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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 22:44

 Inventaires de la Bibliothèque de l'École de médecine navale de Brest 1804-1836...

...tel qu'ils figurent dans le dossier de manuscrit Ms 14 du Service Historique de la Marine à Brest.

   Il s'agit des l'inventaires successifs des acquisitions à partir de 1804, et non du fond plus ancien issu de la partie médicale de la Bibliothèque de l'Académie de Marine créée en 1752 et devenue la Bibliothèque du Port. 

Ceux-ci peuvent apparaître de faible intérêt, puisque le Ministère de la Marine a fait paraître entre 1838 et 1843 le catalogue complet de l'ensemble de ses bibliothèques dont celle de l'hôpital de Brest. A quoi bon me fatiguer?

  La Bibliothèque de l'hôpital maritime, comme celle du Port dont elle est une émanation, dépendaient en effet du ministère de la Marine, lequel a procédé sous les trois ministères de l'amiral Dupérré  entre 1836 et 1842 à l'inventaire de l'ensemble de ses bibliothèques ( 2 à Paris, Brest, Toulon, Rochefort, Lorient Cherbourg, et six ports Outre-mer) et a publié le résultat sous forme d'un catalogue de cinq tomes, le Catalogue général des livres composant les bibliothèques du département de la Marine et des Colonies. 

Le volume qui nous intéresse le plus, car il est consacré aux "sciences et arts" et contient le plus de livres provenant de la bibliothèque de l'hôpital, est le tome 2 de 1839 : c'est le seul à ne pas être disponible en ligne ! Catalogue général des livres composant les bibliothèques du département de la marine et des colonies.  Tome II, Sciences et arts en général : n°s 3505 à 10132 / Louis-Marie Bajot, Prosper Levot, Paris, Imprimerie royale, 1839.XXVII-868 p. ; 24 cmTome 2 1839 n°3505 a 10132.

Les autres tomes sont :

Tome I : 1838 :Théologie, législation et administration de la marine, législation et administration en général, sciences et arts relatifs à la marine : n°s 1 à 3504.

 Tome III : 1840 : Géographie et voyages.

Tome IV 1842 : Histoire et Belles Lettres.

Tome V : 1843 :liste alphabétique par nom d'auteurs et par titre des ouvrages anonymes .

  On peut les consulter au Service Historique de la Défense (à Vincennes, et, pour certains volumes, à Cherbourg, Lorient, Toulon, etc.)


  Sous le ministère de l'amiral Dupérré, les bibliothèques de la marine, "depuis longtemps languissantes et presque nulles", bénéficièrent après évaluation des besoins propres à chaque site de copieuses dotations d'ouvrages de la part de leur tutelle. Dés l'année 1837, les acquisitions connaissent une augmentation exponentielle...mais pilotées par Paris qui envoie à chaque port les mêmes ouvrages et les mêmes revues. 

 


 A défaut d'avoir accès à cet inventaire complet de 1838-1843, j'ai recopié les différents inventaires...jusqu'à  1837, le travail devenant trop important : disons que c'est un début. Cela permettra déjà de connaître la documentation disponible pour les officiers de santé et les élèves de l'École de médecine navale dans le premier tiers du XIXe siècle, au moment où la médecine émergea de l'hippocratisme ou du galénisme pour entrer dans l'ére anatomo-clinique avec Laennec.

 

I. Inventaire de 1810.

sous le titre "NOTICE des livres données par le préfet pour la bibliothèque de l'École de santé":

 

64 bis. BALLEXER Education physique des enfants, in-8°

65. SCHENCK, Observationes medicae, in f°

66.BIANCHI, historia hepatica, in 4°, 2 T.

67.CULLEN, Nosologia , in 4°.

68.MORGAGNI, Desedibus et causis morborum, in 4°, 2T .

69.POMME ou SOMME, Maladies nerveuses, in 4°,

70. WANSWIETEN, Di cognos et curandis morbis, in 4°, 5 vol.

71.HALLER , Disputationes medicae, in 4°, 7 vol.

72.HISTORIA, morborum, annis 1669, 1700, 1701, in 4°.

73.TRILLER, Opuscula medica, in 4°, 2 vol.

74.. WANSWIETEN, Constitutionis epidemicae etc., in 4°.

 

 

143. DIOSCORIDE, Commentaire de Mathiol, in f°.

144. MAURICEAU, Maladies des femmes grosses, in 4°, 2 vol.

145 . HIPPOCRATES, Medicina, in 4°.

146. PEYRITHE, Cours de médecine, manuscrit, in 8°.

147. STOLL, Medicina, in 8°.

148. GRIMAUD, Traité des fièvres, in-8°.

149. GARDANNE, Maladies vénériennes, in 8°.

150. UNDERWOOD, Maladies des enfans, in-8°.

151. STORCK, Préceptes de médecine, in-8°, 2 vol.

152. QUARIN, De febribus et inflammationibus, in-8°, 2 vol.

152 bis, TOURTELLE, Traité de médecine, in-8°, 3vol.

153. SELLE, Pyrétologie méthodique, in-8°.

153 bis, THIERRY, La vie de l'homme respectée, in-12°

154. CELSE, Introduction à la médecine, in-12), 2 vol.

154.bis, WHYTT, Avis aux femmes enceintes, in-12°.

155. GOETZ, Traité de la petite vérole et de l'inoculation, in-12°.

156. TURNER, Maladies de la peau, in-12°, 2 vol.

157. RETZ, Sur les maladies épidémiques, in-12°

158. HALLER, Collection de théses, in-12°, 5 vol.

160. HIPPOCRATE, Épidémies, in-12°.

161. TISSOT, Gymnastique médicinale, in-12°.

162. FOUQUET, De la petite vérole, in-12°.

163. RAULIN , Maladies des femmes en couche, in-12°.

164. STORCK, Annus medicus, in-12°, 3 vol.

165. ANDRY, De la génération des vers, in-12°, 2 vol.

166. RETZ, Maladies de la peau, in-12°, 2 vol.

167. HIPPOCRATE, Aphorismes, in-12°,

168. HIPPOCRATE, Aphorismes, grec et latin, in-12°

169. JOURNAUX de Médecine depuis 1786 jusque et y compris 1796. 28 vol.

170. ANDRY, L'orthopédie, in-12°, 2 vol.

170 bis, BONNAFOX, Phtysie pulmonaire, in-8°.

171. CULLEN, Médecine, i-8° ; 2 vol.

172. BORDEU, Recherche sur l'épaule (?), in-8°, 4 vol.

173. BROWN, Médecine, in-8°.

174. CHAMBON , Maladies des enfans, in-8°, 2 vol.

175. VITET, Médecine expectante, in-8°, 6 vol.

176. PAULET, Maladies épizootiques, in-8°, 2 vol.

177. SOUCEROI, Médecine éclairée, in-8°, 4 vol.

178. CATEL, Sur la contagion, in-8°.

179. SWEDIAU, Maldies vénériennes, in-8°, 2 vol.

180. BARTHEZ, Maladies goutteuses, in-8°, 2 vol.

181. CABANIS, De la certitude en médecine, in-8°.

182. HIPPOCRATE, Les œuvres traduites, in-8°, 4 vol.

183. MAHON, Médecine légale, in-8°, 3 vol.

184. FODÉRÉ. Médecine légale, in-8°, 3 vol.

185. VIGAROUS, Maladie des femmes, in-8°,2 vol.

186. STOLL, Médecine clinique in-8°, 4 vol.

187. ROZEN, Maladies des enfants, in-8°.

188. MOMMET, Des eaux minérales. in-8°.

189. Mémoires de la Société médicale d'émulation, in-8°, 6 vol..

190. ALIBERT. Des fièvres pernicieuses, in-8°.

191. ZIMMERMAN, De l'expérience en médecine. in-8°, 3 vol.

192. PINEL, Nosographie philosophique. in-8°, 3 vol.

193. PINEL, Médecine clinique. in-8°.

194. HIPPOCRATE, Des eaux, des airs, et des lieux, in-8°, 2 vol.

195. SCARPA, Maladies des yeux. in-8°, 2 vol.

196. PORTAL, Mémoires sur plusieurs maladies, in-8°, 3 vol.

197. GUARIN, Des fièvres et inflammations, in-8°, 2 vol.

198. BELL De la gonorrhée virulente, in-8°,2 vol.

199. PETIT-RADET, Institutions de médecine, in-8°,2 vol.

200 PLATUERI, Opera, in-8°.

201. CHABERT, Maladies des animaux domestiques, in-8°.

202. PLANQUE, Bibliothèque médicale, in-8°, 31 vol.

203. BLATIN, Catarrhe utérin, in-8°.

204. LEROY, Médecine maternelle, in-8°.

205. SELLE, Introduction à la médecine, in-8°.

205 bis. RIGNAUD, Recherches sur l'économie animale, in-8°.

206. HUNTER, Maladies vénériennes, in-8°.

206 bis. RISBETH, Maladies vénériennes, in-8°.

207. BROUSSONNET, Séméiotique, in-8°.

207 bis. CHORTET et autres, Vraie théorie médicale de Brown, in-_°, 7 vol.

208. GEOFFROI, Manuel de médecine, in-8°.

208bis. CABANIS, Révolution de la médecine, in-8°,

209. BUCHAU, Conservateur de santé, in-8°.

209 bis, HAËN, Ratio medendi, in-8°, 11 vol.

210. DESPORTES, Maladies de l'Amérique, in-8°, 3 vol.

210. BELLOC, Médecine légale, in-8°.

211. RAMAZZINI, Maladies des artisans, in-8°.
211 bis. LECLERC, Histoire naturelle de l'homme malade, in-8°, 2 vol.

212. LAVOISIEN, Dictionnaire de médecine, in-8°.

212 bis, PINEL, sur la manie, in-8° .

213.BOISSIEU et autres, Dissertation sur les antiseptiques, in-8°.

213 bis. CAMUS, Médecine de l'esprit, in-8°.

214. LE ROY, Mélanges de médecine, in-8°.

247. AMBOISE PARÉ, œuvres, in-folio.

248. HÉVIN, Pathologie, in-8°.

249. RAVATON, Chirurgie d'armée, in-8°.

250. BERTRANDI, Opérations, in-8°.

251. PASTA, Des pertes de sang, in-8°,2 vol.

252. BAUDELOCQUE, Accouchement, in-8°, 2 vol.

253. SABATIER, Médecine opératoire, 8°, 2 vol.

254, LASSUS, Médecine opératoire, in-8°,3 vol.

255. DESAULS, Maladies des voies urinaires.

256 . DESAULS, Oeuvres chirurgicales, in-8°, 2 vol.

 

347. MORELLOT, Le pharmacien chimiste, in-8°.

348, BOUILLON-LAGRANGE, Chimie, in-8°.

349. CHAPTAL, Chimie, in-8°.

350, ALYON, Chimie, in-8°.

354. FABULET, Chimie, in-8°

352, NICOLAS, Chimie, in-8°.
353. CARBONEL, Pharmacie, in-8°.

364. Pharmacopée delyde, in-8°.

355. BERGMAN, Chimie, in-8°.

356. FOURCROI, Nouvelle nomenclature chimique.

367. MACQUER, Dictionnaire de chimie, in-8°, 4 vol.

358. Pharmacopée de Londres, in-4°, 2 vol.

358 bis. FOURCROI, Tableaux synoptiques de Chimie, in-folio.

359. PARMENTIER, Code pharmaceutique, in-8°.

359 bis. CADET, Dictionnaire de Chimie. in-8°, 4 vol.

361. GUYTON DE MOREAU, Moyen de désinfecter l'air, in-8°.

362. BERGIUS, Materia medica vegetabilia, in-8°,2 vol.

364 BERTHOLLET, Statique chimique, in-8°,2 vol.

364 bis, LAVOISIER, Chimie, in-8°, 3 vol.

365. PARMENTIER et DEYEUX, Sur le lait, in-8°.

365 bis, SIGAUD de LAFOND, Sur les airs fixes, in-80°.

 

377. DESBOIS de ROCHEFORT, Matière médicale, in-8°, 2 vol.

378. DEMALUS, Manuel du pharmacien, in-8°, 2 vol.

379. TOURTELLE, Matière médicale,

380. LACÉPÈDE, Des Cétacés, in-4°.

380bis. BUFFON, Histoire naturelle générale, in-4°, 28 vol.

381. NOUVEAU DICTIONNAIRE d'Histoire naturelle, in-8°, 24 vol.

382. MILIN, Éléments d'histoire naturelle, in-8°.

383. MORELLOT, Cours élémentaire d'Histoire naturelle, in-8°, 2 vol.

384. CUVIER, Tableau élémentaire d'Histoire naturelle, in-80.

385. PEYRITHE, Cours d'Histoire naturelle médicale, in-8°.

386. BLOCH, Génération des vers, in-8°.

387. NICOLAS, Méthode pour préparer et conserver les animaux, in-8°.

388. SPALLANZANI, Recherches microscopiques, in-4°.

388.bis. GIROD-CHANTRANS, Recherches sur les conserves, in-4°.

389. VIREY, Histoire naturelle du genre humain, in-8°, 2 vol.

390. HUSSON, Recherches sur la Vae....ine in-8°.
390.bis, LACÉPÈDE, Histoire naturelle des poissons, in-12°, 11 vol.

391. LAMARCK, La Flore françiase, in-8°, 3 vol.

392. SENNEBIER, Physiologie végétale, in-8° , 5 vol.

393. LINNÉ, Systema naturae, in-8°, 9 vol.

394. DUMONT-COURCET, Le Botaniste cultivateur, in-8°, 4 vol.

395. Le Calendrier de Flore, in-8°, 3 vol.

396. JUGEN-HOUZ, Expériences sur les végétaux, in-8°, 2 vol.

397. LINNÉ, Système sexuel des végétaux, in-8°.

381 bis BOSC. Histoire des coquillages, vers et mollusques, in-12°, 10 vol.

398. JUSSIEU, Genera plantarum, in-8°.

402. LINNÉ, Genera plantarum, in-8°.

404. Flora parisiensis, in-8°.
404 bis. BULLIARD, Dictionnaire de botanique, in-8°.

405. VENTENAT, Traité de botanique, in-8°, 4 vol.

405 bis, PHILIBERT, Dictionnaire de botanique, in-8°.

406. ROUSSEAU, Botanique, in-12°.

406 bis. CASTEL, Poème des plantes, in-12°.

407. DIDEROT ET D'ALEMBERT, Encyclopédie générale, in-f°, 28 vol.

408. Hist. et Mémoires de l'Académie Royale des sciences de 1669 à 1742 (incomplet), in-4,39 vol.

409. Machines et inventions approuvées par l'Académie (incomplet), in-4°, 6 vol.

410. Mémoires de l'Institut national de France, in-4°, 15 vol.

411. Encyclopédie Méthodique, 68 livraisons. in-4°, 240 vol.

412. LOCKE, Essai sur l'entendement humain, in-4°.

413. IRAIN ou TZARN, Manuel du galvanisme, in-8°.

414. Mémoires de l'Institut d'Égypte, in-8°, 4 vol.

415. BRISSON. Traité complet de physique, in-8°, 4 vol.

416. LIBES, Traité élémentaire de physique, in-8°, 3 vol.

417. HAÜY, Traité élémentaire de physique, in-8°, 2 vol.

418. EULER, Lettres sur la physique, in-8°, 3 vol.

419. LACASE, L'homme physique et moral, in-8°.

420. CABANIS, L'Homme physique et moral, in -8°, 2 vol.

420. SUE, Histoire du Galvanisme, in-8°

420 bis. SPALLANZANI, Ses œuvres, in-8°

421. BOYER, Dictionnaire anglais et français, in-4°, 2 vol.

422. Dictionnaire de l'Académie, in-4°, 2 vol.

423. Dictionnaire latin, in-4°.

424. Dictionnaire italein et français, in-4° .

425. LEGRAND, Vocabulaire français (incomplet), in-4°, 22 vol.

426. WAILLY, Grammaire française, in-8°.

427. BOYER, Grammaire anglaise, in-8°.

428. VENERONI, Grammaire italienne, in-8°.

429. RESTAUT, Grammaire française, in-8°.

430. SOBRINO, Grammaire espagnole, in-8°.

431. COOK (Capitaine) Voyages par le capitaine Cook et autres, in-4°, 8 vol.

432. BOUGAINVILLE, Voyages, in-8°, 2 vol.

433. DELECOQ, Géographie, in-8°, 2 vol.

434. Abbé RAYNAL, Histoire des deux Indes avec 1 atlas, in-8°, 8 vol.

435. VOLTAIRE, œuvres, incomplet, in-12°.

FONTENELLE, œuvres, in-12°.

GRISSET, œuvres, in-12°.

Dictionnaire historique in-12°.

MOLIERE, œuvres, (incomplet), in-12°.

Dictionnaire de la fable, in-12°.

435. MAHON, Histoire de la médecine clinique, in-8°, 4 vol.

436. TOUTELLE, Histoire et philosophie de la médecine, in-8°, 2 vol.

437. MAIBRIDE, Médecine théorique et pratique, in-8°, 2 vol.

438. ROBERT, La mégalanthropogénésie, in-8°, 2 vol.

439. PROST, La médecine éclairée par l'autopsie, in-8°, 2 vol.

440. DESAULT, Journaux de chirurgie, in-8°, 4 vol.

440bis. BRÉRA , Des maladies vermineuses, in-8°.

441. MARTINET, Maladies chroniques, in-8°.

442. BARKER, La médecine comparée des anciens et des modernes, in-8°,2 vol.

443. ALIBERT, Éléments de thérapeutique.in-8°.

444. RENAUDIN, Diagnostic médicale in-8°.

445. LE ROY, Pronostic dans les maladies aiguës, in-8°.

446. SERAIN, Institutions aux gardes-malades, in-8°.

446 bis. LARREY, Expédition de l'armée d'Orient en Égypte, in-8°.

447. PORTAL, Anatomie Médicale, in-8°, 4 vol.

448. BAILLIE, Anatomie pathologique, in-8°.

449. TOURTELLE, Éléments d'hygiène, in-8°,2 vol.

450. SAMOÏLOWITZ, Sur la peste de Moscou, in-8°.

451. SAMOÏLOWITZ, Opuscule sur la peste, in-8°.

453, SIGAUD-LAFOND, Électricité médicale, in-8°.

454. ADET, Leçons élémentaires de Chimie, in-8°.

455, STEIN, L'art d'accoucher, in-8°,2 vol.

456. DUVAL, L'art du dentiste, in-8°.

457. Formulaire pharmaceutique pour les hôpitaux maritimes, in-8°.

458, CALVET, Traitement des maladies vermineuses, in-8°.

459. HECKER, Thérapeutique chirurgicale générale, in-8°.

460. DE SÈZE, Recherches physiologiques sur la vie animale, in-8°.

465. MOTHERBY, Dictionary medicale, in-folio.

464. FAYE, Histoire des eaux de Bourbon-l'Archambault, in-8°.

472. VICQ-D'AZYR, Les œuvres avec atlas, in-8°, 6 vol.

473. BAISTE, Dictionnaire universel français-latin, in-4°.

474. SCARPA-L'EVEILLÉ, Mémoires de physiologie et chirurgie pratique, in-8°.

475. BRISSON, Dict. Raisonné ee physique et atlas de Planches, in-8°, 6 vol.

476. ELLIS, Histoire naturelle des Corallines, in-4°.

477. GAUBIUS, Formules de médecine, in-8°.

478. GARIOT, Maladies de la bouche, in-8°.

479. CALLISEN, Systema chirurgiae hodiernae, in-8°, 2 vol.

480. SELLE. Médecine clinique, in-8°, 2 vol.

481. HOSVARD, État des prisons et des hôpitaux, in-8°, 2 vol.

482. JACOTOT, Cours de Physique, chimie et minéralogie, in-8°, 3 vol.

483. JUVILLE , Traité des bandages herniaires, in-8°.

484. BLUMENBACH, Unité du genre humain. in-8°.

485, MERTENS, Traité de la peste de Moscou, in-8°.

486. TREYÉRAN LE Jeune, Extraction des calculs vésicaux. in-_°.

487. CAPURON, Nova medicinae elementa, in-8°.

488. BIOT, Éléments d'Astronomie Physique, in-8°, 2 vol.

489. BAILLY, Histoire de l'astronomie, in-8°, 2 vol.

490. JADELOT, l'Art d'employer les médicaments, in-12°.

491. BARTHEZ, Nouveaux éléments de la science de l'homme, in-8°,2 vol.

492. BARBIER, Traité de Pharmacologie, in-8°.

493. CAMUS, Histoire des animaux d'Aristote. in-4°, 2 vol.

494. BAUMES, Traité sur le vice scrophuleux, in-8°.

465. RICHERAND, Nosographie chirurgicale, in-8°, 3 vol .

496. SCHWILGUÉ, Matière médicale, in-12°.

497. CAPURON, Nouveau dict. De chirurgie, médecine, chimie etc. in-8°.

498 ARRACHART, Mémoires de chirurgie (donné par l'auteur), in 8°.

499. FISCHER, Physique mécanique, in-8°.

500 . Manuel des dames de charité et Formules de médicaments, donné par Mr Dumonteuil. in-12°.

501. LAMARCK de, Synopsis plantarum in florea gallica, in-8°.

502. DUMÉRIL, Traité élémentaire d'Histoire naturelles, in-8°, 2 vol.

503. LAMARK et De CANDOLLE, Flore française 3e édition 1805 remplaçant l'ancienne éd. En 3 vol. in-4°, 4 vol.

504. JUMELIN, Traité élémentaire de physique et de chimie, in-8°.

….. ALIBERT, Traité des maladies de la peau en 12 livraisons, in-folio, 7 vol.

505. DUMÉRIL, Zoologie analytique, in-8°.

506. FODÉRÉ, Physiologie positive, in-8°, 3 vol.

507. LE ROY Alphonse, Manuel de la saignée, in-12°.

507 bis . SENEBIER, Météorologie pratique, petit in-8°.

508. LASSUS, Pathologie chirurgicale, in-8°, 2vol.

… CHAUSSIER, Notice sur la rage, Not. Sur la découverte de la vermine ; Not. Sur l'envemination, p tetits tableaux cartonnés.

509. CHAPTAL, Chimie appliquée aux arts, donné par le gouvernement, in-8°, 4vol.

501. MAYGRIER, Manuel de l'anatomie, in-8°.

511. GILIBERT, Histoire des plantes, in-8°, 3 vol.

512. DESMONCEAUX, Maladie des yeux et des oreilles, in-8°, 2 vol.

513. KLAPROST, Mémoires de chimie, in-8.,2 vol.

514. MORELOT, Nouveau dictionnaire des drogues, in-8°, 2 vol.

….TROMMSDORFF, Table synoptique de pharmacie, i in-folio

515 ALARD, Maladies lymphatiques, in-8°.

516. GARDIEN, Traité des accouchements, in-8°, 4 vol.

517. GAILLARD, Des causes qui ont modifié la constitution médicale et, in-8°.

518. CABANIS, Les affections catarrhales, in-8°.

5219. PROST, 2e coup d'œil sur la folie, in-8°.

520. DUPONT, Mémoires de médecine, in-8°./

521. SENEBIER, Rapport de l'air avec les êtres organisés, in-8°, 3 vol.

522. QUARIN, Maladies chroniques, in-8..

523. ALARD, Catarrhe de l'oreuille, in-8°.

524. CAPURON, Tableau des maladies vénériennes, in-8°.

525. ROWLEY, La vaccine combattue. in-8°.

526. TENON, Mémoires de médecine, 1er volume. in-8°.

528. LORDAT, Sur les hémorragies, in-8°.

529. WENZEL, Manuel de l'oculiste, in-8°, 2 vol.

530. WEIDMANN, Traité sur la nécrose, in-_°.

531. LINES Sur l'électricité galvanisme le magnétisme. in-8°.

533. BARTHEZ, Consultation de médecine, in-8°.

534. MARIE ST-URZIN, Manuel populaire de santé, in-8°.

535. SAISSY, Recherches sur les animaux hybernand, in-8°.

536. RECUIEL, Observation relative au croup, in-8°.

537. SAVAREILLE, Sur la galle répercutée, in-8°.

538. CHAUSSIER, Descriptions du cerveau, in-8°.

539. PELLIER de QUENGSY, Chirurgie des yeux, in-8°, 2 vol.

540. MARI, Manuel d'autopsie médico-légale, in-8°.
544. RICHARD, Analyse du fruit, in-8°.

542. GALL-MAQUART, Physiologie du cerveau, in-8°.

544. GIAMINI, Nature des fièvres, in-8°, 2 vol.

545. HERNANDEZ, Sémiologie de la langue, in-8°.

546. RAYMON (de Maseille)Malad. Qu'il est dangereux de guérir, in-8°.

547. CHARDEL, Skirres de l'estomac, in-8°

548. CUVIER, Rapport sur le cerveau, in-4°.

549. TOMSON, Chimie, in-8°.

550. BROUSSAIS, Plegmasies chroniques, in-8°, 2 vol.

551. Influence de la nuit sur les maladies, in-8°.

552. AUDIBRAN CHAMBRY, L'art du dentiste, in-8°.

552 bis. TENON, Mémoires d'anatomie et de chirurgie, in-8°.
553. GOTTLIEB Luig, Adversaria medico pratica,

554. DUMONCEAU, Santé des Marins, in-12°.

556. HUMBOLT, Tableaux de la nature, in-8°, 2 vol.

557. VITET, Traité de la sangsue, in-8°.

558. GIRARD, Anatomie des animaux, in-8°, 2 vol.

559. CUVIER, Rapport fait à l'Empereur, in-8°.

559 bis.GERBOIN, Recherches d'un nouveau mode, in-8°.

560. ROUX, Mélanges de chirurgie et de physiologie, in-8°.

561. Le MARC, Zoologie phylosophique, in-8°, 2 vol.

562, LE MARC , Nouveaux éléments botaniques, in-8°.

563. TILLAYE, Bandages, in-8°.

564. LOMNIUS, Tableau des maladies. in-12°.

565. KLEIN, Médecine interprète nature, in-12°.

566. ROUX, Rougeole, in-8°.

567. LAVATER, L'art de connaître les hommes par la physionomie, in-4°, 10 vol.

568. PETIT-THOUARS, Végétation, in-8°.

569. LANDRE-BEAUVAIS, Sémeiotique, in-8°.

569 bis, MAYGRIER, Annuaire médical année 1809 et 1810, petit in-12.

570. RICHERAND, Erreurs populaires en médecine, in-8°.

571 ; BROC, Critique de Richerand, in-12°.

572. APPERT, L'art de conserver les comestible, in-8°.

360. SCHÉELE, Mémoires de chimie, in-12°.

381 bis, BOSE, Histoire naturelle des coquilles, in-12°.

178 bis, Rapport sur plusieurs questions (donnée par M. Thaumur), in-4°.

Inventaire établi en septembre 1810.

 

 

 

 

 


 

 

 

1814:

ALIBERT, thérapeutique, 1814


Acquisitions 1816 :

CAILLOT, fièvre jaune, 12 exemplaires, décembre 1814.

Journal universel des sciences médicales mars 1816

Dictionnaire des sciences médicales, Flore :août 1816

MOREAU DE JOANNES Hygiène des Antilles sept ? 1816.

HIPPOCRATE traduit par Mercy, 1816.

KERAUDREN, Hygiène navale

DESCOURTYLZ, Guide sanitaire.



Acquisitions 1817 :

Le GALLOIS, Considérations sur la moëlle de l'épine dorsale.

CHOURET, Réflexions sur le but de la nature dans la transformation du crâne.

AUMONT, Proposition physiologique et pathologique relative à l'influence du cœur sur le Poumon.

MOREAU DE JOANNES, Tableau du climat des Antilles.

ALIBERT, Nosologie naturelle.

1818.

FOURNIER Conservation des substances alimentaires.

1819.

CAILLIOT, Éléments de Pathologie générale.



1820.

LAENNEC, L'auscultation médicale et stéthoscopiques.

Dict ? Des sciences médicales, Journal complémentaire.

Annuaire médico-chirurgicale des hôpitaux de Paris.

DESÉZE, Traié sur la fièvre jaune.

DEMOURS, Description figurée de l'œil.



1821.

Formulaire pharmaceutique à l'usage des hôpitaux militaires.

HIPPOCRATE, Aphorismes traduits par De Mercy.

HESSELBACH, Dispositions.

HARD, Maladies de l'oreille, in-8°, 2 vol.

BÉGIN, Physiologie pathologique, in-8°

CUVIER, Règne animal, in-8°, 4 vol.

LALLEMAND, Recherches sur l'encéphale, in-8°, 3 vol.

BRISCHET Veines du rachis,

DEMOURS, Maladies des yeux, in-8° 3 vol. Atlas in-4°

LASSRANCE, Traité des hernies, in-8°.

GUILLIÉ, recherches sur la cataracte.

DELABARRE, Traité de la 2ème dentition.

DELABARRE, Partie mécanique de la chirurgie du dentiste.

BROUSSAIS, Examen des doctrines, in-8°, 2 vol.

CHOMEL, De l'existence des fièvres, in-8°.

STARCK, De colicum pictonium.

FODÉRÉ, Traité de médecine légale.

CHOMEL, Pathologie générale, in-8°.

Double Séméiologie générale.

ADELON, Dictionnaire de médecine, vol. 1 et 2.

ALIBERT, Maladies de la peau, 18ème livraison.



1822.

MAINGAULT, Amputations.



1823.

Archives générales de Médecine.



1824.

Annales maritimes.



1825.

ROQUES, Phytographie.

ADELON, Dict ? De médecine.



1826.

CLOQUET (Jules), Manuel d'anatomie descriptive.

LARREY, Mémoires de chirurgie militaire. 5 volumes.

ROUX, Cours sur les généralités de la médecine.

FÉE, Essai sur les cryptogames des écorces exotiques.

BEAUREGARD, Fièvre jaune.

Instructions sur les cas de réforme.

CIVIALE, Tableau analytique de la taille.



1827.

CIVIALE, Ouvrage sur la lithotritie.



1828.

Voyage de la Coquille.

Annuaire médico-chirurgicale

Abonnement à la Bibliothèque de thérapeutique et à la Clinique des Hôpitaux et de la ville.

BRESCHET, Recherche sur le système.

HENRY et GUIBOURG, Pharmacie théorique et pratique.

LAURENT, tableaux synoptiques.

CRUVEILHIER, Anatomie pathologique

Annales d'hygiène.



1830.

BORIE, Maladies nerveuses.

DESCOURTYLZ, Guide sanitaire.

ROUSSEAU, Anatomie du système dentaire.



1831.

MÉRAT et DELENS, Dictionnaire de matière médicale.

CUVIER, Histoire naturelle des Poissons, Tome 6ème.

CRUVEILHIER, Anatomie pathologique livraisons 9 et 10.

DEVERGIE, Clinique de la maladie syphilitique livr 19.14 ex.

LARREY. Mémoire sur le Choléra.



1832.

BUISSEAU, Traité du Choléra.

GENDRIN, Nature des fièvres.

GENDRIN, Fièvre jaune.

AUDOUARD, Fièvre jaune.

THOMAS, Fièvre jaune.

COSTAVIERE, Fièvre jaune.

LOBSTEIN, Anatomie pathologique 13. 3 livres de planches.

ROUX, Armée de Morée.

ANDRAL, Clinique médicale.

ANDRAL, Pièces d'anatomie pathologique.

ASSEGON, Bains de mer.

BARTEMAN, Maladies de la peau.

BORDEN, Oeuvres complètes.

FRANCK , Médecine pratique.

RAPON, Méthode fumigatoire.

LATOUR, Des hémorragies.

BREMSER, Vers intestinaux.

LALLEMAND,

RIBES, Anatomie pathologique.

BRACHET, Emploi de l'opium.

FONSCADE-BRUNET, Maladies nerveuses.

LABEAUME, Du galvanisme.

BLANC, Physiologie.

LAUTH, Histoire de l'anatomie.

CLOQUET, Traité d'anatomie comparée, 11 livres in folio.

BOURDON, Physiologie comparée.

BRACHET, Système nerveux.

Dictionnaire de médecine et chirurgie, 7 volumes.

SERRES, Anatomie comparée. 2 volumes, atlas in folio.

SERRES, de la réunion immédiate.

RIGAL, De la destruction de la pierre.

ANGLADA, Histoire générale des eaux minérales.

CUVIER, Progrés des sciences naturelles.

DUMAS, Traité de Chimie.

Entomologie, 13 volumes in-12°, figures coloriées.

FARADAY, Manipulations chimiques.

GAY-LUSSAC, Cours de chimie.

HENRY, Eaux minérales.

LATERADE, Code des pharmaciens.

ORFILA, Toxicologie, 2 volumes _°.

FÉE, Histoire naturelle et pharmaceutique.

GRAY, Cours de chimie, 3 volumes atlas.

ORFILA, Médecine légale.

Documents sur l'épidémie de Gibraltar.

Rapport sur le Choléra 30 juin 1832.

BROUSSAIS, Le choléra. Morbus épidémique.

GÉRARDIN et GAIMON, Choléra morbus.

Instructions sur les premiers signes du choléra, 7 novembre 1832.

Instructions sur la fabrication du sulfate de quinine, 1832.

 

1833.

BÉLANGER, Voyage aux Indes orientales. Et 2ème livraison

DEVERGIE, Clinique de la maladie syphilitique.

CRUVEILHIER, Anatomie pathologique liv. 13, 14 et 14bis.

HIPPOCRATE, Maladie des os, trad. De MERCY.
BALÉ, Abrégé de géographie.

CRUVEILHIER, 15eme livraison, 16ème, ..

CUVIER, Poissons, Planches.

GÉRARDIN et GAIMON, Choléra, 2ème col.

MERAT ET DELENS, 5ème vol 1833.

BROUSSAIS, Cours de thérapeutique et pathologie générale.

 

1834.

ANGLADA, Traité des eaux minérales, tomes 1 et 2.

MERAT DELENS, 6ème vol.

1835.

 CLOQUET, Manuel d'anatomie, in fol. pl. 311-322, texte 64 etc

BOYER, Maladies chirurgicales tome 8 à 11 et table.

DUMAS, Chimie tomes 4 à 8, atlas.

CIVIALE, Lithotritie, Lettres 2 ,3 ,4.

DOUBLE Sémeiologie, tome 3.

Répertoire de clinique 1833-1834 2 volumes.

Annales des sciences naturelles 1824, 1825, 1826, 9 volumes, atlas.

BOISSEAU, Nosographie, tome 4.

BERZELIUS, Chimie, tome 8.

Dictionnaire de médecine tome 18 à 21.

Annales d'hygiène, 1832 n°;13.

Gazette médicale, 1832 n° . 30 à 62.

BOYER, Anatomie tome 4.

Un exemplaire grand in folio de l'anatomie de CLOQUET.

Ordre de remettre à la bibliothèque du Port l'exemplaire in-4°.

 

1836.

Mémoires des savants étrangers tome 2 à 6, 1836.

SEGOND, Mémoire sur la dysenterie (40 exemplaires), nov. 1836.

 














 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 22:00

   La bibliothèque de l'École de médecine navale                             de Brest.

                   Histoire et inventaires.

 

      En 1740 est créée à Brest une École de chirurgie navale. Puis  une École de médecine navale fut crée en 1783 à Brest. Ces deux écoles ne disposaient pas de bibliothèque. C'est en février 1798 que fut fondée L'École de Médecine Navale de Brest, réunissant dans la même formation médecins et chirurgiens. Le préfet maritime Caffarelli créa la bibliothèque nécessaire aux futurs officiers de santé, en 1801, sur une décision prise en 1798. Constituée alors d'un fond ancien venant de l'académie de marine, de biens nationaux, et d'ouvrages acquis par achats successifs à partir de 1803, elle comptait 1647 ouvrages en 1809, 10 000 volumes en 1865, 14 000 volumes en 1876, 18 000 volumes en 1909. Malgré la fermeture de l'École en 1890, la bibliothèque ne fut pas fermée, l'hôpital de Brest accueillant alors les élèves préparant leur entrée pour l'école de médecine navale de Bordeaux.

  En 1837-1843, la Marine en dressa un catalogue, inclus dans son Catalogue général. En 1907, Charles de la Ronciére dressa pour le catalogue général de la Marine la liste des 39 volumes de manuscrits conservés dans la bibliothèque de l'École. Aujourd'hui, elle est dispersée en partie, perdue en partie, son fond ancien étant sans-doute le mieux préservé . J'ai dû rassembler les morceaux du puzzle, (Service Historique de la marine à Brest, Hôpital Inter-Armées de Brest et ses 4000 volumes) et j'implore l'indulgence du lecteur à l'égard de la complexité du résultat, que n'améliore pas ma nature brouillonne et mon amateurisme foncier.


Je décrirai donc:

1. Le fond ancien, les ouvrages.

2. Le fond ancien, les manuscrits.

 3. Les collections acquises de 1803 à (1848 ?)

Puis je donnerai en Annexe la copie de quelques documents et inventaires.

 

  N'étant pas formé à la rigueur des archivistes-paléographes, j'ai été guidé dans cette recherche par la présence d'une sorte de personnage de bande dessinée, ou de Nicolas Le Floch, un héros des temps anciens en uniforme "gris d'épine" des officiers de santé nommé Étienne Chardon de Courcelles, le directeur de l'École de chirurgie navale de 1742 à 1775. C'est lui dont la curiosité d'homme des Lumières m'a accompagné dans les allées des rayonnages de bibliothèques, lui qui regardait au dessus de mon épaule et m'évoquait le temps des épidémies redoutables, m'entretenait de son désir de former des chirurgiens compétents, de sa rage de ne pas savoir d'où venait le scorbut, de sa passion d'améliorer l'hygiène des navires et des ports, lui qui m'invitait à herboriser pour découvrir les plantes médicinales, lui qui m'expliquait les trucs d'une saignée efficace, qui me renvoyait réviser mon anatomie, qui rendait limpide les actes de chirurgie courante, mais qui savait aussi avec la bande de passionnés brestois de l'académie, embrasser le champ encyclopédique des sciences, des voyages et des Humanités. 

                                    second_medecin_marine.jpg

      Image : ASNOM

 

 

I. Le fonds ancien XVI-XVIIIe siècle.

   Lors de leurs créations, chaque bibliothèque des écoles de médecine navale de Rochefort, Brest ou Toulon eut à se préoccuper de trouver les livres qui la constituerait ; Brest eut la chance de recevoir un fond ancien de près de 500 ouvrages, principalement et pour 452 livres à partir de la bibliothèque du Port, riche elle-même de l'ancienne bibliothèque de 6000 volumes de l'Académie royale de marine , mais aussi à partir des Biens nationaux saisis et réunis au Dépôt de District Brest. 

  Un fonds ancien provient donc des collections de la Bibliothèque du Port : il s'agit de 452 ouvrages qui ont été détachés de ces collections en 1801 pour créer la bibliothèque de l'École de médecine navale.

 

1. Livres provenant des institutions religieuses et des émigrés.

Je rappelle qu'une part  des collections publiques de livres trouvent leurs origines, à Brest comme ailleurs dans les saisies révolutionnaires de 1789, avec la confiscation des biens ecclésiastiques (fonds provenant de l'abbaye de Saint-Mathieu, des Carmes et des Capucins de Recouvrance) et de émigrés. En 1795, Jacques Cambry fut nommé commissaire pour le Finistère pour "pour assurer à la République la possession de ces objets précieux et remédier autant que possible aux ravages des dégradations…". Sur les 123 000 volumes qu'il a recensés dans le département, 26 000 furent regroupés à Brest, dans la Bibliothèque du District. En l'an III, la Convention crée par un décret le dépôt de Brest dans la maison dite Bureau des Marchands, 16 rue de la Mairie (Levot,3,p. 365). Selon Levot, le 15 prairial an IX (4 juin 1801), Huraut fit transporter ces livres à l'École centrale de Quimper, à l'exception des ouvrages concernant l'art nautique, prélevés le 18 août 1801 par Vincent, le préposé à la Bibliothèque du Port,  et à l'exception des ouvrages traitant de l'art de guérir, remis à la même date à un officier de santé délégué par le Conseil de Santé de la marine. (Histoire du Port sous le Consulat, p. 92, Gallica). 

  En réalité, rien ne permet actuellement de savoir quels furent ces ouvrages, et seule une étude des ex-libris de livres qui porteraient la marque de la bibliothèque de l'école de médecine permettrait d'en savoir plus. 

2. Livres provenant de la bibliothèque de l'académie de marine. 

  C'est le corpus le mieux argumenté, puisque l'on connaît le nombre d'ouvrages (452) prélevés sur la Bibliothèque du port, et que des informations assez précises sont disponibles tant sur l'ancienne bibliothèque de l'académie de marine que sur les ouvrages actuellement conservés, au Service Historique de la Défense. Je vais présenter ces informations :

a) l'académie de marine ; le rôle joué par de Courcelles, directeur de l'École de chirurgie navale.

 La première Académie de marine fut fondée à Brest en 1752. L'institution, devenue en 1769 l'Académie royale de marine, fut supprimée en 1793, mais sa bibliothèque fut récupérée par la Bibliothèque du Port. Les ouvrages acquis par la bibliothèque au temps de l'Académie peuvent être identifiés grâce au fer doré apposé sur les deux plats de leurs reliures, et qui est formé (comme les palmes académiques) d'un rameau d'olivier et d'un rameau de laurier.

  "Dès sa fondation, en 1752, la jeune Académie de marine attache une grande importance à la constitution d’une bibliothèque. Le règlement prévoit déjà qu’une des salles constituant ses locaux sera consacrée au « dépôt des livres, registres et mémoires », et précise que la somme de 6000 livres attribuée par le Roi (abaissée à 3000 au bout de 5 ans, puis portée à 4000 à partir de 1769) sera notamment affectée à l’achat de livres. Ces derniers sont en effet indispensables aux travaux des académiciens brestois, comme le sont d’ailleurs les instruments scientifiques et les modèles réduits de bâtiments ou de machines, que l’Académie mettra tout autant d’opiniâtreté à réunir au cours des années. En un an, 187 ouvrages sont acquis, parmi lesquels les mathématiques et la physique se taillent la meilleure part. Cependant, l’Académie ne sera pas en mesure de poursuivre cet effort les années suivantes, et 35 ouvrages seulement seront acquis entre 1754 et 1761.

Tombée en léthargie après 1761, l’Académie est refondée en 1769. Elle multiplie alors les travaux dans tous les domaines, et son dynamisme se traduit notamment par l’enrichissement raisonné de ses collections. Les décisions d’achat sont prises par les académiciens réunis en séance et ils veillent à combler les lacunes. C’est ainsi que Courcelles, docteur en médecine, se charge en 1773 de dresser la liste des meilleurs livres de chimie, de minéralogie, de médecine et de physique nécessaires à la bibliothèque. En 1780, durant la guerre d’Indépendance américaine, on décide de compléter les collections en ce qui concerne les affaires de l’Angleterre et de l’Amérique. Dès la première année, l’Académie consacre 474 livres 14 sols à l’achat d’ouvrages de référence, tels que les Leçons de physique de l’abbé Nollet, l’Ordonnance de la marine de 1765, l’ Optique de Smith, ou le Traité de calcul intégral de Bougainville. En 1770, elle pense à traiter avec un libraire parisien pour la fourniture de livres, étrangers notamment, mais se rallie à la proposition du libraire brestois Malassis, qui devient son fournisseur habituel et auquel elle passera des commandes annuelles qui, dans les années 1780, tourneront couramment autour d’une somme de 3 000 livres. Pour compléter ses collections, l’Académie ne néglige aucune occasion : en 1773, elle acquiert 30 volumes lors de la vente après décès de la bibliothèque d’Amédée-François Frézier, directeur des fortifications de Bretagne et membre de l’Académie depuis 1752. En 1775, elle se porte encore acquéreur d’une partie de la bibliothèque de Charles-François-Philippe de Charnières, quand cet officier de marine, académicien depuis 1769, s’en défait au moment de quitter le service pour raison de santé. L’Académie profite également des largesses de ses membres, tels Duhamel du Monceau, Kerguelen, Bougainville ou Bellin, qui ont pris l’excellente habitude de lui faire don de leurs propres œuvres. Elle met à contribution ses lointains correspondants, demandant par exemple, en 1776, au commissaire à la marine en Corse Régnier du Tillet, de lui fournir nombre de documents sur la marine en Méditerranée, qu’elle le prie en outre de bien vouloir accompagner…d’une livre de truffes de l’île de Monte-Cristo !

  A ce rythme, le nombre de livres s’accroît rapidement, et lorsque l’Académie publie le premier catalogue de ses collections en 1781, elle peut s’enorgueillir de 1018 ouvrages. Sept ans plus tard, le second catalogue en recense 870 de plus. L’analyse de la répartition thématique de ces 1888 ouvrages, comme celle des 1436 subsistants encore aujourd’hui, laisse voir la place prépondérante accordée aux sciences et techniques, un résultat qui ne saurait surprendre eu égard à la raison d’être de l’Académie. De même, il n’est guère étonnant, en ce siècle de découverte et dans une telle institution, de trouver 128 ouvrages concernant les voyages et la géographie. Mais on constate également que les intérêts des académiciens se sont progressivement diversifiés. En effet, les ouvrages relatifs à l’histoire représentent environ 18% des collections et les ouvrages de philosophie, 6,7%. L’Académie n’hésite pas, en 1782, à souscrire pour une édition en 70 volumes des œuvres complètes de Voltaire. Soucieux de constituer un fonds de référence, les académiciens sont à l’affût des raretés que constituent certains ouvrages anciens : la bibliothèque compte encore aujourd’hui deux éditions de Platon datant du XVIe siècle, le célèbre De Re metallica d’Agricola (1556), l’Histoire des poissons de Rondelet (1558), ou les œuvres complètes d’Archimède (1544).

  Si le règlement de l’Académie prévoit, en 1752 comme en 1769, que les livres seront du ressort du secrétaire, la nécessité d’un bibliothécaire se fait assez rapidement sentir. Dès 1766, le jeune abbé Rochon, astronome de grand talent qui rejoindra les rangs des académiciens en 1769, occupe cette fonction. Mais sa participation à des expéditions scientifiques successives lui laisse peu de temps à y consacrer. En 1771, l’Académie refondée nomme donc pour garde-bibliothécaire un certain Vincent, avec des appointements de 800 livres par an. Satisfaite de ses services et voulant l’employer à plein temps, elle sollicite en 1774 le ministre de bien vouloir lui accorder un brevet. Cela n’est cependant possible qu’à condition que Rochon se démette de sa charge, renonçant par là-même aux 1200 livres de pension qu’elle lui rapporte. L’abbé s’y refuse, fait mine de se décider à exercer réellement ses fonctions même s’il lui faudrait pour cela venir s’installer à Brest, lui qui réside habituellement –lorsqu’il n’est pas en expédition- à Morlaix. L’un et l’autre parti, après moult démarches auprès du ministre, consentent à un arrangement : Rochon désigne Vincent comme son remplaçant, et lui délègue sur sa pension 400 livres pour compléter ses appointements.

  A vrai dire, on sait peu de choses du travail quotidien de Vincent, si ce n’est qu’il est chargé d’accueillir le public à partir de 1771, date à laquelle l’Académie autorise la consultation sur place de ses ouvrages (sans formalités pour les officiers civils et militaires de la marine, sur autorisation du directeur pour les autres) trois fois par semaine, puis tous les jours, de deux heures à quatre heures au printemps et en été, et jusqu’à cinq heures en automne et en hiver.

  L’Académie de marine est supprimée en 1793 et le sort de sa bibliothèque reste incertain jusqu’au 15 février 1794, date d’un décret portant que les bibliothèques relatives à la marine resteront dans les ports où elles avaient été rassemblées, sous la garde des agents préposés à leur conservation. Devenant le premier conservateur de la bibliothèque du port de Brest, Vincent continue donc à officier jusqu’à son départ en retraite en 1812. La bibliothèque de l’Académie de marine constitue aujourd’hui le noyau et le plus beau fleuron des collections du service historique de la défense à Brest." (Catherine Junges, conservatrice Conservateur du patrimoine, Service historique de la défense, département Marine).

  Les ouvrages : 

"Que reste-t-il, aujourd’hui, de l’activité déployée par l’Académie de marine à Brest de 1752 à 1793 ? Une centaine de registres manuscrits (registres de séances, correspondance, mémoire des académiciens), actuellement en dépôt au service historique de la marine à Vincennes ; quelques instruments scientifiques et modèles de machines, au musée de la marine à Paris ; et l’essentiel de sa bibliothèque, à savoir 1 436 ouvrages représentant 3 683 volumes, que les hasards de l’histoire n’ont pas réussi à arracher à Brest et sur lesquels veille le service historique de la défense de cette ville." (C. Junges)

  Un inventaire de ce fonds, numéroté de 1 à 1651, est disponible ici :http://www.academiedemarine.com/PJ3_ListeAcademiedemarine.pdf.

Dans ce fonds, un certain nombre d'ouvrages concernent la botanique (360 : Chomel, Abrégé d'histoire des plantes), ou l'électricité, ou l'Histoire naturelle (Tournefort, Bonnet, Buffon, Lacépède, Réaumur, Duhamel du Monceau) ou les Voyages (Cook, Sonnerat, Freziers, La Condamine, Adanson, Tournefort), mais surtout, du numéro 1425 au numéro 1640, le vaste champ de la médecine. Ces 215 ouvrages médicaux ont-ils fait partie de la bibliothèque de l'École de médecine ? Sans-doute, mais il faudrait vérifier qu'ils portent chacun le tampon ex-libris de celle-ci. J'ai procédé à cette vérification pour un exemplaire, n° 1472, que je présente § e). 

 

 

b). Deuxième étape, la constitution de la Bibliothèque du Port.

Celle-ci hérite, comme nous l'avons vu, en 1794 de la bibliothèque de l'académie de marine avec tout ou partie de ses 6000 volumes et ses manuscrits. 

  En 1798-99 a été publié le Catalogue des livres de la Bibliothèque de la marine de l'imprimerie de R. Malassis à Brest, an VII.  Il ne comporte que 2448 ouvrages. L'exemplaire que conserve le Service Historique de la Marine à Brest sous la cote R 7977 porte le cachet de la Bibliothèque du Port. Il est précieux car il indique par note manuscrite à l'encre les ouvrages qui sont " S. à l'hôpital", les ouvrages dont nous allons parler. Les livres sont classés par rubrique (Théologie, Droit, Philosophie, Physique, Histoire naturelle, Médecine, Mathématiques, Arts, Belles-lettres). Ce sont (presque) tous ceux de la rubrique Médecine qui partent "à l'hôpital" (en fait, à l'école de médecine), soit 252 titres, auxquels viennent s'ajouter 3 titres de botanique. En tout, plus de 470 volumes, et 21 volumes du Journal de Médecine, Chirurgie et Pharmacie

  J'ai signalé que tous les ouvrages de médecine n'étaient pas sélectionnés pour assurer la formation des élèves médecins. Les ouvrages choisis sont marqués par la marque à l'encre , puis confirmés par un point au crayon (peut-être de la main de Caffarelli, si on se base sur une lettre qu'il adressa à Jurien). Certains titres échappent au double marquage. Ces cinq ou six exceptions  incitent à s'interroger. On comprend bien qu'on ait jugé inutile de transférer le Parfait Boulanger, par Parmentier, ou De la santé des gens de Lettres, par Tissot 1767. Mais pourquoi les Formules pharmaceutiques par M. de Courcelles, Brest 1769 sont-elles écartées, alors qu'elles sont dues à l'ancien directeur de l'École de chirurgie ?  Le jour où les marins faillirent devenir végétariens : Le Mémoire sur le régime des gens de mer de Chardon de Courcelles.

  Plus anecdotiquement, L'Onanisme, Dissertation sur les maladies produites par la masturbation, par Tissot, 1764 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k932293z  doit rester dans la Bibliothèque du Port. Plus utile aux marins qu'aux carabins ? Il est difficile de savoir si Caffarelli, ou son conseiller, sont hostiles aux thèses du médecin suisse.

  De même, les 3 volumes de  De l'homme et de la femme considérés physiquement dans l'état du mariage, de Lignac, Lille, 1774 est condamné à rester au Port. La réalité de la croyance en l'intégrité de l'hymen comme critère de virginité y est critiqué, des erreurs médiévales datant de Paracelse sont dénoncées, le mystère de la reproduction y est évoqué —on ignore encore presque tout du rôle des animalcules, des animaux spermatiques que Lewenhoeck a décrit, et de celui des ovaires — mais on ne sait si ces idées sont jugées trop d'avant-garde, ou si le thème n'en n'est pas admis. 

Pour rester dans la même veine, pourquoi écarter le grand livre de HarveyExercitationes de Generatione Animalium («expériences sur la génération animale»), publié en 1651 et dont le frontispice montre Jupiter ouvrant une boîte ronde qui porte les mots « Ex ovo omnia » ? Trop démodé, en proclamant l'oviparité comme dogme ? Trop en avance, en plaçant l'expérimentation en critère suprême ? Ou bien seulement, le livre est jugé bien trop précieux, par un jugement de bibliophile, pour le laisser échapper ? (De même, un Ambroise Paré de 1545, la Méthode de traiter les plaies, ne fait pas partie du lot).

  Enfin, on n'enverra pas non plus aux jeunes élèves La Nymphomanie, ou Traité de la fureur utérine, de D.T. de Bienville, Amsterdam 1771, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k76730q

  Une autre surprise est que les ouvrages d'Histoire naturelle ne quittent pas le Port. L'idée ne semble pas acquise que les médecins de la marine, qui embarqueront pour les grands voyages d'exploration ou de colonisation, sont, de fait, des naturalistes de premier choix, et qu'ils ont besoin d'une formation en botanique (et pas seulement en plantes médicinales), en zoologie et géologie. Cette idée germera un peu plus tard, après les déboires de l'expédition du Capitaine Baudin et ses savants indisciplinés (1800-1803).

 Liste des ouvrages : cliquer pour agrandir :

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Je me contente de transcrire la liste des ouvrages de pharmacie :

  •  CHOMEL (J.B), Abrégé des plantes usuelles, 5e édition, Paris, Clousier, 1739, 3 vol. in folio, Catalogue Biblioth. du Port 1799.
  • POMET (Pierre) Histoire générale des drogues, traitant des plantes, animaux, minéraux, etc. Paris 1694, 2 vol. in folio, Biblioth. Académie de marine / catalogue bibliothèque du Port 1799 /
  • JOAN. JACOB. MANGETI bibliotheca pharmaceutico-medica ; seu rerum ad pharmaciam galenico-chymicam speciantium thesaurus resertissimus, ordine alphabetico digestus. Genevae, Chouet, 1704.2 vol. in folio. Biblioth. Du Port n°832. Biblioth. École de médecine navale de Brest.
  • RENOU (Jean de), Oeuvres pharmaceutiques, Lyon, Colombie, 1626, 1 vol. in-4°. Biblioth. Du Port n°833.
  • LÉMERY (Nicolas), Dictionnaire universel des drogues simples, Paris : d'Houvy, 1759. 1 vol. in-4°.Biblioth. Du Port n° 834, Biblioth. École de médecine navale .
  • LÉMERY (Nicolas), Pharmacopée universelle, 5e édition, Paris : Desaint , 1763. 3 vol. in-4°, Biblioth. Du Port n°835, Biblioth. École de médecine navale
  • PEMBERTON (H), Pharmacopée du Collège Royal des Médecins de Londres, traduite de l'anglais sur la deuxième édition avec des remarques, Paris : Didot, 1771. 2 vol. in-4°.. Biblioth. Du Port n° 836, Biblioth. De l'École de médecine navale de Brest
  • de COURCELLES (Étienne), Formules pharmaceutiques, Brest : 1769. 1 vol. in-8°. Biblioth. Du Port n° 837.
  • QUINCY (John), Pharmacopoeia officinalis et extemporanea : or, a compleat English dispensatory, Londres : Longman : 1749. 1 vol. in-8°. Biblioth. Du Port n°838.
  • PETR. JON. BERGII materia medica e regno vegetabili etc., editio secunda, Stockolm, Hesselberg : 1782. 2 vol. in-8°,. Biblioth. Du Port n° 839, Biblioth. École de médecine navale de Brest.
  • The Edinburgh new dispensatory : the fourth edition, Edinburg, Creech : 1794. 1 vol. in-8°. Biblioth. Du Port n° 840.
  • DE FOURCROY, L'art de connaître et d'employer les medicamens dans les maladies qui attaquent le corps humain, Paris, Hôtel Serpente : 1785, 2 vol. in-12°. Biblioth. Du Port n° 841.
  • CARTHEUSER (Jo Frederici) fudamenta materiae medicae tam generalis quam specialis, editio nova, curante Jo.Car. Dessessartz. Paris, Cavelier : 1769. 4 vol. in-12°. Bibloith. Du Port n° 842, Biblioth. École de médecine navale de Brest.
  • Pharmacopoeia chirurgica, Londres, Robinson, : 1794, 1 vol. in-12°. Biblioth. Du Port n° 843, Biblioth. École de médecine navale de Brest.

 

 

 

c) Troisième étape, la création de la bibliothèque de l'École de Médecine navale de Brest.

  A la fin de l'année 1801, Jurien, Inspecteur de la marine à Brest, se conformant à l'ordre du préfet maritime Caffarelli, se fait remettre par la bibliothèque du Port tous les ouvrages concernant l'art de guérir, selon une liste cochée par Caffarelli, et pour compléter "les livres provenant du Dépôt de la ville".  Ces ouvrages ont été sélectionnés sur leur thème, en rapport avec "l'art de guérir", soit qu'ils traitaient de médecine, de chirurgie ou de pharmacie, soit qu'ils traitaient de botanique, intimement liée à la pharmacopée. Comme on le verra, des manuscrits en relation avec l'hôpital et la médecine furent aussi confiés à la nouvelle bibliothèque. L'ensemble est remis par Jurien au Conseil de santé.

 "Le 25 vendémiaire an 10, le conseil de salubrité navale de ce port adressa au préfet maritime une demande pour que plusieurs ouvrages qu'il désigna et relatifs à l'art de guérir fussent extraits de la bibliothèque de la marine réunis à d'autres livres devant former à l'hôpital principal un dépôt particulier et exclusivement à l'usage de l'école. Le préfet ayant adhéré à cette demande, il fut dressé un inventaire des livres nécessaires qui furent transportés au local destiné à l'hôpital pour les recevoir et le conseil de santé en délivra un reçu qui est déposé à mon bureau ». (Inspecteur de la marine Jurien, Ms 14).

 On peut penser que c'est le Catalogue de la bibliothèque, de l'an VII, qui a servi de base à l'établissement de cet inventaire, et que les marques qu'il comportent en témoignent encore.

 

 


  

d. Quatrième étape, le fond est récupéré par le Service Historique de la Marine.

  J'ignore quand, comment, et dans quelle proportion, les livres du fond ancien de la bibliothèque de l'École de médecine navale ont été récupérés par le Service Historique de la Marine. J'ignore encore aussi la part qui a pu rester au sein de l'Hôpital inter-Armées de Brest, qui détient 4000 ouvrages dont l'inventaire n'a pas été, à ma connaissance, mené. Des investigations restent donc à mener.

e) . Tribulation d'un livre à travers les bibliothèques. Un exemple, le Mémoire sur le régime des gens de mer.

 Nous venons de voir que les ouvrages ont successivement appartenu à la bibliothèque de l'académie de marine, puis à la bibliothèque du Port, puis à celle de l'École de médecine navale, avant d'être conservés par le S.H.M de Brest, chacune y apposant sa marque spécifique : les fers dorés de la reliure pour l'académie, un cachet rond pour la bibliothèque du Port, un tampon d'encre pour celle de l'École, une cote au crayon pour le S.H.M.  Prenons en exemple le Mémoire sur le régime des gens de mer, écrit par Étienne Chardon de Courcelles. On trouvera plus tard le cachet ovale de l'École de Santé navale.

a). En 1772, des débats ont lieu à l'académie de marine sur le régime des gens de mer, et les rapports sont conservés par l'académie dans ses archives. Un régime "végétal" privilégiant le riz, proposé par Antoine Poissonnier-Desperrières, est critiqué par divers membres, dont Courcelles qui participe comme rapporteur d'un mémoire d'Auffret.

 b) Le Mémoire sur le régime des gens de mer de Chardon de Courcelles est édité à titre posthume en 1781, à Nantes chez Brun l'aîné : il  intègre la bibliothèque de l'académie de marine, qui le fait relier avec le fer doré de l'académie sur le plat.

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 c) Puis, l'ouvrage passe, après 1794, à la Bibliothèque du Port, qui y a apposé son tampon circulaire PORT DE BREST, Bibliothèque de la Marine


d) Faisant partie de la dotation des ouvrages médicaux vers la bibliothèque de l'hôpital, il a ensuite reçu le tampon ÉCOLE DE MÉDECINE NAVALE DE BREST.

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e) Il apparaît bien dans l'inventaire de 1838 de la bibliothèque de l'hôpital, dans le catalogue général des livres du département de la marine, tome V, page 85 sous le numéro 3401 de ce catalogue. 

f) Il a intégré actuellement la collection des ouvrages du Service Historique de la Marine à Brest, où il a reçu la cote BR. R 7142. Il est décrit ainsi :1472. COURCELLES (Etienne Chardon de) Mémoire sur le régime végétal des gens de mer. Ouvrage posthume de feu M. de Courcelles... publié par M. le chevalier de La Coudraye... A Nantes : Brun l’aîné, 1781 [2], 287, [3] p. ; (17 cm) Quérard : II, 134 R 7142. 

 

 

II. Les manuscrits de la bibliothèque de l'École de médecine navale.

Outre les ouvrages, la bibliothèque de la jeune École de médecine reçue aussi pour son baptême  les manuscrits que la Bibliothèque du Port détenait.  Puis la bibliothèque reçoit d'autres manuscrits. En fait, on ne trouve dans ce corpus que trois documents dont la date est antérieure à celle de la création de l'École, dont un seul, celui de Chardon de Courcelles, a été lu devant l'académie de marine (Ms 15). A noter le dossier Ms 14, qui comporte toutes les pièces d'archive concernant la bibliothèque, et qui va être étudié dans le chapitre suivant.

  En 1907, Charles de la Roncières, chargé de rédiger le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques de la marine, en dresse la liste et les présente ainsi : « Au-dessus des bureaux du Conseil de santé (à l'Hôpital de la marine), est placée la bibliothèque de l'École de médecine navale. Formée, en l'an XI, par M. le préfet maritime Caffarelli, au moyen d'environ 800 volumes d'ouvrages spéciaux qui existaient dans la bibliothèque du port, elle s'est rapidement accrue depuis plusieurs années ( P, LEVOT, Histoire de la ville et du port de Brest (Paris, 1865, in-8°), t. II, p. 318 ) » et se compose de 18,000 volumes environ, dont une quarantaine de manuscrits.

Plus de la moitié de ceux-ci sont des rapports remis par les officiers de santé au retour de leurs campagnes, entre autres, par le chirurgien de l'escadre de l'amiral Linois, durant la longue croisière de l'an XI à l'an XIV. Pièces d'archives plutôt que manuscrits, j'ai compris néanmoins ces rapports dans mon catalogue, en raison de leur présence à la bibliothèque de l'École de santé." On trouve cette liste en ligne ici : http://archive.org/stream/cataloguegnr00fran#page/412/mode/2up

 

Ces volumes de manuscrits ont été conservés au Service historique de la défense à Vincennes, puis ont été versés au Service Historique de Brest avec la partie de la bibliothèque provenant de la collection de l'Académie de marine en 1958. Un inventaire complémentaire de celui de La Roncière a en a été dressé par Melle Beauchesne ; celle-ci a constaté l'absence de pièces par rapport au premier inventaire, mais la numérotation initiale a été respectée.

  Le médecin-chef Bernard Brisou a publié un inventaire détaillé des rapports de campagne : Catalogue raisonné des rapports médicaux annuels ou de fin de campagne des médecins et chirurgiens de la marine d'Etat 1790-1914 Paris,s.d [2004?] 1 vol. (533 p.) : ill. en noir et coul., cartes, portr., couv. ill. en coul. ; 31 cm.

  Un nouvel inventaire de novembre 2004 est donc disponible au Service Historique de Brest, "par Charles de la Roncière complété par Marie-Andrée Guyot, conservatrice en chef du patrimoine". 

 

 

Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Bibliothèques de la Marine. Port de Brest. Inventaire par Charles de la Roncière.
1-151, Ecole de santé de la Marine (1-39)

 

MANUSCRITS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉCOLE DE SANTÉ DE LA MARINE A BREST

1. « Extrait d'anatomie patologique, rédigé d'après les leçons du cen BICHAT, médecin du grand hospice d'Humanité de Paris, professeur d'anatomie, de physiologie et de chirurgie. An 10 (1802) 

2. « Cours de matière médicale, d'après les leçons particulières de Mr PERHYLE, D. M. chirurgien (1781 et 2) »

3. « Extrait des journaux de médecine des vaisseaux de la division du général Linois, pendant les années 11, 12, 13 et 14 de la République, » adressé « à Messieurs les membres du conseil de santé » par N. BIENVENU, second chirurgien sur la frégate l'Atalante.

4. « Mémoire sur une ligature de l'artère carotide primitive gauche, pratiquée par M. GONNET, chirurgien entretenu de 2me classe, chirurgien major de la corvette l'Espérance, » adressé « à Messieurs les membres du conseil de santé de la marine au port de Brest ». [Tour de monde de Bougainville sur la Thétis et l''Espérance, 1837]

5. « Chapitre des anévrismes, par Monsieur ABERNÉTHY (imprimé à Londres, en avril 1813), article traduit d'Abernéthy par Monsieur BOURSIN, chirurgien entretenu de 2me classe »

6. Discours prononcés par le président du conseil de santé naval et premier chirurgien en chef de la marine, Dr DELAPORTE, le 2 avril 1821, à l'ouverture d'un concours pour une place de professeur à l'école de santé de la marine, le 3 décembre 1822 pour l' « ouverture de l'année scholaire », et lors du concours de 1828.

7. « Considérations sur la fixation des traitemens des salariés de l'État en général et des officiers de santé de la marine en particulier, » par le docteur DELAPORTE (Brest, le 6 décembre 1831), à l'occasion du projet de budget de 1832

8. Recueil de règlements, manuscrits et imprimés, sur l'organisation du service de santé de la marine.

9. Recueil de projets d'organisation du corps des officiers de santé de la marine.

10. Recueil de règlements, décrets, arrêtés relatifs au service de santé et aux hôpitaux de la marine.

11. Recueil de rôles des chirurgiens de la marine et des médicaments existant à l'hôpital de Brest, et autres pièces relatives au service des religieuses de la Sagesse à l'hôpital.

12. « Considérations médicales » faites par le docteur FÉRIS, lors de sa campagne dans l'Atlantique sud à bord de l'Hamelin » ["Pathologie de l' Hamelin: 1° sur la côte occidentale d'Afrique", 19 mai 1876- 9 juin 1877].

13. Recueil de rapports médicaux sur des faits de tératologie, etc. divers d'épidémie, hygiène.

14. Recueil de documents sur la bibliothèque du service de santé de la marine et le jardin botanique de Brest. [cf infra]

15. « Mémoire sur les maladies qui ont régné dans l'escadre du Roi, commandée par feu M. le duc d'Enville, lieutenant général des armées navales [1746], composé par M. [CHARDON] DE COURCELLES, premier médecin de la marine au port de Brest, et lu à l'Académie royale de marine » [le 7 avril 1753].

16. « Rapport sur l'empoisonnement de l'équipage du Catinat au Hâvre-Ballade (Nouvelle-Calédonie) au mois de décembre 1854, » par MEUNIER, chirurgien de 3me classe du port de Rochefort. (Brest, 29 avril 1855).

17. Rapport du docteur Ch. NIELLY, chirurgien, chargé du service des fiévreux du bagne, sur l'empoisonnement par les moules. (Brest, 23 septembre 1857).

18. « Recueil de différents morceaux de phisique, morale, etc., tirés tant des ouvrages périodiques que des meilleurs autheurs, » par « Elie DE LA POTERIE. (A Paris, le premier janvier 1756) ».

19-39. Campagnes de mer. Rapports des Officiers de santé.


 

      III. Le fond constitué par les acquisitions depuis 1803 jusqu'à 1850.

Création de la Bibliothèque.

 

La création de la bibliothèque est consécutive à deux décisions :

  • 19 pluviôse an VI = 7 février 1798 (Directoire) : arrêté du directoire exécutif concernant la création de la Bibliothèque.
  • 29 Pluviôse an IX  = 18 février 1801 (Consulat): Arrêté des Consuls concernant la création de la Bibliothèque (signé par Bonaparte). Confirmation par le ministre de la marine Decrès.

Ces décrets tardant à être réalisés, c'est à l'initiative du préfet maritime Joseph, Comte de Caffarelli, que la bibliothèque doit son existence : le 25 Vendémiaire an X (17 octobre 1801) : le Conseil de Santé propose une liste de livre de la bibliothèque du Port, liste approuvée par le Préfet qui charge Jurien, Inspecteur de la marine, de les remettre au Conseil de santé.

  Le conseil de santé saura témoigner ultérieurement  sa reconnaissance au préfet Joseph Caffarelli : "Sensibles à un tel bienfait, et reconnaissants d'un pareil service, les officiers de santé du port de Brest lui ont témoigné leur gratitude en plaçant son buste, très bien exécuté par monsieur Collet, sculpteur en chef du port, au milieu même de la salle de lecture ».(Jean-Louis Dauvin, Essais topographiques, statistiques et historiques sur la ville, le château, 1816).


 La composition de la bibliothèque de l'École de médecine navale de Brest, en dehors de son fond initial, peut être connu par divers inventaires réguliers des acquisitions annuelles, contenus dans le dossier de manuscrits Ms 14 du Service Historique de la Marine à Brest, dossier qui renferme aussi de nombreux documents sur la création, les aléas et les règlements de la bibliothèque. Un inventaire complet est réalisé en 1838-1843. Les archives nationale de la marine conservent peut-être les inventaires ultérieurs.

  J'ai dit en introduction que la bibliothèque comptait 1647 ouvrages en 1809, 10 000 volumes en 1865, 14 000 volumes en 1876, 18 000 volumes en 1909. Ces derniers chiffres m'ôtent jusqu'à l'idée d'en reconstituer les inventaires, mais j'ai publié les listes des acquisitions de 1809 à 1837 ici :  Inventaires de la Bibliothèque de l'École de médecine navale de Brest.

 Je vais maintenant ouvrir le dossier de manuscrit Ms 14 pour y découvrir les documents sur la création et le développement de la bibliothèque. C'est au travail de Charles de la Roncières en 1907 que je dois le classement des pièces et leurs titres (en gras). 

 

     1. Le dossier Ms 14 du Service Historique de la Marine à Brest.

Recueil de documents sur la bibliothèque du service de santé de la marine et le jardin botanique de Brest (1792-1849). XVIIIe et XIXe siècle. Papier. 24 pièces. 380 sur 245 mm. Demi-reliure. (ancienne cote 3310s)

— Pièce 1. « Rapport sur l'établissement d'une bibliothèque médicale dans les trois grands ports de Brest, Toulon et Rochefort » (Brest, 28 février 1811).

Organisation de celle de Brest.

L'organisation de la Bibliothèque médicale de ce port avait été ordonnée par un arrêté du directoire exécutif du 19 Pluviôse an 6 de la République, dont voici les dispositions.

Article 1er.

Il sera formé, dans l'hôpital principal de chaque port ou dans l'une de ses dépendances, une Bibliothèque pour l'instruction des officiers de santé.

Art. 2.

Cette Bibliothèque pour le port de Brest sera formés de tous les ouvrages relatifs à l'art de guérir qui se trouvent dans celle du port. Il sera accordé une somme fixée et déterminée par le Ministre, pour l'école de santé qui n'aura point de bibliothèque.

Art.3.

La bibliothèque sera sous la direction du conseil de santé de salubrité navale, il sera affecté une somme de mille livres par an pour l'entretien de la bibliothèque et l'achat des ouvrages dont elle doit être pourvue.

L'emploi de cette somme sera dirigée par le conseil de salubrité. Le commissaire médecin d'après les ordres du ministre, fera passer au conseil de salubrité navale les journaux relatifs à l'art de guérir.

Art.4

Aucun ouvrage ne pourra sous aucun prétexte sortir de la Bibliothèque, les professeurs seuls pourront y prendre ceux dont ils auront besoin ; tous les ouvrages de la bibliothèque sont sous la responsabilité du conservateur.

Art. 5.

La Bibliothèque sera ouverte tous les jours, excepté le décadi,

du premier Brumaire au premier Ventôse :

Le matin de 9 heures à midi.

Le soir de 2 heures à quatre.

Durant les huit mois restants :

Le matin de 8 heures à midi.

Le soir de 4 heures à cinq.

Art.6.

Le chauffage et les fournitures de bureau seront fournies sur les demandes du conservateur , visées par le Conseil.

Signé Barras.

 

Arrêté des Conseils de la République du 29 Pluviôse an 9.

Lettre ministérielle à ce sujet.

Cet arrêté du directoire exécutif a été maintenu par le gouvernement consulaire qui fixe également les dispositions.

Copie de la lettre du ministre de la marine et des Colonies en date du 9 Ventôse an 9 au Comte Caffarelly, préfet maritime à Brest.

Citoyen Préfet.

Je vous fais connaître un arrêté des Consuls du 29 V. an 9 dont les dispositions ont pour but de favoriser l'h.. et d'entretenir le zèle des officiers de santé de la marine. Extrait des registres des délibérations des Consuls du 29 Pluviôse an 9.

Les consuls de la république considérant qu'il importe de régulariser toutes les parties du service de santé, le ministre entendu, arrêtent ce qui suit.

Art.1er.

L'enseignement de la médecine navale dans les écoles de santé des grands ports sera conforme à ce qui est prescrit par le règlement du 19 pluviôse an 6.

Le Premier Consul, signé Bonaparte.

 

Monsieur le général Caffarelly fonde la Bibliothèque médicale.

Malgré l'arrêté du directoire exécutif et celui postérieur des Consuls ; l'organisation d'une bibliothèque à l'hôpital principal restait sans effet, et était peut-être encore éloigné de son exécution, lorsque Monsieur le Général Caffarelly, préfet maritime à Brest, pénétré de l'importance de cet établissement et embrassant de grandes Nuées d'utilité publique jugea à propos d'après le vœu du gouvernement de s'occuper spécialement de la formation de la bibliothèque médicale en y faisant transporter les ouvrages de celle du port, qui concernaient la médecine.

Voici la copie de la lettre qu'il adressa pour cet effet à Monsieur Jurien inspecteur de la marine :

[An Onze, mention manuscrite]

Le Conseiller d'État préfet maritime au citoyen Jurien inspecteur de la marine.D'après un arrangement , Citoyen inspecteur, convenu entre le préfet du Finistère et moi de concert avec les autorités de la ville, j'ai jugé convenable de former dans l'hôpital principal une collection d'ouvrages relatifs à l'art de guérir, afin que les élèves de ce service puissent trouver réunis les moyens d'instruction théorique et pratique dont l'humanité retirera le plus grand avantage. Cette collection est composée des livres provenant du dépôt de la ville et j'ai jugé à propos d'y joindre pour la compléter une partie de ceux compris dans la note que je vous transmets, et qui existent à la bibliothèque du port. Ceux qui en sont exceptés sont marqués d'un trait de crayon.

Mon intention n'étant point de considérer cet établissement comme une bibliothèque particulière, mais bien comme une émanation directe et purement locale de celle du port, les mêmes règlements, la même surveillance et le même ordre y seront observés.

L'inventaire des ouvrages qui seront déposés dans cette succursale fera partie de l'inventaire général de la bibliothèque avec une note indicative de la destination des livres.

Le Conseil de salubrité sera chargé du maintien de la police ordinaire du local, qui est en effet confié à ses soins. Votre inspection s'y exercera de la même manière que sur la bibliothèque , dont ainsi que je vous l'ai dit plus haut, ces assemblages de traités relatifs à l'art de guérir est une collection. Signé Caffarelli.

2. Situation actuelle de la bibliothèque médicale, renfermant à peu près 1700 volumes :

Ainsi, d'après les ordres du gouvernement et sous les auspices du Conseiller d'État préfet maritime de ce port, la bibliothèque a été fondée, et enrichie successivement d'une ...prétiente [?] d'environ 1700 volumes renfermant tout ce que l'art a de plus intéressant dans les différentes branches.

Avantages qui résultent d'une bibliothèque par rapport au Conseil de Santé.

Le Conseil de santé, chargé de la direction du service, de l'examen scrupuleux des hommes qui doivent pour infirmité pour les cas prévus par les règlements, être congédiés, rétra..à des séances réglées. Les membres qui le composent sont souvent dans la nécessité eux-mêmes de se recueillir, devant rechercher dans les archives de l'art, ce qui a rapport aux différents cas, pour répondre à la juste confiance du gouvernement.

Ils pourraient être quelque fois embarrassés dans leurs décisions, s'ils étaient privés de la ressource d'une bibliothèque médicale.

Avantage d'une Bibliothèque par rapport aux salles de clinique médicale et chirurgicale.

Un avantage incontestable de cet établissement se présente dans les salles de clinique interne et chirurgicale. Ici, l'observation doit être prise au lit du malade à chaque visite.

Le médecin explorateur de la marche de la maladie, de l'apparition des symptômes, a-t-il quelque doute sur le diagnostic et sur les conséquences de l'affection, il rallie autour de lui les préceptes et les observations des auteurs distingués, qui ont mieux traité le cas de pathologie qui vient de s'offrir au jugement en les consultant, il détermine le genre, ..es la complication d'une maladie, et les nombreux élèves présents à la visite en retirent les plus grands fruits.

Avantage pour les professeurs de l'École de Santé.

Les divers professeurs chargés des branches séparées d'enseignement médicale sont susceptibles, chacun dans le mode d'enseignement qui le concerne, de recourir à la bibliothèque, pour puiser les découvertes des meilleurs auteurs, les matériaux qui devront servir à leurs utiles démonstrations.

Ils peuvent en vertu des règlements, prendre les ouvrages qui ont rapport à leurs cours, les garde temporairement et les méditer à loisir.

Ils n'auraient plus cet avantage, si cet hôpital ne possédait pas une bibliothèque, à laquelle ils peuvent se rallier à volonté, et à toute heure.

Avantage pour les chirurgiens de garde.

Les officiers de santé des différents grades sont libres d'étudier à la Bibliothèque de l'hôpital pendant une grande partie de la journée.

Ils peuvent immédiatement après la visite des salles de malades comprendre les maîtres de l'art, pour mettre en rapport la théorie avec leur pratique, et le passage instantané de l'une à l'autre est inappréciable.

Les élèves sont tenus aux notes hebdomadaires, aux examens de clinique, et à rendre compte de leurs études.

L'officier de santé de garde est fréquemment dans la nécessité de prendre connaissance des auteurs qui éclairent son jugement dans quelques cas imprévus, parmi les entrants à l'hôpital ; c'est encore à la bibliothèque qu'il a recours pour se mettre à portée de satisfaire aux notes qu'on exige de lui dans la visite du matin.

Avantage pour les pharmaciens.

La science de la pharmacie agrandie par la réunion des connaissances physiques et chimiques est une branche importante de la médecine.

Dans les laboratoires où se préparent, se combinent, et se conservent les médicaments que le besoin d'être utile à l'homme malade a enfanté, quel est le praticien quelque versé qu'il soit dans sa partie qui ne soit pas de temps à autre, obligé de consulter les auteurs, sur le mode de composition d'administration, sur les qualités et l'emploi de tel ou tel remède, de l'efficacité duquel peut dépendre la vie du malade.

En ce qui concerne la médecine légale.

Dans les rapports de médecine légale, (s'il s'agit d'un empoisonnement), quelle main téméraire ira sonder l'intérieur des viscères pour y trouver et soumettre ensuite à l'analyse chimique le venin destructeur, si préalablement le pharmacien chargé de ce rapport n'a pas présent sous les yeux les auteurs qui traitent cette matière. Et où trouverait-il des ressources si sa mémoire ne le sert pas en cette occasion dans le rapprochement d'une bibliothèque ?

Avantages reconnus pour ce qui concerne les concours.

Les concours rétablis dans la marine depuis plusieurs années prouvent les progrès des lumières et de l'émulation des officiers de santé de ce port. Si les candidats en général ont donné des marques d'une grande capacité et de beaucoup d'érudition, ils le doivent beaucoup à cette institution qui

sous tant de rapports doit être encouragée et respectée.

Autres avantages par rapport aux élèves.

Quels avantages ne résultent-t-ils pas encore d'occuper les jeunes gens au centre d'un hôpital pour les y rencontrer au .. quand la nature des services qu'ils doivent rendre nécessite l'u .. de plusieurs ?

Du coté des mœurs.

Et sous le rapport des mœurs ; en éloignant les jeunes gens dans l'âge des passions, livrés à l'inexpérience des lieux où ils pourraient se corrompre, entraînés par le torrent de l'exemple et hors de la surveillance attentive des chefs.

Il faut ajouter encore l'impossibilité d'avoir beaucoup de livres, avec les appointements fixés pour les classes inférieures si on met en comparaison de la solde la cherté des prix de la location et de l'entretien.

Inconvénient de la réunion des deux bibliothèques en une seule.

Nous venons d'exposer les nombreux avantages d'une bibliothèque au centre de l'hôpital en la considérant comme une émanation de celle du port de la quelle elle cesserait de ressortir et continuerait d'être soumise aux mêmes règlements.

Il nous reste à balancer ces grands intérêts relatifs avec les inconvénients réels qui résulteraient de la réunion de cette bibliothèque à celle du port. Dans celle-ci privés du rapprochement immédiat de leurs fonctions, avec l'étude, soumis aux heures réglés, à leur police, et à la fermeture du port entre des ateliers nécessairement bruyants, sous le bruit des marteaux les élèves tireraient un bien faible parti de leurs instruction, ils ne pourraient être surveillés dans le local commun à toute la marine et l'émulation s'affaiblira se détruira même par la suite, et qu'en résulterait-il, l'ignorance, des maux pour l'humanité.

Le corps qui peut se flatter d'avoir rendu et de rendre tous les jours des services à l'État verra avec douleur s'anéantir dans ceux qui doivent le reproduire le goût pour la..le zèle au travail qui distinguent le médecin.

Les deux grands hôpitaux maritimes de Toulon et de Rochefort possèdent une bibliothèque.

Les encouragements qu'elles ont reçu de la part des autorités supérieures font honneur aux hommes en place qui les ont protégés, et ne cessent de contribuer à leur entretien.

Le Conseil de santé de ce port avait jugé convenable de faire contribuer les élèves de l'école à l'entretien de la bibliothèque mais Monsieur le Général Caffarelly préfet maritime s'opposa à cette mesure qui privait les chirurgiens d'une portion de leur solde à peine suffisante.

Résumé.

Ces représentations ne sont dictées que par le seul intérêt du Bien Public il faut parler avec confiance sous un gouvernement qui seconde si puissamment les arts, les sciences et toutes les institutions utiles et qui pourront répondre comme le fit autrefois un grand monarque protecteur des belles lettres.

Qu'a besoin la plume de tracer des règles de conduite à celui qui entre dans les plus petits détails sur tout ce qui tient à la conservation des Citoyens.

Il suffit qu'une chose bonne en elle-même se présente pour qu'elle soit de suite saisie et adoptée.

L' École de médecine navale et les officiers de ce port osent donc espérer que, d'après leurs justes Représentations, la bibliothèque établie à l'hôpital principal sera conservée dans la même forme que par le passé.

 Brest le 28 février 1811. Les membres du Conseil de Santé.

 


— Pièce 2. « Ordre de transcription des différentes pièces relatives à l'évacuation de la bibliothèque de l'école de santé sur celle du port, », signé : Decrès, Dordelin [1811] ; lettre originale du général Caffarelli (21 pluviôse an 12 de la République).

  Cette pièce révèle une revendication de la Bibliothèque du Port, qui s'estime spoliéee des ouvrages confiés à la bibliothèque de l'École : 1810/1811 : à l'occasion d'une demande d'acquisition des derniers volumes de l'Encyclopédie méthodique, Decrés, ministre de la marine (de 1801 à 1814) accuse d'abord le Conseil de santé de s'être approprié indûment le fonds de bibliothèque du Port et en exige restitution. Le général Dodelin, préfet maritime du Finistère, sollicite du Conseil de Santé une défense argumentée, puis confirme l'existence de la Bibliothèque par un courrier le 21 pluviôse an 12 (10 février 1804), courrier qui attribue une somme au Conseil de Santé pour l'achat d'ouvrages.

Deux autres lettres, qui se trouvent en fin du corpus, témoignent de ce différent : 

Une lettre du préfet maritime Léger exigeant la restitution des six volumes de la 74e et 75e livraison de l'Encyclopédie méthodique, ceux-ci "n'étant pas spécialement et exclusivement employé à traiter de l'objet de médecine".

La réponse du Conseil de santé ( Duret et Thamment?) qui obtempère tout en signalant que parmi ces volumes se trouvent ceux consacrés à la botanique, "partie qui ne peut être détachée de la médecine, puisqu'elle fait la base de la Matière médicale", et deux volumes consacrés aux insectes, "nécessaire au médecin naturaliste qui doit avoir des notions précise sur les trois règnes de la nature".


— Pièces 3, 7, 8, 9 : « États de la quantité de livres composant la bibliothèque de l'école de santé » : 1647 livres (en 1810), 1751 (en 1811), 1781 (en 1813).

 _État de la quantité des livres composant la Bibliothèque de l'école de santé en 1809, savoir :

Donnés par le général Comte Caffarelli : 46 in f°, 371 in-4°, 638 in 8°, 140 in-12°, total 1195.

Donnés de la Bibliothèque du port par ordre du Gal Caffarelli : 76 in-f°, 87 in 4°, 138 in-8°, 151 in-12°, total 452

Soit au total 1647 volumes.

Livres achetés dans l'année, compris dans l'Inv[entai]re, 26 volumes.

Aperçu des dépenses faites par le Général Comte Caffarelli pour la Bibliothèque de l'École de Santé du port de Brest : An 11 : 210Fr46 ; An 12 : 1913 Frs 94, An 13 : 304 Fr 95, 1806 : 168, 25 ; 1807 : 295,25 ; 1809 : 439,01 TOTAL : 5601,06

Souscriptions à faire pour l'année 1810 :

  • Abonnement à la Bibliothèque médicale : 30Fr80
  • Ab au Journal Général de médecine rédigé par Sedilot : 21 Fr 80
  • Ab aux Annales de Chymie : 18 Fr 80
  • Ab au Journal de Médecine : 17 Fr 30.
  • Ab au Bulletin des Sciences médicales : 14 Fr 80.

TOTAL : 103 Fr 50.

31 décembre 1809, signé GIRARDOT.

N.B : premiers abonnements aux journaux de médecine datent de 1804.

_État au 1er octobre 1811 : 463 livres fournis par le Port, 1318 achetés par le général Caffarelly pour l'école de santé, Total  1781 livres. Dont 140 in folio, 562 in-4°, 800 in-8°, 279 in-12°.Non compris plusieurs ouvrages de littérature dépareillés, et une collection de 128 thèses et les journaux de plusieurs années. Signé Thérot, conservateur.

 Une quarantaine d'ouvrages sont prêtés à Duret, à Pichon pour le cabinet d'histoire naturelle, à Vasse et à Chatelain.

Même inventaire en avril 1811, où Dupont et Delaporte se rajoute au nombre des emprunteurs.

En décembre 1811, on dénombre 475 livres fournis par le Port, 1318 livres achetés grâce au préfet Caffarelly, Total 1793 livres, dont 140 in folio, 567 in-4°, 807 in-8°, 279 in-12°. Le nombre d'ouvrages prêtés est de 57.

En 1812, 50 volumes brochés, dont les journaux et les thèses, ont été reliés.

__ En 1813, on dénombre 463 livres fournis par le Port, 1318 livres achetés grâce au préfet Caffarelly, Total 1781 ouvrages, 140 in folio, 562 in-8°, 800 in-4°, 279 in-12°. Une mention est faite des  ouvrages "dûs à la générosité du Ministre" : les derniers mémoires de l'Institut (5 volumes) , La Clinique chirurgicale en 3 volumes de Pelletan, Les maladies du Cœur de Corvisart, et 3 autres volumes [Encyclopédie méthodique n°70 et 71 Les Maladies de Peau]. 57 ouvrages sont empruntés.

 Abonnements en 1810 et 1811 :

La Bibliothèque médicinale.

Le Journal général de médecine.

Le Journal de Corvisart

Les Annales de Chimie.

 

Pièce 4 « Notice des livres donnés par le préfet [Caffarelli] pour la bibliothèque ».

 A la date du 5 septembre 1810, nous trouvons le premier Inventaire disponible réalisé à l'occasion du changement de Conservateur. Le titre en est Notice des livres donnés par le préfet pour la bibliothèque de l'École de Santé. On compte 49 folios, 468 in-4°, 648 in-8°, 552 (?) in-12°, soit 1717 (?) ouvrages, dont 115 thèses (78 thèses reliées formant 23 volumes in-8°, 20 thèses non reliées in-4°, 17 thèses non reliées in-8°), les collections de journaux reliées en 9 volumes pour la Bibliothèque médicale, 8 volumes pour le Journal  de médecine. Les titres de la bibliothèque sont pour la plupart récents, témoignant d'acquisitions entre 1801 et 1810.

Voir la liste des livres ici :  Inventaires de la Bibliothèque de l'École de médecine navale de Brest.

 

Pièce 5. Lettre des membres du conseil de santé Gesnouin, Duret, Dubrueil (1811).

  Il s'agit plutôt d'une lettre du ministre Decrès (en fonction de 1801 à 1814), contre-signé pour réception par le préfet maritime, l'inspecteur de marine et les trois membres du conseil de santé. 

  Il s'agit de l'heureuse conclusion du litige dont faisait état la pièce 2.

  Je ne vois pas d'inconvénient, Monsieur, à laisser subsister telle qu'elle est la Bibliothèque à l'usage de l'École de santé de Brest. […]. J'approuvai ...ces mesures, elles étaient sages puisqu'elles avaient pour but d'offrir constamment aux officiers de santé des moyens faciles d'étude dans les lieux même où ils mettaient leurs connaissances en pratique. Un autre avantage bien important qui résultait de cette bibliothèque c'est que dans tous les cas graves que présentent trop souvent les diverses maladies, le médecin trouvait sous la main les autorités qu'il avait besoin de consulter pour marcher d'un pas sûr et pour résoudre, d'une manière positive, sans incertitude et dans doute.Cependant, la Bibliothèque du Port n'en est pas moins une, bien qu'une petite portion des livres ait été transporté à l'hôpital principal. Le même règlement les régissent...

 

Il n'y a rien à changer à l'état des choses. Les succès obtenus par l'École de Brest justifient les mesures dont il s'agit. Je me persuade que leurs officiers ne cesseront point de profiter de l'avantage que leur offre cette bibliothèque particulière et qu'ils continueront à se faire distinguer par leur amour pour l'étude et par leur zèle pour le Service. Etc...  

 

Pièces 6 et 13 : « Règlement pour la bibliothèque de l'école de santé, » par les membres du conseil de santé Gesnouin, Duret, Dubrueil  (Brest, 2 avril 1811).

pièce 6 : Premier règlement de 1811, comportant 13 articles. Approuvé par le préfet maritime Dordelin.

 

Pièce 13 : 25 mars 1826 : Deuxième Règlement de la bibliothèque, dont le fonctionnement est précisé par 22 articles. Signé par le maître des requêtes, intendant de la marine.


 

Pièces 10, 11, 12, 15, 16. Lettres de l'intendant de la marine « Tadon » de « Vénuste Gleizes », du chef d'administration de la marine d' »Ubraie ».

En 1818, nous apprenons que l'abonnement au Journal de Sébillot a été remplacé par le Journal universel [des sciences médicales]. Les autres abonnements sont :

  • Le Journal de Médecine, chirurgie et pharmacie  par [Corvisart], Le Roux, [Boyer]:1808.etBIU.
  • La Bibliothèque médicale [alors dirigée par Royer-Colard],
  • Les Annales de Chimie [Paris, imp. Perronneau; n°77 en janvier 1811]
  • Les Annales de Médecine de Montpellier .

Une somme de 200 frs est allouée chaque année au conseil de santé pour ces abonnements, et autres achats d'ouvrages.

En 1818, l'Intendant de la Marine Vénuste Gleizes fait parvenir 7 exemplaires de Secours à donner aux personnes empoisonnées ou asphyxiées par M.P Orfila (Gallica). Le chirurgien en chef est alors Delaporte.

La même année, le Ministre confirme ou attribue à la bibliothèque une somme de 200 Frs annuelle pour l'achat de revues (120 frs) et d'ouvrages.


En 1832, un projet d'échanges réciproques d'ouvrages entre la bibliothèque de la Marine et la Bibliothèque du Port  révèle une rancœur tenace de cette dernière qui cherche à récupérer les ouvrages  qu'elle possédait initialement.


— Pièce 17. État des ouvrages qui ont été achetés par l'école de santé en 1842.

En 1842 est dressé un État des ouvrages qui ont été achetés par l'École de Santé du Port de Brest en 1842 : Liste alphabétique de plus de 277 ouvrages.


— Pièce 18. État des instruments et des livres remis et déposés dans la bibliothèque du cabinet d'histoire naturelle du jardin des plantes à Brest, à la charge du sieur Laurent, jardinier botanique » (1792).

 Cette liste semble être celle sur laquelle Cambry s'est basé

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110459s/f154.image.r=brest%20atlas%20laurent.langFR

pour décrire les pièces qui décoraient les salles de l'école des gardes de marine. Ces instruments mériteraient une étude à part entière, puisque nous y trouvons ceux que La Pérouse, [Jean-François de La Pérouse entre à l'Ecole des Gardes Maritimes de Brest à 15 ans le 19 Novembre 1756, sous l'influence de Clément de la Jonquière] emporta dans sa circumduction, à l'usage de son horloger Lepaute d'Agelet, et ceux nécessaires à la détermination de la longitude.

Laperouse_S-v.jpg Graphomètre à pinnules de La Boussole retrouvé à Vanikoro en 1999.

 

Deux pendules à secondes de Bert[h]oud et leur boete.

Une idem idem de Galoude [sic] avec son pied de fer.

Un canon de fonte avec son attirail

Deux planchettes et leurs pieds. [loch ?]

Quatre chaîne d'arpentage.

Douze Jalons

Deux graphomètres en cuivre avec leur boete et leur pieds.

Trois compas à verge de bois.

Une planchette à calquer.

Un globe de carton mauvais.

Quatre idem, neufs, dont un percé.

Une sphère armillaire en cuivre.

Une idem en carton, mauvaise.

Une machine pneumatique.

Deux quarts de cercle en cuivre avec leurs pieds.

Un idem de trois pieds de rayon, auquel il manque la loupe du garde filet.

Trois quarts de nonante.

Deux sextants ;

Deux octants

Une lunette de sept pieds démontée en son étui.

Une mauvaise longue-vue.

Une lunette de...

Une petite boite d'aimants.

Un grand aimants artificiel.

U étui de mathématique incomplet.

Une alidade à pinnules.

Une lunette anglaise.

Deux niveaux d'eau en cuivre.

Un Idem d'air idem.

Quatre idem en fer blanc en mauvais état.

Deux arcs de construction.

Une machine parallactique.[ Machine composée d’un axe dirigé vers le pôle du monde, et d’une lunette qui peut s’incliner sur cet axe et suivre le mouvement diurne des astres sur le parallèle qu’ils décrivent.]

Deux instruments démontés dont on ignore le...


TABLEAUX.

 Un tableau représentant la mort du Chevalier d'Al...

Un tableau représentant le combat de la Surveillantehttp://fr.wikipedia.org/wiki/Surveillante_(1778)

Quatre petits tableaux.

Un portrait de M. du Couédic.http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Louis_du_Cou%C3%ABdic

Un tableau de M. de Sartine.http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_de_Sartine

Un grand tableau de M. de Chartres.http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Philippe_d'Orl%C3%A9ans_(1747-1793)

 

5 in folio : 

Neptune français, 2 volumes.

Neptune oriental, 2 exemplaires,

Atlas français,

Hydrographie française,

 

Portuland anglais

43 in-quarto

27 in-octavo

5 in-douze.

21 brochures.



 La liste des ouvrages est suivie d'une Liste de neuf pages d'ouvrages provenant des Jésuites ( et qui furent sans-doute transférés à la Bibliothèque du Port).


— Pièce 19. Annales des divers accroissements de la bibliothèque (1798-1849).

 Le 12 Messidor an 11 (1er juillet 1803) : le Conseil de Santé choisit 31 ouvrages de médecine chez le libraire Lefournier et Neveux et fait régler la facture de 258 Frs par Caffarelli. (Allain Le Fournier, libraire à Brest, est mort en 1814. Il est associé dès 1808 avec ses neveux Jean-Baptiste Le Fournier et Pierre-Clair Deperiers)  On trouve aussi une autre facture d'un montant de 437Fr 19  du même libraire,avec la liste de 14 ouvrages. Le 15 messidor, facture de 77Fr70 pour 14 ouvrages, puis de 142Fr12 pour 27 ouvrages.

 

En 1835 survint, vraisemblablement par une décision du Ministère de la Marine, une accentuation considérable des acquisitions, et qui concerna l'ensemble des bibliothèques de la Marine puisque Prosper Levot en fait état pour la Bibliothèque du Port (Hist. port p.253). Dans le même temps, et par une relation probable avec le fait précédent, le ministère organisa l'édition en 5 tomes du Catalogue général des livres composant les bibliothèques de la Marine, qui parut de 1838 à 1843 : un inventaire fut donc demandé à chaque établissement.

Je classe aussi dans cette pièce :

un courrier du Conseil de santé du 22 mars 1823 et les échanges de courrier qui ont suivi : confronté à la pénurie de moyens, (les acquisitions d'ouvrages sont très faibles durant ces années), le conseil de santé envisage de suivre l'exemple de Rochefort et de demander aux officiers et élèves officiers de santé une souscription individuelle, ou cotisation de bibliothèque. Signé Delaporte, Mollet, Legris-Duval, Droguet [Grimier ?]

 

la Demande de livres à Monsieur Lepontois, pour le compte de l'École de Santé. 28 février 184[6]

— Pièce 20. Copies, certifiées par le conservateur de la bibliothèque, des dépêches ministérielles relatives à son dépôt (1er février 1840-1er novembre 1841).

On peut y inclure :

Document imprimé du ministère de la Marine du 25 juin 1845, 4 pages : Seconde Instruction adressée aux conservateurs des bibliothèques .

Des copies de courriers ministériels datés de 1850.

— Pièce 22. « État des objets et instruments relatifs au cabinet de physique et d'électricité de la marine à Brest » (8 ventôse an 10). Voir "le cabinet de physique" de l'article  Le Musée d'histoire naturelle de Brest (suite) : les autres collections de l'hôpital maritime Clermont-Tonnerre et la bibliothèque.

— Dernière pièce (incluse par de Roncière dans la Pièce 19 ?) : Lettre du 22 février 1848 : le Dr Berdelo sollicite le poste de conservateur de la bibliothèque de l'École de Santé en succession de Le Helloc.

  Le docteur Berdelo, chirurgien de 1ère classe, souligne qu'il a été affecté de troubles intestinaux chroniques dus à ses navigations et qui l'ont tenus écartés du Service, le condamnant à un retraite anticipée ; « promu au grade de premier le 18 juin 1839, je n'ai pas pu atteindre les douze années de grade qui donnent droit à l'augmentation du cinquième de la solde, ma pension ne s'élève tout au plus qu'à la somme de 1650 frs ». Il s'engage à « renoncer à toute pratique de médecine de ville et à toute autre occupation qui serait incompatible avec ses nouvelles obligations. » .

  La Notice nécrologique sur M. Berdelo, ancien chirurgien-major de la Marine / Prosper Levot in Bulletin de la société académique de Brest, Vol. 5/1, du 1868 (30/12/1868) Gallica, nous donne les informations suivantes : Vincent-Louis-François-Marie Berdelo, né à Saint-Pol-de-Léon le 9 septembre 1801, décédé accidentellement le 4 décembre 1867 par l'emballement des chevaux de sa voiture, était chevalier de la Légion d'honneur [26 avril 1846 : voir dossier LH ici], et comptait trente années de service dont douze à la mer. Lors de l'épidémie de choléra de 1832, il avait soigné la population de Crozon, Douarnenez et Lesneven. Il occupa la fonction de trésorier de la Société académique de Brest.

 

 

 

2. Les autres sources d'informations sur les inventaires.


a) 1838 : voir :Catalogue général des livres composant les bibliothèques du ..., Volume 1. Ministère de la marine  :http://books.google.fr/books?id=-QlQAAAAYAAJ&pg=PR22&lpg=PR22&dq=%22biblioth%C3%A8que+du+port%22+brest&source=bl&ots=UEgoby7h_r&sig=WHpSGT_pD4DSTjeHthBm2oC1Zag&hl=fr&sa=X&ei=y5NIUrHvGeXG4gTc-YCoDA&ved=0CGIQ6AEwCQ#v=onepage&q=%22biblioth%C3%A8que%20du%20port%22%20brest&f=false 

b) 1865, Prosper Jean Levot :

 : "Au-dessus des bureaux du Conseil de santé (à l'Hôpital de la marine), est placée la bibliothèque de l'École de médecine navale. Formée, en l'an XI, par M. le préfet maritime Caffarelli, au moyen d'environ 800 volumes d'ouvrages spéciaux qui existaient dans la bibliothèque du port, elle s'est rapidement accrue depuis plusieurs années  et se compose aujourd'hui [1865] de 10.000 volumes d'ouvrages spéciaux. Cet accroissement est dû en partie aux achats faits directement par le conseil de santé, au moyen de versements qu'effectuent les officiers de santé, soit à l'entrée à l'école, soit lors de leurs avancements successifs. Dirigée par M. Berdelo, ancien chirurgien de première classe de la marine, en qui ses confrères, comme ses plus jeunes élèves, rencontrent un dévouement éclairé et un empressement égal à faciliter leurs travaux, elle est d'une utilité qu'on apprécie chaque jour d'avantage" ( P, LEVOT, Histoire de la ville et du port de Brest (Paris, 1865, in-8°), t. II, p. 318 ).

c) 1876 :Rapport d'inspection générale du Médecin Général Jules Rochard .

   "La bibliothèque de l'école se compose de 14 000 volumes et reçoit 38 journaux de médecine ou revues scientifiques. Ses dimensions sont devenues insuffisantes, bien qu'on l'ait accrue, il y a quatre ans, en disposant pour recevoir des livres, le grenier qui la surmonte. Lorsqu'on aura pris à l'égard des instruments de chirurgie, les mesures dont j'ai parlé, on pourra se servir des grandes armoires qui les contiennent et approprier à la même destination le cabinet contigu à la salle qu'occupe l'arsenal et dans lequel se trouvent aujourd'hui les appareils et les moyens de prothèse. La bibliothèque est très fréquentée et les deux tables qu'elle possède ne suffisent pas au nombre de lecteurs. Elle est ouverte de 8 heures du matin à 4 heures du soir, et, par une faveur dont l'École de Brest est seule à jouir, elle rouvre le soir de 7 heures à 9 heures pendant toute la durée de l'année scolaire. Elle n'a qu'un seul gardien et malgré son zèle il ne peut suffire..." 

d) 1907.

   En 1907, Charles de la Roncières dénombre 18 000 volumes environ.

e) La bibliothèque actuelle de l'Hôpital Inter-Armées.

   Actuellement (2013), l'Hôpital Inter-Armées conserve encore plus de 4000 ouvrages (XVIe-XIXe siècles) dont prés de 300 intéressent la botanique.

 Par comparaison, le musée de l'ancienne école de médecine navale de Rochefort est aujourd'hui riche de 25000 volumes.

 

3. Les Conservateurs de la Bibliothèque

Le 16 juillet 1922, en application de l'article 77 de la loi de Finances le Ministère de la Marine décida la suppression des emplois de conservateurs des bibliothèques des hôpitaux.  

 

SOURCES ET LIENS.

JUNGES (Catherine) : « L’Académie de marine et la diffusion du savoir maritime », en ligne.

DONEAUD DU PLAN, « Histoire de l’Académie de Marine », dans Revue maritime et coloniale, 1878-1882.

LEVOT (Prosper Jean), Histoire de la ville et du port de Brest.

Service Historique de la Défense, Brest : Ms14.

Bibliothèque de l'Académie de marine :http://www.academiedemarine.com/PJ3_ListeAcademiedemarine.pdf

BIBLIOTHEQUES DE BREST :  Histoire des collections de la Bibliothèque Municipale de Bresthttp://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/document-2076

 

Ce fonds serait aujourd’hui fort mal connu si M. Rémi Le Page, aujourd’hui décédé, n’avait consacré bénévolement de longues heures à le décrire, permettant ainsi à ceux qui le désirent d’accéder aux richesses qu’il recèle.

Sources et bibliographie

Rémi Le Page.- « La bibliothèque de l’Académie de Marine », dans La mer au siècle des encyclopédies, 1987. 

 

Service historique de la défense, département Marine à Vincennes. Manuscrits de l’Académie de marine, 64 à 110.

 

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Published by jean-yves cordier
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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 22:36
  •       Étude des Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest [Chardon de Courcelles].

 

Je remercie les bibliothècaires du Service Historique de la Marine à Brest pour leur accueil et leur disponibilité.

 

I. Éditions.

La première édition Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital de la Marine.— Brest, R. Malassis, 1769, in-4°. est datée de 1769, et la mention d'une date de 1766 dans un article de E.H. Guitard serait une erreur. Cette édition de 1769 a fait l'objet d'une thèse de médecine par Brigitte Albert-Evain à Nantes en 1977 sous la direction de Jean-Pierre Kerneis.

  L'exemplaire que j'étudie ici, conservé au Service Historique de la Marine à Brest, est daté de 1780.

Il y aurait donc deux éditions, en 1769 et en 1780.

II. L'Auteur.

  Cet ouvrage n'a pas de noms d'auteur, mais est parfois attribuée à Étienne Chardon de Courcelles, alors médecin en chef de l'hôpital maritime et directeur de l'École de chirurgie navale de Brest. 

  C'est également mon point de vue, pour les raisons suivantes:

  • Il s'agit d'une publication réglementaire s'imposant en théorie au médecins-chef des unités : ce caractère officiel peut expliquer l'absence de nom, mais il incite à attribuer l'ouvrage au médecin le plus haut placé de la hiérarchie locale.
  • Chardon de Courcelles a déjà publié chez le même éditeur deux ouvrages qui témoignent de son souci de faire imprimer son enseignement dispensé aux élèves-chirurgiens :Abrégé d'anatomie pour l'instruction des élèves chirurgiens, par M. Chardon de Courcelles. — Brest, R. Malassis, 1752, 2 vol. in-12. et Manuel des opérations les plus ordinaires de la chirurgie pour l'instruction des élèves chirurgiens de la marine de l'Ecole de Brest, par M. de Courcelles, médecin du Roi et de la marine. A Brest, chez Romain Malassis, imprimeur du Roi et de la marine. M. DCC. LVI.
  • Chardon de Courcelles est, dans le domaine de la pharmacopée, l'éditeur en 1741 du Traité de Matière médicale de Étienne-François Geoffroy.
  • Argument décisif, l'Académie signale dans son bulletin que Chardon de Courcelles a remis à l'Académie Royale de marine ses Formules Pharmaceutiques en 1769 ("15 juin : Don par Courcelles de ses Formules pharmaceutiques, petit volume in-4°"). (Cité par Doneaud, histoire de l'Académie royale de marine, Revue maritime 1879 tome 62 p.355).

 

III. Intérêt de ce Formulaire.


a) Intérêt au sein d'une Histoire des publications pharmaceutiques.

  Ces formules trouvent leur place au sein d'un corpus de publications décrivant la pharmacopée française : soit pour les officines privées, Codex medicamentorium de Paris, soit pour les apothicaireries militaires. Parmi celles-ci, le cas particulier de la marine ; et, dans ce cas, le cas particulier des Hôpitaux d'Instruction (Rochefort, Brest, Toulon), le médecin-chef de Rochefort Cochon-Dupuy ayant publié son propre formulaire en 1737. On peut donc, en comparant les plantes, les drogues et les formules, rechercher une spécificité du corps militaire, puis des marins ou hôpitaux portuaires, puis des spécificités locales, celles propres aux ports (préparations des coffres de médicaments des navires, exposition des drogues au milieu marin, pathologies spécifiques) ou bien suivre l'évolution des usages thérapeutiques et des innovations au cours du XVIII ou XIXe siècle et l'introduction des plantes exotiques nouvelles.

b) Intérêt au sein d'une biographie de Chardon de Courcelles.

  Cet ouvrage témoigne de l'intérêt de l'auteur pour la botanique et la pharmacopée, mais aussi pour la pédagogie à travers de la publication de son enseignement. On constate combien il suit par ses publications celle de son aîné Cochon-Dupuy médecin-chef de Rochefort.

c) Intérêt au sein d'une étude de la médecine à Brest.

  Ces Formules sont la première publication brestoise dans le domaine de la pharmacopée. Puis, l'année suivante, paraîtra chez le même éditeur l' Abrégé de matière médicale à l'usage des chirurgiens de la marine, par M. Maistral, médecin. — Brest, R. Malassis, 1770, 2 vol. in-12. Chardon de Courcelles n'y est pas étranger, non seulement en raison de son rôle d'éditeur de la Matière médicale de Geoffroy, mais parce que Maistral est son élève, élève si proche que leurs enfants se marieront ensemble. 

Après ces deux travaux de pharmacopée navale et brestoise en 1769 et 1770,  paraîtra sous la Révolution l'Abrégé pharmaceutique à l'usage des hôpitaux militaires et de ceux de la marine, par  Pichon, Gesnouin, Billard. R. Malassis (Brest) 1793-1794, 54 pages (Gallica). Si on sait qu'en 1793, Billard était chirurgien-major en chef à Brest, Gesnouin Pharmacien en chef, Sabathier et Pichon second médecins en chef, Duret second chirurgien-major en chef , on voit que ce document a été rédigé par la "maistrance" de l'hôpital de Brest, sans doute pour faire autorité, et qu'il succède ainsi aux Formules de de Courcelles, bien qu'il affiche un objectif plus large, "les hôpitaux militaires et ceux de la marine". Il prétend "abroger une multitude de recettes ridicules que l'ancienne médecine avait accumulé" 

d) Intérêt pour la connaissance de la phytothérapie.

Étude des plantes utilisées, de leurs indications, et des recettes.

e) Intérêt lexicologique.

Non le moindre à mes yeux, il permet de découvrir le vocabulaire des apothicaires (lohocs, robs, apozèmes, épithèmes, électuaires, embrocations, etc) et l'onomastique des plantes. 

 

 

IV. Étude de l'exemplaire du Service Historique de la Marine (1780).

Exemplaire cote R. 6357 du Service Historique de la Marine à Brest.

Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest. A Brest, chez R. Malassis, imprimeur ordinaire du Roi et de la Marine. MDCC.LXXX. 128 pages +VII

Cachet Port de Brest. Bibliothèque de la Marine.

ancienne Cote manuscrite 8316(2)-1536

                 DSCN5684c

 


      Composition : 

 J'indiquerai le texte en italique, en ne donnant que les titres des drogues, et quelques recettes en illustration. Mes commentaires sont en caractère romain et entre crochets, les définitions sont souvent tirées du Compendium de Deschamp 1868.

Page non paginée :Poids et mesures, suivi de : Explication des abréviations.

CHAPITRE PREMIER.

— Art.premier  Des Espèces. page 1


Nota . Sous le nom d'Espèces, nous comprenons ici un mélange de plusieurs plantes sèches, ramassées, dans une saison convenable, et séchées avec soin, pour suppléer au défaut de plantes fraîches et récentes, pendant l'hiver ou à la mer. Chacune des plantes qui entrent dans la composition d'une espèce doit être coupée fort menue, pelée séparément, et après les avoir secouées légèrement sur un tamis de crin, pour en dégager la poussière, on les mélangera le plus exactement qu'il sera possible. Pour les biens conserver, et les garantir de l'humidité et de la moisissure, on les enfermera dans des boites de bois ou de fer-blanc, qui ferment exactement, que l'on tiendra dans un endroit sec, et que l'on n'ouvrira que pour le besoin, ayant attention de les refermer aussitôt. Cette précaution est encore plus nécessaire dans les vaisseaux qu 'à terre, parce que l'air y étant plus humide et plus chaud, les Espèces se gâteront promptement et tourneront en fumier..

  • Espèces amères. Page 2. Centaurée Chamaedrys Camomille

  • Espèces anti-scorbutiques. Raifort, Passerage, Trèfle d'eau, Centaurée.

  • Espèces apéritives. Parelle, Aunée, Grande Chélidoine, Fenouil, Garence, Scolopendre.

  • Espèces aromatiques

  • Espèces astringente.

  • Espèces carminatives. [qui favorise l'expulsion des gaz intestinaux, tout en réduisant leur production]

  • Espèces céphaliques.

  • Espèces diaphorétiques. page 4 [qui font transpirer]

  • Espèces diurétiques.

  • Espèces émollientes. [qui ont la propriété de ramollir et de détendre les tissus]

  • Espèces pectorales adoucissantes.

  • Fleurs pectorales. Page 5.

  • Espèces pectorales incisives

  • Espèces sudorifiques.

  • Espèces vulnéraires. [utilisée pour traiter les blessures]

 

 

 

Article second. Poudres. p.6.

Nota. On pulvérisera séparément chacune des Espèces qui entrent dans la composition des poudres, et on les pèsera avant d'en faire le mélange ; ensuite on les réunira et on les passera au tamis de crin ou de soie, pour que le mélange s'en fasse plus exactement.

On les enfermera, sans les entasser, dans des poudriers de verre ou de fayance, bien nets, et bien secs, que l'on fermera soigneusement pour les préserver de l'humidité.

  • Poudre absorbante. Écailles d'huîtres lavées et séchées.

 

  • Poudre antimoniale.

  • Poudre antiseptique.

  • Poudre antispasmodique.

  • Poudre astringente.

  • Poudre balsamique.

  • Poudre cordiale.

  • Poudre fébrifuge.

  • Poudre hydragogue

  • Poudre martiale.

  • Poudre nitreuse camphrée.

  • Poudre purgative

  • Poudre pédiculaire.

  • Poudre pour la gale.

  • Poudre scillitique

  • Poudre tempérante simple. [qui modère l'activité excessive de la circulation]

  • Poudre tempérante nitrée.

  •  Poudre vermifuge.


 

Article troisième. Eaux et esprits distillés. p. 14.

[Une "eau distillé" est le résultat d'une distillation d'une seule (eau simple, comme l'Eau de mélisse) ou de plusieurs ("eau composée") plantes ou ingrédients.  Un Esprit est un alcoolat, substances macérées dans l'eau-de-vie].

  • Eau cordiale [qui soutient le cœur]

 

  • Prenez 3 livres de Fleurs de sureau à demi-sèches, 2 côtes récentes d'angélique, 12 livres d'eau pure. Faites macérer pendant douze heures, distillez ensuite au bain-marie et tirez en 6 livres de liqueur.

  • Eau alexitaire [contre la morsure des animaux venimeux]

  • Esprit anti-scorbutique. 

  • Esprit ardent de cochlearia.  [le Cochlearia est le raifort officinal]

  • Eau vulnéraire spiritueuse.

     

— Article quatrième. Teintures et élixirs. p. 16

      [ Les teintures, comme les élixirs, sont des infusions de substances dans l' eau-de-vie ou de l'esprit-de-vin.]


Teinture anodyne. [analgésique]

Prenez deux dragmes d'opium choisi, 2 livres de vin d'Espagne, 4 onces d'esprit de vin. Faites digérer dans un matras [ récipient au col étroit et au long col] jusqu'à parfaite dissolution, et filtrez. Nota : 2 dragmes de cette teinture équivalent à un grain d'Opium.

  • Teinture diaphorétique. 

  • Teinture diaphorét-anodyne.

  • Teinture fébrifuge antiseptique

  • Teinture ou baume vulnéraire.

  • Elixir alexitère.

  • Esprit de vitriol dulcifié.

  • Esprit de Mindererus. [ une solution aqueuse d'acétate d'ammonium, - nommé d'après r. Minderer, médecin d'Augsbourg]

— Article cinquième. Vins médicamenteux. p. 19.

[Vins contenant par dissolution ou macération des extraits de substance pharmaceutique.]


Vin amer.  Prenez 1 once d'espèces amères, ½ once d'écorces d'Orange ou de Citron, , 1 dragme de Cannelle brisée menu, 2 livres de vin rouge,. Laissez macérer à froid 8 à 10 jours, et passez. Dose 2 once.

  •  Vin anti-scorbutique.
  • Vin chalybé. [du latin chalibs, "fer trempé, acier" : qui contient du fer]

  • Vin cordial

  • Vin fébrifuge.

  • Vin diurétique.

  • Vin émétique

  •  Vin de genièvre.

  • Vin d'ipécacuanha. [La racine d'Ipécacuanha, un sous-arbrisseau d'Amérique du Sud, a une action anti-émétique (contre les vomissements), mais était utilisée plus largement dans beaucoup de dysenterie.]

  • Vin miellé.

  • Vin scillitique. [Les scilles —rouge ou blanche— sont cardiotoniques ; c'est, ici, un mélange de racines de Scille, d'Iris de Florence (qui passe pour expectorante) et de Gingembre]

 

— Article sixième. Vinaigres médicamenteux p. 23.

[Préparations faites en dissolvant directement, ou en faisant macérer, les substances thérapeutiques dans du vinaigre]

  • Vinaigre antiseptique.

 

  • Prenez 1 once de Poudre antiseptique, 1 once de poudre cordiale ½ once de zestes d'écorces d'Oranges, 2 livres de vinaigre fort. Faites infuser au soleil 12 à 15 jours dans un matras que l'on agitera de temps en temps, passez ensuite avec expression, filtrez et gardez dans un flacon bien bouché. Dose : ½ once, que l'on répétera suivant l'ordonnance. Ajoutez, s'il est ordonné, sur chaque prise, 3 gros de Camphre.

  • Vinaigre camphré.

  • Vinaigre diaphorétique.

  • Vinaigre de Lytharge. [Le  Litharge est un oxyde de plomb ; les boissons (vins ou cidres) « lithargiés » étaient des alcools de raisins ou de pomme traités avec du plomb pour l'adoucir et le sucrer ; ce fut l'origine de très nombreux cas de "colique de plomb". ]

  • Eau de Saturne. [mélange de Vinaigre de Litharge, d'eau et d'eau-de-vie]


— Article septième. Sucs d'herbes. p. 25.

      [Liquides extraits des plantes par l'eau (sucs aqueux) ou par contusion dans un mortier (suc neutre), etc...]

  • Sucs anti-scorbutiques.

    Prenez 2 parties de feuilles de Cochléaria, 2 parties d'Oseille, 1 partie de Cresson d'eau, 1 partie de Beccabunga. Pilez dans un mortier de marbre, et exprimez-en le suc, que vous laisserez défequer par résidence. Décantez et ajoutez , ou Rob de Citrons, ou Rob d'Orange, ou Rob de Groseilles, pour une sixième partie. Dose : 3 onces matin et soir dans un e tasse de petit lait ou de Tisane ou eau de veau.

  • Sucs apéritifs.

  • Sucs astringents.

  • Sucs pectoraux.

— Article huitième. Robs, extraits, mucilages. p. 27.

  •  
  • Rob de citron. [Rob ou Robub est un nom arabe par lequel on entend le suc de quelque fruit que ce soit, cuit en consistance de miel] : 
  • Prenez la quantité voulue de Suc épuré de Citrons, faites évaporer au bain-marie jusqu'à consistance de miel, dans une jatte de fayance ou de porcelaine fort évasée et peu profonde, et gardez dans des bouteilles bien bouchées. Dose : une cuillerée ou demi-once. Préparez de la même manière :robs d'oranges, de groseilles, de sureau, de fraises, de framboises, de mûres, d'airelles, de cerises, d'épine-vinette, de Genièvre, de raisins blancs. 
  •  Extrait de bois de Campêche.
  • Extrait de ciguë.
  •  Mucilage de gomme arabique.

— Article neuvième. Syrops. p. 29.

[Les sirops sont des médicaments préparés avec du sucre et des véhicules qui tiennent en dissolution les principes actifs]

  •  

  • Syrop simple [mélange de cassonade, d'eau et de blanc d'œufs]
  • Syrop anodyn
  • Syrop d'écorces d'oranges.

    Prenez 2 onces de zestes récents d'écorces d'Oranges, 1 livre de syrop simple. Mêlez les zestes et le syrop, encore presque bouillant, dans un matras que vous boucherez avec du parchemin. Faites infuser au bain-marie, à une douce chaleur, pendant douze heures ; ensuite laissez refroidir et passez par la chauffe. Préparez de même le Syrop d'Ecorces de Citrons.

  • Syrop de fleurs d'oranges

  • Syrop de rhubarbe.

  • Syrop de safran

  • Syrop scillitique

  • Oxymel scillitique

 

CHAPITRE SECOND. Formules magistrales.


Article premier. Tisanes et apozèmes. p. 32.

[Apozème : Décoction de plusieurs plantes, de substances végétales, ordinairement très chargée et très composée.]

  • Tisane commune.

    Prenez une livre d'Orge entière, frottée et lavée, ½ livres de racines de Chiendent, mondées et contuses, 24 pintes d 'eau. Faites bouillir et réduire à 21 pintes, ayant attention d'écumer à mesure que la tisane bouillira. En retirant le coquemar du feu, ajoutez 4 onces de réglisse ratiffée et effilée. Nota. Laissez refroidir et décantez Pour laver l'Orge, on la fera bouillir demi-quart d'heure dans une quantité d'eau que l'on jettera après.   

  • Tisane nitrée.

  • Tisane acéteuse.

  • Tisane acidulée.

  • Eau d'orge simple.

  • Lait d'orge ou lait coupé.

  • Tisane ou Eau de riz.

  • Tisane émolliente.

  • Tisane astringente.

  • Tisane anti-scorbutique.

  • Tisane pectorale adoucissante.

  • Tisane pectorale incisive.

  • Tisane de figues.

  • Tisane de Chicorée.

  • Tisane de Parelle.

  • Tisane de Pariétaire.

  • Tisane ou Eau de pruneaux.

  • Tisane de Sorsonère.

  • Tisane sudorifique.

  • Bochet. [CNRTL : Boisson faite avec de l'eau, du sucre, du miel et des épices diverses (en partic.de la cannelle)"]

     

  • Tisane vermifuge.

  • Tisane vulnéraire.

  • Décoction de Centaurée.

  • Décoction de Chamaedris.

  • Décoction de Fumeterre.

  • Décoction de Pareira brava.

  • Décoction de Squine simple.

  • Décoction de Squine composée.

  • Décoction de Simarouba.

  • Décoction de têtes de Pavots blancs.

  • Lessive de Genêt.

  • Infusion de Camomille.

  • Infusion de fleurs de Sureau.

  • Infusion d Capillaire.

  • Infusion de Mélisse.

  • Infusion pectorale.

  • Apozème amer.

  • Apozème anti-scorbutique tempéré.

  • Apozème anti-scorbutique âcre.

  • Apozème apéritif.

  • Apozème astringent.

  • Apozème carminatif

  • Apozème céphalique.

  • Apozème commun.

  • Apozème diaphorétique.

  • Apozème diurétique.

  • Apozème fébrifuge simple.

  • Apozème fébrifuge émulsionné.

  • Apozème fébrifuge apéritif

  • Apozème fébrifuge laxatif.

  • Apozème fébrifuge pectoral.

  • Apozème pectoral.

  • Apozème tempérant.

     


Article deuxième. Hydromels. p. 55.

[Il s'agit ici d'une simple dilution aqueuse de miel, qui sera nommée plus tard "mellite simple" et non de "l'hydromel vineux", notre hydromel, qui est fermenté par levure de bière. La canne à sucre n'a concurrencé le miel comme produit sucrant qu'au 17e siècle, mais le miel, sous forme de miel rosat, d'hydromel ou d'oxymel (simple ou scillitique) reste apprécié pour ses propriétés laxatives, détersives, apéritives et pectorales, et dans les Opiats qui devaient être conservés longtemps (Thériarque)]


Hydromel simple.   Prenez 2 livres d'Eau d'Orge, chaude et 1 ½ once de miel, faites fondre et passer. Ajoutez, s'il est ordonné, ½ dragme de Nitre purifié ou Kermes minéral. 

  • Hydromel acétueux.

  • Hydromel acidulé.

  • Hydromel composé. [avec Enula campana, Hysope, Lierre terrestre, Pied-de-chat et Tussilage]

 

 

Article troisième. Émulsions. p.57.

 

[On donne le nom d'émulsion à de l'eau qui tient en suspension, à la faveur d'une matière albuminoïde et d'une certaine quantité de matières gommeuses, contenues dans les graines, une huile fixe ou une résine, etc. Ressemblant au lait, elles peuvent être employées à la place des tisanes ou des potions. Notre « lait d'amande » est une émulsion.]

  • Emulsion simple.

  • Émulsion pectorale.

  • Émulsion anodyne.

  • Émulsion camphrée.

  • Émulsion diurétique.

  • Émulsion aiguisée ou stibiée.

  • Émulsion avec le kermès.


Article quatrième. Laits et petit-laits. p. 59.

[Les "laits" sont du lait de vache ou de chèvre, pur, ou coupé d'eau, ou dans lequel un fer rouge a été trempé ; les Petit-laits sont additionnés de sucs, de robs, de syrops.] 

  • Lait pur.

  • Lait coupé.

  • Lait ferré.

  • Petit-lait anti-scorbutique.

  • Petit-lait pectoral.

Article cinquième. Lohocs. p. 61.

[Le nom vient de l'arabe ; on trouve aussi looch, lok, loock. C'est une sorte d'électuaire, plus liquide, et qui ne doit pas être avalé, mais gardé dans la bouche jusqu'à ce qu'il ait fondu sous la langue, ou happé, "léché" par petites gorgées pour soigner la gorge et les voies respiratoires ; il n'est pas étonnant d'y trouver la Réglisse, grand anti-inflammatoire des muqueuses. Sous le nom de Linctus, on le trouve décrit ainsi : "c'est un remède un peu plus clair qu'un électuaire, et beaucoup plus épais qu'un sirop, qu'on appelle éclegme, eclegma, ecleictot, et quelquefois lohoc ou loc. On fait ordinairement sucer l'éclegma au bout d'un bâton de réglisse (d'où lui est venu son nom — de lingere, "sucer"—) dans les maladies de la gorge, de la bouche, de l'œsophage, du larynx, de la trachée-artère et des poumons. On le prépare ordinairement avec des substances émollientes et adoucissantes"]

  •  Lohoc commun.  Prenez ½ once de Réglisse effilée, 1 livre d'eau bouillante, laissez infuser demi-heure, et passez ; ensuite faites dissoudre 1 dragme de gomme adragant, pulvérisée. Cela fait, prenez 4 onces de miel pur et 4 onces d'huiles d'amandes douces que vous mêlerez ensemble en triturant dans un mortier de marbre, en versant, peu à peu et par cuillerées, l'infusion ci-dessus, continuant de triturer jusqu'à parfait mélange. Sur la fin, ajoutez : ½ once de fleurs d'Orangers. On donnera à chaque malade à qui il sera ordonné quatre onces de ce Lohoc par jour. Ajoutez, s'il est ordonné, sur chaque phiole, la quantité prescrite de kermès minéral, ou 1 once d'oxymel scillitique.

 

Article sixième. Juleps. p. 62.

[Le nom Julep ou juleb vient du persan et signifie "potion douce", car il contient des substances agréables comme le sucre ;on trouve dans les remèdes suivants le mélange de principes thérapeutiques avec des sirops.]

  •  

  • Julep alexitaire

  • Julep analeptique.

  • Julep anodyn.

  • Julep anti-asthmatique.

  • Julep anti-émétique.

  • Julep anti-scorbutique.

  • Julep antiseptique.

  • Julep anti-spasmodique.

  • Julep astringent.

  • Julep carminatif.

  • Julep cordial.

  • Julep diaphorétique.

  • Julep diurétique.

  • Julep pectoral.

  • Julep tempérant.

  • Julep vermifuge.


Article septième. Potions altérantes. p. 68.

[ Les potions sont des préparations magistrales sucrées destinées à être prises par cuillerées toutes les heures, ou plusieurs fois par jour. Un principe thérapeutique, très divers, est mélangé à un produit sucré : sirop simple, sirop de roses rouges, d'œillets.  Pour Deschamp, la distinction entre potion, julep et looch est hasardeuse. Pour J. Allen, les juleps sont limpides, et les potions sont troubles, par les poudres, sels ou huiles qu'elles contiennent.]

[L'adjectif altérant qualifie à cette époque, en médecine, la capacité d'induire un changement profond et graduel dans l'organisme]

  •  

  • Potion absorbante.   Prenez 1 dragme de Poudre absorbante, 1 dragme de mucilage de Gomme arabique, 4 onces de tisane commune chaude, 1/2 once de syrop simple. Mêlez pour deux doses. Ajoutez, s'il est ordonné, 1 dragme de Confection cordiale, ou 1 serup de Sels d'Absynthe, ou ½ dragme de Seignette, ou 2 dragme de Teinture anodyne.

  • Potion alumineuse.

  • Potion astringente.

  • Potion cordiale.

  • Potion diaphorétique.

  • Potion hémophtoïque.

  • Potion huileuse.


Article huitième. Potions purgatives. p. 71.

[Le terme "purgatif" semble devoir être appliqué à une drogue qui provoque la vidange du système digestif soit par le haut (effet émétique, par vomissement), soit par le bas (effet laxatif). Les drogues émétiques sont le tartre émétique, composé d'antimoine et de tartrate de potassium extrémement dangereux, l'ipécacuanha, racine ramenée du Brésil et introduite dans les usages thérapeutiques après les travaux d'Helvétius (Reims) à la fin du 17e siècle. Les laxatifs sont le Casse, la Manne, le Sené, et le Tamarin. Le catholicon est un électuaire de séné et de rhubarbe qu'on croyait propre à toutes les maladies.]

  •  

  • Potion émétique.  Prenez 4 gr. De tartre émétique, 3 onces d'eau tiède, faites dissoudre pour une dose.

  • Eau bénite. [Idem avec douze onces d'eau tiède ; divisé en quatre parts, elles sont administrées tous les quarts d'heure jusqu'à effet, puis toutes les demi-heures si l'effet tarde à se manifester.]

  • Potion émétique cordiale.

  • Ipécacuanha délayé. 

  • Première décoction d'ipécacuanha.

  • Seconde décoction d'ipécacuanha.

  • Troisième décoction d'ipécacuanha.

  • Eau de casse simple, pour boisson.

  • Casse et grains pour une dose.

  • Casse-manne.

  • Casse et poudre purgative.

  • Eau de tamarinds simple.

  • Tamarinds et grains pour une dose.

  • Tamarinds et manne.

  • Tamarinds et poudre purgative.

  • Manne délayée.

  • Infusion de séné simple.

  • Séné et manne.

  • Séné, rhubarbe et manne.

  • Séné et poudre purgative.

  • Teinture de rhubarbe simple.

  • Rhubarbe et manne.

  • Rhubarbe et catholicon.

  • Potion laxative huileuse.

  • Potion purgative commune.

  • Potion hydragogue.

  • Tisane royale.

  • Eau minérale laxative.


 Article neuvième. Confections, électuaires. p. 80.

L'électuaire est une forme galénique pâteuse administrée par voie orale et généralement constituée de poudres ou de pulpe végétale mélangées à du sirop ou, plus souvent, à du miel.]

 

  • Confection cordiale.

  • Confection cordiale antiseptique.

  • Confection cordiale astringente.

  • Électuaire anti-scorbutique.

  • Électuaire apéritif.

  • Électuaire laxatif.


Article dixième. Bols. p. 83.

[Les bols ne différent des pilules que par leur taille plus grosse, alalnt de celle d'un gros pois à celle d'une noisette]

  •  

  • Bol absorbant.

  • Bol d'Aethiops.

  • Bol alumineux.

  • Bol anti-asthmatique.

  • Bol antimonial.

  • Bol antiseptique.

  • Bol antispasmodique.

  • Bol apéritif.

  • Bol apéritif gommeux.

  • Bol astringent.

  • Bol balsamique.

  • Bol de camphre.

  • Bol cordial.

  • Bol cordial antiseptique.

  • Bol cordial astringent.

  • Bol diaphorétique.

  • Bol fébrifuge simple.

  • Bol fébrifuge apéritif.

  • Bol fébrifuge apéritif .

  • Bol fébrifuge pectoral.

  • Bol fébrifuge purgatif.

  • Bol hydragogue.

  • Bol martial.

  • Bol de rhubarbe et de mercure.

  • Bol scillitique.

  • Bol vermifuge simple.

  • Bol vermifuge purgatif.


Article onzième. Pilules. p.93.

  •  

  • Pilules aloétiques.

  • Pilules alumineuses.

  • Pilules antidyssentériques.

  • Pilules antimoniales.

  • Pilules antivénériennes.

  • Pilules astringentes.

  • Pilules balsamiques.

  • Pilules de Ciguë.

  • Pilules diurétiques.

  • Pilules gommeuses.

  • Pilules hydragogues.

  • Pilules mercurielles.

  • Pilules pectorales.

  • Pilules savoneuses.

  • Pilules scillitiques.

  • Pilules de térébenthine et de rhubarbe.


Article douzième. Lavements. p. 99

  •  


Décoction émolliente.

  • Lavement adoucissant.

  • Lavement anodyn.

  • Lavement astringent.

  • Lavement carminatif.

  • Lavement de casse.

  • Lavement détersif.

  • Lavement émollient.

  • Lavement fébrifuge.

  • Lavement d'huile et de vin.

  • Lavement de lait.

  • Lavement laxatif.

  • Lavement nourrissant.

  • Lavement purgatif.

  • Lavement de savon.

  • Lavement de tabac.

  • Lavement de térébenthine.

  • Lavement de tripes.

  • Lavement vermifuge.

     

Article treizième. Gargarismes. p. 107.

 

  • Gargarisme adoucissant.

  • Gargarisme astringent.

  • Gargarisme antiseptique.

  • Gargarisme anti-scorbutique.

  • Gargarisme anti-scorbutique détersif.

  • Gargarisme commun.

  • Gargarisme détersif.

  •  

Article quatorzième. Collyre. p. 110.

[Le terme collyre possède ici le sens que nous lui connaissons de remède local pour les yeux, mais y réunit les onguents.] 

 

  • Collyre alumineux. [Onguent d'alun cristallisé et de blanc d'œuf.]

  • Collyre adoucissant. [Infusion d'Altheae, graine de Lin, Safran, associée au sel de saturne.]

  • Collyre détersif. [Infusion de feuilles de Fenouil et de Roses de Provins, auquel on ajoute de la Tuthie, de la poudre d'Aloès et du sucre candi.]

  • Collyre résolutif. [Infusion de feuilles de Fenouil, de fleurs de Camomille et de Sureau et de Safran en poudre, associé au Sel de saturne et au Camphre.]

  • Collyre sec.

 

Article quinzième. Injections. p. 112.

[Il s'agit de liquides destinés à être introduit, par une seringue (souvent d'étain) ou tout autre moyen, dans une cavité naturelle de l'organisme pour en modifier les sécrétions (par exemple gonorrhéiques).] 

 

  • Injection adoucissante. Prenez ½ onces de racines d'Althéa, sèches, et 1 pincée de graines de Lin dans ½ livres d'eau bouillante. Laissez infuser, et passer.

 

  • Injection anodyne.

  • Injection détersive.

  • Injection résolutive.



Article seizième. Fomentations, lotions, et Embrocations. p. 114.

[Les fomentations sont des préparations destinées à entretenir l'humidité sur certaines parties douloureuses du corps. Chaudes ou froides, acqueuses, vineuses, huileuses ou alcooliques, on en imprègne un linge qui est appliqué sur la région et recouvert de toile cirée.]

[ Les lotions sont destinées à laver, nettoyer et calmer certaines parties du corps ; on les applique avec une éponge.]

[Les embrocations sont des préparations huileuses calmantes appliquées sur la peau]

 

  • Fomentation aromatique. Prenez ½ livre d'Espèces aromatiques, 7 livres d'eau. Faites bouillir légèrement, et lorsque la liqueur sera à demi refroidie, ajoutez 7 livres de Baissière de Vin. Laissez infuser, et passez. Ajoutez, s'il est ordonné, 2 livres d'Eau-de-vie camphrée. [La Baissière de vin est le fond trouble du tonneau]

  • Fomentation anti-scorbutique.

  • Fomentation antiseptique.

  • Fomentation astringente.

  • Fomentation émolliente.

  • Fomentation pour l'érysipèle.

  • Lotion détersive.

  • Lotion d'eau de saturne.

  • Lotion résolutive.

  • Embrocation émolliente.  Prenez 3 onces d'Huile rosat, 3 onces d'huile de Millepertuis, 1 once d'eau-de-vie camphrée, mêlez.

  • Embrocation résolutive. Prenez du savon blanc, de l'eau-de-vie camphrée, faites dissoudre. Ajoutez, s'il est ordonné, sur 4 onces, ½ once de Teinture Anodyne.

 

 

— Article dix-septième. Cataplasmes et Epithèmes. p. 118.

[ On nomme cataplasme une bouillie épaisse destinée à être appliquée sur les parties douloureuses du corps ; ils sont préparés à partir de farines, poudres, pulpes de plantes fraîches ou sèches. La farine de lin y tient une grande place]

[Epithème : étymologie grecque, littéralement : ce qu'on pose dessus.  Toute espèce de médicament topique qui n’est ni un onguent ni un emplâtre.]

 

 

  • Cataplasme anodyn.  Prenez 1 livre de Mie de pain blanc, fraisée, du lait écrémé ou de l'eau de Saturne, faites bouillir en remuant sans discontinuer. Vers la fin, ajouter ½ dragme de Safran pulvérisé, et après avoir retiré le Vaisseau du feu, 1 jaune d'œuf et une once d'huile d'olive. On renouvellera ce cataplasme de six heures en six heures, ayant attention chaque fois de laver la partie malade avec de l'eau de Saturne, tiède.

  • Cataplasme antipleurétique.

  • Cataplasme antiseptique.

  • Cataplasme maturatif.

  • Cataplasme de pommes.

  • Pâte vésicatoire.

  • Sinapisme.

  • Épithème antipleurétique.

  • Épithème pour les bourses.

 

Article dix-huitième. Pommades, onguents et liniments. p. 122.

[Pommade :Après avoir désigné une préparation qui avait pour excipient des matières grasses, et dans composition de laquelle rentraient des pommes, le terme a désigné les préparations qui en avaient la consistance, semblable à la graisse, et où les agents thérapeutiques sont mélangés ou dissous à un excipient de nature principalement grasse.]

[Liniment : il se définit essentiellement par son usage, la friction d'une partie externe du corps. Le principes actifs y sont mélangés le plus souvent à un corps gras, végétal ou animal, mais parfois à l'eau, le vin ou vinaigre l'alcool.]

 

 

  • Pommade simple.

  • Pommade anodyne.

  • Pommade fondante de Goulard.

  • Pommade de saturne de Goulard.

  • Onguent pour la galle.

  • Onguent de saturne.

  • Onguent de Tuthie.

  • Liniment anti-scorbutique.

  • Liniment adoucissant. [Pommade simple, huile d'amande douce, +/- Camphre, Laudanum ou Sel de Saturne.]

     

  • Liniment antiseptique. 

  • Liniment astringent. [Noix de galle, poivre, alun, blanc d'œuf : pour attouchement de la luette.]

  • Liniment résolutif. [Huile d'amande douce, Camphre.]

 

 

  • Liniment savonneux.

  • Sparadrap ou toile cirée. 

 

Table des formules. 7 pages non paginées.


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V. Plantes utilisées. 

Le Formulaire de Brest ne comporte pas l'index des drogues qu'on trouve dans les autres ouvrages. Le décompte des drogues citées dans le texte est peut-être moins précis et sujet aux erreurs et oublis : j'obtiens un chiffre de 165 plantes dont je donne la liste en annexe.

  Les Formules de Geoffroy en cite 117 en 1747 ; l'Abrégé de Pichon, Billard et Gesnouin en cite 125 en 1793.



VI. Les Formulaires pharmaceutiques militaires. 


  Je donne ici la copie d'un article d'E.H. Guitard de 1939 Les formulaires des hôpitaux militaires français avant la Révolution (Persée) :

 

« Tous les règlements concernant les hôpitaux militaires français au début du XVIIIe siècle obligent le médecin-major de chacun d'eux à tenir constamment à jour, avec l'aide du médecin inspecteur des hôpitaux, un formulaire de remèdes usuels auquel l'apothicaire était tenu de se conformer.

Certains hôpitaux firent imprimer leur recueil réglementaire : le plus ancien est celui qui fut établi pour les hôpitaux français de Mantoue en 1704 :Formuliae remediorum ad usum aegrotantium in nozocomitis Mantuae regis degentium. Il ne forme pas un volume, mais tient tout entier dans une grande feuille de papier imprimée sur quatre colonnes au recto seulement. [il s'agissait de placards destinés à l'affichage dans les apothicaireries des hôpitaux.

Un autre document de même type mais en français a été édité en 1742 sur trois colonnes, à Staubingen, par les « hôpitaux de l'armée du roy en Bavière ». Il est signé de Baron, régent de la faculté de Paris et médecin en chef de l'armée de Bavière.

C'est en 1747 que sortira des presses de l'Imprimerie Royale le véritable premier codex militaire, intitulé : Formules de pharmacie pour les hôpitaux militaires du Roy avec l'état des drogues simples qu'il faut approvisionner et des médicamens composez qui doivent se trouver...dans les apothicaireries de ces hôpitaux, petit in-16 de 128 pages. Cet ouvrage fut, dès sa parution, très attaqué, même à grands renfort de pamphlets. Jalousie de confrères sans doute, car il avait pour auteur deux membres de l'Institut : Sauveur-François Morand, le célèbre chirurgien des Invalides, et l'apothicaire bien connu Claude-Joseph Geoffroy.

En 1758, Baron publiait à Paris une nouvelle édition considérablement augmentée, la 6ème, du tableau qu'il avait donné en 1742 pour les hôpitaux de Bavière ; c'est une plaquette de 72 pages destinée à tous les hôpitaux d'armée , les Formules de Morand et Geoffroy intéressant plutôt les hôpitaux sédentaires de l'intérieur.

Par contre, la plaquette de 39 pages éditée la même année par le médecin-inspecteur PoissonnierFormulae generalis ad usum nosocomiorum castrensium — est à l'usage des unités de campagne. Il contient des principes d'hygiène très détaillées : il faut aérer les chambres, surveiller les poêles, obliger les hommes à relever leur col quand ils vont en faction, à se tenir très propres, à faire bouillir leurs eaux de boissons « avec un morceau de fer rouillé ». L'auteur recommande même d'organiser des concours de tir, des marches hygiéniques et des jeux de quilles, de ballon, de boules et autres ».

Bien conçues et clairement présentées sont les Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités à l'hôpital royal de la marine de Brest, datées de 1766.

Le Compendium pharmaceuticum a été établi en 1780 par Coste, médecin en chef de l'armée de Rochambeau, pour le corps expéditionnaire de l'Amérique du Nord.

Quand aux hôpitaux militaires de l'intérieur, une ordonnance royale les invite, en 1781, à abandonner le formulaire de 1747 pour adopter les nouvelles Formulae medicamentorum ad usum nosodochorium militarium, qui ne tarderont pas à être traduites en français. Ces formules seront détrônées à leur tour en 1788 par un nouveau recueil officiel de 37 pages, rédigé par le Conseil de Santé.

(d'après Moreau, BOUVET, Les formulaires des hôp. Militaires français avant la révolution, Paris, Imp. Nationale, 1936, in-8°, 69p.)".

 

  On peut considérer les Formules pharmaceutiques de Chardon de Courcelles en 1769 comme l'adaptation, pour le port de Brest, des Formules de pharmacie de Morand et Geoffroy de 1747. Il ne peut sembler insignifiant que Claude-Joseph Geoffroy soit le frère cadet d'Étienne-François Geoffroy, dont Chardon de Courcelles avait édité à titre posthume en 1741 le Traité de Matière médicale en latin (Tractus  de materia medica).



      ANNEXE 

Liste des plantes employées. dans les Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest, 1769.

 Végétal : 165 plantes.

  • Absynthe.(Sel d'.)
  • Aigremoine (feuille)
  • Airelle.
  • Alkékenge (fruit).
  • Aloés pulvérisé
  • Althéa. (Guimauve )
  • Angélique
  • Anis vert
  • Assa foetida.
  • Aunée
  • Balauste. (Balautia off, nom ancien des fleurs de grenadier Punica granatum L.).
  • Basilicum. (p.119)
  • Baumier du Pérou (Myroxylon balsamum)
  • Benjoin (Fleurs de) ; voir Imperatoire
  • Bette (feuille)
  • Bistorte.
  • Bourrache.
  • Bugle.
  • Buglosse. Anchusa officinal
  • Cachou (teinture de)
  • Canada (baume de) : oléorésine d' Abies balsamea ou sapin baumier.
  • Camomille.
  • Campêche (bois de)
  • Camphre.
  • Cannelle.
  • Capillaire.
  • Casse /Casse (silique de ) 
  • Centaurée Petite [en breton louzouen Sant-Honoré, louzouen an Derjen (herbe à la fièvre)(quinquina français): La Petite-centaurée commune ou Petite-centaurée rouge, Érythrée (Centaurium erythraea Rafn) est une plante herbacée annuelle ou bisannuelle de la famille des Gentianacées qui pousse dans les pâturages humides ; Son intérêt réside surtout dans ses principes amers, qui lui confèrent la propriété de stimuler les sécrétions du foie et de l'estomac. On l'utilisera donc pour des problèmes d'estomac, digestions difficiles, dyspepsie, insuffisance hépatique. Ses sommités étaient un des multiples constituants de la thériaque. Wikipédia]
  • Cerfeuil
  • Cerises
  • Chacrille (Extrait de) Cascarilla, écorce du Pérou.
  • Chamaedrys : véronique petit-chêne http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ronique_petit-ch%C3%AAne.
  • Chélidoine Grande
  • Chêne (écorce de)
  • Chèvrefeuille.
  • Chicorée.
  • Chiendent.
  • Ciguë (Grande )
  • Citron
  • Cochléaria
  • Coloquinte (pulpe)
  • Consoude.
  • Contrayerva. (désigne la racine de plusieurs plantes, dont une Dorstenia : Encycl.)
  • Copahu (Baume de) : oléorésine coulant du tronc de Copaïba off.
  • Coquelicot.
  • Coriande.
  • Cresson d'eau.
  • Cynorrhodon (conserves de)
  • Endive (feuille)
  • Enula campana (racine)
  • Epinard.
  • Epine-vinette
  • Fenouil.
  • Figues sèches.
  • Fougère mâle (Racines sèches de)
  • Fraisiers.
  • Fumeterre
  • Garence.
  • Galle (noix de)
  • Gayac.
  • Genet (Sel de )
  • Genièvre.
  • Gingembre.
  • Gomme-gutte
  • Grémil (Semence ) : Lithospermum officinal
  • Grenades.
  • Groseilles.
  • Guimauve (racine)
  • Hysope.
  • Impératoire (Benjoin, Peucédan).
  • Ipécacuanha
  • Iris de Florence.
  • Jalap (Poudre de)
  • Laitue
  • Laurier.
  • Lavande.
  • Lierre terrestre.
  • Lin.
  • Lys (oignon de).
  • Macis. Ce tégument de la Noix de muscade est utilisé dans le diaphoenix.
  • Manne.
  • Marjolaine.
  • Mauve.
  • Mélilot.
  • Mélisse.
  • Menthe.
  • Mercurielle (feuille) p. 99. lire plutôt Mercuriale (M. pérenne, chou de chien ou cynocrambe, plante purgative.)
  • Millefeuille.
  • Millepertuis (Hypericum)
  • Molène.
  • Moutarde (graine)
  • Muscade
  • Mûres
  • Myrrhe.
  • Nerprun.
  • Noix (huile de)
  • Oeillet rouge
  • Oignon commun.
  • Olive (huile d').
  • Orange
  • Orge
  • Ortie grièche
  • Oseille.
  • Parelle : oseille crépue Rumex crispus http://fr.wikipedia.org/wiki/Rumex_crispus
  • Pariétaire sèche.
  • Pareira brava
  • Pas d'âne : Tussilage.
  • Passerage. Passerage des décombres Lepidium ruderale http://fr.wikipedia.org/wiki/Passerage_des_d%C3%A9combres
  • Pavot blanc (Tête de)
  • Pervenche
  • Pied-de-chat.
  • Pimprenelle (feuille)
  • Pissenlit.
  • Plantain
  • Poivre long
  • Polypode
  • Pomme (cataplasme de pomme)
  • Pourprier
  • Pruneau sec
  • Pulmonaire.
  • Quinquina Contrayerva
  • Raifort sauvage.
  • Raisins blancs / raisiné / Vin rouge/ Vin d'Espagne.
  • Réglisse
  • Renouée 
  • Rhubarbe.
  • Riz.
  • Romarin.
  • Ronce (feuille)
  • Roses de Provins, Rose rouge (Rosa gallica)
  • Safran.
  • Safran du Gâtinois.
  • Salsepareille.
  • Sanicle.
  • Santoline
  • Sapin (Bourgeon de)
  • Sassafras.
  • Sauge. /Sauge.Petite
  • Scammonée (résine), ou Diagrède p.96. Convolvulus scammonia.
  • Scille (Oignon de)
  • Scolopendre.
  • Scordium
  • Scorsonère (racine)
  • Séné mondé
  • Séneçon.
  • Serpentaire de Virginie.
  • Simarouba
  • Squine.
  • Staphysaigre. (delphinium staphysagria)   
  • Sureau.
  • Tabac (feuilles)
  • Tamarin
  • Tanaisie.
  • Térébenthine
  • Thym.
  • Tilleul.
  • Tolu
  • Trèfle d'eau.
  • Tormentille.
  • Tussilage.
  • Valériane sauvage. Grande
  • Verge d'or.
  • Véronique.
  • Veronica beccabunga, Véronique des ruisseaux.
  • Violette

et 

  • Sucre blanc
  •  Oximel
  • Vieux levain 
  • Mie de pain
  • Baume de Lucatel (cire + huile olive + vin d'espagne + ...)

Animal.

Total : 7+ 8 aliments

  • Blanc de baleine
  • Cantharides (poudre )
  • Castoreum (teinture)
  • Cloporte en vie 
  • Cochenille
  • Corne de cerf
  • Gomme Laque (teinture de) = Cochenille.
  • Cire

Aliments

  • Beurre (onguent de Tuthie)
  • Jaune d'œuf
  • Blanc d'œuf ;
  • Lait de vache
  • Lait de chèvre
  • Bouillon de viande.
  • Bouillon de tripe
  • Suif de mouton.

 

Minéral et chimique.

 23 drogues.

  • Arcanum duplicatum (sulfate de potassium).
  • Lytharge (oxyde de plomb)
  • Kermès minéral
  • Fleur de soufre.
  • Précipité rouge
  • Tuthie (oxyde de zinc)
  • Liqueur minérale d'Hoffman
  • Sels volatils de Succin.
  • Eau de Rabel
  • Alun purifié
  • Savon blanc.
  • Sels de Seignette (tartrate double de sodium et de potassium. )
  • Sel d'Ebsom. (sulfate de magnesium, Sels de Sedlitz)
  • Poudre alumineuse
  • Esprit volatil
  • Tartre émétique.
  • Sel de Glauber
  • Aethiops minéral
  • terre foliée de tartre
  • elixir de vitriol doux.
  • Nitre.
  • Eau de chaux
  • Eau de la Forge. (eau où le forgeron trempe l'acier)

 

Comparaison avec les Formulaires militaires précédents et ultérieurs.

1. Par rapport au Formulaire de Morand et Geoffroy (Paris 1747), je constate l'absence dans celui de de Courcelles de :

  • Ache
  • Aristoloche
  • Arum
  • Bardane
  • Benoîte
  • Bétoine
  • Céleri
  • Chardon bénit
  • Chardon étoilé ou Chausse-trappe.
  • Chardon-Rolland.
  • Cyprès (noix)
  • Cumin.
  • Dictame.
  • Fenugrec.
  • Flambe-verte.
  • Germandrée.
  • Gratte-cul (églantier)
  • Meum
  • Muguet.
  • Morelle verte.
  • Nénuphar
  • Panais.
  • Persil.
  • Pivoine.
  • Poirée.
  • Roseau aromatique (calamus aromatica).
  • Rue.
  • Scabieuse.
  • Sumac.
  • Talitron.

2.  Par rapport au Formulaire de Pichon, Guesnouin, Billard, à Brest

1793, je note ici l'absence de :

  • Adraganth.
  • Arnica montana.
  • Arrête-bœuf ou Bugrane.
  • Asperge.
  • Bardane.
  • Busserole (Urva ursi)
  • Chardon bênit
  • Chardon étoilé ou Chausse-trappe.
  • Chardon -Rolland.
  • Cévadille.
  • Cognassier.
  • Coraline de Corse.
  • Douce-amère ou morelle.
  • ELémi.
  • Fenugrec.
  • Houblon.
  • Marrube
  • Oliban.
  • Opopanax.
  • Persil.
  • Pyrethe.
  • Roseau aromatique (calamus aromatica).
  • Styrax.

Comparaison avec le contenu des Boites du Roy.




 

  Connues depuis 1680, les « boëtes du Roy pour le soulagement des pauvres laboureurs » étaient très prisées de la noblesse et du clergé des campagnes, mais distribuées avec parcimonie, auprès des Seigneurs et les recteurs les plus zélés et les paroisses les plus nécessiteuses. Leur utilisation est signalée notamment à Morlaix, dans l'article du Dr Henri Stofft Bouestard, médecin des épidémies à Morlaix (biusante.parisdescartes).

      On y trouve la composition de ces boites en 1785, qui est une précieuse indication sur les remèdes de premier secours les plus appréciés :

 

Boites du Roy, modèle 1783 et 1785.

Liste des remèdes contenus dans la grande caisse.

1°) 92 petites boites, et une grande.

2°) Trois livres et demie de Poudre fébrifuge purgative, en quatorze paquets de quatre onces chacun , et étiquetés.

3°) Trois livres de poudre purgative universelle, en douze paquets de quatre onces chacun, et étiquetés.

4°) Trois livres de Thériarque, divisée.

5°) 92 paquets de Quinquina, de quatre onces chacun, et étiquetés.

7°) Dix boules martiales dans la grande boite de M. l'Intendant.

6°) Une demi-livre d'Emplâtre de Nuremberg en bâtons.

 

Liste des remèdes contenus dans la grande boîte.

1°) Poudre fébrifuge purgative, une livre, 384 prises.

2°) Poudre purgative universelle, huit onces, 128 prises.

3°) Poudre hydragogue purgative, deux once cinq gros, 63 prises.

4°) Poudre incisive, Fondante, Tonique, pour la coqueluche, le catarrhe, l'asthme-humoral, le rhume invétéré, les glaires, la pituite, le relâchement d'estomac et des entrailles, une once quatre gros et demi, 150 prises.

5°) Poudre spécifique pour la dysenterie, pour les cours de ventre et pour les pertes de sang, deux onces deux scrupules, 100 prises.

6°) Poudre spécifique pour la gale, n° 1, quatre onces trois gros, 180 prises.

8°) tartre émétique, une once un scrupule, 300 prises

9°) Kermès minéral, quatre gros, 188 prises,

10°) Poudre Ophtalmique Bleue, deux onces.

11°) Quinquina en poudre choisi, une livre.

12°) Eau de Luce, deux onces.

13°) Lilium de Paracelse, une once,

14°) Quintessence d'Absynthe, quatre gros.

15°) Emplâtre de Nuremberg, deux onces.

16°) Thériarque, quatre onces.

17°) Confection d'Hyacinthe, quatre onces.

18°) Boule médicamenteuse, une.

 

Mémoires instructifs imprimés, deux livrets.


SOURCES ET LIENS.    


ALBERT-EVAIN (Brigitte),  Formules pharmaceutiques pour la composition des remèdes usités dans l'Hôpital Royal de la Marine à Brest thèse Nantes 1997 sous la direction de Jean-Pierre Kernéis. Non consulté.

COCHON-DUPUY,  (Jean) Formule de médicaments de M. Cochon-Dupuy, Médecin du Roy et de la Marine, manuscrit conservé à la bibliothèque de l'hôpital maritime de Rochefort (manuscrit n° 2262 61, daté de 1737). Non consulté.

 DESCHAMP (Jean Baptiste) Compendium de pharmacie pratique: guide du pharmacien établi et de l'élève , Paris 1868, Google books.

GEOFFROY (Étienne-François), Tractatus de materia medica, sive De medicamentorum simplicium ..., Volume 1, Google books

GUITARD (Eugène-Humbert)  "Les formulaires des hôpitaux militaires français avant la Révolution : Pharmacien général Moreau et pharmacien capitaine Bouvet, Les formulaires des hôp. militaires français avant la Révolution"  Revue d'histoire de la pharmacie 1939 Volume 27  Numéro 108  pp. 199-200, Persée.

MORAND (Sauveur-François) et GEOFFROY (Claude-Joseph)  Formules de pharmacie pour les hôpitaux militaires du Roy, avec l'état des drogues simples qu'il faut approvisionner, et des médicamens composez qui doivent se trouver continuellement, ou que l'on emploie journellement dans les Apothicaireries‎ ‎Paris, Imprimerie Royale , 4 ouvrages en 1 volumes in-8 de XXVIII, 100 pages ; 22 pages ; 26 pages ; et 52 pages.

PICHON GESNOUIN BILLARD,Abrégé pharmaceutique à l'usage des hôpitaux militaires et de ceux de la marine 1793 . http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56762x

 

Formulaire pharmaceutique Egyptien à l'usage des Hôpitaux militaires, des établissements, des corps et de la marine Impr. Royale, 1840 - 272 pages (en ligne Google)

Formulaire des hôpitaux de Lyon ; L° Perrin 1842, 113P, en ligne Google

Formulaire pharmaceutique, à l'usage des hôpitaux militaires 1804, en ligne Google.

Formulaire pharmaceutique, à l'usage des hôpitaux de la France, Conseil de Santé des Armées 1821. En ligne Google.

Formulaire pharmaceutique a l'usage des hopitaux militaires, français  1839 Google 

Formulaire pharmaceutique a l'usage des hopitaux militaires, français Ministère de la guerre. Direction du service de santé  1857. En ligne Google.

Formulaire pharmaceutique des hôpitaux militaires de la France Ministère de la guerre. Direction du service de santé 1870.

 Formulaire pharmaceutique des hôpitaux de la Marine. Ministère de la Guerre, Service de Santé. Paris, Imprimerie Nationale. 1933.

 

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Published by jean-yves cordier
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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 22:34

 La Bibliothèque de l'Apothicairerie de l'Hôpital de la marine à Brest en 1756.

Source : MSS 11, Service Historique de la défense, Brest.

1756 : Inventaire général des ornemens, meubles et ustensiles qui se sont trouvez appartenant au Roy, dans l'Hôpital Royal de la Marine, du Port de Brest, suivant le recensement qui en a été fait aujourd'hui premier janvier mil sept cent cinquante six suivant l'ordre de Monsieur l'Intendant, par Nous commissaire ordinaire de la Marine, avant l'inspection dudit Hôpital, du R.P. Landry Cordier, Prieur des religieux de la Charité et de Villiers Deschamps, Ecrivain du Roy, soussignez.

 

La description de la bibliothèque suit celle de tous les biens meubles de l'hôpital et de la chapelle et précède le contrat qui va confier l'administration matérielle de l'hôpital aux Frères de la Charité. Il s'agit donc, à priori, de la bibliothèque de l'apothicairerie, et non celle de l'École de chirurgie. Elle contient dix ouvrages.

Inventaire de la Bibliothèque.

  • Chymie de Lemery, 1 vol.in-8°.
  • Chymie de Maquet, 3 vol. in-12° (le nom Maquet rayé au profit de Sevoderl mal déchiffré)
  • Chymie Médicinale de Malouin, 2 vol. in-12°.
  • Codex parisiensis, 2e édition, 1 vol. in-4°.
  • Histoire des drogues de Pomet, 1 vol. in folio .
  • Pharmacopée de Lemery, Paris 1754, 1 vol. in-4°.
  • Pharmacopée de Charas, de l'ancienne édition.
  • Dictionnaire Vinverse. [?]
  • Dictionnaire pharmaceutique.
  • Bauderon, Pharmacopée.
  • Desmoulins, Histoire des plantes.

Fait à Brest le ler janvier 1756, signé Landry Cordier.

 


Étude des livres cités.

   La Bibliothèque de l'apothicairerie de l'hôpital de la marine du port de Brest reflète bien les usages des pharmaciens du milieu du XVIIIe siècle, qui utilisent, pour réaliser les ordonnances des médecins et chirurgiens, trois ouvrages : la Pharmacopée parisienne (Codex parisiensis) de 1732 ou 1748, la Pharmacopée universelle de Nicolas Lémery de 1697 et la Pharmacopée galénique et chimique de Moyse Charas de 1676.

    Ces trois ouvrages fondamentaux sont complétés ici par la Pharmacopée ou Chymie médicinale de Malouin de 1755 (elle vient donc de sortir !), et par la Paraphrase sur la pharmacopée de Bauderon, qui date de 1588 mais avait eu un succès extraordinaire pendant tout le XVIIe siècle.

  Mais il s'agit là de pharmacopées, ou formulaires, qui ne donnent que les recettes de drogues. Il faut donc compléter la bibliothèque par des ouvrages donnant des connaissances sur les plantes elle-mêmes, et leurs vertus : 

  On s'étonnerait donc de ne pas trouver ici de livres de Matière médicale, qui exposent les propriétés médicales des plantes, minéraux et animaux, mais ceux-ci concernent d'avantage le médecin prescripteur que l'apothicaire exécutant. je rappelle que la séparation des apothicaires d’avec les épiciers n’a été réalisée qu’en 1777 à Paris et que les premières écoles de pharmacie, ancêtres des facultés de pharmacie, n’ont été créées qu’en 1803.

 C'est donc l'Histoire des plantes de Dalechamps et Desmoulins de... 1615 qui sert donc de base de documentation aux apothicaires, dans leurs relations avec les jardiniers du Jardin botanique : une encyclopédie mêlant la fable, la tradition et la botanique.

  A l'opposé de cet ouvrage ancien, les Éléments de chymie de Macquer, qui vient d'être publié (1751) et le Cours de chymie de Lémery  introduisent, dans une pharmacopée encore majoritairement botanique, la chimie, science qui ne cessera de prendre d'avantage de place pour conduire à notre pharmacopée de synthèse.

 




1.  Nicolas Lémery, Cours de Chymie.  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k918604.pdf et Pharmacopée universelle.

 Selon Wikipédia, "Nicolas Lémery, né à Rouen le 17 novembre 1645 et mort à Paris le 19 juin 1715, est un pharmacien et un chimiste français. Son Cours de chymie publié en 1675 est d'une clarté et d'une précision remarquable pour l'époque. Il était destiné avant tout à l'enseignement et à la vulgarisation. Des générations de chimistes en profitèrent et s'en inspirèrent jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Il n'eut pas moins de treize éditions et fut traduit dans la plupart des langues européennes. La dernière édition [qui n'est pas celle de cet inventaire] est celle de Baron, publiée, in quarto, en 1756 et comportant de nombreux commentaires et remarques qui montre l'évolution de la chimie, 50 ans après la mort de Lémery. Même si Nicolas Lémery ne fit pas de découvertes remarquables, il fut l'un des premiers à démythifier la chimie et à la débarrasser des oripeaux de l'alchimie. Il fut l'un des premiers à aborder la chimie sur le plan mécanistique. Sa théorie sur les acides et les bases introduit une vision corpusculaire de la réaction chimique. Les acides sont des pointes qui se fixent dans les pores des bases, entraînant la neutralisation des deux espèces par formation d'un sel. En développant cette théorie il aborde de façon implicite la notion d'affinité entre deux corps.

      Si son Cours de Chymie a fait autorité pendant un siècle, ses autres publications n'en ont pas moins connu au siècle des Lumières un réel succès populaire. On compte la Pharmacopée universelle (1697), le Traité universel des drogues simples qui deviendra un Dictionnaire universel des drogues... (1698), et l'ultime opus, le Traité de l’antimoine (1707])."

La Bibliothèque de l'hôpital possède la Pharmacopée universelle.

 

 2. Chymie de Maquet.

  L'orthographe du nom de l'auteur doit être rectifiée puisqu'il s'agit de Pierre-Joseph Macquer (1718-1784), Docteur-Régent de la Faculté de Médecine en l'Université de Paris professeur de chimie et de pharmacie au Jardin des plantes de Paris et membre de l'Académie des sciences.

 Elemens de chymie-pratique, contenant la description des opérations fondamentales de la chymie, avec des explications & des remarques sur chaque opération, 2 volumes,  A Paris chez Jean-Thomas Herissant 1751, volume 1 : [lire en ligne], volume 2 (des Végétaux): [lire en ligne]

 

 

La Bibliothèque du Port conservait en 1799 trois ouvrages de Macquer dont un seul pouvait être disponible en 1756, les Éléménts de chymie pratique. [862. Macquer, Dictionnaire de chymie, Paris , Lacombe : 1766, 2 vol. 863. Macquer, Dictionnaire de chymie, 2e édition, Paris, Didot : 1778, 4 vol. 864. Macquer, Éléments de chymie pratique, deuxième édition, Paris, Didot : 1756. 3 vol.]

Le site Livre-rare-books.com me donne ces élements : "Issu d'une famille écossaise qui émigra en France à l'époque des Stuart, Macquer opéra une véritable révolution, faisant de la chimie une science à part et non une branche de la pharmacie, ouvrant la voie aux Lavoisier, Gay-Lussac, Thénard, etc. Il fut le premier à constater que l'arsenic est un métal, que les alcalins décolorent le bleu de Prusse, que les diamants ne perdent rien de leur poids lorsqu'on les calcine à l'abri de l'air, etc. Il a décrit les propriétés de l'alumine, de la magnésie, du sulfate de chaux, du sel d'Epsom. Ses travaux sur les métaux sont reconnus. Membre de l'Académie des Sciences, Censeur Royal, professeur de chimie au Jardin du Roi,  il modernisa la Manufacture de Sèvre Demeuré un chaud partisan du phlogistique en dépit des découvertes de Lavoisier, Pierre-Joseph Macquer contribua néanmoins largement à répandre le goût des études chimiques par ses découvertes.

‎Macquer a joué un rôle très important dans le développement de la chimie industrielle en France. Il a été l'un des phlogisticiens* les plus influents de son époque et il est mort sans changer son point de vue, malgré les révélations de Lavoisier. Dans ses Eléments de chymie théoriques il montre qu'il croyait que le feu était un élément et il a été l'un des derniers scientifiques d'importance à avoir soutenu la théorie des quatre éléments (la terre, l'air, l'eau et le feu). Dans ses oeuvres ultérieures, il a tenté de transiger avec les résultats des travaux expérimentaux de Lavoisier et les théories de Stahl et de son école. Les éléments de chimie théorique est l'un des traités les plus influents du milieu du XVIIIe siècle"  

La théorie des phlogistons peut être vue comme opposée à la « théorie de l'oxygène » moderne. La théorie des phlogistons affirme que tout matériau inflammable contient des phlogistons, une substance incolore, inodore, impondérable qui serait dégagée en brûlant libérés durant la combustion, laissant la matière « déphlogistifiée » sous sa « vraie » forme. Dans la théorie moderne, les matériaux inflammables (ou non rouillés) sont « désoxygénés » sous leur forme pure et oxygénés quand ils sont brûlés. La remise en cause de cette théorie a été féconde et est à la base de la chimie organique et de l'étude des réactions d'oxydo-réduction. (Wikipédia)

 

3. Paul-Jacques Malouin, Pharmacopée chimique, ou chimie médicinale, Paris, 1760, 2 vol. in-12 ; 1755, in-12. En ligne

Paul-Jacques Malouin, né le 27 juin 1701 à Caen et mort le 3 janvier 1778 à Paris, est un médecin et chimiste français. Membre de l’Académie des sciences en 1744, il est  professeur de chimie au Jardin du roi en 1745 et  membre de la Royal Society en 1753. Nommé professeur au Collège royal, en 1776, il occupa la chaire de médecine jusqu’à sa mort au mois de janvier 1778. Il écrivit  aussi un Traité de Chimie, contenant la manière de préparer les remèdes qui sont le plus en usage dans la pratique de la médecine, Paris, 1734, 2 vol. in-12.  

  

4. Codex parisiensis, 2e édition.

Le premier Codex medicamentarius parisiensis paraît  en 1639, suivi de nouvelle éditions en 1645 (Philippe Harduin de Saint-Jacques) ; 1732 (attribuée à Geoffroi) ; 1748 (Martinenq) ; 1758 (J.B. Boyer). Il semblerait logique que l'hôpital détienne plutôt en 1755-56, l'édition de Geoffroy ou celle de Martinenq, que la 2e édition.

 Cet ouvrage est celui qui permet à l'apothicaire de suivre la prescription du médecin ou chirurgien en suivant la "recette" qui fait autorité. Ce Codex ne s'applique en théorie qu'aux officines de Paris, alors que des Codex nommés Formulaires et propres aux hôpitaux (pour les hôpitaux de Paris en 1767), puis propres aux hôpitaux militaires et enfin propres aux hôpitaux de la Marine ont été, ou vont être rédigés. On s'attendrait donc à trouver ici le  premier véritable «codex» à l'usage des hôpitaux militaires de Morand et Geoffroy paru en 1742 'Formules de pharmacie pour les Hôpitaux militaires du Roy'.

Ce n'est qu'en 1769 que Chardon de Courcelles fit paraître un Formulaire propre à l'Hôpital de la marine de Brest. Les plantes et drogues utilisées à l'hôpital maritime de Brest en 1769.

 

 

 

5. Pierre Pomet   Histoire des drogues

http://www.shp-asso.org/index.php?PAGE=expositionpomet3


6. Pharmacopée  galénique et chimique de Charas (1676).

       Cette Pharmacopée date, pour l'ancienne édition qui est celle que possède la bibliothèque de Brest, de 1676. Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57430q.pdf . Elle est utilisée par les pharmaciens en alternative au Codex parisiensis.

Apothicaire et médecin, Charas est sous-démonstrateur de chimie au Jardin du Roi. Le premier volume de sa pharmacopée traite de généralités et d’opérations pharmaceutiques, tandis que le second est dévolu aux médicaments galéniques (poudres, élixirs, sirops, etc.).

Parmi les formulaires édités au XVIIe siècle, on peut citer la pharmacopée de Jean de Renou ainsi que la pharmacopée de Moyse Charas. Mais c'est en 1638 que le premier codex parisien, intitulé la Pharmacopoea parisiensis, fut édité.

 

 

 

 7. Dictionnaire pharmaceutique.

 Il s'agit sans doute du livre de De Meuve, Docteur en médecine, conseiller et médecin ordinaire du Roy. DICTIONNAIRE PHARMACEUTIQUE OU APPARAT DE MEDECINE PHARMACIE ET CHYMIE avec deux tables très commodes, l'une pour choisir les remèdes propres à toutes les maladies l'autre pour trouver l'explication des dictions latines, ou leurs synonimes, contenues dans ce dictionnaire. Ouvrage curieux pour toutes sortes de personnes, utiles aux Médecins, Apoticaires et Chirurgiens; et très nécessaire pour l'instruction de ceux qui veulent s'appliquer à la Profession de la Pharmacie. Tiré et recueilli des meilleurs Auteurs qui ont écrit de ces matières. Première édition à Paris en 1679, Seconde édition Revue, corrigée et beaucoup augmentée par l'Autheur. A Paris chez Laurent D'Houry Editeur 1689 un volume.

 

8. Brice Bauderon, Paraphrase sur la pharmacopée.

Brice Bauderon est un médecin français né à Paray-le-Monial, dans le Charolais, c. 1540, décédé à Mâcon en 1623. Médecin français père de Gratien Bauderon (1583—1615).

 

Après avoir étudié la médecine à Montpellier, il vint se fixer à Mâcon, où il exerça son art jusqu'à sa mort. Il a laissé Praxis medica in duos tractatus distincta (Paris, 1620, in-4°), ouvrage qui a été traduit en anglais, et une Paraphrase sur la pharmacopée en deux livres (Lyon, 1583, in-8°), qui a eu de très nombreuses éditions, et qui, de son temps, était fort estimée.

      http://www2.biusante.parisdescartes.fr/livanc/?cote=41431&do=chapitre

 

9. Jacques Dalechamps et Desmoulins, Histoire générale des plantes, 1615.

 DES MOULINS : Histoire générale des plantes contenant XVIII livres … faite françoise par Me Jean des Moulins, médecin très fameux de son siècle. Où sont pourtraites et descriptes infinies plantes…Lyon, héritiers de Guillaume Rouillé, 1615.

Cet ouvrage est la traduction de celui de Jacques DALECHAMPS Historia generalis plantarum. Lyon, chez Guil. Roville, 1586. Première édition contient deux errata suivis d'index en latin, français, grec, arabe, italien, espagnol, allemand, flamand, bohémien et anglais.   

Jacques Daléchamps ou D’Aléchamps, (1513-1588) est un médecin, botaniste, philologue, et naturaliste français.  Historia generalis plantarum est son œuvre la plus importante , il s'agit d'une compilation de toutes les connaissances botaniques de son époque. Bien que seul son nom apparaisse sur la page de titre, il ne fait pas de doute que certaines parties sont de la plume de Jean Bauhin et de Jean Des Moulins. L'ouvrage décrit 2731 plantes, un nombre record pour l'époque, accompagnées d'une description et d'illustrations parfois recopiées de L'Obel. On y reconnaît une érudition profonde. Daléchamps avait chargé Desmoulins de l’édition de ses notes et on ne sait pas trop la responsabilité de l’un ou de l’autre.  (Wikipédia)

  Un exemplaire est conservé au Service Historique de la Défense de Brest sous la cote BR R 5158. Sa page de titre, manquante est remplacée par une page manuscrite indiquant "Chez Philippe Borde Libraire 1653" (c'est l'édition que Gallica met en ligne http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5408308s/f2.image); l'exemplaire de Brest porte le cachet de la Bibliothèque Royale de la Marine et celui du Service des approvisionnements. Sa reliure porte les fers aux deux rameaux de l'Académie de marine (1752-1793). 

 

 

      Sources et liens :

VOLCKRINGER (Jean) et Maurice Bouvet "Les éditions de la « Pharmacopée » de Bauderon (Un extraordinaire succès de librairie) " Revue d'histoire de la pharmacie 1959 Vol. 47  N°   161  pp. 108-111, en ligne Persée.

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 22:44

 

Liste des drogues utilisées pour l'hôpital de la marine de Brest et pour les coffres de mer en 1777.

 Le tarif et l'État suivant fait suite aux Conditions posées aux adjudicataires pour la fourniture des drogues.

 1777. Marine. Brest. État des drogues simples nécessaires pour le service des Hôpitaux de la Marine et pour former les Coffres de Médicaments pour la mer. SAVOIR :

(je n'ai pas copié les tarifs, qui sont indiqués).

 J'ai signalé par une astérisque les drogues qui n'apparaissaient pas dans l'inventaire de 1756.

 

  • Acide vitriolique concentré *

  • Absinthe grande *

  • Absinthe petite*.

  • Acacia, suc de.*

  • Ache (racine de).*

  • Agaric blanc.

  • Agaric de chêne préparé, 4 onces.

  • Alkékenge, Baies d'.*

  • Aloë soccotrin .

  • Alun de Roche purifié.*

  • Amandes amères.

  • Amandes douces .

  • Ambre gris .*

  • Ammi zéro. (Semences d'Ammi)

  • Ammoniac, Sel..

  • Aneth semences.

  • Angélique de Bohême, Racines d'..

  • Angélique, semences.*

  • Anis verd, semences d'.

  • Anis de Hollande, Huile essentielle.*

  • Antimoine . (Régule d'A.)

  • Antimoine, Verre de.*

  • Arcaneum (?) *

  • Aristoloche Ronde, racine.

  • Arnica, Fleurs.*

  • Arsenic blanc *

  • Asperges (racines).*

  • Assa fœtida.

  • Baies de Genièvre.

  • Baies de Laurier.

  • Bardane Racine de.*

  • Baume de Canada.

  • Baume de Copahu

  • Baume du Pérou liquide.

  • Baume de Tolu.

  • Bdellium.

  • Benjoin.

  • Bismuth.*

  • Bistorte, racines de..

  • Bitume de Judée.

  • Blanc de Baleine.

  • Bois de garou *.

  • Bois de Sassafras*

  • Bol d'Arménie.

  • Borax.

  • Bouillon blanc, Fleurs.*

  • Bourgeons de Sapin*

  • Cachou brut,

  • Calamus Aromaticus, racine de.

  • Camaedris.

  • Camaepetrix.

  • Camphre.

  •  Camomille romaine, Fleurs.

  • Cannelle fine de Hollande *

  • Canelle, Huile essentielle de.*

  • Cantharides.

  • Capillaire du pays, Feuilles mondées.*

  • Cardamome, grand,semences.

  • Cardamome, petit, semences.

  • Carthame, sem.

  • Carvi, sem.

  • Casse en bâtons..

  • Cassia lignea *

  • Cassonnade fine.

  • Castoreum.

  • Centaurée (petite), Fleurs.*

  • Céruse

  •  Cascarille.

  • Chardon-Rolland, racines de.*

  • Chélidoine.*

  • Chicorée, Racines de.*

  • Chiendent .*

  • Cinabre .

  • Cire blanche.

  • Cire jaune.

  • Citrons, semences.*

  • Citron, suc de.

  • Citron, Huile essentielle de.*

  • Cloportes.

  • Cochenille.

  • Coing, semences.*

  • Colophone.

  • Colle de poisson.

  • Consoude (Grande) racines de.*

  • Contrayerva.

  • Coque du Levant

  • Corail rouge.

  • Coralline.

  • Coriandre Sem.

  • Corne de cerf rapée, .

  • Crème de tartre.*

  • Cristaux de Venus *

  • Crocus metallorum.

  • Cubebes.

  • Cumin, Sem.

  • Cyprès, Noix de.*

  • Dattes.

  • Dictamne blanc, Rac.

  • Eau-de-vie *

  • Eau forte ordinaire*

  • Écorces de Citron sèches.

  • Écorces de Citron confites.

  • Écorces d'Oranges sèches.

  • Écorces d'Oranges confites.

  • Écorces de Grenade.*

  • Écorces de Simarouba.*

  • Écorces de Sureau (seconde).*

  • Écorce de Tamaris.*

  • Écorces de winter.*

  • Écorces de cascarilles.*.

  • Enula campana, racines de.*.

  • Eresinum, Feuilles mondées *

  • Espèces amères.*

  • Espèces antiscorbutiques.*

  • Espèces apéritives.*

  • Espèces aromatiques.*

  • Espèces astringentes.*

  • Espèces diaphorétiques.*

  • Espèces émollientes.*

  • Espèces pectorales.*

  • Espèces sudorifiques.*

  • Espèces vulnéraires.*

  • Esprit de nitre commun.*

  • Esprit de sel commun.*

  • Esprit de vin rectifié

  • Euphorbes.

  • Farines résolutives(Les 4)

  • Fenouil, racines de*

  • Fenugrec, Semences.

  • Figues sèches.

  • Follicules de Sené.

  • Fougère mâle, racines de.*

  • Fraisier Racines de.*

  • Galenga racines de.

  • Galbanum.

  • Galle (Noix de).*

  • Garence, racines de.

  • Gayac, résine de.*

  • Gentiane, racines.

  • Girofle, Huile essentielle de.*

  • Gingembre, racines.

  • Gomme d'Adraganth, blanche, striée.

  • Gomme ammoniaque.*

  • Gomme arabique.

  • Gomme Elemi.

  • Gomme gutte.

  • Gomme laque, en graine.

  • Gomme laque, en feuilles

  • Grenade, Fleurs de.*

  • Gruau de Bretagne.*

  • Guimauve, Fleurs de.

  • Guimauve, racines de.*

  • Haematite,voir Pierre.

  • Hellebore blanc,racines.

  • Hellebore noir,racines.

  • Hermodattes.*

  • Houx (Petit), Racine de.*.

  • Hypericum, Fleurs.*.

  • Hypocystis, suc de.

  • Hysope, Feuilles mondées *

  • Ipecacuana,

  • Iris de florence,racines.

  • Ivoire, rapure de.*

  • Jalap en rouelles

  • Jalap, résine de.*

  • Jujubes.

  • Jusquiame, semences de.*

  • Kermès, grains de.

  • Kermès, sirop de.*

  • Labdanum.

  • Laurier, feuilles mondées *

  • Lavande, Fleurs.*

  • Lavande, Huile essentielle de.*

  • Lierre terrestre, Feuilles mondées *.

  • Lin, Graines.

  • Lin, Huile de.*

  • Litharge d'or.

  • Macis.

  • Manne en larmes.*

  • Manne en forte.*

  • Manne grasse.

  • Marrhube blanc, feuille mondées.*

  • Mastich en larmes.*

  • Matricaire, Fleurs.*

  • Mauve Feuilles mondées*

  • Mauve, Fleurs.*

  • Mélilot, Fleurs.*

  • Mélisse, Feuilles mondées *

  • Menthe, Feuilles mondées *

  •  Meum athamantique.

  • Mercure coulant.*

  • Mercure revivifié.*

  • Miel blanc, supérieur.*

  • Miel commun.

  • Miel de Narbonne (1ère qualité)

  • Minium.

  • Moutarde (Graines de)

  • Muguet, Fleurs.*.

  • Muscade, beurre ou Huile de).*

  • Muscade, Noix de.*

  • Myrobolans citrins.

  • Myrrhe.

  • Nacre de perle.*

  • Nitre de 3ème cuite.

  • Noix (Huile de noix pure).*.

  • Noix de cyprès.

  • Noix de galle.

  • Noix vomique,.

  • Nymphea, Fleurs.*

  • Nymphea, racines de.*

  • Oliban.

  • Olive Huile de., fine.*

  • Olive, huile de., seconde.*

  • Opium.

  • Opoponax.

  • Oranges amères.

  • Oranges douces.

  • Orcanette.

  • Orge entier.

  • Orge mondé.

  • Orge entier, perlé.*

  • Orpiment,en pierre.

  • Oseille, racines de.*

  • Ortie blanche, Fleurs.*.

  • Palma christi, Huile ou beurre de).*

  • Palme (huile ou beurre de).*

  • Palte, Follicules de la., mondées.*

  • Pareira brava,racines.

  • Pariétaire, Feuilles mondées.*

  • Patience, racine de.*

  • Pas d'Âne, Fleurs.*

  • Pavot rouge, Fleurs.*

  • Pavot, têtes sans graine.*

  • Pêcher, Fleurs.*

  • Pervenches, feuilles mondées *

  • Pétrole blanche, (Huile ou beurre de).*

  • Pétrole rouge (Huile ou beurre de).*

  • Pied de Chat.

  • Pierre calaminaire.*

  • Pierre hématite ordinaire.*

  • Pierre ponce.*.

  • Pivoine mâle, racine de.*

  • Plantain, feuilles mondées.*

  • Poivre blanc.

  • Poivre long, Grande espèce.

  • Poivre noir, .

  • Poix blanche de Bourgogne,.

  • Poix navale.

  • Polipode de chêne, racine de.*

  •  Polium des montagnes.

  • Potasse.*

  • Pruneaux.

  • Psyllium, Semences.

  • Pyrethre,racines de .

  • Quinquina entier surfin.

  • Racines mondées apéritives (les cinq réunies).*

  • Raisiné.*

  • Raisins secs.*

  • Réglisse.

  • Réglisse verte, racine de.*

  • Réglisse noir, suc de.*

  • Résine commune.*

  • Résine de Gayac, de Jalap, de Scammonée, voir ces mots.

  • Rhubarbe.

  • Rob de Citron.*

  • Romarin, Feuilles mondées.*

  • Romarin, Huille essentielle de.*

  • Roses rouges de Provins.

  • Safran du Gâtinois.

  • Sagapenum

  • Sandaraque.

  • Sang dragon commun

  • Sang dragon de larmes.

  • Santal blanc , 80 livres.

  • Santal citrin.

  • Santal rouge.

  • Salsepareille, racines mondées.

  • Sassafras.

  • Sauge majeure, Feuilles mondées.*

  • Sauge petite, feuilles mondées .*

  • Savon blanc.

  • Scammonée, résine de.*

  • Scammonée d'Alep.*

  • Scammonée de Smyrne .*

  • Scolopendre, Feuilles mondées.*

  • Scordium, Feuilles mondées.*

  • Scylle, Oignons de. (Verts / Secs)

  • Sebestes.

  • Sel Ammoniaque.

  • Sel d'Epsom Anglais.*

  • Sel d'Epsom français.*

  • Sel d'Oseille.*

  • Sel de Saturne.*

  • Semen contra

  • Semences froides (les 4), mondées.*

  • Semences froides non mondées .

  • Sené, Follicules mondées.*

  • Séné du Levant, grablé.*

  • Sené du Levant, mondées.*

  • Serpentaire de Virginie racines de.

  • Simarouba, Écorces de.

  • Soude d'Alicante.

  • Soufre en canons,

  • Soufre vif.

  • Spicanard du Levant.

  • Spic fine, Huile essentielle de.*

  • Squine, racines de.

  • Staphysaigre, Sem.

  • Stirax calamithe.*

  • Stirax liquide.*

  • Sthoecas, Fleurs.*

  • Sublimé corrosif.*

  • Suc de réglisse.

  • Succin ordinaire.

  • Sumac, Fleurs.*

  • Sureau, Fleurs.*

  • Sucre en pain.

  • Sucre candi blanc.*

  • Tamarin gras.*

  • Tartre blanc.*

  • Tartre rouge.*

  • Térébenthine commune.*

  • Térébenthine fine de Venise.*

  • Térébenthine, Huile essentielle de.*

  • Terre sigillée.*

  • Thym, Feuilles mondées.*

  • Tilleul, Fleurs.*

  • Tormentille, racine de.*

  • Turbith gommeux, choisi Racines de.*

  • Tussilage, Fleurs.*

  • Tuthie.*

  • Uva ursi, Feuilles mondées.*

  • Valériane grande, racine de.*

  • Valériane petite, racine de.*.

  • Verd-de-gris fort sec.*

  • Vinaigre blanc.*

  • Vinaigre rouge.*

  • Violettes, Semences, 30.

  • Vipères sèches, 1 livre.

  • Vitriol blanc ou Couperose blanche.

  • Vitriol bleu.

  • Vitriol verd, ou Couperose verte. (Vitriol de Mars).

  • Yeux d'Écrevisses.

  • Yvette ou Chamœpitys, 30 livres.

  • Zédoaire, racine de)

  • Zinc.

     

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 22:39

Liste des instruments de chirurgie utilisés à  l'hôpital de la marine à Brest en 1756.

 

Suite de : Inventaire de l'apothicairerie de l'hôpital de la marine à Brest en 1756.

Inventaire de 1756.

 

Caisses d'instruments de chirurgie.

4 Caisses d'instruments neufs composées des pièces ci-après :

  • 3 algalys d'argent,

  • 2 sondes à poitrine,

  • 19 aiguilles à artère intercostale,

  • 2 aiguilles à séton,

  • 2 sondes Elées,

  • 2 seringues d'argent à injecter les points lacrymaux avec leur étui,

  • 2 petits stylets d'argent,

  • 1 canule d'argent droite et courbe

  • 2 Trois-quarts avec leur s canules d'argent.

  • 2 scies avec la feuille de rechange,

  • 5 couteaux courbes de différentes grandeurs,

  • 2 couteaux à entre-deux,

  • 3 ciseaux droits et courbes,

  • 7 bistouris droits et courbes,

  • 2 aiguilles à cataracte avec l'étui,

  • 1 petite brosses,

  • 2 becs à forbin,

  • 1 tire-balle en forme de (f)urette,

  • 2 spatules,

  • 1 bistouris (feuhé)

  • 1 feuille unMoithe

  • 1 Petirant ?

  • 1 davier,

  • 1 pied-de-biche,

  • 1 déchaussoir,

  • 1 pince,

  • 1 bandage neuf,

     

Deux caisses à Trépan complètes contenant chacune.

  • 2 arbres, 9 couronnes, 2 exfoliatifs, 2 tire-fonds, 2 clefs, 4 élévatoirs, 2 rugines, 1 méningofilax, 3 couteaux lenticulaires, 1 christagaly, … et la boite des instruments ci-dessus ornée en cuivre jaune ..et une coulisse.

 

Vieille caisse d'instruments à l'Amphithéâtre composée des pièces ci-après , savoir :

  • 2 Arbres de trépan, 5 couronnes avec leurs pyramides, 2 perforatifs, 1 exfoliatif, 2 tire-fonds,1 méningofilax, 3 couteau lenticulaires, 4 rugines, 2 clefs, 1 valet à patin, 3 becs à corbin, 1 tenaille à incisive, 2 pied-de-biches, 1 speculum oris, 3 tire-balles, 1 tenette, 2 boutons de feu, 4 scies dont une grande, 4 sondes, 4 couteaux courbes, 5 élévatoirs, 7 bistouris, 5 lancettes à abcès, 9 ciseaux courbes, 1 petite brosse, 3 couteaux entre-deux, 18 aiguilles courbes et droites, 2 spatules, 1 feuille de Mirthe, 2 davier, 2 alyatis, 1 trois-quart et sa (saurette) d'argent, 2 stylets d'argents, 1 déchaussoir en line?debout, 1 senec ? à anneaux,1 aiguille à coulisse, 1 caisse complète pour la taille.

     

     

De plus, en neuf :

100 scalpels, 1 burin, 1 scie à ressorts de montre, une petite scie à ressort de montre, 2 gouges, 5 becs à corbin de différentes grandeurs, un arc avec sa corde à boyau, un petit mortier de fonte et son pilon

 

 

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 22:33

Inventaire de l'apothicairerie de l'hôpital de la marine à Brest en 1756.

 

 

Inventaire des drogues tant simples que composées et des ustensiles de la Pharmacie de l'Hôpital Royal de la Marine du port de Brest, fait par Nous Commissaire ordinaire de la Marine, R.P. Landry Cordier Prieur et M. de Villiers Deschamps Écrivain du Roi soussignés, le premier janvier 1756.


I. Ustensiles.

 

Ustensiles de bois.

17 armoires, 2 bailles cerclées de fer, 12 barriques cerclées de fer, 1 bistortier*, 10 chaises, 16 coffres, 3 commodes, 3 comptoir, 2 cuillers, 1 droguier, 3 échelles, 3 marchepieds, 1 mortier ou pilon de gayac, 12 paniers, 6 pilons, 3 presses, 3 soufflets, 18 spatules, 24 tamis de crins, 38 tamis de soie.

Ustensiles de cuivre.

6 alambics, 2 arrosoirs, 2 bain-maries, 10 balances, 16 bassines, 4 cafetières, 4 chaudières, 1 coquemar, 3 écumoires, 4 manipules, 4 marcs, 4 poêlons, 2 réchauds, 3 trébuchets.

Ustensiles d'étain.

 5 bassines à bec, 6 gobelets, 5 seringues.

 

Ustensiles de fer.

3 barres, 2 bêches, 6 couteaux, 24 creusets, 2 croc à fumier, 2 cuillers38 spatules, , 6 fléaux, 2 fourches, 8 fourneaux, 1 gaufrier, 2 houlettes, 2 lingottières, 3 marmites, 1 moulin à amandes, 4 pelles à feu, 6 pilons, 4 pinces à creuset, 4 pincettes, 3 poêles, 2 râteaux, 1 ratissoire, 1 scie, 38 spatules.

 

Ustensiles de fer-blanc.

12 entonnoirs, 3 fanaux, 24 mesures, 3 rappes.

 

Ustensiles de fonte.

12 mortier, 1 sonnette.

 

Ustensiles de plomb.

3 cornes, 30 poids.

 

Ustensiles de marbre.

2 mortiers, 1 porphyre.

 

Ustensiles de verre.

Zéro alambics garnis de leurs chapiteaux, 2 ballons, 500 bouteilles de 4 livres, 1000 bouteilles de deux livres, 1000 bouteilles d'une livre, 1100 bouteilles de huit onces, 1200 bouteilles de quatre onces, 400 bouteilles de deux onces, 12 bouteilles de quatre à six pots, 50 canons d'une livre, 600 canons de huit onces, 1000 canons de quatre onces, zéro cornues, zéro cucurbites, 4 entonnoirs, 18 matras, 2 mortiers et pilons, 1500 phioles de prise, zéro ventouses.

 

Fayance.

30 Canons, 60 chevrettes, 200 pots de six livres, 400 pots de quatre livres, 560 pots de trois livres, 1400 pots de deux livres, 1800 pots d'une livre, 400 pots de huit onces, 300 pots de quatre onces, 10 urnes.

 

Ustensiles de terre.

Zéro alhudels, zéro assiettes, 200 bouteilles de six pots, 300 bouteilles de quatre pots, 200 bouteilles de deux pots, 170 bouteilles d'un pot, zéro cornues, 10 creusets, 55 cruches de huit pots, 160 cruches de six pots, 90 cruches de quatre pots, 40 cruches de deux pots, 100 grands coquemars vernis, 100 jarrons, 200 pots à onguents d'une livre, 250 pots de huit onces, 300 pots de quatre onces, 400 pots de deux onces, 80 pots de 3 livres, 100 pots de deux livres, 300 pots de quatre livres , 60 pots de Bordeaux, zéro pots à bouillons, 70 terrines de différentes grandeurs, 24 brocs de bois garnis de cuivre, 48 bariguaux de dix à douze potie, 12 pots de 50 potie, 10 chausses, 30 blanchetres, 25au persses fortes pour l'huile d'amande douce, 107 sacs de toiles.

 

Meubles.

1 brosse, 2 rideaux de serge, 3 tapis, 100 feuilles de parchemin, 7 se...blanches.

 

 

[Lexique.

 

Bistortier : Wiktionnaire : bistortier, masculin, (Vieilli) (Désuet) Sorte de pilon de bois. La matière est agitée au moyen d’un long bistortier élargi à sa base, et qui est terminé par un long manche de fer. — (Eugene Soubeiran - Traité de pharmacie théorique et pratique - 1857).

CoquemarÉtymologie :Corruption du latin cucuma (« marmite »), la racine du mot, de coquere (« cuire ») a donné « cuisine », « queux », etc.

coquemar masculin : Pot de terre vernissée, ou de métal,pourvu d’une anse, et servant ordinairement à faire bouillir ou chauffer de l’eau, de la tisane ou d’autres liquides.

 

alhudel voir aludel (Wiktionnaire) :De l'arabe al udal, même sens (Chimie) (Vieilli) Appareil pour la sublimation des minéraux.

Les aludels consistent dans une suite de tuyaux de terre ou de fayence, ou plutôt ce sont des pots ajustés les uns sur les autres, qui vont en diminuant à mesure qu'ils s'élevent; ces especes de pots sont sans fond, si ce n'est le dernier qui sert de chapiteau aveugle.
Le premier aludel s'ajuste sur un pot qui est placé dans le fourneau; & c'est dans ce pot d'en - bas qu'on met la matiere qui doit être sublimée. En un mot les aludels sont ouverts par les deux bouts, à l'exception du premier & du dernier: le premier est fermé par son fond, & le dernier est fermé par son sommet.
On employe plus ou moins d'aludels selon que les fleurs qu'on y veut sublimer doivent monter plus ou moins haut. (L'ENCYCLOPÉDIE)]

 

 DROGUES SIMPLES ET COMPOSÉES. 

 

 

  • Aconit, suc de.. 7 livres.

  • Aconit vrai.

  • Agaric de chêne préparé, 4 onces.

  • Agaric de mélèze, 30 livres

  • Aiman, Pierre d'...30 livres.

  • Aloë cabalin 20 livres.

  • Aloë socortin 60 livres.

  • Aloë hepatique 40 livres.

  • Alun de Rome 300 livres,

  • Alun de plume 1 livre.

  • Alun de glace 2 livres.

  • Amandes amères 100 livres.

  • Amandes douces 1000 livres.

    Ambre gris 3 onces.

  • Ammi zéro.

  • Amone en grappe 17 livres.

  • Anet, semences d'..4 livres.

  • Angélique de Bohême, Racines d'...6 livres.

  • Anis verd, semences d'...2000 livres.

  • Anis de la Chine 3 livres.

  • Anthora, rac. Zéro.

  • Antimoine 600 livres.

  • Argent de coupelle, 1 livre 8 onces.

  • Aristoloche longue et ronde, 45 livres.

  • Aristoloche menue, 30 livres.

  • Asarum, feuille d'.., 2 livres.

  • Assa fœtida, 100 livres.

  • Baies de Genièvre, 400 livres.

  • Azure brutte, 5 livres.

  • Baies de Laurier, 30 livres.

  • Baies de Myrthe, zéro.

  • Balaustres, 50 livres.

  • Baume blanc ou Opobalsamum , 5 livres.

  • Baume de Canada, 16 livres.

  • Baume de Copahu, 200 livres.

  • Baume du Pérou liquide, 20 livres.

  • Baume du Pérou en Coque, 33 livres.

  • Baume de Tolu, 1 livre.

  • Bdellium 80 livres.

  • Beroard oriental 3 onces.

  • Beroard occidental, 4 onces.

  • Benjoin, 49 livres.

  • Bistorte, rac. , 80 livres.

  • Bitume de Judée, 15 livres.

  • Blanc de Baleine, 72 livres.

  • Bois d'Aloë ou Xylo-aloë, 6 livres.

  • Bois de baume ou xylo-balsamum, zéro.

  • Bois de lentisque, zéro.

  • Bois de Roses 90 livres.

  • Bol d'Arménie, 1500 livres.

  • Bol commun, 1200 livres.

  • Borax, 60 livres.

  • Bunias, Sem., zéro.

  • Cacao, zéro.

  • Catchou, 6 livres.

  • Calamus Aromaticus, 12 livres.

  • Calament de montagne, zéro.

  • Calaminaire, Pierre, 24 livres.

  • Calcite, 5 livres .

  • Camaedris, 20 livres

  • Camepitrix, 30 livres.

  • Camphre, 70 livres.

  • Camphrée de Montpellier, zéro.

  • Camomille, 24 livres.

  • Canelle de Ceylan, 36 livres.

  • Canelle blanche, zéro.

  • Cantharides, 6 livres.

  • Capillaire du Canada, 1000 livres.

  • Cardamome, grand, 4 livres.

  • Cardamome, petit, 8 livres.

  • Carline, rac., zéro.

  • Carpo-balsamuna, zéro.

  • Carthame, sem. 10 livres.

  • Carvi, sem. 5 livres.

  • Casse en bâtons, 1800 livres.

  • Casse odorante, 15 livres.

  • Cassonnade fine, M.G. Zéro.

  • Castoreum, 24 livres.

  • Cendres gravelées, 400 livres.

  • Céruse, M.G. , 800 livres.

  • Chacril ou Cascarille, 9 livres.

  • Cinabre naturel, 10 livres.

  • Cire blanche, M.G. , 50 livres.

  • Cire jaune, M.G. 80 livres.

  • Cirette, 1 once.

  • Citrons, zéro.

  • Cloportes, 12 livres.

  • Cochenille, 6 livres.

  • Colophone, 500 livres.

  • Coloquinte, 70 livres.

  • Colle de poisson, 12 livres.

  • Contrayerva, 25 livres.

  • Coquelicot, Fleurs de., 17 livres.

  • Corail blanc, zéro.

  • Corail rouge, 30 livres.

  • Coralline, 50 livres.

  • Coriandre Sem. ,150 livres.

  • Corne de cerf rapée, M.G.,200 livres.

  • Costus Indien, 8 livres.

  • Cotton, M.G. 2 livres.

  • Cubebes, 4 livres.

  • Cuivre de rosette, M.G., 6 livres.,

  • Cumin, Sem. 11 livres.

  • Curcuma, 1 livre.

  • Cuscute, zéro.

  • Cyclamen, zéro.

  • Dattes, 60 livres.

  • Daucus de Crète, Sem. Zéro.

  • Dictamne blanc, Rac., 2 livres.

  • Dictamne de Crète, Sommités, 60 livres.

  • Écorces de Citron sèches, 12 livres.

  • Écorces de Citron confites, 70 livres.

  • Écorces de grenades sèches, 30 livres.

  • Écorces d'Oranges sèches, 4 livres.

  • Écorces d'Oranges confites, zéro.

  • Émeraude brute, 12 livres.

  • Elebore, 7 livres.

  • Elaterium, zéro.

  • Encens ou Oliban, 60 livres.

  • Éponges communes, M.G. 10 livres.

    Éponges fines, M.G. 20 livres.

  • Euphorbes, 5 livres.

  • Farines résolutives, 70 livres.

  • Fenouil d'Italie, Sem. 30 livres.

  • Fenugrec, Sem., 40 livres.

  • Figues sèches, 100 livres.

  • Fleurs de Soufre, 200 livres.

  • Follicules de Sené, 70 livres.

  • Galanga major, 12 livres.

  • Galanga minor, 10 livres,

  • Galbanum, 90 livres.

  • Galega, zéro.

  • Garence, 20 livres.

  • Gayac, M.G. 100 livres.

  • Gentiane, 61 livres.

  • Gérofle, 40 livres.

  • Gingembre, 70 livres.

  • Ginseng, zéro.

  • Gomme d'Adragant, 50 livres.

  • Gomme arabique, M.G. 70 livres.

  • Gomme Animé, 28 livres,

  • Gomme Cargne, zéro.

  • Gomme Copal, 60 livres.

  • Gomme de Lierre ;, 64 livres.

  • Gomme Elemi, 200 Livres.

  • Gomme gutte, M.G. 20 livres.

  • Gomme laque, en graine, 32 livres.

  • Gomme laque, en feuilles, 22 livres.

  • Gomme Tacamahaca, 70 livres.

  • Gui de chêne, 10 livres.

  • Guimauve, 6 livres.

  • Guildive ou tafia, zéro.

  • Haematite, Pierre, 45 livres.

  • Hellebore blanc, 8 livres.

  • Hellebore noir, 10 livres.

  • Houblon, zéro.

  • Hyacinthe, 3 livres.

  • Hypocystis, 18 livres.

  • Jalap en rouelles, 280 livres.

  • Jonc odorant ou Schaenanthe, zéro.

  • Ipecacuana, 64 livres,

  • Iris de florence, 65 livres.

  • Jujubes, 72 livres.

  • Indigo, M.G. Zéro.

  • Keiri, Sem. Zéro.

  • Kermès, grains de, 12 livres.

  • Ladanum, 18 livres.

  • Limaille de fer, M.G, 46 livres .

  • limons, zéro.

  • Lin, Graines, M.G., 10 livres.

  • Litharge d'or, M.G.,600 livres.

  • Lupin, Sem. Zéro.

  • Macis, 26 livres.

  • Manne grasse, 2000 livres.

  • Meum, zéro.

  • Miel commun, 2000 livres.

  • Miel de Narbonne, 300 livres.

  • Minium, M.G. 30 livres.

  • Momie, 4 livres.

  • Moutarde, 100 livres.

  • Muse, 8 onces.

  • Muscades, 41 livres.

  • Myrobolan, 82 livres.

  • Myrrhe, 104 livres.

  • Nard Celtique, zéro.

  • Nard Indien, 3 livres.

  • Nitre ou Salpêtre, M.G. 300 livres.

  • Noix de Ben, zéro.

  • Noix de cyprès, zéro.

  • Noix de galle, M.G., 50 livres.

  • Noix vomique,, 14 livres.

  • Opium, 50 livres.

  • Opoponax, 45 livres.

  • Oranges amères, zéro.

  • Oranges douces, zéro.

  • Orcanette, 40 livres.

  • Orge entier, M.G.,1000livres.

  • Orge mondé, 7 livres.

  • Orobe, Sem. Zéro.

  • Orpiment, M.G. 18 livres.

  • Orseille,2 livres.

  • Os de cœur de cerf, 2 livres.

  • Pareira brava, 22 livres.

  • Pavot blanc, Têtes de, 15 livres.

  • Perles fines, 4 onces.

  • Pavot blanc, semences, 25.

  • Persil de Macédoine, Sem. Zéro.

  • Pied de Chat, 15 livres.

  • Pignons, zéro.

  • Pistaches, zéro.

  • Poivre blanc, 71 livres.

  • Poivre long, 83 livres.

  • Poivre noir, 90 livres.

  • Poivre de la Jamaïque, zéro.

  • Poix blanche de Bourgogne, M.G. 450 livres.

  • Poix noire, M.G. 15 livres.

  • Poix Résine, M.G. 160 livres.

  • Polium de Crète, zéro.

  • Pompholix, 10 livres.

  • Pruneaux, M.G. Zéro.

  • Psyllium, Sem. 7 livres.

  • Pyrethre, 12 livres.

  • Quinquina, 260 livres.

  • Raisins passes, zéro.

  • Réalgal, 2 livres.

  • Réglisse, M.G. 1800 livres.

  • Rhapontie, 31 livres.

  • Rhubarbe, 186 livres.

  • Ris, 50 livres.

  • Roses muscates, zéro.

  • Roses pâles, zéro .

  • Roses rouges de Provins, 62 livres.

  • Roucou, 1 livre.

  • Safran du Gâtinois, 32 livres.

  • Sagapenum, 60 livres.

  • Sain-doux, M.G., 200 livres.

  • Sandarac, 64 livres.

  • Sang dragon commun, zéro livres.

  • Sang dragon de larmes, 40 livres.

  • Sang de Bouquetin, 18 livres.

  • Santal blanc , 80 livres.

  • Santal citrin, 76 livres.

  • Santal rouge, 50 livres.

  • Saphir, 4 livres.

  • Sarcocolle, 6 livres.

  • Sarcepareille, 70 livres.

  • Sassafras, 200 livres.

  • Savon blanc, M.G. 20 livres.

  • Scammonée, 60 livres.

  • Scylle, Oignons de, 2 livres.

  • Sebestes, zéro.

  • Sèche, Os de., M.G. 1 livre.

  • Sel Ammoniaque, 300 livres.

  • Sel gemme, 30 livres.

  • Sel marin, zéro.

  • Semen contra, 65 livres.

  • Semences froides mondées, 400 livres.

  • Semences froides non mondées 1000 livres.

  • Sené, 356 livres.

  • Serpentaire de Virginie, 12 livres.

  • Seseli de Marseille, Sem., zéro.

  • Simarouba, Écorces de, 34 livres.

  • Sison, Sem., zéro.

  • Souchet des Indes, zéro.

  • Soude d'Alicant, 450 livres,

  • Soufre en canons, M.G. 300 livres,

  • Soufre vif, 100 livres.

  • Spica Nardi, zéro.

  • Squine, 100 livres.

  • Staphysaigre, Sem. 15 livres.

  • Stœcas Arabique, 10 livres.

  • Storax en larmes, 34 livres.

  • Storax liquide, 150 livres.

  • Suc de réglisse, 400 livres.

  • Succin jaune ou Karabé, 52 livres.

  • Succin blanc, zéro.

  • Sucre en pain, M.G. 60 livres.

  • Vermillon M.G., 2 livres.

  • Vers de terre, zéro.

  • Vin blanc, M.G.,zéro.

  • Vin rouge, M.G.,zéro.

  • Vin de Canarie, zéro.

  • Vinaigre, M.G., zéro. 

    Violettes, Semences, 30.

  • Vipères sèches, 1 livre.

  • Vitriol blanc ou Couperose blanche, M.G 90 livres.

  • Vitriol bleu, 60 livres.

  • Vitriol verd, ou Couperose verte, M.G. 200 livres.

  • Vulnéraires Suisses, 70 livres.

  • Yeux d'Écrevisses, 160 livres.

  • Yvette ou Chamœpitys, 30 livres.

  • Zédoaire, 18 livres.

  • Zinz,[Zinc] 5 livres.

     

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by jean-yves cordier
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 22:26

Le Musée d'histoire naturelle de Brest (suite) : les autres collections de l'hôpital maritime Clermont-Tonnerre et la bibliothèque : un complexe dédié à l'instruction des élèves de l'École de médecine navale..

 

 Plan :

Prologue.

Le musée d'anatomie.

La collection d'instruments.

La bibliothèque.

Le Droguier.

 

Prologue

   Le Musée d'histoire naturelle de l'hôpital maritime de Brest ne devait pas sa présence au hasard de collections accumulées, mais relevait d'une volonté déterminée de doter les hôpitaux de la Marine et surtout les Écoles de médecine navale qui s'y trouvaient d'un ensemble cohérent de formation. Cet ensemble pédagogique doit être compris comme un système, réunissant dans le même lieu des outils connectés entre eux, parmi lesquels je citerai :

  • Le jardin botanique, bien-sûr, avec ses dépendances (serres, orangerie,)
  • L'apothicairerie ou laboratoire pharmaceutique et son droguier,
  • L'amphithéâtre et la salle de démonstration,
  • Le Musée d'histoire naturelle,
  • Les collections anatomiques,
  • Les collections d'instruments médicaux ("arsenal" chirurgical)
  • La bibliothèque.

  L'unité de ce système est démontré par trois arguments :

a) Ces différentes parties sont retrouvées dans chaque École de médecine navale, à Brest, Rochefort (qui conserve et expose encore ses collections), et Toulon.

b) Elles sont, topographiquement, reliées entre elles et concentrées dans le même lieu.

c) Elles sont soigneusement énumérées lors du Projet de construction du nouvel hôpital Clermont-Tonnerre en 1822, tel qu'il est rapporté (en ligne ici) par Reibell dans un Cours de M.J. Scanzin, Inspecteur des Travaux Maritimes :

"Programme ou résumé des leçons d'un COURS DE CONSTRUCTIONS de feu M.G Scanzin, Inspecteur général des ponts et chaussés et des travaux maritimes des ports militaires, T3, 1841.

Appendice n°6. Documents relatifs aux hôpitaux des arsenaux maritimes p. 383.

Document n°1. Programme dressé au port de Brest en 1822, pour servir à l'établissement du nouvel hôpital Clermont-Tonnerre, conformément aux règlements alors en vigueur. :

...Enseignement des élèves.

L'enseignement, aux termes du règlement du 19 pluviôse an VI comprend : la médecine, la chirurgie et la pharmacie. Les cours au nombre de dix, sont faits par sept professeurs, dans les salles et à l'amphithéâtre. Ce service exige :

  • 4 salles de cliniques, choisies parmi les salles de l'hôpital, avec deux pièces contiguës pour les leçons et les opérations,

  • 1 amphithéâtre pour les cours d'anatomie, d'hygiène navale, de pathologie, d'histoire naturelle, de chimie et de pharmacie pratique. Il devra communiquer avec les salles et les cabinets de dissection,

  • 2 cabinets de professeurs, ou 4 si le local le permet,

  • 1 galerie pour la conservation des pièces d'anatomie humaine et comparée,

  • 1 galerie d'histoire naturelle dont l'entrée doit être voisine de la bibliothèque,

  • 2 cabinets de dissection pour les professeurs,

  • 1 salle des morts ayant deux issues, l'une sur l'hôpital, l'autre sur la cour des salles de dissection,

  • 2 latrines pour les élèves, dans la cour des salles de dissection et dans le jardin botanique.

  • 1 jardin botanique avec cabinet à feu pour le professeur d'histoire naturelle,

  • 2 serres chaudes et bâches pour les plantes exotiques,

  • 1 serre d'orangerie,

  • 1 dépôt d'outils de jardinage, de caisses, treillages, etc...

    1 dépôt pour les fumiers, terreaux, etc."

     

 

Un autre document précise bien que, à la différence des autres hôpitaux militaires, les trois hôpitaux d'instruction doivent disposer d'installations spécifiques à leur mission, installations énumérées dans le Document n°4 :

"Considéré comme hôpital d'instruction à Brest, Rochefort et Toulon :

  • Une aile pour les séances de conseil de santé,

  • Un cabinet pour les archives,

  • Un cabinet d'histoire naturelle,

  • Un cabinet pour le dépôt des pièces anatomiques,

  • Un cabinet pour le dépôt et la conservation des instruments de chirurgie (arsenal de chirurgie),

  • Un amphithéâtre pour les cours,

  • Une bibliothèque,

  • Un jardin botanique."

.

  On ne peut donc, en toute logique, décrire, et encore moins comprendre, l'une des parties (jardin botanique ; musée ; etc...) sans considérer les autres parties.

C'est pourquoi je dois compléter mes articles précédents  Le jardin botanique de l'Hôpital Maritime à Brest.     Le Musée ou Cabinet d'histoire naturelle du jardin botanique de Brest 1800-1944. par la description des autres collections.

  Le Médecin Général Charles Laurent en témoignait lorsque, en 1964, il décrivait au pluriel les musées de l'hôpital militaire de Brest (Revue des corps de santé, 5, 3, 1964 p. 335-343) pour décrire les collections d'histoire naturelle, mais aussi celle d'anatomie.

 

I. Les Collections anatomiques.

Voici la description qu'en donne le Médecin-Général Charles Laurent :  

"Le second musée faisait partie de l'amphithéâtre d'anatomie de la rue Fautras : quelques bâtiments, dans un jardin ombragé de grands ormes, , où l'on ne pénétrait qu'après avoir franchi de multiples portes et montré patte blanche. A droite, un pavillon en rotonde contenait la salle de cours et les bureaux. A gauche, les salles de dissection pour les étudiants et leurs annexes ; après la libération, lors de la démolition des ruines, les ouvriers trouvèrent des cuves de pierre où macéraient des cadavres dont les entrailles apparemment suspectes posèrent des problèmes à la police.

Au premier et au second étage, il y avait le musée. Une très belles collection d'ostéologie comparée remplissait les longues vitrines de squelettes d'hommes et d'animaux. Tous disparurent lors des bombardements à l'exception de celui d'un nain que l'on retrouva, m'a-t-on dit, dans un urinoir auprès de la porte Fautras, sans que l'on ait pu s'explique ce qu'il y était allé faire."

  De quand dataient ces collections ? Un fond existait déjà du temps de Chardon de Courcelles ( directeur de l'École de 1742 à 1775) car on connaît le souci pédagogique de l'auteur du Traité d'anatomie ; en outre, le règlement de 1740 mentionne que l'amphithéâtre de la nouvelle école devrait disposé de "armoires vitrées pour conserver les poupées, les squelettes, et les préparations d'anatomies sèches ou injectées " (Hamet, p. 178).

   Un autre chirurgien de Brest y a sûrement contribué, il s'agit de Pierre Duret (1745-1825), qui fut nommé à Brest en 1776 vice-démonstrateur d'anatomie. En effet, Yves Le Gallo décrit comment, nommé premier chirurgien en chef au décès de Billard, il fit reprendre aux étudiants le chemin de l'amphithéâtre et de la salle de dissection, selon des principes chers à Chardon de Courcelles. "L'on rapporte qu'il conservait les pièces anatomiques avec le plus grand soin et faisait représenter par le dessin et la peinture celles qu'il ne pouvait préserver d'une prompte destruction. Il rassembla ainsi, soit dans son cabinet, soit dans de gros registres qui étaient connus sous le nom de "grands livres", toute l'iconographie des cas anatomiques pathologiques observés dans les hôpitaux de Brest" (Hamet, 1924). Y. Le Gallo ajoute que Duret était non seulement un savant doublé d'un opérateur prestigieux, mais aussi un collectionneur (je souligne) passionné de singularités et d'anomalies et fouillant les reliquaires des enclos paroissiaux pour accroître sa collection.

  Je trouve confirmation de cette hypothèse en découvrant le contenu du dossier de manuscrits MSS 13 de l'Ecole de Santé, conservé au Service historique de la Marine à Brest : une lettre (s.d) est adressée à Jean René Constant Quoy, alors président du Conseil de santé (de 1838 à 1848) : Monsieur le Président, j'ai l'honneur d'offrir à l'école au nom de madame Miriel [la fille ou la petite fille de P. Duret] une collection de pièces d'ostéologie concernant la pathologie et l'anatomie comparée. Ces pièces faisaient partie du Cabinet d'anatomie de Mr Duret, père. Plusieurs d'entre-elles m'ont paru interessantes. J'ai pensé être agréable à mes collègues en les adressant au musée d'anatomie de Brest [le musée existait donc avant ce dépôt]. Signé Charuel. 

La fille de Pierre Duret, Marie-Perrine Adèle Duret  épousa le Dr Jean-Joseph-Yves Miriel (1779-1829).

Leur fille Adèle Jeanne Marie Miriel (1823-1905) épousa Jules Charuel (1809-1895), médecin de première classe.

 

 

 

I bis. Les collections de phrénologie.

Image

   "Pour finir, une seconde série de moulages de têtes de forçats s'y voyait aussi. Doublait-elle ou continuait-elle celle de l'hôpital ? Je ne le sais. En tout cas, grâce à un catalogue, la plus grande partie en était facilement identifiable. On avait dû y adjoindre les crânes eux-mêmes, mais il n'en restait que très peu , les manquants ayant sans-doute tenté les étudiants qui en cherchaient pour les études d'anatomie. En même temps qu'eux, avaient également disparu les vénérables reliques qui y avaient été déposées après avoir été saisies à titres d' »idoles » par les commissaires de la première République ; parmi elles, le crâne du saint patron de la paroisse de Gouesnou, que l'on reconnaissait à l'enfoncement dû au coup de marteau qui le tua.

   Vers 1927, faisant ranger et nettoyer le musée, j'avais photographié certains de ces lugubres souvenirs, ceux du moins dont les noms me paraissaient les plus connus. Il est certain que l'hôpital maritime possédait alors une iconographie dont ceux qui écrivirent l'histoire des criminels célèbres ignoraient l 'existence, et dont les photographies que j'ai prises sont probablement les seuls vestiges (1). Les trois moulages représentés sont ceux de Baudelet, Delacolonge et Coignard.

Baudelet, le premier à gauche, était un ancien attaché aux cuisines du duc d'Orléans et un excellent cuisinier. Aubergiste à Strasbourg, il avait été condamné au bagne en 1833 pour le meurtre de sa femme. Affecté à la cuisine des officiers de l'hôpital, son ivrognerie lui valut des sanctions, et, un jour, il trancha la gorge de la sœur Saint-Malch qui dirigeait la cuisine et à qui il en voulait. Il fut guillotiné le 10 avril 1838.

Delacolonge était un ancien ecclésiastique accusé d'avoir assassiné sa maîtresse . Son cas avait fait du bruit, et il était l'une des célébrités du bagne dont les visiteurs ne manquaient pas de demander à le voir.

Plus célèbre encore était Pierre Coignard, dit le Comte Pontis de Sainte-Hélène, l'un des aventuriers et des cambrioleurs les plus extraordinaires qui eussent jamais vécus. Domestique, bagnard évadé, lieutenant-colonel, sa vie a été maintes fois racontée, en particulier dans le livre d'E. Massard et de G. Dallier : « Pierre Coignard ou le forçat colonel » (Albin-Michel).

Tel étaient ces jardins et ces musées, non-seulement précieux pour ses collections qu'ils contenaient, mais qui formaient en même temps les archives émouvantes du Corps de santé de la Marine.

 (1) Le Dr A. Corre avait préparé une étude d'anthropologie criminelle avec de nombreux schémas dessinés d'après ces moulages et ces crânes. J'en possède quelques fragments, mais je n'ai pas pu savoir où et quand ce travail avait paru."

(Charles Laurent, p.90-91)

Cet article de Charles Laurent appelle les commentaires suivants :

—a) Les références des travaux du Dr Armand Corre sont actuellement connues :

CORRE et ROUSSEL, " Étude d'une série de têtes de criminels conservés au musée d'anatomie de l'école de médecine de Brest ", Revue d'Anthropologie, 1883, pp. 70-89.

CORRE (Armand) "Étude d'une série de têtes de criminels conservées au Musée d'Anatomie de l’École de Médecine de Brest "— Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris, 2e série, tome VI, 1883, p. 70-89).

—b) Yves Le Gallo précise que Baudelet, comme d'autres condamnés à la décapitation (Rognon en 1824, d'autres en 1850 et 1851, les marins du Foederis Arca en 1866 ) furent l'objet, immédiatement après leur mort, d'un transfert à l'amphithéâtre pour des expériences de galvanisme réalisés par Marcellin Duval devant ses élèves ; les stimulations sont appliquées aux corps sans tête, qui se dressent brusquement, gesticulent avec force, ou aux têtes qui grimacent horriblement ou mordent les crayons qu'on placent entre les dents. Ces expériences sont soigneusement préparées et se vantent d'être réalisées en moins de sept minutes après que la guillotine n'ait fait son œuvre, sur la Place Fautras, à "260 pas de l'amphithèâtre". Les médecins publièrent les résultats de six expériences, en détaillant celles réalisées sur Auguste François le 20 juin 1850 et Jean-Pierre Envesaille le 26 mars 1851 : Duval M, Rochard J, Petit A. "Observations physiologiques sur les cadavres de suppliciés". Gazette médicale de Paris, 12 juillet 1851, p. 436-459 , en ligne à la BIU.


  —c) On consultera avec le plus grand profit l'article de Marc Renneville : Marc RENNEVILLE , photos Jean-Claude VIMONT : Phrénologie à Rochefort, L’école de médecine navale et le bagne, 17 mars 2011, publication en ligne du site Criminocorpus,.

 

 

 


II. Les collections d'instruments chirurgicaux.

"L'arsenal de chirurgie est placé dans une salle attenant à la bibliothèque et comprend la riche collection d'instruments historiques réunis par les soins et aux frais de nos prédécesseurs." (Rapport d'inspection générale du Médecin Général Jules Rochard en 1876.)

"On voyait aussi une collection d'instruments anciens de chirurgie, l'une des seules de France. Elle avait été commencée envers 1840 par le médecin-résident de l'hôpital —on disait alors le prévôt — qui, si je ne me trompe, était le docteur Hombron*. Il écrivait dans la préface de son catalogue que, membre de la commission des remises, il voyait souvent condamner et détruire des instruments anciens et périmés, mais qui lui paraissaient pouvoir, avec le temps, devenir des curiosités. Et, en effet, cette collection assez bien continuée dans la suite contenait-elle un outillage extrêmement précieux. Seul de nos hôpitaux maritimes, celui de Rochefort a pu conserver la sienne, moins importante, mais néanmoins précieuse." (Charles Laurent)

*Hombron figure bien dans l'Almanach Royal et national,  comme Chirurgien de 1ère classe de l'hôpital de Brest en 1843 et 1850. En, 1852, il préside le Conseil de Santé au Sénégal. Il peut s'agir d'un homonyme de Jacques-Bernard Hombron (1798-1852), célèbre, comme naturaliste, pour avoir participé comme chirurgien au voyage à bord de L’Astrolabe et de la Zélée à l'expédition de Dumont d'Urville de 1837 à 1840, et d'avoir décrit de nombreuses plantes et animaux avec Honoré Jacquinot.

 Néanmoins, Prosper Levot indique que ces collections ont été plutôt constituées "en très grande partie par H. Delaporte*, premier médecin en chef de la marine, mort à Brest le 19 février 1853" 'Hist. Brest p. 274).

Henri Delaporte était le second de Duret, dont nous avons vu qu'il était à l'origine des collections anatomiques.

Voir les travaux de l'Université de Lyon :http://histoire-medecine.univ-lyon1.fr/ ou encor http://spiral.univ-lyon1.fr/files_m/M4337/WEB/Histoire%20de%20la%20chirurgie%20%C3%A0%20travers%20ses%20instruments%20P.pdf

On peut y ajouter, comme en témoigne actuellement le musée de l'ancienne école de Rochefort, la collection de prothèses et orthèses. Sa présence est signalée lors de l'inspection de Jules Rochard en 1865. L'hôpital actuel en conserve cet exemple de casque :


DSCN5078v.jpg

 

      III. Un Cabinet de physique.

  Son existence est mentionnée par Prosper Levot, mais aussi par un État des objets et instruments relatifs au cabinet de physique et d'électricité de la marine de Brest, contenus dans le dossier Ms 14 du Service Historique de la Marine. 

On y décrit une Machine électrique composée des pièces suivantes :

  La grande machine à plateau de cristal dite machine positive, ; La table ; Ses deux montants ou châssis en bois ;Le disque ou plateau de verre muni de son arbre, sa manivelle, ses 4 coussins ou frottoirs et la pièce de fer pour démonter l'écrou ; son 1er conducteur en cuivre est à arc, et ses deux supports en cristal Un deuxième conducteur grand et volumineux de 4 à 5 pieds de longueur

  Une Autre grande Machine (dite négative) composée des pièces suivantes : sa table ; les montants ou châssis en bois et son plateau non (maisuré) ; un grand conducteur en fer et deux supports en cristal, et une peau de renard pour …

  Une Petite machine électrique dite anglaise à cylindres positive et négative composée des pièces suivantes […]

   Une autre machine électrique portative dite de Volta ou Electrophore. 

Un excitateur à manche et de verres également en cuivre, dont deux avec une chaîne chacune.

1 Excitateur courbe et brisé en cuivre

2 pointes d'acier d'un pied et ½ de long. Quarrée et d'un pied de diamètre, suspendues et isolées pour l'expérience deet démonstraation des feux positifs et négatifs.

Un tiroir ou batterie electrique composée de Cbles et des fonds en cuivre.

Deux tablettes garnies des colonnes de cristal, garnies de viroles et de pièces d'étain et d'un pivot pour les expériences des étincelles brillant dans l'obscurité.

 

Deux colonnes garnies de viroles et boutons de cuivre sur leur copie en bois pour le même usage.

Deux cadres ou tableaux magiques … d'un pied garni en étain avec leurs  chaînes pour l'expérience des conjurés de Franklin,

Deux grosses foudres armées de leurs pièces en étain, dont une est pourvue d'un électromètre de Mr Lasne. [Lane]

Une moyenne bouteille de Leyde armée de son electromètre du même auteur pour..les degrés

Sept moyennes bouteille de Leyde.

Un électromètre portatif armé de sa pointe en cuivre.

L'appareil pour les affections particulières au sexe composé d'une tige en bois percée de plusieurs trous et surmontée d'une tige en cuivre boutonnée et de son excitateur et manche de cristal.

Appareil pour embraser la poudre consistant en une tablette de bois et en deux montants et des deux tiges en cuivre.

Deux plateaux en cuivre pour faire danser des pantins où démontrer les attractions et les répulsions des corps l(egers) pour les corps électrisés.

D'autres précisions sont données, moins lisibles 3 tiges de métal formées d'un anneau d'un bout, et d'une pointe...manche de verre pour les maladies de la... selon la méthode d'un savans suédois. Deux autres tiges de métal d'un pied de long..et garnies de leurs viroles de cuivre..servant pour les maladies de... selon la méthode de l'Abbé J...physicien français. Trois fauteuils et leurs tablettes ayant...

Certifié exact par Deschamps le 8 ventôse an 10.

 

 

. Je ne vois pas de mention du "baiser électrique" de Bose, où les amoureux voient une étincelle repousser leurs bouches concupiscentes. L'expérience des conjurés de Franklin date de 1748 : elle consiste à réaliser un condensateur entre une plaque de verre recouverte à la face postérieure de dorure et portant un portrait du roi sur l'autre face, et une couronne mobile posée sur la tête du monarque. Le condensateur-portrait est électrisé par la machine, puis, tous ceux qui, tenant la dorure d'une main, cherchent à ôter la couronne se voient punis par une forte commotion.

Wikipédia Electrophore


  Je peux illustrer l'intérêt porté au galvanisme par cette note extraite de la biographie de Girardot, le premier conservateur de la bibliothèque de l'École de médecine en 1804 : "Il étudia avec soin les effets du galvanisme sur le corps vivant, et en fit une heureuse application aux malades". (Annales de la médecine physiologique, Volume 3 p. 166). Il me reste à dresser la liste des ouvrages acquis par la bibliothèque sur le sujet de l'électricité médicale.

  Les malades s'en portèrent-ils bien mieux ? On ne sait, mais on ne peut douter que les médecins, eux, ont dû beaucoup s'amuser. 

IV. La Bibliothèque.

   "La bibliothèque de l'école se compose de 14 000 volumes et reçoit 38 journaux de médecine ou revues scientifiques. Ses dimensions sont devenues insuffisantes, bien qu'on l'ait accrue, il y a quatre ans, en disposant pour recevoir des livres, le grenier qui la surmonte. Lorsqu'on aura pris à l'égard des instruments de chirurgie, les mesures dont j'ai parlé, on pourra se servir des grandes armoires qui les contiennent et approprier à la même destination le cabinet contigu à la salle qu'occupe l'arsenal et dans lequel se trouvent aujourd'hui les appareils et les moyens de prothèse. La bibliothèque est très fréquentée et les deux tables qu'elle possède ne suffisent pas au nombre de lecteurs. Elle est ouverte de 8 heures du matin à 4 heures du soir, et, par une faveur dont l'École de Brest est seule à jouir, elle rouvre le soir de 7 heures à 9 heures pendant toute la durée de l'année scolaire. Elle n'a qu'un seul gardien et malgré son zèle il ne peut suffire..." (Rapport d'inspection générale du Médecin Général Jules Rochard en 1876.)

   Elle avait été fondée en 1804 par le préfet Caffarelli « jaloux de contribuer à l'instruction des jeunes gens qui se destinent à l'art de rendre la santé, il a fait extraire de la bibliothèque de l'ancienne Académie de marine* tout ce qui avait rapport avec la science médicale et chirurgicale, et en a fait présent à l'école. Sensibles à un tel bienfait, et reconnaissants d'un pareil service, les officiers de santé du port de Brest lui ont témoigné leur gratitude en plaçant son buste, très bien exécuté par monsieur Collet, sculpteur en chef du port, au milieu même de la salle de lecture ».(Jean-Louis Dauvin Essais topographiques, statistiques et historiques sur la ville, le château, 1816).

  ( *La partie restante du Fonds de l'ancienne Académie royale de marine de Brest est conservée au Service Historique de la Défense à Vincennes sous les cotes Ms 64 à Ms 110 : http://www.academiedemarine.com/PJ1_InventaireacademieroyaledeBrest.pdf )

 P. Levot en 1865 confirme et précise cette information : "Au-dessus des bureaux du Conseil de santé (à l'Hôpital de la marine), est placée la bibliothèque de l'École de médecine navale. Formée, en l'an XI, par M. le préfet maritime Caffarelli, au moyen d'environ 800 volumes d'ouvrages spéciaux qui existaient dans la bibliothèque du port, elle s'est rapidement accrue depuis plusieurs années  et se compose aujourd'hui [1865] de 10.000 volumes d'ouvrages spéciaux. Cet accroissement est dû en partie aux achats faits directement par le conseil de santé, au moyen de versements qu'effectuent les officiers de santé, soit à l'entrée à l'école, soit lors de leurs avancements successifs. Dirigée par M. Berdelo*, ancien chirurgien de première classe de la marine, en qui ses confrères, comme ses plus jeunes élèves, rencontrent un dévouement éclairé et un empressement égal à faciliter leurs travaux, elle est d'une utilité qu'on apprécie chaque jour d'avantage" ( P, LEVOT, Histoire de la ville et du port de Brest (Paris, 1865, in-8°), t. II, p. 318 ).

* Vincent-Louis-François-Marie Berdelo, né à Saint-Pol-de-Léon le 9 septembre 1801 et décédé en 1869 avait été nommé chirurgien de première classe en 1839. Il était conservateur de la bibliothèque, mais aussi trésorier de la Société académique de Brest. P. Levot écrivit sa nécrologie dans le Bulletin de la Société Académique de Brest - Volume 5 - Page 628 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075318/f210.image.r=berdelo.langFR 

    Abel Hugo cite le chiffre, peut-être moins fiable, de 20000 volumes dans sa France pittoresque: ou description pittoresque, topographique et statistique ...1835.

  Vers 1825, dans le projet de construction du nouvel hôpital, une bibliothèque pouvant contenir 5000 volumes était envisagée, ce qui indique probablement le contenu de la bibliothèque de l'époque.

 En 1907, Charles de la Roncières dénombre encore 18 000 volumes environ, dont une quarantaine de manuscrits dont il donna une liste complète dans le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France (cf. biblio). Il décrit ainsi ces manuscrits : "Plus de la moitié de ceux-ci sont des rapports remis par les officiers de santé au retour de leurs campagnes, entre autres, par le chirurgien de l'escadre de l'amiral Linois, durant la longue croisière de l'an XI à l'an XIV. Pièces d'archives plutôt que manuscrits, j'ai compris néanmoins ces rapports dans mon catalogue, en raison de leur présence à la bibliothèque de l'École de santé". On trouve cette liste en ligne ici http://archive.org/stream/cataloguegnr00fran#page/412/mode/2up

Actuellement (2013), l'Hôpital Inter-Armées conserve encore plus de 4000 ouvrages (XVIe-XIXe siècles) dont prés de 300 intéressent la botanique.

 Par comparaison, le musée de l'ancienne école de médecine navale de Rochefort est aujourd'hui riche de 25000 volumes.

 Voir mon début d'inventaire : Inventaires de la Bibliothèque de l'École de médecine navale de Brest.

V. Le Droguier.

On appelle droguier une salle où a été placée une collection de plantes séchées rangées dans un ordre méthodique et placées généralement dans des bocaux en verre.

"Le droguier annexé au jardin renferme 1200 bocaux contenant des échantillons bien choisis de toutes les substances qui intéressent la médecine. Des étiquettes très détaillées en rendent l'étude facile" (Rapport d'inspection générale du Médecin Général Jules Rochard en 1876.)

  On peut encore voir, pour imaginer à quoi pouvait ressembler ce droguier et mesurer l'importance de sa perte, deux collections :

a) celle de Montpellier :http://www.univ-montp1.fr/patrimoine/musees_et_collections/le_droguier qui mentionne 80 000 échantillons en 1921 

b) celle du Musée de Matière médicale de l'UER Paris René Descartes et ses 25 000 échantillons :http://www.pharmacie.univ-paris5.fr/pharmacognosie/musee.htm

c) celle de l'École de Rochefort caractérisée par de nombreuses substances d'origine exotique: 1200 échantillons. 

Droguier détail.jpgphot

 

 

 

      VI. ANNEXE : Description du Musée de l'École de médecine navale de Rochefort.

Sources : Wikipédia et Le Quotidien du médecin.

 

"Sur trois niveaux, le musée présente aux visiteurs tout ce qui servait à enseigner et à pratiquer la médecine. Les objets, les ouvrages, les modes de présentation, de classement et de mise en scène du savoir sont ceux qu'ont souhaités savants et médecins d'il y a 150 ans.

La collection d'anatomie comporte ainsi de très nombreuses fioles où sont conservés des tissus humains, des squelettes, des fœtus dans du formol et est composée de nombreux supports à l'enseignement de la médecine navale tels que les panneaux d'artériologie, les crânes phrénologiques, les caisses de chirurgie9...

Les autres collections, beaucoup moins impressionnantes ou spectaculaires mais cependant fort instructives, sont consacrées à l'ethnographie et à l'histoire naturelle.

L'École bénéficie d'une bibliothèque scientifique ouverte au public et qui est riche de 25 000 ouvrages dont le fonds Lesson qui est constitué de volumes spécialisés dans l'ethnologie des peuples de l'océan Pacifique au xviiie siècle.

Le musée de l'Ancienne école de médecine navale de Rochefort offre au public comme aux chercheurs les étonnantes collections rassemblées par les officiers de santé navale depuis le début du XVIIIe siècle. Géré par le musée national de la Marine depuis 1986 et aujourd'hui restauré, cet ensemble musée-bibliothèque apparaît comme l'un des derniers cabinets de curiosités sauvegardés en France dans son intégralité et son lieu d'origine.

Un musée qui revient de loin.

Lorsque l'hôpital de la marine de Rochefort ferme ses portes en 1983, personne ne sait encore ce qu'il va advenir des bâtiments construits à partir de 1783 sous la direction de l'ingénieur Touffaire et inaugurés en 1788. A l'entrée de l'hôpital de la Butte, comme on l'appelle, sur la gauche, un pavillon de deux étages où s'est installée l'école d'anatomie et de chirurgie. Celle-ci est fermée depuis 1963. Mais ses locaux abrite un musée et une bibliothèque. Après des années d'incertitude, le pavillon est cédé à l'établissement public national du musée de la Marine avec mission de gérer les collections. Un curateur est nommé en la personne du médecin-général Niaussat auquel a succédé M. Romieux, professeur de pharmacie, en tant que conseil scientifique. Le musée de la Marine commence à investir dans la restauration des locaux et des collections avec le concours du Conseil général et de Ville de Rochefort. L'idée est de jumeler ce patrimoine médical et naval à celui du musée de la Marine de Rochefort, rénové en 1993. Deux visites complémentaires.
Nous voilà donc revenus en 1788, lorsque la première école de médecine navale créée en 1722 pour suppléer à l'ignorance chronique des chirurgiens-navigants, par Jean Cochon-Dupuy, premier médecin du port de Rochefort en 1712, vient de déménager dans ses nouveaux locaux. 
Au rez-de-chaussée, les salles des Actes et du conseil de Santé, ornées des portraits de médecins attachés à l'histoire de la médecine deRochefort, ont retrouvé leur état d'origine pour accueillir des réunions.

25 000 ouvrages

Au premier étage, la bibliothèque, dont l'accès était réservé aux étudiants et officiers de santé de la Marine. Riche de 25 000 ouvrages (parmi lesquels plusieurs imprimés antérieurs à 1500, accessibles à tous sur simple rendez-vous), elle connut son heure de gloire dans la seconde moitié du XIXe siècle qui vit la réalisation d'un répertoire et d'un catalogue. Centrée sur les maladies exotiques, les récits de voyage, les ouvrages de botanique, dépositaire de nombreux manuscrits de médecins embarqués, elle reste très fréquentée par les chercheurs. Privée de moyens depuis la fermeture de l'école en 1963, elle ne s'enrichit plus, d'ailleurs, que de leurs mémoires et de leurs thèses. Quelques belles pièces comme l'« Opera medicinalia » de Johanes Mesue (Lyon, 1478) ou une édition de 1647 des « Méditations métaphysiques » de René Descartes.
Au second, les collections de médecine et d'histoire naturelle, constituées dès l'origine en musée destiné à l'enseignement des élèves. Dès 1727, les injections au mercure et les préparations anatomiques deFrançois Monségur puis de Jean La Haye, forcent l'admiration du comte de Maurepas, ministre de la Marine. Les préparations anatomiques (panneaux d'artériologie et de névrologie humaines notamment) côtoient l'arsenal de chirurgie des XVIIIe et XIXe siècles ; de grands vases àthériaque en étain de 1701 et le droguier général de plus de mille composants rappelle l'importance accordée à la pharmacopée dans l'enseignement des étudiants.

La galerie des crânes

      L'impressionnante « galerie » de crânes des différents types humains témoigne de l'essor de l'école phrénologique de Rochefort au XIXe siècle. A l'époque du bagne (1766-1851) les médecins disposaient en abondance de malades et de cadavres pour leurs études... L'école de chirurgie rochefortaise s'illustre avec Pinsonnière, Pierre Tuffet et Jean-Baptiste Clemot.

Le cabinet d'histoire naturelle date du XIXe siècle. Les médecins embarqués font office de naturalistes et rapportent de leurs expéditions toutes sortes de curiosité : coquillages, végétaux, minéraux, animaux. Dans les vitrines ethnographiques, on distinguent les casses têtes océaniens déposés par Quoy et Gaimard (voyage de l'Uranie 1817-20), un manteau de chef tahitien rapporté par Lesson (voyage de la Coquille 1822-25), les statuettes, la tête en roche volcanique et la bâton de commandement recueillis par le Dr Aze sur l'Ile de Pâques vers 1870. Devant les difficultés de conservation, un certain nombre de pièces furent déposés en 1927 et 1928, aux Muséum de Paris et de La Rochelle et au musée Pierre Loti."

 

 

Sources et liens.

    

CORRE et ROUSSEL, " Étude d'une série de têtes de criminels conservés au musée d'anatomie de l'école de médecine de Brest ", Revue d'Anthropologie, 1883, pp. 70-89.

CORRE (Armand) "Étude d'une série de têtes de criminels conservées au Musée d'Anatomie de l’École de Médecine de Brest "— Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris, 2e série, tome VI, 1883, p. 70-89).

DUVAL (M), ROCHARD (J), PETIT (A). "Observations physiologiques sur les cadavres de suppliciés". Gazette médicale de Paris, 12 juillet 1851, p. 436-459

HAMET "l'École de chirurgie de la marine à Brest (1740-1798)", Archives de médecine et de chirurgie navale, T.114, 1924.

KERNEIS (Jean-Pierre), "L' École de médecine navale de Brest de 1850 à 1890",  La Santé en Bretagne, Hervas, Paris 1992 pp.

LE GALLO (Yves), "L'École de médecine navale de Brest dans la première moitié du XIXe siècle", La Santé en Bretagne, Hervas, Paris 1992 pp. 243-256. 

Marc RENNEVILLEPhrénologie à Rochefort, L’école de médecine navale et le bagne, 17 mars 2011, publication en ligne du site Criminocorpus,  http://criminocorpus.hypotheses.org/4416

 

DE LA RONCIÈRE, (Charles) 1907  "MANUSCRITS DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'ÉCOLE DE SANTÉ DE LA MARINE A BREST" in Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Bibliothèques de la Marine. Paris, Plon-Nourrtit et cie 1907 pp. 413-439 : http://archive.org/stream/cataloguegnr00fran#page/412/mode/2up

LAURENT (Médecin Général Charles) "les musées de l'hôpital militaire de Brest" (Revue des corps de santé, 5, 3, 1964 p. 335-343)

ROMIEUX (Yannick) "Histoire de l'École d'anatomie et de chirurgie navale de Rochefort (1722-1964)" Revue d'histoire de la pharmacie   2001  Volume   89  No   332  pp. 489-500 : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_2001_num_89_332_5282  

REIBELL  Programme ou résumé des leçons d'un COURS DE CONSTRUCTIONS de feu M.J Scanzin, Inspecteur général des ponts et chaussés et des travaux maritimes des ports militaires, T3, Paris, 1841.

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Published by jean-yves cordier
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 21:39

 

 

Le Musée ou Cabinet d'histoire naturelle du jardin botanique de Brest 1800-1944.

 

        Sur un sujet analogue, voir mes articles 

Taxidermie et collections ornithologiques au XVIIIème et XIXème sièces. (1)

Taxidermie et collections ornithologiques au XVIIIème et XIXème siècle (2)

Taxidermie et collections ornithologiques au XVIIIè et XIXè (3)

Cet article fait suite avec celui-ci :

Le jardin botanique de l'Hôpital Maritime à Brest.

 

Introduction.

 Cela fera bientôt soixante dix ans que le Musée d'histoire naturelle de Brest et ses collections de botanique, de zoologie, de minéralogie et d'objets exotiques ont été détruits par les bombardements américains d'août et septembre 1944. Curieusement, une certaine indifférence entoure la disparition d'un monument réputé qui anima la vie sociale et scientifique brestoise  pendant près de 150 ans : à ma connaissance, aucun livre n'a été consacré spécifiquement à ce Musée, aucune tentative d'inventaire de ses collections n'a été dressé, aucun travail universitaire ne s'est attaché à en retracer l'histoire. 

  Ce Musée appartenait au Jardin botanique de l'hôpital maritime et un notable travail de documentation sur le musée a été réalisé par Claude-Youenn Roussel dans son ouvrage de 2004 consacré à ce jardin. C'est la meilleure source bibliographique disponible. Néanmoins, le choix du sujet (botanique) a conduit l'auteur à ne pas privilégier la description du musée.

  On parvient à trouver dans les revues spécialisées du XIXe siècle quelques articles donnant des informations sur les collections, et des inventaires partiels y sont indiqués. 

  Cambry en 1794 dans son Voyage dans le Finistère en dressa le premier tableau, puis dans son Histoire de la ville et du port de Brest, volume 2, Prosper Levot donna en 1865 une description du musée.  Souvestre en 1836 se contente de signaler son existence.

  Nous disposons du récit paru en 1927 de la visite du musée que fit au Jardin et au musée le médecin-principal  Louis Charpentier. Après la Seconde Guerre, deux médecins, Bellec et Laurent, ont décrits, dans les Cahiers de l'Iroise, leurs souvenirs des visites du musée avant la guerre : leur témoignage apparaît désormais essentiel, tant les informations sont rares. 

 

  C'est dire que l'ébauche d'une histoire du Musée d'histoire naturelle de Brest, à laquelle je vais me livrer en tout amateurisme, devra être prise pour ce qu'elle est : une tentative.

 

I. Éléments d'une histoire du Musée d'Histoire naturelle de Brest. 

 

  1. Sa création en 1793-94.

   Alors que le Jardin botanique de Brest, précédé par un jardin des simples en 1694, s'était développé sous la direction d'Antoine Laurent à partir de 1771,  le Cabinet d'Histoire naturelle de Brest n'est apparu qu'à la Révolution, créé sous la Terreur an II (1793-1794) par un arrêté de Bréard : "Qu'un Cabinet d'histoire naturelle, destiné à l'instruction publique, serait fondé au Jardin botanique de la Marine, à l'aide de tous les objets provenant des maisons d'émigrés et du dépôt de coquilles et de minerais qui se trouvait dans un magasin de la maison où se tenait l'administration du district" (Brest et le Finistère sous la Terreur, Armand Du Chatellier page 29).  A ce fond s'ajoute, selon P. Levot, un ensemble d'oiseaux amenés sur les côtes bretonnes par un hiver très rude en 1788-89, collectés par les médecin et chirurgien de marine  Dubreuil et Billard : outardes, cygnes, spatules, canards et harles. 

  Cet arrêté de Bréard indique que des collections privées existaient à Brest au XVIIIe siècle. La méthode et la classification des espèces n'étant apparue en histoire naturelle que depuis le Systema Naturae de Linné (1758), il s'agissait certainement, comme c'était l'usage, de rassemblement d'objets insolites, de Curiositas mélangeant des monnaies, des antiquités, des coquillages et des spécimens zoologiques naturalisés ou de tableaux de papillons. On pense, par-exemple, à la collection du Président de Robien en son château de Saint-Thuriau de Quintin, collection qui fut elle-aussi saisie à la Révolution et actuellement partagée entre deux musée et l'Université de Rennes. 

  A Brest, les informations sur les collections réunies sous l'Ancien Régime sont inexistantes. Je ne retrouve que celles de Sartory, de l'abbé Béchennec, de Guillemard et de Despans signalées par J. Cambry en 1794-1795 mais qui avaient peut-être été rassemblées avant la Révolution. En outre, Cambry signale la forte quantité d'oiseaux provenant de Cayenne dans le musée en 1795, laissant supposer qu'un navire d'exploration ait fait escale à Brest de retour de Guyane. 

  Loin d'être attribuée seulement à une décision locale d'un révolutionnaire, cette création doit être située dans un mouvement national qui, à Rochefort, à Toulon comme à Brest, se soucie de former des officiers de santé capables de participer au grand projet d'expansion coloniale, d'exploration des voies maritimes et de recensement des richesses des territoires explorés. A la première école de médecine navale à Rochefort (1722) font suite celles  de Brest ( 1731) et de Toulon (1725 ou 1755). Ces écoles doivent être dotées d'un jardin botanique capable de cultiver les plantes médicinales (base principale de la pharmacopée avec les minéraux et quelques espèces animales) pour traiter les malades, mais surtout servir de support à l'enseignement de la botanique. Enfin, Rochefort et Toulon pour accueillir, étudier, classer et conserver les objets ramenés dans les soutes des navires se dotent également de Cabinets d'histoire naturelle, : à Rochefort en 1815, créé par Hubert ; à Toulon en 1814, créé par le contre-amiral Lhermitte. Les pharmaciens et médecins qui servent comme chirurgien de marine sont d'ailleurs formés à la collecte et surtout aux techniques de conservation dans l'alcool, embaumement, dessication et taxidermie des espèces zoologiques, ou aux techniques visant à ramener des plants botaniques ou à constituer des herbiers*. Si les Muséums restent alimentés au XIXe siècle en "curiosités" exotiques et disparates, comme du XVe au XVIIIe siècle, les récoltes sont néanmoins supervisées par le Muséum de Paris (qui se fait communiquer les pièces qui l'intéresse) dans un but scientifique de systématisation des espèces. Des progrès thérapeutiques découlent souvent des observations des pharmaciens et médecins auprès des "indigènes" : nous verrons ici, puisque les brestois y ont joué un rôle, l'exemple du Niaouli, et celui du curare. Enfin, ces musées servent à la formation et à la sensibilisation des élèves-médecins de marine, comme Victor Ségalen dont l'éveil à cette "esthétique du divers" de l'exotisme connut ses premiers frémissements dans les salles du Musée d'histoire naturelle de Brest.

 * Instruction pour les voyageurs et employés des colonies sur la manière de recueillir, de conserver et d'envoyer les objets d'histoire naturelle; Annales maritimes et coloniales vol.3, 1818 pp 634-672. Ce texte détaille longuement, région par région, les espèces animales et végétales que le Muséum souhaite obtenir.

Instruction sur les moyens de préparer et de conserver les objets d'histoire naturelle à envoyer au Cabinet du Roi à Paris, Annales maritimes et coloniales vol.3, 1818 pp 673-679.

P. LESSON, Manuel de taxidermie à l'usage des marins, Annales maritimes et coloniales, vol.2, Paris 1819 pp 47-63.

  Plus généralement, le mouvement civique qui incita les villes à fonder, lors de la Révolution, des Musées d'Histoire naturelle à partir des cabinets privés s'observe à Paris avec le création du Muséum le 10 juin 1793. A Nantes, la collection Daubusson fut rachetée par la municipalité en 1810. A La Rochelle, c'est en 1782 que Clément La Faille lègue sa collection de 15 armoires et de 12 vitrines, ses 4000 coquillages et ses oiseaux empaillés à la ville. A Grenoble, Gagnon, le grand-père de Stendhal suscite la fondation vers 1775 d'un Cabinet public d'histoire naturelle autour des collections du père Étienne Ducros. Etc...

 

2. Son développement sous la direction des jardiniers-botanistes Antoine Laurent,  et Ferdinand Paugam.

  J'ignore où ce Cabinet (ou Musée, les deux termes étant employés) était alors installé, l'hôpital maritime ayant été détruit par un incendie en 1776, et s'étant installé provisoirement dans l'ancien Séminaire des Jésuites devenu caserne militaire. Pourtant, le Musée d'histoire naturelle de Brest fonctionna bien dès le début du XIXe siècle, sous et après l'Empire, puisque les navires de la marine y déposaient leurs découvertes (Géographe, 1800 ; Cybèle 1817, Golo, 1819 etc...), et que le directeur du jardin botanique, et directeur alors du musée, Antoine Laurent, qui le créa, put écrire qu'il en avait assuré seul le développement, et en avait enrichi les collections. Son successeur en 1820, Ferdinand Paugam a certainement poursuivi cette tache. A partir de 1822, un nouvel hôpital est construit (sa première pierre est posée par le Ministre de la Marine et des Colonies  Aimé Marie Gaspard de Clermont-Tonnerre,, adjacent au jardin botanique, et comportant le cabinet d'Histoire naturelle et ses quatre salles. L'hôpital Clermont-Tonnerre fut achevé en 1835, 

 

Nicolas Broca, pharmacien de marine de 1ère classe  en dressa l'inventaire des 1334 pièces du musée en 1808 , "non compris les insectes et papillons", ou l'inventaire de ses 2000 espèces en 1817.

 

3. Le Musée sous la direction du corps médical dans la seconde moitié du XIXe siècle.

  A partir de 1843 ?? , on substitue, pour le poste de Directeur du jardin botanique, un officier de santé au jardinier-botaniste. Ce médecin, chirurgien ou pharmacien devient alors aussi directeur du musée. 

En mars 1851, un décret stipule que la responsabilité des collections du musée d'histoire naturelle reviendra au pharmacien-professeur (qui a aussi en charge le jardin) pour les herbiers et des collections de minéralogie et au médecin-professeur, pour le reste des collections (zoologie et objets ethnographiques).

  En 1862, on nomma en outre un conservateur attitré du Musée.

       Ce poste, confondu avec celui de jardinier-chef jusque à l'Empire, fut ensuite dévolu, parmi les médecins, chirurgiens et pharmaciens de la marine de l'École navale de médecine, au Professeur de botanique, qui dirigeait le jardin, mais aussi le Cabinet d'histoire naturelle, ou Musée, avec ses collections d'insectes, de mammifères ou de reptiles, d'oiseaux ou de plantes. Les officiers de santé se répartissant en médecins-chef, chirurgiens-chef et pharmaciens-chef, médecins-professeurs, chirurgiens-professeurs et pharmaciens-professeurs, par un décret  de mars 1851, le médecin-professeur fut chargé du cabinet d'histoire naturelle, et le pharmacien-professeur du jardin botanique, des herbiers et des collections de minéralogie.

Liste des différents directeurs et conservateurs du Musée :

 Éd. Vincent, pharmacien, docteur en médecine (Paris 1838), et spécialiste de la botanique de Guadeloupe. Il dirigea le jardin de 1843 à 18??.  (Je trouve ces informations que je ne suis pas parvenu à vérifier dans Comptes rendus du Congrès des sociétés savantes de Paris 1966 Volume 91 Page 115). On signale en 1817 un Vincent, chirurgien de 1ère classe à Brest, et/ou Vincent, chirurgien à bord de l'Euryale lors de sa campagne aux Antilles en 1816).

 Gilbert Henri Cuzent (Brest, 13-12-1820/Brest,14-08-1891), l'historien des hôpitaux de Brest (L'Hospice civil et les hôpitaux de Brest, S.A. d'Imprimerie, 1889 et  In-8, 437 p. (pi.). Brest, Imp. Dumont. Il rédigea aussi Archipel des îles Marquises in Bulletin de la société académique de Brest, Vol. 8, du 1882-1883 (30/12/1883) ; Archipel des Pomutu (Paumotu-Tuamotu)  in Bulletin de la société académique de Brest, Vol. 9, du 1883-1884 (30/12/1884)  ; L'archipel de la Société (l'Annexion de Taïti à la France)  in Bulletin de la société académique de Brest, Vol. 10, du 1884-1885 (30/12/1885) et  Épidémie de la Guadeloupe (1865-1866)  in Bulletin de la société académique de Brest, Vol. 4/1, du 1864-1865 (31/12/1865). Élève en 1839, pharmacien de 3ème classe en 1841, il est embarqué sur la corvette de charge la Caravane  en 1845-1846 et d’octobre 1850 à octobre 1851. Pharmacien de 2ème classe en 1852, il est affecté à Tahiti et se révèle comme un excellent botaniste. Affecté à Pointe-à Pitre de 1863 à 1866, comme chef du service pharmaceutique, il participe activement à la lutte contre l’épidémie de choléra qui sévit à la Guadeloupe. Il quitte l’activité en mai 1867. Membre de la société académique de Brest, conseiller municipal, vice-président de la commission administrative de l'Hospice civil,  Chevalier de la Légion d'Honneur, (Bulletin de la Société Académique de Brest - Tome XVI - 1890-1891)

Fontaine, pharmacien, directeur en 1855.

 Leroy de Méricourt, (1825-1901) médecin-professeur à Brest en 1855. Chirurgien de marine, il avait pris part à la guerre de Crimée, fut nommé professeur à l'école de médecine navale de Brest (1855), et médecin en chef de la Marine, et devint membre associé de l'Académie de médecine. On lui doit de nombreux mémoires sur les maladies exotiques, publiés dans les "Archives de médecine navale", des études d'hygiène navale, et une Histoire Médicale de la campagne de la corvette à vapeur l'Archimède (Station de l'océan Indien, années 1850, 1851, 1852.), 1853.

  En 1862 et au moins jusqu'en 1878, le conservateur du musée est  Édouard Jean-Baptiste Jacques Philippe Brousmiche (Brest 30 août 1810- 20 février 1894), chirurgien de 3ème classe en 1832, de 2ème classe en 1836, chirurgien principal en 1856, nommé officier de la Légion d'Honneur  en 1862 après 28 ans de service effectif, seize ans à la mer, Commandeur de la Légion d'Honneur en 1871, directeur des ambulances de la société de secours aux blessés de Brest en 1871, nous est surtout connu pour avoir publié les mémoires de son père Jean-François Brousmiche (1784-1863), ancien percepteur devenu secrétaire à l'Intendance sanitaire de Brest :Voyage dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831.  Sans être le directeur en titre du jardin, il est nommé conservateur des collections scientifiques du musée le 21 janvier 1862, six mois avant sa retraite, et s'occupe activement avec l'aide du pharmacien Yves-Marie Langonné de l'installation et de la conservation des collections. Celles-ci totalisent alors plus de 10 000 espèces, dont 950 oiseaux, 1600 insectes, 2400 mollusques, et 300 armes, parures et ustensiles. Chirurgien à Brest, Édouard Brousmiche (orthographié parfois Brousmiches) a fait deux campagnes en Océanie, la première à bord de la corvette l'Artémise du 28-10-1851 au 10-05-1854. Il dut rentrer en France pour des raisons familiales et financières,  sur  l'aviso Le Phoque du 11-05-1854 au 20-01-1855.. Il est l'auteur d'une Lettre au sujet d'une épidémie de fièvre bilieuse à Taïti, dans le Messsager de Taïti du 9 janvier 1853,  d' Études hygiéniques sur Taïti, ibid du 6 février 1853, de Notes sur l'état actuel de Taïti, dans la revue coloniale de 1856, XVI, p.615, d'une Contribution à la géographie médicale de Sainte-Hélène, topographie médicale, histoire naturelle, III tomes, de De l'état actuel de Tahiti, (Minéralogie, Géologie, Zoologie, Botanique, Météorologie.) Revue coloniale, 1856, tome XVI, p. 645-649. Il fut l'un des informateurs de Souvestre pour son Finistère en 1836.

  Il est difficile de ne pas le confondre avec son fils  Édouard-François-Charles Brousmiche, né à Brest le 13 décembre 1850, aide-pharmacien en 1871, reçu pharmacien en 1874, membre de la Soc. Acad. De Brest en 1877, chef des travaux chimiques à l'école de médecine de Nantes en 1879, et qui a publié Essai sur le mancenillier (thèse de pharmacie), Paris, Moquet, 1874, in-4°, 40 p. Ce serait lui qui fut, sauf confusion, directeur du jardin botanique de Saïgon en 1888, et auteur vers 1890 d'un Aperçu général de l'histoire naturelle du Tonkin.   

 

  Jules Rochard,  (?-1908) chirurgien en chef de la marine puis Inspecteur général du Service de Santé de la marine, Président de l'Académie de Médecine, Grand Officier de la Légion d'Honneur, "cousin du Maréchal Foch". En poste de directeur du Musée en 1871. Ce célèbre chirurgien en chef de la marine, directeur du service de santé de la marine à Brest  est l'auteur de  Observations recueillies dans le service chirurgical du bagne de Brest, de 1854 à 1858 ; de  Sur la marche de la Phtysie pulmonaire, et, surtout, d'une  Histoire de la chirurgie française. Je donne en annexe des extraits de ses inspections de 1876 et 1878 décrivant le musée.

Arthur Bavay (1840-1923) était directeur du Musée en 1884 : ce pharmacien de marine et grand naturaliste est le découvreur de l'essence de Niaouli : Etude sur deux plantes de la Nouvelle-Calédonie (Le Niaouli et son huile essentielle, l'anacardier) Pharm. Paris, 1869. Le Niaouli ou Melaleuca Viridiflora, myrtacée est un arbre commun en Nouvelle-Calédonie et en Australie, proche parent du Melaleuca Leucadendron qui donne l'huile essentielle de cajeput (voir ici la description par Garnier). Son essence, très connue sous le nom commercial de Goménol® et d'huile goménolée, est antiseptique.

  Il s'illustra aussi en parasitologie (décrivant le nématode responsable de l'anguillulose), en malacologie et en herpétologie. A. Bavay est aussi l'auteur de Catalogue des reptiles de la Nouvelle-Calédonie et description d'espèces nouvelles (1872), Notes sur l'hylodes martinicensis et ses métamorphoses (1872), Récolte des mollusques, conseils aux voyageurs (1895), Mollusques terrestres et fluviatiles récoltés par le Dr Neveu-Lemaire (Mission de Créqui-Montfort et Sénéchal de la Grange en Amérique du Sud), (1904), Addition à la faune malacologique terrestre et marine de la rade et des environs de Brest. (Journ. de Conchyl., XXXVII.1889.etc... Il fit don au Musée d'une riche collection de conchyliologie. Il disposait aussi d'une collection de coléoptères, que signale dans son Bulletin la Société Entomologique de France, dont il était membre. Il fut président de la Société Zoologique de France en 1902. Après sa retraite, il s'interessa aux coquillages des sables coquilliers.

  Il fut titulaire du poste de Professeur d'Histoire naturelle à l'École de médecine navale de Brest. Voir  Un grand naturaliste brestois : le pharmacien de marine Arthur Bavay (1840-1923).

 

 

 

(D'autres pharmaciens s'intéressèrent au Cabinet d'histoire naturelle : François Gesnouin (1750-1814), pharmacien en chef, député aux Cinq-Cents, et Mathieu Thaumur (1759-1847), pharmacien.)  

 

  Durant la Seconde Guerre Mondiale, l'hôpital Clermont-Tonnerre est occupé par les Allemands qui y construisent un vaste blockhaus ( Bunker n° 018). Violemment endommagé par les bombardements aériens et les combats de la la Libération, l'hôpital est reconstruit en 1952. Il conserve néanmoins les vestiges de l'hémicycle qui constituait l'entrée principale de l'ancien hôpital : un passage y est aménagé qui donne encore accès à ce qu'il reste de l'ancien jardin botanique.

  Le contenu du musée n'avait pas pu être mis à l'abri, le médecin chef allemand n' autorisant pas l'accès aux collections, et lors des bombardements américains du 12 août au 18 septembre 1944, tout a été détruit. Seuls, un petit nombre d'objets polynésiens et dahoméens, qui n'étaient pas exposés, mais conservés dans des malles sont retrouvés intacts dans le mess des officiers. Ils ont fait l'objet de quelques inventaires et publications, et certains ont été exposés à l'Abbaye de Daoulas en 1993 pour l'exposition Victor Ségalen.

  

4. Origine des collections.

  Au fond d'origine, prélevé comme nous l'avons vu sur les collections des aristocrates brestois exilé, s'est ajouté au XIXe siècle tous les objets que les chirurgiens de marine, les scientifiques embarqués, ou les marins eux-mêmes ramenaient des voyages d'exploration. Les collections du Musée étaient donc principalement exotiques.   Une partie des collections était envoyée au Muséum de Paris, avec lequel le jardin et le Cabinet d'Histoire naturelle de Brest était en relation permanente.

 On peut reconstituer la liste très partielle suivante:

  • le Géographe dans sa campagne de 1800, (signalé par Louis Charpentier (Revue Maritime 1927). Cette mention est néanmoins surprenante, le Géographe, initialement commandé par Nicolas Baudin, puis, après son décès à l' Île de France, par Pierre Milius, avait terminé son voyage en Terres Australes le 25 mars 1804 à Lorient ; La corvette qui avait été accompagnée par le Naturaliste, ramenait 23000 pièces d'histoire naturelle qui enrichirent le Muséum du Havre. Certaines pièces ont peut-être été placées à Brest.
  • La frégate la Méduse en 1814 (A. Le Guevel de la Combe, chirurgien).
  • L'Euryale, 1817, venant des Antilles.
  • la Cybèle dans sa campagne de 1817 au Vietnam, chirurgien Huet (cf liste infra).
  • le Golo en 1819, chirurgien Fouilloy aux Antilles, en Guyane et à Madagascar (cf liste infra). 
  • l'Astrolabe en 1826, selon L. Charpentier.
  • l'aviso la Romanche commandée par Martial en 1882-1883 (1ère année polaire internationale) : collections ramenées par les médecins Philippe Hahn et Paul Hyades, après leur exploration du Cap Horn sous l'égide de l'Académie des Sciences.
  • Don par Arthur Bavay de sa collection de coquillages.
  • Les collections de Jules-Louis-Marie Chaze (1824-1852), pharmacien de 3ème classe ; il a navigué en Océanie entre 1844 et 1847 ; il fit escale aux îles Marquises, d'où il rapporta des objets dont il fit don au musée. Les objets retrouvés sont : une superbe jambe en bois, gravée de motifs de tatouage, modèle de tatoueur; deux colliers de dents de cachalot.
  • Don du capitaine d'infanterie de marine Henry-Martin Lamy (1802-??) : objets des Îles Marquises.
  • Dons de Brousmiche (Tahiti, frégate l'Artémise 1851, et Îles Marquises) .  
  • Collection Jacques Bernard Hombron, chirurgien de Marine sur L'Astrolabe 1837-1840 ; Second voyage de Dumont d'Urville au pôle sud et en Océanie   Don de Hombron après 1850, provenant des îles Carolines : deux ceintures en fibres végétales, un collier de coquillage.
  • un avant de pirogue sculpté rapporté par Dupetit-Thouars (prise de possession des Îles Marquises du 28 avril au 31 mai 1842 sur la frégate la Reine-Blanche accompagnée des corvettes La Boussole et le Bucéphale).
  • Les objets de Chaze, Lamy, Brousmiche constituent une collection océanienne dans laquelle C-Y. Roussel et A. Gallozzi mentionnent aussi, venant des Îles Marquises, un collier de coquillage et cheveux humains, un plat en bois sculpté de Nuku Hiva, Marquises, un plat  avec couvercle en bois, deux ornements d'oreille, deux flutes en bambou, six hameçons en nacre et os. 
  • Dons de l'explorateur Jules Crevaux ? les seules informations que j'ai retrouvées (Nature  1876 Page 91) concernent un fragment de bloc granitique poli.
  • M. de Fréminville avait déposé au Musée de Brest une Vipère fer-de-lance "de la plus grande taille" (Annales Annales des sciences naturelles, Volume 1 1824 p. 95.)

 

Modèle de tatouage de jambe, plâtre. Îles Marquises, Océanie © musée du quai Branly, photo Claude Germain - Cliquer pour agrandir, ouverture dans une nouvelle fenêtre Modèle de tatouage de jambe, plâtre. Îles Marquises, Océanie

  © musée du quai Branly, photo Claude Germain

 

        A ces objets rapportés par les navires, on doit ajouter les échanges entre musées. Ainsi, A. Leroy de Méricourt sollicite-t-il, en octobre 1857, le professeur Duméril du Muséum pour obtenir agrandir les collections brestoises de poissons et reptiles par "210 genres de chéloniens, sauriens, ophidiens et batraciens manquant au Musée d'histoire naturelle de Brest". Cette dernière mention indique que le conservateur ne se contentait pas de recevoir passivement les objets, mais qu'il souhaitait disposer, pour une visée d'enseignement, de collections de zoologie systématisées au même titre que son collègue chargé des herbiers et des plants du jardin s'attachait à pouvoir présenter l'éventail complet des espèces aux élèves de l'école navale de médecine.

Les collections encore conservées à l'Hôpital Inter-Armées de Brest.

 Parmi les objets du musée, certains, non exposés, étaient placés dans des caisses militaires qui ont été retrouvées par le médecin-chef Charles Laurent et placés dans le mess des officiers. Elles contenaient des objets polynésiens et dahoméens. En 1945, Marie-Charlotte Laroche du Musée de l'Homme à Paris initia les premliers inventaires et récolements d'objets océaniens dans les collections françaises et publia  au Journal de la Société des Océanistes un article appelant à l'inventaire de l'ensemble des collections océaniennes : Pour un inventaire des collections océaniennes en France, Journal de la Société des océanistes Volume 1 pp. 51-57. Elle y mentionne les objets du musée de Brest.

   Quelques années après c'est Anne Lavondès, spécialiste des cultures polynésiennes (ethnologue à l' O.R.S.T.O.M. et ancien conservateur du Musée de Tahiti et des Iles), qui inventorie les collections de Cherbourg en 1976 puis celles de l'Hôpital militaire de Brest en 1978. Dans le  Journal des océanistes, É. Bouchard signale en 1997 à Brest un crâne humain aux yeux de nacre, trois étriers d'échasse, deux éventails de vannerie, un fragment de peau d'homme tatouée, mais aussi la jambe de bois, une écuelle en bois, une coupe en bois et les deux boucles d'oreille encore conservés. Puis vinrent les inventaires de Sylviane Jacquemin, de Roger Boulay, et de Sophie Serra.

  La collection a participé à des expositions : en 1993 pour l'exposition Brest, Tahiti, Chine, le musée imaginaire de Victor Ségalen à l'abbaye de Daoulas, ou encore en 2002 à Ouessant pour le Salon international du livre insulaire,sur le remorqueur Malabar.

  

1.  Jambe, modèle de tatoueur.  

Long. (sans tenon) : 61,5 cm -Larg.max. : 14,2 cm -tenon ; 6 cm, bois. Origine : archipel des Marquises ou des Tuamotou (Polynésie Française). Donateur : dr Chaze.

 

Modèle de tatoueur. Commentaire de Anne Lavondès, 6 août 1987 : « La jambe représente certainement un modèle de tatoueur marquisien, mais comme les quelques objets de ce type conservés ailleurs, elle pose un certain nombre de questions :les modèles ont-ils authentiquement été sculptés aux Marquises pour des Marquisiens ? ; sont-ils une représentation théorique des modèles possibles ou bien sont-ils des répertoires organisés pour mémoriser et transmettre un savoir sur les motifs utilisés dans certaines circonstances, dans certaines familles, etc... La littérature du XIXe siècle sur les Marquises paraît peu explicite à ce sujet)".

On y reconnaît des motifs de tatouage comme les tiki, des lézards, etc...

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Idem, détail.

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2. Trois bambous pyrogravés, modèles de tatoueurs.

45,5cm x 3,5cm ; 49cm x 2,5cm ; 62cm x 4. Origine : Archipel des Marquises (Polynésie). Don Dr Chaze.

Motifs  enata, ipuoto, nio peata, motifs végétaux et animaux : raie manta, cent pieds,

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3. Hameçon de cérémonie.

Matériel : os. Origine : Archipel des Marquises. Don du Dr Clavel.

Commentaire d'Anne Lavondès : " ...La tête et le col supérieur de la hampe sont recouvertes d'une ligature ornementale fine en coc tressé... Au sommet sont fixées, du coté externe, deux petites mèches de cheveux repliées sur elle-même et surliées à la base ; du coté interne, se trouve une seule mèche identique. Du coté externe, entre la hampe et la ligature, on distingue encore une petite mèche de cheveux. L'empilage est en bourre de coco tressé."

 Le 'Dr Clavel" serait, ou est sans-doute Charles Clavel, Médecin de 1ère classe et auteur en 1885 de Les Marquisiens, Paris, O. Doin,  Gallica. Il rapporte sa navigation sur le navire hydrographique Le Hugon entre 1881 et 1882.

 

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4. Collier de coquillages.

Collier de coquillages blancs montés sur une cordelette tressée. Origine : archipel des Tuamotu (Polynésie française) ? — Donateur Dr Clavel.

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5. Deux ornements d'oreille.

Ivoire de cachalot. Origine : archipel des Marquises (Polynésie française) Donateur inconnu.

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6. Pectoral et Collier.

Dent de cachalot et fibres végétales.

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7. 

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8. Vase. 

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9. Figures en bois peint, Afrique.

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10. Bol de bois sculpté.

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 11. Plat à couvercle.

45 cm, bois. Origine Nuku Hiva (Marquises, Polynésie Française). Donateur Dr Lamy.

Commentaire de Anne Lavondès : «  Les parties non décorées du plat et du couvercle sont lisses, à surface continue. Le couvercle, qui s'emboîte parfaitement dans le plat lui même est décoré à ses deux extrémités : d'un coté, une tête humaine est sculptée en ronde bosse, perpendiculairement à l'axe du plat, dans le style habituel à ce type d'ustensile. La forme générale est réaliste, avec le crâne convexe, mais les traits du visage sont ceux , stéréotypés, du tiki : des yeux très grands, presque circulaires, nez et bouche larges, oreilles en double spirale, motif en croissant des deux cotés de la bouche. La tête , située à l'extrémité opposée, est sculptée horizontalement dans l'axe du plat, en faible relief . Le visage est très semblable au précédent, mais la bouche est entrouverte laissant apparaître les dents bien visibles et séparées, ce qui est rare sur les motifs en tiki.

Chacune des surfaces latérales du plat est décoré de petits personnages entiers sculptés sans détails en haut relief, bras levés et jambes écartées, relevant le motif simplifié enana, représentant l'homme aux Marquises.3 (Enata : l'homme vivant, le descendant en chair et en os, par opposition à l'ancêtre déifié qu'est le tiki. Le motif regroupe toutes les représentations humanoïdes qui ne sont ni Tiki, ni Poi'i.)

Masque.

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12. hameçon de nacre.

10,5 cm. Origine Îles des Tuamotu. Donateur inconnu.

Ces hameçons de nacre, véritable travail de patience signalés par les voyageurs ( Ile des Pins, Lifou, à Tahiti par Cook en 1770, par James Morrisson), ont disparus en 1880,  remplacés par les hameçons européens en métal. En 2008, l'ethnologue Jean-Michel Chazine a découvert, sur l'atoll de Takaroa aux Tuamotu un véritable atelier de fabrication d'hameçons.

  La coquille était d'abord débitée en pièces carrées avec un autre coquillage. Des limes de corail étaient utilisées pour entamer l'ébauche de l'hameçon et le dégrossir, puis le finissage se faisait à l'aide de radioles d'oursins (Mery, Charpentier, 1997). La nacre provenait des huitres perlières.

La nacre possède un pouvoir attractif sur les poissons, qui fait qu'elle est encore utilisée pour réaliser des leurres dans la pêche aux bonites ou aux rougets (Eric Conte).

Valeur symbolique de la nacre.

Pour Roger Boulay (Abbaye de Daoulas, 2011), "Lumière, blancheur et brillance éclatantes sont interprétées comme des reflets du sacré. dans les cosmogonies polynésiennes, ombre et lumière s'opposent, la seconde étant la constitution même des dieux. En effet, avant les dieux, le jour et la clarté (Ao) prirent la place des ténèbres du temps des origines (Po). Cela explique la grande place de la nacre de coquillage dans la société ancienne (costume de deuilleur, masques de deuilleur, coiffures, pectoraux, colliers, etc.)". Outre cet usage symbolique, la nacre servait aussi d'ustensile de cuisine pour nettoyer et couper les aliments.

 

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13. Pectoral en fibres végétales tressées et collier de dents de cachalots.

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14. Plat rond ko'oka.

Diam. 25 cm, bois. Donateur inconnu.

 

Commentaire d'Anne Lavondès : " La surface externe est entièrement sculptée de motifs traditionnels répétés. Une cordelette de suspension est fixée par une perforation".

 Cet objet reproduit des motifs rappelant le tatouage.

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                        Documents.

 

1. Description par Jacques Cambry en 1794.

1a. Description du musée d'histoire naturelle.

 CAMBRY ( Jacques), Catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère : dressé en l'an III (Nouv. éd.)  par Cambry ; publ. par ordre de l'administration du département H. Caillière (Rennes) 1889, pages 124-132, en ligne sur Gallica.


Cette description détaillée fait suite à celle du Jardin botanique entretenu par Antoine Laurent, et elle est précédée page 116 de cette phrase : "Le citoyen Laurent, sans frais, à l'aide de forçats qu'il dirigeait, fit construire une orangerie, une serre chaude, se procura des châssis vitrés, fit élever une galerie pour y placer des plantes desséchées, et le pavillon qui renferme les objets d'histoire naturelle, qu'il sut se procurer à force de demandes, de recherches et d'intelligence."

 

 

  "Cabinet d'histoire naturelle.

C'est encore au citoyen Laurent qu'on doit les pièces qui composent le Cabinet d'Histoire naturelle annexé au jardin des plantes ; avec quelque secours il eût pu l'augmenter. Tel qu'il est, il peut donner à ses élèves une connaissance étenduen des minéraux, des coquillages et des produits si variés de la nature.

A la destruction de l'école des gardes de marine, des pièces qui décoraient leurs salles ont été portées au citoyen Laurent qui les a conservées avec ce soin, cet amour pour les sciences que démontrent sa conduite, sa conversation, l'ordre de tous les objets confiés à sa surveillance.

Dans un cabinet qui précède le grand salon, on voit un tableau donné par le ci-devant roi en 1787 à Lamothe Piquet, lieutenant-général qui sortit du fort de la Martinique avec trois de ses vaisseaux pour couvrir l'entrée d'un convoi français, et combattit l'escadre d'Angleterre composée de treize vaisseaux. Elle était sous les ordres de l'Amiral Hideparker, le 18 décembre 17798. C'est encore une copie d'un tableau fait par le Marquis de Rossel en 1787. Ce tableau historique dont l'action, le cadre et le trophée qui le surmonte, font tout le mérite, servirait de pendant à celui que j'ai décrit au commencement de cette notice.

Le premier plan présente les glassis du fort de la pointe aux nègres. M. de Bouillé commande et les canons sont disposés pour protéger les français.

Les vaisseaux de Lamothe Piquet couvrent le second plan. L 'escadre anglaise, des montagnes qui se perdent dans le lointain, en adoptant la teinte jaunâtre du ciel, garnissent le fond du tableau.

2°) Une gravure sous verre à cadre doré, c'est le combat de la Surveillante et du Québec. Georges Carter pinx. Jean Caldivall sculp.

3°) Deux belles pendules en cuivre de Ferdinand Berthoud dont les tambours ont cinq pouces de diamètre.

Passons au Cabinet d'Histoire naturelle.

Les premières armoires renferment environ cinq cents volumes. L'encyclopédie, Buffon, les voyages de Cook peuvent avoir quelque rapport avec les objets renfermés dans ce cabinet. Il serait à souhaiter qu'on y joignit des livres de botanique, de conchyliologie, de métallurgie qui ne s'y trouvent pas, et qu'on fit transporter à la bibliothèque du district le reste des ouvrages précieux qui s'y rencontrent, on ne sait pourquoi. Ils traitent de matières étrangères à l'histoire naturelle.

Ce sont des atlas.

Des principes sur le mouvement et l'équilibre.

Le Neptune américo-septentrional, du Groenland jusqu'au golphe du Mexique inclusivement.

Un recueil des combats de du Gai-trouin, dessiné par Ozanne,

La description géographique des Antilles possédées par les Anglais.

Les éléments d'astronomie de Cassini.

Les tables astronomique de la Hire, etc., etc.

Je ne vous conduirai pas d'armoire en armoire. Je vous éviterai la lecture des notes que je mets sous vos yeux ; mais selon l'usage dont je ne peux m'écarter, je vous parlerai des morceaux les plus curieux de votre collection d'histoire naturelle.

1°) On y voit des vases, des instruments industrieusement exécutés par des Sauvages.

2°) Des plantes marines, des bois pétrifiés, des mousses.

3°) Des Fossiles des environs d'Angers.

4°) Des cristaux spastiques assez brillants.

5°) Une belle suite de coraux blancs.

6°) Un morceau de cristal de Madagascar d'un pied de long sur huit pouces de large.

8°) Quelques boites de petits coquillages de toute espèce. Des pinnes marines, palourdes, bouches d'argent, des vis, des porcelaines, de forts jolis cardans, de belles harpes, l'arabique, la souris, une porcelaine rare, brune, veinée, d'un blanc terne, en zig-zag, mêlée de jaune, très curieuse, des oreilles de malabares, bonets chinois, le tigre.

9°) Des spaths calcaires, des ardoises herborisées, chargées de pyrites, ardoise sur laquelle est imprimée la forme d'un poisson. Ces objets viennent d'Angers.

10°) Plusieurs morceaux de mines de fer, de plomb, des cristaux, plomb gris, prismatique, stéatite avec marcassites cubiques, des pierres de quadry.

11°) Des montres d'agathe, de marbre, de lapis lazuly, d'aventurines, de jaspe et de sables, des lépas, des huîtres épineuses bien conservées.

12°) Manches de couteaux, becs de canard, le manteau ducal, beau morceau ; concha veneris, moule perlière, des peignes, de beaux marteaux, l'hirondelle, des araignées, corail blanc sur une huître feuilletée, couleur de chair, joli accident ; nid curieux de guêpes de Caienne, des cœurs, des rochers, l'arche de Noé, tête de bécasse, la pavillon frangé, des tonnes, crabes, casques, nautiles, des oursins, etc.

 

Les basses armoires du cabinet contiennent des animaux et des poissons.

1°) La mole.

2°) Une morue à laquelle on a prêté la forme d'un dauphin, charlatanisme de marin.

3°) Une vache marine.

4°) Un requin, une mâchoire de requin ; elle a quinze pouces de diamètre.

5°) Le marteau, poisson.

6°) La flutte.

7°) Un lézard, un caméléon de deux pieds dix pouces de long.

8°) Plusieurs serpents ; un d'eux a douze pieds de longueur, deux serpents corails.

9°) Des caymans.

10°) Le paresseux.

11°) Des animaux plus communs empaillés.

12°) Une chauve-souris de vingt pouces d'envergure.

Une chauve-souris de quinze pouces, la peau du crâne et la chevelure d'un orang-outan dont on a fait un bonnet ; il a huit pouces de diamètre.

Vingt-cinq phioles à l'esprit de vin contiennent des bizarreries d'histoire naturelle, des poulets d'inde à deux tête, un poulet à quatre pattes, un petit monstre humain à tête de singe, dont la bouche est fendue jusqu'aux oreilles.

 

Passons aux oiseaux contenus dans le même cabinet.

Ces oiseaux en général ne sont pas dans un bon état, je ne connais que deux collections de ce genre qui méritent des éloges : je n'en excepte ni celle du Muséum national, ni celle du Muséum de Londres. Spreugly de Bern et le chevalier Aston Levers en Angleterre ont su conserver seuls un air de vie, l'éclat de leurs couleurs aux oiseaux, aux animaux qu'ils ont fait empailler.

Les oiseaux dont je vais vous parler viennent en grande partie de Cayenne.

1°) Le petit pipit bleu ; ainsi nommé de son cri ; il est de la pus jolie forme, le noir, le bleu, le bleu de ciel se mélangeant agréablement sur ses ailes, sous sa gorge ; le dessus de ses ailes est d'un gris soyeux ; son ventre est d'un beau jaune ; il a cinq pouces six lignes de long.

2°) Le grand colibri à ventre de feu ; une nuance d'or et d'émeraude lui sert de gorgeret ; le rubis n'a pas l'éclat de sa palatine ; le brun, le vert doré forment le reste du plumage de ce bel oiseau ; il a six pouces de long. J'oubliais quelques plumes blanches éparses avec ménagement sur la totalité de ce brillant animal, et surtout cette bande noire qui sépare le gorgeret d'une teinte violette qui se mêle au feu de sa palatine.

Parmi dix espèces de colibri, je n'en décrirai que cinq :

3°) Le colibri à gorge blanc de neige, au dos vert ; ses ailes sont diaprées de gris, de bleu, de noir, sans que ces couleurs soient tranchantes. Quatre pouces six lignes de longueur.

4°) Le rubi topase, couleurs brillantes, que des plumes d'un gris foncé font ressortir. Trois pouces neuf lignes.

5°) Un autre colibri ; sa gorge est d'un vert-d'eau doré, son ventre d'un violet éblouissant ; ces deux couleurs se fondent sur le dos, les ailes et la queue sont d'un brun varié. Quatre pouces six lignes.

6°) Un petit colibri ; toutes les couleurs se mélangent sur sa robe.

On peut, en rapprochant ces cinq espèces, se procurer une arriette d'un concert du père Castel (qu'on me pardonne cette expression) et voir un abrégé des plus vives couleurs du microscope solaire. Je les ai vues quelque fois réunies à S[aint]. Domingue.

7°) Le petit louis, espèce de bouvreuil, mais plus léger, plus délicat de forme que ce dernier oiseau ; il a le ventre jaune et le dos bleu ; entre ses yeux, plein de vivacité, est une touffe d'un jaune ocre. Il a quatre pouces six lignes.

8°) Le mannequin à tête rouge, le mannequin à tête jaune.

9°) Deux grimpereaux, l'un à pattes rouge, l'autre à pattes jaunes ; ils diffèrent peu des colibris ; le noir, le violet, le bleu de ciel, se nuancent sur ces oiseaux. Cinq pouces de long.

10°) Le flamand, l'aigrette, le grand penicoptère des indiens ; cinq variétés de contingas des cayennes ; des toucans ; le ramier pintade de Cayenne ; le paon des palétuviers , le plumet blanc de Cayenne parent cette collection.

13°) Le plus singulier de ces animaux est le camoucle de Cayenne ; il est fort et robuste comme un grand aigle, et de la couleur de cet oiseau, mélangée de blanc et de brun ; il porte sur le front une corne de neuf lignes de long, ses ailes sont armées de deux défenses, placées le long de sa poitrine ; elles ont un pouce de long, six lignes de large et sont triangulaires ; le cou de cet animal est trop gros, il a quatre pouces de diamètre et un pied de long ; sa tête est petite, c'est celle du dindon ; il n'annonce pas plus d'intelligence ; les armes dont il est pourvu ne peuvent nuire ; il paraît trop lâche, trop stupide pour les employer ; ses pates sont longues et fortes, et ses griffes peu recourbées, c'est en général un mélange, une caricature de la force et de la faiblesse ; il a deux pieds sept pouces de bec en queue, trois pieds de haut ; sa poitrine, sans y comprendre l'épaisseur des ailes, a dix pouces de large ; sa tête n'a pas un pouce de diamètre et son bec est sans caractère.

Je ne vous parle pas de quelques squelettes, de nids qui se trouvent épars dans les différentes armoires de ce cabinet.

On y voit encore quatre globes, deux octans, six lunettes, deux graphomètres, etc...

Tels sont les objets renfermés dans le Cabinet d'Histoire naturelle du jardin des plantes."

Note sur les noms de coquillage.

  Les  "pinnes marines, palourdes, bouches d'argent, vis, porcelaines, cardans, harpes, l'arabique, la souris, les oreilles de malabares, les bonnets chinois, le tigre ; Manches de couteaux, becs de canard, le manteau ducal, les concha veneris, moule perlière, peignes, marteaux, l'hirondelle, des araignées,  casques, nautiles, des oursins", etc... sont des noms de coquillage, que l'on retrouve en partie dans le Catalogue raisonné des minéraux, coquilles et autres curiosités naturelles d'Étienne-Louis Geoffroy (1753) pages 42 et suivantes, ou dans La conchyliologie, ou histoire naturelle des coquilles de mer, d'eau douce d'Antoine d' Argenville, 1780. Dans le texte qui va suivre, on retrouvera d'autres noms encore (oreille, soleil levant, la musique, le firmament, la tulipe, des moules de Magellan, des vis, des harpes), comme celui de "salle polonoise", coquillage nommé par Geoffroy Selle anglaise ou polonaise (objet 281). Les "oreilles de mer" sont des coquilles d'ormeaux, évoquant les oreilles des Malabares, peuple d'Indoustan se distinguant par des oreilles longues et percées. La "Musique à quatre raye, appelée par certains le Plein-chant", s'y découvre sous le n° 297. La "Gourgandine" est une coquille du genre Vénus, la Vénus flexueuse, bivalve. Le "marron rôti" est une sorte de bigorneau, le "parasol chinois" un bivalve très plat, les "lepas" sont les anatifes, les "Rochers Musique" et les "Pavillons d'Orange" sont des olives ou des buccins, etc...

 

  1b. Les cabinets privés d'histoire naturelle de Brest, origine probable du musée.

a).  Le Cabinet d'histoire naturelle de M. Sartory, est mentionné par Jacques Cambry, Voyage dans le Finistère ou Etat de ce département en 1794 et 1795, Volume 2 page 140 :

"Sartory, peintre-décorateur, artiste italien, réside à Brest. Ses connaissances en mécanique, son imagination ardente feraient souhaiter que des travaux multipliés, un théâtre plus vaste le sortissent d'une espèce d'apathie dans laquelle il existe malgré les sollicitations de ses amis. Il possède une grande quantité d'estampes et de

dessin des maîtres les plus renommés. Son cabinet d'histoire naturelle et de curiosités étrangères, renfermé dans un très petit espace, mais disposé avec l'intelligence d'un homme de goût, d'un artiste, frappe plus au premier coup d'œil, arrête plus dans les détails, que les vastes amas de minéraux et de coquillages que des princes ou de riches particuliers entassent dans de vastes emplacements.

 

Il n'a pas suivi d'ordre précis, les classes inventées par les naturalistes ; le goût seul présidait aux rapprochements qu'il a faits, aux faisceaux d'instruments, , d'ornements, de plumages qu'il a si joliment groupés, au mélange heureux de couleurs produites par ses papillons de la Chine, ses insectes de Surinam, et ses coquilles de l'Asie.

La principale armoire, qui reçoit d'une fenêtre à verre de Bohême un jour brillant et lumineux, contient des salles polonaises, perlées de la Cochinchine, de sept pouces de diamètre, dont la nacre éclatante est nuancée de diverses couleurs. Une oreille de sept pouces de diamètre, le soleil levant, la musique, le firmament, la tulipe, des moules de Magellan, des vis, des harpes, des tonnes, un superbe manteau ducal, des tonnes vertes à bouches opposées, des cœurs, des bouches d'or et des boches d'argent, la grande hirondelle, le choux, le pavillon d'Orange, le marron rôti très rare, espèce de rocher ; des grimaces blanches, des cadrans, le bonnet chinois, des huîtres à longues épines, des oreilles de Malabar, des coraux noirs et rouges, des chevaux-de-frise, poires, rouleaux, araignées, marteaux, etc... ; tous ces objets du plus beau choix, de la plus parfaite conservation.

Le morceau d'histoire naturelle qui 'a le plus frappé a pour base du spath calcaire, mélangé de talc, de mica, croisés dans tous les sens par des morceaux de schorls noirs, fauves, bleuâtres ; ces schorls ont quelquefois 15 lignes de long sur 4,5 ou 6 lignes de diamètre ; ce morceau précieux a 5 pouces de long sur 4 de largeur. Un négociant de la même ville en possède un de la même nature, mais beaucoup plus volumineux.

   J'ai vu parmi les minéraux de Sartory, un bloc de cinabre qui ferait honneur au plus riche cabinet.

Il a dans ses tiroirs les gourgandines , le dormeur, un superbe cœur à tuyau, la cuirasse, des peignes, le parasol chinois, espèce de lepas ; une très jolie harpe à 18 cordes, une huître à robe, d'un blanc mat et luisant, à talon strié, tacheté, d'un beau violet très rare.

Je ne vous parle pas d'animaux empaillés, d'insectes conservés dans l'esprit de vin, d'un millier d'objets curieux réunis dans ce cabinet."

 

   Dans l'édition du Voyage de Cambry complété et annoté par le chevalier de Fréminville (J.B. Le Fournier, Brest 1836), celui-ci indique en note 41 : "La meilleure partie du cabinet d'histoire naturelle de Sartory avait été, par les soins de M. Laurent, acquise pour le cabinet d'histoire naturelle de Brest". Plus précisément, Selon Dany Guillou-Beuzit, auteur d'une édition critique du Voyage de Jacques Cambry, le ministre de l'intérieur écrivit le 28 ventôse an VIII, soit le 19 mars 1800 à l'administration centrale du Finistère pour attirer son attention sur la riche collection de Sartori : « J'ai pensé que cette collection, fruit de trente années de recherches, pourrait contribuer aux progrès de l'instruction publique dans une école centrale. Peut-être regarderez-vous comme avantageux d'entrer en arrangement avec le citoyen Sartori. Sa fortune n'est pas assez considérable pour faire croire qu'il n'entre pas volontiers avec vous en composition. Je pense donc que vous pourrez demander communication des catalogues, ou engager un professeur à se rendre de Quimper à Brest pour examiner ce cabinet et vous en rendre compte » (Arch. dép. Finistère 16L12). Mais les comptes de l'Ecole centrale de Quimper ne font pas apparaître cette acquisition, et le cabinet de Sartori revint à Brest.

   Selon le Dictionnaire des marins francs-maçons, gens de mer et professions connexes de l'Association ponantaise d'histoire maritime 2011  ‎page 474, "SARTORI Ange-Michel, peintre, né le 29 septembre 1744 à Bologne remplace Babron au service de la marine et auprès de la communauté de Brest. C'est un homme d'imagination ardente selon son frère Jacques Cambry qui décrit sa maison dans son Voyage en Finistère. Outre son atelier d'artiste, il possède un cabinet de curiosité qui rassemble des pièces rares venues de tous les continents. Il aime aussi partager ses passions, et c'est ainsi qu'il réunit régulièrement chez lui une sorte d'académie. Il s'était affilié à L'Heureuse Rencontre brestoise le 20 novembre 1798."  Il était maître-peintre de la marine depuis le 1er novembre 1784. Prosper Levot signale que ce "décorateur de la ville jusque sous l'Empire" avait peint en 1792 divers faits d'armes sur un autel érigé pour célébrer la fête de la Fédération, avant que cet autel ne soit renversé sous la Terreur pour être remplacé par la Sainte Guillotine.

  Il me semble, en toute hypothèse que l'on puisse deviner entre les lignes que ce cabinet excitait des convoitises, et qu'il fut d'abord inventorié par Cambry envoyé en repérage, avant que l'on puisse en déposséder Sartori à bon compte.  

  

 

b). Plus loin, J. Cambry écrit :  « Le citoyen Bechenec* possède une jolie collection de coquillage ; quelques morceaux d'histoire naturelle classés avec l'intelligence et l'ordre qui le caractérisent. Son marteau blanc est rare et parfaitement conservé . Le citoyen Guillemard** […] a dans son cabinet de fausses améthystes,[...] il a trouvé de beaux cristaux de roche, des cristaux spastiques, des spates étoilés près de Kerouriou, [...] On peut encore examiner, à Brest, la collection d'histoire naturelle du citoyen Despans, rue de Siam. ».

 

  * peut-être l'abbé Bechennec, 1726-1805, naturaliste à Brest, et responsable du dépôt de bibliothèque de Brest. (rappel : selon Pol de Courcy, en 1864 Brest dispose d' « une société d'émulation ; d'une société académique publiant des travaux historiques sur le département ; trois bibliothèques publiques, celle de la ville de 26000 volumes, celle du port de 18000 vol., et celle de l'école de santé de la marine de 10000 vol. ; un jardin botanique et un cabinet d'histoire naturelle.» Selon un document 2076 de l'enssib.fr/bibliothèque de 2005 la Bibliothèque municipale de Brest,  comme toutes les bibliothèques publiques municipales, se constitue juridiquement à la Révolution en 1789. Les collections de la Bibliothèque trouve leur origine dans les saisies révolutionnaires qui regroupent des fonds provenant de l'abbaye de Saint-Mathieu, des Carmes et des Capucins de Recouvrance. Le 2 novembre 1789, les biens ecclésiastiques sont confisqués et sont déclarés "biens nationaux". En 1795, des commissaires sont nommés "pour assurer à la République la possession de ces objets précieux et remédier autant que possible aux ravages des dégradations…". C'est Jacques Cambry qui est nommé pour le Finistère. Sur les 123 000 volumes qu'il a recensés dans le département, 26 000 sont localisés à Brest. En l'an III, la Convention crée par un décret le dépôt de Brest. Les livres sont alors ventilés entre la Marine (bibliothèque du port) et la ville. On assiste alors à un éparpillement du fonds. Toujours en l'an III, une école centrale du Finistère fut créée ; 638 volumes furent prélevés pour y monter une bibliothèque. En 1801, l'abbé Bechennec, responsable du dépôt de Brest, fut autorisé par le maire, Monsieur Pouliquen, à prendre 22 volumes pour lui tenir lieu d’appointements. En 1802 les biens confisqués sont confiés à la municipalité, puis au fil des ans, le fonds s'enrichit des dons et d’achats effectués par la Ville). 

— Le chevalier de Fréminville indique en note au sujet de la collection d'histoire naturelle de l'abbé Béchennec  : "Le coquillier de Mr l'abbé Béchence (sic) était en effet très beau, mais il a été dispersé après sa mort. Brest possède aujourd'hui deux riches collections de coquilles classées avec intelligence et dignes d'être citées sous tous les rapports. Ce sont celles de feu M. le colonel Kindelan, et celle de son beau-frère M. Riou-Kerhalet, négociant de cette ville". Le colonel Ferdinand Gusman de Kindelan décéda à Brest en 1837, à l’âge de 45 ans. Ce baron espagnol fils d’un général allié à Napoléon avait épousé en 1823 la fille d’un riche négociant et armateur de Brest, Jean-François Riou-Kerhalet. Sa belle chapelle funéraire est visible au cimetière Saint-Martin de Brest.

** Louis-Nicolas Guillemard : né à Rouen, ce secrétaire de l'intendance de la marine à Brest  est aussi poète, et a traduit de l'anglais la tragédie en V actes d'Addisson Caton d'Utique. On lui attribue aussi l'Odyssée ultramontaine (1791), le Dervis et le Loup (1795) et Epître d'un père à son fils prisonnier en Angleterre (1802).

1c. Le commentaire du chevalier de Fréminville sur le Musée d'histoire naturelle en 1836.

 Dans le Voyage dans le Finistère de Cambry édité et annoté par Fréminville, celui-ci indique, en note n°39 : "Le cabinet d'histoire naturelle , dont le local était joint à ce jardin, devrait être un des plus riches de France, en raison du grand nombre d'objets qui y ont été donnés par des officiers de marine et des officiers de santé du même service, au retour de leurs campagnes lointaines. Mais toujours mal soigné, mal classé, négligé, faute d'avoir été mis sous la direction d'un naturaliste  entendu, ce cabinet a été souvent dilapidé et il n'y reste guère que ce qu'on n'a pas voulu en emporter. Un tel désordre a dégoûté ceux qui se plaisaient à l'enrichir, dans l'intérêt public, et depuis longtemps les navigateurs préfèrent garder pour eux  les collections recueillies dans leurs voyages, plutôt que de les livrer à un pillage révoltant. Comment se fait-il qu'il n'y ait pas à Brest un professeur de zoologie et d'anatomie comparée, qui serait en même temps spécialement chargé du classement et de la surveillance du cabinet d'histoire naturelle ?Il n'y a qu'un professeur d'histoire naturelle médicale, dont les fonctions se bornent uniquement à faire, tant bien que mal, pendant deux ou trois mois de l'année, un cours de botanique".  Ce point de vue sera repris par Besnou en 1868, qui parle d'une "quasi-spoliation légalisée" par le Muséum entre 1820 et 1833 : cf infra.

2. Description par Prosper Levot en 1865.

 Histoire de la ville et du port de Brest, volume 2 :

   "Au jardin est annexé un musée où la botanique, la zoologie et la minéralogie sont représentées. La galerie consacrée à la botanique contient une riche collection d'échantillons bien choisis des divers organes des végétaux, ce qui permet d'étudier en tout temps la morphologie végétale. Elle possède, en outre, un immense herbier où l'on trouve non seulement les plantes d'Europe, mais encore celles des principales parties du monde, recueillies par les médecins et les pharmaciens de la marine dans leurs laborieuses navigations.

  La collection zoologique a été commencée pendant l'hiver de 1788 à 1789. Les grands froids de cet hiver avait amené aux environs de Brest beaucoup d'espèces d'oiseaux qu'on n'y observe qu'à de longs intervalles, telles que les outardes, les cygnes, les spatules, plusieurs espèces de canards, des hurles, etc. Ce fut l'apparition de ces oiseaux qui suggéra à MM. Dubreuil, premier médecin en chef, et Billard, premier chirurgien en chef, la pensée de créer une collection. Mais les moyens imparfaits de taxidermie qu'on employa n'assurèrent pas une longue conservation aux individus primitivement rassemblés, et il n'en reste qu'une grande outarde en fort mauvais état. Pendant plusieurs années, une seule salle contint ce commencement de collection ; c'est celle qui forme l'entrée du musée. A la paix, les nombreux voyages que firent nos bâtiments dans les diverses parties du monde enrichirent le musée, par suite des dons des officiers de santé et de vaisseau. En 1824, on ajouta une seconde salle que rendirent bientôt insuffisantes les envois du muséum de Paris et les offrandes privées. Lors de la construction de l'hôpital, deux galeries nouvelles furent établies. Dès qu'elles furent prises, M. Léonard, pharmacien professeur, chargé alors du musée (1834) demanda à M. Foullioy, président du conseil de santé, le concours de plusieurs personnes pour le classement des collections. M. Crouan, aîné, pharmacien civil et naturaliste des plus distingués, se chargea de la détermination des mollusques, et Paugam, actuellement jardinier botaniste en chef, de celles des mammifères, des oiseaux, des reptiles et des poissons ; M. Langonné, pharmacien de la marine, disposa les échantillons de minéralogie, formant le noyau alors restreint de la belle collection actuelle. En 1843 , M. Ad.Vincent, pharmacien professeur, conçut un projet d'installation des galeries de botanique, de minéralogie,et de géologie. Ce projet, approuvé par M. Foullioy, fut réalisé sous la direction de son auteur, par MM. Ed Vincent et G. Cuzent, pharmaciens de la marine, après deux années de travaux préparatoires. Là ne s'est pas bornée la sollicitude de M. Ad. Vincent pour le musée. Par ses dons personnels comme par sa vigilante attention à procurer de judicieuses acquisitions, , il est, à bien dire, le créateur de la collection de minéralogie et de géologie qui, avant lui, se bornait à quelques échantillons contenus dans une montre. En 1858, les galeries avaient besoin d'urgentes réparations. Le temps et l'humidité avaient détérioré un grand nombre d'individus des collections zoologiques. M. Lefèvre, directeur du service de santé, ayant obtenu les réparations nécessaires, toutes les collections furent classées à nouveau par les soins de M. Courbon, alors chirurgien de 2ème classe, sous la direction de M. Leroy de Méricourt, médecin professeur, chargé du musée de zoologie.

Le musée comprend quatre salles. La première contient, outre des curiosités exotiques de différentes nations, une collection d'insectes, peu nombreuse, mais bien classée. La seconde, qui est la plus grande, renferme les oiseaux, les reptiles, les poissons et les mollusques. La troisième est consacrée à la minéralogie, à la géologie et à la botanique.

En 1863, l'accroissement des collections a déterminé le ministère à en charger un conservateur, et M. Ed Brousmiche, ancien chirurgien principal de la marine, a été nommé à ces fonctions."

 

 

 

3. Inventaire du Musée d'histoire naturelle de Brest en 1808. 

Il s'agit, tel que le mentionne le pharmacien Besnou en 1868, de l' Inventaire de 1808 par Broca, pharmacien de marine à Brest. (Pharmacien de 1ère classe en 1827, et alors en poste à Fort Royal).

  • Pièces anatomiques diverses : 14.
  • Mammifères : 48 (espèces ?).
  • Oiseaux : 283.
  • Amphibies : 24.
  • Poissons : 30.
  • Testacés (31 genres, 2097 échantillons) : 229.
  • Crustacés : 11.
  • Insectes « Collection nombreuse ».
  • Zoophytes : 17.
  • Antipates : 17.
  • Gorgones : 29.
  • Madrépores : 30.
  • Nullipores : 8.
  • Éponges : 15.
  • Objets dans l'alcool : 26.
  • Nids et œufs : 19.
  • Fruits de l'Asie et de l'Amérique : 32.
  • Collection de bois : 67.
  • Échantillons de minéralogie : 282.
  • Objets d'ornements, ustensiles, armes : 52.

Total : 1334, « non compris les insectes et papillons espèces, sans compter les doubles ».

Le musée, écrit L. Besnou, "continua à s'enrichir, de nouveautés et de raretés, à tel point qu'en 1817 l'inventaire s'en élevait à plus de 2000 espèces. A deux reprises différentes, la réputation dont il jouissait attira l'inspection de naturalistes et de savants de Paris, à la suite de laquelle (de 1820 à 1832 ou 1833), il fallut concéder pour les établissements de la capitale des sujets rares ou précieux que les savants commissaires avaient le plus remarqués. Après cette quasi-spoliation légalisée, le zèle des donateurs se ralentit. Mais grâce à un subterfuge, on est parvenu, depuis une vingtaine d'années [donc vers 1848] à réchauffer le zèle, et les dons affluent chaque jour. Voici comment on s'y est pris pour se mettre à l'abri des inspections : un tableau des donateurs est affiché dans l'une des salles, et, dans les vitrines ou armoires, chaque objet porte avec son étiquette le nom du donateur, de telle sorte que l'objet n'est considéré que comme mis en dépôt par le donateur. L'on se croit ainsi à l'abri de convoitises nouvelles ou de cessions forcées dans l'avenir."

 

 

 

 

4. Enrichissement des collections du Musée en 1817 au retour de campagne de l'Euryale.

 Collections décrites par Vincent  comme chirurgien sur la corvette l'Euryale commandée par le capitaine Fleuriau, de retour de sa campagne aux Antilles. 

Annales maritimes et coloniales année 1817 volume 2 pp 317-319 : N° 65. NOTE sur divers objets d'histoire naturelle, apportés récemment au Jardin royal des plantes à Brest.

   " Dans l'enceinte du jardin royal des plantes, au port de Brest, on a aussi commencé à former un cabinet de zoologie, qui déjà renferme un assez grand nombre d'individus des diverses familles du règne animal. Cette collection devient chaque jour plus nombreuse par les soins des marins en général, et plus particulièrement par ceux des chirurgiens de la marine, qui se font un devoir d'y déposer les objets curieux et instructifs qu'ils se sont procurés dans le cours de leurs campagnes.

"M. Vincent, chirurgien de la corvette du Roi l'Euryale, commandée par M. le capitaine Fleuriau, a récemment apporté de la Martinique des oiseaux , des vers, des graines, etc... que la collection de la marine ne connaissait pas encore. De ces différents objets nous citerons seulement :

  • L'ANI DES SAVANNES, Crotophaga Ani (Linné), oiseau grimpeur et entomophage qui habite les Antilles, et particulièrement les hautes régions de la Solfatare de la Guadeloupe.(image Wikipédia)Description de cette image, également commentée ci-après

 

  • LE COHÉ ou ENGOULEVENT à lunettes, Caprimulgus Americanus, oiseau nocturne qu'on regarde dans l'archipel des Antilles comme de mauvais présage, opinion vulgaire qu'ont fait naître ses formes et ses mœurs qui se rapprochent de celles du chat-huant. Il ne sort de son trou que vers le crépuscule et fait entendre alors un cri rauque et lugubre. Les pêcheurs croient qu'il annonce la tempête et le naufrage, et ils donnent aussi le nom de Cohé, qui vient des Caraïbes, à certains endroits des côtes où les pirogues courent quelques dangers : telle est l'entrée du Lamentin, dans la baie du Fort-Royal de la Martinique.[Chordeiles minor  Forster,1771 ] ChoMinS_001.jpg

 

  • LE TAMATIA, Bucco Tamatia (Linné). [ Tamatia tacheté Bucco tamatia Gmelin 1788] Description de cette image, également commentée ci-après

 

  • Le TYRAN ou TITIRY, Lanius tyrannus Linné, c'est la pie-grièche des Antilles. [C'est actuellement le Tyran Tritri, tyrannus tyrannus Linné 1758, 220px-Tyrannus-tyrannus-001.jpg

 

  • UN LOXIA qu'on croit être le Loxia indicator, espèce nouvelle décrite par Moreau de Jonnès. [ in Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, Volume 36, 1816, page 356 :  le Cici de la Martinique, sorte de bruant vert-olive]
  • L'ANOLYS, Anolius striatus (Baudin), espèce de lézard.
  • LA GRANDE VIPÈRE FER-DE-LANCE, Vipera lanceolata (Lacépède), Trigonocephalus lanceolatus (Moreau de Jonnès).Bothrops lanceolatus (Bonnaterre, 1790)]  

Si ces animaux n'ont pas le mérite d'être nouveaux ou très rares, ils sont néanmoins peu connus, et doivent rentrer dans une collection qui, par les mêmes moyens, peut devenir, en quelques années, assez considérable et assez riche pour exciter l'intérêt des naturalistes, et pour concourir avec les autres monuments qui décorent le port de Brest, à embellir de plus en plus ce magnifique entrepôt d'une des parties les plus essentielles de la force publique, et de la puissance du monarque."

 

 

5. Enrichissement des collections du Musée en 1818 au retour de campagne de la Cybèle. 

 La  Nomenclature des objets d'histoire naturelle recueillis, préparés et conservés par les soins de M. le Dr Huet,  chirurgien- major de la frégate la Cybèle commandée par M. de Kergariou, capitaine de vaisseau, et déposés dans le cabinet du Jardin royal des plantes à Brest parue dans les Annales maritimes et coloniales de 1819 (autre titre : Observations faites de 1816 à 1818, par CV De Kergariou, commandant de la frégate du Roi, la Cybèle, durant sa navigation dans les mers des Indes et de la chine, côte méridionale de l’île d’Haïnan, île Montanha, îles de Taya, de Tinosa, du Tigre, baie de Gaalong.) est un document extrêmement précieux car c'est l'une des rares sources (avec la liste du Golo) précisant avec exactitude l'identification des espèces rapportées, et que le musée va conserver.

Cette campagne avait été ordonnée pour appuyer les armateurs français dans leurs efforts d'expansion commerciale en Extrême-Orient : le Capitaine de Vaisseau Achille de Kergariou était chargé de montrer le pavillon français, et de porter des cadeaux de Louis-Philippe à Gia-Liong, qui avait pris le pouvoir au Vietnam en 1802 et établi la capitale du pays unifié en la cité impériale de Hué. Partie de Brest le 16 mars 1817, la frégate gagna Pondichéry, Malacca, Manille et Macao, et enfin Tourane (près de Hué) pour y séjourner du 30 décembre 1817 au 22 janvier 1818. Hélas, Kergariou ne put obtenir une audience avec Gia-Long. A défaut de succès diplomatique et commercial, il rapporta des renseignements géographiques et économiques sur la Cochinchine et l'Extrême-Orient. (La mission de la Cybèle en Extrême-Orient, 1817-1818: journal de voyage du capitaine A.de Kergariou , E. Champion 1914, 248 pages, en ligne Gallica)

L'auteur est le chirurgien-major (Jean) Huet.

La liste étant passionnante, essentielle, mais longue, je me contenterai d'en donner le récapitulatif des 900 objets, en renvoyant pour le détail au lien suivant : Annales maritimes et coloniales 1819.

 

  • Quadrupèdes : 7 espèces.
  • Oiseaux : 119.
  • Nids d'ingénieurs : 13.
  • Reptiles : 9.
  • Poissons : 18.
  • Coquilles : 423.
  • Insectes : 251.
  • Crustacés : 7 espèces.
  • Pièces fossiles d'un crustacé : 9.
  • Zoophytes : 8 espèces.
  • Morceaux de bois fossiles : 4.
  • Graines : 26.
  • Échantillons de marbres : 3
  • Dent molaire d'éléphant : 1,
  • sans oublier une paire de pantoufles chinoises et un parasol chinois.

L'auteur signale dans cette liste les espèces remarquables suivantes que le muséum de Brest ne possédait pas:

  • Le singe douc. Celui ramené par la Cybèle mesure 3 pieds 2 pouces. Le singe  douc, ou douc à pattes grises (Pygathrix nemaneus) est un singe que l'on ne trouve qu'au Vietnam et au Laos. (image Wikipédia)
  •  290px-Red-shanked_Douc_at_the_Philadelph

 

 

  • La colombe à coup de poignard.
  • La colombe verte.

 

  • L'oiseau de paradis. [Paradisier]                               Paradisiers

 

  • Deux Loris (perroquets),
  • Une pie-grièche rouge et noire,
  • Un gros-bec dit Calfat, et trois du même genre. Gros-bec Padda :1 par Roussin (Source)cardinal_roussin001.jpg
  • Un caméléon bifide,
  • Un serpent python "de vingt pieds de long, et assez bien conservé",
  • Un serpent d'eau d'une espèce très rare,
  • dans les Crustacés, deux marteaux blancs,

En outre M. Huet signale d'autres espèces moins rares, mais que Brest ne possédait pas :

  • Quatre écureuils palmistes [ Écureuil d'Ebi, Écureuil des palmiers ; L'Écureuil palmiste (Epixerus ebii) est un écureuil que l'on trouve au Ghana, en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Libéria, en Sierra Leone.]   Image http://www.planet-mammiferes.org
    EpixEbi1.jpg

 

  • Un chat-tigre, [Oncille (Leopardus tigrinus)] image :http://touslesfelins.free.fr/oncille.htm                 oncille.jpg

     

  • Un albatros, des corbeaux, des mainates, une (sic) coq des bois, une caille de Manille,
  • une espèce de tortue que Brest ne possédait pas,
  • un tupinambis, 
  • parmi les poissons, un pégase, deux anthias, un suchet,
  • parmi les coquilles, deux casques, assortis; Deux peignes rares et estimés ;
  • dans les insectes et papillons, plusieurs espèces que le port ne possédait pas.

 

 

 

      6. Enrichissement des collections au retour de campagne de la flûte Le Golo, 1819.


Nomenclature des Objets d'histoire naturelle recueillis, préparés et conservés par les soins de M. le Docteur FOUILLOY, Chirurgien-major de la flûte LE GOLO,, commandée par M. le Baron DE MACKAU, Capitaine de frégate, et déposés dans le cabinet du Jardin royal des plantes à Brest.

 

 n.b : Fouilloy était assisté du chirurgien en second Cornus. De Mackau, appelé en 1818, au commandement de la corvette Le Golo, quitta Brest le 23 mai 1818, "portant à sa destination M. Milius commandant et administrateur pour le roi de l’île Bourbon" se porta aux îles du cap Vert, au cap de Bonne-Espérance, à Madagascar, à Cayenne, aux Antilles françaises et à la Jamaïque . Chargé d'exécuter des travaux hydrographiques et de recueillir des renseignements sur les nouveaux états de l'Amérique méridionale et de l'ancienne colonie de Saint-Domingue, , il explora la côte de Madagascar. Il rentra à Brest le 13 juin 1819.

Liste détaillée en ligne sur google books

  • Mammifères : 13 spécimens (dont 4 makis, 2 mangoustes, 1 fourmillier, 1 stérope)
  • Oiseaux : 168  (dont perroquet noir, promerops, touraco, todier organiste, guépier vert, albatros, frégate, manchot).
  • Amphibiens : 1 (desséché).
  • Boa devin (1), tupinambis ou cordyles (2) : 3 animaux empaillés (cordyle sauve-garde ; cordyle cordyle ; cordyle à deux carènes).
  • Reptiles : 12 animaux conservés dans l'alcool (lézards, stellion, iguane, couleuvre, gecko ; scinque algire ;  caméléons cornus ou bifides) .
  • Squelettes de caméléons : 3 .
  • Mollusques : 1 calmar.
  • Coquilles : 162 .
  • Insectes : 120 spécimens, dont 5 papillons.

TOTAL : 483 pièces.

  • Humérus, Cubitus, radius et première cervicale de baleine.
  • Crâne malgache.
  • Squelette d'agami crepitans.(agami trompette, Amazonie)Description de cette image, également commentée ci-après
  • Griffe d'aigle.
  • Substances végétales : 22. (Feuilles de l'hydrogeson fenestralis, Cannelle, vanille, muscade sauvage, muscade du Para, résine du Comnier, noix de Tonquin, féve de Tonquin ; Résines d'acajou oriental, de spondias, de l'hymenea [courbaril], ; Fruit d'Ouapa, encens de Cayenne, écorce du mimosa bourgoni, girofle, écorce de giroflea surinamensis, plantes aquatiques, graines de bibace, fruit et fleur de l'asclepias de Nouvelle-Guinée, coton jaune, bouteille contenant du lait de caoutchouc, un régime de raphia)
  • Substances minérales : 5.
  • Instruments de musique : une lyre malgache ; un violon malgache.
  • Armes ; une sagaie.

 

7. Inventaire du Musée de Brest en 1868.

Brest par Monsieur Besnou, ancien pharmacien en chef de la marine:  Annuaire des sociétés savantes de France et des congrès scientifiques 1870  page 306-311.

  Depuis le décret de 1862 organisant le corps des officiers de santé de la marine, un conservateur a été nommé : si le  professeur d'histoire naturelle est chargé de la surveillance du musée, l'installation et la conservation des collections relève d'un conservateur, qui est, cette année là, le docteur Brousmiche. Celui-ci fait appel à des collaborateurs spécialisés dans les collections de minéralogie, paléontologie ou géologie, comme le pharmacien Langonné.

   Le musée possède alors plus de dix mille objets « parfaitement classés, étiquetés avec détail et le plus grand soin, pour en faciliter l'étude et propager le goût de l'histoire naturelle ».

ZOOLOGIE.

  • Mammifères (suivant Cuvier) : 250 espèces.
  • Oiseaux (d'après Orbigny) : 950 espèces.
  • Reptiles (Duméril) : 290 espèces.
  • Poissons (Valenciennes) : 280 espèces.
  • Insectes ( comte Dejean) : 1600 espèces.
  • Crustacés (Milne Edwards) : 225 espèces.
  • Mollusques (Lemark) : 2400 espèces.
  • Zoophytes et tuniciers (Desjardin) : 222 espèces.
  • Nids et œufs : 150 espèces appartenant presque tous aux espèces du pays.

 

MINERALOGIE.

  • Paléontologie (d'Orbigny) : 500 échantillons.
  • Géologie (Coquand) : 400 échantillons.
  • Minéralogie  (Dufresnoy) : 1600 échantillons.
  • Roches finistériennes, collection très riche.
  • Types de cristallographie nombreux.

 

OBJETS DIVERS (ETHNOGRAPHIE).

  • Armes, ustensiles, parures : plus de 300.

8. Les singes anthropomorphes du Musée, mensurations par Armand Corre (1882).

CORRE (Armand), "Quelques mensurations de crânes chez des singes anthropomorphes", Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris 1882- Page 392-397.

 

L'article débute ainsi "J'ai l'honneur de communiquer à la Société le résultat de quelques mensurations extérieures, pratiquées sur quatre crânes de gorilles et un crâne de chimpanzé du musée d'histoire naturelle de Brest." et donne les mensurations des crânes de :

  • deux gorilles mâles, parvenus à leur complet développement".
  • un gorille femelle adulte,
  • une espèce particulière, que le défaut d'ouvrages ne me permets pas de déterminer".
  • un chimpanzé adulte.

 

9. Ostéologie de cétacés et tête d'une Baleine australe, 1868 et 1880.

Cette tête est mentionnée page 37 de l' Ostéographie des Cétacés vivants et fossiles de Beneden et Gervais, Paris, A. Bertrand (1880) : "Les musées qui conservent des restes de Balaena Australis sont [...] 4° Une tête sciée transversalement et deux paires de mandibules sont conservées au Musée d'histoire naturelle de Brest".

 On la trouve aussi mentionnée dans la liste publiée par P.J. Van Beneden, « Les squelettes de cétacés et les musées qui les renferment » Bulletin de l' Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique 37è année, 2ème série, T. XXV., Bruxelles 1868 p. 95.

"Brest.

Balaena australis. Tête.

Pterobalaena rostrata. Rostre avec fanons en p)lace.

Kyphobalaena du Cap. Vertèbres et bras.

Physeter macrocephale. Maxillaire ninférieur, jeune.

Delphinus tursio. Squelette.

Pseudorca ? Tête.

Delphinus rostratus. Tête.

Delphinus dubius. Tête.

Delphinus delphis. Tête."

 

10. Bulletin du Muséum, 1901.

 

Le Bulletin du Muséum, vol. 7 de 1901 page 360, dans un article sur le Jade ascine de Nouvelle-Calédonie  signale ceci : "L'hôpital maritime de Brest, dans une collection créée et alimentée par MM. les officiers du corps de santé de l'armée de mer, avait, eu 1878, quelques spécimens taillés d'une variété compacte de jade calédonien d'un vert olive très foncé (hache canaques)"

11. Inventaire de 1908 dans la revue L'Homme Préhistorique.

Revue L'Homme Préhistorique, Revue mensuelle illustrée d'archéologie et d'anthropologie préhistoriques Mai 1908 page 160.

 "Musées départementaux.

Musée d'histoire naturelle, à l'hôpital maritime (Cons. Léonard). Ce musée, très riche, est malheureusement peu connu ; il contient une des plus belles séries ethnographiques françaises remontant à une époque déjà lointaine.

Zoologie : Bonne collection d'étude ; riche déjà en reptiles.

Ethnographie : Afrique, Chine, Japon, Indes, Alaska, Nouvelle Calédonie, Fidji, Salomon, Samoa, Australie, Nouvelle-Zélande, marquises, Nouvelles-Hébrides, (idoles en tronc de fougères arborescentes, Dr Jenevin*), Taïti (vêtement de fête de la reine Pomaré, contre-amiral Penhoät*) ; vêtements de fête de vahinés ; proue sculptée d'une pirogue, Dr Brousmiche, etc.

Préhistorique.

— Jardin botanique, à l'Hôpital maritime.

— Musée d'anatomie, à l'Hôpital maritime (Cons. : Condé).

 —Musée, à l'Arsenal."

* Dr Jenevin, médecin de la marine à Brest, en poste au Sénégal en 1872. Il figure ensuite  parmi l'État-major de La Vire en 1874 comme médecin de 2ème classe sous le commandement de Jacquemart dans le cadre de la mission dit du Passage de Vénus à l'île Campbell (Nouvelle-Zélande) et en rendit compte dans les Archives de Médecine navale 1875 n° 23 : Passage de vénus. Mission de la vire à l'île Campbell. Par H. Jenevin... / Conditions géographiques, Hydrologie, Végétation, Faune, Climatologie, Pathologie. Les poteaux de case en fougère arborescente et les éffigies sont bien connues des oceanistes :Jean Guiart  "Les effigies religieuses des Nouvelles-Hébrides" Journal de la Société des océanistes 1949 Volume 5 pp. 51-86  

** Jérome-Hyacinthe Penhoat (Roscoff, 1812-Paris 1882) était Major général à Brest en août 1864. Promu contre-amiral, il  prit en novembre 1866 le commandement de la Division navale du Pacifique avec pavillon sur la corvette cuirassée La Belliqueuse, premier bâtiment de ce type à partir en campagne lointaine. Il gagna le Pacifique par le cap Horn, effectua en avril 1869 une mission au Japon et rentra en France par l’océan Indien en bouclant ainsi un tour du monde qui démontra la bonne endurance des bâtiments cuirassés." (fr.scribd.com/doc/50399/Amiral-Penhoat-ne-a-Roscoff-1812‎). Le passage à Tahiti de Penhoat daterait donc de 1869-70, alors que la reine Pomaré IV s'était soumise au protectorat français.

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      Portrait de la reine Pomare IV peint par Charles Giraud, 1851 : RMN-Grand Palais, Musée du Quai Branly 

 

 

 

      12. Extrait du rapport d'inspection générale du Médecin Général Jules Rochard en 1876.

     J'accorde de l'importance à ce document notamment parce que c'est le seul qui me procure l'emplacement qu'occupait le Musée : dans la cour Crevaux (Cour du Conseil de Santé), au premier étage, et donc par déduction au dessus de la salle du Conseil de Santé. C'est dans le même bâtiment que se trouvait la bibliothèque, sans-doute au troisième étage.

plan hôpital marine brest 1866 détail-copie-1

 

    "Les collections de zoologie, de minéralogie, de géologie et de botanique occupent presque tout le premier étage d'un des bâtiments qui forment la cour d'entrée. Des galeries spacieuses, bien disposées, renferment les collections les plus riches et les plus complètes de nos écoles. Elles sont bien classées et bien entretenues, mais l'humidité du climat détériore rapidement les pièces et nécessite des soins constants. 

  Un seul gardien est affecté à ce service et il ne suffit point à entretenir dans un état convenable de propreté des salles aussi vastes et des vitrines aussi nombreuses. Il serait à désirer qu'un journalier lui fût adjoint au moins pendant deux jours de la semaine. La demande en a été faite par le directeur du Service de santé et appuyée par le préfet, mais elle a été repoussée parce que Brest est le seul port qui se soit plaint de l'insuffisance de son gardien.

  Or, les collections réunies de Rochefort et de Toulon n'égalent pas l'importance de celles de Brest. Les objets d'histoire naturelle s'y conservent d'eux-même, et à Brest il faut s'en occuper sans cesse. Enfin, les galeries d'histoire naturelle sont, ainsi que le jardin botanique, ouvertes au public tous les jeudis pendant l'été. C'est un but de promenade et un objet de distraction pour une ville qui n'en a guère ; aussi la foule y afflue-t-elle au grand détriment de la propreté des tapis et du parquet qu'il faut nettoyer à fond le lendemain."

 

  Un rapport d'inspection du même auteur date de 1878 :

  "L'École de Brest est favorisée entre toutes par l'importance de ses collections, et la variété des sujets d'étude que lui assure son grand mouvement de malades.

  Les collections et les musées n'ont pas subi de changement. Les collections sont toujours entretenues, avec le même zèle et le même talent, par le conservateur M. Brousmiche, et c'est toujours avec la même peine qu'il parvient à maintenir l'ordre et la propreté [...] Les instruments historiques, qui constituent une collection scientifique de premier ordre, sont restés dans les vitrines qu'ils occupaient sous la surveillance du conservateur du musée. Les instruments en service courant ont été rangés dans des armoires qu'on a installées dans la pièce principale du logement du médecin résident. On en a dressé le catalogue et il en a pris charge." 

 

13. Le témoignage de Louis Charpentier (Revue maritime 1927).

 

   "Au delà des plates-bandes , une charmille de gros arbres protégeait l'eau calme et limpide d'un petit bassin, tandis qu'une haie de fuchsias et de camélias précédait l'entrée d'un petit musée. L'étonnement ne s'y pouvait plus contenir dès qu'apparaissaient tant de richesses scientifiques, tant de trésors que personne ne gardait, que rien n'annonçait. Et l'impressionnant silence qui régnait en ces petites salles invitait mieux que quiconque au respect des collections. Il semblait que l'esprit de tous ceux qui avaient concouru à les former flottait partout dans la pénombre, guidant nos pas, attirant nos regards, et attisant nos pensées. Dans le jour doux et tendre, brillait l'or fané des papillons exotiques, les couleurs toujours vives des oiseaux, et la laque ternie des étiquettes, rappelant toutes, orgueilleusement, les multiples souvenirs d'un grand passé. : ...Campagne de la Cybèle, 1817...Campagne de l'Astrolabe, 1826...puis d'autres noms également célèbres, Le Géographe...Campagne de 1800. Les formes les plus étranges, les teintes les plus variées s'unissaient pour révéler derrière les vitrines tout un monde inconnu de mammifères, d'oiseaux, de poissons, de coquillages, tout un arsenal insoupçonné d'armes, de vêtements, de livres et d'objets de toute nature.

14. Le récit du médecin-principal Charles Laurent en 1963.

       " Ils ne sont plus, hélas, qu'un mélancolique souvenir pour ceux qui les ont connus, et les nouvelles générations ignorent même qu'ils ont existé. Mais ils sont restés bien présents à la mémoire de ceux qu‎'y menaient leurs promenades d'enfants. 

Ils étaient deux, mais les visiteurs n'étaient admis que dans un seul, celui qui se trouvait dans l'enceinte de l'Hôpital. Il était ouvert une ou deux fois par semaine, et on y accédait par la grande porte du Jardin Botanique, rue Lannouron. Un jardin délicieux, planté dans un rempli des vieux remparts de Vauban, enclos de grands murs et disposés en trois terrasses ; la plus haute était dominée par ce que les enfants appelaient pompeusement le labyrinthe, et qui n'était qu'un sentier en spirale montant sur une butte et menant à un petit kiosque ombragé de beaux arbres dont un gingko biloba dont le nom nous amusait autant que la forme curieuse de ses feuilles. Il y avait plusieurs pièces d'eau ; dans l'une d'elles s'était noyé un jeune garçon et on nous mettait en garde contre ses dangers ; tout à coté, un petit cours d'eau sur lequel passait un pont rustique ombragé de hauts bambous aboutissait aux bacs des plantes aquatiques . Partout des fleurs, partout des grands arbres : nous savions que parmi eux se trouvaient des espèces extrêmement rares en Europe, mais notre science n'allait pas jusqu'à savoir lesquelles. Les plates-bandes où se cultivaient autrefois les « simples » destinées aux soins des malades étaient encore ceinturées de leurs buis. Tout en bas, deux énormes serres étaient adossées au mur d'enceinte, une chaude et une froide, où poussaient des plantes exotiques dans une odeur moite de terre humide : des fougères, des orchidées, et au centre un grand bananier qui menaçait de percer la voûte de verre. Dans ma petite enfance j'y avais vu un singe, mais on avait dû s'en séparer parce que, paraît-il, il mordait les visiteurs.»

 

«  Du jardin, on allait au Musée, enchantement pour nos yeux, nous livrant tous les trésors des pays exotiques : cinq salles remplies de souvenirs des campagnes lointaines, curiosités d'ethnologie ou d'histoire naturelle. Le point de départ en avait été les collections saisies chez les émigrés, mais il s'était considérablement augmenté au cours des ans. Au temps de la marine à voile,n les campagnes pouvaient atteindre sept ou huit ans d'absence ; les escales étaient longues et, pour les occuper, les marins d'autrefois avaient tous un violon d'Ingres. Quel que fut le corps auquel ils appartenaient, quel que fut leur grade, la plupart s'intéressaient aux sciences naturelles et formaient une collection d'insectes ou de coquillages, de pierres ou d'oiseaux. On m'a parlé de l'un d'eux dont la spécialité était de recueillir lui-même et de demander à tous ses camarades des petits sacs de sable ramassés dans chacune de leurs escales . Et il passait sa vie à trier ces sables venus de tous les coins du monde, pour y chercher de minuscules coquillages (1). […] Les enrichissements du Musée venaient de sources moins impures, comme en témoignait la longue liste des donateurs écrite sur un tableau. Les marins sont, par définition, des gens instables et errants. Peu d'entre eux possédaient dans Brest, qui était une ville d'appartements en location et non d'hôtels particuliers , les greniers familiaux où chaque génération peut déposer les souvenirs de la précédente. Quand l'un d'eux mourait, les héritiers ne pouvaient conserver ces encombrantes collections, et, s'ils ne les vendaient pas ou ne les faisaient vendre à la « Foire aux Puces » de la place de la Liberté, ils les offraient au Musée. Le nouveau Brest est d'ailleurs bâti sur le même type, sauf qu'il n'y a plus de Foire aux Puces, ni de grenier pour la fournir, ni d'ailleurs de collectionneurs de coquillages pour emplir les greniers.

Peu à peu les vitrines s'emplissaient et débordaient au gré des décès et des dons ; la dernière entrée, peu avant la dernière guerre, fut, si je ne m'abuse, celle d'un fou de Bassan. Leur importance était grande et bien connue des spécialistes, aussi recevaient-elles les visites des savants du monde entier.

Mais si nous n'étions pas des savants, nos yeux ne s'émerveillaient pas moins devant les trésors qu'on nous montrait : des momies dans leurs sarcophages couverts d'inscriptions incompréhensibles, un kaiak esquimau, une anguille pêchée à Kerhuon et qui vécut quarante ans dans un aquarium ; elle avait pour voisine des axolotls rosâtres et nus, aveugles venus de quelque grotte de l'Amérique Centrale, et qui se traînaient lentement d'une pierre à l'autre. Plus loin, une procession annamite, des bouddhas, un morceau de pain, souvenir du siège de Paris en 1871, des balafons, des idoles en fougères arborescentes. Puis des lions empaillés, un peu rapés parce que les petits visiteurs les prenaient comme montures, encadrant l'énorme squelette d'un gorille, tué, si j'ai bonne mémoire, par l'amiral Réveillère. Plus loin, des vitrines combles d'oiseaux naturalisés, de papillons et de coléoptères aux couleurs splendides, de pierres merveilleuses, de crustacés, de coquilles de toutes tailles et de toutes formes. Au plafond, des serpents, des tortues marines . Une vitrine contenait un mannequin revêtu d'une robe de la reine Pomaré, en fines lanières végétales disposées en couche épaisses et drapées à la mode du second empire, avec un petit chapeau de même matière dans le style de ceux de l'impératrice Eugénie : on est loin du légendaire tuyau de pipe que lui accorde généreusement la chanson.

Mais nous étions peut-être encore plus impressionnés par de longues vitrines garnies de bustes de plâtre blanc, rangés comme pour une dernière inspection, aux têtes rasées et figées, moulage qu'un médecin disciple de Gall avait pris au temps de Louis-Philippe sur tous les cadavres de forçats qui défilèrent à l'amphithéâtre.

Lorsque je revins à Brest en 1945, après sept ans d'absence, tout avait brûlé. Restaient seulement deux à trois caisses contenant quelques vestiges d'ethnologie polynésienne ou dahoméenne. La belle robe de la reine Pomaré avait flambé comme les oiseaux de paradis, comme les colibris. Je fis tamiser les déblais tombés au rez-de-chaussée, mais on ne récupéra que quelques haches préhistoriques. Lorsque je demandais au second maître chargé des travaux si l'on avait conservé quelques-uns des moulages, il me répondit après mûre réflexion et un bon accent brestois : « Ah, vous voulez parler des médecins généraux ! Eh bien, ils ont tous disparu. ». "

(1). Ce savant qui demandait aux naturalistes de collecter des échantillons de sable coquillier  n'est autre qu'Arthur Bavay, qui passa les dernières années de sa vie à trier les minuscules coquillages, au laboratoire de Malachologie du Muséum de Paris.   

15. Le récit du docteur Robert Bellec en 1977.

       " Notre visite commençait, presque rituellement, par le petit musée édifié en contre-bas, dans l'Ouest du jardin. Obéissant à une simple et claire injonction apposée sur le perron d'entrée, mon père insérait sa canne, ma mère son ombrelle, dans les orifices numérotés d'un caillebotis prévu à cet effet.[...]

  Le fond des collections provenait d'échantillons curieux des trois règnes de la Nature, et de témoins anthropologique rapportés des cinq continents par de longues générations de Médecins de marine et d'Officiers de vaisseaux. L'hôpital maritime et le laboratoire d'anatomie de l'École-Annexe de Médecine navale y avaient aussi apporté leur contribution.

[...] On y trouvait un pêle-mêle un peu naïf, un capharnaüm sans façon, sans pédantisme mais non sans charme, où chacun pouvait trouver pâture selon le niveau de ses connaissances, et la couleur de son esprit. […]

   Au centre de la première salle, dans un aquarium stagnant et trouble, gisait une anguille énorme et caoutchouteuse que l'on disait centenaire, et que je n'ai jamais pu voir sortir de sa morne léthargie.

   Au fond, dans une pénombre peu rassurante pour l'âme timide de l'enfant que j'étais, reposait dans une vitrine basse une longue série de visages blafards et décharnés, semblant échappés des pages des « Misérables ». C'étaient des moulages mortuaires fixant le dernier rictus des plus marquantes vedettes de l'ancien bagne de Brest : le pseudo Colonel, Comte Pontis de Sainte-Hélène (alias Coignard), et bien d'autres forçats condamnés à temps ou à vie pour des crimes célèbres dans les annales des siècles précédents.

   Les masques funéraires de criminels suppliciés à Brest, tels les mutins assassins du Fœderis Arca, avoisinaient une curiosité d'un ordre un peu différent mais aussi peu plaisant : la face hideusement déformée d'un « conscrit réformé pour laideur extrême (don du Servie de Santé de la Marine).

   Une sorte de placard vitré, au ras du plancher, recèlait une momie d'origine imprécisée, obscure forme humaine, presque indéchiffrable sous ses bandelettes poudreuses.

   Je n'appréciais guère le coté « Musée Dupuytren » de ces collections-là. Par contre, l'ouverture que le musée offrait sur les mystères de la nature et les énigmes du vaste monde m'attirait irrésistiblement. Aussi recherchais-je autant que je le craignais l'indéfinissable et délicieuse peur que je retrouvais, chaque fois, derrière le seuil de cette salle.

   Par l'entrée dans la salle suivante, l'œil était inévitablement sollicité vers le plafond, où était suspendue, tels d'insolites ex-voto, une foule compacte de formes sombres d'où pendaient, au bout de ficelles, des étiquettes jaunies.

     Tortues de terre et de mer, squales divers, un énorme poisson lune (Orthogoriscus mola* disait l'étiquette), et même un « organe mâle de cachalot », trophée dérisoire qui suscitait, depuis plus d'un siècle, peut-être, un évident amusement chez les adultes et la perplexité des enfants. Premier contact avec l' "esprit carabin".

Iguanes des Antilles, crocodiles d'Afrique et de Madagascar, caïmans et alligators des Amériques. Et des serpents, des serpents des serpents. De toute grosseur, de toute longueurs et de toutes nuances dans la gamme des bruns. Naturalisés, bien-sûr — on disait alors « empaillés » — et figés en des attitudes rectilignes assez peu évocatrices de la vie . Ils n'en remplissaient pas moins d'admiration les âmes enfantines alors très candides et réceptives car pas encore prématurément blasées par l'audiovisuel.

Une place de choix avait été faite, dans cette même salle, à une vitrine verticale, groupant en un ensemble un peu arbitraire la carcasse d'un grand orang-outan, un petit squelette d'enfant (« Mort à l'âge de 7 ans », précisait une inscription manuscrite qui me donnait le frisson), le crâne démesuré d'un nouveau-né hydrocéphale et — pourquoi dia

ble ? — plusieurs œufs d'autruche.

[…] Je glissais donc au plus vite, dis-je, devant ces tristes dépouilles, pour aller contempler une série de bocaux où macérait dans l'alcool une longue file de caméléons et de lézards. J'avais un faible (les enfants ont de ces attirances incompréhensibles) pour un petit lézard d'Amérique Centrale, rayé de bandes transversales bleuâtres et rose passé..[...]

On entrait — enfin ! Dans le réceptacle des Merveilles. Du moins la dernière salle recélait-elle, à mon regard d'enfant, les plus admirables trésors du monde.

Les murs en étaient recouverts de cadres vitrés, contenant une foule des plus beaux insectes ou arachnides des cinq continents. Coléoptères cornus couleur de cuivre oxydé, scorpions d'acier bruni, mygales énormes et velues, et, surtout, papillons multicolores au milieu desquels resplendissait l'éclair bleu des grands « morphos » des forêts guyanaises.

Des vitrines basses regorgeaient, telles des coffres de corsaires, de tous les coquillages des mers chaudes dont les formes, contournées et griffues, chatoyaient de toutes les irisations des nacres. D'autres ployaient sous des fragments de minéraux rares, de cristaux ?. D'autres présentaient des spécimens de coraux et de gorgones. D'autres encore des pirogues, des sampans, des jonques en réduction.

Dans toutes les encoignures, des totems, des statuettes polychromes d'Afrique Noire, des masques guerriers, des tikis polynésiens sculptés dans des troncs de fougères arborescentes.

Ailleurs, les reflets sombres de bois poli ou de fer patiné des pagaies tahitiennes et des armes « de sauvages » : sabres dahoméens, casse-têtes canaques, boomerangs, lances hérissées de dents de requin, sagaies barbelées, kriss malais, évoquaient irrésistiblement les « flèches empoisonnées, n'y touchez pas ! »  deTartarin de Tarascon — et fleuraient un cannibalisme très authentique.

Parmi les colliers tahitiens couleur de cire et des oiseaux-mouches sans globe, l'évocation réduite, en moelle de jonc aux tons d' ivoire jauni, d'un temple cingalais et de ses palmiers.

 

Enfin, la merveille des merveilles : une robe d'apparat, en pâles et fines lanières végétales, offerte jadis en souvenir, à quelque jeune et bel officier par la dernière reine Pomaré.

* Ou Orthragoriscus mola : Mémoires de l'Académie royale des sciences, des lettres et des ..., Volume 38, 1871, page 84 : le musée de Brest conservait deux poissons lunes. (Observations sur la physique, sur l'histoire naturelle et sur les ..., Volume 16, 1789, page 58 : Description du poisson nommé Lune ou Mole, pêché à Brest.)

 

      N.B. A coté du jardin botanique de Brest et de son musée, deux autres villes disposaient d'un jardin rattaché à l'hôpital maritime, et d'un musée d'histoire naturelle : Toulon, et Rochefort, dont le musée est attaché à la mémoire du naturaliste Lesson. Les trois villes se dotèrent aussi d'un observatoire. On comparera avec intérêt cette histoire à celle, très documentée celle-là, du musée d'histoire naturelle de Metz : http://shnm.free.fr/collectionsH.N.METZ.html

 

Miscellanées :

Annales  Société Académique de Nantes et du Département de la Loire-Inférieure - 1888 - Volumes 59 à 60 - Page 329 :"... au Musée d'histoire naturelle de l'hôpital de la Marine à Brest, un Syrrhapte paradoxal mâle, n° 651 du catalogue, sur l'étiquette duquel on lisait : « Tué par M. Sallerin à Guilers [Finistère), hiver de 1865. Il est à craindre qu'il y ait eu erreur"

  

 

 Bulletin de la Société préhistorique française 1911 Volume 8  Page 535 : « Il existe, au Musée d'Histoire naturelle de l'Hôpital maritime de Brest, une hache océanienne, ayant cette même forme lenticulaire ; mais j'ignore si elle est pourvue de quelque particularité, ne l'ayant entrevue, ily a une trentaine d'années, »

 

A votre tour de visiter, grâce à ces descriptions, le Musée ressuscité :

Le Mola, Diodon mola, la Lune:

[Illustrations de Ichtyologie ou histoire naturelle générale et particulière des Poissons] / Krüger, J. F. Hennig, Pater Plumier... [et al.], dess. ; Ludwig Schmidt, G. Bodenehr, J. F. Hennig... [et al.], grav. ; Marcus Elieser Bloch, aut. du texte - 128

 

 

Le singe douc :

[Illustrations de Histoire naturelle générale et particulière avec la description du cabinet du roy, t. XIV] / De Sève, Buvée L'Amériquain, dess. ; Louis Le Grand, Chevillet, C. Baquoy, grav. ; Georges-Louis Leclerc Buffon, aut. du texte - 43

      L'Agami :

[Illustrations de Histoire naturelle des oiseaux, t. IV] / De Sève, dess. ; De Lignon, Guyot, C. Baron... [et al.], grav. ; Georges-Louis Leclerc Buffon, aut. du texte - 25

 

Le Tupinambi :

[Illustrations de Histoire naturelle des quadrupèdes ovipares et des serpens, t.I]. Tome premier / De Sève, dess. ; Leroy, Chevillet, veuve Tardieu, grav. ; Bernard-Germain-Etienne de Lacépède, aut. du texte - 20

       Un Lori.

  [Illustrations de Histoire naturelle des oiseaux, t. VI] / De Sève, dess. ; Le Villain, Mansard, Haussard... [et al.], grav. ; Georges-Louis Leclerc Buffon, aut. du texte - 8

Le Palmiste, dessin par de Seve :

[Illustrations de Histoire naturelle générale et particulière avec la description du cabinet du roy, t. X] / De Sève, Buvée L'Amériquain, dess. ; Louis Le Grand, Baron, C. Baquoy... [et al.], grav. ; Georges-Louis Leclerc Buffon, aut. du texte - 28

 

L'Oiseau de paradis (Oiseaux et plantes peints à la gouache, avant 1800)

Oiseaux et plantes peints à gouache - 25

 

L'Ani "ou bout de tabac" :

[Illustrations de Histoire naturelle des oiseaux, t. VI] / De Sève, dess. ; Le Villain, Mansard, Haussard... [et al.], grav. ; Georges-Louis Leclerc Buffon, aut. du texte - 21

 

 

Nota Bene :

On ne confondra pas ce musée avec celui de la Société Académique de Brest (active de 1858 à 1913) ; mais il peut être intéressant à certains esprits curieux d'en trouver ici l'inventaire paru en 1896 :

 

MINISTERE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE  : ANNUAIRE DES MUSEES SCIENTIFIQUES ET ARCHÉOLOGIQUES DES DÉPARTEMENTS PREMIÈRE ANNÉE 1896 PARIS ERNEST LEROUX, EDITEUR

 "BREST : Collections scientifiques et archéologiques annexées au Musée de peinture, place de la Halle.

Histoire naturelle. — Métallurgie, minéralogie régionale, marbres, coquilles d'Océanie (recueillies par Dumont d'Urville, dans l'expédition au pôle Sud), Oiseaux du pays ; tête humaine trouvée dans le désert de Suez.

Ethnographie. — Armes asiatiques, cambodgiennes, cochinchinoises et océaniennes. Instruments d'observation maritime.

Archéologie. — Antiquités préhistoriques et celtiques : silex, bronze, poteries. Collection gréco-romaine provenant du Musée Gampana. Antiquités romaines et franques : meules, armes,poteries. Collection lapidaire du Moyen Age et de la Renaissance provenant des abbayes de Découlas et de Landévennec ; tombe d'abbé du xiie siècle ; écusson du xvi* siècle ; gargouille du xveme siècle, etc. Meubles. Fragment de colonne en granit et autre sculpture provenant d'un palais du Cambodge.

Numismatique : deux collections, Tune de pièces de toute nature non classées, provenant de la Société académique; l'autre de 20,000 monnaies, médailles commémoratives, effigies d'hommes illustres, jetons de villes et de corporations, monnaies seigneuriales et obsidionales, essais monétaires, etc. La collection des monnaies françaises commence à Louis IX.

Conservateur. M. Henri Hombron, q A. Ouvert tous les jours, de midi à 4 h. Pas de catalogue."

— En 1908, la revue L'Homme Préhistorique en donnait le descriptif suivant :

"Musée de la ville de Brest, galeries de la salle des fêtes fondé en 1877. Il contient des collections intéressantes, malheureusement très mal ou pas du tout classées et installées de la façon la plus défectueuse, sans ordre, éparpillée aux quatre coins des salles.

Géologie et minéralogie du Finistère et des Côtes du-Nord (Coll. Barillé)

Oiseaux du Finistère (Coll. Mériel)

Palethnologie et archéologie locale.

 

 

 

Ethnographie : Bonnes pièces africaines et océaniennes (Delorissa et Dr Carof). Riches collections de l'Inde, Cocinchine et Chine de l'amiral Reveillère. Très belle série des Marquises (Coll. Barbeau-Vieillard)."

 

 

Sources et liens.

 Revue L'Homme Préhistorique, Revue mensuelle illustrée d'archéologie et d'anthropologie préhistoriques Mai 1908 page 160.       

  • ABBAYE de Daoulas, Ségalen et l'exotisme, Rencontre en Polynésie, Somogy 2011.
  • BELLEC (Robert), docteur «  Requiem pour un paradis perdu », in Les Cahiers de l'Iroise 24ème année n°1, janvier-mars 1977, pp 30-37.
  • BENEDEN, Van (.P.J ) « Les squelettes de cétacés et les musées qui les renferment », Bulletin de l' Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique 37è année, 2ème série, T. XXV., Bruxelles 1868  p. 95.
  • BENEDEN, van (Pierre Joseph), 1809-1894 ; GERVAIS, Paul, 1816-1879 Ostéographie des Cétacés vivants et fossiles, comprenant la description et l'iconographie du squelette et du Système dentaire de ces animaux, ainsi que des documents relatifs à leur histoire naturelle Paris, A. Bertrand (1880) page 37.  
  • BESNOU L. "Travaux des Sociétés savantes pendant l'année 1868", Annuaire des sociétés savantes de France et des congrès scientifiques, Paris 1870 pp. 306-311.
  • BOULAY(Roger), Annuaire des collections publiques françaises d'objets océaniens : base Joconde (Roger Boulay est conservateur au Musée des arts d'Afrique et d'Océanie etChargé de mission pour les collections océaniennes auprès de la Direction des Musées de France : http://www.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/decouvrir/expositions/oceanie/oceanie-texte.htm)
  • BOULAY (Roger), Le bambou gravé kanak Editions Parenthèses 1993,77 p. Google book.
  • BROCA (Nicolas) et PICHON "Catalogue raisonné ou tableau analytique et descriptif des plantes cultivées à l'École de Botanique du Muséum impérial maritime du Port de Brest, classées suivant le système sexuel de Linné" , corrigé par Joh. Frid. Gmelin, avec concordance des familles naturelles de Jussieu; précédé d'un Abrégé du système du premier de ces Auteurs et de notes explicatives des différentes parties des plantes, et des abréviations employées dans l'ouvrage, Brest 1811, in-8° 3ff et XIV 10 -571 pp. Voir catalogus Nantes
  • CAMBRY (Jacques), Voyage dans le Finistère ou État de ce département en 1794 et 1795.  378 pages, Edition du Layeur  2000.
  •  CAMBRY ( Jacques), Catalogue des objets échappés au vandalisme dans le Finistère : dressé en l'an III (Nouv. éd.)  par Cambry ; publ. par ordre de l'administration du département H. Caillière (Rennes) 1889, pages 124-132, en ligne sur Gallica.
  • CHARPENTIER (L.) Médecin-Principal, "Les jardins botaniques de la marine", Revue maritime, 1er semestre 1927, pp 6-30. 
  • CORRE (Armand), "Quelques mensurations de crânes chez des singes anthropomorphes", Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris 1882- Page 392-397.
  • FOUILLOY, Chirurgien-major "Nomenclature des Objets d'histoire naturelle recueillis, préparés et conservés par les soins de M. le Docteur FOUILLOY, Chirurgien-major de la flûte LE GOLO,, commandée par M. le Baron de MACKAU, Capitaine de frégate, et déposés dans le cabinet du Jardin royal des plantes à Brest " in  Annales maritimes et coloniales 1819 pages 720-727.
  • HECKEL, Edouard  "Etude sur le Gorille du Musée de Brest." Revue d'Anthrop., 1876, t. V., pp. 1-20, pl. i. 45. ou - Paris : E. Leroux, 1876, 20 p. (Édouard Marie Heckel est un botaniste et un médecin français, né le 24 mars 1843 à Toulon et mort le 20 janvier 1916 à Marseille ) 
  • HUET  "Nomenclature des objets d'histoire naturelle recueillis, préparés et conservés par les soins de M. le Dr Huet, chirurgien- major de la frégate la Cybèle commandée par M. de Kergariou, capitaine de vaisseau, et déposés dans le cabinet du Jardin royal des plantes à Brest", in  Annales maritimes et coloniales: publiées avec l'approbation du ministre 1819, pages 39-45.
  • JACQUEMIN Sylviane, L'exploration des collections d'objets d'Océanie, OCIM, PDF http://doc.ocim.fr/LO/LO060/LO.60(5)-pp.23-27.pdf

  • KAN (Anne-Gaelle), Le jardin botanique deBrest au XVIIIe (1694-1820) thèse sous la direction de Sylviane Llinares. Publié  en 2000. 1 vol. (120 f.) : ill. en noir et en coul. ; 30 cm + 1 CD-Rom
  • LAURENT (Charles), Médecin-Général, « Les Musées de l'Hôpital Maritime de Brest », Les Cahiers de l'Iroise 10ème année n°2, 1963 p. 87-91.
  • LAVONDÉS ( Anne) Les collections ethnographiques de l'Hôpital militaire de Brest  Paris : Musée de l'Homme 1978. (Anne Lavondès est ethnologue, ingénieur de recherche ORSTOM et ancienne conservatrice du Musée de Tahiti et des Îles).
  • LESSON René-Primevère, chirurgien de marine à Rochefort , Manuel de taxidermie à l'usage des marins, Annales maritimes et coloniales, vol.2, Paris 1819 pp 47-63.
  • LEVOT (Prosper) Histoire de la ville et du port de Brest, vol. 1 : La ville et le port jusqu'en 1681, Brest, 1864, 387 p.
  • LEVOT (Prosper)Histoire de la ville et du port de Brest, vol. 2 : Le port depuis 1681, Brest, 1865, 387 p.
  • ROUSSEL Claude-Youenn, GALLOZZI Arièle Jardins botaniques de la marine en France : mémoires du chef-jardinier de Brest Antoine Laurent (1744-1820); avec la participation d'Yves-Marie Allain, Olivier Corre et Yannick Romieux ; préfaces de Pascale Heurtel et Catherine Junges ; reportage photographique original d'Hervé Ronné [Spézet] : Coop Breizh, impr. 2004 1 vol. (315 p.) : ill. en noir et en coul., couv. et jaquette ill. en coul. ; 30 cm.
  • VINCENT Pharmacien de marine, : " NOTE sur divers objets d'histoire naturelle, apportés récemment au Jardin royal des plantes à Brest". Annales maritimes et coloniales année 1817 pp 317-319.
  • Instruction pour les voyageurs et employés des colonies sur la manière de recueillir, de conserver et d'envoyer les objets d'histoire naturelle; Annales maritimes et coloniales vol.3, 1818pp 634-672.
  • Instruction sur les moyens de préparer et de conserver les objets d'histoire naturelle à envoyer au Cabinet du Roi à Paris, Annales maritimes et coloniales vol.3, 1818 pp 673-679.
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Published by jean-yves cordier
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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 19:00

 

Desseins et dessins de l'ancien Jardin botanique de l'hôpital de la marine (1694-1944) à Brest.


 

       Le dessin d'un jardin dépend d'abord de sa fonction, qu'il reflète. Puis il dépend des concepts et des modes de son époque. Les fonctions successives ou simultanées de l'ancien Jardin botanique de la marine à Brest, ces concepts et ces modes vont inscrire dans son architecture des empreintes, évidentes ou non, qu'il est encore possible de lire lorsqu'on parcourt le jardin actuel. Cette recherche des traces en rend la visite aussi palpitante qu'un jeu de piste.

  — La première fonction fut économique : la production de plantes médicinales, par les soins des Frères de la Charité et Sœurs de la Sagesse.

— La seconde fonction fut scientifique : l'enseignement de la botanique, liée au nom de Chardon de Courcelles, le premier directeur de l'École de chirurgie.

— La troisième fonction fut aussi scientifique : la collection et l'acclimatation de plantes en collaboration avec le Jardin des Plantes, liée aux noms de Antoine Laurent, jardinier-chef à Brest, et André Thouin, jardinier-chef à Paris.

— La quatrième fonction fut une surprise, car elle est liée à l'Art : art paysager qui fait son apparition en 1835 dans ce temple de la Rigueur militaire, médicale et scientifique, sous forme d'un Belvédère coiffé d'un kiosque. Un nom apparaît en filigrane, celui de Gabriel Thouin, le frère d'André Thouin.

  

 


  1. Jardin des simples, jardin d'apothicaire : à partir de 1694, la Nécessité.

   Le jardin de l'hôpital maritime de Brest fut d'abord un jardin des Simples, donc un jardin destiné à la production d'une centaine de plantes médicinales : il devait être découpé en carrés ; on lui demandera de renfermer les plantes médicinales usuelles, telles qu'elles seront plus tard énumérées dans les Codex. On le comprend, ces carrés de culture vont refléter le savoir médical, et se modifier au gré des découvertes. Ils s'inspirait donc des premiers jardins médicinaux médiévaux. 

  •   "Au début du IXe siècle, le jardin idéal de l'abbaye médiévale est codifiée par le plan de l'abbaye de Saint-Gall. Outre l'espace réservé au jardin du cloître, le plan différencie trois jardins : le jardin des simples, le potager, le verger. Les jardins des simples sont structurés en carré et les allées bien dégagées facilitent l'accès aux plantes pour la cueillette et l'entretien. Les plates-bandes sont rectangulaires et divisés en damiers. Ces damiers ont plusieurs avantages, ils réchauffent le terre beaucoup plus vite et protègent une grande partie des racines l'hiver ; de plus, à la manière des paillis, ils maintiennent l'humidité du sol." (Site Le Jardin des simples,  Conseil Général Val de Marne.)

  Ce jardin répond à la nécessité : développement du Port, mais surtout, arrivée régulière massive d'escadres débarquant des milliers ou dizaines de milliers de matelots et soldats malades et dénutris dans une région touchée par les disettes. Cet afflux provoque à son tour dans la population (à l'échelle de la ville ; du Léon ; et de toute la Bretagne) des épidémies dramatiques, telles que la "Maladie de Brest", typhus de 1741 (escadre du Marquis d'Antin) et l'épidémie du siècle en 1758 (escadre de Dubois de la Mothe). Typhus, typhoïde, dysenterie, scorbut, voilà les pathologies auxquelles les médecins ou plutôt chirurgiens, recrutés à la hâte de toute la région, doivent faire face, associant aux saignées des applications externes (cataplasmes, onguents, etc.) et des administrations internes (tisanes, loocks, lavements) de drogues contenant, à 80%, des plantes.

  A la fin du XVIIIe siècle, grâce notamment aux mesures d'hygiène et d'alimentation des gens de mer, ces épidémies se firent plus rares et moins importantes, cette fonction de production de plante devint moins cruciale. Lorsque, au cours du XIXe siècle, les médicaments cesseront d'être produits localement, et de faire majoritairement aux plantes, cette fonction cessera.

  Cette fonction productive place le jardin à l'intérieur d'un système qui comporte :

  • l'obtention de graines ou de plants : donc des
  • liens et échanges avec le Jardin des Plantes (à Paris) et avec son jardinier-chef ; liens avec les autres jardiniers ; liens avec les capitaines ou chirurgiens des navires.
  • des cueillettes et récoltes en milieu naturel.
  • une apothicairerie, lieu de transformation des plantes et d'élaboration des remèdes (avec son matériel : pilerie et ses mortiers, chaudron, alambics, verrerie diverses)
  • un droguier, lieu de conservation des bocaux de remèdes.
  • une bibliothèque renfermant des ouvrages descriptifs des plantes (Flore médicale), des herbiers, des ouvrages descriptifs de l'usage des plantes et des recettes (Matière médicale), des Formulaires et un/le Codex.
  • On y ajoutera un certain nombre de cabanes, de baraques, de fosses, pour le fumier, les terreaux, les engrais, le remisage des outils et arrosoirs, tuteurs et échelles. Un document de 1850 signale par exemple que le jardinier Paugam en avait installé contre le mur extérieur du jardin. 

  Ces plantes, et les remèdes élaborés par les apothicaires, n'étaient pas seulement destinées à l'hôpital. Au contraire, une part importante servait à composer les "coffres de mer" la pharmacie de bord des vaisseaux de la marine pour ce que l'on nommait "le service à la mer". En outre, l'hôpital fournissait aussi la population locale.

   Toutes les plantes médicinales ne venaient pas du jardin, et certaines étaient récoltées dans la nature. Ainsi le règlement du Directoire concernant les jardiniers herboristes, en 1832, mentionne : "Article 1er : Il sera affecté au service général de la pharmacie un jardinier destiné à entretenir le jardin des plantes usuelles, à parcourir la campagne pour y ramasser celles qu'une grande consommation ne permet pas de cultiver dans le dit jardin". (Roussel et Gallozzi p. 271).

  On oublie trop que ces jardins des hôpitaux étaient aussi des jardins-potagers, chargés d'approvisionner la soupe et le repas des malades. A Brest, le jardin fut longtemps tenu par les Frères de la Charité. Sous le ministre Berryer, les religieux eurent même la charge complète du jardin botanique, mais devant le mécontentement général, Choiseul rendit le Jardin aux soins du Jardiniers-chef et de ses garçons-jardiniers. Les Frères de la Charité, dirigés par un Père Prieur, s'occupèrent pourtant de l'Hôpital Saint-Louis jusqu'à la Révolution.

  Le plan de 1867 montre encore un Jardin des Sœurs : depuis 1687, les Filles ou Sœurs de la Sagesse (congrégation fondée par Grignon de Monfort en 1716, maison principale à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée)  avaient obtenu  le service de l'hôpital (débat 1790) ; elles étaient 44 en 1794, qui avaient refusé de prêter serment ; ce sont elles qui assurèrent le service du nouvel hôpital Clermont-Tonnerre, comme elles furent aussi chargées en 1817 de l'hôpital maritime de Toulon, de celui de Lorient, et comme elle composèrent le personnel infirmier de l'île de Trébéron, le lazaret de Brest. Elles furent expulsées de l'hôpital maritime en 1903. Elles occupaient des fonctions importantes, comme Sœur Eugénie (Marie Hervy), qui fut chargée en 1790 de la pharmacie de l'hôpital avant de devenir la Supérieure des Sœurs qui desservaient l'hôpital de Rochefort.

  

      Combien de plantes médicinales sont-elles  nécessaires ?

Le jardins des simples de l'abbaye de Saint-Gall, archetype du jardin abbatial, en contenait 33. Charlemagne, par le Cartulaire de Willis, imposait aux domaines royaux la culture de 94 plantes, dont 73 herbacées, 16 arbres fruitiers, 5 plantes textiles et tinctoriales.

 Sur les 33 plantes des jardins de Saint-Gall, 32 sont validées par le Cartulaire de Willis.

 33 plantes médiévales :

Absinthe, Artemisia absinthum

Aneth odorant Anethum graveolens.

Artichaut Cynara scolymus. Bérigoule.

Bardane Arctium lappa. Parduna

Camomille Chamaemelum nobile. Camomèle, Camomiole odorante

Carvi, Carum carvi, Careium

Cerfeuil Anthriscus cerefolium

Chardon de Marie, Sylibum marianum .

Ciboulette, Allium schoenoprasum, Civette, petite ciboule.

Concombre cornichon, Cucumis sativus, Cucumère.

Coriandre, Coriandrum sativum.

Echalotte, Allium ascalonicum.

Estragon Artemisia dracunculus. (Dragantea, Dragon, targon, serpentine)

Fenouil bronzé, Foeniculum vulgare.

Fenugrec Trigonella foenum-graecum.

Garance, Rubia tinctorum.

Houblon humulus lupulus.

Hyssope, Hysopus officinialis.

Lin, Linum usitatissimum.

Menthe coq, balsamita major.

Menthe pouliot, Mentha pulegium.

Menthe verte, Mentha viridis.

Moutarde blanche, Sinapis alba.

Oseille, Rumex acetosa.

Panais, Pastinaca sativa.

Pastel Isatis tinctoria.

Persil, Petroselinum crispum.

Romarin Rosmarinus officinalis.

Roquette Eruca sativa.

Santoline petit cyprès Santolina chamaecyparissus.

Sauge officinale Salvia officinalis.

Sauge sclarée Salvia sclarea.

Souci Calendula officinalis.

Le jardin des simples  (des remèdes simples, composés d'une seule drogue, par opposition aux remèdes composés) de Brest de 1694-1738 comprend une centaine de plantes. En 1771, il cultive 200 plantes indigènes environ. On doit avoir là le nombre de ce que les médecins appellent alors les "plantes usuelles", dont ils usent pour traiter les malades. Mais ce nombre ne comporte-t-il pas déjà des plantes potagères (certainement) et des plantes ornementales? Comment connaître le nombre de plantes nécessaires pour traiter la plupart des maladies courantes ? En consultant les livres de remèdes ? En examinant l'inventaire des coffres de bord ? Mais certains remèdes ne sont pas fabriqués sur place, et font appel à des plantes étrangères à la Bretagne, ou au Royaume. Dans le coffre de mer du navire corsaire la Sirène,  dont A. Corre donne la composition, on trouve 87 produits, mais les "Drogues simples"  ne sont que 27, et, parmi celles-ci, rares sont les plantes indigènes.

Drogues simples du coffre de mer de La Sirène (je note Br. pour les plantes qui me semblent de production locale):

  • Graine de lin Br
  • Manne fine
  • Quinquina
  • Rhubarbe fine choisie Br ?
  • Réglisse et, plus loin, Suc de Réglisse Br
  • Safran fin
  • Squine
  • Saxafras
  • Gayac rapé,
  • Semences froides Br
  • Semen-contra
  • Senné
  • Sucre candy blanc
  • Tamarin du Levant
  • Thérebentine
  • Camphre
  • Capillaire du Canada
  • Amandes douces
  • Rappure de corne de cerf
  • Rappure d'yvoire
  • Jalap en poudre,
  • Mercure crud
  • Casse en bâton
  • Poudre résolutive
  • Huile d'anis
  • Huile de girofle.

Les coffres embarqués pour l'expédition de La Pérouse en 1785, La Boussole et l'Astrolabe, ont été conçus et fabriqués par l'apothicairerie de Brest. Ils comprenaient 61 drogues simples. 

 Sous l'impulsion du jardinier Laurent, le nombre d'espèces va passer, en 1825, à 1019, soit 3250 plantes (Roussel et Gallozzi) : ce chiffre n'est plus représentatif des plantes médicinales et comporte (2ème et 3ème fonction) des plantes de collection, exotiques, d'intérêt botanique.

  Les jardins médicinaux du Moyen-Âge comprenaient une quarantaine de plantes différentes. Pour répondre, avec mes petits moyens, à ma question, je vais estimer que le jardin médicinal a besoin au XVIIIe siècle de moins d'une centaine d'espèces pour soigner les malades des hôpitaux et remplir les coffres de médicaments des navires. J'attends les commentaires plus avertis.


  Cette première fonction (production de plantes médicinales et production potagère) a pu s'opposer à celles imposées par l'enseignement, ou la constitution de collections. Ainsi, lorsque le premier médecin Pépin reçut, en 1742, les graines nécessaires au développement du Jardin, il se plaignit d'y trouver "beaucoup de graines et plantes plus curieuses qu'utiles". Ce passage de l'Utilité à la Curiosité fut celui de la transition entre la première fonction, et la seconde.

  A défaut de plans, on peut imaginer ce premier jardin des simples ressemblant à l'actuel Jardin médicinal de l'Abbaye de Daoulas. 

jardin-abbaye 9807c

 

  Cette première fonction est productive, économique, exigeant un travail manuel et des soins. Elle sera le lot (ce que j'argumenterait dans un autre article) des Frères et Sœurs. Il me semble qu'une dichotomie va s'établir entre cette activité de Tâche et de Soin, qui va rester liée au Religieux, et les activités suivantes, qui seront, elles, du domaine du Médical en particulier, de la Science en général, liée au mouvement des Lumières, à la laïcité, ou à l'influence, très forte à Brest, des Francs-Maçons. Une meilleure connaissance de l'histoire de l'hôpital et de son jardin montrerait peut-être qu'une division s'était établie entre le Jardin des Sœurs, productif, et le Jardin botanique, scientifique (alors qu'on oublie souvent l'existence du premier pour considérer que le jardin botanique cumulait toutes les fonctions.

 

 

 

  

 2. Jardin botanique, jardin d'École : 1742-1890, l'avènement de la Curiosité et de la Science.


  La seconde vocation du jardin apparut lors de la création de l'École de chirurgie navale de Brest, en 1731. Tout en maintenant une activité de production de plantes médicinales, ce jardin servait au professeur de botanique à effectuer des démonstrations afin que les élèves apprennent la botanique (c'est-à-dire la majeure partie de la pharmacopée) plante en main. La disposition du jardin de l'École de Botanique devait refléter la systématisation des plantes, selon la doctrine alors en usage, et cette disposition devait changer si la doctrine changeait.

  A Paris, le Jardin des Plantes avait ainsi disposé les plantes de son École de botanique selon la classification de Pitton de Rochefort, décrite dans ses Éléments de botanique de 1694 ; puis cette École de botanique fût replantée en 1774 selon la méthode naturelle de Antoine-Laurent de Jussieu ; en 1824, René Louiche Desfontaines fait replanter entièrement le jardin, et en 1842, Alphonse Brongniart suit sa propre Méthode riche de 296 familles.

  Mais les jardins de la Marine (Rochefort, Brest, Toulon) furent d'abord organisés selon les principes de Pitton de Tournefort, avant d'adopter la systématique du système sexuel de Linné ( selon le nombre et la disposition des étamines et du pistil) en 1798. On voit ainsi apparaître sur les plans du jardin de 1767 une École de Linné.

  A Rochefort le premier directeur de l'École de chirurgie, Cochon-Dupuy, avait choisi de classer les espèces selon leur propriétés médicinales (Y. Romieux).

Là encore, cette fonction place le jardin à l'intérieur d'un système cohérent :

  • bibliothèque contenant les cours de botanique de l'enseignant, lorsqu'il les a publié ; et les ouvrages scientifiques de botanique et de systématisation : les 3 volumes des Éléments de botanique ou méthode pour connaître les plantes de Pitton de Tournefort (1694), Systema naturae et Species plantarum de Linné (1753) ; et, comme pour la fonction précédente, les Matière médicales (de Nicolas Lémery, de Tournefort, Traité de Matière médicale de Geoffroy surtout puisque c'est De Courcelles, le directeur de l'École qui l'a édité en 1741, les Formules pharmaceutiques de Chardon de Courcelles, l'Abrégé de Maistral (1770), etc...).
  • Comme pour la fonction précédente, Apothicairerie et surtout Droguier où les élèves voient, à travers des flacons transparents, l'apparence ou la consistance, l'odeur et les caractéristiques des drogues enseignées.
  • Collections anatomiques et phrénologiques.
  • collections d'instruments de chirurgie.

 Comme la collecte des plantes médicinales, leur étude ne se limitait pas au périmètre du jardin, et des sorties botaniques étaient organisées aux alentours comme le signale Chardon de Courcelles en 1763 : lors du cours de botanique, dont il était chargé, "Je ne le bornais pas uniquement à démontrer tous les étés des plantes usuelles dans le jardin botanique. Quand le temps et mes occupations le permettaient, je faisais encore des herborisations à la campagne pour apprendre aux jeunes chirurgiens à reconnaître les plantes dans toutes sortes d' états" 

  Le déroulement de cet enseignement est décrit par le règlement du 30 janvier 1740 :

 " art.12 [Le premier médecin] fera dans le printemps les démonstrations des plantes usuelles dans le jardin de l'hôpital, et il en expliquera les vertus aux seconds, et élèves qui seront tenus d'y assister".

 Ces dispositions sont reprises par le nouveau règlement du 1er mars 1768 , qui reprend dans son article 8  l'article précédent mais ajoute : 

 " Titre 9 : Dans une chambre attenante au jardin ou dans une salle de l'École, il leur fera pareillement la démonstration de toutes les drogues simples exotiques dont il aura soin de faire une collection, il en expliquera les propriétés dans les maladies tant internes qu'externes, la manière d'en faire usage, la préférence que mérite les unes, les précautions qu'exigent les autres ; il indiquera pareillement leurs différentes combinaisons et préparatoires."

 Cette fonction prit fin en 1890, lorsque l'École de médecine navale fut transférée à Bordeaux ; mais déjà, la suprématie de la chimie sur les plantes dans la pharmacopée faisait passer au second plan l'enseignement de la botanique dans les études de médecine. 

 


3. Jardin d'acclimatation, jardin de colonisation: 1750-1920.

  La troisième fonction des jardins de la marine est de réussir à faire pousser et à faire se reproduire les plantes qui sont récoltées par les capitaines, les savants ou les chirurgiens des vaisseaux du roi, ou de la Compagnie des Indes, ou des expéditions d'exploration. Les buts sont multiples : accroître la pharmacopée ; disposer de nouveaux fruits (fraisier, caféier, mûrier, ...); enrichir la flore d'agrément de nos parcs et jardins ; satisfaire l'ambition scientifique d'inventaire des espèces botaniques existantes, etc...

  Lorsque le jardinier Antoine Laurent adresse au Jardin des Plantes ses listes des plantes qui manquent au jardin botanique de Brest, raisonne-t-il comme un collectionneur, ou bien songe-t-il seulement aux demandes que lui font les pharmaciens ou les chirurgiens ?

A cette troisième fonction peut s'ajouter la mission d'enseigner aux élèves chirurgiens, pharmaciens et médecins de marine comment collecter, pendant leurs explorations maritimes, les plantes, mais aussi tout objet de connaissance susceptible d'intéresser les savants ; et non seulement de collecter ces objets, mais de les naturaliser (animaux), de les maintenir (plantes), de les préserver de la sécheresse de la pourriture ou des insectes (graines), de les étiqueter, d'assurer leur transport. Mais, avant tout, de savoir percevoir leur intérêt pour la science. 

Là encore, le jardin botanique n'est qu'un élément d'un système cohérent, qui associe :

  • le Jardin des Plantes de Paris, qui reçoit les plantes une fois acclimatées, ou qui envoie au contraire au jardinier les plants manquant à ses collections.
  • Les capitaines de vaisseaux, soumis par décret royal à l'obligation de déposer dans les jardins des hôpitaux maritimes les plants ramenés de leurs navigations,
  • les serres et orangeries.
  • les bâches, couches froides, etc..
  • Une ménagerie (bien spécifiée sur le plan de 1867) et, plus tard, une cobayerie encore active dans les années 1960. 
  • Un Musée d'Histoire naturelle et ses collections de zoologie, minéralogie, ethnologie.
  • Une bibliothèque rassemblant autour des ouvrages de botanique ceux de zoologie (herpétologie, entomologie, conchyliologie) de géologie et d'ethnologie, et réunissant les diverses Relations de voyage de découverte, ainsi que les collections des bulletins des Sociétés savantes.
  • l'enseignement lui-même, avec ses cours de botanique et d'histoire naturelle.

4. Jardin microcosme : après la Nécessité et la Curiosité, le Symbolique et l'Art 1835-1944.

Tout jardin est, ou peut être, une représentation symbolique du monde, une mise en scène des représentations mentales que l'homme se fait, alors, du monde qu'il habite. C'est, comme la source où Narcisse se mire, son miroir. Et, sans cette fonction, une part importante de nos jardins  échappe à notre compréhension. Références aux quatre éléments, au Continents, références à un lieu utopique de l'Eden ou du Paradis, références à une mission d'appropriation de la Nature, thèmes religieux ou scientistes, thèmes  de la Franc-maçonnerie (très influente à Brest), thèmes militaires, etc...

  On pouvait penser que dans le jardin botanique de Brest, les missions médicinales et botaniques seraient si prégnantes qu'elles occulteraient ce dernier aspect : ma surprise est de découvrir que, précisément, il n'en est rien. Il faudrait lire  la partition des carrés et leur prédominance sur les cercles,  la circulation de l'eau, la présence des escaliers comme couloirs d'initiation, les chiffres et les rythmes, le jeu du centre et de la périphérie organisé par des rayons, l'opposition de l'ombre et de la lumière, de l'humide et du sec, etc...

   Mais s'il faudrait apprendre à le lire dans les premiers dessins du jardin de Brest, c'est dans son dernier achèvement, dessiné lors de la création de l'hôpital Clermont-Tonnerre en 1825-1835, qu'il apparaît avec le plus d'évidence : dans cet hôpital conçu de façon parfaitement rationnelle, par des polytechniciens, le jardin contient une Butte-labyrinthe coiffée d'un kiosque, butte à laquelle on ne peut trouver aucune justification rationnelle. Dans cet hôpital dicté par la technocratie et voué au Progrès de la Médecine, de l'Hygiène et des Découvertes, un espace sommital mais inutile vient se poser en Temple. Je développerai ce point en fin d'article, par un paragraphe consacré au Belvédère.

4 bis. Fonction d'affiliation.

  Le jardin de Brest se place en situation de filiation par rapport au Jardin des Plantes : il a été ensemencé, à sa création puis à plusieurs reprises par les graines procurées par les jardiniers parisiens. Le Belvédère, précisément et avec certitude, honore et célèbre cette filiation. Saurions-nous lire d'autres signaux d'allégeance?

4ter Fonction d'Exposition.

   Jardin-vitrine pour la population brestoise, faisant valoir les capacités de son jardinier, mais aussi les compétences exceptionnelles de l'ensemble des pharmaciens, chirurgiens et médecins de la marine en matière d'Histoire naturelle.

5. Un jardin sans fonction ? : l'"espace vert" de l'Hôpital Inter-armées, 1985-2010.

  Le bombardement américain de 1944 vint anéantir un jardin qui avait déjà perdu ses fonctions principales de production pharmaceutique, d'enseignement botanique, d'acclimatation des espèces exotiques, et d'animation d'une communauté. Dés lors, il perdit son nom de Jardin Botanique, nom que reprit, dans le vallon du Stang Alar, le Conservatoire. Il n'eut même plus de nom du tout, et cette anomie témoigne de la dissolution de ses rôles. Même sa fonction de parc d'agrément pour les brestois disparut, de même que celle de promenade et de détente pour les malades, tant ses espaces verts étaient désormais insoupçonnables derrière des haies-écrans.

  Il set donc urgent, pour peu que l'on soit attaché à la mémoire d'une ville, de lui donner un nouveau nom, et une nouvelle fonction. J'ai proposé le nom de Jardin maritime Antoine Laurent, et sa fonction évidente est celle de témoignage des aventures médicales, pharmaceutiques, botaniques et d'exploration maritime du Port de Brest.

 

LA LECTURE DES PLANS : DESSINS ET DESSEINS.

   

1. Le Plan de 1749.

On y voit un grand parterre en quinconce ponctué d'arbustes (en pots), et des plates-bandes. 


DSCN3543c

 

 

2. Le plan de 1750.

A  : Remparts de la ville. 

E. Rue de l'Hôpital.

K. Réfectoire des chirurgiens, Buanderie, Boulangerie.

L. Cuisine.

N : Amphithéâtre.

O. S... de démonstration.

P. Emplacement du projet (d'augmentation de l'hôpital)

S. Maison que...démolie

H. Entrée de l'Hôpital.

Y. Jardin loué par le roy pour les plantes us[uelles] de l'hôpital.

On voit que le jardin médicinal  (Y) s'adosse (au nord-ouest) aux remparts.

DSCN3549c

 

 


2. Le plan de 1783.

A.N mar /B2 429.

On y lit les ensembles et les  inscriptions suivantes :

—en haut à droite : "ancien jardin appartenant au sieur Le Bris du Rumain et consorts", de 20 toises de large. C'est une parcelle où s'alignent deux rangées de treize plate-bandes rectangulaires .

— en dessous, dans ce qui apparaît comme une cour en contrebas du jardin précédent (on y accède par un escalier), intégré dans des bâtiments désignés par les lettres B, C, D, E, F : Jardin au sieur Le Bris du Rumain et consorts affermé au sieur Leyrot". Il s'agit de deux parterres grossièrement carrés et divisés en un carré central et quatre plates-bandes périphériques. Des arbres symbolisés sont indiqués à chaque angle de ces parterres.

— en haut et à gauche, délimité par un bâtiment A à gauche, un ensemble globalement trapézoïdal de trente toises de large indiqué "Nouveau jardin de botanique appartenant au sieur Listand". Il se compose de quatre sous-ensembles dont deux sont divisés en plate-bandes rectangulaires, l'un comporte des carrés (deux groupes de 12 carrés et deux bandes) évoquant les carrés médicinaux des jardins de simple, et l'un enfin est dessiné "à la française" autour d'un bassin ou d'un rond central, comme un jardin d'agrément.


II. Le plan-relief de 1813.

(Musée des Plans-reliefs des Invalides, photo Ph; Carlet in Roussel et Gallozzi 2004 p. 316).

 On voit bien la façade de la maison qui sert de logis au jardinier Laurent, et qui donne sur la rue de l'Hôpital de marine, future Rue de la Mairie d'avant-guerre ; on visualise mieux l'étagement des terrasses ; je retrouve aussi la rampe qui monte depuis la rue de l'hôpital vers le jardin (actuellement dans la cour Crevaux) ; mais je suis surpris par les nombreux autres bâtiments que je n'identifie pas sur les plans.

plan-relief-hopital-marine-brest-1813-detail.jpg


      III. Le plan de 1829. (laboratoire de cartographie Bordeaux III, Marie-Thérèse Cloitre, Atlas des villes de France)

 

DSCN3516c

 

Ce plan ne renseigne que sur les deux terrasses supérieures :

La terrasse supérieure est divisée géométriquement en trois espaces rectangulaires ou trapézoïdal. La butte-labyrinthe n'est pas visible.

La terrasse intermédiaire est centrée par un grand parterre carré divisé par quatre allées en huit triangles ("quinconce"). De chaque coté, deux parterres  sont partagés en quatre plate-bandes rectangulaires.


Plan de masse vers 1825, S.H.M. Brest in Roussel et Gallozzi 2004 p. 268.

 Il s'agit d'un projet (Plan général du projet de l'hôpital à construire) et il montre :

—la terrasse inférieure est centrée par le bassin. Une allée centrale mène du logement du jardinier vers l'escalier donnant accès aux terrasses hautes. Quatre autres allées découpent le parterre en divisions géométriques.

— la terrasse intermédiaire : laissée en blanc

— la terrasse supérieure centrée à sa base inférieure par un hémicycle, le futur bassin-rocaille.

 Il est conforme à ce que nous allons découvrir sur le plan de 1867, hormis le belvédère, qui n'y est pas représenté.



 

III. Plan de 1867 par A. Lefevre.

  C'est le plan le plus précis

 

 


plan hôpital marine brest 1866

 

plan-hopital-marine-brest-1866-detail-copie-1.jpg

 

On distingue du sud au nord (de bas en haut sur le plan) quatre ensembles principaux :

— Un jardin d'Eté, à droite de la maison du jardinier ; à sa droite un petit Jardin de l'aumônier.

— la terrasse inférieure centrée par un bassin , et divisé en deux parterres. Mention Ecole Botanique. En haut à gauche, sous les Serres, deux rectangles marqués Bache ("les plants qui lèvent sont repiqués en pots, sous une bâche, à l'exposition du sud-est; on les habitue peu à peu à l'action de l'air et du soleil". Le bâchage est "une technique de semi-forçage permettant de recouvrir les plantes à plats sous une bâche semi-perméable", complémentaire des serres.)

— Séparée de la précédente par un escalier, la terrasse intermédiaire plus petite, divisée en deux parterres, avec la même mention Ecole Botanique. Le bord interne du parterre gauche est frangé par un dessin sinueux pouvant correspondre à un ruisseau ?

— La terrasse supérieure est centrée, en bas, par un dessin en hémicycle. A l'extrême droite, un parterre rectangulaire est mentionné Plantes médicinales. Au centre, dans un dessin " à l'anglaise", sinueux, l'Ecole de Linnée. Au dessus, d'autres massifs sinueux. Le plan montre aussi le belvédère et son "labyrinthe" en colimaçon.

A droite, une Ménagerie. En juin 1825 et jusqu'en septembre1827, le Jardin reçut en transit de Toulon avant de les faire parvenir au Jardin des Plantes, des alpagas . La Société Impériale d'Acclimatation, lorsqu'elle reçoit des animaux de vaisseaux qui font relâche à Brest, les confie au Jardin botanique en attendant de les convoyer à Paris : un lama ou Guanaco sauvage femelle en 1859, 3 poules de Macao en 1860, etc....

— En haut et à gauche, le grand Jardin des Sœurs, et ses quatre allées convergeant vers un bassin ou plate-bande ronde. Deux parterres sont divisés en éléments ovalaires ou irréguliers.


Les différents plans urbains de Brest (L. Magado 1855 ; G. Hérodote 1901 ) ne donnent que la forme globalement trapézoïdale du jardin et sa découpe en trois terrasses et un espace ouest correspondant au Jardin des Sœurs.

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La Butte-labyrinthe et le dessin du jardin de 1835 .

 

  Nous venons de découvrir le plan le plus précis et le plus récent, celui de 1867. Il est possible, comme le suggère le chapitre Forme et symbolique du jardin de 1773 à 1820 de l'ouvrage de référence de Roussel et Gallozzi Les Jardins Botaniques de la marine,  d'en faire une lecture plus symbolique de ses volumes et de ses axes de circulation.

   En effet, le jardin possède un axe principal parallèle à ce qui est alors la rue du Jardin botanique, orienté Nord-est/Sud-ouest selon l'inclinaison de sa pente . Il est aussi divisé par des murs transversaux en trois terrasses. 

  En partant de son sommet, on traverse successivement :

  • Le belvédère.
  • Une rocaille en demi-lune, échancrant une longue muraille de granit pourvue de deux escaliers latéraux. Une fontaine y libère l'eau qui va s'écouler, traversant le jardin jusqu'au bassin de la terrasse inférieure.
  • L' allée centrale de le deuxième terrasse, parallèle sans-doute à un canal, et  entourée de deux parterres;
  • Un nouveau mur de soutènement, centré par un grand escalier encadré de beaux pieds-droits de granit de l'Aber-Ildut 
  • La terrasse inférieure, avec son bassin d'eau, cercle centrant une étoile d'allées divergentes dessinant dix parterres.
  • La maison de maître, en U.
  • A gauche, la cour Crevaux, où l'eau issue de la rocaille termine son cheminement en jaillissant de la bouche d'un Faune.

Cette description est celle du plan. Dans la réalité, il faut y ajouter, rompant la symétrie excessive  car lassante du dessin, les grands arbres centenaires venant des quatre continents, portant sur leur tronc un écriteau ; et sur ce titulus peint en vert-jardin, l'identification de l'arbre vénérable, en lettres d'imprimerie où l'italique souligne le  nom scientifique. Et puis le réseau capricieux des allées, où se disposent de nombreux bancs publics aux formes désuètes. Et enfin, pour faire plus vrai, la pluie.

 

Archives municipales de Brest.

 le-parc-de-l-hopital-archive.jpg

 

     jardin-maritime-brest-archives.jpg 

 

 

Mais qu'importe. Dans tout ce que nous avons vu, tout  possède sa fonction, son utilité, son rôle. 

  Tout, sauf cet étrange belvédère (qui ne procure aucun point-de-vue) isolé au sommet, et qui resterait inexpliqué si nous n'apprenions qu'il est sinon la copie, du moins à rapprocher de la butte belvédère ou Butte du Labyrinthe du jardin des Plantes.

Première piste : le Belvédère du Jardin de Brest, copie de celui du Jardin des Plantes.

      L'un des points remarquables du Jardin des Plantes de Paris, créé en 1635 est son "Labyrinthe", éminence naturelle et complétée, pour le Petit Labyrinthe,  au XVIe siècle  par l'accumulation de gravats calcaires provenant de l'élargissement des rue des faubourgs de la capitale. De son sommet, on voyait Paris et sa campagne à plus de sept lieues à la ronde. Colbert y fit arracher les vignes de la "butte Coypeau", mais lorsque Buffon arriva en 1739 au Jardin du Roi, la butte, que l'on surnommait "Le Labyrinthe", n'était qu'une promenade plantée d'arbres verts mais qui n'offrait aucun agrément, était d'accès difficile et qui fut négligé ; puis des rampes furent construites pour en descendre, des allées sablées furent tracées, et son sol sec favorisa les végétations méditerranéennes : cèdres, pins, érables, ifs.

 En 1788, Edmé Verniquet érigea un kiosque en l'honneur de Buffon à son sommet. C'était un édifice de 4,21 m de diamètre, 8,10 m de haut, exécuté en fer revêtu de cuivre, fabriqué par le serrurier du jardin, Vincent Mille. Huit fers de lance servirent de piliers et supportèrent un couronnement pyramidal. Dans la frise de la corniche fut inscrit Dum lumine et calore sol mundum vivificat, Ludovicus XVI, sapientia et justitia, huminitate et munificencia, undique radiat, MDCCLXXXVI. "pendant que la lumière et la chaleur du soleil donne la vie au monde, la sagesse et la justice, l'humanité  et la munificence de Louis XVI rayonnent de toutes parts, 1786" .La corniche fut surmontée d'un amortissement avec panneaux en mosaïque à jour, puis d'une lanterne composée de petites colonnes avec arcades dont la frise de corniche portait l'inscription Horas non numero nisi serenas ("Je ne compte que les heures sans nuages").

 Au sommet, une sphère armillaire était posée sur un piédouche : dans cette sphère fut placé un mécanisme destiné à sonner midi : un marteau frappait douze coups sur un tambour de cuivre, s'il était mis en mouvement par un contre-poids...lâché par la rupture d'un fil de crin...brûlée par le foyer d'une loupe posée sur l'amortissement de la première corniche. On remplaçait le crin chaque jour. On devait ce savant mécanisme à Edme Régnier, ingénieur de Saumur-en-Auxois.

  Pour le cas où le soleil boudait, on compléta le dispositif par "deux mortiers tirant au méridien".

(Source : Jeanne Pronteau, L'œuvre architecturale d'Edme Verniquet, 1976) .

 On apprend encore que "précédant de 60 ans les œuvres de Victor Baltard, et de plus d'un siècle les réalisations de Gustave Eiffel, la « Gloriette de Buffon » est l'un des plus anciens édifices métalliques au monde. Constitué d'une armature de fer de très haute qualité fabriquée dans les forges de Buffon lui-même, à Montbard, le kiosque comportait des superstructures et des décorations de bronze, cuivre, plomb et or. Malheureusement, l'association des différents métaux transformèrent la structure en une pile polymétallique, et certains éléments se dégradèrent rapidement par électrolyse. Restauré au début des années 80, l'édifice a retrouvé son aspect originel, à l'exception du gong solaire." http://www.jardindesplantes.net/un-jardin-botanique/le-labyrinthe

  Sur ses pentes fut planté en 1734 le premier cèdre du Liban introduit en France par Bernard de Jussieu, et toujours vivant. 

  Notons bien que l'appellation de Labyrinthe ne recouvre en rien une réalité de dédales de sentiers ou de haies destinés, comme dans le parc de Versailles, à égarer le visiteur ou à susciter les jeux amoureux. C'est ici une butte, avec des allées, mais sans dédale. Le terme approprié est Belvédère, de l'italien bel vedere, bien voir, caractérisant un pavillon-point de vue, qui servaient de repos lors d'une promenade et où on jouissait d'une perspective avantageuse. En 1839, un auteur pouvait écrire : "Le Labyrinthe, autrefois très à la mode, et aujourd'hui presque totalement abandonné, peut cependant convenir aux jardins paysagers et symétriques. On le forme également dans le bois, le bocage et le bosquet . Par le moyen de sentiers ou d'allées ingénieusement tracées, se mêlant et s'entre-croisant de mille manières, on embarrasse le promeneur, on l'inquiète, et souvent on le fait revenir sur ses pas, lorsqu'il croyait toujours avancer pour arriver à un but qu'il cherchait (ordinairement une fabrique).[...] Nous ne donnons pas d'exemples de labyrinthes modernes, parce que nous n'en connaissons point, même au Jardin des Plantes de Paris, où l'on appelle encore labyrinthe une butte où, depuis plus de soixante ans, il n'y a plus de labyrinthe" (Traité de la composition et de l'ornement des jardins, avec cent soixante et une planches 1839 p. 97.)

 

 

Le cèdre du Labyrinthe, par Jean-Baptiste Hilair (1794) - Gallica :

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Le belvédère dans le Labyrinthe du Jardin des Plantes au XVIIIe siècle - Gallica :

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Le kiosque, actuellement : 

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   En lisant la description de ce Belvédère, construit alors qu'André Thouin était Jardinier-chef et le bras droit de Buffon, et si on pense aux très nombreuses lettres que celui-ci a reçu et a écrit à Antoine Laurent, lui-même Jardinier-chef de jardin de Brest, on imagine immédiatement que la Butte du Jardin botanique de Brest, et son kiosque à son sommet, ont été commandités par Laurent alors qu'il était en poste, c'est-à-dire jusqu'à sa mort en 1820 : de même que le Kiosque parisien était un hommage à Buffon, celui de Brest rendait hommage au Jardin des Plantes (qui l'avait ensemencé dès sa création) et à André Thouin, et scellait une amitié et des relations épistolaires très solides.

  Mais.

— André Thouin est mort en 1824.

— Antoine Laurent est mort en 1820.

— Le plan-relief de 1813 ne montre pas cette Butte-labyrinthe. Le Belvédère n'apparaît que (je ne l'ai pour l'instant retrouvé que) sur le plan de 1867. Mon hypothèse est qu'il a été conçu lors de la construction du nouvel hôpital Clermont-Tonnerre, et donc imaginé entre 1825 et 1835. 

Il est donc nécessaire d'explorer une autre piste.


Deuxième piste : le Belvédère, élément de l'Art des jardins. 

  Si André Thouin était Jardinier, son frère Gabriel Thouin (1747-1829) était paysagiste, et auteur d'un ouvrage qui parut en 1820, juste avant la planification du nouvel hôpital et de son nouveau jardin : les Plans raisonnés de toutes les espèces de jardins par Gabriel Thouin, cultivateur et architecte de jardins. Ce livre est dédié à son frère, avec qui il avait collaboré pendant cinquante ans. (Nul doute que Antoine Laurent ait eu avec lui les mêmes liens d'amitié professionnelle qu'avec André)

  La caractéristique du nouveau jardin de Brest (plan-projet de 1825 et plan de 1867) est d'opposer au dessin rectangulaire des terrasses moyenne et inférieure le dessin toute en sinuosité de la terrasse supérieure et de sa butte. 

  C'est, précisément, la caractéristique du style d'André Thouin, marqué par "les cheminements sinueux en larges méandres, les croisées de chemin irrégulières ou en fourche, le projet conçu à l'échelle de tout le paysage, les combinaison d'édifices techniques avec les constructions pré-existantes, le recours aux plantes exotiques" (Wikipédia)

 En outre, ses Plans raisonnés sont riches en exemples de kiosques ou gloriettes, pagodes, et clochetons.

  Je laisse le lecteur consulter l'article Wikipédia sur Gabriel Thouin ou les Plans raisonnés disponibles en ligne sur Gallica (mais c'est la première édition, monochrome), ou l'édition proposée sur le site de l'INHA. 

                                              220px-Gabriel_Thouin-_jardins1.jpg


Je peux aussi signaler le belvédère des Buttes-Chaumont, jardin créé en 1865-67 par Barillet-Deschamps : ( L'art des jardins / traité général de la composition des parcs et jardins 1879; par Édouard André, gallica) dont le sentier en colimaçon se rapproche de celui de Brest.

belvedere-Buttes-Chaumont.png

 

 

  Je propose donc de voir dans le Belvédère du Jardin botanique de Brest (qui porta, au XIX et XXe siècle, comme il porte encore, le nom de Labyrinthe) une trace historiquement précieuse de l'Art des jardins des années 1820-1860 et notamment, du style de Gabriel Thouin. Le kiosque qu'il porta jusqu'aux bombardements de 1944 apparaît comme une référence directe à celui du Jardin des Plantes, et à son jardinier André Thouin. Pour nous, qui connaissons les liens étroits établis entre les frères Thouin et les jardiniers de Brest Antoine Laurent puis Paugam, ce belvédère célèbre aussi ces deux jardiniers. 

  Au delà de ces références jardinières, c'est, par cette recherche de Point de vue dominant, un symbole du Siècle des Lumières (dont les médecins et pharmaciens brestois du XIXe siècle furent les fils, dans leur lutte passionnée pour le progrès des sciences naturelles, de l'hygiène et de la santé) et, bien plus largement par ce passage de la ligne droite à la ligne sinueuse, l'annonce d'un autre paradigme, où la remise en cause des certitudes ethnocentriques inaugura l'ouverture au Divers et à l'Autre d'un Segalen.

  Le Jardin des Plantes a su honorer la mémoire de Buffon et de Thouin en restaurant la gloriette parisienne. Fanc'h Le Hir a suggéré de placer un nouveau kiosque au sommet du belvédère brestois. Les enjeux sont tout, sauf anecdotiques.


Sources et liens :

ALLAIN (Yves-Marie), Une Histoire des Jardins Botaniques: Entre Science et Art Paysager , ed. Quae 2012.

ROUSSEL (Claude-Youenn) GALLOZZI (Arièle) , Jardins botaniques de la Marine en France – Mémoires du chef-jardinier de Brest Antoine Laurent (1744-1820), Spézet Coop Breizh, 2004.  

THOUIN (Gabriel), Plans raisonnés de toutes les espèces de jardins par Gabriel Thouin,cultivateur et architecte de jardins, Paris, 1820, 1 vol. 56 pages, 57 planches monochromes ; 46 cm : bibliothèque de l'INHA NUM FOL KO 86. http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/13114-plans-raisonnes-de-toutes-les-especes-de-jardins/ (3ème édition de 1838 avec 58 planches en couleurs) (Réédité chez Tchou en 2006 avec une préface de Michel Conan)

 

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