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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 17:32

 

Accouplement et ponte de la libellule Calopteryx vierge, Calopteryx virgo (Linnaeus, 1758), ruisseau de Kerloc'h et rivière de l'Aber à Crozon.

 

Voir :

 

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Notification expresse : l'article étant écrit par un néophyte, il est peut-être truffé d'erreurs !

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I. L'ESPÈCE.

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Calopteryx virgo est l'une des 4 espèces de Calopteryx observées en France, l'une des 2 observées en Bretagne (avec C. splendens), et la seule signalée pour l'Atlas en cours sur la maille UU94 (Poraon, rivière de l'Aber), et presque la seule sur toute la Presqu'île de Crozon (2 données pour C. splendens). C'est presque la seule espèce de Calopteryx, mais elle est très facile à observer, dès d'une part en raison de sa taille (presque 5 centimètres) ou de son envergure ailes ouvertes (6 à 8 centimètres) qui en fait la plus grande des Demoiselles ou Zygoptères), d'autre part en raison de ses vives couleurs métalliques (bleu pour le mâle, vert brun pour la femelle) et de son vol papillonnant, et enfin en raison de son abondance sur ses sites de prédilection, les cours d'eau modestes mi-ensoleillés mi-ombragés.

Sur la Presqu'île, les deux cours d'eau principaux sont d'est en ouest le ruisseau de l'Aber et celui de Kerloc'h. J'ai choisi pour chacun un site d'observation, l'un à Poraon (ancien moulin de Pont-Men) et l'autre au Pont Gaulois à Kervon. Sur chacun d'entre eux, les Calopteryx sont tout de suite visibles au bord de l'eau, et notamment les mâles. Il faudra prospecter les zones boisées qui les bordent pour que ce soit les femelles qui prédominent sur le toit des ombellifères et la pointe des feuilles d'orties où elles font briller des bougies dorées. 

Ces grandes Demoiselles foncées ont de petits yeux hémisphériques situés latéralement comme deux perles marron ou noires sur la tête, deux paires d'ailes d'une largeur remarquable et un abdomen élancé, fin — si ça vous parle — comme une aiguille à tricoter. La zone basale des ailes est souvent transparente chez le mâle, mais sinon les ailes sont uniformément colorées, et  traversées par un réseau serré de nervures. Cette espèce présente un dimorphisme sexuel évident quant au motif de couleur. 

Les Calopteryx se caractérisent par un "catadioptre" sous l'extrémité de l'abdomen : c'est une zone vivement colorée qui leur sert de drapeau de reconnaissance, et de signal pour attirer les femelles lors de la parade ou pour écarter les mâles : on dresse le mât en levant bien haut l'abdomen et on affiche les couleurs . Chez C. virgo, elle est rougeâtre et nettement bordée de noir, tandis qu'elle est blanchâtre chez C. splendens. Le site nature22.com/odonates22 avec ses photos impeccables, est idéal pour montrer ce genre de détail.

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II. LE MÂLE.

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1. Le mâle immature : corps bleu et ailes orangées ou caramel.

Les mâles immatures présentent des ailes orange, car la couleur des ailes bleu métal ne se développe qu'avec l'âge. 

En cas de doute avec une femelle, il faut vérifier l'absence sur les ailes des taches blanches ou pseudoptérostigmas des femelles.

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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2. Le mâle mature.

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a) Des variantes.

La plupart des individus rencontrés sur ruisseau de Kerloc'h (ou sur la rivière de l'Aber) correspondent à la description  de la sous-espèce meridionalis : toute l'aile est colorée sauf la base qui est hyaline (transparente). Cette transparence n'apparaît pas sous toutes les incidences de prise de vue. D'autres individus ont l'aile entièrement colorée, correspondant alors à la description de la sous-espèce festiva. La prudence impose cette façon de s'exprimer, en raison d'une certaine imprécision de la littérature et des échanges sur les forums. En théorie (K.-D. B. Dijkstra), meridionalis est observé au sud d'une ligne Caen-Genève et festiva en Turquie et dans le sud des Balkans. La sous-espèce virgo est caractérisée par la base et l'apex de l'aile non colorée, elle se rencontrerait au nord de la Loire, des Alpes et du Danube. Je n'ai rencontré aucun individu correspondant à cette description. Je laisserai la notion de sous-espèce aux généticiens et me contenterai de parler de variantes.

— Poitou-Charente  : " Deux sous-espèces se partagent le territoire européen Calopteryx virgo virgo à répartition eurosibérienne et Calopteryx virgo meridionalis à répartition ibéro-atlantique. En France, la sous-espèce nominale occupe grossièrement la partie située au nord de la Loire, la sous-espèce meridionalis, les deux-tiers sud et le centre-ouest du pays. Les deux sous-espèces présentent une large zone de contact de la Bretagne au nord des Alpes en passant par la région Centre et la Bourgogne. En Poitou-Charentes, seule la sous-espèce meridionalis a été observée, mais la présence de la sous-espèce nominale n’est pas à exclure au nord de la région."

— Deliry :  http://www.deliry.com/index.php?title=Calopteryx_virgo

—Wikipedia en  https://en.wikipedia.org/wiki/Beautiful_demoiselle décrit :

  • Calopteryx virgo britannica Conci, 1952

  • Calopteryx virgo festiva (Brullé, 1832) (Méditerranée orientale) 

  • Calopteryx virgo meridionalis Sélys, 1853 (Méditerranée occidentale et sud-ouest de la France) 

  • Calopteryx virgo padana Conci, 1956 (nord de l'Italie) 

  • Calopteryx virgo virgo (Linnaeus, 1758)

— Le Museum National et l'INPN ne reconnaissent que C. virgo virgo et C. meridionalis.

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b) Description et comportement.

 

Les mâles ont des corps bleu-vert métalliques et des yeux bleu-vert. Les ailes sont (presque) entièrement bleu cobalt.

 

""Les ♂ se réunissent pour passer la nuit, en dortoirs, à faible hauteur, dans les buissons bordant les cours d'eau. Ils s'accrochent sous les feuilles, le corps pendant verticalement et les ailes entrouvertes. Quand il pleut ils ferment complètement leurs ailes." (Robert 1958).

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx vierge, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx vierge, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx vierge, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx vierge, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx vierge, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx vierge, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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III. LA FEMELLE.

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Les femelles ont le corps d'un vert-bronze métallique  (brunâtre), des ailes irisées brun foncé, une tache blanche près de la pointe des ailes (appelée pseudoptérostigma ).

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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IV. COMPORTEMENT.

Les mâles matures sont territoriaux, se perchent sur les plantes et les branches des arbres en bordure de berge, attendant les femelles ou chassant. Ils chassent les insectes qui passent, revenant souvent au même perchoir. Les mâles peuvent s'éloigner assez loin ; les femelles vivent loin de l'eau à moins de pondre ou de chercher un partenaire.

Les mâles occupent des territoires qu'ils défendent contre d'autres mâles. La défense consiste principalement en des postures de menaces  en déployant leurs ailes et les exposant de façon ostensible clairement visibles, tout en levant légèrement l'abdomen, et parfois en des attaques rapides, parfois en des poursuites. Ces comportements sont plus virulents en surveillance de ponte (infra).

Ils restent immobiles à surveiller les berges, ou battent très brièvement des ailes.

Certains mâles sont cependant non territoriaux, c'est à dire qu'ils ne défendent pas ou ne défendent plus leur territoire  mais tentent de s'accoupler malgré tout, au prix d'une diminution de leurs succès lorsque leur parade de séduction est interrompue par un mâle territorial.

Le comportement des Calopterydés a été étudiés, notamment par des enregistrements vidéos à haute fréquence, dans des espèces exotiques ou du moins extra-européennes (C. maculata et C. dimidiata, Pajunen 1966), mais aussi chez C. splendens et C. virgo par le finlandais V. Ilmari Pajunen en 1966 puis  par le russe E.N. Panov  et ses collègues en 2000. Pa

Panov a  décrit l'une des différences de comportement pendant la période de reproduction entre C. splendens, dont les  mâles et femelles passent la nuit dans la végétation côtière herbeuse sur les sites diurnes (un comportement 2-D et sédentaire), tandis que C. virgo abandonne le soir le voisinage  de l'eau et passe probablement la nuit dans les branches hautes des arbres (un comportement 3-D, et nomade). La durée passée sur un même site est plus courte chez virgo (moins de 4 jours) que chez splendens (6 jours).

 

Outre le vol linéaire standard, Pajunen a décrit chez les mâles jusqu'à huit types de vol selon les interactions sociales. Panov les réduit à cette liste : Vol Linéaire Standard,  Vol Dansant, Vol Courbe, Vol Précipité, Vol Stationnaire et Chute sur l'eau.

Le plus évident est le "vol dansant", décrit chez C. virgo  comme une «menace latérale», une «menace frontale» et une «menace inverse». Deux mâles, le plus souvent propriétaires de deux domaines vitaux voisins, volent ensemble de 15 à 30 cm l'un de l'autre, augmentant parfois la distance à 1–2 m. Le vol est plus lent que le vol linéaire standard, il flotte et ondule. La partie rostrale du corps est surélevée et la pointe de l'abdomen recourbée. Il est nécessaire de souligner que lors de telles interactions, aucun participant n'essaie d'approcher le partenaire plus près que la distance minimale mentionnée. Il n'y a pas de poursuivant et de poursuivi, c'est-à-dire qu'aucun mâle ne harcèle l'autre, pour dire des attaques. Cette interaction peut se poursuivre pendant des dizaines de minutes et se produit au-dessus des parties adjacentes des domaines vitaux voisins ou au-dessus de la zone contestée. De temps en temps, les participants atterrissent, mais l'autre le déplace immédiatement et le vol commun se poursuit. Ce comportement est également typique des deux espèces. Cependant,  les Calopteryx vierges mâles changent plus souvent de direction de vol dans le plan vertical et effectuer l'action que Panov nomme des  «sauts».

Le vol courbe (Curving Flight) est décrit par Pajunen  en deux vols différents, la «bascule» et le «cerclage» que Panov rassemble .  Il est lié à certaines interactions qui se produisent beaucoup moins fréquemment que le Vol Dansant  conjoint des mâles . Les participants à de telles locomotions gardent une distance de 10 à 15 cm et volent rapidement, avec des virages et des courbes. Parfois, ils spiralent le long de l'axe vertical imaginé. Contrairement aux vols flottants qui se déroulent juste au-dessus de la surface de l'eau,  ils volent souvent simultanément à 3 à 4 m dans les airs.  Ils peuvent durer 90 minutes et plus. L'attention des deux participants est fixée sur l'adversaire. Aucun d'eux ne répond aux autres mâles qu'ils peuvent rencontrer accidentellement. De même, les autres mâles ne prêtent aucune attention au couple qui vole de cette façon et traverse plusieurs fois leur domicile. Si les  de deux mâles peuvent être rejoints par d'autres mâles, formant ainsi un essaim temporaire de plusieurs individus, les interactions avec les Vol Courbe n'impliquent jamais plus de deux mâles. Le comportement des opposants exclut la possibilité d'une interruption même brève par l'atterrissage d'un participant, comme cela peut se produire dans le Vol Flottant

Le Vol Précipité  présente un schéma très similaire aux interactions susmentionnées. Cependant, il est exécuté en solo. Cela se produit dans les contextes sociaux les plus chargés. Par exemple, c'est le comportement d'un mâle quand un autre mâle essaie d'approcher la femelle qui pond dans sa gamme après l'accouplement avec le propriétaire du territoire. Cette situation peut entraîner le détournement de la femelle par l'intrus. 

Le Vol Stationnaire (Fluttering Flight)  est par exemple celui de la parade, mais il est aussi adopté dans de nombreuses situations d'excitation.

Territoire (Home range) et Perchoirs.

De nombreux mâles passent la plupart du temps sur leur perchoir, qui peut être une tige sortant de l'eau ou la feuille d'un arbre surplombant le plan d'eau ; ces perchoirs individuels sont situés très près les uns des autres, séparés de 1 à 4 mètres, mais les C. virgo y sont mobiles, même à court terme et il faut parler de petits territoires appartenant à un mâle pendant plusieurs jours, mais aussi d'une gamme plus large chevauchant ceux des autres mâles. Le perchoir est le centre du territoire et le demeure pendant 4 jours en moyenne.

Les emplacements privilégiés  correspondent aux lieux de nidification optimaux pour les femelles et sont caractérisées par le débit  de l'eau et par un substrat de ponte approprié à la ponte. 

 

 

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V. L'ACCOUPLEMENT.


"Quand une ♀ est en vue, le ♂ le plus proche prend aussitôt son essor et exécute un vol tout particulier (vol nuptial). Porté par un mouvement régulier et très rapide des ailes, l'insecte progresse lentement, vire de droite et de gauche autour de la ♀ et s'en approche toujours plus. Si la ♀ n'est pas consentante, elle ouvre simplement les ailes et relève un peu l'abdomen et si cette manœuvre ne suffit pas, elle s'enfuit en vol. Dans le cas contraire, elle reste immobile, le ♂ se place alors au dessus d'elle, un peu en arrière. Lentement il descend, se pose au somment des ailes jointes de sa compagne et marche doucement sur la marge supérieure de celles-ci, tout en continuant à faire vibrer ses ailes. Arrivé sur le thorax, il recourbe son abdomen et l'enfile entre ses propres pattes et vient saisir le prothorax de la ♀ avec ses pinces terminales. Ensuite il redresse son long corps et se pose sur la branche devant sa compagne. Tandis qu'il la soulève en relevant son corps, cette dernière recourbe à son tour l'abdomen et en applique l'extrémité sous le deuxième segment du ♂, tout en saisissant avec ses pattes celui-ci qui bat encore des ailes. La copulation dure de 2 à 5 minutes puis le ♂ s'envole." (Robert 1958).

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Les femelles volent au-dessus de l'eau, toujours à la recherche de lieux de nidification appropriés et la survolent à travers les territoires des mâles. Les mâles qui reconnaissent les femelles aux reflets des ailes en mouvement, s'envolent vers elle,. Ils utilisent alors leur vol stationnaire caractéristique  et montrent le catadioptre de son abdomen en le levant. Le mâle conduit de cette façon la femelle vers les sites de nidification,  en vol lent. Si la femelle accepte l'accouplement, elle se pose. 

Tandems. Une fois que le mâle a attrapé sa partenaire, le couple peut voler en tandem volant vers un autre perchoir.  Les tandems volants sont généralement poursuivis par un ou plusieurs mâles et tentent de quitter la zone hautement compétitive à la surface de l'eau, volant parfois  sur une assez longue distance et gagnant souvent la frondaison des saules ou autres arbustes, jusqu'à 4–5 m de haut (Panov) . Cela concorde bien avec le fait que les auvents font partie intégrante de l'habitat de Calopteryx virgo, en particulier pendant les périodes de repos nocturne, à la différence de C. splendens.

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1. Les préludes : la parade du mâle.

Je laisse la place aux images.

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Accouplement et ponte de la libellule Calopteryx vierge.

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La séquence suivante a lieu directement sur les lieux de ponte.

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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2. L'accouplement, la recharge de la vésicule séminale du mâle.

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a) le mâle saisit la femme par ses cercoïdes derrière la tête.

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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b) il replie son propre abdomen pour mettre en contact la pore génitale (qui produit le sperme) située sur l'avant-dernier segment de l'abdomen avec  l'organe copulateur situé sous le deuxième segment abdominal, et formé de la vésicule séminale et du pénis.

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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Un grossissement de l'image montre la saillie de l'entonnoir de remplissage en S9.

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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3. L'accouplement proprement dit.

 

Le mâle est généralement posé directement sur la tête de la femelle, il plie son abdomen et attrape par son extrémité la partie cervicale de la femelle. Il procède ensuite au remplissage de la vésicule séminale. Puis, en battant activement ses ailes, il soulève la femelle, afin qu'elle puisse toucher par sa pore génitale la zone copulatrice du 2ème segment du mâle. Si la tentative d'accouplement est forcée, la femelle résiste, de sorte que le contact des organes génitaux se produit très rarement. Pendant le coït, la base de l'abdomen du mâle est élevée et abaissée en rythme dans la position initiale. La durée du coït varie largement (entre 40 secondes et 5 minutes). Si la femme est réceptive, le moment de la fin du coït ne dépend que de l'homme.

J'ai observé des tentatives très laborieuses d'accouplement, pendant lesquelles la femelle semblait incapable de soulever durablement son abdomen en contact avec la zone copulatrice du mâle, et de s'y fixer, malgré des essais itératifs et prolongés et l'adoption de postures très compliquées et de battements répétés d'ailes du mâle, avant l'abandon de l'accouplement.  Était-elle épuisée, ou réticente ?

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Comportement des partenaires après l'accouplement.

Après l'accouplement, le mâle libère la femelle qui demeure posée,  l'abdomen baissé,  pendant quelques secondes ("repos post-copulatoire").  

 

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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IV. LA PONTE.

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1. Une ponte endophyte.

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Les femelles pondent jusqu'à 300 œufs à la fois sur des plantes immergées ou flottantes, immergeant profondément leur abdomen ou s'immergeant complètement.. Les œufs éclosent après environ 14 jours. (Wikipedia en)

 

Chez les Calopteryx éclatants C. splendens,, le comportement des deux sexes semble bien coordonné. Non seulement le mâle essaie de rester aussi près que possible de la femelle pondeuse, mais la femelle aussi, lorsqu'elle se déplace entre des sites propices à l'oviposition, se pose à chaque fois près du mâle. Le mâle se livre à des vols stationnaires, à des chutes sur l'eau, des vols droits, ou agités. 

Un tel comportement coordonné des partenaires après la copulation n'est, selon Pajunen tout comme pour Panov,  pas fréquent chez les C. virgo et ne surviendrait que dans les situations relativement rares où la densité locale de mâles est faible. Dans de nombreux cas, le mâle s'envole et laisse la femelle seule, une femelle pondant sans mâle étant une chose courante chez cette espèce. Néanmoins, dans mes observations, c'est bien un comportement d'accompagnement et de surveillance que j'ai constaté dans cette espèce, avec un vol stationnaire papillonnant.

Les femelles pondent jusqu'à 300 œufs à la fois sur des plantes immergées ou flottantes, immergeant profondément leur abdomen ou s'immergeant complètement.. 

 Les œufs sont pondus dans les tiges des plantes aquatiques au niveau de l'eau et en dessous, où la femelle peut plonger, selon Wikipedia jusqu'à 90 minutes. Elle grimpe ici (contrairement à presque toutes les autres espèces de libellules) à l'envers sur la tige et poignarde les œufs avec l'appareil de ponte (ovipositeur) presque verticalement dans les tiges. Les deux sexes s'accouplent plusieurs fois par jour pendant plusieurs semaines jusqu'à sa mort. Les œufs éclosent après environ 14 jours. (Wikipedia en.)

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"La ponte se fait toujours dans le milieu du jour, de 11 à 15 h, par le soleil ou, en tout cas par temps chaud et calme. Souvent plusieurs ♀ pondent tout près les unes des autres. Après l'accouplement la ♀ reste un moment sur son perchoir, puis descend au bord de l'eau, souvent à des endroits encaissés, et se met aussitôt à pondre. Elle se pose sur la partie émergée des tiges qui sortent de l'eau ou s'y plongent, tantôt vertes, tantôt sèches. Une fois posée, elle tâtonne avec son long corps jusqu'à ce qu'elle ait trouvé une tige convenable. Si elle se tient sur la partie émergée de la plante, elle pond presque toujours sous la surface, ou du moins dans des tissus imbibés d'eau des tiges qui en sortent. Elle enfonce son oviscapte dans les tissus de la plante et tord l'abdomen ce qui place les œufs de manière désordonnée sur les trois quart environ des côtés de la tige. Le rythme est d'un œuf toute les trois à quatre secondes. L'auteur a trouvé jusqu'à 180 œufs sur 5 cm. L'emplacement de chaque œuf forme une petite tache ovale de 0,7 mm de long sur 0,3 mm de large, les œufs étant placés obliquement. La marque brunit avec le temps. L'extrémité de l'abdomen de la ♀ est fréquemment souillée de limons, des traces de ces séjours dans l'eau lors de la ponte, notamment en fin de saison. Une fois l'auteur a observé une ♀ descendre sous la surface, alors les poils serrés de la partie antérieure du corps maintenaient entre eux une certaine quantité d'air et empêchaient l'eau de revenir sur la bête. Ce phénomène est exceptionnel la ♀ ne trempant en général que son abdomen. La pondeuse travaille pendant dix à quinze minutes sans interruption puis elle vient se réchauffer quelques instants au soleil et elle recommence ce même manège à plusieurs reprises. La ponte se fait de préférence dans les pétioles des Populages (Caltha palustris), parfois dans les tiges de Menthe ou de Véronique." (Robert 1958).


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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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2. Une ponte sous la surveillance du mâle.

Les mâles se livrent à une parade post-copulatoire, peut-être pour inciter les femelles à pondre immédiatement plutôt qu'à s'accoupler à nouveau avec un concurrent (Cordera-Rivera) .

Néanmoins, chez les Calopteryx (C. haemorrhoidalis notamment), la femelle peut stocker du sperme  dans un réservoir discret de la spermathèque et pondre sans accouplement préalable, s'assurant ainsi un certain contrôle de la paternité.

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Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

Calopteryx virgo, Crozon. Photographie lavieb-aile 28-30 mai 2020.

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SOURCES ET LIENS.

 

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LES SITES SUR CALOPTERYX VIRGO

 

ALAIN RAMEL

http://aramel.free.fr/INSECTES7ter'.shtml

—Poitou-Charente

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/calopteryx-vierge/

Site du Museum

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65080

Nature22.com

https://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/calopteryx_vierge/calopteryx_vierge.html

— DELIRY

http://www.deliry.com/index.php?title=Calopteryx_virgo

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LES SITES OUTILS.

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ZNIEFF ETANG DE KERLOC'H

https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/530030157/tab/commentaires

ZNIEFF Aber Crozon, rédacteur J. DUFORT

https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/530030160

Cartogrpahie de la ZNIEFF :

https://inpn.mnhn.fr/viewer-carto/espaces/I032G2530030160

 

Atlas de répartition provisoire des Odonates de Bretagne, 2017, Bretagne Vivante.

https://cdnfiles2.biolovision.net/www.faune-bretagne.org/pdffiles/news/Odonatesmars2017-5597.pdf

Pré-atlas des Odonates d'Aquitaine

https://www.cen-aquitaine.org/www/sites/default/files/files/Pre_Atlas_Odonates_Aquitaine_042017.pdf

Atlas de Picardie

http://www.picardie-nature.org/IMG/pdf/atlas_odonates_1960_2013.pdf

Atlas de l'Indre

https://www.indrenature.net/documents/odonates/Bilan_odonates_2013.pdf

GEOPORTAIL réseau  hydrographique

https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

PRESQU-ILE DE CROZON

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/curiosites/ruisseau-001.php

 

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LES GUIDES.

 

DIJKSTRA (K.-D. B.), 2007, Guide des Libelllules de France et d'Europe, Delachux et Niestlé.

GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006, Les Libellules de France, Belgique et de Luxembourg, coll. Pathénope, ed. Biotope, Mèze.

PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charente, ed. Poitou-Charente Nature.

— ROBERT (Paul-André), 1958 - Les Libellules (Odonates). - Delachaux et Niestlé page 62, cité par Deliry.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=e0RDAAAAYAAJ&dq=ROBERT+P.A.+1958+-+Les+Libellules+%28Odonates%29.+-+Delachaux+et+Niestl%C3%A9.&focus=searchwithinvolume&q=calopteryx+virgo

 

LES ARTICLES.

—PAJUNEN, V.I., 1966. Aggressive behaviour and territoriality in a population of Calopteryx virgo L. (Odonata. Calopterygidae). Annls zool. fenn. 3: 201-214. (Annales Zoologici Fennici)

— A. CÓRDOBA-AGUILAR (A.), 2000, Reproductive behaviour of the territorial damselfy Calopteryx haemorrhoidalis asturica ocharan , Odonatologica 29(4); 295-305 December 2000

https://www.researchgate.net/publication/234102390_Reproductive_behaviour_of_the_territorial_damselfly_Calopteryx_haemorrhoidalis_asturica_Ocharan_Zygoptera_Calopterygidae

— PANOV (E. N.), 2016, Behaviour of two demoiselle species (Calopteryx splendens, C. Virgo) during social interaction: A signal or a symptom? Russian Entomol. J. 25(1): 103–120

https://www.researchgate.net/publication/299445457_Behaviour_of_two_demoiselle_species_Calopteryx_splendens_C_Virgo_during_social_interaction_A_signal_or_a_symptom

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Published by jean-yves cordier - dans Odonates
2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 16:27

La Calopteryx vierge qui dansait avec son ombre. Calopteryx virgo (Linnaeus, 1758) ♀, ruisseau de Kerloc'h à Crozon.

Voir aussi :

Cliquez sur l'image.

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Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

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Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

Calopteryx virgo femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile 30 mai 2020.

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Published by jean-yves cordier - dans Odonates
1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 21:50

La libellule Fauve Libellula fulva O.F. Müller 1764 en accouplement à Crozon. Le ruisseau de Kerloc'h.

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Voir sur ce blog :

Zoonymie des odonates : l'origine des noms de Libellula fulva.

 

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PRÉLUDE.

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1. L'étang de Kerloc'h.

Depuis 2010, j'ai exploré l'étang de Kerloc'h, à Crozon, pour y faire mes petits débuts en entomologie. C'est ainsi que cette année-là, fier comme Artaban, j'ai rédigé l'article Mes libellules du mois de mai. J'y trouvai, comme aujourd'hui, le  Calopteryx vierge, la Petite Nymphe à corps de feu, l'Ischnure élégante, L'Agrion Porte-coupe, et, parmi les Anisoptères (la chasse aux Gros) la Libellule fauve mâle, que j'identifiai comme une Déprimée, et la Libellule fauve en accouplement, ou le Gomphe gentil.

Ce fut un choc, et j'ai encore parfaitement en mémoire l'émerveillement devant les cœurs copulatoires des petites libellules, ou Zygoptères.

En 2011 je piaffai d'impatience, et dès le 3 avril je découvrai les Nymphes à corps de feu:

Premières libellules à Crozon : les nymphes à corps de feu.

En 2012, j'affichai à mon palmarès, au même endroit, (l'embarcadère des pêcheurs sur cet étang), la Cordulie bronzée (et encore la Libellule fauve)

Cordulie bronzée et Libellule fauve à Crozon.

En 2018, j'étais fidèle au rendez-vous, et j'observai un papillon, le Petit Sylvain, sans doute exactement là où, cette année 2020, je l'ai retrouvé. Et de la même façon, je photographiai le Crocothemis écarlate, et sa dame, que je viens de re-photographier cette année.

Le Petit Sylvain Limenitis camilla à Crozon.

Crocothemis erythraea ou Crocothémis écarlate à l'étang de Kerloc'h, Crozon.

Cherchant à varier mon point d'observation sur l'étang, je découvris le beau spot de l'Ancienne gare de Perros et je le fréquentai régulièrement. Que de beaux souvenirs entomologiques : Cordulie bronzée, Petite Nymphe à corps de feu, Poliste, Point-de-Hongrie, Grémil prostré, etc.

En mai 2010, à Kermoal (lande sèche dominant l'étang), j'avais observé un accouplement d'Oxycordulie à corps fin,  qui prouvait au monde entier que l'espèce se reproduisait bien sur ce site.

À cette exception près, tout cela est bien modeste, puisque ces espèces sont communes, tandis que le site abrite des espèces rares, "dont l’Aeshne isocèle (Aeschna isoceles), une espèce très rare et hors de son aire : la Cordulie bronzée (Cordulia aenea), et deux espèces d'intérêt communautaire : la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) observée à plusieurs reprises, ainsi que l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)." (ZNIEFF).

 

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2. Le Pont Gaulois.

En 2013, j'avais découvert le "Pont Gaulois" de Crozon, mais c'était dans un but archéologique, si je peux me hausser du col ainsi, pour admirer sa "pierre à cupules".

Le Pont Gaulois de Kervon à Crozon.

Mais ce n'est que cette année que, cherchant à diversifier mes points d'observation à Crozon (Poraon, Tromel, et cet étang), je m'avisai que ce Pont Gaulois enjambait allègrement, de sa portée de 3 mètres environ, le ruisseau de Kerloc'h.

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3. Le Ruisseau de Kerloc'h.

Quel choc, quelle découverte encore ! Ce ruisseau, qui alimente l'Etang de Kerloc'h avant de déboucher sur la plage du nord de l'Anse de Dinan, sur les limites communales  Camaret-Crozon suit un trajet de 16,8 km orienté strictement est-ouest et barre ainsi la Presqu'île parallèlement avec la Rivière de l'Aber, le deuxième principal cours d'eau. Il prend sa source sur l'autre versant de la presqu'île, celui qui donne sur la Rade de Brest, sous le manoir d'Hirgars (Crozon), à une altitude de 54 mètres, soit une pente de 0,003 m/m. On comprend que le débit sera faible, surtout en période chaude.

Il forme en son tiers moyen la limite entre les communes de Lanvéoc au nord et de Crozon.

 

On voit sur la carte l'ovale du site de Guenvenez, bien connu pour abriter les têtes nucléaires de l'île Longue, mais qui nous intéresse car il forme un noyau dense et élevé que le ruisseau contourne.

Selon B. Hallégouet,  la rivière de Kerloc'h  devait s'écouler, dans un passé vraiment lointain, en direction de la rade de Brest par la vallée du Fret avant sa capture par le ruisseau qui drainait l'emplacement de l'anse de Dinan.

Les eaux y sont douces, sauf dans la partie avale de la roselière de l'étang, en raison d'entrées d'eaux maritimes aux marées de vive-eaux, mais sans entraîner de plantes halophiles. Dans l'étang, les eaux sont qualifiées d'eutrophes, c'est à dire (eaux riches en nutriments et pauvres en O2 , turbides avec présence d’algues filamenteuses, présence de vase.

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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Il suffit d'accentuer le zoom pour faire apparaître une douzaine d'affluents, de simples rus qui soulignent néanmoins par leur trajet les pentes d'une vallée.

Si on continue à zoomer sur la carte, nous voyons que le ruisseau traverse un paysage de champs labourés, ou de prairies entourés de haies d'arbres et d'arbustes, avec quelques troupeaux, une douzaine d'exploitations agricoles, quelques manoirs (Hirgars, Kerdreux et Kerberiou à l'est, Lanvagen, Gassus  et  Keramprovost-Pennandreff au centre, Lescoat et Goandour à l'ouest), mais aucun moulin à eau, confirmant la nature nonchalante du cours d'eau. Il exista pourtant, juste à la fin du parcours du ruisseau (au nord-ouest du pont actuel où passe la route D8)  probablement au XVIe siècle un moulin à eau douce dont il ne reste qu'une plate-forme inaccessible à cause de la végétation (archives départementales 7 S 49, plans levés en 1842). C'était un moulin à foulon (Didier Cadiou).

 La pêche y est pratiquée, et j'ai cru voir passer quelques truites ; on y signalait du vairon et du chabot. "La pêche se pratique sur le cours d'eau de Kerloc'h et son étang. La pêche est ouverte toute l'année exceptée pour le brochet (1er à fin janvier et mi-avril au 31 décembre). Ce site n'est fréquenté essentiellement que par des habitués (5-6 pêcheurs) et n'est accessible que par un endroit au sud du périmètre (donc faible pression). Cette activité est gérée par l'Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) de Crozon qui dépend de la fédération départementale."

Le trajet du cours d'eau est marqué sur la carte par un couvert d'arbustes, le plus souvent large de quelques mètres entre les parcelles agricoles .

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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POUR CETTE ANNÉE, UN GRAND CHANGEMENT.

Pour ce printemps 2020, je décidai de procéder autrement. Plutôt que d'aller sur le site choisi et d'y photographier ce que je voyais, puis d'identifier mes prises, j'allai mieux tenter de comprendre à la fois le milieu environnant, et le comportement des individus.

Je n'étais ni pêcheur, ni chasseur, mais il me fallait adopter ce comportement de pisteur, non pour mieux les capturer, mais pour mieux les apprécier.

 

 

Je rappelle le postulat de ce blog : aborder en naïf des sujets sur lesquels je n'ai aucune compétence, ni naturaliste ni photographique, armé de ma seule curiosité.

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1. Le site d'observation : le Ruisseau de Kerloc'h au Pont Gaulois.

Ce pont est placé sur le Kerloc'h juste après l'arrivée d'un affluent qui passe sous la route par une buse. Le ruisseau  s'oriente vers le nord-ouest entre l'exploitation de Kervon et le village de La Boissière (toponyme indiquant la présence de Buis). Plus à l'ouest, les lieux-dits Lesvern Vras et Lesvern Bihan tiennent leur noms des aulnes (champ des aulnes), et signalent ainsi, à 200 m du lit du ruisseau, un lieu humide.

Coordonnées Lambert II : X 96990 Y 2383855.

Plan du cadastre napoléonien 3P 45/2/55 section 25-3 de Kervon: ce plan de 1831 montre que les parcelles de lanières très étroites se succèdent perpendiculairement au ruisseau (donc dans le sens de la pente du vallon). Il montre aussi le chemin reliant Kervon et La Boissière.

L'altitude est de 22 mètres, soit la moitié de celle de la source.

Je le choisis essentiellement pour son accessibilité, et pour le féliciter de son accueil et, comme pour les grandes tables, pour sa "carte". J'y ai passé de longues journées ensoleillées.

Il a ici un mètre de large, voire deux,  et il est, en ce mois de mai peu profond (10 à 20cm , jamais plus), laissant voir un fond de cailloux jaunâtres. De part et d'autre, la rive, meuble ou spongieux, est peuplée d'orties ou de fougères, parfois de joncs et sur les endroits ensoleillés, des larges feuilles retombantes des carex. La surface de l'eau accueille soit des feuilles mortes, soit des plantes ovales ou en lanières dont j'ignore le nom, mais qui font le bonheur des petites libellules pondant en tandem.

Il serait amusant d'y décrire, avec plus de compétences que les miennes,  une stratification horizontale depuis le fond, avec les têtards, les larves, les éphémères, la zone de ponte de -5cm  à 5 cm de la surface (des Zygoptères, des Calopterix, des Libellulidés), la zone de 30 cm qui est celle des tiges de hélophytes où se perchent et s'accouplent les mêmes libellules, et qui est aussi celle de beaucoup de papillons et d'autres insectes, puis la zone des branches des aulnes et saules, sur laquelle il faut savoir rechercher les libellules qui s'y réfugient (Calopterix ++), puis la frondaison qui cachent de nombreux oiseaux qui restent invisibles  mais dont j'entends le chant qui se mêle au frais chuchotis de l'eau qui s'écoule.

Je serai aussi curieux d'entendre décrire la vie de ce petit théâtre depuis le matin jusqu'au soir, tandis que le soleil le balaye tel un projecteur et rétrécit progressivement la zone lumineuse vers le bord du chemin : quels espèces sont du matin, quels événements surviennent ensuite, quels sont les rythmes, les successions de passage et de prise de possession temporaire des lieux. Quel est l'heure de l'apparition de la première libellule — et laquelle est-ce—, quelle est l'heure du départ de la dernière, et qui étaient la lumière en partant. À défaut de ce guide idéal, je tente d'observer la scène.

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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Mon sujet : la Libellule fauve, Libellula fulva.

 

Ce fut elle qui me choisit : elle était au menu du jour, et ses mâles s'exposaient au soleil.

C'est la première chose que j'avais à comprendre pour étudier les libellules : il fallait du soleil, le moins de vent possible, et de l'eau. (Pas de pluie ; nébulosité faible ; force du vent < 5 beaufort. température > 17° ; 10h-17h) Une libellule fauve est d'abord un œuf, puis une larve aquatique qui traverse plus de dix stades marquées par autant de mues. Pendant deux ans, vivant au fond de l'eau  enfouie dans des débris végétaux ou dans la vase, elle respire dans l'eau du ruisseau par des branchies. Puis, par une journée chaude dès la fin avril, elle sort, grimpe sur une tige, respire en mode aérien par les stigmates de son thorax, reprend quelques bains puis émerge définitivement, laissant sa vieille peau (l'exuvie) accrochée au porte-manteau de quelque plante de la rive. C'est son "vol imaginal". Dès lors, dans cette vie hors de l'eau, elle n'a plus que deux mois à vivre. Au grand maximum : elle vole de début mai à fin juillet, alors que les émergences, synchronisées sur un lieu donné à 100% en quelques jours, surviennent pour une zone plus vaste jusqu'à fin mai. Dolny a calculé une durée de vie maximale des spécimens adultes de 16 à 26 jours en 2002 et 2003.

 

Elle doit d'abord passer les deux premières semaines à acquérir sa maturation sexuelle. Lors de cette phase, elle restera discrète mais se livrera, assez loin des rivières, à la chasse (comme elle le faisait déjà comme larve) en croquant mouches, moucherons ou moustiques. Si l'aspect de la femelle ne change alors peu, celui du mâle change radicalement. Orange vif à l'émergence, il devient bleu-gris et noir une fois mature.

Vient alors la phase d'Imago reproducteur. Avec deux buts obsessionnels très différentes selon le sexe : pour la femelle, pondre, pondre, pondre et restée cachée. Pour le mâle, 1.capturer une femelle et s'accoupler, 2 chasser les concurrents.

Le mâle, désormais reconnaissable par sa livrée bleu, va se poster au dessus du meilleur  site de ponte (au soleil, abrité du vent) et attendre, juché sur l'extrémité d'une tige sèche ou d'une feuille de carex, qu'une femelle se montre dans son champ de vision. Il s'attribue un territoire d'une cinquantaine de mètres sur le cours du ruisseau et de temps à autre, il en fait le tour, vérifiant qu'une femelle ne se dissimule pas dans un coin sombre et humide. Si un mâle arrive, il l'attaque derechef, en fonçant sur lui et en le percutant. Puis il revient sur son perchoir, où sur un ou deux autres de rechange, délogeant tout insecte qui s'y serait installé. Pour des raisons qui m'échappe, il a le droit de changer de territoire dans la journée, ou au bout de quelques jours, ou encore il peut réduire la taille de ce territoire si la densité de population augmente. Ou bien, il peut opter pour une stratégie non territoriale. Les accouplements auront lieu en général à partir du début d'après-midi.

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La Libellule fauve se voit dans tous les départements bretons, mais (dans l'attente des résultats de l'Atlas des Odonates de Bretagne), elle est moins fréquente en Finistère et Côtes d'Armor qu'en Morbihan ; en presqu'île de Crozon, elle est donnée comme peu fréquente, et en 2017, la maille UU94  correspondant au ruisseau de Kerloc'h n'était même pas renseignée !

Elle affectionne les eaux faiblement courantes (ou stagnantes à alimentation régulière) des rivières et ruisseaux encadrés de saules et d'Aulnes qui assure la fraîcheur, mais pose deux conditions : l'existence de tronçons ensoleillés ( d'où l'intérêt de l'entretien des ruisseaux pour les dégager de l'excès d'arbustes) et malgré tout l'existence d'une bordure fournie d'hélophytes (qui vit dans la vase mais dont les feuilles sont au dessus,  comme les joncs, les Carex, les Iris, la menthe aquatique, parfois des Phragmites et des Typha ), souvent surplombante. Elle préfère disposer de plantes hydrophytes immergées, auxquels les œufs adhèrent grâce à leur épaisse couche de mucus. En un mot, elle est plus exigeante sur la qualité de l'eau que la Libellule déprimée ou que celle à quatre-tâches, et l'importance d'une riche végétation rivulaire est soulignée par tous.

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Les libellules partageant les mêmes terrains se regroupent pour les naturalistes en "cortèges", groupant les espèces fréquemment rencontrées ensemble. C'est une notion fluctuante dans le temps et l'espace, mais néanmoins on cite pour les eaux courantes des ruisseaux Calopteryx virgo (ce qui se vérifie ici dans les endroits ensoleillés), Coenagrion mercuriale (signalé sur l'étang de Kerloc'h), Cordulegaster boltonii (que j'ai vu au Pont Gaulois), l'ubiquitaire Pyrrhosoma nymphula (exact !) . Dommanget a donné plus de précision dans son Etude faunistique de 1987.

Le "cortège" que j'ai observé était  en mai au Pont-Gaulois : Calopteryx virgo, Pyrrhosoma nymphula, Coenagrion puella, Libellula fulva, rares L. depressa, et enfin Cordulegaster boltonii, les quatre premières espèces en accouplement.

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DESCRIPTION.

Les libellules fauves sont parmi les Odonates des Anisoptères, de gros gaillards qui se posent avec les quatre ailes étalées (à la différence des zygoptères ou Demoiselles qui sont fines comme des aiguilles à tricoter et gardent leurs ailes fermées au repos). On peut les distinguer en Patrouilleurs (sillonnant la surface des eaux, comme les Aeschnes, les Cordulégastres, par exemple) et Percheurs. À l'évidence, les libellules fauves sont, avec tous les Libellulidés, des Percheurs (même si elles patrouillent un peu). Dans leur famille des Libellulidés (Libellula, Orthetrum, Crocothemis, Sympetrum), les mâles sont bleus et les femelles rouges ou oranges (avec les exceptions à chaque fois pour nous énerver). Ce bleu est en fait une pruine d'aspect cireux ou poudreux comme sur les prunes ou les raisins, et si on le frotte, il disparaît au profit (au dépit) d'une teinte noirâtre. Un mâle qui a connu la forte étreinte d'une femelle reste marque, au milieu de l'abdomen, par deux cupules noirâtre.

Face à un mâle bleu costaud, je regarde la base des ailes : si elle est marquée d'une tache sombre, c'est— dans mon coin et en schématisant) une Libellula et non un Orthetrum. Et, parmi ces Libellula, j'ai le choix entre celle à quatre taches (ces quatre marques noires la rendent facile à déterminer), la depressa, et la fulva.

Comme je me suis fait avoir, je fais attention. La Libellule déprimée (la L. depressa) a un abdomen très large (d'où son nom), avec des marques jaunes sur le coté et, surtout, les taches noires de la base des ailes sont larges. La libellule fauve a un abdomen plus fin, sans marques jaunes, et surtout, ses marques noires de la racine des ailes sont modestes (sur l'aile antérieure, c'est une simple barre noire). En outre, la pointe de l'abdomen bleu des mâles est noire sur trois segments.

On ne retiendra qu'avec prudence le critère de la tache sombre de la pointe des ailes , car il est absent chez de très nombreux mâles, et n'est fiable que pour les femelles.

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Pour commencer par cette distinction, voici un mâle de Libellule déprimée. En fait, cette espèce n'est montrée bien plus rare sur mon site.

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Libellule déprimée mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule déprimée mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le mâle Libellula fulva.

Ils sont décrits dans les guides, auxquels je renvoie. Ils mesurent 42 à 45 mmm, ont le thorax velu, les yeux gris-bleu puis gris, l'abdomen noir couvert d'une pruine bleue sur S3-S7 et deux marques noires sur S5, après accouplements et les trois derniers segments  S8-S10 noirs. Ce sont des mâles puisque les appendices anaux sont rapprochés à la base (et inversement, écartés chez les femelles) ; ils ont la forme de deux S étirés parallèles.

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Ils sont perchés dès le matin sur leur tige "vue sur berge", les yeux rivés vers le ruisseau, quand ils n'en sont pas chassés ou menacés de l'être par un concurrent ou un autre insecte qui les attaquent en piqué-frôlé, ou bien font leur tour jusqu'à leur résidence secondaire, un perchoir subsidiaire placé à une vingtaine de mètres. Je ne sais pas  photographier en vol ces bolides bleus très affairés. Je ne sais pas non plus comprendre (sauf cas évident) s'ils patrouillent parce que je les ai dérangés de leur site, parce qu'ils chassent pour se nourrir, parce qu'ils attaquent un concurrent ou un autre insecte, ou parce qu'ils inspectent les cachettes des femelles.

Il y a un piège, le mâle immature : il est orange (thorax et abdomen), avec une bande mediodorsale sur l'abdomen. Pour ne pas le confondre avec une femelle, je regarde les pièces anales, qui se touchent à leur implantation. Mais j'en ai vu très peu ou pas du tout au bord de l'eau.

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Si je me mets devant eux pour montrer leur face noire, ils se mettent à hocher la tête comme s'ils aboyaient contre moi. 

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Les appendices anaux du dernier segment S10 : les cercoïdes ou appendices anaux supérieurs les plus grands et visibles, et les appendices anaux inférieurs ou cerques :

Appendices anaux des Anisoptères copyright SFO 2007

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LES FEMELLES.

Elles sont orange avec l'extrémité des ailes salies d'une cupule sombre. Et surtout, elles ont le talent de passer inaperçues. Contrairement aux mâles, les femelles n'apparaissent qu'à midi, de sorte que l'accouplement ne peut être observé qu'à la fin de la matinée.

Leurs yeux sont souvent décrits comme bruns, tandis que j'ai observés des yeux gris-bleus.

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Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Une vieille femelle.

Avec l'âge, elles s'assombrissent et leur abdomen devient brun et mat.

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Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'ACCOUPLEMENT.

Toute femelle repérée par un mâle est approchée, en vol, et saisie sans parade ou préludes, par l'arrière de la nuque grâce aux cercoïdes, ces pinces anales qui s'ajustent comme une clef dans une serrure (et qui ne s'ajusteraient pas à une autre espèce). La femelle replie alors son abdomen avec une angulation très accentuée entre thorax et abdomen. Elle enlace son partenaire avec ses pattes postérieures. Le duo  vole ainsi rapidement vers une feuille, proche de l'eau : c'est souvent le perchoir qui avait été sélectionné auparavant par le mâle.

Le mâle agrippe de ses pattes la tige, tandis que la femelle y appuie toute la longueur de la face dorsale de  son abdomen. C'est la "roue d'accouplement", Paarungsrad en allemand.

Ils vont rester ainsi durant quinze minutes à une demi-heure, non sans être embêtés par les autres mâles qui n'hésitent pas à se poser juste devant ou juste derrière eux, voire même à placer (photo) l'abdomen sur la tête du mâle. Ils seront aussi dérangés par les autres insectes, et soit ils bougeront de quelques centimètres, soit ils changeront de perchoir. Parfois une dizaine de fois!

Reprenons.

Les guides m'ont fourni les explications suivantes : L'accouplement est précédé, pour le mâle, par "la recharge de la vésicule séminale". Le sperme est sécrété par la pore génitale ou organe génital primaire du 9ème segment, presque à l'extrémité de l'abdomen, en wagon de queue. Ce sperme doit venir recharger l'organe copulateur (la vésicule séminale et le penis) qui se trouve, lui, pour le mâle, en S2, dans les wagons de tête; Le mâle doit donc replier son abdomen en boucle pour aboucher ou accoler S9 avec S2. Il procéde à cette opération en vol nuptial, après la formation du tandem. J'aurai bien aimer photographier cet instant, ou, à défaut, en trouver une photo ou un schéma pour la Libellule fauve. Mais cela dure une ou deux secondes!  J'aurai aussi aimé photographier ces deux organes. Mais les individus que j'ai photographié étaient posés sur une tige, me masquant ces détails anatomiques. Le site Mes Libellules fournit des clichés pour des zygoptères :

http://meslibellules.fr/pagesweb/lestidae/viridis/lestes-viridis-accouplement-5.php

http://www.meslibellules.fr/blog/category/vietnam/platystictidae/

Puis la femelle en repliant son abdomen place son propre organe copulateur (qui lui, est en S9) contre celui du mâle (le pénis), dont nous avons compris qu'il se trouve en S2. Le mâle élimine tout d'abord le sperme des accouplements antérieurs de la femelle, resté dans sa cavité spermatique "avec l'aide de sortes de petits plumeaux" (Précigout p.22), puis féconde les œufs de la  femelle.

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Enfin le couple se sépare, la femelle reste dans la végétation quelques minutes avant de pondre les œufs par paquets enduits de mucus dans les partie peu profondes des berges tandis que le mâle n'accompagne pas la femelle mais écarte agressivement tous les rivaux.

 

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Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

 

 

 

 

 

 

 

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LIENS ET SOURCES.

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LES SITES SUR LIBELLULA FULVA.

— http://aramel.free.fr/INSECTES7-5.shtml

http://meslibellules.fr/pagesweb/libellulidae/libellula/fulva/libellula-fulva-accueil.php

— Site du Museum

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65265

— Nature22.com

http://www.nature22.com/odonates22/anisopteres/libellule_fauve/libellule_fauve.html

— PREBOGGION.IT

https://www.preboggion.it/Odonata_SP_Libellula_fulva.htm

— Wikipedia, photo de Christian Fischer

https://en.wikipedia.org/wiki/Scarce_Chaser?oldid=540736794#/media/File:LibellulaFulvaCopula.jpg

https://de.wikipedia.org/wiki/Spitzenfleck

— British Dragonfly Society : les photos et la video

—  https://british-dragonflies.org.uk/species/scarce-chaser/

— ZIMMERMANN (Matthias)

http:/:www.natur-lexicon.com

http://www.natur-lexikon.com/Texte/MZ/001/00086-Spitzenfleck/MZ00086-Spitzenfleck.html

— Pierre DEFONTAINES 2012, Richesse odonatologique d'une mare artificielle,Martinia

 

http://www.libellules.org/fra/pdf/683_pagesdynadocs57e7840fc9030.pdf

 

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LES SITES OUTILS.

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— ZNIEFF ETANG DE KERLOC'H

https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/530030157/tab/commentaires

Descriptif synthétique : étang littoral avec fonds de vallée sauvages.

Milieux principaux : étang eutrophe à végétations aquatique flottante et submergée (dont tapis immergés de characées), avec roselières en partie sur bordure dunaire, cladiaie importante sur la rive sud, et saulaies marécageuses, et localement un groupement amphibie à littorelle, et plusieurs rus et ruisseaux d’alimentation. En bordure, par places : des landes humides à tourbeuses atlantique, des landes sèches et mésophiles sur buttes et versants, et de la prairie - pelouse sur remblais à influence dunaire, des fourrés à prunelliers, à ajonc d’Europe et ptéridaies. Quelques secteurs boisés avec chênaie maigre ou ormaie-frênaie littorale.

Espèces remarquables :

- Flore: 10 espèces protégées, dont 9 au niveau national, sont présentes ou ont été signalées après 1990 : les rossolis intermédiaire et à feuilles rondes (Drosera intermedia et D. rotundifolia), la littorelle des étangs (Littorella uniflora), la pulicaire commune (Pulicaria vulgaris) dont c’est l’unique donnée récente pour le Finistère mais qui n’a pas été revue après 1992, la grande douve (Ranunculus lingua), le grémil prostré (Lithodora prostrata), et quatre orchidées : le spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis) en tourbière acide, l’orchis punaise (Orchis coriophora), le sérapias à petites fleurs (Serapias parviflora) et l’ophrys araignée (Ophrys sphegodes). Une quinzaine d’autres plantes rares ou menacées du Massif armoricain sont aussi présentes, dont plusieurs très localisées ou en forte régression dans le Finistère comme l’ophrys sillonné (Ophrys sulcata), la fougère des marais (Thelypteris palustris) ou la petite utriculaire (Utricularia minor).

Est à signaler un herbier de characées, et particulièrement l’espèce Nitellopsis obtusa découverte dans ce site en 2011 et constituant ici un herbier de grande taille et forte densité ; c’est une redécouverte pour le Finistère car l’unique donnée précédente est ancienne et non revue (Etang de St-Vio en Baie d’Audierne) pour une espèce rare dans le Massif armoricain.

- Faune : nombreuses espèces d'odonates recensées avec plusieurs espèces rares et en limite d'aire dont l’Aeschne isocèle (Aeshna isoceles), une espèce très rare et hors de son aire : la Cordulie bronzée (Cordulia aenea), et deux espèces d'intérêt communautaire : la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) observée à plusieurs reprises, ainsi que l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale).

De nombreuses espèces de mammifères ont été inventoriées dont les espèces d'intérêt communautaire : la loutre d’Europe (Lutra lutra) présente en permanence sur le bassin versant du Ruisseau de Kerloc’h, et le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) qui a un gîte de reproduction à proximité immédiate de ce site.

 

— Atlas de répartition provisoire des Odonates de Bretagne, 2017, Bretagne Vivante.

https://cdnfiles2.biolovision.net/www.faune-bretagne.org/pdffiles/news/Odonatesmars2017-5597.pdf

— Pré-atlas des Odonates d'Aquitaine

https://www.cen-aquitaine.org/www/sites/default/files/files/Pre_Atlas_Odonates_Aquitaine_042017.pdf

— Atlas de Picardie

http://www.picardie-nature.org/IMG/pdf/atlas_odonates_1960_2013.pdf

— Atlas de l'Indre

https://www.indrenature.net/documents/odonates/Bilan_odonates_2013.pdf

— GEOPORTAIL réseau  hydrographique

https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

—PRESQU-ILE DE CROZON

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/curiosites/ruisseau-001.php

 

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LES GUIDES.

— DIJKSTRA (K.-D. B.), 2007, Guide des Libelllules de France et d'Europe, Delachux et Niestlé.

—GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006, Les Libellules de France, Belgique et de Luxembourg, coll. Pathénope, ed. Biotope, Mèze.

—PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charente, ed. Poitou-Charente Nature.

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LES ARTICLES.

Elisabeth Cabon, Benjamin Le Mell (Stagiaires de Bretagne Vivante – SEPNB) et David HEMERY (expertise naturaliste), Diagnostic du site de Kerloc'h,  Plan national d'actions du « Phragmite aquatique » 2010 – 2014 Conservation du Phragmite aquatique en Bretagne Déclinaison du plan d'actions – année 2013

file:///I:/05%20=%20mai%202020/CROZON%20LE%20KERLOCH/Diagnostic%20ACROLA%20de%20Kerloc%E2%80%99h%202013.pdf

"Parmi les oiseaux, Bouscarle de Cetti , Bruant des roseaux , Cisticole des joncs, Locustelle luscinioïde , Phragmite aquatique , Busard des roseaux , Râle d'eau, Phragmite des joncs, Panure à Moustaches."

 

—BOANO (Giovanni) &Antonio Rolando, 2003, Aggressive interactions and demographic parameters in Libellula fulva (Odonata, Libellulidae), Ecology & ethologyItalian Journal of Zoology vol.70 p. 159-166 2003

— DOLNY ( A.), Matějka P. 2007, : A contribution to population biology of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae) on coal sludge sedimentation pond (Karviná – Czech Republic). Ekológia (Bratislava), Vol. 26, No. 4, p. 341–351, 2007.

— DOMMANGET (Jean-Louis), 1987, Etude faunistique et bibliographique   des Odonates de France, INRA, Museum d'Histoire Naturelle fascicule 36.

 

http://www.libellules.org/fra/pdf/595_pagesdynadocs567836e6c68f4.pdf

— HALLÉGOUET (Bernard), 1976, Les formations de remblaiement des vallées mortes de la presqu'île de Crozon  [note critique], Norois  Année 1976  92  pp. 615-622

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1976_num_92_1_3544

— HALLÉGOUET (Bernard), Alain Henaff, L'engraissement des plages de l'anse de Dinan à l'ouest de la presqu'île de Crozon en Bretagne occidentale ,Norois  Année 1995  165  pp. 131-152

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1995_num_165_1_6616

— MACAGNO (Anna L. M. ), Giovanni Boano, Claudia Palestrini, Marco Stassi, Antonio Rolando, 2008, Movement and Demographics of Libellula fulva (Odonata, Libellulidae), Environmental Entomology, Volume 37, Issue 5, 1 October 2008, Pages 1145–1153, 

— NAGY (B.) et al., 2005, Site fidelity and fluctuating asymmetry in males of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae), Entomol.rom., 10: 59-64, 2005 ISSN 1224 - 2594 Beáta Nagy, Annamária Székely, Noémi Szállassy .

— NAGY (B.) et al., 2008, Site fidelity, satellite tactics and mating success in Libellula fulva (Müller) (Anisoptera: Libellulidae), Odonatologica 37(3): 203-211 September I. 2008 B.H. Nagy¹*, N. Szállassy² and G. Dévai¹

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=592629

—  NAGY (H. B.) et al. 2011, Population size effects on the behaviour of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae) males, a five year study   North-western Journal of Zoology,  7 (1): pp.39-46 

https://www.researchgate.net/profile/Zoltan_Laszlo/publication/234135264_Population_size_effects_on_the_behaviour_of_Libellula_fulva_Odonata_Libellulidae_males_a_five_year_study/links/02bfe50f7a04447f4d000000/Population-size-effects-on-the-behaviour-of-Libellula-fulva-Odonata-Libellulidae-males-a-five-year-study.pdf

 

— NAGY 2009 Survival of dragonfly Libellula fulva males according to their mating status: a four year study Noémi Szállassy, Zoltán D. Szabó, Beáta H. Nagy

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon Zoonymie des Odonates
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 20:50
Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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8 rue des Écoles : encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en anse de panier à accolade, chronogramme 1646, piédroits chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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[12] rue des Écoles. élévation en moellon, ouvertures en pierre de taille (microdiorite quartzique). Porte en anse de panier à linteau souligné d'un bandeau. Bords chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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En passant : 7 rue des Écoles. Prix spécial pour la pancarte "chien gentil".

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DU FORT.

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Le 1 (?) rue du Fort : encadrement de porte en kersantite, porte cintrée à claveau, chronogramme 1695.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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3 rue du Fort : encadrement de  fenêtre en microdiorite quartzique et kersantite. Bords chanfreinés ornés aux pieds d'une hermine ou animal à préciser.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DE LA GRÈVE.

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7 rue de la Grève. Encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en trois blocs en anse de panier à accolade. Piédroits chanfreinés ornés à la base d'hermines.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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13 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en microdiorite quartzique et kersantite , linteau droit chanfreiné,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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17 rue de la Grève. Encadrement de porte  en microdiorite quartzique  , linteau droit à accolade,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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19 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en  kersantite , linteau droit; mention spéciale pour les jardinières.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA GRAND'RUE.

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17 Grand'rue. Trois blocs gravés. Kersantite 1699 (?) ; granite 1956 ; monogramme TB. 

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Ma description est très loin d'être exhaustive, on la complétera par les photographies prises par Erwana L'Haridon, et surtout, on partira à son tour en visite pour faire ses propres trouvailles.

Dans la campagne, de belles découvertes sont à faire, avec les chronogrammes 1651 ; 1745 ; 1749 ; 1780 ; 1806 ; 1834 ; 1855 ; 1857 ; 1866 ; 1869 ; 1870 ; 1892 ; 1894 ; 1925, en suivant les indications d'Erwana l'Haridon..

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SOURCES ET LIENS.

L'HARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

L'HARIDON (Erwana), 2011, Les fermes et maisons des écarts de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-fermes-et-maisons-des-ecarts-de-lanveoc/f5fc487d-2ebe-426b-84ce-494984cee580

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:26
14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'inscription de la fenêtre du rez-de-chaussée, coté est. Kersantite, 1694.

Le bloc de kersantite est creusé d'un cartouche rectangulaire à deux demi-cercles aux extrémités et un aménagement pour la croix. Les lettres sont taillées en réserve en majuscules aux empattements élargis. Elles sont rehaussés par la peinture bleu-gris.

On y lit :

IHS.1694.MARI

Le monogramme IHS où le H est surmonté d'une croix est celui de IESUS ( précision sur Wikipedia).

Le monogramme MARI où le M, le A sont superposés et où le fût du M et celui du le R sont confondus  est l'une des formes de celui de MARIA, désignant Marie, la Mère de Jésus.

Ces deux monogrammes sont des indices sérieux pour penser qu'en 1694, cette maison était la demeure d'un prêtre (ou d'une religieuse). Ce ne peut être le recteur puisque Lanvéoc était une paroisse de Crozon jusqu'en 1862. L'ancienne chapelle Saint-Joseph, du XVIe siècle, a alors été remplacée par celle dédiée à sainte Anne en 1872. Elle renferme des statues de la Vierge à l'Enfant, de sainte Anne éducatrice ou de saint Joseph datant (comme notre inscription) du XVIIe siècle.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La date de 1694 n'est pas anodine puisque c'est celle de la Bataille de Camaret, qui vit la tentative de débarquement des forces anglaises sur la plage de Trez Rouz être repoussée par les troupes françaises dirigées par Vauban.

Lanvéoc est située sur la route royale de Nantes à Brest et c'est de son port que les voyageurs et les marchandises prenaient le bateau (une gabarre d'une douzaine de mètres) pour traverser la rade.

C'est donc par Lanvéoc que passèrent le 9 juillet 1686 (8 ans avant notre chronogramme) la délégation venue du royaume de Siam pour rencontrer Louis XIV à Versailles.

Cette situation sur un grand axe de communication a déterminé l'organisation en rue-village en T avec la succession d'une vingtaine de maisons dans la descente de la Grand'Rue (au XIXe Rue Nationale), venant buter sur un front de façades plus court donnant vers les chemins descendant vers le port (actuelle Rue de la Grève et Rue du Fort). C'est là que se trouvent encore des vestiges ou les pierres importées des maisons du XVI et XVIIe début XVIIIe, principalement sous la forme de baies en kersantite et microdiorite quartzique ("kersanton" et "pierre jaune de Logonna") dont on se plait à observer l' ornementation sculptée  : ici  une accolade, un chanfrein, une moulure, là les volutes et coeurs sur les linteaux, les griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroit. 

Le cadastre napoléonien de 1833 montre 12 maisons du coté ouest de la Grand'rue et autant du coté est, avec à l'arrière un courtil ou une dépendance. Le bourg comptait en 1786 350 habitants, des marins, pêcheurs, cultivateurs et artisans. Le chiffre passa à  328 habitants en 1830, , 394 en 1862 et 400 en 1871.

La chaussée étant empruntée par des cavaliers, des colonnes de troupes, des convois, des charrettes et des diligences, la voie principale du bourg est très large. Sa largeur répond aux normes des routes royales : 42 pieds de large, soit 13 mètres.

En 1786, Jean-Marie Bachelot de la Pylaie décrit les maisons de la grand'rue : "On y trouve une rue large, d'une certaine longueur, droite, bordée sans interruption de maisons couvertes en ardoise qui ont presque toutes un premier étage au dessus d'un rez-de-chaussée. On en remarque même qui ont une certaine apparence nobiliaire et paraissent remonter au 15e ou 16e siècle." 

Les enseignes visibles sur les  cartes postales confirment l'intuition que les commerces d'alimentation, auberges et tavernes devaient être nombreuses. (Boulangerie ; Buvette ; Leostic, on vend à boire et à manger : Au retour de Brest).

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Comparaison entre la carte d'Etat-Major 1820-1866 et la carte IGN actuelle.

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Les inscriptions lapidaires des maisons de Lanvéoc II. Les dates de 1694 et 1752 au 14 Grand'rue.

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L'inscription de la fenêtre médiane de l'étage. Kersantite 1752.

F : D : 1752 : A : B :

Les initiales ne peuvent être interprétées, mais la date de 1752 indique soit la construction d'un étage, soit une restauration de l'édifice et le percement d'une ouverture.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La porte et son encadrement de kersantite.

Le linteau en anse de panier est sculpté d'une accolade.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le propriétaire actuel : monsieur François Jestin.

Tandis que je prenais mes photos, le propriétaire (que j'assimile au nom indiqué sur la boite à lettres) est apparu, intrigué,  à la fenêtre. Nous avons discuté de cette inscription, puis il m'a signalé que la maison était jadis un magasin. "Attendez, je vous prends en photo". Il m'a quitté sur un "Bon, je retourne écrire", et son sourire fut comme le passage éphémère d'une amitié. Qu'il en soit remercié.

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Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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SOURCES ET LIENS.

— LHARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

— BDHA

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b798ad57b246d6b0cc6ec8e4596ca9fc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 23:07

Vers une esthétique du fané (5) : la tête des mauvais jours.

 

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Voir :

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Y'a des jours comme ça où j'ai une tête de papier mâché. 

Y'a des jours comme ça où tu es toute décoiffée. 

Y'a des jours comme ça où il aurait mieux fait de resté couché.

Y'a des jours comme ça où  lundi  vient se mettre avec jeudi.

Y'a des jours comme ça où c'est même pas la peine d'aller se recoucher. 

Y'a des jours comme ça t'as vu ma gueule de déterré, 

Y'a des jours comme ça où ma chemise  est  toute froissée. 

Et y'a des jours comme ça où ta paire de bas est déjà filée. 

Y'a des jours comme ça où t'as  deux pieds gauches dans tes souliers. 

Y'a des jours comme ça où c'est pas la peine de m'énerver. 

Y'a des jours comme ça qui n'ont pas l'air de vouloir se terminer, 

Et y'a des jours qu'on n'a pas vu passer  où le boulot n'a vraiment pas avancé. 

Y'a des jours comme ça où tu es mal lunée, 

Y'a des jours comme ça où le soleil ne s'est même pas levé,

Et y'a des jours comme ça où je suis vraiment casse-pied. 

Y'a des jours comme ça où on sait que ça ne va pas s'améliorer. 

Y'a des jours y'a des années que je m'suis mis à grisonner,

Y'a des jours y'a des années que mes cheveux se sont mis à tomber, 

Y'a des jours y'a des années que je n'arrive plus à te rattraper,

Y'a des jours y'a des années que je m'sens bien fatigué,

Y'a des jours y'a des années qui  passent toutes  en accéléré,

Y'a des jours y'a des années je préfère même pas y penser, 

Et les marguerites qui sont désormais fanées.

 

 

 

 

 

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

La tête des mauvais jours.
Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

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Mais y'a des jours où on trouve quelqu'un à qui se confier,

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Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

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Quelqu'un qui est déjà passé par où on est passé,

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Photo lavieb-aile mai 2020

Photo lavieb-aile mai 2020

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Et puis voilà que tout repart du bon pied,

C'est le grand jour pour rebondir, chanter, sauter,

 

 

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Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

 

 

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Voilà le jour qu'on attendait, plein d'énergie et de gaieté,

malgré les jours et les années.

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Photo lavieb-aile mai 2020.

Photo lavieb-aile mai 2020.

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Published by jean-yves cordier
26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 21:22

Sur l'inscription lapidaire  Anne FOLGAR / LE BEULIN 1730 du bourg de Lanvéoc.

 

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Sur Lanvéoc, voir :

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Sur les inscriptions lapidaires de la Presqu'île de Crozon, voir :

Liste de mes 150 articles sur la presqu'île de Crozon.

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Sur la façade de l'actuel bar restaurant La Rade, à Lanvéoc, mais non sur sa façade principale,   1 rue de la Grève, orientée sud, mais sur celle de l'étroite rue du Fort, face à l'ouest. Elle n'a pas fait l'objet d'une description approfondie en ligne, mais d'un signalement et d'une photo dans le travail d'Erwana L'Haridon recensant le bâti du bourg pour l'Inventaire général. [J'ai eu accès plus tard à l'ouvrage de Marcel Burel Roscanvel d'un village à l'autre. qui y consacre ses pages 217-218.]

Dans ce travail, l'inscription est qualifiée de pierre de réemploi ; mais quelle curieuse idée de ré-employer une si belle pierre dans un emplacement adjacent. Et si, comme nous allons le voir, cette pièce appartient au patrimoine de mémoire de Roscanvel, que vient-elle faire ici ? Selon M. Burel, interrogeant le propriétaire du restaurant, c'était le linteau d'une des fenêtres de l'ancien établissement, détruit pendant la guerre de 39-45.

Malgré sa situation, elle est visible à tous les habitants de la commune, et à tous les visiteurs qui viennent admirer la place, centrée par son puits joliment fleuri. Comment son libellé a-t-il pu  susciter si peu d'intérêt ? Comment sa petite énigme n'a-t-elle pas excité d'avantage la curiosité?

Elle porte mention (certes en abrégé) d'un pilote vice-amiral. Ce titre est-il si connu, cette profession si banale pour nos contemporains ? Alors que tout au contraire, elle relève de cette ethnographie maritime, discipline jadis  en vogue grâce à Bernard Cadoret et son  équipe du Chasse-Marée, qui devrait veiller jalousement à ses trésors indiciaires.

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Description.

Ce bloc tout en longueur est sculpté dans la pierre jaune de Logonna ou microdiorite quartzique provenant de la rade de Brest, en face de Lanvéoc. C'est elle qu'on voit  utilisée à Lanvéoc, en mélange contrastée avec la kersantite de ton gris, pour les linteaux et entourages de portes et fenêtres du XVIIe et XVIIIe siècles, puisque le grès local ne se prête pas à la sculpture.

Ses caractères majuscules sont taillés en réserve sur deux lignes dans un cartouche dont les 4 bords nous assurent qu'elle est complète. Elle a bien résisté à l'altération, et sa lisibilité est bonne. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points.

Mensuration : longueur 135 cm, hauteur 26,5 cm. Hauteur des lettres de la première ligne : 10 mm. De la deuxième ligne : 8 à 9 cm.

Le mur est enduit tout autour  d'un crépi de ciment, mais le chaînage d'angle laisse voir la pierre de Logonna, comme l'appareillage de la façade sud.

 

 

 1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Son texte est le suivant :

NH : LE : BEVLIN : PV : AMIRAL

DLLE : ANNE : FOLGAR : 1730

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Sa transcription en est : Noble Homme LE BEULIN Pilote Vice-amiral / Demoiselle Anne FOLGAR 1730.

L'une des  branches de la deuxième lettre V a été martelée, volontairement ou non.

Cette transcription s'appuie sur la copie, par un généalogiste consciencieux Poirrier78, de l'acte de mariage  de Jeanne Folgar avec Bernard LELIAS, précisément en 1730 :

Acte de mariage - Lélias Bernard - Folgar Jeanne - Roscanvel - 1730 - Copy - Le seisième janvier mil sept cent trente après les fiancailles faites en face d'église et les trois proclamations des bans sans opposition par trois dimanches consécutifs du futur mariage entre Maître Bernard Lelias fils de défunts Yves Lelias et Jeanne Anthoine de la paroisse de Camaret d'une part, et demoiselle Jeanne Folgar fille de défunts le sieur Pierre Folgar, et demoiselle Marie Lozeach de cette paroisse de Roscanvel de l'autre part, et vu le décret de mariage en faveur de la dite Janne Folgar par messieurs les juges de Crauzon en datte du trente unième octobre mil sept cent vingt et neuf. Les ayant publiquement interrogé de leur mutuel consentement par paroles de présent, je soussigné pretre recteur de Roscanvel les ay conjoints en mariage solemnellement en présence de noble homme Jan Lozeach Sieur de Trevarguen, de noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest, de Jan Folgar, de Jan Longen, de Charles Souben.

Signé : Bernard Lelias Janne Folgar Le Mignon Beulin pilote amiral Jean Lozeach Jean Rolland Jean Longen Charles Souben Jean Folgar Jean Souben Lélias

 

https://gw.geneanet.org/poirrier78?lang=fr&n=folgar&oc=1&p=jeanne

 Le mariage a été célébré le 16 janvier 1730 à l'église de Roscanvel par son recteur, et les témoins étaient Jean LOZEACH sieur de Trévarguen et oncle maternel de l'épouse, et noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest.

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1. Jeanne FOLGAR 1714-1754.

Jeanne FOLGAR est née à Roscanvel le 22 août 1714 de Pierre FOLGAR (Camaret avant 1689-Roscanvel entre 1714 et 1730) et Marie LOZEACH, demoiselle de Kerveguen (Roscanvel v.1683-Kervian, Roscanvel le 8 décembre 1747). Son grand-père Jean FOLGAR était un honorable marchand de Camaret. Son oncle maternel est, nous l'avons vu, Jean LOZEACH, sieur de Trévarguen à Roscanvel

Il est tentant de l'assimiler à "Anne FOLGAR".

Les deux lieux-dits (manoirs) de Trévarguen et de Kervian à Roscanvel sont séparés de 2 km.

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Voir  les fermes et écarts de Roscanvel.

 

2. Bernard LELIAS 1704-1768.

Bernard LELIAS est né le 10 octobre 1704 à Camaret, dans le quartier du Notic principalement habité par des pêcheurs, armateurs et marins, puisque les maisons donnaient sur la grève, des escaliers faisant office de cale à marée haute. C'est également au Notic qu'il est décédé, veuf, à 63 ans, le 16 février 1768. Son père Yves était ménager à Camaret, sa mère Jeanne ANTHOINE (1668-1728) est née et décédée à Camaret.

Il était capitaine du guet, c'est à dire chargé de la police municipale (ou, à l'époque, paroissiale). Voir à Landévennec la maison de Nicolas BUZARE, né vers 1642 à Trégarvan  et décédé le 9 février 1710 à Landévennec, qui était également Maistre, Capitaine de la paroisse de Landévennec, mais aussi Bourgeois, Sénéchal de la juridiction de Landévennec et Noble marchand. 

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N.B un homonyme, maître Bernard Lélias est  notaire de Crozon entre 1724 et 1744.

Le couple eut six enfants entre 1730 et 1747, dont Clotilde, qui épousa en 1764 à Camaret Jean-Marie PERON.

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3. Bernard LE BEULIN.

Selon la généalogie de Gilles Carichon  il est né en 1667 à Roscanvel de Jean Le BEULIN et de Marguerite HARVEL. Ses grands-parents paternels sont Hervé LE BEULIN, notaire de Crozon et du Poulmic en 1674, 1681   et Marie LE TREUT.

Les généalogistes signalent aussi Hervé LE BEULIN, né en 1667,  pilote, marié à Marie LE HOU en 1680.

Les familles LE BEULIN et HARVEL sont connues à Roscanvel, comme la famille TANIOU, pour appartenir au XVIIe siècle à ces familles possédant des manoirs ou riches demeures dans le bourg (Taniou en 1618, Le Beulin) et issues de ces patrons de barque, bateliers, canotiers ou chaloupiers principalement établis à Lanvernazal. Voir Lénaïg Laot, Inventaire général.

Les restes d'un manoir au Gouerest, qui aurait  appartenu à Bernard Le Beulin sont décrits par 2 sites en ligne :

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/roscanvel/manoirs-001.php

http://inventaire.eau-et-rivieres.org/media460

Mais les documents soutenant ces allégations ne sont pas fournies.

J'ai décrit les mentions épigraphiques témoignant de la prospérité de la famille HARVEL tant sur le clocher et le porche de l'église  paroissiale (1686) que sur leur manoir de Lodoën, portant les noms de Henri HARVEL et GUEGUENIAT en 1617 et 1622

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/l-eglise-de-roscanvel-son-epigraphie-ses-cloches-et-ses-vitraux.html

 

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Qu'est-ce qu'un pilote vice-amiral ?

Là encore, les renseignements doivent être piochés ici ou là .

La Marine de l'Ancien régime est divisé entre Grand Corps, (uniforme rouge), portant l'épée, et Petit Corps (ou Officiers Bleus). Parmi ceux-ci, qui sont depuis l'ordonnance de 1689  les Officiers de Port, on distingue les officiers de plumes (intendant, commissaires, écrivain) et les officiers mariniers : capitaine du port ses lieutenants et enseignes, Pilote Royal, pilote entretenus, Maître Canonnier, Canonniers entretenus, Maîtres d'équipage, Maîtres charpentiers, Maître mateur...

 Le pilote amiral  est, on le devine, le poste le plus élevé de cet emploi. Il n'est employé que dans les Ports de Brest, Rochefort et Toulon,, où c'est un important personnage chargé de la discipline, des cours d'Hydrographie suivis par les Garde-Marine et du Pavillon : car il dirige l'école d'Hydrographie. On est d'abord pilotin, puis  aide pilote ; second ; maitre pilote ; Officier Bleu ou auxiliaire ; puis maître pilote entretenu ; et enfin maître pilote vice amiral, comme ce Jean-Louis BELLON  qui exerça à Rochefort de 1779 à 1787, et fut promu sous-lieutenant de vaisseau en fin de carrière.  On cite François Azon , pilote vice-amiral sur les vaisseaux du roi à Rochefort, et ses états de services de 1720 à 1751. Ou Jean-Louis Calas, mort en 1771, pilote vice-amiral à Toulon, ou Jean-André Chauvet, à Rochefort entre 1741 et 1784. Ou Antoine Bernard, pilote  de 1724 à 1794 puis lieutenant de vaisseau.

Je trouve mention de grade suprême de "pilote réal" (distinct de "pilote royal"), premier pilote d'une escadre de galère.

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https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_053796&udId=c32ngw6q29q--tiklbozk0xb9&details=true&gotoArchivesNums=false&auSeinIR=true&fullText=le%20beulin

À Brest en 1725 (donc tout à fait dans le cadre de notre inscription), on distingue Boisouze Liard, le Premier pilote Amiral, Michot, Pilote Amiral, Toussaint Maupin, Pilote Vice-Amiral, Alexandre Maupin, Pilote entretenu, Aubin Poiré, Pilote entretenu, Sané, Pilote entretenu. Et ce dernier n'est autre que Noël Sané (1695-1762) deviendra pilote vice-amiral en 1758 : c'est le père de l'illustre architecte naval Jacques-Noël Sané (1740-1831), "l'un des plus brillants de l'âge de la voile, surnommé aussi le « Vauban de la marine ». Il est l'architecte de la quasi-totalité des vaisseaux de ligne construits en France de la Guerre d'Indépendance Américaine à la fin du Premier Empire." 

Toujours à Brest, Joseph Nielly (1708-) débuta comme mousse-pilotin en 1727, puis 14 ans plus tard premier pilote entretenu, pilote amiral en 1756, capitaine de flûte en 1763, et lorsqu'il mourut en 1780 avec le grade de capitaine de brûlot, il avait fait quarante campagnes sur les vaisseaux du roi.

On voit que cette fonction n'est pas celle d'un pilote côtier assurant les entrées de port, mais celle d'un pilote hauturier exigeant courage et habileté manœuvrière lors des combats.

https://vieillemarine.pagesperso-orange.fr/histoire/Port_et_arsenaux/Pages_finales/pageOrganigramme.htm

Par contre, je ne trouve aucune autre mention d'un pilote amiral de Brest du nom de Le BEULIN. Sans-doute faut-il consulter les archives de la Marine.

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Le Beulin, pilote vice-amiral, ou pilote amiral ?

Sur l'inscription, datée de 1730, il est clairement qualifié de Vice-amiral. Mais Jeanne FOLGAR est qualifiée de "demoiselle".

Sur l'acte de mariage du 16 janvier 1730, il est qualifié de pilote amiral.

Cela peut s'expliquer par les délais d'exécution de l'inscription, qui aurait été commandée quelque temps avant  (avant les fiançailles le 31 octobre 1729 ?).

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Bernard Le Beulin, apparenté à Jeanne FOLGAR ?

Notre pilote avait 63 ans lors du mariage. Il y est présent — comme témoin — au même titre que l'oncle de l'époux. Est-il apparenté, à un titre ou à un autre, avec la mariée ?

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Comment expliquer cette inscription.

Que vient faire à Lanvéoc cette inscription qui se réfère à des personnages connus à Roscanvel ?

Si nous supposons qu'elle était apposée sur un bâtiment civil (un manoir ?), comment expliquer la présence de ces deux noms ?

Le contrat de mariage de Jeanne FOLGAR spécifie bien que les parents de cette dernière étaient décédés. Bernard Le BEULIN jouait-il le rôle de tuteur ? Avait-il recueilli chez lui la demoiselle ? En avait-il fait son héritière par contrat ?

Autant d'interrogations qui ne peuvent être levées, mais qui peuvent inciter un internaute à faire un lien avec une pièce du puzzle dont il disposerait.

Exista-t-il une Anne FOLGAR distincte de Jeanne ? Je découvre tardivement que oui.

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4. Anne FOLGAR.

a) Jocelyn Person décrit dans sa généalogie cette Anne FOLGAR, née le 26 février 1702 à Crozon, décédée le 30 novembre 1741 à Crozon, fille d'Yves FOLGAR (1682-1764), officier marinier et de Louise CARN (v.1684-1711). Elle épousa Marc DERRIEN vers 1723 (date de naissance de son fils Gabriel). Le couple vit à Tremet (1735) puis "Kerlern" ou Quélern en 1735 . Marc Derrien, veuf, continue à vivre à Quélern, notamment en 1742 lors du décès de son fils Marc.

 

 

https://gw.geneanet.org/j438?lang=en&p=anne&n=folgar

b) Il existe une autre Anne FOLGAR, qui est sœur du tiers ordre de saint Dominique, et vit à Kergadiou. En juillet 1750, elle hérite de deux pièces de terre, Parc Cardinal et Leac'h Cardinal, près de l'étang de Kervian à Quéler, Roscanvern. Elle est la fille de Pierre FOLGAR, décédé vers 1719. Dont nous ne savons s'il s'agit du même Pierre FOLGAR père de Jeanne ( supra).

https://www.tybian.fr/31-11_cardinal/

https://www.tybian.fr/21-21_les-ascendants-de-jean-derrien/

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Remonter les chaînes ou réseaux généalogiques locaux de Roscanvel dépasse mes attributions, mais j'ai voulu montrer que les informations de cette inscription peuvent être croisées avec celles des généalogistes, ou avec d'autres sources, pour un enrichissement mutuel des connaissances.

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Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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ADDENDA. 

 

Je n'ai eu accès à l'ouvrage de Marcel Burel sur Roscanvel qu'une semaine après la rédaction initiale de cet article. Je découvris aux pages 217 et 218 les renseignements nécessaires. 

a) l'acte de baptême de Bernard Le BEULIN en 1667.

Je le transcris comme je peux d'après l'acte original:

"Ce jour 13ème octobre 1667 fut baptisé sur le en  fond baptismal de roscanvel bernard, fils naturel et légitime d'honorables gens Jean  le beulin et marguerite harvel par la nommination d'honorable ----lucas et marie le beulin le baptême fut -messire lucas teffany prêtre et curé dudit roscanvel --"

Il est donc le fils de Jean Le Beulin et de Marguerite Harvel. Selon M. Burel, Lucas et Marie Le Beulin sont les frère et sœur aînés du nouveau-né, de même que le notaire Hervé Le Beulin. Il serait né au manoir du Gouérest.

 

b) le mariage en 1703.

Selon M. Burel, le 15 octobre 1703, Bernard Le Beulin épouse à Camaret Anne Folgar, la fille de Jean Folgar, un honorable marchand qui habite le village de Ty ar Guern, mais qui est originaire de Roscanvel. Anne Folgar est née en 1684 au village de Gouerest à Roscanvel, elle est âgée de 19 ans. Les deux familles étant apparentées par un grand-père commun Le Treut, les futurs époux ont demandé une dispense de consanguinité.

c) la naissance des enfants du couple, tous nés à Roscanvel.

  • Marie, née en 1708
  • Clémence, née en 1710,
  • Anne, née en 1711,
  • Jeanne, née en 1713
  • Hervé Toussaint en 1716.

d)  Le déménagement  au Notic à Camaret vers 1722 .

e) la carrière de Bernard Le Beulin.

Il a obtenu son brevet de pilote le 17 août 1709.

Il était pilote entretenu en 1711

Il a été promu pilote vice-amiral en 1722 : "Sachant que le nommé Bernard LE BUSLIN a les qualités nécessaires pour bien s'acquitter, sa Majesté Louis retiens et ordonne pilote vice amiral pour en faire fonction sur les pavillons et autres vaisseaux de sa Majesté".

Il est décédé vraisemblablement en 1741 dans le naufrage du Bourbon au large d'Ouessant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourbon_(1719)

f) Les pilotes du port de Brest et Roscanvel

Le nombre de pilote en service à Brest était de 9 en 1679 et a été porté à 12 en 1709 pour tenir compte de l'accroissement du commerce maritime, notamment avec les colonies.

Il existe à Roscanvel une tradition de pilotes entretenus, comme en témoigne les noms dans les registres de Noël MARTIN et de Jean HARVEL, de Roscanvel.

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Tout cela ne dit pas pourquoi le  pilote vice amiral Le BEULIN et "demoiselle Anne FOLGAR" sont venus s'établirent à Lanvéoc en 1730.

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SOURCES ET LIENS.

— BUREL (Marcel), 2019, Roscanvel, d'un village à l'autre, ed. Les éditions buissonnières, Crozon.

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 11:15

L'église de Locronan : la statue de saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVIe siècles).

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— Voir sur Locronan :

 L'église :

Les chapelles :

 

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DESCRIPTION.

Derrière un pilier nord de la nef, cette statue d'applique, demi-nature au revers plat mesure 85 cm de haut, 25 cm de large et 20 cm de profondeur. Elle est en granite polychrome aux couleurs privilégiant les ocres et le rouge (livre, socle) avec des rehauts jaune d'or. La tête, brisée, a été rescellée. Les auteurs de la notice (Claude Quillivic et Jean-Pierre Ducouret) du site POP hésitent entre le XVe (c'est l'avis de Couffon) et le XVIe siècle et s'interrogent : aurait elle le même auteur que la statue en fragments de saint Eloi dans la présente église ?. Deux clichés sont disponibles sur POP, celle de Yann Celton en 2019 et celle de Gérard Dumont en 2020.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/OA029_20202901356

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29003502

Le saint patron des jardiniers s'identifie facilement à sa bêche qui, comme d'habitude, distingue bien le tranchant en fer de l'emplanture solidaire du manche, en bois.

Il porte un habit monastique associant une cotte talaire, une chasuble ou scapulaire (deux pans antérieur et postérieur), une pièce recouvrant les épaules, et une coiffure assez proche des bonnets paysans ou "cale".

Les cheveux sont longs et bouclés. Le visage aux traits bruts se caractérise par des sourcils levés, des yeux en amande effilée, un nez fort et un menton rond projeté en avant, conférant une allure butée.

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http://www.lavieb-aile.com/article-chapelles-de-crozon-3-saint-fiacre-116462400.html

 

 

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Saint Fiacre (granite polychrome, XVe ou XVe siècle) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile mai 2020.

L'église de Locronan : la statue de saint Fiacre.

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https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29003502

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

 

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

— DEBIDOUR (V.H), 1953, La sculpture bretonne, Plihon, Rennes.

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f675.image

— WAQUET (Henri), Locronan ; Images de Bretagne, ed. Jos le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_148/Locronan__.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture
24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 09:54

L'Ophrys abeille Ophrys apifera Hudson 1782 à Crozon.

 

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Les Ophrys abeille sont apparues sur le bord des routes de la Presqu'île de Crozon, ou par essaims entiers dans des prairies où il est difficile de marcher si on ne veut les écraser.

Il n'est pas difficile de les photographier, il est difficile de cesser de le faire. C'est, à ras de terre,  une telle féerie que vous butinez de l'une à l'autre, enivré de couleurs vert tendre, rose violine ou grenat. Surtout, ne faites pas comme moi, ne vous mettez pas en tête de collectionner les différentes formes de la macule jaune d'or de la labelle. Ou d'évoquer, en les contemplant  de face, les peluches Kiki qui firent jadis fureur, ou encore les nains de jardins encapuchonnés. Ou de réussir une mise au point sur les pollinies, ces petites bourses jaunes se balançant au vent comme des cloches sonnées par un sacristain endiablé.

Sinon, vous serez punis de votre addiction par les heures passées à trier les centaines de clichés et à procéder à des choix impossibles.

J'ai sélectionner les sept photos que voici. Je regrette déjà celles que j'ai délaissées. Et je meure d'envie de retourner sur le terrain, à quatre pattes parmi le trèfle et le plantain.

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Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Nature Crozon
23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 09:57

L'église de Locronan : la statue de saint Roch (granite, 1509) est-elle vraiment signée du sculpteur Guillemin? Analyse d'une dérive.

 

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— Voir sur Locronan :

 

Les chapelles :

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L'église de Locronan renferme une statue en granite représentant saint Roch, dont il est dit partout, à commencer par le site pop.culture.gouv.fr  qu'elle porte la "signature" de "Guillemin, sculpteur".

L'histoire commence en 1877 lorsque R.-F. Le Men, archiviste du Finistère, indique dans sa Monographie de la cathédrale de Quimper que les grandes orgues avaient été réparées par Hervé GUYLLEMIN ou GUYLLYMIN en 1525 et 1526. Il reproduit ensuite (p. 278) un contrat passé en 1561  par la fabrique de Sainte-Melaine à Morlaix avec Guillaume GUYLLEMIN ou GUYLLYMIN , maître-tailleur d'ymage et paintre demeurant ladicte paroisse.

Il revient ensuite sur Hervé GUYLLYMIN pour lui consacrer une notice. J'indique en crochet la graphie correcte du nom dans le document d'archive cité par Le Men en note :

 

Hervé Guillemin. Il rétablit en 1524, 1525 et 1526 les grandes et les petites orgues de la cathédrale, et reçut pour ce travail [p. 323] en différents paiements, la somme de 359 livres (plus de 9,000 francs) [HERVEO GUYLYMYN 1524, HERVEO GUYLLYMYN ou GUYLLEMYN 1525] . Guyllemyn fit aussi en 1543, pour le prix de 111 livres 14 sous 9 deniers (environ 1,564 francs), les grandes orgues de la chapelle de Notre-Dame-du-Mur à Morlaix. « À maistre Hervé Guillymyn à valoir en son marché pour faire les grandes ogres (sic) de ladicte chapelle (de N. De du Mur), 105 livres 15 sous. » « À Maistre Hervé Guillymyn, la somme de 7 l. 19 s. 9 d., qui luy estoient restés à cause des grandes orgues. » . Un compte de la fabrique du Mur pour l’année 1500, mentionne un paiement de 90 livres, fait à Hervé Guillymyn. Je ne sais s’il s’agit ici de ce facteur d’orgues ou de son père. En 1549 H. Guillemin reçut 30 sous monnaie « pour ung tableau de boys pour debvoir mettre en escript la dédication d’icelle église (du Mur). ». En 1474, Prigent Guillemin était organiste de la cathédrale de Quimper, et recevait de la fabrique une pension de cent sous (150 francs).

 

Il achève cette notice en ajoutant : "J’ai relevé dans l’église de Locronan, l’inscription  suivante, écrite en caractères gothiques au pied d’une statue en pierre, de saint Roch : « L’an M Vc . IX R. Guillimin. ».

Nous remarquons que René-François Le Men n'écrit pas qu'il a lu à Locronan la signature d'un sculpteur, il cite l'information factuelle de son relevé d'inscription lapidaire. 

Pour être complet, je signale que Le Men décrit d'autres personnages ayant ce patronyme : Jehan GUILLIMIN (et sa femme Jahanne Berthaud, inhumés en 1558), Olivier GUILLIMIN 1570, Françoise GUILLIMIN 1575, tous inhumés dans la chapelle Saint-Paul. Cela atteste ce patronyme dans la ville de Quimper.

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Réception.

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Henri Waquet reprend en 1919  la lecture de l'inscription par Le Men en indiquant que "Ce Guillimin, suivant lui, semble appartenir à une famille qui s'est consacrée principalement à la construction et à la réparation des orgues en Basse-Bretagne". Ce qui est un écart ou un contresens par rapport à la publication de Le Men.

En 1925, Abgrall et Pérennès décrive pour le BDHA la statue de saint Roch, datée de 1509 et ajoute : "Le Men y a lu la signature d'un nommé R. Guilimin, qui, d'après lui, se serait aussi occupé des orgues de la région." On mesure la dérive importante par rapport à ce qu'à écrit l'archiviste de Quimper, puisqu'il n'a pas parlé de signature, et qu'il sépare bien ce R. Guillimin de ses homonymes Hervé, facteur d'orgues, et Prigent, organiste.

 

En 1979, Maurice Dilasser, recteur de Locronan, écrit dans Locronan et sa région "deux statues de pierre polychrome celle de saint Christophe... la seconde est celle de saint Roch, voyageur lui aussi et  guérisseur. Elle porte sur son socle la date de 1509, où l'aurait sculpté R. Guillimin". Un renvoi à la note 16 indique "C'est la lecture qu'a faite de l'inscription l'ancien archiviste Le Men. ". Nous venons de voir que c'est trahir le texte de Le Men. Dans l'Index des noms, se trouve, sans conditionnel, l'entrée  : "GUILLIMIN, sculpteur, 576.".

En 1988, René Couffon décrit un "saint Roch portant l'inscription : "LA MVccIX. GUILLIMIN (?)" en caractères gothiques". Ce point d'interrogation l'honore.

En 1987, Y.-P. Castel et G.-M. Thomas crée dans leur Dictionnaire des artistes, artisans en Bretagne une première entrée pour Guillaume Guillemin, maître tailleurs d'ymage et peintre à Morlaix, et une autre entrée pour GUILLEMIN (R.) avec comme commentaire : "Sculpteur ? nom figurant au pied d'une statue de saint Roch, à Locronan, avec la date de 1509." Là encore, la prudence l'emporte ; mais la graphie GUILLIMIN n'est pas respectée.

Le site Infobretagne donne une description (sans date, sans auteur) du mobilier de l'église avec, pour cette statue, le commentaire "Saint Roch, flanqué du chien qui lui apporte un pain et un angelot : statue de granit, signée Guillimin et datée 1509, en caractères gothiques."

 

Le comble est la notice Pop.culture.gouv, se réclamant du copyright Monuments historiques 1994, puisque ce site, officiel s'il en est, affirme que le nom GUILLIMIN  est une signature de la statue, et crée un renvoi dans sa base de sculpteurs : GUILLIMIN (sculpteur).

Ainsi, un artisan a été créé de toute pièce, en dehors de tout document d'archives (tel le contrat passé à Morlaix avec Guillaume Guillimin), de toute base généalogique, de toute étude stylistique permettant l'attribution d'autres œuvres, etc...

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Nous assistons donc à une "invention" d'un artisan, par dérives, trahisons ou citations à l'à peu près, d'un texte initial très scrupuleux.

Le minimum est, ou aurait été, de vérifier l'inscription. Ce que je propose maintenant, non sans avoir décrit la sculpture elle-même.

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DESCRIPTION.

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La statue est classée depuis 1991. Elle mesure, si je me fie à la notice Palissy, 1,10 m de haut, 47 cm de large et 26 cm de profondeur.

L'homme est coiffé d'un chapeau noir à bords relevés ; il a les cheveux longs et bouclés. Ces deux éléments sont conformes à une datation sous le règne de Louis XII (portrait de Louis XII). Il porte, sous une cape noire à revers rouge, une tunique entièrement fermée en haut, mais fendue sous la ceinture où elle forme deux plis. On voit la marque sur la poitrine d'une forme en écusson. La tunique est serrée par une fine ceinture grise.

Sous des chausses ne couvrant pas les genoux, les jambes sont nues, au dessus d'une paire de solides chaussures.

Ce qui est remarquable, c'est que nous n'avons pas ici la scène emblématique par laquelle le saint montre, sur la cuisse, souvent gauche, le bubon, la plaie sanguinolente qui indique qu'il est atteint de la peste.

Pourtant, le chien, le fameux Roquet tenant dans sa gueule une boule de pain, suffit à affirmer l'identification. Dés lors, nous interprétons la tenue vestimentaire et la coiffure comme étant celle d'un pèlerin (un Romeu), et, par ricochet, nous désignons ce qui ressemblait à une lance de chasseur sous le nom de bourdon. Dès lors, saint Roch est campé devant nous, et le petit ange qui l'assiste à sa gauche en lui apportant un fuseau (disons, une baguette) entre parfaitement dans le tableau de l'hagiographie.

On sait que saint Roch est invoqué, comme saint Sébastien, dans les contextes d'épidémies de toutes sortes qui ont frappé la Bretagne au même titre que le reste du pays. 

La statue est le maître, lors des fameuses Troménies de Locronan, d'une hutte à son nom.

http://www.memoires-locronan.fr/tromenie-2/les-huttes/hutte-saint-roch

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Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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LE SOCLE.

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Le début de l'inscription est aisée à lire et fera consensus :

LÃ M Vc IX : en tenant compte du tilde sur le A (abréviatif du N), nous avons : LAN M[IL] V c[ent] IX, et donc: "l'an 1509".

Pour être très exigent (mais cette exigence est, en la matière, nécessaire), notons que René-François Le Men a mélangé sa "leçon" (ou lecture objective) qui était "LàM VC IX" et sa transcription "L'an M VC IX".

L'écriture est une gothique dont les fûts sont perlées (une perle au milieu) et à extrémités soit bifides (le L), soit à empattements en losanges (le M).

Ce M s'inspire des onciales mais il dessine au milieu un losange par l'entrecroisement des jambages.

 

Vient ensuite un sigle qui a été lu comme un R par Le Men, mais qui ressemble à un X allongé, ou à un F à empattement de base losangique et empattement de tête bifide, ou orné d'une plume. Je ne parviens pas à y reconnaître un R majuscule, à boucle fermée, ni un r minuscule. Un signe de séparation des mots ne me parait pas crédible.

Je ne peux proposer d'autre lettre, mais nous ne pouvons valider l'affirmation que nous aurions ici l'initiale R. d'un prénom.  

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Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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Le socle, partie droite.

L'inscription tourne sur le demi-cercle du socle avec une sorte d'angulation après la date, source d'une difficulté.

Surtout, les lettres sont proches de la gothique textura, celle qui sera adoptée par l'imprimerie [remarquons que cette technique, en 1509, a déjà plus de 50 ans, et que la première pièce imprimée pour les Rohan en Bretagne date de 1484. Mais la première imprimerie du Finistère, à Morlaix, date de 1570]. Cette écriture de forte densité est caractérisée par la régularité recherchant un effet de  "texture" uniforme des fûts verticaux, réguliers, à empattements  en losange. 

Dés lors il devient difficile de  distinguer les m, les i, r, n ou l car la lecture dépend de la manière dont on sépare ou au contraire dont on réunit les fûts pour y lire une lettre.

Pour le nom propre GUILLIMIN, la succession des lettres qui prêtent à confusion rend l'exercice très périlleux.

La première lettre, la G, est en minuscule, et il faut discerner le jambage inférieur assez discret pour la reconnaître.

Vient ensuite un fût isolé, que je luis comme un i, puis voici un U et enfin deux L. Je lis donc GIULL---

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Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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En tournant toujours, je parviens à une succession de 7 fûts en bâtons. Je cherche à y lire la suite du nom, soit -IMIN.

Avec un peu de volonté, j'y parviens.

En conclusion, je lis ici GIULLIMIN, avec un coefficient d'erreurs puisque ma lecture finale a été dictée par celle de Le Men.

Le patronyme GIULLIMIN n'existe pas sur Geneanet, et le moteur de recherche ne le connait pas non plus. Je dois revoir ma copie. Soit je me suis trompé, et la leçon de Le Men est la bonne, soit il s'agit d'une graphie particulière de GUILLIMIN.

Le patronyme GUILLIMIN est parfaitement attesté à Quimper et à Morlaix aux XVe ou XVe comme l'a montré Le Men.

En définitive, je valide la leçon de Le Men et je lis GUILLIMIN.

 

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Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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DISCUSSION.

Nous avons donc une inscription LÃ M Vc IX [F?] GUILLIMIN. La lettre F, ou X, ou autre, peut être l'initiale d'un prénom, ou bien, même si l'hypothèse est faible, l'abréviation de "Fabrique". Ou de "Fait".

Nous pouvons donc affirmer (en oubliant les difficultés de lecture) que GUILLIMIN a placé son nom sur cette statue après la date de 1509. Est-ce en tant que commanditaire pour la paroisse (et donc de fabrique), ou entant que sculpteur et peintre ?

C'est la première hypothèse qui doit être privilégiée, en raison de la très grande fréquence des inscriptions lapidaires mentionnant en Basse-Bretagne en fin XVe et début XVIe le nom du fabricien (membre de la fabrique) et la très très grande rareté de la mention du nom du sculpteur, à une époque où son statut était celui d'un artisan, un factotum, et l'originalité de sa production non reconnue.

Dans le cas de cette statue, nous devons admettre que nous ne pouvons pas attribuer à cet anthroponyme une fonction. Seules les mentions équivalents à  "fait par", ou l'indication d'une profession, ou l'existence d'archives paroissiales plus précises, ou de productions signées ailleurs pourraient permettre d'affirmer qu'il s'agit d'un sculpteur.

Le seul micro-indice est l'attestation de Guillaume GUYLLYMIN ymagier et paintre à Morlaix, et actif sur sa paroisse exclusivement, en 1561.

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Ces chicaneries ne doivent pas nous détourner de l'essentiel : la date  précoce de cette statue, sa valeur esthétique, ainsi que l'attestation d'un culte rendu à saint Roch à Locronan, rendant compte des inquiétudes sanitaires de la population au début du XVIe siècle.

La statue a des points communs avec celle, en chêne,  de Pont-Croix (2ème moitié XVIe siècle).

http://roch-jaja.nursit.com/spip.php?article367

À proximité de Locronan, citons la statue du saint à Guengat (bois, 4ème quart XVe) ou à Saint-Nic (XVIIe)

http://roch-jaja.nursit.com/spip.php?article363

http://roch-jaja.nursit.com/spip.php?article1490

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Locronan, statue de Notre Dame de la Délivrance, article pour le Progrès ou Courrier du Léon du 11 octobre 1997.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bd11cf3b114f13d9b7e05c3f7fe3118.jpg

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

— DEBIDOUR (V.H), 1953, La sculpture bretonne, Plihon, Rennes.

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f675.image

— WAQUET (Henri), Locronan ; Images de Bretagne, ed. Jos le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_148/Locronan__.pdf

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