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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 14:09

Le calvaire (kersantite, Maître de Plougastel, 1621) de l'église du Relecq-Kerhuon.

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Sur le Maître de Plougastel, voir :

 

 

 

Sur les calvaires en général, utiliser l'onglet "rechercher"

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PRÉSENTATION.

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Le Maître de Plougastel.

Ce sculpteur, et son atelier probablement installé à Landerneau sont responsables d'œuvres en kersanton dans une cinquantaine de paroisses, essentiellement situées en Léon au nord de l'Élorn, mais aussi à Plougastel où il réalisa entre autres en 1602-1604 le calvaire monumental qui lui donne son nom, et en Cornouaille à Confort-Meilars et Saint-Tugen de Primelin (voir les articles supra), à Plogoff et Tréguennec.

Il intervient après l'atelier des Prigent (1527-1577) et avant celui de Roland-Doré (1618-1663), également sculpteurs de kersanton à Landerneau.

Il a travaillé pour 4 croix et 24 petits calvaires dont six sont complets, à la chapelle Christ de Guimaëc, pour le calvaire de Corran à Plougasnou en 1594 , à la chapelle Saint-Trémeur de Plougastel en 1600,  à la chapelle de Locmazé au Drennec et enfin au cimetière de Gouesnou.

Il est également l'auteur des statues géminées (mais non du Christ) des calvaires de la chapelle Saint-Adrien et de la chapelle Sainte Christine de Plougastel.

"Le style du Maître de Plougastel, dans sa maturité [après 1602] se caractérise par une certaine rigueur et un hiératisme prononcé, visible dans la gestuelle des personnages et les plis des vêtements. La rondeur des traits imprimés aux visages donne aux sculptures une quiétude magnifiée proche de l'ataraxie de pierre." Postérieures aux guerres de la Ligue (1589-1598 et à la peste de 1598 (Plougastel), les créations majeures du Maître de Plougastel ont pu être marquées par les atrocités et la souffrance physiques qu'il a dû voir autour de lui et qui imprègnent son œuvre d'une note d'intériorité froide." (Le Seac'h 2014) 

"Les crucifix se répétant sur le même  modèle avec la Vierge et Jean : les statues sont toutes en kersanton. Les sculptures du Crucifié sont de petites dimensions avec le thorax réduit et des flancs creusés. Les bras sont lisses, sans articulations visibles. La rotule du genou et le pli caractéristiques de la peau ne sont pas oubliés. Le bas-ventre est recouvert d'un pagne formé de plis plats ressemblants à des bandelettes, maintenu par un nœud simple dont chaque pan retombe sur les hanches. Les pieds larges se croisent avec des orteils marqués, le pied droit sur le pied gauche selon une tradition constante. Il en est de même pour la tête toujours incliné à droite. (Le Seac'h 2014) 

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DESCRIPTION.

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Le soubassement de granite porte un socle cubique chanfreiné, portant sur la face ouest la date de 1621 et le monogramme M.S.B.P. autour d'un calice indiquant que le commanditaire est un ecclésiastique. On peut  interpréter ces lettres ainsi :" Messire Sébastien Billant Prêtre", puisque Abgrall (BDHA Guipavas) signale ce nom dans la liste des curés ou vicaires attachés à Guipavas en 1614, et ajoute qu'il a été enterré en 1623 à Saint-Pierre de Plovavatz. Missire Sébastien Billant  fit également une fondation à la chapelle du Relecq.

Le Relecq est un démembrement de la paroisse de Guipavas : "La paroisse de Guipavas se divisait en huit cordellées, savoir : Le Froulven ; La Lande, le côté donnant sur Gouësnou et comprenant le bourg; l'EUès; Saint-Yves; Saint-Nicolas; Le Hellec; Sainte-Barbe, et Camfrout. Ces trois dernières cordellées étaient ordinairement désignées sous le nom de Trétrit, et sont devenues, en grande partie, Ia paroisse du Relecq-Kerhuon (1869)" (BDHA)

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On lit aussi sur l'autre face CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902.

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Le fût à pans porte un croisillon à culots portant les statues de Jean (à gauche) et de la Vierge (à droite). On remarque qu'elles ont été inversées, puisque en règle la Vierge est à gauche, c'est à dire à la droite du Christ crucifié. On remarque aussi que ces statues sont simples, et non géminées comme dans les autres calvaires du Maître de Plougastel.

La croix à fleurons porte le Christ crucifié, conforme à la description donnée supra par Le Seac'h.

Le nœud entre les bras du croisillon porte les armoiries du seigneur de Guengat ( trois mains dextres en pal)  associées à celles de son épouse Marie de Poulpry ( au rencontre de cerf), propriétaires du fief de Lossulien et des terres du Relecq. Jacques III de Guengat épousa Marie de Poulpry (fille d'Allain, conseiller au Parlement de Bretagne) en 1606. Le manoir de Lossulien (XVème siècle) fut la propriété des familles de Guengat, puis de Kergolay, Fleury, Kergroadès et enfin Kerouartz au XVIIIème siècle. En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. La chapelle seigneuriale  de Lossulien  date du XVIème siècle et était dédiée à Saint-Pierre. 

Poulpry : d'argent au rencontre de cerf de gueules.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f307.textePage.langFR

https://gw.geneanet.org/hamety?n=du+poulpry&oc=&p=francois

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La Vierge est très sobre dans sa gestuelle (les mains croisées devant la poitrine) et l'expression sévère du visage, presque absent.

Comparez avec la Vierge du Grand calvaire monumental de Plougastel :

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Maitre de Plougastel, Grand calvaire de Plougastel (kersantite, 1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Jean est imberbe, bien-sûr. Il tient son livre sous l'aisselle gauche et pose la main droite sur la poitrine. Il est vêtu d'une robe serrée à la taille par une ceinture, et d'un manteau dont le pan gauche, délicatement pincé entre les doigts de la main gauche, est tenu par la main droite en un retour accentué. Ce mouvement du drap est le seul qui rompe la statique verticale et grave du personnage.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La face orientale ne présente pas de figures.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PEYRON, Notice BDHA Quimper, Kerangal ed.

http://www.infobretagne.com/relecq-kerhuon.htm

le manoir de Lossulien (XVème siècle), propriété des familles de Guengat, Kergolay, Fleury, Kergroadès et Kerouartz (XVIIIème siècle). En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. En 1727, le domaine appartient à Michel Corentin de Fleury ;

la chapelle de Lossulien (XVIème siècle), dédiée à Saint-Pierre. Il s'agit d'une ancienne chapelle privée de plan rectangulaire remontant en partie au XVIème siècle. La chapelle abrite une statue ancienne de saint Jean. Le coffrage d'autel ancien comporte un bas relief représentant saint Suliau

— ABGRALL (Jean-Marie), Notice de Guipavas, BDHA Quimper, Kerangal ed.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/le_relecq_kerhuon.html

"2630. Le Relecq-Kerhuon, église, g. k. 5 m. 1621. Soubassement. Socle cubique: calice, M.S.B.P. 1621. Autre inscription peu lisible et: CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902. Fût à pans. Croisillon à culots, écu, statues: Jean, la Vierge. Croix, fleurons, crucifix. Les armoiries sont de Guengat, seigneurs de Lossulien. Le type de sculpture est de l’atelier du calvaire de Plougastel. [YPC 1980] "

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, nouveau répertoire des églises et chapelles.

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9903d7bdec041f2bee26eb26ce7db93e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Description matérielle : 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm. Description : Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Édition : Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut page 191

WIKI-BREST

http://www.wiki-brest.net/index.php/Calvaire_de_1621

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 15:11

Sortir d'une épidémie : le calvaire de Plougastel. III.

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Voir : 

Résumé.

J'ai tenté de montrer que le grand calvaire de Plougastel, réalisé 4 ans après la fin d'une épidémie de peste de 1598, mais aussi d'une situation de guerre (la Ligue) et de pénurie, a été une salutaire aventure de refondation des identités individuelles et collectives. La première partie présentait le soubassement, avec ses frises de personnages hiératiques aux visages défaits, comme une image de l'expérience traumatique. La deuxième partie décrivait une plate-forme aux personnages hauts en couleur, multipliant les marques identitaires par leur costume, leur postures expressives et théâtrales, comme la réponse résiliente des habitants, habilement traduite par le même sculpteur qui avait changé de style.

Néanmoins, sur le visage de trois saints personnages, Véronique, Jean et Marie, le sculpteur anonyme, dénommé "Maître de Plougastel" au XXe siècle, avait repris la marque de fabrique de l'atelier Prigent de Landerneau (1527-1577): trois larmes en stalactite sous chaque œil.

La troisième partie  décrira les trois croix du Calvaire : les deux croix simples des deux larrons, et la croix à deux croisillons du Crucifié. J'y rechercherai quelle est la part d'originalité et d'innovation du Maître, et quelle est la part de fidélité à l'atelier des Prigent.

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Les calvaires à deux croisillons.

Nous pouvons d'emblée remarquer que le schéma du  Christ entouré, sur le croisillon supérieur, de deux cavaliers, et sur le croisillon inférieur, des statues géminées de Jean  et Marie, avec la Pietà au centre, se retrouve en Finistère sur de nombreux calvaires antérieurs à deux croisillons. Par exemple à Pencran en 1521(?), Lopérec en 1542-1552, Plomodiern en 1544, Saint-Ségal vers 1550, et sur les deux calvaires monumentaux de Plougonven en 1554 et Pleyben en 1555. Chacun de ces monuments est soit clairement attribué aux Prigent, ou comportent leurs marques stylistiques, comme les fameuses trois larmes (culte des larmes) ou à Lopérec notamment les anges aux calices  culte du Précieux Sang). 

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  • Pencran nord, (1521 par inscription). Trois fûts. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Deux cavaliers, Madeleine/ Yves,  Jean/Pierre. Pietà, Vierge à l'Enfant . Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.

  • Plomodiern, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544, Prigent). Jean/Pierre et Madeleine/Yves. Pietà, Christ aux liens, Vierge à l'Enfant. Ange aux calices. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois larmes.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien (v.1541-1554, Prigent). Vierge et Jean  géminés avec des archers. Trois larmes.

  • Lopérec (1552) par l'atelier des Prigent. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois fûts . Deux cavaliers, Christ aux liens, Jean ?/Marie-Madeleine / et Vierge/Pierre, Christ ressuscité. Les trois larmes.

  • Plougonven, (1554), Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental.  Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. les larrons sur des croix séparées (mais depuis le XIXe), saint Yves,  Vierge et Jean non géminés.

  • Pleyben (1555) par Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.  Vierge et Jean non géminés.

  • Cléden-Poher (1575)

  • Loqueffret (1576?)

  • Plounéventer (1578)

  • Guimiliau (1581-1588)

  • Locmélar (vers 1600), par le Maître de Plougastel

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Voir aussi d'autres calvaires par les Prigent :

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Une remarque s'impose. La composition de cette partie du grand calvaire est strictement la même que le calvaire de Lopérec, à un détail près. Mêmes statues Vierge/Pierre et Jean-Madeleine, même Pietà et même Christ aux liens, même couple de cavalier, mêmes anges au calice au pied. Mais les deux anges voletant pour recueillir, à Lopérec, le sang des plaies des mains sont absents ici. Or, ceux-ci sont attestés à Plougastel, car on voit autour du pagne du Christ les deux consoles qui les portaient.

Autre différence : à Lopérec (et à Pencran, aux chapelles de Ste-Marie du Ménez-Hom et de St-Sébastien), sainte Marie-Madeleine est agenouillée au pied de la Croix. Or, Flaubert décrit lors de sa visite à Plougastel en 1847, au pied de la Croix, "La Madeleine en pleurs [qui] répand sa belle chevelure tressée".

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Le calvaire de Lopérec est daté de 1542 ou 1552 (avec un doute sur la lecture du chronogramme). Il est attribué à un certain Fayet par Y.-P. Castel, et ce "Fayet" serait un compagnon des Prigent de Landerneau, tant les styles sont proches ou identiques.

Nous ne pouvons pas assimiler le Maître de Plougastel avec ce "Fayet", mais je peux souligner la filiation entre les œuvres. Comme je ne peux dresser un parallélisme photo après photo avec ce calvaire, je renvoie à mon article : 

Le calvaire (Fayet, 1552 ou Prigent 1542?) de l'église de Lopérec.

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LE CROISILLON INFÉRIEUR.

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Le coté principal , tourné vers l'ouest, montre la Vierge à droite et Marie-Madeleine à gauche et la Pietà au centre.

Les statues latérales sont géminées, portant un second personnage au dos : nous avons les couples Marie/Pierre et Marie-Madeleine/Jean.

La disposition actuelle relève d'une erreur au remontage car nous devrions trouver face à l'ouest, entourant le Crucifié et donc au pied de la croix Marie à gauche et Jean à droite. La statue Jean/Marie-Madeleine a subi une rotation de 180°. Le chanoine Abgrall, en 1904, a observé la disposition correcte, avec la Pietà entre la Vierge et Jean.

Je n'ai photographié que la face occidentale.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Bizarrement,  E. Le Seac'h décrit celle-ci sous le nom de Marie-Cléophas

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Marie-Madeleine.

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Elle tient le flacon d'aromates de l'embaumement (Luc 24:1 "elles se rendirent au sépulcre de grand matin, portant les aromates qu'elles avaient préparées") .

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Le très habituel bandeau occipital de la sainte se transforme en un linge qui enrubanne les cheveux en deux nattes. C'était déjà le cas dans la Mise au Tombeau de la plate-forme. Mais Marie-Madeleine ne porte plus le voile à pans cassés.

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Mise au Tombeau, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Pietà.

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La Vierge porte le corps de son Fils sur son genou droit fléchi et sur son genou gauche abaissé, si bien que le corps est presque couché horizontalement. Les pieds sont croisés. La Vierge ne soutient pas la tête de la main droite, ou le bras de la main gauche, comme ailleurs, mais elle prie, mains croisées.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Ma photo ne permet pas de dire qu des larmes sont présentes,  mais pas non de l'exclure. Il faudrait revenir.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE CROISILLON SUPÉRIEUR. LES DEUX CAVALIERS.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Longin le lancier guéri de son trouble de la vue.

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Il tient dans la main droite la poignée de la lance (en bois, brisée) et place l'extrémité de l'index sous la paupière gauche. Le sang qui a jailli de la plaie qu'il a causé au flanc droit du Christ a atteint son œil et instantanément, il a été guéri d'un trouble visuel.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Comparez avec le même cavalier à Lopérec (cliquez si besoin). La différence principale provient de la profusion des lichens à Lopérec. Le harnachement du cheval, la coiffure du cavalier (un bonnet conique entouré d'un turban) sont identiques.

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Calvaire (kersantite, 1552, Prigent) de l'église de Lopérec. Photographie lavieb-aile 2020.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Le Bon centenier convaincu que le Crucifié est le Fils de Dieu.

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Il ne serait pas d'origine, et pourrait être (Le Seac'h) dû à Millet après 1944.

Son homologue était présent sur la plate-forme, en tête du portement de Croix.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX.

Notez les "bosses" du fût, rapprochés des bosses de la peste.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Les quatre anges.

Deux anges joignent les mains à l'extrémité du bras de la croix. Deux anges tiennent en commun un calice qui recueille le sang s'écoulant des pieds du Christ. Les deux mêmes anges sont présents sur le calvaire de Lopérec.

Les consoles vides près du pagne accueillaient les deux autres anges au calice.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE BON LARRON.  UN ANGE CONDUIT SON ÂME AU CIEL.

Ses jambes sont fléchies en grenouille car, selon les évangiles, on leur brisa les jambes des larrons pour précipiter leur mort en les privant de cet appui qui, seul, leur permettait de respirer.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LE MAUVAIS LARRON. LE DIABLE S'EMPARE DE SON ÂME.

Il grimace et tire la langue, et détourne son regard du Christ. Tout faux.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1904, "Le calvaire de Plougastel-Daoulas", Bulletin de la Société archéologique du Finistère t. XXXI p. 182-189 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207669n/f239

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1904_0250_0258.html

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1902, Les croix et les calvaires du Finistère , Bulletin Monumental  Année 1902  66  pp. 176-209, 

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31081n/f255.item.texteImage#

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/plougastel_daoulas.html

 

CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

CASTEL (Yves-Pascal),  articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

Plougastel-Daoulas, le Calvaire au péril de son grand âge... 0485 Pedenn An Deiz... 14.01.89. Yves-Pascal Castel : articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

0484 Plougastel-Daoulas, le Calvaire au péril de son grand âge... 0485 Pedenn An Deiz... 14.01.89.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 8 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1972

-CASTEL 1336 Auscultation des Calvaires à Plougastel et Guimiliau par la CGG... 18.10.97.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bfdc8148eb09d0bc7254d5705e51fd16.jpg

-1014 Plougastel-Daoulas, Calvaire, Évangile de Pierre... 26.03.94.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c1955e8d223fda5940d8ef924d117b36.jpg

 

— COUFFON (René), 1988, Couffon, Répertoire des églises : paroisse de PLOUGASTEL-DAOULAS, notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/daea80685ebe3292bb10ce1933e48782.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE GOFFIC (Charles), 1924, -Édouard Champion série 4 - ‎L'Âme bretonne page 10

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%82me_bretonne_s%C3%A9rie_4/Une_cellule_de_l%E2%80%99organisme_breton_II_Le_calvaire

 

PÉRENNÈS Henri, “Plougastel-Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9785.

— LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

INFOBRETAGNE

http://www.infobretagne.com/plougastel-calvaire.htm

WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvaire_de_Plougastel-Daoulas


 

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 21:50

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas. Deuxième partie : la plate-forme.

 

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Voir :

 

 

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas . Première partie. le soubassement

 

 

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Résumé. 

Les habitants de Plougastel ont édifié en 1602-1604 un grand calvaire pour commémorer la fin d'une épidémie de peste en 1598, et la fin des guerres de la Ligue. Autour d'une niche obscure contenant  saints  Sébastien et Roch, recours réputé contre les épidémies, le sculpteur a placé en soubassement diverses scènes de la Vie de Jésus, dans un style non seulement hiératique (digne, stricte et dépouillé) mais aussi désincarné, comme s'il témoignait de la perte des repères identitaires et temporels propre aux traumatismes.

Va-t-il, sur la plate-forme à quatre faces, témoigner de la ré-animation d'une collectivité éprouvée et sortir de sa réserve ? Les habitants ont tenu à inscrire les noms de leurs représentants (les "fabriques") ; vont-ils y jouer leur rôle?

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LA FACE EST DE LA PLATE-FORME (SUITE).

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La Comparution  devant Anne.

Puisque la Comparution devant un grand prêtre, disons Caïphe, a déjà été présentée, les auteurs considèrent que cette deuxième scène correspond à la comparution devant Anne, autre grand prêtre et beau-père de Caïphe. C'est, en réalité, dans les évangiles, la première comparution : voir Jean 18:13. C'est là que se place le reniement de Pierre. Anne renverra Jésus devant Caïphe, le "souverain sacrificateur cette année là". Peu importe en fait. 

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Le Christ, mains liées derrière le dos, est présenté par un garde à Caïphe, qui, raide comme la Justice, reste de marbre. Ou de kersantite. Nous sommes encore dans la veine "hiératique" du sculpteur.

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Mais ce qui est intéressant, c'est de voir le soldat qui derrière, nous fait un coucou avec sa main libre (en réalité, il s'apprête à donner un soufflet au Christ). Ce grand dadais nous regarde, il est présent et vivant. Derrière lui, les deux autres gardes  discutent. Les tenues vestimentaires s'individualisent puisque l'un porte une tenue de soldat romain composée d'un casque, et d'une armure légère à lames. Il tient l'extrémité de la corde qui ceinture le prisonnier. Son visage grimaçant sort de la stéréotypie avec ces rides frontales et naso-labiales.

 Son interlocuteur est un officier (épée au coté),  Juif (chapeau conique), aux gestes animés. 

Oui, nous sommes sortis du silence blanc du soubassement.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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C'est à ce moment que je commence à imaginer les Plougastelois qui sont montés sur les planches. Je les entends, le film muet devient parlant. Ils ont en tête le texte de leur Passion en breton :

 

An Test: Goude e quempret ez voe dereet affet da quentaff digracc diffaeczon da annas felon da questionaff ouz e blasfemaff  hac ouz e canaff cals a gouzafus palamour hep quen da caret map den louen en prenas. Pan oa oar he stat questionet mat esz deuz vn flater goude bout graet salu ha gant quil palu a scoaz hon saluer oar  h guen tener precius ha guer hac en eurhas goude a deury ez stlegat gant cry da ty cayphas.

Je vous le traduis, mais il fallait d'abord entendre l'accent, et les rimes en -et, en -aff , et le rythme des vers.

"—Le Récitant : Après son arrestation, il fut mené en tout premier lieu, sana ménagement, avec brutalité, chez le cruel Anne afin d'être interrogé. Des injures qu'on lui fit, et des coups qu'il reçut, il souffrit beaucoup, seulement à cause de son amour pour l'humanité ; il la racheta pleinement.

Tandis qu'on l'interrogeait en détail sur sa condition, vint un faux-témoin qu'il avait guéri et qui frappa Notre-Seigneur du revers de la main sur sa tendre joue précieuse et chérie et il l'insulta. Ensuite, rudement, il fut traîné sous les huées chez Caïphe."  (Le Berre 2011 p.186)

C'est tout autre chose maintenant que l'ambiance devient celle d'un match de catch, que nous entendons les hou ! hou !, que nous savons que le grand dadais est un ingrat, un faux-témoin (breton flater "mensonge") qui avait été guéri par Jésus.

Et c'est tout autre chose lorsque nous apprenons que le garde qui présente Jésus à Caïphe se dénomme Dragon (ça veut tout dire) et que nous l'entendons dire (chacun reconnaît la voix de Jo Kervella, le marchand de poisson qui joue ce rôle) :

—Dragon : "Monseigneur Anne, comme vous le voyez, le grand charlatan  [dans le public : hou, hou !]  vient comparaître devant vous. Examinez son cas sur-le-champ."

[Anne l'interroge.]

— Jésus : Je n'ai en vérité rien prêché secrètement à personne. Au contraire, c'est tout à fait publiquement qu'à la synagogue et dans votre ville j'ai toujours pris la parole, incontestablement chacun le sait en cette cité"

Et l'officier Juif qui se tient à gauche,  nous comprenons que c'est Malchus, le serviteur du grand prêtre, et le voilà qui donne sa réplique (c'est Vigouroux, le bedeau) :

"—Malchus :  Dis-donc, imposteur, c'est comme ça que tu réponds au pontife ? Attends un peu ! Pour ta sotte réponse tu vas avoir droit illico à une gifle." Vlan ! Paf !

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Changement de plateau :

LA FACE NORD DE LA PLATE-FORME.

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La Flagellation et le Couronnement d'épines. 15 personnages.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Flagellation.

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À gauche (car ça commence à gauche), Jakez, le fils à  Dédé Le Gall, qu'on surnomme Lost Krank (queue de crabe) est monté sur scène avec son père. Ils font les bourreaux, Dantart an tirant et son compère Bruyant.

 Jakez  a repéré sa belle amie Marig an Ajou et lui dit un p'tit bonjour avec son faisceau de genêt.  "Tiens ton rôle" bougonne le papa, ça va être à toi."

—Bruyant : Stagomp ennhaf dezrouomp de fustaf affo. (Mettons-nous y, commençons à les fouetter !)

— Dantart : Gant ma scourgez en deuezo Dalet a me sco a tro mat! (Il va tâter de mon fouet, Tenez ! L'ai-je-bien administré ?)

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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À droite, le bourreau porte le turban retenant un mouchoir qui couvre la nuque : c'est le dress-code des artistes pour le désigner comme Juif. Mais sa tunique et ses chausses à taillades sont celles des soldats du XVIe siècle.

À gauche, la tenue est celle des seigneurs Renaissance, avec le bonnet à bords relevés, les cheveux bouclés, la tunique et les chausses plissées. 

Il y a donc apparition sous le burin du sculpteur des vêtements  des habitants de Plougastel : ils peuvent s'y reconnaître, ou même, se voir représentés jouant le Mystère de la Passion, adoptant quelques accessoires orientalistes (turban) pour mieux jouer leur rôle. Ils ne sont pas venus comme ça, ils se sont mis beaux, mais dans les armoires, ils n'ont trouvé que les habits d'avant la guerre. Un peu démodés mais beaux. 

Le meunier Alain Le Goff, qui est musclé, a fait le Jésus. 

Et puis, à droite, on a toujours celui qui se penche pour être sur la photo. 

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Ensuite, ils jouent le Couronnement d'épines.

Mais c'est cette fois Guillaume Calvez (qui n'a pas encore de poil au menton), le vieux Jacques Lagathu et Jean Thomas, le cordonnier moustachu, qui feront les bourreaux. 

— Bruyant : Ne croyez-vous pas qu'il lui faut une belle robe, afin qu'il soit vêtu de pourpre ?

— Dantart : C'est tout à fait certain ! La voici ; elle ne vaut plus rien !

— Dragon : Donnons-lui aussi un sceptre ; ce roseau, par exemple !

Et le petit Xavier Le Du, qui n'est pas bien beau, s'agenouille en lui tirant la langue : "Dieu vous sauve, Aliboron, assurément roi des Juifs!"

— Dantart "Mettons-lui donc sur la tête une couronne fait avec une ronce qu'on tresserait, bien serrée tout autour."

— Gadifer : "Voilà une grande couronne d'épines, placez là en force sur son crâne, qu'elle perce carrément les os sans ménagements ; ça lui fera passer son rhume" (hac a toullo fresq e esquern Hep espern maz disifferno.)

— Dragon : "Faisons tous cercle autour de lui ; nous allons maintenant le couronner, et lui rendre l'hommage dû à son rang.

— Bruyant : "Tenez ! cette couronne est rude et acérée, et elle sied à votre visage ; Je suis sûr qu'elle va maintenant vous transpercer.

— Dantart : "Appuie avec ce bâton. Voilà comme ça ! On va lui écraser le crâne." (Trad. Y. Le Berre)

Et ainsi de suite, une réplique entraînant la suivante, dans le grand plaisir d'épater la galerie en improvisant sa répartie. Ah, ils se donnent du plaisir. Pensez ! Depuis le temps !

Sous l'épais manteau rouge du Christ, Hervé Le Moal proteste de temps en temps : doucement quand même   ! 

 

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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À coté d'eux, un garçon s'est approché avec une cruche et une cuvette.

"Qu'est-ce que tu fais là, petit ! Tu joue dans la Comparution devant Pilate, le studio à coté !"

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Comparution devant Pilate.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus du contrefort : Christ aux outrages.

La scène trouve naturellement place en surélévation de la plate-forme. Jésus, assis, les yeux bandés, les bras liés, toujours revêtu du manteau de pourpre, reçoit les moqueries et les gifles des gardes et des bourreaux.

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Je coupe la bande-son, qui n'est pas pour vos chastes oreilles.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE OUEST DE LA PLATE-FORME.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Le Diable tenant des pains. La Tentation au Désert.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Nouvelle Comparution.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Sortie du Tombeau.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Jésus face aux Docteurs de la Loi.

Finalement, le réalisateur de ce Mystère  est  d'avant-garde, car il a découvert la technique de flashback, et il nous fait revivre une scène qui, dans une technique narrative linéaire complètement dépassée aujourd'hui, viendrait après la Circoncision. Dans l'évangile de Luc, c'est le chapitre 2.

Jésus, âgé de 12 ans, tient la dragée haute aux Docteurs de la Loi du Temple de Jérusalem. Il porte cette tunique à deux boutons que nous avons vu sur (presque) tous les protagonistes du  soubassement, mais par contre l'un des docteurs est bien en phase avec les nouvelles règles qui régissent la plate-forme : des habits contemporains, plaisants, le temps confiné c'est fini ! Il porte le bonnet carré des docteurs du XVIe siècle en France (et non le bonnet conique hébraïque), et son manteau est impeccablement coupé, tout comme sa barbe. La scène se passe aujourd'hui !

Du coup, nous retrouvons ici des éléments de l'iconographie de saint Yves patron des avocats, comme le rouleau de papier dans la main et, surtout, le geste d'énonciation et d'argumentation, index sur le pouce (contact pulpo-pulpaire pollici-digital, quoi!).

Voir ici :

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Descente du Christ aux Limbes.

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Entre le Vendredi Saint et le jour de Pâques, le Christ descend aux Limbes où sont enfermés les âmes de tous les morts  d'avant sa Résurrection, et il les libère. Traditionnellement, il ouvre une porte ou la gueule d'un Leviathan, et tend la main à Adam et Ève qui sont les premiers à y être entrés.

Ici, portant le manteau rouge et l'étendard de sa victoire sur le Mort, il  accompagne deux  personnages de petite taille. Dont sans doute Adam. Mais où est passée Ève ?

Dans la scène voisine, le Léviathan, ou la bouche des Enfers, attisée par des diablotins, ouvre une large gueule et, sous les cris horrifiés d'un démon, laisse échapper ses proies.

Parmi celles-ci, une femme, qu'un autre démon tente de retenir. Ce serait, pour moi, Ève.

Mais les guides aiment raconter qu'il s'agit de Katell Gollet, une servante pervertie qui avait cachée ses péchés en confession : le diable la retient ici aux Enfers. Ce qui est bien plus séduisant, mais impossible, puisque la confession n'existait pas avant Jésus-Christ...

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Voir sur ce thème  des Limbes, et l'illustration des démons attisant le feu tandis que les âmes sortent:

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE SUD DE LA PLATE-FORME.

Quatorze personnages... et un cheval.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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C'est Marie-Jo Le Gall qui joue an Veronic. Elle prend une voix triste mais elle est toute contente de jouer ce rôle, d'autant qu'elle a peint elle-même le visage sur un drap brodé ; et c'est celui de son père, qui est mort de la peste il y a 4 ans; il avait quoi ? Même pas quarante-cinq.

— La Véronique 

"Hélas ! c'est bien Jésus que je vois Passant par cette rue ; On le conduit au terrible supplice (dan maru garu du : "à la rude mort noire"). L'angoisse le fait transpirer ; Je vais aller tout de suite essuyer .  Délicatement et affectueusement, si je puis arriver jusqu'à lui."

Marie-Jo respire un grand coup, lève le linge qui se déroule, et lève les yeux aux Cieux comme une vraie tragédienne. 

E facc diuin ha luminer

Dam maestr crist mab doe ma croer

Seder gant an couricher man.

Ach iesu glan croet an bet

Seul a anquen hac a penet

A gouzafuer oar an bet man.

"La face divine et rayonnante, De mon maître, le Christ, le fils de Dieu, mon créateur, Avec ce linge, respectueusement, Ô Jésus saint, créateur de l'univers,Que de peines et de tourments Vous aurez subis ici-bas !"

C'est beau ! Dans le public, son amie Marité Merdy essuie ses larmes dans son tablier.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Juste après elle, ceux qui jouent Jean et Marie font leur entrée. Jean soutient la Vierge. Ils gardent les yeux baissés.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Sur cette photo, je vois clairement trois larmes couler des yeux des trois personnages. Or, le sculpteur, notre Maître de Plougastel, n'a pu apprendre cela que chez Bastien Prigent, dont c'est l'une des caractéristiques stylistiques majeures. C'est pour moi la preuve qu'avant d'être Maître, il a été apprenti à Landerneau chez les Prigent.

Nous retrouverons ces larmes ailleurs.

Un autre caractéristique des Prigent, c'est le voile "en coque", dont la toile raide fait des plis en pince. Comme ici.

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Le Portement de Croix.

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Tous les jeunes voulaient y participer. On a pris les plus beaux (pour leurs moustaches) et les riches ( pour leur garde-robe aux chausses à crevés comme à Quimper). Ils ont conservé leurs chapeaux ronds. 

Deux veneurs encadrent la procession, avec leur épieu et leur trompe : un à l'avant, l'autre à l'arrière.

Un costaud  a été requis pour aider discrètement le Christ à porter la croix ; c'est Jehan Guergoz, dit Monot : le forgeron. Car il faut de la force pour soulever la croix toute en chêne. Il porte un costume de centurion romain. Et celui qui fait le Simon de Cyrène, c'est Guillaume Calvé, de Sainte-Christine, le fossoyeur. Qui a eu beaucoup de travail avec cette épidémie.

Broustail, le maître-maçon, est en train de faire l'andouille en prenant la pose, armé de son fouet, avec ses camarades, devant le public qui l'acclame. Sa réplique "au naturel", qui lui vaut ce succès, explique la position de sa jambe : 

Dalet a treux an quil bilen

Da crisquif certen hoz penet

Querzet .

"Prends ça dans les cul, maraud, ça te fera encore plus mal ! Avance !" (trad. Y. Le Berre)

Et son collègue surenchérit :

— Sus sus hastet na fellet tro. "Allez, allez, dépêche-toi, ne traîne pas !"

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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En tête, le cortège est mené à la baguette par un tambour (c'est bien-sûr le garde-champêtre) et par un cavalier. Ce dernier, coiffé du bonnet conique et drapé d'un manteau d'officier, est peut-être un réemploi du Centenier, car il lève la tête vers le sommet de la croix et tend le doigt comme celui qui s'écrie "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu". 

Observez la minutie des détails vestimentaires. C'en est bien fini de la grise uniformité de la frise du soubassement et de la dissolution identitaire qu'elle signifiait. Chaque costume est différent, et haut en couleurs.  Ici les crevés, là les rangées de boutons, là les chapeaux ronds et là les bonnets plats ou les casques.

La vie est revenue !

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Conclusion.

Qu'en pensez-vous ? N'assistons-nous pas, sur la plate-forme, à un spectacle qui a perdu, dans un joyeux désordre narratif, toute sévérité sacrée, et dont les acteurs, loin de s'absorber dans le chagrin de la Passion, se préoccupent plutôt de se montrer au public dans une pose avantageuse ?

Ne dirait-on pas que le sculpteur a abandonné son registre de lugubres fantômes assoupis (plutôt commémoratif de l'épidémie) pour prendre comme modèle chacune des personnalités d'un village soucieux de retrouver sa fierté, son "orgueil" breton ?

Et peut-on placer sous le signe du baroque, de la théâtralisation spéculaire des existences, cette érection d'un monument qui reste encore aujourd'hui l'emblème d'une "résilience" effrontée après une série de catastrophes déstructurantes ?

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SOURCES ET LIENS.

Cf article Ier.

et

—LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, texte établis et traduits du breton par Yves le Berre d'après l'édition d'Eozen Quillivéré. centre de Recherche Bretonne et Celtique Brest.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Plougastel Maître de Plougastel
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 09:21

Sortir d'une épidémie de peste (1598) et sortir d'une guerre (1598 ET 1944) : le calvaire monumental (microdiorite de Logonna et kersantite, Maître de Plougastel, 1602-1604) de Plougastel-Daoulas .

Première partie. le soubassement.

C'était un temps déraisonnable

On avait mis les morts à table

Moi si j'y tenais mal mon rôle

C'était de n'y comprendre rien. Aragon.

 

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Voir :

Sortir d'une épidémie : le calvaire de Plougastel. II.

 

et sur Plougastel :

 

 

 


 

 

 

Voir dans ce blog  les œuvres du Maître de Plougastel  : 

 

 

 

 

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PRÉSENTATION.

En 1598, la population de Plougastel-Daoulas décida la construction d'un calvaire, probablement (ou selon la tradition) pour honorer un vœu si le fléau de la peste s'achevait.

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Le rôle de la peste. rumeur ou vérité ?

On peut en effet attribuer ce monument à la Peste, car dans la niche principale de son soubassement se voient les statues de saint Sébastien et de saint Roch, dont la peste est la spécialité, à coté de saint Pierre, patron de la paroisse.  La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal a été bâtie dans la seconde moitié du XVIe siècle pour conjurer la peste. Saint Sébastien, tout comme saint Roch, sont invoqués contre les épidémies meurtrières regroupées sous le nom de "peste". On pense que la chapelle "Saint-Côme et Saint-Damien" de Saint-Nic fut  aussi  construite au début du XVIe siècle pour la même raison.  À Plougasnou, la croix de Kergreis dite aussi "croix de la peste noire", est datée de 1598 ; elle a également été réalisée par le "Maître de Plougastel".

Un autre argument, discuté, est la présence de bosses sur le fût de la croix : ces croas ar bossen, comme celle de Kerzivez Huella à Plougastel témoigneraient des bubons de peste.

Surtout, Charles Le Goffic avance deux preuves.

La première, c'est la mention de cette peste de 1598 par le chanoine Moreau, auteur de référence sur les Guerres de la Ligue :  « Après ce troisième fléau (la guerre, la famine, les loups), dit-il, s’ensuivit la peste, qui était le quatrième, qui fut l’année 1598, un an après la paix, qui commença par les plus pauvres, mais enfin elle attaqua, sans exception de personnes, aussi bien aux riches qu’aux pauvres et en moururent les plus huppés…, et ce en punition des péchés des hommes qui y étaient si débordés que l’on n’y savait plus prier Dieu que par manière d’acquit.[Histoire de ce qui s’est passé en Bretagne durant les guerres de la Ligue, ch. xliii. p. 340] Mais Le Goffic ne précise pas que Moreau parle ici de la ville de Quimper. 

La seconde, c'est l'existence, sur une dalle funéraire de schiste du manoir de Kerérault, aujourd'hui bien connu à Plougastel pour abriter le Rocher de l'Impératrice et son site archéologique unique) portant l'inscription :  CY GIST LE FEU SIEUR DE KERERAULT MORT DE LA PESTE LE DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 1598. Le Goffic a vu cette dalle, même si il n'y a lu correctement que le mot PESTE. La dalle existe-t-elle toujours ? Parfaitement. Elle est signalée dans la chapelle (1780) du manoir de Kerérault  et l'abbé Castel en a donné un relevé graphique et descriptif très précis et une analyse critique de l'inscription

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Castel, relevé de la pierre tombale (schiste, 1598) de Henri III de Kérérault, mort de la peste..

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Six autres calvaires monumentaux.

L'édification du calvaire a été entreprise de 1602 à 1604 selon un plan octogonal prolongé par des ailes, aménageant un escalier permettant aux prédicateurs d'accéder à la plateforme. Ce n'est pas, tant s'en faut, le premier "calvaire monumental" à "mace" associant aux calvaires à un ou deux croisillons les multiples personnages des scènes de la Passion, puisqu'il est précédé par celui — en granite— de Tronoën en 1450-1470,  par celui  de de Plougonven en 1554 par Bastien et Henri Prigent, par celui de Pleyben en 1555 par le même atelier, de Guimiliau en 1581-1588. Il sera suivi par celui de Saint-Thégonnec en 1610.

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Un atelier de Landerneau spécialisé dans la taille du kersanton.

Emmanuelle Le Seac'h  a établi le catalogue raisonné d'un sculpteur anonyme qu'elle a nommé le "Maître de Plougastel". Ce catalogue est mis en ligne avec des photographies sur le site en.wikipedia

 https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

Elle divise la carrière de ce sculpteur  en trois parties : 1) période de jeunesse de 1570 (porte d'entrée du porche de Bodilis) à 1588 (Croix de Kerangroas de Plougasnou et calvaire de Guimaec), 2) maturité jusqu'en 1602 (calvaire de Plougastel), puis 3) maîtrise avec l'arc d'entrée de Guimiliau (1606-1617). Voir plus de détails dans l'article sur Saint-Tugen.

Je suis tenté de voir dans ce Maître un élève de l'atelier, également de Landerneau, celui de Bastien et Henry Prigent, actif de 1527 à 1577.

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Style du Maître.

E. Le Seac'h le caractérise d'un mot : le hiératisme.

" Dans la plupart des cas, les personnages [du calvaire de Plougastel] respectent une frontalité rigoureuse. Une impression d'ordre et de rigueur se dégage de leurs attitudes. Ici, l'exubérance n'est pas de mise et les personnages défilent en scènes bien structurées. Le Maître de Plougastel, qui n'a pas souhaité exploiter la veine caricaturale de Guimiliau, n'a pas non plus basculé dans la candeur ou l'innocence. On est loin également du réalisme empreint de tristesse [cf. les trois larmes propres aux Prigent] des Prigent. Ici, tout est homogène et précis."

Pourtant,  je pense que cet adjectif ne s'applique que pour une partie, certes conséquente, du calvaire. 

Je peux  décrire à ce monument quatre parties :

1. Au centre de la partie occidentale du soubassement, désigné par le terme de "mace"), une niche en demi-cintre avec les trois saints Pierre, Sébastien et Roch. Cela forme un petit sanctuaire : l'invocation ou l'expression de la gratitude des fidèles.

2. Un registre du soubassement, où les statues (ronde-bosse) occupent une bande aménagée sur fond des blocs jaune de pierre de Logonna. Ce registre est scandé aux angles par les quatre évangélistes. Les personnages sont regroupés par trois ou quatre pour illustrer la Vie de Jésus avant sa Passion ( Adoration des Rois,  la Cène, le Lavement des pieds) puis le début de celle-ci : Comparution, Nuit à Gethsémani, Arrestation, .... Le hiératisme y règne.

3. Le registre supérieur, implanté sur la plateforme, où sont montrés les moments les plus tragiques de la Passion : Flagellation, Couronnement, Ecce Homo, Comparution, ainsi que la Descente aux Limbes et la Résurrection. Le changement est grand : les personnages sont sculptés pour la plupart de façon individuelle, ils s'animent de gestes expressifs. Ce que je vois alors, c'est  l'immobilité de postures théâtrales, comme si les habitants, participant à jouer devant leur parvis le Mystère de la Passion, avaient posé, non sans humour et complicité, pour un photographe. Un caractère, très baroque,  de distanciation et de théâtralisation que je n'éprouve pas devant d'autres calvaires monumentaux.

4. Le calvaire proprement dit, où le Christ crucifié entre les deux larrons est entouré des deux cavaliers (Longin et le Centenier), de Jean, de Marie et Marie-Madeleine. Le hiératisme s'impose à nouveau, en phase avec la gravité du moment. 

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Cet ensemble, dont l'orientation principale se fait  vers l'ouest, est centré de haut en bas par la Croix et l'inscription de son fût,  par le Christ ressuscité / par l'inscription de son socle et l'inscription tout le long du bord supérieur du soubassement / la statue de Sébastien.

Ces trois inscriptions ne portent aucune oraison, aucun texte liturgique, mais exclusivement les noms des Plougastelois (fabriciens et recteur).

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Conclusion.

Après avoir connu  l'épidémie, sa peur, ses décès, ses recherches de protection, les paroissiens qui ont survécu, et qui accèdent à la reprise de la Vie utilisent les figures du Martyre (Sébastien), de la Maladie (Roch), de la Mort et de la Résurrection du Christ pour sublimer en Récit, non dépourvue d'espérance chrétienne et de Foi bien-entendu, leur épreuve.

Toute épidémie est déstructurante pour le collectif, car elle rompt le ciment relationnel d'inter-dépendance ; et elle conteste la validité des Fictions qui l'anime vers l'avenir, lors d' un temps d'attente bloqué sur le Présent.

Toute épidémie est déstructurante pour l'individu, en lui faisant perdre sa construction identitaire.

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Je pose l'hypothèse que leur décision de se cotiser pour élever un monument grandiose est parfaitement judicieuse pour célébrer la Sortie d'épidémie, et qu'il est fructueux d'en comprendre les mécanismes pour passer d'une attitude d'inspection et d'émotion esthétique à une participation cathartique des mécanismes en jeu devant tout Traumatisme collectif.

Ces mécanismes sont pour moi les suivants :

1. Recentrer le territoire par un point crucial et refonder la cosmogonie du microcosme. (Cela s'associe à un autre impératif, celui de borner les frontières : il n'est pas en jeu ici mais ce serait amusant d'en rechercher les manifestations).

2. Revaloriser l'identité en inscrivant des patronymes sur l'axe spirituel de la Croix. Ces patronymes sont individuels, mais ces noms locaux sont ceux d'une constellation de familles solidaires.

3. Jouer ( au sens scénique) la Fiction qui s'impose à la collectivité pour la réunir. Je propose l'hypothèse de voir, dans les personnages de la Passion du registre supérieur, des portraits (ou des miroirs) des paroissiens, ce qui expliquerait leurs attitudes si théâtrales.

Autrement dit, je propose de voir dans le Calvaire monumental de Plougastel un Mystère de la Passion pétrifié permettant un double mouvement : de participation émotionnelle aux souffrances (Devotio moderna) , mais surtout de distanciation spéculaire par le jeu scénique. Un processus parfaitement baroque.

Yves Le Berre a traduit en 2011 une Passion Bretonne en vers qui parût d'abord en 1530, mais qui reparût  en 1609 et 1622, au moment même, écrit-il dès les premières lignes de son Introduction, où "le baroque fleurit dans tous les arts".  La Passion contient 50 rôles différents. La Résurrection ajoute 9 nouveaux rôles.  Un Récitant (an test, "le témoin") intervient régulièrement. Les répliques sont hautes en couleurs, riches en interjection, en jurons, et le texte, truculent, hyperbolique, est très éloigné des versets évangéliques. Les paroissiens de Plougastel ont certainement participé à ces Jeux. 

Le Maître de Plougastel a sculpté le registre inférieur et les croix à croisillons en respectant la retenue digne et sévère des saints personnages qu'il donne à voir, mais s'est inspiré pour le registre supérieur de la liberté de ton et d'action des Mystères, pour que les paroissiens s'approprie ce monument comme l'expression de leur propre jeu. 

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Flaubert et son M. Genès avant moi.

Lors de sa visite, Flaubert se montre sensible au coté comique et très vivant des scènes, dont il ne décrit — ce n'est pas là hasard — que le registre supérieur. Mais c'est finalement leur guide et compagnon de route, un monsieur Genès de Brest "qui fait pour soixante mille francs d'affaire par an" et dont  il écrit "rien n'est plus plat, plus nul, plus incolore et plus insipide que M. Genès. Il est bête comme un juge.", qui se montre le plus clairvoyant : "Ils jouent ! C'est farce !"

"A Plougastel cependant il s'arrêta comme nous, pour que nous puissions voir le calvaire, petit monument de granit, carré, dont chaque face représente un tableau de la vie de Jésus, et dont les quatre coins sont occupés par les évangélistes dans leurs attributions. Les personnages un peu lourds, n'en sont pas moins mouvementés, vivants, amusants : les hommes qui tiennent le Christ tirent de toute leurs forces, à faire éclater leurs muscles ; celui qui lui grimace au nez en tirant la langue grimace si bien qu'il fait rire ; l'âne qui porte Notre-Seigneur entrant à Jérusalem a une vraie mine d'âne, bonasse et pacifique ; les soldats qui le mènent au calvaire, en soufflant de la trompe et battant du tambour, sont précédés d'un officier chevauchant, la figure en l'air, avec une arrogance sublime : aux pieds (sic) de la croix la Madeleine en pleurs répands sa belle chevelure tressée. Mettez à tous ces personnages les costumes des tableaux de Teniers, les petits chapeaux ronds retroussés, les bons pourpoints serrant de grosses bedaines, de grandes manches, des hautes chausses, de larges visages, des yeux ouverts, et vous aurez un ensemble d'une fantaisie solide, quelque chose de très naïf, de très élevé et d'une poésie toute moyen âge, quoique le monument n'ait été construit qu'en 1602 en acquittement d'un vœu fait quatre ans auparavant à propos de je ne sais quel épidémie qui ravageait la Basse-Bretagne. Tout cela fut complètement perdu pour M. Genès [leur Monsieur touriste moyen]. Il ne se doutait même pas de ce que cela voulait dire ; en regardant la Cène, il prit les plats pour des cartes, les coupes pour des dés, et dit, fort ébahi : « Ils jouent. C'est farce! » " (Par les champs et les grèves)

Et dans ses notes : "Calvaire de Plougastel. — Amusant ; animaux lourds, chevaux et ânes ; mine d'un homme qui..... . le Christ en lui tirant la langue ; air raide de deux hommes qui vont le souffleter — Mr Genès prenait la Pâque  pr une scène de  jeu «ils jouent» — un tambour un joueur de [mot illisible] trompe, un cavalier la figure toute levée en l'air précédant Jésus allant au mont des Oliviers."

 

 

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Yves-Pascal Castel avant moi. Fantaisie ; théâtre médiéval.

L'abbé Castel conclut un passionnant article sur la symbolique cachée du Calvaire (symbolique des nombres, nombre d'or, étoile de David etc...), en tempérant le qualificatif de "hiératisme" qui colle au Monument : "Fantaisies dans un ensemble hiératique. D'une manière curieuse, le calvaire de Plougastel, considéré par tous comme le plus hiératique des monuments du genre, fait place à des fantaisies de détail que ne manquent pas de faire observer les guides plus attentifs au piquant qu'au message profond" [ce sont les descendants de M. Genès...]. "De ces fantaisies, la plus remarquée est l'enfournement dans l'enfer de Katell Gollet, la catin punie de ses péchés. On signale volontiers dans la Montée au calvaire inspirée des Passions médiévales des trompes et des tambours. Et pour les guides en mal de détail piquant, je compte sept personnages, gardes et soudards un pied chaussé et l'autre nu, héritiers encore du théâtre."

 

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La Sortie de guerre.

Une inscription raconte un autre épreuve : car le Calvaire de Plougastel témoigne aussi du drame de la Seconde Guerre Mondiale et de la destruction de Brest, et, surtout, de la re-fondation du monde local par la re-construction de leur monument emblématique.

Il avait été restauré en 1860 par le sculpteur et marbrier Lapierre de Brest, et vous ne verrez pas facilement les chiffres qu'il a gravé au revers des statues de la plate-forme.

Le 23 août 1944, lors de l'avancée de l'armée américaine, le calvaire ainsi que l'église et le monument aux morts furent touchés par les obus. La partie supérieure fut sérieusement endommagée, plusieurs statues cassées et il ne restait plus que des moignons des trois croix. "Seule, la pietà, restée en place, semblait pleurer sur ce sinistre".

 

 

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Capture d'écran du Musée de la Fraise de Plougastel. Copyright.

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Heureusement, un officier américain, John D. Skilton, conseiller d'art aux Etats-Unis, et le maire Jean Fournier mirent en lieu sûr les pièce cassée. J. D. Skilton, rentré dans son pays, fonda la Plougastel Calvary restoration fund Inc et recueillit les fonds nécessaires à la réfection du calvaire. 

Engagée pour une durée de quatre mois, la restauration s’est achevée en mars 2004, pour l’ouverture des célébrations du 400ème anniversaire du « Grand Calvaire » le 4 avril 2004. Elle a été réalisée par une entreprise bretonne spécialisée, sous la direction de l’Architecte en chef des Monuments Historiques, et a consisté en la dépose complète, le nettoyage et la restauration du socle et de toute la statuaire, notamment la réparation des pierres éclatées et la réfection des joints d’étanchéité. (gebete29)

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Mais cette restauration, ce sauvetage aux jours mêmes de la Libération rappelle que le Calvaire de Plougastel a été construit également juste après la fin des Guerres de la Ligue. Qui cessèrent ... en 1598. Cette après-guerre sous le roi Henri IV fut féconde pour de nombreuses chapelles de Plougastel, puisqu'à Saint-Trémeur s'observent les dates de 1581 et 1636, à Saint-Claude celles de 1574, 1630 et 1632, à Saint-Guénolé celle d'un calvaire de 1654, à Saint-Adrien la date de 1616, à Sainte-Christine celle de 1605, au Languis celle de 1603 et 1622, à Saint-Jean celle de 1607.

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 VUES GÉNÉRALES.

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Mes schémas illustrent les 4 parties que j'ai décrit plus haut, avec au centre, l'inscription de fondation de 1604 et le Christ sortant du Tombeau.

De très nombreuses descriptions du calvaire sont disponibles en ligne, ainsi que de très belles photos. Je ne me livrerai pas ici à une description méthodique.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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 LES SAINTS PIERRE, SÉBASTIEN ET ROCH.

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Désolé pour les photos ! Si ces statues restent à l'ombre, au fond de cette niche-cave, ce n'est pas un hasard. Et c'est dans cette pénombre qu'il faut les découvrir.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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 LES INSCRIPTIONS.

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Le calvaire porte plusieurs inscriptions : sur la frise du massif en 1602, au dos de la croix en 1603 et  sur la pierre du tombeau en 1604. Sept fabriques ( deux par année ?) et deux curés  y ont leur nom. Devoir de mémoire après un trauma ? On comprend que je leur accorde toute l'importance nécessaire.

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Inscription de 1602.

Elle est placée sur la face occidentale (celle du couchant, celle de la Mort du Christ, la face principale comme pour tout calvaire), au dessus de la table d'offrande et des trois saints. Et sous le tombeau dont le Christ sort vainqueur.

Elle dit :

CE: MACE: FVT: ACHEVE: A:  A: 1602 FABRIQVES LORS M: A: CORR: F: PERIOV: I: BAOD: CVRE.

Je transcris "Ce mace fut achevé à l'an 1602 les fabriques étant alors messieurs A. Corre, F. Periou, et I. Baod étant curé".

Le curé.

Je pense que la graphie BAOD doit renvoyer au patronyme (LE) BAOT, BAUD, BAULT,  LE BOT, bien attesté à Plougastel sur geneanet, mais à partir du XVIIe siècle. L'initiale du prénom peut correspondre à Ian (Jean), ou à Yves. La liste des prêtres et curés de Plougastel donnée par Pérennès débute par un Yves Baod, curé, 1602, mais sans doute par référence à cette inscription. 

En juillet 1657, parmi les quinze prêtres de Plougastel figure un Yves Le Baot et Alain Le Baot (H. Pérennès).

Les fabriciens ou fabriques.

A. CORRE : le nom est courant à Plougastel. Voir infra F. Corre 1616-1619. La chapelle Saint-Claude porte l'inscription "IAN CORRE fabrique 1632".

F. PERIOU. Le patronyme PERIOU est attesté en Bretagne vers 1084-1131 sur le cartulaire de Quimperlé, puis en 1427 avec la graphie PERRIOU à Ploumgoar et PERYOU à Ergué-Gabéric. Ses variantes sont (LE) PIRIOU, PERIO, PERRIO.  Le site geneanet me procure un François PIRIOU, né en 1580 d'Yves PIRIOU, et marié à ... Catherine Corre.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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2. L'inscription de 1603 sur le dos de la croix.

H : ROLLANT : I : LE MO AL : 1603

Soit "H. Rollant et I. Le Moal  1603".

-Hervé ROLLAND, ou Henri ROLLAND ? À Plougastel nous connaissons bien Antoine Rolland, le facteur d'orgue né vers 1585, ou son fils Hervé, né en 1621. Mais je vois bien que les archives manquent pour la période antérieure à 1600. Les archives lapidaires comblent cette carence. La chapelle Saint-Adrien de Plougastel fut agrandie en 1616-1619, date d'une inscription portant le nom de Iac Davit, curé, H. ROLLANT et F. CORRE étant gouverneurs (de la fabrique).

-Quant I. LE MOAL, ce n'est pas Joseph LE MOAL de Plougastel, né vers 1600.

Si ce n'est lui, c'est bien quelqu'un des siens.

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Je n'ai pas photographié cette inscription. J'aurais dû.

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3. L'inscription de 1604.

C'est sur le tombeau, d'où sort le Christ ressuscité, que nous lisons une des inscriptions qui datent le calvaire :

1604

I : KGVERN :

 L : THOMAS :

0 : VIGOV FAB

ROUX : CURÉ:

Soit "1604, I. Kerguern, L. Thomas (et) O. Vigouroux fabriques, Roux Curé."

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-I. KERGUERN : pour Jean Kerguern.

-L. THOMAS : là encore, le patronyme est renseigné vers 1600 mais je ne trouve aucun Louis, voire Luc dans cette famille. Par contre, une inscription lapidaire de la chapelle Sainte-Christine (porte sud) datant de 1605 porte le nom de FRANCES THOMAS, fabricien, tandis que le socle du calvaire porte A. THOMAS 1587.

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-chapelle-sainte-christine-de-plougastel-suite-de-la-visite.html

-O. VIGOUROUX. Ah, les Vigouroux à Plougastel, c'est comme les Kervella et les Le Gall ! Mais les archives restent muettes sur ce fabricien. 

Interrogez-moi sur la période d'après 1600, là je serai bavard !

Puisque les archives papiers sont muettes, il reste — c'est dire leur importance— les archives lapidaires.

Ainsi, la chapelle Saint-Trémeur porte l'inscription "Y. VIGOVROVX F.F: FAICT : FAIRE :  CESTE CHA[PELL]E 1581".

ROUX, curé.

 

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Il y a plusieurs façons de visiter le monument, soit face par face en quatre étapes, soit, comme le suggère l'abbé Castel, en en faisant huit fois le tour. Mais pour suivre mon idée, je le découpe en tranche, comme les gâteaux quand j'étais petit.

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LA FRISE DU SOUBASSEMENT : LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

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On comparera ces évangélistes à ceux de la chapelle Saint-Tugen de Primelin.

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Matthieu et l'homme.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Marc et son lion.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Luc et son taureau. Pas de photo.

Jean et son aigle (qui tient le plumier dans son bec).

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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L'angle nord-ouest.

Une grille protège l'accès à la plate-forme par l'escalier.

Un évêque donne sa bénédiction : saint Corentin, patron du diocèse ?

À droite, saint Jean l'évangéliste.

En haut, la scène de la Flagellation.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LA FRISE DU SOUBASSEMENT .

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Le tour du monument débute par la face orientale.

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La frise Est.

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— La Vierge de l'Annonciation; La Visitation; pas d'image.

— Le Mariage de la Vierge.

Plougastel est le seul calvaire à traiter du Mariage de la Vierge et de Joseph, qu'on voit debout entre le prêtre coiffé d'une mitre et habillé comme un moine, d'une longue tunique, d'un rochet et d'un camail. Le prêtre, beaucoup plus grand que les époux, les tient par la main.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Nativité

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Circoncision.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La fuite en Égypte de la Sainte Famille ; L’Ange de l’Annonciation ;

 

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La frise Nord.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La description débute à gauche.

Jésus en prière au Jardin des Oliviers, alors que les trois apôtres qui devaient veiller avec lui, Pierre, Jean et Jacques, se sont endormis.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Puis viennent de gauche à droite huit personnages :

 

- Un garde retient saint Pierre qui vient de couper l’oreille de Malchus.

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- Jésus redresse le serviteur du grand prêtre Malchus, qui a dans la main son oreille coupée. Il est adossé à une lanterne (la scène se déroule la nuit). Judas s'approche de Jésus, tenant la bourse des trente deniers.

- Un officier et des soldats, ou des notables pharisiens.

Notez les culottes (chausses) à taillades, témoignant de la mode —lancée en Allemagne par les lansquenets suisses,—  des crevés,  ces petites fentes assurant à la fois assouplissement et aération (taillades d'aisance) et aussi décor, surtout lorsqu'on prenait soin d'y laisser passer la doublure, ou chiquetade. Ici, ces taillades sont plus modestes : bien attestée au XVIe siècle sous François Ier et Henri II, la mode en disparaît à partir du début du XVIIe siècle.

Cf. Christine Aribaud 2006

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La comparution de Jésus devant Caïphe.

Notez l'apathie des gardes, qui semblent frappés par une indifférence lasse et nous fixent de leur regard absents. Rien à voir avec la vigueur musclée de la même scène sur les Passions des gravures de Dürer ou Schongauer, ou des verrières bretonnes du XVIe siècle. Et rien à voir avec ce qui va survenir sur la plate-forme. J'ai dû faire exprès de prendre des photos un peu floues, embuées dans une ombre triste.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Le grand prêtre Caïphe sur son trône.

Le Maître de Plougastel  ne rigole pas  et impose à ses modèles un frontalité impassible : inutile de tenter de les dérider, ils sont façonnés à la règle, par des traits exclusivement verticaux : mèches de la barbe, mèches des cheveux, plis de la tunique, pans de l'habit, geste du doigt et axe du sceptre, axe des jambes et plis à peine évasés au dessus des chaussures : ver-ti-cal. "J'veux voir qu'une seule ligne !".

Bon. Faire rire un grand prêtre, même chez d'autres artistes, c'est pas gagné.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Sur la frise Ouest :

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Entrée de Jérusalem à gauche. Adoration des Mages à Droite.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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1. L'Entrée à Jérusalem.

  Les remparts de la ville sont  représentés par une petite tour crénelée. Jésus s’apprête à entrer dans la ville, accompagné de saint Jean (imberbe, devant), de  saint Pierre et de trois autres apôtres. Les habitants (en échelle réduite) accueillent le Christ comme un roi en tendant leurs manteaux sous les pattes de l'ânon.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Ce sont les mêmes apôtres que le Maître a sculpté à Confort-Meilars et à la chapelle Saint-Tugen de Primelin.

Avec les deux boutons ronds de leur robe, leurs moustaches tombantes, leurs mèches de barbe tombantes, leurs plis tombants, et leurs regards ... Ah, mais ces rudes pêcheurs de Tiberiade  n'avaient pas encore eu la visite de l'Esprit Saint !

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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2. L'Adoration des Mages.

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L'ordre chronologique n'est pas respectée puisque cette scène devrait venir juste après la Nativité, et appartient à la Vie privée du Christ,, tandis que l'Entrée à Jérusalem appartient à la Vie Publique.

On veut l'expliquer par des théories théologiques. C'est peut-être simplement dû aux différents remontages des groupes en ronde-bosse sur cette corniche. Mais force est de constater que l'Ordre, celui de la Chronologie, est ici défait. Et que ça me parle.

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Enfin un peu de tendresse, grâce à l'âne qui frotte son museau sur celui du bœuf.

Les artistes s'ingénient d'habitude à souligner les différences entre les trois rois, du vieux Melchior agenouillé au jeune Gaspard et à Balthazar l'africain. À glisser une boucle à l'oreille de ce dernier. Et à conférer au petit Jésus une expression charmante de gratitude. Ou, du moins, à éclairer le visage de l'heureuse Mère d'un joli sourire.

Ce n'est pas le genre de la maison.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La frise Sud :

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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1. La Cène. Elle est représentée par trois groupes de quatre personnages.  Deux apôtres font un geste d'énonciation, l’index sur le pouce indiquant, ainsi, qu’ils discutent des paroles que Jésus vient de prononcer, annonçant sa trahison .

Les Apôtres et le Christ s'alignent à l'identique derrière une table à festons où l'agneau pascal disposé dans un plat est difficilement reconnaissable. Certains tiennent le couteau à la main, d'autres font le geste de l'argumentation, lèvent un verre ou un pain. Deux Apôtres sont assis en bout de table dont Judas, à droite, assis plus bas que les autres, la bourse à la main. La tête du disciple préféré de Jésus est couchée sur sa poitrine. Jésus tient un morceau de pain à la main : selon Matthieu 26, celui qui a mis la main dans le plat en même temps que lui est le traître. Ou bien chez Jean :

 

"Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.

 Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.

 Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »

Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.

Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » (Jean 13:23-27)

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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2. Le Lavement des pieds.

Le Lavement des pieds des Apôtres précède en fait la Cène. C'est un geste de purification et de sollicitude donné comme une métaphore aux Apôtres. Placé avant le repas, cela n'a plus de sens.

Jésus est à genoux devant Pierre. Trois groupes constituent la scène. Ils sont onze, puisque Judas a trahi .

Faut-il, devant cet excès de passivité atone, cet effacement de toute individualité des visages, parler encore de "hieratisme", cette digne raideur propre aux choses sacrées ?  

Et si cet étage, ce registre enfoui sous la plate-forme exprimait quelque chose  du vécu des bretons lors de l'épidémie et de la guerre ? Et s'il donnait à percevoir  la perte identitaire,  la pensée blanche, la parole  désincarnée  ou la froideur des sentiments propre à la sidération traumatique ? S'il témoignait d'un désinvestissement émotionnel ? D'un profond désintérêt ? D'une désertion des interactions? D'une interruption de l'élan temporel?

 S'il était la couche psychique sous-jacente, que l'élaboration d'une plate-forme de projets collectifs se donnait le but de dépasser ?

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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LA PLATE-FORME.

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Le Récit, le Storytelling déjà bouleversé dans le soubassement va perdre d'avantage encore son Ordre. Mais l'abbé Castel, auteur de référence du lieu, nous incite  à reprendre la visite par le coté oriental. Pourquoi pas ? Le fil narratif est brisé.

J'aurai pu le reconstituer en allant d'une face à l'autre. Remettre du bon sens. Mais le monument nous joue un théâtre de la perte provisoire et éprouvante de ce dernier.

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La plate-forme Est .

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La Mise au Tombeau (Jean 19:38-42) voisine le Baptême de Jésus (premier chapitre de l'évangile de Jean).... 

Il est toutefois possible de justifier cette position de la Mise au Tombeau puisqu'elle est diamétralement opposée à la Sortie du tombeau qui centre la face occidentale, et qui est la fin glorieuse de ce récit : son Ouverture à la Vie.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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—Le Baptême de Jésus, où un ange tient la tunique. Le Christ barbu se tourne légèrement vers Jean-Baptiste.

Pas de photo.

 

— La Mise au Tombeau

 

 

Elle est très ordonnée avec huit personnages autour du Christ dont la dépouille repose sur un linceul. Joseph d'Arimathie, levant la main droite vers la tête du Christ  et tenant un linge, porte le bonnet conique à oreillette à glands des Juifs en tant que membre du Sanhédrin. Il est secondé par une femme coiffée d'un turban et  qui tient un linge.

  À coté, Jean soutient Marie qu'il entoure de son bras gauche. Il porte la robe à deux boutons sur une fente en S que le sculpteur fait revêtir à tous les apôtres. Je crois que des larmes s'échappent de ses yeux, mais mon cliché ne permet pas de m'en assurer.

Madeleine tient son flacon d'aromates pour l'embaumement. Son visage est encadré par le voile très rigide et à angles droits qui est l'un des traits stylistiques des Prigent. Ses cheveux sont torsadés par plusieurs tours d'un linge plissé.

Vient ensuite un homme dont le chapeau conique indique qu'il est Juif : c'est Gamaliel, un pharisien que la tradition iconographique place dans ces Mises au Tombeau. Voir tous les renseignements dans mon article :

La Mise au tombeau de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé

 

Dès lors, je suis amené à rejoindre l'opinion courante qui voit dans le deuxième personnage un homme et non une sainte femme comme je l'ai fait. Cet homme jeune serait Abibon, fils puîné de Gamaliel.

Ensuite, nous voyons une sainte femme : Marie Cléophas ou Marie Salomé, comme on veut.

 Enfin, Nicodème tend les mains protégées par un linge par respect vers les pieds du Christ. Curieusement, il n'est pas coiffé du bonnet conique, mais sa longue barbe et sa robe fendue latéralement depuis un bouton, comme Joseph d'Arimathie, indique qu'il appartient aussi aux pharisiens.

Le groupe est représentatif de l'art du Maître de Plougastel, et de son "hiératisme", de la sobriété de l'expression du chagrin, des visages graves penchés vers le cadavre, ou des gestes peu variés puisque toutes les mains ne s'éloignent pas de plus de 20 cm de la ceinture (sauf les mains croisées de Marie).

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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J'interromps la première partie sur cette Mise au Tombeau. Je teste mon hypothèse image après image, et j'ai justifié à mes yeux son premier argument : dans le soubassement le sculpteur a mis en scène, par la pénombre, par son style désincarné et figé, son ton plus envoûtant, plus monocorde que le terpnos logos, par le regard éteint des personnages désindividualisés, dé-visagés,  par le bris des repères narratifs, l'épreuve vécue par la population lors d'un temps de guerre, de peste, de famine et de carence. Une hantise.

Ma deuxième partie poursuivra la visite de la plate-forme : y montrerais-je un changement de style témoignant d'un réveil des habitants se libérant en jouant la Passion ?

La troisième partie sera consacrée aux trois croix du Christ et des Larrons, pour en comparer les figures avec celle des autres ateliers de sculpture de Basse-Bretagne.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, "Le calvaire de Plougastel-Daoulas", Bulletin de la Société archéologique du Finistère t. XXXI p. 182-189 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207669n/f239

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/plougastel_daoulas.html

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

— CASTEL (Yves-Pascal),  articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

-thèse Michel Hamonic Plougastel-Daoulas 13.10.79,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/1479.

-CASTEL 1336 Auscultation des Calvaires à Plougastel et Guimiliau par la CGG... 18.10.97.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bfdc8148eb09d0bc7254d5705e51fd16.jpg

-1014 Plougastel-Daoulas, Calvaire, Évangile de Pierre... 26.03.94.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c1955e8d223fda5940d8ef924d117b36.jpg

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE GOFFIC (Charles), 1924, -Édouard Champion série 4 - ‎L'Âme bretonne page 10

https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99%C3%82me_bretonne_s%C3%A9rie_4/Une_cellule_de_l%E2%80%99organisme_breton_II_Le_calvaire

 

— PÉRENNÈS Henri, “Plougastel-Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 6 avril 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9785.

LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

— INFOBRETAGNE

http://www.infobretagne.com/plougastel-calvaire.htm

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Calvaire_de_Plougastel-Daoulas

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Plougastel Maître de Plougastel
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 17:01

La chapelle Saint-Tugen de Primelin : les statues en kersanton de  saint Tugen, des Apôtres  et des  quatre évangélistes (Maître de Plougastel , début XVIIe).

 

 

Sur cette chapelle :

Voir sur les œuvres du Maître de Plougastel en Cap-Sizun : 

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INTRODUCTION.

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La kersantite tire son nom d'un lieu-dit, Kersanton, de la rade de Brest alimentée par l'Aulne et l'Elorn. C'est une roche magmatique filonienne d'un gris plus ou moins sombre à laquelle le professeur Louis Chauris a consacré une monographie, et toute sa passion. Il en décrit plusieurs "faciès", et celui à grain fin et teinte sombre fait la splendeur des monuments de Basse-Bretagne, car elle a été employée dès le XVe siècle par les sculpteurs de l'atelier ducal du Folgoët (1423-1509). Les sites d'extraction de la kersantite se situant en bord de mer, les ateliers s'installèrent à Landerneau, premier port en amont sur l'Elorn. Ce seront successivement celui de Bastien et Henry Prigent (1527-1577),  du Maître de Plougastel (1570-1621) puis de Roland Doré (1618-1663). Leurs productions, transportés par navire puis par charrette, se diffusent en Basse-Bretagne autour de l'épicentre landernéen, privilégiant le nord de l'Elorn (le Léon), mais s'aventurant (par l'Aulne ou par la mer d'Iroise) vers le sud, en Cornouaille.

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LE MAÎTRE DE PLOUGASTEL (1570-1621)

Emmanuelle Le Seac'h  a établi le catalogue raisonné de ce sculpteur anonyme, mis en ligne avec des photographies sur le site en.wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

Elle divise la carrière de ce sculpteur  en trois parties : 1) période de jeunesse de 1570 (porte d'entrée du porche de Bodilis) à 1588 (Croix de Kerangroas de Plougasnou et calvaire de Guimaec), 2) maturité jusqu'en 1602 (calvaire de Plougastel), puis 3) maîtrise avec l'arc d'entrée de Guimiliau (1606-1617).

Une deuxième main stylistique, se reconnaît pour des interventions isolées et modeste en taille : Le Seac'h désigne ce sculpteur sous le nom de Valet du Maître de Plougastel, actif à Guimiliau en 1607-1617, à l'ossuaire de La Martyre en 1619 et à Bodilis (contrefort du porche).

Enfin, c'est probablement en temps que compagnon du Maître de Plougastel que Roland Doré fit ses débuts.

La carte de répartition des ouvrages le montre actif sur 30 paroisses, dont seulement 4 en Cornouaille, dans la région du Cap Sizun : à Confort-Meilars, Plogoff, Primelin et Tréguennec.

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L'atelier du Maître de Plougastel. Le Seac'h p. 178 figure 176. Droits réservés.

 

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Style du Maître.

E. Le Seac'h le caractérise d'un mot : le hiératisme.

" Dans la plupart des cas, les personnages [du calvaire de Plougastel] respectent une frontalité rigoureuse. Une impression d'ordre et de rigueur se dégage de leurs attitudes. Ici, l'exubérance n'est pas de mise et les personnages défilent en scènes bien structurées. Le Maître de Plougastel, qui n'a pas souhaité exploiter la veine caricaturale de Guimiliau, n'a pas non plus basculé dans la candeur ou l(''innocence. On est loin également du réalisme empreint de tristesse [cf. les trois larmes propres aux Prigent] des Prigent. Ici, tout est homogène et précis."

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Datation des statues de Saint-Tugen.

 

"Érige à l’emplacement d’une chapelle plus ancienne mentionnée dès 1118, l’édifice actuel a été bâti entre 1530 et 1550 à l’initiative de René du Menez, seigneur de Lezurec en Primelin, et son épouse, Marie du Fou. Les inscriptions datées 1584 (dans la chambre des cloches) et 1593 (dans la pièce nord de la tour, dite « la prison ») signaleraient donc de probables réparations.

Les dates de 1611 observées sur le bras nord du transept renvoient, elles, à un agrandissement que l’on doit au petit-fils des bâtisseurs : Alain du Menez, « gouverneur d’Audierne et capitaine garde côte du Cap-Sizun »." (Ducouret 1983)

 

Selon Le Seac'h, la chapelle Saint-Tugen a été commencée  en 1535 en débutant par le chevet plat, tandis que le porche ouest serait postérieur à la tour débutée en 1569 et achevée en 1582. Pourtant C. Toscer l'attribue au même atelier qui fit celui de Plogoff en 1547 et de Plouhinec en 1572. Le porche sud est "probablement contemporain de la tour" (Toscer). Mais les statues des niches et du porche ont pu être sculptées plus tardivement que l'architecture qu'elles décorent.

Les statues de Confort-Meilars dateraient, elles, de la période de maturation du Maître et donc des années 1588-1602. La statue de Plogoff porte le nom d'I. Bocou, qui a également inscrit son nom sur une inscription de 1626. 

Ces éléments, associés à la période d'activité du Maître de Plougastel, me conduisent à dater ces statues du début du XVIIe siècle.

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LES QUATRE ÉVANGÉLISTES (kersanton, Maître de Plougastel, fin XVIe).

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Sur la façade occidentale, des niches à dais ont été creusées dans les quatre contreforts qui maintiennent la tour. Les Évangélistes sont assis à leur pupitre, écrivant sur leur livre qui est maintenu par la main gauche à plat. Les têtes de Matthieu, Marc et Luc ont été restaurées — ou plutôt restituées— en 1996 par Nathalie Tran de l'atelier de Pierre Floc'h  à La Chapelle-Caro (56). Elle s'est inspirée des Évangélistes réalisées par le Maître pour le calvaire de Plougastel-Daoulas et celui de Guipronvel.

"Les yeux globuleux, avec les arcades sourcilières légèrement creusées, la barbe bien peignée, le nez épaté, les cheveux mi-longs partagés en plusieurs mèches : rien n'a échappé à la restauratrice. la principale différence avec les Évangélistes de Plougastel ou de Guipronvel réside dans les pommettes, qui sont plus creusées. Les barbes sont taillées un peu plus en pointe. ." (Le Seac'h)

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La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Matthieu et son ange.

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"La figure humaine, — l'attribut symbolique de Matthieu —, est représentée sur le devant par un petit personnage debout entre es pieds de l'Évangéliste. Il porte sur sa tête le livre de Matthieu. Sur sa tunique resserrée à la taille, une cape flotte dans un joli drapé autour de lui. Le visage est caractéristique du style du Maître de Plougastel. Très ramassé et avec les yeux ourlés, il a le nez cassé." (Le Seac'h)

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Rappel : depuis les Pères de l'Église, chaque évangéliste est associé à l'un des "quatre vivants" de la Vision d'Ézéchiel (Ez 1:1-14) siégeant aux pieds du trône de Dieu, et repris dans l'Apocalypse (Apo 4:7-8). Ce sont l'homme (Matthieu), le lion (Marc), le taureau (Luc) et l'aigle (Jean). Ils sont tous ailés (et l'homme passe alors pour un ange), mais ici — comme souvent ailleurs— ils sont représentés sans ailes, sauf pour l'aigle bien-sûr.... Ils deviennent alors de simples attributs d'identification des quatre auteurs des Évangiles.

Les placer sur les quatre contreforts de la base de la tour participe d'une métaphore où la chapelle devient une figure du trône de Dieu.

Mais aussi, le décor sculpté et vitré des églises et chapelles du XVIe siècle s'organise comme celui des livres de prière individuels des personnes aisées, les Livre d'Heures. Dans ceux-ci, immédiatement après le Calendrier, le fidèle trouvait la représentation des quatre évangélistes, chacune en relation avec un passage des évangiles lu à la messe des quatre principales fêtes : Noël et la Nativité (Mt 2:1-12), l'Epiphanie le 6 janvier et l'Annonciation du 25 mars (Lc 1:26-38), L'Ascension (Mc 16 :14-20), tandis que Jean renvoyait, par l' incipit de son évangile, au plan divin du Salut.

L'aigle tient souvent, dans l'iconographie, l'encrier ou le plumier. Ce n'est pas le cas ici, à la différence du calvaire de Plougastel.

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Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comparez avec le même évangéliste du calvaire de Plougastel :

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Saint Matthieu, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile.

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Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthieu (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Luc et son taureau.

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Le taureau, à gauche est brisé. Nous ne voyons plus qu'une patte.

 

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Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Luc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Marc et son lion.

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Le Maître de Plougastel a sculpté une œuvre équivalente sur le calvaire de Guipronvel ; le lion est placé à gauche du pupitre.

Voici celui de Plougastel :

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Saint Marc, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile

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Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean et son aigle.

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"La tête de saint Jean est d'origine, plus ronde parce qu'imberbe. Les paupières ourlées  et les cheveux partagés en mèche sont bien visibles, mais le nez est brisé. l'aigle de saint Jean s'est transformé en un volatile sans prétention." (Le Seac'h)

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Comparez avec le saint Jean de Plougastel :

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Saint Jean, calvaire de Plougastel. Photo lavieb-aile.

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Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Jean (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LES DOUZE APÔTRES ET SAINT TUGEN.

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Le porche sud rassemble les Apôtres, six à l'intérieur et cinq à l'extérieur. Décapités pour la plupart à la Révolution, ils ont retrouvés leurs têtes en 1852, et ont été restaurés en 1993-1994 par l'atelier de Pierre Floch. Certaines statues ont été refaites par la technique due la mise-aux-points sur le modèle du calvaire de Plougastel-Daoulas.

"Toutes reposent sur des consoles en granite décorées de masques et d'animaux monstrueux. Sur le fleuron du gable de l'arc d'entrée se tiennent saint Tugen avec à sa droite saint Matthias et à sa gauche saint Matthieu. Les contreforts sont creusés de niches avec à gauche saint Barthélémy et un apôtre dont l'attribut est brisé et, à droite, saint Jean et un calice avec la tête du serpent brisé. Saint Jude avec son épée a été déplacé sur le mur sud de la sacristie, rajoutée en 1720. "

C'est donc la même métaphore de l'église comme figure terrestre du Trône céleste qui est reprise, et, après les quatre Évangélistes, nous trouvons les douze Apôtres. S'ils tiennent un phylactère, c'est qu'ils témoignent chacun d'un des douze articles du Credo, pilier de la Foi chrétienne. Leur série est très fréquemment alignée de chaque coté de l'intérieur des porches bretons (ou de l'encadrement des portails des cathédrales), mais la présence sur les contreforts à l'extérieur d'un sanctuaire serait (Le Seac'h) une innovation qui ne se retrouve qu'à Confort et à Plogoff. 

L'exploitation du chiffre 4 puis du chiffre 12 est évidente, avec sa valeur rythmique musicale.

Dans le parallèle que j'ai dressé entre décor des sanctuaires et livres d'heures, le rapport s'impose entre les douze apôtres et les heures canoniales (bien qu'elles ne soient que huit, de Matines à Complies), ou les heures du temps.

Qu'on y adhère ou pas, ce n'est qu'en percevant la signification spirituelle de ce décor sculpté qu'on en perçoit pleinement la beauté.

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I. SAINT TUGEN ET LES SIX APÔTRES À L'EXTÉRIEUR DU PORCHE.

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1. Saint Tugen entre les apôtres Matthias et Matthieu sur le fronton du porche.

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Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Tugen.

"Saint Tugen, l'abbé patron de la chapelle, porte une aube recouverte d'un rochet, avec une chape fermée par un mors en tissu décoré d'un losange, la crosse et la mitre, une clef pendant sur ses vêtements flottants. La main gauche et une partie de la crosse sont brisés." (Le Seac'h)

Le saint dont le culte attirait ici les foules lors de sept pèlerinages annuels est représenté en abbé (crosse à droite) car il est tenu comme successeur de saint Jaoua à la tête de l'abbaye de Daoulas avant d'être recteur de Braspart.

Sa main gauche devait tenir un pain rond dont on devine l'amorce. En effet, la clef de saint Tugen (un poinçon conservé dans un reliquaire), plantée dans un petit pain lors des pèlerinages, était censé prévenir de la rage, ou, du moins, de la rage de dents. Les pains qui se conservaient sans moisir portaient le nom de Bara an Alve.

"Mais le principal emploi de la clé du Saint est de bénir par attouchement les petites clés en plomb, dites « Clés de Saint Tugen ». Des marchands de Pont Croix et d'Audierne les fabriquent et viennent les vendre, sur la place, le jour du pardon. Ces clés portent, de côté et d'autre du panneton : S.T. Bénies, elles préservent des chiens enragés." Le Caguet 1891.

 

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Saint Tugen (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Tugen (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Matthias et sa lance.

L'attribut de Matthias est la hache, ou la hallebarde, ou la lance.

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Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Matthias (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'apôtre Matthieu et sa balance de publicain.

Le Maître de Plougastel adore les détails vestimentaires, les boutons ronds soigneusement glissés dans des languettes qui serpentent, les ceintures et leur boucle, et, ici, les plis en accordéon des manches.

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L'Apôtre Matthieu,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Matthieu, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le contrefort de gauche. les apôtres Barthélémy et Philippe (?)

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L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'apôtre Barthélémy et son coutelas de dépeçage.

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L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Barthélémy, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le socle de granite : trois têtes de dragon.

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Socle, chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Socle, chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'apôtre non identifié.

Par exclusion des apôtres identifiés ici, il peut s'agir de  saint Philippe tenant sa croix à longue hampe, ou de saint Thomas portant son équerre. J'opte pour le premier.

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L'Apôtre Philippe,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Philippe, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean.

"Le visage de l'apôtre a été très bien refait par Pierre Floch. Un détail a été copié sur le masque qui orne un autel  à la chapelle de Lambader en Plouvorn : le sillon naso-labial a été creusé avec le philtrum apparent." (Le Seac'h)

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L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jean, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jude et son épée.

Je l'avais identifié comme étant saint Paul, qui a le même attribut, mais aussi la calvitie. J'adopte le point de vue de Le Seac'h.

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L'Apôtre Jude,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude,  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe),  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'Apôtre Jude, (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe), chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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II. LES SIX APÔTRES DE L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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Voir dans ce blog, entre autres :

 

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C'est toujours à droite que débute la série des 12 articles du Credo, avec les apôtres Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean et Thomas, puis dans un ordre moins constant  Jacques le Mineur, saint Philippe, Barthélémy, Matthieu, Simon et Jude (je donne ici la séquence de l'ossuaire de Sizun.

De nombreux porches placent leurs 12 apôtres, avec 6 de chaque coté. Ici, où nous avons, sous les dais de leur niche, 3 apôtres de chaque coté, l'ordre est le suivant :

-Pierre.

-André.

-Jacques le Majeur

- Thomas (probable) 

-Simon

-Jacques le Mineur.

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1. Le coté droit.

 

 

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Pierre et sa clef.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint André et sa croix en X.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jacques le Majeur, son bourdon, son chapeau de pèlerin, sa pèlerine à trois boutons, sa besace et son baudrier à coquilles.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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"Du coté ouest, on trouve de gauche à droite : un Apôtre à l'attribut brisé, Simon et la scie, Jacques le Mineur. L'Apôtre non identifié et saint Jacques le mineur portent tous deux une longue tunique flottante ceinturée à la taille. Un manteau recouvre leurs épaules. Saint Simon et saint Jacques le Mineur tiennent leur livre ouvert. Les barbes lisses, le nez légèrement épaté et les cheveux partagés en mèches sont typiques du style du Maître de Plougastel. Toutes les statues portent un phylactère muet. Elles sont de grandes dimensions et ont les épaules plus larges que les statues de Confort-Meilars." (Le Seac'h)

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Thomas et son équerre.

Il n'a pas été identifié par Le Seac'h, mais c'est probablement lui qui tient la branche de son équerre brisée.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Simon et sa scie.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jacques le Mineur et son bâton de foulon.

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Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres  (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Apôtres (kersanton, Maître de Plougastel, début XVIIe) du porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LES CONSOLES ET FRISES.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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"Au fond du porche, les statues du Christ Sauveur, de sainte Anne enseignante et de la Vierge portant l'Enfant sont aussi du Maître de Plougastel avec la statue du Christ lié, à l'extérieur, sur l'arc de triomphe et le petit saint Tugen de la fontaine, en contrebas de l'enclos. "

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Console sous le Christ Sauveur : deux têtes de dragons mordant un phylactère.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Console sous sainte Anne éducatrice. Quatre têtes de dragons mordant un serpent (ou leur queue)

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Console sous la Vierge à l'Enfant. Quatre têtes de dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Frise de la console  entre les socles.

Dragons affrontés.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Au sommet de la voûte : anges tenant un écu.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Frise des consoles du coté droit du porche.

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Tête entre deux dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Tête entre deux grylles.

Le buste d'un personnage à la chevelure bouclée profuse est encadré par deux visages féminins, mais ceux-ci viennent de la queue de dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Tête entre les queues de deux dragons.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Frise des consoles du coté gauche du porche.

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Tête entre deux grylles.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Animaux.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Angelot.

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription gravée sur la porte.

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ESTIENE : ANSQVER : FA : LAN : 1663.

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On mentionne divers membres de la famille Ansquer à Primelin, comme 

Henry Ansquer, né en 1598 à Primelin  et décédé le 7 mai 1678à Primelin. Son  fils Henry ANSQUER (1660-1710). Son petit-fils Henry ANSQUER est né le26 novembre 1704 à Primelin (Loval)  x Anne Mignon

Etienne ANSQUER né en 1752 à Primelin, a épousé Marguerite PRIOL (1756-) ? Leur fils Jean ANSQUER est né en 1778

http://h1-online.heredis.com/fr/CapSizun29/famille_dagorn_du_cap_sizun/individus#1895

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Porche intérieur de la  chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche intérieur de la chapelle Saint-Tugen en Primelin. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE CALVAIRE.

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Il n'est pas (du tout) de l'atelier du Maître de Plougastel, mais je l'accueille dans cet article malgré tout. Yves-Pascal Castel le décrit comme un ensemble de 6 mètres de haut, en granite, débutant par les six degrés à pans coupés et corniches et un socle cubique portant l'inscription P: FRIANT: RR- M: PRIOL: FA: 1821, des emblèmes funéraires et un coeur. Il faudrait parler d'une croix que d'un calvaire, mais la croix octogonale est entourée d'une  Vierge de Pitié et de statues. Certaines sont d'anciennes statues géminées dont le personnage arrière a été décapité, laissant suspecter qu'elles proviennent d'un calvaire plus important. D'autres têtes ont été recollées.

http://croix.du-finistere.org/commune/primelin.html

 

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

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Saint Tugen et sa clef à gauche de la Pietà.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Marie-Madeleine et son revers.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

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Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

Calvaire de l'enclos de Saint-Tugen à Primelin. Photographie lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006352

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002735

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— CHAUSSEPIED (Charles), 1909, Revue de Bretagne de Vendée & d'Anjou, Volume 42.

https://archive.org/details/bub_gb_OUYoAAAAYAAJ/page/n7/mode/2up

LA CHAPELLE DE SAINT-TUGEN EN PRIMELIN (finistère)

La chapelle de Saint-Tugen est un petit édifice assez remarquable situé dans un site pittoresque, au milieu de beaux arbres et non loin de la côte et du bourg de Primelin. Bon nombre d'artistes et d'archéologues, qui s'intéressent à ce monument, se sont justement émus de son état de délabrement, et l'un d'eux, M. Bernard, en a publié, l'année dernière, une savante notice historique qui mieux encore contribuera à faire connaître cet édifice et sur laquelle nous ne reviendrons pas. Nous nous associons à son vœu et à celui de tous ceux qui ont souci de la conservation de nos œuvres d'art, pour obtenir le classement de cette chapelle parmi les monuments historiques.

Ce monument, d'un plan assez irrégulier, mesure intérieurement 29 mètres de long de l'est à l'ouest, sur une largeur de 11 mètres 30 à la base du clocher, et 24 mètres au mur du chevet. Il se compose d'une entrée voûtée accolée de deux réduits d'où partent les escaliers ; d'une nef avec bas-côtés, de transepts et d'un chœur terminés par un même mur droit, enfin d'un porche et d'une sacristie au sud. 

Cette chapelle est de deux époques distinctes, c'est-à-dire que, bâtie au commencement du XVI* siècle, elle fut considérablement agrandie et remaniée au siècle suivant. Les transepts existaient-ils primitivement ? c'est possible, mais ils devaient être plus saillants. L'édifice devenant insuffisant pour l'affluence des pèlerins qui s'y pressaient en foule à certaines époques de l'année, on démolit presque toute la partie orientale pour la reconstruire sur de plus vastes proportions. Le large transept nord est séparé par deux arcades plein cintre ornées de clefs à consoles et retombant sur des piliers massifs d'ordre ionique à chapiteaux aux volutes très développées dans le style jésuitique. La partie la plus intéressante à l'intérieur est la voûte d'arête sous la tour reposant sur de hautes et minces colonnettes dégagées, placées dans les quatre angles de la partie centrale. En raison de l'importance, de cette tour et de la flèche qu'elle devait supporter, les murs et les arcs qui la reçoivent ont une grande épaisseur et sont bien contre-butés principalement au sud par un énorme contrefort.

La plus grande richesse de cet édifice réside à l'extérieur. La façade occidentale est percée d'une belle porte ogivale surmontée d'une accolade et d'un gable flammés. Elle est encadrée de quatre contreforts ornés de niches à dés et culs-de-lampe garnis de statues, les plus rapprochés s'élèvent dans toute la hauteur de la tour une corniche richement sculptée. La tour proprement dite est percée sur chacune de ses faces de longues et étroites fenêtres à multiples colonnettes et séparées par de petits linteaux dans leur hauteur. Une autre balustrade termine la plate-forme sur laquelle repose un lanternon polygonal bien postérieur à la construction du clocher et sans grand caractère; il remplace la flèche qui ne fut jamais exécutée. Aux angles de la balustrade se voient  les substructions des pinacles qui devaient s'élever autour de la flèche centrale. Au sud de la façade occidentale est une tourelle surmontée d'une belle flèche à pans ornée de crochets ; cette tourelle renferme le premier espalier conduisant à la galerie extérieure, puis de là, à un autre escalier placé à l'angle nord-ouest qui mène alors à la plate-forme supérieure.

Après le clocher et la façade ouest lui servant de soubassement, le porche placé au sud est la partie la plus intéressante et la plus riche de cette chapelle II est bâti sur un plan carré, flanqué de contreforts d'angle ornés de niches et de statues, et couronnés de,pinacles fleuronnés. Le tympan de l'arcade d'entrée est ajouré dans le genre de ceux des édifices de cette région, les parois intérieures des murs latéraux sont garnies de niches accouplées assez profondes pour recevoir des statues. La façade de ce porche est aussi très décorée, les remparts du pignon sont surajoutés d'une crête — sorte de balustrade ajourée —, et un gable à crochets accompagne l'accolade qui couronne l'arcade avec d'élégantes colonnettes supportant des statues.

 

— COUFFON (René)  LE BARS, Alfred, 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PRIMELIN.pdf

— COUFFON (René), 1952, L'architecture gothique en Cornouaille,  Mémoire SHAB

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51ebaffb1a4073.62873873/1952_01.pdf

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, dossier IA00006352 de l'Inventaire Général

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-tugen-primelin/f24db6bc-e0b0-4968-b2ab-e6dbc9543963

— TOSCER, 1977-1978, dossier Inventaire IA 00006352.

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006352_02.pdf

— LE CARGUET (H. ) 1891, Les clés et le culte de Saint-Tugen, Bulletin de la Société archéologique du Finistère tome XVIII Pages 192 à 201.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1891_0274_0283.html

— LE CARGUET (H. ) Petite chronique de Monsieur Saint-Tugen dans, Bull. de la Soc. Archéol. du Finistère, 1916, p. 184, 213-330.

 

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PÉRENNÈS (Henry), 1936, Saint-Tugen en Cap-Sizun

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TOSCER (C.), 1987, La chapelle Saint-Tugen en Primelin, SHAB. p. 336-342.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/548345e82aa077.10302388/1987_24.pdf

VELLY (Yves), 1930,   Velly Yves, “Saint Tugen et son église : joyau architectural du Cap-Sizun, monument historique monographie & explication de ses nombreux et merveilleux symbolismes,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 février 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3472. .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c3dcdf77786c24d8a65eed75a1f067f4.pdf

— LIST OF THE WORKS OF THE MAÎTRE DE PLOUGASTEL

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_the_Ma%C3%AEtre_de_Plougastel

— Wikipedia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Primelin_%2829%29_Chapelle_Saint-Tugen_Int%C3%A9rieur_02.JPG

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Published by jean-yves cordier - dans Maître de Plougastel Chapelles bretonnes.
13 juin 2018 3 13 /06 /juin /2018 09:29

La chapelle Sainte-Christine de Plougastel et son calvaire : avec la pierre de meule autour du cou.

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— Sur la chapelle Sainte-Christine, voir :

 

—Sur Plougastel, voir :

 

 

 

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Sur le Maître de Plougastel, voir :

 

  • Le calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621).

 

 

 

 

 

 

Sainte Christine. Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine. Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Le vaste territoire de la paroisse de Plougastel et ses 157 villages est divisé selon une double partition, celle des 6 kordennad(ou) ( "cordelées", du breton signifiant "corde"), et celle des 23 Breuriez, confréries des défunts du Moyen-Âge héritières des "tud" claniques celtes.  Les Kordennad sont ceux de Saint-Jean, d'Illien, de Douar-Bihan avec la chapelle de St-Claude, de Feunteun-Wenn de l'Auberlac'h ou du Caro, de Rozegat, et enfin de Sainte Christine.

  Chaque chapelle, jadis desservie par un Kure (vicaire) spécifique, organise son propre pardon, celui de Ste-Christine ayant lieu le dernier dimanche de juillet . Ce jour là, on faisait trois fois le tour de la chapelle en récitant 26 couplet d'un cantique racontant la vie de sainte Christine, le Kantik da Zantez Christina.

https://fv.kan.bzh/docs/Fv-Bibliotheque/Landevennec/L-17/FV-L-17-053.pdf

 

 

Refrain : Henor d'hor Patronez!

Guerc'hez ha Merzerez !

Roet e deus da Zoue

Yaouankik he bue

"Honneur à notre Patronne

Vierge et Martyre

Elle a fait don à Dieu

De sa vie d'enfant"

1

Guelomp en he bue

An ners a ro doue.

Da viret he lezen

Da nep a zo christen.

2

Christina, merch Urban,

C'hoas craouadur bian

E deus evit he feiz

da c'houzanv poaniou kris

 

"Christine, fille d'Urban,

Encore petite enfant

Eut à subir pour sa foi

Des douleurs cruelles."

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Plan du Musée de la Fraise de Plougastel

Plan du Musée de la Fraise de Plougastel

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I. LE CALVAIRE (kersantite, Maître de Plougastel, .

Ce calvaire est décrit ainsi par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas en ligne des Croix et Calvaires du Finistère :

"Atlas des croix et calvaires du Finistère n° 1919. Sainte-Christine, k. 4,50 m. 1587. Trois degrés, socle cubique: A THOMAS. Fût à pans. Croisillon, culots feuillagés, Christ aux outrages, Portement de croix, statues géminées: sainte Christine-Jean, moine cordelier-Vierge. Croix, branches rondes et fleurons godronnés, Christ, anges au calice, groupe N.-D. de Pitié. [YPC 1980]"

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L'attribution au Maître de Plougastel, sculpteur landernéen auteur du calvaire monumental de Plougastel en 1602-1603,  a été validée par Emmanuelle Le Seac'h 2014, pour les seules statues géminées de la Vierge avec sainte Christine et de Jean avec un moine.

Le socle porte l'inscription A. THOMAS (nom du fabricien ?) et le fût porte la date de 1587.

Un FRANCES THOMAS   a inscrit son nom au dessus de l'entrée de la porte sud de la chapelle en 1605, puis le chevet polygonal fut construit en 1634, comme en témoigne une inscription.

 

 

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Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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1°) La face orientale : Vierge de Pitié / Saint Jean / Vierge.

Les statues ont été inversées puisque la place de Jean au pied du calvaire est à droite, et celle de la Vierge à gauche (soit à la droite de son Fils). D'ailleurs Jean tourne la tête et lève les yeux sur sa droite, ce qui, dans la disposition actuelle, n'a aucun sens. Comme les statues sont géminées, cela veut dire qu'il faudra inverser aussi la disposition des saints de la face occidentale.

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Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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Jean, la main sur la poitrine, tient un livre et une banderole (en réalité le revers du pan de son manteau).

 

 

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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La Vierge, mains jointes, a la tête voilée par son manteau.

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Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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2°) La face occidentale : Crucifixion / sainte Christine / Moine cordelier.

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Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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a) le Christ en croix.

en pagne plissé noué au centre, surmonté d'un ange présentant le titulus. À ses pieds, deux anges tiennent le calice recueillant le Précieux Sang.

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Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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b) Sainte Christine de Bolsène, tenant la pierre de meule suspendue autour du cou. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.

La sainte, en robe longue, la tête voilée, tient un livre, la meule, et de la main gauche un pan bifide de son manteau.

La meule est percée de son œil,  traversée par le cordage. Cet œillard comporte des mortaises en queue d'aronde pour recevoir l'anille ou andille, pièce de bois ou de métal  en double hache  permettant, dans les moulins, l'entraînement de la meule. Voir photo Wikipédia et schéma Wikipédia, et photo d'une meule monolithe de Siresa. Si j'ai bien compris, la pierre meulière représenté au cou de sainte Christine est une meule tournante ou courante, et non gisante ou dormante.

 

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Sainte Christine de Bolsène. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine de Bolsène. Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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À Plougastel, le village de Sainte-Christine   est appelé en breton Lanngristin. Le mot d'ancien breton lann est associé au nom d'un ermite celte, Kristin, témoigne d'une fondation monastique du haut Moyen Âge.

La Vie des saints de Lobineau mentionne aussi une sainte Christine bretonne, parente de saint Hervé, ermite breton du Ve siècle.

"Six jours avant sa mort, S. Hervé fut averti par un ange que Dieu l'appellerait à lui dans ce terme. Il attendit avec joie le moment qui devait terminer son exil. Ste Christine, nièce de sa mère, et qui l'avait accompagnée dans sa retraite juqu'à la fin, pria S. Hervé de ne point la laisser sur la terre, quand il passerait à une meilleure vie. Il lui promit qu'il demanderait pour elle à Dieu ce qu'elle souhaitait; et, en effet, lorsqu'il eut rendu tranquillement l'esprit, après avoir reçu de son évêque l'absolution et le saint viatique, la sainte fille expira dans le moment au pied du Ut du saint; ce qui nous fait voir, ou que la clôture n'était pas une règle de son monastère, ou que la parenté si proche de ces deux saintes personnes donnait à Christine des privilèges que les autres n'auraient pas eus."

Pour L. Cras, vers le XVe siècle, un pèlerin a sans doute ramené d’Italie le nom de sainte Christine, et Kristin a été remplacé par la vierge et martyre romaine homonyme. Cette dernière a été martyrisée à l’âge de 12 ans dans la ville de Bolsena en Toscane vers l’an 300 et deviendra  la patronne de Palerme.

Nous devons distinguer deux saintes de ce nom.

La première était originaire de Bolsena. La seconde vécut à Tyr et est honorée comme grande martyre chez les Orientaux. Le 24 juillet est la fête commune de ces deux Saintes. Mais Jacques de Voragine situe Tyr en Toscane et ne décrit qu'une seule Vie.

 





Jacques de Voragine, auteur de la Légende dorée, nous raconte l’histoire de Sainte Christine de Tyr,  — ville italienne de Toscane engloutie sous le lac Bolsène— martyre du IVème siècle sous Dioclétien. Elle est originaire d'une ville au bord du lac de Bolsena située dans le Latium, à 100 km au nord de Rome. 

"Son père lui répliqua : « Ma fille, ne sacrifie pas seulement a un Dieu, de peur d'encourir la haine des autres. » Christine lui répondit.: « Tu as bien parlé, tout en ne connaissant pas la vérité ; j'offre en effet des sacrifices au Père, au Fils, et au Saint-Esprit. » Son père lui dit : « Si tu adores trois dieux, pourquoi n'adores-tu pas aussi les autres ? » Elle répondit: « Ces trois ne font qu'une seule divinité. » Après cela Christine brisa les dieux. de son père et en donna aux pauvres l’or et l’argent.

Quand le père revint pour adorer ses dieux, et qu'il ne les trouva plus, en apprenant des suivantes ce que Christine en avait fait, il devint furieux et commanda qu'on la dépouillât et qu'elle fût fouettée par douze hommes jusqu'à ce qu'ils fussent épuisés eux-mêmes. ...Et son père la fit charger de chaînes et jeter en prison.

... Son père ordonna qu'on lui racle les chairs avec des peignes et que ses jeunes membres fussent disloqués.

...Alors le père la fit placer sur une roue sous laquelle il fit allumer du feu avec de l’huile; mais la flamme qui en jaillit fit périr quinze cents personnes.

Or, son père, qui attribuait tout cela à la magie, la fit encore une fois renfermer en prison, et quand la nuit fut venue, il commanda à ses gens de lui lier une pierre énorme au cou et de la jeter dans la mer. Ils le firent, mais aussitôt des anges la prennent, J -C. lui-même. vient à elle et la baptise dans la mer en disant : « Je te baptise en Dieu, mon père, et en moi J.-C. son fils, et dans le Saint-Esprit. »

... Alors il la renvoya dans la prison avec ordre de la décapiter le lendemain.

Or, cette nuit-là même, son père Urbain fut trouvé mort. Il eut pour successeur un juge inique, appelé Elius , qui fit préparer une chaudière dans laquelle on mit bouillir de l’huile, de la résine et de la poix pour jeter Christine. Quatre hommes, agitaient la cuve afin que la sainte fût consumée plus vite. Alors elle loua Dieu de ce qu'après avoir reçu une seconde naissance, il voulait qu'elle fût bercée comme un petit enfant.

Le juge irrité ordonna qu'on lui rasât la tête et qu'on la menât nue à travers la ville jusqu'au temple d'Apollon. Quand, elle y fut arrivée; elle commanda à l’idole de tomber, ce qui la réduisit en poudre. A cette nouvelle le juge s'épouvanta et rendit l’esprit.

Julien lui succéda: il fit chauffer une fournaise et y jeter Christine ; et elle resta intacte pendant cinq jours qu'elle passa à chanter et à se promener avec des anges.

Julien, qui apprit cela et qui l’attribua à la magie, fit jeter sur elle deux aspics, deux vipères et deux couleuvres. Les serpents lui léchèrent les pieds, les aspics ne lui firent aucun mal et s'attachèrent à ses mamelles, et les couleuvres en se roulant autour de son cou léchaient sa sueur. Alors Julien dit à un enchanteur «Est-ce que tu es aussi magicien? irrite les bêtes. » Et comme il le faisait, lés serpents se jetèrent sur lui et le tuèrent en un instant. Christine commanda. ensuite aux serpents, les envoya dans un désert et elle, ressuscita. le mort.

Julien alors ordonna de lui enlever les mamelles, d'où il coula du lait au lieu de sang. Ensuite il lui fit couper la langue; Christine n'en perdit pas l’usage de la parole;  elle ramassa sa langue et la jeta à la figure de Julien, qui, atteint à l’oeil, se trouva aveuglé.

Julien irrité lui envoya deux flèches au cœur et une autre à son côté. En recevant ces coups elle rendit son esprit a Dieu, vers l’an, du Seigneur 287, sous Dioclétien."

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Si le culte de cette sainte connaît un grand succès, principalement en Italie, en Espagne et au Portugal, on le rencontre aussi sur le chemin des pèlerins qui allaient à Rome ou à Compostelle. 
. La vie légendaire de Sainte Christine, décrite sur la verrière de Saint-Ervy-le-Chastel en 16 épisodes, constitue un des plus importants ensembles iconographiques de la Chrétienté sur sainte Christine de Bolsène.

Sainte Christine est la patronne des meuniers et des archers. Elle est vénérée en Normandie, à Ferrières-Haut-Clocher, en Champagne à Ervy (où une verrière raconte sa vie en 16 tableaux), dans les communes de Sainte-Christine en Anjou, en Poitou et de Auvergne, et à Sainte-Christie (Gers). Une chapelle Sainte-Christine existe à Glomel (Côtes d-Armor), avec une statue (sans la meule), et une autre en ruine à Locmalo (Morbihan), avec une statue du XIXe.

Les pèlerins de Rome s'arrétaient sur son tombeau à Bolsena, tandis que les pèlerins de Saint-Jacques bénéficiait d'un un hôpital qui lui était dédié à Somport.

Dans l'iconographie, sainte Christine n'est pas représentée avec sa meule sur les enluminures du site Mandragore ou Enluminures, ni sur les statues, mais on la voit ainsi sur la verrière d'Ervy-le-Chastel 

 

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Sainte Christine de Bolsène. kersanton, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine de Bolsène. kersanton, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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b) Moine cordelier : Saint Pascal Baylon ?

Voir la discussion sur l'identification de saint Pascal Baylon (Aragon, 1540-1592, béatifié en 1618, canonisé en 1690) dans mon article sur l'église de Brennilis. .

Un saint (condition pour figurer sur un calvaire), moine franciscain, tenant le calice eucharistique, peut être soit Pascal Baylon, soit Antoine de Padoue. C'est cette dernière hypothèse que choisit Lucien Cras :

"...un moine franciscain tenant un calice. on retrouve le même personnage sur la fontaine située à trente mètres au sud-ouest de la chapelle (*) et sur le calvaire de Saint-Languis au Passage. Ce moine est saint Antoine de Padoue."

(*) actuellement dans le transept nord.

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Moine franciscain,  Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Moine franciscain, Kersanton, Roland Doré, XVIIe siècle.Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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La statue en kersanton du même saint, conservée dans la chapelle, transept nord sous la statue de Marie-Madeleine.

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Saint Pascal Baylon ?, kersanton,  chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Saint Pascal Baylon ?, kersanton, chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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c) Christ aux outrages (coté est).

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Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Calvaire de la chapelle Sainte-Christine à Lanngristin, Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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II. LA STATUE DE SAINTE CHRISTINE DU CHOEUR, EN  KERSANTON POLYCHROME.

Coté nord du chœur.

Elle est classée depuis le 23 février 1960. Couffon la datait du XVIe siècle et Lucien Cras du XVe. Elle mesure 110 cm de haut.

Elle est si comparable à la précédente pour son dessin, ses attributs (et même les mortaises de l'œillard !), et son costume que l'une a pu servir de modèle à l'autre. Mais elle est plus fine, avec la taille serrée par une ceinture placée très haut sous la poitrine. Ses chaussures pointues, dont le bout apparaît sous les plis de la robe, témoignent d'une mode plus précoce que celles, arrondies, de la statue de R. Doré.

La posture n'est néanmoins pas dépourvue de hiératisme, malgré l'avancée du genou droit, et l'absence de déhanché, la tenue frontale de la tête et la lourdeur du voile "en casque" confèrent à la sainte une raideur et un certain manque de vivacité, voire un regard de sculpture égyptienne.

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Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, , chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, , chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine, kersanton polychrome, XVe siècle, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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CONCLUSION.

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La rareté du motif iconographique de sainte Christine à la meule donne toute sa valeur à ces deux représentations, valeur renforcée par l'ancienneté des deux statues (XV et XVIIe), par la précision de la taille de la meule (témoignant des pratiques techniques de l'époque) , et par la renommée de Roland Doré, "sculpteur du roi" et virtuose de la pierre de kersanton, extraite localement dans la rade de Brest.

Malgré mes recherches parmi les enluminures ou la statuaire, je n'ai pu trouver des figures semblables, même plus tardives.

L'élément le plus proche est le panneau de la baie 10 de la verrière de l'église Saint-Pierre-es-liens d'Ervy-le-Châtel, dans l'Aube, réalisée en 1515. Un vitrail exceptionnel qui est au cœur de l'exposition 2018 de la Cité du Vitrail de Troyes.

J'emprunte l'image, par copie d'écran, au site suivant :

https://www.guidigo.com/Web/Ervy-le-Chatel/We9_7wT85KY/Stop/5/Verriere-du-martyre-de-Sainte-Christine-de-Bolsene#images

 

 

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Copyright www.guidigo.com

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III. LA STATUETTE DE PROCESSION.

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Un trou percé dans le socle permet d'introduire un manche qui sert de hampe pour la porter en procession, lors du pardon le dernier dimanche de juillet. Elle est conservée dans la vitrine "aux petits saints du transept sud.

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Sainte Christine, statuette de procession, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

Sainte Christine, statuette de procession, chapelle Sainte-Christine à Plougastel. Photographie lavieb-aile 30 mai 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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CRAS (Lucien), 1987, "Chapelle Sainte-Christine, Lanngristin", in Plougastel-Daoulas, Patrimoine architectural et statuaire, Les Amis du Patrimoine de Plougastel éditeur, page 103.

COUFFON (René)

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUGAST.pdf

"CHAPELLE SAINTE-CHRISTINE

Au village de Langristin, ce qui montre que la sainte a supplanté saint Kristin. Edifice en forme de croix latine avec chevet à pans coupés du type Beaumanoir. Le vitrail portait la date de 1558, date que l'on retrouve également sur la porte ; le clocher a été restauré en 1914, suivant l'inscription : " ER BLOAZ MIL NAO C'HANT PEVARZEK EUS AR DIAZEZ BETEG AR BEG AN TOUR MAN A ZO BET ADSAVET EN ENOR DA SANTEZ KRISTINA BENNIGET. - F. CARDINAL PERSON. Y. ANDRE. FABRIK. G. BROUSTAIL MESTR MANSONER ". Démoli en août 1944, il a été restauré en 1975. Date de 1605 sur une porte latérale, avec le nom du fabricien THOMAS. Sacristie du XVIIIè siècle, " 1741 " à l'envers sur l'appui de la fenêtre.

Mobilier : L'autel ne porte plus de retable ni de boiseries, c'est une table de pierre moulurée posée sur un massif. Statues - en kersanton polychrome : sainte Christine, la meule suspendue au cou, XVIè siècle (C.) ; - en bois : sainte martyre, datée 1947 et signée Baglin ; - en bois polychrome : Crucifix, XVIè siècle, Christ aux outrages, XVIè siècle, sainte Anne, XVIè siècle, Vierge à l'Enfant assise, sur une console armoriée, XVIè siècle, autre Vierge à l'Enfant avec un ange sculpté sur le socle, XVIIè siècle, (C.), 3e Vierge à l'Enfant, XVIè siècle (sacristie), saint Matthieu, XVIè siècle, saint Côme et saint Damien, XVIIè siècle (C.), saint Antoine ermite, XVIIè siècle (C.), sainte Marguerite, XVIIè siècle, sainte Agathe, trois saints évêques, - et, à la sacristie, huit statuettes de procession. 

Calvaire : statues géminées sur le croisillon, anges au calice, Pietà au revers. Inscription sur le socle : " A : THOMAS : " et date de 1587 sur le fût.

Fontaine Saint-Gouesnou, surmontée de la statue d'un saint tenant un calice."

 

— Baie 10 Ervy-le-chastel

https://www.guidigo.com/Web/Ervy-le-Chatel/We9_7wT85KY/Stop/5/Verriere-du-martyre-de-Sainte-Christine-de-Bolsene

.— PÉRENNÈS (Henri), 1940,  Plougastel.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6fc1bec602ab1010bcb1045d074ba8e5.pdf

"Sainte-Christine. Cette chapelle ·se trouve sur la côte dite de l'Armorique, à quatre kilomètres. Ouest du bourg. Elle s'appelle chapel Langristin, du nom du village où elle est située. Ce vocable de Langristin évoque un vieux saint celtique sant Kristin, aujourd'hui oublié et dont le culte fut remplacé par celui de sainte Christine, vierge . et. martyre, fille d'Urbain, gouverneur d'une ville de Toscane sous Dioclétien. Ayant refusé de sacrifier aux idoles, elle fut tuée à coups de flèches vers l'an 300. On transporta son corps à Palerme, dont elle est la patronne. La chapelle· est un édifice en forme de croix latine, avec un chevet à pans coupés. Une plaque en pierre au pignon ouest rappelle la restauration du clocher en 1914. La porte latérale porte la date de 160o. L'ancien vitrail, daté de 1558, représentait l' Assomption et le couronnement de la Vierge puis saint Nicolas avec les trois enfants ressuscités . La verrière actuelle renferme les médaillons de sainte Christine et saint Eloi. Près du maitre-autel, du côté de l'évangile apparait la statue de sainte Christine avec une meule de moulin suspendue à son cou par une grosse corde. Le cantique breton mentionne cet épisode

Mes an tad dinatur Bourreo e graouadur A stag out-hi eur men Hag e stlap en eul lenn.

Dans le voisinage se trouvent les saints Cosme et Damien tenant des fioles en main.

Du côté de l'épitre c'est d'abord saint Matthieu puis "la sainte Vierge couronnée avec deux petits anges au-dessus d'elle. Elle repose sur une console armoriée d'un blason : 3 couronnes à pointes. Dans l'armoire du maître-autel se trouve un reliquaire avec une relique de saint Vincent; on le fait baiser aux fidèles le jour du pardon. · Le transept nord contient un autel en granit, portant les statuettes de saint Gouesnou coiffé d'une tiare, et de sainte Christine. Dans une armoire au milieu de l'autel est une vieille statuette de la Vierge Mère. Contre la paroi, au-dessus de l'autel, saint Justin portant un enfant, puis saint Nicolas avec les trois enfants, à vieille figure, dont l'un passe la jambe par-dessus la baratte. Dans une niche saint ·Claude, abbé. Au transept sud on aperçoit sainte Anne, un petit saint Michel en granit fourrant l'extrémité de sa croix dans la gueule d'un monstre qu'il foule aux pieds et dont le bras veut écarter cette croix, un beau saint Antoine en bois avec sa clochette, un livre, et son cochon; il est enfermé dans une niche à riches colonnes torses.

Au-dessus d'un confessionnal un petit saint Antoine avec son cochon, symbole du démon. Dans la nef un vieux Christ en croix, encadré d'un Christ assis au calvaire, attendant le supplice, et de sainte Marguerite avec son dragon. Sur le placitre se dresse un calvaire daté de 1587. On voit d'un côté saint Jean et la sainte Vierge, et plus bas un petit Christ assis, de l'autre côté saint Gouesnou avec un calice et la sainte Vierge, plus bas une scène du couronnement d'épines. A une vingtaine de mètres sud-ouest de la chapelle, en contrebas, est la fontaine de Saint Gouesnou, surmontée du buste du saint qui tient un calice. Les pardons avaient lieu le lundi de Pentecôte, à la Saint-Matthieu et le jour de saint Antoine, ermite. Un cantique breton en l'honneur de sainte Christine porte l'imprimatur du 17 Mai 1880. Il chante en 29 couplets la vie de la sainte."

Vitraux par Jean-Pierre LE BIHAN,

http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-24704578.html

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 22:12

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Chonjal én treu marù zo me flijadur.

« Songer aux choses de la mort est mon plaisir. » Yann-Ber Calloc'h, cité par Daniel Giraudon.

I. LE BÉNITIER DU PORCHE SUD, AVEC ANKOU. XVIe siècle.

Cet objet mobilier est classé monument historique dans la base Palissy, base de données sur le patrimoine mobilier français du ministère français de la Culture, sous la référence PM29000543.

Lorsque le fidèle ou le touriste pénètre dans le porche sud de l'église de La Martyre, après en avoir admiré le tympan et les voussures, ce bénitier de kersanton de style Renaissance placé dans le coin sud-est, au dessus du banc de droite, est sûr de faire son petit effet et d'être honoré d'une photographie. Ce n'est pas l'élégante cuve ronde, à la lèvre perlée, aux flancs richement sculptés de frises de fleurs et de feuilles, et –détail singulier pourtant– les deux  petites plateformes destinées à recevoir un cierge, qui épatent les passants, mais bien le squelette qui y grimace, qui y grelotte et qui se déhanche dans des reflets verdâtres  entre les deux colonnes cannelées. 

Si, dominant une terreur instinctive, on s'approche, on constatera qu'il tient serré contre ses cartilages une tête aux paisibles yeux fermés, la belle et jeune tête d'un quidam à qui, la veille, chacun devait promettre belle année, belle santé et le Paradis en surplus tant on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. 

Et dans sa main (ou ce qu'il en reste, une récitation anatomique déclinée en carpe, métacarpe et séquences digitales), il tient la hampe d'une pique ou d'une flèche appuyée sur son trochanter gauche. A moins qu'il ne s'agisse d'une faux, brisée.

Chacun a reconnu dans cette mascotte du sanctuaire l'Ankou, qui n'est pas la seulement la Mort personnifiée, mais son homme de main (oberour ar maro *), son Grand Valet en quelque sorte. La Mort était familière aux Bas-Bretons, qui, jusqu'au XVIIe siècle, enterraient leurs défunts sous le sol de leurs églises et chapelles. Au XVIIe siècle, faute de place, les ossements furent rangé dans les ossuaires, dans un spectacle plus macabre qu'aujourd'hui puisque les crânes, parfois placés dans des boites individuelles, ainsi que  les fémurs, tibia et autres humérus étaient visibles à travers les baies. 

(*) ober : faire

Selon le Wiktionnaire et Daniel Giraudon, le mot Ankou vient de la racine indo-européenne Nek- "tuer, périr", "mort, mourir, cadavre" qui a donné le grec necro (nécrophage, nécrose, nécromantie etc.) et le latin neco, as, are "faire mourir" . En breton, la première mention du mot Ankou remonte au IXe siècle, puis on le trouve dans le Catholicon de Jehan Lagadeuc, dictionnaire trilingue imprimé à Tréguier en 1499:

ANCOU : gal. la mort. Voyez MARU

MARU : g. mort, 

MARUEL : g. mortel

Ce mot a donné lieu à des rapprochement en breton avec Anken "angoisse" et Ankoun "oubli". Il est aussi présent dans Le Mirouer de la Mort de Jehan an archer coz (Jehan Larcher), poème rédigé en 1519 ; la première occurrence se rencontre au vers 265 :

Lauaret ara lob, ez meru nep so robust, Ha lese! an bet man, quen buhan hac an Just : Euit ho vanegloar, nac ynt dispar mar rust, An ancaou so voar tro, tro distro hac ho fust.

"Job dit que celui qui est fort meurt Et laisse ce monde, aussi vite que le juste ;  Malgré leur vaine gloire, si extraordinairement rudes qu'ils soient, La mort est en tournée, en tours et détours, et les frappe."

Selon Gwennolé Le Menn (2003) :

— Le mot ancou apparaît pour la première fois, comme glose, dans un texte latin datant du IXe siècle. Il se retrouve en moyen-gallois angheu (gallois moderne angau) et en cornique ankow, ancow. On le retrouve en breton depuis le XVe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Le breton a plusieurs termes pour traduire « mort ». Le plus général est marv, mais on a aussi tremenvan pour « agonie, passage » et Anaon qui désigne l’ensemble des âmes des trépassés. Le terme d’Ankou désigne plus précisément la mort personnifiée. On le retrouve dans des textes moyen-bretons (XVe-XVIe siècles) : quatre pièces de théâtre, deux poèmes et un cantique. Il est intéressant de relever que ce mot Ankou disparaît pratiquement au XVIIe siècle (un seul exemple de 1642). C’est le mot marv qui sera utilisé dans les textes, principalement religieux. On peut se demander si les écrivains n’hésitaient pas à utiliser le terme d’Ankou, celui-ci étant peut-être lié à trop de conceptions et croyances non reconnues par l’Église. On ne trouve pas d’exemple ancien de la fameuse charrette de la mort (karr, karrig ou karrigell an ankou), le premier étant de 1732, alors que c’est un thème fréquent dans les légendes recueillies aux XIXe et XXe siècles.

— L’Ankou, son rôle et ses armes

Le mot Ankou est masculin, et la Mort est un homme dans la tradition bretonne. C’est un personnage qui apparaît dans les pièces de théâtre contrairement au théâtre français d’où il est pratiquement absent. Cette présence de l’Ankou est d’autant plus intéressante qu’elle est également attestée dans le théâtre gallois et le théâtre cornique. Faut-il admettre que ce personnage, appartenant au monde brittonique, existait déjà lorsque la Mort, d’abord allégorie abstraite, prend forme humaine et devient un thème commun dans le monde chrétien ? L’hypothèse me semble plausible.

L’Ankou dans le théâtre en moyen-breton vient avertir : il va tuer, ce qu’il fait sur scène, et il frappe. Il utilise pour cela un objet pointu, lance, javelot, dard, ou bien un bâton, un bourdon. Jamais la faux, attestée ailleurs dès le XIVe siècle, n’apparaît dans les textes bretons avant le XVIIIe siècle.

 

 

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier à l'Ankou (1619), porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier à l'Ankou (1619), porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Datation : 1619.

Le porche  Sud lui-même, avec la Nativité de son tympan et son Credo apostolique, date de 1450-1468, mais ce bénitier à l'Ankou provient en réalité de l'ossuaire accolé au porche, et qui date de 1619. Cela n'est pas pour surprendre, puisque, sur la façade méridionale de cet ossuaire, à coté d'un homme tenant un crâne et un os, deux anges présentent sur une banderole une citation du Mirouer de la Mort dont je viens de parler: 

 

 

An Maru, han Barñ han Yfferñ yen

Pan ho soing den ez dle crenaff.

Foll eu na preder è Spéret,

Guelet ez ev ret decedaff.

 

A la mort, au jugement, à l'enfer froid, pense, fils de l'homme, et ne te 
lasse pas; 
Et jamais nulle part tu ne pécheras, en mettant ton espoir dans la mai- 
son de Dieu. 

 

 

 

 

 

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Attribution : le Maître de Plougastel (1570-1620).

E. Le Seac'h a attribué ce bénitier au Maître de Plougastel – l'auteur du calvaire de cette paroisse – d'une part car c'est lui qui a entrepris en 1619 l'ossuaire de La Martyre, d'où vient ce bénitier, mais aussi car ses caractéristiques stylistiques se reconnaissent dans le visage de l'adolescent emporté par l'Ankou .

Le Maître de Plougastel a œuvré essentiellement dans le Léon, et la Cornouaille immédiatement au sud de l'Elorn. Outre le calvaire de Plougastel-Daoulas (1602-1604), il est l'auteur de deux autres ensembles majeurs, l'arc d'entrée de Guimiliau (1606-1617) et le calvaire de Locmélar . Le bénitier appartient à la troisième période de ce sculpteur, celle de sa maîtrise.

Son style se reconnaît au hiératisme des postures, adouci par la rondeur des visages leur conférant "une quiétude magnifiée proche de l'ataraxie de pierre" ; aux yeux taillés en amande, aux paupières enflées  et ourlées, aux fronts bombés, aux mains larges et plates.

L'adolescent du bénitier de La Martyre a le visage rond caractéristique, la paupière supérieure des yeux fermés est marquée du discret pli palpébral, les sourcils sont soulignés, le front est saillant, le nez épaté. Le philtrum est légèrement tracé, les lèvres sont fines mais s'achèvent par un arc concave bien creux participant à l'impression grave  et sereine. Les cheveux, qui se confondraient facilement avec l'éventail des côtes du squelette, sont fournis, peignés en épaisses torsades sur le front et sur le coté.

Sa beauté angélique et l'intensité de l'impression de calme intérieur sont pour beaucoup dans le choc des contrastes entre l'Ankou et sa victime, entre la Mort et le Vivant : comme un instantané saisissant du mouvement de la funèbre faux. 

Ce contraste est aussi un paradoxe : l'immobilité passive est celle de l'humain, alors que la Mort  est mouvement et activité : elle fauche, mais ne chôme pas.

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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II. BÉNITIER DU BAS-COTÉ SUD (1601).

Objet classé Mh PM 29000546.

Précisons immédiatement qu'il s'agit aussi, selon Emmanuelle Le Cleac'h, d'une œuvre du Maître de Plougastel. Placé dans le bas-coté sud, contre le pilier de droite lorsqu'on franchit la porte d'entrée, c'est un grand bénitier (environ 1,30 m) en kersanton, à dôme et à lanternons reposant sur une colonne en guise de pied. Comme le précédent (qui avait perdu son lanternon), sa vasque ronde est entourée de deux colonnes, ici lisses et à chapiteaux corinthiens. Trace de polychromie ocre (dominance rouge).

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Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La partie centrale est sculpté en bas-relief d'un angelot en tunique dont les plis bouffent au dessus d'une ceinture. Il est agenouillé, comme un ange de l'Annonciation, et son calme visage arrondi, ses yeux en amande, son nez large, ou ses cheveux coiffés en torons rayonnants sur le front et vers les épaules ont bien des points communs avec le visage du jeune homme du bénitier à l'Ankou. 

On lit en inscription :  1601 I.PIME. Cela correspond-il au patronyme Pime ou Le Pime (attesté en France mais disparu) d'un fabricien ? Ou à un abréviatif ?

J'interprétai l'objet tenu dans la main droite de l'ange comme un équivalent du lys de l'Annonciation, avec son fleuron, malgré le bouton pommé de sa base, mais E. Le Seac'h y voit "un goupillon d'ancienne manière avec des soies de cochon". Je me range à cette suggestion après avoir consulté l'iconographie de ce compagnon du bénitier sur le site enluminures.culture.fr

Il existe trois bénitiers semblables et contemporains, avec cet ange porteur de goupillons, dans un périmètre proche : ceux du porche de Landivisiau, de Saint-Houardon à Landerneau, et de Saint-Miliau à Guimiliau. Il est intéressant de comparer leurs descriptions par le chanoine Abgrall :

– Église Saint-Miliau de Guimiliau :  "Au trumeau est adossé un joli bénitier porté sur une colonnette cannelée. Au-dessus du bénitier, un ange è genoux tient deux goupillons ; il est surmonté d'un dais orné de pilastres, gaines, cariatides, petites niches, etc.."

– Landivisiau : "Au trumeau qui sépare les deux portes, est fixé un bénitier, au-dessus duquel est un ange tenant un goupillon et, plus haut, un dais richement sculpté, genre Renaissance, d'où sortent quatre têtes saillantes ou mascarons, deux hommes et deux femmes."

– Saint-Houardon à Landerneau (1604) : "un trumeau avec beau bénitier reposant sur une colonnette ornée de losanges rappelant les macles des Rohan ; au-dessus, un ange tenant deux goupillons, et comme couronnement un très joli dais, d'où l'on voit saillir quelques fines têtes coiffées de toques et plumets, caractéristiques du style du XVIème siècle."

 

 

 

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Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Un mascaron d'anges  ornent les faces de l'hexagone qui coiffe la partie principale ; des pots à feu sont posés dessus.

Un lanternon et un dôme la surmontent, décorés de pots à feu. Saint Michel terrassant le dragon couronne l'ensemble. Il tient un écusson dans la main gauche et enfonce sa lance dans la gueule de la bête allongée sur le dos, pattes en l'air.

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Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

— GIRAUDON (Daniel), Sur les chemins de l'Anjou - Daniel Giraudon – Ed . Yoran Embanner

— LE BRAS (Anatole), La légende de la mort chez les Bretons armoricains (Nouvelle édition, refondue et augmentée, avec des notes sur les croyances analogues chez les autres peuples celtiques) / par Anatole Le Braz  H. Champion (Paris)  1902

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8630199c/f17.image

https://fr.wikisource.org/wiki/La_l%C3%A9gende_de_la_mort_chez_les_Bretons_armoricains/Introduction

— LE MENN (Gwennolé) 1979, « La Mort dans la littérature bretonne du XVe au XVIIe siècle », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. 56, 1979, p. 5-40.

— LE MENN (Gwennolé) 2003, "Les croyances populaires dans quelques textes bretons (XVe-XVIIe siècles)", Religion et mentalités au Moyen-Âge sous la direction de Sophie Cassagnes-Brouquet, Amaury Chauou, Daniel Pichot, et al. p. 427-435 http://books.openedition.org/pur/19847?lang=fr

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes page 195.

 

PÉRENNÈS (Chanoine Henri), 1932 et 1933, La Martyre, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, BDHA

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1932.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

SPREV :

http://www.sprev.org/centre-sprev/la-martyre-eglise-saint-salomon/

Infobretagne : 

 http://www.infobretagne.com/martyre-ressources-eglise.htm

http://www.infobretagne.com/enclos-martyre.htm

— http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/29_la_martyre.html

— Topic-topos

 http://fr.topic-topos.com/benitier-la-martyre

Fichier photo Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:La_Martyre_(29)_%C3%89glise_Saint-Salomon_Porche_sud_B%C3%A9nitier_%C3%A0_l'Ankou_03.JPG

 

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Published by jean-yves cordier - dans La Martyre Maître de Plougastel

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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