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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 14:28

L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault VII. La crossette.

— Sur Dinéault, voir :

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— Sur les crossettes, voir :

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Je n'ai observé qu'une seule crossette sous les toits de l'église de Dinéault, à l'angle sud-est, sur le rampant du pignon ouest. Elle représente :

Le lion dévorant une âme.

Or, depuis que je me suis lancé dans la chasse aux crossettes, j'ai pu observer combien ce thème du lion était, sinon constant, du moins extrêmement fréquent en Finistère. Soit le lion est isolé, soit il tient un rouleau, soit, très souvent, un ossement (un fémur, parfois un crâne), et soit encore un petit être, ou seulement sa tête. J'en suis venu à conclure que ce lion stéréotypé (la crinière méchée de la moitié antérieure, le pelage lisse de la moitié postérieure, la queue qui passe entre les pattes et fait retour sur le dos, la tête frisée et le sourire bêta, etc.) avait pour nos ancêtres la valeur d'un voleur d'âme, au service de la Mort, plutôt qu'à celui du Diable. Il était sans-doute chargé de rappeler que la Dame Noire pouvait venir à tout moment avec sa grande faux (pour les bretons, c'était plutôt une lance ou une flèche) et donc qu'il s'agissait d'entretenir son âme pour qu'elle soit bien proprette à l'heure H du jour J. Donc, ne pas oublier ses devoirs de chrétien, aller aux offices, recevoir les sacrements, et mieux, participer aux dévotes pratiques de la confrérie du Rosaire. Accessoirement, faire la charité et aimer son prochain.

Retrouver ce bon Lion, mi-Ankou, mi-psychopompe (un mot que je cherche toujours à placer) suscite donc désormais cette dilatation du cœur, ce chatouillement neuronal — que dis-je, cette épanouissement synaptique en queue de paon — qu'entraîne les retrouvailles avec un bon camarade. Et je vois bien que c'est réciproque, et qu'un large sourire gagne la face du bon félin.

C'est tout lui. Voyez comme il a su arrondir sa queue en une large et élégante courbe avant d'en utiliser la pointe trifide comme un éventail à mouches. Voyez ses yeux exorbités, sa gueule attirée avec appétit vers le paroissien qu'il doit envoyer ad patres, mais avec ce bon fond, cette absence totale de volonté de nuire, cette jovialité dans l'exercice du devoir qui le caractérise. Voyez même cette pilosité de l'arrière des pattes postérieures qui me permet de le reconnaître entre mille. 

— Salut, domestique de la Fossoyeuse, salut, et le bonjour chez toi !

Rencontre après rencontre, je l'apprivoise un peu. Il restait assis loin de moi, timide et gauche?  Voyez maintenant comme je l'apostrophe ! Et comme nous nous sentons  proches, lui et moi ! 

 

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Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

Lion dévorant une âme. Crossette de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault Gargouilles et crossettes
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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 10:13

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Retable de la Trinité, granite polychrome, hauteur 1 m. (ou 134 x 86 cm), fin XVe ou début XVIe siècle.

 

"L'église était aussi dédiée à la Trinité ; voilà pourquoi on trouve au-dessus de l'autel du transept Nord, une belle représentation des trois divines Personnes. C'est un groupe en pierre blanche très résistante, rehaussée de peinture et de dorures, ayant bien dans les poses, dans l'ornementation et le type des figures, le caractère du XVème ou du commencement du XVIème siècle. Le Père et le Fils sont assis sur des nuages et tiennent sur leurs genoux un livre ouvert, au-dessus duquel plane l'Esprit-Saint, sous forme de colombe. L'un des personnages, celui de gauche, est couronné et tient le globe du monde, est-ce le Père, est-ce le Fils ? Rien ne l'indique, tous deux sont barbus, et aucun ne porte les stigmates de la Passion. Tous deux également sont vêtus d'un riche manteau à fermail, orfrois et bords ornés de rangs de perles et fleurons de pierreries. Le bas d'un des manteaux, très largement développé, vient recouvrir les genoux de l'un et de l'autre. (Abgrall, 1907).

L'interrogation du chanoine Abgrall est étonnante, car il me semble évident de reconnaître Dieu le Père à gauche, avec ce que je pourrais cavalièrement nommer ses attributs régaliens, la couronne impériale – et non une tiare– et le globe crucifère. Sa barbe est légèrement plus fournie, et grisonnante. Le Christ bénit  de la main droite.  Néanmoins, la recherche de ressemblance entre Père et Fils pourrait être influencée par l'ancienne règle du "christomorphisme" qui christomorphisme » de la représentation de Dieu, qui voulait que l’on ne donnât pas au Père d’autres traits que ceux du Christ, par respect du « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9). (F. Boespflug)

L'interrogation méconnaît aussi que ces Trinités horizontales (à la différence des Trinités verticales que sont les Trônes de Grâce) sont des illustrations du psaume  109 : « le Seigneur à dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite !” » dans lesquelles  Père et Fils siègent côte à côte, mais le Christ à droite. Pour cette raison, elles sont aussi désignées sous le terme de "Trinité du psautier".

Les deux personnages sont revêtus au dessus de leur robe de la même chape épiscopale à orfrois de boutons dorés et perlés en ligne, ou alternativement groupés par 5 et par 2. 

Comme dans certains groupes d'Anne trinitaire, les jambes des deux personnages sont recouvertes par un drap rouge perlé qui rend manifeste leur unité, et, de même, leurs manteaux respectivement blanc et brun tendent à se confondre.Les deux personnes tiennent ensemble   un livre ouvert sur lequel sont peints ces mots : « BENEDICTA SIT SANCTA ET INDIVISA TRINITAS NUNC ET SEMPER ET PER SECULA SECULORUM. AMEN « Bénie soit la Sainte et indivisible Trinité est maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. AMEN » . Il s'agit de l' Introït de la messe du dimanche de la Sainte Trinité (paroissien romain, XVIIIe s), ou Solennité de la Très Sainte Trinité célébrée le dimanche qui suit la Pentecôte.

L'église était donc dédiée principalement à sainte Marie-Madeleine, mais aussi secondairement à saint Nicolas  (la fête de dédicace de l'église de Dinéault le 6 décembre honore ce saint), et enfin à la sainte Trinité. Ogée signale dans son Dictionnaire qu'il y avait "foire à Dinéault le 22 février et le lundi de la Trinité". L'existence d'une chapelle de la Trinité est signalée par Abgrall,, attenante à l'église. Selon la liste des décimes (taxe ecclésiastique due au roi par les paroisses) de Dinéault en 1789 : sur un total de 40 livres et 10 sols, on trouve le décompte suivant : Falher, recteur (22 livres et 10 sols), la fabrice (8 livres et 10 sols), le Rosaire (2 livres), Saint-Exupère (5 livres et 10 sols), la Trinité (2 livres). Rien n'atteste par contre l'existence d'une confrérie de la Sainte-Trinité à coté de la confrérie du Rosaire, fondée en 1673.

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Comparaison : 

voir le retable de la Trinité de Saint-Aignan, photographie lavieb-aile : une autre "Trinité du psautier" bretonne du XVIe siècle :

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Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.
Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Retable de la Sainte Trinité, (XVIe siècle), église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

 

 

SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, Impr. de Kerangall, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109986g/f168.image

— BOESPLFUG (François), 2009, "La Trinité dans l’art breton (XVe-XVIIIe siècle)
Esquisse d’une enquête",  
Revue des sciences religieuses 83/4 | 2009
Référence électronique
François Boespflug, « La Trinité dans l’art breton (XVe-XVIIIe siècle) », Revue des sciences religieuses [En ligne], 83/4 | 2009, mis en ligne le 15 novembre 2013, consulté le 01 octobre 2016. URL : http://rsr.revues.org/441 ; DOI : 10.4000/rsr.441

— BOESPLFUG (François),Yolanta Zaluska 1994, Le dogme trinitaire et l'essor de son iconographie en Occident de l'époque carolingienne au IVe Concile du Latran (1215) , Cahiers de civilisation médiévale  Année 1994  Volume 37  Numéro 147  pp. 181-240 http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1994_num_37_147_2591

 

— "Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

 

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 22:19

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Ce triptyque du XVIIe siècle représente saint Yves entre le Riche et le Pauvre, un thème dont Virginie Montarou a pu dénombrer 123 exemples dont 111 en Bretagne (22 disparus) sur tout support. Parmi ceux-ci, 12 retables sculptés. Ils prédominent au XVIe et XVIIe siècle,  non pas en Trégor (saint Yves est né près de Tréguier), mais dans le Léon et la Cornouaille.

Tous ces groupes mettent en scène le même message moral : le juge ne doit pas céder aux propositions financières des riches et doit prononcer son jugement avec une équité incorruptible. Saint Yves, en costume d'Official (de juge aux affaires religieuses) et assis sur une cathèdre se tourne légèrement vers le pauvre en guenille, et lève la main tenant une pièce du procès, faisant peu de cas de la pièce que le riche lui propose.

Saint Yves est fort vénéré à Dinéault, comme en témoigne sa statue sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère (1590) ou sur celui de l'église paroissiale (XVIe, et 1648-1696), tandis que de nombreux paroissiens sont baptisés du prénom d'Yves. 

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Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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 "La statue du Saint est en ronde-bosse, en surplis ou cotte, avec camail et bonnet carré. Le riche et le pauvre sont en bas-relief méplat ; le riche ayant habit ou pourpoint long à manches échancrées dans le haut pour laisser passer les bras, bas de chausse et brodequins ; la tête coiffée d'une sorte de calotte pointue, avec oreillettes terminées par des globules ou boutons ronds. Le pauvre est tête nue, vêtu d'une tunique à ceinture descendant jusqu'aux genoux, molletières et sandales. Il a une besace au côté, tient un long bâton de la main droite, un parchemin ou cédule de la main gauche" (Abgrall, 1907)

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Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves.

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Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Pauvre.

"L’opposition entre le pauvre et le riche, le « bon » et le « mauvais » ne transparaît pas seulement au travers du costume mais aussi grâce à l’utilisation par l’artiste de différents signes conventionnels. En ce qui concerne la place des plaideurs au sein du groupe, le pauvre est bien souvent placé à la droite de saint Yves – le bon côté, celui des justes – et le riche à sa gauche. L’homme d’Église représente d’ailleurs le seul lien entre les deux plaideurs, quasiment toujours diamétralement opposés physiquement mais aussi socialement et moralement. Les traits du riche importent souvent peu : son costume et sa bourse paraissant suffisants pour l’opposer au pauvre. Son visage est souvent rond pour matérialiser sa bonne vie, rasé de près ou la barbe bien taillée à la mode du temps. Son visage est souvent inexpressif, voire parfois hautain ou méprisant. Le visage du pauvre, lui, est le plus expressif : il symbolise la vie dure comme à Saint-Thois même si ses traits semblent moins accusés dans la deuxième partie du xviie siècle. Il est aussi marqué par l’âge (rides, calvitie…), ce qui renforce son aspect chétif face au riche. Ses traits bien souvent sont outranciers pour renforcer l’aspect grotesque du gueux. La civilité ne s’exprime pas seulement à travers le costume mais aussi par la bonne posture du corps. La rectitude corporelle du riche ou sa préciosité comme à Irvillac contraste avec la posture du pauvre, souvent voûté ou s’élançant vers l’official dans un mouvement plein d’espoir ou d’abandon. L’arrogance du riche contraste avec la gêne qu’éprouve le pauvre par timidité, honte ou modestie. L’ordre social d’Ancien Régime est clairement défini à travers la taille des personnages : saint Yves, représentant du clergé, est toujours le plus grand tandis que le plus petit, lorsqu’il y en a un, est alors le pauvre. Le pauvre qui semble porter tous les malheurs du monde, à l’image du Christ souffrant, est particulièrement attachant face au riche trop sûr de son pouvoir, arrogant, fier et surtout immoral." (Montarou 2003 p. .

Ici, nul misérabilisme, nulle marque d'infirmité. Ce qui m'amuse, c'est la fonction métonymique donnée au rideau pour témoigner des deux environnements sociaux. Pour le pauvre, c'est un simple morceau d'étoffe bleu (soigneusement ourlé de rouge néanmoins) qui est passé à la diable entre deux arceaux. Mais passons maintenant chez son opulent vis-à-vis.

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Le Pauvre,  Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Pauvre, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Riche.

C'est peut-être un bourgeois, mais plutôt un seigneur de la noblesse locale, avec son manteau pourpre doublé de fourrure d'hermine, sa robe verte à huit boutons dorés, sa culotte,  ses guêtres de toile fine, ses chaussures de cuir, mais aussi son aumônière et ses deux pièces d'argent, qui tiennent lieu de plaidoirie (on ne voit aucun rouleau de papier). La barbe est taillée. Le bonnet gris à revers rouge est doté d'oreillettes enrichies de billes d'or.

Mais c'est le rideau qui est le plus expressif,  avec son ciel de lit à franges de cannetille, et glands dorés, et ses pans de velours rouge retenus par des patères ou embrasses dorées, qui s'ouvrent avec pompe sur le personnage.

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Le Riche,  Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Riche, Triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, XVIIe siècle, église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, Impr. de Kerangall, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k109986g/f168.image

— "Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

 

— MONTAROU (Virginie), 2003, Saint Yves entre le riche et le pauvre, in Saint Yves et les Bretons, culte, images, mémoire (1303-2003), Presses Universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22412?lang=fr

—  MONTAROU (Virginie), 1998, Saint Yves entre le riche et le pauvre. L’évolution de sa représentation iconographique en Bretagne auxxvie et xviie siècles, mémoire de maîtrise, 2 vol., université Rennes 2, 1998.

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 12:26

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Situation et toponymie:

Voir Vitrail de la chapelle Saint-Exupère. La chapelle est nichée près du lieu-dit et de la ferme de Loguisper, sur l'une des pentes des bois de Rosarnou, dont le manoir a totalement disparu. Elle domine le vallon conduisant au Moulin de Rosarnou, dans l'une des dernières boucles de l'Aulne.  Le calvaire occupe le centre d'un placître planté d'arbres en périphérie, devant l'angle sud-ouest de la chapelle. 

Historique.

"Les dégâts de l’érosion entre le fût et le croisillon ne sont pas les mêmes. Ce calvaire a subi plusieurs restaurations dont une connue en 1860, où un bras était brisé. Il a été réparé par Exupère Nédelec pour 3 francs. Il est possible que cette réparation se soit traduite par un remplacement pur et simple des bras. Les restes des anciens bras brisés ont été découverts en 1996, lors des travaux de mise en valeur de la chapelle. Ces vestiges sont en tous points semblables à notre calvaire et portent les armoiries des Kersauson, seigneur de Rosarnou d’une part et de l’autre la date de 1590. Il est étonnant que ces blasons n’aient pas été dégradés malgré les édits de la Révolution de 1789." (Philippe Bittel)

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Vue générale par l'ouest de la vallée de l'Aulne et du bois de Rosarnou, fief des seigneurs de Rosarnou.

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La flèche indique les bois de Rosarnou surplombant l'Aulne. Photographie lavieb-aile février 2017.

La flèche indique les bois de Rosarnou surplombant l'Aulne. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Descente vers la chapelle.

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Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Arrivée sur la chapelle Saint-Exupère, Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Description.

Ce calvaire est décrit en style télégraphique dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère sous le n° Dinéault 412 avec deux dessins de Y-P. Castel et 5 photos de G. Lemoigne.

Cette description peut être reprise ainsi :

412. Le calvaire de Loguispar, Saint-Exupère mesure 4,50 mètres de haut et date du XVIe siècle. Trois degrés en granite (avec moulure sur le premier degré) reçoivent le socle, qui supporte lui-même le fût de kersanton. Le croisillon porte les statues géminées en kersanton de la Vierge et François d'Assise et de Saint-Yves et saint Jean. Au centre, le crucifix au dessus de la sainte Face et des anges au calice coté ouest, et saint Exupère au dessus d'un écu coté est. . Les fleurons du crucifix sont godronnés.

Je développerai cette description au fil de mes images, en faisant mon miel du texte rédigé par Philippe Bittel, maire de Dinéault, pour le compte du site de sa commune. .

Le calvaire est orienté selon la règle qui place le Christ mort sur la croix face au couchant.

 

 

 

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Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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I. LE COTÉ OCCIDENTAL. LE CRUCIFIX, LA VIERGE ET SAINT-YVES.

Le visiteur découvre le massif de l'emmarchement, le socle au bord supérieur biseauté, mais son regard est arrêté en premier lieu par le personnage sculpté en bas relief sur le fût de kersanton à section carrée.

Saint Marc évangéliste.

Ce personnage barbu, la tête coiffée d'un bandeau à escarboucle et les épaules recouvertes d'un scapulaire au dessus d'une chape, tenant un livre et un phylactère, est l'évangéliste saint Marc, comme l'indique son attribut, le lion qui avance sa patte en partie basse. Comme tout rédacteur d'évangile, il porte à la ceinture son écritoire (plumier et encrier). Une telle sculpture en bas-relief sur le fût s'observe aussi à l'église d'Argol (Atlas n°1, 1593) , où elle représente saint Pierre. De même, le fût du calvaire de Kerluan à Châteaulin (Atlas n°216) porte un saint Sébastien sur une face et saint Roch de l'autre. A Lopérec, le fût de la croix de Kergonan, Croas-Nevez (Atlas n°1244)  de 1580 porte un saint Sébastien.

Saint Marc était-il honoré particulièrement à Dinéault ? L'église renferme aussi une statue en bois du saint datant du XVIIe siècle.

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Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le croisillon et le crucifix (kersanton). Vue générale.

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Le croisillon et le crucifix (kersanton). Vue générale, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le croisillon et le crucifix (kersanton). Vue générale, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ mort sur la croix.

Il porte, sur des cheveux longs, une couronne d'épines à deux brins tressés. Sa tête est inclinée vers la droite et en avant ; le nez est fort, les lèvres charnues, la barbe courte, la moustache traitée comme deux épaisses virgules. La musculature antérieure du cou est saillante. Les côtes du thorax sont bien soulignées, le nombril peu visible ; le pagne est noué au centre, avec un pan sortant sur sa droite. Les clous ont des têtes prismatiques. Les pieds sont en rotation interne.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ sur la croix, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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L'ange tenant le titulus.

Un ange descend du ciel, tête en bas, ailes de part et d'autre du corps vêtu d'une robe, pour présenter le titulus où se déchiffrent les lettres INRI. L'érosion l'a transformé en un petit être cocasse.

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Ange présentant le titulus INRI, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Ange présentant le titulus INRI, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La Vierge.

Elle porte en signe de deuil la guimpe et un voile qui se prolonge en manteau dont le pan droit est croisé. Le visage, peu expressif ou témoignant d'une affliction maîtrisée, est caractérisé par de grands yeux en amande aux sourcils dessinés par deux traits parallèles.

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La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Vierge, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves.

Par une erreur déjà ancienne lors du remontage, et qui n'a pas été corrigée lors de la restauration récente, la statue géminée de saint Jean d'un coté et de saint Yves de l'autre a été tournée de telle façon que ce n'est pas saint Jean, dont c'est la place, que nous trouvons ici à gauche du Christ et aux cotés de la Vierge, mais saint Yves, patron des avocats mais surtout protecteur des pauvres face à la justice.

Son culte à Dinéault est attesté par la statue en kersanton présente sur le calvaire de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Devant le socle, saint Yves y est représenté en robe, épitoge, camail à capuchon, tête nue, sac à procès au bras gauche. Il est attesté aussi par un triptyque du XVIIe siècle de la même église, représentant Saint Yves entre le Riche et le Pauvre .

Dans la configuration primitive, il devait figurer sur la face orientale,où il côtoyait  saint François :

"Yves est souvent associé à François d’Assise : calvaires de Dinéault, Loguispar (Atlas n° 412), du Drennec (Atlas n° 448), de Plougastel-Daoulas, Tinduff, 1639 (Atlas n° 1920), de Plouhinec (Atlas n° 2130), de Saint-Thégonnec, Bodéniry et Croas-Calafrès (1632) par Roland Doré (Atlas n° 2823).

L’iconographie associe aussi, comme on l’a déjà fait remarquer plus d’une fois, Yves et François. L’origine de l’affinité s’explique par le fait qu’au cours de ses études parisiennes, le jeune Kermartin avait suivi au couvent des Franciscains les leçons de théologie des maîtres de l’ordre. Séduit par leur idéal de pauvreté, Yves avait continué à Rennes les rapports initiés à Paris. Ajoutons que les frères mineurs, voués au culte de la Croix, ont participé, sans doute plus que d’autres, à l’érection des monuments en l’honneur du signe chrétien par excellence. On l’a vu sur les croix et les calvaires, l’alliance Yves/François est un thème non négligeable. On le constate aussi dans les statues placées de part et d’autre du fronton de la porte monumentale à l’enclos de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. L’association se retrouve dans des porches. Si à la porte intérieure de Landivisiau (1554) saint Yves est seul en bas à gauche, la porte intérieure de Bodilis, datée 1570, montre François au-dessus de lui. À Saint-Houardon de Landerneau la liaison, moins stricte, est réelle : Yves, en bas à gauche, François de l’autre côté au quatrième rang…" Yves-Pascal Castel (2004)

Yves Hélori, du manoir de Kermartin en Minihy-Tréguier, canonisé en 1347, est le protecteur de la Bretagne depuis Charles de Blois et plus encore depuis son vainqueur le duc Jean V (1389-1442).

La statue.

On remarque vite les grands yeux en amande ourlés d'un trait double, déjà noté sur le visage de la Vierge et qui est donc une caractéristique stylistique du tailleur sur pierre. Il porte une barrette, ou le petit bonnet plat des clercs, sous le capuchon d'un chaperon. Sous ce dernier, un surcot  à manches évasées recouvre la longue robe, qui ne laisse voir que le bout des "estiviers" ou chaussures légères en cuir. Cette tenue est la même qui apparaît dans une gravure des Croniques d'Alain Bouchard, édité en 1514. 

Le saint  tient dans la main deux objets : un "sac à,procès" à droite, et un rouleau de parchemin à gauche, l'une des pièces du procès tirée du sac. Le sac à procès est un sac de jute, de chanvre ou de cuir contenant toutes les pièces du procès. 

 

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Saint Yves,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Yves, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Les deux anges recueillant le Précieux Sang dans un calice.

Sous les pieds du Christ, deux anges tiennent un calice.

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Deux anges tenant un calice au pied de la croix. calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Deux anges tenant un calice au pied de la croix. calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Voile de la Sainte Face.

Difficile à photographier ou à observer en raison du brouillage ou camouflage induit par les lichens. Certaines heures conviendraient mieux, lorsque la lumière est frisante. Le voile de la vera icona de Véronique porte l'image du visage du Christ, barbu et portant la couronne d'épines.

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La Sainte Face,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Sainte Face, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA FACE ORIENTALE : SAINT EXUPÈRE, SAINT JEAN ET SAINT FRANÇOIS.

Sur les culots du croisillon en arc se tiennent saint François d'Assise à droite et saint Jean à gauche, encadrant le patron de la chapelle.

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Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face orientale du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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1. Saint Exupère en évêque.

Voir en annexe : les autres statues de saint Exupère.

Ce saint est l'avatar de Sant Dispar, saint venu  établir son ermitage au bord de l'Aulne, comme l'atteste le toponyme loguisper, "le lieu –l'ermitage– d'Isper" reprenant le suffixe loc commun au XIIe siècle.

"En vieux-breton, loc, qu'il ne faut pas confondre avec loch, "étang, marais", du sens banal de "lieu" acquiert une spécificité religieuse qui en fait, à partir du Xe-XIe siècle, le successeur du mot lann "lieu consacré" et plus précisément, "monastère". (Bernard Tanguy, in Locronan et sa région, 1979).

Il s'apparente au latin locum, "lieu". "Le breton lok a pour correspondants gallois loc, log et l'irlandais locc, log. Outre le sens de "lieu", le mot a eu, en irlandais moyen, comme d'ailleurs en latin dans les inscriptions de l'époque chrétienne, l'acceptation de "tombeau, sépulture". En gallois moyen, loc a aussi celle de "monastère, lieu saint". Larguillière considérait les toponymes en Lok- comme une formation propre à la Bretagne et qui n'était pas antérieure au XIe siècle. Ils sont exceptionnelles en Haute-Bretagne. Les saints éponymes des noms en lok- ne font pas l'objet d'un culte ancien. Le mot est absent des chartes avant le XIe siècle. Enfin, dans le Porzay, outre Locronan, 5 toponymes en lok- correspondent à des saints éponymes dont on ignore tout. 

"L'évangélisation de la péninsule armoricaine antérieurement à l'émigration bretonne semble bien n'avoir été que partielle[...] et pourrait bien n'avoir marquée que les régions directement soumises à l'influence ligérienne. Il n'est pas douteux que, dans la partie occidentale, elle est imputable à l'action des moines bretons insulaires. Mais après avoir connu une période d'apogée vers le VI-VIIe siècle, qui se traduit notamment dans la toponymie par un semis de noms en plou- et en lan-, la situation religieuse de la péninsule a vu, avec les invasions normandes des IXe et Xe siècles, une profonde régression. La floraison des toponymes en Lok- témoignera de son renouveau, un renouveau qui s'épanouira dans les siècles à venir et dont l'architecture religieuse sera l'un des plus brillants et des plus éloquents témoignages." (Bernard Tanguy, in Locronan et sa région, 1979))

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On peut penser qu'un jour,  le recteur de Dinéault, face à ce saint Isper ou Ispar (du celte isper, "race du seigneur") rapproché du breton Dispar "sans pareil", qu'il ne pouvait décemment pas célébrer parce qu'il ne figurait pas dans la liste des saints de l'Église catholique romaine, y a substitué le saint dont le nom lui semblait le plus proche, saint Spire, ou saint Exupère, évêque de Toulouse, et a fixé ensuite le pardon à la date de la Saint-Exupère. 

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Quoiqu'il en soit, sa statue est celle d'un saint évêque, avec mitre,  pluvial fermé par un mors de chape rond, chasuble à col ample, aube, sandales, crosse (brisée au dessus du nœud), mais ni gants ni anneau. La main droite, qui bénissait, est brisée.

La mitre est simple (elle n'est ornée ni de broderies, ni de perles ni de pierreries, mais d'une fine bande circulaire), elle a une forme losangique proche de celle du "bonnet d'évêque", avant de s'arrondir et de s'achever par une sorte de pompon. Elle est munie de ses fanons qui recouvrent le coté de la tête.

Le visage est caractéristique du style de l'artiste, avec ses yeux en amande, ses joues rondes, son menton court, paraissant rétrognathe par l'avancée de la lèvre supérieure qui fait (seule) la moue.

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Saint Exupère,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Exupère, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Exupère,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Exupère, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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2. Saint François d'Assise présentant ses stigmates.

Il est vite identifié par sa façon de présenter les paumes de ses mains qui portent les stigmates de la crucifixion de Celui dont il est le disciple. Le froc de bure  et la cordelière à trois nœuds lèveraient un doute éventuel. Le saint porte aussi sur la tête le capuchon qui retombe sur ses épaules. 

Les caractéristiques du visage sont les mêmes que celles de saint Exupère.

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Saint François,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François,  calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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3°) Saint Jean l'évangéliste.

Puisque la statue géminée a été inversée de sens, le saint, qui devait lever la main et les yeux vers le Christ en croix, est désormais tourné vers la place vide. A sa place originelle, il devait contraster avec la passivité de la Vierge par le dynamisme de sa gestuelle, par le pied droit placé en avant avec le genou légèrement fléchi. La main droite tient un pan de la robe.

Noter l'écritoire suspendu à la ceinture.

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Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean l'évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Détail du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Détail du calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Discussion stylistique.

Si nous retenons la date de 1590, ce calvaire correspond, dans le catalogue des ateliers des sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne établi par Emmanuel le Seac'h (2014), à une période un peu postérieure à l'activité des frères Prigent (1527-1577), pourtant auteurs (Bastien) des statues de la Vierge, de Sébastien, d'un évêque, de la Pietà, de Madeleine, Jean et Pierre, de la Sainte Face et de saint François sur le calvaire de l'église de Dinéault, mais aussi de la sainte Marguerite et du saint  Antoine de l'église. Nous ne pouvons retenir non plus, en raison de la période d'activité, le sculpteur Fayet, au style indiscernable des Prigent, et qui a signé le calvaire de Lopérec réalisé en 1552, et le haut de celui de Laz, daté de 1563.

En outre, le style du "maître du calvaire de Dinéault" (!, en attendant mieux) est très différent de celui des Prigent. 

Il me semble aussi que la qualité de la pierre de kersanton n'est pas aussi belle à Saint-Exupère qu'à l'église (mais il faudrait l'avis de Louis Chauris).

Toujours sur le seul critère des dates, nous pouvons envisager le Maître de Plougastel (1570-1621) ou son Valet, ou quantité de petits maîtres contemporains attestés par leur signature, et enfin exclure Roland Doré(1618-1663), qui a participé également au calvaire de l'église (Crucifix et Christ aux liens).

Impossible d'être plus précis.

On remarquera néanmoins de nombreux points communs avec le calvaire de l'église de Dinéault :

  • Beaucoup de personnages communs : outre le Christ, la Vierge et saint Jean (à la posture très différente), présence de saint François et de saint Exupère (ou du moins d'un saint évêque qui ne peut être que lui),
  • Deux anges recueillant le sang dans un calice
  • Le voile de la Sainte Face.

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L'écu aux armes de Kersauson.

Le nœud de la croix porte un écu au décor divisé en deux parties.

A gauche (en 1), il est facile de reconnaître le fermail des armoiries de Kersauson de gueules au fermail d'argent, l'ardillon posé en fasce. A droite (en 2), au moins trois barres horizontales (les fasces) peuvent correspondre à de multiples armoiries à trois fasces. 

En l'année 1590, Tanguy de Kersauson, époux de Barbe le Sénéchal puis de Claude Le Ny, était décédé depuis peu : son fils Jean (décédé en 1655) inaugurait, dans la famille de Kersauson,  la "branche du Rosarnou". Il n'épousa Marie Touronce qu'en 1621. 

L'écu ne peut être ni blasonné, ni interprété entièrement.

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Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Écu aux armes de Kersauson, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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LA FONTAINE SAINT-EXUPÈRE.

Je reprends les explications données par le site de la commune : "La fontaine de dévotion, assortie du lavoir qui n’est plus utile de nos jours  se trouvait  vers le sud de la chapelle au milieu d’une prairie fort humide. Ce lieu peu hospitalier pendant les périodes pluvieuses et l’état de délabrement dû à la végétation ont conduit les membres de l’association des amis de la chapelle à procéder à son déménagement en contrebas et à l’est de la chapelle en 1996. Cette opération a été précédée par l’envoi à l’église du bourg de la statue de Saint Exupère qui trônait dans cette construction au toit en bâtière façon XVIe siècle." (voir cette statue en bois en Annexe)

Le cadastre montre l'emplacement de la fontaine en 1848 :

— Cadastre napoléonien : 3P47/2/21 Section B2 de Rozarnou 1848. 

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_p%2Fserie_3p%2FFRAD029_00000003P%2Exml&page_ref=72633&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

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Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

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Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

Fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile,

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On peut reconnaître à nouveau le fermail de Kersauson et son "ardillon". C'est peut-être l'occasion de dire un mot sur ce meuble héraldique, car nous pouvons remarquer qu'ici, l'ardillon n'est pas en fasce (horizontal), mais en pal (dirigé vers le haut). La pierre a-t-elle été reposée en modifiant son axe initial ? 

"Le fermail dans l'écu est posé ordinairement en fasce, la pointe de l'ardillon à dextre ; s'il se trouve perpendiculairement, on le dit en pal."

Le fermail est une  pièce d'orfèvrerie ou d'archéologie qui servait à fermer un vêtement ou un livre.  Les synonymes en sont agrafe, attache, ou fermoir.  "Ce vieux mot désigne les boucles des ceinturons, baudriers, harnais,  les agrafes, crochets, boucles garnies de leurs ardillons, et autres fermoirs de ce genre, dont on s'est servi anciennement pour fermer des livres et dont l'usage a été transporté aux manteaux, aux chapes, aux baudriers ou ceintures pour les attacher. On les a aussi nommés fermalets ou fermaillets, et ils faisaient alors une espèce de parure, tant pour les hommes que pour les femmes."

En héraldique, le terme désigne un meuble représentant une boucle avec son "ardillon" (terme diminutif de hart, "lien" qui a désigné une « corde pour attacher les bêtes à l'écurie » et dès avant 1265  une « pointe servant à arrêter une boucle »).

Que ce soit ici (date ?) ou sur le calvaire (1590), ou sur le vitrail (vers 1530), le fermail est toujours un demi-fermail puisque les armoiries sont toujours associées à d'autres (en partition).

Liens :

http://artefacts.mom.fr/fr/result.php?id=FER-7004&find=FER-&pagenum=2&affmode=list

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/f/fermail-fermaux.htm

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Mais ici, ce fermail des Kersauson et associé en haut à deux petites drapeaux dans lesquels je propose de reconnaître des "haches d'armes" certes rudimentaires, mais qui me rappellent celle du premier vair du vitrail de la chapelle.

En dessous, nous avons trois formes en cloches, qui ne correspondent pas à la fourrure héraldique du "vair" (car elles ne sont pas tête bêche avec des "pots" ).

Ici comme ailleurs, cette énigme attends les avis éclairés.

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Écu aux armes de Kersauson, fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Écu aux armes de Kersauson, fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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L'arrière de la fontaine.

Elle porte en lettres capitales romaines l'inscription en réserve suivante:

 

HENRI : IA[N]

1670 GF:

Soit : "[fait par ] Jean Henri 1670 Gouverneur de la Fabrique." 

Dans la liste des personnes nées à Dinéault, on trouve : 

  • André HENRY  (° ca 1662, + avant le 4 février 1751)
  • Jean HENRY  (° ca 1629, + le 30 avril 1709)
  • Roland HENRY  (° ca 1639, + le 2 mars 1709)
  • Suzanne HENRY  (° ca 1631, + le 11 mars 1703)

Voir aussi la généalogie Le Quéau qui mentionne le couple Catherine Le Quéau ca 1625 & Jean Henry 1628

Il s'agit sans doute du même individu qui a fait inscrire son nom sur la sablière de la chapelle, où l'on pouvait lire, avant sa reconstruction, le texte suivant au dessus de l'autel nord :

 : M : IAN : HENRI : M : I : LE : CARO : QVRE : T : IACQ : FABRICQ : 1648 : M : F : LE : GVILLOV : P. 

M. Jean Henri ; M. I. le Caro Curé ; T. Jacq, Fabrique 1648 ; M. F[rançois] Le Guillou P[rocureur ?].

On doit cependant noter qu'Abgrall indique parmi les vicaires ou curés de Dinéault l'indication : "Henry : 1653".

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Puisque cette inscription date de 1670, on peut signaler encore un autre détail : en 1674, selon la "liste des personnes nées à Dinéault",  une cloche est baptisée Gabriel, son parrain étant (Gabriel) de Kersauson et la marraine -- de Tregoazec, la famille de Tregoazec étant une famille noble de Dinéault dont les armoiries étaient d'argent à la croix pattée de gueules. Il s'agit sans doute de la première cloche de l'église paroissiale, puisque selon Abgrall page  35,   la seconde, bénite par le recteur Keraudren, fut baptisée François-Sébastien, en 1698, sous le parrainage de (Sébastien) de Penfentenyo, qualifié de "seigneur de Mesgral,  Rosarno, La Haye".

Or ce Sébastien de Penfentenyo a épousé en 1686 Renée-Françoise de Kersauson (1662-1721), fille de Gabriel de Kersauson. A-t-il obtenu le titre de "seigneur de Rosarno" (Rosarnou) après le décès de Jean-Gabriel de Kersauson en 1695 ? Son fils Jean-Baptiste de Penfentenyo porte le suffixe "De Rozarnou".

Les  Penfentenyo portent burelé de gueules et d'argent de dix pièces. Un rapport avec les fasces de l'écu du calvaire ?

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fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Inscription à l'arrière de la fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Inscription à l'arrière de la fontaine Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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ANNEXE I : LES AUTRES STATUES DE SAINT EXUPÈRE.

1°) La statue en bois provenant de la fontaine. 1410-1420.

Hauteur 0,95 m. Le saint-évêque porte la mitre, tient sa crosse, et bénit de la main droite. Il est vêtu de la dalmatique. La tête a été reconstituée récemment.

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Saint Exupère, bois, XVe, église Sainte-Marie-Madeleine, Dinéault.  Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Exupère, bois, XVe, église Sainte-Marie-Madeleine, Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le calvaire et la fontaine de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault.

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Statue de saint-évêque ou de saint-abbé exposée devant la Bibliothèque (ancien presbytère), considérée comme Saint Guénolé (Abgrall, 1907). Datant du XVIIe siècle, elle est classée  depuis le 23 octobre 1987.

 

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Statue de saint Guénolé  exposée devant la Bibliothèque, Dinéault.  Photographie lavieb-aile, février 2017.

Statue de saint Guénolé exposée devant la Bibliothèque, Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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POUR CONCLURE par un pas de coté.

ECCE HOMO exposé sur le placître devant la chapelle.

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Le calvaire et la fontaine de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

— "Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  La chapelle Sant-Dispar ou Saint-Exupère 

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/la-chapelle-saint-exupere

CASTEL (Yves-Pascal), "Dinéault", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dineault/dineault.html

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

CASTEL (Yves-Pascal) (2004), "Saint Yves et ses statues", in Saint Yves et les Bretons Culte, images, mémoire (1303-2003) Jean-Christophe Cassard et Georges Provost Presses Universitaires de Rennes, Rennes pp. 199-213.

http://books.openedition.org/pur/22411?lang=fr

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DINEAULT.pdf

LE MOIGNE G. (Logonna) : site de ses photos sur Flickr

https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

— LISTE DES PERSONNES NÉES À DINÉAULT

http://genealogies.geneamania.net/delacotte/Liste_Pers2.php?Type_Liste=N&texte=O&idNom=0&Nom=DINEAULT%20(29)&Ville=447&Tri=0

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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 21:50

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Situation : église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault (29), transept sud, sur le rebord du mur sud. 

Matériau : Kersanton polychrome.

Attribution (E. Le Seac'h) : Henry Prigent, actif à Landerneau entre 1527 et 1577 aux cotés de son frère Bastien.

Bastien Prigent est l'auteur de la statue en kersanton avec traces de polychromie de saint Antoine, placée également dans le transept sud. (Voir sa description couplée avec le saint Antoine de Dirinon, du même sculpteur).

Les deux frères ont également sculptés différentes statues du calvaire de Dinéault (Jean, Marie-Madeleine et François d'Assise) le moine et la Sainte-Face du socle.

Description. 

La sainte est représentée, comme le veut la tradition iconographique, "issant" (faisant issue hors) du dragon qui l'avait avalée, et qui conserve encore entre les dents un morceau d'étoffe de sa robe. Le visage est assez épais, le regard est alourdi par des paupières qui recouvrent près de la moitié de l'œil,  le front est épilé loin en arrière, les sourcils sont également épilés. Les cheveux retombent sur les épaules par deux mèches, en avant et en arrière.

La robe rouge (à manches plissées et à revers verts sur les poignets) est à décolleté carré (comme sur les portraits d'Anne de Bretagne), elle est serrée à la taille par une forte ceinture.

Le dragon ailé  prend comme d'habitude une tête de bon diable regrettant d'avoir fait une grosse bêtise. 

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Sainte Marguerite d'Antioche, fêtée le 20 juillet, est la patronne des femmes en couche, ce qui lui donne beaucoup de travail. Elle appartient, avec sainte Catherine, sainte Barbe et plus rarement sainte Apolline, aux saintes thaumaturges protectrices des risques de mort subite, constamment présentes et invoquées dans les Livres d'Heures et représentées dans les églises et chapelles.

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Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

Sainte Marguerite. Kersanton polychrome. Henry Prigent (actif 1527-1577). Église Sainte-Marie-Madeleine, Transept sud, rebord du mur sud. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

BITTEL (Philippe) et Mairie de Dinéault : Eglise Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:37

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Le calvaire est décrit dans l'Atlas en ligne des croix et calvaires du Finistère sous le n° 408 avec 1 dessin de Yves-Pascal Castel et 24 photos.

On peut reprendre avec quelques modifications cette description en mentionnant un édifice en kersanton, atteignant  6 mètres de haut,  datant par estimation de 1550 environ, portant la date de 1648 par inscription, et comportant une base à table d’offrande. Vient ensuite un socle portant l'inscription A LE BVLIER F 1648 et sur lequel est sculpté saint Yves, et Véronique tenant la sainte Face. Ce socle reçoit les  statues de Marie-Madeleine, François d’Assise, et Jean. Le fût porte l'inscription L. GARO. F. 1650. Sur le croisillon sont installées les  statues géminées de Vierge-Sébastien, de Jean-Pierre, les statues d'un évêque et de Marie-Madeleine. Sur le croisillon se lit l'inscription: M K[er]AUDEN REC / M HORELLOV F 1696. Au centre, le  Crucifix à l'ouest et le Christ aux liens à l'est.

Cet ensemble hétéroclite associe les sculptures de deux ateliers de Landerneau  : celui des frères Prigent, actif entre 1527 et 1577, et celui de Roland Doré, actif entre 1618 et 1663. Soit, dans les deux cas, et à près d'un siècle d'écart, ce que la sculpture bretonne sur kersanton a fait de mieux. Je m'attacherai, guidé par l'ouvrage d'Emmanuelle Le Seac'h qui en a dressé le catalogue raisonné, d'en étudier les caractéristiques stylistiques. 

Nous verrons :

1. La face principale au crucifix faisant face à l'ouest, avec la Vierge, Jean, Marie-Madeleine et saint Exupère.

2. La face orientale portant l'Ecce Homo et la Pietà.

4. Les inscriptions du croisillon.

4. Le socle  avec Marie-Madeleine à genoux, Jean, François d'Assise, sainte Véronique et saint Yves.

 

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I. LA FACE PRINCIPALE TOURNÉE VERS L'OUEST. LE CRUCIFIX.

 

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La croix.

 

Elle se dresse dans le ciel breton comme un mât et sa vergue, où un équipage serait réuni autour de sa vigie.

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Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le crucifix. Le Christ mort sur la croix (Roland Doré vers 1648-1650).

Roland Doré et son atelier ont sculpté 21 croix, 50 calvaires et 26 vestiges, dont 41 sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec. Les commanditaires sont rarement des nobles, plus souvent des prêtres (Ploeven, Hanvec, Seznec à Plogonnec, Douarnenez, Cast, La Martyre, Plonevez-Porzay), ou des fabriciens (ou "fabriques"). A Dinéault, nous pouvons supposer que les commanditaires sont les fabriciens  A. Le Bulier  et Louis Le Garo qui ont accompagné leurs noms des dates de 1648 et de 1650, compatibles avec l'activité de Roland Doré. Par contre, deux inscriptions du recteur et d'un fabricien, datant de 1696 sur le croisillon, indiquent des interventions plus tardives sur la structure même du calvaire, ou des restaurations. 

Selon Le Seac'h (2014), "les Christ sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes, ils penchent la tête sur le coté droit, les yeux clos. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines".

Le corps est étiré, sa longueur correspondant à sept hauteurs de tête. Les lombes sont cambrées, écartées de la croix. Les jambes sont discrètement arquées, les pieds sont posés l'un sur l'autre en équin.

 

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La large couronne, posée bas sur le front effacé, est un soigneux tressage de deux brins décoratifs, fort éloignée des engins de torture enfonçant leurs épines sur des chairs ensanglantées . Les cheveux longs tombent comme un large voile devant l'épaule, à gauche,  ou derrière l' épaule, à droite, selon une formule quasi immuable. Une vue en lumière frisante montre mieux la région sternale du torse parcourue de six stries costales, et l'abdomen saillant, aux deux parenthèses piriformes autour de la bande verticale des grands droits. 

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Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Comparer avec :

a) le Christ de la croix de Cléménéc'hy à Logonna Daoulas, par le même Roland Doré.

https://en.wikipedia.org/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)#/media/File:Logonna-Daoulas,_croix_de_Cl%C3%A9m%C3%A9n%C3%A9c%27hy.JPG

b) le Christ de la croix de la Croix Rouge à Dirinon (photo lavieb-aile):

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le plus remarquable est la tête, travaillée de façon étonnamment plastique comme sous l'effet d'un couteau sur de l'argile, manié par un geste hanté par la sobriété ou la retenue recueillie. Les traits sont hélas défigurés par deux ovales de lichens crustacés blanchâtres.

 Les yeux baissés semblent prolongés par l'axe très vertical du visage , très épuré, dont la ligne est accentuée par la ligne saillante du nez et  le V inversé des sillons nasogéniens. La moustache trace au contraire un grand U sous lequel le menton à courte barbe bifide et la bouche semblent être des pièces imbriquées.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le pagne tranche aussi de manière étonnante avec le perizonium des ateliers de sculpture précédents : au lieu des plis fins et aériens, aux pans gaufrés et volants, nous avons ici des bandes agencées en Z avec des lignes dépouillées, des volumes pleins, simplifiés à des épures géométriques. La formule du pan gauche pris par dessous, et de l'autre replié par dessus perd tout réalisme au profit d'un équilibre de masses.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Deux anges recueillant le Précieux Sang des pieds du Christ.

Ils ont  cas le sourire amène des anges qui encadrent le  Christ du calvaire de Senven-Lehart et celui la chapelle Seznec à Plogonnec.

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Deux anges au calice, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Deux anges au calice, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur le croisillon. La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent).

En descendant d'un étage dans la mâture du calvaire, c'est un autre atelier virtuose du kersanton, antérieur de 80 ans environ à Roland Doré,  que nous découvrons, facile à reconnaître par l'un de ses traits : les trois larmes en relief des personnages qui pleurent la mort du Christ. Les deux frères Prigent, Bastien (le plus doué) et Henry, ont produit, le plus souvent à la demande des fabriques paroissiales et parfois des prêtres, les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), les porches de Pencran (1553), de Landivisiau (1554-1565), de Guipavas (1563), des sculptures isolées (à Dirinon) dont la statue de sainte Marguerite et celle de saint Antoine à l'église de Dinéault, et enfin 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets, à Guimiliau, Lanhouarneau, Saint-Servais, Saint-Derrien, Bourg-Blanc, Saint-Divy, Lothey, etc...

 

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 La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La Vierge (Bastien Prigent).

Elle porte la guimpe et le voile du deuil, et ce voile est recouvert par le col arrondi d'un long manteau. Le pan droit de celui-ci revient s'accrocher à la ceinture en une large boucle. La robe ne manque pas d'élégance, avec ses manches bouffantes et à revers. Mais Marie se moque de cela, elle prie, les mains jointes, les yeux  mi-clos, les lèvres à peine jointes : elle n'est plus que chagrin, et foi. Six larmes s'écoulent, qui sont les six clous de son crucifiement.

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 La Vierge (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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 La Vierge (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean l'évangéliste (Bastien Prigent).

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Saint Jean (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Saint Jean (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Sainte Marie-Madeleine.

Entre saint Jean et la Vierge, à genoux au pied de la croix selon un schéma répété constamment sur les Passions finistériennes des maîtresses-vitres du XVIe siècle, Marie-Madeleine la pécheresse repentie (Marie de Magdala) ou la sœur de Lazare et de Marthe (Marie de Béthanie) , celle qui verse le parfum de nard très rare et très coûteux sur les pieds ou la tête de Jésus, celle qui participera à la Mise au Tombeau et bénéficiera de la première apparition du Christ ressuscité est la patronne de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Elle est présente deux fois sur ce calvaire ; mais ici, partageant avec Marie et Jean les larmes de l'affliction,  elle se penche sur le flacon d'aromates (de myrrhe) et se prépare à accomplir les usages de l'embaumement, puisque son Maître, son "rabbouni" (Jn 20:16), est mort.

Comme ailleurs, elle se caractérise par sa chevelure longue et défaite, seulement rassemblée par un bandeau retro-occipital, mon "chouchou". Son élégance fait sa réputation ; mais ici, l'artiste l'a voulu sobre, sans bijoux ni coiffure, seulement apparente par les formes moulantes de la robe et, surtout, par les doubles manches, bouffantes, resserrées par un lien brachial, puis plissées.

On la comparera à celle du calvaire monumental de Plougonven, œuvre des Prigent (photo lavieb-aile) : même front épilé, mêmes sourcils froncés, même bandeau, mêmes fronces sur l'encolure de la robe, mêmes manches où s'invitent quelques crevés.

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017
Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Saint Exupère (Bastien Prigent).

Rien n'indique son identité, et il se présente comme un saint évêque anonyme, mais chacun reconnaît le patron vénéré ici dans la chapelle Sant-Dispar : l'ermite Isper ou Ispar, romanisé par rapprochement avec saint Spire en "saint Exupère", évêque de Toulouse (ou de Bayeux, cela n'a pas beaucoup d'importance). Il est important pour lui d'être ici, à coté de Marie-Madeleine, avec qui il forme le couple emblématique de la paroisse, comme sur la bannière de procession;

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Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017
Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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II. LA FACE ORIENTALE : ECCE HOMO.

 

Face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le Christ aux liens par Roland Doré (vers 1650).

On attribue 3 autres Christ aux liens à l'atelier de Roland Doré, dont celui de Senven Lehart (Wikipédia),  et celui de la chapelle Seznec à Plogonnec (image lavieb-aile) ci-après. Pourtant, celui de Dinéault diffère singulièrement de celui de Seznec. Son visage, tout en intériorité, est plus expressif, la bouche est entrouverte, le manteau de pourpre est largement ouvert sur le corps presque nu et sur le pagne noué à gauche, le roseau expose son l'épi en quenouille de son inflorescence entre deux  feuilles, les mains sont nouées à hauteur du nombril, la main droite retenant le pan du manteau.

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Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur les culots du croisillon: Saint Pierre et saint Sébastien (Bastien Prigent). 

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Sur le croisillon, face orientale du  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sur le croisillon, face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.


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Saint Pierre (Bastien Prigent).

Saint Pierre est pieds-nus comme tout apôtre, crâne désolé par la calvitie à l'exception d'un îlot frontal comme tout saint Pierre qui se respecte, et il tient l'énorme clef du Paradis pour qu'on le reconnaisse facilement. Le bouton rond qui ferme, non sans traction, le manteau rappelle ceux des apôtres du porche de Landivisiau, dans le style Prigent.

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Saint Pierre (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Pierre (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Sébastien (Bastien Prigent).

Si on le compare avec les saints Sébastien du porche de l'église de Ploudiry par Bastien Prigent, et de Pencran par son frère Henry, il reflète une évolution de l'iconographie sébastianesque qu'il serait passionnant de retracer, si le crédit de patience de mes lecteurs n'était – et de très loin – déjà épuisé.

— Oh..aller... siouplait...

— En quelques mots alors :

a) La figure dévotionnelle médiévale. À l'époque médiévale Sébastien, officier romain  martyr sous Dioclétien en raison de sa foi, était représenté correctement habillé, mais assailli par les multiples flèches de ses soldats devenus ses bourreaux : "et les soldats lui lancèrent tant de flèches qu'il fut tout couvert de pointes comme un hérisson" (Jacques de Voragine, Légende Dorée). On l'invoquait lors des épidémies de peste, par analogie entre les blessures de la maladie, et les plaies auxquelles il avait survécu. En effet, le hérisson, laissé pour mort,  avait miraculeusement échappé à ce funèbre destin, afin de se rendre au palais impérial et de morigéner Dioclétien. Mauvaise idée, quoique d'inspiration divine : il fut battu de verges, jeté dans les égouts, où sainte Lucine vint récupérer sa dépouille. Il fut représenté aussi sous cette influence médiévale à l Renaissance, toujours habillé, mais sous forme emblématique, en officier et en archer : ici, sur le retable San Benito de Calatrava (v. 1480) à Séville, pour un Ordre militaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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b) L'éphèbe aux bras liés, déliés.

 à la Renaissance,  les artistes ont vu en Sébastien l'occasion d'un exercice de nu masculin sur le modèle grec antique (alors très en vogue). Le saint, seulement vêtu d'un pagne parfois très court et porté très bas, perd sa barbe et devient un adolescent apollinien, blond, bouclé, qui, tel un surfeur à Waikiki Bieach, se déhanche et adopte une gestuelle libérée de tout hiératisme moyenâgeux. Sa beauté physique passe pour un reflet de celle de son âme. Les bras s'élèvent et expriment, malgré les liens, un dynamisme paradoxal. C'est ainsi que nous le voyons sur la gravure de Martin Schongauer : intitulée Le Petit Saint Sébastien (Colmar, Unterlinden) :

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Albrecht Dürer (Saint Sébastien attaché à un arbre, 1501 ) donne un Sébastien dont le pagne s'abaisse encore, mais dont les bras sont sagement liés derrière le dos.

Bastien Prigent réalise lui aussi un Sébastien dont le corps suit les contours d'un arbre, le bras gauche liée à une branche basse et le bras droit lié à une branche haute : c'est la statue de l'église de Ploudiry :

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c) Les jambes croisées.

Une étape supplémentaire est franchie lorsque le mouvement touche non seulement les bras et le bassin, mais aussi les jambes. Ce saint  aux allures d'éphèbe est toujours figuré presque nu, attaché à un arbre, exposé aux flèches de ses bourreaux, témoignant de l'ardeur de sa foi chrétienne par sa belle indifférence à ses blessures. Mais sa posture est ici remarquable, non pas tant par le geste du bras droit au dessus de la tête que par les jambes acrobatiquement croisées, comme saisies en instantané lors d'une chorégraphie particulière.

le Grand Saint Sébastien de Martin Schongauer (1435/50-1491) en est un exemple encore timide:

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L'influence semble venir des Pays-Bas, mais on peut la voir cheminer à travers les enluminures depuis la seconde moitié du XVe siècle :

La statuaire montre divers exemples de ces jambes liées qui se délient, se tordent, adoptent des positions extravagantes :

— Statue de Saint Sébastien, (fin XVIe) église de Bar-sur-Aube  https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/BarAube/Bar-sur-Aube-Saint-Pierre.htm

— Statue de Saint Sébastien à Wissembourg.

http://fr.topic-topos.com/statue-de-saint-sebastien-wissembourg

— Saint Sébastien en bois sculpté en ronde-bosse et polychromé. Brabant, vers 1500

http://elogedelart.canalblog.com/archives/2009/11/22/15892491.html

—Saint Sébastien, saint Roch et saint Wolfgang, Bad Aussee, 1475, 

http://www.tenbunderen.be/bedevaarten/bedevaartsplaatsenalgemeen.html

 — musée des Beaux-arts de Gand : chêne, par maître Arnst (Nord des Pays-Bas)  environ  1480-1485. Wikipédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wiki_Loves_Art_-_Gent_-_Museum_voor_Schone_Kunsten_-_De_marteling_van_de_heilige_Sebastiaan_(Q22080797)_(1).JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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On doit aussi souligner que le thème iconographique du Christ à la colonne, ou de la Flagellation, exerce aussi son influence, Sébastien devenant un double juvénile et athlétique du Christ.

 

C'est sous ces influences du bras droit levé et des jambes croisées que se place la statue de saint Sébastien par Bastien Prigent à Dinéault. 

 

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 Saint Sébastien (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Sébastien (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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d) L'art baroque italien développera ensuite une "figure homo-érotique" voire "sado-homo-érotique" .  Avec Le Sodoma (Saint Sébastien, (1525)  Galleria Palatina, Florence), Guido Reni, Le Caravage, le corps sera érotisé et féminisé, la métaphore liée à la pénétration des flèches sera soulignée, et les pieds échapperont à leurs liens. 

— Ludovico Carraci, Saint Sébastien, 1599 Gravina (Bari), Fundazione Pomarici-Santomasi. 

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La Pietà (Bastien Prigent).

L'atelier des Prigent a sculpté ici une pietà à deux personnages, la Mère tenant son Fils par une main placée sous le torse tandis que la main gauche élève le bras du Christ, dont la main retombe inerte. La Vierge, qui  porte le voile et la guimpe, est en larmes, et on retrouve ici encore le leitmotiv des trois gouttes effilées.

 La Pietà du calvaire de Plougonven est à quatre personnages. Plusieurs autres pietà indépendantes sont sorties du même atelier, comme celle de l'église de Saint-Budoc à Plourin-Ploudalmézeau, à six personnages, et celle de l'église Saint-Nicaise de Saint-Nic, à cinq personnages.

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La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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III. LES INSCRIPTIONS DU CROISILLON.

 

Sur la face Ouest du croisillon formant console double feuillagée et ornementée d'une tête d'ange, on lit : 

M : C : KAVDEN : REC

Soit "Messire C[laude]. Kerauden recteur".

Malgré la forme utilisée (Kerauden et non Keraudren, et Ker abrégé en K), il faut reconnaître ici Claude Keraudren, recteur de Dinéault de 1694 à sa mort le 28 mai 1702. C'est lui qui, le 1er jour de mai 1698, a béni la seconde cloche de l'église paroissiale, baptisée François-Sébastien. 

Nota bene : Le 14 mai 1700, Claude Keraudren s'opposa à la prise de possession du bénéfice de la paroisse par Alain Le Cargour. 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1938.pdf

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Croisillon coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Croisillon coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur l'avers du croisillon, on lit : l'inscription :

M : HORELLOV : F : 1696.

soit "M. Horelllou Fabrique 1696".

Le patronyme Horellou est très répandu à Dinéault (plus de 500 noms sur les registres d'état-civil 1674-1868), et nous n'avons que l'embarras du choix pour proposer un éventuel candidat. Par exemple Yves Horellou, né vers 1666,  marié en 1690 à Louise Lanchou, et dont les enfants Jeanne, Pierre, Jane et Marguerite sont nés en 1691, 1693, 1697 et 1698. Parmi d'autres. Si la première lettre est l'initiale du prénom, je ne peux proposer que Mathieu Horellou, époux de Marguerite Briz, et dont le premier enfant est né en 1674.

On lit aussi sur la face sud du fût l'inscription :

L. GARO F. 1650

"L Garo Fabrique 1650"

Les archives signalent qu'en 1686, Louis Le Garo et Louise Beulier déclarèrent la naissance de leur fils Guillaume, puis, l'année suivante, de leur fils Yves, en 1689 de leur fille Marie, puis viendra Guillaume en 1692, François en 1694, François en 1695, Françoise en 1698, Gabriel en 1701,  Marie-Gabriele en 1704, et Gabrièle en 1707.

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Croisillon coté est, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Croisillon coté est, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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IV. SUR LE SOCLE.

1°) Du coté ouest : sainte Marie-Madeleine, saint Jean, et saint Yves.

Sur le socle sont posées deux statues en kersanton dues au ciseau de Bastien Prigent : Sainte Marie-Madeleine à genoux tenant un flacon d'onguent, et Saint Jean debout, tête baissée. Tous les deux sont en larmes.

 

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Socle coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Socle coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Marie-Madeleine.

Cette statue de sainte Marie-Madeleine à genoux, en pleurs au pied de la croix, visage levé visage levé vers le Christ et tenant près d'elle son flacon d'aromates pour l'embaumement se retrouve presque à l'identique à Pencran, dans une statue de kersanton sculptée par Bastien Prigent. A son propos, E. Le Seac'h notait le travail remarquable des draperies, disposées dans les trois dimensions.

On peut noter aussi les doubles manches, plissées, la ceinture dont le nouage est très précisément sculpté, et — mon détail préféré, mon "chouchou" — le bandeau réunissant la partie moyenne de la chevelure derrière la nuque avant de la laisser filer en deux mèches sur les épaules.

La Marie-Madeleine qui est tournée face à la croix au pied du calvaire de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, si elle n'est pas du même atelier (pas de larmes, pas de bandeau de cheveux), est également très évocatrice de celle-ci par sa posture.

 

 

 

 

 

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean éploré (Bastien Prigent).

Le front est plissé, le visage baissé est encadré de boucles en cascade, les trois larmes s'écoulent des yeux du saint, qui semble ployer sous le poids du chagrin et porte la main à sa poitrine.

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Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Yves (Bastien Prigent).

Sur le coté du socle est sculptée une statuette d'un religieux, qui répond, à l'ouest, à celle sainte Véronique,  à l'est. Bien que les principaux auteurs n'identifient pas ce "moine", je partage l'avis de J-M. Abgrall qui voit ici saint Yves, en cotte et camail à chaperon, tenant un rouleau de parchemin à droite, et un sac à procès (ou un livre dans une gaine en étoffe) à gauche.

Le culte de saint Yves est attesté dans la paroisse d'une part par sa présence sur le croisillon du calvaire de la chapelle de Dinéault (1590), d'autre part par le triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre à l'intérieur de l'église (XVIIe siècle), et surtout par le nombre considérable de paroissiens portant son prénom dans les archives d'actes du XVII et XVIIIe siècle. C'était aussi le prénom d' Yves Lozeac'h, recteur de 1673 à 1694, ou de trois prêtres originaires de Dinéault et y ayant exercé pendant la même période (Yves Horellou, Yves Le Gourlay et Yves Guillou).

On le comparera à la statue homologue mais bien différente du calvaire de Plougonven, à celle du Folgoët, ou de la chapelle Saint-Yves de Guipavas, ou aux statues  de la croix de Brondusval à Plouider ou du calvaire de Guissény, ou enfin à la statue géminée du calvaire de Plouhinec.

Saint Yves (Bastien Prigent), calvaire de Plougonven, photo lavieb-aile :

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Saint Yves figure aussi en statue géminée sur le calvaire de la chapelle de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (Plomodiern), datant de 1544 et dont l'auteur n'est pas connu. Cette chapelle de ce siège de foires jadis très importantes est voisine de Dinéault.

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Saint Yves,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Yves, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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2°) Le socle coté est. Saint François et sainte Véronique.

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Saint François et sainte Véronique,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François et sainte Véronique, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint François d'Assise présentant ses stigmates.

Saint François est également présent sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère. Il porte le capuchon de scapulaire, ici rabattu, le froc de bure, la cordelière à trois nœuds et les sandales des Frères Mineurs.

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Saint François,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Véronique présentant le voile de la Sainte Face.

La Sainte Face est aussi présente sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault.

La coiffure de la sainte est un bourrelet proche du balzo à la mode à la fin du XIVe siècle.

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Sainte Véronique et le voile de la Sainte Face,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Véronique et le voile de la Sainte Face, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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3°) Le socle coté nord : inscription.

LE

A BULIER F 1648.

Selon les actes de décès,  ce fabricien pourrait être décédé le 10 9 1674 à 55 ans (l'acte ne mentionne pas le prénom du défunt).

 

 

 

Coté nord du socle du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Coté nord du socle du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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COMPARAISON.

Comparaison avec deux calvaires proches de celui-ci :

—Le calvaire de la chapelle Saint-Exupère (1590) : Crucifix, Vierge, Jean, saint Yves, saint évêque (Exupère), Voile de la Sainte Face.

—Le calvaire de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544 et Roland Doré vers 1630 ) : Crucifix, anges au calice, deux larrons, deux cavaliers, Jean, Marie-Madeleine, Vierge à l'Enfant, Marie-Madeleine à genoux, Pietà.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

"Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

— Monuments historiques

http://www.monuments-historiques.net/mobilier/48547_pm29000206-groupe-sculpte-la-trinite-eglise-sainte-marie-madeleine-dineault-finistere-bretagne

— CASTEL (Yves-Pascal), "Dinéault", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dineault/dineault.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1985,  "Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIe siècle", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, p. 97-156.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DINEAULT.pdf

COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton",, Mémoires de la Société d'émulation des Cötes-du-Nord vol. 89 p. 76-106.

GLENN (C.), 2013, The queering of St.Sebastian: Renaissance iconography and the homoerotic body

Clhttp://cujah.org/past-volumes/volume-ix/essay-4-volume-9/inton Glenn

— LE MOIGNE (Gilbert) (Logonna) : site de ses photos sur Flickr

https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 292-293.

— LISTE DES PERSONNES NÉES À DINÉAULT.

http://genealogies.geneamania.net/delacotte/Liste_Pers2.php?Type_Liste=N&Nom=DINEAULT%20(29)&Ville=447

— NAISSANCE ALPHABÉ A-Z pdf

http://www.dineault.fr/la-mairie/archives-municipales/etat-civil-avant-1903

— THE ICONOGRAPHY OF SAINT SEBASTIAN.

https://web.archive.org/web/20080505081739/http://bode.diee.unica.it/~giua/SEBASTIAN/index.html

— WALL (Rachel) Saint Sébastien in the Renaissance : the classicization and homoeroticization of a saint. http://digitalcommons.providence.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1018&context=art_journal

— WIKIPEDIA Roland Doré (Sculptor). Ce remarquable catalogue illustré en ligne des œuvres de Roland Doré reprend en fait le catalogue raisonné établi par Emmanuelle Le Seac'h.

https://en.wikipedia.org/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)


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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault Calvaires
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 09:00

Le vitrail de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault (29) au Musée Départemental Breton de Quimper. Vers 1530.

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— Sur Dinéault, voir :

— Sur les vitraux du XVIe siècle en Bretagne, et particulièrement en Finistère, utiliser "Rechercher" en haut à droite avec le mot Vitraux. Deux vitraux doivent être mis en lien en raison de leur rapport étroit avec ce vitrail de Saint-Exupère  :

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Comme pour beaucoup des œuvres que j'ai présenté ici, j'ai cru pouvoir rédiger un article aéré, bref et agréable à lire, mais j'ai été une nouvelle fois confronté à la complexité de mon sujet. Désolé !

Les points d'intérêt ou de discussion sont les suivants :

  • Le thème (Donateur + saint-évêque+ Marie-Madeleine + Vierge)
  • Les dais à angelots, d'intérêt reconnu depuis le XIXe.
  • Les rapports avec les autres vitraux aux dais semblables.
  • La datation stylistique et la comparaison avec les autres vitraux contemporains du Finistère
  • L'inscription identifiant le saint (vite réglée : saint Exupère et non saint Paterne comme on le lit encore)
  • L'identification du donateur ( Rolland de Kersauzon et non Raoul comme le proposait R. Barrié repris par le Corpus).
  • L'absence de donatrice.
  • L'interprétation des armoiries, particulièrement ardue.
  • Les relations avec le calvaire de la chapelle, et son écu.

J'ai largement utilisé les textes des auteurs cités en référence.

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Présentation générale.

Situation de la chapelle Sant Dispar et toponymie.

Sur la carte IGN, la chapelle St Exuper apparaît légèrement en contrebas à l'ouest du hameau de Loguispar [loc-Ispar, "l'ermitage d'Ispar"], sa fontaine (point bleu) étant placée sur un petit cours d'eau, à 120 m d'altitude environ.

Si l'on suit ce cours d'eau, vers le nord, on le voit se jeter dans une courbe de l'Aulne et on y voit trois lieux-dits : Bois de Rozarnou,  Le Moulin de Rozarnou, et Rozarnou. Nous verrons que les seigneurs de Rosarnou (dont le manoir a totalement disparu) vont bientôt nous concerner. Mais retenons surtout que l'ermitage de saint Dispar s'est établi — sur les pentes dénudée du Menez-Hom— au sommet d'un vallon boisé, fertilisé et animé par un cours d'eau.

La carte de Cassini, la plus ancienne dont nous disposons (vers 1780) mentionnent les lieux-dits de St Exuper, Les Guilper et Rosarnoult. La carte d'Etat-Major (1820-1866) indique St Exupère Chelle, Loguisper, et Min.

—Carte IGN et photos aériennes : http://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.132471&y=48.226700&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&layer2=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS.1950-1965&mode=doubleMap

— Carte IGN et carte de Cassini :

http://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.132686&y=48.229366&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=doubleMap

L'étymologie du toponyme Rozarnou s'accorde à ce paysage, puisque le radical Roz- signifie "coteau, colline" et vient du vieux-breton ros "tertre, hauteur" (voir la motte féodale du Rozenn à l'Aber de Crozon) . Peut-être "le coteau d'Arnou" (cf le patronyme Abarnou, "fis d'Arnou) ?  Arthnou, apparaît au Cartulaire de Redon  dans une charte de 882, et Arnou à Cleder en 1446. A. Deshayes signale le toponyme Kerarnou à Quimper.

— Cadastre napoléonien : 3P47/2/21 Section B2 de Rozarnou 1848.  : Toponymes Loguisper et St Exuper, Fontaine St Exuper , Moulin de Rozarnou et Bois de Rozarnou.

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Histoire de cette verrière.

Elle aurait été offerte à la chapelle Saint-Dispar  de Dinéault par Raoul ou Rolland de Kersauzon, et elle ornait le chevet de cette chapelle, avant sa reconstruction en 1892. La fabrique de la paroisse envisagea de la vendre au Musée parisien du vitrail de Lucien Magne ou à des amateurs tels Chappée du Mans. Le peintre verrier Küchelbecker avait fait office d'expert avant cette cession.  En 1893, elle a été acquise par la Société archéologique du Finistère, inv. 893 1.1, et déposée au Musée archéologique, fondé en 1846 par la S.A.F. , et qui s'installa dans l'ancien évêché (l'actuel Musée Départemental Breton) à Quimper en 1911.  Auparavant, la verrière a été restaurée et complétée en 1896 par le peintre concarnois Théophile Deyrolle associé au peintre parisien Megnen-Cesbron. Ceux-ci restituèrent le panneau supérieur de la lancette centrale, qui avait été remplacé au XVIIIe siècle par un morceau étranger à la verrière.

Elle occupe, au rez-de-chaussée du Musée, une salle où se trouve aussi l'ancienne maîtresse-vitre de Saint-Gunthiern à Langolen. Au centre de la pièce se trouve le gisant de Yves Le Bervet du Parc par Roland Doré (1640).

     Le pourquoi et le comment de la vente. Selon Roger Barrié. Sur le blog de Jean-Pierre Le Bihan 

    http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/46


    "Le 2 juin 1893, Yves Berthou, recteur de Dinéault, écrit à l’évêque de Quimper pour expliquer quelle nécessité financière conduit la fabrique à vendre cette oeuvre d’art ; on y perçoit une certaine gêne et comme une mauvaise conscience, le recteur se désolidarise de ses paroissiens et paraît trouver de la fierté, sorte de réconfort moral, à considérer non pas tant la surenchère que la sensibilité artistique des éventuels acheteurs, tous gens considérables et cultivés.
    « la chapelle de saint Exupère menaçant de tomber en ruines, le conseil de la fabrique.., a décidé de la reconstruire entièrement sauf le clocher... Si Monseigneur veut bien autoriser l’aliénation du vitrail saint Exupère qui du reste ne saurait être placé désormais dans la nouvelle chapelle, n’étant pas du même style, je crois pouvoir assurer à sa Grandeur que tous les travaux seront payés à la fin de l’année courante... Pour mon conseil de fabrique et tous mes paroissiens, le vitrail de saint Exupère n’a aucune va leur je pense même qu’ils me blâment de ne l’avoir pas cédé plus tôt. »
    « Monsieur Kuchetbecker estime 500 fr la valeur commerciale du vitrail. Monsieur Chappée du Mans m’a offert 500 fr. Monsieur Deyrolles de Concarneau envoyé par Monsieur le Préfet du  Finistère m ‘a offert 550 Fr... »

    « Monsieur le Préfet du Finistère a dit également à l’adjoint au maire de Dinéault qu’il ferait tout son Possible pour venir voir notre vitrail à l’occasion du conseil de révision. Je n’ai pas eu la visite de Monsieur le Préfet. Monsieur Foucault, de Fiers, me propose 600 Fr. Enfin Monsieur le prévost de Paris me demande de vendre le vitrail au Ministère des Beaux-Arts pour le Musée des Vitraux exposé aux Arts décoratifs en me priant d’envoyer à Paris, aux frais de l’état, un ou deux panneaux, si cela est possible, ces Messieurs des Monuments Historiques ne pouvant quitter facilement la capitale à cause de leur occupation. Monsieur Leprévost croit fermement que l’état ferait l’acquisition de notre vitrail »"

     

    La lecture de ces auteurs va nous permettre de débuter notre visite du Musée quimpérois, en toute connaissance de cause..

     

    Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Cette verrière, datée vers 1530-1535 par R. Barrié, est composée de trois lancettes et d'un tympan à trois ajours. Elle mesure 2,65 m de haut et 1,70 m de large. Chaque lancette mesure 1,70 m de haut et 0, 47 m de large. Le réseau en pierre reproduit l'original. Chaque lancette est constituée de deux panneaux maintenus par deux barlotières et quatre vergettes. La verrière représente une Vierge à l'Enfant au centre, entourée de Marie-Madeleine à droite, et Saint-Exupère présentant un donateur, à gauche.

    LE SUJET.

    La composition associant un donateur présenté par un saint qui le patronne, +/- une donatrice présentée par une sainte, agenouillés face à la Vierge, est un motif particulièrement fréquent au XV et XVIe siècle en France et en Flandres. En peinture : La Vierge au chanoine Van der Paele de Van Eyck en 1430, Nicolas Rolin et Guigone de Salins autour du Polyptique de Beaune par Van der Weyden en 1443 serviront de balises spectaculaires.

    En Bretagne, le duc Jean V fit réaliser sur ses grands chantiers de mécénat des vitraux reprenant ce thème : le chœur de la cathédrale de Quimper en 1417-1419 servira de jalon, où il est figuré avec son épouse et ses enfants de part et d'autre d'un Calvaire. Dans les baies latérales du chœur, les grandes familles nobles du duché se font représenter dans la même posture, présenté par le saint de leur choix. Dans la même cathédrale, sous le règne de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, en 1495-1497, de nouveaux donateurs font réaliser de nouveaux vitraux de 16 fenêtres hautes sur le même principe : ici, la famille de Kerguelenen. Puis, dans leurs fiefs, de nombreux seigneurs reprennent cet exemple dans la chapelle ou l'église dans laquelle ils ont des prééminences : Jugement Dernier de l'église de Guengat en 1510,  chapelle Sainte-Barbe au Faouët en 1512, maîtresse-vitre de Plogonnec (1520), Vitre de Saint Sébastien de l'église de Plogonnec (1525), etc, etc.

    C'est donc dans ce contexte de mécénat et d'affirmation des prééminences seigneuriales que les seigneurs bretons font représenter leurs armoiries  et leur effigies sur les monuments religieux en pleine reconstruction au début du XVIe siècle. Les armoiries de Kersauzon sont sculptées sur le porche de La Martyre dès 1420.

    A la chapelle Sant-Dispar de Dinéault, le seigneur de Rosarnou s'est donc fait représenter sous la protection du saint titulaire de la chapelle, saint Exupère, face à la Vierge à l'Enfant. Du coté droit, il a fait figurer sainte Marie-Madeleine, sainte patronne de l'église de Dinéault. Une donatrice était-elle représentée jadis ? Le seigneur de Rosarnou était-il alors célibataire ??

    Le couple Saint-Exupère / Sainte Marie-Madeleine, emblématique de la paroisse de Dinéault, se retrouvait aussi sur la bannière ancienne (XVIe siècle) dont est conservée une copie de 1925.

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    I. LA LANCETTE  DE GAUCHE : SAINT EXUPÈRE PRÉSENTE ROLLAND DE KERSAUZON,  SEIGNEUR DE ROSARNOU.

    Lancette A. Rolland de Kersauzon présenté par saint Exupère.

    "Bien conservé. Le socle, le genoux et les pièces inférieures de la cotte du donateur ont été restaurés, ainsi que l'écu armorié de la tête de lancette. "(Gatouillat et Hérold 2005)

     

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    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Le saint évêque : Exupère.

     

    "Dans la baie à droite de la Sainte-Vierge, est un saint évêque présentant un donateur ; c'est saint Exupère, patron de la chapelle, et dont le nom se lit sur la bordure courant à la hauteur de sa tête : EXVPATER. Est-ce saint Exupère, Exuperius, évêque de Toulouse (28 Septembre), dont saint Jérôme a fait un éloge spécial ? Est-ce un saint local ? Dans le peuple, on l'appelle sant Ispar.

    L'évêque est vêtu de la dalmatique rouge et de la chasuble verte, ganté de violet pâle, avec anneau au pouce de la main droite, coiffé d'une mitre très riche, et tient une crosse à pied d'argent et à volute d'or de courbe très allongée, à ornementation feuillagée. (J.M Abgrall)

     

     

    Comme le Corpus Vitrearum, l'article du site de la mairie, et celui de Wikipédia, signalent qu'il s'agit de saint PATERNE, premier évêque de Vannes et l'un des sept saints fondateurs de Bretagne. Pourtant Abgrall a lu EXU / PATER, et je lis clairement PATER. L'auteur de l'inscription aurait donné au nom Exupère une tournure latine par cet "Exupater". Saint Exupère, premier évêque de Toulouse, est la forme "romaine" de saint Dispar, Sant Dispar (ce qui signifie "sans pareil en breton"), dont le nom est attesté par le toponyme Loguisper, "ermitage d'Isper.

    Notons néanmoins le proximité des sonorités du nom Dispar avec le nom Spire, Saint Spire étant la forme (à Corbeil) de Sanctus Exuperius, saint Exupère.

    Dans tous les cas, je récuse la notion qu'il s'agit ici de saint Paterne, dont la présence serait incompréhensible.

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    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Le seigneur : Rolland de Kersauzon .

    "Le seigneur qu'il présente est agenouillé, les mains jointes, devant un prie-Dieu sur lequel est ouvert un livre d'heures. Il a la tête découverte, et son casque à petit panache rouge est posé à terre. Il est vêtu de l'armure de fer : brassards, cuissards, jambières, éperons à molettes pointues. Son armure est couverte d'une cotte en étoffe toute blasonnée de ses armes : écartelé au 1 et 4 de gueules au fermail d'argent, qui est Kersauson (en 1562, Jean de. Kersauson était seigneur de Rosarnou, en Dinéault), au 2 et 3, d'azur à 3 molettes d'or 2 et 1, au chef d'or à 3 molettes d'azur en fasce, avec un vairé de gueules et d'argent brochant sur le tout, qui est des Lesguern, sieurs de Rosarnou. Ce sont les mêmes blasons que l'on retrouve dans les cinq écussons du haut des baies et des deux soufflets latéraux. "(J.M Abgrall).

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    1°) Identité du donateur et lecture des armoiries.

    Les recherches sur l'identité du donateur ont évolué de pair avec le décryptage des armoiries. 

    Différentes propositions se sont succédées afin de faire correspondre cette identité à la datation du vitrail, et aux armoiries qu'il comporte dans cette lancette et sur le tympan. Celles-ci peuvent être divisées en quatre quart numérotés 1 à 4 , et un élément central.

    —Chacun s'accorde à reconnaître en 1 et 4 le fermail blanc sur fond rouge de gueules au fermail d'argent ardillonné de même,  des Kersauson. Laissant de coté les autres parties, le jeu consiste à désigner le membre de la famille de Kersauzon, qui soit seigneur de Rosarnou (le fief de Dinéault) et qui soit contemporain de ce vitrail. Pour cela, nous nous repérerons sur la généalogie établie en ligne par Jean-Claude Bourgeois (infra).

    a) En 1907, Abgrall (citation supra) nomme un (hypothétique) Jean de Kersauzon vivant en 1562. 

    b) En 1923, Louis Le Guennec propose Tanguy de Kersauzon, notamment parce qu'il voit dans le tympan le collier de l'ordre de saint-Michel dont Tanguy est le premier titulaire parmi les Kersauzon. Il estime le vitrail à 1555-1560.

    c) En 1970 et 1978, Roger Barrié voyait dans ce donateur Raoul de Kersauzon. En effet, il date ce vitrail, selon ses caractères stylistiques, "avant 1536", ce qui écarte Tanguy  de Kersauzon. D'autre part, il écarte l'indice du "collier de Saint-Michel", qui est à l'évidence une simple guirlande végétale. Pour proposer le nom de Raoul, il se fonde sur un registre des baptêmes de Dinéault entre 1549 et 1556 conservé aux Archives du Finistère Dinéault 5E qui mentionnent 5 baptêmes entre 1560 et 1566 dont le parrain est "Nobilis vir Radulphus de Kersauson, dominus de Coatmerret" . Ce qui atteste la présence à Dinéault de Raoul de Kersauson à cette époque. Par une confusion assumée (il s'oppose délibérément au "généalogiste de la famille qui aurait confondu deux personnages"), il fait, dans l'arbre généalogique qu'il dresse page 84 de sa thèse,  de ce Raoul le sieur de Rosarnou, l'époux de Louise de Launay et le père de trois enfants dont Jean de Kersauzon, "auteur" de la branche de Rosarnou.

    "Ce vitrail [...] est l’oeuvre d’un atelier quimperois, possédant un solide métier pictural. L’analyse stylistique et surtout la présence de Raoul de Kersauzon, avec des armoiries difficiles à interpréter, suggèrent une date immédiatement antérieure à 1536 " Roger Barrié. Arts de l’Ouest, 1977.I U.H.B, p.17-27

    "Nous concluons que ce vitrail a été commandé avant la date de 1536, date de la mort du père du donateur, aux temps où Raoul de Kersauzon  n'était encore que seigneur de Coetleguer, de Coetmerret et de Rosarnou, peut-être vers 1530-1535. Selon un contrat de 1535, le fils aîné porte les titres de seigneur de Coetleguer et Coetmerret.   Rosarnou resta la propriété des fils aînés de la fin du XVe au début du XVIIe siècle. Cette terre faisait partie de la manse abbatiale de Landévennec.." 

    d) En 2005, Françoise Gatouillat et Michel Hérold pour le Corpus Vitrearum reprennent à leur compte l'hypothèse de Barrié et identifient le donateur comme étant Raoul de Kersauzon.

    e) Aujourd'hui, nous disposons de la généalogie en ligne des Kersauzon par Jean-Claude Bourgeois qui permet de suivre la succession des différents seigneurs de Rosarnou, et de rectifier : L'époux de Louise de Launay et héritier du titre de seigneur de Rosarnou vers 1530 se nomme Rolland de Kersauzon, et, si la datation est exacte, c'est lui qui figure sur ce vitrail.

    Raoul de Kersauzon était  son frère cadet qui était  chapelain de Saint-Martin en la cathédrale St-Pol-de-Léon, comme le précise la réformation de 1669 (J-C. Bourgeois in Tudchentil), et qui était en vie en 1551:

    "Les quatre et cinquieme pieces sont deux actes des 22 et 27 Janvier l551, par lesquels se voit que led. Rolland de Kersauson avoit un frere nommé Raoul de Kersauson, qui fut chapelain de la chapellenie apellee de St-Martin, desservie en l’eglise cathedrale de St-Paul de Léon, en la chapelle du meme nom de St-Martin, fondee et dottee par feu messire Guillaume de Kersauson, en son vivant eveque de Leon, leur parent, signes : Crechqueraut et M. de Letang, Parcevaux et F. Mol, Raoul de Kersauson et Gresfin ; l’une d’icelles scellee."

     

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    Généalogie simplifiée des Kersauson seigneurs de Rosarnou  d'après Jean-Claude Bourgeois :

    http://gw.geneanet.org/jcbo?lang=fr&p=rolland&n=de+kersauson

    Salomon Le Ny se maria avec Marguerite de Coetelz, puuis après 1383 avec Juzette de Kersauzon, d'où :

    Hervé le Ny, Sr de Kersauzon, décédé en 1483. Il épousa Aliette de Lanros puis Marguerite de Carpont, d'où :

    —Jean Le Ny de Kersauzon (décédé avant 1474), Sr de Coatleguer, marié en 1459 avec Jeanne de Kerimel, d'où :

    Hervé II de Kersauzon, Sr de Rosarnou, décédé en 1495, marié avec Isabeau de Pontplancoët, d'où :.

    Guillaume de Kersauzon, marié en 1492  avec Catherine de Boutteville, fille de Jean IV de Boutteville, d'où :

    Rolland de Kersauzon Sr de Rosarnou, Sieur de Coatleguer. Marié le 24 janvier 1520  avec Louise de Launay, d'où :

     

    Tanguy de Kersauzon, décédé avant 1590, Marié avec Barbe Le Sénéchal puis le 11 septembre 1578  avec Claude Le Ny, d'où :

    —la "Branche du Rosarnou" initiée par Jean de Kersauzon, décédé le 20 avril 1655  - Plouzané,  Marié le 13 novembre 1621  avec Marie Touronce, 

     

    Gabriel de Kersauzon Sr de Rosarnou et Poncelin Décédé le 7 juillet 1690 - Manoir de la Haye en Plouzané Marié le 7 juillet 1651 avec Claude Gourio de Lanoster, d'où :

    (Claude) Jean Gabriel de Kersauzon, Sr de Rosarnou et Poncelin Décédé le 28 mars 1695  - Plouguerneau Marié le 5 janvier 1683 , Manoir de Kergasguen - Plouguerneau, avec Anne Gabrielle Françoise De Pontplancoët (de gueules à trois fasces ondé d'or ),

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    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette A, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    "Là, échec de la restauration de la tête du donateur, on a voulu reprendre le trait et le modelé un peu estompé comme dans le visage du saint ; mais, après une seconde cuisson, grisaille et émaux modernes ont grippé sur la pièce originale, laissant des traînées, et continuant à s'écailler." (Roger Barrié 1978)

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    Saint Exupère présentant Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Exupère présentant Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    L'armure et le casque de Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    L'armure et le casque de Rolland de Kersauzon, verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La tête de lancette.  La suite des armoiries.

    Les dais seront étudiés plus loin, mais nous nous arrêtons sur l'écu tenu par deux putti qui tiennent aussi la guirlande verte qui a abusé L. Le Guennec.

     

    Avec le fermail des Kersauzon, nous avons fait le plus facile. Mais les autres quartiers des armoiries nous attendent. Précisons tout de suite que leur authenticité n'est pas certaine, pour la partie bleue et jaune. Ainsi selon Barrié, seule la partie supérieure gauche des armes figurées sur le tabard du donateur sont anciennes, c'est-à-dire au 1 celles de Kersauzon, reconstituées au 4, et au centre ("sur le tout"), le vairé d'argent et de gueules, le premier vair chargé d'une hache d'armes de gueules.

     Parlons de cette partie centrale rouge et blanche répétant des motifs en pots et en cloches qui constituent le "vair" héraldique. Mais auparavant, repérez le petit dessin rouge sur la première cloche blanche : c'est lui  "le premier vair chargé d'une hache d'armes de gueules". Ce vairé d'argent et de gueules a été rapproché des armes de Keranrais  : "Jean de Keranrais possédait Rosarnou en 1470 et le laissa à sa petite-fille ou nièce, Isabeau de Pontplancoët, mariée à Hervé de Kersauson, dont les descendants ont conservé le vairé d'argent et de gueules des Keranrais comme le blason particulier de la seigneurie de Rosarnou." (Le Guennec).

     

    Il y a enfin  en 2 et 3 ces étoiles jaunes (quand le jaune d'argent n'a pas été effacé) sur fond bleu, discrètement surmontées d'un petit bandeau inversé, aux étoiles bleues sur fond jaune. Ces "étoiles" avec un petit trou central sont des molettes d'éperons, il faut donc blasonner  d'azur à trois molettes d'or, au chef d'or chargé de 3 molettes d'azur. On s'attendrait à trouver ici les armes de l'épouse, Louise de Launay d'argent au lion d'azur. Mais non ; et  aucune épouse des seigneurs de Rosarnou n'a eu les armes semblables.

    En réalité on les considère, depuis l'avis du Vicomte de la Messelière, comme se rapprochant de celles de la famille de Coatleguer ou Coëtleguer  qui sont Ecartelé au 1 et 4 : contrécartelé d'or et d'azur (comme Tournemine et Botloy), chacun chargé d'une étoile de l'un en l'autre ; au 2 et 3 : vairé d'argent et de gueules ; sur le tout, fascé d'or et d'azur (Guy le Borgne).

    "...ecartelé aux 1 et 4 d'un ecartelé d'or et d'azur, chacun chargé d'une etoile de l'un en l'autre, aux 2 et 3 vairé d'argent et de gueules, sur le tout fascé ondé d'or et d'azur de 6 pièces. Nous avons ici : d'azur a trois molettes d'or, au chef de gueules chargé de trois molettes d'azur. Il paraît donc vraisemblable - étant donné les différences qui se rencontrent si fréquemment dans la disposition et le nombre des pièces héraldiques portées par certaines familles - d'attribuer ce blason aux Coëtléguer, en souvenir de l'alliance, vers 1270, d'Olivier de Kersauson, seigneur dudit lieu, et de Marguerite de Coëtleguer, héritière dudit lieu en Trégrom, évéché de Tréguier. (in L. Le Guennec)"

    La terre de Coatleguer a également été apportée aux Kersauzon par Jeanne de Kerimel en  1459 lorsqu'elle épousa Jean Le Ny de Kersauzon.  Le titre de seigneur de Coatleguer persiste dans la branche aînée dite de Brezal où il a été utilisé pour qualifier le fils aîné  du vivant de son père.

    Ainsi, dans les deux pièces suivantes concernant Rolland de Kersauzon puis 21 ans plus tard son fils aîné Tanguy:

    Extraits réformation de 1668 :

    "Sur le degré de Rolland de Kersauson, pere dud. Tanguy, sont raportées cinq pièces :
    La première est une procure consentie par noble et puissant Guillaume de Kersauson, sieur dud. lieu, et Rolland de Kersauson, sieur de Coatleguer, son fils, et damoiselle Louise de Launay, compagne dud. Rolland de Kersauson, en datte du 21e Iuillet 1521.


    La seconde est un contrat de mariage passé entre damoiselle leanne de Kersauson, fille de noble et puissant Rolland de Kersauson et damoiselle Louise de Launay, et nobles homs Oliuier de Tuomelin, sieur de Bouroguel, en presence et du consentemem de nobles homs Tanguy de Kersauson, sieur de Coatleguer, fils ainé, héritier principal et noble desd. Rolland de Kersauson et femme, en datte du 14 Décembre 1542, signé : Causic et Tarnet." (cité par J-C. Bourgeois dans sa généalogie de Rolland de Kersauzon)
     

    Ce serait donc simple : Rolland de Kersauzon, encore seigneur de Coatleguer jusqu'à la mort de son père et son accès au titre de Seigneur de Kersauzon, chef de nom et d'armes de sa maison, place les armoiries de Coatleguer avec  les armoiries de Kersauzon. MAIS ce ne sont pas ici les armes des Coatleguer, même si elles y ressemblent : les étoiles des Coatleguer se sont transformées en molettes d'éperon, etc. Roger Barrié explique cette modification ainsi :

    "Nous avançons l'hypothèse que l'écartèlement de l'écu de Coatleguer a été modifié pour s'adapter à cette fonction [qualifier le fils aîné de Kersauson avant la mort du père] ; on introduisit aux 1 et 4 pour indiquer l'ascendance paternelle, l'écu de Kersauson, ce qui déplaça Tournemine [écartelé d'or et d'azur] aux 2 et 3, mit l'écu vairé en abyme, et chassa celui à fasces ondées qui brochait sur le tout. »

    Cela n'explique pas la présence de la hache dans le premier vair. (la hache d'armes figure dans les armoiries de Claude Gourio de Lanoster, épouse de Gabriel de Kersauzon :  Ecartelé, aux 1 et 4 de gueules, à deux haches d'armes, rangées, adossées, d'argent ; aux 2 et 3 d'argent, à trois chevrons d'azur.)

    On peut aussi faire l'hypothèse de la création fantaisiste des restaurateurs du XIXe. On remarquera ainsi que les armoiries des têtes de lancettes sont inversées par rapport à celle du tabard du donateur : le fermail des Kersauzon sur fond rouge se retrouve en 2 et 3 (en haut à droite et en bas à gauche), les restaurateurs ayant repris les pièces anciennes en les retournant pour les combiner à des pièces modernes.

    Énigme supplémentaire : le calvaire.

    Devant la chapelle de Saint-Exupère à Dinéault est érigé un calvaire daté de 1590 (selon un morceau retrouvé derrière l'édifice), représentant outre le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, saint Exupère entre saint Yves et saint François. Il porte les armoiries mi-parti avec en 1 le fermail de Kersauzon et en 2 trois fasces. Le seigneur de Rosarnou était alors Jean de Kersauzon, mais nous ne trouvons pas les armes de son épouse Marie Touronce (De gueules au chef endenché d’or, qui est Keraldanet, chargé de trois étoiles de sable), ni celles de sa mère Claude Le Ny (d'argent à l'écu d'azur accompagné de six annelets de gueules en orle).

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    LA LANCETTE B (au milieu) : VIERGE À L'ENFANT.

    La Vierge, assise dans une cathèdre, tient l'Enfant qui tend les bras vers le donateur.

    "Dans la baie du milieu, est la Vierge assise sur un riche trône, avec dossier formant niche à coquille. Elle est vêtue d'une robe rose foncé ou lie de vin, et d'un manteau bleu. Une sorte de coiffure ou de voile bleu surmonte sa chevelure jaune d'or. Sur son genou droit est assis l'Enfant-Jésus, un peu renversé et tenant des deux mains une petite corbeille de fruits. Au-dessus de la tête de la Vierge, sur une bande faisant la bordure de la draperie du fond, est l'inscription : MATER . DEI." (J.M. Abgrall)

    Si  le panneau inférieur a été restauré, le panneau supérieur est totalement moderne : il avait été remplacé au XVIIIe siècle par un morceau étranger  à la verrière,. Les seules pièces anciennes sont des parties bleu, jaune,rouge et vieux-rose de l'habillement de la Vierge ; le marche-pied vert ; la tête de l'enfant et le plat de fruit. Les peintres restaurateurs du XIXe se sont inspirés, pour leur Vierge, des peintres italiens de l'école milanaise et d'œuvre comme la Pala des Sforza ou la Madona del roseto de Bernardino Luini (1510) comme en témoigne la position de l'enfant, ou la suavité des visages.

    "Quant à l'exécution de ce travail, […] le modelé est gauche et empâté, le trait des boucles de cheveux systématique, les verres d'une coloration acide ou glauque qui tranche nettement avec le rayonnement assourdi et profond des pièces anciennes du manteau de la Vierge ou du nœud de sa ceinture. Pour harmoniser l'ensemble et donner ici une patine artificielle, la lancette centrale a été badigeonnée à l'extérieur d'un jus épais de grisaille roussâtre. On remarque surtout des accidents dans la cuisson du jaune d'argent, qui n'a pas pénétré uniformément le verre, comme sur le nimbe, ou qui, trop poussé, s'est assombri en ocre dans l'ange musicien à gauche dans la lancette A." (Roger Barrié 1978 p. 80)

     

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    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Lancette C. Sainte Madeleine.

    "Sainte Marie-Madeleine, patronne de la paroisse de Dinéault. Conservé sauf quelques pièces, dont le bas de la robe et l'écu armorié du sommet." (Corpus Vitrearum)

    "Dans la baie de gauche est figurée sainte Marie-Madeleine, patronne de la paroisse. Son vêtement consiste en une robe verte et un manteau rouge très drapé, à bordure d'or avec oves. Une fine chemisette couvre à moitié ses épaules. A sa belle chevelure dorée, aux longues nattes ondées, se rattache une écharpe ou plutôt une banderole légère qui vient flotter par derrière et se rattacher à son manteau. De la main gauche, elle tient son vase de parfums, et de la droite elle en soulève le couvercle. A la hauteur de sa tête se lit également son nom : MARIA MAGDALENA. " (J.M. Abgrall)

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    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Lancette C, sainte Marie-Madeleine. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LES SOUBASSEMENTS.

     

    "Ce qui rend cette verrière si intéressante, c'est d'abord la composition, le dessin et le riche coloris des personnages ; mais il y a aussi l'architecture et l'ornementation des encadrements, ou plutôt du soubassement et des dais.

    Pour le soubassement, ce sont des pilastres et un stylobate de marbre, avec caissons et médaillons où sont logés des personnages assis et des bustes, dans la plus belle tradition de la Renaissance." (J.M Abgrall)

    "Des bustes féminins vus de trois-quart, dans des médaillons, occupent, de part et d'autre de l'avancée centrale, le corps d'un stylobate dont la cimaise et la plinthe sont décorés de feuilles stylisées. Devant les pilastres revêtus de placage, deux génies un peu orientalisant avancent une sorte de palmette. L'avancée centrale, avec un décor de serviettes pliées, marque sans aucun doute une parenté avec l'ornementation lombarde." (Roger Barrié 1978 p. 81)

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    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Soubassement, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    "Deux petites inscriptions discrètes indiquent les noms des auteurs de la restauration : Restauré par Deyrolle, artiste peintre à Concarneau, 1896. Restauré par Megnen-Cesbron, artiste peintre-verrier, 13, rue Jacquement, Paris."

    Signature des restaurateurs, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Signature des restaurateurs, Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LES DAIS AUX ANGES MUSICIENS

     

    " Dans les dais, même inspiration : niches à coquille, frontons, arcades, anges assis, jouant du biniou ou de la cornemuse ; anges debout, jouant de la flûte traversière ; petits génies groupés par trois pour former le motif central, petits anges agenouillés, portant les écussons blasonnés. Dans toute cette ornementation on ne peut trop admirer l'emploi judicieux du jaune à l'argent pour obtenir des touches chaudes réparties très savamment sur ces surfaces ton grisaille. "(J.M. Abgrall)

    Un étagement d'architectures dépassant les unes derrière les autres, coiffe non sans lourdeur chaque niche d'un dais composite. Le cul de four creusé de côtes s'ouvre sur un arche surbaissé dont l'archivolte est constitué de deux quarts de cercles différents, appuyés sur un culot orné et butant sur le claveau central démesurément allongé ; ce dernier sert à la fois de retombée centrale au cul de four, de clef à l'arc et de pignon au fronton qui paraît couvrir le cul de four. (Roger Barrié 1978).

     

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    "Deux anges jouant de la cornemuse sont assis à califourchon sur le motif d'acanthes au dessus des deux portions d'archivoltes. Derrière le fronton à l'antique ajouré de baies étroites, se dresse un arc triomphal de même. Il est surmonté du blason du donateur, d'une tête d'ange et de deux angelots tenant une guirlande végétale dont le motif en orfèvrerie pend sous l'arc." (Roger Barrié 1978)

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    "Sur les cotés deux anges jouent de la flûte traversière, sur des piles que l'on situe à peu près entre le fronton et l'arc triomphal. Le galbe du claveau central, entre son socle orné d'un rang d'oves et le sommet couronné de deux dauphins, suit la courbe des corps à demi-dévêtus, disposés autour du noyau vertical ; deux éphèbes soufflant dans de longues trompes de fantaisie encadrent un personnage barbu, hâtivement drapé, brandissant une massue."(Roger Barrié 1978)

     

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Les dais architecturés.

    En 1977, ils ont retenu l'attention de Roger Barrié, qui préparait alors sa thèse sur les vitraux de Cornouaille. En effet, il les a rapproché judicieusement ceux de Clohars-Fouesnant, ceux de la chapelle Sainte-Barbe au Faouët (56) et de ceux de la chapelle Saint-Exupère de Logispar à Dinéault .

    La baie de Saint-Christophe à Clohars-Fouesnant date de 1520, les baies de Sainte-Barbe datent de 1510-1515, celles de Dinéault de 1530-1535.

    Les personnages sont figurés devant des tentures damassées (à Dinéault), ou devant le ciel (à Clohars-Fouesnant et au Faouët), dans des niches à coquilles surmontés de dais à putti musiciens, alors que les socles sont, à Dinéault, ornés de médaillons de têtes à l'antique.

    A Clohars-Fouesnant, Roger Barrié décrit page 32 ces dais ainsi :

    "L'entablement de l'arc triomphal est couronné d'une coquille cernée d'un rang d'oves et d'un ruban de billettes dont les extrémités s'enroulent sur elles-mêmes ; le tout terminé par un fleuron non éclos. La guirlande végétale, dont le motif central est ici une fleur, prend naissance dans deux oculus percés au dessus des piles et présentant un réseau losangé de vitrerie. Le claveau de l'arcature surbaissée, démesurément allongé aussi, est orné d'une étroite fenêtre aveugle et aux épaules très resserrées ; la conjonction de cette réminiscence de la grammaire gothique et du décor à l'antique tel qu'en abuse naïvement la Première Renaissance indique l'influence du décor lombard, normale au demeurant à partir de 1500, sur les modèles européens qui ont pu influencer le peintre verrier".

    Dans les trois cas, les anges associés en encadrement deux à deux jouent en bas de la cornemuse, et en haut de la flûte traversière. Ils sont installés à califourchon sur un motif de feuilles d'acanthes liées.

    Ce motif d'acanthes constitue l'élément de base de la décoration du Jugement dernier de Plogonnec, de l'Arbre de Jessé de Kerfeunten, de la Pentecôte de Sainte-Barbe du Faouët, etc..

    La cornemuse comporte un bourdon monodique soutenus par l'épaule, un porte-vent et un chalumeau mélodique.

    A la chapelle Sainte-Barbe, Roger Barrié décrit ces dais ainsi :

    "Dans les lancettes latérales du Faouët, les dais ont exactement le même dessin et la même fonction que ceux du vitrail de Clohars-Fouesnant : un étagement complexe d'architectures chargées d'anges musiciens et d'ornements limite de façon un peu brutale le fond rouge de la Transfiguration. En opposition, les trois dais inférieurs, arrêtés à la hauteur du claveau central et des joueurs de cornemuse, couronnent des niches où un cul de four en coquille devait assurer la transition entre le dais et la tenture galonnée du fond. Le soubassement de chaque niche suit le plan d'un tiers d'hexagone, s'articulant sur trois éléments qui sont la reprise à même échelle du claveau du dais. Les faces méplates de ce socle en avancée imitent des bas-reliefs lourdement encadrés consistant en un motif d'ovales peu accusés."

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    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Dais de la verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Tympan.

    "Ajours latéraux: sur fond rouge, placés en symétrie, deux bras issant de nuées tenant les chapeaux de triomphe enrubannés qui entourent les armes des Kersauzon (écus restitués avec une partie de leur bordure)"

    "Ajour supérieur : écu aux emblème de la Passion supporté par deux anges (milieu du XVIe s., panneau rapporté ; emploi de verre gravé ; fonds bleu moderne.) " (Corpus Vitrearum)

    "Les deux écus des soufflets latéraux sont entourés du grand collier de la Toison d'or [sic] et suspendus à des bandelettes ou cordelières tenues par des mains aux bras armés, issant d'un nuage. L'écu en supériorité, tenu par deux anges vêtus de tuniques, est timbré des instruments de la Passion : croix, couronne d'épines, clous, lance, éponge, fouet et verges" (J.M. Abgrall)

     

    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

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    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Tympan, Lancette B, Vierge à l'Enfant. Verrière de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault. Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    ANNEXES.

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    ANNEXE : Le donateur du vitrail de la chapelle de Saint-Exupère en Dinéault, par L. Le Guennec

    "Le beau vitrail Renaissance qui fait l'ornement du musée archéologique fut offert à la chapelle de Saint Dispar (saint local, éponyme de Brasparts, très malencontreusement remplacé par Saint Exupère), en Dinéault, près Châteaulin, par un seigneur de Rosarnou du nom de Kersauson, qui vivait dans la seconde moitié du XVIe siècle. Ce donateur a été, selon l'usage, représenté en "priant" dans l'un des panneaux du vitrail, agenouillé et revêtu de son armure, que recouvre une tunique armoriée aux 1 et 4 de gueules au fermail d'argent ardillonné de même, qui est Kersauson, aux 2 et 3 d'azur à trois molettes d'or, au chef d'or chargé de 3 molettes d'azur, sur le tout vairé d'argent et de gueules, le premier vair chargé d'une hache d'armes de gueules.
    Rien de plus facile, semble t-il, que d'identifier ce personnage au moyen de l'alliance indiquée sur l'écusson ci dessus, qui se trouve répété cinq fois, entouré du collier de saint Michel, au sommet des panneaux et dans le tympan du vitrail, avec toutefois cette petite différence que la hache d'armes de gueules n'y figure pas sur le premier vair de l'écu en abyme. Par malheur on se heurte aussitôt à une difficulté fort embarrassante. Dans la généalogie parfaitement connue de la branche ainée des Kersauson, seigneurs dudit lieu en Guiclan et de Rosarnou en Dinéault, aucune des alliances mentionnées depuis la fin du XVe siècle ne blasonne : d'azur à trois molettes d'or, au chef d'or chargé de trois molettes d'azur.
    Ysabeau de Pontplancoët, qui épousa vers 1460 Hervé de Kersauson, portait de queules a trois fasces ondées d'or. Catherine de Bouteville, qui épousa en 1492 leur fils Guillaume, porta d'argent à cinq fusées de gueules en fasce. Louise de Launay, qui épousa en 1524 Rolland de Kersauson, portait d'argent au lion d'azur. Enfin, la première femme de leur fils Tanguy, Barbe Le Sénéchal de Kercado, avait pour armes : d'azur à neuf macles d'or, et sa seconde femme Claude Le Ny : d'argent à l'écu d'azur accompagné de six annelets de gueules en orle.

    Tous ces divers blasons sont très différents de celui que nous voyons écartelé avec Kersauson sur le vitrail. Les recherches qu'a bien voulu faire, à ma demande, notre confrère M. Guy de Kersauson-Kerjean, pourtant intéressé en la matière, puisque ce donateur est l'un de ses ancêtres directs, n'ont abouti qu'à identifier l'écusson en abyme, qui est presque certainement Keranrais. Jean de Keranrais possédait Rosarnou en 1470 et le laissa à sa petite-fille ou nièce, Isabeau de Pontplancoët, mariée à Hervé de Kersauson, dont les descendants ont conservé le vairé d'argent et de gueules des Keranrais comme le blason particulier de la seigneurie de Rosarnou.
    Il parait difficile d'expliquer la raison pour laquelle le Kersauson du vitrail de Saint-Exupère a écartelé son fermail d'armoiries mystérieuses, alors qu'il avait le choix entre tant d'honorables alliances. En attendant que ce petit problème héraldique puisse être élucidé, je proposerai de voir en lui Tanguy de Kersauson, seigneur dudit lieu, Rosarnou, Lesplougoulm, Coatmerret, Coatléguer, Kerguélen, fils de Rolland et de Louise de Launay. En effet, il fut le premier de sa maison à être nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Michel,et on le trouve qualifié comme tel dans un acte de 1585 ; or, les deux écussons placés au haut du vitrail sont entourés du collier de cet ordre dont il était titulaire. Né vers 1525, Tanguy de Kersauson a pu faire exécuter ledit vitrail vers 1555 ou 1560, dates où il avait la trentaine d'années que semble indiquer son effigie. Cette identification offre un intérêt iconographique et historique, car Tanguy de Kersauson, quoiqu'âgé, joua un certain rôle pendant la Ligue en Bretagne. Il prit part au siège du chàteau de Kerouzeré en 1590 et, rallié plus tard à Henri IV, provoqua la capitulation des Ligueurs du Léon au Folgoat, le 8 août 1591. Le roi l'en récompensa par l'octroi d'un marché par semaine et d'une foire par an sur sa terre de Kersaintgilly, en Guiclan. Tanguy de Kersauson mourut en 1599, laissant trois fils, dont le second. Louis, continua la branche aînée.

    N. B. - Cette note était déjà composée, lorsqu'au récent Congrès de l'Association Bretonne, tenu à Quimper en septembre dernier, le vicomte de La Messelière, si compétent en matière héraldique bretonne, a bien voulu me faire remarquer que les armoiries non identifiées du vitrail rappelaient passablement l'une des parties de l'écusson attribué par Guy Le Borgne à la famiIle de Coëtléger : ecartelé aux 1 et 4 d'un ecartelé d'or et d'azur, chacun chargé d'une etoile de l'un en l'autre, aux 2 et 3 vairé d'argent et de gueules, sur le tout fascé ondé d'or et d'azur de 6 pièces. Nous avons ici : d'azur a trois molettes d'or, au chef de gueules chargé de trois molettes d'azur. Il paraît donc vraisemblable - étant donné les différences qui se rencontrent si fréquemment dans la disposition et le nombre des pièces héraldiques portées par certaines familles - d'attribuer ce blason aux Coëtléguer, en souvenir de l'alliance, vers 1270, d'Olivier de Kersauson, seigneur dudit lieu, et de Marguerite de Coëtléguer, héritière dudit lieu en Trégrom, évéché de Tréguier. L'écusson décrit par Guy Le Borgne semble associer les armes propres des Coëtléguer à celles des Keranrais et des Pontplancoët, à part, pour ces dernières, le changement du fond de gueules en fond d'azur."
    L. LE GUENNEC.
    Société archéologique du Finistère. Bulletin de la Société archéologique du Finistère. . 1923 (T50) http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb34368111j/date1923

     

     

    LESGUERN

    par. de Plouarzel, — de Rosarnou, par. de Dinéault, — de Kerbréden, par. de Plouvien, — de Chef-du-Bois, près Landerneau.

    Anc. ext., réf. 1669, neuf gén. ; réf. et montres de 1447 à 1554, par. de SaintFrégan, év. de Léon.

    Pour armes antiques : d'or au lion de gueules, à la bordure engreslée d'azur, qui est Lesguern; moderne : fascé de six pièces de vair et de gueules, qui est Coëtménec'h.

    Prigent de Coëtménec'h vivant en 1411, laissa de l'héritière de Lesguern: Alain, vivant en 1147, marié à Anne du Rest, dont les descendants prirent le nom de Lesguern, mais en retenant les armes de Coëtménec'h.

    Jacques-Guy, épouse en 1688, Jeanne de Touronce, dame de Kervéatoux; Joseph-René, petit-fils des précédents, épouse en 1753, Marie-Jeanne de Kersulguen, dame de Chef-du-Bois ; un conseiller au parlement en 1778.

    La branche aînée tombée en quenouille, a porté au XVIe siècle la terre de Lesguern dans la famille Huon de Kerézelec.

     

    TOURONCE (dk) (ramage de Keraldanet), s’ dudit lieu, de Coëtmanac’h et de Poncelin, par. de Plouzané, — de Kervéatoux, de Kerloaz et de Guicarzel, par. de Plouarzcl, — de Mespérennez, par. de Plouider, — de Mesguen, — de GoazmérieD, — de Tenamprat, — de Gorréquer par. de Lannilis, — de Kerélec. — de Kergoff, - de Kerstang, - de Kerscau, — du Forestic, par. de Guipavas, — de Keramis, par. de Plougar, — du Lez, — de Kergaznou, — de la Haye.

    Anc. ext., réf. 1669, dix gén. ; réf. et montres de 1427 à 1534. par. de Plouzané, Plouarzel et Guipavas, év. de Léon.

    De gueules au chef endenché d’or, qui est Keraldanet, chargé de trois étoiles de sable. Devise : A bien viendra par la grâce de Dieu.

    Quillaume, vivant en 1400, épouse l’héritière de Kervéatoux, dont : Hervé, vivant en 143), marié a Marguerite le Borgne.

    La branche de Poncelin et de Mespérennez fondue dans Kersauson ; la branche de Kervéatoux fondue en 1688 dans Lesguern ; la branche de Gorréquer, fondue en dans Calloêt ; la branche de Keramis fondue dans Combout, puis le Vayer. Moderne : Kerjean.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1904, Architecture bretonne, étude des monuments du diocèse de Quimper, Kerangal, page 322

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f20eb990fd763d232327db92aeeb6869.pdf

    — ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

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    —[BITTEL (Philippe)] La chapelle Sant Dispar ou Saint Exupère au logis Logispar en Dinéault ,  http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/la-chapelle-saint-exupere

    — Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187. 

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

     

    — BARRIÉ (Roger), 1978, Etude sur le vitrail en Cornouaille au 16e siècle, Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper : Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper  ; sous la direction d' André Mussat / [S.l.] : [s.n.] ,  Thèse, Université de Haute Bretagne, Rennes. 

    — BARRIÉ (Roger), 1977, "Un atelier de peinture sur verre en Cornouaille vers 1535", in Le vitrail breton. Arts de l'Ouest, numéro 3 (Centre de recherches sur les arts anciens et modernes de l'Ouest de la France, U. E. R. des arts, Université de Haute-Bretagne, Rennes)

    — BARRIÉ (Roger), 1977, "Le vitrail de la Transfiguration de la chapelle Sainte-Barbe au Faouet", Arts de l'Ouest, 1977-1, p. 38-50 et figure 13-14.

    — BARRIÉ (Roger), 1976 Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44.

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/abpo_...

    — BARRIÉ (Roger), 1989, "Le vitrail breton et les Flandres"   Edité par Musée Départemental Breton

    — COUFFON (René), 1988 “Couffon, Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5f1e44690060a9af93241445812e6ca8.pdf

    — DOUARD Christel  et Florent Maillard, du service de l'inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 2009, inventaire du patrimoine bâti

    http://www.bretania.bzh/EXPLOITATION/Default/search.aspx?SC=DEFAULT&QUERY=Din%C3%A9ault#/Search/(query:(ForceSearch:!f,Page:0,PageRange:3,QueryString:Din%C3%A9ault,ResultSize:24,ScenarioCode:DEFAULT,ScenarioDisplayMode:display-vignet,SearchLabel:'',SearchTerms:Din%C3%A9ault,SortField:!n,SortOrder:0,TemplateParams:(Scenario:'',Scope:Default,Size:!n,Source:'',Support:'')))

    —Bulletin de la Société archéologique du Finistère 1893 page XXIII

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076230/f33.image

    —  Bulletin de la Société archéologique du Finistère 1897 page IV et V

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f15.image

    — MATTE (Jean-Luc), iconographie de la cornemuse, http://jeanluc.matte.free.fr/fichpr/dbdineault.htm

    — LE BIHAN (Jean-Pierre), blog

    LE GUENNEC (Louis), 1923, Le donateur du vitrail de la chapelle de Saint-Exupère en Dinéault. Bulletin de la Société archéologique du Finistère.  (T50) page 57

    http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb34368111j/date1923

    — OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. page 249

    https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/248/mode/2up

    — TOPIC-TOPOS

     http://fr.topic-topos.com/vitrail-dineault

     

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    25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 23:34

    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. Quelques images de la messe de la Chasse.

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    Date : Samedi 25 février 2017.

    I. L'AUBADE PRÉCÉDANT L'OFFICE.

    La société de chasse La Communale avait invité les sonneurs de trompe des Echos de Keroual et trois musiciens de la Garde républicaine, qui se sont répondus, devant l'église et le bar à vin Les Folatières.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.
    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.
    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    LA  MESSE DE LA CHASSE.

    La chorale Sainte-Geneviève était dirigée par Jean-Luc Verbrugge, et accompagnée par les trompettes de cavalerie de la Garde républicaine.

    Les Echos de Keroual ont joué la Saint-Hubert..

    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. II. La messe de la Chasse.

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    Published by jean-yves cordier - dans Dinéault
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    25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 15:00

    L'église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault (29). I. Les bannières.

    Merci à Jean-Luc Verbrugge, maître de chœur de la chorale Sainte-Geneviève et co-patron du bar Les Folatières, pour son chaleureux accueil.

    Voir : 

    L'enclos paroissial de Dirinon IV : les bannières anciennes (XVIIIe siècle) de l'église Sainte Nonne.

     

    Pour d'autres articles, inscrire "bannière" sur "rechercher" en haut à droite.

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    L'église de Dinéault renferme deux bannières placées dans la nef derrière les piliers précédant le chœur : l'une date de 1925 et l'autre de 1958.

    On trouve aussi sur la tribune 4 bannières de confrérie.

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    I. La bannière de la Crucifixion / Saint Exupère et Marie-Madeleine.

    Longueur : 160 cm. Largeur 115 cm

    Il s'agit d'une reconstitution d'une bannière du XVIème (?? plutôt  XVIIe) siècle, réalisée en 1925 (sous le le recteur Guennec) par les religieuses de l'Adoration de Quimper. Une restauration a été effectuée dans les années 2000.

    Les sœurs de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, établies à Quimper de 1836 à 2013 pour y tenir un orphelinat Rue de la Providence, et d'une maison de retraite en 1896  (création d'une maison à Brest en 1851 et à Morlaix en 1923) étaient au nombre de 200 en 1900.

    1°) La Crucifixion.

    Fond : a) tissu de velours bronze ou or uni pailleté de sequins argent  b) en bas, pour le sol, satin bleu et rose. 

    Sujet :  Crucifixion entre la Vierge et saint Jean. Le crâne et les ossements rappellent le nom du Golgotha "le lieu du crâne", mais aussi le crâne d'Adam dont le péché est racheté par le sacrifice du Christ.

    — Broderies d'accompagnement : 6 bouquets identiques en fil argenté.

    Bordure : galons d'or. La scène historiée est isolée par une bande de rinceaux en bas et sur les cotés.

    Gousset : alternance de tissus de velours des couleurs vert bronze et rouge  du recto et du verso.  La bande supérieure forme gousset, dans lequel passe la traverse horizontale.

    Lambrequin : à cinq festons rectangulaires alternant les couleurs vert bronze et rouge,   galonnés et frangés de glands de fils bleus et jaunes réunis par une surliure bleue. Chaque feston est orné d'un fleuron,  bouquet de fleurs de deux dessins différents. Une fleur réunit 14 pétales autour d'un séquin . 

    Clochettes : non. Pas de glands en pompons entre les festons.

    Support : en métal (laiton), avec une croix au sommet et des pommes aux extrémités .

    Le sujet principal, le Calvaire (Christ en croix entre Marie et Jean), répond au poncif de la trentaine d'exemples de Crucifixion du corpus de bannières anciennes de Basse-Bretagne :

     "La croix est solidement fixée par des coins dans un sol fleuri, vue en très légère contre plongée car on en voit l'épaisseur. Ce parti permet de mettre en évidence les yeux levés du Christ, crucifixion d 'avant l'instant de la mort, lorsqu'il prononce ses derniers mots « tout est achevé ». Le sang qui coule du côté rappelle le coup de lance, donné après la mort . Les deux pieds sont posés côte à côte. Un crâne est au pied de la croix, sur l'herbe, parfois accompagné des deux tibias croisés, rappelant que le lieu de la crucifixion s'appelait Golgotha, le lieu du Crâne. On a pu y voir aussi le symbole d'Adam, enfin racheté par la mort du Christ. Plus certainement, pour les croyants de cette époque, ce crâne, se détachant sur l'herbe verte, toutes dents dehors, est une évocation de leur propre fin dernière. On sait l'importance des ossuaires et reliquaires d'attache dans toute cette région immédiate.  La scène du Calvaire avec les seuls Marie et Jean « le disciple qu'il aimait » est la plus fréquente. La mère à la droite de son Fils, les mains jointes, le disciple semblant converser, s'adresser au crucifié. C'est un motif innombrable en peinture, reproduit et diffusé sous forme de gravures . Dans une autre version (le Cloitre-Pleyben, Pleyber-Christ, Saint-Pol de Léon, Cotascorn, Plouguerneau, Le Minihy-Tréguier, Saint-Pierre-Quilbignon, Plougourvest  ) c'est Jean qui a les mains jointes et la mère qui semble s'adresser à son Fils, comme dans le tableau de Guido Reni (1624). C'est le dernier échange filial, lorsque Jésus dit à sa mère « Femme voici ton fils » et à Jean « Voici ta mère ». Phrases qui fondent, légitiment, l'affection que les fidèles portent à la Vierge, la dévotion mariale qui a marqué la chrétienté, et singulièrement la Basse- Bretagne. "(d'après C. Guillou 2010)

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    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le Christ.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge.

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    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le nimbe est réalisé en tissu jaune recouvert d'un treillis de fils brillants : il n'a pas la qualité des nimbes en couchures des bannières anciennes (voir celles de Dirinon).

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    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Jean.

    Ses bras sont croisés sur la poitrine, son cou est tendu vers l'avant. Le regard est lourd, seule la partie inférieure de la conjonctive est visible. Le nimbe est réalisé en tissu jaune recouvert d'un passage horizontal de fils brillants, assez fragile et qui se détériore.

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    Saint Jean, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jean, bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Détail : une fleur du sol.

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    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Détail. Glands de passementerie. Cannetille et filets de fils.

    Glands de passementerie. Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Glands de passementerie. Bannière de la Crucifixion (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    2°) Saint Exupère et sainte Marie-Madeleine.

     

    Fond : a) tissu de velours rouge uni pailleté de sequins argent  b) en bas, pour le sol, satin bleu et rose. 

    — Sujet :Les deux personnages réunis ici sont saint Exupère (Sant Dispar), patron de la chapelle éponyme, et sainte Marie-Madeleine (Santez Mari-Madalen), titulaire de l'église. Ils apparaissaient déjà (quoique le saint évêque y soit intitulé "saint Paterne) sur le vitrail de 1535 de la chapelle Saint-Exupère (aujourd'hui au Musée Départemental de Quimper). L'église conserve aussi une statue en bois du saint, datant du XVe siècle et provenant de la même chapelle.

    De même, l'église conserve, ornant le chœur,  une statue en bois de Marie-Madeleine datant du XVIIe siècle.

    Le couple Saint-évêque / Marie-Madeleine figure aussi sur le calvaire de l'église datant de 1550, 1648 et 1696

    Broderies d'accompagnement : 3 grands bouquets identiques et 3 petits bouquets en fil argenté.

    Bordure, Gousset et Lambrequin : identiques au coté Crucifixion.

     

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    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    1°) Saint Exupère.

    Aucune inscription et aucun attribut ne permet de l'identifier. En effet, il reproduit le poncif d'un saint évêque, certes différent de l' "évêque modèle de la réforme tridentine" décrit par Christiane Guillou, et qui est figuré de 3/4, en mouvement et le pied en avant. Ici, il est de face, bénissant de la main droite et tenant la crosse de l'autre, portant la mitre, l'étole, la cape et le surplis ou dalmatique de dentelle.

    Saint Exupère, ami et contemporain de saint Jérôme, fut évêque de Toulouse au Ve siècle. On peut penser que  saint Dispar , dont le  nom breton signifie "sans pareil", mais qui ne figure pas au calendrier romain, a du, pour s'y conformer,  être apparenté ou assimilé à un saint du rituel romain par rapprochement de sonorité avec celui de l'évêque de Toulouse. 

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    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de la Crucifixion et de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Exupère, Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Exupère, Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Sainte Marie-Madeleine.

    Quoique je l'ai d'abord identifiée comme saint Jean tenant son calice, on la reconnaît à ses cheveux longs et à son flacon d'onguent.

    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Sainte Marie-Madeleine. Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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     Bannière de  saint Exupère et sainte Marie-Madeleine  (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de saint Exupère et sainte Marie-Madeleine (1925), église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    II. La bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine / Saint Exupère.

    Longueur 154 cm Largeur 105 cm.

    1°) Sainte Marie-Madeleine.

    Inscription : Ste MARIE-MADELEINE / 1958.

    Fond : tissu de velours rouge-pourpre uni.

    Sujet : Marie-Madeleine tenant un calice (de parfum versé sur les pieds de Jésus selon Jean 12:2-3, ou plutôt d'onguent ou "d'aromates" (Marc16:1) pour l'embaumement du Christ.

    — Broderies d'accompagnement : inscription et chronogramme ; 9 fleurons de 4 pétales ; 2 rameaux fleuris noués par un ruban ; 2 petits rameaux fleuris.

    Bordure : galons d'or.

    Gousset : La bande supérieure forme gousset, dans lequel passe la traverse horizontale.

    Lambrequin : à  trois festons en ogive, largement bordés de cannetilles.

    Clochettes : non. Présence de  glands et cannetilles entre les festons.

    Support : en métal  avec une croix ouvragée au sommet.

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     Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine,  église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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     Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine,  église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de 1958 : Sainte Marie-Madeleine, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    2°) Saint Exupère.

    Inscription : PAROISSE DE DINEAULT / ST EXUPERE P.P.N

    Fond : tissu de velours rouge bordeau uni.

    Sujet : Saint Exupère en évêque, le haut du corps tourné vers la gauche, bénissant.

    — Broderies d'accompagnement : inscription et chronogramme ; 9 fleurons de 4 pétales ; 2 rameaux fleuris noués par un ruban ; 2 étoiles ; 1 petit rameau fleuri.

    Bordure , Gousset ,  Lambrequin , Support : comme la face opposée.

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    Saint Exupère. Bannière de 1958,  église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Exupère. Bannière de 1958, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Les quatre bannières de la tribune.

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    Bannières sur la tribune de l' église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannières sur la tribune de l' église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière Saint-Louis de Gonzague.

    Cet étudiant jésuite mort à Rome en 1591 au service des pestiférés est le saint patron de la jeunesse catholique ; un collège et un lycée de Chateaulin portent ce nom. 

    Fond de  velours bleu. Inscription St LOUIS DE GONZAGUE PRIEZ POUR NOUS. Deux tiges de lys sont  croisées.

    Bannière Saint Louis de Gonzague, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière Saint Louis de Gonzague, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière eucharistique ? 

    Fond blanc. Christ (ou saint Joseph) bénissant et regardant un lys à ses pieds. Pampres, croix et fleurs en périphérie.

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    Bannière eucharistique (?) église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière eucharistique (?) église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière de l'Immaculée-Conception.

    Fond blanc.

    Bannière de l'Immaculée-Conception, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de l'Immaculée-Conception, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bannière de Sainte Anne éducatrice.

    Fond or. Sainte Anne et la Vierge, entourés d'un rinceau..

    Bannière de sainte Anne, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Bannière de sainte Anne, église Sainte Marie-Madeleine de Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

    — BITTEL (Philiipe), L'église Sainte Marie-Madeleine

    http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

    http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

    — COUFFON (René)

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DINEAULT.pdf

    — GUILLOU (Christiane Hermelin), Les bannières de Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles : Les ”vieilles” bannières. 79 pages + 38 illustrations hors texte Ceci est le chapitre d’une thè se en cours. 2010.

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00546728/document

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    23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 15:31

    Les calvaires de Dirinon VII : La Croix de Ty-Croas.

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    Voir la série sur Dirinon :

    L'enclos paroissial :

    Le culte de sainte Nonne :

    Les croix et calvaires de Dirinon :

     

     

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    Rappel :

    "Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

    "Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

    Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433. Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

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    Situation.

    Street view

    Maps (60 rue de la Gare)

    La croix se situe à l'entrée sud-ouest du bourg de Dirinon, à l'embranchement de la rue de la Gare et de la rue du Stade. Les photos aériennes de 1950-1965 montrent qu'il y a cinquante ans, Ty Croas était le nom d'un hameau isolé dans les champs à 1 kilomètre du bourg, comportant en 1950 trois maisons bordant la route. 

    L'urbanisation de Dirinon s'est faite le long des voies principales, notamment la rue de la Gare.

    Si on remonte le temps, la carte d'Etat-Major 1820-1866 [en réalité plus tardive, puisque la Station de la ligne Landerneau-Châteaulin crée en 1867 y figure] ne montre plus aucune habitation sur la route entre le château de Keranc'hoat et le Bourg, et son embranchement avec la route vers Keravel.

    En 1827, date du cadastre napoléonien, la route est intitulée Chemin vicinal de Loperhet à Landerneau et aucune maison n'y figure.

    En remontant encore, vers 1780, la carte de Cassini ne montre plus ici aucun chemin, mais une crête boisée (altitude 110 m environ) d'où descendent divers ruisseau vers le nord (le Roual) et vers le sud (la Glanvez). Cette zone est déserte, aucun nom de lieu n'y figure.

    http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_p%2Fserie_3p%2FFRAD029_00000003P%2Exml&page_ref=74484&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

    Toponymie.

    Ty-Croas signifie "la maison près de la croix". Puisqu' aucune maison n'est signalée ici au XVIIIe et première moitié du XIXe, on pourrait en conclure que le nom Ty-Croas est récent, mais il faudrait s'en assurer plus précise par l'étude du cadastre et des archives.

    Description.

    Elle est décrite en ligne dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous le n° 433, avec   3 dessins. On peut la reprendre et la compléter ainsi :

    Ty-Croas, croix en kersanton de 5 mètres de haut, datant du XVIe siècle. L'emmarchement de trois degrés (granite) reçoit un socle cubique portant l'inscription 1904. Le fût (carré aux angles chanfreinés) est armorié au niveau du nœud aux armes de Lesguern et ??. La croix comporte le crucifix et une Vierge à l'Enfant.

    Orientation.

    La croix n'est pas orientée comme elle l'était initialement, le crucifix tourné vers l'ouest, mais selon des impératifs d'aménagement urbain, dans l'axe de la rue de la Gare.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    I. LE CRUCIFIX.

    Le Christ barbu, cheveux longs, yeux clos, tête inclinée, porte un pagne court. Pieds en rotation interne. Nombril en bouton. Titulus moderne.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Un écu est placé sur le nœud du fût : malgré une lecture rendue difficile par la présence de lichens, il porte une magnifique hure de sanglier, qui correspond aux armoiries d'or à la hure de sable de la famille de Rosnyvinen. . Annie Le Men 1990, qui   a identifié cet écu,  a indiqué dans son article pour cette croix la date de 1610.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Rosnyvinen

    Pol Potier de Courcy décrit ainsi la famille de Rosnyvinen dans son "Nobiliaire et armorial de Bretagne" :

    « Rosnyvinen (de), sr dudit lieu, trêve de Loc-Eguiner, par. de Ploudiry, — de Keranhoat, par. de Loperhet,de Trébéolin, par. de Dirinon, — de Guitté, par. de ce nom, — de Vaucouleurs, par. de Trélivan, — de Chambois et de Beauvais, en Normandie, — du Parc-Avaugour, au Maine, — du Plessix-Bonenfant et de Piré, par. de Piré, — de la Gromillais, par. de Québriac, — de Trémelgon, par. d’Ambon, — de Gamarec, par. d’Elven, — de Tilly, — de la Haye-d’Iré, par. de Saint-Rémy-duPlain, —comte de Maure, par.de ce nom, —s’deFouesnel, par. de Louvigné-de-Bais, — de Beaucé, par. de Mélesse, — du Bouessay, — de Kerouzéré, par. de Sibiril, — du Jarriay, par. de Rougé, — du Rible, par. de Plomodiern. Ane. ext. chev., réf. 1669, onze gén.; réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Ploudiry, Loperhet, Dirinon, Québriac, Plougastel-Daoulas et Trélivan, év. de Léon, Cornouaille et Saint-Malo. D’or à la hure de sanglier de sable, arrachée de gueules et défendue d’argent ; aliàs : à la bordure engreslée de gueules. Devise : Défens-toi ; et aussi : Non ferit nisi læsus. »

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    Or, la consultation de la carte IGN montre que le château de Keranc'hoat à Loperhet et le lieu-dit Trébéolin à Dirinon ne sont pas éloignés de Ty-Croas de plus d'1,5 km.

    image Wikipédia 

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    II. LA VIERGE À L'ENFANT.

    La Vierge porte une couronne à larges fleurons. Son visage est rond. Son Fils, aux cheveux ras,  est assis jambes croisées sur son bras gauche. Tous les deux se tiennent la main, ou bien tiennent ensemble un objet indistinct. 

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    De ce coté de la croix, nous trouvons un écu portant trois rangs de cloches et de pots alternés qui correspondent en héraldique à une fourrure, le vair. Il est possible d'y voir, comme le suggère l'Atlas des Croix et Calvaires, les armoiries de la famille Lesguern, fascé de six pièces de vair et de gueules, reprise de la famille de Coëtménech

     

    Nobiliaire et armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy

    LESGUERN

    par. de Plouarzel, — de Rosarnou, par. de Dinéault, — de Kerbréden, par. de Plouvien, — de Chef-du-Bois, près Landerneau.

    Anc. ext., réf. 1669, neuf gén. ; réf. et montres de 1447 à 1554, par. de Saint-Frégan, év. de Léon.

    Pour armes antiques : d'or au lion de gueules, à la bordure engreslée d'azur, qui est Lesguern; moderne : fascé de six pièces de vair et de gueules, qui est Coëtménec'h.

    Prigent de Coëtménec'h vivant en 1411, laissa de l'héritière de Lesguern: Alain, vivant en 1147, marié à Anne du Rest, dont les descendants prirent le nom de Lesguern, mais en retenant les armes de Coëtménec'h. Jacques-Guy, épouse en 1688, Jeanne de Touronce, dame de Kervéatoux; Joseph-René, petit-fils des précédents, épouse en 1753, Marie-Jeanne de Kersulguen, dame de Chef-du-Bois ; un conseiller au parlement en 1778.

    La branche aînée tombée en quenouille, a porté au XVIe siècle la terre de Lesguern dans la famille Huon de Kerézelec.

     

    COETMENEC'H

    Coëtménech (de), vicomte dudit lieu par. de Plouider,— sr de Coëtjunval, par. de Ploudaniel, — de Kerrom et de Rucat, par. du Minihy de Léon, — de Keranhoat, par. de Loperhet, — de Penandreff. par. de Plourin.

    Réf. et montres de 1446 à 1503, par. de Plouider, Kerlouan, Plourin, Languengar, Ploudaniel et le Minihy, év. de Léon. Fascé de vair et de gueules (Sceau 1418), Devise : Soit.

    Prigent vivant en 1373, marié à Tiphaine du Chastel.

    La branche ainée fondue au xv« siècle dans le Vayer, d'où la vicomté de Coëtménec'h a appartenu successivement aux la Feillèe, Beaumanoir, Rosmadec, Kergroades, Montmorency et par acquêt aux Barbier de Lescoët.

    La branche de Coëtjunval fondue dans du Louët qui ont retenu les armes de Coëtménec'h ; le chef d'une autre branche en épousant l'héritière de Lesguern, en Saint-Frégan, prit ainsi que ses descendants le nom de Lesguern, mais en conservant les armes de Coëtménec'h. Voyez Lesguern.

    Je renvoie aux compétences de Jean-Bernard de La Brosse et à la lecture de son ouvrage Dirinon et son pays sur les manoirs de Dirinon pour démêler les fils de l'histoire du manoir de Keranc'hoat et des seigneurs de Rosnyvinen, du Louët, des Coëtmenec'h et de la famille Lsguern.

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La date 1904 est gravée (avec un joli chiffre 4) sur le socle, date probable d'une Mission.

     

     

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    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

    “0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

     — LE MEN (Annie), 1990, "Armorial de la commune de Dirinon" Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXIX, pages 207 à 224 (page 220)

    —G. LE MOIGNE (Logonna) : site Flickr

    https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

    — Plan Local d'Urbanisme de Dirinon

    http://www.pays-landerneau-daoulas.fr/medias/2016/07/Rapport-de-presentation_20160610-MPLUS1-DIRINON-RP-MODIFIE_APPROBATION.compressed.pdf

    — Les voies antiques entre Quimper et Landerneau, in site Voies Romaines de Bretagne

    http://voies-romaines-bretagne.com/vrom2/index.php?art=vrom_f_quimper_le_faou_landerneau.

    — LA BROSSE (Jean-Bernard de), 2010-2016, Dirinon et son pays au fil de l'histoire de la Bretagne, quatre tomes. 

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