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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 17:45

Le vitrail de l'Arbre de Jessé (vers 1530, Le Sodec) en baie 0 de l'église Notre-Dame de Confort-Meilars.

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Voir dans ce blog :

 

Liste des 225 articles de ce blog décrivant les vitraux.

LES ARBRES DE JESSÉ

 

En Bretagne, selon l'ordre chronologique:

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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Voir sur cette église de Confort-Meilars :

 

 

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PRÉSENTATION.

La maîtresse-vitre de  Notre-Dame de Confort mesure 4,30 m de haut et 1,70 m de large et dispose de  3 lancettes de six panneaux, —que je désigne de gauche à droite par A, B, C, et de bas en haut de 1 à 4, —  et d'un tympan à 3 ajours. Elle a été murée sur la hauteur d'un panneau en sa partie inférieure.

Elle est consacrée à  un Arbre de Jessé  ; un autre vitrail est consacré à la Vie de Jésus (avec une date :1554), et un troisième présente deux panneaux d'une Résurrection incomplète.

 

 

  Malgré sa proximité avec celui de Kerfeunteun à Quimper datant d'environ 1520, cet Arbre de Jessé est bien différent par une composition en dix-huit panneaux clairement structurés, chacun présentant un personnage pour former un ensemble de cases bien lisibles. On découvre de bas en haut et de gauche à droite les  donateurs et Jessé, puis les douze Rois de Juda, pour culminer avec la Vierge, le Christ et Saint Jean. Les douze Rois sont : Ezechias, David, Joram, Salomon, Acham, Joatan, Roboam, Ozias, Assa, Josaphat, Abia et  Manassé.

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Sachant que le chœur à trois pans de l'église a été édifié en 1528 par donation d'Alain de Rosmadec et de son épouse, et que les donateurs figurent sur le bas du vitrail, les auteurs des Vitraux de Bretagne pour le Corpus Vitrearum la datent de 1530 (Gatouillat et Hérold). Roger Barrié avait proposé la date de 1550.

On y reconnaît le style de l'atelier quimpérois des Le Sodec.

Je l'ai décrit une première fois en 2011. C'était alors, après la verrière de l'église de Kerfeuteun à Quimper,  ma deuxième description d'une série sur les Arbres de Jessé qui s'est amplifiée depuis. Je reprends ma description avec de nouvelles photos et un texte actualisé.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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  La verrière a subi une restauration, jugée "absurde" par Abgrall puis J.J. Grüber, en 1840 par le vitrier-peintre quimpérois  Cassaigne, qui en a détruit le bel ordonnancement, et c'est Jean-Pierre Le Bihan, restaurateur de vitraux à Quimper, qui a du lui rendre une cohérence en 1995 : tous les détails peuvent se trouver ici : 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-16659536.html

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  J'en retiens que les panneaux A2 et A6 (Ezechias et la Vierge) sont l'oeuvre de l'atelier Le Bihan.

  Pendant la dernière guerre, comme beaucoup de vitraux des églises de France (mais, selon Jean Lafond, trop peu d'églises en Normandie), ces verrières ont été démontées et mises à l'abri en 1939 et replacées en 1951.

  Elles ont été examinées par Roger Barrié dans le cadre de sa thèse parue en 1978; le même auteur a procédé avec Claude Quillivic à son évaluation pour l'inventaire général 1981. Dans le cadre de cet inventaire, une datation a été proposée : 1540 pour les verrières latérales, 1550 pour l'Arbre de Jessé. 

 Protection juridique : La verrière est classée au titre d'objet à la date du 10 11 1906.

 

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SOURCES D'INTÉRÊT.

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Cette verrière offre de très nombreuses sources d'intérêt :

— historique et héraldique : par la présence d'Alain de Rosmadec et Jeanne du Chastel. Relation avec les autres commandes de ce couple, comme la verrière  de Pont-Croix, portant les mêmes portraits de donateurs.

— stylistique  illustrant l'art de l'atelier quimpérois de Le Sodec, très présent en Finistère au XVIe siècle.

— technique pour l'art du vitrail : emploi  du jaune d'argent (déjà ancien), du verre rouge doublé et gravé, et de la sanguine. Des vues rapprochées des visages permettront cette étude.

— technique, pour les techniques de restauration des vitraux (suppression des plombs de casse au profit d'un collage bout à bout).

— histoire du vêtement : présence de crevés (ou taillades) propres aux règnes de François Ier et de Henri II, confirmant une datation vers 1530. Voir Cast, Conversion de saint Hubert vers 1525.

— Représentation des personnages bibliques avec indication codée de leur appartenance hébraïque : barbes longues, bonnet conique, franges, glands de passementerie.

— Iconographie des Arbres de Jessé. Je renvoie à la liste des articles de mon blog. Nous avons ici un schéma en chandelier à trois branches culminant par un Calvaire, comme à Quimper (Kerfeuten, 1520) et Le Faouët (Saint-Fiacre ) .

— Inscriptions des galons des vêtements dans la peinture, que ce soit la peinture au chevalet, l'enluminure ou la peinture sur verre : ces inscriptions le plus souvent dénuées de sens mentionnent parfois des oraisons (comme ici l'incipit du Pater), parfois le nom du personnage, mais de nombreux auteurs ont cédés à la tentation d'y voir des signatures, quitte à modifier les séquences de lettre. L'histoire de cet usage d'inscriptions décoratives dépourvues de sens reste, à ma connaissance, à écrire dans la Peinture du XV et XVIe siècle. Pourtant, un pseudo peintre-verrier "R. de Loubes" est toujours validé comme auteur de ce vitrail par le site Pop-culture!

Je reprendrai quelques thèmes en fin d'article.

 

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PRÉSENTATION PANNEAU PAR PANNEAU DE BAS EN HAUT.

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Registre inférieur : Jérémie, Jessé et Isaïe ; les donateurs.

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Cinq personnages sont placés sur une même scène, sous une grande tente ou un dais dont les deux prophètes Jérémie et Isaïe tiennent les coins, découvrant ainsi Jessé endormi. Ce dais rouge aux mouchetures blanches et doublé de satin bleu réunit les trois panneaux. La partie basse est manquante.

La zone inférieure a été complétée en 1994. La tête du donateur a été complétée.

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 1°) Case A1: Alain de Rosmadec présenté par Jérémie.

 

 

 

 

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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  Le prophète Jérémie.

  C'est lui qui présente le donateur. Son nom n'est pas inscrit mais c'est habituellement lui qui, avec Isaïe, entoure Jessé . Il lève la main vers le sommet du vitrail pour montrer que c'est le Christ qui réalise la prophétie.

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  Inscriptions. 

  a) L'inscription principale est le phylactère où est écrit CREAVIT DEUS CELOM TERA

  Cela correspond à l'Incipit de la Vulgate, les premiers mots latins de la Bible qui débute par Genèse, 1, 1 : In principio creavit Deus caelum et terram, au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

Pourquoi cette citation ? Sans-doute pour souligner que le Christ du registre supérieur vient accomplir non seulement la prophétie d'Isaïe présentée sur le phylactère de gauche, mais la totalité de l'Ancien Testament depuis le début des Temps.

  J'admire la calligraphie aux lettres capitales très variables de forme, de taille ou d'inclinaison mais qui réalisent un ensemble très équilibré et élégant.

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b) On trouve aussi sur l'épaule et les manches de Jérémie les lettres suivantes : 

-MNOE avec N rétrograde

- VdICREN, avec d en onciale, N rétrograde. On voudrait y trouver un sens...Judiciem... cela ne donne rien.

- NoRI, avec un O en forme de 9, un N rétrograde. 

- M MNIB . NORI. N avec N rétrogrades. J'essaye Numinibus, pluriel datif de nomen, inis, la puissance agissante d'un dieu.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le donateur Alain de Rosmadec.

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   Le donateur, qu'on imagine agenouillé puisqu'on ne voit que la partie supérieure, les mains jointes, est Alain II de Rosmadec (18 août 1508-30 janvier 1560), d'une famille originaire de Telgruc, en presqu'île de Crozon avant d'obtenir la prééminence sur Pont-Croix, et que les guerziou (chansons populaires bretonnes) ont fait rentrer dans la mythologie bretonne en les présentant comme descendant des anciens rois de Bretagne; une des familles les plus illustres de la région par les fonctions occupées par ses membres et par leurs constructions à Quimper, Pont-Croix, Landudec et Confort, ou par ses alliances avec les grandes familles:

  "Alain, sire de Rosmadec, II du nom, de Tyvarlan, de Pont-Coix, baron de Molac, de La Chapelle, et de Sérent, vicomte de Bignan, maréchal de camp aux armées du roi en Bretagne, capitaine d'une compagnie de gens d'armes, de la noblesse et de la côtes de Basse-Bretagne. 

    Étant demeuré mineur à la mort de son père, sa mère lui servit de tutrice.

    L'an 1528, il épousa Jeanne du Chastel, fille aînée de feu Tanguy, sire du Chastel, de Poulmic, de Leslein, de Kersalio, et de Marie dame du Juch, du Mur, de Coëtivy, et de Kersimon, laquelle dame eut pour partage la terre et châtellenie de Kerlourenan, maison qui à eu ses seigneurs particuliers et chevaliers anciens. 

    L'an 1532, il assista parmi les barons aux États tenu en la ville de Vannes, où le duché de Bretagne fut uni à la couronne de France à la requête des États de ladite province, et ensuite il se trouva à Rennes, à l'entrée de François dauphin, et y porta le second bâton de poile, ainsi qu'il lui appartenait le droit héréditaire, comme seigneur de Molac. 

    L'an 1539, en la réformation de la coutume de Bretagne, il fut le premier député en l'ordre de la noblesse de la part des États, pour l'assemblée avec des commissaires du roi. 

    Il rendit son aveu au roi, qui se trouve en la chambre de comtes en date du 4 avril 1541. Il exerça l'Office de Maréchal de Camp en l'armée du roi en Bretagne, commandée par Monsieur le duc d'Étampes, gouverneur dudit pays l'an 1543. 

    Dame Jeanne de La Chapelle était décédée l'an 1544, Henry fils aîné du roi dauphin de Viennois, et duc de Bretagne, lui fit don de rachat en considération de ses services, par lettres données au Camp de Viennes le 10 octobre audit an.     

    Il mourut le 30 janvier l'an 1560 et fut déposé dans le tombeau des seigneur de Molac, en la chapelle de Notre-Dame de Lermain en la paroisse de Molac."

    Il eut 6 enfants :

-Tanguy de Rosmadec, dont le fils Sébastien II de Rosmadec ( 1566-1613) reçut le titre de marquis, et fit bâtir le fameux marquisat de Pont-Croix, l'actuel musée du patrimoine

- Marc,

- Claude,

-Marie,

- Louise,

- Jeanne.

  Signalons deux évêques, Bertrand de Rosmadec (1417-1455)  évêque de Quimper et bâtisseur de la cathédrale (c'est un demi-frère de Jean Ier, ancêtre de notre Alain II ) et Sébastien de Rosmadec, évêque de Vannes de 1624 à 1646, issu d'un Jean de Rosmadec seigneur de Plessis-Josso.

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Il s'agit d'un des plus beaux visages peints des vitraux du Finistère. Il associe une coloration en lavis d'une sanguine brun clair, avec des traits fins de sanguine plus sombre, et de traits blancs qui procèdent d'un "enlevé" par la pointe du manche du pinceau.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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   Les armoiries portées par Alain de Rosmadec :

Le donateur est vêtu comme un gentilhomme de la Renaissance : en 1528 (le mariage avec Jeanne du Chastel a lieu le 8 mai 1528, et la chapelle dédicacée en août 1528), sous François Ier, 3 ans après le désastre de Pavie et la captivité du roi en Espagne, la mode est au port de la barbe, aux cols qui commencent à présenter à la place du décolleté de François Ier en 1525 une fraise dont les godrons restent encore discrets, un pourpoint court, et les crevés viennent fendre les belles étoffes, les brocarts, les velours et les soies pour faire apparaître la lingerie sous-jacente. Ce sont les Rois qui, comme des Rois de carte à jouer, vont nous présenter la mode Renaissance.

  Alain porte un corselet de cuirasse et des pièces d'armure protégeant les avant-bras, mais cette tenue militaire est recouverte d'une tunique légère (en soie ?) dont les couleurs ne sont autres que celles de son blason : étudions-les.

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  Les Rosmadec "portent palé d'argent et d'azur de six pièces", c'est à dire que leur blason est fait de trois bandes verticales blanches (argent) alternant avec trois bandes bleues (azur). Leur devise est : "BON ESPOIR".

  Alain porte ces armoiries, mais en débutant par l'azur de la manche, soit un palé d'azur et d'argent. Elles sont associées à un lion blanc  dressé sur ses pattes sur fond bleu : traduit en terme d'héraldique, il porte "d'azur au lion d'argent rampant". La langue est de la même couleur que le corps, il n'est donc pas "lampassé". 

  Le sire de Juch porte d'azur au lion d'argent, lampassé et armé de gueules (aux griffes rouges), ce ne sont donc pas ses armes, bien que Jeanne du Chastel soit de cette Maison.

  En 1406, ces armes avaient été partagées après un accord entre le sire du Juch et Jean de Rosmadec qui dut se contenter en signe de juveigneurie du Juch de porter "d'azur au lion d'argent morné", c'est-à-dire dépourvu de griffes, de langue et parfois de queue. Le juveigneur est, dans la noblesse bretonne, un cadet sans distinction d'ordre de naissance ; les armes plaines sont réservées au chef de famille, et les armes brisées (incomplètes), au cadet.

  Ce sont ces armes, devenues celles de Pont-Croix qui apparaissent dans le blason de Sébastien de Rosmadec :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_S%C3%A9bastien_de_Rosmadec.svg

  Mais ici, Alain de Rosmadec porte un lion qui n'est pas "morné" du tout, mais doté d'une belle langue et d'une belle queue.

  Comme il est sire de Pont-Croix, je penche pourtant pour y voir les armoiries correspondantes à son titre, au prix d'une erreur du dessinateur du carton du vitrail.

  C'est, avec son épouse, le commanditaire de ce vitrail, ce qui veut dire que c'est eux qui ont choisi ce thème ; l'arbre de Jessé de l'église de la Sainte-Trinité à Kerfeunten a été réalisé en 1525-1530, et Alain de Rosmadec et Jeanne de Chastel, mariés en 1528, ont fait construire l'église de Confort en la même année de 1528 : le thème choisi pour Kerfeunten les a obligatoirement influencé.

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Les mêmes armoiries se voient dans la verrière sud de l'église de Pont-Croix, où le couple avait financé la modification du chœur. Mais c'est un palé d'argent et d'azur (si on intègre la manche dans le blasonnement) , plus correct, qui s'y voit sur le donateur.

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La baie 10 (vers 1530 ; v. 1544 ; v.1560) de la chapelle du Rosaire de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix. Photo lavieb-aile

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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2°) Case B1 : Jessé songeant, assis sous un pavillon.

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Présence de verre rouge gravé. Zone inférieure complétée.

 

 

S'est-il assoupi alors qu'il lisait une lecture pieuse à la rubrique D enluminée ? Mais non, bien-sûr : il songe, et c'est de ce songe que va naître sa vision prophétique d'une lignée royale. Il est déjà vieux, la barbe chenue, les mains ridées, mais ses traits sont sereins.

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  Il me semble que ce qu'il porte autour du cou, avec des rayures noires et blanches  est un talith, un châle de prière muni de franges (tsitsits), vêtement rituel pour la prière juive du matin. Il vient peut-être de lire Nombres, 15, 37-41 : "Et l'Eternel dit à Moïse : parles aux enfant d'Israël et dis-leur qu'ils se fassent, de générations en générations, des tsitsits aux bords de leurs vêtements". Il pense à la transmission du culte générations après générations, et il se sent comme un vieux tronc d'olivier noueux et tors mais à la sève puissante, il sent ces générations futures monter de sa propre colonne et fructifier. Il est âgé mais sa foi est forte, elle lui survivra.

  Derrière lui, effectivement, le tronc de l'Arbre de Jessé s'élève. Il peut sentir ses enfants, petits-enfants et arrière-petits enfants jouer dans les branches à chat-perché sur des générations et des générations. Il les voit ; ils ont des tsitsits aux quatre coins du vêtement dont ils se couvrent. Pas de souci, il peut s'endormir.

Inscriptions :

-sur la manche : NOPV

- sur le drap vert du fond : AMN...HEd...IAR...ONC...MA...NO

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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3°) Case C1 : Jeanne de Chastel et Isaïe.

 

"Panneau bien conservé, déplacé en haut de la lancette gauche pour remplacer un roi dans le montage précédent, et lui-même remplacé par le fragment de Couronnement de la Vierge réutilisé en baie 3." (Gatouillat)

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le prophète Isaïe.

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Jeanne du Chastel est présentée par Isaïe. Le prophète tient le dais d'une main, tandis que l'autre désigne le ciel en un geste jumeau de celui de Jérémie. Mais quelque chose ne va pas, et une observation attentive constate que la main à l'index dressé est en supination excessive pour une main gauche dont le bras est croisé devant la poitrine ; et puis l'avant-bras est trop long. On pense à une inversion des morceaux d'un puzzle. Revenant à la case A1, je vois bien que la main gauche de Jérémie est en réalité une main droite (voir infra, case A3 la main gauche correcte de Salomon). Les auraient-on interverties ?

Inscriptions:

-sur le phylactère (la partie supérieure en case C2): EGREDIET VIRGAd ER (DICE) : IESSE / ISAIA : c'est la citation d'Isaïe, 11, 1 dans la traduction latine de la Bible ou Vulgate :

                             Et egredietur virga de radice

                             Et flos de radice ejus ascendet,

  Un rameau sortira de la bouche de Jessé, et un surgeon sortira de ses racines.

  On note le mélange de lettres capitales et d'onciales (e initial,d, g), l'inversion de deux S alors que celui d'ISAIA est conforme, l'équilibre de la calligraphie, et on observe que le phylactère est écrit à son endroit, et à son envers pour IESSE.

- sur les étoffes : néant

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

 

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  Jeanne de Chastel  est issue de la branche aînée de la Maison du Chastel, famille appartenant à la haute noblesse bretonne et occupant le deuxième rang de la hiérarchie nobiliaire après les Rohan. Établie autour du chateau de Trémazan en Landunvez, elle voit se succéder Tanneguy du Chastel I , Tanguy ou Tanneguy III (1370-1458), Tanguy IV, Tanguy V (+ 29/05/1477), mais aussi Tanguy du Chastel (+1521) le père de Jeanne :

  -son père :Tanguy du Chastel Seigneur du Chastel et du Ploumic, Leslein et Kersalio  épousa en troisième noce le 23 juin 1501  Marie du Juch. Les armes de la Maison du Chastel sont "fascié d'or et de gueules de six pièces", soit un blason alternant trois bandes verticales jaunes et trois rouges. La devise est Marc car Doué ( s'il plaît à Dieu), ou Da vad teui (tu verras bien), ou Vaillance du Chastel.

- sa mère : Marie, dame et baronne du Juch (1533), dame du Coëtivy, du Forestic, du Mur, du Menault, du Leslein, de Kersimon. Les armes de la Maison du Juch sont, nous l'avons vu, "d'azur au lion d'argent et lampassé de gueules"; leur devise est: La Non-pareille.

- sa fratrie : de cette union nacquit Guillaume du Chastel, Jeanne, Olivier qui fut recteur d'Argol (+1550), Prégent, René et Jacques seigneur du Juch.

  Ce qui me surprend, c'est de ne trouver aucune trace des armoiries de la donatrice. Elles devaient se trouver sur le panneau muré.

  J'admire sa robe damassée, sa chemise blanche à col montant, ses bijoux (collier, broche, bagues à tous les doigts), ses manches réalisées avec ce verre rouge gravé de la robe de Jessé.

 

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Nous la comparerons au panneau de la baie 10 de Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix, où elle porte ses armes :

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Jeanne du Chastel, baie 10 de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photo lavieb-aile.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Deuxième registre : les rois Ézéchias, David et Joram.

 

 

4°) Case A2 : Ezechias (Le Bihan, 1994).

 

  

 

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    J'apprécie beaucoup le travail de rénovation de l'atelier Le Bihan, mais ce panneau ne suscite pas l'émotion que je ressens devant l'oeuvre originale et ses mystères. Pas d'inscription, j'en profite pour écouter la belle histoire de la guérison miraculeuse du roi Ézechias. (Isaïe, 38 : 2-22)

   Car Ézechias, treizième roi de Juda fut un bon souverain, qui fit plaisir à son Eternel en chassant les idolâtres. Mais un jour, il tomba gravement malade, et il se tourna vers le mur, il appela Yahvé pour lui rappeler combien il avait été un bon et pieux serviteur. Et il pleura, tant et si bien que Yahvé lui fit dire : "j'ai vu tes larmes. Je vais te guérir ; dans trois jours tu monteras au Temple de Yahvé. J'ajouterai quinze années de ta vie. Voilà que je vais faire reculer l'ombre des degrés que le soleil a descendu sur les degrés de la chambre haute d'Achaz dix degrés en arrière."  

  Vous ne me croirez pas si je vous dis ce qui est pourtant l'exacte vérité : c'est que le soleil recula de dix degrés, sur les degrés qu'il avait descendu.

  Yahvé qui ne leva pas le petit doigt pour son serviteur Job et qui le laissa sur son fumier à gémir de douleur, voilà ce qu'il donna à Ézechias : quinze années gratuites!

  Je ne le regrette pas, car cela nous a valu ce cantique d'Ézechias, qui est admirable de poésie :

  Je disais : au midi de mes jours, je m'en vais

                  Aux portes du Shéol je serai gardé pour le reste de mes ans. 

Je disais : Je ne verrai pas Yahvé sur la terre des vivants

               Je n'aurai plus un regard pour personne parmi les habitants du monde.

Ma demeure est arrachée, jetée loin de moi, comme une tente de berger.

Comme un tisserand j'ai enroulé ma vie, il m'a séparé de ma chaîne.

Du point du jour jusqu'à la nuit tu m'as achevé.

J'ai crié jusqu'au matin ; comme un lion, c'est ainsi qu'il broie tous mes os,

du point du jour jusqu'à la nuit tu m'as achevé.

Comme l'hirondelle, je pépie, je gémis comme la colombe,

mes yeux faiblissent à regarder en haut. Seigneur, je suis accablé, viens à mon aide.

Comment parlerai-je et que lui dirai-je ? Car c'est lui qui agit. 

Je m'avancerai toutes mes années durant dans l'amertume de mon âme.

Le Seigneur est sur eux, ils vivent et tout ce qui est en eux est vie de son esprit.

Tu me guériras, fais-moi vivre.

Voilà que mon amertume se change en bien-être. C'est toi qui as préservé mon âme de la fosse du néant, tu as jeté derrière toi tous mes péchés.

Ce n'est pas le  shéol qui te loue, ni la mort qui te célèbre. Ils n'espèrent plus en ta fidélité, ceux qui descendent dans la fosse.

Le vivant, le vivant lui seul te loue, comme moi aujourd'hui. Le père à ses fils fait connaître ta fidélité.

Yahvé, viens à mon aide et nous ferons résonner nos harpes tous les jours de notre vie dans le Temple de Yahvé." 

   C'est beau, non ? avec l' hirondelle et la colombe qui gémissent,  avec la vie qui s'arrache comme une tente de berger, et le lion qui broie les os, c'est mieux qu'un psaume de David, nom d'un Yahvé, non?

   Et Yahvé fut de mon avis : il envoya Isaïe pour lui faire dire :"qu'on apporte un pain de figues, qu'on l'applique sur l'ulcère, et il vivra".

   Un pain de figues ! Sur l'ulcère ! Et il vivra !

 Alleluia !

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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5°) Case B2 : le roi David.

 

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On reconnaît le psalmiste à sa harpe.

Inscriptions :

DAVID : je note l'utilisation systématique de l'onciale pour la lettre D.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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6°) Case C2 : Le roi Joram.

 

  Il porte tous les attributs royaux : barbe, sceptre, collier, couronne, et un camail de verre gravé à mouchetures et à pois.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Inscriptions : Outre JORAM, on lit :

MOPUS RDILONBESNPVM(O).

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Cette inscription a fait couler plus d'encre que les précédentes, après que René Couffon se soit avisé qu'il s'agissait de la signature du maître-verrier quimpérois R. de Loubes, un artisan que l'on trouve mentionné dans tous les bons ouvrages, notamment le Dictionnaire des artistes et artisans de Bretagne de Yves-Pascal Castel, le Patrimoine Religieux de Bretagne, histoire et inventaire de Maurice Dilasser et Claude Berger (2006)  mais qui ne s'y trouve peut-être que parce que son nom a été découvert ici même. C'est ce nom qui est donné comme auteur du vitrail par R. Barrié dans l'Inventaire Régional de 1981 réf 29002964 après avoir relevé l'inscription "OPUS R. DE LOUBES". Dans un Bulletin de la Société d'archéologie de Bretagne de 1951, on signale l'existence au XVIIe d'un chanoine de Saint Corentin, la cathédrale de Quimper, portant le nom de J. de Loubes, présenté comme un possible descendant du maître-verrier. 

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  La mention se trouve publiée dans : René Couffon et Alfred Le Bars, Répertoire des églises du diocése de Quimper et de Léon, 1959, réédité après mise à jour en 1988 sous le titre Diocése de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles (p. 204 de cette édition).

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  Or il se trouve que Jean Pierre Le Bihan, qui a restauré le vitrail, a écrit en 2006 dans l'article de son blog intitulé "une famille de peintre vitriers cornouaillais du XVIème siècle" la note suivante :

  "inclure des initiales est chose fréquente chez les verriers. A Rouen, les frères Le Prince signant ILP pour Jean, ELP pour Engrand ou encore plus prés de chez nous, en plus des Le Sodec [voir : l'arbre de Jessé de Kerfeunteun] VI DI pour Vincent Desportes. Mais personne n'est à l'abri d'une erreur. Pour Notre-Dame de Confort en Meilars, Monsieur René Couffon donnait de Loubes comme auteur de l'arbre de Jessé. Une restauration postérieure révéla Raimondi Lombes".

  Tout me porte à croire que c'est Jean-Pierre Le Bihan lui-même qui a relevé ce nom et qui propose de lire Raimondi Lombes.

  Tout ceci me surprend, puisque je lis MOPUS et non OPUS (ouvrage, oeuvre), RdILONBESNPVM sans ponctuation permettant de lire la lettre R comme initiale d'un prénom, que la lettre qui suit le dILO est distinctement un N, et un N rétrograde comme tous les N de ce vitrail et non un U (comme dans Loubes) ni un M (comme dans Lombes). En outre, les lettres présentent de nombreuses anomalies, comme les lettres P en onciale, le D en onciale (ou minuscule) certes comme pour toutes les lettres D de ce vitrail, mais aussi le E proche d'un F, le second S inversé et qui s'apparente plutôt à un deux-points de ponctuation qu'à un S rétrograde, le V pointe en haut, comme si le diable carnavalesque de la dérision s'était déchaîné sur cette inscription.

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   Est-ce raisonnable de déterminer une signature sur ces éléments ?

  Si je reprends l'article que Jean-Pierre Le Bihan consacre à l'atelier Le Sodec, je lis qu'il peut attribuer à cet atelier quimpérois des œuvres reconnaissables par des particularités de style comme "une façon d'appréhender certains muscles comme celui au dessus du sourcil" , muscle très protubérant et marqué qu'il surnomme "à la banane" et qu'il a reconnu à Confort-Meilars, et par le traitement des veines des mains et des pieds en "graphisme losangé", graphisme qui m'a surpris en examinant en la case A2 les mains de Jessé.

  Plutôt que de considérer que l'auteur du vitrail est connu, le fait de renoncer à une attribution...contestable peut relancer les hypothèses et les rapprochements.

  Enfin, d'autres affirmations de René Couffon ne se sont pas trouvées confirmées, comme l'attribution de la Passion de La Martyre à Jost de Necker (voir : J.P. le Bihan, Jost de Necker, un mythe qui a la vie dure, 14 janvier 2009). Cela confirme la citation donnée en page de titre du Nouveau Répertoire des Eglises : "La science est faite d'erreurs patiemment corrigées" R. Couffon.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Troisième registre : les rois  Salomon, Acham et Joatan.

 

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7°) Case A3 : le roi Salomon.

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On remarque que l'inscription de son nom donne SALAMON (avec le N rétrograde).

 

Il porte le turban entourant un casque,  un camail gris-métal évoquant une cuirasse, une robe jaune damassée de motifs de feuillages, et ses manches roses à crevés portent les inscriptions PVSR à droite et MdVI à gauche.

  Sur son épaule, le pied botté  du roi Roboam conduit à l'inscription de la robe, MOPVR.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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8°) Case B3 : le roi Acham.

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Acham est une forme ancienne pour Achab, roi d'Isrël entre 874 et 863, c'est un roi impie que son épouse Jézabel détourne de Yavhé au profit du dieu cananéen Baal. Ce n'est donc pas un roi de Juda ( qui est alors Josaphat, qui part en guerre avec Achab contre Aram) et il n'a pas sa place dans la généalogie du Christ. Que lui vaut cette place centrale dans l'arbre ?

  Si on compare les rois du vitrail de Confort-Meilars et ceux de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Chartres, on constate que ceux sont les mêmes, hormis que c'est Achaz qui figure à Chartres : il est alors évident qu'il faut lire ici Achaz et non Acham ; la lettre M d'Acham est clairement inscrite, ce n'est pas une erreur de lecture, mais une faute de transcription à l'origine ou lors d'une restauration entre ce M et un Z. 

Il porte la barbe, un turban, un sceptre, et un collier à chaînon rectangulaire. Sa manche droite porte les lettres NOPI et PVRI, le V étant inversé pointe en bas.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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9°) Case C3 : le roi Joatan.

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Inscriptions:

  -JOATAN et son N rétrograde.

 - manche droite : PNRVO

 - manche gauche : NDMEO (ou , NdMEQ)

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Quatrième registre : les rois  Roboam, Ozias et Assa.

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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10°) Case A4 : le roi Roboam.

Inscriptions :

- épaule : N...ONDN

- écharpe : MOP

- Manche droite : PVRN et MITRIT

              gauche : NOBIV

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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11°) Case B4 : le roi Ozias.

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 Installé en position de "chevalier servant" sur un rameau de l'arbre, sous les pieds d'Abbia, il dispose des mêmes attributs que les autres, barbe, couronne, collier de chaîne, épée, sceptre, vêtements à crevés, mais il ne désigne pas le ciel du doigt, se contentant de lever les yeux d'un air pensif. On ne lit aucune lettre sur ses vêtements.

  Ozias, ou Osias, ou Azarias, fut le dixième roi de Juda de -783 à -740. Son règne fut aussi prospère que celui de Salomon et sa conduite, sous les admonestations du prophète Zacharie, fut pieuse et fidèle à Yahvé. Mais "lorsqu'il fut puissant, son cœur s'éleva pour le perdre. Il pécha contre l'Eternel, son Dieu, il entra dans le temple de l'Eternel pour brûler des parfums" (Second Livre des Chroniques, 26,16), ce qui était le privilège des prêtres : pour s'être emporté contre les sacrificateurs consacrés, il fut frappé au front de la lèpre;" il fut lépreux jusqu'au jour de sa mort, et il demeura dans une maison écartée comme lépreux." C'est son fils Jotham qui prit sa place à la tête de la maison du Roi.

  En regardant bien, on peut voir un anneau tuméfié rond à la racine du nez du visage d' Ozias ; c'est le remords qui le mord. On comprend son regard triste.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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12°) Case C4 : le roi Assa.

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Son étiquette le nomme en inversant les S. Ses vêtements sont prodigues en inscriptions, dont il garde le secret :

 - sur le camail rouge aux motifs blancs gravés, on lit : NE   et  NOMINID. On peut faire dériver ce nominid, attesté en latin au IIIème siècle, de nomenis, ou bien le rapprocher du MNIB trouvé en A1 ; qu'en faire? Les N sont rétrogrades, bien-sûr.

- sur la manche droite, MNEO, et sur la manche gauche ONBRVSO , qu'on peut rapprocher du latin umbrosa, la pénombre. Le N de MNEO est conforme, celui de ONBRVSO est rétrograde.

- sur le galon de la tunique, PATERNOS(T) ...NIBID, avec N rétrogrades et lettre d en onciale. Le premier élan est de lire le début du Pater Noster (qui es in caeli, sanctificetur nomen tuum), mais le NIBID ne s'y intègre pas.

  Assa ou Asa est le fils d'Abia, le petit fils de Roboam, et le père de Josaphat ; il a régné 41 ans, quarante-et-une année de bons et loyaux services auprès de l'Eternel son Dieu, sans un faux pli, sans un mouvement de colère ou de prétention pour l'entacher de la lèpre, rien que de louables persécution contre les hiérodules (un mot toujours plaisant à placer), de destruction des autels et stèles en l'honneur d' Ashera, de Baal, du soleil et de la lune et de toutes les figures de l'horoscope.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Cinquième registre : les rois  Josaphat, Abia et Manassé.

 

 

 

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13°) Case A5 : le roi Josaphat.

 

Inscription:

- JOSAPHAT, à noter le h en onciale.

- NOBI

- sur l'écharpe violette : PTER(M)18LDI

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14°) Case B5 : le roi Abia.

 

 La broche qui orne son chapeau est gravée sur verre rouge, ce qui est  un travail original avec les quatre pois qui l'encadrent.

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Inscriptions :

-ABIA et le deux point.

-sur le galon de la tunique : (O)IRANT BE (I)MODPES

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15°) Case C5 : le roi Manasses.

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Inscriptions :

-MANASSES et non Manassé.

- collier : NRM(IO)

- galon de tunique : C (inversé) ILONSO MD ANTOIH:IBIVOT, si j'interprète le S inversé et couché comme une ponctuation. Qui trouvera un verrier du nom d' Ilonso Antoine Ibiuot ?

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le sixième  registre : la Vierge, le Christ en croix et saint Jean.

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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16°) Case A6 : la Vierge.

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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17°)Case B6 : le Christ.

 

   Le titulus semble récent; le bras droit a du être restauré. Les anges de quatre couleurs sont les mêmes que ceux du vitrail de Kerfeunteun.

  On peut admirer le traitement en grisaille du visage, et l'emploi de la sanguine dans son indication idéale.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Il faut remarquer combien le peintre a soigneusement et abondamment montré le sang qui s'écoule des plaies des mains, des pieds, de la tête couronnée d'épines, et du flanc droit.

 

  Lors d'une visite, j'entendais une touriste (les autres visiteurs des sites sont toujours des touristes) demander à son mari si cette plaie signifiait que le cœur du Christ était placé à droite. " Sans-doute" répondit prudemment le conjoint.

  Précisons donc que cette plaie est conforme au texte de l'évangile de Jean 19, 31-34:

     Comme c'était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat - car ce sabbat était un grand jour-, demandèrent à Pilate qu'on leur brisât les jambes et qu'on les enlevât.

    Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui.

    Venus à Jésus, quand ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes.

   Mais l'un des soldats, de sa lance, lui perça le coté et il sortit aussitôt du sang et de l'eau.

   La tradition veut que ce coup de lance ait porté sur le flanc droit, elle dit aussi que le soldat se nommait Longin, que c'était un centurion, et qu'il se convertit.

  On peut remarquer aussi que la croix semble issue du tronc de Jessé, naissant comme sa branche maîtresse à la division de deux branches latérales.

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La peinture de cet écoulement sanguin ne relève pas d'une tendance morbide, mais d'une vénération des "Cinq Plaies" et d'un courant de méditation spirituelle sur le Sang du Christ, très répandu depuis le Moyen-Âge mais qui reste très important à la Renaissance en Finistère notamment pour les sculpteurs de calvaires.

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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18°) Case C6 : Saint Jean.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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  Il s'agit de Saint Jean l'Évangéliste, le disciple préféré de Jésus. On remarque qu'il est assis sur un rameau de l'arbre de Jessé.

Inscriptions:

- sur l'encolure du manteau : M...IPOI

- sur le galon du manteau :à droite : N..IIP.O...PIORHT: IRI.VOP..

                                       à gauche : NOV:RI ou NOVSRI

-sur le galon de la robe bleue : OSPRdEN.

Tout cela reste incompréhensible ; je remarque la similitude de la séquence ORTH : IRIVO avec celle de Manessé en case C5 : ANTOIH : IBIVO, avec le même H au graphique particulier.

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le tympan.

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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  19°) soufflet, ange à la lyre.

On constate que presque toute la peinture au jaune d'argent est partie.

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Le vitrail (ca 1530) de l'Arbre de Jessé de l'église de Confort-Meilars.

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20°) Tympan, ange avec luth.

 

  Là encore, le jaune d'argent n'a pas tenu, sauf pour la belle boucle d'or, peut-être gravée.

 

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile 2020.

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21°) Soufflet, élément central : cœur enflammé (1994).

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Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile .

Maîtresse-vitre (1530) de Notre-Dame de Confort. Photographie lavieb-aile .

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C . Une particularité technique: l'utilisation de verres gravés.

 

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  a) le verre rouge plaqué ; le vitrail gravé.

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Un vitrail est fabriqué par l'ajustement de verres blancs ou colorés, épais de 1,5 à 5 mm qui sont ensuite peints à l'aide de "grisaille" avant d'être associés entre eux au moyen de baguettes de plomb. Les verres colorés sont, ici, de 8 teintes : bleu-clair, bleu foncé, violet, vert pâle, jaune, rose et rouge.

  Le verre, un mélange de sable et de potasse auquel on ajoute depuis le Xe siècle de la chaux, est coloré par l'adjonction à la pâte de verre d'oxydes métalliques : sels de cobalt du "bleu de Chartres"; oxyde de cuivre pour le vert, le jaune ; oxyde de manganèse pour le pourpre, avec des teintes différentes selon la concentration et la température de cuisson. On obtient ainsi des verres teintés dans la masse. Le verre rouge est obtenu avec le protoxyde cuivrique, mais avec une teinte si foncée qu'il faut utiliser des verres très fins pour que la couleur soit suffisamment claire ; dés lors, ce verre est trop fragile, et on le plaque sur un verre transparent. En outre, ce verre rouge n'est pas coloré dans la masse. 

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   Si l'artiste veut faire figurer des détails de couleur qu'il ne peut peindre en grisaille, il doit découper un verre coloré et le sertir de plombs, ce qui représente un gros travail ; impossible d'écrire des lettres, ou de décorer un vêtement avec des motifs réguliers de cette façon.

  Pour palier à cette difficulté, les verriers eurent l'idée de décaper par abrasion la couleur rouge des verres plaquées pour créer des motifs transparents ; le verre est gravé au tour (dit encore  "à l'archet"),comme on le faisait pour graver le cristal de Bohème avec une roue dentée et un mélange huile-eau-abrasif pour réaliser des motifs : lignes droites, pois, formes géométriques.

  Si on en trouve les premiers exemples au début du XIVe, le verre rouge gravé ne devint répandu qu'à la fin du XVème siècle.

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  b) la peinture au "jaune d'argent".

  Au XIVe siècle, avant la "découverte" du verre rouge gravé, est apparu une nouvelle façon de colorer un verre blanc sans devoir découper et sertir de plomb une nouvelle pièce : l'application sur la face externe de la vitre  d'un "cément" de sulfure (ou de chlorure ou de nitrate) d'argent, en quantité si minime qu'on le mélange à de l'ocre pour faciliter l'application au pinceau, ocre qu'on retire après cuisson. Les sels d'argent réagissent chimiquement avec les composants du verre et donnent des teintes jaunes, orangé ou ambre si facilement qu'à partir de là, tous les personnages eurent tendance à être blonds ! Engrand le Prince est connu comme l'un des plus talentueux utilisateurs de ce jaune d'argent.

  Cette peinture, lorsqu'elle est appliquée sur le verre gravé, étend le registre de couleur des motifs gravés.

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c) L'article de Roger Barrié.

  En 1976, Roger Barrié (que nous retrouverons case C3) fait paraître Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIè siècle en Bretagne Occidentale, in Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, Tome 83, n°1, 35-44. Il y dresse la liste des verrières à verre gravé du Finistère, retrouvé en onze sites, dont l'église Notre-Dame de Confort à "Meilars". Étudiant les motifs gravés, il recense des liserés simples ou doubles, des pois, des fuseaux, des mouchetures, des carrés et des bonnets, et note à Confort l'emploi des mouchetures et les lignes. Il constate que le recours à la gravure survient lorsque le verrier veut souligner la "somptuosité" d'une scène : le thème des rois de Juda est l'occasion d'y recourir pour rendre compte du faste des costumes royaux.

  En conclusion, Roger Barrié écrit :" A partir de 1530-1540, les ateliers bretons ont usé avec succès de la gravure des verres doublés, surtout pour enrichir les effets colorés de leur production, bien qu'il faille reconnaître un certain épuisement à la fin du siècle" ..." la verrière de l'Arbre de Jessé à Confort fait sentir la limite du procédé[...] avec le risque de détruire la signification même de l'objet ou du personnage dans un éclaboussement de vibrations colorées", et cela d'autant plus que les verres gravés ont mieux vieillis que les verres peints et gardent une netteté gênante.

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d) ma visite à la recherche de ce rouge gravé :

   Il n'est pas nécessaire de rechercher longtemps ces verres rouges aux découpes rondes jaunes et blanches dont la régularité des bords signe le travail de gravure : je les retrouve sur 10 des 18 panneaux de la vitre maîtresse de Confort, sous le forme de mouchetures comme l'a vu R. Barié ( 5 panneaux) et  de liserés bordant les vêtements ( 7 exemples), mais aussi de pois (Joram, Manassé) et de fuseaux stylisant les "crevés" des costumes renaissance ( 4 exemples, David, Abia, Manassé et Josaphat), déployant donc toute la "grammaire" décrite par R. Barrié sur le Finistère. Ce sont tout-de-même les mouchetures qui prédominent, utilisées pour le grand dais qui réunit les trois panneaux du registre inférieur, pour la robe de Jessé, les manches de la donatrice, le camail de Joram, ou le manteau d'Acham.

  L'utilisation de la gravure pour dessiner des croisillons d'ornementation de manche et surtout pour tracer des inscriptions (NOBI sur Josaphat, NOMINID sur Assa) est plus originale.

  Enfin de nombreuses zones gravées ont été laissées blanches ( ou bien, comme l'indique R. Barié, la peinture n'a pas prise), mais certaines (manche et coiffure d'Abia) sont traitées au sulfure d'argent.

 

 

 

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gros-plans 3421c        gros-plans 3354c

 

 

gros-plans 3351c   gros-plans 3348c

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D. La peinture du verre : grisaille et sanguine.

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a) la technique :

Lorsque le verre n'est pas gravé ou coloré au jaune d'argent il est peint sur la face interne avec la "grisaille", peinture vitrifiable faite d'un mélange d'oxyde de fer ou de cuivre comme pigment, et de poudre de verre comme fondant qui sera provisoirement associé à un liquide (vin, vinaigre, urine) et un liant (gomme arabique) pour faciliter l'application au pinceau. Après cuisson à 650°, on obtient un résultat résistant et durable.

  Les techniques médièvales du vitrail ont été remarquablement décrites par un moine du XIIe siècle, Théophile, dans son Schedula diversum artum. Il explique dans ses chapitres 19  et 20 que chaque trait doit être exécuté en trois traits d'épaisseur et de valeurs différentes : prenons en exemple le sourcil, ou la lèvre, on effectuera un trait opaque principal avec la grisaille noire, le contour ; et deux traits avec un lavis plus ou moins foncé mais moins sombre que le trait de contour, pour les ombres et les demi-teintes, les modelés. C'est la technique des "trois couleurs pour les lumières du verre", complétée par des jeux de traits paralléles plus fins ou des hachures qui rendent le volume. Les contours sont tracés au pinceau aux poils longs et fins. Les modelés en lavis sont passés aux pinceaux aux poils courts et fournis nommés "putois" , voire en utilisant les poils de martre ou d'écureuil. 

    Au XV et XVIe siècle le travail des modelés évolue, et on passe un lavis uniforme qui, une fois égalisé en grandes plages au blaireau, va faire l'objet d'enlevage sur la grisaille juste sèche à l'aide de brosses dures en soies de porc, de pointes de métal, de bois ou de plume.

  Au XIVe siècle, on dispose de trois sortes de grisailles, noir, brun et sépia ; au XVe, en plus de grisailles rousses, rouges ou noires, des grisailles colorées sont disponibles, nommées "sanguines " et "couleur bois".

  Entre "grisaille" et "émail", les céments à base d'hématite (sanguine, du brun chaud au rouge vif) ou de peroxyde ou sulfate de fer ( jeancousin, du rosé au brun chaud) sont utilisés sous le nom de "carnation" pour réaliser les chairs des visages, le modelé d'une chevelure ou d'une barbe rousse, le volume des parties dénudées du corps, les mains.

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Joatan:

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Josaphat :

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gros-plans 3356c

gros-plans 3408cc

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Acham (Achab)

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gros-plans 3423c

 

David :

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gros-plans 3424c

 

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  L'ancêtre de tous : Jessé :

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gros-plans 3421c

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b) l'application au vitrail de Confort-Meilars :

  Le seul but de ces notes de mes lectures est d'étudier à leur lumière les visages des rois de Juda (et des prophètes) de l'Arbre de Jessé : d'y apprécier le travail de grisaille, la technique des trois traits de Théophile, les contours et les modelés, l'enlevage et l'utilisation des carnations:

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L'un des plus beaux visages, et l'une des barbes les plus rousses : celui de Salomon :

gros-plans 3357c

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  Superbe aussi : Assa :

gros-plans 3348c

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gros-plans 3356c

 

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Isaïe :

gros-plans 3353c

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Jérémie :

gros-plans 3358c

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Joram :

gros-plans 3351c

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Manessé :

gros-plans 3346c

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E. Les lettres rétrogrades ou inversées.

a) Sur les phylactères:

Douze noms de rois, et deux citations de la Bible sont visibles sur des rouleaux. L'un d'entre eux, Ezechias, est contemporain et sort de mon étude. Parmi les autres, toutes les lettres N et une partie des lettres S sont écrites "à l'envers" ou, plus justement, de façon rétrograde : soit trois N (Manassés, Joatan, Salomon) et 7 S ( Manassés, Assa, et Jessé dans la citation d'Isaïe).

   Le titulus de la croix du Christ porte INRI sans inversion du N, mais l'inscription semble récente.

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b) sur les vêtements :

Parmi les lettres inscrites sur les vêtements, tous les N (au nombre de 28) sont rétrogrades. Des V sont inscrits pointe vers le haut. 

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Le thème de l'arbre de Jessé.

  Je redonne ici, pour la commodité du lecteur, ce que j'ai déjà exposé dans mon article sur l'arbre de Jessé de Kerfeunteun à Quimper, avec lequel ce vitrail vient en comparaison : Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église de la Sainte-Trinité à Kerfeunteun :

voir aussi : L'arbre de Jessé de l'église Notre-Dame de Saint-Thégonnec.

             Ce thème iconographique de l'Occident chrétien médiéval se développe au XIe siècle ( il est habituel d'y voir l'influence de Suger) en la cathédrale Saint-Denis où un premier vitrail de 1144 sert de modèle à celui de la cathédrale de Chartres en 1145-1150. Le thème de l'arbre de Jessé devient populaire et se répand au XIIe siècle dans les verrières, les Bibles et Psautiers ou en sculpture, et ne déclinera qu'au XVIe siècle après la Contre-Réforme.

      Ce qui est l'ancêtre des arbres généalogiques est né de l'application d'une formule de l' Ancien Testament dans la bouche du prophète Esaîe (ou Isaïe) à la généalogie de Jésus dans les Évangiles. La phrase d'Esaïe est celle-ci (en latin puisque c'est ainsi qu'on l'a trouve inscrite sur les vitraux): Esaïe, 11, 1-2 et 11, 10.

      Egredietur virga de radice Jesse et flos de radice ejus ascendet.

     " Un rejeton sortira de la bouche de Jessé, un surgeon sortira  de ses racines.Sur lui reposera l'esprit de Yahvé, esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de Yahvé"

       " Ce jour-là, la racine de Jessé, qui se dresse comme un signal pour les peuples sera recherchée par  les nations et sa demeure sera glorieuse " (Bible de Jérusalem).

le texte latin de la Septante parle d'un Isaï, mais comme on peut confondre cet Isaï, le père de David, un berger ou éleveur ovin de Béthléem, avec le prophète Isaïe, le nom de Jessé, traduction grecque d'Isaï, a été préféré pour le désigner.

 Au IIe siècle Tertullien donna l'interprétation théologique suivante : "la branche qui sort de la racine, c'est Marie, qui descend de David. La fleur qui naît de la tige, c'est le fils de Marie."

  Dans les Évangiles, deux textes  proposent une généalogie de Jésus et détaillent par quelle filiation il est "fils de David, fils d'Abraham" : Matthieu I, 1-17 (soit l'incipit de l'Évangile de Matthieu), d'Abraham à Joseph, l'époux de Marie ; et Luc, III, 23-28, d'Adam à Joachim, père de Marie. Les généalogies sont donc  différentes et divergent à partir de David, Matthieu optant pour la descendance de l'un des fils de David, le roi Salomon alors que Luc choisit la descendance de Nathan, autre fils de David. 

  Matthieu faisant passer sa filiation par Joseph, cela posait un problème ardu aux théologiens, non pas parce que Joseph "ne connût point Marie", car le lien agnatique attribue la filiation à un enfant adopté, mais parce que cela donnait un rôle effacé à Marie, censée être "la fleur qui naît de la tige". Au Moyen-Age, le culte de Joseph est quasi inexistant, on ne rencontre ni toponyme, ni chapelle qui lui soient dédiés, pas d'avantage de représentations artistiques en dehors des Nativités qui n'apparaissent qu'au XIIIe siècle, il n'a pas de culte officiel avant le XVe siècle, est absent des prédications, et survit dans l'ombre de Marie jusqu'à ce que Gerson puis les franciscains lui donnent une place à part entière. Rien à voir avec le Saint Joseph chef de la Sainte Famille qui a été si honoré au XIXe et au XXe siècle, où tant de garçons ont été prénommés de son nom, et tant de filles baptisées Marie-Joseph ou  Joséphine, et sa fête le 19 janvier n'a été instituée qu'en 1480, pour ne devenir fête de précepte qu'en 1621. Absent ou transparent au Moyen-Age, il acquiert une place ambiguë à la fin de cette période, celle d'un vieillard saturnien, d'un travailleur manuel rustre, un béjaune qu'on affuble de la couleur jaune ou de rayures (Michel Pastoureau) pour monter en dérision sa place de dindon de la fable, voire de mari trompé.(Paul Paysan, l'image ambiguë de Saint Joseph à la fin du Moyen-Age, Médiévales, 2000, volume 19 n° 39: 96-111)

                     Feste n'a en ce monde-cy

                     Mais de lui

                     va le cri :

                     c'est Joseph le rassoté. (Eustache Deschamps (1346-1406) Oeuvres complètes) 

   

   Pourtant, c'est  la généalogie de Matthieu que les artistes médiévaux préférèrent, et chacun accepta de ne pas voir Joseph, mais Marie se placer au sommet d'une généalogie issue de Jessé par Salomon. C'est donc celle que je vais développer . Elle s'étend sur quatorze générations d'Abraham à David, puis quatorze générations de David à la déportation à Babylone, jusqu'à Jéchonias, et sur quatorze autres générations encore de Jéchonias et ses frères jusqu'à Jacob, puis Joseph. Bien-sûr, les miniaturistes et les verriers ne représentèrent pas les quarante-deux aïeuls du Christ, et choisirent parmi les rois de Juda en un florilège variable selon chacun.

Matthieu I, 1 : Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham :

  I, 2 : Abraham engendra Isaac ;Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Juda et ses frères.

  I, 6 : ...Isaï engendra David ; David engendra Salomon de la femme d'Urie.

  I, 7 : Salomon engendra Roboam ; Roboam engendra Abia ; Abia engendra Asa.

  I, 8 : Asa engendra Josaphat ; Josaphat engendra Joram ; Joram engendra Jozias.

  I, 9 : Ozias engendra Joatham ; Joatham engendra Achaz : Achaz engendra Ezèchias.

  I, 10 : Ezéchias engendra Manassé ; Manassé engendra Amon ; Amon engendra Josias

  I, 11 : Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.

  I, 12 : Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel. Salathiel engendra Zorobabel.

[...]

  I, 15 : Eliud engendra Eléazar ; Eléazar engendra Matthan ; Matthan engendra Jacob.

  I, 16 : Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

  I, 16 : Il y a donc en tout quatorze générations depuis Abraham jusqu'à David, quatorze générations depuis david jusqu'à la déportation à Babylone, et quatorze générations de la déportation à Babylone jusqu'au Christ.

  L'idée forte est d'associer les deux textes pour créer une métaphore, celle de l'arbre qui croît verticalement et dont chaque rameau donne, comme un fruit, un ancêtre, mêlant une représentation originale du temps orienté vers le haut et animé d'une croissance et d'un projet à celle de la transmission générationnelle. Cet arbre généalogique qui nous est si familier et cette conception linéaire et orientée du temps n'a rien d'évident en soi mais construit un de ces paradigmes sur lesquels sont bâtis notre pensée occidentale. En même temps, elle rassemble en une seule image une synthèse de la théologie chrétienne, du projet de Dieu dans la continuité/rupture entre Ancien et Nouveau Testament, et de la réalisation des prophéties bibliques dans la personne du Christ rédempteur par sa mort sur la Croix.

  La même idée est développée sous une forme iconographique proche dans la Légende de la Vraie Croix, telle qu'elle est représentée par exemple par Pierro della Francesca à Arezzo vers 1450.  Dans le Paradis poussait l'Arbre de Vie ; lorsque Adam et Ève en furent chassés, et lorsqu' Adam mourût, l'archange Michel apporta une graine de cet Arbre  que Seth fils d'Adam plaça dans la bouche de son père, pour le racheter du péché originel. De la graine poussa un arbre, sur la tombe situé à Jérusalem. Salomon fait abattre l'arbre pour en faire une poutre pour le Temple, puis cette poutre est réutilisée pour bâtir un pont à Siloé, avant d'être enfouie en terre. C'est cette poutre qui est utilisée pour dresser la Croix du Christ, plantée sur le Golgotha (araméen gulgulta, le crâne) : sur  la tombe et le crâne d'Adam. Ainsi la mort de Jésus sur cette croix-arbre vient-elle racheter Adam et sa race du péché.

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SOURCES ET LIENS.

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—ABGRALL (Jean-Marie), 1904

— COUFFON (René) & LE BARS (Alfred), 1988, Notices de Meilars-Confort.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MEILARS.pdf

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les Vitraux de Bretagne, Corpus vitrearum vol. VII, Presses Universitaires de Rennes, page 147.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), blog

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-16659536.html

— PARCHEMINOU (Corentin), 1933, Meilars-Comfort, son hitoire, ses monuments, BDHA,page 90

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/295fd408ca344ed8913a9ae63b8516cd.pdf

— ROLLAND (abbé J. )1922, La chapelle  Notre-Dame de Comfort, Saint-Brieuc.

http://www.infobretagne.com/meilars-confort-chapelle.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé Vitraux Chapelles bretonnes.
10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 10:04

Vers une esthétique du fané (4). L'Amour en cage se fane vite.

Il est des temps où il faut se pencher vers le trois-fois-rien, le je-ne-sais-quoi et le riquiqui. Ou le souvenir des amours déchues.

Je poursuis ma quête du fané. Maigre récolte en début de printemps : un Physalis, et l'inévitable Pissenlit. Je me rabats sur mes tulipes qui débutent leur royal déclin. 

Tes laitues naissent-elles ? Oui mes laitues naissent. Presque rien à voir, mais ça m'est revenu.

Voir :

Vers une esthétique du fané et du bientôt passé.

Vers une esthétique du fané (3).

Vers une esthétique du fané (2) : pas par la racine !

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Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

Vers une esthétique du fané. Photo lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier
8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 15:11

Sortir d'une épidémie : le calvaire de Plougastel. III.

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Voir : 

Résumé.

J'ai tenté de montrer que le grand calvaire de Plougastel, réalisé 4 ans après la fin d'une épidémie de peste de 1598, mais aussi d'une situation de guerre (la Ligue) et de pénurie, a été une salutaire aventure de refondation des identités individuelles et collectives. La première partie présentait le soubassement, avec ses frises de personnages hiératiques aux visages défaits, comme une image de l'expérience traumatique. La deuxième partie décrivait une plate-forme aux personnages hauts en couleur, multipliant les marques identitaires par leur costume, leur postures expressives et théâtrales, comme la réponse résiliente des habitants, habilement traduite par le même sculpteur qui avait changé de style.

Néanmoins, sur le visage de trois saints personnages, Véronique, Jean et Marie, le sculpteur anonyme, dénommé "Maître de Plougastel" au XXe siècle, avait repris la marque de fabrique de l'atelier Prigent de Landerneau (1527-1577): trois larmes en stalactite sous chaque œil.

La troisième partie  décrira les trois croix du Calvaire : les deux croix simples des deux larrons, et la croix à deux croisillons du Crucifié. J'y rechercherai quelle est la part d'originalité et d'innovation du Maître, et quelle est la part de fidélité à l'atelier des Prigent.

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Les calvaires à deux croisillons.

Nous pouvons d'emblée remarquer que le schéma du  Christ entouré, sur le croisillon supérieur, de deux cavaliers, et sur le croisillon inférieur, des statues géminées de Jean  et Marie, avec la Pietà au centre, se retrouve en Finistère sur de nombreux calvaires antérieurs à deux croisillons. Par exemple à Pencran en 1521(?), Lopérec en 1542-1552, Plomodiern en 1544, Saint-Ségal vers 1550, et sur les deux calvaires monumentaux de Plougonven en 1554 et Pleyben en 1555. Chacun de ces monuments est soit clairement attribué aux Prigent, ou comportent leurs marques stylistiques, comme les fameuses trois larmes (culte des larmes) ou à Lopérec notamment les anges aux calices  culte du Précieux Sang). 

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  • Pencran nord, (1521 par inscription). Trois fûts. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Deux cavaliers, Madeleine/ Yves,  Jean/Pierre. Pietà, Vierge à l'Enfant . Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.

  • Plomodiern, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544, Prigent). Jean/Pierre et Madeleine/Yves. Pietà, Christ aux liens, Vierge à l'Enfant. Ange aux calices. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois larmes.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien (v.1541-1554, Prigent). Vierge et Jean  géminés avec des archers. Trois larmes.

  • Lopérec (1552) par l'atelier des Prigent. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois fûts . Deux cavaliers, Christ aux liens, Jean ?/Marie-Madeleine / et Vierge/Pierre, Christ ressuscité. Les trois larmes.

  • Plougonven, (1554), Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental.  Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. les larrons sur des croix séparées (mais depuis le XIXe), saint Yves,  Vierge et Jean non géminés.

  • Pleyben (1555) par Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.  Vierge et Jean non géminés.

  • Cléden-Poher (1575)

  • Loqueffret (1576?)

  • Plounéventer (1578)

  • Guimiliau (1581-1588)

  • Locmélar (vers 1600), par le Maître de Plougastel

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Voir aussi d'autres calvaires par les Prigent :

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Une remarque s'impose. La composition de cette partie du grand calvaire est strictement la même que le calvaire de Lopérec, à un détail près. Mêmes statues Vierge/Pierre et Jean-Madeleine, même Pietà et même Christ aux liens, même couple de cavalier, mêmes anges au calice au pied. Mais les deux anges voletant pour recueillir, à Lopérec, le sang des plaies des mains sont absents ici. Or, ceux-ci sont attestés à Plougastel, car on voit autour du pagne du Christ les deux consoles qui les portaient.

Autre différence : à Lopérec (et à Pencran, aux chapelles de Ste-Marie du Ménez-Hom et de St-Sébastien), sainte Marie-Madeleine est agenouillée au pied de la Croix. Or, Flaubert décrit lors de sa visite à Plougastel en 1847, au pied de la Croix, "La Madeleine en pleurs [qui] répand sa belle chevelure tressée".

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Le calvaire de Lopérec est daté de 1542 ou 1552 (avec un doute sur la lecture du chronogramme). Il est attribué à un certain Fayet par Y.-P. Castel, et ce "Fayet" serait un compagnon des Prigent de Landerneau, tant les styles sont proches ou identiques.

Nous ne pouvons pas assimiler le Maître de Plougastel avec ce "Fayet", mais je peux souligner la filiation entre les œuvres. Comme je ne peux dresser un parallélisme photo après photo avec ce calvaire, je renvoie à mon article : 

Le calvaire (Fayet, 1552 ou Prigent 1542?) de l'église de Lopérec.

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LE CROISILLON INFÉRIEUR.

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Le coté principal , tourné vers l'ouest, montre la Vierge à droite et Marie-Madeleine à gauche et la Pietà au centre.

Les statues latérales sont géminées, portant un second personnage au dos : nous avons les couples Marie/Pierre et Marie-Madeleine/Jean.

La disposition actuelle relève d'une erreur au remontage car nous devrions trouver face à l'ouest, entourant le Crucifié et donc au pied de la croix Marie à gauche et Jean à droite. La statue Jean/Marie-Madeleine a subi une rotation de 180°. Le chanoine Abgrall, en 1904, a observé la disposition correcte, avec la Pietà entre la Vierge et Jean.

Je n'ai photographié que la face occidentale.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Bizarrement,  E. Le Seac'h décrit celle-ci sous le nom de Marie-Cléophas

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Marie-Madeleine.

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Elle tient le flacon d'aromates de l'embaumement (Luc 24:1 "elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu'elles avaient préparées") .

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Le très habituel bandeau occipital de la sainte se transforme en un linge qui enrubanne les cheveux en deux nattes. C'était déjà le cas dans la Mise au Tombeau de la plate-forme. Mais Marie-Madeleine ne porte plus le voile à pans cassés.

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Mise au Tombeau, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Pietà.

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La Vierge porte le corps de son Fils sur son genou droit fléchi et sur son genou gauche abaissé, si bien que le corps est presque couché horizontalement. Les pieds sont croisés. La Vierge ne soutient pas la tête de la main droite, ou le bras de la main gauche, comme ailleurs, mais elle prie, mains croisées.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Ma photo ne permet pas de dire qu des larmes sont présentes,  mais pas non de l'exclure. Il faudrait revenir.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE CROISILLON SUPÉRIEUR. LES DEUX CAVALIERS.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Longin le lancier guéri de son trouble de la vue.

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Il tient dans la main droite la poignée de la lance (en bois, brisée) et place l'extrémité de l'index sous la paupière gauche. Le sang qui a jailli de la plaie qu'il a causé au flanc droit du Christ a atteint son œil et instantanément, il a été guéri d'un trouble visuel.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Comparez avec le même cavalier à Lopérec (cliquez si besoin). La différence principale provient de la profusion des lichens à Lopérec. Le harnachement du cheval, la coiffure du cavalier (un bonnet conique entouré d'un turban) sont identiques.

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Calvaire (kersantite, 1552, Prigent) de l'église de Lopérec. Photographie lavieb-aile 2020.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Le Bon centenier convaincu que le Crucifié est le Fils de Dieu.

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Il ne serait pas d'origine, et pourrait être (Le Seac'h) dû à Millet après 1944.

Son homologue était présent sur la plate-forme, en tête du portement de Croix.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX.

Notez les "bosses" du fût, rapprochés des bosses de la peste.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Les quatre anges.

Deux anges joignent les mains à l'extrémité du bras de la croix. Deux anges tiennent en commun un calice qui recueille le sang s'écoulant des pieds du Christ. Les deux mêmes anges sont présents sur le calvaire de Lopérec.

Les consoles vides près du pagne accueillaient les deux autres anges au calice.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE BON LARRON.  UN ANGE CONDUIT SON ÂME AU CIEL.

Ses jambes sont fléchies en grenouille car, selon les évangiles, on leur brisa les jambes des larrons pour précipiter leur mort en les privant de cet appui qui, seul, leur permettait de respirer.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE MAUVAIS LARRON. LE DIABLE S'EMPARE DE SON ÂME.

Il grimace et tire la langue, et détourne son regard du Christ. Tout faux.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1904, "Le calvaire de Plougastel-Daoulas", Bulletin de la Société archéologique du Finistère t. XXXI p. 182-189 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207669n/f239

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1904_0250_0258.html

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1902, Les croix et les calvaires du Finistère , Bulletin Monumental  Année 1902  66  pp. 176-209, 

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31081n/f255.item.texteImage#

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/plougastel_daoulas.html

 

CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

CASTEL (Yves-Pascal),  articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

Plougastel-Daoulas, le Calvaire au péril de son grand âge... 0485 Pedenn An Deiz... 14.01.89. Yves-Pascal Castel : articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

0484 Plougastel-Daoulas, le Calvaire au péril de son grand âge... 0485 Pedenn An Deiz... 14.01.89.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 8 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1972

-CASTEL 1336 Auscultation des Calvaires à Plougastel et Guimiliau par la CGG... 18.10.97.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bfdc8148eb09d0bc7254d5705e51fd16.jpg

-1014 Plougastel-Daoulas, Calvaire, Évangile de Pierre... 26.03.94.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c1955e8d223fda5940d8ef924d117b36.jpg

 

— COUFFON (René), 1988, Couffon, Répertoire des églises : paroisse de PLOUGASTEL-DAOULAS, notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/daea80685ebe3292bb10ce1933e48782.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE GOFFIC (Charles), 1924, -Édouard Champion série 4 - ‎L'Âme bretonne page 10

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%82me_bretonne_s%C3%A9rie_4/Une_cellule_de_l%E2%80%99organisme_breton_II_Le_calvaire

 

PÉRENNÈS Henri, “Plougastel-Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9785.

— LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

INFOBRETAGNE

http://www.infobretagne.com/plougastel-calvaire.htm

WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvaire_de_Plougastel-Daoulas


 

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 21:50

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas. Deuxième partie : la plate-forme.

 

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Voir :

 

 

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas . Première partie. le soubassement

 

 

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Résumé. 

Les habitants de Plougastel ont édifié en 1602-1604 un grand calvaire pour commémorer la fin d'une épidémie de peste en 1598, et la fin des guerres de la Ligue. Autour d'une niche obscure contenant  saints  Sébastien et Roch, recours réputé contre les épidémies, le sculpteur a placé en soubassement diverses scènes de la Vie de Jésus, dans un style non seulement hiératique (digne, stricte et dépouillé) mais aussi désincarné, comme s'il témoignait de la perte des repères identitaires et temporels propre aux traumatismes.

Va-t-il, sur la plate-forme à quatre faces, témoigner de la ré-animation d'une collectivité éprouvée et sortir de sa réserve ? Les habitants ont tenu à inscrire les noms de leurs représentants (les "fabriques") ; vont-ils y jouer leur rôle?

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LA FACE EST DE LA PLATE-FORME (SUITE).

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La Comparution  devant Anne.

Puisque la Comparution devant un grand prêtre, disons Caïphe, a déjà été présentée, les auteurs considèrent que cette deuxième scène correspond à la comparution devant Anne, autre grand prêtre et beau-père de Caïphe. C'est, en réalité, dans les évangiles, la première comparution : voir Jean 18:13. C'est là que se place le reniement de Pierre. Anne renverra Jésus devant Caïphe, le "souverain sacrificateur cette année là". Peu importe en fait. 

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Le Christ, mains liées derrière le dos, est présenté par un garde à Caïphe, qui, raide comme la Justice, reste de marbre. Ou de kersantite. Nous sommes encore dans la veine "hiératique" du sculpteur.

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Mais ce qui est intéressant, c'est de voir le soldat qui derrière, nous fait un coucou avec sa main libre (en réalité, il s'apprête à donner un soufflet au Christ). Ce grand dadais nous regarde, il est présent et vivant. Derrière lui, les deux autres gardes  discutent. Les tenues vestimentaires s'individualisent puisque l'un porte une tenue de soldat romain composée d'un casque, et d'une armure légère à lames. Il tient l'extrémité de la corde qui ceinture le prisonnier. Son visage grimaçant sort de la stéréotypie avec ces rides frontales et naso-labiales.

 Son interlocuteur est un officier (épée au coté),  Juif (chapeau conique), aux gestes animés. 

Oui, nous sommes sortis du silence blanc du soubassement.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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C'est à ce moment que je commence à imaginer les Plougastelois qui sont montés sur les planches. Je les entends, le film muet devient parlant. Ils ont en tête le texte de leur Passion en breton :

 

An Test: Goude e quempret ez voe dereet affet da quentaff digracc diffaeczon da annas felon da questionaff ouz e blasfemaff  hac ouz e canaff cals a gouzafus palamour hep quen da caret map den louen en prenas. Pan oa oar he stat questionet mat esz deuz vn flater goude bout graet salu ha gant quil palu a scoaz hon saluer oar  h guen tener precius ha guer hac en eurhas goude a deury ez stlegat gant cry da ty cayphas.

Je vous le traduis, mais il fallait d'abord entendre l'accent, et les rimes en -et, en -aff , et le rythme des vers.

"—Le Récitant : Après son arrestation, il fut mené en tout premier lieu, sana ménagement, avec brutalité, chez le cruel Anne afin d'être interrogé. Des injures qu'on lui fit, et des coups qu'il reçut, il souffrit beaucoup, seulement à cause de son amour pour l'humanité ; il la racheta pleinement.

Tandis qu'on l'interrogeait en détail sur sa condition, vint un faux-témoin qu'il avait guéri et qui frappa Notre-Seigneur du revers de la main sur sa tendre joue précieuse et chérie et il l'insulta. Ensuite, rudement, il fut traîné sous les huées chez Caïphe."  (Le Berre 2011 p.186)

C'est tout autre chose maintenant que l'ambiance devient celle d'un match de catch, que nous entendons les hou ! hou !, que nous savons que le grand dadais est un ingrat, un faux-témoin (breton flater "mensonge") qui avait été guéri par Jésus.

Et c'est tout autre chose lorsque nous apprenons que le garde qui présente Jésus à Caïphe se dénomme Dragon (ça veut tout dire) et que nous l'entendons dire (chacun reconnaît la voix de Jo Kervella, le marchand de poisson qui joue ce rôle) :

—Dragon : "Monseigneur Anne, comme vous le voyez, le grand charlatan  [dans le public : hou, hou !]  vient comparaître devant vous. Examinez son cas sur-le-champ."

[Anne l'interroge.]

— Jésus : Je n'ai en vérité rien prêché secrètement à personne. Au contraire, c'est tout à fait publiquement qu'à la synagogue et dans votre ville j'ai toujours pris la parole, incontestablement chacun le sait en cette cité"

Et l'officier Juif qui se tient à gauche,  nous comprenons que c'est Malchus, le serviteur du grand prêtre, et le voilà qui donne sa réplique (c'est Vigouroux, le bedeau) :

"—Malchus :  Dis-donc, imposteur, c'est comme ça que tu réponds au pontife ? Attends un peu ! Pour ta sotte réponse tu vas avoir droit illico à une gifle." Vlan ! Paf !

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Changement de plateau :

LA FACE NORD DE LA PLATE-FORME.

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La Flagellation et le Couronnement d'épines. 15 personnages.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Flagellation.

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À gauche (car ça commence à gauche), Jakez, le fils à  Dédé Le Gall, qu'on surnomme Lost Krank (queue de crabe) est monté sur scène avec son père. Ils font les bourreaux, Dantart an tirant et son compère Bruyant.

 Jakez  a repéré sa belle amie Marig an Ajou et lui dit un p'tit bonjour avec son faisceau de genêt.  "Tiens ton rôle" bougonne le papa, ça va être à toi."

—Bruyant : Stagomp ennhaf dezrouomp de fustaf affo. (Mettons-nous y, commençons à les fouetter !)

— Dantart : Gant ma scourgez en deuezo Dalet a me sco a tro mat! (Il va tâter de mon fouet, Tenez ! L'ai-je-bien administré ?)

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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À droite, le bourreau porte le turban retenant un mouchoir qui couvre la nuque : c'est le dress-code des artistes pour le désigner comme Juif. Mais sa tunique et ses chausses à taillades sont celles des soldats du XVIe siècle.

À gauche, la tenue est celle des seigneurs Renaissance, avec le bonnet à bords relevés, les cheveux bouclés, la tunique et les chausses plissées. 

Il y a donc apparition sous le burin du sculpteur des vêtements  des habitants de Plougastel : ils peuvent s'y reconnaître, ou même, se voir représentés jouant le Mystère de la Passion, adoptant quelques accessoires orientalistes (turban) pour mieux jouer leur rôle. Ils ne sont pas venus comme ça, ils se sont mis beaux, mais dans les armoires, ils n'ont trouvé que les habits d'avant la guerre. Un peu démodés mais beaux. 

Le meunier Alain Le Goff, qui est musclé, a fait le Jésus. 

Et puis, à droite, on a toujours celui qui se penche pour être sur la photo. 

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Ensuite, ils jouent le Couronnement d'épines.

Mais c'est cette fois Guillaume Calvez (qui n'a pas encore de poil au menton), le vieux Jacques Lagathu et Jean Thomas, le cordonnier moustachu, qui feront les bourreaux. 

— Bruyant : Ne croyez-vous pas qu'il lui faut une belle robe, afin qu'il soit vêtu de pourpre ?

— Dantart : C'est tout à fait certain ! La voici ; elle ne vaut plus rien !

— Dragon : Donnons-lui aussi un sceptre ; ce roseau, par exemple !

Et le petit Xavier Le Du, qui n'est pas bien beau, s'agenouille en lui tirant la langue : "Dieu vous sauve, Aliboron, assurément roi des Juifs!"

— Dantart "Mettons-lui donc sur la tête une couronne fait avec une ronce qu'on tresserait, bien serrée tout autour."

— Gadifer : "Voilà une grande couronne d'épines, placez là en force sur son crâne, qu'elle perce carrément les os sans ménagements ; ça lui fera passer son rhume" (hac a toullo fresq e esquern Hep espern maz disifferno.)

— Dragon : "Faisons tous cercle autour de lui ; nous allons maintenant le couronner, et lui rendre l'hommage dû à son rang.

— Bruyant : "Tenez ! cette couronne est rude et acérée, et elle sied à votre visage ; Je suis sûr qu'elle va maintenant vous transpercer.

— Dantart : "Appuie avec ce bâton. Voilà comme ça ! On va lui écraser le crâne." (Trad. Y. Le Berre)

Et ainsi de suite, une réplique entraînant la suivante, dans le grand plaisir d'épater la galerie en improvisant sa répartie. Ah, ils se donnent du plaisir. Pensez ! Depuis le temps !

Sous l'épais manteau rouge du Christ, Hervé Le Moal proteste de temps en temps : doucement quand même   ! 

 

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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À coté d'eux, un garçon s'est approché avec une cruche et une cuvette.

"Qu'est-ce que tu fais là, petit ! Tu joue dans la Comparution devant Pilate, le studio à coté !"

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Comparution devant Pilate.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus du contrefort : Christ aux outrages.

La scène trouve naturellement place en surélévation de la plate-forme. Jésus, assis, les yeux bandés, les bras liés, toujours revêtu du manteau de pourpre, reçoit les moqueries et les gifles des gardes et des bourreaux.

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Je coupe la bande-son, qui n'est pas pour vos chastes oreilles.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OUEST DE LA PLATE-FORME.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Le Diable tenant des pains. La Tentation au Désert.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Nouvelle Comparution.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Sortie du Tombeau.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Jésus face aux Docteurs de la Loi.

Finalement, le réalisateur de ce Mystère  est  d'avant-garde, car il a découvert la technique de flashback, et il nous fait revivre une scène qui, dans une technique narrative linéaire complètement dépassée aujourd'hui, viendrait après la Circoncision. Dans l'évangile de Luc, c'est le chapitre 2.

Jésus, âgé de 12 ans, tient la dragée haute aux Docteurs de la Loi du Temple de Jérusalem. Il porte cette tunique à deux boutons que nous avons vu sur (presque) tous les protagonistes du  soubassement, mais par contre l'un des docteurs est bien en phase avec les nouvelles règles qui régissent la plate-forme : des habits contemporains, plaisants, le temps confiné c'est fini ! Il porte le bonnet carré des docteurs du XVIe siècle en France (et non le bonnet conique hébraïque), et son manteau est impeccablement coupé, tout comme sa barbe. La scène se passe aujourd'hui !

Du coup, nous retrouvons ici des éléments de l'iconographie de saint Yves patron des avocats, comme le rouleau de papier dans la main et, surtout, le geste d'énonciation et d'argumentation, index sur le pouce (contact pulpo-pulpaire pollici-digital, quoi!).

Voir ici :

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Descente du Christ aux Limbes.

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Entre le Vendredi Saint et le jour de Pâques, le Christ descend aux Limbes où sont enfermés les âmes de tous les morts  d'avant sa Résurrection, et il les libère. Traditionnellement, il ouvre une porte ou la gueule d'un Leviathan, et tend la main à Adam et Ève qui sont les premiers à y être entrés.

Ici, portant le manteau rouge et l'étendard de sa victoire sur le Mort, il  accompagne deux  personnages de petite taille. Dont sans doute Adam. Mais où est passée Ève ?

Dans la scène voisine, le Léviathan, ou la bouche des Enfers, attisée par des diablotins, ouvre une large gueule et, sous les cris horrifiés d'un démon, laisse échapper ses proies.

Parmi celles-ci, une femme, qu'un autre démon tente de retenir. Ce serait, pour moi, Ève.

Mais les guides aiment raconter qu'il s'agit de Katell Gollet, une servante pervertie qui avait cachée ses péchés en confession : le diable la retient ici aux Enfers. Ce qui est bien plus séduisant, mais impossible, puisque la confession n'existait pas avant Jésus-Christ...

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Voir sur ce thème  des Limbes, et l'illustration des démons attisant le feu tandis que les âmes sortent:

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE SUD DE LA PLATE-FORME.

Quatorze personnages... et un cheval.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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C'est Marie-Jo Le Gall qui joue an Veronic. Elle prend une voix triste mais elle est toute contente de jouer ce rôle, d'autant qu'elle a peint elle-même le visage sur un drap brodé ; et c'est celui de son père, qui est mort de la peste il y a 4 ans; il avait quoi ? Même pas quarante-cinq.

— La Véronique 

"Hélas ! c'est bien Jésus que je vois Passant par cette rue ; On le conduit au terrible supplice (dan maru garu du : "à la rude mort noire"). L'angoisse le fait transpirer ; Je vais aller tout de suite essuyer .  Délicatement et affectueusement, si je puis arriver jusqu'à lui."

Marie-Jo respire un grand coup, lève le linge qui se déroule, et lève les yeux aux Cieux comme une vraie tragédienne. 

E facc diuin ha luminer

Dam maestr crist mab doe ma croer

Seder gant an couricher man.

Ach iesu glan croet an bet

Seul a anquen hac a penet

A gouzafuer oar an bet man.

"La face divine et rayonnante, De mon maître, le Christ, le fils de Dieu, mon créateur, Avec ce linge, respectueusement, Ô Jésus saint, créateur de l'univers,Que de peines et de tourments Vous aurez subis ici-bas !"

C'est beau ! Dans le public, son amie Marité Merdy essuie ses larmes dans son tablier.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Juste après elle, ceux qui jouent Jean et Marie font leur entrée. Jean soutient la Vierge. Ils gardent les yeux baissés.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Sur cette photo, je vois clairement trois larmes couler des yeux des trois personnages. Or, le sculpteur, notre Maître de Plougastel, n'a pu apprendre cela que chez Bastien Prigent, dont c'est l'une des caractéristiques stylistiques majeures. C'est pour moi la preuve qu'avant d'être Maître, il a été apprenti à Landerneau chez les Prigent.

Nous retrouverons ces larmes ailleurs.

Un autre caractéristique des Prigent, c'est le voile "en coque", dont la toile raide fait des plis en pince. Comme ici.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Le Portement de Croix.

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Tous les jeunes voulaient y participer. On a pris les plus beaux (pour leurs moustaches) et les riches ( pour leur garde-robe aux chausses à crevés comme à Quimper). Ils ont conservé leurs chapeaux ronds. 

Deux veneurs encadrent la procession, avec leur épieu et leur trompe : un à l'avant, l'autre à l'arrière.

Un costaud  a été requis pour aider discrètement le Christ à porter la croix ; c'est Jehan Guergoz, dit Monot : le forgeron. Car il faut de la force pour soulever la croix toute en chêne. Il porte un costume de centurion romain. Et celui qui fait le Simon de Cyrène, c'est Guillaume Calvé, de Sainte-Christine, le fossoyeur. Qui a eu beaucoup de travail avec cette épidémie.

Broustail, le maître-maçon, est en train de faire l'andouille en prenant la pose, armé de son fouet, avec ses camarades, devant le public qui l'acclame. Sa réplique "au naturel", qui lui vaut ce succès, explique la position de sa jambe : 

Dalet a treux an quil bilen

Da crisquif certen hoz penet

Querzet .

"Prends ça dans les cul, maraud, ça te fera encore plus mal ! Avance !" (trad. Y. Le Berre)

Et son collègue surenchérit :

— Sus sus hastet na fellet tro. "Allez, allez, dépêche-toi, ne traîne pas !"

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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En tête, le cortège est mené à la baguette par un tambour (c'est bien-sûr le garde-champêtre) et par un cavalier. Ce dernier, coiffé du bonnet conique et drapé d'un manteau d'officier, est peut-être un réemploi du Centenier, car il lève la tête vers le sommet de la croix et tend le doigt comme celui qui s'écrie "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu". 

Observez la minutie des détails vestimentaires. C'en est bien fini de la grise uniformité de la frise du soubassement et de la dissolution identitaire qu'elle signifiait. Chaque costume est différent, et haut en couleurs.  Ici les crevés, là les rangées de boutons, là les chapeaux ronds et là les bonnets plats ou les casques.

La vie est revenue !

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Conclusion.

Qu'en pensez-vous ? N'assistons-nous pas, sur la plate-forme, à un spectacle qui a perdu, dans un joyeux désordre narratif, toute sévérité sacrée, et dont les acteurs, loin de s'absorber dans le chagrin de la Passion, se préoccupent plutôt de se montrer au public dans une pose avantageuse ?

Ne dirait-on pas que le sculpteur a abandonné son registre de lugubres fantômes assoupis (plutôt commémoratif de l'épidémie) pour prendre comme modèle chacune des personnalités d'un village soucieux de retrouver sa fierté, son "orgueil" breton ?

Et peut-on placer sous le signe du baroque, de la théâtralisation spéculaire des existences, cette érection d'un monument qui reste encore aujourd'hui l'emblème d'une "résilience" effrontée après une série de catastrophes déstructurantes ?

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SOURCES ET LIENS.

Cf article Ier.

et

—LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, texte établis et traduits du breton par Yves le Berre d'après l'édition d'Eozen Quillivéré. centre de Recherche Bretonne et Celtique Brest.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Plougastel Maître de Plougastel
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 09:21

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas .

Première partie. le soubassement.

C'était un temps déraisonnable

On avait mis les morts à table

Moi si j'y tenais mal mon rôle

C'était de n'y comprendre rien. Aragon.

 

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Voir :

Sortir d'une épidémie : le calvaire de Plougastel. II.

 

et sur Plougastel :

 

 

 


 

 

 

Voir dans ce blog  les œuvres du Maître de Plougastel  : 

 

 

 

 

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PRÉSENTATION.

En 1598, la population de Plougastel-Daoulas décida la construction d'un calvaire, probablement (ou selon la tradition) pour honorer un vœu si le fléau de la peste s'achevait.

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Le rôle de la peste. rumeur ou vérité ?

On peut en effet attribuer ce monument à la Peste, car dans la niche principale de son soubassement se voient les statues de saint Sébastien et de saint Roch, dont la peste est la spécialité, à coté de saint Pierre, patron de la paroisse.  La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal a été bâtie dans la seconde moitié du XVIe siècle pour conjurer la peste. Saint Sébastien, tout comme saint Roch, sont invoqués contre les épidémies meurtrières regroupées sous le nom de "peste". On pense que la chapelle "Saint-Côme et Saint-Damien" de Saint-Nic fut  aussi  construite au début du XVIe siècle pour la même raison.  À Plougasnou, la croix de Kergreis dite aussi "croix de la peste noire", est datée de 1598 ; elle a également été réalisée par le "Maître de Plougastel".

Un autre argument, discuté, est la présence de bosses sur le fût de la croix : ces croas ar bossen, comme celle de Kerzivez Huella à Plougastel témoigneraient des bubons de peste.

Surtout, Charles Le Goffic avance deux preuves.

La première, c'est la mention de cette peste de 1598 par le chanoine Moreau, auteur de référence sur les Guerres de la Ligue :  « Après ce troisième fléau (la guerre, la famine, les loups), dit-il, s’ensuivit la peste, qui était le quatrième, qui fut l’année 1598, un an après la paix, qui commença par les plus pauvres, mais enfin elle attaqua, sans exception de personnes, aussi bien aux riches qu’aux pauvres et en moururent les plus huppés…, et ce en punition des péchés des hommes qui y étaient si débordés que l’on n’y savait plus prier Dieu que par manière d’acquit.[Histoire de ce qui s’est passé en Bretagne durant les guerres de la Ligue, ch. xliii. p. 340] Mais Le Goffic ne précise pas que Moreau parle ici de la ville de Quimper. 

La seconde, c'est l'existence, sur une dalle funéraire de schiste du manoir de Kerérault, aujourd'hui bien connu à Plougastel pour abriter le Rocher de l'Impératrice et son site archéologique unique) portant l'inscription :  CY GIST LE FEU SIEUR DE KERERAULT MORT DE LA PESTE LE DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1598. Le Goffic a vu cette dalle, même si il n'y a lu correctement que le mot PESTE. La dalle existe-t-elle toujours ? Parfaitement. Elle est signalée dans la chapelle (1780) du manoir de Kerérault  et l'abbé Castel en a donné un relevé graphique et descriptif très précis et une analyse critique de l'inscription

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Castel, relevé de la pierre tombale (schiste, 1598) de Henri III de Kérérault, mort de la peste..

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Six autres calvaires monumentaux.

L'édification du calvaire a été entreprise de 1602 à 1604 selon un plan octogonal prolongé par des ailes, aménageant un escalier permettant aux prédicateurs d'accéder à la plateforme. Ce n'est pas, tant s'en faut, le premier "calvaire monumental" à "mace" associant aux calvaires à un ou deux croisillons les multiples personnages des scènes de la Passion, puisqu'il est précédé par celui — en granite— de Tronoën en 1450-1470,  par celui  de de Plougonven en 1554 par Bastien et Henri Prigent, par celui de Pleyben en 1555 par le même atelier, de Guimiliau en 1581-1588. Il sera suivi par celui de Saint-Thégonnec en 1610.

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Un atelier de Landerneau spécialisé dans la taille du kersanton.

Emmanuelle Le Seac'h  a établi le catalogue raisonné d'un sculpteur anonyme qu'elle a nommé le "Maître de Plougastel". Ce catalogue est mis en ligne avec des photographies sur le site en.wikipedia

 https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

Elle divise la carrière de ce sculpteur  en trois parties : 1) période de jeunesse de 1570 (porte d'entrée du porche de Bodilis) à 1588 (Croix de Kerangroas de Plougasnou et calvaire de Guimaec), 2) maturité jusqu'en 1602 (calvaire de Plougastel), puis 3) maîtrise avec l'arc d'entrée de Guimiliau (1606-1617). Voir plus de détails dans l'article sur Saint-Tugen.

Je suis tenté de voir dans ce Maître un élève de l'atelier, également de Landerneau, celui de Bastien et Henry Prigent, actif de 1527 à 1577.

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Style du Maître.

E. Le Seac'h le caractérise d'un mot : le hiératisme.

" Dans la plupart des cas, les personnages [du calvaire de Plougastel] respectent une frontalité rigoureuse. Une impression d'ordre et de rigueur se dégage de leurs attitudes. Ici, l'exubérance n'est pas de mise et les personnages défilent en scènes bien structurées. Le Maître de Plougastel, qui n'a pas souhaité exploiter la veine caricaturale de Guimiliau, n'a pas non plus basculé dans la candeur ou l'innocence. On est loin également du réalisme empreint de tristesse [cf. les trois larmes propres aux Prigent] des Prigent. Ici, tout est homogène et précis."

Pourtant,  je pense que cet adjectif ne s'applique que pour une partie, certes conséquente, du calvaire. 

Je peux  décrire à ce monument quatre parties :

1. Au centre de la partie occidentale du soubassement, désigné par le terme de "mace"), une niche en demi-cintre avec les trois saints Pierre, Sébastien et Roch. Cela forme un petit sanctuaire : l'invocation ou l'expression de la gratitude des fidèles.

2. Un registre du soubassement, où les statues (ronde-bosse) occupent une bande aménagée sur fond des blocs jaune de pierre de Logonna. Ce registre est scandé aux angles par les quatre évangélistes. Les personnages sont regroupés par trois ou quatre pour illustrer la Vie de Jésus avant sa Passion ( Adoration des Rois,  la Cène, le Lavement des pieds) puis le début de celle-ci : Comparution, Nuit à Gethsémani, Arrestation, .... Le hiératisme y règne.

3. Le registre supérieur, implanté sur la plateforme, où sont montrés les moments les plus tragiques de la Passion : Flagellation, Couronnement, Ecce Homo, Comparution, ainsi que la Descente aux Limbes et la Résurrection. Le changement est grand : les personnages sont sculptés pour la plupart de façon individuelle, ils s'animent de gestes expressifs. Ce que je vois alors, c'est  l'immobilité de postures théâtrales, comme si les habitants, participant à jouer devant leur parvis le Mystère de la Passion, avaient posé, non sans humour et complicité, pour un photographe. Un caractère, très baroque,  de distanciation et de théâtralisation que je n'éprouve pas devant d'autres calvaires monumentaux.

4. Le calvaire proprement dit, où le Christ crucifié entre les deux larrons est entouré des deux cavaliers (Longin et le Centenier), de Jean, de Marie et Marie-Madeleine. Le hiératisme s'impose à nouveau, en phase avec la gravité du moment. 

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Cet ensemble, dont l'orientation principale se fait  vers l'ouest, est centré de haut en bas par la Croix et l'inscription de son fût,  par le Christ ressuscité / par l'inscription de son socle et l'inscription tout le long du bord supérieur du soubassement / la statue de Sébastien.

Ces trois inscriptions ne portent aucune oraison, aucun texte liturgique, mais exclusivement les noms des Plougastelois (fabriciens et recteur).

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Conclusion.

Après avoir connu  l'épidémie, sa peur, ses décès, ses recherches de protection, les paroissiens qui ont survécu, et qui accèdent à la reprise de la Vie utilisent les figures du Martyre (Sébastien), de la Maladie (Roch), de la Mort et de la Résurrection du Christ pour sublimer en Récit, non dépourvue d'espérance chrétienne et de Foi bien-entendu, leur épreuve.

Toute épidémie est déstructurante pour le collectif, car elle rompt le ciment relationnel d'inter-dépendance ; et elle conteste la validité des Fictions qui l'anime vers l'avenir, lors d' un temps d'attente bloqué sur le Présent.

Toute épidémie est déstructurante pour l'individu, en lui faisant perdre sa construction identitaire.

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Je pose l'hypothèse que leur décision de se cotiser pour élever un monument grandiose est parfaitement judicieuse pour célébrer la Sortie d'épidémie, et qu'il est fructueux d'en comprendre les mécanismes pour passer d'une attitude d'inspection et d'émotion esthétique à une participation cathartique des mécanismes en jeu devant tout Traumatisme collectif.

Ces mécanismes sont pour moi les suivants :

1. Recentrer le territoire par un point crucial et refonder la cosmogonie du microcosme. (Cela s'associe à un autre impératif, celui de borner les frontières : il n'est pas en jeu ici mais ce serait amusant d'en rechercher les manifestations).

2. Revaloriser l'identité en inscrivant des patronymes sur l'axe spirituel de la Croix. Ces patronymes sont individuels, mais ces noms locaux sont ceux d'une constellation de familles solidaires.

3. Jouer ( au sens scénique) la Fiction qui s'impose à la collectivité pour la réunir. Je propose l'hypothèse de voir, dans les personnages de la Passion du registre supérieur, des portraits (ou des miroirs) des paroissiens, ce qui expliquerait leurs attitudes si théâtrales.

Autrement dit, je propose de voir dans le Calvaire monumental de Plougastel un Mystère de la Passion pétrifié permettant un double mouvement : de participation émotionnelle aux souffrances (Devotio moderna) , mais surtout de distanciation spéculaire par le jeu scénique. Un processus parfaitement baroque.

Yves Le Berre a traduit en 2011 une Passion Bretonne en vers qui parût d'abord en 1530, mais qui reparût  en 1609 et 1622, au moment même, écrit-il dès les premières lignes de son Introduction, où "le baroque fleurit dans tous les arts".  La Passion contient 50 rôles différents. La Résurrection ajoute 9 nouveaux rôles.  Un Récitant (an test, "le témoin") intervient régulièrement. Les répliques sont hautes en couleurs, riches en interjection, en jurons, et le texte, truculent, hyperbolique, est très éloigné des versets évangéliques. Les paroissiens de Plougastel ont certainement participé à ces Jeux. 

Le Maître de Plougastel a sculpté le registre inférieur et les croix à croisillons en respectant la retenue digne et sévère des saints personnages qu'il donne à voir, mais s'est inspiré pour le registre supérieur de la liberté de ton et d'action des Mystères, pour que les paroissiens s'approprie ce monument comme l'expression de leur propre jeu. 

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Flaubert et son M. Genès avant moi.

Lors de sa visite, Flaubert se montre sensible au coté comique et très vivant des scènes, dont il ne décrit — ce n'est pas là hasard — que le registre supérieur. Mais c'est finalement leur guide et compagnon de route, un monsieur Genès de Brest "qui fait pour soixante mille francs d'affaire par an" et dont  il écrit "rien n'est plus plat, plus nul, plus incolore et plus insipide que M. Genès. Il est bête comme un juge.", qui se montre le plus clairvoyant : "Ils jouent ! C'est farce !"

"A Plougastel cependant il s'arrêta comme nous, pour que nous puissions voir le calvaire, petit monument de granit, carré, dont chaque face représente un tableau de la vie de Jésus, et dont les quatre coins sont occupés par les évangélistes dans leurs attributions. Les personnages un peu lourds, n'en sont pas moins mouvementés, vivants, amusants : les hommes qui tiennent le Christ tirent de toute leurs forces, à faire éclater leurs muscles ; celui qui lui grimace au nez en tirant la langue grimace si bien qu'il fait rire ; l'âne qui porte Notre-Seigneur entrant à Jérusalem a une vraie mine d'âne, bonasse et pacifique ; les soldats qui le mènent au calvaire, en soufflant de la trompe et battant du tambour, sont précédés d'un officier chevauchant, la figure en l'air, avec une arrogance sublime : aux pieds (sic) de la croix la Madeleine en pleurs répands sa belle chevelure tressée. Mettez à tous ces personnages les costumes des tableaux de Teniers, les petits chapeaux ronds retroussés, les bons pourpoints serrant de grosses bedaines, de grandes manches, des hautes chausses, de larges visages, des yeux ouverts, et vous aurez un ensemble d'une fantaisie solide, quelque chose de très naïf, de très élevé et d'une poésie toute moyen âge, quoique le monument n'ait été construit qu'en 1602 en acquittement d'un vœu fait quatre ans auparavant à propos de je ne sais quel épidémie qui ravageait la Basse-Bretagne. Tout cela fut complètement perdu pour M. Genès [leur Monsieur touriste moyen]. Il ne se doutait même pas de ce que cela voulait dire ; en regardant la Cène, il prit les plats pour des cartes, les coupes pour des dés, et dit, fort ébahi : « Ils jouent. C'est farce! » " (Par les champs et les grèves)

Et dans ses notes : "Calvaire de Plougastel. — Amusant ; animaux lourds, chevaux et ânes ; mine d'un homme qui..... . le Christ en lui tirant la langue ; air raide de deux hommes qui vont le souffleter — Mr Genès prenait la Pâque  pr une scène de  jeu «ils jouent» — un tambour un joueur de [mot illisible] trompe, un cavalier la figure toute levée en l'air précédant Jésus allant au mont des Oliviers."

 

 

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Yves-Pascal Castel avant moi. Fantaisie ; théâtre médiéval.

L'abbé Castel conclut un passionnant article sur la symbolique cachée du Calvaire (symbolique des nombres, nombre d'or, étoile de David etc...), en tempérant le qualificatif de "hiératisme" qui colle au Monument : "Fantaisies dans un ensemble hiératique. D'une manière curieuse, le calvaire de Plougastel, considéré par tous comme le plus hiératique des monuments du genre, fait place à des fantaisies de détail que ne manquent pas de faire observer les guides plus attentifs au piquant qu'au message profond" [ce sont les descendants de M. Genès...]. "De ces fantaisies, la plus remarquée est l'enfournement dans l'enfer de Katell Gollet, la catin punie de ses péchés. On signale volontiers dans la Montée au calvaire inspirée des Passions médiévales des trompes et des tambours. Et pour les guides en mal de détail piquant, je compte sept personnages, gardes et soudards un pied chaussé et l'autre nu, héritiers encore du théâtre."

 

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La Sortie de guerre.

Une inscription raconte un autre épreuve : car le Calvaire de Plougastel témoigne aussi du drame de la Seconde Guerre Mondiale et de la destruction de Brest, et, surtout, de la re-fondation du monde local par la re-construction de leur monument emblématique.

Il avait été restauré en 1860 par le sculpteur et marbrier Lapierre de Brest, et vous ne verrez pas facilement les chiffres qu'il a gravé au revers des statues de la plate-forme.

Le 23 août 1944, lors de l'avancée de l'armée américaine, le calvaire ainsi que l'église et le monument aux morts furent touchés par les obus. La partie supérieure fut sérieusement endommagée, plusieurs statues cassées et il ne restait plus que des moignons des trois croix. "Seule, la pietà, restée en place, semblait pleurer sur ce sinistre".

 

 

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Capture d'écran du Musée de la Fraise de Plougastel. Copyright.

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Heureusement, un officier américain, John D. Skilton, conseiller d'art aux Etats-Unis, et le maire Jean Fournier mirent en lieu sûr les pièce cassée. J. D. Skilton, rentré dans son pays, fonda la Plougastel Calvary restoration fund Inc et recueillit les fonds nécessaires à la réfection du calvaire. 

Engagée pour une durée de quatre mois, la restauration s’est achevée en mars 2004, pour l’ouverture des célébrations du 400ème anniversaire du « Grand Calvaire » le 4 avril 2004. Elle a été réalisée par une entreprise bretonne spécialisée, sous la direction de l’Architecte en chef des Monuments Historiques, et a consisté en la dépose complète, le nettoyage et la restauration du socle et de toute la statuaire, notamment la réparation des pierres éclatées et la réfection des joints d’étanchéité. (gebete29)

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Mais cette restauration, ce sauvetage aux jours mêmes de la Libération rappelle que le Calvaire de Plougastel a été construit également juste après la fin des Guerres de la Ligue. Qui cessèrent ... en 1598. Cette après-guerre sous le roi Henri IV fut féconde pour de nombreuses chapelles de Plougastel, puisqu'à Saint-Trémeur s'observent les dates de 1581 et 1636, à Saint-Claude celles de 1574, 1630 et 1632, à Saint-Guénolé celle d'un calvaire de 1654, à Saint-Adrien la date de 1616, à Sainte-Christine celle de 1605, au Languis celle de 1603 et 1622, à Saint-Jean celle de 1607.

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 VUES GÉNÉRALES.

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Mes schémas illustrent les 4 parties que j'ai décrit plus haut, avec au centre, l'inscription de fondation de 1604 et le Christ sortant du Tombeau.

De très nombreuses descriptions du calvaire sont disponibles en ligne, ainsi que de très belles photos. Je ne me livrerai pas ici à une description méthodique.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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 LES SAINTS PIERRE, SÉBASTIEN ET ROCH.

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Désolé pour les photos ! Si ces statues restent à l'ombre, au fond de cette niche-cave, ce n'est pas un hasard. Et c'est dans cette pénombre qu'il faut les découvrir.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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 LES INSCRIPTIONS.

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Le calvaire porte plusieurs inscriptions : sur la frise du massif en 1602, au dos de la croix en 1603 et  sur la pierre du tombeau en 1604. Sept fabriques ( deux par année ?) et deux curés  y ont leur nom. Devoir de mémoire après un trauma ? On comprend que je leur accorde toute l'importance nécessaire.

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Inscription de 1602.

Elle est placée sur la face occidentale (celle du couchant, celle de la Mort du Christ, la face principale comme pour tout calvaire), au dessus de la table d'offrande et des trois saints. Et sous le tombeau dont le Christ sort vainqueur.

Elle dit :

CE: MACE: FVT: ACHEVE: A:  A: 1602 FABRIQVES LORS M: A: CORR: F: PERIOV: I: BAOD: CVRE.

Je transcris "Ce mace fut achevé à l'an 1602 les fabriques étant alors messieurs A. Corre, F. Periou, et I. Baod étant curé".

Le curé.

Je pense que la graphie BAOD doit renvoyer au patronyme (LE) BAOT, BAUD, BAULT,  LE BOT, bien attesté à Plougastel sur geneanet, mais à partir du XVIIe siècle. L'initiale du prénom peut correspondre à Ian (Jean), ou à Yves. La liste des prêtres et curés de Plougastel donnée par Pérennès débute par un Yves Baod, curé, 1602, mais sans doute par référence à cette inscription. 

En juillet 1657, parmi les quinze prêtres de Plougastel figure un Yves Le Baot et Alain Le Baot (H. Pérennès).

Les fabriciens ou fabriques.

A. CORRE : le nom est courant à Plougastel. Voir infra F. Corre 1616-1619. La chapelle Saint-Claude porte l'inscription "IAN CORRE fabrique 1632".

F. PERIOU. Le patronyme PERIOU est attesté en Bretagne vers 1084-1131 sur le cartulaire de Quimperlé, puis en 1427 avec la graphie PERRIOU à Ploumgoar et PERYOU à Ergué-Gabéric. Ses variantes sont (LE) PIRIOU, PERIO, PERRIO.  Le site geneanet me procure un François PIRIOU, né en 1580 d'Yves PIRIOU, et marié à ... Catherine Corre.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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2. L'inscription de 1603 sur le dos de la croix.

H : ROLLANT : I : LE MO AL : 1603

Soit "H. Rollant et I. Le Moal  1603".

-Hervé ROLLAND, ou Henri ROLLAND ? À Plougastel nous connaissons bien Antoine Rolland, le facteur d'orgue né vers 1585, ou son fils Hervé, né en 1621. Mais je vois bien que les archives manquent pour la période antérieure à 1600. Les archives lapidaires comblent cette carence. La chapelle Saint-Adrien de Plougastel fut agrandie en 1616-1619, date d'une inscription portant le nom de Iac Davit, curé, H. ROLLANT et F. CORRE étant gouverneurs (de la fabrique).

-Quant I. LE MOAL, ce n'est pas Joseph LE MOAL de Plougastel, né vers 1600.

Si ce n'est lui, c'est bien quelqu'un des siens.

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Je n'ai pas photographié cette inscription. J'aurais dû.

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3. L'inscription de 1604.

C'est sur le tombeau, d'où sort le Christ ressuscité, que nous lisons une des inscriptions qui datent le calvaire :

1604

I : KGVERN :

 L : THOMAS :

0 : VIGOV FAB

ROUX : CURÉ:

Soit "1604, I. Kerguern, L. Thomas (et) O. Vigouroux fabriques, Roux Curé."

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-I. KERGUERN : pour Jean Kerguern.

-L. THOMAS : là encore, le patronyme est renseigné vers 1600 mais je ne trouve aucun Louis, voire Luc dans cette famille. Par contre, une inscription lapidaire de la chapelle Sainte-Christine (porte sud) datant de 1605 porte le nom de FRANCES THOMAS, fabricien, tandis que le socle du calvaire porte A. THOMAS 1587.

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-chapelle-sainte-christine-de-plougastel-suite-de-la-visite.html

-O. VIGOUROUX. Ah, les Vigouroux à Plougastel, c'est comme les Kervella et les Le Gall ! Mais les archives restent muettes sur ce fabricien. 

Interrogez-moi sur la période d'après 1600, là je serai bavard !

Puisque les archives papiers sont muettes, il reste — c'est dire leur importance— les archives lapidaires.

Ainsi, la chapelle Saint-Trémeur porte l'inscription "Y. VIGOVROVX F.F: FAICT : FAIRE :  CESTE CHA[PELL]E 1581".

ROUX, curé.

 

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Il y a plusieurs façons de visiter le monument, soit face par face en quatre étapes, soit, comme le suggère l'abbé Castel, en en faisant huit fois le tour. Mais pour suivre mon idée, je le découpe en tranche, comme les gâteaux quand j'étais petit.

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LA FRISE DU SOUBASSEMENT : LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

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On comparera ces évangélistes à ceux de la chapelle Saint-Tugen de Primelin.

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Matthieu et l'homme.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Marc et son lion.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Luc et son taureau. Pas de photo.

Jean et son aigle (qui tient le plumier dans son bec).

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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L'angle nord-ouest.

Une grille protège l'accès à la plate-forme par l'escalier.

Un évêque donne sa bénédiction : saint Corentin, patron du diocèse ?

À droite, saint Jean l'évangéliste.

En haut, la scène de la Flagellation.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LA FRISE DU SOUBASSEMENT .

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Le tour du monument débute par la face orientale.

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La frise Est.

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— La Vierge de l'Annonciation; La Visitation; pas d'image.

— Le Mariage de la Vierge.

Plougastel est le seul calvaire à traiter du Mariage de la Vierge et de Joseph, qu'on voit debout entre le prêtre coiffé d'une mitre et habillé comme un moine, d'une longue tunique, d'un rochet et d'un camail. Le prêtre, beaucoup plus grand que les époux, les tient par la main.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Nativité

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Circoncision.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La fuite en Égypte de la Sainte Famille ; L’Ange de l’Annonciation ;

 

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La frise Nord.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La description débute à gauche.

Jésus en prière au Jardin des Oliviers, alors que les trois apôtres qui devaient veiller avec lui, Pierre, Jean et Jacques, se sont endormis.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Puis viennent de gauche à droite huit personnages :

 

- Un garde retient saint Pierre qui vient de couper l’oreille de Malchus.

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- Jésus redresse le serviteur du grand prêtre Malchus, qui a dans la main son oreille coupée. Il est adossé à une lanterne (la scène se déroule la nuit). Judas s'approche de Jésus, tenant la bourse des trente deniers.

- Un officier et des soldats, ou des notables pharisiens.

Notez les culottes (chausses) à taillades, témoignant de la mode —lancée en Allemagne par les lansquenets suisses,—  des crevés,  ces petites fentes assurant à la fois assouplissement et aération (taillades d'aisance) et aussi décor, surtout lorsqu'on prenait soin d'y laisser passer la doublure, ou chiquetade. Ici, ces taillades sont plus modestes : bien attestée au XVIe siècle sous François Ier et Henri II, la mode en disparaît à partir du début du XVIIe siècle.

Cf. Christine Aribaud 2006

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La comparution de Jésus devant Caïphe.

Notez l'apathie des gardes, qui semblent frappés par une indifférence lasse et nous fixent de leur regard absents. Rien à voir avec la vigueur musclée de la même scène sur les Passions des gravures de Dürer ou Schongauer, ou des verrières bretonnes du XVIe siècle. Et rien à voir avec ce qui va survenir sur la plate-forme. J'ai dû faire exprès de prendre des photos un peu floues, embuées dans une ombre triste.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Le grand prêtre Caïphe sur son trône.

Le Maître de Plougastel  ne rigole pas  et impose à ses modèles un frontalité impassible : inutile de tenter de les dérider, ils sont façonnés à la règle, par des traits exclusivement verticaux : mèches de la barbe, mèches des cheveux, plis de la tunique, pans de l'habit, geste du doigt et axe du sceptre, axe des jambes et plis à peine évasés au dessus des chaussures : ver-ti-cal. "J'veux voir qu'une seule ligne !".

Bon. Faire rire un grand prêtre, même chez d'autres artistes, c'est pas gagné.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Sur la frise Ouest :

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Entrée de Jérusalem à gauche. Adoration des Mages à Droite.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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1. L'Entrée à Jérusalem.

  Les remparts de la ville sont  représentés par une petite tour crénelée. Jésus s’apprête à entrer dans la ville, accompagné de saint Jean (imberbe, devant), de  saint Pierre et de trois autres apôtres. Les habitants (en échelle réduite) accueillent le Christ comme un roi en tendant leurs manteaux sous les pattes de l'ânon.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Ce sont les mêmes apôtres que le Maître a sculpté à Confort-Meilars et à la chapelle Saint-Tugen de Primelin.

Avec les deux boutons ronds de leur robe, leurs moustaches tombantes, leurs mèches de barbe tombantes, leurs plis tombants, et leurs regards ... Ah, mais ces rudes pêcheurs de Tiberiade  n'avaient pas encore eu la visite de l'Esprit Saint !

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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2. L'Adoration des Mages.

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L'ordre chronologique n'est pas respectée puisque cette scène devrait venir juste après la Nativité, et appartient à la Vie privée du Christ,, tandis que l'Entrée à Jérusalem appartient à la Vie Publique.

On veut l'expliquer par des théories théologiques. C'est peut-être simplement dû aux différents remontages des groupes en ronde-bosse sur cette corniche. Mais force est de constater que l'Ordre, celui de la Chronologie, est ici défait. Et que ça me parle.

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Enfin un peu de tendresse, grâce à l'âne qui frotte son museau sur celui du bœuf.

Les artistes s'ingénient d'habitude à souligner les différences entre les trois rois, du vieux Melchior agenouillé au jeune Gaspard et à Balthazar l'africain. À glisser une boucle à l'oreille de ce dernier. Et à conférer au petit Jésus une expression charmante de gratitude. Ou, du moins, à éclairer le visage de l'heureuse Mère d'un joli sourire.

Ce n'est pas le genre de la maison.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La frise Sud :

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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1. La Cène. Elle est représentée par trois groupes de quatre personnages.  Deux apôtres font un geste d'énonciation, l’index sur le pouce indiquant, ainsi, qu’ils discutent des paroles que Jésus vient de prononcer, annonçant sa trahison .

Les Apôtres et le Christ s'alignent à l'identique derrière une table à festons où l'agneau pascal disposé dans un plat est difficilement reconnaissable. Certains tiennent le couteau à la main, d'autres font le geste de l'argumentation, lèvent un verre ou un pain. Deux Apôtres sont assis en bout de table dont Judas, à droite, assis plus bas que les autres, la bourse à la main. La tête du disciple préféré de Jésus est couchée sur sa poitrine. Jésus tient un morceau de pain à la main : selon Matthieu 26, celui qui a mis la main dans le plat en même temps que lui est le traître. Ou bien chez Jean :

 

"Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.

 Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.

 Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »

Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.

Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » (Jean 13:23-27)

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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2. Le Lavement des pieds.

Le Lavement des pieds des Apôtres précède en fait la Cène. C'est un geste de purification et de sollicitude donné comme une métaphore aux Apôtres. Placé avant le repas, cela n'a plus de sens.

Jésus est à genoux devant Pierre. Trois groupes constituent la scène. Ils sont onze, puisque Judas a trahi .

Faut-il, devant cet excès de passivité atone, cet effacement de toute individualité des visages, parler encore de "hieratisme", cette digne raideur propre aux choses sacrées ?  

Et si cet étage, ce registre enfoui sous la plate-forme exprimait quelque chose  du vécu des bretons lors de l'épidémie et de la guerre ? Et s'il donnait à percevoir  la perte identitaire,  la pensée blanche, la parole  désincarnée  ou la froideur des sentiments propre à la sidération traumatique ? S'il témoignait d'un désinvestissement émotionnel ? D'un profond désintérêt ? D'une désertion des interactions? D'une interruption de l'élan temporel?

 S'il était la couche psychique sous-jacente, que l'élaboration d'une plate-forme de projets collectifs se donnait le but de dépasser ?

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LA PLATE-FORME.

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Le Récit, le Storytelling déjà bouleversé dans le soubassement va perdre d'avantage encore son Ordre. Mais l'abbé Castel, auteur de référence du lieu, nous incite  à reprendre la visite par le coté oriental. Pourquoi pas ? Le fil narratif est brisé.

J'aurai pu le reconstituer en allant d'une face à l'autre. Remettre du bon sens. Mais le monument nous joue un théâtre de la perte provisoire et éprouvante de ce dernier.

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La plate-forme Est .

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La Mise au Tombeau (Jean 19:38-42) voisine le Baptême de Jésus (premier chapitre de l'évangile de Jean).... 

Il est toutefois possible de justifier cette position de la Mise au Tombeau puisqu'elle est diamétralement opposée à la Sortie du tombeau qui centre la face occidentale, et qui est la fin glorieuse de ce récit : son Ouverture à la Vie.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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—Le Baptême de Jésus, où un ange tient la tunique. Le Christ barbu se tourne légèrement vers Jean-Baptiste.

Pas de photo.

 

— La Mise au Tombeau

 

 

Elle est très ordonnée avec huit personnages autour du Christ dont la dépouille repose sur un linceul. Joseph d'Arimathie, levant la main droite vers la tête du Christ  et tenant un linge, porte le bonnet conique à oreillette à glands des Juifs en tant que membre du Sanhédrin. Il est secondé par une femme coiffée d'un turban et  qui tient un linge.

  À coté, Jean soutient Marie qu'il entoure de son bras gauche. Il porte la robe à deux boutons sur une fente en S que le sculpteur fait revêtir à tous les apôtres. Je crois que des larmes s'échappent de ses yeux, mais mon cliché ne permet pas de m'en assurer.

Madeleine tient son flacon d'aromates pour l'embaumement. Son visage est encadré par le voile très rigide et à angles droits qui est l'un des traits stylistiques des Prigent. Ses cheveux sont torsadés par plusieurs tours d'un linge plissé.

Vient ensuite un homme dont le chapeau conique indique qu'il est Juif : c'est Gamaliel, un pharisien que la tradition iconographique place dans ces Mises au Tombeau. Voir tous les renseignements dans mon article :

La Mise au tombeau de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé

 

Dès lors, je suis amené à rejoindre l'opinion courante qui voit dans le deuxième personnage un homme et non une sainte femme comme je l'ai fait. Cet homme jeune serait Abibon, fils puîné de Gamaliel.

Ensuite, nous voyons une sainte femme : Marie Cléophas ou Marie Salomé, comme on veut.

 Enfin, Nicodème tend les mains protégées par un linge par respect vers les pieds du Christ. Curieusement, il n'est pas coiffé du bonnet conique, mais sa longue barbe et sa robe fendue latéralement depuis un bouton, comme Joseph d'Arimathie, indique qu'il appartient aussi aux pharisiens.

Le groupe est représentatif de l'art du Maître de Plougastel, et de son "hiératisme", de la sobriété de l'expression du chagrin, des visages graves penchés vers le cadavre, ou des gestes peu variés puisque toutes les mains ne s'éloignent pas de plus de 20 cm de la ceinture (sauf les mains croisées de Marie).

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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J'interromps la première partie sur cette Mise au Tombeau. Je teste mon hypothèse image après image, et j'ai justifié à mes yeux son premier argument : dans le soubassement le sculpteur a mis en scène, par la pénombre, par son style désincarné et figé, son ton plus envoûtant, plus monocorde que le terpnos logos, par le regard éteint des personnages désindividualisés, dé-visagés,  par le bris des repères narratifs, l'épreuve vécue par la population lors d'un temps de guerre, de peste, de famine et de carence. Une hantise.

Ma deuxième partie poursuivra la visite de la plate-forme : y montrerais-je un changement de style témoignant d'un réveil des habitants se libérant en jouant la Passion ?

La troisième partie sera consacrée aux trois croix du Christ et des Larrons, pour en comparer les figures avec celle des autres ateliers de sculpture de Basse-Bretagne.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, "Le calvaire de Plougastel-Daoulas", Bulletin de la Société archéologique du Finistère t. XXXI p. 182-189 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207669n/f239

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/plougastel_daoulas.html

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

— CASTEL (Yves-Pascal),  articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

-thèse Michel Hamonic Plougastel-Daoulas 13.10.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1479.

-CASTEL 1336 Auscultation des Calvaires à Plougastel et Guimiliau par la CGG... 18.10.97.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bfdc8148eb09d0bc7254d5705e51fd16.jpg

-1014 Plougastel-Daoulas, Calvaire, Évangile de Pierre... 26.03.94.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c1955e8d223fda5940d8ef924d117b36.jpg

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE GOFFIC (Charles), 1924, -Édouard Champion série 4 - ‎L'Âme bretonne page 10

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%82me_bretonne_s%C3%A9rie_4/Une_cellule_de_l%E2%80%99organisme_breton_II_Le_calvaire

 

— PÉRENNÈS Henri, “Plougastel-Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9785.

LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

— INFOBRETAGNE

http://www.infobretagne.com/plougastel-calvaire.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvaire_de_Plougastel-Daoulas

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Plougastel Maître de Plougastel
5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 10:40

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur.

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Sur cette chapelle :

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MENU : Tous les clichés ont été pris (le plus vite possible) lors de l'excursion organisée par la SAF le 6 septembre 2015, M. Henri Le Mer étant président de l'association de sauvegarde du patrimoine religieux de Primelin, et M. Roger Moullec ayant présenté remarquablement la chapelle aux membres. J'ai laissé passer beaucoup de belles choses.

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Je regroupe mes photos ainsi :

 

Retables et statuaire.

Peinture sur lambris

Peinture murale.

Armoiries

Curiosités.

Bannières.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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RETABLES ET STATUAIRE.

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Retable de la Vierge.

Vierge à l'Enfant. Pietà au registre supérieur. Dieu et la colombe de l'Esprit au couronnement. Colonnes aux oiseaux picorant les pampres.

 

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Vue du bas-coté sud.

Le retable de Sainte-Barbe et, à l'arrière-plan, l'autel du Rosaire.

L'autel du rosaire a été élevé par la confrérie du Rosaire créée le 24 août 1649 à Saint-Tugen. Le tableau de 1846 a succédé à l'original qui représentait, outre la Vierge à l'Enfant saint Dominique et sainte Catherine de Sienne, les mystères du Rosaire en 15 médaillons des mystères joyeux, douloureux et glorieux. Refait en 1846 (inscription : "Mie PRIOL de Klaouen 1846") et en restauré 1990 par Angelescu.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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L'autel et le retable de sainte Barbe.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Sainte Barbe portant sa tour. Bois polychrome.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Statue de Saint Tugen à droite du chœur. Bois polychrome, XVIIe.

Il est représenté en abbé (de l'abbaye de Daoulas) et tient la clef par lequel il guérit de la rage (d'où le chien à sa gauche) et la rage de dents (d'où l'homme qui le prie à genoux à sa droite).

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Un évêque dans une niche posée en applique contre le mur au-dessus d'une petite porte.

 

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Corentin (dans une niche polyédrique "en caveau").

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Michel terrassant le dragon, à gauche du chœur. Bois polychrome, XVIIe.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Un ange passe.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Christophe portant le Christ enfant lors du passage du gué. Bois polychrome, XVIIe.

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Voir mes articles sur l'iconographie de saint Christophe.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint diacre et martyr.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Les 4 "petits saints" ou "santic bihan".

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-Saint Tugen

-Saint Primel, patron de la paroisse de Primelin

-Saint Théodore (en référence à la chapelle éponyme de Primelin), était invoqué contre les fièvres malignes.

-Saint Chrysante  témoigne de la chapelle éponyme de Primelin, dans la vallée nord-ouest de Kerscoulet.  

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Pardon du 21 septembre 2015, copyright Le Télégramme.

 

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Tugen.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Primel.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Théodore.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Chrysante.

"À Rome, le triomphe de saint Chrysanthe et de sainte Darie son épouse, martyrs ; après plusieurs supplices qu’ils endurèrent pour Jésus-Christ sous le préfet Célerin, ils furent condamnés par l’empereur Numérien, à être jetés dans une sablonnière sur la voie Salaria, où on les ensevelit tout vivants sous un amas de terre et de pierres."

Il est représenté tenant contre son ventre les pierres de son supplice (un peu comme saint Etienne, lapidé, est représenté avec des pierres autour de sa tête).

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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LES PEINTURES SUR LAMBRIS.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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La clôture à balustres des fonts baptismaux porte des  peinture sur  lambris (1679-1705) sur le thème des Sacrements.

  • Le Baptême (1705).
  • Le Baptême du Christ.
  • Le Mariage.
  • La Confession.
  • La Confirmation


1. Sur la clôture, du côté extérieur, Prêtre célébrant un mariage.

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Le couple noble (ou  bourgeois) est entouré de trois témoins ( un homme et deux femmes). Les hommes portent le costume et la perruque Louis XIV, les femmes sont en coiffe.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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L'inscription :

" F. EN. 1705. D.T.D. YVES. POVLHASAN. Fqve ".

"Fait en 1705 D.T.D. Yves POULHASAN, fabrique".

Je ne résous pas l'abréviation D.T.D.

POULHAZAN, POULAZAN est un nom spécifique du Cap-Sizun. A. Deshayes (Dictionnaire des noms de famille, 1995) cite POULAHAN, 1481 à Poullan, POULCHAZAN en 1507 à Cléden-Cap-Sizun, et les toponymes Poulhan à Plouhinec, [ancien lieu noble noté Poulcazan en 1426 et Poulhahan en 1455] ou Poulcazan en 1514 à Plozévet. Il dérive de poul-, "mare, trou d'eau" et -cazan , diminutif de -caz (Le Quaz, 1678 Quimper ou Caz, 1776 Quimper), énigmatique pour Deshayes mais quun auteur d'Ouessant (Mairie) fait dériver de cath, "combattant".

Les généalogistes mentionnent  à Primelin :

Yves ou Yvon POULHAZAN (ca 1615- ca 1669), père de :

Jean POULHAZAN (ca 1649-1720), père de :

Honorable homme Guillaume POULHAZAN (1678-1759) demeurait à Kerloc'h Huella, tout comme son fils Jan.

Alain Perrot, me signale, dans sa généalogie,  un Yves POULHAZAN qui serait né en 1640 et décédé à Primelin au village de Kerdigazul le 8 décembre 1717.  C'est le candidat le plus plausible pour notre fabricien. Il avait épousé le 17 février 1676 Françoise SALAUN. Kerdigazul (Kerdigazul carte d'Etat-Major 1820-1866, Kerdugazul IGN 2020) se trouve à 2,2 km à l'ouest de Saint-Tugen.

 

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Au côté extérieur, au nord : le Baptême.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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L'inscription :

"Mre I. Gloaguen Cré de Primelen en 1705 / Baptise cet enft nay depuis un moment".

"Messire I. Gloaguen curé de Primelin en 1705 baptise cet enfant né depuis un moment".

Il ne peut s'agir de Jean-Joseph Gloaguen, né à Glomel en 1749, recteur de Primelin à partir de 1780. Le patronyme (de gloeu- "clair, brillant, beau" et -cen, -ken "beau" ou bien "peau" ) est surtout attesté au Cap-Sizun, de Douarnenez à Goulien. On trouve 296 mentions à Primelin sur geneanet. 

Il s'agit donc de Jean GLOAGUEN, prêtre à Primelin où il est décédé le 28 décembre 1707.

 

Sans doute (Alain Croix) l'enfant n'a-t-il pas reçu le sacrement à l'église dans les heures suivant sa naissance, comme il est de règle, mais a été ondoyé à la maison en attendant le "supplément de cérémonie".

 

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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A l'intérieur,à l'est,  le Baptême du Christ au Jourdain .

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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A l'intérieur,  la Confession côté nord.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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 Enfin, la Confirmation.

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Les confirmés sont trois adultes, deux hommes en costume bourgeois ou noble de l'époque (ou costume de mousquetaire, avec bottes et chausse rouge), et une femme en coiffe, robe rouge et tablier blanc. À droite, un paysage de montagne ...

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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L' inscription :

 Mre : IAN PERENNS :Rr

HERVE PLOINEC : F : LAN : 1679 

"Messire Jean Pérennès recteur ; Hervé Ploinec fabrique l'an 1679."

Le recteur Jean PÉRENNÈS a également inscrit son nom sur la porte sud de la chapelle Saint-Théodore de Primelin en 1672  ; il reprend le titre de messire, et se signale "doyen du Cap-Sizun". Ce titre apparait effectivement sur une pièce des archives départementales.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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LES PEINTURES MURALES.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Scène de la Passion : le Baiser de Judas et Pierre tranchant l'oreille du serviteur du grand prêtre.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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LES ARMOIRIES.

 

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Couronnement de l'autel Sainte-Barbe : Armoiries mi-parti d'Yves du Ménez et de Marguerite de Bouilly, mariés en 1657.

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"MENEZ (DU), sr dudit lieu, paroisse d'Esquibien, - de Lezurec, paroisse de Primelin, - de Prémaigné, paroisse de Trébry.
Ancienne extraction, réf. 1669, neuf générations. ; réf. et montres de 1481 à 1562, paroisse d'Esquibien et de Primelin, évêché de Cornouailles.
D'azur à la croix pleine d'or, cantonnée au premier canton d'une main dextre d'argent ; voyez GUENGAT et KERNICHER. Devise : Et fide et opere.
Gestin, vivant en 1427, épouse Catherine de Lezongar ; un page du roi en 1712.
La branche aînée fondue au XVIè siècle dans Scliczon puis Rospiec ; la branche de Lezurec fondue de nos jours dans Bizien du Lézard. "(Pol Potier de Courcy).

-de Bouilly : d’azur à la bande d’argent, accompagnée de deux croissants de même.

 

 

 

 

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Armoiries de la famille du Ménez, seigneurs de Lezurec en Primelin. Devise FIDE ET OPERE. Collier de l'Ordre de Saint-Michel.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Armoiries mi-parti Ménez et du Gourcuff.

Alain du Ménez épousa Marguerite de Gourcuff (d'azur à la croix pattée d'argent, chargée en cœur d'un croissant de gueules ) en 1600.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Armoiries écartelées de Ménez et Bréhal, entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel. Devise FIDE ET OPERE. Après 1623.

Lire André Croguennec :  En 1623, Yves du Menez de Lezurec épousa Marguerite de Brezal (de gueules à six besants d'or) , fille de Guillaume et de Jacquette du Louet de Coatjunval.
 

http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/brezal-dh.htm

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Sur les peintures murales.

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Armoiries mi-parti du Ménez/ Brézal présentées par deux lions et coiffées d'un tortil de baron.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Armoiries complexe des alliances du Ménez.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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LES EX-VOTO.

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https://www.ex-voto-marins.net/pages/lieupage29Primelin.htm

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Le "Saint-Tugen", réplique du cuirassé Bayard.

Il a été offert par René Rivière (1863-1942), lequel fit sur ce bâtiment son dernier embarquement dans la Marine. Le Bayard est un cuirassé mixte (gréement de trois-mâts carrés et machines à vapeur)) à coque en bois aux flancs blindés et à éperon. Il a été construit à l'arsenal de Brest et lancé en 1874. Navire-amiral de l'amiral Courbet, il participa à la campagne de Chine de 1883 à 1885, et à la bataille décisive de la prise de Magong dans l'archipel des Pescadores . L'amiral Courbet (1827-1885, commandant en chef, mourut à son bord du choléra le 11 juin 1885. Le Bayard rapatrie son corps à Toulon pour des funérailles nationales. Il est ensuite désarmé à Brest et sert de ponton.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Le "Saint-Primel", maquette d'un vaisseau à deux ponts et 74 canons de la première moitié du XIXe siècle.

Il était initialement suspendu à la voûte.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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LES CURIOSITÉS.

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Dîmier (kersanton, XVIe siècle).

C'est une mesure à grains pour la perception des redevances au clergé. Il contient . Posé sur un socle en bois, il permettait par remplissage et rotation de mesurer rapidement du grain, des légumes secs, etc.. La pierre munie d'une cavité d'un volume bien déterminé (ici 2 pintes, environ 2 litres) garantissait la fixité de l'étalon contre les fraudes.

 

La mesure à grains pouvait comporter 2 ou 4 cavités recevant le grain ? Elle était placée sur un support çà roulettes en bois et pouvait tourner à l'aide de deux axes pour faciliter le remplissage de sacs.

La « dîme » est une redevance en nature au clergé. Son taux était variable d'un territoire à l'autre. Il représentait en moyenne 8% [ A Primelin ; 1/30 de gerbe de tout bled.] de la récolte après retrait de la part réservée aux semailles de l'année suivante. Très lourde pour la paysannerie, elle sera supprimée dans la nuit du 4 août 1789.

Le modèle exposé est celui du presbytère de Primelin. Il est du modèle à deux cavités. Le support en bois a disparu.

 (D'après le cartel accompagnant l'objet dans la chapelle)

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Fonts baptismaux anciens en granite.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Le catafalque de 1642.

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Les quatre panneaux du dessus se déplient pour recevoir le cercueil. Ceux des extrémités reposent alors sur les têtes d'Adam et Éve, qui ont été à l'origine du péché originel. Leurs bras en croix évoquent la rédemption par la mort du Christ. Les porte-cierges évoquent la lumière de la résurrection et l 'espérance de la vie éternelle.

Sur le couvercle se voit de chaque coté la Mort avec sa faux ainsi qu'un cartouche. On peut lire sur l'un d'eux :

"Qui speculum cernis

Cur non mortalia spernis

Tali namque domo

Clauditur omnis homo.

A la vue de ce miroir

Pourquoi ne pas mépriser les choses périssables ?

Car c'est en telle demeure

Qu'est enfermé tout mortel. »

Les quatre vers se trouvent ailleurs comme épitaphe ou comme épigramme. On les trouve dans le Compost et kalendrier des bergers imprimés par Guyot Marchant à Paris en 1493 dans une forme plus complète et des vers français plus savoureux :

Qui speculum cernis Cur non mortalia spernis Tali namque domo Clauditur omnis homo.

Cum fex, cum limus, cum res vilissima simus Unde superbimus ? Ad terram terra redimus.

Regarde my, souspire et pleure :

Qui mort attens, et ne scais l'heure :

Prie pour moy qui suis en cendre :

Pense que la te faut descendre.

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On pense immédiatement au Mirouer de la Mort, livre écrit en 1519 en  3602 vers, publié en 1575. Sa source était le Quattuor nouissimorum liber de morte videlicet penis inferni : iudicio et celesti gloria : quem plerique cordiale appellant cuique (sic) predicanti perutilis atque surnmopere necessarius auctoritatibus sacrarum litterarum exemplis et poetarum èarminibus passim refulgens, ,qu'on a attribué à Girard de Vliederhoven et à Denys de Leeuvis, né à Rykel, dit Denys le Chartreux.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a5281ec005e7310899fe53e748f83fbe.pdf

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Fragments de vitraux anciens.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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La cheminée.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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LES BANNIÈRES.

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Bannière de la Vierge de l'Immaculée-Conception.

Velours bleu.

Blason de la Bretagne en haut, armoiries papale (*) et épiscopale (**) en bas, datant la bannière entre 1908  et 1914.

(*) Pie X (Giuseppe Sarto), pape de 1903 à 1914 : D'azur à l'ancre de sable posée sur une mer d'argent et d'azur accompagnée en chef d'une étoile d'or, au chef d'argent au lion d'or léopardé et ailé, tenant un évangile ouvert de même portant le texte "PAX TIBI MARCE EVANGELISTA MEUS" en lettres de sable.

(**)  Adolphe-Yves-Marie Duparc né le 05.02.1857 à Lorient, évêque de Quimper le 11.02.1908., décédé le 08.05.1946 à Quimper. Armes : Parti : 1) d’azur à l’agneau d’argent – 2) d’or au lion de sable, tenant une crosse – Sur le tout : un chef d’hermines. Devise : Meulet ra vezo jezuz krist (que soit loué Jésus-Christ).

 

 

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Bannière de sainte Catherine. Verso de la précédente.

Velours rouge, inscription STE CATHERINE PPN.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Saint Joseph ?

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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Bannière de saint Tugen.

D'un coté : bannière blanche montrant le saint avec l'inscription en breton  SANT TUGEN BENIGUET.

De l'autre : la clef de saint Tugen et le monogramme YV.

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin : l'intérieur. Photographie lavieb-aile 2015.

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J'ai omis de photographier de nombreuses autres choses, comme celles signalées par Couffon :

 

"Autels : Maître-autel de 1667. Le tabernacle est surmonté d'un baldaquin à volutes. Encadrant la fenêtre d'axe, deux retables à colonnes torses et niches superposées ; ces boiseries portent une date, 1786, celle de leur restauration. Dans les niches, statues en bois polychrome de la Vierge Mère, saint Corentin, saint Jean l'Ev., saint Tohou (ou Fiacre ?). De part et d'autre du choeur, statues de bois polychrome du XVIIe siècle : saint Tugen (C.) et saint Michel terrassant le dragon.

Côté sud, retable de Notre Dame de Grâce portant deux inscriptions : " FAIT EN 1694 " et " RESTAURE EN 1860 JEAN GUEGUEN RECTEUR. MANCEAUX GUEGUEN PEINTRE " (inscription disparue) (C.).

Sur la balustrade en bois, inscription : " HENRI : LE : GALLIC : FA : DV : ST : R : LAN : 1652. "

 Chancel du choeur et stalles, bois sculpté XVIIIe siècle. Tabouret, bois teinté, XVIIIe siècle - blochet, bois sculpté, XVIe siècle.

- Chaire à prêcher portant l'inscription : " H. H. I. RIOV. FABRIQVE. 1766. " - Confessionnal du XVIIIe siècle.

Peinture au-dessus de l'arc doubleau qui sépare le choeur du bras sud : la Sainte Famille guidée par un ange, signée " BARADEC PINXIT ".

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006352

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002735

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— CHAUSSEPIED (Charles), 1909, la chapelle Saint-Tugen, Revue de Bretagne de Vendée & d'Anjou, Volume 42.

https://archive.org/details/bub_gb_OUYoAAAAYAAJ/page/n7/mode/2up

et Chaussepied Charles, 1909 Rapport sur la chapelle Saint-Tugen,dans Bull. de la Soc. Archéol. du Finistère, 1909, p. 109-112.

— CONGRES ARCHEOLOGIQUE DE FRANCE 1957 "Cornouaille" cession 115.

— COUFFON, (René), LE BARS, (Alfred)1988, Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PRIMELIN.pdf

 

— COUFFON (René), 1952, L'architecture gothique en Cornouaille,  Mémoire SHAB

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffb1a4073.62873873/1952_01.pdf

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, dossier IA00006352 de l'Inventaire Général

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-tugen-primelin/f24db6bc-e0b0-4968-b2ab-e6dbc9543963

Annexe : enquête de 1977-78 par TOSCER :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006352_02.pdf

—HAMOURY (Maud ), 2010, La peinture religieuse en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Rennes, PUR, 2010,

 

— LE CARGUET (H. ) 1891, Les clés et le culte de Saint-Tugen, Bulletin de la Société archéologique du Finistère tome XVIII Pages 192 à 201.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1891_0274_0283.html

— LE CARGUET (H. ) Petite chronique de Monsieur Saint-Tugen dans, Bull. de la Soc. Archéol. du Finistère, 1916, p. 184, 213-330.

PARCHEMINOU (Corentin), La Révolution au fond du Cap-Sizun .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a9b6d2607ec406fc263c544470862248.pdf

— PÉRENNÈS (Henry), 1936, Saint-Tugen en Cap-Sizun

— TOSCER (C.), 1987, La chapelle Saint-Tugen en Primelin, SHAB. p. 336-342.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/548345e82aa077.10302388/1987_24.pdf

— VELLY (Yves), 1930,   Velly Yves, “Saint Tugen et son église : joyau architectural du Cap-Sizun, monument historique monographie & explication de ses nombreux et merveilleux symbolismes,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 février 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3472. .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c3dcdf77786c24d8a65eed75a1f067f4.pdf

— Wikipedia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Primelin_%2829%29_Chapelle_Saint-Tugen_Int%C3%A9rieur_02.JPG

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Bannières. armoiries
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 14:53

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ARCHITECTURE : LE PORCHE SUD.

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"Le porche aux rampants ajourés et tympan [ajouré] est sur le même modèle que ceux d'Audierne (chapelle Saint-Raymond-Nonnat), Cléden-Cap-Sizun, Goulien, Esquibien, Meilars (église Saint-Meilars), Poullan-sur-Mer, Plogoff. " (Le Seac'h)

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"Le porche latéral, un peu plus tardif, est voûté sur croisée d'ogives avec liernes. L'ouverture extérieure, en anse de panier, est surmontée d'un tympan ajouré qui connut un très vif succès dans le Cap Sizun. Au sommet des deux pinacles et du faux gable, consoles portant les statues de saint Tugen et de deux Apôtres. Les rampants du pignon sont ajourés. Les contreforts sont garnis de niches décorées de coquilles et surmontées d'une accolade et d'un gable très particulier que l'on retrouve à Saint-Théleau de Plogonnec, Tréguennec, Plouhinec, la Trinité en Plozévet." (Couffon)

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Je remarque également le V inversé de la moulure du gable traversant les pinacles, comme sur le porche ouest de la cathédrale de Quimper, à Mahalon, Plogoff en 1547, Plouhinec en 1572, ou Cléden-Cap-Sizun.

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Porche sud de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le tympan ajouré :

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Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comparez avec le porche sud de Cleden-Cap-Sizun:

 

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Porche sud de l'église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

 

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LE PORCHE OUEST.

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"La façade occidentale est percée d'une belle porte ogivale surmontée d'une accolade et d'un gable flammés. Elle est encadrée de quatre contreforts ornés de niches à dés et culs-de-lampe garnis de statues, les plus rapprochés s'élèvent dans toute la hauteur de la tour une corniche richement sculptée. " (Couffon)

"Le portail, percé à la base de la tour, offre, comme conception et comme réalisation, une telle ressemblance avec celui [porche occidental] de Saint-Herbot qu'il fut certainement construit par le même atelier. La porte en anse de panier est surmontée d'une arcade en tiers-point aigu, à voussures profondes et accolade à fleuron. Un faux gable coupe les pinacles des piédroits pour s'appuyer sur deux angelots portant des banderoles. "(Couffon)

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Porche ouest de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

 

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Porche ouest de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Les porteurs des phylactères PAX VOBIS et AVE MARIA.

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À gauche, c'est bien un ange. C'est lui qui accueille le fidèle avec les mots de l'Annonciation : AVE MARIA.

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Porche ouest de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Porche ouest de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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À droite, c'est un homme richement vêtu, saluant en touchant le chaperon dont il est coiffé. Ce messager  sort d'une tour crénelée en présentant sa banderole PAX VOBIS, "La Paix soit avec vous !"

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Porche ouest de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

 

 

 

On trouve un exemple identique sous le porche de Lampaul-Guimiliau

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Messager du porche de Lampaul-Guimiliau. Photo lavieb-aile.

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Porche ouest de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

 

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LA TOUR ET SES TOURELLES.

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La tour carrée de 28 m de haut et 6,50 m de large est inspirée, comme beaucoup, de la cathédrale de Quimper ( Couffon 1988, Bonnet 2003) et on y retrouve le motif de la baie unique encadrée d'arcs en mitre géminés. Elle porte sa flèche, non pas en son sommet, mais dans l’angle sud-ouest.

 

"A l'extérieur, la tour est nettement inspirée de celles de Saint-Corentin ; mais, comme à Saint-Herbot, Carhaix et Plouguer, elle ne porte pas de galerie ajourée, et, contrairement aux édifices précédents, n'a, sur chaque face, qu'une seule baie encadrée d'arcades aveugles en mitre. Elle mesure 28 m de hauteur.

Quatre contreforts, dont deux à pinacles étagés, la soutiennent sur la face ouest ; dans les niches de ces contreforts, statues des quatre Evangélistes.

La tourelle d'escalier qui donne accès à la galerie surmontant le portail passe du plan carré au plan octogonal où elle est cantonnée de quatre pinacles ; elle est couronnée d'une flèche importante et a servi de modèle à Saint-Théleau de Plogonnec, Ploaré et Pleyben. "(Couffon 1988).

 

 

"La tour imitée de celle de Quimper est décorée des mêmes fenêtres, des mêmes arcs en mitre, et des mêmes contreforts étagés munis de pinacles ; mais au lieu de deux baies jumelées sur chaque face, elle n'en possède qu'une. Sur la plateforme, la base de la flèche porte l'inscription V.K / GAL sans qu'on puisse savoir s'il s'agit d'un maître d'œuvre ou d'un fabrique.

La tourelle d'escalier, donnant accès du sol à la galerie surmontant le portail, passe du plan carré octogonal où elle est alors cantonnée de quatre pinacles élevés. Elle est surmontée d'une flèche octogonale très importante et qui a servi de modèle aux tourelles de Saint-Theleau en Plogonnec, (1544), de Ploaré (1548) et de Pleyben (vers 1555), monument où se voit également d'ailleurs le même encorbellement supportant la galerie." (Couffon 1952)

 

 

"La tour proprement dite est percée sur chacune de ses faces de longues et étroites fenêtres à multiples colonnettes et séparées par de petits linteaux dans leur hauteur. Une autre balustrade termine la plate-forme sur laquelle repose un lanternon polygonal bien postérieur à la construction du clocher et sans grand caractère; il remplace la flèche qui ne fut jamais exécutée. Aux angles de la balustrade se voient  les substructions des pinacles qui devaient s'élever autour de la flèche centrale. Au sud de la façade occidentale est une tourelle surmontée d'une belle flèche à pans ornée de crochets ; cette tourelle renferme le premier espalier conduisant à la galerie extérieure, puis de là, à un autre escalier placé à l'angle nord-ouest qui mène alors à la plate-forme supérieure." (Chaussepied, 1809)

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Inscriptions de la tourelle nord-ouest du clocher.

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"Une seconde tourelle, au nord-ouest, donne accès au sommet de la tour ; on y lit les dates de 1569 et 1582 et l'inscription : " V. KGAL. " (Couffon). C. Toscer reprend ces données chronologiques. Couffon écrit ailleurs : "Sur la plateforme, la base de la flèche porte l'inscription V.K / GAL"

Je lis pour ma part, malgré les lichens, les dates de 1581 et 15[7]9. Cette dernière date est précédée des lettres X :C.

 

La chambre des cloches porte, parait-il, la date de 1584. Sur la porte de la pièce nord de la tour, il serait inscrit selon le dossier Inventaire 1977 par Toscer  "H : C : R : 1595", qui a été  transcrit comme "Henri Capitaine Recteur en 1594".

Si le nom de ce recteur se trouvait attesté, je serais alors tenté de transcrire ma leçon X: C 1579 par H : C : 1579, pour  Henri Capitaine 1579. Si je ne trouve pas le patronyme CAPITAINE attesté à Primelin, Alain Perrot signale l'existence de plusieurs familles CAPITEN à Primelin entre 1597 et 1628, et que dans 2 familles le prénom est Henry.

J'interroge alors le moteur de recherche qui m'indique qu'Henry CAPITEN était recteur de Penmarc'h en 1591 (H. Pérennès, BDHA 1938). On brûle !

 

 

Il est toujours étonnant qu'un monument classé, étudié, commenté, défendu par une association, restauré, et photographié ne fasse pas l'objet d'une lecture plus attentive de ses chronogrammes et de ses inscriptions, d'une vérification rapprochée et d'une critique plus attentive des données des auteurs de référence. 

Sous ces inscriptions, la frise ressemble à celle de Plogoff.

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Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Les gargouilles de la tour.

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Elles ne semblent pas avoir été décrite, mais sont néanmoins truculentes et précieuses à examiner.

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Il y a notamment un moine buveur bien amusant. Je le tiens comme moine en raison de ses cheveux courts et de la cordelière autour de sa tunique plissée (et puis c'est plus drôle), et comme buveur à cause du flacon qu'il porte à sa bouche. Mais si on veut y voir plutôt un laïc buveur de Coca-Cola ou un musicien, pourquoi pas !

Je ne suis pas certain que son rôle d'évacuation des eaux de pluie soit fonctionnel.

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Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Puis, nous avons un lion gueule ouverte, avec une belle crinière, et une queue glissée entre les pattes.

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Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Et enfin, un deuxième moine (ou un homme en tunique ceinturée) qui, bouche largement ouverte, dégueule (excusez-moi, mais c'est le terme), en s'aidant de la main gauche, agenouillé au dessus de nous. La main droite s'accroche à la ceinture. Entre les genoux.. mais arrêtons-nous là.

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Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Terminons plus sagement avec un ange :

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Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Tour de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LES INSCRIPTIONS.

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INSCRIPTION DE LA SACRISTIE.

 

 

I : BRECHONET : F.

Le patronyme BRECHONET ou BRECHONNET ou BREHONET est, sur Geneanet, principalement attesté à Primelin ! Puis viennent Audierne, Esquibien, Pont-Croix ou Goulien : c'est bien un nom du crû !

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Puisque Couffon donne la date de 1720 pour la sacristie, je choisirai volontiers de voir ici le nom de IAN BREHONET FABRICIEN, puisque les généalogistes mentionnent Jean BREHONNET, né vers 1676 à Primelin et décédé le 5 août 1740 à Primelin, cultivateur, demeurant à Kergas, et époux de Marie-Anne KERSAUDY.

https://gw.geneanet.org/pthanv?n=brehonnet&oc=&p=jean

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Sacristie de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Sacristie de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite) de la sacristie de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite) de la sacristie de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Sacristie de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Sacristie de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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INSCRIPTION SUR LE BRAS SUD DU TRANSEPT.

 

: " H. H. IEAN. BRENEOL.

FAB. 1760 " 

(et non 1750 comme le lit Couffon)

Honorable homme Jean BRENEOL, né le 7 mars 1715 à Kervrant, Primelin, et décédé le 9 novembre 1780 à Primelin, épousa en 1748 Françoise LE PRIOL., le recteur étant LE GALLO.

https://gw.geneanet.org/lejoncournicole?n=breneol&oc=&p=jean

 

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Inscription (leucogranite)  de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite) de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite)  de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite) de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LES INSCRIPTIONS DU COTÉ NORD.

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Inscription (leucogranite)  de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite) de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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D / MEROR 

FABRIC : 1611.

"D. MEROUR Fabricien en 1611." (et non D. MEMOR ...lu par Couffon).

 

Les généalogistes ne proposent qu'un Daniel LE MEROUR, mais c'est intéressant car il est décédé à Saint-Tugen le 18 janvier 1672 : Il était né vers 1625. Son fils se prénomme également Daniel et est également décédé à Saint-Tugen. La famille est donc bien établie à Saint-Tugen. Il est plausible que le père se prénommait également Daniel.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=merour&oc=1&p=daniel  

 

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Inscription (leucogranite)  de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite) de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LAN 1611

F : MOAL: F.

"L'an 1611 F. MOAL fabricien."

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François Le MOAL apparaît ponctuellement en généalogie dans les actes de Primelin en 1597, 1603 et 1622

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Inscription (leucogranite)  de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Inscription (leucogranite) de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006352

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002735

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— CHAUSSEPIED (Charles), 1909, la chapelle Saint-Tugen, Revue de Bretagne de Vendée & d'Anjou, Volume 42.

https://archive.org/details/bub_gb_OUYoAAAAYAAJ/page/n7/mode/2up

et Chaussepied Charles, 1909 Rapport sur la chapelle Saint-Tugen,dans Bull. de la Soc. Archéol. du Finistère, 1909, p. 109-112.

— COUFFON, (René), LE BARS, (Alfred)1988, Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PRIMELIN.pdf

 

COUFFON (René), 1952, L'architecture gothique en Cornouaille,  Mémoire SHAB

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffb1a4073.62873873/1952_01.pdf

DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, dossier IA00006352 de l'Inventaire Général

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-tugen-primelin/f24db6bc-e0b0-4968-b2ab-e6dbc9543963

Annexe : enquête de 1977-78 par TOSCER :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006352_02.pdf

— LE CARGUET (H. ) 1891, Les clés et le culte de Saint-Tugen, Bulletin de la Société archéologique du Finistère tome XVIII Pages 192 à 201.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1891_0274_0283.html

— LE CARGUET (H. ) Petite chronique de Monsieur Saint-Tugen dans, Bull. de la Soc. Archéol. du Finistère, 1916, p. 184, 213-330.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

PÉRENNÈS (Henry), 1936, Saint-Tugen en Cap-Sizun

TOSCER (C.), 1987, La chapelle Saint-Tugen en Primelin, SHAB. p. 336-342.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/548345e82aa077.10302388/1987_24.pdf

VELLY (Yves), 1930,   Velly Yves, “Saint Tugen et son église : joyau architectural du Cap-Sizun, monument historique monographie & explication de ses nombreux et merveilleux symbolismes,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 février 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3472. .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c3dcdf77786c24d8a65eed75a1f067f4.pdf

Wikipedia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Primelin_%2829%29_Chapelle_Saint-Tugen_Int%C3%A9rieur_02.JPG

 

 

 

 


 

 

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Published by jean-yves cordier
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 17:01

La chapelle Saint-Tugen de Primelin : les statues en kersanton de  saint Tugen, des Apôtres  et des  quatre évangélistes (Maître de Plougastel , début XVIIe).

 

 

Sur cette chapelle :

Voir sur les œuvres du Maître de Plougastel en Cap-Sizun : 

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INTRODUCTION.

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La kersantite tire son nom d'un lieu-dit, Kersanton, de la rade de Brest alimentée par l'Aulne et l'Elorn. C'est une roche magmatique filonienne d'un gris plus ou moins sombre à laquelle le professeur Louis Chauris a consacré une monographie, et toute sa passion. Il en décrit plusieurs "faciès", et celui à grain fin et teinte sombre fait la splendeur des monuments de Basse-Bretagne, car elle a été employée dès le XVe siècle par les sculpteurs de l'atelier ducal du Folgoët (1423-1509). Les sites d'extraction de la kersantite se situant en bord de mer, les ateliers s'installèrent à Landerneau, premier port en amont sur l'Elorn. Ce seront successivement celui de Bastien et Henry Prigent (1527-1577),  du Maître de Plougastel (1570-1621) puis de Roland Doré (1618-1663). Leurs productions, transportés par navire puis par charrette, se diffusent en Basse-Bretagne autour de l'épicentre landernéen, privilégiant le nord de l'Elorn (le Léon), mais s'aventurant (par l'Aulne ou par la mer d'Iroise) vers le sud, en Cornouaille.

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LE MAÎTRE DE PLOUGASTEL (1570-1621)

Emmanuelle Le Seac'h  a établi le catalogue raisonné de ce sculpteur anonyme, mis en ligne avec des photographies sur le site en.wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

Elle divise la carrière de ce sculpteur  en trois parties : 1) période de jeunesse de 1570 (porte d'entrée du porche de Bodilis) à 1588 (Croix de Kerangroas de Plougasnou et calvaire de Guimaec), 2) maturité jusqu'en 1602 (calvaire de Plougastel), puis 3) maîtrise avec l'arc d'entrée de Guimiliau (1606-1617).

Une deuxième main stylistique, se reconnaît pour des interventions isolées et modeste en taille : Le Seac'h désigne ce sculpteur sous le nom de Valet du Maître de Plougastel, actif à Guimiliau en 1607-1617, à l'ossuaire de La Martyre en 1619 et à Bodilis (contrefort du porche).

Enfin, c'est probablement en temps que compagnon du Maître de Plougastel que Roland Doré fit ses débuts.

La carte de répartition des ouvrages le montre actif sur 30 paroisses, dont seulement 4 en Cornouaille, dans la région du Cap Sizun : à Confort-Meilars, Plogoff, Primelin et Tréguennec.

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L'atelier du Maître de Plougastel. Le Seac'h p. 178 figure 176. Droits réservés.

 

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Style du Maître.

E. Le Seac'h le caractérise d'un mot : le hiératisme.

" Dans la plupart des cas, les personnages [du calvaire de Plougastel] respectent une frontalité rigoureuse. Une impression d'ordre et de rigueur se dégage de leurs attitudes. Ici, l'exubérance n'est pas de mise et les personnages défilent en scènes bien structurées. Le Maître de Plougastel, qui n'a pas souhaité exploiter la veine caricaturale de Guimiliau, n'a pas non plus basculé dans la candeur ou l(''innocence. On est loin également du réalisme empreint de tristesse [cf. les trois larmes propres aux Prigent] des Prigent. Ici, tout est homogène et précis."

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Datation des statues de Saint-Tugen.

 

"Érige à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne mentionnée dès 1118, l’édifice actuel a été bâti entre 1530 et 1550 à l’initiative de René du Menez, seigneur de Lezurec en Primelin, et son épouse, Marie du Fou. Les inscriptions datées 1584 (dans la chambre des cloches) et 1593 (dans la pièce nord de la tour, dite « la prison ») signaleraient donc de probables réparations.

Les dates de 1611 observées sur le bras nord du transept renvoient, elles, à un agrandissement que l’on doit au petit-fils des bâtisseurs : Alain du Menez, « gouverneur d’Audierne et capitaine garde côte du Cap-Sizun »." (Ducouret 1983)

 

Selon Le Seac'h, la chapelle Saint-Tugen a été commencée  en 1535 en débutant par le chevet plat, tandis que le porche ouest serait postérieur à la tour débutée en 1569 et achevée en 1582. Pourtant C. Toscer l'attribue au même atelier qui fit celui de Plogoff en 1547 et de Plouhinec en 1572. Le porche sud est "probablement contemporain de la tour" (Toscer). Mais les statues des niches et du porche ont pu être sculptées plus tardivement que l'architecture qu'elles décorent.

Les statues de Confort-Meilars dateraient, elles, de la période de maturation du Maître et donc des années 1588-1602. La statue de Plogoff porte le nom d'I. Bocou, qui a également inscrit son nom sur une inscription de 1626. 

Ces éléments, associés à la période d'activité du Maître de Plougastel, me conduisent à dater ces statues du début du XVIIe siècle.

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LES QUATRE ÉVANGÉLISTES (kersanton, Maître de Plougastel, fin XVIe).

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Sur la façade occidentale, des niches à dais ont été creusées dans les quatre contreforts qui maintiennent la tour. Les Évangélistes sont assis à leur pupitre, écrivant sur leur livre qui est maintenu par la main gauche à plat. Les têtes de Matthieu, Marc et Luc ont été restaurées — ou plutôt restituées— en 1996 par Nathalie Tran de l'atelier de Pierre Floc'h  à La Chapelle-Caro (56). Elle s'est inspirée des Évangélistes réalisées par le Maître pour le calvaire de Plougastel-Daoulas et celui de Guipronvel.

"Les yeux globuleux, avec les arcades sourcilières légèrement creusées, la barbe bien peignée, le nez épaté, les cheveux mi-longs partagés en plusieurs mèches : rien n'a échappé à la restauratrice. la principale différence avec les Évangélistes de Plougastel ou de Guipronvel réside dans les pommettes, qui sont plus creusées. Les barbes sont taillées un peu plus en pointe. ." (Le Seac'h)

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Matthieu et son ange.

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"La figure humaine, — l'attribut symbolique de Matthieu —, est représentée sur le devant par un petit personnage debout entre es pieds de l'Évangéliste. Il porte sur sa tête le livre de Matthieu. Sur sa tunique resserrée à la taille, une cape flotte dans un joli drapé autour de lui. Le visage est caractéristique du style du Maître de Plougastel. Très ramassé et avec les yeux ourlés, il a le nez cassé." (Le Seac'h)

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Rappel : depuis les Pères de l'Église, chaque évangéliste est associé à l'un des "quatre vivants" de la Vision d'Ézéchiel (Ez 1:1-14) siégeant aux pieds du trône de Dieu, et repris dans l'Apocalypse (Apo 4:7-8). Ce sont l'homme (Matthieu), le lion (Marc), le taureau (Luc) et l'aigle (Jean). Ils sont tous ailés (et l'homme passe alors pour un ange), mais ici — comme souvent ailleurs— ils sont représentés sans ailes, sauf pour l'aigle bien-sûr.... Ils deviennent alors de simples attributs d'identification des quatre auteurs des Évangiles.

Les placer sur les quatre contreforts de la base de la tour participe d'une métaphore où la chapelle devient une figure du trône de Dieu.

Mais aussi, le décor sculpté et vitré des églises et chapelles du XVIe siècle s'organise comme celui des livres de prière individuels des personnes aisées, les Livre d'Heures. Dans ceux-ci, immédiatement après le Calendrier, le fidèle trouvait la représentation des quatre évangélistes, chacune en relation avec un passage des évangiles lu à la messe des quatre principales fêtes : Noël et la Nativité (Mt 2:1-12), l'Epiphanie le 6 janvier et l'Annonciation du 25 mars (Lc 1:26-38), L'Ascension (Mc 16 :14-20), tandis que Jean renvoyait, par l' incipit de son évangile, au plan divin du Salut.

L'aigle tient souvent, dans l'iconographie, l'encrier ou le plumier. Ce n'est pas le cas ici, à la différence du calvaire de Plougastel.

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Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comparez avec le même évangéliste du calvaire de Plougastel :

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Saint Matthieu, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile.

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Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Luc et son taureau.

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Le taureau, à gauche est brisé. Nous ne voyons plus qu'une patte.

 

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Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Marc et son lion.

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Le Maître de Plougastel a sculpté une œuvre équivalente sur le calvaire de Guipronvel ; le lion est placé à gauche du pupitre.

Voici celui de Plougastel :

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Saint Marc, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile

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Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean et son aigle.

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"La tête de saint Jean est d'origine, plus ronde parce qu'imberbe. Les paupières ourlées  et les cheveux partagés en mèche sont bien visibles, mais le nez est brisé. l'aigle de saint Jean s'est transformé en un volatile sans prétention." (Le Seac'h)

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comparez avec le saint Jean de Plougastel :

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Saint Jean, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile.

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Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LES DOUZE APÔTRES ET SAINT TUGEN.

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Le porche sud rassemble les Apôtres, six à l'intérieur et cinq à l'extérieur. Décapités pour la plupart à la Révolution, ils ont retrouvés leurs têtes en 1852, et ont été restaurés en 1993-1994 par l'atelier de Pierre Floch. Certaines statues ont été refaites par la technique due la mise-aux-points sur le modèle du calvaire de Plougastel-Daoulas.

"Toutes reposent sur des consoles en granite décorées de masques et d'animaux monstrueux. Sur le fleuron du gable de l'arc d'entrée se tiennent saint Tugen avec à sa droite saint Matthias et à sa gauche saint Matthieu. Les contreforts sont creusés de niches avec à gauche saint Barthélémy et un apôtre dont l'attribut est brisé et, à droite, saint Jean et un calice avec la tête du serpent brisé. Saint Jude avec son épée a été déplacé sur le mur sud de la sacristie, rajoutée en 1720. "

C'est donc la même métaphore de l'église comme figure terrestre du Trône céleste qui est reprise, et, après les quatre Évangélistes, nous trouvons les douze Apôtres. S'ils tiennent un phylactère, c'est qu'ils témoignent chacun d'un des douze articles du Credo, pilier de la Foi chrétienne. Leur série est très fréquemment alignée de chaque coté de l'intérieur des porches bretons (ou de l'encadrement des portails des cathédrales), mais la présence sur les contreforts à l'extérieur d'un sanctuaire serait (Le Seac'h) une innovation qui ne se retrouve qu'à Confort et à Plogoff. 

L'exploitation du chiffre 4 puis du chiffre 12 est évidente, avec sa valeur rythmique musicale.

Dans le parallèle que j'ai dressé entre décor des sanctuaires et livres d'heures, le rapport s'impose entre les douze apôtres et les heures canoniales (bien qu'elles ne soient que huit, de Matines à Complies), ou les heures du temps.

Qu'on y adhère ou pas, ce n'est qu'en percevant la signification spirituelle de ce décor sculpté qu'on en perçoit pleinement la beauté.

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I. SAINT TUGEN ET LES SIX APÔTRES À L'EXTÉRIEUR DU PORCHE.

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1. Saint Tugen entre les apôtres Matthias et Matthieu sur le fronton du porche.

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Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Tugen.

"Saint Tugen, l'abbé patron de la chapelle, porte une aube recouverte d'un rochet, avec une chape fermée par un mors en tissu décoré d'un losange, la crosse et la mitre, une clef pendant sur ses vêtements flottants. La main gauche et une partie de la crosse sont brisés." (Le Seac'h)

Le saint dont le culte attirait ici les foules lors de sept pèlerinages annuels est représenté en abbé (crosse à droite) car il est tenu comme successeur de saint Jaoua à la tête de l'abbaye de Daoulas avant d'être recteur de Braspart.

Sa main gauche devait tenir un pain rond dont on devine l'amorce. En effet, la clef de saint Tugen (un poinçon conservé dans un reliquaire), plantée dans un petit pain lors des pèlerinages, était censé prévenir de la rage, ou, du moins, de la rage de dents. Les pains qui se conservaient sans moisir portaient le nom de Bara an Alve.

"Mais le principal emploi de la clé du Saint est de bénir par attouchement les petites clés en plomb, dites « Clés de Saint Tugen ». Des marchands de Pont Croix et d'Audierne les fabriquent et viennent les vendre, sur la place, le jour du pardon. Ces clés portent, de côté et d'autre du panneton : S.T. Bénies, elles préservent des chiens enragés." Le Caguet 1891.

 

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Saint Tugen (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Tugen (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Matthias et sa lance.

L'attribut de Matthias est la hache, ou la hallebarde, ou la lance.

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Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'apôtre Matthieu et sa balance de publicain.

Le Maître de Plougastel adore les détails vestimentaires, les boutons ronds soigneusement glissés dans des languettes qui serpentent, les ceintures et leur boucle, et, ici, les plis en accordéon des manches.

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L'Apôtre Matthieu,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le contrefort de gauche. les apôtres Barthélémy et Philippe (?)

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L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'apôtre Barthélémy et son coutelas de dépeçage.

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L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le socle de granite : trois têtes de dragon.

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Socle, chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Socle, chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'apôtre non identifié.

Par exclusion des apôtres identifiés ici, il peut s'agir de  saint Philippe tenant sa croix à longue hampe, ou de saint Thomas portant son équerre. J'opte pour le premier.

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L'Apôtre Philippe,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Philippe, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean.

"Le visage de l'apôtre a été très bien refait par Pierre Floch. Un détail a été copié sur le masque qui orne un autel  à la chapelle de Lambader en Plouvorn : le sillon naso-labial a été creusé avec le philtrum apparent." (Le Seac'h)

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L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jude et son épée.

Je l'avais identifié comme étant saint Paul, qui a le même attribut, mais aussi la calvitie. J'adopte le point de vue de Le Seac'h.

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L'Apôtre Jude,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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II. LES SIX APÔTRES DE L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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Voir dans ce blog, entre autres :

 

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C'est toujours à droite que débute la série des 12 articles du Credo, avec les apôtres Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean et Thomas, puis dans un ordre moins constant  Jacques le Mineur, saint Philippe, Barthélémy, Matthieu, Simon et Jude (je donne ici la séquence de l'ossuaire de Sizun.

De nombreux porches placent leurs 12 apôtres, avec 6 de chaque coté. Ici, où nous avons, sous les dais de leur niche, 3 apôtres de chaque coté, l'ordre est le suivant :

-Pierre.

-André.

-Jacques le Majeur

- Thomas (probable) 

-Simon

-Jacques le Mineur.

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1. Le coté droit.

 

 

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Pierre et sa clef.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint André et sa croix en X.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jacques le Majeur, son bourdon, son chapeau de pèlerin, sa pèlerine à trois boutons, sa besace et son baudrier à coquilles.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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"Du coté ouest, on trouve de gauche à droite : un Apôtre à l'attribut brisé, Simon et la scie, Jacques le Mineur. L'Apôtre non identifié et saint Jacques le mineur portent tous deux une longue tunique flottante ceinturée à la taille. Un manteau recouvre leurs épaules. Saint Simon et saint Jacques le Mineur tiennent leur livre ouvert. Les barbes lisses, le nez légèrement épaté et les cheveux partagés en mèches sont typiques du style du Maître de Plougastel. Toutes les statues portent un phylactère muet. Elles sont de grandes dimensions et ont les épaules plus larges que les statues de Confort-Meilars." (Le Seac'h)

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Thomas et son équerre.

Il n'a pas été identifié par Le Seac'h, mais c'est probablement lui qui tient la branche de son équerre brisée.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Simon et sa scie.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jacques le Mineur et son bâton de foulon.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LES CONSOLES ET FRISES.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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"Au fond du porche, les statues du Christ Sauveur, de sainte Anne enseignante et de la Vierge portant l'Enfant sont aussi du Maître de Plougastel avec la statue du Christ lié, à l'extérieur, sur l'arc de triomphe et le petit saint Tugen de la fontaine, en contrebas de l'enclos. "

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Console sous le Christ Sauveur : deux têtes de dragons mordant un phylactère.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Console sous sainte Anne éducatrice. Quatre têtes de dragons mordant un serpent (ou leur queue)

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Console sous la Vierge à l'Enfant. Quatre têtes de dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Frise de la console  entre les socles.

Dragons affrontés.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Au sommet de la voûte : anges tenant un écu.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Frise des consoles du coté droit du porche.

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Tête entre deux dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Tête entre deux grylles.

Le buste d'un personnage à la chevelure bouclée profuse est encadré par deux visages féminins, mais ceux-ci viennent de la queue de dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Tête entre les queues de deux dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Frise des consoles du coté gauche du porche.

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Tête entre deux grylles.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Animaux.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Angelot.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription gravée sur la porte.

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ESTIENE : ANSQVER : FA : LAN : 1663.

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On mentionne divers membres de la famille Ansquer à Primelin, comme 

Henry Ansquer, né en 1598 à Primelin  et décédé le 7 mai 1678à Primelin. Son  fils Henry ANSQUER (1660-1710). Son petit-fils Henry ANSQUER est né le26 novembre 1704 à Primelin (Loval)  x Anne Mignon

Etienne ANSQUER né en 1752 à Primelin, a épousé Marguerite PRIOL (1756-) ? Leur fils Jean ANSQUER est né en 1778

http://h1-online.heredis.com/fr/CapSizun29/famille_dagorn_du_cap_sizun/individus#1895

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE CALVAIRE.

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Il n'est pas (du tout) de l'atelier du Maître de Plougastel, mais je l'accueille dans cet article malgré tout. Yves-Pascal Castel le décrit comme un ensemble de 6 mètres de haut, en granite, débutant par les six degrés à pans coupés et corniches et un socle cubique portant l'inscription P: FRIANT: RR- M: PRIOL: FA: 1821, des emblèmes funéraires et un coeur. Il faudrait parler d'une croix que d'un calvaire, mais la croix octogonale est entourée d'une  Vierge de Pitié et de statues. Certaines sont d'anciennes statues géminées dont le personnage arrière a été décapité, laissant suspecter qu'elles proviennent d'un calvaire plus important. D'autres têtes ont été recollées.

http://croix.du-finistere.org/commune/primelin.html

 

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

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Saint Tugen et sa clef à gauche de la Pietà.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Marie-Madeleine et son revers.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006352

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002735

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— CHAUSSEPIED (Charles), 1909, Revue de Bretagne de Vendée & d'Anjou, Volume 42.

https://archive.org/details/bub_gb_OUYoAAAAYAAJ/page/n7/mode/2up

LA CHAPELLE DE SAINT-TUGEN EN PRIMELIN (finistère)

La chapelle de Saint-Tugen est un petit édifice assez remarquable situé dans un site pittoresque, au milieu de beaux arbres et non loin de la côte et du bourg de Primelin. Bon nombre d'artistes et d'archéologues, qui s'intéressent à ce monument, se sont justement émus de son état de délabrement, et l'un d'eux, M. Bernard, en a publié, l'année dernière, une savante notice historique qui mieux encore contribuera à faire connaître cet édifice et sur laquelle nous ne reviendrons pas. Nous nous associons à son vœu et à celui de tous ceux qui ont souci de la conservation de nos œuvres d'art, pour obtenir le classement de cette chapelle parmi les monuments historiques.

Ce monument, d'un plan assez irrégulier, mesure intérieurement 29 mètres de long de l'est à l'ouest, sur une largeur de 11 mètres 30 à la base du clocher, et 24 mètres au mur du chevet. Il se compose d'une entrée voûtée accolée de deux réduits d'où partent les escaliers ; d'une nef avec bas-côtés, de transepts et d'un chœur terminés par un même mur droit, enfin d'un porche et d'une sacristie au sud. 

Cette chapelle est de deux époques distinctes, c'est-à-dire que, bâtie au commencement du XVI* siècle, elle fut considérablement agrandie et remaniée au siècle suivant. Les transepts existaient-ils primitivement ? c'est possible, mais ils devaient être plus saillants. L'édifice devenant insuffisant pour l'affluence des pèlerins qui s'y pressaient en foule à certaines époques de l'année, on démolit presque toute la partie orientale pour la reconstruire sur de plus vastes proportions. Le large transept nord est séparé par deux arcades plein cintre ornées de clefs à consoles et retombant sur des piliers massifs d'ordre ionique à chapiteaux aux volutes très développées dans le style jésuitique. La partie la plus intéressante à l'intérieur est la voûte d'arête sous la tour reposant sur de hautes et minces colonnettes dégagées, placées dans les quatre angles de la partie centrale. En raison de l'importance, de cette tour et de la flèche qu'elle devait supporter, les murs et les arcs qui la reçoivent ont une grande épaisseur et sont bien contre-butés principalement au sud par un énorme contrefort.

La plus grande richesse de cet édifice réside à l'extérieur. La façade occidentale est percée d'une belle porte ogivale surmontée d'une accolade et d'un gable flammés. Elle est encadrée de quatre contreforts ornés de niches à dés et culs-de-lampe garnis de statues, les plus rapprochés s'élèvent dans toute la hauteur de la tour une corniche richement sculptée. La tour proprement dite est percée sur chacune de ses faces de longues et étroites fenêtres à multiples colonnettes et séparées par de petits linteaux dans leur hauteur. Une autre balustrade termine la plate-forme sur laquelle repose un lanternon polygonal bien postérieur à la construction du clocher et sans grand caractère; il remplace la flèche qui ne fut jamais exécutée. Aux angles de la balustrade se voient  les substructions des pinacles qui devaient s'élever autour de la flèche centrale. Au sud de la façade occidentale est une tourelle surmontée d'une belle flèche à pans ornée de crochets ; cette tourelle renferme le premier espalier conduisant à la galerie extérieure, puis de là, à un autre escalier placé à l'angle nord-ouest qui mène alors à la plate-forme supérieure.

Après le clocher et la façade ouest lui servant de soubassement, le porche placé au sud est la partie la plus intéressante et la plus riche de cette chapelle II est bâti sur un plan carré, flanqué de contreforts d'angle ornés de niches et de statues, et couronnés de,pinacles fleuronnés. Le tympan de l'arcade d'entrée est ajouré dans le genre de ceux des édifices de cette région, les parois intérieures des murs latéraux sont garnies de niches accouplées assez profondes pour recevoir des statues. La façade de ce porche est aussi très décorée, les remparts du pignon sont surajoutés d'une crête — sorte de balustrade ajourée —, et un gable à crochets accompagne l'accolade qui couronne l'arcade avec d'élégantes colonnettes supportant des statues.

 

— COUFFON (René)  LE BARS, Alfred, 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PRIMELIN.pdf

— COUFFON (René), 1952, L'architecture gothique en Cornouaille,  Mémoire SHAB

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffb1a4073.62873873/1952_01.pdf

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, dossier IA00006352 de l'Inventaire Général

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-tugen-primelin/f24db6bc-e0b0-4968-b2ab-e6dbc9543963

— TOSCER, 1977-1978, dossier Inventaire IA 00006352.

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006352_02.pdf

— LE CARGUET (H. ) 1891, Les clés et le culte de Saint-Tugen, Bulletin de la Société archéologique du Finistère tome XVIII Pages 192 à 201.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1891_0274_0283.html

— LE CARGUET (H. ) Petite chronique de Monsieur Saint-Tugen dans, Bull. de la Soc. Archéol. du Finistère, 1916, p. 184, 213-330.

 

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PÉRENNÈS (Henry), 1936, Saint-Tugen en Cap-Sizun

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TOSCER (C.), 1987, La chapelle Saint-Tugen en Primelin, SHAB. p. 336-342.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/548345e82aa077.10302388/1987_24.pdf

VELLY (Yves), 1930,   Velly Yves, “Saint Tugen et son église : joyau architectural du Cap-Sizun, monument historique monographie & explication de ses nombreux et merveilleux symbolismes,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 février 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3472. .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c3dcdf77786c24d8a65eed75a1f067f4.pdf

— LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

— Wikipedia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Primelin_%2829%29_Chapelle_Saint-Tugen_Int%C3%A9rieur_02.JPG

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Published by jean-yves cordier - dans Maître de Plougastel Chapelles bretonnes.
30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 21:22

La Chasse de saint Hubert (peinture murale, seconde moitié du XVIe siècle ?) de la chapelle Saint-Clément d'Elven.

 

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Le sujet et les photos de cet article m'ont été adressés par monsieur Louis EDY, que je remercie.

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Voir dans ce blog, sur la Conversion de saint Hubert :



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Après avoir décrit la Chasse de Saint Hubert de Cast dans le Finistère, groupe en pierre (kersanton) datant de 1525-1530 et avoir imprudemment affirmé après d'autres auteurs qu'il s'agissait de l'unique exemple de ce sujet en Bretagne, Monsieur Louis Edy m'indique qu'il existe au moins deux autres exemples. L'un, sous forme d'une peinture murale, en la chapelle Saint-Clément d'Elven, daterait de la seconde moitié du XVIe siècle. L'autre, un bas-relief en bois du XVIe siècle, est conservé dans la chapelle Saint-Jacques de Plémet.

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LA PEINTURE MURALE DE LA CHAPELLE SAINT-CLÉMENT d'ELVEN.

"La chapelle Saint-Clément  en Elven  est située en bordure du chemin qui va de Treffléan à Elven. Sa période de construction généralement admise est XVème-XVIème sans plus de précision. Cependant la présence d'une baie fleurdelisée au chevet, avec un entourage à simple ébrasement droit, permet de dater la construction de la partie chœur de la première moitié du XVIème voir premier quart.  Nous sommes ici sur le puissant fief de Largoët, sous Jean IV de Rieux." (L. Edy)

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LA PEINTURE MURALE DE LA CHAPELLE SAINT-CLÉMENT d'ELVEN.

"La chapelle Saint-Clément  en Elven  est située en bordure du chemin qui va de Treffléan à Elven. Sa période de construction généralement admise est XVème-XVIème sans plus de précision. Cependant la présence d'une baie fleurdelisée au chevet, avec un entourage à simple ébrasement droit, permet de dater la construction de la partie chœur de la première moitié du XVIème voir premier quart.  Nous sommes ici sur le puissant fief de Largoët, sous Jean IV de Rieux." (L. Edy)


 

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Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

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Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

 

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La partie XVème va de la lucarne sud au pignon ouest :

Photo : la porte du pignon ouest.

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Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

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Photo suivante : la porte du mur gouttereau sud).

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Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

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La peinture murale de la Conversion de saint Hubert .

"Elle est située sur le mur nord à cheval entre la nef (XVème) et le choeur (début XVIème) donc réalisée courant XVIème. La marque IHS peut sans doute aider à la dater."(L. Edy)

Conversion de saint Hubert. Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert. Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert. Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert. Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert (détail). Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert (détail). Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert (détail). Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert (détail). Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert (détail). Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Conversion de saint Hubert (détail). Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

 

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La photo suivante représente la fresque au-dessus de l'autel.

Ce décor d'autel représente l'Annonciation et la Crucifixion 

 

Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

Chœur de la chapelle Saint-Clément d'Elven (56). Photographie Louis Edy.

 

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Saint Georges.

La dernière photo montre la peinture située mur sud entre la porte et la lucarne du chœur.

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 Elven, Chapelle Saint-Clément. Tableau représentant Saint-Georges, mur sud de la nef. Photo Louis Edy.

Elven, Chapelle Saint-Clément. Tableau représentant Saint-Georges, mur sud de la nef. Photo Louis Edy.

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ANNEXE.

Diego Mens, conservateur du patrimoine au Conseil Départemental du Morbihan et Conservateur des objets d'art du Morbihan, a partagé en ligne deux publications sur les Décors en trompe-l'œil du pays d'Elven, Muzillac et Questembert (colloque du GRPM, Pontivy 2016 et 2017) dans le cadre des restaurations réalisées par Géraldine Fray.

Les peintures murales de la chapelle Saint-Clément y sont commentées. D'une part le Saint-Georges, qui se voit datée de la seconde moitié du XVIIe siècle. Et d'autre part la Conversion de saint Hubert, dont les monogrammes IHS sont attribués à un atelier local actif aussi à Berric (Chapelle de Kercohan, dates1553/54 sur les sablières) et Sulniac (Chapelle Saint-Roch dates 1588-1604 sur sablière) et pratiquant aussi des décors géométriques. Cela conduit à dater la Conversion de "la seconde moitié du XVIe siècle" (premier extrait) ou de 'la toute fin du XVe et début du XVIe", (deuxième extrait analysant les monogrammes).

 


 

"[C’est le cas pour la chapelle Saint-Nicolas de Trédion, avec une représentation de saint Yves. Cette iconographie, assez répandue sous forme statuaire, est peu présente dans le sud de l’évêché, sous format peint, à l’exception de la chapelle Saint-Yves de Vannes, construite à la fin du XVIIe siècle. La scène est ici amputée et seul le pauvre figure au côté du saint breton. Un second tableau représente saint Jean Baptiste prêchant dans le désert . Ces deux tableaux ne forment pas un ensemble iconographique cohérent, mais sont à l’évidence de la même main. ]

Faut-il y voir des commandes faites au peintre par des notables, souhaitant illustrer leur saint patron ? La question est similaire dans le cas de la chapelle Saint-Clément à Elven, avec un tableau représentant saint Georges, sur le mur sud de cette chapelle, construite à la fin du XVe siècle. Culte peu fréquent à cette période, le saint est illustré de manière équestre, portant une lance à oriflamme. Affirmation d’un saint patron ? Prototype du chevalier ou représentation de la victoire sur le protestantisme en lien avec la ligue ? La question demeure, pour cette composition datant de la seconde moitié du XVIIe siècle. Elle pourrait être le pendant d’un décor  contemporain de qualité, qui était sur le mur opposé de la chapelle. Détruit en 1976 par une « restauration », celui-ci représentait sans doute la Passion du Christ. Il a été effacé afin de mettre en évidence un décor antérieur, illustrant le saint patron de la chapelle.

Maladroit, ce premier décor peint, de deux scènes datant probablement de la seconde moitié du XVIe siècle, n’avait que pour seule qualité une piètre représentation de l’église primitive d’Elven à côté de saint Clément et la représentation de la conversion de saint Hubert , avec derrière une architecture castellaire, évoquant peut être le château de Largoët."

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Le monogramme IHS.

"Le monogramme IHS de la Conversion de saint Hubert à la chapelle Saint-Clément d'Elven est comparable à ceux de Berric ou de Sulniac .

Le cas de la chapelle de Berric constitue un cas de figure intéressant pour l’étude de ces décors d’architecture, par la variété qu’elle offre. Elle est d’un plan rectangulaire, avec un chevet à trois pans, caractéristique du XVIe siècle. Son fondateur est Bertrand de Quifistre,Sieur de Tremouar, château voisin, qui a inscrit la date 1554 sur la sablière du chœur et dont les armes sculptées figurent sur l’abside. Le décor sculpté est développé dans le chœur, avec crédence, piscine et consoles. Outre les faux appareils précédemment évoqués, des décors peints en festons soulignent les éléments sculptés, mais aussi les sablières du chœur. Dans une gamme chromatique assez simple, ces décors sont complétés par une série de monogrammes IHS, dans des cercles à rayons, également triangulaires. Ces derniers, qui ne doivent pas être confondus avec des croix de consécration, forment avec les faux appareils et les rehauts d’éléments sculptés, le travail d’un seul atelier. Anonyme, ce peintre a œuvré dans plusieurs autres édifices, à la toute fin du XVIe siècle et dans le premier quart du suivant, soit près de 50 ans, après la fondation de cet édifice. Cette datation est confirmée par la présence de monogrammes similaires à la chapelle Saint-Roch de Sulniac, dont la sablière porte les dates de 1588 et 1604."



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Diapo de l'exposé de Diégo Mens. Copyright D. Mens.

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Berric, Chapelle de Notre-Dame dela Vérité. (au-dessous) : Détail du monogramme à la chapelle Saint-Clément d ’ Elven. (Cl. D.Mens, copyright)

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La Chasse saint Hubert de la chapelle Saint-Jacques de Plémet .

 

 


Elle est présentée par l'Inventaire Général : cette œuvre en bois monoxyle foncé de 58 cm de haut, 230 cm de long et 11 cm de profondeur est placé dans le chœur de la chapelle Saint-Jacques. Elles est classée Mh depuis 1974. 

La proximité de la composition et des détails vestimentaires ou d'harnachement est grande avec la Chasse de Cast (malgré l'absence des "crevés".

Saint Hubert accompagné de son écuyer, son cheval et ses chiens, est agenouillé devant un cerf ; la figure du Christ en croix a disparu.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM22002672

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bas-relief-la-chasse-de-saint-hubert-saint-jacques-plemet-fusionnee-en-les-moulins-en-2016/4c702d8a-1486-4fb5-aaf0-8191f0085b6f/illustration/1

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Vue générale du bas relief de saint Hubert (dans le choeur) Photo Guy Artur Norbert Lambart (c) Inventaire général, ADAGP

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Bas relief (bois, XVIe) de saint Hubert (daétail : saint Hubert). Photo Guy Artur Norbert Lambart (c) Inventaire général, ADAGP

 

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Conclusion.

Si ces éléments de datation se confirment pour les peintures murales d'Elven, les trois Conversions de saint Hubert de Bretagne sont toutes du XVIe siècle.

 

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SOURCES ET LIENS.

https://monumentum.fr/chapelle-saint-clement-croix-monolithe-sur-placitre-pa00091176.html

 

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MENS (Diego), 2015, Décors d'architecture XVII et XVIIIe siècles dans les pays d'Elven, Questembert et Muzillac, Analyse territoriale et chronologique des décors peints d'accompagnement d'architecture dans 14 communes et 17 sites du Sud-Est du Morbihan. Colloque GRPM 2016, Rennes Pontivy.

https://www.academia.edu/28934400/D%C3%A9cors_darchitecture_XVII_et_XVIIIe_si%C3%A8cles_dans_les_pays_dElven_Questembert_et_Muzillac

— MENS (Diego), 2017 Etude des Décors en trompe-l'oeil du pays d'Elven, Muzillac et Questembert XVIIe et XVIIIe siècles.

https://www.academia.edu/31958632/Etude_des_D%C3%A9cors_en_trompe-loeil_du_pays_dElven_Muzillac_et_Questembert_XVIII_e_et_XVIII_e_si%C3%A8cles

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Published by jean-yves cordier - dans Peintures murales
30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 14:14

Les navires sculptés (leucogranite, v.1547) de l'église de Plogoff.

 

 

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« Les nombreuses églises et chapelles disséminées le long des côtes [du Cap Sizun] furent justement construites en ce 16e siècle qui vit fleurir intensément l’industrie des pêcheries, des sècheries et de la navigation. Pour bien marquer la part qui leur revenait dans ces bâtisses élevées de leurs deniers, les marins firent sculpter sur les tympans des portails et des porches des bateaux avec leur mât et leurs équipages navigant au milieu des poissons et des oiseaux de mer. » (Daniel Bernard)

Cet article appartient à une série d'articles  sur les "carvelles" (navires de commerce) ou les embarcations de pêche sculptées sur pierre en Finistère  (liste =/- chronologique): 

 

liste qui sera à compléter par :

 l'église de Plouhinec (ex Poulgoazec) ou chapelle Saint-Julien de Poulgoazec

Chapelle Saint-Yves (moitié du XVIIe) de Plogoff .

Chapelle Saint-Trémeur, (façade, deux barques)

Chapelle Sainte-Hélène à Douarnenez (poissons et Fou de Bassan et barque à  3 ou 4 marins)

église de Goulien barque de pêche à 3 marins.

église Saint Codoan de Poullan-sur-mer

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Voir aussi dans la même région du Cap Sizun les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières :

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Voir les graffiti normands :


 

-Dives-sur-mer, église : 400 graffiti

-Saint-Vaast la Hougue, chapelle des Marins, graffito,  XVIe

http://www.saintvaast.fr/pageLibre000125fc.aspx

-Vatteville-la-rue graffiti des murs de l'église

http://www.jpdugene.com/camping_car/normandie_2012/2012-08-07.htm

-Fécamp, abbatiale Ste-Trinité, graffiti

http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/sites/default/files/forge/vignettes/abbatialeFecamp.jpg

-Région de Fécamp :

http://www.fecamp-terre-neuve.fr/GalerieGraffiti.html

-Honfleur, Maison Erik Satie, graffiti XVIe-XIXe

-Eglise d'Hénouville:

http://perso.numericable.fr/~arnaudser/serander/Henouville/Graffiti.htm

-Dreux, beffroi, graffiti de 1537 :

https://www.sagaphoto.com/photo.asp?from=liste&id=PF008391#.XlEHBWhKiM8

-Couvent Sainte-Barbe de Canteleu près de Rouen:

https://rouen.blogs.com/photo/2007/11/o-trouver-ce-gr.html

 

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PRÉSENTATION.
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Je l'emprunte au dossier de l'Inventaire Général (Ducouret, 1983) :

"La partie la plus ancienne de l’église paroissiale de Plogoff remonte au 16e siècle, ainsi que l’indique l’inscription en lettres gothiques sur le portail ouest déchiffrée ici par H. PERENNES : « Jour de Mae l’an mil V centz XLVII fust fonde le cllohe. »

Puis s’en est suivi, au cour des siècles suivants, une série de restaurations et modifications rappelées par plusieurs inscriptions datées sur différentes parties de l’édifice : 1649 et 1661 (à l’envers) sur le bras nord du transept, 1737 sur le clocher (date qui renvoie à l’époque où le clocher, qui se trouvait jusqu’alors au milieu de l’église, a été rebâti à son emplacement actuel), 1764 et 1777 au niveau du porche sud et 1853 au fond du sanctuaire.

On sait également que l’église a été rehaussée et lambrissée à l’intérieur en 1835.

La dernière grande restauration en date a débutée en 2008 et achevée en 2012. Les interventions ont eu lieu sur le clocher, la toiture, la voûte et les vitraux.

Voici les différentes inscriptions qui accompagnent les dates relevées sur le bâtiment :

Bras nord du transept : MRE : HENRY GUILLOU R : 1649

Chambre des cloches : A. PH. LICAVAN. R 1737 DOM JEAN PERCHERIN. Ptre CVRE. H. NORMANT FABRIQVE. H. ROSEN FABRIQVE

Mur sud, près du porche : VD : M : C : PRISER R : 1764 Porche sud : B.M.LORIENT Rr 1777 (précisons que ce nom orne également trois croix monumentales de la commune datées de 1773 à 1776)

Fond du sanctuaire : 1853, Yves recteur, Jean-Marie Carval, maire. J.-Y. Marzin, trésorier.

En forme de croix latine, l’église en pierres de taille [leucogranite] comprend une nef avec bas-côtés et deux chapelles formant transept. A l’intérieur, les arcades sont soit gothiques, soit en plein cintre.

Le clocher se trouve sur le pignon ouest et surplombe une porte du même style et de la même époque que celle de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. On peut observer sur ce même pignon deux des trois « vaisseaux de pierre » sculptés sur les murs extérieurs de l’édifice, le troisième se trouvant sur la façade sud. D’autres sont sculptés sur certains piliers de la nef. Ce type de motif se rencontre régulièrement dans le Cap-Sizun. On en trouve un autre dans la commune sur le pignon est de la chapelle Saint-Yves."

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J'en retiens que les navires de pierre de l'église datent, au plus tôt, de sa fondation (ou de celle du clocher) en 1547. J'en présenterai quatre.

1.  Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche, 5 marins remontant les lignes chargées de poissons.

2. Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche, 3 marins remontant les lignes chargées de poissons.

3.  Sur la façade sud. Chaloupe de pêche, trois marins dont le maître de barque tenant la barre.

4. Sur un pilier sud de la nef. Nef avec deux marins. 

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Je montrerai aussi, tant qu'à être là,   :

-les inscriptions lapidaires que j'ai pu relever.

-les autres chapiteaux de la nef.

- les vitraux 

-la Pietà

-la statue en kersanton par le Maître de Plougastel avec l'inscription I. BOCOV, que je commenterai.

 

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription de fondation au dessus du porche ouest. Leucogranite érodé, 1547.

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En 1940, Pérennès lisait encore « Jour de Mae l’an mil V centz XLVII fust fonde le cllohe. ». En 1988, Couffon lisait " ... JOUR DE MA... / LAN MIL V...Z / XLVII FUST / FOND... LE CLO...", ce que nous pouvons encore deviner en partie en 2020. Donc, "un jour de mai 1547 fut fondé le clocher".

La construction du porche occidental avait dû, en toute logique, précédée celle du clocher de quelques années, mais la position de l'inscription de fondation en haut du gable du porche s'applique aux deux navires de pierre qui encadrent le fleuron.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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1.  Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche, 5 marins remontant les lignes chargées de poissons.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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2. Au-dessus du porche ouest, à gauche du fleuron du gable. Chaloupe de pêche avec 3 marins remontant les lignes chargées de poissons.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LA FAÇADE SUD.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Une porte cintrée est sévèrement encadrée, comme à la règle et à l'équerre, par deux pilastres barrés d' une corniche qui est la base du fronton ; et, au centre de ce dernier, une niche qui reproduit en miniature le même motif. La niche est vide,et l'œil s'oriente vers les austères majuscules d'une inscription  surveillée par un masque. Le soleil et l'ombre nous aident à déchiffrer : B.M.LORIENT RR 1772.

  Ce nom orne également trois croix monumentales de la commune datées de 1773 à 1776, à Trogor, Kervergar et  à la chapelle Saint-André  à Landrer. C'est celui de Bernard-Marie LORIENT, recteur de Plogoff de 1768 à son décès le 14 octobre 1782 

J'ai omis de photographier l'inscription "SIMON. CARVAL. F. 1772." sur un contrefort de ce porche.

https://gw.geneanet.org/lydie6463?lang=en&pz=liliane+jeanne+mauricette&nz=le+floch&p=simon&n=carval

Plusieurs individus répondent à ce nom.

Simon CARVAL, né en 1714 à Goulien et décédé le 26 juin 1774 au manoir de Kerivoa à Audierne, marié à Hélaine LE BORGNE , d'où Simon CARVAL, né en 1744 à Kerivoas, Esquibien.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Inscription de la façade sud, juste avant l'avancée du porche sud.

inscription du mur sud, dans un cartouche asymétrique en leucogranite près du porche :

VD : M : C : / PRISER RII : 1764

RII correspond à RR de l'inscription du porche : Recteur. Nous pouvons transcrire ainsi : Vénérable et Discret Messire C. PRISER, recteur en 1764. Il s'agit de Clet PRISER, né à Trogor (Plogoff) le 17 mai 1528 de Jean et de Marie Guillou, curé de Plogoff de 1747 à 1757 puis recteur de Plogoff de 1757 jusqu'à son décès le 11 novembre 1768 (BDHA 1940).

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Nous étions sur le coté gauche du porche sud, mais nous voici de l'autre coté, à droite, dans le recoin qui précède la baie. C'est là que nous trouvons une inscription et un navire sculpté , dans un emplacement peu avantageux qui indique un ré-emploi.

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Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Collodan de Plogoff. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Inscription de la façade sud, juste après l'avancée du porche sud.

Lettres capitales romaines, de taille irrégulière. Pierre de réemploi, peut-être incomplète

H : GVILLOV.

Selon Couffon, L'aile nord du transept porte l'inscription : "Mre. HENRY. GV