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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 07:22

              Les Vierges couchées

     de la cathédrale de Chartres.

  Cet article s'inscrit dans la succession de ceux que j'ai écrits précédemment sur les Vierges en gésine dans le patrimoine religieux de Bretagne et dans les livres d'Heures. Plus généralement, il s'inscrit dans une étude sur les éléments de la maternité de la Vierge avec la succession d'articles de ce blog sur les Vierges allaitantes de Cornouailles. Voir par exemple  Vierges couchées de Bretagne : Le Yaudet, Guiaudet et Kergrist. et les 5 articles suivants, et  Virgo lactans ou miss Néné ? Les candidates du Finistère. Les Vierges allaitantes. et les articles à suivre.

 

Source : http://www.cathedrale-chartres.fr/portails.php.

Photos Lavieb-aile.

 

   S'il est un sanctuaire qui, dés son origine, fut placé sous le signe de la Vierge parturiente, c'est bien la cathédrale de Chartres. En effet, si la première cathédrale date de la fin du IVe siècle, la tradition, recueillie par les soins de l'évêque Jean Lefevre en 1389 dans la Vieille Chronique (Tractatum de aliquibus nobilitatem et antiquam fundationem carnotensis ecclessiae tangentibus)  précise qu'elle avait été précédée par un temple fondé avant même la naissance de la Vierge et dédié par les habitants à Virgo pariturae, "la Vierge qui enfantera", car ils croyaient à la venue du Christ issu d'une Vierge ; l'église en question était desservie par les pontifes des idoles.  La Légende précise encore que la Vierge ainsi vénérée était encore à venir, qu'elle n'était pas enore née et que sa statue n'honorait que son avènement prochain. Un prince du pays de Chartres, Priscus, approuvant ce culte aurait fait faire une statue d'une Vierge portant un enfant en son giron, et cette statue aurait été vénérée dans un lieu secret à coté des idoles, à l'endroit précis où se trouve l'actuelle crypte. La légende dit aussi qu'après l'Ascension du Seigneur, la Vierge étant toujours vivante, saint Pierre envoya pour évangéliser les Gaules saint Savinien et saint Potentien, qui résidèrent à Sens. Ceux-ci déléguèrent saint Edoald et saint Altin, qui se rendirent à Orléans, puis à Chartres où ils firent de nombreuses conversions, trouvèrent l'église déjà fondée en l'honneur de la Mère du Sauveur, la sanctifièrent et nommèrent, en 33 ap. J.C, un premier évêque, nommé Aventin. Il stipula que la Vierge Marie soit nommée Dame de Chartres, domina carnotensis, et celle-ci opéra des miracles.

  Cette fondation de Chartres du vivant même de la Vierge avait été affirmée en 1330 par le comte de Dreux, en 1356 par un acte de Jean le Bon, et en 1367 par Charles V, ou en 1388 par Pierre de Craon.

 

  On voit que la préexistence d'un ancien temple gaulois et païen ou d'une ancienne statue de déesse-mère gallo-romaine, loin d'être nièe, est reconnue par l'Église comme la préfiguration prophétique de l'Histoire Sainte. Pourtant aucune certitude n'est établie sur ces anciens éléments de culte.

    Si c'est la potentialité d'enfantement qui est alors l'objet du culte, ce fut par la suite aussi l'enfantement lui-même, puis l'allaitement qui fut vénéré, à Chartres comme ailleurs comme le montre l' hymne O Gloriosa domina attribué à Venance Fortunat, et chanté à Matines et à Laudes: 

O gloriosa domina, Excelsa super sidera, Qui te creavit provide, lactas sacrato ubere ! Quod Eva tristis abstulit Tu reddis almo germine.

  En réalité, la cathédrale de Chartres est, dans son programme iconographique comme dans l'esprit de Fulbert, vouée au mystère de l'Incarnation et place la Vierge à l'Enfant au centre de cette méditation.

 

  Nous ne sommes pas étonné de trouver sur les portails de la cathédrale deux représentations de la Vierge parturiente, ou Vierge en couche, ou Vierge en gésine sur son lit d'accouchée. 

  "Elle est née de parents choisis d'En-Haut, elle a splendidement brillé par ses vertus privilégiées. Elle a donné le jour au Sauveur qui l'a glorifiée au ciel, et elle n'a jamais cessé d'exercer son parrainage en notre faveur, hommes de cette terre". Fulbert de Chartres, Sermo IV, in Nativitate B.V.M. PL 141 320p.


1. Le portail occidental ou Portail Royal.

Le Portail Royal est divisé en trois baies : c'est la baie de droite qui renferme la scène qui nous intéresse.

 C'est le portail le plus ancien puisqu'il n'a pas été détruit par l'incendie de 1194, et il date de 1142-1150. La Baie droite est consacrée à l'Incarnation.

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Dans cette baie de droite, nous examinons le tympan, où trône sous la main de Dieu Marie Theotokos, Vierge couronnée portant le Fils. Dans ce tympan, où deux linteaux sont superposés, c'est le linteau 1 qui nous concerne. Il est composé successivement des scènes de l'Annonciation, de la Visitation, de la Nativité au centre, et de l'Annonce aux bergers. 

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 Nous ne nous concentrons que sur la scène de la Nativité, et éventuellement aux bergers.

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 La scène de la Nativité est décrite ainsi par le site dédié à la cathédrale (source citée): http://www.cathedrale-chartres.fr/portails/portail_royal/baie_droite/linteau1_02.php

"Marie repose sur un lit à la manière des Vierges parturientes d'origine orientale. Elle pose une main sur son ventre pour indiquer qu'il s'agit bien d'une naissance humaine. Elle porte l'autre main à son oreille pour dire qu'elle a entendu la parole. C'est parce qu'elle a su entendre et a eu la foi qu'elle a pu enfanter. "Elle a entendu et elle a cru" (Saint-Augustin)". Ses yeux sont tournés vers la petite corbeille placée au dessus du lit où repose l'Enfant emmailloté comme au Moyen-Âge. Sa tête a malheureusement disparu. Joseph est présent à la tête du lit où sa main repose en signe de protection. Il veille sur la famille , c'est sa mission paternelle. On ne voit plus que des traces de la tête de l'âne et du bœuf qui étaient à l'origine placés au dessus de l'Enfant."


2. Le portail Nord.

De même que le Portail Royal, le portail Nord est divisé en trois baies : c'est cette fois-ci la baie de gauche que nous allons admirer. Nous sommes au cœur de notre sujet puisque cette baie est aussi celle de l'Incarnation, consacrée à la concrétisation de la Promesse faite par Dieu à son peuple d'un Sauveur : ici est illustré l'affirmation du symbole de Nicée : "Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l'Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme".


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Dans cette baie, nous observons le tympan, et dans ce tympan, le linteau.

Au passage, nous constatons que ce tympan est consacré à l'Adoration des Mages, où Marie, assise sur un trône, tenant son Fils, est honorée dans l'épanouissement glorieux de sa maternité.

 

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 Le linteau est divisé en deux parties : celle de droite est consacrée à l'Annonce faite aux bergers, et nous constatons vite le parallélisme avec le portail sud. Mais ici, six anges tiennent une banderole de part et d'autre d'un pilier central, symbole christique qui fleurit en feuilles de la vigne eucharistique. Nous voyons aussi que Joseph est placé dans la scène de droite, à l'écart, appuyé sur un bâton ou une canne. Il est assis au pied du lit, qu'il regarde. Il ne participe en rien à la Nativité dont il n'est que le témoin privilégié.

  La Vierge en gésine, allongée sur son lit d'accouchée, vêtue d'une tunique, la tête recouverte d'un voile qui cache la quasi-totalité de sa chevelure, se redresse grâce à l'appui de coussins et de la forme du lit ; elle désigne de la main gauche l'Enfant. Celui-ci a trouvé place dans la mangeoire de l'âne et du bœuf, qui posent leur museau sur le corps emmailloté du Nouveau-né.

  Un accessoire évasé est suspendu à droite. C'est paraît-il une lampe, métaphore de la lumière que Jésus apporte au monde.

  Le visage de la Mère de Dieu n'a pas cette grâce souriante et radieuse de certaines représentations, et la partie basse, large pour ne pas dire lourde, évoque celui des Matrones romaines.

http://www.cathedrale-chartres.fr/portails/portail_nord/baie_gauche/linteau.php

 

Le vitrail de la Nativité des baies du Portail Royal (XIIe siècle).

 

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La baie 114, lancette droite : Nativité.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 21:11

     Orchidées sauvages de Crozon.


  Mes identifications s'appuient sur le remarquable guide Les Orchidées en Presqu'île de Crozon de Paule et André Ragot mais sont celles d'un débutant et sujettes aux erreurs. Ces auteurs ont cartographiè depuis 1995 23 espèces d'orchidées sur les 34 recensées en Bretagne, avec une estimation globale de près de 200 000 pieds sur la Presqu'Île, et quelques sites très riches comme la zone Lostmarc'h-la Palud, et l'Anse de Dinan. Je m'attarderai sur l'un d'eux.

  La "cuvette aux orchidées".

Un site est d'intérêt particulier : il s'agit de ce qui a acquis la dénomination de "cuvette aux orchidées" . Celle-ci se situe dans l'Anse de Dinan, au sein des dunes intra-dunales de Kersiguenou. Elle est d'origine anthropique puisqu'elle a profité de  l'implantation d'une ancienne carrière de sable qui, à la fin des années 1960, répondait à l'importante demande de sable nécessaire au bétonnage de la base opérationnelle de l'Île Longue. Cette étendue de 7000 m² de surface et d'un mètre de profondeur a été ainsi mise à nu, ce qui a favorisé le développement d'espèces pionnières comme les orchidées. On y dénombre actuellement douze espèces différentes, dont deux plantes d'intérêt communautaire, le Liparis de Loesel, identifié pour la première fois en 1999 et le Spiranthe d'été , mais aussi l'Orchis moucheron, l'Orchis des marais, l'Orchis pyramidal, l'Orchis de Fuchs, l'Orchis incarnat, l'hybride Fuchs / Incarnat, l'Orchis à fleurs lâches, etc... En outre, on trouverait (dossier Natura 2000 FR5300019) à Kersiguénou la carotte sauvage de Gaudeceau, la Renouée de Ray, la Renouée maritime, ou selon le Conservatoire de Brest (M. Goret, 2009) Cynoglossum officinale et Equisetum variegatum dont c'est l'unique station du massif armoricain.

  La population de Liparis de Loesel qui atteignait plus de 1000 pieds en 2002 y est soigneusement suivie ( MAGNANON S, ANNEZO N., 2002 ou MANAC'H A.,  1993, Note sur les orchidées de Kersiguénou (Crozon-Finistère), ERICA, n°4 ) notamment par le Conservatoire de Botanique de Brest, et le site qui est la propriété Espace Naturel Sensible (ENS) du Conseil Général bénéficie d'une gestion par un programme multipartenarial associant fauchage avec exportation, coupe des saules, arrachage manuel des petits pieds d'herbe de la pampa, arrachage mécanique des pieds plus gros, raclage-étrépage, gyrobroyage.


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L'Orchis à fleurs lâches Anacamptis laxiflora (Lam.) M.C. Chase, 1997.

Lieux : Kersiguenou et Trésigneau.

Dates : 7 et 13 mai 2012.

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Anacamptis laxiflora et femelle de Polyommatus icarus (Azuré commun, Azuré de la Bugrane) :

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Anacamptis laxiflora et Lycaena Phlaeas (Cuivré commun) :

 

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l'Orchis pyramidal Anacamptis pyramidalis (L.) Rich., 1817 

Lieu : Lostmarc'h puis la Palud.

date :  24 mai 2012.

Kersiguenou, 12 juin 2012, à profusion.

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Le Serapias à petites fleurs Serapias parviflora Parl., 1837.

Lieu : Trésigneau.

Date : 13 mai 2012.

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La Listère à feuilles ovales Listera ovata (L.) R.Br., 1813: 

Kersiguenou, 7 mai 2012.

 

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  L'Orchis des bruyères Dactylorhiza maculata ericetorum .

St Hernot, tourbière, 22 mai 2012

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L' Orchis de Fuchs Dactylorhiza fuchssi (Druce) Soó, 1962

Il a été nommé en hommage à Leonhart Fuchs (1501-1566), botaniste allemand célèbre et professeur de médecine à l'Université de Tübingen.

Kersiguenou, 12 et 16 juin 2012

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L' Orchis incarnat Dactylorhiza incarnata (L.), Soô, 1962

Kersiguenou, 12 juin 2012.

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L' Hybride d'Orchis de Fuchs et d'Orchis Incarnat Dactylorhiza fuchssi x incarnata.

   Lorsque je suis rentré de ma récolte photographique du 12 juin, j'ai été incapable de m'y reconnaître correctement entre les différents clichès de Fuchs, d'Incarnat et des images restantes.

Je suis donc retourné sur le terrain avec le petit livre de Paule et André Rageot et j'ai mis de l'ordre dans mes idées:

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    L'Orchis de Fuchs a des feuilles maculées, il m'est apparu plus petit (alors qu'il peut atteindre 25-40 voire 60 cm!) et moins fourni en fleurs que les deux autres , et ces fleurs étaient roses pâles. Au cours de la floraison, les fleurs du haut ne sont pas encore ouvertes, ce qui donne une forme triangulaire à l'inflorescence. Je m'attachais à retrouver l'aspect effilé et plus long du lobe médian du labelle. Les dessins sobres à l'encre violette faisaient prédominer les lignes plutôt que les points ou tirets.

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L'orchis incarnat était celui dont les feuilles, hautes, verticales, pointues, n'étaient pas maculées. Les pieds étaient  plus haut que l'espèce  précédente, et ses fleurs, de couleur plus soutenue, plus lilas-mauve que rose, denses, serrées entre elles, possédaient un labelle plus long qui retombait verticalement; il était parsemé de petits points, et je  voyais surtout cette ponctuation plutôt que "le dessin en double boucle" donné comme caractéristique par Rageot & Rageot. 

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L'Hybride Fuchs x incarnata était nettement plus haut et son inflorescence était cylindrique. Les feuilles maculées me permettaient d'être sûr de ne pas le confondre avec l'incarnat, mais ses fleurs étaient aussi très différentes, avec un dessin à base de lignes roses. 

Sur cette photo, l'orchis incarnat est à gauche (*) et les hybrides à droite, beaucoup plus haut (**).

 

 

 

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Voici donc mes clichés de ce fameux hybride : 

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L'Épipactis des marais Epipactis palustris (L.) Crantz, 1769.

Kersiguenou, 12 juin 2012

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l'Ophrys abeille Ophrys apifera Huds., 1762.

Kersiguenou, 22 mai 2012

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   Le Liparis de Loesel Liparis Loeselii (L.) Rich, 1817.

  Lieu : Kersiguenou

Date : 1er juillet 2012

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L'Orchis moucheron Gymnadenia conopsea (L.) R. Br., 1817.

 

Lieu : Kersiguenou

Date : 1er juillet 2012

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 Un autre site : La Palue :

 

1. Ophrys sphegodes,

            l'Ophrys araignée à La Palue (Crozon).

 

                                                 Tous mes remerciements vont à Michel David, président de la section locale de Bretagne Vivante.

 

 

  Selon l'excellent guide Les orchidées en Presqu'île de Crozon de Paule et André Rageot, l'Ophrys sphegodes est la première orchidée  que l'on puisse observer en Presqu'île, de la fin mars à mi-avril. Une station dans les arrière-dunes de La Palue est régulièrement suivie et, cette année 2013, on y comptait sept à huit pieds : c'est dire la fragilité de cette implantation dans un site extrémement apprécié des surfeurs ou des randonneurs, et menacé par l'embrousaillement de parcelles, privées ou publiques, jadis cultivées et donc entretenues, mais qui sont vite envahies par l'ajonc, le prunus ou le saule.

 Les conditions ont été éprouvantes pour les plantes cet hiver et en ce début de printemps où les températures matinales étaient proches de 2°C. Aussi des rosettes prometteuses ont vu leur floraison grillée par le gel.

  Les images que je donne sont celles des deux fleurs "présentables" dans ces conditions, et on trouvera ailleurs des images de spécimens aux tiges et feuilles moins pâles.


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 2. L'Ophrys brun silloné

           Ophrys sulcata P. DEVILLERS & J. DEVILLERS-TERSCHUREN 1994,

21 avril 2013

 

 

 

 

 

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Origine du nom :

du latin sulcata, "silloné", en raison du sillon longitudinal très prononcé des fleurs, qui se prolonge jusqu'au lobe central.

 

Il procède d'une publication dans Les Naturalistes Belges, supplément Orchidées Hors-série : Devillers, P. & Devillers-Terschuren, J. 1994.- Essai d’analyse systématique du genre Ophrys. Natural. belges 75 (Orchid. 7 suppl.): 273-400.  

 C'est une espèce méditerranéo-atlantique du groupe fusca (brun), qui atteint en Bretagne, et a fortiori à la pointe de la Presque-Île de Crozon, sa limite septentrionale.

 

Liens : 

Le site de François Seïté et Brigitte Lorella

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 23:03

 

    La Cordulie bronzée Cordulia aenea

       et la libellule fauve Libellula fulva

           à Crozon

Lieu ; étang de Kerloc'h à Crozon

date : 12 mai 2012.

  Deux espèces précoces d'anisoptère, qui partageaient le même terrain de chasse et les mêmes zones d'atterrissage.

 

I. Cordulie bronzée Cordulia aenea (Linnaeus, 1758) Downy Emerald :

 Jeune (proche de l'emergence, les yeux n'ont pas encore leur beau vert émeraude) mâle.

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II. Libellule fauve Libellula fulva Müller, 1764 Scarce Chaser:

 

Jeune femelle : 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 22:56

            Plouezoc'h, 6 mai 2012 :

     Gomphe joli, Gomphus pulchellus Selys, 1840

 

Nom scientifique :

  • nom de genre : Gomphus, Leach, 1815 du grec gomphos, "clou, coin, cheville", en raison de la forme en massue de l'abdomen des mâles.
  • nom d'espèce : Gomphus pulchellus, Selys, 1840, Monographie des Libellulidées d'Europe : 83, Roret, Paris. du latin pulchellus, "joli, charmant". Le nom avait été choisi par Stephens qui l'attribua à un specimen de sa collection, mais sans le décrire. voir : http://books.google.fr/books?id=0BQOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

  Les ailes brillantes témoignent d'une émergence récente.

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 20:47

 

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         Église de Guimaëc : Anne trinitaire.

 

    Ce groupe de bois polychrome du XVIIe siècle est placé à gauche de la chapelle de la Vierge, chapelle latérale gauche de l'église, alors qu'à droite de l'autel de chapelle se trouve les statues de saints Côme et Damien, taillé selon René Couffon dans la même pièce de bois.

    Sainte Anne est ici debout, tenant son livre fermé sous le bras droit. Les deux femmes sont placées l'une derrière l'autre, tournées de trois-quart vers la gauche, assez semblables par le voile qui recouvre leur tête, par leur visage aux joues rondes et rubicondes, mais la Vierge est de taille inférieure presque de moitié par rapport à sa mère, le sculpteur ayant trouvé l'artifice de la placer debout sur une sorte de tabouret afin que les trois visages de la grand-mère, de la mère et de l'enfant s'alignent en un cône. Les deux bras repliés puis  les deux pans à large courbe des étoffes participent à former dans sa partie basse cette large diagonale du cône, définitivement souligné par le galon doré des manteaux, dont la ligne se poursuit jusqu'aux pieds de l'Enfant-Jésus. Celui-ci rompt le mouvement levogyre des corps en nous faisant face pour nous bénir de la main droite, tout en maintenant à gauche ce globus crucigère qui le désigne comme Salvator Mundi, Sauveur du Monde.

   Si on considère la partie basse, on peut voir les socles des pieds des deux femmes comme les  degrés d'un escalier, d'une échelle spirituelle qui, à travers le mystère de la conception virginale de Marie dans le baiser de la Porte Dorée, puis à travers celui de la conception virginale de Jésus lors de l'Annonciation (avec intervention dans les deux cas d'un ange) réalise le dessein divin de l'Incarnation. Le chérubin sculpté sous les pieds de la Vierge, et celui qui s'affiche au sommet des rinceaux de la niche, ne sont pas seulement décoratifs, et si l'on sourit de voir les faces joufflues des Putti reprendre, comme un leitmotiv, les rougeurs épanouies des saints personnages qu'ils accompagnent, on comprend aussi qu'ils balisent un espace sacré 


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      N.B : selon René Couffon (Nouveau Répertoire des Églises et Chapelles ), le presbytère renferme un autre groupe trinitaire où Anne présente une grappe de raisin à Jésus que la Vierge porte sur ses genoux : il provient de la chapelle du Christ.

 

Poursuivre la visite :

Saint Côme et Damien (XVIIe), les frères jumeaux, chirurgiens qui ne se faisaient pas payer : ils ont bien mériter qu'on les qualifient d'anargyre, qui n'acceptaient pas d'argent. C'était il y a très longtemps (au IIIe siècle) et très loin d'ici (en Arabie).

   Ils respirent la santé, et leurs bonnes couleurs (dues aussi aux vertus du bon air breton) font de la publicité pour leur clinique.

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Mes autres coups de coeur, dans le désordre :

L'Ange buccinateur du Jugement Dernier, à la place de l'ancienne chaire :

avec l'inscription Surgite mortui, venite ad Judicium : Levez vous, les morts, et paraissez au Jugement.

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  Ce qu'il reste d'un arbre de Jessé (conservé dans la sacristie) :

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 Avant 1963, le Dr Louis le Thomas l'avait vu au presbytère, déjà réduit à la Vierge-Mère, Jessé et la Démone : seuls ces deux derniers demeurent aujourd'hui les témoins d'une belle oeuvre.  Le tronc de l'arbre débute son élévation, prenant racine dans la poitrine du père de David. La Démone à torse dénudé se tient cambrée et redressée, comme sur l'arbre de St-Aignan, et avance sa main, ou plutôt sa patte réduite à une serre tridactyle étreignant un objet énigmatique (L. Le Thomas).

  La Vierge était, paraît-il, "frustre" et l'ensemble "écrouté" : sans regret.

Il provient de la chapelle du Christ, qui date du XVIe siècle.

 

  La Vierge à l'Enfant :

Cette vierge couronnée provient de la chapelle Sainte-Rose de Lima. 

 

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Christ en croix vêtu d'une robe

  venant de la chapelle du Christ, au nord du bourg  : le Christ porte une robe pourpre et la couronne fleurdelysée.

 

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 Joseph d'Arimathie

provenant de la chapelle du Christ ; il provient d'un Sépulcre et tient le suaire.

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Saint Laurent

également déplacé ici depuis la chapelle du Christ, il tient le grill de son supplice

 

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Saint Dominique 

 de la chapelle du Christ, accompagné de son chien.

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Saint Mélar : XVIe

  : il tient en main une prothèse main-poignet , celle que l'on lui fit réaliser après que son oncle lui ait coupé la main droite et le pied gauche. Miraculeusement, il parvenait à faire remuer les doigts de cette prothèse d'airain.

  Fils du roi Miliau (celui de Guimiliau) il porte la couronne royale qui lui serait revenu de droit si son oncle n'avait pas assassiné le père et mutilé le fils avant de le faire décapité. Ici, il a encore la tête sur les épaules, comme à Lanmeur mais à Plouezoch la paroisse voisine il est représenté en saint céphalopode, portant sa tête sous le bras.

Une chapelle Saint-Mélar du XVIIe était en ruine sur la paroisse en 1880 et a été rasée en 1903. Mais cette statue proviendrait, là encore, de la chapelle du Christ (R. Couffon).


DSCN3564c

 

Saint Eloi 

guimaec 3540c


Saint Maëc :

 

guimaec 3520c

 

Saint Fiacre :


guimaec-3535c.jpg

Saint François d'Assise :

provenant de la chapelle Notre-Dame de la Joie.

 

guimaec 3542c


Sainte Rose de Lima :

Une chapelle sainte-Rose de Lima, actuellement détruite, existait à Poul-Roudou, et dépendait de la seigneurie de Kervéguen.

  Sainte Rose de Lima (Lima,1586-1617) est la patronne des Amériques et la première sainte du Nouveau Monde, canonisée en 16

 

guimaec 3541c

 

Tableau de Saint Roch et de Saint Éloi,

"tableau sans mérite signé "BLEVIN 1790" " (R. Couffon) ; une chapelle saint-Roch, détruite, a servi de mairie à la fin du XIXe siècle.

guimaec 3545c

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:01

      L'église Saint-Pierre de Plougasnou (2)

    Autres statues ; bannières.

 

DSCN3639c7

 

Statue de saint Pierre, patron de l'église, et cadran solaire.

 

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plougasnou 5500c

 

 Cadran à 24 rayons ; signification ? 

plougasnou 5502c

 

Deux anges portant des armoiries :

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II. Statues :

Évêque 

Chêne polychrome, XVIe, provient de la chapelle St-Sébastien à Kermouster :


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Saint Samson

Chêne polychrome, XVIe, provient de la chapelle Saint-Sébastien à Kermouster :

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Saint Sébastien: 

Chêne polychrome, XVIIe, provient de la chapelle St-Sébastien de Kermouster :

 

statues 3575c

 

 

 Autre statue de saint Sébastien :

Chêne polychrome, fin XVIe, provient de la chapelle Saint-Sébastien à Kermouster.

statues 3578c

 

 


      II. Bannières :


Bannière Le Minor,

  juillet 2006, sur des cartons de Jakes Derouet, et brodée par A.M. Fleiter et P. Cassard. Elle est consacrée à Saint Pierre et à Saint Samson.

 

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Bannière de l'Immaculée Conception :

XXe ?

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 09:39

           Église de Plougasnou :  

                       Anne trinitaire

Voir aussi : Groupes de Sainte-Anne Trinitaire de la vallée de l'Aulne.

 

Groupe dit Anne trinitaire ( étiquetée ici Sainte Parenté ) :

Statue en bois polychrome du XVIe siècle. Sainte Anne est de taille adulte, elle se tient assise, la tête couverte d'une guimpe, vêtue d'une robe verte, les pieds reposant sur un piédestal. La Vierge est représentée, relativement à sa mère, comme une enfant ; elle est couronnée, ses cheveux non retenus tombent devant et derrière les épaules, elle endosse un manteau bleu à revers doré et porte des chaussures rouges : elle présente à son fils un livre, ouvert, à la tranche rouge. Ce livre, symbole de la transmission du savoir, de la tradition mais aussi des Écritures, c'est-à-dire du dessein de Dieu pour son peuple (Ancien Testament) sert d'espace transitionnel pour Jésus, en ce sens qu'il n'est pas un bien que le parent vient imposer à l'enfant, mais un lieu d'échange (ou de jeu) amenant l'enfant à participer activement, ce qui est apparent ici où Jèsus, à l'exemple de sa mère, pose un doigt sur la page. La question de savoir si c'est déjà Jésus qui, en sa nature divine, enseigne à sa mère une interprétation qui ouvrira au Nouveau Testament, ou bien si, comme un enfant de cet âge, il développe simplement les pouvoirs de son imagination ou de sa créativité dans un éveil à l'échange et à la relation ne trouve heureusement pas de réponse dans cet oeuvre, ce qui lui confère sa féconde capacité à nous faire, nous aussi, participer à sa création.

   A la différence d'autres groupes trinitaires, Anne reste extérieure à ce champ d'interaction, qu'elle se contente de cadrer. Son regard bonhomme, presque amusé, très humain, n'ote rien au caractère hiératique de sa posture et à la figure géomètrique de son siège, symboles prè-chrétiens de la Maternité primordiale : ce sont les caractéristiques de la Yakshini indienne comme des matronae ou matres gauloises (groupées souvent par trois), figures de la maternité (tenant un ou deux enfants) ou de l'abondance (tenant une corbeille de fruit).


                                  ste-anne-3563c.jpg

 

  Autres figures d'Anne, de la Vierge et du Christ.

Commençons par la plus belle :

1. L'éducation de la Vierge.

Ce groupe en pierre blanche provenant de Bourgogne (Auxois) daté du XVe siècle provient de la chapelle Saint-Yves à Kermaria. Classé M.H au 30/01/2007, on souligne son intéret remarquable pour le traitement des drapés, la chevelure de la Vierge et la guimpe à ruché.

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Vierge de pitié

Chêne polychrome du XVe siècle, provenant de la chapelle Notre-Dame de Pitiè à Kersaint, transférée à Pontplaincoat en 1856, classée M.H le 24/01/1979. (volée le 5/6 novembre 1992)

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?

Pierre blanche

autrefois polychrome, récemment restaurée 

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Vierge de poutre de gloire

Chêne polychrome, début XVIIe, provenant de la chapelle Notre-Dame de Pitié de Pontplaincoat

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L'éducation de la Vierge

Terre cuite, XIXe siècle.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 08:46

            Église de Saint-Jean-du-Doigt :

              les inscriptions et les bannières.

 

I. Inscriptions.


1. Porche sud : inscription de dédicace, 1513.

statues-et-inscriptions 3467c

 

On en trouve la transcription sur le site infobretagne http://www.infobretagne.com/saint-jean-du-doigt.htm : 

Le XVIII jour de nove(m)bre l'a(n) MVCXIII fut l'Eglise de Céa(n)s dédiée p(ar) Anthoi(n)e de Grigneaulx Evesque de Tréguier.

  Muni de ce sésame et confronté à l'inscription, il est néanmoins difficile d'en retrouver les termes. Il faut noter que la lettre n est remplacée par un tilde ~ (ici une barre losangique) suscrit, que le -s- du mot "église" est aussi remplacé par un tilde, que les lettres -de- sont conjointes,  et que les lettres gothiques sont accolées pour tracer en dessous et en dessus un effet de dent de scie et que la ponctuation par point et deux-points s'insére dans le texte sans aucun espacement. Je lis ceci :

Le :  XVIII . jo. de . no

ve~bre . la~ . MVcXIII : 

fut . leglise . de . ceãs . d

edi . p . ãthoi~e . de . gr

ignaux . evesqu

e . de . treguier

 

Antoine de Grignaux, abbé de Saint-Sauveur de Redon, fut nommé évêque de Tréguier par la duchesse Anne en succession de Jean Callouët, et il exerça ses charges épiscopales  du 22 novembre 1505 au 16 novembre 1537, date de sa mort à Loches. On signale à son propos sa dévotion envers Saint Goneri, dont il développa le culte en instituant sa fête au premier mardi d'avril. On le mentionne aussi sous le nom d'Antoine de Talleyrand, cette famille se rattachant aux seigneurs de Grignols, et on rappelle son origine périgourdine. Il portait "de gueules aux chevrons d'or accompagné de trois croix potencées de même", armes qui se trouvaient à gauche de cette inscription avant qu'elles ne fussent martelées.

 

2. Pilier devant l'entrée par le porche sud.


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On y lit, dans une superbe écriture gothique : M . P : Chevalier fist : faire

Je remarque comment les lettres du mot "chevalier" sont conjointes au niveau du -he- et du- ier-, le -e-de ce dernier groupe perdant sa graphie pour mieux répondre à l'objectif d'une cadence faisant se succéder les traits verticaux et les dents de scie de la ligne supérieure.

  En 1909, A. de la Borderie écrivait (Bull. S.A.F p. 348) : "Un cul de lampe qui portait jadis une statue portait l'inscription : M.P. Chevalier fist faire. On a cru que c'était le nom de l'architecte. C'est certainement celui du donateur de cette statue". Il est étonnant que ce pilier ait été confondu avec un cul de lampe.

Les deux premières lettres correspondraient à des initiales, celles de Marc'hec Prigent.

Celui-ci fut chanoine de Tréguier, recteur de Plougasnou en 1460 ; il portait "d'argent au sautoir d'azur chargé de cinq annelets d'argent" et Pol Poitier de Courcy décrit la famille "Marc'hec (Le) sr de Kervoaziou et de Pontlanger, paroisse de Plougaznou, Ref. et monstres de 1423 et 1543.". Ce chanoine était-il chevalier ?

  Le fief d'origine, Pontangler, actuellement Pont ar Glec'h, Pont ar Gler, trouve son origine toponymique dans le breton pont ar Kloer (le pont aux clercs) ou pont ar glec'h, pont du lieu à rouir le lin.

  Mais je ne suis pas certain de la validité de cette lecture. Il se trouve que le patronyme Marc'hec signifie "chevalier", et que certains membres de famille Marhec sont nommés indifféremment "Marc'hec ou Chevalier". Faut-il lire "Messire Prigent Chevalier fist faire" pour "Messire Prigent March'ec fist faire" ?

3. Au dessus du dernier pilier droit avant le choeur :

selon Infobretagne: http://www.infobretagne.com/saintjeandudoigt-eglise.htm : on lit :

M:I: marec : rector de ceste paroesse : tresorier de Cornouaille et chãne

de treguier.

Personnellement je ne parviens pas à déchiffrer autre chose que les premières lettres, qui seraient les initiales de Jean (Iean) Marc'hec, trésorier de Cornouaille en 1425, recteur de Plougasnou

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4. Au dessus du dernier pilier gauche avant le choeur :

  Placé symétriquement à la sculpture précédente, comme deux donateurs présentés en orant sur un vitrail ou un tableau, cette inscription est très proche de la précédente mais ne comporte que deux parties.

  Toujours selon Infobretagne, il faut lire : M : p . militis. canonicus trecor : (vertical)

r: de : kemper.guezenec. (horizontal)

Cela désignerait Prigent March'ec. Une traduction serait : M. p. soldat? (ou plutôt officier) chanoine de tréguier, recteur de Quemper-Guezennec.



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 II. Bannières :

Une bannière faite aux ateliers de la Maison Le Minor de Pont-L'Abbé en juin 1957 est venue remplacer la bannière de pardon qui avait brulé dans l'incendie de 1955 : il y est indiqué qu'elle a été faite sur les cartons de Jo. Le Corre. Elle est bien-sûr consacrée à Saint-Jean-Baptiste.

 


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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 09:43

 

 

Les vitraux de Louis-René Petit à Saint-Jean-du-Doigt (29).


 

 


    C'est un ensemble de 10 verrières couvrant une surface de 80 m², remplaçant l'ensemble des vitraux du XVIe siècle détruits par l'incendie du 5 novembre 1955. Ils ont été mis en place en 1989-1991 et inaugurés par Mgr Guillon évêque de Quimper le jour du pardon de Saint-Jean le 24 juin 1990.

  J'emprunte au site Infobretagne http://www.infobretagne.com/saintjeandudoigt-eglise. l'image suivante qui permettra de situer les vitraux (désignés V1 à V10). J'ai appliqué des régles de numérotation différentes, celles du Corpus Vitrearum, numéro pair au sud, impair au nord. Je renvoie au site infobretagne pour la documentation historique complète de cette paroisse et de l'église, ainsi que pour l'inventaire photographique :

Saint Jean du Doigt : église

 

 DSCN3551c

Le chevet est éclairé par trois baies (Maîtresse-vitre, baie 1 et baie 2) au tympan de style flamboyant de la deuxième tranche de construction entre 1460 et 1470.

I. La maîtresse-vitre ou Baie 0.

Six lancettes de 11 panneaux, à tête trilobée et un réseau comportant une rosace. Remplage flamboyant. Élévation : 11 mètres.

Thème : le baptême du Christ et la Transfiguration. Ou, d'après les indications de l'artiste en 2005 sur son site http://www.louis-rene-petit.org/spip.php?article9, " la Nuée précédant le Peuple de Dieu, l'ouverture du Ciel, la couleur soutenue par l'espace, l'ombre devient transparente".

  Selon Maurice Dilasser, "Le fin réseau gothique de la haute fenètre évoque l'Église, Jérusalem céleste. Les tâches de couleur vives aux formes d'algues rappellent le printemps et la mer toute proche à l'est, et l'automne aux teintes chaudes mais qui s'éteignent dans la gravité du couchant, à l'ouest." (Patrimoine religieux de Bretagne, Le télégramme, 2006, p. 198)

 

                                     vitraux 3443c


 vitraux 5494cc

 

 

 

                                 vitraux 5496cc

 

II. Baies du coté droit ou sud B2 à B6  du choeur vers le fond de la nef :

 

Baie 2, chevet  : trois lancettes trilobées de quatre panneaux. Remplage flamboyant.  Réseau en un groupe au sommet de  sept ajours et deux groupes latéraux de neuf ajours, plus deux écoinçons :

                                  vitraux 3441c

 

Baie 4  de deux lancettes trilobées de quatre panneaux  et réseau de sept ajours:

                                       vitraux 3440c

 

Baie 6 : deux lancettes de quatre panneaux et réseau de quatre  ajours (quatre-feuille, 2 mouchettes, 1 écoinçon).


                                      vitraux 3438c

 

Baie 8  dans la chapelle : à deux lancettes trilobées de trois panneaux et réseau à trois quatre-feuille et une pièce en losange : 

Louis-René Petit indique sur son site cette citation d'Isaïe : "comme un veilleur attend l'aurore".

                                 vitraux 3436c

 

Baie 10  dans la chapelle : " l'arbre de Jessé" à trois lancettes trilobées de cinq panneaux et réseau de cinq mouchettes et deux écoinçons :

Commentaire de L.R. Petit : "De la nuit des temps s'érigera la racine de Jessé comme un signal" (Isaïe)"

 Pour Maurice Dilasser (op. cité) " Le vitrail méridional fait transition. Sa partie basse évoque l'occident et la terre, et à son sommet, l'orient et le ciel. Entre les deux, l'échelle de l'arbre ou de la croix, lien des saisons et des généalogies".

                                vitraux 3433c

 

Baie 12  à deux lancettes trilobées de trois panneaux et réseau de huit ajours :

Ce jour-là, la lumière mettait mal en évidence le contraste entre les parties bleutées et les parties jaunes, qui motivent le commentaire de Louis-René Petit : " Tout espace, toute vie a son coté lumière et son coté ombre".

                               vitraux 3432c

 

 

III. Baies placées au nord B1 à B3 :

Baie 1  à trois lancettes trilobées de cinq  panneaux  et réseau de 14 ajours. Remplage flamboyant: 

Très partiellement masquée par le grand pavois d'une maquette ex-voto.

                                      vitraux 3446c

 

Baie 3 à deux lancettes trilobées de trois panneaux et réseau de sept ajours :


                                               vitraux 3449c

 

IV. Baie de la facade occidentale :

Quatre lancettes trilobées de neuf panneaux et réseau de 32 ajours. Signature en bas à droite.

                            vitraux 3451c

 

 

V. L'artiste : Louis-René Petit (Melun, 1934-2007):


vitraux 5493c

Peintre verrier diplômé de l'école nationale des Métiers d'Art, il a ouvert un atelier à Orléans puis dans les Alpes-de-Haute-Provence, et a réalisé de très nombreux vitraux parmi lesquels :

  • église Saint-Saturnin de Saint-Sornin (Charente-Maritime) 19
  • Saint-Jean-du-Doigt
  • Eybiens
  • Saint-Benoît-sur-Loire
  • Montier-en-Der
  • Saint-Sauveur-de-Givre-en-Mai
  • Abbaye de Sénanque (1994 et 2001)
  • église Saint-Saturnin, La-Forêt-Sainte-Croix (Essonne) 2002
  • église Saint-Martin, Saint-Martin-en-Brière, 2001
  • église Saint-Blaise, Usclades (Ardèche), 2003
  • Rasdorf en Allemagne, 2003
  • église Saint-Saturnin à Saint-Brice, 2005

En Bretagne, on lui doit les verrières de Sizun (29) en 1989, d'une chapelle à Lanrivain (22) en 1995, de Saint-Servan (35) en 1973 et Le Minihic-sur-Rance (35) en 1993.

  Il fut co fondateur du groupe de verriers HYALOS en 1977, puis du groupe TRANSPAROIS en 1989. Le Centre International du Vitrail de Chartres écrit de lui : " il appartient à cette génération d'artistes qui explorent les ressources expressives des matériaux et nouvelles techniques pour dépasser l'approche traditionnelle du vitrail fondée sur le verre mis en plombs. En 1974, il use avec sensualité et poésie de la technique de la dalle de verre pour le préau du collège du Grand-Pré à Montargis : il réussit à rendre dans la masse du verre des formes colorées en vert proprement stupéfiantes, qui ressemblent à de lourdes gouttes d'encre se dissolvant lentement dans de l'eau. "

  L'un de ses principes fut de "dissocier les couleurs du graphisme du plomb", principe qu'il illustre par ce détail de la maîtresse-vitre de Saint-Jean-du-Doigt qui montre le passage des couleurs à travers les plombs sur des verres plaqués dégradés à l'acide, et l'autonomie du graphisme des plombs: 

 

(site de L.R.Petit)

  Cet artiste nous incite à découvrir toutes les innovations dans le travail du verre par les maître-verriers contemporain : cuisson, surcuisson, trempage, découpage au jet d'eau, contrôle des recuits et des tensions, soufflage de "cives" comme les décrivaient le moine médiéval Théophile par Gérard  Garrouste, recherche par Soulages à Conches d'un verre blanc translucide mais non transparent avec le Laboratoire de Saint-Gobain et le maître-verrier Fleury, et enfin expérience par Louis-René Petit de trempage vertical permettant de travailler le décor de grisaille, de jaune d'argent et d'émaux sur les deux faces du verre.

  Ces éléments techniques sont bien difficiles à comprendre pour un néophyte, mais face à un vitrail non-figuratif ou même abstrait, le spectateur est mis au défi de dépasser sa manière habituelle d'appréhender une oeuvre par son coté "anecdotique" (en reconnaître le sujet et apprécier comment il est rendu de manière originale et quelles émotions y ont été exprimées) pour en découvrir la matière pensée. C'est Soulages qui préconisait de penser la lumière : nous-voilà amenés, au XXIe siècle, à ne plus regarder le motif d'une oeuvre, mais à en observer les rythmes, le jeu des ombres et des lumières, les vibrations, les données immatérielles, et donc spirituelles. L'abbé Suger de Saint-Denis écrivait au XIe siècle que "l'esprit stupide s'élève à la vérité grâce à ce qui est matériel", mais le matériau qu'est le verre tient son génie paradoxal d' épurer sa matérialité pour la mettre au service de la lumière et de la couleur.

  Pour ce changement de regard, nous avons besoin de guides qui viendraient nous faire découvrir l'aspect technique des oeuvres : leur mise en oeuvre concrète, expliquant la fabrication du verre, l'utilisation des plombs, les dangers de surtension ou ceux de choc thermique et de casse et comment ils ont été maîtrisés ici, tout cela au service d'une pensée esthétique. 

  Ma première réaction face à ces vitraux a été d'évoquer une influence japonisante, et de voir les taches rouges, rosées, blanches ou vertes comme celles qui constellent une estampe de cerisiers en fleurs. Qui sera le critique qui m'initiera à dépasser cette gentille idée? 

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 21:58

Église Saint-Pierre et Saint-Paul de Langonnet :

              L'art sulpicien.

  Pour une fois, ces exemples de la production de l'art religieux du XIXe-début XXe siècle ne sont pas relégués dans un placard de sacristie, dans l'obscurité d'un fond de chapelle ou au sommet d'une tribune inaccessible, voire à l'intérieur d'un confessional désaffecté et recoivent de la part des fidéles le culte auquel ils étaient destinés, rehaussant de leurs franches couleurs l'austérité d'une architecture romane que les cisterciens avaient voulu sobre et dépouillée, quasi silencieuse dans son intériorité.

  On distingue des exemples d'une production plus typiquement sulpicienne (qui reçoivent d'ailleurs les suffrages unanimes des cierges ) d'une statuaire de bois polychrome pour laquelle le nom du sculpteur lorientais Alphonse le Brun (qui a travaillé à la décoration des navires de la Marine) est évoqué. Il a travaillé aux églises de  Baden, Priziac, Pont-Scorff, Guidel, Guéméné, Saint-Avé, Séné, Theix, Meilars, à la production de statues ou de mobilier (tribune, chaire à prêcher) au 4ème quart du XIXe siècle.

 

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      saint Maurice : 

  La statue est de métal (fonte), elle date du XIXe et  son auteur est inconnu. Saint Maurice Duault tient du bras gauche l'abbaye Saint-Maurice de Carnoët dont il fut l'abbé jusqu'en 1191. Il tenait une crosse de la main droite.

DSCN3218c

      Saint Maur  (oeuvre de Le Brun ?):

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      Sainte Apolline :

  Date et auteur ?

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       saint Yves (par Le Brun ?):

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      Le saint curé d'Ars :

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 Sainte Thérèse de Lisieux :

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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