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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 22:06

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Le porche de l'église de Pencran est encadré par deux crossettes, un lion à gauche et un dragon à droite. La facture particulièrement remarquable par sa finesse de ces ouvrages en kersanton est due à l'atelier de Bastien Prigent et de son frère Henry, établi à Landerneau et actif de 1527 à 1577. Cet atelier  a fourni trois porches successifs, celui de Pencran en 1553, celui de Landivisiau en 1554-1565, et celui de Guipavas en 1563. Dans les trois cas, les deux crossettes d'encadrement sont comparables (à Guipavas, seul le dragon subsiste). Documenter en ligne les sculptures de cet atelier permet de livrer au jeu très instructif des comparaisons réciproques.

Datation du porche.

La datation du porche est basée sur une inscription figurant, selon Le Seac'h,  sur un phylactère tenu par un ange dans une niche du contrefort gauche (Lécureux parle d'un "cube de pierre qui remplace une statue"). Depuis, le bloc de pierre a été volé. Le texte en avait été relevé par  Lécureux et publié en 1915 et 1919 :

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Je suivrai, comme un témoignage de mon admiration, assez fidèlement la description d'Emmanuelle Le Seac'h, qui a été la première et la seule a dresser en 1997 un catalogue descriptif exhaustif de toutes les crossettes des quatre cantons de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry et Sizun.  

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1°) Le lion tenant un os. Crossette du rampant gauche de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

Le lion mâle tient dans ses pattes antérieures un os long sans réalité anatomique (deux épiphyses à deux condyles). Dans cette crossette en ronde bosse et faible relief d'excellente facture, les quatre pattes sont figurées ; l'animal s'appuie en avant sur une petite console et à l'arrière, la patte postérieure repose sur une autre petite console. Les mèches de fourrure des pattes sont sculptées avec précision tant au niveau des antérieures et des postérieures. 

Avec un sourire plus débonnaire que carnassier, le lion sort la langue qui s'enroule en cuillère à son extrémité. Il tourne sa tête vers la gauche pour faire face au visiteur ou au fidèle qui accède au porche. Les yeux ressortent avec intensité à l'intérieur d' orbites creusées et de paupières ourlées. La crinière soyeuse et abondante s'étage en mèches bouclées. La queue passe sous la patte postérieure gauche et se divise sur le dos en trois branches.

Cette description est, en fait, celle de tous les lions de crossettes du Finistère, mais ailleurs, l'érosion, les fractures, l'envahissement par les lichens (ici assez discrets) ou parfois les insuffisances du sculpteur ne nous permettent pas d'observer le modèle avec toute sa complétude. Le lion de Pencran peut servir de "type" à tous les autres, même si certains d'entre eux abandonneront l'os pour un crâne, une petite tête humaine ou un simple rouleau.

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Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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2°) Le dragon tenant sa queue. Crossette du rampant droit de l'élévation sud du porche. Kersanton, 1553, atelier Prigent.

Ce dragon a dérobé ses ailes dépliées à un oiseau, ses oreilles à une chauve-souris, ses narines dilatées à un porc qui serait resté trop longtemps le nez contre la vitre, sa queue dentelée à un lacertilien (un "lézard " si vous préférez, mais du genre iguane alors), sa dentition à une fillette perdant ses dents de lait, sa tête à un cheval, sa barbiche de sous-officier à la chèvre de Monsieur Seguin, ...    mais son air faussement féroce et terriblement benêt n'appartient qu'à lui. Il se nourrit sans doute de quelque mouche ou insecte venu se poser par mégarde sur sa langue, fort gluante et dont il étend le piège à dessein en dehors de sa gueule ; son haleine infecte fait le reste. De mœurs principalement diurne, le Dragon des murailles Drago muralis crossetis peut passer — j'en atteste — des heures entières sans bouger.

Mais son jeu préféré, auquel il se livre surtout lorsqu'il sait qu'on l'admire, est de tracer avec sa queue (elle dépasse parfois 2 mètres) une jolie boucle puis de s'en ceindre   comme d'un hula hoop, la faisant disparaître derrière son flanc avant de la faire resurgir à la hauteur de l'aile, et , hop, de l'attraper entre ses deux pattes : il reste ainsi à vous regarder en ricanant, tenant cette rambarde improvisée et s'imaginant piloter quelque soucoupe volante fendant l'air à toute allure.

S'il regarde notre monde depuis son balcon caudal, lui qui a connu le temps du roi Henri II, il eut été étonnant qu'il ne se marrât point en nous voyant passer. Et nous-mêmes, nous n'imaginions pas, avant d'arriver, que nous nous marrassions à voir un dragon se fendre la poire comme une baleine.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

Le dragon : crossette en kersanton du porche (1553) de l'église de Pencran. Photographie lavieb-aile décembre 2017.

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Comparaison de lions.

À Landivisiau :

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Comparaison de dragons.

A Landivisiau :

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À Guipavas :

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1988, - Pencran, dépliant touristique, textes avec la collaboration de Y.P. Castel et A. Le Menn.

— CASTEL (Yves-Pascal), articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

0581 L'Enclos Paroissial de Pencran et ses accès... 06.01.90.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5807abcd10b0f868094d744fc3486dbd.jpg

0449 bis Un guide nouveau pour l'enclos paroissial de Pencran... 13.08.88.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8435a91bbdc2fc95132da6c3ecbd938d.jpg

— COUFFON (René), 1988, , Répertoire des églises : paroisse de PENCRAN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/938.https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7f786fe0966306242750d6e111e8c78d.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes,  Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Description de Pencran pages 147-151.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Éditeur: s.n.,  2 vol. : 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm . (Pencran : Tome I page 53 et tome II page 122-128).

http://portailcrbc.univ-brest.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=34066

—PÉRENNÉS (chanoine Henri ), 1938, Notice sur Pencran, “Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1938,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 18 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/269. page 51. http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

—LÉCUREUX (Lucien.) 1919, "L'église de Pencran",  Congrés archéologique de France Paris-Caen, 1919, p. 112

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f157.image

—LÉCUREUX (Lucien) 1915,  "L'église de Pencran et ses annexes", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, t. XLII p. 139

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f191.image

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Published by jean-yves cordier - dans Pencran Gargouilles et crossettes
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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 18:44

Le retable de  la Déploration (1517) de l'église de Pencran (29).

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"A gauche du chœur se trouve un retable célèbre qui attire les regards. C’est une sculpture en bois représentant en plein relief une Descente de croix. Abrité dans une niche à dais sculpté, cet ensemble est composé de onze personnages.  Au centre est la Vierge, accablée de douleur : Elle tient sur ses genoux le corps inanimé de son Fils. Près d’elle, saint Jean et la Madeleine, agenouillés, partagent sa souffrance. Au second plan sont groupés les Saintes Femmes éplorées, Joseph d'Arimathie, Nicodème, et deux serviteurs dont l’un porte la Couronne d’épines." (H. Pérénnes).  « Ce sujet, note M. le chanoine Abgrall, a été noblement traité dans plusieurs de nos églises, notamment à Bodilis, Lampaul-Guimiliau, Locronan, Ploéven, La Forêt-Fouesnant, Pont-Croix, Quilinen, mais nulle part on n’a atteint à un si haut degré l'expression de douleur profonde, de compassion et d'adoration pour le divin Rédempteur » .

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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INSCRIPTION.

L'inscription en lettres gothiques minuscules dorées sur fond blanc dit ceci :

En lã mil Vcc  XVII : cest histoire fust  complet f diouguel :  vioy. ist.

"En l'an 1517 cette histoire fut complet f Diouguel ---." Les lettres qui suivent sont superposées en deux lignes et ont été lues comme deux syllabes moy et ist, "qui pourraient être une marque d’ouvrier.". On pourrait y lire des chiffres (VI) ; le dernier sigle pourrait être une étoile ; deux points s'inscrivent en dessous.

Le patronyme Le Diouguel est attesté à Morlaix au XVI-XVIIe, celui de Le Diouguel de Penanru à Landerneau-Saint-Houradon et à Morlaix au XVIIIe. Un François Le Diouguel sieur de Poulfanc a été maire de Morlaix  en 1635, et son fils François Le Diouguel lui a succédé à ce poste en 1673-74.  On cite aussi Me Guillaume Le Diouguel, notaire royal et apostolique de Morlaix et de Bodister. Un acte en date du 31 janvier 1651, fut passé devant Diouguet et Salaun, notaires royaux à Morlaix. Etc...

Le Nobiliaire de Bretagne mentionne pour Diouguel (le),

sr de Lanrus, — de la Fontaine-Blanche, par. de Saint-Martin-desChamps, — du Penhoat. — du Tromeur, — de Térennez, de Kerbasquiou, de Kergreis et de Lantréouar, par. de Plougasnou, — de Keiïstin, par. de Plouézoch, — de Kerozal. Maint, à l’intend. en 1699, ress. de Morlaix.

Echiqueté d’or et d’azur ; au chef d’argent, chargé de trois tourteaux de sable. François, gouverneur du château du Taureau en 1623 épouse Marguerite Noblet. 

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Groupe inférieur : Déploration. 

Le motif iconographique est fondé sur l'Évangile de Jean 19:25-27 et 19:38-42:

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas et Marie de Magdala. 26 Jésus vit sa mère et, près d'elle, le disciple qu'il aimait. Il dit à sa mère: «Femme, voici ton fils.» 27 Puis il dit au disciple: «Voici ta mère.» Dès ce moment-là, le disciple la prit chez lui."

" Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des chefs juifs, demanda à Pilate la permission d'enlever le corps de Jésus. Pilate le lui permit. Il vint donc et enleva le corps de Jésus. 39 Nicodème, l'homme qui auparavant était allé trouver Jésus de nuit, vint aussi. Il apportait un mélange d'environ 30 kilos de myrrhe et d'aloès. 40 Ils prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent de bandelettes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs. 41 Or, il y avait un jardin à l'endroit où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un tombeau neuf où personne encore n'avait été mis. 42 Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus parce que c’était la préparation de la Pâque des Juifs et que le tombeau était proche."

Le retable représente non pas une Descente de Croix stricto sensu mais une Déploration.

Au premier plan, la Vierge tient son Fils sur ses genoux, saint Jean et Marie Madeleine portent respectivement la tête et les pieds du Christ. Une Sainte Femme (Marie, femme de Cléophas ?) se penche vers la tête de Jésus.

Marie et sa voisine sont voilées, mais Marie-Madeleine porte une coiffe.

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La Déploration, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

La Déploration, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Groupe supérieur. 

Derrière, les saintes femmes, Joseph d'Arimathie et Nicodème sont accompagnés de deux assistants, dont l'un porte la couronne d'épines. L'autre, à gauche est coiffé d'un bonnet à riche bijou frontal en or. Il porte le chaperon ramassé sur l'épaule droite. Le geste de ses mains exprime l'émotion poignante à laquelle il participe.

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Joseph d'Arimathie.

 

Le personnage à gauche de la croix, dont le geste de la main droite correspond peut-être à une codification qui nous échappe,  est vraisemblablement Joseph d'Arimathie, qui, dans les Mises au Tombeau, se tient la tête du Christ. Il est coiffé d'un bonnet pointu aux pans et à la pointe munies de glands. Cette coiffure le détermine, sans stigmatisation,  comme juif, membre du Sanhédrin :

Selon Wikipédia "Le chapeau juif, connu aussi sous les noms de coiffe juive, Judenhut en allemand et de pileus cornutus (calotte à cornes) en latin, était un chapeau pointu en forme de cône, blanc ou jaune, porté par les Juifs dans l'Europe médiévale et parfois dans le monde islamique. D'abord porté traditionnellement et volontairement, il fut imposé aux hommes juifs quelques années après le concile de Latran qui exigeait en 1215 que les Juifs soient reconnaissables par leurs vêtements afin de pouvoir les distinguer des chrétiens.

 La forme du chapeau est variable. Quelquefois, spécialement dans le courant du xiiie siècle, il ressemble à un bonnet phrygien mou, mais plus couramment, surtout au début, c'est un chapeau conique se terminant en pointe, avec à sa base un bord circulaire rond, apparemment rigide. On trouve aussi des versions plus petites, se fixant sur le sommet de la tête. Quelquefois, un anneau encercle le chapeau quelques centimètres au-dessus de la tête. Au XIVe siècle, une balle ou un pompon est fixé au sommet du chapeau, et le bout effilé devient alors une queue de diamètre constant..

À la fin du Moyen Âge, le chapeau est progressivement remplacé par une large variété de couvre-chefs, y compris des chapeaux évasés exotiques de style oriental, des turbans et à partir du XVe siècle de larges chapeaux plats et de larges bérets. Une des principales sources d'informations provient des manuscrits et de leurs enluminures. Dans les images de scènes bibliques, les artistes représentent souvent les personnages avec des habits de leur époque, ce qui permet de les étudier comme des scènes européennes contemporaines.

Le chapeau juif est fréquemment utilisé dans l'art médiéval pour représenter les Juifs de la période biblique. Souvent les Juifs représentés ainsi, sont ceux qui sont présentés de façon plutôt négative dans l'histoire, mais ce n'est pas toujours le cas. "

Voir Joseph d'Arimathie sur le vitrail de Beignon , 1er registre.

http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-l-eglise-de-beignon-107396584.html

La barbe bouclée et longue participe du même souci de détermination. (En 1517, le port de la barbe, longtemps banni par l'Église, n'est pas encore relancé en France, et elle ne le fut, par François Ier, qu'à partir de 1521). http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/comment-le-roi-francois-ier-a-relance-la-mode-de-la-barbe-7779174808

Le reste du costume répond à la mode française contemporaine. La chaîne (plutôt dorée) est portée volontiers en collier. La cape aux pans serrés par un fermail en losange, s'évase en larges manches courtes sur un habit ajusté aux poignets par des boutons.

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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A droite de la croix, Nicodème, pharisien, membre du Sanhédrin et disciple de Jésus, fait, en regardant la croix,  le geste du comput digital ou du décompte d'argument. Peut-être se remémore-t-il quelque prophétie biblique dont il constate la réalisation ? Ou bien, comme dans Jn 3:1-21, s'interroge-t-il sur un point de la Religion?

Là encore, sa coiffure caractérise son appartenance aux Juifs mentionnés par l'Évangile de Jean (Jn 3:1 : "Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs") .

Il ne porte pas la barbe ; il est vêtu d'un manteau vert à revers rouge et ses épaules sont recouvertes d'une chape. Une aumônière est suspendue sur son coté droit, c'est encore un détail significatif.  

Les deux femmes sont  richement vêtues.

La coiffure de celle qui tient un linge blanc et dont le visage est empreint de chagrin est remarquable. Les cheveux épilés sur le front, ramenés en arrière et nattés en deux pelotes temporales sont modelés par une résille aux larges mailles dorées. Une couronne de tissu bleu rembourrée d'étoupes ou de coton s'enrichit de tours d'étoffes dorée et, au centre, d'une émeraude sertie. Des mèches s'échappent en arrière pour tomber sur les épaules.  Cette coiffure est bien celle des femmes élégantes de la fin du XVe siècle.

Celle de sa voisine est plus singulière. C'est d'abord une coiffe ajustée, semblable à celle qu'Anne de Bretagne a rendu célèbre, mais, après un cercle d'or, elle s'évase en diabolo ; un médaillon à motif concentrique est épinglé sur le coté. Cette singularité, plus remarquable que gracieuse, s'accorde au reste du costume, avec une robe violette et de larges manches rapportées jaune, mais surtout une courte pèlerine sur les épaules, à fermail, et à bords frangés, qui pourrait faire d'elle la compagne de Nicodème.

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Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie)1904, Architecture Bretonne, Quimper 1904

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n271/mode/2up/search/pencran

—COUFFON (René) & LE BARS (Alfred), 1988, "Pencran" in  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PENCRAN.pdf

—PÉRÉNNES (Chanoine Henri), Notice sur Pencran, BDHA 1938 page 51 et suivantes

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

— BDHA 1901. page 268.

— BDHA 1903:page 33

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

— Infobretagne "Pencran"

http://www.infobretagne.com/pencran.htm

— Topic-topos "Pencran"

http://fr.topic-topos.com/descente-de-croix-pencran

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