Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 13:09

.

.

PRÉSENTATION.

Voir ma présentation dans mon article précédent. 

La chapelle a été décrite — voir infra Sources et Liens — par l'abbé Corentin Parcheminou en 1930, par le père Maurice Dilasser en 1979, par René Couffon (publié en 1988), et par les services de l'Inventaire en 1986 et 2016.  Je découvre la synthèse donnée par T.D [Tanguy Daniel] pour les Cahiers de la Sauvegarde de l'Art français en 2002, qui fait état des récentes restaurations : je l'ai recopié ici :

 

 

"La chapelle Saint-Jean-Baptiste est située entre la baie de Douarnenez et le Ménez-Hom, sur la route qui mène vers la presqu'île de Crozon. Elle a été construite à la fin du XVIe siècle, ainsi que l'indiquent deux inscriptions sur le bras sud du transept (1591 et 1593), remaniée au XVIIe (inscription sur un entrait de la nef et style du clocher), restaurée au XIXe (1817 inscrit au-dessus de la porte sud).

L'édifice, en forme de croix latine, avec un chevet plat à l'est et un clocher-mur à l'ouest, est construit en pierres grossières — surtout du grès — extraites du Ménez-Hom voisin. La maçonnerie a été récemment restaurée dans sa totalité. Le clocheton en granit, sur le mur ouest, orné de pinacles et de pots à feu, supporte une courte flèche garnie de crochets ; on y accède par un escalier aménagé sur le rampant sud.

L'intérieur est actuellement très dégradé. Le sol est en terre battue, la trace des anciennes dalles étant encore visible. Les murs sont enduits d'un crépi à la chaux en très mauvais état ; des traces de peinture ocre ancienne apparaissent par endroits sur le mur est du bras sud du transept : on peut y lire, notamment, le nom de Quéré. Le mobilier a été en grande partie enlevé : seuls subsistent le maître-autel de pierre, une balustrade délimitant un espace qui servait de sacristie entre le maître-autel et le mur du chevet, une statue en pierre polychrome de saint Jean-Baptiste et deux stalles à quatre sièges chacune, datant du XIXe siècle. Une armoire à quatre porte en très mauvais état est adossé au mur de l'abside.

À l'intérieur, on note le décor savoureux de certains entraits : l'engoulé par les dragons, d'autres ornés de têtes de dragons aux extrémités et au milieu. Les sablières sculptées ont subsisté dans le bras sud du transept et dans le chœur où un cartouche représente les Cinq-Plaies. Aux angles du carré du transept, les blochets représentent les quatre évangélistes.

Sur le placître, au sud de la chapelle, se dresse le calvaire daté de 1645 avec le Christ en croix et les statues de la Vierge et de saint Jean-Baptiste, adossées l'une à l'autre à des figures non identifiées. De l'autre coté de la route, en contrebas, une fontaine porte la date de 1712.

Grâce à la restauration des parties hautes, la chapelle est aujourd'hui hors d'eau. La charpente a été complètement refaite dans le chœur, à la croisée du transept et dans une partie de la nef.

La couverture d'ardoise est neuve, sauf sur la partie occidentale de la nef qui était en bon état.

En 2000, la Sauvegarde de l'Art français a versé une aide de 15 245 € pour les travaux de maçonnerie sur les quatre murs, la réfection de la charpente et la couverture d'une grande partie de l'édifice. " T[anguy] Daniel

 

.

Cet article est accompagné d'une photographie émouvante car elle montre l'état intérieur pendant les travaux. Je me permets d'en donner une capture d'écran.

.

Copyright "T.Daniel", Cahiers de la Sauvegarde de l'Art français 2002 p.192.

.

.

Nous y trouvons également une carte de la chapelle :

 

.

 

.

Le Pardon a lieu  le dimanche avant le 24 juin, date de la Saint-Jean. J'ai assisté à celui de 2018, et il m'a semblé qu'il s'agissait d'un renouveau.

.

.

.

I. LA FONTAINE DE DÉVOTION (1712).

.

La fontaine est difficile d'accès, et, lors du Pardon, la procession ne descend pas la rampe d'un précaire escalier en bois et ne s'engage pas sous l'humide futaie  : seul le prêtre et ses acolytes s'y rendent pour puiser l'eau de l'aspersion des bannières et des fidèles.

Pour sa situation sur le cours d'eau qui descend vers la mer, voir l'article sur le calvaire.

Ses eaux étaient réputées guérir ou prévenir les affections oculaires (ou, selon Dilasser, les maux de tête).

Sa forme générale en demi-cercle délimitée par de volumineux blocs de pierre placés sur tranche est unique dans la région. 

La niche, aujourd'hui désertée de sa statue, est remarquable car c'est un monolithe en demi-cintre surmonté d'une croix, avec deux rampants servant de bancs.

.

Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

.

L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE : LA CHARPENTE, SON INSCRIPTION ET SES SABLIÈRES.

.

1. La charpente.

 

Elle a le mérite de ne pas être lambrissée et de laisser étudier son ossature, ce qui rend la visite passionnante pour peu ...que l'on tente de comprendre le langage des spécialistes. Je me lance, mais les experts me corrigeront j'espère, et malgré le saint lieu le lecteur ne prendra pas mes assertions comme paroles d'évangile.

.

a) la nef et les transepts.

Les charpentes armoricaines ont été étudiées par Corentin Olivier. Celle de la nef appartient au groupe des charpentes "à fermes et à pannes" (voir les explications dans mon article sur Landevant), et parmi celles-ci au sous-groupe (il y en a trois) "à poinçon court, faux-entrait droit et aisselier" (C. Olivier fig. 4).

Glossaire ici.

.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

 

.

La nef vue de la croisée du transept.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Le bras sud du transept.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

.

b) Le chevet.

.

Si la nef est couverte "à fermes et à pannes", par contre, il est peut-être possible d'écrire que la partie de charpente qui couvre le chevet appartient au groupe "à chevrons formant fermes".

Rappel : 

- Les charpentes dites à chevrons formant fermes : les chevrons en vis-à-vis de chaque rampant sont reliés entre eux au niveau du faîtage et par un faux-entrait (pièce horizontale). Cet ensemble forme ainsi un « triangle indéformable » appelé ferme. Les fermes se répètent tous les 60 cm et servent de support à la fixation des liteaux permettant la pose des ardoises ou des tuiles. http://inventaire-patrimoine.regioncentre.fr/files/live/sites/inventaire_patrimoine/files/contributed/images/Articles_actu/IVR24_20170000003NUDA.jpg
Les charpentes dites à fermes et à pannes : les fermes, beaucoup moins nombreuses mais plus robustes, supportent un ou plusieurs rangs de pannes soutenant elle(s)-même les chevrons dont la section peut alors être amoindrie. Ce principe constructif est bien moins consommateur en bois. 

Le maillage serré des fermes (autrement dit, des arbalétriers ) et l'aspect en carène de bateau avec membrures et bordé m'incite à cette option.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

2. L'inscription de 1653.

Le troisième entrait (poutre transversale), engoulé (sortant de la gueule d'un dragon à ses deux extrémités), porte une inscription sur sa moitié droite de sa face ouest.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Le texte en est (les relevés qui ont été publiés sont inexacts, au minimum pour la ponctuation, l'exception étant le relevé de Sophie Duhem)  :

 M : GVIL : PERFEZOV REC : M KVAREC  FA  1653

Elle se comprend ainsi : " Messire Guillaume Perfezou recteur et M  Kervarec Fabricien 1653."

Le recteur Guillaume Perfezou est bien connu de ceux qui ont lu son nom sur le calvaire de la chapelle, qu'il fit ériger en 1645 avec Sébastien Polesec comme fabricien. 

Ou encore  de ceux qui ont vu, dans la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien, les trois inscriptions des sablières :  "D'ici jusques au premier pilier a été boisé aux frais de vener persone Mre Guil. Perfezou recteur de Saint-Nic 1641", puis plus loin "D'ici jusqu'à l'autre écriteau a été boisé par Iac Polezec et Ol. Guillossou et était recteur Mre Guil. Perfezou", alors que la boiserie du bas-côté sud porte les inscriptions "M. G. Perfezou. R. G. Marzin. F. 1661".

Et de ceux qui ont repéré, sur les piliers de Saint-Côme, l'inscription : "Ces quatre derniers piliers furent bastis 1645. Mre Guil. Perfezou R[ecteur].

Et de ceux enfin qui ont pris la peine de déchiffrer le texte gravé sur la chaire à prêcher de la même chapelle : "SVMPTIB (US) VENERAB (ILIS) VIRI D (OMINI) D. GVILLELM (I) PERFEZOV SACERDOS AC RECTOR. HVIVS ECCLESIAE ANNO D (OMINI) 1638. FECERVNT. I. POLESEC IO (SEPH) ET OL (IVIERIVS) K (ER) MORGAN"

Au total, ce sont sept inscriptions qui portent son nom, en 1638, 1641, 1645, 1653 et 1661. 


 

 

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Parmi les éléments sculptés de la charpente, je ne décrirai pas les abouts de poinçons, au décor non figuré. 

Les sablières (1653) du bras sud du transept.

Notice Palissy 

L'auteur de référence en matière de sablières bretonnes est Sophie Duhem, par sa thèse publiée aux Presses Universitaires de Rennes en 1988. Elle y donne (p. 334) les dates des  les trois ensembles de sablières de la paroisse de Saint-Nic, celles de l'église Saint-Nicaise (1562, XVIe), de la chapelle saint-Côme (1641, 1646, 1661 et 1670)  et de la chapelle Saint-Jean (1653), elle en relève précisément les inscriptions (page 321), et consacre un paragraphe page 146 aux sculpteurs de Saint-Nic (1641-1670).

[C'est à mon sens par une lecture erronée de la date inscrite dans un cartouche du porche de l'église de saint-Nic que l'auteur a retenu la date de 1562 pour les sablières. La vérification attentive montre la date de 1862. ]

Les sablières de la chapelle Saint-Jean sont commentées page 283 : "En 1670, à la chapelle Saint-Nic (Chap. St-Jean), le sculpteur Jean Roignant représente des dragons et des oiseaux au milieu de formes végétales". Mais le charpentier Roignant qui a laissé sa signature à Saint-Nic se prénomme Alain, et c'est à Saint-Côme qu'il s'inscrit avec la date de 1670 (et sur la tribune de l'église, sans date).

On lit page 146, après la description stylistique des sablières de Saint-Côme par Olivier Guillosou et Jacques "Bolesec" en 1641 et 1646 , ceci :

 

"Un autre compagnon se joint aux ouvriers une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier.

Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670."

Mais je ne trouve pas sur quelle donnée S. Duhem attribue les sablières de Saint-Jean à Alain Roignant.

Néanmoins, cette attribution est plausible, et il est certain que le rapprochement entre les deux ensembles de sablières des deux chapelles bâties ou couvertes dans les mêmes décennies sous le même recteur s'impose.

.

Le coté ouest du bras du transept sud.

Une première pièce de bois nous offre deux dragons affrontés, et une deuxième un pampre tenu par des oiseaux, et dont les grappes sont picorées par d'autre.

.

 

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

.

Deux dragons affrontés, aux cous reliés par un anneau, et la tête tournée vers leur queue.

Le thème des deux dragons aux têtes reliées par une boucle est courant, notamment en sculpture sur pierre par les frères Prigent.

On le trouve dans l'église de Saint-Nic, coté nord de la nef, au dessus de l'inscription M. Le Parlant : Fa[bricien] 1566.

 

.

Sablires de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

On le trouve, dans un traitement un peu différent,  sur les sablières de  la chapelle Saint-Côme, soit au fond de la nef (première photo ), soit sur le coté nord de la nef  au dessus de l'inscription   IAC POLESEC ET OL GVILLOSSOV , soit sur le bas-coté sud (2ème photo infra)  associé à la date de 1661.

.

Sablière nord de la chapelle Saint-Côme, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

 

.

 

Chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

 

 

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

.

Pampre tenu par des oiseaux, et dont les grappes sont picorées par d'autre.

.

On le trouve à l'identique sur les sablières du bas-coté nord de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien, au dessus de l'inscription AL[ain] ROIGNANT FAB[ricien] ET CHARP[pentier] 16--" La date a été lue comme 1670 (Couffon), 1673 ou 1675. 

.

Chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, photo lavieb-aile.

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Pampre centré par une tête d'angelot (1).

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Pampre centré par une tête d'angelot (2).

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

.

Les sablières du coté sud du chevet. : les Cinq Plaies.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

À gauche : pampre tenu et picoré par des oiseaux.

Cette pièce est identique à celle du transept.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

À droite : cuir des Cinq-Plaies.

C'est la pièce la plus intéressante, et qui a été mentionnée par tous les auteurs. Elle dénote avec le reste du décor sculpté d'une part parce que c'est la seule représentation religieuse, d'autre part car on ne la trouve pas dans les autres sanctuaires de la paroisse, et enfin parce que, au contraire, elle trouve son modèle précis chez un sculpteur de sablière bien documenté, le Maître de Pleyben.

a) le fond.

Ces cinq plaies sont portées par un cartouche, ou plus précisément par un "cuir découpé à enroulement", typique de l'art bellifontain introduit en France par le Primatice à Fontainebleau vers 1532.

En Basse-Bretagne, ce motif Renaissance semble avoir été introduit lors de la construction du château de Kerjean à Saint-Vougay, dans le Léon, soit en sculpture sur pierre pour ce château, soit en sculpture sur bois pour les sablières de sa chapelle seigneuriale  (vers 1570), mais aussi pour celles des églises de Pleyben (v.1571), de Saint-Divy (v.1570), de Bodilis (1567-1576), de Roscoff et pour celles de la chapelle de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (v.1575).

L'une des caractéristiques des cuirs découpés de l'auteur de ces sablières, (qui a reçu le nom de convention de Maître de Pleyben) est d'être perforés de trous (virtuels) par où passent des cordages, ces derniers étant tendus par des anges ou autres personnages.

Or, ce cuir découpé de la chapelle Saint-Jean présente ces trous, par où se faufilent des sangles marqués d'entailles en I, sangles qui se prolongent latéralement en s'élargissant et se dédoublant.

Nous remarquerons que Sainte-Marie-du-Ménez-Hom est distante de  5 km de la chapelle Saint-Jean. Pleyen est situé à 28 km.

.

b) le thème.

C'est celui des cinq plaies infligées au Christ lors de sa Passion, celles des clous des mains et des pieds lors de la Crucifixion, et celle du cœur, renvoyant au coup de lance final  porté sur la droite du thorax par un soldat romain.

Ce thème christique est représenté à Kerjean dans le chœur :

.

Cuir découpé des Cinq Plaies, sablières de la chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile

.

Il est présent aussi à Pleyben, toujours dans le chœur, mais aussi dans le transept sud.

.

Sablières de l'église de Pleyben. Photo lavieb-aile

.

Il est présent encore à Bodilis, à nouveau deux fois :

.

Photographie lavieb-aile

 

Photographie lavieb-aile

.

.

c) le contexte.

Les quatre évangélistes en blochets autour du transept ou du chœur sont présents à la chapelle Saint-Jean tout comme dans la chapelle de Kerjean, ou à Pleyben, ou à Saint-Divy, etc.

.

Les influences du travail du Maître de Pleyben sont donc évidentes sur cette pièce de sablière et sur son cantonnement par les quatre évangélistes. Les conséquences à en tirer restent à discuter, après avoir évalué si cette pièce est de la même main que les autres, donc de la même datation vers 1653 et attribuable à l'atelier actif à la chapelle Saint-Côme entre 1641 et 1670, et notamment à Alain Roignant.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Les blochets : les quatre évangélistes.

.

a) Saint Marc .

Il est barbu (ce n'est pas saint Jean) et il a les pieds nus (c'est un apôtre ).

Il est assis et il écrit (il a perdu sa plume) sur un livre : c'est un évangéliste .

Un lion montre sa tête. C'est saint Marc.

.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Saint Matthieu et l'homme.

On recommence :

Il est barbu (ce n'est pas saint Jean) et il a les pieds nus (c'est un apôtre ).

Il est assis et il écrit (il a perdu sa plume) sur un livre : c'est un évangéliste .

Un petit homme tient le livre des deux mains. C'est saint Matthieu. 

.

.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

.

LES ÉLÉMENTS MOBILIERS : STATUES ET TABERNACLE.

.

La Vierge à l'Enfant. Bois polychrome, XVIe siècle.

Hauteur 146 cm, largeur 42 cm, profondeur 22 cm. Statue d'applique, petite nature.

Notice Palissy. Inscrit MH 09/01/2003.

Notice Palissy Ducouret/Quillivic

La Vierge est couronnée, souriante, et porte un voile à plis tuyautés, un corsage gris  lisse et une jupe plissée rouge . Jésus, présenté face aux fidèles, porte une tunique blanche.

(notez les traces de peinture murale ocre sous l'enduit).

.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Saint Jean-Baptiste (pierre polychrome, XVIIe), dans une niche (bois polychrome).

Hauteur : 1,80 m, largeur 60 cm, profondeur 38 cm. Inscription sur la base : S [J] EHAN B.

 

Les éléments d'identification sont la barbe longue, les cheveux longs, le manteau en poils de chameau (franges aux manches), et bien-sûr l'Agnus Dei, l'Agneau posé sur le livre tenu sur l'avant-bras gauche et qui représente le Christ et son sacrifice.  L'index droit prophétique  désignant l'Agneau est un attribut à part entière du Précurseur.

Mais ici, l'index, qui passe derrière le museau, semble s'introduire dans la bouche de l'animal.

Notice Palissy "Jean-Baptiste n°1" . Inscrit MH 09/01/2003..

Notice Palissy Ducouret/Quillivic

 

 

.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Saint Jean-Baptiste, dit Sant Yann bihan (le petit saint Jean). Bois polychrome, XVIIIe.

Statue d'applique, demi-nature, à revers plat, de  80 cm de haut et de 22 cm de large. 

 

Même représentation que la statue n°1, mais la peau de chameau forme la robe, serrée par une ceinture , et qui est recouverte d'un manteau bleu. La tête du chameau recouvre le pied gauche... L'index droit est brisé. La jambe droite nue, et les pieds nus, mettent en évidence le  statut érémitique du saint.

Notice Palissy. Inscrit MH 09/01/2003

Notice Palissy Ducouret/Quillivic

 


 

 

 

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Saint Philibert en  évêque. Pierre polychrome, XVIe.

.

 Notice Palissy. Inscrit MH 19/01/2003.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

.

Le tabernacle à colonnettes et quatre panneaux des évangélistes. Bois polychrome, milieu XVIIe siècle.

Le tabernacle trapézoïdal à trois panneaux est posé sur l'autel de granite panneau central est orné de la Sainte Face et du calice eucharistique, et les deux panneaux latéraux  de saint Tugen à droite et d'un saint évêque ou abbé tenant un livre (saint Guénolé ?).

Les décors en bas-reliefs des panneaux de la prédelle représentent de gauche à droite saint Matthieu (homme), saint Marc (lion) , saint Luc (taureau ailé) et  saint Jean (aigle).

En arrière-plan, la balustrade du milieu du XVIIe, longue de 5,14 m et haute de 2,18m, avec ses deux niveaux, le premier composé de panneaux taillés juxtaposés, et le deuxième niveau composé d'un rang de balustres ; trois traverses occupent toute la largeur ; 2 portes latérales reprenant les mêmes éléments. L'ornementation associe plis en serviette, denticules, dents de scie et écaille..Notice Palissy. inscrit MH 09/01/2003.

Notice Palissy

.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Une vue latérale montre saint Matthieu, saint Marc, et saint Tugen tenant une clef de la main 

gauche et ayant un chien à ses pieds.

.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

.

LE PARDON DU 23 JUIN 2018.

.

a) Le rassemblement des porteurs des croix et des bannières.

·

À la différence du Pardon de Saint-Côme et Saint-Damien, les délégations du Pays de Porzay ne sont pas présentes, et seules les deux croix et les deux  bannières principales de la commune sont présentes : celle réalisée par Le Minor, portée par les hommes derrière la croix, et celle de Marie et sainte-Thérèse, restaurée récemment, portée par les femmes.

.Pour l'étude des bannières et des costumes, voir l'article sur le Pardon de Saint-Côme

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

La croix de procession.

Elle présente toutes les caractéristiques des "Croix de procession finistériennes" (Yves-Pascal Castel) du XVIe et XVIIe siècle, mais, si c'est elle qui correspond à la désignation Croix de procession n°3 de la notice Palissy, elle date de la fin du XIXe ou début XXe.

En laiton : argenté, repoussé, ciselé, on  y trouve en effet  la présence de fleurons en forme de boules godronnées au bout des branches (ornées de fleurs de lys) , un nœud architecturé renferment quatre figurines (deux manqueraient), les deux  clochettes  sous la traverse de la croix, et la Vierge et Saint Jean portés par des branches, encadrant un Christ en croix. 

Les figurines du nœud en forme d'architecture gothique sont Saint Pierre, une vierge et martyre tenant sa palme, saint Yves et un saint évêque. 

Nous la verrons détacher sa silhouette emblématique dans le ciel de l'été débutant.

.

 

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Les costumes.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Tout Pardon finistérien, même s'il n'est pas une troménie (tro minihi, "tour du monastère celtique") comme à Locronan (mais aussi Bourbriac, Gouesnou, Landeleau, Plabennec ou Plouzané) ou une procession giratoire répétée plusieurs fois autour d'une fontaine, est une circumambulation, reprenant un rituel qui existe dans le monde entier -de l’Irlande à l’Inde et au Moyen-Orient, de l’Asie à l’Afrique- et est attestés et décrit depuis l’Antiquité védique et gréco-romaine jusqu’à nos jours, c'est à dire un  phénomène de sacralisation d’un territoire et de re-création d'un rituel de fondation. (cf. Joel Hascoët 2010)
Cette circumambulation se doit d'être  dextrogyre ou horaire, dans le sens des aiguilles d'une montre.

Aujourd'hui, la procession va quitter le sanctuaire par sa porte sud, va tourner autour de la chapelle, puis descendre la cinquantaine de mètres vers la fontaine, où le prêtre va puiser de l'eau et en asperger les bannières et les fidèles. La croix vient en tête, puis la bannière paroissiale, puis la bannière portée par les femmes, puis arrive le reliquaire entre ses deux porteurs, puis le prêtre et ses acolytes, et enfin la foule des fidèles reprenant les cantiques anciens.

Quatre croix, deux bannières et le brancard du reliquaire, cela nécessite 14 porteurs/euses qui se relayent, car l'effort est réel. Nul souci de folklore et d'effet touristique, mais une gravité digne mais jamais bigote. Je n'ai pas l'impression d'une reconstitution historique, mais de connaître à mon tour cette profonde et intense émotion esthétique que Mathurin Méheut a exprimé dans ses toiles.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

La descente vers la fontaine.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

L'arrêt devant les blés mûrs.

La procession doit s'arrêter car la voie vers le fond du vallon par le raide escalier n'est pas praticable pour elle. Après avoir traversé l'ombrage des saules, elle fait face au soleil des  moissons aussi bien que, le 3 juin dernier, elle faisait face à la Baie de Douarnenez pour le pardon de Côme et Damien.

 

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape (Péguy)

 

Cette proximité du ruisseau qui coule vers la plage de Pentrez et la mer toute proche, cette étendue de blé proclamant l'été, les chants des oiseaux se mêlant aux cantiques, le parfum des fleurs des arbustes sauvages et celui des chaumes chauffées à blanc,  cette sirupeuse chaleur de fin de journée, tout participe à célébrer non seulement un  saint et son sanctuaire, mais les noces d'un terroir et de ses habitants, celle de la nature et de la magie du monde avec les hommes. 

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

L'aspersion et la remontée vers la chapelle.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

L'entrée dans la chapelle par la porte occidentale.

Le porteur de la croix de procession passe le premier.

 

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Pendant cette entrée de la procession et des fidèles, le sonneur sonne la cloche à toute volée.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Quand le reliquaire parvient à l'entrée, les porteurs l'élèvent en travers de la porte, et les fidèles passent en dessous en le touchant.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

C'est le reliquaire de 1578 avec les figurines de saint Côme, de saint Pierre (bien visibles à travers la vitre)  et de saint Damien . Il contenait  les reliques du Christ (couronne et robe) des saints Côme et Damien, de saint Pierre, de saint  Meen, de Marie-Madeleine. 

 

.

.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

.

Mathurin Méheut a représenté cette scène dans un Pardon plus grandiose, en illustration de Au Pays des Pardons d'Anatole Le Bras (1937).

.

Copyright Musée départemental breton.

 

.

.

 

 

.

SOURCES ET LIENS.
 

BASE MERIMÉE, Notice :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005245

"Première campagne 16e siècle, partiellement datée 1591, inscription transept : " B10F FA 1591 MORICE L F ". Charpente et sablières en 1653 pour G. _Perfezou recteur de Saint-Nic, portent l'inscription : " M. GUIL PERFEZOU REC M KVAREC FA 1653 ". Calvaire en 1645. Clocher milieu 17e siècle. Fontaine en 1712"

1591 ; 1645 ; 1653 ; 1712 .

Un vaisseau, plan en croix latine. granite ; grès ; appareil mixte ; moellon toit à longs pans ; pignon découvert ; noue ; flèche en maçonnerie

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_8=REF,REFA&VALUE_8=IA00005245

CASTEL (Yves-Pascal), s;d, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/saint_nic.html

"2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]

COUFFON (1988)

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

CHAPELLE SAINT-JEAN

Edifice en forme de croix latine remontant au XVIe siècle, remanié au XVIIe et restauré au XIXe (1817 au-dessus de la porte sud). Clocheton amorti par une flèche à crochets et gables ajourés. Marches d'escalier sur le rampant sud. Il est lambrissé avec entraits engoulés et sablières sculptées : flore, oiseaux, dragons affrontés et, dans le choeur, sur le côté nord, cartouche contenant l'emblème des Cinq Plaies. La poutre transversale du haut de la nef porte l'inscription : "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."

Mobilier : Maître-autel de pierre : le retable bas porte dans des médaillons les figures en bas-relief polychrome des Evangélistes. Le tabernacle est ouvragé : Sainte Face sur la porte, et, entre des colonnettes, en bas-relief, saint Tugen avec clef et chien dans le panneau de gauche et un évêque dans celui de droite. Derrière le retable, une haute balustrade donne accès, par deux portes à balustres, à une sacristie qui occupe le chevet.

Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, Pietà, saint Joseph, saint Jean-Baptiste dit Sant Yann Bihan ; - en pierre polychrome : autre saint Jean-Baptiste, de haute taille, dans une niche à colonnettes et fronton, et un saint évêque (Philibert ?).

Dans la sacristie, vieille armoire massive à quatre portes, en mauvais état.  Près de la chapelle, calvaire relevé vers 1950 ; il porte l'inscription : "M. GVILL. PERFEZOV. RECTEVR. IE. B. POLESEC. F. 1645." Fontaine voûtée en anse de panier et datée 1712.

 

— DANIEL (Tanguy)  "T.D"  (*), 2002, article sur la restauration de la chapelle Saint-Jean-Baptiste pour le Cahier 15 de  La sauvegarde de l'art français, Numéro 15 , Picard, 2002, pages 190-192.

(*) très vraisemblablement Tanguy DANIEL, Professeur d'histoire et géographie (en 2005). - Président honoraire de la Société archéologique du Finistère (en 2005)

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/wp/wp-content/uploads/saint-nic-c15.pdf

— DUHEM (Sophie) 1998, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes,  390 pages. Saint-Nic pages 19, 24, 25, 29, 36, 95, 100, 113, 119, 143, 146, 147, 183 (médaillons),  218, 242, 257 (les évangélistes de la chapelle Saint-Jean), 283 (chap. St-Jean), 299, 321 et 334.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=781

 

— DILASSER (Maurice), 1979, La chapelle Saint-Jean in Un pays de Cornouaille Locronan et sa région. Paris, Nouvelle Librairie de France. page 632.

"Sise au bord de la route de la Presqu'île, la chapelle peut remonter au XVIe siècle mais fut modifiée et restaurée ensuite, comme l'indiquent les dates de 1653, accompagnée du nom de M. Guil. Perfezou, l'infatigable recteur de Saint-Nic, ou de 1817 sur la porte sud et de 1873 sur la charpente. C'est une construction grossière faite de moellons tirés du Ménez-Hom (grès, granite et schistes), édifiée en forme de croix latine. Le clocheton du mur ouest garnie de crochets boursouflés et accompagnée de pinacles et de pots à feu à l'étroit sur leur plate-forme.

·À l'intérieur, la voûte est lambrissée avec entraits, dont l'un est engoulé par des dragons. Les sablières sont sculptés en forme de monstres, d'angelots d'oiseaux qui picorent. Un cartouche présente, comme au chevet de Ploaré et sur une sablière de Kerlaz, les stiggmates des pieds, des mains et du cœur. Des blochets, taillés en forme d'évangélistes, proposent un thème que l'on retrouvera en bas-relief sur le retable polychromé. Une Vierge Mère (bois polychrome) paraît aussi ancienne que la chapelle, ainsi que l'un des deux saints Jean-Baptiste (pierre polychrome). Dans un recoin qui sert de sacristie, derrière une balustrade, est rangée une statue mannequin faite pour être habillée."

OLIVIER ( Corentin), 2014, Les charpentes armoricaines : inventaire, caractéristiques et mise en œuvre d’un type de charpente méconnu, Mémoire de master 2, Université Rennes 2, sous la direction de Pierre-Yves Laffont et Vincent Bernard, 2014, 410 p.

— OLIVIER ( Corentin), 2016, « L’archéologie des charpentes anciennes (xive -xvie siècles) au service de la connaissance des forêts du Massif armoricain », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, t XCIV, 2016, p. 109- 121.

PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

 

 

"Chapelle de Saint-Jean.

Celle-ci est à deux kilomètres du bourg, sur le bord de la route de Crozon. Moins belle que la chapelle de Saint-Côme, la chapelle de Saint- Jean est pourtant loin d'être indifférente. Elle possède un petit clocher bosselé, de jolies portes gothiques et des fenêtres flamboyantes. A l'intérieur, les poutres transversales sont tenues comme à Saint-Côme par des gueules de monstres. Une frise sculptée court au haut des murs : plantes, vignes avec feuilles et grappes que picotent des oiseaux, dragons accouplés par une corde au cou, anges aux ailes déployées, sorte d'écusson allongé portant l'emblème des Cinq Plaies : deux mains et deux pieds transpercées et un cœur. Au carré du transept, aux quatre coins, on voit dans la frise  quatre personnages à longue barbe, tenant chacun un livre ouvert. Le premier est assis sur les épaules d'un génie qui lui enserre les jambes ; un autre sur un génie qui élève les bras pour tenir le livre comme un lutrin ; un autre est assis sur les épaules d'un génie affreusement laid ; le dernier, enfin,. au lieu d'un génie, a une colombe à ses genoux. . Quatre petits personnages sont sculptés autour de la clef de voûte.

Une poutre transversale à gueules porte cette inscription : M. GVILL : PERFEZOU : REC : M. KV AREC : FA : 1653. Sur la charpente, on lit la date 1873 (réfection).

Au fond de la chapelle, on a déposé les débris de l'ancien calvaire qui ressemblait à celui du bourg. On y lit cette inscription : M. GVILL. PERFESZOV. RECTER E B. POLESEC. F. 1645.

Statues. - A l'autel principal, Evangélistes assis chacun avec son attribut : lion, taureau, aigle, homme. Sur un panneau du tabernacle, Saint Tujen avec chien et clef. Sur l'autre panneau, autre Saint avec mitre et crosse, lisant dans un livre .. Derrière l'autel, un Saint Jean-Baptiste, de stature herculéenne, portant un mouton. Cette statue est en pierre. - Vierge portant l'Enfant-Jésus. A l'autel latéral gauche : Sainte curieuse assise. La partie inférieure du corps est dissimulée par une sorte de caisse. Elle est habillée d'une vraie chemise en grosse toile. - Pieta honorée sous le nom de N. D. de la Chapelle-Neuve. - Saint Joseph. A l'autel latéral de droite : Saint Philibert, mitré et crossé. - Saint Jean-Baptiste (appelé Sant Yann Bihan parce que plus petit que l'autre statue) portant un agneau. A ses pieds une tête de loup (?). Toutes ces statues sont en bois, excepté celles de Saint Philibert et de Saint Jean-Baptiste. Non loin de la chapelle se trouve la fontaine dn Saint. Elle porte la date 1712, derrière le fronton."


 

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier
22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 09:24

L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic : inscriptions lapidaires, de datations et nominatives. De l'intérêt de lire les tildes.

Voir :

Voir sur la commune de Saint-Nic :

L'église :

 

La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

.

— La chapelle Saint-Jean :

 

 

.

 

.

La lecture de la notice de Couffon et Le Bars consacrée à la commune de Saint-Nic donne accès à divers éléments de datation de l'église paroissiale :

"L'édifice actuel, en forme de croix latine, comporte une nef irrégulière avec bas-côtés de trois travées au nord et de quatre travées au sud, un transept et un chœur profond à chevet plat. Il date de la seconde moitié du XVIe siècle. Du type à nef obscure, il est lambrissé sur sablières sculptées. Les grandes arcades pénètrent directement dans les piliers octogonaux.

Entre deux arcades du côté nord, inscription : "M. LE. PARLAT. FA. 1566." Et sur un pilier du bas-côté sud : "I. C. P. 1536 (?)."

Le clocher, du type cornouaillais à une chambre de cloches sans galerie, porte la date de 1576 ; il fut réparé en juin 1790 par Hervé Chapron, de Pleyben.

Sur le portail ouest en tiers-point et à voussures sous accolade, date de 1570.

Le porche latéral du midi, lambrissé, est daté 1561 sur le gable ; ses sablières sont décorées de chimères et de grotesques. Il renferme douze niches latérales, aujourd'hui vides, pour les Apôtres ; l'une d'elles est datée 1620 ; à l'extérieur, cadran solaire de 1614."

Il faudra y ajouter le reliquaire, daté de 1578. Les vitraux sont estimés (Gatouillat et Hérold) de 1560, 1570 et 1600, avec un élément de 1520 environ.

Tout cela atteste d'une reconstruction très active en 1561 et 1562  (porche sud), puis en 1566 (nef) et se poursuivant entre 1570 et 1576 avant de trouver son achèvement par la commande d'un reliquaire en argent en 1578. C'est  cette aventure que l'examen des inscriptions permet de revivre, tant il est émouvant de découvrir la beauté des calligraphies  ; mais parfois, des détails permettent de mieux connaître les hommes qui ont été les maîtres d'œuvre et les artisans de ces travaux. C'est le cas ici.

 

 

.

Les inscriptions du porche sud. 1561 et 1562.

"Le porche latéral, lambrissé, est daté sur le gable de 1561 ; ses sablières sont décorées de chimères et de grotesques. II renferme douze niches latérales pour les apôtres, l'une d'elles est datée de 1620."(Couffon)

.

.

1°) Inscription lapidaire  du tympan du fond du portail sud : 1561.

"La porte de l'église  est dominée par trois statues en bois : au milieu, Saint Roch montrant son genou ; à ses pieds, un petit ange porte une boîte ; à gauche·, Sainte Catherine, appuyée sur sa roue ; à droite, Sainte Marie-Madeleine tenant un vase de parfums, de la forme d'un calice. Au dessous de ces statues, la date: L: M: V"ç: LXI (1561)." (C. Parcheminou)

Les statues ont quitté leurs niches, mais l'inscription demeure :

 

:L: M: V:cc :

: LXI : FFe :

L[an] Mil Cinq cent Soixante-et-un ffe.

J'interprète ainsi  "L'an, 1561 fecit" : "Cela fut fait l'an 1561" .

Inscription en creux en lettres et chiffres gothiques aux hampes bifides, aux fûts perlés ou barrés, avec ponctuation de séparation des mots par deux-points, le dernier deux-point relié par une ligne en S.

.

 

 

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

 

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

.

2°) Inscription sur cartouche de la   sablière droite  du portail sud : 1562. 

La sablière, entre deux blochets figurés, est ornée de deux dragons, liés à deux monstres anthropoïdes qui présentent un cartouche.

Voir Les sablières de l'église de Saint-Nic. Le porche sud.

.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

Ce cartouche porte l'inscription gravée en creux (chiffres) et en plein (lettres) :

1562

A F E : AARIA.

(lecture de la ligne inférieure douteuse : AVE MARIA ?? ).

.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic : inscriptions lapidaires, de datations et nominatives.

.

.

3°) L'intérieur : inscription lapidaire : 1566.

.

Inscription peinte en rouge, en réserve en lettres romaines et chiffres arabes. Ponctuation entre les mots par deux-points. Lettres aux fûts et aux traverses ornées de barres. Utilisation du tilde.

M : LE : PARLÃT : FÃ : 1566.

Cette inscription a été déchiffrée par les auteurs (Abgrall, Parcheminou puis Couffon) sans tenir compte du premier tilde (qui affecte la forme d'un losange et non, comme le second, d'une navette). Ils ont tous lu "M LE PARLAT FA. 1566."

-Le premier est le chanoine Abgrall, dans son article "Inscriptions gravées et sculptées sur les monuments du Finistère", Bulletin de la Société archéologique du Finistère 1916 :

-Le deuxième est Corentin Parcheminou en 1930.

Puis vient René Couffon dans sa Notice :

 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

- Les organismes communaux et associatifs ont repris cette lecture :

https://www.saint-nic.fr/eglise-st-nicaise.htm

http://folklore-culture.fr/index.php/patrimoine/eglise-saint-nicaise/

.

Pourtant, il est évident qu'il faut rétablir l'abréviation du deuxième tilde : 

M. LE PARLAT FABRICIEN [EN] 1566.

Il est étonnant, au vu de la lisibilité de l'inscription pour tous les paroissiens et tous les visiteurs, et l'importance qu'elle affiche dans l'histoire de la construction de l'église, que personne ne se soit avisé que le patronyme "le Parlat" n'est attesté nulle part en France.

Par contre, si, comme on le doit, nous prenons en compte le premier tilde sana lui tenir rigueur de sa forme en losange, nous obtenons :

"M. LE PARLANT, FABRICIEN EN 1566."

Ce patronyme est attesté à Plomeur (29, près de Pont-L'Abbé) sur la généalogie de Thierry Palud, ou sur celle de Bruno Margelidon (Marie-Catherine LE PARLANT, marié à Yves Biger 1592-1672.

Par ailleurs, Guyon LE PARLANT était Gardien supérieur en 1549 du couvent du Cuburien à Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix.

Les amateurs d'histoire locale tiennent donc là une information précieuse, qui pourrait les inciter à une recherche dans les registres et archives de la paroisse. Mais la priorité semble être plutôt l'installation de projecteurs et de radiateurs alimentés de très esthétiques fils polychromes habilement  fixés par de solides cavaliers, soigneusement mis en valeur.

.

.

 

 

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

4°) Face est d'un des piliers sud de la nef : Et sur un pilier du bas-côté sud : "---. 1636" (sous réserve)

Cela corrigerai la lecture de Couffon "ICP 1536"..

.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

 

5°) La tribune : A. ROIGNANT.

.

La tribune porte une inscription gravée : 

A : ROIGNANT : CHARP.

.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

Cette inscription,  peut être précisée et  datée : le prénom est vraisemblablement Alain, et l'inscription date environ de 1670.

En effet, c'est en 1670 qu'AL[ain] ROIGNANT FAB[ricien] et CHARP[entier] inscrivit son nom sur les sablières du bas-coté nord de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien, dans la paroisse de Saint-Nic. Et le même Alain Roignant se chargea de confectionner la  porte nord de la même chapelle, sur laquelle il inscrivit : "AL. ROIGNANT. F. 1675 (ou 1673 ?). (cf. Couffon)

La généalogie D'Eric Lagathu nous permet aussi de préciser qu'Alain Roignant était marié avec Marie LE BIHAN(1629-St-Nic, 7 mai 1690) dont il eut une fille, Marguerite, née le 1er avril 1661 à Saint-Nic.

.

.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

.

Une inscription non déchiffrée : celle du clocher.

L'inscription porte, selon Couffon, la date de 1576..

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

L'inscription de la cloche.

. --FELEC GUEGUENIAL / JE ME NOMME NICOL--

MAIRE LAROUR.

Je ne dispose pas de la liste des maires de Saint-Nic ; en 1789, le maire était Pierre Larour, de Brénalen (celui-ci devint capitaine des grenadiers de la garde nationale de la commune en 1792). L'un de ses 5 adjoints était Corentin Queffelec, de Creac'h Milin. En 1792, le maire se nomme Henri Guegueniat, de Penanvoez, tandis que l'un des officiers municipaux est Jean Larour, du manoir Guermeur. Les successeurs seront Etienne Le Droff, Michel Damoy, [---] Jean Horellou en 1837, 

.

 

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

.

.

SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Bul. Société archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1916_0122_0159.html

 

 

— COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

 

 

— PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

 

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier
21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 21:19

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764  à Crozon.

.

Voir mon observation précédente, en 2012, au même site (la Cordulie bronzée était également présente aujourd'hui) :

Cordulie bronzée et Libellule fauve à Crozon.

.

Voir les origines du nom ici :

Zoonymie des Odonates : Libellula Fulva Müller, 1764.

.

Cliquez sur l'image.

 

 

 

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

.

 

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

.

 

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

.

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier
21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 20:48

Le papillon  Petit Sylvain Limenitis camilla, Linnaeus 1764 à Crozon. 

.

Voir les origines de son nom ici :

Zoonymie du Petit Sylvain Limenitis camilla Linnaeus, 1764.

.

Il passe comme un éclair noir,  battement d'aile sombre et blanc dans les clairs-obscurs des feuillages. On s'exclame, on cherche à le revoir, on rebrousse chemin, sans quitter l'ombrage. Le voilà ! 

Il se pose, il étend ses ailes noires à bande blanche. S'approcher, se tenir en équilibre sur un talus et tenter de le placer dans son viseur. Patienter, car il replie brièvement ses ailes. Enfin, il présente le revers brun roussâtre où s'alignent, comme des pétales de marguerite, des cellules blanches.

Il s'en va. Les photos ne sont pas à la hauteur de la fièvre qui nous a saisie.

.

 

Le  Petit Sylvain Limenitis camilla, Linnaeus 1764 à l'étang de Kerloc'h, Crozon. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

Le  Petit Sylvain Limenitis camilla, Linnaeus 1764 à l'étang de Kerloc'h, Crozon. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

.

Le  Petit Sylvain Limenitis camilla, Linnaeus 1764 à l'étang de Kerloc'h, Crozon. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

Le  Petit Sylvain Limenitis camilla, Linnaeus 1764 à l'étang de Kerloc'h, Crozon. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

.

 

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier
18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 11:30

La Mise au tombeau (calcaire, fin XVe-début XVIe) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé : Gamaliel et Abibon.

.

.

Dans la crypte de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé est présenté une Mise au tombeau datant de 1500 environ. Ce groupe de dix personnages sculptés dans le tuffeau s'étend sur 3,65 m de long et les personnages mesurent 2 mètres environ. Comme l'indique la notice de la base Palissy, il  vient de " l´abbaye blanche", l'ancien couvent de dominicains fondé vers 1265 par la duchesse de Bretagne Blanche de Navarre au Bourg-Neuf de Quimperlé : 

"Cette oeuvre, soit importée, soit commandée à l'initiative de Guillaume du Botderu, prieur, et de l'aristocratie locale proche de l´entourage ducale, peut-être la famille de Quimerc´h, provient de l´ancien couvent de dominicains de Quimperlé où elle est signalée à la Révolution. Elle est placée ensuite dans l´église Sainte-Croix où elle échappe en 1862 à la destruction lors de l´effondrement du clocher. Durant la reconstruction de l'édifice, l'ensemble est transféré dans la chapelle Saint David du cimetière de Quimperlé où il se trouve jusqu´en 1884, date de son transfert dans le jardin du presbytère. Une photographie des années 1900 montre son état avant la disparition des têtes de saint Jean et des trois Marie. L´ensemble se dégrade progressivement avant d´être restaurée en 1967 par le sculpteur Mainponte qui modifie l´emplacement des personnages ; il est alors placé dans l´avant-sacristie de l´église Sainte-Croix. L´ensemble est de nouveau restauré en 1998 par le sculpteur Pierre Floc´h, puis présenté dans l'espace voûté sous la croisée du transept où il se trouve actuellement."

.

 

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

.

Cette œuvre présente plusieurs particularités.

D'abord, elle est considérée comme la plus ancienne "Mise au tombeau" de Bretagne.

Ensuite, le corps du Christ est orienté tête placée vers la droite, face à Nicodème, alors que traditionnellement il est orienté à gauche face à Joseph d'Arimathie.

Enfin, on y trouve la rarissime présence, attestée par les inscriptions, du pharisien Gamaliel (le maître de saint Paul) et de son fils puîné Abibon.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

 

Je le décrirai  en allant de gauche à droite.

Le sujet représenté.

Mais auparavant, une première remarque: le Christ ne repose pas réellement dans un sarcophage, mais il est posé sur une table creusée : il serait peut-être plus juste de parler ici d'un EMBAUMEMENT DU CHRIST SUR LA PIERRE DE L'ONCTION, un thème qui figure sur le Vitrail de la Passion (1145-1155) de la cathédrale de Chartres, et qui a été repris par Fouquet dans l'enluminure des Complies des Heures de la Croix des Heures d'Etienne Chevalier en 1452-1460. (Nicole Raynaud,  Les Heures d'Etienne Chevalier p. 112). Voir Pierre de l'onction Wikipédia.

Il ne s'agit pas stricto sensu d'une Mise au tombeau, puisque ni Joseph d'Arimathie ni Nicodème ne tiennent le linceul pour le descendre dans la cuve, qui devrait être creuse, d'un sarcophage (comme dans le folio 152 des Très Belles Heures du duc de Berry par les frères Limbourg vers 1406-1409).  Chrystel Douard et Philippe Bonnet, dans la Notice de la base Palissy, font preuve de prudence : "Le Christ mort repose sur un soubassement en forme de tombeau".

Mais il ne s'agit pas non plus d'un embaumement, puisqu' aucun des personnages ne verse le contenu d'une fiole sur le corps du Christ.

J'y vois donc un moment de recueillement des protagonistes, après la Descente de Croix et l'Embaumement et avant la Mise au tombeau (Rosporden). Donc assez proche des Déplorations ou "Lamentations sur le Christ mort", mais sans effusion de larmes ou manifestation extérieure de chagrin, hormis l'effondrement de la Vierge affligée. Voir à Pencran (1517), et  à Bodilis .

 

.

 

 

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

.

I. JOSEPH D'ARIMATHIE.

.

La statue de  Joseph d'Arimathie mesure 192 cm.

1. Le costume:

a) La coiffure.

Bonnet conique mou (plissé ou plié) sur un bourrelet circulaire ("turban") orné d'un médaillon central.

Sur le bonnet juif ou pileus comme signe discriminatif (depuis le Concile de Latran en 1215) ou identitaire dans la communauté juive, lire l'article Wikipédia "chapeau juif". Mais en iconographie, dans les enluminures et les vitraux, cette coiffure n'a pas ces fonctions, mais sert d'indicateur dans une représentation assez codifiée mais évolutive des personnages de la Passion, notamment pour distinguer trois groupes : les "pharisiens", les disciples de Jésus et les soldats ou officiers romains. Dans notre contexte, cette coiffure, et les autres éléments hébraïsants, ont d'autant moins de chance de se vouloir discriminante qu'ils sont portés par les "bons juifs" qui ont pris le parti du Christ lors de sa Passion.

Derrière ce bonnet descend un voile qui recouvre les épaules, et dont il est difficile de dire s'il appartient de manière solidaire au chapeau ou s'il y est enfoncé (il rentre, en arrière, à l'intérieur du bourrelet). De même, j'ignore si ce voile possède une fonction rituelle. On le voit représenté ici, en 1483, indépendamment du châle à rayures ou talit.

.

b) Le visage.

Les cheveux longs torsadés et la barbe non taillée appartiennent à ce vocabulaire des artistes de la Première Renaissance dans leur représentation des pharisiens.

Ces figurations sont codifiées afin de permettre une identification par le grand public :  les notes de régisseur d'une passion rouergate, il est spécifié que Joseph d'Arimathie et Nicodème devaient porter des costumes "à l'antique", comme les Prophètes. 

.

 

Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

.

 

Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

.

L'inscription est portée sur une bande horizontale du torse, bande perlée en haut et frangée en bas. Les lettres en caractère gothiques sont "fleuries" avec des fûts perlées et aux extrémités bifides .

Inscription : JOSEPH AB ARIMATHEA

 

L'inscription vient du texte évangélique en latin. Ainsi Marc 15:43: 

venit Joseph ab Arimathaea nobilis decurio, qui et ipse erat exspectans regnum Dei, et audacter introivit ad Pilatum, et petiit corpus Jesu.

.

Sources concernant Joseph d'Arimathie.

L'Évangile selon Marc présente Joseph d'Arimathie comme membre respecté du Sanhédrin, mandaté pour réclamer le cadavre de Jésus et l'inhumer hâtivement avant que ne débute le sabbat pascal puis relate la mise dans un tombeau quelconque par cet éminent Juif ; l'Évangile selon Luc le présente comme un membre du conseil « bon et juste » (sympathisant du christianisme) plaçant Jésus dans un tombeau neuf .

 — Évangile selon Marc 15:42-47

"Le soir étant déjà venu, comme c'était Préparation, c'est-à-dire veille du sabbat, vint Joseph d'Arimathie, membre honoré du grand conseil, qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu. Il alla hardiment auprès de Pilate pour demander le corps de Jésus. Mais Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort, fit venir le centurion, et lui demanda s'il y avait longtemps qu'il était mort. Renseigné par le centurion, il accorda le cadavre à Joseph. Ayant acheté un linceul, il le descendit, l'enveloppa dans le linceul, le déposa dans un sépulcre qui avait été taillé dans le roc, et il roula une pierre à l'entrée du sépulcre. Or Marie la Magdaléenne et Marie, mère de José, observaient où il était déposé."

— Évangile selon Matthieu 27:57-61

 "Le soir venu, vint un homme riche d'Arimathie, nommé Joseph, qui lui aussi était devenu disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ; Pilate alors ordonna qu'on le lui remît.

    Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc, et le déposa dans son sépulcre neuf, qu'il avait fait tailler dans le roc ; puis, ayant roulé une grosse pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla. Or Marie la Magdaléenne et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau."

    — Évangile selon Luc 23:50-56

    "Et alors un homme, nommé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste,— il n'avait pas donné son assentiment à leur résolution ni à leur acte —, d'Arimathie, ville juive, qui attendait le royaume de Dieu, cet (homme) alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ; il le descendit, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis. C'était le jour de Préparation, et le sabbat commençait. Ayant suivi (Joseph), les femmes qui étaient venues de la Galilée avec (Jésus) considérèrent le sépulcre et comment son corps (y) avait été déposé. S'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, pendant le sabbat, elles demeurèrent en repos, selon le précepte."

    — Évangile selon Jean 19:38-42

      "Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate d'enlever le corps de Jésus, et Pilate le permit. Il vint donc et enleva son corps. Nicodème, qui précédemment était venu vers lui de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et l'entourèrent de bandelettes avec les aromates, selon la manière d'ensevelir en usage chez les Juifs. Or, au lieu où il avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne n'avait encore été mis. C'est là, à raison de la Préparation des Juifs, le sépulcre étant proche, qu'ils mirent Jésus."

      Les Actes de Pilate (vers le VIe siècle)  reprennent le texte de Matthieu 27 :

      "Voici qu'un homme dont le nom était Joseph — lequel était un lévite bon et juste qui n'avait pas siégé dans le Sanhédrin ni aux conseils tenus par les Juifs, car il était à Arimathie, attendant le royaume de Dieu — vint trouver Pilate; il lui demanda le corps de Jésus. Et lorsqu'il l'eut reçu, il l'enveloppa d'un linceul bien blanc. Il le déposa dans son tombeau taillé dans lequel personne n'avait été déposé.

      L'Évangile de Nicodème décrit comment Joseph d'Arimathée demande à Pilate le corps de Jésus (Ecrits apocryphes chrétiens, Pleiades, page 279,  Ev Nicod. II, 3) puis l'ensevelissement de Jésus (id. pp 280-281, Ev. Nicod. II 3). 

      "Alors Joseph remercia Pilate, lui baisa les mains et des vêtements, et sortit en se réjouissant en son cœur d'avoir obtenu ce qu'il désirait, mais avec les yeux encore plein de larmes — ainsi en son chagrin avait-il aussi un sujet de joie. Il s'en alla donc chez Nicodème et lui rapporta tout ce qui s'était passé. "

      L'embaumement :

      "Ensuite, il acheta de la myrrhe, de l'aloès — cent livres — et un tombeau neuf ; puis, avec l'aide de la Mère de Dieu, de Marie Madeleine et de Salomé, ainsi que de Jean et des autres femmes, Joseph et Nicodème le préparèrent pour la sépulture dans un linge blanc, comme c'était la coutume, et le déposèrent dans le tombeau".

      La Déploration :

      "La Mère de Dieu disait en pleurant : "Comment ne pas te pleurer, mon fils ? Comment ne pas lacérer mon visage de mes ongles ? Voilà, mon fils, ce que le vieillard Syméon m'avait annoncé lorsque, petit enfant âgé de quarante jours, je t'avais conduit au Temple. Voilà l'épée qui, maintenant, transperce mon âme. Qui fera cesser mes larmes, mon fils très cher. Absolument personne, si ce n'est toi seul, si, comme tu l'as dit, tu ressuscites le troisième jour"

      Marie Madeleine disait en pleurant : [...]

      De même, Joseph se lamentait en disant : [...]

      "Ainsi se lamentait aussi Jean et les femmes."

      Ensuite, Joseph avec Nicodème rentrèrent chez eux. La mère de Dieu ainsi que les femmes en fit autant, et Jean également était présent avec elles."

      Dans la suite de l'Évangile de Nicodème, Joseph d'Arimathie est mis en prison dès le vendredi soir par Caïphe et Anne pour avoir fait des funérailles au Christ ; mais il en fut délivré par Jésus, qui le conduisit à Arimathie où il demeura quarante jours avant d'être interrogé par les grands prêtres.

      — La Déclaration de Joseph d'Arimathée qui a demandé le corps du Seigneur. (Apocryphes chrétiens Pléiades p. 351).

      .

      Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Joseph d'Arimathie, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      .

      .

      II. GAMALIEL.

      .

      Costume. 

      Gamaliel porte le bonnet conique en tissu gaufré et  aux hauts bords retroussés, posé sur un voile retombant en camail sur les épaules ; ce voile est orné de huit glands de cannetille ; une robe boutonnée jusqu'à la taille par trois boutons et serrée par une ceinture à laquelle est passée une aumônière et une sangle fleuronnée . L'objet qu'il tenait dans la main droite est perdu.

      Il porte la barbe aux mèches tentaculaires des prophètes bibliques.

      .

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      .

       

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      .

      L'inscription est portée sur tout le tour du le revers du bonnet:

      [G]AMALIEL / [M]EUS / DOMINUS.

      Tandis qu'un auteur (SAF 1909) a lu "Gamaliel Magister meus", "Gamaliel mon maître", et l'abbé Abgrall a lu "Gamaliel Meus Dominus", "Gamaliel mon seigneur", très proche de ce que je constate sur place, mais ce qui ne correspond à aucun texte en ligne.  Cette inscription ne trouve un  sens que par référence à la deuxième lecture de l'Invention des reliques de saint Etienne martyr le 3 août  dans le Sanctoral de l'office dominicain (1254-1256)  ou Ecclesiasticum officium secundem ordinem fratrum praedicatorum : un texte qui reprend celui se saint Augustin (Civitate Dei, livre 22) et autres manuscrits anciens.

       

      Inventio S. Stephani Lectio secunda.

      Et respondi dicens : « qui es, domine ? Et qui sunt tecum ? » Et respondit michi : « Ego sum Gamaliel, qui Paulum nutrivi. Et qui mecum est in parte orientali monumenti ipse est dominus meus Stephanus domnus autem Nichodemus in altera theca positus est qui venit ad Salvatorem nocte. Abibas vero filius meus qui mecum baptistum accepit sepultus est in tercia theca excelsiori in qua et ipse postea defunctus applicatus sum ».

      "Et je répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri saint Paul. 

      Et je [c'est le prêtre Lucien qui parle, répondant à un vieillard qui lui est apparu] répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri l'apôtre Paul. Et celui qui repose avec moi dans la partie orientale du tombeau est mon  maître (ou seigneur)  Etienne et aussi saint Nicodème dans l'autre tombeau, celui qui vint trouver le Sauveur la nuit. Et Abibas mon vrai fils qui fut baptisé en même temps que moi est enterré dans le troisième tombeau."

       

      Si le sens de l'inscription n'est pas relié à ce texte de façon irréfutable, cela a de toute façon le mérite de nous introduire à ce récit de la révélation de l'emplacement des reliques de saint Etienne, "invention" qui eut un retentissement considérable dans la chrétienté. En effet, si la présence de Gamaliel peut se comprendre sans ce récit, celle d'Abibas ne peut en faire l'économie.

       

      Selon la Légende dorée, le corps de saint Etienne aurait été enseveli par Gamaliel et Nicodème « qui soutenaient les intérêts des chrétiens dans tous les conseils des Juifs » dans le champ dudit Gamaliel.

      https://archive.org/stream/lalgendedore00jaco#page/46/mode/2up/search/gamaliel

      La tradition chrétienne garde le souvenir de l'apparition de Gamaliel au prêtre Lucien, curé de Cafargamala (Kfar-Gamala) le vendredi 3 août 415, le rabbi indiquant où se trouvait sa relique qui aurait été alors retrouvée dans le même tombeau que celle de son fils Abibas, ainsi que saint Étienne et saint Nicodème."

      Saint Augustin, Civitate Dei,  Livre 22

       

      "Et je [c'est le prêtre Lucien qui parle, répondant à un vieillard qui lui est apparu] répondis en disant : "Qui es-tu, Seigneur ? Et qui sont ceux qui sont avec toi ? Et il me répondit : Je suis Gamaliel, qui a nourri l'apôtre Paul. Et celui qui repose avec moi dans la partie orientale du tombeau est saint Etienne et aussi saint Nicodème dans l'autre … qui vint trouver le Sauveur la nuit. Et Abibas mon vrai fils qui fut baptisé en même temps que moi est enterré dans le troisième tombeau"

      Et qui mecum est in parte orientali monumenti ipse est dominus meus Stephanus domnus autem Nichodemus in altera theca positus est qui venit ad Salvatorem nocte. Abibas vero filius meus qui mecum baptistum accepit sepultus est in tercia theca excelsiori in qua et ipse postea defunctus applicatus sum ».

      .

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      .

       

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      Gamaliel, Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

      .

      La présence de Gamaliel lors de la Mise au tombeau.

      .

      a) Nouveau Testament.

      Les textes évangéliques ne citent pas Gamaliel, personnage qui n'apparaît que dans les Actes des Apôtres comme maître de saint Paul. "Gamaliel apparaît dans les Actes des Apôtres. Il serait intervenu en leur faveur tandis qu'ils devaient comparaître devant le sanhédrin pour avoir continué à prêcher malgré l'interdiction édictée par l'autorité juive  (Ac 5, 34-39). Le même livre indique aussi que Paul de Tarse aurait été son élève (Ac 22, 3). L'historien Thierry Murcia écrit : « Gamaliel l’Ancien n’est cité que deux fois dans le Nouveau Testament mais il a toujours un rôle positif : maître de Paul (Actes 22, 3), il se fait également le « défenseur » de Pierre devant le Sanhédrin (Actes 5, 34). C’était amplement suffisant pour que l’on ait cru, très tôt, qu’il avait secrètement été chrétien (et c’était peut-être même déjà dans le projet de Luc de le laisser supposer). » (Wikipédia)

      b) Roman Pseudo-clémentin.

      Texte apocryphe de dix Livres, écrit en grec au IVe siècle et traduit en latin au Ve siècle par Rufin.

      La tradition chrétienne développe ensuite sa figure comme "prince de la loi" hébraïque avec Anne et Caïphe, participant, au Temple,  aux débats entre les apôtres Pierre et Jacques lors de la période décrite par les Actes des Apôtres, en favorisant secrètement les premiers chrétiens. Dans le Roman pseudo-clémentin  (Clément, Recognitiones, Livre I, 65, in Ecrits apocryphes chrétiens II, Pleiade, Gallimard, 2005, p. 1677) il est décrit comme "appartenant à notre foi mais, selon notre arrangement, [il] demeurait parmi eux, afin que, ils préparaient contre nous une manœuvre hostile ou impie, il pût soit les arrêter par un conseil habilement formulé, soit nous en avertir.". Plus loin (Rec.I,67,6 et Ac. 5,38-39), il ne permettra pas que les chrétiens soient persécutés par les Juifs. 

      "Si moi, Gamaliel, je ne considère pas comme un affront à mon savoir et à mon grand âge d'apprendre quelque chose des petits enfants et des ignorants au cas où il y aurait quelque chose d'utile ou de salutaire à y gagner, comment ne serait-il pas désirable pour tous d'apprendre ce qu'on ignore et d'enseigner ce qu'on a appris ? Car il est bien certain que ni l'amitié, ni la parenté du sang ni la majesté du pouvoir ne doivent être plus précieuses pour l'homme que la vérité."...ces paroles de Gamaliel ne plaisaient guère à Caïphe" (Rec. I,67-68, id. p. 1678)

      c) L'évangile de Gamaliel.

      On nomme ainsi une version longue de l'évangile de Nicodème dans lequel Gamaliel, oncle de Nicodème,  devient  le narrateur d'un récit très favorable à Ponce Pilate.

      "L'évangile de Gamaliel ou Passion selon Gamaliel est un apocryphe très proche de l'évangile de Nicodème. Si le fond du récit est identique, le point de vue est différent : le narrateur n'est plus Nicodème, mais son oncle Gamaliel, qui prétend avoir assisté en témoin privilégié à tous les événements qu'il décrit. Corollairement, Gamaliel ne se situe plus du coté des adversaires du Christ, mais parmi ses sympathisants : tel est d'ailleurs le critère fondamental qui permet à la critique de distinguer les versions." "Il s’agit d’une branche tardive de l’Evangile de Nicodème, dont le manuscrit le plus ancien, Grenoble B. M. 50, en prose, est de la fin du XIVème siècle. Le récit de la Passion du Christ de l' 'évangile de Gamaliel fut adapté en ancien français, version existant dans une quinzaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles."

      " L'Évangile de Nicodème est le nom usuel d'un évangile apocryphe composé en grec au IVe siècle. Le narrateur de ce récit serait Gamaliel, maître de l'apôtre Paul de Tarse. La genèse de cet évangile reste encore confuse: dès le IIe siècle, des documents portant le titre d'Actes de Pilate circulent et sont cités par Justin et Tertullien. Chez ce dernier, Pilate apparaît même comme chrétien dans un rapport qu'il fait à Tibère; il existe par ailleurs un rapport de Ponce Pilate à Claude qui est incorporé dans les Actes de Pierre et Paul au IIIe siècle. Mais la persécution des chrétiens au début du IVe siècle se traduit, selon Eusèbe, par la rédaction demandée par l'empereur Maximin Daïa d'« Actes de Pilate » dirigés contre les chrétiens: Ceux-ci ont alors rassemblé les matériaux dont ils disposaient en un ouvrage intitulé l'Évangile de Nicodème, dans lequel sont relatés les faits de gestes de Ponce Pilate. Il présente le préfet romain sous un jour très favorable, faisant de celui qui a condamné Jésus un Saint converti au christianisme, ce qui a pour effet de transférer sur les juifs la responsabilité de sa crucifixion. Cet ouvrage comprend trois parties, le récit d'abord de la crucifixion et de la mise au tombeau du Christ, puis celui de la controverse au sujet de sa résurrection et, enfin, celui de sa descente en enfer. L'ouvrage est conservé dans deux versions grecques assez différentes, dans des versions syriaque, copte, arménienne et latine, et les chrétiens de Syrie et d'Égypte ont vénéré Ponce Pilate comme un saint et martyr. Les «occidentaux» s'y sont aussi référés avec passion (voir les chroniques historiques, les manuels de prédication, les encyclopédies médiévales, Jacques de Voragine, La Légende dorée) jusqu'à la Renaissance, la descente du Christ en enfer étant devenue alors inconcevable, d'autant que cette descente en enfer implique une vengeance du Christ. Il existe deux recensions latines de cet évangile. La recension latine B, version longue, et  la version A ou version brève. Aucune édition intégrale de la recension latine B - ou Évangile de Gamaliel- n'a encore été publiée. Elle a pourtant connu un énorme succès et a été traduite en français, en provençal et en langue d'oc. Son adaptation en ancien français n'existe que dans une dizaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles.

      Cette évangile de Gamaliel  a inspiré à son tour des Passions théâtrales. "Le Mystère de la Passion Nostre Seigneur, conservé dans le manuscrit Paris, Sainte Geneviève 1131, est la première Passion longue jouée au Moyen Age, datée du milieu du XIVe siècle. A l’exception des évangiles canoniques, l’Évangile de Nicodème représente la source la plus importante de la Passion de sainte Geneviève. Une Passion narrative en langue vernaculaire, conservée dans une quinzaine de manuscrits des XIVe et XVe siècles suit de près cette recension : il s’agit de l’Évangile de Gamaliel. Un manuscrit du XVe siècle est encore conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève, ce qui atteste de sa diffusion à Paris à cette époque. Il s’agit du manuscrit Sainte-Geneviève, 1194. Perçue par Alvin Ford comme une version longue de l’Évangile de Nicodème , il s’agit en effet d’une version assez proche de la recension AC de l’Évangile de Nicodème, qui reprend et remanie sa structure."

      On le retrouve ainsi dans (selon le tableau de N. Henrard) : 

      Sainte-Geneviève (1350-1370)

      Semur (1410-1430)

      Arras (1410-1430)

      Arnould Gréban (1450-1460)

      Jean-Michel (1486)

      Troyes (avant 1490)

      Robin Fouquet  1497.

      Passion de Châteaudun (1510)

      Passion bretonne (1530)

      Passion de Valenciennes (1507-1549?)

      Mystères rouergats

       Edme Briden, Troyes  1600

      .

      Je n'ai pu consulter chacun des textes, mais, lorsque j'ai pu le faire, je n'ai jamais constaté que Gamaliel participe à l'embaumement ou à la Mise au tombeau.

      Deux textes "bretons".

      Dans cette étude de la Mise au tombeau de Quimperlé datée vers 1500, il est logique de porter son attention vers les deux œuvres bretonnes du corpus précédents.

      a) — Ludolphus de Saxionia, La Vie de Jésus-Christ, imprimée par Robin Fouquet (B. N. Rés. H 506), 1485 : "Judas fut si diligent qu'il servait Pilate a son plaisir tant que Pilate l'amait plus que serviteur qu'il eust oneques... Si avint un jour que Pilate s'alloit esbatre et passa touchant le vergier de Ruben et avoit léans ung bel pommier plaing"

      C'est à Bréhan-Loudéac que vivaient en 1484-1485, Robin Fouquet et Jean Crès "maîtres en l'art de l'impression" . L'imprimerie s'est implantée en Bretagne à la fin du XVe siècle,  simultanément en trois places (Bréhan, Rennes et Tréguier)  car les trois ateliers vont utiliser des matériels de même provenance, peut-être débarqués à Tréguier et venant de Flandre. A l'initiative d'un obscur cadet de famille, Jean de Rohan, seigneur du Gué-de-l'Isle de 1463 à 1493, d'autre part propriétaire d'un des premiers moulins à papier bretons (à la Ville Jégu en Bréhan), sort en décembre 1484 la première pièce imprimée en Bretagne, dans l'atelier de Jean Crès et Robin Fouquet à Bréhan (non loin de Rohan et La Chèze)  : le Trepassement Notre Dame. En moins d'une année, douze incunables, le plus fréquemment de modeste proportion, vont sortir de Bréhan.". Jean de Rohan, marié à l'héritière du Gué de l'Isle, avait pris le titre de Rohan, et ce fut lui qui choisit et établit imprimeurs, pour son usage, Robin Fouquet et Jean Crès, son ami ou compagnon.

      E. Roy en donne de marges extraits dans "Le Mystère de la Passion aux XIVe et XVe siècle", et Gamaliel y est souvent cité ; mais, dans les pages publiées, Gamaliel ne participe pas à la Mise au tombeau.

      b) La Passion et la Résurrection publiées à Paris par Eozen Quillivéré en 1530. BNF Réserve, Yn.11 . Réimprimé à Morlaix en 1622 BnF Réserve Yn13. Edité par M. de la Villemarqué en 1865 et par Yves Le Berre en 2005.

      Là encore, Gamalile est fréquemment en scène. Lors de la Déposition, Joseph d'Arimathie et Nicodème vont chercher Gamaliel (fin de scène XV), et, à eux trois, ils partent "afin de faire du bon travail". Le récitant expose alors ce qui va se passer :

      Lorsque le corps de Jésus

      Eut été selon l'usage enveloppé d'un linceul,

      Le bon Nicodème

      Partit en compagnie de Joseph

      pour l'ensevelir

      Avant le crépuscule.

      Ils le soulevèrent en hâte,

      Puis, respectueusement et solennellement,

      Le transportèrent

      Et l'installèrent

      Au milieu du fort beau tombeau

      Tout neuf.

      Quand il eut été mis au tombeau

      et oint

      et disposé comme il faut

      Par les susdits

      Et les (trois) Marie

      Conformément à la coutume de ce monde,

      Alors chacun exprima son chagrin

      Et lui-même demeura

      Dans le magnifique tombeau

      Séparé de ses proches

      Jusqu'à sa résurrection." (Traduit du breton par Y. Le Berre)

      Puis les dialogues entre Nicodème, Joseph et Gamaliel mettent en scène la Descente de croix : Gamaliel tient l'échelle et Nicodème monte "afin de prendre doucement le corps si délicat de Jésus" tandis quer Joseph ôte les clous avec des tenailles. Le corps est remis par Joseph entre les bras de Marie, afin qu'elle procède à la toilette. Marie se lamente (vers 3272-3292) puis la scène se conclue ainsi sans participation de Gamaliel:

      JOSEPH. N'est-il pas temps, ma dame, que nous le portions et que nous le couchions au fond du tombeau? Oui, il est l'heure de s'y rendre; le soir vient. Hâtons-nous donc, ne restons pas ici plus longtemps, je vous en conjure humblement.

      MARIE. Hélas! puisqu'il le faut, partons, et que, selon les rites ordinaires, il soit étendu et renferme dans le tombeau.

      NICODÈME. Allons donc, et faisons ce que nous voulons faire, car il est presque nuit.

      JOSEPH (après avoir enseveli Jésus). Le voilà couché dans le tombeau; fermons-en l'entrée tout de suite; il n'y a pas lieu de différer." (trad. Villemarqué).

       

      En conclusion, je ne suis pas parvenu à trouver la source scripturaire de la participation de Gamaliel à la Mise au tombeau, telle qu'elle est représentée à Quimperlé, mais la Passion bretonne de 1530 le fait participer à la Déposition, ce qui sous-entend ipso facto sa présence en tant que témoin muet lors de la Déploration, de l'embaumement et de la Mise au tombeau.

       

      .

      .

      La Mise au tombeau de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé

      .

      .

      III À V. LES SAINTES FEMMES.

      Il s'agit de sainte Marie-Madeleine ; sainte Marie-Jacobie ; sainte Marie-Salomé, toutes trois debout.

      .

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      VI ET VII. JEAN SOUTENANT MARIE ÉPLORÉE.

      Tête de saint Jean refaite.

      Jean, imberbe, vêtu d'une robe et d'un manteau, soutient Marie éplorée.

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      Les yeux de la Vierge sont entrouverts, émouvant et sobre témoin de son chagrin.

      .

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      VIII. ABIBON.

      .

      C'est le fils de Gamaliel, et il est donc représenté dans une tenue vestimentaire analogue à celui-ci, avec le bonnet pointu "mou" (effondré) aux bords repliés ornés d'un médaillon. Nous retrouvons le voile descendant de ce bonnet, avec ses franges sur les épaules. Les cheveux torsadés  à mèches serpentines creusées de multiples trous réguliers (trous de fixation de bijoux ?). Le baudrier qui suspend une épée visible sur le coté gauche. Les  manches à franges. Etc.

      .

      .

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      L'inscription est marquée au même endroit que pour Gamaliel, dans un bandeau perlé en haut et frangé en bas On y lit, entre deux fleurs, : ABIBON.

      .

      Si l'évangile de Gamaliel fournissait un certain nombre d'éléments justifiant la présence du Prince de la loi au pied de la croix, il n'en va pas de même pour Abibon, et seul le récit de la découverte des reliques de saint Etienne par le prêtre Lucien a pu inciter l'artiste (ou ses commanditaires) à imaginer que, puisqu'il avait été baptisé en même temps que son père, il avait pu accompagner celui-ci lors de la Passion.

      L'un des commanditaires présumés est Guillaume de Botdéru, inquisiteur de la foi, prieur du couvent des dominicains, docteur en théologie. En  l'an 1483 il fit bâtir un beau corps de logis accompagné de salle, chambre, prisons et office nécessaires pour la justice, et au-dessus une belle librairie garnie de livres qui est à présent fort délabrée. Ce qui témoigne de son souci (comme inquisiteur) de faire justice, et de son intérêt pour les livres. Cela n'éclaire guère notre lanterne.

      L'autre commanditaire est la famille de Quimerc'h.

      Saint Abibon  est souvent assimilé à un saint breton, saint Diboan, mais je ne vois pas, sur cette Mise au tombeau, ce qui justifie une telle dérive. Je signale néanmoins qu' à Pluméliau, les trois saints Nicodème, Gamaliel et Abibon sont réunis.

      Dans la chapelle Saint-Nicodème de Pluméliau (56), un  retable polychrome du maître-autel a été réalisé au troisième quart du xviie siècle. Son panneau central représente 12 personnages, dont saint Nicodème recevant le corps du crucifié descendu de croix. Le saint est aussi représenté dans une niche, dans la partie haute du retable. Ses deux compagnons (Gamaliel et Abibon) sont eux sculptés dans les niches latérales.


      Dans le placître, a été érigée au XVIème siècle une fontaine, restaurée en 1608. C'est, sans conteste, la plus importante des fontaines sacrées de Bretagne.  C'est un monument à trois édicules accolés, tous semblables et richement décorés. Ces trois fontaines, dont les niches sont vides, sont dédiées aux saints Nicodème, Gamaliel et Abibon. La tradition voulait qu'on offrit à saint Nicodème des animaux, vendus le jour du pardon, et que l'on déposât des mottes de beurre sur l'autel de la chapelle. Le pardon était célébré le premier dimanche du mois d'août. Les pèlerins, nombreux, venaient de fort loin demander la protection pour leurs animaux et surtout pour leurs chevaux. La deuxième fontaine est dédiée à saint Gamaliel. La troisième contenait la statue de saint Abibon entre un cavalier et un homme en prière. Saint Abibon s'appelait en réalité saint Diboan, le saint sans souci, sans douleur, autrement dit, qui vous tire de la peine. Il était particulièrement honoré dans le Finistère sous le surnom, parfois, de " Tu-pe­tu ", "d'un côté ou de l'autre"; car on lui prêtait pour accessoire la roue de fortune, qui marquait l'arrêt du destin. La roue, symbole du dieu soleil chez les Celtes, a été à l'honneur dans de nombreuses églises bretonnes, au Moyen-Age où elle était devenue la roue à sonnettes qui permettait aux fidèles de conjurer le mauvais sort. Mais c'était à saint Diboan de décider, d'un côté ou de l'autre, " Tu-pe-tu ". On venait donc le consulter pour la vie ou pour la mort, demandant la guérison sur l'heure du malade ou une mort rapide pour abréger ses souffrances. "; Saint Abibon / Sant-Abibon  : variantes Diboan : Diboen, Thibon, Abibon, Yboiene, Iboen, Abilon, Languis, Langis.  Le nom Diboan contient le breton «poan», peine, souffrance, douleur; le préfixe di- étant privatif, Diboan s'est référé à quelqu'un qui soulageait les douleurs. Ainsi, invoque-t-on saint Diboan pour soulager les souffrances des malades et notamment des moribonds. Pendant longtemps, le jour du pardon, on vendait aux enchères les chemises des défunts de l'année.  Fêté le 28 janvier. 

       

        .

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      .

      IX. NICODÈME.

      .

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      L'inscription porte, comme pour Joseph d'Arimathie, le nom de Nicodème en latin : NICODEMVS.

      Le rôle de Nicodème dépasse très largement le souvenir péjoratif qu'il a pu laisser lorsque son nom a été à l'origine du nom "nigaud". 

      Il est fêté comme saint Nicodème le 3 août, jour de la découverte de sa tombe, de celle d'Abibon, de Gamaliel et de saint Etienne par le rêve du prêtre Lucien à Kfar-Gamala. C'est un des premiers disciples de Jésus. Pharisien et membre du sanhédrin, il  apparaît trois fois dans l’Évangile selon Jean : il va écouter son enseignement Jn 3. 1-21, il prend sa défense lorsqu’il est malmené par les Pharisiens (Jn 7. 45-51  il aide Joseph d’Arimathie lors de la descente de croix et la mise au tombeau Jn 19. 39-42 .

      L'importance du texte apocryphe de  l'évangile de Nicodème (cf. supra) et de sa version longue ou Evangile de Gamaliel témoigne également de sa place au Moyen-Âge et à la Renaissance.

      Outre la chapelle Saint-Nicodème de Pluméliau, il faut signaler celle de la commune de Ploéven (29) et celle de la commune de Guérin, où il passe pour guérir les porcelets.

       

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Mise au tombeau, (calcaire, vers 1500), Abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé. photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

       

       

       

       

      .

      CONCLUSION.

      J'ai signalé en introduction que ce chef-d'œuvre en tuffeau du fin XIVe/début XVIe présentait trois particularités.

       

      Son titre de plus ancienne "Mise au tombeau" de Bretagne justifie à lui seul notre considération.

      Le fait que le corps du Christ soit orienté tête placée vers la droite, face à Nicodème, alors que traditionnellement il est orienté à gauche face à Joseph d'Arimathie, pourrait témoigner de l'importance prise par Nicodème (et son évangile apocryphe) dans le culte et dans les réflexions théologiques sur la Vie du Christ, comme sur les débats entre les pharisiens et les premiers chrétiens. 

      Mais l'intérêt capital vient de la présence, attestée par les inscriptions, du pharisien Gamaliel  et de son fils puîné Abibon. En effet, beaucoup de Descente de Croix ou de Mise au tombeau, tout comme beaucoup de grandes Passions des maîtresse-vitres de Basse-Bretagne, comportent de nombreux personnages que nous pouvons considérer, par leur tenue, comme des notables Juifs, mais sans pouvoir les identifier avec certitude. Seuls Joseph, (précisément en raison de la tradition qui veut que ce soit lui qui tienne la tête du Christ) et Nicodème (pour la raison inverse) peuvent être nommés. Ici, à Quimperlé, les inscriptions lèvent toute ambiguïté et nous obligent à expliquer la présence de Gamaliel et de Abibon en même temps que Joseph d'Arimathie et Nicodème.

      Pour moi, seule la tradition de la découverte miraculeuse des reliques de saint Etienne, enterré en même temps que Gamaliel, Abibon et Nicodème, peut, associée à la diffusion des Passions théâtrales d'après l'évangile de Gamaliel,  expliquer la réunion des neuf personnages de la Mise au Tombeau de Quimperlé.

      .

      Rappel :

      -Dans la "Passion selon Gamaliel", l'ensevelissement n'est pas décrit.

      https://archive.org/stream/lemystredelapa02roy#page/336/mode/2up/search/gamaliel

      -Dans la Passion selon Gamaliel et dans la Passion d'Auvergne (rouergate), Gamaliel a, lors de la mort du Christ, un rôle négatif puisqu'il s'offusque que Nicodème ait dépendu et inhumé le corps du Christ

      -Dans la Passion bretonne de 1530, Gamaliel est présent lors de la Déposition, au cours de laquelle il tient l'échelle. Mais l'embaumement et la Mise au tombeau ne sont décrits que très rapidement, sans mentionner d'autre personnage que Nicodème et Marie.

      -Dans tous les cas, Abibon ne participe pas à la Vie et à la Passion du Christ.

      .

      .

      SOURCES ET LIENS.

      —ABGRALL (Jean-Marie), 1903, BDHA, Quimper.

      https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

      "On s'est plu, au Moyen Age et à la Renaissance, par dévotion pour la Passion de Notre-Seigneur, à représenter la Mise au tombeau. Voici quelle en est Ia composition ordinaire : Autour du corps inanimé du Sauveur, sont : la Sai nte-Vierge, sa mère, soutenue par l'apôtre saint Jean ; la Madeleine, portant son vase d'aromates, les Saintes Femmes, Joseph dArimathie et Nicodème, tenant les extrémités du linceul.

      A la cathédrale de QUIMPER existe un sépulcre que Mgr Sergent fit exécuter par M. Froc Robert, vers 1868, et qui, m'a-t-on assuré, serait la copie du sépulcre de la cathédrale de Bourges. Je croirais plutôt que c'est la reproduction de celui de Saint Germain-des Prés, à Paris.

      Le plus ancien du pays est probablement celui de Sainte-Croix de Quimperlé, autrefois dans l'église, et maintenant au fond du jardin du presbytère, Les personnages sont en pierre blanche, ayant sur les bordures de leurs vêtements des feuillages brodés avec une extrême finesse, ou leurs noms gravés en jolies lettres fleuries : Joseph ab Ârimatheâ ; — Nicodemus ; — Abibon ; — Gamaliel meus dominus. Lettres et ornements semblent indiquer les premières années du xvi6 siècle.

      De la même époque doit être aussi le sépulcre de Ia chapelle de Coadry, en Scaër ; il est en grande vénération, et les pèlerins vont baiser avec respect les plaies du Sauveur, an Autrou Christ.

      Les deux plus beaux, comme importance et correction de style, sont ceux de Saint Thégonnec et de Lampaul-Guimiliau.

      Celui de Saint-Thégonnec est dans une sorte de crypte ou chambre basse, sous l'autel de l'ossuaire ou magnifique chapelle du cimetière. On y remarque tout particulièrement la Véronique, la Madeleine et un ange pleurant au bord du tombeau.

      À LAMPAUL, le sépulcre occupait autrefois aussi une place analogue, au dessous de l'abside dans la chapelle de la Trinité. Comme il se rongeait par l'humidité, on la placé depuis plusieurs années au bas du collatéral Nord de l'église. La tête et le torse de Notre-Seigneur sont d'une noblesse sans égale, et l'on ne peut se défendre d'admirer l'expression douloureuse de tous les personnages, dont les yeux sont fixés sur la figure inanimée du Sauveur. Ce monument est en pierre blanche, il est signé et daté : ANTHOINE : FECIT : 1676. C'est un des rares ouvrages qui portent la signature du sculpteur.

      Après cela, nous pouvons nommer les sépulcres de Plouguerneau, de Saint-Martin de Morlaix, de Saint-Mathieu de Morlaix, dans un édicule derrière l'église, près de la chapelle de Notre-Dame-du Mur, celui de Beuzec-Conq, maintenant au musée de Keriolet, dans la même paroisse; puis à Rosporden, la même scène en haut-relief, sous l'autel latéral Nord."

      .

      [Mais aussi : la Déposition du Pénity à Locronan ; le calvaire de Guimiliau]

      — ARLIMA, Versions françaises de l'évangile de Nicodème.

      https://www.arlima.net/eh/evangile_de_nicodeme_en_francais.html

      — Trois versions rimées de l'évangile de Nicodème

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k51035/f84.item

      — Evangile de Gamaliel BnF fr 12445, XVe siècle. Folio 33 Contient : Traité de la passion de Jésus-Christ, selon Gamaliel. « Fn celuy temps que Jhesucrist print mort... » (Évangile de Nicodème. — La place des miniatures a été laissée en blanc) ; 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90616396/f36.image.r=12445

      — PASSION PROVENÇALE BnF fr 24945 évangile de Nicodème folio 92

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9063338c/f95.item

      — FORD (Alvin Earle ) 1973, L'Evangile de Nicodème , Droz ;

      https://books.google.fr/books?id=DqrjcUdaUGkC&dq=manuscrit+Sainte-Genevi%C3%A8ve,+1194&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

       JEAN MICHEL Jean Michel, Le Mystère de la Passion (Angers 1486), éd. Omer Jodogne, Gembloux (Belgique), Duculot, 1959.

      http://okina.univ-angers.fr/publications/ua8495/1/le_mystere_de_la_passion_de_jean_michel.pdf

      —   HERSHON (Cyril P.) et Peter T. RICKETTS, 2007, «La tradition occitane de l'Évangile de Gamaliel, éditions et commentaires», La France latine. Revue d'études d'oc (nouvelle série, n° 144, 2007), p. 132-327 

      — HENRARD  (Nadine), 1998.  Le théâtre religieux médiéval en langue d'oc, Librairie Droz, 1998 - 655 pages

      Cet ouvrage constitue la première étude d'ensemble du théâtre religieux occitan du Moyen-âge. L'analyse porte sur les quinze textes et fragments conservés (42000 vers, de la fin du XIe siècle à la première moitié du XVIe siècle), qui illustrent toutes les grandes catégories du genre (drame liturgique ou semi-liturgique, miracles et mystères, cycle de la Nativité et cycle de Pâques). La première partie présente, pour chacun des témoins, une notice codicologique, une étude des sources et de leur transposition, un examen des thèmes et des motifs, une recherche des influences subies ou exercées. Le second volet comprend un examen des didascalies et une étude technique de la versification, considérée dans ses rapports avec la structure dramatique des textes.

      https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=BNw2x1OrDkgC&q=gamaliel#v=snippet&q=gamaliel&f=false

       

      — LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonne de 1530, suivies de trois poèmes, d'après l'édition d'Eozen Quillivéré, CRBC, Brest. Voir aussi

       

      —VILLEMARQUÉ Le grand mystère de Jésus, passion et resurrection : drame Breton du Moyen Age

      https://archive.org/stream/bub_gb_SVCVLoIODpIC

      https://archive.org/stream/bub_gb_SVCVLoIODpIC#page/n295/mode/2up/search/gamaliel

      — PARIS (Gaston), RAYNAUD (Gaston), 1878, Paris Le mystère de la passion d'Arnould Greban. Publié d'après les manuscrits de Paris avec une introd. et un glossaire" : Gamaliel scribe de la loi, Première journée pages 77, 80, 92, 108-112, 124-125. Gamaliel est absent de la Déposition et Mise au tombeau de la Troisième journée pages 352 et suiv.

      https://archive.org/stream/lemystredelapa00grebuoft#page/76/mode/2up/search/gamaliel

      — LE MERRER (Madeleine), 1982, Figure de Joseph d’Arimathie : sa chasteté, sa proximité de Dieu, p. 229-252, © Presses universitaires de Provence, 1982

      https://books.openedition.org/pup/2867?lang=fr#ftn69

      — Légende Dorée, Invention  de saint Etienne

      https://archive.org/stream/lalgendedore00jaco#page/394/mode/2up/search/gamaliel

       

      — LANSART (Lydie), 2011,  De Nicodème à Gamaliel. Les réécritures de l’Évangile de Nicodème dans la littérature narrative médiévale : XIIe – XVIe s. : étude et éditions Thèse de doctorat en Littérature et civilisation francaises

      — LANSART (Lydie), 2012,  « Lydie Lansard, De Nicodème à Gamaliel. Les réécritures de l’Évangile de Nicodème dans la littérature narrative médiévale (xiie-xvie siècle). Étude et éditions », Perspectives médiévales [En ligne], 34 | 2012, mis en ligne le 26 septembre 2012, consulté le 19 juin 2018. URL : http://journals.openedition.org/peme/2542

      "Pour analyser la réception de ce texte au Moyen Âge, ont été prises en considération dans cette étude les différentes versions à ce jour recensées de l’apocryphe parmi lesquelles on peut distinguer trois versions rimées du xiiie siècle (celles de Chrétien, André de Coutances et d’un anonyme), trois versions courtes en prose du xiiie siècle (issues des recensions latines A, B et C), les interpolations de la version en prose courte recension C dans le Livre d’Artus (xiiie siècle) et dans le Perceforest (xive siècle), l’interpolation de la version en prose courte recension A dans une Histoire de la Bible du xive siècle, une Complainte de Notre Dame du xive siècle, une paraphrase du xive siècle et une version longue en prose intitulée communément Évangile de Gamaliel dans sa version manuscrite du xive siècle et dans sa version imprimée de la fin du xve siècle.

      Alors que les premières traductions de l’apocryphe sont toutes issues de la recension latine A et de l’aire anglo-normande (ce qui peut expliquer les liens étroits qu’elles entretiennent avec le culte marial et le culte du Précieux Sang), elles ont, dès le xive siècle, été supplantées par le remaniement qu’est l’Évangile de Gamaliel, issu, quant à lui, de l’aire occitane. Suivies de la lettre de Pilate à l’empereur (versions rimées), de la Vengeance Nostre Seigneur (version en prose courte recension A, Évangile de Gamaliel), interpolées dans des récits plus vastes (dans une séquence néotestamentaire pour la version en prose courte recension B, dans une Histoire de la Bible pour la version en prose courte recension A, dans Le Livre d’Artus ou dans le Perceforest pour la version en prose courte recension A, dans une Complainte Notre Dame, ou encore, pour aller plus loin, dans la Vie de Jesu Crist pour l’Évangile de Gamaliel), les réécritures de l’Évangile de Nicodème en ancien et moyen français servent différentes stratégies, démontrant une plasticité propre à se mettre au service de divers projets de lecture.

      Sous l’emprise grandissante de l’imaginaire, le renouvellement de l’enchâssement des récits, constitutif de la structure de l’Évangile de Nicodème, permet la recréation d’une « estoire » où le temps et l’espace sont remodelés, rapprochant un peu plus les réécritures de la fiction.

      Dès lors que la fiction prend le pas sur la lettre, naît le personnage de fiction. Ainsi le personnage de Pilate, bien que défini socialement, politiquement et symboliquement, voit au fil des réécritures sa romanité altérée, son autorité, dédoublée, et son auctoritas littéraire ainsi que sa fonction structurante, déplacées au profit du personnage de Gamaliel. Paradigmatique de la fiction romanesque, le personnage de Gamaliel conquiert son autonomie narrative en épuisant les autres personnages du récit-source. Son statut et son discours sont autant de remplois de ceux de Pilate, de Nicodème ou de Joseph d’Arimathie et construisent un personnage nouveau mais néanmoins familier."

      — LANSART (Lydie)Déplacements structurels et localisations textuelles : La Descente du Christ aux Enfers dans le Mystère de la Passion Nostre Seigneur du manuscrit Sainte Geneviève 1131.

      http://sitm2007.vjf.cnrs.fr/pdf/s16-lansard.pdf

      —LA PASSION D'AUVERGNE, 1982, Droz

      https://books.google.fr/books?id=JpXW38NPkCkC&pg=PA14&lpg=PA14&dq=%22guamaliel%22&source=bl&ots=-QUH_A6-8j&sig=wK9VMBHl5tJ9GNFu-QfLbPvn3Is&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwing8T-oN_bAhWIbRQKHeSWCxEQ6AEILjAB#v=onepage&q=%22guamaliel%22&f=false

      — LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, suivies de trois poèmes, d'après l'édition d'Eozen Quillivéré, CRBC, Brest.

      — MARCADÉ (eustache) Le mystère de la Passion : texte du manuscrit 697 de la Bibliothèque d'Arras ([Reproduction en fac-similé]) / [attribué à Eustache Marcadé] ; [texte établi et présenté par] Jules-Marie Richard ; [publié par la Société du Pas-de-Calais] « Gamaliel, 3eme prince de la loi »Deuxième journée, pages XXXIV, 223, 224

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4070q.image

      MIGNE, Dictionnaire des Apocryphes. L'évangile de Nicodème.

      https://books.google.fr/books?id=YP4gDAAAQBAJ&pg=PT440&lpg=PT440&dq=%22+La+passion+et+resurrection+par+le+bon+maistre+Gamaliel+et+Nichodemus+Tr%C3%A9perel,+1497.&source=bl&ots=Hgxp7dLuNh&sig=2UXueTtfIffplAtW3_3BpAfXh-M&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiw5dT4_OHbAhXGvxQKHeZ1AnMQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22%20La%20passion%20et%20resurrection%20par%20le%20bon%20maistre%20Gamaliel%20et%20Nichodemus%20Tr%C3%A9perel%2C%201497.&f=false

      — PARIS (Gaston), RAYNAUD (Gaston), 1878, Paris Le mystère de la passion d'Arnould Greban. Publié d'après les manuscrits de Paris avec une introd. et un glossaire" : Gamaliel scribe de la loi, Première journée pages 77, 80, 92, 108-112, 124-125. Gamaliel est absent de la Déposition et Mise au tombeau de la Troisième journée pages 352 et suiv.

      https://archive.org/stream/lemystredelapa00grebuoft#page/76/mode/2up/search/gamaliel


       

      — REMACLE : traduction et présentation  de l'évangile de Nicodème :

      http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/nicodeme.htm

      — ROY (, Émile), 1904, Le mystère de la Passion en France du XIVe au XVIe siècle : étude sur les sources et le classement des mystères de la Passion ; accompagnée de textes inédits..Dijon, Extrait de la Revue bourguignonne, 1903, tome XIII, nos 3-4 ; 1904, tome XIV, nos 3-4

      https://archive.org/stream/lemystredelapa02roy#page/280/mode/2up/search/gamaliel

      — VANDERLINDEN, S, 1946,  Revelatio Sancti Stephani (BHG 7850-6) , Revue des études byzantines  Année 1946  4  pp. 178-217

      https://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1946_num_4_1_939

      —WIKIPEDIA

      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangile_de_Gamaliel

      .

      Partager cet article

      Repost0
      Published by jean-yves cordier
      18 juin 2018 1 18 /06 /juin /2018 09:22

      Une "plaque de cocher" à Quimperlé, Chemin de Grande Communication n°16.

      .

       

       

      .

      Voir ici :

      La plaque de cocher de Landerneau. Route nationale n° 164 d'Angers à Brest.

      La plaque de cocher de Roscoff. Route nationale n°169 de Lorient à Roscoff. 

      La plaque de cocher de La Martyre. Chemin de Grande Communication n° 35.

      Une "plaque de cocher" à Plougourvest (29) : le chemin d'intérêt commun n°21 de Landivisiau à Cleder.

      La "plaque de cocher" de Lanviguer-Ty Croaz à La Martyre, et le calvaire de 1565 qui va bien avec. Le Chemin de Grande Communication n°3.

      .

      Le site remarquable et incontournable de Patrick Rollet ne mentionne aujourd'hui qu'une seule plaque de cocher à Quimperlé, celle de la Route n°165 Quimperlé-Lorient.

      Alors que je passai, en raison de mon patronyme, par le chemin des Cordiers, Hentig ar Gordennourien, à Quimperlé, je remarquai en bordure du rond-point une nouvelle plaque que je présente ici.

      .

       

       

       

      Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      La plaque de cocher du Chemin de Grande Communication n°16 Quimperlé-Doélan.

      .

      Adresse : 1 rue de Moëlan à Quimperlé. Rond-point près de la Gare, à l'embranchement de la D6 et de la D783

      Maps :

      https://www.google.fr/maps/place/1+Rue+de+Mo%C3%ABlan,+29300+Quimperl%C3%A9/@47.8702303,-3.5593351,15.25z/data=!4m5!3m4!1s0x4810fa77f391c3f5:0x8b6422d518de9fe0!8m2!3d47.8680429!4d-3.5520854

      Street view Google :

      https://www.google.fr/maps/@47.8681861,-3.5520826,3a,60y,133.71h,85.05t/data=!3m6!1e1!3m4!1sJCxJEfiW8wrj11qq85gvKQ!2e0!7i13312!8i6656

      Carte IGN / Photo aérienne :

      https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.553163&y=47.872866&z=18&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

      Carte d'Etat-Major 1820-1866 / Carte de 1950:

      https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.545270&y=47.870856&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN50.1950&mode=doubleMap

      .

      1, rue de Moëlan à  Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      La plaque émaillée de cette Plaque de cocher a perdu presque totalement sa couleur bleue. On y lit :

       

      CHEIN DE GDE COMON N°16

                   -----------------------------

      QUIMPERLÉ                      <------          1k418

      MOËLAN                             ------>          8k 765

      CLOHARS-CARNOËT        ------->        8k 992

      .

      Le chemin de Grande Communication ou CGC n°16 est désigné en 1880 sous le nom de CGC "De Quimperlé à Douélan", Doëlan étant le port de Clohars-Carnoët. La carte MAPS lui attribue la longueur de 14 à 14,3 km. Créé en 1860 (et visible seulement en pointillé sur la carte d'Etat-Major 1820-1866) , il participait à la commercialisation du poisson (essentiellement la sardine)  débarqué au quai de Kernabat et les conserveries de Doëlan. Il desservait aussi, par Moëlan, les ports de Brigneau et Merrien : voir MAPS 2

      .

       

      1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      1, rue de Moëlan à Quimperlé. Photographie lavieb-aile 17 juin 2018.

      .

      Partager cet article

      Repost0
      Published by jean-yves cordier
      16 juin 2018 6 16 /06 /juin /2018 14:01

      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire et les inscriptions lapidaires.

      .

       

       

      .

      Voir sur la commune de Saint-Nic :

      — L'église :

       

      .

      — La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

      .

      — La chapelle Saint-Jean :

       

       

       

       

      .

      .

      .

      "Des premières pentes du Menez-Hom, où se trouve leur presbytère, appelé encore aujourd'hui Presbital Koz, bien qu'officiellement il doive s'appeler Kerdamoy, recteur et vicaire peuvent contempler devant eux toute leur paroisse dans un cadre incomparable : à 600 ou 700 mètres, l'église paroissiale, entourée de quelques maisons ; à deux kilomètres, à droite, la chapelle de Saint-Jean, au fond d'un vallon ; à gauche, la chapelle de Saint-Côme, dont le clocher s'élance d'un bouquet de verdure, et là, presqu'à leurs pieds, l'immense Baie, qu'enserrent la Pointe du Raz et le Cap de la Chèvre et dont les eaux viennent mourir sur la longue traînée blanche de la plage de Pentrez." Corentin Parcheminou, 1930

      .

      .

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      La chapelle Saint-Jean, au nord-nord-ouest du bourg sur la D63 venant d'Argol, est un édifice  à plan en croix latine, construit lors d'une première campagne en 1591 (inscription), puis doté par le recteur Perzégou d'un calvaire en 1645, puis remanié ensuite sous  le même recteur  puisque sa charpente et ses sablières portent la date de 1653, et enfin restauré en 1873 (date sur la charpente). La fontaine, en contre-bas de la route, porte la date de 1712.

      L'appareil du pignon du transept est hétérogène, avec de gros blocs de grès à sa base, surmontés de moellons.

      La route D63 est assez récente, elle figure sur la carte de 1950 mais non sur la carte d'Etat-Major de 1820-1866 qui ne montre que le "Chemin de grande communication de Crozon à Châteaulin ", l'actuelle D887 passant par Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et la diagonale de Telgruc vers Pentrez, l'actuelle D108. La chapelle Saint-Jean n'était donc desservie que par des  chemins, visibles sur la carte EM mais qui n'apparaissent pas sur la carte de Cassini (fin XVIIIe).

      https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.290352&y=48.207613&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=doubleMap 

      Si les axes routiers passant par cette chapelle ne sont pas remarquables avant le milieu du XIXe siècle, il en va autrement du réseau hydrographique, et je propose de s'y intéresser comme je l'ai fait pour la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.

      Depuis les flancs du Ménez-Hom (329 m), des ruisseaux coulent selon un axe nord-ouest vers le rivage de la Baie de Douarnenez, et la carte d'Etat-Major avec son relief accentué par des hachures, montre les vallons parallèles comme des serpentins sombres. La chapelle (vraisemblablement précédée par une fontaine sacrée) se situe (flèche) sur le trajet de l'un d'eux, tout comme l'église de Saint-Nic (*) , et comme la chapelle Saint-Côme (**). C'est ce réseau hydrographique qui fournit la clef d'interprétation de la sacralisation du territoire de la commune.

       

      .

       

      Geoportail :  https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail : https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      .

      Les photographies aériennes en font la même démonstration :

      .

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      .

      En gros plan, la chapelle en forme de croix, et la fontaine.

      .

       

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      .

      La carte IGN montre par la toponymie le rôle du cours d'eau (Creac'h Milin, Moulin du haut) et du milieu humide (Ar Vern Bras, "la grande Aulnaie", nommée "Le Grand Launay" sur la carte Cassini, et encore aujourd'hui) ou du milieu boisé (Penhoat = "pointe du bois").

      À une échelle moindre la carte IGN révèle aussi la fréquence des toponymes construits avec le terme Pors : Pors Gourmelen, Pors Piriou, Pors ar Gall, Pors ar Born, Pors ar Goff,.. Or, le terme, dérivé de Porzh, signifie "port, anse, crique, grève" en toponymie nautique. Mais ici ?

      .

       

      .

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      Geoportail https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

      .

       

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Sur le sommet du  pignon du transept sud, au dessus de la baie, une inscription se lit : 

      BLOE FA : 1591

      MORICE : LE

       

      La ponctuation de séparation des mots utilise trois points losangiques, plus rares que le deux-points. Les lettres romaines favorisent la ligne droite, même pour l'un des deux -O-. Les lettres -L- sont  perlées ou barrées . L'inscription est très différente de celle de 1561 du portail de l'église paroissiale ( L : M : Vcc LXI FFe :) aux lettres gothiques, aux fûts bifides et  aux deux-points reliés par un S.

      Elle est beaucoup plus proche — mais moins ornée — de celle du mur intérieur de la nef sud de cette église paroissiale, "M : LE : PARLÃT : FÃ : 1566 ". 

       Si le chronogramme est parfaitement clair, le sens de l'inscription ne l'est pas. Ce bloc était-il précédé et suivi d'autres pierres pour former un texte plus complet ? Occupe-t-il son emplacement d'origine ?

      Faut-il le lire en débutant par la ligne inférieure : MORICE LE BLOE FA[BRICIEN] 1591 ?

      Mais dans ce cas, nous venons buter sur le patronyme LE BLOE , non attesté.

      Notons que "bloe" est une forme en ancien français d'origine germanique pour "bleu". 

      Cette énigme n'est-elle pas suffisamment passionnante pour stimuler d'autres curiosités que la mienne ?

       

      .

       

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      .

      Le pignon percé d'une baie et  tourné vers l'est est fleuronné à son sommet. Sous ce fleuron se voit un blason, et encore en dessous une inscription à demi effacée.

      .

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      .

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      .

      Le blason. 

      Je propose d'y reconnaître les armoiries de la seigneurie du Rible :

      Rible (du) (ramage de Rosmadec), sr dudit lieu, par. de Plomodiern. Réf. et montres de 1426 à 1481, dite par., év. de Gornouaille. Palé d’argent et d’azur, qui est Rosmadec, à la cotice de gueules (Sceau 1420). Fondu dans du Juch, puis du Chastel, Quèlenec et Visdelou.

      https://fr.wikisource.org/wiki/Nobiliaire_et_armorial_de_Bretagne/R

      La maison du Rible (en Plomodiern), dont les armes antiques étaient d'argent au chevron de gueules, portait alors palé d'argent et d'azur de six pièces chargées d'une cotice de gueules, l'héritière de cette maison ayant épousé, au XIVème, Pierre Juveigneur de Rosmadec qui prit pour lui et ses descendants le nom du Rible, tout en retenant les armes de Rosmadec. (source)

      Le ressort du siège du Rible, exercé à Châteaulin, se trouvait en Plomodiern, Dinéault, Cast et Saint-Nic.

      https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207700g/f323.image

      Mais il y a ici une alternance de quatre pièces verticales en épaisseur et de tois ou quatre pièces en creux .

      .

      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire de 1645 et les  inscriptions lapidaires.

      .

      L'inscription.

      Je ne parviens à lire avec certitude que les deux f d'abréviation de fit faire, puis les premiers chiffres de la date : 15--

      Peut-être :

      ----LRA : FF

      ---1598.

       

      .

      La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic (29) : le calvaire de 1645 et les  inscriptions lapidaires.

      .

      Les murs ne sont décorés que d'une seule crossette, en forme de chien (?).

      .

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Le clocher porte, au sud de la chambre des cloches, deux inscriptions illisibles et une moulure.

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      .

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      .

      Au dessus, le flèche est orné de fleurs de lys.

      .

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      .

      .

      VUE GÉNÉRALE DU CALVAIRE LE JOUR DU PARDON.

      .

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      .

       

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      .

      Chapelle Saint-Jean,  Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      .

      .

      LE CALVAIRE DE 1645.

       

      .

      Il est décrit ainsi par l'abbé Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des Calvaires :

      "2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]

       

      Cela signifie qu'il mesure 5,50 m de haut, qu'il est en granite et en kersanton (la partie la plus sombre), et que le fût à pans est posé sur trois degrés dont le premier est séparé par une corniche moulurée. Un seul croisillon donne appui à deux statues, posé sur des culots ornés de formes ovoïdes ou godrons. Les extrémités de la croix sont à fleurons godronnés.

      Allons voir cela de près.

       

      .

      .

       

      I. LA FACE TOURNÉE VERS L'OUEST. LA VIERGE, LE CHRIST EN CROIX ET SAINT JEAN.

       

      .

       

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      .

      1. Le Christ en croix.

      Il est barbu, aux cheveux longs, et la couronne d'épines est faite de deux brins torsadés en anneaux sans piquants visibles. La tête est inclinée à droite. Les bras sont obliques en V, les clous à pointe de diamant plantés dans le creux de la paume, où les doigts sont fléchis. Le titulus est discret, sans ange.

      Les yeux fermés sont réduits à des fentes sous des sourcils aux courbes gracieuses. Le menton est carré, la barbe peigné en épaisses mèches verticales.

      Le pagne formé de bandes de tissu plates croisés est noué sur le coté, avec un pan extérieur gauche, et un pan glissé sous le pagne à droite.

      Les jambes (brisées) s'écartent d'abord, comme il le faut pour venir croiser les pieds fixés par un seul clou, pied droit au dessus.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      2. La Vierge.

      Il s'agit d'une statue géminée, où, dans un seul bloc, deux personnages dos à dos sont sculptés. 

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Sous un voile lourd cachant toute la chevelure (proche des capes de deuil de la Presqu'île) la Vierge au visage rond mais sévère croise les mains, le pan droit de son manteau faisant retour sur l'avant-bras. Les chaussures sont rondes, aux semelles individualisées.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Les yeux sont ronds avec des pupilles marquées en creux. Les paupières en amande forment, au coin palpébral interne un sillon en V accentué.

      Le nez s'élargit en narines rondes et fortes, tandis que la bouche est petite, aux lèvres serrées et fines. Le menton n'est pas dessiné et est englobé dans l'arrondi du bas du visage.

      .

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      On notera le visage particulièrement rond de la Vierge.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      .

      3. Saint Jean.

      Jean l'évangéliste est imberbe avec des cheveux longs et bouclés. La tête n'est pas tournée vers le crucifix, et le regard est dirigé au loin. La main droite en supination est posée sous la ceinture, et la main gauche est posée à plat sur la poitrine. La manche droite est plissée, alors qu'à gauche un pan du manteau tombe en bande large et se replie sur l'avant-bras.

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Le grain de la pierre est hétérogène, à gros grains, d'un faciès très différent du kersanton habituellement élu pour la sculpture religieuse.

      La bouche et l'arrondi du bas du visage sont ceux de la Vierge.

      .

       

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      .

       

      II. LA FACE DU CALVAIRE TOURNÉE VERS L'EST. LES DEUX SAINTS JEAN .

      .

      Comme on pouvait l'attendre à la chapelle Saint-Jean, les saints représentés sont les deux saints Jean. 

      .

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      .

      1. Saint Jean-Baptiste.

      .

      Il est identifié par sa barbe et ses cheveux longs (ce prophète retiré dans le désert du Jourdain a été consacré à Dieu et a fait vœu de ne pas se raser), mais surtout par l'Agneau posé sur un livre fermé et porté par la main gauche. L'index droit est posé sur la couverture du livre afin d'en désigner le sens : ce sont les Écritures, témoignant de la venue d'un Rédempteur dont il a annoncé la venue. Tout cela se réfère aux paroles de Jean : "Voici l'Agneau de Dieu".

      Nous sommes intrigués par les formes bilobées qui pendent sous les manches du manteau. Je les interprète comme  les pattes  de la mélote, vêtement en poils de chameau des anachorètes, ici — et souvent ailleurs — représenté comme une peau de chameau. D'ailleurs, la tête de l'animal pend dans le bas.

       

      .

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

      .

      .

      2.Saint Jean l'évangéliste.

      .

      L'identification est moins assurée (et Yves-Pascal Castel ne s'est pas prononcé), mais le contexte, et le visage imberbe m'incite à voir ici saint Jean l'évangéliste, main droite serrant un repli de son manteau et main gauche levée contre la poitrine au dessus d'une ceinture très haute.

      .

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      3. L'inscription. Le recteur Guillaume Perfezou et le fabricien Sébastien Polesec. 

      .

      Elle a été déchiffrée ainsi par C. Parcheminou en 1930, alors que les fragments du calvaire étaient rassemblés dans la chapelle :

      "M. GVILL.  PERFESZOV. RECTER  / E B. POLESEC. F. 1645"

      Yves-Pascal Castel a lu, en 1988 :

       

      "M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645."

      .

      Aujourd'hui, je ne lis que PERFEZOU (à gauche),  "RECTER" (à droite) , mais je propose de transcrire :

      "M. GVILL. /1645/  PERFEZOV.

      RECTER  /

      et du coté ouest :

      SE B. POLESEC. F. "

      sous réserve de vérification.

      .

      "SEB. POLESEC."

      .

      Le patronyme BOLEZEC relevé par Y-P. Castel est inconnu, alors que celui de POLEZEC est attesté par les généalogistes à Saint-Nic, à Plomodiern et Plonévez-du-Porzay. La généalogie de Yves Le Floch sur geneanet.org mentionne ainsi Sébastien Polezec, né à Saint-Nic en janvier 1612, marié à Françoise Guern (dont 5 enfants) et décédé  le 1er juillet 1676 au Manoir de Brenalen à Saint-Nic,  à l’âge de 64 ans.

      [Le manoir de BRENALEN était possédé en 1443 par Jehan de Brenalen ; puis la famille de Tyvarlen devinrent seigneurs de Brénalen. En 1802, le propriétaire, Pierre Larour, loua une partie du manoir pour servir de presbytère car il se situait "très à portée de l'église". Le manoir accueillit une petite école. je trouve ensuite mention du Moulin de Brenalen, dont le meunier était Jean Horellou sous la Révolution et en 1837. Or la carte IGN n'indique que le lieu-dit BERNAL et le moulin de Bernal, dans le vallon qui descend de l'église vers la plage de Pentrez. Un lieu désigné sous le nom de BRENNAL sur la carte de Cassini.]

      C'est donc la graphie POLESEC qu'il faut retenir, d'autant que la charpente de la chapelle Saint-Côme et saint-Damien porte une inscription mentionnant Jacques [IAC] Polesec qui a boisé (posé la charpente ) la chapelle et sculpté les sablières, alors que maître Perfezou était recteur de Saint-Nic. Il est vraisemblable que ce soit le même menuisier-charpentier [I. POLESEC]  qui a son nom en 1638 sur l'inscription de la rampe de l'escalier de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.

      Jacques POLEZEC est mentionné dans la généalogie de Louis Brun. Il est né en 1590 et mort le 18 avril 1684 à Saint-Nic, laissant trois enfants, Hervé , Anne et Marguerite.

      L'inscription SEB  POLESEC  est compatible avec Sébastien Polesec ou Polezec, âgé de 33 ans lors de l'inscription du calvaire. 

      Enfin, notons que le pignon de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern, très proche de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, porte une inscription "Guillaume D. Hervé. F.-P. Polesec Fa[briciens] 1573. Le patronyme POLEZEC est attesté à Plomodiern comme à Saint-Nic.

      Il est certain que cette famille était très impliquée au XVI et XVIIe siècle  dans l'édification des chapelles de saint-Nic et Plomodiern.

      .

      LE RECTEUR GUILL[AUME] PERFEZOU.

      Il est encore mieux connu, car il a laissé son nom sur de nombreuses inscriptions. Ce patronyme semble attaché aux paroisses d'Argol et de Telgruc, toutes proches.

      a) sur ce calvaire de 1645.

      b) sur la charpente de cette chapelle Saint-Jean en 1653, M. Kervarec étant fabricien "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."

      c) sur la charpente de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien, par quatre inscriptions  en 1641, 1649  et 1661.

      .

       

       

       

       

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Face est du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Face est du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Face ouest du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      Face ouest du calvaire (kersanton, 1645) de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

      .

      .

      Attribution.

      .

      Ce calvaire n'a pas été attribué, ni par Couffon, ni par Y-P. Castel, ni par Emmanuelle Le Seac'h dans son Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle.

      La datation de 1645 est compatible avec l'atelier de Roland Doré, actif à Landerneau de 1618 à 1649 (et jusqu'en 1663) dans 82 paroisses, et sur une centaine de croix et calvaires. D'autant que cet artiste, qui ne travaille que la pierre de kersanton, a réalisé les calvaires de l'église de Saint-Nic ainsi que celui de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien.

      Sur le plan stylistique, son style se caractérise dans les calvaires par un seul croisillon, par des fleurons à boules godronnées. Ses Christs des crucifix portent la couronne à deux brins enlacés, le pagne plat noué à gauche, une tête inclinée à droite, aux yeux clos, un corps allongé au torse presque rectangulaire. Les Vierges au pied de la croix ont le visage "poupin", les yeux en amande au sillon palpébral interne marqué. Les pupilles dessinées en creux sont également caractéristiques.

      Néanmoins, ce calvaire n'appartient pas au Catalogue des œuvres de Roland Doré.

      .

      .

      LA CLOCHE.

      Elle porte l'inscription :

      (Main ) DÉDIÉE A ST JEAN PARRAIN JACQUES LE DOARE MARRAINE JEANNE BLAIZE ..

      (Main) MR LE PAPE RECTEUR SAINT-NIC.

      --JEAN FONDEUR À QUIMPER 1875. (doute sur le dernier chiffre)

      Décor : une croix avec un entrelacs de 8 cercles.

      Jean Fondeur, de Quimper, est le nom du fondeur de cloche, comme l'atteste un moulage en plâtre d'une marque d'une cloche de Morlaix fondue en 1862.

      L'église de Trégarvan, toute proche, possède deux cloches de Jean Fondeur, l'une de 1859 et l'autre nommée Marie Joseph Anna, de 1880.

      L'église de Guengat possède une cloche de 1872 fondue par Jean Fondeur.

      Les généalogistes signalent une Jeanne Blaize, née en 1847 à Plomodiern, de Corentin Blaize et Marie-Jeanne Le Doaré, nés et décédés à Plomodiern..

      .

      Cloche de la  chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      Cloche de la chapelle Saint-Jean, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

      .

      SOURCES ET LIENS.
       

      — BASE MERIMÉE, Notice :

      http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005245

      "Première campagne 16e siècle, partiellement datée 1591, inscription transept : " B10F FA 1591 MORICE L F ". Charpente et sablières en 1653 pour G. _Perfezou recteur de Saint-Nic, portent l'inscription : " M. GUIL PERFEZOU REC M KVAREC FA 1653 ". Calvaire en 1645. Clocher milieu 17e siècle. Fontaine en 1712"

      1591 ; 1645 ; 1653 ; 1712 .

      Un vaisseau, plan en croix latine. granite ; grès ; appareil mixte ; moellon toit à longs pans ; pignon découvert ; noue ; flèche en maçonnerie

      http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_8=REF,REFA&VALUE_8=IA00005245

      — CASTEL (Yves-Pascal, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère.

      http://croix.du-finistere.org/commune/saint_nic.html

      "2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]

      — COUFFON

      http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

      CHAPELLE SAINT-JEAN

      Edifice en forme de croix latine remontant au XVIe siècle, remanié au XVIIe et restauré au XIXe (1817 au-dessus de la porte sud). Clocheton amorti par une flèche à crochets et gables ajourés. Marches d'escalier sur le rampant sud. Il est lambrissé avec entraits engoulés et sablières sculptées : flore, oiseaux, dragons affrontés et, dans le choeur, sur le côté nord, cartouche contenant l'emblème des Cinq Plaies. La poutre transversale du haut de la nef porte l'inscription : "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."

      Mobilier : Maître-autel de pierre : le retable bas porte dans des médaillons les figures en bas-relief polychrome des Evangélistes. Le tabernacle est ouvragé : Sainte Face sur la porte, et, entre des colonnettes, en bas-relief, saint Tugen avec clef et chien dans le panneau de gauche et un évêque dans celui de droite. Derrière le retable, une haute balustrade donne accès, par deux portes à balustres, à une sacristie qui occupe le chevet.

      Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, Pietà, saint Joseph, saint Jean-Baptiste dit Sant Yann Bihan ; - en pierre polychrome : autre saint Jean-Baptiste, de haute taille, dans une niche à colonnettes et fronton, et un saint évêque (Philibert ?).

      Dans la sacristie, vieille armoire massive à quatre portes, en mauvais état. * Près de la chapelle, calvaire relevé vers 1950 ; il porte l'inscription : "M. GVILL. PERFEZOV. RECTEVR. IE. B. POLESEC. F. 1645." Fontaine voûtée en anse de panier et datée 1712.

       

      PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

       

       

       

      "Chapelle de Saint-Jean.

      Celle-ci est à deux kilomètres du bourg, sur le bord de la route de Crozon. Moins belle que la chapelle de Saint-Côme, la chapelle de Saint- Jean est pourtant loin d'être indifférente. Elle possède un petit clocher bosselé, de jolies portes gothiques et des fenêtres flamboyantes. A l'intérieur, les poutres transversales sont tenues comme à Saint-Côme par des gueules de monstres. Une frise sculptée court au haut des murs : plantes, vignes avec feuilles et grappes que picotent des oiseaux, dragons accouplés par une corde au cou, anges aux ailes déployées, sorte d'écusson allongé portant l'emblème des Cinq Plaies : deux mains et deux pieds transpercées et un cœur. Au carré du transept, aux quatre coins, on voit dans la frise  quatre personnages à longue barbe, tenant chacun un livre ouvert. Le premier est assis sur les épaules d'un génie qui lui enserre les jambes ; un autre sur un génie qui élève les bras pour tenir le livre comme un lutrin ; un autre est assis sur les épaules d'un génie affreusement laid ; le dernier, enfin,. au lieu d'un génie, a une colombe à ses genoux. . Quatre petits personnages sont sculptés autour de la clef de voûte.

      Une poutre transversale à gueules porte cette inscription : M. GVILL : PERFEZOU : REC : M. KV AREC : FA : 1653. Sur la charpente, on lit la date 1873 (réfection).

      Au fond de la chapelle, on a déposé les débris de l'ancien calvaire qui ressemblait à celui du bourg. On y lit cette inscription : M. GVILL. PERFESZOV. RECTER E B. POLESEC. F. 1645.

      Statues. - A l'autel principal, Evangélistes assis chacun avec son attribut : lion, taureau, aigle, homme. Sur un panneau du tabernacle, Saint Tujen avec chien et clef. Sur l'autre panneau, autre Saint avec mitre et crosse, lisant dans un livre .. Derrière l'autel, un Saint Jean-Baptiste, de stature herculéenne, portant un mouton. Cette statue est en pierre. - Vierge portant l'Enfant-Jésus. A l'autel latéral gauche : Sainte curieuse assise. La partie inférieure du corps est dissimulée par une sorte de caisse. Elle est habillée d'une vraie chemise en grosse toile. - Pieta honorée sous le nom de N. D. de la Chapelle-Neuve. - Saint Joseph. A l'autel latéral de droite : Saint Philibert, mitré et crossé. - Saint Jean-Baptiste (appelé Sant Yann Bihan parce que plus petit que l'autre statue) portant un agneau. A ses pieds une tête de loup (?). Toutes ces statues sont en bois, excepté celles de Saint Philibert et de Saint Jean-Baptiste. Non loin de la chapelle se trouve la fontaine dn Saint. Elle porte la date 1712, derrière le fronton."

       

       

      Partager cet article

      Repost0
      Published by jean-yves cordier
      14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 21:42
      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Les vitraux.

      .
       

      Ils ont été créés et posés en 1960 par le maître-verrier quimpérois Jean-Pierre Le Bihan, qui indiquait en 2008 sur son blog : 

      "En 1944, disparition d’une verrière de 1558. On  voyait au dessus de l’autel des débris d’une Vie de la Vierge, dont une Assomption et son Couronnement. Dans une autre baie, saint Nicolas sauvant les trois enfants du saloir. En 1960, fournitures de  vitraux non figuratifs par l'atelier Jean-Pierre Le Bihan. La  réception des travaux eut lieue le 4 11 1961, architectes Hervé Péron et  A. Weisbein,  Monsieur Fournier étant maire.
       

      -baie 0, 2 lancettes cintrées de 2 panneaux chacune et réseau de 3 soufflets. Et 3 écoinçons ; tentures  de bleus
      -baie 1,2 lancettes cintrées de 2 panneaux chacune et réseau de 3 soufflets. Et 3 écoinçons ; rideau chaux.
      -baie 2, 2 lancettes cintrées de 2 panneaux chacune et réseau de 3 soufflets. Et 3 écoinçons ; rideau  froid
       -baie en ogive, de 2 panneaux ;  double tenture
      -oculus à 2 panneaux ; éclats rouges sur bleu."

      .

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Choeur : Vierge à l'Enfant assise, bois polychrome, XVIe siècle.

      .

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Vierge à l'Enfant.

      .

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Antoine. XVIIe siècle, H = 126 cm.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Claude, bois polychrome, XVe siècle.

       

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Nicolas.

       

      .

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Sainte Marguerite, bois polychrome, XVIIe siècle. 

      .

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Matthieu, bois polychrome, XVIe siècle. H = 140 cm.

      .

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Le Christ aux liens. Bois polychrome, XVIe siècle, H = 110 cm.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Sainte Anne, bois polychrome, XVIe siècle, hauteur 90 cm.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Ex-voto ou maquette offerte : thonier B 1962 construit en bordées sur membrure.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Oculus, vitrail Le Bihan.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Michel terrassant le démon, pierre polychrome.

      .

       

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Gouesnou. Statue de procession.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Eloi. Statue de procession. XVIe-XVIIe siècle, bois polychrome.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Saint Clément. Statue de procession.

      .

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      SOURCES ET LIENS.

       

      CRAS (Lucien), 1987, "Chapelle Sainte-Christine, Lanngristin", in Plougastel-DaoulasPatrimoine architectural et statuaire, Les Amis du Patrimoine de Plougastel éditeur, page 105.

      COUFFON (René)

      http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUGAST.pdf

      "CHAPELLE SAINTE-CHRISTINE Au village de Langristin, ce qui montre que la sainte a supplanté saint Kristin. Edifice en forme de croix latine avec chevet à pans coupés du type Beaumanoir. Le vitrail portait la date de 1558, date que l'on retrouve également sur la porte ; le clocher a été restauré en 1914, suivant l'inscription : " ER BLOAZ MIL NAO C'HANT PEVARZEK EUS AR DIAZEZ BETEG AR BEG AN TOUR MAN A ZO BET ADSAVET EN ENOR DA SANTEZ KRISTINA BENNIGET. - F. CARDINAL PERSON. Y. ANDRE. FABRIK. G. BROUSTAIL MESTR MANSONER ". Démoli en août 1944, il a été restauré en 1975. Date de 1605 sur une porte latérale, avec le nom du fabricien THOMAS. Sacristie du XVIIIè siècle, " 1741 " à l'envers sur l'appui de la fenêtre. Mobilier L'autel ne porte plus de retable ni de boiseries, c'est une table de pierre moulurée posée sur un massif. Statues - en kersanton polychrome : sainte Christine, la meule suspendue au cou, XVIè siècle (C.) ; - en bois : sainte martyre, datée 1947 et signée Baglin ; - en bois polychrome : Crucifix, XVIè siècle, Christ aux outrages, XVIè siècle, sainte Anne, XVIè siècle, Vierge à l'Enfant assise, sur une console armoriée, XVIè siècle, autre Vierge à l'Enfant avec un ange sculpté sur le socle, XVIIè siècle, (C.), 3e Vierge à l'Enfant, XVIè siècle (sacristie), saint Matthieu, XVIè siècle, saint Côme et saint Damien, XVIIè siècle (C.), saint Antoine ermite, XVIIè siècle (C.), sainte Marguerite, XVIIè siècle, sainte Agathe, trois saints évêques, - et, à la sacristie, huit statuettes de procession. * Calvaire : statues géminées sur le croisillon, anges au calice, Pietà au revers. Inscription sur le socle : " A : THOMAS : " et date de 1587 sur le fût. Fontaine Saint-Gouesnou, surmontée de la statue d'un saint tenant un calice."

       

      .— PÉRENNÈS (Henri), 1940,  Plougastel.

      https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6fc1bec602ab1010bcb1045d074ba8e5.pdf

      "Sainte-Christine. Cette chapelle ·se trouve sur la côte dite de l'Armorique, à quatre kilomètres. Ouest du bourg. Elle s'appelle chapel Langristin, du nom du village où elle est située. Ce vocable de Langristin évoque un vieux saint celtique sant Kristin, aujourd'hui oublié et dont le culte fut remplacé par celui de sainte Christine, vierge . et. martyre, fille d'Urbain, gouverneur d'une ville de Toscane sous Dioclétien. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, elle fut tuée à coups de flèches vers l'an 300. On transporta son corps à Palerme, dont elle est la patronne. La chapelle· est un édifice en forme de croix latine, avec un chevet à pans coupés. Une plaque en pierre au pignon ouest rappelle la restauration du clocher en 1914. La porte latérale porte la date de 160o. L'ancien vitrail, daté de 1558, représentait l' Assomption et le couronnement de la Vierge puis saint Nicolas avec les trois enfants ressuscités . La verrière actuelle renferme les médaillons de sainte Christine et saint Eloi. Près du maitre-autel, du côté de l'évangile apparait la statue de sainte Christine avec une meule de moulin suspendue à son cou par une grosse corde. Le cantique breton mentionne cet épisode

      Mes an tad dinatur Bourreo e graouadur A stag out-hi eur men Hag e stlap en eul lenn.

      Dans le voisinage se trouvent les saints Cosme et Damien tenant des fioles en main.

      Du côté de l'épitre c'est d'abord saint Matthieu puis "la sainte Vierge couronnée avec deux petits anges au-dessus d'elle. Elle repose sur une console armoriée d'un blason : 3 couronnes à pointes. Dans l'armoire du maître-autel se trouve un reliquaire avec une relique de saint Vincent; on le fait baiser aux fidèles le jour du pardon. · Le transept nord contient un autel en granit, portant les statuettes de saint Gouesnou coiffé d'une tiare, et de sainte Christine. Dans une armoire au milieu de l'autel est une vieille statuette de la Vierge Mère. Contre la paroi, au-dessus de l'autel, saint Justin portant un enfant, puis saint Nicolas avec les trois enfants, à vieille figure, dont l'un passe la jambe par-dessus la baratte. Dans une niche saint ·Claude, abbé. Au transept sud on aperçoit sainte Anne, un petit saint Michel en granit fourrant l'extrémité de sa croix dans la gueule d'un monstre qu'il foule aux pieds et dont le bras veut écarter cette croix, un beau saint Antoine en bois avec sa clochette, un livre, et son cochon; il est enfermé dans une niche à riches colonnes torses.

      Au-dessus d'un confessionnal un petit saint Antoine avec son cochon, symbole du démon. Dans la nef un vieux Christ en croix, encadré d'un Christ assis au calvaire, attendant le supplice, et de sainte Marguerite avec son dragon. Sur le placitre se dresse un calvaire daté de 1587. On voit d'un côté saint Jean et la sainte Vierge, et plus bas un petit Christ assis, de l'autre côté saint Gouesnou avec un calice et la sainte Vierge, plus bas une scène du couronnement d'épines. A une vingtaine de mètres sud-ouest de la chapelle, en contrebas, est la fontaine de Saint Gouesnou, surmontée du buste du saint qui tient un calice. Les pardons avaient lieu le lundi de Pentecôte, à la Saint-Matthieu et le jour de saint Antoine, ermite. Un cantique breton en l'honneur de sainte Christine porte l'imprimatur du 17 Mai 1880. Il chante en 29 couplets la vie de la sainte."

      Vitraux par Jean-Pierre LE BIHAN,

      http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-24704578.html

      .

      Partager cet article

      Repost0
      Published by jean-yves cordier
      14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 21:18

      La chenille du Petit Paon-de-Nuit Saturnia pavonia à Crozon. Ancienne gare de Perros, étang de Kerloc'h.

       

      Voir :

      La chenille du Petit Paon de Nuit Saturnia pavonia à Camaret, 11 juillet 2011.

      .

       

      .

      La chenille du Petit Paon-de-nuit est noire dans son jeune âge, avec une ligne de marques oranges, puis elle se tache de vert avec la croissance et devient entièrement verte à maturité, ou verte avec des anneaux noirs, sans jamais se départir de ses verrues sétigères jaunes, oranges ou roses.

      J'avais observé la version vert-pomme à Trésigneau, dans la bruyère, à moins de 300 mètres de ma nouvelle rencontre avec sa version verte à anneaux noirs, sur le prunellier.

       

      .

      Saturnia pavonia, 10 juillet 2011  Lande de Trésigneau à Camaret.

      Saturnia pavonia, 10 juillet 2011 Lande de Trésigneau à Camaret.

      .

       

      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

      .

       

      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

      Saturnia pavonia, 7 juin 2018, gare de Perros à Crozon. Photographie lavieb-aile.

      Partager cet article

      Repost0
      Published by jean-yves cordier
      13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 09:29

      La chapelle Sainte-Christine de Plougastel et son calvaire : avec la pierre de meule autour du cou.

      .

      — Sur la chapelle Sainte-Christine, voir :

       

      —Sur Plougastel, voir :

       

       

       

      .

      .

      Sur le Maître de Plougastel, voir :

       

      • Le calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621).

       

       

       

       

       

       

      Sainte Christine. Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine. Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Le vaste territoire de la paroisse de Plougastel et ses 157 villages est divisé selon une double partition, celle des 6 kordennad(ou) ( "cordelées", du breton signifiant "corde"), et celle des 23 Breuriez, confréries des défunts du Moyen-Âge héritières des "tud" claniques celtes.  Les Kordennad sont ceux de Saint-Jean, d'Illien, de Douar-Bihan avec la chapelle de St-Claude, de Feunteun-Wenn de l'Auberlac'h ou du Caro, de Rozegat, et enfin de Sainte Christine.

        Chaque chapelle, jadis desservie par un Kure (vicaire) spécifique, organise son propre pardon, celui de Ste-Christine ayant lieu le dernier dimanche de juillet . Ce jour là, on faisait trois fois le tour de la chapelle en récitant 26 couplet d'un cantique racontant la vie de sainte Christine, le Kantik da Zantez Christina.

      https://fv.kan.bzh/docs/Fv-Bibliotheque/Landevennec/L-17/FV-L-17-053.pdf

       

       

      Refrain : Henor d'hor Patronez!

      Guerc'hez ha Merzerez !

      Roet e deus da Zoue

      Yaouankik he bue

      "Honneur à notre Patronne

      Vierge et Martyre

      Elle a fait don à Dieu

      De sa vie d'enfant"

      1

      Guelomp en he bue

      An ners a ro doue.

      Da viret he lezen

      Da nep a zo christen.

      2

      Christina, merch Urban,

      C'hoas craouadur bian

      E deus evit he feiz

      da c'houzanv poaniou kris

       

      "Christine, fille d'Urban,

      Encore petite enfant

      Eut à subir pour sa foi

      Des douleurs cruelles."

      .

       

       

      Plan du Musée de la Fraise de Plougastel

      Plan du Musée de la Fraise de Plougastel

      .

      .


      I. LE CALVAIRE (kersantite, Maître de Plougastel, .

      Ce calvaire est décrit ainsi par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas en ligne des Croix et Calvaires du Finistère :

      "Atlas des croix et calvaires du Finistère n° 1919. Sainte-Christine, k. 4,50 m. 1587. Trois degrés, socle cubique: A THOMAS. Fût à pans. Croisillon, culots feuillagés, Christ aux outrages, Portement de croix, statues géminées: sainte Christine-Jean, moine cordelier-Vierge. Croix, branches rondes et fleurons godronnés, Christ, anges au calice, groupe N.-D. de Pitié. [YPC 1980]"

      .

      L'attribution au Maître de Plougastel, sculpteur landernéen auteur du calvaire monumental de Plougastel en 1602-1603,  a été validée par Emmanuelle Le Seac'h 2014, pour les seules statues géminées de la Vierge avec sainte Christine et de Jean avec un moine.

      Le socle porte l'inscription A. THOMAS (nom du fabricien ?) et le fût porte la date de 1587.

      Un FRANCES THOMAS   a inscrit son nom au dessus de l'entrée de la porte sud de la chapelle en 1605, puis le chevet polygonal fut construit en 1634, comme en témoigne une inscription.

       

       

      .

       

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      .

      1°) La face orientale : Vierge de Pitié / Saint Jean / Vierge.

      Les statues ont été inversées puisque la place de Jean au pied du calvaire est à droite, et celle de la Vierge à gauche (soit à la droite de son Fils). D'ailleurs Jean tourne la tête et lève les yeux sur sa droite, ce qui, dans la disposition actuelle, n'a aucun sens. Comme les statues sont géminées, cela veut dire qu'il faudra inverser aussi la disposition des saints de la face occidentale.

      .

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Jean, la main sur la poitrine, tient un livre et une banderole (en réalité le revers du pan de son manteau).

       

       

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      .

      La Vierge, mains jointes, a la tête voilée par son manteau.

      .

       

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      2°) La face occidentale : Crucifixion / sainte Christine / Moine cordelier.

      .

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      a) le Christ en croix.

      en pagne plissé noué au centre, surmonté d'un ange présentant le titulus. À ses pieds, deux anges tiennent le calice recueillant le Précieux Sang.

      .

       

       

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      b) Sainte Christine de Bolsène, tenant la pierre de meule suspendue autour du cou. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.

      La sainte, en robe longue, la tête voilée, tient un livre, la meule, et de la main gauche un pan bifide de son manteau.

      La meule est percée de son œil,  traversée par le cordage. Cet œillard comporte des mortaises en queue d'aronde pour recevoir l'anille ou andille, pièce de bois ou de métal  en double hache  permettant, dans les moulins, l'entraînement de la meule. Voir photo Wikipédia et schéma Wikipédia, et photo d'une meule monolithe de Siresa. Si j'ai bien compris, la pierre meulière représenté au cou de sainte Christine est une meule tournante ou courante, et non gisante ou dormante.

       

      .

      Sainte Christine de Bolsène. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine de Bolsène. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      À Plougastel, le village de Sainte-Christine   est appelé en breton Lanngristin. Le mot d'ancien breton lann est associé au nom d'un ermite celte, Kristin, témoigne d'une fondation monastique du haut Moyen Âge.

      La Vie des saints de Lobineau mentionne aussi une sainte Christine bretonne, parente de saint Hervé, ermite breton du Ve siècle.

      "Six jours avant sa mort, S. Hervé fut averti par un ange que Dieu l'appellerait à lui dans ce terme. Il attendit avec joie le moment qui devait terminer son exil. Ste Christine, nièce de sa mère, et qui l'avait accompagnée dans sa retraite juqu'à la fin, pria S. Hervé de ne point la laisser sur la terre, quand il passerait à une meilleure vie. Il lui promit qu'il demanderait pour elle à Dieu ce qu'elle souhaitait; et, en effet, lorsqu'il eut rendu tranquillement l'esprit, après avoir reçu de son évêque l'absolution et le saint viatique, la sainte fille expira dans le moment au pied du Ut du saint; ce qui nous fait voir, ou que la clôture n'était pas une règle de son monastère, ou que la parenté si proche de ces deux saintes personnes donnait à Christine des privilèges que les autres n'auraient pas eus."

      Pour L. Cras, vers le XVe siècle, un pèlerin a sans doute ramené d’Italie le nom de sainte Christine, et Kristin a été remplacé par la vierge et martyre romaine homonyme. Cette dernière a été martyrisée à l’âge de 12 ans dans la ville de Bolsena en Toscane vers l’an 300 et deviendra  la patronne de Palerme.

      Nous devons distinguer deux saintes de ce nom.

      La première était originaire de Bolsena. La seconde vécut à Tyr et est honorée comme grande martyre chez les Orientaux. Le 24 juillet est la fête commune de ces deux Saintes. Mais Jacques de Voragine situe Tyr en Toscane et ne décrit qu'une seule Vie.

       





      Jacques de Voragine, auteur de la Légende dorée, nous raconte l’histoire de Sainte Christine de Tyr,  — ville italienne de Toscane engloutie sous le lac Bolsène— martyre du IVème siècle sous Dioclétien. Elle est originaire d'une ville au bord du lac de Bolsena située dans le Latium, à 100 km au nord de Rome. 

      "Son père lui répliqua : « Ma fille, ne sacrifie pas seulement a un Dieu, de peur d'encourir la haine des autres. » Christine lui répondit.: « Tu as bien parlé, tout en ne connaissant pas la vérité ; j'offre en effet des sacrifices au Père, au Fils, et au Saint-Esprit. » Son père lui dit : « Si tu adores trois dieux, pourquoi n'adores-tu pas aussi les autres ? » Elle répondit: « Ces trois ne font qu'une seule divinité. » Après cela Christine brisa les dieux. de son père et en donna aux pauvres l’or et l’argent.

      Quand le père revint pour adorer ses dieux, et qu'il ne les trouva plus, en apprenant des suivantes ce que Christine en avait fait, il devint furieux et commanda qu'on la dépouillât et qu'elle fût fouettée par douze hommes jusqu'à ce qu'ils fussent épuisés eux-mêmes. ...Et son père la fit charger de chaînes et jeter en prison.

      ... Son père ordonna qu'on lui racle les chairs avec des peignes et que ses jeunes membres fussent disloqués.

      ...Alors le père la fit placer sur une roue sous laquelle il fit allumer du feu avec de l’huile; mais la flamme qui en jaillit fit périr quinze cents personnes.

      Or, son père, qui attribuait tout cela à la magie, la fit encore une fois renfermer en prison, et quand la nuit fut venue, il commanda à ses gens de lui lier une pierre énorme au cou et de la jeter dans la mer. Ils le firent, mais aussitôt des anges la prennent, J -C. lui-même. vient à elle et la baptise dans la mer en disant : « Je te baptise en Dieu, mon père, et en moi J.-C. son fils, et dans le Saint-Esprit. »

      ... Alors il la renvoya dans la prison avec ordre de la décapiter le lendemain.

      Or, cette nuit-là même, son père Urbain fut trouvé mort. Il eut pour successeur un juge inique, appelé Elius , qui fit préparer une chaudière dans laquelle on mit bouillir de l’huile, de la résine et de la poix pour jeter Christine. Quatre hommes, agitaient la cuve afin que la sainte fût consumée plus vite. Alors elle loua Dieu de ce qu'après avoir reçu une seconde naissance, il voulait qu'elle fût bercée comme un petit enfant.

      Le juge irrité ordonna qu'on lui rasât la tête et qu'on la menât nue à travers la ville jusqu'au temple d'Apollon. Quand, elle y fut arrivée; elle commanda à l’idole de tomber, ce qui la réduisit en poudre. A cette nouvelle le juge s'épouvanta et rendit l’esprit.

      Julien lui succéda: il fit chauffer une fournaise et y jeter Christine ; et elle resta intacte pendant cinq jours qu'elle passa à chanter et à se promener avec des anges.

      Julien, qui apprit cela et qui l’attribua à la magie, fit jeter sur elle deux aspics, deux vipères et deux couleuvres. Les serpents lui léchèrent les pieds, les aspics ne lui firent aucun mal et s'attachèrent à ses mamelles, et les couleuvres en se roulant autour de son cou léchaient sa sueur. Alors Julien dit à un enchanteur «Est-ce que tu es aussi magicien? irrite les bêtes. » Et comme il le faisait, lés serpents se jetèrent sur lui et le tuèrent en un instant. Christine commanda. ensuite aux serpents, les envoya dans un désert et elle, ressuscita. le mort.

      Julien alors ordonna de lui enlever les mamelles, d'où il coula du lait au lieu de sang. Ensuite il lui fit couper la langue; Christine n'en perdit pas l’usage de la parole;  elle ramassa sa langue et la jeta à la figure de Julien, qui, atteint à l’oeil, se trouva aveuglé.

      Julien irrité lui envoya deux flèches au cœur et une autre à son côté. En recevant ces coups elle rendit son esprit a Dieu, vers l’an, du Seigneur 287, sous Dioclétien."

      .

       

      Si le culte de cette sainte connaît un grand succès, principalement en Italie, en Espagne et au Portugal, on le rencontre aussi sur le chemin des pèlerins qui allaient à Rome ou à Compostelle. 
      . La vie légendaire de Sainte Christine, décrite sur la verrière de Saint-Ervy-le-Chastel en 16 épisodes, constitue un des plus importants ensembles iconographiques de la Chrétienté sur sainte Christine de Bolsène.

      Sainte Christine est la patronne des meuniers et des archers. Elle est vénérée en Normandie, à Ferrières-Haut-Clocher, en Champagne à Ervy (où une verrière raconte sa vie en 16 tableaux), dans les communes de Sainte-Christine en Anjou, en Poitou et de Auvergne, et à Sainte-Christie (Gers). Une chapelle Sainte-Christine existe à Glomel (Côtes d-Armor), avec une statue (sans la meule), et une autre en ruine à Locmalo (Morbihan), avec une statue du XIXe.

      Les pèlerins de Rome s'arrétaient sur son tombeau à Bolsena, tandis que les pèlerins de Saint-Jacques bénéficiait d'un un hôpital qui lui était dédié à Somport.

      Dans l'iconographie, sainte Christine n'est pas représentée avec sa meule sur les enluminures du site Mandragore ou Enluminures, ni sur les statues, mais on la voit ainsi sur la verrière d'Ervy-le-Chastel 

       

      .

       


       

       

      Sainte Christine de Bolsène. kersanton, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine de Bolsène. kersanton, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      .

      b) Moine cordelier : Saint Pascal Baylon ?

      Voir la discussion sur l'identification de saint Pascal Baylon (Aragon, 1540-1592, béatifié en 1618, canonisé en 1690) dans mon article sur l'église de Brennilis. .

      Un saint (condition pour figurer sur un calvaire), moine franciscain, tenant le calice eucharistique, peut être soit Pascal Baylon, soit Antoine de Padoue. C'est cette dernière hypothèse que choisit Lucien Cras :

      "...un moine franciscain tenant un calice. on retrouve le même personnage sur la fontaine située à trente mètres au sud-ouest de la chapelle (*) et sur le calvaire de Saint-Languis au Passage. Ce moine est saint Antoine de Padoue."

      (*) actuellement dans le transept nord.

      .

      Moine franciscain,  Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Moine franciscain, Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      La statue en kersanton du même saint, conservée dans la chapelle, transept nord sous la statue de Marie-Madeleine.

      .

       

      Saint Pascal Baylon ?, kersanton,  chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Saint Pascal Baylon ?, kersanton, chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      c) Christ aux outrages (coté est).

      .

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      .

      II. LA STATUE DE SAINTE CHRISTINE DU CHOEUR, EN  KERSANTON POLYCHROME.

      Coté nord du chœur.

      Elle est classée depuis le 23 février 1960. Couffon la datait du XVIe siècle et Lucien Cras du XVe. Elle mesure 110 cm de haut.

      Elle est si comparable à la précédente pour son dessin, ses attributs (et même les mortaises de l'œillard !), et son costume que l'une a pu servir de modèle à l'autre. Mais elle est plus fine, avec la taille serrée par une ceinture placée très haut sous la poitrine. Ses chaussures pointues, dont le bout apparaît sous les plis de la robe, témoignent d'une mode plus précoce que celles, arrondies, de la statue de R. Doré.

      La posture n'est néanmoins pas dépourvue de hiératisme, malgré l'avancée du genou droit, et l'absence de déhanché, la tenue frontale de la tête et la lourdeur du voile "en casque" confèrent à la sainte une raideur et un certain manque de vivacité, voire un regard de sculpture égyptienne.

      .

       

       

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, , chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, , chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

       

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

       

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

      CONCLUSION.

      .

      La rareté du motif iconographique de sainte Christine à la meule donne toute sa valeur à ces deux représentations, valeur renforcée par l'ancienneté des deux statues (XV et XVIIe), par la précision de la taille de la meule (témoignant des pratiques techniques de l'époque) , et par la renommée de Roland Doré, "sculpteur du roi" et virtuose de la pierre de kersanton, extraite localement dans la rade de Brest.

      Malgré mes recherches parmi les enluminures ou la statuaire, je n'ai pu trouver des figures semblables, même plus tardives.

      L'élément le plus proche est le panneau de la baie 10 de la verrière de l'église Saint-Pierre-es-liens d'Ervy-le-Châtel, dans l'Aube, réalisée en 1515. Un vitrail exceptionnel qui est au cœur de l'exposition 2018 de la Cité du Vitrail de Troyes.

      J'emprunte l'image, par copie d'écran, au site suivant :

      https://www.guidigo.com/Web/Ervy-le-Chatel/We9_7wT85KY/Stop/5/Verriere-du-martyre-de-Sainte-Christine-de-Bolsene#images

       

       

      .

      Copyright www.guidigo.com

      .

       

      .

       

      .

      III. LA STATUETTE DE PROCESSION.

      .

      Un trou percé dans le socle permet d'introduire un manche qui sert de hampe pour la porter en procession, lors du pardon le dernier dimanche de juillet. Elle est conservée dans la vitrine "aux petits saints du transept sud.

      .

      Sainte Christine, statuette de procession, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      Sainte Christine, statuette de procession, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

      .

       

      .

      SOURCES ET LIENS.

      .

      CRAS (Lucien), 1987, "Chapelle Sainte-Christine, Lanngristin", in Plougastel-Daoulas, Patrimoine architectural et statuaire, Les Amis du Patrimoine de Plougastel éditeur, page 103.

      COUFFON (René)

      http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUGAST.pdf

      "CHAPELLE SAINTE-CHRISTINE

      Au village de Langristin, ce qui montre que la sainte a supplanté saint Kristin. Edifice en forme de croix latine avec chevet à pans coupés du type Beaumanoir. Le vitrail portait la date de 1558, date que l'on retrouve également sur la porte ; le clocher a été restauré en 1914, suivant l'inscription : " ER BLOAZ MIL NAO C'HANT PEVARZEK EUS AR DIAZEZ BETEG AR BEG AN TOUR MAN A ZO BET ADSAVET EN ENOR DA SANTEZ KRISTINA BENNIGET. - F. CARDINAL PERSON. Y. ANDRE. FABRIK. G. BROUSTAIL MESTR MANSONER ". Démoli en août 1944, il a été restauré en 1975. Date de 1605 sur une porte latérale, avec le nom du fabricien THOMAS. Sacristie du XVIIIè siècle, " 1741 " à l'envers sur l'appui de la fenêtre.

      Mobilier : L'autel ne porte plus de retable ni de boiseries, c'est une table de pierre moulurée posée sur un massif. Statues - en kersanton polychrome : sainte Christine, la meule suspendue au cou, XVIè siècle (C.) ; - en bois : sainte martyre, datée 1947 et signée Baglin ; - en bois polychrome : Crucifix, XVIè siècle, Christ aux outrages, XVIè siècle, sainte Anne, XVIè siècle, Vierge à l'Enfant assise, sur une console armoriée, XVIè siècle, autre Vierge à l'Enfant avec un ange sculpté sur le socle, XVIIè siècle, (C.), 3e Vierge à l'Enfant, XVIè siècle (sacristie), saint Matthieu, XVIè siècle, saint Côme et saint Damien, XVIIè siècle (C.), saint Antoine ermite, XVIIè siècle (C.), sainte Marguerite, XVIIè siècle, sainte Agathe, trois saints évêques, - et, à la sacristie, huit statuettes de procession. 

      Calvaire : statues géminées sur le croisillon, anges au calice, Pietà au revers. Inscription sur le socle : " A : THOMAS : " et date de 1587 sur le fût.

      Fontaine Saint-Gouesnou, surmontée de la statue d'un saint tenant un calice."

       

      — Baie 10 Ervy-le-chastel

      https://www.guidigo.com/Web/Ervy-le-Chatel/We9_7wT85KY/Stop/5/Verriere-du-martyre-de-Sainte-Christine-de-Bolsene

      .— PÉRENNÈS (Henri), 1940,  Plougastel.

      https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6fc1bec602ab1010bcb1045d074ba8e5.pdf

      "Sainte-Christine. Cette chapelle ·se trouve sur la côte dite de l'Armorique, à quatre kilomètres. Ouest du bourg. Elle s'appelle chapel Langristin, du nom du village où elle est située. Ce vocable de Langristin évoque un vieux saint celtique sant Kristin, aujourd'hui oublié et dont le culte fut remplacé par celui de sainte Christine, vierge . et. martyre, fille d'Urbain, gouverneur d'une ville de Toscane sous Dioclétien. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, elle fut tuée à coups de flèches vers l'an 300. On transporta son corps à Palerme, dont elle est la patronne. La chapelle· est un édifice en forme de croix latine, avec un chevet à pans coupés. Une plaque en pierre au pignon ouest rappelle la restauration du clocher en 1914. La porte latérale porte la date de 160o. L'ancien vitrail, daté de 1558, représentait l' Assomption et le couronnement de la Vierge puis saint Nicolas avec les trois enfants ressuscités . La verrière actuelle renferme les médaillons de sainte Christine et saint Eloi. Près du maitre-autel, du côté de l'évangile apparait la statue de sainte Christine avec une meule de moulin suspendue à son cou par une grosse corde. Le cantique breton mentionne cet épisode

      Mes an tad dinatur Bourreo e graouadur A stag out-hi eur men Hag e stlap en eul lenn.

      Dans le voisinage se trouvent les saints Cosme et Damien tenant des fioles en main.

      Du côté de l'épitre c'est d'abord saint Matthieu puis "la sainte Vierge couronnée avec deux petits anges au-dessus d'elle. Elle repose sur une console armoriée d'un blason : 3 couronnes à pointes. Dans l'armoire du maître-autel se trouve un reliquaire avec une relique de saint Vincent; on le fait baiser aux fidèles le jour du pardon. · Le transept nord contient un autel en granit, portant les statuettes de saint Gouesnou coiffé d'une tiare, et de sainte Christine. Dans une armoire au milieu de l'autel est une vieille statuette de la Vierge Mère. Contre la paroi, au-dessus de l'autel, saint Justin portant un enfant, puis saint Nicolas avec les trois enfants, à vieille figure, dont l'un passe la jambe par-dessus la baratte. Dans une niche saint ·Claude, abbé. Au transept sud on aperçoit sainte Anne, un petit saint Michel en granit fourrant l'extrémité de sa croix dans la gueule d'un monstre qu'il foule aux pieds et dont le bras veut écarter cette croix, un beau saint Antoine en bois avec sa clochette, un livre, et son cochon; il est enfermé dans une niche à riches colonnes torses.

      Au-dessus d'un confessionnal un petit saint Antoine avec son cochon, symbole du démon. Dans la nef un vieux Christ en croix, encadré d'un Christ assis au calvaire, attendant le supplice, et de sainte Marguerite avec son dragon. Sur le placitre se dresse un calvaire daté de 1587. On voit d'un côté saint Jean et la sainte Vierge, et plus bas un petit Christ assis, de l'autre côté saint Gouesnou avec un calice et la sainte Vierge, plus bas une scène du couronnement d'épines. A une vingtaine de mètres sud-ouest de la chapelle, en contrebas, est la fontaine de Saint Gouesnou, surmontée du buste du saint qui tient un calice. Les pardons avaient lieu le lundi de Pentecôte, à la Saint-Matthieu et le jour de saint Antoine, ermite. Un cantique breton en l'honneur de sainte Christine porte l'imprimatur du 17 Mai 1880. Il chante en 29 couplets la vie de la sainte."

      Vitraux par Jean-Pierre LE BIHAN,

      http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-24704578.html

       

       

      Partager cet article

      Repost0
      Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel

      Présentation

      • : Le blog de jean-yves cordier
      • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
      • Contact

      Profil

      • jean-yves cordier
      • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
      • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

      Recherche