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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 23:13

L'une des caractéristiques des chapelles bretonnes se trouve être leurs pignons "à crochets". La chapelle du Sillon de Camaret va me permettre des Travaux Pratiques sur ce point d'architecture sur lequel j'ai besoin de sérieuses révisions. Mais, ce faisant, je vais faire une petite découverte jubilatoire.

J'ai choisi comme  enseignant un vieux monsieur, Eugène Viollet-le-Duc. J'ouvre son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle Éd. Bance-Morel 1854-1868 à l'article (en ligne) "Crochets". Dans le volume 4, page 400. 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Crochet

C'est ma première découverte. J'ignorai la richesse de ce Dictionnaire, mais j'y trouve le simple crochet d'architecture traité comme un prince, avec un luxe de détails, une qualité des illustrations, un souci pédagogique et une maîtrise de l'écriture qui me laissent pantois et ravi. 

CROCHET, s. m. Crosse. C’est le nom que l’on donne aujourd’hui à ces ornements terminés par des têtes de feuillages, par des bourgeons enroulés, si souvent employés dans la sculpture monumentale du moyen âge à partir du XIIe siècle. Les crochets se voient dans les frises, dans les chapiteaux, sur les rampants des gâbles ou pignons, dans les gorges des archivoltes entre les colonnettes réunies en faisceaux. Le XIIIe siècle a particulièrement adopté cet ornement ; il s’en est servi avec une adresse rare.

AncreAncreAncreAncreAncreAncre Les premiers crochets apparaissant sous les tablettes de couronnement des corniches ornent déjà certaines églises bâties de 1150 à 1160. Ils sont petits, composés, à la tête, de trois folioles retournées ressemblant assez aux cotylédons du jeune végétal. La tigelle d’où sortent ces feuilles est grosse, élargie à la base, de manière à s’appuyer sur le profil servant de fond à l’ornement . Vers 1160, le crochet se montre bien caractérisé dans les chapiteaux ; le chœur de Notre-Dame de Paris, élevé à cette époque, est entouré de piliers cylindriques dont les chapiteaux n’ont plus rien de la sculpture romane. Ce sont des feuilles sortant de bourgeons, à peine développées, et, aux angles, des crochets à tiges larges, puissantes, à têtes composées de folioles retournées sur elles-mêmes, grasses et modelées avec une souplesse charmante . Bientôt ces folioles font place à des feuilles ; la tête du crochet se développe relativement à la tigelle ; celle-ci est divisée par des côtes longitudinales, comme la tige du céleri. Si les crochets sont posés dans une gorge d’archivolte, il arrive souvent que la base de la tigelle côtelée est accompagnée d’une feuille avec son coussinet bien observé, tenant à cette tigelle  ; ce qui donne une grâce et une fermeté particulières à cette sorte d’ornementation . Vers 1220, le crochet ne présente plus qu’un bouquet de feuilles développées, mais toujours roulées sur elles-mêmes ; l’imitation de la nature est plus exacte, la masse des têtes est moins arrondie et s’agrandit aux dépens de la tige.  Vers 1230, cette végétation de pierre semble s’épanouir, comme si le temps agissait sur ces plantes monumentales comme il agit sur les végétaux. Cependant, peu à peu, les têtes de crochets tendaient à se modifier ; ces feuilles, de recourbées, d’enveloppées qu’elles étaient d’abord dans une masse uniforme, se redressaient, poussaient pour ainsi dire, s’étendaient sur les corbeilles des chapiteaux, sous les profils des frises. À la Sainte-Chapelle de Paris (1240 à 1245), on voit déjà les têtes des crochets devenues groupes de feuilles, se mêlant, courant sous les corbeilles ; des pétioles sortent des tiges côtelées .

 

Ancre

Sur le rampant des gâbles qui couronnaient les fenêtres, dès le milieu du XIIIe siècle, le long des pignons des édifices, on posait des crochets incrustés en rainures dans les tablettes formant recouvrement . En 1260, on renonçait déjà à les employer, et on les remplaçait par des feuilles pliées, rampant sur les tablettes inclinées des pignons et se relevant de distance en distance pour former une ligne dentelée. Pendant le XIVe siècle, les crochets des rampants de pignons ou de gâbles prennent plus d’ampleur ; ils se conforment, dans l’exécution, au goût de la sculpture de cette époque ; ils deviennent contournés, chiffonnés ; ils sont moins déliés que ceux du siècle précédent, mais figurent des feuilles pliées et ramassées sur elles-mêmes.

AncreAncreAu XVe siècle, au contraire, les crochets de rampants prennent un développement considérable, sont éloignés les uns des autres et reliés par des feuilles courant le long des rampants ; ils adoptent les formes contournées de la sculpture de cette époque. Mais, dans l’Île-de-France particulièrement, leur exécution est large, pleine de verve, de liberté et de souplesse ; les feuilles qui les composent sont des feuilles de chardons, de passiflores, de choux frisés, de persil, de géranium.

Ce genre d’ornement appartient à l’époque gothique, il est le complément nécessaire des formes ascendantes de cette architecture ; il accompagne ses lignes rigides et détruit leur sécheresse, soit que ces lignes se découpent sur le ciel, soit qu’elles se détachent sur le nu des murs ; il donne de l’échelle, de la grandeur aux édifices, en produisant des effets d’ombres et de lumières vifs et pittoresques. Dès que la Renaissance revient à ce qu’elle croit être l’imitation de l’antique, le crochet ne trouve plus d’application dans l’architecture. Pendant la période de transition entre le gothique et la renaissance franche, c’est-à-dire entre 1480 et 1520 ; on signale encore la présence des crochets rampants. Il en est qui sont fort beaux et finement travaillés"

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La chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour a été reconstruite au XVIIe siècle, entre 1647 (nef) et 1657 (clocher) comme l'indiquent les inscriptions lapidaires ; mais à l'intérieur, l'arc de décharge isolant  le chœur de la nef a été ajouté avec la sacristie entre 1610 et 1648. Et dans la nef, deux piliers et arcs en ogive sont  de style roman. 

En effet, la chapelle actuelle a succédé à deux édifices ; le premier remonte à 1183 et était déjà dédié à N.D de Rocamadour. Une bulle papale de 1373 atteste l'existence d'une chapelle dédiée à la Sainte Vierge sous le vocable de Rocamadour : Capella Beatae Mariae Ripeamatoris 

Le second est gothique flamboyant et date de 1527 comme l'indique une pierre de fondation en kersanton placée à l'entrée. Les deux portes de l'ouest et du sud datent sans-doute de 1527. 

Mon intérêt se porte d'abord sur la porte sud, en gracieuse anse de panier "agrémentée d'un arc en accolade soutenu par des masques grimaçants et surmonté d'un fleuron. Au-dessus du portail, une pierre est sculptée aux armes des seigneurs de Crozon, successeurs des Rohan, représentés par la famille de Goulaine." (Topic-topos). Examinant les crochets en pierre de kersanton, j'ai la surprise de constater qu'ils sont tous différents. 

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Porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Le premier, en bas et à gauche, est une feuille aux bords frisés, et dont le foliole se replie sur lui-même.

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Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Le second est plus simple, ses bords sont lisses, mais ses nervures sont plus dynamiques et la feuille tend à se redresser.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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En bas à droite, nous retrouvons une feuille timide, refermée sur elle-même, mais elle différe de son homologue de gauche car ses bords sont réguliers, juste indentés par un discret frisson.

 

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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En haut à droite, l'extrémité de la feuille (son "bourgeon" ?) reste atone, incapable de se dresser, mais elle s'épanouit, dans cette posture recroquevillée, en larges lobes comme celle de la vigne. Surtout, elle se développe à partir d'une base frisée à l'extrême, sarmenteuse et tourmentée.

 

 

 Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Surpris de voir que le sculpteur de pierre a poussé le souci d'excellence jusqu'à créer pour chaque crochet un type végétal différent, je regarde autour de moi à la recherche d'autres crochets. Ce serait drôle si...

J'aperçois le rampant du pignon est avec son monstre à la base, (on voit à chaque angle la queue de trois autres de ses semblables qui n'ont pas si bien resisté), puis trois beaux exemples de crochets. Chacun différents, mais manifestement taillès selon un principe organisateur par lequel le foliole se dresse progressivement au fur à mesure qu'il se rapproche du faîte.

Eh eh, amusant ! Je suis passé cent fois ici sans voir ce détail !

La pierre a changé, il ne s'agit plus de Kersanton et j'ignore l'expertise lithologique que Louis Chauris a du en donner.  Ces crochets datent sans-doute du XVIIe. Les feuilles frisées sont absentes, au profit d'une ligne plus dépouillée mais plus tonique, bien structurée par les nervures. Suivons du bas vers le haut leur épanouissement.

 

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Rampant sud du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant sud du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Le rampant nord du pignon était à l'ombre, mais j'ai pris plaisir à retrouver le même principe de disposition des crochets. Pas de doute, cette ouverture progressive des feuilles n'est pas l'effet d' un hasard.

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Rampant nord du pignon est, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant nord du pignon est, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Je terminais mon tour par la porte principale du pignon occidental avec son parement de kersanton. Comme sur la porte sud, on retrouve la variété des crochets dont certains sont frisés et d'autres lisses.

Porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Ah, c'est plus fort que moi, je ne peux pas quitter la chapelle sans lever les yeux vers son inscription de la base du clocher pour m'amuser de ses N rétrogrades et déchiffrer à nouveau le texte.

"Mre : A KAVDREN: RECTEVR/I: DANIEL CVRE. 1685. Y. PALVD. F." (Messire Alain Keraudren, recteur [de 1671 à 1713] . I. Daniel curé. 1685. Yves Palud Fabricien.) .

 

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Flanc sud de la tour du clocher, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Flanc sud de la tour du clocher, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René), 1988,  Couffon, Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4b3215959bb6af1be706479a2a28376d.pdf

TÉPHANY (Jean), 1904, "Une bulle de Grégoire XI relative à une chapelle de Notre-Dame-de-Rocamadour au diocèse de Quimper",  Bull. Diocésain Histoire Archéologie Quimper, pages 129-136.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1904.pdf

— Site fr. topic-topos.

http://fr.topic-topos.com/portail-sud-de-la-chapelle-notre-dame-de-rocamadour-camaret-sur-mer

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 22:42

Retour à Camaret : le cimetière de bateau du Sillon de Rocamadour.

Non, je ne vais pas refaire mon article d'avril 2013. Juste quelques clichés pour le plaisir. Souvent les mêmes qu'en 2013.

Voir :

Le cimetière de bateaux du Sillon de Camaret.

Le cimetière de bateaux du Sillon de Camaret.(2)

Les 125 articles de mon blog sur le patrimoine de la Presqu'île de Crozon. ​

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 20:53

L'hélice d'un escorteur d'escadre à Lanvéoc (29).

Z' aimez les zélices ? J'en fait mes délices !

(sur l'air de "Tes laitues naissent-elles ? Oui mes laitues naissent").

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Voir :

L'Hélice de la Jeanne-d'Arc à Morgat : entre Babar et Moby Dick.

Les 125 articles de mon blog sur le patrimoine de la Presqu'île de Crozon. ​

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A 16h51 le mardi 15 mars 2016, Le Commandant L’Herminier F791, un aviso type A69, classe d’Estienne d’Orves spécialisé dans la lutte anti-sous-marine côtière, passait entre la Pointe du Gouin de Camaret et le phare du Minou pour s'apprêter à franchir le Goulet de Brest. Or, j'ignore tout de l'hélice de ce navire. C'est frustrant. On nous cache tout. (voir en fin d'article plus d'info)

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L'Aviso Commandant-L'Herminier F791 rentrant au port à Brest.

L'Aviso Commandant-L'Herminier F791 rentrant au port à Brest.

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Les dessous chics
C'est ne rien dévoiler du tout
se dire que lorsqu'on est à bout
c'est tabou (Serge Gainsb
ourg)

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Quelques minutes auparavant, j'avais examiné, que dis-je, j'avais touché l'hélice d'un  escorteur d'escadre, réalisée en laiton haute résistance aux chantiers navals de Nantes, et je pouvais en donner le poids (10,5 T) et le diamètre (3,70 m). La Marine Nationale l'avait offerte à la ville de Lanvéoc qui, peut-être embarrassée par ce bibelot, l'avait posé sur un espace-vert urbain. Une question m'obséde encore : cette hélice a-t-elle réellement navigué? (l'absence du nom du "bâtiment de combat" sur la plaque de présentation apposée dans le square me taraudait).   En un mot, car cela lui confère toute sa valeur,  a-t-elle été portée ?

Les dessous chics 
ce sont des contrats résiliés 
qui comme des bas résillés 

ont filé.  (Serge Gainsbourg)

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Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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les dessous chics
c'est la pudeur des sentiments
maquillés outrageusement
rouge sang


 

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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les dessous chics
c'est se garder au fond de soi
fragile comme un bas de soie

 

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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les dessous chics
c'est une jarretelle qui claque
dans la tête comme une paire de claques 

 

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DOSSIER TECHNIQUE.

Cette hélice a été réalisée par la Société Nantaise de Fonderie avec de l'acier Nantial. C'est avec cet alliage que seront fondues les hélices du paquebot France.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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Cette société porte aujourd'hui le nom de Fonderie Atlantique Industrie. Son site permet de découvrir cet historique : 

http://www.fai-nantes.com/presentation.php

La société a été créée en 1908, par les frères BABIN - CHEVAYE, fils du dirigeant et fondateur des Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL).En 1918, la société s'agrandit et prend le nom de Nantaise de Fonderie. Elle continue à s'agrandir entre 1919 et 1921 en gardant sa spécialité fer et fonte.

En 1937, une fonderie de cuivre est créée parallèlement aux activités de fer et de fonte. Cette même année, la société se dote d'un four réverbère d'une capacité de 20 tonnes. A compter de cette date, la fonderie de cuivre se spécialise dans la fabrication d'hélices de bateau en alliage cupro-aluminium, alliage déposé sous le nom de "Nantial". 

Après de nouveaux agrandissement en 1952 et dans les années 60, la Nantaise de Fonderie est touchée par la crise pétrolière et le recul de la construction navale en France et en Europe.

En 1977, c'est le dêpot de bilan après diverses tentatives de reprise, c'est le groupe britannique LANGHAM Industrie, et sa filiale française, la Fonderie phocéenne à Marseille, qui reprend la société en ne gardant que l'activité "fonte de cuivre". Cette activité sera largement soutenue par le ministère de la défense (Direction des Constructions Navales - DCN) puisque l'entreprise est la seule en France capable de fondre des hélices pour des grands bâtiments comme ce fut le cas pour les portes avions Le Foch et le Clemenceau.

En 1989, suite à la baisse d'activité LANGHAM industrie cesse ces activités en France et l'entreprise devient FONDERIE de l'ATLANTIQUE sur l'impulsion de salariés repreneurs.

En mars 2000, la société est reprise par les BRONZES INDUSTRIES et devient FAI (Fonderie Atlantique Industrie).

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Le diamètre indiqué est de 3,7 m et le poids de 9 tonnes. "Christian" m'indique en commentaire qu'il s'agirait peut-être de l'une des deux hélices du Colbert, l'autre exemplaire se trouvant à Bordeaux. Le Colbert, construit par la DCAN de Brest en 1953 et lancé en 1956, a été desarmé en 1991. Converti de 1993 à 2007 en navire musée à flot à Bordeaux, en attente de déconstruction, il a rejoint le Cimetière des navires de Landévennec de 2007 à 2016 (ci-dessous, en 2013, entre les escorteurs d'escadre DUPERRÉ et GALISSONIÈRE.) avant d'être conduit le 5 juin 2016  à Bassens, près de Bordeaux, pour y être démantelé par Véolia.

http://www.lavieb-aile.com/article-le-cimetiere-de-bateaux-militaires-de-landevennec-117060268.html

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 Un article du Sud-Ouest du 7 décembre 2012 © PHOTO ARCHIVES « SUD OUEST »

montre une photographie de l'hélice du Colbert et en indique le diamètre (4,5m) et le poids (11 à 12 tonnes) .

L'hélice du Colbert en 1994 :

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En 2013, une des hélices du Colbert était sur la base navale de Toulon où elle a été photographiée.http://www.anciens-cols-bleus.net/t5131p380-colbert-1956-croiseur

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Sur cette photo, le diamètre de 4,50 m est indiqué à la craie. 

Conclusion : l'hélice de Lanvéoc, avec ses 3,70 m de diamètre, est a priori  plus petite que celle du Colbert. A suivre.

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DOSSIER ARTISTIQUE.

Il est évident que ces hélices sont de véritables sculptures. Elles relèvent directement du patrimoine industriel, du patrimoine scientifique et du patrimoine maritime. C'est exactement le point de vue d'un chercheur de l'Université de Nantes, Jean-Louis Kerouanton, dans son article de 2009 : 

 Jean-Louis Kerouanton, « De la théorie au modèle : les hélices comme sculptures calculées, le cas des Fonderies de l’Atlantique à Nantes », In Situ [En ligne], 10 | 2009, mis en ligne le 19 mai 2009, consulté le 14 mars 2016. URL : http://insitu.revues.org/4266 ; DOI : 10.4000/insitu.4266.

En voici le résumé 

​"La découverte, l’étude et la sauvegarde partielle des bâtiments des anciennes « Fonderies de l’Atlantique » à Nantes en 2001-2002 ont permis également de révéler puis de conserver une extraordinaire collection d’objets de fonderie au sable correspondant à la fabrication des hélices et des pales d’hélice pour les plus gros navires commerciaux et militaires. La technologie de fonderie d’alliage de cuivre pour les hélices avait été adoptée en 1937 dans l’entreprise. L’ensemble des modèles en bois de pales d’hélice est d’abord apparu comme une accumulation de sculptures monumentales particulièrement épurées. L’étude technologique plus fine montre cependant que cette « beauté » réelle ne correspond nullement à la volonté d’un artiste mais relève uniquement des calculs liés pour chaque production à un projet de navire. Et c’est seulement le calcul qui permet d’expliquer les réalisations d’hélices monoblocs par troussage, sans modèle aucun ; il ne reste alors de traces que les outils du troussage. Il s’agit bien dès lors d’un patrimoine scientifique - la transposition matérielle d’un calcul mathématique - tout autant que d’un patrimoine technique et industriel. C’est cette particularité qui fait la grande originalité de l’ensemble conservé par la communauté urbaine, en attendant, nous l’espérons, une valorisation future." 

Ce qui m'a fasciné, c'est de découvrir les illustrations (© Jean-Louis Kerouanton)  de cet article : je retrouve devant ses images la même émotion esthétique qu'à Morgat ou à Lanvéoc.

 

les dessous chics
c'est des dentelles et des rubans
d'amertume sur un paravent
désolant 

 

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Z'aimez les zélices? J'en ai encore attraper une petite, sur le sillon de Camaret.

http://www.lavieb-aile.com/article-le-sillon-a-camaret-nouvelles-images-du-cimetiere-de-bateaux-116872963.html

 

 

Hélice du langoustier-thonier Notre-Dame-des-Neiges, CM 231642, photo lavieb-aile.

Hélice du langoustier-thonier Notre-Dame-des-Neiges, CM 231642, photo lavieb-aile.

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A propos du Commandant-L'Herminier.

Un article du Télégramme est paru... le 22 mars sous le titre Une femme à la barre de l'aviso. : pour en respecter le copyright, j'en donnerai l'incipit :

Quatre-vingts mètres de long, une étrave à couper au couteau et une coque passe-partout qui épargne rarement les estomacs des nouveaux venus. Bienvenue dans l'univers des avisos, devenus officiellement « patrouilleurs de haute de mer » depuis le retrait de leurs missiles mer-mer en 2009.
Si leur silhouette et leur conception rustique trahissent leur âge, les avisos continuent de rendre de nombreux services à la Marine. La plupart du temps, ils sont dédiés à l'entraînement et l'accompagnement des sous-marins. Mais ne comptez pas sur le commandant pour vous en apprendre davantage ! Parler de l'activité des avisos serait trop en dire sur les sous-marins chargés de la dissuasion nucléaire... La plupart du temps, ils participent à des missions côtières d'observation du trafic et de sécurisation des voies d'accès maritime.

...et la finale :

Femme pacha

« Ce genre de bateau reste une véritable école de la mer et de la Marine », confirme le commandant, le capitaine de corvette Audrey B. Les espaces réduits et le nombre encore important de personnes embarquées pour la taille permettent de créer une véritable dynamique d'équipage. Sur le L'Herminier, une seule femme à bord, le commandant en personne, sur un navire qui n'a jamais été féminisé. La quatre-galons est l'une des huit femmes commandant actuellement un navire militaire français.


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/brest/l-herminier-l-aviso-fidele-au-poste-22-03-2016-11002128.php?xtor=EREC-85-[PartageTT]-20160322-[article]&utm_source=PartageTT&utm_medium=e-mail&utm_campaign=PartageTT#closePopUp#P7xkXBehiJib0iH4.99

 

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 19:45

Rochers de Crozon. Pointe de Raguenes / Lamm Saoz.

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Pour miss caillou, natur-ailement

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Suite de :

​Les pétroglyphes de l'Aber.

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Les plus riches cités, les plus beaux paysages,

Ne contiennent jamais l'attrait mystérieux

De ceux que le hasard fait avec les nuages.

Charles Baudelaire, Le Voyage.

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Une estampe chinoise  Shanshui ( 山水, montagne-eau).

Une estampe chinoise Shanshui ( 山水, montagne-eau).

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Étonnants voyageurs, quelles nobles histoires

Nous lisons dans vos yeux, profonds comme les mers !

Ouvrez-nous les écrins de vos riches mémoires, 

Ces bijoux merveilleux faits d'astres et d'éthers.

Charles Baudelaire, Le Voyage.

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Rochers de Crozon.

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Lamm Saoz

Lamm Saoz

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Lamm Saoz

Lamm Saoz

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 15:05

Une souris des mers Aphrodita aculeata Linnaeus, 1758 sur la plage de l'Aber à Crozon.

Merci à Stéphane Wiza pour la détermination de cette espèce insolite.

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La plage de l'Aber n'est pas dépourvue de ressources. Avez-vous oublié votre crayon à papier pour remplir votre grille de mots croisés ? Lavieb-aile vous tire d'embarras et vous explique comment ramasser dans les rochers un morceau d'ampélite qui se révèlera merveilleusement adaptée à cette fonction, tout en vous permettant aussi de jouer à votre Sudoku.

Sur la piste de la "Pierre Noire" : les ampélites de Crozon (Finistère). ​

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Mais une fidèle lectrice nous écrit :

"Bonjour monsieur lavieb. Pouvez-vous m'aider ? Que faire si mon mari doit faire la vaisselle de notre pique-nique sur la plage et qu'il a oublié l'éponge à récurer ? Et que la nuit tombe. Merci d'avance"

Soucieux de faire partager à tous ses lecteurs l'ingénieuse réponse fournie à cette lectrice, aujourd'hui, lavieb-aile vous présente :

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L'éponge à récurer double-face auto-éclairante de dépannage. Gratuite. A ramasser sur la plage.

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Vous avez bien lu, chers lecteurs : auto-éclairante. Mieux qu'à la maison. Mesdames, offrez la à votre mari, il n'en voudra plus d'autre.

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D'abord, il faudra la trouver, de préférence après un de ces bons coups de tabac qui ne manquent pas chez nous. Elle vous attendra, cachée sous un peu de sable pour qu'on ne le vous la vole pas. 

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Vous la saissisez avec vos gants de ménage et vous la rincez à l'eau claire. Miracle, elle s'allume aussitôt de mille feux verts et dorés! 

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Elle adopte spontanément la forme arrondie de vos casseroles. Elle régle l'éclairage en fonction du niveau de l'eau. Son dos de feutrine ne raye pas le revétement anti-adhésif de vos poêles.

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.
Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Alors, convaincu ? Merci lavieb !

Ce drôle d'animal si pratique appartient aux Annélidés, autrement dit aux Vers annélides marins. Il appartient aussi à la classe des Polychètes, dont la caractéristique est de porter des  "parapodes" munis de soies. Les Polychètes sont soit sédentaires et tubicoles, comme le ver arénicole, soit errants, à la recherche de nourriture. Notre Scotch-Brite est un errant. On la nomme Aphrodita aculeata, et on la surnomme  souris de mer, taupe de mer, ou Aphrodite épineuse.

La souris de mer vit enterrée dans les fonds sableux (substrats mous) peu profonds, du bord jusquà une vingtaine de mètres. C'est un ver fouisseur, un ver vorace et prédateur muni d'un pharynx dévaginable et de mâchoires pour capturer des mollusques et d'autres vers qui vivent dans le sable.

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Linné, qui l'a baptisée en 1758, la définit comme ovalis hirsuta aculeata car sa forme ovale est caractéristique. Elle mesure 7,5 à 20 centimètres de long pour 5 à 8 centimètres de large. 

Wikipédia ajoute qu'elle vit dans les fonds marins sablonneux de l'océan Atlantique, la mer du Nord, la Baltique et la Méditerranée, où on peut la trouver jusqu'à une profondeur de 2 000 m.

Son corps est couvert de setae d'environ 2,5 cm, dont l'aspect ressemble à des poils. 

C'est un animal nécrophage, son régime étant essentiellement constitué des restes d'animaux en décomposition au fond des mers. La locomotion est assurée par de nombreux appendices latéraux (ou parapodes), elle rampe et creuse dans une attitude évoquant la souris.

La souris des mers est dépourvue d'yeux. Elle est hermaphrodite, des organes reproducteurs des deux sexes apparaissant chez un même individu, en revanche les ovules d'un individu sont fécondés par le sperme d'un autre.

Par contre, on évitera de suivre l'encyclopédie Wikipédia lorsqu'elle affirme que " son nom scientifique, dérivé de la déesse grecque Aphrodite, viendrait du fait que la vue ventrale de l'animal évoque des parties génitales féminines." En réalité, Linné a donné à ces créatures marines le nom de divinités de la mer : dans l'ordre de ses descriptions,  Doris est une océanide, épouse de Nérée et mère des Néréides, Tethys  est la mère des océanides, Nereis renvoie aux néréides, Aphrodite est "née de l'écume", Lernaea renvoie à l'hydre de Lerne. Le nom d'Aphrodite est sans relation avec un caractère morphologique de ce genre. 

Son épithète spécifique aculeata vient du latin aculeatus "qui a des piquants" , car ce ver possède  des acicules (une grosse soie rigide à l'intérieur du parapode, qui soutient les touffes de soies externes et sert de point d'insertion aux muscles permettant la locomotion), et des touffes de soies rigides.

 

 

Linnaeus, C. (1758) Systema Naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Laurentius Salvius: Holmiae. ii, 824 pp., page 655 n°256 

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/676/mode/1up

 

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Il est temps de retourner notre animal et de l'observer de près, tout en lisant la remarquable notice de doris.ffessm :

" La face dorsale du ver, convexe, est totalement recouverte d'élytres, sortes d'écailles, et d'une épaisse couche de soies fines grises sombres, ressemblant à des poils. Une quarantaine de sétigères portent des touffes de soies magnifiquement irisées, dirigées vers l'arrière, et sur chaque parapode s'enracinent des soies noires rigides plus épaisses. La souris de mer agite ses parapodes pour renouveler l'eau au contact de ses branchies.  La face ventrale est aplatie et typiquement annélidienne."

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 Chaque parapode est formé de 2 « rames » :

  • une « dorsale  » ou « haemale  » → notopode

  • une « ventrale  » ou « neurale  » → neuropode

Chaque rame est soutenue par des « acicules » (aiguillons). Elles sont formées de lames foliacées. Les deux rames sont formées à partir d'une base commune, et le parapode est dit « monostique ».
Une extension porte des soies articulées (formées de 2 pièces), de nature chitineuses.
Chaque rame porte un cire (cire dorsal, cire ventral) qui ont un rôle sensoriel. Le cire ventral est en contact avec le fond alors que le cire dorsal réalise la respiration (qui est cutanée et se fait par le cire dorsal).

 

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Linnaeus, C. (1758) Systema Naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Laurentius Salvius: Holmiae. ii, 824 pp., page 655 n°256 

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/676/mode/1up

 

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Jean-Hervéééé ? T'as fini la vaisselle ? La mer monte !

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SOURCES ET LIENS.

— http://www.marinespecies.org/polychaeta/aphia.php?p=taxdetails&id=129840

— http://www.marinespecies.org/polychaeta/aphia.php?p=image&pic=69376

— http://doris.ffessm.fr/Especes/Aphrodite4

— https://sv.wikipedia.org/wiki/Aphrodita_aculeata

— https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Aphrodita_aculeata

Fauvel, P. (1923) Polychètes errantes. Faune de France Volume 5. 1-488. Librairie de la Faculte des Sciences. Paris.,

—  Roule, Louis (1898) Notice preliminaire sur les especes d'annelides recueillies dans les explorations sous-marines du Travailleur et du Talisman. Bulletin du Muséum d'Histoire Naturelle, Paris, Ser. 1, 4: 190-195.,

Claparède, Édouard (1868) Les Annélides Chétopodes du Golfe de Naples. Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, 19(2): 313-584.,

Quatrefages, Armand de. (1866) Histoire naturelle des Annelés marins et d'eau douce. Annélides et Géphyriens. Volume 1. 1-588. Librarie Encyclopédique de Roret. Paris.,

—  Johnston, George (1840) Miscellanea Zoologica British Annelids. Annals and Magazine of Natural History, Ser. 1, 4: 368-375,plates10.,

Risso, A. (1826) Histoire naturelle des principales productions de l'Europe meridionale et particulierement de celles des environs de Nice et des Alpes Maritimes. Volume 4. 1-439. F.G. Levrault Libraire. Paris.,

—  Muller, Y. (2004) Faune et flore du littoral du Nord, du Pas-de-Calais et de la Belgique: inventaire. [Coastal fauna and flora of the Nord, Pas-de-Calais and Belgium: inventory]. Commission Régionale de Biologie Région Nord Pas-de-Calais: France. 307 pp.,

 

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 18:24

Noël 2015 : Cinquante ans après le naufrage, je retrouve l'épave de la Tante Yvonne, chalutier-thonier de Morgat CM 2909.

Voir :

​Sur la plage de Postolonnec à Crozon : le moteur du thonier "Tante Yvonne" CM 2909. Souvenir d'une nuit de Noël.

En novembre 2011, lorsque j'avais découvert le moteur du Tante Yvonne CM 2909 sur la grève de Postolonnec à Crozon, j'avais cherché en vain d'autres parties du navire.

Cinquante ans après le naufrage qui avait eu lieu dans la nuit de Noël 1965, j'ai l'émotion, en retournant voir le bon vieux moteur Crépelle 224 CV, de constater la présence, vingt mètres plus loin, de la partie arrière du thonier : selon mon hypothèse, un morceau de la quille, de l'étambot et du massif d'étambot.

Et une superbe pièce métallique, à la robustesse bien marine.

Certes, ma découverte n'est pas celle d'un chasseur d'épave sous-marine à la recherche de trésors, mais le nom que portait ce navire, celui de la résistante Yvonne Le Roux du réseau Johnny, lui confère à mes yeux toute son importance. Comme si la ténacité de ces membrures et de ces pièces mécaniques à résister et à se rappeler à notre mémoire avait un sens.

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Épave du Tante Yvonne CM2909, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne CM2909, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Noël 2015 : Cinquante ans après le naufrage, je retrouve la poupe de la Tante Yvonne

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Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Je ne peux m'empécher de reprendre quelques clichés du moteur.

 

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 11:57

Sur la piste de la "Pierre Noire" : les ampélites de Crozon (Finistère).

Si vous parlez à un breton de "pierre noire", il pensera au Phare des Pierres Noires, qui signale, en Mer d'Iroise et aux approches du Goulet de Brest, la chaussée du même nom. Nul ne conserve, si ce n'est l'association Ampélite de Panzè (35), le souvenir de la "pierre noire de Bretagne", et il est nécessaire de fournir quelques explications de ce matériau qui précéda le fusain, la mine de plomb et le crayon gras chez les dessinateurs et les peintres.

Nous allons voir que cette petite enquête va satisfaire l'amateur d'arts graphiques, le géologue, le promeneur arpentant le littoral, et toute personne curieuse d'élargir ses connaissances sur son patrimoine. Ou de se procurer à bon compte un crayon. La réunion du patrimoine naturel (sous le nom d' "ampélite") et du patrimoine culturel (sous celui de "pierre noire"), voilà en tout cas ce qui fait l'affaire de mon blog.

Il suffit de lire l'article Ampélite de Wikipédia pour apprendre que l'ampélite est un schiste pyriteux qui doit son nom au latin :

 ampes et au grec : ἄμπελος, ampelos, "vigne" ; αμπελιτις[γη] : "qui est propre à l'entretien de la vigne", car on en répandait autrefois au pied des vignes .

 

—  Des vignes en Bretagne ?

Pas vraiment, mais on trouve  l'ampélite aussi en italie, entre autre. Le nom est employé par  le grec Strabon — "celui qui louche"—  dans sa Géographie, un peu avant notre ère puis a été repris en latin avec le substantif ampelitis par Pline pour décrire une « terre bitumineuse pour écarter les vers de la vigne » (Pline, 35, 194 ). Pline l'Ancien, celui qui est mort en l'an 79  à Stabies lors de l'éruption du Vésuve !

 Laissons là les vignes et les vignerons, pour mémoriser un nom : le SI-LU-RIEN. Car c'est  au Silurien (444 à 416 millions d'années) que  des sédiments argileux  se sont déposés dans une mer calme, puis ont été  enfouis sous forte pression et haute température, ont alors cruellement manqué d'oxygène, ce qui  a préservé le plancton et autres matières organiques marines contenus dans les sédiments. Laissez refroidir, démoulez et  servez le schiste très noir et gras ainsi obtenu :  c'est l'ampélite. Si vous découvrez un gisement d'ampélite, vous pouvez le dater du Silurien. Commode.

Son nom est féminin, on dit donc de l' ampélite qu'elle comporte certes, comme tous les schistes, des silicates, mais surtout beaucoup de carbone qui lui donne sa couleur noire soyeuse. Et aussi du pyrite (sulfure de fer, FeS2) en grains fins ou en nodules, qui est responsable, quand elle s'altère, de coulées de rouille. Son chic, c'est de conserver parfois des fossiles de Graptolites aux  dessins de lignes blanches.

Voilà pour la Leçon de chose, dans son versant géologique. Mais cette ampélite nous est aussi sympathique lorsque nous apprenons qu'elle portait aussi le nom — vernaculaire— de "pierre des charpentiers" , parce qu'ils l'utilisaient pour tracer des traits sur le bois. Ou bien qu'on l'utilisait également autrefois pour se noircir sourcils et cheveux.

Muni de ce bagage, je prends mon appareil photo et je sors de chez moi pour chercher un gisement.

Un quart d'heure plus tard, c'est chose faite. 

Grâce au site

 Geodiversite.net, qui me proposait trois sites de balades, à Camaret et à Crozon,  je me suis rendu sur le parking du Four à Chaux de l'Aber, j'ai suivi la rivière et je me suis arrêté devant l'affleurement le plus noir possible.

 

La rivière de l'Aber à Crozon et le cordon dunaire. Photographie lavieb-aile.

La rivière de l'Aber à Crozon et le cordon dunaire. Photographie lavieb-aile.

. Mes coordonnées ? 48°13' 56" N et 4° 25' 50 " O.  J'y suis.

Tout fier, j'avise une dame qui promène son chien sur le sentier : 

Eh, c'est du Silurien !

Mais elle me répond :

Bien-sûr, de la base du Silurien supérieur. C'est la formation de la Tavelle avec  les ampélites du Ludlow ! Depuis le temps que les étudiants en géologie de Brest viennent en procession ici écouter leur prof, on a fini par le  connaître, le fameux Silurien ! 

.....

Vous êtes passés voir les brachiopodes et graptolites des schistes ordoviciens ?

Grrr...

 

 

 

 

 

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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 J'ai frotté mon doigt sur la roche, elle y a laissé une tache noire assez tenace. 

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Il me reste à en ramasser un morceau et de le placer sur un ajonc — aïe, "ajonc, je-pique, genêt, je-ne-pique-pas"— pour illustrer le nom de "Pierre noire de Bretagne" pour débuter mon second chapitre.

L'ampélite ou " Pierre noire de Bretagne", photographie lavieb-aile.

L'ampélite ou " Pierre noire de Bretagne", photographie lavieb-aile.

La Pierre noire, médium des arts graphiques.

L'ampélite est décrite sous ce nom dans un autre article de Wikipédia : 

"On trouve la pierre noire le plus souvent sous forme de crayon, brut ou entouré de bois, ou de craie rectangulaire.

Il est utilisé pour les esquisses, mais aussi pour les dessins plus raffinés. Il a été très utilisé pendant la renaissance, souvent sur papier gris ou brun, et souvent accompagné de rehauts de gouache blanche, d'encre de Chine sèche ou en lavis, de lavis de bruns ou encore desanguines. La pierre noire employée avec la sanguine et la craie blanche est une technique dite « aux trois crayons ».

La majorité des grands peintres de la Renaissance ont dessiné avec cet outil."

Il me restait à faire ici une double démonstration : d'une part, de mon évidente incompétence en dessin. Et surtout, de la parfaite capacité du morceau d'ampélite ramassé tout à l'heure à devenir un remarquable instrument graphique. D'autant plus remarquable qu'une fois tracés sur ma feuille, les traits ont resisté au frottement et n'ont pas bavés, alors qu'ils peuvent être estompés avec un mouchoir en papier.

On ne se moque pas du résultat, s'il vous plaît.

 

Essai de dessin à l'ampélite de l'Aber par un piètre débutant, photo lavieb-aile

Essai de dessin à l'ampélite de l'Aber par un piètre débutant, photo lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

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— Au Musée de géologie de Rennes  1 , salle Mathurin Méheut : Ampélite à graptolites

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— La lithothèque de Rennes :

1°) Les Ampélites du Tertre Gris à Poligné (anciennes carrières) : Silurien inférieur.

http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/svt/lithotheque/poligne/poligne_01-02.html

http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/svt/lithotheque/poligne/poligne_01-03.html

2°) Les Ampélites de Crozon.

a) L'Aber ou Pointe de Raguenes.

  • Carte détaillée : http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/crozon_carte2.html
  • Carte d'accès : http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/arret1_acces.html
  • Strates géologiques : http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/arret1_acces.html

 

http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/arret1_acces.html

b) Les ampélites de Lamm Saoz .

 

— Sortie géologique au Veryac'h à Camaret 

https://sgmb.univ-rennes1.fr/vie-associative/excursions/12-excursions/55-veryac-h-camaret

— CHAUVEL J.-J. & PLUSQUELLEC Y. 1987- Découverte géologique en presqu’île de Crozon, éditions Ouest-France, 32p. 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 09:57

Les amitiés furtives.

Thomas et Spiruline à l'Île Vierge, Morgat, Finistère.

Pêcheur sur la plage de Goulien, Crozon.

Je repense à Proust et à sa laitière. Le narrateur est derrière la vitre de son train — E' pericoloso  sporgersi— lorsqu'il voit passer la belle laitière. Il ne la hèle pas pour boire à ses lèvres ou au bol de lait qu'elle propose, le train assourdissant hurle et repart, c'est fini. Seul persiste le goût amer de la chance manquée. D'autres poètes ont chanté la douce douleur de ces fantômes du souvenir.

 



A celle qu'on voit apparaître 
Une seconde à sa fenêtre 
Et qui, preste, s'évanouit 
Mais dont la svelte silhouette 
Est si gracieuse et fluette 
Qu'on en demeure épanoui 

Alors, aux soirs de lassitude 
Tout en peuplant sa solitude 
Des fantômes du souvenir 
On pleure les lèvres absentes 
De toutes ces belles passantes 
Que l'on n'a pas su retenir

Georges Brassens

 

 

Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Charles Baudelaire.

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Nous restons si souvent dans l'aquarium désert de nos vitres, terrassés par la pulsion scopique, alors que l'échange révé a avorté.

La moitié des twett sont parait-il  rédigés — est-ce le terme ?— devant la télé, ou plutôt derrière les petits écrans.

Mon intention n'est pas du tout de me morfondre dans l'âcrité de ces propos, mais d'apporter à ces écrivains le contre-témoignage des rencontres, toutes aussi éphémères, mais qui ont su, par une effraction stupéfiante, crever l'écran.

Mon propos est de dire la force lumineuse et chaude de ces micro-rencontres, qui méritent le nom d' "amitiés furtives". 

Chacun a fait l'expérience de ces échanges inattendus où, souvent lors d'un voyage en train ou lors d' une traversée, l'étranger se transforme en confident, ou de ceux, plus brefs encore et plus superficiels, où des petits riens (sourire, regard, deux ou trois mots, un geste) ont brillés comme les astres de fraternités inopinées.

On n'en fera pas tout un plat, sous peine d'en rompre le charme. On présentera ces échappées d'écrans pour ce qu'elles sont, des bonheurs minuscules.

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I. Thomas le Végan et Spiruline.

C'est lors d'une balade à L'ïle Vierge de Morgat que je le découvre, en culotte courte, drapé dun drapeau breton et  en train de filmer une feuille de papier colorée qu'il a fixé à contre-jour sur le tronc d'un pin. Dans une main, celle qui ne tient pas le selfie-stick, il tient un ballon, qui se révèle être un globe terrestre. Son amie m'invite à les rejoindre.

Sur le papier, je lis les mots word green and blue. "la couleur de mes yeux !" explique-t-il, mais ces yeux là,  rieurs et même peut-être moqueurs,  reflètent des cieux idéaux.

Il explique qu'il s'appelle Thomas, de Quimper,  et qu'il est activiste du véganiste. Il intervient là où il peut pour combattre la consommation de produits animaux. Il a un grand projet, celui d'entreprendre la production de spiruline, cette algue riche en protéine. "Sur les toits des villes, pour exploiter les surfaces inutilisées".

C'est beau c'est généreux, c'est grand c'est magnifique, et, derrière lui, la Nature fait la queue de paon comme pour rejouer l'aurore du premier jour.

Son amie se contente de sourire. Elle ne veut pas faire de l'ombre à Nature. Elle lui vole un peu la vedette quand même.

Je les quitte dans leur paradis. N'ont-ils pas une place dans le mien, dans mon blog la-vie-est-belle ?

 

Thomas le Végan  devant l'Île Vierge, Morgat, novembre 2015.
Thomas le Végan  devant l'Île Vierge, Morgat, novembre 2015.

Thomas le Végan devant l'Île Vierge, Morgat, novembre 2015.

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II. Un pêcheur à pied de la plage de Goulien, Crozon.

Si le moment précédent était minuscule, celui-là serait microscopique. Mais pour combien de temps ces microbes du souvenir resteront-ils associés aux lieux de leur rencontre ? Ce temps là est incommensurable. Si la vie est belle, c'est par ces tout petits riens là, alors que les grands décors s'effondrent avec terreurs et fracas.

C'est, comme on dit, un monsieur. Il est penché sur l'estran et il y plante quelque chose. Nous nous rapprochons. 

Un monsieur, plage de Goulien, Crozon.

Un monsieur, plage de Goulien, Crozon.

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Ce sont des lignes de fonds avec leurs hameçons appâtès de tête de poisson ou de morceaux blancs. Voilà qui ne plairait pas à Thomas, mais nous avons laissé ce Petit Prince sur sa planète. Nous sommes sur la planète du monsieur qui plante dans le sable.

 

 

Un monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

Un monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

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La vitre de l'écran est brisée. Il nous explique qu'il pose ces lignes le soir. Il les relève quand la marée est descendu, avec parfois des daurades. ou des poissons plats. "Mais souvent rien".

Il a sa place sur lavieb-aile. Comme tout le monde, si l'occasion était offerte.

La Belle Occasion, chaleureuse et fugace.

 

Le monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

Le monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

Au loin les couples se tiennent par la main. Les surfers profitent des dernières vagues. On se sent bien.

Plage de Goulien en novembre, Crozon.
Plage de Goulien en novembre, Crozon.

Plage de Goulien en novembre, Crozon.

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