Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 20:08

     L'église de Férel et ses curiosités : Rosace,

    vitraux patriotiques, bannières, et découpage en frairies.

 

  Comme nous sommes aveugles ! Une vie ne suffira pas à dévoiler le regard, à en élargir le champ, à le détourner de ses focalisations. Pire, le temps qui passe, tout en l'éveillant par une patiente éducation au "savoir voir", l'obscurcit en même temps d'une cataracte alimentée par l'habitude, la pernicieuse habitude.

  Je me suis rendu le 12 mai à Férel pour admirer le vitrail de l'arbre de Jessé Le vitrail de l'arbre de Jessé à Férel (56). , mais l'église était comble. Pavoisée de toutes ses bannières, elle accueillait une foule trop endimanchée, des jeunes mères de famille soucieuses de leur robe à fleur, de lointains cousins mal emmanchés dans des vestes lilas, de fiers maris portant le fils paré d'un costume de petit monsieur, d'adolescents gênés de se sentir manches en chaussures simili-cuir, de jeunes grands-pères rétifs à leur col trop serré, de grands-mères attendries mais corrigeant nerveusement un faux-pli de corsage, et, au fond, à gauche, trop vite aperçus lorsque j'entrebâillais la porte, le groupe des premiers communiantes en aube blanches, effarouchées de se voir métamorphosées en anges, qui se serraient les uns contre les autres, se poussaient du coude et, pour ne pas ronger leurs ongles, torturaient la cordelière de coton dont elles étaient ceintes.

  Bien-sûr, Le Sujet photographique était là, document anthropologique rare, enclave d'un siècle passé enfermé dans ce sanctuaire comme une blanche colombe parvenue là miraculeusement, avec sa charge d'intense nostalgie, l'émotion palpitante des regards, et, bientôt, la ferveur des cantiques. 

  Mais, comme un étranger à l'entrée d'une noce, n'étant pas invité à cette fête, j'en attendis la fin sur la place voisine. Lorsque les cloches m'annoncèrent la sortie et, comme de joyeuses fillettes, vinrent me prendre par la main pour me faire entrer, à contre-courant du fleuve des fidèles qui sortaient, une fois encore, je n'eus d'attention qu'aux bancs posés en rangées d'obstacle dans ma progression vers le vitrail convoité, qui se trouvait caché au fond du bras droit du transept. Des familles étaient restées, entourant leur communiante, la faisant poser devant l'autel, un cierge tenu des deux mains, entre parrain et marraine, immortalisant la jeune et fragile nymphe si ressemblante aux Vierges et Martyres qu'un artiste saint-sulpicien avait représenté, la palme à la main, sur les vitraux de la nef. Sans-doute papi et mamie n'avaient plus à offrir, en 2013, dans leur poche, la montre de première communion dans un étui couvert de feutre, ou la première Bible dans laquelle se glisseraient de pieuses images, mais, pourtant, aucun metteur en scène n'aurait pu réussir une meilleure reconstitution d'une Première Communion de l'Après-Guerre.

  Indifférent, aveugle, le nez en l'air, je photographiais les rois de Juda accroupis sur leur arbre, puis je me dirigeais vers la sortie, tout en jetant un regard méprisant sur cette église néo-romane et ses vitraux qui ne se donnaient pas la peine de dater de la Renaissance. Aucun intérêt.

   Quoique....

I. La Rosace patriotique de Férel.

  Dans le bras gauche du transept, à l'opposé de l'arbre de Jessé se trouvais cette rosace datant de la construction de la nouvelle église en 1890, mais ornée d'un vitrail datant de 1948 et consacré aux Prisonniers de Guerre. Une notice nous explique que :

   " Sur l'initiative de Mr Coué, vicaire, les anciens prisonniers de guerre 39/45, pour remercier N.D. de Bon-Garant de les avoir protégés et gardés décidèrent de prendre à leur charge la rosace du transept nord. Mais en voyant le montant de la facture de l'artiste verrier Mr Uzureau de Nantes, ils sont contraints pour mettre leur projet à exécution de faire appel à la générosité de toutes les familles (330.000 à 340.000 Frs). La paroisse elle-même qui vient de vider sa caisse à payer les vitraux leur offre 50.000 Frs .

   " La pose de la rosace a commencé au début avril 1948 et s'est achevée à la fin du mois. L'ensemble est d'un bel effet, chacun des neuf panneaux qui entrent dans la constitution de la rosace reproduit une scène. Au centre, N.D. de BON-Garant revêtue de son beau manteau de velours bleu. Dans les huit pétales on trouve :

  • Prisonniers et Déportés de guerre au pied de Sainte-Anne d'Auray.
  • Les mêmes en pèlerinage d'Action de Grâces  à Lourdes.
  • Les Prisonniers de guerre s'en allant au travail accompagné d'un gardien en arme.
  • Notre-Dame de la Mercie, patronne des Prisonniers, qui enveloppe de son simple manteau les prisonniers telle une poule ses poussins.
  • Messe au camp.
  • Notre-Dame de Bon-Garant s'en allant vers sa chapelle au Tertre sur un blanc mouton (ainsi le dit la légende).
  • Un cimetière de Stalag avec les humbles croix de bois, souvenir de ceux restés en terre étrangère.
  • Notre-Dame de Boulogne que viennent implorer à son passage à Férel deux paroissiens et une paroissienne, celle-ci portant la coiffe du pays, ce qui donne à cette scène une vraie couleur locale.

   "Le pourtour de la rosace elle-même est constitué de dessins géométriques à teintes rouges formant un bel encadrement à la partie centrale et le barbelé qui encadre le tout et qui est là comme une couronne d'épines rappelle au mieux le triste souvenir des vrais barbelés et afit songer à toute une somme de souffrances physiques et morales endurées derrière ceux-ci.

  "Mr le Recteur M. BELLAMY."

Le verrier Henri Uzureau possédait son atelier 21 Passage Sainte-Anne à Nantes et succédait à L. Uzureau. Actifs à La Bouëxière (1893), Guérande (1935), La Copechanière (1924), Cleguer, Herbignac (1914), Limerzel, Saint-Avé, etc...

 Néanmoins, si je lis correctement les informations données par Les Vitraux de Bretagne de Françoise Gatouillat et Michel Hérold," Le vitrail du bras nord du transept (baie 119) a été réalisé par l'atelier RAULT après la Seconde Guerre Mondiale."     

 

vitraux-patriotiques 4747c

  

vitraux-patriotiques 4748c

 

vitraux-patriotiques 4750c

 

 

  II. Les vitraux patriotiques de Férel.

  Les vitraux de la nef et du chœur présentent une particularité bien singulière (ce serait l'un des très rares exemples d'une telle pratique), qui est de faire figurer sous chaque saint et sainte la photographie d'un des soldats de Férel morts pour la Patrie lors de la Première Guerre Mondiale. Deux plaques de marbre noir en donne par ailleurs la liste des cent deux noms, avec leur grade. En 1914, la commune comptait 2057 habitants ; 400 de ses hommes partirent au front. Les familles des soldats décédés offrirent ces vitraux à l'église.

  Des vitraux transformés en cénotaphe, je ne l'avais jamais vu.

  Ils ont été réalisés par Henri Uzureau, de Nantes, dont on trouvera la signature sous le vitrail représentant saint Michel et la photographie de J.M.Le Floch. (Auteur des vitraux : Le volume du Corpus Vitrearum Les Vitraux de Bretagne de Françoise Gatouillat et Michel Hérold indique que " le décor du nouveau chœur a été mis en place en 1891-1893. Les verrières des baies 5, 9 et 11 sont respectivement datées de 1890, 1893 et 1891. Les verrières des baies 108 et 110 sont des productions de l'atelier Etienne et Mouilleron de Bar-le-Duc (1891). Dans les années qui suivent la Première Guerre Mondiale, est installé une nouvelle série de verrières par l'atelier Uzureau de Nantes (baies 10 et 11 signées et datées 1919), dans lesquelles sont intégrés des portraits photographiques des soldats morts. " )


 

N.B. Aucune photographie de ces vitraux n'était, jusqu'à présent et selon mon moteur de recherche, disponible en ligne. On regardera ces visages jeunes et beaux, et on frémira en découvrant que, sans ces portraits, leur mention sur le monument aux morts et leur numéro de régiment, on ne découvrirait que laborieusement les renseignements biographiques qui les concernent : j'ignore la date de leur décès, leur histoire, leur statut familial, et tel Ulysse dans le chant XI de l'Odyssée, la Nekuia, j'appelle au seuil de l'Hades leur fantôme, je crie "Debout les morts" et il me parlent, à mots couverts, de la Grande Boucherie qui les engloutit à 20 ans ; des gaz ou ypérite ; des tranchées ; et de l'horreur. 

  Ainsi, j' apprends que  Clair Tendron (premier exemple ici) est mort au champ d'honneur en l'année 1916 ; il appartenait au 211ème Régiment d'Infanterie, qui est l'unité de réserve du 11ème RI , et qui porte sur son emblème les noms de Revigny 1914, Verdun 1916. Clair Tendron est donc vraisemblablement mort à Verdun.

                             vitraux-patriotiques 4753c


vitraux-patriotiques 4754c

 

Le caporal Louis Mondeguer appartenait au 154ème Régiment d'Infanterie, qui était caserné en 1914 à Bar-le-Duc ; il est décédé également en 1916, alors que son régiment participait à la bataille de Verdun (Février - mars : Mort-Homme ; Avril : Cumières ; 6 octobre : bataille de la Somme : Rancourt, Sailly - Saillisel ; bois de Saint Pierre Vaast ). 


                           vitraux-patriotiques 4755c

 

Louis Denigot appartenait au 11ème Régiment d'Infanterie, l'ancien Régiment de la Marine de 1636, et qui était caserné en 1914 à Castelnaudary et Montauban. En 1916, année où Louis Denigot est tombé au champ d'honneur, son régiment combattait en Artois, en Champagne et participait à la bataille de Verdun.

Quatre membres de la famille Denigot figurent sur le monument aux morts.

vitraux-patriotiques 4756c

 

Henri-Marie-Joseph Gouvier, né le 4 janvier 1882 et décédé en 1915 comme son (frère) Emile Gouvier, appartenanait au 95ème Régiment d'Infanterie, qui occupait alors divers positions autour d'Apremonts-la-Forêt.

 C'est dans cette unité, le 8 avril 1915, dans le Saillant de Saint-Mihiel au cours d'un combat de tranchées sur une redoute du Bois-Brûlé, que l'adjudant Jacques Péricard lance l' apostrophe célèbre   "Debout les morts!" : à ses hommes épuisés ou blessés afin de ranimer leur courage, ce qui permet de sauver une position juste conquise et menacée

                   vitraux-patriotiques 4757c

 

Emile Pierre-Marie Gouvier né le 13 août 1884, est décédé la même année 1915 que son frère aîné. Il n'appartenait pas au même régiment, mais au 116ème Régiment d'Infanterie dont le blason porte trois hermines bretonnes : en 1914, il était formé à Vannes (où une rue porte son nom); il combattit dans la Somme et en Champagne en 1915, à Verdun en 1916.

 

vitraux-patriotiques 4758c

 

François Jouin du 11ème R.I, est décédé en 1918, à Verdun, ou lors de la seconde bataille de la Marne, ou à celle de l'Ailette.

 

                         vitraux-patriotiques 4760c

 

vitraux-patriotiques 4761c

 

 

François Rival, du 116ème régiment d'Infanterie, est mort en 1916 donc sans-doute à Verdun.

                         vitraux-patriotiques 4762c

 

Jean-Marie Le Floch (mentionné sergent Jean Le Floch sur le marbre des Morts pour la France) est décédé en 1916 ; il appartenait au 154ème Régiment d'Infanterie, comme Louis Mondeguer.

      (on lit la signature H. UZUREAU en bas du vitrail)


                      vitraux-patriotiques 4763c

 

Le vitrail suivant rend hommage à l'abbé Boulo : Jean-Marie BOULO,  (1889-1915) sorti du Séminaire des Missions Étrangères, était missionnaire à Séoul lorsqu'il fut mobilisé ; "il est mort au champ d'honneur le 23 avril 1915 à la tête de ses zouaves", avec le grade de sergent.


A ses cotés, le portrait de Jean-Marie EONNET né le 3 février 1883 et mort à 32 ans en 1915 comme Alexandre Jean-Marie et Joseph-Jean-Marie-Alexandre  Eonnet (nés  le 6 11 1891 et le 04 mars 1894) ; il appartenait au 116ème Régiment d'Infanterie et est donc mort dans la Somme ou en Champagne.

 

vitraux-patriotiques 4764c

 

      Joseph Delalande : trois membres de cette famille portent ce prénom et sont morts pour la France, l'un en 1914, l'autre en 1915, le troisième en 1917. Ils sont nés le 17/09/1886 (Joseph Louis Marie), le 18/05/1882 (Joseph Marie) et le 19/02/1890 (Joseph Marie)

  Sans compter Jean-Louis et François Delalande, et le caporal François Delalande. 

  Ce Joseph Delalande appartenait au 19ème régiment d'Infanterie, formé à Brest en 1914, et qui combattit en Belgique en 1914 (victoire de Maissin), en Champagne et au Chemin des Dames en 1915, à Verdun en 1916, à L'Avre et à  Somme-Py en 1918  .

Joseph Pierre-Marie Logodin né le 3 janvier 1896 est mort en 1917, à 21 ans, alors qu'il combattait au sein du 70ème Régiment d'Infanterie alors engagé à Verdun. Ce régiment était caserné à Vitré avant la guerre.

vitraux-patriotiques 4765c

 

      Sous sainte Mélanie, Jean-Marie ANÉZO. Né le 10 septembre 1897, et décédé en 1918, il appartenait au 66 régiment d'Infanterie.

                 vitraux-patriotiques 4766c

 

   Au total, parmi ces quatorze exemples (d'autres encore, me dit-on, sont conservés en sacristie), les numéros des régiments inscrits sur le col sont ceux des 11, 19, 66, 70, 95, 116, , 154 et 211èmes régiments, ce qui montre une dispersion de la population paroissiale.

 

 

III. La statue de Notre-Dame de Bon-Garant.

  Cette dénomination mariale, également attestée comme Bongarand, Bongarant ou Bon-Garand est aussi attestée près de Nantes, à Sautron, avec un pèlerinage qui attire autour d'une Vierge de miséricorde au manteau protecteur des milliers de pèlerin.

  Cet épithète marial est fort beau, formé du mot garant qui signifie depuis le XIIe siècle " personne qui certifie la vérité de quelque chose, qui répond de quelque chose", "qui garantie la tenue d'une promesse".

  Le pèlerinage de Férel était autrefois aussi fort fréquenté le lundi de Pentecôte, mais déclina après 1709, où 70 habitants de Marzan périrent dans le naufrage du bac franchissant la Vilaine.

  C'est une statue miraculeuse ou miraculée après l'incendie de la chapelle de Notre-Dame-du-Tertre où elle se trouvait. Ou bien, cette chapelle ayant été profanée après qu'un protestant y soit venu mourir, elle avait été transportée par les paroissiens au bourg, mais elle retourna, sur le dos d'une blanche brebis, dans sa chapelle d'origine au village du Tertre. Elle n'accepta de rester au bourg que lorsqu'on lui construisit une chapelle extérieure de laquelle, le visage tourné vers le tertre, elle pouvait regarder ses origines.

  

C'est une statue en pierre polychrome du XVe siècle où la Vierge, couronnée, présente un fruit à l'enfant qui se tend pour le saisir.



                statue-nd-de-bon-garant 4737c

 

statue-nd-de-bon-garant 4746v


 

IV Les bannières et le découpage en frairie.

 

                     bannieres 4743c   bannieres 4745c

Outre deux bannières représentant le Christ en croix et l'Assomption de la Vierge, la paroisse conserve six bannières du XIXe siècle réalisées sur le même modèle : sur un fond d'étoffe chamois constellée d'hermines ou d'étoiles, un ovale central cerné de perles renferme une toile peinte représentant le saint tutélaire d'un quartier nommé "frairie".

  On apprend en effet que " Il n'y a qu'une chapelle dans cette paroisse : c'est celle de Saint-Antoine, à Trégus. Les chapellenies étaient : — 1° Celle de Trégrain, desservie dans l'église paroissiale, à l'autel de Sainte-Madeleine. — 2° Celle de Trégus, desservie dans la chapelle de ce nom. Il y avait en outre plusieurs fondations particulières. Les frairies étaient celles du Bourg, de Cozculan, de La Grée, de Trégus et de Keras. Ces frairies existent encore, et ont chacune leur bannière dans les processions. 

     " Chaque Frairie possédait un Bâtonnier ou homme de vertu, véritable chef de Frairie, qui cumulait souvent ce titre avec celui de marguillier. Au-dessus des chefs de Frairies il y avait un chef de paroisse. A eux tous ils composaient le conseil, que nous appellerons paroissial et qui répond à peu de chose près à l’assemblée nommée alors le Général, corps politique en même temps que religieux, sorte de conseil mi-partie municipal et de fabrique, chargé de tous les intérêts matériel et religieux de la paroisse. Nommé ordinairement à vie, le bâtonnier ou chef de Frairie centralisait toutes les ressources de la Frairie."

   J'avais déjà rencontré les traces de cette subdivision de paroisse apparue au Moyen-Âge dans certaines localités et qui avait chacune son saint protecteur, sa chapelle "frairienne", sa bannière, ses responsables, sa comptabilité, ses réunions, ses devoirs ert ses règles, sa fête annuelle avec sa procession et son banquet. J'éprouvais parfois des difficultés à les distinguer des confréries, parfois orthographiées confrairies. Leur survivance après la Révolution est donnée comme rare, et en rencontrer la survivance au XIXe siècle est exceptionnelle. A Plougastel, le découpage de la paroisse et de ses 157 villages est complexe, entre les anciennes seigneuries, les 23 Breuriez (mot issu du breton signifiant "frère", comme le français frairie) pour les rites des morts, et les six kordennad, institution la plus proche de la frairie.( Sainte Gwenn à la chapelle St-Guenolé de Plougastel.)

 

Le 15 août 1932, Augustin Dubois, vicaire à Nivillac, en dressa la carte : il indique alors pour la commune de Férel une surface de 2.890 ha, 4750 habitants, 70 villages, 5 frairies, 451 maisons, 60 hab./km ; le recteur est Paul Guimard, le vicaire Pierre Payen. Le maire n'est pas nommé, il s'agissait alors de François de Boisrouvray possesseur du manoir de Coëtcouron.

                 DSCN3034c.jpg

 

Je découvre successivement les bannières suivantes (on remarquera que la plupart des frairies correspondent à une seigneurie, et que chacune dispose d'un moulin):

1. Frairie du bourg patronnée par Notre-Dame de Bon-Garant. Au verso : Saint Joseph.

Fête patronale le 15 août.

Cette frairie inclut Le Bourg, Riégas, Perrin, Kerostein, Le Gastre, Moulin du Gastre, Haut- et Bas-Kercado, Kergal, Trémorhel, Kerbalan, Kerrabin, Kersauvage, Kerlégan, Kerioche, Kerverte, Kerhallais.

                           bannieres 7646x

 

 

                                                         bannieres 7644x

 

2. Frairie de Tregus, patronnée par Saint Antoine. Au verso saint Fiacre.

Fête patronale le 17 janvier.

Cette frairie inclut : Tregud et Kerbalet, Sainte-Marie, Coëtcouron* , Kervigné, Kerjubault, Kermois, Questaubin, Kerdivet, Kernoil, Trelidan, Hautes et Basses Métairies, Kerjosse, Moulin de Kerbert. Mais aussi Ville Jossy, Coldan.

  Le manoir de Trégus, près de l'ancienne  chapelle du Tertre : siège de l’ancienne seigneurie de Trégus (ou Trégu ou Trégut), ayant appartenu à Guillaume de Trégus en 1453. Il possédait autrefois une chapelle privée dédiée à Saint Antoine. Ce fut la demeure de Mr de Martimont, seigneur de Trégus, ce protestant qui fut accusé de s'être fait enterré au Tertre en 1577 et de profaner ainsi la chapelle (voir légende de la statue de N.D.de Bon-Garant). 

*Le Manoir de Coëtcouron est la propriété privée du Comte de Jacquelot du Boisrouvray.

 

                                        bannieres 7634x

 

                                                           bannieres 7633x

 

 

3. Frairie de Kéras ou Queras, patronnée par St Dys  ou Theis (Taicus) du VIe siècle. Au verso Saint Corneille.

Fête patronale le 2ème dimanche de juillet.

Cette frairie inclut : Keras, Moulin de Kerrouault, Kerrouault, Kerboutais, La Porte, Le Guernet, Trégrain* , Kerivalno, Coëtcastel** , Kerboulard, Ally et le Couvent d'Ally, et Keraude.

*le Manoir de Trégrain est la propriété actuelle du Dr Pouverin de la Chapelle.

** le Manoir de Coët-Castel : la seigneurie a appartenu autrefois successivement aux familles Jean Le Henos (1453), François Le Courtois (1681), Coude (1775), Guilloré de la Landelle, acquise par les Chomart de Kerdavy (1820)et transmise par héritage aux Kersauzon de Pennendreff puis l'Estourbeillon. Actuellement propriété privée du Marquis de l’Estourbeillon.

 

                       bannieres 7638x

 

 

                                                bannieres 7636x


 

4. Frairie de Cozculan patronnée par Saint Gildas (de Rhuys). Au verso Saint René.

Fête patronale le 11 mai.

Cette frairie inclut : le grand Moulin de Trégus ; Tréguet, Kervézo, Drezet, Lisle*, Kertalet, Kergamet, Stéril, Cozculan, Kernélo, Lisherbignac, Kerniguyot. 

l’ancien château de l’Isle est mentionné par OGÉE en 1779 ; ses ruines se voyaient encore sur le bord de la Vilaine en 1863.

 

 

                            bannieres 7641x

 

                                                  bannieres 7642x


5. Frairie de la Grée dont le patron est saint Cyr. Au verso sainte Apolline.

Fête patronale le 16 juin.

Cette frairie inclut : La Grée, Moulin de la Châtaignière, La Châtaignère, La Voûte, Rosquet, Kerandrin, Fontaine au Beurre, Kerolet, René, Ville au Carroux, La Ville Bleue, Kergaval, Kermahé.

 

bannieres 4739c


 

                                              bannieres 7639x

 



 



Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 19:38

         Le vitrail de l'arbre de Jessé,

église Notre-Dame-de-Bon-Garant à Férel (56).

 

  Explorant les représentations de l'Arbre de Jessé en Bretagne, en rayonnant à partir du Finistère, j'ai traité successivement de 15 vitraux (dont 12 anciens) et de 7 groupes sculptés:


Je traiterai plus tard de :

  • Vitrail de l'Arbre de Jessé de la Chapelle St-Fiacre de La Faouët : c.1480.

Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

 

  Je découvre maintenant celui de l'église de Férel, en Morbihan. Il est accompagné d'un panneau explicatif de grande qualité qui reproduit un article de 1933 de l'abbé Joseph Blarez (1887-1940), vicaire de la cathédrale de Vannes : j'y trouve un commentaire suffisamment complet pour y puiser largement ici.

Je présenterai le vitrail comme j'en ai l'habitude panneau par panneau après une vue générale. 

 

  I. Présentation.

   Ce vitrail est, avec les fonts baptismaux, les seuls éléments visibles dans la nouvelle église construite entre 1884 et 1890 de l'ancien édifice qui datait du Moyen-Âge et fut démoli en 1894. Le vitrail lui-même daterait de la première moitié de XVIe siècle (entre 1530 et 1548), ce qui le situe au début de la pleine période des arbres de Jessé bretons conservés.

 Il est remarquable par le bel emploi de verres rouges gravés (rayons autour de la Vierge ; tunique de Josias), peut-être (je ne suis pas expert) de verre bleu gravé (c'est plus rare encore, mais ne sont sans-doute pas d'origine) dans les vêtements de Jechonias. Par ailleurs, il est assez comparables autres autres vitraux du même thème dans la disposition des rois de Juda sur des branches issus de Jessé endormi, branches fleurissant en sommité dans la Vierge à l'Enfant.

  Il est composé de quinze panneaux.

                         arbre-jesse 7647c


II. Histoire (d'après J. Blarez).

  Lorsqu'en 1894, l'ancienne église fut démolie, le vitrail qui ornait son chevet fut jugé indigne de la nouvelle construction ou, du moins, il n'y trouva pas place  et il fut placé en caisses dans le grenier du presbytère. Les caisses ne furent ouvertes que dans l'atelier de la veuve Laumonnier à Vannes en 1932.  Cette année-là, la rosace sud de la nouvelle église menaçant ruine, on remania le pignon du transept, grâce à l'action du maire, François Boisrouvray, du recteur Guilhard et des Beaux-Arts. Le vitrail fut restauré par la maison Rault comme l'indique l'inscription en bas du vitrail :  RESTAURÉ EN 1933 PAR LES MONUMENTS HISTORIQUES E. RAULT Verrier d'Art Rennes.

  Le vitrail fut classé le 7 mars 1932 grâce à l'action de Mr. Thomas-Lacroix, archiviste départemental.

Il a été étudié par J.  de Kersauzon dans sa Monographie sur la paroisse de Férel Imprimerie Lafolye, Vannes, 1891. (voir annexe).

  Les deux blasons qui entourent la Vierge sont une reconstitution récente (1933), car les armoiries d'origine avaient été perdues ou détruites et ne permettaient pas une attribution et une datation, mais le raisonnement de Joseph de Kersauzon, qui rapproche le père Eternel de cette verrière à celui d'Assérac (canton d'Herbignac), commandité par les sires de Rieux et de Rochefort Claude et François de Rieux    seigneurs  d'Assérac, permit alors de penser que ces mêmes seigneurs avaient commandité la maître-vitre de Férel. J. de Kersauzon proposait dés lors la date de 1540, date cohérente avec le style du vitrail. Pierre Thomas-Lacroix, directeur des Archives du Morbihan, décida donc de remplacer les armoiries manquantes par celle des seigneurs de Rieux. L'érection de Férel en vicariat d'Herbignac date de 1530-1548.

  

  En janvier 1945, Férel se trouvant situé dans la poche de Saint-Nazaire fut frappé par les bombardements et le vitrail fut touché par des obus. Il fut alors démonté et conduit à Paris, où il fut confié pour sa restauration à l'atelier de Max Ingrand. De retour à Férel, il fut rétabli en 1951, puis restauré en 1985 par l'atelier J.P. Le Bihan de Quimper pour reprendre les ferrures de fixation rongées de rouille, remettre en plomb trois panneaux et réparer le reste. 

 

 

III. Étude panneau par panneau.

  Baie 8, baie en arc brisé de 4,20m de haut, 1,80m de large. Elle occupait jadis le chevet de l'ancienne église, dans une baie à trois lancettes. 

De gauche à droite et de bas en haut : 

 

Isaïe et David.

   Le prophète Isaïe (YSAYE), coiffé du bonnet juif tient un phylactère où s'inscrit le début de la citation du Livre d'Isaïe XI, 1-2 :  Egredietur virga de radice Jesse,[ et flos de radice eius ascendet. Et requiescet super eum Spiritus Domini.] :

"Une tige sortira de la racine de Jessé, une fleur s’élèvera de ses racines. Et sur elle reposera l’Esprit du Seigneur."  C'est sur cette métaphore qu'est construit toute la tradition de l'arbre de Jessé comme arbre généalogique de Jésus, à la suite des évangiles canoniques de Matthieu (Mt I,1-17), et de Luc (Lc III,23-38) et d'une liste de trois séquences de quatorze générations chacune.

 

 A ses cotés se tient un roi tenant un sceptre, les épaules couvertes d'hermine, et la tête couronnée, avec l'inscription LE ROY (DAVID ?, non lisible). Je suis étonné que David ne tiennne pas sa harpe traditionnelle. L'emplacement de David (et de Salomon au troisième panneau) au registre inférieur est inhabituel, ce registre étant le plus souvent occupé par Isaïe, Jessé et Jérémie, et les rois se disposant au dessus.


                       arbre-jesse 4725c

 

Jessé endormi.

Au centre du registre inférieur, Jessé (aussi nommé Isaïe) dans un costume qui mélange la robe sémite et la cuirasse, dort sous sa tente et rêve que de sa souche va naître les générations de rois de Juda : son rêve se concrétise sous forme d'un tronc qui part de sa cuisse et s'élève vers l'étage supérieur. Quatorze rois trouvent place sur ses branches. Il aboutira à la Vierge.

On lit YSA et YESSE.

 Les 14 rois qu'on trouvera figurés ici  sont :

  • (David) fils de Jessé, qui régna 40 ans (1010-970 av J.C.)
  • Salomon fils de David, qui régna 39 ans (970-931)
  • Roboam fils de Salomon, (931-915)
  • Abia (Abijam) fils de Roboam (915-912)
  • Asa fils d'Abia (912-875)
  • Josaphat fils d'Asa (875-850)
  • Joram fils de Josaphat (850-842)
  • Ozias 4ème descendant et 4ème successeur de Joram (782-751)
  • Joathan fils d'Ozias, (751-736)
  • Achaz fils de Joathan (736-721), durée du règne 16 ans.
  • Ezechias fils d'Achaz (721-693)
  • Manassé, fils d'Ezechias (693-639)
  • Josias, petit-fils de Manassé (638-609)
  • Jechonias (Jéconiah), petit-fils de Josias (609-609), avant-dernier roi de Juda avant l'exil à Babylone et la destruction du royaume.

n.b : les dates indiquées ne sont pas celles sur lesquelles s'accordent les spécialistes actuels de l'Ancien Testament, qui, d'ailleurs, ne s'accordent pas.

 Cette liste est celle que propose Matthieu Mt I,7-16 : David - Salomon - Roboam - Abia - Asa - Josaphat - Joram-Osias - Jotham - Achaz - Ézéchias - Manassé - Amon - Josias - Jeconiah - ( suivis de Salathiel - Zorobabel - Abioud - Eliaqim - Azor - Sadoq - Ahim - Elioud - Eléazar - Matthan - Jacob ) avant de se clore avec  Joseph puis Jésus.)  On voit qu'elle omet Amon, afin de se clore avec Jeconiah, dernier roi de Juda pour la tradition chrétienne. On voit aussi que c'est Joseph qui est le descendant de Jessé, et non, comme le laisserait croire la représentation, la Vierge Marie.

 

 

                           arbre-jesse 4726v

 

 

Salomon et le chiffre 41 ; Jérémie.

 Le troisième panneau inférieur montre deux personnages : le roi Salomon, fils de David, porte sceptre, couronne et cuirasse tout comme son père ; l'inscription SALOMON est accompagnée du chiffre 40, interprété astucieusement par J. Kersauzon comme indiquant la durée de son régne selon la Bible, de 1001 à 962. 

  Le prophète Jérémie (supposé), qui fait pendant à Isaïe, tient le phylactère où s'inscrit sa prophétie CREABIT DNS NOVUM SUPER TERRAM, citation du verset de Jérémie 31,22  Creavit Dominus novum super terram femina circumdabit virum : "Le Seigneur a fait du nouveau sur la terre, une femme entourera [ou "environnera"] l'homme". Ce verset abscond (comment une femme peut-elle "environner" un homme ? Un enfant, oui, à la rigueur, pendant la grossesse, mais un homme ? ) a été interprété par Saint Bernard comme annonçant la Vierge, qui concevra Jésus, homme parfait dès sa présence dans le sein de Marie, non par la maturité de l'âge, mais par celle de la sagesse :

http://www.abbaye-chaise-dieu.com/Les-Peres-de-l-Eglise-commentent.html

 

 

                        arbre-jesse 4727c

 

Chaque panneau va désormais représenter deux des douze rois de Juda, assis ou s'aggripant aux branches de l'arbre généalogique qui méne au Christ.

ASA et le chiffre 41 ;  ABIA

L'inscription ASA REX 41 correspond au roi Asa et aux 41 années de son règne de 944 à 904 selon Kersauzon, ou de 911 à 870 selon les éxégètes actuels .

ABIA REX correspond au roi Abia/Abijam.

                    arbre-jesse 4728c

 

 

ROBOAM   et JOSAPHAT

                            arbre-jesse 4729c

 

 

 JORAM et OZIAS 

 

 

                         arbre-jesse 4730v   

 

      EZECHIAS et IECHONIAS

arbre-jesse 4731v

 

      JOATHAN et ACHAZ avec le chiffre 16

arbre-jesse 4732v

 

MANASSE et JOSIAS.

arbre-jesse 4733c

 

 

Armoiries de Claude de Rieux.

Armoiries (atelier de E. Rault, 1933) de CLAUDE DE RIEUX SIRE DE RIEUX et de ROCHEFORT :  Ecartelé : aux I et IV d'azur, à cinq besants d'or, ordonnés en sautoir qui est de Rieux, aux II et III vairé d'or et d'azur qui est de Rochefort, sur le tout de gueules à deux fasces d'or qui est d'Harcourt.

  Claude de Rieux (1497-1532) épousa Catherine de Laval, dont il eut deux filles, Claude et Renée. Il se remaria avec Suzanne de Bourbon, dont il eut un fils, Claude II de Rieux (1530-1548, sd.), et une fille, Louise.

 

arbre-jesse 4735c

 

 

 

      Vierge à l'Enfant adorée par deux anges.

 

arbre-jesse 4734v

 

      Armoiries de François de Rieux.

FRANC(OIS) DE RO.... SIRE DE RIEUX ET DE ROCHEFORT.

Les armoiries associent :

 

En 1 les armes de la Maison de Rieux : D'azur à dix besants d'or posés 4, 3, 2, 1.

En 3 les armes des seigneurs d'Assérac issus de la Famille de Rochefort : vairé d'or et d'azur. 

en 2 et 4 : les armoiries de La Feuillée : d'or à la croix engreslée d'azur.

 

Ces armoiries sont à peu de chose près la reproduction de celles qui ornaient la maîtresse-vitre de l'église d'Assérac, et qui ont été décrites par Régis de L'Estourbeilon comme celles de Claude de Rieux, comte de Rochefort et d'Harcourt, marié à Catherine, comtesse de Laval ;  et de son frère François de Rieux, qui eut la terre d'Assérac en 1518, et qui épousa Renée de la Feillée. Tous les deux étaient les fils de Jean de Rieux, Maréchal de Bretagne, régent du Duché à la mort d'Anne de Bretagne, puis Maréchal de France. 

  Il resterait à interprété la couronne placée au dessus des deux blasons, couronne qui d'une part n'est pas exactement la couronne héraldique de marquis, et qui, si c'était le cas, ne concernerait que le fils de François de Rieux, Jean de Rieux, qui obtint le marquisat en 1574.

  S'il est certain qu'il s'agit des commanditaires du vitrail (perdu) d'Assérac, il n'est pas établi avec certitude que ce sont les commanditaires de celui de Férel ; si non e vero, e ben trovato.


arbre-jesse 4736c

 

      Dieu le Pére

avec le Saint-Esprit au dessus de sa tête.

arbre-jesse 7662c

 

 

      Annexe :

   Les anciens vitraux du comté nantais : verrières de Férel, Missillac et Assérac (in. Revue de Bretagne et Vendée) / KERSAUSON J. de ; L'ESTOURBEILLON Régis de. p. 183-195 : 

cliquer : Vitraux de Fèrel.

 

 

   " Férel est une petite paroisse du diocèse de Vannes, située sur les bords de la Vilaine, rive gauche. Dépendant autrefois, au spirituel, du diocèse de Nantes et, au temporel, de la baronnie de la Roche-Bernard et du marquisat d'Assérac ; elle a été, lors de la Révolution, annexée, avec tout le canton de la Roche-Bernard, au département du Morbihan. Ancienne trêve ou fillette d'Herbignac, Férel fut érigée en paroisse indépendante, en 1749. Son église est assez ancienne, et M. de Courson, dans la Bretagne contemporaine (T. I, pp. 45 et 50), s'exprime ainsi à son sujet :  «L'église de Férel date  de l'époque de transition et aurait été fondée, si l'on en croit la  tradition, par les Templiers. Le transept est relié au chœur par de larges arcades à cintre légèrement brisé, reposant sur des piliers à chapiteau simple. Dans la nef, et au bras sud de l'église, le lambris, divisé en plusieurs panneaux, était et est encore couvert de fresques et d'inscriptions gothiques à demi effacées. Dans le transept, des anges, revêtus de longues robes, semblent former un concert en l'honneur de N.-D., comme dans la chapelle de Saint-Jacques, au village de Saint-Léon, en Merléac (Côtes- du-Nord), ou dans celui de Kernascleden, en Saint-Caradec (Morbihan). Le tableau de la maîtresse-vitre, à morceaux rayonnants, dépend du chœur et représente la généalogie de la sainte Vierge, qu'on aperçoit au-dessus du Père éternel tenant dans ses bras l'Enfant Jésus. Des légendes, en capitales romaines désignent les différents personnages. On prétend qu'une verrière toute semblable existe dans l'église de Missillac (Loire-Inférieure), qui, comme celle de Férel, était à la présentation des moines de Saint- Gildas-des-Bois. »

 

   Nous n'avons pas certes la prétention de donner ici de plus intéressants et plus complets détails sur l'église de Férel, dont nous n'avons du reste à parler qu'incidemment. Nous voulons seulement dire quelque chose de son vitrail, et expliquer, du moins à notre sens, plusieurs chiffres placés dans certains de ses panneaux. Sans être en tout semblable à celle de Missillac, comme le croit M. de Courson, la verrière de Férel offre pourtant avec elle bien des points de similitude. Toutes deux, en effet, représentent ce que l'on appelle un Arbre de Jessé. Nous ne ferons pas ici ressortir leurs dissemblances et leurs ressemblances. Nous en reparlerons quand nous aurons à décrire l'église de Missillac et la belle et intelligente restauration de sa maîtresse vitre.

   Ce que nous ne sommes pas disposés à admettre, et ce que semble vouloir faire induire M. de Courson, c'est que le vitrail de Férel dut avoir la même origine et les mêmes donateurs que celui de Mîssillac, c'est-à-dire les moines de Saint-Gildas, présentateurs des deux églises. D'abord, ainsi que nous le démontrerons plus tard, à propos de Missillac, la verrière de cette église fut conjointement offerte par les barons de la Roche-Bernard et l'abbé de Saint-Gildas. Ensuite celle de Férel doit être antérieure de plus d'un demi-siècle à la première. Nous n'avons pourtant, par malheur, ni millésime inscrit, ni armoiries indiquant les donateurs ; mais certaines pièces et panneaux, absolument identiques à d'autres vitraux de date certaine, entre autres à celui d'Assérac, permettent d'arriver à une quasi-certitude sur l'âge de celui qui nous occupe. Nous sommes du reste sur la voie, nous l'espérons du moins, de retrouver les anciens écussons qui décoraient autrefois le haut du vitrail, et qui nous permettront alors d'être fixés sur ce point. Le panneau le plus élevé du vitrail de Férel représente, en effet, le Père éternel absolument semblable à celui correspondant d'Assérac et comme va le démontrer M. le comte de Estourbeillon, qui s'est chargé de ce travail, la verrière d'Assérac, dont il ne reste plus, hélas ! que quelques bribes, remonte à la première moitié du XVIe siècle. Ne doit-on donc pas assigner la même date à celle de Férel ? Ne peut-on même pas ajouter, sans crainte de se tromper, qu'elle a en les mêmes donateurs qu'Assérac, c'est-à-dire les sires de Rieux, seigneurs et plus tard marquis d'Assérac ? En adoptant ce système, qui est pour nous la vérité, le vitrail de Férel serait de 1540 environ.

Après ces explications, entrons dans la description de la verriëre elle-même. Elle se divise en treize panneaux, représentant les rois de Juda depuis Isaïe ou Jessé, père de David, jusqu'à Jéchonias, qui fut, on le sait, emmené captif à Babylone. Tous ces rois sont placés dans un ordre peu régulier, et quelques lacunes existent même parmi eux.

Le médaillon médial du bas nous montre Jessé, père de David ;à gauche de celui qui regarde l'autel, se trouve David lui-même, avec son sceptre royal et accompagné du prophète Isaïe, deJa bouche duquel sortent ces mots : Egredietur virga de radice Jesse. A droite, de l'autre côté de Jessé, on voit le roi Salomon avec cette devise : Salomon roy creabil DNS novum super terram. En avant se lit le nombre 40. Or, pour nous ces deux chiffres ne peuvent et ne doivent avoir qu'une signification : la durée du règne du fils de David qui occupa en effet le trône de 1001 à 963 av. J.C., soit 40 ans. Dans le panneau au-dessous de Jessé nous voyons Roboam et Josaphat à côté; à droite, Osnias rex, Joram et Ozias. A gauche, les deux rois Asa et Abia. Le premier est précédé, sur une banderole, du nombre 41, durée de son règne (944-904 av. J.-C), et suivi du chiffre 3, son numéro d'ordre comme roi de Juda. Nous croyons devoir faire aussi remarquer que le nom d'Osnias, cité tout à l'heure, est mis pour Ochozias. Au-dessus de Roboam, dans la travée médiale, se dessine Joathan rex avec Archaz (pour Achaz), ce dernier précédé du nombre 16, durée de son règne (737-122) ; à droite, on voit Manassé et Josias, à gauche, Jéchonias et Ezéchias. Au-dessus, et au milieu, est Notre-Dame, et de chaque côté deux vitraux blancs, avec anges remplaçant évidemment les anciens blasons que nous avons l'espoir de retrouver. Enfin, au-dessus, et comme panneau le plus élevé, le Père éternel bénissant la sainte Vierge et toute une ligne d'ancètres.

Tel est ce vitrail de Férel, qu'il eût été désirable d'avoir, ainsi que toutes nos autres anciennes verrières du diocèse, reproduits par la photographie.

 

Pour faciliter l'élude des différents rois de Juda représentés à Férel, nous croyons utile de donner ici un tableau chronologique.

Israël ou Jessé, père de David.

 David roi de 1040 â 1001, durée de règne, 39 ans

 Salomon — 1001 à 902 - 33 ans

Roboam — 9C2 à 946 — 16 ans

Abia — 946 à 944 - 2

Asa — 943 à 904 — 41

Josaphat — 904 à 880 — 24

Joram — 880 à 876 — 4

Ochozias — 876 à 875 — 1

Athalie (omise au vitrail) — 875 à 870 — 5

Joas (omis au vitrail) — 870 à 831 — 39 ans

Amassias (omis au vitrail), ~ 831 à 803 — 28 ans

Ozias — 803 à 752 — 51

Joathan — 752 à 737 — 15

Archaz ou Achaz — 737 à 723 — 14

Ezéchias - 723 à 694 — 29

Manassé - 694 à 640 — 64

Amos (omis au vitrail)  640 à 639 — 1

Josias — 639 à 609 — 30

Joachaz (omis au vitrail) — 609 à 008 — 1

Eliacim ou Joachim (omis au vitrail) — 608 à 598 — 10

Jéchonias - 598 à 597 —  3 mois.

Sédécias (omis au vitrail). — 597 à 587 — lO ans.

Destruction du royaume de Juda.

En terminant cette courte et succincte notice sur la verrière de Férel, nous exprimons un désir et un espoir : c'est que la démolition imminente de la vieille église ne nuise en aucune façon à la conservation de ce vieux monument d'un autre âge, et que ce beau vitrail, qui, même au point de vue artistique, a une réelle valeur et possède de très belles couleurs, trouve sa place, comme à Missillac, dans le nouveau temple qui va être édifié. " J. de Kersauson. 

  

Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 22:45

                  El Sulero de Santoña (Espagne).

 

espagne 4614c

 

 

                                espagne 4619

 

          espagne 4621

 


Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 21:50

 

 

   Les navires de la Penfeld à Brest,

          vus de la Tour Tanguy.


  Lorsque le visiteur qui découvre Brest se rend au pied de la Tour Tanguy, il contemple le panorama des rives de la Penfeld avec, devant lui, le Château, et à sa gauche le pont levant de Recouvrance. A ses pieds, l'Arsenal et le port militaire.

   S'il identifie rapidement la Belle-Poule et l'Étoile, ou le yawl La Grande Hermine il s'interrogera peut-être comme moi sur les navires amarrés le long des quais et des passerelles. Cet article est destiné à lui répondre, bien que je n'ai aucun titre et aucune compétence pour le faire.

  Je remercie Jean-Michel Roche qui m'a autorisé à utiliser les informations qu'il donne sur les navires militaires dans ses articles du site netmarine.net.

 

I. Les navires amarrés rive gauche sous le château.

Entre le pont de Recouvrance et le Château, on trouve successivement (en 2013) :

  • Le bateau-pompe rouge Y783 AVEL ABER
  • Le bateau pilote ou Vedette de pilotage (VP) Y780, sans nom.
  • 3 remorqueurs RP12 : Y643 NIVIDIC, Y640 MENGAM, ...
  • 4 remorqueurs RCP12 : A678 LA HOUSSAYE, A680 TAUNOA, A679 KEREON, A677 AR MEN
  • 4 pousseurs de Sous-marins lanceurs d'engins type PSS 10 : n° 101, 102, 
  • Le caudataire Machaon Y657
  • 2 pousseurs de port type PS4 : 32 et 22.

 

navire-militaire-penfeld 3276c

 

DSCN1901c.jpg

 

II. Les navires amarrés rive droite.

1. En amont du pont de Recouvrance :

  • 2 Pontons-grues automoteurs : PGA3 Y677 et PGA 4 Y678. 

navire-militaire-penfeld 3271c

 

2. En aval du pont :

a) Ponton de la Gendarmerie Maritime :

  • Vedette Côtière de Surveillance Maritime VCSM P621 ABERWRACH
  • VCSM P615 PENFELD
  • Vedette de Surveillance Maritime et Portuaire VSMP BRIGANTINE P798

b) Vedettes transrade de la Société Morlenn :

  • TRÉBÉRON
  • BINDY

navire-militaire-penfeld 3279c

navire-militaire-penfeld 3280c

 

DSCN1905c.jpg

 

Rassurez-vous, je vais reprendre plus lentement pour ceux qui veulent rester :

 

III. PORTRAITS.

 

1. Le bateau-pompe AVEL ABER Y783.

Cette embarcation de la compagnie des marins-pompiers  est, en terme technique, une VIR ou Vedette d'Intervention de Rade comme la Loude Y784 et la Divette Y785 construites par le chantier Sibiril de Carantec en 1994, mesurant 14,60 m de long, 4,60m de large, 1,94 m de tirant d'eau et disposant de deux moteurs Baudouin V6Ti 450 de 375 cv assurant une puissance de 750cv. Le déplacement de 16 t passe à 23,5 t en pleine charge, la vitesse atteint 17 nœuds. C'est l'ex-ELORN, dont le nom n'était pas officiel  qui a été baptisée officiellement en 2008  AVEL ABER, signifiant "Vent des Abers".

  Leur équipement repose sur un radar (Furuno ou Raythéon), 2 canons à eau à 10 bars de pression  de 72.000 l/h) , un générateur à mousse, 2 pompes de 150 m³/h actionnées par 2 moteurs FAPMO de 80 CV, 10 bouches à incendies réparties en deux groupes AV et AR (2 de 100 mm – 2 de 65 mm – 1 de 45mm par groupe), et  6 bouteilles de CO² de 200 kg , 1600 l de mousse et 1080 l d’émulseur AF3 à 3%. 

 L'équipage est formé de six hommes (patron, mécanicien, chef d'agrès, binôme d'attaque et binôme d'alimentation).


 

 navire-militaire-penfeld-3276cc.jpg

 

 

 

2. La pilotine Y780.

Construite en 1993 au chantier Sibiril à Carantec, cette Vedette de Pilotage VP qui peut accueillir 6 hommes d'équipage mesure 14,40 m de long, 4,60m de large et 1,9 m de TE, avec un déplacement de 16 t. Avec une puissance de 750 cv, elle peut atteindre la vitesse de 20 à 25 nœuds. Les Vedettes de Pilotage appartiennent aux Vedettes de servitude type V14.

 Leur durée de vie est estimée à 20 ans, et, en 2013, cette pilotine de 1993 arrive en fin de carrière. En 2010, le Télégramme de Brest annonçait son remplacement (ainsi que l'Enez-Hir) par deux vedettes nommées Léon et Cornouaille: voir mer et marine.

  On réalise que les deux vedettes, le bateau-pompe et la pilotine placée tête bêche sont parfaitement semblables, si on ôte les lances incendies du bateau rouge. Elles sont toutes les deux semblables également aux vedettes de la Gendarmerie Maritime.

navire-militaire-penfeld 3276c


3. Les remorqueurs.

 navire-militaire-penfeld 5489c

Ce sont six sisters ships, 3 RP12 et 3 RPC12, "de 12 tonnes de traction au point fixe"  qui ne différent que par leurs équipements,les RP ou Remorqueurs Portuaires dont le numéro débute par la lettre Y n'étant pas équipés comme les RPC ou Remorqueurs Portuaires et Côtiers dont le numéro débutent par la lettre A.

  Ces navires de 25m de long et 8,4 m de large sont propulsés par 2 propulseurs Voith Schneider sous l'effet de deux moteurs Baudouin de 660 cv. Les cinq pâles verticales de chaque propulseur permettent une manœuvrabilité à 360°. Sur ce type de navire, le pilote prend le volant au lieu de tenir la barre.

 Ils ne sont pas armés...sinon d'un canon à eau car ils participent au soutien incendie. Ils sont aussi équipés pour la lutte anti-pollution (barrage flottant, produit dispersant)

 Voir Netmarine.net: construits à Lorient chez Lorient Naval Industrie ou à Boulogne à la SOCARENAM, 

 navire-militaire-penfeld 5480

 

navire-militaire-penfeld 3290c

 

a) Remorqueurs portuaires de type RP12.

Leur numéro débute par Y ; ces remorqueurs portuaires se nomment  NIVIDIC Y643, MENGAM Y640 et LE FOUR Y647. Par rapport aux remorqueurs côtiers, ils ne disposent pas de cuisine ni de chambres et à la cabine de pilotage, on ne trouve ni gyro, ni pilote automatique.

  Leur équipage est de 5 personnes.

navire-militaire-penfeld 3295c

 

b) Les 4 remorqueurs Portuaires et Côtiers  RPC12.

  Ce sont la HOUSSAYE A678, AR MEN A677 et KÉRÉON A679 et TAUNOA A680. Leur champ d'action va de Brest à Lorient.

  L'équipage se compose de six à huit membres : un premier-maître (le patron du bord), un maître manœuvrier (second du bord), un maître mécanicien, et trois brigadiers (deux seconds-maîtres et un matelot). 

Le remorqueur La HOUSSAYE doit son nom à un cap de l'Île de la Réunion (qui rend lui-même hommage à un capitaine breton, Guillaume La Houssaye) ; il a été mis en service le 30 octobre 1992.

Le TAUNOA  tient son nom d'un quartier de Papeete , car il était prévu qu'il soit affecté à Mururoa. Il a été mis en service en mars 1996.

 navire-militaire-penfeld 3291c

 

 

4. Les 4 pousseurs de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins type PSS 10 : n° 101, 102,.

Construits à Lorient Naval Industrie à Lorient, ils sont en service depuis juillet 1993, mesurent 17 mètres x 6,4 m x 2,4 m, ont un déplacement de 44 tonnes qui passe à 69 t en pleine charge. Leur puissance est de 450 cv, leur vitesse est de 6 noeuds, et ils sont maniés par un équipage de deux hommes (netmarine.net, "flotte française en 2012"). Ajoutons à cela 2 moteurs diesels Poyaud-Wärtsilä UD 25 L 6 M 4, 2 hélices - 900 ch (660 kW) et une puissance électrique 3 kW.

 La liste de la Flotte française 2012 ne mentionne que 2 pousseurs à Brest, le 101 et le 102, et deux à Cherbourg: j'ignore si les deux autres navires, strictement semblables apparemment, que nous voyons sont aussi des PSS 10.

 


navire-militaire-penfeld 3294c

 


navire-militaire-penfeld 5478

 


5. Le Caudataire MACHAON.

C'est un navire nommé caudataire qui, comme son sister-ship basé à Toulon le PHAÉTON, est chargé de mettre en place et de récupérer les antennes ETBF des sous-marins SNLE et SNA avant et après leur patrouille.

Site de la Marine Nationale.

navire-militaire-penfeld 7329c

 Ce Machaon mérite un article spécial d'onomastique navale : voir  Les caudataires Machaon et Phaéton de la Marine : délices de l'onomastique navale.


6. Les pousseurs portuaires de type PS4 A et B.

  Les pousseurs portuaires de type PS4 mesurent tous 11,9 mètres de long, 4,51 m de large, 1,27 m de tirant d'eau, ils ont tous un déplacement de 27 tonnes qui passe à 83 t en pleine charge, tous ont la même puissance de 440 cv et la même vitesse de 9 nœuds ; tous sont conduits par deux hommes d'équipage. Ils ont encore en commun  2 moteurs diesels Poyaud-Wärtsilä UD 6 PZ M 1 (6) , ou UD 18 V M 1 (13 à 30 ), ou Baudoin V 6 TI 330 (31 à 38), 2 hélices - 440 ch (325 kW) et une puissance électrique de 1 kW.

 Enfin, tous doivent leur nom de type à leur puissance de traction au point fixe qui est de 4 tonnes.

  Mais Dieu le Père, ou l'un de ses représentants galonnés sur mer, en leur infinie sagesse, a distingué le pousseur PS4 simple (à Brest, c'est le n° 14) du PS4 de type A (représenté ici par le n°22) et du PS4 de type B (à Brest, le n° 32).

Enfin, aucun ne porte de nom propre, sauf le n° 31 (MARACUDJA) et le n° 34 (CARAMBOLE), qui servent tous les deux à Port-de-France.

Pourquoi, Mon Dieu, pourquoi tant de subtilités dans tes décisions ? 

  Si la diversité des espèces s'appauvrit, ce n'est pas la faute de la Marine.


 Saurez-vous les trouver ?

Le dessinateur distrait a fait deux erreurs en recopiant son pousseur ; laquelle ?

(un trois au lieu d'un deux ; la couleur des pare-chocs)

navire-militaire-penfeld 3292c

 

7. Les Pontons-grues automoteurs.

  les PGA3 Y677 et PGA 4 Y678. 

  Comme je ne savais pas ce qu'était un "ponton-grue automoteur", le site meretmarine.com m'a fait un beau dessin en coupe et m'a donné les explications suivantes :" Ces nouveaux moyens portuaires permettront d'effectuer les manutentions courantes sur les navires de la Marine nationale, qu'il s'agisse de radeaux de survie, de munitions ou de pièces de rechanges. Ils pourront également relever des ancres de 4 tonnes. A cet effet, ils seront équipés d'une grue d'une capacité de 8.3 tonnes à 8.5 mètres et de 3.3 tonnes à 18.5 mètres, ainsi que d'un treuil d'une capacité de 12 tonnes. Capables de transporter 24 tonnes de fret, les nouveaux pontons-grues seront manoeuvrés par trois hommes d'équipage pour les manutentions et de cinq hommes pour les opérations d'ancrage".

  Construites par la SOCARENAM de Boulogne et livrées en février 2008, les PGA3 et PGA4 de Brest, comme les PGA1 et PGA2 de Toulon et la PGA5 de Cherbourg mesurent 21,4 x 9,9 x 1,7 mètres, leur déplacement de 146 t passe à 172 t  en charge. La puissance du moteur est de 300cv avec une vitesse de 6 nœuds. Trois hommes d'équipage sont à bord, dont l'un est chef.


navire-militaire-penfeld 3271c

 

 

8. Les vedettes de la Gendarmerie Maritime.

  Pour remplacer les anciennes VSC de 10 à 14 m, 24 Vedettes Côtières de Surveillance Maritime ont été conçues par Raidco Marine de Lorient, construits par le chantier CNB de l'Herbaudière et livrées en 2013 : Concarneau a reçu la première ( l'ELORN), et Brest reçut les P615 et P621 baptisés PENFELD et ABERWRACH. Longues de 20 mètres hors-tout, elles  déplacent 42 t en charge et ont une vitesse de 25 à 28 nœuds grâce à deux moteurs diesel MAN 12 cylindres en V pour une puissance totale de 2000 cv. Elles reçoivent un équipage de huit hommes. Un pneumatique de huit places dispose d'un moteur de 70 cv. L'armement est constitué par une mitrailleuse de 7,62 mm.

      Source : Marine Nationale

navire-militaire-penfeld 3279c

 

navire-militaire-penfeld 3280c

 

La BRIGANTINE P798.

      Elle appartient au groupe de huit VSMP ou Vedette de Sûreté Maritime et Portuaire qui portent toutes le nom d'une pièce d'armure. Je rappelle que l'on nomme brigantine "une cuirasse formée de plaques de métal fixées sur du tissu ou du cuir".

  Les autres vedettes se nomment Rondache, Haubert, Pavois, Écu, Harnois, Heaume et Gantelet.

Elles mesurent 12,64 mètres de long, 3,88 m de large déplacent 11 tonnes et peuvent atteindre 30 à 35 nœuds sous l'effet de 3 moteurs diesels. L'équipage est de six hommes, qui disposent de 4 mitrailleuses de 7,62 mm.

Source : Marine Nationale. 


      9. Les vedettes transrades de Morlenn Express.

La Société Morbihannaise de Navigation/ Morlenn Express arme à Brest des vedettes à passagers nommées ARUN, BINDY, TIBIDY, TREBERON, TÉRÉNEZ qui assure les liaisons avec l'Île Longue et les établissements de l'École Navale à Lanvéoc. Ces sisters ships de 36,30m et d'une puissance de deux fois 1120 KW, construits par le chantier Gamelin de La Rochelle peuvent accueillir 400 passagers.

  Leurs noms correspondent à celui d'îles de la Rade de Brest.

Source : marine-marchande.net

 

DSCN1905c


10. Le remorqueur côtier A696 BUFFLE.

  C'est un des trois RCVS type Bélier assurant une traction au point fixe de 30 tonnes. Leur appellation de RCVS, Remorqueur Côtier Voith-Schneider indique qu'ils sont équipés des propulseurs cycloïdaux verticaux à pales Voith-Schneider qui leur assurent une manœuvrabilité à 360°. 

Le Buffle a été lancé le 18 janvier 1980.

Voir le site Wiki-Brest. et celui de la Marine Nationale.

navire-militaire-penfeld 7337c

 

navire-militaire-penfeld 5738
 

      Sources et liens:

liste de la Flotte française 2012, netmarine.net

http://www.defense.gouv.fr/marine/decouverte/equipements-moyens-materiel-militaire/batiments-de-soutien/remorqueurs/cotiers/remorqueurs-cotiers-type-frehel

 

Nombreux renseignements sur netmarine.net.

 

Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 20:07

Onomastique navale et zoonymie :

Machaon et Phaéton, les "caudataires" de Brest et Toulon.

 

  Cette petite friandise onomastique est très simple, mais  fait mes délices : la voilà en quelques mots :

Les sous-marins lanceurs d'engins et les SNA de la Marine Nationale doivent mettre en place pour chacune de leur patrouille une antenne dite ETBF, ce qui signifie "écoute à très basse fréquence". L'antenne linéaire, long câble doté d'hydrophones, est remorquée par le sous-marin en traine derrière lui. Et à la fin de la patrouille, il s'agit de récupérer cette antenne : la mise en place et la récupération de cette longue queue, c'est précisément le rôle de navires conçus exprès pour cela, et on les nomme, pour cette raison, des caudataires.

La flotte française dispose de deux navires caudataires, le Machaon à Brest et le Phaéton à Toulon : ce sont des navires construit par CIB à Brest, lancés en juillet 1993 et juillet 1994 et dont les caractéristiques sont les suivantes ; Longueur : 19,20 mètres Largeur : 6,82 mètres Tirant d'eau : 1,20 mètres Tirant d'air : 8,70 mètres Déplacement : 69 tonnes et 75 tonnes en pleine charge Vitesse : 8 nœuds Distance franchissable : 270 nautiques à 7 nœuds Énergie et propulsion 2 moteurs diesels SACM UD 18 V 8 M 5 2 hydrojets - 720 ch (530 kW) Puissance électrique : 10kW Équipement électronique 1 radar Decca 181-4 Équipage 4 hommes (source : site Marine Nationale)

.

Le MACHAON Y657 amarré à Brest (avril 2013) : on voit le système d'enroulement et déroulement du câble de l'antenne.

navire-militaire-penfeld 7329c

 

 

navire-militaire-penfeld 5728c

Le site mermarine.com montre des images de la récupération d'une antenne de SNA par le Phaéton à Toulon.

 

ONOMASTIQUE.

  Le dictionnaire (CNRTL) nous indique, pour l'article "caudataire", ceci :

 

"CAUDATAIRE, subst. masc. et adj. : A.− (Celui) qui porte la queue de la robe ou du manteau d'un grand personnage (pape, cardinal, roi, reine, etc.) lors des cérémonies. Synonyme. porte-queue. Gentilhomme caudataire (Ac. 1835-1932). Les cardinaux se sont avancés, (...); deux caudataires portent leur queue violette (Taine, Voyage en Italie,t. 1, 1866, p. 123). B.− P. métaph., litt. Courtisan servile 

Étymol. et Hist. 1546 (Rabelais, Tiers-Livre, éd. Marty-Laveaux, t. 2, p. 182 : fol caudataire). Dér. du lat. cauda (queue*) d'apr. légataire, donataire; cf. lat. médiév. caudatarius « porte queue » "

 

 Ceux qui ont baptisé ainsi du nom de caudataire ces navires chargés de porter et de récupérer l'antenne ont ainsi créé une très belle et très juste image, associant dans le même mot le fait que ces bateaux sont des "navires de servitude" (c'est le terme employé), et qu'ils sont chargés de dérouler et enrouler la traine ou queue du câble-antenne.

 Ils ont fait mieux, puisqu'ils ont baptisé MACHAON le caudataire de Brest, et PHAÉTON celui de Toulon.

  On apprécie mieux la finesse de la dénomination lorsqu'on apprendra que le papillon Machaon est aussi désigné par le nom de Grand Porte-queue, en raison de l'appendice qui prolonge la partie caudale de ses ailes  (voir la zoonymie du Machaon :  Balade en Baie de Douarnenez : le Machaon.

 

106c

 

 

  Quand au Phaéton, on comprend immédiatement la justification de ce choix en lisant la définition de cet oiseau de mer "de taille moyenne, nichant sur les îles océaniques des régions tropicales, et caractérisé par des plumes rectrices centrales très allongées" : c'est lui qu'on surnomme Paille-en-queue. Petit-paille-en-queue (ou Petit-paille-en-cul) pour le Phaéton à bec jaune Phaethon lepturus Daudin, 1802 ; et Paille-en-queue à brins rouges Phaethon rubricauda, Boddaert, 1783 ; ou Grand Paille-en-queue pour le Phaéton à bec rouge Phaethon aetereus Linnaeus, 1758.

 

                            (source Wikipédia)

 

L'histoire ne dit pas comment se nomment les marins composant l'équipage des caudataires de Brest et de Toulon, ni si la Marine leur impose dans leur uniforme le port de la queue-de-pie, ni comment ces porteurs de queue sont considérés par les sous-mariniers.

 

BONUS : Le tampon de la Poste Navale militaire pour le Machaon :

.

http://www.postenavalemilitaire.com/t2209-machaon

 

 

Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 17:28

La Jacinthe sauvage Hyacinthus non scriptus.

plus exactement Hyacinthoides non-scripta (L.) Chouard ex Rothm., 1944.


 

   Puisque les orchidées mâle et bouffon sont régulièrement nommées "jacinthes sauvages", je place ici cette photographie pour faire la différence ; en breton elle est nommée bokidi-koukou, pour-bran, roz-koukou ,  kilked-broen.

 


 019v

 

 C'est le port affaissé et fatigué de la tige sous le poids des clochettes qui l'a fait nommer aussi Endymion nutans, du nom de ce héros mythologique plongé dans un sommeil éternel par la déesse de la lune dont il était l'amant.


Linné, dans Species plantarum de 1753 page 316, la classe parmi les hyacinthus en suivant Bauhin et le Hyacinthus oblongo flore caeruleus major de son Pinax Theatri page 43 .

 Si le nom Jacinthe, Hyacinthus, vient des grecs Théophraste et Dioscoride, c'est au botaniste flamand Rembert Dodoens que revient en 1568 celui de Hyacinthus non scriptus, comme l'expliquent Daléchamps et Desmoulins.

 Dodoens écrit page 168 de Florum, coronariarum odoratarumque nonnullarum herbarum historia

 : cognominatur autem hic hyacinthus nons scriptus, ad differentiam nempe alteriius superius descripti qui luctus notas inscriptas habet. "Il porte maintenant ce nom pour le distinguer de l'autre décrit plus haut et qui porte les inscriptions de son trépas." (adaptation (très) personnelle).

  On estime que Dodoens a voulu marquer la différence avec la jacinthe mythologique, celle de la littérature grecque, où le héros Hyacinthe est aimé d'Apollon : alors que celui-ci lui apprend le lancer du disque, le beau Hyacinthe est frappé à la tempe par le disque et meurt ; de son sang naît une fleur, la Jacinthe, mais les larmes d'Apollon viennent marquer les pétales des lettres AIAI (hélas) (Ovide, Métamorphoses, livre X). Apollon s'écrit :


Nouvelle fleur écrite aux marques des douleurs

Tu iras imitant mes soupirs et mes pleurs

Le temps viendra après qu'un héros très illustre

Changé en cette fleur relèvera son lustre

Et en la même feuille on y lira son nom.


 Le "héros très illustre" est Ajax, dont le nom est proche d'AIAI.


  Nous comprenons maintenant pourquoi cette jacinthe des bois, dont les pétales ne portent aucun mot d'amour et de lamentation, porte l'épithète non scriptus.

 

ANNEXE : le texte latin : Trad.de A.-M. Boxus et J. Poucet, Bruxelles, 2008

 

Te lyra pulsa manu, te carmina nostra sonabunt

flosque nouus scripto gemitus imitabere nostros.

Tempus et illud erit, quo se fortissimus heros

addat in hunc florem folioque legatur eodem. ”

Talia dum uero memorantur Apollinis ore,

ecce cruor, qui fusus humo signauerat herbas,


desinit esse cruor Tyrioque nitentior ostro

flos oritur formamque capit quam lilia, si non

purpureus color his, argenteus esset in illis.

Non satis hoc Phoebo est (is enim fuit auctor honoris) ;

ipse suos gemitus foliis inscribit, et AI AI

flos habet inscriptum, funestaque littera ducta est.


"Ma lyre sous mes doigts, et mes chants retentiront pour toi

Et, fleur nouvelle marquée d'une inscription, tu symboliseras mes plaintes

Viendra aussi un temps où le plus vaillant des héros

Aura son nom sur les mêmes pétales et s'ajoutera à cette fleur.

Tandis qu'Apollon à la bouche véridique tient ces propos,

Voici que le sang, qui avait taché l'herbe en s'écoulant sur le sol

Cessa d'être du sang, et plus brillant que la pourpre tyrienne,

Une fleur éclot, qui par sa forme ressemblerait à un lys,

Si elle n'était pas pourpre et si les lys n'étaient pas argentés."


Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 21:36

Promenade naturaliste à Crozon : Cordulie bronzée, Petite Nymphe à corps de feu, Poliste, Point-de-Hongrie, Grémil prostré, etc...

 

   Tiens, le coucou ! Premier coucou, coucou tardif, tu me porteras chance, car voici bientôt les premières Aurores de la Cardamine, les premières Nymphes à corps de feu, les premières Cordulies bronzées, les premiers... Nous sommes le 30 avril, mais c'est aujourd'hui véritablement le Printemps. Ils reviennent ! Ils reviennent ! 

Notre promenade autour de l'ancienne gare de Perros-St-Fiacre près de l'étang de Kerloc'h nous ménera, en deux heures de temps, de découvertes en découvertes.

1. La Cordulie bronzée.

L'année dernière en 2012, mon article datait du 13 mai :  Cordulie bronzée et libellule fauve à Crozon. 

057c

 

 

                         086c

 

125c

 

                           134c

 

141c

 


 

2. La Petite Nymphe à corps de feu Pyrrhosoma nymphula.

193c

 


 

218c

 

La zygène :

pas encore éclose :

148c

 

Le Point-de-Hongrie: 

 

100c

 

La guèpe et son nid de pâte à papier:

246c

 

L'Araignée-loup et les œufs portés derrière l'abdomen :

 

                            236c

 

240dc

 

 

Le Grémil étalè Lithodora prostrata: la Crozonnaise, quoi !


163c

 

Les autres plantes.

 

                           185c

 

188c

 

219c

Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 12:23

 

Le "Lièvre aux pattes croisées de fatigue"

                      de Per Jaïn.


Exposition l'Art brut à l'Ouest à la Bibliothèque d'Étude de Brest ; commissaire Françoise Daniel.

Merci aux organisateurs pour cette belle exposition, et merci à la famille de Pierre Jaïn pour leur autorisation à publier ces images de leur collection.

 

1. "Le Lièvre aux pattes croisées de fatigue".

  Lui, fatigué ? Bien qu'il soit malséant d'utiliser à propos de ce lièvre un terme qui rappelle celui de  renard, je le décrirais plutôt comme goguenard. Oui oui, c'est vraiment Le Goguenard, avec tout ce que le mot, qui vient, paraît-il, de faire goguette, "se régaler", être en goguette, "être de bonne humeur", et surtout de l'ancien français gogue, "plaisanterie, raillerie", porte avec lui de taquinerie moqueuse.

  Monsieur est goguenard, il se marre in petto, c'est, avec son oreille gauche crânement inclinée, ses moustaches gasconnes, un bon vivant dont le meilleur passe-temps est de s'adosser contre le mur de son gîte et de vous regarder. Vous contempler le met en joie. Deviner votre prochaine bévue fait ses délices. Attendre patiemment que vous posiez le pied sur le râteau oublié dans l'herbe, ou que vous vous aperceviez que vous avez encore oublié vos clefs, constitue pour lui un bonheur gourmand et que vous savez renouveler avec, à son goût, un art consommé ; Monsieur est expert, il sait apprécier à sa valeur la manière dont vous vous y prenez pour arroser vos plates-bandes alors qu'il sait pertinemment qu'il va bientôt pleuvoir. 

  Plaisantin, il s'ingénie à vous poser un lapin.

Avec cela, le meilleur voisin du monde. 

 

                                  expo-art-brut-Per-jain 3756c

 

C'est à dessein qu'il a choisi ce titre : adepte du contre-pied, pour ne pas dire de la contrepèterie, il manie l'humour aussi bien que Magritte avec sa pipe. Et mine de rien, beaucoup de nos poètes farceur, nos Prévert, Dac, Queneau et notre La Fontaine, le jalousent car ils auraient bien aimé avoir le "Lièvre aux pattes croisées de fatigue" parmi les titres de leur catalogue.

 

 Ce Lièvre se suffit bien à lui-même. Qu'ai-je besoin de rajouter autre chose ? Je suis comme ma tante qui a toujours peur que les gens finissent son repas avec un petit creux. Alors je vous ai préparé :

En Deux, et du même auteur, La Femme et le Dragon. 

 

 

                                  expo-art-brut-Per-jain 3764c

 

 

                                    expo-art-brut-Per-jain 3759c

 

 

 

 Et en Trois, la Vierge de Victoire. 

 

                                expo-art-brut-Per-jain 3752c

 

 

 Cette exposition présente des œuvres de l'abbé Fouré, l'ermite de Rothéneuf, l' auteur des fameux rochers sculptés de Rothéneuf (entre Cancale et Saint-Malo), et des photographies de Gilles Ehrmann, mais je me suis intéressé à ces sculptures d'un agriculteur de Kerlaz (près de Douarnenez) Pierre Jaïn dit Per Jaïn ( 1904-1967), sculpteur sur bois, pierre et os, et connu également pour un petit orchestre de percussions bricolées qu'il avait installées à l'arrière de son jardin dans sa ferme à Kerlaz.  

  Son lièvre est présenté avec le panneau suivant : Lièvre aux pattes croisées de fatigue, entre 1955 et 1965 ; Bois sculpté, H. 72,5cm. Collection particulière. Animal aux significations multiples, le lièvre ou le lapin est symbole de fécondité, mais aussi de mauvaise augure.Ici, Pierre Jaïn personnifie un ami et voisin, reconnu pour son caractère facétieux et se moqueries (faisait-il "marcher" voire courir les gens ?) "

 

La Femme et le Dragon : œuvre présentée ainsi : "souche d'arbre sculptèe et peinte (rouge, vert, bleu), H :52 cm. Collection particulière."

La Vierge de Victoire : "entre 1956 et 1965. Bois sculpté et peint (rouge, jaune, bleu). H : 112 cm. Collection particulière. Cette sculpture polychrome est une interprétation très personnelle d'une Vierge de la Victoire, peinture sur verre espagnole du XVIIe siècle reproduite sur une carte-postale couleur détenue par l'artiste. A l'exception de la colombe du Saint-Esprit, on y retrouve des motifs floraux souvent employés par l'artiste".

 

 Je n'ai mis ici que trois tronçons de cette exposition : qu'attendez-vous ? Prenez vos jambes à votre cou et courez à la Bibliothèque de Brest voir la suite !


Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 20:10

C'était le bon temps de la peinture murale !

Une réclame pour l'apéritif Saint-Raphaël sur une maison du port de Fret (29).

  Faudrait-il la classer Monument historique ? 


 DSCN1059c

 

Faut-il la classer ? Ah, tous les nostalgiques qui ont trompé l'ennui des longs départs en vacance en Dauphine Gordini, en Aronde ou en 4L en déchiffrant ces messages multicolores, tous ceux qui ont collé, entre deux stations de métro, leur nez de mioche à la vitre pour lire les DUBO...DUBON......DUBONNET, tous ceux pour qui le coquillage SHELL, le biscuit LU, la SUZE, le BIRRH, le CINZANO le jambon OLIDA, la peinture RIPOLIN et BÉBÉ CADUM ont l'étrange et entêtant parfum de l'enfance, tous ceux là répondront en chœur CLASSEZ ! Préservez-nous ces lambeaux en ruine d'une France des petits commerces, des hommes-sandwiches, de la TSF ou de l'ORTF, de la Piste aux Étoiles et de la Deux-chevaux, des scoubidous et des porte-clefs, du hula hoop et du Jokari !

  Cette publicité pour l'apéritif St-Raphaël Quinquina montre dans un cercle l'image des "deux jumeaux" qui symbolisent les deux apéritifs, le blanc et le rouge, thème qui est apparu en 1932 (selon Wikipédia, et qui a été épurée en 1937 par l'affichiste Charles Loupot  dans un graphisme très inspiré par le cubisme, le futurisme et le surréalisme.

  Dans l'entre-deux-guerres, les deux supports publicitaires sont l'affichage et la presse écrite : chaque petite ville possède son ou ses ateliers de peinture Lettres et Décors qui réalisent ces peintures murales. 

      L'encart porte aussi la mention PUBLI-ARMOR Brest Emplacement réservé. Je n'ai retrouvé que la mise en vente en ligne d'une facture au nom de Publi-Armor datant de 1936.

 Il est possible que cette publicité soit plus ancienne, puisque le nom de marque est écrit en lettres capitales et non dans l'écriture manuelle qui lui succédera, et surtout que les deux jumeaux n'ont pas le caractère stylisé et cubique créé par Loupot.

  La peinture est très délavée, et le rouge du second personnage (un faux jumeau plus petit et plus rond) n'apparaît plus.


Repost 0
Published by jean-yves cordier
commenter cet article
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 20:24
Repost 0
Published by Lavieb Aile
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué. "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha

Recherche