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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 21:11

Les sculptures sur pierre de l'ancienne abbatiale de Daoulas. II. Le calvaire du cimetière (XVe siècle).

 

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Voir : 

 

 

 

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Ce calvaire du XVe siècle, haut de 7,50 m,  est sculpté dans la pierre de kersanton, au dessus d'une base architecturée à pilastres. De bas en haut, nous trouvons le socle à pans coupés, puis le long  fût à pans, portant un croisillon à deux personnages (La Vierge et saint Jean) et enfin  le Crucifix.   Il est décrit par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère sous le numéro 401. 

http://patrimoine.dufinistere.org/commune/index.php?groupe=croix&art=daoulas

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Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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LA FACE OCCIDENTALE.

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Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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Deux anges bouclés et  tenant des phylactères soutiennent les consoles polygonales du  croisillon. La banderole passe de l'un à l'autre en formant au centre un savant entrecroisement de plis. Je peux y voir des anges chanteurs qui lisent leur partition, ou bien imaginer que les phylactères portaient jadis une inscription peinte.

Entre les deux consoles, un rectangle ne semble pas avoir été martelé ; sans-doute n'a-t-il jamais porté de motifs sculptés.

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Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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Entre la Vierge et saint Jean, deux anges tiennent un calice recueillant le sang des plaies des pieds du Christ, selon un motif très courant sur nos calvaires. Ces anges en aube et amict semblent arriver tout droit des Cieux, le corps horizontal, les reins cambrés, l'aube flottant derrière eux.  

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Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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La Vierge porte un manteau qui lui voile la tête, une guimpe, et une robe plissée. Ses mains sont jointes.

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Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Jean est reconnaissable à son visage imberbe encadré par des cheveux bouclés, et ses pieds nus comme tout apôtre. Il est vêtu d'une robe aux plis cannelés, serrée par une ceinture, et d'un manteau dont le pan droit croise pour se fixer sous le bras gauche. Il tend la paume droite, et tient un livre, attribut commun aux apôtres, ou propre à l'évangéliste et auteur du Livre de l'Apocalypse. 

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Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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L'ange qui descend des Cieux en tenant le titulus (panneau où sont inscrites les lettres INRI) s'apparente aux anges de sollicitude qui se penchent sur la tête du Crucifié. Comme par exemple sur le calvaire du bourg à Dirinon.

 

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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II. LA FACE ORIENTALE. LA PIETÀ.

Il s'agit d'une Pietà à quatre personnages, la Vierge tenant le corps de son fils étant encadré par saint Jean et par Marie-Madeleine.

On la comparera d'abord à la Pietà à deux personnages du Porche des Apôtres.

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Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1906, “Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 juin 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/328.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

 

— CASTEL (Yves-Pascal) 11 août 1979 Mieux connaître l'abbaye de Daoulas

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5706ec4151340cdb93120029fde046d9.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal) 1996, "Monuments et objets d'art du Finistère (année 1995) : Daoulas, Porche du cimetière, la statue de saint Cler", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (125, p. 148-149)

— COUFFON (René), 1988, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b7a5a075dd70315bdc8d13759ebc81e4.pdf

 

COURCY (Pol de), 1867, Bretagne contemporaine, Finistère, p. 96, Nantes, Charpentier, in-f°, 1867

— LÉCUREUX (Lucien), 1919, église abbatiale de Daoulas, Congrès archéologique de France page 20

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f53.vertical

— PINSON (Chanoine Louis), 1696, Histoire de l'abbaye de Daoulas, par un chanoine de cet abbaye, manuscrit recopié au début du XIXe siècle et publié par PEYRON (Chanoine) 1897 Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 49-70, 197-231, 241-256 et 425-440.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.image.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f283.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

— http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Daoulas.htm#PorcheApotres

— http://www.infobretagne.com/abbaye_de_daoulas.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Daoulas Calvaires
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:37

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Le calvaire est décrit dans l'Atlas en ligne des croix et calvaires du Finistère sous le n° 408 avec 1 dessin de Yves-Pascal Castel et 24 photos.

On peut reprendre avec quelques modifications cette description en mentionnant un édifice en kersanton, atteignant  6 mètres de haut,  datant par estimation de 1550 environ, portant la date de 1648 par inscription, et comportant une base à table d’offrande. Vient ensuite un socle portant l'inscription A LE BVLIER F 1648 et sur lequel est sculpté saint Yves, et Véronique tenant la sainte Face. Ce socle reçoit les  statues de Marie-Madeleine, François d’Assise, et Jean. Le fût porte l'inscription L. GARO. F. 1650. Sur le croisillon sont installées les  statues géminées de Vierge-Sébastien, de Jean-Pierre, les statues d'un évêque et de Marie-Madeleine. Sur le croisillon se lit l'inscription: M K[er]AUDEN REC / M HORELLOV F 1696. Au centre, le  Crucifix à l'ouest et le Christ aux liens à l'est.

Cet ensemble hétéroclite associe les sculptures de deux ateliers de Landerneau  : celui des frères Prigent, actif entre 1527 et 1577, et celui de Roland Doré, actif entre 1618 et 1663. Soit, dans les deux cas, et à près d'un siècle d'écart, ce que la sculpture bretonne sur kersanton a fait de mieux. Je m'attacherai, guidé par l'ouvrage d'Emmanuelle Le Seac'h qui en a dressé le catalogue raisonné, d'en étudier les caractéristiques stylistiques. 

Nous verrons :

1. La face principale au crucifix faisant face à l'ouest, avec la Vierge, Jean, Marie-Madeleine et saint Exupère.

2. La face orientale portant l'Ecce Homo et la Pietà.

4. Les inscriptions du croisillon.

4. Le socle  avec Marie-Madeleine à genoux, Jean, François d'Assise, sainte Véronique et saint Yves.

 

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I. LA FACE PRINCIPALE TOURNÉE VERS L'OUEST. LE CRUCIFIX.

 

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La croix.

 

Elle se dresse dans le ciel breton comme un mât et sa vergue, où un équipage serait réuni autour de sa vigie.

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Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face occidentale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le crucifix. Le Christ mort sur la croix (Roland Doré vers 1648-1650).

Roland Doré et son atelier ont sculpté 21 croix, 50 calvaires et 26 vestiges, dont 41 sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec. Les commanditaires sont rarement des nobles, plus souvent des prêtres (Ploeven, Hanvec, Seznec à Plogonnec, Douarnenez, Cast, La Martyre, Plonevez-Porzay), ou des fabriciens (ou "fabriques"). A Dinéault, nous pouvons supposer que les commanditaires sont les fabriciens  A. Le Bulier  et Louis Le Garo qui ont accompagné leurs noms des dates de 1648 et de 1650, compatibles avec l'activité de Roland Doré. Par contre, deux inscriptions du recteur et d'un fabricien, datant de 1696 sur le croisillon, indiquent des interventions plus tardives sur la structure même du calvaire, ou des restaurations. 

Selon Le Seac'h (2014), "les Christ sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes, ils penchent la tête sur le coté droit, les yeux clos. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines".

Le corps est étiré, sa longueur correspondant à sept hauteurs de tête. Les lombes sont cambrées, écartées de la croix. Les jambes sont discrètement arquées, les pieds sont posés l'un sur l'autre en équin.

 

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La large couronne, posée bas sur le front effacé, est un soigneux tressage de deux brins décoratifs, fort éloignée des engins de torture enfonçant leurs épines sur des chairs ensanglantées . Les cheveux longs tombent comme un large voile devant l'épaule, à gauche,  ou derrière l' épaule, à droite, selon une formule quasi immuable. Une vue en lumière frisante montre mieux la région sternale du torse parcourue de six stries costales, et l'abdomen saillant, aux deux parenthèses piriformes autour de la bande verticale des grands droits. 

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Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Comparer avec :

a) le Christ de la croix de Cléménéc'hy à Logonna Daoulas, par le même Roland Doré.

https://en.wikipedia.org/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)#/media/File:Logonna-Daoulas,_croix_de_Cl%C3%A9m%C3%A9n%C3%A9c%27hy.JPG

b) le Christ de la croix de la Croix Rouge à Dirinon (photo lavieb-aile):

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le plus remarquable est la tête, travaillée de façon étonnamment plastique comme sous l'effet d'un couteau sur de l'argile, manié par un geste hanté par la sobriété ou la retenue recueillie. Les traits sont hélas défigurés par deux ovales de lichens crustacés blanchâtres.

 Les yeux baissés semblent prolongés par l'axe très vertical du visage , très épuré, dont la ligne est accentuée par la ligne saillante du nez et  le V inversé des sillons nasogéniens. La moustache trace au contraire un grand U sous lequel le menton à courte barbe bifide et la bouche semblent être des pièces imbriquées.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le pagne tranche aussi de manière étonnante avec le perizonium des ateliers de sculpture précédents : au lieu des plis fins et aériens, aux pans gaufrés et volants, nous avons ici des bandes agencées en Z avec des lignes dépouillées, des volumes pleins, simplifiés à des épures géométriques. La formule du pan gauche pris par dessous, et de l'autre replié par dessus perd tout réalisme au profit d'un équilibre de masses.

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Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Le Christ en croix (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Deux anges recueillant le Précieux Sang des pieds du Christ.

Ils ont  cas le sourire amène des anges qui encadrent le  Christ du calvaire de Senven-Lehart et celui la chapelle Seznec à Plogonnec.

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Deux anges au calice, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Deux anges au calice, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur le croisillon. La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent).

En descendant d'un étage dans la mâture du calvaire, c'est un autre atelier virtuose du kersanton, antérieur de 80 ans environ à Roland Doré,  que nous découvrons, facile à reconnaître par l'un de ses traits : les trois larmes en relief des personnages qui pleurent la mort du Christ. Les deux frères Prigent, Bastien (le plus doué) et Henry, ont produit, le plus souvent à la demande des fabriques paroissiales et parfois des prêtres, les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), les porches de Pencran (1553), de Landivisiau (1554-1565), de Guipavas (1563), des sculptures isolées (à Dirinon) dont la statue de sainte Marguerite et celle de saint Antoine à l'église de Dinéault, et enfin 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets, à Guimiliau, Lanhouarneau, Saint-Servais, Saint-Derrien, Bourg-Blanc, Saint-Divy, Lothey, etc...

 

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 La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge et saint Jean. Sainte Marie-Madeleine et saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La Vierge (Bastien Prigent).

Elle porte la guimpe et le voile du deuil, et ce voile est recouvert par le col arrondi d'un long manteau. Le pan droit de celui-ci revient s'accrocher à la ceinture en une large boucle. La robe ne manque pas d'élégance, avec ses manches bouffantes et à revers. Mais Marie se moque de cela, elle prie, les mains jointes, les yeux  mi-clos, les lèvres à peine jointes : elle n'est plus que chagrin, et foi. Six larmes s'écoulent, qui sont les six clous de son crucifiement.

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 La Vierge (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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 La Vierge (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Vierge (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean l'évangéliste (Bastien Prigent).

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Saint Jean (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Saint Jean (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Sainte Marie-Madeleine.

Entre saint Jean et la Vierge, à genoux au pied de la croix selon un schéma répété constamment sur les Passions finistériennes des maîtresses-vitres du XVIe siècle, Marie-Madeleine la pécheresse repentie (Marie de Magdala) ou la sœur de Lazare et de Marthe (Marie de Béthanie) , celle qui verse le parfum de nard très rare et très coûteux sur les pieds ou la tête de Jésus, celle qui participera à la Mise au Tombeau et bénéficiera de la première apparition du Christ ressuscité est la patronne de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault. Elle est présente deux fois sur ce calvaire ; mais ici, partageant avec Marie et Jean les larmes de l'affliction,  elle se penche sur le flacon d'aromates (de myrrhe) et se prépare à accomplir les usages de l'embaumement, puisque son Maître, son "rabbouni" (Jn 20:16), est mort.

Comme ailleurs, elle se caractérise par sa chevelure longue et défaite, seulement rassemblée par un bandeau retro-occipital, mon "chouchou". Son élégance fait sa réputation ; mais ici, l'artiste l'a voulu sobre, sans bijoux ni coiffure, seulement apparente par les formes moulantes de la robe et, surtout, par les doubles manches, bouffantes, resserrées par un lien brachial, puis plissées.

On la comparera à celle du calvaire monumental de Plougonven, œuvre des Prigent (photo lavieb-aile) : même front épilé, mêmes sourcils froncés, même bandeau, mêmes fronces sur l'encolure de la robe, mêmes manches où s'invitent quelques crevés.

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017
Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent),  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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Saint Exupère (Bastien Prigent).

Rien n'indique son identité, et il se présente comme un saint évêque anonyme, mais chacun reconnaît le patron vénéré ici dans la chapelle Sant-Dispar : l'ermite Isper ou Ispar, romanisé par rapprochement avec saint Spire en "saint Exupère", évêque de Toulouse (ou de Bayeux, cela n'a pas beaucoup d'importance). Il est important pour lui d'être ici, à coté de Marie-Madeleine, avec qui il forme le couple emblématique de la paroisse, comme sur la bannière de procession;

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Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017
Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

Saint Exupère (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017

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II. LA FACE ORIENTALE : ECCE HOMO.

 

Face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Le Christ aux liens par Roland Doré (vers 1650).

On attribue 3 autres Christ aux liens à l'atelier de Roland Doré, dont celui de Senven Lehart (Wikipédia),  et celui de la chapelle Seznec à Plogonnec (image lavieb-aile) ci-après. Pourtant, celui de Dinéault diffère singulièrement de celui de Seznec. Son visage, tout en intériorité, est plus expressif, la bouche est entrouverte, le manteau de pourpre est largement ouvert sur le corps presque nu et sur le pagne noué à gauche, le roseau expose son l'épi en quenouille de son inflorescence entre deux  feuilles, les mains sont nouées à hauteur du nombril, la main droite retenant le pan du manteau.

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Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Ecce homo (Roland Doré), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur les culots du croisillon: Saint Pierre et saint Sébastien (Bastien Prigent). 

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Sur le croisillon, face orientale du  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sur le croisillon, face orientale du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.


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Saint Pierre (Bastien Prigent).

Saint Pierre est pieds-nus comme tout apôtre, crâne désolé par la calvitie à l'exception d'un îlot frontal comme tout saint Pierre qui se respecte, et il tient l'énorme clef du Paradis pour qu'on le reconnaisse facilement. Le bouton rond qui ferme, non sans traction, le manteau rappelle ceux des apôtres du porche de Landivisiau, dans le style Prigent.

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Saint Pierre (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Pierre (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Sébastien (Bastien Prigent).

Si on le compare avec les saints Sébastien du porche de l'église de Ploudiry par Bastien Prigent, et de Pencran par son frère Henry, il reflète une évolution de l'iconographie sébastianesque qu'il serait passionnant de retracer, si le crédit de patience de mes lecteurs n'était – et de très loin – déjà épuisé.

— Oh..aller... siouplait...

— En quelques mots alors :

a) La figure dévotionnelle médiévale. À l'époque médiévale Sébastien, officier romain  martyr sous Dioclétien en raison de sa foi, était représenté correctement habillé, mais assailli par les multiples flèches de ses soldats devenus ses bourreaux : "et les soldats lui lancèrent tant de flèches qu'il fut tout couvert de pointes comme un hérisson" (Jacques de Voragine, Légende Dorée). On l'invoquait lors des épidémies de peste, par analogie entre les blessures de la maladie, et les plaies auxquelles il avait survécu. En effet, le hérisson, laissé pour mort,  avait miraculeusement échappé à ce funèbre destin, afin de se rendre au palais impérial et de morigéner Dioclétien. Mauvaise idée, quoique d'inspiration divine : il fut battu de verges, jeté dans les égouts, où sainte Lucine vint récupérer sa dépouille. Il fut représenté aussi sous cette influence médiévale à l Renaissance, toujours habillé, mais sous forme emblématique, en officier et en archer : ici, sur le retable San Benito de Calatrava (v. 1480) à Séville, pour un Ordre militaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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b) L'éphèbe aux bras liés, déliés.

 à la Renaissance,  les artistes ont vu en Sébastien l'occasion d'un exercice de nu masculin sur le modèle grec antique (alors très en vogue). Le saint, seulement vêtu d'un pagne parfois très court et porté très bas, perd sa barbe et devient un adolescent apollinien, blond, bouclé, qui, tel un surfeur à Waikiki Bieach, se déhanche et adopte une gestuelle libérée de tout hiératisme moyenâgeux. Sa beauté physique passe pour un reflet de celle de son âme. Les bras s'élèvent et expriment, malgré les liens, un dynamisme paradoxal. C'est ainsi que nous le voyons sur la gravure de Martin Schongauer : intitulée Le Petit Saint Sébastien (Colmar, Unterlinden) :

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Albrecht Dürer (Saint Sébastien attaché à un arbre, 1501 ) donne un Sébastien dont le pagne s'abaisse encore, mais dont les bras sont sagement liés derrière le dos.

Bastien Prigent réalise lui aussi un Sébastien dont le corps suit les contours d'un arbre, le bras gauche liée à une branche basse et le bras droit lié à une branche haute : c'est la statue de l'église de Ploudiry :

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c) Les jambes croisées.

Une étape supplémentaire est franchie lorsque le mouvement touche non seulement les bras et le bassin, mais aussi les jambes. Ce saint  aux allures d'éphèbe est toujours figuré presque nu, attaché à un arbre, exposé aux flèches de ses bourreaux, témoignant de l'ardeur de sa foi chrétienne par sa belle indifférence à ses blessures. Mais sa posture est ici remarquable, non pas tant par le geste du bras droit au dessus de la tête que par les jambes acrobatiquement croisées, comme saisies en instantané lors d'une chorégraphie particulière.

le Grand Saint Sébastien de Martin Schongauer (1435/50-1491) en est un exemple encore timide:

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L'influence semble venir des Pays-Bas, mais on peut la voir cheminer à travers les enluminures depuis la seconde moitié du XVe siècle :

La statuaire montre divers exemples de ces jambes liées qui se délient, se tordent, adoptent des positions extravagantes :

— Statue de Saint Sébastien, (fin XVIe) église de Bar-sur-Aube  https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/BarAube/Bar-sur-Aube-Saint-Pierre.htm

— Statue de Saint Sébastien à Wissembourg.

http://fr.topic-topos.com/statue-de-saint-sebastien-wissembourg

— Saint Sébastien en bois sculpté en ronde-bosse et polychromé. Brabant, vers 1500

http://elogedelart.canalblog.com/archives/2009/11/22/15892491.html

—Saint Sébastien, saint Roch et saint Wolfgang, Bad Aussee, 1475, 

http://www.tenbunderen.be/bedevaarten/bedevaartsplaatsenalgemeen.html

 — musée des Beaux-arts de Gand : chêne, par maître Arnst (Nord des Pays-Bas)  environ  1480-1485. Wikipédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Wiki_Loves_Art_-_Gent_-_Museum_voor_Schone_Kunsten_-_De_marteling_van_de_heilige_Sebastiaan_(Q22080797)_(1).JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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On doit aussi souligner que le thème iconographique du Christ à la colonne, ou de la Flagellation, exerce aussi son influence, Sébastien devenant un double juvénile et athlétique du Christ.

 

C'est sous ces influences du bras droit levé et des jambes croisées que se place la statue de saint Sébastien par Bastien Prigent à Dinéault. 

 

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 Saint Sébastien (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Sébastien (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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d) L'art baroque italien développera ensuite une "figure homo-érotique" voire "sado-homo-érotique" .  Avec Le Sodoma (Saint Sébastien, (1525)  Galleria Palatina, Florence), Guido Reni, Le Caravage, le corps sera érotisé et féminisé, la métaphore liée à la pénétration des flèches sera soulignée, et les pieds échapperont à leurs liens. 

— Ludovico Carraci, Saint Sébastien, 1599 Gravina (Bari), Fundazione Pomarici-Santomasi. 

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La Pietà (Bastien Prigent).

L'atelier des Prigent a sculpté ici une pietà à deux personnages, la Mère tenant son Fils par une main placée sous le torse tandis que la main gauche élève le bras du Christ, dont la main retombe inerte. La Vierge, qui  porte le voile et la guimpe, est en larmes, et on retrouve ici encore le leitmotiv des trois gouttes effilées.

 La Pietà du calvaire de Plougonven est à quatre personnages. Plusieurs autres pietà indépendantes sont sorties du même atelier, comme celle de l'église de Saint-Budoc à Plourin-Ploudalmézeau, à six personnages, et celle de l'église Saint-Nicaise de Saint-Nic, à cinq personnages.

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La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

La Pietà (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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III. LES INSCRIPTIONS DU CROISILLON.

 

Sur la face Ouest du croisillon formant console double feuillagée et ornementée d'une tête d'ange, on lit : 

M : C : KAVDEN : REC

Soit "Messire C[laude]. Kerauden recteur".

Malgré la forme utilisée (Kerauden et non Keraudren, et Ker abrégé en K), il faut reconnaître ici Claude Keraudren, recteur de Dinéault de 1694 à sa mort le 28 mai 1702. C'est lui qui, le 1er jour de mai 1698, a béni la seconde cloche de l'église paroissiale, baptisée François-Sébastien. 

Nota bene : Le 14 mai 1700, Claude Keraudren s'opposa à la prise de possession du bénéfice de la paroisse par Alain Le Cargour. 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1938.pdf

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Croisillon coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Croisillon coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sur l'avers du croisillon, on lit : l'inscription :

M : HORELLOV : F : 1696.

soit "M. Horelllou Fabrique 1696".

Le patronyme Horellou est très répandu à Dinéault (plus de 500 noms sur les registres d'état-civil 1674-1868), et nous n'avons que l'embarras du choix pour proposer un éventuel candidat. Par exemple Yves Horellou, né vers 1666,  marié en 1690 à Louise Lanchou, et dont les enfants Jeanne, Pierre, Jane et Marguerite sont nés en 1691, 1693, 1697 et 1698. Parmi d'autres. Si la première lettre est l'initiale du prénom, je ne peux proposer que Mathieu Horellou, époux de Marguerite Briz, et dont le premier enfant est né en 1674.

On lit aussi sur la face sud du fût l'inscription :

L. GARO F. 1650

"L Garo Fabrique 1650"

Les archives signalent qu'en 1686, Louis Le Garo et Louise Beulier déclarèrent la naissance de leur fils Guillaume, puis, l'année suivante, de leur fils Yves, en 1689 de leur fille Marie, puis viendra Guillaume en 1692, François en 1694, François en 1695, Françoise en 1698, Gabriel en 1701,  Marie-Gabriele en 1704, et Gabrièle en 1707.

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Croisillon coté est, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Croisillon coté est, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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IV. SUR LE SOCLE.

1°) Du coté ouest : sainte Marie-Madeleine, saint Jean, et saint Yves.

Sur le socle sont posées deux statues en kersanton dues au ciseau de Bastien Prigent : Sainte Marie-Madeleine à genoux tenant un flacon d'onguent, et Saint Jean debout, tête baissée. Tous les deux sont en larmes.

 

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Socle coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Socle coté ouest, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Marie-Madeleine.

Cette statue de sainte Marie-Madeleine à genoux, en pleurs au pied de la croix, visage levé visage levé vers le Christ et tenant près d'elle son flacon d'aromates pour l'embaumement se retrouve presque à l'identique à Pencran, dans une statue de kersanton sculptée par Bastien Prigent. A son propos, E. Le Seac'h notait le travail remarquable des draperies, disposées dans les trois dimensions.

On peut noter aussi les doubles manches, plissées, la ceinture dont le nouage est très précisément sculpté, et — mon détail préféré, mon "chouchou" — le bandeau réunissant la partie moyenne de la chevelure derrière la nuque avant de la laisser filer en deux mèches sur les épaules.

La Marie-Madeleine qui est tournée face à la croix au pied du calvaire de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, si elle n'est pas du même atelier (pas de larmes, pas de bandeau de cheveux), est également très évocatrice de celle-ci par sa posture.

 

 

 

 

 

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Marie-Madeleine (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean éploré (Bastien Prigent).

Le front est plissé, le visage baissé est encadré de boucles en cascade, les trois larmes s'écoulent des yeux du saint, qui semble ployer sous le poids du chagrin et porte la main à sa poitrine.

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Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Jean éploré, (Bastien Prigent), calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint Yves (Bastien Prigent).

Sur le coté du socle est sculptée une statuette d'un religieux, qui répond, à l'ouest, à celle sainte Véronique,  à l'est. Bien que les principaux auteurs n'identifient pas ce "moine", je partage l'avis de J-M. Abgrall qui voit ici saint Yves, en cotte et camail à chaperon, tenant un rouleau de parchemin à droite, et un sac à procès (ou un livre dans une gaine en étoffe) à gauche.

Le culte de saint Yves est attesté dans la paroisse d'une part par sa présence sur le croisillon du calvaire de la chapelle de Dinéault (1590), d'autre part par le triptyque de Saint Yves entre le Riche et le Pauvre à l'intérieur de l'église (XVIIe siècle), et surtout par le nombre considérable de paroissiens portant son prénom dans les archives d'actes du XVII et XVIIIe siècle. C'était aussi le prénom d' Yves Lozeac'h, recteur de 1673 à 1694, ou de trois prêtres originaires de Dinéault et y ayant exercé pendant la même période (Yves Horellou, Yves Le Gourlay et Yves Guillou).

On le comparera à la statue homologue mais bien différente du calvaire de Plougonven, à celle du Folgoët, ou de la chapelle Saint-Yves de Guipavas, ou aux statues  de la croix de Brondusval à Plouider ou du calvaire de Guissény, ou enfin à la statue géminée du calvaire de Plouhinec.

Saint Yves (Bastien Prigent), calvaire de Plougonven, photo lavieb-aile :

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Saint Yves figure aussi en statue géminée sur le calvaire de la chapelle de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (Plomodiern), datant de 1544 et dont l'auteur n'est pas connu. Cette chapelle de ce siège de foires jadis très importantes est voisine de Dinéault.

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Saint Yves,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint Yves, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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2°) Le socle coté est. Saint François et sainte Véronique.

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Saint François et sainte Véronique,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François et sainte Véronique, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Saint François d'Assise présentant ses stigmates.

Saint François est également présent sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère. Il porte le capuchon de scapulaire, ici rabattu, le froc de bure, la cordelière à trois nœuds et les sandales des Frères Mineurs.

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Saint François,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Saint François, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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Sainte Véronique présentant le voile de la Sainte Face.

La Sainte Face est aussi présente sur le calvaire de la chapelle Saint-Exupère de Dinéault.

La coiffure de la sainte est un bourrelet proche du balzo à la mode à la fin du XIVe siècle.

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Sainte Véronique et le voile de la Sainte Face,  calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Sainte Véronique et le voile de la Sainte Face, calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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3°) Le socle coté nord : inscription.

LE

A BULIER F 1648.

Selon les actes de décès,  ce fabricien pourrait être décédé le 10 9 1674 à 55 ans (l'acte ne mentionne pas le prénom du défunt).

 

 

 

Coté nord du socle du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

Coté nord du socle du calvaire de l'église de Dinéault. Photographie lavieb-aile, février 2017.

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COMPARAISON.

Comparaison avec deux calvaires proches de celui-ci :

—Le calvaire de la chapelle Saint-Exupère (1590) : Crucifix, Vierge, Jean, saint Yves, saint évêque (Exupère), Voile de la Sainte Face.

—Le calvaire de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544 et Roland Doré vers 1630 ) : Crucifix, anges au calice, deux larrons, deux cavaliers, Jean, Marie-Madeleine, Vierge à l'Enfant, Marie-Madeleine à genoux, Pietà.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1907, Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Dinéault",Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 7e année, 1907, p. 171-187.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/dinault.pdf

"Super User" (pour Philippe BITTEL  ?),s.d,  

http://www.dineault.fr/la-commune/le-patrimoine/patrimoine-religieux/eglise-sainte-marie-madeleine

http://www.dineault.fr/images/eglisemadeleine/eglise.pdf

— Monuments historiques

http://www.monuments-historiques.net/mobilier/48547_pm29000206-groupe-sculpte-la-trinite-eglise-sainte-marie-madeleine-dineault-finistere-bretagne

— CASTEL (Yves-Pascal), "Dinéault", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dineault/dineault.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1985,  "Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIe siècle", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, p. 97-156.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice de Dinéault,  Répertoire des églises : paroisse de DINEAULT,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/827.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DINEAULT.pdf

COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton",, Mémoires de la Société d'émulation des Cötes-du-Nord vol. 89 p. 76-106.

GLENN (C.), 2013, The queering of St.Sebastian: Renaissance iconography and the homoerotic body

Clhttp://cujah.org/past-volumes/volume-ix/essay-4-volume-9/inton Glenn

— LE MOIGNE (Gilbert) (Logonna) : site de ses photos sur Flickr

https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 292-293.

— LISTE DES PERSONNES NÉES À DINÉAULT.

http://genealogies.geneamania.net/delacotte/Liste_Pers2.php?Type_Liste=N&Nom=DINEAULT%20(29)&Ville=447

— NAISSANCE ALPHABÉ A-Z pdf

http://www.dineault.fr/la-mairie/archives-municipales/etat-civil-avant-1903

— THE ICONOGRAPHY OF SAINT SEBASTIAN.

https://web.archive.org/web/20080505081739/http://bode.diee.unica.it/~giua/SEBASTIAN/index.html

— WALL (Rachel) Saint Sébastien in the Renaissance : the classicization and homoeroticization of a saint. http://digitalcommons.providence.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1018&context=art_journal

— WIKIPEDIA Roland Doré (Sculptor). Ce remarquable catalogue illustré en ligne des œuvres de Roland Doré reprend en fait le catalogue raisonné établi par Emmanuelle Le Seac'h.

https://en.wikipedia.org/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)


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Published by jean-yves cordier - dans Dinéault Calvaires
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 15:31

Les calvaires de Dirinon VII : La Croix de Ty-Croas.

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Voir la série sur Dirinon :

L'enclos paroissial :

Le culte de sainte Nonne :

Les croix et calvaires de Dirinon :

 

 

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Rappel :

"Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

"Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433. Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

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Situation.

Street view

Maps (60 rue de la Gare)

La croix se situe à l'entrée sud-ouest du bourg de Dirinon, à l'embranchement de la rue de la Gare et de la rue du Stade. Les photos aériennes de 1950-1965 montrent qu'il y a cinquante ans, Ty Croas était le nom d'un hameau isolé dans les champs à 1 kilomètre du bourg, comportant en 1950 trois maisons bordant la route. 

L'urbanisation de Dirinon s'est faite le long des voies principales, notamment la rue de la Gare.

Si on remonte le temps, la carte d'Etat-Major 1820-1866 [en réalité plus tardive, puisque la Station de la ligne Landerneau-Châteaulin crée en 1867 y figure] ne montre plus aucune habitation sur la route entre le château de Keranc'hoat et le Bourg, et son embranchement avec la route vers Keravel.

En 1827, date du cadastre napoléonien, la route est intitulée Chemin vicinal de Loperhet à Landerneau et aucune maison n'y figure.

En remontant encore, vers 1780, la carte de Cassini ne montre plus ici aucun chemin, mais une crête boisée (altitude 110 m environ) d'où descendent divers ruisseau vers le nord (le Roual) et vers le sud (la Glanvez). Cette zone est déserte, aucun nom de lieu n'y figure.

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_p%2Fserie_3p%2FFRAD029_00000003P%2Exml&page_ref=74484&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

Toponymie.

Ty-Croas signifie "la maison près de la croix". Puisqu' aucune maison n'est signalée ici au XVIIIe et première moitié du XIXe, on pourrait en conclure que le nom Ty-Croas est récent, mais il faudrait s'en assurer plus précise par l'étude du cadastre et des archives.

Description.

Elle est décrite en ligne dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous le n° 433, avec   3 dessins. On peut la reprendre et la compléter ainsi :

Ty-Croas, croix en kersanton de 5 mètres de haut, datant du XVIe siècle. L'emmarchement de trois degrés (granite) reçoit un socle cubique portant l'inscription 1904. Le fût (carré aux angles chanfreinés) est armorié au niveau du nœud aux armes de Lesguern et ??. La croix comporte le crucifix et une Vierge à l'Enfant.

Orientation.

La croix n'est pas orientée comme elle l'était initialement, le crucifix tourné vers l'ouest, mais selon des impératifs d'aménagement urbain, dans l'axe de la rue de la Gare.

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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I. LE CRUCIFIX.

Le Christ barbu, cheveux longs, yeux clos, tête inclinée, porte un pagne court. Pieds en rotation interne. Nombril en bouton. Titulus moderne.

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Un écu est placé sur le nœud du fût : malgré une lecture rendue difficile par la présence de lichens, il porte une magnifique hure de sanglier, qui correspond aux armoiries d'or à la hure de sable de la famille de Rosnyvinen. . Annie Le Men 1990, qui   a identifié cet écu,  a indiqué dans son article pour cette croix la date de 1610.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Rosnyvinen

Pol Potier de Courcy décrit ainsi la famille de Rosnyvinen dans son "Nobiliaire et armorial de Bretagne" :

« Rosnyvinen (de), sr dudit lieu, trêve de Loc-Eguiner, par. de Ploudiry, — de Keranhoat, par. de Loperhet,de Trébéolin, par. de Dirinon, — de Guitté, par. de ce nom, — de Vaucouleurs, par. de Trélivan, — de Chambois et de Beauvais, en Normandie, — du Parc-Avaugour, au Maine, — du Plessix-Bonenfant et de Piré, par. de Piré, — de la Gromillais, par. de Québriac, — de Trémelgon, par. d’Ambon, — de Gamarec, par. d’Elven, — de Tilly, — de la Haye-d’Iré, par. de Saint-Rémy-duPlain, —comte de Maure, par.de ce nom, —s’deFouesnel, par. de Louvigné-de-Bais, — de Beaucé, par. de Mélesse, — du Bouessay, — de Kerouzéré, par. de Sibiril, — du Jarriay, par. de Rougé, — du Rible, par. de Plomodiern. Ane. ext. chev., réf. 1669, onze gén.; réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Ploudiry, Loperhet, Dirinon, Québriac, Plougastel-Daoulas et Trélivan, év. de Léon, Cornouaille et Saint-Malo. D’or à la hure de sanglier de sable, arrachée de gueules et défendue d’argent ; aliàs : à la bordure engreslée de gueules. Devise : Défens-toi ; et aussi : Non ferit nisi læsus. »

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Or, la consultation de la carte IGN montre que le château de Keranc'hoat à Loperhet et le lieu-dit Trébéolin à Dirinon ne sont pas éloignés de Ty-Croas de plus d'1,5 km.

image Wikipédia 

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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II. LA VIERGE À L'ENFANT.

La Vierge porte une couronne à larges fleurons. Son visage est rond. Son Fils, aux cheveux ras,  est assis jambes croisées sur son bras gauche. Tous les deux se tiennent la main, ou bien tiennent ensemble un objet indistinct. 

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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De ce coté de la croix, nous trouvons un écu portant trois rangs de cloches et de pots alternés qui correspondent en héraldique à une fourrure, le vair. Il est possible d'y voir, comme le suggère l'Atlas des Croix et Calvaires, les armoiries de la famille Lesguern, fascé de six pièces de vair et de gueules, reprise de la famille de Coëtménech

 

Nobiliaire et armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy

LESGUERN

par. de Plouarzel, — de Rosarnou, par. de Dinéault, — de Kerbréden, par. de Plouvien, — de Chef-du-Bois, près Landerneau.

Anc. ext., réf. 1669, neuf gén. ; réf. et montres de 1447 à 1554, par. de Saint-Frégan, év. de Léon.

Pour armes antiques : d'or au lion de gueules, à la bordure engreslée d'azur, qui est Lesguern; moderne : fascé de six pièces de vair et de gueules, qui est Coëtménec'h.

Prigent de Coëtménec'h vivant en 1411, laissa de l'héritière de Lesguern: Alain, vivant en 1147, marié à Anne du Rest, dont les descendants prirent le nom de Lesguern, mais en retenant les armes de Coëtménec'h. Jacques-Guy, épouse en 1688, Jeanne de Touronce, dame de Kervéatoux; Joseph-René, petit-fils des précédents, épouse en 1753, Marie-Jeanne de Kersulguen, dame de Chef-du-Bois ; un conseiller au parlement en 1778.

La branche aînée tombée en quenouille, a porté au XVIe siècle la terre de Lesguern dans la famille Huon de Kerézelec.

 

COETMENEC'H

Coëtménech (de), vicomte dudit lieu par. de Plouider,— sr de Coëtjunval, par. de Ploudaniel, — de Kerrom et de Rucat, par. du Minihy de Léon, — de Keranhoat, par. de Loperhet, — de Penandreff. par. de Plourin.

Réf. et montres de 1446 à 1503, par. de Plouider, Kerlouan, Plourin, Languengar, Ploudaniel et le Minihy, év. de Léon. Fascé de vair et de gueules (Sceau 1418), Devise : Soit.

Prigent vivant en 1373, marié à Tiphaine du Chastel.

La branche ainée fondue au xv« siècle dans le Vayer, d'où la vicomté de Coëtménec'h a appartenu successivement aux la Feillèe, Beaumanoir, Rosmadec, Kergroades, Montmorency et par acquêt aux Barbier de Lescoët.

La branche de Coëtjunval fondue dans du Louët qui ont retenu les armes de Coëtménec'h ; le chef d'une autre branche en épousant l'héritière de Lesguern, en Saint-Frégan, prit ainsi que ses descendants le nom de Lesguern, mais en conservant les armes de Coëtménec'h. Voyez Lesguern.

Je renvoie aux compétences de Jean-Bernard de La Brosse et à la lecture de son ouvrage Dirinon et son pays sur les manoirs de Dirinon pour démêler les fils de l'histoire du manoir de Keranc'hoat et des seigneurs de Rosnyvinen, du Louët, des Coëtmenec'h et de la famille Lsguern.

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La date 1904 est gravée (avec un joli chiffre 4) sur le socle, date probable d'une Mission.

 

 

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Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Ty-Croas, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

“0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

 — LE MEN (Annie), 1990, "Armorial de la commune de Dirinon" Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXIX, pages 207 à 224 (page 220)

—G. LE MOIGNE (Logonna) : site Flickr

https://www.flickr.com/photos/glemoigne/page1

— Plan Local d'Urbanisme de Dirinon

http://www.pays-landerneau-daoulas.fr/medias/2016/07/Rapport-de-presentation_20160610-MPLUS1-DIRINON-RP-MODIFIE_APPROBATION.compressed.pdf

— Les voies antiques entre Quimper et Landerneau, in site Voies Romaines de Bretagne

http://voies-romaines-bretagne.com/vrom2/index.php?art=vrom_f_quimper_le_faou_landerneau.

— LA BROSSE (Jean-Bernard de), 2010-2016, Dirinon et son pays au fil de l'histoire de la Bretagne, quatre tomes. 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 12:31

Les calvaires de Dirinon VI : La Croix de Coménec ou Croas-Guénolé.

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Voir la série sur Dirinon :

L'enclos paroissial :

Le culte de sainte Nonne :

Les croix et calvaires de Dirinon :

 

 

 

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Rappel :

"Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

"Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433. Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

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Situation.

Street View

Maps : 48.361106, -4.271589

A la frontière entre Dirinon et Daoulas, la croix s'élève au lieu-dit Croas-Guénolé, sur la route du même nom Daoulas-Loperhet, sur l' embranchement d'une petite route vers la gauche allant au Squivit, juste avant l'embranchement vers la ferme de Coménec. L'abbaye de Daoulas se trouve à 500 mètres à l'ouest.

 

Cet emplacement datant du réaménagement de 1990 était vraisemblablement celui d'origine, si l'on en croit le cadastre de 1828. Elle figure à ce lieu sur la carte de 1950 (Scan50).

Cadastre 3 P 48/1/16 Section E2 de Kergavarec

Le site peut correspondre à un ancien gué sur un ruisseau se jetant dans la Rivière de Daoulas.

II peut correspondre aussi au trajet de l'ancienne route Daoulas-Stangmeur-[Trébéolin]-La Grange-Kerniouarn-Lannuzel-Dirinon -Kermélénec-Mont Dragon- Landerneau, telle qu'elle aparaît sur la carte de Cassini, et sur laquelle s'élèvent diverses croix ou calvaires de Dirinon.

Toponymie.

"Croas Guénolé" signifiant "Croix de Guénolé", on s'attendrait à trouver ici une statue du saint abbé de Landévennec, mais ce n'est pas le cas.

Coménec correspond à un ancien Coadmenec (carte de Cassini), soit Coat Ménec, "le bois des moines", ce qui trouve tout son sens avec la proximité de l'abbaye. Coat Ménec est aussi un toponyme de Le Tréhou.

Description.

Cette croix est décrite dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère sous le n° 418. accompagné de 3  dessins. On peut reprendre et compléter cette description ainsi

La croix Dirinon n°418 de  Coménec dite Croas-Guénolé, en kersanton, est haute de  3 mètres et date du XVIe s. Sur un socle cubique se dresse le fût à pans, avec  nœud, croix mutilée, crucifix, et Vierge à L’Enfant. 

La datation a été réévaluée à 1610 (cf. attribution)

Orientation.

En 1990, la croix "était enfouie en contrebas de l'ancienne route de Daoulas à Loperhet" (Castel, 1990) mais lors de sa réimplantation, elle a retrouvé son orientation crucifix tourné vers l'ouest, "selon la tradition qui veut que le Christ meurt tourné vers l'Ouest, mais demeure vivant comme le soleil qui chaque jour renaît à l'aube . La Vierge à l'Enfant se trouve ainsi face au soleil levant, symbole de la vie renouvelée chaque matin". (Castel, 1990)

Attribution.

Cette croix a été attribuée en 1990 par l'abbé Yves-Pascal Castel au Maître de Saint-Thégonnec par comparaison avec plusieurs visages des personnages du grand Calvaire de cet enclos. Par assimilation, la date de 1610, celle du Calvaire, est donnée à la croix de Coménec.

On comparera notamment la manière dont sont traités les yeux de la Vierge, dont sont marquées les paupières, et comment la moue des lèvres est esquissée.

 

 

 

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Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La Vierge à l'Enfant.

La vierge porte une couronne à large bandeau cernée par un jonc, et à larges fleurons. Son manteau fermée comme une cape  tombe en deux pans, celui de droite étant retenu par la main gauche. 

Les yeux en amande sont ourlés, sous des sourcils forts, et au dessus de joues rebondies.

L'Enfant donne la main gauche à sa mère, et tient le fermail de la main droite. Mêmes yeux ourlés, mêmes lèvres charnues. Le menton est triangulaire, les cheveux sont fournis et bouclés.

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Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ.

Les bras du Christ, comme ceux de la croix, sont brisés. La couronne d'épines est un tressage de deux brins, au dessus du  visage aux longs cheveux et à la barbe courte . Les yeux clos sont larges. Le thorax, dont les côtes ne sont pas sculptées, est comme tendu en inspiration au dessus d'un ventre rentré. Le pagne est court, noué à gauche. Les pieds sont en légère rotation interne.

Croix de Croas-Guénolé,  Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Croas-Guénolé, Coménec, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

“0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1990 (samedi 29 juin). "Dirinon : Croas Guenolé remis en valeur."

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/20f7d5fccbcabc9e516162bda8f9989b.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

 

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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 10:46

Les calvaires de Dirinon V : La Grange, échangeur de la Voie express Brest-Quimper.

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Voir la série sur Dirinon :

— L'enclos paroissial :

Le culte de sainte Nonne :

Les croix et calvaires de Dirinon :

 

 

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Rappel :

"Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

"Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433.  Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen  n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

 

 

 

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Situation.

Ce calvaire se trouve au lieu-dit ancien "La Grange", correspondant actuellement à "l'échangeur de Dirinon" sur la N165 Brest-Nantes ("Voie express"), peu avant d'atteindre Daoulas.

Si des millions d'automobilistes la voient rapidement passer dans leur champ de vision, peu de touristes trouvent l'occasion de l'examiner, car le triangle de pelouse qu'elle occupe entre les bretelles d'accès n'incite pas à s'y arrêter, et encore moins à s'approcher du monument. 

Le toponyme La Grange s'applique à un hameau (sept bâtiments sur la carte IGN, trois sur le carte d'Etat-Major), à 100 m au sud-ouest, à 90 m d'altitude . Il est signalé tel quel sur la carte de Cassini. 

L'intérêt de la carte de Cassini (vers 1780) est de montrer, tracée en marron, une route suffisamment importante pour être soulignée par cette couleur : elle se rend de Lesneven à Daoulas en passant par Landerneau et Dirinon. Sur Dirinon, elle passe par la croix de Mont Dragon, près du Moulin du Roual, par Kermélénec, le manoir de Lesquivit, "Belair", l'église et la chapelle Sainte-Nonne, Lannuzel, la chapelle Saint-Divy, Kerniouarn, la Grange, puis, par un crochet vers l'ouest, par Ilbrat (Kerirebrat sur Cassini), avant de revenir vers Daoulas par Stangmeur, Coménec et s'achever à l'abbaye de Daoulas et la chapelle Sainte-Anne. Il s'agit, de Landerneau jusqu'à Kernéouarn, de la voie la plus ancienne ("romaine"), mais la partie Kernéouarn-La Grange-Illbrat-Daoulas serait plus tardive, quoique en usage en 1780. Voir la carte et la description du site voies-romaines-bretagne.com.

Je remarque que cette voie ancienne de la carte de Cassini est jalonnée par les croix de Mont Dragon, de Kermélénec, par les calvaires du bourg et du cimetière, par les croix de Kerniouarn, de La Grange, et de Saint-Guénolé à Coménec. 

Cadastre napoléonien  concernant La Grange : 3 P 48/1/14 Section D 3 du Bourg. Parcelles 702 à 1039 : 1:2500

 http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg29%2Fdatas%2Fir%2Fserie_p%2Fserie_3p%2FFRAD029_00000003P%2Exml&page_ref=75052&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

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Toponymie.

— LA GRANGE.

Les différentes cartes n'indiquent que le nom "La Grange" en français. Le nom semble de compréhension immédiate, mais il peut prendre plus d'intérêt à la lecture de ce commentaire concernant le site de Civaux (Vienne) : 

"Dans au moins 9 communes du site, le toponyme " la Grange" (ou "les Granges") est largement répandu. Issu du latin granum (grain), il signale un bâtiment où l’on rangeait les gerbes et battait le grain. Il était courant de trouver dans le voisinage d’une abbaye, d’un prieuré ou d’une église, une "grange dîmière", vaste bâtisse destinée à recevoir les produits de la dîme prélevée par le clergé sur les terres d’alentour.
Dans le périmètre de Civaux, comme souvent en Poitou, le mot désigne plutôt une étable aux bovins où l’on conservait également foin et fourrages pour nourrir le bétail. Dès lors, le toponyme marque la présence d’une ou plusieurs exploitations agricoles."

 

On pense alors à la proximité de l'abbaye de Daoulas et à la donation comme prébende à cet abbaye de la paroisse de Dirinon par l'évêque Geoffroy (1170-1185) , et, bien que celle-ci soit d'obédience augustinienne, au système des "granges" cisterciennes, exploitations souvent vastes gérées après défrichement par les moines de cet ordre.

Cf Nègre, Toponymie générale de la France

Les panneaux routiers de proximité portent la mention du nom en breton de l'échangeur :  AR C'HRANJ.

—CROAS-AR-VOSSEN

a) Les croix à écôts.

Le nom de Croas-ar-Vossen pour désigner la croix de La Grange est mentionné par l'Atlas. Il se traduit  en première intention par "Croix de la Peste" . J'ignore si ce nom est attesté anciennement sur la commune, ou bien, s'il qualifie simplement les croix dont les fûts portent des écôts. En effet, on pense (ou on raconte) que ceux-ci évoquent les bubons ou scrofules ou écrouelles pesteux, adénopathies inguinales ou crurales typiques de certaines formes de la peste. Victor-Henri Debidour estimait cette opinion fort douteuse.

  On retrouve cette appellation ailleurs :

 

Plougastel-Daoulas, à Kerzivez-Uhella (Atlas n°1904) : croix érigée (comme le Grand Calvaire de l'enclos) pour célébrer l'arrêt de l'épidémie de peste de 1598 https://www.plougastel.com/croix-croas-ar-vossen.php

Mespaul La Garenne (Atlas n° 1319) datée de 1626  http://fr.topic-topos.com/croas-ar-vossen-mespaul

Coat-ar Meal Kerascoët-Nevez (Atlas n° 320) http://www.coat-meal.fr/vie-quotidienne/coat-meal/presentation-de-la-commune.html

Tréhou, Brunoc (Atlas n°3055) datée de 1576.

Plouezoc'h, Groas A Vossen (Atlas n° 1857) datée de 1621 et 1864 avec l'inscription GROAS A VOCEN 

Ploumoguer, Ty-Guen (Atlas n°2188 ?) signalée par Y-P. Castel ici. ou par Topic-topos

Plogonnec (Atlas n°1562)  près de Pont-Youen, nommée Kroas ar Vossen 

b) Le mot breton Vossen.

En breton, Ar Vossen : "La Peste" est la forme adoucie de Bossen, ou "la peste", mot qui n'est pas mentionné dans le Catholicon de Jehan Lagadeuc (1499 et 1521). Je trouve dans le Dictionnaire étymologique breton de Victor Henry (1900) :

Bos, s. m., et Bosen, s. f., peste, mbr. boçen « tumeur », d'où « pustule caractéristique de la peste ». Empr. fr. bosse.

Cela me renvoie au Dictionnaire de la langue bretonne de Louis Le Pelletier Paris 1752 qui ouvre des perspectives passionnantes si elles sont validées

Voir dans le dialecte de Vannes le lien entre bossek "bossu" et bosen "peste"

La Gwerz de la Peste d'Elliant ou Bosenn Elliant : Ez oa skrivet gwerz ar vossen

La Gwerz de la Peste de Plouescat  contient ce vers Goret ar vossen en e skoaz, "qui a la peste apostumée dans l'épaule" (Miossec de kerdanet 1837)

https://archive.org/stream/bretonvannes/breton_vannes#page/n39/mode/2up/search/peste

Le breton bos vient donc du français bosse, ce qui semble logique. Ce qui est plus intéressant, c'est que le mot français désigne certes une bosse, mais, en moyen-français (1300-1500)  plus particulièrement celle d'un abcès ou d'une tumeur, et plus précisément un bubon de la peste. (Dictionnaire du Moyen-Français). A tel point que le dictionnaire de Godefroy donne :

Boce, boche, bosse : s.f. "Bouton de peste, bubon".

Ainsi on trouve dans Froissart  II, III, 30: Et en y mourut de boce [bubon, peste] et de mal du corps plus de vingt mille personnes 
Froissart., II, II, 94: Et estoit en devant le jeune seneschal de Hainaut, mort sur son lit de la bosse 

En bref, Croas-ar-Vossen peut signifier de façon concomitante Croix de la peste, Croix aux bubons ou Croix aux bosses. 
 

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Description.

Le calvaire de La Grange est décrit sous le numéro 423 avec deux dessins et deux photos signées Glemoigne dans l'Atlas des Croix et Calvaires créé par Yves-Pascal Castel. Le texte télégraphique peut être développé ainsi :

La Grange + Croas-ar-Vossen, granite et kersanton, du XVe siècle. Sur un emmarchement de trois degrés est posé le socle cubique. Le fût est rond, semé d'écots. Puis vient, après un petit croisillon (trop petit pour recevoir des statues), le croisillon principal et ses deux  statues géminées: Vierge-Paul, Jean-Pierre. Au centre, la Croix coiffé d'un dais, avec le crucifix du coté principal et la Vierge à L’Enfant au dos. La tête de la croix est monolithe.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

 

Orientation.

On remarquera que le calvaire n'est pas "orienté", c'est à dire que son orientation avec le Crucifix face à l'ouest, selon une règle qui était certainement respectée au départ, a été modifiée lors de son déplacement sur le trèfle de l'échangeur. Le crucifix est désormais dirigé vers le sud-est face...aux véhicules venant de Quimper.

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L'emmarchement et le socle.

Quelques remarques :

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Le premier degré est doté d'un repère de nivellement IGN matricule O.M.K-3 100 altitude 78,844 m. Ce  réseau matérialisé IGN 1969 de l'INEF, établi par l'IGN à partir de 1962 a pris la suite du Réseau de Paul-Alain Bourdalouë (1857-1864) et du Réseau NGF Lallemand (1880). Le matricule et ses coordonnées sont disponibles sur le serveur de fiches IGN.

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Repère INEF O.M.K3-100, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Repère INEF O.M.K3-100, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le socle est chanfreiné sur deux angles (flèches rouges) : ce chanfrein est plus large en bas.

 

Socle chanfreiné du Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle chanfreiné du Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La table du socle comporte des marques creusées artificiellement, dont cinq sont disposées en quinconce (flèches rouges).

Le fût est scellé à l'intérieur d'une cavité centrale.

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Marques du socle, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Marques du socle, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA FACE PRINCIPALE (CRUCIFIX).

Les deux faces du calvaire sont en kersanton non seulement très érodé, mais aussi couvert de différents lichens qui en altèrent l'examen. ces lichens sont crustacés dans les 3/4 inférieurs, habillant la quasi totalité des corps d'une couverture grise ou blanche à contours polycycliques en carte géographique. A cela s'ajoutent des colonies plus exubérantes (foliacées ou fruticuleuses), en touffes, qui transforment ce calvaire à la manière de massifs de coraux et d'algues sur une épave fantomatique.

 

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

 

 

 

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le Christ est toujours entouré de la Vierge à sa droite et de Jean à sa gauche, mais nous peinons à reconnaître ici la Mère éplorée au pied de la croix, la Stabat Mater. Quelques indices, une mèche de cheveux, un voile couvrant la tête, des mains croisées sur la poitrine, les plis d'une robe au dessus de la paire de chaussure, nous tirent d'affaire. 

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La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Vierge, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Au dessous d'un titulus effacé, le Christ est représenté les yeux fermés, la tête inclinée sur la droite, couronné d'épines, vêtu d'un pagne court, les jambes croisées et les pieds en rotation externe. 

Le Christ,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le Christ, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jean.

Est-ce vraiment lui ? Il faut y croire, mais notre foi est mise à l'épreuve. Pourquoi cette couronne tressée sur la tête ? Le live placé sous le coude droit peut se comprendre, quoiqu'il soit inhabituel (L'Évangile de Jean, l'Apocalypse), mais pourquoi la main gauche est-elle posée sur ce qui pourrait être le fourreau d'une épée ?

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Saint Jean,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jean, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jean,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Jean, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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II. LA FACE PORTANT LA VIERGE À L'ENFANT.

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Face secondaire,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face secondaire, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Face secondaire,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face secondaire, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Ah, je vous avais prévenu, les lichens mènent ici des jours fastes en foisonnantes et florides forêts. (Mais pourquoi a-t-il fallu que j'allitérasse ainsi en f ?)...

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Face secondaire,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Face secondaire, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Pierre.

Pas d'ambage ici, la clef me permet d'être péremptoire. Ajoutez le livre  et le phylactère du Credo apostolique. La barbe, et la calvitie frontale. Mais les pieds sont-ils nus comme il se doit à tout apôtre ?

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Saint Pierre,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Saint Pierre, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La Vierge à l'Enfant.

Elle est couronnée, elle semble avoir les yeux fermés, elle tient un globe terrestre dans la main droite et l'Enfant sur le bras gauche. Elle a dû être très belle, avant la colonisation, et ses traits témoignent encore de l'amour tendre des gestes du sculpteur.

Sa robe s'évase en quelques plis très sobres, avant de tomber sur les chaussures en deux jolies petites vagues.

L'Enfant semble tenir un objet sur sa poitrine.

Sous les pieds de Marie, une courte banderole diagonale a peut-être porté, en des temps révolus, une brève mention peinte.

 

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La Vierge à l'Enfant,  Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

La Vierge à l'Enfant, Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Saint Paul.

Il suffira de décrire son livre et son épée pour l'identifier. Il forme avec saint Pierre un couple fondateur pour l'Église. 

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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III. LE CROISILLON EN VIROLE.

Ce petit croisillon qui ne supporte ni personnage, ni autre motif sculpté est très singulier. En effet, évidé en son centre,  il est fiché comme une virole dans le fût sur lequel il coulisse avant d'être arrêté par l'une des "bosses" ou écôts de la croix.

Pour mieux analyser ce dispositif, il faudrait savoir s'il s'agit d'un unicum, ou bien si on peut retrouver d'autres exemples. S'agit-il d'un ré-emploi  ?

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Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Petit croisillon du calvaire de La Grange, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

“0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 22:08

Les calvaires de Dirinon IV : la croix de Kerniouarn / Kerpierre (XVe siècle).

 

 

 

 

 

Voir la série sur Dirinon :

— L'enclos paroissial :

Le culte de sainte Nonne :

Les croix et calvaires de Dirinon :

 

 

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Rappel :

"Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

"Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433.  Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen  n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.


 

 

 

 

 

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Situation.

Street View Maps

N 48°.382297, -4°.267537

En venant de Dirinon, prendre la route vers la voie express N165 passant par Lannuzel, et atteindre l'embranchement du hameau de Kerpierre. La croix se trouve alors à droite. La route vers Kerniouarn débute une cinquantaine de mètres plus loin. Mais sur les cartes du XIXe siècle, et même sur le Scan 50 IGN de 1950, seul le lieu-dit Kerniouarn est indiqué, avec la graphie Kerneouarn.

L'examen de la carte de Cassini (vers 1780) montre qu'au XVIIIe siècle, ce qui deviendra la Route Impériale N° 170 Lesneven -Landerneau-Daoulas-Le Faou (Route Nationale de Lesneven) n'existait pas, et que le voyageur allant à Daoulas pouvait passer alors par Dirinon sous la forme d'une route indiquée en marron sur la carte. Elle va de Lesneven à Landerneau et se termine à Daoulas  (alors qu'une route Lesneven-Landerneau-Le Faou passait par Saint-Urbain). On la suit, sur le territoire de Dirinon à partir de Landerneau  et on la voit passer par Kermélénec, Lannuzel, (longeant la chapelle Saint-Divy et les fontaines sacrées),  Kernéouarn, La Grange. Or, ce trajet est jalonné des croix de Kermélénec, Kerneouarn et La Grange, qui trouvent ainsi leur cohérence dans une unité de géographie humaine. Il est possible, par la fonction de juxtaposition des cartes IGN et Cassini, de suivre le trajet de cette route sur Cassini avec le curseur, et de constater que son trajet est encore attesté par des tronçons de chemin. 

Kernéouarn ou Kerniouarn signifie probablement "Le lieu habité par Nihouarn", le patronyme Nihouarn est la modification par article résiduel agglutiné de Yhouarn, provenant lui-même d'un saint ermite du XIe siècle, Ehuarn. On trouve Lanniouarn en Plouarzel. (D'après Albert Deshayes, Dict. des noms de famille bretons) Un lieu-dit Kerniouarn se trouve aussi à Melgven et à Le Trévoux.

 

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Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Description.

Cette croix est décrite par l'Atlas de croix et calvaires du Finistère sous le numéro 428  comme une croix de kersanton de 4 m de haut, sur un emmarchement de deux degrés qui reçoit un socle cubique. 

Une plaque y est adossée avec l' inscription : RESTAURE AVEC TOUS LES CALVAIRES. MISSION 1957. Cela correspond à l'action du recteur François Guillermou en faveur des croix et calvaires de sa paroisse.

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La face ouest.

La croix du crucifix est de section hexagonale, à fleurons et à dais sommaire. La face occidentale porte un Crucifié très érodé. La couronne d'épine est faite d'un entrelacs de deux brins. Le Christ a la tête inclinée à droite, les cheveux longs, une barbe très courte, un pagne court à quatre plis croisés au milieu et noué à gauche. Les côtes sont inclinées en V à sommet xyphoïdien. Les pieds sont superposés en rotation interne. Les trois clous sont à tête prismatique.

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Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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La face est porte une Vierge à l'Enfant. 

La Vierge est couronnée, elle tient sur le bras gauche son Fils dont le visage est tourné vers le ciel. L'ensemble est si envahi par la lèpre de lichens blancs que cela crée une confusion désagréable.

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Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le socle.

C'est peut-être l'élément le plus intéressant, car il est décrit par l'Atlas d' Yves-Pascal Castel comme "avec cupules pour un jeu". Je me permet de reproduire ici le relevé graphique qui accompagne l'Atlas. on voit que l'un des coins du socle est creusé par une marche en trapèze, et qu'une vingtaine de cupules sont disposés selon un tracé géométrique évoquant vaguement celui du jeu du "drapeau anglais" :

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Faut-il y voir la récupération d'une pierre à cupules comme celle proche de la fontaine Sainte-Nonne ? Ces pétroglyphes, en écuelles parfois associées à des rigoles,  datent de l'époque mégalithique (Néolithique et Bronze) et sont parfois réparties pour former des figures schématiques ;  leur signification n'est pas connue.  Je n'abandonnerai pour ma part cette hypothèse qu'après le désaveu formel d'un archéologue.

Ou bien faut-il voir plutôt ici une authentique marelle , comme le suggère Yves-Pascal Castel dans un article de 1993 ?

J'imagine mal des paroissiens taillant un bloc de pierre et le creusant de cupules, uniquement pour pratiquer un jeu dont l'une des caractéristiques principales est de pouvoir se jouer partout et sans plateau spécifique, en traçant des lignes sur le sol ou ailleurs. Je les imagine encore moins récupérant sans vergogne  leur table de jeu pour y élever un calvaire. Et encore moins jouant avec leur pions au pied de la croix. En outre, la marche trapézoïdale resterait inexpliquée.

Pourtant, l'abbé Castel a relevé au total en Bretagne douze exemples de socles ou de marches  de croix creusés de cupules de diverses tailles. (En Bretagne Croix et Calvaires 1997 page 42) Elles n'adoptent un schéma marelliforme qu'à Dirinon, mais sont parfois alignées selon des lignes, des cercles irréguliers ou des points de dès ou de  dominos. Sans aucune régularité compatible avec un jeu précis.

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Yves Pascal Castel 1997 :

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Il me paraît séduisant de penser que les pierres à cupules ont été considérées comme des pierres sacrées à l'époque pré-chrétienne, puis christianisées au même titre que les menhirs l'ont été. Leur forme de cube aurait alors favorisé leur emploi comme socle de croix.

La "marelle" médiévale.

Elle ne doit pas être confondue avec le jeu enfantin consistant à suivre  à cloche-pied un palet de terre à ciel, et retour. On préférera, pour les différencier, le terme de "jeu de mérelles" ou "jeu du moulin". 

Selon Patricia Muhouse 1985,

"Parmi les innombrables jeux de société pratiqués dans l'Occident médiéval, le plus répandu, celui auquel on joue partout, à tout moment, dans toutes les classes de la société, n'est pas le jeu de dés — contrairement à ce qui est souvent affirmé — mais bien le jeu de marelle.

C'est le jeu de société par excellence, celui qui pendant plusieurs siècles emblematise le mieux l'activité ludique de la civilisation européenne. Contrairement aux dames, aux échecs et aux tables (un des ancêtres du backgammon actuel), il ne doit en effet rien à l'Orient. Il est en outre plus ancien que tous les jeux de cartes et moins réprouvé que les jeux de dés. A l'époque moderne, il prend le nom de jeu du moulin; et ses épigones contemporains sont le morpion (avec toutes ses variantes) et le jeu dit « du drapeau anglais ». Ainsi la marelle, inconnue de la plupart des historiens et des anthropologues, et très souvent absente des répertoires, manuels ou encyclopédies consacrés aux jeux de société, est-elle bien, dans la longue durée, le jeu de l'homme européen. A la différence des dés, la marelle n'est pas un jeu de hasard mais un jeu de réflexion. Elle oppose deux joueurs possédant chacun trois ou cinq (parfois neuf) pions qu'ils doivent essayer d'aligner (verticalement, horizontalement ou diagonalement) sur une figure géométrique de forme variable et dont les versions les plus employées au Moyen Age sont reproduites ici. Les joueurs jouent à tour de rôle en ne plaçant ou déplaçant qu'un pion à la fois sur la figure. Le vainqueur est celui qui le premier a réussi à aligner ses trois ou cinq pions sur une des lignes de cette figure. Du moins tels sont les principes généraux du jeu car il y a évidemment de nombreuses variantes, et une évolution des règles allant vers la diversification."

Le mot marelle est  rattachée à un préroman * marr- (pierre, caillou) et à la généralisation du féminin de merel, marel, "jeton, palet, pièce de monnaie".

La figure formée de trois carrés inscrits les uns dans les autres et coupés par leurs médianes est à l'origine de la chaîne mérellée des armoiries des anciens rois de Navarre, déjà étudiée dans ce blog à propos des vitraux de Chartres.

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Socle de la croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle de la croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Socle de la croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle de la croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Socle de la croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

Socle de la croix de Kerniouarn / Kerpierre, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1993 (3 septembre) Croix et calvaires de Dirinon

“0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 21 février 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne. Croix et Calvaires. Minihy Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c7ab1cc53d0ef299b5bb65ed3764d18c.pdf

—MULHOUSE (Patricia),  1985, Jeux (jeux) : La marelle Médiévales  Année 1985  Volume 4  Numéro 8  pp. 103-106

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 12:08

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Situation.

La croix dite de Kermélénec se situe à 2,5 km au nord du bourg, sur la route qui descend vers le Moulin du Roual,  juste après avoir franchi la voie ferré du TER Quimper-Landerneau, à 80 m d'altitude.. 

Lesquivithttp://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.264217&y=48.411925&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=doubleMap

La carte de Cassini la place sur la route  Landerneau-Dirinon-Lannuzel-[Loperhet]-Daoulas, correspondant peut-être à une ancienne voie (voir site Voies romaines) .

Le hameau de Kermélénec (5 bâtiments), dans le vallon du ruisseau du Roual, se situe un peu plus au nord.

Toponymie :

– Keramelen : carte de Cassini (v. 1780) à proximité de "Le Millen". 

– Keramelenec : Carte d'Etat-Major 1820-1866

– Keramelenec : Scan50 historique de 1950

– Kermélénec : carte IGN

Le toponyme associant Ker, "lieu habité" au patronyme  Mélénec, pourrait se traduire par "Lieu habité par Mélénec", ou "exploitation rurale de Mélénec". Les noms en Ker- ont fleuri au Xe siècle. Mais le nom Mélénec renvoie au breton melen "jaune", et on consultera avec profit le site grandterrier.net qui propose pour le toponyme Mélénec : "Lieu planté de fleurs jaunes, ou du dénommé Meleneg, "le blondin".  "Melenec" est aussi le nom breton d'un passereau appelé "Verdier" en français, et on peut privilégier cette explication reliant les nom de lieux avec l'environnement naturel.

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    La croix est décrite dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous le n° 427 comme un édifice de kersanton de 5 m de haut, à trois degrés d'emmarchement recevant un socle cubique. Le fût est cylindrique, couronné par un nœud où se remarquent un blason et une inscription aiguisant la curiosité. Puis vient la croix à fleuron, avec le crucifix vers l'ouest et la Vierge à l'Enfant sur sa face est.

     

     

    Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le Christ possède des caractéristiques qui pourraient faire évoquer à un néophyte comme moi, qui vient d'étudier  la croix de Croix Rouge,  l'atelier de Roland Doré : la couronne d'épines en double brin torsadé, la tête inclinée à droite, les yeux fermés, les cheveux longs, la barbe en pointe, les mains et pieds cloués par des gros clous pyramidaux, le pagne  ordonné en plis  précis et noué à gauche. Mais il manque le pan de pagne glissé sous l'étoffe et ressortant à droite. Surtout, il est très antérieur à la période d'activité de ce sculpteur, alors que sa date le place dans celle de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), de Landerneau. Pourtant, Emmanuelle Le Seac'h, qui a dressé le catalogue raisonné de ces sculpteurs, n'y inclut pas cette croix. 

    Quelles sont les caractéristiques des Prigent ?

    "des pagnes volants, des mèches de cheveux décollées aux épaules, des barbes étagées". Bof.

    "Des torses aux côtes horizontales". Ah, oui.

    Sur la croix Prigent datée de 1556 de Kerabri en Lothey, le Crucifié a "les yeux clos et la bouche entrouverte". Oui, c'est bon.

    "Le nombril en forme de bouton". Ah, ça, c'est vraiment le cas!

    "Le pagne est noué sur le coté par une grande boucle."

    Mais tout cela ne remplace pas le coup d'œil et l'avis de l'expert. A Kermélénec, la croix n'est pas attribuée à un atelier.

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    Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La face orientale : la Vierge à l'Enfant.

    Elle porte une couronne à fleuron. Elle présente une pomme à son Fils, qui tient également une sphère, correspondant à un globe du Monde.

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    Vierge à l'Enfant. Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Vierge à l'Enfant. Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Vierge à l'Enfant. Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Vierge à l'Enfant. Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le blason.

    Le blason, présenté par deux anges, ne porte qu'un seul meuble : un calice. C'est donc celui d'un prêtre, qui n'y a pas ajouté ses initiales, comme sur la statue de saint Fiacre de la chapelle de Saint-Divy. Non par modestie, mais parce qu'il a fait graver une inscription qui comporte son nom.

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    Blason au calice de la croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Blason au calice de la croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    L'inscription et le chronogramme.

    Elle est écrite en lettres minuscule gothique, sur une ligne d'abord, puis sur deux lignes en lettres plus petites ; elle a été décryptée par Annie Le Men (1990) (je modifie sa lecture en lisant fayt et non fait. J'éprouve des difficultés à reconnaître "cette croix". Je donne ensuite ma transcription) :

    M P BODENES / CETTE CROIX /

                              A FAYT FAIRE / 1568

    "M[essire] Pre [tre] Bodenes a fait faire cette croix  [en] 1568.

    On peut comprendre aussi : Messire Pierre Bodenes.

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    Inscription "M[essire] P. Bodenes".  Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Inscription "M[essire] P. Bodenes". Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Inscription "fayt faire cette croix 1568".  Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Inscription "fayt faire cette croix 1568". Croix de Kermélénec (1568), Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    — LE MEN (Annie), 1990, "Armorial de la commune de Dirinon" Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXIX, pages 207 à 224.

    — CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

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    18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 17:32

    Les calvaires de Dirinon II. Le calvaire de la Croix-Rouge ou Creis Ru par l'atelier de Roland Doré (vers 1640).

     


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    Voir la série sur Dirinon :

    Les croix et calvaires : 

     

     

     

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    "Quinze croix et calvaires sont disséminés sur le territoire communal, datant selon les cas du Moyen-Âge au XXe siècle ; Croas-ar-Vossen date du XVe siècle, de même que le calvaire de Kerminouarn ; la croix de Comenec'h date du XVIe siècle, celle de Kerménélec [lire : Kermélénec] des environs de 1550, celle de Kergavarec de 1595, Beg-ar-Groas (la Croix rouge) des environs de 1640, celle du cimetière du XVII, la Croix-de-Pencran date de 1743, celle de Kerliézec du XIXe siècle" (Wikipédia "Dirinon")

    Les croix et calvaires sont décrites et numérotées 418 à 433 dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère.

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    Situation :

    Le lieu-dit La Croix Rouge se situe au nord-ouest du bourg, à proximité de la rive de l'Elorn (qui prend ici le nom de Rivière de Landerneau) sur une route venant  du Moulin du Roual et de Quillien, à une altitude de 110 m. La carte de Cassini (vers 1780) porte le toponyme de Creis Ru, qui se traduit, précisément par "Croix Rouge". Vers la carte de l'IGN et la carte de Cassini. La carte d'Etat-Major (1820-1866) porte le nom de Bec-ar-Groas, "Le promontoire de la croix", à ne pas confondre avec le lieu homonyme placé juste en face, sur l'autre rive de la Rivière de Landerneau. Les formes bretonnes Bec-ar-Groas et Creis-Ru témoignent d'une toponymie ancienne. Bec,  "Promontoire", peut faire allusion à une situation d'avant-garde, à l'ouest,  sur la colline où est établie Quillien, et qui culmine à 126 mètres.

    N.B: Marc Patay-Lejean voit dans "Croix-Rouge" un indice d'une occupation gallo-romaine.

    Cette croix ne marque pas aujourd'hui un croisement routier, mais l'embranchement de la route de la Croix-Rouge avec  un chemin vicinal. Par contre, la carte E-M montre une convergence en étoile de petites routes. Elle s'élève à proximité d'un hameau réduit à un ou deux feux (3 bâtiments sur la carte E-M, 4 sur la carte IGN). 

    Nous verrons que cette croix honore des saints protecteurs de la peste et de la lèpre. Cela m'a incité à chercher sans succès, si ce lieu était connu comme une maladrerie, une "madeleine", un hospitalet, un lazaret et encore si ce nom de Creis ru (ou Croas ru)  pouvait faire référence à un village de cacous. Tout au plus peut-on penser à la croix rouge de l'Ordre hospitalier des Templiers ou Moines Rouges.

    Notons que la croix la plus ancienne de la commune porte le nom de Croas-ar-Vossen, "Croix de la peste".

    Le lieu tire-t-il son nom de sa croix, ou l'inverse? Le calvaire (qui ne porte aucune trace de couleur) était-il peint, ou a-t-il succédé à une croix vermillon ?

    Ne retenons que deux choses : la proximité de Landerneau (où Roland Doré avait son atelier) et l'accès maritime aux carrières de kersantite, le "marbre" des calvaires bretons, autour de Loperhet.

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    Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    Le calvaire est décrit dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous la référence Dirinon n°420, avec son massif cubique en schiste, son fût à pans, son croisillon portant deux statues géminées, et sa croix à branches rondes et à fleurons godronnés.    

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    Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    Je débuterai par la face orientale, car elle était placée à l'ombre lors de ma visite méridienne. Je rappelle que la tradition catholique oriente le Christ en Croix face au couchant, et qu'on trouve au verso une Vierge à l'Enfant, une Vierge du Calvaire, ou un couple de saints. 

    Ici, cette face orientale ne comporte aucun personnage à l'arrière du Crucifix ; à droite se tient saint Jean, et à gauche la Vierge éplorée, comme au pied des Calvaires des grandes Passions gothiques.

    Jean, qu'on reconnaît à son visage imberbe et à ses cheveux longs, se tient bras croisés. Il est pieds nus, comme tout apôtre. L'attitude bras croisés se retrouve sur les calvaires de Roland Doré à Seznec(Plogonnec), Notre-Dame de Kerluan (Chateaulin), Commana, Saint-Nicodème (Ploéven), Tinduff (Plougastel-Daoulas), Saint-Vendal (Douarnenez)

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    Saint Jean, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Jean, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    La Vierge porte un grand manteau qui recouvre sa tête, et une robe serrée par une ceinture ; sa gorge est couverte par une guimpe. Ses yeux sont ouverts, son visage peu expressif ; seules ses mains,  jointes, doigts croisés, témoignent du caractère poignant de son affliction.

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    La Vierge, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Face principale.

    L'éclairage étant plus favorable, j'étudierai plus soigneusement la face occidentale.

    1. Le Christ en Croix.
    Il est barbu, les cheveux longs peignés comme ceux de Jean, les yeux fermés et la tête baissée, légèrement inclinée vers la droite. Il est vêtu d'un pagne. Les côtes, le nombril et la plaie du flanc sont figurées. Les pieds sont cloués par un seul clou à grosse tête polyédrique, pied droit sur le pied gauche.

    Les caractéristiques de la manière de Roland Doré sont selon E. Le Seac'h :

    a) la couronne d'épines aux deux brins enlacés en forme de carré

    b) le pagne, noué sur le coté gauche, soigneusement croisé avec un rabat sur le haut du tissu, un pan sorti sur le coté gauche et rentré sur le coté droit.

    c) le visage émacié, la barbe taillée en pointe; la moustache aux mèches fines ;  les veines du cou saillantes,

     d)le corps allongé, aux longs bras noueux,

    e) le torse presque rectangulaire avec les muscles de l'abdomen en forme de poire

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    Le Christ, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Le Christ, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Le titulus porte les lettres I.N.R.I, avec un point de séparation losangique .

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    Le Christ, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Le Christ, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Roch.

    Il porte le chapeau à larges bords, la pèlerine et le bourdon des Romeux, car Roch se rendit en pèlerinage  de Montpellier à Rome avant d'exercer ses talents de médecin auprès des malades atteints de la peste bubonique. C'est sur le point de rentrer, à Plaisance, qu'il fut atteint à son tour par la peste noire. Il s'isola dans une forêt où un chien —le fameux Roquet — le nourrissait chaque jour d'un pain rond.

    Comme dans toute son iconographie, Roch soulève sa robe et montre le bubon ou scrofule, ici largement ulcéré, de sa cuisse gauche. A sa droite, son chien (?), dont la tête est brisée, prend les allures d'un singe ou d'un diable à la longue queue et au large postérieur.

    Il a ainsi mérité d'être invoqué non seulement contre la peste, mais aussi contre toutes les épidémies intitulées indistinctement de pestes, ou contre les épizooties. Bien que la ou les pestes , et la lèpre, soient des affections très différentes, saint Roch est aussi invoqué par les lépreux. Ainsi en 1622 à Saint-Pol-de-Léon, où, après une épidémie de peste dans le quartier de La Madeleine réservé aux  lépreux, une fontaine Saint-Roch et une chapelle Saint-Roch furent bâties . Ses statues abondent dans les chapelles et église bretonnes. (ici à Brennilis ; photo lavieb-aile)

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    Saint Roch, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Roch, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Sébastien.

    On connaît la tradition iconographique qui fait de ce saint protecteur de la peste (en raison des flèches qui le transpercèrent lors de son martyre) un jeune éphèbe apollinien triomphant par la foi des douleurs de ses blessures : c'est l'exemple même de la "belle indifférence" des grandes âmes à l'égard de la bave du crapaud, des chiens qui aboient ou des bourreaux qui s'échinent. Ce Sébastien-ci en est une spécimen parfait.

    Mais, parce qu'il côtoie le Christ, il en devient un double spéculaire saisissant : le même traitement d'une  chevelure accentuant son androgynie (chevelure d'ailleurs semblable aussi à celle de Jean) en lignes parallèles de peignage , le même torse nu, le même pagne aux plis et nœuds inversés en miroir, et des jambes semblables....

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    Saint Sébastien,  Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Sébastien, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Une vue de coté permet de voir la corde qui lie ses mains derrière le dos, évoquant immédiatement le Christ à la Colonne.

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    Saint Sébastien,  Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Sébastien, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Sébastien,  Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Sébastien, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Saint Sébastien,  Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Saint Sébastien, Calvaire de la Croix Rouge, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    DISCUSSION.

    1. Datation : je trouve les dates de 1630 (topic-topos), et 1640 (Atlas des Calvaires).

    2. Restauration : elle a été consolidée en 1989.

    3.Attribution. 

    Roland Doré, le virtuose du kersanton, a dirigé un atelier à Landerneau pour satisfaire les commandes de plus de 82 paroisses de 1618 à 1663. E. Le Seac'h estime qu'il a créé 50 calvaires. C'est à cet atelier qu'Yves-Pascal Castel, puis Emmanuelle Le Seac'h attribue ce calvaire de Croix-Rouge.

    "Les représentations du Christ

     

     

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1907, Notice sur les paroisses : Dirinon, in Bulletin Diocesain d'Histoire et d'Archéologie, Quimper.

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bdd181929b72800d010461e5f4ff222d.pdf

    —APEVE (Association pour la Promotion des enclos paroissiaux de la vallée de l'Élorn), 2013, "Dirinon", texte, photos, mise en page : François LE MEN, Jean PRZYGODA, Pierre CHAMARD-BLOIS.

    — Infobretagne "Enclos paroissial de Dirinon" : http://www.infobretagne.com/enclos-dirinon.htm

    —  CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon" Calvaire n°420,  Atlas des croix et calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère, Quimper Atlas en ligne :

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

     — CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère, Quimper, 370 p.

    — CASTEL (Yves-Pascal), 1993, Croix et calvaires de Dirinon, Progrès de Cornouaille /Courrier du Léon 9 mars 1993

    0954 Dirinon, Croix et Calvaires... 03.09.93.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 février 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2456.

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71f7516bf9d58e7cc2eaa4246f072eb5.jpg

    — COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988, "Dirinon" Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

    http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DIRINON.pdf

    —FALC'HUN (Chanoine François), 1986, Dirinon, Editions Ouest-France, 32 pages, pages 30 et 31.

    — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes.

    — TOPIC-TOPOS :

    http://fr.topic-topos.com/croix-rouge-dirinon

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    Published by jean-yves cordier - dans Dirinon Calvaires
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    17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 21:13

    Les calvaires de Dirinon I : la croix du bourg (XVe siècle).

     

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    Voir la série sur Dirinon :

    — Le culte de sainte Nonne : 

    Les croix et calvaires de Dirinon :

     

     

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    Rappel :

    –"Croix" : monument qui a la forme d'une croix.

    –"Calvaire" : à la croix s'ajoutent deux personnages sur des croisillons (souvent la Vierge et Jean) ou les deux croix des larrons, voire ("Calvaire monumental") les scènes historiées de la Passion.

    Dirinon possède seize croix et calvaires, restaurés par les soins de recteur Guillermou entre 1956 et 1960 puis par la commune. Elles sont décrites par l'Atlas des croix et calvaires sous les n° 418 à 433.  Y-P. Castel distinguait en 1993 les croix simples (Croix de Mondragon n° 430, croix de Pen-ar-Run n°431, croix de Trébéolin n°432), les "Croix à Christ" (de Kerniouarn n°428, du bourg n°422, de Ty-Croas n°433, de Kermélénec n°424 et de Croas-Guénolé n°418), les six "Petits Calvaires" (de la Croix-Neuve n°419, de la Croix-Rouge n°420, du cimetière de l'enclos n°421, de la Grange ou Croas ar Vossen  n°423, de Lesquivit n°429), sans compter les 5 croix disparues signalées sur le cadastre.

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    Situation :

    N 48°.398056, O 4°.268148

    Dans le bourg de Dirinon, devant la Bibliothèque, le restaurant ouvrier Le Relais du Roual, voisin de la mairie, à 20 mètres de l'entrée dans l'enclos paroissial. Voir photo aérienne et carte IGN. Voir Street View Maps 11 rue de l'église.

    Description.

    Il est décrit par l'Atlas en ligne et interactif des croix et calvaires du Finistère, "Dirinon", sous la référence 422 (un dessin, pas de photo, consulté le 20/02/2017) comme étant en granite (socle, fût) et kersanton (crucifix), haut de 4,80 m et datant du XVe siècle. Au dessus d'un emmarchement à trois degrés est posé le socle portant la date de 1896 (mission). Le fût à pans est coiffé d'un chapiteau. La croix à section hexagonale, fleuronnée porte vers l'ouest un crucifix, et vers l'est une Vierge à l'Enfant.

    L'Atlas mentionne aussi "ange tenant le titulus" et "anges". Ce sont eux qui ont donné à ma visite tout son piment, et eux qui aimantaient mon regard, mais eux aussi qui m'ont mis en échec dans mon désir de les photographier. Aux pièges du contre-jour sur le ciel breton trop bleu s'est ajouté la prolifération des lichens.

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    Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    I. LA FACE OCCIDENTALE : LE CHRIST EN CROIX.

    Le Christ est représenté les yeux ouverts, la bouche étroite entrouverte, la tête très légèrement inclinée vers la droite et le bas, le menton triangulaire portant une barbe peu fournie, et ses cheveux longs, retombant en deux mèches devant les épaules, recouverts d'une couronne de deux brins tressés. 

    Cette croix est datée du XVe siècle, je dois donc tenter de la comparer aux autres calvaires contemporains. Un certain nombre de ses caractéristiques s'écartent radicalement du calvaire de Rumengol (vers 1433-1457 ), qui sert de "type" pour le travail du premier atelier du Folgoët : le pagne court (croisé sur le devant avec le pan droit passé en dessous et le pan gauche au dessus) ; les pieds en rotation interne ; les genoux non fléchis. La taille est moins fine, les côtes sont très apparentes, horizontales. Les fleurons de la croix sont formés de pétales, mais moins souples et gracieux qu'à Rumengol. 

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    Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    "L'Ange au geste bienveillant"

    Emmanuelle Le Seac'h 2014 utilise ces termes pour désigner, sous le ciseau de l'atelier du Folgoët (1423-1509) un ou des anges qui se penchent au dessus de la tête du Christ ou de la couronne de Marie sur les calvaires de Rumengol, de Plougoulm, ou sur un gisant de Guengat. Puis,  elle décrit les "anges de douceur" de l'atelier de Tronoën (1470), qui retiennent le voile de la Vierge dans sept Pietà, ou retenant les cheveux du Christ (Calvaires du Béron et du Moustoir de Châteauneuf-du-Faou), avec de très nombreux exemples d'"héritiers de la gestuelle de l'ange" sur des Pietà de granite du XVIe siècle. (Voir la Pietà de Saint-Sauveur du Faou ici en fin d'article). 

    Ici, un ange à la tête cerclée descend en un piqué impressionnant du fleuron sommital de la croix et tient ses petites mains devant ses épaules. Il ne tient pas réellement le titulus (inscription I.N.R.I en lettres gothiques), et il semble se précipiter avec sollicitude  au chevet du Fils. 

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    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Bien-sûr, on ne peut s'empêcher d'évoquer Proust visitant à l'Arena de Padoue les fresque de Giotto (1303-1305) : 

    Dans ce ciel transporté sur la pierre bleuie volaient des anges que je voyais pour la première fois [...]. Hé bien, dans le vol des anges, je retrouvais la même impression d’action effective, littéralement réelle, que m’avaient donnée les gestes de la Charité ou de l’Envie. Avec tant de ferveur céleste, ou au moins de sagesse et d’application enfantines, qu’ils rapprochent leurs petites mains, les anges sont représentés à l’Arena, mais comme des volatiles d’une espèce particulière ayant existé réellement, ayant dû figurer dans l’histoire naturelle des temps bibliques et évangéliques. Ce sont de petits êtres qui ne manquent pas de voltiger devant les saints quand ceux-ci se promènent ; il y en a toujours quelques-uns de lâchés au-dessus d’eux, et comme ce sont des créatures réelles et effectivement volantes, on les voit s’élever, décrivant des courbes, mettant la plus grande aisance à exécuter des « loopings », fondant vers le sol la tête en bas à grand renfort d’ailes qui leur permettent de se maintenir dans des positions contraires aux lois de la pesanteur, et ils font beaucoup plus penser à une variété disparue d’oiseaux ou à de jeunes élèves de Garros s’exerçant au vol plané, qu’aux anges de l’art de la Renaissance et des époques suivantes, dont les ailes ne sont plus que des emblèmes et dont le maintien est habituellement le même que celui de personnages célestes qui ne seraient pas ailés." (Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, 

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    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Ange de sollicitude et Christ en croix, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LA FACE ORIENTALE : LA VIERGE À L'ENFANT.

    La Vierge porte au dessus de cheveux retombant sur les épaules une couronne à fleurons. Les yeux sont en amande, le visage rond. 

    Le manteau est maintenu comme une cape par un fermail aux boutons de fixation entourés d'une rosette. Le pan droit tombe verticalement sans être brisé par le moindre pli, sauf dans sa partie basse. Le pan gauche, à l'opposé, trace une large courbe sous le coude gauche avant d'être maintenu par le poignet droit et de retomber en un bel éventail de plis. La robe est cintrée à la taille, ses manches sont plissées. 

    L'Enfant est tenu sur l'avant-bras gauche de sa Mère, qui soutient aussi ses pieds de la main droite. Il est vêtu d'un manteau entrouvert sur ses jambes nues. Sa main droite est posée sur celle de sa mère.

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    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    L'ange de sollicitude.

    Ici encore, un ange est descendu des Cieux pour entourer de sa bienveillance la Vierge et son Fils. Il ne place pas, comme ailleurs, la couronne sur la tête de Marie, et ses mains tiennent une banderole, sans inscription.

    Mais il rivalise de maîtrise aérienne dans sa figure de voltige. Et lui aussi est fleuri de lichens épilithiques (ou endolithiques ? peu importe, c'est pour le plaisir d'aider les termes poussiéreux à prendre l'air).

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    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Les deux anges de sollicitude.  Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Les deux anges de sollicitude. Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Vierge à l'Enfant, Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    L'ange au pied de la croix.

    Est-ce vraiment un ange ? Les deux volutes latérales sont-elles ses ailes ? Il tient ses mains sur son ventre comme s'il serrait un objet sur son aube plissée, mais je ne distingue rien.

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     Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

    Croix du bourg, Dirinon. Photographie lavieb-aile février 2017

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    Un accident de 1993 met à bas les anges gracieux.

    Selon un article du Courrier du Léon de 1993 par Yves-Pascal Castel, un engin agricole a accroché sur le parking la croix en août 1993, pour la seconde fois puisqu'elle avait déjà été renversée en juin 1985. Une photographie  d'Annie Le Men montre les deux anges sculptés dans le même blog, à terre avec une aile brisée.

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    SOURCES ET LIENS.

    CASTEL (Yves-Pascal), "Dirinon", Atlas des croix et calvaires du Finistère.

    http://croixetcalvaires.dufinistere.org/commune/dirinon/dirinon.html

     

    Glossaire illustré sur les formes d’altération de la pierre

    http://www.lrmh.fr/IMG/pdf/pier-cons-109.pdf

    — https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01244642/document

     

    — Laurence Galsomies 1995 Le rôle du facteur biologique dans l'altération des monuments historiques en granite (Bretagne)

     

     

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