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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 23:24

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I. LE PORCHE SUD, 1604. 

 

je décrirai le porche de haut en bas, en citant (entre guillemets) la description du chanoine Abgrall. 

"Le porche méridional n'est pas, peut-être, le plus riche des porches de la Renaissance, mais il est le plus beau et le plus parfait de ceux que cette école de la Renaissance a construits chez nous et dont on trouve des exemplaires nombreux dans le cours du XVIe siècle et presque jusqu'au dernier quart du XVIIème. Ce porche de Landerneau, qui porte la date de 1604, a un aspect très saisissant de parenté avec ceux de Bodilis, 1570, Pleyben, 1588, Goulven, 1593, Saint-Thégonnec, 1599, Guimiliau, 1606, Trémaouézan, 1610-1623, Goueznou, 1642, Commanna, 1645, Ploudiry, 1665. Trémaouézan et Ploudiry semblent tout spécialement inspirés de ce modèle et doivent sortir du même atelier. Celui de Ploudiry, resté inachevé comme couronnement, le reproduit exactement avec quelques modifications de détail.

Il semble donc légitime de conclure qu'il y a eu une école, qu'il a existé un ou des ateliers, dont le siège devait être à Landerneau. Landerneau semblait désigné pour être le siège de ces ateliers. L'approvisionnement des pierres de Kersanton, provenant des carrières de l'Hôpital-Camfrout et Logonna, s'y fait facilement par gabarres et chalands."

 

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"La façade est une grande page magistrale, toute en pierre fine de Kersanton ; les lignes et tous les éléments qui la composent sont combinés avec une science parfaite de l'harmonie et de l'esthétique, de l'équilibre des pleins et des vides, du mélange des surfaces planes et des membres saillants, du jeu des ombres et des clairs."

"Les angles de cette façade sont appuyés par deux massifs contreforts ornés de niches, de corniches, de pilastres, et couronnés par de beaux clochetons. Sur tout cet ensemble, façade, joues des contreforts et frises des clochetons, on remarque dix-sept masques ou figures saillantes, dont quelques-unes pourraient être des portraits."

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Vue générale du porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Vue générale du porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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"Un très puissant clocheton, d'une hauteur presque exagérée, couronne cet ensemble. Au premier étage, il est carré et passe ensuite à la forme cylindrique pour former le lanternon qui se compose de deux petits dômes superposés."

 

 

Clocheton du porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Clocheton du porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un ange tient la croix, les clous et la couronne d'épines, trois "instruments de la Passion".

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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"Plus haut, se dresse un second fronton plus aigu à courbe rentrante, encadré par une galerie rampante ajourée de compartiments flamboyants. Au milieu, une niche accotée de deux cariatides à gaines abritait autrefois la statue du saint Patron, car au bas on lit : S . HOARDONE."

Comme J.M. Abgrall, René Couffon a lu également "S. HOARDONE." alors que l'on déchiffrerait trop rapidement aujourd'hui S.HOARZOIE, le N n'ayant conservé que son fût initial.

Je lis les renseignements suivants :

 

"Patron de l'une des paroisses de Landerneau, honoré à La Feuillée et à Camlez, saint Houardon est cité dans d'anciennes litanies bretonnes du Xe siècle, où son nom est noté Hoieardone , ainsi que dans une notice du Cartulaire de Landévennec, compilé au Xle siècle. Cet acte mentionne le "cloître saint Houardon" (claustrum sancti Huardon) comme étant voisin du monastère de saint Conogan, situé à Beuzit. Houardon est une forme savante. Le Bréviaire de Léon en 1516 indique la forme Hoarzonus, , transcrite fautivement Hoarzoie sous la niche du porche de l'église de Landerneau où se trouvait sa statue" (Tanguy 1990)

A Landerneau, la paroisse de Saint-Houardon (Claustrum S. Huardon au XIe siècle, et Houardeno en 1516) est d'origine monastique. Ce nom rappelle le souvenir de Sanctus Hoarzonus, évêque de Léon et successeur de saint Ténénan.

"Futur évêque de Léon, Houardon, moine venu de Bretagne insulaire, aurait abordé en Armorique, au nord de l’actuelle paroisse de Plouescat. Il aurait établi son premier ermitage à Landerne-Vihan en Plouescat, puis passant par la cité gallo-romaine de Vorganium située à Kérilien dans la paroisse actuelle de Plounéventer, il descend vers le passage de l’Aulne, là où se développera la partie léonarde de la ville de Landerneau dont il deviendra le saint patron. Il installe un établissement monastique non loin de l’ermitage de Conogan. C’est lui qui ordonnera Hervé, avec qui il participera au synode du Méné-Bré, où sera condamné Conomor. Comme Hervé, Houardon est réputé pour l’intensité de ses prières qui le conduisent à des visions célestes. Représenté à Landerneau voguant dans une auge de pierre, il est notamment prié par les marins. Il est titulaire de la chapelle de Lanhouardon à Plabennec, et le saint patron de la paroisse de La Feuillée. " (Wikipédia)

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Voir les 12 planches de Termes et cariatides d'Androuet du Cerceau.

Comparer surtout avec les termes gainés de l'ossuaire de La Martyre (1619) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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"La corniche de cette frise est supportée par des modillons richement sculptés et feuillagés. Au-dessus règne une arcature originale et ayant grand caractère, formée de trois niches rondes à coquilles et de quatre caissons rectangulaires, le tout surmonté d'un fronton obtus dessiné pour des corniches très savamment profilées. "

 

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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"De chaque côté de l'entrée, deux colonnes cannelées, couronnées de chapiteaux corinthiens supportent une frise ornée d'une  inscription".

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription.

 l'inscription en lettres capitales romaines dit ceci :

"DOMVM. TVAM. DOMINE. DECET. SANCTITVDO. IN. LONGITVDINE DIERVM. 1604."

 La sainteté convient à ta maison, O Éternel! pour toute la durée des temps.  

Cette Antienne chantée issue du Psaume 93:5 (92)  appartient à la liturgie des Vêpres du commun de la dédicace d'une église du Bréviaire Romain. Elle renvoie donc indirectement à la cérémonie de dédicace de l'église Saint-Houardon.

On la retrouve aussi inscrite, sous une forme plus complète, à l'intérieur du porche de l'église de Gouesnou, avec la date de 1640.

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription est encadrée par deux monogrammes. Le premier de la frise "M.A.", MARIA, honore la Vierge.

Monogramme MA, inscription de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Monogramme MA, inscription de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le second monogramme IHS est celui de IHESUS, le Christ.

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Monogramme IHS, inscription de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Monogramme IHS, inscription de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Chapiteau et panneau d'entrelacs.

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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"L'entrée consiste en une grande arcade ayant comme pieds-droits deux colonnes engagées, composées de quatre tambours cannelés séparés par des bagues feuillagées, modèle commun à presque tous nos porches de cette époque et inauguré par Philibert Delorme dans la construction du Palais des Tuileries. Le cintre qui surmonte ces colonnes est formé d'un gros tore orné d'oves et de feuillages ; à la clef, on lit la date de 1604.

Les ébrasements de l'extérieur et de l'intérieur se composent de différentes moulures, boudins, gorges, talons, doucines qui, tout en étant parfaitement de la Renaissance, se ressentent encore de l'influence de la dernière période du style ogival. Au sommet de l'arcade, une belle volute avec grande feuille d'acanthe forme une clef de voûte très décorative."

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Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porche sud de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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L'INTÉRIEUR DU PORCHE MÉRIDIONAL.

" l'intérieur, les parois latérales sont couvertes par douze niches séparées par des colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens. Dans le bas des dais il y a, de même qu'à Landivisiau, un ressouvenir des petites pyramides gothiques, mais le reste est composé de colonnettes, de pilastres, urnes et croissants, absolument dans le genre Henri III et Henri IV. La voûte, découpée par des arcs-ogives et des liernes, a dans son milieu une belle clef pendante avec rosace sculptée.

Le fond, percé de deux portes qui donnent accès dans l'église, doit être antérieur d'environ un demi-siècle à ce que nous avons décrit jusqu'ici. On y trouve les mêmes caractères qu'au fond du porche de Landivisiau : moulures prismatiques et gorges profondes tapissées de feuillages découpés. "

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1°) Le bénitier.

 

Ce beau bénitier occupe le trumeau. La vasque à godrons et frises florales  repose sur une colonnette ornée de losanges évidés rappelant les macles des Rohan ; cette vasque comporte deux supports servant de bougeoirs pour des cierges.   Au-dessus, entre deux rinceaux, un ange à tête mutilée tient deux goupillons, l'un tourné vers le haut, l'autre vers le bas.  Cet ensemble est couronné par  un très joli dais, d'où l'on voit saillir trois fines têtes coiffées de toques et plumets (une femme, un homme barbu, ...), caractéristiques du style Renaissance. Un dôme comporte encore des masques.

Il existe autour de Landerneau trois autres bénitiers analogues :

– Église Saint-Salomon de La Martyre, daté de 1601 : http://www.lavieb-aile.com/2016/12/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre.iii.les-benitiers.html

– Église Saint-Miliau de Guimiliau : Au trumeau est adossé un joli bénitier porté sur une colonnette cannelée. Au-dessus du bénitier, un ange à genoux tient deux goupillons ; il est surmonté d'un dais orné de pilastres, gaines, cariatides, petites niches, etc..

– Landivisiau : Au trumeau qui sépare les deux portes, est fixé un bénitier, au-dessus duquel est un ange tenant un goupillon et, plus haut, un dais richement sculpté, genre Renaissance, d'où sortent quatre têtes saillantes ou mascarons, deux hommes et deux femmes.

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Bénitier du trumeau du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier du trumeau du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Bénitier du trumeau du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier du trumeau du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Bénitier du trumeau du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Bénitier du trumeau du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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"Les moulures et guirlandes qui encadrent les portes, se répètent pour former la grande arcade entourant le tympan, et dans la dernière gorge sont nichées des statuettes de Saints, comme on en trouve à Landivisiau, Guimiliau, etc. Elles seront décrites en partant du bas, du côté gauche, en montant pour faire le tour avant de descendre du côté droit :"

 

NB : les photos ont été prises de derrière la grille qui ferme le porche, sans soleil et sans lumière : j'ai fait ce que j'ai pu, en attendant mieux.

 

 

 

 

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Le piédroit de droite.

A la base, deux animaux (chien et lion ?)  plaqués contre le mur tentent en vain d'atteindre les pieds de vigne qui montent en deux rangs à l'extérieur du piédroit. (même motif sur le porche de Pencran).

 

 

 

Piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Yves.

Saint Yves, vêtu de l'aumusse mouchetée d'hermines héraldiques, capuchon et bonnet carré ; il tient un sac à procès ou un livre suspendu dans un sachet, puis une liasse de parchemin ;

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Saint Yves, Piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Saint Yves, Piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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2° Saint Côme, médecin, frère de saint Damien, qui lui fait pendant l'autre côté ; il tient de la main droite une ampoule de médicaments ;

Saint Côme, piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Saint Côme, piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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3° Un évêque bénissant de la main droite, ayant chape, mitre et crosse .

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Un évêque, piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Un évêque, piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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4° Saint Salomon, roi de Bretagne, couronne en tête, vêtu de la cuirasse et autres pièces d'armure, tenant une lance de la main droite et de la gauche une épée, signe de son martyre ;

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5° Évêque revêtu de la chasuble et coiffé de la mître ;

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6° Ecce Homo.

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Ecce homo, iédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ecce homo, iédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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7° Anges, les mains jointes ;

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8° Saint Fiacre, vêtu en moine et tenant une bêche ;

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9° Evêque bénissant, chape, mître et crosse ;

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10° Père Eternel, coiffé de la tiare, bénissant de la main droite et tenant de la gauche le globe du monde ;

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11° Saint Roch, chapeau à bord relevé, bourdon de pèlerin, ange.

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Saint Roch, piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Saint Roch, piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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12° Saint Christophe, portant l'Enfant-Jésus.

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Saint Christophe, piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Saint Christophe, piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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13° Saint François d'Assise, montrant ses stigmates .

 

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Saint François, piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Saint François, piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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14° Saint Jean-Baptiste, vêtu d'une peau de chameau et portant un agneau sur un livre.

 

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Sain Jean-Baptiste, piédroit droit du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sain Jean-Baptiste, piédroit droit du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Piédroit de gauche.

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Piédroit gauche du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Piédroit gauche du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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15° Saint Damien,

médecin comme son frère saint Côme, coiffé d'un bonnet rond ou calotte, portant un vase cannelé, pot à onguent ;

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Saint Damien, piédroit gauche du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Saint Damien, piédroit gauche du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

 

16° Saint Pierre, tenant sa clef.

 

Saint Pierre, piédroit gauche du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre, piédroit gauche du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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17°) Deux chiens.

Dans la même posture que leurs homologues du coté droit.

 

Deux chiens, piédroit gauche du  porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Deux chiens, piédroit gauche du porche méridional de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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II. LA PORTE SUD   (1524 - 1604?)

 

"Du même côté Midi, plus loin que le porche, tout près de la branche du transept, est une porte ornée, provenant aussi de l'ancienne église, ayant ses ébrasements tapissés de moulures prismatiques, et surmontée d'une contre-courbe agrémentée de crochets ou feuilles grasses retournées, ressouvenir du gothique, mais annonçant la sculp­ture de la Renaissance."

"L'église de Saint-Houardon fut reconstruite en 1524, mais le clocher ne fut commencé qu'en 1589, et ce n'est qu'en 1604 que le porche fut terminé."

Cette porte en pierre de kersanton  possède une particularité remarquable, sous la forme de deux groupes de personnages sculptés en haut relief mais de petite taille (environ centimètres) à la base des deux pinacles. Ce sont eux qui seront présentés ici .

 

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Du coté gauche, nous voyons d'abord un couple de musiciens. 

 

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le musicien de gauche semble jouer  d'une vièle avec archet, à manche court. L'instrument tenu verticalement prend appui sur la hanche gauche ; l'archet est tenu main en pronation.

Il est coiffé d'un chapeau rond sur des cheveux taillés à la mode de la 1ère moitié du XVIe siècle ; les pans de son manteau s'ouvrent sur une braguette rembourrée, en vogue jusqu'en 1580. Il frappe la mesure de son pied gauche.

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Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Son compagnon est un sonneur, qui joue de la cornemuse. Il a été recensé sur le site de Jean-Claude Matte, à qui rien n'échappe :

http://jeanluc.matte.free.fr/fichio/landerneau1.htm

Il le décrit ainsi : "bourdon d'épaule à pavillon évasé sur l'épaule gauche, poche tenue sous le bras gauche, main gauche en bas du hautbois, main droite en haut, porte-vent."

Son chapeau en casque, sa coiffure, sa tunique serrée par une ceinture sont semblables à ceux du joueur de vièle. Il est chaussé de sabots, et il bat la mesure du pied droit. La braguette est également ostensible.

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Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Derrière le sonneur, nous entrapercevons un homme dont il est difficile de décrire autre chose que le visage assez lourd et le nez épaté, la coiffure et le chapeau identiques à ceux des musiciens. L'effet comique est ici délibérément recherché pour suggérer un tiers curieux, attiré par la musique et pointant son nez.

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Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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A l'opposé, sur la face la plus externe du montant, nous finissons par découvrir un quatrième personnage. J'y vois un paysan muni de sa houe. Je n'ai pu le débarrasser des toiles d'araignées et débris végétaux.

En somme, nous avons affaire ici à une scène de bal en milieu rural.

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Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Sous le pinacle de droite, deux personnages sont bien visibles : un seigneur, et son veneur.

C'est donc une scène de chasse, sans-doute dans la petite noblesse.

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Scène de chasse, porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Scène de chasse, porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le chasseur, les mains sur les hanches, est coiffé d'un chapeau rond à plumet. Cheveux mi-longs ramassés en deux épaisses masses latérales, tunique cintrée plissée dans sa partie basse, sans ceinture, et hauts-de-chausses. 

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Scène de chasse, porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Scène de chasse, porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un homme sonne dans une trompe de chasse et tient un épieu : c'est le veneur du jeune seigneur, ou l'un de ses piqueurs. L'épieu sert à la chasse au gros gibier : sanglier, cerf ou ours. La tenue vestimentaire et la coiffure sont semblables à celles de son voisin, plumet en moins.

Voir Le Livre de la chasse de Gaston Phébus Bnf fr. 616 (XVe siècle) folio 75r (détail)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52505055c/f173.item

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le veneur, scène de chasse, porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Le veneur, scène de chasse, porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Dans le dos du piqueur, nous découvrons (cela échappe au premier coup d'œil) un animal debout sur ses pattes arrières. Ours ou chien ? je penche pour la première solution, parce que c'est plus drôle, et parce que l'on ne voit pas de collier.

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Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Ici aussi, un manant se dissimule dans l'écoinçon : voyez comme ce  drôle fait son curieux et veut mettre son grain de sel !

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (chanoine Jean-Marie), PEYRON (chanoine Paul), 1916, "[Notices sur les paroisses] Landerneau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 16e année 1916, Quimper, 17e année 1917, p. 321-332, 353-361, 5-12, 33-47, 65-76, 97-106.

http://diocese-quimper.fr/fr/archives/story/1166/notices-sur-les-paroisses

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, , Répertoire des églises : paroisse de Landerneau, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c21ef2b4d254c026109041eadd62299.pdf

—TANGUY (Bernard), 1990, St Hervé Vie et culte -Minihi Levenez

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9dc60e8b347fb5c7b31fb43e83345b9e.pdf

— INFOBRETAGNE;

http://www.infobretagne.com/landerneau-saint-houardon.htm

 

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Published by jean-yves cordier - dans Landerneau
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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 23:22

L'inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien de Landerneau (1521).

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Outre sa beauté graphique, l'un des principaux intérêts de cette inscription est de pouvoir être comparée avec une autre inscription de fondation d'un édifice civil, dans la même ville de Landerneau et à une époque proche :

On l'a placera aussi en parallèle avec d'autres exemples épigraphiques de Basse-Bretagne, souvent lors de fondation d' édifices religieux :

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Les inscriptions qui nous préoccupent aujourd'hui proviennent du portail de l'ancienne église Saint-Julien. Les deux pierres de kersanton  ont été déplacées lors de la destruction de cet édifice et intégrées en 1960 à l'Oratoire de la Fontaine Blanche créé en saillie du mur extérieur du cimetière de la ville,  rue du Cimetière, de l'autre coté de la voie ferrée par rapport au Centre-ville. L'une d'elles évoque la fondation du portail de l'église Saint-Julien, l'autre permet de savoir que l'église était dédiée à saint Julien l'Hospitalier. L'homogénéité de leur style permet de s'assurer qu'elles appartenaient au même ensemble, d'autant qu'elles forment deux quatrains d'octosyllabes rimés AABB CCDD. Elles sont en français, comme c'est très largement le cas alors en Bretagne sans attendre l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539). 

Commençons par les découvrir, avant d'approfondir nos connaissances sur cette ancienne église landernéenne. Une première photographie a été prise au naturel :


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Inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation de l'hôpital Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Les inscriptions lapidaires peuvent être mieux lisibles en lumière rasante, lorsqu'elles sont placées, comme ce n'est pas le cas ici, sur des façades exposées au soleil. En épigraphie, les chercheurs utilisent, pour obtenir une copie exacte,  le long procédé de l'estampage, en appliquant une feuille de papier spécial, mouillée puis tamponnée sur le motif. L'abbé Yves-Pascal Castel, à qui on doit l'un des premiers relevés (après celui du chanoine Abgrall en 1916), signale qu'il a pratiqué "l'humectage des reliefs avec l'eau qui coule tout près", dans le bassin qui précède cet oratoire. C'est le procédé que j'ai employé.

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Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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1°) La plaque supérieure.

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Première inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Première inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Transcription :

EN : LAN MIL CINCQ CENTZ VI[N]GT ET UNG

ET LE LU[N]DI . TIERS JOUR : DE JUIGN :

FUT : AU . PORTAL DE CEST : EGLISE :

LA : PRIMIERE : PIERRE : MISE

"En l'an 1521 et le lundi troisième jour de juin fut au portail de cette église la première pierre mise."

Cette première pierre fut donc posée le lundi 3 juin 1521. Le lundi se vérifie selon le calendrier perpétuel de Morel. La date n'est pas en relation avec la fête du saint le 12 février. 

L'orthographe de la date "lan mil cincq cents vingt et ung" se retrouve exactement sur un manuscrit des Archives du Finistère 1E1236 ( contrat avec Guymarch de Treanna). C'est bien la forme notariée de l'époque.

 – Le mot "portal" est une forme précoce attestée de "portail", et on lit dans le Trésor de la Langue Française pour "portail" :

" Étymologie et Histoire. 1. Ca 1165 portal «grand panneau de bois servant de porte» (Benoit, Troie, 22884 ds T.-L.); id. subst. plur. portaus (Id., ibid., 16003, ibid.); début xiiies. portail (Floire et Blancheflor, éd. M. Pelan, 2551);

 2. 1606 «façade d'une église où est la porte principale» (Crespin); 1688 «grande porte d'une église ou d'un temple» (Rich. t.2). Dérive de porte1*; portail s'est substitué à portal par suite d'une confusion partie du pluriel portaux dont la terminaison -aux correspond à la fois à -al et -ail du singulier."

On peut penser qu'il désigne ici le porche de l'église.

La graphie "primière" est attestée au XVIe siècle, elle témoigne de  la forme initiale "primers" de l'adjectif en ancien français. Voir Cnrtl et Godefroy

L'inscription utilise des lettres en minuscule gothique, avec des mots séparés par des points, des deux-points et des deux-points réunis par une ligne en S. On note l'utilisation du tilde abréviatif remplaçant certains -n (vingt, lundi). La très belle lettre majuscule E initiale est à la fois perlée et fleurie. Le jambage de nombreuses lettres est orné de crochets par fois perlés (-z de centz, -s et -j de tiers jour, -j de juign, etc.).   Une vue de détail de la partie droite permet d'admirer les rinceaux qui occupent l'espace libre laissé par les lignes, à la place des bouts-de-ligne des manuscrits médiévaux. Elle permet aussi d'admirer les deux-points, aux points losangiques. 

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Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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2°) La plaque inférieure.

A LHON[NEU]R DE DIEU FILZ . ET . PERE 

: LE : SAINCT : ESPERIT : ET : SA : MERE.

CEST LOSPITAL : DE : CESTE . VILLE :

ET : A. SAINCT : JULIEN : DOMICILLE :

"A l'honneur de Dieu Fils et Père le Saint--Esprit et sa Mère cet hôpital de cette ville et à Saint Julien domicile. "

Là encore, les graphies "esperit" (j'occulte le tilde indéniable mas embarrassant) et "domicille" sont bien attestées, quoique peut-être archaïques en 1521.

Après la mention de l'église sur la plaque précédente, voici celle de l'hôpital et son patronage à la Sainte Trinité et à saint Julien. 

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Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Deuxième inscription de fondation de l'église Saint-Julien (1521), cimetière de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Sur ce détail du début de l'inscription, on peut admirer le A majuscule orné et perlé comme un bonnet de fou. 

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COMMENTAIRES.

Je me baserai surtout sur la Notice du chanoine Abgrall, en 1916-1917.

La date de 1521 correspond au règne de François Ier et, pour la vicomté de Rohan dont dépend Landerneau, de Jacques Ier de Rohan, 16ème vicomte de sa lignée de 1516 à 1527 en succession de Jehan II de Rohan (en titre de 1562 à 1516), qui avait fait apposer la plaque de fondation du Pont de Rohan en 1510.

 

L’Elorn est un petit fleuve côtier qui traverse la partie nord du Finistère, selon une direction générale Est-Ouest . Il prend sa source dans les tourbières des Monts d’Arrée, à un peu plus de 300 m d’altitude, juste entre les deux plus hauts sommets de Bretagne, puis, après avoir traversé Sizun, Landivisiau et Landerneau, il rejoint la mer au niveau de la rade de Brest, où il se mêle aux eaux de la Penfeld, de l’Aulne, et de la Mignonne. Par son trajet, il sépare le Léon au nord et la Cornouaille au sud. Landerneau est la limite de remontée de la marée, et donc, pendant longtemps, le point le plus distal pour établir un pont, et donc une ville-pont ( traditionnellement, le dernier pont avant l'embouchure se trouvait  à la limite de la zone de remontée de la marée, provoquant l'essor d'une « ville-pont ». Plus en aval, seuls des bacs et des passeurs permettaient de franchir l'estuaire. Voir Châteaulin, Morlaix, Pont-L'Abbé, Pont-Aven, etc.)

Pour cette raison, le gué, puis le pont de bois, puis le pont de pierre que Jehan II de Rohan édifia en 1510 étaient d'une importance géo-politique considérable, contrôlant le commerce fluvial est-ouest, et les voies de communication Léon-Cornouaille dans le sens nord-sud pour des motifs commerciaux ou cultuels (pèlerinages). Comme tous les ponts, lieux de transition donc de dangers, il dut être placé sous la protection d'un saint protecteur. Il pouvait s'agir ailleurs  de saint Jean Népomucène, de saint Nicolas, de saint Christophe, mais c'est un oratoire en l'honneur de saint Julien l'Hospitalier qui fut probablement construit à l'entrée du pont. C'est aussi le cas en Bretagne à Poulgoazec, Plouhinec (église Saint-Julien-le-Passeur), ou à Acigné sur la Vilaine. Saint Julien est le patron des passeurs et des hôpitaux placés sur la rive d'un pont pour recevoir les pèlerins en raison de ce passage de sa légende, très proche de celle de saint Christophe : 

 

"Ainsi, s’enfuyant ensemble, ils allèrent demeurer au bord d’un grand fleuve dont la traversée était pleine de périls ; et là, tout en faisant pénitence, ils transportaient d’une rive à l’autre ceux qui voulaient traverser le fleuve. Et ils les recueillaient dans un hôpital qu’ils avaient construit. Et, longtemps après, par une nuit glaciale, Julien, qui s’était couché accablé de fatigue, entendit la voix plaintive d’un étranger qui lui demandait de lui faire traverser le fleuve. Aussitôt, se levant, il courut vers l’étranger, à demi mort de froid ; et il l’emporta dans sa maison, et alluma un grand feu pour le réchauffer. Puis, le voyant toujours glacé, il le porta dans son lit et le couvrit avec soin. Or voici que cet étranger, qui était rongé de lèpre et répugnant à voir, se transforma en un ange éclatant de lumière. Et tout en s’élevant dans les airs il dit à son hôte : « Julien, le Seigneur m’a envoyé vers toi pour t’apprendre que ton repentir a été agréé, et que ta femme et toi pourrez bientôt vous reposer en Dieu. » Et l’ange disparut, et, peu de temps après, Julien et sa femme s’endormirent dans le Seigneur, pleins d’aumônes et de bonnes œuvres." Jacques de Voragine, Légende Dorée, Traduction par T. de Wyzewa .Perrin et Cie, 1910 (pp. 114-120).

 1°) L'hôpital Saint-Julien, 1336.

Ce ne fut qu'au commencement du XIVème siècle, qu'un hôpital fut établi sur le pont, grâce à la libéralité d'Hervé de Léon, qui en organisa le service et le dota d'un chapelain. Dom Morice nous a conservé l'acte de cette fondation, dans le premier volume de ses Preuves, col. 1.376 ; il est daté du vendredi après la Quasimodo 1336. 

En voici une analyse assez complète : 

« Sachez que nous, Hervé de Léon, chevalier, seigneur de Noyon, que nous avons donné ce qui suit à l'hôpital que nous avons fondé pour le soulagement des infirmes, et établi à la tête du pont de Landerneau, en la paroisse de Ploudiry, en l'honneur de Dieu et des Saints, spécialement de saint Georges, martyr, et saint Julien, confesseur. D'abord, pour l'entretien d'un prêtre qui dira trois messes au dit hôpital, chaque semaine, 10 livres de monnaie courante à prendre sur nos droits sur le vin, à Landerneau. De même, pour l'entretien des infirmes et de ceux qui en prendront soin, 50 mesures rases de froment, dont 25 à prendre sur nos dîmes de Ploudaniel et 25 sur notre droit de minage (droit sur les poids et mesures) de Landerneau. De plus, 8 livres de cire pour la messe, sur la ferme de nos moulins du Bourg-Blanc. Item, 100 sols pour la pitance des malades et 16 sols pour une paire de vêtements à celui qui sera, par nous ou nos héritiers, préposé à la garde et visite des dits malades ; ces 116 sols seront perçus sur notre taille en Ploudaniel. Item, donnons au dit hôpital 12 lits bien garnis, ayant chacun une coëte et un traversin de plume et deux paires de linceuls, que nies héritiers devront entretenir en bon état. Ordonnons que le prêtre chargé du service divin, et les gardiens de l'hôpital, homme ou femme, soient tenus à rendre compte de leur administration, tous les deux mois. Voulons que l'appenti qui sera construit près l'hôpital ait un foyer, et qu'on y établisse des lieux d'aisance. De plus, nous lui adjoignons un jardin, situé sur la paroisse de Ploudiry, près du bourg, appelé Ruploudiry ».

Cet hôpital était bien situé, à la tête de ce pont, d'une importance majeure pour assurer les communications de Cornouailles avec le Léon et faciliter le passage considérable de pèlerins se rendant soit à l'abbaye de Saint-Mathieu fin de la terre, soit à Saint-Michel du mont Gargan, qui ne devait être autre que Saint-Michel de Lesneven ; car pour se rendre de Cornouaille à Saint-Michel in periculo maris, il n'était pas nécessaire de passer par Landerneau. Or, ce pont ayant été ruiné, et l'hôpital Saint-Julien dévasté, par suite des guerres de Succession, sur les instances de Jean de Kéroulas, maître en théologie, Grégoire XI, par lettres données à Avignon, le 2 Août 1372, accordait des indulgences à ceux qui, par leurs aumônes, contribueraient à leur restauration [Note : Acte du Saint-Siège : « Hospitale St Juliani situm in capite pontis de Landerneau ubi magnus concursus est perigrinorum euntium ad ecclesias Beatorum Michaelis in monte Gargano et Mathei in finibus terrarum, pauperes que recipiuntur et reficiuntur, frementibus guerris jam est pene destructum.... »].

En 1511, le 28 Janvier, Jean, vicomte de Léon, confirmant la première fondation, constate qu'il y a quelque temps qu'on a négligé de dire les trois messes requises ; les pauvres ne sont plus bien entretenus, car l'hôpital ne jouit plus en leur intégrité des revenus de la fondation primitive ; par conséquent, le vicomte de Léon, outre les dîmes de Ploudaniel, et le bois de chauffage de ses bois de Ploeavaz (Guipavas), donne 17 livres à partager entre le chapelain de son église de La Roche-Morice, et celui de l'hôpital ; et 25 livres pour les gardiens des pauvres. Missire Hervé Gouzien est chapelain de l'hôpital ; missire Olivier Nicolas, chapelain de la Roche-Morice ; et Jean Le Guirieuc, gouverneur de l'hôpital. (J-M. Abgrall, 1916-1917).

La  fameuse statue du "Pauvre petit bonhomme Landerneau", présent sur la façade de l’hôpital, représente en fait Saint-Julien le Pauvre et l’entrée dans la paroisse du même nom.

 

2°) L'église de Saint-Julien (1521-1532)

l'ancienne église Saint-Julien est aujourd'hui détruite. Commencée le 3 juin 1531, elle avait été terminée en 1532, puis érigée en trève de Ploudiry le 18 mai 1619. Elle a été rasée en 1823.

CONCLUSION.

Autant la plaque de fondation du Pont de Landerneau par Jehan II de Rohan en 1510 est bien mise en valeur aujourd'hui à l'amorce du pont, coté Léon, accessible à l'admiration de  tous les touristes et amateurs, autant ces deux plaques de fondation de l'église de l'hôpital Saint-Julien sont, certes sous l'effet d'un désir indéniable de bien faire, remisées dans un endroit à l'écart de la ville, son Cimetière, sans aucun rapport avec leur vocation et leur  lieu géographique d'origine. Il semblerait plus opportun de les présenter au public sur le coté Cornouaille du Pont de Rohan, à proximité de la statue du Pauvre Petit Bonhomme. Elles offrent un intérêt historique, et un plaisir esthétique évidents, et sont un témoin précieux de notre langue (versification en moyen français) et de notre écriture (minuscule gothique). 

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie ), 1916 et 1917,  Landerneau, Notice sur les paroisses, Bulletin diocésain d'histoire et d'archélogie, diocèse de Quimper. Quimper, 16e année 1916, Quimper, 17e année 1917,  p. 321-332, 353-361, 5-12, 33-47, 65-76, 97-106.

http://diocese-quimper.fr/fr/archives/story/1166/notices-sur-les-paroisses

— CASTEL (Yves-Pascal), Saint-Julien au passage de l'Elorn. article du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon 0819 Landerneau,  28.03.92.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 9 janvier 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2318.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6f9b56591e766cf76a074eab4506ddb1.jpg

— Site Topic-topos

http://fr.topic-topos.com/oratoire-de-la-fontaine-blanche-landerneau

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Published by jean-yves cordier - dans Landerneau Inscriptions
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 22:29

Sur la piste des crossettes (zé les gargouilles) de Landerneau.

"Qu'ils étaient beaux vraiment ces vieux dragons horrifiques, édentés jusqu'au fond de la gueule, vomissant des flammes, couverts d'écailles, avec une queue de serpent, des ailes de chauve-souris, des griffes de lion, un corps de cheval, une tête de coq, et retirant du basilic ! "Gustave Flaubert  

Sur Landerneau, voir :

 

 

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Les crossettes, c'est mon dernier dada. Je les traque, avec leurs compagnes les gargouilles,  dans tout le Finistère :

Et je n'ai pas fini ! Il fallait en voir d'autres.

Je voyageai. Je connus la mélancolie des trajets en auto, les froids réveils dans l'attente de l'aube, l'étourdissement des calvaires et  enclos, l'amertume des visites interrompues par la nuit. Arpentant les champs et les grèves, je vis les dragons de Landivisiau, les plus beaux, et les sculptures de Plougonven, j'attendais celles de Trégourez, de Loc-Envel et celles, recensées par Emmanuelle Le Cleac'h, des quatre cantons de la vallée de l'Élorn, en commençant par Landerneau.  Mais si cette dernière tire à juste titre  fierté des crossettes de ses monuments religieux certes, ce sont celles de ses immeubles civils qui font sa réputation. Au total, E. Le Cleac'h y a recensé 65 crossettes et gargouilles (sur un total de 83 dans le Canton de Landerneau)!  Une visite s'imposait.

Je choisis de passer par le vieux château des Rohan à la Roche-Maurice. Jusque là, l'Elorn serpente à coté de la route qui contourne la base des collines rocheuses dont les mamelons inégaux s'avancent dans la vallée. Je la parcourais au petit trot, et j'arrivais Quai du Léon, où je garais mon cabriolet.

Il me suffit alors de consulter l'un des documents proposés par la ville (cf. liens à télécharger)  pour atteindre, dans une promenade pleine de charme rythmée par trente deux panneaux apposés sur les bâtiments remarquables, ma première destination.

Mais avant la moindre crossette et la moindre gargouille, voici un premier dragon. Saurez-vous le retrouver ? Il vous servira d'amer.

 

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Girouette, clocher de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Girouette, clocher de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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LES MAISONS DE LA VILLE.

 

I. LA MAISON À  LA SIRÈNE. N° 14 Rue du Chanoine-Kerbrat.

Un mot d'abord sur ce "chanoine Kerbrat". 

Il s'agit du  chanoine Marcel Kerbrat (Landerneau 21/11/1894-07/08/1944), Prêtre en 1921, incorporé en 1914 comme sous-lieutenant, chef de section au 120ème RI. Titulaire de quatre citations au cours de la Grande Guerre pour son rare sang froid et son courage allant jusqu’à la témérité. Ordonné prêtre après guerre, il poursuit des études à Rome, est directeur du grand séminaire de Quimper en 1924, professeur de droit canon en 1940, chanoine honoraire en 1944, commandant de réserve, chef de groupe dans la Résistance, il est arrêté par les Allemands le 07 août 1944, et a sans doute été fusillé. Croix de guerre avec 4 citations. Chevalier de la Légion d'Honneur : 03/03/1921.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/85390478e7158a6692970c1c0189b5ab.pdf

De l'ancienne maison du XVIe siècle, il ne reste que la lucarne, sur un immeuble rebâti au XXe siècle. 

 

 

"À la fin du XIXe siècle, la municipalité achète cet immeuble et le reconstruit en totalité pour la construction d’une prison et d’un magasin de dépôt de matériel d’incendie. Seule la lucarne à crossettes, conservée sur le bâtiment, atteste l’ancienneté de la construction d’origine, datant de la fin du Moyen Âge."

 

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Les rampants de la lucarne portent deux crossettes qui se répondent, une sirène à gauche et un lion à droite.

 

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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La sirène.

 

C'est la vraie mascotte de la ville. Cette crossette gauche de la lucarne qui fait pendant au dragon de la crossette droite est, comme sa voisine,  en pierre de Logonna, microdiorite quartzite au grain fin, ambrée ou blonde avec des cernes bruns foncés d'hydroxyde de fer, extraite à la carrière du Roz en Logonna-Daoulas. C'est une sirène : couchée sur le ventre, la tête à droite, le buste redressé de face. Son visage est rond, avec de grands yeux et une petite bouche, encadrée d'une longue chevelure ondulée. Son bras gauche est tendu vers l'arrière et tient un miroir alors que la main droite est posée sur les cheveux dans la pose de la "Coquette". Certains reconnaissent dans les digitations de la main droite les dents d'un peigne.

 Les mamelons des seins volumineux forment les points de culmination de nos regards lorsqu'ils se lèvent vers cette belle aguicheuse, et viennent les détourner de la queue bifide et écailleuse. Comme la crossette au miroir de l'église Saint-Suliau de Sizun, ou comme la femme-serpent de Lannédern, le passage entre la partie féminine et la partie animale se fait par un pli roulé semblable à une ceinture en cordon, comme si la dame avait revêtu un pantalon de panoplie.

 

Hiroko Amemiya décrit dans son ouvrage sur les Vierges et Démones de Bretagne 13 ornements semblables en pierre "de type sirène", dont 9 dans le Finistère, et 7 dans la vallée de l'Élorn (cantons de Daoulas, Landerneau, Landivisiau et Lesneven). Ces femmes à queue de serpent s'opposent ou s'associent aux "ornements de type femme-serpent" (une dizaine dans le Finistère), et aux créatures féminines sculptées en cariatide (Saint-Houarnon à Landerneau, La Martyre) ou en buste ici ou là. Poissons et serpents sont dans les deux cas issus du monde aquatique, des profondeurs froides, glauques et informelles, avec un cousinage plus ou moins affirmé avec les Enfers et les puissances du Mal, tandis que la moitié féminine, aux attributs dénudés et généreux, renvoie à ce que saint Augustin nomme la "concupiscence", le désir sexuel, et, par là, avec le Péché.

Lorsque, et c'est le cas le plus fréquent, la sirène tient un miroir et devient l'emblème de la coquetterie et de la séduction, tout est dit, mieux qu'un long prêche de monsieur le recteur. 

Et lorsqu'elle répond, par symétrie spéculaire, à un dragon ou à un lion, sénéchaux  de la Mort, le message est complet : face à la luxure, chacun doit avoir à l'esprit la finitude de son existence, s'il ne se sauve par la rectitude de sa conduite. 

 

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Cette rhétorique de moralité chrétienne, habituellement placée sur les sanctuaires, coiffait-elle la demeure d'un clerc ou d'un pieux paroissien ? Ou bien servait-elle a contrario, au second degré et par détournement, de pied de nez à un négociant et joyeux luron  dans sa demeure de la "Rue de la Rive", ancien nom de la voie ? 

Voir les trois sirènes de l'église de Sizun, dont celle qui tient un miroir.

Voir La sirène de l'église de Saint-Urbain  (fin XVIIe), qui tient un peigne et non un miroir..
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Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,

Car j'ai pour fasciner ces dociles amants,

De purs miroirs qui font toutes choses plus belles ;

Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

(Baudelaire)

 

 

 

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le dragon.

Il est doté d'une queue de serpent qui fait la boucle et d'oreilles et d'ailes de chauve-souris et tout son corps et son front sont couverts de pustules verruqueuses qu'on imagine venimeuses. Il ouvre largement sa gueule pour exposer deux rangs de dents acérées. Ses pattes crochues s'agrippent à ce qui est sans-doute un livre, divisé en quatre tranches. 

Le dragon peut être le symbole du Mal, (le dragon terrassé par saint Michel) ou du paganisme (le dragon tenu en laisse par saint Pol), ou de péril de mort  (celui du ventre duquel sainte Marguerite s'échappe après avoir été avalée). Ce peut être celui qui infeste l'Irlande et qui exige chaque jour une jeune fille pour son repas, avant d'être vaincu par Tristan : 

"Le monstre approchait. Il avait la tête d’une guivre, les yeux rouges et tels que des charbons embrasés, deux cornes au front, les oreilles longues et velues, des griffes de lion, une queue de serpent, le corps écailleux d’un griffon.Tristan lança contre lui son destrier d’une telle force que, tout hérissé de peur, il bondit pourtant contre le monstre." (Tristan et Iseut, XIIe siècle, trad. Bédier)

Mais il me semble plutôt que, sous sa forme de crossette, il s'agit (comme pour son cousin le lion), d'une figure animale  de la Force Vitale universelle qui se nourrit des existences individuelles dont elle prélève, selon ses caprices, son tribut pour se nourrir. Les dragons ou les lions ne sont jamais effrayants,  jamais diabolisés, mais au contraire assez sympathiques, bon-enfants, plus hilares que dévorateurs, ce sont des bêtes de théâtre, installés au delà du Bien et du Mal dans le plein exercice de leurs pouvoirs. On comprend alors combien il forme volontiers un couple avec la Sirène, expression du vouloir-vivre, de la reproduction par la sexualité de nouvelles formes de vie.

Je peux me tromper, bien-sûr. Mais ce qui est certain, c'est la belle humeur quasi rabelaisienne de nos ancêtres, qui n'hésitaient pas à pavoiser leurs demeures avec des icônes aussi truculentes et aussi burlesques, et la joyeuse inventivité des sculpteurs d'alors.

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La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

La maison de la Sirène, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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II. L'AUBERGE LE RÉVEIL-MATIN. Ostaleri An Dihuner. 18 rue du Chanoine-Kerbrat.

48° 27′ 00,83″ N, 4° 15′ 03,82″ O 

Inventaire supplémentaire MH 29 mai 1926.

http://espace-svt.ac-rennes.fr/travaux/landern/land-10.htm

Le Réveil Matin, situé pour sa façade est rue du Commerce, est une ancienne auberge du XVIème siècle (elle daterait de 1648) , mais qui fut remaniée à plusieurs reprises aux siècles suivants. Cette maison est remarquable par sa façade sud en pierre de Logonna et par sa façade est en schiste. 

D’après les archives, on sait que certaines lucarnes de la façade est, rue du commerce, ont été démontées et vendues avant 1910 puis remplacées par des modèles plus sobres. 

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L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.
L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Coiffée au XVIIIe siècle de pots à feu stylisés, la lucarne du toit comporte deux crossettes (en pierre de Logonna) en forme d'animaux. 

 

 

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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A gauche, voici un loup.

 C'est Jehan Bazin qui a identifié ici un loup, en 1962, mais il était alors privé de sa tête (le loup). Depuis, cette tête a été reconstitué, et on voit très bien la jonction avec la partie ancienne. 

Le loup est un animal rarement représenté en crossette (à l'église de Dirinon,  sur l'ossuaire de Trémaouézan et à la chapelle Saint-Herbot de Saint-Thonan). Il se distingue du chien par des oreilles pointues et dressées. Il tient parfois un os dans sa gueule (c'était peut-être le cas ici) , ou bien il tient un rouleau.

Pour d'autres (Brochure Circuit du Patrimoine), il s'agit d'un chien. 

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L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien. (Baudelaire).

À droite, voici un lion, typique des crossettes de Basse-Bretagne.

Si on examine les gargouilles et les crossettes, les quatre cantons de Ploudiry, Landivisiau, Landerneau et Sizun   comptent 49 lions (sur un total de 381 sculptures), et on en trouve 9 pour la seule ville de Landerneau. Ils diffèrent des dragons par leur crinière soigneusement peignée couvrant la moitié antérieure du corps, par l'aspect lisse et svelte de la partie postérieure, par le caractère trifide de l'extrémité de la queue (correspondant au pinceau de poils noirs et à l'ergot de l'animal sauvage), par leurs petites oreilles, le front ondulé comme celui d'un mouton, par la gueule qui montre non pas des dents pointues, mais une langue protruse. Comme ici, le lion de crossette est souvent représenté courant, les pattes antérieures ramenées vers l'arrière et venant au contact des postérieures. Dans la plupart des cas, l'animal resserre ses griffes antérieures sur un os, dont les condyles sont parfois brisés rendant l'identification malaisée ; mais parfois il prend appui sur la tête d'un être humain qu'il emmène, ou sur un rouleau, ou sur une sorte de patère, sur un écu, ou une banderole. L'artiste manque rarement de souligner les mèches de la toison  du tarse des pattes postérieures. Mais rien n'est plus caractéristique de Panthera leo ssp crossettus que la manière dont la queue passe comme une corde entre les pattes, s'enroule autour de l'arrière-train, revient sur le dos et s'y divise en trident. On en voit de beaux exemples à Landivisiau, Pencran, Guimiliau, ou Sizun, et trois autres nous attendent dans les lignes qui suivent, 

Puisqu'on le voit si souvent exerçant sa vigilance sur le fémur (humain) qu'il détient, ou sur un crâne, un petit être qui n'en mène pas large, il est pour moi l'équivalent animal de l'Ankou, c'est à dire celui qui vient prendre possession des vivants au nom de la Mort ; mais à la différence du squelette armé d'une lance ou d'une flèche désigné par le terme d'ankou, sa force et sa rapidité à la course lui suffissent pour effectuer cette mission. Lorsqu'il consulte un rouleau de papier, j'imagine alors qu'il consulte la liste des commissions qui lui ont été confiées. 

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L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

L'auberge Le Réveil-Matin, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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III. LA RUE  PENGAM : TIRE-TUE et LE LION.

1°) Le soldat Tire-tue.

1 rue François  Pengam.

Un chevalier tirant son épée. Sa devise est gravée : "TIRE TVE", soit "je tire, je tue".

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1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Le chevalier "Tire Tue", 1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Le chevalier "Tire Tue", 1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Le chevalier "Tire Tue", 1, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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2°) Un lion.

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Rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lion courant,  rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lion courant, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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3°) Une colombe.

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Une colombe, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Une colombe, rue François Pengam, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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IV. 6, RUE DES BOUCHERIES : COUPLE BUVANT.

Les crossettes de cette maison du XVIe siècle apparaissent sous la gouttière. A droite, c'est un homme qui tient un pichet. Il ouvre la bouche mais ferme les yeux.  Ses cheveux sont coupés et coiffés selon la mode de la première Renaissance (avant 1550), tout comme son bonnet. 

6, rue des Boucheries, Landerneau : homme tenant un pichet. Photographie lavieb-aile.

6, rue des Boucheries, Landerneau : homme tenant un pichet. Photographie lavieb-aile.

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A l'angle opposé, une femme au visage plus vulgaire, la poitrine nue mais la tête coiffée, tient sa chopine qui apparaît dans le mur un peu plus loin. S'agit-il d'une serveuse ?

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6, rue des Boucheries, Landerneau : femme buvant. Photographie lavieb-aile.

6, rue des Boucheries, Landerneau : femme buvant. Photographie lavieb-aile.

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V. VISAGE DE FEMME. 7 Place du Général de Gaulle.

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Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

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Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

Visage de femme. 7 Place du Général de Gaulle, Landerneau. Photographie lavieb-aile..

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VI. 20, rue de Brest. Homme barbu. La guérison de Longin.

Ce buste en pierre de kersanton est très vraisemblablement issu d'un calvaire, car il représente un personnage  régulièrement représenté autour du Christ crucifié des grandes Passions finistériennes, et dont il est parfois difficile de comprendre la signification. Il regarde le Christ en croix tout en plaçant son index sous sa paupière gauche. C'est bien le cas ici, et, de plus, notre homme porte bonnet conique ceint d'un turban, et la coiffe à longues "oreillettes" se terminant en pointes par des franges rituelles, qui désigne les dignitaires hébreux dans l'iconographie du XVIe siècle. 

Ce personnage illustre la scène de la Guérison de Longin. Longin est  le nom qui fut  donné dans l'Évangile de Nicodème chap. X  au soldat romain, plus tard assimilé au centurion converti de Marc 15:39, qui perça le flanc droit du Christ de sa lance selon Jean 19:34 . Au IXe siècle, Adon archevêque de Vienne, dans son Martyrologe au 1er septembre, en fait un saint martyr. Les martyrologes suivants fixent la date du 15 mars pour son martyre. Au Xe siècle,  Syméon Métaphraste dans son Ménologue en grec, (si la traduction en français est fidèle) en fait non plus un Romain, mais un homme "de la Synagogue des Juifs" mais établi capitaine de cents hommes d'armes (donc centenier) pour garder la Croix.  Au XIIIe siècle, dans sa Légende Dorée, Jacques de Voragine, reprenant des récits antérieurs, écrit :

"Longin fut le centurion qui, debout avec les soldats près de la croix, par l’ordre de Pilate, perça le côté du Sauveur avec une lance. En voyant les miracles qui s'opéraient, le soleil obscurci et le tremblement de terre, il crut en surtout depuis l’instant où, selon le dire de certains auteurs, ayant la vue obscurcie par maladie ou par vieillesse, il se frotta les yeux avec du sang: de N.-S., coulant le long de sa lance, car il vit plus clair tout aussitôt. Renonçant donc à l’état militaire, et instruit par les apôtres, il passa vingt-huit. ans dans la vie monastique à Césarée de Cappadoce, et convertit beaucoup de monde à la foi par sa parole et ses exemples".

La fusion en un même personnage du soldat romain, du centenier converti, du nom de la lance (Longin = Lance), et de la guérison d'une cécité s'expliquerait par la rapprochement du centurion s'exlamant "Vere filius dei" ("Matth 27, 54), du lancier de Jn 19:34, de la guérison de saint Paul (des écailles lui tombent des yeux, et des mots latins "et qui vidit testimonium" qui suivent, en Jn 19:35, le verset Jn 19:34. (Quand ils s'approchèrent de lui, ils virent qu'il était déjà mort. Ils ne lui brisèrent pas les jambes, 34 mais un des soldats lui transperça le côté avec une lance et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau. 35 Celui qui a vu ces choses en rend témoignage et son témoignage est vrai. )

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20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

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Longin dans l'art.

En iconographie, le motif de Longin, habillé tantôt en soldat romain, tantôt en dignitaire juif, perçant le flanc du Christ de sa lance et, en même temps, plaçant son index sous son œil gauche pour témoigner de la guérison de son trouble visuel, est retrouvé dès le IX ou Xe siècle dans une enluminure d'une Bible de Bretagne (BM Angers ms 0024 fol. 007v) , avec l'inscription LONGINVS:

 

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Bible de Bretagne (BM Angers ms 0024 fol. 007v) site http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

Bible de Bretagne (BM Angers ms 0024 fol. 007v) site http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

Les exemples iconographiques sont légions, dans les enluminures, les ivoires, la sculpture (des calvaires des enclos paroissiaux bretons), des vitraux (des Passions finistériennes du XVIe siècle), etc. Voici en diaporama quelques enluminures des Bibliothèques de France :

  • Marseille BM ms.111 fol. 132 Heures à l'usage de Thérouanne, Artois vers 1280-1290
  • Avignon - BM - ms. 0121 f.059v Psautier-heures vers 1330-1340.
  • Paris - Bibl. Mazarine - ms. 1729 f 087 Légende dorée de Jacques de Voragine traduite par Jean de Vignay vers 1380
  • Mans (Le) - BM - ms. 0129 f.063, Heures 1ère moitié XVe
  • Paris Bibl. Mazarine - ms. 0507 f. 018 Heures à l'usage de Tours vers 1490
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm
http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/rechexperte_00.htm

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20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

20, rue de Brest à Landerneau. Homme barbu. Photographie lavieb-aile.

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FRANCHISSEMENT DE L'ÉLORN PAR LE PONT DE ROHAN.

"Il faut insister sur le rôle premier du gué qui commande toute l’histoire de Landerneau et la range dans la grande famille des villes fluvio-maritimes. Dès l’Antiquité le site de Landerneau est un point de passage obligé, au carrefour des routes de Morlaix et de Carhaix et de Quimper à Lesneven. Le passage de l’Élorn à gué favorise la circulation des hommes et des marchandises entre le nord et le sud du territoire osisme.

Le franchissement de l’Élorn ayant donc été possible par un gué, la nécessité d’un pont est moins impérative qu’ailleurs: la construction d’un pont ne semble guère remonter au-delà du XIIe siècle. L’existence d’un pont primitif, peut être en bois, est attestée en 1336. On ignore l’emplacement exact de ce gué, mais on peut imaginer qu’il se situait en amont du pont de Rohan. Jusqu’au Moyen Âge il n’existe aucune installation portuaire, les bateaux se contentant de l’échouage dans le «havre» de Landerneau. Les premiers aménagements ont vu le jour au tournant du XVe siècle. Tout au long du XVIIe siècle des travaux d’entretien et de réparation sont effectués sur le quai de Léon. Ce n’est qu’au siècle suivant que les grands projets de reconstruction des quais que nous connaissons actuellement se réalisent, permettant aux bateaux de fort tonnage pour l’époque (une cinquantaine de tonneaux) d’utiliser le port. Avant ces grands travaux, l’Élorn traversait l’agglomération par un cours sinueux, abandonnant en son milieu d’énormes bancs de sable, de vase et de roches. Le quai de Léon est celui ou sont installées les demeures des grands négociants landernéens, non loin du port et de leurs activités commerciales. Pendant bien longtemps le pont de Rohan fut le seul moyen de franchissement de l’Élorn, non seulement pour les landernéens voulant passer d’un quai de la ville à un autre mais également pour les habitants du Finistère souhaitant passer du Léon en Cornouaille ! Les landernéens des quartiers ouest de la ville ne souhaitant pas se rendre jusqu’au pont de Rohan pouvaient faire appel à la barque du passeur pour franchir l’Élorn." (Brochure "Circuit du Patrimoine")

Centre de gravité de la ville, le pont, dont l’existence est attestée en 1336, marque le point de passage obligé entre le nord et le sud du territoire. Un dicton illustre bien son rôle de carrefour du pont de Rohan: «Quand je suis sur le pont de Landerneau, j’ai un pied en Léon et un autre en Cornouaille». Il mesure 70 m de long et repose sur 6 arches.

Rebâti en 1510 par le vicomte Jehan II de Rohan, il comporte en sa partie centrale un moulin ainsi que deux boutiques, ce qui en fait un pont habité depuis le début du XVIe siècle. À l’étage du moulin, qui fait aussi office de pêcherie, une prison occupe deux chambres, le meunier faisant office de geôlier. Sur ce pont, Jacques Gillart fit bâtir en 1639, une belle demeure de style Renaissance, dont les boutiques sont aménagées en salle de danses et en bains publics, au XIXe siècle.

 L’entretien du pont à la charge du seigneur de Rohan nécessite, au cours des siècles de nombreux travaux. En 1764, le duc de Rohan cède son droit de péage à la province de Bretagne, ce qui inclut l’entretien de l’ouvrage. Fragilisé par sa fonction de passage ainsi que de nombreux sinistres, le pont menace ruine. Sa reconstruction est envisagée au milieu du XIXe siècle, mais faute de crédits, il est simplement consolidé. Le bâtiment du moulin est endommagé par un sinistre en 1825 puis remplacé par un immeuble en 1904. Ce n’est qu’en 1957 qu’un second pont permet de franchir plus aisément l’Élorn et soulager le vénérable pont de Rohan. Il reste l’un des derniers ponts habités d’Europe."(Brochure "Circuit du Patrimoine")

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VII PONT HABITÉ DE ROHAN.

1°) Pierre de fondation du pont. Voir ici :

Sur la piste du "A couronné" de Jehan II de Rohan : I. L'inscription de fondation du pont habité de Landerneau.

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2°) Maison Gillart 12 rue du Pont. Crossette. Lion.

https://tools.wmflabs.org/geohack/geohack.php?pagename=File%3AMaison-Gillart-Landerneau-20060523-008.jpg&params=048.449883_N_-004.248862_E_globe:Earth_type:camera_heading:284.65383572784&language=fr

Cette maison qui fait le coin avec le quai de Cornouaille est l'ancienne Maison que le magistrat Jacques  Gillart fit bâtir en 1639 à même le lit de la rivière. Sa façade sur le pont, en pierre de Logonna, est de style Renaissance. Mais au nord, en liaison avec l'ancien moulin du XVIe siècle démoli en 1897, subsistent des restes d'architecture gothique, avec des rampants aux crochets en feuille d'acanthe, ...et une crossette en forme de lion. Cette dernière possède bien entendu tous les caractères du type, sauf un, la longue langue pendante ici absente. Il serre ses griffes sur un os de belle taille, mais dont les condyles sont brisés.


Jacques Gillart, sieur de Kersullec, est né vers 1626 à Landerneau, et décédé le 25 avril 1687 à 61 ans à Landerneau, paroisse de Saint Houardon, Il épousa 1° Françoise Despayeux ; 2°) le 11 janvier 1666 , à Lampaul Ploudalmézeau, Théreze Teven Dame de Gouranou née le 30 mai 1646 à Penhars, Il eut un fils, Hervé Gabriel Gillart (1672) qui devint avocat en Parlement.

 

La profession de Jacques Gillart était celle de notaire, comme l'atteste les Archives du Finistère qui conserve les minutes de son étude pour la période 1647-1683, qui pourrait être celle de son activité. Voir : Maître Jacques Gillart, notaire de Léon à Landerneau. Je peux même préciser, en vertu d'un acte passé en 1669, qu'il était "notaire en la cour de la principauté du Léon audit Landerneau"

L'Armorial et Nobiliaire de Bretagne de Pol de Courcy indique :

Gilart ou Gillart, sr de Kersulec, par. de Dirinon, — de Gourannou, par. de Ploudaltnézeau, — de Kerigonan, év. de Léon. Jacques, sr de Kersulec, miseur de Landerneau, fils de Louis et de Catherine Frigent, épouse en 1664 Thérèze Téven, dame de Gourannou ; plusieurs procureurs du Roi de la prévété de la marine et un président au tribunal de Brest, anobli en 1817,

Il occupa la plus haute fonction municipale, celle de procureur-syndic de Landerneau en 1686,  à  la suite d' Ollivier Fillouse, sieur de Lanrivoar. en 1684, et d' Etienne le Goarant, sieur  de Tromelin. Ce n'est qu'en 1692 qu'un édit du roi ne créa l'office de maire , et le pouvoir municipal était exercé auparavant par 12 notables et un procureur-syndic qui faisait, en quelque sorte, fonction de maire.

Si Jacques Gillart était procureur-syndic en 1686, est-ce vraiment lui, et non son père,  qui fit construire la Maison Gillart en 1639, 47 ans auparavant ? Il appartenait à une famille de notables, et, plus tard, Pierre-Gabriel Gillart sera maire en 1784, et Pierre Gillart en 1788-1790.

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Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont  à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont  à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la maison Gillart, 12, rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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3°) 12 rue du Pont. Maison Gillart . Cadran solaire sur la cheminée à l'entrée sud du pont. 

48°26'59.36" N 04°14'56.89" W 

 Cadran solaire  circulaire, gravé sur schiste. La partie inférieure, aux treize lignes effilées en rayons solaires, est numérotée de 1 à 6 à droite et de 6 à 12 à gauche. La moitié supérieure offre plusieurs détails attractifs : deux lions héraldiques couronnés, rampants, avec langue, griffes et dents (ce ne sont donc pas les lions de la seigneurie du Léon) présentent un écu muet (ou ? buché). Porta-t-il jamais les armoiries des Gilart d'’azur au sphinx ailé et couché d’or ; au chef d’argent, chargé de trois mouchetures de sable ? J'en doute. Cet écu est entouré d'un cordon entrelacé de trois nœuds en huit ou "lacs d'amour" avant de se terminer par deux houppes. Ce cordon peut être comparé au collier de l'ordre de chevalerie de la Cordelière ( pour les dames d'honneur d'Anne de Bretagne), ou bien il peut être lié à l'Ordre des Frères Mineurs ou Cordeliers, d'autant que les Cordeliers de Landerneau furent fondés en 1488 dans la paroisse Saint-Thomas par Jehan II de Rohan, avant que les Capucins fussent fondés en 1634. En 1660, Mathieu Gilart était Prieur-Recteur de Saint-Thomas.  Enfin les lacs d'amour et les houppes dentelées sont un emblème des loges maçonniques.

Enfin, en périphérie, deux tiges d'œillets d'Inde portent douze fleurs au total. Cette fleur assez rarement représentée possède une signification, mais laquelle ?

Tous ces détails composent un joli bouquet d'énigmes. 
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Cadran solaire de la aison Gillart, Pont de Rohan, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Cadran solaire de la aison Gillart, Pont de Rohan, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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En quittant le pont, nous entrons dans le quartier Saint-Thomas. "Il s’est développé avec la construction de l’église du même nom au XIIIe siècle. Cette place entourée de constructions en pierre jaune de Logonna se trouve au cœur de ce qui était considéré comme le quartier populaire de la ville séparé du riche quartier de Saint-Houardon par l’Élorn. C’était effectivement le lieu où sont installés les petits commerçants, artisans ou orfèvres. Au XVIIIe siècle la circulation vers le port a été facilité par l’élargissement de la venelle du Bacchus, qui longeait une auberge du même nom, rebaptisé rue aux fruits. À l’instar des marchés de la place du Général de Gaulle, s’y succèdent marchés aux puces ou aux fruits, lieu où se rendaient les paysans de Plougastel pour vendre leurs pommes." (Circuit du patrimoine)

VIII. PANNEAU ROUTIER. Début de la Route Nationale n°164 Landerneau-Ancenis, dite Brest-Angers. Angle du 14 Rue du Pont.

Nous y lisons :

FINISTÈRE

ROUTE NATIONALE N°164. D'ANGERS À BREST

LANDERNEAU

LA MAISON DE TERRE <—— 26K 465.

SIZUN <—— 17K 205.

La Route Nationale n° 164 est facile à identifier ; elle succéda après 1848   à la Route Royale       n°164 Landerneau-Ancenis qui avait été construite au milieu du XVIIIe siècle, et dont le tracé traditionnel passait ensuite par Sizun, Commana, La Feuillée, et Huelgoat. Elle  a été prolongée ensuite jusqu'à Brest.Certaines sections se confondent avec des portions de voies romaines alors que d'autres sont entièrement nouvelles. Entre Landerneau et Carhaix, la route royale utilise d'anciennes routes et son tracé est proche de celui de la voie romaine Vorgium (Carhaix) - Gesocribate (Brest). A environ 300m au nord-est de l'église Saint-Thomas de Landerneau, elle se détache de la route royale de Brest à Paris pour prendre une direction sud-est. Elle suit une voie vraisemblablement pré-romaine qui servait de limite à des paroisses primitives du VIe siècle. Elle s'en détache au bout d'un kilomètre pour suivre une direction est. (voies-romaines-bretagne.com). 

Le panneau routier que nous contemplons correspond donc au départ, au point d'origine de la route. Il est bien rouillé, mais on voit encore les traces de l'ancienne peinture bleu roi (ou bleu nation). La commune la plus proche sur cette route, La Martyre, conserve également son panneau datant de la même époque (photographie Patrick Rollet / plaquedecocher.fr)  :

 

 

 

 

 

 

 

Une autre se trouve à Loc-Ildut (Sizun) sur un ancien relais de poste et indique la distance avec "La Maison de terre" : https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_nationale_164.

Mais qu'elle est cette MAISON DE TERRE qui est mentionnée partout ? Je découvre qu'il s'agit d'un lieu dit à 400 m au sud-ouest de Commana, actuellement nommé TY DOUAR, qui signifie "maison de terre" en breton. Ce lieu-dit correspondait sans-doute jadis à une auberge et à un relais de poste (ils sont distants de sept lieues environ, soit 28 km)  pour acquérir une telle importance. En effet, lorsqu'on consulte diverses cartes anciennes, on constate que la route ne traverse pas les villages et ne relie principalement que les villes (Landerneau, Carhaix, Pontivy). 

a) Carte de Bretagne d'Argentré en 1588 : pas d'indication de routes.

b) la carte d'Ogée de 1771 : indication "Commana".

c) La Carte de Cassini Feuille n°171 en 1784 : elle porte les routes, et l'indication : "Maison de terre" avec un symbole cartographique correspondant (il me semble) à "hameau" :

d) La carte 1/40000 dite de l'Etat-Major de 1866, feuille de Morlaix : elle porte l'indication  "Ty Douar".

e) En 1910, lorsque la compagnie de chemin de fer cherche un emplacement pour la gare de Commana, elle choisit celui-ci" entre le Manoir Neuf et la Maison de Terre ", au bord de la nationale 164. Jean-François Peden, lorsqu'il relate cet événement dans le bulletin municipal de 2010, remarque :  "Le fait que le lieu que nous connaissons sous l'expression bretonne Ty Douar, mentionné comme tel sur les cartes d'état-major du XIXe siècle, soit systématiquement indiqué " la Maison de Terre " dans les documents administratifs mentionnés plus loin, datés du début du XXe siècle, est sans doute une marque de l'époque".  Il cite des délibérations municipales et pétitions indiquant que "Le centre de culture [agricole] se trouve vers la Maison de Terre" ..."le centre de l'exploitation agricole de la commune se trouve vers la maison de Terre" . La "Maison de Terre" était donc au début du XXe siècle un hameau assez important sur le plan agricole, et la gare a été établie à proximité.

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Plaque routière de la Nationale 164, 14 rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Plaque routière de la Nationale 164, 14 rue du Pont à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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IX. 14 RUE DU PONT. MAISON DU "PAUVRE PETIT BONHOMME LANDERNEAU". Ancien hôpital Saint-Julien,

En 1336, Hervé de Léon fit établir   un hôpital de douze lits in capite pontis, "en tête de pont", afin de soigner les voyageurs et les pèlerins qui traversaient le fleuve pour se rendre soit à l'abbaye de Saint-Mathieu fin de la terre, soit à "Saint-Michel du mont Gargan".  Il en organisa le service et le compléta d'un jardin potager pour nourrir les infirmes, et  d'une chapelle desservie par un chapelain, tout en le plaçant sous le patronage de saint Georges (qui terrasse les dragons, monstres aquatiques) et de saint Julien l'Hospitalier  (patron des passeurs). L'hôpital prit le nom de Saint-Julien

Ce pont ayant été ruiné, et l'hôpital Saint-Julien dévasté, par suite des guerres de Succession, sur les instances de Jean de Kéroulas, maître en théologie, Grégoire XI, par lettres données à Avignon, le 2 Août 1372, accordait des indulgences à ceux qui, par leurs aumônes, contribueraient à leur restauration [Note : Acte du Saint-Siège : « Hospitale St Juliani situm in capite pontis de Landerneau ubi magnus concursus est perigrinorum euntium ad ecclesias Beatorum Michaelis in monte Gargano et Mathei in finibus terrarum, pauperes que recipiuntur et reficiuntur, frementibus guerris jam est pene destructum.... »].

En 1511, le 28 Janvier, Jean, vicomte de Léon, confirmant la première fondation, constate qu'il y a quelque temps qu'on a négligé de dire les trois messes requises ; les pauvres ne sont plus bien entretenus, car l'hôpital ne jouit plus en leur intégrité des revenus de la fondation primitive ; par conséquent, le vicomte de Léon, outre les dîmes de Ploudaniel, et le bois de chauffage de ses bois de Ploeavaz (Guipavas), donne 17 livres à partager entre le chapelain de son église de La Roche-Morice, et celui de l'hôpital ; et 25 livres pour les gardiens des pauvres. Missire Hervé Gouzien est chapelain de l'hôpital ; missire Olivier Nicolas, chapelain de la Roche-Morice ; et Jean Le Guirieuc, gouverneur de l'hôpital. (J-M. Abgrall, 1916-1917).

J'ai consacré un article aux plaques de fondation de cette église commencée le 3 juin 1531, terminée en 1532, puis érigée en trève de Ploudiry le 18 mai 1619. :

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/l-inscription-de-fondation-de-l-hopital-saint-julien-de-landerneau.html

Il ne reste plus rien de l'ancienne église :  elle a été rasée en 1823.

Il ne reste plus rien non plus de l'hôpital Saint-Julien, si ce n'est peut-être une porte cintrée de l'immeuble 14 rue du Pont qui a été bâti sur son ancienne localisation.

Sur la façade de cet immeuble se voit la statuette d'un monsieur ramenant sa baguette de pain. Il est connu comme le loup blanc ici sous le nom de "Pauvre Petit Bonhomme de Landerneau" (titre que lui donnait jadis une plaque de bois), et il s'agit en réalité de saint Julien l’hospitalier (ou saint Julien Le Pauvre, d'où le sobriquet de la statue). Certains pensent qu'il tient en main  un bâton et une gourde de pèlerin. Je me plais à le voir plutôt en passeur de gué, tenant (comme saint Christophe) la perche nécessaire à la traversée. En effet, si Julien est le patron des passeurs, c'est que, pour se racheter de ses mauvaises conduites (il a, malencontreusement, tué son père et sa mère), il a terminé sa vie comme passeur d'un fleuve. 

D'autres y voient un pèlerin à genoux devant l'église. 

 

 

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Ancien hôpital Saint-Julien : maison du "Pauvre Petit Bonhomme Landerneau"  Photographie lavieb-aile.

Ancien hôpital Saint-Julien : maison du "Pauvre Petit Bonhomme Landerneau" Photographie lavieb-aile.

"Pauvre Petit Bonhomme Landerneau"  Photographie lavieb-aile.

"Pauvre Petit Bonhomme Landerneau" Photographie lavieb-aile.

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X. 5 RUE SAINT-THOMAS. STATUE DE NOTRE-DAME DE RUMENGOL.

 

 

Cette maison en pierre de Logonna porte le nom de la statue qui décore sa façade. Elle orne l’angle de cette ancienne auberge devant laquelle les pèlerins faisaient halte en se recueillant, avant de poursuivre leur route vers le pèlerinage de Rumengol. En dehors des églises et autres institutions religieuses, des statuettes à caractère religieux se cachent dans les nombreuses niches aménagées dans les murs des édifices de la ville. Véritables témoignages de la dévotion populaire, elles devaient protéger les maisons d’un mauvais sort: la maladie, la guerre ou l’incendie. Objets de culte et de dévotion dans le passé, beaucoup de statuettes ont été détruites pendant la période révolutionnaire, ce qui explique la présence de nombreuses niches vides. Néanmoins beaucoup ont survécu ou ont été remplacées par d’autres figurines plus contemporaines.

La statue de Notre Dame de Rumengol, en pierre de kersanton, peinte à l’origine, est ornée de deux fanaux, c’est-à-dire de grosses lanternes. Le fond de la niche, figurant une coquille, est l’élément décoratif le plus symbolique de la Renaissance.

La Vierge, couronnée, aux cheveux défaits tombants sur les épaules, visage rond, yeux en amande, est vêtue d'un manteau dont le pan fait retour sur le coude gauche. Elle tient un fruit (une poire) dans la main droite, et elle le présente à son Fils. Celui-ci, nu, de face, tend la main vers cette poire, tandis qu'il tient dans la main gauche une sphère qui , bien qu'elle évoque intentionnellement une pomme, est en réalité le globe du Monde. 

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Auberge Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Auberge Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Notre-Dame de Rumengol. 1668 - 5 rue Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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 L'AUBERGE DES TREIZE LUNES. 4 Place Saint-Thomas.

En traversant l'Élorn par le Pont de Rohan, nous parvenons au quartier Saint-Thomas, où, sur la place qui entoure l'église nous pouvons découvrir l'auberge des treize lunes, ainsi nommée en raison de la rangée de visages en pleine lune sculptés sur sa façade, au rez de chaussée. Cette ancienne maison du XVIe siècle est un véritable manoir urbain dont l’architecture est originale. Il s’agit d’une maison à pondalez, avec une pièce centrale aveugle montant de fond jusqu’aux combles, la distribution intérieure se faisant par un ensemble de galeries superposées. On en trouve de superbes exemples à Morlaix, construites par des négociants en toiles de lin. Le nom de pondalez, ou "ponts d'allées", est celui des passerelles réunissant l'escalier à l'arrière du logis. C’est sans doute au XVIIIe siècle que cette maison de négociant est transformée en auberge.

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L'Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

L'Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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La crossette : un lion.

Elle devait   probablement répondre à une autre sur le rampant gauche, mais cette dernière  n’existe plus. À l’arrière, au sommet de l’édifice, se dresse fièrement la sculpture d’un homme tourné vers l’Élorn qui salue, à leur passage, les bateliers accostant dans le port.

Le lion est semblable à celui décrit à propos de l'Auberge du Réveil-Matin, ou à celui de la Maison Gillart, mais sa tête est tournée vers la place Saint-Thomas. C'est clairement un fémur qu'il tient entre ses pattes, comme le confirme une vue de trois-quart, mais une extrémité est brisée. La gueule n'est qu'entrouverte, mais laisse pendre une langue très longue. La crinière est peignée en longues mèches. Les yeux sont creusés, sous des arcades saillantes.

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Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Lion croque-mort, crossette de l''Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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La façade nord de la Maison des treize lunes est coiffé d'un personnage regardant vers la rive opposée du fleuve, chez les Léonards. Il porte la main droite à son chapeau, comme s'il le retenait des effets d'un vent violent, tandis que sa main gauche est placée sur sa poitrine. L'ostensible braguette rembourrée est conforme à la mode de la Renaissance, à moins qu'elle ne relève d'une allusion cachée.

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Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

Auberge aux treize lunes. Photographie lavieb-aile.

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Angle de la rue Jules Verne et  de la rue Jean-Louis Rolland. Homme buvant. 

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland.  Photographie lavieb-aile.

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland. Photographie lavieb-aile.

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Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland.  Photographie lavieb-aile.

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland. Photographie lavieb-aile.

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Ne serait-ce pas une femme, aux cheveux longs ?

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Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland.  Photographie lavieb-aile.

Homme buvant . 38 rue Jean-Louis Rolland. Photographie lavieb-aile.

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CROSSETTES ET GARGOUILLES  DES BÂTIMENTS RELIGIEUX.

 

LES CROSSETTES DE L'ÉGLISE SAINT-THOMAS ET DE L'OSSUAIRE SAINT CADOU.

I. L'ÉGLISE SAINT-THOMAS

 

La première église Saint-Thomas est érigée au XIIIe siècle en l’honneur de Thomas Becket, archevêque de Canterbury, mort en martyr en 1170. L’édifice actuel a été reconstruit au XVIe Siècle. Le clocher daté de 1607 se compose d’une tour d’aspect assez massif, qui a été déposée puis remontée à l’identique en 1849. Les tons chauds de la pierre de Logonna mêlés au granit de kersanton forment un ensemble harmonieux. Autrefois enclos paroissial, le calvaire et le cimetière composant cet ensemble monumental sont déplacés au XIXe siècle lors de travaux d’urbanisme. À noter que l’église bénéficie d’une acoustique exceptionnelle grâce au système de vases acoustiques, visibles en haut des piliers de la nef centrale. Le retable du maître-autel, daté de 1711, est inscrit monument historique.

Ce sanctuaire construit vers 1200 par Hervé Ier de Léon à Landerneau est dédié à saint Thomas Becket, assassiné par Henri II d’Angleterre et vainqueur du père d’Hervé Ier en 1167.

Symboliquement, le choix de ce saint-patron, mis à mort par le roi anglais pour la liberté, reflète la volonté du nouveau seigneur de Léon de s’affirmer et d’affirmer son indépendance vis-à-vis des velléités de domination anglaise. Peut-être entendait-il aussi laver l’affront que son père avait subi lors de sa défaite de 1167 ?

Il ne reste plus que l’église et l’ossuaire de l’enclos initial.

Datant de 1635, l’ossuaire fut bâti à l’ouest de l’église, comme il se doit. Il est dédié à St-Cadou, moine gallois du VIème, réellement attesté, venu en Bretagne puis martyrisé à son retour dans son pays natal. La façade principale est percée de quatre fenêtres en plein cintre séparées par des pilastres ioniques (style assez rare dans les enclos ou prédomine le style corinthien voire composite.)

 

 

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Angle sud-ouest de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Angle sud-ouest de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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crossette : un lion.

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Crossette de l'angle sud-ouest de de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'angle sud-ouest de de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Lucarnes de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un chien.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un ange (décapité) tenant un phylactère.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Crossette de la 2ème lucarne de la façade sud de l'église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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II. L'OSSUAIRE SAINT CADOU. Place Saint-Thomas.

L’ossuaire Saint-Cadou (moine gallois du VIe siècle) porte la date de 1635. Ce petit édifice, construit en pierre de Logonna, présente une belle façade de style Renaissance.Ses 4 fenêtres de plein cintre sont séparées par des pilastres ioniques et par une porte percée au milieu de la façade. La porte est coiffée d'un fronton triangulaire et encadrée de 2 chapiteaux composites (les colonnes ont disparues). Les chapiteaux ioniques composites, de sculpture assez grossière, portent, comme à Pencran, une petite tête au milieu de deux volutes, suivant un modèle que l'on rencontre dans la région, au Faou et à Beuzit-Saint-Conogan, par exemple.

 Son existence rappelle les temps médiévaux où l’on inhumait les cadavres sous les églises. En périodes d’épidémies, on évacuait le trop plein d’ossements dans l’ossuaire afin de faire de la place aux nouveaux morts. Celle-ci a sans-doute été utilisée davantage en chapelle-ossuaire, où étaient exposées les boites contenant les crânes des défunts, et où les messes pouvaient être dites. 

Le bâtiment est réquisitionné en 1794 pour servir d’atelier de confection de souliers "quarrés" pour les soldats de la République. Au XIXe siècle, il sert de logement au sacristain, une cheminée y est alors aménagée.

Un bas relief figurant la mort est sculpté dans l’angle de la façade.

 

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Ossuaire de Saint-Cadou, place Saint-Thomas à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de Saint-Cadou, place Saint-Thomas à Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

 

Quand vous irez, sous l'herbe et les floraison grasses,

Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté, dites à la vermine

Qui vous couvrira de baisers,

Que j'ai gardé la forme et l'essence divine

De mes amours décomposés ! (Baudelaire)

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Ange tenant un phylactère, crossette de l'ossuaire Saint-Cadou de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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LES CROSSETTES ET GARGOUILLES DE L'ÉGLISE SAINT-HOUARDON.

Je ne les présenterai pas toutes : cette église totalise, en comptant les gargouilles en forme de canons, 75 gargouilles !

"L’église primitive de Saint-Houardon construite au XVIe siècle se trouvait rue Alain Daniel non loin du port. Après la Révolution, le bâtiment est en mauvais état et trop petit pour accueillir tous les fidèles d’une ville en pleine croissance. L’église va être reconstruite entre 1858 et 1860, d’après les plans de Bigot, architecte diocésain. Il opte pour le néo-gothique, le style ogival, les éléments anciens réintégrés de style gothique et renaissance y créant de singuliers contrastes. Le clocher, haut de 63 m, datant de 1589, est hissé sur le bâtiment en 1860. Le porche sculpté en 1604, haut de 22 m, est superposé sur un porche plus ancien qui date du XVIe siècle. Il a servi de modèle à de nombreux porches des enclos paroissiaux de la vallée de l’Élorn. En 1957, 1/3 de la charpente est restauré suite à l’effondrement d’une partie de la voûte. On recense environ une soixantaine de gargouilles sur cet édifice. La plupart ont été sculptées lors du chantier de 1860; d’autres ont été récupérées de l’ancienne église. Elles représentent des animaux de formes et de poses différentes, à l’effigie d’un singe, d’un chien, d’un oiseau; les plus extravagantes ont une forme mi-humaine, mi-animale." (Circuit du Patrimoine)

A gauche du pignon occidental, ne manquez pas celle-ci : un dragon ailé tenant l'âme d'un breton qui s'agrippe à son chapeau rond !

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Dragon ailé tenant l'âme d'un breton, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Dragon ailé tenant l'âme d'un breton, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Un lion.

Un lion tenant son nosos, on commence à être habitué. Mais la présence d'un masque sculpté sur la trompe (petite voûte triangulaire) souligne le rôle de cet animal comme transporteur d'âmes. 

 

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Lion, détails.

 

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.
Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Lion, crossette de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille :

personnage humain en tunique et ceinture, agenouillé au dessus du vide et vomissant. La position des mains emble indiquer que les pouces sont glissés dans les poches.

 

Gargouille du clocher angle nord-est de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille du clocher angle nord-est de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Autre gargouille à forme humaine.

Homme en tunique plissée, bouche grand ouverte, se tenant la gorge. Deux nattes, un bracelet. 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

 

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

 

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Encore une...

Gargouille de forme animale (chimère) se brossant les dents.

 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère).

N'en jetez plus !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Gargouille de forme animale (chimère). Maître Jedi.

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Encore ? Non, dorénavant, ces monstruosités tiendront  un attendrissant visage d'humanoïde afin

que paternellement vous vous préoccupâtes

de  voir ce qui trépasse en   leurs petites pattes. 

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Hum, ces trépas,

c'est extra, c'est extra !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Et hop,

encore un dans le frigo !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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Ouh ouh ouh ouh,

C'est nous les voyous 

C'est nous les Zazous

Du tout-à-l'égout ! Ouh ouh ouh ouh,

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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J'ai eu Victor Hugo ! J'ai eu Victor Hugo !

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Eho, eho ! J'ai eu Charlemagne ! J'ai eu Charlemagne ! 

Outre la couronne du personnage de la trompe, notez l'animal à longue queue sculpté à droite (hermine ?)

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Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

Gargouille de l'église Saint-Houardon, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Topic-topos

http://fr.topic-topos.com/lucarne-de-la-sirene-landerneau

— Documents à télécharger

http://www.pays-landerneau-daoulas.fr/medias/2015/10/livret-doc-balades-urbaines-landerneau-OK.pdf

http://www.sirenes-et-dragons.fr/wp-content/uploads/2012/05/livret_jeu.pdf.pdf

—Plan interactif :

http://www.sirenes-et-dragons.fr/images/planInteractif/Main.html

http://fr.calameo.com/read/000330819360f84a11e26

— Photos Wikipédia

Gaëlle FILY https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Landerneau_auberge_reveil_matin_(2).JPG

— étude géologique : 

http://espace-svt.ac-rennes.fr/travaux/landern/land-01.htm

 

AMEMIYA (Hiroko), 2005 Vierge ou Démone: Exemples dans la statuaire bretonne - Page 209

 

— CASTEL (Yves-Pascal) ; TUGORES ( M.-M. ) , JARRY (P.), 1984, Landerneau : patrimoine artistique et culturel / / Landerneau : Municipalité de Landerneau , 1984 

— BAZIN (Jehan), 1962,  Landerneau, ancienne capitale de la principauté de Léon: notes d'histoire et d'archeologie Presse libérale du Finistère, 1962 - 151 pages. Consultable au CRBC, Brest.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.

— BDHA :

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e8e8e84cf9484183b6117713f6b2b97d.pdf

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/landerneau/patrimoine-les-sirenes-font-mouche-14-08-2012-1806483.php#FCQepyv85dqPyY2b.99

 

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Published by jean-yves cordier - dans Landerneau Crossettes
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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 22:35

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Si vous aimez comme moi les scènes truculentes de l'art faussement naïf des sablières bretonnes, j'ai un cadeau pour vous, avec des poules, un cochon, un tonneau et ... Ah non, je n'en dis pas plus, car j'ai d'abord fait le tour de l'ensemble de la charpente, et failli clore ma visite, avant de faire cette découverte. Alors, suivez-moi depuis le début, et patience ! Les amuse-gueules que je vais vous servir contiennent d'ailleurs de belles pépites.

Elles datent du XVIe ou XVIIe siècle (la tour est datée de 1607) et relèvent des motifs d'ornemanistes de la Renaissance : masques et rinceaux, cuirs, animaux grotesques, putti, vases, arabesques...

"L’iconographie est inspirée des thèmes décoratifs de la Renaissance. Les masques crachent des rinceaux, guirlandes de végétaux parfois agrémentées de fleurs et de fruits. Les vases et les bouquets, les putti, figures de nourrissons. Ce motif décoratif inspiré par la Grèce antique a été réutilisé au début du Quattrocento avant de se répandre en Europe jusqu’à l’époque baroque. Les cuirs dans lesquels s’inscrivent des figures humaines. Sous forme de cuirs découpés, ils sont des éléments caractéristiques de la Renaissance maniériste et présents au château de Fontainebleau ; utilisés par Rosso Florentino (1494-1540), ils se sont répandus vers les pays plus au Nord à partir de ce moment." (Jean Bozec pour l'APEVE)

I. Le bas-coté sud. 

Point de sablières de ce coté, ou très peu, mais des masques et un acrobate.

—Masque à longues oreilles crachant les tiges de rinceaux.

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Sablière du bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Acrobate, ou femme en posture impudique et peu anatomique, se tenant les chevilles.

Acrobate, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Acrobate, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Acrobate, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Masque : visage féminin recouvert d'une guimpe avec un ruban à nœud autour du front.

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Visage de femme, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Visage de femme, bas-coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième masque : visage féminin recouvert d'une guimpe avec un ruban à nœud autour du front.

 

Visage de femme, bas-coté sud de la nef, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Visage de femme, bas-coté sud de la nef, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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La nef,  coté sud.

Trois cuirs centrés par des masques et réunis par des rubans. Rinceaux habités par des masques crachant des fleurs. 

 

Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.
Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières de la nef, coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Masque et rinceau se transformant en un hybride à tête et crinière de cheval.

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Sablières de la nef, coté sud,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières de la nef, coté sud, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le bas-coté nord du chœur.

Trois cuirs à personnages réunis par des rinceaux et par un putto.

 

Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Cuir central : tête à coiffure de plumes.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Cuir de droite : joueur d'instrument à vent.

Bombarde ? Musette ?

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Putto (mais ce serait un putto sumo et aptère), ou simplement homme nu et rose tentant de réunir deux extrémités de ruban.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Créature hideuse mais coquette (collier) parasité par un serpent vert qui pénètre par une  orbite et sort par l'autre.  

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Même motif que précédemment du masque et du rinceau se transformant en tête de cheval.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le bas-coté nord du chœur.

Au dessus d'une statue de saint Yves : masques, rinceaux, tête coiffée de plumes.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Cuir et entrelacs Renaissance.

Voir la page de titre de Sebastiano Serlio, Primo libra d'archittettura, Paris, 1545.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Sablières du coté nord,  église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablières du coté nord, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Le bas-coté nord de la nef, première travée.

Voilà notre morceau de bravoure. 

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Mais il faut déchanter : il résiste aux tentatives de compréhension. Les différents auteurs le décrivent chacun à sa manière.

"L'une d'elles, sur le bas-côté nord, figure une scène illustrant la gourmandise, l'avarice et la luxure. Cette frise représente un porc tendant le museau vers une barrique, tandis qu'une femme, dont les cheveux sont tirés par un homme placé derrière elle, s'apprête à administrer un clystère à l'animal qu'elle tient par la queue. Selon certaines sources, la scène se complétait par un renard habillé en moine, qui prêchait aux poules. De cette partie, ne restent que les poules." (Topic-topos)

"Des sablières sont à motifs Renaissance (putti, vases, masques) et d’autres d’inspiration locale (joueurs de bombarde, poules, scènes burlesques). " (SPREV)

"On remarque sur une corniche un renard prêchant à des poules (...), et une satire de l'ivrognerie, représentée par un porc ayant le museau à la clef d'un tonneau de vin (...)" (Potier de Courcy. ).

"Les sablières de la nef et des bas-côtés sont couvertes de sculptures, arabesques, masques de profil, cartels, d'excellent style XVIème siècle. A l'extrémité Ouest du bas-côté Nord, sont des sujets bizarres et humoristiques : une truie allant boire à un tonneau ; une femme lui tire sur la queue et, avec un grand couteau, se taille un jambon dans son arrière-train, tandis que le mari tire aussi des deux mains sur les cheveux de sa femme. Plus loin, un individu au torse nu tient un sac à moitié rempli ; deux autres accroupis et un troisième grimaçants, font le geste de défoncer le sac et d'enlever le contenu, un autre personnage brandit de grands ciseaux de tondeur ; derrière lui, un coq, une poule et deux poussins picorent des fruits." (Abgrall et Peyron, 1917)

" le lambris en berceau repose sur des sablières Renaissance dont deux scènes représentant la Luxure et la Gourmandise. " (Couffon)

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Du coté gauche, je verrai un cochon tenant dans son museau un poinçon destiné à mettre en perce le tonneau ; et, derrière lui, ce serait une quenouille qui serait dans les mains de la femme.

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Du coté droit, je vois quatre hommes autour d'un sac à demi-plein, un gentilhomme à bonnet à plume les menaçant (ou leur proposant) des ciseaux de tondeur. Puis trois poules, ou deux poules et un coq.

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Sablière du  bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Sablière du bas-coté nord de la nef, première travée, église Saint-Thomas de Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1917, Notice sur Landerneau. Bulletin Diocesain d'histoire et d'archéologie, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1917.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Landerneau, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c21ef2b4d254c026109041eadd62299.pdf

— POTIER DE COURCY (Pol), 1842, «Notice historique sur la ville de Landerneau», Landerneau,  J. Desmoulins, 2ème édition, page 33

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6531495d/f39.item

—Notice de la SPREV :

http://www.sprev.org/centre-sprev/landerneau-eglise-saint-thomas-de-cantorbery/

— Notice de l'APEVE :

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article151

— Notice de Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/sabliere-landerneau

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 21:30

La Vierge couchée (XVe siècle) de l'église Saint-Thomas-de Canterbury à Landerneau.

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Cette sculpture, un bas-relief teinté de chêne avec rares traces de polychromie (rouge au creux de quelques plis de la robe) mesurant 116 cm a été classée M.H. le 14 mai 2015, après sa restauration. Elle a longtemps été placée dans le porche de l'église, et donc exposée à des variations d'hygrométrie et de température qui expliquent en partie la perte du décor polychrome. C'est dans ce porche que le chanoine Abgrall et Peyron la décrivent en 1917 : 

"Dans le petit porche qui est à la base de ce clocher, au-dessus de la porte qui donne entrée dans l'église, est creusée une arcade ou niche très large, dans laquelle est un personnage couché et qui semble être la Sainte Vierge, dans le mystère de Bethléem, comme à la porte principale du Folgoët et au porche de La Martyre. Mais ici, comme à La Martyre, l'Enfant-Jésus, qu'elle tenait sur sa poitrine, a disparu." (BDHA Quimper, 1917)

Selon Jean Bozec (APEVE) " Elle aurait séjourné en 1795 à la chapelle des Anges avant un déplacement dans le porche de Saint-Thomas."

Un cartel placé dans l'église la désigne sous le terme de "Vierge parturiente", mais la définition de l'adjectif parturiente, du latin parturio "accoucher"  est : "qui met bas, qui accouche, qui enfante", ce qui n'est pas, bien-sûr, le cas ici. Louis Réau utilisait l'expression "Vierge en gésine sur son lit d'accouchement" ou Maria im Wockenbette. Le terme de "femme en couche" est ambiguë car il désigne (CNRTL) la période d'allaitement qui suit l'accouchement, mais aussi l'accouchement lui-même. Le terme médical de post-partum désigne, lui, la période s'étendant de l'accouchement jusqu'au retour de couche, c'est à dire le retour des règles : il n'impose pas la position couchée. Je donne donc ma préférence à la description stricte de ce qui nous est donné à voir, et j'utilise le terme de "Vierge couchée". 

Voir la description des Vierges couchées de Bretagne dans mon article

http://www.lavieb-aile.com/article-les-trois-vierges-couchees-de-bretagne-le-yaudet-guiaudet-et-kergrist-105600979.html

Cette Vierge couchée de Landerneau se rapproche de celle du tympan du porche de la basilique du Folgoët (1423), et, par le même atelier mais un peu plus tardive, de celle du tympan du porche de l'église de La Martyre (1450-1468) : les trois œuvres sont du XVe siècle, et Landerneau est séparé du Folgoët de 17 km , et de La Martyre de seulement 9 km.

Voir le porche de La Martyre ici :

http://www.lavieb-aile.com/2016/12/l-eglise-saint-salomon-de-la-martyre.i.l-arc-de-triomphe-et-le-porche-sud.html

Au Folgoët, saint Joseph est assis au chevet de la Vierge alitée. A La Martyre et à Landerneau, il est assis au pied du lit ; mais la tête de Joseph a disparu de la sculpture de l'église Saint-Thomas.

Dans les trois œuvres, la Vierge est adossée à un oreiller à glands bien visibles. Dans les trois cas, elle est en appui sur son coude droit, tandis que le bras gauche entoure l'Enfant. Ce dernier n'est plus visible dans la sculpture de Landerneau, mais on estime qu'il devait être fixé par les trois tenons dont les trous sont encore visibles à la base. 

 

 

 

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Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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Un voile assez court couvre la tête et les épaules de Marie. Un calme méditatif émane de ses yeux et de son demi-sourire. Le bras gauche trace une courbe gracieuse. Le plissé du drap, de la couverture et du voile s'accordent ensemble pour créer des mouvements d'une grande douceur. C'est beau !

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Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

Vierge couchée (XVe siècle), église Saint-Thomas, Landerneau. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Source principal : le cartel placé à coté de la sculpture.

Topic-topos indique à tort "XIIIe siècle".

http://fr.topic-topos.com/vierge-couchee-landerneau

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 22:19

Sur la piste du "A couronné" de Jehan II de Rohan : I. L'inscription de fondation du pont habité de Landerneau.

 

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Voir :

 

Sur la piste du A couronné de Jehan II de Rohan. II : la façade du château de Josselin.

Le duc et la duchesse de Rohan dans les sablières de l'église de Sizun (29).

 

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Le pont de Landerneau est l'un des rares ponts habités d'Europe.

Les ponts habités étaient très répandus au Moyen Âge, puisque chaque pont, dans toutes les villes d'Europe, était surmonté d'habitations. Les incendies, fréquents sur ces ponts en bois, les nombreux accidents de transport fluvial, les crues, les restructurations des centres-villes et la construction de ponts en pierres ont causé la disparition quasi totale de ces ponts. Seule une poignée de ces ponts habités subsiste aujourd'hui en Europe et répondent encore à la définition du pont habité (habitations, rue passante).

Il existe 35 ponts bâtis en Europe, dont six son toujours habités. Le Finistère en compte deux (Landerneau et Pont-L'Abbé). Le troisième exemple français se trouve à Narbonne. On en trouve trois en Allemagne : La Krämerbrücke (« pont des Épiciers ») à Erfurt, Der Heilig Geist Spital à Nuremberg, et le Vieux Pont sur la Nahe à Bad Kreuznach.

Le Ponte Vecchio, à Florence, n'est pas habité à proprement parler (lieu de résidence). On cite aussi, au Royaume-Uni, le Pulteney Bridge à Bath (Angleterre). Le pont de Lovetch en Bulgarie,s'apparente plus à un pont couvert.

Le pont de Rohan, à Landerneau existe sans-doute dès le XIIe siècle, et certainement en 1336, probablement en bois. Il réunit deux régions du Finistère, le Léon au nord, et la Cornouaille. Il joue donc un rôle économique majeur, et son contrôle, pour un pouvoir politique, est crucial. Tombé en ruine, il  a été reconstruit en pierre en 1510 par Jean II, vicomte de Rohan et de Léon, comte de Porhoët, arrière-petit-fils du connétable Olivier de Clisson, immensément riche et immensément puissant, mais qui ne put jamais réaliser son rêve, devenir duc de Bretagne. Afin de remplir les caisses de sa trésorerie, le pont portait alors un moulin et une pêcherie des saumons remontant la rivière. Les habitations ne s'y  installèrent qu'au XVIIe siècle.

Ce pont, situé à l'embouchure de l'Élorn, est soumis aux marées.  Il repose sur six arches, dont la troisième est la plus ancienne. Les maisons couvertes d'ardoises sur les deux façades sont endommagées par des incendies au XVIIe siècle, puis agrandies par des constructions sur pilotis.

 

 

Le pont habité de Landerneau, photographie lavieb-aile.

Le pont habité de Landerneau, photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.
Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016,  photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, et exposition extérieure 2016, photographie lavieb-aile.

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L'inscription de fondation (1510).

 

Cette pierre de fondation du pont se trouvait jadis au dessus de la porte  du moulin que le vicomte Jehan II avait fait bâtir. Elle a été démontée en 1897, après la destruction du moulin.  Longue de 1,50 m et large de 0,40 m, elle est en kersanton, célèbre roche de la rade de Brest qui comporte plusieurs variétés. ici, c'est la variété noire, à grain fin, la plus estimée, celle des plus beaux calvaires sculptés par Roland Doré,  qui a été choisie.  Son inscription en lettres gothiques se déchiffre ainsi:

« : Lan mill VCC X [1510], hault + puissant jehan, viconte de rohan, comte de porhoët / signeur de leon, de la garnache, de beauvoir sur mer et de bleign fist fa[i]re : / ces pontz + mouli~s au devis de m[aître] saget p[rocureur], et jehan le guiryec rece[veur] de ceste ville ».

Ou pour simplifier : « L'an de grâce 1510, hault et puissant Jehan, Vicomte de Rohan, Comte de Porhoët, seigneur de Léon, de la Garnache, de Beauvoir-sur-mer et de Bleing fit faire ces pont et moulin au devis de maître Saget procureur, et Jehan Le Guiryec receveur de cette ville ». 

Marc Saget, le procureur fiscal, et Jehan Le Guiriec (ou Le Guirieuc), le receveur domanial, étaient deux des personnages en vue  de l'administration seigneuriale locale, et le second percevait les revenus locaux et s'occupait du financement du nouveau pont. Jehan II , en échange de la construction du pont et de son entretien, avait fait établir un péage (perçu par le meunier) pour tout bétail, tout cheval et toute charretée qui l'empruntait. 

Une frise constituée des macles de Rohan encadre ce texte. Ces macles (losanges percés en leur milieu d'un autre losange) sont les meubles héraldiques des armoiries des seigneurs de Rohan,  De gueules [rouge] à sept macles d'or, posées 3, 3, 1. Ces armoiries furent adoptées par Geoffroy de Rohan entre 1216 et 1222, puis l'écu de gueules sera bordé d'argent par  Pierre de Rohan dit « Pierre de Quintin » (1456-24/06/1491), baron de Pontchâteau, baron consort de Quintin, seigneur de La Garnache. Ce n'est qu'à partir de 1552 et 1575 que Henri Ier de Rohan portera le nombre de macles à  à neuf (de gueules à 9 macles d'or, posées 3, 3, 3).

 

Sur l'inscription, j' en compte 32 1/2 en frise continue en bas, 3 de chaque coté entre des rinceaux, mais la ligne haute est constituée de 5 macles /un A / 4 macles / un A / 4 macles / un A / 4 macles / un A / 4 macles / un A / 5 macles. Au total, 64 macles 1/2.

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, photographie lavieb-aile.

Panneau affiché sur le pont de Landerneau, photographie lavieb-aile.

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C'est l'un des plus beaux exemples de paléographie gothique. Le texte débute par un deux-points, élégamment inclus dans une sorte de clef.  J'admire l'élégance du X correspondant au chiffre 10, la finesse avec laquelle est sculptée la double barre des-a-, la queue du jambage du -n- , le sigle ressemblant à un + qui remplace par élision la conjonction -et- ; je remarque,  sur la seconde ligne, les lettres conjointes (et), ou encore, à la troisième ligne, pour le mot moulins, le tilde qui remplace le-n- et qui est placé entre le -i- et le  -s- .

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

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Je poursuis ce petit jeu d'observation sur la suite du texte. Tous les -a- ne se ressemblent pas, et celui de "puissant- est remarquable. Dans les mots "de la garnache", le -e- de "de" est conjoint au -d-, mais sa boucle vient joliment se fondre avec le -l-. Et cetera.

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

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Mais c'est le moment de remarquer le A couronné qui sépare les groupes de 4 macles.  Quelle est sa signification? Je trouve vite la réponse : c'est le "chiffre" ou monogramme du vicomte de Rohan, qui résume en une lettre la fière devise de la famille : "A PLUS". Autrement dit, "Toujours plus haut", une incitation à un surpassement de soi (ou de sa fortune).  C'est plus exactement son cri d'armes : "A plus Rohan". Le cri diffère de la devise par sa brièveté. "Le cri d'armes n'est autre chose qu'une clameur conçue en deux ou trois paroles prononcées au commencement ou au fort du combat ou de la mêlée, par un chef ou par tous les soldats ensemble, suivant les rencontres et les occasions ; le cri était personnel au général de l'armée ou au chef de chaque troupe." (source).

 

La devise de Rohan deviendra plus tard (j'ignore quand) la fameuse formule "Roi ne puis, Duc ne daigne, Rohan suis". 

La couronne fleuronnée qui coiffe la lettre A est crénelée par un certain nombre de perles, mais de façon trop imprécise pour dire s'il s'agit d'une couronne héraldique de comte ou de vicomte. 

La lettre A est formé par des morceaux de bois écotés. Ce n'est pas un hasard, une fantaisie décorative, comme nous le verrons dans l'article suivant. Et ce n'est certainement pas un hasard non plus si la barre transversale du A n'est pas droite, mais est cassée en V. En effet, elle forme ainsi une macle. 

Les macles.

 Les macles (du latin macula = tâche) sont, en minéralogie, une inclusion sombre de carbone ou d'argile formant un X ou une croix en section au sein d'une variété d'andalousite nommée chiastolite (du grec kiastos = marqué d'une croix) . 

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Lame mince de schiste à andalousite : http://espace-svt.ac-rennes.fr/applic/huelgoat/huelg-6.htm

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Voir l'image du blog de Pierre Jézequel provenant des Salles de Sainte-Brigitte http://rosquelfen-pj.blogspot.fr/2013_01_01_archive.html

 

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Il existe de très nombreux gisements dans le monde, mais particulièrement sur les terres du seigneur de Rohan, en Finistère, (Parc-au-Duc,  à Plourin-lès-Morlaix ;  Le Mur, Plouigneau) et en Morbihan, au lieu-dit "Salle de Rohan" (Sainte-Brigitte, Pontivy, Morbihan). Ce site célèbre pour ces grands cristaux de chiastolite développé dans les schistes ordoviciens par thermométamorphisme du granite de Rostrenen est si abondant en "pierre de macle" , prismes de section presque carrée, à tel point que les vicomtes de Rohan placèrent sept macles d'or sur leur blason (Louis Chauris, "Minéraux de Bretagne", Les éditions du Piat, 2014 ) (Marc Gilbert de Varennes a écrit en 1640 : « Vers le chasteau des Salles sont tous marquez de temps immémorial de ces figures de macles, et que ca esté de là que les premiers Barons de ces terres fort nobles ont chargé leurs armoiries ».) :

"Le château des Salles de Rohan, dit aussi Penret, ou encore Pen-Raithé, situé dans la forêt de Quénécan, à la limite de Sainte-Brigitte et Perret, édifié initialement sur les ruines d’une motte féodale par un vicomte de Rohan, Alain Ier de Rohan, en 1128, est reconstruit à la fin du XIVe siècle par Alain VIII de Rohan. Le terme « Salles » vient de l'ancien français et désigne un logis. Le château des Salles de Rohan appartient au réseau de forteresses des Rohan (Pontivy, Josselin, etc). Il contrôle un site connu très tôt pour la fabrication du fer : on voit encore, sur la plage de l’étang, des concrétions de cristaux d’oxyde de fer, les fameuses “macles” qui ornent le blason des Rohans. Minerai et charbon de bois issus de la forêt de Quénécan alimentèrent le premier haut fourneau de Sainte-Brigitte créé dès 1440 par Alain IX de Rohan. "

http://csem.morbihan.fr/dossiers/sigm/FicheSiteGeol18.htm

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Macle_(cristallographie)

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Geoffroy de Rohan adopta entre 1216 et 1222, les armes  « De gueule à sept macles d’or, trois, trois, un ».

Le blason actuel  De gueule à neuf macles d’or, trois, trois, trois, aurait été adopté par Henri 1er de Rohan entre 1552 et 1575.

On peut penser, bien que j'ignore quelle raison a conduit Geoffroy a adopté les macles sur son écu, que ses descendants y ont vu une marque typique et emblématique du sous-sol de leur fief, et même, plus tard, de la richesse économique que leur confère le contrôle et le développement de la sidérurgie et de l'exploitation des fourneaux de fonte, et des forges. Selon Jean Ogée (1779), on compte 30 "grosses forges" ou "forges à bras" (parce qu'on les transportait d'un endroit à un autre) dans la Vicomté de Rohan et la forêt de Loudéac en 1460. Cette dernière comptait en 1400 plus de 40 000 arpents de terrains plantés en futaie et taillis.

Dès lors, le A en branches écotées autour d'un losange central peut être considéré comme une référence à cette activité économique, source de prospérité.

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Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation du pont de Landerneau (1510), photographie lavieb-aile.

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Une autre inscription de 1510 : la chapelle de Bonne Encontre à Rohan.

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 La chapelle Notre-Dame de Bonne-Encontre, édifiée par Jean II de Rohan sur le passage d'un pont pour remplacer l’ancienne chapelle du premier château fort des Rohan de 1104, fut commencée en 1510. Chapelle castrale, elle desservait la forteresse qui s’élevait sur l’autre rive de l’Oust.  Elle conserve, sur sa façade extérieure, une inscription gravée lors de sa fondation et, sur ses contreforts, des « A » majuscules faisant référence à la devise des Rohan. L’intérieur rappelle aussi la puissance des Rohan puisque leurs armoiries sont représentées sur les clefs de voûte.

Je n'ai pas pu visiter l'intérieur. Je me base sur les descriptions en ligne « les clefs de voûte sont ornées des armoiries maclées et du fameux A couronné ». Les consoles de pierre des piles est de la croisée sont agrémentées par des armoiries : l’une, « de gueules à 9 macles d’or », blason des Rohan, est confortée par une deuxième « mi-partie de Rohan, six macles et mi-parti de Bretagne, deux hermines (rappelant l’union de Jean II avec Marie de Bretagne) », Mussat, André, art. cit., 1997, p. 240-241 ; Gicquel, Yvonig, op. cit., p. 450-453.

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Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

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"Cette chapelle en granit et en schiste, de style gothique, comprend une nef, un transept et une abside polygonale flanquée au nord d'une sacristie. Cette sacristie ouvre directement sur le chur par une large arcade qu'une clôture en bois de châtaignier coupe sur la moitié de sa hauteur. Dans celle-ci sont ménagées deux portes, l'une donnant accès à la sacristie, l'autre fermant l'escalier de la chaire. L'intervalle est rempli par deux panneaux ajourés et sculptés, qui en encadrent un autre en deux parties également ajourées et sculptées, au-dessous de ces panneaux, lambris de serviettes. Sur le transept nord, tourelle contenant un escalier à vis menant au comble. L'entrée principale est sur le côté sud de la nef et comporte un arc plein cintre mouluré accompagné d'une accolade concentrique avec fleuron et crochets. Les armoiries situées à l'extérieur sous les glacis supérieurs des contreforts, ont été bûchées à la Révolution." http://www.loomji.fr/rohan-56198/monument/chapelle-notre-dame-de-bonne-encontre-saint-samson-42385.htm

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Porte de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

Porte de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription de sa fondation est gravée en lettres gothiques et vers rimés sur une pierre de la façade sud, à gauche de la porte :

« Lan que dist fust mill cinq centz X 

 Jehan de Rohan me fist bastiz 

 Et rediffier a honneur

 Hucheloup en fust le miseur

Et affin que mon non ne celle 

 De bone encontre lon mapelle ». 

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Inscription de fondation de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation de la Chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Encontre, Rohan. Photographie lavieb-aile.

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Le vicomte de Rohan possédait  le cinquième de la Bretagne, avec des revenus annuels de 7500 livres liés à ses fiefs  :

  • Le Porhoët, avec les châteaux de Pontivy, de La Chèze, de Rohan et de  et de Josselin, et l'enclave de Lohéac.
  • le Léon, avec les châteaux de La Roche Maurice et de la Joyeuse Garde (La Forest-Landerneau),
  • La Presque-île de Crozon (auparavant possédée par les seigneurs de Léon), ce dont témoigne encore les macles des armoiries de la commune,
  • le fief de Quemenet (autour de Pluguffan), en Cornouaille —également une ancienne possession des seigneurs de Léon—,
  • Le Goelo
  • la région de Bourgneuf en Finistère,
  • Les "Fiefs du Léon" (Brangolo, Inzinzac)
  • Fresnay et Blain, avec les chateaux du même nom,
  • Les Marches, en Vendée ou Bas-Poitou avec  le château de la Garnache, possession d'Olivier de Clisson, et la seigneurie de Beauvoir-sur-mer.

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Carte : Copyright Y. Guicquel P. Morvan, en ligne https://abpo.revues.org/63

 

 

 

"Jean II de Rohan est qualifié de « premier baron de Bretagne » par les États de Bretagne réunis en 1486 : il est donc le deuxième personnage du duché après le duc François II en personne. Non seulement ses domaines couvrent un cinquième du duché, outre quelques possessions dans le royaume de France, mais il est apparenté à la famille des Montfort, détentrice du trône de Bretagne depuis plus d’un siècle. En effet, son grand-père maternel n’est autre que le duc Jean IV ; quant à son épouse Marie de Bretagne, elle est elle-même la fille du duc François Ier et belle-sœur du duc François II. Jean II de Rohan n’était donc ni plus ni moins que le beau-frère du duc de Bretagne lorsque la guerre fut déclarée en 1487. Pourtant, les relations entre les deux hommes furent le plus souvent orageuses. Entre 1470 et 1488, François II confisque à quatre reprises les biens du vicomte et le détient même dans ses geôles, pendant plus de trois ans, pour complicité de meurtre. Il faut savoir que le grand projet de Jean II de Rohan est de faire accéder sa lignée à la couronne ducale et qu’en l’absence d’héritier mâle, il envisage un mariage entre son fils et la fille du duc, la jeune Anne. " D'autre part, Il était, avec Jean de Chalon, prince d'Orange, l'héritier présomptif de la duchesse Anne, jusqu'à ce que celle-ci mette au monde ses enfants. 

Lire : Jean Kerhervé Noblesses de Bretagne: du Moyen âge à nos jours page 106

Image L. Guitton 2007 https://abpo.revues.org/63

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En 1510, année de deux inscriptions lapidaires  étudiées, Jean II de Rohan a 58 ans, et les jeux sont faits.

Son fils aîné François, qu'il voulait unir à la duchesse, est tombé à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier en juillet 1488. La même année, le duc s'empare du château de Josselin et le démolit

partiellement ; il ne lui sera rendu que par Anne de Bretagne, et il le transformera en château Renaissance entre 1490 et 1510.

Anne de Bretagne est devenue duchesse, puis a épousé le roi Charles VIII en 1491, et Louis XII en 1499, a donné naissance la même année à sa fille Claude, qui épousera en 1514 François Ier. En 1505, c'est Jehan II qui a accompagné la reine Anne dans la visite de son duché, notamment à Brest, Le Folgoat et Morlaix. En 1504, le roi lui octroie le renouvellement du droit de billot (produit d'une taxe sur les boissons) pour reconstruire ses villes et places-fortes (La Roche-Maurice  a été démantelé en 1489 par les troupes françaises). Après la mort de son second fils Jean en 1505, son principal héritier est alors Jacques de Rohan (qui se mariera mais décédera sans descendance). Son cinquième fils, simple d'esprit, devient malgré tout (et sous la tutelle effective de l'abbé de Daoulas Jean de Largez)  évêque de Cornouaille (Quimper) en 1501 mais sa consécration a lieu en avril 1510. C'est  en 1507 qu'il fait bâtir à Quimper le palais épiscopal (la Tour de Rohan et son escalier en palmier).

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SOURCES ET LIENS.

— Ponts habités :

https://www.youtube.com/watch?v=uyrdfSeN8Wk

http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=1658562

http://fr.topic-topos.com/pierre-gravee-landerneau

— GICQUEL (Yvonig), 2014 Jean II de Rohan oul'indépendance brisée de la Bretagne, Coop Breizh, Jean Picollec Ed. 

— GUITTON (Laurent)  Un vicomte dans la cité : Jean II de Rohan et Dinan (1488-1516) p. 7-37

https://abpo.revues.org/63

—Site Découvrir Rohan-Histoire.

http://www.rohan.fr/histoire_machine.html

— Histoire de Rohan : http://www.rohan.fr/pdf/histoire_de_rohan.pdf

http://www.tourisme-pontivycommunaute.com/Fiche/Detail/340/Preparer-son-sejour~Patrimoine-et-decouvertes~Patrimoine-culturel/CHAPELLE-NOTRE-DAME-DE-BONNE-ENCONTRE/

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Published by jean-yves cordier - dans Rohan Landerneau
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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • &quot;Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure&quot; Guillevic, Théraqué.  &quot;Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)&quot; (Rabelais )&quot;prends les sentiers&quot;. Pytha
  • &quot;Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure&quot; Guillevic, Théraqué. &quot;Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)&quot; (Rabelais )&quot;prends les sentiers&quot;. Pytha

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