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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 22:29

Sur la piste des crossettes (zé les gargouilles) de Landerneau.

"Qu'ils étaient beaux vraiment ces vieux dragons horrifiques, édentés jusqu'au fond de la gueule, vomissant des flammes, couverts d'écailles, avec une queue de serpent, des ailes de chauve-souris, des griffes de lion, un corps de cheval, une tête de coq, et retirant du basilic ! "Gustave Flaubert  

Sur Landerneau, voir :

 

 

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Les crossettes, c'est mon dernier dada. Je les traque, avec leurs compagnes les gargouilles,  dans tout le Finistère :

Et je n'ai pas fini ! Il fallait en voir d'autres.

Je voyageai. Je connus la mélancolie des trajets en auto, les froids réveils dans l'attente de l'aube, l'étourdissement des calvaires et  enclos, l'amertume des visites interrompues par la nuit. Arpentant les champs et les grèves, je vis les dragons de Landivisiau, les plus beaux, et les sculptures de Plougonven, j'attendais celles de Trégourez, de Loc-Envel et celles, recensées par Emmanuelle Le Cleac'h, des quatre cantons de la vallée de l'Élorn, en commençant par Landerneau.  Mais si cette dernière tire à juste titre  fierté des crossettes de ses monuments religieux certes, ce sont celles de ses immeubles civils qui font sa réputation. Au total, E. Le Cleac'h y a recensé 65 crossettes et gargouilles (sur un total de 83 dans le Canton de Landerneau)!  Une visite s'imposait.

Je choisis de passer par le vieux château des Rohan à la Roche-Maurice. Jusque là, l'Elorn serpente à coté de la route qui contourne la base des collines rocheuses dont les mamelons inégaux s'avancent dans la vallée. Je la parcourais au petit trot, et j'arrivais Quai du Léon, où je garais mon cabriolet.

Il me suffit alors de consulter l'un des documents proposés par la ville (cf. liens à télécharger)  pour atteindre, dans une promenade pleine de charme rythmée par trente deux panneaux apposés sur les bâtiments remarquables, ma première destination.

Mais avant la moindre crossette et la moindre gargouille, voici un premier dragon. Saurez-vous le retrouver ? Il vous servira d'amer.

 

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Girouette, clocher de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Girouette, clocher de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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LES MAISONS DE LA VILLE.

 

I. LA MAISON À  LA SIRÈNE. N° 14 Rue du Chanoine-Kerbrat.

Un mot d'abord sur ce "chanoine Kerbrat". 

Il s'agit du  chanoine Marcel Kerbrat (Landerneau 21/11/1894-07/08/1944), Prêtre en 1921, incorporé en 1914 comme sous-lieutenant, chef de section au 120ème RI. Titulaire de quatre citations au cours de la Grande Guerre pour son rare sang froid et son courage allant jusqu’à la témérité. Ordonné prêtre après guerre, il poursuit des études à Rome, est directeur du grand séminaire de Quimper en 1924, professeur de droit canon en 1940, chanoine honoraire en 1944, commandant de réserve, chef de groupe dans la Résistance, il est arrêté par les Allemands le 07 août 1944, et a sans doute été fusillé. Croix de guerre avec 4 citations. Chevalier de la Légion d'Honneur : 03/03/1921.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/85390478e7158a6692970c1c0189b5ab.pdf

De l'ancienne maison du XVIe siècle, il ne reste que la lucarne, sur un immeuble rebâti au XXe siècle. 

 

 

"À la fin du XIXe siècle, la municipalité achète cet immeuble et le reconstruit en totalité pour la construction d’une prison et d’un magasin de dépôt de matériel d’incendie. Seule la lucarne à crossettes, conservée sur le bâtiment, atteste l’ancienneté de la construction d’origine, datant de la fin du Moyen Âge."

 

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Les rampants de la lucarne portent deux crossettes qui se répondent, une sirène à gauche et un lion à droite.

 

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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La sirène.

 

C'est la vraie mascotte de la ville. Cette crossette gauche de la lucarne qui fait pendant au dragon de la crossette droite est, comme sa voisine,  en pierre de Logonna, microdiorite quartzite au grain fin, ambrée ou blonde avec des cernes bruns foncés d'hydroxyde de fer, extraite à la carrière du Roz en Logonna-Daoulas. C'est une sirène : couchée sur le ventre, la tête à droite, le buste redressé de face. Son visage est rond, avec de grands yeux et une petite bouche, encadrée d'une longue chevelure ondulée. Son bras gauche est tendu vers l'arrière et tient un miroir alors que la main droite est posée sur les cheveux dans la pose de la "Coquette". Certains reconnaissent dans les digitations de la main droite les dents d'un peigne.

 Les mamelons des seins volumineux forment les points de culmination de nos regards lorsqu'ils se lèvent vers cette belle aguicheuse, et viennent les détourner de la queue bifide et écailleuse. Comme la crossette au miroir de l'église Saint-Suliau de Sizun, ou comme la femme-serpent de Lannédern, le passage entre la partie féminine et la partie animale se fait par un pli roulé semblable à une ceinture en cordon, comme si la dame avait revêtu un pantalon de panoplie.

 

Hiroko Amemiya décrit dans son ouvrage sur les Vierges et Démones de Bretagne 13 ornements semblables en pierre "de type sirène", dont 9 dans le Finistère, et 7 dans la vallée de l'Élorn (cantons de Daoulas, Landerneau, Landivisiau et Lesneven). Ces femmes à queue de serpent s'opposent ou s'associent aux "ornements de type femme-serpent" (une dizaine dans le Finistère), et aux créatures féminines sculptées en cariatide (Saint-Houarnon à Landerneau, La Martyre) ou en buste ici ou là. Poissons et serpents sont dans les deux cas issus du monde aquatique, des profondeurs froides, glauques et informelles, avec un cousinage plus ou moins affirmé avec les Enfers et les puissances du Mal, tandis que la moitié féminine, aux attributs dénudés et généreux, renvoie à ce que saint Augustin nomme la "concupiscence", le désir sexuel, et, par là, avec le Péché.

Lorsque, et c'est le cas le plus fréquent, la sirène tient un miroir et devient l'emblème de la coquetterie et de la séduction, tout est dit, mieux qu'un long prêche de monsieur le recteur. 

Et lorsqu'elle répond, par symétrie spéculaire, à un dragon ou à un lion, sénéchaux  de la Mort, le message est complet : face à la luxure, chacun doit avoir à l'esprit la finitude de son existence, s'il ne se sauve par la rectitude de sa conduite. 

 

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Cette rhétorique de moralité chrétienne, habituellement placée sur les sanctuaires, coiffait-elle la demeure d'un clerc ou d'un pieux paroissien ? Ou bien servait-elle a contrario, au second degré et par détournement, de pied de nez à un négociant et joyeux luron  dans sa demeure de la "Rue de la Rive", ancien nom de la voie ? 

Voir les trois sirènes de l'église de Sizun, dont celle qui tient un miroir.

Voir La sirène de l'église de Saint-Urbain  (fin XVIIe), qui tient un peigne et non un miroir..
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Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,

Car j'ai pour fasciner ces dociles amants,

De purs miroirs qui font toutes choses plus belles ;

Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

(Baudelaire)

 

 

 

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le dragon.

Il est doté d'une queue de serpent qui fait la boucle et d'oreilles et d'ailes de chauve-souris et tout son corps et son front sont couverts de pustules verruqueuses qu'on imagine venimeuses. Il ouvre largement sa gueule pour exposer deux rangs de dents acérées. Ses pattes crochues s'agrippent à ce qui est sans-doute un livre, divisé en quatre tranches. 

Le dragon peut être le symbole du Mal, (le dragon terrassé par saint Michel) ou du paganisme (le dragon tenu en laisse par saint Pol), ou de péril de mort  (celui du ventre duquel sainte Marguerite s'échappe après avoir été avalée). Ce peut être celui qui infeste l'Irlande et qui exige chaque jour une jeune fille pour son repas, avant d'être vaincu par Tristan : 

"Le monstre approchait. Il avait la tête d’une guivre, les yeux rouges et tels que des charbons embrasés, deux cornes au front, les oreilles longues et velues, des griffes de lion, une queue de serpent, le corps écailleux d’un griffon.Tristan lança contre lui son destrier d’une telle force que, tout hérissé de peur, il bondit pourtant contre le monstre." (Tristan et Iseut, XIIe siècle, trad. Bédier)

Mais il me semble plutôt que, sous sa forme de crossette, il s'agit (comme pour son cousin le lion), d'une figure animale  de la Force Vitale universelle qui se nourrit des existences individuelles dont elle prélève, selon ses caprices, son tribut pour se nourrir. Les dragons ou les lions ne sont jamais effrayants,  jamais diabolisés, mais au contraire assez sympathiques, bon-enfants, plus hilares que dévorateurs, ce sont des bêtes de théâtre, installés au delà du Bien et du Mal dans le plein exercice de leurs pouvoirs. On comprend alors combien il forme volontiers un couple avec la Sirène, expression du vouloir-vivre, de la reproduction par la sexualité de nouvelles formes de vie.

Je peux me tromper, bien-sûr. Mais ce qui est certain, c'est la belle humeur quasi rabelaisienne de nos ancêtres, qui n'hésitaient pas à pavoiser leurs demeures avec des icônes aussi truculentes et aussi burlesques, et la joyeuse inventivité des sculpteurs d'alors.

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La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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II. L'AUBERGE LE RÉVEIL-MATIN. Ostaleri An Dihuner. 18 rue du Chanoine-Kerbrat.

48° 27′ 00,83″ N, 4° 15′ 03,82″ O 

Inventaire supplémentaire MH 29 mai 1926.

http://espace-svt.ac-rennes.fr/travaux/landern/land-10.htm

Le Réveil Matin, situé pour sa façade est rue du Commerce, est une ancienne auberge du XVIème siècle (elle daterait de 1648) , mais qui fut remaniée à plusieurs reprises aux siècles suivants. Cette maison est remarquable par sa façade sud en pierre de Logonna et par sa façade est en schiste. 

D’après les archives, on sait que certaines lucarnes de la façade est, rue du commerce, ont été démontées et vendues avant 1910 puis remplacées par des modèles plus sobres. 

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L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.
L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Coiffée au XVIIIe siècle de pots à feu stylisés, la lucarne du toit comporte deux crossettes (en pierre de Logonna) en forme d'animaux. 

 

 

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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A gauche, voici un loup.

 C'est Jehan Bazin qui a identifié ici un loup, en 1962, mais il était alors privé de sa tête (le loup). Depuis, cette tête a été reconstitué, et on voit très bien la jonction avec la partie ancienne. 

Le loup est un animal rarement représenté en crossette (à l'église de Dirinon,  sur l'ossuaire de Trémaouézan et à la chapelle Saint-Herbot de Saint-Thonan). Il se distingue du chien par des oreilles pointues et dressées. Il tient parfois un os dans sa gueule (c'était peut-être le cas ici) , ou bien il tient un rouleau.

Pour d'autres (Brochure Circuit du Patrimoine), il s'agit d'un chien. 

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L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien. (Baudelaire).

À droite, voici un lion, typique des crossettes de Basse-Bretagne.

Si on examine les gargouilles et les crossettes, les quatre cantons de Ploudiry, Landivisiau, Landerneau et Sizun   comptent 49 lions (sur un total de 381 sculptures), et on en trouve 9 pour la seule ville de Landerneau. Ils diffèrent des dragons par leur crinière soigneusement peignée couvrant la moitié antérieure du corps, par l'aspect lisse et svelte de la partie postérieure, par le caractère trifide de l'extrémité de la queue (correspondant au pinceau de poils noirs et à l'ergot de l'animal sauvage), par leurs petites oreilles, le front ondulé comme celui d'un mouton, par la gueule qui montre non pas des dents pointues, mais une langue protruse. Comme ici, le lion de crossette est souvent représenté courant, les pattes antérieures ramenées vers l'arrière et venant au contact des postérieures. Dans la plupart des cas, l'animal resserre ses griffes antérieures sur un os, dont les condyles sont parfois brisés rendant l'identification malaisée ; mais parfois il prend appui sur la tête d'un être humain qu'il emmène, ou sur un rouleau, ou sur une sorte de patère, sur un écu, ou une banderole. L'artiste manque rarement de souligner les mèches de la toison  du tarse des pattes postérieures. Mais rien n'est plus caractéristique de Panthera leo ssp crossettus que la manière dont la queue passe comme une corde entre les pattes, s'enroule autour de l'arrière-train, revient sur le dos et s'y divise en trident. On en voit de beaux exemples à Landivisiau, Pencran, Guimiliau, ou Sizun, et trois autres nous attendent dans les lignes qui suivent, 

Puisqu'on le voit si souvent exerçant sa vigilance sur le fémur (humain) qu'il détient, ou sur un crâne, un petit être qui n'en mène pas large, il est pour moi l'équivalent animal de l'Ankou, c'est à dire celui qui vient prendre possession des vivants au nom de la Mort ; mais à la différence du squelette armé d'une lance ou d'une flèche désigné par le terme d'ankou, sa force et sa rapidité à la course lui suffissent pour effectuer cette mission. Lorsqu'il consulte un rouleau de papier, j'imagine alors qu'il consulte la liste des commissions qui lui ont été confiées. 

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L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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III. LA RUE  PENGAM : TIRE-TUE et LE LION.

1°) Le soldat Tire-tue.

1 rue François  Pengam.

Un chevalier tirant son épée. Sa devise est gravée : "TIRE TVE", soit "je tire, je tue".

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1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Le chevalier "Tire Tue", 1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Le chevalier "Tire Tue", 1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Le chevalier "Tire Tue", 1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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2°) Un lion.

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Rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lion courant,  rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lion courant, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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3°) Une colombe.

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Une colombe, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Une colombe, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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IV. 6, RUE DES BOUCHERIES : COUPLE BUVANT.

Les crossettes de cette maison du XVIe siècle apparaissent sous la gouttière. A droite, c'est un homme qui tient un pichet. Il ouvre la bouche mais ferme les yeux.  Ses cheveux sont coupés et coiffés selon la mode de la première Renaissance (avant 1550), tout comme son bonnet. 

6, rue des Boucheries, Landerneau : homme tenant un pichet. Photographie lavieb-aile.

6, rue des Boucheries, Landerneau : homme tenant un pichet. Photographie lavieb-aile.

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A l'angle opposé, une femme au visage plus vulgaire, la poitrine nue mais la tête coiffée, tient sa chopine qui apparaît dans le mur un peu plus loin. S'agit-il d'une serveuse ?

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6, rue des Boucheries, Landerneau : femme buvant. Photographie lavieb-aile.

6, rue des Boucheries, Landerneau : femme buvant. Photographie lavieb-aile.

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V. VISAGE DE FEMME. 7 Place du Général de Gaulle.

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Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

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Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

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VI. 20, rue de Brest. Homme barbu. La guérison de Longin.

Ce buste en pierre de kersanton est très vraisemblablement issu d'un calvaire, car il représente un personnage  régulièrement représenté autour du Christ crucifié des grandes Passions finistériennes, et dont il est parfois difficile de comprendre la signification. Il regarde le Christ en croix tout en plaçant son index sous sa paupière gauche. C'est bien le cas ici, et, de plus, notre homme porte bonnet conique ceint d'un turban, et la coiffe à longues "oreillettes" se terminant en pointes par des franges rituelles, qui désigne les dignitaires hébreux dans l'iconographie du XVIe siècle. 

Ce personnage illustre la scène de la Guérison de Longin. Longin est  le nom qui fut  donné dans l'Évangile de Nicodème chap. X  au soldat romain, plus tard assimilé au centurion converti de Marc 15:39, qui perça le flanc droit du Christ de sa lance selon Jean 19:34 . Au IXe siècle, Adon archevêque de Vienne, dans son Martyrologe au 1er septembre, en fait un saint martyr. Les martyrologes suivants fixent la date du 15 mars pour son martyre. Au Xe siècle,  Syméon Métaphraste dans son Ménologue en grec, (si la traduction en français est fidèle) en fait non plus un Romain, mais un homme "de la Synagogue des Juifs" mais établi capitaine de cents hommes d'armes (donc centenier) pour garder la Croix.  Au XIIIe siècle, dans sa Légende Dorée, Jacques de Voragine, reprenant des récits antérieurs, écrit :

"Longin fut le centurion qui, debout avec les soldats près de la croix, par l’ordre de Pilate, perça le côté du Sauveur avec une lance. En voyant les miracles qui s'opéraient, le soleil obscurci et le tremblement de terre, il crut en surtout depuis l’instant où, selon le dire de certains auteurs, ayant la vue obscurcie par maladie ou par vieillesse, il se frotta les yeux avec du sang: de N.-S., coulant le long de sa lance, car il vit plus clair tout aussitôt. Renonçant donc à l’état militaire, et instruit par les apôtres, il passa vingt-huit. ans dans la vie monastique à Césarée de Cappadoce, et convertit beaucoup de monde à la foi par sa parole et ses exemples".

La fusion en un même personnage du soldat romain, du centenier converti, du nom de la lance (Longin = Lance), et de la guérison d'une cécité s'expliquerait par la rapprochement du centurion s'exlamant "Vere filius dei" ("Matth 27, 54), du lancier de Jn 19:34, de la guérison de saint Paul (des écailles lui tombent des yeux, et des mots latins "et qui vidit testimonium" qui suivent, en Jn 19:35, le verset Jn 19:34. (Quand ils s'approchèrent de lui, ils virent qu'il était déjà mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes, 34 mais un des soldats lui transperça le côté avec une lance et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. 35 Celui qui a vu ces choses en rend témoignage et son témoignage est vrai. )

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20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

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Longin dans l'art.

En iconographie, le motif de Longin, habillé tantôt en soldat romain, tantôt en dignitaire juif, perçant le flanc du Christ de sa lance et, en même temps, plaçant son index sous son œil gauche pour témoigner de la guérison de son trouble visuel, est retrouvé dès le IX ou Xe siècle dans une enluminure d'une Bible de Bretagne (BM Angers ms 0024 fol. 007v) , avec l'inscription LONGINVS:

 

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Bible de Bretagne (BM Angers ms 0024 fol. 007v) site http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

Bible de Bretagne (BM Angers ms 0024 fol. 007v) site http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

Les exemples iconographiques sont légions, dans les enluminures, les ivoires, la sculpture (des calvaires des enclos paroissiaux bretons), des vitraux (des Passions finistériennes du XVIe siècle), etc. Voici en diaporama quelques enluminures des Bibliothèques de France :

  • Marseille BM ms.111 fol. 132 Heures à l'usage de Thérouanne, Artois vers 1280-1290
  • Avignon - BM - ms. 0121 f.059v Psautier-heures vers 1330-1340.
  • Paris - Bibl. Mazarine - ms. 1729 f 087 Légende dorée de Jacques de Voragine traduite par Jean de Vignay vers 1380
  • Mans (Le) - BM - ms. 0129 f.063, Heures 1ère moitié XVe
  • Paris Bibl. Mazarine - ms. 0507 f. 018 Heures à l'usage de Tours vers 1490
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

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20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

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FRANCHISSEMENT DE L'ÉLORN PAR LE PONT DE ROHAN.

"Il faut insister sur le rôle premier du gué qui commande toute l’histoire de Landerneau et la range dans la grande famille des villes fluvio-maritimes. Dès l’Antiquité le site de Landerneau est un point de passage obligé, au carrefour des routes de Morlaix et de Carhaix et de Quimper à Lesneven. Le passage de l’Élorn à gué favorise la circulation des hommes et des marchandises entre le nord et le sud du territoire osisme.

Le franchissement de l’Élorn ayant donc été possible par un gué, la nécessité d’un pont est moins impérative qu’ailleurs: la construction d’un pont ne semble guère remonter au-delà du XIIe siècle. L’existence d’un pont primitif, peut être en bois, est attestée en 1336. On ignore l’emplacement exact de ce gué, mais on peut imaginer qu’il se situait en amont du pont de Rohan. Jusqu’au Moyen Âge il n’existe aucune installation portuaire, les bateaux se contentant de l’échouage dans le «havre» de Landerneau. Les premiers aménagements ont vu le jour au tournant du XVe siècle. Tout au long du XVIIe siècle des travaux d’entretien et de réparation sont effectués sur le quai de Léon. Ce n’est qu’au siècle suivant que les grands projets de reconstruction des quais que nous connaissons actuellement se réalisent, permettant aux bateaux de fort tonnage pour l’époque (une cinquantaine de tonneaux) d’utiliser le port. Avant ces grands travaux, l’Élorn traversait l’agglomération par un cours sinueux, abandonnant en son milieu d’énormes bancs de sable, de vase et de roches. Le quai de Léon est celui ou sont installées les demeures des grands négociants landernéens, non loin du port et de leurs activités commerciales. Pendant bien longtemps le pont de Rohan fut le seul moyen de franchissement de l’Élorn, non seulement pour les landernéens voulant passer d’un quai de la ville à un autre mais également pour les habitants du Finistère souhaitant passer du Léon en Cornouaille ! Les landernéens des quartiers ouest de la ville ne souhaitant pas se rendre jusqu’au pont de Rohan pouvaient faire appel à la barque du passeur pour franchir l’Élorn." (Brochure "Circuit du Patrimoine")

Centre de gravité de la ville, le pont, dont l’existence est attestée en 1336, marque le point de passage obligé entre le nord et le sud du territoire. Un dicton illustre bien son rôle de carrefour du pont de Rohan: «Quand je suis sur le pont de Landerneau, j’ai un pied en Léon et un autre en Cornouaille». Il mesure 70 m de long et repose sur 6 arches.

Rebâti en 1510 par le vicomte Jehan II de Rohan, il comporte en sa partie centrale un moulin ainsi que deux boutiques, ce qui en fait un pont habité depuis le début du XVIe siècle. À l’étage du moulin, qui fait aussi office de pêcherie, une prison occupe deux chambres, le meunier faisant office de geôlier. Sur ce pont, Jacques Gillart fit bâtir en 1639, une belle demeure de style Renaissance, dont les boutiques sont aménagées en salle de danses et en bains publics, au XIXe siècle.

 L’entretien du pont à la charge du seigneur de Rohan nécessite, au cours des siècles de nombreux travaux. En 1764, le duc de Rohan cède son droit de péage à la province de Bretagne, ce qui inclut l’entretien de l’ouvrage. Fragilisé par sa fonction de passage ainsi que de nombreux sinistres, le pont menace ruine. Sa reconstruction est envisagée au milieu du XIXe siècle, mais faute de crédits, il est simplement consolidé. Le bâtiment du moulin est endommagé par un sinistre en 1825 puis remplacé par un immeuble en 1904. Ce n’est qu’en 1957 qu’un second pont permet de franchir plus aisément l’Élorn et soulager le vénérable pont de Rohan. Il reste l’un des derniers ponts habités d’Europe."(Brochure "Circuit du Patrimoine")

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VII PONT HABITÉ DE ROHAN.

1°) Pierre de fondation du pont. Voir ici :

Sur la piste du "A couronné" de Jehan II de Rohan : I. L'inscription de fondation du pont habité de Landerneau.

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2°) Maison Gillart 12 rue du Pont. Crossette. Lion.

https://tools.wmflabs.org/geohack/geohack.php?pagename=File%3AMaison-Gillart-Landerneau-20060523-008.jpg&params=048.449883_N_-004.248862_E_globe:Earth_type:camera_heading:284.65383572784&language=fr

Cette maison qui fait le coin avec le quai de Cornouaille est l'ancienne Maison que le magistrat Jacques  Gillart fit bâtir en 1639 à même le lit de la rivière. Sa façade sur le pont, en pierre de Logonna, est de style Renaissance. Mais au nord, en liaison avec l'ancien moulin du XVIe siècle démoli en 1897, subsistent des restes d'architecture gothique, avec des rampants aux crochets en feuille d'acanthe, ...et une crossette en forme de lion. Cette dernière possède bien entendu tous les caractères du type, sauf un, la longue langue pendante ici absente. Il serre ses griffes sur un os de belle taille, mais dont les condyles sont brisés.


Jacques Gillart, sieur de Kersullec, est né vers 1626 à Landerneau, et décédé le 25 avril 1687 à 61 ans à Landerneau, paroisse de Saint Houardon, Il épousa 1° Françoise Despayeux ; 2°) le 11 janvier 1666 , à Lampaul Ploudalmézeau, Théreze Teven Dame de Gouranou née le 30 mai 1646 à Penhars, Il eut un fils, Hervé Gabriel Gillart (1672) qui devint avocat en Parlement.

 

La profession de Jacques Gillart était celle de notaire, comme l'atteste les Archives du Finistère qui conserve les minutes de son étude pour la période 1647-1683, qui pourrait être celle de son activité. Voir : Maître Jacques Gillart, notaire de Léon à Landerneau. Je peux même préciser, en vertu d'un acte passé en 1669, qu'il était "notaire en la cour de la principauté du Léon audit Landerneau"

L'Armorial et Nobiliaire de Bretagne de Pol de Courcy indique :

Gilart ou Gillart, sr de Kersulec, par. de Dirinon, — de Gourannou, par. de Ploudaltnézeau, — de Kerigonan, év. de Léon. Jacques, sr de Kersulec, miseur de Landerneau, fils de Louis et de Catherine Frigent, épouse en 1664 Thérèze Téven, dame de Gourannou ; plusieurs procureurs du Roi de la prévété de la marine et un président au tribunal de Brest, anobli en 1817,

Il occupa la plus haute fonction municipale, celle de procureur-syndic de Landerneau en 1686,  à  la suite d' Ollivier Fillouse, sieur de Lanrivoar. en 1684, et d' Etienne le Goarant, sieur  de Tromelin. Ce n'est qu'en 1692 qu'un édit du roi ne créa l'office de maire , et le pouvoir municipal était exercé auparavant par 12 notables et un procureur-syndic qui faisait, en quelque sorte, fonction de maire.

Si Jacques Gillart était procureur-syndic en 1686, est-ce vraiment lui, et non son père,  qui fit construire la Maison Gillart en 1639, 47 ans auparavant ? Il appartenait à une famille de notables, et, plus tard, Pierre-Gabriel Gillart sera maire en 1784, et Pierre Gillart en 1788-1790.

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Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont  à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont  à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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3°) 12 rue du Pont. Maison Gillart . Cadran solaire sur la cheminée à l'entrée sud du pont. 

48°26'59.36" N 04°14'56.89" W 

 Cadran solaire  circulaire, gravé sur schiste. La partie inférieure, aux treize lignes effilées en rayons solaires, est numérotée de 1 à 6 à droite et de 6 à 12 à gauche. La moitié supérieure offre plusieurs détails attractifs : deux lions héraldiques couronnés, rampants, avec langue, griffes et dents (ce ne sont donc pas les lions de la seigneurie du Léon) présentent un écu muet (ou ? buché). Porta-t-il jamais les armoiries des Gilart d'’azur au sphinx ailé et couché d’or ; au chef d’argent, chargé de trois mouchetures de sable ? J'en doute. Cet écu est entouré d'un cordon entrelacé de trois nœuds en huit ou "lacs d'amour" avant de se terminer par deux houppes. Ce cordon peut être comparé au collier de l'ordre de chevalerie de la Cordelière ( pour les dames d'honneur d'Anne de Bretagne), ou bien il peut être lié à l'Ordre des Frères Mineurs ou Cordeliers, d'autant que les Cordeliers de Landerneau furent fondés en 1488 dans la paroisse Saint-Thomas par Jehan II de Rohan, avant que les Capucins fussent fondés en 1634. En 1660, Mathieu Gilart était Prieur-Recteur de Saint-Thomas.  Enfin les lacs d'amour et les houppes dentelées sont un emblème des loges maçonniques.

Enfin, en périphérie, deux tiges d'œillets d'Inde portent douze fleurs au total. Cette fleur assez rarement représentée possède une signification, mais laquelle ?

Tous ces détails composent un joli bouquet d'énigmes. 
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Cadran solaire de la aison Gillart, Pont de Rohan, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Cadran solaire de la aison Gillart, Pont de Rohan, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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En quittant le pont, nous entrons dans le quartier Saint-Thomas. "Il s’est développé avec la construction de l’église du même nom au XIIIe siècle. Cette place entourée de constructions en pierre jaune de Logonna se trouve au cœur de ce qui était considéré comme le quartier populaire de la ville séparé du riche quartier de Saint-Houardon par l’Élorn. C’était effectivement le lieu où sont installés les petits commerçants, artisans ou orfèvres. Au XVIIIe siècle la circulation vers le port a été facilité par l’élargissement de la venelle du Bacchus, qui longeait une auberge du même nom, rebaptisé rue aux fruits. À l’instar des marchés de la place du Général de Gaulle, s’y succèdent marchés aux puces ou aux fruits, lieu où se rendaient les paysans de Plougastel pour vendre leurs pommes." (Circuit du patrimoine)

VIII. PANNEAU ROUTIER. Début de la Route Nationale n°164 Landerneau-Ancenis, dite Brest-Angers. Angle du 14 Rue du Pont.

Nous y lisons :

FINISTÈRE

ROUTE NATIONALE N°164. D'ANGERS À BREST

LANDERNEAU

LA MAISON DE TERRE <—— 26K 465.

SIZUN <—— 17K 205.

La Route Nationale n° 164 est facile à identifier ; elle succéda après 1848   à la Route Royale       n°164 Landerneau-Ancenis qui avait été construite au milieu du XVIIIe siècle, et dont le tracé traditionnel passait ensuite par Sizun, Commana, La Feuillée, et Huelgoat. Elle  a été prolongée ensuite jusqu'à Brest.Certaines sections se confondent avec des portions de voies romaines alors que d'autres sont entièrement nouvelles. Entre Landerneau et Carhaix, la route royale utilise d'anciennes routes et son tracé est proche de celui de la voie romaine Vorgium (Carhaix) - Gesocribate (Brest). A environ 300m au nord-est de l'église Saint-Thomas de Landerneau, elle se détache de la route royale de Brest à Paris pour prendre une direction sud-est. Elle suit une voie vraisemblablement pré-romaine qui servait de limite à des paroisses primitives du VIe siècle. Elle s'en détache au bout d'un kilomètre pour suivre une direction est. (voies-romaines-bretagne.com). 

Le panneau routier que nous contemplons correspond donc au départ, au point d'origine de la route. Il est bien rouillé, mais on voit encore les traces de l'ancienne peinture bleu roi (ou bleu nation). La commune la plus proche sur cette route, La Martyre, conserve également son panneau datant de la même époque (photographie Patrick Rollet / plaquedecocher.fr)  :

 

 

 

 

 

 

 

Une autre se trouve à Loc-Ildut (Sizun) sur un ancien relais de poste et indique la distance avec "La Maison de terre" : https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_nationale_164.

Mais qu'elle est cette MAISON DE TERRE qui est mentionnée partout ? Je découvre qu'il s'agit d'un lieu dit à 400 m au sud-ouest de Commana, actuellement nommé TY DOUAR, qui signifie "maison de terre" en breton. Ce lieu-dit correspondait sans-doute jadis à une auberge et à un relais de poste (ils sont distants de sept lieues environ, soit 28 km)  pour acquérir une telle importance. En effet, lorsqu'on consulte diverses cartes anciennes, on constate que la route ne traverse pas les villages et ne relie principalement que les villes (Landerneau, Carhaix, Pontivy). 

a) Carte de Bretagne d'Argentré en 1588 : pas d'indication de routes.

b) la carte d'Ogée de 1771 : indication "Commana".

c) La Carte de Cassini Feuille n°171 en 1784 : elle porte les routes, et l'indication : "Maison de terre" avec un symbole cartographique correspondant (il me semble) à "hameau" :

d) La carte 1/40000 dite de l'Etat-Major de 1866, feuille de Morlaix : elle porte l'indication  "Ty Douar".

e) En 1910, lorsque la compagnie de chemin de fer cherche un emplacement pour la gare de Commana, elle choisit celui-ci" entre le Manoir Neuf et la Maison de Terre ", au bord de la nationale 164. Jean-François Peden, lorsqu'il relate cet événement dans le bulletin municipal de 2010, remarque :  "Le fait que le lieu que nous connaissons sous l'expression bretonne Ty Douar, mentionné comme tel sur les cartes d'état-major du XIXe siècle, soit systématiquement indiqué " la Maison de Terre " dans les documents administratifs mentionnés plus loin, datés du début du XXe siècle, est sans doute une marque de l'époque".  Il cite des délibérations municipales et pétitions indiquant que "Le centre de culture [agricole] se trouve vers la Maison de Terre" ..."le centre de l'exploitation agricole de la commune se trouve vers la maison de Terre" . La "Maison de Terre" était donc au début du XXe siècle un hameau assez important sur le plan agricole, et la gare a été établie à proximité.

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Plaque routière de la Nationale 164, 14 rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Plaque routière de la Nationale 164, 14 rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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IX. 14 RUE DU PONT. MAISON DU "PAUVRE PETIT BONHOMME LANDERNEAU". Ancien hôpital Saint-Julien,

En 1336, Hervé de Léon fit établir   un hôpital de douze lits in capite pontis, "en tête de pont", afin de soigner les voyageurs et les pèlerins qui traversaient le fleuve pour se rendre soit à l'abbaye de Saint-Mathieu fin de la terre, soit à "Saint-Michel du mont Gargan".  Il en organisa le service et le compléta d'un jardin potager pour nourrir les infirmes, et  d'une chapelle desservie par un chapelain, tout en le plaçant sous le patronage de saint Georges (qui terrasse les dragons, monstres aquatiques) et de saint Julien l'Hospitalier  (patron des passeurs). L'hôpital prit le nom de Saint-Julien

Ce pont ayant été ruiné, et l'hôpital Saint-Julien dévasté, par suite des guerres de Succession, sur les instances de Jean de Kéroulas, maître en théologie, Grégoire XI, par lettres données à Avignon, le 2 Août 1372, accordait des indulgences à ceux qui, par leurs aumônes, contribueraient à leur restauration [Note : Acte du Saint-Siège : « Hospitale St Juliani situm in capite pontis de Landerneau ubi magnus concursus est perigrinorum euntium ad ecclesias Beatorum Michaelis in monte Gargano et Mathei in finibus terrarum, pauperes que recipiuntur et reficiuntur, frementibus guerris jam est pene destructum.... »].

En 1511, le 28 Janvier, Jean, vicomte de Léon, confirmant la première fondation, constate qu'il y a quelque temps qu'on a négligé de dire les trois messes requises ; les pauvres ne sont plus bien entretenus, car l'hôpital ne jouit plus en leur intégrité des revenus de la fondation primitive ; par conséquent, le vicomte de Léon, outre les dîmes de Ploudaniel, et le bois de chauffage de ses bois de Ploeavaz (Guipavas), donne 17 livres à partager entre le chapelain de son église de La Roche-Morice, et celui de l'hôpital ; et 25 livres pour les gardiens des pauvres. Missire Hervé Gouzien est chapelain de l'hôpital ; missire Olivier Nicolas, chapelain de la Roche-Morice ; et Jean Le Guirieuc, gouverneur de l'hôpital. (J-M. Abgrall, 1916-1917).

J'ai consacré un article aux plaques de fondation de cette église commencée le 3 juin 1531, terminée en 1532, puis érigée en trève de Ploudiry le 18 mai 1619. :

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/l-inscription-de-fondation-de-l-hopital-saint-julien-de-landerneau.html

Il ne reste plus rien de l'ancienne église :  elle a été rasée en 1823.

Il ne reste plus rien non plus de l'hôpital Saint-Julien, si ce n'est peut-être une porte cintrée de l'immeuble 14 rue du Pont qui a été bâti sur son ancienne localisation.

Sur la façade de cet immeuble se voit la statuette d'un monsieur ramenant sa baguette de pain. Il est connu comme le loup blanc ici sous le nom de "Pauvre Petit Bonhomme de Landerneau" (titre que lui donnait jadis une plaque de bois), et il s'agit en réalité de saint Julien l’hospitalier (ou saint Julien Le Pauvre, d'où le sobriquet de la statue). Certains pensent qu'il tient en main  un bâton et une gourde de pèlerin. Je me plais à le voir plutôt en passeur de gué, tenant (comme saint Christophe) la perche nécessaire à la traversée. En effet, si Julien est le patron des passeurs, c'est que, pour se racheter de ses mauvaises conduites (il a, malencontreusement, tué son père et sa mère), il a terminé sa vie comme passeur d'un fleuve. 

D'autres y voient un pèlerin à genoux devant l'église. 

 

 

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Ancien hôpital Saint-Julien : maison du "Pauvre Petit Bonhomme Landerneau"  Photographie lavieb-aile.

Ancien hôpital Saint-Julien : maison du "Pauvre Petit Bonhomme Landerneau" Photographie lavieb-aile.

"Pauvre Petit Bonhomme Landerneau"  Photographie lavieb-aile.

"Pauvre Petit Bonhomme Landerneau" Photographie lavieb-aile.

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X. 5 RUE SAINT-THOMAS. STATUE DE NOTRE-DAME DE RUMENGOL.

 

 

Cette maison en pierre de Logonna porte le nom de la statue qui décore sa façade. Elle orne l’angle de cette ancienne auberge devant laquelle les pèlerins faisaient halte en se recueillant, avant de poursuivre leur route vers le pèlerinage de Rumengol. En dehors des églises et autres institutions religieuses, des statuettes à caractère religieux se cachent dans les nombreuses niches aménagées dans les murs des édifices de la ville. Véritables témoignages de la dévotion populaire, elles devaient protéger les maisons d’un mauvais sort: la maladie, la guerre ou l’incendie. Objets de culte et de dévotion dans le passé, beaucoup de statuettes ont été détruites pendant la période révolutionnaire, ce qui explique la présence de nombreuses niches vides. Néanmoins beaucoup ont survécu ou ont été remplacées par d’autres figurines plus contemporaines.

La statue de Notre Dame de Rumengol, en pierre de kersanton, peinte à l’origine, est ornée de deux fanaux, c’est-à-dire de grosses lanternes. Le fond de la niche, figurant une coquille, est l’élément décoratif le plus symbolique de la Renaissance.

La Vierge, couronnée, aux cheveux défaits tombants sur les épaules, visage rond, yeux en amande, est vêtue d'un manteau dont le pan fait retour sur le coude gauche. Elle tient un fruit (une poire) dans la main droite, et elle le présente à son Fils. Celui-ci, nu, de face, tend la main vers cette poire, tandis qu'il tient dans la main gauche une sphère qui , bien qu'elle évoque intentionnellement une pomme, est en réalité le globe du Monde. 

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Auberge Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Auberge Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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 L'AUBERGE DES TREIZE LUNES. 4 Place Saint-Thomas.

En traversant l'Élorn par le Pont de Rohan, nous parvenons au quartier Saint-Thomas, où, sur la place qui entoure l'église nous pouvons découvrir l'auberge des treize lunes, ainsi nommée en raison de la rangée de visages en pleine lune sculptés sur sa façade, au rez de chaussée. Cette ancienne maison du XVIe siècle est un véritable manoir urbain dont l’architecture est originale. Il s’agit d’une maison à pondalez, avec une pièce centrale aveugle montant de fond jusqu’aux combles, la distribution intérieure se faisant par un ensemble de galeries superposées. On en trouve de superbes exemples à Morlaix, construites par des négociants en toiles de lin. Le nom de pondalez, ou "ponts d'allées", est celui des passerelles réunissant l'escalier à l'arrière du logis. C’est sans doute au XVIIIe siècle que cette maison de négociant est transformée en auberge.

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L'Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

L'Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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La crossette : un lion.

Elle devait   probablement répondre à une autre sur le rampant gauche, mais cette dernière  n’existe plus. À l’arrière, au sommet de l’édifice, se dresse fièrement la sculpture d’un homme tourné vers l’Élorn qui salue, à leur passage, les bateliers accostant dans le port.

Le lion est semblable à celui décrit à propos de l'Auberge du Réveil-Matin, ou à celui de la Maison Gillart, mais sa tête est tournée vers la place Saint-Thomas. C'est clairement un fémur qu'il tient entre ses pattes, comme le confirme une vue de trois-quart, mais une extrémité est brisée. La gueule n'est qu'entrouverte, mais laisse pendre une langue très longue. La crinière est peignée en longues mèches. Les yeux sont creusés, sous des arcades saillantes.

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Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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La façade nord de la Maison des treize lunes est coiffé d'un personnage regardant vers la rive opposée du fleuve, chez les Léonards. Il porte la main droite à son chapeau, comme s'il le retenait des effets d'un vent violent, tandis que sa main gauche est placée sur sa poitrine. L'ostensible braguette rembourrée est conforme à la mode de la Renaissance, à moins qu'elle ne relève d'une allusion cachée.

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Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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Angle de la rue Jules Verne et  de la rue Jean-Louis Rolland. Homme buvant. 

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland.  Photographie lavieb-aile.

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland. Photographie lavieb-aile.

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Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland.  Photographie lavieb-aile.

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland. Photographie lavieb-aile.

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Ne serait-ce pas une femme, aux cheveux longs ?

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Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland.  Photographie lavieb-aile.

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland. Photographie lavieb-aile.

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CROSSETTES ET GARGOUILLES  DES BÂTIMENTS RELIGIEUX.

 

LES CROSSETTES DE L'ÉGLISE SAINT-THOMAS ET DE L'OSSUAIRE SAINT CADOU.

I. L'ÉGLISE SAINT-THOMAS

 

La première église Saint-Thomas est érigée au XIIIe siècle en l’honneur de Thomas Becket, archevêque de Canterbury, mort en martyr en 1170. L’édifice actuel a été reconstruit au XVIe Siècle. Le clocher daté de 1607 se compose d’une tour d’aspect assez massif, qui a été déposée puis remontée à l’identique en 1849. Les tons chauds de la pierre de Logonna mêlés au granit de kersanton forment un ensemble harmonieux. Autrefois enclos paroissial, le calvaire et le cimetière composant cet ensemble monumental sont déplacés au XIXe siècle lors de travaux d’urbanisme. À noter que l’église bénéficie d’une acoustique exceptionnelle grâce au système de vases acoustiques, visibles en haut des piliers de la nef centrale. Le retable du maître-autel, daté de 1711, est inscrit monument historique.

Ce sanctuaire construit vers 1200 par Hervé Ier de Léon à Landerneau est dédié à saint Thomas Becket, assassiné par Henri II d’Angleterre et vainqueur du père d’Hervé Ier en 1167.

Symboliquement, le choix de ce saint-patron, mis à mort par le roi anglais pour la liberté, reflète la volonté du nouveau seigneur de Léon de s’affirmer et d’affirmer son indépendance vis-à-vis des velléités de domination anglaise. Peut-être entendait-il aussi laver l’affront que son père avait subi lors de sa défaite de 1167 ?

Il ne reste plus que l’église et l’ossuaire de l’enclos initial.

Datant de 1635, l’ossuaire fut bâti à l’ouest de l’église, comme il se doit. Il est dédié à St-Cadou, moine gallois du VIème, réellement attesté, venu en Bretagne puis martyrisé à son retour dans son pays natal. La façade principale est percée de quatre fenêtres en plein cintre séparées par des pilastres ioniques (style assez rare dans les enclos ou prédomine le style corinthien voire composite.)

 

 

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Angle sud-ouest de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Angle sud-ouest de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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crossette : un lion.

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Crossette de l'angle sud-ouest de de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'angle sud-ouest de de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un chien.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un ange (décapité) tenant un phylactère.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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II. L'OSSUAIRE SAINT CADOU. Place Saint-Thomas.

L’ossuaire Saint-Cadou (moine gallois du VIe siècle) porte la date de 1635. Ce petit édifice, construit en pierre de Logonna, présente une belle façade de style Renaissance.Ses 4 fenêtres de plein cintre sont séparées par des pilastres ioniques et par une porte percée au milieu de la façade. La porte est coiffée d'un fronton triangulaire et encadrée de 2 chapiteaux composites (les colonnes ont disparues). Les chapiteaux ioniques composites, de sculpture assez grossière, portent, comme à Pencran, une petite tête au milieu de deux volutes, suivant un modèle que l'on rencontre dans la région, au Faou et à Beuzit-Saint-Conogan, par exemple.

 Son existence rappelle les temps médiévaux où l’on inhumait les cadavres sous les églises. En périodes d’épidémies, on évacuait le trop plein d’ossements dans l’ossuaire afin de faire de la place aux nouveaux morts. Celle-ci a sans-doute été utilisée davantage en chapelle-ossuaire, où étaient exposées les boites contenant les crânes des défunts, et où les messes pouvaient être dites. 

Le bâtiment est réquisitionné en 1794 pour servir d’atelier de confection de souliers "quarrés" pour les soldats de la République. Au XIXe siècle, il sert de logement au sacristain, une cheminée y est alors aménagée.

Un bas relief figurant la mort est sculpté dans l’angle de la façade.

 

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Ossuaire de Saint-Cadou, place Saint-Thomas à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de Saint-Cadou, place Saint-Thomas à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

 

Quand vous irez, sous l'herbe et les floraison grasses,

Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté, dites à la vermine

Qui vous couvrira de baisers,

Que j'ai gardé la forme et l'essence divine

De mes amours décomposés ! (Baudelaire)

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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LES CROSSETTES ET GARGOUILLES DE L'ÉGLISE SAINT-HOUARDON.

Je ne les présenterai pas toutes : cette église totalise, en comptant les gargouilles en forme de canons, 75 gargouilles !

"L’église primitive de Saint-Houardon construite au XVIe siècle se trouvait rue Alain Daniel non loin du port. Après la Révolution, le bâtiment est en mauvais état et trop petit pour accueillir tous les fidèles d’une ville en pleine croissance. L’église va être reconstruite entre 1858 et 1860, d’après les plans de Bigot, architecte diocésain. Il opte pour le néo-gothique, le style ogival, les éléments anciens réintégrés de style gothique et renaissance y créant de singuliers contrastes. Le clocher, haut de 63 m, datant de 1589, est hissé sur le bâtiment en 1860. Le porche sculpté en 1604, haut de 22 m, est superposé sur un porche plus ancien qui date du XVIe siècle. Il a servi de modèle à de nombreux porches des enclos paroissiaux de la vallée de l’Élorn. En 1957, 1/3 de la charpente est restauré suite à l’effondrement d’une partie de la voûte. On recense environ une soixantaine de gargouilles sur cet édifice. La plupart ont été sculptées lors du chantier de 1860; d’autres ont été récupérées de l’ancienne église. Elles représentent des animaux de formes et de poses différentes, à l’effigie d’un singe, d’un chien, d’un oiseau; les plus extravagantes ont une forme mi-humaine, mi-animale." (Circuit du Patrimoine)

A gauche du pignon occidental, ne manquez pas celle-ci : un dragon ailé tenant l'âme d'un breton qui s'agrippe à son chapeau rond !

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Dragon ailé tenant l'âme d'un breton, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Dragon ailé tenant l'âme d'un breton, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Un lion.

Un lion tenant son nosos, on commence à être habitué. Mais la présence d'un masque sculpté sur la trompe (petite voûte triangulaire) souligne le rôle de cet animal comme transporteur d'âmes. 

 

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Lion, détails.

 

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.
Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille :

personnage humain en tunique et ceinture, agenouillé au dessus du vide et vomissant. La position des mains emble indiquer que les pouces sont glissés dans les poches.

 

Gargouille du clocher angle nord-est de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher angle nord-est de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Autre gargouille à forme humaine.

Homme en tunique plissée, bouche grand ouverte, se tenant la gorge. Deux nattes, un bracelet. 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

 

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

 

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Encore une...

Gargouille de forme animale (chimère) se brossant les dents.

 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

N'en jetez plus !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère). Maître Jedi.

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Encore ? Non, dorénavant, ces monstruosités tiendront  un attendrissant visage d'humanoïde afin

que paternellement vous vous préoccupâtes

de  voir ce qui trépasse en   leurs petites pattes. 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Hum, ces trépas,

c'est extra, c'est extra !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Et hop,

encore un dans le frigo !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Ouh ouh ouh ouh,

C'est nous les voyous 

C'est nous les Zazous

Du tout-à-l'égout ! Ouh ouh ouh ouh,

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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J'ai eu Victor Hugo ! J'ai eu Victor Hugo !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Eho, eho ! J'ai eu Charlemagne ! J'ai eu Charlemagne ! 

Outre la couronne du personnage de la trompe, notez l'animal à longue queue sculpté à droite (hermine ?)

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Topic-topos

http://fr.topic-topos.com/lucarne-de-la-sirene-landerneau

— Documents à télécharger

http://www.pays-landerneau-daoulas.fr/medias/2015/10/livret-doc-balades-urbaines-landerneau-OK.pdf

http://www.sirenes-et-dragons.fr/wp-content/uploads/2012/05/livret_jeu.pdf.pdf

—Plan interactif :

http://www.sirenes-et-dragons.fr/images/planInteractif/Main.html

http://fr.calameo.com/read/000330819360f84a11e26

— Photos Wikipédia

Gaëlle FILY https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Landerneau_auberge_reveil_matin_(2).JPG

— étude géologique : 

http://espace-svt.ac-rennes.fr/travaux/landern/land-01.htm

 

AMEMIYA (Hiroko), 2005 Vierge ou Démone: Exemples dans la statuaire bretonne - Page 209

 

— CASTEL (Yves-Pascal) ; TUGORES ( M.-M. ) , JARRY (P.), 1984, Landerneau : patrimoine artistique et culturel / / Landerneau : Municipalité de Landerneau , 1984 

— BAZIN (Jehan), 1962,  Landerneau, ancienne capitale de la principauté de Léon: notes d'histoire et d'archeologie Presse libérale du Finistère, 1962 - 151 pages. Consultable au CRBC, Brest.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.

— BDHA :

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e8e8e84cf9484183b6117713f6b2b97d.pdf

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/landerneau/patrimoine-les-sirenes-font-mouche-14-08-2012-1806483.php#FCQepyv85dqPyY2b.99

 

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 22:35

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Si vous aimez comme moi les scènes truculentes de l'art faussement naïf des sablières bretonnes, j'ai un cadeau pour vous, avec des poules, un cochon, un tonneau et ... Ah non, je n'en dis pas plus, car j'ai d'abord fait le tour de l'ensemble de la charpente, et failli clore ma visite, avant de faire cette découverte. Alors, suivez-moi depuis le début, et patience ! Les amuse-gueules que je vais vous servir contiennent d'ailleurs de belles pépites.

Elles datent du XVIe ou XVIIe siècle (la tour est datée de 1607) et relèvent des motifs d'ornemanistes de la Renaissance : masques et rinceaux, cuirs, animaux grotesques, putti, vases, arabesques...

"L’iconographie est inspirée des thèmes décoratifs de la Renaissance. Les masques crachent des rinceaux, guirlandes de végétaux parfois agrémentées de fleurs et de fruits. Les vases et les bouquets, les putti, figures de nourrissons. Ce motif décoratif inspiré par la Grèce antique a été réutilisé au début du Quattrocento avant de se répandre en Europe jusqu’à l’époque baroque. Les cuirs dans lesquels s’inscrivent des figures humaines. Sous forme de cuirs découpés, ils sont des éléments caractéristiques de la Renaissance maniériste et présents au château de Fontainebleau ; utilisés par Rosso Florentino (1494-1540), ils se sont répandus vers les pays plus au Nord à partir de ce moment." (Jean Bozec pour l'APEVE)

I. Le bas-coté sud. 

Point de sablières de ce coté, ou très peu, mais des masques et un acrobate.

—Masque à longues oreilles crachant les tiges de rinceaux.

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Sablière du bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Acrobate, ou femme en posture impudique et peu anatomique, se tenant les chevilles.

Acrobate, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Acrobate, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Acrobate, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Masque : visage féminin recouvert d'une guimpe avec un ruban à nœud autour du front.

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Visage de femme, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Visage de femme, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième masque : visage féminin recouvert d'une guimpe avec un ruban à nœud autour du front.

 

Visage de femme, bas-coté sud de la nef, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Visage de femme, bas-coté sud de la nef, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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La nef,  coté sud.

Trois cuirs centrés par des masques et réunis par des rubans. Rinceaux habités par des masques crachant des fleurs. 

 

Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières de la nef, coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Masque et rinceau se transformant en un hybride à tête et crinière de cheval.

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Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières de la nef, coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le bas-coté nord du chœur.

Trois cuirs à personnages réunis par des rinceaux et par un putto.

 

Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Cuir central : tête à coiffure de plumes.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Cuir de droite : joueur d'instrument à vent.

Bombarde ? Musette ?

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Putto (mais ce serait un putto sumo et aptère), ou simplement homme nu et rose tentant de réunir deux extrémités de ruban.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Créature hideuse mais coquette (collier) parasité par un serpent vert qui pénètre par une  orbite et sort par l'autre.  

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Même motif que précédemment du masque et du rinceau se transformant en tête de cheval.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le bas-coté nord du chœur.

Au dessus d'une statue de saint Yves : masques, rinceaux, tête coiffée de plumes.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Cuir et entrelacs Renaissance.

Voir la page de titre de Sebastiano Serlio, Primo libra d'archittettura, Paris, 1545.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le bas-coté nord de la nef, première travée.

Voilà notre morceau de bravoure. 

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Mais il faut déchanter : il résiste aux tentatives de compréhension. Les différents auteurs le décrivent chacun à sa manière.

"L'une d'elles, sur le bas-côté nord, figure une scène illustrant la gourmandise, l'avarice et la luxure. Cette frise représente un porc tendant le museau vers une barrique, tandis qu'une femme, dont les cheveux sont tirés par un homme placé derrière elle, s'apprête à administrer un clystère à l'animal qu'elle tient par la queue. Selon certaines sources, la scène se complétait par un renard habillé en moine, qui prêchait aux poules. De cette partie, ne restent que les poules." (Topic-topos)

"Des sablières sont à motifs Renaissance (putti, vases, masques) et d’autres d’inspiration locale (joueurs de bombarde, poules, scènes burlesques). " (SPREV)

"On remarque sur une corniche un renard prêchant à des poules (...), et une satire de l'ivrognerie, représentée par un porc ayant le museau à la clef d'un tonneau de vin (...)" (Potier de Courcy. ).

"Les sablières de la nef et des bas-côtés sont couvertes de sculptures, arabesques, masques de profil, cartels, d'excellent style XVIème siècle. A l'extrémité Ouest du bas-côté Nord, sont des sujets bizarres et humoristiques : une truie allant boire à un tonneau ; une femme lui tire sur la queue et, avec un grand couteau, se taille un jambon dans son arrière-train, tandis que le mari tire aussi des deux mains sur les cheveux de sa femme. Plus loin, un individu au torse nu tient un sac à moitié rempli ; deux autres accroupis et un troisième grimaçants, font le geste de défoncer le sac et d'enlever le contenu, un autre personnage brandit de grands ciseaux de tondeur ; derrière lui, un coq, une poule et deux poussins picorent des fruits." (Abgrall et Peyron, 1917)

" le lambris en berceau repose sur des sablières Renaissance dont deux scènes représentant la Luxure et la Gourmandise. " (Couffon)

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Du coté gauche, je verrai un cochon tenant dans son museau un poinçon destiné à mettre en perce le tonneau ; et, derrière lui, ce serait une quenouille qui serait dans les mains de la femme.

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Du coté droit, je vois quatre hommes autour d'un sac à demi-plein, un gentilhomme à bonnet à plume les menaçant (ou leur proposant) des ciseaux de tondeur. Puis trois poules, ou deux poules et un coq.

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1917, Notice sur Landerneau. Bulletin Diocesain d'histoire et d'archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1917.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Landerneau, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c21ef2b4d254c026109041eadd62299.pdf

— POTIER DE COURCY (Pol), 1842, «Notice historique sur la ville de Landerneau», Landerneau,  J. Desmoulins, 2ème édition, page 33

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6531495d/f39.item

—Notice de la SPREV :

http://www.sprev.org/centre-sprev/landerneau-eglise-saint-thomas-de-cantorbery/

— Notice de l'APEVE :

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article151

— Notice de Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/sabliere-landerneau

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 21:30

La Vierge couchée (XVe siècle) de l'église Saint-Thomas-de Canterbury à Landerneau.

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Cette sculpture, un bas-relief teinté de chêne avec rares traces de polychromie (rouge au creux de quelques plis de la robe) mesurant 116 cm a été classée M.H. le 14 mai 2015, après sa restauration. Elle a longtemps été placée dans le porche de l'église, et donc exposée à des variations d'hygrométrie et de température qui expliquent en partie la perte du décor polychrome. C'est dans ce porche que le chanoine Abgrall et Peyron la décrivent en 1917 : 

"Dans le petit porche qui est à la base de ce clocher, au-dessus de la porte qui donne entrée dans l'église, est creusée une arcade ou niche très large, dans laquelle est un personnage couché et qui semble être la Sainte Vierge, dans le mystère de Bethléem, comme à la porte principale du Folgoët et au porche de La Martyre. Mais ici, comme à La Martyre, l'Enfant-Jésus, qu'elle tenait sur sa poitrine, a disparu." (BDHA Quimper, 1917)

Selon Jean Bozec (APEVE) " Elle aurait séjourné en 1795 à la chapelle des Anges avant un déplacement dans le porche de Saint-Thomas."

Un cartel placé dans l'église la désigne sous le terme de "Vierge parturiente", mais la définition de l'adjectif parturiente, du latin parturio "accoucher"  est : "qui met bas, qui accouche, qui enfante", ce qui n'est pas, bien-sûr, le cas ici. Louis Réau utilisait l'expression "Vierge en gésine sur son lit d'accouchement" ou Maria im Wockenbette. Le terme de "femme en couche" est ambiguë car il désigne (CNRTL) la période d'allaitement qui suit l'accouchement, mais aussi l'accouchement lui-même. Le terme médical de post-partum désigne, lui, la période s'étendant de l'accouchement jusqu'au retour de couche, c'est à dire le retour des règles : il n'impose pas la position couchée. Je donne donc ma préférence à la description stricte de ce qui nous est donné à voir, et j'utilise le terme de "Vierge couchée". 

Voir la description des Vierges couchées de Bretagne dans mon article

http://www.lavieb-aile.com/article-les-trois-vierges-couchees-de-bretagne-le-yaudet-guiaudet-et-kergrist-105600979.html

Cette Vierge couchée de Landerneau se rapproche de celle du tympan du porche de la basilique du Folgoët (1423), et, par le même atelier mais un peu plus tardive, de celle du tympan du porche de l'église de La Martyre (1450-1468) : les trois œuvres sont du XVe siècle, et Landerneau est séparé du Folgoët de 17 km , et de La Martyre de seulement 9 km.

Voir le porche de La Martyre ici :

http://www.lavieb-aile.com/2016/12/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre.i.l-arc-de-triomphe-et-le-porche-sud.html

Au Folgoët, saint Joseph est assis au chevet de la Vierge alitée. A La Martyre et à Landerneau, il est assis au pied du lit ; mais la tête de Joseph a disparu de la sculpture de l'église Saint-Thomas.

Dans les trois œuvres, la Vierge est adossée à un oreiller à glands bien visibles. Dans les trois cas, elle est en appui sur son coude droit, tandis que le bras gauche entoure l'Enfant. Ce dernier n'est plus visible dans la sculpture de Landerneau, mais on estime qu'il devait être fixé par les trois tenons dont les trous sont encore visibles à la base. 

 

 

 

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Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un voile assez court couvre la tête et les épaules de Marie. Un calme méditatif émane de ses yeux et de son demi-sourire. Le bras gauche trace une courbe gracieuse. Le plissé du drap, de la couverture et du voile s'accordent ensemble pour créer des mouvements d'une grande douceur. C'est beau !

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Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Source principal : le cartel placé à coté de la sculpture.

Topic-topos indique à tort "XIIIe siècle".

http://fr.topic-topos.com/vierge-couchee-landerneau

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:57

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I. LE CALVAIRE.

Placé au centre du cimetière parmi les tombes, ce calvaire de kersanton de  6,50 m de haut est basé sur trois hautes marches hexagonales et un dé octogonal .  Il daterait du XVIe siècle (XVIIe selon Couffon). . Le fût à pans détache un premier bras latéral droit pour recevoir saint Édern, puis un croisillon mouluré à culot porte le gibet des larrons aux extrémités, des statues géminées vers le milieu, le le crucifix au centre, surmonté d'un ange tenant le titulus. Le revers porte un Christ aux liens entre saint Pierre et Marie-Madeleine.

 

L'enclos paroissial de Lannédern, vu du sud-ouest. Photographie lavieb-aile.

L'enclos paroissial de Lannédern, vu du sud-ouest. Photographie lavieb-aile.

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1. La face principale.

 

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Saint Édern, patron de la paroisse,  et son cerf.

Sur un  croisillon, à mi-hauteur du fût et à sa droite, Saint-Edern en robe et manteau à capuchon, est représenté tenant un bâton et chevauchant un cerf.

 

Saint Édern, Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Saint Édern, Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le bon larron.

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Le bon larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Le bon larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le mauvais larron.

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La mauvais larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

La mauvais larron. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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La Vierge. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

La Vierge. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

 

Saint Jean. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean. Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ en croix.

 

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Anges recueillant dans un calice le sang des plaies des pieds du Christ.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant le titulus portant les lettres INRI.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le revers du calvaire.

Le Christ aux liens est entouré de saint Pierre et de sainte Marie-Madeleine tenant le flacon d'onguent.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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II. L'OSSUAIRE  (ou Chapelle sainte-Anne).

 


La façade classique de cet édifice  rectangulaire  comporte quatre baies en plein cintre, une porte médiane à fronton cintré, et deux bénitiers. Entre les fenêtres, se trouvent des têtes de morts et des fémurs entrecroisés.

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Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Il date de 1660-1662 ainsi que l'indique l'inscription sur la corniche de la façade :

"G. COLIN. F. /  F. BRAS. F.  / M. I. KDEVEZ. R." .

Il faut comprendre : "G. Colin, fabricien. F. Bras fabricien. Messire I. Kerdevez Recteur."

Or, Jean Kerdevez fut recteur de Lannédern de 1660 à 1662. Le nom de ce recteur figure aussi à l'église selon J-M. Abgrall sur un tableau du Rosaire avec la date de 1660 (YVES QVINTIN.1660. Msre KERDEVEZ : LORS. R. MAVDIRE. LORS. FAB ). On le retrouve aussi sur les piliers d'entrée du cimetière, où deux inscriptions indiquent: "M. GRE. KDEVEZ." et "M. G. ABALAIN. R/ 1835.". Et enfin, on le retrouve sur le porche de l'église : H: BRAS :I MODIRE . VE . I. KERDEVEZ. RECTOR. C. ALLAIN. 1662 . 

 

 

 

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Aux extrémités de la corniche, deux anges à phylactères portent des banderoles. A l'angle sud on lit l' inscription : COGITA MORI

"Pense que tu vas mourir"

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Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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L'ange de l'angle nord présente les mots  RESPICE FINEM.

Cette locution latine peut être traduite par "Songe à ta fin dernière !"

Elle termine la locution complète Quidquid agis, prudenter agas et respice finem ! « Quoi que tu fasses, fais-le avec prudence, sans perdre de vue la fin. » qui est la morale de la fable 45 Le Renard et le Bouc  d'Ésope, ou la formule des Proverbes dorés des pseudo-pythagoriciens (Βουλεύου δὲ πρὸ ἔργου, ὅπως μὴ μῶρα πέληται). Le libraire Poncet Le Preux (1481-1559), éditeur des Croniques de France de Robert Gaguin l'avait adopté comme devise, avec sapienter au lieu de prudenter.

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Ange de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Autres crossettes de l'ossuaire.

1. La démone à queue de serpent.

Cette crossette de la base des rampants du pignon sud représente une femme-serpent allongée sur le coté, son visage joufflu  tournée vers nous, le buste dressé et la main gauche tendue vers l'arrière, paume de face. Elle est comme accoudée sur le bras droit, dont la main fait retour sous le menton. En arrière d'un front épilé, sa longue chevelure ondulée retombe sur ses épaules. Sa poitrine est forte et lourde. La partie inférieure du corps est curieusement séparée du buste par un bourrelet. Elle a la forme d'une queue dont l'extrémité forme une boucle avant de se terminer par une pointe en  flèche. 

   Elle figure parmi les 10 "Ornements du type femme-serpent" colligés par Hiroko Amemiya dans son ouvrage Vierge ou démone. Exemples dans la statuaire bretonne. Neuf  d'entre elles sont dans le Finistère, alignées sur un axe  nord-sud entre Bodilis (1564-1570?), Lannédern (1662), Brasparts (1592), Sizun, Lennon, Trégourez (1687), la chapelle Saint-Herbot (1516) de Plonévez-du-Faou, et Le Juch.

LE THOMAS Louis, « Les démones bretonnes », in Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXVII, 1961, p. 173. 

AMEMIYA (Hiroko), 2005, Vierge ou Démone - Exemples dans la statuaire bretonne, Préface de Pierre-Yves Lambert Keltia Graphic, Spézet, 269 pages, ISBN 2-913953-82-4

CORDIER (Jean-Yves), 2009-2016, La Vierge à la démone, liste de 18 articles du blog lavieb-aile :

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-enclos-paroissial-de-brasparts.i.la-demone-tentatrice-du-porche-sud.html

http://www.lavieb-aile.com/2016/10/la-vierge-a-l-enfant-et-a-la-demone-de-la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-29.html

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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2. Ce personnage joufflu qui a posé une main sur sa poitrine tient un objet rond (une pièce ?) dans la main droite.

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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III. LES CROSSETTES DE L'ÉGLISE.

On désigne sous le terme de "crossettes" (ou "traversière") une pierre d'amortissement à la terminaison des rampants d'un pignon. Ressemblant à la gargouille, mais dépourvue de fonction d'évacuation des eaux pluviales, la crossette exerce un rôle de renfort là où la verticale du parement fait place à la ligne biaise. Sa fonction principale d'amortissement se double, si elle est placée à l'angle de deux élévations, de celle de pierre d'angle.  Sur le plan esthétique, elle ponctue de sa saillie ostensible les angles des pignons et des gables et constitue un ensemble thématique cohérent soit en dualité avec la crossette qui lui fait vis à vis (base d'un gable), soit aux quatre coins d'un édifice. Elle peut être simple (forme géométrique), ornée (la face libre de la pierre est sculptée à faible relief), ou, cas le plus courant, figurée (en ronde-bosse). La crossette figurée possède un corps ou socle horizontal non sculpté, qui fait saillie hors du mur par une queue et se termine en une lèvre. (d'après E. Le Seac'h). 

On peut les observer aux angles des murs pignons des églises, chapelles et ossuaires, sur les rampants des chapelles latérales, des bras de transept, des chevets, sur les porches (Landivisiau, Guimiliau, Pencran), les fenêtres passantes (Bodilis, Dirinon, etc.., ), plus rarement sur les clochers, sur les sacristies. 

En Basse-Bretagne, les motifs sont si stéréotypés qu'ils appartiennent à un vocabulaire familier et attendu de nos sanctuaires  : le lion et sa variante le dragon rarement absent, parfois remplacé par le chien. Puis vient la femme-serpent, ou la femme-poisson, qualifiée alors de sirène, ou la femme coquette tenant un miroir. Son équivalent masculin est l'homme vicieux, soit gourmand, soit lubrique. Les anges sont aussi très présents, souvent porteurs de banderoles. Mais les Ankou que nous allons découvrir ici sont plus rares (Lannédern, Brasparts). Bien qu'ils semblent issus d'un légendaire populaire, parfois qualifié de "celte", ils relèvent d'un discours moral et chrétien sur les dangers auxquels sont exposés les paroissiens s'ils oublient que la mort peut à tout instant les faucher, et que s'ils sont alors en état de péché, ils iront en Enfer. 

 

1°) Les lions.

1er lion.

Les lions des crossettes ont des caractères communs qui permettent même des les identifier en cas d'hésitation. La partie antérieure du corps est couverte par une crinière dont les mèches sont soigneusement rendus par des lignes parallèles, ou au contraire tressées en mailles de filets. La gueule est ouverte sur des dents menaçantes, et laisse pendre une langue soit longue, soit très longue. Néanmoins la face du lion est souvent débonnaire, parfois hilare, rarement terrifiante. La moitié postérieure du corps est lisse, fine et s'affinant vers l'arrière. La queue est d'une taille fabuleuse, elle passe presque constamment d'abord entre les pattes postérieures, fait retour sur le dos, et se divise alors en fourche à moins qu'elle ne prolonge encore son trajet.

Les pattes antérieures sont très souvent posées sur un objet. C'est parfois une sorte de cylindre souvent trop usé pour être compris, mais qui doit probablement être assimilé à l'os que le lion de Landivisiau tient très visiblement. Ou bien ces pattes antérieures maintiennent la tête d'un humain, ou son corps entier, ou un crâne. Dans tous ces cas, c'est un lion qui emporte les êtres humains après leur mort, ou qui menace de les emmener : il a une fonction psychopompe. Il est la forme animale de l'Ankou.

Les pattes postérieures sont, au niveau du tarse, ornées de bouclettes ou de mèches stylisées. 

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Crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Le 2ème lion.

 

Les pattes arrières velues de ce lion se retrouvent aussi sur l'ossuaire de Brasparts (1715).

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-enclos-paroissial-de-brasparts.ii.le-clocher-et-ses-gargouilles.html

Lion, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Lion, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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2°) La première baie sud de la nef : l'ange et l' Ankou.

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Lucarne à crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Lucarne à crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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L'ange psychopompe.

La figure de droite  de droite est tournée vers l'est, mais elle tient une inscription (non déchiffrée) qui est disposée en équerre derrière lui. Deux barres, au dessus de son bras, pourraient correspondre à la hampe d'une arme (flèche ou lance).

Marie Duais ne voit pas ici, comme je l'avais cru, un Ankou, mais un ange (et c'est vrai qu'on voit une tunique plissée qui va dans ce sens) avec "des ailes schématisées, placées derrière son dos. Le reste de la figure étant érodée, nous ne pouvons plus qu’identifier les formes grossières de son corps et de sa tête. Malgré l’œuvre du temps, nous reconnaissons le même modèle que dans les deux cas précédents [Cléden-Poher et Brasparts], délivrant donc un message identique.".

En effet, l'ossuaire de Cléden-Poher (XVIe siècle) et celui de Brasparts 

 

 

 

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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L'Ankou.

La figure de gauche est manifestement un squelette, à la mandibule ricanante, qui est comme assis au bord du toit, et tourné (comme l'ange), vers l'est. Il tient une flèche dont la large pointe est tournée vers son propre bassin. Une inscription est disposée devant ses pieds, mais je ne discerne (en m'aidant d'une photo de meilleure qualité) que les premières et la dernière lettres CRIR---R.

 

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Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ankou, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Discussion sur l'Ankou et le programme iconographique de l'enclos.

L'Ankou est, en Bretagne, le personnage qui vient chercher les vivants dont la dernière heure est venue, qui les fait passer de vie à trépas et les conduit dans l’autre monde, ce qui correspond au qualificatif de "psychopompe", "guide des âmes. Mais, comme "Valet de la Mort", il possède surtout la part initiale de cette fonction, fondée sur l'usage d'une arme qui n'est jamais la faux, mais la lance ou la flèche.

Marie Druais a recensé huit enclos paroissiaux de Basse-Bretagne où ces représentations de la Mort sont figurées, et les divisent en deux groupes de situation géographique un peu différentes :

"En Cornouaille, à Cléden-Poher, Lannédern et Brasparts, la figure de la Mort est associée à un ange psychopompe, la perspective de salut offerte aux fidèles étant donc mise en exergue.

Dans le Léon, à Landivisiau, Ploudiry et La Roche-Maurice, mais également à Bulat-Pestivien en Cornouaille, c’est dans un programme qui, tout comme les Danses macabres, représente l’égalité de tous face à la mort que nous trouvons les représentations de l’Ankou.

Enfin la figuration de la Mort située au sein de l’enclos de La Martyre, initialement associée à l’ossuaire, s’inscrit dans un programme se référant à une version bretonne du Miroir de la mort de Chastelain." (Marie Druais, 2016)

La comparaison entre l'ange et l'Ankou de Lannédern, et ceux de Cléden-Poher et de Brasparts est essentielle, afin de mieux éclairer réciproquement les œuvres de ce premier groupe :

 

"Concernant le premier groupe de représentations, le même schéma est utilisé dans les trois programmes. L’Ankou et l’ange se situent sur les rampants de pignons, de l’ossuaire ou de l’avancée d’une baie de l’église.

À Cleden-Poher, ces deux éléments prennent place sur l’ossuaire, réalisé au e siècle. À l’angle nord-est se trouve un ange,dont on identifie la robe et les ailes, ainsi que ce qui semble être un sourire malgré l’état de la pierre. Celui-ci tient aujourd’hui ce qui n’est plus qu’une forme indistincte mais qui fut décrit par Jean-Marie Abgrall comme la représentation d’une âme. Sculpté dans la pierre d’angle, l’Ankou est identifiable par quelques éléments caractéristiques, tel le crâne ou la cage thoracique, et ce malgré l’érosion et le synthétisme de la réalisation initiale. Son arme,une double lance, est clairement visible en se plaçant face au pignon nord. Son buste avancé, ses membres disposés à l’arrière de son corps suggèrent un mouvement vers l’avant, comme c’était le cas concernant l’ange situé sur l’angle opposé de ce pignon. La Mort se lance en avant pour frapper, l’ange quant à lui mène une âme au paradis en volant. Ainsi deux moments de la mort du chrétien sont représentés, la mort terrestre, incarnée par l’Ankou, puis l’espérance incarnée par l’ange. Les phylactères qui accompagnent ces figures, aujourd’hui illisibles, devaient inviter les paroissiens à réfléchir à leur fin future mais également à prier pour les trépassés. Les rites que les fidèles de la paroisse se doivent d’accomplir pour les morts de la communauté, entassés pêle-mêle dans l’édifice, sont facilités parla présence d’un bénitier placé sous la représentation de l’Ankou.

À Braspart, l’ossuaire présente deux Ankous et deux anges, associés par couple et disposés à chaque angle de l’édifice. Il ne demeure parfois que de simples formes, l’identification des anges se réalisant principalement grâce à la trompette que porte à la bouche le personnage situé à l’angle sud-est de l’ossuaire. Cette référence au Jugement dernier et au réveil des morts s’accompagne d’une inscription on ne peut plus explicite : « Réveillez-vous ». Concernant le personnage situé à l’angle nord-ouest de l’édifice, nous pensons, sans éléments probants cependant, qu’il s’agit également d’un ange. À Brasparts, comme à Cléden-Poher, la Mort est représentée par deux squelettes en mouvement. Leurs formes, érodées, ne devaient pas originellement être très élaborées, mais l’ensemble demeure clairement identifiable. La personnification de la Mort, située sur le pignon nord, semble se balancer sur le côté, comme dans une danse.Elle porte la seule représentation de faux comme arme de la Mort qu’il nous ait été donné de voir, pour cette période, en Bretagne.Sous cet Ankou, un bénitier suggère des pratiques rituelles associées à cette sculpture. Le second Ankou, se développant sur l’angle sud-ouest, est également représenté par un squelette extrêmement synthétique. Cet Ankou semble s’élancer en avant, ses membres étant jetés en arrière, et son arme est ici un dard dont il ne demeure de l’empennage qu’un léger relief. Là encore, les phylactères ne sont plus déchiffrables, nous pouvons néanmoins émettre l’hypothèse qu’il s’agissait de messages concernant la mort des fidèles ou des indications de prières pour les trépassés.

À Lannédern, l’Ankou et son pendant, l’ange psychopompe, se situent sur l’avancée d’une lucarne au sud de l’église. Il semble s’élancer sur le côté, d’une manière irréaliste ou maladroite, ce qu’induisent les contraintes techniques liées à ces pierres d’angle. Cette personnification de la Mort porte également un dard disproportionné, à l’exemple de Brasparts qui ne se trouve qu’à quelques kilomètres, l’empennage étant cette fois à peine marqué. En face, l’ange porte des ailes schématisées, placées derrière son dos. Le reste de la figure étant érodée, nous ne pouvons plus qu’identifier les formes grossières de son corps et de sa tête. Malgré l’œuvre du temps, nous reconnaissons le même modèle que dans les deux cas précédents, délivrant donc un message identique [On trouve également à Lannédern des phylactères dont les inscriptions ne sont plus lisibles aujourd’hui.]." (Marie Druais, 2016)

Mais ces regroupements iconographiques doivent être élargis à l'ensemble du programme, et associer le thème de l'ange psychopompe ou du Jugement et de l'Ankou serviteur de la Mort à celui du Lion régnant sur les ossements ou les âmes et à celui de la Femme-serpent opposée à la Vierge à l'Enfant, dans un discours (une prédication) sur le Mal et sur la Rédemption. Le calvaire, le cimetière, l'ossuaire, l'Arc triomphal (Pors ar Maro, Porte des morts),  le porche initiatique donnant accès à l'église, et enfin l'église elle-même avec ses crossettes et inscriptions ne forment pas seulement un ensemble paroissial défini sous le terme d'enclos, ils forment un ensemble thématiquement cohérent fondé sur un discours chrétien des XVI et XVIIe siècles.

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3°) Les anges.

 

Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant une inscription non déchiffrée.

Peut-être MORI à la fin.

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Ange à banderole, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange à banderole, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant le titulus INRI.

Notez le N rétrograde.

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Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Ange, crossette de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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IV INSCRIPTIONS DU PORCHE.

Autour d'une niche contenant actuellement une statue de Vierge à l'Enfant de 1969, on lit l'inscription déjà mentionnée :

A notre gauche : "H. BRAS /MO... /I. HEN... / 1662/ (ou H:BRAS / C: MODIRE/ L: HEN ../  1662)

A notre droite : MI. I. KDEVEZ/ RECTOR/ C : ALAN..." (ou M : I: KDEVEZ / : RECTOR / C: ALAN : F CV...) 

Notez le N rétrograde utilisé dans la graphie de "ALAN".

Le site de la mairie voit en H. Bras et I. Modire  les deux fabriciens en charge comptables des rentrées et des sorties des deniers, et en C. Ala(i)n un vicaire ou curé.

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Porche sud  de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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Au sommet du pignon, un visage d'ange ou d'enfant et la date 1668.

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Porche sud  de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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LES CLOCHES.

 

1°) Inscriptions  de la grande cloche Jeanne-Louise.

: J’AI ETE NOMMEE JEANNE LOUISE PAR JEAN LOUIS CRAS PRESIDENT DE LA FABRIQUE ET JEANNE LE GALL.

SANT EDERN PEDIT EVIDOMP

AN 1905 M.M. C MICHEL ETANT RECTEUR DE LANNEDERN, JEAN LOUIS BOURLEST MAIRE, JEAN LOUIS CRAS PRESIDENT DE LA FABRIQUE, JEROME GOURVEST TRESORIER – FABRICIENS – JEAN LOUIS SALAUN, MATHIEU BARAER, LOUIS LE REST -

FONDEUR, CORNILLE HAVARD A VILLEDIEU ET LE JAMTEL A GUINGAMP. 

2°) Inscription de la cloche Marie-Jeanne.

La petite cloche de gauche porte le nom de Marie-Jeanne et porte une inscription similaire.

Elles ont donc été fondues par Le Jamtel de Guingamp, qui représentait la fonderie Cornille Havard de Villedieu-les-Poêles ...comme beaucoup d'autres cloches du Finistère comme celles de Brasparts et de Rumengol.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-eglise-notre-dame-de-rumengol.v-les-gargouilles-et-crossettes.html

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Les deux cloches de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

Les deux cloches de l'église de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Le site de la mairie : 

http://www.mairie-lannedern.bzh/spip.php?article39

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et PEYRON (chanoine Paul) 1919, , "[Notices sur les paroisses] Lannédern", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 19e année 1919, p. 50-57.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/lannedern.pdf

ABGRALL, (Chanoine Jean-Marie)  1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, recueillies par le chanoine ABGRALL , Bulletin de la Société archéologique du Finistère.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f267.image

ABGRALL, (Chanoine Jean-Marie) 1897, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, recueillies par le chanoine ABGRALL , Congrés archéologique de France, Morlaix

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f201.image

ABGRALL, (Chanoine Jean-Marie) , Architecture bretonne,

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n145/mode/2up/search/kerdevez

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et calvaires du Finistère, version numérisée en ligne par Y. Auffret 1998 :

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/lannedern/lannedern.html

COUFFON (René) et LE BARS (Alfred), 1988, Lannédern, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles  - Quimper : Association diocésaine, 1988. - 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANNEDER.pdf

DRUAIS (Marie-Suzon), 2016, Les représentations de la personnification de la Mort, l’Ankou, en Basse-Bretagne, aux XVIe et XVIIe siècles, par Marie-Suzon Druais, Université de Rennes 2.  Mort suit l'homme pas à pas, Représentations iconographiques, variations littéraires, diffusion des thèmes Actes du XVIIe Congrès international Danses macabres d’Europe Troyes, 25-28 mai 2016 Textes réunis par  Alessandro Benucci, Marie-Dominique Leclerc et Alain Robert. Université de Reims Champagne-Ardenne 2016

https://www.academia.edu/30367252/Les_repr%C3%A9sentations_de_la_personnification_de_la_Mort_l_Ankou_en_Basse-Bretagne_aux_XVIe_et_XVIIe_si%C3%A8cles_Marie_Druais

 

DRUAIS (Marie Suzon) L’Ankou et la représentation de la mort en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles, thèse en préparation en histoire de l'art à Rennes 2 sous la direction de Bruno Boerner.

"L’Ankou incarne la personnification de la mort en Bretagne dont la persistance et l’importance dans la culture populaire bretonne sont illustrés par les recensements de la culture orale effectués à partir du XIXe siècle. Une telle figure comprend alors une certaine richesse symbolique, dont l’image, dans une culture majoritairement orale, comporte une forte fonction communicative. Ces éléments portent à s’interroger sur les premières représentations faites de cette personnification de la mort qui constituent les premières traces de cette figure allégorique. Cette étude concerne ces premières images connues prenant place dans des programmes iconographiques catholiques ainsi que les premières mentions qui en sont faites aux XVIe et XVIIe siècles, principalement dans le théâtre populaire. Ces siècles correspondent à une période de prospérité économique pour la province de Bretagne, qui permet l’édification des enclos paroissiaux. Ces ensembles constituent des cadres particuliers permettant d’accéder à un art populaire illustrant une culture aux multiples influences. Les pratiques religieuses et certains éléments relevés, dans une période contemporaine aux réalisations étudiées, démontrent que la particularité de l’Ankou réside à priori dans l’intérêt porté par les bretons à la mort. L’objet de cette étude est de comprendre quel rôle prend l’image concernant la mort dans une culture donnée ainsi que de définir les influences en jeu dans la construction de cette figure allégorique dont la persistance démontre l’importance."

Monuments historiques  « Notice no PA00090060 » base Mérimée, ministère français de la Culture :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00090060

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 20:40

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Les cinq baies du XVIe siècle (baies n° 0, 1, 2, 3 et 5) de l'église de La Martyre (Finistère) sont classés MH le 10 novembre 1906. Les trois baies du chœur (de gauche à droite les baies 1, 0, et 2) ont été réalisées vers 1540. 

La baie 3 occupe le bras nord du transept. Elle relève d'une histoire complexe, l'église disposant jadis, à la suite d'une campagne menée autour de 1562, d'une autre vers 1600, et d'autres encore, de sept fenêtres vitrées avant le milieu du XIXe siècle, alors qu'elle n'en comptait que quatre vers 1980. Les archives indiquent que de nombreux vitriers sont intervenus au XVIIe et XVIIIe, dont, en 1765, Vincent Gardehaut, installé à Landerneau et qui se serait chargé l'ancienne maîtresse-vitre aux baies du chevet rebâti. A la Révolution eut lieu l'habituelle destruction des armoiries nobiliaires. En 1858, "les vitraux furent lavés et protégés par un grillage". La restauration complète des vitraux fut menée par Auguste Labouret en 1923 : " Les vitraux sont descendus et envoyés à Paris, où ils sont remis en nouveaux plombs par la maison Labouret, d'après les instructions de l'architecte en chef du gouvernement.". En 1955, tous les panneaux anciens étaient déposés par le même atelier pendant que leur cadre était réparé. Leur remise en état fut effectuée en 1959.

La baie 3 associait alors des fragments d'un Arbre de Jessé avec une Dormition et un Jugement Dernier. En 1990,  Michaël Messonnet, assistant d'Hubert Sainte-Marie  a recomposé et restauré la baie 3, reposée avec double vitrage, mais les cinq panneaux de l'Arbre de Jessé ont été isolés et transférés en baie 5 au sein de compléments de Jeannette Weiss-Gruber. La même artiste a également créée des vitraux pour huit fenêtres de la nef, posés par Alain Grall de 1993 à 1996. (D'après Gatouillat & Hérold 2005).

Cette baie 3, haute de 5,85 m et large de 3,00 m, comporte 4 lancettes organisées en 2 registres, et un tympan  à 4 ajours et écoinçons. Elle est occupée par une verrière composite de la Dormition de la Vierge (3e quart XVIe siècle) et du Jugement Dernier (1562).

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Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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REGISTRE SUPÉRIEUR : LE JUGEMENT DERNIER (1562).

Le registre supérieur intègre aussi le dais du lit de la Vierge .

Deux parties : dans la partie inférieure, une foule d'humains ressuscitant. Le cartouche daté 1562 est conservé au centre. Dans la partie supérieure, nuées avec le Christ-Juge et des saints. Panneaux latéraux supérieurs : les anges sonnant la résurrection (éléments très restaurés et complétés). 

En voici la description en 1933, avant la recomposition de Michaël Messonnet :

" Jugement dernier. — Au sommet du tableau, Notre Seigneur, assis sur un arc-en-ciel, lève la main droite pour bénir. A sa droite, tournée vers lui est la Sainte Vierge couronnée, les mains jointes, entourée d’anges. Derrière Notre Dame, un personnage tient un livre ouvert, peut-être le livre de vie. A la gauche de Jésus, figure une grande croix, conformément à ces paroles de l'Evangile : « tunc parebit signum filii hominis in coelo ». Du même côté, saint Jean-Baptiste, tenant un livre, se reconnaît à l’agneau qui s’appuie sur ses genoux ; saint Jean l'Evangéliste à son calice ; saint Pierre à sa clef. Plus bas, un ange sonne de la trompette. Dans les autres panneaux on voit pêle-mêle les morts ressuscitant : les élus exprimant la confiance, la joie, l’adoration ; les réprouvés dans des attitudes de terreur et de désespoir." (Abbé Kerouanton, 1933)

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Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La pierre de datation : 1562. 

 

Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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REGISTRE INFÉRIEUR : DORMITION DE LA VIERGE.

"La Vierge étendue sur un grand lit à balustres entourée des apôtres et de nombreux disciples. Scène assez bien conservée, nombreuses têtes anciennes. Emploi abondant de verres bleus, verts et rouges gravés. Compléments modernes dans les angles inférieurs." (Gatouillat et Hérold 2005)

"La Sainte Vierge est couchée sur un lit à baldaquin. Une couverture bleue, semée d’étoiles, est étendue sur elle. Les apôtres l’entourent, quelques-uns à genoux, d’autres debout, les mains jointes. Un d’eux abaisse le voile posé sur la figure de Notre Darne, pour la regarder. Un autre tient un encensoir. Un troisième, saint Jean selon la tradition, a entre les mains la palme apportée par l’archange saint Michel à la Sainte Vierge, trois jours avant sa mort, pour être portée à son enterrement." (Abbé Kerouanton, 1933)

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Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Dormition de la Vierge, registre inférieur de la Baie 3, collatéral nord, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

Dans des chapeaux de triomphe ornés de fruits en partie anciens, on trouve des inscriptions relatives à la restauration de 1990 et les écussons de ses donateurs ou sponsors : la commune, le Conseil Général, le Conseil Régional, et le Ministère de la Culture (logo des Monuments historiques). En sommité, les armoiries des Rohan sous une couronne et dans un collier de l'ordre de Saint-Michel.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie), 1897, La Roche-Maurice La Martyre Ploudiry Livre d'or des églises de Bretagne. Edition d'Art, 1897. Description : In-8, 8 pages plus 8 photos, 

BARRIÉ (Roger), 1976, Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1976 Volume 83  Numéro 1 pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

BARRIÉ (Roger), 1978, Étude sur le vitrail en Cornouaille au XVIe siècle. Thèse de troisième cycle. UHB. UER des Arts. Rennes, 2 tomes

BARRIÉ (Roger) , 1976, "Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Volume 83  Numéro 1  pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

COUFFON (René), 1945, La peinture sur Verre en Bretagne au XVIe siècle",  Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne. p.35

http://www.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffaede742.09604269/1945_02.pdf

https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00841816/document

FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

GATOUILLLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, 365 p. (Corpus vitrearum France, série complémentaire. Recensement des vitraux anciens de la France, VII) pages 144-146.

KERDREL (Audren de), 1880, « Rapport sur les excursions faites à La Martyre, La Roche-Maurice et Pencran pendant le congrès de Landerneau » in Bulletin archéologique de l'Association bretonne page 382

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074767/f424.item.zoom

« Les vitraux du collatéral nord portent la date de 1562, et non celle de 1567, comme l'a lu M. de Courcy. Ils sont remarquables de dessin et de couleur, et nous avons surtout admiré la scène du crucifiement parfaitement conservée et d'un faire très pur. Un personnage, portant une cotte d'armes, de gueule semée de macles, à genoux auprès d'un évêque , son patron sans-doute, a particulièrement attiré notre attention. C'est évidemment un Rohan. »

 

KEROUANTON (Abbé), 1933, « Notice sur La Martyre », in Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1933,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 1 janvier 2017, 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/264

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006,  Une famille de verriers en Bretagne [les Le Sodec]

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3062028.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Jost de Negker, un mythe qui a la vie dure

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/70

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006 "Jugements Derniers"

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-27678405.html

LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques,Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

 

— OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. Page 249.

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/248/mode/2up

 

— PÉRENNÈS (Chanoine Henri), 1932 et 1933, La Martyre, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, BDHA

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1932.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

POTIER DE COURCY, mention des vitraux de la Martyre in Bulletin archéologique de l'Association bretonne 1849 page 23

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074644/f24.item.zoom

RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149.

https://en.wikipedia.org/wiki/La_Martyre_Parish_close

— APEVE, "La Martyre" sur le site de l'Association :

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=3&id_article=99

 



 

 

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Published by jean-yves cordier - dans La Martyre Vitraux
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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 08:11

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Les cinq baies du XVIe siècle (baies n° 0, 1, 2, 3 et 5) de l'église de La Martyre (Finistère) sont classés MH en 1906. Les trois baies du chœur (de gauche à droite les baies 1, 0, et 2) ont été restaurées en 2008-2009 par l'atelier Antoine Le Bihan de Quimper,  la ferronnerie Hembolds de Corps-Nuds (35), et par l'Armoricaine de restauration de Plélo (22) pour la taille des pierres,  sous la direction de l'architecte-en-chef des Monuments historiques Marie-Suzanne de Ponthaud. 

Historique.

Si la nef de six travées a été achevée vers 1450, "le chœur fut rebâti au cours du deuxième quart du XVIe siècle, alors terminé par un chevet plat percé d'une large baie dotée d'une verrière." Gatouillat 2005).  [ Selon Jean-Jacques Rioult (2007),  le chevet plat fut reconstruit vers 1530 (en jaune sur le plan suivant) "sur le modèle à pans et pignons multiples dit "Beaumanoir" selon une mode nouvelle du premier quart du XVIe siècle". ]

"Vers 1760, les fenêtres du bas-coté sud furent modifiées et la partie orientale de l'église  transformée en une abside à trois pans, campagne qui provoqua le remontage de la maîtresse-vitre du XVIe siècle suivant l'agencement actuel : la Crucifixion en triptyque qui en occupait le centre fut replacée en haut des lancettes de la nouvelle fenêtre d'axe, tandis que les panneaux latéraux  qui l'entouraient, dissociés, étaient logés dans les deux baies latérales certains élargis de bordures blanches. Devant les sujets qui ont survécu, on observe que la verrière primitive comprenait un cycle de la Passion particulièrement développé, intégrant des scènes peu représentées dans la région. (la descente aux limbes, l'apparition du Christ à sa mère). Chaque représentation, surmontée d'ornements Renaissance, occupait en hauteur deux panneaux, ce qui laisse imaginer la monumentalité de la composition initiale. Placés à l'origine dans les angles de ce grand tableau, les portraits des donateurs sont maintenant relégués en baie 1 ; on y a reconnu avec vraisemblance le vicomte René Ier de Rohan (1516-1552, fils de Pierre, maréchal de Gié) et sa femme Isabeau d'Albret, fille de Jean, roi de Navarre, et de Catherine de Foix.L'importance de ces commanditaires justifie la qualité remarquable de leur don. Les modèles utilisés sont en partie identiques à ceux de la verrière de La Roche-Maurice (1539) mais l'exécution est ici bien plus soignée." (Gatouillat 2005)

L'œuvre est souvent daté de 1535, à la suite d'une allégation non confirmée de René Couffon (cf. baie 0), mais le Corpus Vitrearum la date "vers 1540".

Les 3 baies du chœur (baie 0 au centre, baie 2 à gauche et baie 1 à droite) sont attribuées à l'atelier Le Sodec, (Laurent et Olivier – 1er quart XVIe– et Gilles –1543–), maîtres-verriers de Quimper.

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La baie 2.

Haute de 6,80 m et large de 1,85 m, la baie 2 est composée de 2 lancettes composites et d'un tympan  à 4 ajours et 4 écoinçons. Les 12  panneaux regroupés ici sont originaires de plusieurs verrières, ceux de la Vie Glorieuse du Christ provenant de la maîtresse-vitre. 

 

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La baie 2, chœur de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

La baie 2, chœur de l'église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Registre supérieur. Résurrection et Ascension.

Il regroupe deux panneaux venant de la baie 0 : le Christ de la Résurrection à gauche, et l'Ascension à droite.

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Christ de Résurrection. 1 panneau A6.

 

Emploi de verres rouges gravés. 

Voir Dürer, Grande Passion (1510) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Passion#/media/File:D%C3%BCrer_-_Large_Passion_12.jpg.

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L'Ascension, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

L'Ascension, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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L'Ascension. 2 panneaux B5 et B6.

 

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Ascension, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Ascension, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Deux scènes d'une vie de saint (vers 1590-1600). Panneau A5 et B4. 

Deux clercs et un laïc marchandant un bœuf ?

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baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Guérison d'un malade par saint  Avertin (ou saint Yves).

Selon le chanoine Abgrall "Saint Avertin, coiffé d’un tricorne, soigne la tête d'un homme, qui a un genou à terre [Note : Saint Avertin était autrefois en grande vénération à La Martyre. Une chapelle, aujourd’hui détruite, lui était dédiée au Prieuré d'Irziri. Jusqu’à ces derniers temps, on venait encore s’agenouiller sur l'emplacement de sa chapelle, pour lui demander la guérison de maux de tête]."

Le "tricorne" est assimilable à une barrette de clerc. Le saint porte à la ceinture un fourreau, et semble tenir en main le manche d'une dague posée (enfoncée) sur la tête du "patient".

Avertin, nom francisé d'Aberdeen. Disciple de saint Thomas de Cantorbery, ou Thomas Beckett, il accompagna son évêque lors de son exil en France. Après le martyre de saint Thomas, saint Avertin revint en France et se fixa en Touraine pour y vivre la vie érémitique. 

Voir ici le culte de Sant Everzin dans le Finistère (BDHA 1924).

Selon Louis Réau 1958 " Il était invoqué par les gens souffrant de maux de tête qu'on appelait avertineux : avertin était, en vieux français, synonyme de vertige."

 

baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La Fuite en Égypte (même série que supra).

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Fuite en Égypte, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Registre médian, partie gauche : 

Apparition du Christ à la Vierge (en haut) combinée à l'Apparition à la Madeleine (en bas).

 

 

Apparition du Christ à sa mère combinée à l'Apparition à la Madeleine, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Apparition du Christ à sa mère combinée à l'Apparition à la Madeleine, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Apparition du Christ ressuscité à sa Mère.

Le Christ, dans une mandorle de gloire, tenant l' étendard et revêtu du manteau rouge de la Résurrection, montre les plaies de ses mains et du thorax à sa Mère. Cette dernière est plus basse, car elle est assise. Son visage est recouvert par un voile bleu, qui se prolongeait sans-doute par son manteau. La scène se passe dans sa chambre, dont nous voyons les arcades cintrées, le rideau rouge du lit, et quelques ustensiles (pichet et assiette).

Ce motif iconographique est particulièrement rare en Bretagne (ce serait son seul exemple). Pourtant, un rapide recensement retrouve la liste partielle suivante, qui montrera un point de départ flamand en 1445 (Van der Weyden), une reprise par Dürer en 1510, une diffusion dans le Nord et l'Est, mais aussi dans l'Ouest de la France (Rouen, Chartres) entre 1511 et 1530. C'est sous cette influence flamande, germanique et des verriers de Rouen que le motif surgit à La Martyre vers 1540.

La mandorle d'irradiation divine de la baie de La Martyre  n'est pas présente dans le Retable de Van der Weyden, alors qu'elle figure, sous une forme proche, sur la gravure de Dürer. Par contre, les arcades de la chambre sont inspirées du Retable Miraflores.

 

Petite iconographie (coordonnées et liens en annexe).

a) Peinture et gravure.

Rogier van der Weyden, Retable Miraflores, ca. 1445

Rogier van der Weyden, Apparition du Christ à sa Mère ca 1496,

Albrecht Dürer, Petite Passion 1509-1511 — Triptyque de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain), 1527.

Gregório Lopes, Apparition du Christ à la Vierge, 1540, Setúba

Triptyque de l'église de Saint-André-les-Vergers (Aube) XVIe

Cristoforo Casolani, v.1552-1606, chœur de Sainte-Marie-Des-Monts

Le Guerchin, église Saint-Nom-de-Dieu, Cento, 1629, Cento, Pinacothèque Municipale

Nicolas Halins actif 1513-1540, Vallant-Saint-Georges,

b) Sculpture

— Amiens, stalles de la cathédrale, 1508-1522. 

—Chartres, Cathédrale, tour du chœur, 1516-1517.

Brou (Bourg-en-Bresse, Ain): église Saint-Nicolas-de-Tolentino, chapelle de Marguerite d'Autriche : retable des Sept Joies de la Vierge , vers 1528.

— Champagne (Troyes ?), retable du Louvre, 2nd quart XVIe.

Pleyben, chapelle Notre-Dame de Lannelec : Maître-autel XVIIe siècle.

c) Vitraux.

Mons (Belgique), Vitrail de la Collégiale Saint-Waudru, 1511.

— Ceffonds (Haute-Marne), église Saint-Rémi : Vie Glorieuse du Christ 1511-1513

Châlons-en-Champagne (Marne), Vitrail du collatéral nord de la Collégiale Notre-Dame-en-Vaux . 1526.

Brou (Bourg-en-Bresse, Ain): église Saint-Nicolas-de-Tolentino, Vitrail entre 1527 et 1529.

Rouen Vitrail de la Vie Glorieuse du Christ qui clôt le cycle de la Passion 1520-1530

Saint-Aspais Melun Baie 0, verrière des Apparitions du Christ, XVIe siècle.

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Apparition du Christ  à sa Mère, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Apparition du Christ à sa Mère, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La scène suivante, l'Apparition du Christ à Marie-Madeleine, est basée sur un texte évangélique, Jean 20:11-18. Elle forme un ensemble avec la précédente, mais aussi avec le panneau de la Descente aux Limbes, avec celui de l'Ascension, et avec d'autres scènes non représentées (ou non conservées), comme l'apparition aux Pèlerins d'Emmaüs, aux onze apôtres, à saint Thomas incrédule. Toutes les apparitions du Christ ressuscité sont vues d'une part comme des témoignages historiques qui attestent de la réalité de la Résurrection, et  d'autre part comme les épisodes de la Vie Glorieuse  qui couronnent les temps précédents de l'Incarnation et de la Rédemption.

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Noli me tangere : apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine (fragment).

Apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Partie inférieure. Mise au Tombeau et Descente aux Limbes.

1. Mise au Tombeau.

En arrière-plan, saint Jean et la Vierge, une sainte femme et Joseph d'Arimathie tenant un flacon d'onguent.

Au premier plan, de gauche à droite sainte Marie-Madeleine, le Christ (nimbe avec verres rouges gravés), Joseph d'Arimathie (toujours à la tête du Christ), une sainte femme, et Nicodème (toujours aux pieds).

Les fragments de deux ou plusieurs panneaux se trouvent ici utilisés.

 

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Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Mise au Tombeau, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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2. Descente aux Limbes.

Ce thème reprend celui qui figure sur les peintures murales du Jugement Dernier du chœur de l'église.

Comparez avec :

– Dürer, Grande Passion : 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Passion#/media/File:D%C3%BCrer_-_Large_Passion_11.jpg

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 Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Descente aux Limbes, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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TYMPAN.

Macédoine d'éléments divers avec, au centre, un fragment d'une scène retaillée, le Festin d'Hérode (2ème moitié XVIe) , issu d'un cycle d'une Vie de Jean-Baptiste. De gauche à droite, Salomé, sa mère Hérodiate, et le roi Hérode, autour de la tête coupée de Jean-Baptiste.

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Tympan, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Tympan, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Tympan, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.
Tympan, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Tympan, baie 2, église de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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ANNEXE L'APPARITION DU CHRIST À SA MÈRE.

1. Thème scripturaire.

—Voir Mimouni 2011. La croyance en l'Apparition du Christ à sa Mère est défendu par Rupert de Deutz et Eadmer de Canterbury au XIIe siècle ...

—Voir JEAN-PAUL II, 1997, "Catéchèse de Jean Paul II sur l'apparition du Christ à sa mère".

L’idée selon laquelle le Christ serait apparu à la Vierge après sa Résurrection est peu répandue dans les sources textuelles. Les évangiles canoniques n’en font pas mention, pas plus que les évangiles apocryphes à l’exception du Livre de la Résurrection de Jésus-Christ par l’apôtre Barthélemy

Le Livre de la Résurrection de Jésus-Christ par l'apôtre Barthélémy est un apocryphe copte rassemblant des traditions d'origines diverses, probablement pour un usage liturgique, et exprimant la piété de la communauté copte des V et VIe siècles. La traduction est faite sur un texte établi à partir de trois manuscrits : Londres, British Library, Oriental 6804; un manuscrit fragmentaire conservé en divers feuillets des manuscrits coptes de Paris (12917, 61.51.63.31.33-36.66), Vienne (K 9424 et Κ 9425) et Berlin (16083); un autre manuscrit fragmentaire conservé en divers feuillets des manuscrits coptes de Paris (12917, 59.60.32; 78, 5-8).

—  Livre de la Résurrection de Jésus-Christ par l'apôtre Barthélemy, in Écrits apocryphes chrétiens Tome I Trad. de différentes langues par un collectif de traducteurs. Édition publiée sous la direction de François Bovon et Pierre Geoltrain 1997  Bibliothèque de la Pléiade, n° 442 

— L'Évangile de Barthélemy, d'après deux écrits apocryphes traduit et annoté par Jean-Daniel Kaestli, Pierre Chérix Brépols, 1993 - 281 pages

" Le dimanche matin, alors qu'[il faisait sombre],encore, les saintes femmes sortirent pour aller au tombeau... Elles se tenaient dans le jardin de Philogène le jardinier. ...Le Sauveur vint en leur présence, monté sur le grand char du Père de l'Univers. Il s'écria dans la langue de sa divinité : « Mari Khar Mariath ! », ce qui se traduit par « Mariham, la mère du Fils de Dieu ». Or, Marie comprit la signification de la parole et elle dit : « Hramboun[ei] Khatiathari Miôth ! », ce qui se traduit par : « Le Fils du Tout-Puissant, le Maître et mon Fils ! » " (in Mimouni p.147) Cette théophanie est l’occasion de longues louanges que le Ressuscité adresse à sa mère. À la demande de cette dernière, il bénit le ventre qui l’a porté. Pour finir, Jésus ordonne à sa mère d’aller apporter la bonne nouvelle de sa Résurrection aux disciples, un rôle qui est traditionnellement dévolu aux saintes femmes ou, dans la tradition johannique, à Marie-Madeleine.

— Dans la Vie de la Vierge de Maxime le Confesseur l’apparition a lieu aux abords du sépulcre et Marie assiste à la Résurrection de son Fils. Sa présence en ce lieu s’inscrit dans la continuité du récit de la Mise au tombeau, dans lequel l’auteur indique que Marie reste près du tombeau pour prier après que le corps du Christ a été enseveli. À la suite de cette première apparition, la Vierge retourne dans la maison de Jean où Jésus lui apparait encore à plusieurs reprises.

— saint Ambroise (340-397), dans son traité sur la virginité ( Liber de Virginitate ) écrit " Vidit ergo Maria resurretionem Domini: et prima vidit, et credidit " ( "donc Marie vit la résurrection du Seigneur : elle le vit d' abord et elle a cru " )

— JACQUES DE VORAGINE, XIIIe siècle, Légende Dorée, Résurrection de Notre-Seigneur.

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome01/056.htm

« On croit que J.C. apparut avant tous les autres à la Vierge Marie, quoique les évangélistes gardent le silence sur ce point. L'Eglise romaine paraît approuver cette opinion puisque, au jour de Pâques, la station a lieu à Sainte-Marie-Majeure. Or, si on ne le croit pas en raison qu'aucun des évangélistes n'en fait mention, il est évident qu'il n'apparut jamais à la sainte Vierge après être ressuscité, parce qu'aucun évangéliste n'indique ni le lieu ni le temps de cette apparition. Mais écartons cette idée qu'une telle mère ait reçu un pareil affront d'un tel Fils.

Peut-être cependant les évangélistes ont-ils passé cela sous silence parce que leur but était seulement de produire des témoins de la Résurrection; or, il n'était pas convenable qu'une mère fût appelée pour rendre témoignage à son Fils : car si les paroles des autres femmes, à leur retour du sépulcre, parurent des rêveries, combien plus aurait-on cru que sa mère était dans le délire par amour pour son fils. Ils ne l’ont point écrit, il est vrai, mais ils l’ont laissé pour certain : car J.C. a dû procurer à sa mère la première joie de sa résurrection; il est clair qu'elle a souffert plus que personne de la mort de son Fils; il ne devait donc pas oublier sa mère, lui qui se hâte de consoler d'autres personnes. C'est l’opinion de saint Ambroise dans son troisième livre des Vierges : « La mère, dit-il, a vu la résurrection; et ce fut la première qui vit et qui crut ;Marie-Magdeleine la vit malgré son doute. » Sedulius s'exprime comme il suit en parlant de l’apparition de J.-C. : Semper virgo manet, hujus se visibus astans Luce palan Dominus prius obtulit, ut bona mater, Grandia divulgans miracula, quae fuit olim Advenientis iter, haec sit redeuntis et index . "Le Seigneur apparaît à Marie toujours vierge tout aussitôt après sa Résurrection, afin qu'en pieuse et douce mère, elle rendit témoignage du miracle. Celle qui lui avait ouvert les portes de la vie dans sa naissance, devait aussi prouver qu'il mail. quitté les enfers. (Carmen Paschale, v, p. 361.)". "

Meditationes Vitae Christi PSEUDO-BONAVENTURE Voir Bnf Italien 115 gallica

Dans les Méditations sur la vie du Christ [ Méditations 257-258, 2nd quart XIVe ] , le récit de l’apparition du Christ à sa mère possède une véritable vocation narrative et s’enrichit de nombreux détails. Au matin du dimanche qui suit la mort du Christ, Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques et Salomé se rendent au sépulcre, conformément au récit évangélique de Marc. La Vierge, quant à elle, reste à la maison et prie Dieu avec ferveur pour qu’il lui accorde la joie de revoir son Fils. C’est alors que Jésus lui apparait, revêtu de vêtements blancs. « Son visage est serein ; il est beau, glorieux, joyeux ». Marie s’agenouille pour adorer le Christ ressuscité mais celui-ci s’agenouille également devant sa mère. Après s’être relevés, ils s’embrassent, « visage contre visage », et la Vierge enlace étroitement son Fils. Tous deux s’assoient ensuite et conversent pendant un moment. Le récit s’achève avec le départ de Jésus qui doit aller consoler Marie-Madeleine car elle vient de constater la disparition de son corps au sépulcre. (S. Ferraro 2012)

— IGNACE DE LOYOLA, Exercices spirituels. 

Bien que ces écrits soient postérieurs au vitrail de La Martyre, et  que les Pères Jésuites ne s'installèrent à Rennes qu'en 1604, à Quimper depuis 1619, à Vannes en 1631 et à Brest en 1686,  il est intéressant de découvrir que dans ses Exercices spirituels, saint Ignace (1491-1556) parle de l’apparition du Christ ressuscité à Notre-Dame en deux endroits : au début de la quatrième semaine (Ex. 218-225) et dans le livret des « Mystères de la vie du Christ Notre-Seigneur » (Ex. 299-312). 

 

 "Quatrième semaine Premier jour Première contemplation Comment Jésus-Christ, notre Seigneur, apparut à Notre-Dame."

"Le premier prélude est l'histoire de la contemplation. Ici, je me rappellerai comment, Jésus ayant rendu le dernier soupir sur la Croix, son corps resta séparé de son âme, sans cesser d'être uni à la Divinité; comment son âme bienheureuse, unie aussi à la Divinité, descendit aux enfers, délivra les âmes des Justes et revint au Sépulcre; comment, enfin, le Sauveur, étant ressuscité, apparut en corps et en âme à sa Mère bénie. Le second est la composition de lieu. Dans la contemplation présente, je me représenterai la disposition du saint Sépulcre, et la maison où se trouve Notre-Dame; considérant en particulier les appartements qui la composent et spécialement la chambre et l'oratoire de la Mère du Sauveur. Le troisième est la demande de ce que l'on veut obtenir. Dans cet exercice, je demanderai la grâce de ressentir une vive allégresse et une joie intense de la gloire et de la joie immense de Jésus-Christ, notre Seigneur. Le premier, le second et le troisième point seront les mêmes que dans la contemplation de la Cène. Dans le quatrième, je considérerai comment la Divinité, qui semblait se cacher dans la Passion, paraît et se manifeste dans la Résurrection par des effets de puissance et de sainteté qui n'appartiennent qu'à elle. Dans le cinquième, je considérerai comment Notre-Seigneur Jésus-Christ exerce auprès des siens l'office de consolateur, le comparant à un ami qui console ses amis.Je terminerai par un ou plusieurs colloques conformes au sujet de la contemplation, et je réciterai le Notre Père."

Ces "exercices" montrent que les verrières, loin d'être décoratives, sont des supports de méditations spirituelles, de participation imaginative, visuelle et sensorielle ou affective de la Vie du Christ.

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2. Iconographie détaillée.

(Voir aussi J D. Breckenridge 1957 et site Imaginem Dei )

a) Peinture et gravure.

Rogier van der Weyden, Retable Miraflores, ca. 1445.  Berlin, Gemaeldegaleris

https://fr.wikipedia.org/wiki/Retable_de_Miraflores#/media/File:Rogier_van_der_Weyden_-_The_Altar_of_Our_Lady_(Miraflores_Altar)_-_Google_Art_Project.jpg

Dans l'image , nous voyons que, comme cela est décrit dans le Miroir de la vie bienheureuse de Jésus - Christ (Meditationes Vitae Christi) , Marie était en prière quand Jésus est apparu. Son livre de prière se trouve sur le banc à côté d' elle. Elle est tombée à genoux et lève les mains en signe de  surprise ou de prière. Jésus se tient à côté d' elle, enveloppée dans un manteau rouge, les plaies de ses mains, les pieds et le côté clairement visible. Les deux figures sont positionnés dans un cadre gothique comme une porte. Derrière eux , on peut voir dans un plus grand espace ouvert, une salle voûtée avec des colonnes et du carrelage. Il y a des fenêtres et une porte ouverte qui donne sur un paysage de jardin tranquille où Jésus peut être vu sortant de la tombe en présence d'un ange et des gardes endormis. Au loin, les trois femmes peuvent être vues en train d'approcher. Cela donne à penser que l'apparition de la Vierge se passe en même temps que l'événement de la Résurrection, ce qui en fait la première apparition de Jésus ressuscité.

Rogier van der Weyden, Apparition du Christ à sa Mère ca 1496, Metropolitan Museum of New-York

http://www.photo.rmn.fr/archive/08-511088-2C6NU0I5NSUX.html

Albrecht Dürer, Petite Passion 1509-1511. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_Passion#/media/File:

— Triptyque de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain), 1527.

http://www.cnap.fr/l%E2%80%99%C5%93uvre-la-plus-ancienne-du-fonds-le-triptyque-de-ch%C3%A2tillon-sur-chalaronne-ain

Gregório Lopes, Apparition du Christ à la Vierge, 1540, Setúba

Triptyque de l'église de Saint-André-les-Vergers (Aube) XVIe.  Apparition du Christ à Marie, Descente aux Limbes, Apparition du Christ à Madeleine.

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Troyes/Saint-Andre-les-Vergers-Saint-Andre.htm

Cristoforo Casolani, v.1552-1606, chœur de Sainte-Marie-Des-Monts

Le Guerchin, église Saint-Nom-de-Dieu, Cento, 1629, Cento, Pinacothèque Municipale

Nicolas Halins actif 1513-1540, Vallant-Saint-Georges,

b) Sculpture

Chartres, Cathédrale, tour du chœur, 1516-1517.

http://www.cathedrale-chartres.fr/tdc/scenes/scene_33.php

Brou (Bourg-en-Bresse, Ain): église Saint-Nicolas-de-Tolentino, chapelle de Marguerite d'Autriche : retable en albatre des Sept Joies de la Vierge , vers 1528.

 http://www.france-voyage.com/photos/photos-monastere-royal-brou-2112.htm

— Champagne (Troyes ?), retable du Louvre, 2nd quart XVIe.

Pleyben, chapelle Notre-Dame de Lannelec : Maître-autel XVIIe siècle.

c) Vitraux.

Mons (Belgique), Vitrail de la Collégiale Saint-Waudru, 1511.

— Ceffonds (Haute-Marne), église Saint-Rémi : Vie Glorieuse du Christ 1511-1513

http://www.mesvitrauxfavoris.fr/Supplement/ceffonds_saint_remi.htm

mesvitrauxfavoris

Châlons-en-Champagne (Marne), Vitrail du collatéral nord de la Collégiale Notre-Dame-en-Vaux . 1526.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4c/Ch%C3%A2lons-en-Champagne_%2851%29_Coll%C3%A9giale_Notre-Dame-en-Vaux_Vitrail_1.jpg

Brou (Bourg-en-Bresse, Ain): église Saint-Nicolas-de-Tolentino, Vitrail entre 1527 et 1529.

http://www.france-voyage.com/photos/photos-monastere-royal-brou-2112.htm

Rouen Vitrail de la Vie Glorieuse du Christ qui clôt le cycle de la Passion 1520-1530 «Atelier Rouennais».

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Sainte-Jeanne-d-Arc.htm

Saint-Aspais Melun Baie 0, la verrière des Apparitions du Christ, XVIe siècle (baie 0) est aujourd'hui considérée comme une oeuvre du maître verrier parisien Jean Chastellain. Le carton de la scène inférieure, "L'Apparition du Christ à sa mère", peut être attribué au peintre Gauthier de Campes.

http://www.wikiwand.com/fr/%C3%89glise_Saint-Aspais_de_Melun

 

 

 

 

Dürer, Petite Passion 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mesvitrauxfavoris.fr 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Brou vitraux du chœur :

 

 

 

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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Extrait de l'émission Des Racines et des Ailes : la restauration des vitraux du chœur avec Antoine Le Bihan et Marie-Suzanne de Ponthaud

https://www.youtube.com/watch?v=0LbuTIMc1pU

Blog du maître-verrier Le Bihan à Quimper : la restauration des 3 vitraux du chœur

https://www.youtube.com/watch?v=0LbuTIMc1pU

ABGRALL (Jean-Marie), 1897, La Roche-Maurice La Martyre Ploudiry Livre d'or des églises de Bretagne. Edition d'Art, 1897. Description : In-8, 8 pages plus 8 photos, 

BARRIÉ (Roger), 1976, Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1976 Volume 83  Numéro 1 pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

BARRIÉ (Roger), 1978, Étude sur le vitrail en Cornouaille au XVIe siècle. Thèse de troisième cycle. UHB. UER des Arts. Rennes, 2 tomes

BARRIÉ (Roger) , 1976, "Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Volume 83  Numéro 1  pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

— BRECKENBRIDGE (James D.),1957,  "Et Prima Vidit": The Iconography of the Appearance of Christ to His Mother The Art Bulletin Vol. 39, No. 1 (Mar., 1957), pp. 9-32 https://www.jstor.org/stable/3047680?seq=1#page_scan_tab_contents

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

COUFFON (René), 1945, La peinture sur Verre en Bretagne au XVIe siècle",  Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne. p.35

http://www.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffaede742.09604269/1945_02.pdf

 

— FERRARO (Séverine), 2012. "L’apparition du Christ ressuscité à sa mère" in Les images de la vie terrestre de la Vierge dans l’art mural (peintures et mosaïques) en France et en Italie : des origines de l’iconographie chrétienne jusqu’au Concile de Trente. Art et histoire de l’art. Université de Bourgogne, 2012.

https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00841816/document

FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

 

GATOUILLLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, 365 p. (Corpus vitrearum France, série complémentaire. Recensement des vitraux anciens de la France, VII) pages 144-146.

— GIANNELLI (Ciro) 1953, Témoignages patristiques grecs en faveur d'une apparition du Christ ressuscité à la Vierge Marie, Revue des études byzantines  Année 1953  Volume 11  Numéro 1  pp. 106-119

http://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_1953_num_11_1_1076

— HENNAUX (Jean-Marie),2004,  « En apparaissant à la Vierge Marie, le Christ ressuscité a fondé son Église », Nouvelle revue théologique, 1/2004 (Tome 126), p. 33-48.
URL : http://www.cairn.info/revue-nouvelle-revue-theologique-2004-1-page-33.htm

— JEAN-PAUL II, 1997, "Catéchèse de Jean Paul II sur l'apparition du Christ à sa mère "

 http://www.mariedenazareth.com/qui-est-marie/catechese-de-jean-paul-ii-sur-lapparition-du-christ-sa-mere#sthash.LewnUzzA.dpuf

KERDREL (Audren de), 1880, « Rapport sur les excursions faites à La Martyre, La Roche-Maurice et Pencran pendant le congrès de Landerneau » in Bulletin archéologique de l'Association bretonne page 382

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074767/f424.item.zoom

« Les vitraux du collatéral nord portent la date de 1562, et non celle de 1567, comme l'a lu M. de Courcy. Ils sont remarquables de dessin et de couleur, et nous avons surtout admiré la scène du crucifiement parfaitement conservée et d'un faire très pur. Un personnage, portant une cotte d'armes, de gueule semée de macles, à genoux auprès d'un évêque , son patron sans-doute, a particulièrement attiré notre attention. C'est évidemment un Rohan. »

 

KEROUANTON (Abbé), 1933, « Notice sur La Martyre », in “Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1933,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 1 janvier 2017, 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/264

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006,  Une famille de verriers en Bretagne [les Le Sodec]

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3062028.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Jost de Negker, un mythe qui a la vie dure

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/70

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques,Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

— MIMOUNI (Simon), 2011 , Les traditions anciennes sur la Dormition et l'Assomption de Marie: Études littéraires, historiques et doctrinales, Supplements to Vigiliae christianae, Leiden, Boston Brill, chapitre IV « Apparition du Christ ressuscité », pages .

https://books.google.fr/books?id=0wXhXwG_l4sC&dq=%22apparition+du+Christ+%C3%A0+la+Vierge%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. Page 249.

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/248/mode/2up

POTIER DE COURCY, mention des vitraux de la Martyre in Bulletin archéologique de l'Association bretonne 1849 page 23

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074644/f24.item.zoom

RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149.

https://en.wikipedia.org/wiki/La_Martyre_Parish_close

— APEVE, "La Martyre" sur le site de l'Association :

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=3&id_article=99

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans La Martyre Vitraux
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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 16:06

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Les cinq baies du XVIe siècle (baies n° 0, 1, 2, 3 et 5) de l'église de La Martyre (Finistère) sont classés MH en 1906. Les trois baies du chœur (de gauche à droite les baies 1, 0, et 2) ont été restaurées en 2008-2009 par l'atelier Antoine Le Bihan de Quimper,  la ferronnerie Hembolds de Corps-Nuds (35), et par l'Armoricaine de restauration de Plélo (22) pour la taille des pierres,  sous la direction de l'architecte-en-chef des Monuments historiques Marie-Suzanne de Ponthaud. 

Historique.

Si la nef de six travées a été achevée vers 1450, "le chœur fut rebâti au cours du deuxième quart du XVIe siècle, alors terminé par un chevet plat percé d'une large baie dotée d'une verrière." Gatouillat 2005).  [ Selon Jean-Jacques Rioult (2007),  le chevet plat fut reconstruit vers 1530 (en jaune sur le plan suivant) "sur le modèle à pans et pignons multiples dit "Beaumanoir" selon une mode nouvelle du premier quart du XVIe siècle". ]

"Vers 1760, les fenêtres du bas-coté sud furent modifiées et la partie orientale de l'église  transformée en une abside à trois pans, campagne qui provoqua le remontage de la maîtresse-vitre du XVIe siècle suivant l'agencement actuel : la Crucifixion en triptyque qui en occupait le centre fut replacée en haut des lancettes de la nouvelle fenêtre d'axe, tandis que les panneaux latéraux  qui l'entouraient, dissociés, étaient logés dans les deux baies latérales certains élargis de bordures blanches. Devant les sujets qui ont survécu, on observe que la verrière primitive comprenait un cycle de la Passion particulièrement développé, intégrant des scènes peu représentées dans la région. (la descente aux limbes, l'apparition du Christ à sa mère). Chaque représentation, surmontée d'ornements Renaissance, occupait en hauteur deux panneaux, ce qui laisse imaginer la monumentalité de la composition initiale. Placés à l'origine dans les angles de ce grand tableau, les portraits des donateurs sont maintenant relégués en baie 1 ; on y a reconnu avec vraisemblance le vicomte René Ier de Rohan (1516-1552, fils de Pierre, maréchal de Gié) et sa femme Isabeau d'Albret, fille de Jean, roi de Navarre, et de Catherine de Foix.L'importance de ces commanditaires justifie la qualité remarquable de leur don. Les modèles utilisés sont en partie identiques à ceux de la verrière de La Roche-Maurice (1539) mais l'exécution est ici bien plus soignée." (Gatouillat 2005)

L'œuvre est souvent daté de 1535, à la suite d'une allégation non confirmée de René Couffon (cf. baie 0), mais le Corpus Vitrearum la date "vers 1540".

 

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Datations de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Plan issu de Rioult, 2007. Photographie lavieb-aile.

Datations de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Plan issu de Rioult, 2007. Photographie lavieb-aile.

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Les vitraux du chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les vitraux du chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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LA BAIE 1 À GAUCHE (vers 1540).

Haute de 6,80 m et large de 1,85 m, elle comporte deux lancettes réparties en trois registres et un tympan à quatre ajours et deux écoinçons. 

 

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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1°) Le registre supérieur (vers 1540).

 Le Christ au Mont des Oliviers à gauche, et l'Arrestation de Jésus au Jardin des Oliviers à droite.

 

 

 

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Lancette A (à gauche). Agonie du Christ au jardin de Gethsémani.

 

Matthieu 26:36-45.

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Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le jardin  ceint d'osier, les soldats menés par Judas qui pénètrent dans l'enceinte en pleine nuit (lanterne et flambeau) et la troupe massée à l'extérieur (lances) sont traités en arrière plan en grisaille sur verre blanc et verre bleu clair, comme la sourde certitude qui génère l'angoisse du Christ. 

"Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commença à être envahi d'une profonde tristesse, et l'angoisse le saisit. Alors il leur dit:
---Je suis accablé de tristesse, à en mourir. Restez ici et veillez avec moi!

Puis il fit quelques pas, se laissa tomber la face contre terre, et pria ainsi:
---O Père, si tu le veux, écarte de moi cette coupe! Toutefois, que les choses se passent, non pas comme moi je le veux, mais comme toi tu le veux."

Cette coupe de vin, ici présentée par un ange, est celle qui, dans une lecture typologique, est le calix vini furoris  de la colère de Dieu contre son Peuple, annoncée par la prophétie de Jérémie 25:15 : "Car voici ce que m'a déclaré l'Eternel, le Dieu d'Israël: Prends de ma main la coupe du vin de la colère et donne-la à boire à toutes les nations vers lesquelles je t'enverrai.". Ou dans Isaïe 51:17 "Jérusalem, Qui as bu de la main de l'Éternel la coupe de sa colère (calicem irae), Qui as bu, sucé jusqu'à la lie la coupe d'étourdissement". Ou plus universellement la colère de Dieu contre le Péché du Monde dans l'Apocalypse 15:7 : "Et l'un des quatre êtres vivants donna aux sept anges sept coupes d'or, pleines de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles."

Elle renvoie aussi à la coupe de l'Eucharistie : Mt 26:28 "car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés.".

 

 

Comparez avec la même scène à La Roche-Maurice :

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Le Christ en prière au Mont des Oliviers. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Le Christ en prière au Mont des Oliviers. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Les apôtres  dormant pendant l'agonie du Christ.

Pierre tient son épée, il est aussi identifiable par le toupet de son front dégarni. Les deux autres disciples sont, selon le texte de Matthieu, "les fils de Zébédée", Jacques le Majeur et Jean. Marc 14:32-43 cite aussi Pierre, Jacques et Jean.  Luc 22:39-46 ne précise pas l'identité des apôtres et mentionne "les disciples". 

Seule difficulté : Jean est, dans toute la tradition iconographique, imberbe. Or, ici, les trois apôtres endormis sont barbus. 

a) Comparez avec les gravures de Dürer

–Le Christ au Mont des Oliviers   de 1508 surtout.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6951195c

– Grande Passion (vers 1497):

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Passion#/media/File:Durer,_la_grande_passione_02.jpg

— Petite Passion (1511) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_Passion#/media/File:D%C3%BCrer_-_Small_Passion_10.jpg

b) comparez avec la gravure de Martin Schongauer

http://parismuseescollections.paris.fr/fr/petit-palais/oeuvres/la-passion-l-agonie-au-jardin-des-oliviers-bartsch-9#infos-principales

c) comparez avec la même scène à La Roche-Maurice : 

 

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Notez aussi, sur le manteau blanc de l'un des disciples, le motif en rosace du damas ( quatre pétales autour d'un rond), caractéristique stylistique de l'atelier Le Sodec, retrouvé aussi en baie 0. Ces motifs étaient souvent tracés à l'aide de pochoirs.

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 Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Lancette B (à droite) : l'Arrestation de Jésus au jardin de Gethsémani ou "Jardin des Oliviers". L'arrestation du Christ au jardin des Oliviers. Le baiser de Judas. Saint Pierre tranchant l'oreille du serviteur du grand prêtre.

Jean 18:1-12

 

 

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 Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le baiser de Judas.

On notera l'emploi de verre rouge gravé, bien étudié par Roger Barrié 1976. Notez aussi le motif de l'étoffe damassée de saint Pierre (cf supra).

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Comparez avec la même scène à La Roche-Maurice :

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 Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre tranchant l'oreille droite de Malchus, serviteur de Caïphe, le souverain sacrificateur.

Matthieu 26:51-53

Le Christ tient dans sa main l'oreille et s'apprête à guérir Malchus.

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 Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième registre.

A gauche. La Flagellation.

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 Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Notez sur le nimbe l'emploi de verres gravés bleus (plus rares que les rouges).

Notez aussi les marques de flagellation avec le flagrum , "sorte de fléau à manche court portant généralement des chaînes métalliques, des cordes ou des lanières en cuir épaisses et larges (généralement 2, parfois 3), munies à quelque distance de leur extrémité de plombs (les plumbatae) ou d’osselets de mouton (les tali). les lanières sont de longueur différente afin que les plombs sur chacune ne s'entrechoquent pas, ce qui réduirait l'efficacité du fouet. Les plombs peuvent prendre des formes variées : balles, haltères, barbes de métal. Les osselets peuvent être taillés en pointe." (Wikipédia)

Pourtant, les deux bourreaux utilisent des verges, faisceau de badines souples, et se livrent à la fustigation. 

Le fond prend l'aspect d'une étoffe damassée et frangée suspendue au dais.

 

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Flagellation.  Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Flagellation. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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A droite : le Couronnement d'épines.

Même technique pour le fond, une étoffe damassée bleue.

 

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 Le Couronnement d'épines. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Le Couronnement d'épines. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le visage du Christ est celui qu'Antoine Le Bihan est en train de restaurer, sur la vidéo de Des racines et des ailes citée en Lien. 

Le Couronnement d'épines. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Le Couronnement d'épines. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Registre inférieur.

Baie 1, registre inférieur,  chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, registre inférieur, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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— A gauche : deux panneaux indépendants.

En haut, une sainte présentant une donatrice ; et en bas un fragment d'une Cène. 

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Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Panneau supérieur : Donatrice présentée par une sainte.

Cette sainte tient un livre. Sa tête très bien dessinée est restituée, sauf un fragment de coiffe (un rouleau attachée sous le menton). Ces éléments sont "cousus" avec des fragments de la scène des Saintes Femmes au Tombeau, originaire de la maîtresse-vitre. Aussi voit-on un visage de femme en pleurs à droite, et la tête de Joseph d'Arimathie tenant un flacon d'onguent à gauche. La sainte elle-même répond à l'iconographie habituelle de sainte Marie-Madeleine. Sa main droite est rapprochée du buste de la donatrice, mais de manière artificielle traduisant le raccord de pièces différentes.

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Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Marie-Madeleine. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Sainte Marie-Madeleine. Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La donatrice porte la coiffe noire mise à la mode par Anne de Bretagne, et en ornement une chaîne à maillon rectangulaire également très prisée par les femmes des cours royale et ducales.

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Donatrice, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Donatrice, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Panneau inférieur : fragment de la Cène, avec Judas à droite tenant la bourse.

L'apôtre de gauche porte un manteau avec le motif de damas en rosace que nous retrouvons une nouvelle fois.

Fragment de Cène, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Fragment de Cène, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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— Dans la lancette de droite (B), René de Rohan présenté par un saint évêque.

 

René de Rohan présenté par un saint évêque,  Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

René de Rohan présenté par un saint évêque, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Il est admis que le donateur, qui porte un tabard aux armes des Rohan de gueules, à sept ou neuf macles d'or, est René Ier, vicomte de Rohan  (1516-1552), fils de Pierre II, maréchal de Gié et d'Anne de Rohan, elle-même fille de Jehan II. A la mort de sa mère en 1529, le jeune René fut confié à 13 ans, aux soins de Marguerite de Navarre. Marguerite, sœur du roi François Ier, eut pour les deux enfants d'Anne de Rohan, les soins maternels. Elle maria René, son préféré, avec sa belle-sœur, Isabeau d'Albret, infante de Navarre, fille de Jean III et de Catherine de Foix, souverains de Navarre le 16 août 1534. Le couple eut 5 enfants, de 1535 à 1550.

Par déduction, la donatrice est identifiée comme étant Isabeau d'Albret. De même, on déduit que le saint évêque est René évêque d'Angers au Ve siècle. En arrière-plan du saint, deux personnages dont une femme tenant une couronne d'épines témoignent des recompositions des divers fragments du vitrail d'origine.

René de Rohan-Gié, qui sera prince de Léon, comte de Porhoët, seigneur de Beauvoir et de la Garnache, chevalier de l'ordre du Roi et capitaine d'une compagnie des ordonnances, est agenouillé en armure sur un cousin à glands devant un livre posé sur un prie-dieu (damas à larges rosaces). Son casque à plumet et ses gantelets sont posés sur le sol.

Son mariage datant de 1534, et René étant décédé en 1552, cela procure une fourchette de datation du vitrail. 

Ce n'est qu'en 1558, six ans après la mort de son époux, qu'Isabeau d'Albret  se convertit au protestantisme. 

 

 

 

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René de Rohan présenté par un saint évêque,  Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

René de Rohan présenté par un saint évêque, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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René de Rohan présenté par un saint évêque,  Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

René de Rohan présenté par un saint évêque, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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René de Rohan présenté par un saint évêque,  Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

René de Rohan présenté par un saint évêque, Baie 1, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Extrait de l'émission Des Racines et des Ailes : la restauration des vitraux du chœur avec Antoine Le Bihan et Marie-Suzanne de Ponthaud

https://www.youtube.com/watch?v=0LbuTIMc1pU

— Blog du maître-verrier Le Bihan à Quimper : la restauration des 3 vitraux du chœur

https://www.youtube.com/watch?v=0LbuTIMc1pU

—ABGRALL (Jean-Marie), 1897, La Roche-Maurice La Martyre Ploudiry Livre d'or des églises de Bretagne. Edition d'Art, 1897. Description : In-8, 8 pages plus 8 photos, 

BARRIÉ (Roger), 1976, Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1976 Volume 83  Numéro 1 pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

BARRIÉ (Roger), 1978, Étude sur le vitrail en Cornouaille au XVIe siècle. Thèse de troisième cycle. UHB. UER des Arts. Rennes, 2 tomes

— BARRIÉ (Roger) , 1976, "Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale", Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Volume 83  Numéro 1  pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

COUFFON (René), 1945, La peinture sur Verre en Bretagne au XVIe siècle",  Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne. p.35

http://www.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffaede742.09604269/1945_02.pdf

FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

 

GATOUILLLAT (Françoise), HEROLD ( Michel Hérold), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, 365 p. (Corpus vitrearum France, série complémentaire. Recensement des vitraux anciens de la France, VII) pages 144-146.

KERDREL (Audren de), 1880, « Rapport sur les excursions faites à La Martyre, La Roche-Maurice et Pencran pendant le congrès de Landerneau » in Bulletin archéologique de l'Association bretonne page 382

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074767/f424.item.zoom

« Les vitraux du collatéral nord portent la date de 1562, et non celle de 1567, comme l'a lu M. de Courcy. Ils sont remarquables de dessin et de couleur, et nous avons surtout admiré la scène du crucifiement parfaitement conservée et d'un faire très pur. Un personnage, portant une cotte d'armes, de gueule semée de macles, à genoux auprès d'un évêque , son patron sans-doute, a particulièrement attiré notre attention. C'est évidemment un Rohan. »

 

KEROUANTON (Abbé), 1933, « Notice sur La Martyre », in “Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1933,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 1 janvier 2017, 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/264

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006,  Une famille de verriers en Bretagne [les Le Sodec]

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3062028.html

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Jost de Negker, un mythe qui a la vie dure

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/70

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques,Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

— OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. Page 249.

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/248/mode/2up

— POTIER DE COURCY, mention des vitraux de la Martyre in Bulletin archéologique de l'Association bretonne 1849 page 23

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074644/f24.item.zoom

RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149.

https://en.wikipedia.org/wiki/La_Martyre_Parish_close

— APEVE, "La Martyre" sur le site de l'Association :

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=3&id_article=99

 

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Published by jean-yves cordier - dans La Martyre Vitraux
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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 12:35

 

L'église Saint-Salomon de La Martyre VIII : les vitraux du chœur (vers 1540). La baie 0.

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Voir à La Martyre :

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Toutes les Passions finistériennes sont comparables par leurs cartons, leur facture et leur type d'ornement. La thèse de Roger Barriè est consacrée à leur étude. Plusieurs sont décrites dans mon blog (cf. liens). Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

et dans le Morbihan :

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On attribue aussi à l 'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

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Présentation.

La baie 0 est haute de 6,80 m et large de 1,70 m et comporte  trois lancettes et un tympan à cinq ajours. La partie ancienne correspond, en taille, au registre supérieur des deux baies voisines. Elle est consacrée à la Crucifixion, avec des cartons en partie identiques à la Passion de La Roche-Maurice, paroisse distante de moins de 5 km. La partie inférieure (que je ne décrirai pas) est occupée par une vitrerie ornementale réalisée au XIXe siècle par Jean-Louis Nicolas (Morlaix) avec des procédés mécaniques et ponctuée de broches aux chiffres du Christ et le Marie ; au centre, un médaillon montre la Vierge à l'Enfant en buste avec le Rosaire et le saint scapulaire. [Voir le travail en 1861 de Jean-Louis Nicolas à Brasparts ici.

 

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Les 3 baies du chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les 3 baies du chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La partie supérieure de la baie 0.

 

 

 

Registre supérieur de la baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur de la baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La lancette centrale : le Christ en croix.

Le Christ est représenté au moment où un soldat, qui reçut plus tard le nom de Longin, donne un coup de lance en son flanc droit.  Cela correspond au texte de l'évangile de Jean 19:33-35 :« S’étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l’eau. Celui qui l’a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu’il dit vrai, afin que vous croyiez aussi. » (trad. Louis Segond).

Cette précision a en réalité un but théologique (ou typologique),  celui de montrer que, par sa mort, le Christ réalise les Écritures, ici le texte d'Ezéchiel 47. 1  « Et je vis que de l'eau jaillissait de dessous le seuil du Temple, du côté oriental. ».

Entre deux oriflammes de l'armée romaine, le Christ (tête restaurée) porte sur le corps les marques de la flagellation. Longin, barbu,  est vêtu  comme un dignitaire presque princier, avec manteau fourré, collier de chaîne d'or, fine chemise à dentelle. Il monte un cheval blanc (Longin fut plus tard assimilé à un centurion, celui qui se convertit), et il fait face à un centurion en armure et casque à plumet. Bien que Longin est le nom donné au soldat romain qui perça le flanc du Christ dans l'évangile, la tradition fit de lui au Moyen-Âge non seulement un saint martyr, mais aussi un centenier Juif chargé de la garde de la Croix : cela explique sa tenue vestimentaire, différente du centenier romain. (cf Longin à Landerneau, 20 rue de Brest)

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Passion, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Passion, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le mors des deux chevaux est équipé d'une pièce en S, dentelée, et, à droite, un homme se sert de cette pièce pour tenir le cheval. (Les chevaux des chevaliers étaient guidés par un écuyer, à pied.) Je retrouve cette pièce en S sur la fresque de Benozzo Gozzoni de la chapelle des Mages ( 1459-1463) du palais Medicci-Riccardi de Florence, ou dans cette Adoration des Mages de Gentile da Fabriano (1423), soit que les rênes viennent se fixer à leur extrémité, soit qu'elles se fixent à leur origine près de l'embouchure. Je la retrouve aussi sur cette statue équestre de fin XVe-début XVIe  du Musée de l'Armée. Mais aucune n'est dentelée comme ici. Faut-il faire un rapprochement avec ce qui est nommé actuellement le mors-Pelham, qui permet de fixer une deuxième paire de rênes ?

Gentile da Fabriano, écuyer tenant un cheval.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La peinture de Gentile da Fabriano permet de voir aussi deux pièces de l'harnachement : les rênes, larges pièces d'étoffes dorées à franges, et une autre sangle qui passe devant le poitrail (collier de chasse ? "bricole"?). Or, à La Martyre, ces pièces sont équipées de grelots, comme les grelottières d'attelage ("grelottières tour de cou, de dossière et de sur-cou"). 

Mais surtout, sur la rêne droite du cheval de Longin, nous lisons les trois lettres MIR, et, sur la rêne gauche, IR. Ces lettres n'ont de signification que pour ceux qui voient dans toute inscription la "signature" d'un artisan. Notons néanmoins leur présence puisque nous allons en trouver d'autres. Notons aussi que, bien qu'elles n'ont pu échapper à l'attention de l'équipe chargée de la restauration récente des vitraux, ces lettres ne semblent pas avoir été signalée dans une publication.

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Le Christ en croix, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Le Christ en croix, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La moitié inférieure de cette partie ancienne de la lancette B montre le pied de la Croix et, à coté, un crâne rappelant d'une part que nous nous trouvons sur le Golgotha, ou lieu du crâne, mais aussi que par son sacrifice, le Christ rachète la faute d'Adam, et que ce crâne cite métonymiquement le Premier Homme.

Mais c'est bien-sûr la superbe composition de sainte Marie-Madeleine qui attire l'attention, marquée par le contraste entre le luxe ostensible des vêtements et de la coiffure et la douleur de la femme terrassée par la mort de son maître.

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Marie-Madeleine au pied de la Croix, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Marie-Madeleine au pied de la Croix, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Une vue de détail permet d'apprécier le talent du maître-verrier dans la maîtrise de la grisaille et du jaune d'argent.

 

Marie-Madeleine au pied de la Croix, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Marie-Madeleine au pied de la Croix, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La lancette A : le Bon Larron, la Vierge et saint Jean.

 

 

Lancette A, baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Sur un fond bleu, saint Dimas, le bon larron, est crucifié comme sur les calvaires bretons, bras ligotés sur la traverse et la jambe droite, croisée, fixée par un spasme genou fléchi et hanche en rotation externe. Ses vêtements à crevés et à braguette rembourrée sont ceux de la mode de l'époque,  au milieu du XVIe siècle. Ses yeux sont tournés vers les cieux et son visage est tourné légèrement vers le Christ, ce qui témoigne de sa foi.

Comme dans la lancette centrale, cette croix est encadrée par deux cavaliers, un dignitaire juif à gauche (bonnet pointu à oreillettes) et un centenier romain.

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Le bon larron, lancette A, baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Le bon larron, lancette A, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Dans le panneau inférieur, saint Jean et une sainte femme soutiennent la Vierge éplorée. 

La Vierge en pâmoison et saint Jean, Lancette A, baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

La Vierge en pâmoison et saint Jean, Lancette A, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Lancette C à gauche : le Mauvais Larron.

 

Lancette C, baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Gesmas, le mauvais larron, détourne son visage du Christ et le tourne vers le bas. Ses yeux sont révulsés vers la direction sinistre, et  sa chevelure est entraînée dans la même direction. 

De chaque coté de la croix, nous retrouvons encore deux cavaliers. L'un, à gauche, porte la cuirasse d'un officier romain mais est coiffé d'un turban oriental. 

 

Le mauvais larron, lancette C, baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Le mauvais larron, lancette C, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La partie basse montre deux autres cavaliers  montés également sur des chevaux blancs. Ils composent un groupe cohérent avec les deux précédents.

Trois sont coiffés de turbans et pourraient être des membres du Sanhédrin. Au premier plan, selon René Couffon, il s'agit  de Joseph d'Arimathie. Son bonnet conique, sa barbe, sa boucle d'oreille, les franges de ses manches  signalent son statut de notable Juif.  Ce personnage tend la main vers le quatrième qui est vêtu comme un évêque (mitre, chape), mais sa mitre porte un croissant. C'est sans-doute, bien qu'il soit imberbe, Caïphe, "le souverain sacrificateur". Par contre, je ne rejoindrai par Antoine Le Bihan qui, dans son blog , attribue  à Caïphe le prénom d'Islam et qui explique la présence de ce croissant par le commentaire suivant : "Islam Caïphe, prince des prêtes, coiffé d'une mitre décorée d'un croissant, on le retrouve à Ploudiry et à Quimper Saint Mathieu. Parfois aussi coiffé d'un turban et personnifiant l'Islamisme faisant pendant au Judaïsme." !

Pour ma part, je vois dans ce croissant la "lame" ou "Neher" , une plaque en or fixée sur le turban de lin du grand prêtre des hébreux. On la voit figurée sur la gravure de la Petite Passion de Dürer, qui montre aussi un petit chien, comme ici. Mais non sur Jésus devant Caïphe de Dürer en 1512. 

 

On voit aussi à terre des ossements rappelant là encore que le Golgotha ou "lieu du Calvaire" était l'endroit, en dehors de Jérusalem, où les Romains suppliciaient les condamnés. 

Comparez aussi avec la Crucifixion de la Grande Passion de Dürer de 1498 (cheval ; ossements).

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Un cavalier, lancette C, baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Un cavalier, lancette C, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

 

Sur le galon doré de la robe rouge de Joseph d'Arimathie, on peut lire une inscription : AVE GRACIA PLENA [DOQT]. Elle est à l'origine d'une confusion importante et tenace, car René Couffon a affirmé en 1945 qu'il lisait ici "le nom de JOST et, au dessous de ce dernier et en petits caractères le monogramme de l'artiste, sur lequel nous reviendrons plus loin, et la date de 1535".

Depuis la parution de cet article, chacun répète que ce vitrail date de 1535, et a été fait selon une gravure de Jost de Negker, graveur et peintre né à Anvers vers 1485 et qui travailla à la cour de l'empereur à  Augsbourg jusqu'en 1544. 

Pourtant, dès 1972, l'abbé Jean Feutren signalait que ce nom, ce chronogramme et ce monogramme n'étaient pas visibles. De même, en 1978, Roger Barrié, qui examinait le vitrail sur échafaudage pour les besoins de sa thèse, ne retrouve pas ces informations.  Malgré les articles du maître-verrier quimpérois Jean-Pierre Le Bihan en 2006 "Jost de Negker, un mythe qui a la vie dure"  et "Une famille de verriers en Bretagne [les Le Sodec]", malgré la mention de l'éditeur du Nouveau Répertoire des églises de René Couffon (1988) à la suite de l'allégation "Verrière de la Passion due à Jost de Negker et datant de 1535 (N. de l'E. : "L'attribution du vitrail de La Martyre à Jost de Negker est aujourd'hui controversée"), on trouve encore mentionnée cette attribution erronée.

Par contre, la présence de lettres romaines soit regroupées en formules liturgiques, soit sans signification apparente, soit répétant des séquences dans lesquelles on estime voir le nom de SODEC est très fréquente dans de nombreuses  vitraux du Finistère du XVIe siècle,  qui sont attribués à une famille de verriers quimpérois, la famille Le Sodec. "Olivier et Laurent Le Sodec ont , autour de 1520, tout deux explicitement signés l'Arbre de Jessé de Notre-Dame de Kerfeunten à Quimper" (Gatouillat 2005), et on leur attribue la  Passion et la Transfiguration de Plogonnec, puis par rapport à la similitude des cartons, les verrières de Penmarc'h, de Guengat ou d'Ergué-Gabéric, et enfin par attribution stylistique des vitraux de Pont-Croix, ceux de la chapelle des Trois-Fontaines de Gouezec, le Jugement de Saint-Divy, le Calvaire de Tréméoc, le Jugement Dernier de Guengat, ma maîtresse-vitre de Maël-Pestiven (22).

Un motif de damas à grandes rosaces (celui qui orne la robe de la Vierge et celle de Marie-Madeleine, et le manteau du cavalier Juif de la lancette A) est régulièrement retrouvé dans les œuvres de cet atelier. En le retrouvant ainsi à Peumerit, dans la verrière des Docteurs de l'Église, cela a permis d'attribuer celle-ci aux Le Sodec .

"L'atelier a rayonné largement depuis son lieu d'implantation : sa production se retrouve non seulement aux abords de Quimper, par exemple à Tréguennec, mais aussi à Kergloff et à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët comme en Léon, à Notre(-Dame de Lambader en Plouvorn et au couvent franciscain de Notre-Dame de Morlaix (à Saint-Martin-des-Champs)." (Gatouillat 2005). Puis viennent les maîtresses-vitres des église de Guengat, Guimiliau, Gouezec et Quéménéven.

Depuis la restauration de ces vitraux du chœur de La Martyre en 2008-2010 par Antoine Le Bihan sous la direction de l'architecte en chef Marie-Suzanne de Ponthaud, l'attribution de ces baies à Le Sodec semble faire consensus.

Un groupe cohérent et son prototype.

On retiendra surtout la similitude des cartons de la Passion de La Roche-Maurice (1535), de La Martyre (v. 1540) et de l'église Saint-Matthieu de Quimper (v. 1535), groupe dont le prototype fut peut-être la Passion de Daoulas, aujourd'hui perdue, don de l'abbé Jégou décédé en 1536.

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Un cavalier, lancette C, baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Un cavalier, lancette C, baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le croquis du relevé dressé par René Couffon. 

 

René Couffon,, 1945, La peinture sur Verre en Bretagne au XVIe siècle", Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne. page 35

René Couffon,, 1945, La peinture sur Verre en Bretagne au XVIe siècle", Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne. page 35

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LE TYMPAN.

Emblème cruciforme (moderne) tenu par trois anges (vers 1540)

Deux couronnes sont entourées des inscriptions LARME E LONEVR : LONEVR  E LARME. On trouve sur le site Topic-topos ceci : 

"La devise « L'arme et l'honneur » court autour des écus effacés. Elle se trouve ailleurs sous la forme « L'âme et l'honneur », notamment sur un tombeau de l'église de Landrévarzec. Il s'agit probablement de celle des Ploeuc, détenteurs de nombreuses possessions en Léon et Cornouaille."

Je n'ai pu vérifier cette information. La devise de la famille de Ploeuc est plutôt "l'âme et l'honneur"

 

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Tympan  baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Tympan baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Tympan  baie  0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Tympan baie 0, chœur de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Comparer :

– Françoise Gatouillat et Michel Hérold suggèrent de comparer la maîtresse-vitre de La Roche-Maurice (très semblable à la baie de La Martyre) avec le vitrail de la Crucifixion de l'église Sainte-Walburge à Walburg (Alsace), qui date de 1461.

–La Crucifixion, Schongauer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6951450t

–Id, Monogrammiste D : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105056666/f1.item.r=Image%5BLa%20Crucifixion%5D%20%20%5Bestampe%5D

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ANNEXE. 

— SOULIER (Gustave), LES CARACTÈRES COUFIQUES DANS LA PEINTURE TOSCANE GAZETTE DES BEAUX-ARTS http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1924_1/0380?sid=45678715e0897a5b362d11de9ec0e1da

351-358

Dans la peinture, la reproduction approximative des caractères cursifs orientaux apparaît comme un phénomène particulièrement italien, et le goût s'en est très spécialement répandu en Toscane. On sait combien l’évolution et la formation des écoles de Vénétie, dans leur dégagement des formules byzantines, vers le milieu du xive siècle, ont profité de l’exemple donné par Giotto à Padoue. Plus tard, on ne retrouve guère dans la région cet élément de décoration que chez les peintres de Murano, surtout chez Antonio Vivarini et chez lacopo Bellini, puis parfois chez Mantegna, c’est-à-dire pour une période assez restreinte.

Il semble bien que les exemples les plus anciens que nous possédions soient, vers 1275 ou peu après, les fresques attribuées à Deodato Orlandi dans la vieille église de S. Piero a Grado, près de Pise.

On a reconnu dans ces fresques, consacrées à la vie de Saint Pierre et de Saint Paul, une copie de celles qui, dues probablement à Cimabue, décoraient un côté du portique de l’ancienne basilique de Saint-Pierre du Vatican. Des dessins du xvn” siècle ont permis la confrontation, et l'on a pu se rendre compte que le peintre pisan, en adoptant la composition générale des fresques romaines, avait modifié à sa guise le décor des fonds. C’est ainsi que dans les diverses scènes qui relatent la Sépulture de saint Pierre et de saint Paul, nous pouvons voir les corps des saints enveloppés de linceuls faits d’étoffes orientales, à rayures, ornées d’inscriptions cursives. Il en est de même, dans la Vision de Constantin, de la tenture sus-pendue derrière le lit de l’Empereur, et la bordure de la draperie qui recouvre le lit semble aussi composée de caractères arabes déformés. Deodato a très probablement reproduit des tissus apportés sur le marché de Pise par les mercantis orientaux, et qui ont eu très vite du succès.

On peut penser que ces détails sont bien une innovation du peintre pisan, car nous ne retrouvons pas d’exemples du même ordre dans les œuvres qui nous sont conservées de son modèle, de Cimabue lui-même. Sans doute celui-ci était-il trop préoccupé, grâce aux exemples romains, de donner un caractère monumental à son œuvre pour s’attarder à de menues recherches de décoration. On ne voit chez lui de signes coufiques que dans les draperies du trône des deux Madones de l’Académie de Florence et du Louvre, peintes sans doute à partir de 1280, non sans rapport avec des courants siennois.

Les fresques attribuées à Deodato ne sont pas seules à démontrer que, chez les peintres, le goût des ornements pseudo-arabes s’est introduit par les étoffes orientales. En effet, derrière la Madone Rucellai, peinte peu après à Florence (1285) par Duccio di Buoninsegna, se drape un rideau présentant une large bordure à entrelacs coufiques. Ces caractères ourlent de même le manteau de la Vierge. Le peintre manifeste déjà les tendances propres à la peinture siennoise, qui restera si précieuse et si raffinée, et c’est de même dans les bordures d’étoffes, dans les galons, que les exemples analogues continueront à se répandre.

Giotto à Assise, où il arrive sans doute en 1296, suit d’abord les principes de sobriété de Cimabue, dans les fresques de l’église Supérieure. Il enrichit cependant les scènes de tentures de fonds, mais ce sont des étoffes byzantines à combinaisons géométriques. Des caractères d’inscription orientale n’y apparaissent que dans la scène de Saint François devant le Sultan, sur la tenture qui pend derrière le trône : la même scène révèle d’autres signes d’orientalisme dans la recherche des types. Il en est tout autrement à partir de 1305, dans la Chapelle de l’Arena à Padoue. Nous retrouvons ce développement de la curiosité pittoresque que l’on peut relever chez lui, à cette
époque, pour la représentation des tissus et des types orientaux. En effet, les bordures coufiques sont dès lors constantes, et nous voyons encore qu’elles viennent des étoffes orientales dont l'importation se multiplie, d’après l’écharpe rayée, ornée d’inscriptions cursives, que porte la Vierge dans la Fuite en Egypte. Ces bordures se reproduiront dans les œuvres postérieures de Giotto. Duccio, qui avait donné l’exemple, les répète aussi dans la pala de Sienne, peinte de 1308 à 1311, et après lui on les rencontre très fréquemment chez les peintres siennois, de même qu’elles se répandront chez les Giottesques, mais sans se généraliser complètement.

La suggestion arabe devait amener les peintres à dérouler parfois, sur les bordures des vêtements, des inscriptions gothiques, et ici encore les premiers exemples furent peut-être donnés par les Siennois. En effet, dans la charmante Annonciation de Simone Martini et Lippo Memnn, datée de 1333 (aujourd’hui aux Uffizi), le large galon qui borde le manteau de l’ange porte, autour de la manche, le nom même du messager : GABRIEL; et l’on peut découvrir, en commençant sur l’épaule, les caractères suivants : NE TIME AS... AR ... ECGE ... CIPIES .IN ... SPIRITUS . SCS .
SUP . YENIE . I. TE . & . YIRTUS . AL Or, il n’est pas malaisé de reconnaître le texte, qui est celui dont le prêtre donne lecture à l’office des dimanches de l’Avent : Ne timeas Maria ... Ecce concipies in utero — Spiritus sanctus superveniet in te et virtus Altissimi obumbrabit tibi...
De même, sur une œuvre de l’école de Simone Martini, il semble bien que l’on doive reconnaître une inscription latine déformée dans les encadrements disposés autour de la figure de Y Archevêque Humbert d’Ormont, prélat bourguignon dont le nom a été traduit sous la forme italienne de Montauro (Palais archiépiscopal de Naples). Chez un autre Siennois, Giacomo di Mino, on trouve, dans le décor de la robe de la Madone (église des Servi, Sienne), une inscription gothique répétée et mélangée à des oiseaux. Mais des exemples particulièrement curieux sont ceux que l’on rencontre à la Collégiale de S. Gimignano, dans ces fresques de Barna où j’ai relevé ailleurs la tendance tragique, provenant elle-même du plus antique fonds oriental. Dans la scène de l' Annonciation, le rideau mobile qui pend dans la chambre de la Vierge porte, comme dans les fresques de S. Piero a Grado, de larges bandes décorées de caractères enchevêtrés. On y discerne cependant des lettres latines et gothiques, et l'on peut s’apercevoir que le début de l’inscription, en utilisant sans les répéter les lettres déjà tracées et les combinaisons de jambages entrecroisés, forme les premiers mots de la salutation angélique : AVE M ARIA.
Le peintre s’est certainement diverti à embrouiller l’écriture et à intriguer le spectateur, en donnant à son grimoire un aspect indéchiffrable ; peut-être pourrait-on arriver à découvrir encore un sens dans la suite de l’inscription.
De même, dans l' Adoration des Mages, la bordure de la robe du dernier roi à droite, où se distinguent des lettres gothiques volontairement confondues sous l’apparence d’entrelacs coufiques, pourrait peut-être se déchiffrer.

C’est sous des formes analogues, par une assimilation des caractères gothiques déformés et brouillés avec les entrelacs de l’écriture arabe, que l’imitation des caractères coufiques a laissé plus généralement des traces dans la peinture occidentale en dehors de l’Italie. Ce sont des grimoires de cet ordre qu’a déchiffrés M. F. de Mély en y découvrant des signatures d’artistes (1 &2); il ne serait pas impossible qu’il pût en découvrir sur certains tableaux toscans (3).

1. La même inscription a été retranscrite de façon plus lisible dans la répétition du tableau de Martini e Memmi faite par Andrea Yanni (S. Pietro Ovile, Sienne).

2. Les Primitifs et leurs signatures, t. I; Les Miniaturistes (Paris, Geuthner, ig13).

3. Rappelons que M. de Mély a relevé la signature de l’orfèvre siennois Turini sur la porte de tabernacle provenant du Dôme de Sienne, au Musée d’Ambras, à Vienne (Ibid., p. 74). Il a en outre découvert, sur le Sépulcre de Solesmes, les signatures de deux artistes, qui porte des caractères pseudo-coufiques sur la bordure de son manteau et qui écrase sous ses pieds une figure allégorique de femme désignée par une inscription en caractères latins autour du décolleté : YANA GRORIA (corruption populaire de Gloria).

Dès le commencement du xve siècle, la faveur pour les inscriptions coufiques ou leurs assimilations gothiques s’impose dans la peinture florentine

Vasordy et Faberti, qui, comme il le fait justement ressortir, sont certainement des sculpteurs italiens (La Mise au Sépulcre de Solesmes et les signatures de Vasordy et Faberti dans Gazette des Beaux-Arts, oct. 1906, p. 3i5).



Chez les Florentins du trecento, on pourrait de même observer parfois quelques inscriptions gothiques : ainsi en est-il dans la Déposition de Croix attribuée à Giottino (Maso di Banco), aux Uffizi, sur le col de l’Evêque —sans doute S. Zanobi, — qui assiste à la scène; il semble bien que l’on y puisse lire les lettres : R. P. C. D’autres lettres gothiques semblent apparaître sur la bordure inférieure de la cuirasse d’un soldat romain, dans la Crucifixion de la Chapelle Strozzi (Cloître de S. Maria Novella), fresque qui a été également attribuée à Maso di Banco, mais qui ne saurait être de lui.
Citons encore le Saint Jean l'Evangéliste de Giovanni del Biondo (Uffizi),avec des exemples d’une ampleur telle qu’on n’en avait guère rencontré précédemment que chez les Siennois. Lorenzo Monaco, dans Y Adoration des Mages des Uffizi, qui frappe par ses types si vrais d’Orientaux, en use naturellement chez les personnages exotiques, et en particulier il orne d’un beau bandeau, fait de caractères cursifs, la courte pèlerine d’un écuyer, tenant la couronne et l’épée d’un des rois. Fra Angelico se montre de bonne heure un fervent de cette ornementation. Si, dans le retable de S. Domenico de Fiesole, il place une inscription gothique au pourtour de l’auréole de la Madone, dès le retable de Cortona (église S. Domenico), exécuté entre 1414 et 1418, il s’inspire des grimoires arabes sur les galons des vêtements, non sans y mélanger des caractères latins ; et surtout dans l'Annonciation de l’église du Gesù, peinte pour la même ville, vraisemblablement quelques années plus tard, la robe de l’ange s’orne d’un large bandeau couvert de caractères orientaux qui semblent vouloir être des lettres hébraïques, ainsi qu il en avait été, par exemple, sur le bonnet du grand-prêtre dans la Présentation au Temple d’Ambrogio Lorenzetti (Uffizi). Mais sur l’encolure de la Vierge, on découvre, au milieu d'entrelacs, l’inscription latine ANCILLA DOMINI, de même que sur le tableau de même sujet à Montecarlo (près S. Giovanni Valdarno), qui est une variante de la tavola de Cortona, on
déchiffre autour du cou de Marie deux mots de la salutation angélique :... MARIA GRATIA ....

La tendance s’accentue dès lors à la dérivation des caractères gothiques ou latins, imités des grimoires orientaux et mélangés à eux, et dans lesquels un sens peut parfois apparaître. Il en est ainsi sur le manteau de la Madone des Linaiuoli (i 433). En peignant les fresques du Couvent de Saint-Marc, à partir de 1436, Fra Giovanni fait montre, on le sait, d’une sévérité plus grande ; on y trouve cependant encore un empiècement à beaux caractères pseudo-hébraïques sur la dalmatique de saint Laurent, dans la Madone entourée de Saints (corridor du premier étage) ; et plus tard, dans le studio de Nicolas V au Vatican, Saint Laurent faisant l'aumône portera de même une broderie en caractères romains : IESUS CRISTUS.
Filippo Lippi, qui suit l'Angelico dans sa prédilection pour les ornements cursifs, y mêle aussi des caractères gothiques (Madone trônant et Saints, Couronnement de la Vierge, aux Uffizi), et la même tendance se transmet encore à ses seguaci, Pier Francesco Fiorentino ou même Neri di Bicci.

Gentile da Fabriano contribue, avec son Adoration des Mages de 1423, à donner à Florence de beaux exemples de caractères coufiques ; on en trouve sur un baudrier, sur l’écharpe dont se pare à gauche une suivante de la Vierge — et dans laquelle le peintre a sans doute pris plaisir à copier une
étoffe d’Orient, — sur les auréoles. Mais le même peintre brode des inscriptions gothiques en bordure des manteaux, dans la Vierge adorant l’Enfant du Musée Civique de Pise, dans le Couronnement de la Vierge de la Brera.

D’autres exemples encore nous montreraient comment, à mesure que l’on avance vers le milieu du xvc siècle, l’usage de l’Orient de tirer des inscriptions cursives un élément ornemental amène les peintres à interpréter ainsi des caractères gothiques et même romains, et c’est là le procédé qui se répand à ce moment à peu près dans toute la peinture occidentale. Citons seulement, dans l’école florentine, quelques morceaux à sujets profanes, qui nous font voir que cette habitude n’est pas sans s’introduire dans les modes contemporaines. Le cassone de l'Académie de Florence, en nous faisant assister aux Noces Adimari Ricasoli, fait défiler de nobles dames et de jeunes gentilshommes, dont les manches sont ornées soit d’inscriptions orientales soit de caractères gothiques ; le Triomphe de l’Amour, peint sur un de ces plateaux que l’on offrait aux nouvelles accouchées et attribué à Dello Fiorentino (Pinacothèque de Turin), nous révèle aussi des caractères gothiques sur les coiffures de plusieurs personnages. On peut rapprocher de ces costumes les harnachements de chevaux dans la Bataille près de Rome, panneau de coffre qui a été attribué de façon très douteuse à Giuliano Pesello (même Musée) : il n’est pas impossible que l’on puisse y déchiffrer une signature ou une inscription offrant un sens.

Le même mélange d’écritures se poursuit après Barna dans la peinture siennoise : dans le triptyque de Vecchietta, par exemple, la Madone trônant, accompagnée de Saints (Uffizi), des caractères romains apparaissent au milieu de l’enchevêtrement des broderies.Vers la fin du xve siècle, une nouvelle évolution se produit dans le caractère de ces ornements cursifs. Si des lettres gothiques et plus encore romaines apparaissent de plus en plus mêlées aux hiéroglyphes pseudo-coufiques, il y a d’autre part une dérivation qui s’opère. Les grimoires graphiques prennent de plus en plus l’aspect d’entrelacs, de nœuds, et certainement dans cette interprétation ornementale nouvelle on peut voir une influence des caprices de dessin mis à la mode par Léonard, et qui sont eux-mêmes inspirés d'exemples orientaux, soit des inscriptions musulmanes décoratives, soit des entrelacs apportés par la sculpture barbare ou les miniatures médiévales. Ces caractéristiques semblent se préciser aux environs de 148o et s’indiquer peut-être d’abord chez Ghirlandaio (parures de la Madone des Ingesuati, aujourd’hui aux Uffizi ; bordure du tapis sur lequel siège S. Zanobi dans la fresque du Palais de la Seigneurie). Mais ce sont les Ombriens qui adoptent à peu près généralement ces formes nouvelles de décor cursif. Signorelli, tandis qu'il sème abondamment de caractères latins les bordures de vêtements, dans la Madone entre Saint Pierre et Saint Paul (Compagnie de S. Niccolô, Gortona) ou la Madone allaitant l’Enfant (Brera), donne en même temps un plein développement aux broderies formées de nœuds, dans ces deux mêmes tableaux ainsi que dans bien d’autres : citons, par exemple, la Conception (Cathédrale de Cortona), la Crucifixion (Pinacothèque Communale, Borgo Sansepolcro), la Madone en gloire entourée de Saints (Pinacothèque d’Arezzo), Y Adoration des Mages (Louvre), ou la Madone entre quatre Saints (Brera) où le piédestal du trône de la Vierge, de même que la tenture de fond, sont couverts de nœuds enchevêtrés. Pérugin et Pinturicchio héritent des mêmes tendances. Pour le premier, relevons des caractères romains ornemanisés dans la Madone des disciplinaires (Pinacothèque, Pérouse), qui date de 1497, et des nœuds dans la Vierge adorant l’Enfant (Uffizi) ou Y Assomption (SS. Annunziata, Florence). Le second use de la première forme dans la Madone de la Collection Gardner (Boston) et développe particulièrement l’autre : on la reconnaît dans la Dispute de Sainte Catherine (Appartements Borgia), où le vaste collet d’un personnage vu de dos s’orne de nœuds entrelacés, très probablement d’après le modèle tout à fait analogue qu’avait donné Signorelli avec un personnage de Y Adoration des Mages, peinte peut-être pour Città di Castello (le tableau du Louvre). Le même décor se retrouverait chez Pinturicchio dans les fresques de la Librairie de Sienne et ailleurs encore. La même habitude d’école se montre aussi dans le Cenacolo du Monastère de Foligno, à Florence, pour les galons de vêtements et la bordure de la nappe, et c’est dans ces habitudes ornementales que s’est formé Raphaël, et ce sont elles qu’il conservera. La Madone entre Saint Jérôme et Saint François (Musée de Berlin) découvre des caractères latins sur la manche de la Vierge, des nœuds sur son corsage et sur le coussin où repose l’Enfant ; la Madone Cowper utilise les caractères romains pour former la date et la signature en initiales ; la Vierge Ansidei (National Gallery) porte sur son corsage des broderies en forme de nœuds ; et dans la Dispute du Saint-Sacrement, ce sont, encore des entrelacs noués qui ornent le parement de l’autel et des chapes d’évêques. Sur cette influence orientale particulière, une analyse méthodique nous permet donc de formuler des conclusions. Les caractères coufiques pénètrent dans la peinture toscane avant la fin du xni siècle, par l’exemple des tissus importés, et il y a d’abord tendance à une affection plus marquée pour ce décor dans l'école siennoise. Une recrudescence se produit, spécialement peut-être à Florence, au commencement du xve siècle. Par conséquent, les causes de cette influence persistent et tendent même à s’accroître à cette époque, c’est-à-dire que les importations d’objets d’usage, et notamment d’étoffes à décors coufiques (surtout sans doute des écharpes, comme on en peut voir des exemples chez les peintres) augmentent. Il ne s’agit pas de la force acquise une fois pour toutes par une tradition décorative de provenance musulmane, qui aurait pu s’introduire, par exemple, par des miniatures ou des spécimens de décoration venus de Sicile ou de l’Italie méridionale. En pareil cas, en effet, le même phénomène se retrouverait plus abondamment dans un pays où l’influence arabe est encore plus constante, c’est-à-dire dans la peinture espagnole, — ce qui ne se vérifie pas.

En outre, une telle influence irait en décroissant, et non en s’affirmant, comme nous l’avons vu, à travers le xvc siècle. Il y a donc ici dans la peinture toscane autre chose qu’un fait d’ordre européen, il y a conditions particulières et effet particulier.
Ce n’est qu’au moment où cette influence s’altère, vers le milieu du xve siècle, qu’elle va retrouver les manifestations que l’on peut observer dans le reste de l’Europe occidentale : mais il y a toute une première période dont l’importance ne se révèle qu’en Toscane.
Dans les vingt dernières années du xve siècle, les types originels se dénaturent à nouveau, bien que l’inspiration en demeure sensible, et nous avons vu que ces nouvelles formes décoratives se prolongent au xvie siècle.

GUSTAVE SOULIER

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SOURCES ET LIENS.

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— Extrait de l'émission Des Racines et des Ailes : la restauration des vitraux du chœur avec Antoine Le Bihan et Marie-Suzanne de Ponthaud

https://www.youtube.com/watch?v=0LbuTIMc1pU

La Bretagne au cœur, émission de France 5 le 3 mars 2010.

— Blog du maître-verrier Le Bihan à Quimper : la restauration des 3 vitraux du chœur

https://www.youtube.com/watch?v=0LbuTIMc1pU

—ABGRALL (Jean-Marie), 1897, La Roche-Maurice La Martyre Ploudiry Livre d'or des églises de Bretagne. Edition d'Art, 1897. Description : In-8, 8 pages plus 8 photos,

 

BARRIÉ (Roger), 1976, Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Année 1976 Volume 83 Numéro 1 pp. 35-44

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

 

BARRIÉ (Roger), 1978, Etude sur le vitrail en Cornouaille au XVIe siècle. Thèse de troisième cycle. UHB. UER des Arts. Rennes, 2 tomes

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

Note : on y lit "Verrière de la Passion due à Jost de Negker et datant de 1535 (N. de l'E. : L'attribution du vitrail de La Martyre à Jost de Negker est aujourd'hui controversée). "

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

COUFFON (René), 1945, La peinture sur Verre en Bretagne au XVIe siècle", Mémoires de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne. page 35

http://www.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffaede742.09604269/1945_02.pdf

FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

 

GATOUILLLAT (Françoise), HEROLD ( Michel Hérold), 2005, Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005, 365 p. (Corpus vitrearum France, série complémentaire. Recensement des vitraux anciens de la France, VII) pages 144-146.

KERDREL (Audren de), 1880, « Rapport sur les excursions faites à La Martyre, La Roche-Maurice et Pencran pendant le congrès de Landerneau » in Bulletin archéologique de l'Association bretonne page 382

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074767/f424.item.zoom

« Les vitraux du collatéral nord portent la date de 1562, et non celle de 1567, comme l'a lu M. de Courcy. Ils sont remarquables de dessin et de couleur, et nous avons surtout admiré la scène du crucifiement parfaitement conservée et d'un faire très pur. Un personnage, portant une cotte d'armes, de gueule semée de macles, à genoux auprès d'un évêque , son patron sans-doute, a particulièrement attiré notre attention. C'est évidemment un Rohan. »

 

KEROUANTON (Abbé), 1933, « Notice sur La Martyre », in “Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1933,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 1 janvier 2017,

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/264

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Une famille de verriers en Bretagne [les Le Sodec]

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3062028.html

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Jost de Negker, un mythe qui a la vie dure

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/70

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques,Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages, 4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. Page 249.

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/248/mode/2up

 

— POTIER DE COURCY, mention des vitraux de la Martyre in Bulletin archéologique de l'Association bretonne 1849 page 23

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074644/f24.item.zoom

RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149.

https://en.wikipedia.org/wiki/La_Martyre_Parish_close

— APEVE, "La Martyre" sur le site de l'Association :

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=3&id_article=99

SPREV (Sauvegarde du Patrimoine Religieux En Vie)

http://www.sprev.org/centre-sprev/la-martyre-eglise-saint-salomon/

— Topic-topos

http://fr.topic-topos.com/crucifixion-la-martyre

— Autres sites :

http://www.lamartyre.fr/patrimoineet.php

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Published by jean-yves cordier - dans La Martyre Vitraux
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 18:23

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Les chapiteaux du chœur ne peuvent être plus anciens que les années 1450 de la construction du chœur.

 

Datation de l'église, d'après J-J. Rioult 2009.

Datation de l'église, d'après J-J. Rioult 2009.

Pparmi des larges feuilles et des fleurs, on  y voit divers animaux, peut-être rassemblés par le thème de la chasse puisqu'on trouve aussi un homme soufflant dans une trompe (un veneur). En débutant sa visite par le coté nord, c'est un chien bas sur pattes et aux longues oreilles qui apparaît, la truffe pointée vers le sol.

 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Puis un lièvre, vu de dessus.

 

 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Le sonneur de trompe.

 

 

 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Un cochon (un sanglier).

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Un lion et ses deux corps.

 

 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Un cerf, et ses deux corps.

 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VII. Les chapiteaux du chœur.

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

 Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Les chapiteaux de l'église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

 

— FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

— LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques,Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

 

— RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149. 

https://en.wikipedia.org/wiki/La_Martyre_Parish_close

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:La_Martyre_(29)_%C3%89glise_Saint-Salomon_Int%C3%A9rieur_16.JPG

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:La_Martyre_(29)_%C3%89glise_Saint-Salomon_Int%C3%A9rieur_15.JPG

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:La_Martyre_(29)_%C3%89glise_Saint-Salomon_Int%C3%A9rieur_13.JPG

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 10:49

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La charpente du bas-coté nord (qui a été élargi en 1560) est étayée par des poutres sculptées, et des sablières polychromes courent tout le long du coté nord. La sablière du coté opposé a été déposée et remplacée en 1883. Le lambris a été remplacé en février 1889. Les sablières du coté nord appartiennent aux plus anciennes du Léon.

Fons de Kort, qui en donne une description détaillée,  en a proposé le relevé suivant :

 

Sablières de La Martyre, dessin de Fons de Kort (droits reservés) .

Sablières de La Martyre, dessin de Fons de Kort (droits reservés) .

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I. Masques, entrelacs et cuirs.

 

 

 

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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II. Deuxième travée : scènes de la vie de Jésus et de Marie.

Baptême du Christ / Adoration des Mages / Annonciation / Visitation / Nativité.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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1. Baptême du Christ.

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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2. Adoration des Mages.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

 

3. Annonciation.

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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4. Visitation.

 

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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5. Nativité.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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III. Procession de funérailles .

Viennent d'abord les amis du défunt , et le fossoyeur avec sa pelle. Un corbillard tiré par trois chevaux est mené par un homme portant une cloche. Devant lui, trois prêtres, un porteur de croix et des parents s'apprêtent à rentrer dans l'église. 

Le premier groupe est néanmoins étrange : le "fossoyeur" est une femme, agenouillée, et celle qui la suit est prosternée au sol.  

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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IV. Masques et putti.

Cinq putti, ou nymphes, écartent les bras, à demi-allongées dans les sofas que constituent les volutes d'une frise d'entrelacs et de masques (lions et têtes de jeunes gens).

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.
L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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V. Labourage. 

Fons de Kort a identifié ici un épisode de la vie de saint Isidore, "où un ange prend sa place à la charrue tirée par quatre chevaux et deux bœufs, conduits par un homme un fouet à la main. Enfin un prêtre ou un clerc, tenant un livre et un ciboire avec une banderole portant les lettres R.M.N.  sans doute Rohan Magister Nostrum.". Pour l'abbé Kerouanton, ce prêtre est saint Isidore, en prière.

"Un intérêt supplémentaire de cette scène est la représentation d'une charrue utilisée en Bretagne du Moyen-Âge à la fin du XIXe siècle. Entièrement en bois, y compris le soc en forme de cône et dont la pointe pénétrait en terre sans la couper, elle comprend en outre une planche de bois droite sans inclinaison, le versoir et deux mancherons". (Fons de Kort). Une scène analogue s'observe sur une sablière de l'église de Tréhou, à quelques kilomètres de La Martyre. 

L'attelage comprend d'abord un couple de chevaux, puis un couple de bœuf, puis un couple de chevaux.

Je doute que les initiales RMN fassent mention du nom des Rohan. Peut-être Révérend Messire N., initiale du nom du recteur.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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VI. Décor végétal, musiciens et masques.

Deux joueurs de cornemuse occupent les deux coins. Au centre, des rinceaux à grappes de fruits s'achèvent en museaux de bêtes grimaçantes,  tenus par un homme barbu, et incluant deux autres personnages.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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VII. Rinceaux et entrelacs. 

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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VIII. Masques et rinceaux.

Entre deux masques de profils tirant la langue, une tête centrale réalise le motif très fréquent d'une bouche d'où s'échappent de chaque coté des tiges. Ces dernières se transforment en oiseaux qui viennent picorer de leur bec l'oreille du masque central. Deux cornes d'abondance proviennent aussi de ces tiges.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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Blochet : saint homme barbu tenant un phylactère.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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LES POUTRES.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières.

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SOURCES ET LIENS.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

 

DELORME (Philibert), 1567  Le premier tome de l'architecture de Philibert de L'Orme conseillier et )aumosnier ordinaire du Roy, & abbé de S. Serge lez Angiers , Paris, Federic Morel http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85636g/f1.double

FONS DE KORT, s.d, [1975], La Martyre, l'église, par Fons de Kort.

— ​​​​​​KEROUANTON (abbé) / PÉRÉNES (Henri), 1931, Notice sur La Martyre, Bulletin Diocésain d' Histoire et d' Archéologie  page 173 ; page 225 ; page 281.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1931.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

— LÉCUREUX (Lucien), 1919, "La Martyre", Congrès archéologique de France : séances générales tenues ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, Société française d'archéologie. Derache (Paris) A. Hardel (Caen)  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f166.image

PEYRON (Paul), 1891, "La Martyre et sa foire", in Bulletin de la Société archéologique du Finistère T. XVIII pages 129-139.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f204.item

— RIOULT (Jean-Jacques), 2009, La Martyre, église Saint-Salomon Paris : Société française d'archéologie, 2009 , 7 p. : ill. en noir et blanc, couv. ill en coul. ; 27 cm. (Congrès archéologiques de France, ISSN 0069-8881) In : Congrès archéologique de France, 165e session, 2007 : Finistère / Société française d'archéologie, p. 143-149. 

— SPREV :

http://www.sprev.org/centre-sprev/la-martyre-eglise-saint-salomon/

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