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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 17:15

L'église de Locronan : la statue ( calcaire polychrome, XVIe siècle) de Notre-Dame de la Délivrance.

 

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Voir sur Locronan :

 

Les chapelles :

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Voir  les œuvres en tuffeau de ce blog :

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PRÉSENTATION.

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Au cinquième pilier sud de l'église de Locronan se cache dans la pénombre relative une statue remarquable, celles de Notre-Dame de la Délivrance. Cette dénomination était réservée aux Vierges invoquées pour l'élargissement des captifs, mais surtout pour l'aboutissement d'une grossesse.

Henri Waquet écrivait en 1919 « Le mobilier de l'église principale ne comporte aucune œuvre d'art d'une valeur exceptionnelle. » C'était mettre la barre à une hauteur peu accessible. Les chanoines Abgrall et Pérennès, à l'œil pourtant très averti, ne la mentionnent pas en 1925.

Il est rare qu'un touriste franchisse les obstacles visant à le décourager de se détourner ainsi de la pratique du culte, tels que les rangs de chaise, l'absence d'éclairage dédiée ou d' une signalétique appropriée voire, ne rêvons pas, d'un cartel didactique. Et en 1997, l'abbé Castel, qui le premier se préoccupa de l'étudier, remarqua vite que les visiteurs de l'été ne s'approchait qu'intrigués par le spectacle d'un prêtre jugé sur une échelle.

Car il faudrait bien un escabeau pour déchiffrer le très riche matériel épigraphique et héraldique qu'offre cette statue.

Que fait ici cette statue ? Comment se fait-il que son blason épiscopal soit resté inattribué (alors que les armoiries des évêques de Cornouailles ou des abbés du diocèse sont bien connus) ? Comment ne pas errer en des recherches inutiles. Donnons ici une information capitale.

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Un don et une installation datant de 1909.

 

Ce serait (Debidour in Dilasser p. 577) un don de madame Lemonnier vers 1909.

 

Madame Marie-Louise Lemonnier, (Rennes, 1840-Nantes 1924) fille de l'avoué et sculpteur  rennais René Toulmouche, avait  épousé en 1885  Mr Paul-Hippolyte  Lemonnier (1836-1894), ingénieur des mines :

Puis, au décès de son mari, elle se rendit "par hasard" de Nantes où elle demeurait à Guengat puis à  Locronan, où, sous l'influence d'une injonction soudaine, elle fit en 1903 un don de 10000 F pour la restauration de l'église (le conseil municipal versant 1000 frs, la fabrique 1000 frs et le recteur 1000frs), créa coup sur coup l'école des filles "Sainte-Anne" (1912), l'école des garçons, une maison pour les maîtres, un théâtre à la demande de Guillaume Hémon, puis, ayant peut-être épuisé les possibilités locales,  fit construire une station de sauvetage en mer à Primelin (d'où son Canot "Paul Lemonnier"), une digue à Loctudy, une école de pêche et de navigation à Groix, un orphelinat de la marine à Pornic, un laboratoire de chimie à l'école de médecine de Nantes avant de léguer des œuvres d'art aux musées de Quimper et de Rennes. 

   *René Toulmouche, avoué près la Cour Royale de Rennes, sculpteur, membre de la Société d'Archéologie, ami de Souvestre. 

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DESCRIPTION.

Cette statue en petite nature en calcaire monolithique polychrome mesure 98 cm de haut, 34 cm de large et 18 cm de profondeur. Elle été restaurée et repeinte par les Monuments historiques au XXe siècle mais n'est pas classée. Elle daterait du quatrième quart du XVe siècle et proviendrait du Maine-et-Loire.

La Vierge est couronnée (bandeau réticulé, fleurons brisés); ses cheveux bruns tombent librement derrière ses épaules. on retient de son visage un peu épais ou carré le regard pensif qui ne fixe pas l'enfant, le nez droit et long, la bouche très fine et petite et le menton pointu ; le front et les sourcils sont épilés.

Elle est vêtue d'un lourd manteau bleu proche de la chape, fermé par un mors à deux agrafes. Sous ce manteau, la robe verte est tenue par deux larges bretelles dessinant un décolleté carré. Les manches blanches, visibles aux poignets, ne sont pas très larges. Sous la taille, la robe est blanc écru, et ses plis cassés recouvrent partiellement le sol. Des fleurs de lys ont été peintes (postérieurement ?), en or sur la robe et en noir sur le manteau.

Les chaussures noires sont à bouts ronds.

L'Enfant est nu, recouvert partiellement par le manteau maternel, son visage rappelle celui de sa mère. Il tend une banderole. Un soleil noir radiant est peint sur sa poitrine.

 

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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LE CORPUS DES SEPT INSCRIPTIONS.

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La statue offre à l'amateur non seulement l'inscription de son socle, la désignant, mais aussi sur les galons, l'étole de l'Enfant et autres supports six inscriptions religieuses.

Elles sont toutes gravées en relief et emploient des lettres perlées. Y.-P. Castel parle de « lettres fleuronnées » et «  qui, sans éliminer le gothique, a été introduit dès le début du XVIe siècle » et il renvoie à l'inscription de 1536 de l'église de Rumengol au Faou ; mais nous pourrions citer celle de la sacristie de 1544 de l'église du Faou, celle de Saint-Nic en 1561.

 

L'inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien de Landerneau (1521).

L'inscription de fondation du pont de Landerneau  en 1510 :

On les placera aussi en parallèle avec d'autres exemples épigraphiques de Basse-Bretagne, souvent lors de fondation d' édifices religieux :

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L'inscription du socle.

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NTE NOSTRE DAME DE LA DELIVR[ANCE].

Les trois lettres NTE ne reçoivent pas d'explication. Il ne semble pas qu'elles soient la fin d'un mot (entente, etc).

Le socle est manifestement brisé sur son coté droit, amputant la finale de DELIVRANCE, mais la tranche a été repeinte à l'or.

Les lettres sont perlées sur ls fûts droits (N ; T ; M ; R ), elles sont dotées de larges empattements (T, S, A ;E) lorsque les fûts ne sont pas empattés et bifides. Le A est doté d'une traverse supérieure. Le D est une onciale. La diagonale du N est courbe. Il n'y a ni signe de ponctuation, ni élision, ni signe abréviatif.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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L' inscription de la banderole.

L'Enfant-Jésus tient une banderole portant l'inscription EGO SVM ALPHA ET O[MEGA], « Je suis l'Alpha et l'Oméga. Cette citation de l'Apocalypse désigne le Christ comme début et fin de toute chose.

Le H de ALPHA est incomplet, lié vers le A.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du mors de chape.

Elle est également facile à lire : MATER DEI. Elle se poursuit sur la bordure repliée à droite du manteau MEMENTO MEI , « Mère de Dieu, souviens-toi de moi ».

Je l'ai étudié ici :

Les sablières (1551) des bras du transept et des bas-cotés de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du galon du manteau.

Elle commence à l'arrière de l'Enfant sur l'ourlet du manteau de la Vierge MARIA, se continue sur la bordure de la chape retenue par la main de Marie : DEI ORA PRO NOIS. Soit MARIA [MATER] DEI  ORA PRO NOBIS, « Marie mère de Dieu priez pour nous »

L'inscription des replis du liseré inférieur gauche du manteau se perd dans un feston : AVE [A]NCILLA TRINI[TATIS], « Salut, servante de la Trinité ». Deux lettres, peintes et non sculptées en partie cachées sous le blason, ne sont pas compréhensibles.

Inscription du galon de droite.

MA[TER] DEI « Mère de Dieu » et CELI REG[INA], « Reine des cieux ».

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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Le blason.

Son titulaire n'a pas été identifié. Il n'est pas à rechercher dans les armoriaux bretons si la provenance est exogène.

La crosse en pal indique un évêque, un abbé ou une abbesse. L'écartelé en 1 et 4 de sinople plein et en 2 et 3 fascé d'or et d'azur de six pièces est traversé par une bande de gueules à trois merlettes d'or brochant sur le tout. Si la statue a été repeinte après effacement des couleurs, les émaux du blasonnement sont peut-être une source d'égarement.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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La broche de l'épaule gauche de la Vierge sous l'agrafe du fermail.

Elle forme un monogramme à deux lettres superposées C (ou G ) et I  (ou L, T) qui pourraient renvoyer aux initiales du donateur.

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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Locronan, statue de Notre Dame de la Délivrance, article pour le Progrès ou Courrier du Léon du 11 octobre 1997.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bd11cf3b114f13d9b7e05c3f7fe3118.jpg

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

DEBIDOUR (V.H), 1953, La sculpture bretonne, Plihon, Rennes.

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f675.image

— WAQUET (Henri), Locronan ; Images de Bretagne, ed. Jos le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_148/Locronan__.pdf

 

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29001260

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Published by jean-yves cordier - dans sculptures Chapelles bretonnes.
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 14:46

Le calvaire (fin XVe ou début XVIe siècle) de l'église d'Argol. Pour les amateurs de lichens.

 

 

Voir :

 

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION. Un oeuvre du XVe siècle, de 1593, de 1617, de 1891 et 1909.

 

Ce calvaire en granite (socle) et kersanton de 4,50 m de haut est un ensemble composite ou plusieurs fois modifié. Sur une base maçonnée à corniche de trois degrés, où est encastrée une table d’offrande, un socle à pans porte sur ses quatre faces    l'inscription L’AN 1909 MISSION. L’AN 1891 MISSION. L’AN 1593 POSEE. L’AN 1891 RESTAUREE. Le fût octogonal, avec sa statue de saint Pierre en haut relief, serait du XIXe siècle. Sur le nœud ouest du croisillon se voient les armes de Jean Briant, abbé de Landévennec ( 1608-1632) qui témoignerait d'une autre époque encore, mais qui relève sans-doute d'une reconstitution de la fin du XIXe siècle. De l'autre coté, l'inscription date de 1617 :   "IAN GVELMALC, Y. GAL 1617". Le croisillon porte les statues géminées de la Vierge/Vierge, et de saint Jean/ ange du Jugement. Au centre coté ouest, le Crucifié sous un dais sur une  Croix fleuronnée. Au revers se trouve la partie la plus intéressante, avec au centre le  Christ ressuscité sur un arc en ciel présidant au Jugement dernier surmonté d'une banderole de lecture hasardeuse GARDE QUIL FERA SELON ESTANT / JUGERA. 

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L'attaque par les lichens est considérable et dénature les diverses parties de ce précieux témoin artistique : on peut en suivre les dégâts sur les cartes-postales et les photos prises en 2012 pour l'Inventaire. L'étude de l'inscription de la banderole en est pénalisée.

L'incurie à l'égard de cette œuvre est regrettable par le respect qui est dû à notre patrimoine, mais aussi car elle prive les visiteurs d'une satisfaction esthétique, et surtout car elle n'a pas encore livré tous ses secrets.

L'intérêt principal est de voir ici repris le même thème du Jugement dernier qui figure sur le coté oriental du calvaire de Châteaulin, à 20 km de là, datant du XVe siècle. On y trouve le même Christ au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montrant ses stigmates, assis sur l'arc en ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde, tandis qu'un ange souffle dans une trompe pour annoncer le Jugement. La banderole est plus complète à Châteaulin, mais nous retrouvons une partie commune, GARDE QUIL FERA SELON --JUGERA. 

J'ai discuté de ce motif iconographique dans mon article sur Châteaulin. Le texte reste opaque, mais rappelle les versets de Matthieu 7:1-2 Nolite judicare, ut non judicemini, in quo enim judicio judicaveritis, judicamini : et in qua mensura mensi fueritis, remetietur vobis. En gros, prends garde que tu seras jugé de la même façon que tu auras jugé.

C'est la comparaison avec Châteaulin qui me permet d'identifier l'ange sonnant de la trompe, identification qui a échappé à Yves-Pascal Castel et à Christel Douard. De même, la femme du coté droit ne peut être que la Vierge, dans son rôle d'intercession. Les autres personnages, ici manquant, sont les individus sortant de leur tombeau à l'appel de la trompette : ils permettent d'imaginer l'état initial avant les modifications successives.

Je fais donc avancer l'étude de ce calvaire, mais j'achoppe face aux inscriptions. Je passe le relais au suivant.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX.

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Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

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Le socle.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre sur le fût.  1891.

C. Douard suggère que le fût polygonal, et le haut relief de saint Pierre, datent "probablement du XIXe siècle" (et donc de la restauration de 1891 indiquée sur le socle). Un rapprochement s'impose alors avec le fût et le haut relief de saint Yves sur la place Saint-Yves de Plomodiern, datant de 1893 et qu'on attribue à Yan Larc'hantec, de Landerneau.

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Calvaire de 1893 de la place Saint-Yves de Plomodiern.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries du nœud.

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L'état de ce blason sur la carte postale (début XXe?), comparé à celui des mêmes blasons sur d'autres sites, incite à y voir une restitution datant vers 1891. Mais nous pouvons imaginer que ce blason a repris une figure comparable mais trop altérée.

Jean Briant, abbé de Landévennec de 1608 à 1630  portait d'azur (bleu) au pigeon portant dans son bec un rameau de sinople (vert). Avec la crosse en pal.

La façade de l'église ainsi que son arc de triomphe porte les armes d'autres abbés de Landévennec, ses successeurs les Tanguy, en affirmation de leurs droits sur cette paroisse.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

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Le Crucifix.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Crucifié sous un dais.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Elle a la tête  voilée par son manteau, et tient les mains croisées sous sa poitrine. Sa tête est fléchie vers sa gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

Il tient le livre de ses écrits, et garde la main droite sur la poitrine. Sa tête est légèrement levée et tournée vers sa droite. Les yeux sont des amandes recouverts par les paupières.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE ORIENTALE : LE CHRIST DU JUGEMENT DERNIER.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ du Jugement, au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montre ses stigmates, assis sur l'arc-en-ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde.

L'arc-en-ciel est particulier par sa forme de trapèze.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription :

[GA]RDE QUIL FERA SELÕ FE

JUGERA

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'ange sonnant de la trompe.

Cette trompe est brisée. L'ange est vêtu d'un manteau dont le pan fait retour sur le bras gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

Elle présente les paumes de ses mains à la façon de son Fils montrant ses stigmates. Cela m'embarrasse un peu. 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du croisillon.

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IANCVEVMALCY GAL 1617

Nous pouvons essayer Ian ou Jean GVEN et Yves GALL, mais en tordant un peu la réalité.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL, Jean-Marie. PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1904, vol. 1, p. 1-9.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fed8f088bb179f59656c3eefce913b48.pdf

"Elle porte cette date : LAN. 1593. A sa base est un petit autel en pierre, au-dessus duquel est une Notre-Dame-de Pitié, dont la robe et le manteau offrent des plis bien drapés. Deux anges debout soutiennent les bras de Notre Seigneur et deux autres plus petits, à genoux, recueillent le précieux sang coulant des plaies de ses mains. Sur les croisillons, de chaque côté de Notre-Seigneur en croix, sont les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean, auxquelles sont adossées deux Saintes Femmes, et au milieu, le Sauveur assis, triomphant."

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1980.

http://croix.du-finistere.org/commune/argol.html

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Eglises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/argol.pdf

"Dans le cimetière, croix dont le socle de granit porte la date de 1593, et le croisillon, en kersanton et timbré des armes de l'abbé Jean Briant, celle de 1617 ; elle a été restaurée en 1891. Statue de saint Pierre contre le fût."

DOUARD (Christel), LE LU ( Stéphanie), 2012, Calvaire (Argol), Dossier IA29005029 réalisé en 2012

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-argol/8ec861c2-6392-403d-bd43-6de18e724bad

 

h : 4,50 m

Œuvre hétérogène datant de plusieurs époques. Groupe de crucifixion, dais et phylactère avec inscription en lettres gothiques probablement début 16e siècle. Traverse datée 1617 portant les armoiries de Jean Brient, abbé de Landévennec (ouest) et le nom des fabriciens, peut-être Ian Guen et Marc Gall (est). Socle daté 1593 et 1891 (restauration). Fût (face ouest avec haut-relief figurant saint Pierre) probablement fin 19e siècle.

1593, porte la date
1617, porte la date
1891, porte la date

Base avec table d'offrande à l'ouest. Socle de 1593 remployée lors de la restauration de 1891. Fût monolithe en kersantite avec haut-relief figurant saint Pierre sur la face ouest. Statues géminées de la Vierge et de saint Jean (ouest), d'un apôtre ou saint Thomas (?) et d'une sainte femme (est). Dais gothique coiffant les statues géminées du Christ en croix (ouest) et du Christ ressuscité (est)

Il s'agit d'une oeuvre remaniée à plusieurs reprises. La lecture faite de l'inscription en lettres gothiques sur le phylactère (garde qu'il fera le roy estant jugera) demeure à être confirmée. Cette partie, la plus ancienne du calvaire, se distingue par sa structure encore médiévale dont le dais ouvragé et l'iconographie peu commune de la Résurrection du Christ. Il faudra sans doute rectifier la datation actuelle de cette oeuvre ; la date de 1593 qui figure sur la base semble correspondre à un remaniement et non à la création.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. héraldique Inscriptions
17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 22:19

Verrière recomposée des anciens vitraux de la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune exposée dans le Musée.

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Voir sur Beaune :

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L'intérêt.

Cet ensemble qualifié de "macédoine" réuni des fragments des anciens vitraux de la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune et de fragments provenant du legs Humbert. Une inscription précise que la mise en plomb a été assurée par "messires Defrance et C. Chenot de Dijon en 1912". Ceux-ci ont travaillé ensemble comme peintres-verriers en Côte d'Or (exemple)

 

Le défaut de cette recomposition est de mélanger des œuvres disparates sans connaître leur provenance exacte, les ensembles qu'ils formaient entre eux, et, surtout, la part de "restitution" à laquelle il a pu être procédé.

L'avantage est évident néanmoins, qui est de sauvegarder des pièces précieuses, et assez homogènes malgré tout puisqu'on y trouve une majorité de vitraux en verre blanc, peint à la grisaille et au jaune d'argent, voire à la sanguine, sur des thèmes principalement religieux puisque beaucoup provenaient de la chapelle : Nativité de la Vierge, Annonciation, calvaire, Vierge à l'Enfant, sainte Madeleine, saint Michel, saint Christophe. Deux scènes historiques non identifiées proviennent peut-être du fonds Humbert.

L'intérêt est également grand pour les amateurs d'ensembles emblématiques, puisqu'on y reconnaît la devise et les emblèmes du chancelier  Nicolas Rolin et de son épouse (fondateurs de l'Hôtel-Dieu), associées à un autre ensemble qui pose une énigme excitante.

Les dimensions  en sont :H = 180 ; la = 143,5 (dimensions totales) ; Christ en croix : d = 17.7 ; saint Christophe : d = 20.5 ; sainte Madeleine : d = 17.5 ; saint Michel : d = 10.8 ; Annonciation : d = 20 et 19.1 ; scène avec pape : d = 22.3 ; scène avec empereur : d = 21.8 ; Vierge à l'Enfant assise : h = 17.2 ; naissance de la Vierge : h = 23.7, la = 19.3

 

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Vue d'ensemble.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Partie supérieure.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Tympan de l'ogive : visage de sainte (?) au bandeau.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant, couronnée, nimbée, assise sur une cathèdre.

Blason à bordure rouge, fond bleu, figures en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc.

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint Christophe traversant le gué en portant le Christ enfant.

Médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire ; monogramme H A (?)

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Calvaire sur un médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent. Inscription A*NUS * DEI * QUI  * TOLIS * PECATA * MONDI * --RE NOBIS.

Monogramme en grisaille H et A (ou B et A) ornées de filigrane.

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Saint Michel terrassant le dragon.

médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent.

Deux visages : a priori portrait de personnages historiques (donateurs)  en  verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent et (à droite, sanguine).

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Scène romanesque ou légendaire : un chevalier furieux frappe de son épée une ceinture et un fourreau portant l'inscription CO-TA MORI devant un pape offusqué et un paysan qui a lâché sa bêche.

Selon Pop-culture, "ce pourrait être une allégorie de la guerre avec au centre un seigneur guerroyant, à gauche le pape le désapprouvant et à droite un paysan effrayé ".

Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième scène romanesque ou légendaire : un chevalier ayant ôté sa cuirasse et son casque se transperce de son épée devant le pape et un autre chevalier.

Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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La Nativité de la Vierge.

Anne, la Vierge enfant, une servante  et Joachim.

Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Bordure de gauche : la devise SANS DEPARTIR sur une banderole entourant une tige à feuilles de saule  avec ses racines. raccordé dans le carreau supérieur avec une tête de chardon

En dessous : trois chardons et leurs feuilles découpes. Putto tenant une S. Putto tenant un sautoir engrêlé.

La devise SANS DEPARTIR fait l'objet d'une notice de la base DEVISE et attribuée à Louis de Beauvau, 1409 †1462 Capitaine d’Angers, gouverneur de Lorraine, sénéchal d’Anjou (1445 et 1448), grand sénéchal de Provence. Seigneur de Beauvau, de Sermaise et de la Roche-sur-Yon, fils de Pierre de Beauvau et de Jeanne de Craon, Epoux 1) en 1427, Marguerite de Chambley  2) en 1440, Jeanne de Baudricourt  3) Anne de Culant

https://devise.saprat.fr/embleme/gaffes#footnote-7

On la trouve enrubannant des gaffes crochetées en marge du Diurnale Franciscanum peint pour Louis de Beauvau vers 1455 : Bnf NAL 3195.

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BnF NAL 3195

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Elle est associée à ses armoiries Ecartelé au 1 et 4 d’argent à quatre lionceaux de gueules (Beauvau), au 2 et 3 losangé d’or et de gueules (Craon), surmontant la belle  LOS EN CROISSANT qui est la devise de l'Ordre du Croissant dont il était chevalier.

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Gallica Diurnal franciscanum BnF NAL 3195 f.69v

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8452809j/f119.image

 

La BnF le présente ainsi : Louis de Beauvau (Paris 1418-Rome 1462) entre 1430 et 1470. Ce personnage est décrit comme Poète. - Capitaine de la ville d'Angers, sénéchal d'Anjou. - L'adaptation du "Filostrato" de Boccace est incertaine entre Pierre de Beauvau, son fils Louis de Beauvau ou un cousin, Jean de Beauvau. On lui attribue le Roman de Troyle et Criseida (vers 1453-1455), adaptation "par Beauvau, seneschal d'Anjou" du  "Filostrato" de Boccace (attribution  incertaine entre Pierre de Beauvau, son fils Louis de Beauvau ou un cousin, Jean de Beauvau, 1380-1435). La devise déclarerait son titulaire serviteur sans départir de René d'Anjou.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Beauvau

https://www.arlima.net/il/louis_de_beauvau.html

L'explicit du Romant de Troïlus (conservé dans 14 manuscrits) est : "que en le lisant vueillent avoir aucune compassion du tourment et du martire que amours jusques ycy me ont fait endurer, et je mettray cueur, corps et pensee a les servir loyaulment jusques a la mort et sans departir. Amen. Explicit le romant de Troïlus. Deo dicamus gratias."

La devise se retrouve dans le premier feuillet, en guise de dédicace  : "Sans despartir tant que seray en vie a vous, mes dames, me suis entier donné …angl personne ay mon cœur et pensée ente se et voulente pour parvenir aponoi acquerir la grace de bons contes et entre – principallement endont laquelle sans m-- mespriser fut par mes yeulx et…  [mains romans et mains livres entre lesquelz en ..]." BnF fr.1501

L'explicit du Romant de Troïlus (conservé dans 14 manuscrits) est : "que en le lisant vueillent avoir aucune compassion du tourment et du martire que amours jusques ycy me ont fait endurer, et je mettray cueur, corps et pensee a les servir loyaulment jusques a la mort et sans departir. Amen. Explicit le romant de Troylle. ."

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Gallica. Bnf 1501 f.1

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Explicit du Romant de Troyle BnF fr. 1501 Gallica

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Bordure de droite, en haut  : devise SEULE * (Seule étoile) sur une banderole entourant une tige à feuilles lobées, munie de ses racines et produisant une fleur à deux pétales et trois étamines. Emblème de Nicolas Rolin.

Bordure de droite, en bas : reprise de la devise SANS DEPARTIR et de sa plante : motif à 5 points en quinconce.

Bordure inférieure : putti aux armoiries d'or au sautoir engrêlé ou portant le mot JATENS.

 

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Devise et emblèmes du chancelier Rolin.

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On la trouve un peu partout à l'Hôtel-Dieu de Beaune, sur les tentures, les pavements.

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On la trouve sur un pavement de quatre carreaux de terre cuite vernissée polychrome  de 1451 du tuilier Denis Le Geot de l'atelier d'Aubigny-en-Plaine  (également responsable de la toiture à tuile vernissée des Hospices)  sur un quatre estampes sculptées sur bois du tailleur d'images Jehannin Fouquerel (commande sur les comptes de Jehannot Bar) en 1448. La devise, sur quatre carreaux, se compose d'un centre où sont apposées les initiales G et N enlacées figurant les époux Guigone de Salins et Nicolas Rolin. De ce motif émerge un arbuste, avec ses racines et ses branches donnant des feuilles lobées interprétées comme celles du chêne, symbole de fidélité et de pérennité de leur mariage. L'encadrement circulaire reprend la devise SEULE * (seule étoile) soulignant en un sens galant la fidélité et l'amour que Nicolas porte à Guigone.

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Voir MAERTEN (Michel)

http://www.cecab-chateaux-bourgogne.fr/Documents/Articles/Maerten%20-%20Les%20carreaux%20Nicolas%20Rolin.pdf

Pavement , musée Rolin d'Autun. Photographie lavieb-aile.

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Elle est reprise partiellement par le cardinal Jean Rolin, par exemple sur les deux coins supérieurs du cadre de la Nativité de Jean Hey exposée au Musée Rolin d'Autun : la devise change (Deum Time, "crains Dieu") mais l'arbuste est le même.

 

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Nativité par Jean Hey. Musée Rolin, Autun. Photographie lavieb-aile.

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Le cardinal Jean Rolin la reprend dans le Livre des Trois-Marie BnF français 24311 (c'est la même plante aux étamines dressées) avec la devise ED NEIB RE MA, interprètée comme DE BIEN AIMER.

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Livre des Trois Marie

 

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Médaillon de l'Annonciation

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Médaillon de l'Annonciation ; visage d'un chantre et d'un clerc.

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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
17 mai 2020 7 17 /05 /mai /2020 13:09

Où sont nos navires ? Libellules et papillons de Crozon en vol en mai 2020.

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LIBELLULES.

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I. Libellula fulva, la Libellule fauve.

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Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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2. Enallagma cyathigerum, l'Agrion porte-coupe.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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II. PAPILLONS.

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1. Euphydrias aurinia, le Damier de la Succise.

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Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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2. Clossiana selene, le Petit collier argenté.

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Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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3. Chenille de Zygaena trifolii,  la Zygène du Trèfle sur Armeria maritima.

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Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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3'. imago de Zygaena trifolii,  la Zygène du Trèfle.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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4. Aporia crataegi , le Gazé .

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Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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5. Gonepterix rhamni le Citron.

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Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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6. Cupido argiades [Everes argiades] l'Azuré courte-queue.

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Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon
16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 21:24

Le calvaire (1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec.

Voir sur cette chapelle :

La Vierge à la Démone de la chapelle de Locmaria-Lannn à Plabennec.

 

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION.

La chapelle est située au nord de Plabennec, et juste au sud du manoir du Rest et de son moulin, sur une éminence (altitude 60 m.) entre l'Aber-Benoit au sud et un affluent au nord.

Le calvaire, en kersantite, haut de 6 mètres, forme un ensemble monumental intégré  avec l’entrée du placître. Sur un haut massif en pierre de taille, à banc d'offrande, avec quatre degrés à l’arrière est érigé un fût à pans  débutant par un socle à griffes. Un bénitier de l'entrée à droite de l'escalier porte l'inscription Y .MINGAM : en belles lettres gothiques. Ce patronyme est attesté à Plabennec depuis le XVIIe siècle (a priori à défaut d'archives antérieures).

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Photo lavieb-aile

 

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C'est un calvaire à deux croisillons  mais qui n'est plus orienté, ce qui témoigne d'une restructuration, voire d'un déplacement. En effet, le crucifix n'est pas tourné vers l'ouest, mais vers le sud, en fait vers  la route donnant accès au site.

Le premier croisillon accueille les statues géminées de Jean/Pierre et de Marie-Madeleine/Barbe, tandis que le nœud est occupé par des blasons martelés. Deux anges sont placés aux extrémités et présentent des écus muets.

Un peu plus haut, en étage intermédiaire,  un culot tulipé sert d'appui à deux consoles rectangulaires où se tient   au sud  une Vierge de Pitié et au nord  un Christ aux liens.

Sur le second croisillon, le crucifix et les deux larrons sur leur fût sont tournés vers le sud, avec deux blasons intacts aux nœuds, des anges aux extrémités, et une face nord délaissée.

Au-dessus du titulus, les macles des Rohan choquent chacun par l' affirmation de leurs droits — ici déplacée— sur tout édifice de leur vicomté.

Le fût comporte deux inscriptions de style différent, et c'est par leur étude que je débuterai.
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I. LES INSCRIPTIONS.

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1. Inscription datée 1527.

Elle est inscrite sur un cartouche imitant un parchemin aux bords enroulés sur le tiers supérieur du fût et dit :

CESTE . CROIX . FAISTE . PAR

MAISTRE . [nom bûché soigneusement]

LAN . MIL . VCXXVII .

Cette formule "Cette croix (a été) faite par maître" annonce a priori le nom du sculpteur. Or, il est très rare au XVIe siècle que celui-ci soit mentionné. On trouve plus souvent le nom du commanditaire (généralement le fabricien) avec la formule "m'a fait faire". Mais sur la statue de sainte Apolline du porche de Pencran, la formulation "Cest ymage fut faicte et ceste chapelle" précède les noms d'un prêtre et de deux fabriciens suivie de la date de 1555.

Le Catalogue raisonné des ateliers de sculpture de Basse-Bretagne de Emmanuelle Le Seac'h permet l'étude regroupée des inscriptions de la  sculpture monumentale religieuse en Basse-Bretagne.

On trouve sur un bénitier de la chapelle Saint-Guévroc à Tréflez en 1545 "Bastien Prigent ma faite 1545."

La première signature de calvaire apparaît en 1554 sur le calvaire de Plougonven avec la mention "Bastien et Henry Prigent estoiet ymageurs 1554".

Au XVIIe siècle, Roland Doré inscrivit son nom sur le calvaire de Commana en 1624 (R. Doré m'a fait) ou sur une croix de Hanvec en 1627, sur les fonts de Plouédern en 1641, etc.

Cette rareté de la pratique de signatures au XVIe siècle, liée au statut  des ymageurs, doit inciter à la plus grande prudence. Un auteur comme René Couffon n'en témoigna souvent pas.

 

Si, avec Y.-P. Castel, nous postulons malgré tout que c'est bien un sculpteur qui venait après le titre de maître, nous pouvons y voir "une querelle de paternité entre artistes pas si anonymes qu’on ne le suppose souvent". [...] Ce monument portant une signature récusée qui a été "huchée", CESTE CROIX FA/STE PAR MAITRE ... , on suppose que le véritable sculpteur est S. COETDELEV dont on voit le nom au revers du fût. (Y.-P. Castel 1980).

Pour ma part, je présume plutôt qu'une querelle de prééminences, querelles dont les archives témoignent abondamment à propos des armoiries de vitraux.

Quoiqu'il en soit, le chronogramme 1527 ne prête pas à discussion, et fonde clairement la datation de ce fût. C'est précisément à cette date que débuta à Landerneau l'atelier de taille de kersanton de Bastien et Henry Prigent (1527-1577) dans un style bien différent.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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2. Inscription nominative S. Coetdeleu.

Nous lisons dans un cartouche très simple, en lettres gothiques taillées en réserve (et non en bas-relief comme la précédente) :

S. COETDELEV.

Je l'ai dit, Yves-Pascal Castel y a vu le nom d'un sculpteur.

 

"Les calvaires bretons n'ayant pu naître de génération spontanée, il faudra bien y voir des oeuvres sorties d'ateliers. Et qui dit atelier dit direction magistrale, programmes concertés, modèles définis, transmission de traditions tout autant qu'ouverture aux courants contemporains. En deçà des envolées lyriques pour qui l'art des tailleurs de pierre serait d'autant plus émouvant qu'il serait anonyme, au-delà des paresses intellectuelles qui se refusent à donner un visage aux créateurs d'un art qui continue de fasciner, il y a place au repérage d'artistes aux noms connus, et dont les autres pourront être classés sous le nom de "Maîtres de ... ". Dans cette recherche, l'observation patiente des styles et des apparentements palliera le silence désespérant des sources archivistiques. De l'atelier médiéval de Dinan, repéré vers 1350, à celui de Roland Doré, actif autour de 1630, trois siècles d'une grande sculpture étonnamment typée méritent qu'on essaie d'y voir clair. L'on placera les balbutiements d'une investigation relativement neuve sous le patronage de Jean Discalcéat, le saint minime qui avant d'entrer en religion, travailla, vers 1300, à construire des ponts et, est-ce un hasard, a faire des croix [?]. Plus près de nous, on rendra justice au perspicace abbé Jean Feutren qui découvre en 1970, au noeud du calvaire de Plougonven la signature de deux "ymageurs", Bastien et Henry Prigent. On saura aussi gré à Madame Françoise Daniel, d'avoir eu l'audace de monter au Musée municipal de Morlaix, l'exposition de 1988 qui mit en lumière l'oeuvre attachante de Roland Doré et qui, demandée par le Louvre, fut accueillie à Chaillot au Musée des Monuments Français. Certes les artistes qui ont signé leurs oeuvres sont rares. Mais dans l'impossibilité d'épingler des noms qui les authentifieraient à coup sûr, il sera légitime de regrouper sous le nom d'un même maître des oeuvres stylistiquement apparentées : Maître de Tronoën, Maître de Quilinen, Maître de Châteaulin ... Ainsi se constitue une galerie cohérente de sculpteurs non anonymes à laquelle les pages qui suivent, si rapides soient-elles, montrent qu'il n'est pas tout à fait insensé de rêver.

Anonyme, il refusait de l'être S. Coetdeleu, qui grava son nom au revers du calvaire de Locmaria-Lan à Plabennec, alors qu'une main furtive bûchait soigneusement celui d'un probable usurpateur étalé sur le fût : CESTE CROIX FAISTE PAR MAISTRE--- L'AN MIL VCC XXVII. Protestation de l'individu conscient de sa valeur ? On est en 1527, aux heures où l'artiste de la Renaissance réclame d'être reconnu en tant que tel »" (Y.-P. Castel)

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L'abbé Castel a fait entrer dans son Dictionnaire des artistes, artisans (1987), et en a rapproché le style de celui du calvaire de Lesquelen (Plabennec), dont il ne reste que le fût et les anges du croisillon, et une statue de La Roche-Maurice.

E. Le Seac'h a repris ces attribution et a décrit "S. Coetdeleu" comme l'un des petits sculpteurs paroissiaux de la Renaissance Bretonne (1511-1589)".

Pourtant, Michel de Mauny (Le Pays de Léon, 1977) écrivait que ce nom ne peut être considéré comme le nom de l'auteur du calvaire. C'est également mon avis. 

Personne ne semble s'être avisé que ce nom de Coetdeleu  n'existe sous cette graphie ni sur la base geneanet, ni dans le Dictionnaire des noms de famille d'A. Deshayes, ni ailleurs, que ce soit comme anthroponyme ou comme toponyme. C'est un hapax, un unicum.

 

Il faut mettre à mon sens ce nom  en relation avec celui de Sébastien COETELLEAU, qui, selon les archives de la chapelle, établit par testament du 20 juin 1410 une messe à note le jour de l'Ascension à Locmaria. Une messe chantée suppose quelques moyens, et a priori une noblesse d'extraction. Je rapproche ce nom de celui des seigneurs de COETELEZ, titre d'Hervé (1411) puis de Thomas du Chatel ? Le manoir de Coetelez (Coëtelez, Coatelez)   se trouve au Drennec,  paroisse de Plabennec.  On connaît Guillaume de Coetelez ca 1446 puis son fils Jean ca 1471-1494. Le rameau des Coetelez s'est fondu dans LE NY  (François Le Ny de Coatelez en 1503, Jean Le Ny de Coetelès). Les graphies sont variables.

Le toponyme (et site du manoir) est indiqué Coatelez sur la carte de Cassini, Coadélès (avec un D) sur la carte de 1820-1860, et Coat Elez sur la carte IGN. On notera la proximité des lieux ; la chapelle est située entre Plabennec et Le Drennec

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095250j/f1.item.zoom

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Mais on trouve aussi au XVIIe siècle les mentions des  patronymes COETELEAU, COATELEAU, CATELLEAU, COATHELEAU notamment dans cet échange du forum CGF concernant une famille du Drennec :

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=29428

La base Geneanet est renseignée pour COATELEAU, Le Drennec, à partir de 1570.

 

Notons aussi que la Croas ar Priol de Kerfergar, Plabennec, porte l'inscription M HERVE COET DE - - AVR FIT FAIRE CETTE CROIX 1584. RESPICE FINEM.

En résumé, nous ne pouvons valider l'hypothèse d'Y.P. Castel de voir en S. COETDELEU la signature d'un sculpteur et nous préférerons y voir la marque d'un donateur ou commanditaire, sans doute d'une famille du Drennec.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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II. HÉRALDIQUE.

 

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1. Armoiries des Rohan à neuf macles en sommité au dessus du titulus INRI (en lettres gothiques à fûts perlées aux enjambements bifides.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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2. Écartelé  Lesquelen-Carman.

Nœud du croisillon supérieur, face principale (sud).

Je noterai le blasonnement des pièces avec leurs émaux. En 1 et 4, d'azur à la tour d'argent portée par une roue de même (famille de Lesquelen). En 2 et 3 d'or au lion d'azur  (famille de Carman.

Note : le nom Carman est une forme du nom plus ancien Kermavan.  Le château fortifié de Kermavan (Kermarvan) ou Carman, est implanté au lieu-dit Kermaguam (Kervaon en breton) sur la rive droite de l'Aber Wrac'h,à Kernilis.  En 1409, Aliette de Quelen, dame du Vieux-Chastel, épouse Tanguy de Kermarvan, originaire du château de Kermarvan en Kernilis ; désormais propriété de la famille de Kermarvan, le château de Lesquelen en Plabennec prend progressivement le nom de Kermarvan (ou Kermavan), nom qui se transforme au xvie siècle en Kerman et au xviie siècle en Carman. (M. Mauguin) .Les armoiries de la famille de Carman sont représentées sur un vitrail de la chapelle de Saint-Jean-Balanant à Plouvien et sur leur tombeau de l'église de Plounévez-Lochrist.

 

 

-C'est en 1409 qu'Aliette de Quelen dame du Vieux-Chastel épousa Tanguy de Kermavan sieur de Kermavan 1453, chambellan du Duc Jean V, capitaine de Brest en 1423. Les enfants de Tanguy et d'Aliette de Quelen prendront  les armes de Lesquelen et de Kermavan.

-Leur fils : Tanguy II de Kermavan, épousa  Marguerite du Chastel ; il est fait prisonnier à Saint Aubin de Cormier en 1488.

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=tanguy&n=de+kermavan&oc=3

-Leur fils : Tanguy III de Kermavan, épouse en 1510 Louise de la Forêt.

-Leur fils : Tanguy IV de Kermavan, épouse Catherine de Rohan-Guéméné (décédée en 1556), mort sans postérité, laissant ses biens à sa sœur Françoise de Kermavan, qui épouse en 1541 Jean de Plusquellec, seigneur de Bruillac, qui abandonne son nom pour relever celui des Kermavan.

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=tanguy&n=de+kermavan&oc=2 

Les armoiries des Rohan sont peut-être en rapport avec Catherine de Rohan : elles auraient alors été placées postérieurement, ce que pourrait suggérer l'appareillage du sommet du calvaire.

 

 

 

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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Le même blason sur la première arche nord de la chapelle.

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chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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3. Écartelé Carman-La Forest.

Les armoiries précédentes restaient imprécises sur la datation. Celles-ci sont en rapport avec le couple Tanguy III de Kermavan / Louise de la Forêt dont le mariage date de 1510  ; Louise de la Forêt est morte en 1551. Elles sont donc cohérentes avec la datation du fût en 1527.

Voir les armoiries de La Forest, seigneur d'Armaillé : d'argent, au chef de sable : "Les généalogistes n'ont pas manqué de chercher à rattacher la famille de la Forest d'Armaillé à une famille de la Forest, éteinte au XVIème siècle, qui portait exactement les mêmes armoiries et qui appartenait à la noblesse du diocèse de Vannes, en Bretagne. Cette famille avait pour nom primitif celui de Grignon. Henri Grignon, Sgr de la Forest, en la paroisse de Languidic, rendit hommage au vicomte de Rohan en 1396. Sa descendance figura de 1427 à 1536 aux réformations et montres de la noblesse du diocèse de Vannes et s'éteignit avec Louise de la Forest, décédée en 1544, qui avait épousé Tanneguy de Kermavan."

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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Le calvaire à double croisillon.

"Au cours du XVIe siècle, l'audace des sculpteurs de petits calvaires ne cesse de grandir. Multipliant les prouesses techniques ils font porter au même fût, non plus un, mais deux croisillons. S'y placent les larrons, s'y juchent les saints, s'y campent de robustes cavaliers aussi fiers que ceux des Crucifixions aux vitraux des églises. Merveilles d'équilibre à Locmaria-Lan de Plabennec, à L'Hôpital-Camfrout, à Quimerch, à Locmélar, à Loqueffret ... Aux calmes heures vespérales, lecture directe abolie, les contours précis de ces portiques à étages se découpent en beaux contre jours. Pour vaincre les lois de la pesanteur, les tailleurs de pierre savent le secret d'assemblages destinés à affronter les gels et les tempêtes. Ils coulent le soufre fondu dans le trou sur le flanc taluté des noeuds. Pour être pleinement efficaces ils laissent aux liaisons de l'' élasticité." (Y.P. Castel)

Au  schéma adopté ici, avec le Christ entre les deux larrons, succédera pour l'atelier des Prigent celui du Christ entre les deux cavaliers, tandis que le tandem Pietà/Christ aux liens sera largement repris.

http://www.lavieb-aile.com/2020/04/sortir-d-une-epidemie-le-calvaire-de-plougastel.iii.html

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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Le croisillon supérieur : le Crucifié entre les deux larrons.

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"Le Crucifié a le visage ridé d'un vieillard édenté, un sourire satisfait aux lèvres. Les deux larrons, installés chacun sur une croix en tau ont le corps dans des positions identiques. Le bon larron a un visage inexpressif tandis que son compagnon porte une moustache.La console du coté du mauvais larron est formé d'un démon aptère. La forme des ailes triangulaires des anges est une marque stylistique de S. Coëtd que l'on retrouve sur le calvaire de Lesquelen" (Le Seac'h)

 

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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On remarquera facilement les pagnes aux formes généreuses, serrées par un lacet noué en rosette. Les thorax sont dilatés par cette forme de supplice où les jambes sont privées de l'appui qui permettrait de respirer. Elles sont d'autant plus privées de cet appui que les soldats les ont brisées, ce qui explique leur flexion orthogonale. 

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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C'est la première fois que je rencontre ce détail du mauvais larron dont l'absence de foi est exprimée par un bandeau sur les yeux. Il serait intéressant d'en trouver d'autres exemples.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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Le croisillon inférieur.

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1. Saint Jean.

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Le plus souvent, nous trouvons au pied de la croix la Vierge à gauche et saint Jean l'évangéliste à droite.

Saint Jean est bien présent ici, avec la main sur la poitrine, l'autre main retenant le pan du manteau. La tête est inclinée en signe d'affliction.

Les caractères stylistiques de ce sculpteur peu commun apparaissent clairement avec des sourcils épais, les pommettes saillantes, les sillons naso-géniens accentués, la petite bouche en arc concave. Les cheveux (comme ceux de saint Pierre qui se voient à l'arrière) sont formés d'épaisses mèches en boucles,régulièrement  striées.

Les yeux sont très reconnaissables , ils seront plus caractéristiques encore sur les autres statues.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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2. Sainte Marie-Madeleine portant le flacon d'aromates.

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Autant les visage de saint Jean et de saint Pierre sont expressionnistes, aux personnalités accentuées, autant ceux des deux saintes sont d'un ovale très pur, un front large contrastant avec un étage inférieur triangulaire et étroit, dans une recherche de se conformer à l'idéal de beauté féminine de l'époque. Les pommettes restent néanmoins saillantes.

Venons-en aux yeux. Ils sont comme enfouis sous des paupières dépourvus de plis ; on sait que l'absence de pli palpébral est la caractéristique des yeux asiatiques, conférant au visage un aspect lisse peu expressif que les jeunes femmes japonaises chinoises ou coréennes corrigent par une intervention de chirurgie plastique sur la paupière supérieure. Ici, la paupière supérieure n'est pas plissée à l'européenne, mais encore la ligne supérieure de l'œil est presque droite et horizontale, tandis que la ligne inférieure est en arc de cercle. Les deux lignes forment un coin de l'œil très pointu.

On pourrait résumer cela en disant que la caractéristique des yeux de ce sculpteur est une paupière supérieure très large : ce sera encore plus le cas pour la Vierge de pitié.

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Sainte Marie-Madeleine est souvent figurée par les peintres et sculpteurs du XVIe siècle comme un parangon de beauté, avec un front épilé et donc large, une chevelure souple et longue, et une élégance vestimentaire affirmée. Ici, la sainte porte une robe serrées par une ceinture, avec un corsage ajusté et une jupe plissée. Les manches rapportées sont bouffantes. Le manteau, ou cape, est tenue par un fermail fait d'anneaux de chaîne tenus par deux boucles plus travaillées.

On profite de ce cliché pour voir la chevelure de sainte Barbe, qui atteint les reins.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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On ne s'étonnera pas de trouver au pied de la croix de ce calvaire Marie-Madeleine, puisqu'elle y est omniprésente au XVIe siècle, le plus souvent agenouillée et les mains tordues par le chagrin, sur toutes les enluminures, les peintures et les vitraux de la Passion.

Et on ne commettra pas l'erreur pourtant commune de qualifier son attribut de "flacon de parfum", par contamination avec le parfum versé sur les pieds du Christ par Marie de Béthanie ou par la femme chez Simon le pharisien.

Dans le contexte de la Passion, il s'agit bien du vase contenant les "aromates" nécessaires à l'ensevelissement et à l'embaumement du Christ par Marie de Magdala, celle qui est présente à la Déposition, puis qui se rend au Tombeau.

Marie de Magdala, devenue par amalgame Marie-Madeleine, est, après la Vierge éplorée, le personnage premier de la Passion. Or, c'est dans l'évangile de Jean qu'elle est présentée d'abord sur le Golgotha (Jn 19:25) puis comme le premier témoin de la Résurrection, en Jean 20 . La signification de sa présence sur ce calvaire est donnée par la représentation de Jean l'évangéliste à droite, comme une citation.

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Elle est, par ce rôle dans la Mort et la Résurrection, LE personnage emblématique non seulement de la Passion, mais aussi de la pensée chrétienne sur la mort en Bretagne à la Renaissance. Or, le personnage auquel elle est adossée et accouplée est sainte Barbe, dont le principal motif d'invocation est la protection contre la mort subite, foudroyante, sans le secours des Sacrements.

Marie-Madeleine est la sainte non seulement liée à la mort, mais aussi aux soins donnés aux mourants et aux indigents, si bien que tous les lieux-dits "La Madeleine" correspondent à des lieux de réclusion des lépreux et autres contagieux.

Je me suis demandé si cette présence se justifiait par l'existence d'une chapelle ou d'un site éponyme, sans résultat. Puis, si cette date de 1527 correspondait à un contexte d'épidémie. La réponse ne peut être précise.

Il nous reste à constater la cohérence du programme iconographique autour du double thème de l'affliction de la Mort , et du Soin.

 

 

 

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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3. La Vierge de Pitié.

 

"La Pietà à deux personnages repose sur une console moulurée Renaissance. La Vierge tient son Fils dans ses bras, la main reposant sous la nuque. Son voile, qui forme des plis en serviette sur le coté, est agrémenté d'une séparation au milieu de la tête." (Le Seac'h) .

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge a la tête inclinée vers la droite et tournée vers la gauche : elle ne regarde pas son Fils, et son visage inexpressif témoigne de l'anéantissement psychique du deuil. Ce visage est caricatural, avec les pommettes saillantes, les paupières supérieures en rideau dissimulant presque les yeux réduits à un croissant, et la couche minuscule.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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La face nord : saint Pierre et sainte Barbe. Le Christ aux liens.

 

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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1. Le Christ aux liens.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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2. Sainte Barbe.

Elle est accompagnée de ses attributs, la palme de martyre et la tour à trois fenêtres (ici, à trois étages) témoignant de son attachement au dogme trinitaire. Elle est habillée en princesse, avec les privilèges dues à ce rang, le surcot ouvert, largement doublé de fourrure,  brodé et doté de pierreries, la robe à manches larges et plissées,  le manteau  dont elle retient le pan de la main gauche, et la chaîne en guise de collier. Ses cheveux longs sont retenus par une couronne de grosses perles. Les chaussures sont à bouts ronds.

On sait que son culte est très répandu, notamment par les femmes des familles nobles, et que dans les livres d'Heures, elle est aussi invoquée que sainte Catherine et sainte Marguerite.

Les deux faces de la statue géminée rivalisent de finesse dans les détails et de raffinement. 

On les comparera à la statue en kersanton de sainte Catherine ornant le portait ouest de Rumengol :

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Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

 

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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Détail de la tour : la porte, ses gonds et son loquet  (face sud).

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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3. Saint Pierre et sa clef.

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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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LES STATUES ADJACENTES :

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1. Saint Eloi en évêque, avec les emblèmes professionnels des maréchaux-ferrants. Blason martelé .

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Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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2. Saint Fiacre en coule monastique, son livre  et sa bêche.

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Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/plabennec.html

massif, quatre degrés à l’arrière. Socle à pans. Fût de même: CESTE CROIX FAISTE PAR MAISTRE [nom bûché soigneusement] LAN MILVCXXVII au revers du fût: S. COETDELEV.

Premier croisillon aux anges tenant des écus, statues géminées: Jean-Pierre, Madeleine-Barbe, au milieu Vierge de Pitié, Christ lié. Second croisillon, fût des larrons, écus au centre sur face et revers. Croix de section octogonale, crucifix, au-dessus du titulus, macles des Rohan. (Oeuvre intéressante par le fait que le nom du maître sculpteur a été supprimé, témoignant d’une querelle de paternité entre artistes pas si anonymes qu’on ne le suppose souvent. [YPC 1980]

CASTEL (Yves-Pascal), La grande Pietà de Yvon Fichaut à Laz , 1527.

http://piquetjm.free.fr/Pieta.PDF

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,   Diocèse de Quimper et Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988, p. 232-233.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/929d131ccf0e85c0f4d63b4794d6d5e9.pdf

 

— PÉRENNÈS (Henri), 1938, « Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Plabennec », Bulletin diocésain d’histoire et d’archéologie, 1938, p. 175-179, 193-199.

— LE GUENNEC (Louis), 1981, Le Finistère monumental, t. II, Brest et sa région, Quimper, 1981, p. 324, 327-330.

— MAUGUIN (Michel) Loc-Maria-Lann en Plabennec

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/sonj/loc_mari.htm

— MAUGUIN (Michel), Histoire de Lez-kellen

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/sonj/Lezhisto.htm

— PEYRON (chanoine), 1905,  Bull. SAF

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1905_0253_0272.html

— DANIEL (Tanguy), chapelle de Locmaria à Plabennec

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/chapelle-de-locmaria-a-plabennec

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires
16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 08:50

La Danse des Pissenlits : une Akènochorie des Près sur une toile de Tétragnathe.

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Un âne de mes amis s'ennuyait tant en son pré qu'il confinait à l'acédie. On lui vanta la graine d'Ellébore d'Anticyre, qu'il rumina sans autre profit qu'un flux de ventre. Il échangeait, par oiseaux interposés avec toute sorte d'ânes fort sages dont l'un, le vénérable Fondh Mapoché,  lui dit : « La fleur de lotus pousse dans l'eau boueuse . La conscience ordinaire est la Voie. Renonce aux élucubrations psychiques qui sont contraires à notre état, et regarde autour de toi. »

Ce fut le Satori, cette sorte de pirouette de l'âme, son Ah Ah !, ce bonsandenondediou qui illumina l'existence de tant de baudets . Il cessa de bâiller , et il eut brait si quelque troupe de pollens menée par Aquilon ne le fit éternuer, précisément au dessus de la tête chenue d'un Pissenlit. Trois ou quatre akènes, qui ne demandaient que cela, mirent les voiles.

C'est alors qu'un rideau se déchira devant ses yeux, qu'il avait fort chassieux. Des fillettes coiffées d'aigrettes lui apparurent, faisant mille cabrioles, dansant mille farces, ces demoiselles se poursuivant de leurs ombrelles, tandis qu'une funambule à plumette exécutait sur leur têtes un périlleux exercice. D'habiles notes de musique, toutes blanches, jouaient aux croches sur l'invisible portée.

Sans doute pris d'émotion, Maître Martin éternua encore. La toile d'araignée se déchira.

Ce bref accès aux splendeurs spirituelles lui fit retrouver l'appétit, et un chardon l'apprit à ses dépens. Il en aima le goût. Il sut désormais ce que vivre voulait dire : "rêver et bien aimer".

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Cliquez sur l'image pour assister au diaporama.

Taraxacum officinalis. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Taraxacum officinalis. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Akène munie de son  pappus de Taraxacum officinalis.  Aménochorie  lavieb-aile 15 mai 2020.

Akène munie de son pappus de Taraxacum officinalis. Aménochorie lavieb-aile 15 mai 2020.

Akène  de Taraxacum officinalis munie de son aigrette, elle-même coiffée de son vortex. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Akène de Taraxacum officinalis munie de son aigrette, elle-même coiffée de son vortex. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Toile par Tetragnatha etira.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Toile par Tetragnatha etira. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Toile par Tetragnatha etira.  Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

La danse des Akènes. Toile par Tetragnatha etira. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.

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Published by jean-yves cordier
14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 23:44

Lors de mon reportage de 2013 sur le Cimetière de bateaux (langoustiers mauritaniens) du port de Camaret, j'avais décrit un à un les huit navires qui s'y trouvaient.

http://www.lavieb-aile.com/article-le-sillon-a-camaret-nouvelles-images-du-cimetiere-de-bateaux-116872963.html

Depuis, les deux premiers navires, les plus beaux à mes yeux,  "La Salle" et le "Rosier Fleuri" ont dû être évacués et détruits.

Le spectacle de ces navires était poignant, puis qu'il parlait d'un passé maritime glorieux et florissant pour le port de pêche. Aujourd'hui, l'émotion est plus grande encore devant cette peau de chagrin, qui reflète tout autant la diminution des ressources halieutiques que celle de la flottille bretonne. Plus largement, ces coques échouées sur la surface minérale de la grève gardent comme la prescience de l'avenir de notre société.

Je tente d'en rendre compte, en présentant des cliches dont j'ai accentué la dramatisation. Je pense à tous les marins qui ont vécu cette grande aventure. Ou je pense aux larmes qui sont retenues dans beaucoup d'objets qui, dès lors, acquiert le statut de sujet car ils sont les interlocuteurs de nos interrogations. 

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 Sunt lacrymae rerum et mentem mortalia tangunt. "Il y a des larmes dans les choses mêmes, et ce qui est périssable frappe l’esprit" (VIRGILE, Énéide, liv. I, v. 462).  Énée, fugitif, a été poussé par la tempête sur les côtes d’Afrique, aux lieux mêmes où s’élève Carthage. Dans un temple que Didon a consacré à la reine des dieux, un spectacle inattendu frappe les regards du héros : il voit représentés, dans l’ordre des temps, les combats d’Ilion et les événements de ces guerres que la renommée a déjà publiés dans tout l’univers. Il reconnaît le fils d’Avrée, le vieux Priam et le terrible Achille. Il s’arrête et ne pouvant retenir ses larmes : « Achate, dit-il, quel lieu n’a retenti, quelle contrée de la terre n’est pleine du bruit de nos malheurs ! Jusque dans ces déserts, le courage trouve sa récompense. Il y a des larmes dans les choses mêmes et ce qui est périssable frappe l’esprit. »

 

Ces objets chargés de larmes ont été d'abord pour moi, en marchant sur la grève, les vieilles pièces de bois rongées, pénétrés de pointes rouillées, qui sont les seuls dépouilles des deux coques disparues.

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Cliquez sur l'image.

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Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 21:02

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

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Aporia crataegi, le Gazé.

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Gazé ou Piéride de l'Aubépine. Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Gazé ou Piéride de l'Aubépine. Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Gazé ou Piéride de l'Aubépine. Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Gazé ou Piéride de l'Aubépine. Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

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Fragment de pétale de Chèvrefeuille suspendu à un fil de Vierge.

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Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

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Chenille de Malacosoma neustria.

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Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

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Zygoptère : Pyrrhosoma nymphula, Nymphe au corps de feu.

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Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

Poraon, Crozon. Photographie lavieb-aile 13 mai 2020.

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon
12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 21:55

Les vitraux (fin du XVIe siècle début XVIIe) de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude : la Vie de saint Louis.

 

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voir aussi :

 

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Mon projet était d'étudier comment s'établissent les rapports entre enluminures et peinture sur verre, à partir de l'assertion donnant comme source de ce cycle de la Vie de Saint Louis à Champigny-sur-Veude le manuscrit Le Livre des faiz monseigneur. Le BnF fr 2829 daterait de 1480-1485 et a été enluminé par un artiste nommé, par François Avril, précisément à partir de ce manuscrit,  Maître du cardinal de Bourbon et actif à Paris entre 1470 et 1500. 

On doit cette hypothèse à Eugène Pépin en 1928, elle fut présentée ensuite (1975) par  Alain Erlande-Brandenburg et reprise (tempérée de l'adjectif "vraisemblablement") par Louis Grodecki.

Pourtant, la confrontation entre les enluminures et les vitraux m'a vite montré que la relation entre les deux œuvres était lointaine. Le maître-verrier avait peut-être puisé dans la bibliothèque des Bourbons (si tant-est que ce manuscrit s'y trouvait) pour y trouver la documentation des dix tableaux historiques et hagiographiques qu'il devait peintre, il s'était peut-être inspiré de certaines compositions pour les scènes de prestige ou d'expédition navale, mais il n'avait pas trouvé son modèle dans ce manuscrit enluminé un peu plus ou un peu moins d'un siècle auparavant.

J'étais donc déçu, d'autant que je ne ressentais pas pour ces vitraux l'enthousiasme de l'équipe du Corpus vitrearum. Peut-être étais-je trop attaché aux beautés des verrières bretonnes du XVIe siècle ? J'étais gêné par le sentiment de me trouver devant un panégyrique pompeux du XIXe siècle, où l'influence du restaurateur principal, l'atelier Lobin de Tours se fait excessivement sentir. Ces verrières dataient-elles réellement de 1550-1560 comme l'affirmait L. Grodecki ?

Je trouvais en ligne un bref extrait d'un article de 2013 de Laurence Rivale, qui semblait aller dans le même sens. Hélas, les conditions ne me permettaient pas la communication de cet article.

En définitive, je n'ai pas été beaucoup plus loin dans mon projet que de mettre en ligne pour les amateurs la documentation photographique des dix tableaux, accompagnée en parallèle de quelques miniatures  du Livre des faiz.

Finalement, je me suis passionné d'avantage pour cet ouvrage, ces enluminures et leur auteur.

 

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PRÉSENTATION DE LA CHAPELLE ET DE SES VITRAUX.

 

 La chapelle fut commencée par Louis de Bourbon-Vendôme et Louise de Bourbon-Montpensier vers 1508 mais la nef ne fut achevée par son fils Louis III de Montpensier qu'en 1543-1546 (chronogramme) , suivie de la pose des vitraux offerts, sans doute pour son mariage en 1538,  par le cardinal de Longwy, oncle de son épouse Jacqueline de Longwy. Ces vitraux ne furent achevés que longtemps après leur donation, La chapelle reçut ses vitraux dans la seconde moitié du XVIe siècle, puisqu'en baie 9 le cardinal de Bourbon  est qualifié d'évêque de Langres (il occupa cette fonction de 1555 à 1561) et puisque l'on voit en baie 10 Henri de Bourbon et Henriette de Joyeuse, qui se marièrent en 1597. Nous savons d'un contrat notarié d'Henri de Bourbon qu'en 1607 deux peintres-verriers de Chinon, René Grézil et Arnoul Ferrant  furent chargés de leur entretien. Je cite cette pièce car il s'agit d'un réel contrat de maintenance, pour les verrières anciennes ou nouvellement faites, qui pourrait suggérer qu'il a été signé rapidement après la pose des vitraux les plus récents :

 

"En date du 23 juin 1607, contrat notarié entre deux « maistres peintres vittriers » de Chinon. René Grézil et Arnoul Ferrant, d'une part, et Mgr Henri de Bourbon, seigneur du lieu, « pour l'entretien de toutes les vittres du dict château de Champigny, tant vieil que nouvellement faict, de la basse court à la Sainte-Chapelle, de fournir par eux de verre et plomb nécessaires aux entretiens, en sorte qu'il n'advienne aucune démolitions aux dictes vittres, sans être promptement et à l'instant réparé, sauf touttes fois que où il arriverait de grands vents et tonnerre qui fissent dégast de plus de demy panneau d'icelles, tant de la dicte chapelle que logys ci-dessus, ce ne sera aux dépens des dicts vittriers de les remettre, ains à Monseigneur, qui leur a promys par chascun pied de verre la somme de 4 solz de verre blanc, et quant au verre d'appareil, leur sera payé à l'estimation qui en sera faicte par les officiers de ce lieu outre la somme de 60 livres et doibvent être fournis d'une chambre pour  travailler en ce lieu et de boys nécessaire à fondre le plomb et le chauffage de leurs fours" ( Ottin p.6)

 

Un ouragan endommagea les verrières en 1711. Elles sont en partie descellées pendant la Révolution. En 1793, monsieur de Quinson rachète la chapelle et les vitraux et les fait remettre en place mais avec des erreurs de montage. Les vitraux sont restaurés en 1864 par Lucien-Léopold Lobin (Tours) qui corrige les erreurs de montage. Les vitraux sont déposés en 1940, à nouveau restaurés par Jean-Jacques Gruber puis reposés. En 1974-1975, l'atelier Durand procède sur place à des repiquages de quelques pièces brisées sur les tympans.

 

 

"L’édifice est orné de onze verrières, hautes de plus de 8 mètres et larges de 3,50 m. La profondeur des bleus, le velouté des rouges et des bruns, ou encore la lumière des ors, qui ornent les vêtements, font la réputation de ces vitraux .

"Ces vitraux remarquablement bien conservés ont la réputation bien méritée d’être les plus beaux vitraux Renaissance de France. Ils sont divisés en trois registres superposés. Dans le soubassement sont représentés les descendants de Saint Louis. Tous ces personnages sont agenouillés sur un prie-Dieu qui porte leurs armes, et leur nom est inscrit dans un cartouche de verre blanc. Ils sont tournés en direction de la verrière centrale, qui représente la Crucifixion ainsi que le couple fondateur, Saint Louis et son épouse Marguerite de Provence. Cette disposition forme comme une procession, elle est une mise en scène ostentatoire qui permet à la famille de Bourbon-Montpensier d’affirmer sa puissance et de rappeler que Saint Louis, leur ancêtre, leur a transmis une parcelle de son sang royal. Dans les deux autres registres, une scène unique occupe toute la baie. Elle n’est pas constituée de multiples épisodes juxtaposés et superposés comme dans les vitraux du Moyen-Âge, mais constitue un véritable tableau qui ne tient pas compte des meneaux de pierre. Le registre central, le plus important, est une évocation de la vie de Saint Louis, depuis son sacre à Reims le 29 novembre 1226 jusqu’à sa mort à Tunis le 25 août 1270. Le roi est mis en parallèle avec le Christ, dont la Passion est représentée dans le tympan. La lecture des verrières se fait du bas vers le haut, des Bourbons vers le Christ." (Marie-Pierre Terrien)

 

"Un important corpus de biographies de Louis IX a été produit par les hagiographes à la fin du XIIIe siècle, afin de le glorifier en vue de sa canonisation. S’intéressant davantage au saint qu’au souverain, elles ont véhiculé le portrait d’un roi mythique. Trois images principales, qui veulent souligner sa piété, s’en dégagent : un roi héritier des rois de l’Ancien Testament, un roi très chrétien qui pratique la charité et un roi guerrier qui part en croisade sur les pas du Christ. Les images de Saint Louis, proposées dans les verrières de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude concordent avec ce portrait idéalisé du souverain. Le cardinal de Givry, qui a offert les vitraux, a joué un rôle fondamental dans la réalisation de ce programme iconographique très abouti. Homme d’Église, mais aussi grand mécène, il était au contact des humanistes de son temps. Enrichis par les sources de la Renaissance, les vitraux de Champigny-sur-Veude véhiculent un message qui vise également à célébrer Louis Ier de Bourbon, dont les hauts faits répètent ceux de son ancêtre, le roi Très saint. Ils rappellent à la fois son courage quand il part faire les guerres d’Italie et sa ferveur religieuse quand il lègue des reliques de la Passion à la collégiale." (Marie-Pierre Terrien)

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Vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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LE MANUSCRIT ENLUMINÉ LE LIVRE DES FAIZ MONSEIGNEUR SAINT LOYS BnF FR.2829. 

 

 "Il s'agit d'une compilation des épisodes de la vie de Louis IX et des miracles ayant eu lieu après sa mort sur son tombeau, écrite par un auteur anonyme. Elle a été commandée par Charles II de Bourbon, cardinal et archevêque de Lyon vers 1480-1482, qui y trouve l'occasion de glorifier son ancêtre. L'ouvrage était destiné à l'une des femmes de son frère, le duc Jean II de Bourbon, qui, d'après la date du manuscrit et certains indices héraldiques, pourrait être Jeanne de France (1435-1482). Il s'agit de l'ouvrage le plus ambitieux enluminé par le maître anonyme et celui qui lui a donné son nom de convention. Tous les chapitres de l'ouvrage sont enluminés : le prologue (miniature de dédicace), les 41 chapitres de la vie du roi (f.7-f.83) puis les 75 miracles du saint (f.84-115v), un chapitre sur sa canonisation et une conclusion soit 122 miniatures au total dont 48 en pleine page. Le maître développe ici un programme iconographique original tout en restant très proche du texte.  Saint Louis y est représenté d'une manière différente en fonction de ses différents rôles, selon qu'il incarne le monarque, mais aussi l'époux, le père ou encore une figure christique ." (Elliot Adam)

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Etude du manuscrit.

 

La reliure de maroquin rouge aux armes et symbole royaux (collier de l'Ordre du Saint-Esprit) date de la fin du XVIIe-début du XVIIIe siècle.

La notice de la Bnf n'indique pas ses propriétaires, mais le manuscrit fut donné en 1488 par Anne de Beaujeu à son frère Charles VIII.

Il s'ouvre en page 2v par une enluminure pleine page du blason de France d'azur aux trois fleurs de lys d'or, couronné et entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel modèle antérieur à 1516, avec en haut la devise PLUS QUAUTRE et en bas  la mention KAROLUS . OCTAUS . Il faut lire le S final comme le signe abréviatif en exposant 9 de -us latin. Soit, ici, après un U qui a valeur d'un V, OCTAVUS

La bordure est un carroyage bicolore, gris et or, les 26 carrés portant un S gothique. 

La devise se trouve répétée en abyme dans les quatre traits droits du S de PLUS.

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BnF fr 2829 Le Livre des faiz folio 2v. Droits Gallica

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On trouve ce frontispice dans les manuscrits Bnf fr. 823 et 5054, mais la devise PLUS QUAUTRE y est absente.

a) Le BnF français 823, à la même reliure de la Bibliothèque royale que le Livre des faiz, contient les Pèlerinages de Digulleville ; il  date de 1393. Le folio Av, enluminé secondairement,  montre le même complexe emblématique et héraldique ( différence : carreaux bleu-gris et or ; fond damassé rouge et or ; inscription KAROLUS OCTAVUS)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10462501n/f10.image

 

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BnF français 823 folio Av . Droits Gallica.

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b) Le BnF français 5054 contient les Vigiles de Charles VII de Martial d'Auvergne ; c'est un manuscrit daté vers 1484, copié à Chaillot, enluminé à Paris par deux artistes du cercle de François Le Barbier fils. Sa reliure de maroquin rouge aux armes et symbole royaux est semblable à  celle des ouvrages précédents. Le frontispice a été ajouté par Jean Bourdichon, il est identique au précédent .

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BnF français 5054 Bv. Droits Gallica

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Analyse des emblèmes du frontispice du Livre des faiz.

Nous sommes donc dans un ensemble emblématique associant des couleurs (gris et or), un sigle (le S), une devise ou mot (PLUS QUAUTRE), l'identité KAROLUS . OCTAVUS, et un blason. 

KAROLUS OCTAVUS désigne bien-sûr Charles VIII. 

Les couleurs.

Le jaune et le gris sont les couleurs de Charles VIII et d'Anne de Bretagne à Amboise , et sont dédiés aux chambres du roi et de la reine, alors situées dans le logis dit de Louis XI. Dans les minutes de l’hôtel d’Anne de Bretagne où ces chambres sont répertoriées, elles sont dites « a la devise du seigneur », sans autre précision comme s’il existait une correspondance évidente entre le roi et les couleurs qui le représentent. À la suite des chambres, sont d’ailleurs énumérées : Sept pieces de satin gris et jaulne qui servent au retraict et garde robe dudit seigneur de pareil blason comme les dessusdites." (L. Gaugain)

Avant le départ du roi pour Naples en 1494, la description de sa tenue de chasse conjugue les mêmes coloris. On pourrait donc penser que Charles VIII a porté pour couleurs le jaune et le gris avant l’expédition d’Italie. On sait en revanche qu’à la bataille de Fornoue, le 6 juillet 1495, Charles VIII portait pour couleurs le violet et le blanc, qui l’avaient mené à la victoire.

 

Le S fermé.

  Ce S fermé, un S gothique barré d'un trait en diagonale, désigne la « fermesssa » ou « fermesse », c'est à dire la fidélité politique ou amoureuse voire religieuse. 

Les appartements du couple royal à Amboise étaient décorés d'une tenture de satin jaune et gris garnie de grands S de velours noirs à cordelières : "on retrouve ces couleurs au logis des Sept Vertus, en 1498 – comme nous allons le voir. Lors de la fête donnée en l’honneur de Philippe d’Autriche et Jeanne de Castille à Blois en 1501, la chambre de la dame d’honneur de l’archiduchesse, Madame de Halluyin, est précisément ornée de ces parures jaunes et grises, dont les embrasses de rideaux sont de grands « S » de velours noirs « noués en façon d’une cordelière », venues du logis dit de Louis XI ; que les minutes de l’hôtel d’Anne de Bretagne signalent en effet, dans la marge, en récolement, envoyées à Blois"

Les mêmes couleurs se retrouvent sur les tapisseries  qui furent achetées en 1493-1494 pour orner les appartements de Charles VIII et Anne de Bretagne au logis du donjon, c’est-à-dire dans la partie occidentale du château. On y reconnait les tons jaunes et gris dans lesquels avaient été réalisées les chambres des époux royaux ainsi que, timbrées de S et de cordelière ducale, les embrases de velours noirs qui tenaient les rideaux.  "Tappicerie de damas sathiné gris et jaulne faictes a la devise dudit seigneur et rapportees par SSS entrelassees: Huit pieces de tappicerie de damas gris et jaulne obscur ou esdites pieces sont rapportees grandes SS de veloux noir et une cordeliere a travers S, lesquelles pieces servent pour la chambre dudit seigneur et en icelles est comprins le ciel. Trois rideaulx de taffetas gris et jaulne. Sept pieces de satin gris et jaulne qui servent au retraict et garde-robe dudit seigneur de pareil blason comme les dessusdites. Quatre pieces de satin gris et jaulnes servantes a l’oratoire dudit seigneur a SS. Huit pieces de tapicerie de damas gris et jaulne comprins le ciel a SS de veloux noir et une cordelliere a travers lesquelles servent pour la chambre de la royne. Trois rideaulx pour ladite chambre dont en y a deux de damas gris et jaulne et ung rideau de taffetas."

Le S fermé est présent, entre deux soleils  sur les guides du cheval de Saint Hubert sur le linteau de la chapelle royale d'Amboise.

http://www.lavieb-aile.com/2015/08/le-linteau-du-portail-de-la-chapelle-saint-hubert-du-chateau-d-amboise.html

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photo lavieb-aile

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Un soleil portant un S fermé est visible au folio 4 du Livre des quatre dames BNF fr fr. 2235.

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BnF fr 2235 folio 4v. Droits Gallica

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Le S fermé avec le mot PLUS QUAUTRE est placé au centre d'un soleil sur la tapisserie La destruction de Troie, datant du troisième quart du XVe siècle. (Victoria and Albert Museum)

https://www.vam.ac.uk/articles/the-war-of-troy-tapestry

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1973_num_131_2_6929

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Le mot PLUS QUAUTRE.
J'ai déjà signalé qu'il est présent en haut à gauche et répété deux fois sur la tapisserie La Destruction de Troie, où Charles VIII l'a fait placer lorsqu'il en fut propriétaire.

Selon V. Terrasson de Fougères " Parmi les motto ou courtes sentences adoptées par le roi, Yvonne Labande-Mailfert cite à partir de 1492 « Plus quaultre » (sic) que porteront certains de ses pensionnaires sur leurs journades lors de l'entrée à Florence, cette devise succède aux devises plus légères de sa jeunesse telle que « A mon atante » et « J'ayme tant fort une ».

Le roi l'a inscrite de sa propre main, avec sa signature, sur un manuscrit exécuté pour Charles-Orland, son fils aîné (1492-1495). Il s'agit de « L'Ystoire du tres sainct Charlesmayne»  BnF, Fr. 4970, au folio 47 . La devise met en valeur le S de PLUS, et ce S se retrouve dans le C de CHARLES.

 

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On la signale aussi sur des Très Petites Heures du roi, un manuscrit mis en vente  en 2000.

https://www.lotsearch.net/lot/petites-heures-of-charles-viii-use-of-paris-in-latin-illuminated-46569319

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Source Christie's

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J'ai mené assez loin cette digression pour mon seul plaisir ; mais on peut en conclure que le manuscrit du Livre des faiz n'était pas accessible comme modèle pour un peintre-verrier à partir de 1488, date à laquelle il rentra dans la bibliothèque royale. 

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Le folio 3v.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f9.item.zoom

Le texte y est placé dans un cartouche inséré au tiers médian de la page, délimitant ainsi deux registres. 

 Au registre supérieur, l'auteur offre son  manuscrit à un cardinal, dans une riche chambre d'apparat et en présence d'une foule de courtisans, dont un noble portant un faucon dont le capuchon est ôté. Les coiffures sont soit le bonnet florentin, soit le chaperon. On peut en étudier la technique stylistique , avec l'usage de hachures à l'or liquide notamment sur les fonds bleus et rouges, soit de dessins comme le damassé des étoffes du lit,  selon l'art du camaïeu d'or. En haut, une inscription ONCE (?) LE ROY. Sur des aumônières, quelques monogrammes.  Dans l'encadrement architecturé, je remarque la clef de voûte pendante  ornée de deux anges présentant  les armoiries royales, et sur les culots de départ des nervures, une statue de saint Louis et une autre de Charlemagne. Les deux bâtons croisés sous le galero sont pour moi énigmatiques.

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Le texte donne le Prologue : ICY COMMANCE LE PROLOGUE SUR LE LIVRE DES FAIZ MONSEIGNEUR SAINT LOYS JADYS ROY DE FRANCE. Jehan arcedyacre de Salesbery docteur bien renomme en son ne prologue de son livre intitulé Policraticon par forme question interrogatoyre dit et demande qui est celuy qui pourroit congnoistre et savoir les fais des alixandres les fais des cesars empereurs romains qui se esmerveilloit...[des stoiques et des peripathetiques qui furent deux sectes de philozophes anciens]

Le Policraticus  est un livre de philosophie morale et politique écrit par Jean de Salisbury vers 1159 et abordant la question de la responsabilité des rois et leur relation à leurs sujets.

Dans cet encart, les armes des Bourbon, et, au centre l'emblème de l'épée flamboyante.

Le registre inférieur se déroule, selon l'inscription, à MOULINS EN BOURBONNOIS. Elle est divisée en deux par une tour portant les armes des Bourbons tenues par deux ours. À gauche, le duc de Bourbon (collier de Saint-Michel) entouré de ses conseillers, sous son blason, est désigné par DE BOURBON, précédé d'un prénom ou d'un titre en latin. C'est a priori le duc Jean II (1426-1488). À droite, le cardinal est identifié par l'inscription KAROLUS. C'est le cardinal Charles de Bourbon (Moulins, 1433-Lyon, 1488) qui fut archevêque de Lyon (1480-1482) et évêque de Clermont (1476-1488). Il présente ou offre le manuscrit à reliure cramoisi à une femme de noble condition, qu'on assimile à la duchesse de Bourbon. Le duc Jean II a eu trois épouses, mais les emblèmes et armes royales incitent à y voir Jeanne de France, fille de Charles VII, d'autant que sa robe est d'azur aux fleurs de lys d'or..

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folio 3v

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LES DIX REGISTRES MOYENS DES VITRAUX DE LA SAINTE-CHAPELLE DE CHAMPIGNY: VIE ET MORT DE SAINT LOUIS.

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On en trouve une description précoce dans De Chergé, 1838.

 

 

 

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Du coté nord :

1. Le sacre de saint Louis.

2. L'éducation de saint Louis

3. La translation des reliques à la Sainte-Chapelle de Paris.

4. Piété et charité de saint Louis.

5. Saint Louis fait vœu de croisade en Terre sainte.

Du coté sud :

6. Embarquement de saint Louis à Aigues-Mortes.

7. La prise de Damiette par les Croisés.

8. La bataille de la Mansourah ; saint Louis set fait prisonnier.

9.  Retour de la première croisade de saint Louis.

10. La mort de saint Louis.

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1. Le sacre de saint Louis.

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Il s'agit de la baie 9.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOVYS EN LAAGE DE TREIZE ANS FUT SACRE EN LEGLISE DE REINS PAR LEVESQVE DE SOISSONS LE SIEGE ARCHIEPISCOPAL DE REINS VACANT PRESENS LES PERS ET PRINCES DE FRANCE .

La scène a été très restaurée au XIXe et XXe siècle.

À droite, l'évêque et les dignitaires ecclésiastiques ; à gauche, neuf "barons", barbus, couronnés, arborant le collier de l'Ordre de Saint-Michel, portent les insignes régaliens et de chevalerie : épée, casque, couronne et étendard (de gueules à la croix d'argent, celui des Hospitaliers). Le baron de gauche porte des collants rouges, une tunique d'or damassée, et un manteau court, bleu, et fourré.

Louis IX fut sacré en la cathédrale de Reims le 29 novembre 1226 par Jacques de Bazoches évêque de Soissons, mais il avait été adoubé chevalier lors d'une étape à Soissons quelques jours auparavant. Les grands seigneurs et les prélats étaient absents. 

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L'enluminure du Livre des faiz monseigneur, folio 7r, est différente dans sa composition et dans ses costumes, mais la cérémonie est identique ; les barons tiennent des lances, les éperons, l'épée et l'oriflamme (d'azur semé de fleurs de lys). Les prélats mitrés remettent la couronne, le sceptre, la ceinture bleue, la tunique d'azur fleurdelisée, et un reliquaire. Un retable de la Vierge entre saint Pierre et saint Paul, et un drap d'honneur damassé, sont peints en camaïeu d'or sur fond brun.

 

 

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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2. L'éducation de saint Louis durant la régence de Blanche de Castille.

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COMMENT APRES LE SACRE ET COURONNEMENT DV ROY SAINT LOVIS LA ROYNE BLANCHE DE CASTILLE SA MERE LE BAILLA A GOVVERNER ET INSTRUIRE A JEAN VERTV[EVX] ASSAVOIR QUANT AVX CHOSES SPRIRITVELLES AVX FRERES PRESCHEVRS ET MINEVRS ET LES CHOSES TEMPORELLES GOVVERNANT PAR LE CONSEIL DES SAGES CHEVALIERS ET BARONS DE FRANCE.

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Dans le Livre des faiz, cet épisode correspond au texte du folio 8r ""… et demeura toujours sous la garde et tutelle de la dite reine sa mère qui le fit introduire et enseigner par nobles et grands clercs tant des prêcheurs comme des cordeliers et tellement le conduisit en bonnes manières et singulièrement à pitié et compassion des pauvres que dès son jeune âge il leur donnait tout ce qu'il pouvait avoir pour l'amour et honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ."

 mais il n'est pas illustré :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f19.item.zoom

 

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Dans la partie supérieure du vitrail, une scène de genre est basée sur la préparation d'une chasse au faucon, observée depuis les fenêtres du palais par les courtisans.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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3. La translation des reliques à la Sainte-Chapelle de Paris.

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Restauré. Verre gravé.

 

 

COMMENT LE ROY LOVIS FIST EDIFFIER LA SAINCTE CHAPPELLE DV PALAIS A PARIS ET Y FIST APPORTER REVEMMENTE PROCESSION LUY ET SES FRERES Y ESTANS NVES TESTES ET NVDSZ PIEDZ LA SAINCTE COVRONNE LA VRAYE CROIX LESPONGE LE FER DE LA LANCE ET AVLTRES RELIQVES QVIL RECOVVRA DE LEMPEREUR DE CONSTANTINOBLE ET DES PHENICIENS

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La procession n'est pas très différence de celles représentées sur les vitraux de Pont-Audemer , de  Louviers ou des Andelys vers 1515 : en tête le porteur d'une croix, puis les prélats, l'évêque tenant la relique de la Sainte-Epine, puis saint Louis et ses frères (sans barbes) pieds et jambes nus (pas de chausses) , tenant des cierges. Nous retrouvons les manteaux courts à taillades sur des tuniques damassées, et les colliers de Saint-Michel.

 http://www.lavieb-aile.com/2018/12/la-verriere-de-la-vie-de-saint-ouen-en-l-eglise-de-pont-audemer.html

 

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L'enluminure 17r du Livre des faiz est différente, puisque le roi tient la couronne d'épines.

folio 17r

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Détail: le verre rouge gravé de la chape de l'évêque.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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4. Piété et charité de saint Louis.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOYS PRENNOIT DISCIPLINE PAR LES MAINS DE SON CONFESSEVR PORTOIT LA HAIRE SVR SON CORPS MENGEOIT LE DEMEVRANT DE CE QVI ESTOIT DESSERVI DE DEVANT LES POVRES LEVR LAVOIT LES PIES ET LES NOVRISSOIT LUY MEME DE SES MAINS DONNOIT A MENGER A VNG POVRE RELIGIEVX MALADE ET PARALYTIQVE EN LABBAYE DE ROYAVMONT LABBE CE VOYANT PLORANT DE RAVISSEMENT 

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folio 13v

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folio 13v

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Le registre supérieur.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Le registre inférieur.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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5. Saint Louis fait vœu de croisade en Terre sainte.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOYS ESTANT GRIEFVEMENT MALADE AVEC SES TROIS FRERES ET PLVSIEVRS AVTRES PRINCES DV ROYAVME FIRENT VEV DALLER OVTRE LA MER POVR GVERROER AVX INFIDELLES POVR METTRE LA TERRE SAINCTE AVX CHRETIENS .

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Voir Livre des faiz folio 19v  Comment le roy fut malade a Pontoyse.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f42.item.zoom

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Voir Livre des faiz folio 23r Comment le roy saint Loys print son chemin pour aler oultremer come il lavoit voué. Chapitre xv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f49.item.zoom

 

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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Notez le verre rouge gravé et peint au jaune d'argent (tunique d'un courtisan) ou seulement meulé (couverture du lit du roi), et la présence de pièces montées en chef-d'œuvre (pierre précieuse de la mitre en verre bleu).

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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6. Embarquement de saint Louis à Aigues-Mortes. Victoire à Damiette.

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LE ROY LOYS SEMBARQVE AVECQVES LA REYNE MARGVERITE A AIGVES MORTES LE 25 AOUT 1248

LE MAITRE DE LA NEF SECRIA A SES GENS VOTRE BESOGNE EST PRETE SOMMES NOUS A POINT

LES SARRAZINS SE VOYANT BATUZ DEVANT DAMIETTE MIRENT LE FEV EN LA CITE .

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Rappel :  Embarquement à Aigues-Mortes et hivernage à Chypre. Prise de Damiette en Egypte.

Dès 1247, Louis IX envoie à Chypre une équipe de fournisseurs chargés d’organiser l’intendance et le ravitaillement de la future expédition. Afin de disposer d’un port situé sur le domaine royal, Louis IX ordonne la construction du port d'Aigues-Mortes. C’est de ce port qu’il embarque le 25 août 1248, avec une grande partie de la noblesse française. La flotte débarque à Limassol le 17 septembre 1248 où elle est reçue par le roi Henri Ier et s’apprête à hiverner dans l’île. Cet hivernage va permettre aux chefs de la croisade de préparer leur stratégie en vue de cette expédition.

Le 5 juin 1249, les croisés débarquent en Egypte sous les charges successives des soldats musulmans, et réussissent à mettre le pied sur le rivage, puis à repousser l’armée ayyoubide. Fakhr al-Din décide d’abandonner la plage. Il se replie sur Damiette, mais n’ose pas y rester et se réfugie à Ashmûn-Tannâh, plus au sud. Pris de panique, les habitants de Damiette évacuent leur ville pour fuir dans le delta du Nil. Avec prudence car ils craignent un piège, le 6 juin, les croisés peuvent entrer dans Damiette, et s’en emparer.

L’armée se met alors à attendre l’arrivée du reste de la flotte, dispersée par la tempête. Lorsqu’elle est enfin réunie, il est trop tard pour marcher sur Mansourah et Le Caire. En effet, la crue du Nil a commencé et les croisés doivent attendre qu'elle se termine en octobre 1249. (Wikipedia)

 

Voir Livre des faiz folio 34v : Comment le roy print port a Damete chapitre XXIIII . Le roi, en armure, et un cardinal sont sur le château-avant d'une nef, sous les bannières de la Crucifixion, de saint Denis et de saint Michel.

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f72.item

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Sur le vitrail, le roi est déjà à terre, accompagné de la reine, en avant de ses troupes.

Les têtes du panneau central datent du XIXe siècle.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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7. La prise de Damiette par les Croisés.

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COMMENT LE ROY SAINCT LOYS VENANT DE CHIPRE ESTANT DEVANT DAMIETTE EN EGYPTE SAVOIT EN LA MER COVRVT SVS LE SOVLDAN ESTANT MORT DE CONGNOISSANT SARRASINS SE SAVERENT MIRENT LE FEV EN LA CITE . CE QVE VOIANT LE ROT Y ENTRA AVEC LE LEGAT DV PAPE EN CHANTANT TE DEVM .

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Voir Livre des faiz folio 36v Comment le roy print le lendemain quil fut arrivé la cite de Damiete

(enluminure) et 37r +37v  (texte). Sur l'enluminure, le roi est représenté 2 fois : à bord, puis à cheval. Notez l'harnachement en camaïeu d'or sur fond rouge, de même que l'oriflamme de Saint-George en haut à gauche.

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Le folio 38v illustre Comment le roy saint Louis et tout l'ost partit de Damiete honorablement et par grande ordonnance. Chapitre XXVI. Le roi a été averti "que le soudan et toute la compaignie de multitude de paiens était venu en ung lieu appelé la Mastore".

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f80.item.zoom

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Le vitrail associe plusieurs registres : l'arrivée de saint Louis et de  ses navires ; un combat à terre, la traversée d'un pont et l'entrée dans Damiette ; une procession. 

Les verres rouges des rondaches sont gravés pour représenter la croix blanche.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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8. La bataille de la Mansourah ; saint Louis prisonnier.

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COMMENT LE ROY S LOYS FIT PLVSIEVRS BATAILLES CONTRE LES SARAZINS DEVANT LA VILLE DE LA MASSERE QVIL TENOIT ASSIEGEE QVIL EUT VICTOIRE MAIS DVRANT LE SIEGE VNE PESTILENCE SE MIST DEDANS LOST DES CHRETIENS A LEVR FAILLIRENT TOVS VIVRES LE COGNOISSANS LES SARAZINS ASSALIRENT LE ROY ET SON ARMEE QUI VAILLAMENT SE DEFENDIT MAIS FINALEMENT FVT PRIS PRISONIER EN VNE PETITE VILLE DENOMMEE CAZEL OU IL SEST RETIRE.

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La ville de "Massere" correspond à Mansourah, nommée aussi dans les Grandes Chroniques  La Maçoure ou la Mascurre, et, dans le Livre des faiz, Maslore..   

 Joinville mentionne le cazel de Minieh, mais cazel, ou  quasel, kasel signifie "bourg" de même que "minieh". Louis IX a été fait prisonnier dans un village proche de Fariksur, cité proche de Damiette, puis a été retenu en détention dans la demeure, Dâr Ibn Luqmân, du cadi de Mansourah.

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Dans le Livre des faiz, la scène est décrite au folio 41v : Comment le roy saint Loys en cuidant retorner a Damiete fut print. XXVIIe chapitre.  Après cette deconfiture ainsi faicte fuxles sarrazins ne demoura guere apres que le filz du soudan mort vint des parties d'orient et arriva a la maslore et le receurent les egyptiens a grande reverence et honneur comme leur ...etc

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En comparaison, le vitrail malgré au premier plan, la charge de la cavalerie des Infidèles, au sabre, contre les chevaliers français, me semble moins éloquente. Et encore une fois, je suis très loin d'y trouver la même satisfaction esthétique ou la même maîtrise de peinture. Ne parlons pas de la minutie de chaque détail, c'est le propre des miniatures.

 

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Le vitrail : notez l'emploi de verre rouge gravé.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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9.  Retour de la première croisade de saint Louis.

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COMMENT LE ROY FIT PLVSIEVRS BELLES ORDONNANCES APRES SA DELIVRANCE ET AVOIR FAIT EN LA TERRE SAINCTE BONNES REPARATIONS DES PRELATZ ET CHEVALIERS VINCT AVEC LA REYNE ET SES PRINCES PAR LE MONT CARMEL OV DEMEVRAIENT DES CARMES QVIL AMENA AVEC LUY EN SA COMPAGNIE DE QVOY IL FVT SI HEVREVX ET SI GRAND CONTENTEMENT QVIL FONDA DES INSTITVTIONS DE CARMES EN SA VILLE DE PARIS LA REYNE BLANCHE AYANT DECEDE LE ROY SEMBARQVANT DEVXIESME FOIS ET ARIVA DOVLTRE MER EN LANEE 1254 EN FRANCE

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Rappel : La septième croisade est la première des deux croisades entreprises sous la direction du roi Louis IX. Décidée par le roi en 1244, elle quitte le royaume de France en 1248 et aborde l’Égypte en 1249. Vaincue par les maladies, l’armée ne retrouve sa liberté qu’en 1250, et le roi de France passe les quatre années suivantes à mettre le royaume de Jérusalem en état de se défendre contre les Mamelouks. La croisade prend fin en 1254, avec le retour du roi en France après la mort de sa mère Blanche de Castille, qui assurait la régence du royaume pendant son absence.

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Le Livre des faiz consacre une belle page (folio 43r) à la comparution de saint Louis prisonnier devant le Sultan.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f89.item.zoom

Le folio 47v dépenint le départ du roi et de la reine de Damiette vers Acre.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f98.item.zoom

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Le folio 49v montre le séjour à Acre durant 5 ans, et le roi soignant ou enterrant les chevaliers victimes de l'épidémie, tandis qu'un évêque et un cardinal se bouchent le nez.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f102.item.zoom

Le folio 51v illustre les événements qui surviennent en France pendant que le roi est en Syrie. Et le folio 53v du retour en France des deux frères du roi.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000784s/f106.item.zoom

La scène du retour du roi en France, sujet de ce vitrail, est illustré au folio 55r. Sa partie supérieure est consacrée à la mort de Blanche de Castille.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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10. La deuxième croisade du roi ;  mort de saint Louis (25 août 1270).

 

 

COMMENT LE ROY SAINCT LOYS ACCOMPAGNE DE PHILIPPE SON FILZ AISNE QVI FVT ROY DE FRANCE DAVTRE PRINCES MIST SON CAMP DEVANT LA CITE DE TVNES QVIL TINT LONTEMPS ASSIEGEE ET Y FVT PLVSIEVRS BATAILLES CONTRE LES SARAZINS ET DVRANT CE TEMPS LUY VINT VNE GRIEFVE MALADIE LAQVELLE IL DECEDA --- SON CORPS REPOSA EN FRANCE SEPVLTVRE EN LEGLISE DE SAINT DENIS DE FRANCE OV IL SOPERA DEPVIS LE TEMPS PLVSIEVRS SIGNES ET MIRACLES .

 

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Rappel.

"Urbain IV appelle à une huitième croisade. Les croisés partent de 1265 à 1272. Ils consacrent leurs efforts à aider les Francs d'Acre à défendre leurs dernières places. Pour Louis IX, cette huitième croisade est un pèlerinage expiatoire. Il se dirige vers Tunis car il espère convertir au christianisme l'émir hafside al-Mustansir et, peut-être, faire de la Tunisie une base d'attaque vers l'Égypte mamelouke qui contrôle alors la Terre sainte. Il apparaît très vite que l'émir n'a aucune intention de se convertir. La dysenterie (ou le typhus) fait des ravages dans les troupes. Louis IX, touché à son tour, meurt, le 25 août 1270 à Carthage." (Wikipedia)

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Le siège de Tunis n'est pas représenté dans le Livre des faitz. Le roi est montré malade sur une vignette du folio 78v. Le folio 82r montre le retour de la dépouille du roi à Paris, menée par son fils Philippe.

 

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Sur le vitrail, la tête de saint Louis date du XIXe siècle.

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Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

Vie et mort de saint Louis, registre médian des vitraux de la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude. Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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— ADAM (Elliot), 2016, Le camaïeu d'or dans l'enluminure en France au XVe siècle. Une technique de réduction du coloris, mémoire de Master 2 Université Paris-Sorbonne.

https://www.academia.edu/28406636/Le_cama%C3%AFeu_dor_dans_lenluminure_en_France_au_XVe_si%C3%A8cle._Une_technique_de_r%C3%A9duction_du_coloris

 

 

— BREJON DE LA VERGNÉE (Jacques), 1978, "L'emblématique d'Anne de Bretagne d'après les manuscrits à peinture (XV-XVIe siècles)", Société archéologique de Bretagne pages 83-95.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/522a692da8aab9.35279840/1978_04.pdf

— DE CHERGE (Ch.), 1838, Le château et la sainte-chapelle de Champigny-sur-Veude (Indre-et-Loir),  Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers, Volumes 3 à 4 Société des Antiquaires de L'Ouest

https://books.google.fr/books?id=4WoDAAAAYAAJ&dq=%22saint+Louis%22+MASSERE&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— ERLANDE-BRANDEBURG (Alain) 1975, "Eugène Pépin. Champigny-sur-Veude et Richelieu (coll. « Petites monographies des grands édifices de la France », n° 93)  [compte-rendu]" Bulletin Monumental  Année 1975  133-1  pp. 99-100

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1975_num_133_1_5454_t1_0099_0000_4

«  Commencée peu après 1507 par Louis Ier de Bourbon, elle est vraisemblablement terminée par Louis II, vers 1543. Outre son décor architectonique et ce qui subsiste de son mobilier, elle est pourvue de onze verrières qui en font toute la réputation. Au centre se trouve la Crucifixion sous laquelle on reconnaît saint Louis, patron de la chapelle, et Marguerite de Provence, son épouse. Les dix autres vitraux sont divisés en trois registres avec à la partie supérieure des scènes religieuses, au centre des grandes compositions qui ont trait à la vie de saint Louis et à la partie inférieure les portraits des ancêtres des constructeurs de la chapelle. On a cru pouvoir distinguer deux séries, mais M. Pépin, frappé par l'unité stylistique qui se dégage de cet ensemble, pense que les cartons de ces onze vitraux sont l'œuvre d'un seul artiste. Ce dernier serait d'ailleurs d'origine bourbonnaise. Le fameux manuscrit du Livre des faiz monseigneur saint Louis, exécuté à la demande du cardinal de Bourbon, entre 1476 et 1481, a d'ailleurs servi de thème d'inspiration iconographique « 

GAUGAIN (Lucie), 2014, Le château de Charles VIII, in Amboise, un château dans la ville Presses universitaires François-Rabelais, 2014 pages 95-206.

https://books.openedition.org/pufr/8132?lang=fr

 

— GRODECKI (Louis ) Martine Callias Bey, Françoise Perrot, 1981, Les Vitraux du Centre et des Pays de la Loire, p. 103-108, Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique (collection Corpus vitrearum - Recensement II), Paris,p. 103-108

— OTTIN (Louis), 1896, Le vitrail; son histoire, ses manifestations à travers les âges et les peuples, H. Laurens, Paris, page 6

https://archive.org/details/levitrailsonhist00otti/page/6/mode/2up/search/champigny

 

— PÉPIN (Eugène), 1928, "Champigny-sur-Veude et Richelieu", Henri Laurens, Paris, page 13-20.

—  RIVALE (Laurence), 2003, "Les vitraux de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude (Indre-et-Loire)" Congrès archéologique de France , Touraine, vol. 1555 partie 1997, Picard et fils, page 67

"Si donc le cartonnier, ou le peintre-verrier, de Champigny eut le Iivre des faiz Monseigneur saint Louis sous les yeux, ce ne fut qu'à titre de référence, d'aide-mémoire ou d'inspiration, tous procédés qui ne correspondent pas à ce qu'on sait de la façon de faire dans les ateliers du XVIe siècle"

TERRASSON DE FOUGÉRES (Vincent), 2001, La Royauté idéale. Images des rois Charles VIII et Louis XII à travers le spectacle des entrées royales et des guerres d'Italie (1497-1515). Thèse 1997-2001

 

TERRIEN (Marie-Pierre) 2017, La Sainte Chapelle de Champigny-sur-Veude Le programme iconographique des vitraux (première partie) 

https://www.institut-jacquescartier.fr/2017/01/la-sainte-chapelle-de-champigny-sur-veude-le-programme-iconographique-des-vitraux-premiere-partie-par-marie-pierre-terrien/

—TERRIEN (Marie-Pierre) 1997,  Images de Saint Louis dans les vitraux de Champigny-sur-Veude, Pays et terroirs, 1997

— TERRIEN (Marie-Pierre) 2010, « La Sainte Chapelle de Champigny-sur-Veude et le rôle du cardinal de Givry », Les chapelles royales. De la gloire de Dieu à la gloire du prince, Actes du colloque de Lunéville (18-20 novembre 2010), CTHS, 2015, p. 37-47.

https://iesr.hypotheses.org/1441

— TERRIEN (Marie-Pierre)

https://mariepierre-terrien.com/index.php/la-sainte-chapelle-de-champigny/ .

— TERRIEN (Marie-Pierre) 2007, Images de Saint Louis dans les vitraux de Champigny-sur-Veude, Cholet, Pays et Terroirs, 2007.

— TERRIEN (Marie-Pierre) 2015, « La Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude et le rôle du cardinal de Givry », in : Les chapelles royales. De la gloire de Dieu à la gloire du prince, Actes du colloque de Lunéville, CTHS, 2015,  p. 37- 47.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 13:19

Le Décaméron du Légumaire. Exercice d'écriture et de photographie  sous contrainte sur mon compte facebook  pendant le Grand Confinement.

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Les contraintes étaient :

Un légume  par jour pendant dix jours.

Des textes courts.

Des photos personnelles.

Une interaction entre le texte et l'image.

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Le 30 avril : première journée. L'Artichaut.

"Mon compte tout neuf a maintenant beaucoup plus d'amis que je n'en mérite : cela fait ma fierté mais me donne des responsabilités. "C'est le temps que je perdrai pour mes amis qui les fera si importants." Vite, au travail, pas de temps à perdre !
L'un d'eux me demande de publier chaque jour l'image d'un légume de mon garde-manger. "Ou un fruit si tu veux, comme ça on saura qui tu es". Mais sans les trier, sans les laver, non, tirés du panier !
Mes légumes ne sont pas bien beaux, ne sont pas bio, ils ne sont pas bo-bo, le potager c'est trop de boulot, et moi je vais au Leclerc avec mon p'tit vélo.

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Pour commencer, l'Artichaut.

"Je ne vais pas en faire un foin, il trahit ses origines prolétaires. Mais aussitôt j'ai entendu :
"Tu frottes ta joue à toutes les moustaches,
Faut s' lever de bon matin pour voir un ingénu
Qui n' t'ait pas connu,
Entrée libre à n'importe qui dans ta ronde,
Cœur d'artichaut, tu donne' une feuille à tout l' monde",
et j'ai fredonné Brassens toute la journée."

 


 

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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1er mai Mon légumaire, deuxième journée. La patate et le photographe.

"J'allais fermer : j'avais fini ma journée, j'étais bien fatigué, et affamé, car je n'avais rien mangé.

"Moi non plus, fit une voix dans l'escalier, voulez-vous souper?"

Elle était déjà âgée, très décoiffée, un tête à tête il ne fallait pas y penser. J'allais la renvoyer. Mais elle était en robe de chambre, qu'elle laissa tomber sur le parquet dans un bruit de baiser mouillé. Avait-elle des vapeurs? Voulait-elle se faire sauter?

"Prenez-moi comme ça, et je débarrasse le plancher!"

Je la pris, en un seul cliché, à peine voilé ; je lui remis, avec l'adresse d'un bon cuisinier. "Allez vous rhabiller !"

C'était il y a des années, mais pourras-tu me le pardonner ?

Sur un clic-clac de 1/125s, f.11, mon cœur l'avait beaucoup aimée. Ce fut mon premier et dernier amour de pomme de terre.

Vous m'avez cru? Vous l'aurez cuite."

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

 

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Le 2 mai. Le Légumaire, jour trois : le Fenouil

"En Fenouillie, la société est divisée en deux États. En bas, habitent les Bourgeois blanchis et cossus suant dans les corsets en coutil baleiné qui leur tiennent lieu de coffre-fort. Car ils vivent de leurs recettes, et les coutures de leurs bourses trop pleines sont prêtes à craquer. Tout à l'heure, ils feront le potage.

Vivant sur leurs dos sur les créneaux de leurs châteaux, une joyeuse bande d'aristos a pris le Vert comme couleur et le Chahut comme mot, agitant les plumes de leurs chapeaux et faisant friser leurs jabots. Ces muscadins distribuent à tout crins les espèces que leurs voisins économisent grains par grains ; eux, c'est le gratin.

 

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le 3 mai. Le Légumaire, jour quatre. L'Oignon.

"Ce frileux se couvre toujours trop ; pourtant, vous le cuisineriez un peu, qu'il avouerait qu'il sue. Il porte sous sa pèlerine, sa gabardine, son paletot et son pardessus. Mais ne vous mêlez pas de les lui ôter : il crierait qu'on se les pèle, qu'on le tond, qu'on le dépouille, qu'on le plume ou qu'on l'épluche, on en viendrait vite au couteau, et il arracherait des larmes aux bourreaux les plus endurcis.

Ces pelisses ne sont pourtant que des oripeaux, des parchemins qu'il a jadis écrit, puis recouvert de couches translucides, mordorées, tuilées, noisettes ou parfois rosées.

Lorsque le vernis est trop sec, il s'écaille, et il rejette cette parenthèse satellite : il la renie. Il n'est ni crustacé, ni testacé ; il perd ces feuilles éphémères, qu'il ne relit jamais.

Sous ce gousset absolument pas comestible, il cache comme une perle nacrée une poupée russe d'une blancheur d'agneau.

Mais ce n'est pas mon propos : de l'oignon, j'admire l' extimité : son moi-peau.

Je pourrais conclure que son recueil intime ne me regarde pas : que ce ne sont pas mes oignons. Mais quand on débute en photographie, il faut savoir éviter les clichés."

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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4 mai. Le Légumaire, jour cinq. L'Ail blanc.

"Qu'est l'ail ? Que sont les aulx ? Il ne m'en chaut pourvu que l'on m'en serve.

L'ail, je l'éminçais et évinçais la question. Jusqu'au jour où je le photographiai. Je le soumis à la question en l'éclairant aussi brutalement que dans les meilleurs films policiers, mais il s'installa dans le mutisme propre à tout objet, et c'est moi qui fit les réponses.

Car l'ail photographié fait lentement germer des graines littéraires. Tenez, maintenant qu'il est sur scène, il devient évident qu'il fait profession de frugalité. Il n'a rien perdu de sa première vocation qui fut d'être frotté sur une tranche de pain. Avec un filet d'huile le stoïcien s'en faisait un festin.

Il affiche en outre, en portant l'habit blanc des magistrats romains et des moines cisterciens, un goût pour l'austère simplicité de la vertu.

Mais qu'on ne s'y trompe pas. Ses poches sont trop pleines et son habit de papier trop aisé à déchirer pour qu'on croit à sa sincérité. Ce faut-dévot ne tend de papier-bible ses formes girondes que pour en souligner les contours appétissants ; et cette aumônière en papillote n'est pas vouée à la charité.

Déchirons cette lanterne, et révélons la farce : c'est en fait une boite de quinze dragées fourrée chacune d'un grain d'aneth, savoureux mais qu'éviteront les digestions délicates.

J'extrais de cette tête trop pleine un de ses caïeux, enveloppé dans sa caissette de pain azyme. Il se dresse en sifflant : n'est-ce pas là dragées au poivre, sulfureuses et funestes?

Une cuisson à l'étouffée viendra refroidir les humeurs brûlantes de ce condiment, pourvu qu'on place la tête entière, toute emballée, entre les haricots et les carottes. On en retirera une purée brune onctueuse et sucrée.

Je m'en tiendrai là ; je ne voudrais pas que mon propos soit long comme un jour sans pain et fade comme gigot sans ail."

 

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'Ail blanc II  : « ils sont beaux mes champipi ! »

"Mon Légumaire est un espace de création, mais il est aussi, je l'ai dis d'emblée, une confession de mes consommations : et mon Artichaut n'était pas de saison, il venait d'Italie.

Certes, j'ai fait mes achats « de première nécessité » au Leclerc le plus proche, ganté, masqué et muni de la toise d'un mètre copiée sur la barre-étalon de Sèvres. Certes le Marché avait été interdit par le Préfet.

Je dois donc l'avouer : mon Ail Blanc n'était pas d'ici ; il venait d'Argentine !

Sous l'étiquette Jardins du Midi, ZA DE SERIGNAC, Beaumont de Lomagne (la Lomagne, entre Gers et Tarn, est « le berceau d'origine » de l'Ail blanc bénéficiant d'une Indication Géographique Protégée, et Beaumont-de-Lomagne en est le cœur), je lis en plus petit : 60/80 origine Argentine.

La France produit annuellement quelques 20 000 tonnes d'ail tout venant, dont 82% d'ail blanc au tarif 2019 de 3€ HT / kg (et 6 € /kg pour l'ail rosé ). Cette production est sensible aux conditions climatiques, redoutant le froid et la pluie. En 2017 et 2018, la quantité moyenne achetée par an et par ménage est de 455 g., dont 70 % en grande distribution. Le prix moyen était de 8,41 €/kg en 2018.

Les principaux producteurs mondiaux sont la Chine et l'Inde. La France importe 7000 tonnes/an dont 70% d Espagne ; 15 % de Chine … et 5% d'Argentine.

Notre pays en exporte 7000 tonnes/an, essentiellement vers l’Europe, principalement en Suisse, Allemagne et Italie.

Conclusion : j'aurais dû m'abstenir de cet achat. Je le ferais dorénavant, je l'jure.

Mais si on devait tout étudier comme cela, on ne ferait plus rien !

Si on devait cesser de voyager en vacances en avion ou en camping-car, on ne ferait plus rien !

Si on devait renoncer au diesel, aux SUV et aux 4x4, on ne ferait plus rien !

Si on devait ne plus acheter made in China ou made in Korea, on ne ferait plus rien !

 

Tiens, c'est vrai, depuis 8 semaines.... on ne fait plus rien.

On va se rattraper !"

https://www.youtube.com/watch?v=zt5gdaw5C-k

 

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le Légumaire, jour six : L'Ail rosé de Lautrec.

L'Ail rosé de Lautrec est très différent de l'Ail blanc. Ce n'est pas tant qu'il soit rosé, le rose de ses caïeux n'étant visible que par transparence que si la tête est pelée. Mais il a l'accent, il vient de Lautrec (Tarn) ou des terres arrosées par l'Agout et le Dadou. Ce Dadou le rend déjà fort sympathique.

Le consommateur est protégé par l'attribution du Label Rouge et d' un IGP. S'il coûte deux fois plus cher, il est aussi meilleur au goût, croquant et juteux. Il se récolte en mai, et se conserve d'une saison sur l'autre.

Mais sa vraie différence avec les autres ails, c'est qu'il s'agit d'un ail à bâton. Expliquons cela d'emblée :  Le bâton est la hampe florale porteuse d'une fleur stérile : devenue dure et rigide, on la trouve au milieu des caïeux . À la vente, cette hampe est despoulinée, coupée plus court ; mais si le producteur conserve ce bâton, il ne peut le tresser , alors, il le dresse en grappes, nouant les tiges rigides avec une ficelle : ce sont les «  manouilles ».

Le néophyte, en jeune pousse ingénue s'étant lancé dans un légumaire, ne sait rien de tout cela lorsqu'il prend sa photo. C'est encore une tête pareille à cent mille autres têtes ; et même pas la grosse tête, une légume, non, il l'a pris dans son panier, l'a posée sur sa table, l'a éclairée, et a pris son premier cliché.

Elle avait été pelée à la dernière peau, et il devinait sous le corsage de popeline les berlingots roses pleins de promesse. Il le dégrafa et y entra. Tout cela changea.

C'était un pigeonnier de tuffeau où pénétrait une lumière blonde ; une chapelle troglodyte où des pénitents blancs s'imposaient le silence ; une tente dressée dans le désert, une kaïma berbère aux toiles de coton soutenues autour du mât ; une maison de berger de la vallée de l'Omo aux murs passés à la chaux et où des sièges étaient aménagés par le maçon. On s'attendait bien à voir apparaître quelque poule, une chèvre et son chevreau. Les colombes qui voletaient agitaient doucement de grandes ailes blanches. Le mot maçon fit venir celui de colimaçon, et il eut envie d'entendre vibrer ces voûtes cellophanes, il chanta, s'enveloppa dans d'aériennes réverbérations et dans des vapeurs balsamiques et vaguement narcotiques.

De l'Ail rosé, il sut alors l'essentiel.

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le Légumaire, jour sept : Le Navet
Il traîne des casseroles de réputations d'acteur raté, et cet artiste reste encore souvent confiné aux orchestres d' accompagnement tandis que son cousin le Radis fait les ouvertures en solo. On lui trouve mauvaise mine — alors qu'il respire la santé!—, la ménagère le ménage, le réservant à des pots-au-feu miteux et critiquant son jeu fade et son jus anémique. Je ne lui connais qu'un succès « le Canard aux navets » dont le titre dit combien il est démodé et rediffusé pour les lendemains de fête. Fait-il encore recette ?
Je veux réparer cette injustice et dédier ce poème à tous ces navets qu'on aime mais qu'un festin différent entraîne sans avoir pu les encenser.

Car Navet est mon Chevalier, mon Amour empanaché, et quand viendra la prochaine fête, je lui présenterai ma requête.
J'aime à le distinguer lorsque dans la marmite il se cache confus parmi les pommes de terre : d'une fourchette sûre, je le choisis pour mon assiette.Il se reconnaît de ces voisines par une tranche opaline, judicieusement qualifiée de napiforme car sillonnée d'un réseau de bandes blanchâtres parfois organisées en rayon autour d'une astre céladon.
J'ai connu à cette chasse quelques déboires, et au lieu de l'élue, je piquais parfois son chaperon dont je mangeais, vexé, la tranche de pomme de terre. Va donc, eh, patate !

Oui, ce grand virtuose de la mandoline mériterait ses lettres de noblesse, ses Palmes, son Label !
Mais il se présente aux Comices agricoles dans son ridicule costume (chausses blanches, veste purpurine) et s'abstient d'ôter devant le Jury son indéfectible chapeau de chasseur tyrolien. Cette faute de mauvais goût, un comble pour ce prince de nos palais, l'écarte régulièrement des honneurs.
Dans les antichambres et arrières-cuisines, on se moque de son pourpoint zinzolin, mais surtout de de son plumet ; on fait des gorges chaudes, on se gausse, on dit : « Il va l'enlever ! ».
Mais Monsieur du Navet ne l'enlève jamais.
Il en rosit, le traître !
Il sait que sa fantaisie sera punie. La ménagère ôtera sans vergogne sa peau et coupera ses feuilles inopportunes : ses vitamines ! Ses pigments ! Sa verdeur ! Ils tomberont sous la lame de l'économe.
L'Économe ? Néfaste à la joyeuse pulsion de la Vie ?
Ça se saurait.

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le Légumaire, jour huit. La Carotte.
On n'échappe pas à son destin.
Elle se nommait Roth. « C'est un cas » me prévint-on dans le service.
Elle entra, figée, les yeux baissés, raide comme Antigone devant Créon. Elle venait de se faire butter.
Elle ne parlait pas, mais de ses lèvres sortait un son monotone : « to, ... to, ... to, ... to, ... to ». Cette émission morse n'avait aucun sens. Elle avait été traumatisée, il fallait l'aider, la comprendre, la faire parler.
Je lui proposai le divan, le canapé ; elle voulu obstinément rester debout, la seule idée de s'allonger la faisait trembler.
Je la fis dessiner : elle traça un tronçon sans queue ni tête. Mais en me rendant le crayon, je la vis porter sa main sur sa gorge. Et toujours to, …to,... to,...to.
Le stagiaire s'écria : « un cou, un to, elle parle d' un couteau, ! » Elle frissonna en le fixant bizarrement. Allait-elle se mettre à table?
La thérapie dura des semaines, rendez-vous après rendez-vous, puis, un jour, on sut : petite, elle avait vu, tenez-vous bien, sa mère se faire couper en rondelle, allongée sur une planche à découper. Souvenez-vous, on en avait parlé dans les journaux : « On a découpé une femme en morceau rue de la Bienséance, à deux pas du Château. ». C'était sa mère.
Elle s'était enfuie dans une cave, sans jamais se coucher, terrée, atterrée et terrorisée.

On lui avait prédit qu'elle connaîtrait le même horrible sort, et je parvins en effet à détecter la répétition d'une violence transgénérationnelle, depuis qu'à la Révolution, une aïeule eut à souffrir de la guillotine. Beaucoup, chez elle, à La Rochelle, avaient été opérés plus qu'à leur tour de phlegmons et de goîtres. Beaucoup avaient choisis des métiers violents. Une tante, Isabelle, habitant Thiers, vendait du fromage, à la coupe. Un oncle d'Opinel débitait du saucisson. Le cousin Marcel, d Azay-le Rideau fabriquait des rondelles en inox, un grand-père Abel croyant se distinguer avait composé des rondeaux.
Elle même redoutait le sang mais son nom signifiait rouge, pourtant. Elle avait choisi de s'installer à Vichy et ne comprit pas notre étonnement.
Une fois tout ces secrets décryptés, cette hantise familiale des rondelles explicitée, on la crut protégée. Elle sortit de l'hôpital un lundi. Elle tomba, debout, dans la goulotte d'un Robot. On entendit to to to to to to, et ce fut tout.
Son prénom ? Julienne, le crois. Pourquoi ?

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le Légumaire. Jour neuf. Le Radis.

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Le ballet des petits radis

s'est produit jeudi après-midi

au théâtre Marigny.

Il fut très applaudi.

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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9 mai 2020. Le Légumaire, jour dix. Les Raves.
Le jour neuf est mort et enterré : celui-ci ferme la décade du premier Légumaire jamais conçu. Il n'a pas beaucoup plu.
Des jours ensoleillés nous sont annoncés comme d'excellentes nouvelles. Rien n'a changé.
Il n'a pas beaucoup plu.
La température continue à augmenter : c'est déjà l'été.
Il n'a pas beaucoup plu.
Où sont passés nos potagers ?
Que deviendront nos potagers ?

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Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le Légumaire confiné. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Published by jean-yves cordier

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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