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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 20:25

Les vitraux anciens de l'église de Saint-Lô : la baie 8 de la Trinité, de saints Côme et Damien  (Fin XVe, vers 1513, 1582 — par inscription— et 1968).

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Voir :

la liste de mes articles sur les vitraux.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Cette baie de 5,00 m de haut et 2,20 m de large comporte 3 lancettes et un tympan ajouré. Les panneaux les plus anciens sont ceux de Côme et Damien et datent de la fin du XVe siècle.

La verrière de la Trinité  a été réalisée selon Jean Lafond en  1513 par le renommé verrier flamand  Arnoult de Nimègues, et est considérée comme la plus prestigieuse de l'ensemble vitré de Saint-Lô. Elle aurait été envoyée de Flandres juste après le retour du maître-verrier à Anvers (vers 1513), en même temps que la Trinité de Fécamp (baie 8, vers 1512) qui en reprend le même carton. 

Curieusement, M. Callias Bey, dans Les Vitraux de Basse-Normandie, intitule cette baie et celle de Fécamp par la désignation de l'Assomption. C'"est aussi son titre dans la notice PM50001451 de la base Palissy.

Après le saccage de l'église par les protestants en 1574, la verrière fut restaurée en 1582 par la confrérie des bouchers, comme l'atteste une inscription. Dans la description qu'en donne Guilhermy en 1837, quatre apôtres entouraient la Vierge, ce qui peut se vérifier sur la copie qui a été faite de ce vitrail à Saint-Pierre de Coutances, où ils sont de part et d'autre de Marie.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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LES LANCETTES.

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Nous disposons d'une description (ou d'un relevé ?) par Guilhermy en 1837, et selon Callias-Bey, "cette verrière incluait encore les figures de quatre apôtres, hypothèse vérifiée sur la copie tardive de ce vitrail à Saint-Pierre de Coutances, qui les montre de part et d'autre de la Vierge."

Nous disposons aussi  d'une description de 1845 par l'archiviste de la Manche M. DUBOSQ dans le Bulletin monumental :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31030r/f77.image

"Aucun des beaux vitraux qui décoraient les fenêtres de cette église n'est conservé intact. Celui qui présente le plus 
d'ensemble est le vitrail de la chapelle de la Trinité ou des Reliques. Les trois personnes de la Ste Trinité entourées d'un grand cercle bicolore azur et or composé d'anges et de chérubins, y sont représentées assises couvertes de chappes riches et ornées. Le Père porte la tiare. Les deux autres ont la tête nue. Le St.-Esprit est à la gauche du Père et se distingue d'ailleurs par un pigeon nimbé, placé sur sa poitrine. 
Le Père éternel tient le globe crucifère sur son genou gauche et bénit de la main droite. Au-dessous, la Ste. Vierge couronnée est placée sous une ogive d'or et d'azur composée d'anges et de chérubins, comme le cercle qui entoure la Trinité. 

Cette chapelle avait été fieffée aux bouchers de la ville. Nous l'apprenons des archives de la fabrique et d'une inscription qui existe au bas du précédent vitrail :

A LHOUNEUR DE LA TRINITÉ 

LES MAISTRES BOUCHIERS DE LA VILLE 
ONT RESTABLI PAR UNITÉ 

CESTE VITRE BELLE ET UTILE. 1632. [sic]

Elle est accompagnée des armes de la corporation des bouchers, c'est-à-dire, à gauche d'un écusson portant huit moutons poses 3, 2 et 3 et, à droite d'un autre écusson portant deux bœufs accolés. "



 

Nous pouvons bénéficier  d'une autre description  de 1925 : 

 

"En continuant à contourner le choeur, voici la chapelle de la Trinité, dite aussi de Saint Lô ou des Reliques. Son vitrail montre les "trois personnes de la sainte Trinité, entourées d'un cercle bicolore, azur et or, composé d'anges et de chérubins ; elles sont assises, vêtues de chapes riches et ornées. Le Père porte la tiare, les deux autres sont tête nue. Le Saint-Esprit est à la gauche du Père et se reconnaît au pigeon nimbé placé sur sa poitrine ; le Père bénit de la main droite et tient le globe crucifère sur son genou gauche. 
Au-dessous la Sainte Vierge est debout sous une ogive d'or et d'azur composée d'anges et de chérubins comme le cercle décrit plus haut. 

Cette chapelle avait été fieffée aux Bouchers de la Ville comme l'indique au bas du vitrail l'inscription : 

A l'honneur de la Trinité 
Les Maistres Bouchiers de la Ville 
Ont restabli par unité 
Cest vitre belle et utile. 1582. 

A côté se trouvent les armes de la corporation : à gauche un écusson portant huit moutons posés 3, 2 et 3 et à droite un écusson portant deux boeufs accolés. 

De chaque côté de la Vierge Saint Côme et Saint Damien (Nés à Oegès en Cilicie, anciens étudiants de l'école d'Antioche et médecins ambulants ils furent appelés anargyres à cause de leur refus de toute rémunération ; ils furent avec leurs frères Anthime, Léonce et Euprepius, martyrs sous Dioclétien.  ). "



 

 

 

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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I. LES LANCETTES LATÉRALES DU REGISTRE INFÉRIEUR : SAINTS CÔME ET DAMIEN.

Les deux saints ont été placés ici par les restaurateurs, à la place des apôtres qui entouraient la Vierge.

Les deux médecins jumeaux occupent chacun une niche d'architecture gothique, tendue de damas sous un bandeau doré qui les désigne[aient]. 

Les piédroits de la niche abritent des statuettes des prophètes.

Le jaune d'argent est utilisé notamment pour rehausser des détails d'architecture.

Le thème laisse supposer une donation par la confrérie des médecins et chirurgiens, mais cette dernière ne semble pas être attestée.

Voir ici mon article sur l'iconographie des saints Côme et Damien, ou l'ouvrage de M-L. David-Danel (qui n'a pas signalé ce vitrail).

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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1°) SAINT CÔME MIRANT LES URINES.

L'inscription est remplacée par des caractères fictifs, pseudo-coufiques, mais elle devait porter les mots Sanctus Cosmos. La tenture frangée d'or est vert-pâle avec des motifs damassés à type de grenades ou pommes de pins.

Le saint, patron des médecins, en porte la robe rouge doublée d'hermines au col et aux poignets. Il est coiffé du bonnet propre aux docteurs. Il élève un urinal (ou matula), vase de verre à col étroit dans lequel, en le tenant obliquement, il mire les urines de son patient pour en examiner les dépôts et se prononcer sur le diagnostic, ou seulement sur le pronostic. Il énonce son verdict par un index précis.

Les deux prophètes, coiffés d'un bonnet carré, font également un geste en posant la pointe de l'index sur la paume, ce qui, dans le comput médiéval, n'est pas dépourvu de signification.

 

 

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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2°) SAINT DAMIEN TENANT LA BOITE À ONGUENT.
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La tenue est analogue, mais la robe est bleue et le bonnet rouge : cela est conforme au traitement iconographique, où l'artiste échappe à la stricte  similitude des deux frères par cette distinction arbitraire des couleurs, tout en conservant le rouge écarlate propre aux médecins.

De même, la tenture ne varie pas par son motif, mais seulement par sa couleur pourpre. Son inscription est la même que pour Côme.

Saint Damien, patron des chirurgiens, tient la boite à onguent qui est son attribut.

Il est difficile d'aller plus loin dans l'étude de ces deux panneaux dans la mesure où j'ignore quelle liberté a pris le verrier restaurateur, et sur quel état des verres anciens il s'est fondé pour exécuter son travail. 

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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II. REGISTRE INFÉRIEUR : L'INSCRIPTION ET LES EMBLÈMES DES BOUCHERS.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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1°) L'inscription, en lettres latines majuscules aux fûts perlés énonce:

A . L'HONNEVR . DE . LA . TRINITÉ

LES . MAISTRES . BOVCHIERS. DE. LA . VILLE

ONT RESTABLI . PAR VNITÉ 

CESTE . VITRE . BELLE . ET . VTILE . 1582.

À l'honneur de la Trinité les maîtres bouchers de la ville ont rétabli par unité cette vitre belle et utile" (ou bien "belle et vieille", au sens de vénérable ? Je ne vois pas de quelle utilité il s'agirait, et ma lecture des lettres est bien VIEILLE.  )

 Voir le vitrail de la Trinité offert par la confrérie des bouchers à Vézelise vers 1490-1520 ... à coté d'un vitrail de Côme et Damien :

http://www.eclats-de-lorraine.fr/2013-12-26-vitraux-vezelise-meurthe-et-moselle/

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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2°) Les emblèmes.

J'évite de parler d'armoiries ou de blasons,  ce ne sont pas non plus des emblèmes, mais des figures inscrits dans des cercles de motifs tressés. À droite sont deux bœufs à robe sombre, accouplés par une corde. À gauche, ce sont huit moutons sur trois rangs, le dernier du rang étant lié par une corde.

L'association de moutons et de bœufs permet de désigner l'ensemble des bouchers, comme sur le blasons de Bourges :

http://heraldie.blogspot.com/2013/02/blasons-des-metiers-les-bouchers.html

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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III. REGISTRE INTERMÉDIAIRE : LA  VIERGE COURONNÉE.

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"Au centre, sur un fond jaune peint de petits angelots, la Vierge de l'Assomption (tête et bas du manteau refaits par Simone Flandrin-Latron [en 1970-1980] est entourée d'une mandorle composée de nuages bleus ; le panneau inférieur de la Vierge, disparu, a fait place à un panneau de mosaïque ..." (Callias Bey 2006)

 

Ces panneaux s'insèrent assez mal à la composition d'ensemble, et notamment au registre de la Trinité. La comparaison avec la baie 8 de Fécamp — qui est aussi une recomposition — montre une composition très différente, avec une Vierge à l'Enfant placée à gauche de sainte Marguerite. 

La Vierge est couronnée, et son habit est royal, avec le surcot rouge et le manteau bleu (damassé de pommes de pins) enrichi d'orfrois d'or ; le Couronnement de Marie est, dans la tradition, postérieure à l'Assomption. Cette Vierge couronnée correspondrait plutôt à un Couronnement par la trinité, ou au sommet d'un Arbre de Jessé.

La mandorle reprend la kirielle de chérubins dorés eux-mêmes doublés par une bande bleue, sans motifs (car restaurée en rappel du registre supérieur).

 

 

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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IV. LE REGISTRE SUPÉRIEUR : LA TRINITÉ.

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"Le Père Éternel trône, tenant la sphère armillaire [sic] entre le Fils montrant ses plaies et l'Esprit-Saint représenté sous forme humaine, tenant la colombe, chaque personnage étant auréolé d'angelots dorés et d'un filet bleu ; l'ensemble est entouré d'une double mandorle composé d'anges bleus et jaunes, complété à chaque angle d'un grand ange blanc (mêmes cartons). Le fond rouge est parsemé d'étoiles gravées et d'angelots ; un cartouche situé sous Dieu le Père porte l'inscription LOUENGE A DIEU ; Celui-ci est vêtu d'une chape damassée de grands masque-feuilles jaune et rouge, dont l'orfroi est décoré de motifs Renaissance en grisaille et jaune d'argent. Les trois figures de la Trinité sont assises sur un grand trône à trois places décoré de moulures, statuettes, volutes, le dais frangé est surmonté d'un entablement orné de pots à feu et de volutes. ". (Callias-Bey et David 2006)

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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1°) Le Christ, à gauche.

Ce premier exemple permet de mesurer à quel point la verrière d'origine a éclaté et a été reconstitué par une mosaïque de pièces hétérogènes.

La chape bordée d'orfrois perlés et la robe bleue font illusion vues de loin, mais elle intègre des morceaux d'architecture, des fragments d'étoffes de Luques damassés d'oiseaux, et l'élément circulaire rouge et or centré par un masque-feuille, mal inséré dans la composition. 

Le Fils "montre ses plaies" ; mais seule la main gauche est visible!

  On notera néanmoins les étoiles blanches, obtenues par gravure du verre rouge.

Et on admirera les deux cercles concentriques bleus et or, dont on découvrira avec quelle finesse ils sont peints à la grisaille de chérubins (cercle bleu) et d'anges nimbés (cercle or).

 

 

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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2°) Dieu le Père, au centre.

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Même déconvenue devant cette macédoine de morceaux de verres. Certes, la chape est mieux préservée, avec sa large bande aux bords perlés et aux motifs Renaissance (buste féminin ailé et fontaine ou vasque). Le globus cruciger de la main gauche est presque complet. L'étoffe damassée rouge montre un très bel exemple du masque-feuille qui est une marque de fabrique d'Arnoult de Nimègue. Coiffé ou non d'un bandeau, cette marque d'origine antique et chère aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon [les frères Juste] puis par le Maître de Pleyben a été reprise par ses élèves, et on la retrouve dans les vitraux rouennais jusqu'au milieu du XVIe siècle. (Jean Lafond).

Le montant de la cathèdre est orné d'un ange orant.

Enfin, les pieds de Dieu prennent appui sur un cartouche portant les mots LOVENGE . A . DIEV.

Cela peut renvoyer aux versets d'Apocalypse 19:1-2 où une foule nombreuse acclame Dieu aux mots d'Alléluia ! Le salut, la gloire et la puissance sont à notre Dieu.

En effet, la traduction de la Sainte Bible en 1550 utilise pour Ap.13:3 la forme Louenge à Dieu. Dans tous les cas, cette inscription confirme que le sujet n'est pas l'Assomption, mais l'adoration de Dieu dans la puissance et la gloire de sa Trinité.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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3°) Le Saint-Esprit, à droite.

Comme pour rendre visible le dogme de la Trinité selon lequel Dieu est unique en trois personnes égales, participant d'une même essence divine et pourtant fondamentalement distincts, le Saint-Esprit est représenté de la même façon et avec le même visage barbu que le Fils et le Père, assis sur le même siège, vêtu de la même chape et d'une robe comparable. Mais le Paraclet étend ici entre ses mains écartées les ailes d'une colombe nimbée.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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III. LE TYMPAN.

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"Au tympan, quatre anges blancs, dont deux musiciens, un autre présentant un blason, le dernier composé de bouche-trous, têtes d'angelots dans les écoinçons ; inscription incomplète [LOUENGE) A DIEU." ... "Les ajours du tympan et les têtes de lancettes paraissent avoir été déplacés et élargis de pièces complémentaires." (Callas-Bey et David 2006)

 

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Les deux ajours principaux accueillent deux anges qui présentent deux vases dont il aurait été intéressant de trouver d'autres exemples iconographiques. Les anges sont vêtus de tuniques longues, serrées à la ceinture, et qui attirent l'attention par leur manches bouffantes sous les épaules, et par le fermail pectoral doré. Ou par les manches rapportées dorées.

À gauche, une tête de vieillard dans la mosaïque. À droite, un ange et un blason dont la moitié droite comporte des colonnes, et la moitié gauche un (?) phylactère.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Au sommet, le fragment d'inscription [LOVENGE] A DIEV, en verre rouge gravé dans un cartouche.

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Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Verrière de la Trinité (Arnoult de Nimègue, vers 1513) et de Côme et Damien (fin XVe), baie 8, chapelle Saint-Thomas, église Notre-Dame de Saint-Lô. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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SOURCES ET LIENS.

— BLAINVILLE , Excursion dans le Bas-Cotentin (24-27 août 1925), par M. G. DE BANVILLE Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, Volume 45, 1926 page 98

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5507812b/f124.item.texteImage

CALLIAS-BEY (Martine), DAVID (Véronique), 2006, Le vitraux de Basse-Bretagne, Corpus vitrearum France Recensement  VIII, Presses Universitaires de Rennes, page 155.

CALLIAS-BEY, "Les vitraux de la chapelle Saint-Thomas à Notre-Dame de Saint-Lô (Manche)" L'information d'histoire de l'art, 1972, p. 50-53. 

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00176171

 

— Martine Callias Bey. "Les vitraux de Notre-Dame de Saint-Lô (Manche)". Art de Basse-Normandie, 1974, p. 24-27.

— CALLIAS-BEY (Martine), 1971 ? Les vitraux de la chapelle Saint-Thomas à Notre-Dame de Saint-Lô  , Maîtrise.

 

— CALLIAS-BEY, 1999. « Les verrières anciennes de Notre-Dame de Saint-Lô », dans  La Normandie au XV siècle. Art et Histoire , actes du colloque de Saint-Lô, 1 998, p. 259-267.

— DUBOSQ (Georges), 1845, "L'église Notre-Dame de Saint-Lô", Bulletin monumental, 1845  page 65-69.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31030r/f73.item.texteImage

http://www.normandie-heritage.com/spip.php?article733

— GUILHERMY, 1837, Notes sur diverses localités de la France, classées par ordre alphabétique des noms de localités, t.I-18, BnF NAF 6094-6111 (1826-1876). Non consulté.

 

— LASTEYRIE 1853, Histoire de la peinture sur verre d'après ses monuments en France. Paris : impr. Firmin-Didot fils et Cie, 1853-1857, 2 vol. Non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 15:59

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Zoonymie des Odonates : le nom Cordulia aenea Linnaeus, 1758.

 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

Voir aussi :

 

 

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/91785#page/215/mode/1up

http://www.deliry.com/index.php?title=Cordulia_aenea

Résumé.

Nom de genre : Cordulia Leach 1815. Eding. Encycl.: 136. Cordulia  vient du mot grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement" , du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen du mâle. Le genre Cordulegaster, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

 

— Nom d'espèce : C. aenea Linnaeus, 1758, Syst. nat. 10e ed, 1:544 : "du latin aeneus, "de bronze" ou "de la couleur du bronze", qui qualifie les reflets métalliques de la teinte vert sombre de l'espèce."

 

— Noms vernaculaires français. Geoffroy baptisa en 1762 dans Hist. abr. ins 2: 227  cette espèce l'Aminthe, du nom d'un héros d'une pastorale du Tasse et de diverses coquettes de nouvelles du XVIIIe. Puis Guillaume-Antoine Olivier la nomma Libellule bronzée par simple traduction du nom scientifique. Edmond de Sélys-Longchamps fit de même en 1840 après la création du genre Cordulia avec le nom de Cordulie bronzée, toujours en usage depuis cette date.

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— Noms vernaculaires étrangers :

  •  En Néerlandais Smaragdlibel : "la libellule émeraude".
  •  En Frison : Grienkopglêzemakker, Grienkopglêzemakker, Brünzen glêzebiter, Knotsglêzebiter, Brunskop
  • En allemand : Die Falkenlibelle, ou Gemeine Smaragdlibelle. "L'émeraude commune".
  • En anglais : The downy emerald = L'Émeraude duveteuse.
  •  En catalan : la Maragda aborrissolada

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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I. LE NOM DE GENRE, CORDULIA, LEACH, 1815..

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [136] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

 

Cordulia  vient du mot grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement" , du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen du mâle. Le genre Cordulegaster, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

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II. LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA ÆNEA, LINNAEUS, 1758.

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 — LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 544.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

Description originale.

ænea 8. L. thorace æneo-viridi. 

fn. fvec. 768, 769. L. thorace viridi nitido lineis flavis. | 

Raj. Ins. 49. n. 5. & 140

Rœs. Ins. 2. aqv. 2. t. 5 . f. 2. 

Habitat in Europa. 

Traduction.

[Libellula] ænea. 8. Libellula au thorax vert-bronze.

Fauna suecica n° 768-769 Libellula au thorax vert sombre aux lignes jaunes.

Ray, Historia insectorum page 49 n°5 et page 140.

Roesel, Insecten belustigung, 2, planche 5 figure 2.

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https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • Alis patentibus acquiescentes [les ailes ouvertes au repos] : les 16 premières, dont L. ænea.

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray et August Roesel.

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Références faites par Linné pour L. ænea.

1°) Fauna suecica 1746 page 231 n° 768-769

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/264/mode/1up

Linné décrit deux espèces, l'une au thorax  vert sombre (viridi-nitido) et à l'abdomen noir (768), l'autre qui est vert-doré (viridi-inaurata). Pour notre sujet, l'étude du nom aenea, il faut remarquer que l'adjectif de couleur n'est pas employé bien qu'il se rapproche du "vert-doré".

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768.LIBELLULA thorace viridi nitido: lineis flavis, alis pallidis, abdomine nigro. 
Raj. inf 49. n. f. Libella maxima, abdomine breviore latioreque caeruleo. 
p. 140 Libella maxima, abdomine breviore  & crassiore latioreque caeruleo
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Caput & thorax viridia, nitida. oculi subfusci ; lineae duae flavaea ad latera thoracis. alae flavescente - albae, in quibusdam ad basin flavae. punctum marginale fuscum. Abdomen cylindricum nigrum subtis fllavum
marginis colore dentato. cauda diphylla angusta. 

769 . LIBELLULA viridi~inaurata ; alis pallidis, pedibus nigris. 
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Pracedenti simillima, sed alia Mas cauda quadridentata , dentibus superioribus pilosis, inferioribus singulis duplici denticulo. Faemina: cauda foliolis 2 lanceolatis. caput , thorax , abdomen cupreo inaurata. thorax pilosus.absque maculis; margo alarum posticarum pone verfus abdomen macula membranacea. oculi prasini. Labium pallidum. abdomen subtus  hinc inde pallide albescens.

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Zoonymie des Odonates : le nom Cordulia aenea Linnaeus, 1758.

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2°) John Ray, 1710, Historia insectorum page 49 n° 5 et page 140.

La seconde référence renvoie à la description par John Ray d'une grande libellule à l'abdomen petit et large de couleur bleue. Ce qui nous éloigne donc de la couleur vert et métallique de L. aenea.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/1up

page 49. n. f. Libella maxima, abdomine breviore latioreque caeruleo. 

p. 140  Libella maxima, abdomine breviore  & crassiore latioreque caeruleo

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https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

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3°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II planche V fig.2.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

Linné donne en référence la planche V figure 2. Les yeux, le thorax et l'abdomen du spécimen possède une belle couleur verte.

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https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

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ÉTUDE DU NOM ÆNEA.

Aenea est la forme féminine (accordée avec Libellula) de l'adjectif aeneus, a, um, "de bronze, de cuivre" ou "de la couleur du bronze" et donc "bronzé, cuivré". Il dérive du nom aes, aeris, "airain, bronze, cuivre".

K.D.B. Diskstra décrit L. ænea ainsi : "avec un corps entièrement noir métallique aux nuances variées" ou bien pour le mâle : "noter l'abdomen en massue, les reflets bronze et l'absence de marques claires.

D. Grand et J-P. Boudot mentionne la "couleur vert bronzé métallique à noirâtre". 

L'article actuel de Wikipédia précise :

  • Abdomen du mâle élargi en massue au niveau des segments S7 et S8 ; dans les deux sexes, présence de taches claires inférieures (plus blanches chez la femelle).
  • Thorax vert à bronze brillant recouvert de longs poils clairs.

  • Yeux verts (comme ceux des Somatochlora).

  • Taches jaunes de la face absentes sur le front (contrairement aux Somatochlora qui en sont pourvus).

  • Base des ailes jaune-ochracé (tache plus étendue aux ailes inférieures).

Comme toutes les couleurs métalliques, les teintes de L. ænea varient du vert au noir avec des éclats jaunes, mais il est certain que l'épithète latin aenea et sa traduction en français par "bronzé" rendent parfaitement compte de la couleur de l'espèce.

J'adopte pour mon résumé la formulation suivante :

"du latin aeneus, "de bronze" ou "de la couleur du bronze", qui qualifie les reflets métalliques de la teinte vert sombre de l'espèce."

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

Comme souvent, c'est l'analyse de Fliedner qui me semble la plus juste : celle de Poitou-Charente laisse penser que les reflets bronzés sont propres au mâle ; celle des Italiens est trop vague, celle de Van Hijum trop concise.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

cordulia de kordyleia (gr) = massue : du fait de la forme de l’abdomen du mâle ; 

aenea de aeneus (lat) = bronzé : du fait des reflets bronzé du corps du mâle.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"from Lat. aeneus, -a, -um = of copper, bronze, bronze-coloured for the extensive bronze-coloured reflections."

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"- aeneus, a, um = bronzeo. Per la colorazione dominante del corpo."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- aenea (Linnaeus) [l. made from or, bronze] describes the metallic sheen of the species."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"aenea= erts, brons"

 

 

 

 


 

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LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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1°) L'Aminthe. 1762. Geoffroy.

Louis-Etienne Geoffroy, Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés dans un ordre méthodique volume 2 page 227

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

Comme c'est souvent le cas, Geoffroy renvoie à la description la plus récente et la plus valide de Linné (parue 4 ans avant sa propre publication), mais reprend la diagnose du Fauna suecica, sans-doute car c'est cet ouvrage qu'il a utilisé pour classer ses collections et entreprendre la rédaction de son texte.

Il reprend dans sa description le qualificatif de "vert-doré" qui traduit viridi-inaurata

Le nom d'Aminthe s'inscrit, avec le n°10,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est précédé de "la Sylvie" et suivit de "la Justine". Mais, à l'inverse des premiers prénoms de la série qui honoraient la famille royale de Suède, c'est ici un prénom romanesque, utilisé uniquement dans la littérature du temps. C'était déjà le cas avec son n°8, la Philinte.

Aminta, ou Amynthe, est l'héroïne d'un drame Pastoral du Tasse, l'auteur de la Jérusalem délivrée. Cette pièce en cinq actes fut publié en 1573 à Florence. Mais Amynthas est un homme, petit-fils du dieu Pan ; c'est l'amant de Sylvie. [cf; la Sylvie de Geoffroy, Libellula depressa]. 

1776 https://books.google.fr/books?id=k7qOR7uXUyYC&pg=PA225&dq=aminthe&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj_1ZrY5dPdAhVPrxoKHa-rCPgQ6AEIWDAJ#v=onepage&q=aminthe&f=false

En 1726, dans la Bibliothèque des gens de cour, un auteur donne son nom pour déguiser celui d'une femme dont il mis à l'épreuve la fidélité.

Dans La Fausse prude, l'une des Cent nouvelles de Madame de Gomez (1733), Aminthe est la femme de chambre de Célie, et, après un échange de tenue avec cette dernière, elle s'attache à séduire Lisandre. Dans L'inconséquente, ou le fat dupé (1787), un extrait montre que cette Aminthe est le type de la coquette  : "Aminthe se met du rouge. L'Abbé la regarde amoureusement"

Ainsi, l'Aminthe de Geoffroy rejoint le groupe des noms d'insectes qu'il baptisa du nom d'héros et héroïnes de pastorales, comme Amaryllis, Tircis Myrtil, ou Corydon. 

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10. LIBELLULA viridi-inaurata , alis pallidis , pedibus nigris. Linn. faun. fuec. n. 765.

Linn.Syst. nat. edit. 10 , p. 544, n° 8. Libellula ænea.

L'aminthe.

Longueur 18 lignes.

Cette belle espèce est partout d'un beau vert doré, à l'exception de la lèvre intérieure qui est jaunâtre, & des yeux qui font d'un vert brun. Le corcelet a quelques poils bruns. Les ailes sont un peu jaunâtres, avec les taches marginales brunes au bord extérieur, & de plus les ailes inférieures ont leur base lavée d'un peu de jaune clair. Le mâle a quatre pointes à la queue, dont les deux supérieures sont velues, & les inférieures fourchues. La femelle a les deux appendices de sa queue semblables à des feuillets , ce qui est commun à plusieurs espèces de ce genre.


 

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https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up
https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

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Le nom fut repris en 1785  par de Fourcroy dans sa nouvelle édition de Geoffroy, en 1789 par Charles de Villers dans  Caroli Linnaei Entomologia. Il fut cité en 1792 par Olivier, en 1828 par Pierre Boitard, et jusqu'en 1840 par de Sélys-Longchamps avant de tomber en désuétude.

— Antoine de Fourcroy, 1785,  Entomologia parisiensis vol.2 page 347

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n235/mode/2up

— Charles de Villers, 1789, Caroli Linnaei Entomologia , page 6 n°8. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=onepage&q&f=false

— Pierre Boitard

https://books.google.fr/books?id=f59bAAAAMAAJ&pg=PA175&lpg=PA175&dq=aminthe+libellule&source=bl&ots=OOayZb9p7E&sig=gX_WwB8kMTn7pg98S35Hc4KeQn4&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiB5MG8htTdAhUCCRoKHSD1CBoQ6AEwAnoECAgQAQ#v=onepage&q=aminthe%20libellule&f=false

Charles de Villers 1789, https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Charles de Villers 1789, https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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2°) La Libellule bronzée, 1792, G-A. Olivier.

Guillaume-Antoine Olivier, Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières: histoire naturelle ..., Volume 7 , 1792, page 562 n°15.

 

En  1789, puis surtout en 1792, Olivier traduisit en français le nom scientifique linnéen alors en usage, Libellula ænea sous la forme de "La libellule bronzée".

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA562&lpg=PA562&dq=aminthe+libellule&source=bl&ots=uRxiNbDYH-&sig=QiZmKKzHyGBG3Ecv_wE2R4fyaDM&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwihwJGTh9TdAhUkxYUKHeZDC1k4ChDoATADegQIBxAB#v=onepage&q=aminthe%20libellule&f=false

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Olivier, Encyclopédie 1792

Olivier, Encyclopédie 1792

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3°) La Cordulie bronzée, 1840, de Sélys-Longchamps.

Leach ayant créé le genre Cordulie, de Sélys-Longchamps traduisit le nouveau nom scientifique Cordulia ænea par le nom de Cordulie bronzée.

Monographie des Libellulidées d'Europe page 67 n°4.

https://books.google.fr/books?id=7TxgAAAAcAAJ&pg=PA67&dq=%22cordulie+bronz%C3%A9e%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiP08qAv9TdAhVNdhoKHVHtC70Q6AEIPDAE#v=onepage&q&f=false

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Zoonymie des Odonates : le nom Cordulia aenea Linnaeus, 1758.

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NOM VERNACULAIRE EN D'AUTRES LANGUES.

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— En Néerlandais Smaragdlibel : "la libellule émeraude"

— En Frison : Grienkopglêzemakker, Grienkopglêzemakker, Brünzen glêzebiter, Knotsglêzebiter, Brunskop

— En allemand : Die Falkenlibelle, ou Gemeine Smaragdlibelle. "L'émeraude commune".

 

— En anglais : The downy emerald = L'Émeraude duveteuse. (en 1937 dans The Dragonflies of the British Isles, par Cu=ynthia Longfiled page 103).

— En catalan : la Maragda aborrissolada

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MES ARTICLES : et PHOTOS :

Cordulie bronzée et libellule fauve à Crozon.

Bronzée à Crozon en avril, c'est possible : la Cordulie bronzée et l'Aeschne printanière.

 

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photographie lavieb-aile

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie C. aenea

http://www.deliry.com/index.php?title=Cordulia_aenea

 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— LUCAS, W. J. 1900a. British Dragonflies of the older English authors. 1. Moses Harris's 'Exposition of English Insects', 1782. The Entomologist 33: 41-42.

https://archive.org/stream/entomologist33roya#page/42/mode/2up/search/splendens

— LUCAS, W. J. 1900b. British Dragonflies (Odonata). L. Upcott Gill, London, ixv + 356pp.

— RÖSEL VON ROSENHOF  (August Johann) 1749,  Kleemann, Christian Friedrich Carl  ;
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 07:55

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Présentation.

La révolution du jaune d'argent.

La cathédrale de Dol-de-Bretagne conserve   des vestiges de vitraux du XIIIe siècle (évêques des baies 211 et 215), et une maîtresse-vitre à médaillons datée vers 1290-1300 : se sont des ensembles en verre coloré et verre blanc, peints à la grisaille.

En effet, depuis ses origines jusque vers 1300, la technique du vitrail n'a guère connu d'innovation remarquable. Le verre coloré dans la masse était coupé, puis peint uniquement avec une grisaille vitrifiable, et enfin il était serti dans un réseau de plomb pour former les panneaux de la verrière. Il n'y avait aucun moyen de modifier localement la teinte du verre ni de juxtaposer des couleurs différentes sans faire des coupes et des mises en plombs.

L'invention du jaune d'argent à Paris, par contact des verriers avec les orfèvres et les enlumineurs à la fin du XIIIe et du début du XIVe siècle a permis de teinter ponctuellement le verre, a provoqué une évolution rapide et fondamentale de l'esthétique et du style de la peinture sur verre. Le jaune d'argent est une teinture obtenue par la cémentation des ions d'argent qui pénètrent dans la couche superficielle du verre, tandis que les ions de potassium ou de sodium qu'il contient en sortent. Les ions d'argent provoquent une coloration jaune qui peut varier du jaune pâle à l'orangé foncé, tout en laissant sa transparence au verre. Il est ainsi possible d'obtenir des détails colorés sur une seule et même pièce de verre, comme blondir la chevelure d'une tête peinte sur verre blanc, ourler de vert un vêtement bleu ou nuancer d'or un rinceau ornemental. L'un de ses premiers exemples se remarque à Rouen vers 1310.

Le pigment est appliqué à la face externe du vitrail, sans que cela soit une règle absolue.

À Dol, on l'observe sur les tympans des baies 8 et 14 (coté droit du déambulatoire) et de la baie 11 (du coté gauche) :

 

Baie 8 : Christ en gloire, Tétramorphe et anges musiciens (vers 1420), dans la chapelle Saint-Joseph,

Baie 14 : Jugement dernier de 1420, dans la chapelle du Crucifix.

Baie 11 : Christ en gloire accompagné du Tétramorphe (fin XIVe et 1882), fenêtre de gauche de la chapelle de la Vierge.

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Les pupilles jaunes.

Ce qui est très particulier, c'est que ce jaune d'argent est utilisé ici pour rehausser les pupilles des personnages, leur donnant un regard très intense voire surnaturel. 

Or, c'est  aussi le cas, en Bretagne,  à Merléac en 1402, à Runan en 1423, à Malestroit vers la même période, ou à la cathédrale de Quimper vers 1410-1415, sur les chantiers du mécénat politique des grandes donations du duc Jean V. Ainsi qu'en Normandie, par exemple à Saint-Lô vers 1420..

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I. Le Tétramorphe de la baie 11.

Cette baie 11 de 3 m. de haut et 1,60 m. de large  éclaire la chapelle de la Vierge.  Les deux lancettes sont une verrière ornementale claire de style néogothique réalisée en 1882 par  le maître verrier parisien Edouard Amédée Didron. Le tympan avec son quadrilobe  et ses trois écoinçons date de la toute  fin du XIVe siècle. 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-de-la-baie-11-verriere-decorative-le-christ-et-le-tetramorphe-anges-thuriferaires/dfb64f73-775b-4977-b00e-aeac30ba1acb

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Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le tympan. 

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Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le quadrilobe : le Tétramorphe.

Les auteurs du volume VII du Corpus vitrearum voient ici "le Christ entouré du Tétramorphe". Mais le personnage central pourrait être plutôt Dieu le Père, barbu, couronné, bénissant le Monde, en manteau rouge et robe verte, tenant le globus cruciger et le sceptre, pieds nus et assis sur une cathèdre très architecturée.

Autour de lui sont figurés les symboles des quatre évangélistes tenant le phylactère qui les nomme : l'aigle de saint Jean en haut à gauche (St : IOHANNES), le lion ailé de saint Marc en haut à droite (St : MARCUS), l'ange  de Matthieu en bas à gauche (St : MATHEUS), et le taureau de saint Luc en bas à droite (S: LUCA).

Les verres colorés sont bleus (fond), rouges, verts, et vieux rose (animaux).  Le jaune d'argent est utilisé sur les verres blancs pour les pupilles des personnages, pour les cheveux, la barbe, la couronne et autres pièces d'orfèfrerie comme la cathèdre et les encensoirs..

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Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Les écoinçons sont occupés par deux anges thuriféraires (honorant Dieu par un encensoir).

Ils se retrouvent dans la baie 9.

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Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 11,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le Christ et le Tétramorphe de la baie 8 (vers 1420) et les anges musiciens. 

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM35004718

Cette baie 11 de 3,50 m. de haut et 2,20 m. de large  éclaire la chapelle Saint-Joseph.  Les trois  lancettes du XIXe sont surmontées d'un tympan à un quadrilobe, deux trilobes et deux grands écoinçons. Ce tympan date vers 1420. Il a été complété par le nantais Henri  Ely vers 1872-1876.

 

"3 lancettes et tympan à un quadrilobe, 2 trilobes et 2 grands écoinçons. H. ? - L. 2,20 m. Lancette : vitrerie ornementale colorée, par Henri Ély, 1872-1876 (par analogie avec le type d´ornements des baies 10, 12, 14 et 15). Tympan : Tétramorphe et anges (figures peintes sur verre blanc se détachant sur des fonds colorés). Quadrilobe supérieur : sur un fond rouge chargé de rinceaux et cerné de filets blancs perlés, les symboles des Évangélistes (XVe siècle) disposés autour du Christ assis dans une mandorle (totalement restituée). En haut, l´aigle de saint Jean, à gauche, le lion de saint Marc, à droite, le boeuf de saint Luc (tête restaurée), et en bas, l´ange de saint Matthieu, chacun muni d´un phylactère qui portait le nom latin de celui qu´ils représentent. Trilobes : anges musiciens et porteurs de phylactères émergeant en buste de nuées dans chacun des lobes (presque totalement restitués sauf quelques pièces dans l´ajour gauche, d´origine sauf une tête restaurée à droite. Oculus central des deux trilobes : têtes couronnées, une jeune femme à gauche, un homme à droite. Emploi de jaune d´argent, notamment pour les pupilles des personnages."

"La verrière de la baie 8 a été complétée par Henri Ely entre 1872 et 1876 ; du 1er tiers du 15e siècle subsistent le Tetramorphe (sauf la tête de saint Luc), quelques pièces dans les trilobes, notamment les têtes couronnées des oculi centraux : une jeune femme à gauche et un homme à droite."

 http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-de-la-baie-8-verriere-decorative-le-christ-et-le-tetramorphe-anges-musiciens-et-portant-des-phylacteres/e6761b5c-e626-46a9-a203-0cc5b391edb3

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le quadrilobe de la baie 8 :

 Sur un fond bleu ondé cerné de filets blancs perlés (comme baie 11), les symboles des Évangélistes sont disposés autour du Christ assis dans une sorte de mandorle (totalement restituée) , rouge chargé de rinceaux en feuille de fougères. Le Christ tient un livre ouvert où est inscrit EGO SVM VIA VERITAS ET VITA, Je suis le chemin, la vérité et la vie"  (Jean14:6). 

Le jaune d'argent rehausse les pupilles, souligne la barbe, les cheveux et une partie du vêtement du Christ.

En haut, l´aigle de saint Jean SANCTUS IOHANNES, à gauche, le lion de saint Marc SANCTUS MARCUS, à droite, le boeuf de saint Luc (tête restaurée), et en bas, l´ange de saint Matthieu SANCT[U]S MATHEUS, chacun muni d´un phylactère qui portait le nom latin de celui qu´ils représentent.

Le jaune d'argent se retrouve sur les animaux, la robe, les cheveux et  les pupilles de l'ange.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.
Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Les vitraux du début du XVe siècle de la cathédrale de Dol-De-Bretagne : les pupilles rehaussées de jaune d'argent.

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Le trilobe de gauche centré par la tête d'une reine.

Le trilobe a été presque totalement restitué  en 1872-1876 sauf quelques pièces.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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En haut : ange jouant de la mandore (1872-1876).

 

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Ange tenant un phylactère SAN[CTUS] SAN

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange tenant un phylactère DEUS SALU[TAM].

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Le trilobe de droite (1420) est centré par une tête de roi.

Verres d'origine sauf une tête d'ange restaurée.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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La tête du roi, barbue, est nimbé par des cercles concentriques rouges.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange jouant de la vièle à archet à 4 cordes.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange tenant un phylactère ALLELIUA LAUDATE DOMINUM.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange tenant un phylactère CREDO IN UNUM DEUM.

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Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 8,  cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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La baie 14 du Jugement dernier  dans la chapelle du Crucifix.

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"3 lancettes (3 registres) ; tympan à un quadrilobe, 2 trilobes et 2 grands écoinçons. H. ? - L. 2,20 m.

Verrière du Jugement dernier (XVe siècle) complétée en 1876 sur le thème du pardon et de la Rédemption par Henri Ély.

Tympan : Jugement dernier (figures peintes sur verre blanc se détachant sur des fonds colorés). Écoinçons : vitrerie ornementale claire avec gros fermaillets colorés (peu restauré, complété)."

Lancette : scènes présentées en médaillons perlés posés sur une résille de fond chargée de fermaillets complexes (1876) ; signature d´Henri Ély inscrite dans la scène médiane de la lancette centrale. De gauche à droite et de haut en bas, les Saintes Femmes au tombeau, le Bon Pasteur arrachant une brebis à un buisson d´épines, le Christ en croix entre les larrons, le Christ chez Marthe et Marie, le retour de l´Enfant prodigue, le reniement de saint Pierre, le Repas chez Simon, la Samaritaine au puits, la Femme adultère."

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-de-la-baie-14-verriere-decorative-jugement-dernier-le-pardon-la-redemption/c4979e5a-c858-411c-9ed2-9bd34cc36eed

 

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Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Quadrilobe : 

"Quadrilobe supérieur : sur un fond rouge uni cerné de filets perlés, en haut, le Christ-Juge montrant ses plaies (drapé et siège restaurés au XXe siècle) ; de part et d´autre, la Vierge et saint Jean-Baptiste intercesseurs (lobe gauche bien conservé - la Vierge placée devant un arbre - ; restaurée à droite, avec l´Évangéliste substitué au Baptiste) ; lobe inférieur : Énoch et Élie en buste (identifiés par des phylactères, inscription complétée à droite ; peu restaurés)." (Gatouillat et Hérold)

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le Christ montrant ses plaies.

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Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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La Vierge devant un arbre.

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Saint Jean l'évangéliste.

"restaurée à droite, avec l´Évangéliste substitué au Baptiste" (Gatouillat et Hérold).

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Les deux prophètes Elie et Enoch.

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Les deux trilobes .

"Trilobes : sur des fonds bleus chargés de rinceaux et cernés de filets perlés, la résurrection des morts. Six personnages, femmes et hommes, parmi lesquels un roi et un évêque, drapés dans leurs linceuls, en prière, assis dans leurs sarcophages placés devant des arbres (restaurés au centre de l´ajour gauche, le reste assez bien conservé). Emploi de jaune d´argent, notamment pour les pupilles des personnages ; arbres verts montés en plombs sur les fonds colorés ; assez bien conservé. "(Gatouillat et Hérold)

Nous reconnaissons la composition de la baie  8.

 

Le trilobe de gauche.

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Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Au centre, un roi (restauré en 1876). 

 

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Un évêque ressuscitant.

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Le trilobe de droite.

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Au centre, un roi barbu et au visage christique.

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Baie 14, cathédrale de Dol-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Remarque à propos de la présence d'Enoch et d'Elie.

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Dans l'Ancien Testament, Hénoch et Élie ont tous deux été enlevés au ciel, trait qu'ils partagent avec Jésus dans le Nouveau Testament. Hénoch et Elie sont par ailleurs censés redescendre sur terre pour combattre l'antéchrist dans l'Évangile de Nicodème qui est apocryphe. 

"Quelques livres de l'Ancien Testament les séparent : pour l'un, que l'on croise dans la Genèse, on remonte presque au mythe des origines de l'humanité puiqu'Hénoch, fils de Yared et père de Mathusalem n'est jamais que le septième après Adam ; pour l'autre, dont les faits et gestes sont plus longuement racontés dans le Deuxième livre des Rois, le ixème siècle avant Jésus-Christ arrive déjà à imposer un repère de datation moins intrinsèquement poétique : Elie le Tishbite taille sa réputation de prophète en luttant contre les cultes idolâtriques cananéens. Mais ce qui a su rassembler et unir ces deux figures éparses- c'est avant tout la “merveille” qui marque la fin de leur existence sur terre : l'Ecriture sainte fait entendre d'un côté qu'Hénoch ne mourut point [Ambulavit cum Deo, et non apparuit : quia tulit eum Deus” : “ayant suivi les voies de Dieu, il disparut car Dieu l'avait enleve”(Genèse, V, 24 ) ] et narre d'un autre qu'Elie est monté au ciel dans la tempête emporté par un char de feu [“Cumque pergerent, et incedenles sermocinarentur, ecce currus igneus, et equi ignei diviserunt utrumque : et ascendit Elias per turbinem in caelum” : “Tandis qu'ils poursuivaient leur route tout en parlant, voici qu'un char de feu et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre ; Elie monta au ciel dans la tempête” (Deuxième livre des Rois, II, 11) ].

Enoch et Elie ont été rapprochés des "deux témoins" mentionnés par Jean dans l'Apocalypse 11:3-13. “Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, vêtus de sac, mille deux cent soixante jours...” .

Le texte de l'Evangile apocryphe de Nicodème, est la source de la tradition selon laquelle ils apparurent tout deux à Jésus et aux saints ressuscités lors de la Descente aux Enfers :

"Et le Seigneur, tenant Adam par la main, le remit à Michel Archange, et tous les Saints suivirent Michel. Il les introduisit tous dans la grâce glorieuse du Paradis , et deux hommes, anciens des jours, vinrent au-devant d'eux. Les Saints les interrogèrent, disant : « Qui êtes-vous, vous qui n'avez pas encore été avec nous dans les enfers et qui aves été placés corporellement dans le Paradis ? » Un d'eux répondit : « Je suis Enoch qui ai été transporté ici par la parole du Seigneur. Et celui qui est avec moi est Élie le Thesbite, qui a été enlevé par un char de feu. Jusqu'à présent nous n'avons point goûté la mort, mais nous sommes réservés pour l'avènement de l'Antéchrist, armés de signes divins et de prodiges pour combattre avec lui, pour être mis à mort dans Jérusalem, et, après trois jours et demi, pour être derechef enlevés vivants dans les nuées." Evangile apocryphe de Nicodème chap. 26.

Cette tradition a été relayée par Le Speculum historiale de Vincent de Beauvais, dans sa traduction par Jean de Vignay au XIVe siècle. Cette information est importante puisqu'elle atteste qu'au moment de la réalisation du vitrail de Dol-de-Bretagne, le lien entre le jugement dernier, la descente aux Enfers et Enoch et Elie était bien établi. En voici une transcription approximative 

"C'est donc leur vindrent alencontre deux hommes anciens de iours a qui ils demanda qui estes vous qui ne fustes onques en enfer mors avec nous mes estes mis en paradis avec vos cors. Et lun deux respondi. Je sui Enoch qui par la parole de dieu sui la transporte. Et cesti est helies qui est aporte en un curie de feu. Et navon point gouste de mort iusques a ore. Mes sommes gardez alavenement antechrist pour combattre avec lui par signes et demonstrances devines pour estre ocis de lui en iertem et trois iours et demi apres nous serons derechef receus et mies. " BnF fr. 316 folio 363v 

 

Le manuscrit BnF fr. 316 folio 363v en donne une enluminure  :

de la venue a l'encontre dieu de enoch et de helye. et du larron qui fu pendu a destre qui l'atendoient a l'entree de paradis. LXII, BnF gallica

 

Le Christ, Hénoch, Elie et les justes, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10507212h/f732.image

Voir aussi Nouvelle acquisition française 15940
       fol. 61v,   pb en christ, hénoch et élie

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8449693p/f130.item.zoom

Dans le Mystère de la Passion d'Arras (manuscrit 697 de la Bibliothèque d'Arras, publié par Jules-Marie Richard, Arras, 1891), Enoch  apparaît à partir du v.21189 (p. 244). Il apparaît aussi dans une pièce de théâtre en breton du XVIIe, Ar Varn diwezhan.

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SOURCES ET LIENS.

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne" Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, 365 p. (Corpus vitrearum France, série complémentaire Recensement des vitraux anciens de France vol VII, page 231.

— LAUTIER (Claudine), 2000, Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise, Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371.pdf

— Base GERTRUDE

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/verriere-de-la-baie-14-verriere-decorative-jugement-dernier-le-pardon-la-redemption/c4979e5a-c858-411c-9ed2-9bd34cc36eed

Caroline Cazanave, Hénoch et Elie : “et c'est la fin des temps pour quoi ils sont ensemble...”

https://books.openedition.org/pup/3607#ftn1

Baie 8 :

 

Baie 11 :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM35004702

Baie 14 :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM35004715

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 17:24

La crypte (1050-1060) de la cathédrale de Bayeux et ses 18 anges musiciens (vers 1412).

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Á 3,50 m sous le chœur de la cathédrale de Bayeux, la crypte romane à six travées et trois vaisseaux est la partie la plus ancienne de l'édifice et date du XIème siècle (1050-1060), elle est donc contemporaine de Guillaume le Conquérant et de son demi-frère l'évêque OdonDe très beaux chapiteaux à feuilles d'acanthe surmontent des 12 colonnes qui soutiennent une voûte d'arêtes en berceau.

Les cryptes étaient jadis le lieu de conservation des reliques. Si celles du Haut Moyen-Âge  furent dispersées au IXe siècle par les invasions scandinaves (celles des premiers évêques saint Exupère — alias saint Spire— et saint Loup furent mises à l'abri à Corbeil, où une collégiale fut construite à cette intention), , celles du XIe siècle, réunies par Hugues II, étaient suffisamment importantes pour que Odon de Conteville leur fasse bâtir un très précieux reliquaire,  encore décrit dans un inventaire de 1476. Ce dernier joua un rôle crucial dans la Conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, si l'on admet que c'est lui qui est représenté sur la Tapisserie de la Reine Mathilde dans la scène où Harold prête serment à Guillaume en posant les mains sur deux reliquaires.

"Les saints dont les corps ont été emportés étaient les plus vénérés et, par conséquent, leurs châsses étaient les plus précieuses. On mettait à l’abri le reliquaire autant que les reliques. Bien entendu, les Vikings n’étaient intéressés que par les objets précieux, non par les ossements qu’ils contenaient, sans valeur pour ces païens. Ainsi plusieurs saints évêques bayeusains seraient restés dans leur sépulture. C’est peut-être le cas de saint Manvieu, dont le sarcophage se trouvait dans l’église Saint-Exupère de Bayeux (construite dans la principale nécropole antique, à l’extérieur de la ville). D’autres reliques auraient été cachées : ainsi, par exemple, celles des saints Raven et Rasiphe. .... Claude Lorren, spécialiste de l’archéologie du haut Moyen Âge, pense que les sarcophages actuellement installés dans la crypte [de l'église Saint-Exupère, et non de la cathédrale] sont bien datables de la fin de l’Antiquité, de l’époque mérovingienne et de l’époque carolingienne. Il s’agit de sarcophages de grande taille et d’une exceptionnelle qualité qui, selon toute probabilité, ont bien été destinés à des sépultures épiscopales. Les autres universitaires présents se sont ralliés à son avis." (F. Neveux, 2000)

Dans la crypte 

 La crypte a été comblée au XIIe, puis redécouverte au début du XVeme, pour n'être déblayée qu'au début du XXe siècle. Elle fut désignée sous le nom de chapelle St Mamert.

Au XIIIe siècle, lors de la construction du chœur gothique,  la crypte totalement murée. Pendant un siècle, elle tombe même dans l’oubli. Elle est redécouverte en 1412, lorsqu’à la mort de Jean de Boissey, évêque de Bayeux, on décide de creuser sa tombe dans le chœur.  

Les fresques datent probablement de 1412 .
Sur le mur Nord, dans l'avant-dernière travée, se trouve l'enfeu renfermant le gisant décapité de Gervais de Larchamp, chanoine de Goupillères en 1405 joua un grand rôle lors de l'occupation anglaise.



 

 

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux, vue de l'est. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

 

 

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L'INSTRUMENTARIUM DES 18 ANGES MUSICIENS.

Trois (ou quatre) voûtins de chaque chapiteau des six piliers qui précèdent l'autel central sont peints à leur naissance d'un fond ocre foncé. Sur ce fond, les anges sont  dessinés par un sobre  trait noir . Deux sont orants (mains jointes, bouche close, tête respectueusement baissée) et 18 sont musiciens. Ils sont nimbés, les cheveux aux mèches bouclées parfois répartis en frange, et   vêtus d'une longue aube blanche serrée par une ceinture ou un cordon (recouvert par le repli) et d'un amict entourant le cou comme un col roulé. 

La datation présumée des peintures murales (vers 1412) les placent à la naissance du renouveau musical pré-Renaissance avec Guillaume Dufay, l'école franco-bourguignonne puis de l'école franco-flamande (1420-1520), et avec les motets polyphoniques. Wikipédia m'apprend que "Les instruments de musique les plus couramment utilisés furent la trompette, le tambourin, la chalemie et diverses musettes (musette bressane, musette de cour, panse d'oueille, grande nivernaise et autre cornemuse). Ces instruments accompagnaient les danses telles que le tourdion et la basse danse.".

Les peintures murales ont été restaurées au XIXe siècle.

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Liste des instrumentistes angéliques.

Du coté nord (à gauche en pénétrant) : en se dirigeant vers l'autel :

1. Cloches à manches.

2. Chalémie.

3. Hautbois.

4. Nacaires.

5. Flûte double.

6. Ange en prière.

7. Orgue portatif.

8. Trompette marine.

9. Psaltérion.

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Du coté sud (à droite en pénétrant) en se dirigeant vers l'autel :

22. Instrument non identifié.

21. Busine.

20. Guimbarde .

19.  Cornemuse.

18. Platéole.

17. Grelots et tambourin.

16. Triangle à anneaux.

15. Rebec.

14. Ange en prière.

13. Luth.

12. Harpe.


 

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1. L'ange jouant de deux cloches à manches.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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2. L'ange jouant de la Chalemie.

Instrument à vent à anche double de la famille du hautbois. Le pavillon est évasé et son ouverture semble occupé par une pièce pointue.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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3. L'ange jouant du hautbois.

Je ne reprends pas le nom de "graïle" proposé aux visiteurs sur le cartel de l'entrée, car ce terme désigne un hautbois occitan. Doit-on parler de chalumeau, de chalemie ou de hautbois ? Ce que nous voyons, c'est un instrument identique au chalémie précédent, mais la main droite est cette-fois la plus haute, et surtout, l'extrémité est dilatée en ampoule.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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4. L'ange jouant des  nacaires.

 

Issues des nagara, naqara ou naqqara du monde arabe et jadis nommées "tambour des Perses", les nacaires sont une paire de tambours ou timbales, bassins de cuivre ou de terre recouverts d'une peau tendue, instruments d'usage initialement militaire qui furent empruntés en Occident de retour des Croisades. Elles sont ici fixées à la taille par des sangles croisées. Le joueur a un genou posé à terre.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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5. L'ange jouant de la Flûte double.

Elle dérive de l'aulos grec. L'ange est assis en tailleur.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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6.  Ange en prière.

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Ange orant (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange orant (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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7. L'ange jouant de l'Orgue portatif.

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Nous voyons la main droite posée sur le clavier mais non la main gauche chargée d'actionner le soufflet. Les sept tuyaux sont bien là.  L'ange est assis à terre, le genou gauche fléchi.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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8. L'ange jouant de la Trompette marine.

Le panonceau d'entrée indiqune un "tambourin à corde" mais cet instrument est décrit par Wikipédia comme un instrument du Béarn, du pays basque mais non de Normandie. De plus "il est mentionné depuis au moins le XVIIe siècle" (et non le XVe). C'est un cordophone, un instrument à cordes pincées de la famille des cithares, qui sert d'accompagnement à la flûte. Il mesure un mètre environ.

Je propose plutôt d'y reconnaître la Trompa marina déjà observée à Neuillac (XVe), à Beauvais (1313), sur les vitraux de la cathédrale d'Évreux (XIVe) ou sur les voûtes de la chapelle de la cathédrale du Mans.

 

 Dérivée du monocorde médiéval, la Trompette marine (nom dérivé de Marie) est un instrument à corde unique frottée par un archet solide. Elle peut mesurer jusqu'à deux mètres. Sa caisse est comparable à celle d'une harpe. C'est parfois un dicorde.

 

 L'instrument a la même taille (vers 1,40 m ?) que l'ange lorsque celui-ci est à demi agenouillé.Il est maintenu  en diagonale entre le pied et le genou droit et l' épaule gauche.   L'archet solide, qui ressemble à un petit rondin, est nettement visible ici.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Proposition d'un expert anonyme, placardé à l'entrée de la crypte.  Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Proposition d'un expert anonyme, placardé à l'entrée de la crypte. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ma lecture de la peinture :

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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9. L'ange jouant du Psaltérion.

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Ancêtre probable du clavecin par ses cordes pincées — au doigt comme ici,  ou aux plectres de plume d'oie —  c'est un instrument à cordes trapézoïdal qui adopte souvent cette forme surnommée "en groin de porc" : un trapèze avec les côtés légèrement incurvés qui dessine un rang de cordes décroissant (ici, elles sont toutes de même taille, dans la partie rectangulaire).  D'autres se sont plus à souligner que  par ses éléments (les chevilles à forme de clous), et de par sa forme triangulaire, le psaltérion rappelle le Christ en croix. Nous voyons sept cordes mais non leurs chevilles, qui sont placées sur le coté.

L'instrument est diffusé en Europe depuis le XIe siècle et tire son nom de son utilisation pour chanter les psaumes (*). Il convient donc bien à un ange. Le sien est pourvu d'une rosace, non décorée.

(*) Mais on évoque le  grec psaltlein : "pincer une corde".

Il fait partie de la famille des cithares, c'est à dire qu'il est constitué d'une caisse de résonance plate au-dessus de laquelle est tendu un plan de cordes. Il laissera la place au tympanon ou dulcimer, dont les cordes sont frappées par de petits maillets.

Notre musicien le tient contre la poitrine, la main droite vers la partie haute, là où, "comme l'esprit qui cherche à s'élever vers les régions supérieures" (Eusèbe de Césarée), réside la puissance de résonance . La main gauche pince les cordes inférieures : deux cordes (au moins) sont donc pincées en même temps. 

D'après L. Bailly p. 52.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

 

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12. Ange jouant de la Harpe.

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J'ai oublié de prendre cette photo.

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La crypte de la cathédrale de Bayeux et ses anges musiciens.

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13. Ange jouant du Luth.

L'ange est assis en tailleur, comme dans un concert spirituel  de musique arabo-andalouse.

Ce que nous voyons, c'est un instrument monoxyle en forme de demi-poire, à trois cordes, avec un manche recourbé à son extrémité comme un pommeau de canne. Les cordes sont pincées par le doigt et non par un plectre. Il n'est pas possible de dire si la rose est décorative ou bien si elle est creuse.

Faut-il parler de luth ? de mandore ou mandole ? de guiterne ? 

" Les instruments de type luths sont des instruments à manche dont les cordes sont pincées, généralement avec un plectre. Le luth, qui donne son nom à cette catégorie, est un instrument à manche au dos bombé et à la caisse en forme de large poire (Fig. B 9). Ses cordes sont très souvent doublées. D'autres instruments à cordes pincées existent aussi, mais les limites entre tel ou tel instrument sont floues, et les rares textes sont contradictoires. Les chercheurs d'aujourd'hui essaient toujours de déterminer avec précision les caractéristiques de ces instruments à cordes pincées. La maurache, ou  guitare sarrasine, semble avoir un manche plus long que le luth. La guiterne ressemblerait à un petit luth, avec un chevillier en forme de faucille . La citole quant à elle pourrait posséder un fond plat, et la forme de sa table est variable : ovale, en forme de houx, ou à « épaulettes » 14. Son chevillier est lui aussi en forme de faucille. Ces instruments apparaissent entre le IXe et le XIIe siècle en Europe, mais nos connaissances sont assez limitées." L. Bailly p. 34.

 

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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14. Ange en prière.

L'ange, un genou à terre, forme un couple avec le second ange orant placé en face de lui.

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Ange orant (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange orant (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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15. Ange jouant du Rébec ou vièle à archet.

Nous voyons, posé sur l'épaule gauche,  un instrument à deux cordes frottées par un archet, au corps — sans-doute monoxyle, comme les rebec— piriforme très long et étroit, au manche fusiforme, et au cheviller incliné.

L'ange a un genou gauche à terre, sa tête est tournée vers la droite (pour dégager son menton ?).

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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16. Ange jouant du Triangle à anneaux.

Selon Christian Brassy, ces anneaux ont été ajoutés au XVe siècle. 

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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17. Ange jouant de  Grelots et d'un tambourin.

Six grelots sont fixés à l'extrémité d'une croix à six branches tenue de la main droite.

Le tambourin suspendu devant la poitrine est tendu de deux cordes et est frappé de la main gauche.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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18. Ange jouant de  "Platéoles".

L'instrument globalement rectangulaire est disposé verticalement et appliqué contre la poitrine par une poignée tenue de la main droite. Les doigts de la main gauche pincent des cordes ou entrent dans une gorge de la tranche supérieure de l'instrument. Celui-ci comporte-t-il un soufflet ?

Le nom de "platéole" est utilisé dans le document proposé à l'entrée. La seule indication que je trouve sur cet instrument est sa citation par TimothyJ. McGee, dans le chapitre 2 de Instruments and their Music in the Middle Ages,  German Musicians and Their Instruments: A 14th-Century Account by Konrad of Megenberg. Dans ce chapitre, l'auteur donne les extraits d'un écrivain allemand ayant étudié à Paris et enseigné à la Sorbonne, Conrad de Megenberg  (1309-1374).  Outre Das Buch der Natur, il publia Oeconomica sive Yconomica entre 1348 et 1352. Plusieurs instruments médiévaux y sont décrits au chapitre 48. L'extrait est le suivant :

 

Unde commune est ad tymanum, cymbalum et plateolas. Plateole sunt discelli, id est disci parvi enei, qui flexibus manualibus compercuciuntur et cum aliis instrumentis musicis pulchre sonorant.

Les Platéoles sont de petits disques de bronze qui sont heurtés ensemble grâce à un habile tournoiement des mains, et qui sonnent joliment avec les autres instruments.

Ce sont donc des instruments à percussion. Mais je ne vois pas la concordance de ces platéoles avec l'engin qui est utilisé par l'ange.

Comme je ne peux proposer mieux, je m'incline.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux d'après un document anonyme. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux d'après un document anonyme. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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19.  Ange jouant de la Cornemuse.

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Jean-Luc Matte le décrit ainsi "sans bourdon, long hautbois".

 

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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20. Ange jouant de  la Guimbarde ?.

Christian Brassy écrit : "c'est un instrument fréquemment utilisé au Moyen Age, comme le prouvent les nombreux exemplaires trouvés lors de fouilles archéologiques. Pourtant celle représentée sur les fresques de la crypte de la cathédrale de Bayeux (XV°s.) en est probablement la seule représentation."

J'ai omis de prendre cette photo. Ce que montre le dessin, c'est un ange qui porte devant ses lèvres un instrument beaucoup plus large que nos guimbardes (une trentaine de centimètres, ramené à l'échelle), placé horizontalement devant la bouche, à deux traverses ou en forme de cercle.

 

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux d'après un document anonyme. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux d'après un document anonyme. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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21. Ange jouant de la Busine ou Buisine.

 

"La trompette médiévale, aussi appelée busine, ou buisine, est alors complètement faite de métal. Elle est très longue, (plus de deux mètres de long) avec un tube très fin et un pavillon qui s'évase soudainement à son extrémité. Cette description de la buisine est plutôt opposée à nos instruments, qui sont appelés « trompettes » par tradition iconographique. Il faut donc aller au delà de ce terme : il faut plutôt voir ici des trompes, qui sont des instruments issus de la buisine, et qui se sont développés parallèlement. La trompe a une forme différente de la buisine (elle est moins longue et un peu courbée), mais surtout, la principale différence réside dans sa matière : elle n'est pas fabriquée en métal mais plutôt en céramique dans une pâte fine entre trois à six millimètres." (L. Bailly)

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"La buisine, ou bucine, busine, buccina, est un instrument de musique de la famille des cuivres. D'apparence globalement similaire à une trompette de cavalerie moderne, cet instrument typiquement médiéval est caractérisé par un fût long et étroit pouvant mesurer jusqu'à deux mètres de long, sans pavillon. Elle apparut pour la première fois dans les enluminures au xiie siècle, en particulier comme instrument privilégié des anges.

Cet instrument est l'ancêtre commun de la trompette, du trombone. Son nom est issu du Buccin ou de la Buccina, les trompettes romaines qui elles ont la particularité d'être retournées." (Wikipédia) .

 

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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22. Ange jouant d'un instrument non identifié.

Quizz ! Ce serait un instrument replié en U, cylindrique, d'une vingtaine de centimètres, le U étant tenu horizontalement, et ses branches étant frappées par les doigts. 

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Ange musicien (vers 1412) de la crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Répartition par famille d'instruments.

Nous notons la prépondérance des percussions et des vents.

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— Percussion :

1. Cloches à manche.

4. Nacaires.

17. Grelots et tambourin.

16. Triangle à anneaux.

18. Platéoles.

— Instruments  à cordes pincées

9. Psaltérion.

13. Luth.

12. Harpe.

— Instruments  à cordes frappées

8. Trompette marine.

— Instruments à cordes frottées

15. Rébec.

— Instruments à vent .

2. Chalémie.

3. Hautbois.

21. Busine.

19.  Cornemuse.

5. Flûte double.

7. Orgue portatif.

—Métallophone.

20. Guimbarde.

 

 

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LA TOMBE DE L'ÉVÊQUE JEAN DE BOISSEY (1412) À DROITE .

Ce fut certainement  l'une des surprises les plus émouvantes de ma visite de la crypte, bien que j'ai failli quitter les lieux, après l'enthousiasme suscité par le concert angélique, sans m'y attarder. Je repérai d'abord la fenêtre grillagée qui éclairai parcimonieusement la crypte d'une lumière glacée, comme le soupirail d'une cave ou d'une cellule d'un prisonnier. 

M'approchant, je vis briller une plaque de marbre jaune creusée en son centre de la forme d'un gisant désormais absent.

Mais ce qui brillait encore plus, c'étaient les lettres noires d'une inscription en minuscule gothique, riche en tildes abréviatifs : elle courait sur le rebord comme le serpent de la Tentation qui aurait deviné mon péché mignon : l'épigraphie funéraire.

Je pris mon temps, et je débutai :

" + Cy gist hõme de noble mémoire, iehan de boissay "

"Ci-gît un homme de noble mémoire, Jean de Boissay" : c'était la sépulture de Jean de Boissey, évêque de Bayeux  !

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Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le cœur battant, j'accélérai ma lecture : 

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Et j'obtins donc : 

 + Cy gist hõme de noble mémoire, iehan de boissay evesque de Baïex .  et côsillier du roi . qui trespassa le iour de Pasques lIIIe jour davril lan 1412 priez dieu pour sõ âme.

"Ci gît homme de noble mémoire Jehan de Boissay, évêque de Bayeux et conseiller du roi, qui trépassa le jour de Pâques 3ème jour d'avril de l'an 1412. Priez Dieu pour son âme."

Je m'exécutais par trois Pater et un Ave et je partis à la recherche de renseignements sur ce saint homme.

Jean est fils de Jean, seigneur de Boissey-sur-Eaulne et de Mesnières en Bray, gouverneur du château de Fécamp, et frère de Robert de Boissey, tige des barons de Mesnières.

Jean de Boissey est chanoine de la métropole de Rouen et archidiacre de Caux. Le 26 novembre 1408 il fut nommé évêque de Bayeux en succession de Nicolas du Boscq. Il se rendit au Concile de Pise et signa la déposition des deux papes antagonistes Grégoire XII et Benoït XIII et à l'élection de Pierre de Candie sous le nom d'Alexandre V. Dans son testament de 1411, il demanda à être inhumé dans sa cathédrale. Lorsqu'il décéda en 1412, le Chapitre fit creuser une fosse dans le chœur, et eut la surprise de découvrir alors l'ancienne crypte romane dont on avait perdu toute trace. Une ouverture (le sinistre soupirail) fut aménagé vers le déambulatoire sud.

Si on se rend dans le déambulatoire, où les piliers du choeur descendent beaucoup plus bas, et reposent sur des socles arrondis reliés par un banc de pierre qui suit la courbe du chevet, mais qui s'interrompt devant les deux escaliers d'accès, on découvre cette ouverture, au-dessus du banc, éclaire la crypte. Une inscription du linteau donne alors une inscription précieuse. (Bull SAH Orne 1923 p. 23)

Une inhumation par un jour d'avril fort pluvieux.

Cette nouvelle inscription (dont je n'ai pas de photo)  est en octosyllabe rimés :

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En l'an mil quatre cens & douze

Tiers jour d'Avril que pluye arouse

Les biens de terre, la journée

Que la Paque fut célébrée

Noble homme & reverend Père

Jehan de Boissey, de la Mère

Eglise de Bayeux Pasteur

Rendi l'âme à son createur

Et lors en foissant la place

Devant le grand autel de grace

Trouva lon la basse Chapelle

Dont il n'avoit été nouvelle

Ou il est mis en sepulture

Dieu veuille avoir son âme en cure. Amen

 

 

"En l'an 1412, le troisième jour d'avril,  alors que la pluie arrosait la terre, le  jour où la fête de Pâques fut célébrée, Le noble homme et révérend père Jean de Boissey, pasteur de sa mère l'église de Bayeux rendit l'âme à son créateur. Et lorsque l'on fouilla la place devant le grand autel, on trouva la chapelle basse dont on n'avait plus de nouvelle ; il y est mis en sépulture. Dieu veuille avoir son âme en cure. Amen"

 

Jean de Boissey fut inhumé dans la crypte sur ordre du Chapitre, et un monument funéraire fut bâti, avec un gisant et d'autres ornements, jusqu'en 1562 où tout cela fut détruit par les  Huguenots en 1562.   il ne reste que le soubassement sur lequel on lit cette épitaphe.

Curieusement, Jean Hermant, en 1705, en donne un relevé en latin Hic jacet nobilis memoriae Ioannes de Boissayo Episcopus Baiocencis etc...

Mais ce n'est pas tout, tant s'en faut. Si on élève les yeux vers la fenêtre aux forts barreaux, et qu'on examine les parois de la sorte de gueule de four qui converge vers la lumière depuis la plaque funéraire, on découvre, après un temps d'adaptation, des peintures murales sur fond ocre rouge, d'un style comparable aux anges musiciens.

À droite, c'est saint Michel terrassant le dragon, devant des armoiries épiscopales muettes. (Les armes de Jean de Boissey étaient d'hermines au lion de gueules armé et couronné d'or.).

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Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le coté gauche est plus émouvant : un prélat est agenouillé devant un prie-dieu (une table ou un autel recouvert d'une nappe) où est posé un bréviaire enluminé et doté de fermails. Il lève les yeux vers la lumière, ou plus précisément vers un crucifix qui lui apparaît dans des nuées ardentes. Est-ce notre évêque Jean de Boissey ? Le chapeau de cardinal avec cordelières et glands m'incite à la prudence.

La disposition de l'évêque agenouillé,  et de son tombeau face à l'ouverture lumineuse est l'une des plus saisissante représentation de l'espérance du chrétien qui voit son existence ici-bas comme une prison, et sa  mort comme une libération et un élan vers Dieu, pour formuler ceci maladroitement sans compétence théologique par un schéma plutôt platonicienne.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Enfin, il faut parler de la dalle de marbre placée au sol. Le site Wikipédia l'attribue, à tort à mon avis, à Jean de Boissey. L'inscription énonce, pour ce que je déchiffre sur ma photo :

SOLIO : PONTIFIC : ASSISTENTIS : COMITIS : ROM : LEGAT : HONORIFICA : ADSCRIPTI IN EGEROS : MUNIFICIA : M PECCATORES : DUM : VIVERET : EMINENTIS : AÑ : ANG : VITAE : LXVI : PONTE : XX

Je crois voir ANNO MDCCCLV, soit la date de 1855.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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L'ENFEU DE GERVAIS DE LARCHAMP.

Après cette éblouissante révélation, je passe du coté gauche de la crypte où est l'enfeu de Gervais de Larchamp, qui, par son titre de sous-doyen du Chapitre, en était le président de fait. Fils du sieur et écuyer Louis de Larchamp et de dame Jeanne de Vassy [ou de Jean de Larchamp et de Richette Lerfaut] , parent (sans-doute frère) de Jean de Larchamp , seigneur de Larchamp et Parfouru en 1388, et oncle de Hervieux de Larchamp qui était également chanoine de Bayeux, il appartient à une des grandes familles de la région, attestée depuis 1141.   Il fut nommé sous-diacre en 1394, puis prêtre, il poursuivit plusieurs années des études à Paris sans obtenir de diplôme. Il fut chanoine de Bayeux en 1405 et était en conflit avec son évêque Nicolas du Bosc. Le différend était tout à fait mineur et il fut réglé grâce à l'intervention de Jean Baubignon, clerc marié et bourgeois, son ami ; mais l'important était que Gervais de Larchamp, à cette époque simple chanoine, osât s'opposer à l'évêque.

il  mourut en 1447. Comme il avait offert à la cathédrale les fonds nécessaires à la remise en état de la crypte, il obtint le privilège d'obtenir cet enfeu.

Son gisant a perdu sa tête depuis le passage des Huguenots. 

La peinture murale le représente agenouillé, présenté par saint Michel, devant la Vierge et son Fils, qui tendent les bras vers lui.  Un phylactère tenu par le chanoine et par les divinités  porte l'oraison MATER : DEI : ORA : PRO : ME : DEUM. "Mère de Dieu prie Dieu pour moi ".

Deux anges volants dans les Cieux présentent leur phylactère : ALMA DEI GENITRIX SUCCURE PRECANTIBUS [CUNCTIS] et UT TUIS PRECIBUS ADIUTI LAUDEMUS TRINITATEM, le début et la fin d'un chant en l'honneur de la Vierge :

Alma dei genitrix Alma dei genitrix succure precantibus cunctis nos quoque una precamur supplices ut tuis precibus adiuti laudemus trinitatem.

"Douce mère de Dieu, assiste ceux qui t’implorent, nous t’en prions humblement, afin qu’aidés par tes prières, nous louions la Trinité."

http://www.anonymous4.com/lamtext.pdf

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C'est précisément la Trinité souffrante (Dieu le Père tenant dans ses bras le Christ crucifié) qui est représentée sur la voûte, entourée d'anges.

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Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Crypte de la cathédrale de Bayeux. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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SOURCES ET LIENS.

http://www.instrumentsmedievaux.org/category/musique/

 

 

— BAILLY (Laure), 2011, Les représentations des instruments de musique dans le programme iconographique de la cathédrale de Reims , mémoire de Master II, http://www.instrumentariumdechartres.fr/data/IndeXysBibliothequeHTML/7e54cc4a-8566-49f9-8faf-e7ab71062779/Reims/Memoire-L.-Bailly-Texte.pdf

— BRAILLY (Christian)

— APEMUTAM

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/galerie/bay/bay.html

— BONNARDOT Emmanuelle, Instruments des anges musiciens de la rosace de la cathédrale de Sens. Ensemble Obsidienne. (Rose nord à 62 anges, datant de 1529, par Jean Hympe fils et Tassin Gassot)

http://www.sonusantiqva.org/i/O/Obsidienne/1999AngesMusiciensRosace.html

— MATTE (Jean-Luc), Iconographie de la cornemuse.

http://jeanluc.matte.free.fr/fichac/bayeux.htm

— NEVEUX (François), 2000, Les reliques de la cathédrale de Bayeux, in LES SAINTS DANS LA NORMANDIE MÉDIÉVALE par Pierre Bouet et François Neveux © Presses universitaires de Caen, 2000, pages 109-133.

https://books.openedition.org/puc/9962?lang=fr#ftn43

— La cathédrale de Bayeux.

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Bayeux/Bayeux-Notre-Dame.htm

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Published by jean-yves cordier
17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 14:26

Le vitrail de l'Arbre de Jessé (vers 1500-1510), baie 7 de l'église de Bourg-Achard (Eure).

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Voir : les 160 articles de ce blog concernant les vitraux.

Et, parmi ceux-ci, ceux qui concernent les Arbres de Jessé :

ARBRE DE JESSÉ 

En Bretagne:

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

Pour les Arbres de Jessé sculptés, voir l'onglet "rechercher" en haut  de page. Un exemple :

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L’église de Bourg-Achard,en forme de croix latine appartenait à un prieuré de chanoines de Saint-Augustin fondé en 1136 par Nicolas du Bosc, seigneur du lieu. La nef et la tour du XIIe siècle sont aujourd'hui disparues. La tour, qui se trouvait au-dessus du portail occidental, a été détruite une première fois en 1626. Reconstruite sur la croisée, elle s'est écroulée en 1829. En 1838, elle est à nouveau reconstruite, en même temps que la nef, par l'architecte Grégoire. La chapelle méridionale datant du XIVe siècle a été remaniée. La chapelle septentrionale, la sacristie et la salle capitulaire sont du XVe siècle et le chœur, du XIVe siècle.

C'est dans le bras nord du transept que se trouve , tournée vers le nord, la baie 7 (numérotation du Corpus vitrearum) et son Arbre de Jessé demeuré à sa place d'origine. Elle est datée vers 1500-1510 et est contemporaine de la baie d'axe, celle de la Passion, donnée par l'Amiral Malet de Graville. Elle proviendrait du même atelier rouennais.

Haute de 5,20 m et large de 3,20 m, elle est divisée en 4 lancettes trilobées. Ce nombre de lancettes s'oppose au respect d'un des canons des Arbres de Jessé, celui de leur organisation de part et d'autre d'un axe médian vertical alignant Jessé endormi en bas, le tronc de l'arbre, et la Vierge à l'Enfant au sommet, comme c'est le cas pour la baie 4 de Saint-Godart de Rouen, daté de 1506 et qui dispose, sur 4 mètres de large, de cinq lancettes. Ici, l'axe significatif est décalé vers la droite, sur la troisième lancette.

De même, la classique encadrement de Jessé par deux prophètes (Isaïe et parfois Jérémie), qui date des tout premiers vitraux sur ce thème, à Saint-Denis et dans les cathédrales du XIIe siècle, ne peut survenir, et un troisième prophète est figuré. Les versets prophétiques sont remplacés par des extraits de liturgie mariale, sauf pour le prophète de la lancette 4, qui cite l'incontournable verset d'Isaïe 11:4 Egredietur virga de radice Jesse

Enfin, le nombre des rois de Juda figurant d'habitude sur un Arbre de Jessé entre Jessé et la Vierge est souvent de 12, chiffre hautement symbolique (Apôtres, articles du Credo, etc.) mais il est de 13 (ou 12 +1) à Saint-Godart de Rouen. Ici, les rois sont au nombre de 14.

Nous vérifions une fois de plus que malgré la stéréotypie du thème iconographique, aucun Arbre de Jessé n'est semblable à un autre : c'est donc avec curiosité que nous rechercherons ces particularités. La plus rare est peut-être la figure du roi Salomon en africain.

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L'Immaculée Conception.

Avant d'aborder la description proprement dite, il faut souligner l'importance, dans les Arbres de Jessé normands du XVIe siècle, du projet de défense théologique de la notion théologique de la Conception immaculée de Marie, en relation avec le développement des confréries ou "puy" :

 "La nouvelle formule de l’Arbre de Jessé systématise à partir de la mi-xve siècle les caractéristiques iconographiques que l’on pouvait déceler au début du xve siècle, avec les éléments de la Vierge à l’Enfant dans une mandorle et un croissant. Elle semble être une réponse figurative à l’utilisation de l’Arbre de Jessé comme vecteur de la croyance de l’Immaculée Conception qui s’est encore plus affirmée et semble reconnue du plus grand nombre. Le développement d’une telle formule en Normandie, dans le vitrail comme dans le manuscrit, n’est pas le fait du hasard. Cette région, et surtout Rouen, voit se développer vers les années 1480 le phénomène des «puys» en l’honneur de la Conception de la Vierge. Le puy est une variante littéraire de la confrérie médiévale: en plus des dévotions et réunions en l’honneur du saint et de ses fêtes, on organisait des concours de poésie à la louange de ce dernier. Le puy de Rouen en l’honneur de la Conception de la Vierge fut instauré officiellement dès 1486 et eut un grand succès jusque dans les années 1550. En 1520-1521, dans une bulle pontificale achetée à grands frais par la confrérie, Léon X lui donnait la prééminence sur toutes les autres confréries rouennaises.

 Ainsi, tout concorde à la fin du xve siècle et pendant la première moitié du xvie siècle, à faire de la région normande et de Rouen un centre important de la célébration de l’Immaculée Conception. Catherine Vincent, dans son ouvrage consacré aux confréries normandes de la fin du xiiie au début du xvie siècle , montre que la fête de la Conception de la Vierge suscite neuf confréries, dont huit dans le diocèse de Rouen, entre 1460 et 1540. Toutefois, peu d’historiens de l’art ont fait le lien entre ces conditions liturgiques, littéraires et religieuses spécifiques de la Normandie et la diffusion très dynamique à la même époque de la nouvelle formule iconographique de l’Arbre de Jessé." (S. Lepape 2009)

 

Nous en reconnaîtrons  la "signature" par la figure de la Vierge, les pieds posés sur un croissant comme la Femme de l'Apocalypse, et entourée d'une mandorle de rayons solaires. Certes le croissant est moins visible qu'à Saint-Godart de Rouen par exemple.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Une pancarte permet au visiteur de trouver une description du vitrail par un auteur anonyme (un ecclésiastique probablement), d'un style dévot certes daté mais aux propos précis . La voici :

 

 

"Ce vitrail représente l'arbre de Jessé qui symbolise la généalogie de la Sainte Vierge. Le vieillard à barbe blanche et au visage si admirable de douceur et d'expression que l'on voit assis sous un dais de draperie verte et à franche d'or, est en effet Jessé lui-même, la tige de l'arbre de laquelle doit sortir la fleur sans tache destinée à donner à la terre le fruit divin, le Dieu fait homme. Les yeux du patriarche sont fermés, sa tête est appuyée sur sa main droite, la main gauche repose sur le genou. Il est vêtu d'une tunique violette à galons d'or et d'un manteau brodé richement et bordé de bleu, ses chaussures sont pourpre. Á droite et à gauche de Jessé s'étendent les branches de l'arbre dont les différents rameaux nous montrent les rosi issus de la race de David. Ces personnages sont brillamment costumés de velours, de pourpre et d'hermine avec broderie d'or et d'argent, presque tous portent la couronne ou tiennent le sceptre. Une inscription en caractères gothiques se déroule sur les quatre panneaux prophétiques : Germinavit radix Jessé  (la tige de Jessé a poussé des rejetons), Salutem   (c'est le Salut),  Virga Jessé florida  (La tige de Jessé a fleuri), Egredietur virga de radice Jessé  (Il sortira un rejeton de la tige de Jessé).

Au dessus même de Jessé se tient son fils David, facile à reconnaître à sa harpe d'or ; il est vêtu d'un manteau de pourpre à col et parements d'hermine ; il porte comme coiffure un chapeau à bords relevés, surmonté d'une couronne ; à sa main gauche est enroulé un ruban d'or qui soutient le dais sous lequel repose le chef de la famille davidique.

Mais la prophétie d'Isaïe vient de s'accomplir ; la tige a fleuri, le calice s'est ouvert et la fleur s'est épanoui au milieu des pétales qui l'entourent comme une auréole. La Sainte Vierge apparaît vêtue d'une robe bleue à longs plis, ses cheveux retombent sur ses épaules, et sa tête est couronnée de pierreries étincelantes. L'Enfant Jésus qu'elle presse sur son sein porte une robe violette, se pieds sont nus et il enlace de ses petits bras le cou de la Vierge Marie.

Alors le ciel s'ouvre et tressaille d'allégresse. L'ogive de la fenêtre est réservée à cette vision. Au premier rang des Anges aux cheveux blonds et aux ailes de différentes couleurs, vêtus de blanc et couronnés de pierreries, chantent la gloire de Marie. On lit en effet sur des banderoles placées entre leurs mains les paroles suivantes écrites en minuscules gothiques au dessous d'un chant noté : Regina cœli laetare, alleluia (Reine du ciel, réjouissez-vous) ; Magnificat anima in dominum (Glorifie, ô mon âme, le Seigneur) ; Ave sancta Maria (Salut, Sainte Marie) ; Ave Regina cœlorum (Salut, Reine des Cieux) ; Ave Dona, (Salut, o notre souveraine) ; Miserere mei Done (Ayez pitié de moi Seigneur) ; Secundum magnam, magnam Regina misericordiam (Selon votre grande, votre grande miséricorde). Au dessus, d'autres anges également vêtus de blanc accompagnent le chant en jouant de différents instruments parmi lesquels on remarque le luth, la flûte, le triangle, la harpe, le tambour, le rebec et le psaltérion à douze cordes. Puis au milieu, en remontant vers le sommet de l'ogive entre deux anges adorateurs apparaît dans toute sa majesté le Père Eternel au milieu d'une auréole de gloire, à rayons vers sur un fond bleu ; sa barbe et ses cheveux sont blancs ; son vêtement de même couleur est frangé d'or et il porte sur sa tête la couronne impériale incrustée de pierreries, le globe du monde surmonté d'une Croix incrustée de pierreries repose dans sa main gauche. Cette magnifique verrière date de la fin du quinzième siècle ou au moins du commencement du seizième siècle."

 

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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Trois prophètes assis entourent Jessé figuré dans la 3ème lancette. Les auteurs du Corpus nous indiquent que ce registre a été presque entièrement refait au XIXe siècle (Théodore Bernard 1847 ?), et que seules quelques pièces anciennes subsistent dans la lancette droite. Les baies anciennes ont été restaurées en 1924 par l'atelier Gaudin.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Lancette A. Un prophète et l'inscription GERMINAVIT RADICE JESSE.

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http://cantus.uwaterloo.ca/chant/456541

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Deuxième prophète et inscription SALUTEM.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Jessé sous sa tente ; inscription VIRGA JESSE FLORIDA.

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L'inscription (une initiative du restaurateur ? ) provient d'une oraison à la Vierge.

Des lettres sont peintes sur le galon bleu de l'encolure AM--SLANPDAT

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Troisième prophète et l'inscription EGREDIETUR VIRGA DE RADICE JESSE .

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LE REGISTRE INTERMÉDIAIRE. SIX ROIS DE JUDA.
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Chaque roi est posé comme une fleur sur les pétales d'un bourgeon de la tige de Jessé, dont ils empoignent parfois une branche. Ils sont vêtus et coiffés comme des seigneurs français du début du XVIe siècle, leur couronne placée sur un bonnet.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Le roi David et sa harpe d'or. Le roi Salomon à peau noir et portant une boucle d'oreille.

David, fils de Jessé, est le premier roi de Juda, qui donne naissance à la dynastie davidique dont est issu Joseph et Jésus, mais aussi pour les théologiens la Vierge et ses parents. Il est donc placé tout naturellement sur l'axe entre Jessé et la Vierge. Considéré comme le compositeur des Psaumes, il est représenté avec sa harpe.

Le fils et successeur de David est le roi Salomon, réputé pour sa sagesse, pour ses richesses, pour sa construction du Temple de Jérusalem, pour la longueur de son règne (40 ans), et pour les Livres dont on lui attribue la rédaction : les Proverbes, l'Ecclésiaste, et le Cantique des Cantiques. Pour ne rien dire du Sceau de Salomon, et de sa réputation de magicien et détenteur de savoirs occultes.

L'artiste a figuré Salomon avec la peau sombre, avec les cheveux crépus et avec deux anneaux d'or à l'oreille gauche. Cette couleur de peau et cette boucle d'oreille rappelle immédiatement celle que les peintres du Moyen-Âge et de la Renaissance font porter au troisième des rois mages, Balthazar, celui qui descend de Cham le fils de Noé et qui représente l'Arabie.

Ce choix du peintre-verrier souligne donc les rapports de Salomon avec l'Arabie. Ceux-ci sont multiples : (source)

—" Il encouragea le commerce caravanier (Encens, aromates) en rendant plus sûres les routes commerciales vers l'Afrique, l'Asie, l'Arabie et l'Asie Mineure par la construction de forteresses. 

  —   Salomon conforta l’alliance passé par son père avec Tyr, maître de la Phénicie et passa des accords avec l’Égypte. Les excellentes relations avec le Roi de Tyr, Hiram I le Grand (978-944 ou 969-936 selon la Bible), permirent aux Hébreux de disposer d'une flotte commandée par des Phéniciens, basée à Ezion-Geber, dans le golfe d'Aqaba, sur la Mer Rouge. De là, Salomon lança des expéditions conjointes de commerce avec les Phéniciens (Produits et animaux tropicaux, or) sur la mer Rouge et qui se déployèrent jusqu'à l'Océan Indien. 
  
 —   Il commerçait avec la Phénicie pour le blé, l'huile, le cèdre, le cyprès. Son Empire commerçait aussi par mer avec Tarsis (Espagne), Ophir et le Sud de l'Inde.

— Sa relation avec la Reine de Saba (Yémen aujourd'hui), Makéda ne fut pas étrangère à sa politique commerciale. Dans un passage bref, la Bible Hébraïque décrit comment la renommée de Salomon (De sagesse et de richesse) se propagea loin, tant et si bien que la Reine de Saba décida qu'elle devrait le rencontrer. La Reine est décrite comme lui rendant visite avec un certain nombre de cadeaux, y compris de l'or, des épices et des pierres précieuses. (Premier Livre des Rois 10:10 ). "

Si on  considère Salomon comme l'auteur et l'interlocuteur du Cantique des Cantiques, il faut rappeler ce verset Ct 1:5-6 où l'amante ou épouse se déclare de peau noire : l'hébreu chehora ani ve nava, "je suis noire et belle" ou, dans la traduction Segond "Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon. Ne prenez pas garde à mon teint noir : c'est le soleil qui m'a brûlée".

Enfin, cette noirceur et ces anneaux pourraient stigmatiser l'altérité des étrangers, ou encore la noirceur de l'âme, par référence à 1 Rois 11:1-6.


"Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères, outre la fille de Pharaon: des Moabites, des Ammonites, des Édomites, des Sidoniennes, des Héthiennes, appartenant aux nations dont l'Éternel avait dit aux enfants d'Israël: Vous n'irez point chez elles, et elles ne viendront point chez vous; elles tourneraient certainement vos coeurs du côté de leurs dieux. Ce fut à ces nations que s'attacha Salomon, entraîné par l'amour. Il eut sept cents princesses pour femmes et trois cents concubines; et ses femmes détournèrent son coeur. A l'époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son coeur vers d'autres dieux; et son coeur ne fut point tout entier à l'Éternel, son Dieu, comme l'avait été le coeur de David, son père. Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom, l'abomination des Ammonites. Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, et il ne suivit point pleinement l'Éternel, comme David, son père.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Quatrième lancette.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR. LA VIERGE À L'ENFANT ET HUIT ROIS DE JUDA.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Première lancette. Trois rois.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Deuxième lancette.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Troisième lancette. La Vierge à l'Enfant dans une mandorle rayonnante.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Quatrième lancette. 

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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LE TYMPAN.

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Il est remarquable par l'instrumentarium des douze anges musiciens qui accompagnent un soliste et un chœur de 12 anges. Nous reconnaissons :

  • Deux harpes.
  • deux mandoles ou luths (cordes pincées)
  • une flûte à tambourin ou galoubet (flûte à une main, jouée de la main gauche)
  • l'orgue portatif (7 tuyaux)
  • le triangle à anneaux,
  • les cymbales à main.
  • la vièle à archet (viole monoxyle et piriforme à trois cordes.
  • deux chalemies (dans les écoinçons)
  • le psaltérion à douze cordes.

Cet ensemble est comparable à ceux qui figurent dans la crypte de la cathédrale de Bayeux ou au plafond de la chapelle de la Vierge de la cathédrale du Mans, et encore au tympan de nombreux vitraux .

Voir :

 

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Baie 7 de l'Arbre de Jessé, vers 1500-1510, atelier rouennais. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

— CALLIAS BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001, Le vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum vol. VI. ed. CNRS, pages 119-121.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 19:06

Papillons tropicaux en serre : Naturospace à Honfleur.

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Voir : la liste de mes articles sur les papillons.

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Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Naturospace, Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Published by jean-yves cordier
13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 21:02

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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 La Grande Cale.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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"LA VIE EST BELLE" pour mon blog lavieb-aile.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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LE SOUND DEPUIS LA CHAPELLE.

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Quelques images d'un séjour à la Grande Île de Chausey.

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LA MAISON DE MARIN-MARIE.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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LA BISQUINE "LA GRANVILLAISE" DANS LE SOUND.

Balise nord "La Crabière de l'ouest".

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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UNE LIBELLULE DE SEPTEMBRE : Aeshna mixta Latreille 1816 , l'Aeschne mixte .

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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UNE EXCURSION DANS "LE HOGGAR".

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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"La Chaire de Vérité". Nord de l'île de la Meule.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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"L'Artichaut". Nord de l'île de La Houllée.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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"Les Moines", sur Riche Roche.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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"L'Éléphant", à l'ouest de Gros-Mont.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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LA PISCINE (ANCIENNE CARRIÈRE) DU CHÂTEAU ET SES GRAVURES.

Les gravures sont celles de Jacques Boullaire, beau-frère de Louis Renault qui fit aménager cette piscine. 

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Quelques images d'un séjour à la Grande Île de Chausey.
Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Mesures de niveau.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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La STÈLE COMMÉMORATIVE de la perte du bombardier  DAISY MAE SCRAGGS.

Partie sud, au sud-est du Château Renault.

 

 

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Le 8 juin 1944. Ici est tombé

le DAISY MAE SCRAGGS un avion B-24

du 446 Bomb group   8th Air Force

1st Lt JAMES Q. OGDEN,              2nd Lt RAYMOND J. MORRIS

2nd Lt WILLIAM L. LAUTEN ,        2nd Lt WALTER R. ALLAMANN

T/Sgt LEWIS B. LEEDY                 T/SGT GEORGE H. RUPARD

S/SGT GEORGE E. GRIFFITH       S/SGT WILLIAM R. NACE

S/SGT WILLIAM SAWYER            S/SGT FRANK DILEVA

Les co-équipiers survivants ont été sauvés de la mer

par les habitants de Chausey.

 

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Voir : https://www.uswarmemorials.org/html/monument_details.php?SiteID=665&MemID=949

Le site aérostèles donne 5 tués et 5 rescapés:


— Morts en action :

  • 2nd Lt Walter R. Allamann, mitrailleur avant et mécanicien
  • T/Sgt Lewis B. Leedy, mécanicien, mitrailleur tourelle supérieure
  • S/Sgt Geo. E Griffith, B/T Gunner (mitrailleur tourelle sous fuselage) ;
  • S/Sgt William R. Nace, W/W Gunner (mitrailleur tourelle droite);
  • S/Sgt William A Sawyer, W/W Gunner (mitrailleur tourelle gauche).


— Rescapés :

  • 1st Lt James Q. Ogden, Pilote
  • 2nd Lt Raymond J. Morris, Co-Pilote
  • 2nd Lt William L. Lauten Navigateur et bombardier ;
  • T /Sgt George H. Rupard, Radio-opérateur ;
  • S/Sgt Frank D. DiLeva, T/T Gunner (mitrailleur de queue)

https://www.aerosteles.net/stelefr-granville-daisymae


L'âge des hommes allait de 19 à 26 ans.
Le bombardier B-24 Liberator 42-109830 «Daisy Mae Scraggs» appartenait au 704ème escadron de bombardiers, 446ème groupe de bombardement. Il  a décollé de la station 125 Bungay, Suffolk, au Royaume-Uni, lors d'une mission de bombardement au-dessus de Granville. Les moteurs de l’avion avaient besoin d'une révision et son équipage était «flak happy» et était constitués d’officiers qui ne s’étaient jamais rencontrés. Les conditions météorologiques furent également difficiles, ne permettant qu'à seulement sept bombardiers de voler vers la cible secondaire, la gare de Granville, alors que  la cible primaire (l'aéroport militaire de Laval) était obstruée par des nuages. Après le largage des bombes  sur Granville vers 10h30, ils ont été attaqués par quinze Messerschmitt Me-109. Le poste de pilotage de l’avion a pris feu et les moteurs 1 et 2 ont pris feu. Sans personne pour l'éteindre et alors que le feu se propageait vers la soute à bombes, le pilote J. Ogden a ordonné à l'équipage de sauter en parachute mais il est resté sur le même niveau. Le sergent Leedy Lewis fut tué en plein vol par une rafale de 20 mm, juste après avoir annoncé de la tourelle supérieure : "Capitaine,! J'en ai eu un !". Après que chaque homme ait sauté, le bombardier explosa, juste au dessus de Chausey et les débris tombèrent sur l'île.

 Le corps de Leedy fut retrouvé dans l'épave, et inhumé sur l'île. Il fut enterré ensuite, après la guerre, au cimetière américain et britannique de Saint-James, près d'Avranches . Trois aviateurs ne furent pas retrouvés, sans-doute tombés en mer et noyés. L'un des parachutistes  tomba en mer au pied du phare et, blessé et inconscient, allait se noyer s'il n'avait pas été secouru. Deux tombèrent à Roc-Ner et deux autres sur l'îlot de la Conchée  où ils furent récupérés par les pêcheurs en doris.

 

Les cinq survivants, sauvés par les habitants de l'île qui les ont hébergés, partagèrent la vie des habitants et la pêche des homards. Mais un mois plus tard, dans la nuit du 9 juillet 1944, les Allemands vinrent les chercher. Ils ont été envoyés en captivité en Pologne, soit au Stalag Luft 4 à Gross-Tychow, soit au Stalag Luft 1 à Barth-Vogelsang.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Pour une photo de meilleure qualité :

http://turbert-granvillaise.pagesperso-orange.fr/chausey/chy-grd-ile/chy-memorial.html

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Morceau d'hélice déposé dans la chapelle de l'île. 

Inscription T/ SGT LEEDY LEWIS B DIED IN ACTION JUNE 8-44 USAAF .

Voir : https://www.uswarmemorials.org/html/people_details.php?PeopleID=5393

 

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Plaque de remerciement placée dans l'église par le 446th bomb group Association en 2003.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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LA CHAPELLE 

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La chapelle vers 1953 in Jourdan. Numérisation BnF Gallica.

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LES EX-VOTO ET MAQUETTES DE LA CHAPELLE.

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Navire de guerre à trois-mats carré (3 phares carrés, brigantine sur le mât d'artimon).

Sous réserve d'avis compétent, ce ne serait pas  une frégate (comme la fameuse Hermione), armé de canons sur un seul pont-batterie et d'autres pièces d'artillerie sur le pont principal, puisque nous distinguons deux rangées de sabord donc deux ponts-batteries. Il ne peut s'agit de faux sabords, (le double damier noir et blanc étant destiné à faire illusion), car les gueules des canons sortent bien des sabords. Je compte 14 canons par pont, de chaque coté, soit au total 56 canons, Je n'ai lu aucun nom. La figure de proue est un buste de femme.

L'arrière arrondi (à cul rond) ne dispose pas de château, mais d'une double balustrade.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Doris de procession sur son brancard.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Bateau de procession sur son brancard : Bateau de pêche caseyeur CH 170248 "Les Blainvillais" .

 

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Maquette de procession : un doris ou un warry.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Maquette d'une bisquine à coque noire type La Granvillaise.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Autre maquette. Monotype ?

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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MARIE-JOSEPHE, LA CLOCHE DE LA CHAPELLE.

 

On y lit sur son coté ouest :

J'AI REMPLACÉ EN 1951

CELESTE-ZOÉ

BÉNITE EN 1951

EN PRÉSENCE DES

FAMILLES HARASSE ET HÉDOUIN

ALORS PROPRIÉTAIRES

Explication.

"L’origine de la propriété actuelle de Chausey remonte loin. Il faut en effet revenir trois siècles en arrière, au 28 juillet 1772 très exactement, date à laquelle le roi Louis XV en fait concession à l’abbé Nolin. Un an après avoir reçu cette concession, l’abbé Nolin meurt. Ses héritiers, un frère et une sœur, vendent l’île le 15 juillet 1775 à Louis-Jean-Christophe Régnier, fils de l’aubergiste.

Le 12 juillet 1786, Chausey est ainsi vendu à Jacques PIMOR, un des principaux négociants de Granville.

Après le décès de Jacques Pimor, sa succession est partagée entre ses deux fils et sa fille, et réunie peu après en une seule main, celle de monsieur HARASSE, gendre de son fils aîné – et bientôt seul héritier des Pimor.

En 1891, la propriété des îles change, sinon de famille, au moins de titulaire. Monsieur et madame Harasse ont eu une fille, qui épouse monsieur HÉDOUIN, armateur à Granville. Le domaine entier de l’archipel se trouve ainsi réuni entre leurs mains par l’acquisition du dernier quart possédé par les DAGUNET-HUGON.

Madame Hédouin, qui a longtemps survécu à son mari, laisse comme héritières deux filles, Marie et Léonie Hédouin, à qui incombe la tâche difficile d’administrer un tel domaine.

Le 10 mai 1919, Léonie Hédouin, dernière “reine des îles”, s’éteint. Six mois auparavant, elle a vendu Chausey à une Société Civile Immobilière composée de trois familles, les Durand de Saint-Front, les Fortin et les Gélin…"

(D'après le site :http://www.ileschausey.com/textes/sci/origine.htm )

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La chapelle fut construite en 1848 par et pour les quelques 500 carriers qui y séjournaient. Elle était alors dotée en guise de clocher d'un campanile en bois. La cloche fut baptisée Céleste-Zoé en l'honneur des marraines Céleste PIMOR , grand-mère des demoiselles HÉDOUIN, et Zoè HUGON DE LATOUR, cousine de Céleste.

Vers 1935, Louis Renault fit construire un clocher en granit, et y installa, outre Céleste-Zoé, une deuxième cloche plus petite baptisée NOÉMIE, du nom de l'épouse de Georges CROSNIER

En 1945, une salve d'obus tirée par les Allemands venus de Jersey endommage le clocher et fend l'une des cloches qui tinte alors d'une voix égrillarde, méritant bientôt le sobriquet de "l'aigrelette".

En 1951, les deux cloches furent fondues en une seule, la MARIE-JOSEPHE, à la fonderie HAVARD-CORNILLE de Villedieu-les-Poëles.

Elle fut baptisée en août 1951 du nom des deux doyens de l'île, MARIE LEPERCHOIS et JOSEPH GUILLOT, du temps de l'abbé  DELABY, en présence de Marin-Marie et du fermier Joseph Gérouard.

Cf Roman PETROFF, "Marin-Marie", 2014. Ancre de Marine ed..

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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LES VIEILLES COQUES DE BATEAUX  DE PÊCHE SOUS LE SÉMAPHORE.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Comparez avec cette capture d'écran (modifiée) d'un film vidéo (cf Sources) INA 1994 :

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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DRAPEAUX EN BERNE POUR UN ABSENT,  Fréderic Legrand dit Fredo, pêcheur de homard et patron du warry "Rebelote", sauveteur en mer, est décédé le 6 septembre 2018.

Voir les belles photos de Laurence Picot en 2016 :

http://picotlaurence.wixsite.com/photographies/single-post/2016/09/18/Fredo-p%C3%A9cheur-%C3%A0-Chausey

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Fredo photographié pour l'exposition au Fort.

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Photo T. Jouanneau droits réservés Association Le vent coulis.

Photo T. Jouanneau droits réservés Association Le vent coulis.

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Pavillon de Chausey en berne sur la Ferme.

Les couleurs bleu à croix rouge de ce pavillon sont inspirées du guidon (burgee)  du Yacht-Club de New-York NYYC (lequel comporte en outre une étoile blanche au centre).  C'est Marin-Marie qui a obtenu du NYYC la permission de reprendre ces couleurs pour la flotte de Chausey, après ses traversées en solitaire de l'Atlantique Douarnenez-New-York sur le voilier Winnibelle II en 1933 puis sur la vedette Arielle en 1936.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Pavillon "français" ? en berne sur le local de la SNSM.

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"Frédéric Legrand, sur nommé "Frédo", était incontournable à Chausey et Granville. Le pêcheur, connu pour son bonnet bleu à pompom jaune, a commencé son activité à l'âge de 19 ans, en 1960 à bord du Stella-Maris.

En parallèle de cette activité, il se lance dix ans plus tard (en 1970) dans le sauvetage en mer. Le patron du canot de sauvetage de Chausey, le Marin Marie II, a exercé durant 30 ans. En 2004, il a été élevé au rang de chevalier dans l'ordre du Mérite maritime et reçu la médaille d'honneur des marins de la pêche. Deux ans plus tard, c'est la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM) qui lui remet la médaille d'argent." (FR3)

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Sur le local de la SNSM.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Le warry CH 449836 "REBELOTE".

Le film INA de 1994 montre Fredo en pêche à bord de Rebelote, avec le même numéro et la même décoration.

Un warry, barque à fond plat utilisée jadis à Terre-Neuve pour tendre les lignes à pêcher la morue, diffère d'un doris par son arrière plus large et ses formes plus volumineuses et plus arrondies.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

Archipel de Chausey. Photographie lavieb-aile sept. 2018.

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SOURCES ET LIENS.

— VIDEO INA 27 août 1994 : Fredo de Chausey

http://www.ina.fr/video/I00013495

— EUDE (Michel), 1956. "Pierre Jourdan, Les Iles Chausey". In: Annales de Normandie, 6ᵉ année, n°1, 1956.

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1956_num_6_1_4306_t1_0101_0000_3

 

"M. l'abbé Pierre-Joseph Jourdan, ancien curé de Chausey, est mort à Granville le 18 juillet 1954 (il était né au Mesnil-Aubert en 1880). Il avait publié en 1953, sur l'archipel qu'il avait administré de 1929 à 1950, une brochure qu'il convient de signaler aux lecteurs des Annales de Normandie. Illustrée de clichés, croquis et cartes, l'étude comprend sept chapitres: temps anciens, relief de l'archipel, climat des îles, flore terrestre et marine, vie religieuse Chausey dans l'histoire, ressources de Chausey. On se limitera ici à quelques-uns des problèmes que pose cet archipel de 11 kms de long sur 5 de large, situé à 17 kms de Granville et composé de plusieurs centaines d'îlots (52 ne sont jamais recouverts, plus de 360 découvrent à marée liasse, réunis par de vastes étendues de sables au N.-O., de vases au S.-E. et au centre). Sur l'origine des îles Chausey comme de tout le littoral de la baie du Mont-Saint-Michel M. Jourdan se rallie (mais on hésite à le suivre) à la thèse d'une formation récente (v° et vi«>- siècles de l'ère chrétienne), sans toutefois que le cataclysme de 709, s'il a existé, ait eu l'influence décisive que certains iui attribuent : ta submersion serait due à une lente et progressive élévation du niveau marin. Constitué par un massif de granite précambrien antérieur au poudingue (également précambrien) de Granville, alors que le granité de Carolles appartient au Carbonifère injecté dans les schistes plissés du briovérien inférieur, l'archipel possède donc une structure extrêmement ancienne (il n'y a à signaler, au Tertiaire, que quelques dislocations, peut-être une faille qui expliquerait le relèvement de la partie S. O. et rabaissement de la partie N.-E. de l'archipel). Son visage actuel, en revanche, ne date que du Quaternaire : une phase initiale (transgressions tyrrhénienne et monastirienne), puis une régression pendant laquelle Chausey devait dominer d'une quarantaine de mètres une immense zone plate et basse, traversée par un cours d'eau formé de la Sée et de la Sélune et grossi de la Rance et du Couesnon, précèdent la transgression flandrienne. Celle-ci est suivie d'une légère régression (à laquelle correspondrait la « forêt de Scissy »), jusqu'à ce que la transgression dunkerquienne vienne donner à la baie du Mont-Saint-Michel l'aspect que nous lui connaissons. Le relief des iles hautes a pu être façonné par les mers tyrrhénienne et iiaut-monastirienne, celui des îles basses (5 m. au maximum au dessus des plus hautes mers) correspondant au niveau bas-monastirien légèrement supérieur au niveau actuel. Les rochers aux contours pittoresques (éléphant, dormeur, bouledogue, moines) sont peut-être dus à une érosion plus récente. Quant aux formes d'accumulation, elles ne se rencontrent guère que dans la Grande Ile, où le sable a soudé quatre ilôts primitivement séparés.

Nous ne savons rien de l'histoire de Chausey avant le xie siècle : vers 1025 (et non en 1008 : cf. J. Adigard des Gautries, Annales de Normandie, 1951, p. 21), Richard II donne Calsoi aux Bénédictins du Mont-Saint-Michel qui y bâtissent une chapelle desservie par deux moines. En 1343 le prieuré bénédictin cède la place, pour deux siècles, aux Franciscains, mais toujours sous l'autorité de l'abbé du Mont (la possession de Chausey lui avait déjà été confirmée par une bulle de 1179). Le service religieux, assuré par le clergé diocésain au xviii siècle, fut interrompu au moment de la Révolution et ne devait reprendre qu'en 1848. Suivant le sort du duché de Normandie, les îles Chausey avaient été rattachées au domaine du roi de France en 1204. Dans la seconde période de la guerre de Cent Ans elles furent, comme le Mont-Saint-Michel, occupées par les partisans de Charles VII. Leur importance stratégique n'échappa point à Henri 11 qui v fit construite en 1558 une forteresse (détruite en 1756 et restaurée en 1928 par l'industriel Louis Renault).

Le commandement en fut confié peu après à Jacques II de Matignon, lieutenant-général en Basse-Normandie (il sera fait maréchal de France en 1578) dont la famille (qui devait s'allier en 1715 aux Grimaldi de Monaco) conserva la charge de gouverneur de Chausey jusqu'à la Révolution, tout en se faisant le plus souvent à la tète de la petite garnison par des capitaines. Depuis le milieu du xvie siècle, l'archipel a donc essentiellement un rôle de surveillance et de défense contre les Anglais. Ceux-ci tentent des coups de main (et réussissent parfois à occuper les îles) en 1694, 1695, 1744, 1756-57. Ce dernier épisode faillit être fatal à Chausey, dont le gouvernement de Louis XV sembla se désintéresser totalement après 1763.

Les iles furent sauvées par l'action conjuguée de deux hommes : le Blainvillais Régnier, qui développa la fabrication de la barille (soude) à partir du varech, et l'abbé Nolin, chanoine de Dijon et agronome réputé, tous deux soutenus d'ailleurs par les Grimaldi et l'intendant de Caen, Fontette. L'œuvre de Régnier, mort en 1772, fut continuée par son fils Jean-Louis, organisateur en 1781, avec le Baron de Rullecourt, de la malheureuse expédition contre Jersey, et qui jouera un rôle important à Granville pendant la Révolution. En 1786 Régnier céda ses droits à l'armateur granvillais Pimor, à la famille duquel le ministère des Finances reconnut la propriété des îles en 1803. Au cours du xixe siècle, l'archipel resta propriété des Pimor, puis, par héritages, des familles Harasse et Hédouin (la chronologie de M. Jourdan, assez embrouillée, appellerait sans doute quelques rectifications). Plus d'un Granvillais se souvient encore des demoiselles Marie et Léonie Hédouin (de l'aînée surtout, véritable « châtelaine de Chausey ») qui, peu de temps avant 1914, léguèrent les des à une société civile immobilière. Celle-ci en  possède actuellement la plus grande partie, le reste (terrains occupés par le fort, le phare et le sémaphore) étant passé aux mains de l'Etat par suite d'expropriations.

La position stratégique de l'archipel, la proximité de Jersey expliquent en effet l'intérêt qu'on lui portait et les constructions qu'on y éleva au siècle dernier. Après l'alerte de 1840, c'est le phare, allumé en 1817 ; en 1866 le fort, en 1867 le sémaphore (abandonné par la Marine après 1945). M. Jourdan ne signale pas un trait caractéristique du rôle de Chausey en face de l'Angleterre : à la fin du xixe siècle encore, le 2e régiment d'infanterie, en garnison à Granville, détachait une demi-compagnie pour occuper le fort, et ce n'est qu'après l'entente cordiale de 1904 que celui-ci fut abandonné et déclassé. Après avoir reçu en 1871 des communards, il fut utilisé au cours de la première guerre mondiale comme lieu d'internement pour des prisonniers allemands et des étrangers suspects.

Quelles sont dernière question les ressources de Chausey et comment envisager son avenir ? Longtemps la vie économique des îles a reposé sur trois activités : les carrières de granit, le varech, la (lèche. Depuis le xie siècle au moins (au Mont-Saint-Michel, la construction de l'abbaye romane commence en 1023) la pierre est exploitée et dirigée vers les ports de Saint-Germain-sur-Av, Regnéville et Genêts. Les maisons, l'église Notre-Dame, les remparts, le port de Granville sont en granit de Chausey. Aux xvir et xvii siècles on venait de Jersey et de Guernèsey se fournir à Chausey, jusqu'à ce que la vente à l'étranger fût interdite en 1731 par le secrétaire d'État à la marine. Et après 1945, c'est la pierre de Chausey qui a été choisie pour la reconstruction de Saint-Malo, afin de conserver à la vieille cité malouine tout son caractère. Aussi ancienne sans doute est l'exploitation du varech : au xiiie siècle les Jersyais venaient couper le varech de Chausey pour le brûler et extraire de ses cendres la soude utilisé dans l'industrie du verre. Au xviie siècle, la manufacture de glaces de Tourlaville recherche le varech des îles, et il fallut en 1736 en interdire la coupe aux Jersyais.

La monarchie de Juillet marque l'apogée de cette activité : chaque année quelque 500 barilleurs, la plupart venus de Blainville, s'installent pour six mois à Chausey et brûlent le varech dont les cendres sont traitées à l'usine de Granville. Mais la concurrence, les progrès de la chimie ne lardèrent pas à ruiner cette industrie, qui disparut complètement vers 1880. La pêche, en revanche, fait encore vivre une centaine de personnes, c'est-à-dire presque tous les Chausyais, l'agriculture et surtout  l'élevage étant représentés par l'unique ferme de la Grande Ile. Elle porte principalement sur tes crustacés (homard et bouquet) que l'on va chercher jusqu'aux Minquiers.. M. Jourdan signale également la tentative, entreprise en 1950, de reconstituer les parcs à huîtres. On notera pour terminer que la pèche n'est pas seulement l'activité essentielle des Chausyais : elle est liée en effet au remarquable essor du tourisme après 1945. M. Jourdan cite le chiffre de. 32.000 passagers entre Granville et Chausey (mais on y vient également de Cancale, Saint-Malo et Jersey) pour l'année 1949. Ressource appréciable, certes, et appelée à se développer encore, mais qui n'est peut-être pas sans danger. Sans parler des déprédations trop souvent causées par les campeurs, une pratique inconsidérée de la pêche (comme, en hiver, de la chasse aux oiseaux de mer) par des amateurs risque d'amener la raréfaction, voire la disparition de certaines espèces (en particulier du homard). Enfin la question de l'eau se posera toujours avec acuité. L'unique source de la Grande Ile a tari en 1949 et 1955 et le fait peut se reproduire lors des étés chauds et secs, ceux précisément où les touristes viennent nombreux dans l'archipel. Il y a là un problème difficile à résoudre, mais impossible à éluder pour qui se préoccupe de l'avenir des iles Chausey." Michel EUDE.

 

— JOURDAN (abbé Pierre) , 1953, Les îles Chausey ,  Saint-Lô, impr. de R. Jacqueline, (1953). In-8°, 96 p., fig., cartes, couv. ill. [D. L. 14913-53] -VIIIe.

BnF

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3344612x.texteImage

https://books.google.fr/books?id=lddYDwAAQBAJ&pg=PT91&dq=chapelle+chausey&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS0NWkvrfdAhUIx4UKHZwHDSwQ6AEIKDAA#v=onepage&q=chapelle%20chausey&f=false

— THEVENIN (Jean-Michel), 1999, "Il était une fois Chausey".

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Published by jean-yves cordier
13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 09:43

Les vitraux de la chapelle Notre-Dame de la Grande île de l'archipel de Chausey (Manche) par Yves Saint-Front et frère Hugues Rettel de l' atelier monastique de Saint-Benoit-sur-Loire, 1967.

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Voir :

la liste des 160 descriptions de vitraux sur ce blog.

et particulièrement :

Les vitraux de l'église de Hoedic (dalle de verre, Denis Hubert, abbaye d'En Calcat 1993).

Quelques images d'un séjour à la Grande Île de Chausey.

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La chapelle Notre-Dame est bâtie sur un point éminent de la Grande île de l'archipel de Chausey, entre la cale de débarquement des vedettes venant de Granville et le port des Blainvillais, au sud du Sound qu'elle surplombe. 

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Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Le bâtiment, datant de 1848, est de plan très simple, un seul vaisseau de forme rectangulaire s'achevant à l'est par un chevet à trois pans.

À l'intérieur, sous la voûte lambrissée, se disposent, outre l'autel du chœur,  deux autels adossés aux murs nord et sud, et ceux-ci, lieux très animés des dévotions et des ex-voto, divisent l'espace de la nef en deux parties. Le chœur, plus froid et plus sombre, reste à l'écart.

C'est donc tout naturellement que les six baies sont disposés dans la nef de part et d'autre de ces autels, et dans le chœur sur les pans coupés latéraux, le pan médian restant borgne.

Par facilité, je leur attribuerai dans ma description une numérotation débutant par le premier vitrail visible pour le visiteur à gauche, et suivant ensuite une progression dans le sens des aiguilles d'une montre. Le numéro 7 sera donné à l'oculus occidental, au dessus de la porte d'entrée.

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Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Les vitraux de la chapelle de la Grande île de l'archipel de Chausey (Manche) par Yves Saint-Front, 1967.
Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Chapelle Notre-Dame, Grande-Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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DESCRIPTION DES SEPT VITRAUX.

Six baies formées d'une seule lancette ogivale de 2,7 m2, et un oculus.

LA COHÉRENCE THÉMATIQUE.

Le peintre-verrier Yves Saint-Front marie ici une profonde et ancienne connaissance de l'archipel de Chausey, qu'il avait fréquenté depuis l'enfance, du milieu marin (son père est le peintre de marine et navigateur Marin-Marie) et de la pêche, avec une foi religieuse déterminée par la rencontre avec un missionnaire de Tahiti et par une retraite à l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. C'est très logiquement que pour cette archipel de pêcheurs de bouquets et de homards, il sélectionne les textes évangéliques qui font mention du métier de pêcheurs sur le lac de Tibériade de quatre apôtres, du baptême du Christ dans les eaux du Jourdain (rapproché de la tradition du baptême de leurs navires par les marins),  de la multiplication des poissons par le Christ pour nourrir la foule attirée par ses prédications, de la pêche miraculeuse, ou de Pierre marchant sur les eaux. Le lac de Tibériade (ou Mer de Galilée, 160 km2) et le Jourdain qui le traverse donne donc une solide unité à cinq des six vitraux principaux, le sixième étant consacré à la Vierge qui est la patronne de la chapelle. "

"Le lac a une grande importance pour les chrétiens. C'est sur ses rives dont les collines boisées et les petites plaines fertiles abritaient de nombreux villages de pêcheurs et d'agriculteurs que de nombreux épisodes de la vie de Jésus, rapportés dans les Évangiles, ont eu lieu (La tempête apaisée (Lc 8, 12,25), la pêche miraculeuse (Lc 5, 4-6), la dernière apparition aux disciples alors qu'il était ressuscité (Jn 21, 1s))." (Wikipédia)

C'est André, frère de Simon (saint Pierre) qui fut le premier à décider de suivre Jésus, juste après le baptême par Jean-Baptiste à Bethanie (Bathanée, au nord-est du lac ?), et, aussitôt, il alla trouver son frère pour le convaincre qu'il avait trouvé le Messie. Ils étaient tout deux nés à Bethsaïde, sur les bords du lac, où ils avaient leur barque. Mais c'est Simon ("qui écoute") qui prit l'ascendant sur son frangin, et reçut du Christ son nouveau nom de Pierre, avant de recevoir, dans la tradition, les clefs de l'Église.

Mais nous retrouvons André lors de l’épisode de la multiplication, puisque c'est lui qui amena le jeune garçon portant les cinq pains et les deux poissons.

 

 

"Jean leur répondit: Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi;  je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait. Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. C'est celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi. Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau. Jean rendit ce témoignage: J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui.  Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint Esprit. Et j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu. Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples; et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit: Voilà l'Agneau de Dieu.

 Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus. Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: Que cherchez-vous? Ils lui répondirent: Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu? Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure.

André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus. Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit: Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie Christ). Et il le conduisit vers Jésus.

Jésus, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, fils de Jonas; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre)." Jean 1:27-42

 

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Les vitraux sont répartis chacun en deux registres thématiques. Nous allons découvrir :

Baie n°1 : les quatre apôtres pêcheurs de Tibériade : André et Pierre, Jean et Jacques.

Baie n°2 : la Multiplication des poissons. Prédication à Tibériade.

Baie n°3 : Vierge à l'Enfant. Retour de pêche à Chausey.

Baie n°4 : Baptême du Christ ; baptême d'un navire à Chausey.

Baie n°5 : Pierre tentant de marcher sur le lac ; la Pêche miraculeuse.

Baie n°6 : Le Christ en gloire parmi 24 rois. Prédication dans une barque. 

Oculus : symbole eucharistique et trois oiseaux marins.

 

Note :  ces interprétations des vitraux sont personnelles : je n'ai pas eu accès à d'éventuelles archives du peintre ou à d'autres documents.

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Vue de l'élévation nord et des baies 1 et 2. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vue de l'élévation nord et des baies 1 et 2. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n°1. Les quatre apôtres pêcheurs sur le lac de Tibériade : Pierre et André, Jean et Jacques.

(Mur nord. Numérotation baie 5 selon le Corpus Vitrearum).

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https://www.biblegateway.com/passage/?search=Luc%205&version=LSG;VULGATE

Comme Jésus se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, il vit au bord du lac deux barques, d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets. Il monta dans l'une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s'éloigner un peu de terre. Puis il s'assit, et de la barque il enseignait la foule. Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher." [  ici, dans Luc,  le texte se poursuit par le récit de la miracle de la Pêche miraculeuse]

" Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon: Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d'hommes. Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent." Luc 5:1-11

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Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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1a. Registre supérieur : les apôtres Pierre et André.

Saint Pierre se reconnaît à sa clef et à son geste de bénédiction (il fut le premier évêque de Rome), saint André à la croix en X, rouge sur sa robe verte. Ils sont représentés montés dans leur barque de pêche, dont l'étrave haute, mais surtout le tableau arrière en cœur,  légèrement incliné, et le gouvernail, sont ceux des canots de Chausey plutôt que des embarcations de la mer de Galilée.

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Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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1b. Registre inférieur. Les apôtres Jean et Jacques.

 

Jean, à gauche, s'identifie par son absence de barbe et par le livre qu'il porte : il est l'auteur d'un des quatre Évangiles et de l'Apocalypse.

Jacques porte le baudrier à coquilles de Saint-Jacques des pèlerins de Compostelle. L'objet qu'il tient en main droite reste à identifier et ne ressemble pas à un bourdon. Les coquilles Saint-Jacques sont familières aux pêcheurs de la Baie du Mont Saint-Michel : ce sont, avec les canots chausiais, un autre moyen d'ancrage de la scène dans l'environnement marin granvillais.

Ils sont montés dans une barque semblable à celle du registre supérieur. Les membrures du bordé sont fidèles à leur modèle.

Marc précise qu'ils réparaient leurs filets, détail éloquent pour les marins :

"Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient un filet dans la mer; car ils étaient pêcheurs. Jésus leur dit: Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Aussitôt, ils laissèrent leurs filets, et le suivirent. Étant allé un peu plus loin, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui, eux aussi, étaient dans une barque et réparaient les filets.  Aussitôt, il les appela; et, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers, ils le suivirent. " Mc 1:16-20

Le jeu de mot pêcheurs / pêcheurs d'hommes est  basé sur le mot latin piscatores de la Vulgate suivi de piscatores hominum, traduction du  grec original,  halieus, dérivé de hals, "sel". Ces "hommes du sel" vont être chargés d'assaisonner la vie spirituelle de leurs semblables.

Dans Mc 3:17, Jésus  donne aux deux fils de Zébédée le nom  de Boanergès, "fils du tonnerre" .

Ils sont présents, avec Pierre, lors de la Transfiguration. Mc 9:1-9.

Et ils sont encore là, avec Pierre, au jardin de Gethsémani lors de l'agonie du Christ. Matthieu 24:37.

La place donnée dans les Évangiles à ces apôtres marins-pêcheurs est troublante. Ces vitraux en soulignent l'importance.

Pierre et André, Jean et Jacques forment deux couples de frères. Les barques sont possédées par une communauté familiale. 

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Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail des quatre apôtres pêcheurs, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n°2 : le miracle de la Multiplication des poissons. Prédication du Christ sur le lac de Tibériade.

(Mur nord. Numérotation baie 3 selon le Corpus Vitrearum).

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Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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2a. Registre supérieur. La Multiplication [des pains et] des poissons.

Multiplication des pains et des poissons.

Dans ce récit qui est souvent désigné par le titre La Multiplication des pains, le peintre insiste davantage sur les poissons, mais les dos ronds des pains bruns sont néanmoins visibles au fond des paniers.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc chapitre 9, versets 12 à 17 :

« Comme le jour commençait à baisser, les douze s'approchèrent, et lui dirent : Renvoie la foule, afin qu'elle aille dans les villages et dans les campagnes des environs, pour se loger et pour trouver des vivres; car nous sommes ici dans un lieu désert. Jésus leur dit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Mais ils répondirent : Nous n'avons que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n'allions nous-mêmes acheter des vivres pour tout ce peuple. Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : Faites-les asseoir par rangées de cinquante. Ils firent ainsi, ils les firent tous asseoir. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient. »

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Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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2b. Registre inférieur : prédication du Christ à Tibériade.

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Le Christ est debout dans une barque, tandis qu'un apôtre, assis, le regarde. La barque est au milieu du lac, et, sur la rive, un public mêlé (homme, femme, enfant, vieillard) l'écoute.

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Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de la Multiplication des poissons, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n°3. La Vierge à l'Enfant. Retour de pêche à Chausey.

(Pan nord du chevet. Numérotation baie 1 selon le Corpus Vitrearum).

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Vitrail de la Vierge, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de la Vierge, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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3a. Registre supérieur. La Vierge à l'Enfant.

La Vierge est assise sur un trône, elle est nimbée, couronnée et voilée, porte son Fils sur le genou droit et tient un objet (globus cruciger ? On voit une croix rouge) dans la main gauche.

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Vitrail de la Vierge, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de la Vierge, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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3b. Registre inférieur. Scène de Chausey : retour de deux pêcheurs attendus par une femme et son enfant. Aux Blainvillais ?

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Vitrail de la Vierge, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de la Vierge, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n°4. Baptême du Christ. Baptême d'un bateau.

Pan sud du chevet. Baie 2 selon le Corpus Vitrearum.

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Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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4a registre supérieur. Baptême de Jésus dans le Jourdain par Jean-Baptiste.

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En haut, une main et une colombe signale la puissance divine. Jean-Baptise est à gauche, Jésus, vêtu d'un pagne,  est enveloppé par l'ondoiement des eaux lustrales. Un apôtre assiste à la scène. En bas, un enfant de chœur semble s'être échappé du registre inférieur.

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Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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4b. Registre inférieur. Baptême d'un bateau de pêche.

Quatre personnages : la marraine , un enfant de chœur, le recteur traçant la bénédiction, et le marin-pêcheur.

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Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Baptême du Christ, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n°5. Saint Pierre marchant sur les eaux. La Pêche miraculeuse.

Mur sud. Baie n°4 selon le Corpus Vitrearum.

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Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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5a. Registre supérieur. Saint Pierre marchant sur les eaux.

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La Marche sur les eaux

" Les disciples de Jean vinrent prendre son corps, et l'ensevelirent. Et ils allèrent l'annoncer à Jésus.

 A cette nouvelle [la mort de Jean-Baptiste], Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l'écart dans un lieu désert; et la foule, l'ayant su, sortit des villes et le suivit à pied. [Multiplication des pains et des poissons]

 Aussitôt après, il obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, pendant qu'il renverrait la foule. Quand il l'eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l'écart; et, comme le soir était venu, il était là seul. La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots; car le vent était contraire. A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent: C'est un fantôme! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt: Rassurez-vous, c'est moi; n'ayez pas peur!

Pierre lui répondit: Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria: Seigneur, sauve-moi!  Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté?  Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa."

 

 

 

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Yves de Saint-Front n'a pas représenté la tempête ou le vent contraire, mais seulement le fléchissement de la foi de saint Pierre, et surtout la main tendue du Christ.

Jésus, au nimbe vert crucifère, est debout (sur les flots ? ou sur le bord ?) et tend la main à saint Pierre qui est enfoncé dans la mer jusqu'à mi-corps. Les deux mains se touchent par le bout des doigts, dans une diagonale qui est aussi celle des regards : le geste et l'échange visuel ont la même force. C'est, dans sa disposition graphique, la même composition que la scène du Noli me tangere entre le Christ et Marie-Madeleine, avec la même intensité de relation interpersonnelle,  quoique la signification soit inversée.

Le regard estomaqué d'André, de Jean et de Jacques  est incroyablement rendu, si on considère la simplicité des traits de peinture.

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Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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5b. Registre inférieur. La Pêche miraculeuse et la crainte de Dieu.

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"Simon lui répondit: Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; mais, sur ta parole, je jetterai le filet. L'ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l'autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu'elles enfonçaient. 

Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit: Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l'épouvante l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite." (Luc 5)

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Jésus (nimbe crucifère vert) est debout sur les eaux, devant l'étrave de la barque. Pierre est également debout (dans le bateau ?) et brandit un grand poisson plat. Je ne sais comment, le peintre laisse passer son désarroi dans son regard.

Deux autres apôtres se penchent par dessus le liston et remontent les filets remplis de poissons. À droite, le tableau arrière et le safran du gouvernail.

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Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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L'éclairage, au moment de ce cliché, souligne remarquablement le pouvoir de la dalle de verre de faire miroiter la lumière et de la briser en une multitude de teintes : les bulles, l'irrégularité de la coupe et de la surface, les lignes et marques du matériau jouent mélodieusement avec le soleil d'une façon dynamique que l'instantané photographique ne peut rendre.

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Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail de Pierre marchant sur les eaux, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n° 6. Le Christ en gloire.

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Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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6a. Registre supérieur. Christ ressuscité ou en gloire. Transfiguration ?? Ascension??.

Le Christ, dans un nimbe crucifère,  vêtu du manteau rouge glorieux de la Résurrection, est assis sur un trône, en majesté, tenant le Livre des Écritures et traçant une bénédiction.

Ses pieds sont posés sur un dôme émergeant d'ondes ou de nuées.

Il est entouré de deux fois douze rois couronnés et barbus : certainement les rois de Juda de sa généalogie selon Matthieu et Luc. Ces rois tendent la main vers lui et indiquent ainsi qu'ils l'annonçaient. David tient en guise de harpe une sorte de guitare, deux autres rois brandissent un calice.   

Ce registre évoque en même temps l'Arbre de Jessé, le Christ en gloire, les 24 Anciens d'Apocalypse 5:8 tenant chacun une harpe et une coupe d'encens, et le verset d'Apocalypse 5:5  : "Voici, il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de la racine de David [ de Jessé], pour ouvrir le livre et ses sept sceaux."

.Ces éléments me conduisent à abandonner l' hypothèse de L'Ascension et celle de la Transfiguration, mais sans exclure un habile jeu de renvois internes et polysémiques du peintre pour intégrer les références précédentes aux Apôtres.

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Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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6b. Registre inférieur. Prédication du Christ dans une barque.

L'interprétation est incertaine. La scène se passe dans une barque, sous une arche blanche. Le personnage nimbé vêtu de blanc est très vraisemblablement le Christ, qui lève un index kérigmatique vers le ciel et le registre supérieur. Autour de lui, sept personnages, au lieu de le regarder, tournent vers nous des regards effarés. Ce ne sont pas les Apôtres, puisqu'ils ne sont pas nimbés : c'est "la foule" assistant aux prédications.

Cela pourrait être saint Jean à Patmos (mais pourquoi la barque plutôt que l'île ? Pourquoi la barbe ?).

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Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail du Christ ressuscité, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n° 7 : l'oculus occidental. Symbole eucharistique entouré de trois oiseaux marins.

Un calice est surmonté d'une hostie où s'inscrit une croix. Trois oiseaux circonscrivent le ciel bleu à nuages blancs en réunissant les ailes, et, avec leurs grandes ailes blanches à extrémité noire et leur fort bec jaune, ils évoquent des Fous de Bassan, oiseaux marins et pêcheurs par piqués audacieux en pleine mer. Ils n'ont rien d'une colombe du saint-Esprit mais l'artiste leur confère néanmoins la fonction d'intercession du Paraclet.

Tout reste donc délibérément marin, jusqu'à la traditionnelle bordure de tesselles blanches qui prend ici l'allure de deux cordages noués.

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Oculus occidental, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Oculus occidental, Yves Saint-Front 1967, dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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COMMENTAIRES ET DOCUMENTS (les textes copié-collés sont en retrait).

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Résumé : le peintre Yves de Saint-Front, fils du navigateur et peintre de marine Marin-Marie, a découvert la technique de fabrication des vitraux en dalle de verre sur ciment lors d'une retraite à Saint-Benoït-sur-Loire en 1958 auprès d'un Frère, Hugues Rettel. Cette technique avait été diffusée par le père Ephrem Soccart de l'abbaye d'En-Calcat. En 1959, il reçut la commande des vitraux de Chausey par le curé de l'ïle, l'abbé Delaby. Les thèmes ont été fixés par l'abbé Delaby, les maquettes ont été réalisées par Yves de Saint-Front à l'atelier monastique de Saint-Benoît-sur-Loire, la disposition iconographique a été mise au point avec le frère Hugues Rettel, et la fabrication des dalles a eu lieu à Saint-Benoît-sur-Loire par l'atelier, où Louis-René-Petit avait été embauché. Yves de Saint-Front a vraisemblablement participé aussi à la fabrication. Les vitraux ont été inaugurés en juillet 1967.

 

 

I. L'AUTEUR DES CARTONS : YVES DURAND DE SAINT-FRONT (1928-2011).

Extrait des biographies en ligne : 

a) Wikipédia.

"Yves de Saint-Front est un artiste peintre et vitrailliste français né le 23 mars 1928 à Paris et décédé le 14 octobre 2011 à Pleudihen-sur-Rance. Il est le fils du peintre de marine et navigateur solitaire normand Durand de Saint-Front, alias Marin-Marie.

Il reçoit l'enseignement du cubiste figuratif Jean Souverbie à l'école nationale supérieure de Paris dès 1949 et se lie d'amitié avec le peintre Romain Souverbie qui lui propose de rencontrer Picasso à Vallauris.

Habitant longtemps Tahiti, il y a notamment réalisé une importante série de tableaux ainsi que les vitraux de la façade Ouest de la cathédrale de Papeete et le chemin de croix de cette même cathédrale sous la forme d’une bande horizontale narrative.

Il a également exécuté de nombreuses toiles de l'ile de Chausey où il avait sa demeure familiale."

 b) Voir le site http://ysaintfront.com/

http://ysaintfront.com/artwork/index/search?q=chausey&definitionId=&periodId=&placeId=&search=Rechercher

c) Biographie du site http://ysaintfront.com/pages/biographie-2_3.html

J'ai sélectionné ce qui concerne Chausey d'une part, les vitraux d'autre part :

"Naissance à Paris le 23 mars 1928, d'Yves de Saint-Front, fils du peintre de marine et navigateur solitaire normand, Durand de Saint-Front, alias Marin Marie. Yves est l'aîné d'une famille de trois enfants. Dès sa plus jeune enfance, sa mère l'emmène au musée du Louvre où il est impressionné par Rembrandt, Goya, Ingres et par l'Homme au gant de Vélasquez. Il commence son apprentissage à l'aquarelle et à la gouache selon la méthode de son père ; en 1943, il lui emprunte des tubes d'huile et fait ses premiers essais de portraits et natures mortes à Saint-Hilaire-du-Harcouët, ainsi qu'à Chausey.

1945 - Il prépare les Beaux-Arts et fréquente l'atelier d'Yves Brayer à la Grande Chaumière où il fait la connaissance de Pierre Fustenberger et de Pierre Cabannes, massier à l'époque.

1947 - Il est admis aux Beaux-Arts dans l'atelier de M. Jean Souverbie qui enseigne l'art des maîtres contemporains (Braque, Picasso, Matisse) ainsi que les primitifs. Il visite les musées parisiens dont le Louvre, et les maîtres de la tradition chrétienne comme le maître de laPietà d'Avignon ; à l'occasion des grandes expositions montées après-guerre, il découvre Van Gogh, Gauguin, Degas, Toulouse-Lautrec, ainsi que les impressionnistes.

1948 - En novembre, voyage au Maroc effectué en famille au départ de Chausey, Lisbonne-Casablanca à bord de l'Ariel, voilier de 17 m conçu pour la compétition. Retour en juillet, août par Madère sur Chausey.

1951 - Après avoir fait son service militaire en 1950, il voyage en novembre et décembre 1951 de Casablanca à Monaco comme équipier de son père sur le Carola, goélette de 300 tonneaux

 

1954- il séjourne plusieurs mois à Chausey et lorsqu'il rentre fin octobre à Paris, il s'associe à une entreprise de peinture en bâtiment qui lui permet de gagner sa vie jusqu'en juin 1955. Il réalise cette année portraits, études, travaux de décoration et continue à peindre en hiver, dans la rue, les cafés de nuit. Il projette avec Gilles Artur d'effectuer une expédition aux Vanuatu. Nouvelles-Hébrides, en armant un ancien chalutier de Cancale. mais le principal mécène les abandonne.

1955  Invité à Tahiti par son oncle l'amiral Durand de Saint Front, il arrive à Papeete au début du mois de décembre 1955.

1956 - Il séjourne d'abord sur la côte ouest puis à la pointe Vénus chez le peintre Jean Masson : en juin, il expose au Cercle Polynésien situé à l'hôtel Stuart. Accueilli par la famille Teo Ananiaa, il vit trois mois et demi sur l'atoll d'Anaa où il fait la connaissance d'un vieux missionnaire, le Père Materne-Cevaëre — rencontre qui marquera sa vie spirituelle. De retour à Tahiti le 6 octobre, il s'installe à Papeete à l'hôtel Gabert jusqu'au 2 novembre, date à laquelle il embarque sur le Tahitien pour rejoindre la France. Après avoir retrouvé sa famille à Paris, il se rend fin décembre à Chausey. Ce séjour lui a permis de se confronter à la lumière extérieure, selon le principe des impressionnistes. Il peint à l'huile Paysages, portraits, vie quotidienne des habitants, ne faisant aucune concession à l'exotisme et la littérature. Attentif à sa recherche sur la couleur et la lumière, ses compositions restent classiques.

1958- En juin, à l'occasion d'une retraite à l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire, il prend contact avec un frère qui a participé à la réalisation des verrières en dalles de verre du réfectoire moderne. En juillet, il revient aider le frère à réaliser des cartons (dessins grandeur nature des panneaux qui composent le vitrail), et mettre en place une rosace dans une église de la région. Il abandonne l'atelier de décoration parisien, fin décembre.

1959- Il accepte, à Pâques, le poste de surveillant et professeur de dessin au collège de Pontlevoy, près de Bloy, ce qui le rapproche de Saint-Benoit où il se rend régulièrement. Il y met au point un système de visionnage en même temps qu'il fabrique les panneaux de dalles de verre. Pendant les vacances scolaire le père Delaby [curé de Chausey]  lui propose de réaliser les vitraux pour la chapelle de Chausey dont les verrières ont été en grande partie détruite pendant la guerre.

1960- Il démissionne du collège de Pontlevoy et accepte en début d'année l'offre du monastère de Saint Benoît qui l'embauche à mi-temps comme conseiller artistique, magasinier, coupeur de verre ; il pourra ainsi entreprendre les maquettes des vitraux de Chausey. Peu après, Louis-René Petit, jeune maître verrier, sera embauché. Yves de Saint-Front y travaillera jusqu'en juin 1967. Inauguration en juillet des vitraux de la Chapelle de Chausey ; six fenêtres figuratives de 2,70 m² chacune. Les thèmes ont été décidés par le père Delaby et la disposition iconographique a été mise au point avec le frère Hugues Rettel.

 

1962 - Il se marie en avril à l'abbaye de Saint-Benoît. Parallèlement à son emploi, il est maquettiste d'un certain nombre de chantier. Amillis, Seine-et-Marne, église du XIIIe siècle, quatre fenêtres en dalles de verre, figuratives et non figuratives (100 m²)

1963 - Boffres, Ardèche, chapelle romane, vitrail en dalles de verre, non figuratif. 

1964 - Forari, aux Nouvelles-Hébrides, église œcuménique, vitraux en dalles de verre, semi-figuratifs, thèmes symboliques (200 m²).

1965 - Le Mans, église moderne Saint-Aldric, vitraux en dalles de verre, non figuratifs (200m²). .

1966 -. Pavillon-sous-Bois, banlieue est de Paris, vitraux en dalles de verre avec parties figuratives (400 m²). Vezins, Manche, vitraux plombs et grisailles pour le chœur et les transepts, thèmes figuratifs. Église moderne d'Alboussière, Ardèche, vitraux en dalles de verre, non figuratifs. Piace, Orne, vitraux en dalles de verre figuratifs et non figuratifs. Saint-Bernard Abbey, Alabama, USA, porche de l'église abbatiale, vitraux en dalles de verre et époxy, non figuratifs.

1967 - Cathédrale de Papeete, trois fenêtres en dalles de verre pour le porche d'entrée, non figuratifs, (30 m²). A la fin de l'année, il est sur place pour en diriger la pose.

 

[...]

1993 - Avec le frère Hugues Rettel, il met en œuvre et réalise sur place les vitraux de la chapelle du Prieuré de Saint-Benoît à Chérence ; huit fenêtres figuratives d'environ 1,60 m² chacune.

[...] A la fin de l’année 1991, il aménage un nouvel atelier dans la maison familiale de Chausey qui a été divisée par la succession.

En 1999, il quitte sa demeure du Vexin et s’installe à Pleudihen sur la Rance près de sa fille Marguerite Gaboriau. Avec l’aide de son gendre, charpentier de marine, il se lance une nouvelle fois dans la restauration d’une maison où il prévoit son atelier.

Yves de Saint-Front nous quitte le vendredi 14 octobre 2011 à l’âge de 83 ans ."

 

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COMMENT C'EST FAIT ?   LA DALLE DE VERRE SUR CIMENT.

https://www.journeesdesmetiersdart.fr/sites/default/files/plaquettes/plaquette_st_leu_v_01_05.pdf

"Mise au point au début des années 30 (Jean Godin, Jules Albertini), les réalisations en Dalles de Verre sont un élément architectural du patrimoine national (religieux et civil) et, néanmoins, un univers peu connu du grand public. Le Métier d’Art associé est une « niche » dans les Métiers d’Art du vitrail. Contemporaine, la Dalle de Verre offre un éventail élargi de visions et de formes où les signatures de peintres, de maîtres verriers et de mosaïstes se sont exercées, dont certaines reconnues sur la scène internationale : Jean Godin, Gabriel Loire, Fernand Léger, Henri Guérin, Max Ingrand, Louis Barillet, Jacques Le Chevallier, Joseph Guevel, Jean Lesquibe, Henri Martin Granel, Claude Idoux, Tristan Ruhlmann, Pierre Soulage, Frédérique Duran, et d’autres. Depuis la fin du XXème siècle, une nouvelle dimension artistique contemporaine est en voie de développement grâce à des créateurs de talent dont l’ambition est de redonner ses lettres de noblesse à cette matière et à son Métier d’Art oublié. "

Le Collectif « DALLE DE VERRE » www.collectifdalledeverre.com https://www.facebook.com/pages/Collectif-Cr%C3%A9ateur-de-vitraux-en-Dalle-de-Verre/1407682152804937 Le Collectif « Dalle de Verre » est un réseau informel de professionnels et d’amateurs éclairés dans le domaine très particulier de la Dalle de Verre. L’idée du collectif résulte d’une analyse du déclin de la Dalle de Verre depuis les années 80 et de sa disparition probable à moyen terme si rien n’est fait. Ce collectif s’est concrétisé fin 2012 sous l’impulsion de Charles Narçon, Victor-Loup Deniau, Thierry-Tristan Ruhlmann, Jacques Loire, Carlo Roccella, Gérard Albertini. Son évolution est permanente au fur et à mesure des nouveaux contacts (nationaux et internationaux). Finalité : l'idée fédératrice du collectif est de promouvoir la Dalle de Verre, de lui donner : "Un nouvel élan", de la mettre en lumière, d’explorer de nouvelles voies artistiques, de la remonter à la surface médiatique … bref, de la montrer et de faire parler d’Elle !

Fondée en 1925 par Jules Albertini, la société Albertini et Cie est aujourd’hui la seule entreprise artisanale et familiale en France spécialisée dans la fabrication de Dalles de verre et de mosaïques réputées pour leur qualité et leur palette colorée très étendue. 1, rue des Genêts - 95370 MONTIGNY-LÈS-CORMEILLES - 01 39 97 25 80 www.societe-albertini.fr - societe.albertini@orange.f

 

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LE MAÎTRE-VERRIER EPHREM SOCARD (PÈRE EPHREM) ET L'ATELIER MONASTIQUE DE SAINT-BENOÎT-SUR-LOIRE.

 

 

"Atelier monastique Saint-Benoît.

Cet atelier de réalisation de vitraux en dalles de verre a été fondé en 1958 à l’occasion de la reconstruction du monastère. Les verriers ont été formés par le père Ephrem, de l’abbaye d’En Calcat, qui fut également le maître du peintre verrier Henri Guérin. La technique de la dalle de verre était alors en perte de vitesse. Les vitraux en dalles de verre étaient réalisés en atelier puis posés. Les dalles provenaient de Saint-Gobain et de l’atelier G. Albertini à Montigny-les-Cormeilles (95). Les maquettes étaient réalisées par des artistes tel que Louis René Petit, salarié qui s’installera ensuite à son compte à Saint Aignant des Gués à proximité de St Benoit puis à Orléans. Il fut l’auteur d’un grand nombre des vitraux de l’Eglise de la Borie d’Arles de Brioude prenant ainsi la succession de Yves de Saint Front alors occupé à la réalisation et la pose des vitraux de la cathédrale de Papeete à Tahiti. Ce chantier fut suivi par l’architecte Guy Bion. Les artistes Bernard Foucher, Henri Guiro et Jean François Guerin-Laguette ont aussi travaillé pour cet atelier." Le vitrail contemporain en Haute-Loire, de 1945 à aujourd’hui .

 

"Le Père Ephrem Socard (+1985) était lui-même le fils d'un maître-verrier. Artiste puissant doté d'une solide formation, il créa vers 1950 l'atelier de dalles de verre d'En Calcat, technique encore assez nouvelle en France à cette époque.

À la fin des années cinquante, il fut le maître d'Henri Guérin, peintre-verrier toulousain dont l'œuvre monumentale est aujourd'hui reconnue, tant dans le monde religieux que par les architectes et les particuliers qui ont su comprendre les possibilités merveilleuses de la dalle de verre dans l'architecture civile.

A partir des années soixante, le Père Éphrem forme le Père Denis Hubert à cette technique. Celui-ci lui succédera à la tête de l'atelier jusqu'à sa mort prématurée en 1999, à l'âge de soixante-sept ans. Frère David reprend alors l'atelier jusqu'à son élection comme Père Abbé en 2009.

L'atelier d'En Calcat est fort d'une collection merveilleuse de plus de 1200 dalles de toutes nuances, pour la plupart venant des fourneaux de G. Albertini, à Montigny-les-Cormeilles (95). Le joint entre les verres, grâce aux progrès techniques du liant utilisé, peut se limiter à quelques millimètres, alliant transparence maximale et solidité ; mais la libre épaisseur du trait, qui est l'armature du dessin, offre au peintre une très grande souplesse." http://www.encalcat.com/l-atelier-des-vitraux_63.php

Les couleurs de la lumière. Le vitrail contemporain en région Centre 1945-2001

https://www.ressources-centre-vitrail.org/wp-content/uploads/2014/11/Couleurs_de_la_lumiere1.pdf

 

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L'inspection des vitraux par l'extérieur permet de voir combien cette technique diffère de celle des verres sertis au plomb.

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Vitrail n°5,  vue de l'extérieur. dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail n°5, vue de l'extérieur. dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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Vitrail n°5,  vue de l'extérieur. dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

Vitrail n°5, vue de l'extérieur. dalle de verre sur ciment. Chapelle de la Grande Île, Chausey. Photographie lavieb-aile septembre 1018.

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La comparaison avec le recto permet de découvrir avec quelle parcimonie le peintre a appliqué  les traits de peinture à la grisaille : sur le visage, ce sont seulement  les lignes des sourcils et des rides, les narines, la bouche et le menton. Nous sommes très loin des vitraux du XIV au XVIe siècle, avec leurs larges morceaux de verre fins, sertis au plomb, et peints de dégradés de grisaille, de lavis, d'application de jaune d'argent ou de sanguine.  Il y a avec cette technique une contrainte qui impose un art plus austère, et plus primitif rappelant les vitraux du XI et XIIe siècle. Ce qui n'est pas pour déplaire à celui qui a suivi les évolutions de la peinture du XXe siècle.

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Les vitraux de la chapelle de la Grande île de l'archipel de Chausey (Manche) par Yves Saint-Front, 1967.

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SOURCES ET LIENS.

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— JOURDAN (abbé Pierre) , 1953, Les îles Chausey ,  - 120 pages BnF

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3344612x.texteImage

https://books.google.fr/books?id=lddYDwAAQBAJ&pg=PT91&dq=chapelle+chausey&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS0NWkvrfdAhUIx4UKHZwHDSwQ6AEIKDAA#v=onepage&q=chapelle%20chausey&f=false

— LE SITE ysaintfront.com

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 21:22

La fondation d'un office anniversaire (obit) de la mort de Marie de Clère : une inscription de 1395 en l'église de Bourg-Achard (Eure).

 

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Obit : "service anniversaire pour un mort". tiré du latin obitus, "mort".

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Marie de Clère, dame des Authieux, fut l'épouse en second mariage (1376)  de Guy Chrétien, chevalier, bailli de Rouen et de Gisors, et conseiller du roi. Décédée le 5 octobre 1395, elle fut inhumée aux Cordeliers de Rouen, où se lisait son épitaphe, mais c'est à Bourg-Achard que se trouve cette plaque en pierre avec l'inscription datée du 15 novembre 1395 d'une fondation pour un service religieux à l'anniversaire de son décès, chaque année le 5 octobre, "éternellement".

Son mari est cité parmi les "Marmousets", conseillers de Charles VI issus de la bourgeoisie ou de la noblesse récemment nommée, et  dont le souci d'une gestion rigoureuse était vu d'un mauvais œil par le parti des princes tandis que le peuple les voyaient comme des profiteurs.  Aussi la carrière du nouveau général conseiller faillit être brusquement interrompue en 1392, lors de la chute de ces Marmousets et du rétablissement de la tutelle des oncles du roi. Il partagea le sort de Jean Le Mercier, au mois de septembre 1392 : " Et sire Jean Le Mercier et Mgr Guy Chrestien furent mis en garde comme en prison à la bastide Saint-Anthoine".

Le couple était  seigneurs de  Bosgouet, commune voisine de Bourg-Achard

Voir :

— Dictionnaire historique des communes de l'Eure :

https://archive.org/stream/bub_gb_MCVDAAAAcAAJ#page/n221/search/clere

— Duchemin ( Pierre-Polovic), 1890, Histoire de Bourg-Achard Impr. de Vve E. Dugas (Pont-Audemer), 1 vol. (404 p.) : pl. ; In-8° page 358-359

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k379765w/f364.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k379765w/f365.image

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A tous jours soit chose notable

Et a memoire pardurable [éternelle]

Que dame marie de clere

Fille du droit seigneur de clere

Fame dun homme renommé

Maistre guy chretien nommé

Conseiller du roy urexe [vous?]

A donne tant qui doit suffire

De ses bons [biens] venant de sa part

Au prieuré du bourachart

Au los et a lonneur de dieu

Que les religieux du lieu

Sont et seront tenus de faire

Son obit et anniversitaire

En leur eglise sans sejour [sans retard]

Dottobee le v jour [le cinquième jour d'octobre]

Chascun an pardurablement [chaque année à perpétuité]

Une fois lan tant seullement

Des mors o grant solempnite

De ce faire est en verité

Une chartre faite endonnée

Pour la dame ben ordonnée

Le xve jour de novembre

L'an mil ccc ben men remenbre [bien m'en souvient]

jjjjxx et xv eussement [quatre-vingt et quinze ensemble : 1395]

 

Et par ordre de testament

Aus cordeliers est enterree

A rouen la dame honorée

Ittecques gist la bonne dame

Dieu lui face pardon a lame Amen

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Cliquez sur l'image.

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Obit de Marie de Clère, 1395. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Obit de Marie de Clère, 1395. Église de Bourg-Achard. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions
29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 21:31

L'église Saint-Paër de Hauville (Eure) : vitraux anciens, poutre de gloire et bannières.

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Voir la Liste des 160 articles sur les vitraux dans ce blog.

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L'amateur monomaniaque de vitraux anciens qui se mettrait au défi de visiter l'ensemble des 1400 verrières recensées dans le sixième volume du Corpus Vitrearum, — celui consacré aux vitraux de Haute-Normandie —, serait amené à découvrir quelques 230 édifices de la Seine-Maritime et de l'Eure. Dans ce dernier département  — sans-doute après avoir admiré les baies de Bourg-Achard  — il se ferait un devoir de passer à Hauville, dans cette boucle de la Seine occupée par la forêt de Brotonne. Les auteurs du Corpus (M. Callias Bay, V. Chaussée, F. Gatouillat et M. Hérold) décrivent en effet, page 174, "des reste de vitraux Renaissance" remontés dans les fenêtres  5 et  6 et mentionnent que Jean Lafond les rangeaient parmi les "œuvres rouennaises perpétuant les inventions d'Arnoult de Nimègue" . Oh la la !

 Il lirait, cet improbable monomane, que "cette église construite au XIIe siècle, est formée d'une nef romane aux piliers retaillés en colonnes au XVIe siècle, d'un collatéral sud et un transept du XVIe siècle,  d'un collatéral nord du XVIIe  siècle, et d'une sacristie bâtie vers 1658. Son portail  attire l'attention par ses décorations  en  quatre colonnes romanes surmontées de plusieurs bourrelets, d'un feston à dents de scie et d'une rangée d'étoiles. La tour qui menaçait ruine en 1858 fut démolie, puis fut menée la  construction du bras nord du transept et la modification du plan de toiture sous la direction de l'architecte Georges Simon de 1860 à 1864. La reconstruction du clocher au même emplacement fut entrepris en 1869 et 1870, suivie de celle du choeur, de la sacristie, de la tourelle de l'escalier du clocher, du grand portail occidental entre 1871 et 1878 sous la direction de l'architecte Barre. Édifice non classé en 1998."

 

Hauville (Hauville-en-Rumois, sans-doute de Harulfivilla) appartenait au XIe siècle au domaine ducal, et Richard II en attribua les bénéfices à Notre-Dame de Chartes, avant que le domaine ne soit partagé entre Pont-Audemer et l'abbaye de Jumièges. Les religieux de Jumièges étaient  seigneurs de la paroisse et y avaient droit de haute justice, ils eurent la main-mise sur la paroisse   pendant tout le Moyen-Âge , même si Saint-Wandrille y bénéficiait d'un droit de dîme, et Saint-Léger du Préaux y possédait un fief.

L'église est vouée à saint Paër, graphie locale de saint Paterne, évêque d'Avranches au VIe siècle (voir Saint-Pair et Saint-Poix dans la Manche, saint-Pern en Ille-et-Vilaine)


 

L'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

L'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La baie 5 . Bras nord du transept.Trois scènes de la Vie de saint Nicolas datant du XVIe siècle.

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Baie à 3 lancettes en plein cintre et tympan à 3 ajours de 2,20 m de haut et 1,40 m de large avec 3 médaillons datant vers 1540 dans une verrière ornementale signée par Théodore Bernard et Schwoob en 1847.

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Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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1. Lancette latérale gauche. Médaillon de 0,35 m. : saint Nicolas sauvant un navire du naufrage.

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Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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2. Lancette médiane. Médaillon de 0,35 m. : saint Nicolas  ressuscitant les trois enfants.

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Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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1. Lancette latérale droite. Médaillon de 0,35 m. : messe de saint Nicolas.

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Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La baie 6. Bras sud du transept.

Baie à 3 lancettes en plein cintre et tympan à 3 ajours de 2,20 m de haut et 1,40 m de large avec 3 médaillons datant vers 1540 dans une verrière ornementale signée par Théodore Bernard et Schwoob en 1847. Dans les lancettes latérales, deux saints dans des niches ont été retaillés en médaillons.

1. Lancette gauche. Médaillon de saint Louis. diamètre 0,35m.

 

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Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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2. Lancette centrale : Vierge à l'Enfant (1847).

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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3. Lancette droite : saint Guillaume d'Aquitaine (v. 1540).

inscription S. GUG.

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Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Vitraux de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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N'osant s'avouer déçu de sa visite des vitraux, le visiteur cherchera d'autres sources de jouissance esthétique et examinera la Poutre de Gloire. Elle est remarquable notamment par la représentation d'un cadavre placé dans un cercueil, rappel du Golgotha mais aussi de la tradition qui veut — depuis sainte Hélène — que la croix ait été placée au dessus de la tombe d'Adam. Il échouera à déchiffrer l'inscription sous-jacente. CE CCC VI / XXIIII.

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Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Poutre de Gloire de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les éléments sculptés de la bague des entraits et poinçons resteront également en partie mystérieux.  

 

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Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Notez ici la poulie fixée à l'entrait, et le signe abréviatif à droite.

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Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Après les étoiles, la lune  anthropomorphe.

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Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Trois épées au dessus de trois fouets.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Charpente de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Si notre visiteur est vexillomaniaque, il ira jeter un coup d'œil aux bannières conservées ici.

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Celle de l'ASSOCIATION DES DAMES et sa Vierge à l'Enfant.

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Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Celle, plus que centenaire,  de la CONFRÉRIE DE LA SAINTE ENFANCE 1907 HAUVILLE :

qu'il comparera à celle qui est conservée en Champagne-Ardennes

http://inventaire-patrimoine.cr-champagne-ardenne.fr/dossier/banniere-de-procession-de-la-confrerie-de-la-sainte-enfance/b268d36a-d496-4b68-84d7-8b2ffa77a22e

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Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Celle de la CONFRERIE DE LA SAINTE VIERGE / HAUVILLE.

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Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Celle de l'Immaculée-Conception O MARIE CONÇUE SANS PÉCHÉ PRIEZ POUR NOUS.

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Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Enfin, il se dirigera vers la bannière CHARITÉ DE HAUVILLE 1308. où  saint  Paterne est représenté en évêque sur un fond de velours rouge. 

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Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Bannière de l'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Intrigué, il recevra des explications de la part du bedeau : les Charités sont des confréries très anciennes (celle de Hauville daterait de 1308) qui prennent en charge l'inhumation des défunts. Les membres, nommés "charitons", sont au nombre de 20 — tous des hommes — dans la paroisse. Ils possèdent leur costume de cérémonie (le bedeau, un chariton, emploie le terme de "queue de pie") et la large étole brodée on "chaperon" qui caractérise leur fonction.

"Selon la tradition orale, elle aurait été fondée en 1308 sous le règne de Philippe le Bel et placée sous le patronage de saint Paterne. Les premiers documents officiels mentionnant la confrérie datent de 1410. Les statuts de la charité ont été renouvelés le 10 novembre 1619. En 1867, à la suite d'un différend avec le curé, hostile à la charité, cette dernière s'est mise à fonctionner civilement. Le retour à un fonctionnement religieux n'a pu reprendre qu'avec le successeur de l'opposant. Elle est érigée canoniquement le 5 avril 1881 ; un nouveau règlement est alors mis en place. Depuis 2001, la charité est une association loi de 1901." (Wikipédia)

 

Le pdf de la mairie de La Haye-de-Routot  (dont la Charité de La Haye-de-Routot date de 1494) , outre des images,  les renseignements suivants :

«La confrérie de charité est une association à laquelle des laïcs de confession catholique adhèrent volontairement afin de rendre aux morts les derniers honneurs et d’accompagner les familles lors des funérailles» (Cosset Fabienne, «Confréries de Charité de Normandie», Carnets d’ici, CRECET 1999).

Nées au 12e s., les Confréries de Charité se sont considérablement développées à la fin du Moyen Age, quand les grandes épidémies de peste et de choléra (14e-15e s.) nécessitaient de faire preuve de foi et de charité chrétienne pour braver la contagion en enterrant les victimes …

Le Frère de Charité ou Chariton. Ce fut tout d’abord un honneur réservé à l’élite : les chaperons, dalmatiques et autres ornements richement brodés le prouvent : seuls les gens aisés pouvaient se les offrir. A l’origine, c’était aussi une activité ‘’réservée’’ aux hommes : une sorte de club à l’anglaise.

L’entrée des femmes -les Sœurs- dans les Charités est très récente et n’est toujours pas admise dans certaines Confréries !

Le Frère entre en général dans la Confrérie pour douze années, mais peut ensuite ‘’faire le temps’’ de son épouse et de sa fille, s’il le souhaite. Une Confrérie est généralement composée de douze Frères (comme les apôtres), mais leur nombre est souvent supérieur, afin d’être toujours suffisamment nombreux pour assurer les enterrements.

Les Charités existaient bien avant les Pompes Funèbres ! Le rôle du Chariton est de porter le cercueil depuis la maison du défunt jusqu’à l’église, ensuite il participe activement à l’office religieux, enfin il déposera le cercueil à la place préparée dans le cimetière par le fossoyeur. Et tout ceci, gratuitement bien sûr !

Les Tintenelles, cloches pesant 1 à 2 kg. Tenues à la main, elles servaient à avertir les vivants de s’écarter du passage d’un convoi mortuaire, notamment quand on portait à sa dernière demeure une victime de la peste ou du choléra.… De nos jours, les Tintenelliers savent toujours faire sonner leurs tintenelles gaiement ou tristement, selon le type de cérémonie qu’ils accompagnent …

En plus d’assurer gratuitement les enterrements, nombre de Confréries de Charité ont à cœur d’aider moralement la famille affligée.

 

Le Chariton porte en signe distinctif sur l’épaule gauche le chaperon richement brodé, qui, parfois, recouvre un surplis blanc ou noir masquant la tenue civile du Frère.

La bannière brodée porte en général le nom du village et la date de fondation de la Confrérie, en plus de l’effigie de son Saint Patron et souvent aussi de la Vierge. Le Maître de Charité -l’équivalent du Président dans une Association- change régulièrement : chaque année ou tous les deux ans, de même que le Prévôt -chargé des comptes-.

Au cours des siècles, les Charités ont offert à leur église nombre de vitraux et d’ornements. Interdites à la Révolution, les Charités renaissent dès 1796-97.

Il existe actuellement dans l’Eure plus de 120 Confréries, 5 en Seine-Maritime, une trentaine dans le Calvados, autant dans l’Orne, sans oublier les Charitables de Béthune (62), portant une superbe dalmatique.

Le recrutement.  Actuellement difficile car il nécessite de se rendre libre pour tous les enterrements, ce qui peut occasionner des difficultés aux personnes salariées."

Un rassemblement quinquennal réunit  toutes les Confréries de Charité : en 2008 c’était à Hauville.

Voir aussi 

— Martine Segalen. 1975, Rituels funéraires en Normandie Archives de Sciences Sociales des Religions  Année 1975  39  pp. 79-88

— Michel Bée, 1996, Dans la Normandie entre Seine et Orne confrères et citoyens , Annales historiques de la Révolution française  Année 1996  306  pp. 601-615

https://www.persee.fr/doc/ahrf_0003-4436_1996_num_306_1_2007

"On trouve des registres qui, régulièrement, portent plusieurs centaines de noms et, dans celui de Charités rayonnant sur plusieurs paroisses, plusieurs milliers (3). On conçoit que, dans ces conditions, la confrérie rurale inclut une très large partie de la population de la paroisse, femmes et enfants compris. La Charité de Hauville (doyenné de Pont-Audemer) inscrit, en 1774, 4704 associés."

— http://perso.numericable.fr/cf40/articles/4849/4849287A.htm

 

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L'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

L'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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L'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

L'église de Hauville. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.


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Complément. Les Charités normandes au Musée du Clocher de Sainte-Catherine à Honfleur.

Ce musée consacre une vidéo, une vitrine et plusieurs documents aux Charités de Normandie.

Droits réservés pour les images.

Quelques captures d'écran de la vidéo :

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Musée du clocher Sainte-Catherine à Honfleur.

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Musée du clocher Sainte-Catherine à Honfleur. Droits réservés.

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Musée du clocher Sainte-Catherine à Honfleur. Droits réservés.

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Musée du clocher Sainte-Catherine à Honfleur. Droits réservés.

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Torchères des charitons.

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Torchères de charitons, bois peint, XVIIIe s, Musée du clocher de Sainte-Catherine à Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Torchères de charitons, bois peint, XVIIIe s, Musée du clocher de Sainte-Catherine à Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Chaperon de la confrérie du Bellou datant de 1771.

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 Musée du clocher de Sainte-Catherine à Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

Musée du clocher de Sainte-Catherine à Honfleur. Photographie lavieb-aile septembre 2018.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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