inscription aurait donné au nom Exupère une tournure latine par cet "Exupater". Saint Exupère, premier évêque de Toulouse, est la forme "romaine" de saint Dispar, Sant Dispar (ce qui signifie "sans pareil en breton"), dont le nom est attesté par le toponyme Loguisper, "ermitage d'Isper.

    Notons néanmoins le proximité des sonorités du nom Dispar avec le nom Spire, Saint Spire étant la forme (à Corbeil) de Sanctus Exuperius, saint Exupère.

    Dans tous les cas, je récuse la notion qu'il s'agit ici de saint Paterne, dont la présence serait incompréhensible.

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    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Le seigneur : Rolland de Kersauzon .

    "Le seigneur qu'il présente est agenouillé, les mains jointes, devant un prie-Dieu sur lequel est ouvert un livre d'heures. Il a la tête découverte, et son casque à petit panache rouge est posé à terre. Il est vêtu de l'armure de fer : brassards, cuissards, jambières, éperons à molettes pointues. Son armure est couverte d'une cotte en étoffe toute blasonnée de ses armes : écartelé au 1 et 4 de gueules au fermail d'argent, qui est Kersauson (en 1562, Jean de. Kersauson était seigneur de Rosarnou, en Dinéault), au 2 et 3, d'azur à 3 molettes d'or 2 et 1, au chef d'or à 3 molettes d'azur en fasce, avec un vairé de gueules et d'argent brochant sur le tout, qui est des Lesguern, sieurs de Rosarnou. Ce sont les mêmes blasons que l'on retrouve dans les cinq écussons du haut des baies et des deux soufflets latéraux. "(J.M Abgrall).

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    1°) Identité du donateur et lecture des armoiries.

    Les recherches sur l'identité du donateur ont évolué de pair avec le décryptage des armoiries. 

    Différentes propositions se sont succédées afin de faire correspondre cette identité à la datation du vitrail, et aux armoiries qu'il comporte dans cette lancette et sur le tympan. Celles-ci peuvent être divisées en quatre quart numérotés 1 à 4 , et un élément central.

    —Chacun s'accorde à reconnaître en 1 et 4 le fermail blanc sur fond rouge de gueules au fermail d'argent ardillonné de même,  des Kersauson. Laissant de coté les autres parties, le jeu consiste à désigner le membre de la famille de Kersauzon, qui soit seigneur de Rosarnou (le fief de Dinéault) et qui soit contemporain de ce vitrail. Pour cela, nous nous repérerons sur la généalogie établie en ligne par Jean-Claude Bourgeois (infra).

    a) En 1907, Abgrall (citation supra) nomme un (hypothétique) Jean de Kersauzon vivant en 1562. 

    b) En 1923, Louis Le Guennec propose Tanguy de Kersauzon, notamment parce qu'il voit dans le tympan le collier de l'ordre de saint-Michel dont Tanguy est le premier titulaire parmi les Kersauzon. Il estime le vitrail à 1555-1560.

    c) En 1970 et 1978, Roger Barrié voyait dans ce donateur Raoul de Kersauzon. En effet, il date ce vitrail, selon ses caractères stylistiques, "avant 1536", ce qui écarte Tanguy  de Kersauzon. D'autre part, il écarte l'indice du "collier de Saint-Michel", qui est à l'évidence une simple guirlande végétale. Pour proposer le nom de Raoul, il se fonde sur un registre des baptêmes de Dinéault entre 1549 et 1556 conservé aux Archives du Finistère Dinéault 5E qui mentionnent 5 baptêmes entre 1560 et 1566 dont le parrain est "Nobilis vir Radulphus de Kersauson, dominus de Coatmerret" . Ce qui atteste la présence à Dinéault de Raoul de Kersauson à cette époque. Par une confusion assumée (il s'oppose délibérément au "généalogiste de la famille qui aurait confondu deux personnages"), il fait, dans l'arbre généalogique qu'il dresse page 84 de sa thèse,  de ce Raoul le sieur de Rosarnou, l'époux de Louise de Launay et le père de trois enfants dont Jean de Kersauzon, "auteur" de la branche de Rosarnou.

    "Ce vitrail [...] est l’oeuvre d’un atelier quimperois, possédant un solide métier pictural. L’analyse stylistique et surtout la présence de Raoul de Kersauzon, avec des armoiries difficiles à interpréter, suggèrent une date immédiatement antérieure à 1536 " Roger Barrié. Arts de l’Ouest, 1977.I U.H.B, p.17-27

    "Nous concluons que ce vitrail a été commandé avant la date de 1536, date de la mort du père du donateur, aux temps où Raoul de Kersauzon  n'était encore que seigneur de Coetleguer, de Coetmerret et de Rosarnou, peut-être vers 1530-1535. Selon un contrat de 1535, le fils aîné porte les titres de seigneur de Coetleguer et Coetmerret.   Rosarnou resta la propriété des fils aînés de la fin du XVe au début du XVIIe siècle. Cette terre faisait partie de la manse abbatiale de Landévennec.." 

    d) En 2005, Françoise Gatouillat et Michel Hérold pour le Corpus Vitrearum reprennent à leur compte l'hypothèse de Barrié et identifient le donateur comme étant Raoul de Kersauzon.

    e) Aujourd'hui, nous disposons de la généalogie en ligne des Kersauzon par Jean-Claude Bourgeois qui permet de suivre la succession des différents seigneurs de Rosarnou, et de rectifier : L'époux de Louise de Launay et héritier du titre de seigneur de Rosarnou vers 1530 se nomme Rolland de Kersauzon, et, si la datation est exacte, c'est lui qui figure sur ce vitrail.

    Raoul de Kersauzon était  son frère cadet qui était  chapelain de Saint-Martin en la cathédrale St-Pol-de-Léon, comme le précise la réformation de 1669 (J-C. Bourgeois in Tudchentil), et qui était en vie en 1551:

    "Les quatre et cinquieme pieces sont deux actes des 22 et 27 Janvier l551, par lesquels se voit que led. Rolland de Kersauson avoit un frere nommé Raoul de Kersauson, qui fut chapelain de la chapellenie apellee de St-Martin, desservie en l’eglise cathedrale de St-Paul de Léon, en la chapelle du meme nom de St-Martin, fondee et dottee par feu messire Guillaume de Kersauson, en son vivant eveque de Leon, leur parent, signes : Crechqueraut et M. de Letang, Parcevaux et F. Mol, Raoul de Kersauson et Gresfin ; l’une d’icelles scellee."

     

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    Généalogie simplifiée des Kersauson seigneurs de Rosarnou  d'après Jean-Claude Bourgeois :

    http://gw.geneanet.org/jcbo?lang=fr&p=rolland&n=de+kersauson

    Salomon Le Ny se maria avec Marguerite de Coetelz, puuis après 1383 avec Juzette de Kersauzon, d'où :

    Hervé le Ny, Sr de Kersauzon, décédé en 1483. Il épousa Aliette de Lanros puis Marguerite de Carpont, d'où :

    —Jean Le Ny de Kersauzon (décédé avant 1474), Sr de Coatleguer, marié en 1459 avec Jeanne de Kerimel, d'où :

    Hervé II de Kersauzon, Sr de Rosarnou, décédé en 1495, marié avec Isabeau de Pontplancoët, d'où :.

    Guillaume de Kersauzon, marié en 1492  avec Catherine de Boutteville, fille de Jean IV de Boutteville, d'où :

    Rolland de Kersauzon Sr de Rosarnou, Sieur de Coatleguer. Marié le 24 janvier 1520  avec Louise de Launay, d'où :

     

    Tanguy de Kersauzon, décédé avant 1590, Marié avec Barbe Le Sénéchal puis le 11 septembre 1578  avec Claude Le Ny, d'où :

    —la "Branche du Rosarnou" initiée par Jean de Kersauzon, décédé le 20 avril 1655  - Plouzané,  Marié le 13 novembre 1621  avec Marie Touronce, 

     

    Gabriel de Kersauzon Sr de Rosarnou et Poncelin Décédé le 7 juillet 1690 - Manoir de la Haye en Plouzané Marié le 7 juillet 1651 avec Claude Gourio de Lanoster, d'où :

    (Claude) Jean Gabriel de Kersauzon, Sr de Rosarnou et Poncelin Décédé le 28 mars 1695  - Plouguerneau Marié le 5 janvier 1683 , Manoir de Kergasguen - Plouguerneau, avec Anne Gabrielle Françoise De Pontplancoët (de gueules à trois fasces ondé d'or ),

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    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    "Là, échec de la restauration de la tête du donateur, on a voulu reprendre le trait et le modelé un peu estompé comme dans le visage du saint ; mais, après une seconde cuisson, grisaille et émaux modernes ont grippé sur la pièce originale, laissant des traînées, et continuant à s'écailler." (Roger Barrié 1978)

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    Saint Exupère présentant Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Exupère présentant Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    L'armure et le casque de Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'armure et le casque de Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La tête de lancette.  La suite des armoiries.

    Les dais seront étudiés plus loin, mais nous nous arrêtons sur l'écu tenu par deux putti qui tiennent aussi la guirlande verte qui a abusé L. Le Guennec.

     

    Avec le fermail des Kersauzon, nous avons fait le plus facile. Mais les autres quartiers des armoiries nous attendent. Précisons tout de suite que leur authenticité n'est pas certaine, pour la partie bleue et jaune. Ainsi selon Barrié, seule la partie supérieure gauche des armes figurées sur le tabard du donateur sont anciennes, c'est-à-dire au 1 celles de Kersauzon, reconstituées au 4, et au centre ("sur le tout"), le vairé d'argent et de gueules, le premier vair chargé d'une hache d'armes de gueules.

     Parlons de cette partie centrale rouge et blanche répétant des motifs en pots et en cloches qui constituent le "vair" héraldique. Mais auparavant, repérez le petit dessin rouge sur la première cloche blanche : c'est lui  "le premier vair chargé d'une hache d'armes de gueules". Ce vairé d'argent et de gueules a été rapproché des armes de Keranrais  : "Jean de Keranrais possédait Rosarnou en 1470 et le laissa à sa petite-fille ou nièce, Isabeau de Pontplancoët, mariée à Hervé de Kersauson, dont les descendants ont conservé le vairé d'argent et de gueules des Keranrais comme le blason particulier de la seigneurie de Rosarnou." (Le Guennec).

     

    Il y a enfin  en 2 et 3 ces étoiles jaunes (quand le jaune d'argent n'a pas été effacé) sur fond bleu, discrètement surmontées d'un petit bandeau inversé, aux étoiles bleues sur fond jaune. Ces "étoiles" avec un petit trou central sont des molettes d'éperons, il faut donc blasonner  d'azur à trois molettes d'or, au chef d'or chargé de 3 molettes d'azur. On s'attendrait à trouver ici les armes de l'épouse, Louise de Launay d'argent au lion d'azur. Mais non ; et  aucune épouse des seigneurs de Rosarnou n'a eu les armes semblables.

    En réalité on les considère, depuis l'avis du Vicomte de la Messelière, comme se rapprochant de celles de la famille de Coatleguer ou Coëtleguer  qui sont Ecartelé au 1 et 4 : contrécartelé d'or et d'azur (comme Tournemine et Botloy), chacun chargé d'une étoile de l'un en l'autre ; au 2 et 3 : vairé d'argent et de gueules ; sur le tout, fascé d'or et d'azur (Guy le Borgne).

    "...ecartelé aux 1 et 4 d'un ecartelé d'or et d'azur, chacun chargé d'une etoile de l'un en l'autre, aux 2 et 3 vairé d'argent et de gueules, sur le tout fascé ondé d'or et d'azur de 6 pièces. Nous avons ici : d'azur a trois molettes d'or, au chef de gueules chargé de trois molettes d'azur. Il paraît donc vraisemblable - étant donné les différences qui se rencontrent si fréquemment dans la disposition et le nombre des pièces héraldiques portées par certaines familles - d'attribuer ce blason aux Coëtléguer, en souvenir de l'alliance, vers 1270, d'Olivier de Kersauson, seigneur dudit lieu, et de Marguerite de Coëtleguer, héritière dudit lieu en Trégrom, évéché de Tréguier. (in L. Le Guennec)"

    La terre de Coatleguer a également été apportée aux Kersauzon par Jeanne de Kerimel en  1459 lorsqu'elle épousa Jean Le Ny de Kersauzon.  Le titre de seigneur de Coatleguer persiste dans la branche aînée dite de Brezal où il a été utilisé pour qualifier le fils aîné  du vivant de son père.

    Ainsi, dans les deux pièces suivantes concernant Rolland de Kersauzon puis 21 ans plus tard son fils aîné Tanguy:

    Extraits réformation de 1668 :

    "Sur le degré de Rolland de Kersauson, pere dud. Tanguy, sont raportées cinq pièces :
    La première est une procure consentie par noble et puissant Guillaume de Kersauson, sieur dud. lieu, et Rolland de Kersauson, sieur de Coatleguer, son fils, et damoiselle Louise de Launay, compagne dud. Rolland de Kersauson, en datte du 21e Iuillet 1521.


    La seconde est un contrat de mariage passé entre damoiselle leanne de Kersauson, fille de noble et puissant Rolland de Kersauson et damoiselle Louise de Launay, et nobles homs Oliuier de Tuomelin, sieur de Bouroguel, en presence et du consentemem de nobles homs Tanguy de Kersauson, sieur de Coatleguer, fils ainé, héritier principal et noble desd. Rolland de Kersauson et femme, en datte du 14 Décembre 1542, signé : Causic et Tarnet." (cité par J-C. Bourgeois dans sa généalogie de Rolland de Kersauzon)
     

    Ce serait donc simple : Rolland de Kersauzon, encore seigneur de Coatleguer jusqu'à la mort de son père et son accès au titre de Seigneur de Kersauzon, chef de nom et d'armes de sa maison, place les armoiries de Coatleguer avec  les armoiries de Kersauzon. MAIS ce ne sont pas ici les armes des Coatleguer, même si elles y ressemblent : les étoiles des Coatleguer se sont transformées en molettes d'éperon, etc. Roger Barrié explique cette modification ainsi :

    "Nous avançons l'hypothèse que l'écartèlement de l'écu de Coatleguer a été modifié pour s'adapter à cette fonction [qualifier le fils aîné de Kersauson avant la mort du père] ; on introduisit aux 1 et 4 pour indiquer l'ascendance paternelle, l'écu de Kersauson, ce qui déplaça Tournemine [écartelé d'or et d'azur] aux 2 et 3, mit l'écu vairé en abyme, et chassa celui à fasces ondées qui brochait sur le tout. »

    Cela n'explique pas la présence de la hache dans le premier vair. (la hache d'armes figure dans les armoiries de Claude Gourio de Lanoster, épouse de Gabriel de Kersauzon :  Ecartelé, aux 1 et 4 de gueules, à deux haches d'armes, rangées, adossées, d'argent ; aux 2 et 3 d'argent, à trois chevrons d'azur.)

    On peut aussi faire l'hypothèse de la création fantaisiste des restaurateurs du XIXe. On remarquera ainsi que les armoiries des têtes de lancettes sont inversées par rapport à celle du tabard du donateur : le fermail des Kersauzon sur fond rouge se retrouve en 2 et 3 (en haut à droite et en bas à gauche), les restaurateurs ayant repris les pièces anciennes en les retournant pour les combiner à des pièces modernes.

    Énigme supplémentaire : le calvaire.

    Devant la chapelle de Saint-Exupère à Dinéault est érigé un calvaire daté de 1590 (selon un morceau retrouvé derrière l'édifice), représentant outre le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, saint Exupère entre saint Yves et saint François. Il porte les armoiries mi-parti avec en 1 le fermail de Kersauzon et en 2 trois fasces. Le seigneur de Rosarnou était alors Jean de Kersauzon, mais nous ne trouvons pas les armes de son épouse Marie Touronce (De gueules au chef endenché d’or, qui est Keraldanet, chargé de trois étoiles de sable), ni celles de sa mère Claude Le Ny (d'argent à l'écu d'azur accompagné de six annelets de gueules en orle).

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    LA LANCETTE B (au milieu) : VIERGE À L'ENFANT.

    La Vierge, assise dans une cathèdre, tient l'Enfant qui tend les bras vers le donateur.

    "Dans la baie du milieu, est la Vierge assise sur un riche trône, avec dossier formant niche à coquille. Elle est vêtue d'une robe rose foncé ou lie de vin, et d'un manteau bleu. Une sorte de coiffure ou de voile bleu surmonte sa chevelure jaune d'or. Sur son genou droit est assis l'Enfant-Jésus, un peu renversé et tenant des deux mains une petite corbeille de fruits. Au-dessus de la tête de la Vierge, sur une bande faisant la bordure de la draperie du fond, est l'inscription : MATER . DEI." (J.M. Abgrall)

    Si  le panneau inférieur a été restauré, le panneau supérieur est totalement moderne : il avait été remplacé au XVIIIe siècle par un morceau étranger  à la verrière,. Les seules pièces anciennes sont des parties bleu, jaune,rouge et vieux-rose de l'habillement de la Vierge ; le marche-pied vert ; la tête de l'enfant et le plat de fruit. Les peintres restaurateurs du XIXe se sont inspirés, pour leur Vierge, des peintres italiens de l'école milanaise et d'œuvre comme la Pala des Sforza ou la Madona del roseto de Bernardino Luini (1510) comme en témoigne la position de l'enfant, ou la suavité des visages.

    "Quant à l'exécution de ce travail, […] le modelé est gauche et empâté, le trait des boucles de cheveux systématique, les verres d'une coloration acide ou glauque qui tranche nettement avec le rayonnement assourdi et profond des pièces anciennes du manteau de la Vierge ou du nœud de sa ceinture. Pour harmoniser l'ensemble et donner ici une patine artificielle, la lancette centrale a été badigeonnée à l'extérieur d'un jus épais de grisaille roussâtre. On remarque surtout des accidents dans la cuisson du jaune d'argent, qui n'a pas pénétré uniformément le verre, comme sur le nimbe, ou qui, trop poussé, s'est assombri en ocre dans l'ange musicien à gauche dans la lancette A." (Roger Barrié 1978 p. 80)

     

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    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Lancette C. Sainte Madeleine.

    "Sainte Marie-Madeleine, patronne de la paroisse de Dinéault. Conservé sauf quelques pièces, dont le bas de la robe et l'écu armorié du sommet." (Corpus Vitrearum)

    "Dans la baie de gauche est figurée sainte Marie-Madeleine, patronne de la paroisse. Son vêtement consiste en une robe verte et un manteau rouge très drapé, à bordure d'or avec oves. Une fine chemisette couvre à moitié ses épaules. A sa belle chevelure dorée, aux longues nattes ondées, se rattache une écharpe ou plutôt une banderole légère qui vient flotter par derrière et se rattacher à son manteau. De la main gauche, elle tient son vase de parfums, et de la droite elle en soulève le couvercle. A la hauteur de sa tête se lit également son nom : MARIA MAGDALENA. " (J.M. Abgrall)

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    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LES SOUBASSEMENTS.

     

    "Ce qui rend cette verrière si intéressante, c'est d'abord la composition, le dessin et le riche coloris des personnages ; mais il y a aussi l'architecture et l'ornementation des encadrements, ou plutôt du soubassement et des dais.

    Pour le soubassement, ce sont des pilastres et un stylobate de marbre, avec caissons et médaillons où sont logés des personnages assis et des bustes, dans la plus belle tradition de la Renaissance." (J.M Abgrall)

    "Des bustes féminins vus de trois-quart, dans des médaillons, occupent, de part et d'autre de l'avancée centrale, le corps d'un stylobate dont la cimaise et la plinthe sont décorés de feuilles stylisées. Devant les pilastres revêtus de placage, deux génies un peu orientalisant avancent une sorte de palmette. L'avancée centrale, avec un décor de serviettes pliées, marque sans aucun doute une parenté avec l'ornementation lombarde." (Roger Barrié 1978 p. 81)

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    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    "Deux petites inscriptions discrètes indiquent les noms des auteurs de la restauration : Restauré par Deyrolle, artiste peintre à Concarneau, 1896. Restauré par Megnen-Cesbron, artiste peintre-verrier, 13, rue Jacquement, Paris."

    Signature des restaurateurs, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Signature des restaurateurs, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LES DAIS AUX ANGES MUSICIENS

     

    " Dans les dais, même inspiration : niches à coquille, frontons, arcades, anges assis, jouant du biniou ou de la cornemuse ; anges debout, jouant de la flûte traversière ; petits génies groupés par trois pour former le motif central, petits anges agenouillés, portant les écussons blasonnés. Dans toute cette ornementation on ne peut trop admirer l'emploi judicieux du jaune à l'argent pour obtenir des touches chaudes réparties très savamment sur ces surfaces ton grisaille. "(J.M. Abgrall)

    Un étagement d'architectures dépassant les unes derrière les autres, coiffe non sans lourdeur chaque niche d'un dais composite. Le cul de four creusé de côtes s'ouvre sur un arche surbaissé dont l'archivolte est constitué de deux quarts de cercles différents, appuyés sur un culot orné et butant sur le claveau central démesurément allongé ; ce dernier sert à la fois de retombée centrale au cul de four, de clef à l'arc et de pignon au fronton qui paraît couvrir le cul de four. (Roger Barrié 1978).

     

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    "Deux anges jouant de la cornemuse sont assis à califourchon sur le motif d'acanthes au dessus des deux portions d'archivoltes. Derrière le fronton à l'antique ajouré de baies étroites, se dresse un arc triomphal de même. Il est surmonté du blason du donateur, d'une tête d'ange et de deux angelots tenant une guirlande végétale dont le motif en orfèvrerie pend sous l'arc." (Roger Barrié 1978)

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    "Sur les cotés deux anges jouent de la flûte traversière, sur des piles que l'on situe à peu près entre le fronton et l'arc triomphal. Le galbe du claveau central, entre son socle orné d'un rang d'oves et le sommet couronné de deux dauphins, suit la courbe des corps à demi-dévêtus, disposés autour du noyau vertical ; deux éphèbes soufflant dans de longues trompes de fantaisie encadrent un personnage barbu, hâtivement drapé, brandissant une massue."(Roger Barrié 1978)

     

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Les dais architecturés.

    En 1977, ils ont retenu l'attention de Roger Barrié, qui préparait alors sa thèse sur les vitraux de Cornouaille. En effet, il les a rapproché judicieusement ceux de Clohars-Fouesnant, ceux de la chapelle Sainte-Barbe au Faouët (56) et de ceux de la chapelle Saint-Exupère de Logispar à Dinéault .

    La baie de Saint-Christophe à Clohars-Fouesnant date de 1520, les baies de Sainte-Barbe datent de 1510-1515, celles de Dinéault de 1530-1535.

    Les personnages sont figurés devant des tentures damassées (à Dinéault), ou devant le ciel (à Clohars-Fouesnant et au Faouët), dans des niches à coquilles surmontés de dais à putti musiciens, alors que les socles sont, à Dinéault, ornés de médaillons de têtes à l'antique.

    A Clohars-Fouesnant, Roger Barrié décrit page 32 ces dais ainsi :

    "L'entablement de l'arc triomphal est couronné d'une coquille cernée d'un rang d'oves et d'un ruban de billettes dont les extrémités s'enroulent sur elles-mêmes ; le tout terminé par un fleuron non éclos. La guirlande végétale, dont le motif central est ici une fleur, prend naissance dans deux oculus percés au dessus des piles et présentant un réseau losangé de vitrerie. Le claveau de l'arcature surbaissée, démesurément allongé aussi, est orné d'une étroite fenêtre aveugle et aux épaules très resserrées ; la conjonction de cette réminiscence de la grammaire gothique et du décor à l'antique tel qu'en abuse naïvement la Première Renaissance indique l'influence du décor lombard, normale au demeurant à partir de 1500, sur les modèles européens qui ont pu influencer le peintre verrier".

    Dans les trois cas, les anges associés en encadrement deux à deux jouent en bas de la cornemuse, et en haut de la flûte traversière. Ils sont installés à califourchon sur un motif de feuilles d'acanthes liées.

    Ce motif d'acanthes constitue l'élément de base de la décoration du Jugement dernier de Plogonnec, de l'Arbre de Jessé de Kerfeunten, de la Pentecôte de Sainte-Barbe du Faouët, etc..

    La cornemuse comporte un bourdon monodique soutenus par l'épaule, un porte-vent et un chalumeau mélodique.

    A la chapelle Sainte-Barbe, Roger Barrié décrit ces dais ainsi :

    "Dans les lancettes latérales du Faouët, les dais ont exactement le même dessin et la même fonction que ceux du vitrail de Clohars-Fouesnant : un étagement complexe d'architectures chargées d'anges musiciens et d'ornements limite de façon un peu brutale le fond rouge de la Transfiguration. En opposition, les trois dais inférieurs, arrêtés à la hauteur du claveau central et des joueurs de cornemuse, couronnent des niches où un cul de four en coquille devait assurer la transition entre le dais et la tenture galonnée du fond. Le soubassement de chaque niche suit le plan d'un tiers d'hexagone, s'articulant sur trois éléments qui sont la reprise à même échelle du claveau du dais. Les faces méplates de ce socle en avancée imitent des bas-reliefs lourdement encadrés consistant en un motif d'ovales peu accusés."

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Tympan.

    "Ajours latéraux: sur fond rouge, placés en symétrie, deux bras issant de nuées tenant les chapeaux de triomphe enrubannés qui entourent les armes des Kersauzon (écus restitués avec une partie de leur bordure)"

    "Ajour supérieur : écu aux emblème de la Passion supporté par deux anges (milieu du XVIe s., panneau rapporté ; emploi de verre gravé ; fonds bleu moderne.) " (Corpus Vitrearum)

    "Les deux écus des soufflets latéraux sont entourés du grand collier de la Toison d'or [sic] et suspendus à des bandelettes ou cordelières tenues par des mains aux bras armés, issant d'un nuage. L'écu en supériorité, tenu par deux anges vêtus de tuniques, est timbré des instruments de la Passion : croix, couronne d'épines, clous, lance, éponge, fouet et verges" (J.M. Abgrall)

     

    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    ANNEXES.

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    ANNEXE : Le donateur du vitrail de la chapelle de Saint-Exupère en Dinéault, par L. Le Guennec

    "Le beau vitrail Renaissance qui fait l'ornement du musée archéologique fut offert à la chapelle de Saint Dispar (saint local, éponyme de Brasparts, très malencontreusement remplacé par Saint Exupère), en Dinéault, près Châteaulin, par un seigneur de Rosarnou du nom de Kersauson, qui vivait dans la seconde moitié du XVIe siècle. Ce donateur a été, selon l'usage, représenté en "priant" dans l'un des panneaux du vitrail, agenouillé et revêtu de son armure, que recouvre une tunique armoriée aux 1 et 4 de gueules au fermail d'argent ardillonné de même, qui est Kersauson, aux 2 et 3 d'azur à trois molettes d'or, au chef d'or chargé de 3 molettes d'azur, sur le tout vairé d'argent et de gueules, le premier vair chargé d'une hache d'armes de gueules.
    Rien de plus facile, semble t-il, que d'identifier ce personnage au moyen de l'alliance indiquée sur l'écusson ci dessus, qui se trouve répété cinq fois, entouré du collier de saint Michel, au sommet des panneaux et dans le tympan du vitrail, avec toutefois cette petite différence que la hache d'armes de gueules n'y figure pas sur le premier vair de l'écu en abyme. Par malheur on se heurte aussitôt à une difficulté fort embarrassante. Dans la généalogie parfaitement connue de la branche ainée des Kersauson, seigneurs dudit lieu en Guiclan et de Rosarnou en Dinéault, aucune des alliances mentionnées depuis la fin du XVe siècle ne blasonne : d'azur à trois molettes d'or, au chef d'or chargé de trois molettes d'azur.
    Ysabeau de Pontplancoët, qui épousa vers 1460 Hervé de Kersauson, portait de queules a trois fasces ondées d'or. Catherine de Bouteville, qui épousa en 1492 leur fils Guillaume, porta d'argent à cinq fusées de gueules en fasce. Louise de Launay, qui épousa en 1524 Rolland de Kersauson, portait d'argent au lion d'azur. Enfin, la première femme de leur fils Tanguy, Barbe Le Sénéchal de Kercado, avait pour armes : d'azur à neuf macles d'or, et sa seconde femme Claude Le Ny : d'argent à l'écu d'azur accompagné de six annelets de gueules en orle.

    Tous ces divers blasons sont très différents de celui que nous voyons écartelé avec Kersauson sur le vitrail. Les recherches qu'a bien voulu faire, à ma demande, notre confrère M. Guy de Kersauson-Kerjean, pourtant intéressé en la matière, puisque ce donateur est l'un de ses ancêtres directs, n'ont abouti qu'à identifier l'écusson en abyme, qui est presque certainement Keranrais. Jean de Keranrais possédait Rosarnou en 1470 et le laissa à sa petite-fille ou nièce, Isabeau de Pontplancoët, mariée à Hervé de Kersauson, dont les descendants ont conservé le vairé d'argent et de gueules des Keranrais comme le blason particulier de la seigneurie de Rosarnou.
    Il parait difficile d'expliquer la raison pour laquelle le Kersauson du vitrail de Saint-Exupère a écartelé son fermail d'armoiries mystérieuses, alors qu'il avait le choix entre tant d'honorables alliances. En attendant que ce petit problème héraldique puisse être élucidé, je proposerai de voir en lui Tanguy de Kersauson, seigneur dudit lieu, Rosarnou, Lesplougoulm, Coatmerret, Coatléguer, Kerguélen, fils de Rolland et de Louise de Launay. En effet, il fut le premier de sa maison à être nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Michel,et on le trouve qualifié comme tel dans un acte de 1585 ; or, les deux écussons placés au haut du vitrail sont entourés du collier de cet ordre dont il était titulaire. Né vers 1525, Tanguy de Kersauson a pu faire exécuter ledit vitrail vers 1555 ou 1560, dates où il avait la trentaine d'années que semble indiquer son effigie. Cette identification offre un intérêt iconographique et historique, car Tanguy de Kersauson, quoiqu'âgé, joua un certain rôle pendant la Ligue en Bretagne. Il prit part au siège du chàteau de Kerouzeré en 1590 et, rallié plus tard à Henri IV, provoqua la capitulation des Ligueurs du Léon au Folgoat, le 8 août 1591. Le roi l'en récompensa par l'octroi d'un marché par semaine et d'une foire par an sur sa terre de Kersaintgilly, en Guiclan. Tanguy de Kersauson mourut en 1599, laissant trois fils, dont le second. Louis, continua la branche aînée.

    N. B. - Cette note était déjà composée, lorsqu'au récent Congrès de l'Association Bretonne, tenu à Quimper en septembre dernier, le vicomte de La Messelière, si compétent en matière héraldique bretonne, a bien voulu me faire remarquer que les armoiries non identifiées du vitrail rappelaient passablement l'une des parties de l'écusson attribué par Guy Le Borgne à la famiIle de Coëtléger : ecartelé aux 1 et 4 d'un ecartelé d'or et d'azur, chacun chargé d'une etoile de l'un en l'autre, aux 2 et 3 vairé d'argent et de gueules, sur le tout fascé ondé d'or et d'azur de 6 pièces. Nous avons ici : d'azur a trois molettes d'or, au chef de gueules chargé de trois molettes d'azur. Il paraît donc vraisemblable - étant donné les différences qui se rencontrent si fréquemment dans la disposition et le nombre des pièces héraldiques portées par certaines familles - d'attribuer ce blason aux Coëtléguer, en souvenir de l'alliance, vers 1270, d'Olivier de Kersauson, seigneur dudit lieu, et de Marguerite de Coëtléguer, héritière dudit lieu en Trégrom, évéché de Tréguier. L'écusson décrit par Guy Le Borgne semble associer les armes propres des Coëtléguer à celles des Keranrais et des Pontplancoët, à part, pour ces dernières, le changement du fond de gueules en fond d'azur."
    L. LE GUENNEC.
    Société archéologique du Finistère. Bulletin de la Société archéologique du Finistère. . 1923 (T50) http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb34368111j/date1923

     

     

    LESGUERN

    par. de Plouarzel, — de Rosarnou, par. de Dinéault, — de Kerbréden, par. de Plouvien, — de Chef-du-Bois, près Landerneau.

    Anc. ext., réf. 1669, neuf gén. ; réf. et montres de 1447 à 1554, par. de SaintFrégan, év. de Léon.

    Pour armes antiques : d'or au lion de gueules, à la bordure engreslée d'azur, qui est Lesguern; moderne : fascé de six pièces de vair et de gueules, qui est Coëtménec'h.

    Prigent de Coëtménec'h vivant en 1411, laissa de l'héritière de Lesguern: Alain, vivant en 1147, marié à Anne du Rest, dont les descendants prirent le nom de Lesguern, mais en retenant les armes de Coëtménec'h.

    Jacques-Guy, épouse en 1688, Jeanne de Touronce, dame de Kervéatoux; Joseph-René, petit-fils des précédents, épouse en 1753, Marie-Jeanne de Kersulguen, dame de Chef-du-Bois ; un conseiller au parlement en 1778.

    La branche aînée tombée en quenouille, a porté au XVIe siècle la terre de Lesguern dans la famille Huon de Kerézelec.

     

    TOURONCE (dk) (ramage de Keraldanet), s’ dudit lieu, de Coëtmanac’h et de Poncelin, par. de Plouzané, — de Kervéatoux, de Kerloaz et de Guicarzel, par. de Plouarzcl, — de Mespérennez, par. de Plouider, — de Mesguen, — de GoazmérieD, — de Tenamprat, — de Gorréquer par. de Lannilis, — de Kerélec. — de Kergoff, - de Kerstang, - de Kerscau, — du Forestic, par. de Guipavas, — de Keramis, par. de Plougar, — du Lez, — de Kergaznou, — de la Haye.

    Anc. ext., réf. 1669, dix gén. ; réf. et montres de 1427 à 1534. par. de Plouzané, Plouarzel et Guipavas, év. de Léon.

    De gueules au chef endenché d’or, qui est Keraldanet, chargé de trois étoiles de sable. Devise : A bien viendra par la grâce de Dieu.

    Quillaume, vivant en 1400, épouse l’héritière de Kervéatoux, dont : Hervé, vivant en 143), marié a Marguerite le Borgne.

    La branche de Poncelin et de Mespérennez fondue dans Kersauson ; la branche de Kervéatoux fondue en 1688 dans Lesguern ; la branche de Gorréquer, fondue en dans Calloêt ; la branche de Keramis fondue dans Combout, puis le Vayer. Moderne : Kerjean.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1904, Architecture bretonne, étude des monuments du diocèse de Quimper, Kerangal, page 322

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f20eb990fd763d232327db92aeeb6869.pdf

    — ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

    .

    —[BITTEL (Philippe)] La chapelle Sant Dispar ou Saint Exupère au logis Logispar en Dinéault ,  http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/la-chapelle-saint-exupere

    — Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187. 

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

     

    — BARRIÉ (Roger), 1978, Etude sur le vitrail en Cornouaille au 16e siècle, Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper : Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper  ; sous la direction d' André Mussat / [S.l.] : [s.n.] ,  Thèse, Université de Haute Bretagne, Rennes. 

    — BARRIÉ (Roger), 1977, "Un atelier de peinture sur verre en Cornouaille vers 1535", in Le vitrail breton. Arts de l'Ouest, numéro 3 (Centre de recherches sur les arts anciens et modernes de l'Ouest de la France, U. E. R. des arts, Université de Haute-Bretagne, Rennes)

    — BARRIÉ (Roger), 1977, "Le vitrail de la Transfiguration de la chapelle Sainte-Barbe au Faouet", Arts de l'Ouest, 1977-1, p. 38-50 et figure 13-14.

    — BARRIÉ (Roger), 1976 Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44.

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_...

    — BARRIÉ (Roger), 1989, "Le vitrail breton et les Flandres"   Edité par Musée Départemental Breton

    — COUFFON (René), 1988 “Couffon, Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5f1e44690060a9af93241445812e6ca8.pdf

    — DOUARD Christel  et Florent Maillard, du service de l'inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 2009, inventaire du patrimoine bâti

    http://www.bretania.bzh/EXPLOITATION/Default/search.aspx?SC=DEFAULT&QUERY=Din%C3%A9ault#/Search/(query:(ForceSearch:!f,Page:0,PageRange:3,QueryString:Din%C3%A9ault,ResultSize:24,ScenarioCode:DEFAULT,ScenarioDisplayMode:display-vignet,SearchLabel:'',SearchTerms:Din%C3%A9ault,SortField:!n,SortOrder:0,TemplateParams:(Scenario:'',Scope:Default,Size:!n,Source:'',Support:'')))

    —Bulletin de la Société archéologique du Finistère 1893 page XXIII

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076230/f33.image

    —  Bulletin de la Société archéologique du Finistère 1897 page IV et V

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f15.image

    — MATTE (Jean-Luc), iconographie de la cornemuse, http://jeanluc.matte.free.fr/fichpr/dbdineault.htm

    — LE BIHAN (Jean-Pierre), blog

    LE GUENNEC (Louis), 1923, Le donateur du vitrail de la chapelle de Saint-Exupère en Dinéault. Bulletin de la Société archéologique du Finistère.  (T50) page 57

    http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb34368111j/date1923

    — OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. page 249

    https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/248/mode/2up

    — TOPIC-TOPOS

     http://fr.topic-topos.com/vitrail-dineault

     

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    25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 23:34

    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. Quelques images de la messe de la Chasse.

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    Date : Samedi 25 février 2017.

    I. L'AUBADE PRÉCÉDANT L'OFFICE.

    La société de chasse La Communale avait invité les sonneurs de trompe des Echos de Keroual et trois musiciens de la Garde républicaine, qui se sont répondus, devant l'église et le bar à vin Les Folatières.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.
    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.
    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    LA  MESSE DE LA CHASSE.

    La chorale Sainte-Geneviève était dirigée par Jean-Luc Verbrugge, et accompagnée par les trompettes de cavalerie de la Garde républicaine.

    Les Echos de Keroual ont joué la Saint-Hubert..

    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    Published by jean-yves cordier - dans Dinéault
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    25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 15:00

    L'église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault (29). I. Les bannières.

    Merci à Jean-Luc Verbrugge, maître de chœur de la chorale Sainte-Geneviève et co-patron du bar Les Folatières, pour son chaleureux accueil.

    Voir : 

    L'enclos paroissial de Dirinon IV : les bannières anciennes (XVIIIe siècle) de l'église Sainte Nonne.

     

    Pour d'autres articles, inscrire "bannière" sur "rechercher" en haut à droite.

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    L'église de Dinéault renferme deux bannières placées dans la nef derrière les piliers précédant le chœur : l'une date de 1925 et l'autre de 1958.

    On trouve aussi sur la tribune 4 bannières de confrérie.

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    I. La bannière de la Crucifixion / Saint Exupère et Marie-Madeleine.

    Longueur : 160 cm. Largeur 115 cm

    Il s'agit d'une reconstitution d'une bannière du XVIème (?? plutôt  XVIIe) siècle, réalisée en 1925 (sous le le recteur Guennec) par les religieuses de l'Adoration de Quimper. Une restauration a été effectuée dans les années 2000.

    Les sœurs de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, établies à Quimper de 1836 à 2013 pour y tenir un orphelinat Rue de la Providence, et d'une maison de retraite en 1896  (création d'une maison à Brest en 1851 et à Morlaix en 1923) étaient au nombre de 200 en 1900.

    1°) La Crucifixion.

    Fond : a) tissu de velours bronze ou or uni pailleté de sequins argent  b) en bas, pour le sol, satin bleu et rose. 

    Sujet :  Crucifixion entre la Vierge et saint Jean. Le crâne et les ossements rappellent le nom du Golgotha "le lieu du crâne", mais aussi le crâne d'Adam dont le péché est racheté par le sacrifice du Christ.

    — Broderies d'accompagnement : 6 bouquets identiques en fil argenté.

    Bordure : galons d'or. La scène historiée est isolée par une bande de rinceaux en bas et sur les cotés.

    Gousset : alternance de tissus de velours des couleurs vert bronze et rouge  du recto et du verso.  La bande supérieure forme gousset, dans lequel passe la traverse horizontale.

    Lambrequin : à cinq festons rectangulaires alternant les couleurs vert bronze et rouge,   galonnés et frangés de glands de fils bleus et jaunes réunis par une surliure bleue. Chaque feston est orné d'un fleuron,  bouquet de fleurs de deux dessins différents. Une fleur réunit 14 pétales autour d'un séquin . 

    Clochettes : non. Pas de glands en pompons entre les festons.

    Support : en métal (laiton), avec une croix au sommet et des pommes aux extrémités .

    Le sujet principal, le Calvaire (Christ en croix entre Marie et Jean), répond au poncif de la trentaine d'exemples de Crucifixion du corpus de bannières anciennes de Basse-Bretagne :

     "La croix est solidement fixée par des coins dans un sol fleuri, vue en très légère contre plongée car on en voit l'épaisseur. Ce parti permet de mettre en évidence les yeux levés du Christ, crucifixion d 'avant l'instant de la mort, lorsqu'il prononce ses derniers mots « tout est achevé ». Le sang qui coule du côté rappelle le coup de lance, donné après la mort . Les deux pieds sont posés côte à côte. Un crâne est au pied de la croix, sur l'herbe, parfois accompagné des deux tibias croisés, rappelant que le lieu de la crucifixion s'appelait Golgotha, le lieu du Crâne. On a pu y voir aussi le symbole d'Adam, enfin racheté par la mort du Christ. Plus certainement, pour les croyants de cette époque, ce crâne, se détachant sur l'herbe verte, toutes dents dehors, est une évocation de leur propre fin dernière. On sait l'importance des ossuaires et reliquaires d'attache dans toute cette région immédiate.  La scène du Calvaire avec les seuls Marie et Jean « le disciple qu'il aimait » est la plus fréquente. La mère à la droite de son Fils, les mains jointes, le disciple semblant converser, s'adresser au crucifié. C'est un motif innombrable en peinture, reproduit et diffusé sous forme de gravures . Dans une autre version (le Cloitre-Pleyben, Pleyber-Christ, Saint-Pol de Léon, Cotascorn, Plouguerneau, Le Minihy-Tréguier, Saint-Pierre-Quilbignon, Plougourvest  ) c'est Jean qui a les mains jointes et la mère qui semble s'adresser à son Fils, comme dans le tableau de Guido Reni (1624). C'est le dernier échange filial, lorsque Jésus dit à sa mère « Femme voici ton fils » et à Jean « Voici ta mère ». Phrases qui fondent, légitiment, l'affection que les fidèles portent à la Vierge, la dévotion mariale qui a marqué la chrétienté, et singulièrement la Basse- Bretagne. "(d'après C. Guillou 2010)

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    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le Christ.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge.

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    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le nimbe est réalisé en tissu jaune recouvert d'un treillis de fils brillants : il n'a pas la qualité des nimbes en couchures des bannières anciennes (voir celles de Dirinon).

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    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Jean.

    Ses bras sont croisés sur la poitrine, son cou est tendu vers l'avant. Le regard est lourd, seule la partie inférieure de la conjonctive est visible. Le nimbe est réalisé en tissu jaune recouvert d'un passage horizontal de fils brillants, assez fragile et qui se détériore.

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    Saint Jean, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jean, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Détail : une fleur du sol.

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    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Détail. Glands de passementerie. Cannetille et filets de fils.

    Glands de passementerie. Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Glands de passementerie. Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    2°) Saint Exupère et sainte Marie-Madeleine.

     

    Fond : a) tissu de velours rouge uni pailleté de sequins argent  b) en bas, pour le sol, satin bleu et rose. 

    — Sujet :Les deux personnages réunis ici sont saint Exupère (Sant Dispar), patron de la chapelle éponyme, et sainte Marie-Madeleine (Santez Mari-Madalen), titulaire de l'église. Ils apparaissaient déjà (quoique le saint évêque y soit intitulé "saint Paterne) sur le vitrail de 1535 de la chapelle Saint-Exupère (aujourd'hui au Musée Départemental de Quimper). L'église conserve aussi une statue en bois du saint, datant du XVe siècle et provenant de la même chapelle.

    De même, l'église conserve, ornant le chœur,  une statue en bois de Marie-Madeleine datant du XVIIe siècle.

    Le couple Saint-évêque / Marie-Madeleine figure aussi sur le calvaire de l'église datant de 1550, 1648 et 1696

    Broderies d'accompagnement : 3 grands bouquets identiques et 3 petits bouquets en fil argenté.

    Bordure, Gousset et Lambrequin : identiques au coté Crucifixion.

     

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    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    1°) Saint Exupère.

    Aucune inscription et aucun attribut ne permet de l'identifier. En effet, il reproduit le poncif d'un saint évêque, certes différent de l' "évêque modèle de la réforme tridentine" décrit par Christiane Guillou, et qui est figuré de 3/4, en mouvement et le pied en avant. Ici, il est de face, bénissant de la main droite et tenant la crosse de l'autre, portant la mitre, l'étole, la cape et le surplis ou dalmatique de dentelle.

    Saint Exupère, ami et contemporain de saint Jérôme, fut évêque de Toulouse au Ve siècle. On peut penser que  saint Dispar , dont le  nom breton signifie "sans pareil", mais qui ne figure pas au calendrier romain, a du, pour s'y conformer,  être apparenté ou assimilé à un saint du rituel romain par rapprochement de sonorité avec celui de l'évêque de Toulouse. 

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    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Exupère, Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Exupère, Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Sainte Marie-Madeleine.

    Quoique je l'ai d'abord identifiée comme saint Jean tenant son calice, on la reconnaît à ses cheveux longs et à son flacon d'onguent.

    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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     Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    II. La bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine / Saint Exupère.

    Longueur 154 cm Largeur 105 cm.

    1°) Sainte Marie-Madeleine.

    Inscription : Ste MARIE-MADELEINE / 1958.

    Fond : tissu de velours rouge-pourpre uni.

    Sujet : Marie-Madeleine tenant un calice (de parfum versé sur les pieds de Jésus selon Jean 12:2-3, ou plutôt d'onguent ou "d'aromates" (Marc16:1) pour l'embaumement du Christ.

    — Broderies d'accompagnement : inscription et chronogramme ; 9 fleurons de 4 pétales ; 2 rameaux fleuris noués par un ruban ; 2 petits rameaux fleuris.

    Bordure : galons d'or.

    Gousset : La bande supérieure forme gousset, dans lequel passe la traverse horizontale.

    Lambrequin : à  trois festons en ogive, largement bordés de cannetilles.

    Clochettes : non. Présence de  glands et cannetilles entre les festons.

    Support : en métal  avec une croix ouvragée au sommet.

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     Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine,  église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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     Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine,  église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    2°) Saint Exupère.

    Inscription : PAROISSE DE DINEAULT / ST EXUPERE P.P.N

    Fond : tissu de velours rouge bordeau uni.

    Sujet : Saint Exupère en évêque, le haut du corps tourné vers la gauche, bénissant.

    — Broderies d'accompagnement : inscription et chronogramme ; 9 fleurons de 4 pétales ; 2 rameaux fleuris noués par un ruban ; 2 étoiles ; 1 petit rameau fleuri.

    Bordure , Gousset ,  Lambrequin , Support : comme la face opposée.

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    Saint Exupère. Bannière de 1958,  église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Exupère. Bannière de 1958, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Les quatre bannières de la tribune.

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    Bannières sur la tribune de l' église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannières sur la tribune de l' église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière Saint-Louis de Gonzague.

    Cet étudiant jésuite mort à Rome en 1591 au service des pestiférés est le saint patron de la jeunesse catholique ; un collège et un lycée de Chateaulin portent ce nom. 

    Fond de  velours bleu. Inscription St LOUIS DE GONZAGUE PRIEZ POUR NOUS. Deux tiges de lys sont  croisées.

    Bannière Saint Louis de Gonzague, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière Saint Louis de Gonzague, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière eucharistique ? 

    Fond blanc. Christ (ou saint Joseph) bénissant et regardant un lys à ses pieds. Pampres, croix et fleurs en périphérie.

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    Bannière eucharistique (?) église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière eucharistique (?) église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière de l'Immaculée-Conception.

    Fond blanc.

    Bannière de l'Immaculée-Conception, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de l'Immaculée-Conception, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière de Sainte Anne éducatrice.

    Fond or. Sainte Anne et la Vierge, entourés d'un rinceau..

    Bannière de sainte Anne, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de sainte Anne, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

    — BITTEL (Philiipe), L'église Sainte Marie-Madeleine

    http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

    http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

    — COUFFON (René)

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DINEAULT.pdf

    — GUILLOU (Christiane Hermelin), Les bannières de Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles : Les ”vieilles” bannières. 79 pages + 38 illustrations hors texte Ceci est le chapitre d’une thè se en cours. 2010.

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00546728/document

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    23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 15:31

    Les calvaires de Dirinon VII : La Croix de Ty-Croas.

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    Voir la série sur Dirinon :

    L'enclos paroissial :

    Le culte de sainte Nonne :

    Les croix et calvaires de Dirinon :

     

     

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    Rappel :

    "Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

    "Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

    Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433. Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

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    Situation.

    Street view

    Maps (60 rue de la Gare)

    La croix se situe à l'entrée sud-ouest du bourg de Dirinon, à l'embranchement de la rue de la Gare et de la rue du Stade. Les photos aériennes de 1950-1965 montrent qu'il y a cinquante ans, Ty Croas était le nom d'un hameau isolé dans les champs à 1 kilomètre du bourg, comportant en 1950 trois maisons bordant la route. 

    L'urbanisation de Dirinon s'est faite le long des voies principales, notamment la rue de la Gare.

    Si on remonte le temps, la carte d'Etat-Major 1820-1866 [en réalité plus tardive, puisque la Station de la ligne Landerneau-Châteaulin crée en 1867 y figure] ne montre plus aucune habitation sur la route entre le château de Keranc'hoat et le Bourg, et son embranchement avec la route vers Keravel.

    En 1827, date du cadastre napoléonien, la route est intitulée Chemin vicinal de Loperhet à Landerneau et aucune maison n'y figure.

    En remontant encore, vers 1780, la carte de Cassini ne montre plus ici aucun chemin, mais une crête boisée (altitude 110 m environ) d'où descendent divers ruisseau vers le nord (le Roual) et vers le sud (la Glanvez). Cette zone est déserte, aucun nom de lieu n'y figure.

    http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_p%2Fserie_3p%2FFRAD029_00000003P%2Exml&page_ref=74484&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

    Toponymie.

    Ty-Croas signifie "la maison près de la croix". Puisqu' aucune maison n'est signalée ici au XVIIIe et première moitié du XIXe, on pourrait en conclure que le nom Ty-Croas est récent, mais il faudrait s'en assurer plus précise par l'étude du cadastre et des archives.

    Description.

    Elle est décrite en ligne dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous le n° 433, avec   3 dessins. On peut la reprendre et la compléter ainsi :

    Ty-Croas, croix en kersanton de 5 mètres de haut, datant du XVIe siècle. L'emmarchement de trois degrés (granite) reçoit un socle cubique portant l'inscription 1904. Le fût (carré aux angles chanfreinés) est armorié au niveau du nœud aux armes de Lesguern et ??. La croix comporte le crucifix et une Vierge à l'Enfant.

    Orientation.

    La croix n'est pas orientée comme elle l'était initialement, le crucifix tourné vers l'ouest, mais selon des impératifs d'aménagement urbain, dans l'axe de la rue de la Gare.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    I. LE CRUCIFIX.

    Le Christ barbu, cheveux longs, yeux clos, tête inclinée, porte un pagne court. Pieds en rotation interne. Nombril en bouton. Titulus moderne.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Un écu est placé sur le nœud du fût : malgré une lecture rendue difficile par la présence de lichens, il porte une magnifique hure de sanglier, qui correspond aux armoiries d'or à la hure de sable de la famille de Rosnyvinen. . Annie Le Men 1990, qui   a identifié cet écu,  a indiqué dans son article pour cette croix la date de 1610.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Rosnyvinen

    Pol Potier de Courcy décrit ainsi la famille de Rosnyvinen dans son "Nobiliaire et armorial de Bretagne" :

    « Rosnyvinen (de), sr dudit lieu, trêve de Loc-Eguiner, par. de Ploudiry, — de Keranhoat, par. de Loperhet,de Trébéolin, par. de Dirinon, — de Guitté, par. de ce nom, — de Vaucouleurs, par. de Trélivan, — de Chambois et de Beauvais, en Normandie, — du Parc-Avaugour, au Maine, — du Plessix-Bonenfant et de Piré, par. de Piré, — de la Gromillais, par. de Québriac, — de Trémelgon, par. d’Ambon, — de Gamarec, par. d’Elven, — de Tilly, — de la Haye-d’Iré, par. de Saint-Rémy-duPlain, —comte de Maure, par.de ce nom, —s’deFouesnel, par. de Louvigné-de-Bais, — de Beaucé, par. de Mélesse, — du Bouessay, — de Kerouzéré, par. de Sibiril, — du Jarriay, par. de Rougé, — du Rible, par. de Plomodiern. Ane. ext. chev., réf. 1669, onze gén.; réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Ploudiry, Loperhet, Dirinon, Québriac, Plougastel-Daoulas et Trélivan, év. de Léon, Cornouaille et Saint-Malo. D’or à la hure de sanglier de sable, arrachée de gueules et défendue d’argent ; aliàs : à la bordure engreslée de gueules. Devise : Défens-toi ; et aussi : Non ferit nisi læsus. »

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    Or, la consultation de la carte IGN montre que le château de Keranc'hoat à Loperhet et le lieu-dit Trébéolin à Dirinon ne sont pas éloignés de Ty-Croas de plus d'1,5 km.

    image Wikipédia 

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    II. LA VIERGE À L'ENFANT.

    La Vierge porte une couronne à larges fleurons. Son visage est rond. Son Fils, aux cheveux ras,  est assis jambes croisées sur son bras gauche. Tous les deux se tiennent la main, ou bien tiennent ensemble un objet indistinct. 

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    De ce coté de la croix, nous trouvons un écu portant trois rangs de cloches et de pots alternés qui correspondent en héraldique à une fourrure, le vair. Il est possible d'y voir, comme le suggère l'Atlas des Croix et Calvaires, les armoiries de la famille Lesguern, fascé de six pièces de vair et de gueules, reprise de la famille de Coëtménech

     

    Nobiliaire et armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy

    LESGUERN

    par. de Plouarzel, — de Rosarnou, par. de Dinéault, — de Kerbréden, par. de Plouvien, — de Chef-du-Bois, près Landerneau.

    Anc. ext., réf. 1669, neuf gén. ; réf. et montres de 1447 à 1554, par. de Saint-Frégan, év. de Léon.

    Pour armes antiques : d'or au lion de gueules, à la bordure engreslée d'azur, qui est Lesguern; moderne : fascé de six pièces de vair et de gueules, qui est Coëtménec'h.

    Prigent de Coëtménec'h vivant en 1411, laissa de l'héritière de Lesguern: Alain, vivant en 1147, marié à Anne du Rest, dont les descendants prirent le nom de Lesguern, mais en retenant les armes de Coëtménec'h. Jacques-Guy, épouse en 1688, Jeanne de Touronce, dame de Kervéatoux; Joseph-René, petit-fils des précédents, épouse en 1753, Marie-Jeanne de Kersulguen, dame de Chef-du-Bois ; un conseiller au parlement en 1778.

    La branche aînée tombée en quenouille, a porté au XVIe siècle la terre de Lesguern dans la famille Huon de Kerézelec.

     

    COETMENEC'H

    Coëtménech (de), vicomte dudit lieu par. de Plouider,— sr de Coëtjunval, par. de Ploudaniel, — de Kerrom et de Rucat, par. du Minihy de Léon, — de Keranhoat, par. de Loperhet, — de Penandreff. par. de Plourin.

    Réf. et montres de 1446 à 1503, par. de Plouider, Kerlouan, Plourin, Languengar, Ploudaniel et le Minihy, év. de Léon. Fascé de vair et de gueules (Sceau 1418), Devise : Soit.

    Prigent vivant en 1373, marié à Tiphaine du Chastel.

    La branche ainée fondue au xv« siècle dans le Vayer, d'où la vicomté de Coëtménec'h a appartenu successivement aux la Feillèe, Beaumanoir, Rosmadec, Kergroades, Montmorency et par acquêt aux Barbier de Lescoët.

    La branche de Coëtjunval fondue dans du Louët qui ont retenu les armes de Coëtménec'h ; le chef d'une autre branche en épousant l'héritière de Lesguern, en Saint-Frégan, prit ainsi que ses descendants le nom de Lesguern, mais en conservant les armes de Coëtménec'h. Voyez Lesguern.

    Je renvoie aux compétences de Jean-Bernard de La Brosse et à la lecture de son ouvrage Dirinon et son pays sur les manoirs de Dirinon pour démêler les fils de l'histoire du manoir de Keranc'hoat et des seigneurs de Rosnyvinen, du Louët, des Coëtmenec'h et de la famille Lsguern.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La date 1904 est gravée (avec un joli chiffre 4) sur le socle, date probable d'une Mission.

     

     

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

    “0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

     — LE MEN (Annie), 1990, "Armorial de la commune de Dirinon" Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXIX, pages 207 à 224 (page 220)

    —G. LE MOIGNE (Logonna) : site Flickr

    https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

    — Plan Local d'Urbanisme de Dirinon

    http://www.pays-landerneau-daoulas.fr/medias/2016/07/Rapport-de-presentation_20160610-MPLUS1-DIRINON-RP-MODIFIE_APPROBATION.compressed.pdf

    — Les voies antiques entre Quimper et Landerneau, in site Voies Romaines de Bretagne

    http://voies-romaines-bretagne.com/vrom2/index.php?art=vrom_f_quimper_le_faou_landerneau.

    — LA BROSSE (Jean-Bernard de), 2010-2016, Dirinon et son pays au fil de l'histoire de la Bretagne, quatre tomes. 

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    23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 12:31

    Les calvaires de Dirinon VI : La Croix de Coménec ou Croas-Guénolé.

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    Voir la série sur Dirinon :

    L'enclos paroissial :

    Le culte de sainte Nonne :

    Les croix et calvaires de Dirinon :

     

     

     

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    Rappel :

    "Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

    "Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

    Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433. Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

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    Situation.

    Street View

    Maps : 48.361106, -4.271589

    A la frontière entre Dirinon et Daoulas, la croix s'élève au lieu-dit Croas-Guénolé, sur la route du même nom Daoulas-Loperhet, sur l' embranchement d'une petite route vers la gauche allant au Squivit, juste avant l'embranchement vers la ferme de Coménec. L'abbaye de Daoulas se trouve à 500 mètres à l'ouest.

     

    Cet emplacement datant du réaménagement de 1990 était vraisemblablement celui d'origine, si l'on en croit le cadastre de 1828. Elle figure à ce lieu sur la carte de 1950 (Scan50).

    Cadastre 3 P 48/1/16 Section E2 de Kergavarec

    Le site peut correspondre à un ancien gué sur un ruisseau se jetant dans la Rivière de Daoulas.

    II peut correspondre aussi au trajet de l'ancienne route Daoulas-Stangmeur-[Trébéolin]-La Grange-Kerniouarn-Lannuzel-Dirinon -Kermélénec-Mont Dragon- Landerneau, telle qu'elle aparaît sur la carte de Cassini, et sur laquelle s'élèvent diverses croix ou calvaires de Dirinon.

    Toponymie.

    "Croas Guénolé" signifiant "Croix de Guénolé", on s'attendrait à trouver ici une statue du saint abbé de Landévennec, mais ce n'est pas le cas.

    Coménec correspond à un ancien Coadmenec (carte de Cassini), soit Coat Ménec, "le bois des moines", ce qui trouve tout son sens avec la proximité de l'abbaye. Coat Ménec est aussi un toponyme de Le Tréhou.

    Description.

    Cette croix est décrite dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère sous le n° 418. accompagné de 3  dessins. On peut reprendre et compléter cette description ainsi

    La croix Dirinon n°418 de  Coménec dite Croas-Guénolé, en kersanton, est haute de  3 mètres et date du XVIe s. Sur un socle cubique se dresse le fût à pans, avec  nœud, croix mutilée, crucifix, et Vierge à L’Enfant. 

    La datation a été réévaluée à 1610 (cf. attribution)

    Orientation.

    En 1990, la croix "était enfouie en contrebas de l'ancienne route de Daoulas à Loperhet" (Castel, 1990) mais lors de sa réimplantation, elle a retrouvé son orientation crucifix tourné vers l'ouest, "selon la tradition qui veut que le Christ meurt tourné vers l'Ouest, mais demeure vivant comme le soleil qui chaque jour renaît à l'aube . La Vierge à l'Enfant se trouve ainsi face au soleil levant, symbole de la vie renouvelée chaque matin". (Castel, 1990)

    Attribution.

    Cette croix a été attribuée en 1990 par l'abbé Yves-Pascal Castel au Maître de Saint-Thégonnec par comparaison avec plusieurs visages des personnages du grand Calvaire de cet enclos. Par assimilation, la date de 1610, celle du Calvaire, est donnée à la croix de Coménec.

    On comparera notamment la manière dont sont traités les yeux de la Vierge, dont sont marquées les paupières, et comment la moue des lèvres est esquissée.

     

     

     

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    Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge à l'Enfant.

    La vierge porte une couronne à large bandeau cernée par un jonc, et à larges fleurons. Son manteau fermée comme une cape  tombe en deux pans, celui de droite étant retenu par la main gauche. 

    Les yeux en amande sont ourlés, sous des sourcils forts, et au dessus de joues rebondies.

    L'Enfant donne la main gauche à sa mère, et tient le fermail de la main droite. Mêmes yeux ourlés, mêmes lèvres charnues. Le menton est triangulaire, les cheveux sont fournis et bouclés.

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    Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le Christ.

    Les bras du Christ, comme ceux de la croix, sont brisés. La couronne d'épines est un tressage de deux brins, au dessus du  visage aux longs cheveux et à la barbe courte . Les yeux clos sont larges. Le thorax, dont les côtes ne sont pas sculptées, est comme tendu en inspiration au dessus d'un ventre rentré. Le pagne est court, noué à gauche. Les pieds sont en légère rotation interne.

    Croix de Croas-Guénolé,  Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

    “0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1990 (samedi 29 juin). "Dirinon : Croas Guenolé remis en valeur."

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/20f7d5fccbcabc9e516162bda8f9989b.jpg

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Dirinon Calvaires
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    23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:46

    Les calvaires de Dirinon V : La Grange, échangeur de la Voie express Brest-Quimper.

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    Voir la série sur Dirinon :

    — L'enclos paroissial :

    Le culte de sainte Nonne :

    Les croix et calvaires de Dirinon :

     

     

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    Rappel :

    "Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

    "Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

    Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433.  Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen  n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

     

     

     

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    Situation.

    Ce calvaire se trouve au lieu-dit ancien "La Grange", correspondant actuellement à "l'échangeur de Dirinon" sur la N165 Brest-Nantes ("Voie express"), peu avant d'atteindre Daoulas.

    Si des millions d'automobilistes la voient rapidement passer dans leur champ de vision, peu de touristes trouvent l'occasion de l'examiner, car le triangle de pelouse qu'elle occupe entre les bretelles d'accès n'incite pas à s'y arrêter, et encore moins à s'approcher du monument. 

    Le toponyme La Grange s'applique à un hameau (sept bâtiments sur la carte IGN, trois sur le carte d'Etat-Major), à 100 m au sud-ouest, à 90 m d'altitude . Il est signalé tel quel sur la carte de Cassini. 

    L'intérêt de la carte de Cassini (vers 1780) est de montrer, tracée en marron, une route suffisamment importante pour être soulignée par cette couleur : elle se rend de Lesneven à Daoulas en passant par Landerneau et Dirinon. Sur Dirinon, elle passe par la croix de Mont Dragon, près du Moulin du Roual, par Kermélénec, le manoir de Lesquivit, "Belair", l'église et la chapelle Sainte-Nonne, Lannuzel, la chapelle Saint-Divy, Kerniouarn, la Grange, puis, par un crochet vers l'ouest, par Ilbrat (Kerirebrat sur Cassini), avant de revenir vers Daoulas par Stangmeur, Coménec et s'achever à l'abbaye de Daoulas et la chapelle Sainte-Anne. Il s'agit, de Landerneau jusqu'à Kernéouarn, de la voie la plus ancienne ("romaine"), mais la partie Kernéouarn-La Grange-Illbrat-Daoulas serait plus tardive, quoique en usage en 1780. Voir la carte et la description du site voies-romaines-bretagne.com.

    Je remarque que cette voie ancienne de la carte de Cassini est jalonnée par les croix de Mont Dragon, de Kermélénec, par les calvaires du bourg et du cimetière, par les croix de Kerniouarn, de La Grange, et de Saint-Guénolé à Coménec. 

    Cadastre napoléonien  concernant La Grange : 3 P 48/1/14 Section D 3 du Bourg. Parcelles 702 à 1039 : 1:2500

     http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_p%2Fserie_3p%2FFRAD029_00000003P%2Exml&page_ref=75052&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

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    Toponymie.

    — LA GRANGE.

    Les différentes cartes n'indiquent que le nom "La Grange" en français. Le nom semble de compréhension immédiate, mais il peut prendre plus d'intérêt à la lecture de ce commentaire concernant le site de Civaux (Vienne) : 

    "Dans au moins 9 communes du site, le toponyme " la Grange" (ou "les Granges") est largement répandu. Issu du latin granum (grain), il signale un bâtiment où l’on rangeait les gerbes et battait le grain. Il était courant de trouver dans le voisinage d’une abbaye, d’un prieuré ou d’une église, une "grange dîmière", vaste bâtisse destinée à recevoir les produits de la dîme prélevée par le clergé sur les terres d’alentour.
    Dans le périmètre de Civaux, comme souvent en Poitou, le mot désigne plutôt une étable aux bovins où l’on conservait également foin et fourrages pour nourrir le bétail. Dès lors, le toponyme marque la présence d’une ou plusieurs exploitations agricoles."

     

    On pense alors à la proximité de l'abbaye de Daoulas et à la donation comme prébende à cet abbaye de la paroisse de Dirinon par l'évêque Geoffroy (1170-1185) , et, bien que celle-ci soit d'obédience augustinienne, au système des "granges" cisterciennes, exploitations souvent vastes gérées après défrichement par les moines de cet ordre.

    Cf Nègre, Toponymie générale de la France

    Les panneaux routiers de proximité portent la mention du nom en breton de l'échangeur :  AR C'HRANJ.

    —CROAS-AR-VOSSEN

    a) Les croix à écôts.

    Le nom de Croas-ar-Vossen pour désigner la croix de La Grange est mentionné par l'Atlas. Il se traduit  en première intention par "Croix de la Peste" . J'ignore si ce nom est attesté anciennement sur la commune, ou bien, s'il qualifie simplement les croix dont les fûts portent des écôts. En effet, on pense (ou on raconte) que ceux-ci évoquent les bubons ou scrofules ou écrouelles pesteux, adénopathies inguinales ou crurales typiques de certaines formes de la peste. Victor-Henri Debidour estimait cette opinion fort douteuse.

      On retrouve cette appellation ailleurs :

     

    Plougastel-Daoulas, à Kerzivez-Uhella (Atlas n°1904) : croix érigée (comme le Grand Calvaire de l'enclos) pour célébrer l'arrêt de l'épidémie de peste de 1598 https://www.plougastel.com/croix-croas-ar-vossen.php

    Mespaul La Garenne (Atlas n° 1319) datée de 1626  http://fr.topic-topos.com/croas-ar-vossen-mespaul

    Coat-ar Meal Kerascoët-Nevez (Atlas n° 320) http://www.coat-meal.fr/vie-quotidienne/coat-meal/presentation-de-la-commune.html

    Tréhou, Brunoc (Atlas n°3055) datée de 1576.

    Plouezoc'h, Groas A Vossen (Atlas n° 1857) datée de 1621 et 1864 avec l'inscription GROAS A VOCEN 

    Ploumoguer, Ty-Guen (Atlas n°2188 ?) signalée par Y-P. Castel ici. ou par Topic-topos

    Plogonnec (Atlas n°1562)  près de Pont-Youen, nommée Kroas ar Vossen 

    b) Le mot breton Vossen.

    En breton, Ar Vossen : "La Peste" est la forme adoucie de Bossen, ou "la peste", mot qui n'est pas mentionné dans le Catholicon de Jehan Lagadeuc (1499 et 1521). Je trouve dans le Dictionnaire étymologique breton de Victor Henry (1900) :

    Bos, s. m., et Bosen, s. f., peste, mbr. boçen « tumeur », d'où « pustule caractéristique de la peste ». Empr. fr. bosse.

    Cela me renvoie au Dictionnaire de la langue bretonne de Louis Le Pelletier Paris 1752 qui ouvre des perspectives passionnantes si elles sont validées

    Voir dans le dialecte de Vannes le lien entre bossek "bossu" et bosen "peste"

    La Gwerz de la Peste d'Elliant ou Bosenn Elliant : Ez oa skrivet gwerz ar vossen

    La Gwerz de la Peste de Plouescat  contient ce vers Goret ar vossen en e skoaz, "qui a la peste apostumée dans l'épaule" (Miossec de kerdanet 1837)

    https://archive.org/stream/bretonvannes/breton_vannes#page/n39/mode/2up/search/peste

    Le breton bos vient donc du français bosse, ce qui semble logique. Ce qui est plus intéressant, c'est que le mot français désigne certes une bosse, mais, en moyen-français (1300-1500)  plus particulièrement celle d'un abcès ou d'une tumeur, et plus précisément un bubon de la peste. (Dictionnaire du Moyen-Français). A tel point que le dictionnaire de Godefroy donne :

    Boce, boche, bosse : s.f. "Bouton de peste, bubon".

    Ainsi on trouve dans Froissart  II, III, 30: Et en y mourut de boce [bubon, peste] et de mal du corps plus de vingt mille personnes 
    Froissart., II, II, 94: Et estoit en devant le jeune seneschal de Hainaut, mort sur son lit de la bosse 

    En bref, Croas-ar-Vossen peut signifier de façon concomitante Croix de la peste, Croix aux bubons ou Croix aux bosses. 
     

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    Description.

    Le calvaire de La Grange est décrit sous le numéro 423 avec deux dessins et deux photos signées Glemoigne dans l'Atlas des Croix et Calvaires créé par Yves-Pascal Castel. Le texte télégraphique peut être développé ainsi :

    La Grange + Croas-ar-Vossen, granite et kersanton, du XVe siècle. Sur un emmarchement de trois degrés est posé le socle cubique. Le fût est rond, semé d'écots. Puis vient, après un petit croisillon (trop petit pour recevoir des statues), le croisillon principal et ses deux  statues géminées: Vierge-Paul, Jean-Pierre. Au centre, la Croix coiffé d'un dais, avec le crucifix du coté principal et la Vierge à L’Enfant au dos. La tête de la croix est monolithe.

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

     

    Orientation.

    On remarquera que le calvaire n'est pas "orienté", c'est à dire que son orientation avec le Crucifix face à l'ouest, selon une règle qui était certainement respectée au départ, a été modifiée lors de son déplacement sur le trèfle de l'échangeur. Le crucifix est désormais dirigé vers le sud-est face...aux véhicules venant de Quimper.

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    L'emmarchement et le socle.

    Quelques remarques :

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    Le premier degré est doté d'un repère de nivellement IGN matricule O.M.K-3 100 altitude 78,844 m. Ce  réseau matérialisé IGN 1969 de l'INEF, établi par l'IGN à partir de 1962 a pris la suite du Réseau de Paul-Alain Bourdalouë (1857-1864) et du Réseau NGF Lallemand (1880). Le matricule et ses coordonnées sont disponibles sur le serveur de fiches IGN.

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    Repère INEF O.M.K3-100, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Repère INEF O.M.K3-100, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le socle est chanfreiné sur deux angles (flèches rouges) : ce chanfrein est plus large en bas.

     

    Socle chanfreiné du Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Socle chanfreiné du Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La table du socle comporte des marques creusées artificiellement, dont cinq sont disposées en quinconce (flèches rouges).

    Le fût est scellé à l'intérieur d'une cavité centrale.

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    Marques du socle, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Marques du socle, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LA FACE PRINCIPALE (CRUCIFIX).

    Les deux faces du calvaire sont en kersanton non seulement très érodé, mais aussi couvert de différents lichens qui en altèrent l'examen. ces lichens sont crustacés dans les 3/4 inférieurs, habillant la quasi totalité des corps d'une couverture grise ou blanche à contours polycycliques en carte géographique. A cela s'ajoutent des colonies plus exubérantes (foliacées ou fruticuleuses), en touffes, qui transforment ce calvaire à la manière de massifs de coraux et d'algues sur une épave fantomatique.

     

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

     

     

     

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le Christ est toujours entouré de la Vierge à sa droite et de Jean à sa gauche, mais nous peinons à reconnaître ici la Mère éplorée au pied de la croix, la Stabat Mater. Quelques indices, une mèche de cheveux, un voile couvrant la tête, des mains croisées sur la poitrine, les plis d'une robe au dessus de la paire de chaussure, nous tirent d'affaire. 

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    La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Au dessous d'un titulus effacé, le Christ est représenté les yeux fermés, la tête inclinée sur la droite, couronné d'épines, vêtu d'un pagne court, les jambes croisées et les pieds en rotation externe. 

    Le Christ,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Le Christ, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jean.

    Est-ce vraiment lui ? Il faut y croire, mais notre foi est mise à l'épreuve. Pourquoi cette couronne tressée sur la tête ? Le live placé sous le coude droit peut se comprendre, quoiqu'il soit inhabituel (L'Évangile de Jean, l'Apocalypse), mais pourquoi la main gauche est-elle posée sur ce qui pourrait être le fourreau d'une épée ?

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    Saint Jean,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jean, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jean,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jean, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    II. LA FACE PORTANT LA VIERGE À L'ENFANT.

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    Face secondaire,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Face secondaire, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Face secondaire,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Face secondaire, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Ah, je vous avais prévenu, les lichens mènent ici des jours fastes en foisonnantes et florides forêts. (Mais pourquoi a-t-il fallu que j'allitérasse ainsi en f ?)...

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    Face secondaire,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Face secondaire, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Pierre.

    Pas d'ambage ici, la clef me permet d'être péremptoire. Ajoutez le livre  et le phylactère du Credo apostolique. La barbe, et la calvitie frontale. Mais les pieds sont-ils nus comme il se doit à tout apôtre ?

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    Saint Pierre,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Pierre, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge à l'Enfant.

    Elle est couronnée, elle semble avoir les yeux fermés, elle tient un globe terrestre dans la main droite et l'Enfant sur le bras gauche. Elle a dû être très belle, avant la colonisation, et ses traits témoignent encore de l'amour tendre des gestes du sculpteur.

    Sa robe s'évase en quelques plis très sobres, avant de tomber sur les chaussures en deux jolies petites vagues.

    L'Enfant semble tenir un objet sur sa poitrine.

    Sous les pieds de Marie, une courte banderole diagonale a peut-être porté, en des temps révolus, une brève mention peinte.

     

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    La Vierge à l'Enfant,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge à l'Enfant, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Paul.

    Il suffira de décrire son livre et son épée pour l'identifier. Il forme avec saint Pierre un couple fondateur pour l'Église. 

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    III. LE CROISILLON EN VIROLE.

    Ce petit croisillon qui ne supporte ni personnage, ni autre motif sculpté est très singulier. En effet, évidé en son centre,  il est fiché comme une virole dans le fût sur lequel il coulisse avant d'être arrêté par l'une des "bosses" ou écôts de la croix.

    Pour mieux analyser ce dispositif, il faudrait savoir s'il s'agit d'un unicum, ou bien si on peut retrouver d'autres exemples. S'agit-il d'un ré-emploi  ?

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    Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

    “0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

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    Published by jean-yves cordier - dans Dirinon Calvaires
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    23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 08:40

    L'enclos paroissial de Dirinon X. Le porche sud (1618). Les apôtres et le Christ (après 1664).

     

    Voir la série sur Dirinon :

    — L'enclos paroissial :

    Le culte de sainte Nonne :

    Les croix et calvaires de Dirinon :

     

     

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    LE PORCHE EXTÉRIEUR. 1618.

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    "Le porche Sud est daté de 1618, quoiqu'il semble appartenir encore à la tradition gothique. Dans la niche du fronton est un groupe de la Sainte-Trinité : le Père couronné de la tiare, tenant devant lui son Fils crucifié. " La colombe de l'Esprit-Saint s'est envolée.

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    Porche sud (1618) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Porche sud (1618) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Porche sud (1618) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Porche sud (1618) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La datation 1618 est inscrite de part et d'autre de la tête du Père (16 / 18). On peut peut-être deviné des lettres IM et DC sur les piliers latéraux. 

    Le blason comporte un macle, trois fleurs de lys, trois annelets, et sept billettes, mais leurs propriétaires ne sont pas identifiés.

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    Porche sud (1618) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Porche sud (1618) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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    "Dans l'intérieur, sur des culs-de-lampes très simples, sont rangées les statues en pierre, des douze Apôtres, très rigides dans leurs poses et leurs draperies, et fort pauvres de facture. Au fond est une statue de Notre-Seigneur en robe sans ceinture, tenant la boule du monde et bénissant."

    Les douze apôtres et le Christ Sauveur sculptés dans le kersanton par Jean Le Bescont (1664-1682).

    Selon E. Le Seac'h, qui attribue les statues du porche de Dirinon à Jean Le Bescont, ce dernier avait semble-t-il deux ateliers, l'un à Landerneau et l'autre à Carhaix, et "l'on peut se demander s'il n'a pas fait ses classes chez Roland Doré à partir de 1650 avant de reprendre son atelier à sa mort en 1663". Il a été actif comme architecte dès 1650 à Saint-Thégonnec (fenestrage du bas-coté nord), en 1668 sur l'aile sud et de la sacristie de Saint-Thomas de Landerneau. et  entre 1680 et 1681 à Locmélar sur le chevet.

    Comme sculpteur, il a produit trois séries d'Apôtres en kersanton pour les porches de Locmélar (après 1664), de Goulven , et de Dirinon. Enfin, comme architecte-sculpteur, les archives mentionnent son nom pour l'ossuaire de Saint-Thégonnec de 1676 à 1682. alors que son rôle est probable mais non attesté pour le porche de Ploudiry (1665). Le calvaire de Bodilis relève aussi de son style, de même que les bénitiers de La Martyre (1681) et de Ploudiry (1680). Son atelier est le dernier témoin de la période de prospérité artistique en sculpture sur pierre qui avait commencé avec l'atelier ducal du Folgoët vers 1426. 

    Son style est magistralement décrit par E. Le Seac'h :

     "Il se reconnaît aux grands yeux exorbités en amande. L'œil taillé en amande au modelé convexe est enfoncé dans le globe oculaire  et donne une force hiératique aux personnages. La caractéristique du sculpteur est de donner à ses personnages des orbites très rondes avec un fin contour et une arcade sourcilière  marquée.

    Les visages sont compris dans un rectangle aux angles adoucis agrémenté d'une barbe méchée, finement peignée. Les personnages portent leur attribut à la main et des phylactères.

    Le hiératisme des Apôtres est rendu par le dessin des lèvres fines et serrées, dont les commissures sont à peine tirées vers le bas.

    Les sourcils sont dessinés par la jointure entre la paupière supérieure et le bas du front.

    Les mains longues et fines ont été sculptées avec un soin particulier. Elles occupent une position centrale en tenant les attributs qui permettent de reconnaître les Apôtres.

    Les pommettes sont hautes et peu saillantes. Les paupières sont plus accentuées pour donner du relief au  modelé. La barbe est stylisée en longues mèches bouclées avec des lignes serrées qui suivent le mouvement ondulé des boucles. 

    Les volumes sont fermés et compacts dans une facture compassée et sèche"

    J'ajouterai une autre caractéristique : les moustaches qui partent des narines soit en vibrisses de chat, soit en traînées sinueuses.

     

    Les proportions des statues changent au XVIIe, deviennent plus hautes mais aussi plus compactes et plus étriquées.

    A Dirinon, les statues sont posées sur des consoles en granite directement fixées dans l'architecture du mur sans dais, ni niche, ni aucune autre décoration. Les Apôtres sont à l'étroit sur leur console trop petites pour leur assise. (Ces consoles avaient-elles été posées en 1618, un demi-siècle avant les statues ?).

    — Datation : E. Le Seac'h suppose qu'elles sont au moins postérieures à 1650, mais indique aussi que la plus ancienne série d'Apôtres de Le Bescont est celle de Locmélar, datant de 1664. Peut-on donc conclure qu'elles sont postérieures à 1664 ?

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    Caractères communs aux apôtres : ils sont tous pieds nus, ils tiennent tous un livre et un phylactère, et sont tous barbus ...sauf Jean, imberbe et sans livre.

    Le phylactère portait peut-être, peint, l'un des 12 articles du Credo apostolique propre à chaque apôtre. Le Livre fait allusion aux Actes des Apôtres.

    Ils sont pieds nus en vertu du texte des évangiles synoptiques précisant que Jésus leur demanda : "Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures, ni sac pour le voyage, ni deux tuniques, ni souliers, ni bâton" Matthieu 10:9-10 (et Luc 9:3, Luc 10:4 et Marc 6:8-9).

    Les statues étaient peut-être peintes (à Locmélar, des restes de polychromie bleue et ocre jaune persistent).

     

    Les six apôtres de droite.

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    Les six apôtres de droite, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Les six apôtres de droite, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Les mêmes, sous un autre éclairage.

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    Les six apôtres de droite, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Les six apôtres de droite, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    1. Saint Pierre et la clef.

     

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    L'apôtre Pierre, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Pierre, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    2. Saint André. La croix en X.

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    L'apôtre André, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre André, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

     

    L'apôtre André, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre André, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    3. Saint Jacques le Majeur et sa tenue de pèlerin de Compostelle.

    Le chapeau à larges bords où est fixé une coquille, la pèlerine, et le bourdon.

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    L'apôtre Jacques le Majeur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Jacques le Majeur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    L'apôtre Jacques le Majeur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Jacques le Majeur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    4. Saint Jean et la coupe de poison. 

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    L'apôtre Jean, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Jean, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    L'apôtre Jean, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Jean, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    5. Saint Thaddée (Jude) et sa lance.

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    L'apôtre Thaddée, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Thaddée, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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     porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    6. Saint Jacques le Mineur et son bâton de foulon à bout recourbé.

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     Saint Jacques le Mineur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jacques le Mineur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jacques le Mineur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jacques le Mineur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Les six apôtres de gauche.

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    Les six apôtres de gauche,  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Les six apôtres de gauche, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    7. Saint Thomas et son équerre.

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    Saint Thomas,  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Thomas, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Thomas,  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Thomas, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    8. Saint Simon et la scie.

    L'apôtre Simon, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Simon, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    9. Saint Barthélémy et son coutelas de dépeçage.

     

    Saint Barthélémy,  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Barthélémy, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    10. Saint Philippe et la croix à longue hampe.

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    L'apôtre Philippe, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'apôtre Philippe, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    11. Saint Matthieu et sa balance de pesage de l'or.

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    L'enclos paroissial de Dirinon X. Le porche sud. (1618).

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    12. Saint Matthias et son glaive.

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     Saint Matthias, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Matthias, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le Christ  Sauveur.

    Il accompagne aussi la série des Apôtres de Locmélar, [de même qu'on le trouvait sous le porche de Landivisiau (B. Prigent vers 1554)].

    A Locmélar comme à Dirinon, le Christ  est vêtu d'une tunique longue et sans ceinture. La raideur de son attitude, accentuée par la lourdeur du tombé des  plis du drap, n'est atténuée que par un léger mouvement du cou vers l'avant. Il porte une courte barbe, des moustaches partant des narines en V inversé, et des cheveux mi-longs.  Il tient un globe terrestre dans la main gauche alors que la main droite, brisée, traçait une bénédiction.

    Le Christ Sauveur,  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Le Christ Sauveur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le Christ Sauveur,  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Le Christ Sauveur, porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La voûte lambrissée et les blochets.

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    Voûte lambrissée du  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Voûte lambrissée du porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Voûte lambrissée du  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Voûte lambrissée du porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Voûte lambrissée du  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Voûte lambrissée du porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Voûte lambrissée du  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Voûte lambrissée du porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Voûte lambrissée du  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Voûte lambrissée du porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le dernier blochet a été peint, lors d'une restauration récente, avec un visage foncé, sur la suggestion d' un des peintres métis ayant travaillé sur l'église entre 2009 et 2012. Un jour il a demandé: "Est-ce que vous croyez que l'on pourrait peindre un blochet à mes couleurs". L'architecte qui suivait le chantier ne s'est pas opposée d'où la présence de ce blochet métis.

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    Voûte lambrissée du  porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Voûte lambrissée du porche de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

    APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

    http://www.apeve.net/spip/spip.php?article83

    — Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

    FALC'HUN (Chanoine [Jean-]François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 292-293.

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Dirinon
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    22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 22:39

    L'enclos paroissial de Dirinon IX : inscriptions et armoiries du chœur.

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    Voir la série sur Dirinon :

    — L'enclos paroissial :

    Le culte de sainte Nonne :

    Les croix et calvaires de Dirinon :

     

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    Les travaux d'agrandissement du début du XVIIIe siècle.

    En 1712, des travaux de reconstruction ou d'agrandissement de la partie orientale de l'église fut décidée : l'église fut agrandie en 1713 et 1714 d'un chœur et d'un transept qui sont plus élevés que la nef ; de nouveaux vitraux furent vraisemblablement réalisés. Les fabriques responsables de ces travaux ont inscrit leur nom à l'extérieur, sur les transepts, mais aussi dans le chœur.

     

    "En 1712, le général [celui qui dirige la fabrique] demanda à Mgr. l'Evêque de démolir et reconstruire leur église de nevez (sic) ; il s'agissait seulement d'une restauration de la nef et de la construction du sanctuaire. Le sanctuaire aura 18 pieds de longueur, autant de largeur, autant de hauteur. « Les chapelles de croasade seront avancées dehors de 20 pieds 1/2 avec 18 pieds de largeur. La fenêtre de la chapelle de Lezuzan, au Levant, sera augmentée d'un pied 1/2. La sacristie aura 18 pieds de longueur sur dix de largeur, la muraille sera faite en pierre de taille de la chapelle de Lezuzan à celle de la Trinité ». Le 10 Avril 1712, le général décide qu'on achètera une barrique de vin pour faire le marché et les frais qu'il conviendra faire, et on fera assigner les Seigneurs pour faire procès-verbal des armoiries et prééminences qu'ils prétendent avoir dans l'église. Le duc de Rohan réclame ses armes au plus haut de la grande vitre ; les paroissiens font observer qu'elles n'y étaient pas autrefois, mais qu'on le laissera les y mettre « à ses péril et fortune ». (Abgrall 1907)

     

    I. LES INSCRIPTIONS DU CHOEUR.

    1°) Sur la corniche au dessus de la baie centrale.

    Nous lisons en lettres d'or :

    G. DENIEL F. / 1714 /  F. MAGVERES 

    1°) G. Deniel figure aussi parmi les inscriptions lapidaires, sur l'aile sud du transept : "G.DENIEL F. 1714". 

     

    Il pourrait s'agir de Guillaume Deniel, fils de Claude Deniel et de Catherine Foll, et  qui épousa le 7 janvier 1697 à Dirinon Catherine Rochcongar. Leur fils unique François Deniel épousa en 1731 Jeanne Le Meur. Catherine Rochcongar épousa en seconde noces le 1er août 1718 François Diverres .

    http://www.breneol.net/Gedi/fr/Gedinfr3.html.

    2°) Les généalogistes mentionnent aussi un François Magueres né le 21 janvier 1658 à Dirinon de Guillamue Magueres et de Jeanne Le Bras.

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    Inscriptions du chœur (1714) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Inscriptions du chœur (1714) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Inscriptions du chœur (1714) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Inscriptions du chœur (1714) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    2°) Boiseries latérales : Peintures de bouquets de fleurs et inscriptions latérales.
    Elles ont été découvertes en 1987, et accompagnées par des inscriptions dans le même style du maire et du recteur en activité lors de cette restauration.

    A droite :

    "NICOLAS ET JÉRÔME MUZELLEC F / JEAN-BERNARD DE LA BROSSE : MAIRE"

    1°) Nicolas et Jérôme Muzellec [1738].

    La généalogie Brénéol http://www.breneol.net/Gedi/fr/Gedinfr3.html mentionne un Nicolas Muzellec (Dirinon 1671 calculé-Dirinon 1744), qui a épousé le 28 février 1707 Jeanne Kermarrec. Leur fils unique Jérôme Muzellec  (Dirinon 1701- Dirinon 1741) a épousé en 1727 Françoise Morvan. 

    En 1738, Nicolas était âgé de 69 ans et Jérôme était âgé de 37 ans : il est donc plausible qu'ils soient fabriciens tous les deux.

     

    2°) Jean-Bernard de la Brosse, Maire [1988]

    Jean-Bernard de la Brosse, qui fut conseiller juridique au manoir de Penanrun où il réside , fut  maire de Dirinon de 1983 à 1995. Il a publié 4 tomes sur le pays de Dirinon au fil de l’histoire de la Bretagne, de la Préhistoire à nos jours : la paroisse et son patrimoine religieux, et l’histoire de la commune replacée dans le contexte environnant de l’histoire de la Bretagne, plus particulièrement des pays de Brest et de Landerneau.

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    A gauche :

    "1988 : CLAUDE FALC'HUN : RECTEUR / ROCHCONGAR : RECTEUR : L'AN 1738."

    1°)Claude Falc'hun. 1988

     

    Claude Falc'hun  (1918-1999) : Né le 18‐05‐1918 à Bourg‐Blanc ; licence es‐lettres (Sorbonne) ; 1944, prêtre et professeur au collège de Lesneven ; 1948, aumônier national adjoint de la JAC ; 1957, vicaire cantonal de Plouzévédé et aumônier de zoner CMR ; 1963, recteur de Plougonven ; 1966, recteur de Kerfeunteun ; 1970, curé de Daoulas ; 1982, chargé de Dirinon ; 1994, aumônier de Kerbénéat ; 1999, retiré à Keraudren ; décédé le 13‐06‐1999. Étude : Quimper et Léon, 1999 p. 390‐391.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3e152cb0ba5d3751df69a379e69e421e.pdf

    Frère de Jean-François Falc'hun (1913-1999), auteur de la mongraphie sur Dirinon

    Cousin du chanoine François Falc'hun (1909-1991)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Minihi_Levenez

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    2°) Alain Rochcongar 1738

    "- 1717-1751 : Alain Rochcongar, vicaire perpétuel. Il mourut au presbytère le 5 Mars 1751 ; assistaient à son enterrement, qui eut lieu le 6 : N. G. Marion, recteur de Plougastel, qui présidait les obsèques ; L. Gobin, curé de Saint-Urbain ; H. Grall, recteur de Daoulas ; Alain Le Moing, curé de Saint-Thomas ; Jean Grignon, curé de Plougastel ; Malo Le Par, prêtre de Saint-Thomas ; N. de Guennou, prieur, recteur de Loperhet ; J. Kervella, prêtre ; Mathias Diverrès, prêtre." (Abgrall, 1907)

    Peut-être fils de Guillaume ROCHCONGAR et de Suzanne LE LANN: Alain ROCHCONGAR
    °19 Avr 1699 Dirinon. 

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    Inscriptions du chœur (1738 et 1988) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Inscriptions du chœur (1738 et 1988) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Inscriptions du chœur (1738 et 1988) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Inscriptions du chœur (1738 et 1988) de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    II. LES DEUX BLASONS (?) DES BOISERIES LATÉRALES.

    A gauche : Blason épiscopal.

    Une crosse, une croix, et deux cierges entrecroisés. Associés à un missel,  une mitre, une étole, un rameau d'olivier.

     

    Armoiries épiscopales  de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Armoiries épiscopales de l'église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    A droite : Composition allégorique ou blason d'un prêtre.

    On y trouve un calice et une hostie, une ancre (l'Espérance) et son cordage nouée par un ruban à  une croix pattée (la Foi) , une palme (le martyre ?) et un feuillage polycyclique.

     

    Composition allégorique, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Composition allégorique, église de Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    ANNEXE. DONNÉES CHRONOLOGIQUES PRINCIPALES DES ÉDIFICES RELIGIEUX DE DIRINON

    À toutes fins utiles....

    1218 : l'évêque Guillaume de Quimper enrichit le patrimoine de l'abbaye de Daoulas de l'Ecclesia Sanctae Nonnitae (l'église Sainte-Nonne) [ et de l'ecclesia Sancti Baharni, trève de Trévarn.]

    Vers 1450 : calvaire du cimetière. Blasons du Louët et Simon de Kerbringal

    Vers 1450 : gisant de Sainte Nonne aux 3 ou 4 blasons (de Lezuzan, de Goulhezre, de Simon de Kerbringal et du Rouazle?)

    Vers 1450 : reliquaire de Sainte Nonne. Blason de Lezuzan, de Goulhezre, de Simon de Kerbringal et du Rouazle

    1577 : chapelle Sainte-Nonne

    1527-1577 : statue de saint Fiacre (chapelle Sainte-Nonne)

    1527-1577 : statue de saint Antoine (église)

    1588: élévation ouest de l'église

    1593 : deuxième balustrade du clocher. I. Kerzoncuff Y. Le Rest.

    1618 : porche.

    1623 : fontaine Sainte-Nonne. Blason de Lezuzan.

    1623 : sablières de l'église.

    1623 : poutre de Gloire de l'église

    1644 : 1ère Mission du Père Maunoir

    1653 : Cadran solaire Hierosme Gayement Curé

    1655 : cloche Du Louët seigneur de Lesquivit / Hierosme Gayement curé

    1661 Cloche Seigneur de Kerdoulas / Dame du Rouazle. Pierre Héléouet Curé

    1666 : 2è Mission du Père Maunoir.

    1666 Cloche Marc Anthoine Le Pappe Seigneur de Lezuzan Dame Françoise Gousabatz dame de Lesquiffit

    . Hierosme Gayement curé

    1666 : Dame de Monval. Hierosme Gayement curé

    1691 : Cloche de la chapelle Sainte Nonne

    1702 : chapelle Saint-Divy

    1713 : N. Diverres Fabrique

    1714 : G. Deniel Fabrique

    1714 : « G. Deniel Fabrique/ F. Maguerres.

    1715 : peintures du lambris de la nef par François Launay et Pierre Béchennec ; François Quillien Fabrique

    1724 : retable du Rosaire par Fenestre

    1738 : peinture chœur : Alain Rochcongar recteur / Nicolas et Jérôme Muzellec fabriques

    1774 : la foudre frappe le clocher et brise plusieurs vitres. Le clocher est  reconstruit avec 10 pieds de moins qu'à l'origineIl mesure actuellement 43 mètres 60 et devait donc approcher 47 mètres à son première construction.

     

    1778 : restauration chapelle de Saint-Divy

    1782 : cloche Saint-Divy : Le Gac du Quistillic recteur / Vergoz prêtre / Michel Martin Le Mendour Fabrique

    1824 : restauration chapelle Saint-Divy Nicolas Penn Recteur, J. Macé vicaire, Yves Madec Maire, Bernard de Marigny donateur

    1857 : renovation/création de peintures de lambris par Jean-Louis Nicolas. Penn, recteur / Rolland, vicaire : De Lesguern maire / Le Bot trésorier

    1870 : inscription « Mission du 29 mai 1870 » à gauche du chœur

    1903 : vitraux de la Vie de sainte Nonne du chœur par Payan et Haussaire

    1951.  Le clocher est frappé par la foudre  et reconstruit avec 10 pieds de moins qu'à l'origine comme en 1774.

    1965 : restauration ds peintures du lambris.

    1987-88 : restauration du chœur : Claude Falc'hun recteur / Jean-Bernard de la Brosse maire.

     

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

    APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

    http://www.apeve.net/spip/spip.php?article85

     

    — BARRAL I ALTET (Javier), 1987, Décor peint et iconographie des voûtes lambrissées de la fin du Moyen Âge en Bretagne, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  Année 1987  Volume 131  Numéro 3  pp. 524-567. http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524

    http://www.persee.fr/docAsPDF/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524.pdf

    — Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

     

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

    FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

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    • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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    • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
    • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

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