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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 20:44

L'enclos paroissial de saint-Herbot en Plonévez-du-Faou III. La Passion de la maîtresse-vitre (1556) par Thomas Quéméneur de Morlaix.

 

 

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Sur la chapelle Saint-Herbot, voir :

— Sur les Passions des maîtresse-vitres du Finistère:

Toutes les Passions finistériennes sont comparables par leurs cartons, leur facture et leur type d'ornement. La thèse de Roger Barriè est consacrée à leur étude. Plusieurs sont décrites dans mon blog (cf. liens). Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

et dans le Morbihan :

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L'actuelle chapelle Saint-Herbot succéda à un premier sanctuaire élevé sur l'ermitage de l'ermite Herbaud ou Herbot et détruit lors des Guerres de Succession (1341-1364). Si le porche sud de la chapelle Saint-Herbot fut édifié entre 1498 et 1509, le porche occidental en 1516, les chapelles latérales en 1545, c'est en 1556 que les baies orientales furent vitrées, puisque cette date figure sur la baie 0 ou maîtresse-vitre du chœur, sur la baie 2 de la chapelle Saint-Yves au sud, et sur la baie 1 de la chapelle Sainte-Barbe du nord. La  maîtresse-vitre reçut une Passion, selon une tradition retrouvée depuis le début du XVIe siècle dans les églises et paroisses finistériennes. 

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Haute de 7 mètres et large de 3,80 mètres, la maîtresse-vitre comporte six lancettes trilobées sous une rose liée par un rang d'ajours flamboyants. Datée de 1556, elle fut restaurée en 1716 par Claude Leroux, peintre verrier de Telgruc qui répara 12 panneaux. En 1886, les vitraux sont restaurés et complétés par le manufacture du Carmel du Mans sous la direction d'Eugène et Ferdinand Hucher. La dernière intervention est celle du maître-verrier quimpérois Jean-Pierre Le Bihan, avec pièces collées et doublées.

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Maîtresse-vitre du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Maîtresse-vitre du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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LES LANCETTES.

Leurs douze panneaux s'organisent en deux registres inférieur et supérieur et en six scènes occupant chacune deux lancettes contiguës. La lecture se fait de bas en haut et de gauche à droite, allant de l'Arrestation du Christ jusqu'au Portement de croix : l'absence de la fin du drame, de la Crucifixion jusqu'à la Résurrection, est surprenante.

Une autre particularité est d'être légendée, en registre supérieure, selon une tradition médiévale abandonnée ailleurs au XVIe siècle (sauf à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, baie 6, de 1552). Ce matériel épigraphique est précieux.

 

 

Maîtresse-vitre du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Maîtresse-vitre du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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I. LE REGISTRE INFÉRIEUR .

1°) Les deux lancettes de gauche. L'Agonie au Mont des Oliviers.

 

Lancettes A et B du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancettes A et B du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette A : Jésus en prière au Jardin  des Oliviers.

— Inscription du soubassement : RECTEUR DE PLONEVEZ DU FAOU Mr L'ABBE CARADEC.

L'abbé Jean-Louis Caradec, né en 1824 à Plogastel-Saint-Germain, fut ordonné en 1849  et nommé à sa cure en 1874 après avoir été vicaire de Fouesnant en 1850, et recteur de Collorec de 1863 à 1874.

— Panneau peu restauré. Le Christ, agenouillé, est en prière devant le calice de son sacrifice, posé sur des rochers. En arrière-plan, derrière une palissade, les lances des soldats qui viennent l'arrêter, et les toits de Jérusalem en grisaille sur verre bleu.

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Lancette A  du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette A du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette B. Trois apôtres endormis au Jardin des Oliviers.

Les trois disciples auxquels Jésus a demandé de veiller avec lui dorment dans l'enclos du jardin : saint Pierre à droite, tenant un glaive ; saint Jacques le Mineur ; et saint Jean à gauche.

En arrière-plan, les soldats pénètrent dans le jardin, mené par Judas qui tient la bourse aux trente deniers dans la main.

 

Lancette B du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette B du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Pierre, lancette B du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Pierre, lancette B du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2°) Les deux lancettes du milieu. Arrestation de Jésus à Gethsémani.

 

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Lancettes C et D du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancettes C et D du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette C. Le baiser de Judas. Jésus tenant en main l'oreille de Malchus, serviteur de Caïphe.

Judas porte la bourse pleine du prix de sa trahison.

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Lancette C  du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette C du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette C, détail.

 

Lancette C  du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette C du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette D. Saint Pierre tranche de son glaive l'oreille de Malchus.

Le serviteur tombe en arrière et lâche sa lanterne.

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Lancette D  du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette D du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette D, détail. Saint Pierre levant son glaive.

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Lancette D  du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette D du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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3°) Les deux lancettes de droite E et F. Confrontation de Jésus devant Caïphe .

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Lancettes E et F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancettes E et F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette E. Caïphe assis sur une cathèdre.

Panneau bien conservé.

Caïphe écoute les arguments, énumérés en comptant sur ses doigts selon la tradition scholastique du compuct digital, des membres du Sanhédrin. Deux Juifs portent un bonnet peu différent d'un chaperon, mais le grand prêtre et un autre membre portent, sur un bonnet en forme de ruche, le croissant au dessus d'une plaque d'argent qui renvoie d'une part au turban de lin du grand prêtre (Mitznefet, ou migbahat), d'autre part au Nezet (lame), plaque d'or fixée à l'avant de la mitznefet en sorte qu'elle reposait sur son front. Ces lames avaient la forme d'une fleur. On y lisait  les mots קדש ליהוה (qodesh le-YHWH), « Consacré à l'Éternel ». Or, effectivement, deux lettres hébraïques se lisent sur la première lame, et deux autres sur la seconde. 

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Lancette E du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette E du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette E du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette E du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette F. Jésus face au grand prêtre.

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Ce panneau est entièrement de Hucher, ... et cela ne passe pas inaperçu.

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Lancette F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription en pied de lancette F.

Inscription du soubassement : RESTAURE EN 1886  PAR MM. HUCHER ET FILS SUCCrs  A LA FAB. DU CARMEL DU MANS.

 

 

Lancette F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette F du registre inférieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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II. LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

1°) Les deux lancettes A et B de gauche. Présentation de Jésus devant Pilate.

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Lancettes A et B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancettes A et B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Les inscriptions en légendes des deux lancette A et B.

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VIDENS AUTEM PILATUS QUIA NIHIL PROFIC[ERE[T] SED MAGIS TUMULTUS FIER[E]T INNOCENS EGO SUM A SANGUINE HUIUS IUSTI VOS VIDERITIS MATH XXVII

Il s'agit des versets 24 et 25 de l'évangile de Matthieu 27 :

 

 videns autem Pilatus quia nihil proficeret sed magis tumultus fieret [accepta aqua lavit manus coram populo dicens]  innocens ego sum a sanguine iusti huius vos videritis

"Pilate, voyant qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l'eau, se lava les mains en présence de la foule, et dit: Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde."

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Inscription des lancettes A et B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription des lancettes A et B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription de la lancette A du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription de la lancette A du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription de la lancettes B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription de la lancettes B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette A : Pilate se lavant les mains.

Panneau bien conservé. C'est un festival de prouesses techniques : la sanguine est utilisée pour réaliser les marbrures roses, les chaussettes rayées du serviteur, les cheveux et les mains, la fourrure de la pelisse de Pilate, les carnations, les barbes, les rinceaux, les plis des tentures...   Le verre gravé concerne le verre rouge (crevés et orfroi de la robe du serviteur, lacet du troisième personnage), mais aussi le verre bleu (galon de robe de Pilate).

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Lancette A  du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette A du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette B. Jésus comparaît devant Pilate.

Ce panneau est entièrement restitué en 1886.

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Lancette B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette B du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2°) Les deux lancettes C et D du milieu. La Dérision du Christ et son Couronnement d'épines.

 

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Lancettes C et D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancettes C et D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription des lancettes C et D.

 

HG [*] ALII AUTEM PALPAS IN FACIEM EIUS DEDERUNT DICENTES PROPHETIZA NOBIS CHRISTE EST QUI PERCUSSIT TE - 1556 THOUMAS QUEMEN. TQ.

[*]Le premier monogramme est complexe, il contient un H (?), un O (ou Q, ou G), un R conscrit, un V ou Y.

Comme l'indique la référence math.xxvi, l'inscription cite deux versets de l'évangile de Matthieu :

tunc expuerunt in faciem eius et colaphis eum ceciderunt alii autem palmas in faciem ei dederunt dicentes prophetiza nobis Christe quis est qui te percussit

"Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets en disant : Christ, prophétise; dis-nous qui t'a frappé." Matthieu 26:67-68.

La signature de Thomas Quéméner. (cf. Couffon ; Castel ; Le Bihan ; Le Guennec)
 

Le monogramme TQ et la signature Thoumas Quemen sont attribués à Thomas QUÉMÉNER , peintre verrier à Morlaix. Il est cité comme parrain dans les registres paroissiaux de Saint-Mathieu, de 1538 à 1549. C'est sans doute lui qui épouse Anne Colin, dont il a trois enfants entre 1544 et 1547.  En 1543-1544, Thomas Quemener répare les verrières de l'église Saint-Matthieu de Morlaix puis .  travaille aussi pour des réparations à la collégiale Notre-Dame-du-Mur de Morlaix en 1546, à N.D. de Ploujean à Morlaix à la même date

Le Bihan cite ce reçu concernant N.D. de Ploujean : ,"1546, avoir payé à Thomas Quemener, vitrier, la somme de sexante dis soulz pour quatre paneaulx de vitre blanche faicte en forme de losanges mis et sittués en une fenestre et lumière qui donne la clarté au chantereau (choeur) de ladite église."

 

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Inscription des lancettes C et D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription des lancettes C et D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription de la lancette C du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription de la lancette C du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription de la lancette D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription de la lancette D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Panneau C. La Dérision du Christ.

Les gardes et bourreaux accumulent les moqueries et les outrages.

Gatouillat et Hérold écrivent : "panneau bien conservé. Fin du XVIe s. ?"

Comme dans le panneau A, c'est une profusion de verres gravés rouges, bleus et verts.

Dans un article décisif de 1974, Roger Barrié a dressé un inventaire des verres gravés des vitraux de Bretagne occidentale au XVIe siècle. On y trouve d'abord les explications préliminaires : 

"Il ne peut y avoir de verres gravés que si ces verres ont été préalablement doublés. Pourquoi ce placage, source de contraintes pour le verrier ? Pour obtenir le verre rouge qui a existé anciennement sous la forme de deux couches, au moins, l'une incolore et l'autre rouge. La feuille de verre incolore, en jouant le rôle de support translucide, permet d'avoir une feuille de verre rouge amincie, car l'oxyde cuivrique est un colorant si envahissant qu'il rendrait opaque une feuille d'épaisseur normale teinte dans la masse . ...D'où l'idée d'user mécaniquement cette couche par endroits pour obtenir une ou deux couleurs de plus sur la même pièce de verre ; cela avait l'avantage d'épargner la coupe et d'affranchir le travail du peintre de la contrainte des plombs- . Ainsi l'invention purement .technique du placage qui était une nécessité pour le verre rouge, donna naissance au procédé mécanique de la gravure si commode pour figurer la finesse et la légèreté de petits détails. Le peintre sur verre est redevable au verrier d'une facilité qui n'est pas sans prolongements esthétiques. La pellicule rouge était entamée par une molette montée sur un tour, avec l'aide d'un mélange abrasif, émeri, eau ou huile . Quoique ce fût à partir de la fin du XVe siècle que la gravure devint d'un usage courant, comme l'ont montré des experts sérieux , les premiers exemples datés remontent vers le premier quart du XIVe siècle . Il faut remarquer que cette invention arrive après celle qui permettait de teindre en jaune le verre par application de sulfure d'argent. "

Les zones abrasées et rendues transparentes sont ensuite peintes, à leur revers, de jaune d'argent : "La coloration jaune des gravures est obtenue par l'application locale, à l'extérieur, de sulfure d'argent qui pénètre le verre à la cuisson ; mais les exemples ne manquent pas où cette teinture n'a pas pris. Le jaune d'argent possède un rayonnement qui respecte les limites de l'écran rouge qui le circonscrit : ainsi l'effet somptueux gagne en netteté".

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Puis, Roger Barrié donne la liste des onze sites bas-bretons présentant, à partir de 1530-1540, ces verres. Curieusement, la chapelle Saint-Herbot n'y figure pas. Il constate "la  permanence d'une grammaire élémentaire relevée ailleurs dès le début du XIVe siècle : lisérés simples ou doubles, pois qui se combinent ici en figures géométriques; les compositions à base de fuseaux qui imitent les crevés des vêtements de la fin du Moyen Age et de la Renaissance ont plus de légèreté et d'originalité ; de fines mouchetures jaunes éclairent toute une surface rouge."

Il divise sa liste en deux sous-ensembles :

Le premier associe: Cuburien, La Roche-Maurice, Ploudiry, La Martyre (Jessé), Pont-Croix et de Lannédern.

"Le premier groupe présente une certaine unité stylistique [...]; ici, les gravures furent réservées à la Crucifixion. D'autre part, le jaune d'argent est, dans ce groupe, d'une excellente qualité : coloration soutenue et d'un rayonnement dense.

Le second groupe, plus tardif, a recours à des verres plaqués bleus et verts en plus du rouge. Il réunit : Saint-Pol, Lampaul-Guimiliau, Pleyben, Bannalec, La Martyre (Dormition).

" la teinture jaune est parfois assez pâle et les échecs y sont, semble-t-il, plus nombreux. D'une manière générale, le dessin moins appliqué est médiocre et le modelé semble obéir à une sorte de facilité du pinceau qui procède d'un travail rapide".

La présence de verres gravés rouges, bleus et verts à Saint-Herbot classerait donc cette verrière dans ce second groupe. 

L'auteur conclue en discutant les voies possibles d'introduction des nouveautés techniques et artistiques en Bretagne Occidentale : arrivée des influences flamandes et germaniques ( le romanisme)  par la mer, et notamment par Morlaix où les vierges à volets entre 1550 et 1590 sont un exemple de l'influence flamande dans la statuaire morlaisienne. Et pénétration des influences françaises par par la haute Bretagne :  l'influence stylistique des ateliers de Chartres, puis de Dreux après 1550 dans les vitraux manceaux et bretons, influence technique des ensembles importants aux confins du Maine et du Perche, Nogent-le-Roi et Alençon.

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Lancette C  du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette C du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Panneau D. Le Couronnement d'épines.

Christ restitué en 1886.

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Lancette D  du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette D  du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette D  du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette D du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

 

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3°) Les deux lancettes E et F de droite. Le Portement de croix.

 

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Lancettes E et F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancettes E et F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription des lancettes E et F.

ET BAIULANS SIBI CRUCEM EXIVIT IN EUM QUI DICITUR CALVARIE LOCUM

HEBRAICE. AUTEM GOLGOTHA UBI CRUCIFIXERUNT EUM ET CUM EO ALIOS DUOS

Il s'agit d'une citation tronquée de deux versets de l'évangile de Jean :

 et baiulans sibi crucem exivit in eum qui dicitur Calvariae locum hebraice Golgotha

 ubi eum crucifixerunt et cum eo alios duos [hinc et hinc medium autem Iesum] Jn 19:17-18

"Celui-ci, portant lui-même sa croix, sortit de la ville pour se rendre à l'endroit appelé «Lieu du Crâne» (en hébreu: «Golgotha»). C'est là qu'ils le crucifièrent, lui et deux autres".

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Inscription des lancettes E et F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription des lancettes E et F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription de la lancette E du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription de la lancette E du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Inscription de la lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Inscription de la lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette E. Le Portement de croix.

Selon Gatouillat et Hérold "Bien conservé, fin du XVIes?".

Présence de Jean et Marie en haut à gauche. Notez les  verres gravés rouges bleus et verts.

Je me suis amusé à rechercher quelques influences possibles en me basant soit sur la diagonale de la corde tendue entre le Christ et le soldat, soit sur la présence de la Vierge et de saint Jean :

— le retable de La Houssaye à Pontivy vers 1510

http://www.lavieb-aile.com/article-le-retable-de-la-chapelle-de-la-houssaye-a-pontivy-56-110123223.html

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— le Portement de croix de Hans Herbst, 1516, Karlsrühe

https://fr.wikipedia.org/wiki/Retable_de_Tauberbischofsheim#/media/File:Hans_Herbst_-_Dornenkr%C3%B6nung.jpg

— Le vitrail de l'hôtel de Cluny, vers 1500, conservé au Musée de Cluny

http://www.musee-moyenage.fr/collection/oeuvre/le-portement-de-croix-vitrail.html

 —le Grand Portement de croix de Schongauer,  1486

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6951455w.r=

Mais la ressemblance la plus convaincante m'a semblé se faire avec le Retable de Buhl attribué à Martin Schongauer, et dans lequel on retrouve saint Jean et la Vierge  en arrière-plan.

photo Bernard Chenal in Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Portement_de_Croix#/media/File:Buhl_072.JPG

 

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Le Portement de croix, lancette E du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Le Portement de croix, lancette E du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Le Portement de croix, lancette E du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Le Portement de croix, lancette E du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Lancette F. Le Portement de croix.

Lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Le Portement de croix, lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Le Portement de croix, lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Le Portement de croix, lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Le Portement de croix, lancette F du registre supérieur, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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LES AJOURS AU DESSUS DES LANCETTES.
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Hucher y a restitué en 1886 les armoiries suivantes :

D'azur au chef d'or chargé de trois pommes de pin de gueules, qui est du Rusquec - de gueules au chef d'argent, qui est de La Marche de Bodriec - fascé de 6 pièces d'or et de gueules, qui est de Kerlech du Chastel du Rusquec - de sable à trois bandes fuselées d'argent, sans doute Le Forestier - d'argent à trois jumelles de gueules au franc canton d'or chargé d'un lion de sable qui est de Beryan ou Berrien-, d'argent au chevron de sable, avec trois quintefeuilles de même, qui est de Rosily de Méros.

 

La famille du Rusquec.

Dans un aveu de 1653, le sieur du Rusquec nous apprend qu'en l'église Saint-Herbaud sous le ressort de la juridiction Royale de Châteauneuf-du-Faou, il a plusieurs écussons dans la maîtresse-vitre et dans la nef, que la chapelle du costé de l'Evangile lui appartient à cause de la seigneurie de Kerasnou, et avoir droit de lizière, excabeaux et accoudoire, armoyeries en bosse de ses armes en la dite chapelle. Aux archives départementales de la Loire-Inférieure figure un aveu du chapelain de Saint-Herbot en 1700, le Sieur de Pennanech, aux termes duquel les sieurs du Rusquec ont droit de guet et de garde, au cours des huit jours du grand pardon et de la grande foire. A l'entrée de l'église, le capitaine reçoit une paire de gants neufs des mains du chapelain. Les soldats du guet pénètrent alors dans la chapelle, font la haie depuis la grande porte jusqu'au balustre de l'autel, puis le capitaine passe. entre ses soldats, pour aller baiser la patène: Il se retire ensuite avec le guet, qui continue à veiller jusqu'au lendemain de la grande foire.

Cette famille possédait  le manoir du Rusquec en Loqueffret ; après le pillage du château lors des combats de la Ligue, il  passa par mariage au Kerlech du Chastel.

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La famille de la Marche.

MARCHE (DE LA), en breton MARS (LE), sr dudit lieu, par. de Braspartz, —de Bodriec, de Poulforn et de Quistinic, par. de Locqueffret, — des Tourelles, par. de Lannédern, — du Botmeur, par. de Berrien, —de Lezergué et de Kerfors, par. d'Ergué-Gabéric.

Anc. ext., réf. 1670, neuf gén.; réf. et montres de 1426 à 1536, par. de Braspartz et Locqueffret, év. de Cornouailles.

De gueules au chef d'argent.

Anceau, vivant en 1380, père d'Henry, écuyer de la retenue de Tanguy du Chastel en 1422, marié à Perronnelle du Hilguy, dont : Anceau, qui accompagna le duc Pierre à la cour de Bourges en 1455, et épousa Constance du Botmeur ; François-Louis, chevalier de Saint-Lazare, laissa de Marie-Anne du Botmeur, qu'il avait épousé en 1715: 1° François-Louis, page du Roi en 1739, puis lieutenant des maréchaux de France; 2° Jean-François, lieutenant au régiment de la Reine (dragons), blessé à la bataille de Plaisance en 1746, puis abbé de Saint-Aubin-des-Bois en 1764 et évêque de Léon en 1772, t 1806.

La branche aînée fondue dans du Chastel-Mezle. La branche des Tourelles fondue dans Lezormel.

Famille du Rosily.

Possédait le manoir de Mesros : "Ce manoir se trouvait à environ six kilomètres à l'extrémité sud-est de la paroisse, dans un site admirable au dessus de l'Aulne. De l'autre côté de la rivière lui faisait face le manoir de Rosily, en Châteauneuf-du-Faou,: dont ne reste que quelques vestiges .."

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Armoiries en haut des lancettes, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Armoiries en haut des lancettes, maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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LA ROSE .

Création moderne par Hucher. Au centre le Christ en buste,  revêtu d'un manteau royal, puis dans le premier cercle les divers instruments de la Passion et les astres, dans le deuxième cercle les bustes des 12 apôtres,  et dans le cercle extérieur les symboles des 4 évangélistes, et 8 autres symboles chrétiens.

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Rose de la maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Rose de la maîtresse-vitre (1556) du chœur de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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SOURCES ET LIENS.

BARRIÉ (Roger) 1979 Étude sur le vitrail en Cornouaille au 16e siècle : Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper / ; sous la direction d' André Mussat, 1979 Thèse de 3e cycle : Art et archéologie : Rennes 2 : 1979. Bibliogr. f. 9-32. 4 annexes (vol. 2)

BARRIÉ (Roger) 1976, Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Année 1976 Volume 83 Numéro 1 pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

— CASTEL (Yves-Pascal),  Artistes en Bretagne: Dictionnaire des artistes, artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien Régime , Yves P. Castel, ‎Georges-Michel Thomas - 1987 - ‎Page 302

CHAUSSEPIED (Charles),1914, Notice sur la chapelle de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou,  Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XLI pages 128-139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207714b/f191.image

— COUFFON (René), 1953, L'église de Saint-Herbot , Bulletin Monumental Année 1953 Volume 111 Numéro 1 pp. 37-50

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_1_3732

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur les paroisses du Diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVFA.pdf

— GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Michel) 2005, Les vitraux de Bretagne Corpus Vitrearum VII,  Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2005, 367 p. 

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2008,  "SaintHerbot, Plonévez-du-Faou", blog du maître verier quimpérois  Jean-Pierre Le Bihan :

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/38

 

 L E GUENNEC (Louis), 1928, Vieux nom?, Vieux souvcnir:» Quelques anciens Peintres Morlaisiens (PREMIER ARTICLE La Resistance Croix de Morlaix 4 août 1928

http://mnesys-viewer.archives-finistere.fr/accounts/mnesys_cg29/datas/medias/collections/bibliotheque/presse/4MI042/FRAD029_4MI_042_1928_08_04_001_1928_08_25_004.pdf

 — PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

PEYRON (Chanoine), 1910, "Églises et chapelles",  Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XXXVII pages 165-167.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207696j/f215.image

Infobretagne "Enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou"

http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

 

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 19:34

L'enclos paroissial de Saint-Herbot à Plonévez-du-Faou IIb. La chapelle saint-Barbe (1545) : ses statues et son vitrail de saint Laurent (1556).

 

 

 

Sur la chapelle Saint-Herbot, voir :

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La chapelle Sainte-Barbe occupe le bas-coté nord du chœur de la chapelle Saint-Herbot, et date, par analogie à la chapelle Saint-Yves du bas-coté sud, de 1545. On n'y trouve pas de représentation de sainte Barbe, mais un vitrail du martyre de saint Laurent de 1556 et une statue de saint Laurent, titulaire manifeste de la chapelle. Une statue de sainte Geneviève honore la patronne de Loqueffret, alors l'une des trèves de Plonévez-du-Faou.

N.B Sainte Barbe était figurée dans un vitrail aujourd'hui disparu mais encore présent en 1716.

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Chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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I. LE VITRAIL DE LA BAIE n°1 : LE MARTYRE DE SAINT LAURENT.

La baie n°1 mesure 3,50 m de haut et 1,80 m de large. Elle se divise en trois lancettes cintrées à trois panneaux maintenus par deux barlotières, et un tympan, moderne, à une rose de trois soufflets. La verrière a été restaurée en 1716 par Claude Le Roux, peintre vitrier de Telgruc habitant le manoir de Kerédan et qui déposa deux panneaux. En 1886, elle fut restaurée par la Manufacture du Carmel du Mans sous la direction d'Eugène et de Ferdinand   HUCHER, à la demande de l'abbé CARADEC. Enfin, après avoir été victime de vandalisme en 1985,  elle bénéficia de l'intervention du maître-verrier Jean-Pierre Le Bihan  de Quimper, avec collage en remplacement des plombs de casse et doublage des verres.

Saint Laurent, diacre et martyr fêté le 10 août (alors que passent dans le ciel nocturne les gerbes d'étoiles filantes surnommées les Larmes de saint Laurent), est le plus célèbre des martyrs romains du IIIe siècle. Il doit cette célébrité à son zèle dans le service du pape Sixte II dont il était le diacre, et le gardien des trésors de l'Église. Lors des persécutions de l'empereur Valérien, qui fit mettre à mort Sixte II, il fit distribuer aux pauvres les richesses dont il était garant, plutôt que de les remettre à l'empereur. Condamné à être brûlé vif sur un grill, il subit ce supplice avec l'indifférence des saints, narguant son bourreau en lui disant : Voici, misérable, que tu as rôti un côté ; retourne l'autre et mange". C'est ce moment plein d'humour qui est ici représenté.

 



Cette scène de saint Laurent sur son grill remplit trois niches surmontés de dais architecturaux ornés de fleurs et feuillages colorés dans les têtes de lancettes. Elle porte la date de 1556 par inscription ancienne sur le cartouche central du soubassement.

L'évaluation technique donnée par Jean-Pierre Le Bihan dans son blog est très précieuse :
 

"Verre assez fin pour les verres incolores légèrement verdâtres.  Pour les visages , emploie de deux sortes de verre incolore, le plus blanc est très attaqué. Verre dans l’ensemble avec bulle dans le même sens mais non concentrique. Les rouges sont assez épais. La coupe doit être au fer rouge, propre sur le dessus, écaillée face intérieure. Emploi de sanguine, en lavis sur visage, aux traits, hachuré pour aubes et cheveux, enlevés au bois et à la pointe. Grisaille noir pour les traits de visage. Yeux avec cils, 2 ou 3, qui veulent indiquer la direction du regard. Jaune d’argent léger. Grisaille fragile et difficulté pour enlever les saletés aux emplacements des lèvres du plomb, elles se sont incrustées à la grisaille, d’où collage moins facile et moins propre. Restauration précédente avec projection de grisaille,  ex ; main. Le sol est fait de courbes grisaillées et en enlevés. La restauration d’Hucher est visible dans ces courbes , les siennes trop régulières et trop à plat. Sur les pieds ongles petits par  rapport aux autres XVIe ;" (Jean-Pierre Le Bihan 2008)

 

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Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Les lancette A, B et C.

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Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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1°) La lancette A à gauche. 

Bonne conservation.

Nous voyons trois bourreaux dont deux s’affairent à attiser le feu. Notez sur la photo de détail le foulard noué en tissu rayé, fait d'un verre blanc rehaussé de sanguine.

Lancette A, Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette A, Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette A (détail), Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette A (détail), Baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2°) Lancette B au centre.

Carnation peinte à la sanguine. Nombreuses pièces collées et doublées.

 

Saint Laurent, déjà nimbé au dessus de sa tonsure, est assis sur le bûcher, mains jointes, les yeux et le visage tournés vers la colombe du Saint Esprit (grisaille et jaune d'argent). La sanguine est utilisée pour les rayures du linge qui le ceint, pour les visages et le corps. Les deux bourreaux, dont l'un porte un fagot, semblent stupéfaits. Le bourreau de droite porte une armure ornée de rinceau ( jaune d'argent) et une jupe de lames métalliques.

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Lancette B, baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette B, baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette B, baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette B, baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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3°) Lancette C à droite.

Très restaurée, en partie moderne.

Le tyran entouré de sa cour assiste au martyre. A droite, assis dans un fauteuil il s’agit probablement Valérien. Son voisin doit être Décius.
Il s’agit de l’instant où après avoir dit à Valérien que » ces charbons m’apportent la fraîcheur, et à toi le feu éternel. » et avoir demandé à Décius de le rôtir de l’autre côté, il leva les yeux au cieux et rendit grâce au Seigneur.

Inscription HUCHER FILS / LE MANS.

 

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Lancette C, baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette C, baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette C (détail), baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Lancette C (détail), baie n°1, verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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4°)  Tympan moderne (Hucher ).

Dans les trois soufflets de cette rose sont figurés en haut deux anges chanteurs qui suivent leur partition, autour d'un ange tenant une couronne, en bas à gauche un ange tenant une palme et une couronne verte, et et en bas à droite un dernier ange tenant un phylactère.

On y lit le texte suivant :

SEGNIORQVE FVIT IGNIS QVI FORTIS VSSIS QVAM QVINTVS ACCENDIT "et le feu qui brûle à l’extérieur est moins ardent que celui qui brûle à l’intérieur."

Cette citation de saint  Augustin est tirée de l'édition latine de la Légende Dorée de Jacques de Voragine par Claudius a Rota parue en 1554 à Lyon chez Maurice Roy et Louis Pesnot (apud Mauricium Roy & Ludovicum Pesnot) ou chez Jean-Jacques de Gabiano sous le titre Legenda, ut vocant, seu sanctorum sanctarumque vitae, au chapitre De Sancto Laurentio du 10 Août. Voir le texte français ici.

Il est difficile de dire si Hucher l'a puisé dans les sources disponibles en 1886, ou bien s'il a repris une inscription déjà présente sur cette verrière, mais la coïncidence entre la date de création du vitrail et celle de la parution de la Légende à Lyon permet d'envisager la seconde hypothèse. La citation ne figure pas dans les Caractéristiques des Saints du Père Ch. Cahier. Voir le phylactère du tympan du vitrail de saint Yves, dans la chapelle sud.

 

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Tympan de la verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Tympan de la verrière du Martyre de saint Laurent (1556), chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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II. LES STATUES DE SAINTE GENEVIÈVE ET DE SAINT LAURENT .

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1°) La statue de sainte Geneviève.

Sainte Geneviève de Paris (en latin Genovefa), vierge du VIe siècle, patronne de Paris et du diocèse de Nanterre, est représentée en religieuse et tenant un cierge. Elle fait l'objet d'un culte particulier à Loqueffret, à Lannédern et à Brennilis, car on la considère comme une sainte bretonne, sœur de saint Edern, et fondatrice du monastère de Loqueffret. Bien que certains estiment que cette Genovefa bretonne n'est qu'une homonyme de la sainte parisienne, les statues et bas-reliefs la montrent portant les mêmes attributs et relevant du même légendaire que cette dernière. Elle tient le cierge de la Foi, dont la flamme résiste miraculeusement aux tentatives d'un diable qui tente de l'éteindre avec un soufflet.

Loqueffret étant contiguë de Saint-Herbot, et étant une ancienne trève de Plonévez-du-Faou, cette statue doit donc être rattaché au même culte.

Voir la discussion et l'iconographie de la sainte dans mon article sur la niche à volets de l'église de Brennilis avec la photo de sainte de l'église de Saint-Suliau à Sizun.

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Sainte Geneviève, chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Sainte Geneviève, chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2°) La statue de saint Laurent.

Le saint martyr est représenté en diacre avec cotte noire et surcot rouge, la manipule passée au poignet gauche, et tenant un livre saint . Dans la main droite, il tient la poignée noire de ce qui devait être son grill.

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Saint Laurent, chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Laurent, chapelle Sainte-Barbe, chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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CHAUSSEPIED (Charles),1914, Notice sur la chapelle de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou,  Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XLI pages 128-139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207714b/f191.image

— COUFFON (René), 1953, L'église de Saint-Herbot , Bulletin Monumental Année 1953 Volume 111 Numéro 1 pp. 37-50

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_1_3732

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Plonévez-du-Faou,  Notice sur les paroisses du Diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVFA.pdf

 

— GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Michel) 2005, Les vitraux de Bretagne Corpus Vitrearum PUR, Rennes, 2005, 367 p. page 161.

 

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2008,  "Saint-Herbot, Plonévez-du-Faou", blog du maître verier quimpérois  Jean-Pierre Le Bihan :

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/38

 

— PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

— Infobretagne "Enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou" 

http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 19:18

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Alors que l'église de Brennilis et la chapelle Saint-Herbot de Plonevez-du-Faou possèdent sur panneaux de boiserie la série complète des douze Sibylles, — ces prophétesses de l'antiquité dont les vaticinations supposées furent considérées comme des prédictions de la naissance d'un Sauveur né d'une Vierge et de sa Passion—, et alors que la Poutre de Gloire de Lampaul-Guimiliau montre sur sa face coté chœur ces douze prêtresses païennes encadrant une Annonciation,  d'autres églises n'ont fait appel, dans leur ornementation, qu'à un nombre réduit de celles-ci. 

C'est le cas à Guimiliau, où sont conservés deux ensembles : les panneaux entourant l'arrière-chœur, qui associent trois Sibylles avec des scènes de l'Enfance du Christ, et les panneaux de la cuve de la chaire à prêcher, où cinq Sibylles dont une seule est identifiable encadrent les quatre évangélistes et les allégories morales et théologales. 

Souhaitez-vous les découvrir ? Suivez le guide !

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I. LES TROIS SIBYLLES DE L'ARRIÈRE- CHOEUR.

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 Dans le chœur, derrière l'autel trois élégants bas-reliefs Renaissance alternent avec une Adoration des Mages (2 panneaux),  un Saint Joseph dans la crèche, et une Annonciation  .

 

 

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 1.  La Cimmérienne ?

Cette Sibylle tient dans la main gauche un objet brisé qui doit correspondre à la corne servant de biberon, l'attribut de la  Cimmérienne.  Elle annonce l' allaitement de l'Enfant par la Vierge. Il est donc logique qu'elle accompagne les panneaux de la Nativité, comme dans les Heures de Louis de Laval folio 22v et 23r. 

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La Sibylle Cimmérienne, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

La Sibylle Cimmérienne, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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On la comparera aux Cimmériennes de Brennilis et de Saint-Herbot (photo lavieb-aile).

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 L'Adoration des Mages, 

Joseph, Marie et l'Enfant, et un Mage.

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Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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Saint Joseph dans la crèche.

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Saint Joseph dans la crèche, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

Saint Joseph dans la crèche, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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2. La Sibylle Persique.

 La Persique tenant la lanterne et foulant un serpent  annonce la Vierge foulant le serpent et préfigure l' Immaculée Conception, l'Incarnation et la Nativité où la Vierge donne naissance à celui qui se dira Lumière du Monde. Dans les Heures de Louis de Laval folio 17v, elle précède deux enluminures illustrant les citations de  Jean 8:58 Antequam Abraham fuit ego sum : " Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis.", du verset 5 du Psaume 82   Intellexerunt in tenebris ambulant. "[Ils n'ont ni savoir] ni intelligence. Ils marchent dans les ténèbres.", et de Jean 1 Lux in tenebris lucet. "La lumière luit dans les ténèbres, [ et les ténèbres ne l'ont point reçue]". 

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La Sibylle persique, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle persique, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Comparez avec Brennilis puis Saint-Herbot (photo lavieb-aile) :

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3. L'Erythréenne.

 

"Les Sibylles sont de grandes dames. Parmi les plus belles, les trois femmes de l'arrière-chœur de Guimiliau. Parmi elles l'Erythréenne marche, légère, se retournant souplement comme dans un défilé de mode." (Y-P. Castel)

L'Erythréenne, tient une fleur car elle aurait annoncé au monde païen la conception par une Vierge. Elle est donc associée à l' Annonciation. Dans les Heures de Louis de Laval folio 19v, elle précède une enluminure de l'Annonciation. Il est probable que ce panneau de  Guimiliau précédait aussi un panneau semblable.

 

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La Sibylle d'Erythrée, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle d'Erythrée, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Comparer avec la Sibylle d'Erythrée de Brennilis et de Saint-Herbot (photo lavieb-aile) :

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La Sibylle d'Erythrée (détail), panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle d'Erythrée (détail), panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Présentation de Jésus au Temple.

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Présentation de Jésus au Temple, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Présentation de Jésus au Temple, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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II. LES SIBYLLES DE LA CHAIRE À PRÊCHER (1677).

En 1912, le chanoine Abgrall donnait de cette chaire la description suivante :

 

"La forme de la chaire est loin d'être gracieuse, mais dans les motifs qui l'ornent on trouve des éléments du plus haut intérêt. Le pied est formé par un groupe de quatre angelots bien gras· ; de la corbeille qui les surmonte partent des gaines en cariatides pour supporter la cuve. Celle-ci  présente quatre pans ornés de médaillons  richement encadrés et richement soutenus. Dans ces médaillons sont les quatre Évangélistes, accostés des vertus théologales et morales : 1°)  La Tempérance avec coupe renversée ; et la Foi avec flambeau ; 2°) la Charité, petits enfants, et la Prudence, avec miroir et serpent ; 3°) la Religion, avec croix et l' Espérance, avec  ancre ; 4°) La Force portant une colonne, et la  Justice avec sa  balance  et une épée. · Deux jolis médaillons miniature, soutenus par de petits anges, représentent David jouant de la harpe et · Moïse portant les tables de la Loi. Dans les quatre angles sont les statues des sybilles.  Enfin: deux autres petits médaillons nous donnent l'inscription suivante:

 RE  :M:H: GVILLERM : SIEVR : RECTEVR :

LORS: *AN: TANGVY: E: HERVE :LE MEVR :

FABRIQVES : 1677:"

*lire : IAN

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Sa mention des statues des Sibylles restait ... sibylline. C'est en 2006 que son collègue l'abbé Yves-Pascal Castel donna une étude exhaustive des 70 sibylles du Finistère, et leva le voile sur les  prophétesses antiques de cette chaire : "Aux angles de la chaire à prêcher, la présence de la Cimmérienne reconnaissable au biberon en forme de corne laisse à penser que les quatre autres belles statuettes mutilées et désormais privées de leurs attributs distinctifs, la cinquième n'ayant d'ailleurs plus ni visage ni poitrine, représentaient des Sibylles". 

Tout en découvrant ces belles mutilées, examinons la chaire qui les accueille, dans son ensemble puis panneau par panneau. Je suivrai l'ordre de description d'Abgrall qui débute par le premier panneau de gauche.

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Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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1°) Premier panneau. L'évangéliste saint Marc.

Au centre, saint Marc accompagné de son lion est figuré dans une guirlande tenue par un angelot. L'évangéliste est encadré par la Tempérance tenant une coupe à demi-renversée,  et la Foi tenant un flambeau. 

Sur l'angle de gauche :  la Sibylle n°1, au dessus d'un médaillon ornemental

 

Au registre inférieur : un  aigle aux ailes éployées, parmi des rubans et couronnes.

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Premier panneau, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Premier panneau, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Premier angle : La première Sibylle.

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Première Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Première Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Deuxième Sibylle, tenant un livre.

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Deuxième Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Deuxième Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Deuxième panneau. 

Pas de photo, pas de description

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Troisième Sibylle : la Cimmérienne.

 

identifiable à la corne à usage de biberon, elle est la seule à être (presque) intacte.

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La Sibylle Cimmérienne, chaire à prêcher (1667) de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Cimmérienne, chaire à prêcher (1667) de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Troisième panneau : saint Luc et son taureau.

Saint Luc est représenté comme un homme âgé, le front dégarni, la tête couverte par son manteau, rédigeant son évangile sous le regard de son Taureau. La guirlande est encadrée par  la Religion, brandissant une croix et l' Espérance,tenant une ancre.

En dessous, un médaillon montre un vieillard barbu accroché à une sorte de cuve : e serait Moïse tenant les Tables de la Loi.

 

 

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Troisième panneau : saint Luc et son taureau.  chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Troisième panneau : saint Luc et son taureau. chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Quatrième Sibylle, tenant un livre.

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Quatrième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Quatrième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Quatrième et cinquième panneaux, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Quatrième et cinquième panneaux, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Cinquième panneau.

Saint Jean est représenté en homme jeune, imberbe, mais les cheveux longs, rédigeant son évangile sous le regard de son Aigle qui tient le cordon de son encrier et de son plumier. La couronne est encadrée par la Force portant une colonne, et la Justice avec sa balance et une épée.

En dessous, comme dans le premier panneau, un aigle aux ailes déployées tient les rubans d'une guirlande.

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Cinquième panneau, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Cinquième panneau, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Cinquième Sibylle.

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Cinquième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Cinquième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les inscriptions.

Premier médaillon à inscription :

RE :M:H: GVILLERM :

 

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Premier médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Premier médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Deuxième médaillon à inscription.

SIEVR : RECTEVR :

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Deuxième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Deuxième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Troisième inscription.

LORS: IAN: TANGVY: E: HERVE :

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Troisième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Troisième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Quatrième médaillon à inscription.

:LE MEVR :

FABRIQVES : 1677:"

 

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Quatrième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Quatrième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Conclusion sur l'inscription.

RE :M:H: GVILLERM : SIEVR : RECTEVR : LORS: IAN: TANGVY: E: HERVE :LE MEVR :

FABRIQVES : 1677:"

Elle peut être transcrite ainsi : "[Revérend ?] messire Henri Guillerm, sieur recteur alors que Jean Tanguy, et Hervé Le Meur étaient fabriques, en 1677".

Nous disposons d'une "liste des Recteurs de Guimiliau avant le Concordat" dressé par Abgrall et qui mentionne : "1600-1645 : Jean Guillerm, docteur en théologie". Mais le nom du recteur Henri Guillerm apparaît sur le baptistère à baldaquin où se lit l'inscription :  1675 F : DV : TEMPS : DV : VENERABLE : M : H : GVILLERM : RECTEVR ..... LORS : DERIEN : POVLIQVEN : & : IACQVES : QVOTAYN : FABRIQVE.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1935  “Eglise de Guimiliau : porche, calvaire, baptistère, etc. description archéologique, 9e éd. Morlaix 1935.

” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/10703.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1912, "Guimiliau", Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] , Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 19-28, 44-56, 76-96.

Notices sur les paroisses“Guimiliau,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/351.

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

— INFOBRETAGNE "Guimiliau"

http://www.infobretagne.com/guimiliau.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Sibylles Guimiliau
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 19:00

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Si  le porche sud de la chapelle de Saint-Herbot fut construit entre 1498 et  1509, et si le porche ouest fut achevé en 1516, par contre les deux chapelles encadrant le chevet datent de 1545. Celle de gauche est dédiée à sainte Barbe et celle de droite à saint Yves.

La chapelle Saint-Yves porte en clé de voûte MDXLV (1545) et MIS HI GARO GOVN (Messire Henri Garo gouverneur de la fabrique?) . Elle est éclairée par un vitrail de 1556, et deux niches à volets encadrent ce vitrail de l'élévation est, qui domine un autel de pierre. La chapelle est séparée du chœur par les boiseries du chancel.

J'en décrirai les deux niches de Saint Corentin et de saint Yves, puis le vitrail de saint Yves.

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I. LA NICHE À VOLETS DE SAINT YVES ENTRE LE RICHE ET LE PAUVRE .

Cette niche appartient, par son sujet, à l'ensemble de  111 groupes de saint Yves entre le Riche et le Pauvre ou "Groupes de saint-Yves" recensés par Virginie Montarou en Bretagne, dont 89 subsistant à notre époque. Parmi ces 111 œuvres, se trouvent  38 statues, 12 retables, 13 bas-reliefs, 11 tableaux, 9 calvaires, 3 bannières et 13 vitraux. 35 de ces groupes datent de la période 1500-1599. 

On peut citer (Hamon) dans les Côtes-d'Armor, les statues de la cathédrale de Tréguier, de l'église de Minihy-Tréguier, de celle de Louannec, des chapelles du Port-Blanc (en Penvénan) et de Lannegan (en Lanrivain) ; dans le Finistère : celles des églises de Pleyben, du Folgoët, de Huelgoat, de La Roche-Maurice, d'Irvillac, ainsi que les chapelles de Saint–Vénec ( en Briec) , du Cloître ( en Pleyben), de Saint-Thélau ( en Leuhan), de Notre-Dame de Quilinen (en Landrévarzec), de Saint Herbot (en Plonevez-duFaou). Ou les retables représentant, selon la technique du bas-relief, saint Yves entre le riche et le pauvre dans l'église de Loguivy-lès-Lannion, ou encore dans celle de Gouesnou ( avant sa destruction durant la Seconde Guerre Mondiale). Ou les tableaux de l'église paroissiale de Louannec, des chapelles de Kerfons (en Ploubezre) ou de Kernivinen (en PerrosGuirec).

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Cette niche en bois polychrome contient une statue en ronde-bosse de saint Yves et deux volets où le Riche et le Pauvre sont sculptés en bas-reliefs. Elle est classée aux Monuments historiques depuis le 25 janvier 1963. Elle est datée de la seconde moitié du XVIe siècle, par approximation à partir de la date de la chapelle et de son vitrail. Nous verrons que la datation 1620-1640 est plus appropriée.

Par son thème, elle associe à la fonction dévotionnelle  propre à la demande d'intercession (vraisemblablement pas ici pour une confrérie de Saint-Yves qui n'est pas attestée et qui était réservée aux juristes), une fonction de critique de la corruption du corps des juges et avocats, et une demande de protection contre les excès de pouvoir des puissants.  

 

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Niche de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Niche de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Saint Yves est représenté non pas dans sa fonction de prêtre (recteur de Louannec), mais dans  celle d'official, ou juge professionnel des affaires ecclésiastiques. 

Il porte  le camail assorti du rabat ecclésiastique (rappelant le capuchon ou chaperon médiéval) , le surcot blanc recouvrant la cotte talaire, au dessus de souliers de cuir noirs.  

Cette tenue  se rapproche de celles décrites par les contemporains interrogés lors du procès de canonisation en 1330, trois décennies après la mort du saint :

"Malgré cela il se contentait en tout et pour tout d'un long surcot et d'une cotte talaire faits d'une grossière étoffe blanche, bon marché, appelée burell. [...]. Il avait aux pieds de grands souliers à courroies, comme les Cisterciens, sans bas." (Alain Soyan, témoin n°6)

" De jour il allait revêtu d'un long surcot et d'une cotte talaire faits d'étoffé blanche qu'on appelle kordet ou burell, sans quoi que ce soit comme fourrure. A même sa peau il portait un cilice." (Geoffroy de saint-Léan)

Certes, la cotte a été peinte (ou repeinte ?) en noir pour se rapprocher de la soutane pots-tridentine, et le surcot en blanc pour ressembler au surplis.

Yves Hélory est coiffé du bonnet carré aux cornes caractéristiques, adopté comme couvre-chef officiel par les gens de justice à partir du XVIème siècle : ce couvre-chef deviendra plus-tard la  barrette.

Il tient dans la main gauche un parchemin contenant sans-doute une requête présentée par un plaideur pauvre, qu'il accueille avec faveur, ou bien la plaidoirie qu'il compte soutenir.

 

 

Pierre Le Baud rappelle ses origines nobles, «  lequel Yves, combien qu’il fust de tresnobles parens, puis son travail d’Advocat des poures (pauvres) & misérables personnes, réduisant de toutes ses forces les litigans à paix & concorde. » 

Juriste, saint Yves l'est indubitablement par sa formation, qui fait de lui un professionnel du Droit de haut niveau, doublement licencié à la fois en Droit Canonique et en Droit Civil romain, — "utrumque jus" ( i.e. : "Les deux droits" ) — à l'issue d'un baccalauréat en Théologie. Il se place ainsi bien au-dessus de la multitude des praticiens en fonction auprès des innombrables tribunaux seigneuriaux du Moyen Age, à une époque où nul n'était encore besoin d'un quelconque diplôme universitaire pour être recruté comme magistrat au sein d'une juridiction inférieure, et encore moins pour s'établir avocat . Originaire de Trèguier, il a suivi ses études à l'Université de Paris,avant d'accepter d'abord la charge d'Official que lui proposait l'Archidiacre de l'Evêque de Rennes, et, trois ans plus tard, vers 1284, d'occuper la même charge à Tréguier à l'appel de l'Evêque, Alain de Bruc. 

En tant qu'Official, Yves Hélory est amené à connaître non seulement de toutes les affaires concernant les clercs de différents degrés (y compris les éventuelles accusations de crime), mais encore de l'ensemble des causes intéressant les veuves, les orphelins et les "misérables personnes" de façon générale, qui sont légalement autorisées à se mettre sous la protection de la Justice ecclésiastique dans l'hypothèse d'une carence du magistrat civil normalement compétent. De même, c'est devant l'Officialité de Tréguier que sont portées les affaires dites "mixtes", qui présentent à la fois un caractère séculier et une dimension religieuse : c'est le cas, par exemple, de toutes les difficultés d'application des dispositions des contrats et des engagements, lorsque leur valeur probatoire a été solennellement renforcée par un serment sur de saintes reliques, selon la pratique courante de l'époque ; il en va de même des contestations portant sur des dispositions de dernières volontés (notamment des legs), et surtout de toutes les "causes matrimoniales" : empêchement au mariage pour consanguinité, crime de bigamie, séparation de corps ou de bien, rupture abusive de fiançailles… etc. (Hamon 2003)

Les témoignages sur son souci de mettre ses compétences au service des démunis sont nombreuses. Retenons celle du Père Abbé du monastère de Bégard :

C'est le cas "d'une femme qui demandait un jeune homme en mariage : Dom Yves, sachant cette femme dans son droit, défendait sa cause pour l'amour de Dieu ; le jeune homme disait à Dom Yves des paroles d'injures, le traitant de coquin et de truand, [mais il] supportait cela avec patience… ne répondant rien et se contentant de sourire, défendant comme à l'accoutumée la cause de sa paroissienne ; comme elle n'avait pas de quoi payer les mémoires dont elle avait besoin, il demandait aux notaires de [les] établir pour l'amour de Dieu, et les y engageait".

Ou celui de son ami d'enfance, alors âgé de 90 ans, clerc et jurisconsulte à la paroisse de Pleubian   :

 "Dom Yves s'est comporté dans ses fonctions d'Official d'une manière sainte et juste, rendant à chacun la Justice rapidement sans faire de choix ni de différences entre les personnes : en vertu de sa charge d'Official, il percevait le tiers de l'émolument afférent au droit de sceau de la Cour de Tréguier, et il en prélevait de larges aumônes pour les pauvres ; il ramenait à la paix et à la concorde, selon ses moyens, les parties qui lui soumettaient leurs litiges et les autres – quels qu'ils fussent – qui avaient entre eux un différend".  "Messire Yves fut pieux et compatissant, car il plaidait gratuitement pour les pauvres, les mineurs, les veuves, les orphelins et les autres personnes misérables ; il soutenait leur cause, il s'offrait à les défendre même sans en avoir été prié : aussi l'appelait-on l'"Avocat des Pauvres et des misérables"… C'est bien gratuitement qu'il plaidait, car de nombreux misérables me l'ont rapporté, en se félicitant chaleureusement du concours que leur avait prêté Messire Yves".(témoignage de Jean de Kec'rhoz, témoin n°1)

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Niche à volets de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Niche à volets de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Le Pauvre.

Tout le talent de l'artiste est de souligner ... la pauvreté du Pauvre, mais aussi d'évoquer la justesse de sa cause. Ainsi, les pieds-nus, les vêtements déchirés, le bâton faisant allusion à quelque infirmité s'associent à l'attitude déférente, humble, et emprunté, au regard fuyant ou timide, au bonnet ôté de la tête, à la main placée devant la bouche, et au talon gauche soulevé, par manque d'aplomb (ou handicap). 

Les couleurs de ses vêtements indiquent aussi son statut social : point de chemise blanche ni de couleur vive, mais des tons écrus, pour la tunique, les braies, ou les houseaux en grosse toile armée de bois.

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Niche à volets de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Niche à volets de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Le Riche.

Tout son rôle est d'afficher son opposition avec le Pauvre. Il conserve son chapeau sur la tête ; il affiche des couleurs ostensibles et regarde le spectateur avec assurance.

Il porte une perruque (ou des cheveux longs et bouclés),   une moustache et une barbiche qui relèvent de la mode en vigueur sous Louis XIII, et même précisément de la période 1620-1640, si j'en crois le site Coiffures historiques Alain Ducher

 – La mode, sur le visage est à la moustache en pointe de poignard à bords très relevés, ou en croc, ou ébouriffée, très fine ou épaisse.

 Les moustaches en pointes de poignard viennent du troubadour de Louis XIII qui avait des moustaches faisait l’admiration à la cour, et ceci du début à la fin du règne.

 Les courtisans se mirent au goût du Roi qui aimait la coiffure de sa perruque aux cheveux noirs descendant jusqu’aux épaules, mollement bouclée a partir de la mi-longueur, sa chevelure était partagée en deux sur le milieu de la tête, coiffure plate avec une frange courte, il avait la belle moustache en croc ainsi que la barbiche pointue au menton la Royale.

Après 1630 il y a diminution de la moustache et la barbiche devient plus petite et fine et vers 1640 elles furent rasées, la pilosité sur le visage va disparaître pour deux siècles.

Le chapeau de feutre est également Louis XIII. La cape flottante rouge et or est pendue sur l'épaule droite, et ses manches restent vides. La chemise fine forme un col en rabat boutonné sur la ligne médiane. Les manches sont tailladées au niveau du creux du coude. Les hauts de chausse bleus sont à revers or. Les bas de soie bleus ont de larges revers rouges. Les souliers noirs sont ornés d'un nœud de ruban doré.

Le Riche tient une bourse pleine en guise de placet, et tend en vain une pièce d'or au juge  intègre.

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Niche à volets de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Niche à volets de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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II. LA NICHE DE SAINT CORENTIN.

Saint-Herbot était une ancienne paroisse de l'évêché de Cornouaille avant d'être rattaché à Plonevez-du-Faou. La statue rend hommage à saint Corentin, premier évêque légendaire de Quimper.

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Niche à volets de saint Corentin,  chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Niche à volets de saint Corentin, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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LE VITRAIL DE SAINT YVES ENTRE LE RICHE ET LE PAUVRE (1556).

 

Elle occupe la baie 2 (numérotation du Corpus Vitrearum) et mesure 3,50 m de haut et 1,80 m de large. Elle comporte trois lancettes cintrées de trois panneaux maintenues par  deux barlotières, et un tympan à 5 ajours.

Restauration et état.

 

Cette verrière a été restaurée vers 1716 par Claude LEROUX, peintre vitrier de Telgruc habitant le manoir de Kérédan, qui déposa cinq panneaux et refit  la tête du saint,  puis en 1886 par la Manufacture du Carmel du Mans sous la direction d'Eugène et de Ferdinand   HUCHER, à la demande de l'abbé CARADEC. On lit le nom de HUCHER sur l'inscription en bas à gauche. Gatouillat et Hérold précisent : "Tête de lancette centrale, soubassement et panneaux inférieurs restitués par Hucher et fils"

Le Bihan 2008 signale une restauration par HUBERT SAINTE-MARIE en 1973 .

Elle fut enfin restaurée en 1987 par Jean-Pierre LE BIHAN avec pièces doublées et collées. Selon ce dernier, il reste à peine le quart des pièces de la verrière d’origine. En 1987, la verrière était jugée en très bon état, puisqu'il s'agit surtout d’une reconstitution du XIXe siècle.

Attribution.

Ce vitrail est attribué par PÉRENNÈS 1942 puis par COUFFON 1953, sur la foi d'un monogramme T.Q, au maître-verrier morlaisien Thomas QUÉMÉNEUR, à qui on doit quelques travaux à la collégiale du Mur en 1546 (J-P. Le Bihan). René COUFFON précise même que ce peintre-verrier était l'époux de Jeanne COLLIN. J-P. Le Bihan précise :

"Thomas Quéméner,  peintre verrier de Morlaix. C’est sans doute lui qui épouse Anne Colin, dont il a trois enfants, entre 1544 et 1547. Il est aussi cité comme parrain dans les registres paroissiaux de Saint-Mathieu de 1538 à 1549. En 1543, il répare les verrières de l’abbaye du Relec, à Plonéour-Menez, celles de Saint-Mathieu de Morlaix en 1544-1545, celles de Notre-Dame-du-Mur en 1546.".

Je me méfie des affirmations péremptoires de Couffon, reprises par tous mais souvent non confirmées. Gatouillat et Hérold se contente d'écrire que "l'hypothèse peut être acceptable, mais ne peut valoir pour l'ensemble" des trois baies et notamment pas pour la Passion du chœur. Je n'ai pu retrouver ce monogramme sur cette baie, et encore moins le comparer à ceux des autres travaux de ce verrier.

...P.S. En réalité, je découvre le monogramme T Q, parfaitement visible et accompagnant la signature explicite "Thoumas quemen" sur la maîtresse-vitre. J'en dirais plus dans mon article sur celle-ci.

 

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Iconographie.

— Parmi les 111 groupes de saint Yves dénombrés par Virginie Montarou en Bretagne, se trouvent 13 vitraux.

— Le Fonds Saint-Yves dénombre 7 vitraux dédiés à saint Yves, dont trois seulement du XV et XVIe siècle  : Boquého (22) Chapelle N-D de la Pitié, fragment, 1460 ;  Moncontour, (22), église N-D et Saint-Mathurin, 1537 ; Saint-Herbot , 1556 ; et Tréméven (29), église Saint-Méen, 1550. Mais seuls ceux de Moncontour et de Saint-Herbot sont des groupes de saint-Yves. J'ajoute à cette liste le vitrail des Iffs, église Saint-Ouen, de 1587.

— En définitive, le vitrail de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre de Saint-Herbot est l'un des trois seuls exemples de ce thème en Bretagne au XVIe siècle ou auparavant, avec les deux vitraux suivants :

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Le tympan

Il date de 1886 . Dans les trois soufflets centraux,   deux anges  tiennent des  banderoles et un ange lit un parchemin; deux écoinçons blancs sont à droite et à gauche de la tête de lancette centrale.  Je ne le souhaitai pas m'y attarder, mais le texte des banderoles est intéressant.

—En haut, l'ange tient le texte PROMPTUS ERAS JUSTAS MISERORUM SUMERE CAUSAS.

Cette citation se trouve dans les "Saints" du Père Cahier, à l'article "Avocats", "St-Ives (Yvon ou Yves),  page 107, dans la note de bas de page "on trouve parfois cette inscription sous les estampes qui le représentent" . Elle est aussi citée dans un Supplementum comme  appartenant à l'éloge suivant :

Yvo pater legum, custos, rotector, et amplum

Egregiumque decus, cui se debere fatentur,

Jura tuo toties sunt debellata furore,

promptus eras justas miserorum sumere causas. 

 

— A gauche, je lis : YVO IS PRO QVOD AVOCAS PROMPTUM SENTIT AVXILIVM, début de l'antienne du second Nocturne de l'Office de la fête de Saint Yves Confesseur. Là encore, la source en est  "Les Caractéristiques des Saints" du Père Cahier, puisé dans le Bréviaire de Quimper, mais plus précisément dans l'Essai d'iconographie de Gaultier du Mottay, puisé dans le Bréviaire de Saint-Brieuc. 

 Charles Cahier Caractéristique des saints dans l'art populaire Poussielgue 1867 vol. 1 page 107 :

https://archive.org/stream/caractristique00cahiuoft#page/106/mode/2up

 Gaultier du Mottay Essai d'iconographie L. Prud'homme, 1869 page 140

https://archive.org/stream/essaidiconograp00mottgoog#page/n160/mode/2up/search/Yvo 

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Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La lancette centrale : saint Yves.

Assis sous une niche à coquille sous un grand agencement architectural, saint Yves, nimbé, porte la barrette, le camail violet, une épitoge blanche au dessus d'une robe de couleur rouge. La tête inclinée comme un prêtre dans son confessionnal, il lève une main bienveillante vers le Pauvre placé à sa gauche. De l'autre main, il tient un recueil juridique, sans doute le Livre des décrets.

 



"Chaque personnage est dans une niche avec socle colonnes et dais. Saint Yves est au centre assis dans une stalle dont le fronton a une coquille verte. Il est sensiblement tourné vers la droite, action qui est encore augmentée par la position de son visage, de trois quart droite et penchée. Ce visage, travaillé à la sanguine est celui d’un homme mûr aux yeux noirs et à l’oreille à l’écoute. Il est coiffé d’une barrette noire à trois cornes, inscrit dans un nimbe rayonnant Son attention à l’écoute est encore appuyé par le geste de la paume ouvert de la main droite, parabole transmettant la parole à l’oreille. La gauche tient serré entre ses doigts un livre de loi de couleur jaune et fermé. Il porte sur les épaules un camail noir. Dessous il revêt une robe rouge aux manches serrées et un surplis blanc aux manches larges roulées aux coudes. Ses pieds reposent sur la marche de la stalle. Le sol à demis losanges vert anglais et noir est le même pour les deux autres niches." (Jean-Pierre Le Bihan).

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Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Le Pauvre.

"Le pauvre est celui vers lequel saint Yves se tourne. Il arrive d’un pas timide, courbé, de trois quart gauche. Son chapeau ramené contre sa poitrine par la main gauche . Il a franchi le porche cintré du lieu, porche qui s’ouvre sur un fond vert anglais. Il porte des chausses et des collants bleus clairs et est habillé d’une robe de couleur ocre ou manteau, tout simple et propre. Le visage incliné porte des cheveux longs. " (Jean-Pierre Le Bihan)

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Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Le Riche.

"Tout autre est le riche, chapeauté de rouge Il est debout de profil droit, vêtu d’un lourd et long manteau bleu doublé d’hermine sur une robe elle aussi bleu aux manches rouges. Il parle. Il est entrée par une simple porte rectangulaire." (Jean-Pierre Le Bihan)

 

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Détail du dais de la niche.

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Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Vitrail de saint Yves entre le Pauvre et le Riche, chapelle saint-Yves de la chapelle Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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ENLUMINURES des Bibliothèques Municipales françaises selon le site enluminure.culture.fr

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— Bourges AD G00061 folio 002 1536-1548

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— Bourges Musée du Berry, Heures d'Anne de Mthefelon folio 098 vers 1415-1420.

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—Saint Yves plaidant. Mâcon BM 0003 folio 256 in Légende Dorée de Jacques de Voragine traduit par Jean de Vignay, vers 1470.

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SOURCES ET LIENS.

Infobretagne "Enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou" 

http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

— CHAUSSEPIED (Charles),1914, Notice sur la c hapelle de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou,  Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XLI pages 128-139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207714b/f191.image

COUFFON (René), 1953, L'église de Saint-Herbot , Bulletin Monumental Année 1953 Volume 111 Numéro 1 pp. 37-50

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_1_3732

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur les paroisses du Diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVFA.pdf

— FONDS SAINT-YVES Les représentations de saint Yves.

http://fonds-saintyves.fr/Les-representations-de-saint-Yves

— GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Michel) 2005, Les vitraux de Bretagne Corpus Vitrearum PUR, Rennes, 2005, 367 p. 

— HAMON ( Thierry), 2003, "Saint Yves et les Juristes" Revue « Armorik », Editions Anagrammes, Perros-Guirec, 2003, n° 1, pp. 120-139.

http://partages.univ-rennes1.fr/files/partages/Recherche/Recherche%20Droit/Laboratoires/CHD/Membres/Hamon/Saint%20Yves%20et%20les%20Juristes.pdf

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2008,  "SaintHerbot, Plonévez-du-Faou", blog du maître verier quimpérois  Jean-Pierre Le Bihan :

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/38

 

— LE GUILLOU (J-P.) 1989, "Saint Yves : ceux qui l'ont connu témoignent, ceux qu'il a guéris racontent (enquête de canonisation)", Henry, Pédernec, 1989

http://fonds-saintyves.fr/IMG/pdf/enquete_canonisation_avec_illust.pdf

 

— MONTAROU (Virginie), 2003, Saint Yves entre le riche et le pauvre, in Saint Yves et les Bretons, culte, images, mémoire (1303-2003), Presses Universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22412?lang=fr

—  MONTAROU (Virginie), 1998, Saint Yves entre le riche et le pauvre. L’évolution de sa représentation iconographique en Bretagne auxxvie et xviie siècles, mémoire de maîtrise, 2 vol., université Rennes 2, 1998.

PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 12:37

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Le chancel de la chapelle Saint-Herbot  est formé de panneaux décorés d'arabesques et portant une claire-voie à balustres tournés. Sur les panneaux de la frise, du côté de la nef, sont sculptés, sur dix panneaux,  les douze  Apôtres entourant saint Herbot, et, au verso des mêmes panneaux du côté du chœur, les douze Sibylles, prêtresses païennes qui passaient pour avoir annoncé la venue du Sauveur.  

Cet ensemble des douze prophétesses antiques est l'un des trois exemples de cette série complète en Finistère, avec Brennilis et la Poutre de Gloire de Lampaul-Guimiliau, précédemment étudiés sur ce blog. D'autres séries sont incomplètes, à Guimiliau, Roscoff, Pleyben, Irvillac, Le Faou, Le Faou, La Martyre, Plabennec et Plouzévédé. Je renvoie à la description princeps des soixante-dix Sibylles du Finistère par l'abbé Castel.

J'ai longuement étudié leur iconographie dans mon article sur les Sibylles de Brennilis. Je ne donne ici que ce bref rappel :

 

Les Sibylles, légendaires prêtresses d'Apollon, apparaissent dans l'art français au XIIIe siècle, mais on n'en représente encore qu'une seule, la sibylle Erythrée, la redoutable prêtresse qui a prophétisé le Jugement dernier. Dans la seconde partie du XVe siècle, les sibylles se montrent en groupe pour annoncer le Sauveur. Le dominicain Philippo Barbieri, dans un livre paru en 1481, « Discordantiae nonnulloe ... », aux fins d'harmoniser le paganisme avec la religion chrétienne, rapproche les Sibylles des prophètes, en fixant à douze le chiffre de ce1les-ci. Il assigne, de surcroît, à chaque Sibylle un âge, un aspect, un costume déterminé. Ce motif des sibylles associées aux prophètes s'impose à l'art italien et français, dès 1481. Il se rencontre en 1489 dans le livre d'heures de Louis de Laval, dont procèdent toutes les sibylles que l'on trouve en France au XVe et au XVIe siècles.

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Ce qui va s'avérer passionnant, ce sera de placer en comparaison les panneaux homologues de l'église de Brennilis, et de constater une telle proximité, non seulement des postures et de la tenue des attributs, mais aussi des vêtements, que l'hypothèse d'une création par le même atelier mérite d'être envisagée. Ce qui, à ma connaissance, n'a pas été observé.

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1°) La Sibylle Cimmérienne et son biberon.

Elle annonce l'allaitement de Jésus par la Vierge.

Elle est coiffé d'un turban enrubanné d'une étoffe qui se poursuit par une barbette nouée dont les brins passent par l'anneau fermoir de la cape. La robe est plissée à la taille par une ceinture ; les manches sont doubles, et frangées. Le biberon, tel un hanap, s'évase en pavillon et est doté d'une embouchure.

 

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La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Cimmérienne de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2°) La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection.

Elle porte un voile, un manteau à manches bouffantes, une robe serrée par une ceinture.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Je placerai en comparaison le panneau de Brennilis :

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 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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3°) La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion.

La tenue vestimentaire est proche de la précédente, hormis le décolleté carré de la robe.

La croix est écotée.

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La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La proximité avec la Sibylle de Brennilis est là encore frappante, malgré la différence concernant la croix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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4°) La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent (le démon dont triomphe le Christ).

 

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La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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5°) La Sibylle Erythrée et son rameau floral (un lys). La Sibylle Europa et son glaive.

La première annonce par ses vaticinations la virginité de la mère du Sauveur. La seconde a prédit le Massacre des saints innocents ordonné par Hérode.

 

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 La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

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 La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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6°) La Sibylle de Tibur et son gant du soufflet de la Passion. La Sibylle Libyque et son flambeau.

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Comparaison avec les Sibylles de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle de Tibur et son gant. La Sibylle Libyque et son flambeau,  chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Tibur et son gant. La Sibylle Libyque et son flambeau, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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7°) La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité.

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En comparaison : la Sibylle Samienne de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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8°) La Sibylle Delphique et la couronne d'épines.

 

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 La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 La Sibylle Delphique et la couronne d'épines,  chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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9°) La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf.

Cet attribut semblable, à Brennilis, à un pain rond, est en réalité un coquillage de type porcelaine, vulgairement appelé Vulve de Vénus, et faisant allusion à la virginité . 

 

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La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

Nous retrouvons le même drapé, le même balzo  dont les rubans retombent sur les épaules, exactement la même feuille de figuier sous la ceinture, mais la prise du coquillage se fait en pronation à Saint-Herbot, et en supination à Brennilis .

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La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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10) La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation.

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La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis : on retrouve la même coiffure et le tablier se terminant par des glands en boules.

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La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— Infobretagne "Enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou" 

http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

— COUFFON (René), 1953, L'église de Saint-Herbot , Bulletin Monumental Année 1953 Volume 111 Numéro 1 pp. 37-50

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVFA.pdf

— PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 22:06

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Le porche de l'église de Pencran est encadré par deux crossettes, un lion à gauche et un dragon à droite. La facture particulièrement remarquable par sa finesse de ces ouvrages en kersanton est due à l'atelier de Bastien Prigent et de son frère Henry, établi à Landerneau et actif de 1527 à 1577. Cet atelier  a fourni trois porches successifs, celui de Pencran en 1553, celui de Landivisiau en 1554-1565, et celui de Guipavas en 1563. Dans les trois cas, les deux crossettes d'encadrement sont comparables (à Guipavas, seul le dragon subsiste). Documenter en ligne les sculptures de cet atelier permet de livrer au jeu très instructif des comparaisons réciproques.

Datation du porche.

La datation du porche est basée sur une inscription figurant, selon Le Seac'h,  sur un phylactère tenu par un ange dans une niche du contrefort gauche (Lécureux parle d'un "cube de pierre qui remplace une statue"). Depuis, le bloc de pierre a été volé. Le texte en avait été relevé par  Lécureux et publié en 1915 et 1919 :

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Je suivrai, comme un témoignage de mon admiration, assez fidèlement la description d'Emmanuelle Le Seac'h, qui a été la première et la seule a dresser en 1997 un catalogue descriptif exhaustif de toutes les crossettes des quatre cantons de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry et Sizun.  

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1°) Le lion tenant un os. Crossette du rampant gauche de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

Le lion mâle tient dans ses pattes antérieures un os long sans réalité anatomique (deux épiphyses à deux condyles). Dans cette crossette en ronde bosse et faible relief d'excellente facture, les quatre pattes sont figurées ; l'animal s'appuie en avant sur une petite console et à l'arrière, la patte postérieure repose sur une autre petite console. Les mèches de fourrure des pattes sont sculptées avec précision tant au niveau des antérieures et des postérieures. 

Avec un sourire plus débonnaire que carnassier, le lion sort la langue qui s'enroule en cuillère à son extrémité. Il tourne sa tête vers la gauche pour faire face au visiteur ou au fidèle qui accède au porche. Les yeux ressortent avec intensité à l'intérieur d' orbites creusées et de paupières ourlées. La crinière soyeuse et abondante s'étage en mèches bouclées. La queue passe sous la patte postérieure gauche et se divise sur le dos en trois branches.

Cette description est, en fait, celle de tous les lions de crossettes du Finistère, mais ailleurs, l'érosion, les fractures, l'envahissement par les lichens (ici assez discrets) ou parfois les insuffisances du sculpteur ne nous permettent pas d'observer le modèle avec toute sa complétude. Le lion de Pencran peut servir de "type" à tous les autres, même si certains d'entre eux abandonneront l'os pour un crâne, une petite tête humaine ou un simple rouleau.

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Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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2°) Le dragon tenant sa queue. Crossette du rampant droit de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

Ce dragon a dérobé ses ailes dépliées à un oiseau, ses oreilles à une chauve-souris, ses narines dilatées à un porc qui serait resté trop longtemps le nez contre la vitre, sa queue dentelée à un lacertilien (un "lézard " si vous préférez, mais du genre iguane alors), sa dentition à une fillette perdant ses dents de lait, sa tête à un cheval, sa barbiche de sous-officier à la chèvre de Monsieur Seguin, ...    mais son air faussement féroce et terriblement benêt n'appartient qu'à lui. Il se nourrit sans doute de quelque mouche ou insecte venu se poser par mégarde sur sa langue, fort gluante et dont il étend le piège à dessein en dehors de sa gueule ; son haleine infecte fait le reste. De mœurs principalement diurne, le Dragon des murailles Drago muralis crossetis peut passer — j'en atteste — des heures entières sans bouger.

Mais son jeu préféré, auquel il se livre surtout lorsqu'il sait qu'on l'admire, est de tracer avec sa queue (elle dépasse parfois 2 mètres) une jolie boucle puis de s'en ceindre   comme d'un hula hoop, la faisant disparaître derrière son flanc avant de la faire resurgir à la hauteur de l'aile, et , hop, de l'attraper entre ses deux pattes : il reste ainsi à vous regarder en ricanant, tenant cette rambarde improvisée et s'imaginant piloter quelque soucoupe volante fendant l'air à toute allure.

S'il regarde notre monde depuis son balcon caudal, lui qui a connu le temps du roi Henri II, il eut été étonnant qu'il ne se marrât point en nous voyant passer. Et nous-mêmes, nous n'imaginions pas, avant d'arriver, que nous nous marrassions à voir un dragon se fendre la poire comme une baleine.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Comparaison de lions.

À Landivisiau :

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Comparaison de dragons.

A Landivisiau :

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À Guipavas :

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1988, - Pencran, dépliant touristique, textes avec la collaboration de Y.P. Castel et A. Le Menn.

— CASTEL (Yves-Pascal), articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

0581 L'Enclos Paroissial de Pencran et ses accès... 06.01.90.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5807abcd10b0f868094d744fc3486dbd.jpg

0449 bis Un guide nouveau pour l'enclos paroissial de Pencran... 13.08.88.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8435a91bbdc2fc95132da6c3ecbd938d.jpg

— COUFFON (René), 1988, , Répertoire des églises : paroisse de PENCRAN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/938.https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7f786fe0966306242750d6e111e8c78d.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes,  Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Description de Pencran pages 147-151.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm . (Pencran : Tome I page 53 et tome II page 122-128).

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

—PÉRENNÉS (chanoine Henri ), 1938, Notice sur Pencran, “Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1938,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/269. page 51. http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

—LÉCUREUX (Lucien.) 1919, "L'église de Pencran",  Congrés archéologique de France Paris-Caen, 1919, p. 112

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f157.image

—LÉCUREUX (Lucien) 1915,  "L'église de Pencran et ses annexes", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, t. XLII p. 139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f191.image

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Published by jean-yves cordier - dans Pencran Gargouilles et crossettes
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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 22:31

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J'ai présenté ce porche dans mon article précédent qui en présente le portail et le tympan, à l'extérieur. Je rappelle que ses sculptures sont l'œuvre de Bastien et Henry Prigent, tailleurs de pierre et  "ymagiers" de  Landerneau, entre 1563 et 1566 : cet atelier avait déjà réalisé en pierre de kersanton les porches de Pencran en 1553 et celui de Landivisiau en 1554-1565. Les Apôtres du porche de Landivisau peuvent donc être mis en parallèle avec ceux que nous allons découvrir à Guipavas.  

 

L'ordre des Apôtres a été dérangé, et ne suit plus aucune logique. On sait que la série des douze apôtres des porches bretons permet d'illustrer les douze articles du Credo, douze articles de la Foi chrétienne : à chaque apôtre s'est vu attribuer, très tôt dans les écrits des Pères de l'Église, un des articles pour former le "Credo apostolique", ce qui explique pourquoi chacun d'eux tient, dans les porches, un phylactère où il était rédigé (peint ou gravé). L'ordre dans lequel les disciples du Christ se succède a pu varier avec les siècles, mais dans tous les cas Pierre est, bien-entendu, le premier, en tant que premier évêque, et pierre de fondation de l'Église. Dans les porches, il débute la série à droite de la porte d'entrée vers l'église Puis viennent derrière lui saint André, saint Jacques, saint Jean et saint Thomas. De l'autre coté du porche (coté gauche), la série reprend depuis l'extérieur et se termine à gauche de la porte avec Matthias.

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Sur ce thème du Credo apostolique, voir :

 

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Or, à Guipavas, dans l'église Saint-Pierre-et-saint Paul, nous ne trouvons pas saint Pierre à cette première place du mur de droite, et toute la séquence apostolique est en désordre.

Les difficultés d'identification que cela génère sont accentuées par le fait que d'une part, les attributs distinctifs ont été brisés, mais aussi que  les statues des apôtres avaient été décapitées à la Révolution, comme en témoignent les photos prises en 2011 (Henri Moreau, Wikipédia). En 2015, les têtes de six statues ont été retrouvées dans un panier de l’ancien presbytère et le sculpteur Joël Kerhervé a pu les sceller sur leur corps grâce à l’Association Guipavas Identité et Patrimoine (AGIP). Le même sculpteur a recréé l'année suivante les têtes des autres apôtres, Barthelémy, Jacques le majeur, Pierre, Philippe, Simon et Thomas.

Les statues, où chaque apôtre déroule sa banderole  et dont le socle porte le nom d'un donateur,   trouvent place dans des niches en pierre de Logonna à dais gothiques de kersanton (tous identiques, à l'opposé de Landivisiau) et à consoles qui reçoivent chacune une ornementation différente. Ces consoles s'intègrent dans une frise à feuille d'acanthes, initiée à un angle par un masque.

Les apôtres ont en commun la barbe (sauf Jean bien-sûr), les  pieds nus, la banderole, parfois le livre, et toujours le manteau au drapé agencé différemment pour chacun. Ce manteau laisse apparaître tout ou partie d' une robe aux plis verticaux, fermée au cou par un seul bouton formant un motif en 8 typique des Prigent, et serrée par une ceinture.

Des traces de polychromie (ocre rouge, bleu) s'observent ici et là, témoignant du caractère jadis entièrement peint de ces sculptures. Notamment, les lettres sculptées étaient vraisemblablement peintes en rouge, et rendues beaucoup plus lisibles qu'aujourd'hui. J'ai utilisé le procédé de l'estampage humide pour améliorer leur lisibilité.

Je décrirai pour chaque statue le personnage, l'inscription du donateur sur le socle, et la console.

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I. LE COTÉ DROIT DE L'INTÉRIEUR DU PORCHE .

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Coté droit de l'intérieur du porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Coté droit de l'intérieur du porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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1. Saint ANDRÉ portant une croix en X écotée . Y. BIZIAN.

L'apôtre est facilement identifié par son attribut, la croix en X sur laquelle il fut supplicié.

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Saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

Saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

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Inscription.

Elle est gravée en lettres minuscules gothiques type textura, en utilisant le deux-points comme élément de séparation des mots. Bien que les premiers livres imprimés l'ont été avec cette écriture gothique, dès avant la fin du XVe siècle, l'écriture humanistique développée en Italie a supplanté l'écriture gothique pour l'édition des livres imprimés dans la plus grande partie de l'Europe. Dans l'histoire de l'imprimerie, les caractères romains ont été créés à Venise par Nicolas Jenson en 1470 dans son Eusèbe et dans son Epistolæ ad Brutum de Cicéron. Mais c'est en 1530 / 1540 que Claude Garamond créa les poinçons de ses caractères romains pour l'imprimeur Henri Estienne.

Pourtant, en épigraphie lapidaire, ce ne sera qu'à partir de 1562 que le gothique sera définitivement abandonné en Finistère sur les calvaires, et en 1628 dans le corpus des inscriptions lapidaire de l'enclos paroissial du Faou .

: YVES :  BIZIAN :

Le patronyme du donateur est attesté à Guipavas, sous la forme BIZIEN, par la mention d'Ollivier Bizien comme prêtre en 1702. Nous retrouverons un membre de cette famille, O. BIZIAN comme donateur de la statue de saint Jacques le Mineur.

Les généalogistes mentionnent divers Bizian à Guipavas au XVIIe siècle, comme François Bizian, né entre 1570 et 1618 et dont le fils François est né à Guipavas

://gw.geneanet.org/dagornjp?lang=fr&p=francois&n=bizian&oc=1

http://gw.geneanet.org/dagornjp?lang=fr&p=francois&n=bizian

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Inscription à la base de la statue de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription à la base de la statue de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Le choix de l'artiste s'est porté sur une composition de trois feuilles frisées et nervurées, aux tiges réunies dans le creux d'une main. A sa droite immédiate, un animal fantastique pointe ses longues oreilles.

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Culot de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Culot de saint André, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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2°) Saint JACQUES LE MAJEUR.

Tête moderne (2016) par Joël Kerhervé, avec le chapeau frappé d'une coquille. Sur la statue amputée de sa tête, le seul élément distinctif était le bourdon, bâton de marche des pèlerins de Compostelle.

Pas d'inscription.

Saint Jacques le Majeur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jacques le Majeur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Il s'agit, au sein de feuillages,  d'un masque féminin au front épilé et aux cheveux nattés réunis par un bandeau.

 

Console de la statue de l'apôtre Jacques, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de l'apôtre Jacques, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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3°) Saint MATTHIEU et son écritoire  :c LESCOP.

 

Le saint tient dans la main gauche un livre, tenu horizontalement. Ou plutôt, comme l'a bien vu E. Le Seac'h, c'est un écritoire, sur lequel l'évangéliste trace son texte avec un instrument tenu dans la main droite. C'est ce détail qui permet l'identification.

Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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L'inscription.

 

:c LESCOP

Une petite boucle en forme de c précède sans explication les lettres du patronyme du donateur,  LESCOP (du latin episcopus, "l'évêque"). On trouve aussi L'escob, Escob. Je n'ai pas trouvé de données sur la présence de ce patronyme à Guipavas au XVIe siècle. Yann Gweguen lit "AN ESKOP" et Couffon "S.A. LESCOP"

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Inscription de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Masque entre deux lions. La figure humaine, yeux exorbités et bouche entrouverte sur les rangées de dents,  semble terrorisée par les deux lions qui l'enserrent, la gueule ouverte et la langue pendante. C'est donc une reprise, sous cette forme inspirée de l'héraldique, du thème du lion de crossette emportant les vivants pour le compte de la Mort. 

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Console de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de Saint Matthieu, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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4°) Saint JUDE-THADDÉE et sa croix. F.G. ANROUS.

L'identification de ce saint est donnée par E. Le Seac'h. Elle est loin d'être évidente, puisque l'attribut habituel de cet apôtre est la massue avec laquelle il fut achevé, ou la hallebarde. Certes, Émile Mâle signale (Les Compagnons du Christ) que "la plupart des écrivains ecclésiastiques admettaient que saint Jude avait été crucifié et saint Simon coupé en deux par une scie." mais il suffit de poursuivre la lecture de son texte, de poursuivre les recherches ou de consulter l'iconographie pour y perdre vite toute certitude.

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Saint Jude-Thaddée,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jude-Thaddée, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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L'inscription.

F.G : ANROUS

L'apôtre était difficile à identifier ? Le nom du donateur n'est pas plus facile à déchiffrer. Le -F- initial indique sans-doute un fabricien de la paroisse, le G l'initiale du prénom (Guillaume ?), le A est certain, le N est probable, mais la lettre suivante peut être un R ou un X (cf. Kerouanton infra). La dernière lettre en forme de 8 est bien un S, et se retrouve sur le nom THOMAS (statue de Jacques le Mineur). Couffon, recopié par E. Le Seac'h, oublie une lettre en lisant ici J.G. ANOUS . Yann Gweguen propose F.G. AN ROUS. Un  LE ROUX figure parmi les nobles de Guipavas, et AN ROUX pourrait être sa forme agrémentée à la sauce bretonne (manoir de Pratanroux à Penhars). 

C'est ce que confirment les documents collectés par Abgrall 1912 , sur Infobretagne ou sur Kergilles :  

— Hervé le Roux et Yvon Le Roux sont présents à la montre de 1448.

— Dans la montre de 1488, nous retrouvons Yvon le Roux, infirme, pour luy Prigent son fils, voulgier en brigandine ; et Hervé le Roux, voulgier en brigandine. ("vougier" :armé d’une vouge, arme d’hast médiévale utilisée pour atteindre les cavaliers ou pour couper les jarrets des chevaux).

— Dans la montre de l'évêché de Léon reçue à Lesneven le 25 septembre 1503 paraît "Louys AN ROUX en vougier" . Alors que dans une montre de 1534, est mentionné "Louis Le ROUX, par maistre Pierre LE ROUX".

D'après le Nobiliaire et Armorial de Bretagne de Pol de Courcy, LE ROUX, de Kerbernard, sieur de Kerasbihan, paroisse de Guipavas,  figure parmi les familles nobles :

Roux (LE), sr de Kerbernard, —de Kerasbihan, par. de Guipavas, — de Kermadec , — deMézoumeur, - de l'Isle, par. de Tréouergat, — de Kerguiomarc'h, par. de Querrien.

Ane. ext., réf. 1669, dix gén. ; réf. et montres de 1446 à 1534, par. de Guipavas, Plouzané et Plouarzel, év. de Léon.

D'azur fretté d'argent ; aliàs : au chef d'or chargé d'une quintefeuille d'azur.

Hervé, vivant en 1375, père de Jean, vivant en 1400, marié à Sibille de Quilbignon.

— En 1631, François Le Roux est prêtre de la paroisse ; en 1696 Le Roux, prêtre, est mentionné également.

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Inscriptions sur le socle de la statue de saint Jude-Thaddée,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscriptions sur le socle de la statue de saint Jude-Thaddée, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Voici le motif, observé couramment sur les sablières et ornementations des églises bretonnes, du masque dont la bouche donne naissance à deux tiges florales. Ici, la figure est barbue, aux cheveux courts recouverts par un capuchon, et les feuilles déploient un très bel éventail de nervures et de digitations.

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Console de la statue de saint Jude-Thaddée,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Jude-Thaddée, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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5°) Saint BARTHÉLÉMY et son coutelas. G. KIANN.

Tête moderne (2016) par Joël Kerhervé.

Le saint tient le grand coutelas de dépeçage par lequel il fut martyrisé.

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Saint Barthélémy,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Barthélémy, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

: G : KIANN :

L'inscription G. KIANN doit être lue comme G. Keriann. Elle doit être mis en relation avec l'inscription relevée par Abgrall sur le bénitier : "en l'an 1565 Me Kian"  afin de postuler que le donateur portait le nom de Kerian, graphie pour Kerjean (on trouve aussi Kerjehan) . Cette famille est attestée à Guipavas par les généalogistes,  au XVIIe siècle : http://gilles.berthou.pagesperso-orange.fr/Gaby/Fiches/D42/P4.htm

Paul Kerjean, docteur en théologie, fut recteur de Guipavas de  1618 (?) jusqu'à son décès en  1627. René Kerjean fut vicaire en 1661, et Yves Kerjean, prêtre en 1701. Le 15 avril 1684 eut lieu la fondation par "Missire Michel Kerjean, prestre, d'une messe de "requiem" à notte, tous les jours de lundy de l'année, à l'issue procession au tout de l'église".

Elle était particulièrement honorée dans l'église de Guipavas comme l'indiquent les documents rapportés par Abgrall : leurs armoiries fascé d'or et d'azur, figuraient sur le soufflet du vitrail à gauche  du chœur, à coté de celles des Guengat, Cornouaille, Coataudon, Kergolay, Kermorvan, Penfentenyo, et Kerouale.

Le nom de Tanguy Jehan apparait, avec celui de 9 autres paroissiens de Guipavas, dans une pièce concernant une aliénation d'héritage préjudiciable à la fabrique de Guipavas, et faite par les paroissiens et leur défunt recteur, Olivier Richard, en 1538. 

Dans un document de 1487, Yvon Jehan est cité comme procureur de la fabrique.

En 1648, Vincent de Kerjehan était "Sr du dit-lieu et de Kerhuon", et en 1675, Ronan Mol était seigneur de Kerjean.

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Inscription de la base de la statue de saint Barthélémy,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription de la base de la statue de saint Barthélémy, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Elle associe des godrons en spirale et un rinceau de pampres.

 

Console de la statue de saint Barthélémy,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Barthélémy, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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6°) Saint SIMON et sa scie. F.G. K[e]ROUANTON.

L'identification de l'apôtres se fonde sur son attribut, la scie de son supplice.

 

Saint Simon,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Simon, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

F : G : KROUANTON

Note : le R, certifié par le reste du nom, est le même que celui de l'inscription ANROUS sous saint Jude.

Il faut tenir compte de l'abréviation très courante du suffixe Ker- et lire ici : KEROUANTON. Le F initial, déjà présent pour F : G : ANROUS, correspond plus volontiers à "Fabrique" qu'à un prénom composé du type "François-Guillaume". 

En 1674, une déclaration devant notaire citée par le chanoine Abgrall cite les noms des métayers Olivier  Bastien et Goulven Kerouanton. Abgrall indique aussi "la fondation, le 17 avril 1667, à la fabrice de St Pierre de Guipavas, par Marye Bernicot, 0llivier Kerouanton, de 6 livres tournois de rente annuelle pour célébrer tous les ans à perpétuité un office et service solennel avecque les prières et recommandations ordinaires, alumage de cierges et sonnerye de glas, etc. ". 

En 1642 Jean Kerouanton (fabrique) donna 33 livres à Guillaume Guéguen par commandement du Sieur de Guengat, pour peindre les images de la chapelle de Sainte Barbe et pour sculpter sur les bancs les armes des seigneurs de Lossulien et du Cludou. (H. 187). (Gilles Berthou)

La lettre initiale G peut correspondre au prénom Guillaume, mais aussi Goulven. Le 3 juillet 1651, Goulven Kerouanton épousa à Bourg-Blanc Marie Salaun, et leur fis Jean naquit le 27 mars 1659 à Guipavas.

Bien-sûr, aucune de ces données ne concernent le XVIe siècle.

Voir :

http://geneatique.net/genealogie/gisele-denis/denisarzel-74ae6d/KEROUANTON_Gabriel_95058619

ou http://www.breneol.net/Gedi/fr/Gedinfr3.html

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Inscription sur le socle de la statue de l'apôtre Simon,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sur le socle de la statue de l'apôtre Simon, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Elle associe trois rangs de rinceaux et une couronne tressée.

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Console de la statue de l'apôtre Simon,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de l'apôtre Simon, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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II. LES SIX APÔTRES DU COTÉ GAUCHE DU PORCHE. 

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Les six apôtres du coté est,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Les six apôtres du coté est, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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7°) Saint JEAN tenant la coupe de poison. Initiales J.K et calice.

Jean est identifié facilement par son visage juvénile et imberbe, et par le "calice" ou plutôt la coupe de poison sur laquelle il s'apprête à tracer une bénédiction. C'est le rappel de la Légende Dorée et de la tradition selon laquelle, mis à l'épreuve sur la validité de sa Foi par le grand-prêtre d'Éphèse Aristodème, il but sans encombre le poison de reptiles venimeux pilés dans un mortier.

 

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Saint Jean,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jean, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Écu ecclésiastique J/K.

L'inscription est remplacé par un écu ecclésiastique, caractérisé par la présence d'un calice surmonté d'une hostie. Les initiales J.K sont celles du prêtre en question, mais l'indétermination ne peut être levée. On peut bien-sûr supposer que le J correspond au prénom Jean.

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Écu ecclésiastique, statue de saint Jean,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Écu ecclésiastique, statue de saint Jean, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Motif de feuillages intégrant à la frise de rinceaux cinq feuilles en dents de lions".

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Console de la statue de saint Jean,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Jean, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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8°) saint THOMAS et son équerre. J.B. ISAC : F :SEGALENN.

L'apôtre se reconnaît par son équerre.

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Saint Thomas,  porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

J . B . ISAC : F : SEGALENN

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Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Il ne reste que les fragments d'un groupe de feuilles d'acanthes.

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Console de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de l'apôtre Thomas, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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9°) Saint PIERRE et sa clef. H : TOULLEC

Tête moderne (Joël Kerhervé 2016) mais n'oubliant pas la calvitie et le toupet caractéristique de saint Pierre. Clef et main gauche (qui devait tenir un livre) brisées.

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Saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

H:TOULLEC.

 

Les registres mentionnent le décès en 1616 d'Henry Toullec, prêtre, inhumé en l'église Saint-Pierre. Il est possible qu'il s'agisse du donateur de cette statue de saint Pierre, patron de son église. 

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Inscription du socle de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription du socle de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

.Elle associe une frise en spirale, une frise de pétales recourbés, et des godrons.

 

Console de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Pierre, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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10°) Saint JACQUES LE MINEUR avec son bâton de foulon. R. THOMAS : O : BIZIAN.

Bien que brisé, le bâton de foulon est particulièrement bien représenté, avec une hampe cannelée en partie médiane et une extrémité en fuseau. On sait que ce bâton, accessoire du foulonnier dans le traitement des draps, est l'attribut de Jacques fils d'Alphée en fonction de la Légende Dorée de Jacques de Voragine :

 

"Ils montèrent et le jetèrent en bas, après quoi, ils l’accablèrent sous une grêle de pierres en disant : « Lapidons Jacques le Juste. » Il ne fut cependant pas tué de sa chute, mais il se releva et se mettant sur ses genoux, il dit : « Je vous en prie, Seigneur, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Alors un des prêtres, qui était des enfants de Rahab, s'écria : « Arrêtez, je vous prie, que faites-vous ? C'est pour vous que prie ce juste, et vous le lapidez ! » Or, l’un d'entre eux prit une perche. de foulon, lui en asséna un violent coup sur la tête et lui fit sauter la cervelle. C'est ce que raconte Hégésippe. Et saint Jacques trépassa au Seigneur par ce martyre sous Néron qui régna l’an 57 : il fut enseveli au même lieu auprès du temple. Or, comme le peuple voulait venger sa mort, prendre et punir ses meurtriers, ceux-ci s'enfuirent aussitôt. "

La tradition iconographique, notamment bretonne, représente cette perche comme un bâton terminé en crosse de  soule par une boule ovale recourbée. Le foulon de Guipavas est ici très différent, et semble inspiré, comme dans une Encyclopédie des Sciences Techniques, par un marteau-pilon contemporain des Prigent. Il ne correspond pourtant pas aux maillets des moulins folerets, dont le bruit causa une si grande frayeur à Don Quichotte et Sancho Panza avant qu'ils n'en identifient l'origine.  

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Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

F:THOMAS : O : BIZIAN.

Dans les documents publiés par Abgrall, le patronyme THOMAS est attesté en 1631 (François THOMAS, prêtre), en  1674 (Goulven THOMAS, métayer de la cordelée de Lanaérec). La famille BIZIAN, à laquelle nous avons déjà été présenté par saint André, revient sous la forme d'un probable Olivier BIZIAN.

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Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sur le socle de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

On y trouve une première frise de feuilles de chêne, très décorative, puis une couronne tressée, puis des feuilles à l'extrémité enroulée sur elle-même.

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Console de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de la statue de saint Jacques le Mineur, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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11°) Saint PHILIPPE avec sa croix. H : DIVERRES.

Tête moderne par Joël Kerhervé (2016). Philippe tient, dans une curieuse prise en pronation et flexion du poignet, ce qui lui reste de son attribut, une croix à longue hampe.

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Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

H : DIVERRES. 

La sixième lettre du patronyme peut être lue (et a été lue) comme un S (la leçon de René Couffon est "DINERSES"), mais il faut bien entendu reconnaître ici le patronyme breton  Diverres.

Inscription du socle de la statue de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription du socle de la statue de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Un magnifique chou frisé !

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Console de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console de saint Philippe, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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12°) Saint MATTHIAS et le manche de sa hache.  :LANGAALB

C'est à sa place de bon dernier de la série, de treizième apôtre tiré ausort pour remplacer Judas que nous trouvons l'apôtre Matthias, qui tient le manche de sa hache.

 

Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Inscription.

:LANGAALB

René Couffon a lu : "LANGAALH". Ces noms n'ont guère de sens, mais j'ai cherché en vain  une autre lecture. 

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Inscription sous saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Inscription sous saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Console sculptée.

Un bouquet de cinq feuilles.

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Console supportant saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Console supportant saint Matthias, porche ( Bastien et Henry Prigent, 1563) de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Marginalia.

La frise du porche de Landivisiau débute et s'achève, des deux cotés, par des masques, animaux et personnages amusants. Ici, seul une extrémité comporte un masque.

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L'église de Guipavas III : les Apôtres du porche nord (1563).

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L'église de Guipavas III : les Apôtres du porche nord (1563).

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notices sur les paroisses : Guipavas Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Guipavas", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 114-124, 148-158, 183-192, 205-218, 237-248.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

 

— BERTHOU (Gilles), Monuments et vieilles pierres de Guipavas.

http://gilles.berthou.pagesperso-orange.fr/Guipavas_monuments.htm

— BOUCHER (Michel), 2015, association Guipavas identité et patrimoine , Le porche de la Nativité. Guipavas le mensuel n°5 - janvier 2016

http://www.mairie-guipavas.fr/IMG/GLM/N005/GLM_web-005-p09.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, “ Le porche de Guipavas...,” Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 1er septembre 1979 Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1935.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Le patrimoine architectural et les sites de la commune de Guipavas, “0016 patrimoine commune de Guipavas 1.09.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1476.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988 Répertoire des églises : paroisse de GUIPAVAS Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d7fa2365a76658fe5c12b1ddf3e34546.pdf

— INFOBRETAGNE, "Guipavas"

http://www.infobretagne.com/guipavas.htm

— GWEGEN (Yann), 1988, , Guipavas gwechall goz: son histoire, ses familles, ses villages - 279 pages page 8 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n., 2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

 — TOSCER (Guillaume) 1907, Le Finistère pittoresque, (Sites et monuments) Pays de Léon et Tréguier, Imp. A. Kaigre.

— WIKIPEDIA avant restauration

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:010_Guipavas_Porche_Six_autres_apotres.jpg

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Published by jean-yves cordier - dans Guipavas
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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 11:22

L'église de Guipavas II. Le porche de 1563 par l'atelier des Prigent. L'extérieur.

 

 

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— Sur Guipavas, voir :

 

Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

 

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"Laissez toute hâte, vous qui entrez". Ce lieu de passage était jadis là en transition pour préparer à l'accès dans l'espace sacré, et, comme tout seuil, il procédait d'un rituel et d'une symbolique propre à en déjouer les dangers . Il mérite donc qu'on s'y arrête.  

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L'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Guipavas a été presque totalement détruite par les bombardements liés aux combats de la libération de Brest dans la nuit du 12 au 13 août 1944. Elle a été rebâtie en 1952-1955 avec des matériaux locaux comme la pierre jaune de Logonna ou encore de l'ardoise des monts d'Arrée, sur les plans de l'architecte d'art sacré, Yves Michel à qui l'on doit également la nouvelle abbaye de Landévennec ou l'église Saint-Louis à Brest.

Le porche Nord, qui daterait d'après G.Toscer de 1563 , et qui a été classé en 1926, est, avec les pignons des bras du transept, le seul élément à avoir résisté à l'incendie. Il a été réintégré à la nouvelle église.

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L'atelier des Prigent

Ce n'est pas un hasard si ce porche rappelle au visiteur, avec son arc déprimé sculpté d'une lierne de feuillage et de grappes de raisins qui sortent de la gueule d'animaux, ceux de Pencran (1553) et de Landivisiau (1554-1565) : car ils sont sortis du même atelier de tailleurs de pierre, celui des frères Bastien et Henry Prigent, établi à Landerneau, et actif entre 1527 et 1577. Les vestiges de la Nativité de son tympan avec la tête de l'âne et du bœuf dépassant de leur stalle évoquent la Nativité du porche de Pencran, et c'est bien cette démarche de comparaison stylistique qui va rendre sa visite passionnante,  riche de ces mille sensations émouvantes de "déjà vu quelque part".

D'autant que les Prigent ont aussi sculpté le haut du porche de Lampaul-Guimiliau, les calvaires monumentaux de Pleyben et de Plougonven, des statues isolées pour les porches de la vallée de l'Elorn (Le Tréhou, Trémaouézan, Commana et Ploudiry), trois Pietà (voir ici celle de Saint-Nic), et enfin six croix et vingt-trois calvaires ! Autant dire que le coup d'œil de reconnaissance du style et du vocabulaire Prigent trouve, en Basse-Bretagne, de quoi  s'exercer dans d'excitantes promenades.

En bon sculpteurs landernéens s'approvisionnant en matériau dans la Rade de Brest via l'Elorn, les Prigent sont des virtuoses de la kersantite ("kersanton", du nom du lieu-dit de la commune de Loperhet), et c'est bien cette pierre qui donne au porche de Guipavas sa résistance à l'érosion et la finesse onctueuse de son grain gris sombre.

La date de 1563, avancée par Guillaume Toscer en 1907 (et peut-être lue sur le phylactère aujourd'hui effacé d'un ange?), semble plausible si on réalise que les trois chantiers se seraient ainsi succédés, avant le déclenchement des Guerres de la Ligue en 1588. D'autre part, le trumeau de Landivisiau supporte un magnifique bénitier due au ciseau de Bastien Prigent Or, les chanoines  Abgrall et Peyron mentionnent dans leur description du porche de Guipavas un bénitier daté de 1565  (inscription "En l'an 1565 Me K/ian" soit Kérian, ou Kerjean), qui renforce le crédit apporté à la datation de Toscer, et qui aurait pu, s'il n'avait pas disparu depuis, enrichir la démarche d'étude stylistique et les relations entre Landivisiau et Guipavas.

 

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Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Je ferais de larges emprunts (placés en retrait) à la description d'Emmanuelle Le Seac'h, qui a établi le catalogue raisonné des Prigent dans sa thèse, repris dans un ouvrage de 2014. Je tente de payer la dette de ces emprunts en saluant l'exceptionnel intérêt de ce travail, et en contribuant à ses inventaires iconographiques.

 

"L'archivolte repose sur des colonnettes prismatiques. L'accolade décorée de crochets en feuilles de choux et sommés d'un fleuron gothique s'appuie sur des colonnes torsadées comme à Pencran ou à Landivisiau, terminés par des pinacles. 

Les contreforts de biais sont décorés d'une niche à console et à dais gothiques avec les statues modernes de Joseph et de la Vierge. Les rampants du pignon sont décorés des mêmes crochets, avec des pinacles mutilés autour du corps. A gauche, une crossette représente un dragon, la queue enroulée autour du corps." 

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Puisque le premier article de cette série concernait les crossettes, je peux aussi remarquer la ressemblance entre le dragon ailé de Guipavas, et celui de Pencran, chacun placé à l'angle du porche.

Il me reste à décrire la statue moderne de saint Pierre sous l'accolade, mais surtout les deux anges des consoles des statues. Leur tête, leurs bras et leur phylactères sont brisés, mais une ou deux lettres sont encore visibles sur la banderole de gauche.

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Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le tympan.

Les traces de polychromie attestent qu'ici comme ailleurs le porche et ses statues étaient peints, en faisant notamment appel à l'ocre rouge et au bleu. Il faut imaginer ce lieu comme ceux que ressuscitent les illuminations lasers des grands calvaires bretons, ou des porches des cathédrales.

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Tympan et voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Tympan et voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Les voussures du tympan.

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"Dans les voussures de l'archivolte, il ne reste que sept anges. Ils sont thuriféraires, orants, porteurs de phylactères, ou musiciens — cornemuse et trompette — ou font le geste de bénédiction. Leurs visages, similaires à ceux de Pencran et de Landivisiau, sont de la main d'Henry Prigent. Le sculpteur leur a donné  deux plis verticaux au niveau du front, ce qui leur donne un air songeur. Les paupières sont doubles. Les cheveux forment des crochets bouclés  sur le front. Les plissés des tuniques resserrées à la taille par une ceinture sont habilement rendus. Le vêtement est plaqué  sur les cuisses. Les ailes sont déployées en V ou seulement ouvertes dans le dos et leurs plumes sculptées de manière variée : en écaille, ovales ou striées ou tout simplement lisses. Tous ces détails rappellent le soin et la minutie de l'atelier des Prigent"

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Voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Trois anges de la voussure droite.

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Bien entendu, l'ange joueur de cornemuse n'a, une fois de plus, pas échappé à la vigilance d'Argus de Jean-Luc Matte, qui le décrit ainsi :

"Sc/pierre : anges musiciens : hautbois et cornemuse. L'ange cornemuseux a la tête brisée ainsi que les mains. Apparemment seule la gauche était posée sur le hautbois. 1563. 1 bourdon d'épaule à raccord médian et pavillon, orné d'un ruban tressé. Hautbois brisé, poche cousue à décor géométrique. Il est dommage que la statue soit brisée car la représentation est bien détaillée."

 

Je remarque aussi le costume exceptionnellement luxueux de ce cornemuseux, puisqu'il est le seul à bénéficier de manches à quatre rangs de crevés et à dentelles aux poignets. Sa posture échappe à tout hiératisme, puisqu'il ploie le genou droit.

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Trois anges des voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.
Trois anges des voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Trois anges des voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Ange joueur de trompette droite. Voussure de gauche.

 Je ne vois aucune anche à l'embouchure, qui est légèrement évasée et cannelée. Je ne vois pas non plus de trous pour les doigts. C'est donc bien, comme l'indique E. Le Seac'h, une trompette.  Le pavillon s'orne de trois lignes sinueuses.

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Deux  anges des voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Deux anges des voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Un nouveau-né nouveau venu.

Depuis 2015, le tympan, jadis  particulièrement vide hormis l'âne et le bœuf (tête ou museau brisés) dans leur stalle d'osier tressé, s'est enrichi d'une crèche. 

"Ayant disparu depuis plus de 100 ans, le hasard a voulu que l'élément essentiel de la Nativité représentée sur ce porche ait pu être retrouvé. La pierre ouvragée de l'enfant Jésus a ainsi repris sa place d'origine sur la corniche. Désormais tous les personnages sont à nouveau réunis sur la façade de notre vieux porche sous le regard amusé des anges musiciens sculptés dans la voussure. La pierre ouvragée a été rescellée sur la corniche début novembre 2015" (Michel Boucher 2015)

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Je suis néanmoins frappé par le manque de rapports de proportion entre ce nouvel élément, et l'espace disponible. Il comporte sur fond de paille un corps nu étendu au centre, entre deux anges orants. Je n'ai pu déchiffrer, de l'inscription de la bande inférieure, que le mot -dieu- central. 

Comparer avec la Nativité du porche de Pencran.

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Tympan (détail)  du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Tympan (détail) du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La corniche à rinceaux autour d'un soleil ailé. La frise de pampres.

Yann Gwegen décrivait en 1988 " de riches pampres entrelacés, dans lesquels des insectes, des reptiles, des oiseaux voire même des amours qui mangent avec avidité d'abondantes grappes de raisin." .

Effectivement, on remarquera un dragon à l'extrémité droite de la corniche, et un oiseau picorant à gauche du portail.

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Tympan et voussures du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Tympan et voussures du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Entrée du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Entrée du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Comme à Pencran, comme à Landivisiau, mais aussi comme à Landerneau et à Daoulas, la tige du rinceau qui monte le long des piédroits trouve son origine dans la gueule d'un animal, plus ou moins monstrueux. Et ce détail est si émouvant à retrouver  qu'il se charge par réminiscence de "la mélancolie d'un souvenir" dont parle Proust à propos de la Vierge Dorée. Ou de la simple excitation qu'accompagne, lors d'un dîner familial, l'attente de savoir sur quelle assiette à soupe on va tomber parmi les trente-six qui composent le service des Fables de la Fontaine. Ou  quelle image du chocolat Poulain va receler la tablette que maman va ouvrir.

Ici, j'ai eu  : un chien de chasse ; un deuxième (mais j'échangerai mes doubles) ; un dragon à queue de serpent ; et un lion.

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Ma récolte à Landivisiau : un autre dragon, mais à la queue en tire-bouchon :

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Base des piédroits du  porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Base des piédroits du porche de 1563 par l'atelier Prigent de Landerneau, église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notices sur les paroisses : Guipavas Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Guipavas", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 114-124, 148-158, 183-192, 205-218, 237-248.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

— BOUCHER (Michel), 2015, association Guipavas identité et patrimoine , Le porche de la Nativité. Guipavas le mensuel n°5 - janvier 2016

http://www.mairie-guipavas.fr/IMG/GLM/N005/GLM_web-005-p09.pdf

— BERTHOU (Gilles), Monuments et vieilles pierres de Guipavas.

http://gilles.berthou.pagesperso-orange.fr/Guipavas_monuments.htm

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, “ Le porche de Guipavas...,” Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 1er septembre 1979 Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1935.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Le patrimoine architectural et les sites de la commune de Guipavas, “0016 patrimoine commune de Guipavas 1.09.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1476.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988 Répertoire des églises : paroisse de GUIPAVAS Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d7fa2365a76658fe5c12b1ddf3e34546.pdf

— INFOBRETAGNE, "Guipavas"

http://www.infobretagne.com/guipavas.htm

— GWEGEN (Yann), 1988, , Guipavas gwechall goz: son histoire, ses familles, ses villages - 279 pages page 8 :

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n., 2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

 

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

 

— TOSCER (Guillaume) 1907, Le Finistère pittoresque, (Sites et monuments) Pays de Léon et Tréguier, Imp. A. Kaigre.

 

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 09:29

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De l'ancienne église Saint-Pierre-et-saint-Paul de Guipavas, restaurée au XVIe siècle, mais reconstruite en 1848, il ne restait plus, lors de la visite du chanoine Abgrall en 1912, que le porche nord et un bénitier de 1565, ainsi que les pignons des bras du transept. L'incendie consécutif aux bombardements d'août 1944 entraîne la reconstruction de l'église en 1952-1955 dans un style contemporain, mais intégrant ces éléments anciens. C'est précisément eux qui vont nous permettre d'observer de belles crossettes.

1°) Je poursuis ici ma petite enquête photographique sur les crossettes, enquête qui s'enrichit à chaque étape des comparaisons avec les visites précédentes.

J'utiliserai le terme de "crossette" tel que je le trouve défini dans Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014) d'Emmanuelle Le Seac'h page 40 :

"Les pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon, sont généralement prolongées par des acrotères, des crossettes ou des pots-à-feu. Les crossettes, situées à la terminaison des rampants d'un pignon ou d'un fronton, sont extrêmement nombreuses. Les plus belles sont sculptées dans la pierre de kersanton sur les porches de la vallée de l'Élorn, comme à Landivisiau où un lion et un dragon se font pendant. "

Régulièrement photographiées pour leur beauté et leur thème pittoresque, les crossettes zoomorphes et anthropomorphes de Bretagne ont fait l'objet d'une seule étude réglée, celle d'Emmanuelle Le Seac'h, mais elle s'est « limitée » aux quatre cantons du Finistère de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, et Sizun. Néanmoins, le bestiaire, la thématique et la stylistique sont suffisamment homogènes pour en étendre les conclusions à l'ensemble de la Basse-Bretagne.

2°) Cette axe d'investigation iconographique en croise un autre, puisque je tente aussi de documenter en ligne les ouvrages d'un atelier de sculpture sur pierre (et surtout sur kersanton) établi à Landerneau entre 1527 et 1577, celui de Bastien et d'Henry Prigent. Or, ce sont eux qui sont les auteurs du porche de Guipavas, daté de 1563, mais aussi auparavant  des porches de Pencran (1553) et de Landivisiau (1555-1565). Existe-t-il des points communs entre les crossettes qui encadrent ces trois porches ?

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Précisément, la crossette la plus visible et la plus spectaculaire de Guipavas, car elle termine le rampant gauche du porche nord par lequel le visiteur pénètre dans l'église, est un dragon qui est le frère jumeau de celui de Landivisiau. Parlons plutôt ici de triplets, car l'air de famille avec celui de Pencran est aussi évident.

C'est un ouvrage de kersanton, tout en finesse, non sans préciosité, audacieusement ancré à la pierre d'amortissement par une attache très réduite correspondant à l'arrière-train de l'animal. Le dragon à l'échine épineuse dresse vers le ciel des yeux exorbités et une gueule fort pourvue de crocs ; puis vient une forte paire d'oreilles de chauve-souris et une courte crinière méchée. Le thorax  annelé et l'abdomen long et mince forment une courbe en S, précédant une queue aux anneaux dentelés, si longue et si contournée qu'on en perd l'itinéraire. C'est qu'elle passe d'abord sous les pattes postérieures, entoure le col comme une écharpe, et achève sa prestation par une boucle fermée sur elle-même. Les pattes antérieures se saisissent de ce lasso, comme pour en modérer les spasmes rageurs.

Tout laisse à penser que ce dragon est contemporain du porche, dont il est solidaire, et qu'il date de 1563.

 

Dragon, kersanton (1563), B. et H. Prigent, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Dragon, kersanton (1563), B. et H. Prigent, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Comparons-le maintenant à celui du rampant gauche du porche de Landivisiau :

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Retour à Guipavas : 

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Dragon, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Dragon, crossette du rampant gauche du porche nord de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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2. Crossette du rampant gauche du bras sud du transept : dragon ailé.

Cette crossette n'est pas en kersanton, mais en pierre de Logonna. Le dragon aux dents menaçantes a le corps couvert de pustules verruqueuses et la queue formant une boucle. Le corps est dirigé vers l'ouest mais la tête se tourne vers le sud, vers le spectateur auquel il adresse sa mise en garde. 

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Dragon ailé, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Dragon ailé, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Dragon ailé, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

Dragon ailé, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017

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3. Crossette du rampant droit du bras sud du transept : lion.

Le lion est l'animal le plus représenté avec le dragon. Je ne suis donc pas surpris de le trouver ici, avec sa tête frisée comme un mouton, sa gueule débonnaire à la langue bien pendue, la crinière fournie, sa queue passant entre les pattes avant de se diviser sur la croupe en trois digitations, et la patte postérieure velue. Se tient-il posé sur un os à moelle ou sur un rouleau de papier ? Les branchages d l'arbre voisin ne me permettent pas de le dire.

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Lion, crossette  au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

Lion, crossette au sud de l'église de Guipavas. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1912, Notices sur les paroisses : Guipavas  Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Guipavas", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 114-124, 148-158, 183-192, 205-218, 237-248.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, “ Le porche de Guipavas...,” Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 1er septembre 1979 Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1935.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1979, Le patrimoine architectural et les sites de la commune de Guipavas, “0016 patrimoine commune de Guipavas 1.09.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 14 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1476.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0264d74a8e17fd1da31a25ef0df9b90d.jpg

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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988 Répertoire des églises : paroisse de GUIPAVAS Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d7fa2365a76658fe5c12b1ddf3e34546.pdf

— INFOBRETAGNE, "Guipavas"

http://www.infobretagne.com/guipavas.htm

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm .

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

 

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle,  1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395.  Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

 

 

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 19:33

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Il s'agit d'une Pietà à cinq personnages dans laquelle la Vierge, drapée dans son grand voile-manteau bleu, retient le corps de son Fils en l'entourant de ses bras. Elle n'est pas assise, mais  a posé un genou à terre, et sa cuisse droite et ce genou gauche supporte le corps sans vie du Christ. Saint Jean a adopté aussi cette posture un genou posé à terre, tandis qu'à droite, une Sainte Femme et Marie-Madeleine sont agenouillées. Ces quatre personnages sont en larmes, et, selon le procédé caractéristique de l'atelier landernéen des Prigent, ces larmes sont sculptées en trois virgules effilées. Chacun diffère par sa posture : Jean a les mains jointes, la sainte Femme les mains croisées, et Marie-Madeleine tient le pot à onguent. 

Les vêtements se ressemblent ; un manteau à galon d'or sur une robe serrée par une ceinture. Mais on reconnaît, par exemple, sur saint Jean la tunique à col ras-du-cou fermée par quelques boutons dont les Prigent habillent leurs apôtres (Porche de Landivisiau, saint Pierre du calvaire de Dinéault,...). Ou bien, tout aussi habituel , le bandeau dont ils coiffent les cheveux de Marie-Madeleine (calvaire de Dinéault, calvaire et statue de Pencran, ...). 

Un style reconnaissable.

Les caractéristiques de l'atelier des deux frères (Bastien, le plus habile, et Henry) sont, outre les trois larmes emblématiques, le style réaliste, la forme pointue ou rectangulaire des visages (pour Bastien), le voile "coqué" des femmes, les arcades sourcilières nette ou aiguë voire cassées, les petits yeux étrécis et le nez droit aux narines légèrement dilaté, le Christ aux cotes saillantes et le pagne dont le tissu forme un motif à entrelacs.  Mais selon Emmanuelle Le Seac'h, qui a décrit ces données stylistiques et a dressé le catalogue raisonné des œuvres des Prigent, cette pietà, comparée à celle de l'église Saint-Budoc à Plourin-Ploudalmézeau, est plus petite, d'un style moins abouti, les personnages sont plus raides et leur éloignement par rapport aux autres empêche de les englober totalement du regard comme à Plourin-Ploudalmézeau. (E. Le Seac'h 2014 page 161).

Trois pietà venant de l'atelier Prigent.

Au sein de la statuaire décorative, trois Pietà sont sorties de cet atelier : celles de Saint-Nic et de Plourin-Ploudalmézeau, mais aussi une troisième, à deux personnages, offerte par Athelstan Riley dans les années 1930 à la cathédrale de Truro, en Cornouailles, où elle est nommée "The Breton Pietà". Voir photo sur Flickr ici. (avec une datation erronée "du XIVe siècle"). On y retrouve les trois larmes, le voile coqué, l'arcade sourcilière aiguë, etc... La position de la main gauche diffère, car elle soutient le bras gauche du Christ.

D'autres pietà des Prigent sur les calvaires.

— À Plougonven (1554) : la pietà est un peu dispersée au pied de la croix derrière d'autres personnages ; et seul saint Jean porte les trois larmes Prigent. Par contre, la Mise au Tombeau réunit les 4 saints personnages avec leurs larmes. (photo lavieb-aile).

 

 

 

 

 

 

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— À Pleyben (1555) où il s'agit en fait, là aussi, d'une Mise au Tombeau

– À Dinéault (photo lavieb-aile)

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  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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 Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jean, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Vierge, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Vierge, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Une sainte Femme,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Une sainte Femme, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Sainte Marie-Madeleine.

Avec son bandeau "chouchou". Deux exemples pris du calvaire de Dinéault :

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Dans les trois cas, le décolleté de la robe est rectangulaire.

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Sainte Marie-Madeleine,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Sainte Marie-Madeleine, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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