Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 10:58

La chapelle Saint-Ronan de Plozévet et son sarcophage de granite.

.

Voir sur Plozévet :

 

Voir sur saint Ronan :

.

PRÉSENTATION.

La chapelle actuelle a dû succéder à une autre bien plus ancienne, à laquelle était adjoint un petit hôpital dont subsistent quelques témoignages (les Décimes de 1783 l'appellent l'Hôpital de Saint-Ronan).

Sur le pignon ouest de l'édifice au dessus de l'œil de bœuf, on peut lire la date de 1720. En fait, ce sont les pierres du manoir de Keringar en Plozévet, vendu en 1702 par son propriétaire de l'époque Guy de Lopriac, chantre et chanoine de Quimper, à la fabrique de la paroisse de Plozévet, qui servirent à rebâtir la chapelle et la sacristie de l'église paroissiale, ainsi que la sacristie de la chapelle de la Trinité.

La croix était accompagnée de quatre pierres ovoïdes (qui passent pour être des pierres de fécondité), près d'un curieux bénitier : elle donne à croire que l'établissement cultuel chrétien s'est installé à l'emplacement d'un lieu de culte païen ou druidique.

Voir la chapelle de la Fontaine-Blanche à Plougastel et sa pierre de fécondité .

En juillet 1795, l'église Saint-Démet et la chapelle Saint-Ronan furent vendues à deux notables, Louis Gourlaouen de Keristin et Jacques Le Goff de Mespirit. Les biens furent restitués à la commune en octobre 1803.

La légende de saint Ronan.

La légende locale dit que saint Ronan, fatigué par les nombreux fidèles qui venaient le visiter et se recommander à ses prières, sur la montagne où il avait établi son ermitage, prit un jour un gros galet et le lança à toute volée devant lui, en faisant le vœu d'aller s'installer, là où la pierre tomberait.

Elle s'abattit à trois lieues au moins de la montagne, dans un recoin écarté du plou de Demet. Saint Ronan la retrouva miraculeusement et se bâtit une nouvel ermitage en cet endroit. Lorsqu'il mourut,les voisins taillèrent pour sépulture le sarcophage de pierre qui se voit encore auprès de la chapelle.

Ses reliques opérèrent tant de miracles que les gens du Porzay, jaloux d'en profiter, vinrent chercher son corps afin de l'enterrer là où il avait d'abord vécu, sur les confins de Plonévez.

C'est pour cela qu'il repose aujourd'hui dans l'église de Locronan et que son sarcophage de Plozévet reste vide. Jadis, les fiévreux s'y étendaient pour obtenir guérison. On prie encore saint Ronan pour la même affection, en faisant un pèlerinage à sa chapelle trois lundis consécutifs. (d'après le cartel affiché dans la chapelle).

.

.

Dessin de L. Le Guennec, 1934 in Chronique médicale.

 

.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

La fontaine.

.

Aujourd'hui (1934) encore, saint Ronan est invoqué pour les rhumatismes et contre les maux de tête.Dans un cantique Pedenn da Zant Ronan, on lit à la troisième strophe :

Riot ive, vel guechall

Yec'hed d'ar glanvourien.

Deuit ato d'hon diouall

Ouz ar veac'h, ar vocen

Donnez aussi, comme autrefois,

Santé aux malades.

Venez toujours nous préserver

De la variole et de la peste.

.

Dessin de L. Le Guennec (Chronique médicale, 1934)

 

.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

La statue de saint Ronan.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

LE SARCOPHAGE ANTHROPOMORPHE (GRANITE, HAUT MOYEN-ÂGE ?).

.

En 1929, dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Louis Le Guennec signale "l'existence, près de la chapelle de Saint-Ronan, en Plozévet, d'un sarcophage en granit avec logette marquant l'emplacement de la tête et large couvercle. A la tête du sarcophage est gravée une croix fruste; à proximité sont trois gros galets de forme ovoïde. (Bull. SAF 1929). Il publie ailleurs un dessin.

.

.

Ces cercueils de pierre sont connus dans l'est de la Bretagne (Morbihan), le plus souvent au sein de nécropole, alors qu'ils sont plus rares, et isolés, dans l'ouest. Ils sont trapézoïdaux et en calcaire coquillier (une trentaine de site en région rennaise), ou en schiste, ou en granite ; P. Guigon en a dressé l'inventaire en 1994. Le Finistère en compterait une douzaine, et à Telgruc-sur-mer l'un d'eux a été ré-employé en bassin de fontaine. Dans le Cap Sizun ou Cornouaille, on compte quatre sarcophages isolés (trois en sépultures rurales, un (Saint-Ronan) près d'une chapelle.

Suivant l'exemple de son confrère Euzenot qui avait décrit les sarcophages du Morbihan en 1880, le chanoine Abgrall, résolument polymathique, a décrit en 1899  pour le Finistère 5 sites. 

Philippe Guigon déclare qu'elle ne peut être datée. Il ajoute : "Le couvercle du sarcophage anthropomorphe de St-Renan en Plozévet est divisé longitudinalement en deux parties égales par une traverse en faible relief ; la cuve possède quatre tenons, deux pour chaque côté, de destination imprécise, décorative plus qu'utilitaire."

.

 

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sarcophage de la chapelle Saint-Ronan en Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

autres sarcophages:

-Telgruc-sur-Mer :

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/telgruc-sur-mer/fontaine-de-saint-divy-001.php

-Dol-de-Bretagne "tombeau de saint Budoc"

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo223948

-Landévennec sarcophage en bois

https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1986_num_16_1_1178_t1_0188_0000_3

.

.

 

 

SOURCES ET LIENS.

— Site de la commune.

http://commune.plozevet.free.fr/index.php?static10/patrimoine

— ABGRALL J.-M., 1899. - "Sarcophages anciens". Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome XXVI, 1899, p. 3-14, 6 fig.


SARCOPHAGES ANCIENS

Au tome VIlle du Bulletin de notre Société, année 1880, page 175 et seq., notre confrère, M. l'abbé Euzenot, alors.
vicaire à Guidel, maintenant curé-doyen de Cléguérec, a publié un mémoil'e détaillé et très savant sur les sarcopha­ges du Morbihan. Dans notre pays les cercueils en pierre ne sont pas si nombreux que dans le département voisin; les quelques exemplaires que nous connaissons méritent cepen­dant d'être étudiés, précisément' à cause de leur rareté.
M. Euzenot, dans sa notice, commence par faire un classement chronologique des différents sarcophages d'après
leurs dimensions et leurs formes. Il base ce classement sur l'autorité d'illustres archéologues qui ont traité çette ma­tière : l'abbé Martigny, l'abbé Cochet, M. P. Lacroix et M·de Caumont. Selon les données de ces savants, les sarcopha­ges de l'époque mérovingienne, à partir du VIe siècle, ont environ deux mètres de longueur, sont plus étroits à la place des pieds qu'à celle de la tête du mort, mais sont creusés droits ou carrément aux deux extrémités. Les cercueils de l'époque carlovingienne au contraire présentent un ca­ractère qui les distinguent nettement des précédents; ils ont un emboîtement, une entaille, une petite cellule évidée dans la pierre pour loger la tête. . .
Or, c'est ce détail qui semble être en contradiction avec la date que je crois pouvoir assigner au premier sarcophage dont je vais traiter. Ces caractères cités par M. Euzenot et indiqués par les archéologues sur lesquels il s'appuie sont-ils précis, absolus? ou bien n'ont-ils pas pu être employés dans une région avant d'avoir été en usage dans une autre?

M. de Caumont et les autres savants n'ont pas étudié la Basse~Bretagne. Or de même que notre architecture ancienne était différente de celle des autres provinces, de même aussi notre mobilier funéraire pouvait avoir ses formes spéciales, indépendantes de toute autre influence. Quoi qu'il en soit, j'aborde mon sujet, et dans le cours de
l'exposition je me propose de discuter les raisons pour et contre.

Saint-Jaoua .

Le premier sarcophage que .le veux examiner est celui de Saint-Jaoua, dans la chapelle de ce saint, à 500 mètres du bourg de Plouvien .
Ayant reçu commission de Sa Grandeur Monseigneur Valleau, évêque de Quimper, de regrettée mémoire, de faire
l'ouverture du tombeau -de Saint-Jaoua, pour rechercher les quelques reliques que l'on savait par la tradition y être
restées après le transport de son corps, à l'époque des invasions normandes, je m'acquittai de ce mandat le mardi 17 août 1897, en présence de M. l'abbé Léal, recteur de la paroisse, avec le concours de sept hommes requis pour faire le travail et servir en même temps de témoins.
On a commencé par enlever les différentes pièces du monument gothique qui recouvrait le tombeau. Sous ce monu­ment régnait une plate-forme en épaisses dalles de granit, lesquelles ayant été déplacées, on a découvert une longue pierre légèrement cintrée, semblant former couvercle. Sous ce couvercle était un sarcophage ou auge de pierre de faible profondeur, ayant extérieurement 2 m. 10 de longueur, et intérieurement, dans la partie creusée pour recevoir le corps, 1 m. 85. Cette partie excavée offrait à l'une des extrémités une petite logette ou cellule pour la tête, ayant 0 m. 30 de large et 0 m. 20 d'enfoncement. L'endroit des épaules mesurait 0 m. 53 de large, et le tout allait se rétrécissant pour n'avoir plus que 0 m. 40 aux pieds.
La dalle ayant servi à creuser ce cercueil n'ayant que peu d'épaisseur, il s'est trouvé que la profondeur était absolument insuffisante pour le corps qu'on devait y déposer puisqu'elle n'était que de 0 m. 08 aux pieds et de 0 m. 10 à la tête et on s'est trouvé clans l'obligation de creuser également le cou­vercle, de 0 m. 10, de manière à donner un espace total de 0m. 20 à la tête, et 0 m. 18 aux pieds, chose que l'on a pu constater sur place en retournant la dalle qui formait couvercle. Cette particularité que les archéologues n'ont observée dans aucun autre sarcophage, qui est uniquement spéciale peut-être au cas actuel, nous met à l'aise pour discuter l'autre caractère, la logette de la tête qui semble contredire nos données.
Saint J aoua qui a occupé le siège épiscopal de Léon du vivant même de saint Pol, lequel, accablé par l'âge, s'était
démis de cette charge, est mort vers l'an 590, donc en pleine période mérovingienne. Les historiens et la tradition s'accordent pour placer son tombeau à Plouvien, dans la chapelle qui porte son nom. Cette tradition est corroborée par le monument gothique du xv siècle ou du commencement du XVIe siècle qu'on a érigé sur le lieu de sa sépulture, avec son et cette inscription: effigie SAS. JOEVIN . EPUS ' LEONS. FUIT. HIC. SEPULTUS.
De temps immémorial, la vénération s'est attachée à cette tombe comme étant celle du saint évêque; on peut donc
conclure légitimement que le sarcophage trouvé sous le mo­nument sculpté est bien le cercueil en pierre dans lequel a été inhumé son corps et dont ses ossements sacrés ont été retirés pour les soustraire aux profanations des Normands, en y laissant toutefois quelques restes, comme précieux souvenir et comme objet du culte qui pouvait s'y perpétuer . Dans mes recherches, en effet, j'ai eu le bonheur d'y trouver quatre fragments d'os, dont une tête de fémur, la partie médiane du même membre et l'extrémité condylienne fendue en deux.

Donc , malgré la particularité de la petite cellule pour la tête, je me crois autorisé à avancer que ce sarcophage est
vraiment mérovingien, en dépit des observations faites par les archéologues en dehors de notre pays.

Un détail à noter pour ce cercueil, comme pour quelques autres, c'est l'existence d'un trou d'évacuation percé vers le milieu pour laisser filtrer les liquides et les matières provenant de la décomposition du cadavre . .
Il resterait encore une observation à faire à propos du sarcophage de Saint-Jaoua; il existe un autre sarcophage
bien authentique et dont la date est connue, c'est celui de Saint-Gildas, en son église abbatiale de Saint-Gildas de-
Rhuys. Cet illustre abbé est mort en l'an 565, 25 années environ avant saint Jaoua. La tombe se trouvait autrefois
sous le maître-autel dans un enfoncement en forme d'arcade basse et ouverte; actuellement, le maître-autel ayant. Été changé de place et établi plus avant vers l'entrée du sanctuaire, le cercueil de pierre se trouve absolument isolé et posé à fleur de terre. Le couvercle de ce cercueil rappelle par ses dimensions celui de Saint-Jaoua ; par sa forme il en diffère un peu, étant moins fruste, et taillé en figure de toit plat avec pentes des deux côtés et aux deux extrémités . Les dimensions extérieures sont: 2 m. de longueur. 0 m. 70 de largeur à la tête, et 0 m. 30 aux pieds. S'il avait été possible de contrôler. les dispositions intérieures, on aurait pu constater s'il y avait divers ~apports de similitude avec le sarcophage de Saint-Jaoua, tout particulièrement pour ce qui regarde la logette de la tête, et conclure à la contemporanéité des' deux monuments. Cette tombe a été ouverte en 1856, et malheureusement le procès-verbal ne fait pas mention de ce détail particulier qu'il aurait été si précieux constater en la circonstance.
Lochrist.

A l'extérieur de la chapelle de Lochrist, en Plounévez­ Lochrist, au pied du mur nord, se trouve un sarcophage en
granit dont la forme générale rappelle celui de Saint:Jaoua·: il mesure 2 m. 23 de longueur totale, 0 m 60 de largeur à la tête et 0 m. 40 aux pieds. La partie creusée pour recevoir le corps est longue de 1 m 96, large de 0 m. 47 aux épaules et de 0 m 18 aux pieds; un trou d'évacuation existe aussi vers le milieu, et pour la place de la tête est pratiquée une logette la plus caractérisée que j'aie jamais constatée, puisqu'elle mesure 0 m. 26 de longueur sur 0 m. 20 de largeur; au lieu d'être arrondie à son extrémité, cette logette est taillée carré­ment. La profondeur maxi.ma sous le dos est de 0 m 30. Ici aucune tradition ne nous dit à quel personnage a pu appar­tenir ce cercueil et nous indiquer par conséquent quel peut être son âge. Nous savons seulement que la fondation première de la chapelle de Lochrist remonte à l'enfance de saint Guénolé, en mémoire de la victoire de Mil-Guern remportée
par son père Fragan sur les pirates qui voulaient envahir le pays, mais le sarcophage en question peut être de beaucoup postérieur à ce premier établissement .
.

Plougonven .
Dans le cimetière de Plougonven, contre le mur ouest, tout près du vieil ossuaire gothique, on remarque une auge
qui sert au couvreur de l'endroit à éteindre de la chaux lorsqu'il a des réparations à faire à la toiture de l'église.
Or, c'est là un vieux sarcophage qui a dû être extrait autre fois du sol de l'église ou de celui du cimetière; sa forme
spéciale et ses dimensions le démontrent bien. Il a comme longueur extérieure 2 m. 08, comme largeur à la tête 0 m. 78 et 0 m. 65 aux pieds. La longueur intérieure est de 1 m. 85, sur 0 m 58 de largeur aux épaules et 0 m. 45 aux pieds; la profondeur est de 0 m. 23. Ici il n'y a qu'un rudiment de cellule pour la tête, une simple entaille large de 0 m 25, mais n'ayant que 0 m. 05 de saillie sur le reste, et, chose remarquable, la même entaille se répète à l'autre extrémité pour les pieds. C'est une disposition exceptionnelle, en dehors des observations ordinaires des archéologues et sem­blant échapper par là même à leurs règles de classification chronologique; mais il faut cependant constater ici une certaine parenté avec les deux monuments qui nous ont occupés précédemment. '

Landeleau.

Avant 1886 existait dans le cimetière de Landeleau, à 7 ou 8 mètres en 'avant du clocher ,un petit oratoire de
4 m. 50 environ de longueur sur 3 mètres de largeur exté­rieure, désigné dans le pays sous la dénomination d' « Ermitage de Saint-Théleau », Saint Théleau ou Thélial, évêque de Landaff, en Cambrie, a, en effet, séjourné dans notre contrée. Il quitta son pays avec les survivants de son troupeau pour échapper à la peste qui avait décimé la population et qui menaçait de faire disparaître tous les habitants. Ils se réfugièrent tous en Armorique, où saint Théleau vint d'abord voir son beau­ frère Budic, comte de Cornouaille, et sa sœur, la comtesse Anaumed, et demeura quelques mois chez eux; après quoi, il poussa jusqu'à Dol pour visiter son ami saint Samson auprès duquel il resta sept ans et sept mois, (Dom Lobineau, p. 28, d'après le Liber landavensis).
Il est probable que pendant son séjour il passa par le territoire de Landeleau, où se construisit une église sous
son vocable. Il est possible même qu'il y ait demeuré quel­que temps et qu'on ait bâti un oratoire sur la place même
où il habita. La construction que j'ai vue debout portait la date de 1684; mais dans les assises du soubassement on
reconnaissait des lignes de moellons appareillés en fougères ou en arêtes de poisson et qui faisaient partie d'un édifice antérieur qui pouvait parfaitement dater du XIe siècle, peut­ être même du IXO ou du VIlle siècle.
C'est dans cet oratoire ou ermitage de saint Théleau que se trouvait le sarcophage connu de tout le monde sous le
nom de lit de saint Theleau. Saint Yves étant de passage dans cette paroisse coucha une nuit dans ce sarcophage par esprit de pénitence et pa~ dévotion pour le saint dont il portait le nom. Depuis la démolition de l'ermitage, le cercueil de pierre a été transporté dans l'église qui, elle-même,
a été récemment reconstruite. Les mesures de ce sarcophage sont: 2 32 de longueur extérieure. 2 de longueur dans la partie creusée, en y comprenant la logette de la tête, Om 50 de largeur aux épaules
et 0 m 30 aux pieds et 0m 32 de profondeur. Deux trous de scellement qu'on remarque de chaque côté de la tête semblent indiquer que le couvercle était solidement fixé sur la partie inférieure, et ces traces de scellement se retrouvent encore dans d'autres cercueils, notamment dans le beau sarcophage de Saint-Pol-de-Léon. Dans le même caractère que ceux que je viens de mentionner, c'est-à-dire avec la cellule pour la tête et largeur plus faible aux pieds, il existe encore deux autres sarcophages en granit, l'un au bas de l'église de Mahalon, servant de réservoir d'eau bénite, l'autre à la chapelle de Saint-Ronan, entre Landudec et Plozévet; on m'en a signalé un autre provenant de l'église de Saint-Trameur de Carhaix; il est à croire qu'il en existe un grand ' nombre cachés dans le sol de nos cimetières et sous le pavé de nos églises.

.

Saint-Pol-de-Léon .

Le sarcophage que l'on voit à la cathédrale de Saint-Pol, dans le bas-côté midi, est dans un genre absolument différent. C'est une grande auge carrée, ornementée extérieure­ment de sculptures sur ses deux côtés et ses deux extrémités, ayant comme mesures extérieures 2 m 32 de longueur, 0m 73 de largeur à l'un des bouts et  0 m 67 à l'autre. A l'intérieur elle a pl 83 de longueur, l'extrémité de la tête taillée carrément est large de 0 55 et celle des pieds de 0 m 43 ; la profondeur est de 0 m32. Comme je l'ai dit précédemment, aux quatre angles on trouve les traces de quatre scellements en plomb pour fixer le couvercle. .
L'ornementation consiste en une série de cinq arcades à plein-cintre sur chacun des côtés, en une croix ancrée à l'ex­trémité de la tète, et en un arbuste, ressemblant à la vigne, à l'extrémité des pieds. Toutes ces sculptures sont méplates et très peu saillantes. Sur les côtés ou remarque encore quelques motifs gravés, arbuste,feuillage, chevrons, damiers, losanges. Tous ces caractères semblent devoir faire attribuer ce tombeau au XIe OU XIIe siècle. Le chanoine Toussaint de Saint Luc, en 1664, prétend avoir lu sur le couvercle
aujourd'hui disparu: HIC.JACET.ÇONANUS.BRITONUM REX tout en disant que les lettres étaient presque effacées.
Il est donc probable qu'il aura pu lire le commencement de l'épitaphe, et qu' il aura les  derniers mots. La donnée la plus vraisemblable est que cen'est point le cercueil de Conan-Mériadec, mais d'un évêque Conan dont M. le chanoine Peyron a trouvé le nom sur la liste des évêques de Léon au XlI siècle .

Je ne parle que pour mémoire du grand sarcophage provenant de l'abbaye blanche de Quimperlé ou couvent
des Dominicains devenu maintenant convent des Dames de la Retraite. Cette grande auge en pierre se trouve maintenant dans une des salles du rez-de-chaussée de notre musée départemental et a été décrite et savamment étudiée par M. l'abbé Euzenot au tome XII de notre bulletin, année 1885! page 247.
Le tombeau de Jean de Monfort trouvé dans les ruines de la même église de l'abbaye blanche a fait également l'objet d'un mémoire de M. de la Villemarqué et d'une notice de M. l'abbé Euzenot! tome XI du Bulletin, 1884, pages 278 et

Je termine en disant un mot de la sépulture que l'on dit être le tombeau du roi Grallon dans l'église abbatiale de
Landévennec. A l'angle qui se trouve entre le transept sud et le bas-côté du chœur existe une petite chapelle
carrée de 2 40 de côté à l'intérieur, couverte d'une voûte d'arêtes. On y accède par trois ouvertures donnant sur le
collatéral, sur le transept et sur la sacristie. A environ un mètre de profondeur au-dessous des seuils de ces ouvertures on descend par trois marches à une aire où l'on trouve une
tombe maçonnée en gros moellons, ayant la forme des anciens sarcophages, offrant une logette pour la tête, une
plus grande largeur pour les épaules, et se rétrécissant vers les pieds. La longueur de ce tombeau est de 1 m70.
Si l'on s'en rapporte aux caractères indiqués par M. l'abbé Euzenot, cette sépulture serait de l'époque capétienne, et il est à croire qu'elle est contemporaine de l'église dont la construction remonte à l'abbé Blenlivet, c'est-à-dire vers
l'an 1030. Ce n'est donc pas le tombeau primitif du roi Grallon, mais c'est un monument qui a pu être élevé au lieu
exact de sa sépulture. En tout cas c'est la tombe d'un personnage Important et ce n'est pas celle de saint Guénolé,
que -l'on sait avoir eu sa place dans le transept opposé, c'est-à-dire dans celui du nord .

Ce souvenir me reporte vers les sépultures vénérables de nos vieux saints dont les emplacements sont connus exactement et marqués par des monuments extérieurs: saint Ronan dans son pénity de Locronan, saint- Edern dans son église de Lannédern et saint Herbot dans sa chapelle monumentale de Plonévez-du-Faou; sainte Nonne dans sa chapelle du cimetière de Dirinon; saint Curloës, dans la crypte de Sainte­ Croix de Quimperlé .

J-M. ABGRALL,
chanoine honoraire .

— DUJARDIN (docteur Louis), 1934, "Un saint guérisseur breton, saint Ronan.",La Chronique médicale : revue mensuelle de médecine historique, littéraire & anecdotique, 1934, n° 41 Paris 

https://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?do=page&cote=130381x1934x41&p=177

 

— EUZENOT P., 1880-1881. - Les cercueils de pierre du Morbihan. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome VIII, 1880- 1881, p. 175-203.

— GUIGON (Philippe) , BARDEL (Jean-Pierre) , BATT (Michael), 1987, » Nécropoles et sarcophages du Haut Moyen Age en Bretagne « , Revue Archéologique de l'Ouest  Année 1987  4  pp. 133-148

https://www.persee.fr/doc/rao_0767-709x_1987_num_4_1_909

"Les sépultures les plus unanimement datées du haut Moyen Age utilisant des sarcophages de différents types. Les cuves rectangulaires dérivent certainement de "prototypes gallo-romains" (Galliou,1981, p. 349), comme celles de Carhaix ou de St-Lunaire. Mais les tombeaux en granité de forme identique des cathédrales de Dol et de St-Pol, attribués aux saints évêques de ces lieux, remontent à la période romane seulement. Les sarcophages monolithes trapézoïdaux, plus larges à la tête qu'au pied, restent la part du temps caractéristiques de la période mérovingienne, même si ce type de sépulture perdure bien au-delà, comme à Quiberon et à St-Gildas-de-Rhuys (Xlème siècle). Le trapèze n'est que rarement symétrique, les angles droits à la tête et au pied sont situés sur un même côté, ceux de l'autre côté étant respectivement aigu et obtus. Cette façon de tailler deux sarcophages disposés tête-bêche semble plus économe en matériau et plus simple à mettre en oeuvre que celle qui requiert la taille d'angles non droits. Les marques des instruments, herminette ou pic larges d'environ 2 cm demeurent visibles au fond des sarcophages en calcaire ; seules les sépultures du pays nantais possèdent sur les côtés des traces de layage disposées en oblique ou en chevrons, à caractère essentiellement décoratif. La présence d'une logette céphaloïde aménagée dans un sarcophage autorise, d'après certains auteurs, un rajeunissement jusqu'à l'époque carolingienne, voire romane (Salin, 1952, p. 104), même si certains exemples sont connus deux siècles auparavant (Colardelle, 1983, p. 353). En Bretagne, cet aménagement apparaît à Crach, où de minces baguettes encadrent la tête, à St-Donatien-et-Rogatien de Nantes et à St-Lupien de Rezé, toutes des sépultures mérovingiennes. Avec l'accroissement de la cavité pour la tête, l'anthropomorphisation se fait progressivement plus sensible, jusqu'à ce que le sarcophage épouse totalement la forme du corps : un exemple mérovingien (assez douteux) est connu à St-Lupien de Rezé (Cahour et al, 1874, pi. VIII) ; le tombeau similaire de St-Renan en Plozévet demeure indatable. Ceux de Quiberon sont attribués par P.-M. Lavenot (1890) au Xlème siècle (logette céphaloïde rectangulaire) ou au Xllème siècle (extrémité de la tête "pointue", avec logette).

 

.....

La plupart des sépultures du haut Moyen Age en Bretagne, qu'elles soient isolées ou qu'elles fassent partie d'une nécropole, se situent à proximité d'un lieu de culte, cathédrale ou chapelle suburbaine, église paroissiale ou chapelle rurale. Deux fontaines (à Goulven et Telgruc-sur-Mer) réutilisent des sarcophages attribués à des saints (respectivement Goulven et Divy) : faut-il supposer une christianisation de lieux de culte de l'eau protohistoriques ?

— GUIGON (Philippe) 1994, Les sépultures du haut Moyen Age en Bretagne Institut culturel de Bretagne, Skol-uhel ar Vro, 1994 - 113 pages

 

.

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 07:46

Sculptures et inscriptions lapidaires (1695-1704) de l'église de Plozévet. Statues de la Vierge à l'Enfant, de la Vierge de Pitié, de sainte Marie-Madeleine et de saint Alar (Éloi).

.

Voir sur Plozévet :

.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Inscription lapidaire du fronton:

.

 

LE PENNANRVN (?)

P. LE PENNEC F.1695.

.

Suggestions généalogiques :

-Jean PENNARUN (1654-1703, vicaire à Plozévet, décédé au presbytère :

https://gw.geneanet.org/mcff?n=pennarun&oc=1&p=jean

-Pierre LE PENNEC (1654-1716), laboureur domicilié à Kermenguy à son mariage en 1702, et décédé à Kervinily.

https://gw.geneanet.org/eguillard1?n=pennec+le&oc=3&p=pierre

.

Note : La sacristie porte l'inscription : "V. ET. D. M. I. PEN(NARVN). R/Y. GENTRIC. F. 1701." soit "Vénérable et Discret Messire Jean Pennarun Recteur Yves Gentric fabricien en 1701".

.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

La tour du clocher : inscription lapidaire.

.

------------------------------------

V. M. LE PENNARVN ----GOFF P. 1704.

.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Eglise Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

LES ARMOIRIES DE L'ENFEU (BRAS NORD DU TRANSEPT).

.

"Sous la fenêtre du bras Nord du transept se trouve un enfeu, c'est une niche funéraire destinée à recevoir une tombe. Il est possible que des seigneurs  y aient été enterrés, mais nous n’en n'avons pas de preuve. Sur le mur au fond  de l’enfeu, une sculpture en bas-relief érodée, et de ce fait difficile à lire, est  placée dans un rectangle bien plus haut que large. Peut-être provient-elle de la tombe haute qui était placée dans le chœur de  l’église, « chargée de cinq écussons des armes pleines ou seigneurs de Lanavan » (Conen de Saint-Luc, notice paroissiale Mahalon 1915). 

La sculpture montre un écu en position oblique, et au-dessus, un heaume surmonté d'un "arraché de cygne" en guise de cimier. Ce type de panneau pouvait être placé sur le côté d’un tombeau.

Actuellement, deux cygnes sont encore visibles sur l'écu, représentation relativement rare en héraldique. Ils doivent être l’emblème d’une famille seigneuriale de Lanavan, manoir du Sud de Mahalon, à la limite de Plozévet. Probablement la famille GEFFROY, qui y a vécu pendant une bonne partie du XVIe siècle."

IPNS Histoire et Patrimoine raconte, Autrefois à Plozévet, n°18, septembre 2016  http://commune.plozevet.free.fr/index.php?static17/autrefois

http://commune.plozevet.free.fr/data/documents/autrefois/autrefoisaplozevet18.pdf

.

Peut-on deviner les armoiries qui ont été érodées ou bûchées ? Je vois trois oiseaux  tenant dans leur bec des poissons.

 

 Enfeu des seigneurs de Lanavan dans l' église de Plozévet (Bulletin diocèsain d'Histoire et d'Archéologie , année 1931- Diocèse de Quimper)

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9789330ac3d730aa7c3378800b833b77.pdf

1 - Le blason des PENFRAT dans l' église de Plozévet et dans la chapelle Saint-Michel de Mahalon

"Parti d’azur, à l’éléphant d’argent portant une tour d’or et au chevron d’argent accompagné de trois cignards de même".  A Mahalon, dans la chapelle Saint-Michel, à droite du choeur, une tombe sur laquelle était sculpté un éléphant portant un château (armes des Penfrat); - A Plozévet, dans le choeur, une tombe haute chargée de cinq écussons des armes pleines ou en alliance des seigneurs de Lanavan et, dans la maîtresse-vitre, un écusson parti au 1, d'azur à l'éléphant d'argent portant une tour d'or ; au 2, d'azur au chevron d'argent accompagné de trois cignards de même, 2, 1. Enfin, le blason de Lanavan se voyait à la Trinité, dans la fenêtre de l'abside, au-dessous des armoiries des Rohan et des Le Barbu.

.

Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Enfeu de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

LA VIERGE À L'ENFANT. Bois polychrome, XVIIe siècle (selon pop.culture.gouv).

.

Elle mesure 130 cm de haut, 45 cm de large et 50 cm de profondeur.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004501

Inscrit M.h au titre d'objet 1989/04/12.

Elle est remarquable par le bandeau occipital, que je surnomme "chouchou", et qui se retrouve comme un leitmotiv dans tant de statues de la Vierge et de Marie-Madeleine dans la statuaire du Finistère au XVIe et du tout début du XVIIe siècle. Voir l'annexe de mon article sur la Vierge de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal. Ce bandeau est ici large, lissé (comme toujours ou presque), et rassemble le flot de la chevelure avant qu'elle ne se libère derrière les épaules.

Bien que le genou gauche soit fléchi, le corps n'est pas hanché, et seule la tête s'incline vers la gauche.

La main droite retient le pan gauche du manteau bleu, tandis que le pan droit est fixé à la ceinture dorée qui sert de  troussouère.

Les pieds sont nus sous la robe jaune-orangé.

La Vierge ne regarde pas son Fils, mais un point du plancher, avec un regard las ou triste, tandis que Jésus, assis sur l'avant-bras gauche de sa mère, et tenant le globus cruciger des deux mains, fixe un point du plafond. Son visage est un peu gras, un peu disgracieux et trop adulte.

Cette absence de complicité, et même de destination des regards crée un malaise, comme si les deux saints personnages traversaient un moment difficile. C'est théologiquement inconcevable, mais cela confère à cette statue son climat et son originalité.

.

 

 

 

 

 

 

 

.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

LA VIERGE DE PITIÉ EN BOIS POLYCHROME, DU XVIe SIÈCLE.

.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004502

Elle mesure 82 cm de haut, 41 cm de large et 22 cm de profondeur. Elle est placée sur le tabernacle de l'autel du bras sud du transept, devant une grande toile représentant l'Ange gardien (?) ou Tobie guidé par l'ange Gabriel.

Elle est classée M.h au titre d'objet au 1989/04/12.

L'une de ses particularités est de tenir son fils tête à gauche. Elle est assise sur une cathèdre, est vêtue d'un manteau bleu et est coiffée d'un voile rabattu devant la gorge. Son regard est tourné vers la gauche, dans le vide.

Le Christ, de taille proportionnellement plus petite, est allongé sur ses genoux, jambes fléchies, bras droit soutenu par sa Mère et bras gauche pendant. Plus que le sentiment de chagrin ou de douleur, c'est l'impression d'absence, d'anesthésie émotionnelle et de dévastation qui domine.

.

.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004502

.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Demet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.


.
MARIE-MADELEINE. BOIS POLYCHROME .

Coté nord du chœur.

Je n'en trouve pas la description sur la base pop.culture.gouv, pourtant je l'admire beaucoup. On sait que la sainte est réputée pour son élégance et sa coquetterie, véritable attribut au même titre que le flacon de parfum ou d'aromate qu'elle porte dans sa main gauche. Cette coquetterie est aussi, subtilement, celle de ses yeux, aux axes légèrement décalés. 

Je retiens d'abord de son costume les crevés de sa manche droite, et où le coude est largement entaillé pour laisser s'échapper une étoffe blanche bouffante de manière excessive et provocatrice.  Nous ne sommes plus sans doute dans la mode Renaissance qui vit apparaître ces taillades, mais dans la seconde partie du XVIe siècle sous Henri II ou un peu plus tard. Le maniérisme est patent également dans le geste précieux et affété de la main droite, ou dans la coiffure sophistiquée dont les nattes serpentines, à peine retenues par un diadème, se nouent et se dénouent.

Le cou est souple et fin, le port de tête délicat. La petite bouche minaude et le nez fin et droit contrastent avec les grands yeux largement ouverts, mais songeurs. Les sourcils et le front sont épilés, cela va sans dire. On ne peut s'empêcher de penser à Ingres.

Couffon la date du XVIIIe.

Finalement, je trouve, mais non sur pop.culture, la notice de la base Palissy (avec une photo de 2010) : selon celle-ci, elle la date du quatrième quart du XVe siècle elle est classée MH au 1991/11/19, et mesure 133 cm de haut, 38 cm de large et 25 cm de profondeur. Le dos est creux.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001352

.

.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Sainte Barbe. Bois polychrome.

Coté gauche du chœur, à l'angle du transept.

Elle porte son attribut, la tour témoin de son attachement au dogme de la Trinité. La palme du martyre l'a quittée.

.

 

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Saint Éloi (sant Alar). Bois polychrome. Fin XVIe siècle (Couffon)

.

On connait peut-être la légende de saint Eloi, qui, pour ferrer un cheval, trouva plus commode de sectionner la patte, d'y placer le fer, puis de la remettre en place.

La légende est un peu plus compliquée que cela, je l'ai raconté dans mon article sur le vitrail du Miracle de saint Eloi de la chapelle Notre-Dame-du-Crann à Spézet.

http://www.lavieb-aile.com/2016/06/les-vitraux-de-la-chapelle-notre-dame-du-crann-a-spezet-la-verriere-de-saint-eloi.html

.

 

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statuaire de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

Une bannière de saint René. Début XXe ?

Saint René correspond à saint Ronan (celui de Locronan par exemple), qui a sa chapelle à Plozévet.

.

Bannière de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Bannière de l'église Saint-Démet de Plozévet. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

.

 

 

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Plozévet.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0547dd502285d509467f930ed5105e3.pdf

EGLISE SAINT-DEMET (I.S.) En forme de croix, elle comprend une nef de cinq travées avec bas-côté nord de l'extrême fin du XIVè siècle, séparée par un arc diaphragme de la même époque d'un vaste transept, et un choeur profond à chevet plat, datant du XVIè siècle ainsi que le porche méridional.

Ce dernier est voûté sur croisée d'ogives : sur les parois intérieures, deux niches encadrées de colonnes encastrées en nid d'abeilles ; sur le fronton, inscription : ".../ LE PENNEC. F. 1695." L'arcature séparant la nef du bas-côté et comportant quatre arcades en plein cintre et une en tiers-(point provient d'un édifice antérieur remontant au XIIIe siècle et sensiblement contemporain de Pont-Croix. Les archivoltes, simplement épannelées, reposent au-dessus des chapiteaux sur des culots, dont l'un, contre le pignon ouest, est figuré. La façade ouest est du début du XVè siècle ; le clocheton date de 1793.

La sacristie porte l'inscription : "V. ET. D. M. I. PEN(NARVN). R/Y. GENTRIC. F. 1701." Mobilier : Autel en tombeau galbé installé face au peuple. Deux autels latéraux avec retables classiques à colonnes lisses (XVIIIè siècle ou XIXè siècle) et tableau : le Rosaire au nord et l'Ange gardien (?) au sud. Sur la vasque des fonts baptismaux, représentation de saint Pierre avec ses clefs, l'Ankou avec sa charrette et deux paysans au champ, illustration de l'évangile : "De deux hommes qui travaillent au champ, l'un sera pris, l'autre laissé."

Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, sainte Anne seule, XVIIIè siècle, sainte Marie Madeleine, saint Joseph, XVIIIè siècle, saint Ronan dit "Sant Reun", XVIIè siècle, saint Démet en évêque, XVIIè siècle, saint Alar ferrant un cheval, fin XVIè siècle, saint Corentin, XVIIè siècle, autre Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, saint Mathurin, XVIIè siècle, saint Jean-Baptiste, XVIIè siècle, saint François d'Assise, XVIIè siècle; - en pierre blanche : Pietà, XVIè siècle.

Vitraux : verrière du transept Nord, verre peint du XIXè siècle. Dans la fenêtre axiale à réseau flamboyant, vitrail d'H. de Sainte-Marie, 1957, qui a remplacé une ancienne Passion. Orfèvrerie : calice en argent, 1673 (C.).

 Le porche sud est entouré de deux fontaines qui sourdent sous les fondations. - A 50 m, à l'angle nord-est de l'église, autre fontaine, dite Feunteun Sant-Délo. Près de l'église, croix de granit avec Christ ressuscité au revers du Crucifix.

MONUMENTUM.FR

 

https://monumentum.fr/eglise-saint-demet-pa00090280.html

PÉRENNÈS ( Henri), 1941, Plozévet (Brest, 1941). 

http://www.infobretagne.com/plozevet.htm

— Pop.culture.gouv

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090280

armoiries

Congrès archéologique de France - Volumes 114 à 115 - Page 228

 

 

 

Société française d'archéologie - 1956 - ‎Extraits

 LA CHAPELLE DE LA TRINITÉ par M. André MUSSAT A la limite des régions du Cap-Caval ... Voici peu encore, la maîtresse vitre gardait des armoiries : Lanavan (3), Mahalon (4) et, en supériorité, Rohan (5) et Le Barbu (6).

nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

ABGRALL (Jean-Marie), 1909, "Esquibien", BDHA, Quimper, Kerangall.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f096b4a373bfb45f5ec65f9f1a363fcf.pdf

 

nnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

 

 

l'église Saint-Démet (XIII-XIVème siècle). Il s'agit d'un édifice en forme de croix qui comprend une nef de cinq travées avec bas-côté nord du XIVème siècle, séparée par un arc diaphragme d'un vaste transept et d'un choeur en saillie datant du XVIème. Le porche méridional date du XV-XVIème siècle. L'arcature, séparant la nef du bas-côté et comportant quatre arcades en plein cintre et une en tiers point, provient d'un édifice antérieur remontant au XIIIème siècle. La façade ouest est du début du XVème siècle. Le clocheton date de 1793 et la sacristie, qui date de 1701, porte l'inscription "V. et D. MI. I. Pennarun. R. Y. Centric. F. 1701". Le vitrail de M. Hubert de Sainte-Marie à la maîtresse vitre date de 1957. L'église abrite les statues de saint Démet en évêque, saint Jean-Baptiste, saint Mathurin, saint Corentin, saint Michel, saint Alar (XVIIème siècle), saint Charles, la Vierge-Mère (XVIIème siècle) et une Pietà ;

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants de Plozévet (Plouzevet) étaient présents :

Henry de Kerboguy, représenté par Henry son fils, en pal et vouge ;

Jehan Gourchat, en pal et vouge.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Plozévet (Plouzevet) apparaissent :

Le sieur de Kersaudy, représenté par Maître Christophe de Kersaudy, garde, dict faire homme d'armes ;  Kersaudy (de). — D'azur, au léopard d'argent.

Jehanne le Flouch, default ;

Henry le Rougeart, default ;

Pierre le Goarec, default ;

La dame de Lescongar, default.

EGLISE SAINT-DEMET (I.S.)

En forme de croix, elle comprend une nef de cinq travées avec bas-côté nord de l'extrême fin du XIVè siècle, séparée par un arc diaphragme de la même époque d'un vaste transept, et un choeur profond à chevet plat, datant du XVIè siècle ainsi que le porche méridional.

Ce dernier est voûté sur croisée d'ogives : sur les parois intérieures, deux niches encadrées de colonnes encastrées en nid d'abeilles ; sur le fronton, inscription : ".../ LE PENNEC. F. 1695." L'arcature séparant la nef du bas-côté et comportant quatre arcades en plein cintre et une en tiers-(point provient d'un édifice antérieur remontant au XIIIè siècle et sensiblement contemporain de Pont-Croix. Les archivoltes, simplement épannelées, reposent au-dessus des chapiteaux sur des culots, dont l'un, contre le pignon ouest, est figuré. La façade ouest est du début du XVè siècle ; le clocheton date de 1793.

La sacristie porte l'inscription : "V. ET. D. M. I. PEN(NARVN). R/Y. GENTRIC. F. 1701."

Mobilier : Autel en tombeau galbé installé face au peuple. Deux autels latéraux avec retables classiques à colonnes lisses (XVIIIè siècle ou XIXè siècle) et tableau : le Rosaire au nord et l'Ange gardien (?) au sud. Sur la vasque des fonts baptismaux, représentation de saint Pierre avec ses clefs, l'Ankou avec sa charrette et deux paysans au champ, illustration de l'évangile : "De deux hommes qui travaillent au champ, l'un sera pris, l'autre laissé."

Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, sainte Anne seule, XVIIIè siècle, sainte Marie Madeleine, saint Joseph, XVIIIè siècle, saint Ronan dit "Sant Reun", XVIIè siècle, saint Démet en évêque, XVIIè siècle, saint Alar ferrant un cheval, fin XVIè siècle, saint Corentin, XVIIè siècle, autre Vierge à l'Enfant, XVIIè siècle, saint Mathurin, XVIIè siècle, saint Jean-Baptiste, XVIIè siècle, saint François d'Assise, XVIIè siècle; - en pierre blanche : Pietà, XVIè siècle.

Vitraux : verrière du transept Nord, verre peint du XIXè siècle. Dans la fenêtre axiale à réseau flamboyant, vitrail d'H. de Sainte-Marie, 1957, qui a remplacé une ancienne Passion. Orfèvrerie : calice en argent, 1673 (C.). * Le porche sud est entouré de deux fontaines qui sourdent sous les fondations.

- A 50 m, à l'angle nord-est de l'église, autre fontaine, dite Feunteun Sant-Délo.

Près de l'église, croix de granit avec Christ ressuscité au revers du Crucifix.

 

B.S.A.F. Chanoine Abgrall, 16-8-1913. - H. Pérennès : Plozévet (Brest, 1941). - A. Mussat : La chapelle de la Trinité (S.F.A. - C.A. 1957).

1903, 170, 172 (église et chapelles);

1909, 59-60 (église); 1920, 178-179 (monuments historiques);

1928, XXXII (écusson sur un cadran solaire);

1929, XVIII (sarcophage, statue de saint Ronan), XXXVI (chapelle Saint-Démet);

1934, XXVII (manoir de Kerguinaou et croix armoriée);

1956, XIX, XXII (calvaire et manoir du bourg); 1965, CV (maison du corsaire);

1966, XLVI (moulin à vent de Keringar);

1971, 440 (calice, M.C.); 1972, 670 (monuments historiques et sites).

Monumentum

https://monumentum.fr/eglise-saint-demet-pa00090280.html

Fiche Mérimée : PA00090280

Mobilier classé Monument Historique conservé dans l'édifice :

Statue : Vierge à l'Enfant
Statue : Saint Jean-Baptiste
Statue : Saint Démet
Statue : Sainte Anne
Statue : Saint Joseph
Statue : Saint François d'Assise
Statue : Saint Corentin
Statue : Vierge à l'Enfant
Statue : Saint Mathurin
Groupe sculpté : Piéta
Statue : Saint Ronan

Dernière mise à jour de la fiche Monumentum : 2020-07-10

POP

Pietà en bois polychrome  XVIe  https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004502

Vierge à l'Enfant bois polychrome XVIe

Bois : taillé, peint (polychrome)

Vierge à l'Enfant

 

H = 90 ; la = 30 ; pr = 18

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004501

WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ploz%C3%A9vet

vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv

SOURCES ET LIENS.

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculptures
22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 17:15

L'église de Locronan : la statue ( calcaire polychrome, XVIe siècle) de Notre-Dame de la Délivrance.

 

.

.

Voir sur Locronan :

 

Les chapelles :

.

Voir  les œuvres en tuffeau de ce blog :

.

.

.

.

PRÉSENTATION.

.

Au cinquième pilier sud de l'église de Locronan se cache dans la pénombre relative une statue remarquable, celles de Notre-Dame de la Délivrance. Cette dénomination était réservée aux Vierges invoquées pour l'élargissement des captifs, mais surtout pour l'aboutissement d'une grossesse.

Henri Waquet écrivait en 1919 « Le mobilier de l'église principale ne comporte aucune œuvre d'art d'une valeur exceptionnelle. » C'était mettre la barre à une hauteur peu accessible. Les chanoines Abgrall et Pérennès, à l'œil pourtant très averti, ne la mentionnent pas en 1925.

Il est rare qu'un touriste franchisse les obstacles visant à le décourager de se détourner ainsi de la pratique du culte, tels que les rangs de chaise, l'absence d'éclairage dédiée ou d' une signalétique appropriée voire, ne rêvons pas, d'un cartel didactique. Et en 1997, l'abbé Castel, qui le premier se préoccupa de l'étudier, remarqua vite que les visiteurs de l'été ne s'approchait qu'intrigués par le spectacle d'un prêtre jugé sur une échelle.

Car il faudrait bien un escabeau pour déchiffrer le très riche matériel épigraphique et héraldique qu'offre cette statue.

Que fait ici cette statue ? Comment se fait-il que son blason épiscopal soit resté inattribué (alors que les armoiries des évêques de Cornouailles ou des abbés du diocèse sont bien connus) ? Comment ne pas errer en des recherches inutiles. Donnons ici une information capitale.

.

Un don et une installation datant de 1909.

 

Ce serait (Debidour in Dilasser p. 577) un don de madame Lemonnier vers 1909.

 

Madame Marie-Louise Lemonnier, (Rennes, 1840-Nantes 1924) fille de l'avoué et sculpteur  rennais René Toulmouche, avait  épousé en 1885  Mr Paul-Hippolyte  Lemonnier (1836-1894), ingénieur des mines :

Puis, au décès de son mari, elle se rendit "par hasard" de Nantes où elle demeurait à Guengat puis à  Locronan, où, sous l'influence d'une injonction soudaine, elle fit en 1903 un don de 10000 F pour la restauration de l'église (le conseil municipal versant 1000 frs, la fabrique 1000 frs et le recteur 1000frs), créa coup sur coup l'école des filles "Sainte-Anne" (1912), l'école des garçons, une maison pour les maîtres, un théâtre à la demande de Guillaume Hémon, puis, ayant peut-être épuisé les possibilités locales,  fit construire une station de sauvetage en mer à Primelin (d'où son Canot "Paul Lemonnier"), une digue à Loctudy, une école de pêche et de navigation à Groix, un orphelinat de la marine à Pornic, un laboratoire de chimie à l'école de médecine de Nantes avant de léguer des œuvres d'art aux musées de Quimper et de Rennes. 

   *René Toulmouche, avoué près la Cour Royale de Rennes, sculpteur, membre de la Société d'Archéologie, ami de Souvestre. 

.

.

.

DESCRIPTION.

Cette statue en petite nature en calcaire monolithique polychrome mesure 98 cm de haut, 34 cm de large et 18 cm de profondeur. Elle été restaurée et repeinte par les Monuments historiques au XXe siècle mais n'est pas classée. Elle daterait du quatrième quart du XVe siècle et proviendrait du Maine-et-Loire.

La Vierge est couronnée (bandeau réticulé, fleurons brisés); ses cheveux bruns tombent librement derrière ses épaules. on retient de son visage un peu épais ou carré le regard pensif qui ne fixe pas l'enfant, le nez droit et long, la bouche très fine et petite et le menton pointu ; le front et les sourcils sont épilés.

Elle est vêtue d'un lourd manteau bleu proche de la chape, fermé par un mors à deux agrafes. Sous ce manteau, la robe verte est tenue par deux larges bretelles dessinant un décolleté carré. Les manches blanches, visibles aux poignets, ne sont pas très larges. Sous la taille, la robe est blanc écru, et ses plis cassés recouvrent partiellement le sol. Des fleurs de lys ont été peintes (postérieurement ?), en or sur la robe et en noir sur le manteau.

Les chaussures noires sont à bouts ronds.

L'Enfant est nu, recouvert partiellement par le manteau maternel, son visage rappelle celui de sa mère. Il tend une banderole. Un soleil noir radiant est peint sur sa poitrine.

 

.

.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

.

.

LE CORPUS DES SEPT INSCRIPTIONS.

.

La statue offre à l'amateur non seulement l'inscription de son socle, la désignant, mais aussi sur les galons, l'étole de l'Enfant et autres supports six inscriptions religieuses.

Elles sont toutes gravées en relief et emploient des lettres perlées. Y.-P. Castel parle de « lettres fleuronnées » et «  qui, sans éliminer le gothique, a été introduit dès le début du XVIe siècle » et il renvoie à l'inscription de 1536 de l'église de Rumengol au Faou ; mais nous pourrions citer celle de la sacristie de 1544 de l'église du Faou, celle de Saint-Nic en 1561.

 

L'inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien de Landerneau (1521).

L'inscription de fondation du pont de Landerneau  en 1510 :

On les placera aussi en parallèle avec d'autres exemples épigraphiques de Basse-Bretagne, souvent lors de fondation d' édifices religieux :

.

.

.

.

L'inscription du socle.

.

NTE NOSTRE DAME DE LA DELIVR[ANCE].

Les trois lettres NTE ne reçoivent pas d'explication. Il ne semble pas qu'elles soient la fin d'un mot (entente, etc).

Le socle est manifestement brisé sur son coté droit, amputant la finale de DELIVRANCE, mais la tranche a été repeinte à l'or.

Les lettres sont perlées sur ls fûts droits (N ; T ; M ; R ), elles sont dotées de larges empattements (T, S, A ;E) lorsque les fûts ne sont pas empattés et bifides. Le A est doté d'une traverse supérieure. Le D est une onciale. La diagonale du N est courbe. Il n'y a ni signe de ponctuation, ni élision, ni signe abréviatif.

.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

 

L' inscription de la banderole.

L'Enfant-Jésus tient une banderole portant l'inscription EGO SVM ALPHA ET O[MEGA], « Je suis l'Alpha et l'Oméga. Cette citation de l'Apocalypse désigne le Christ comme début et fin de toute chose.

Le H de ALPHA est incomplet, lié vers le A.

.

 

 

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

.

.

L'inscription du mors de chape.

Elle est également facile à lire : MATER DEI. Elle se poursuit sur la bordure repliée à droite du manteau MEMENTO MEI , « Mère de Dieu, souviens-toi de moi ».

Je l'ai étudié ici :

Les sablières (1551) des bras du transept et des bas-cotés de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras.

.

 

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

L'inscription du galon du manteau.

Elle commence à l'arrière de l'Enfant sur l'ourlet du manteau de la Vierge MARIA, se continue sur la bordure de la chape retenue par la main de Marie : DEI ORA PRO NOIS. Soit MARIA [MATER] DEI  ORA PRO NOBIS, « Marie mère de Dieu priez pour nous »

L'inscription des replis du liseré inférieur gauche du manteau se perd dans un feston : AVE [A]NCILLA TRINI[TATIS], « Salut, servante de la Trinité ». Deux lettres, peintes et non sculptées en partie cachées sous le blason, ne sont pas compréhensibles.

Inscription du galon de droite.

MA[TER] DEI « Mère de Dieu » et CELI REG[INA], « Reine des cieux ».

.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le blason.

Son titulaire n'a pas été identifié. Il n'est pas à rechercher dans les armoriaux bretons si la provenance est exogène.

La crosse en pal indique un évêque, un abbé ou une abbesse. L'écartelé en 1 et 4 de sinople plein et en 2 et 3 fascé d'or et d'azur de six pièces est traversé par une bande de gueules à trois merlettes d'or brochant sur le tout. Si la statue a été repeinte après effacement des couleurs, les émaux du blasonnement sont peut-être une source d'égarement.

.

.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

La broche de l'épaule gauche de la Vierge sous l'agrafe du fermail.

Elle forme un monogramme à deux lettres superposées C (ou G ) et I  (ou L, T) qui pourraient renvoyer aux initiales du donateur.

.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

 

SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Locronan, statue de Notre Dame de la Délivrance, article pour le Progrès ou Courrier du Léon du 11 octobre 1997.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bd11cf3b114f13d9b7e05c3f7fe3118.jpg

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

DEBIDOUR (V.H), 1953, La sculpture bretonne, Plihon, Rennes.

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f675.image

— WAQUET (Henri), Locronan ; Images de Bretagne, ed. Jos le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_148/Locronan__.pdf

 

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29001260

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans sculptures Chapelles bretonnes.
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 14:46

Le calvaire (fin XVe ou début XVIe siècle) de l'église d'Argol. Pour les amateurs de lichens.

 

 

Voir :

 

 

.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

DESCRIPTION. Un oeuvre du XVe siècle, de 1593, de 1617, de 1891 et 1909.

 

Ce calvaire en granite (socle) et kersanton de 4,50 m de haut est un ensemble composite ou plusieurs fois modifié. Sur une base maçonnée à corniche de trois degrés, où est encastrée une table d’offrande, un socle à pans porte sur ses quatre faces    l'inscription L’AN 1909 MISSION. L’AN 1891 MISSION. L’AN 1593 POSEE. L’AN 1891 RESTAUREE. Le fût octogonal, avec sa statue de saint Pierre en haut relief, serait du XIXe siècle. Sur le nœud ouest du croisillon se voient les armes de Jean Briant, abbé de Landévennec ( 1608-1632) qui témoignerait d'une autre époque encore, mais qui relève sans-doute d'une reconstitution de la fin du XIXe siècle. De l'autre coté, l'inscription date de 1617 :   "IAN GVELMALC, Y. GAL 1617". Le croisillon porte les statues géminées de la Vierge/Vierge, et de saint Jean/ ange du Jugement. Au centre coté ouest, le Crucifié sous un dais sur une  Croix fleuronnée. Au revers se trouve la partie la plus intéressante, avec au centre le  Christ ressuscité sur un arc en ciel présidant au Jugement dernier surmonté d'une banderole de lecture hasardeuse GARDE QUIL FERA SELON ESTANT / JUGERA. 

.

L'attaque par les lichens est considérable et dénature les diverses parties de ce précieux témoin artistique : on peut en suivre les dégâts sur les cartes-postales et les photos prises en 2012 pour l'Inventaire. L'étude de l'inscription de la banderole en est pénalisée.

L'incurie à l'égard de cette œuvre est regrettable par le respect qui est dû à notre patrimoine, mais aussi car elle prive les visiteurs d'une satisfaction esthétique, et surtout car elle n'a pas encore livré tous ses secrets.

L'intérêt principal est de voir ici repris le même thème du Jugement dernier qui figure sur le coté oriental du calvaire de Châteaulin, à 20 km de là, datant du XVe siècle. On y trouve le même Christ au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montrant ses stigmates, assis sur l'arc en ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde, tandis qu'un ange souffle dans une trompe pour annoncer le Jugement. La banderole est plus complète à Châteaulin, mais nous retrouvons une partie commune, GARDE QUIL FERA SELON --JUGERA. 

J'ai discuté de ce motif iconographique dans mon article sur Châteaulin. Le texte reste opaque, mais rappelle les versets de Matthieu 7:1-2 Nolite judicare, ut non judicemini, in quo enim judicio judicaveritis, judicamini : et in qua mensura mensi fueritis, remetietur vobis. En gros, prends garde que tu seras jugé de la même façon que tu auras jugé.

C'est la comparaison avec Châteaulin qui me permet d'identifier l'ange sonnant de la trompe, identification qui a échappé à Yves-Pascal Castel et à Christel Douard. De même, la femme du coté droit ne peut être que la Vierge, dans son rôle d'intercession. Les autres personnages, ici manquant, sont les individus sortant de leur tombeau à l'appel de la trompette : ils permettent d'imaginer l'état initial avant les modifications successives.

Je fais donc avancer l'étude de ce calvaire, mais j'achoppe face aux inscriptions. Je passe le relais au suivant.

 

.

 

 

  .

 

 

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX.

.

Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

.

.

Le socle.

.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

Saint Pierre sur le fût.  1891.

C. Douard suggère que le fût polygonal, et le haut relief de saint Pierre, datent "probablement du XIXe siècle" (et donc de la restauration de 1891 indiquée sur le socle). Un rapprochement s'impose alors avec le fût et le haut relief de saint Yves sur la place Saint-Yves de Plomodiern, datant de 1893 et qu'on attribue à Yan Larc'hantec, de Landerneau.

.

Calvaire de 1893 de la place Saint-Yves de Plomodiern.

.

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

Les armoiries du nœud.

.

L'état de ce blason sur la carte postale (début XXe?), comparé à celui des mêmes blasons sur d'autres sites, incite à y voir une restitution datant vers 1891. Mais nous pouvons imaginer que ce blason a repris une figure comparable mais trop altérée.

Jean Briant, abbé de Landévennec de 1608 à 1630  portait d'azur (bleu) au pigeon portant dans son bec un rameau de sinople (vert). Avec la crosse en pal.

La façade de l'église ainsi que son arc de triomphe porte les armes d'autres abbés de Landévennec, ses successeurs les Tanguy, en affirmation de leurs droits sur cette paroisse.

 

.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

.

.

Le Crucifix.

.

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Crucifié sous un dais.

.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Vierge.

.

Elle a la tête  voilée par son manteau, et tient les mains croisées sous sa poitrine. Sa tête est fléchie vers sa gauche.

.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

Saint Jean.

Il tient le livre de ses écrits, et garde la main droite sur la poitrine. Sa tête est légèrement levée et tournée vers sa droite. Les yeux sont des amandes recouverts par les paupières.

.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

LA FACE ORIENTALE : LE CHRIST DU JUGEMENT DERNIER.

.

 

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Christ du Jugement, au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montre ses stigmates, assis sur l'arc-en-ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde.

L'arc-en-ciel est particulier par sa forme de trapèze.

.

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

L'inscription :

[GA]RDE QUIL FERA SELÕ FE

JUGERA

.

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

L'ange sonnant de la trompe.

Cette trompe est brisée. L'ange est vêtu d'un manteau dont le pan fait retour sur le bras gauche.

.

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Vierge.

Elle présente les paumes de ses mains à la façon de son Fils montrant ses stigmates. Cela m'embarrasse un peu. 

.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

L'inscription du croisillon.

.

IANCVEVMALCY GAL 1617

Nous pouvons essayer Ian ou Jean GVEN et Yves GALL, mais en tordant un peu la réalité.

.

 

 

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

ABGRALL, Jean-Marie. PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1904, vol. 1, p. 1-9.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fed8f088bb179f59656c3eefce913b48.pdf

"Elle porte cette date : LAN. 1593. A sa base est un petit autel en pierre, au-dessus duquel est une Notre-Dame-de Pitié, dont la robe et le manteau offrent des plis bien drapés. Deux anges debout soutiennent les bras de Notre Seigneur et deux autres plus petits, à genoux, recueillent le précieux sang coulant des plaies de ses mains. Sur les croisillons, de chaque côté de Notre-Seigneur en croix, sont les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean, auxquelles sont adossées deux Saintes Femmes, et au milieu, le Sauveur assis, triomphant."

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1980.

http://croix.du-finistere.org/commune/argol.html

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Eglises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/argol.pdf

"Dans le cimetière, croix dont le socle de granit porte la date de 1593, et le croisillon, en kersanton et timbré des armes de l'abbé Jean Briant, celle de 1617 ; elle a été restaurée en 1891. Statue de saint Pierre contre le fût."

DOUARD (Christel), LE LU ( Stéphanie), 2012, Calvaire (Argol), Dossier IA29005029 réalisé en 2012

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-argol/8ec861c2-6392-403d-bd43-6de18e724bad

 

h : 4,50 m

Œuvre hétérogène datant de plusieurs époques. Groupe de crucifixion, dais et phylactère avec inscription en lettres gothiques probablement début 16e siècle. Traverse datée 1617 portant les armoiries de Jean Brient, abbé de Landévennec (ouest) et le nom des fabriciens, peut-être Ian Guen et Marc Gall (est). Socle daté 1593 et 1891 (restauration). Fût (face ouest avec haut-relief figurant saint Pierre) probablement fin 19e siècle.

1593, porte la date
1617, porte la date
1891, porte la date

Base avec table d'offrande à l'ouest. Socle de 1593 remployée lors de la restauration de 1891. Fût monolithe en kersantite avec haut-relief figurant saint Pierre sur la face ouest. Statues géminées de la Vierge et de saint Jean (ouest), d'un apôtre ou saint Thomas (?) et d'une sainte femme (est). Dais gothique coiffant les statues géminées du Christ en croix (ouest) et du Christ ressuscité (est)

Il s'agit d'une oeuvre remaniée à plusieurs reprises. La lecture faite de l'inscription en lettres gothiques sur le phylactère (garde qu'il fera le roy estant jugera) demeure à être confirmée. Cette partie, la plus ancienne du calvaire, se distingue par sa structure encore médiévale dont le dais ouvragé et l'iconographie peu commune de la Résurrection du Christ. Il faudra sans doute rectifier la datation actuelle de cette oeuvre ; la date de 1593 qui figure sur la base semble correspondre à un remaniement et non à la création.

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. héraldique Inscriptions
21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 22:00

L'ossuaire (microdiorite quartzique et kersantite, 1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry.

 

 

.

Sur cet enclos paroissial, voir :

.

 

Sur les ossuaires, voir :

 

 

 

 

 

.

 

PRÉSENTATION.

"L'ossuaire de Ploudiry, dédié à saint Joseph, date de 1635. Il est antérieur de quatre ans à celui de la Roche-Maurice auquel il a pu servir de modèle. La porte en plein cintre, encadrée de deux colonnes cannelées aux chapiteaux d'ordre corinthien, est surmontée d'un fronton grec dans le tympan duquel est un buste de saint Pierre, coiffé de la tiare. Cinq baies en plein cintre, séparées par des pilastres en gaînes d'ordre dorique, sont couronnées de personnages d'une danse macabre : le laboureur, la noble dame, le juge et le guerrier que conduit la Mort, tenant un dard. A l'angle du contrefort, un ange au-dessus du bénitier tient une banderole portant : BONES: GENTZ: QVI: PAR: ICY: PASSEZ: PRIEZ: DIEU: POUR LES: TREPASSEZ: 1635. 
Sur les chapiteaux des gaînes : G. GOVLX: Y: BOSEC: FABRIQVES: LAN: 1635." (L. Le Guennec)

"Pénétrant dans le cimetière, nous nous arrêtons devant l'ossuaire: antérieur de 4 ans à celui de La Roche (1639), il est moins riche mais il offre avec ce dernier une certaine ressemblance .. Au lieu de colonnes pour séparer les fenêtres, il n'y a que des pilastres ou gaines, et  les petits personnages qui se trouvent dans les soubassements à La Roche, sont sculptés ici dans des caissons plus haut que la rangée des baies, avec la reproduction des mêmes types représentant les diverses classes de l'ordre social. Au-dessus du bénitier d'angle, un ange tient une banderolle avec ce texte: Bonnes: gentz: qui: par: icy : passez: priez: Dieu: pour: les: trépassez : 1635." (A. Favé)

"le kersanton sombre, trop nerveux, trop gothique, encore obligé pour la sculpture figurative, est employé avec retenue, comme une matière semi-précieuse, pour introduire un hiatus coloré à la façade de l'ossuaire de Ploudiry ."

"Un ossuaire, reconstruit en 1731, par le réemploi de deux monuments plus anciens, présente une frise de 5 personnages : l’ankou, le laboureur, la noble dame, le juge et le guerrier, symbolique de l’égalité de tous devant la mort. Cet édifice, classé monument historique dès 1916, complète l’enclos paroissial."

"Ossuaire, dit jadis chapelle Saint-Joseph (C.). Edifice de plan rectangulaire ayant la même disposition qu'à Pencran et à Sizun. La partie inférieure est percée de baies séparées par des pilastres gainés ; mais au-dessus, au lieu de niches des Apôtres, une haute frise représente des personnages de divers états, émergeant en buste de cartouches et symbolisant, comme les cariatides de Landivisiau et de Sizun, l'égalité de tous devant l'Ankou. Porte classique : arcade en plein cintre avec clef en console et entablement à fronton. L'ossuaire est daté 1635. Un ange, au-dessus du bénitier, tient une banderole portant l'inscription : "BONNES. GENTZ. QVI. PAR. ICY. PASSEZ / PRIEZ. DIEV. POVR. LES. TREPASSEZ / 1635." Sur les chapiteaux des gaines : "G. COVLM /Y. BOSEC / FABRIC/ QVES / EN. LAN /1635." Sur la porte, date de 1731, et, sur le clocheton, inscription : "CE. RELIQUAIRE. A. ETE. REBATI. LORS / FABRIQVES. D. M. H. LE GVEN . V / INISAN. 1731." (Couffon)

 

.

 

.

.

PRÉSENTATION PHOTOGRAPHIQUE.

.

 

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le clocheton et son inscription.

.

Inscription sur microdiorite quartzique :

CE : RELIQVAIRE : A

ETE REBATI : LORS

FABRIQVES ---

E :LE GVEN

INIZAN 

1731

.

Selon Monumentum, "L'ossuaire, daté de 1635, a été ruiné en 1700, reconstruit en 1713, puis déplacé et rebâti à l'identique en 1731."

 

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

L'ange du bénitier  en kersantite à l'angle du contrefort.

et son phylactère  BONES: GENTZ: QVI: PAR: ICY: PA /SSEZ: PRIEZ: DIEU: POUR LES: TREPASSEZ: 1635.

On trouve ce distique rimé  exhortant les fidèles en Midi-Pyrénées, à La Couvertoirade, vers 1500, mais en occitan (Bonas gens que per aissi passatz, Pregatz Dieu per los trespassatz). 

On le trouve à Paris sur une pierre du cimetière de la porte  Saint-Séverin. Ou bien on signale: "Bonnes gens qui par ici passez, Priez Dieu pour les trépassés Et pour le Maître Grégoire Qui ne mourut que de trop boire."

La formule était donc courante.

 

.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

 Les cinq baies en plein cintre, séparées par des pilastres en gaînes d'ordre dorique, contrastent par la couleur grise du kersanton avec le jaune de la pierre de Logonna. C'est cette dernière qui est sculptée  des personnages d'une danse macabre.

.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Mort, ou Ankou, armée d'une flèche.

.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Paysan.

.

 

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

La Femme tenant une fleur. Une femme de la noblesse, ou une courtisane.

.

 

 

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Juge coiffé du bonnet carré, tenant une pièce de procès, et un gant.

.

 

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

Le Roi, couronné, tenant un sceptre.

.

 

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

L'inscription des chapiteaux des gaînes : 

"G. COVLM /Y. BOSEC / FABRIC/ QVES / EN. LAN /1635." 

L'inscription du clocheton, celle-ci et une placée sur l'église indiquent que la fabrique de Ploudiry était alors composée de deux fabriciens par année.

Un Guillaume COULM ou LE COULM est né à Ploudiry en 1625, fils d'Yves, et de Marguerite CREN. Il aurait 10 ans, trop tôt pour faire un bon fabricien. Il décéda le 6 mars 1676, ou le 29 janvier 1676, après avoir eut  onze enfants de son épouse Catherine MOBIANT .  C'est quand même un indice. D'autant qu'en 1665, un G. LE COULM est mentionné comme fabricien sur le porche sud (avec 3 autres noms).

https://gw.geneanet.org/oberthele?n=coulm&oc=&p=guillaume

Un Guillaume COULM épousa Marie KERUZORE dont il eut Alain, né en 1618 à Traon, Ploudiry. Si ce Guillaume avait 20 ans lors de cette naissance, c'est un candidat plausible pour notre fabricien. 

https://gw.geneanet.org/jcardiles?lang=en&p=guillaume&n=coulm

Les généalogistes connaissent un Yves BOZEC, né vers 1612 et décédé en 1682 à Kernévez, Ploudiry.

.

 

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

La porte en plein cintre et son fronton au buste de saint Pierre (kersantite).

Comparez avec les portes de l'ossuaire de La Roche-Maurice. 

Sur l'architrave, entre un ange et la Mort , un blason a été martelé

L'atelier Le Ber de Sizun a réalisé deux très belles portes en if pour cette entrée.

.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire (1635 et 1731) de l'enclos de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

— APEVE.

http://www.apeve.net/spip/spip.php?page=page&id_rubrique=9&id_article=184

— COUFFON, (René) LE BARS (Alfred), 1988, "Ploudiy", 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUDIRY.pdf

— FAVÉ (Abbé Antoine), 1899, Au retour d'une excursion (Landerneau-Châteaulin), Bulletin de la Société archéologique du Finistère 

— LE GUENNEC (Louis), 1981 Le Finistère monumental II, Brest et sa région. Ed. de la Société des Amis de Louis Le Guennec (Quimper), 591 p.  Louis Le Guennec (1878-1935) érudit finistérien  a publié de nombreux articles, réunis das les trois tomes du Finistère monumental par ses Amis. Page 493-494

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eacd0a2ed3929e4b775beec287004c84.pdf

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ploudiry

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Ossuaire Chapelles bretonnes.
19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 10:45

L'ossuaire (microdiorite quartzique, 1639-1640) de l'enclos de La Roche-Maurice.

.

 

 

 

 

.

Sur La Roche-Maurice, voir :

 

—  sur l'église Saint-Yves  :

 

.

.

— Voir sur les autres monuments de la commune :

.


 

— Sur les ossuaires, voir :

 

.

.

.

 

PRÉSENTATION.

Où je cède la parole aux bons auteurs :

.

"L’ossuaire, placé en face du porche, porte les dates de 1639 et de 1640 gravées sur le fronton de la porte et sur le pignon sud. On y retrouve les mêmes dispositions qu'à l’ossuaire de Pencran, mais avec plus d'élégance.

Au-dessus de la porte centrale de la façade est inscrite une sentence latine. A gauche se trouve, sous une niche en accolade, un bénitier orné d'un buste de la Mort que tient, non pas la faux classique, ruais l'aiguillon élue lui prête l'iconographie du moyen âge. Le phylactère qui contourne l'accolade de la niche porte ces mots : Je vous tue tous.

Sur la partie inférieure de la façade, un cartouche, du côté droit, porte une tête de mort, un autre des ossements, un autre des entrelacs. Sur tous les autres cartouches se détachent des personnages à mi-corps : un paysan la bêche sur l'épaule ; une jeune fille tenant une fleur ; un homme de loi un rouleau à la main ; un mendiant, un prêtre, un bourgeois. Cette série d'images des diverses conditions humaines rappelle les danses macabres. On trouve une série analogue à l'ossuaire de Ploudiry." (Lécureux)

 

.

"À La Roche-Maurice, en 1639-1640, on aboutit à la formule définitive des grands ossuaires et à l'édifice le plus parfait de l'atelier. À l'étage inférieur, les baies sont séparées par des colonnes corinthiennes qui reposent sur un stylobate décoré de panneaux semblables à ceux de Ploudiry. Ces colonnes supportent non plus un cordon, mais un entablement bien marqué avec une corniche sur laquelle s'appuient les niches du second étage séparées par des pilastres. Outre la porte de la façade principale, encadrée comme précédemment par deux colonnes servant d'appuis à un entablement amorti par un fronton triangulaire, une seconde porte semblable, mais encastrée de pilastres, s'ouvre dans le pignon sud." Couffon 1948)

"C'est l'édifice le plus parfait de l'atelier de l'Elorn. Il est de plan rectangulaire. [...] Au-dessus de la porte de la façade, une inscription : " MEMOR : ESTO : IV - 1639 - DICII : MEI : SIC : ERIT : ET : TVVM : MIHI : HODIE : TIBI : CRAS : " Dans la frise de la porte du pignon : " MEMENTO : HOMO : QVIA : PVLVIS : ES : 1640. " Au-dessus du bénitier d'angle, l'Ankou brandit un dard, et le phylactère faisant office d'accolade porte l'inscription : " IE : VOVS : TVE : TOVS. " " (R. Couffon 1988)

.

« L’ossuaire. Placé, comme dans d’autres paroisses, sous le vocable de sainte Anne, l’ossuaire porte la date de 1639 au-dessus de la porte de la façade principale et celle de 1640 au-dessus de la porte du pignon sud. Faut-il voir une coïncidence avec le décès en 1638 d’Henri II, duc de Rohan, seigneur prééminencier de l’église Saint-Yves ? Rien ne l’indique. La vocation funèbre de l’édifice est affirmée dans trois inscriptions : la principale au-dessus de la porte de la façade : MEMOR. ESTO. IVDICII. MEI. SIC. ERIT ET TUUM. MIHI. HODIE. TIBI. CRAS. (Rappelle-toi mon jugement, tel sera aussi le tien, aujourd’hui moi, demain toi.), au-dessus de la porte du pignon on lit : MEMENTO : HOMO : QUIA : PVLVIS : ES : (Souviens-toi homme que tu n’es que poussière). L’unique bénitier de la façade est surmonté du buste d’un squelette qui tient une flèche et déclare sur une accolade en rubans : « Je vous tue tous ». Aucune de ces inscriptions ne fait référence à l’espérance chrétienne, elles soulignent le caractère inéluctable de la mort. » (G. Leclerc)

.

"Élément constitutif des enclos, il porte ici des dates bien lisibles : 1639-1640. Il est donc bien postérieur aux œuvres jusqu’ici considérées. C’est sans doute l’indice du changement de statut de l’église. Chapelle du château, elle serait devenue église paroissiale.
L’ossuaire, comme son nom l’indique, est construit pour mettre les « ossements du peuple », comme inscrit au fronton du carnel de Pencran.
Depuis des temps immémoriaux, en Bretagne Occidentale, les morts de toute condition sociale, étaient enterrés dans l’église. Quand on allait à l’église « on allait sur sa tombe ». Lorsque les tombes étaient remplies, se déroulait une cérémonie de transfert des ossements dans l’ossuaire. A Guimiliau nous avons l’ossuaire d’attache dans sa forme la plus ancienne. Dans la Vallée de l’Elorn nous avons essentiellement des « ossuaires-chapelles ». Le plus ancien de style Renaissance est à Sizun (1585).
Celui de La Roche est l’un des fleurons de cette lignée. Sur la façade, au-dessus de la porte, une inscription latine :
Memor esto judicii Sic erit et tuum mihi hodie tibi cras « Mémorise mon jugement ainsi sera le tien, à moi aujourd’hui, à toi demain. » C’est le mort qui s’adresse au passant de façon particulièrement abrupte.
Les niches, destinées sans doute aux douze apôtres, comme on le voit à Sizun, sont vides ici." (APEVE)

 

.

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

LA PORTE DU PIGNON SUD.

.

La porte de plein-cintre  est édifiée dans une belle pierre jaune de Logonna (microdiorite quartzique) extraite en Rade de Brest dans un appareillage de moellons de schiste. Deux colonnes cannelées  à chapiteaux droits servent d'appuis à un entablement amorti par un fronton triangulaire,  centré par un cartouche à cuir découpé renfermant une tête de mort. La clef de voûte s'enfle en une volute généreuse.

L'inscription  de l'architrave est sculptée en réserve, en lettres majuscules entre deux angelots. Elle énonce : MEMENTO : HOMO : QVIA : PVLVIS : ES : 1640. , soit :  "Souviens-toi, homme, que tu es poussière. 1640".

Dans sa forme complète Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris , elle  traduit un passage du Livre de la Genèse (Gn 3:19) où Yahvé s'adresse à Adam après sa chute  : "C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière."

Surtout, elle rappelle au fidèle la formule prononcée par le prêtre lors de l'imposition des cendres du mercredi des Cendres alors qu'il trace une croix avec de la cendre sur son front.

.

 

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

LA PORTE DE LA FAÇADE ORIENTALE.

.

La porte de plein-cintre  est édifiée, comme la porte sud, dans la pierre jaune de Logonna (microdiorite quartzique). Deux colonnes à demi-cannelées s'achèvent par des chapiteaux corinthiens. Ils  servent d'appuis à l'entablement amorti par un fronton triangulaire,  dont le décor central entre deux palmes (sans doute un blason) a été martelé.

L'inscription latine déclare :

" MEMOR : ESTO : IV / 1639 / DICII : MEI : SIC : ERIT : ET : TVVM : MIHI : HODIE : TIBI : CRAS : "

 

Elle  se déchiffre ainsi Memor esto judicii ; sic erit et tuum mihi hodie tibi cras
« Souviens-toi du jugement (du sort) qui fut le mien ; c'est le mien aujourd'hui, ce sera le tien demain. »

Ce n'est ni Dieu, ni la Mort, mais bien l'un des défunts, l'un des proches des familles qui s'adresse au passant pour le convaincre de la perspective funeste qui l'attend.  Ce qui, pour un chrétien, est une exhortation à une vie juste et à une pratique du culte et des Sacrements.

-judicium,ii : sentence, jugement, décision, arrêt. D'où : "Souviens-toi de la sentence à laquelle j'ai été condamnée : ce sera la tienne demain."

La finale, mihi hodie cras tibi est une formule très fréquente sur les sépultures.

.

 

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

LE BÉNITIER D'ANGLE ET SON ANKOU. Microdiorite quartzique

.

Au-dessus de la cuve à godrons du bénitier d'angle, l'Ankou, squelette personnifiant la mort, brandit une flèche. Il est assis  à cheval sur une double volute  portant l'inscription :  IE : VOVS : TVE : TOVS.  

Ce bénitier rappelle celui, en kersantite, de l'ossuaire (1619) de La Martyre qui tient également une flèche tout en maintenant la tête d'un défunt. 

Il est souvent photographié sorti de son contexte, qui est, ici, le registre inférieur de la façade vers laquelle il dirige sa flèche, et, en fait, également son avertissement " Je vous tue  tous". En effet, c'est la succession des huit personnages qui y sont sculptés en bas-relief qui lui donne tout son sens. Ceux-ci résument toutes les conditions sociales de l'humanité, depuis le pouvoir le plus élevé (le Pape) jusqu'à la situation la plus humble (le Mendiant).

Il mène ainsi un équivalent de ronde infernale et la séquence de l'Ankou et des huit états de la société humaine est une forme des Danses macabres où les squelettes viennent inviter le Pape, l'Archevêque, le Roi, le Noble, le Bourgeois, le Moine, le Bourgeois le Paysan et l'Infirme à les suivre vers le séjour des Morts; comme à Locmaria-an-Iskuit en Plouha, et à Kernascéden.

.

Le parallèle s'impose avec l'ossuaire de Ploudiry, réalisé 4 ans auparavant, également en pierre de Logonna, où le squelette tourne sa flèche vers le Paysan, la Femme à la fleur,  le Juge et le Roi tandis que l'ange du bénitier dit : "Bonnes gentz qui par icy passez, priez Dieu pour les trépassez"

 

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

LES DIX PANNEAUX AUX HUIT PERSONNAGES VISÉS PAR L'ANKOU.

.

La représentation des huit personnages emblématiques vise à souligner la vanité de l'attachement aux biens, aux valeurs et aux activités terrestres, et à les soumettre avec dérision au regard transperçant de la Mort, comme dans les Roues de la Fortune. Le Plaisir des sens et la Beauté éphémère, l'attrait pour le Pouvoir temporel, et bien-sûr la recherche de Richesse sont dénoncés par l'ironie habituelle aux moralistes. Mais cette dévalorisation est plus radicale, et moins proprement chrétienne peut-être, puisqu'elle vise également  le Labeur (du Paysan), la Loi, ou la  Théologie. Et même le Malheur est désacralisé et relativisé par la Mort qui  s'apparente moins au regard  de Dieu (Les premiers seront les derniers...) qu'à celui du Temps.

L’homme ne connaît même pas son heure : comme le poisson pris au filet fatal, comme l’oiseau pris au piège, ainsi en est-il des fils d’Adam surpris par le moment fatal qui tombe sur eux à l’improviste. Ec 9:12

 

.

 

1. Le Paysan (sa bêche sur l'épaule).

2. La Femme (tenant une fleur).

3. Le Juge ou Docteur  en droit, (au geste d'argumentation, rouleau en main).

4.  Le Miroir (panneau vide).

5. Le Pape.

6. La Mort (Tête de mort et fémurs croisés).

7. Le Pauvre (le Mendiant infirme).

8. Le Prêtre (ou docteur en théologie).

9. Le Riche (tenant une pièce puisée dans son aumônière).

10. Entrelacs.

.

 

 

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

.

 

1. Le Paysan (sa bêche sur l'épaule).

.

 

 "PAROLES de Qohèleth,   fils de David, roi de Jérusalem.

 Vanité des vanités disait Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité !

Quel profit l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?

Une génération s’en va, une génération s’en vient, et la terre subsiste toujours.

Le soleil se lève, le soleil se couche ; il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera."

.

En effet, que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ?

Tous ses jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n’a pas de repos. Cela aussi n’est que vanité.

Mieux vaut une pleine main de repos que deux pleines poignées d’efforts à la poursuite du vent. Ec 4:6

.

La même figure sur l'ossuaire de Ploudiry :

Ossuaire (1635) de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

 

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

2. La Femme (tenant une fleur).

 

.

La même figure à Ploudiry :

.

Ossuaire (1635) de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

 

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

3. Le Docteur  en droit, ( en bonnet carré, au geste d'argumentation, rouleau du procès en main).

 

.

Une figure semblable à Ploudiry :

.

Ossuaire (1635) de Ploudiry. Photographie lavieb-aile.

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

4. Le Miroir (panneau vide).

Comme le suggère l'APEVE, devant cette figure manquante, "notre désir est grand de combler le vide. II suffit, au matin du jour, de laisser le soleil y projeter son ombre. Nous trouvons alors en bonne compagnie entre le savant docteur et le pape avec sa tiare. "

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

5. Le Pape.

Il est coiffé de la tiare, tient son bâton pastoral, et trace une bénédiction.

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

6. La Mort (Tête de mort et fémurs croisés).

 

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

7. Le Pauvre (le Mendiant infirme, ou L'Aveugle).

Il porte du bissac (une besace) et un bâton, dans une main difforme ou couverte d'une moufle. Sa tête inclinée et fléchie témoigne de sa posture blessée et humble.

La figure de l'Aveugle est présente dans diverses danses macabres européennes.

.

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

8. Le Prêtre (ou : l'Official,  docteur en théologie).

Il est coiffé de la barrette de docteur, il élève la main gauche d'un air docte, et tient en main droite un objet que je ne détermine pas. Il porte sur les épaules et devant la poitrine un camail à capuchon frappé d'hermines. Il évoque les statues de saint Yves dans son rôle d'official ou juge ecclésiastique du diocèse de Tréguier, et notamment celle qui se trouve sur la façade ouest de l'église de La Roche-Maurice, exactement en face de ce panneau. Néanmoins, la présence du saint breton n'aurait aucun sens ici, et il est plus logique d'y voir la figure de l'Official dans l'exercice et l'autorité de sa charge.

.

 

.

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

9. Le Riche (tenant une pièce puisée dans son aumônière).

 

Les ossuaires sont construits, comme déjà les enclos paroissiaux, lors d'une période de prospérité économique liée à la production agricole et à la manufacture des toiles de lin, les créés (breton krez, chemise d'enfant) du Léon. La situation de Landerneau, abrité au fond de la Rivière de l'Elorn, comme celle de Morlaix, permet de participer à la commercialisation en Europe (Espagne et Portugal, Angleterre, Flandre). Les maisons buandières ou kanndi permettent alors le blanchiment du lin, véritable or bleu du Léon. Les paysans-marchands deviennent fortunés.

.

 

 "J’ai entrepris de grands travaux : je me suis bâti des maisons et planté des vignes.

 Je me suis aménagé des jardins et des vergers ; j’y ai planté toutes sortes d’arbres fruitiers.

 J’ai creusé pour moi des bassins dont les eaux irriguent des pépinières.

 J’ai eu des serviteurs et des servantes, leurs enfants nés dans ma maison, ainsi qu’une abondance de gros et petit bétail, plus que tous mes prédécesseurs à Jérusalem.

 J’ai encore amassé de l’argent et de l’or, la fortune des rois et des États. J’ai eu des chanteurs et des chanteuses et ce plaisir des fils d’Adam : une compagne, des compagnes…

Je me suis agrandi, j’ai surpassé tous mes prédécesseurs à Jérusalem, et ma sagesse me restait.

Rien de ce que mes yeux convoitaient, je ne l’ai refusé. Je n’ai privé mon cœur d’aucune joie ; je me suis réjoui de tous mes travaux, et ce fut ma part pour tant de labeur.

 Mais quand j’ai regardé tous les travaux accomplis par mes mains et ce qu’ils m’avaient coûté d’efforts, voilà : tout n’était que vanité et poursuite de vent ; rien à gagner sous le soleil !" (L'Ecclésiaste 2:4-11)

.

Qui aime l’argent n’a jamais assez d’argent, et qui aime l’abondance ne récolte rien. Cela aussi n’est que vanité.

Plus il y a de richesses, plus il y a de profiteurs. Que va en retirer celui qui les possède, sinon un spectacle pour ses yeux ?

 Le travailleur dormira en paix, qu’il ait peu ou beaucoup à manger, alors que, rassasié, le riche ne parvient pas à dormir.

Voici un triste cas que j’ai vu sous le soleil : une fortune amassée pour le malheur de son maître.

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

10. Entrelacs.

 

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

.

 

 

.

.

.

LES DIX CARTOUCHES SCULPTÉS DES BASES DES COLONNES.

.

"Les petites sculptures, au bas des colonnes, sur le cartouche, peuvent intriguer. II s’agit ici, comme ailleurs, de l’insigne donné au compagnon lors de son chef-d’œuvre et qui lui sert de signature." (APEVE)

.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

L'ossuaire (1639-1640, microdiorite quartzique) de l'enclos de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.


 

.

.

 

.

.

ANNEXE.

L'importance du culte des morts trouve en Bretagne des racines profondes.  Mais c'est au début du XVIe siècle, en 1519, que fut rédigé à Plougonven   Le Mirouer de la Mort de Jehan an archer coz (Jehan Larcher), poème en breton de 3602 vers rédigé en 1519  et publié en 1575 au couvent des Cordeliers de Cuburien près de Morlaix. Ce Mirouer aborde le thème des quatre fins dernières de l'homme, la mort, le jugement dernier, l’enfer ou le paradis. 

La présence de la Mort était d'autant plus forte que le Finistère connut, notamment à la fin du XVIe siècle, des épidémies dites de peste, des famines par mauvaise récolte et rudesse du climat, ainsi que des guerres comme celle de la Ligue en 1588-1598.

Les paroissiens ont longtemps privilégié de placer leur sépulture à l'intérieur de l'église. Plus ou moins rapidement confrontés à un manque de place, ils se firent enterrés autour de l'église, puis les ossements durent être rassemblés dans des ossuaires permettant aux familles de leur prodiguer respect, aspersion d'eau bénite   et prières.

On distingue les ossuaires ou reliquaires d'attache, appuyés ou enclavés à l'église, et les monuments indépendants du sanctuaire, et placés généralement contre le mur du cimetière au sud-ouest de l'enclos. Ils sont pour la plupart de forme rectangulaire et orientés nord-sud. Dans certains, une chapelle funéraire précède l'espace réservé aux ossements, comme à Pencran et Lanhouarneau . Ils comportent un, ou deux , bénitiers destinés à asperger d'eau bénite les ossements, accessible par les ouvertures non vitrées. La porte est généralement de plein-cintre couronné d'un fronton triangulaire. Plusieurs sont dédiées à sainte Anne, comme à La Roche-Maurice, Landivisiau, Guimiliau, Lannédern, Plourin-Ploudalmézeau et Saint-Hernin.

Ils sont parfois accolés à l'Arc de Triomphe, ou Porte des Morts, Porz ar Maro, qu'emprunte le cercueil à son entrée dans l'enclos.

L'Ankou est présent à Braspart, armé d'une faux, et à Ploudiry, La Roche-Maurice et Landivisiau, armé d'une flèche.

Les inscriptions en français,  latin ou breton appelant les fidèles au souvenir de la Mort sont présents dans 22 ossuaires de Bretagne, dont 16 dans le Finistère.

Les plus anciens ne sont pas antérieurs au XVe siècle, mais c'est généralement au XVIIe siècle que les églises édifiées près d'un siècle plus tôt entreprennent leur construction : de ce fait, ils offrent au visiteur de très beaux exemples de l'architecture de la Renaissance, notamment introduite en Finistère vers 1570 au château de Kererjean en Saint-Vougay (au nord de Landivisiau) après la parution des recueils d'architectures de Sébastiano Serlio (Livre III, 1540)  et de Philibert Delorme (Le premier tome de l'architecture, 1567).

 

.

Les ossuaires du Léon : liste chronologique (Couffon): les enclos de la vallée de l'Elorn sont en rouge.

.

 

Cléden-Poher, v.1575

Lanhouarneau v.1582, par l'atelier du château de Kerjean. 

Landivisiau v.1585, chapelle Sainte-Anne transporté au cimetière. Vallée de l'Élorn

Sizun 1585-1588. Credo des Apôtres.

[Daoulas v. 1581-1598 détruit pour construire la sacristie actuelle. Situé en Cornouaille

Pencran 1594.  Deux étages, le 2ème équipé de niches. Vallée de l'Élorn

Le Faou, 1603, détruit au XIXe

Kernilis 1609 (disparu)

La Martyre 1619. Kersantite. Vallée de l'Élorn

Roscoff, v. 1619. Deux étages,

Landerneau, Saint-Thomas 1635. Granite. Vallée de l'Élorn

Ploudiry 1635. Kersantite. L'Ankou et ses victimes. Vallée de l'Élorn.

La Roche-Maurice (1639-1640). Deux étages, le 2ème équipé de niches. L'Ankou et ses victimes. Vallée de l'Élorn.

Saint-Servais 1643

Plouzévédé 1645

Guimiliau 1648 (chapelle Sainte-Anne). Granite. Vallée de l'Élorn

Hanvec 1653 chapelle Saint-Jean

Loc-Eguiner 1657

Locmélar 1660, chapelle saint-Gouezou, détruit en 1920.

Lampaul-Guimiliau 1667-1669, chapelle de la Trinité inspirée de La Roche-Maurice. Crypte avec Mise au Tombeau. Deux étages, le 2ème équipé de niches. Vallée de l'Élorn

Commana 1677-1687

Saint-Thégonnec (1676-1682) Crypte avec Mise au Tombeau. Deux étages, le 2ème équipé de niches. Vallée de l'Élorn.

Goulven 1709

Pleyber-Christ 1738 sur édifice de 1573.

Sibiril 1743

Plabennec 1745

Guicquelleau 1790

Plougar, XVIIe

 

.

 

Ossuaire du Léon et du nord de Cornouaille, in Couffon.La vallée de l'Élorn en bleu.

Ossuaire du Léon et du nord de Cornouaille, in Couffon.La vallée de l'Élorn en bleu.

.

.

 

SOURCES ET LIENS.

.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, p.67

— APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article239

— CIAP Enclos

https://www.ciap-enclos.fr/le-pays-des-enclos/#Enclos-de-La-Roche-Maurice

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, La Roche-Maurice, in Nouveau répertoires des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

— COUFFON (René), 1948, L'architecture classique au pays du Léon. L'atelier de l'Elorn. L'atelier de Kerjean. Mémoires de la SHAB, page 67

https://www.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffb02bf24.03861061/1948_02.pdf

— LE BARS (Alfred), 1961, Les ossuaires bretons, Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5283732d24ffc6.63778332/1961_04.pdf

— LE GUENNEC (Louis), 1981, Le Finistère monumental II, Brest et sa région page 501

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eacd0a2ed3929e4b775beec287004c84.pdf

— LECLERC (Guy), 2012, La Roche-Maurice, église Saint-Yves et ossuaire,  Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 699-711. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58e3e365148ef0.21808328/2012_31.pdf

— LÉCUREUX (Lucien), 1914, Congrès archéologique de France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f218.image

— LÉCUREUX, Lucien, La Roche-Maurice, Congrès archéologique de France à Brest et à Vannes., Paris, Société française d’archéologie, 1919, p. 123-127.

http://www.infobretagne.com/roche-maurice-eglise-ossuaire.htm

— MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_150/La_Renaissance_en_Bretagne_.pdf


 

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Ossuaire
17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:46
Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

Glossaire :

— Porche : "Construction en avant-corps, habituellement basse, abritant la porte d'entrée d'un édifice. "

— Portail : "Entrée monumentale d'un édifice religieux intégrée dans la façade"

— Tympan : [Dans les églises romanes ou gothiques] Espace compris entre l'archivolte et le linteau d'un portail, le plus souvent orné de sculptures. 

Archivolte : de latin signifiant « arc voûté » : Bandeau formé de moulures plus ou moins ornementées, qui fait saillie sur le nu du mur et suit le cintre d'une arcade, d'une imposte à l'autre 

Piédroit :Partie du jambage, du trumeau d'une porte ou d'une fenêtre

Trumeau : Pilier, souvent sculpté ou masqué par une statue, qui soulage en son milieu le linteau d'un portail.

Voussure : Partie cintrée surmontant une porte ou une fenêtre..Chacun des arcs concentriques d'une archivolte.

.

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

PRÉSENTATION.
.

 

« Le portail méridional de La Roche-Maurice n'est pas précédé d'un porche comme à Pencran et à La Martyre. Il comprend deux baies en anse de panier bordées d'une guirlande de feuillages. Contre le trumeau, on voit un bénitier surmonté d'un dais orné de quatre têtes en relief. Le portail est encadré par deux voussures parallèles en tiers-point qui délimitent le tympan. La gorge intérieure est garnie de feuillages qui encadrent quelques figures fantaisistes. La gorge extérieure contient, dans sa partie verticale, les statuettes des douze apôtres et ensuite des statuettes d'anges. Sur le tympan se détache la statue d'un saint breton, saint Maudé, abbé.

Le porche [ouest], qui porte l'empreinte du style de la Renaissance, est surmonté d'un fronton ; on y voit, dans des niches, les trois statues de saint Pascal Baylon, reconnaissable à son calice, de saint Vincent Ferrier et de saint Antoine de Padoue. » (L. Lécureux)

.

"La façade midi serait sans caractère si elle n'était ornée d'un beau portail à deux portes géminées, en anse de panier, séparées par un bénitier surmonté d'un dais à pans coupés. Elles sont encadrées d'une arcade ogivale surbaissée, à trois rangs de nervures, garnies de feuilles de vigne, de feuilles de chardon et de niches de personnages avec dais, contenant les statuettes finement sculptées des Douze Apôtres et deux anges priants. De chaque côté, un groupe de trois colonnettes tournées en hélice et surmontées d'un pinacle, termine la décoration. Les colonnettes les plus extérieures sont timbrées aux mâcles des Rohan." (Le Guennec)

"Le portail [ouest], sous le clocher, porte la date de 1589. L'ouverture classique à large clef et fronton est encadrée de colonnes à chapiteaux ioniques avec têtes. Au-dessus du fronton, un cordon soutient une niche abritant une statue de saint Yves. Dans les contreforts, deux niches gothiques abritent les statues de saint Pascal Baylon et de saint Vincent Ferrier

"Le portail sud a deux portes géminées semblables à celles du porche de Landivisiau, - il daterait donc des années 1530-1540 - mais le porche semblable n'a pas été construit. Les deux portes en anse de panier ornées de feuilles de chardon sont surmontées de deux accolades Renaissance. Une large arcade à voussures et accolade de la fin du flamboyant englobe les deux portes ; dans le tympan, statue de saint Maudez (ou Maurice ?). Au trumeau, bénitier à dais gothique." (R. Couffon)

.

"Le mur sud de l’église habituellement traité ailleurs en gros appareil homogène, mêle ici des pierres de taille de différente nature : granite, microgranite jaune et schiste noir, ces dernières pouvant atteindre 3 mètres de longueur . Dans ce mur aux matériaux disparates, s’ouvre un portail en pierre de kersanton noir à grain fin richement sculpté et pouvant être daté du milieu du XVIe siècle. Les portes géminées en anse de panier sont surmontées de deux accolades formées de rubans ornés de fleurs. Le trumeau qui les sépare porte un bénitier avec dais très Renaissance. Une grande arcade ogivale présente dans une de ses voussures une série d’Apôtres dans une suite de niches minuscules. Sur les côtés, des colonnes losangées sont décorées de macles rappelant les armoiries des Rohan." (G. Leclerc)

.

"Renaissance.  Dans le courant du XVe siècle, il se produisit en Italie un retour marqué vers les ouvrages littéraires et aussi les monuments d'architecture et les antiquités de la Grèce et de Rome : on se met à les étudier et à les reproduire, et il surgit d'innombrables artistes adeptes de la nouvelle école. Par suite des expéditions des rois de France Charles VIII et Louis XII en Italie, 1495 et 1499, ces souverains et les seigneurs qui les accompagnaient vinrent à se passionner pour les nouvelles œuvres italiennes et entrèrent en contact avec les peintres, sculpteurs et architectes, dont ils amenèrent un grand nombre en France.

Ce mouvement d'innovation qui se produit en France dès les dernières années du Ve siècle, notre pays de Bretagne semble s'y montrer réfractaire pendant bien longtemps. La Renaissance apparaît chez nous, comme par surprise et d'une façon isolée et inexpliquée, en deux médaillons noyés au milieu de panneaux flamboyants dans le joli jubé de Lambader, datant de 1481-1490. Ensuite, la première manifestation, bien peu importante, n'a lieu qu'en 1533, au porche gothique de Lampaul-Guimiliau, dans les pilastres corinthiens de la niche qui couronne le fronton, et dans le bénitier de l'intérieur, tout chargé d'oves, de rais de cœur, rangs de perles, entrelacs et autres motifs absolument dans la note nouvelle.

Quatre ans plus tard, en 1537, se construit la façade Ouest de Rumengol qui est, avec le portail de l'Hôpital-Camfrout, l'une des plus belles pages de la vraie Renaissance en Basse-Bretagne. Dans la porte principale, on conserve encore les moulures prismatiques du style flamboyant, mais certains autres membres et ornements d'architecture se modifient et empruntent des formes inusitées jusque là : les petites pyramides aiguës et feuillagées deviennent des pinacles d'un nouveau genre formés de fuseaux en spirale, de boules à godrons, d'arrangements de rubans contournés en volutes et faisant bouquet terminal. Dans les contre-courbes de couronnement ce ne seront plus les feuilles de chou ou de chardon déchiquetées, mais une nouvelle feuille, approchant un peu de celle de l'acanthe, plus grasse, plus molle, plus arrondie. Les chapiteaux et les frises se ressentiront aussi de cette transformation qui se dessinera également dans les niches, les encadrements, les moulures et les crossettes garnissant les rampants des pignons. Dans tous ces ornements, on trouve les souplesses, les rondeurs, le gras sobre et délicat qui sont la vraie touche des premières années de la Renaissance.

Au porche de Landivisiau, 1554-1559, les dispositions générales de la période gothique se perpétuent, avec les profils et les feuillages anciens; mais au milieu de cette ornementation se rencontrent, conçus dans le style de François l" et d'Henri II, les culs-de-lampe des niches des apôtres et une partie de leurs couronnements, le bénitier avec le dais qui le surmonte, ainsi que la plupart des décorations qui tapissent le tympan intérieur, sans compter la niche du sommet du fronton.

Les mêmes caractères s'observent dans la porte Midi de La Roche-Maurice, 1539, et dans la façade Ouest, 1589; comme aussi dans le porche de Daoulas, 1566.

Ce travail de la Renaissance, mais plus avancé, absolument dégagé des formes flamboyantes, se rencontre dans le porche de Bodilis, 1570, dans les deux de Plougasnou, 1574-1582, dans ceux de Plouégat-Guerrand, 1574, Pleyben, 1588, Brasparts, 1589. A Bodilis et à Pleyben, on voit apparaître pour la première fois la colonne dite française, imitée de Philibert-Delorme, composée de tambours cannelés séparés par des bagues saillantes et sculptées." (Abgrall, 1904 pages 66-67)

 

.

.

I. La statue du tympan : un saint abbé.

.

C'est un saint puisque sa statue occupe cet emplacement ; et c'est un abbé  puisqu'il est tonsuré et porte un bâton pastoral  (quoique tenu en main gauche, comme les évêques) et un livre, fermé par  une agrafe. Le livre indique a priori qu'il est fondateur de son Ordre, dont l'ouvrage serait la Règle. Il est vêtu  d'une aube et d'une chasuble à trois plis en V. La première possibilité est d'y voir saint Guénolé, fondateur de Landévennec. L. Lécureux suggère saint Maudez, peut-être sur la foi d'une information reçue sur place. R. Couffon propose en alternative saint Maurice, qu'évoque le nom "La Roche-Maurice", bien que ce nom soit apparu au XIVe siècle par altération de Roch Morvan, du nom du vicomte du Faou fondateur du château. Saint Maurice du Carnoët est fondateur d'une abbaye puissante du diocèse de Quimper. Mais " La Roche-Maurice fut jusqu’au Concordat de 1801 une des nombreuses trèves de la paroisse de Ploudiry, elle-même prieuré cure de l’abbaye des chanoines réguliers de saint Augustin à Daoulas . Serait-ce alors saint Augustin ? Rien n'évoque l'évêque d'Hippone.

Emmanuel Le Seac'h attribue cette statue à un sculpteur de Locmaria-Lan du nom de S. Coëtdeleu, actif exclusivement (sauf ici) dans la paroisse de Plabennec. Il a sculpté le calvaire de la chapelle Locmaria-an-lan en 1527. Elle en reconnaît "les yeux et le visage caractéristiques"(p. 260). Cette situation ectopique est un peu étonnante.

.

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

II. Les éléments héraldiques.

.

Le château de Roch Morvan des vicomtes du Faou passa aux seigneurs du Léon, puis,  à la mort d’Hervé VIII en 1363, dans le domaine des vicomtes de Rohan  (mariage de sa sœur Jeanne avec Jean Ier de Rohan). Ce sont donc leurs armoiries de gueules à sept ou neuf macles d'or qui sont attendues  sur le portail.

On trouve en effet leurs macles (des losanges évidés) sur la partie extérieure des piédroits.

Au dessus du fleuron de l'accolade, un blason a été martelé. Il est entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel, également martelé, mais dont on peut affirmé qu'il est à double cordelière (deuxième collier, postérieur à 1515), et non à double las en aiguillette.

Les Rohan sont nombreux à avoir porté ce collier, comme PIERRE DE ROHAN, en 1476,  JEAN, vicomte DE ROHAN, en 1492, PIERRE DE ROHAN, sr. DE QUINTIN, LOUIS DE ROHAN, sr. DE GUÉMENÉ, en 1504, CHARLES DE ROHAN, 

J'ai décrit le collier premier modèle présent autour des macles des Rohan sur la façade du château de Josselin : ce sont les armes de Jean II (1459-1517), également visibles sur un vitrail de la chapelle du couvent des Franciscains observants de Cuburien à Saint-Martin-des-Champs.

Ce collier correspondrait plutôt, vu la datation du portail, à René Ier de Rohan ( 1516-1552), petit-fils de Jean II et fils de Pierre II de Rohan-Gié (mort en 1525). J'en ai montré le portrait en donateur sur la maîtresse-vitre de La Martyre, mais son collier n'y est pas représenté. Pourtant, il serait présent sur une lucarne du château de Pontivy.

En résumé, ces macles, ces armoiries martelées et ce collier sont à attribuer à René Ier de Rohan, dont les armoiries (en alliance avec celles de son épouse isabelle d'Albret) figurent sur la maîtresse-vitre de La Roche-Maurice datée de 1539.

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

III. Le bénitier à dais en kersanton du trumeau.

.

Il associe une cuve à godrons et rais de cœur, et un dais à quatre têtes, d'un style parfaitement Renaissance. Les deux parties ne sont pas scellées, mais sont des éléments  constitutifs du pilier.

Les quatre personnages, alternativement femme et homme, forment deux couples qui sont tournés l'un vers l'autre. Le premier couple, coté ouest, est le plus naturel et nous pourrions évoquer Ève, au visage très pur et Adam , plus âgé, portant la barbe et les cheveux taillés courts. Le second couple est soigneusement vêtu. La femme porte une coiffe courte d'où émerge la raie de cheveux sagement peignés. Elle est vêtue d'une robe dont nous ne voyons que l'encolure à petit rabat. L'homme, barbu comme le premier, est casqué. 

Ils semblent s'écouter, tout en étant plongés dans de graves et tristes pensées, visage légèrement penchés vers le bas. Ils font régner le silence, l'introspection, voire le remord.

Les caractères des deux visages d'homme se retrouveront dans les figures des douze apôtres des piédroits : les mèches des moustaches, en V inversé, partent du bord des narines. Les mèches des barbes forment chacune un point d'interrogation inversé.

Ce bénitier suscite l'admiration par la beauté recueillie et sobre qui s'en dégage.

Les personnages sortent de losanges à trois réglures entourés de fleurs variées mais qui occupent parfaitement l'espace triangulaire qu'elles décorent. Chaque compartiment est limité par un pilastre coiffé d'une flamme.

Le registre supérieur est occupé, entre ces flammes, par des tresses en volutes, où sont enfilés des anneaux ; et ces tresses sont nouées deux par deux par des arceaux. Les extrémités des tresses sont fendues en gueules stylisées.

Le registre inférieur, par symétrie, emploie des paires de volutes perlées, réunies par des arceaux.

.

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ce bénitier à dais en kersanton, et  occupant le trumeau en évoque deux ou trois autres. Celui de Landivisiau, sculpté par Bastien Prigent vers 1554-1559 est très proche, tant par les personnages  en conversation que par les détails ornementaux. Il est plus développé tant pour le fond (un ange au goupillon) que pour la superstructure du dais.

.

Bénitier à dais (kersanton, ca 1554-1559, Prigent) du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile 2017.

 

.

Le deuxième est un peu plus tardif (1604), plus développé et plus Renaissance encore, c'est celui du porche de Saint-Houardon à Landerneau. 

,

Bénitier du trumeau du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

 

On peut aussi citer celui de Guimiliau datant de 1602. 

Le bénitier de La Roche-Maurice est issu d'un des ateliers de sculpture du kersanton  établis sur l'Elorn à Landerneau, et il est significatif que tous ces  bénitiers soient retrouvés, sur la vallée de l'Elorn, séparés de quelques dizaines de kilomètres. La Roche-Maurice se situe sur l'Elorn entre Landerneau et Landivisiau.

Le premier de ces ateliers, au XVIe siècle, est celui de Bastien et Henri Prigent (1527-1577). Puis lui succède entre 1570 et 1621 le Maître de Plougastel, trop tardif pour être retenu ici. La tentation est donc forte de l'attribuer aux Prigent, mais E. Le Seac'h qui a produit le catalogue raisonné de leur œuvre, n'y inclut pas le porche de La Roche-Maurice (qu'elle ne décrit pas dans son ouvrage), et pas d'avantage. 

Je compare les deux si beaux visages féminins tournés vers l'est : je me décide, le bénitier de La Roche-Maurice est de Bastien Prigent.

.

Bénitier (kersanton, Prigent, 1554-1559) du porche de l'église de Landivisiau. Photographie lavieb-aile mai 2018.

.

Bénitier à dais (kersanton, Prigent, v. 1550) de l'église de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile.

.

 

.

Une cuve à godrons et rais de cœur, sans dais, occupe le trumeau du porche de Daoulas.

René Couffon signale un autre bénitier à dais en kersanton au porche nord de Commana.

.

.

.

Le bénitier en kersanton du coté intérieur du trumeau.

.

Ce bénitier est une simple cuve hexagonale, dont la beauté vient de sa simplicité, de la patine de la pierre par les contacts répétés, et surtout d'un bas-relief simulant une banderole aux extrémités enroulées en cornets. On y lit en belles lettres minuscules gothiques A. MEN.

Une fois déjouée la tendance d'y lire la formule liturgique AMEN, on comprend qu'il s'agit d'un certain A. — peut-être Alain — MEN, voire LE MEN ou LE MENN. On a pu y voir le nom d'un donateur, voire du sculpteur, mais c'est pour moi le nom de fabricien, car c'est l'un ce ses privilèges de signifier sa présence à l'occasion du chantier de construction dont il a la charge.

Or, en 1552, un membre de la même famille, certainement aisée et respectée, accéda à la même charge et laissa son nom sur les sablières du bas-coté sud, puis nord. Il se prénommait Fiacre, si nos lectures des inscriptions sont exactes. Fiacre était-il le digne fils de son père A[lain] ? 

.

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Les deux portes en anse de panier.

.

Les portes géminées en anse de panier du gothique flamboyant,  sont surmontées de deux accolades Renaissance formées de rubans ornés de fleurs.

La moulure interne accueille un rinceau dont les tiges libèrent des feuilles trifoliées pointues.

Les portes géminées se retrouvent à Landivisiau, à Lampaul-Guimiliau.

.

 

 

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

La double accolade (à crochets) reprend l'idée des volutes réunies par un anneau, déjà remarquée en registre inférieur du dais du bénitier.

.

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

 

L' ensemble de ces caractéristiques se retrouve, au détail près, dans le portail du porche (kersanton, 1554-1559, Prigent) de Landivisiau, celui-là même qui accueille en son trumeau le bénitier à dais déjà cité.  Il est donc licite d'attribuer à l'atelier Prigent (1527-1577) de Landerneau non seulement le bénitier, mais aussi l'ensemble du portail sud de La Roche-Maurice, qui a dû  être antérieur d'une dizaine d'années à celui de Landivisiau (à l'intérieur, les sablières de La Roche-Maurice sont datée de 1552).

.

Portail du porche de l'église de Landivisiau. Photo lavieb-aile

 

.

 

.

.

Les douze Apôtres des piédroits.

.

Ils sont placés dans des niches à dais ; et ceux-ci sont ornés de l'accolade à crochet évoquant celle des portes géminées. Ces dais à accolades se retrouvent au dessus des Apôtres du porche de Landivisiau (1554-1565), ou sur les voussures du porche sud (1553) de Pencran.

La série des 12 apôtres, souvent accompagnés du phylactère citant l'article du Credo qui leur est propre, est disposée le plus souvent de chaque coté du porche d'entrée, coté sud, comme une initiation rituelle ou un rappel de la Foi fait au fidèle qui pénètre dans les sanctuaires bretons.

Ici, puisque l'entrée se fait directement par un portail, dépourvu de porche, les 12 Apôtres sont disposés le long de l'archivolte. Ils prennent la place dans d'autres église de la même époque et des mêmes ateliers, des scènes bibliques (Adam et Ève, Caïn et Abel, Noé) ou de saints personnages titulaires, à Pencran, Landivisiau, ou d'anges comme à Guipavas (1563) et Daoulas (1566), ou de simples pampres à Lampaul-Guimiliau (aprés 153

.

En partant en bas à droite et en suivant l'ensemble de l'arcade, nous trouvons :

  • Pierre et sa clef
  • André et sa croix en X
  • Jacques le Majeur et son bourdon
  • Jean et son calice de poison
  • Thomas  et sa lance 
  • Jacques le Mineur et son bâton de foulon.
  • Un ange.
  • (en amorçant la descente vers la gauche :
  • Un ange
  • Philippe et sa croix à longue hampe
  • Barthélémy et son coutelas de dépeçage
  • Matthieu et sa balance de publicain
  •  Jude et sa lance
  • Simon et sa scie
  •  Matthias et son équerre.

L'ordre est immuable, à la différence des statues encadrant l'entrée dans les porches, où les statues peuvent être déplacées. 

Cet ordre, de même que la nature de chaque attribut, est censé être fixé par la Tradition, mais fait l'objet de nombreuses variantes, comme sur ce retable de Lugny de 1528,  quand ce n'est pas de franches erreurs comme sur ce Calendrier des Bergers . Seule la séquence Pierre-André-Jacques le Majeur-Jean est pratiquement constante. L'ordre de ce portail est très proche de celui de l'ossuaire de Sizun (1585-1588). D'habitude, j'identifie Thomas à son équerre, mais Matthias est "toujours" en dernière position.

Voir dossier documentaire dans mon article sur le Credo de la maîtresse-vitre de Quemper-Guézennec.

.

 

.

.

1. Pierre et sa clef

.

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

2. André et sa croix en X 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

3. Jacques le Majeur son chapeau à coquille et son bourdon

Le livre de la main droite est brisé.

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

4. Jean, imberbe, et son calice de poison d'où sort un dragon.

 

 

.

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

5. Thomas  et sa lance.

 

.

 

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

6.Jacques le Mineur et son bâton de foulon.

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Un ange.

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

(en amorçant la descente vers la gauche :  un autre ange, puis:

 

7. Philippe et sa croix à longue hampe.

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

8. Barthélémy et son coutelas de dépeçage.

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

9. Matthieu et sa balance de publicain.

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

 10. Jude et sa lance.

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

11. Simon et sa scie (tête brisée).

 

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

 12. Matthias et son équerre.

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

La moulure ornée de pampres aux grappes picorées par les oiseaux et aux petits personnages.

Je retrouve ici les motifs charmants et truculents déjà observés à l'abbaye de Daoulas et à Landivisiau. Je ne peux qu'encourager le visiteur à s'attarder à y découvrir ces saynètes.

.

Ces pampres sont toujours (depuis les premiers portails de Basse-Bretagne) issus de la gueule d'animaux (ou plus rarement de personnages). Ici, nous avons un lion à coté d'un reptile, lézard ou dragon.

.

Un lion crachant la tige du pampre.

 

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Un dragon crachant la tige du pampre.

.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

CONCLUSION.

Ce portail s'intègre dans le vaste ensemble des porches et portails sortis des ateliers de sculpture sur kersantite au milieu du XVIe siècle, et, accueille, dans des formes relevant du gothique flamboyant, un dais de bénitier dont les masques humains relève des innovations de la Renaissance. Il est amusant de multiplier les comparaisons avec les porches de Pencran et de Landivisiau, aux proximités si convaincantes que je propose de voir ce chantier de La Roche-Maurice comme issu de l'atelier de Bastien et Henri Prigent. Quand à la datation, ces rapports conduisent à privilégier une datation plus proche de 1550 que de 1540.

.

.

 

 

.

.

ANNEXE : LES PORCHES DE BASSE-BRETAGNE XVe-début XVIIe :

.
 


 

I. Rappel chronologie et attribution de quelques porches du Finistère d'après E. Le Seac'h:

Premier atelier ducal du Folgoët :

  • Notre-Dame du Folgoët, porche occidental : 1423

  • Notre-Dame du Folgoët, porche sud : 1423-1433

  • Quimper, cathédrale : 1424-1442

  • Saint-Pol-de-Léon, Kreisker : 1436-1472

  • Châteauneuf du Faou : Notre-Dame-des-Portes : 1436-1472

  • Kernascleden : 1433-1463

  • Le Faouët, chapelle Saint-Fiacre : 1450

  • Quimperlé, porche nord : 1420-1450

  • La Martyre porche sud : 1450-1468

  • Le Faou, Rumengol, porche sud : 1468.

— Deuxième atelier ducal du Folgoët :

  • Plourach, porche sud : 1458-1488

  • Plonevez-du-Faou, Saint-Hernot porche sud : apôtres 1481/porche 1498-1509

Atelier des frères Prigent à Landerneau :

  • Pencran, porche sud : 1553

  • Landivisiau, porche sud : 1554-1565

  • Guipavas, porche nord : 1563

— Maître de Plougastel :

  • Bodilis, 1601

  • Guimiliau, 1606-1617

non attribué :

  • La Roche-Maurice (1539-1550) 

  • Daoulas, (1566)

  • Landerneau , Saint Houardon (1604)

  • Guimiliau (1606-1617)

  • Gouesnou (1640-1664)

 

Roland Doré (1618-1663) :

  • Guimiliau, apôtres 

  • Pleyber-Christ, apôtres

  • Plestin-les-Grèves, apôtres

  • Trémaouezan (1610-1623), apôtres

  • Le Tréhou, apôtres;

Jacques Mazé :

  • Plouneventer, apôtres 1679

Événement marquants :

a) 1560-1580 : Construction du château de Kerjean  : introduction de la Renaissance en architecture (Philibert Delorme) et en ornementation (École de Fontainebleau). Influence sur les porches de Pleyben, Bodilis, Lanhouarneau, Saint-Houardon de Landerneau, puis Commana (1620-1650) et Rosnoen (1674-1714). Cf Mussat.

b) 1580-1600 : Guerres de la Ligue, interruption possible des chantiers.

 

 

II. Liens .Sur les porches de Bretagne voir dans ce blog :

.

LE XVe SIÈCLE.

 

.

LE XVIe SIÈCLE.

.

 

LE XVIIe SIÈCLE.

.

III. Liens. Les Apôtres des porches.

.


 

.

.

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, p.67

APEVE

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article239

BROUCKE (Paul-François), MAUGUIN (  Michel) ) 2006.  Les prééminences armoriées des Rohan au tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves, La Roche-Maurice (Finistère), Bulletin de la Société archéologique du Finistère.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/58ac1051308735.01528915/2012_03.pdf

BROUCKE (Paul-François), 2012, "L’emblématique de la maison de Léon aux XIIe-XIVe siècles et les prééminences de Daoulas et La Roche-Maurice aux XVe-XVIe siècles", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 59-82. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58ac1051308735.01528915/2012_03.pdf

CIAP Enclos

https://www.ciap-enclos.fr/le-pays-des-enclos/#Enclos-de-La-Roche-Maurice

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, La Roche-Maurice, in Nouveau répertoires des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

COUFFON (René), 1948, L'architecture classique au pays du Léon. L'atelier de l'Elorn. L'atelier de Kerjean. https://www.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffb02bf24.03861061/1948_02.pdf

LE GUENNEC (Louis), 1981, Le Finistère monumental II, Brest et sa région page 501

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eacd0a2ed3929e4b775beec287004c84.pdf

LECLERC (Guy), 2012, La Roche-Maurice, église Saint-Yves et ossuaire,  Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 699-711. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58e3e365148ef0.21808328/2012_31.pdf

LÉCUREUX (Lucien), 1914, Congrès archéologique de France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f218.image

LÉCUREUX, Lucien, La Roche-Maurice, Congrès archéologique de France à Brest et à Vannes., Paris, Société française d’archéologie, 1919, p. 123-127.

http://www.infobretagne.com/roche-maurice-eglise-ossuaire.htm

MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_150/La_Renaissance_en_Bretagne_.pdf


 


 

.

 

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Porches kersanton Chapelles bretonnes.
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 14:56

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières (1559) de la nef et du chœur.

.

 

— Voir les premiers articles de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

.

— Voir aussi sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

.

— Voir sur les autres monuments de la commune :

.

Voir sur les sablières de Bretagne : 


.

PRÉSENTATION.

Voir article II.

.

La charpente de l'église Saint-Yves a été superbement restaurée entre 2014 et 2017  sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques Marie-Suzanne de Ponthaud assistée de Françoise Godet-Boulestreau, de l'agence d'architecture de Crozon,  supervisant les activités de peinture de l'entreprise Arthema de Nozay (44) et de menuiserie de l'atelier Le Ber de Sizun, dirigé par Steven Le Ber.

La nef est divisée par six entraits engoulés (poutres transversales dont les extrémités sont sculptées en gueule de dragon) en six travées. Le sixième entrait est une poutre de gloire, car elle porte les statues du Christ en croix entre Marie et Jean. Sous ce sixième entrait, un jubé polychrome (l'un des rares encore conservé malgré la Contre-Réforme qui demanda leur suppression) forme une séparation transversale : au delà  s'ouvre un nouvel espace, le chœur, rythmé à son tour par quatre entraits en autant de travées.

Malgré mes efforts didactiques, résumons : la charpente est divisée en 10 travées. Et chacune est décorée, à l'union entre le mur, et la voûte lambrissée, par des sablières sculptées et peintes : le sujet de cet article.

L'effet extraordinaire que  la restauration de 2017 suscite au  visiteur résulte en grande partie de la peinture du lambris en un très beau bleu profond, constellé d'étoiles, de macles (emblème des Rohan), de fleurs de lys, et décoré d'angelots et du monogramme IHS. Mon premier article, sur les culots de poinçon (ou abouts de poinçon), le montrait suffisamment. Des lustres en couronne conçus par Mael Iger diffusent un éclairage très adapté à ces splendeurs.

Me voilà à pied d'œuvre pour décrire les 20 sablières (12 pour la nef et 8 pour le chœur). Mais autant cette description s'est avérée plaisante (et, pour moi, passionnante) pour les bas-cotés, autant elle suscite pour cette partie IV une lassitude liée au caractère monotone du décor.

 Nous avions déjà eu un avant-goût de cela pour les quatre dernières sablières S7 à S10 et N7 à N10 des bas-cotés, faites de têtes isolées, d'hommes ou de sauvages tenant des phylactères ou d'anges. Eh bien, nous les retrouvons ici, placés beaucoup plus haut, bien que  cette fois, polychromes. Nous pouvons déjà postuler que c'est le même atelier de sculpteurs qui a réalisé les sablières S7 à S10 et N7 à N10 sur les bas-cotés, et l'ensemble des sablières hautes de la nef et du chœur. Un atelier différent, à mon avis, de celui qui a donné les belles pièces du début des bas-cotés, en 1552.

.

Dois-je les présenter et les décrire une à une en les numérotant Ss1 à Ss 10 et Nn1 à Nn 10 comme je l'ai fait pour les bas-cotés? Repérer leur séquence dans le dédale de mes photos pour dresser une liste au risque de me tromper ? Faire ce travail fastidieux, inutile et vain? Oui, et débutons par la liste.

.

La liste des sablières de la nef et du chœur :

.

COTÉ SUD.

SS1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Ss2 : deux têtes de femme tenant chacune un phylactère.

Ss3 : têtes à oreilles de vache tenant un phylactère.

 Ss4 : deux masques à banderoles.

Ss5 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Ss6 : inscription A : ROLLANT 1559.

Ss7 : Deux têtes d'hommes tenant un phylactère.

Ss8 : deux bustes d'homme dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Ss9 : deux têtes de vache dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Ss10 :  Deux têtes d'hommes dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

.

COTÉ NORD.

Nn1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn2 : deux bustes d'hommes nus tenant une banderole.

Nn3 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn4 : deux têtes de femme  tenant chacune un phylactère à inscription.

Nn5 :  deux hommes sauvages, couronnés,  jambes écartées.

Nn6 : deux lions présentant un blason bûché.

Nn7 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn8 : deux têtes d'anges, ailes déployées.

Nn9 : quatre têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Nn10 : deux têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

.

 

 

 

 

 

 

Schéma de Marie-Suzanne de Ponthaud, et mention surajoutée des dates portées par les sablières.

Schéma de Marie-Suzanne de Ponthaud, et mention surajoutée des dates portées par les sablières.

Voûte lambrissée  de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Voûte lambrissée de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

DESCRIPTION.

.

.

LE COTÉ SUD DE LA NEF .

.

.

SS1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

.

 

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss2 : deux têtes de femme aux chevelures excentriques tenant chacune un phylactère, entre deux masques humains de profil.

.

 

 

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss3 : têtes à oreilles de vache tenant un phylactère entre deux serpents.

.

 

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss4 : deux masques à banderoles.

La pièce suivante,  Ss 4, montre un masque humain au front ceint d'un ruban, et crachant une banderole à inscription. À coté de lui, un masque humain à oreilles de vache tient un phylactère blanc à inscription sibylline.

.

.

 

.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

.

Ss 5 : hommes sauvages jambes écartées.

.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss6 : inscription A : ROLLANT 1559.

Située  juste avant le jubé,  Ss6 porte une inscription donnant le nom du fabricien (c'est mon avis) et la date du chantier : A: ROLLANT / 1559:

 Donc sept ans après la construction de la charpente des bas-cotés. Le patronyme est attesté à Ploudiry, mais plus tardivement et sous la forme ROLLAND.

Les deux portions de l'inscription occupent des cartouches tenus par des personnages hybrides, au torse nu et aux jambes remplacées par des plumes. Au centre, noué par des faveurs bleues, un carré a été bûché : gageons qu'il portait les armoiries des seigneurs prééminenciers.

.

 

 

 

 

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Voûte lambrissée, coté sud, avant le jubé (Ss3 à Ss6).

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Voûte lambrissée, coté sud, après le jubé (Ss7 à Ss10).

.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss7 : Deux têtes d'hommes tenant un phylactère.

.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss8 : deux bustes d'homme et homme sauvage dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

.

 

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss9 : deux têtes de vache (ou de bœuf) dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

.

 

 

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Ss10 :  Deux têtes d'hommes dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

.

 

 

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).

.

.

Blochet final au sud du chevet.

.

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).

.

.

LE COTÉ NORD DE LA NEF .

.

 

 

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn2 : deux bustes d'hommes nus tenant une banderole.

 

.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn3 : deux hommes sauvages jambes écartées.

.

 

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn4 : deux têtes de femme   tenant chacune un phylactère à inscription.

.

 

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

Nn5 :  deux hommes sauvages, couronnés,  jambes écartées.

 

.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn6 : deux lions présentant un blason bûché.

Cette pièce héraldique fait face à Ss6, qui portait l'inscription.

.

 

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

SABLIÈRES DU CHOEUR, COTÉ NORD.

.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn7 : deux hommes sauvages jambes écartées.

 

.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn8 : deux têtes d'anges, ailes déployées.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn9 : quatre têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

 

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

.

.

Nn10 : deux têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

.

 

 

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 11:50

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice III : les sablières du bas-coté nord (1561).

Voir les premiers articles de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

Voir sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

.

Voir sur les autres monuments de la commune :

.

Voir sur les sablières de Bretagne : 


.

PRÉSENTATION.

Voir article II.

Un bonus : les photos de 2011 avant la restauration.

.

Liste des  pièces de sablières du bas-coté nord

N1 : homme tenant une volute entre deux animaux (chevaux?)

N2 : diable ailé agrippant un homme. Feuillages ; deux têtes d'âne.

N3 : Funérailles

N4 : Labour.

N5 : Homme tenant des cornes d'abondance.

N6 : Inscription 1561 ou 1552. Homme levant son verre ; saint Matthias ; un charpentier.

N7 : Deux hommes au phylactère.

N8 : anges

N9 : deux hommes aux phylactères

N10 : deux hommes sauvages jambes écartées.

 

.

 

.

.

Blochet BN.1 : Fou en tunique à grelot (Le Ber, 2017).

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Sablière N1 : homme tenant une volute entre deux animaux (chevaux?) .

L'homme tient-il un rabot ?

Frise inférieure de style bellifontain semblable aux frises de 1552 du coté sud, à volutes liées par des anneaux, et tête humaine aux yeux caves pénétrées par des arceaux. Ce décor est cité dans la partie supérieure.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Blochet  BN.2 : homme portant une courte fraise.

Son pourpoint est orné d'un élément en T, plutôt décoratif que figuratif.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Sablière N2 : diable ailé agrippant un homme. Feuillages ; deux têtes d'âne.

.

Frise inférieure : semblable à celle du coté sud, avec des épillets. Cartouche 2017 sous le blochet B.N3

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Blochet BN.3 : homme portant la fraise. 

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Sablière N3 : scène de funérailles (1561)

.

Un chariot (charrette sans ridelle) tiré par deux chevaux porte le cadavre du défunt, suivi par une femme et son enfant puis un homme portant une pelle sur l'épaule ; on considère qu'il s'agit du fossoyeur.

L'attelage est mené par un valet.

.

Une scène de funérailles est également présente sur les sablières de La Martyre, village voisin de La Roche-Maurice, vers la date de 1560. Elle est plus complète, avec 15 personnages (le clergé en tête, les six membres de la famille derrière), et un attelage à trois chevaux mené par un clochetteur.  Le style de ses sablières relève d'un sculpteur bien différent de celui de La Roche-Maurice.

On la trouve également sur les sablières de l'ossuaire de  la paroisse voisine, Pencran, mais à la date de 1594. Cet ossuaire est privé : pas de photo.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Les modalités de l'attelage sont précisément représentées : les bras du chariot entourent le cheval arrière, qui en soutient la charge par un demi-collier de selle, et par un collier d'épaule. Un cordage (ou une traverse en bois)  fixé en aval des poignées des bras est tracté par le cheval de tête, par un demi-collier (sans selle) et un collier d'épaule. Les chevaux n'ont pas de bride, celui de tête étant mené par une corde passé au poitrail.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Blochet  BN.4 : homme barbu.

Ce n'est pas un apôtre, car il est chaussé. Il est vêtu d'un manteau complètement ouvert, aux revers ornés, et s'évasant derrière le dos en capuchon.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

.

Sablière N4 : scène de labour (1561)

 

Un paysan guide sa charrue tirée par deux chevaux menés par le valet de ferme.

Les scènes de labour sont rares en sculpture au XVIe siècle, notamment sur les sablières, et celle-ci fournit  donc un document iconographique précieux.

Mais si ces scènes sont rares, on en trouve néanmoins non seulement ici, mais aussi sur les sablières de  La Martyre (vers 1560), Le Tréhou (vers 1555), Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Pleyben, Bodilis, donc entre 1555 et 1570 dans un rayon de 50 km en Finistère. Les trois derniers sites relèvent de l'atelier du Maître de Pleyben. Plusieurs illustrent un accident par lequel un valet est écrasé par l'attelage. Soit un corpus de six exemples.

Je renvois à mon article sur la sablière du Tréhou, où j'ai approfondi l'étude de ce thème.

.

Récapitulatif chronologique du corpus.

a) Église du Tréhou v.1555. charrue à avant-train à roues, attelage de 2 paires de bœufs et 1 bœuf de tête, conducteur + 1 guide de tête, renversé par le bœuf.

Les sablières de l'église Sainte-Pitère du Tréhou II : le labour.

b) Église Saint-Salomon de La Martyre (1560?).Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 chevaux + 2 bœufs + 2 chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident.

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières (1560?).

c) église de La Roche-Maurice ( 1552 ou 1561). Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 paires de chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident ?.

d) Église de Bodilis. I. (Maître de Pleyben 1567).

Charrue à avant-train à roues, attelage à 4 chevaux. Un conducteur,1 guide de tête et un semeur en avant. Pas d'accident.

Les sablières de l'église de Bodilis. I. La scène des semailles et du labour (anonyme, 1567).

 

e) Chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom (Maître de Pleyben v.1575). Charrue à avant-train à roue, attelage de 4 chevaux un conducteur, 2 guides et un 3ème écrasé par l'attelage.

La charpente sculptée du collatéral nord de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern par le Maître de Pleyben (vers 1575).

f) Église de Pleyben ( Maître de Pleyben vers 1571) : haut de la nef coté sud. Charrue à avant-train à roue, attelage à 2 chevaux en couple + 1 cheval de tête. Un conducteur + un guide latéral. Accident (emballement du cheval de tête et écrasement du guide.

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le chœur et le haut de la nef. Sablières et  blochets.

.

 

 

 

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Le maître courbé pour épouser la forme de la sablière, porte à la ceinture une hache. Il est coiffé d'un bonnet, porte un sarrau, et un bracelet de bras. Il tient les mancherons par ne prise différente de chaque coté.

La charrue comporte successivement les mancherons, tenus écartés par des traverses, et fixés sur le  dental (ou sep) par des goujons ; le soc, en avant du dental ; le timon, et ses deux chevilles élargies par des coins ; le coutre ou couteau, tranchant la terre en avant du soc.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Le timon, posé sur l'avant-train à deux roues, est ceinturé par un cordage retenu par une cheville en T.

Puis vient, en avant des roues, le "timon d'avant-train" barré par deux forts madriers ; ce sont ces madriers qui sont tractés par les deux chevaux, par l'intermédiaire de deux cordages fixés à un double collier d'épaule et à un collier de dos.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Enfin, le cheval de tête est mené par un valet de ferme. Il est penché en avant, soit par l'effort qu'il produit, soit (mais c'est ici peu convaincant) par un accident qui le renverse.

Il tient un outil dont le manche se termine par une fourche en V ; il serait intéressant d'en trouver d'autres exemples. J'imagine que cela lui sert à aiguillonner ses bêtes.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet  BN.5 : saint Pierre.

Il est identifié par sa clef ; son livre porte cinq lettres gravées.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Sablière N5. Homme tenant deux cornes d'abondance

Au centre, un buste d'homme barbu coiffé d'un bonnet. Il tient dans ses mains les pointes de deux cornes d'abondance et, par un bracelet, de deux épillets. Les cornes libèrent à chaque extrémité des tiges qui s'épanouissent en bustes humains, plutôt féminins. Nous retrouvons ici la veine fantastique de métamorphoses entre l'humain et le végétal, noté sur les sablières sud et qui sont une des caractéristiques stylistiques du sculpteur, tranchant après deux scènes très réalistes de l'environnement rural.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet BN.6 : homme barbu en pourpoint à 7 boutons, col large à gland et courte fraise.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Sablière N6 : Inscription de 1561 ou 1552.

C'est la pièce la plus difficile, et, de ce fait la plus passionnante pour le chercheur.

Elle précède la frontière qui, dans la nef, sépare cette dernière du chœur par le jubé. Et elle correspond, sur le bas-coté sud, à la sablière S6, qui porte aussi un blason (au lion rampant des seigneurs de Léon) et aussi une inscription datée de 1552.

Au centre, un cartouche carré devait porter des armoiries qui ont été bûchées. Ce blason est présenté par un lion.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

À gauche, un homme, allongé, est vêtu d'un manteau de belle coupe et coiffé d'un bonnet. Il tient dans la main droite un bâton et lève un verre de la main gauche.

Sur la frise inférieur, l'inscription (dont nous allons parler) dit : "POUR LES SARPANTER". Cet homme, qui pourrait être le fabricien maître d'ouvrage, offrirait donc ainsi à boire aux charpentiers et rendraient hommage à leur travail.

Son bâton porte une série de points régulièrement espacés en quinconce : comme une canne écotée, mais comme aussi une règle d'arpenteur.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

L'apôtre Matthias , patron des charpentiers.

Pour l'identifier, je me base sur les pieds nus, la barbe  et le livre, trois éléments qui indiquent qu'il s'agit d'un apôtre. C'est alors soit saint Paul, soit saint Matthias. Je retiens ce dernier puisqu'il est le patron des charpentiers ; son attribut le plus habituel est la hache.

À ses cotés, un homme barbu et coiffé d'un bonnet frappe avec un maillet sur quatre gobelets qui pourraient être des clochettes. Si on oublie ces cupules, l'homme devient un portrait parfait d'un charpentier. Toute la pièce devient cohérente.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

L'inscription.

 

Elle est légèrement gravée, et surtout  peinte ; par conséquent, elle n'a pu traverser les siècles sans risquer d'être modifiée. Or, sa lecture est cruciale sur le plan de l'histoire de la construction, et des sablières.

.

Lucien Lécureux a relevé en 1914 le texte suivant : POURLES : SARPANIEL : JA[n] LE BOELL *  G + A[n] LAN MIL V LXI : ALAER MENN.

.

inscription relevée par Lucien Lécureux en 1914.

.

 

Guy Leclerc propose :

"Pour les Sarpanters ; Jacques le Born, Gouverneur, A l'An MVLXI. Fiacr. Menn" (Pour les charpentiers. Jacques Le Born 1561. Fiacre Le Menn).

Couffon donne les relevés suivants : " IA(N). LE. BOELL. G. AN. LAN. MIL VcLXI //1561. H. H. ELAERE. LE. MEN."

.

La difficulté provient, entre autre, de la confusion possible:

- entre les C, les S longs et les L.

-du sigle du deux-points (réunis comme d'habitude par un serpentin) qui peut être pris à tort pour un S

-du -r minuscule et du -e minuscule, selon que la barre forme, ou non, un œil . Ainsi "SARPANTERS" peut être lu "SAEPANTRE :"

.

Je peux à mon tour proposer :

 

POURLES SARPANTEL : IA : LE BORN (une fleur) G A LAN MVLII AIACR :  MENN (puis une fleur), soit peut-être " Pour les charpentiers Jean Le Borgne Gouverneur en l'an 1552 Fiacre [le] Menn"

Remarques.

1. Quelque soit la lecture, les graphies sarpenter, ou sarpentre, voire sarpaniel ne sont pas attestées en moyen-français dans la base de donnée du CNRTL. Godefroy donne les formes cherpantier, carpentir, charpenter, cherpentiers, charpenter,et  cherphentier (comptes de la cathédrale de Léon 1657-1660). Le DAN, (dictionnaire anglo-normand) donne :

 charpenter1, charpentier; carpentare, carpenter, carpentere; carponter, carpunter; charpunter (karpuntre Leicester 383).

[FEW: carpentum; Gdf: 2,78b charpenter; GdfC: 9,53c charpenter; TL: 2,279 charpenter; DEAF:  charpent; DMF: charpenter; TLF: charpenter; OED: carpenter n.; MED: carpenter n.; DMLBS: 286b carpentator]

[occupation] carpenter: 

Des charpenters, dé (ed. de)  mazouns […]  Lib Cust 99;

touz les carpenters et masouns et fevres  Cron Lond 49.22;

un grant lathe pur l’office du Carpentar’   PRO E101/547/21/7;

Item pur un carpunter overantz en la sale et quisine […]  Mch Tayl Accs 22-23 Rich II

2. IA LE BORN : le prénom doit être IAN pour Jean (mais on pourrait lire FAB) ; le patronyme Le Born n'est pas attesté à Ploudiry. Mais c'est une forme de LE BORGNE, mais également non attestée, pas plus que Le DORN. Sans localisation, je trouve sur geneanet Jean Le BORGNE BORN, né en 1595. La barre du -r de BORN est en réalité fermée comme un -e, et la lecture BOEN (voire BOELL comme Lécureux et Couffon) est plausible. La recherche en généalogie avec LE BON ou LE BOEN est infructueuse. Le nom LE BOELL  est attesté dans l'est de la France : ce serait le nom d'un hûchier alsacien??.

3. Le dessin de fleurette est suivi d'un 6 qui a été considéré comme un G, lequel a été transcrit par "gouverneur" qualifiant le dénommé Le Born. Un "gouverneur" est un fabricien, il dirige la fabrique de l'église. C'est fort hasardeux.

4. La lecture du chronogramme fait consensus, avec la date de 1561, ... sauf pour moi. Je lis MVLII (ou MDLII), ce qui donne la date de 1552. Or, c'est cette date qui est lisible sur la sablière symétrique S6 du coté sud. Elle est plus cohérente avec la date de 1559 de la nef, si on estime que le haut de la nef a été bâtie après les bas-cotés. Autre argument, cette date du coté sud est accompagnée du même nom FIACRE LE MENN. Si c'est le nom du fabricien de l'année, les deux dates doivent être similaires. Comme sur le coté sud, c'est l'avant-dernière lettre qui est ambiguë. Le fût en I est barrée d'une diagonale, sous l'effet peut-être d'un artefact, et son pied est orné.

5. Nous avons ensuite ALACR, ou AIACR, ou MARC, ou ALACE, ou FLACR, ou FIACR, suivi du deux-point en S. La transcription tentante en "Fiacre" est aléatoire.

6. le patronyme MENN est clairement lisible, avec un M majuscule gothique. J'ai signalé que ce patronyme est attesté à Ploudiry.

.

Au total, la transcription de Guy Leclerc "Pour les charpentiers. Jacques Le Born gouverneur 1561. Fiacre Le Menn" a le mérite d'être plaisante, et de faire sens .  Mais finalement, presque tous ses termes sont sujets à caution.

.

Sur mes photos, j'ai adopté la leçon de Guy Leclerc.

 

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

UNE RUPTURE DE STYLE.

Au delà de la sixième pièce de sablière, ( correspondant, dans la nef, au franchissement du jubé), nous assistons à un changement de style, dont le critère le plus objectif est l'interruption de la frise inférieure. Il y a changement stylistique, et les scènes figurées complexes et fantasques laissent la place à des éléments ponctuels sur une pièce de bois non sculptée par ailleurs : bustes d'hommes ou d'anges, hommes au phylactère. Le changement d'atelier est manifeste.

La même rupture survient également sur le bas-coté sud au delà de la 6ème travée, qui reprend sans variété  les mêmes anges et les mêmes hommes au phylactère.

Cela correspond-il à une réalisation plus tardive (ou antérieure au contraire) ? 

Sophie Duhem mentionne un atelier de l'église de Plonévez-du-Faou, également actif à Combrit, qui adopte ce style ( assez banal et répétitif), dont j'ai décrit une réalisation sur la  chapelle sud dite du Rosaire de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

.

.

.

Blochet B.N. 7. Non taillé.

.

.

.

Sablière N7. Deux hommes au phylactère.

.

Ils se remarquent par leurs bajoues saillantes, voire pointues.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet  BN.8 : non photographié.

.

.

.

Sablière N8 . Bustes d'anges.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet  BN.8 : homme grimaçant .

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Sablière N9 . Deux hommes au phylactère.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet  BN.9 : tête de dragon tenant dans sa gueule un humain .

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Sablière N10 : hommes sauvages jambes écartées.

.

Ce motif d'homme sauvage permet, par son intérêt, de terminer la visite en beauté. Le thème a été très étudié ces dernières années par Sophie Duhem et son équipe de l'Université de Toulouse dans un ouvrage dont les titres de chapitre disent bien le champ d'investigation :  "L’homme primitif : figures des origines et des confins du monde, L’homme des « seuils » : osmose des lieux et ambivalence des signes, L’homme des bois : figure du lieu et du territoire ; Figurer la nature hybride de l’homme végétal et sylvestre. L’état sauvage : état de nature et contre nature.". L'ouvrage a succédé à un colloque  de 2017 sur "l'Homme des bois et l'homme vert"

http://blog.apahau.org/appel-a-communication-lhomme-des-bois-et-lhomme-vert-limaginaire-de-lhomme-sylvestre-dans-la-litterature-et-les-arts-toulouse-janvier-2017/

—DUHEM (Sophie), 2019, L’homme sauvage dans les lettres et les arts, Cristina Noacco et Sophie Duhem (dir.) Presses Universitaires de Rennes.

Or, la contamination de la figure humaine par le  monde végétal (feuilles, bois, racines, palmes, bâtons écotés) sous les signes de la métamorphose, de l'hybridation, de la dilution des frontières, est précisément ce qui caractérisaient plusieurs des pièces de sablières, surtout  certes du coté sud, et notamment sur ses frises inférieures.

Si les pièces 7 à 10 sont d'un autre sculpteur que l'auteur des pièces 1 à 6, du moins, nous "bouclons la boucle" par le retour d'une certaine unité sous ce vent baroque venu d'Italie sous François Ier. 

.

La sauvagerie s'allie bien sûr ici par cette posture jambes écartées à l'obscénité, ce qui est "hors de la scène". Dans tous les cas nous sommes dans ces confins, ces limites, qui caractérisent les sablières : une zone d'écart pour l'église,  qui — comme pour les crossettes et gargouilles à l'extérieur— n'est pas régie par le champ liturgique mais qui, loin d'être dénuée de règles, développe une forme étrange du sacré.

.

 

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

.

Blochet  BN.10 : ange.

.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

— LÉCUREUX (Lucien), 1914, Congrès archéologique de France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f218.image

 

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 14:06

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice II : les sablières et blochets du bas-coté sud (1552).

.

 

Je poursuis ma découverte de la charpente sculptée de l'église Saint-Yves, après sa remarquable restauration en 2014-2017. Cette série comportera 4 articles : I,  Les abouts de poinçon. II, Sablières et blochets du bas-coté sud. III, Sablières et blochets du bas-coté nord. IV. Sablières et blochets de la nef.

.

 

Voir le premier article de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

Voir sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

.

— Voir sur les autres monuments de la commune :

.

Voir sur les sablières de Bretagne : 


 

.

PRÉSENTATION.

.

"La Roche-Maurice fut jusqu’au Concordat de 1801 une des nombreuses trèves de la paroisse de Ploudiry, elle-même prieuré cure de l’abbaye des chanoines réguliers de saint Augustin à Daoulas.

L’église actuelle fut construite au cours du XVIe siècle ; c’est dans une église ou chapelle qui la précéda, qu’en 1363, Hervé VIII dernier seigneur de Léon fonda par testament deux chapellenies. À cette date, l’église de La Roche-Maurice est déjà placée sous le patronage de saint Yves décédé en 1303 et canonisé en 1347.

L’édifice actuel est de plan rectangulaire comme l’étaient la plupart des églises et chapelles bretonnes jusqu’au XVe siècle. Il porte sur sa structure des dates s’échelonnant de 1539 sur la grande verrière à 1589 au-dessus du portail occidental. L’édifice dut être entièrement reconstruit et peut-être agrandi au cours du XVIe siècle comme tant d’autres édifices religieux qui avaient eu à souffrir des guerres bretonnes entre 1487 et 1491. Au cours de ces guerres, le château de La Roche-Maurice fut assiégé et endommagé, nul doute que le bourg castral et son église eurent à subir quelques méfaits. La paix et la prospérité revenues favorisèrent un élan de construction ou de reconstruction d’églises et de chapelles déjà amorcé au cours du XVe siècle.

La construction de la nouvelle église de La Roche-Maurice se fait du temps du vicomte René Ier de Rohan (1516-1552) qui devint prince de Léon vers 1530, des vicomtes Henri Ier de Rohan (1535-1575), René II de Rohan (1550-1585) et Henri II de Rohan, ce dernier devenu duc de Rohan en 1603. La fin du mécénat ducal à la mort, en 1514, d’Anne de Bretagne entraîne le tarissement progressif du mécénat seigneurial. Rappelons que les Rohan adhèrent au protestantisme de 1550 à 1645. À La Roche-Maurice comme ailleurs, les ressources paroissiales, gérées par des fabriques recrutés parmi la paysannerie aisée, permettent la mise en œuvre de chantiers aussi bien que la commande d’œuvres d’art. Les comptes conservés de la trève ne concernent que les années 1692-17025, les ressources annuelles sont alors d’environ 600 livres. Le plus ancien document laissé par la fabrique date de 1560 et concerne un acte de donation. De l’époque de la construction de l’église actuelle et de son embellissement nous n’avons que quelques noms de fabriques, appelés tantôt trésoriers tantôt marguilliers, inscrits sur le verre, dans le bois ou la pierre. Les armoiries des Rohan et de leurs alliances qui figurent ou figuraient dans divers endroits de l’église rappellent moins leur mécénat que leurs droits de seigneurs prééminenciers. Les Rohan percevaient une chefrente sur certains biens que possédait la fabrique de l’église. En ce XVIe siècle qui voit la reconstruction de son église, La Roche-Maurice reste le siège d’une juridiction, son château fort est aussi en reconstruction sous la direction des capitaines qui en assurent la garde. Ce double chantier anime la petite cité mais aussi pèse sur sa population sous forme de corvées pour le château, de charrois gratuits pour l’église." (G. Leclerc)

 

L'intérieur, du type à nef obscure, et dont les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers cylindriques, est lambrissé en berceau avec sablières et entraits engoulés. La richesse de ses sculptures, notamment des sablières, panneaux sculptés qui ornent le sommet des murs, a été remarquée depuis longtemps. 

Les auteurs les datent habituellement de 1559 (date sur le coté sud de la nef) et 1561 (bas-coté nord) , mais une inscription, particulièrement soignée du bas-coté sud,  méconnue jusqu'à la restauration de 2017, porte la date de 1552 et les armes des seigneurs de Léon.

La pose de la charpente aurait donc débuté par le bas-coté sud, puis le sud de la nef et enfin le bas-coté nord. Le chevet était construit depuis plus de 20 ans, puisque la maîtresse-vitre porte la date de 1539. On notera que la chapelle de Pont-Christ  reçut ses sablières en 1560.

La datation 1552-1561 des sablières correspond à la fin du règne d'Henri II et au début de celui de François II. L'influence des ornemanistes de l'École de Fontainebleau s'y décèle sur la frise inférieure, mais bien moins que dans les productions de l'atelier du Maître de Pleyben, postérieur d'une vingtaine d'année.

.

Contexte : les ateliers de menuisier-imagiers de Bretagne à la moitié du XVIe siècle.

Le contexte peut se baser sur trois critères : stylistique, chronologique, et thématique.

— Les caractéristiques stylistiques du sculpteur des sablières de La Roche-Maurice n'ont pas été étudiées, et cette série d'article pourra procurer les moyens de le faire. 

— À défaut, nous pouvons profiter de connaître leur date pour les situer dans la production des sablières, même si beaucoup de celles-ci ne soient pas datées. En Finistère, 114 ensembles sont datés du XVIe siècle (S. Duhem).

En Basse-Bretagne, la charpente sculptée de La Roche-Maurice (1552-1561) est contemporaine de l'atelier  de Plomodiern (1544-1564), actif plus au sud, et antérieure à la production de celui de Pleyben (1567-1576). Elle est contemporaine des sablières de Pont-Christ (1560, perdues),  de Le Tréhou (ca 1555), de Lannédern (1559), et de La Martyre (ca 1560).

  — Sur le plan thématique, l'ensemble comporte au moins cinq thèmes remarquables : au sud une lutte au bâton de bouillie, un buveur au tonnelet, puis un couple de musiciens tambourin/cornemuse, et au nord  une scène de labour, et une scène de funérailles. Ces thèmes se retrouvent ailleurs en Bretagne. Le plus significatif est le labour à la charrue, retrouvé aussi  à La Martyre, Le Tréhou, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Pleyben, Bodilis, entre 1560 et 1570 dans un rayon de 50 km en Finistère. Les trois derniers sites relèvent de l'atelier du Maître de Pleyben.

Voir : Tous mes articles sur les sablières.

 

.

Rappel sur la structure de la charpente.

Les entraits sont des grosses poutres de bois qui assurent la solidité de l'ensemble : des gueules de dragons ou engoûlants sont sculptés à  leurs extrémités. Des culots de poinçon sont ornés de blasons seigneuriaux, lion des Léon et macles des Rohan, ainsi que d'anges et de personnages aux expressions variées.

 

.
 

 

Demi ferme. Copyright Anastasia Mityaeva d'après un dessin de Marie-Suzanne de Ponthaud.

Demi ferme. Copyright Anastasia Mityaeva d'après un dessin de Marie-Suzanne de Ponthaud.

.

.

Ces sablières n'ont jamais fait l'objet d'une étude dédiée. L'auteure de référence reste Sophie Duhem, et l'Index de son ouvrage général sur les sablières de Bretagne, en 1997, pour l'item "Roche Maurice", possède 28 renvois de pages. Néanmoins, elle les attribue à B. Rollant (nom inscrit sur la nef sud, en réalité "A. ROLLANT"), alors qu'il faut voir sous ce nom, à mon sens, celui du fabricien en exercice en 1559. D'autre part, elle donne les dates de 1559-1561.

Guy Leclerc, en 2012 pour le SHAB, consacre un paragraphe de trente lignes aux sablières dans son article sur l'église, en indiquant les dates de 1569-1571.

.

La charpente de l'église Saint-Yves est divisée en dix travées, tant dans la nef que sur les collatéraux. Dans la nef, les successions des entraits engoûlés se poursuit jusqu'au jubé, qui sépare la 6ème et la 7ème travée, qui débute le chœur.

Ces travées découpent la succession des sablières. Celles-ci sont sculptées en bas-relief peints monochromes sur l'extérieur des bas-cotés, et nous pouvons donc décrire dix pièces sculptées au sud et autant au nord : je les désignerai sous les sigles S1 à S10 au sud et N1 à N10 au nord.

Au centre les sablières de la nef puis du chœur sont également au nombre de 10 au sud (Sn 1 à Sn10) et dix au nord (Nn 1 à Nn 10).

Nous aurions donc, si le décompte est exact et qu'à la vérification il ne manque rien, un corpus de 40 pièces sculptées. Et chaque sablière est double, puisque sous la pièce supérieure, de 20 ou 30 cm de haut, court une pièce plus décorative, en frise, de 10 cm de haut environ. 

Chaque pièce des bas-cotés est entourée depuis la façade ouest jusqu'à la façade est d'un blochet : ajoutez donc au décompte 20 blochets, chacun sculpté en ronde-bosse d'un motif animal ou humain.

.

Une restauration indispensable.

.

Un cartel affiché pendant les travaux sur l'église apprenait au public que :

"Le principal désordre affectant les charpentes est un affaiblissement des structures des bas-cotés. Cet affaissement est en grande partie dû au pourrissement des sablières, repoussant l'ensemble de la charpente vers l'extérieur. Une précédente rénovation avait entraîné une remontée des parties basses de charpente, modifiant ainsi sa forme générale et provoquant des entrées d'eau aux extrémités des versants, le long des chevronnières. La charpente sera restaurée sur place afin de ne pas altérer les lambris constituant la grande richesse de cette église. Les ardoises de la couverture seront déposées, retaillées puis reposée sur la charpente une fois celle-ci restaurée. Les travaux seront réalisées en trois tranches, débutant par les deux premières travées du chœur. »

.

 

.

.

Les trois tranches de travaux Tc1, TC2 et TC3 (plan M.-S. de Ponthaud) :

 

.

Photo exposée dans l'église.

.

.

Selon un autre plan (infra) établi par M.-S. de Ponthaud, les deux premières travées des bas-cotés  sont récentes, une partie de leurs sablières , et leurs blochets, ont été sculptés  en 2017 par l'atelier Le Ber de Sizun. 

La restauration des autres pièces :

"Les artisans ont préservé les bois d'origine et n'ont remplacé que les parties irrécupérables. En dépit de l'utilisation d'outils modernes, les méthodes de restauration restent traditionnelles. Les matériaux sont le chêne et le pitchpin, mis en oeuvre au XIXe siècle. Les principaux facteurs de dégradation sont l'humidité et l'utilisation de bois jeunes, propices à  l'installation des champignons et des insectes xylophages. La protection du bois est assurée par des produits anti-fongicides.

Les parties sculptées sont souvent altérées. Les artisans doivent remplacer les parties les plus abîmées. Ils ne conservent que le parement, la face visible et ouvragée. La pièce de bois est recoupée en atelier. Une partie de bois neuve remplace la section irrécupérable. Les parties sculptées sont remodelées à  l'aide d'une pâte, qui adhère bien au bois. La pièce est ensuite peinte par les polychromeurs." (Atelier Le Ber)

 

.

Un bonus : on trouvera quelques photos des sablières datant de 2011, avant la restauration.

 

.

 

Plan par Marie-Suzanne de Ponthaud, auquel j'ai ajouté les dates portées par les sablières.

Plan par Marie-Suzanne de Ponthaud, auquel j'ai ajouté les dates portées par les sablières.

.

.

DESCRIPTION.

.

Elle progressera d'ouest en est, donc de S1 à S10.

S1 : masque crachant des feuilles 

S2: Volutes entrelacées et têtes animales 

S3: deux hommes luttant au jeu du "bâton à bouillie" ou Baz yod ( 1552)

S4: Homme serrant un tonnelet ( 1552).

S5:  Musiciens (cornemuse et tambourin) ( 1552)

S6 : Inscription "Jacques Le Men 1552" ( 1552)

S7  et S8 : ?

S9 : têtes d'anges.

S10 : Deux hommes présentant des phylactères.

.

Les pièces sont séparées par des blochets également désignés BS.1 à BS.10.

.

.

.

.

Premier blochet BS.1  : un singe (Atelier Le Ber, 2017). Le sigle arobase.

Ce singe est peut-être un Capucin. Le menuisier s'est amusé, mais j'ignore son arrière pensée. À Sizun, il avait fait le portrait de l'architecte Marie-Suzanne de Ponthaud, qui a également dirigé le chantier de restauration 2014-2017 de La Roche-Maurice. Mais ici, qui est visé ?

Il  a également placé, en clin d'œil de la modernité de sa restauration, un sigle @ juste en dessous de ce singe.

.

.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

S1 : masque crachant des feuilles (Le Ber,  2017)

.

Toute la frise inférieure serait récente, puisqu'on ne l'observait pas en 2011.

 

 

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Blochet BS.2 : un homme ou ange pieds nus en tunique.

.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

S2: Volutes entrelacées et têtes animales.

.

 

 

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Troisième blochet BS.3. Homme caressant sa barbe.

.

 

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

S3: deux hommes luttant au jeu du "bâton à bouillie" ou Baz yod ( 1552)

.

Ce jeu courant en Bretagne jusqu'au XIXe siècle — une lutte au bâton unique tenu transversalement et par les deux extrémités par chaque adversaire —, est également représenté sur les sablières de la chapelle Saint-Sébastien de Le Faouët (Morbihan) qui portent la date de 1608. On le trouverait aussi selon S. Duhem dans la chapelle de la Trinité de Bieuzy (Morbihan), mais je ne retiens pas cette suggestion car les deux hommes, avalés par des dragons, se battent en tenant chacun un bâton, par sa poignée.

Cette représentation dont nous n'avons que deux exemples en Bretagne possède donc une forte  valeur documentaire.

.

Troisième travée : jeu de bâton breton, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

.

Mais à la différence de la chapelle Saint-Sébastien, où les concurrents sont figurés en costume XVIe siècle (à taillade pour l'un), les deux hommes de La Roche-Maurice sont nus, à la fois sur le dos et sur le ventre, les pieds tenus par des masques barbus, et, enfin, emplumés par des rubans, des volutes et des colliers de feuilles dépourvus de tout réalisme. Nous avons là une caractéristique stylistique, qui se retrouvera plus loin, de transformation du thème, au départ documentaire sur la vie rurale, en un décor fantastique. Nous trouvons aussi une dilution des frontières entre les trois mondes humain, animal et végétal, et une transformation de l'un en l'autre. Ces métamorphoses, ces passages se retrouveront plus tard — ou se  retrouvaient déjà —dans les réalisations du Maître de Plomodiern (1544-1564) en Porzay et au Cap-Sizun.

La frise (la première qui soit d'origine) est également importante à considérer car les masques humains tiennent des volutes enlacées par des anneaux (sans modèle naturel notamment végétal) et donnant naissance à des épillets. C'est, typiquement, le vocabulaire de l'Ecole de Fontainebleau, comme on en trouve dans les stucs du Grand Salon du château de Fontainebleau. Et ce vocabulaire sera repris par le Maître de Pleyben, notamment pour les sablières de la chapelle du château de Kerjean.

.

Nous voyons donc que le style de ce huchier n'est pas assimilable à celui d'autres ateliers, mais qu'il existe des points de contacts témoignant, en Bretagne, d'une sensibilité aux influences artistiques du moment.

Les visages se caractérisent par des nez aux fortes narines, par des lèvres inférieures épaisses et par une ligne sourcilière longue et puissante, sous un front court et des cheveux presque crépus. Ces visages viennent ainsi frôler la monstruosité.

.

 

 

 

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet BS.4. Buste nu de femme aux lèvres épaisses et à la poitrine développée.

Elle est coiffée d'un bandeau au dessus d'un voile qui serre son menton. Ce buste se greffe sur des éléments décoratifs en volute.

.

 

 

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

S4: Homme serrant un tonnelet ( 1552).

.

Le buveur, figure de l'intempérance, est encadré par deux grylles, personnages chimériques barbus à queue en feuille de lotus, dont la bouche crache une créature semblable.

Les exemples de ce type de tonneau, ou de figures d'ivrognes, ne manquent pas :

Scène d'ivrognerie autour de tonneaux à Notre-Dame de Grâces (1506-1508)

Scène d'ivrognerie au tonnelet à l'église de Loguivy-Plougras (1551-1557)

Scène d'ivrognerie des sablières sb4 de Bodilis en 1574.

blochet au tonnelet à la chapelle Notre-Dame des Cieux d'Huelgoat en 1580.

Buveur au tonnelet en about de poinçon de la chapelle Saint-Tugen de Primelin (ca 1535 ?)

Buveur au tonnelet des crossettes de Confort-Meilars (ca 1528).

.

La frise alterne des volutes, des têtes reliées par des anneaux aux volutes, des sortes de monogramme,et des petits cuirs découpés (cuirs qui se développeront à Kerjean pour devenir une marque de fabrique du Maître de Pleyben, mais qui proviennent de l'École de Fontainebleau). Les masques aux yeux caves transpercés par des anneaux sont un nouvel exemple de la perte de réalisme. Ils se retrouvent en Sb4 sur les sablières de Bodilis (Maître de Pleyben,1574), juste a à coté de la scène d'ivrognerie.

.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet BS.5 : une vache tenant un phylactère par ses sabots.

C'est peut-être un bœuf. Et pourquoi pas celui de saint Marc, si on y tient. Pas moi.

.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

 

S5:  Musiciens (cornemuse et tambourin) ( 1552) et charrette de futailles.

.

La scène à six personnages et deux animaux est riche, d'autant que la frise inférieure n'est plus strictement décorative. 

.

 

 

 

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Les musiciens.

Le regard est attiré d'abord par les deux musiciens. Celui de droite joue d'une cornemuse, dont le bourdon, orné d'une ruban en boucle, est posé sur l'épaule. Les deux mains sont posés sur le hautbois.

http://jeanluc.matte.free.fr/fichio/rochemaur.htm

Son compagnon joue d'un tambourin avec deux baguettes.

Une main surgie de nulle part leur tend un verre de vin.

Ils sont chacun coiffé d'un bonnet à plume.

En fait, nous ne voyons que leur tête, leur buste et leurs bras, qui s'implantent sur une queue de plume ou de feuilles.

Derrière chacun d'entre eux, une tête de profil (coiffée d'un bandeau ou d'un bonnet)  et le haut d'un buste.

Le Maître de Pleyben a sculpté plusieurs sonneur de cornemuse :

En blochet pour la nef de l'église de Pleyben vers 1571.

En about de poinçon pour la croisée du transept de la même église de Pleyben. (avec le bourdon à l'épaule gauche)

En about de poinçon de l'église de Bodilis (ca 1574)

En about de poinçon de l'église de Saint-Divy (ca 1570-1580)

En about de poinçon de la chapelle du château de Kerjean (1570-1580)

 

 

.

 

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Sur la frise, un cheval est attelé à une charrette dont on a déchargé deux tonneaux. 

 

.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Aux extrémités, deux renards montrent leur tête, mais là encore empanachée de feuilles-plumes.

.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet BS.6. Ange tenant deux clous.

Pas de photo.

.

 

.

.

S6 : Inscription "Jacques Le Men 1552" ( 1552).

.

Entre deux gueules de chien ou de loups (au corps végétalisé), deux anges allongés et volants tiennent d'une main un phylactère, et de l'autre un blason au lion dressé.

L'inscription dit ;

PIL E LACLE LE MEN / LAN MVLII

ce que je transcris par "[Fiacre] Le Men l'an 1552".

Le déchiffrage des premiers mots, et notamment de LACLE, est difficile. Faut-il lire IACIE pour ce rapprocher de IACQUES ? Ou plutôt lire FIACRE LE MEN, en s'inspirant de l'inscription nord , et en assimilant le E (quatrième lettre) à un F ?

(La généalogie Brenéol rapporte un Fiacre le Menn, mais il est né à Plouvien en 1680)

.

Nous retrouverons ce "Fiacr Menn" sur la sablière N6 sur une inscription où son nom est suivi d'un G qui le désigne comme gouverneur, chef de la fabrique paroissiale.

Je ne le retiendrais comme auteur des sculptures que si la mention "  a fait faire" était présente. Dans le cas contraire, je le tiens pour le fabricien. Sa fonction était-elle précisée par le début "PIL E" ?

Un autre argument pour y voir un fabricien local est que le bénitier de kersanton du porche sud porte l'inscription A. MEN. Bien que, là encore, certains y voient le nom du sculpteur et d'autre celui d'un donateur, la présence du même patronyme sur deux chantiers différents, l'un en pierre, l'autre en bois, plaide pour deux fabriciens d'une même famille aisée de la paroisse. Le porche sud ne porte pas de date, mais on l'estime entre 1530 et 1540 (E. Le Seac'h), 1530 et 1550 (Abgrall 1183 et 1911) ou 1550 (Apève) : donc sans doute antérieur mais presque contemporain de ces sablières. Cela avait déjà été remarqué avant moi par L. Lécureux en 1914 ("un bénitier de granit à pans coupés , dont l' inscription en gothique A : MEN indique certainement le nom du donateur, que l' on retrouve, sur une sablière du bas-côté sud , orthographié Menn.") puis en 1919 "Nous noterons enfin, dans le bas-côté sud, au revers du trumeau de la porte, un bénitier en granit à pans coupés portant l'inscription en lettres gothiques A : MEN qui représente certainement le nom du donateur. Celui-ci est peut-être le même que Alaër Menn. — Alaer ou Alar est le nom d'un saint breton que l'on a fini par confondre avec saint Éloi — dont nous avons vu le nom figurer sur la sablière du bas-côté nord."

  

Si les archives ne permettent pas de retrouver des identités au XVIe siècle, le patronyme LE MEN ou LE MENN est attesté à Ploudiry (la paroisse à laquelle La Roche-Maurice appartient) sitôt que les généalogistes disposent d'actes . C'est bien le nom d'un paroissien.

Le blason montre les armoiries des seigneurs du Léon, dont les héritiers furent les vicomtes de Rohan.

La date est également problématique, en raison de l'avant-dernière lettre qui, en 2011, apparaissait comme un R. Néanmoins, cette date 1552 est donnée sur le site de l'entreprise Le Ber, qui, lors de la restauration, a pu faire la part entre les lettres réellement gravées, et les parties peintes postérieurement.

.

.

 

 

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Les photos de 2011.

.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

UNE RUPTURE DE STYLE.

Au delà de la sixième pièce de sablière, ( correspondant, dans la nef, au franchissement du jubé), nous assistons à un changement de style, dont le critère le plus objectif est l'interruption de la frise inférieure. Il y a changement stylistique, et les scènes figurées complexes et fantasques laissent la place à des éléments ponctuels sur une pièce de bois non sculptée par ailleurs : bustes d'hommes ou d'anges, hommes au phylactère. Le changement d'atelier est manifeste.

La même rupture survient également sur le bas-coté nord au delà de la 6ème travée, qui reprend sans variété  les mêmes anges et les mêmes hommes au phylactère.

Cela correspond-il à une réalisation plus tardive (ou antérieure au contraire) ? 

Sophie Duhem mentionne un atelier de l'église de Plonévez-du-Faou, également actif à Combrit, qui adopte ce style ( assez banal et répétitif), dont j'ai décrit une réalisation sur la  chapelle sud dite du Rosaire de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

.

 

 

.

.

.

Blochet BS 8. Vache.

.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

.

.

Blochet BS 8. Diable au phylactère.

.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

 

 

S8 : Têtes d'hommes coiffés de bonnet carré.

.

 

 

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

 

S9 : deux bustes d'anges.

.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet BS.9. Aigle au phylactère.

.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

S10 : Deux bustes d' hommes présentant des phylactères.

.

 

 

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice II : les sablières du bas-coté sud (1552).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice II : les sablières du bas-coté sud (1552).
Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

Blochet BS.10 : Ange au phylactère.

.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

.

.

.

 

SOURCES ET LIENS.

 

BROUCKE (Paul-François), MAUGUIN (  Michel) ) 2006.  Les prééminences armoriées des Rohan au tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves, La Roche-Maurice (Finistère), Bulletin de la Société archéologique du Finistère.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/58ac1051308735.01528915/2012_03.pdf

BROUCKE (Paul-François), 2012, "L’emblématique de la maison de Léon aux XIIe-XIVe siècles et les prééminences de Daoulas et La Roche-Maurice aux XVe-XVIe siècles", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 59-82. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58ac1051308735.01528915/2012_03.pdf

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, La Roche-Maurice, in Nouveau répertoires des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

 

"Les sablières portent les inscriptions suivantes : " IA(N). LE. BOELL. G. AN. LAN. MIL VcLXI/A. ROLLAND. 1559/1561. H. H. ELAERE. LE. MEN. "

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... Sophie Duhem ; préf. d'Alain Croix. Vue : ... Publication, Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997.

LECLERC (Guy), 2012, La Roche-Maurice, église Saint-Yves et ossuaire,  Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 699-711. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58e3e365148ef0.21808328/2012_31.pdf

 

LÉCUREUX (Lucien), 1914, Congrès archéologique de France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f218.image

LÉCUREUX (Lucien), 1919, Congrès archéologique de France à Brest et à Vannes.

http://www.infobretagne.com/roche-maurice-eglise-ossuaire.htm

 

 

 

Partager cet article

Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

Recherche