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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 15:17

Le tombeau (1554) de Claude d'Espinay en la chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux (35).

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Voir sur cette église : 

 

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PRÉSENTATION.

Je m'inspire largement, et  je recopierai même souvent textuellement, l'ouvrage de Henri Busson consacré en 1922  à Charles d'Espinay . Mais André Mussat a publié en 1995 une belle description, citée par l'article Wikipédia consacré à la Collégiale. (Sources et liens).

Claude d'Espinay, dont le tombeau est présenté ici, était la fille, née en 1534,  de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine, et par eux issue d'une race artiste, fine et batailleuse. La maison d'Espinay était, au milieu du XVIe siècle, l'une des plus puissantes de Haute-Bretagne. Elle avait donné à la province et à l'Église de nombreux grands Maîtres et chambellans des ducs de Bretagne, de nombreux abbés et abbesses, cinq évêques et un cardinal. Jacques d'Espinay fut évêque de Saint-Malo en 1449, de Rennes en 1450. Il mourut à Champeaux en 1482. Son neveu André fut archevêque d'Arles, de Bordeaux, de Lyon, Primat des Gaules et cardinal en 1489. Son frère Robert fut évêque de Nantes en 1491, son autre frère Jean évêque de Nantes en 1493.

Guy III d'Espinay, orphelin de bonne heure, fut élevé au château de Vitré dans la noble maison du comte GUY XVI de Laval. Les deux familles étaient très amies. Guy III grandit dans un milieu courtois, luxueux, artiste et savant ; il devint un gentilhomme accompli, formé par des écuyers aux armes et à la chasse, formé aux lettres et aux arts dans l'influence grandissante de l'humanisme venu d'Italie.

Le 17 septembre 1528, Guy III épousa Louise de Goulaine, d'une des plus puissantes et des plus anciennes familles de Bretagne. Le couple, qui éprouvait pour l'art nouveau de la Renaissance un véritable engouement, s'attacha à embellir l'église de Champeaux de vitraux, d'un jubé, et vers 1530 de stalles, dont chaque dossier supérieur, chaque miséricorde étant sculptés avec goût et imagination .

Il va sans dire que Guy III et Louise de Goulaine donnèrent à leurs enfants la meilleure éducation et la meilleure situation.

-En 1549, Jean II, l'aîné, épousa Marguerite de Scepeaux, fille du maréchal de Vieilleville, comtesse de Duretal. Il fut marquis d'Espinay, et mourut en 1591. Il continua la lignée.

-Un frère Louis fut commendataire de l'abbaye Notre-Dame-du-Tronchet de 1558 à 1567 avant de se marier et de devenir seigneur d'Yviniac.  Il mourut en 1600.

-Charles d'Espinay naquit vers 1531 (?) au château d'Espinay en Champeaux, près de Vitré. Il était le troisième fils du couple. Il étudia les belles lettres et les auteurs italiens comme Pétraque et Bembo, avant d'écrire ses Sonnets amoureux (1559, réed. 1560) qu'il fit imprimer chez Etienne à Paris (BnF Res. Ye 371). Le recueil est précédé de sonnets de Pierre de Ronsard, de Rémi Belleau, Cl. de Buttet Savoisien, G. des Autels et  Plessis Bérard, ce qui témoigne des amitiés liés avec le cercle de la Pléiade. Le thème des Amours et la dédicace A Sa Dame en dit long sur les préoccupations de l'ecclésiastique. En novembre 1558, à 27 ans, il prêta serment de fidélité pour trois bénéfices, ceux de prieur de Saint-Exupère du Gahard, de Saint-Jacques de Bécherel et d'abbé commendataire de l'abbaye Saint-Gildas-des-Bois, avant d'être nommé évêque de Dol en 1560 et pourvu en commende de l'abbaye Notre-Dame-du-Tronchet. Pendant la Ligue, il prit le parti catholique du duc de Merceur.

-Philippa ou Philippine d'Espinay, née vers 1532, fut abbesse de Saint-Georges de Rennes en 1572 et décéda en 1582.

-Claude est née vers 1534 selon son épitaphe qui lui donne 20 ans à son décès en 1554.

-Antoine, sieur de Broons, a été page de Henri II puis capitaine de Dol pour la Ligue ; il épousa en 1566 Renée Hérisson. Il mourut en 1591.

-Renée épousa Philippe de Roncherolles baron de Hugueville,

-Anne épousa Guy du Parc baron d'Ingrandes.

(généalogie pfdavet https://gw.geneanet.org/pfdavet?lang=fr&n=d+espinay&oc=0&p=guy+iii+d+espinay+de+broon).

Pendant que Charles d'Épinay composait ses premiers vers, il perdit sa sœur Claude, âgée de 20 ans. Il l'avait particulièrement aimée. Elle était sa cadette, artiste et musicienne. Son frère lui fit élever un tombeau dans la chapelle Sainte-Barbe, au sud du chœur, là ou reposait déjà Guy I et Guy II, [sans doute en faisant appel à Jean de l'Épine, architecte qui avait conçu le tombeau de ses parents à Champeaux]. 

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DESCRIPTION.

C'est plutôt une stèle funéraire à la façon antique. Ce chef-d'œuvre de grâce et de goût mesure 4,30 m de haut et 1, 20 de large et se compose de trois parties. Le bas ressemble à une cheminée de marbre très ornée. On y a superposé une sorte de corniche qui soutient et encadre l'inscription funéraire : c'est la partie centrale. Au dessus sont couchés deux lions qui supportent une pyramide tronquée. Sur la face antérieure de cette pyramide se dessine en relief un miroir entouré d'une couronne. Au dessus du miroir, un génie ailé se tient debout, les ailes déployées, portant de la main droite un flambeau et tenant dans la gauche une branche de laurier. L'ensemble, malgré de graves mutilations, est d'une fraîcheur, d'une harmonie et d'une grâce toutes attiques : digne et léger tombeau élevé aux mânes d'une jeune fille aimée des Muses . (d'après Busson)

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le médaillon dans un cuir découpé à enroulement semble prévu pour recevoir un motif, une inscription ou une date, mais aucune trace n'est visible.

Une sculpture a été bûchée, mais il est impossible de deviner s'il s'agissait d'armoiries (??) ou d'initiales.

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'épitaphe.

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L'inscription, très abimée sous la Révolution, s'inscrit dans un cartouche à cuir à enroulement frappé de coquilles. Elle  a été relevée par Guillotin de Corson :

D.D. Castitat et

memor

Claudiae Spinaiae virgin. Generosiss. Pulcerr.

Eruditiss. Guidonis Spinai et Lodoicae Goulinae

nobiliss. Ex antiquis. Famil. Parentum filiae ;

quae et ad musas nata et a musis, ut creditur,

educata, sic artis musicae caeterarumq. Bon. Art.

Commendationi alteram Minervae castitatem et

futuram de suo ingenio memoriam addidit et castiss.

Ut et memoria digniss. Ut et ex musis una propemodum

habeatur ; quae sic denique inter suos vixit, quoe

sic deniq. Ann. MDXXXXXIIII, et ætatis suæ

XX, inter suorum amplexus vita functa est,

ut et opt. et feliciss, virginem vivere et mori decuit,

Carolus Spinaius D. Gildas. abbas, frater sorori,

pius piæ, plusquam volgaris amicitiæ ergo et. In

vestram, o'd. d. castitas et memoria, gloriam,

non sine lacrimis et votis perenn.

 

 

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Le texte est traduit par Henri Busson :

À la vertu et à la mémoire de Claude d'Espinay, fille très noble, très belle, très savante de Guy d'Espinay et de Louise de Goulaine qui, née pour les muses et formée, semble-t-il, par les muses joignit au talent de la musique et des beaux arts une chasteté pareille à celle de Minerve et un esprit qui lui permettait la gloire ; qu'il faut tenir pour très chaste, pour très glorieuse et presque pour l'une des muses ; qui enfin vécut au milieu des siens et mourut dans leurs bras l'an 1554 dans la vingtième année de son âge, de la vie et de la mort qui conviennent à une vierge très bonne et très heureuse.

Charles d'Espinay, abbé de Saint-Gildas, en témoignage de piété fraternelle pour une sœur aimante, en signe d'amitié extraordinaire et en hommage à votre gloire, ô vertu et mémoire de sa sœur, a dédié [ce tombeau] avec ses larmes et ses regrets éternels.

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Ce monument est le seul témoin de l'existence de cette jeune fille, dont nous ignorons  les productions artistiques .

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le monument a été restauré entre 2014 et 2018. Voici son aspect lors de ma visite en 2013 :

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Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

Tombeau (1554) de Claude d'Espinay, chapelle Sainte-Barbe de la collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile mai 2013.

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SOURCES ET LIENS.

BUSSON (Henri), 1922, Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591): Thèse complémentaire, présentée pour le Doctorat ès lettres, à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Champion ed, Paris. 246 pages

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3380739s

https://books.google.fr/books?id=NX3VDwAAQBAJ&pg=PT31&lpg=PT31&dq=%22tellus+styx%22&source=bl&ots=RzqKwKQm30&sig=ACfU3U1sfHNtevj6Vdd1wooHxy8GUEx57A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj4oqDjle7rAhVJ8uAKHeIKCjwQ6AEwAXoECAMQAQ#v=onepage&q=%22tellus%20styx%22&f=false

 

BUSSON (Henri), 1922, "Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591)", Mémoires de la SHAB pages 1-203.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

LEVRON (Jacques), 1939, « Le tombeau de Champeaux », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t.XIV, p. 87-92.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65611407/f131.image


— LEVRON (Jacques), 1940, Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine), Bulletin monumental tome 99 n°1 pages 85-98

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1940_num_99_1_9755

 

— MUSSAT (  André), 1995, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Éditions Ouest-France, 380 p.

 

"Il s'agit d'un monument complexe où un demi-sarcophage reposant sur une haute structure architecturée en forme de cheminée (linteau, orné de griffes de félins et d'un écu martelé, porté par des pilastres composites) sert de base à un cartouche orné d'une longue inscription poétique rédigée par le prélat, que somme un obélisque soutenu par deux lions. Ce dernier est décoré de cornes d'abondance, d'un cadre ovale, et d'une victoire ailée portant un flambeau et une branche de laurier." (Wikipedia)

RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

GUINNEBAULT (Yves),Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=YbESi-0hrg4

— WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

"Situé dans la chapelle Sainte-Barbe, le mausolée de Claude d'Espinay, fille de Guy III et Louise de Goulaine morte à l'âge de 21 ans en 1554, a été classé le 12 août 1902. Il s'agit d'une œuvre de la Renaissance attribuée à Jean de L'Espine et exécutée vers 1555-1560. Le commanditaire est Charles d'Espinay, frère de la défunte, poète dans la mouvance de la Pléiade qui fut évêque de Dol de 1558 à 1591. Réalisé en marbre et calcaire, ce tombeau mesure 4,30 m de haut pour 1,20 m de large.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Monument funéraire Renaissance Inscriptions
17 septembre 2020 4 17 /09 /septembre /2020 15:30

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35).

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Voir aussi sur cette église :

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Voir :

 

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Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

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PRÉSENTATION.

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La fondation de la collégiale et le mécénat des seigneurs d'Épinay.

Simon d'Espinay avait obtenu en 1414 du duc Jean V l'autorisation de reconstruire l'église, une ancienne maladrerie (et donc dédiée à Marie-Madeleine) située près de son manoir de la Rivière en Champeaux. L'édifice devint alors (et jusqu'au XVIIe siècle)  la nécropole de sa famille. Vers 1432, son fils Robert d´Espinay, grand maître de Bretagne et chambellan du duc Jean V, obtient du pape la création à Champeaux d´une collégiale, dont les statuts définitifs ne sont approuvés qu´en 1484, avec un collège de  cinq (ou six) chanoines tenus à résidence au cloître, tout comme les chapelains, les employés au chœur, les enfants de la psallette.

Les six chanoines sont aussi recteurs de six églises paroissiales, dont les revenus s'ajoutent à ceux de la collégiale. En 1548, Carloix décrit un maître de chapelle, de nombreux chantres, huit enfants de chœur, une très bonne musique. 

Robert Ier d'Espinay y fut inhumé en 1439 ;  Jacques, évêque de Rennes, en 1482 ; Guy Ier, qui fit construire la chapelle Saint-Julien, en 1518, Guy II en 1522, avec sa femme Françoise de Villebranche.

L'édifice bénéficia ensuite des fondations successives des membres de la famille d'Épinay. Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, mariés en 1528, y exercèrent un mécénat actif, et y offrirent les stalles (vers 1530) et les vitraux (1539-1541) de la maîtresse-vitre  et de la chapelle Sainte-Barbe.

 En 1542, ce seigneur et cette dame fondèrent à Champeaux douze obits (service religieux pour la paix de leur âme) par an .

Guy III d'Espinay mourut le 2 août 1551 et fut inhumé à droite du maître-autel. Sa veuve (qui  mourut le 8 février 1567 et fut inhumée près de son époux) fit construire sur sa tombe le monument funéraire par  Jean de Lespine.  "Ce Jean de Lespine est célèbre. Il est à juste titre considéré comme le plus grand des architectes angevins de la Renaissance. On lui doit, parmi bien d'autres travaux, le délicieux logis Pincé d'Angers, achevé vers 1530, la tour centrale de la cathédrale. d'Angers, celle de la Trinité, etc. Lespine fut pendant plus de trente années l'architecte de la ville d'Angers." Il dirige aussi en 1539 la construction d'un escalier à double volée et plafond à caisson du château de Serrant. Son épitaphe en 1576 aux Carmes d'Angers comporte ces deux vers : "Tu as élabouré temples et sépultures, Logis des ossements des nobles créatures".

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Le contrat :

Le contrat entre  "Jehan de Lespine, maistre maczon" et l'abbé Jean du Mas représentant Louise de Goulaine date du 7 novembre 1552. Il stipule que le matériau en sera, outre le marbre noir,  la "pierre de Rajace" (ou Rapasse, ou Rajasse, lieu-dit au nord de Champigny-sur-Veude), une pierre blanche, plus dure que le tuffeau,  et de beau grain, fort estimée des sculpteurs. Elle avait été employée en 1431, par Jean Poncet pour le tombeau de l'abbé Jean du Bellay à Saint-Florent-es-Saumur, et, avant 1453, pour le tombeau du roi René et Isabelle de Lorraine en la cathédrale d'Angers.

http://dune.univ-angers.fr/fichiers/14002177/2019HMHCP11361/fichier/11361F.pdf

https://saumur-jadis.pagesperso-orange.fr/methode/materiau.htm

 

Le prix fixé est de 1380 livres tournois.

 

"c'est assavoir que edIt de Lespine a promys et demeure tenu faire et construiree à ses coustz, mises et despens en l'église de Champeaulx près ledict lieu de la Rivière d'Espinay, diocese de Rennes, en l'endroict ouquel ledict deffunct est ensépulturé. une sépulture dudict deffunct et de ladicte damoyselle par la forme qui s'ensuyt :

scavoir est faire deux prians et deux gisans lesquelx seront faictz de pierre de Rajace l'un pour la figure dudict deffunct et l'autre pour la figure de ladicte damoyselle et lesquelx prians et gisans seront estoffez de blanc polyz en manière de beau marbre et les esperons du priant de cuyvre doré.

Lesdicts gisans seront nuds et posez sur une table de Rajace dont le davant sera faict de marbre noir en sorte qu'il semblera à l'œil que toute ladicte table soit de marbre. Et les deux prians seront poséz dessus une table de marbre noir qui aura quatre piedz et demy de long pour le moins et deux piedz quatre doiz de large, et pour ce que ladicte table se monstreroit ung peu trop courte, sera allongée par les boutz de marbre jaspe ou de marbre noir. Et seront faictz troys termes en forme de monts qui seront faictz de pierres, madriers ou d'alebastre.

Item les columnes qui seront aux deux coustez seront faictes de marbre, scavoir l'une de blanc et l'autre de noir; les embasses et chapiteaulx de pierre de Rajace mys en couleur de marbre.

Item l'epitaphe de l'admortissement de ladicte sepulture sera faict de marbre noir et les mouleüres
d'alentour de Rajace. La mort tenante ledit epitaphe sera de pierre de Rajace à  blanc poly mys en couleur de marbre blanc. Item au derriere et coustez des deux prians sera faict ung compartiment et deux epitaphes en tables de cuyvre qui seront assis aux deux boutz du dessus de ladicte sepulture, l'un pour ledict deffunct et l'autre pour ladicte damoyselle chacun de grandeur de deux piedz de long et ung pied et demy de large.

Item sera faict une voulte au dessus des deux prians, laquelle sera faicte de pierre de Rajace à compartiemens et parcquets et armaries dudict deffunct et tout le sourples de ladicte sepulture sera de pierre de Rajace. Et le tout selon les protraictz sur ce faictz et signés des signs manuelz dudict Reverend  dudict Lespine qui sont en nombre troys, l'un du principal corps de ladicte sepulture, l'aultre de la voulte et l'autre du compartiement, lesquelx protraictz sont demeurez audict de Lespine à la charge de les représenter touleffois et quantes que mestier sera.

Et fournira ledit de Lespine de toutes matières et fera fere les estoffes et Painctures ou y aura, filletz d'or aux endroictz mercquetz de jaulne par lesdicts portraictz, lesquelles matières, ledit de Lespine rendra au port de Segré et dudict port de Segré, ladicte damoyselle les fera mener et charger à ses despens jusques à la place de ladicte sepulture, le plus tost que fere ce pourra après que ledict de Lespine les aura rendues audict lieu de Segré; et rendra ledict de Lespine ladicte sépulture faicte et parfaicte bien et deüment dedans la fin-aoust prouchain venant."

 

 

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Henri Busson attribue le texte des épitaphes et inscriptions au cardinal Charles d'Espinay (1531-1591) fils de Guy III d'Espinay, disciple de Ronsard et auteur en 1559 de Sonnets amoureux. Mais en 1552, il était au début de sa carrière.

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Description.

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Le tombeau de Guy d'Espinay, en pierre blanche rehaussée de marbres de couleur, se composait  donc de deux enfeus superposés, l'un pour les gisants, l'autre pour les orants, selon le plan mis à la mode par les Italiens à Saint-Denis pour le mausolée de Louis XII.  Les priants agenouillés des défunts revêtus de leurs plus beaux atours et situés dans la niche supérieure ont disparu à la Révolution. Les corps décharnés des gisants ou transis sont répartis aujourd'hui entre les deux niches du tombeau ; celui de Louise de Goulaine dans la niche supérieure, celui de Guy d'Epinay dans la niche inférieure.

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Il est impossible de ne pas penser au célèbre Transi de René de Chalon, Prince d'Orange, réalisé par le sculpteur lorrain Ligier Richier en pierre calcaire en ... 1545-1547. Le défunt (décédé à 25 ans) est représenté sous ses armoiries comme un corps décomposé, écorché, debout, la main droite sur un écu posé sur la poitrine et la main gauche levée, brandissant son cœur vers le ciel. On peut voir ce geste comme le souhait d'accéder, par la gloire de sa mort et par celle de son nom, à l'immortalité en sauvant son cœur et son blason de la décomposition.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Transi_de_Ren%C3%A9_de_Chalon

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Les deux gisants , photo in Henri Busson 1922.

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Il mesure 6,60 m de hauteur,  3,30 m dans sa plus grande largeur et 1,60 m de profondeur, mais les deux enfeus sont fort inégaux. Tandis que l'inférieur, formant soubassement, est bas et sombre, comme il convient à un sépulcre destiné à recevoir l'image des cadavres, celui d'en haut, arrondi en plein cintre inscrit dans un portique dorique à deux colonnes, atteint plus de deux mètres et s'ouvre largement à la lumière près du beau vitrail du chevet. Le tout est couronné par un large fronton semi-circulaire.

Le fond et le plafond en sont ornés d'arabesques fort gracieuses et d'un écusson portant la date : 1553. Sur les cotés de la niche inférieure l'artiste a disposé deux pilastres ornés à l'italienne d'un trophée suspendu à une tête de griffon ; au dessus, encadrant l'arc triomphal, s'élèvent deux colonnes de marbre rose. L'ensemble du monument est semé de fleurs, d'oiseaux, de fruits et les moulures en sont rehaussées d'or. Des cartouches portent les lettres G et L, initiales des deux défunts.

Le tombeau de la fille des défunts, Claude d´Epinay, est placé dans la chapelle Sainte-Barbe, juste de l'autre coté du mur. Il est plus petit mais témoigne tout autant de cet art raffiné de cour, empreint de modèles antiquisants et de l´esprit nouveau de la Renaissance.

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Un tombeau sans référence chrétienne, une rupture dans l'art funéraire.

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On remarquera l'absence complète de tout signe ou de toute inscription en rapport avec la religion chrétienne, et plus généralement avec quelque religion, sur ce tombeau. Pourtant, la famille d'Espinay compte de nombreux prélats, des abbés des abbesses . Il faut voir là la façon de faire de l'époque en matière de monument funéraire.

L'artiste a substitué des statues de cadavres aux gisants qui ornaient les anciens tombeaux, la tête entourée d'anges, pieusement couchés dans leurs armures (ou leurs atours, pour les dames), les yeux ouverts tournés vers le ciel , les pieds sur des animaux emblématiques (lions ou moins souvent chiens). Mais ici les deux cadavres sont absolument nus ; ils ont les yeux fermés, et rien ne rappelle plus ni l'espoir chrétien de la résurrection.

Les statues des Apôtres, ou des saints, qui se suivaient dans des niches du soubassement, ont disparu, alors qu'on les trouve encore dans les tombeaux d'Artus, de Claude Gouffier en leur collégiale Saint-Maurice dOiron vers 1518 et 1559. Dans le tombeau de Guillaume Gouffier de Bonnivet, l'amiral de France est en armure, dans la disposition traditionnelle du gisant, mais son tombeau de marbre noir porte des médaillons blancs à ourobouros et, au centre, l'emblème à ancre et dauphin avec la devise festina lente, empruntée à l'imprimeur vénitien Alde Manuce. 

Cette sépulture de Champeaux est, dans son aspect, proprement "païenne" (H. Busson), mais plutôt pour adopter la tendance esthétique et humaniste de leur milieu de la cour royale du Val de Loire que par détachement de la Foi et pratique chrétienne, puisque les deux époux  veillèrent, par donation,  à ce que premier dimanche de chaque mois on chante la messe et un Libera à leur intention, alors que la veille, on chantait les vêpres, un nocturne et les laudes des morts, ou que le 2 août et le 8 février, la messe d'anniversaire remplaçait l'office du 1er dimanche de ces mois (Arch. Ille-et-Vilaine G.449 f°25 cité par Busson).

 

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Une restauration récente.

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Ma première visite de la collégiale date de 2013. C'est l'année suivante que les travaux de rénovation intérieure ont démarrés, ils se sont poursuivis jusqu'en 2018.

Je montrerai en fin d'article quelques photographies de l'état avant restauration.

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Mon  but est de contribuer à rendre disponible, en ligne, les clichés photographiques récents, afin de documenter les recherches d'iconographie sur la sculpture de la Renaissance en Bretagne.

Voir notamment ici la chapelle du château de Kerjean (29) vers 1580, et les sablières de l'atelier du Maître de Pleyben présentant des cuirs à enroulement, ou les panneaux de la tribune d'Esquibien et de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le fronton.

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Au centre du fronton cintré trône la Mort, sous la forme d'un homme décharné émergeant en buste d'une plaque noire . Sa tête aux  longs cheveux est au centre d'un médaillon orné de rayons blancs .

L'ensemble, peint en noir, blanc et or, est une composition parfaitement Renaissance, avec volutes, pots à feu, frise grecque, masques léonins tenant dans leur gueule une linge, coquilles, guirlandes, et, en bas, un ange dans un cuir à enroulement. C'est là tout le vocabulaire issu de l'école de Fontainebleau après la décoration en stuc de la Galerie François Ier (1534-1539) par les décorateurs italiens comme le Rosso et le Primatice.

Mais le rapport avec le cénotaphe de Thomas James en sa cathédrale de Dol-de-Bretagne (premier monument Renaissance en Bretagne), réalisé par les  sculpteurs italiens Betti (surnommés les Juste) vers 1509, doit être remarqué. [Charles d'Espinay, fils des défunts, a été évêque de Dol, mais seulement à partir de 1560. Il y sera inhumé.]

Longtemps, le monument funéraire de Champeau fut attribué — notamment par Henri Busson — à l'atelier des Juste à Tours, et notamment à Jean Juste II (1510-1577), malgré les réserves faites par Henri Bourde de la Rogerie. On sait que Jean Juste Ier (1485-1549) a sculpté le tombeau de Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, à Ancenis, celui de Thomas Bohier dans l'église Saint-Saturnin de Tours, de l'abbé Louis de Crévent à Vendôme, et d'Artus Gouffier (mort  en 1519) et/ou Claude Gouffier (mort en 1570) à la collégiale Saint-Maurice du château d'Oiron (Deux-Sèvres). Mais cette attribution des tombeaux de Champeaux est désormais réfutée : cela n'interdit pas les comparaisons.

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L'inscription. La Mort victorieuse de l'amour terrestre.

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Presque au sommet du monument, qui garnit toute la muraille à droite de l'autel, est gravée en lettres d'or sur fond noir  l'inscription suivante en vers latins : 

 

Mors in utriusque mortem :

Non cedat tellus, styx, aer, pontus, amori,

 Tellus, styx, aer, cedet et unda mihi ;

Cedat et ipse puer Quidvis [Quidnis] mihi, si quid amori.

Mundus habet ; mundus nam domo quidquid habet.

Quos nunc funereo junxi sub marmore quondam

Junxit amor ; vici ; sic quoque victus amor.

At quis amor ? Mortalis amor, qui numina divi

Emeritus erat ; vicit at alter amor.

Sic mors, verus amor, coelum concessit utrique,

Vitam, nectar, opes, morte, siti, spoliis.

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H. Busson propose la traduction suivante (je remanie à peine le début): 

"La Mort, à chacun des défunts :

"La terre, les enfers, l'air, l'océan ne sont pas soumis à l'amour ; la terre, les enfers, l'air, la mer me sont soumis à moi. Cède toi-même aussi à ma puissance, Enfant de Vénus, si tu commandes aux éléments. Le monde te possède ; or, je détruis tout ce qui est en ce monde. Ceux-là que j'ai réunis sous ce marbre, autrefois l'amour les unit.

Je suis donc victorieuse et l'amour est vaincu. Mais quel amour ?

L'amour mortel qui avait acquis un pouvoir divin ; mais il est vainqueur, l'autre amour.

Ainsi, la mort, véritable amour, leur a donné le ciel à tous deux,  la vie, l'ambroisie, l'abondance, par la mort, par la soif, par la privation. "

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Cette curieuse épitaphe est significative de ce temps  où, comme l'écrit H. Busson, "Platon avait remplacé l'Évangile pour les érudits" : elle est toute entière construite sur l'opposition entre l'amour mortel générateur, et l'amour immortel , et renvoie au dialogue de Pausanias et Socrate dans Banquet de Platon (VIII-IX)  où la prêtresse Diotime initie Socrate à l'élévation de  l'âme de la vision des beautés charnelles à celles de l'esprit, puis à cette « beauté immuable, éternelle, dont participe tout ce qui est beau sans rien enlever ni ajouter à sa perfection » ( Banquet chap. XXIX) . L'amour de la Beauté mène ainsi à l'immortalité. Plus loin, Pausanias répond à Phèdre qu'il faut distinguer deux Amours, Amour céleste et Amour populaire,  et deux Vénus (dans la mythologie, Vénus est mère d'Eros/Cupidon/Amour], la Vénus-Uranie qui est fille du Ciel et Vénus populaire. "La conclusion est donc qu'il est beau d'aimer pour la vertu. Cet amour est celui de la Vénus céleste, céleste lui-même, utile aux particuliers et aux états , et digne de leur principale étude , puisqu'il oblige l'amant et l'aimé de veiller sur eux-mêmes, et d'avoir soin de se rendre mutuellement vertueux. Tous les autres amours appartiennent à la Vénus populaire."

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L'épitaphe relève plutôt de la lecture qui se fit à la Renaissance du Banquet de Platon, et notamment de celle du futur cardinal Bembo, dans ses Gli Asolani  entre 1497 et 1502. Une traduction française, sous le titre « Les Azolains - De la nature de l'amour », avait été publiée par l'humaniste Jean Martin en 1545 chez Michel de Vascolan et rééditée en 1553. Dans son Livre III sous-titré Lavinello , le héros soutient la théorie de la l'amour platonique, défini comme la contemplation de la beauté idéale présente dans les choses terrestres.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k710955.image

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In fine, cette inscription peut se lire comme une qualification du mécénat artistique des seigneurs d'Espinay en leur collégiale de Champeaux :  si la finalité de l'amour terrestre est "la génération dans la beauté" , l'amant initié aspire à se survivre dans sa postérité et veut obtenir par la commande artistique un accès vers l'immortalité.  C'est aussi la base des Amours de Ronsard, qui par le biais de la description de la beauté (périssable) de l'aimée, cherche la gloire pérenne.

 Le dernier vers relève parfaitement des jeux d'oxymore des SonnetsLa mort est le vrai Amour, elle procure la Vie (de la Gloire), comme la Soif procure l'ambroisie, boisson des dieux de l'Olympe, et la privation (donc le Désir) procure l'opulence .

Sic mors, verus amor, coelum concessit utrique,

Vitam, nectar, opes, morte, siti, spoliis

De même, Ronsard avait exprimé dans ses Odes (ode VIII où l'Usure du temps s'adresse au poète), comment l'œuvre artistique était, mieux encore qu'un tombeau, capable de perpétuer un grand nom :

Ne pilier, ne terme dorique,

D'histoires vieilles décoré,

Ne marbre tiré de l'Afrique

En colonnes élabouré,

Ne fer animé sur l'enclume

Ne feront vivre ton renom,

Comme la pointe de ma plume

Pourra perpétuer ton nom. 

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'enfeu supérieur.

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Un arc en plein cintre posé sur deux pilastres soutient un architrave de style dorique avec alternance en frise de triglyphes et de métopes sculptés de trophées d'armes : la référence à l'antique est patente.

Les trophées associent boucliers et carquois, cuirasses, lances et flèches, soulignant le rôle militaire de la noblesse bretonne, le titre de chevalier du défunt, et les expéditions récentes en Italie. Guy d'Espinay était un grand historien de son temps, et son fils Jean lisait des ouvrages de science de la guerre (S. Joubert).

Un panneau associe à une cuirasse deux boucliers au décor comique et fantasque de deux masques, l'un riant et l'autre triste.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le fond et son inscription.

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Le fond noir comporte un savant entrelacs blanc dont l'ovale central renferme un cartouche posé sur un cuir à enroulement.

On y lit l'inscription :

FAMA . MORTALIBVS 

VNA . SUPERSTES

Fama, ae est le renom, la réputation, la célébrité ou la gloire.  Solen Joubert propose la traduction "Aux mortels  ne survit que la Renommée ". Mais cette gloire posthume n'est pas accessible aux simples mortels,  et le Renom suppose au préalable un Nom, et des Armes.  Pour les nobles mécènes, l'importance donnée à la gloire posthume est cruciale.

Henri Busson remarque les mots Fama superstes ("la Renommée qui survit") dans une Ode d'Horace, ou dans les Tristes d'Ovide (III, VII, 50), ou sur l'épitaphe de l'évêque de Dol Thomas Le Roy en la cathédrale de Nantes (BnF lat. 17025 f°50). Alain Croix, sans donner de traduction, trouve que cette inscription dénote l'idée majeure du monument : servir la renommée, la gloire du nom, dans un macabre précieux, élitiste et totalement coupé des réalités et d'une préoccupation de la mort.

L'importance donnée à la Gloire militaire se manifeste dans le décor guerrier du monument.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le plafond de l'enfeu supérieur, ses armoiries et ses inscriptions.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les armoiries.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le blason associe les armoiries de Guy d'Espinay à gauche (on note des traces des couleurs d'origine) et celles de Louise de Goulaine à droite.

Les armoiries de la famille d'Espinay : D’argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d’or :

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Ce fichier est dérivé de :  Armoiries de Mirwart.svg:Cette image vectorielle non W3C-spécifiée a été créée avec Inkscape., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26791876

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Les armoiries de Goulaine  Mi parti d'Angleterre et de France (mi-parti de gueules à trois léopards d'or passant l'un sur l'autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or :

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Armoiries de la famille de Goulaine, Wikipedia, travail personnel de Jimmy44

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La date de 1553 figure dans un cartouche à cuir à enroulement sous la forme 1.S.S.3.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les chiffres (initiales) des époux Guy et Louise figurent dans un cartouche à cuir à enroulement, réunis par un lac d'amour.

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Ces initiales entrelacées rappellent celles de Louis III de Montpensier et de Jacquette de Longwy, dans la nef de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude, réalisée entre 1538 et 1561. Souvenons-nous que Louise de Goulaine exigea pour le monument funéraire la pierre de Rajace, extraite à proximité de Champigny-sur-Veude.

Ces initiales au lacs d'amour se trouve aussi sur un coté de la maîtresse-vitre.

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Baie 0 de Champeaux, vers 1540. Photo lavieb-aile août 2020.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les cotés de l'enfeu et ses armoiries.

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À droite, les armoiries bûchées de Guy d'Espinay avec casque et lambrequins.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Epinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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À gauche, dans un panneau de fond noir, un angelot présente un blason losangique (et donc féminin) les armoiries mi parti d'Espinay et de Goulaine, qui ont été bûchées mais dont les couleurs persistantes permettent l'attribution.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'enfeu inférieur.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Deux personnages en buste sur colonne (télamons) représentent les défunts décharnés se mettant debout. Voir les photos du site POP https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/IVR53_19843500519V

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les pilastres.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Guirlandes de fruits, têtes de bélier, oiseau (aigle ?). Le cartouche porte la date de 1553, peinte et non gravée.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Ce très bel ensemble de cuirs découpés à enroulement en lanières cloutées parmi des fruits s'orne d'une tête féminine. On y trouve le motif de linges passant par des orifices circulaires des cuirs, comme au château de Kerjean (entre autre).

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'état  avant la restauration de 2014-2018.

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Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

Le tombeau (1553, Jean de Lespine) de Guy d'Espinay et Louise de Goulaine en la collégiale de Champeaux (35). Photographie lavieb-aile mai 2013.

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SOURCES ET LIENS.

—BUSSON (Henri), 1922, Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591): Thèse complémentaire, présentée pour le Doctorat ès lettres, à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Champion ed, Paris. 246 pages

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3380739s

https://books.google.fr/books?id=NX3VDwAAQBAJ&pg=PT31&lpg=PT31&dq=%22tellus+styx%22&source=bl&ots=RzqKwKQm30&sig=ACfU3U1sfHNtevj6Vdd1wooHxy8GUEx57A&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj4oqDjle7rAhVJ8uAKHeIKCjwQ6AEwAXoECAMQAQ#v=onepage&q=%22tellus%20styx%22&f=false

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

—BUSSON (Henri), 1922, "Dans l'orbe de La Pléiade. Charles d'Espinay, évêque de Dol, poète (1531?-1591)", Mémoires de la SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f469555453ed7.10708030/1922_01.pdf

— ESPINAY (Charles d'), 1559, - Sonets amoureux / par C.D.B. [Charles d'Espinay. Breton], 1559

— ESPINAY (Charles d'), 1560  Les Sonets amoureux : Les sonets / de Charles d'Espinay, Breton, reveus et augmentez par l'autheur, de l'imprimerie de Robert Estienne, 1560 .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70650m.image

—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

— HEURES A L'USAGE DE RENNES Horae ad usum Redonensem Mazarine ms 0506, 141 folios. Le manuscrit porte les armoiries de Richard d'Espinay au folio 13.

https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&reproductionId=14099&VUE_ID=1373802&panier=false&carouselThere=false&nbVignettes=tout&page=1&angle=0&zoom=&tailleReelle=

https://portail.biblissima.fr/fr/ark:/43093/mdata1b17160092233d2f86f48948aebacf534fb0f7f7

Enluminures :

https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?reproductionId=14099

— JOUBERT (Solen), 2003, "Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance." SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

 

Guy III d'Espinay fut élevé à la cour des Laval à Vitré, très réceptive aux nouveautés de la Renaissance. En 1526, il fut présenté à François Ier de retour de sa captivité de Pavie, au moment même où le roi donnait une nouvelle impulsion à l'humanisme et à l'influence artistique italienne en France.

— LEVRON (Jacques), 1939, « Le tombeau de Champeaux », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, t.XIV, p. 87-92.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65611407/f131.image


— LEVRON (Jacques), 1940, "Jean de Lespine, architecte et sculpteur (?) angevin de la Renaissance, et le tombeau de Champeaux (Ille-et-Vilaine)", Bulletin monumental tome 99 n°1 pages 85-98

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1940_num_99_1_9755

— MESSELET (Jean), 1925, "La collégiale Saint-Martin de Champeaux" Bulletin Monumental  Année 1925  84  pp. 253-282.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1925_num_84_1_11903

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Chaêaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-cha.mpeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

—GUINNEBAULT (Yves),Vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=YbESi-0hrg4

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance Inscriptions Héraldique
19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 10:17

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I. LE PORCHE OUEST (XVIe siècle).

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L'entrée ouest présente les mêmes caractéristiques architecturales  qu'à Plouhinec (1572), Confort, Saint-Tugen en Primelin , Cléden-Cap-Sizun (v. 1561) et Plogoff (1547), avec deux contreforts et une porte en anse de panier surmonté d' un arc ogival, contre-courbe et faux gable reposant sur des culots.

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À Plogoff et à Saint-Tugen, on trouve, à l'extrémité des lignes du triangle du gable croisant la ligne verticale des pilastres,  deux personnages en demi-relief , soit un ange à gauche, et un "page" ou jeune écuyer à droite, portant des inscriptions AVE MARIA et PAX VOBIS.   

Ici, à Esquibien, ce sont les mêmes personnages, dans la même situation, mais l'ange tient un blason ou un panneau rectangulaire aux motifs effacés, tandis que le texte du phylactère de l'écuyer n'est plus lisible.

 

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LE CLOCHER.

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Le clocher, d'une grande élégance, ne porte pas de galerie ; à la base de la flèche, tympans ajourés et pinacles ; tourelle d'escalier octogonale contre la face nord 

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La tourelle octogonale d'accès à la chambre des cloches.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La tourelle du clocher porte une inscription et la date de 166-.

--- GVILLOV 166-.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Les gargouilles cantonnant  la chambre des cloches.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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II. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES PAR ORDRE CHRONOLOGIQUE.

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Si le porche ouest et le chevet datent de la seconde moitié du XVIe siècle, les inscriptions qui sont portées sur le porche sud   témoignent de travaux de remaniements importants au XVIIe siècle. La construction du porche sud  a du débuter  en 1581, puis s'est poursuivie  entre 1611 et 1628 ; le pignon de la baie sud qui suit le porche vers l'est a été construit ou plutôt modifié en 1662.  

Les inscriptions mentionnent ici le nom des fabriciens en tant que maîtres d'ouvrage, et jamais le nom des recteurs  (qui sont alors en 1572-1580 : .... Sergent.; en 1597-1624 : Yves de Rospiec ; et en 1627 : F. Ronsin). Ce qui contraste avec la cure de Jean Le Bis, recteur d'Esquibien de 1633 à 1669, et qui inscrivit trois fois son nom sur la chapelle Sainte-Brigitte et sa fontaine, et sur un calvaire. Ou,  un siècle plus tard, avec celle du recteur Gobert, qui inscrivit au chevet, sur l'élévation est l'inscription M GOBERT RECTEVR 177(?) témoignant du changement des usages en matière d'inscription lapidaire. (photo ici)

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Le rapprochement des inscriptions avec les données généalogiques permet de donner, sinon un visage humain, du moins une réalité à ces noms de paroissiens, souvent les plus aisés et toujours les plus honorables de leur paroisse dans le milieu des cultivateurs, marchands et armateurs. Parfois, il est possible de préciser le hameau où ils vivent, et, plus rarement (et non ici) leur profession. C'est la raison de cette étude.

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1.Intérieur du porche sud (derrière la porte à droite). 1581.

 

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La seule inscription datant de la construction de la seconde moitié du XVIe siècle se trouve à l'intérieur de l'église, sur le mur gauche formant pilier de la porte d'entrée sud. On y lit en effet :

 

"I. PARIS. F. L. 1581."

Soit "I ou J. PARIS, Fabricien l'an 1581". (le dernier chiffre ressemble à un L et est amputé par l'arête du bloc).

Seule mention généalogique sur geneanet : Marie-Marguerite PARIS, née à Esquibien en 1608 .

https://gw.geneanet.org/sali73003?n=paris&oc=&p=marie+marguerite

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

 

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Porche sud : Inscription Y. Gonidec 1612.

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Le porche sud porte plusieurs dates sur sa façade et son contrefort, renvoyant toutes au début du XVIIe siècle, entre 1612 et 1628 : il a donc fallu 16 ans pour le réaliser.

 Contrefort gauche de l'entrée du porche sud.

"Y. GONIDEC. F. 1612"

Soit "Y[ves] GONIDEC fabricien [l'an] 1612".

Les généalogistes décrivent un Yves GONIDEC ou GONIDOU, né le 12 avril 1566 à Esquibien, fis de Yves GONIDEC ca.1536 et de Catherine CLOAREC, et qui épousa Adelice PENNARUN, dont 5 enfants nés entre 1608 et 1620.

https://gw.geneanet.org/lizennwenn?n=gonidec&oc=2&p=yves

https://gw.geneanet.org/rtiec1?n=gonidec&oc=&p=yves

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Porche sud : chronogramme isolé F :1617.

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fragment d'une inscription indiquant le nom du fabricien de l'année 1617.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Fronton du porche sud : Inscription de 1618.

 

H. IOVRDEN

FVT : F1618.

Soit "H. Jourden fut fabricien l'an 1618."

Il peut s'agir d'Hervé JOURDAIN né le 3 février 1561 de Vingalon Jourdain et d'Adelice PRIOL.

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Pignon de la première baie sud après le porche : Simon Guillou 1662.

On peut voir l'inscription :

SIMON GUILLOU FAB. 1662.

soit "Simon Guillou, fabricien [l'an] 1662"

Il peut s'agir de Simon Le GUILLOU, né à Esquibien, et qui épousa le 18 septembre 1661 à Plozévet Marguerite Le Borgne, née à Plozévet.

https://gw.geneanet.org/everest29?n=le+guillou&oc=&p=simon .

 

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sommet du fronton du porche sud : 1628.

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M. BRIGNOV .F ; 1628.

soit "M BRIGNOU fabricien [l'an ] 1628".

Il pourrait s'agir de Martin BRIGNOU, né le 30 mai 1576 à Esquibien de Paul Brignou et Marie Gouzarc'h.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=brignou&oc=3&p=martin

Ou de Martin BRIGNOU, né le 14 septembre 1578 à Brenellec, Esquibien de Rodolphe Brignou et Marguerite Cagean.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=brignou&oc=2&p=martin

https://gw.geneanet.org/abenard1?n=brignou&oc=&p=martin (armoiries).

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LE PORCHE SUD ET SES POISSONS.

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« Les nombreuses églises et chapelles disséminées le long des côtes [du Cap Sizun] furent justement construites en ce 16e siècle qui vit fleurir intensément l’industrie des pêcheries, des sécheries et de la navigation. Pour bien marquer la part qui leur revenait dans ces bâtisses élevées de leurs deniers, les marins firent sculpter sur les tympans des portails et des porches des bateaux avec leur mât et leurs équipages navigant au milieu des poissons et des oiseaux de mer. » (Daniel Bernard)

On peut s'étonner de ne pas trouver sur les murs de l'église d'Esquibien les poissons et les barques de pêche ou de commerce qui sont si fréquentes dans le voisinage. Mais les poissons sont bien là, à l'intérieur du porche sud. Quand aux navires, ils sont sculptés sur les panneaux en bois de l'ancien jubé, reconverti en tribune, ce qui fera l'objet d'un autre article.

Je rappelle mes précédents articles sur ces bas-reliefs marins :

 

liste qui sera à compléter par :

-Le porche de la tour carrée de Saint-Guénolé. (à paraître)

l'église de Plouhinec (ex Poulgoazec) 

-la chapelle Saint-Julien de Poulgoazec

-Chapelle Saint-Yves (moitié du XVIIe) de Plogoff .

-Chapelle Saint-Trémeur, (façade, deux barques)

-église de Goulien barque de pêche à 3 marins.

-église Saint Codoan de Poullan-sur-mer

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Voir aussi dans la même région du Cap Sizun mes articles sur  les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières :

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Revenons au porche sud d'Esquibien. 

Il s'ouvre, entre deux contreforts, par un arc en plein cintre aux piédroits ornés de chapiteaux  et aux moulures non sculptés. Deux  pinacles à crochets ont été disposés sur les cotés, deux autres couronnent les contreforts.

Le fronton est délimité par une corniche, vide. Au total, nous avons là un ensemble simple, sans ornementation sculptée que les inscriptions déjà décrites.

À l'intérieur, la voûte, en forme de coupole, est recoupée de huit nervures, arcs-ogives et liernes. 

Les deux étroites portes jumelles en plein cintre sont séparées par un trumeau doté d'un bénitier à godrons. Le fronton reçoit une petite statue de la Vierge.

Les murs ouest et est sont dotés d'un banc au dessus duquel court une frise de cartouches rectangulaires. Quelques-uns contiennent un poisson, d'autres  contiennent une forme oblongue centrée par un rectangle, que j'interprète comme une navette de tisserand, et d'autres encore sont laissés à l'état brut.

Des croix sur socle en  triangle et rectangle sont grossièrement gravées sur la paroi, comme par graffiti. Alain Perrot me signale qu'il s'agit de trois "graffiti  jacquet", gravés par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle pour attester de leur passage. Il en a observé également trois sous le porche de l'église de Goulien, une sur le mur sud de l'enclos de Saint-Tugen, et deux à Plogoff. On sait que la croix de la chapelle Saint-They, à la Pointe du Van, porte une statue géminée avec saint Jacques le Majeur coté ouest.

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Croix Jacquille d'Esquibien, photo et Copyright Alain Perrot.

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Croix Jacquille d'Esquibien, photo et Copyright Alain Perrot.

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Croix Jacquille d'Esquibien, photo et Copyright Alain Perrot.

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Intrigué, j'en ai retrouvé le témoignage à Saint-Martin de Louzach (Charente) ; ces graffiti, qualifiés de "croix jacquille", ont été relevés par le GRAH, groupe de recherche archéologique et historique, dans un article qui en souligne la valeur patrimoniale :

http://www.graht.fr/print.php?sid=86&archive=0

https://www.sudouest.fr/2014/08/25/les-graffitis-de-l-eglise-racontent-l-histoire-1650611-1196.php

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Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Église Saint-Onneau d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LINTEAU D'UNE MAISON EN FACE DE L'EGLISE.

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CATHERINE 

DES QUATREVEAUX

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Il s'agit probablement de Marie-Catherine des QUATREVAUX, née en 1803 à Esquibien. Elle épousa le 29 janvier 1825 à Esquibien Guillaume Grégoire KERLOC'H (1798-Réuniou Esquibien 1872), dont une fille, Marie Catherine Kerloc'h (Primelin 1827-Primelin 1879).

Son père Antoine des Quatrevaux  (né en 1775  à Quévreville-la-Poterie en Seine-Maritime, était militaire ; il épousa  à Audierne Marie Michelle LOUARN (née en 1776 à Audierne.

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https://gw.geneanet.org/jargor?n=de+quatrevaux&oc=&p=marie+catherine

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Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Maison d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1909, Notice sur Esquibien, BDHA, Quimper.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1099887/f85.image.r=Esquibien

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Esquibien, Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a92259a04835f9c68053071304829681.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

ESQUIBIEN Paroisse de l'ancien diocèse de Cornouaille maintenue lors du Concordat.

EGLISE SAINT-ONNEAU (I.S.)

Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un choeur peu profond à chevet polygonal. Deux chapelles en ailes forment un faux transept au droit de la sixième travée qui est plus large ; celle du sud est partagée en deux par deux arcades et une architrave. Elle date de la seconde moitié du XVIe siècle et a été remaniée au XVIIe siècle.

Le chevet a son fenestrage du XVIe siècle et, près du porche, à l'intérieur, on lit l'inscription : "I. PARIS. F. L. 1581."

La façade ouest est de la même famille que Plouhinec, Confort, Saint-Tugen, Cléden et Plogoff, avec sa porte en anse de panier sous un arc ogival, contre-courbe et faux gable reposant sur des culots.

Le clocher, d'une grande élégance, ne porte pas de galerie ; à la base de la flèche, tympans ajourés et pinacles ; tourelle d'escalier octogonale contre la face nord (n.b. : le plan de J. Bigot a été inversé, la tourelle est du côté nord, p.97).

Le porche sud, voûté sur arcs ogives très bombés avec liernes longitudinale et transversale, porte des inscriptions : "LAN. 1611" sur le contrefort de gauche, à côté : "Y. GONIDEC. F. 1612", - "H. IOVDREN. FVT. F. 1618" - "M. BRIGNON. F. 1628" - "F. 1717" sur le pignon.

A l'arcade extérieure, l'arc en plein cintre à clé en console repose sur des chapiteaux. Au-dessus de l'une des fenêtres du midi, inscription : "SIMON. GVILLOV. FAB. 1662" Et au chevet : "I. FLOCH".

 

 

 

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, L'église paroissiale d'Esquibien (Esquibien fusionnée en 2016 avec Audierne). Notice de l'Inventaire Général IA00006375

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

—Wikipedia : Eglise Saint-Onneau à Esquibien

 

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-saint-onneau-pa00089924.html pop.culture.gouv :

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Inscriptions
17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 11:19

La chapelle Sainte-Brigitte à Landugentel en Esquibien. Sa fontaine, ses inscriptions lapidaires, ses panneaux sculptés Renaissance, etc.

 

 

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Voir sur Esquibien :

 


Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

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PRÉSENTATION.

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Par l'Inventaire général :

 

"Dans le bulletin de la société archéologique du Finistère de 1899, Hyacinthe Le Carguet affirme que la chapelle Sainte-Brigitte « se trouvait autrefois à Lanuign en Beuzec-Cap-Sizun et fut transportée, en 1651, à Traon-Lannugentel, en Esquibien ». La date de 1651 se trouve en effet inscrite au-dessus d’une porte sur la façade sud de l’édifice, accompagnée du nom de IAN LE BIS (recteur d’Esquibien entre 1633 et 1669). On retrouve ce nom sur la fontaine voisine ainsi que sur le croisillon du calvaire associé à la chapelle Sainte-Edwett au village de Landrevet.

D’autres inscriptions datées de l’époque de l’implantation de la chapelle à cet endroit sont visibles sur le bâtiment et à proximité : P CORNOV F : 1651 sur le pignon ouest, à droite de la porte, V : P : M : IEAN / LE BIS : RECTEVR : 1654 et MARTIN : LE : PEVOCH : FAB : LAN : 1654 sur la fontaine située à une vingtaine de mètres au nord-ouest de la chapelle, IVON : MENS : FA : LAN : 1671 sur une dalle funéraire intégrée au sol de l’édifice.

Une restauration importante a probablement eu lieu au 18e siècle comme l’indiquent les autres inscriptions relevées sur le bâtiment : H : H : G : GRIFFOVN / FABRI 1754 (à droite de la porte principale sud), PP l 7(?) / LE : Sr : KOVARNE / FAB, et MAVRICE : CALONEC (sur le clocher).

L’édifice est aujourd’hui en bon état à la suite de deux récentes restaurations (1999 et 2004). Ouverte en période estivale, elle accueille depuis plusieurs années une exposition sur les pardons en Cap-Sizun."

 

"Description : Nichée dans un vallon arboré au sud du village de Landugentel, la chapelle Sainte-Brigitte est un petit édifice en pierres de taille d’une grande simplicité.

De plan rectangulaire avec chevet polygonal, elle porte sur son pignon ouest un clocheton de style classique présentant dans sa partie haute de petites têtes sculptées. Elle arbore deux portes principales, l’une à l’ouest et l’autre au sud, toutes deux en plein cintre avec des pilastres et deux chapiteaux à décor géométrique. Une troisième, en anse de panier et arc mouluré en accolade, se trouve également au sud.

L’éclairage est assuré par deux fenêtres en plein cintre percées dans le chevet ainsi que par deux œils-de-bœuf percés dans la façade sud.

A ses abords se trouve une fontaine en pierres de taille très soignée avec bassin rectangulaire et ouverture en plein cintre. Celle-ci fait l’objet d’un dossier complet.

Plus au nord, vers le centre du village de Landugentel, se trouve une croix monumentale en granite d’environ cinq mètres de haut. Elle trône dans un petit enclos entouré d’un muretin et porte sur son nœud carré l’inscription : STANGUEN-NEC RECTEUR 1869. Son croisillon orienté nord-sud présente, côté avers, un Christ en croix et côté revers une Vierge à l’Enfant." (Ducouret et Serre 1983)

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Par Sauvegarde de l'Art Français :

"La chapelle Sainte-Brigitte est située à Landuguen tel, hameau à 2,5  km au nord-est du bourg  d’Esquibien.  Elle  aurait  été  à l’origine construite à 2 km plus au nord, à Lannuign, en Beuzec-Cap-Sizun, et déplacée sur le site actuel en 1651.

Deux inscriptions portent cette date, l’une au-dessus de la porte sud (V : P : M : IAN : LE / BIS : RECTEVR 1651), l’autre sur le mur ouest, à droite de la porte (P CORNOV F : 16 / 51).

À une vingtaine de mètres au nord-ouest de la chapelle, une fontaine architecturée porte aussi deux inscriptions tendant à rapporter à la même époque l’implantation de la chapelle en ce lieu : V : P : M : IEAN / LE BIS : RECTEVR : 1654, et MARTIN : LE : PEVOCH : FAB : LAN : 1654.

Une restauration fut probablement entreprise au XVIIIe s., comme en témoignent des inscriptions: H : H : G : GRIFFOVN / FABRI 1754 (à droite de la porte principale sud), PP l 7[illisible] / LE : Sr : KOVARNE / FAB, et MAVRICE : CALONEC (sur le clocher).

L’édifice est d’une grande simplicité : le plan est rectangulaire, avec un chevet à trois pans. Le mur occidental porte un clocheton de style classique. Les deux portes principales, à l’ouest et au sud, sont en plein cintre, avec des pilastres et deux chapiteaux à décor géométrique, la porte ouest étant surmontée d’un faux fronton triangulaire. Une troisième porte à linteau en accolade s’ouvre sur le mur sud. Un faible éclairage intérieur est assuré par deux petites fenêtres dans le chevet et deux œils-de-bœuf au sud.

Lors de la deuxième campagne de travaux, le mobilier a été déposé et mis en sécurité : le décor du chœur avec ses boiseries, l’autel et le retable (XVIIe s.) et cinq statues en bois polychrome dont deux de sainte Brigitte.

La statue de la fontaine est aussi une sainte Brigitte. La sainte honoré e en ces lieux est l’abbesse de Kildare, en Irlande, et non la sainte suédoise. En 1998, la Sauvegarde de l’Art français a accordé 90 000 F pour les maçonneries du clocher, le drainage et la réponse en sous-œuvre, la charpente et la couverture en ardoises." (Fondation Sauvegarde art français)

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Par Couffon :

"CHAPELLE SAINTE-BRIGITTE Jadis à Lannuign en Beuzec-Cap-Sizun, elle fut transportée en 1651 à Traon-Landugentel. C'est un édifice de plan rectangulaire à chevet polygonal et porte ouest de style classique. La longère sud porte deux inscriptions : "V. P.K M. IAN. LE BIS. RECTEVR. 1651" au-dessus de la porte, et "H. H. G. GRIFFOVN. FABRI. 1754" à droite de la même porte. Mobilier : Au maître-autel, retable à colonnes torsadées ; dans le fronton brisé, représentation en bas-relief de sainte Brigitte. Le tableau de la sainte en prière a disparu. Poutre de gloire portant le groupe de la Crucifixion ; au pied de la croix, moniale en prière. Deux statues en bois polychrome de sainte Brigitte. * Fontaine avec bassin rectangulaire, deux colonnettes en nid d'abeilles encadrent la niche. Deux inscriptions : "V. P. M. IAN. LE. BIS. RECTEVR. 1654" sur le fronton, et "MARTIN. LE. PEVOCH. FAB. LAN. 1654" sur l'un des versants de la toiture. (R. Couffon 1988)

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Par Abgrall : "les jeunes mères viennent invoquer sainte Brigitte pour avoir un  lait abondant pour leur nourrisson."

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J'ai visité cette chapelle lors de l'excursion de la SAF en 2016, guidée par madame Andrée Chapalain, présidente de l'Association Culture et Patrimoine d'Esquibien. Mes photos veulent rendre compte de la richesse du patrimoine d'inscription lapidaire d'une part, et des panneaux Renaissance de l'autel, mais aussi de tout ce qui a retenu mon attention.

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Toponymie .
 

(Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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1°) Landugentel 

Formes anciennes attestées :

  • 1540 : Lannuguentel

  •  1541 : Laniguentel

  • 1573 : Languyntel

  • 1624 : Lanuguentel

  •  1752 : Landuguentel

  • 1815 : Landuguentel

  • 1836 : Landugantel

 

 Variantes orthographiques recensées actuellement : (Landugentel ; Landuguentel ; Landuquentel)

 Autres informations sur le sens du toponyme : Lann (pour le sens voir à Landreved -*-) précède ici un élément noté -uguentel en 1540. Ce terme pourrait contenir la racine ugent, vingt, à moins qu'il ne s'agisse en fait d'un élément - gentel, forme lénifiée à l'initiale de Kentel, leçon et par extension bon conseil. Le rajout de la consonne "d" entre Lann- et -ugentel, sans doute pour faciliter la prononciation, est relativement récent dans l'histoire du nom (milieu XVIIIe siècle). Cette consonne n'est pas étymologique.

 

-*-Landreved  :Nom de hameau qui se compose en première position du terme Lann, qui recouvrent deux réalités différentes : un lieu sacré, une fondation remontant au haut Moyen Age, sur laquelle un moine venu d'outre-Manche a établi un ermitage, un établissement religieux ; la deuxième acception est "lande", terrain pauvre où pousse notamment l'ajonc (qui se dit Lann en breton), toutefois d'une très grande utilité autrefois (en raison de l'exploitation de cette plante pour l'alimentation des chevaux). Le sens du Lann qui nous intéresse ici sera plutôt religieux." (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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2°) Chapel Santez Berc'hed

 Formes anciennes attestées :  1836 : Chapelle Sainte-Brigitte

 Variantes orthographiques recensées actuellement : (Chapelle Sainte Brigitte)

 "Autres informations sur le sens du toponyme : Cette chapelle, chapel en breton, se situe au village de Landugentel (pour le sens voir à cette entrée) elle se trouvait autrefois près du village de Lannuign en Beuzec et fut transférée à Esquibien en 1651. Santez veut dire sainte et Berc'hed, correspond à la forme française "Brigitte", protectrice de l'Irlande, qui fut abbesse du monastère de Kildare au VIe siècle, et dont le culte est relativement répandu en Bretagne. Sur Beuzec-Cap-Sizun les bretonnants prononcent Santez Berc'hed avec un B à l'initiale mais sur la commune d'Esquibien nous avons collecté, deux autres prononciations, Berc'hed mis à part, [santez verc'hed] avec mutation par lénition de B en V et [santez perc'hed] par renforcement de B en P. C'est sous dernière forme que l'on retrouve le nom dans Loperc'hed, commune du Finistère, mais également sous la plume de H. Le Carguet dans un article sur les saints du Cap-Sizun publié dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère en 1899. Dans le doute sur la forme légitime nous conserverons la forme classique du nom qui de surcroît est celle la plus utilisée." (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES DE LA PORTE SUD.

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Les élévations de la chapelle sont en pierres de taille d'un granite clair, ou leucogranite encore nommé "granulite" : c'est celui qui est largement utilisé pour les bâtiments d'Esquibien (ou, plus largement, du Cap Sizun). Il pourrait être d'extraction locale, et les géologues soulignent sa clarté liée à sa richesse en muscovite :

"Leucogranite à muscovite et biotite de la pointe du Raz—Quimper. Le granite de la pointe du Raz—Quimper représente l'extrémité occidentale de la bande granitique de la pointe du Raz—Nantes (J. Cogné, 1957); il apparaît dès la pointe du Raz, constitue l'armature méridionale du Cap-Sizun (Plogoff, Primelin, Esquibien) avant de s'enfoncer dans l'intérieur des terres à partir de Plouhinec, en formant un vaste plateau qui occupe le centre de la feuille (Plouhinec, Plozévet, Landudec). En dehors des anciennes carrières au Nord-Ouest de Plouhinec et au voisinage de Plozévet, ce sont des affleurements en bordure de Goyen (Guiler, Mahalon, Audierne) et sur la côte entre l'anse du Cabestan et la plage de Guendrez qui sont les plus accessibles. Il s'agit d'un granité clair beaucoup plus riche en muscovite qu'en biotite et à grain millimétrique. Ces caractères sont assez constants, dans l'ensemble du massif ." (carte géologique)

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La porte en plein cintre voit ses piédroits ornés de petits chapiteaux à croisillons.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription au dessus de la porte. 1651.

Elle occupe un double cartouche à réglure par moulure et les lettres (en réserve et non gravées, comme c'est  la règle) sont en belles majuscules à empattement, avec  une I est perlée, et deux lettres conjointes VR. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points, en forme de losanges.

Les chiffres de la date sont particulièrement élégants.

On lit :

V : P : M : IAN : LE

BIS : RECTEVR / 1651 .

soit "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis, recteur l'année 1651" .

La formule nobiliaire VPM plutôt que VDM (vénérable et discret) n'est pas courante.

Jean Le Bis a été recteur d'Esquibien de 1633 à 1669. Il a également inscrit son nom sur la fontaine, et sur le calvaire Sainte-Edwett près de Landrevet.

 

Le nom Le Bis est attesté à Goulien au XVIIe siècle.

 

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription à droite de la porte.  1754.

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L'inscription "H. H. G. GRIFFOVN. FABRI. 1754" prolonge et complète plus d'un siècle plus tard l'inscription précédente à droite de la porte, témoignant d'une probable restauration au XVIIIe siècle.

Elle s'inscrit en majuscules avec des losanges entre les mots.

Il faut lire "Honorable Homme G. GRIFFOUN, fabricien en 1754". 

Il faut selon toute vraisemblance identifier ce personnage avec Guillaume (LE) GRIFFON, né le 16 mai 1692 à Keréyoc'h 'Esquibien) et décédé le 5 février 1779 ... à Landuguentel.

Il avait épousé le 13 février 1719 Marguerite PELLAE (Kersigneau Plouhinec 1698-Landuguentel 1766), dont onze enfants  entre 1720 et 1742-1743. Ses 4 fils Jean, Guillaume, René et Alain étaient témoins à son décès.

Mais il peut aussi s'agir de son fils Guillaume LE GRIFFON, né le 25 mai 1729 à Esquibien, décédé le 26 novembre 1779 à Kervréac'h (Audierne). Il avait épousé le 28 août 1758 Marie CARADEC (1724-1779), dont 4 filles de 1759 à 1766 : seule la dernière, Thérèse, est né à Landuguentel.

En 1754, il était célibataire et âgé de 25 ans. Je pense que son père, âgé alors de 62 ans, est un meilleur candidat pour notre fabricien. Le qualificatif Honorable Homme laisse supposer qu'il était marchand .

 

https://gw.geneanet.org/mlappart?n=griffon&oc=1&p=guillaume

https://gw.geneanet.org/mlappart?lang=fr&pz=martine&nz=lappart&p=guillaume&n=le+griffon

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription de l'angle du mur ouest à droite de la porte, 1651.

P CORNOV F : 16 / 51

Soit "P. CORNOU Fabricien en 1651".

Un Pierre CORNOU est né le 26 février 1637 à Audierne et décédé le 20 avril 1691 à Esquibien. Il avait épousé Marie KERISIT le 17 février 1670.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=cornou&oc=2&p=pierre

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LE CLOCHER ET LA CLOCHE.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscriptions de la chambre de la cloche :

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1°) Dans un cartouche à moulure, en lettres capitales, :

LE : Sr : KOVARNE / FAB

Soit : "Le sieur Kouarne, fabricien"

Nous pouvons supposer qu'il s'agit de Le SCOUARNEC. Le nom est attesté à Esquibien

https://gw.geneanet.org/cricroc?n=le+scouarnec&oc=&p=jean+marie

2°) Au dessus, en couronnement de la chambre des cloches  :

M. MAVRICE : CALONEC  / RR 17--

S'il faut lire Le Calonnec, le nom n'est pas attesté en Cap Sizun.

Il s'agit, selon une mention manuscrite de la Notice du BDHA, de Maurice ou Marc Le CALONNEC recteur d'Esquibien de 1704 à 1711.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La cloche.

Elle a été faite par la fonderie Ferrand de Vannes (sur laquelle je n'ai pas de renseignements). Le médaillon représente une sainte (la Vierge) piétinant des serpents.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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LA FONTAINE de 1654.

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"La fontaine Sainte-Brigitte a été bâtie en 1654, soit trois ans après le déplacement de la chapelle qui lui est associée à son emplacement actuel. On trouve cette date portée à trois reprises sur l’édicule : sur le pignon sud, le pan est du toit et le côté sud-est du bassin.

On doit sa construction à IAN LE BIS (recteur d’Esquibien entre 1633 et 1669) dont le nom, accompagné d’un calice en saillie, surplombe l’ouverture et apparaît également sur le mur sud de la chapelle. Le second nom présent sur l’édicule est porté sur le pan est du toit : MARTIN : LE : PEVOCH : FAB.

Notons qu’au moment sa construction, une stèle gauloise christianisée a été intégrée à l’angle sud-ouest de son bassin.

Elle est aujourd’hui bien entretenue et régulièrement fleurie." (Fabien Serre 2019)

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Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Inscription du fronton, coté sud. 1654.

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L'inscription est disposée autour d'un calice, comme emblème ecclésiastique.

V : P : M : IAN : LE

BIS : RECTEVR / 1654

soit "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis, recteur, l'an 1654".

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Je n'ai pas photographié l'autre inscription : MARTIN : LE : PEVOCH : FAB.

soit "Martin Le Peuoch fabricien"

Les généalogistes signalent Martin Le PEOC'H, né à Kersorn (Esquibien) vers 1714 et décédé le 15 mars 1679 à Esquibien. Il avait épousé Marie GOURRET, dont 5 enfants nés entre 1637 et 1648 à Audierne.

Kersorn n'est guère éloigné de la chapelle.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=peoch+le&oc=&p=martin

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=peoch+le&oc=&p=martin

Le mariage de sa fille Marie à Primelin avec l'honorable homme René Bourdon en présence d'Yves du Ménez, seigneur de Lezurec, montre que Martin Le Peoc'h occupait une belle situation sociale;

https://gw.geneanet.org/mjcoat?lang=fr&pz=olivier&nz=coat&p=marie&n=peoch+le&oc=1782

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Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

Fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE.

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L'autel.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La statue de sainte Brigitte, son livre et son mouton.

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La sainte de Kildare est représentée en habit monastique, tenant un livre, et avec un animal à ses pieds. Je l'identifie pour un mouton, en raison de la croyance en son pouvoir d'accorder à ceux qui la prie un cheptel d'ovins. Elle tenait sans doute le crosse d'abbesse dans la main droite.

On lit dans le Cogitosus :

"Je détaille ici un autre épisode qui prouve sa sainteté; épisode dans lequel ce que sa main fit, correspondait à la qualité de son esprit virginal pur. Elle faisait paître ses moutons sur une pelouse herbeuse de la plaine, quand elle fut inondée par une pluie torrentielle ; elle rentra chez elle avec des vêtements mouillés. Le soleil brillant au travers d’une ouverture dans le bâtiment, jeta un faisceau à l'intérieur qui, lors d’un coup d'œil distrait, lui sembla être une solive en bois massif, installée en travers de la maison. Elle posa son manteau humide dessus comme si elle était bien solide, et le manteau fut suspendu en toute sécurité au rayon de soleil immatériel. Lorsque les habitants de la maison furent frappés par ce grand miracle parmi les voisins, ils exaltèrent l’incomparable Brigitte de dignes louanges.

Et l’œuvre suivant ne doit pas être passé sous silence.

Sainte Brigitte était dans les champs avec des moutons en pâturage, occupée par ses travaux champêtres, quand un certain jeune méchant, qui connaissait sa réputation de donner ses biens aux pauvres, vola habilement et sournoisement puis emporta sept moutons durant une journée, et les dissimula. Mais vers le soir, quand le troupeau fut reconduit comme d'habitude à la bergerie, on les compta avec le plus grand soin trois ou quatre fois, et merveille à raconter, le nombre fut estimé exact et complet, sans pertes. Ceux qui savaient, furent submergés par la bonté de Dieu rendue évidente pour la jeune fille, et ils rendirent les sept moutons au troupeau. Mais le nombre de bêtes du troupeau n’augmenta ni ne diminua, il retrouva exactement sa quantité d'origine."  http://remacle.org/bloodwolf/eglise/cogitosus/brigitte.htm

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'autel et son retable sont posés sur un tour d'autel composé de huit panneaux rectangulaires d'un style et d'une composition homogènes, tous centrés par un médaillon, et tous ornés d'un décor Renaissance. Les couleurs bleu, rouge, vert-pâle ou crème sont ternes ou atténuées et contrastent avec le retable.

Cette homogénéité s'explique lorsque l'on apprend (A. Chapalain) que ces panneaux proviennent de l'ancien jubé paroissial. Celui-ci fut démonté après le Concile de Trente, et les panneaux furent ré-employés dans l'église pour une tribune de fond de nef, et pour cet autel.

Leur facture les datent vers 1550 (c'est à cette date, selon Debidour, que les jubés introduisirent le vocabulaire Renaissance dans leur décor), tandis que le Concile de Trente s'est achevé en 1563.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'inscription du cartouche. L'énigme du nom du fabricien.

Alors que la tribune de l'église ne comporte aucune inscription (malgré deux cartouches muets au dessus des navires), nous avons ici un cartouche, imitant un rouleau aux extrémités enroulés en cornets (comme ceux de l'église) qui porte une inscription gravée. Hélas, la partie haute est partiellement masquée par une baguette ajoutée en encadrement. 

La fin de l'inscription indique que nous avons affaire au nom du fabricien : F/ABRIC.

La deuxième  ligne se lit ENIQV : (ou ENIOV:)

L'exemple du mot "fabric" montre que le sculpteur n'hésite pas à couper les mots. 

La première ligne résiste à mes tentatives. 

Au total, j'ai pensé à LE NIOU, mais ce nom n'est pas attesté à Esquibien. DENIOU, PENIOU, RENIOU, GUENIOU ?

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Introduction : la Renaissance en Bretagne.

L'art ornemental de la Renaissance, d'origine italienne, est apparu très précocement en Bretagne, dès 1507, à Dol-de-Bretagne pour le Cénotaphe de l'évêque Thomas James sculpté par Jean Juste.

On y trouve déjà, en bas-relief, les dauphins, les putti, les mascarons, les lions et les dragons à corps végétalisés, les vases, les grotesques et les faunes, les bucranes, les rinceaux extravagants et les rubans ou linges suspendus, les coquilles, les figures accouplées par le cou ou la queue par un anneau, les cornucopia, les cartouches rectangulaires inspirés des ruines romaines, et, bien-sûr, les médaillons. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/08/le-cenotaphe-de-thomas-james-dans-l-ancienne-cathedrale-de-dol-par-jean-juste-et-1507.html

Tout semble organiser pour dissoudre les frontières entre terrestre et aérien, entre l'humain et l'animal, entre espèces animales, qui sont hybridées, et entre animal et végétal, puisqu'on ne n'y trouve aucune figure qui ne mêle pas ces différents genres. D'où naît une confusion illusionniste  enivrante, entretenue ou accentuée par les volutes de tous genres (tiges, queues, étoffes) qui tournoient autour des figures. La référence à l'antique, et le rôle de modèle des décors découverts à la fin du XVe siècle dans la Domus Aurea, y est évident. Or, la date de 1507 est fort précoce pour l'expression de cet art grotesque en France (et même en Italie, les Loggias du Vatican sont plus tardives, entre 1516 et 1519).

L'art de la Renaissance s'exprima un peu plus tard sous l'influence de François Ier libéré des prisons de Charles Quint à Fontainebleau, par les peintures, panneaux de bas-relief en bois et encadrements en stuc déterminant l'art ornemental bellifontain vers 1530.

La Première Renaissance bretonne débute réellement vers 1560. La chapelle Sainte-Yves de Kerfons en relève (1553-1559), tout comme le tombeau de Guy III d'Espinay, conçu par l'angevin Jean de l'Espine en 1552-1553. Le château de Kerjean en Saint-Vougay (1550-1580) en donne une magistrale expression, tant pour l'architecture que pour la sculpture sur bois des sablières (v.1580)

L'influence des ornemanistes bellifontains est précisément évidente dans les sablières de Kerjean, attribuées au Maître de Pleyben actif, à Pleyben, Plomodiern Saint-Divy, entre 1560 et 1580, et cette influence se reconnaît notamment par les cuirs à enroulement des cartouches.

Un autre sculpteur de sablières, que j'ai nommé Maître de Plomodiern (S. Duhem le nomme Brellivet), a multiplié les éléments Renaissance particulièrement par les figures hybrides et dragons végétalisés, à Plomodiern, et à Saint-Nic, mais aussi — ce qui nous concerne d'avantage ici — dans le Cap Sizun à Pont-Croix à la chapelle Saint-Tugen de Primelin ou à la Chapelle Saint-Trémeur de Beuzec-Cap-Sizun. Il est actif entre 1544 et 1564 environ.

Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

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Enfin, les sablières de l'église d'Esquibien n'échappent pas à cette influence de l'art de la Renaisssance.

 

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Les panneaux de gauche (mauve et vert céladon).

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— Panneau 1 : médaillons à motif floral ou à étoffe plissée en éventail, losanges à masques aux cheveux et barbes végétalisés.

— Panneau 2 : dauphins affrontés à corps végétalisés en volutes ; coquille dans un temple stylisé ; mascarons barbus à corps végétalisés, affrontés; rinceaux ; médaillon central bûché, repeint en bleu cobalt.

— Panneau 3 : rinceaux affrontés ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; paire de dauphins affrontés à corps végétalisés, autour d'une vasque et de tiges.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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— Panneau 4 : 2  losanges à masques aux cheveux et barbes végétalisés, médaillon central bûché repeint en bleu cobalt, 2 couples de dauphins à corps végétalisés et queue enrubannée. Notez le cadre des losanges orné d'encoches en I I . I I . par marques de gouges droites et de trous de foret, comme dans les sablières du Maître de Plomodiern.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Panneaux à droite de l'autre coté de l'autel.

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— Panneau 5 (rouge brique et vert) : masque crachant des feuillages dans une architecture antique à arc en plein cintre ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; rinceaux affrontés.

— Panneau 6 (bleu pâle et vert) : rinceaux ; cartouche en feuille à bords enroulés et inscription ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt.

— Panneau 7 (blanc crème et vert) : couple de dauphins séparé par un fleuron ; coquille dans un arc en plein cintre ; médaillon central bûché repeint en bleu cobalt ; mascarons de profil, affrontés autour d'une tige, et à corps végétalisé.

— Panneau 8 : (mauve pâle et vert) : demi-médaillon à plissé rayonnant ; losange à mascaron ; médaillon intact, à mascaron de face ;  losange à mascaron  ;  demi-médaillon à plissé rayonnant.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Discussion sur les médaillons.

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Il reste à s'interroger, avec André Chapalain, sur le contenu des médaillons qui ont été bûchés (ôtés à coup de ciseau à bois). Il persiste sur certains d'entre eux les traces d'implantation qui ne remplissent qu'une partie du cercle, comme le ferait un élément en haut relief ou demi-relief, tandis qu'un élément en bas-relief (comme les mascarons du panneau 8) laisseraient une surface bûchée se confondant avec le médaillon.

Les éléments sculptés en haut relief des médaillons sont le plus souvent, en Italie comme en Bretagne, des têtes d'hommes et de femme; Ce sont ces visages, en costumes Renaissance, qu'on voit sur les dais des bénitiers en kersanton des trumeaux des porches de La Roche-Maurice vers 1530-1550 ou de Landivisiau,

Le  porche de l'église de Landivisiau IV : Le bénitier.

Le portail sud de l'église de La Roche-Maurice.

Bénitier du portail sud (vers 1550, kersantite, atelier Prigent ?) de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

 

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Mais pour quelle raison les têtes des médaillons d'Esquibien ont-ils été si soigneusement bûchés ? Il est probable que cela ait eu lieu lors de la Révolution. Il y a 12 panneaux sur la tribune d'Esquibien, 8 panneaux à Sainte-Brigitte, et 6 autres n'ont pas été ré-employés. Ce chiffre total de 26 panneaux s'oppose à l'hypothèse de portraits ou de blasons nobiliaires ou de personnalités connues (armateurs et marchands). S'il s'agissait de saintes figures (apôtres et prophètes), pourquoi auraient-ils, plus qu'ailleurs, provoqué la rage iconoclaste? S'agissait-il de figures offensantes pour la pudeur ou la bienséance ? 

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La poutre de gloire.

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Outre le Crucifié , la Vierge et saint Jean, il est émouvant de trouver au pied de la Croix sainte Marie-Madeleine agenouillé, avec son manteau rejeté sur les pieds en un vaste plissé. Émouvant, car c'est exactement la reprise des calvaires du Finistère sculptés en kersanton par les ateliers de Landerneau (Bastien Prigent à Pencran Saint-Ségal, Ste-Marie-du-Ménez-Hom et Lopérec puis Roland Doré, à Ste-Anne la Palud par exemple.

D'autant que le calvaire de Sainte-Anne-la-Palud est daté de 1642.

Le calvaire et la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les blochets et leur inscription.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'inscription du blochet sud : 

V:P : M : I : BIS 1652.

 

Soit, pour la 3ème fois, "Vénérable et Puissant Messire I. Bis 1652" donc "Vénérable et Puissant Messire Jean Le Bis 1652".  

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

La chapelle Sainte-Brigitte d'Esquibien. Photographie lavieb-aile 2016.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PEYRON (Paul) 1909, Notice sur Esquibien, BDHA page 88

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f096b4a373bfb45f5ec65f9f1a363fcf.pdf

— CHAPALAIN (Andrée), 205, "La tribune de l'église Saint-Onneau", Reuz en Esquibien, bulletin n°13 de l'Association Culture et Patrimoine pages 10-13.

—COUFFON, (René), LE BARS, (Alfred), 1988, Notice sur Esquibien. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

—LE CARGUET (Hyacinte) 1899 « Les chapelles du Cap Sizun. Les saints et les migrations insulaires », Bull. SAF t. XXVI, 1899.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1899_0128_0142.html

— MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

— PERENNES (Chanoine Henri), Esquibien, 1940, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon dans, Bulletin de la Commission diocésaine d'histoire et d'archéologie de Quimper. 1940 Archives diocésaines de Quimper

— SAUVEGARDE DE L'ART FRANÇAIS

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/esquibien-chapelle-sainte-brigitte-de-landuguentel/

— SERRE (Fabien), 2019, La fontaine de la chapelle Sainte-Brigitte, notice de l'Inventaire IA29132241.

Base patrimoine.bzh/ GERTRUDE

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/fontaine-sainte-brigitte-landugentel-esquibien-fusionne-en-audierne-en-2016/4e01571b-c11a-4305-b190-aef1fa5bc188

— DUCOURET (Jean-Claude), SERRE (Fabien), la chapelle Sainte-Brigitte

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-sainte-brigitte-landuguentel-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/d30c2bb2-c7c8-46a3-a75a-61e93d4c38d9

idem, annexe de 1978 :

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006373_01.pdf

— AUTRES NOTICES DE L'INVENTAIRE GENERAL :

L'église paroissiale d'Esquibien

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

Les croix d'Esquibien

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/les-croix-monumentales-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/9f709254-5bd3-419f-a0b5-3f6b874d1889

Calvaire Sainte-Edwett

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-sainte-edwett-pres-de-landrevet-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/4a817000-9485-4d46-bc4e-00d8302de810

Calvaire Sainte-Edwett, près de Landrevet (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale dite croix neuve (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, Trévenoen (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Keraudierne (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kerboul (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kerhuon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Croix monumentale, près de Kervéoc (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Les écarts d'Esquibien

Ecart, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Custrein (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kerandraon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kergadou (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Kerhuon (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Pors Feunteun (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Trobey (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Ferme, Tromao (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison puis dépendance, Kervreac'h (Audierne)

Maison, Brignéoc'h (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Keridreuff (Audierne)

Maison, Landrévet (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Le Créac'h (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Maison, Lervily (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Cosquer Bihan (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Kerivoas (Audierne)

Écart, Pors Feunteun (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)

Écart, Tromao (Esquibien fusionnée en Audierne en 2016)


 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/croix-monumentale-trevenoen-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/df918a4a-e0ff-48fc-bbc3-c43c574c541f

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ecart-cosquer-bihan-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/0e3341f1-4dc9-4d3d-8a78-17292fb5681f

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/maison-le-creac-h-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/6c0204b9-dbcf-4a8c-b966-3aa4e9c5d6c0

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ecart-tromao-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/c1ea5308-7ccb-497c-b21d-04dbfb0b541f

— TOSCER 1985 et TUGORES 1978,

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA29132241_01.pdf

— Carte géologique de la France : Pont-Croix.

http://ficheinfoterre.brgm.fr/Notices/0345N.pdf

Etude normative des toponymes. Esquibien. (Ofis ar Brezhoneg – Office de la Langue Bretonne)

https://p1.storage.canalblog.com/25/87/986343/118848816.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculpture Renaissance Inscriptions
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 20:50
Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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8 rue des Écoles : encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en anse de panier à accolade, chronogramme 1646, piédroits chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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[12] rue des Écoles. élévation en moellon, ouvertures en pierre de taille (microdiorite quartzique). Porte en anse de panier à linteau souligné d'un bandeau. Bords chanfreinés.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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En passant : 7 rue des Écoles. Prix spécial pour la pancarte "chien gentil".

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DU FORT.

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Le 1 (?) rue du Fort : encadrement de porte en kersantite, porte cintrée à claveau, chronogramme 1695.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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3 rue du Fort : encadrement de  fenêtre en microdiorite quartzique et kersantite. Bords chanfreinés ornés aux pieds d'une hermine ou animal à préciser.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA RUE DE LA GRÈVE.

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7 rue de la Grève. Encadrement de porte en microdiorite quartzique, linteau en trois blocs en anse de panier à accolade. Piédroits chanfreinés ornés à la base d'hermines.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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13 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en microdiorite quartzique et kersantite , linteau droit chanfreiné,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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17 rue de la Grève. Encadrement de porte  en microdiorite quartzique  , linteau droit à accolade,  piédroits chanfreinés ornés à la base de griffes.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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19 rue de la Grève. Encadrement de porte et fenêtres  en  kersantite , linteau droit; mention spéciale pour les jardinières.

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LA GRAND'RUE.

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17 Grand'rue. Trois blocs gravés. Kersantite 1699 (?) ; granite 1956 ; monogramme TB. 

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Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Façades du bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Ma description est très loin d'être exhaustive, on la complétera par les photographies prises par Erwana L'Haridon, et surtout, on partira à son tour en visite pour faire ses propres trouvailles.

Dans la campagne, de belles découvertes sont à faire, avec les chronogrammes 1651 ; 1745 ; 1749 ; 1780 ; 1806 ; 1834 ; 1855 ; 1857 ; 1866 ; 1869 ; 1870 ; 1892 ; 1894 ; 1925, en suivant les indications d'Erwana l'Haridon..

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SOURCES ET LIENS.

L'HARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

L'HARIDON (Erwana), 2011, Les fermes et maisons des écarts de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-fermes-et-maisons-des-ecarts-de-lanveoc/f5fc487d-2ebe-426b-84ce-494984cee580

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 13:26
14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'inscription de la fenêtre du rez-de-chaussée, coté est. Kersantite, 1694.

Le bloc de kersantite est creusé d'un cartouche rectangulaire à deux demi-cercles aux extrémités et un aménagement pour la croix. Les lettres sont taillées en réserve en majuscules aux empattements élargis. Elles sont rehaussés par la peinture bleu-gris.

On y lit :

IHS.1694.MARI

Le monogramme IHS où le H est surmonté d'une croix est celui de IESUS ( précision sur Wikipedia).

Le monogramme MARI où le M, le A sont superposés et où le fût du M et celui du le R sont confondus  est l'une des formes de celui de MARIA, désignant Marie, la Mère de Jésus.

Ces deux monogrammes sont des indices sérieux pour penser qu'en 1694, cette maison était la demeure d'un prêtre (ou d'une religieuse). Ce ne peut être le recteur puisque Lanvéoc était une paroisse de Crozon jusqu'en 1862. L'ancienne chapelle Saint-Joseph, du XVIe siècle, a alors été remplacée par celle dédiée à sainte Anne en 1872. Elle renferme des statues de la Vierge à l'Enfant, de sainte Anne éducatrice ou de saint Joseph datant (comme notre inscription) du XVIIe siècle.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La date de 1694 n'est pas anodine puisque c'est celle de la Bataille de Camaret, qui vit la tentative de débarquement des forces anglaises sur la plage de Trez Rouz être repoussée par les troupes françaises dirigées par Vauban.

Lanvéoc est située sur la route royale de Nantes à Brest et c'est de son port que les voyageurs et les marchandises prenaient le bateau (une gabarre d'une douzaine de mètres) pour traverser la rade.

C'est donc par Lanvéoc que passèrent le 9 juillet 1686 (8 ans avant notre chronogramme) la délégation venue du royaume de Siam pour rencontrer Louis XIV à Versailles.

Cette situation sur un grand axe de communication a déterminé l'organisation en rue-village en T avec la succession d'une vingtaine de maisons dans la descente de la Grand'Rue (au XIXe Rue Nationale), venant buter sur un front de façades plus court donnant vers les chemins descendant vers le port (actuelle Rue de la Grève et Rue du Fort). C'est là que se trouvent encore des vestiges ou les pierres importées des maisons du XVI et XVIIe début XVIIIe, principalement sous la forme de baies en kersantite et microdiorite quartzique ("kersanton" et "pierre jaune de Logonna") dont on se plait à observer l' ornementation sculptée  : ici  une accolade, un chanfrein, une moulure, là les volutes et coeurs sur les linteaux, les griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroit. 

Le cadastre napoléonien de 1833 montre 12 maisons du coté ouest de la Grand'rue et autant du coté est, avec à l'arrière un courtil ou une dépendance. Le bourg comptait en 1786 350 habitants, des marins, pêcheurs, cultivateurs et artisans. Le chiffre passa à  328 habitants en 1830, , 394 en 1862 et 400 en 1871.

La chaussée étant empruntée par des cavaliers, des colonnes de troupes, des convois, des charrettes et des diligences, la voie principale du bourg est très large. Sa largeur répond aux normes des routes royales : 42 pieds de large, soit 13 mètres.

En 1786, Jean-Marie Bachelot de la Pylaie décrit les maisons de la grand'rue : "On y trouve une rue large, d'une certaine longueur, droite, bordée sans interruption de maisons couvertes en ardoise qui ont presque toutes un premier étage au dessus d'un rez-de-chaussée. On en remarque même qui ont une certaine apparence nobiliaire et paraissent remonter au 15e ou 16e siècle." 

Les enseignes visibles sur les  cartes postales confirment l'intuition que les commerces d'alimentation, auberges et tavernes devaient être nombreuses. (Boulangerie ; Buvette ; Leostic, on vend à boire et à manger : Au retour de Brest).

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Comparaison entre la carte d'Etat-Major 1820-1866 et la carte IGN actuelle.

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Les inscriptions lapidaires des maisons de Lanvéoc II. Les dates de 1694 et 1752 au 14 Grand'rue.

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L'inscription de la fenêtre médiane de l'étage. Kersantite 1752.

F : D : 1752 : A : B :

Les initiales ne peuvent être interprétées, mais la date de 1752 indique soit la construction d'un étage, soit une restauration de l'édifice et le percement d'une ouverture.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La porte et son encadrement de kersantite.

Le linteau en anse de panier est sculpté d'une accolade.

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14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le propriétaire actuel : monsieur François Jestin.

Tandis que je prenais mes photos, le propriétaire (que j'assimile au nom indiqué sur la boite à lettres) est apparu, intrigué,  à la fenêtre. Nous avons discuté de cette inscription, puis il m'a signalé que la maison était jadis un magasin. "Attendez, je vous prends en photo". Il m'a quitté sur un "Bon, je retourne écrire", et son sourire fut comme le passage éphémère d'une amitié. Qu'il en soit remercié.

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Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Au 14, Grand'rue à Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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SOURCES ET LIENS.

— LHARIDON (Erwana), 2011, Bourg de Lanvéoc, dossier IA29004751 de l'Inventaire du patrimoine culturel

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bourg-de-lanveoc/b7c4b600-a33b-4a49-9ab7-8cd7ac044ca8

— BDHA

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b798ad57b246d6b0cc6ec8e4596ca9fc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 21:22

Sur l'inscription lapidaire  Anne FOLGAR / LE BEULIN 1730 du bourg de Lanvéoc.

 

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Sur Lanvéoc, voir :

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Sur les inscriptions lapidaires de la Presqu'île de Crozon, voir :

Liste de mes 150 articles sur la presqu'île de Crozon.

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Sur la façade de l'actuel bar restaurant La Rade, à Lanvéoc, mais non sur sa façade principale,   1 rue de la Grève, orientée sud, mais sur celle de l'étroite rue du Fort, face à l'ouest. Elle n'a pas fait l'objet d'une description approfondie en ligne, mais d'un signalement et d'une photo dans le travail d'Erwana L'Haridon recensant le bâti du bourg pour l'Inventaire général. [J'ai eu accès plus tard à l'ouvrage de Marcel Burel Roscanvel d'un village à l'autre. qui y consacre ses pages 217-218.]

Dans ce travail, l'inscription est qualifiée de pierre de réemploi ; mais quelle curieuse idée de ré-employer une si belle pierre dans un emplacement adjacent. Et si, comme nous allons le voir, cette pièce appartient au patrimoine de mémoire de Roscanvel, que vient-elle faire ici ? Selon M. Burel, interrogeant le propriétaire du restaurant, c'était le linteau d'une des fenêtres de l'ancien établissement, détruit pendant la guerre de 39-45.

Malgré sa situation, elle est visible à tous les habitants de la commune, et à tous les visiteurs qui viennent admirer la place, centrée par son puits joliment fleuri. Comment son libellé a-t-il pu  susciter si peu d'intérêt ? Comment sa petite énigme n'a-t-elle pas excité d'avantage la curiosité?

Elle porte mention (certes en abrégé) d'un pilote vice-amiral. Ce titre est-il si connu, cette profession si banale pour nos contemporains ? Alors que tout au contraire, elle relève de cette ethnographie maritime, discipline jadis  en vogue grâce à Bernard Cadoret et son  équipe du Chasse-Marée, qui devrait veiller jalousement à ses trésors indiciaires.

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Description.

Ce bloc tout en longueur est sculpté dans la pierre jaune de Logonna ou microdiorite quartzique provenant de la rade de Brest, en face de Lanvéoc. C'est elle qu'on voit  utilisée à Lanvéoc, en mélange contrastée avec la kersantite de ton gris, pour les linteaux et entourages de portes et fenêtres du XVIIe et XVIIIe siècles, puisque le grès local ne se prête pas à la sculpture.

Ses caractères majuscules sont taillés en réserve sur deux lignes dans un cartouche dont les 4 bords nous assurent qu'elle est complète. Elle a bien résisté à l'altération, et sa lisibilité est bonne. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points.

Mensuration : longueur 135 cm, hauteur 26,5 cm. Hauteur des lettres de la première ligne : 10 mm. De la deuxième ligne : 8 à 9 cm.

Le mur est enduit tout autour  d'un crépi de ciment, mais le chaînage d'angle laisse voir la pierre de Logonna, comme l'appareillage de la façade sud.

 

 

 1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Son texte est le suivant :

NH : LE : BEVLIN : PV : AMIRAL

DLLE : ANNE : FOLGAR : 1730

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Sa transcription en est : Noble Homme LE BEULIN Pilote Vice-amiral / Demoiselle Anne FOLGAR 1730.

L'une des  branches de la deuxième lettre V a été martelée, volontairement ou non.

Cette transcription s'appuie sur la copie, par un généalogiste consciencieux Poirrier78, de l'acte de mariage  de Jeanne Folgar avec Bernard LELIAS, précisément en 1730 :

Acte de mariage - Lélias Bernard - Folgar Jeanne - Roscanvel - 1730 - Copy - Le seisième janvier mil sept cent trente après les fiancailles faites en face d'église et les trois proclamations des bans sans opposition par trois dimanches consécutifs du futur mariage entre Maître Bernard Lelias fils de défunts Yves Lelias et Jeanne Anthoine de la paroisse de Camaret d'une part, et demoiselle Jeanne Folgar fille de défunts le sieur Pierre Folgar, et demoiselle Marie Lozeach de cette paroisse de Roscanvel de l'autre part, et vu le décret de mariage en faveur de la dite Janne Folgar par messieurs les juges de Crauzon en datte du trente unième octobre mil sept cent vingt et neuf. Les ayant publiquement interrogé de leur mutuel consentement par paroles de présent, je soussigné pretre recteur de Roscanvel les ay conjoints en mariage solemnellement en présence de noble homme Jan Lozeach Sieur de Trevarguen, de noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest, de Jan Folgar, de Jan Longen, de Charles Souben.

Signé : Bernard Lelias Janne Folgar Le Mignon Beulin pilote amiral Jean Lozeach Jean Rolland Jean Longen Charles Souben Jean Folgar Jean Souben Lélias

 

https://gw.geneanet.org/poirrier78?lang=fr&n=folgar&oc=1&p=jeanne

 Le mariage a été célébré le 16 janvier 1730 à l'église de Roscanvel par son recteur, et les témoins étaient Jean LOZEACH sieur de Trévarguen et oncle maternel de l'épouse, et noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest.

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1. Jeanne FOLGAR 1714-1754.

Jeanne FOLGAR est née à Roscanvel le 22 août 1714 de Pierre FOLGAR (Camaret avant 1689-Roscanvel entre 1714 et 1730) et Marie LOZEACH, demoiselle de Kerveguen (Roscanvel v.1683-Kervian, Roscanvel le 8 décembre 1747). Son grand-père Jean FOLGAR était un honorable marchand de Camaret. Son oncle maternel est, nous l'avons vu, Jean LOZEACH, sieur de Trévarguen à Roscanvel

Il est tentant de l'assimiler à "Anne FOLGAR".

Les deux lieux-dits (manoirs) de Trévarguen et de Kervian à Roscanvel sont séparés de 2 km.

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Voir  les fermes et écarts de Roscanvel.

 

2. Bernard LELIAS 1704-1768.

Bernard LELIAS est né le 10 octobre 1704 à Camaret, dans le quartier du Notic principalement habité par des pêcheurs, armateurs et marins, puisque les maisons donnaient sur la grève, des escaliers faisant office de cale à marée haute. C'est également au Notic qu'il est décédé, veuf, à 63 ans, le 16 février 1768. Son père Yves était ménager à Camaret, sa mère Jeanne ANTHOINE (1668-1728) est née et décédée à Camaret.

Il était capitaine du guet, c'est à dire chargé de la police municipale (ou, à l'époque, paroissiale). Voir à Landévennec la maison de Nicolas BUZARE, né vers 1642 à Trégarvan  et décédé le 9 février 1710 à Landévennec, qui était également Maistre, Capitaine de la paroisse de Landévennec, mais aussi Bourgeois, Sénéchal de la juridiction de Landévennec et Noble marchand. 

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N.B un homonyme, maître Bernard Lélias est  notaire de Crozon entre 1724 et 1744.

Le couple eut six enfants entre 1730 et 1747, dont Clotilde, qui épousa en 1764 à Camaret Jean-Marie PERON.

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3. Bernard LE BEULIN.

Selon la généalogie de Gilles Carichon  il est né en 1667 à Roscanvel de Jean Le BEULIN et de Marguerite HARVEL. Ses grands-parents paternels sont Hervé LE BEULIN, notaire de Crozon et du Poulmic en 1674, 1681   et Marie LE TREUT.

Les généalogistes signalent aussi Hervé LE BEULIN, né en 1667,  pilote, marié à Marie LE HOU en 1680.

Les familles LE BEULIN et HARVEL sont connues à Roscanvel, comme la famille TANIOU, pour appartenir au XVIIe siècle à ces familles possédant des manoirs ou riches demeures dans le bourg (Taniou en 1618, Le Beulin) et issues de ces patrons de barque, bateliers, canotiers ou chaloupiers principalement établis à Lanvernazal. Voir Lénaïg Laot, Inventaire général.

Les restes d'un manoir au Gouerest, qui aurait  appartenu à Bernard Le Beulin sont décrits par 2 sites en ligne :

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/roscanvel/manoirs-001.php

http://inventaire.eau-et-rivieres.org/media460

Mais les documents soutenant ces allégations ne sont pas fournies.

J'ai décrit les mentions épigraphiques témoignant de la prospérité de la famille HARVEL tant sur le clocher et le porche de l'église  paroissiale (1686) que sur leur manoir de Lodoën, portant les noms de Henri HARVEL et GUEGUENIAT en 1617 et 1622

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/l-eglise-de-roscanvel-son-epigraphie-ses-cloches-et-ses-vitraux.html

 

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Qu'est-ce qu'un pilote vice-amiral ?

Là encore, les renseignements doivent être piochés ici ou là .

La Marine de l'Ancien régime est divisé entre Grand Corps, (uniforme rouge), portant l'épée, et Petit Corps (ou Officiers Bleus). Parmi ceux-ci, qui sont depuis l'ordonnance de 1689  les Officiers de Port, on distingue les officiers de plumes (intendant, commissaires, écrivain) et les officiers mariniers : capitaine du port ses lieutenants et enseignes, Pilote Royal, pilote entretenus, Maître Canonnier, Canonniers entretenus, Maîtres d'équipage, Maîtres charpentiers, Maître mateur...

 Le pilote amiral  est, on le devine, le poste le plus élevé de cet emploi. Il n'est employé que dans les Ports de Brest, Rochefort et Toulon,, où c'est un important personnage chargé de la discipline, des cours d'Hydrographie suivis par les Garde-Marine et du Pavillon : car il dirige l'école d'Hydrographie. On est d'abord pilotin, puis  aide pilote ; second ; maitre pilote ; Officier Bleu ou auxiliaire ; puis maître pilote entretenu ; et enfin maître pilote vice amiral, comme ce Jean-Louis BELLON  qui exerça à Rochefort de 1779 à 1787, et fut promu sous-lieutenant de vaisseau en fin de carrière.  On cite François Azon , pilote vice-amiral sur les vaisseaux du roi à Rochefort, et ses états de services de 1720 à 1751. Ou Jean-Louis Calas, mort en 1771, pilote vice-amiral à Toulon, ou Jean-André Chauvet, à Rochefort entre 1741 et 1784. Ou Antoine Bernard, pilote  de 1724 à 1794 puis lieutenant de vaisseau.

Je trouve mention de grade suprême de "pilote réal" (distinct de "pilote royal"), premier pilote d'une escadre de galère.

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https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_053796&udId=c32ngw6q29q--tiklbozk0xb9&details=true&gotoArchivesNums=false&auSeinIR=true&fullText=le%20beulin

À Brest en 1725 (donc tout à fait dans le cadre de notre inscription), on distingue Boisouze Liard, le Premier pilote Amiral, Michot, Pilote Amiral, Toussaint Maupin, Pilote Vice-Amiral, Alexandre Maupin, Pilote entretenu, Aubin Poiré, Pilote entretenu, Sané, Pilote entretenu. Et ce dernier n'est autre que Noël Sané (1695-1762) deviendra pilote vice-amiral en 1758 : c'est le père de l'illustre architecte naval Jacques-Noël Sané (1740-1831), "l'un des plus brillants de l'âge de la voile, surnommé aussi le « Vauban de la marine ». Il est l'architecte de la quasi-totalité des vaisseaux de ligne construits en France de la Guerre d'Indépendance Américaine à la fin du Premier Empire." 

Toujours à Brest, Joseph Nielly (1708-) débuta comme mousse-pilotin en 1727, puis 14 ans plus tard premier pilote entretenu, pilote amiral en 1756, capitaine de flûte en 1763, et lorsqu'il mourut en 1780 avec le grade de capitaine de brûlot, il avait fait quarante campagnes sur les vaisseaux du roi.

On voit que cette fonction n'est pas celle d'un pilote côtier assurant les entrées de port, mais celle d'un pilote hauturier exigeant courage et habileté manœuvrière lors des combats.

https://vieillemarine.pagesperso-orange.fr/histoire/Port_et_arsenaux/Pages_finales/pageOrganigramme.htm

Par contre, je ne trouve aucune autre mention d'un pilote amiral de Brest du nom de Le BEULIN. Sans-doute faut-il consulter les archives de la Marine.

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Le Beulin, pilote vice-amiral, ou pilote amiral ?

Sur l'inscription, datée de 1730, il est clairement qualifié de Vice-amiral. Mais Jeanne FOLGAR est qualifiée de "demoiselle".

Sur l'acte de mariage du 16 janvier 1730, il est qualifié de pilote amiral.

Cela peut s'expliquer par les délais d'exécution de l'inscription, qui aurait été commandée quelque temps avant  (avant les fiançailles le 31 octobre 1729 ?).

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Bernard Le Beulin, apparenté à Jeanne FOLGAR ?

Notre pilote avait 63 ans lors du mariage. Il y est présent — comme témoin — au même titre que l'oncle de l'époux. Est-il apparenté, à un titre ou à un autre, avec la mariée ?

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Comment expliquer cette inscription.

Que vient faire à Lanvéoc cette inscription qui se réfère à des personnages connus à Roscanvel ?

Si nous supposons qu'elle était apposée sur un bâtiment civil (un manoir ?), comment expliquer la présence de ces deux noms ?

Le contrat de mariage de Jeanne FOLGAR spécifie bien que les parents de cette dernière étaient décédés. Bernard Le BEULIN jouait-il le rôle de tuteur ? Avait-il recueilli chez lui la demoiselle ? En avait-il fait son héritière par contrat ?

Autant d'interrogations qui ne peuvent être levées, mais qui peuvent inciter un internaute à faire un lien avec une pièce du puzzle dont il disposerait.

Exista-t-il une Anne FOLGAR distincte de Jeanne ? Je découvre tardivement que oui.

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4. Anne FOLGAR.

a) Jocelyn Person décrit dans sa généalogie cette Anne FOLGAR, née le 26 février 1702 à Crozon, décédée le 30 novembre 1741 à Crozon, fille d'Yves FOLGAR (1682-1764), officier marinier et de Louise CARN (v.1684-1711). Elle épousa Marc DERRIEN vers 1723 (date de naissance de son fils Gabriel). Le couple vit à Tremet (1735) puis "Kerlern" ou Quélern en 1735 . Marc Derrien, veuf, continue à vivre à Quélern, notamment en 1742 lors du décès de son fils Marc.

 

 

https://gw.geneanet.org/j438?lang=en&p=anne&n=folgar

b) Il existe une autre Anne FOLGAR, qui est sœur du tiers ordre de saint Dominique, et vit à Kergadiou. En juillet 1750, elle hérite de deux pièces de terre, Parc Cardinal et Leac'h Cardinal, près de l'étang de Kervian à Quéler, Roscanvern. Elle est la fille de Pierre FOLGAR, décédé vers 1719. Dont nous ne savons s'il s'agit du même Pierre FOLGAR père de Jeanne ( supra).

https://www.tybian.fr/31-11_cardinal/

https://www.tybian.fr/21-21_les-ascendants-de-jean-derrien/

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Remonter les chaînes ou réseaux généalogiques locaux de Roscanvel dépasse mes attributions, mais j'ai voulu montrer que les informations de cette inscription peuvent être croisées avec celles des généalogistes, ou avec d'autres sources, pour un enrichissement mutuel des connaissances.

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Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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ADDENDA. 

 

Je n'ai eu accès à l'ouvrage de Marcel Burel sur Roscanvel qu'une semaine après la rédaction initiale de cet article. Je découvris aux pages 217 et 218 les renseignements nécessaires. 

a) l'acte de baptême de Bernard Le BEULIN en 1667.

Je le transcris comme je peux d'après l'acte original:

"Ce jour 13ème octobre 1667 fut baptisé sur le en  fond baptismal de roscanvel bernard, fils naturel et légitime d'honorables gens Jean  le beulin et marguerite harvel par la nommination d'honorable ----lucas et marie le beulin le baptême fut -messire lucas teffany prêtre et curé dudit roscanvel --"

Il est donc le fils de Jean Le Beulin et de Marguerite Harvel. Selon M. Burel, Lucas et Marie Le Beulin sont les frère et sœur aînés du nouveau-né, de même que le notaire Hervé Le Beulin. Il serait né au manoir du Gouérest.

 

b) le mariage en 1703.

Selon M. Burel, le 15 octobre 1703, Bernard Le Beulin épouse à Camaret Anne Folgar, la fille de Jean Folgar, un honorable marchand qui habite le village de Ty ar Guern, mais qui est originaire de Roscanvel. Anne Folgar est née en 1684 au village de Gouerest à Roscanvel, elle est âgée de 19 ans. Les deux familles étant apparentées par un grand-père commun Le Treut, les futurs époux ont demandé une dispense de consanguinité.

c) la naissance des enfants du couple, tous nés à Roscanvel.

  • Marie, née en 1708
  • Clémence, née en 1710,
  • Anne, née en 1711,
  • Jeanne, née en 1713
  • Hervé Toussaint en 1716.

d)  Le déménagement  au Notic à Camaret vers 1722 .

e) la carrière de Bernard Le Beulin.

Il a obtenu son brevet de pilote le 17 août 1709.

Il était pilote entretenu en 1711

Il a été promu pilote vice-amiral en 1722 : "Sachant que le nommé Bernard LE BUSLIN a les qualités nécessaires pour bien s'acquitter, sa Majesté Louis retiens et ordonne pilote vice amiral pour en faire fonction sur les pavillons et autres vaisseaux de sa Majesté".

Il est décédé vraisemblablement en 1741 dans le naufrage du Bourbon au large d'Ouessant.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourbon_(1719)

f) Les pilotes du port de Brest et Roscanvel

Le nombre de pilote en service à Brest était de 9 en 1679 et a été porté à 12 en 1709 pour tenir compte de l'accroissement du commerce maritime, notamment avec les colonies.

Il existe à Roscanvel une tradition de pilotes entretenus, comme en témoigne les noms dans les registres de Noël MARTIN et de Jean HARVEL, de Roscanvel.

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Tout cela ne dit pas pourquoi le  pilote vice amiral Le BEULIN et "demoiselle Anne FOLGAR" sont venus s'établirent à Lanvéoc en 1730.

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SOURCES ET LIENS.

— BUREL (Marcel), 2019, Roscanvel, d'un village à l'autre, ed. Les éditions buissonnières, Crozon.

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Crozon
19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 14:46

Le calvaire (fin XVe ou début XVIe siècle) de l'église d'Argol. Pour les amateurs de lichens.

 

 

Voir :

 

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION. Un oeuvre du XVe siècle, de 1593, de 1617, de 1891 et 1909.

 

Ce calvaire en granite (socle) et kersanton de 4,50 m de haut est un ensemble composite ou plusieurs fois modifié. Sur une base maçonnée à corniche de trois degrés, où est encastrée une table d’offrande, un socle à pans porte sur ses quatre faces    l'inscription L’AN 1909 MISSION. L’AN 1891 MISSION. L’AN 1593 POSEE. L’AN 1891 RESTAUREE. Le fût octogonal, avec sa statue de saint Pierre en haut relief, serait du XIXe siècle. Sur le nœud ouest du croisillon se voient les armes de Jean Briant, abbé de Landévennec ( 1608-1632) qui témoignerait d'une autre époque encore, mais qui relève sans-doute d'une reconstitution de la fin du XIXe siècle. De l'autre coté, l'inscription date de 1617 :   "IAN GVELMALC, Y. GAL 1617". Le croisillon porte les statues géminées de la Vierge/Vierge, et de saint Jean/ ange du Jugement. Au centre coté ouest, le Crucifié sous un dais sur une  Croix fleuronnée. Au revers se trouve la partie la plus intéressante, avec au centre le  Christ ressuscité sur un arc en ciel présidant au Jugement dernier surmonté d'une banderole de lecture hasardeuse GARDE QUIL FERA SELON ESTANT / JUGERA. 

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L'attaque par les lichens est considérable et dénature les diverses parties de ce précieux témoin artistique : on peut en suivre les dégâts sur les cartes-postales et les photos prises en 2012 pour l'Inventaire. L'étude de l'inscription de la banderole en est pénalisée.

L'incurie à l'égard de cette œuvre est regrettable par le respect qui est dû à notre patrimoine, mais aussi car elle prive les visiteurs d'une satisfaction esthétique, et surtout car elle n'a pas encore livré tous ses secrets.

L'intérêt principal est de voir ici repris le même thème du Jugement dernier qui figure sur le coté oriental du calvaire de Châteaulin, à 20 km de là, datant du XVe siècle. On y trouve le même Christ au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montrant ses stigmates, assis sur l'arc en ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde, tandis qu'un ange souffle dans une trompe pour annoncer le Jugement. La banderole est plus complète à Châteaulin, mais nous retrouvons une partie commune, GARDE QUIL FERA SELON --JUGERA. 

J'ai discuté de ce motif iconographique dans mon article sur Châteaulin. Le texte reste opaque, mais rappelle les versets de Matthieu 7:1-2 Nolite judicare, ut non judicemini, in quo enim judicio judicaveritis, judicamini : et in qua mensura mensi fueritis, remetietur vobis. En gros, prends garde que tu seras jugé de la même façon que tu auras jugé.

C'est la comparaison avec Châteaulin qui me permet d'identifier l'ange sonnant de la trompe, identification qui a échappé à Yves-Pascal Castel et à Christel Douard. De même, la femme du coté droit ne peut être que la Vierge, dans son rôle d'intercession. Les autres personnages, ici manquant, sont les individus sortant de leur tombeau à l'appel de la trompette : ils permettent d'imaginer l'état initial avant les modifications successives.

Je fais donc avancer l'étude de ce calvaire, mais j'achoppe face aux inscriptions. Je passe le relais au suivant.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX.

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Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.

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Le socle.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre sur le fût.  1891.

C. Douard suggère que le fût polygonal, et le haut relief de saint Pierre, datent "probablement du XIXe siècle" (et donc de la restauration de 1891 indiquée sur le socle). Un rapprochement s'impose alors avec le fût et le haut relief de saint Yves sur la place Saint-Yves de Plomodiern, datant de 1893 et qu'on attribue à Yan Larc'hantec, de Landerneau.

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Calvaire de 1893 de la place Saint-Yves de Plomodiern.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries du nœud.

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L'état de ce blason sur la carte postale (début XXe?), comparé à celui des mêmes blasons sur d'autres sites, incite à y voir une restitution datant vers 1891. Mais nous pouvons imaginer que ce blason a repris une figure comparable mais trop altérée.

Jean Briant, abbé de Landévennec de 1608 à 1630  portait d'azur (bleu) au pigeon portant dans son bec un rameau de sinople (vert). Avec la crosse en pal.

La façade de l'église ainsi que son arc de triomphe porte les armes d'autres abbés de Landévennec, ses successeurs les Tanguy, en affirmation de leurs droits sur cette paroisse.

 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

Photo Christel Douard IVR53_20102911581NUCA copyright Inventaire

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Le Crucifix.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Crucifié sous un dais.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Elle a la tête  voilée par son manteau, et tient les mains croisées sous sa poitrine. Sa tête est fléchie vers sa gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

Il tient le livre de ses écrits, et garde la main droite sur la poitrine. Sa tête est légèrement levée et tournée vers sa droite. Les yeux sont des amandes recouverts par les paupières.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE ORIENTALE : LE CHRIST DU JUGEMENT DERNIER.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ du Jugement, au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montre ses stigmates, assis sur l'arc-en-ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde.

L'arc-en-ciel est particulier par sa forme de trapèze.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription :

[GA]RDE QUIL FERA SELÕ FE

JUGERA

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'ange sonnant de la trompe.

Cette trompe est brisée. L'ange est vêtu d'un manteau dont le pan fait retour sur le bras gauche.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

Elle présente les paumes de ses mains à la façon de son Fils montrant ses stigmates. Cela m'embarrasse un peu. 

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription du croisillon.

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IANCVEVMALCY GAL 1617

Nous pouvons essayer Ian ou Jean GVEN et Yves GALL, mais en tordant un peu la réalité.

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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL, Jean-Marie. PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1904, vol. 1, p. 1-9.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fed8f088bb179f59656c3eefce913b48.pdf

"Elle porte cette date : LAN. 1593. A sa base est un petit autel en pierre, au-dessus duquel est une Notre-Dame-de Pitié, dont la robe et le manteau offrent des plis bien drapés. Deux anges debout soutiennent les bras de Notre Seigneur et deux autres plus petits, à genoux, recueillent le précieux sang coulant des plaies de ses mains. Sur les croisillons, de chaque côté de Notre-Seigneur en croix, sont les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean, auxquelles sont adossées deux Saintes Femmes, et au milieu, le Sauveur assis, triomphant."

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1980.

http://croix.du-finistere.org/commune/argol.html

COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Eglises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/argol.pdf

"Dans le cimetière, croix dont le socle de granit porte la date de 1593, et le croisillon, en kersanton et timbré des armes de l'abbé Jean Briant, celle de 1617 ; elle a été restaurée en 1891. Statue de saint Pierre contre le fût."

DOUARD (Christel), LE LU ( Stéphanie), 2012, Calvaire (Argol), Dossier IA29005029 réalisé en 2012

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-argol/8ec861c2-6392-403d-bd43-6de18e724bad

 

h : 4,50 m

Œuvre hétérogène datant de plusieurs époques. Groupe de crucifixion, dais et phylactère avec inscription en lettres gothiques probablement début 16e siècle. Traverse datée 1617 portant les armoiries de Jean Brient, abbé de Landévennec (ouest) et le nom des fabriciens, peut-être Ian Guen et Marc Gall (est). Socle daté 1593 et 1891 (restauration). Fût (face ouest avec haut-relief figurant saint Pierre) probablement fin 19e siècle.

1593, porte la date
1617, porte la date
1891, porte la date

Base avec table d'offrande à l'ouest. Socle de 1593 remployée lors de la restauration de 1891. Fût monolithe en kersantite avec haut-relief figurant saint Pierre sur la face ouest. Statues géminées de la Vierge et de saint Jean (ouest), d'un apôtre ou saint Thomas (?) et d'une sainte femme (est). Dais gothique coiffant les statues géminées du Christ en croix (ouest) et du Christ ressuscité (est)

Il s'agit d'une oeuvre remaniée à plusieurs reprises. La lecture faite de l'inscription en lettres gothiques sur le phylactère (garde qu'il fera le roy estant jugera) demeure à être confirmée. Cette partie, la plus ancienne du calvaire, se distingue par sa structure encore médiévale dont le dais ouvragé et l'iconographie peu commune de la Résurrection du Christ. Il faudra sans doute rectifier la datation actuelle de cette oeuvre ; la date de 1593 qui figure sur la base semble correspondre à un remaniement et non à la création.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. héraldique Inscriptions
29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 21:13

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Voir aussi  :

Le moulin de Kereuzen (Crozon) et son inscription de 1795.

Liste de mes 150 articles sur la presqu'île de Crozon.

 

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Qui est Eugène Andrieux, de Trélannec (Crozon) ? Le linteau de l'élévation nord d'une longère appartenant à une exploitation agricole de Trélannec porte l'inscription :

FAIT FAIRE PAR 

EUGENE ANDRIEUX 1867.

 

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Inscription lapidaire  de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Inscription lapidaire de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Inscription lapidaire  de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Inscription lapidaire de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Le généalogiste Patrick Voirin  consacre une fiche à Eugène Henri ANDRIEUX , né le 29 juin 1814 à Crozon et décédé le 5 novembre 1890 à Crozon à 76 ans. Il avait épousé Marie Anne LE CORRE le 3 octobre 1842. Il en eut trois filles, Jeanne Louise en 1843, Henriette Marie en 1852 et Rosalie Marie en  1863.

Il était le fils de Antoine Aubin ANDRIEUX 1775-1858 Lieutenant des douanes retraité, et de Marie-Henriette Le SENECHAL 1781-1861 ; il était le 6ème de leurs dix enfants.

Son épouse Marie Anne LE CORRE était la fille de Jean Marie et de Marie Claudine LASTENNET

La généalogie de Nathalie Bervas indique que la jeune fille était mineure, née le 12 novembre 1824 et âgée de 18 ans. À leur mariage, l'époux (notre Eugène Henri) habitait, comme ses parents,  Kerarstrobel (le village voisin) et était cultivateur; 

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La fille aînée, Jeanne Louise ANDRIEUX.

Elle est née le 7 octobre 1843 à Trélannec. Elle était domicilée à Trélannec lorsqu'elle épousa le 16 février  1867 à Crozon Jean Marie HERJEAN, né en 1843, cultivateur, né à Kerbasguen.

 

https://gw.geneanet.org/nbervas?lang=fr&pz=nathalie+catherine&nz=bervas&p=marie+anne&n=le+corre&oc=1

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J'en déduis que Eugène Henri a quitté son domicile de Kerarstrobel pour s'installer dans le village de son épouse, dès son mariage. À son tour, Jean Marie Herjean, lorsqu'il a épousé la fille aînée Jeanne Louise, est venue s'installer dans le village de celle-ci.

C'est à Trélannec que le registre de recensement de 1896 les recense (page 124) : Jean Marie Herjean cultivateur, Jeanne Louise Andrieux femme, et leurs quatre filles  Henriette, Marie, Marie et Claudine.

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Nous pouvons penser que Eugène Henri a fait construire le corps de ferme de 1867 sur laquelle il fait porter l'inscription, en raison de l'agrandissement de la famille liée à l'installation de son gendre. Ses deux autres filles (et leur époux Jean-Claude  Danielou et Jean François POSTIC) ne sont pas mentionnées à Trélannec en 1896.

http://www.notrepresquile.com/population/recensement/crozon/1896.php

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Aujourd'hui, l'exploitation, sauf erreur,  est celle d'Hervé Le Roux, en élevage laitier.

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Le contexte.

Selon l'enquête de Christel Douard, de Florent Maillard et Judith Tanguy-Schroër en 2010 pour l'Inventaire général :

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-maisons-rurales-fermes-et-hameaux-de-la-commune-de-crozon/812a1d79-aefa-46d4-87a9-42a74ec7c508

"Des résultats observés et plus particulièrement des chronogrammes relevés sur le bâti, se dégagent plusieurs tendances situant le corpus des constructions rurales dans une chronologie allant de la fin du 16e siècle aux années 1930. Les dates inscrites sur les bâtiments vont de 1580 à 1934, elles sont majoritairement gravées ou sculptées sur les linteaux de porte, rarement sur les souches ou les linteaux de cheminées. Le grès local étant très difficile à tailler, seul 14, 3 % du bâti rural est daté : 146 chonogrammes ont été relevés sur 1020 maisons rurales recensées. Les dates figurent sur des pierres importées, plus propices à la taille (microdiorite quartzique, granite, kersantite), parfois sur une ardoise incluse dans la maçonnerie. Deux dates gravées dans du grès armoricain ont été relevées : 1785 sur une maison de Ménesguen et 1854 sur une maison du Bouis.

En l'absence de chronogrammes, il est parfois délicat de dater avec précision des maisons construites entre la deuxième moitié du 18e siècle et la première moitié du 19e siècle car les proportions sont quasiment identiques durant un siècle et les baies sont dépourvues de décors. Les baies des maisons construites entre la fin du 16e siècle et le début du 18e siècle font souvent l'objet d'une ornementation sculptée sur des pierres importées (accolades, chanfreins, moulures, volutes et coeurs sur les linteaux, griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroits).

LES COMMANDITAIRES

Quelques inscriptions ou monogrammes relevés sur des logis révèlent le nom des bâtisseurs : DV : PRE : 1590 : GVILLAUME CO : KANDRIN (Porte provenant de Kerandrin remployée à Morgat) ; RENE HERIAN 1626 (Le Bouis) ; F : M : 1627 (Kergonan) ; A L : STEHAN 1663 JC (Dinan) ; H : H : MICHEL LE : DV 1696 (Saint-Jean-Leïdez) ; FAIT FAIRE PAR EUGENE ANDRIEUX 1867 ; A : P : 1745 (Dinan) D V 1855 J (Penfrat) ; E 1927 R (Poraon). Deux beaux puits moulurés du 17e siècle sont également signés et datés, ils témoignent de l'aisance des constructeurs et d'une certaine fierté paysanne : JEAN CANVET 1644 (Tromel) ; Y. CARN 1646 (Kerellot-Tremet). Trois anciennes maisons d'artisan affichent les attributs professionnels de leurs propriétaires : à Kervezennec, la maison d'un tailleur de pierre se signale par une équerre et un marteau sculptés en relief sur le linteau de porte avec son nom YVON et la date 1688 ; à Kerigou, la porte d'un logis de maréchal-ferrant du 17e siècle conserve la pince, le marteau et l'enclume sculptés dans la microdiorite quartzique ; à Trébéron une tenaille et un marteau sont gravés à côté de la date et des initiales du maréchal-ferrant (H : D 1814) ; à Kernaou le linteau du puits est orné d'une navette de tisserand."

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L'inscription du moulin de Kereuzen, que je viens de relever (article précédent) employait déjà en 1795 la formule "fait faire par", mais par abréviation F F P.

La rareté relative de ces inscriptions justifie mon souci d'en rendre compte en ligne et de tenter de préciser, derrière les texte, le contexte anthropologique.

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon Inscriptions
28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 23:28

Le moulin de Kereuzen à Crozon, et son inscription de 1795.

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Voir aussi :

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Sur les inscriptions lapidaires de la Presqu'île de Crozon, voir :

 

Et

 

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Mes remerciements à Mr Joseph Pigent pour son accueil.

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Je passe souvent, dans mes promenades autour de la Réserve naturelle de l'Aber, devant cet ancien moulin. 

Le moulin à eau de Kereuzen, sur la rivière de l'Aber à Crozon, est connu depuis le XVIIIe. Il figure, sous le nom de Moulin Colin, sur la carte de Cassini de 1783, et sous celui de Kereuzen, sur le cadastre de 1831. Il a été fermé en 1961.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Toponymie.

Disons d'abord que ce nom de lieu Kereuzen est rare. Je le trouve attesté à Elliant sur un aveu de 1663.

(le village de Kereuzen ô ses issues & apartenances & autres terres non icy spéciffiées sont sittuées en la Trêve nommée Treffnevez en laditte paroisse d'Eslyan).

Comme l'a remarqué M. Guilcher (12), le déterminatif de la plupart des villages en Ker— est un nom d'homme. Il s'agirait de Ker -Euzen, le village d'Euzen ou Eusen. Albert Deshayes signale pour ce nom Euzen 1446, Ploemeur ; 1513, Remungol ; 1644, Quimper, etc. Il dériverait du vieux breton Eudon , "bon talent", et se diffuse sous les formes Abeozen, Euzenat, Euzénou, Euzénès . Aucune de ces formes n'est attesté à Crozon avant le XVIIe siècle (sauf Guillaume EUSEN 1678).

Si le toponyme KEREUZEN est rare, l'anthroponyme correspondant ne l'est pas moins. À Lannion ,   Jean LE GUALLES, écuyer, sieur de Kereuzen, Ledict sieur de KERYVON, se fait connaître en 1600 par ses prééminences en l'église de Baly. Un Kereuzen représente Plonéour à la  montre de 1481. On trouve un Kereuzen-Brelivet en Châteauneuf-du-Faou ; un Jehan Nouvell Kereuzen à Plougasnou ; à Plouezoc'h en 1545-1550  une Françoise de Kereuzen puis en 1578-1608 Maria de Kereuzen ou Marie de Kereuzen de Kerjean. Et enfin à Bieuzy (56) Françoise Le RUYET DE KEREUZEN 1580-1611, Jan Le RUYET DE KEREUZEN son frère, Yvonnette Le RUYET DE KEREUZEN sa soeur.

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Pour en revenir au toponyme, Pierre Trépos note en 1953  : "Quant à Kerezen et Petit- Kerezen, j'ai d'abord hésité à les classer avec les toponymes en « Vrins » : M. Buffet a interprété le Kerezen de Port-Louis par Ker-Euzen ; mais deux formes relativement anciennes de ce toponyme morbihannais, avec 2 r, (en Hello Querrezen } Besquellec Querrezen , 1080) me font penser que l'hypothèse Kezen, au lieu de Euzen peut au moins se discuter — avant qu'elle cède peut-être la place à une troisième : Kerezen, cerisier."

Henri-François Buffet, étudiant  la toponymie du canton de Port-Louis  suggère de rattacher à Ker-Euzen les lieux-dits Querezen, 1640, et Kerzine.

Quoiqu'il en soit, ce toponyme en ker- est très ancien, vers le Xe siècle :

"Les Bretons venant de l’île de Bretagne apportent en Armorique leur système toponymique. Aux nobles, l’on doit les noms formés sur Lez (qui désigne une cour et résidence seigneuriales). Aux prêtres, les différents Lann (lieu consacré), remplacés par Log après le Xe siècle ; aux paysans, les noms en Trev (lieu habité et cultivé), puis en Kêr. Ce dernier désignait d’abord un lieu défensif, comme c’est toujours le cas en gallois (cf. Car dans Cardiff). Mais c’est à partir du Xe siècle que fleurissent partout les noms en Kêr, lorsque le terme prend le sens d'exploitation rurale et d’endroit habité."  (Office Public de la langue bretonne)

http://www.fr.brezhoneg.bzh/7-noms-de-lieux.htm#par889

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Il signale peut-être une seigneurie disparue, puisque de nombreux moulins à eau dépendaient des manoirs  de seigneurs, qui les affermaient à des meuniers.

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Je découvre pour la première fois aujourd'hui qu'une pierre a été conservée de l'ancien moulin, détruit au XXe siècle pour construire une exploitation agricole. Ce bloc de kersantite porte la date de 1795 et le nom du meunier d'alors, Isidore KERAUDREN. Les inscriptions, c'est ma passion. Surtout lorsque j'apprends que plusieurs ne sont pas parvenus à déchiffrer celle-ci. Un défi ?

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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L'inscription se déchiffre ainsi :

F : F : P : IIOSSE KINEC

ISIDOR KAUDREN 1795.

Soit "fait faire par [Joseph] Kerinec. Isidore Keraudren 1795".

Les lettres IIOSSE me tracassent un peu. On connait l'habitude d'abréger les noms en Ker- par la seule lettre K, aussi il n'est pas difficile de transcrire KINEC par KERINEC et KAVDREN par KERAUDREN. La date ne prête pas à discussion, lorsqu'on connait la façon d'écrire le 5 en forme de S.

Ma lecture va se trouver validée dès que je vais interroger les données généalogiques.

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Une deuxième inscription, en pierre de Logonna cette fois, est sculptée dans une pierre de réemploi de la façade ouest du logis : On y lit en réserve dans un cartouche :

ANNE / COLIN.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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On trouvera aussi sur le mur est de la grange rénovée qui lui fait face le chronogramme 1831 : une inscription plus tardive donc.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Les deux premières inscriptions prennent tout leur sens lorsque l'on sait qu'Isidore KERAUDREN a été le meunier  de Kereuzen au XIVIIIe siècle, qu'il avait épousé Anne COLIN, et que sa mère était Marguerite KERINEC.

 

Les données généalogiques sont bien documentées.

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Un peu de généalogie.

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https://gw.geneanet.org/gabrielle5?n=keraudren&oc=&p=isidore

https://gw.geneanet.org/fharmegnies?n=keraudren&oc=&p=isidore

https://gw.geneanet.org/aperson?lang=fr&iz=10684&p=marie&n=keraudren&oc=10

Isidore KERAUDREN est né le 12 octobre 1741 à Kerdaniou – Crozon ; il faut assimiler le toponyme à celui de Kersaniou , noté Kerdaniou sur la carte de Cassini. Le lieu-dit Kersaniou se trouve sur le flanc sud de la vallée de l'Aber, à 1,2 km du moulin. Isidore a été baptisé le lendemain de sa naissance,  à Kerdaniou.

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Il est né de Jacques KERAUDREN, décédé avant 16 février 1813, et de Marguerite KERINEC, décédée avant 16 février 1813.

  • Jacques KERAUDREN, né le 17 décembre 1721 à Kerdaniou, Crozon, est décédé le 18 octobre 1787 à Moulin Rhun, Crozon à l'âge de 65 ans.  Il se maria le 21 novembre 1740 à Crozon, avec

  • Marguerite KERINEC, née le 20 avril 1715 à  Kerglintin Tréboul - Crozon, et décédée le 6 août 1779 à Kerglintin Tréboul - à l'âge de 64 ans. Elle était la fille de Jean KERINEC, né en 1692 à Ranvédan (au dessus de Postolonnec)  et  décédé le 20 janvier 1716 à Kerglintin Tréboul  à l'âge de 24 ans  . Marié le 5 juillet 1714 avec Jeanne SENECHAL, née en 1683, et décédée le 14 mai 1771 à Kerglintin Tréboul  : veuve à 31 ans, elle épousa Jean KERAVEL, d'où 6 enfants. Marguerite KERINEC avait un frère Jean, né en septembre 1716-  (contradiction avec le décès du père) ; j'y reviens.

Quel est ce "Moulin Rhun" de Crozon où décéda Jacques Keraudren ? Était-il lui-même meunier ? La carte de Cassini indique, en aval du moulin Colin, le moulin Kerune.

Isidore a donc un oncle maternel, Jean KERINEC (Kerglintin 1716-Kerdaniou1782), qui épousa Gilette KERAUDREN, 1718-1776,  née à Kerdaniou (comme Isidore lui-même, et comme son père) et décédée à Kerdaniou, où le couple s'était semble-t-il installé. Enfin, il faut remarquer parmi les 8 enfants de ce couple Joseph KERVINEC, né à Kerglintin en 1749, et dont la date de décès est ignorée. Je le rapproche du IOSSE KERINEC de l'inscription de kersanton.

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Isidore est l'aîné de 5 garçons, Jean (ca 1744-1747), Corentin (1749-1750), Allain (1752 -?), marié en 1775 avec Anne BOUSART, et Joseph, marié en 1767 avec Marie BOZENEC.

 

Isidore épousa le 8 juillet 1761, à Crozon,  Anne COLIN, décédée avant le16 février 1813. Elle était la fille d'Yves et de Marguerite LE ROUX. Le couple eut 7 enfants.

  •  Yves KERAUDREN ca 1767-1799

  •  Joseph KERAUDREN 1767-1841 marié Avec Marie Françoise ROLLAND /1777

  •  Marie KERAUDREN 1770-  Mariée le 23 juillet 1788 avec Henry LE BOUSSARD. Leur fille Anne Marguerite épousera en 1811 à Telgruc Louis Maurice LE MONZE (Telgruc 1789-Crozon 1857) . Ils eurent trois enfants, Louis-Maurice (Telgruc 1816-Crozon 1878), Jean-Pierre (Crozon 1817 -Crozon 1853) qui épousa en 1850 Marie Perrine LE CAP, et Corentin (Crozon 1820-Crozon 1889) qui épousa en 1844 Marie HERJEAN.

  •  Julien KERAUDREN 1772-1808  Marié le 16 février 1802 à Crozon, avec Marie LE CORRE/1785

  •  Anne KERAUDREN 1776-1844  Mariée le 18 juillet 1799 à Crozon avec Pierre LE MIGNON ca 1771-

  •  Marie Anne KERAUDREN ca 1780-1781

  • Jeanne KERAUDREN 1783-1859  Mariée le 16 février 1802 à Crozon, avec Pierre Marie GOURMELEN 1777-1808 dont un fils Pierre Marie GOURMELEN 1805-1863, qui se maria  le 15 juin 1829, Crozon, avec Marie Jeanne POSTIC 1810-1850. Jeanne KERAUDREN 1783-1859  se remaria le 7 novembre 1810, Crozon, avec Yves QUEMENER

Pour ces sept enfants, nous disposons pour la plupart du lieu de leur baptême, à Kerglintin-Tréboul, près du Véniec, à près de 3 km du moulin. C'est a priori leur lieu de naissance. Anne Colin venait donc accoucher à Kerglintin ? C'était la maison d'origine de sa belle-mère (le domicile de ses beaux-parents ?) et certainement un lieu de convergence familiale.  La petite Marie-Anne y fut inhumée le 21 novembre 1781.

- J'ai surligné en gras les enfants du couple Marie KERAUDREN/Henry LE BOUSSARD, car les naissances montrent que ce couple est venu s'installer à Crozon en 1817. Or, les noms de Louis LE MONZE et de Corentin  LE CAP figurent au cadastre de 1831 pour les moulins de Pont-Men et de Kereuzen.

- J'ai surligné en gras le nom de Jeanne KERAUDREN, car c'est apparemment elle et son mari Pierre-Marie GOURMELEN I (déclaré meunier à leur mariage en 1802 et à son décès en 1808) qui reprirent le moulin. Elle est déclarée cultivatrice. Jeanne Keraudren est décédée à Kereuzen à 76 ans le 4 juin 1859. Son fils Pierre-Marie II Gourmelen est qualifié à son décès à Kereuzen de "forgeron cultivateur meunier".

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Isidore KERAUDREN est décédé le 13 février 1813 à Kerdaniou. Il était alors veuf de son épouse Anne Colin.

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généalogie Madeleine Harmegnies

 

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Je note incidemment  en 1838 un Philippe KERAUDERN demeurant à Trébéron et  un Bernard KERAUDREN père et fils demeurant au Véniec.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

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Une pierre d'une forme particulière.

Le bloc de kersantite, actuellement déposé et présenté sur un muret fleuri devant la cour,  n'est pas rectangulaire, mais le biseau du coté droit est sans doute intentionnel, puisqu'il est souligné par une moulure. Il est creusé de deux cavités de 4 cm de diamètre environ, et entaillé en sa partie basse par un onglet biaisé.

Ce n'est pas un linteau habituel, et il devait assurer un emploi précis dans le moulin.

Si on réfléchit au sens de l'inscription Fait faire par Joseph KERINEC / Isidore KERAUDREN 1795, nous pouvons penser que l'oncle et son neveu maternel ont fait exécuter des travaux suffisamment importants pour justifier la commande d'un tel travail de sculpture.

La date de 1795 ne correspond à aucun événement familial connu. Isidore KERAUDREN avait alors 54 ans.

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Ce que nous savons du Moulin de Kereuzen.

Aujourd'hui, le moulin a été rasé, les pierres et les meules ont été enfouis par les bulldozer pour permettre la création des bâtiments actuels, qui reprennent des parties anciennes. C'est aujourd'hui une exploitation agricole (Joseph et Laurent Prigent ?)  consacrée à l'élevage de vaches allaitantes (Charolais et Blonde d'Aquitaine).

Deux vestiges en pierre sont conservés, qui portent la marque de leur adaptation au fonctionnement du moulin.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Des fragments de la meule en silex.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Qu'apportent les cartes et photos aériennes ?

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Allons du présent vers le passé. Cliquez sur les photos pour les agrandir. Source Geoportail Remonterletemps

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.405460&y=48.235703&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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La carte IGN.

La station de distribution d'eau potable de Poraon et son bassin de stockage de 3000 m3, qui remplace le moulin de Pont-Men, n'est pas encore indiquée. Elle assure 20% de la consommation d'eau potable de la commune.

 

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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La photo aérienne 2015.

L'usine de Poraon y est bien visible, de même que les bâtiments agricoles et d'habitation de Kereuzen et le petit pont.

Le trajet de la rivière peut se deviner par les hésitations de sa ceinture d'arbres, contrastant avec la rectitude des haies.

On lit aussi  la persistance partielle de l'ancien maillage (jadis bien plus serré) des parcelles (mez, mezou) lanières orientés dans le sens de la pente. 

En 1957, Pierre Flatrès, étudiant la structure rurale du Sud-Finistère d'après les anciens cadastres , écrivait : "Les parcelles des méjous bretons étaient de dimensions et de formes très diverses. On pouvait rencontrer des parcelles de dimensions très variables, depuis les parcelles minuscules des courtils, jusqu'aux lanières de certains terroirs de Crozon qui atteignaient 400 m de long. Dans cette commune, certaines parcelles étaient particulièrement étirées. Nous avons noté, près du Moulin Kereuzen (environs de l'Aber), une parcelle de 394 m x 3,2 m. Toutefois, sur la plupart des terroirs, les dimensions moyennes (100 à 150 m x 10 à 20) prédominaient. La forme des parcelles était aussi variable que leurs dimensions. La plupart, comme il est naturel, étaient longues et étroites, laniérées, mais certaines étaient rectilignes, d'autres incurvées, sans qu'on puisse en donner immédiatement une raison. "

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Photo aérienne 2005.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Photo aérienne ancienne 1950-1976.

Deux remarques :

-le maillage plus étroit des champs-lanières

-la meilleure lisibilité du cours d'eau, qui se dédouble après Kereuzen .

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Scan50 historique des années  1950.

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Entre les villages de Poraon et Kerun au nord et de Kersaniou au sud, la rivière passe par Kerenzen (4 bâtiments, dont un sur la rivière), et Moulin de Pont-Men (symbole en roue dentée pour "moulin"). La rivière se dédouble entre les deux lieux en deux bras, forment une retenue apparente.

La graphie Kerenzen est étonnante pour la date de 1959.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Carte d'Etat-Major 1820-1866.

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Même constatation, mais "Kerenzen" est précédé de la mention "Moulin". Un chemin descend de Kersaniou à Pont-Men , traversant la rivière en ce point pour regagner Trelannec ; un autre long la rivière au sud entre la route Quimper-Lanvéoc et Le Véniec et Kerglintin.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Cadastre de 1831, vue générale.

Le plan montre mieux la rivière se dédoublant en deux bras distincts entre Moulin de Kereuzen et Moulin de Pont-Men. Le bras nord, formant bief, est barré par le bâtiment de Pont-Men. Le moulin de Kereuzen semble avoir aussi un usage de ferme, car les trois bâtiments sont sur le chemin, et non sur la rivière. Il pourrait , comme un petit hameau, rassembler plusieurs familles qui ne travaillent pas en meunerie.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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La carte de Cassini (1783).

Les feuilles du Finistère ont été levées vers 1783 et publiées entre 1789 et 1815. Les informations qu'elles comportent datent donc de 1783.

"Les formes des toponymes proviennent des usages locaux. En effet, les ingénieurs ont reçu pour mission de travailler, pour leur collecte, avec les habitants — le plus souvent, les curés et les seigneurs — des lieux cartographiés."

http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/7_cassini.htm 

La feuille Carhaix-Plouher n° 171  dressée les ingénieurs Langelay, Fessard et C. Aldring sous la direction de de César-François de Thury de Cassini (1714-1784) est divisée en 21 rectangles. Celui le plus occidental nous concerne. La route Quimper-Lanvéoc y rejoint la route Le Faou-Crozon au dessus de la chapelle Saint-Laurent, en un carrefour qui deviendra Tal-ar-Groas "croisement des routes"

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095252f/f1.item.zoom

 

 

Nous y voyons l'Ance de l'Aber ,  la Rivière de l'Aber dominée au nord par Trébéron et Trellanec puis Porraon et au sud par Ruguenes [Raguenes]la Presqu'ile de Rozan et Kerdaniou [Kersaniou]. Lorsque l'estuaire se referme en un trait noir, le tracé de la rivière, les moulins apparaissent, signalé par une roue dentée : celui de Kerune, et celui de Colin. Ce dernier est accompagné du symbole indiquant un hameau. Plus loin, après la chapelle de Port-Salut (Porzh-Salo) un moulin n'est pas nommé : c'est celui de Ronvarc'h.

Nous constatons que le moulin Kereuzen a été nommé "moulin Colin" en 1783, du nom d'Anne Colin, la propriétaire (ou locataire), et non de celui de son mari Isidore Keraudren. Rappelons qu'Yves Colin, père d'Anne, y était décédé en 1766, tout comme sa mère Marie LE ROUX en 1779, et son frère Corentin COLIN en 1783 à 36 ans, alors que cette famille COLIN était passé par Landévennec (lieu de naissance d'Anne), Plogonnec ou Lennon, et Telgruc. Anne est venue à Kereuzen accompagnée dès 1766 (et vraisemblablement dès son mariage en 1761) de ses parents et de son frère.

Il n'est pas possible de préciser pourquoi le moulin n'est pas nommé KERAUDREN, alors qu'Isidore n'était pas décédé en 1783 et qu'il a inscrit son nom en 1795.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Qu'apportent les plans du cadastre de 1831 ?

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https://kartenn.region-bretagne.fr/sviewer/?&x=-300998&y=6138966&z=9&lb=0&layers=rb%3Aassemblage_cadastre_napoleonien&title=Acc%C3%A9der%20aux%20feuilles%20du%20cadastre%20napol%C3%A9onien

 

La limite entre Telgruc et Crozon passe par la rivière : le moulin de Kereuzen est décrit sur le cadastre de Telgruc, ainsi que les terrains du sud de la rivière

 

Plan cadastral 3P45/2/54 section 24-5.

Etat de section 3P 45/6 volume 4 sections  24-29. Section 24 de Saint-Laurent.

Treboul 3P 45/1/44  section 23-1. Les états de section ne sont pas disponibles (un seul volume, 3P 282/2-3)

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1. Telgruc, section 23-1.

Le dédoublement des bras, et donc le creusement d'un bief vers Pont-Men n'apparaît pas : il aurait été construit après 1831. Au contraire, c'est en amont de Kereuzen qu'un bief, rectiligne, suit, le long du chemin,  le tracé serpentin de la rivière.

Les champs lanières qui descendent de Kersaniou sont orientés soit nord-sud, soit est-ouest.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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2. Cadastre de Telgruc, section 23-1. Le moulin de K[er]euzen.

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Parmi les bâtiments 12, 14 (en pointillé) 15, 18, 22 , le moulin correspond à 15, avec le symbole d'une roue : l'eau venant du bief et de la retenue 19 passe sous l'arche du bâtiment 15. Une autre roue est symbolisée près de 14, correspondant à un trajet accessoire de l'eau dessiné au crayon bleu. L'eau regagne le ruisseau juste après un pont.

Ce plan indique donc une roue horizontale sous le bâtiment, comme au moulin de Rosmadec à Telgruc, avant qu'une roue verticale y soit installée après 1831.

Cette roue à pirouette était sans doute mieux adaptée à un cours d'eau à faible débit et faible dénivelé : l'altitude passe de 23 m environ à Kerledan à 12 m à Kerezeun, 3 km en aval. On la retrouve à Pont-Men.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Le plan cadastral de Crozon.

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Le moulin de Kereuzen n'y est pas représenté, hormis le "Pont du moulin de Kereuzen".  Il correspond à une zone déchirée. Bizarrement (le plan est-il plus tardif ?), juste après ce pont, un bief est figuré, au nord du ruisseau, se dirigeant vers l'étang 2173 puis le moulin avec sa roue. Là encore, une deuxième roue occupe le bâtiment 2175.

Après les parcelles 2423 à 2425, la parcelle 2426, nommée foennec vras ar pont (grand pré du pont)  est attribuée sur l'état de section à "Le Cap Corentin, meunier moulin de Kereuzen".

La parcelle 2299 appartenant à Pierre Le Corre est nommée foennec pont ar veil, "pré du pont du moulin".

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Entre le bief et la rivière, les parcelles 2175 à 2178  et 2294 à 2297 portent le nom de Tré an daou dour, "pâture entre deux eaux". 

Sur la pente nord, les parcelles en lanières 2179 (foennec vras), 2180 (foennec voan) et 2181 (foennec arguyoarch), et suivantes sont soit des landes, soit des près.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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Le moulin de Pont Men.

Il est intéressant à étudier pour nous documenter sur celui de Kereuzen. L'état de section indique :

2167 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men  : Pratiz ar veil ("la pâture du moulin")

2168 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men . [Soldiv ?] à eau et courtil.

2173 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men ; étang : al len ("la mare")

2174 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men ; ar veil hir du [le long moulin noir]; Moulin à eau [Soldiv ?] à eau et courtil.

Didier Cadou a lu ar rodo goll : "canal de décharge". Il précise comment Louis Maurice Le Monze, cultivateur, demeurant à Kerdaniou,  a acquis le 15 septembre 1825 le moulin à Louis, René et Adélaïde Visdelou de Bedée, héritiers de leur père Charles-François Hyacinthe-Claude marquis de Bedée, et de leur mère Bonne du Han, décédée en 1816.

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Le bief aboutit à l'étang de retenue 2173 qui se déverse sous le moulin 2168 avec sa roue placée au milieu (et non latéralement) : une roue à pirouette ? Puis elle traverse la pâture 2167 pour rejoindre la rivière.

L'étang peut être dérivée directement dans la rivière par un canal, auquel se rattache un bâtiment comportant un roue de moulin : 2174, qui est décrit de la même façon que le moulin 2168.

Dans les deux moulins, l'eau passe sous le moulin et non à coté.

Le moulin de Pont-Men, mentionné dès 1725, sera définitivement fermé en 1956 par Alain LE CORRE.

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Le moulin de Kereuzen à Crozon.

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L'apparition de Corentin LE CAP, Meunier à Kereuzen entre (au moins) 1831 et (au moins) 1859.

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1°) Le nom de Corentin Le Cap avec le qualificatif de meunier au Moulin de Kereuzen apparaît dans l'état de section du cadastre de Crozon pour la parcelle 2426 Foennec vras ar pont

Il est possible ou vraisemblable que nous aurions retrouvé ce nom pour les parcelles du cadastre de Telgruc correspondant au moulin de Kereuzen, mais l'état de section n'est pas disponible.

2°) Il apparaît comme déclarant sur l'acte de décès de Jeanne Keraudren, cultivatrice, 78 ans, le 5 juin 1859 au moulin de Kereuzen. L'acte précise l'âge de Corentin LE CAP, 65 ans, sa profession, meunier, et son domicile, Moulin de Kereuzen.. Il était donc né en 1794. Il est accompagné d'un deuxième déclarant, Michel LE CAP,  cultivateur, 29 ans, Moulin de Kereuzen. 

 

https://gw.geneanet.org/harmegniesmad?lang=fr&p=jeanne&n=keraudren&oc=1

3°) Un généalogiste, François HARMEGNIES, signale son décès un an plus tard,  le 27 décembre 1860, au Moulin de Kereuzen.Il indique les identités de son père, Jean LE CAP, né vers 1768, décédé le 4 août 1814 à Kerazoret - Crozon (au nord de Kergoff-Port-Salut), cultivateur,  marié le 10 février 1790 avec Anne Le Corre (16 août 1765, Penanhoat en Crozon - 30 novembre 1844 à Crozon, cultivatrice)

https://gw.geneanet.org/fharmegnies?lang=en&pz=francois+edouard&nz=harmegnies&p=corentin&n=le+cap&oc=2

4°) Un autre généalogiste, Jocelyn Person indique sa date de naissance le 12 Octobre 1794 et son décès le 27 décembre 1860, ainsi que son mariage avec Jeanne KERMARREC (12 janvier 1802-17 avril 1885 à Kerbastum, Crozon), fille de André KERMAEC et de Jeanne GOURMELEN. 

La même source indique les neuf  enfants de Corentin LE CAP :

https://gw.geneanet.org/j438?lang=en&p=corentin&n=le+cap&oc=2

  • 1.  Anne Perrine LE CAP 1822-1845  Mariée le 23 Juillet 1844 avec Jean Marie KERAUDREN 1818, d'où :

    •  Marie Perrine KERAUDREN 1845-1884 Mariée le 18 juillet 1865 avec Joseph Marie GRAVERAN 1835-1869 

  • 2.  Marie Anne LE CAP 1824-1846  Mariée le 23 Juillet 1844 à Crozon (la même date que sa soeur),  avec Jean Pierre LE MONZE 1817-1853 d'où

    •  Louis Marie LE MONZE 1846-1856

  • 3.  Marie Perrine LE CAP 1827  Mariée le 6 février 1850  à Crozon , avec Jean Pierre LE MONZE 1817-1853 , d'où

    •  Jean Michel LE MONZE 1851-1851

    •  Anne Perrine LE MONZE 1852 x 4 Juillet 1868 à Alain DERRIEN 1846 

     Puis cette Marie Perrine LE CAP épousa le 14 février 1857 à Crozon Jean Marie BILLANT 1828 d'où 3 enfants

  • 4.  Marie Michelle LE CAP 1829-1829

  •  5. Jean Michel LE CAP 1830  Marié le 12 Janvier 1856 à Crozon avec  Barbe LE SENECHAL 1838  d'où 

    •  Jean Pierre LE CAP 1859-1889 

    •  Marie Yvonne LE CAP 1865 Mariée le 6 Janvier 1886 à  Crozon  avec Alain BOUSSARD 1861 

    •  Marie Claude LE CAP 1870-1930 x 29 January 1893 à Jean-Claude LE CORRE 1864  :

  • 6. Pierre Marie LE CAP 1832-1883  x Marie DERRIEN †1897 

  • 7. François LE CAP 1835-1899 x 11 Janvier 1864 à Marie Anne BODENAN 1836-1873

  • 8.  Corentin LE CAP 1838-1838

  • 9. Jean Claude LE CAP 1839-1840 x  Anne Perrine KERAUDREN, décédée 14 February 1820

 

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Pierre-Marie Gourmelen, meuniers à Kereuzen.

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1. Pierre-Marie GOURMELEN , (Crozon 1777 -Crozon 1808), meunier 1802-1808.

Sa profession de meunier est indiquée sur l'acte de mariage du 16 février  1802 avec Jeanne KERAUDREN, sur l' acte de naissance de son fils Pierre-Marie en 1805, et sur son acte de décès à 36 ans.

https://gw.geneanet.org/harmegniesmad?lang=fr&p=pierre+marie&n=gourmelen

 

2. Jean Pierre-Marie GOURMELEN , (Crozon 1805-Kereuzen Crozon 1863), forgeron cultivateur meunier .

https://gw.geneanet.org/harmegniesmad?lang=fr&p=jean+pierre+marie&n=gourmelen

Sa profession de meunier apparaît sur  un acte de 1849. Cette année, (sans doute en renouvellement d'un bail de 1840), Pierre Gourmelen, "meunier et cultivateur", loue pour neuf ans l'île de Rozan à son propriétaire, Louis-Victor Bourassin.  (J.J. Kerdreux, Avel Kornog  n°24 p. 53).

Elle apparaît aussi en 1861, 1862, 1863, 1863 et 1865 sur l'acte de naissance de ses enfants Anne, Jean-Pierre, François-Mathurin, et Catherine.

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Enfin, les actes d'état-civil mentionnent deux femmes  :

a) Marie-Anne Kerspern, cultivatrice à Kereuzen en Crozon en 1935

b) Marie-Berbiline RITA, cultivatrice, demeurant Moulin de Kereuzen où elle décéda le 12 avril 1953

https://gw.geneanet.org/ritap?n=rita&oc=&p=marie+berbiline

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La population de Kereuzen en 1841.

Registre de recensement Crozon 6M241.

Ce registre décrit deux lieux-dits "Moulin de Pont-Neuf": le second doit être assimilé à Kereuzen.

a) Moulin de Pont-Men n° 7863 à 7872. 8 personnes.

Louis LE MONZE, meunier.

Jean-Pierre LE MONZE, son fils, meunier.

Corentin LE MONZE, charpentier

Louis Maurice LE MONZE,, cultivateur,

Marie-Jeanne KERAUDREN, cultivatrice.

Marie-Claude LE BOUSSARD, domestique,

Alain LASTENNET, domestique.

b) Moulin de Pont-Men n° 8098-8118. 22 personnes (moulin de Kereuzen)

Corentin LE CAP, cultivateur

Marie-Jeanne KERMARREC, son épouse,

Anne, Marie-Anne, Perrine, Michel, Pierre, et François LE CAP cultivateurs

Jeanne Cor---ff, domestique, enfant trouvé

Pierre THIEC, domestique.

Pierre GOURMELEN, meunier et Marie-Jeanne POSTIC son épouse,

Jean-Pierre Marie, fils, , Isidore, Anne, Marie Corentine, et Joseph GOURMELEN, cultivateurs,

Anne KERAUDREN cultivatrice

Etienne KERAUDREN, Henry RIOU et Anne Alix, domestiques

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La population de Kereuzen en 1911.

Le registre de recensement (où Pont-Men ne figure pas) comptabilise trente personnes appartenant à cinq familles : celle de Yves KERSPERN, Pierre LE CORRE, Corentin DERRIEN, Joseph LE CORRE et Alain DERRIEN. Les chefs de famille sont qualifiés de cultivateur, et aucun de meunier. Ainsi :

Yves KERSPERN (né en 1868), "cultivateur", "chef, patron"

Marie-Yvonne (1874), son épouse

Marie (1901), Jeanne (1902), Anna-Perrine (1903?), Marie-Anne (1907) et Joseph-Marie (1911), leurs enfants

Marie-Anne LASTENNET (1834), "mère" (de Marie-Yvonne ?)

Eugène (Kerspern?), domestique, cultivateur

http://mnesys-portail.archives-finistere.fr/?id=viewer&doc=accounts/mnesys_cg29/datas/ir/serie_m/FRAD029_00000006M.xml&page_ref=20449&lot_num=3&img_num=1&index_in_visu=

 

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Pour évaluer la valeur de ces chiffres de nombre d'habitants au moulin de Kereuzen, je peux me baser sur le registre du recensement de Telgruc en 1841  — page 11— pour le moulin de Ronvarc'h, immédiatement en amont de Kereuzen, avec ses 9 habitants : outre les deux  meuniers Jean MORÉ, veuf, ( et ses enfants Yves et Barbe), et Pierre-Marie MORÉ   (et son épouse Marguerite FOUEST et leur fils Jean), 3 domestiques sont employés.  http://www.notrepresquile.com/population/recensement/telgruc/1841.php

Au moulin de Kerloc'h, toujours sur Telgruc, le meunier Yves FOUEST habite avec sa femme Marie-Jeanne QUEMENER, leurs fils Nicolas et Pierre et leur fille Anne.

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CONCLUSION.

J'ai abordé ce sujet en simple curieux, sans connaissances locales ni compétences   ; mon enquête sur place m'a appris que d'autres m'avaient précédés, mais je n'ai pas trouvé de publication ni de documents : je souhaite que cet article incite les auteurs plus qualifiés que moi à approfondir la connaissance sur ce moulin, et à corriger mes erreurs.

 

 

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LES AUTRES MOULINS À EAU DE LA PRESQU'ÎLE.

La carte de Cassini en montre :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53095237v/f1.item.zoom

— 6 sur la rivière de l'Aber, Kerune, Colin, [Ronvarc'h], puis sur Telgruc  Kerspern, Kerledan et sur Argol Kerenpren.

—2 à Telgruc sur le ruisseau alimentant le Port de Goat : ceux de  Kergreac'h (Port du Craon) et Kerstaigoff [Rostégoff]

— 1 sur Roscanvel, "Pointe du Diable" (sur le ruisseau Ragadal IGN).

Cette quantité est sans doute sous-estimée, mais la recherche est rendue plus difficile sur les cartes postérieures. On signale aujourd'hui que plusieurs dizaines de moulins à eau existaient  sur la Presqu'île.

Didier Cadiou en compte 10 sur le cours de la rivière de l'Aber : Pont-Men, Kereuzen, Ronvarc'h (ou Meil Gorré), Le Launay, Meil Jeun, Keredan, Peran, Kernon, Kerloc'h, et Moulin-Neuf sur Argol.

Parmi ceux de Telgruc, le Moulin de Kerledan a été restauré et remis en fonctionnement.

Sur la presqu'île de Crozon, il signale en outre ceux de Lostmarc'h, Tromel, Penfond (ou Penfont, sur la rivière de Kerloc'h), La Fraternité (Roscanvel), Poulmic (Lanvéoc), et Rosmadec (Telgruc).

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/lanveoc/manoir-de-poulmic-001.php

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/moulin-a-farine/bc94c3fe-6e98-46df-b209-2506b9be7511

" Le moulin de Rosmadec est lié au manoir disparu du même nom. La porte du 16e siècle semble être le seul vestige du moulin primitif. Le cadastre ancien figure un moulin à roue horizontale alimenté par un canal qui mène l'eau sous le bâtiment. Le moulin actuel semble avoir été partiellement reconstruit après 1831selon un autre système de fonctionnement. "

Moulin à eau de Roscanvel. https://www.presqu-ile-de-crozon.com/roscanvel/moulin-a-eau-roscanvel-001.php

Les moulins à eau les plus nombreux se trouvaient sur les ruisseaux se jetant dans l'Aulne, à Trégarvan (n=4) et à Dinéault (n=16).

À Trégarvan, : "Des quatre moulins figurant sur le cadastre de 1831 (moulin de Garvan, deux petits moulins au Cosquer, moulin de Kerfréval), seul celui du Garvan subsiste en partie en élévation. Les trois autres, situés sur le Stêr ar Pont Men, un affluent de l'Aulne séparant Trégarvan d'Argol, à l'ouest de la commune, ont disparu. Envisagé en 1837, le projet d´installer un haut fourneau près du moulin du Garvan n'a pas été réalisé."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/les-moulins-sur-la-commune-de-tregarvan/443d850d-fe90-41f2-8b56-8f1690fb47c1

À Dinéault , il en existait 16 en 1848, dont 9 ont disparu. Il persiste les vestiges des moulins de Coz Veil, Kergoat, de Rouinstin et du Veyer. Le "Moulin d'Eau" dépendait du manoir de Trévoazec (Trefgoazec en 1536). Le Moulin de Rozarnou dépendait du manoir de Rozarnou.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-le-moulin-d-eau-dineault/6fbc1207-1856-4c17-b9b5-0e08807b87bf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-le-moulin-de-lezaff-dineault/7a464384-31f8-40d8-8332-43abd0ef8c4c

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-le-moulin-d-eau-dineault/6fbc1207-1856-4c17-b9b5-0e08807b87bf

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-rozarnou-dineault/24b97466-8340-4ae2-b701-bcd9b77d1858

"Pour la plupart déjà présents sur la carte de Cassini (vers 1770), les moulins à eau de Dinéault étaient particulièrement nombreux. Parmi les seize sites localisés sur le cadastre de 1848, douze figurent sur le Garvan, un affluent de l´Aulne (Cosquer, Kerveur, Veyer, Lézaff, Treffiec, Ty Voënnec, le Stir, Kernevez, Kergoat, Roscoat, Coz Milin, Rouistin), un sur un affluent du Garvan (moulin de Dourvénez), un sur un affluent de l´Aulne (Roudouhir) et deux sur des affluents de la rivière de l´Aulne (Moulin d´Eau, Rozarnou). Les édifices, pour l'essentiel bâtis aux 17e et 18e siècles, s'ils n'ont pas disparu, ont connu des remaniements successifs ou des reconstructions entières. En 1799, le moulin de Veyer, tenu à titre de domaine congéable depuis 1766 par un nommé Le Pennec, était couvert de chaume. A l'état de vestiges en 1968, le rez-de-chaussée était divisé en deux parties abritant les mécanismes d'un côtés (deux roues horizontales) et la salle commune de l'autre. Le moulin de Coz Veil, remanié, porte la date de 1799. Le moulin de Kergoat (Ty Coz) abritait en 1970 les vestiges de meules. Plusieurs moulins, dont deux dans un état de conservation critique (Rozarnou, Moulin d'Eau), conservaient encore une partie de leurs mécanismes lors de l'enquête de 1968-1970. Ils font, tout comme le moulin de Lézaff, l'objet de dossiers individuels."

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancien-moulin-rozarnou-dineault/24b97466-8340-4ae2-b701-bcd9b77d1858

Moulin de Lézaff sur le Garvan

Le moulin était alimenté par plusieurs cours d'eau dérivés du ruisseau du Garvan. Il dépendait à l'origine du manoir éponyme situé à quelques centaines de mètres au sud. En 1719, il fait toujours partie du domaine noble de Lézaff. Le bâtiment actuel, qui abritait à la fois les mécanismes et le logis du meunier, porte la date de 1792. L'activité s'est arrêtée dans les années 1950. Parmi les deux meules en place en 1968, une seule subsiste aujourd'hui. Le cadastre de 1848 fait état d'un système hydraulique complexe, encore en grande partie identifiable (retenue, canaux d'amenée) alors que le four à pain situé au milieu de la cour a disparu. D'une ferme au sud subsistent le logis et les dépendances (transformées).

Le site a gardé l'empreinte de son usage ancien. Le moulin de Lézaff est le seul moulin de Dinéault qui conserve encore une de ces meules en pierre calcaire concassé et cerclé.

 le Moulin d'Eau (Dinéault)

Le moulin dépendait du manoir de Trévoazec (Trezfgoazec en 1536). Le cadastre de 1848 fait état de deux parties ; les bâtiments au nord correspondent au logis (18e siècle remanié au 19e siècle) et à un four à pain, les deux bâtiments au sud dont un portait la date de 1694 abritaient respectivement les mécanismes d'un moulin à pirouettes avec une roue horizontale et une remise surmontée d'un grenier, à l'origine également un moulin comme le montre le cadastre se 1848. Ces deux corps de bâtiments étaient traversés par un petit ruisseau, affluent de l'Aulne. L'ensemble était en ruine avant 1970. Le logis et le four à pain sont en cours de réhabilitation.

Le Moulin de Rozarnou

Le moulin dépendait du lieu noble de Rozarnou, propriété des Kersauson en 1536. Situé dans l'ancien bois seigneurial et alimenté par un affluent de l'Aulne, il a été reconstruit au 19e siècle. En 1968, la structure du bâtiment et les mécanismes, bien que désaffectés, étaient intacts et le bâtiment était partiellement couvert de chaume. Un nouveau logis a été récemment construit à côté du moulin ruiné. Le site, inaccessible lors de l'enquête, a été profondément restructuré à l'époque contemporaine, avec, notamment, la création d'un étang au nord.

Je signale en Finistère les moulins à eau conservés :

Moulin du Pont à Daoulas (écomusée)

Moulin de Keriolet à Beuzec-Cap-Sizun

Musée de la Rivière à Sizun (Parc d'Armorique)

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Plans cadastraux de quelques moulins.

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Plan cadastral du moulin de Ronvarch (Telgruc) 1831

Plan cadastral du moulin de Ronvarch (Telgruc) 1831

Plan cadastral 1831 du moulin de Launay (Telgruc)

Plan cadastral 1831 du moulin de Launay (Telgruc)

Plan cadastral du moulin de Kerledan (Telgruc) 1831

Plan cadastral du moulin de Kerledan (Telgruc) 1831

Plan cadastral du moulin de Penfont (Crozon) 1831

Plan cadastral du moulin de Penfont (Crozon) 1831

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SOURCES ET LIENS.

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— BUFFET (Henri-François), 1952, La toponymie du canton de Port-Louis  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1952  59-2  pp. 313-336

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1952_num_59_2_4403

— CADIOU (Didier), KERDREUX (Jean-Jacques), 2015, Toponymie de Tal-ar-Goas, Avel-Gornog n°24 pages 73-79.

— CADIOU (Didier), 1994, Le moulin de Pont-Men, Echo des Moulins, 2 pages.

— FLATRÈS ( Pierre), 1957,  La structure rurale du Sud-Finistère d'après les anciens cadastres . In: Norois, n°16, Octobre-Décembre 1957. pp. 425-453; doi : https://doi.org/10.3406/noroi.1957.1191 https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1957_num_16_1_1191

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1957_num_16_1_1191

— TRÉPOS (Pierre), 1953  La notation des toponymes bretons Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1953  60-1  pp. 200-212

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1953_num_60_1_1927

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon Inscriptions

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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