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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 19:54

 

Exposition au Port-Musée de Douarnenez:

"Quilles en l'air, les bateaux retournés".

 

   Que faire par un temps de chien à Douarnenez ? Il y a DEUX solutions.

La première est de mettre la barre "à tribord toute" :

                    DSCN1434c

 

        DSCN1435c

 

La seconde est de mettre le cap sur le Port-Musée de Port-Rhu. Du 6 au 28 avril s'y tient l'exposition Quilles en l'air, les bateaux retournés.


quille-en-l-air 3059c

 

 

   "Prolonger ce compagnonnage né sur l'eau par la construction d'un abri à terre dont la coque qui nous a tant porté devient la voute, c'est bien là plus qu'un épilogue, c'est le deuxième tome d'un roman unissant l'homme à son navire."

    Vivre sous son bateau ramené à terre, retourné et aménagé, ce n'est pas seulement renverser son monde dans un rêve hilarant et poétique, c'est  devenir Noé et Jonas à la fois, escargot et tortue, écouter le bruit de la mer dans un coquillage aux odeurs de coaltar et de vieux chêne, se retrouver Diogène dans son tonneau,  c'est prendre le large dans les pâquerettes, et faire un pied-de-nez moqueur et bohème aux quatre murs qui nous emprisonnent pour, enfin, avoir sa bicoque à soi.

    C'est, croyais-je, un rêve révolu : Yves et Solange Dussin nous montrent, par de multiples photographies et par des croquis, que c'est, aux Shetland, en Europe du Nord, mais aussi en Bretagne, une réalité qui perdure et qui n'attend que quelques largueurs d'amarres pour devenir un futur confortable et idéal.

  Mieux, ils nous révèlent que Victor Hugo dans l'Homme qui rit, Charles Dickens dans David Copperfield, Paul Féval en ont parlé, que des peintres comme Edouard Doigneau les ont observé et peint sur nos côtes normandes, qu'Epstein les a filmé sur l'île de Bannec dans Finis Terrae, ou que Per Jakez Elias ou Jean-Pierre Abraham en décrivent l'usage, par les goémoniers lors de saisons de coupe sur les îles bretonnes.

 

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 Passant à l'acte, ils ont réalisé cette maison-atelier qui n'en finit pas de me faire rêver.

 

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Dickens a imaginé (et peut-être observé) ce toit qui fume sur la plage de Yarmouth :

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  Notre rêve est porté de vitrine en vitrine, jusqu'à cette maquette qui rappelle si bien les cabanes noires de goudron des chantiers navals Stipon au Fret, ou ceux de Camaret. 

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En 1869, Victor Hugo avair décrit dans l'Homme qui rit   un navire renversé mis sur un chariot : c'est la Green-Box  d'Ursus, un dispositif "d'un raffinement ingénieux" qui va permettre à cette roulotte initiatique où grandissent Gwynplaine et Déa de dispenser les représentations de son théâtre ambulant.

 

Une illustration de l'Homme qui rit, de Victor Hugo : 

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 Car  ce qui manque à un bateau, lorsqu'il est "quille en l'air", c'est de pouvoir bouger. Non, car voilà la roulotte des marins-saltimbanques !

  Entrez-vite, la porte est ouverte.

 

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 Il pouvait pleuvoir, ce jour-là, à Douarnenez : on était si bien à l'intérieur, quille en l'air !

 


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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 19:06

     

     La ligne de Plimsoll du "Pourquoi Pas ?".


 

pourquoi-pas-3026c.jpg

 

 

  Tout heureux d'avoir découvert que la marque de franc-bord BV se nommait "ligne de Plimsoll"  Le cimetière de bateaux du Sillon à Camaret (2)., j'ai été photographier celle du Pourquoi Pas ? de l'Ifremer en escale technique à Brest. Doté des explications trouvées sur Wikipédia, je me faisais fort de déchiffrer les hiéroglyphes énigmatiques de cette ligne international de charge.

  Las, las, mignonne, voyez comme la vie est marâtre ! Car au lieu des lettres TF, F, T, S, W, WNA de Tropical Fresh, Fresh, Tropical, Summer, Winter, Winter North Atlantic, je me retouve avec D, E, H, HAN.

 Que faire ? Rechercher sur un moteur de recherche ? C'est alors, parce qu'une chaussure à ligne "bateau" s'est appropriée le nom de Plimsoll, une avalanche de modèles de chaussures qui répond à ma demande. 

  Je consulte  les versions du site Wikipédia dans toutes les langues du monde, sans succès.

C'est, peut-être, une traduction française E comme Été, H comme Hiver, HAN comme Hiver en Atlantique Nord. Mais la lettre D ? 

  J'ai trouvé la réponse sur le site www.marine-marchande.net qui confirme ma déduction et la complète : Les lignes de charge max. pour la navigation dans la zone considérée sont :

TF = Tropical Fresh water load line = ligne de charge tropicale en eau douce (TD)
F = Fresh water load line in summer = ligne de charge d’été en eau douce (D)
T = Tropical load line = ligne de charge tropicale (T)
S = Summer load line = ligne de charge d’été (E)
W = Winter load line = ligne de charge d’hiver (H)
WNA = Winter North Atlantic load line = ligne de charge d’hiver dans l’Atlantique Nord (HAN)

 Le Pourquoi Pas ? ne porte pas les Plimsoll marks des mers tropicales. Pourquoi ? 

  Satisfait d'avoir résolu cette première devinette D E H HAN, dois-je élucider GO125, GO 135, SW 6125 ?

 Je me contenterais d'observer l'échelle de tirant d'eau  (draught marks), en mètres et centimètres, en chiffres arabes puisque nous sommes ici à tribord. Le site mentionné plus haut m'apprend en effet qu'il y a trois échelles de T.E, à l'avant, au milieu et à l'arrière, et que celles de bâbord sont en chiffres romains. 

 

Cela peut vous sauver la vie.

 Cette marque indique si le navire dispose bien de la réserve de flottabilité nécessaire à sa sécurité : la prochaine fois que vous embarquez sur un navire, vérifiez que sa Plimsoll mark n'est pas sous l'eau. Sinon, allez vous plaindre au capitaine ! Tenez néanmoins compte de la salinité de l'eau, de l'éventuel climat tropical, de la saison, et de l'âge du capitaine.

 

 

Samuel Plimsoll (1824-1898).

  D'après Platon, Aristote ou Anacharsis, "Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur le mer" . Samuel Plimsoll est un bienfaiteur de la troisième sorte d'humanité, et nous ne lui rendons pas suffisament hommage. Connaissez-vous une rue Plimsoll ? Une statio de métro Plimsoll ? Un lycée, une école, une crèche, une étable Crimsoll ? Un de nos navires fait-il se refléter sur les mers du globe le nom sur son franc-bord de SAMUEL PLIMSOLL ? Nommez-vous votre chien "Plim" ? 

  Portez-vous en souvenir de l'auteur de Our Seamen l'une des 1500 médailles commémoratives en laiton gravées par A. Chevalier avec au verso un "coffin ship", navire-cercueil dans les huniers duquel paraît une tête de mort, car le capitaine n'a pas pris garde à sa ligne de flottaison ?  

 Ô ingrate engeance, qui a déjà oublié ce qu'indiquait cette médaille : His campaign to improve the seaman's lot resulted in the introduction of the loadline, " sa campagne pour améliorer le sort des marins a permis l'adoption de la marque de franc-bord" !

 

Fichier: Samuel Plimsoll médaille b.jpg

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Samuel_plimsoll_medal_b.jpg

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 18:58

L'Abeille Bourbon, obligée de se faire opérer, rentre en clinique et se fait remplacer par sa collègue.

 

 Tiens, l'Abeille Languedoc à Brest ! Kékèfailà ?

abeille-languedoc 3011

 

Vite, allons au nouvelles (Bretagne.france3.fr

   "Les Brestois pourront dés le 8 avril [2013]découvrir un nouveau remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage, amarré au quai Malbert. L’Abeille Languedoc, navire affrété pour le compte de l’action de l’Etat en mer à la société Les Abeilles, prendra durant cette période les missions remplies par l’Abeille Bourbon.

L’Abeille Languedoc est un remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage affrété par la Marine nationale pour des opérations et des actions de prévention et de
protection du littoral et de l’environnement maritime. Il possède une traction au croc de 160 tonnes lui permettant de remorquer les navires les plus grands, dans les pires conditions météo. Pouvant atteindre une vitesse maximale de 16 noeuds, il est opéré par 12 membres d’équipage. Le navire est à la disposition de la Préfecture Maritime pour un appareillage en moins de 30 minutes, 24h/24 et 365 jours par an. " Par Krystell Veillard.


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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 10:26

            Les pilotes maritimes du port de Brest : éléments historiques.

 

               Merci aux pilotes de la Station de Pilotage de Brest-Concarneau-Odet pour leur accueil.

                Merci à Mr Fr.n Conan pour les renseignements concernant son grand-père Henri Conan.

 

           En 1689, le pilotage est rendu obligatoire pour les vaisseaux français de plus de cent tonneaux et les étrangers entrant et sortant des ports de guerre.

En 1789, puis par un texte du 15 août 1792, l'Assemblée Législative fixe le nombre de pilotes dans chaque port français. Le décret napoléonien de Posen du 12 décembre 1806 (Gallica) reprend ces dispositions.

 " Lorsqu'il y aura plusieurs stations, les pilotes devront porter dans la partie supérieure de leur voile et sur les deux cotés au dessus de la bande du premier ris la lettre initiale du nom de leur station et les numéros qui leur seront indiqués..La même lettre et le même numéro seront inscrit à l'arrière de leur chaloupe."

"Les bateaux des pilotes portent dans leur voile une ancre peinte en noire d'un mètre de hauteur."

 

Au XIXe siècle, le pilotage en Mer d'Iroise et Rade de Brest se répartit entre les stations de pilotage de l'Aberwrac'h, Portsall, Ouessant, Molène, Le Conquet, Camaret, Brest, et Landevennec, occupant en 1830 25 pilotes-lamaneurs. On peut y ajouter la station de pilotage de l'Île de Sein. La profession de pilote se divise, de fait, en pilotes hauturiers pour l'atterrage en Mer d'Iroise, et pilotes côtiers pour l'entrée des ports et de la rade de Brest, voire de la remontée de l'Aulne vers Chateaulin-Pont-de-Buis. Les pilotes sont individuellement propriétaires de leur voilier. 

  Les pilotes du large de Sein, Portsall, Ouessant etc... amenaient les navires jusqu'à l'entrée de Brest et les mouillaient en baie de Roscanvel ou devant Bertheaume, où les pilotes du port les prenaient en charge pour les mener à quai. Après la guerre de 14-18, il y a 2 pilotes à Sein, 3 à Molène, 2 à Ouessant, 1 à l'Aberwrac'h et 2 à Portsall, et 2 au Conquet.

  Au XXe siècle, la profession s'organise en Syndicat, puis Société, puis Station, communauté professionnelle propriétaire des navires et du matériel et dont les parts sont répartis entre les pilotes adhérents. 

 

Création en 1908 du Syndicat des marins-pilotes et marins-aspirant-pilotes de Brest , 2bis Quai de la Santé (actuel quai Malbert)

constitué le 6 novembre 1908, il comprend alors 7 membres. (réforme du 1er avril 1920, 1929, 1931)

Recettes globales brutes : 98 800 Fr  en 1913, 280.240 Fr en 1926.

Nouvelle organisation par décret du 12 mai 1927 de la Société de Pilotage du quartier Maritime de Brest :

Le but de cette réorganisation est de créer une station de pilotage unique regroupant les stations du large (Ouessant, Molène, Le Conquet) et celle de Brest : l'effectif total est de 12 pilotes : 8 anciens pilotes côtiers de Brest et 4 anciens "pilotes du large", anciens pêcheurs : Marcel Masson, ex-pilote de Molène, Jean Bloch, ex-aspirant à Sein, Yves Le Vern ex-aspirant à Portsall, Jean-Marie Le Boïté ex-aspirant au Conquet. la Jeanne  appartenant au pilote Pierre Omnes, la Mathilde, appartenant au pilote Josse., la Louise, appartenant au pilote Paranthoen, L'Émilie appartenant aux pilotes Kerros et Le Put, Jeanne-Gabrielle appartenant au pilote Guezennec.

 D'autres pilotes des stations extérieures sont exclus et reçoivent une pension de 600 Fr : Jean STEPHAN d'Ouessant, Augustin MASSON de Molène, Marcel MILIN de l'Aberwrac'h, François OULHEN de Portsall, Hervé PELLEN de Portsall, Magloire LE BOUSSE du Conquet, GUILCHER et CUILLANDRE de Sein.

  La station acquiert trois pilotines : un grand voilier, l'Emilie et 2 vedettes rapides le Sago et le Pilotin ; le service est décrit ainsi par J.F. Le Boïté :

"–  15 jours à quai : sortir les navires du port de Brest ; assurer le service dans les rivières Élorn et Aulne ;

–  8 jours en mer avec le voilier-pilote pour faire la navette, entre Saint-Mathieu et Camaret. Travail pénible, difficile. En cas de gros temps, il fallait se réfugier, soit dans l'anse de Bertheaume, soit dans le port de Camaret. La tâche consistait alors à faire rentrer les navires à Brest, jusqu'à leur amarrage à quai ;

 –  8 jours en permission."

En 1936, suppression des aspirants-pilotes (qui pouvaient le demeurer durant de longues années): les nouveaux pilotes ont désormais le statut de pilotes stagiaires durant un an.

   Comme on l'a vu, le service se décomposait alors en service de port et service de mer sur l'Iroise , où les pilotes embarquaient pour une semaine en mer, ont une semaine de repos, et une semaine de port. L'introduction de vedettes rapides capables d'atteindre la bouée d'entrée dans le Goulet "Charles Martel" au sud de Bertheaume en une demi-heure a permis de supprimer ces embarquements en mer de longue durée.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les services du pilotage furent transférés au bout d'un quai dans des locaux de fortune pour céder la place aux Allemands, puis la station perdit ses locaux, son matériel et ses archives lors des bombardements américains accompagnant le siège de Brest du 7 août au 23 septembre 1944. L'inscription maritime hébergea les pilotes quelque temps, puis ceux-ci partagèrent les baraques des Ponts et Chaussées.

En 1984, où la station disposait de 9 pilotes, le service se faisait à quatre pilotes avec alternance d'une semaine de travail et une semaine de repos.

 

En 1990 est créée la Station de Pilotage de Brest-Concarneau-Odet

par fusion de la station de Brest, et de celle de Concerneau-Odet. Sa particularité est d'ajouter au pilotage de la rade de Brest et de son Goulet, à la charge de 5 pilotes, le pilotage à Concarneau, sur l'Odet, à Douarnenez, et des remplacements à Roscoff et des accords de coopération avec le port de Lorient (source : Le Marin n°3090).

Présidents : Guy Korfer ; Jean-Jacques Le Borgne ; Alain Briand (en exercice).

 

Derniers chiffres de sorties annuelles :

  •  2000 :2264 rien qu' à Brest
  • 2002-2003 : 1670 sorties
  • 2004-2005 : 1850
  • 2007 : 1800 mouvements

 

 

I. LES HOMMES. 

 

  • En 1548, Guillaume Brouscon cartographe et pilote du Conquet fait paraître un Manuel de pilotage à l'usage des pilotes bretons.
  • En 1830, il y a 25 pilotes-lamaneurs pour le quartier maritime de Brest : 3 à l'Aberwrac'h, 1 à Portsall, 4 à Ouessant, 2 à Molène, 3 au Conquet, 2 à Camaret, 2 à Brest, et 6 aspirants-pilotes répartis sur ces ports.
  • 1847 : le nombre de pilotes-lamaneurs à Brest passe à 3, et 1 aspirant.
  • 1859 : création d'une station de pilotage à Landevennec pour l'entrée et la sortie de la rivière de l'Aulne et de Pont-de-Buis.

 

 

 

 

 

Liste des pilotes de Brest.

 

  • 1840 : Yves LE PLOMB (1783-1876)
  • 1849 : LE BORGNE
  • ? Louis QUILY (23-08-1816 Brest)
  • 1850 : PICARD, nommé aspirant-pilote le 12-02-1850 et pilote le 16-09-52.
  • 1857 : Claude-Marie KERJEAN
  • 1860 : Jean SERGENT, aspirant pilote en 1860, pilote en 1862.
  • 1861 : Jean-Pierre KERJEAN
  • 1862 : Jean SALAUN
  • 1862 : Jean DESSAUX
  • 1866 : Pierre LE ROUX
  • 1870 : Ange-Marie LE BLAY
  • 1871 : Jean THOMAS
  • 1877 : CABON et CARIOU (Aspirants)
  • 1881 : NICOLAS (Aspirant)
  • 1888 : LE MAO
  • avant 1913 : Jean COQUET, en retraite en 1911 ; Pierre CARIOU ( de 1884 à 1914), Le MAO (1888-1919) (il existe deux pilotes du même nom, Victor et Noël LE MAO).
  • 1913 : 3 pilotes titulaires : François PITON, LE MAO, Pierre CARIOU. 3 aspirants-pilotes adjoints : Pierre OMNES, Étienne KERROS, Théodore NICOLAS; 2 aspirant-pilotes : Yves PARANTHOEN et Henri CONAN.
  • 1920 : Pierre OMNES, Etienne KERROS, François CASTEL,Théodore NICOLASZ, Yves-Marie PARANTHOEN.
  • 1921 : idem et Alexandre JOSSE, Alexis LE PUT et Henri CONAN.
  • 1923 : 6 pilotes : KERROS Etienne, Pierre OMNES, Henri CONAN, Alexis LE PUT, Yves PARANTHOEN, Alexandre JOSSE. (4 pilotes en retraite : CARIOU, COQUET, PITON, NICOLAS)
  • 1926 : 4 pilotes titulaires, 2 aspirants-pilotes adjoints, 1 aspirant-pilote
  • 1927 : 8 pilotes Etienne KERROS, Pierre OMNES,Yves PARANTHOEN, Henri CONAN, Alexis LE PUT,Alexandre JOSSE, Jean-Marie GUEZENNEC, Marcel MASSON de Molène . 3 aspirants pilotes (ex-pilotes côtiers) Jean BLOCH de l'île de Sein, Yves LE VERN de Portsall, Jean-François LE BOÏTÉ du Conquet . Henri CONAN est nommé pilote-Major par décision ministérielle du 10 février, en remplacement du pilote-Major en retraite CARIOU sorti du corps le 5 juin 1927.
  • 1928 : Départ d'Etienne KERROS et de Pierre OMNES remplacés par nomination de Jean-Marie LE BOÏTÉ et Louis KERISIT. 
  • 1929 :10 pilotes et un aspirant-pilote matelots, BALLOCH, GILET, KERSPERN, BALCON, LELOUET, MARTIN, MAFSON, WERGOZ, JEANNOU.  Départ de PARANTHOEN et LE PUT remplacés par Jean PROVOST et François ELIES.. Le 1 février, H. Conan écrit sur son journal, « Je vais jusqu'à  la Direction du port et vois longuement J.L. LE GALL actuellement officier de pilotage de la Direction ». Le 13 février « passé à  la Marine l'administrateur me remet diverses notes et brevets de pilotes, il ne reste plus qu'un seul aspirant, Kergrist !». Henri CONAN, maintenu Pilote-Major au congrés des pilotes du 19 février.
  • 1931. 11 pilotes, 1 aspirant-pilote, président J.M. LE BOÏTÉ. 
  • 1931 (6 mars) : entrée de Jean STEPHANY (Aspirant ?)
  • 1934. Nomination de LE PRAT et de Pierre TILLY  comme aspirants. Décès le 14 ou 15 août de Jean Marie Guézennec.
  • 1935. Courant juillet départ de Provost et Kérisit, les deux aspirants Le Prat et Tilly deviennent pilotes ipsofacto. Septembre, limite d'âge au concours de pilote portée à 35 ans. Henri Conan, essais du paquebot Normandie avec le Cdt Pugnet, sortie du port de St-Nazaire le 5 mai à 17h30, essais de grande et longue vitesse le 8, Normandie mouille en rade de Brest le 8 à 17h30. Fin des essais le 11 mai, 1ère arrivée triomphale de Normandie au Havre à 19h. Nouveaux essais du paquebot Normandie avec Henri Conan du 14 au 18 novembre, cette fois ci avec le Cdt Thoreux, Normandie mouille en rade de Brest le 17. Deux nouveaux aspirants reçus au concours du 14 novembre, André Milliner et Georges Le Bourdiec.

  • 1937: nomination de Joseph QUERE, PETTON, François LE GUILLOU, François LOAEC.
  • 1938 Pierre TILLY décède d'un infarctus et est remplacé par JACQ; Nomination également de Georges LE BOURDIEC.
  • 1939 : 12 pilotes : Henri CONAN, Jean BLOCH, François ELIES, Jean STEPHANY, Henry LE PRAT, André MILLINER, Georges LE BOURDIEC, François LOAEC, François GUILLOU, Joseph QUERÉ, François JACQ et Émile PETTON. A la déclaration de guerre, les quatre officiers de reserve Milliner, Le Prat, Le Bourdiec et Guillou, sont mobilisés : Guillou est affecté sur un dragueur de mines, Le Prat sur le "Léopard" et participe à l'évacuation de Dunkerque, Le Bourdiec est affecté à une batterie de D.C.A puis remis en affectation spéciale au pilotage. André Milliner est officier sur le Vauquois qui saute sur une mine au large du Conquet en juin 1940, et fait partie des 140 victimes parmi les 145 membres d'équipage.
  • 1937 : nomination de Joseph QUERE, PETTON, François LE GUILLOU, François LOAEC.
  • 1938 Pierre TILLY décède d'un infarctus et est remplacé par JACQ; Nomination également de Georges LE BOURDIEC.
  •  1939 : 12 pilotes : Henri CONAN, Jean BLOCH, François ELIES, Jean STEPHANY, Henry LE PRAT, André MILLINER, Georges LE BOURDIEC, François LOAEC, François GUILLOU, Joseph QUERÉ, François JACQ et Émile PETTON. A la déclaration de guerre, les quatre officiers de réserve Milliner, Le Prat, Le Bourdiec et Guillou, sont mobilisés : Guillou est affecté sur un dragueur de mines, Le Prat sur le "Léopard" et participe à l'évacuation de Dunkerque, Le Bourdiec est affecté à une batterie de D.C.A puis remis en affectation spéciale au pilotage. André Milliner est officier sur le Vauquois qui saute sur une mine au large du Conquet en juin 1940, et fait partie des 140 victimes parmi les 145 membres d'équipage.
  • 1939-1945 : pendant la guerre et jusqu'en 1948, les membres de la station de pilotage sont rémunérés (environ 2000 Fr/mois) par la Marine Nationale.
  • 1950 : ELIES, STEPHANY, LE PRAT, LE BOURDIEC, LOAEC, GUILLOU, QUERE, JACQ PETTON.
  • 1958 : arrivée de Jacques VALSEMEY.
  • 1960.  Robert IGOUT, Marcel QUIDEAU, Paul LE MEUR, André LE MASSON, Charles KERMAREC, 
  • Après 1960 : Jean HUMBERT, Jean LE MEUR....
  • 1976 : arrivée de Jean-François MASSON
  • 1978 : entrée de Jean-Paul DERAM
  • 1982 : entrée d'André LE BOUSSE.
  • 1984 : André LE MASSON (Président) Jacques VALSEMEY, Robert IGOUT, Paul LE MEUR, Charles KERMAREC, Jean HUMBERT, Jean-François MASSON, Jean-Paul DERAM, André LE BOUSSE.
  • en 2008 : Alain BRIAND, Jean-Jacques LE BORGNE (Président), Jean-Marc NEDELLEC, Tanguy DE KERROS, Guy KORFER. Suppléant Yves LANIER.
  • 2011 : idem
  • 2012 : idem, suppléant Bruno GALLOT-LEGRAND.
  • 2013 :  Alain BRIAND (Président), Jean-Jacques LE BORGNE, Bruno GALLOT-LEGRAND, Denis POULET.

 

Carte-postale F-T (ancre de marine) 171. Brest " Au Port de Commerce. Barques au repos",

©coll. privée H. Conan : le pilote brestois a porté la mention manuscrite (1) indiquant sa pilotine, La "Louise" dont une voile est en train de sécher tandis qu'un homme (Henri Conan ?) ferle la Grand-Voile.

 

 1- Bateaux-Pilotes,-la-Louise-Coll.Gd-p coorigtée netteté

Cette carte peut se comparer avec celle-ci http://www.cparama.com/forum/brest-ports-et-bateaux-t10249.html

 

Carte-postale Villard Quimper 3824. Brest. "Port de Commerce. Le Quai de la Douane".

©Coll. privée H. Conan. 

Six pilotines, dont à l'arrière-plan B.2 et B.6, et peut-être B.1 au premier-plan à coté d'une pilotine à l'avant masqué par un prélart. 

(Détail : réclame murale pour "A. Mehouas, représentant Amer-Picon. Banyuls Trilles Demandez un Trilles. Cognac Boulestin"

2- Bateaux-Pilotes corr netteté

 

Carte réalisée par un ami-peintre  du pilote Henri Conan et retraçant sa carrière : au premier-plan, la "Louise" B.1 ; on remarque le pavillon "pilote" en tête de flèche, identique à celui porté par "La Parquette" (infra). Au second-plan, le phare de Creac'h sur Ouessant et le "Normandie".

©Coll. privée H. Conan

 

3- Carte-réalisée-par-un-de ses amis peintre (1)

 

 

      Ebauches de biographies

— Henri Conan  (Plounez 14 juillet 1879-1946), - originaire de Paimpol où il a débuté comme mousse sur la goélette islandaise  "Ludovic" ; lieutenant à bord des trois-mâts nantais "Cambronne" et "Buffon" entre 1904 et 1907 ; navigue en cabotage comme second sur les vapeurs brestois  "Léon", "l'Armorique" et "Madeleine", puis comme capitaine en second et capitaine sur le vapeur Confiance jusqu'en 1912. Aspirant-pilote n°21 sur le sloop "La Louise" du 20 janvier 1913 au 10 février 1927 ; nommé à cette date pilote en remplacement du pilote Major en retraite Cariou. Sortie du corps le 5 juin 1927. Chevalier du Mérite Maritime le 9 août 1930. Officier du Mérite Maritime le 27 mars 1939.

 

—Pierre Tilly, 1904-9 avril 1938, originaire de Lézardrieux. A navigué comme lieutenant sur les navires de la Compagnie Schiaffino spécialisée dans le transport du vin entre Rouen et l'Afrique du Nord, puis a été  pilote à Brest de 1933 ou 1934 jusqu'à son décès par crise cardiaque le 9 avril 1938.

 

II. LES NAVIRES. 

 

1. Liste provisoire des pilotines de Brest :

 

  • 1862 : l'Amande, propriétaire Jean DESSAUX
  • 1863 :Marie-Joseph, propriétaire : Bernard LESCOP
  • 1863 : Mère-de-Famille, propriétaire Bernard LESCOP
  • 1876 : Le Rodeur, propriétaire Pierre LE ROUX
  • 1876 Marie-Anne, propriétaire Pierre LE ROUX
  •  
  • En 1911, une carte-postale du Port de commerce de Brest montre 5 bateaux-pilotes numérotés à l'étrave B1 à B5 ; mais en 1920, la Mathilde porte le n° B6.
  • Jeanne-Gabrielle, 1927, voilier appartenant au pilote Guezennec.
  • Jeanne, 1927, voilier appartenant au pilote Omnes.
  • Mathilde, 1927, voilier appartenant au pilote Josse.
  • Louise, 1927, voilier appartenant aux pilotes Paranthoen et Conan.
  • L'Émilie 1927, voilier appartenant aux pilotes Kerros et Le Put.
  • Moucheron, vedette, 1928, appartenant à Omnes.
  • Butterfly, 1928, appartenant à Kerros.
  • Le Sago 1927, vedette 
  • La Marie-Madeleine, voilier motorisé ex-Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, 1928
  • Le Pilotin 1928-1940 voilier motorisé .

  • Nouveau bateau en novembre 1929 Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, voilier motorisé.

  • La Parquette (1) 1933-1964 voilier motorisé.
  • L'Iroise (1), 1933 ? vedette construite en 1939 par Stipon au Fret ; devient la Cormorandière en 1955 ; vendue en 1965.
  • Pilote Milliner (1) septembre 1947, vedette (information non attestée par d'autres sources)
  • André Milliner, juin 1948, vedette
  • L'Iroise (2) 1955-vente 1967 au GMAP.
  • Pilote Milliner (2) , 1959-1975, vedette
  • La Parquette (2) (ex-chalutier Capitaine-Queignec 1950) 1964-1979 puis vendue ? au Groupe de Plongée.
  • La Vandrée (1)  (ex-La Houle 1957) 1971-
  • Hermine 1973, "vedette rapide" construction chantier Sibiril à Carantec.
  • Le Lys, vedette (date ? après 1984 ?), du nom de la "Basse du Lys" au sud de la Parquette.
  • La Valbelle 1980- 2007, vedette. Rachetée par un particulier de Hambourg pour usage personnel. Photographie ici.
  • Storne, basé à Concarneau
  • Amaryllis, pour Concarneau : pilotine d'occasion achetée aux pilotes de Bayonne et remise en état au chantier du Guip.
  • La Vandrée (2), vedette.
  • La Luronne en 2010, vedette.
  • La Méloine, pilotine d'occasion achetée aux pilotes de Gironde et affectée à la station de Roscoff, dont les pilotes de Brest sont gestionnaires, prenant la relève de Pierre le Noan, pilote de Bloscon et Baie de Morlaix de 1967 à 2011. Longueur 11,54m, propulsée par hydrojets. Carène rouge, plateforme surélevée sur la plage avant.

 

2. Caractéristiques des pilotines.

 

Les chaloupes des années 1910-1927 :

On les découvre sur une carte-postale conservée aux Archives municipales de Brest sous la cote 3Fi088-005  intitulée La Bretagne -Finistère- Les bateaux-pilotes et la Douane :http://archives.mairie-brest.fr/4DCGI/Web_DFPict/034/3Fi088-005/ILUMP32192 

Ce sont cinq (ou plutôt six si on regarde avec attention) chaloupes d'une huitaine de mètres, assez creuses, non pontées, gréées en sloup aurique avec un bout-dehors de 1,5/2 mètres, de hauteur de franc-bord différent selon les bateaux, et qui ont leur mouillage d'attente devant la Douane. Deux pilotines font sécher leurs voiles, mais on ne voit pas d'ancre noire sur la partie visible de la grand-voile. Les coques portent, à l'étrave, la lettre blanche B, une ancre blanche, et, pour deux d'entre elles, un numéro, le 5 et le 4. Une bande blanche souligne le profil de coque.

La Marie-Madeleine

 Il s'agit du Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, un bateau-pilote que Jean-François Le Boïté avait fait construire en 1927 pour son travail de pilotage côtier (au large) au Conquet; il le décrit comme "ponté, motorisé". Amené à devenir pilote de la station de Brest, il revendit son voilier à un cultivateur en septembre 1927.

 Jean-François Le Boïté explique :

"À la fin de 1928, la station de Pilotage de Brest envisageait d'étendre son champ d'accueil en mer pour les navires venant du Nord, donc à l'entrée des chenaux du Four et du Fromveur. Pour cela il fallait mettre sur pied une deuxième équipe à la mer dans les parages de Portsall et, de ce fait, acquérir un second voilier-pilote de haute mer.

J’avais émis des réserves sur ce projet [...] mais décision fut prise de tenter l'expérience de cette deuxième navette d'accueil.

 Le Notre Dame de Bonne Nouvelle, mis aux enchères, fut ainsi acheté, le 24 mars 1929, par la Société de pilotage qui le baptisa Marie Madeleine.

Dès son réaménagement, l'année même, je retrouvais avec plaisir mon ancien voilier.

La navette d'accueil du Nord, dans les parages de Portsall, était mise en service avec à bord, deux pilotes et des matelots. Mais, comme je l'avais prévu, cette expérience ne dura pas longtemps et fut vite supprimée."

 

Le PILOTIN

Construit en 1927 à Lorient et mis en service en 1928 à la station de Brest, ce voilier motorisé est semble-t-il utilisé comme pilote hauturier (pour des "croisières" d'une semaine). Maurice Amiet en donne les caractéristiques et les plans de forme, basées sur ses déductions mais non sur des relevés ou sur une connaissance directe du navire : "Enfin, connaissant les caractéristiques générales du bateau et sachant qu'il avait été construit à Lorient, je me suis permis d'en faire une reconstitution approchée, inspirée des "dandys" de Groix, mais traitée en mixte, c'est-à-dire avec une largeur et un tirant d'eau au dessous de la normale pour ce type de bateau" :

Longueur totale 17,94 m, longueur à la flottaison 14,82, tirant d'eau 2,32 m, déplacement 41,25 tx, surface de voilure 170 m².

Le navire a coulé après avoir été abordé par un chalutier réquisitionné, le Kérolay en février 1940.

 

La PARQUETTE (1).

Voilier motorisé. Construction en 1933 au chantier Keraudren de Camaret. L. 15,75 m, JB 37,25 tx. Moteur Baudouin DB 6 75/90 cv remplacé en 1959 par un DK6 de 120 cv.

  Maurice Amiet en donne des plans de forme et des plans d'aménagement intérieur ; il a pu se baser sur une demi-coque de chantier de la Parquette, conservée par le gendre du constructeur François Keraudren. Il en donne les caractéristiques suivantes : gréement de dundee ; longueur totale 17,98 m ; longueur à la flottaison 14,85 m ; largeur max. hors bordé 5,44 m; tirant d'eau : 2,77 m ; déplacement : 57,70 tx ; surface de voilure 134,70 m². Premier moteur semi-diesel de 50-60 cv, deuxième moteur de 75-90 cv, troisième et dernier moteur de 120 cv.

 Naufrage au Minou en 1964.

 

La Parquette, sous voile : photographie des archives de la Station de Pilotage de Brest

Je note :

  • le gréement de dundee avec deux focs, une grand-voile aurique, une voile de tapecul triangulaire : les bateaux-pilotes sont d'anciens bateaux de pêche.
  • la barre franche
  • l'étrave presque verticale ; le tableau arrière.
  • le canot en remorque
  • L'ancre de la fonction de pilote, à l'étrave et sur la grand-voile avec l'inscription BREST.
  • Le pavillon  en tête de mât ; un pavillon identique est visible sur le mâtereau d'une vedette de pilotage d'Alger dans le livre Les pilotes maritimes français, p.56. Ce pavillon ne figure pas parmi les pavillons d'armateur de la LLoyd et je ne le trouve pas sur houseflag.free. C'est le pavillon qu'arborait aussi la "Louise" peinte pour Henri Conan. Il peut être comparé au pavillon W-Whiskey du Code des signaux, carré concentrique Bleu-Blanc-Rouge au centre, et dont la signification est "J'ai besoin d'assistance médicale". 

                       600px-ICS_Whiskey.svg_.png

Mais Hervé Conan a remarqué sur le logo du Pilotage Maritime de Dunkerque un pavillon de couleur inverse, carré concentrique rouge-Blanc-bleu au centre. 

                              Logo-Pilotage-Maritime-de-Dunkerque

Or, on lit dans le Règlement Général du Pilotage :

DÉCRET DU 14 DÉCEMBRE 1929 portant règlement général de pilotage

(Modifié les 8 août 1931, 18 mars 1933, 24 février 1954, 29 février 1960, 14 septembre 1978, 14 mars 1986 et 7 avril 1995)

ARTICLE 4

L'appel du pilote est fait au moyen des signaux suivants :

De jour : pavillon carré à couleurs concentriques, bleu au centre, blanc et rouge et signaux d'appel du Code international ;

De nuit : les feux prévus à l'article 1er alinéa II, du décret du 30 juin 1874 (décret du 8 août 1931).

A défaut, le navire peut arborer son pavillon national, en tête du mât de misaine.

En outre, les bateaux pourront montrer les signaux d'appel de chaque station.

Certes, ce pavillon est, dans ce règlement, un signal d'appel aux pilotes, et non une identification de bateau pilote. (En 1829, la corvette de pilotage en station devant Dunkerque devait hisser en tête de mat de hûne un drapeau rouge lorsqu'un bateau de présentait. ).

Ce pavillon rouge-blanc-bleu au centre concentrique est décrit dans l' ouvrage Voiliers Pilotes Bancs Flandre de Jacques Leblanc/Freddy Philips page 128 comme un pavillon "pilote" que les Pilotes de Dunkerque portait pendant la Seconde Guerre.

Il resterait à s'assurer que ce pavillon n'était pas propre à Dunkerque, mais commun à tous les pilotes portuaires. Les deux documents présentés ici semblent, malgré l'absence de couleurs, aller dans ce sens.

 

 

bateau-pilote-brest 3222c

 

 

L' IROISE (1) 

Construction en 1939 au chantier Stipon du Fret. L. 8m, JB. 7 tx.

Moteur Baudouin 18/20cv remplacé par un DB 2 en 1959.

Prendra le nom de Cormorandière en 1955.

 

 

L'IROISE (2)

Construction chantier Glehen d'Audierne en 1955 ; longueur 17,20 m, jauge brute 34,08, deux moteurs diesel DK6 de 120 cv. Revendue au Groupe Manche Atlantique de Plongée selon les indications de ce club avec des photos du BR 267471.

Photographie de la Station de Pilotage de Brest, et datant de 1956.

DSCN1664c

 

 

 

ANDRÉ-MILLINER :

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, un pilote du port de Brest, André Milliner, mobilisé et embarqué comme officier (Enseigne de vaisseau de 1ère classe) sur l'aviso Vauquois, se noie lors du naufrage de son navire (son corps n'a pas été retrouvé). En effet, le Vauquois, avec un équipage de 103 hommes, a sauté sur une mine en mer d'Iroise le 18 juin 1940, très près de la Grande Vinotière.

Son nom a été donné à une vedette de pilotage «Pilote-Milliner » en septembre 1947, puis à une seconde vedette « André-Milliner » en juin 1948, puis à nouveau à une vedette « Pilote-Milliner » en 1959 

Source: site archeosousmarine.net.

 

PILOTE MILLINER (2) : 1959-1975.

Construction au chantier Roux de Brest. Longueur 11,92 m ; jauge brute 16,75 tx ; moteur DK4.

En 1975, la pilotine est coulée à la suite d'un abordage.

 

 

La PARQUETTE (2)

Ex-Chalutier Capitaine-Quéignec" construit au chantier Kraft en 1950 : longueur 15,10 m, jauge brute 36,67 tx. Achetée en 1964 pour la station de pilotage, elle est/aurait été  revendue en 1979 au Groupe de Plongée de Brest (GMAP) : information de Jacky Messian, sans confirmation.

  En 1962, le bateau-pilote La Parquette participe au sauvetage lors du naufrage du Xénophon sur Basse Large.

 

 

La VALBELLE

Coque construite en 1980 aux chantiers anglais Halmatic de Portschester de 15,50 m (polyester moulé ?), aménagée par Sibiril à Carnatec ; largeur 4m, TE 1m,  2 moteurs Caterpilar = 1020. N° 7202 sur le roof.

* Halmatic a construit les coques des pilotines Emeraude de Saint-Malo en 1999

 

HALMATIC/SIBIRIL HALMATIC/SIBIRIL Bateaux à moteur

 

La VANDRÉE

        Ce bateau mesure 14 m de long et 4 m de large et jauge 16 t. Indicatif radio FN 2820. (Source www.bateaux-fecamp.fr).

      Vitesse enregistrée (Max / Moyenne): 22.4 / 14.1 nœuds  Indicatif Radio: FN9820 IMO: 0, MMSI: 227005550

bateau-pilote-brest 3195c

 

bateau-pilote-brest 3224c

 

La LURONNE

 

Cette vedette a été construite aux chantiers Portchester Shipyard de Porsmouth, elle mesure 15,10 m de long, 4,00m de large et dispose de deux moteurs  de 343 kW.

 La coque et les superstructures ont été réalisées par les chantiers anglais Portchester Shipyards de Portsmouth. La coque est du type VT Halmatic, Nelson 50 pieds réalisée en composite. Après une traversée en ferry jusqu'à Roscoff puis une fin de voyage en camion, la pilotine, longue de 15,10 m et large de 4 m, a terminé son premier voyage en camion jusqu'au chantier Sibiril de Carantec. C'est là que se sont déroulés les travaux d'aménagement, comprenant la cabine de pilotage ainsi que le compartiment machine. La vedette est dotée de deux moteurs Caterpillar, type C 12 d'une puissance unitaire de 460 chevaux qui lui procurent une vitesse maximale de 23 nœuds, soit un peu plus de 42 km/heure. 

 

La vedette, équipée en troisième catégorie, peut recevoir deux membres d'équipage et huit passagers. La cabine de pilotage est dotée de tous les derniers perfectionnements, que ce soit en équipement radio, l'AIS ainsi qu'un écran radar, lecteur de cartes.

 

 

bateau-pilote-brest 7295c

 

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      Maquette de la Luronne au 1/20ème.

 

DSCN1678c

 

 

Le LYS

bateau-pilote de Brest : je n'ai pas pu retrouver la trace de cette pilotine dont la station de pilotage conserve la maquette de la coque.

 

bateau-pilote-brest 3220c

 

 

Autres documents à identifier (archives Pilotes de Brest):

 

 DSCN1661c

 

DSCN1663c

 

DSCN1668c

 

     

 

 

MES SOURCES :

 

 Éléments d'histoire du pilotage à Brest.    

  Il n'existe pas de monographie sur la station de pilotage de Brest . Les éléments dont je dispose d'abord pauvres et disparates, se sont enrichis progressivement : 

1) Ma première source repose sur l' Autobiographie de Jean-François Le Boïté. Voir aussi le site sur les pilotes du Conquet de J.P. Clochon.

 

2) Je me suis rendu à la station de pilotage, où j'ai reçu le meilleur accueil du président Alain Briand, de Jean-Jacques Le Borgne et de leurs confrères, que je remercie : ils m'ont signalé l'existence de deux autres  bateau-pilotes, l'Iroise et le Lys. Une coque modèle-réduit du Lys est conservé, ainsi qu'une belle photographie de l'Iroise. Surtout, ils m'ont montré une très précieuse photographie de la Parquette, sous voile, avec son équipage de cinq personnes. J'ai pu photographier aussi d'autres documents, dont ma reproduction est médiocre, et une belle maquette de la Luronne.

 

 

3.A la Bibliothèque d'Étude de Brest, je trouve deux sources pleines d'intérêt :

a) Pilotes Maritimes, histoire de trente-trois stations de pilotage de France et d'Outre-Mer par des pilotes d'aujourd'hui, Jacky Messian (pilote de Dunkerque), Dunkerque, 1984, 593 p., ill.

 Le chapitre consacré à Brest occupe les pages 264-285. Il comporte deux cartes, mais aucune illustration de pilotines. On y trouve :

 

  • Une présentation de l'histoire de la station

  • un "Bref aperçu historique de la rade de Brest" (pp. 274-278)

  • Une "Liste des pilotes" de Brest, Molène, Conquet,, Portsall, Ouessant, Aberwrac'h.

  • "Souvenirs brestois" par François Jacq.

  •  

b) Les bateaux-pilotes des côtes de France aux derniers jours de la voile, Maurice Amiet, Ed. Glénat, Grenoble 1991, 297 p. : ill. ; 31 cm 10 f. dépl. de pl. ; 62 x 44 cm.

 Cet auteur donne trois études de bateau, avec plans et mensurations, celles d'un pilote ancien coquillier, du Pilotin et de la Parquette (pp 148-149). Il mentionne aussi  Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, bateau pilote du Conquet et bateau de pêche appartenant à Jean-François Le Boïté, mis à l'eau en 1927 et revendu la même année.

 

5. Pilotes ou lamaneurs ?

Les services du lamanage consistent en l’amarrage, le désamarrage et le déhalage des navires de commerce en escale dans les ports pour leurs opérations commerciales.

Étymologiquement le concept lamaneur provient du vieux français "laman ". Ce terme est tiré du néerlandais " loostman " qui désigne l'homme de la sonde, celui qui connaît les fonds et leurs traîtrises.

Jean-Marie PARDESSUS définit le lamanage, dans sa collection de lois maritimes antérieures au XVIIème siècle,  comme « le travail et les fonctions des pilotes établis sur les côtes et dans les ports pour guider les navires dans les passes dangereuses, et notamment, à l'entrée et à la sortie des ports, rades et rivières », alors qu'il  définit le pilote comme "homme de l'équipage d'un navire chargé de sa direction", mais qu'il renvoie, pour la définition du pilote côtier, à celle de lamaneur.
 Le terme de "pilote" et "aide-pilote" s'appliquait donc, au XVIII et XIXe siècle, à celui qui, embarqué à bord des vaisseaux, était chargé du "pilotage", c'est-à-dire de la navigation. Dans la Marine, le poste suit les progressions hiérarchiques de "pilotin, aide-pilote, second puis maître-pilote".
Dans les ordonnances de Colbert de 1681, le lamanage « est le travail des mariniers qui conduisent le navire à l'entrée d'un port ou d'une rivière; il est ainsi appelé pilotage ». 

 A travers ces définitions apparaît aisément la confusion qui existait entre le lamanage et le pilotage qui sont cependant des services distincts. L'on parlait même de pilote lamaneur. A partir des années 1950 pilotage et lamanage se sont séparés pour créer des entreprises indépendantes et structurées plus spécifiquement leurs activités. (Source : lamanage-brestroscoff.com)

  C'est ainsi, par le mot-clef "pilote-lamaneur" plus sélectif sur un moteur de recherche que celui de "pilote" que je découvre des informations sur le pilotage en mer d'Iroise pour le quartier de Brest en 1830.

 

 

 

 

Sources :

      Jacky Messian, Pilotes Maritimes, 1984, chez l'auteur 1, rue du Fort-de-Vaux, Dunkerque : pages 267-285.

Maurice Amiet, Les bateaux-pilotes des côtes de France aux derniers jours de la voile, Ed. Glénat, Grenoble 1991, pp. 141-151.

Marie-Françoise Pochulu, Les pilotes maritimes français, cent ans de métier 1905-2005, Ed. des falaises

 

 

Liens :

Arrêté préfectoral du 24 janvier 2013 portant réglement local de la station de pilotage de Brest-Concarneau-Odet.

Muriel Thoin, 2009, Société d'Histoire Maritime : Histoire de la législation relative au pilotage. http://www.sfhm.asso.fr/documents/legispilot.pdf

 

Pilotes de Brest au mouillage. Le Port de Commerce et le Quai de la Douane à Brest, Villard Quimper  5069, mention manuscrite 3 août 1908. Coll. privée H. Conan

Pilotes de Brest au mouillage. Le Port de Commerce et le Quai de la Douane à Brest, Villard Quimper 5069, mention manuscrite 3 août 1908. Coll. privée H. Conan

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Published by jean-yves cordier - dans Brest Port Pilotes
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 09:10

 

        La Vandrée et la Luronne,

   

            bateaux pilotes du Port de Brest.

 

 

 

  Les deux pilotines de la station de pilotage du Port de Brest sont amarrées quai Malbert. 

DSCN1084c

 

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                               bateau-pilote-brest 3327cc

 

 

I. La Vandrée (pont vert).

  La Vandrée doit son nom à celui d'une roche au large de la pointe du Toulinguet, et de la bouée Ouest qui la pare. C'est sur cette roche que fit naufrage le Forest Castle en 1909. L'origine du toponyme n'est pas connu.

 Une autre pilotine de Brest se nommait la Valbelle, qui doit aussi son nom à une roche et une balise en mer d'Iroise (et, indirectement, au Chevalier de Valbelle, qui commanda jadis une escadre sous Louis XIV). Elle était en service en 2006. Une autre pilotine s'était nommée La Parquette, mais c'était un voilier, en 1933.

 

  Ce bateau mesure 14 m de long et 4 m de large et jauge 16 t. Indicatif radio FN 2820. (Source www.bateaux-fecamp.fr).

      Vitesse enregistrée (Max / Moyenne): 22.4 / 14.1 nœuds  Indicatif Radio: FN9820 IMO: 0, MMSI: 227005550

II. La Luronne (pont bleu).

Cette vedette a été construite aux chantiers Portchester Shipyard de Porsmouth, elle mesure 15,10 m de long, 4,00m de large et dispose de deux moteurs Caterpillar de 343 kW.

 

La coque et les superstructures ont été réalisées par les chantiers anglais Portchester Shipyards de Portsmouth. La coque est du type VT Halmatic, Nelson 48.50, réalisée en composite. Après une traversée en ferry jusqu'à Roscoff puis une fin de voyage en camion, la pilotine, longue de 15,10 m et large de 4 m, a terminé son premier voyage en camion jusqu'à Carantec. C'est là que se sont déroulés les travaux d'aménagement, comprenant la cabine de pilotage ainsi que le compartiment machine. La vedette est dotée de deux moteurs Caterpillar, type C 12 d'une puissance unitaire de 460 chevaux qui lui procurent une vitesse maximale de 23 nœuds, soit un peu plus de 42 km/heure. 
La vedette, équipée en troisième catégorie, peut recevoir deux membres d'équipage et huit passagers. La cabine de pilotage est dotée de tous les derniers perfectionnements, que ce soit en équipement radio, l'AIS ainsi qu'un écran radar, lecteur de cartes.

 

 

 bateau-pilote-brest 7287c

 

 

 

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Autre image : Marinetraffic.com.

Très belle image par "Gedour ar Minou" ;

idem du même auteur

La Luronne devant le phare du Minou

 

La station de pilotage de Brest.

Elle se trouve 3, rue Aldéric Lecomte, derrière le bâtiment des Phares et Balises et des Affaires Maritimes, et se nomme Station de Pilotage Brest-Concarneau-Odet. Sa création a fait l'objet de publication officielle en septembre 1990 par fusion des deux stations de Brest, et de Concarneau-Odet Son réglement local a été fixé par l'arreté préfectoral du 24 décembre 2008 puis par celui du  24 janvier 2013.


bateau-pilote-brest 3229c


 

 "Cheveux blancs, nez rouge"

Le corps des pilotes portuaires, chargés d'assister le capitaine lors de l'arrivée d'un navire dans un port, rassemble 350 pilotes en France, rattachés à un port pour la durée de leur carrière. Il y a 5 pilotes à Brest. Comme toutes les stations de pilotage, celle de Brest est organisée en syndicat professionnel, collectivité des cinq pilotes sous la tutelle des Affaires Maritimes. Ce syndicat est propriétaire des deux navires (le coût d'une pilotine était en 2008 de 850 000 Euros) et emploie neuf salariés. Les navires de plus de 50 mètres sont astreints à l'obligation de prendre un pilote, sauf à détenir une licence. La station réalise 1800 mouvements par an, son président est Alain Briand.

 Depuis 2011, la station possède une troisième pilotine, la Méloine (on note que c'est une constante de donner au bateau le nom d'un danger rocheux de la côte) qui est détachée au port de Roscoff.

  Pour devenir pilote portuaire, il faut être capitaine de première ou seconde classe, avoir suffisamment navigué durant une dizaine d'année, être âgé de moins de 35 ans et, surtout, passer un concours où les places sont rares et disputées.

 

Lorsque le nouveau pilote prend son service, il doit effectuer une formation pratique de plusieurs mois en accompagnant d'autres pilotes à bord de tout type de navire , de jour comme de nuit dans sa zone de compétence. Cette formation représente environ 500 opérations de pilotage. Après ce temps de formation, le nouveau pilote commence progressivement à piloter des navires de taille de plus en plus grande. Il faut environ cinq ans pour former un pilote capable de piloter tout type de navire.  

  Les navires ne se signalent plus, comme du temps de la marine à voile,  par l'ancre noire que ceux-ci affichaient sur sa voile, et à l'échelle gréée dans leurs haubans, mais ils portent encore une ancre blanche peinte à l'étrave. Désormais, c'est surtout la VHF qui fonctionne, et l'inscription PILOTE sur le rouf. De nuit, selon le règlement International, "le bateau pilote en service de pilotage doit montrer en supplément des autres feux prescrits pour un navire de sa longueur, deux feux superposés visibles sur tout l'horizon, le feu supérieur étant blanc et le feu inférieur rouge." D'où le moyen mnémotechnique "cheveux blanc, nez rouge", qui qualifie la pilotine, plutôt que le pilote.

  Quand au navire qui a besoin d'un pilote, il peut afficher le pavillon G (Golf) rayé verticalement blanc et bleu ... seulement si sa radio est en panne. Par contre, il est dans l'obligation de hisser le pavillon H (Hotel) une fois le pilote embarqué : "J'ai un pilote à bord". 

 

 

 

 

 Le logo de la station de pilotage : le pavillon blanc et rouge  H "J'ai un pilote à bord" y répond au drapeau breton.

DSCN1924c.jpg

 

Liens  et sources

 

 

 

       

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 08:11

L'Attentif, le St-Denis et le Piriac,

   et l'Iroise, remorqueurs ("tugboats")

       portuaires du Port de Brest.

 

  

 

  Ne connaissant rien au remorquage portuaire, c'est après avoir cherché en vain des images et des informations sur le remorqueur du port Militaire le" Hêtre", encore en  service dans les années 1980, que je porte mon attention vers ces navires de service portuaire et leur sombre et robuste silhouette. 

  Je dois donc m'initier au B.A.BA. On classe les remorqueurs en Remorqueurs de Haute Mer et de Sauvetage (à Brest, c'est l'Abeille Bourbon), Remorqueurs côtiers et Remorqueurs portuaires.

  Le Port de Brest est l'un des anciens "ports d'intérêt national" ; il est, depuis 2007, un "port de commerce transféré aux collectivités" dépendant de la Région. La C.C.I. sous-traite le remorquage à une société privée (alors que d'autres ports, Saint-Malo ou Lorient, assurent cette activité en régie directe). En 2010, ( rapport cgedd), le Port déclarait 1500 mouvements de navire annuel, 300 mouvements de remorquage, 500 remorques, 2 coques dont l'une de la CCI. A titre de comparaison, le nombre de remorques est de 80 à Dieppe, 250 à Caen, 186 à Cherbourg, 223 à Saint-Malo, 490 à Lorient, 190 à Bayonne, 800 à Sète et 50 à Toulon.

 Le remorquage portuaire

    Le rôle d’un remorqueur portuaire consiste à assister les navires lors de leur entrée, déhalage ou sortie du port lors des manœuvres d’accostage ou d’appareillage . L’utilisation de remorqueurs n’est ni obligatoire, ni automatique. Le besoin ou non d’un remorqueur est déterminé par les caractéristiques du bateau, sa taille, son type de propulsion, les conditions météorologiques, la réglementation et la configuration du port. Un remorqueur peut être requis pour l’assistance en mer à des navires en difficulté ou des missions dans le cadre de la protection de l’environnement.

Les propulseurs :

   Les remorqueurs portuaires peuvent être équipés d'hélices nommées "propulseurs" qui sont soit des propulseurs Voith-Schneider (PIRIAC et ATTENTIF) soit des propulseurs azimutaux (SAINT-DENIS).

  • Les propulseurs cycloïdaux  Voith-Schneider VSP (Voith Schneider Propeller) (images Voith Technology) ont été conçus par l'ingénieur autrichien Ernst Schneider en 1926 puis  développés  par Voith, au début des années 1950. Ils sont formés de 4 à 6 pales verticales orientables en rotation sous la coque. Permettant de développer très rapidement une poussée dans une direction quelconque, ils assurent une excellente maniabilité. 

      Velox

 

  • les propulseurs azimutaux aussi connu sous le nom de Z-drive (« transmission en Z », en anglais), sont un type de transmission permettant à l'hélice (le propulseur) placée sous la coque du navire, de pivoter sur 360° pour permettre des changements rapides de direction

 

 


Les remorqueurs de Brest.

 

À Brest, le remorquage portuaire est assuré par trois unités du groupe BOLUDA FRANCE , le "VB PIRIAC" (32t), le "VB SAINT-DENIS" (30t) et  l' "ATTENTIF".

 Chaque équipage est composé d'un capitaine, d'un "bosco" ou maître d'équipage, et de deux "mécanos", chef mécanicien et  ouvrier mécanicien chargés de l'entretien de la machine et du fonctionnement du treuil.

 

 

Les remorqueurs peuvent travailler seuls, ou en équipe, en coordination avec le pilote du port qui prend en charge le navire à l'entrée de la rade, chacun étant en communication permanente sur le canal 12 de la VHF.

  Les différentes techniques de remorquage seraient passionnantes à découvrir,  le remorqueur pouvant être placé "en flèche avant" ou en "flèche arrière",   en "pousseur", bâbord ou tribord,  en stand-by prêt à intervenir, etc... 

  Une manœuvre d'un gros navire peut nécessiter l'intervention synchronisée de deux pilotes, quatre remorqueurs et des canots lamaneurs... Comme le raconte Erwan Guéguéniat dans le récit d'un remorquage à Brest en 2008 sur le VB PIRIAC (alors "abeille Piriac), des remorqueurs peuvent être sollicités en provenance de ports parfois assez éloignés.


L'armateur propriétaire.

C'est le groupe Boluda France. 

  Le remorquage portuaire  a été entre les mains d'un certain nombre de sociétés d'armement comme la Société Dunkerquoise de Remorquage et de Sauvetage (1899-1956) qui sous divers noms  (SRSN, SRN) fut absorbée par la Progémar puis le Groupe Bourbon, ou comme,  au Havre, la Compagnie de remorquage Les Abeilles. En 2007, le groupe Bourbon, tout en conservant le remorquage en Haute Mer, s'est détachée de son activité de remorquage portuaire en revendant le groupe Les Abeilles à Boluda.

  Le Groupe Boluda est ainsi devenu le n°2 mondial en remorquage après Smit Harbour Towage, possédant 200 remorqueurs (en 2010). Le Groupe Boluda France est présent dans les ports de Dunkerque, Le Havre, Brest, Nantes-Saint-Nazaire, Marseille-Fos, La Réunion et Mayotte, avec 75 remorqueurs et 500 officiers et marins.

A Brest, le capitaine d'armement de Boluda Brest est Jérémie Château  qui a débuté sa formation au remorquage sur le Cognac (ex-Allègre) à La Rochelle, sister-ship de l'Attentif. 

  Ailleurs en France, les autres entreprises sont la Compagnie Maritime Chambon (qui a racheté des filiales des Abeilles à Bourbon) avec 11 remorqueurs et 70 marins, à Calais, Boulogne, Cherbourg, Sète et Bayonne,  le groupe Thomas avec 11 remorqueurs et 80 marins à Rouen, Bordeaux et Dieppe, et enfin la SNRH avec 5 remorqueurs.


Les unités brestoises. 

SAINT-DENIS et PIRIAC :

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1. Le VB PIRIAC

   Construit en 1972 aux Chantiers de la Garonne à Bordeaux, il mesure 33 m de long et 9,32m de large  et jauge 300 tx. Propulsé par deux moteurs 4T-8cyl. AGO-SACM G8LS de 770 kw, il atteint une vitesse de 13,5 nds et développe une traction au point fixe de 32 tonnes. Port d'enregistrement Saint-Nazaire.

 Il dispose d'un  double propulseur Voith Schneider, et un treuil de remorque sur pont arrière enroulant 250 m de câble de 42 mm. Il a été  en service d'abord au Havre puis à Saint Nazaire sous les noms d' Abeille N° 8 ( 1972-1992) , Abeille Piriac (1992-2009).

 IMO 7217901 - Indicatif d'appel FSGN - MMSI 228025000  - PL 133 t- Générat. 2 x 56 kW .

                          remorqueurs-brest 7302c-copie-2

 

 2. Le VB SAINT-DENIS.

  Construit en 1986 par les chantiers Bréhéret à Nantes  il mesure 28,85m de long, 9m de large et 3,03m de tirant d'eau et jauge 221 tx . Propulsé par deux moteurs de 900 kw 4T-6 cylindres en ligne MWM, il atteint une vitesse de 10,5 nd et développe une traction au point fixe de 30,5 tonnes. Port d'enregistrement Saint-Nazaire. Il était affecté au port de Nantes-Saint-Nazaire jusqu'en 2006 ou plus.

En observant sur la photographie la poupe, on parvient à distinguer à droite des lettres blanches SAINT-DENIS la mention en releif mais masquée par la peinture noire LA REUNION, expliquant ainsi le choix onomastique d'une part, et attestant d'une première affectation au port de Saint-Denis de La Réunion en 1986 jusqu'en 1999. 

Il est équipé de deux propulseurs azimutaux orientables, et, en équipement de remorquage, d'un treuil de mer (et non d'un treuil de port) avec croc (open sea winch), d'une lance à incendie, de deux "moniteurs" de 150m³/h, d'une pompe de 300m³/h (source 2006 )

Capacité de Gas Oil 140 m³, eau 23 m³.

MO 8617342 - Indicatif d'appel FHFO - JN 78 - PL 74 t  -Générat. 2 x 60 kW - 

  Équipage de 4 personnes.  (en 2012 : Capitaine Félix Tos, officier de marine marchande de 30 ans,  Bosco : Philippe Garrec , mécanicien Bruno Trébaol.).

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Sur la cheminée du Saint-Denis se remarque, sous la marque d'armateur B de Boluda, celle de S.?.R peut-être la SSR, Société de Sauvetage et de Remorquage les Abeilles, dénomination commerciale en vigueur en 1986, ou plus probablement SRSR, la Société de Remorquage et de Sauvetage La Réunion, ou Les Abeilles-Réunion. Au changement de propriétaire, les cheminées ont été peintes en rouge.

                                   remorqueurs-brest 3079c

 

 

 


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3. L'ATTENTIF. 

Construit en 1974 par le chantier At. & Ch. Ziegler Frères de Dunkerque pour la S.D.R.S,  il mesure 31,40m de long, 8,80 m de large, 3,95 m de creux, avec  3,65 m de tirant d'eau et jauge 238 tx. propulsé par deux moteurs Crépelle 4T-8 cyl. 8SN1 de 950 kW pour une puissance totale de  1914 kW, il atteint une vitesse de 11,8 nds et développe une traction au point fixe de 30 t. Capacités des soutes 87 m³. Port d'enregistrement Dunkerque.

 Il dispose de deux propulseurs Voith-Schneider, et  de deux canons à eau de mer ou mousse avec deux pompes incendie de 400 m³/h à 14 bars.

 

IMO 7347689 Indicatif d'appel FO3336  Générateurs Diesel 2 x (60 kVA - 48 kW)

  Il a été affecté à Brest depuis août 2012 en remplacement du VB Iroise. Il était en service auparavant à La Rochelle depuis décembre 2007, et à Dunkerque de 1974 à 2007 (ou 2001).

  Son sister-ship est le Cognac en service à La Rochelle, ex-Allègre de Dunkerque.

 

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                            remorqueurs-brest-7301c.jpg

 

La poupe de l'ATTENTIF, où on distingue l'inscription de l'ancien quartier, DUNKERQUE :

 

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Détail du treuil et du croc :

 

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4. L' IROISE.

 Remplacé en 2012 par l' Attentif, il a été sorti de la flotte après 43 ans de service et aurait été mis en vente par Boluda.

Construit en 1969 par la Socarenam à Calais, il mesure 23,19 m de long, 7,52 m de large et 3,40 m de tirant d'eau et jauge 135 tx. Propulsé par un moteur 4T-6cyl.  Atlas-MaK 6M451AK de 1030 kw, son hélice à  pas fixe lui procure une vitesse de 12 nd. et une traction au point fixe 22 t- Générat. 2 x 48 kW - 

IMO 7015987 - Indicatif d'appel FWIC - MMSI 227004620 -

 Il a navigué sous le nom d' INGENIEUR MAXIME HESSE (1969-1994) puis d' ABEILLE IROISE (1994-2009).


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De la poupe à la proue :

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On remarque l'ancien nom ABEILLE IROISE en dessous de VB IROISE.

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La ligne de Plimsoll est une nouvelle énigme : BV correspond bien-sûr à Bureau Veritas, mais les lettres HE et D ?

Jusqu'à plus ample informé, je les interprêterais ainsi : HE comme Hiver-Été et D comme (eau) Douce, marque qui est toujours plus haute que la marque pour l'eau de mer.

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                  l-iroise 3128c

 

 

 l-iroise 3119c

 

 

Liens:


Différents types de remorqueurs : s3.e-monsite.com

 

Hélices à pales verticales Propulseur Voith Schneider :http://fr.wikipedia.org/wiki/Propulseur_Voith_Schneider

Image Wikipédia de l' Attentif à La Rochelle 2007 http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Abeille_Attentif_La_Rochelle.jpg

http://brest.blogs.liberation.fr/ été 2012

 

Les remorqueurs français :http://frenchtugs.free.fr/index.htm

 http://frenchtugs.free.fr/cies/portuaires/sdrs.htm société dunkerquoise de remorquage et de sauvetage

Les remorqueurs en 1939 http://atf40.forumculture.net/t4211-les-remorqueurs-en-1939

 

Éléments historiques.

1. Société anonyme  Les Vapeurs Brestois

  • L'Iroise du Commandant Malbert. Construit à Odessa en 1911 comme brise-glace soviétique Affecté à l'Union Française et Maritime à Saint-Nazaire en 1924, puis à Brest en décembre 1924. Longueur 57m. Puissance 1550 cv. Vendu à Alger en 1935, détruit en 1951.
  • Le Roscanvel ; construit par G&H Bodewes en 1930 jauge brute 150 tx, 1 moteur de 500cv Coulé en 1944, renfloué en 1946, il fut affecté à La Pallice puis en Italie sous le nom de Vigoroso.
  • Le Camaret remorqueur à vapeur construit en Angleterre en 1924, acquis en 1932 par les Vapeurs Brestois. Motorisé par un diesel 400 cv en 1953. Démolition 1965.

2. L'Union des Remorqueurs de l'Océan  par rachat des Vapeurs Brestois reprend position à Brest en 1958 ; rachetée en 1987 avec les Abeilles par Elysée Investissement et fondue sous le nom les Abeilles, rachetée en 2008 par Boluda.

  • Le Pontaillac, affecté à Brest en 1958, venu de Bordeaux. Construit en 1955 aux Chantiers navals de La Pallice. Longueur 27,54 m, moteur diesel K.H. Deutz 1000 bhp.
  • Le Roscanvel, construction en 1980 aux AFO du Grand Quevilly, 3500cv, 48 t. de traction ; en service à Brest de 1980 à 1984 puis affecté à Saint-Nazaire.
  • Le Kerhuon, coque achetée en Hollande et terminée à Brest, 3000 cv. En service à Brest de 1980 à 1984 puis affectée à Bordeaux.
  • Le Bayard,  1900 cv
  • le Pouliquen 850 cv 
  • le Bréhat
  • le Saint-Gilles
  • le Jacques Cartier

3. Groupe Les Abeilles 1987-2008.

4. Groupe Boluda en 2008

  • VB Iroise
  • VB Piriac
  • VB Saint-Denis
  • Attentif

et Groupe Abeille International


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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 21:23
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 20:29

            À propos de crapaudine :

      l'étambot du Notre-Dame de Rumengol.

 

 Ce 11 avril 2013, je trouvais la gabare BR 6556 Notre-Dame de Rumengol mise au sec, calée sur son ber devant le chantier du Guip quai Commandant Malbert à Brest. On sait que cet ancien voilier de travail de 22 mètres de long construit au chantier Keraudren de Camaret appartient à l'association An Test qui l'a restauré et le fait naviguer.

 Comme au bon vieux temps où les bateaux étaient construit sur la grève ou le quai, à l'extérieur, les travaux se faisaient, juste devant l'emplacement à quai de la Recouvrance, devant les badauds qui, comme moi, profitaient de ce bon moment ; car rien n'est plus reposant et instructif que de regarder travailler autrui, et la quiète contemplation d'un travailleur manuel est un spectacle trop rare pour être négligé. Lorsqu'en outre, on a affaire aux charpentiers du Guip, c'est du nanan.

  Le nez en l'air, j'inspectais la carène, en cours de nettoyage, et qui, à mon avis, allait bénéficier d'une peinture des œuvres mortes et d'une application d'antifouling.

  Comme je venais, tout récemment, de découvrir le terme de "crapaudine", "pièce du talon de la quille destinée à recevoir l'extrémité du safran",  Le cimetière de bateaux du Sillon à Camaret (2)., mon intérêt s'accrut lorsque le découvris que les réparations portaient sur l'étambot, qui avait été changé : on avait démonté le safran de gouvernail, la ligne d'arbre et l'hélice ainsi qu'une partie de la bande molle, et on mettait en forme le massif de bois  à coup d'herminette, de rabots et de ponçeuse à disque. Sept à huit bordés avaient été déposés afin de les reprendre.

  J'étais le vrai badaud, et, face à ces professionnels baignés de culture et de technique maritime, je m'entretenais in petto de considérations de marin d'eau douce que, Dieu merci, ils n'entendais pas : "vois-tu — me disais-je en me tutoyant familièrement — un étambot est destiné à porter le gouvernail ; à cette fin, il est taillé en chanfrein, pour autoriser les changements d'orientation du-dit gouvernail. Eh-bien, mon vieux, ces charpentiers sont précisément en train de réaliser ces chanfreins !". Sans m'offusquer du "mon vieux" de mon alter ego, (nous sommes à peu près du même âgeje fis remarquer à mon tour à mon interlocuteur en coulisse combien "la quête de cet étambot était peu prononcée", et nous trouvâmes chacun d'autres âneries du même tabac qui nous firent passer le temps. 

  Tout allait rondement, et après ce grand carénage, ils pourraient remettre à l'eau à la fin du mois, et être à temps devant Port-Navalo pour la Fête du Golfe du Morbihan à l'Ascension.

 


      ND-de-Rumengol 2988c

 

 

 

ND-de-Rumengol 3008c

 

 

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                        DSCN1081c

 

 

  Source secrète :

Bonnefoux et Paris, Le dictionnaire de la Marine à voile, 1847, article étambot : Stern-post. Pièce de construction de même largeur que la quille, qui s'élève, selon le plan diamétral du navire, sur l'extrémité arrière de celle-ci en faisant avec elle un angle rectiligne quelquefois droit, mais plus souvent obtus, qu'on appelle Quête. L'Étambot est destiné à recevoir le gouvernail ; à cet effet, il est taillé en chanfrein à l'extérieur et de chaque coté. On voit P IV F.26 une section horizontale de l'Étambot et du gouvernail, montrant les chanfreins qui permettent les changements d'angle du gouvernail quand il y a lieu à le faire mouvoir" etc...

 

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 17:52

 

  La figure de proue de la Recouvrance

 

                et ses  sortilèges

 

 

   Depuis les fêtes maritimes de Brest 92, chacun connaît l'aviso-goélette La Recouvrance, ce porte-drapeau de la ville de Brest. Et chacun alors est tombé amoureux de sa figure de proue, la sirène aux longs cheveux d'or à qui il ne manque qu'un prénom pour devenir la Marianne du port du Finistère. 

  Elles est l'œuvre de l'artiste-peintre et sculpteur Eric Pelleau, et a été dorée par André Miossec, maître-doreur  et surtout modéliste d'arsenal auteur du tableau arrière de la Recouvrance.

 

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  Si l'on ne peut nier qu'elle soit extrêmement attachante, il est certain aussi qu'elle est extrêmement et vigoureusement attachée :

 


recouvrance 7271c

 

  La Recouvrance porte fiérement les lettres BR de son port d'attache, mais sa figure de proue, toute ligotée, surliée au bitord, cernée de cartahus et de caliornes, bridée serrée sous le beaupré, rêve, non plus de nœuds, mais de naviguer sous l'immatriculation de Saint-Malo : S.M. 

 

 

Post-scriptum :

Voilà le type d'article à éviter désormais : depuis, Price-Minister fait alterner sur les sites culturels que je consulte une proposition d'achat pour le "Dictionnaire de la Marine à Voile de Paris et Bonnefoux"  avec celle de "Madame la Bondage", "Bateaux Pilotes des Côtes de France" avec "Pornomicon", etc...

Je n'ose plus aller consulter le Dictionnaire de la Marine à voile et à vapeur de Bonnefoux, Arthus Bertrand 1856 (2ème éd. 1859), ouvrage qui fait pourtant autorité, de peur d'être repéré et classé par les gars qui ciblent les publicités.

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 13:58

Le cimetière de bateaux de Landévennec.

 

 

  On dit que l'Aulne paresseuse et gracieuse ne traça ici  son méandre le plus sinueux que pour offrir aux moines de Landévennec, qui maniaient jadis la plume d'oie dans leur scriptorium, une divine inspiration dans le tracé des boucles de leurs calligraphies. Ce S à l'encre outremer est parfait, et Nature a pris soin d'y inclure le rond vert de l'île de Térénez (Tre an Enez, "près de l'île " ?).

  La manière la plus habituelle et la moins exigeante pour découvrir le Cimetière de bateaux que les marins de Brest ont établis là depuis 1850 pour leurs "navires de réserve" est de profiter du belvédère situé près du lieu-dit Bellevue, en direction de l'Abbaye : on y jouit d'un "coup d'œil" royal sur les navires. Mais — pourquoi faire simple — je commençais ma visite en traversant l'isthme de la presqu'île de Térénez (ce fut pour moi l'occasion d'y rencontrer un des propriétaires et d'évoquer le temps où, sur l'île qui n'était pas encore planté de pin, une ferme exploitait les terrains) pour découvrir l'esprit facétieux des occupants des lieux.

1. Le Cimetière vu de Térénez.


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La Frégate TOURVILLE D 610.

déclassée sous le n° Q 872, cette frégate de lutte anti-sous-marine est l'une des trois de la série F 67 (avec le De Grasse et le Duguay-Trouin). Longue de 152,75 m, large de 15,80 m, elle disposait d'une puissance de 58000 cv pour une vitesse de 32 nœuds.

  Elle est à Landévennec depuis le 12/12/2012.

  Si vous me suivez de la proue vers la poupe, je vous présenterais successivement, tout à l'arrière la plage pour les sonars remorqués ; puis la zone d'envol des hélicoptères Lynx WG13 Mk4 : le hangar pour deux hélicoptères, coiffé d'une superstructure pour le système anti-aérien Crotale. Sur le coté prenait place la vedette LCPS.

  Au milieu, la tourelle portait un détecteur de radar (tout en haut) et deux radars, le radar de veille surface-air et le radar de veille-air. 

En revenant sur le pont nous trouvons la rampe de missile/torpille Malafon, les missiles anti-navires Exocet, puis en hauteur au dessus de la superstructure d'avant, le radar de navigation et celui de conduite de tir.

Avant d'accéder à la plage de manœuvre avant, nous avons encore les deux canons de 100mm modèle 1968, nommés Soleil-Royal et Barfleur.

  Ceux qui n'ont pas suivi ou qui sont tombés à l'eau peuvent aller voir le site netmarine consacré au Tourville, avec de superbes schémas.

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2. Le Cimetière vu du belvédère.

  La vue "à couper le souffle" vous fait regretter d'avoir pataugé dans la vase molle en contrebas. Seul le Tourville, à droite, est difficilement visible (et souvent à contre-jour). Mais devant vous, trois groupes de navires se détachent clairement : le plus au centre de la rivière se trouvent le le croiseur lance-missiles COLBERT entouré à gauche de l'escorteur d'escadre LA GALISSONIERE,et à droite de l'escorteur d'escadre DUPERRE. Près de la rive nous trouvons au premier plan de gauche à droite  l'ex-aviso-escorteur Enseigne de vaisseau HENRY, puis l'ex-aviso DETROYAT et deux ex-transrades : en effet, huit transrades ont été désarmés : DRYADE  KORRIGAN  ALPHEE   ELFE  FAUNE  NEREIDE  SYLPHE ONDINE.  Au second plan, toujours de gauche à droite : les ex-patrouilleurs LA FOUGUEUSE, puis LA BOUDEUSE puis un troisième. 


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Le croiseur COLBERT avec à son tribord l'escorteur d'escadre DUPERRÉ et à bâbord la GALISSONIERE D638 : 

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Le croiseur COLBERT C611 : Croiseur lance-missile anti-aérien construit à Brest en 1955, qui sera le navire-amiral de l'escadre de Méditerranée et  qui participa à la Guerre du Golfe en 1991 avant d'être désarmé ; exposé à Bordeaux comme Navire-musée de 1993 à 2007, il est à Landévennec depuis mai 2007.

Longueur 180,47 m. ht. Puissance 86 000 cv.

De 1976 à 1991, armé de deux canons de 100 mm, il avait un équipage de 562 hommes.

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 l'ex-aviso-escorteur Enseigne de vaisseau HENRY, puis l'ex-aviso DETROYAT et deux ex-transrades

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Trois patrouilleurs de type P400 : ex-patrouilleurs LA FOUGUEUSE Q 847 depuis 2009, puis LA BOUDEUSE Q 863 depuis juin 2011  et l'AUDACIEUSE Q862 désarmé le 30 mai 2011:

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Complément en  2014.

Le 25 septembre 2013, tirée par trois remorqueurs dans un épais brouillard, la frégate "DE GRASSE", dernier bâtiment à propulsion vapeur de la Marine a rejoint son sister-ship "TOURVILLE" à Landévennec, et les deux navires sont désormais embossés un peu en aval de l'emplacement initial, ce qui les rend nettement plus visibles du haut du belvédère. On l'avait d'abord privé de sa batterie Crotale, de ses deux tourelles de 100mm et de son radar de veille.

On voit combien les deux navires se ressemblent, ce qui les rend indiscernables à un néophyte. Les mêmes explications données plus haut à propos du "TOURVILLE" pourront être appliquées au "DE GRASSE", et on consultera le site netmarine ; on actualisera les données par l'article de Ouest France relatant sa dernière sortie le 7 mai 2013 sous le commandement de son 22e pacha, le Capitaine de Vaisseau Pascal Le Claire.

Quand à la troisième frégate F67, le "DUGUAY-TROUIN", elle n'est pas très loin, puisqu'elle sert de brise-lame à Lanveoc-Poulmic, dans la Rade de Brest. 

 

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Ainsi, comme le remarque Mer et Marine,  Landévennec offre une très belle tranche d’histoire en réunissant une bonne partie des types de bâtiments d’escorte construits après la seconde guerre mondiale et dans les années 70 :


  • La frégate Tourville (2012) Frégate anti-sous-marines Type F67 Tourville

  • La frégate De Grasse (2013) Frégate anti-sous-marines Type F67 Tourville

  • le croiseur Colbert (2007)

  • l'escorteur d’escadre Duperré (2006) Escorteur d'escadre anti-aérien Classe T 53

  • l'escorteur d'escadre La Galissonnière, (2006) Escorteur d'escadre anti-sous-marin Classe T 56

  • l’aviso escorteur Enseigne de Vaisseau Henry (2006) Frégate Type Commandant Rivière

  • l’aviso Détroyat (2006) Type A 69 Estienne d'Orves

 

 


Liens : 

Netmarine : http://search.freefind.com/find.html?id=3175103&pid=r&mode=ALL&query=landevennec&SUBMIT=Recherche

http://www.cargos-paquebots.net/Revue%20de%20presse/46_RP-Marine_marchande.htm

Un beau site avec des cartes et ces cartes-postales anciennes : antreizh.fr

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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

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