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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 23:50

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Je vous propose de regarder ces deux tapisseries de l'Histoire de Diane comme une histoire très humaine et, quoique de tout temps, très contemporaine :  celle d'une femme qui, en prise avec  la colère et la jalousie d'une rivale suffisamment puissante pour la condamner à l'exil (cela pourrait être une grande puissance, ou la vox populi) doit fuir, sans trouver la moindre terre d'accueil pour donner naissance à ses enfants. Les griffes de Python, son souffle de feu, ses ailes pourraient, à notre époque, avoir des allures bien plus martiales et bien plus terribles encore.    C'est sur une île grecque, Délos, que la malheureuse Latone, à qui toute terre et toute mer sont interdites, va trouver refuge.

Elle y accouche de deux enfants qui cumulent à eux deux toutes les bénédictions du monde, mais bientôt, arrivée dans le sud de la Turquie, la population autochtone lui est si hostile qu'on lui refuse même l'eau de l'étang, dont elle veut désaltérer ses enfants. C'est l'épisode que le fameux Bassin de Latone, devant le château de Versailles, a fait connaître à des millions de touriste : les paysans de Lycie, maudits par la migrante désespérée, sont transformés en grenouille.

Au miroir des Métamorphoses d'Ovide, deux amants magnifiques, Henri II et Diane de Poitiers ont pu , au XVIe siècle, se reconnaître et se dissimuler derrière les masques de Diane et d'Apollon. 

Mais aujourd'hui, que voyons-nous à ce miroir écrit par cet auteur romain qui fut, par disgrâce, condamné à l'exil sur une île de la Mer Noire, et qui y mourut après avoir écrit Les Tristes ?

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Note : je me suis copieusement inspiré de l'article, qui fait référence, de Nello Forti Grazzini,  paru en 2007 dans la Revue du Louvre.

Le Musée d'Ecouen présente,depuis leur acquisition en 2007 suivie de leur restauration, les deux premières pièces d'une tenture intitulée l'Histoire de Diane :  la Conception de Diane et Apollon, avec Latone mise en fuite par le serpent Python, et La Naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires.

 

Les cartons originaux de cette célèbre tenture, comprenant au moins dix tapisseries, furent probablement commandés par Henri II pour Diane de Poitiers en 1550 auprès des artistes de l’Ecole de Fontainebleau, notamment Jean Cousin le Vieux (1490-1560), peintre à Sens puis à Paris (ou, pour les autres pièces que celles d'Ecouen,  peut-être d'après des gravures d'Etienne Delaune d'après Lucca Penni ). L'attribution des cartons à l'atelier de Jean Cousin se fonde sur des rapprochements stylistiques avec les trois tapisseries restantes de la tenture de l'Histoire de Saint Mammès, pour la cathédrale de Langres (1543).    La tenture  était selon toute probabilité destinée à orner la grande galerie du château d'Anet (Eure-et-Loir) de la favorite du roi.  La tenture a été tissée par un atelier parisien — sans-doute celui de Pierre II Blasse et Jacques Langlois — en un seul exemplaire. Quatre pièces appartenant aux collections du château d'Anet ont disparu dans l'incendie, en 1997, de l'atelier de restauration où elles étaient entreposées ("Diane pleurant la mort d'Orion" ; "Les paysans de Lycie transformés en grenouille" ; "Diane sauvant Iphigénie du supplice" "La mort de Méléagre") . Les quatre autres pièces sont exposées pour deux d'entre elles, au Metropolitan Museum de New York ("Le blasphème de Niobé" ; "La Noyade de Britomartis"), une au Musée des Antiquités de la Seine-Maritime à Rouen (« Diane implore de Jupiter le don de chasteté »), et la dernière dans une collection privée américaine ("Le triomphe de Diane", New-York).

Tapisseries en laine et soie, 4,65 x 2,92 m (pour les pièces du Metropolitan Museum, recoupées en "portières") et 4,66 x 4,23 m (Anet) ou 4,64 x 4,07 m (Rouen), 4,55 x 3,50 m (La Conception de Diane et Apollon), 4,70 x 3,50 m (La Naissance de Diane).

 "Elles sont tissées dans une trame de laine et de soie sur une chaîne plutôt fine. Ceci explique l'extrême précision du rendu des détails. Les scènes et les bordures présentent les mêmes teintes que les autres pièces, graduées par de multiples nuances dans un spectre de couleurs restreint : brun, marron, vert, bleu, crème, jaune d'or. Le rouge est utilisé avec parcimonie, tout comme le rose, pour rehausser le manteau des figures." (Grazzini 2007)

Les sujets sont tirés :

a) des Métamorphoses d'Ovide : Livre VI : "Conception de Diane". "Naissance de Diane". "Le Blasphème de Niobé". Livre I : "Diane implore de Jupiter le don de chasteté". 

b) du Poetica Astronomica d'Hygin : "La Mort d'Orion".

c) De l'Hymne à Artémis de Callimaque : "Diane implore ..." et "La Mort de Britomarchis"

d) Ciris, poème du Pseudo-Virgile, pour "La Mort de Britomarchis", certainement tiré de G.L. Giraldi, De Deis gentium varia multiplex istoria, Bâle, 1548.

e) Des "Triomphes" de la Renaissance, comme le Triomphe de Diane gravé dans l'édition de 1546 de l'Hypnerotomachia Polophili de Francesco Colonna : "Le Triomphe de Diane".

 4.64 m
Largeur : 4.07 m
 4.64 m
Largeur : 4.07 m

 

 

I. LA CONCEPTION DE DIANE ET APOLLON ; LATONE MISE EN FUITE PAR LE SERPENT PYTHON. Inv. Ec.1877. Laine et soie, chaine : 7 fils par cm. H : 4,55 ; L. : 3,50. ÉCOUEN, Musée national de la Renaissance.

Cette première pièce illustre les amours du dieu Jupiter et de la nymphe Latone, et la colère de Junon qui, jalouse, met en fuite sa rivale depuis son char traîné par quatre paons en envoyant le serpent Python, qui prend ici la forme d'un dragon. Jupiter et son aigle lui viennent en aide en faisant surgir l'île de Délos sur laquelle elle pourra se réfugier.

Elle est inspirée du Livre VI des Métamorphoses d'Ovide, mais il s'agit d'un passage très bref :

 

Ovide Métamorphoses Livre VI 185-94 et suiv.

« ...la fille de Céus, je ne sais quel Titan, Latone, qui jadis ne put trouver, sur le vaste sein de la terre, un peu de place pour mettre au monde ses enfants. Le ciel, la terre et l'onde refusèrent un asile à votre déesse ; elle fut exilée de l'univers jusqu'au moment où, par pitié, Delos lui dit, pour arrêter sa course vagabonde : «Toutes deux étrangères, nous errons, toi sur la terre, moi sur les mers». Et elle lui donna un abri flottant, où Latone devint mère de deux enfants, à peine la septième partie de ceux que mes flancs ont portés. »

 

 Fille du titan Céus et de Phébée, Latone est la mère de Diane et Apollon, deux jumeaux nés de sa brève liaison avec Jupiter. La tapisserie représente à gauche l'étreinte dans un sous-bois d'olivier de Latone et de Jupiter, qui a posé à coté de lui sa foudre. Mais le dieu est surpris par son épouse Junon, qui survole le couple de son char. Furieuse de l’infidélité de son époux et de la grossesse de Latone, et folle de jalousie, elle décrète qu’aucune terre éclairée par le soleil et aucune mer ne pourra l'accueillir pour son accouchement . Elle charge enfin le serpent Pytho de pourchasser sa rivale.

 

 

 

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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Les vers qui coiffent la composition (un dizain d'hexasyllabes) seraient du poète Pontus de Tyard, poète de la Pléiade, ce qui pose la question de son influence éventuelle sur le choix des scènes représentées. Cette attribution repose sur le fait que le poète participa en 1550, avec Jacques de Vintimille et Gabriel Syméoni  à un projet de décoration du château d'Anet, que Philibert Delorme construisait alors pour Diane : ses Douze Fables de Fleuves ou Fontaines.

"Qui de Diane admire le pouvoir et de ses faits  "

QVI DE DIANE ADMIRE LE POVVOIR

ET DE SES FAITZ COGNOISTRE PRET  ENVIE

EN CE QVI EST CY DEPAINCT POVRRA VEOIR

SA -OLITE SA NAISSANCE ET SA VIE .

EN VN GRANT BOYS SA MERE POVRSVYVIE

DE IVPITER EST ENCEINT ET FORCEE.

DEQVOY IVNO IALOVSE ET COVRROVCEE

CREA PYTHO SERPENT POVR LENGLOVTIR

MAIS SVR LA PIERRE EN FUVYANT SEST LANCEE

QUE DIEV EN ISLE AVOIT FAICT CONVERTIR

Ce texte renvoie à trois sources littéraires au moins : les Métamorphoses d'Ovide, les Fables d'Hygin, et l'Hymne à Délos de Callimaque. 

Callimaque est un poète  d'Alexandrie (305-240 av. J.C) qui s'inspire des Hymnes Homériques et des hymnes cultuels épigraphiques ; grec,  il célèbre Artémis et Léto, et non les équivalents romains Diane et Latone. Son Hymne à Délos et son  Hymne à Artémis sont précédées de l'Hymne à Zeus. L'édition princeps des Hymnes de Callimaque avait été publiée en 1494 à Florence par Jean Lascaris. Or, ce dernier a été ensuite chargé par François Ier de constituer avec Guillaume Budé la Bibliothèque de Fontainebleau : les artistes de l'école de Fontainebleau pouvaient donc consulter cette édition. Elles influencèrent les Hymnes (au masculin) de Ronsard (1555 et 1556) qui en appliqua la visée de célébration non plus aux dieux, mais aux rois et aux princes. Alde Manuce donna en 1513 à Venise une copie de l'édition de Lascaris. Puis vint l'édition de Frobenius à Bâle en 1532 ; celle de Michael Vascosanus à Paris en 1549. Mais les traductions du grec en latin n'étaient pas disponibles au XVIe siècle, et a fortiori les traductions en français, bien plus tardives. Callimaque appartient à la pléiade grecque, (avec Lycophron, Théocrite, Aratus, Nicandre, Homère le jeune, Apollonius de Rhodes) , qui vivaient sous Ptolémée Philadelphe : il ne pouvait être indifférent à la pléiade française  formée par Ronsard, Joachim du Bellay, Pontus de Tyard, Jodelle, Belleau, Baïf et Dorat.

Callimachus, Hymni,  graece, cum scholiis graecis, cura J. Lascaris,Firenze, Lorenzo d'Alopa 34 p. en deux parties in-4.  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70517h

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L'étreinte de Jupiter et de Latone.

Elle est représentée comme une rencontre voluptueuse dans un bois non loin de la mer, entre un chêne (attribut de Jupiter) et un poirier. Le dieu est resté couronné mais il a laissé son saint-frusquin ( éclair, trait de foudre ) pour embrasser Latone assise nue entre ses jambes. 

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La colère de Junon, qui surprend les amants en flagrant délit, est terrible , et toute aussi terrible fut la fuite de Latone : la voici qui essuie, pays après pays, terre après terre, ville après ville, île après île, des refus embarrassés mais soumis et des expulsions sans appel :

"Tu ne craignis donc point la colère de Junon ? Son terrible courroux éclatait contre toutes les maîtresses qui donnaient des enfants à Jupiter, mais surtout contre Latone, à qui le Destin promettait un fils que son père devait préférer à Mars même. Furieuse et transportée de rage, elle-même repoussait du ciel cette Nymphe en travail, tandis que par ses ordres deux gardiens attentifs l'observaient sur la terre. Du sommet de l'Émus, l'impitoyable Mars, tout armé, veillait sur le continent, et ses coursiers paissaient dans l'antre aux sept bouches qui sert de retraite à Borée, pendant qu'Iris du haut du Mimas veillait sur les îles.
De là ces deux divinités menaçaient toutes les villes dont Latone approchait et leur défendaient de la recevoir.  Ainsi vit-elle fuir devant elle l'Arcadie et le mont sacré d'Auge ; ainsi vit-elle fuir l'antique Phénée et toutes les villes du Péloponnèse voisines de l'Isthme : Égialée resta seule avec Argos ; Latone n'osait point approcher de ces lieux arrosés par un fleuve trop aimé de Junon. Ainsi vit-elle fuir l'Aonie  avec Dircé et Strophie que leur père, le sablonneux Ismène, entraînait avec lui. Asope les suivit, mais de loin, d'un pas tardif et tout fumant encore des coups de la foudre ; et l'indigène Mélie, épouvantée de voir l'Hélicon secouer sa verte chevelure, quitta ses danses, pâlit et trembla pour son chêne. O Muse ! O ma déesse ! les Nymphes en effet sont donc nées avec les chênes ? Les Nymphes du moins se réjouissent quand la rosée ranime les chênes, et les Nymphes pleurent quand les chênes dépouillent leur feuillage.
Phébus indigné, quoique encore au sein de sa famille, adresse à Thèbes ces menaces qui n'ont point été vaines : "Pourquoi, malheureuse Thèbes, m'obliger à dévoiler déjà ton destin ? Ne me force point à prophétiser ton sort. Pytho ne m'a point encore vu m'asseoir sur le trépied, et son terrible serpent n'est point mort : ce monstre barbu rampe encore sur les rives de Plistus, et de ses replis tortueux embrasse neuf fois le Parnasse que couvrent les neiges. Toutefois je te le prédis ici plus clairement que du pied de mon laurier : fuis ; mais bientôt je t'atteindrai ; bientôt je laverai mes traits dans ton sang ; garde, garde les enfants d'une femme orgueilleuse : ni toi ni le Cithéron ne nourriront point mon enfance. Phébus est saint ; c'est aux saints à lui donner un asile."
    Il dit, et Latone retourna sur ses pas ; mais les villes d'Achaïe, mais Hélice, l'amie de Neptune, et Bure, retraite des troupeaux de Dexamène, le fils d'Oïcée, l'avaient déjà repoussée : elle s'avança vers la Thessalie. Vain espoir ! le fleuve Anaurus, la ville de Larisse, les antres du Pélion, tout s'enfuit, et le Pénée précipita son cours au travers des vallons de Tempé.
Cependant ton cœur, ô Junon ! était encore inflexible. Déesse inexorable, tu la vis sans pitié étendre ses bras et former vainement ces prières : "Nymphes de Thessalie, filles du Pénée, dites à votre père de ralentir son cours impétueux ; embrassez ses genoux, conjurez-le de recevoir dans ses eaux les enfants de Jupiter. O Pénée ! pourquoi veux-tu l'emporter sur les vents ? O mon père ! tu ne disputes point le prix de la course ! Es-tu donc toujours aussi rapide ou ne le deviens-tu que pour moi ? Et n'est-ce qu'aujourd'hui que tu trouves des ailes ? ...  Hélas ! il est sourd... Fardeau que je ne puis plus soutenir, où pourrai-je vous déposer ? Et toi, lit nuptial de Philyre, ô Pélion ! attends-moi donc, attends ; les lionnes mêmes n'ont-elles pas cent fois enfanté leurs cruels lionceaux dans tes antres ?"
Le Pénée, l'œil humide de pleurs lui répond : "La Nécessité, Latone, est une grande déesse. Je ne refuse point, vénérable immortelle, de recevoir vos enfants : bien d'autres mères avant tous se sont purifiées dans mes eaux. Mais Junon m'a fait de terribles menaces. Voyez quel surveillant m'observe du haut de ces monts ; son bras, d'un seul coup me peut accabler. Que ferai-je ? Faut-il me perdre à vos yeux ? Allons, tel soit mon destin ; je le supporterai pour vous, dussé-je me voir à jamais desséché dans mon cours, et seul de tous les fleuves rester sans honneur et sans gloire ; je suis prêt, c'en est fait, appelez seulement Ilithye."
Il dit et ralentit son cours impétueux. Bientôt Mars, déracinant les monts allait les lancer sur lui et l'ensevelir sous les rocs du Pangée ; défié du haut de l'Émus il pousse un cri terrible et frappe son bouclier de sa lance : l'armure rend le son de la guerre, et l'Ossa en frémit ; les vallées de Cranon et les cavernes glaciales du Pinde en tremblent, et l'Émonie entière en tressaille. Ainsi, quand le géant terrassé jadis par la foudre, se retourne sur sa couche, les antres fumants de l'Etna sont tous ébranlés ; les tenailles de Vulcain, le fer qu'il travaille, tout se renverse dans la fournaise, et la forge retentit du choc épouvantable des trépieds et des vases. Tel fut le bruit horrible que rendit le divin bouclier. Pénée, toujours intrépide, demeurait fixe et retenait ses ondes fugitives ; Latone lui cria : "Fuis, ô Pénée ! songe à te garantir : que ta pitié pour moi ne fasse point ton malheur ; fuis et compte à jamais sur ma reconnaissance."
A ces mots, quoique accablée, défié de fatigue, elle marcha vers les îles mais aucune ne voulut la recevoir ; ni les Échinades dont le port est si favorable aux navires, ni Corcyre la plus hospitalière des îles. Iris menaçante, au sommet du Mimas, leur défendait d'y consentir, et les îles épouvantées fuyaient toutes à l'approche de Latone.

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Elle voulait aborder à Cos, séjour antique des sujets de Mérops, retraite sacrée de Chalciope ; mais Phébus lui-même l'en détourna. "O ma mère ! lui dit-il, ce n'est point là que tu dois m'enfanter, non que je dédaigne ou méprise cette île ; je sais qu'elle est plus qu'aucune autre fertile en pâturages et féconde en moissons. Mais les Parques lui réservent un autre dieu, fils glorieux des Sauveurs , qui aura les vertus de son père et verra l'un et l'autre continent, avec les îles que la mer baigne du couchant à l'aurore, se ranger sans peine sous le sceptre macédonien. Un jour viendra qu'il aura, comme moi, de terribles assauts à soutenir, lorsque empruntant le fer des Celtes et le cimeterre des Barbares, de nouveaux Titans , aussi nombreux que les flocons de la neige ou que les astres qui peuplent un ciel serein, fondront des extrémités de l'occident sur la Grèce. Ah ! combien gémiront les cités et les forts des Locriens, les roches de Delphes, les vallons de Crissa et les villes d'alentour, quand chacun apprendra l'arrivée de ces fiers ennemis non par les cris de ses voisins, mais en voyant ses propres moissons dévastées par le feu ; quand, du haut de mon temple, on apercevra leurs phalanges et qu'ils déposeront auprès de mon trépied leurs épées sacrilèges, leurs larges baudriers et leurs boucliers épouvantables, qui toutefois serviront mal cette race insensée de Gaulois, puisqu'une partie de ces armes me sera consacrée et que le reste, sur les bords du Nil, après avoir vu ceux qui les portaient expirer dans les flammes, sera le prix des travaux d'un prince infatigable ! Tel est mon oracle ; ô Ptolémée ! et quelque jour tu rendras gloire au dieu qui, dès le ventre de sa mère, aura prophétisé ta victoire. ." (Callimaque, Hymne à Délos).

Elle bénéficie pourtant de la protection de  Jupiter, dont on aperçoit dans les nues l’aigle armé du foudre.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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Rejetée de partout par Python, Latone arrive sur l’île déserte de Délos, alors appelée Ortygie, perdue au milieu de la mer Egée. Elle  suit ainsi le conseil de son fils qui s'adresse à elle in utero :

"Pour toi, ma mère, écoute mes paroles : il est au milieu des eaux, une petite île remarquable, qui erre sur les mers ; elle n'est point fixe en un lieu, mais, comme une fleur, elle surnage et flotte au gré des vents et des ondes : porte-moi dans cette île, elle te recevra volontiers" 

"Ainsi parla Phébus, et les îles fuyaient toujours. Mais toi, tendre et sensible Astérie, quittant naguère les rivages de l'Eubée, tu venais visiter les Cyclades et tu traînais encore après toi la mousse du Géreste. Saisie de pitié à la vue d'une infortunée qui succombait sous le poids de ses peines, tu t'arrêtes et t'écries : "Junon menace en vain ; je me livre à ses coups. Viens, Latone, viens sur mes bords."
Tu dis, et Latone, après tant de fatigues, trouve enfin le repos : elle s'assied sur les rives de l'Inopus, qui chaque année grossit son cours dans le même temps où le Nil tombe à grands flots des rochers d'Ethiopie. Là, détachant sa ceinture, le dos appuyé contre le tronc d'un palmier ; déchirée par la douleur la plus aiguë, inondée de sueur et respirant à peine, elle s'écrie : "Pourquoi donc, cher enfant, tourmenter ta mère ? ne suis-je pas dans cette île errante que tu m'as désignée ? Mais, ô mon fils ! nais, et sors avec moins de cruauté de mon sein.
(Callimaque, Hymne à Délos)

Python est l'un de ces monstrueux et fantastiques dragons chers au goût maniériste, introduits surtout par Jules Romain à Mantoue, puis par Primatice, son disciple, qui les diffusa avec succès en France à Fontainebleau. De couleur bleuâtre, ailé, doté d'un long cou et de pattes de félins, il exhale des flammes et de la fumée par sa gueule ouverte.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

 

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Latone porte sur elle le manteau rouge moiré de jaune et la robe bleu-métal qu'on voyait  dans le bosquet de son rendez-vous galant. Ses seins découverts disent l'urgence de sa course, mais cette précipitation dans la fuite n'est qu'un prétexte pour peindre Latone en femme sauvage, qui préfigure Diane chasseresse, ou même sa protégée Camille reine des Volques : impossible de ne pas évoquer les vers fameux de Virgile qui décrit ainsi cette dernière dans L'Énéide VII, 810 :

proelia uirgo dura pati cursuque pedum praeuertere uentos.

[...] uel mare per medium fluctu suspensa tumenti

ferret iter celeris nec tingueret aequore plantas.

"ou, suspendue à une vague gonflée, elle aurait pu marcher en pleine mer, sans y tremper la plante de ses pieds agiles".

a) La ceinture a un rôle attributif : elle n'est portée que par les femmes nubiles, et l'expression "détacher sa ceinture" signifie soit se mettre nue (pour le bain), soit perdre sa virginité. Lors de la première nuit de noce, une divinité portant le nom de Cinxia (du latin cingulus, "ceinture")  était invoquée pour présider au dénouement de la ceinture de l'épousée. Ce fut ensuite une épithète de Junon, Juno cinxia. C'est donc un symbole de virginité. Sous le nom d'Artémis Lysizonos ("à la ceinture dénouée"), Diane/Artémis assistait les femmes en couche. Les jeunes filles offraient leur ceinture à Diane.

  Latone, dans  Callimaque, détache sa ceinture pour accoucher. La couleur dorée de la ceinture de Diane est spécifiée par l'auteur grec. 

b) La robe bleutée est transparente. Elle est fixée par un pendentif où est serti un cabochon  de saphir à un cordon passant autour du cou.

c) La coiffure est complexe ; elle était déjà visible dans la scène de l'étreinte. Elle est maintenue par un diadème en or où brille un saphir. Elle rassemble des tresses au dessus du crâne comme un chignon, laisse échapper des mèches sur le front, en fixe d'autres près de l'oreille par un nouveau saphir, tandis que des mèches très ondulées tracent comme un sillage témoignant de la rapidité de la course. On retrouve une coiffure semblable dans Eva Prima Pandora de Jean Cousin (1550) et dans d'autres œuvres de l'école de Fontainebleau (Diane chasseresse, Louvre ) ou dans la statuaire romaine (Artémis à la biche).

d)  deux agrafes retiennent (à peine) les pans de la robe sur la cuisse droite.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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Les cartouches et les bordures.

 

1°) La bordure latérale droite:

On y trouve de bas en haut :

— Deux Deltas majuscules enchâssés, avec des arcs et des flèches, représentant l'initiale de Diane (ou de Diane de Poitiers) et ses attributs de déesse chasseresse. Les flèches s'entrecroisent, de même que les arcs, auxquels est noué un ruban, multipliant ainsi les allusions  à la relation duelle de l'amour.

— Trois croissants lunaires, autre attribut de Diane, la déesse nocturne Artemis, mais aussi emblèmes de Henri II.

— Dans un médaillon de douze croissants, le monogramme de deux G en miroir. On y décrypte les chiffres des Grillo de Gènes, qui ont remplacés au XVIIe siècle les lettres HDD  d'Henri II et Diane (ou les lettres H et D pour Henri Deux ou Henri le Dauphin, H et C pour Henri et Catherine de Médicis). La tenture fut vraisemblablement  acquise au cours du XVIIe siècle par le marchand et financier Génois Francesco Grillo (1636-1703), époux de Vittoria Spinola, élevé au marquisat de Francavilla en 1692. .  Le blason des de Grille est "de gueules à la bande d'argent chargée d'un grillon de sable". Les écus de la famille Grillo et de la famille Spinola ont été retissés sur les angles des deux tapisseries du Metropolitan. 

— Suspendus et noués par un ruban, trois flèches, deux arcs, deux Deltas, deux flèches,

— Une couronne contenant trois croissants lunaires entrelacés, emblème d'Henri II.

— la reprise des motifs précédents.

— Le pilastre se termine par un petit chapiteau orné de têtes de biches sculptées, allusion à la déesse chasseresse, et de petits croissants de lune en relief

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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2°) La bordure latérale gauche.

Les pilastres y sont décorés de deux tronçons de chaîne verticaux or sur fond azur, séparés à mi-hauteur par un élément circulaire. dans les chaînes, des croissants de lune alternent avec des fermoirs d'or en forme de "e" affrontés et arrondis, perpendiculaire à l'axe. N.F. Grazzini  et LLoyd ont retrouvé ce décor "à la chaîne" sur une tapisserie tissée à Florence en 1545 par Giovanni Rost, ou sur d'autres pièces tissées à Florence et à Ferrare. Selon Grazzini, l'alternance des motifs dorés, solaires et des croissants lunaires peut faire allusion à la bipolarité Apollon / Diane et par extension Henri / Diane.

3°) Les bordures supérieures et inférieures : les inscriptions.

Les bordures supérieures imitent un fronton et une corniche de marbre blanc et jaune pâle

a) Bordure supérieure :

En partant de la gauche, après un masque alié surmonté d'un croissant, qui fait l'angle, vient une banderole avec les mots Sic immota manet . Le centre est occupé par une riche composition de fruits et légumes et de masques autour d'un cuir contenant le dizain de décasyllabes. Puis, une banderole avec les mots  non frustra Iupiter ambas. Soit :

SIC IMMOTA MANET /  NON FRVSTRA IVPITER AMBAS."Jupiter n'attend pas inutilement entre deux décisions. Ou "Jupiter ne (donne ou accorde) pas en vain les deux" . "Aussi (l'île de Délos) attend-elle confiante" ou "ainsi elle reste immobile".

Ces formules en forme de devises ne sont retrouvées que sur ces tapisseries. Sic immota manet (où le jeu de mot avec Anet a été souligné )  se réfère à la stabilisation de l'îe de Délos, errante jusqu'à l'accouchement de Latone et l'intervention de Jupiter. Ambas est la forme féminine de l'adjectif numéral  ambo, ae, o "les deux (ensemble)", "tous les deux". S'applique -t-il à deux îles ? Les auteurs y ont vu une application à Apollon et Diane, et, par extension spéculaire, à Henri II et Diane de Poitiers, confiants en la protection des dieux. 

 

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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2°) Bordure inférieure.

Elle est encadrée par des écus décorés de tête de lion. Nous  retrouvons les inscriptions précédentes, dans un ordre inversé : NON FRUSTRA JUPITER AMBAS (avec un rameau d'olivier et des palmes) et  SIC IMMOTA MANET  (avec une île, un olivier et un palmier).

Au centre, un médaillon bleu ovale montre un aigle attaquant un oiseau au dessus d'une (?) enclume. Une banderole porte les mots : NON HAEC SINE NVMINE DIVVM. Il s'agit d'une citation partielle d'un vers de l'Énéide de Virgile, Livre II vers 777 non haec sine numine divum eveniunt  "Ce n'est pas sans le vouloir des dieux que ces choses arrivent ". http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V02-559-804.html.

"L'enclume" est en réalité l'île de Délos et "l'oiseau" est une caille, illustrant le mythe d'Astérie, la sœur de Latone. Selon Apollodore, Servius dans ses Commentaires de l'Enéide de Virgile, 3, 73, ou Hygin au chapitre 53 de ses Fables, racontent qu'Astérie, poursuivie comme sa sœur par Jupiter, se transforma en caille pour échapper au dieu. Jupiter l'attaqua alors sous la forme d'un aigle, et la transforma en un bloc rocheux qui tomba en mer et y flotta sans attache, l'île d'Ortygie (du grec ortux, "caille"). Du fond de la mer,  elle aurait surgi pour secourir Latone, prenant alors le nom de Délos.

"Tu t'appelais d'abord Astérie, parce que jadis, telle qu'un astre rapide, tu t'étais élancée du ciel au fond de la mer pour échapper aux poursuites du dieu de l'Olympe ; et jusqu'au temps où l'aimable Latone se réfugia dans ton sein, tu n'avais point porté d'autre nom." (Callimaque, Hymne à Délos).  Astéria accepta d’accueillir la malheureuse mère sur son sol sans tenir compte des terribles menaces d’Héra. L’île fut récompensée pour sa courageuse décision. Elle se vit dotée de racines permettant sa fixation dans la mer (Callimaque, v. 273), elle se transforma en or (v. 260-264) et devint la plus célèbre des îles (v. 16), théâtre de fêtes permanentes, de danses et de chants exécutés en son hon­neur.

Alors que les inscriptions latérales se retrouvent sur chacune des dix pièces de la tenture, le médaillon central est différent à chaque fois. Ainsi, les pièces de New York comportent-elles : HOC TUA MORS VALUIT , et  HEI MIHI QUALIS ERAM. A Anet, on trouvait : DIGNA FIDES COELO ; VROR ET DEIGNEIS, etc.

Chaque citation peut s'appliquer au roi et à sa favorite.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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II. LA NAISSANCE DE DIANE PUIS D'APOLLON ET LEUR TRANSFORMATION EN DIVINITÉS PLANÉTAIRES. Inv. Ec.1878. Laine et soie, chaine : 9 fils par cm. H : 4,70 ; L. : 3,50. ÉCOUEN, Musée national de la Renaissance.

Latone ne pouvant donner vie ni sur terre ni sur mer, d'après la malédiction d'Apollon, accouche sur l'île de Délos. La tapisserie met en scène la naissance d'Apollon, aidé par sa jumelle Diane.

Ovide Métamorphoses Livre VI  v 332-338 :

« A peine Délos accorda-t-elle un asile à ses prières, alors que, île légère, elle voguait errante sur les mers. Là, couchée entre un palmier et l'arbre de Pallas, Latone donna le jour à deux enfants, en dépit de leur implacable marâtre. Devenue mère, dit-on, elle fuit encore, loin de cette île, le courroux de Junon, emportant sur son sein ses deux divins jumeaux.»

 

Aidée par sa fille Diane à peine sortie elle-même du ventre maternel, Latone accouche du petit Apollon en s’appuyant sur un palmier et un olivier, signes de fécondité et de gloire. A droite de la tenture, et au second plan, selon un procédé habituel en tapisserie, se passe une deuxième scène : Jupiter survient, en manteau jaune vif sur le dos d’un aigle en vol, tandis que Diane et Apollon marchent sur Délos avec leur mère. Jupiter, roi des Dieux, prend sous sa protection ses enfants en leur attribuant les divinités planétaires : Diane devient alors déesse de la lune et Apollon dieu du soleil.

— Callimaque, dans son Hymne à Délos, ne décrit par contre que la naissance d'Apollon :

"Latone, après tant de fatigues, trouve enfin le repos : elle s'assied sur les rives de l'Inopus, qui chaque année grossit son cours dans le même temps où le Nil tombe à grands flots des rochers d'Ethiopie. Là, détachant sa ceinture, le dos appuyé contre le tronc d'un palmier ; déchirée par la douleur la plus aiguë, inondée de sueur et respirant à peine, elle s'écrie : "Pourquoi donc, cher enfant, tourmenter ta mère ? ne suis-je pas dans cette île errante que tu m'as désignée ? Mais, ô mon fils ! nais, et sors avec moins de cruauté de mon sein."

Apollodore  Bibl. I, IV mentionne le rôle de Diane :

"Latone ayant cédé aux désirs de Jupiter, Junon la poursuivit par toute la terre, jusqu'à ce que, étant arrivée dans l'île de Délos, elle y mit au monde Diane, qui l'accoucha ensuite d'Apollon. "

Mais l'édition princeps d'Apollodore en grec et latin ne semble pas avoir été disponible avant 1555, dans l'édition romaine d'Antoine Bladi.

Servius (Comm. En III, 73) mentionne également ce rôle :

Sane nata Diana parturienti Apollinem matri dicitur praebuisse obstetricis officium: unde cum Diana sit virgo, tamen a parturientibus invocatur.

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Les chaines reliant l'île de Délos aux roches de Gyare et de Mycone :

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 La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Jamais une scène d'accouchement ne fut rendue sur une tapisserie avec autant d'évidence .

 Latone, vêtue d'une tunique blanche transparente, du manteau de velours rouge et or et de la robe bleue à deux ceintures se soutient aux troncs du palmier et de l'olivier tandis que Diane agenouillée entre ses jambes tire vers elle son frère Apollon dont le tronc est en train de franchir le détroit. 

 

 

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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La Naissance de Diane et d'Apollon avait déjà été illustrée par Jules Romain dans une peinture réalisée à Mantoue vers 1533-34 et dont le dessin préparatoire se trouve au Louvre  ; mais ce n'est pas l'accouchement, mais le premier bain donné par des nymphes qui est figuré :

© 2012 - Musée du Louvre, Département des Arts graphiques Giulio  PIPPI  Léto mettant au monde Apollon et Diane dans l'île de Délos . INV 3500, Recto Fonds des dessins et miniatures. (Remarquez les coiffures des Nymphes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Selon Callimaque (Hymne à Artémis), Diane était vénérée par les femmes enceintes comme protectrice lors du travail de l'accouchement parce que Latone n'avait pas souffert en la mettant au monde: 

« J' habiterai les monts, et n'approcherai des cités qu'aux moments où les femmes, travaillées des douleurs aiguës de l'enfantement, m'appelleront à leur aide. Tu sais qu'au jour de ma naissance les Parques m'ont imposé la loi de les secourir, parce que le sein qui m'a porté n'a point connu la douleur, et, sans travail, a déposé son fardeau. »

C'est donc à ce titre qu'elle est présente auprès de sa mère pour l'assister. Diane la lunaire est assimilée peu ou prou à Lucine (pourtant considérée comme un Junon), dont le nom est rapprochée de Lux, "lumière", ou à Ilithyie. Ce passage de l'Églogue 4 vers 10 de Virgile l'atteste :

Casta fave Lucina, tuus jam regnat Apollo

"Souris, chaste Lucine, déjà règne ton Apollon".

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Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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L'attribution à Diane et à Apollon du rôle de divinités planétaires.

 

Les parties centrale et droite de la tapisserie illustrent les vers du dizain : "dont Jupiter leur père la rendit Lune et Apollon son frère Soleil luisant". Au centre, Latone, dans la tenue vestimentaire qu'on lui connaît, lève son regard vers son amant Jupiter. Ce dernier, sur son aigle, dans toute la puissance de sa gloire,  fait tomber depuis les nues sur la tête de ses jumeaux une onction de lumière superbement illustrée en deux colonnes s'épanouissant en un astre, la Lune à gauche sur la petite Diane accroupie et joueuse, le Soleil à droite sur Apollon tenant un arc et des flèches. 

C'est là que l'allusion au couple Henri II / Diane de Poitiers est la plus visible. Certes, Diane accoucheuse d'Apollon exaltait déjà la fonction de guide que la veuve de Louis de Brezé  exerça, à 31 ans, dans l'éducation de cour du jeune Henri, âgé de 11 ans. Mais, de même que le château d'Anet est considéré par les poètes comme figure de l'île de Délos, sa propriétaire est considérée comme un astre lunaire capable de réfléchir la lumière solaire royale pour la distribuer sur terre. 

 

 

Un peu plus tard, mais dans le même souci courtisan, Ronsard comparera vers 1559 l’influence de Diane de Poitiers à l’action de la lune qui réfléchit et réverbère la lumière d’un soleil absent :

Tout ainsi que la Lune en s’approchant aupres

Du Soleil prend clarté, vertu, force, et puissance,

Puis s’esloignant de luy, d’une douce influence

Et ciel, et terre, et mer elle nourrist apres :

Ainsi nostre Soleil, vous ornant de ses rais,

Vous fait par tout verser un bon-heur en la France.

(Ronsard, à l’édition P. Laumonier, Œuvres complètes, STFM, Paris, Hachette, 1914- 1975 X, p. 7).

Olivier Pot, qui cite cet extrait, multiplie les autres exemples, notamment chez Du Bellay, et il écrit :

 

"Certes, le déguisement de personnages réels en divinités de l’Olympe ne débute-t-il pas avec Henri II : déjà François Ier, renonçant à la tradition du roi dialoguant humblement avec des personnifications ou des allégories abstraites telles la Sagesse ou la Vertu, préfère de loin se transformer in persona, lui-même et au moins sa famille restreinte, en autant d’hypostases divines ou d’entités représentant des forces cosmiques. Ainsi le scénario familial du « parfait triangle » des Angoulême, qui veut que les deux frère et sœur, Apollon-François et Diane-Marguerite, secourent leur mère Latone-Louise de Savoie attaquée par Python , semble préfigurer, il est vrai, la mode mythologique des déguisements de cour qui envahira la cour d’Henri II. Mais de l’emblématique de François Ier à l’emblématique d’Henri II, il y a en vérité tout l’espace qui sépare les arcanes du Poliphile ou de l’Alector des travestissements courtisans des Bergeries de Ronsard et de Du Bellay, et bientôt des badinages de l’Astrée. Les divinités de l’Olympe ont pris le visage familier des personnages influents de la cour ; le mythe s’est abaissé aux jeux de l’histoire politique ; l’unité mystique de la Sainte Famille Royale s’est diffractée dans les méandres des apparences mondaines."

Nello Forti Grazzini rappelle le rôle des Dialoghi di amore, synthèse du néoplatonisme et de la kabbale de Léon l'Hébreux. Dans la traduction de Pontus de Tyard, c'est à la page 224 que la naissance des enfants sur l'île de Délos, et l'intervention de Diane comme accoucheuse sont décrits. Léon l'Hébreu commente la fable de manière néoplatonicienne, la reliant à la Bible suivant une lecture à clefs multiples, où l'épisode de la Fuite de Latone est une allégorie du Déluge et de la Création.  Dès lors, la naissance des jumeaux correspond à la réapparition des astres dans le ciel au dessus de la première terre immergée après le Déluge. L'aide apportée par Diane pour la naissance d'Apollon signifie que la réapparition de la Lune, de nuit, précède et prépare le retour du Soleil. Ces conceptions allégoriques se combinent aisément à Diane de Poitiers et Henri II : ils souligneraient leur différence d'âge.

Toutefois, la représentation de notre tapisserie se fonde principalement sur la seconde interprétation allégorique proposée par Léon l'Hébreu. La fécondation de Latone par Jupiter correspondrait à l'intention de Dieu le Père, dès le premier jour de la Création, de former les astres à partir de la substance céleste. Dès lors, la tapisserie de La Naissance de Diane et Apollon illustre également, en termes allégoriques, le Quatrième jour de la Création.

Alors que l'on peine à comprendre l'image sur la seule base des sources littéraires antiques, cette interprétation en éclaire la lecture :

"Le décor de Délos ne se réfère pas uniquement à Anet, mais également à la terre séparée des eaux, sur laquelle, déjà au troisième jour de la Création, la végétation commence à croître. La mère des deux enfants est la personnification de la substance céleste qui produit les astres sous une impulsion divine, le quatrième jour de l'origine biblique de l'univers, [...] Le sujet de la tapisserie est sous un travestissement allégorique, celui qui est illustré dans la chapelle Sixtine.  " (Gazzini, 2007) 

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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"A droite, le temple d'aspect Renaissance, à plan centré et surmonté d'une coupole, est orné de bucranes et de festons. Sous le portique cylindrique, quelques personnages participent à une cérémonie qui inclut l'utilisation de feuillages  d'olivier. Le pronaos saillant, surmonté d'une statue masculine, fait peut-être allusion au temple que Délos obtint pour avoir accueilli la naissance d'Apollon. Toutefois, des cornes de cerfs, disposées aux angles supérieurs du pronaos, peuvent suggérer également la dédicace de l'édifice à Diane " (Gazzini 2007).

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Les bordures.

 

1°) Bordure latérale droite.

Elle est sous le thème de Diane chasseresse et de la cynégétique. De bas en haut : un cuir orné de deux Deltas entrelacés en étoile. Le buste d'un faune tenant en trophée la tête d'un cerf, dans les bois duquel sont attachées les deux pattes. Un cadre central avec les deux G des Grillo remplaçant le monogramme de Diane. Deux objets en forme de croissant. Une trompe de chasse et deux paires de lacets. Un cuir avec deux Deltas entrecroisés par la pointe. Deux flèches en croix, un arc et son carquois.

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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2°) Bordure supérieure.

Au centre, un cartouche contient le dizain attribué à Pontus de Tyard :

 

BIEN TOST APRES LATONA SVR LA RIVE

DV LIEV SACRE : SA DIANE ENFANTA

EN EMBRASSANT LE PALMIER ET LOLIVE

PVYS APOLLO AV MONDE ELLE APPORTA

VRAY QVE DIANE A SA MERE PRESTA

AYDE ET SECOURS : DONT IVPITER LEVR PERE

LA RENDIT LVNE ET APPOLLO SON FRERE

SOLEIL LUYSANT . ET LORS FVT ORDONNE

LIER DELOS . QVI SE MONSTRA SI CLERE

A DEVLX ROCHERS GYARE ET MICONE ;

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"Bientôt après Latone sur la rive du lieu sacré sa Diane enfanta en embrassant le palmier et l'olive puis Apollon au monde elle apporta vrai que Diane à sa mère prêta aide et secours, dont Jupiter leur père la rendit Lune et Apollon son frère Soleil luisant. Et lors fut ordonné lier Délos qui se montra si claire (?) à deux rochers Gyare et Micone. "

Le cartouche est différent du précédent et, au lieu d'une composition fruitière et potagère, on trouve deux têtes de béliers (référence possible à Louis de Brezé, mari de Diane de Poitiers, et dont l'emblème était le bélier ; ou signe de régénération ; et/ou référence au signe zodiacal). Sur les cotés, on retrouve les deux formules Sic immota manet et Non frustra Jupiter Ambas.

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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2°) Bordure inférieure.

On retrouve une nouvelle fois les mêmes formules, inversées. Ms ma photo me montre mieux le médaillon latéral. Jupiter qui préside à la naissance des jumeaux, comme l’atteste la bordure inférieure, où apparaît la devise NON FRUSTRA JUPITER AMBAS  "Ce n’est pas en vain que Jupiter (les) protège", retient l’îlot à l’aide d'un anneau de  chaîne bleu et blanche  qui la relie  à des rochers voisins, comme l’explique la devise SIC IMMOTA MANET "Ainsi elle (l'île de Délos) reste immobile". 

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Médaillon monochrome central.

Il est encadré d'une monture métallique et de deux carquois.

On y lit : SIC ME NEC TERRA NEC AEQVOR SVSCIPIET

" Ainsi aucune terre ni mer (ni île) ne m'accueillera".

Une femme isolée tente de trouver un chemin, genoux à demi-fléchis, les mains tendues en avant en supplication, tandis que des vents personnifiés soufflent pour la chasser. Dans le ciel, Jupiter, couronné, l'observe. Il s'agit donc de l'errance et de la plainte de  Latone dans sa migration .

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

Photographie des autres pièces :

— Tenture de l'Histoire de Diane pour Anet. "Diane implore de Jupiter le don de chasteté" Rouen, musée départemental des Antiquités

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/tenture-de-l-histoire-de-diane-pour-anet-diane-implore-de-jupiter-le-don-de-chastete_laine-textile_soie-textile

— Tenture de l'histoire de Diane : "Diane sauve Iphigénie" Anet, château

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/tenture-de-l-histoire-de-diane-diane-sauve-iphigenie_soie-textile_laine-textile_tapisserie-technique

— Tenture de l'histoire de Diane : La mort de Méléagre

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/tenture-de-l-histoire-de-diane-la-mort-de-meleagre_soie-textile_laine-textile_tapisserie-technique

— Mythologie c'est à dire, Explication des Fables contenant les genealogies des Dieux... Extraite du Latin de Noel Le Comte, et augmentée... Par I. D. M. [Jean de Montlyard, auteur de l'ép. déd. au prince de Condé], 1600, page 1020. 

https://books.google.fr/books?id=2qNZWmCZbjAC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

 

— APOLLODORE, Bibliothèque, Livre I, chap. IV

http://remacle.org/bloodwolf/erudits/apollodorebiblio/livre1d.htm

— APOLLODORUS 1555 : Apollodori Atheniensis Bibliotheces, sive de Deorum origine, tam graece, quam latine, luculentis pariter, ac doctis annotationibus illustrati, & nunc primum in lucem editi libri tres in aedibus Antoni Bladi, 1555 - 276 pages

https://books.google.fr/books?id=eaxoAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BEGUIN (Sylvie), 1978, Tenture de l'Histoire de Diane", Défense du patrimoine national ; œuvres acceptées par l'Etat en paiement de droits de succession 1972-1977, Musée du Louvre, Paris

https://books.google.fr/books?id=XrIrAAAAIAAJ&q=SIC+IMMOTA+MANET+diane+anet&dq=SIC+IMMOTA+MANET+diane+anet&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjm6uq4pMfQAhXEJMAKHWlICAIQ6AEILzAD

— CALLIMAQUE, Hymnes,

http://remacle.org/bloodwolf/poetes/falc/callimaque/hymnes.htm

— CRÉPIN-LEBLOND , Sens et contre-sens de l'emblématique de Henri II, Henri II et les Arts. Actes du colloque de 1997 ...Paris 2003 p. 77-92

— EBREO (Leone) Dialoghi di amore (1535) /LEON HÉBRIEV De l'amour, traduction par Pontus de Tyard, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110352t/f232.image

— L'École de Fontainebleau, Numéro 9 Galeries nationales du Grand Palais Editions des musées nationaux, 1972 -517 pages

— GRAZZINI (Nello Forti), 2007,  "Deux tapisseries retrouvées de la tenture de l'Histoire de Diane."  La Revue des musées de France. Revue du Louvre, Volume 57 pages 41-61.

— HYGINUS, Python, Fabulae 140

http://www.theoi.com/Text/HyginusFabulae3.html#140

— HYGINUS, Astérie, Fabulae 153 

http://www.theoi.com/Text/HyginusFabulae2.html#53

— LLOYD (Gail Patricia) The tapestries of Diane de Poitiers

https://www.cs.arizona.edu/patterns/weaving/articles/nb88_tps.pdf

— MÜNTZ ( Eugène). 1897 Tapisserie représentant l'Histoire de Diane tissée en 1610. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 41ᵉ année, N. 3, 1897. pp. 266-267; doi : 10.3406/crai.1897.70983 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1897_num_41_3_70983

M. Eug. Muntz place sous les yeux de l'Académie les photographies d'une suite de tapisseries qui lui a été signalée par M. Collignon et qui se trouve depuis plus de quatre-vingts ans dans la famille de M. le général Bézard. Cette tenture, représentant l' Histoire de Diane, a été tissée en 1610, mais elle reproduit des cartons au moins d'un demi-siècle plus anciens, et qui se rattachent à l'École de Fontainebleau. Elle tire son prix, tout d'abord, de l'élégance rare des figures , parmi lesquelles on remarque plusieurs portraits; mais la composition même n'offre pas moins d'intérêt; on y trouve la paraphrase littérale des Métamorphoses d'Ovide, dont les moindres épisodes sont interprétés avec la plus scrupuleuse exactitude, en costumes du xvie siècle toutefois. Enfin — et ce fait avait été contesté à tort — les cartons originaux de YHistoire de Diane ont été commandés par Diane de Poitiers, ainsi que le prouve le chiffre de la favorite de Henri II, non moins que des emblèmes dont la signification n'est pas douteuse. On connaît aujourd'hui trois suites de tapisseries exécutées pour Diane de Poitiers et consacrées toutes trois, mais dans des données essentiellement différentes, à la glorification de la déesse sous le patronage de laquelle la duchesse de Valentinois s'était placée : quatre pièces qui ont fait retour au château d'Anet, une autre pièce de la même suite , conservée à Rouen ; un Triomphe de Diane dans la collection de M. Maurice Kann; enfin les six pièces appartenant à M. le général Bézard. Nul doute que Diane de Poitiers n'ait elle-même tracé aux peintres le canevas des compositions : elle n'avait pour cela qu'à ouvrir la traduction française des Métamorphoses, dont elle possédait un manuscrit dans sa bibliothèque d'Anet.

— PHILLIPS (John Goldsmith) 1943,  "Diane de Poitiers and Jean Cousin"  Bulletin du Metropolitan Museum ns(2) 109-17

 https://www.metmuseum.org/pubs/bulletins/1/pdf/3257148.pdf.bannered.pdf

— http://musee-renaissance.fr/sites/musee-renaissance.fr/files/fiche_de_salle_broderies_de_larsenal_0.pdf

— http://musee-renaissance.fr/sites/musee-renaissance.fr/files/dossier_pedagogique_metamorphoses_d_ovide.pdf

 

— http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met06/M-06-146-411.htm

— http://www2.culture.gouv.fr/culture/actualites/communiq/albanel/tenturediane.htm

— OVIDE, Métamorphoses Livre VI : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met06/M-06-146-411.htm

— OVIDE, Métamorphose d'Ovide figurée, J. de Tournes, Lyon, 1557 

Bibliothèque nationale de France, Rés. p. Yc 1270 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71516d/f75.image

— POT (Olivier), 1990, Sous le signe de Diane, Etudes ronsardiennes IV,  Droz, pages 474 

https://books.google.fr/books?id=WOtVz3JlcJsC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— POT (Olivier), 2002, "Le mythe de Diane chez Du Bellay : de la symbolique lunaire à l’emblème de cour", Albineana, Cahiers d'Aubigné  Volume 14 Numéro 1 pp. 57-80

http://www.persee.fr/doc/albin_1154-5852_2002_num_14_1_929

— RUFFY (Maria Vamvouri ) 2004, Les Hymnes de Callimaque : la tradition revisitée. Les hymnes à Zeus, Artémis et Délos. In La fabrique du divin: Les Hymnes de Callimaque à la lumière des Hymnes , Presses Universitaires de Liège, p. 45-66. …

http://books.openedition.org/pulg/1508

— SERVIUS, Commentaires sur l'Énéide Livre III, v.73 :

http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0053%3Abook%3D3%3Acommline%3D73

— STANDEN (Edith Appleton), 1985, European Post-medieval Tapestries and Related Hangings in the ..., Volume 2 ,Metropolitan Museum of Art (New York, N.Y.) page 247.

https://books.google.fr/books?id=GbW18KCGWgEC&dq=%22Sic+immota+manet%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— J. J. Vernier  Musée départemental des antiquités, Rouen, ‎- 1923 -

— VASSELIN (Martine), 2002, Les métamorphoses d’une déesse antique : les figures de Diane dans les gravures du XVIe siècle. In: Albineana, Cahiers d'Aubigné, 14, 2002. Le mythe de Diane en France au XVIe siècle. pp. 247-277; doi : 10.3406/albin.2002.940 http://www.persee.fr/doc/albin_1154-5852_2002_num_14_1_940

 http://www.persee.fr/docAsPDF/albin_1154-5852_2002_num_14_1_940.pdf

— Sur la famille de Grille : 

http://www.patrimoine.ville-arles.fr/document/famille-grille-arles-caylux.pdf

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 23:10

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Le Calvaire. 

Le Christ en Croix entre la Vierge et saint Jean (ou Marie-Madeleine ?). Pas d'élément de datation. Fin XIXe ?

 

Bannière du Calvaire, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière du Calvaire, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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L'Assomption.

sans élément de datation.  Fin XIXe ?

Bannière de l'Assomption, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière de l'Assomption, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Bannière de procession "Notre-Dame de Rumengol".

Monogramme MA. Pas  d'élément de datation. XXe. 

 

Bannière de  procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière de procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Bannière de  procession "Notre-Dame de Rumengol", détail : 

une bretonne en costume offre un lys à la statue de pèlerinage de Notre-Dame-de-Rumengol.

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Bannière de  procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière de procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Pietà .

Nef,coté gauche. Saint Jean et la Vierge soutiennent le corps du Christ déposé de la Croix. 

Pietà. église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Pietà. église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Statue de la Trinité.

Chœur, coté droit.

 

Trinité , église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Trinité , église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 22:53

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"Au milieu du bourg, à cinquante pas de l'abside de l'église, est la fontaine miraculeuse, entourée d'une enceinte quadrangulaire dans laquelle on descend par deux escaliers. Elle alimente un bassin et un lavoir. L'édicule à arcade ogivale abrite un bas-relief de l'Annonciation en Kersanton, et deux statuettes ·de S. Guenolé et de S. Fiacre. Elle a été construite en 1792, aux frais de la fabrique, et après autorisation donnée par le département du Finistère. L'ancienne fontaine était "située dans un  bas-fond, et les eaux étaient souvent troublées par la chute des eaux bourbeuses du  grand chemin qui l'avoisine". On la déplaça donc, et on construisit la fontaine actuelle, pour le prix de 1500 livres. C'est à la même occasion que fut acheté pour 240 livres « pour tourner au profit de l'église  le petit courtil voisin,  situé au nord de l'ancienne fontaine  . (Délibération du dimanche 15- janvier 1792). Abbé Billant 1924.

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« À Rumengol est une fontaine miraculeuse : j'y fus un jour de pardon le 15 août et je pus assister aux pieuses ablutions des pèlerins accourus fort nombreux, environ 3 000. Sur la gauche de la route, en contre-bas, est la fontaine, protégée par une niche haute, encastrant une plus petite où se trouve la statuette de Notre-Dame. Accôtée à la niche se trouvait une jeune femme, simplement vêtue. À la main elle avait un bol qu'elle plongeait dans l'eau sainte et qu'elle présentait ensuite aux pèlerins. Ceux-ci, hommes et femmes,procédaient rituellement aux ablutions. Les manches légèrement relevées, le pèlerin plongeait successivement ses mains dans le bol, les retirant mi-fermées de façon à conserver l'eau lustrale ans le creux de la main. Alors il élevait le bras en l'air, lui donnant un mouvement de torsion, ouvrant la main, la paume en avant. Ce mouvement (...) provoquait une sorte de rotation de la masse aqueuse qui lentement s'enrubannait autour du bras. Après il oignait son front et ses joues de l'eau lustrale dont il buvait une gorgée. » A. Hamon, La Revue socialiste, Paris, 1893

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Fontaine de pèlerinage de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de pèlerinage de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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 La fontaine a  vraisemblablement été mise en place à la fin du 15e ou au début du 16e siècle sur l'emplacement d'un lieu de culte plus ancien, mais elle a été restaurée en 1792.

A gauche, derrière la statue de saint Guénolé, (probablement XVIe),  une pierre porte la mention J.GUEGUEN F. 1792.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation et statue de saint Fiacre. Kersanton.  XVe siècle (?).

Statues de saint Fiacre date probablement du XVIe siècle. Le demi-relief représentant le groupe de l'Annonciation a été exécuté autour des années 1500.

 

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Annonciation et statue de saint Fiacre, Fontaine de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Annonciation et statue de saint Fiacre, Fontaine de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Statue de saint Guénolé (XVIe ?). Granite.

 

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— BILLANT (Abbé Nicolas)  Rumengol, son sanctuaire et son pèlerinage, 1924, sn.  Brest, Imprimeries de la Presse Libérale.

(L'abbé Billant de Saint-Urbain fut recteur de Rumengol de 1920 à ? après avoir été recteur de l'Île Tudy.)

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

 ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

 

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

 

 LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 74 et 92.

 MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur). Pages 161-177.

 

— Infobretagne :

http://www.infobretagne.com/faou.htm

— http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/rumengol/eglise.html

— http://www.cc-aulne-maritime.fr/patrimoine.htm

— http://nd-rumengol-quimper.cef.fr/index.php/vie-de-la-paroisse/ensemble-paroissial

— http://www.actuacity.com/le-faou_29590/monuments/page2

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 18:37

 

De curieux "blasons roturiers" de Rumengol sont  visible sous le socle d'une statue de saint Matthieu évangéliste (avec son attribut, l'Ange, son évangile, sa plume dans la main droite et son encrier dans la main gauche).

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Statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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Le premier blason en partant de la droite a été lu par André Mussat (1957) comme  "trois fasces brisés d'une cotice, qui est Colin". Pourtant, la bande oblique est de la même épaisseur que les fasces. La disposition des meubles ne semble pas respecter un dessin héraldique. Je n'ai pas retrouvé les armoiries de  ce "Colin". 

Les deux autres sont qualifiés par le même auteur de "monogrammes", ce qui est mon modeste point de vue. Néanmoins, Louis Le Guennec avait suggéré d'y voir (cf. Annexe) des marques professionnelles. Certes, dans le pêle-mêle du second, une ancre peut être trouvée.  On constatera que le relevé de Le Guennec n'est pas scrupuleusement exact, ni pour la figure  n° 49 ni pour la n° 50.

Si on adopte une autre clef de déchiffrement et qu'on cherche à y trouver des lettres, on voit apparaître sur le blason du milieu  un P, un S, un T, un J, et deux A , tête-bêche, ou des V, et un L.

A 3 km de Rumengol, le calvaire du Faou présente sur son socle (aujourd'hui au cimetière communal) une inscription qui inclut ce monogramme. (Atlas des croix et calvaires du Finistère Faou n°501) . L'inscription de 1526 porte le nom de Y. Cozkelec. 

 

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Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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Dans le troisième, on peut voir des chevrons, ou bien deux V, deux S, etc..

Mais le secret de ces blasons reste entier. Sera-t-il percé en le partageant sur la toile ?

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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ANNEXE.

Je transcris ici un article publié en 1928 par Louis Le Guennec :.

Marques et signes sur des pierres tombales à Penmarc'h . Louis Le Guennec 1928 :

"Décrivant l'église de Tréoultré-Penmarc'h dans la substantielle notice qu'il a consacrée en 1925 à l'histoire et aux monuments de cette commune, M. l'abbé Quiniou, recteur de Penmarc'h, y signale (pp. I63-I64) « des pierres tombales armoriées de signes caractéristiques que tel armateur ou telle famille mettait sur ses bateaux, ses maisons ou ses tombes. Ce sont des formes d'ancres, de bateaux, de poissons, et parfois de caractères hiéroglyphiques : armoiries de ceux qui n'avaient pas de blason et signature de ceux qui ne savaient pas écrire ». 

Il existe en effet de nombreux signes dans l'église de Penmarc'h, sur des dalles tumulaires pavant la nef et les bas-côtés. J'en ai relevé vingt-six, et je suis certain que quelques autres m'ont échappé, soit à cause de l'éclairage plus ou moins favorable, soit parce que dissimulés sous des bancs ou des chaises. Ils sont généralement gravés en creux au centre de la pierre. Deux ou trois à peine offrent un léger relief. Les deux planches qui accompagnent le présent texte les montrent réduits environ au cinquième de leur dimension réelle.  tel marchand, tel patron de barque des temps prospères du vieux Penmarc'h, lui constituait une sorte de « blason roturier a dont il timbrait, à volonté, aussi bien la porte de son logis que la voile ou le bordage de son navire et même ses ballots de toiles ou de poissons séchés. 

Un essai de classement des 26 signes reproduits ci-contre permet de les répartir en six groupes : 1° initiales ; 20 attributs maritimes (ancres ou barques) ; 3° armes ou instruments divers ; marques ayant le « quatre de chiffre » ; 5° emblèmes végétaux ; 6° signes divers. Le premier groupe comprend les nos 1, sorte de monogramme où paraissent s'assembler un A, un V et un L ; le n° 14, où les lettres I et L accompagnent une ancre et peut-être le n° 26, qui pourrait être un F dessiné à rebours. Le second groupe montre, soit des arrières de barques schématisés (nos 3, 9 et peut-être 20) soit des ancres de marine (nos 6, 8, 14, 18, 24 et 25). 

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Dans le troisième groupe figurent un poids d'horloge (n° 2) en relief ; une tenaille (n° 4) ; un fer de hallebarde (n° 12) ; trois poids accolés (n° 17). Les deux signes (nos 16 et 22) du quatrième groupe sont surmontés de ce fameux « quatre de chiffre » si fréquent dans les marques typographiques des imprimeurs et des libraires du XVIe siècle, dont on ignore encore la signification précise et dans lequel on a proposé de voir « l'emblème du commerce ». Le cinquième groupe ne se compose que d'une unité, une feuille de trèfle (n° 5). Enfin le sixième groupe, le plus nombreux, (n°s 5, 7, 10, 11, 13, 19, 20, 21, 23) est formé de signes caractérisés par des croix à longue hampe, que coupent de traits horizontaux ou obliques et qu'accompagnent des sphères, des crochets, des lignes droites et courbes d'un tracé bizarre. 

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Une autre marque analogue se voit dans l'église, sur un bénitier qui porte la date 1617 et un « Nom de Jésus », c'est- à-dire le monogramme I. H. S. Cette marque (n° 27) offre à  sa base les lettres A et V, puis une longue hampe munie d'anses et de crochets, que termine le « quatre de chiffre » tourné à droite. De l'autre côté est figuré un instrument singulier, qui ressemble à une béquille. Je n'ai remarqué aucun des poissons signalés par M. l'abbé Quiniou sur les pierres tombales. Il n'en existe à ma connaissance, qu'au portail sud de l'église (poissons croisés et scène de pêche). 

Outre la reproduction des curieuses marques-signatures copiées par M. l'abbé Toulemont sur les anciens registres;  baptistaires de Tréoultré-Penmarc'h, je joins à ces notes le dessin (relevé par mon ami, M. Victor Surel, peintre-décorateur à Morlaix) d'un monogramme daté de 1565, sculpté sur une pierre de kersanton encastrée dans le mur de la métairie du château de Lannuguy, en Saint-Martin-des-Champs, (n° 48). On y trouve un A, un G et un « quatre de chiffré » retourné. A la date ci-dessus, la terre de Lannuguy appartenait à la famille de Crémeur, qui faisait le commerce de mer à Morlaix. Mais le G est trop bien formé pour qu'aucune confusion avec l'initiale des Crémeur soit possible.

 Les nos 49 et 50 représentent deux autres signes passablement cabalistiques, en relief sur des écussons qui timbrent deux consoles, dans le bas-côté gauche de l'église de Rumengol

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Couverture

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On peut signaler encore, dans la catégorie de ces « blasons roturiers » qui mériteraient une recherche et une étude attentives, le marteau et la règle sculptés sur un bénitier de la chapelle de Saint-Germain (en Plogastel), avec le nom : Y. PIZIVEN, du brave tailleur dé pierres de la fin du xvre siècle qui le façonna ; un autre marteau sculpté sur le pied-droit d'une porte latérale de la chapelle de N.-D. de Lannien, en Edern ; une tenaille, sur l'écusson d'une console de la nef de l'église de Locronan, adroite, près de l'entrée de la chapelle du Pénity; un troisième marteau et une pelle (?) en saillie sur deux des pans coupés d'un bénitier octogonal, dans l'église de Guipavas ; enfin, une tenaille et un marteau de forgeron,   timbrant un bénitier qui gît dans le cimetière de Milizac, à gauche du portail. 


Le procès-verbal des prééminences de l'église de Ploudalmézeau, dressé en 1762 (Arch. départ. B. 1849) nous décrit, parmi les tombes de la nef, diverses dalles portant respectivement une croix longue, un «Nom de Jésus », les lettres I. P. N., une hache en demi-relief, une ancre dans un cartouche et en dessous un marteau renversé, une autre croix et un poids d'horloge en relief. Le chevalier de Fréminville, parcourant vers 1830 le pays de Léon et visitant l'église de Lanrivoaré, près Saint-Renan, la trouva « pavée de pierres tombales sur lesquelles on voit sculptées des bâches, des piques, des pioches, etc. Ce sont, ajoute-t-il, les instruments des diverses professions qu'exerçaient ceux qui gisent sous ces pierres sépulcrales. (Antiquités du Finistère, tome Ier, 1832, p. 257). J'ai visité l'église, d'ailleurs rebâtie, de Ploudalmézeau, et celle de Lanrivoaré, sans avoir remarqué ces dalles. Mais il est probable qu'un examen attentif en révélerait un certain nombre, principalement dans les églises des anciennes localités maritimes et commerçantes du littoral finistérien.

La chapelle de Saint-Jean-du-Créach, en Plédran (Côtes-du-Nord) conserve aussi plusieurs dalles chargées d'attributs professionnels que j'ai examinées en 1908 (1)." L. LE GUENNEC. 

(1) Genavia, Bulletin du Musée d'art et d'histoire de Genève, t. VI, 1928, mentionne, dans les collections lapidaires de ce Musée, plusieurs dalles ou fragments de dalles provenant des anciennes églises de la ville et qui portent des attributs de métier ou des « marques de maison ou de commerce» d'un type assez voisin de celles de Penmarc'h, fer à cheval, marteau, équerre, tenaille, pot d'étain, figures géométriques surmontées de croix et de « quatre de chiffre ». Ces dalles sont du XVe et du XVIe siècles. A la page 137, un tableau reproduit une cinquantaine de ces « marques de maison », « marques de propriété », «motifs souvent fort anciens, emblèmes talismaniques, astrologiques, magiques», qui ont aussi le plus grand rapport avec nos marques basses-bretonnes. Ces insignes, aujourd'hui encore employés par les hôteliers allemands, étaient jadis d'un usage général dans l'Ouest de l'Europe. 

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SOURCES ET LIENS.

— LE GUENNEC (Louis), 1928, XI. Marques et signes sur des pierres tombales à Penmarc'h Bulletin de la Société archéologique du Finistère. Page 100 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786704t/f154.image.r=rumengol

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Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Inscriptions
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 23:48

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Le clocher comporte une tour qui prolonge le pignon occidental, encadré de deux contreforts à pilastres. Puis, au dessus d'une galerie en surplomb, vient une première chambre de cloches, carrée, et ensuite dans une flèche octogonale, une fausse chambre de cloche qui s'ouvre par des frontons encadrés de pilastres.  

Selon l'abbé Billant, 

"Le clocher ne porte pas de date de construction. Il a dû être bâti au plus tard au commencement du XVIIe siècle. Dans un procès soutenu vers 1670 contre les prétentions du recteur de Hanvec, les tréviens de Rumengol, accusés de mal employer les deniers de leur église, allèguent « qu'ils ont fait et bâti une « tour magnifique et y ont mis des cloches ». Les galeries de la tour n'ont été construites qu'en 1750, d'après les comptes rendus par le marguillier, fabrique en 1751: «quittance de la somme de 75 livres pour premier terme passé avec Yves Tellier pour les guérides au clochet »,

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Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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D'après André Mussat, qui écrit en 1957 :

"Ce type de façade, comportant un large pignon-mur sur lequel se fonde un grand clocher posé en encorbellement, à la chambre des cloches ajourée et à la flèche haute et légère découpée par de grands gâbles, est bien connu en Cornouaille. Comme à Confort, à Kérinec en Poullan, la tourelle d'escalier rond flanque le clocher nord et se termine par une coupolette en lanternon. Aucune fenêtre ne viendra altérer le caractère mural. […] C'est l'heureux moment où les motifs lombards renouvellent les grands partis architecturaux français traditionnels. Les choux des arcs deviennent d'élégants fleurons, les pinacles se muent en candélabres, les niches s'ornent de coquilles ; l'anse de panier profondément mouluré de la porte, l'alternance dans une corniche de consoles et d'une frise de feuillages très refoulés, la finesse des colonnes torses sont autant de signes de cette adaptation élégante et éphémère. Il n'y a sans doute pas en Bretagne d'exemple plus réussi.

Les niches des contreforts sont, comme à l'Hôpital-Camfrout, surmontées de deux banderoles dont les extrémités se retournent en s'accolant : ce thème, que l'on voit à Lampaul-Guimiliau en 1533, connaîtra une belle destinée dans la région : on le retrouve, tout près de là, au porche de Lopérec en 1586. Il ne reste dans toute cette façade malheureusement qu'une seule statue dans la niche centrale. Elle paraît d'ailleurs bien petite pour son emplacement. C'est sainte Catherine, avec sa roue, son livre et l'empereur foulé aux pieds. L'exécution est élégante, sans être exceptionnelle,et se rattache au style de la Loire."

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Clocher et façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Clocher et façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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I. LA FAÇADE OUEST.

 

Commençons, sur le conseil de l'abbé Billant qui nous sert de guide,  par admirer, à l'ouest, le frontispice, d'un très gracieux effet.

"Devant vous se dresse un clocher svelte avec une chambre de cloches percée à jour d'un incroyable légèreté, à laquelle on accède par une tourelle ronde d'escalier couronnée d'un dôme et d'une petite lanterne. Au-dessus de la chambre des cloches s'élance, « suspendue en l'air, dirait-on, par un prodige d'équilibre, une flèche octogonale aussi hardie que gracieuse, aux rampants munis de crochets  (abbé Millon, les ·grandes Madones bretonnes).  Au dessous de la galerie saillante de ce  clocher s'épanouit un portail qui est, .avec celui de l'Hôpital-Camfrout l'une des plus belles pages de la Renaissance en Basse-Bretagne.  Une porte centrale en anse de panier est encadrée de moulures prismatiques, puis  de deux colonnettes formées des mêmes moulures qui se tordent en hélice et se terminent par des chapiteaux soutenant deux petits pinacles appliqués et un arceau saillant qui se résout en une accolade d'où surgit un troisième pinacle. (M. le chanoine Abgrall).

 

Au-dessus de la porte, une belle frise feuilIagée et moulurée entrecoupée par des écussons supporte trois niches dont celle du milieu abrite la statue en pierre, d'une rare beauté et malheureusement mutilée, de sainte Catherine d'Alexandrie, richement vêtue et portant d'une main un livre, de l'autre une· épée, ayant à ses côtés la roue brisée, et sous ses pieds le tyran Maximin Daïa, ce dernier revêtu du manteau et de la toque des ducs de Bretagne. Cependant, d'après Charles- Baussart (Semaine littéraire du 22 juin 1913), ce n'est pas le tyran Maximin Daïa qui serait sous ses pieds, mais le rhéteur Porphyre qui l'avait défiée à un ·combat de philosophie ; aussi est-il sous ses pieds, vaincu,. terrassé par la vérité. Dans tous les détails de ce portail l'on trouve un mélange étonnant du style gothique qui allait disparaître et du style renaissance qui allait bientôt régner en maître.  Et  cependant le gothique n'avait pas encore dit son dernier mot, car nous le trouvons bien franc et bien caractérisé dans les pinacles et pyramides des contreforts, dans les crossettes du rampant principal, dans le porche et les portes latérales, dans les· meneaux et pignons des fenêtres. »

 

 

Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de pèlerinage.

Cette statue moderne (elle était absente en 1957)  est une représentation de la statue vénérée à Rumengol lors des pèlerinages, une statue en bois du XVe siècle (photo sur Wikipédia). Cette Vierge en chêne est couronnée (couronne dorée ouverte qualifiée de "ducale"), mais l'Enfant est tête-nue. Elle porte un sceptre, et Jésus porte le globus cruciger. Le thème du couronnement de la Vierge et de sa royauté, déjà présent sur le calvaire de Rumengol, était présent dès l'origine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La statue est caractéristique de la statuaire bretonne du fin XVe-début du XVIe par son encolure droite (portrait d'Anne de Bretagne vers 1508), et par son voile qui ne recouvre que l'arrière des cheveux avant de faire retour derrière la nuque en bandeau ou "chouchou"  tel que je l'ai étudié ici, ou encore là (Le Folgoët, XVe), ou bien aussi à Brennilis, ou sur sainte Anne à Pencran en 1553, sur sainte Marie-Madeleine au calvaire de Pencran par Bastien Prigent, sur la cariatide de La Martyre, etc... 

Le 16 mai 1857, Pie IX avait accordé les honneurs du Couronnement papal à la Vierge Noire et à l’Enfant Jésus de Notre-Dame-de-Bon-Secours de Guingamp . La cérémonie avait eu lieu le 30 septembre 1858. La Vierge Noire et son Fils furent alors habillés de robes blanches et bleues

Le même privilège avait été demandé par Mgr Sergent dès 1856 pour Rumengol. Il fut accordé à la date du 8 mai 1857 par Pie IX, le pape de l'Immaculée-Conception. Le Grand Couronnement eut lieu le 30 mai 1858. Par cette date, Rumengol peut prétendre au titre de première Vierge du Couronnement en Bretagne. La Vierge et l'Enfant reçurent un riche costume avec robe, manteau, voile, et couronne royale, fermée. 

 

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Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée.  Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée. Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée.  Photographie lavieb-aile.

La statue de Notre-Dame de Rumengol, habillée et couronnée. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge est entourée des deux principales saintes invoquées dans les Livres d'Heures, appartenant aux Saintes Auxiliatrices : Catherine d'Alexandrie et Barbe.

Sainte Catherine d'Alexandrie

La fille du roi Costus tient l'épée de sa décapitation, et le livre signalant qu'elle est docteur de l'Église. Près d'elle, la roue brisée du supplice dont elle fut sauvée. A ses pieds, le roi ou empereur Mayence qui ordonna sa mort devant son refus de l'épouser et de renoncer à sa pieuse virginité. Elle associe la Connaissance (science théologique), la Virginité, et le Martyre. Ses cheveux longs et défaits témoignent de la virginité. Le manteau à fermoir fait repli vers la main droite. La robe est cintrée. Un collier en maillons de chaîne porte un médaillon en soleil-fleur.

 

 

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.
Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Barbe et sa tour.

Trace de peinture rouge.

Sainte Barbe. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sainte Barbe. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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II. LES GARGOUILLES.

Elles sont au nombre de six entre la tour et la  chambre de cloches, et quatre plus petites entre cette chambre  et la flèche. 

Ce n'est pas en Bretagne qu'on donnerait tort à Viollet-le-Duc lorsqu'il écrit :

"La variété des formes donné aux gargouilles est prodigieuse ; nous n’en connaissons pas deux pareilles en France, et nos monuments du moyen âge en sont couverts. Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d’œuvre de sculpture ; c’est tout un monde d’animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains habiles et sûres. Ces êtres s’attachent adroitement aux larmiers, se soudent à l’architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts, faisant valoir les lignes verticales."

Puisqu'on les regarde toujours le nez en l'air, de bas en haut, on méconnaît parfois la façon dont elles sont creusées à leur face supérieure :

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Mais les images suivantes le laisse deviner par le doublage en zinc moulé sur la rigole.

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Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Balustrade autour de la chambre des cloches. Clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Les six gargouilles encadrant la balustrade.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Moine vomissant.

Un homme à la tête recouverte d'un capuchon ou d'une coule déverse les eaux de pluie par sa bouche largement ouverte.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Homme "urinant".

Un homme à la barbe courte est accroupi. Son visage, tourné vers le coté, bouche à demi ouverte, reflète la béatitude ...ou la jouissance. Sa main droite empoigne sa jambe. La main gauche, posée sur le genou, tend l'index vers un sexe en érection. L'eau pluviale suit une rigole doublée de zinc creusée sur la face dorsale et s'écoule au dessus de la tête, mais sans orifice apparent.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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3°) Homme vomissant.

Cet homme agenouillé, tête couverte, est richement habillé, avec des manches et un pantalon court à crevés, un manteau court ou tunique dont le parement épais évoque un revers de fourrure. Il porte une barbe longue, bouclée et taillée au carré. L'embonpoint de son ventre replet, et sa braguette saillante font de lui le type de l'Intempérant, bon buveur et bon mangeur qui se soulage ici de ses excès.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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4°) Dragon chauve-souris.

Ce dragon aux oreilles et aux ailes de chauve-souris déverse sous son museau retroussé les eaux du ciel, rares sous le climat aride de notre région.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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5°) Gargouille-dragon. Écoulement au dessus de la tête.

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Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Les quatre gargouilles hautes.

On trouve dans ces hauteurs un lion, un ange, un monstre et un oiseau aux quatre coins de l'espace.

 

1°) Lion tenant entre ses pattes avant un bâton. Écoulement par la bouche.

Ce cylindre est si régulièrement retrouvé dans les crossettes que je m'interroge, sans avoir encore trouvé une réponse, sur sa signification.
 

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.
Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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2°) Un monstre tenant un écu.

Blason losangique frappé d'une croix.

L'église Notre-Dame de Rumengol.  V : les gargouilles et crossettes. 

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3°) Un ange. Écoulement au dessus de la tête.

Il tient un livre ouvert. Ses jambes s'étendent sur le coté de l'angle.

Ange-gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Ange-gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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4°) Oiseau.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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A droite du porche.

Gargouille de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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La crossette coté nord : un cochon (ou sanglier).

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Crossette  de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

 

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    LES CLOCHES.

    L'indispensable abbé Billant, indique :

    "Enfin, l'une des cloches (546 kilos) étant fêlée, ils la remplacèrent en 1899 par deux autres de moindre poids ( 400 kilos et 280 kilos), mais qui réalisent avec la vieille cloche un carillon des plus gracieux. "

    "...M. Hervé Auffret (1810-1813), dont le nom se trouvait sur une cloche fondue en 1812 et refondue comme fêlée en 1899. "

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    1°) La première cloche : Marie-Jeanne

    Elle porte l'inscription que mon angle de vue décrypte partiellement ainsi : 

    A l'ouest :

    NOMMEE MARIE JEANNE

    PAR

    Mr JEAN LANN MAIRE

    ET

    Mme FRANCOISE HOUE

    Motif : En haut : frise à personnages. En bas : Assomption de la Vierge parmi les anges ; trois croix fleuronnées

    A l'est :

    1899

    S.S LÉON XIII PAPE

    M M

    OLLIVIER LE PAPE RECTEUR DE RUMENGOL

    JEAN LE LANN MAIRE

    JEAN-MARIE GALL PRÉSIDENT

    FRANCOIS GRALL TRÉSORIER

    HERVE POULMARCH

    JEAN-LOUIS HOUE

    HERVE GOASGUEN FABRICIENS

    HAVARD A VILLEDIEU   Vve E LE JAMTEL

    • Léon XIII fut pape de [1878-1903]

    • Ollivier Le Pape fut recteur de Rumengol de 1895 à 1915 (il succéda à son frère Yves-Marie Le Pape, de Landivisiau,  Petit-Séminaire de Saint~Pol-de-Léon, puis recteur de Rumengol de 1889 à 1895 et de 1916 à 1919. Un frère cadet, François Le Pape, était également prêtre et sera recteur de l'Hôpital-Camfrout puis du Drennec.

    • Jean-Marie Le Lann fut maire de Rumengol de 1878 à 1881 et de 1884 à 1902 

    • "Jean-Marie Gall président"

    • "François Grall trésorier". Je note Jacques Grall, organiste à Rumengol, qui sera décoré du Mérite diocésain en 1942.

    • Hervé Poulmarch. La famille Poulmarc'h est signalé depuis le XVIe siècle au moins sur Rumengol. L'un d'entre eux fut maire en 1858-1860. Hervé-Marie Poulmarc'h sera maire de 1943 à 1969. Un Bernard Poulmarc'h était trésorier de la fabrique en 1864 (inscription de la chaire à prêcher)

    • Jean-Louis Houé. Jean-Louis Le Houé, conseiller paroissial de Rumengol, fut décoré du Mérite diocésain en 1930.

    •  La famille Le Jamtel était fondeurs de cloche à Guingamp depuis la veille de la Révolution et ont réalisé, parmi tant d'autres,  les cloches de Brasparts. Voir : http://ville-brasparts.forum-actif.net/t592-le-bapteme-des-cloches-de-brasparts. Ce sont des fondeurs  qui représentaient la fonderie Cornille Havard de Villedieu-les-Poêles,et  qui s'occupèrent pendant plus d'un siècle de la fabrication des cloches d'église. (par ex : La chapelle Sainte-Croix à Guingamp ; l'église Saint-Jacques de Perros-Guirec en 1926 ). Au XIXe siècle, ils montent peu à peu une entreprise de commerce de gros et de détail de fers, de fontes et quincaillerie. Bernard Le Jamtel exerce aujourd'hui cette profession de  campaniste. En 1899, Émile Le Jamtel plaçait des encarts publicitaires dans chaque parution hebdomadaire de La Semaine Religieuse du Diocèse de Quimper (page 32) pour la Fonderie de cloches Adolphe Havard.

     

     

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    2°) Deuxième cloche.

    A l'ouest :

    NOMMEE IMMACULEE CONCEPTION

    JEAN-MICHEL

    Motif : Guirlandes. Crucifix

    A l'est :

    R M. SERRE VICAIRE GENERAL LE 25

    E CATHERINE CEVAER M LE GRAND P

    Motif : Assomption de la Vierge parmi les anges ; trois croix fleuronnées

    Mr Adolphe Serré ancien recteur de Roscoff, était Vicaire général du diocèse de Quimper depuis 1881 jusqu'à son décès en 1893.  Mr Legrand était recteur

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    3°) Troisième cloche : Marie-Victorine.

    J'AI ETE BENITE PAR SON EX. MGR

    MARIE-VICTORINE PAR JACQUES

    SON EX Mgr DUPARC EVEQUE JOSEPH BOT

    Ornements: frise de losanges ; autre frise. Calvaire.

    Monseigneur Duparc a été évêque de Quimper de 1908 à 1946.

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    4°) Quatrième cloche : Marie-Françoise.

     

    NOMMEE MARIE-FRANCOISE

    PAR

    Mr JEAN LE LANN 

    ET

    Mme FRANCOISE HOUE

    Motif : pietà et croix.

     

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    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cloche de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    SOURCES ET LIENS.

     

    — BILLANT (Abbé Nicolas)  Rumengol, son sanctuaire et son pèlerinage, 1924, sn.  Brest, Imprimeries de la Presse Libérale.

    (L'abbé Billant de Saint-Urbain fut recteur de Rumengol de 1920 à ? après avoir été recteur de l'Île Tudy.)

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

    ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

    https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

     

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

    — LECLERC (Guy), 1996-97, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1996) : Le Faou, églises Notre-Dame de Rumengol et Saint-Sauveur du Faou  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (126, p. 145-149)

    — LECLERC (Guy), 2000, Monuments et objets d'art du Finistère. Etudes, découvertes, restaurations (année 2000) : Le Faou, église Notre-Dame de Rumengol, porche méridional, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 2000, (129, p. 59-62)

    LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 74 et 92.

    MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur). Pages 161-177.

    VIOLLET-LE-DUC "Gargouilles", Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle

    https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Gargouille

    — Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    — Médiathèque des Monuments historiques

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr

    — http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/rumengol/eglise.html

    — http://www.cc-aulne-maritime.fr/patrimoine.htm

    — http://nd-rumengol-quimper.cef.fr/index.php/vie-de-la-paroisse/ensemble-paroissial

    — Liste des maires de Rumengol :

    http://www.archives-finistere.fr/sites/default/files/maires_rumengol.pdf

    A PROPOS DES CLOCHES ET DES CAMPANISTES :

    http://www.bodet-campanaire.com/fr/

    http://www.bodet-campanaire.com/fr/metier-du-campaniste.html

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    Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Crossettes et gargouilles
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    18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 10:57

     

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    Je  découvre ces fonts baptismaux dans la pièce (qui sert de débarras et est encombrée de meubles, bannières démodées et panneaux) qui se trouve immédiatement à gauche de la porte d'entrée.

    Il s'agit d'une cuve de kersanton (?), ovoïde, à la base creusée de 16 ou 18 godrons, scellée à un fût cylindrique (plus ancien ?) dont la tête et le pied sont sculptés de rinceaux et de masques. Quatre chérubin marquent le centre des quatre faces, et, inspiré par l'exemple tout proche des fonts baptismaux de l'église du Faou, on peut penser qu'ils représentent les quatre fleuves du Paradis. Néanmoins, ici, ils ont la bouche fermée et n'ont jamais servi à l'évacuation de l'eau. Sur une des faces est sculpté un blason au lion ou plutôt au léopard (la tête est vue de face) passant . Ce sont les armoiries des vicomte du Faou, d'azur au léopard d'or.  C'est Marie Françoise de Guémadeuc, nièce de Toussaint du Beaumanoir, qui en sa qualité d'héritière du titre donna l'autorisation de placer des fonts baptismaux dans l'église de Rumengol (Billant, 1924).

     

     

    Une cuve déversoir est placée à son flanc sud. Toutes les deux sont fermées par un couvercle en plomb.

    Ma première tâche est d'en relever l'inscription qui en fait le tour, en capitales romaines sur un cartouche en réserve.

     

    Y : BAVT : F :  1660 : A NOSTRE : DAME : DE : TOVT : REMEDE.

    "Y[ves] Baut. F[abricien]. 1660. A Notre-Dame-de-Tout-Remède"

    Cette inscription a déjà été relevée par André Mussat puis par René Couffon, avec une seule erreur (A. BAUT), le remplacement des deux-points par des points, et du V par un U :  "A. NOTRE. DAME. DE. TOUT. REMEDE. A. BAUT. 1660".

     

    Au XVIIe siècle, Rumengol continue à être un célèbre pèlerinage : en 1660, le Père Maunoir, le grand prédicateur jésuite, prêche une mission à Hanvec, d'où dépendait toujours la « trêve » de Rulmengol, et son disciple  M. de Trémaria,  conduisit au pèlerinage de la Vierge une procession de dix mille pèlerins.

    La mention du nom de la Vierge vénérée ici est intéressante puisqu'elle succède de peu à celle du cadran solaire : en 1638, celle-ci indiquait A NOTRE DAME DE REMETOLL. J'emprunte à l'article Wikipédia Rumengol son commentaire étymologique :

     

    "Les graphies françaises varient de Remangol (1173), à Rumengol (1225), Runmengol (1460), Remungol (1535), Rumengoll (1686), transcriptions plus ou moins fantaisistes d'un breton surtout oral. De même le sens du toponyme est resté mystérieux et a donné naissance à des interprétations aussi nombreuses que fantaisistes.

    Certaines propositions, édifiantes, datent du XVIIe siècle. Une étymologie populaire fait notamment référence à Notre-Dame de Remet-Oll (« Notre-Dame de Tout Remède). Le cantique breton "Itron Varia Rumengol" (Madame Marie de Rumengol) fait référence à cette "puissante vierge de tout-remède" (Gwerc'hez galloudus Remed-oll, en breton) "pour la santé du corps et de l'âme" (yehed ar horv hag an ene)."

    Je complète cela du texte rédigé en 1924 par l'abbé Billant, dont la synthèse n'en est pas moins dépourvue de parti-pris :

    1°) Les uns, à la suite d'Albert Le Grand et de Fréminville, proposent  ru mean gou-lu , (la pierre rouge de lumière), par allusion au dolmen rougi de sang et consacré à Teutatès, le dieu père de la lumière. C'est l'explication qui s'accorde le mieux avec la poésie et la légende.

    2°).- D'autres, s'appuyant sur le cartulaire de Landévennec, citent un passage où il est fait mention de la pierre de Guénolé, et proposent  ru mean Guenol , (la rouge pierre de Guénolé), Saint Guénolé ayant en effet , transformé la pierre druidique en un sanctuaire chrétien. (Le cartulaire, fixant les limites d'une donation de terrain, émet ces termes: « usque ad petram quae dicitur Padrum Sancti Vingolei in quâ sculptum est signum '' sanctae crucis », c'est-à-dire, «  jusqu'à la ''pierre dite Pierre de Saint Guénolé, dans laquelle est sculpté le signe sacré de la  croix ". (Donation faite par une charte du comte Grallon vers 930).

    -3°). D'aucuns ont dit: run-mean-oll  , (la hauteur toute pierreuse), par allusion à la topographie du lieu et à la nature du terrain.

    4°). Plusieurs font remarquer que l'emploi du mot Remengoll est aussi ancien et aussi répandu que celui de Rumengol, (les comptes et actes des XVIIe et XVIIIe siècles en font foi), et croient que l'on a d'abord prononcé  Intron Varia re 'n em goll , (Notre- Dame de ceux qui périssent, ou plutôt,  de ceux qui vont périr).

    . 5°). - Enfin, le sentiment qui a prévalu et· semble avoir été adopté depuis de longues .années est que "Intron Varia. Rumengol " serait venu de Intron Varia remed oll , (Notre-Dame de Tout Remède). Le cadran solaire qui domine le portail sud est surmonté d'une inscription conçue en ces termes: « A Notre-Dame de Remet-oll, 1638 "· Aux fonts baptismaux l'on trouve la même inscription en français: « A Notre-Dame de Tout Remède, 1660 ". Enfin un grand nombre d'actes du XVIe et du XVIIe siècle désignent l'église de Rumengol sous le nom ·de « chapelle de Notre-Dame de Tout-Remède ». , Il semble que cette dernière interprétation adoptée au moins depuis trois cents ans a pour elle une prescription suffisante pour être maintenue; et quoi qu'il en soit des autres versions, celle-ci nous apparaît comme un titre de gloire pour le premier sanctuaire érigé à la Sainte Vierge parmi nous.

    .

    Je ne trouve pas de renseignement sur Y[ves] Baut, mais je remarque qu' au Faou (à 3 km d'ici) la maison, située 2, place des Halles (XVI-XVIIème siècle), était en 1630 propriété de Allain Le Bault et de Francoise Bellanger.

    Il faut élargir la recherche avec les graphies LE BAUT, LE BAULT , LE BOT et LE BAOT.

    On trouve alors sur un forum généalogiste par Joel Morvan les indications suivantes concernant  Yves Le Bault et son frère Jean, demeurant Kerazeas, à Rumengol (alors trève de la paroisse de Hanvec) et leur frère Jean demeurant Rulann à Rumengol, fils de Jean Le Bault et d'Amice TROMEUR (née le 14 février 1631 à Quimerc'h). Cet Yves Le Bault est né en 1676, il n'est donc pas l'auteur de l'inscription. Néanmoins, la consultation de ces documents permet d'attester l'existence de ce patronyme à Rumengol, de connaître les lieux-dits qui lui sont associés, et les alliances de cette famille. Notamment celle avec Jacques Ballay, de Penanprat en Rumengol, auteur de l'inscription de la sacristie de l'église de Rumengol en 1694.

     

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20410&start=15  :

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=11514

    Les aveux concernant la terre de Kerandistribil en Quimerch retrouvés en série 57 J 81 (Fonds Traounouez), notaire au Faou)

    " 30//11/1684 : IMG 8353/8354/8355/8356 
    Devant nous nottaires de la cour et vicomté du Faou avec debeüe soubmission et prorogation de juridiction y juré ont comparus en leur personnes JAN LE BAULT &
    YVES LE BAULT du lieu de Kerazeas paroisse de Hanvec, faisant tant en privé que pour autre JAN LE BAULT leur frère du lieu de Rulann audit Hanvec et autres leurs consorts, FRANCOIS QUINTIN du lieu de Pennanoat en la dite paroisse de Hanvec, JAN BALLE du lieu de Pennaprat Rumengol faisant pour soy et pour ANNE LE GALLOU du lieu de Garzangoff paroisse de Quimerch en consortie avec le dit YVES LE BAULT et FRANCOIS LE GOASGUEN du bourg de Rumengol faisant tant pour soy que pour DENIS LE GOASGUEN, GUILLAUME LE GOASGUEN, FRANCOISE LE GOASGUEN & JACQUETTE LE GOASGUEN ses frères et soeurs, lesquels sont confessants et cognoissants avoir tenir et que defaict ils tiennent de et soubs Escuier Hervé Du Bot Seigneur du dit lieu, les Salles, Lohan, ...scadec et Kerlecun en seigneurie de ligence avec les debvoirs seigneuriaux lors que le cas y eschoit, le dit lieu et village de Kereuzennic et terres en dépendants, ainsi qu'ils sont cy après describés, scavoir : 
    Les dits
    JAN & YVES LE BAULT une 1/9 ème partie … escheues aux dits LE BAULT par acquest de deffuncts NICOLAS QUINTIN & JAN QUINTIN père et fils, le dit FRANCOIS QUINTIN les 2 parts dudit lieu et terres ... escheues audit QUINTIN par acquest de YVES LE GOFF et de la succession de PAOL QUINTIN son père, et audit JAN BALLE audit nom est eschue par acquest fait de SEBASTIEN GUILLOU et YVES GALLOU un parc ..., à la ditte ANNE LE GALLOU est escheu de succession de NICOLAS LE GALLOU son père ..., plus est escheu audit YVES LE BAULT la moitié d'un journal à faucheur … par acquest faict de SEBASTIEN GUILLOU et YVES GALLOU ..., plus audit JAN LE BAULT faisant pour soy et pour MARYE LE GOFF mère et curatrice de ses enfans mineurs de son mariage avec feu HERVE TRELLU son mary de la paroisse du Tréou diocèse de Léon, soubs laquelle il est fermier, est escheu en consortie avec le dit YVES LE BAULT par acquest fait de FRANCOIS TRELLU & FRANCOISE TRELLU ..., et ledit FRANCOIS LE GOASGUEN audit nom le total d'un parc …, de plus les dits JAN & YVES LE BAULT en privé et faisants pour leurs consorts déclarent tenir soubs le dit Seigneur à mesme tiltre de cheffrante les héritages et terres cy après spécifiés, leur appartenant, scavoir la moitié par succession de deffunct JAN LE BAULT leur père, l'autre moitié par acquest faict de deffunct Escuier Jacques Du Bot son prédécesseur, en premier …, pour payer par an en contribution avec les dits BALLE, QUINTIN, TRELLU et GALLOU scavoir cinq sols monoy d'ancienne cheffrante sur la totalité dudit lieu de Kereuzennic et les dits BAULT en paier sur le dit acquest quatre livres tournois à chacun jour et terme de St Michel au mois de septembre en la maison du Bot à paine du double de la dite cheffrante de cinq sols monoy. Tout ce que dessus les dits advouants cognoissent et confessent contenir vérité, s'obligeants …, faict et le gré pris au bourg de Rumengol soubs les signs des dits JAN & YVES LE BAULT pour soy, de JAN BALLE et FRANCOIS LE GOASGUEN pour soy et celuy de Missire NICOLAS LE BAULT prestre requérant le dit FRANCOIS QUINTIN affirmant ne scavoir signer, à nous nottaires le trentiesme novembre mil six cents quatre vingts et quatre …" 

    .




    " 16/02/1713 : IMG 8357/8358/8359/8360 
    Aveu et déclaration spéciffique par tenants et aboutissants des terres et hérittages que jouissent et proffittent au lieu de Thy Kereuzennic ou Kerendistribil sittués en la paroisse de Quimerch, JACQUES
    LE BAULT en privé et comme tuteur des enffants mineurs de + GUILLAUME MILLIN et MARIE LE BAULT sa femme, FRANCOIS LE BAULT et CATHERINE LE BAULT veuve de + BERNARD PAPE décédé puis les 3 ans, icelle BAULT épouze dudit MILLIN décédé puis les 6 ans demeurant au lieu de Kerezeas, FRANCOIS QUINTIN veuff de deffunte ANNE GRALL décédée puis les 8 ans demeurant au lieu de Pennanoat, JACQUES BALLAY fils hérittier de deffunt JAN BALLAY faisant en privé et Messire MATHURIN BALLAY, PIERRE BALLAY, JAN BALLAY & YVES BALLAY ses frères demeurant au lieu de Pennanprat Rumengol, NICOLAS LE BAUT faisant pour JAN LE BAUT son père demeurant au lieu de Rulann, SEBASTIEN LE CAM faisant en privé pour DENIS LE GOASGUEN & JANNE LE GOASGUEN enffants de deffunt FRANCOIS LE GOASGUEN décédé puis les « non inscrit » ans et comme mary de JACQUETTE LE GOASGUEN sa femme demeurant au bourg de Rumengol tous paroissiens d'Hanvec et JOSEPH LE BAUT demeurant au lieu de Kereuzennic fils et hérittier de deffunt YVON LE BAUT décédé puis les 3 ans, à Messire Jacques Joseph Du Bot Cheff de nom et d'armes Seigneur dudit lieu du Bot, Escuyer et noble d'ancienne extraction Chevallier et conseiller d'honneur au siège présidial de Quimper et Seigneur des Salles, Lohan, Kerleuz, Kerascoet, Messamer, Stangarbot et autres lieux demeurant en son manoir du Bot susditte paroisse de Quimerch, scavoir lesquels JACQUES LE BOT & JOSEPH LE BOT une neuffiesme partye du lieu et terres comme cy après …, escheus aux dits BAUD des successions de JAN (?) & YVES LE BAUT acquéreurs de JAN QUINTIN & NICOLAS QUINTIN père & fils, et le dit FRANCOIS QUINTIN les deux tiers du dit lieu et terres scavoir … par acquest de YVES LE GOFF et de la succession de PAUL QUINTIN son père décédé puis les « illisible », et audit JACQUES BALLAY en privé et au dit nom de la succession de feu JAN BALLAY son père décédé puis les 10 ans appartient un parc ..., plus audit JOSEPH LE BAUT comme hérittier dudit feu YVES LE BAUT dcd environ 12 ans acquéreur de ANNE GALLOU en son vivant deux journeaux de terre froide …, avec de plus la moitié d'un journal de faucheur dans la prée nommé « foennec trellu » acquis par le dit deffunt de SEBASTIEN GUILLOU …, et aux dits FRANCOIS LE BAUT & CATHERINE LE BAUT en privé et comme curatrisse des enffants de son mariage avec ledit PAPE décédé comme dit est puis les 3 ans comme acquéreur des hérittiers de HERVE TRELLU embonné comme devant …, … escheux aux dits GOASGUEN par la succession de FRANCOIS LE BAOT leur ayeul et bisayeul décédé puis les 33 (?) ans, de plus lequel JACQUES LE BAUT en privé et au dit nom et JOSEPH LE BAOT et NICOLAS LE BAOT au dit nom déclarent tenir soubs le Seigneur du Bot l'autre moitié par acquest de feu Messire Jacques Du Bot Seigneur du Bot une garaine … " 

     

     

    Cela confirme (si besoin) que les fabriciens étaient choisis parmi les propriétaires terriens aisés de la paroisse, reliés par des liens familiaux étroits, et dans un périmètre réduit autour de l'église .

     

     

     

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Ce qui m'impressionne, c'est que les deux cuves sont taillées dans un seul bloc. J'ai cherché en vain des traces de scellement, mais non.

     

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Attribution ?

    Je ne crois pas que ces fonts ont été attribués à un atelier de sculpture particulier. L'année 1660, appartient  à la période d'activité de Roland Doré, entre 1618 et 1663, et Emmanuelle Le Seac'h  indique que le sculpteur landernéen a réalisé du mobilier liturgique pour les fabriques de Plouédern et de Bodilis, dont les Fonts baptismaux  de Plouédern (1641, avec une cuve godronnée comme à Rumengol) et en partie le baptistère de Bodilis.

    Liste chronologique de quelques fonts baptismaux du Finistère (Agrall, 1904):

    https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Baptismal_fonts_in_Finist%C3%A8re

    • Saint-Jean-du-Doigt fin XVe
    • Plonéour-Lanvern, fin XVe
    • Quimperlé, N-D. De l'Assomption, fin XV
    • Penmarc'h fin Xve
    • Plouégat-Guérand fin XVe
    • Le Faou v.1570
    • Locmaria-Plouzané 1583
    • Pencran 1619
    • Plouedern 1641
    • Lampaul-Guimiliau 1650-1651
    • Commana 1656
    • Guiclan 1658
    • Saint-Rivoal 1661
    • Crozon, 1742

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Le couvercle en plomb est orné de huit chérubins. On distingue sur le bord en pierre quatre trous carrés, plutôt destiné à la fixation d'un couvercle en bois ou de ferrures qu'à un écoulement.

    Il y a 25 ans environ, les boiseries des fonts baptismaux  ont été déposées  sans qu' aucune photographie de cet ensemble en place ne semble avoir été prise avant le démontage. En 2011, l'entreprise Le Ber (menuiserie et restauration) avait été chargée d'effectuer une étude sur la possibilité de restaurer et reposer les boiseries. 

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Fonts baptismaux (1660), église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    Il faut parler maintenant du long procès que ces fonts entraînèrent.

    "En 1660 commence une longue procédure où l'on voit les tréviens de Rumengol essayer de se dégager de leurs obligations envers le prieuré-cure de Hanvec. En 1669, en effet, l'évêque de Quimper et la comtesse douairière du Faou donnent l'autorisation d'élever dans l'église des fonts baptismaux, ce qui provoque une contre-requête du curé de Hanvec. Le différend dura près de trente ans et alla jusqu'au Parlement de Rennes. En 1674, l'officialité de Quimper avait confirmé le caractère trévial de la chapelle, attribuant au recteur (le prieur était alors Urbain de Kerouartz, 1666-1680) le tiers des revenus y afférant. Mais ce n'est que le 21 juillet 1685 que, sur la requête des tréviens, ces fonts furent bénis, et en 1699 enfin on garnissait la piscine." (A. Mussat, 1957)

     

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    SOURCES ET LIENS.

    ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

    https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

    BILLANT (Abbé N.), 1924, Rumengol, son sanctuaire et son pèlerinage, Brest, Imprimerie de la Presse Libérale

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Notice du Faou, Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

     

    MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur).

    Notre-Dame de Rumengol Éditeur: s.n., s.d..

    Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    — http://nd-rumengol-quimper.cef.fr/index.php/vie-de-la-paroisse/ensemble-paroissial/34-rumengol

    Photographie des fonts par Henri Moreau en 2008 :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:175.Rumengol.Eglise.Le_baptist%C3%A8re.JPG

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    Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Inscriptions Fonts baptismaux
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    15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:31

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    Ce porche est en partie semblable à celui de La Martyre, en vallée de l'Élorn, et daté vers 1450-1468. Ils sont tous les deux en pierre de kersanton, ils disposent tous les deux, au dessus d'une porte en arc déprimé, d'un tympan représentant une scène de l'Enfance du Christ (Nativité à La Martyre, Adoration des Rois à Rumengol), tous les deux (mais comme partout) d'un Credo apostolique à l'intérieur, et enfin, ce tympan et ces Apôtres sont tous les deux issus du même atelier, actif au Folgoët entre 1423 et 1468.  Ces datations, comme celle du calvaire (entre 1433 et 1457) montrent qu'une partie de l'église date du XVe siècle, et est est antérieure à la date de fondation de 1531 qu'indique l'inscription gothique placée à sa gauche.

     Par contre, à Rumengol,  un tympan intérieur au dessus d'une double porte montre une remarquable Annonciation de pierre , qui ne sortirait pas de cet atelier du Folgoët bien qu'elle soit comparable à celle de La Martyre, et témoigne du grand courant e l'influence ligérien qui traversa alors la Bretagne et n'est absent d'aucun de ses grands sanctuaires" (Mussat 1957) 

    Les armoiries qui en ornaient l'intérieur et l'extérieur (sommet et à droite de l'arcade) ont été martelées à la Révolution, mais si on se rapporte à l'écusson du calvaire, ou aux éléments héraldiques les plus anciens des vitraux, on obtient des indices sur la famille du Quélennec, vicomtes du Faou, dans leur alliance avec les Poulmic et les du Chastel. Or, Jean III du Quélennec a épousé Marie de Poulmic en 1433, leur fils Guyon, marié en 1440 avec Jeanne de Rostrenen mourut en 1478, laissant son titre à son fils Jean VI, auquel succède Charles Ier du Quélennec, mariée le 7 février 1518 à Gilette du Chastel. Ces éléments donnerait pour la datation du porche une fourchette de 1433-1518, et  c'est bien l'étude stylistique de la sculpture qui le date de la seconde moitié du XVe siècle.

    Je décrirai donc :

    1. L'Adoration des Mages (vers 1470).

    2. La galerie des Apôtres (vers 1468).

    3. L'Annonciation.

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    Sous un fronton au gable orné de crochet et fleuron (et d'un cadran de 1638), une arcade gothique surligne le tympan ogival qui surmonte la porte en arc déprimé. 

    A droite de l'arcade, un blason est martelé, mais il reste suffisamment lisible pour y distinguer les armes de la famille  de la Bourdonnaye  de gueules à trois bourdons d'argent posés en pal  (Bourdon = bâton de pèlerin muni de deux pommes -sphères-, l'une au trois quarts, l'autre au sommet). Elles sont aussi visibles sur le pignon de l'église du Faou . Voir ici la source de ces info et de l'image

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    Ce sont donc les armes de Marie-Flore de la Bourdonnaye-Montluc (née vers 1735) épouse de Nicolas II Magon de la Gervaisais, et Vicomte du Faou . (Louis-Armand de Richelieu, héritier de la Vicomté du Faou, la vendit en 1736 au duc de Rohan, prince de Léon. Les Rohan revendirent en 1762 la vicomté au sieur Magon de la Gervaisais, conseiller au Parlement, en faveur duquel la vicomté du Faou fut érigée en marquisat en 1768 

     

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    Porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Armoiries martelées de la famille de la Bourdonnaye, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries martelées de la famille de la Bourdonnaye, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    I. L'ADORATION DES MAGES (vers 1470).

     

     

    Le tympan extérieur est limité en bas par une corniche, soulignée par une frise de feuilles d'acanthe ; en haut par les voussures de l'arc ogival, qui s'ornent d'une étoile et de deux anges thuriféraires. L'ensemble est en pierre de kersanton, mais conserve des traces de polychromie.

    En effet, le porche a été repeint dans ses couleurs initiales – comme le calvaire– par le peintre et doreur Ollivier Grall de Landerneau entre 1723 et 1730. Le contrat précisait que le peintre devait faire les personnages "de la mesme forme qu'ils ont été ci-devant, scavoir les robes et les manteaux dorés et le tout de bonne couleur appliqué suivant l'art".

      La couleur rouge du fond et même des personnages pourrait être en rapport avec l'une des étymologies possibles de Rumengol , le breton Ru men goulou (deiz), "la pierre rouge de la couleur du point-du- jour" . Cf Rémungol (56) in H. Abalain. Cette idée de "pierre rouge" et ces mots bretons men ru, mean ruz  évoquent des sacrifices druidiques sanglants dédiés à Toutatès, repris dans le cantique de pèlerinage  Itron Varia Rumengol composé par Guillou Merrer: Var ar mean ruz e skuillet goad, Hag er Chrannou e kreiz ar cboat, A zindan derven Teutatès, Tud veze lazet eb truez. ("Sur la pierre rouge, en tuant sans pitié vous apaisez Teutatès au milieu de la forêt du Crannou").

    L'Adoration des Mages illustre le texte de l'évangile de Matthieu 2:1-12 , commémoré lors de l'Épiphanie:

    Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer.

    Le texte de la Vulgate emploie le terme de magi, issu du texte  grec qui emploie  μάγος . Un mage désigne à l'origine un prêtre perse ou mède (par exemple, originaire de Babylone), réputé pour sa connaissance en astronomie et astrologie. Leur nombre va se fixer à trois, symbolisant les trois âges de la vie. Le plus âgé sera toujours le premier, agenouillé devant l'enfant et lui offrant de l'or.  Pour Bède le Vénérable,  Mystice autem tres Magi tres partes mundi significant, Asiam, Africam, Europam, sive humanum genus, quod a tribus filiis Noe seminarium sumpsit.  :  selon le sens mystique, les trois mages  représentent aussi les trois parties du monde : l'Asie, l'Afrique et l'Europe, c'est à dire le genre humain, qui est issu des trois fils de la semence de Noé". C'est à partir de ces trois fils que la toute la terre fut peuplée, selon le récit de la Genèse (IX, 18-19)

     

     Cette interprétation sera reprise au XIVe siècle, le vieillard Melchior offrant l'or de la royauté du Christ figure l'Europe, alors que le jeune et imberbe Gaspard, qui porte l'encens de la fonction sacerdotale du Christ, figure l'Inde et que Balthazar au teint sombre, qui porte la myrrhe de l'embaumement rappelant l'humanité mortelle de Jésus, figure l'Afrique.

    http://www.lexilogos.com/epiphanie.htm

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    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    A gauche, nous trouvons d'abord saint Joseph, de face, barbu et tenant un bâton pour signifier son grand âge. Il est coiffé d'un bonnet évasé.

    Puis vient la Vierge, assise, de profil, vêtu d'un manteau qui recouvre sa tête et retombe en plis à volutes. Elle tient l'Enfant-Jésus vêtu d'un petit pagne, légèrement penché vers Melchior qu'il regarde. La chevelure de l'Enfant, en masse arrondie plus épaisse sur les cotés est caractéristique. 

    Melchior, selon un mode souvent retrouvé en iconographie, a enfilé sa couronne autour de son poignet gauche. Agenouillé, il regarde l'Enfant et lui présente un coffret. Selon E. Le Seac'h, ses cheveux sont tressés en bandeau et le reste du crâne est lisse, mais je vois plutôt ici un bonnet royal à turban. Sa barbe témoigne de son âge.

    La position des deux animaux, de face, en hauteur,  évoque la Nativité du porche de La Martyre :

     

     

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    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Le roi Balthazar, couronné, barbu, vêtu d'une robe serrée par une ceinture, désigne l'étoile de la main droite et tient un ciboire de la main gauche.

    Ce mage est proche du Balthazar du porche du Folgoët (1423).

    http://a141.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/le-folgoet/le-folgoet-4334c.jpg

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    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Le roi Gaspard (l'ordre a-t-il été inversé lors de la repose ? Non, puisqu'on le retrouve au Folgoët), couronné, jeune, imberbe, de face mais les pieds dirigés vers la gauche, tient la cassolette à couvercle de l'encens. Il est vêtu d'une tunique courte mais épaisse serrée par une ceinture.

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    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Adoration des Mages, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Dans les voussures, sont représentés deux anges thuriféraires, et l'étoile qui a guidé les Mages. Là encore, il est intéressant de les comparer à ceux du porche de La Martyre. 

    Dans la liturgie, un thuriféraire est l'acolyte qui tient et se sert de l'encensoir, récipient contenant l'encens fumant, et qui a été rempli à partir de la navette tenue par un autre servant de messe, le naviculaire. "Le thuriféraire tenant l'encensoir de la main droite par le haut des chaînes, lui donne d'abord de la main gauche un léger mouvement vers la chose ou la personne qu'il encense ; il élève aussitôt après l'encensoir en le lançant devant lui ; puis, le retirant à soi, il le ramène sous le bras droit, observant entre chaque coup d'ostensoir une pause convenable." Cérémonial à l'usage de l'Église du Puy, 1836 .

    A La Martyre, les anges tiennent à la fois les chaînes de l'encensoir de la main droite, et la navette de la main gauche : ils sont thuriféraires ET naviculaires. Leur brûle-parfum est représenté en hauteur, lors du geste du lancer.

    http://a141.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/la-martyre/la-martyre-1922.JPG

    Ici, ils ne tiennent que l'encensoir, qu'ils balancent devant leurs jambes. L'un le tient de la main droite, l'autre de la main gauche. L'encensoir ressemble  à une raquette dotée d'une poignée en T.

    Ils sont vêtus de l'amict (autour du cou), d'un surplis court, et d'une aube. Ils reposent sur des petits nuages. 

    Il est très instructif d'examiner leur chevelure : elle est sculptée en trois macarons (l'un frontal, les autres temporaux) à stries en spirale. Proche de celle de saint Jean sur le calvaire de Rumengol, et assez proche de celle de trois anges du porche de La Martyre.  Emmanuelle Le Seac'h en a fait l'un des traits stylistiques de l'atelier ducal du Folgoët ("autel des Anges" de la basilique), qui aurait été inspiré du tombeau de l'évêque de Quimper Gatien du Monceau, mort en 1416. Ces coiffures flamboyantes, exubérantes, témoigneraient-elles — comme les "cornes" de Moïse — de l'emprise de l'inspiration divine ? 

     

     

     

     

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    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Ange thuriféraire, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    II. LE CREDO APOSTOLIQUE.

    Voir aussi :

    Le credo apostolique de l'ossuaire de Sizun. (1585).

    Les statues des douze apôtres, d'un mètre de haut, sont contenues dans des niches à coquilles sous des dais gothiques au pinacle élevé pour huit d'entre eux. En 1793, trois apôtres furent décapités et la série fut déplacée.

    Saint Pierre est reconnaissable à droite près de la porte d'entrée (c'est sa place habituelle) grâce à sa clef , et il permettra de les décrire en les numérotant en lui attribuant le numéro 1.

    Les statues de kersanton ont été peintes, mais il persiste aujourd'hui surtout la couleur blanche, et des teintes roses ou parfois ocres, de rares lèvres carmin, et des verts qu'il est difficile de distinguer de moisissures verdâtres des murs. Il en résulte, sur les photographies, ces allures fantomatiques et surexposées.

     Ils sont tous pieds-nus (c'est une caractéristique des apôtres), tous sont barbus (sauf Jean), et tous ont les cheveux longs. Cinq (quatre à droite) ont une houppette implantée, comme deux tortillons, sur le front dégarni, un privilège habituellement propre à Pierre et à Paul. Certains tiennent en main un attribut qui permet de les identifier alors que cinq autres tiennent un livre et restent anonymes. Ils sont vêtus d'un manteau, et d'une robe qui, pour les six de droite et un de gauche, est serrée par une ceinture. Les plis sont variés, serrés à la verticale, ou en volutes, à bec. La forme des yeux, mieux détectacle lorsque la polychromie est effacée, est en amande avec des paupières ourlées. 

     Chacun tient aussi une banderole où est inscrit un des douze articles du Symbole des apôtres, parfois nommé plus ou moins à tort Credo. Comme l'attribution de chaque article est fixée par la tradition chrétienne, la lecture des banderoles est un autre moyen de connaître le nom de son titulaire... mais il existe une variation des attributions des ... attributs et des articles qui complique les choses. Un autre moyen est de comparer ces statues aux groupes d'apôtres clairement identifiés d'autres églises et chapelles bretonnes, comme sur l'ossuaire de Sizun.

    Les apôtres reconnaissables sont :

    à droite

    • le numéro 1, saint Pierre,

    • le numéro 4, saint Jean (il est toujours imberbe) 

    • le numéro 6 : il tient une lance :  saint Thomas (Saint Matthieu pour E. Le Seac'h).

    à gauche,

    • le numéro 7 : il tient un coutelas, c'est saint Barthélémy.

    • le numéro 8 tient une croix en X, c'est saint André.

    • Le numéro 10 porte un bourdon et un chapeau à coquille, c'est Saint Jacques le Majeur.

    Ils ne sont pas placés dans l'ordre qu'ils devraient adoptés dans la succession des articles. Certes, Pierre porte sur son phylactère des bribes du 1er article Credo in Deum Patrem omnipotentem, creatorem coeli et terrae, mais le 2ème article [Et in ] JESVM CHRISTVM FILIVM EIVS VNICVM [Dominvm nostrvm]  est enrubanné autour de Saint André, notre n° 8. Ce 2ème article est bien attribué selon la tradition à André. Il y a lieu de penser que la disposition initiale suivait la tradition établie, et qu'André 'était jadis le voisin de Pierre. 

    Si ce prémisse est admis, les versets déchiffrés sur les banderoles des apôtres non identifiés pourraient nous aider à connaître leur nom. Mais comme les inscriptions ne sont pas gravées, mais peintes, elles n'attestent pas du texte d'origine. Des tentatives de correction ont entraîné des mots peints par dessus les autres. Le résultat, c'est que l'ordre et les identités des apôtres ne nous sont plus accessibles.

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    Porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    A. Le coté droit du porche.

     

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    Apôtres de droite, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Apôtres de droite, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Apôtres de droite, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Apôtres de droite, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    1. Saint Pierre.

    Il tient par une courroie deux énormes clefs pendues à son poignet.

    On lit des bribes de son verset 

    Credo in Deum Patrem omnipotentem, creatorem coeli et terrae.

    "Je crois en Dieu le Père tout-puissant créateur du ciel et de la terre".

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    Saint Pierre,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Pierre, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint ---

    – Son phylactère indique : DESCENDIT AD INFEROS (tertia die RESVRREXIT A MORTVIS . 

    C'est le cinquième article, attribué à saint Matthieu (à Rome à la fin du XVe sous le coupole de l'Hôpital du Saint-Esprit de Rome), ou à saint Thomas (E. Mâle, calendrier des Bergers).

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    Deuxième Apôtre , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Deuxième Apôtre , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Deuxième Apôtre , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Deuxième Apôtre , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Jean.

    – Identification : par l'absence de barbe.

    – Inscription : Et passus SVB PONTIO PILATO CRVCIFIXVS Mortvvs  Article n°4 . Attribution conforme à la tradition (Calendrier des Bergers)

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    Saint Jean,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Jean, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint ? Simon.

    – Identification par l'inscription : Article n° 10 : REMISSIONEM PECCATORVM

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    Cinquiième Apôtre , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cinquiième Apôtre , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Matthieu ? Thomas ?.

     — La lance : est l'attribut de saint Matthieu, mais aussi de saint Thomas (Calendrier des Bergers).

    –deux inscriptions superposées en sens inverse :

    ASCENDIT AD COELOS SEDET AD DEXTERAM PATRIS OMNIPOTENTEM  traditionnellement confié à  Jacques le mineur

    VNDE VENTVRVS EST IVDICARE  VIVOS ET MORTVOS  traditionnellement confié à Philippe.

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    Cinquième apôtre (Thomas ?),  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Cinquième apôtre (Thomas ?), porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Les apôtres du coté gauche.

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    Apôtres du coté gauche , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Apôtres du coté gauche , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Dais gothique polychrome, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Dais gothique polychrome, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Barthélémy ?

    — Identification : par le coutelas, instrument du dépeçage, mode de supplice de Barthélémy.

    Pas d'inscription.

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    Apôtre Barthélémy,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Apôtre Barthélémy, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint André.

    – Identification : par la croix en X, dite de Saint-André.

    – et confirmé par l'inscription de l'article n° 2 : [Et in ] JESVM CHRISTVM FILIVM EIVS VNICVM [Dominvm nostrvm].

     

    L'apôtre André , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    L'apôtre André , porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    6. Saint Jacques le Mineur.

    — Il tient  un livre beaucoup plus épais que les autres.

    — Je lis les lettres AS : 

    ASCENDIT AD COELOS SEDET AD [dexteram Dei patris omnipotentem]  qui permettent l'identification (Calendrier des Bergers).

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    Saint Jacques le Mineur, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Jacques le Mineur, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Jacques le Majeur.

    – Identification : par les attributs : chapeau à coquille sur le rabat, bourdon.

    – Inscription cohérente avec l'attribution traditionnelle (E. Mâle) du Credo apostolique donnant à saint Jacques le Majeur le 3eme article :QVI CONCEPVS EST DE SPIRITVO SANCTO NATUS EX DE MARIA VIRGINE.

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    Saint Jacques le Majeur,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Jacques le Majeur, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Saint Jacques le Majeur,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Jacques le Majeur, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    12. Saint Matthias.

    – Identification : par la banderole :  Il s'agit de l'article n°12 qui termine le Symbole des Apôtres :  VITAM AETERNAM  AMEN

    Il devait donc occuper la dernière place.

     

     

    Saint Matthias,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Matthias, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Matthias,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint Matthias, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Dernière statue.

    – Inscription : superposition de lettres en partie effacées.

     

    Saint apôtre,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint apôtre, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint apôtre,  porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Saint apôtre, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    III. L'ANNONCIATION.

    Ce groupe occupe l'intrados de l'arcade ogivale au dessus de la double porte d'entrée du porche sud.

    Le thème est parfaitement logique pour un grand sanctuaire de pèlerinage dédié à la Vierge, témoignant de son élection, de sa virginité, et, pour beaucoup, de sa conception immaculée. Ce thème figure aussi en bas-relief de la fontaine miraculeuse. L' Annonciation est aussi une fête liturgique, le 25 mars, et cette date était (est) celle d'un des quatre grands pardons de Rumengol avec le jour de la Trinité (le dimanche après la Pentecôte), l'Assomption (15 août), la Nativité de la Vierge (8 septembre) et la Conception de la Vierge ou Immaculée Conception (8 décembre) .

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    L'ensemble en pierre polychrome est sobrement composé de trois "personnages" et d'un meuble central.

    En haut, porté par les circonvolutions des nuées,  Dieu Le Père, couronné,  tient le globus cruciger dans la main gauche et trace une bénédiction de la main droite. Ce qui est remarquable, c'est que, de sa bouche, se frayant un trajet au sein de la divine barbe et y laissant un sillage, l'Esprit-Saint, sous sa forme habituelle de colombe, prend son envol et se dirige vers Marie. Ainsi est illustré le fait que c'est la Parole de Dieu, le Verbe, qui va féconder la Vierge, bien que cette formulation ne soit peut-être pas théologiquement correcte.

    Plus bas, "sur terre", Marie est agenouillée, à notre gauche, devant son prie-dieu face à l'ange Gabriel qui a fait irruption dans sa chambre. Au milieu, un vase contient un lys à trois boutons dont un seul est ouvert, réunissant ainsi deux symboles de la virginité, le vase (utérin) qui resta clos et la fleur immaculée et qui n'a pas d'étamine, vierge avant, pendant et après l'enfantement. (Virgo concipit, virgo gravida, virgo  cum parturit,/  virgo ante partum, in partu, post partum).

    (Saint Augustin, Sermo XXV, Oeuvres T X, )

     

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Dieu le Père et le Saint-Esprit.

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Comme pour la série des apôtres, la décoloration de la polychromie, la perte des ors, l'affaiblissement des rouges, des ocres et des lilas transforme la scène en une apparition évanescente, presque onirique, irréelle, irradiée de blancheur et de silence. 

    Dans cette absence de décor et de couleurs, la Vierge a la gravité éloquente d'un pantomime et le Fiat que ne prononce pas sa bouche est proclamé par le geste parfait de ses deux mains. 

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Inutile de tenter de lire la banderole aux lettres humaines et dérisoires alors que l'index angélique est posé, comme sur des lèvres, pour délivrer le message de l'Ave Gratia Plena.

    J'ignore encore, au moment où j'écris, quelle est la datation proposée par les experts pour cette Annonciation, et à quel atelier est attribué cette sculpture en pierre de Loire. Mais je suis frappé d'y retrouver la chevelure en mèches entortillées, en petites cornes tressées, qui est celle des anges de kersanton du Folgoët, du porche sud de la cathédrale de Quimper (1424-1442), de celui de La Martyre (1450-1468), de l'Adoration des Mages de Rumengol (v.1468), et dont le modèle fut le tombeau de Gatien du Monceaux :

    "Probablement importé, [ce tombeau] daterait des années 1420 et a été réalisé par un sculpteur important qui a copié les anges sculptés par André Beauneveu pour le duc de Berry. Taillé dans le calcaire de la Loire, il a contribué à la diffusion de l'art ligérien en Bretagne. L'atelier du Folgoët s'est à son tour inspiré de ces anges, a intégré leur chevelure et en a fait une marque stylistique qui a à son tour été copiée par un artiste local pour le tombeau d'Alain de Lespervez par un sculpteur local." (E. Le Seac'h, 2014, p. 61).

    Comparer aussi cette Annonciation à celle de La Ferrière (22) : la coiffure de l'Ange y est aussi méchée et ébouriffée qu'à Rumengol. Ce serait, réalisé entre 1423 et 1468, une autre réalisation d l'atelier du Folgoët) :

     

    http://a398.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/La-Ferriere/statues/statues-4154c.jpg

    http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-l-eglise-de-la-ferriere-107329857.html

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Nous pouvons aussi nous livrer à une autre comparaison avec l'Annonciation du porche de La Martyre. La Vierge est représentée dans la même posture d'acceptation, le prie-dieu est le frèere jumeau de celui de Rumengol, mais un détail de l'ange Gabriel, sa tunique à manche fendue, est encore plus convaincant : les deux tuniques sont parfaitement semblables. De même, la tenue de la banderole est très comparable. L'auteur de l'Annonciation de La Martyre (vers 1450) aurait pu prendre modèle sur celle de Rumengol ...ou réciproquement.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    SOURCES ET LIENS.

     

    — ABALAIN (Hervé), 2000, Noms de lieux bretons. Ed Gisserot.

    https://books.google.fr/books?id=IG0fUrAqvMAC&dq=Ru+men+goulou+deiz&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    — BILLANT (Abbé Nicolas)  Rumengol, son sanctuaire et son pèlerinage, 1924, sn.  Brest, Imprimeries de la Presse Libérale.

    (L'abbé Billant de Saint-Urbain fut recteur de Rumengol de 1920 à ? après avoir été recteur de l'Île Tudy.)

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

     

     ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

    https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1991,.Essai d'épigraphie appliquée. Dates et inscriptions sur les croix et calvaires du Finistère du XVème au XVIIIème siècle Ouvrage: Charpiana : mélanges offerts par ses amis à Jacques Charpy..Fédération des Sociétés Savantes de Bretagne, 1991.

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

     

    — LECLERC (Guy), 1996-97, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1996) : Le Faou, églises Notre-Dame de Rumengol et Saint-Sauveur du Faou  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (126, p. 145-149)

    — LECLERC (Guy), 2000, Monuments et objets d'art du Finistère. Etudes, découvertes, restaurations (année 2000) : Le Faou, église Notre-Dame de Rumengol, porche méridional, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 2000, (129, p. 59-62)

    MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur).

    —Inventaire du Patrimoine architectural. Région de Bruxelles (Glossaire)

    http://www.irismonument.be/fr.p.glossary.14.html

    —  Rumengol son sanctuaire et son pélerinage, 1924, Brest, Presses de la Presse Libérale, .

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

    — Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    — Médiathèque des Monuments historiques

     http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr

    — La fontaine : 

    http://fontaines.bretagne.free.fr/view.php?id=72&total=367

    —— Sur le Credo  apostolique :

     

    — Grant Kalendrier et compost des bergiers , 1529, imprimé à Troyes.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86095054/f89.item.zoom

     

     Émile Mâle http://patrimoine.amis-st-jacques.org/documents/000135_e_male_credo_des_apotres_2.pdf

     

    — DIDRON Adolphe Napoléon et ,Edouard, ,Xavier Barbier de Montault, 1855,  Annales archéologiques, Volume 15 :page 239 : le Credo du tambour de la coupole de l'Arcispedale Santo Spirito  de Rome

    https://books.google.fr/books?id=gbKfAAAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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    Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Sculpture
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    15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 15:41

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    Ce calvaire avait été déplacé en 1880 dans le cimetière, mais  a regagné sa place initiale dans le placître en 2008. Ainsi que son orientation, le Christ tourné vers l'Ouest, de manière que le fidèle qui le prie soit tourné vers l'est, symbole de la Résurrection. C'est très bien, puisqu'il s'agit d'un des plus anciens calvaires de Bretagne (vers 1450), qualifié d' "œuvre capitale pour l’histoire de la sculpture dans la première moitié du XVe siècle." (Y-P. Castel). Classement Mh 1985.  Site inscrit des "Monts d'Arrée" site Pluricommunal, arrêté du 10 Janvier (1966).

     

     

     

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    Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

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     Son socle est cubique, marqué  des rais d’un cadran solaire tracés sur le plat, avec les chiffres XI XII et  I.

    L'emmarchement est principalement en pierre ocre et veinée de Logonna, tandis que le reste est en kersanton gris-sombre, formant ce mélange royal à deux tons opposés de la sculpture du Finistère.

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    Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

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    Des rais d’un cadran solaire tracés sur le plat, avec les chiffres XI XII et  I. Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

    Des rais d’un cadran solaire tracés sur le plat, avec les chiffres XI XII et  I. Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

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    Le fût polygonal à pans coupés  conduit au premier nœud octogonal, et au croisillon qui sert  de gibet aux larrons. Puis, un second nœud tronconique présente de petites consoles où sont installés la Vierge et Jean. Monte alors la croix  portant le Crucifié, avec au  revers la Vierge à l’Enfant couronnée par un ange. Il culmine en un dais carré gothique avec des arcs en accolades. Les  branches des fleurons sont à choux carrés. Les archives 1710-1730 de la paroisse signalent qu'en 1723, Ollivier Grall, sieur de Messyven, "blazoniste, doreur et maître peintre" de Landerneau , lui avait restitué  sa polychromie initiale.

    Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

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    1°) armoiries et datation.

     

    Le calvaire de l'enclos paroissial de Rumengol en serait le témoin de plus ancien, antérieur à la date de 1536 inscrite sur la plaque de fondation, et antérieur aussi au porche sud (vers 1468). Certes, il ne porte  pas de date inscrite, mais, sous les pieds du Christ, un blason présentait jadis les armoiries mi-parties des Faou-Quélennec, d'azur au léopard d'or, en alliance avec celle des Poulmic, échiquetées d'argent et de gueules (un damier de carrés blancs et rouges). L'alliance de ces deux familles nous conduit au couple formé par Jean de Quélennec, Vicomte du Faou,  amiral de Bretagne, qui épousa en 1433 Marie de Poulmic. Leur descendant et héritier du titre sera Jean ou Guyon du Quélennec ( † avant 1478), seigneur du Quélennec, vicomte du Faou, héritier des charges d'amiral de Bretagne, de chambellan du duc François II et de capitaine de Brest, marié en 1440 avec Jeanne de Rostrenen.

    Ces informations données par E. Le Seac'h (2014) sont reprises d'André Mussat (1957) : 

    "Un procès-verbal des juges de la vicomté du Faou, en 1740 –dont la copie se trouve aux archives paroissiales–, indique que ce calvaire est armorié d' »un écusson parti au Ier du Faou, au 2nd de Quélennec, et au 3ème de échiqueté d'argent et de gueule. Ces armoiries existent en effet, au pied du Christ sur la face principale. Elles se rapportent à l'alliance Faou-Quélennec et Poulmic, (qui est le 3ème). Il s'agit donc de Jean du Faou-Quélennec, amiral de Bretagne, marié en 1433 à Marie du Poumic, morte en 1457. » (cité par Hervé Torchet "La Famille du Faou")

    Cela se vérifie selon la généalogie de Missirien :

     "Jan du Quélennec vicomte du Fou, amiral de Bretagne aux années 1432, 1442, 1450, 1461, 1471, et mourut 1474, il épousa Marie de Poulmic, fille de Jan, seigneur de Poulmic, et de Janne de Kersaliou." (Généalogie par Missirien in Tudchentil).

     

    Attention de ne pas confondre avec Marie du Poulmic, épouse depuis 1459 d'Olivier du Chastel, et  fille de Jean III du Poulmic et de Charlotte de Beaumanoir. L'arbre généalogique proposé par Christian Gauthier fait figurer deux "Marie du Poulmic" différentes mais sans permettre de concordances avec Missirien. Voir aussi Potier de Courcy, "Poulmic"" et Wikipédia "Famille du Quélennec". L'épouse de Jean du Quélennec serait la fille de Jean de Poulmic et de Constance de Kerlaouénan (Carré des As) .

    Le raisonnement de Le Seac'h et de Mussat est d'établir une fourchette de datation pour ce calvaire entre 1433 (mariage Quélennec-Poulmic) et 1457 (décès de Marie du Poulmic). Cette fourchette fait du calvaire "l'un des plus anciens de Bretagne". L'Atlas des Croix et Calvaires indique "vers 1450".

    André Mussat confirme l'importance de cette alliance Quélennec-Poulmic en découvrant leurs armoiries, et celle de leurs alliances, dans les vitraux de l'église, comme l'indique les archives. Il cite un autre procès-verbal du 25 mai 1732 :

    "Au soufflet supérieur de la dite maîtresse-vitre [de Rumengol] sont les armes de Bretagne, au second soufflet du coté de l'évangile il y a un  écusson au chef de gueules chargé de trois fleurs de lys d'or, au 3ème soufflet il y a un écusson au léopard d'or, au 4ème soufflet d'or fascé de Bretagne, au 5ème soufflet d'azur à dix macles d'argent, dans l'ordre c'est Bretagne, Quélennec, Le Faou, les deux dernières non identifiées |...] Ces armoiries ont disparus, sauf la 10ème qui est Pennarun en Quimerc'h".

    Mais dans les soufflets des verrières modernes, mélangés à des armoiries du XIXe, on trouve quelques écus anciens.

    "A la vitre nord, un écusson écartelé Faou-Quélennec, un écusson parti Faou-Quélennec et Mauny-Goyon (d'argent au léopard de gueules avec croissant de même), un autre enfin parti au 1  Faou-Quélennec et au 2 du Chastel (fascé d'or et de gueules de six pièces). Dans une des fenêtres méridionales se trouvent les armes du Bot (d'argent à la fasce de gueules). Ceci correspond au procès verbal de 1732 qui parle aussi "des armes du Faou avec ses alliances".

     

     

    On trouvera en annexe ces armoiries des vitraux actuels.

    Aujourd'hui, la moitié droite des armoiries échiquetées d'argent et de gueules est encore bien visible, mais l'autre moitié ne montre que les meubles héraldiques que composent les lichens.

    Il faut aussi remarquer un "détail" qui n'est pas signalé par Mussat et par Le Seac'h. Sur le calvaire de Rumengol, les armoiries comportent un lambel en chef, parfaitement dessiné sur l'Atlas des Calvaires, Le Faou n°502. Or, "À la base, le lambel servait de brisure pour les armes des fils aînés du vivant de leur père, seuls ayant droit à porter les "armes pleines" de la famille à titre personnel". J'ignore si, pour les héraldistes, ce lambel incite à penser à  Guyon de Quélennec, décédé en 1478, mais il est certain qu'il doit figurer dans la discussion. J'ai tenté d'en rassembler les données.

     

     

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    Armoiries, Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.
    Armoiries, Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

    Armoiries, Calvaire de Rumengol, (entre 1433 et 1457), photographie lavieb-aile.

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    2°) Description.

    Le Christ est vêtu d'un pagne long ( mais au dessus des genoux), ce qui est un indice de l'ancienneté de la sculpture, tout comme les genoux fléchis, les pieds réunis l'un sur l'autre en rotation externe, pied droit sur le pied gauche. (les perizonium du XVIe siècle seront courts). Le corps est maigre, la taille très pincée, mais sans thorax creusé ni relief des côtes marqué. 

    La couronne est une simple torsade tressée, sans épines, au dessus de cheveux longs se divisant en mèches . Le visage est paisible, le nez fin voir pincé, les yeux fermés réduits à de fines fentes, la bouche fermée aux lèvres fines.

    Les mains sont en supination, clouées en pleine paume.

    La Vierge, les mains jointes, porte une tunique et un long manteau recouvrant la tête comme un voile. Les traits du visage sont réduits à quelques indications, deux amandes à peine gravées, une bouche courte, qu'elle est comme absentée, rendue évanescente par son chagrin. Un seul pli médian d'étoffe tombe, vertical, long V de béance et d'effondrement.

     

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    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Jean s'oppose à Marie. Face à l'effacement de l'une, le bouillonnement de l'autre : chez lui, les cheveux méchés et frisés forment un halo de petits macarons hérissés et qui se repèrent d'emblée. Chez lui, les doigts croisés en petits crochets nerveux rendent encore plus sensible l'apaisement (le Fiat qui s'accomplit) de la main gauche de Marie. Chez lui, les plis pourtant fluides et calmes au centre se boursouflent avec tumulte sur les manches. Ses yeux ouverts regardent vers la droite, sous des sourcils bien marqués.

    Vus du revers, Jean et Marie diffèrent encore plus (image infra).  Elle n'est plus qu'une cape et trois plis, trois fleuves figés. Lui, de sa tête, envoie à tous les diables les flèches ou les éclairs zébrés de sa chevelure en bataille. Les plis horizontaux de son manteau le secouent de leurs sanglots et de leurs spasmes avant de s'immobiliser dans la pétrification de gours concentriques . Elle est fons, il est petra.

     

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    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Saint Jean, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Saint Jean, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Les larrons.

    Les gibets des deux larrons sont en forme de petite croix latine, à la traverse de laquelle ils sont suspendus par les bras. Les pieds ne sont pas cloutés. tout cela est conforme à la tradition iconographique. "Leurs visages sont moins fins que ceux des autres personnages. Les corps sont plus larges dans les proportions, les hanches épaisses. Un sculpteur moins habile a travaillé ici." (E. Le Seac'h 2014 p.92)

    Celui de gauche est le bon larron, "Dismas", mais rien ne l'identifie comme tel, si ce n'est sa place à la droite du Sauveur. Il est imberbe. Il porte un pagne très court. Sa représentation frontale (aucun mouvement pour se tourner vers Jésus), sa stricte symétrie  corporelle, ses yeux fermés, lui confèrent l' aspect d'un petit dieu archaïque. 


     

     

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    Le bon larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Le bon larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Le bon larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Le bon larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Le mauvais larron.

    Il est barbu, qu'a-t-il d'autre contre lui ? Il a les yeux ouverts. Pour lui, ce n'est pas encore la fin des souffrances. Il en a pour l'éternité, sauf si un surcroît de miséricorde, un jour, peut-être, le gracie.

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    Le mauvais larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Le mauvais larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Le mauvais larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Le mauvais larron. Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Le revers.

    Au revers, ou face est, Une Vierge à l'Enfant est taillée dans le même bloc de pierre que le fût de la Croix et que le Christ. La tête de l'Enfant a été brisée, mais on voit sa robe longue à gros plis au dessus de pieds nus, sa main droite levée vers sa Mère, la main gauche refermée sur un objet. Il est porté sur le bras gauche de Marie, qui soutient de sa main ses cuisses.

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    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    La Vierge est coiffée, par un ange plongeant de sous le dais, d'une couronne à cercle lisse et à fleurons. Sa tête est recouverte d'un voile qui, plus bas, devient un manteau très épuré, qui fait replis sur le bras droit. La main droite, dont on aperçoit la manche serrée au poignet, tient un fruit rond (pomme ?).  Sous le manteau, une robe, à l'encolure ronde très près du cou, dispose d'une ouverture (soigneusement serrée)  devant la poitrine. Ses plis viennent converger vers la hanche gauche, selon un motif habituel en statuaire bretonne. Seules les pointes des chaussures sortent sous la robe.

    Le visage est peu expressif, les yeux globuleux sont ouverts mais éteints. 

    L'ange "porte les cheveux crêpés comme à Quimper [Ange sous la console portant la Vierge, Tympan du porche sud de la cathédrale, 1424-1442], au Folgoët , à La Martyre [Voussure de la Nativité, tympan du porche sud, 1450-1468] et il a le même visage que l'Enfant de l'Adoration des Mages de Rumengol [porche sud, vers 1468] ". (E. Le Seac'h 2014 p.92).

    Nous trouvons donc associé ici deux thématiques mariales :

    1) La pomme présentée à l'Enfant inverse la scène de la Tentation, et Marie apparaît alors comme une Nouvelle Éve, permettant à l'humanité d'échapper, par son Fils Rédempteur, à la malédiction du Péché Originel. Cette thématique est présentée sous une autre forme dans la statuaire bretonne par les Vierges à la démone tenant une pomme. Elle n'est pas étrangère au développement de l'adhésion à l'idée de l'Immaculée Conception.

    2) Le Couronnement de la Vierge, qui ne figure pas dans le Nouveau Testament est inspiré par certains textes des Psaumes et du Cantique des cantiques, puis favorisé par la piété mariale de Bernard de Clairvaux au XIIe siècle. Sa représentation remonte à la seconde moitié du XIIe siècle, devient très populaire à partir du XIIIe siècle et jusqu'au XVe siècle. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le culte  réapparaît sous la forme du couronnement des statues de la Vierge, ce qui concerne tout particulièrement Rumengol qui fut la seconde église bretonne à en recevoir le privilège :

     

    "Au XIXe siècle, le renouveau du culte marial et la survenue d'apparitions à La Salette, Lourdes ou Pontmain ainsi que l'institution du dogme de l'Immaculée Conception conduisirent les autorités ecclésiastiques à solliciter l'octroi par le pape Pie IX d' une couronne pour certaines statues, signe de leur vénérabilité. La première Vierge de Bretagne à être couronnée fut Notre-Dame -de-Bon-Secours à Guingamp en 1857, puis ce fut Notre-Dame-de-Rumengol en 1858. La fête du Couronnement attirait une foule considérable (100 000 personnes à Rumengol) et était suivie par une renommée et un accroissement de la renommée et de la fréquentation du sanctuaire. En 1865, Notre-Dame-d'Espérance à Saint-Brieuc obtient la couronne d'or. En 1868, Notre-Dame-du-Roncier.  En 1888, le couronnement de  la Vierge du Folgoët attira 60 000 pèlerins. En 1868, cet honneur que le pape réservait à la vierge est accordé à sa mère, Sainte Anne, pour son pardon à Auray, premier lieu de pèlerinage en Bretagne." ( Henri Le Floc'h)

    Dans l'iconographie, la Vierge est  couronnée soit par le Christ soit par  un ou plusieurs anges, lors de son Assomption soit par /en présence de la Sainte Trinité au XVe et XVIe siècle. Or, les quatre  Pardons de Rumengol avaient lieu (en 1901) le 25 mars (Annonciation), le 30 mai (Sainte-Trinité), le 15 août (Assomption) et le  24 décembre ( Nativité). 

    La vierge couronnée souligne son lignage royal avec la maison de David, point capital de typologie au Moyen Âge, illustré aussi par  l'arbre de Jessé.

    Pour la période concernée par ce calvaire, je citerai :

    L'association du Couronnement de la Vierge à un Calvaire est un cas particulier de ce grand thème  : alors que le calvaire traite de la Passion place le Christ mort sur la Croix au centre de la dévotion (au centre des quatre coins de l'Univers par la Croix), le Couronnement "détourne" (si je puis dire) la dévotion vers Marie comme Médiatrice. On trouve cette association sur deux calvaires de l'enclos paroissial de Pencran, en vallée de l'Élorn, celui du nord étant daté de 1520.

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    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Revers du Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Revers du Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Ange couronnant la Vierge, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Ange couronnant la Vierge, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Vierge courronée, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Vierge courronée, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    Cette vue oblique montre clairement que l'objet tenu par la Vierge est un fruit rond qui ne peut être qu'une pomme.

     

    Pomme tenue par la Vierge à l'Enfant, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

    Pomme tenue par la Vierge à l'Enfant, Calvaire de Rumengol, (vers 1450 ), photographie lavieb-aile.

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    3°) L'attribution.

    Ce calvaire présente des analogies évidentes avec celui de Plomodiern (vers 1457) dans le canton de Châteaulin (Atlas des Croix et Calvaires  n°1606), où Saint Jean présente également sa tête ébouriffée par de petits épis ronds. On  y retrouve aussi les silhouettes schématisées, la traverse supérieure moulurée et terminée par des fleurons, et le dais très ouvragé. La position des mains est cependant différentes. Pour Emmanuelle Le Seac'h, ces deux calvaires relèvent, comme ce qui reste de celui du Folgoët (vers 1443), du premier atelier du Folgoët, dont l'activité s'étend de 1423 à 1468, et qui appartient à ce qu'elle nomme le " grand atelier ducal du Folgoët (1423-1509)" :

    "Le calvaire de Rumengol a inspiré celui qui se trouve à coté de l'église de Plomodiern dans l'évêché de Cornouaille. il est à dater de la même période entre 1433 et 1457. Le sculpteur produit ici un second calvaire très ressemblant du point de vue stylistique même s'il est dépourvu de larrons. Les deux structures, par contre, varient. L'emmargement est constitué ici d trois degrés, soit un de plus qu'à Rumengol. [...] A Plomodiern, le crucifix est sous un dais rectangulaire à accolade. Sur l'avers, on reconnaît les curieuses mèches qui sont la marque de fabrique du Maître du Folgoët ; les cheveux se partagent sur le milieu du crâne, s'étalent en mèches bouclées pour se terminer en un halo hérissé autour de la tête d Jean. La Vierge et Jean sont dans une posture hiératique contrairement à Rumengol où ils sont légèrement inclinés. Le pagne flottant du Crucifié, les cheveux tombant sur les épaules et la couronne tressée sont identiques à ce qu'on voit sur le calvaire de Rumengol. Sous ses pieds, une pietà à deux personnages est sculpté en bas-relief. La Vierge au voile coqué pose la main sur le corps du Christ couché devant elle." (E. Le Seac'h 2014 p. 93)

    Ce premier atelier ducal du Folgoët , ou "atelier du père" pour le différencier d'un "atelier des enfants" plus tardifs (1458-1509), se développe sous l'effet du mécénat du duc Jean V (1399-1442). Tel que le définit Emmanuelle Le Seac'h, il touche les trois diocèses de Léon, de Cornouaille et de Saint-Brieuc, et son rayonnement s'étend du Folgoët à La Ferrière au nord et de Quimper à Kernascleden au sud. Il s'exerce à la basilique du Folgoët, mais sa manière de sculpter se retrouve sur le porche sud de la cathédrale de Quimper, celui de l'église de La Martyre, sur des galeries des  Apôtres et des Vierges à l'Enfant ou des statues d'applique. Ses différents sculpteurs ont en commun la façon de représenter les anges, des visages resserrés au niveau de la mâchoire et des mentons épais, des joues creusés par le rehaussement des pommettes,  une manière propre de sculpter les cheveux de a Vierge et de l'Enfant, et enfin une forme marquante de yeux, dont les paupières sont doubles et en amande, ce qui confère aux personnages un regard profond. 

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    On peut ajouter que l'un des grands chantiers du duc Jean V fut la cathédrale de Quimper. Or, 

    1°) le blason de Jean de Poulmic, qui fut gouverneur de Quimper en 1404, figure en très bonne place à la voûte du chœur, juste derrière celle du duc, de son épouse et de son fils. et des deux évêques Gatiende Monceaux et Bertrand de Rosmadec.

    http://www.lavieb-aile.com/2016/02/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-i.html

    2°) le blason du seigneur de Quélennec figure avec ceux des trois autres principaux vassaux, les seigneurs de Nevet (Plogonnec), de Botigneau (Clohars-Fouesnant, de Guengat,  au dessus  du porche occidental, qui date de 1424, à coté de ceux du duc, de Jeanne de France, et de ses trois fils,  de celui de l'évêque Bertrand de Rosmadec . A cette date, c'est bien celui de Jean III de Quélennec, époux de Marie de Poulmic. Il possède le privilège (avec les seigneurs de Nevet, de Bodigneau et de Guengat), de porter le siège de l'évêque lors de son entrée inaugurale dans sa cathédrale. 

    3°) Ces armes se retrouvent de la même façon au dessus du porche sud, dit "De Sainte Catherine", porche qui est sculpté par le premier atelier du Folgoët d'une Vierge entourée d'anges à la chevelure ébouriffée typique de son style.

    Ces éléments attestent d'une part la proximité des familles de Poulmic et du Quélennec avec le pouvoir ducal et épiscopal, d'autre part que, dès 1424, Jean III du Quélennec pouvait être, en raison de cette proximité, en lien avec les sculpteurs du Folgoët et leur commander une œuvre pour son propre champ de mécénat-propagande.

     

     

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    ANNEXE. LES ARMOIRIES DES VITRAUX de l'église .

    1. Fenêtre nord :

    — Couronne gauche MARIA GRATIA PLENA : Le Faou d'argent au léopard de gueules / De Mauny d'argent au croissant de gueules  / de Quélennec  D'hermine, au chef de gueules chargé de trois fleurs-de-lis d'or / Goyon D'argent au lion de gueules .

    Famille de Mauny : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Mauny

    Famille de Goyon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Goyon

    — Couronne centrale : Le Faou d'argent au léopard de gueules / Chastel  fascé d'or et de gueules de six pièces .   / de Quélennec  D'hermine, au chef de gueules chargé de trois fleurs-de-lis d'or

    — Couronne droite : écartelé Faou-Quélennec.

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    Diaporama des armoiries, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Diaporama des armoiries, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Diaporama des armoiries, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Diaporama des armoiries, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Diaporama des armoiries, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Diaporama des armoiries, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    2. La maîtresse-vitre :

    De Bretagne : d'hermines plain

    Vicomte du Faou :d'azur au léopard d'or,

    de Quélennec  D'hermine, au chef de gueules chargé de trois fleurs-de-lis d'or

     

    Non identifiéd'azur à dix macles d'argent (les rares  armoiries à dix macles sont celles d'Olivier IV de Rohan-Montauban, mais les macles des Rohan sont d'or, sur fond de gueules) 

     

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    Maîtresse-vitre, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Maîtresse-vitre, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Maîtresse-vitre, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    4. Vitre sud.

    Entre des armoiries papales et épiscopales modernes sont en haut  les armes du Bot (d'argent à la fasce de gueules).

    Puis viennent les armes du Faou avec ses alliances :

    Faou / Quélennec / Poulmic".

    Faou / De Mauny / Goyon

    Faou / Quélennec / du Chastel.

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    Vitre sud, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Vitre sud, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Vitre sud, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Vitre sud, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.
    Vitre sud, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Vitre sud, armoiries des vitraux, église Notre-Dame de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

    https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

     

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1991,Essai d'épigraphie appliquée. Dates et inscriptions sur les croix et calvaires du Finistère du XVème au XVIIIème siècle Ouvrage: Charpiana : mélanges offerts par ses amis à Jacques Charpy..Fédération des Sociétés Savantes de Bretagne, 1991.

     CASTEL (Yves-Pascal), "Le Faou / Rumengol" Calvaire n°502,,  Atlas des croix et calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère, Quimper Atlas en ligne :

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/le_faou/le_faou.html

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère, Quimper, 370 p.

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

    — LECLERC (Guy), 1996-97, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1996) : Le Faou, églises Notre-Dame de Rumengol et Saint-Sauveur du Faou  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (126, p. 145-149)

    — LECLERC (Guy), 2000, Monuments et objets d'art du Finistère. Etudes, découvertes, restaurations (année 2000) : Le Faou, église Notre-Dame de Rumengol, porche méridional, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 2000, (129, p. 59-62)

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 74 et 92.

    MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur). Pages 161-177.

    — VIOLLET-LE-DUC "Vierge", Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle

    — Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    — Médiathèque des Monuments historiques

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr

    — http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/rumengol/eglise.html

    — http://www.cc-aulne-maritime.fr/patrimoine.htm

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Published by jean-yves cordier
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    13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 19:54

    L'église Notre-Dame de Rumengol (29).  I. Les inscriptions lapidaires.

    Épigraphie lapidaire gothique XVIe siècle.

     

    Voir aussi :

     

     

    Et sur Rumengol :

     

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    J'explore ici les inscriptions visibles à l'extérieur de l'église de Rumengol.

     

    L'église Notre-Dame de Rumengol, lieu de pèlerinage attesté dès le 14e siècle, est un monument historique classé depuis 1985. La construction de l'édifice originel est attribuée au roi Grallon (5e siècle) et à saint Guénolé. La notice de la Base Mérimée PA00089926 © Monuments historiques, 1992 indique que   "L'édifice date du XVIe siècle (les deux porches, les portes et fenêtres, les murs du transept) par les Quelennec, vicomtes du Faou et fut largement reconstruite au XVIIIe siècle entre 1731 et 1754 (chœur, ajout des bras du double transept)."

    Pourtant, le calvaire porte des armoiries qui le font dater entre 1433 et 1457, et les sculptures du porche sud ont conduit A. Mussat puis E. Le Seac'h à le dater vers 1468.

    La première date inscrite sur l'église ne doit donc pas être considérée rapidement comme celle de sa fondation.

     

    I. L'INSCRIPTION DU REBORD DE FENÊTRE SUD. 1523.

     

    Sur la pente de l'appui de la fenêtre sud située à droite du porche, devant le calvaire,  on peut apercevoir une inscription en lettres onciales gothiques, dont la première ligne est en partie masquée par le grillage de protection du vitrail.

     : LAN : MIL :

    - Vcc XXIII [Q]A (ou plutôt VccXXIJ A = 1524, à )

    - H : GOUV  

    - DE C  : FIST -

    -- : C [3?]  : PIER

    CIL. 

    La lecture de cette inscription est incertaine. Sa transcription l'est encore plus . Le site Infobretagne donne : « L’an mil cinq cent vingt trois, Q(uéné)ah ( ?), gouverneur) de c(éans) tailla c(ette) pierre ». 

     

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    Inscription de la pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de la pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    II. L'INSCRIPTION DE FONDATION. 1536.

     

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    La première chose qui apparaît avec évidence lorsqu'on la découvre, dans la lumière tamisée par les pins du placître, c'est sa beauté. Si on s'en approche, on pressent qu'il s'agit d' un chef-d'œuvre de sculpture. 

    1. Description.

    Je décrirai d'abord son installation dans une fausse porte en anse de panier, inscrite sous une arcature gothique. Un rinceau de vignes alterne une marge feuille et son cep avec une grappe à une dizaine de reprise.

    La pierre sculptée est rectangulaire, plus large que haute. C'est une pierre de  kersanton à grain fin, dont les caractères sont sculptés en réserve et donc en relief. On évalue sans peine la qualification nécessaire pour découper la pierre en préservant les fûts graciles des lettres. Elle comporte six lignes horizontales sans cadre, ni marges ni réglures,  d'une écriture gothique arrondie. Les quelques 75 à 78 lettres sont des majuscules gothiques pour la plupart, et seules les lettres D, G et H sont en onciales. Le style n'est pas le même pour les deux dernières lignes, dont les lettres sont moins hautes, plus épaisses et moins ornées. L'ensemble est, globalement, en très bon état de conservation, malgré quelques réserves qui seront faites plus loin.

    –Dimensions : 58 cm de long sur 47 cm de large.

    –Hauteur des lettres : 8 cm pour les 3 premières lignes. 5,5 cm pour les deux dernières.

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    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Examinons les premières lettres : LA

    Le fût ou haste du L est perlé par l'adjonction d'une perle entière de chaque coté. Chaque extrémité du fût se termine en fourche dont chaque branche reçoit un empattement, ce qui forme à la base et au sommet un triangle à peine ouvert ou un losange. Ces extrémités  en losange évidé se retrouveront sur chaque lettre à la place des empattements habituels. Ces élargissements distaux évoquent aussi ceux de la croix dite "pattée".  Je les désignerai faute de mieux sous le nom de "patte en carreau" (de carte à jouer). 

     La traverse horizontale du L est remplacée par un crochet à deux  pattes à carreau.

    Le A est doté au niveau de sa pointe d'une traverse ou plateau débordant et d'une barre transversal à chevron. Ce chevron forme une boucle à son sommet. 

    Les fûts de ces lettres sont droits, mais leurs bases élargies par les "pattes à carreau" leurs donnent un aspect convexe. 

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Ponctuation.

    Chaque mot est séparé du voisin par un deux-points. Sur la première ligne,  les deux points de ces derniers sont réunis par une ligne en "ouïe de violon" ou en "f", selon un procédé retrouvé aussi en la chapelle de Rocamadour à Camaret (1527), et à l'église Saint-Sauveur du Faou (1593). 

    Seulement, la ligne en question s'est brisée et n'apparaît plus qu'en pointillé. Cela s'est peut-être produit lors de la sculpture de la première ligne, amenant l'artisan à se contenter ensuite de d'un point en losange plein sur la seconde ligne, de retenter un eux-points en "ouïe de violon" en fin de ligne, puis d'y renoncer ensuite au profit d'un deux-points en losanges pleins.

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Sur l'image précédente, j'ai cerclé aussi le caractère en forme de 3 que je lis comme une lettre Z gothique du mot CENTZ (voir Lecture infra), agrémentée de son empattement.

     

     

     

    Exemple de graphie : A deiz en deiz (Catholicon, 1521)

    L'orthographe "centz" se trouve dans l'Histoire de Bretaigne d'Argentré, ed. 1588. 

    Ou tout simplement sur la plaque de fondation de la chapelle de Bonne-Rencontre à Rohan, dans l'écriture du chiffre 1510  sous la forme" mill cinq centz X"

    .

    On comparera cette écriture gothique où prédominent les  majuscules en dentelle courbe, gracile et exubérante avec celle, beaucoup plus sobre  de la fondation par Jehan II de Rohan du Pont de Landerneau (1510), en minuscules gothiques aux fûts droits serrés, et réguliers mais non dépourvus d'ornementation, et avec celle de l'église toute proche de Saint-Sauveur du Faou, plus tardive (1593) , en minuscules gothiques à empattements très discrets, aux fûts également droits comme une gothique textura, mais dont les jambages s'envolent en courbes gracieuses.

    .

    .

    2. Sa lecture et son interprétation.

    Le XVIe siècle n'est pas si éloigné de nous. Pourtant, déchiffrer une inscription lapidaire, sur le mur d'une église bretonne, peut s'avérer un exercice plein d'embûches. Celle de Rumengol m'en offre un nouvel exemple. Malgré une similitude apparente des transcriptions des auteurs de référence en matière de description du patrimoine religieux du Finistère, un examen attentif montre des différences infimes, mais significatives.

    1°) Le premier sans doute à la relever fut le chevalier de Fréminville en 1832. Il écrit :

    "L'église de Rumengol, comme toutes les autres en ce pays, fut d'abord  en bois  ; celle qu'on y voit aujourd'hui bâtie en pierre le fut en 1536 : elle est grande et assez belle, et son intérieur est  décoré d'une profusion de sculptures de mauvais goût d'ailleurs, et toutes dorées. Le clocher élevé et travaillé à jour est d'un style élégant et hardie. Sur une pierre placée près de l'angle de sa façade, on lit cette inscription sculptée en lettres majuscules gothiques fleuronnées :

     

    L'an mil ciq cens trente  VI, le XIIII jour de may fust fundé. Guenolé go. H. Inisan Fabrique frt lors.

    Il faut la lire ainsi : L'an mil cinq cens trente six, le quatorzième jour de may fust fundé. Guenolé gouverneur et H. Inisan fabrique furent lors.

    Ce relevé est précis, les tildes sont figurées, mais il ajoute une apostrophe (L'an), écrit cens plutôt que centz,   et introduit une ponctuation arbitraire. Il lit "Inisan" et non "Inison". Il corrige les V en U. Dans sa transcription, il mélange les tournures et orthographes de moyen français avec sa propre lecture. Surtout, il détermine la phrase dans un sens particulier, qui va être suivi par les successeurs.

    2°) Le second à se donner la peine de relever ce texte fut le chanoine Abgrall, en 1896. Il publia son relevé en 1898 puis en 1916 (figure). 

     

     

     

     

     

     

     

    .

    Comme rien n'est facile, nous constatons un meilleur respect du texte (pas d'apostrophe, respect partiel de la ponctuation par deux-points). Mais le Z de centz est omis,  il lit aussi "Inisan" et surtout, il introduit une erreur de date en écrivant TRENTE VII au lieu de TRENTE VI. 

    .

    3°) René Couffon et Alfred Le Bars (1988) écrivent :

    Près du porche, une inscription en lettres gothiques fleuries donne la date du début des travaux : "LAN. MIL. CIQ / CENTS. TRENTE VI. /LE. XIIII. IOVR. DE/ MAY. FVST. FVNDE. / GVENOLE. GO. H. INISON / FABRIQVE. LORS."

    La lecture d'"Inison" est correcte. L'ancienne graphie V est reprise. Les deux-points sont réduits à un point. Les auteurs ne se risquent pas à une transcription.

    4°) Le site remarquable d'Infobretagne (consulté en 2016), avec un superbe dossier photo, écrit :

    " Lan Mil Ci(n)q cents trente VI, le XIIII jour de may fust funde Guenole Go. H. Inisan Fabrique lors ".

      (Gwénolé Gouverneur Hervay Inisan fabrique alors ». 

    Le relevé du texte est scrupuleux mais omet les deux-points, et reprend la faute sur Inisan. Surtout, la transcription attribue un prénom (Hervay) à cet Inisan sans l'argumenter. (Je découvrirai la source de cette transcription : la brochure de l'abbé Billant en 1924 p.38)

    5°) L'article Wikipédia propose

    « L'an mil ciq cens trente VI, le XIHI jour de may fust fundé. Guenolé go. H. Inisan Fabrique. »

    et achoppe donc sur la lecture de XIIII, les deux I aux fûts perlés en abusant pour un H.

    6°) Emmanuelle Le Seac'h (2014), très attentive et précise dans sa lecture des inscriptions, donne en note de sa description du porche le relevé suivant (p. 106) :

    "LAN :MIL :CI[N]Q / CENTS : TRENTE VI : / LE XIIII : IOUR : DE / MAY : FVST : FUNDE / GVENOLE : GO (VERNEUR) : H : INISON / FABRIQUE : LORS".

    Presque sans faute, malgré la modification du Z de CENTS et l'omission de 2 ou 3 signes entre FABRIQVE, et LORS.

    .

    Et maintenant, monsieur le donneur de leçon, voyons comment vous allez vous en tirer. 

    Je lis :

    LAN : MIL : CI[N]Q

    CENTZ :TRENTE . VI :

    LE : XIIII : IOVR : DE

    MAY : FVST : FVNDE

    GVENOLE : GO : H : INISON

    FABRIQVE T---LORS

    "L'an mil cinq cent trente six, le 14 jour de mai fut fondé Guénolé Go H. Inison fabrique -- lors".

    La date du 14 mai 1536 nous place sous le règne de François Ier, et cinq jours avant la décapitation d'Anne Boleyn par ordre de Henri VIII. Dans l'histoire de l'écriture et de la typographie, nous sommes 85 ans après le premier livre imprimé par Gutenberg (1451), 35 ans après les derniers incunables (1501) – parmi eux, le Catholicon de Jehan Lagadeuc date de 1499–, 7 ans après la parution du Champ Fleury de Gabriel Tory (1529),  mais avant la création des caractères typographiques de Claude Garamont, fils de l'imprimeur morlaisien Yvon Garamour. 

    Plus significativement, nous sommes alors 15 ans après la parution du Catholicon édité à Paris par Yvon Quillivéré (1521). Ce qui permet de comparer les lettres gothiques majuscules :

    .

    Si nous cherchons à situer cette inscription dans l'organisation de la sculpture sur pierre du Finistère mise au point par E. Le Seac'h, la date de 1536 peut correspondre :

    • à l'atelier de Landerneau de Bastien et Henry Prigent
    • à divers petits sculpteurs de la Renaissance bretonne de 1511 à 1542 (Toinas et Conci 1511, Maître de Cast v.1525, S. Coëtdeleu v.1527, ),

    mais exclut totalement le célébrissime sculpteur de kersanton Roland Doré (1618-1663).

    La date du 14 mai 1536, près d'un mois après Pâques, qui tombait alors le 16 avril, peut être celle de la pose de la première pierre de la nouvelle église ("fut fondée") plutôt que celle de sa dédicace. Soit cette date était fixée longtemps à l'avance, soit la pierre a été sculptée dans l'année ou les quelques années suivantes : le travail de sculpture peut dater de 1537-1538. 

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    L'interprétation habituelle du texte peut être soumise à discussion. En effet, sa seconde partie est ambiguë. Dans son acceptation acceptée communément "L'an 1536, le 14ème jour de mai fut fondé Guénolé Gouverneur H. Inison Fabrique  lors", le verbe n'a pas de sujet.

    Dans les autres exemples suivants, le sujet n'est pas omis. :

    "Le 18e jour de mai l'an 1544, furent ces chapelles fondées J. Elez fabrique" (Saint-Sauveur, Le Faou)

    "Y. Quelfellec . fab. Ce pingnon fut parachevé lan mil cix cent quatre, le 8 juillet." (Rosnoën)

    "L'an 1527 fut fondée la chapelle Notre-Dame du roc" (Rocamadour, Camaret)

    "Y : VIGOVROVX : FF : FAICT : FAIRE : CETTE CHAPE(LLE) P 1581 " (chapelle Saint-Trémeur à Plougastel.

    " Y[ves] toux  procureur lan mil CCCC IIII XX  + cinq [1485] : au cõmenceme[n]t   de . ceste . chappele". (Église de Brennilis)

    Il est donc nécessaire d'envisager, ne serait-ce qu'une fois, la possibilité que "Guénolé" soit le sujet du verbe . Nous aurions "L'an 1536, le 14ème jour de mai fut fondé Guénolé  Go,  H. Inison Fabrique pour  lors". On sait que saint Guénolé est à l'origine, avec le roi Gradlon, de la fondation de Rumengol selon la légende, que sa statue se trouve sur la fontaine de pèlerinage, et son effigie sur un vitrail, certes tardif, de l'église. 

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    Enfin, il faut s'interroger sur les 2 ou trois derniers caractères qui précèdent LORS sur cette inscription, et dont le relevé est parfois omis. Juste après le E de FABRIQVE vient la lettre T, (j'ai cru d'abord à un P) dont la moitié gauche de la traverse est brisée  lecture est certaine. Puis vient un 3 auquel vient s'accoler un S inversé et informel. Ces deux caractères qui n'en forment peut-être qu'un échappent à mes tentatives de déchiffrement. 

    In fine, j'adopte la suggestion de l'abbé Billant, auteur d'une brochure de 1924 qui voit en ce Guénolé le gouverneur, et en Henri Inison le trésorier. D'où les deux lettres TR après FABRIQVE.

    Donc ma transcription est :

    "L'an 1536, le 14ème jour de mai (cette chapelle) fut fondé(e) (par) Guénolé Go(uverneur)  H. Inison fabrique tr(ésorier) lors".

     

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    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Discussion.

    Notons d'abord que le Finistère ne dispose pas de datations épigraphiques pour la période 1150-1420, que les seules dates épigraphiques du XIVe siècle se trouveraient sur une croix de Plogonnec (1305) et sur un calvaire à Plozévet (1400). Les inscriptions épigraphiques sont recensées sur le plan national par le Corpus des inscriptions de la France médiévale, mais le champ d'étude de ce dernier s'arrête au XIIIe siècle. Le volume 23 du Corpus, paru en 2008,  concerne les régions Bretagne et Pays de la Loire : sur les six départements, le Finistère ne totalise que 15 inscriptions (dont 8 disparues !), alors que la Vendée en compte 38 et la Loire-Atlantique 59.

    Un atlas iconographique de l'épigraphie lapidaire  du Moyen-âge tardif et de la Renaissance pour les 333 églises, 465  chapelles, et 23 ossuaires du Finistère, manque ici "cruellement". La meilleure source reste la liste du chanoine Abgrall dressée en 1896 et publiée en 1898; elle totalise 337 inscriptions relevées sur 86 paroisses et 149 monuments religieux ou civils. L'auteur la compléta en 1915-1916 avec un total de 505 inscriptions, du XVe siècle et au delà. 

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    III. LA DATE DE 1631 SUR LE COTÉ NORD-EST.

    La chambre forte au nord a été rajoutée en 1631.

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    1631, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    1631, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    IV. LE CADRAN SOLAIRE DE 1638 

    Le cadran solaire gravé sur ardoise.

    Inscription :

    A NOTRE DAME DE REMETOLL. 1638. IESVS AVE MARIA.

    Le mot REMETOLL vient du breton remed-holl qui signifie "tout remède". Le nom de Rumengol a été relu par l'étymologie populaire pour venir prier dans cet ancien sanctuaire druidique "Notre-Dame-de-tout-remède", qui guérit tout.

    Cf Olivier Escuder, "Paroles de soleil Devises des cadrans solaires en France" Tome I, , Edition Le manuscrit 2005.

    https://books.google.fr/books?id=T62V8zfcKtwC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    Michel Laos, Cadrans solaires du Finistère

    http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_chateaulin.php

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    Cadran solaire de 1638, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Cadran solaire de 1638, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    V. L'INSCRIPTION DE LA SACRISTIE. 1694.

    Elle est sculptée dans le linteau de la fenêtre à barreaux de la sacristie. Le texte est sculpté en relief sur deux lignes placées dans des cartouches en creux. Lettres capitales romaines (et b minuscule) et chiffres arabes. Ponctuation : deux-points. Langue latine pour la ligne supérieure. Non relevée par Abgrall.

    HANC  : F : CVRAVIT

    IAC : bALLAY : 1694

    "Jacques Ballay a surveillé en 1694 la construction de ceci."

    (Curavit vient du verbe curo, as, are : "avoir soin, veiller, s'occuper de, veiller à l'exécution (d'un pont par ex.)". Accessoirement car ce n'est pas le sens ici, le participe passé de curo, curatus, à donner le mot "curé", celui qui veille (sur les âmes). A l'ère gallo-romaine, la formule facere curavit, faciendum curavit  "a pris soin de faire"  était si courante qu'elle s'inscrivait sous forme d'initiales sur les monuments : F.C. ou, pour un autel, H.A.F.C Hanc aram faciendam curavit.

    La sacristie, avec toiture en carène renversée, date donc de 1694. 

    On trouve la famille Ballay ou Balay établie à Rosnoën et le Faou, avec des mentions d'un Jacques Ballay en 1697 (Jacques Ballet), 1699 et 1704 sur ce forum généalogique.

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=18525

    Jacques Ballay,  époux de Marguerite Le Jollec (née le 14-02-1667, du manoir de Kermorvan en Quimerch ) et père de Mathurin Ballay qui fut procureur à Châteaulin, demeurait à Pennanprat à Rumengol. Vivant en 1708 et en  1730 où il était témoin du mariage de son fils.

    Voir aussi Jacques Balay, né en 1670, demeurant à Penanprat, fils de Jean Balay et de Marguerite Cevaer, dans la généalogie Poulmarc'h/Le Bault par Joel Morvan :

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20615

    Et voir dans ce blog  l'inscription des Fonts baptismaux de 1660 de l'église Notre-Dame de Rumengol : "Y : BAVT : F : 1660 :  A NOSTRE : DAME : DE : TOVT : REMEDE" incitant à découvrir les liens entre les familles LE BAULT et BALLAY. 

     

     

     

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    Sacristie 1660, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

    Sacristie 1660, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription de la sacristie, 1694, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    Inscription de la sacristie, 1694, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    VI. LE PORTAIL DU PORCHE OUEST. 1698.

    Je conviens qu'il ne s'agit pas d'une inscription lapidaire, mais je la cueille au passage. Il paraît incroyable que le portail en bois du porche ouest date de 1698. L'inscription a plutôt été recopiée sur la porte récente. On lit néanmoins : 

    - - L GVERMVR 1698.

    J'ai cru à une erreur pour Guermeur, mais un forum mentionne une Isabelle Le Guermur, marraine en 1712 d'un fils de meunier de Hanvec (tout proche de Rumengol qui en était la trève)

    BRELIVET Laurens né le 25/12/1725 au moulin de Bodellec à Hanvec fils de rené et SALAUN Isabelle. C'est également un fils de meunier. 
    Le couple BRELLIVET René x SALAUN Isabelle a eu d'autres enfants tous nés au moulin de Bodellec: 
    Le 22/08/1712 Salomon dont le parrain était Brellivet Salomon marraine Le Guermur isabelle   

    En 1628, un Jean Guermeur était gouverneur de l'église du Faou et y a apposé son nom.

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    VII. LE BONUS.

    Ce petit animal  à la tête de chauve-souris et la queue de serpent peut être aperçu sur le pignon sud du transept.

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    pignon sud du transept, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

    pignon sud du transept, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42. page 189.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f241.item

     

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 95.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f126.item

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f155.item

     

    — ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

     

    — BILLANT N Abbé .1924, Rumengol, son sanctuaire et son pélerinage Éditeur: Impr. de la Presse Libérale, 1924.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

     

    — CAMBRY (Jacques), SOUVESTRE (Emile), 1835,  Voyage dans le Finistère page 62.

    https://books.google.fr/books?id=Rm32310wpkIC&dq=%C3%A9tymologie+Rumengol&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1991,.Essai d'épigraphie appliquée. Dates et inscriptions sur les croix et calvaires du Finistère du XVème au XVIIIème siècle Ouvrage: Charpiana : mélanges offerts par ses amis à Jacques Charpy..Fédération des Sociétés Savantes de Bretagne, 1991.

    — CHAMARD-BOIS Pierre ; HAMON Jean-Yves ; HERVE Gusti .2001,  Puiser à la source. Notre-Dame de Rumengol Éditeur: (s.n.), 2001.

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

    — FAVREAU (Robert), 1979, Les inscriptions médiévales .Éditeur: Brepols, 1979. 

    — FRÉMINVILLE (Christophe-Paulin de la Poix, Chevalier de), 1832,  Antiquités de la Bretagne, Finistère. Brest. Volume I page 282.

    https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    — JADART 1898, Les inscriptions commémoratives de la construction d'églises dans la région rémoise et ardennaise, par MM. H. Jadart et L. Demaison
    Société française d'archéologie. Auteur du texte. Bulletin monumental / publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont. 1834.1898 (SER7,T3 = VOL63).

    — LAGADEUC (Jeahan), 1521,  Catholicon, Yvon Quillévéré, 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122841f/f4.image

    LECLERC (Guy), 1996-97, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1996) : Le Faou, églises Notre-Dame de Rumengol et Saint-Sauveur du Faou  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (126, p. 145-149)

    LECLERC (Guy), 2000, Monuments et objets d'art du Finistère. Etudes, découvertes, restaurations (année 2000) : Le Faou, église Notre-Dame de Rumengol, porche méridional, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 2000, (129, p. 59-62)

    — MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur).

    — TREFFORT Cécile ; DEBIAIS Vincent ; FAVREAU Robert ; MICHAUD Jean ; BROUARD Jean-Pierre . 2008, Corpus des inscriptions de la France médiévale. : Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan (région Bretagne), Loire-Atlantique et Vendée (région Pays de la Loire). Éditeur: CNRS Editions, 2008. 

     

    Notre-Dame de Rumengol Éditeur: s.n., s.d..

    Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    Médiathèque des Monuments historiques

     

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr

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    7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 13:29

     

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    Le Faou (du latin fagus « hêtre ») s'étire depuis le XIe siècle en longue rue commerçante au fond d'une ria de la rade de Brest, sur la "rivière du Faou", en face de Landévennec  sur la route Brest-Quimper qui relie le pays de Léon à celui de la Cornouaille. Comme dans toutes les rivières maritimes, un pont s'est établi à la limite de la remontée du courant de flot. Là, dominant la rivière, trois églises au moins se sont succédé. 

    L'église Saint-Sauveur, à nef courte et  chevet plat   a été  achevée en pierre ocre de Logonna au milieu du XVIe siècle  et son porche sud a été érigé entre 1593 et 1613. Le massif occidental, la tour, et le clocher ajouré,  amorti de son dôme à lanternon furent construits entre 1628 et 1647. En 1677-1680, le  chevet plat d'origine a été transformé en chevet à pans multiples (chevet Beaumanoir), une  sacristie a été ajoutée au nord et les baies du chœur et du transept furent obstruées lors de la mise en place de retables et de lambris. C'est au 18e siècle quel le transept fut doublé avec remploi d'éléments datant du milieu du 16e siècle. Une sacristie fut construite en 1877 au sud, sur l'emplacement d'une sacristie datant de 1677. L'ossuaire qui datait de 1603 fut démantelé en 1892 lors de l'élargissement de la route. Une litre funéraire peinte couvrant les murs de la nef et figurant les armoiries de Nicolas Magon de la Gervaisis est encore en place au début du 20e siècle. Le site est classé depuis  le 9 juillet 1927.

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    Leclocher de l'église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.
    Leclocher de l'église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Leclocher de l'église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Pour chacun de ces travaux, une ou plusieurs inscriptions ont transmis une date, le nom d'un membre de la fabrique ou d'autres informations. Ce sont elles dont je propose la découverte dans cet article, afin de faire partager mon admiration et mon émotion devant ces messages que nous adressent nos prédécesseurs.

    Elles ont été relevées ou transcrites par Abgrall 1909,Castel et Deuffic 1983,  Leclerc 1991 à 2003, Danguy des Déserts 2001. 

    Je suivrai leur ordre chronologique .

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    1526. Le socle du Calvaire.

    Bien qu'il ne soit plus visible dans l'enclos paroissial, mais dans le cimetière communal où il a été déplacé, sa description trouve sa place ici. Ce sont les vestiges provenant de la croix de l'ancien cimetière désaffecté à partir de 1866. La date de 1876 correspond à la croix.

     

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     Croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    Il est décrit dans l'Atlas de Croix et Calvaires du Finistère sous le n° Le Faou 501 avec la lecture  "+ Y COZKELEC (?) FIT FAIRE LAN MIL V CTS XXVI "

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/le_faou/le_faou.html

    L'Inventaire du Patrimoine relève " LAN 1526[?]Y.COZKERLEC FIT FAIRE."

    C'est un bloc de kersanton cubique de 66 cm de coté à la base, mais aux angles biseautés, si bien que l'inscription qui court sur son bord supérieur occupe les quatre faces et les quatre biseaux d'un octogone de 18 à 21 cm de coté. Les lettres gothiques minuscules (onciales) sont sculptées en bas-relief sur une seule ligne, avec un cartouche partiel de Y à  KLEC. Les deux-points sont  en losanges évidés (il semble abusif d'y voir "les macles des Rohan") reliés par une ligne en "ouïe de violon". On trouve aussi une ponctuation de séparation de mots par un point simple, losangique plein. Les lettres mesurent 9 cm de haut ou 15 cm pour les L de MILL.

      On lit d'abord un monogramme AX surmonté d'une croix et d'une ligne sinueuse, que je note [**], puis :

     

     [**] : Y : COZKLEC : FIT : FAIRE : LAN : MILL : Vcts : VI

    "Y[ves] Cozkerlec fit faire l'an 1526."

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    Chacun des six pans de pierre entraîne  des exclamations admiratives. Car chacun des lettres est différente, tracée par la main très sûre d'un maître tailleur de pierre calligraphe, qui dessine des caractères avec une élégance pleine de désinvolture nonchalante et d'humour . Or, en 1526, nous  sommes 13 ans avant l'inscription de fondation de Rumengol (1536), très belle mais qui, par comparaison, va paraître gracile, mièvre, compliquée voire laborieuse. Elle n'a pas non plus la rectitude presque mécanique (malgré ses ornementations) de l'inscription de fondation du Pont de Landerneau (1510). 

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    Premier pan. 

    L'inscription débute (ou s'achève) par un monogramme qui pourrait se lire comme un A et un X entrecroisé pour dessiner un losange, avec une croix plantée au centre, et une virgule en hameçon accolée à cette croix. 

    L'hypothèse la plus tentante est d'y voir la marque-signature du maître-tailleur de pierre, comme celles laissées sur la cathédrale de Strasbourg : non pas une marque identitaire de rémunération, mais une "marque de maître". Deux blasons de l'église de Rumengol ont des traits de ressemblance avec cette marque.

    Le A et le X ou le V peuvent faire allusion à l'entrecroisement du compas et de l'équerre, la croix et la virgule à une règle en T et à un "perroquet". Y-P. Castel voit ici "un copeau arraché sur une croix".

    Pour l'instant, je soumets cela à la sagacité des internautes.

    Puis  un cartouche en surépaisseur (bas-relief) haut de 12,5 cm, porte un  deux-points (encore sobre, aux losanges non évidés) et surtout le bel Y, vif et allègre, initial de quelque Yves ou Yvon.

     

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile
    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    Deuxième pan coupé.

    Voici le nom du commanditaire-donateur. 

    La formule "fit faire" indique que le patronyme désigne le commanditaire de ce socle (et de la croix qu'elle portait), et non l'artisan qui la réalisa.


    Si on lit COZKLEC en considérant, comme c'est fréquent, que la lettre K est abréviative pour KER, on obtient Coskerlec. Ma déduction rejoint celle d'Yves-Pascal Castel, qui lit ici "Yves Coskerlec".

    Mais le patronyme Coskerlec ou Cosquerlec n'est pas attesté. Le toponyme Cosquerlec et sa forme Cozquerlec est bien attesté, mais pas dans la région du Faou.

    En outre, la lettre qui a été lue comme un L jusqu'à présent n' a pas du tout la forme du L minuscule gothique, dont nous allons trouver un très bel exemple (MILL). 

    On pourrait lire donc aussi "COZKERT", ou "COZKERC". Il existe aujourd'hui un lieu-dit et un lotissement correspondant au toponyme "Le Cosquer" au Faou. On trouve mention de seigneurs du Cozker, ou de sieur du Cozker, ou de l'évêque de Tréguier Mathias de Cozker (Matthieu du Kosker, né à Lannion, 1417-1422), etc...

    Les lettres Z et K s'accordent comme un couple de danseurs. Le deux-points, aux losanges évidés, s'appuie sur un fût droit, peut-être la fin d'un cartouche.

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    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile
    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    3ème pan 

    C : FIT

    Le cartouche qui avait débuté au 1er pan s'achève ici par une barre sur laquelle s'épaule un très beau deux-points en losanges évidés. 

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    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    Quatrième pan coupé.

     

    Le mot FAIRE est écrit sans chichi, mais non sans renoncer à un clin d'œil à l'amateur de belles lettres : le f transforme sa barre en une petite bille bien ronde.

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    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile
    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    Cinquième pan.

    Le Mot LAN vient abriter deux de ses lettres sous un préau.  

    Yves-Pascal Castel (1991) y  voit judicieusement  une marque professionnelle en forme de doloire (CNRTL : Cognée à taillant droit, à large lame plane dont le tranchant n'a qu'un seul biseau, oblique par rapport au manche court et un peu courbé), et imagine, en se livrant ici à des extrapolations, judicieuses mais non fondées sur des données attestées 

    "La doloire du cimetière du Faou pourrait appartenir à un charpentier naval, YVES COSKERLEC, constructeur de navires sur la rivière en 1526."

    Yves-Pascal Castel (1997) précise son idée :

    "L'arrachage d'un copeau sur la croix, la doloire, et les macles désignent Cozkerlec comme un charpentier ; peut-être constructeur de vaisseaux travaillant sous la mouvance des Rohan."

    On peut aussi penser à la signature parlante d'un tailleur de pierre nommé Calvez (patronyme signifiant "Charpentier"). C'est ainsi que l'imprimeur Calvez, dans son édition de 1499 du Catholicon, place dans une targe ses armes avec le J initial de son prénom Jehan suivi d'une équerre et d'une hache semblable à celle-ci. 

     

     

     

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    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    Sixième pan.

    Le M de MILL en vaut mille. Les deux premiers fûts se referment en parenthèse, comme un compas, une brève traverse relie ces deux frères au troisième fût, qui, lui, s'offre un jambage qui fait la révérence.

    La lettre I, avant d'aligner son piquet, avec les L qui suivent, et de marquer la cadence par un empattement carré, prend appui sur le ventre du M, ou lui tape amicalement sur l'épaule. 

    Et les deux L s'élancent, pointant leurs fourches comme les cimes de deux peupliers, non sans avoir émis deux surgeons latéraux.

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    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile
    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    Septième pan

    Un deux-points à losange évidé et ligne que je fais comparer pour changer au signe forte d'une partition :

     

     

     

     

    Tailler dans la pierre un tel signe, avec une telle régularité et de tels arrondis relève sans doute de la prouesse.

    Puis le V du chiffre romain cinq, dont le premier fût s'élance pour former une hampe inattendue, qui salue avec panache en une boucle et une goutte d'eau.

    Le mot "cent" est suscrit, associant un petit C, puis un E, un tilde, et un Z : "CENZ".

    Le deux-points suivant se paye le luxe d''une ligne de liaison fleuronnée par une petite barre.

    Notre maître sculpteur n'a rien à envier aux calligraphes des stèles chinoises (cf. Jean-François Billeter, L'art chinois de l'écriture, 1989). Nos yeux ressentent et transmettent à nos muscles le plaisir et la grâce du geste d'écriture qui a été tracé ici voici près de 500 ans.

     

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    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    Voyez maintenant ces deux X qui se suivent sans se ressembler. Voyez la fusion presque naturelle du V et du J qui forme le chiffre 26. 

    Quelques remarques :

    a) le texte est en français, comme partout (et non en breton, qui fait exception dans l'épigraphie du temps, ou en latin). On n'a pas attendu l'ordonnance de Villers-Cotteret (1539)

    b) l'écriture est gothique :  Y-P. Castel n'a constaté, sur les croix et calvaires du Finistère, qu'une seule inscription en lettres romaines ( en 1511 à Plouguerneau) antérieure à notre date de 1526 . encore est-elle signée par deux Italiens, Toinas et Conci. Ce ne sera qu'à partir de 1562 que le gothique sera définitivement abandonné en épigraphie finistérienne sur les calvaires, et en 1628 dans le corpus des inscriptions lapidaire de l'enclos paroissial du Faou . Dans l'histoire de l'imprimerie, les caractères romains ont été créés à Venise  par Nicolas Jenson en 1470 dans son Eusèbe et dans son Epistolæ ad Brutum de Cicéron. Mais c'est en 1530 / 1540 que Claude Garamond créa les poinçons de ses caractères romains pour l'imprimeur Henri Estienne.  

    c) les chiffres sont romains. Les premiers chiffres arabes sont apparus sur les croix du Finistère en 1515, à Logonna-Daoulas. Sur les inscriptions lapidaire de l'enclos paroissial du Faou, les chiffres arabes s'introduisent en 1603. 

     

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    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile
    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

    Socle (1526) de la croix du cimetière du Faou, photographie lavieb-aile

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    La partie la plus ancienne de l'église porte le nom de Chapelle de la Dame. Elle est aujourd'hui intégrée au transept, et sa porte murée encadrée de colonnes en nids d'abeille est visible à droite du porche sud. Voici une inscription qui la concerne :

    1544. La deuxième inscription.

    En 1990, Yves-Pascal Castel annonçait dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère qu'en déplaçant une grande armoire de la sacristie [sud-est], une inscription avait été découverte. Comme la sacristie actuelle est plus haute que la précédente, la pierre sculptée se montrait autrefois à l'extérieur. II écrit : "Étalé sur cinq lignes, le travail du graveur a été effectué avec un soin particulier. La capitale romaine "fleuronnée" s'agrémente d'échancrures et de barres. Sans atteindre l'élégance du célèbre panneau de l'église voisine de Rumengol, 1536, celui du Faou, 1544, témoigne de l'habileté des tailleurs de pierre de kersanton. Jean-Luc Quentel nous a fait remarquer que le 18 mai, veille de la Saint-Yves, tombait, cette année-là, un dimanche. En revanche, on ne connaît pas le fabrique J. Elé, ni la signification du curieux symbole qu'accompagne son nom. Serait-ce une simple fleurette ?"

    Il propose la leçon suivante :  LE XVIII IEME IOVR / DE MAI L MVXL/ IIII FVRENT CETTES / CHAPPELLES FOVND / EES J. ELE FABRICQ

    Ce "curieux symbole aprés "I. ELE" est soit un Z, soit une abréviation, fréquente en épigraphie latine, mais plus étonnante sur un texte français. En outre, une lettre -c- (pour "cent") est inscrite à l'intérieur du V.

    J'en donne ici ma propre transcription :

    LE XVIII IEME IOVR

    DE MAI LMVcXL
    IIII FVRENT CETTES
    CHAPPELLES FOVND

    EES J. ELEZ FABRICQ

    "Le 18e jour de mai l'an 1544, furent ces chapelles fondées J. Elez fabrique."

    Je rapproche le nom J. Elez de celui qu'on découvrira sur une inscription de 1633 mentionnant un Auffroy Ellez sieur de Kovrin. 

    La lettre L qui précède la date MVcXL doit être interprétée comme une forme abrégée de LAN.

    L'article est illustré par une photographie, qui est reproduite sur le panneau explicatif que trouve le visiteur à l'intérieur de l'église. J'en reproduis à mon tour l'image.

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    1544. Inscription dans la sacristie. église Saint-Sauveur, Le Faou.

    1544. Inscription dans la sacristie. église Saint-Sauveur, Le Faou.

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    Le portail sud. 1593.

    Le portail sud fut débuté en 1593 mais sa construction fut interrompue en raison des guerres de la Ligue. La ville fut pillée en 1593 et 1595.

    "Anne de Sanzay, comte de la Magnane, lors marié à la dame de Penmarc'h en Léon, tenant le parti de l'union dite catholique, sous l'autorité du duc de Mercœur. Ayant quelques troupes de gens ramassés, arrive de nuit de devers Morlaix en la ville du Faou, qu'il prend et pille et y prit des prisonniers, et se tint là quatre à cinq jours attendant de trouver les moyens de passer la rivière de Châteaulin pour entrer en la juridiction de Quimper, où il savait le pillage être bon."  (chanoine Jean Moreau, publié en 1960 par Henri Wacquet , Mémoires du chanoine Jean Moreau sur les guerres de la ligue en Bretagne.)

     

    En octobre 1595, une troupe d'Anglais ravage la région. « Il y a eu toujours grand nombre de soldats, comme à Craouzon [Crozon], Douarnenez ou Le Faou, qui ordinairement viennent à l'abbaye [de Landévennec], ravagent et pillent tout ce qui s'y trouve, comme ils le font dans le plat pays, de façon que tout le canton est dénué des hommes qui y demeurent obstant la cruauté et tyrannie des gens de guerre, tellement que le cartier [quartier] est demeuré en friche sans estre semé, travaillé ny labouré».

    Pendant les guerres de la Ligue (1562-1598), Anne de Sanzay, comte de la Magnane, connu pour être « un bon voleur tant sur mer que sur terre »39 et qui était du parti de la Ligue, « profitant de la licence des guerres civiles pour exercer toutes sortes de brigandages », « pille Le Faou, bat les habitants des communes voisines, indignés de ses excès et leur tue plusieurs centaines d'hommes ». Il en tua même entre 1 400 et 1 500 en deux combats si l'on en croit Eugène Bonnemère. Il soumit aussi la ville du Faou à rançon. (Wikipédia, "Le Faou")

     

    La portail  fut terminé avec beaucoup plus de simplicité entre 1612 et 1613.

    L'inscription en lettres gothiques, la plus belle de l'édifice, occupe une pierre d'angle en kersanton dont les deux faces sont taillées. La taille est faite en relief ("en réserve"), ce qui favorise l'accrochage de la lumière. Selon l'heure du jour et l'ensoleillement, leur apparence et leur lisibilité va beaucoup changer, ce qui m'amène à multiplier les clichés.

     

    La face principale mesure 78 cm de long et 35 cm de haut. Elle est divisée en deux lignes par deux cartouches en creux préservant une marge de 1 cm en haut, et 3 cm en bas. Les lettres en onciales  mesurent 9 cm de haut et 4 cm de large (lettre A), les lettres à jambages 13 cm de haut (ceST). La ponctuation entre les mots se fait par le deux-points à losanges évidés,  réunis par un signe en "ouïe de violon" pour les trois premiers.

    La face latérale mesure 34,5 cm de long et 35 cm de haut. Elle est creusée d'un seule cartouche préservant une marge de 1 cm. Les lettres mesurent 5 cm pour le premier -e-, 8 cm pour le -g-.

    On y lit : 

     "LAN : MILL : V Cns : XCIII : FUST : FONDE : CEST : PORCHES.

    ESTÃT : LORS : G : LE : DERE / DEC : FABRIC / QUE".

    "L'an 1593 fut fondé ce porche, G. le Deredec étant alors fabricien".

    Je rappelle que (Wikipédia)  la fabrique d'une paroisse désigne un ensemble de « décideurs » (clercs et laïcs) nommés pour assurer la responsabilité de la collecte et l'administration des fonds et revenus nécessaires à la construction puis l'entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse : église(s), chapelle(s), calvaire(s), argenterie, luminaire(s), ornement(s), etc. Les membres du conseil de fabrique sont donc des administrateurs désignés plus spécifiquement par les termes de marguilliers et de fabriciens. Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs mais aussi de la location des places de bancs dans l'église qui fournissaient un revenu régulier (bien souvent perçu annuellement à date fixe) pour la fabrique. Le "fabrique", ou fabricien,  élu ou désigné pour l'année parmi les  paroissiens les plus honorables et les plus aisés devient ainsi le maître d'ouvrage des constructions ou reconstructions de l'église.

     

    On retrouve   dans les Extraits des Registres et Garants de l'église de Saint-Sauveur relevés par le chanoine Abgrall cette mention qui permet d'affirmer le prénom du fabricien :

    " 24 Août 1580: Fondation de 50 sols, par Guillaume Dérédec, marchand, bisaïeul maternel de la demoiselle de Lezuzar Flaman."

    Et plus tard dans le même Registre :

    "11 Juillet 1649 : Maître Jacques Le Baron et Yvonne Le Dérédec, sa femme, fondent 3 livres 4 sols, pour jouir de la tombe où fut enterré Missire Mathurin Le Baron, leur fils, recteur de Rosnoën"

    Le Faou était une trève de la paroisse de Rosnoën jusqu'en 1801.

    Le nom du recteur  est connu pour 1593 : il s'agissait de François Tanguy.

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    La pierre utilisée, la kersantite extraite en Rade de Brest dans la Rivière de Daoulas, est le matériau de choix pour la finesse de son grain, sa facilité à être sculptée, et sa résistance à l'usure. Surtout, la couleur grise entre en contraste avec l'ocre de la pierre de Logonna, autre localité maritime voisine de la Rade. 

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    L'inscription de 1593 après estampage humide.

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1593), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Au dessus et à gauche du porche sud : 1613. 

    Au haut du même contrefort qui porte l'inscription précédente, et placé sur les deux cotés de l'angle également, un lanternon ou pilastre en kersanton porte une date d'achèvement du porche. Abgrall y a lu au début du XXe siècle "Ce porchet fait achever en 1613".  Couffon et Le Bars 1988, comme Castel et Dieuffic 2003 proposent : "CE. PIGNON. FUST. ECHU. EN 1613. H. BECCAM. F." Je lis peut-être :

    "Cepignon /  fust achi|ver] en 1613 / h beccam f ."

    Notez que -gn- sont des lettres conjointes. La lettre qui suit "fust" est clairement un -a- , et celle qui suit "ach" est clairement un -i-, avec un point bien visible.

    L'orthographe achiver ou achiever est attestée dans Godefroy.

    Je propose la lecture suivante : Ce pignon fut achevé en 1613 par H. Beccam, f[abricien]

    Le nom "Le Beccam", avec cette orthographe, est attesté au Faou au XVIIe siècle.

    En 20 ans, la graphie de l'inscription s'est simplifiée mais conserve de l' élégance.

    On comparera cette pierre à celle de l'église de Rosnoën, datant de 1604 et qui dit : "Y. Quelfellec . fab. Ce pingnon fut parachevé lan mil cix cent quatre, le 8 juillet."

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1613), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1613), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Inscription lapidaire sur le porche sud (1613), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription lapidaire sur le porche sud (1613), église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    L'ossuaire (ou reliquaire) de 1603.

    Typiquement finistérien, l'enclos de Saint-Sauveur comportait un cimetière entourant l'église, un arc de triomphe ou Porz ar Maro, et un ossuaire dont les ouvertures cintrées étaient séparées par des pilastres en gaîne en fin kersanton. Cet ossuaire a été dressé en 1603 à l'angle sud-ouest de l'église. Il a été démoli en 1892 pour élargir la chaussée. La clef de voûte portant l'inscription en lettres minuscules, encore gothiques, est visible à la mairie. J'utilise ici la photographie exposée sur le panneau explicatif dans l'église.

    Ce relicquere : fust : faict /estant lors : o : flamanc : fabricq : 1603.

    "Ce reliquaire fut fait alors que O Flaman était fabrique en 1603."

    Les Registres et garants de l'église font mention deux fois à la famille Flaman : la première fois en 1580 pour signaler que Guillaume Dérédec est le bisaïeul maternel de la demoiselle de Lezuzar Flaman . La seconde fois le 18 Octobre 1625 : "En reconnaissance des services lui rendus, dame Hélène de Beaumanoir, vicomtesse du Faou, accorde au Sr. Sébastien Flaman et Jaouenne Le Gac, sa femme, Sr. et Dme. du Stang, deux tombes prohibitives à Christ dans la chapelle de La Dame. Sur lesquelles ils pourront apposer leurs armoiries."

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    1603. Clef de voûte de l'ossuaire,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1603. Clef de voûte de l'ossuaire, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Le clocher en quatre campagnes de travaux. 1628-1647

    Ces travaux eurent lieu sous le règne de Louis XIII (1610-1643) et sous la régence d'Anne d'Autriche (1643-1651).

    Pour suivre les quatre campagnes de construction de la tour du clocher entre 1628 et 1647, j'emprunte une illustration parue en 1982 dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère et reproduite dans l'église sur un panneau à la disposition des visiteurs :

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    Inscriptions du clocher de l'église Saint-Sauveur, Le Faou.

    Inscriptions du clocher de l'église Saint-Sauveur, Le Faou.

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    I. LA CAMPAGNE DE TRAVAUX 1628-1631.

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    1628. Massif  occidental servant de base à la tour au dessus du porche ouest. Deux inscriptions.

    Au dessus du porche de plein cintre souligné par une arcade gothique se trouvent trois carrés sculptés : les deux plus bas comportent des inscriptions. Le troisième contenait un blason qui a été martelé. On devine encore une couronne et un collier. En 1628, la vicomté du Faou est détenue par Marie-Françoise de Guémadeuc (De sable au léopard d'argent accompagné de six coquilles de même, 3 en chef et 3 en pointe, le tout d'argent.) mariée depuis 1626 à François II de Vignerot du Plessis de Richelieu («Écartelé : aux 1 & 4, d’or, à trois hures de sanglier de sable (Vignerot) ; aux 2 & 3, d’argent, à trois chevrons de gueules (du Plessis de Richelieu)»).

    Le curé (vicaire) est alors, de 1618 à 1628, Nouel  Abodès.

     

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    Porche occidental , église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Porche occidental , église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Porche occidental , église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Porche occidental , église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    1°)  A gauche :

    O QVAM. METVENDVS. EST. LOCVS / ISTE. VERE. NON / EST/ HIC ALIVD / NISI. DOMVS. DEI / ET/ PORTA. CELI .

    O quam metuendus est locus iste vere non est hic aliud nisi domus dei et porta celi.

    Il s'agit d'une citation partielle du verset 17 du chapitre 28 du Livre de la Genèse racontant comment Jacob passe la nuit à Béthel, prend une pierre comme chevet et y a la vision d’une échelle atteignant le ciel et de Dieu se tenant en haut de cette échelle.

     [pavensque quam terribilis inquit] est locus iste non est hic aliud nisi domus Dei et porta caeli

    "Jacob s'éveilla de son sommeil et il dit: Certainement, l'Éternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas! Il eut peur, et dit:

    Que ce lieu est redoutable! C'est ici la maison de Dieu, c'est ici la porte des cieux!

    Et Jacob se leva de bon matin; il prit la pierre dont il avait fait son chevet, il la dressa pour monument, et il versa de l'huile sur son sommet."

    https://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&bandnummer=bsb00072000&pimage=35&v=100&nav=&l=en

    Mais le remplacement de terribilis par metuendus ("redoutable") dans la forme inscrite ici  est retrouvée dans l'Antienne de la cérémonie de consécration ou dédicace d'une église (Bréviaire romain). Elle indique peut-être que la dédicace de l'église du Faou a eu lieu en 1629. Ou, plus banalement, elle incite le fidèle au respect du sanctuaire.

    Il se trouve que cette Antienne a été mis en musique sous la forme du motet en 1585 par Tomás Luis de Victoria (Motecta festorum n°33) et par Luca Marenzio  (Motectorum pro festis totius anni, Rome 1585) , par Jacob Handl (1550-1591) qui fut maître de chapelle de l'évêque d'Olomuc en Moravie de 1579 à 1585, et enfin par  Orlando de Lasso, maître de chapelle de Guillaume V de Bavière et dont le recueil   Cantiones quinque vocum fut publié en 1597 trois ans après sa mort.

    On peut en conclure, soit que le commanditaire de l'inscription était amateur de musique polyphonique sacrée, soit que cette Antienne était alors à la mode.

    La date qui figure sur la pierre voisine (19 mars 1628, jour de la Saint-Joseph, un peu avant Pâques qui tombait le 3 avril) ne correspond en tout cas pas à la Fête de la Dédicace de la basilique de Latran, célébrée le 9 novembre. Les diocèses célèbrent aussi la dédicace de leur cathédrale : le 22 octobre pour Quimper, le 6 mai pour Rennes, le 16 septembre pour Saint-Brieuc...mais le 17 mars pour Vannes.  

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    Inscription de dédicace, porche occidental,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de dédicace, porche occidental, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    2°)  à droite : 1628 :

    CESTE:THOVR:A/:ESTE:FONDEE:LE/:9:MARS:1628:ES/TANT:POVR:LORS:/GOVERNEVR:IAN/GVERMEVR

    "Ceste thour a esté fondée le 19 mars 1628 estant pour lors gouverneur Ian Guermeur."

    "Cette tour a été fondée le 19 mars 1628, Jean Guermeur étant alors Gouverneur."

    Le terme de "Gouverneur" peut être assimilé à celui de "fabricien" sur l'inscription de 1593.  Voir :

    http://www.lavieb-aile.com/article-l-eglise-saint-pierre-de-pleyber-christ-epigraphie-et-n-retrogrades-90588330.html

    Le patronyme Guermeur est mentionné au Faou sur un acte de baptême relevé par J.M. Abgrall : 

    " 17 Avril 1689 : Baptême de François-Marie, fils d'écuyer François de Keryvon, Sr. de Kervennic, Coatimoric, Keriliou, etc., et de dame Marie de Kerret, dame du dit lieu. Parrain et marraine, honnestes gens, Olivier Guermeur et Marie Pierrée, qui ne savent signer."

    Cet Olivier Guermeur serait le fils de Ian (Jean) Guermeur, comme l'indique ce fil d'un forum généalogiste : http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=11087

    " Jean Guermeur, veuf de Marie Quenquis qui dut mourir en 1647/1648 juste après la naissance de sa fille Perronnelle, s'est remarié avec Marguerite Desloges, dame de Launay, native de St Renan. De sa 1ère union il a eu au moins Jaouenne, Louise, Marguerite, Catherine, et probablement Alain époux Le Roy. Le couple HH Jean GUERMEUR et Marguerite DESLOGES se marie au Faou en 1648, et a ses enfants au Faou entre 1649 et 1662 ...  et de cette seconde épouse il a eu de nombreux enfants, dont Olivier baptisé le 08/02/1652, et Jacquette,"

     

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    Inscription de fondation de 1628, porche occidental,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de fondation de 1628, porche occidental, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    1629. Face ouest du premier étage de la tour.

    Juste au dessus du groupe des trois pierres sculptées précédentes, se lit l'Inscription sur pierre de Kersanton en lettres majuscules sur trois lignes :

    LAN:1629 HONORABLE:HOMME:IAN /

    DE:GOFF:GOVERNEVR:FABRIQVE: /

    A:FAICT:TRAVAILER:SVR:CETE:TOVR

       "L'an 1629  Honorable Homme Jean  Le Goff, gouverneur fabrique a  fait travailler sur cette tour." 

    Furetière indique non sans malice dans son Dictionnaire de 1690  :  "honorable homme est un titre que l'on donne dans les contrats à ceux qui n'en ont point d'autre". 

    Le Généadico du  Centre Généalogique du Finistere indique :

     

    "HONNETE HOMME, HONORABLE HOMME, NOBLE HOMME : - Le qualificatif employé servait à définir, selon l’état de la fortune, une certaine échelle sociale, une hiérarchie parmi les roturiers avec au sommet le « noble homme ». Il est ainsi donné à des petits bourgeois, des marchands, des artisans, des notaires, des procureurs fiscaux, des laboureurs un peu aisés, à des personnes sans charges honorifiques ni seigneuries afin de les distinguer. On souhaitait par l’un de ces qualificatifs marquer de la considération à une personne pour une raison ou pour une autre : notables locaux, reconnaissance dans une profession, instruction, situation de fortune, etc. Il ne désigne jamais en Bretagne un noble quand les termes « noble homme » sont utilisés"

     

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    Inscription de construction de 1629, face  occidentale de la tour,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de construction de 1629, face occidentale de la tour, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de construction de 1629, face  occidentale de la tour,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription de construction de 1629, face occidentale de la tour, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    1630. Face sud du premier étage de la tour.

    Au dessus du toit, sur la face sud de la tour, on lit sur une longue pierre de Kersanton et une petite pierre initiale, une inscription en deux lignes .

     

     

    1630. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1630. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    1630. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1630. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    LAN // 1630 : IAN : LE : BRIZ : GOVERNEVR

    FABRIQVE : A : FAIT : bâTIR : SVR : CETE : TOVR

    "L'an 1630, Jean Le Bris gouverneur fabrique a fait bâtir sur cette tour."

    On voit encore dans le bourg une maison située 39, rue du Général-de-Gaulle et qui était la propriété de la famille Le Bris en 1660. Il s'agissait d'une famille de marchands de drap et de soie.

    http://fr.topic-topos.com/maison-de-pays-le-faou

     

    Cette inscription est écrite en caractères soignés (I perlé de IAN, point du I inclus dans le fût, signe du deux points en losange, fluidité adaptative qui permet d'inclure des lettres minuscules comme le b, le â et le t parmi les majuscules, convexité du fût de certains E, jovialité du Q ) à l'intérieur de deux cartouches en creux. La formulation est copiée sur la précédente mais elle est plus moderne (j'oserai "plus jeune") par l'abandon de la formule Honorable Homme, par la forme "fait" plutôt que "faict". 

    L'introduction du circonflexe de "bâtir" plutôt que "bastir" est remarquable. En 1558, Du Bellay écrivait bien-sûr encore Plus me plaist le seiour qu'ont basty mes ayeux . Jean Nicot écrit aussi bastir dans  Le Thresor de la langue francoyse  de 1606. On trouve les formes bastir, batir (sans accent) dans l'Invantaire des deus langues, françoise et latine de  Philibert Monet (Lyon, 1636) . En 1679, lorsque La Fontaine publie la fable Le Vieillard & les trois jeunes hommes, on y lit le vers fameux :

     Un octogenaire plantoit.
    Paſſe encor de baſtir ; mais planter à cet âge !

    Diſoient trois jouvenceaux enfans du voiſinage,

    Je trouve néanmoins "bâtir" en 1560 dans une édition de l'Amadis de Gaule, mais l'éditeur est Christophe Plantin, à Anvers. Il reste encore confidentiel de 1600 à 1630, malgré les 38 occurrences du mot dans Les triomphes de l'amour de Dieu, Paris, 1625.


     


     

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    1630. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1630. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    1631. Face sud du premier étage de la tour.

    Dans le même programme de construction, et sur la même face sud, on trouve sous la corniche en encorbellement une inscription :

    : M : Y :  DIROPP / G. FA 1631

    "Messire Y[ves] Diropp Gouverneur fabrique 1631."

    Les Archives du Finistère conservent les dossiers de Maître Diropp, Notaire au Faou 1600-1619.  

    Au 6 de la rue Général-de-Gaulle au Faou, on voit encore la maison où Françoise Diropp, veuve de Maître Lunven, établit en 1632 une fondation. 

    photo : http://fr.topic-topos.com/maison-du-xvie-siecle-le-faou

    Un "post" de Joel Morvan sur la généalogie Le Bault mentionne un couple Marie Le Bault / Yves Le Diropp, vivant au Faou, d'où trois enfants : Jan : o 1653 Le Faou ;   Marie : o 1657 Le Faou  ; Jacques Thomas : o 1660 Le Faou . On trouve dans le même échange de courriel la mention des noms Goff et Becam...

    http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=8917&start=15

     

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    1631. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1631. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    1631. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1631. Face sud du premier étage de la tour. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    II. LA DEUXIÈME CAMPAGNE DE TRAVAUX EN 1633. LE DEUXIÈME ÉTAGE DU CLOCHER.

    Elle permet de dresser la première chambre des cloches, à longues ouvertures.

     

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    Les  inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).

     

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    On y lit:

    1°) sur la chambre des cloches, côté sud, à gauche,

    "AVFROY : ELLEZ /

    Sr DE KOVRIN /

    MA. Ft MONTER. 1633"

    Comme je l'ai appris dans mon étude des inscriptions de l'église de Saint-Thurien à  Plogonnec, la lettre K est abréviative pour Ker, et il faut lire :

    Aufroy Ellez, sieur de Kerourin m'a fait monter 1633.  

    Aufroy est une variante d'Auffroy,  Auffray, etc, prénom qui est à l'origine des patronymes Auffray, Auffret, Auffredou.

    "Sieur" est un qualificatif précédant le nom de l'habitation d'un paroissien respectable. Le préfixe "Ker-" désigne un groupe de maison, un hameau voire un village.

    Kerourin n'est pas un lieu dit connu au Faou, mais le Registre et Garants de l'église mentionne à la date du  17 mars 1553 une fondation "sur Kerourien, en Rosnoën".

    1633. Première chambre des cloches, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1633. Première chambre des cloches, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    2°)   sous la corniche, au haut de la première chambre des cloches : 

     "IAN LE MENEZ.1637 (?)"

    "Jean Le Ménez. (1637)"

    1637 ?  Première chambre des cloches,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1637 ? Première chambre des cloches, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    III. TROISIÈME CAMPAGNE DE TRAVAUX. TROISIÈME ÉTAGE.

    En 1638, les finances permettent l'édification de la chambre haute des cloches, "audacieusement ouverte par de larges arcs en plein cintre (Castel & Deuffic), sous la direction de Moreau.

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    1638. chambre haute des cloches,église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1638. chambre haute des cloches,église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Face sud de la chambre haute des cloches, à gauche ;

    MOREAV 1638. 

    1638. Face sud de la  chambre haute des cloches, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1638. Face sud de la chambre haute des cloches, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    IV. QUATRIÈME TRANCHE DE TRAVAUX DU CLOCHER. LE DÔME .

    Le travail progresse, et peu à peu la tour s'élève, svelte et hardie dans son style classique, afin de culminer à 31 mètres par un dôme à lanternon encadré, aux quatre angles de la deuxième chambre de cloches, par des ornements en forme de canons.
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    "La pierre rejetée par les auteurs"...

    Sous la corniche du dôme, une inscription n'a pas été décrite. Elle est rongée par un beau lichen jaune d'or, mais on discerne quelques lettres.

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    Base du dôme à tambour, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Base du dôme à tambour, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Je discerne ceci :

    OVOV 3

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    Base du dôme à tambour, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Base du dôme à tambour, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Dôme à lanternon,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Dôme à lanternon, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Tambours octogonaux, dôme aux arêtes ponctuées de crochets, lanternon supérieur où se plante la croix.

    16 /M. DE MONVAL /46

    G.............................F

    1646. M. de Monval, Gouverneur fabrique.

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    1646, tambours du dôme ,  église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1646, tambours du dôme , église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    V. CINQUIÈME CAMPAGNE SUR LE CLOCHER. 1647.

    La touche finale du clocher consiste en la pose de la balustrade, car les échafaudages ne permettaient pas de la placer auparavant.

    On y voit sur la face ouest, à 14 mètres du sol, au dessus des cinq arcades droites l'inscription :

    "VENERABLE : PERSONNE : MISSIRE : MATTVRIN : LE : BARON : RECTEVR.

    FINIS CORONAVIT OPVS/ . NOBLE JACQVE DEN GV  /1647".

    Les chiffres 1, 6, 4 et 7 se trouvent sur la retombée des arcs des deux dernières balustrades.

    cf la mention déjà citée du Registre paroissial   11 Juillet 1649 : Maître Jacques Le Baron et Yvonne Le Dérédec, sa femme, fondent 3 livres 4 sols, pour jouir de la tombe où fut enterré Missire Mathurin Le Baron, leur fils, recteur de Rosnoën."

    Les mots latins Finis coronavit opus "Voici comment la fin vient couronner l'œuvre", est une formule utilisée en guise de conclusion , comme me l'indique le moteur de recherche pour des ouvrages littéraires datant de 1696, 1700. Sous la forme Finis coronat opus, je le trouve dans la Liste des locutions latines (Wikipédia) avec le commentaire : "« La fin couronne l'œuvre. » S'emploie en bonne ou en mauvaise part. Peut se comprendre, par exemple comme In cauda venenum, ou comme La fin justifie les moyens." Sur Wikionary, je lis "traditionnellement attribué à Ovide. La valeur réelle d'une entreprise ou d'une œuvre d'art ne peut pas être complètement discernée jusqu'à ce qu'il soit terminé."

    C'est l'occasion de se régaler d'un passage de "l'opus" de Jules Renard, afin de ne plus passer devant ce parapet sans penser à Poil de Carotte :


     

    "Coronat.

    Autrefois, il y a des années, le régisseur Hubert, jeune alors et plein de vie, ne manquait jamais de dire, à la fin de chaque repas :

    — Finis coronat opus.

    De ses courtes études au collège, il n’avait guère retenu que ces trois mots. Il pouvait les traduire exactement : Finis, la fin, coronat, couronne, opus, l’œuvre. Cela signifiait :

    — J’ai bien mangé, avec appétit, d’un bout à l’autre de mon déjeuner. La dernière bouchée ne valait pas moins que la première. La fin était digne du début.

    Longtemps cette maxime lui parut claire et commode. Il l’expliquait en famille, aux amis, sans se tromper, comme pour dire :

    — Vous le voyez, il me reste quelque chose du latin que j’ai appris.

    Ce fut le sens du mot opus qui s’obscurcit d’abord. Hubert ne trouvait qu’avec peine le mot correspondant. Il le perdit tout à fait. Opus n’était plus qu’un sou étranger, percé, cassé, rouillé, sans valeur.

    — Supprimons opus, se dit Hubert.

    Et il prit l’habitude de refuser une moitié de pomme, un verre de liqueur en ces termes :

    — Finis coronat !

    Cela suffisait. Personne ne regrettait le reste. On devinait encore qu’Hubert voulait dire :

    — Merci ; assez pour une fois. J’en ai jusque-là.

    Et ceux qui avaient la tête le plus dure, comprenaient au moins l’un des deux mots, le mot finis : finis, j’ai fini, ça va de soi, n’importe qui, un enfant saisirait. Quant au mot coronat, peu à peu inintelligible, il frappait par sa sonorité et son mystère. Quel sens lui donner ? À quoi servait-il ? Nul ne savait, mais chacun souriait de confiance, car il faisait bien à sa place.

    Il fit mieux encore, dès qu’Hubert s’avisa de le prononcer seul. Il rejeta décidément finis, inutile et banal, et ne garda que coronat.

    Et, aujourd’hui, la marque originale d’Hubert devenu vieux, ce qui le distingue des autres hommes du village, c’est de répondre à tout propos : Coronat, coronat.

    Il ne dit plus ni oui, ni bonjour, ni : ça va ? ni : au revoir ! il dit coronat. Il remue sa tête blanchie et pousse son coronat comme un grognement familier appris en classe ou en nourrice." (Bucoliques, 1905 : Gallica)


     


     

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    1647  face ouest de l'appui de la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1647 face ouest de l'appui de la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1647, face ouest de l'appui de la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1647, face ouest de l'appui de la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1647, face ouest de l'appui de la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1647, face ouest de l'appui de la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Les gargouilles encadrant la balustrade.

     

    Les gargouilles encadrant la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Les gargouilles encadrant la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Les gargouilles encadrant la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Les gargouilles encadrant la balustrade, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    1680. Pignon est.

     

    1680. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    1680. église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Au  Nord du chevet, à droite de la fenêtre murée.

    H.H.F /  CREVEN / GDSA

    Mad Danguy des Déserts parle au sujet de cette inscription d'un véritable rébus qu'elle déchiffre ainsi :

    Honorable Homme François Creven, Gouverneur de Saint-Antoine. 

    Elle explique qu'une chapelle dédiée à saint Antoine, patron de l'hôpital du Faou s'élevait au nord du chevet. La chapelle est mentionnée en 1643. Il existe encore un autel dédié à ce saint à gauche du chœur.

    On lit dans le registre de l'église :

    "1562 : Jane Monfort, veuve de Philippe Le Gac, fait fondation pour obtenir trois tombes prohibitives dans l'église de Christ, dont deux s'eutrejoignant, proche du marchepied du maître-autel, l'autre à l'entrée de la chapelle de Saint-Antoine."

     Le premier Janvier 1639 ... Je, Jan Le Gac, Sr. de Reuniou-Beuzit, Je donne ... A l'hôpital du Fou dédié à saint Antoine, 3 livres de rente et 3 livres aux pauvres du dit hôpital, le jour de mon enterrement. ». 

    Ce F[rançois] Creven est-il le fils de Charles Creven ? Ce dernier  épousa  Françoise Mallégol (née vers 1630), demeurant Kerlano à Rosnoën. Ils eurent  au moins cinq enfants : Louise (o 1651 au Faou), Marie (o 1656 au Faou) , Jean (né le 8.6.1663 à Rosnoën ) qui devient Prêtre, Jeanne (o 1666 Rosnoën) et ... François (témoin au décès de sa mère). Jean Creven (frère de François), prêtre à Rosnoën puis recteur à Sizun, est mentionné sur une inscription lapidaire que j'ai relevé sur l'église de Rosnoën avec la date de 1674. 

    http://famille.mallegoll.pagesperso-orange.fr/pageadditif.htm

    http://www.chtimiste.com/genealogie/bernard/dat1.htm


     

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    Inscription au nord du chevet, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Inscription au nord du chevet, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    La Vicomté du Faou.

    Dès le XIème siècle, les vicomtes du Faou tiennent une position enviable entre le Nord et le Sud de l´actuel département du Finistère. Ils s´appuient sur les sites fortifiés du Faou, de Daoulas et de La Roche Maurice et contrôlent l´arrière-pays qui va de la rade des monts d´Arrée entre les estuaires de l´Aulne et de l´Élorn.

    Autour de 1400, la vicomté s´étend sur dix-sept paroisses, mais en 1682, elle n´en comprend plus qu´une dizaine. Les Richelieu cèdent la vicomté en 1736 aux Rohan-Chabot qui, à leur tour, la vendent aux Magon de La Gervisais en 1762. Sous ce nom, Le Faou est érigé en marquisat en 1765.

     L´inventaire topographique du patrimoine architectural et mobilier du canton du Faou - Conseil régional de Bretagne 1997.

    http://poudouvre.over-blog.com/article-la-famille-de-beaumanoir-110903302.html

    Charles du Quélennec, baron du Pont, vicomte du Fou, épousa Catherine de Parthenay, dame de Soubise, il fut tué à la Saint-Barthélémy
    —Jeanne du Quélennec, héritière de son frère, épousa Jacques de Beaumanoir, vicomte du Besso,

    Jacques de Beaumanoir,  Chevalier, vicomte du Besso, de Médréac, seigneur de Villaines, échanson du roi Henri II et gentilhomme ordinaire du dauphin en 1559 & 1560 , il épousa en seconde noces le 12 février 1550 Jeanne de Quellenec, fille de Jean, baron du Pont et de Jeanne de la Maure. De ce second lit naquirent deux  autres enfants :  Toussaint de Beaumanoir , et Jacquemine de Beaumanoir,

    Toussaint de Beaumanoir (1554-1590) , Chevalier, vicomte du Besso, Baron du Pont, de Rostrenen. Marié à Anne de Guémadeuc, héritière de la seigneurie à Sévignac, il n'eut qu'une fille , Hélène de Beaumanoir.

     —Hélène de Beaumanoir, Baronne du Pont & de Rostrenen,  vicomtesse du Faou épousa successivement 1° René de Tournemine, Baron de la Hunaudaye puis 2° Charles de Cossé, marquis d'Acigné.

    Il n’hésita pas à prendre pour épouse Hélène, jeune et riche veuve. Mais, à peine marié, il se livra à de folles prodigalités, causant presque leur ruine.  Pour fuir ses violences, Hélène se réfugia dans sa baronnie de Rostrenen, non à Rostrenen même, le château n’ayant pas été relevé de ses ruines, (en effet, suite à la Ligue où Mercoeur le fit assiéger et après 4 sièges soutenus pendant 3 ans, il fut brûlé en 1593 en l’espace de 7 jours entiers), En 1621, le marquis d’Acigné redoubla de mauvais traitements envers elle, la séquestrant dans des places fortes, la forçant à s’engager dans des aliénations et des dettes, faisant abattre les arbres de ses terres, la menaçant même de mort. Elle trouva le moyen de faire porter ses plaintes au roi Louis XIII qui la fit mettre en liberté. En 1628, le marquis était banni du royaume par un arrêt du Parlement de Paris.

    En 1629, Hélène  laisse le soin de ses affaires à :

     Marie-Françoise de Guémadeuc,~1611 + ~1674 (Fille d’Honneur de la Reine Marie de Médicis) 
     sa nièce et héritière (de sable au léopard d'argent accompagné de six coquilles de même). Elle épousa en 1626  François de Vignerot (1609-1646) marquis de Pont-Courlay, général des galères (d'argent, à trois chevrons de gueules). Devenue veuve, elle épousa Charles Grivel de Gamache, comte d'Ourouer, qui porte d'or à la bande échiquetée de sable et d'argent à deux tires.

    Armand-Jean Vignerot du Plessis de Richelieu, 2e duc de Richelieu, né le 3 octobre 1629 au Havre de Grâce et mort le 20 mai 1715 à Paris.  Il est pair de France, prince de Mortagne, marquis du Pontcourlay, comte de Cosnac, de Barbezieux, de Cozes et Saujon, seigneur propriétaire de la juridiction et vicomté du Faou, Irvillac, Logonna et Villeneuve, baron du Pont. Officier de marine, il devint Général des galères Héritier d'un bien considérable, il dépense tout, et se retrouve bientôt criblé de dettes. En 1661, il vend pour 200 000 livres sa charge de général des galères. Il abandonne aussi son titre de gouverneur du Havre. En 1675, durant la révolte des Bonnets rouges, son château de Pont-l'Abbé est pillé, puis incendié . En 1685, il vend sa baronnie du Pont. 

    — Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis , duc de Richelieu (1696-1788)

    —  Les Richelieu cèdent la vicomté en 1736 au duc de Rohan-Chabot

    —  En 1756, aux décès du chevalier Louis Bretagne Charles de Rohan-Chabot, prince de Léon, et de sa sœur Gabrielle-Sophie de Rohan-Chabot, les terres et seigneuries du Faou, de la Villeneuve, de la châtellenie d'Irvillac et Logonna (aux paroisses de Rosnoën, Hanvec, Guimerch, Lopérec) revinrent aux familles de Châtillon, d'Enrichemont, de Broglie et de Poiryanne. Elles étaient louées, avec leurs greffes — de 1750 à 1759 — pour 16.750 livres à M. Le Roy, sieur du Pontois.

     

    Ces propriétés furent vendues le 11 septembre 1762 par les mêmes héritiers, au-dessous de la moitié de leur valeur, pour 83.336 livres à messire Nicolas Magon, seigneur de la Gervaisais et de la Gicquelaye, conseiller au Parlement, lieutenant général des armées du Roi (1671-1765). C'est alors qu'elles portèrent le nom de « marquisat de la Gervaisais et du Faou ».  Archives départementales 

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Magon_de_La_Gervaisais
    Décoré de l'Ordre de Saint-Louis. 

    Sur le crépis qui mure l'ancienne baie nord, on trouve un blason  qui associe sous la couronne de marquis les armoiries à mi-parties des Magon de la Gervaisais D'azur au chevron d'or acc en chef de deux étoiles du même et en pointe d'un lion aussi d'or couronné d'argent et de la Bourdonnaye  de gueules à trois bourdons d'argent posés en pal  (Bourdon = bâton de pèlerin muni de deux pommes -sphères-, l'une au trois quarts, l'autre au sommet). Voir ici la source de ces info et de l'image


    Ce sont donc les armes de Nicolas II Magon de la Gervaisais, fils de Nicolas I de la Gervaisais, (né le 21 août 1721 à Saint-Servan), marié le 28 avril 1762 à Rennes-Saint-Aubin avec Marie-Flore de la Bourdonnaye-Montluc (née vers 1735), conseiller-secrétaire du Roi près le Parlement de Bretagne, qui fut propriétaire depuis 1767 de la vicomté du Boschet en Bourg-des-Comptes.

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    Armoiries de Nicolas Magon de La Gervaisais, et de son épouse, Marie-Flore de La Bourdonnais, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Armoiries de Nicolas Magon de La Gervaisais, et de son épouse, Marie-Flore de La Bourdonnais, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Sculptures extérieures.

    Les  inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).
    Les  inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).
    Les  inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).
    Les  inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).
    Les  inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).
    Les  inscriptions lapidaires de l'église saint-Sauveur du Faou (29).

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    Je conclurai – finis coronat opus !– par la Vierge de Pitié de l'église. Datant du XVIe siècle, classée au titre d'objet le 05/09/1969, PM29000249, elle est remarquable notamment par la présence de trois angelots qui soutiennent, l'un le pied, l'autre la main, et le troisième la tête du Christ.

    Elle mériterait une restauration.


     

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    Vierge de Pitié, XVIe siècle, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Vierge de Pitié, XVIe siècle, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    Vierge de Pitié, XVIe siècle, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

    Vierge de Pitié, XVIe siècle, église Saint-Sauveur, Le Faou. Photographie lavieb-aile.

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    SOURCES ET LIENS.

     

    —  Anonyme, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1979) : Le Faou, église Saint-Sauveur Anonyme 1979 Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (107, p. 324-325)

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1978, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1979) : Le Faou, église Saint-Sauveur, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (106, p. 300-301)

    — CASTEL (Yves-Pascal) et DEUFFIC (Jean-Luc , 1983, La construction du clocher du Faou en quatre campagnes de travaux de 1628 à 1647, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome CXII, pages 117-122.

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1990, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1990) : Le Faou, église Saint-Sauveur Yves-Pascal Castel 1990 Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (119, p. 146)

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1991,.Essai d'épigraphie appliquée. Dates et inscriptions sur les croix et calvaires du Finistère du XVème au XVIIIème siècle Ouvrage: Charpiana : mélanges offerts par ses amis à Jacques Charpy..Fédération des Sociétés Savantes de Bretagne, 1991.

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires  / Kroaziou ha Kalvariou or Bro

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

    — CENTRE GÉNÉALOGISTE DU FINISTÈRE . Les outils du généalogiste. 

    http://www.cgf.asso.fr/users/cgfadmin/lesoutils/

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    — DANGUY DES DESERTS (Mad), 2001, avec la coll. de  Y-P Castel , Le Faou. L'église Saint-Sauveur 1544-1680. Edité par l'Association Ar Faou, Imprimerie Sofag, Le Faou, 32 pages.

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    — Ržiha (Franz ),1889, Studien über Steinmetz-Zeichen (1889, réédition allemande en 1983)  Études sur les marques de tailleurs de pierre (la géométrie secrète, l'histoire, les rites & les symboles des Compagnons tailleurs de pierre du Saint Empire Romain Germanique & de la Grande Loge de Strasbourg).

    Jean-Pierre Laurant, « Franz Ržiha, Études sur les marques de tailleurs de pierre, la géométrie secrète, l'histoire, les rites et les symboles des compagnons tailleurs de pierre du Saint-Empire romain germanique et de la Grande Loge de Strasbourg », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 156 | octobre-décembre 2011, document 156-99, mis en ligne le 17 février 2012, consulté le 24 novembre 2016. URL : http://assr.revues.org/23561  http://compagnonnage.info/blog/blogs/blog1.php/2010/12/03/rziha-etudessurlesmarquesdetailleursdepierre

    — VIOLLET-LE-DUC (Eugène) , "Clocher" in Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle. Edition Bance-Morel de 1854 à 1868.

    https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Clocher

    — Infobretagne :

    http://www.infobretagne.com/faou.htm

    — Topic-topos :

    http://fr.topic-topos.com/eglise-notre-dame-le-faou

    — Médiathèque des Monuments historiques

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LMER,LPAL&VALUE_98=PA00089925

    — Marques de tailleurs de pierre :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marque_de_t%C3%A2cheron

    http://www.compagnonnage.info/compagnons-tailleurs-de-pierre/reseaux.htm

    — Marques en la cathédrale de Strasbourg sous le règne du Maître d'Œuvre Hans Thomann Uhlberger (1565-1608)

    http://judaisme.sdv.fr/synagog/basrhin/a-f/bischhei/miqve.htm

    — Marques de la cathédrale de Strasbourg:

    http://www.strasbourgphoto.com/marque-des-tacherons/

    —http://www.compagnonnage.info/compagnons-tailleurs-de-pierre/traces.htm

    — http://www.editionsgaud.com/download/chantier.pdf

    — Yves Esquieu Andréas Hartmann-Virnich, Anne Baud Frédérique Costantini Rollins Guild Dominique, Pitte Daniel Prigent Isabelle ParronNicolas Reveyron Benjamin Saint-Jean-Vitus Christian Sapin Joëlle Fardieu, "Les signes lapidaires dans la construction médiévale : études de cas et problèmes de méthode" Bulletin Monumental  Année 2007  Volume 165  Numéro 4  pp. 331-358

    http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2007_num_165_4_1489

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    • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
    • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

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