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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 13:06

Les vitraux de l'église Saint-Mathieu à Quimper : les baies latérales 1 et 2 du chœur (1535, 1896) et leurs éléments héraldiques anciens.

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Voir :

La maîtresse-vitre (vers 1535, atelier Le Sodec, et 1896, J. P. Florence) de l'église Saint-Mathieu à Quimper.

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Présentation : lire mon premier article sur la baie 0.

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LA BAIE I. SCÈNES DE LA VIE DE JÉSUS.

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Cette baie de deux lancettes et un tympan à sept ajours mesure 7,50 m de haut et 1, 80m de large. Elle a été créée par le verrier J.P. Florence, de Tours, en 1896, lors de la reconstruction de l'église, sur le thème de la Vie du Christ en six scènes en trois registres horizontaux :

1. Nativité et 2. Jésus parmi les docteurs.

3. Baptême du Christ et 4. La Vocation de sait Matthieu.

5. La Résurrection de Lazare et 6. La Cène.

Un soubassement contient deux blasons.

Le tympan présente sept blasons, dont certains sont anciens (début XVIe), provenant de la baie du bas-coté nord.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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LE SOUBASSEMENT : DEUX BLASONS.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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À gauche, les armes  d'argent losangé d'argent et  de sable à la cotice de gueules, au franc canton de pourpre chargé  d'un dextrochère d'argent soutenant un épervier de même sont celles de la famille L'Honoré de Kerambiquet.

À droite : en haut, d'argent à trois hures de sable ; en bas d'azur au griffon d'argent

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Blason de droite :

de sable au chevron d'argent accompagné de trois annelets d'or.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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La Nativité (J.P. Florence, 1896).

Verre rouge et verre bleu gravés.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Jésus, enfant, enseigne aux docteurs de la Loi (J.P. Florence, 1896).

Verre bleu gravé.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Le Baptême du Christ (J.P. Florence, 1896).

Verres rouges gravés.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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La Vocation de saint Mathieu (J.P. Florence, 1896).

 

Gatouillat et Hérold n'avaient pas identifié ce sujet, pour lequel il proposait "le denier du centurion?". Mais la balance placé au dessus de Matthieu est l'attribut de cet apôtre et évangéliste, car il rappelle son métier de collecteur d'impôts. La scène illustre le texte de Matthieu 9:9  « Étant sorti, Jésus vit en passant, un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. Il lui dit : “Suis-moi !” Et, se levant, il le suivit. »

Le sujet est donc en rapport avec le saint patron de cette église.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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La Résurrection de Lazare (J.P. Florence, 1896).

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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La Cène (J.P. Florence, 1896).

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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LE TYMPAN.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Trois soufflets supérieurs : trois blasons (J.P. Florence 1896)

 

—En haut, les armes de Bretagne. 

— Deuxième rang à gauche : armoiries de la ville de Quimper, d'azur au bélier passant d'argent accordé et onglé d'or, au chef d'hermines.

— Deuxième rang à droite , armoiries de Penfentenyo: burelé de gueules et d'argent de dix pièces. Alphonse-Louis Marie de Penfentenyo de Kervéréguin, chanoine titulaire de Quimper, curé-archiprêtre de la cathédrale, était recteur de Saint-Mathieu de 1864 à 1877.

 

 

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Troisième rang : 2 blasons de la famille Le Baud en alliance (Début XVIe).

Les écus anciens (provenant des baies des bas-cotés) sont présentés par des anges modernes. On trouve les armes de ces familles dans le soubassement de la baie 0.

—À gauche ; en 1, d'argent au quintefeuille de gueules (Le Baud), en 2 d'argent aux trois trèfles d'azur (De Lagadec de Mézedern).

— À droite : en 1, d'azur au sautoir d'or cantonné de quatre croisettes de même, en 2 au d'argent au quintefeuille de gueules (Le Baud)  .

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Troisième rang.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Blason de gauche

mi-parti en 1 de sable au chevron d'argent accompagné de trois annelets d'or, en 2 les armes de L'Honoré déjà décrites.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Blason de droite.

mi-parti en 1 de sable au chevron d'argent accompagné de trois annelets d'or, en 2 d'azur à la croix pattée d'argent.

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Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 1 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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LA BAIE 2. APPARITIONS DU CHRIST.

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Cette baie de deux lancettes et un tympan à sept ajours mesure 7,50 m de haut et 1, 80m de large. Elle a été créée par le verrier J.P. Florence, de Tours, en 1896, lors de la reconstruction de l'église, sur le thème des Apparitions du Christ à ses disciples ( Vie Glorieuse du Christ) en six scènes en trois registres horizontaux :

1. Apparition à Marie-Madeleine (Noli me tangere) et 2 Apparition aux Pèlerins d'Emmaus.

3. Incrédulité de saint Thomas et 4. Apparition à saint Pierre.

5. Ascension et 6. Pentecôte.

Un soubassement renferme deux blasons.

Le tympan  comporte, parmi 6 ajours aux blasons de fantaisie, le réemploi d'un écu des Le Baud dans un chapeau de triomphe sur fond coloré, datant du premier quart du XVIe siècle et provenant de la baie sud de l'ancienne église.

 

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Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Soubassement.

Deux blasons non décrits parmi les blasons de l'ancienne église. Ecus de fantaisie ??

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Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Blason de gauche.

Mi-parti d'argent aux deux lévriers de sable ; en 2 de sable à l'épi d'argent, cantonné de deux étoiles de même ?

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Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Blason de droite.

 

Mi-parti en 1 d'or au chevron d'azur cantonné de trois étoiles de sable ; en 2 ---

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Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 2 de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

 

ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1893, Saint-Mathieu de Quimper, description du monument. Bull. Société archéologique du Finistère pages 198-205.

 Verrière nord. 

Au haut de cette fenêtre sont trois panneaux historiés.

-Saint Yves, vêtu d'une robe bleue ou violette, sur laquelle est un autre vêtement blanc, plus court, en forme de surplis et camail, avec mouchetures d'hermines. Devant lui, à genoux, un pauvre portant besace. Au-dessous est une longue inscription gothique.

-Saint Yves, costumé comme précédemment, à genoux . devant un ange vêtu d'une robe bleue, avec ailes vertes.

-Un saint solitaire, probablement saint Fiacre, prêchant deux petits personnages agenouillés à ses pieds. Les blasons qui surmontent ces scènes sont: En supériorité, de Bretagne. Au-dessous: 1 Un écu portant de sable au chevron d'argent accompagné de 3 annelets d'or . Plus bas, dans le même panneau, un autre écu mi parti de sable à un demi-chevron d'argent et à un annelet et demi d'or et losangé d'argent et de sable (L'Honoré). 2. Ecu brisé, et au-dessous un autre écu portant parti: de sable à un demi-chevron d'argent et à un annelet et demi d'or et d'azur à une demi croix pattée d'argent.

Verrière sud

N° 1, Ecu surmonté d'un heaume à cimier très orné taré de face, portant parti, au premier: coupé 1 d'argent à la macle de sable (Lohéac), 2 d'argent à la quintefeuille de gueules (Le Baud): au 2e ; écartelé d'azur au lion passant d'or, 2 d'hermines au chef de gueules chargé de 3 fleurs de lys (Quélennec) ; d'argent à la fasce de sable (?) ; 4 d'azur à la croix d'or (Lesongar?) ; chargé au cœur d'un écussonnet portant d'argent à 3 trèfles d'azur, (Lagadec?)

N° 2. D'azur au sautoir d'or, cantonné de quatre croisettes d'or.

N° 3. Parti du précédent et d'or au croissant d'azur.

N° 4. D'argent a la quintefeuille de gueules (Le Baud).

N° 5. Parti d'argent à une demi quintefeuille de gueules et d'argent à un trèfle et demi d'azur (Le Baud et Lagadec).

N° 6. Parti d'azur à un demi sautoir d'or cantonné d'une croisette et deux demi-croisettes de même, et d'argent à la quintefeuille de gueules.

 Date de la consécration de l'église.

Lorsque l'ancien autel en pierre fut démoli, pour faire place au maître-autel actuel, on trouva dans le sépulcre des reliques une boîte en plomb de 0 m. 10 de 1ongueur sur 0m. 08 de largeur et 0 m. 038 de hauteur, portant sur son couvercle deux écussons ayant la quintefeuille de Le Baud, l'un frappé à l'estampille, l'autre gravé au trait . Le dessous de cette cassette porte, gravée au burin en l'inscription suivante. Anno Dni millesimo quingentesimo Decimo quarto die vigesima octava Mensis octobri fuit hec basilica Consecrata procurante dno Guillelmo Le Baud canonico corisopiten islius Parochie vicario et originario. L'inscription se termine encore par la quintefeuille des Le Baud, et ceci nous explique aussi la présence de ces armes au bas des meneaux de la grande fenêtre nord et dans les vitraux du côté midi. Cette date de 1514 assignée à la consécration de l'église semblerait indiquer que le chiffre de 1558 qui surmonte la porte nord est la date d'une adjonction postérieure.

ANDRÉ (Auguste), 1877, "De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne",  Bulletin et mémoires de la Société archéologique du Département d'Ille-et-Vilaine, Volumes 11 à 12 tome IX, Rennes Ch. Catel, 1877 page 309 et sv

https://books.google.fr/books?id=Q8wwAQAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

Fenêtre du côté Sud. 

Il reste fort peu de chose à dire pour terminer la description des vitraux de Saint-Mathieu. Les deux fenêtres qui sont encore a examiner n'ont conservé de leurs anciens vitraux que ceux qui en garnissent le tympan. Le réseau de cette fenêtre se compose de huit compartiments, occupés, à l'exception d'un seul, par des armoiries ou des fragments d'armoiries. On va décrire successivement chacun d'eux, en suivant le même ordre que pour la grande fenêtre du chœur, et en les désignant par les lettres A, B, C, etc.

A. Ce compartiment, placé en supériorité, ne contient que les instruments de la Passion.

B. et C. Deux fragments d'un grand écusson supporté par deux lions, timbré d'un casque de face d'argent grillé d'or et entouré du cordon de Saint-Michel; on peut le blasonner ainsi : êcarlelé au 1er d'argent à une macle d'azur, qui est Tréanna; au 2e parti d'azur au lion d'argent et d'hermines au chef de gueules chargé de 3 fleurs de lys d'or, qui est Quélennec; au 3° d'argent à la quintefeuille de gueules; au 4° parti d'argent à la fasce de sable et de sinople à la croix d'or; sur le tout d'argent à 3 trèfles d'azur, qu'on croit être Lagadec. 

D. Écusson : d'azur au sautoir d'or accompagné de 4 croisettes de même.

 — E. Écusson : parti du précédent et d'or au croissant d'azur accompagné de 2 croisettes de même.

F. Écusson : d'argent à la quintefeuille de gueules. 

— G. Écusson : parti du précédent et d'argent à 3 trèfles d'azur. 

H. Écusson : parti d'azur au sautoir d'or et d'argent à la quintefeuille de gueules.

 On manque de documents pour établir ici autre chose que la description sèche que l'on vient de lire. Pourtant, s'il était permis d'émettre quelque conjecture, on ferait remarquer que les armoiries qui se répètent le plus souvent dans ces divers écussons, et qui par conséquent peuvent jusqu'à un certain point désigner la famille à laquelle elles se rattachent toutes, sont d'argent à la quintefeuille de gueules. Ces armes peuvent appartenir à plusieurs familles, mais ici elles semblent convenir plus particulièrement à celle de Le Baud, à laquelle Guy Leborgne et MM. L. de Laubrière et Pol de Courcy s'accordent à attribuer cette quintefeuille de gueules sur champ d'argent. Cette conjecture ne paraît point trop hasardée, lorsque l'on considère qu'un Jehan Le Baud figure parmi les nobles de Saint-Mathieu dans la montre de l'évêché de Cornouaille, de 1481 (Fréminville, Antiquités du Finistère, t. II), et qu'on se rappelle ce Guillaume Le Baud, sénéchal du Présidial de Quimper en 1590, qui paraît avoir été dans le parti royal l'un des plus rudes adversaires du chanoine Moreau, conseiller au même siége, lequel tenait pour la Ligue et le duc de Mercœur.

Toute la partie inférieure de la fenêtre est remplie par une vitrerie moderne.

Fenêtre du côté Nord. 

Cette fenêtre, dont le réseau est fort simple, ne présente que trois écussons, savoir :

1° en supériorité, d'hermines plein surmonté de la couronne ducale, entouré de la cordelière. Cette cordelière et l'époque à laquelle la vitre se rapporte par le choix des sujets, et qui ne peut être que le xve siècle, indiquent que ces armes sont celles de la reine Anne. On peut s'étonner de lui voir attribuer les armes pleines de Bretagne, au lieu de l'écu parti de France et de Bretagne, puisque la cordelière, signe distinctif des veuves, selon Vulson de la Colombière, n'a pu accompagner les armes de cette princesse qu'après son mariage et après la mort, en 1498, de son premier mari, le roi Charles VIII; mais on l'a sans doute considérée ici seulement comme duchesse de Bretagne;

2° le deuxième écusson est parti de sable au chevron d'argent, accompagné de 3 annelets d'or et lozangè d'argent et de sable chargé d'une colice de gueules; le canton dextre de ce parti paraît chargé de figures qu'on n'a pu distinguer. On peut présumer que ce sont les armes des Lhonoré sieurs de Kérambiquet, famille distinguée de Quimper, qui portait : losangè d'argent et de sable, à la cotice de gueules, au franc canton de pourpre chargé d'un dextrochère d'argent soutenant un épervier du même

3° le troisième écusson est : parti de sable au chevron d'argent accompagné de 3 annelets d'or et d'azur à la croix pattée d'argent

Les trois autres compartiments de la vitre contiennent divers épisodes de la vie de saint Yves, official de Tréguier, mort en 1303. Dans le premier, le saint, revêtu de son costume d'official, donne son capuchon à un pauvre qui lui demandait l'aumône (Albert Legrand, Vies des Saints de Bretagne, p. 161). Le second le représente vêtu de même, à genoux devant un ange. Dans le troisième, deux personnages sont à genoux devant lui; derrière le saint on aperçoit une maison ; ce sujet rappelle sans doute la charité de saint Yves, qui logeait et nourrissait les pauvres dans ses presbytères de Trédrez et de Lohannec'h, et qui fonda pour eux un hôpital dans son manoir de Kermartin (ibid.). Ainsi qu'on l'a dit plus haut, le style du dessin, l'agencement des figures, le coloris de cette vitre lui assignent la date de la fin du xv° siècle !. »

.— COUFFON et LE BRAS,1988  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 184.

LE BIHAN (Jean-Pierre), blog

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-Une fenêtre du côté Sud ne conservait que des armoiries ou des fragments d’armoiries posés dans son tympan. Il s’agissait des familles de Tréanna, Quélennec, Lagadec et Le Baud. Le bas était rempli d’une vitrerie dite « moderne », sans aucune description. A mon avis, un travail du peintre vitrier Quimpérois Cassaigne.

-Du côté Nord, encore une baie avec des armoiries dans un réseau de tympan à trois éléments avec les armes d’Anne de Bretagne pleines et celles des L’Honoré, (au-dessus)
 Les trois lancettes de cette baie présentaient divers épisodes de la vie de saint Yves, dont saint Yves donnant son capuchon à un pauvre, saint Yves à genoux devant un ange. Ailleurs il reçoit deux personnages à genoux sur un fond de maison.    Ce sujet peut rappeler la charité saint Yves. Ce vitrail était donné des années 1489-1499.

-Ces vitraux auraient été vus au XIX° siècle en place à la Cathédrale de Quimper soit dans les fond baptismaux, soit dans la chapelle des gouttes de sang;
Une autre chapelle, celle des de Kerdour contenait en 1632 un vitrail figuratif, dont on ne connaît pas le sujet. Au pignon ouest, au-dessus de la porte principale, le relevé de prééminences de Claude Bourricquen présente une baie à deux lancettes trilobées surmontées de trois jourrs, mais  ici on n’a de preuve que de 1642;dans la lancette centrale, un Christ en croix, est sur un petit Golgotha avec os et crane d’Adam.. Au pied de cette crucifixion, se voyait les armes des L’Honoré, tandis que dans le tympan, au dessous des armoiries mi-France mi-Bretagne, entourées du collier de saint Michel, sur fond rouge, on trouvait deux oculi avec personnages.Ceux-ci se révèlent être des anges musiciens annonçant probablement la Résurrection.

Après vision de clichés de la fondation Astor, cette fenêtre, lors de la démolition de l'église, possédait des vitraux kaléidoscope de Cassaigne.

Restauration en Avril 2006 par l'atelier Quimpérois le bihanvitraux

http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-18485675.html

http://lebihanvitraux.over-blog.fr/article-19178513.html 

PHILIPPE-LAVALLÉE , 1847 « Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper », dans Bulletin, Classe d'archéologie, Association Bretonne, Rennes, page 267

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074644/f416.image.r=quimper

LE GUENNEC (Louis ),1984, Histoire de Quimper Corentin et son canton, Les Amis de Louis Le Guennec, 1984 - 653 pages page 110

LE ROY (Yves), 1898, Paroisse Saint-Mathieu de Quimper, mon clocher, Quimper.

http://infobretagne.com/quimper-saint-mathieu.htm

 —PEYRON (abbé P.) 1893,  L'église Saint-Mathieu de Quimper , B.S.A.F. 1893 n° XX pages 16-39.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076230/f88.image

 

 

 

 

Les vitraux de Saint-Mathieu à Quimper.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Héraldique Quimper
3 mars 2020 2 03 /03 /mars /2020 09:26

La maîtresse-vitre (vers 1535, atelier Le Sodec, et 1896, J. P. Florence) de l'église Saint-Mathieu à Quimper.

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PASSIONS FINISTÉRIENNES.

 Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

et dans le Morbihan :

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On attribue aussi à l 'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

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PRÉSENTATION.

 

 

Au XIIe siècle, la construction d'une église paroissiale est attestée,  implantée sous l'actuelle église Saint-Mathieu ; elle témoigne de l'existence d'un point de fixation de population hors du centre urbain développé autour des premières cathédrales de Quimper, ceci à partir du Xe siècle, sur la Terre-au-Duc, deuxième noyau urbain après la cité épiscopale qui en est séparée par le Steir.

Selon P. Peyron, le cartulaire 56 de Saint-Corentin nous apprend qu'en 1209 l'archevêque de Tours confirma la cession que le comte de Bretagne avait faite, à l'évêque de Quimper, du droit de patronage qu'il avait dans l'église de Saint-Mathieu. Dix ans plus tard, Renaud, n'étant encore qu'évêque élu de Cornouaille, considérant la modicité des revenus de l'église cathédrale, fit don au chapitre de l'église de Saint-Mathieu. Par cette concession, datée du vendredi après la fête, de la Madeleine 1220, fut fondée la prébende canoniale de Saint-Mathieu, un chanoine en demeura titulaire jusqu'à la Révo­lution avec le titre de recteur primitif de la paroisse, qui était administrée par un vicaire perpétuel nommé par le chanoine prébendé; au siècle dernier, les revenus de la prébende de Saint-Mathieu étaient si minimes que le chanoine titulaire en avait fait l'abandon au vicaire perpétuel, qui prit, dès lors, le titre de recteur.
Le vicaire perpétuel était assisté, pour l'administration de la paroisse, de sept chapelains, dont l'élection et les fonctions furent réglées  par une ordonnance de Mgr Le Prestre, en 1636.

La nouvelle église gothique du XVe siècle avait été consacrée en 1514 par le recteur Guillaume le Baud, docteur en droit, Recteur  de Ploezinec, chanoine de Cornouaille et vicaire de Saint-Mathieu, mort en 1535 alors qu'il était chanoine de la cathédrale de Tréguier, , dont les armes se voyaient en plusieurs endroits (Peyron 1893, p.22 et Abgrall ibid. p. 204-205). 

Adossée à l'église, coté nord, la chapelle  Notre-Dame-de-Paradis (ou du Parvis) fut construite en 1528. Elle servit aux dames Ursulines de 1627 à 1679 et fut démolie, vers 1830, en même temps que la tour du XVe accolée au portail. 

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L'édifice actuel  a été rebâti de 1894 à 1897 par l'architecte Le Bigot, mais ses vitraux anciens avaient été soigneusement décrits par trois auteurs : Philippe-Lavallée en 1847, Auguste André en 1877 et, juste avant leur restauration et réorganisation, par Jean-Marie Abgrall en 1893, avec à chaque fois une analyse héraldique attentive. On trouvera en Sources et Liens les transcriptions de ces publications.

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Les anciens vitraux (XVIe siècle).

—Une fenêtre du fond du bas-coté nord, timbrée aux armes des L'Honoré conservait quelques éléments figurés, un saint solitaire (Fiacre) avec 2 personnages agenouillés, et 2 scènes de la vie de saint Yves avec une longue inscription.

—Une baie du coté sud comportait des écus de la famille Le Baud en alliance.

—La maîtresse-vitre de la Passion, marquée par les écus de Rosmadec (et ses alliance de Pont-Croix et Quélennec) placée sous les armes royales et ducales [ Louis XII et Anne de Bretagne : avant 1514 ; François Ier et Claude de France entre 1514 et 1524, etc.]  se trouvait alors endommagée, amputée de ses registres inférieurs et de son Christ en croix, auxquels avaient été substitués des bouche-trous sans doute étrangers à l'édifice, un Baptême du Christ et un Arbre de Jessé — avec le Calvaire comme à Kerfeunteun (v. 1525) de Quimper et à Confort-Meilars (v.1528-1530). 

Pour Abgrall, cette Passion était comparable à celle de Tourch (après 1550) et en partageait les cartons. Pour Le Bihan, elle se compare à celles de La Martyre (vers 1535) et de La Roche-Maurice (1539), toutes attribués à l'atelier Le Sodec de Quimper.

Pour Gatouillat et Hérold, qui la date vers 1535, la Passion de Quimper serait un peu plus ancienne que celle de La Roche-Maurice et serait, avec celle de Daoulas (perdue), le prototype d'un groupe qui comprend bien d'autres vitraux de la région.

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Les vitraux actuels.

Les vitraux actuels du chœur  (baies 0, 1 et 3) ont été décrits en 2005 par Gatouillat et Hérold dans Les vitraux de Bretagne, volume VII du Corpus Vitrearum .

La plupart des vitraux de l'ancienne église ont été remployés à la fin du XIXe siècle dans le chœur reconstruit. Selon Gatouillat et Hérold, la verrière centrale ou baie 0 confiée à Jean-Prosper Florence, de Tours en 1896 (inscr. lancette C) reçut des compléments inspirés, pour la Crucifixion,  de la Passion de Tourch (après 1550) et pour les scènes manquantes de la Passion, de celle de l'église  d'Ergué-Gabéric (1516).

Note  : comme l'a remarqué Le Bihan, et comme on le verra plus loin par de nombreux exemples, cette Crucifixion reproduit aussi les Passions des églises de La Martyre (1535) et de La Roche-Maurice (1539).

De part et d'autre (baie 1 et 2), l'atelier tourangeau plaça une Vie du Christ totalement neuve, mais en intégrant dans le tympan des restes d'armoiries provenant des chapelles latérales.

Les scènes de la Vie de saint Yves du bas-coté nord sont conservées depuis 1914 dans la chapelle privative de l'Évêché de Quimper (Yves donnant son chaperon à un pauvre / un ange rend au saint son chaperon)  : leur facture parait contemporaine de la consécration de 1514. Inscription COMAIN S. Y. DONNE SON CHAPOUROY A UNG POUVRE HOME POUR DIEU ET NAVOIT AULTRE QUE CREUT DOUUEZ (cf Dieu fit paroistre, par plusieurs miracles, combien luy estoit agreable la charité dont S. Yves assistoit ses membres. Nous avons dit cy-dessus, que, trouvant un jour un pauvre en son chemin, n'ayant que luy donner, il luy donna son chapperon, mais Dieu le luy remist sur la teste, avant qu'il fust arrivé en l'Eglise où il alloit".) On évaluera la valeur du terme CHAPOUROY, qui ne semble pas attesté en moyen- français ailleurs.

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Les baies 3 à 10 ont été confiées à divers ateliers comme Lepêtre, de Rouen, Charles Champigneulle de Paris, Florence de Tours, et Laumonnier de Vannes.

La maîtresse-vitre a été déposée en 1942 puis reposée par Jean-Jacques Gruber en 1947-1948. 

Elle a été à nouveau déposée par l'entreprise de Pierre Floch pour la pierre et Bournigual pour la serrurerie,  et restaurée en 2007 par Antoine Le Bihan.

 

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DESCRIPTION.

La baie 0 ou maîtresse-vitre mesure 7,50 m de haut et 3,60 m de large. Elle comporte 5 lancettes et un tympan à 11 ajours. Il s'agit d'une verrière de la Passion, en 9 scènes périphériques (5 en bas, 2 de chaque coté) autour d'une grande Crucifixion centrale sur trois lancettes.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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LE SOUBASSEMENT : INSCRIPTIONS ET COMPOSITIONS HÉRALDIQUES.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Les inscriptions (lancettes B et D) :

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" Reconstruction de l'église 1894-1896.

Recteur : Y. Le Roy, chanoine] hon[oraire]. Fabriciens : MM. Laimé, président, De Couesnongle, trésorier, De Coatgoureden, secrétaire, Magré et De Chabre, membres du conseil."

 

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Yves-Marie Le Roy fut recteur de Saint-Mathieu en 1886.

L'adjudication des travaux eut lieu en 1893, les membres du conseil étant alors. M. LAIMÉ, président ; M. Y. LE ROY, recteur ; M. ASTOR, maire ; M. H. DE COUESNONGLE, trésorier ; M. DE COATGOUREDEN, secrétaire ; M. ALIX ; M. MAGRÉ.

Joyaut de Couesnongle :

JOYAUT DE COUESNONGLE. 20333. - (BRETAGNE). - De gueules à une urne d'or, accostée de 2 branches de lys d'argent et surmontée de 4 étoiles du mesme, en orle. Louis Joyaut, ne put faire reconnaître sa noblesse en 1668, son petit-fils : François, laissa de Jeanne Aveline qu'il avait épousée en 1734 : Pierre Augustin Joyaut de Couesnongle (? 1743-1794) allié à Melle Barbier et pere de : Augustin Marie Joyaut de Couesnongle (1765-1847) Anobli en 1815, qui épousa en 1813 Félicité Gabrielle de Silguy, leur fils aîné : Augustin (1820-1902) mourut sans postérité de Melle Péan de Pontfilly ; leur fils cadet : Charles Marie Joyaut de Couesnongle, Chr. de la L.H.. (1823-1878) épousa en 1854 Melle Dangé d'Orsay dont il eut deux fils : André Paul, et Stephen, l'aîné continua. (Révérend Restauration 4. - La Messeliere 3.)

http://palisep.fr/bibliotheque/jougla/tome_04.pdf

https://gw.geneanet.org/wikifrat?lang=en&pz=honore+gabriel&nz=de+riqueti+de+mirabeau&p=andre+augustin+paul+marie+charles&n=joyaut+de+couesnongle

 

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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"Principaux donateurs : Mme veuve Bonnemaison, la commune de Quimper, l'État, Mme Perrotin, la famille Soudry, etc."

Une souscription fut lancée en 1882. Madame de Bonnemaison est mentionnée par Yves le Roy : "Le devis primitif de tous les travaux montait à 218.150 fr. 00. Au règlement définitif des comptes, il a été payé 250.343 fr. 02 [Note : Les paroissiens de Saint-Mathieu, si heureux de leur église, ne sauraient oublier que la vénérable Mme Bonnemaison a un droit tout particulier à leur reconnaissance et à un souvenir dans leurs prières. Sans sa grande générosité, l'oeuvre de la reconstruction de l'église n'aurait pas pu être tentée de si tôt."

Il s'agit de Louise de Bonnemaison, qui contribua aussi à la restauration de la chapelle Saint-Nicolas de la cathédrale, en imposant le nouveau vocable de Chapelle Saint-Frédéric , en hommage à son défunt mari, et en imposant pour le vitrail le sujet de la Vie de saint Frédéric.

Remarques marginales. Le seul "de Bonnemaison" connu à Quimper, outre cette donatrice, est un botaniste dont la Place du Marché porte le nom. Mes recherches sur "Frédéric de Bonnemaison" au XIXe siècle restent vaines

Théophile de Bonnemaison fut un botaniste distingué, descripteur du Narcisse des Glénans, et célèbre aussi pour ses descriptions d' algues. Parmi les Rhodophytes ou Algues rouges, Ordre des  Bonnemaisoniales, famille des Bonnemaisoniaceae, C. Agardh lui dédia en 1822  le genre Bonnemaisonia,  Woodhart & C. Agardh nommèrent en son honneur l'espèce La Plume épineuse rouge Bonnemaisonia asparagoides.

https://doris.ffessm.fr/Especes/Bonnemaisonia-asparagoides-Plume-epineuse-rouge-2001

La médiathèque de Quimper conserve son imposant herbier (9000 plantes dont 2000 algues), et donne sa biographie :

 

"Théophile Armand Constant Bonnemaison est né en 1774 à Quimper. Il suit les traces de son père, maître apothicaire, et devient pharmacien en 1805. Il exerce dans l’armée à Brest puis s’installe à Quimper, où il tient une officine rue Kéréon. Sa profession, qui consiste à utiliser les plantes à des fins thérapeutiques, l’amène, comme nombre de ses collègues, à s’intéresser à la botanique. Il s’adonne à cette discipline avec passion et rigueur, excelle dans le domaine et est un précurseur en Bretagne. On décrit un homme savant, persévérant et modeste. Durant toute sa carrière, il herborise le Finistère et collecte des milliers de plantes aussi bien terrestres que marines. Il assiste aux cours du célèbre naturaliste Lamarck au Muséum national d’histoire naturelle et est correspondant de plusieurs sociétés savantes (Société Philomathique, Société Linéenne de Paris et de Caen, Société Polymathique du Morbihan, Société Naturelle). Il meurt en 1829 à l’âge de 54 ans, laissant deux filles en bas âge et des travaux inachevés. Son herbier et ses différentes études restent aujourd’hui encore des références dans toute l’Europe. Extrait de son éloge dans le compte rendu de la Société polymathique du Morbihan : « Les naturalistes qui visitaient la Bretagne ne manquaient jamais de consulter un homme qui en avait étudié toutes les productions, et s’en retournaient également étonnés de sa modestie et de l’étendue de ses connaissances. Ce savant a été enlevé au moment où il allait enrichir la science du fruit de ses observations. Etc... »

http://mediatheques.quimper-communaute.fr/DocInterQuimper/Media/CATALPAT/HERBIER2014.pdf

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Jules Soudry (1843-1918), avoué à Quimper, fut conseiller général entre 1895 et 1901.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Les ensembles héraldiques.

Ils correspondent tous les trois à ceux d'A. André a décrit en 1878 dans la baie sud.

Le premier et le dernier sont placés dans une guirlande.

1. D'azur au sautoir d'or, accompagné de 4 croisettes de même.

Présent également, en plein ou en alliance dans la baie 1. Non identifié.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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2. Lancette C : écartelé complexe placé dans un collier de l'Ordre de Saint-Michel à aiguillettes ou lacs d'amour (version avant 1516); avec heaume et tortil de baron.

L'écu date du XVIIe siècle comme en témoigne l'emploi d'émaux. On reconnait

 

— à gauche : les armes a) du Quélennec d'hermines, au chef de gueules chargé de trois fleurs de lys d'or, en alliance avec d'azur au lion d'or (Le Faou) b)  d'argent à la croix d'or, en alliance avec   d'argent à la fasce de sable  Et brochant sur le tout  un blason d'argent aux trois têtes de loup ou aux trois hures de sable (au lambel de gueules).

—à droite : les armes  de Tréanna  d'argent à une macle de sable, et Le Baud (*) d'argent à une quintefeuille de gueules,

Il correspond à la description de deux fragments d'un grand écusson de la baie sud décrit avant la restauration des vitraux,

" supporté par deux lions, timbré d'un casque de face d'argent grillé d'or et entouré du cordon de Saint-Michel; on peut le blasonner ainsi : écarlelé au 1er d'argent à une macle d'azur, qui est Tréanna; au 2e parti d'azur au lion d'argent et d'hermines au chef de gueules chargé de 3 fleurs de lys d'or, qui est Quélennec; au 3° d'argent à la quintefeuille de gueules; au 4° parti d'argent à la fasce de sable et de sinople à la croix d'or; sur le tout d'argent à 3 trèfles d'azur, qu'on croit être Lagadec. 

 

(*) Baud (Le) Kerautret, Casteven, Trévegant d’argent, à une quintefeuille de gueules : Armorial de Briant de Laubrière https://www.tudchentil.org/spip.php?article684 .

Les Le Baud étaient seigneur de Crec'hmarc'h, paroisse de Saint-Mathieu.

 Un Jehan Le Baud est le seul  noble de Saint-Mathieu dans la montre de l'évêché de Cornouaille, de 1481, "pour Olivier son fils, archer en brigandine" (Fréminville, Antiquités du Finistère, t. II, et Tudchentil), et un  Guillaume Le Baud, sénéchal du Présidial de Quimper en 1590, qui paraît avoir été dans le parti royal l'un des plus rudes adversaires du chanoine Moreau, conseiller au même siège, lequel tenait pour la Ligue et le duc de Mercœur. En 1514-1524, Guillaume Le Baud, docteur en droit,  était chanoine de Cornouailles et vicaire de St-Mathieu. En 1542, Jehan le Baud contribue pour un enfant au "droit de poullage" pour les tombes du cimetière.

Inscription VERRIERE RESTAURÉE PAR FLORENCE À TOURS 1896

 

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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3. Blason avec  les armes en 1 d'azur au sautoir d'or accompagné de 4 crossettes de même, et en 2 d'or au croissant d'azur accompagné de 3 molettes de gueules.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR : 5 SCÈNES DE LA PASSION.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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1. Agonie du Christ au Mont des Oliviers avec les Apôtres Pierre, Jacques et Jean.

Copie de 1896 d'après le vitrail de l'église d'Ergué-Gabéric (1516-1517).

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Ergué-Gabéric, maîtresse-vitre (1516). Photographie lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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2. Baiser de Judas et arrestation du Christ.

Copie de 1896 d'après le vitrail de l'église d'Ergué-Gabéric.

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Ergué-Gabéric, maîtresse-vitre (1516-1517). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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3. Comparution devant Caïphe.

Bien conservé. Panneau signalé par Philippe-Lavallée et par A. André sur le vitrail avant restauration.

Les fonds des panneaux d'origine sont soit à rouelle, soit à croisillons en losange. Exactement comme à La -Roche-Maurice, mais pas pour les mêmes scènes.

Comparez avec La Roche-Maurice ; il ne manque que le petit chien.

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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4. Flagellation.

Bien conservé, sauf le Christ, restauré. Comparez avec La Roche-Maurice  (1539) :

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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5. Couronnement d'épines.

panneau supérieur bien conservé. Comparez avec La Roche-Maurice.

 

 

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

 

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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LES REGISTRES INTERMÉDIAIRE ET SUPÉRIEUR : 4 SCÈNES DE LA PASSION ET UNE GRANDE CRUCIFIXION CENTRALE.

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Registre intermédiaire, à gauche. 6. Comparution devant Pilate.

Panneau bien conservé. Comparez avec La Roche-Maurice (1539).

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Registre supérieur, à gauche. 7. Portement de croix.

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"Bien conservé" (Gatouillat et Hérold) ; le visage du Christ me parait restauré.

 

Verre rouge gravé pour le nimbe crucifère.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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8. Grande crucifixion centrale à 9 panneaux (1896, J.P. Florence, copie de Tourc'h [et la Roche-Maurice 1539].

Examen lancette par lancette (B, C et D), sauf la partie inférieure qui forme une séquence horizontale, les soldats se disputant la tunique du Christ : elle sera présentée à la fin.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Lancette B. Le Bon Larron. Marie soutenue par Jean et les Saintes Femmes.

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1. Le Bon Larron.

Son âme est emportée vers le Ciel par un ange. Comparez avec La Roche-Maurice :

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539).

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Et comparez avec La Martyre. (vous avez accès à ma description en cliquant sur l'image. Je ne donnerai pas à chaque fois la scène correspondante de La Martyre).

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Maîtresse-vitre (1535) de l'église de La Martyre. Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Marie et les Saintes Femmes.

Les larmes, notamment de saint Jean, sont bien présentes ici, mais moins visible qu'à La Roche-Maurice :

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Lancette C. Le Crucifié. Les deux cavaliers. Sainte Marie-Madeleine.

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Cette partie centrale a été restituée d'après la baie 0 de Tourc'h ; mais la scène homologue de La Roche-Maurice est comparable.

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Marie-Madeleine au pied de la Croix.

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Comparez avec La Roche-Maurice ; depuis ma description de ce panneau en 2017, j'évalue mieux l'importance de la dévotion au sang de la croix fontaine-de-vie, indissociable de la vénération portée à Marie-Madeleine : voir la fin de mon article sur le Puits de Moïse de Champmol  (vers 1399) et celui sur le calvaire (1544) de Sainte-Marie du Ménez-Hom.

Dès lors, je donne toute son importance à la façon dont le peintre a peint à la sanguine le sang qui s'écoule des mains, des pieds et du flanc,  mais aussi des plaies soigneusement dessinées des verges, dont il en montre les ruisselets descendant le long de la croix, passant devant les yeux et le corps en extase de la sainte, avant d'atteindre le sol où, hasard ou pas, une boule rouge (pomme?) puis une scène est figurée, le versement criminel du sang. Cette long écoulement illustre le dogme du sang rédempteur du Christ, rachat de la faute originelle. (À La Roche-Maurice, le crâne d'Adam est placé au pied de la Croix ; à Saint-Mathieu (mais dans une copie du XIXe siècle), il est un peu éloigné.

Au même titre, l'importance donné à Longin, le lancier responsable de la plaie du flanc droit, est remarquable.

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Lancette D. Le Mauvais Larron, trois cavaliers, des soldats.

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On remarquera le paysage hierosolymite (et oui, on ne le place pas tous les jours) peint en grisaille sur verre bleu ... comme ) La Roche-Maurice. Il s'observait aussi sur les deux lancettes précédentes.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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La mort du Mauvais Larron.

Comparez avec La Roche-Maurice : J. P. Florence n'a pas repris la technique de verre rouge gravée de ces prédécesseurs pour la culotte du larron.

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Les commentaires et discussions du grand-prêtre, des membres du Sanhédrin (à cheval), et des lanciers.

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Comparez avec La Roche-Maurice. Là encore, les verres rouge gravés du chapeau conique ou de la robe à quadrilobes n'ont pas été imités. 

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Les chevaux de l'atelier quimpérois dit "de Sohec" sont immédiatement identifiables, tant pour leur harnachement que pour leur gueule hilare.

Mais une autre caractéristique de cet atelier réside dans les inscriptions dépourvues de sens, ou citant des oraisons mariales. Elles sont présentes à profusion à Kerfeunteun, à Plogonnec, ou à Confort.

On les trouve aussi sur le galon de la robe du cavalier de la scène homologue de La Martyre (v. 1535) :

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Maîtresse-vitre (1535) de l'église de La Martyre. Photo lavieb-aile.

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Ici, nous ne trouvons qu'une inscription, sur la bride du cheval du même cavalier. Elle porte les lettres NOS VEOR. Comme nous ignorons si le verrier de 1896 a copié un modèle précis ou bien s'il s'est inspiré librement des productions quimpéroises, il n'y a pas lieu de chercher à leur donner une signification.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Les soldats se disputant la tunique du Christ (avant de la jouer aux dés ?)

 

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Registre intermédiaire, à droite. 9. Mise au tombeau.

restauré, mais présent sur la vitre originelle.

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La Roche-Maurice, maîtresse-vitre (1539). Photo lavieb-aile.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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Registre supérieur, coté droit. 10. Résurrection.

Peu restauré. Les dais sont modernes. Emploi de verre rouge gravé pour les rais venant du Ciel.

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Comparez avec Plogonnec (1520), ou, ci-dessous, La Roche-Maurice.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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LE TYMPAN À 11 AJOURS.

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Il correspond exactement aux descriptions de 1849 et 1878 préalables à la restauration par Florence.

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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La partie supérieure:

-au sommet Dieu le Père en buste, bénissant, coiffé de la tiare et tenant le globe.

-4 ajours : anges présentant les Instruments de la Passion : un vase sacré  sur un plateau ; la tunique sans couture, les dés, la croix, la tenaille, le marteau, la lance et l'éponge d'hysope ; la colonne de la Flagellation, l'oreille de Malchus serviteur du grand-prêtre, l'épée (sabre) de saint Pierre ; les verges et les fouets de la Flagellation;   la lanterne de l'Arrestation. XVIe siècle, bien conservé.

-2 mouchettes : 2 anges (partiellement conservés) présentant les écus de France et parti France-Bretagne, entourés du collier de l'Ordre de Saint-Michel dans sa version d'avant 1516. Les lys sont montés en chef d'œuvre.

Auguste André remarquait, avant même la restauration de 1895,  les  figures des deux anges latéraux  "particulièrement remarquable pour la grâce de la pose et la pureté du dessin".

 

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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La quatrième rangée d'ajours et ses 4 blasons.

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Ils appartiennent tous  à la famille des Rosmadec, qui a fourni à Quimper un évêque de Quimper (Bertrand) et deux gouverneurs. Alain de Rosmadec, capitaine du ban et arrière-ban des gentilshommes de Cornouaille, épousa en 1505 Jeanne, dame de La Chapelle et de Molac. C dans cette période que la vitre fut peinte.

De gauche à droite :

1. Ajour latéral : blason supporté par deux anges. (peu restaurés). Le blason est en partie restitué, la moitié supérieure étant la seule ancienne à gauche. C'est un  écartelé : au 1er palé d'argent et d'azur de 6 pièces,(Rosmadec); au 2° d'azur au lion d'argent, ( Pont-Croix); au 3e d'azur au château cantonné  de trois pièces d'or (Tyvarlen) ; au 4 de sable à trois jumelles d'or (de Lespervez).

Guillaume de Rosmadec, fils de Jean de Rosmadec et d'Alix de Tyvarlan et de Pont-Croix, a épousé Jeanne de Lespervez.

2. Parti au 1  de Rosmadec (*), au 2 de Thomelin (**)

(*) Guillaume de Rosmadec mort en 1426, portait un écartelé en 1 et 3 palé d'argent et d'azur de six pièces (Rosmadec), et en 2 et 4 d'azur au lion d'argent (Pont-Croix)

(**)Thomelin porte écartelé d'azur et de gueules, l'azur étant chargé de cinq billettes d'argent, deux en chef, une en fasce et deux en pointe" (Le Roy d'armes)

Jean II de Rosmadec, fils de Guillaume, épousa en 1438  Jeanne de Thomelin. Il décéda après 1469 et fut inhumé en l'église de Pont-Croix. Son fils Alain I épousa Françoise de Quélennec.

3. Ecartelé  au 1er palé d'argent et d'azur de 6 piéces (Rosmadec); au 2 de gueules à 4 macles d'argent, ( Molac) ; au 3 d'azur au lion d'argent (Pont-Croix) ; au 4 de gueules à la bande d'hermines (La Chapelle) 

Alain II de Rosmadec (v.1509-1560), sieur de Tyvarlen, baron de Molac,  réunit dans ses armoiries celles de son père Jean (Rosmadec et Pont-Croix) et celles de sa mère Jeanne de la Chapelle Molac. Marié à Jeanne du Chastel en 1528, il favorisa de ses donations l'église de Confort (Confort-Meilars) et celle de Pont-Croix. Il eut comme fils Tanguy /Marguerite de Beaumanoir, d'où Sébastien I de Rosmadec/Françoise de Montmorency puis Sébastien II.

4. Ecartelé : en 1 palé d'argent et d'azur de six pièces (Rosmadec), en 2 d'azur au lion d'or (Le Faou), en 3 d'azur au lion d'argent (Pont-Croix), au 4 d'hermines au chef de gueules chargé de trois lys d'or (Quellenec) 

Jean III de Rosmadec, , de Tyvarlen , de Pont-Croix , de Lespervez et de Pratheir -1515, Seigneur de Glomel , sénéchal héréditaire de Rohan (1510-1515), capitaine des gentilshommes du Ban et arrière Ban et de la côte de Basse-Bretagne. (1513). Il est le père d'Alain II de Rosmadec, qui précède.

Jean, sire de Rosmadec, III du nom, de Tyvarlan, de Pont-Croix, de Lespervez de Pratheir, de Glomel, et autres lieux, capitaine des gentilshommes du Ban et arrière Ban et de la côte de Basse-Bretagne.

    Le roi Charles VIII lui donna les droits de rachats a lui échus pas le trépas de son père par lettre patentes du 6 avril 1491 comme fit aussi Jean vicomte de Rohan et de Léon, comte de Porhoët, comme à son cousin, pour les fiefs et seigneurie qu'il tenait de lui, les lettres sont du 4 desdits mois et an. Le 6 avril 1491, étant à Nantes, le roi de France ordonna une fabrication de monnaie en Bretagne pareille à la sienne, afin de faciliter le commerce de cette province avec le reste du royaume. Conformément à cette ordonnance, on y fabriqua non-seulement des écus d'or, mais des espèces do billon telles qu'on les faisait dans les autres provinces du royaume; on grava sur toutes ces espèces des hermines, qui étaient les armes des ducs de Bretagne.

    Le 19 février 1505 dans le château de Blois, en présence du roi Louis XII et de la reine Anne duchesse de Bretagne, fut fait son mariage avec Jeanne de La Chapelle, seconde fille d'Allain, sire de La Chapelle, de Molac, de Sérent et de Pestivien, vicomte de Bignon chambellan des ducs de Bretagne, et l'un des lieutenants généraux dans leur armée, et de Louise de Malestroit sa femme.

    Cette femme tenait son origine des plus illustres maisons de cette province et dehors et en la remontant par les mères au neuvième degré, elle sortait de la maison royale de France, elle venait en ligne directe d'Olivier Baron de La Chapelle, chevalier et maréchal de Bretagne en l'an 1318 qui était son cinquième aïeul, son aïeule Marguerite de Malestroit était sœur de Jean baron de Malestroit, maréchal de Bretagne, sa bisaïeule Béatrice de Penhoët, fille de Jean sire de Penhoët amiral de Bretagne, et de Jeanne du Perier fille d'Allain sire du Perier, maréchal de Bretagne, et de Plesou de Quintin issue des maisons de Penthièvre, Avaugour et par conséquent des princes de Bretagne.

    L'an 1513, il fut institué capitaine des gentilshommes, et côtes de Basse-Bretagne par Jean sire de Rieux, et de Rochefort, maréchal de Bretagne et Jean de Rohan, sire de Landal, grand maître de Bretagne, lieutenant généraux audit pays pour le roi et duc, aussi était il cousin né de germain dudit sire de Rieux et beau frère dudit de Rohan qui avait épousé Ysabeau de La Chapelle sœur aînée de ladites Jeanne, et par la mort de laquelle advenue l'an 1519 sans enfants, toute la succession universelle desdites Maisons de Molac, La Chapelle, et autre lui échurent, et par elle entrèrent dans le nom et famille de Rosmadec.

    Il mourut l'an 1515 ayant auparavant fait testament en son château de Tyvalan le 22 septembre audit an, et fut inhumé au tombeau de ses prédécesseur en l'église de Notre-Dame de Pont-Croix.

 

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"Puis, on trouvait un écu mi parti France Bretagne, avec 2 anges et même cordon et même couronne, puis les écus de Rosmadec et de Pont-Croix. Le tympan, en dehors d’un Père Eternel et des instruments de la Passion, présentait au moins quatre écussons des familles de Rosmadec, La Chapelle, Molac, Le Sénéchal de Carcado. Certains  remaniés, d’autre refaits à la fantaisie du vitrier, deux-ci étaient entourés du collier de l’épi."Le Bihan

1° un écusson appartenant à la famille des Rosmadec, qui a fourni à Quimper un évêque et deux gouverneurs. L'écu représenté ici est écarlelé : au 1er palé d'argent et d'azur de 6 piéces, qui est de Rosmadec; au 2° d'azur au lion d'argent, qui est de Pont-Croix (ou du Juch); au 3e coupé d'or et de gueules au chef d'hermines (ceci est sans doute une erreur de l'ouvrier qui a réparé les vitraux; ce quartier de l'écu devait être de gueules à la fasce d'hermines, qui est de La Chapelle, une des alliances des Rosmadec); au 4e d'hermines (on ne sait d'où vient ce 4" quartier; c'est peut-être encore une réparation maladroite);

2° autre écusson des Rosmadec, écartelé au 1er palé d'argent et d'azur de 6 piéces; au 2e de gueules. à 4 macles d'argent, qui est de Molac; au 3e d'azur au lion d'argent; au 4e de gueules à la bande d'hermines (ce 4e quartier paraît encore faussement rajusté). On vient de dire que le 3° quartier de cet écusson, de gueules à 4 macles d'argent, était de Molac. Toussaint de Saint-Luc, en donnant les armes de Rosmadec, attribue aux Molac neuf macles d'argent sur champ de gueules, au lieu de quatre; mais ces 4 macles d'argent se retrouvent attribuées aux Molac dans la généalogie de Sébastien, marquis de Rosmadeuc, baron de Molac et gouverneur de Quimper, donnée par d'Hozier en tête de l'Histoire de Bretagne de Lebaud. Les 9 macles figurent aussi dans cette généalogie, mais comme venant des Rohan. Ce sont, en effet, les armes bien connues de cette illustre famille, avec des émaux différents. Au reste, il y a nombre d'armoiries dans lesquelles la quantité des figures a varié avec le temps. Peut-être aussi ces 4 macles étaient-elles les armes primitives de la famille de Molac, qui n'aurait pris les 9 macles qu'après son alliance avec la famille Le Sénéchal de Carcado, à qui elles appartenaient comme ramage de Rohan; 

3° ce dernier écusson est entièrement indéchiffrable; on y voit une fleur de lys d'azur sur champ d'argent, et d'autres signes plus ou moins héraldiques. Alain de Rosmadec, capitaine du ban et arrière-ban des gentilshommes de Cornouaille, épousa en 1505 Jeanne, dame de La Chapelle et de Molac. C'est donc dans cette période que la vitre fut peinte.

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Conclusion : le blason le plus tardif dans l'ordre généalogique est celui d'Alain II de Rosmadec (vers 1509-1560), qui figure comme donateur avec son épouse dans deux autres verrières issues du même atelier quimpérois, celle (vers 1528) de Confort à Confort-Meilars et celle ( vers 1530) de Roscudon à Pont-Croix. Si on admet que la verrière de Saint-Mathieu date vers 1535, ces trois baies sont alors fortement réunies. 

On note l'absence des armes de Jeanne du Chastel sur le tympan de Saint-Mathieu.

Nous retrouvons les Rosmadec dans l'histoire de Saint-Mathieu au XVIIe siècle :

"Les Ursulines furent  établies dès 1621 dans la paroisse de Saint-Mathieu par le marquis de Rosmadec ; elles  dispensaient aux fillettes du peuple une instruction élémentaire absolument gratuite. Le 12 mars 1639, le corps d'une jeune jouvencelle de très noble race vint dormir de son dernier sommeil sous les dalles de la chapelle Notre-Dame du Paradis. C'était celui de « haulte et puissante damoyselle Françoise de Rozmadec, damoiselle de Moullac », fille du gouverneur de Quimper, Messire Sébastien de Rosmadec." Le Guennec

"Sébastien, marquis de Rosmadec bâtit en 1623 le couvent des Dames Ursulines dont sa sœur Madeleine fut la première Supérieure de 24 religieuses."

 

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Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

Baie 0 (v. 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper. Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1893, Saint-Mathieu de Quimper, description du monument. Bull. Société archéologique du Finistère pages 198-205.

 

"Déjà M. l'abbé Peyron a publié dans notre bulletin, 1e et 2e livraisons de 1893, une notice historique très détaillée sur l'église de Saint-Mathieu. Maintenant que cette église est sur le point de disparaître pour faire place à un monument nouveau d'une plus grande importance: il est bon de lui faire nos derniers adieux et de lui adresser, en le retournant un peu, le vieux salut dès vieux athlètes: Morituram te salutant. . Mais elle ne mourra pas toute entière; il y a dans cette vieille église des éléments dignes d'intérêt et vraiment artistiques, ils retrouveront leur place dans le nouvel édifice: et l'œuvre des ouvriers du XVIe siècle aura comme une nouvelle floraison à la fin du XlXe. L'objet de cette note est de les passer en revue .

Extérieur.

Autrefois le clocher de Saint-Mathieu, était attenant au {côté nord de l'église, vers la partie du couvent des Ursulines qui sert maintenant de prison. Ce clocher était entièrement rejeté à l'extérieur, et la circulation pouvait se faire au-dessous, par deux grandes arcades ouvertes. Les hommes de cette génération ne l'ont vu qu'à l'état de ruine, avec ses grands contreforts massifs, quelques petites baies étroites, des colonnettes frustes: et son beffroi inachevé, mal couronné par une lourde toiture en ardoise. C'est cet aspect, sur. deux façades différentes, que donne la phototypie annexée à ce numéro; nous le devons à un relevé fait par M. Roussin . père, et reproduit par M. Serret de Notre-Dame-du-Paradis. La façade ouest actuelle, avec deux travées du côté midi et trois du côté nord, a été refaite à l'époque où l'on a reconstruit cette façade on a reconstitué les éléments anciens: la porte principale encadrée de quatre rangs de colonnettes et de voussures et de deux guirlandes de feuilles de vigne et de chal'don, puis les deux contreforts avec niches surmontées de dais à pinacles. Le clocher, œuvre de M. Bigot père, sera replacé, dans la nouvelle construction et exhaussé à la demande des plans dressés par l'architecte, fils du précédent, et qui se fait un devoir de respecter les productions qui sont la gloire de sa famille.

La façade nord compte quatre fenêtres à deux baies et deux plus larges à quatre et cinq baies, toutes surmontées de pignons aigus ornés de crosses végétales. Vers le milieu de cette façade est une jolie porte entourée de colonnettes et de nervures prismatiques et couronnée d'une accolade feuillagée au-dessus de laquelle court une frise à feuilles de chardon. Plus haut, une niche dont le dais est accosté d'un cartouche portant en caractères gothiques l'inscription suivante: EN LAN 1558 FUT FAICT . Au pied de deux meneaux de la grande fenêtre extrême, on voit un écusson que nous retrouverons dans les vitraux d'une fenêtre du côté midi: d'argent à la quintefeuille de gueules (Le Baud). Les Le Baud étaient seigneurs de Crec'hmarc'h, paroisse de Saint-Mathieu.

La fenêtre absidale, ornée d'une verrière ancienne, a le bas de ses baies bouché par une maçonnerie jusqu'à une hauteur de 1 m. 60. Une autre fenêtre à quatre baies, derrière l'autel du fond du bas-côté sud, se trouve aussi complètement aveuglée par une maçonnerie de moellon qui laisse cependant deviner l'élégance des dessins du tympan. Sur le côté midi on compte cinq fenêtres à trois baies, une à quatre baies et une porte autrefois richement sculptée mais actuellement fort dégradée.

Intérieur.

A l'intérieur l'église se compose d'une nef et de deux collatéraux séparée par une série de six colonnes de chaque côté, quatre cylindriques et les autres octogonales supportant les arcades à nervures déliées qui viennent y pénétrer sans chapiteaux intermédiaires . L longueur totale de la grande nef, à partir du clocher, est de 39 mètres, la largeur 6 m 85. La largeur du bas-côté nord, 4 m. 50 ; celle du bas-côté sud 4 m. 10; largeur totale, 15 m. 45. , . L'église avait autrefois des poutres ouvrées, des sablières sculptées et un lambris à nervures saillantes. Les poutres ont été coupées, ce qui a déterminé l'écartement des murs de la nef; les sablières ont été remplacées par une pauvre corniche en plâtre et le lambris par un plafond informe et tout fendillé. En fait de mobilier, il ne reste aucune pièce ancienne; et comme statues, seulement une Notre-Dame des Portes et une sainte Marguerite en bois, d'environ 1 mètre de hauteur, mais de peu de valeur artistique. Deux bénitiers sculptées, près des portes latérales peuvent attirer l'attention, ainsi que quelques pierres tumulaires bien faites, parsemées dans le pavé .

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 VITRAUX

Les documents les plus intéressants sont les restes de vitraux, avec leurs blasons; encore ceux-ci ont-ils été bien maltraités et dénaturés dans une restauration datant de quelque quarante ans.

La maîtresse-vitre est une belle page de la peinture sur verre au XVIe. siècle. 'Elle provient du même atelier que celle de l'église de Tourc'h, et l'on peut même reconnaître que cc sont les mêmes cartons qui ont servi pour la composition, de sorte que pour reconstituer les scènes de la baie du milieu qui ont été détruites à Saint-Mathieu et remplacées par des fragments d'un Arbre de Jessé, il suffira d'aller à Tourc'h copier le modèle dessiné par le vieux peintre-verrier. Cette fenêtre composée de 5 baies et maçonnée à 1 m. 60 de sa hauteur, comme je l'ai déjà dit, devait contenir autrefois plusieurs scènes de la vie de Notre-Seigneur et ne renferme maintenant que des scènes de sa passion, sauf celle de son baptême par saint Jean, mais qui est interpolée.

1.Notre-Seigneur devant Caïphe. Le pontife est coiffé de la mitre, vêtu d'une robe verte et d'un riche manteau rouge, doublé d'hermine, Notre~Seigneur a les bras chargés de liens et un soldat lui donne un soufflet; (sic respondes pontifici ?)

. 2. Baptême de Notre-Seigneur par saint Jean. Sujet qui n'est pas à sa place.

3. Couronnement d'épines. Les soldats coiffés de toques à plumets ont des expressions étranges de férocité.

4. Flagellation.

5. Notre-Seigneur condamné à mort. Pilate se lave les mains.

6.Notre-Seigneur portant sa croix. Au haut de la même baie.

. Le crucifiement, comprenant les trois baies, du milieu. - Malheureusement les personnages de la baie centrale ont disparu et ont été très inhabilement remplacés. En les reconstituant d'après ce qui existe à Tourc'h, nous aurons : Notre-Seigneur en croix; saint Longin à cheval lui perce le côté de sa lance; la Madeleine au pied de la croix. Sous le larron de droite on voit la Vierge éplorée, soutenue par saint Jean et par une sainte femme; à l'arrière-plan, deux juifs debout, puis un soldat casqué et un pharisien à cheval. Sous le larron de gauche, un centurion au costume très riche, monté sur un magnifique cheval, et au second plan, le prince des prêtres et un pharisien aussi à cheval. Le bon larron rend le dernier soupir, et son âme sous la forme d'un petit enfant nu, est portée au ciel par un ange, tandis que celle du mauvais larron est emportée par un démon hideux .

. Mise au tombeau. La Sainte-Vierge tient la main gauche de son divin Fils, en même temps que l'une des saintes femmes tient la droite et oint de parfums le corps sacré. Joseph d'Arimathie et N'icodème soutiennent la tète et les pieds en le déposant respectueusement dans le sépulcre. Derrrière on reconnaît saint Jean, une des trois Marie, et Marie-Madeleine qui essuie ses larmes.

Résurrection, Notre-Seigneur sort glorieux du tombeau. On voit les gardes endormis ou renversés.

Le tympan.

Au sommet du tympan, dans le soufflet supérieur, le Père-Eternel, en tiare et chape, bénissant de la main droite et tenant de la main gauche le globe du monde.

Plus bas, les instruments de la passion: la croix, la lance, l'éponge, le marteau, les tenailles et le manteau de pourpre, puis la colonne de la flagellation, les verges, le fouet, un autre marteau et le glaive de saint Pierre.

Dans les côtés, un ange tenant une aiguière sur son plateau, un autre ayant en main une lanterne.

Six des soumets de ce tympan contiennent des blasons. (C'est à l'obligeance de M. Ducrest de Villeneuve que je dois ces notes sur les blasons des vitraux de Saint-Mathieu.). .

N° 1. L'écu de France, soutenu par deux anges, entouré du cordon de l'Ordre de Saint-Michel et surmonté d'une couronne non fermée, à fleurons fleurdelisés.

N°2. Mi-parti de France et de Bretagne, supporté par deux anges: avec le même cordon et la même couronne.

N°3. Ecartelé, 1 pallé de 6 pièces d'argent et d'azur ,Rosmadec). 2 d'azur au lion d'argent (Pont-Croix). Les deux autres pièces sont frustes.

N°3 Ecartelé, 1 pallé d'argent et d'azur (Rosmadee). 2, (remanié, 3 d'azur au lion d'argent. 4, remanié.

N° 5. Ecartelé, 1 et 3, les mêmes, les autres pièces remaniees.

N°6 . Ecartelé. 1 d'azur au léopard d'or contourné . 2 et :3 refaits à la fantaisie du vitrier. 4, d'hermines au chef de gueules chargé de 3 fleurs de lys d'or (du Quélennec). Ces quatre derniers écus sont entourés du collier de l'ordre de l'épi.

 

 Verrière nord. 

Au haut de cette fenêtre sont trois panneaux historiés.

-Saint Yves, vêtu d'une robe bleue ou violette, sur laquelle est un autre vêtement blanc, plus court, en forme de surplis et camail, avec mouchetures d'hermines. Devant lui, à genoux, un pauvre portant besace. Au-dessous est une longue inscription gothique.

-Saint Yves, costumé comme précédemment, à genoux . devant un ange vêtu d'une robe bleue, avec ailes vertes.

-Un saint solitaire, probablement saint Fiacre, prêchant deux petits personnages agenouillés à ses pieds. Les blasons qui surmontent ces scènes sont: En supériorité, de Bretagne. Au-dessous: 1 Un écu portant de sable au chevron d'argent accompagné de 3 annelets d'or . Plus bas, dans le même panneau, un autre écu mi parti de sable à un demi-chevron d'argent et à un annelet et demi d'or et losangé d'argent et de sable (L'Honoré). 2. Ecu brisé, et au-dessous un autre écu portant parti: de sable à un demi-chevron d'argent et à un annelet et demi d'or et d'azur à une demi croix pattée d'argent.

Verrière sud

N° 1, Ecu surmonté d'un heaume à cimier très orné taré de face, portant parti, au premier: coupé 1 d'argent à la macle de sable (Lohéac), 2 d'argent à la quintefeuille de gueules (Le Baud): au 2e ; écartelé d'azur au lion passant d'or, 2 d'hermines au chef de gueules chargé de 3 fleurs de lys (Quélennec) ; d'argent à la fasce de sable (?) ; 4 d'azur à la croix d'or (Lesongar?) ; chargé au cœur d'un écussonnet portant d'argent à 3 trèfles d'azur, (Lagadec?)

N° 2. D'azur au sautoir d'or, cantonné de quatre croisettes d'or.

N° 3. Parti du précédent et d'or au croissant d'azur.

N° 4. D'argent a la quintefeuille de gueules (Le Baud).

N° 5. Parti d'argent à une demi quintefeuille de gueules et d'argent à un trèfle et demi d'azur (Le Baud et Lagadec).

N° 6. Parti d'azur à un demi sautoir d'or cantonné d'une croisette et deux demi-croisettes de même, et d'argent à la quintefeuille de gueules.

 

Date de la consécration de l'église.

Lorsque l'ancien autel en pierre fut démoli, pour faire place au maître-autel actuel, on trouva dans le sépulcre des reliques une boîte en plomb de 0 m. 10 de 1ongueur sur 0m. 08 de largeur et 0 m. 038 de hauteur, portant sur son couvercle deux écussons ayant la quintefeuille de Le Baud, l'un frappé à l'estampille, l'autre gravé au trait . Le dessous de cette cassette porte, gravée au burin en l'inscription suivante. Anno Dni millesimo quingentesimo Decimo quarto die vigesima octava Mensis octobri fuit hec basilica Consecrata procurante dno Guillelmo Le Baud canonico corisopiten islius Parochie vicario et originario. L'inscription se termine encore par la quintefeuille des Le Baud, et ceci nous explique aussi la présence de ces armes au bas des meneaux de la grande fenêtre nord et dans les vitraux du côté midi. Cette date de 1514 assignée à la consécration de l'église semblerait indiquer que le chiffre de 1558 qui surmonte la porte nord est la date d'une adjonction postérieure.

— ANDRÉ (Auguste), 1877, "De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne",  Bulletin et mémoires de la Société archéologique du Département d'Ille-et-Vilaine, Volumes 11 à 12 tome IX, Rennes Ch. Catel, 1877 page 309 et sv

https://books.google.fr/books?id=Q8wwAQAAIAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

"L'église Saint-Mathieu de Quimper présente aussi des vitraux du plus grand prix. M. Philippe-Lavallée a également procédé à leur description détaillée, avec le développement nécessaire à raison de leur mérite particulier et de l'intérêt des sujets qu'ils représentent. On ne saurait, sans priver les lecteurs de cette importante source d'instruction, ne point donner ici ce travail en entier:

« Il n'y a dans l'église Saint-Mathieu à s'occuper que de trois fenêtres. Une seule, celle du fond du chœur, est entièrement garnie de ses anciens vitraux; deux autres, celles qui éclairent ce qu'on appelle le transept, n'ont conservé que les vitres qui en décoraient le tympan. On va les décrire l'une après l'autre.

 Fenêtre du fond du chœur. 

La partie rectangulaire comprise entre l'appui et la base du tympan a environ 2 mètres 50 de largeur sur une hauteur de 3 mètres; quatre meneaux droits la partagent en cinq panneaux terminés par de petits arcs cintrés, excepté celui du milieu, qui se relève en accolade.

Le tympan, formé par une ogive surbaissée, haut d'un peu moins de 2 mètres, est découpé en flammes et en cœurs ; cinq flammes assemblées comme les pétales d'une fleur en occupent le milieu; les cœurs remplissent le reste de l'espace.

Le sujet général contenu dans les cinq panneaux droits de la fenêtre est la Passion. L'artiste en a distribué, comme bordure, dans le bas de chacun d'eux et dans toute la hauteur des deux panneaux extérieurs, les différents épisodes : Jésus devant le grand-prêtre ; le Couronnement d'épines ; la Flagellation ; Jésus chez Pilate ; le Portement de croix ; la Mise au tombeau; la Résurrection glorieuse. 

Le panneau du milieu se distingue du reste de la verrière par le style sec du dessin, par le peu de richesse du coloris et un agencement moins pittoresque des figures; il représente l'arbre de la croix portant le corps de Notre-Seigneur, et accosté de six personnages debout, placés deux par deux les uns au-dessus des autres, et dont les deux plus élevés sont la Sainte Vierge et saint Joseph. Ce panneau paraît être du xv° siècle. On doit, au surplus, se référer ici à l'observation faite relativement à la maîtresse vitre de la cathédrale. Par contraste, les deux panneaux adjacents semblent les plus beaux de cette fenêtre. Dans celui de gauche, le bon larron en croix, et, au pied de la croix, les saintes femmes; au-dessus de la tête du bon larron, dont l'attitude et la physionomie expriment la résignation calme que la tradition lui attribue, un ange emporte vers les cieux l'âme du pécheur converti, sous la figure d'un jeune enfant. L'âme du mauvais larron, dans l'autre panneau, est aussi emportée sous la figure d'un enfant, mais par un démon. Le corps raidi, les membres contournés, le visage furieux du réprouvé, accusent on ne peut mieux son désespoir et la malédiction qu'il subit. Les soldats entourent le pied de la croix. Toute cette composition, exception faite du panneau central dont il a été parlé tout-à-l'heure, porte les caractères du xvie siècle. Outre la richesse du coloris et les costumes qui appartiennent à cette époque, on retrouve dans la largeur et la correction du dessin, dans la disposition habile des groupes, dans l'étude et l'exécution exacte des détails, le système des artistes verriers qui, ne se préoccupant plus alors de subordonner leur composition à l'ensemble architectonique du monument qu'ils décoraient, faisaient de leur travail une œuvre d'art particulière et complète par elle-même; leur objet principal n'était plus, comme aux siècles précédents, de modifier d'une certaine manière la lumière répandue sur les lignes architecturales, pour les mieux faire ressortir, mais d'étaler aux yeux de véritables travaux qui faisaient oublier l'architecte pour ne plus laisser paraître que le peintre et le dessinateur. Qu'il y eût en cela progrès ou dégénérescence, c'est une question qu'il n'y a point à décider ici. On ne décrira pas avec plus de détail les différents épisodes de la Passion reproduits sur la vitre dont on s'occupe; les motifs en sont trop connus et trop fréquemment traités pour fournir des observations nouvelles et intéressantes.

LE TYMPAN

On passera donc au tympan de cette fenêtre. On a fait connaître plus haut la disposition des cœurs et des flammes qui composent le réseau de ce tympan. Pour plus d'ordre et de clarté dans l'examen des sujets qu'ils contiennent, il faut supposer ces compartiments partagés en quatre rangées horizontales. La première, en commençant par le haut, se composera d'un compartiment; la deuxième de deux ; la troisième de quatre; la quatrième de quatre; puis on décrira successivement dans chaque rangée les compartiments dont elle se compose, en commençant par la gauche. 

Première rangée, point central et supérieur de la vitre : le Père-Éternel en bénédiction. 

 Deuxième rangée : 1° divers instruments de la Passion : la croix, la lance, l'éponge, le marteau, les tenailles, la tunique; 2° les autres instruments de la Passion : la colonne, les cordes, les verges, le marteau, le sabre, l'oreille de Malchus.

Troisième rangée : 1° un ange assis portant des vases sacrés; 2° l'écusson de France porté par deux anges; 3° l'écusson mi-parti de France et de Bretagne, porté de même; 4° un ange assis portant des emblèmes religieux. Cette figure est, ainsi que celle qui lui correspond, particulièrement remarquable pour la grâce de la pose et la pureté du dessin.

 Quatrième rangée :

1° un écusson appartenant à la famille des Rosmadec, qui a fourni à Quimper un évêque et deux gouverneurs. L'écu représenté ici est écarlelé : au 1er palé d'argent et d'azur de 6 piéces, qui est de Rosmadec; au 2° d'azur au lion d'argent, qui est de Pont-Croix (ou du Juch); au 3e coupé d'or et de gueules au chef d'hermines (ceci est sans doute une erreur de l'ouvrier qui a réparé les vitraux; ce quartier de l'écu devait être de gueules à la fasce d'hermines, qui est de La Chapelle, une des alliances des Rosmadec); au 4e d'hermines (on ne sait d'où vient ce 4" quartier; c'est peut-être encore une réparation maladroite);

2° autre écusson des Rosmadec, écartelé au 1er palé d'argent et d'azur de 6 piéces; au 2e de gueules. à 4 macles d'argent, qui est de Molac; au 3e d'azur au lion d'argent; au 4e de gueules à la bande d'hermines (ce 4e quartier paraît encore faussement rajusté). On vient de dire que le 3° quartier de cet écusson, de gueules à 4 macles d'argent, était de Molac. Toussaint de Saint-Luc, en donnant les armes de Rosmadec, attribue aux Molac neuf macles d'argent sur champ de gueules, au lieu de quatre; mais ces 4 macles d'argent se retrouvent attribuées aux Molac dans la généalogie de Sébastien, marquis de Rosmadeuc, baron de Molac et gouverneur de Quimper, donnée par d'Hozier en tête de l'Histoire de Bretagne de Lebaud. Les 9 macles figurent aussi dans cette généalogie, mais comme venant des Rohan. Ce sont, en effet, les armes bien connues de cette illustre famille, avec des émaux différents. Au reste, il y a nombre d'armoiries dans lesquelles la quantité des figures a varié avec le temps. Peut-être aussi ces 4 macles étaient-elles les armes primitives de la famille de Molac, qui n'aurait pris les 9 macles qu'après son alliance avec la famille Le Sénéchal de Carcado, à qui elles appartenaient comme ramage de Rohan; 

3° ce dernier écusson est entièrement indéchiffrable; on y voit une fleur de lys d'azur sur champ d'argent, et d'autres signes plus ou moins héraldiques. Alain de Rosmadec, capitaine du ban et arrière-ban des gentilshommes de Cornouaille, épousa en 1505 Jeanne, dame de La Chapelle et de Molac. C'est donc dans cette période que la vitre fut peinte.

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Fenêtre du côté Sud. 

— Il reste fort peu de chose à dire pour terminer la description des vitraux de Saint-Mathieu. Les deux fenêtres qui sont encore a examiner n'ont conservé de leurs anciens vitraux que ceux qui en garnissent le tympan. Le réseau de cette fenêtre se compose de huit compartiments, occupés, à l'exception d'un seul, par des armoiries ou des fragments d'armoiries. On va décrire successivement chacun d'eux, en suivant le même ordre que pour la grande fenêtre du chœur, et en les désignant par les lettres A, B, C, etc.

— A. Ce compartiment, placé en supériorité, ne contient que les instruments de la Passion.

— B. et C. Deux fragments d'un grand écusson supporté par deux lions, timbré d'un casque de face d'argent grillé d'or et entouré du cordon de Saint-Michel; on peut le blasonner ainsi : êcarlelé au 1er d'argent à une macle d'azur, qui est Tréanna; au 2e parti d'azur au lion d'argent et d'hermines au chef de gueules chargé de 3 fleurs de lys d'or, qui est Quélennec; au 3° d'argent à la quintefeuille de gueules; au 4° parti d'argent à la fasce de sable et de sinople à la croix d'or; sur le tout d'argent à 3 trèfles d'azur, qu'on croit être Lagadec. 

— D. Écusson : d'azur au sautoir d'or accompagné de 4 croisettes de même.

 — E. Écusson : parti du précédent et d'or au croissant d'azur accompagné de 2 croisettes de même.

— F. Écusson : d'argent à la quintefeuille de gueules. 

— G. Écusson : parti du précédent et d'argent à 3 trèfles d'azur. 

— H. Écusson : parti d'azur au sautoir d'or et d'argent à la quintefeuille de gueules.

 On manque de documents pour établir ici autre chose que la description sèche que l'on vient de lire. Pourtant, s'il était permis d'émettre quelque conjecture, on ferait remarquer que les armoiries qui se répètent le plus souvent dans ces divers écussons, et qui par conséquent peuvent jusqu'à un certain point désigner la famille à laquelle elles se rattachent toutes, sont d'argent à la quintefeuille de gueules. Ces armes peuvent appartenir à plusieurs familles, mais ici elles semblent convenir plus particulièrement à celle de Le Baud, à laquelle Guy Leborgne et MM. L. de Laubrière et Pol de Courcy s'accordent à attribuer cette quintefeuille de gueules sur champ d'argent. Cette conjecture ne paraît point trop hasardée, lorsque l'on considère qu'un Jehan Le Baud figure parmi les nobles de Saint-Mathieu dans la montre de l'évêché de Cornouaille, de 1481 (Fréminville, Antiquités du Finistère, t. II), et qu'on se rappelle ce Guillaume Le Baud, sénéchal du Présidial de Quimper en 1590, qui paraît avoir été dans le parti royal l'un des plus rudes adversaires du chanoine Moreau, conseiller au même siége, lequel tenait pour la Ligue et le duc de Mercœur.

Toute la partie inférieure de la fenêtre est remplie par une vitrerie moderne.

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Fenêtre du côté Nord. 

— Cette fenêtre, dont le réseau est fort simple, ne présente que trois écussons, savoir :

1° en supériorité, d'hermines plein surmonté de la couronne ducale, entouré de la cordelière. Cette cordelière et l'époque à laquelle la vitre se rapporte par le choix des sujets, et qui ne peut être que le xve siècle, indiquent que ces armes sont celles de la reine Anne. On peut s'étonner de lui voir attribuer les armes pleines de Bretagne, au lieu de l'écu parti de France et de Bretagne, puisque la cordelière, signe distinctif des veuves, selon Vulson de la Colombière, n'a pu accompagner les armes de cette princesse qu'après son mariage et après la mort, en 1498, de son premier mari, le roi Charles VIII; mais on l'a sans doute considérée ici seulement comme duchesse de Bretagne;

2° le deuxième écusson est parti de sable au chevron d'argent, accompagné de 3 annelets d'or et lozangè d'argent et de sable chargé d'une colice de gueules; le canton dextre de ce parti paraît chargé de figures qu'on n'a pu distinguer. On peut présumer que ce sont les armes des Lhonoré sieurs de Kérambiquet, famille distinguée de Quimper, qui portait : losangè d'argent et de sable, à la cotice de gueules, au franc canton de pourpre chargé d'un dextrochère d'argent soutenant un épervier du même

3° le troisième écusson est : parti de sable au chevron d'argent accompagné de 3 annelets d'or et d'azur à la croix pattée d'argent

Les trois autres compartiments de la vitre contiennent divers épisodes de la vie de saint Yves, official de Tréguier, mort en 1303. Dans le premier, le saint, revêtu de son costume d'official, donne son capuchon à un pauvre qui lui demandait l'aumône (Albert Legrand, Vies des Saints de Bretagne, p. 161). Le second le représente vêtu de même, à genoux devant un ange. Dans le troisième, deux personnages sont à genoux devant lui; derrière le saint on aperçoit une maison ; ce sujet rappelle sans doute la charité de saint Yves, qui logeait et nourrissait les pauvres dans ses presbytères de Trédrez et de Lohannec'h, et qui fonda pour eux un hôpital dans son manoir de Kermartin (ibid.). Ainsi qu'on l'a dit plus haut, le style du dessin, l'agencement des figures, le coloris de cette vitre lui assignent la date de la fin du xv° siècle !. »

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— COUFFON et LE BRAS,  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

"Elle comprend une nef de cinq travées avec bas-côtés doubles, un transept et un choeur de deux travées avec bas-côtés doubles également et chevet à trois pans. Construite par l'entreprise Hardi sur les plans de l'architecte Bigot fils, elle fut commencée en février 1895 et consacrée le 21 septembre 1897. La tour et la flèche octogonale cantonnée de quatre clochetons avaient été construites en 1846-1847 sur les plans de l'architecte Joseph Bigot puis démontées et surhaussées par son fils. C'est un édifice de style flamboyant.

La nef soutenue par des arcs-boutants est éclairée directement par des fenêtres et de faux triforium. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers cylindriques. Le porche ouest, sous la tour, s'ouvre par une arcade trilobée à voussures profondes et accolade à fleuron. Au droit de la première travée, chapelle des fonts à trois pans au nord et chapelle identique au sud.

3. Vitraux : maîtresse vitre du XVIe siècle représentant la Passion d'après le carton de Jost de Negker (C.). La scène de la Crucifixion, au centre, fut reconstituée en 1897 d'après le vitrail de Tourc'h sensiblement contemporain et dû au même atelier. Neuf scènes de la Passion accompagnent la Crucifixion dans le registre inférieur et dans les lancettes extrêmes. Les deux fenêtres qui encadrent la grande verrière ont des vitraux représentant des scènes de la vie du Christ et sont datées de 1896 (sans mention d'atelier). Les autres fenêtres : atelier Lepètre de Rouen, déambulatoire, 1896 ; - atelier Saint-Clément de Nantes au transept sud (Couronnement de la Vierge, 1898) ; - atelier Champigneulle au transept nord (Apparition du SacréCoeur) ; - atelier Florence de Tours dans les bas-côtés, 1897-1900."

- Chapelle Notre-Dame du Paradis ou du Parvis, touchant l'église Saint-Mathieu, détruite vers 1830. Construite vers 1528, elle servit aux Ursulines de 1627 à 1679 ; elle fut l'objet d'un long procès entre les religieuses et la fabrique de Saint-Mathieu. Le clocheton est remonté au fond du jardin de l'ancien évêché

— FAUJOUR (Marc), 2016, L'héraldique des seigneurs de Kergournadec'h et des familles alliées dans le haut-Léon 1275-1721, Ed. Marc Faujour, Nantes, 205 p. Voir la généalogie des Rosmadec.

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 183.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), blog

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"D'avant la date de la démolition de l’ancienne église, nous   possédons plusieurs descriptions de vitraux anciens qui s’y   trouvaient. Dès le début du XIXe siècle, plusieurs « antiquaires » de l’époque s’y sont intéressés.
Cette fenêtre du chevet, actuellement une Passion fortement restaurée, présentait des panneaux de vitraux des XVe et XVIe siècle. Ces derniers étaient, semble-t-il, peu nombreux,
Il est à noter,qu'à une certaine époque,  cette fenêtre axiale avait le bas de ses lancettes bouché par de la maçonnerie jusqu’à 1, 60m.
 Du XVe siècle, on relevait un Christ en croix accosté de six personnages debout placé deux par deux, les uns au-dessus des autres, les plus élevés étant la Vierge et saint Joseph. Auguste André,livre"de la verrerie"1878;

Ce panneau central était accompagné de deux panneaux avec les deux larrons.
1893, On relève que les vitraux ont été maltraités et dénaturés par une restauration datant de quelques quarante années. Ottin dans son livre "Le Vitrail" y voit  une Circoncision qui occupe la partie inférieure de l’Arbre de Jessé. Existait donc des restes d’un Arbre de Jessé, provenant probablement d'une autre baie, qui disparut comme beaucoup d'autres lors de cette reconstruction de 1896. Le verrier restaurateur, Florence, de Tours, en du faire tout bénéfice.

Le tympan, en dehors d’un Père Eternel et des instruments de la Passion, présentait au moins quatre écussons des familles de Rosmadec, La Chapelle, Molac, Le Sénéchal de Carcado.

Dans ce tympan  on relevait  aussi au soufflet supérieur le Père Eternel dominant les Instruments de la Passion.Sur les côtés un ange tenait une aiguière sur un plateau, un autre avait une lanterne.

Dans six soufflets, on relevait l’écu de France, soutenu par 2 anges, lequel était entouré de l’ordre de Saint-Michel surmonté d’une couronne non fermée, à fleurons fleurdelisés.

Puis, on trouvait un écu mi parti France Bretagne, avec 2 anges et même cordon et même couronne, puis les écus de Rosmadec et de Pont-Croix. Certains  remaniés, d’autre refaits à la fantaisie du vitrier, deux-ci étaient entourés du collier de l’épi.

Description de la Passion.

Il s’agit d’une baie à 5 lancettes de 0, 56 centimètres de large et  de 5  mètres, 57 de haut, du moins pour les quatre lancettes entourant la lancette centrale dont la largueur varie et est de 0, 62 centimètres et la hauteur est portée à 5, 70. L’église est consacrée le 28 octobre 1514, le vitrail  est même  postérieur à 1547.

Chaque lancette est composée de six panneaux de vitraux et ne présente par contre pour les deux extérieures que trois scènes Les panneaux B1B2C1C2D1D2 ont chacun une scène figurée. Les panneaux centraux, soit B3, B4, B5, C3, ,C5,D3, D4, D5, font partie d’une même scène. Les têtes de lancettes ont tous des dais gothiques sur fonds alternés bleus et rouges. Le réseau composé de onze éléments présente des armoiries, des anges, un Père Eternel et. des instruments de la Passion.

Nous sommes bien devant une Grande Passion, XVIe, sujet que Durer,1471-1528, a énormément apprécié. Et ces gravures ont divulgué largement une iconographie déjà fixée dans ses grandes lignes, bien avant la publication des Grande et Petite Passion (1507-1511)  qui ont disparus, tel un Arbre de Jessé, une Crucifixion avec la Vierge et saint Jean, une Circoncision, que cinq sujets : Jésus devant le grand prêtre, le couronnement d’épines, la flagellation, Jésus devant Pilate, le Portement de croix, la Mise au tombeau, la Résurrection. De plus, le bas des lancettes est bouché par de la maçonnerie.

La restauration, le vitrail,classé Monument Historique, avec les compléments, est confiée à l’atelier Florence de Tours. . Pour remplacer les partis manquantes, cet atelier prend  le  calque  de la Marie Madeleine de la Passion de l’église de Tourc’h, et selon l’abbé Peyron, d’autres scènes sont copiées sur la Passion de l’église d’Ergué-Gabéric. Pour s’aider, ce restaurateur pouvait avoir tous les éléments indispensables avec certaines Passions, comme à La Roche-Maurice ou La Martyre. Son auteur est probablement le peintre verrier Le  Sodec de Quimper. Tout porte à y croire, entre autre ses textes.

Ce vitrail, comme tous les vitraux anciens, fut déposé et mis en lieu sûr durant la guerre 39-45.

Jardin des Oliviers, le baiser de Judas, Jésus devant le grand prêtre, la Flagellation, en partie ancienne, le Couronnement d’épines, anciennes,, pour remonter aux panneaux A3, A4,A5. Jésus devant Pilate, ancien, le Portement de Croix. Ancien, Arrivé  là c’est la grande scène de la Passion, que l’on quitte pour la Résurrection et la Mise au Tombeau., ces deux anciens.
Notes :
Chevaux proches des autres vitraux des Le Sodec avec texte NOSVEOR.

Rouges très attaqués.
Le bon larron moustache à la Henri IV, cheveux bien peignés avec cuche. Sourcils à la banane dans portement de croix. Personnage avec tache de maladie (rougeole)
Les autres baies de l'église.qui ont disparus
Une fenêtre du côté Sud ne conservait que des armoiries ou des fragments d’armoiries posés dans son tympan. Il s’agissait des familles de Tréanna, Quélennec, Lagadec et Le Baud. Le bas était rempli d’une vitrerie dite « moderne », sans aucune description. A mon avis, un travail du peintre vitrier Quimpérois Cassaigne.
Du côté Nord, encore une baie avec des armoiries dans un réseau de tympan à trois éléments avec les armes d’Anne de Bretagne pleines et celles des L’Honoré, (au-dessus)
 Les trois lancettes de cette baie présentaient divers épisodes de la vie de saint Yves, dont saint Yves donnant son capuchon à un pauvre, saint Yves à genoux devant un ange. Ailleurs il reçoit deux personnages à genoux sur un fond de maison.    Ce sujet peut rappeler la charité saint Yves. Ce vitrail était donné des années 1489-1499.
Les scènes de la vie de Saint-Yves  telles qu'elles  sont décrites ici, se trouvent actuellement depuis
1914 à l'Evêché de Quimper, dans la chapelle
 privatif de l'évêque.Comme le montre la photo
ci jointe, la première scène s'y retrouve;
Mais pour la seconde, ce n'est pas un ange mais une femme à qui il donne un vêtement.

Ces vitraux auraient été vus au XIX° siècle en place à la Cathédrale de Quimper soit dans les fond baptismaux, soit dans la chapelle des gouttes de sang;
Une autre chapelle, celle des de Kerdour contenait en 1632 un vitrail figuratif, dont on ne connaît pas le sujet. Au pignon ouest, au-dessus de la porte principale, le relevé de prééminences de Claude Bourricquen présente une baie à deux lancettes trilobées surmontées de trois jourrs, mais  ici on n’a de preuve que de 1642;dans la lancette centrale, un Christ en croix, est sur un petit Golgotha avec os et crane d’Adam.. Au pied de cette crucifixion, se voyait les armes des L’Honoré, tandis que dans le tympan, au dessous des armoiries mi-France mi-Bretagne, entourées du collier de saint Michel, sur fond rouge, on trouvait deux oculi avec personnages.Ceux-ci se révèlent être des anges musiciens annonçant probablement la Résurrection.

Après vision de clichés de la fondation Astor, cette fenêtre, lors de la démolition de l'église, possédait des vitraux kaléidoscope de Cassaigne.

Restauration en Avril 2006 par l'atelier Quimpérois le bihanvitraux

http://jeanpierrelebihan2.over-blog.com/article-18485675.html

http://lebihanvitraux.over-blog.fr/article-19178513.html

 

— PHILIPPE-LAVALLÉE , 1847 « Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper », dans Bulletin, Classe d'archéologie, Association Bretonne, Rennes, page 267

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074644/f416.image.r=quimper

 

— LE GUENNEC (Louis ),1984, Histoire de Quimper Corentin et son canton, Les Amis de Louis Le Guennec, 1984 - 653 pages page 110.

"Armoiries à Saint-Mathieu Dans la maîtresse-vitre on trouve : 1. France plein. 2 mi-parti France et Bretagne, au second rang 4 écussons de Rosmadec et alliances. 1 écartelé au 1 d'un pallé d'azur et d'argent qui est Rosmadec, au 2 d'azur à  lion d'azur [sic] qui est Pont-Croix, au 3 d'azur au château à 3 tours d'or qui est Tivarlen, au 4 d'or burellé de sable qui doit être Lespervez. 2. Écartelé au 1 de Rosmadec , , au 3 de Pont-Croix, au 2 et 4 d'un écartelé d'azur à 5 billettes d'argent au sautoir qui est Thomelin et de gueules plein (qui paraît être une restauration moderne). 3. Écartelé au 1 de Rosmadec, au 2 de gueules  à 4 mâcles d'argent qui est Molac, au 3 de Pont-Croix, au 4 de gueules à la fasce d'hermines qui est La Chapelle. 4 écartelé au 1 4. Écartelé au 1 de Rosmadec, au 2 d'azur au léopard  d'or, au 3 de Pont-Croix, au 4 d'hermines au chef de gueules chargé de 3 fleurs de lys qui est Quélénnec."

— LE ROY (Yves), 1898, Paroisse Saint-Mathieu de Quimper, mon clocher, Quimper.

http://infobretagne.com/quimper-saint-mathieu.htm

 

Il est permis de croire que la première église érigée, à Quimper, sous le vocable de Saint-Mathieu, l'a été à l'époque où, suivant une respectable tradition [Note : Saint Mathieu, apôtre de l'Ethiopie, y a été martyrisé, et son corps est maintenant dans l'église de Salerne, en Italie. La translation de ses restes d'Ethiopie à Salerne ne s'est pas faite directement. Les leçons du Propre du bréviaire de Salerne, pour le jour où l'église métropolitaine de cette ville célèbre la fête de la Translation du glorieux Apôtre, disent que son corps resta, pendant assez longtemps, dans le pays de Léon, en Bretagne. ? Paulinien, évêque de Léon, vers le Xème siècle, a écrit lui-même l'histoire de l'arrivée du corps de saint Mathieu en Armorique], des navigateurs bretons, venant des côtes d'Ethiopie, apportèrent avec eux, sur leur navire, le corps du saint Apôtre, et firent élever en son honneur, pour l'y déposer, à la pointe la plus avancée de la presqu'île de Léon, un monument devenu, dans la suite, la célèbre abbaye de Saint-Mathieu. C'est, vraisemblablement, vers la même époque, que fut fondée l'église de Saint-Mathieu, de Morlaix, qui a été, jusqu'à la Révolution, un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Mathieu Fin-de-terre.

 

Quoi qu'il en soit, de cette tradition et du temps, difficile à préciser, où l'événement qu'elle rapporte s'est accompli, il est certain, du moins, qu'une église, de style roman, a précédé la vieille église que nous venons de voir disparaître. Celle-ci avait été construite à la fin du XVème siècle, de 1498 à 1515. Elle n'était pas jadis telle que nous l'avons connue dans ces derniers temps. Jusqu'en 1844, une tour, indépendante de l'église, s'élevait sur le même plan que sa façade, dans son prolongement vers le Nord. Un passage existait sous cette tour. Il y avait aussi, accolé au mur Nord de l'église, un petit édifice, la chapelle de Notre-Dame du Paradis ou du Parvis [Note : Le cimetière s'appelait autrefois le paradis ; de là vient sans doute le nom donné à cette chapelle, qui se trouvait près de l'entrée du cimetière], dont l'usage fut concédé aux Religieuses Ursulines, à l'époque de leur établissement à Quimper, mais qui fut la source de bien des difficultés et de nombreux litiges entre elles et la Fabrique de Saint-Mathieu, jusqu'au jour où elles eurent leur église propre, cette modeste construction qui se remarque encore à l'extrémité de la Maison de Justice.

Les principales raisons qui, en 1844, décidèrent à abattre cette tour, étaient qu'elle menaçait ruine, et que l'église était trop petite les jours de grande solennité. On profita de la circonstance pour l'allonger d'une travée.

Dans notre nouvelle église, nous avons conservé le portail et le clocher de 1844. Avant de les démolir, on avait eu soin d'en numéroter les pierres, et on les a rétablies dans l'ordre qu'elles occupaient dans la construction, mais en ajoutant plusieurs assises de pierres neuves au portail, afin de l'exhausser, et en donnant aussi environ quatre mètres de plus d'élévation à la flèche et aux clochetons.

Notre clocher actuel est à 52 mètres au-dessus du pavé de la rue : il a 10 mètres de plus que l'ancien ; et la longueur totale de l'église, à l'extérieur, est de 54 mètres, de 47 mètres 50, à l'intérieur. Sa largeur intérieure est de 20 mètres, et sa hauteur, sous clef de voûte, d'environ 15 mètres. Les bras du transept n'ont, chacun, que 2 mètres de profondeur. L'église, bien remplie, peut contenir 1.500 personnes assises.

PRINCIPALES DATES SE RAPPORTANT A LA CONSTRUCTION DE L'EGLISE.

1er Mai 1892 : Annonce de la souscription.

27 Décembre 1893 : Adjudication des travaux.

20 Janvier 1894 : Dernière messe célébrée dans la vieille église.

17 Mars 1894 : Pose de la première pierre dans les fondations.

1er Mai 1894 : Bénédiction de la première pierre par Mgr. Valleau.

13 Décembre 1896 : Prise de possession de la nouvelle église.

21 Septembre 1897 : Consécration de l'église par Mgr. Valleau.

L'architecte a été M. Gustave BIGOT, architecte honoraire du département.

ENTREPRENEURS :

M. René HARDY, de Nantes, pour la maçonnerie ;

M. KERALUM, de Quimper, pour la charpenterie ;

M. GOURMELON, de Morlaix, pour la couverture et la zinguerie ;

M. SICOT, de Quimper, pour la plâtrerie ;

M. LORIT, de Quimper, pour la serrurerie ;

M. PERRET, de Quimper. pour la vitrerie et la peinture ;

M. J.-L. NAOUR, de Quimper, pour les travaux réservés : clocher, portail, oeuvres d'art, meneaux des fenêtres.

Le devis primitif de tous les travaux montait à 218.150 fr. 00. Au règlement définitif des comptes, il a été payé 250.343 fr. 02 [Note : Les paroissiens de Saint-Mathieu, si heureux de leur église, ne sauraient oublier que la vénérable Mme Bonnemaison a un droit tout particulier à leur reconnaissance et à un souvenir dans leurs prières. Sans sa grande générosité, l'oeuvre de la reconstruction de l'église n'aurait pas pu être tentée de si tôt].

MEMBRES DU CONSEIL DE FABRIQUE lors de l'adjudication. M. LAIMÉ, président ; M. Y. LE ROY, recteur ; M. ASTOR, maire ; M. H. DE COUESNONGLE, trésorier ; M. DE COATGOUREDEN, secrétaire ; M. ALIX ; M. MAGRÉ.

MOBILIER DE L'EGLISE. Il n'y a, dans l'église neuve, de l'ancien mobilier, que le vitrail de la Passion, au fond de l'abside, les stalles du choeur, les tableaux du chemin de la croix, l'orgue, et, au bas de l'église, l'autel de la chapelle Saint-Antoine de Padoue, qui est l'ancien autel du Sacré-Coeur, moins son baldaquin et ses statues. Tout le reste a été acquis depuis la construction.

DETAIL DU MOBILIER avec les noms des artistes et fournisseurs.

VITRAUX.

MM. FLORENCE et Cie, peintres-verriers, Tours : les deux verrières neuves de l'abside et l'ancienne restaurée [Note : Ces trois verrières forment un triptyque où toute la vie de Notre-Seigneur est résumée : la verrière de gauche représente des scènes de la vie de Notre-Seigneur avant sa Passion, celle du milieu, la Passion, et celle de droite, des scènes de sa vie après sa résurrection], vitrail de Saint-Charles, vitrail de Sainte-Elisabeth, vitrail de Saint-Georges, vitrail de Saint-Martin.

M. LEPÈTRE, peintre-verrier, Rouen : les grisailles de la grande nef au-dessus du choeur, vitrail de Saint-Joseph, vitrail de Sainte-Anne, vitrail de Saint-Louis, vitrail de Saint-Yves, vitrail de Saint-Jean l'Evangéliste.

M. CH. CHAMPIGNEULLE, Paris : la grande verrière du Sacré-Coeur.

MM. GALLON et Cie, Nantes : la grande verrière de la Vierge.

M. LAUMÔNIER, Vannes : les grisailles de la chapelle des Fonts et de la chapelle Saint-Antoine de Padoue.

 

 

—PEYRON (abbé P.) 1893,  L'église Saint-Mathieu de Quimper , B.S.A.F. 1893 n° XX pages 16-39.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076230/f88.image

"M. de Courcy nous apprend que l'église actuelle de Saint­-Mathieu a été reconstruite de 1498 à 1515 , que le vitrail de la
maîtresse vitre est quelque peu postérieur à 1515, puisqu'il porte les armoiries des Rosmadec, en alliance avec celles de
la maison de la Chapelle et de Molac, dont Alain de Rosmadec épousa une fille en 1505 [sic]. M. de Courcy fait remarquer également, que les armes de Bretagne, entourées de la cordelière, qui surmontent le vitrail de saint Yves dans la fenêtre nord de l'église indiquent l'époque de veuvage de la reine Anne et feraient remonter cette vitre à l'année 1489-1499. »

 

VULSON (Marc de ), 1663,  La Science héroïque, traitant de la noblesse, de l'origine des armes, de leurs blasons, & symboles, des tymbres, bourlets, couronnes, cimiers, lambrequins, supports, & tenans, & autres ornements de l'escu ; de la devise, & du cry de guerre, de l'escu pendant & des pas & emprises des anciens chevaliers, des formes différentes de leurs tombeaux ; et des marques extérieures de l'escu de nos roys, des reynes, & enfans de France, & des officiers de la couronne, & de la maison du roy. Avec la Genealogie succincte de la maison de Rosmadec en Bretagne. Le tout embelly d'un grand nombre de figures en taille douce, sur toutes ces matières / par Marc de Vulson, sieur de La Colombiere, chevalier de l'Ordre de S. Michel, & gentilhomme ordinaire de la maison du roy. Paris, chez Sébastien Cramoisy.

Voir exemplaire BnF sur Gallica, ou bien, si maintenance :

http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2036294

Généalogie de la famille des Rosmadec, annexée au précédent :

http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2036294?docref=r0ZJjPT3g7AUTVQPZrXf9A

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Quimper
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 15:10

Le portail sud (1424-1433) de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

 

 

 

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Voir aussi  sur Quimper :

 

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Voir sur les porches de Bretagne (entre autres) :

 

 

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 PRÉSENTATION

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Selon Le Men, archiviste du Finistère dont la Monographie de 1877 fait référence, "le Portail latéral sud est aussi désigné sous le nom de « Portail de Notre-Dame » parce que son tympan est orné d’un bas-relief représentant la Sainte-Vierge, et de « Portail de Sainte-Catherine », parce que la statue en kersanton, de cette sainte, se voit dans une niche du contrefort qui limite ce portail à l’ouest peut-être aussi parce qu’il est placé en face de la rue de Sainte-Catherine. Ce porche, dans lequel ouvre une seule porte dont d’une plate-bande à coussinets arrondis, est couronné par une étroite balustrade composée de quatre-feuilles. Son ornementation ne diffère pas de celle du grand portail dont il est contemporain, mais  comme il n’a été l’objet d’aucune mutilation, à part le grattage des armoiries, il attire plus particulièrement l’attention." (Le Men)

C'est mon porche préféré ; je le surnommerai volontiers le Porche aux Dames, parce qu'il est entièrement consacré à la  maternité et à l'enfantement. En effet, la Vierge à l'Enfant du tympan est placée en dessous des armoiries de la duchesse Jeanne (alors que le duc Jean V place les siennes en supériorité dans le porche principal, à l'ouest), et sainte Catherine est celle qu'invoquent les femmes, principalement de la noblesse dans leurs Livres d'Heures, et notamment en relation avec le désir d'enfants (notre fête de la sainte Catherine en garde le souvenir). Dans les verrières du chœur, Catherine vient en tête, (avec 4 représentations) des saintes qui y figurent, avant sainte Anne (x2) et sainte Marguerite (x2).

C'est cette maternité qui est glorifiée, chantée et encensée par les anges. Cette cohérence thématique du l'iconographie est à souligner.

Il faudrait pouvoir l'imaginer (comme les illuminations par Illiz Veur le permettent lors des fêtes pour le porche occidental) toute en couleur, pour s'émerveiller devant la dominance du bleu, couleur mariale, du rouge et du jaune d'or.

Il peut être considéré en deux parties : l'une est sacrée (la Vierge adorée par les anges), et l'autre est héraldique (le gable avec les armes de la duchesse, de l'évêque  et de sa famille, et de deux des officiers ducaux). Mais plus haut encore, dans un troisième espace, sous la balustrade, sert de terrain de jeu aux gargouilles et personnages truculents. 

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Il est l'une des premières réalisations d'un atelier de sculpture qu'Emmanuelle Le Séac'h a désigné sous le nom de Premier atelier ducal du Folgoët, et dont on retrouve toutes les caractéristiques stylistiques (les plus notables étant le traitement des chevelures des anges). Je la laisse présenter les porches que nous devons à cet atelier :

"—Les porches en granite. Le premier atelier du Folgoët [1423-1468] innove dans sa manière de décorer les porches : il superpose des petits personnages (anges, saints, prophètes) dans les niches des voussures des porches de la cathédrale de Quimper (1424-1444), au Kreisker à Saint-Pol-de-Léon (entre 1436 et 1472), et sur le vestige de l'ancienne chapelle de Notre-Dame-des-Portes à Châteauneuf-du-Faou (1438).

— Les porches en kersanton de l'atelier (La Martyre v.1450-1468, Rumengol vers 1468, sont construits sur le même modèle avec une variante : des saynètes y sont rajoutées. Cette particularité est reprise au XVIe siècle dans les porches de Bastien et Henry Prigent (1527-1577) et du Maître de Plougastel (1570-1621).

— Cet atelier a aussi produit d'autres porches ainsi que des sculptures, plus éloignés du Folgoët, à Kernascléden (porche des Hommes et porche des Femmes) et à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, aujourd'hui dans le Morbihan, ainsi qu'à Quimperlé, pour l'église de la haute-ville.

— Le second atelier du Folgoët (1458-1509). On lui doit deux porches en granite, à Plourach vers 1458-1488 et à Saint-Herbot en 1498-1509.

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Les porches de la cathédrale de Quimper (1424-1442).

La construction de la façade occidentale de la cathédrale a commencé le 26 juillet 1424 ; elle s'est achevée au niveau des deux portails latéraux en 1442.

Le programme iconographique de cette façade prise au sens large —soit les trois porches ouest, nord et sud — est limité même si on tient compte des destructions engendrées par la Révolution. Il ne comporte en effet que les voussures sculptées d'anges des porches occidental et méridional ainsi que les statues de la Vierge à l'Enfant et de sainte Catherine. Des trois porches, ceux du sud et du nord sont les moins restaurés. Le portail ouest n'a que ses piédroits et ses voussures qui sont du XVe siècle, ses blasons au dessus sont de la même période. Le tympan et le trumeau ont été supprimés en 1820. En 1866-67, les éléments actuels ont été rajoutés, copiés des cathédrales de Nantes Rouen ou Reims.

 

1. Le porche nord dit porche des baptêmes ne porte plus de sculptures. Il s'appelle ainsi en raison de la proximité de la chapelle des fonds baptismaux et en souvenir du tympan inférieur qui était sculpté d'un groupe du Baptême du Christ. Les niches devaient accueillir les statues des Apôtres. Les sculptures en choux frisés, le style, ainsi que les datations, permettent d'attribuer ce porche nord à l'atelier [grand atelier ducal du Folgoët 1423-1529]. Un arc brisé surmonte les portes extérieures géminées dont les piédroits et les voussures sont décorés de choux frisés, comme le gable à choux qui rejoint la balustrade ajourée et coupe les pinacles.

2. Le porche sud (Le Seac'h page 62-64). Le porche sud de la cathédrale, appelé aussi porche Sainte-Catherine, est sculpté en granite [leucogranite, Chauris] et kersanton. Les armes de Jeanne de France indiquent qu'il devait être achevé avant sa mort en 1433. On voit aussi celles de Bertrand de Rosmadec sur un écu triangulaire avec une crosse et une mitre, et Guillaume son père, aussi palé de six pièces avec sur l'angle gauche un casque orné de lambrequins et un cygne pour cimier.

On retrouve les armes des Bodigneau, seigneurs de Clohars-Fouesnant, avec une tête de cygne dépassant d'une couronne de fleurons et celles de la famille de Quélennec du Faou. Le porche a été restauré en 1999.

L'arc de la porte est en anse de panier. Puis, un tympan abrite une Vierge à l'Enfant et deux anges thuriféraires. La baie en tiers-point est constituée d'une archivolte amortie en accolade. Un fleuron la surmonte. Un gable décoré de choux frisés couronne le tout jusqu'à la balustrade. Les voussures montrent une alternance du même motif avec des anges . Elles sont ornées de choux frisés sur quatre niveaux comme les pièdroits. Les niches de ceux-ci sont vides ainsi que les six niches des voussures. Des consoles feuillagées et des dais gothiques dont quatre en kersanton encadrent les anges.

Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant en kersanton trône, encadrée de deux anges thuriféraires en granite. Elle repose sur une console dont l'ange lève les bras au dessus de sa tête faisant mine de porter la statue, les ailes largement déployées sur le coté.

Des restes de polychromie bleue sur leurs manteaux et rouge sur leur robe sont visibles. Un effet de contraste entre les couleurs des pierres existent aujourd'hui entre le gris anthracite du kersanton et le miel doré du granite." (Le Seac'h)

 

 

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Ce porche a été décrit, pour sa sculpture, par Christiane Prigent puis par Emmanuelle Le Seac'h. Leurs descriptions me serviront de canevas pour mon article. On pourra cliquer sur l'image pour faire défiler le diaporama.

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Mini glossaire.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange au dessus de la porte en anse de panier.

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"Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant repose sur une console dont l'ange lève les bras au dessus de sa tête faisant mine de porter la statue, les ailes largement déployées sur le coté. (E. Le Seac'h)

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"Le groupe de la Vierge repose sur une console ornée d'un buste d'ange aux ailes éployées sur toute la longueur du linteau, à l'instar des consoles ornées de bustes humains du château de Charles V à Vincennes." (C. Prigent)

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Remarques.

a) Nous remarquons les cheveux aux mèches bouclées en "macarons" emportées par une force centrifuge, comme les anges typiques de l'atelier du Folgoët, ainsi que les statues de saint Jean au Folgoët ou de saint Jean-Baptiste à Rumengol, parmi tant d'exemples. J'y reviendrai.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-v-les-statues-de-kersanton-1423-1433-par-le-grand-atelier-ducal-du-folgoet-1423-1509.html

b) Également typique de cet atelier, mais aussi retrouvé sur les vitraux de Merléac (1402), il faut aussi noter l'amict (linge formant ici l'encolure) replié sur lui-même pour former un W ou Oméga .

http://www.lavieb-aile.com/2017/09/la-chapelle-saint-jacques-de-merleac-la-maitresse-vitre-iv-le-tympan.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

c) La tunique, ou aube, est longue (elle recouvre les pieds), bouffante à la taille au dessus d'un invisible cordon, et barrée en diagonale par un repli qui se perd sur la droite. Les traces de polychromie attestent que la tunique était entièrement bleue.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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"Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant en kersanton trône, encadrée de deux anges thuriféraires en granite.

Des restes de polychromie bleue sur leurs manteaux et rouge sur leur robe sont visibles. Un effet de contraste entre les couleurs des pierres existent aujourd'hui entre le gris anthracite du kersanton et le miel doré du granite."(E. Le Seac'h)

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

"La Vierge, couronnée, tient son Enfant qui sourit délicatement et qui a dans les mains un oiseau. La couronne la rapproche de celle des Vierges de Tournai (Prigent 1982). Sa grande main serre un livre contre sa poitrine. Les cheveux tombent sur les cotés en deux tresses. Comme pour les anges et l'Enfant, ils se partagent en mèches. Le buste simple contraste avec les plis fournis du bas de la robe, taillés en becs lourds et formant des volutes sur la jambe gauche. La robe est ceinturée à la taille ; les pans du manteau retombent sur le coté droit. La draperie particulière rappelle là encore les enluminures peintes par André Beauneveu sur le psautier du duc de Berry en 1380-1385 (Prigent 1982 p. 329). "(E. Le Seac'h)

 

"Assise sur un trône rehaussé d'un dais , la Vierge porte son Enfant assis sur le genou gauche. Confortablement installé, les deux pieds dans le manteau maternel, celui-ci retient un gros oiseau qui picore dans sa main droite.

La façon dont la Vierge tient, serré contre son épaule droite, un livre (discrète évocation de son rôle d'éducatrice) évoque le saint Pierre du Psautier"  (C. Prigent)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f17.image

"Une grande douceur se dégage du visage de Marie, à l'ovale plein, au front bombé, aux yeux en amande, entre les paupières accentuées, délicatement encadré d'une masse épaisse de cheveux ondulés, d'un type spécifique aux pays flamands. De même, la couronne à bandeau orfévré rehaussé de fleurons découpés s'inspire de modèles tournaisiens. 

C'est le même canon qui a servi pour les deux visages empreints d'une grâce souriante." (C. Prigent)

"Les traces de peinture rouge dans les replis du manteau de la Vierge indiquent que, primitivement, l'ensemble était peint et doré, et se détachait sur un fond d'ocre jaune. On redécouvre que l'église médiévale était un temple de la couleur, comme les murailles de pierres précieuses et fines de la  Jérusalem céleste décrite dans l'Apocalypse de saint Jean Mais la polychromie des extérieurs a beaucoup souffert. Ainsi on est mal renseigné sur une coloration éventuelle des façades en dehors des parties sculptées." (id.)

"La Vierge est le seul vestige dans le chantier quimpérois d'un ensemble sculpté, sans doute assez considérable, à en juger par les niches qui décorent les piédroits des portails et les contreforts, aujourd'hui vides de leurs statues, visibles cependant dans les gravures anciennes. (C. Prigent)

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Remarques.

Ces deux auteures nous conseillent de comparer cette sculpture avec les enluminures d'André Beauneveu dans le Psautier de Jean de Berry. C'est désormais l'affaire d'un clic, et l'étude des drapés est instructive. Mais je n'ai pas retrouvé sur le saint Pierre (f. 8r)  la tenue spécifique du livre qu'adopte ici la Vierge, avec la main dressée verticalement, et la tranche du livre tourné vers le haut. D'autre part, la présence de ce livre n'en fait pas tant une "éducatrice" (une notion qui est admise pour sainte Anne enseignant à sa fille, mais qui est discutable àpropos de celui qui va bientôt enseigner les docteurs du Temple) qu'elle ne rappelle que le Fils est envoyé à l'Humanité pour accomplir le plan du Salut annoncé dans les Écritures.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f17.image

Les cheveux de l'Enfant sont aspirés vers l'arrière et l'extérieur selon ce trait stylistique déjà décrit pour l'ange de la console. 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Les anges.

"Huit anges, porteurs de phylactères ou musiciens, sont vêtus d'aubes qui cachent leurs pieds. Dans la première voussure de droite, juste au dessus de la Vierge à l'Enfant, l'ange tient une cithare médiévale dont il frotte les cordes avec un archet miniature [sic].Le manche de l'instrument est court. L'ange semble danser, la jambe droite avancée en un plié gracieux, le talon en dehors.

Dans la deuxième voussure plus à droite, un autre ange joue de la harpe gothique en pinçant les cordes. Cet instrument se jouait posé sur les genoux d'où la position légèrement incliné de l'ange.

Les ailes des anges sont géométriques, avec le bout pointu. Ici aussi, les chevelures sont bouclées et indisciplinées comme sur le tombeau de Gatien de Monceaux. Les plissés sont variés, verticaux, en diagonale ou à bec et forment une nuée aux pieds des anges thuriféraires. Ceux-ci accomplissent une génuflexion, leur geste figé à mi-course. L'ange de droite tient dans une main la navette à pied servant à conserver l'encens, ce qui révèle le souci du détail du sculpteur. Tous les anges esquissent un sourire subtil. Leurs ailes sont largement déployées dans une magnificence de plumes." (E. Le Seac'h)

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"Deux anges encadrent le groupe. Cette scène reprend les compositions des grands édifices gothiques. Au début du XVe siècle, les anges conservent les fonctions que leur avait attribuées l'époque gothique : thuriféraires ; musiciens dans les voussures , ils s'accompagnent de la harpe et de la cithare pour chanter les louanges de la Mère de Dieu; d'autres tiennent des phylactères. Leur vêtement se compose d'une chape retenue sur la poitrine par un fermail ou d'une tunique à manches longues, l'amict dépassant parfois de l'encolure. Par leurs chevelures traitées en mèches bouclées, s'écartant des tempes comme attirées par un aimant, un toupet sur la tête, et leurs vêtements, ils s'inspirent des anges qui décorent le soubassement du tombeau en calcaire de l'évêque Gatien de Monceaux (mort en 1416), autrefois dans la cathédrale. De même, les anges du portail sud semblent très proches, par le naturalisme de leur visage, de deux apôtres — dont seules subsistent les têtes — du palais du duc Jean de Berry à Bourges, datant du premier quart du XVe siècle. Simultanément, ces anges font leur apparition au Folgoët, sculptés dans le kersanton, sur l'un des autels alignés contre le mur est de la collégiale." (C. Prigent)

persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_2_9305

https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/tete-d-apotre

https://patrimoinebourges.weebly.com/bourges-gothique/les-vestiges-de-la-sainte-chapelle-de-bourges

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Tête d'ange, musée du Berry.

 

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L'ange thuriféraire (qui porte l'encensoir) de droite.

Il donne un exemple de la coiffure en macarons de mèches repoussés vers l'arrière et le haut par un vent spirituel. Le haut du visage est carré, le bas triangulaire.

J'ai étudié ces anges et leurs chevelures dans mon article sur l'Autel des Anges du Folgoët. Je remarquais alors qu'une influence possible pouvait être le Puits de Moïse de Champmol (achevé en 1405).

 http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

Je me suis rendu depuis  à Dijon dans le but de documenter cette influence : voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2019/09/le-puits-de-moise-de-la-chartreuse-de-champmol-a-dijon.html

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L'ange tient en main gauche la navette d'encens et balance l'encensoir dans un mouvement particulièrement élégant et synchronisé avec son acolyte.

À la différence des anges des voussures, des deux anges portent des chapes. Il faut savoir que le terme de "thuriféraire" désigne un servant de messe, et que sa fonction est de préparer, d'allumer et de présenter l'encensoir au prêtre afin qu'il le bénisse, puis c'est ce dernier ou un diacre qui encense l'autel, puis, par trois coups triples, le livre de l'Évangile avant sa lecture. Le thuriféraire, ensuite, balance simplement l'encensoir pendant la Lecture. Il y a donc peut-être une différence entre un célébrant, portant la chape, et faisant de très grands mouvements d'encensement, comme nous voyons ici, et le rôle plus subalterne du thuriféraire proprement dit.

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Le demi sourire fascinant m'a incité à multiplier les clichés. II semble parfois que l'ange est transporté d'aise par les fumées parfumées de l'encens.

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Discussion. 

Ces deux anges en symétrie spéculaire trouvent peut-être leur source unique, pour celui de gauche, dans les Anges de l'Annonciation lançant vers la Vierge le phylactère de leur salutation. On peut ainsi évoquer l'enluminure peinte par Jean Hermant pour les Heures de Rohan BnF lat. 9471 au folio 45, ou celle, assez proche, des Heures de Buz Hougton Library Richardson  42 f. 20, daté vers 1420-1425 ). Comme à Quimper, l'ange est placé plus bas que la Vierge. Mais ce serait alors, de la part de notre  sculpteur, une fameuse inspiration de renoncer au profil pour rendre   ce très beau mouvement de la tête tourné vers nous. On notera que le Maître de Rohan, auteur de ces miniatures, est également le peintre du Livre d'Heures d'Isabelle Stuart, épouse du duc de Bretagne (voir "Contexte artistique infra). Ou que les Grandes Heures de Rohan furent (comme les Heures de René d'Anjou et les Heures d'Isabelle Stuart) probablement commandées par Yolande d'Aragon, mère de Yolande, la première épouse du duc de Bretagne François Ier, fils de Jean V. Leur mariage date de 1431, alors que le porche sud est daté avant 1433 (mort de Jeanne de France).

On notera que cette chevelure est retenue par un bandeau (centré par une croix frontale) qui interrompt la couronne de bouclettes, alors que cette couronne est complète dans les œuvres sculptées de l'atelier du Folgoët.

 

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Jean Hermant, Annonciation (détail), Heures de Rohan BnF lat. 9471 f. 45r. Copyright BnF Gallica.

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Visitation, Heures de Rohan BnF lat. 9471 f. 70r. Droits BnF Gallica.

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Jean Hermant, Annonciation, Heures de Buz, Harvard, Houghton Library, ms. richardson 42, f° 20, détail.Copyright Harvard, Houghton Library.

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Annonciation,f. 23r, Jean Hermant et Maître de Giac, vers 1416.Heures du Roi René BnF lat. 1156A. Droits BnF Gallica.

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Or, les anges de ces enluminures ont tous les cheveux emportés par un vent frontal, comme à Quimper. Le Maître des Heures de Rohan   est partiellement rapproché d'un Jehan Hermant qui aurait travaillé comme libraire à Paris en 1398-1421 avant  de s'installer à Laon en 1422-1428. À Paris, sa maison rue Pierre Sarrazin à l'angle de la rue de la Harpe était contiguë avec l'Hôtel de Forest (situé précisément rue de la Harpe), que Jean IV avait reçu en 1384 de Charles VI, et que Jean V avait offerte en 1395 à Jean de Malestroit, seigneur d'Oudon. (A. Chatelet 2020 et F. Berland 2011). Des contacts avec la cour ducale de Bretagne sont possibles, notamment avec  le cardinal Jean de Malestroit (1375-1443) évêque de Nantes et chancelier du duc. (plutôt que Thibaut de Malestroi, évêque de Quimper jusqu'en 1408).  

 

 

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange thuriféraire de gauche.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LES ANGES DES VOUSSURES.

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L'ange musicien jouant de la mandore  par l'intermédiaire d'un plectre.

Je ne reprends pas le nom de "cithare" proposé par Le Seac'h et Prigent, et j'identifie l'objet de la main droite comme un plectre, et non comme "un archet court".

L'instrument piriforme (demi-poire) et apparemment monoxyle possède quatre cordes fixées en bas au cordier et en haut à aux quatre chevilles d'une tête dont il est difficile de préciser la forme en volute ou cassée comme pour un luth. Le plectre est tenu entre pouce et index sur un poignet en supination et très fléchi. 

On retrouve l'instrument et la position de la main (mais le poignet est en extensionpeint par Jean de Bruges pour la chapelle de la Vierge de la cathédrale du Mans:

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Ange jouant de la mandore avec un plectre. Voûtes de la Chapelle de la Vierge par Jean de Bruges vers 1377. Photo lavieb-aile.

 

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http://a51.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/le-mans/cathedrale/instrumentarium/concert/concert-1705c.jpg

Voir aussi l'instrumentarium de la cathédrale de Bayeux (vers 1412)

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/la-crypte-de-la-cathedrale-de-bayeux-et-ses-anges-musiciens.html

Voir les anges musiciens de Kernascléden (une harpe, mais pas de mandore) :

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/les-anges-musiciens-des-voutes-de-kernascleden-56.html

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange joueur de harpe.

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C'était à l'époque un instrument diatonique de  90 cm de haut environ, à 24 cordes en moyenne, et que l'on tenait sur les genoux.

La tenue sur le genou gauche, la base posée sur le milieu de la poitrine, est celle adoptée par l'ange de l'instrumentarium du Mans.

http://www.lavieb-aile.com/article-un-concert-de-noel-pour-nicole-et-michel-125275886.html

 

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure gauche, en bas.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure gauche, en haut.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure extérieure gauche.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure droite, sous l'ange au mandore.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure extérieure droite, en haut.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Ange à la tête brisée.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Ange portant un instrument brisé.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Le début des rinceaux, entre les moulures des piédroits : chanoines ?.

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L'étude systématique des enracinements des rinceaux (pampres et autres) dans les contre-moulures des pièdroits des porches pourrait leur attribuer une précieuse valeur sémiologique. À un niveau amateur, force est de constater la présence constante d'animaux fantastiques ou non, ou de personnages caricaturaux (chanoines) sur les porches bretons, tant ceux dus aux deux ateliers ducaux du Folgoët que ceux dus à Bastien et Henry Prigent, et d'autres encore. Ici, nous trouvons des personnages assis ou accroupis, coiffés d'une sorte de béret. Je les qualifie de "chanoines" par comparaison aux autres sites. Il resterait à comparer ces motifs dans leur distribution géographique et chronologique.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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SAINTE CATHERINE.

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"Sur le contrefort gauche du porche, sainte Catherine d'Alexandrie, d'une facture plus raide, est placée dans la première des niches superposées, surmontée d'un pinacle à crochets. La sainte couronnée tient une roue dont le tour est agrémenté de dents acérées. Elle s'appuie légèrement sur une épée dans sa main droite, ce qui crée un léger déhanchement. Elle porte une robe longue dont le tissu tombe en plis lourds sur le bout pointu des poulaines. Le pan gauche du manteau qui recouvre les épaules est ramené sous son bras droit et il forme comme un tablier avec des plis étagés. La robe est resserrée à la taille par une grosse ceinture dont les trous semblent renforcés par des pastilles imitant le métal. Elle est fermée au milieu par une série de petits boutons ronds : le col se rabat en un pli large. Les cheveux se séparent en deux tresses étiques qui tombent sur la poitrine. Le visage est de forme ovale et allongée. Les yeux surlignés et pincés à leur extrémité, sont compris dans des arcades sourcilières en forme d'accent circonflexe. Le nez large est épaté, le philtrum large et creusé. Sainte Catherine esquisse un délicat sourire.

Les deux sculptures en kersanton sont caractéristiques de l'atelier du Folgoët avec un plastron plat et un bas du corps au drappé plus fouillé. Les mains sont larges et manquent de naturel." (E. Le Seac'h 2014)

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"Sculptée dans la pierre de Kersanton d'un gris foncé, elle est un peu plus tardive [que les sculptures du porche]. On y note un lointain écho des statues anglaises d'albâtre, dans les mains allongées, le type de couronne au bandeau incurvé et la façon de tenir la roue d'une manière spécifique." (C. Prigent)

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C'est elle qui présente la duchesse de Bretagne Isabelle Stuart sur son Livre d'Heures : voir précision dans Contexte artistique infra.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Book_of_Hours_(Fitzwilliam_Museum_Ms62)?uselang=fr#/media/File:Stundenbuch_Isabella_Stuart1.JPG

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LE GABLE ET SES BAS-RELIEFS HÉRALDIQUES.

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Il faut pouvoir en lire le contenu comme la suite du complexe héraldique présent sur le gable du porche occidental réalisé entre 1424 et 1433. Le duc Jean V y occupait la place prééminente, puis venaient les armoiries de la duchesse Jeanne et de ses trois fils, celles de l'évêque Bertrand de Rosmadec et de son frère, et, à l'extérieur du gable, celles de quatre officiers ducaux, les seigneurs de Névet, de Guengat (?), de Bodigneau et de Quélennec.

Sur le porche sud, nous avons une forme réduite du porche ouest, où la duchesse Jeanne vient en supériorité sous l'hermine passante, et où, des six blasons précédents, nous en conservons quatre, ceux, dans le cadre triangulaire, de l'évêque Bertrand de Rosmadec et de sa famille, et ceux, en dehors, de Droniou de Bodigneau et de Jean de Quélennec.

Si l'identification de ces écus et de leurs ornements extérieurs, mais aussi de leur devise, a été donnée depuis le XIXe siècle, il reste passionnant de retrouver les formes malgré l'usure de la pierre, et, pour l'amateur d'inscriptions, d'admirer les graphies et la disposition des "cris d'armes". Le temps de l'information ne doit pas occulter le temps de la contemplation attentive des formes.

n.b : Wikipédia ou des sites spécialisés précisent que la devise est placée en dessous de l'écu, et le "cri d'armes" au dessus, comme c'est ici systématiquement le cas, sur les deux porches.

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/c/cri-d-armes.htm

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'hermine tenant les armes de Jeanne de France, duchesse de Bretagne.

 

En supériorité, l'écu en losange de la duchesse Jeanne, parti de Bretagne et de France, est surmonté d'une hermine passante colletée de la jarretière  flottante de Bretagne, tenant un cartouche sur lequel figure la devise : A MA VIE

 

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a) L'hermine passante.

L'hermine passante est présente également sur les autres chantiers du duc Jean V :

— Sur la façade et en frise, ou dans le porche des Apôtres à la Collégiale du Folgoët, où elle traverse les spires d'une banderole portant la devise A MA VIE :

 

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet.iv.les-emblemes-devises-et-marques-des-ducs-de-bretagne-1423-1505.html

— Sur le gable du porche de la chapelle Saint-Herbot :

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/l-enclos-paroissial-de-saint-herbot-a-plonevez-du-faou-vi.le-porche-sud-1498-1509-par-le-second-atelier-du-folgoet-l-exterieur-et-le

— Sur les sablières de l'église haute de Quimperlé  avec la date de 1430: hermine passante colletée de la jarretière dans une frise où est inscrit la devise A MA VIE.

http://www.lavieb-aile.com/article-les-sablieres-et-poin-ons-de-l-eglise-notre-dame-et-saint-michel-de-quimperle-123158720.html

.Jeanne de France (1391 - 1433), fille de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière, fut duchesse de Bretagne de 1399 à 1433 par son mariage avec Jean V de Bretagne.

Sablières (1430) de l'église de Quimperlé. Photo lavieb-aile

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—  Sur la façade de la chapelle de Quilinien à Landrévarzec : 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

 

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— La devise A MA VIE avec les armoiries ducales se trouvent aussi à Runan, sur la maîtresse-vitre.

http://www.lavieb-aile.com/article-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-de-runan-22-123343694.html

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription lapidaire A MA VIE.

La banderole  est tenue par l'hermine dans sa gueule et elle s'élève en se pliant. Elle est tracée avec des lettres gothiques minuscules et encadrée par des deux-points qui servent aussi à séparer les groupes de mots. Ces deux-points, selon une tradition presque constante en Basse-Bretagne (j'ignore si elle est établie dans d'autres régions) sont reliés par un motif en forme de S.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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b) les armoiries mi-parti de Jeanne de France :

 

Jeanne de France (1391 - 1433), quatrième fille de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière, fut duchesse de Bretagne de 1399 à 1433 par son mariage  à Paris le 19 septembre 1396 avec Jean V de Bretagne. Elle était la sœur aînée du Dauphin, qui deviendra Charles VII grâce à Jeanne d 'Arc. Elle eut 7 enfants, dont 3 fils, François (1414 † 1450), duc de Bretagne en août 1442, Pierre (1418 † 1457), duc de Bretagne de 1450 à 1457 et Gilles (1420 † 1450), seigneur de Chantocé.

Son écu est losangique, comme c'est la règle pour les femmes. Il n'est plus lisible aujourd'hui, et il faut se fier aux identifications de Le Men.

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dessin par Sodacan

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L'écu losangique figure aussi  dans  le gable du porche ouest de la cathédrale, mais en dessous et à droite de celui du duc, sans lambrequins, et présentés par deux oiseaux (colombes).

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Gable armorié du porche ouest de la cathédrale. Photographie lavieb-aile.

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Les armes de la duchesse figurent aussi sur la voûte du chœur de la cathédrale, portées par un ange.

 

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http://www.lavieb-aile.com/2016/02/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-i.html

Armoiries de la duchesse de Bretagne Jeanne de France, parti de Bretagne et de France : clé de voûte du chœur, photo lavieb-aile

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 Jeanne de France, son époux et ses enfants étaient représentés en donateur sur les baies 101 et 102 , en pole position autour du Crucifix de la baie d'axe n°100. (Ils y sont encore, mais par le biais d'une restitution ).

La baie 102. Les armoiries sont portées par la robe de Jeanne de France.

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Lancette B. Jeanne de France, duchesse de Bretagne (1399-1433) présentée par saint Jean-Baptiste.Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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J'aimerai trouvé plus de renseignements sur les deux pattes qui, sur la sculpture du gable,  s'écartent des sommets du losange, et que je nomme lambrequins à défaut d'information. Sont-ils attestés ailleurs ? Représentent-ils quelque chose ? Ils se terminent en griffe par des dilatations ampullaires comme des bourgeons.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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2° À gauche à la base du gable : armoiries épiscopales de Bertrand de Rosmadec.

Le Men le décrit comme un écu triangulaire timbré d’une crosse et d’une mitre et portant un palé de six pièces. La mitre et la crosse ne sont plus visibles, tandis qu'on  perçoit les traces des bandes horizontales du palé. Les fanons de la mitre sont bien visibles de chaque coté de l'écu. 

 

Bertrand de Rosmadec, aumônier et conseiller de Jean IV, évêque de Cornouailles après  Gatien de Monceaux. 1416-1443 se démit en août 1444, ; il entreprit en 1424 la réfection de la nef de la cathédrale et inhumé dans la cathédrale. Ses armes sont un  palé d’argent et d’azur de six pièces.

On voit ses armoiries, à la meme place qu'ici, sur le porche ouest de la cathédrale.

 

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Ses armoiries figurent à la voûte rayonnante du chœur de la cathédrale, autour de celle du duc Jean V :

http://www.lavieb-aile.com/2016/02/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-i.html

Il est sans doute figuré en donateur en lancette B de la  baie 105, présenté par un saint évêque  à la Vierge à l'Enfant, alors que sainte Catherine et saint Yves sont peints dans les deux autres lancettes. L'absence d'inscription ou d'armoiries ne permet pas une identification fiable.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-ix-la-baie-n-105.html

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper IX : la baie n° 105 de Bertrand de Rosmadec.

On les trouvait sur la voûte de l'ancienne abbatiale de Daoulas.

http://www.lavieb-aile.com/2017/06/les-sablieres-de-l-ancienne-abbatiale-de-daoulas-inscription-de-1529-blasons-armories-et-scenes-animalieres.html

Elles sont conservées dans la chapelle Saint-Côme de Saint-Nic (la famille vient de Telgruc/mer).

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Armoiries épiscopales de Bertrand de Rosmadec. Chapelle Saint-Côme de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Elles figurent sur la clef de voûte de Kernascéden (56) :

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/les-anges-musiciens-des-voutes-de-kernascleden-56.html

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Rosmadec#/media/Fichier:Blason_Charles_de_Rosmadec.svg

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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3° À droite de la base du gable : armoiries de Jean II de Rosmadec, neveu de l’évêque Bertrand .

Le Men décrit un  écu arrondi couché, palé de six pièces, timbré sur son angle sénestre d’un casque orné de lambrequins et sommé d’un cygne pour cimier, et l'attribue à Guillaume de Rosmadec, père de Bertrand.

Les pièces de l'écu sont à peine visibles (le leucogranite s'altère, et se décolle par plaques), mais on reconnapit leur alignement.

On voit aussi cet ensemble héraldique dans le gable  du grand portail ouest. Il y est attribué par P.-F. Broucke à Jean II de Rosmadec (neveu de l'évêque, qui fut son tuteur). Le casque, comme ici, porte un tortil de baron. La banderole verticale est muette, mais elle pouvait porter (en peinture ?) le cri "EN BON ESPOIR", devise de la famille.

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Gable du porche nord de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Voir aussi :

Le gisant de Guillaume de Rosmadec en la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic (22).

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Les blasons placés  en dehors du fronton triangulaire,  gauche et à droite : Bodigneau et Quélennec.

 

 À gauche :  les armoiries des Bodigneau.

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Le Men décrit ne targe couchée timbrée d’un casque orné de lambrequins et sommé d’une tête de cygne issant d’une couronne de fleurons, tient dans son bec un cartouche sur lequel on lit la devise : A LAVENTURE :.

Cet écusson qui est aussi sculpté au-dessus du   porche ouest, appartenait à la famille de Bodigneau dont les armes étaient : de sable à l’aigle éployée d’argent becquée et membrée de gueules.

Jean Droniou, seigneur de Botigneau, était un important fonctionnaire du duché, proche de duc Jean (, trésorier et receveur général en Bretagne depuis 1420 et procureur de Cornouaille depuis 1429 .

— Voir la lancette B de la baie 106  du chœur de la cathédrale où Marie-Madeleine présente une dame de Bodigneau épouse d'un membre de la famille de Juch,  agenouillée comme donatrice.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

— Voir la lancette C de la baie 108 (voisine de la précédente) où un saint évêque présente en donateur  un seigneur de Bodineau portant un tabard à ses armes.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

— Voir les lancettes B, C et D  de la  baie 110 (qui suit les précédentes dans le chœur) : le seigneur de Bodigneau est présenté par Jean l'évangéliste, puis par Jean-Baptiste, puis une dame de Bodigneau en alliance avec Tréanna est présentée par la Vierge. 

"Saint Jean présente un chevalier en armure,  portant l'épée, et  sur son tabard les armes de la famille de Bodigneau, de sable à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée de gueules. Le fief de cette famille se trouve dans la paroisse de Clohars-Fouesnant (à 15 km au sud de Quimper), où s'élève le château de Bodigneau, ou Botigneau, Bodignio ou Bodinio. Le Nobiliaire ou Armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy indique :

Botigneau (de), sr dudit lieu et de Kergoat, par. de Clohars-Fouesnant, — de Brunault, par. de Trébrivant. Réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Clohars, év. de Cornouaille.

D’azur à l’aigle éployée d’or. Devise : À l’adventure.

Le nom ancien de cette famille est Droniou ; Jean Droniou, épouse Louise du Vieux-Chatel, dame de Brunault, dont : Alain, marié en 1562 à Marie de Kergorlay, père et mère de Jeanne, fille unique héritière, épouse de François de Kerc’hoënt.

 En 1426, le domaine de Botigneau  est tenu en 1426 par Jehan Droniou.

Vers 1500, cette famille fit édifier les vitraux de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant, avec leurs armes en supériorité, et Pierre de Bodigneau et Marie de Tréanna s'y font représenter en donateurs (Abgrall, Notice).  Voir Iconographie de saint Christophe.

 En 1424, lors de la construction de la façade occidentale, le blason du seigneur de Bodigneau est sculpté sur le tympan du portail, avec celle des trois autres nobles qui ont le privilège de porter le siège de l'évêque Bertrand de Rosmadec : les seigneurs de Nevet (Plogonnec), de Guengat et Du Quélennec (Le Faou). C'est dire qu'il s'agit alors d'une famille de tout premier plan en Cornouaille. Par contre, en 1480, lors de l'entrée épiscopale de Guy de Bouchet, les quatre seigneurs qu'accueillirent dans la cathédrale étaient Jean du Quélennec, Henri,seigneur de Névet, Guillaume, seigneur de Ploeuc,  et Guyomarch, seigneur de Guengat. Bodigneau avait donc laisser la place à de Ploeuc."

 

— Voir la lancette D de la baie 112, où une dame de Bodigneau est présentée par sainte Catherine.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-des-baies-110-et-112-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper.html

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Voir le vitrail (vers 1520) de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant , résultant  "d'un don du seigneur de Botigneau. En 1505, la seigneurie appartenait à l'écuyer Pierre de Botigneau, et en 1541 à son fils Jean. En 1665, la terre de Botigneau fut vendue à Jean de Penfentenyo. Les seigneurs de Botigneau sont fondateurs de l'église paroissiale, et aussi des chapelles Saint-Jean et Saint-Guénolé qui leur appartenaient privativement ; ils possédaient leur tombe dans le chœur, et leurs armoiries d'azur à l'aigle éployée d'or à deux têtes becquées et membrées de gueules dans les deux vitraux éclairant chacune des chapelles latérales. Les vitraux du transept ont sans-doute été déplacés depuis ces chapelles."

 

 

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/iconographie-de-saint-christophe-le-vitrail-de-clohars-fouesnant-29.html

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Jean Droniou offrit à la collégiale du Folgoët (relevant du mécénat ducal) une statue en kersanton avec son nom encadré de ses armes  à l'aigle bicéphale. En 1420, c'est lui qui, comme trésorier, vint apporter la donation de Jean V. Que représente cette statue ? comme par hasard, sainte Catherine ! La statue est moins belle que celle de Quimper, mais la comparaison s'impose néanmoins.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-v-les-statues-de-kersanton-1423-1433-par-le-grand-atelier-ducal-du-folgoet-1423-1509.html

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Sainte Catherine d'Alexandrie, Kersanton, Atelier du Maître du Folgoët (1423-1433) , angle sud-ouest de la chapelle de Coëtivy, Collégiale du Folgoët, photographie lavieb-aile avril 2017.

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription est portée par une banderole repliée tenue par le bec du "cygne". Elle indique, en lettres minuscules gothiques, la devise  A LAVENTURE : avec les deux-points reliés par le S habituel.

Les fûts sont droits, avec un empattement en losange orienté vers l'avant en bas, et vers l'arrière en haut. Les A sont à double œil , le V est semblable au U ; la traverse du T est longue. L'œil du E est ouvert, tracé par un fin trait en S sur la barre. C'est une écriture de type textura (qui sera adoptée par Gutenberg en 1455 pour sa Bible). 

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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 À droite : armoiries de la famille du Quélenec, d’hermines au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lys d’or, avec la devise : EN DIEU / M /  ATENS :.

 

Jean III du Quélennec (1401-1459), vicomte du Faou, chambellan du duc de Bretagne depuis 1426, capitaine de Brest, amiral de Bretagne aux années 1432, 1442, 1450, 1461, 1471, et lieutenant-général en Bretagne, assiste en 1432 au siège de Pouancé, épouse en 1433 Marie de Poulmic († 1457), fille de Jan, seigneur de Poulmic, et de Jeanne de Kersaliou.

— Ces armes sont également présentes,  au-dessus du  porche ouest, dans la même situation en bas à droite. Mais le casque porte un tortil de baron. Le Men décrit "une  targe couchée timbrée d’un casque orné d’un lambrequin et sommé d’une tête de cygne issant d’une couronne, et tenant dans son bec un cartouche avec la devise : En Dieu m’attens. C’est la devise des seigneurs du Quélenec, barons dudit lieu et vicomtes du Faou. Leurs armes qui sont : d’hermines au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lys d’or, se voient dans la voûte du bas-côté sud de la cathédrale. Les seigneurs de Quélenec étaient tenus, comme les seigneurs de Nevet et de Guengat, d’assister à l’entrée solennelle des évêques dans leur ville de Quimper. "

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Porche ouest de la cathédrale de Quimper. Photo lavieb-aile.

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— Ses armoiries en alliance avec Marie de Poulmic figurent sur la façade de la chapelle du Quilinien à Landrévarzec, débutée vers 1450-1457..

 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

—Ses armoiries en alliance avec celles des Poulmic figurent aussi sur le calvaire daté vers 1433-1457 de l'église de Rumengol . Ce calvaire peut être attribué, comme ce porche sud de Quimper, à l'atelier ducal du Folgoët. Ces armoiries figurent aussi sur les vitraux de l'église de Rumengol.

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-eglise-notre-dame-de-rumengol-29-ii-le-calvaire.html

 

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription en minuscules gothiques, de la même main que la précédente,  EN DIEU / M /  A/TENS :  se clôt par le deux-points  habituel.

(Je ne peux exclure que le repli cache une première lettre T, ce qui donnerait EN DIEU / M /  ATTENS :  )

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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SOUS LA BALUSTRADE.

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Une figure d'Ève ?

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Une femme en coiffe, mains sur les oreilles.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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CONTEXTE ARTISTIQUE.

Les trois principaux auteurs d'enluminures du premier quart du XVe siècle sont, selon F. Avril et N. Reynaud, les frères Limbourg, le Maître de Bedford (Bréviaire de Jean de Berry BnF lat. 17294)  et le Maître de Boucicaut alias Jacques Coene (Livre d'Heures, musée Jacquemart-André ms2, vers 1415). Et leurs principales émules seront ensuite le Maître des Grandes Heures de Rohan, et le Maître de Marguerite d'Orléans. Or, ces deux derniers ont travaillé pour les épouses des deux fils de la duchesse Jeanne et, dans les deux cas, avant la fin de réalisation des porches de la cathédrale de Quimper.

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1°) Le Maître de Rohan ( +/- =Jean Hermant et Maître de Giac)

a) Il a  peint les Grandes Heures de Rohan  BnF lat. 9471 pour Yolande d'Aragon en 1416-1417

 

Vierge allaitante f. 33v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f76.item

Annonciation f.45r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f99.image

Visitation (pour les anges) f. 70r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f149.image

Sainte Catherine f. 231v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f99.image

b) Il a peint le Livre d'Heures dit d'Isabelle Stuart (Fitzwilliam museum ms.62). Vers 1417 ou avant 1431. c) 234 folios, 2 miniatures pleines pages, 20 grandes miniatures, 437 miniatures marginales, par le Maître de Rohan (f.  199v, f.20, f. 136, f. 141v, etc) et le Maître de Giac.  Ce livre aurait été commandé par Yolande d'Aragon pour sa fille Yolande (1412-1440), qui épousa le duc de Bretagne François Ier en 1431. Le livre serait alors entré en possession d'Isabelle Stuart (1426-1494), 2ème épouse du duc et donc duchesse de Bretagne de 1442 à 1450. Celle-ci a peint, en folio 20 de la prière Obsecro te — supplication à la Vierge pour obtenir son assistance lors de la mort) —,  son propre portrait par dessus  celui de la première épouse, a placé ses propres armes, et s'est faite présentée par sainte Catherine (ce qui indique clairement l'importance de cette dernière aux yeux de la duchesse Isabelle).

https://www.fitzmuseum.cam.ac.uk/pharos/collection_pages/northern_pages/MS.62/FRM_TXT_SE-MS.62.html

 

PANAYOTOVA (Stella), 2014, , « The Rohan Masters: Collaboration and Experimentation in the Hours of Isabella Stuart », dans Colum Hourihane, Manuscripta Illuminata: Approaches to Understanding Medieval and Renaissance Manuscripts, Princeton, Princeton University Press and Penn State University Press, 

 

https://www.academia.edu/10668335/The_Rohan_Masters_Collaboration_and_Experimentation_in_the_Hours_of_Isabella_Stuart

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N.B. On recense au moins deux autres livres d'heures ayant appartenu à Isabelle Stuart, mais d'intérêt artictique moindre  : l'un à l'usage de Nantes et Paris, datant des années 1460-1465 (Bibliothèque nationale de France, Lat 1369), et un autre à l'usage de Rome (BNF, NAL 588).

— Heures d'Isabelle Stuart BnF NAL 588. La reine est présentée par saint François au folio 33v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8555843r/f72.item

— Livre d'Heures d'Isabelle Stuart, BnF lat. 1369. La reine est présentée par saint François page 56.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f66.item.zoom

Annonciation :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f395.item

Sainte Catherine :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f332.item

c) Il a peint les  Heures de René d'Anjou BnF lat. 1156. Commandé par Yolande d'Aragon (ou Louis II d'Anjou), vers 1416-1417 à Paris à un atelier dont le Maître de Giac, Jean Hermant. 

Vierge allaitante f. 18v:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f48.item

Annonciation f. 23r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f57.item

Annonce aux Bergers (voir les anges) f. 52r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f115.item

Fuite en Egypte (voir les anges) f. 62v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f135.item

Sainte Catherine f. 75v (après Marie-Madeleine)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f161.item

d) Il a peint les Heures de Buz  Harvard Houghton Library Ms Richardson 42. 20 grandes enluminures et 40 plus petites. Le folio 155r montre la Vierge embrassant l'Enfant endormi,  entourée de deux anges qui soutiennent un drap d'honneur, avec l'oraison Ie te salue Marie a qui dieu son filz maria a humaine fragilité ;

https://curiosity.lib.harvard.edu/medieval-renaissance-manuscripts/catalog/34-990098818110203941

 

 

e) Un Livre d'Heures à l'usage de Troyes (vendu par Jorn Günther) lui est attribué. On y trouve folio 116 une Vierge à l'Enfant entourée de deux anges avec l'oraison Dulce dame de misericorde mere de pitie fontaine de tous biens qui portastes [Ihesu crist .x. mois en vos precieux  flans et la leitastes  de vos doulces mamelles.]

 C'est l'une des 15 Joies, dont le texte est également cité dans les Heures de René d'Anjou.

https://diocese-quimper.fr/fr/story/3632/notre-dame-des-joies

https://diocese-quimper.fr/fr/story/3632/notre-dame-des-joies

https://guenther-rarebooks.com/artworks/9383-masters-of-the-grandes-heures-de-rohan-likely-book-of-hours-use-of-troyes-c.-1415-1420/

Jean Sonet page 82.

  2°) le Maître de Marguerite d'Orléans  a peint pour cette dernière, épouse de Richard, comte d'Étampes et fils de Jean V, un Livre d'Heures BnF lat. 1156B vers 1426-1428.

Le folio  15r montre un ange agenouillé de profil 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f37.item

Au folio 25r, la duchesse est agenouillé devant la Vierge à l'Enfant devant un drap d'honneur et un prie-dieu aux armes France-Orléans (je note le damas aux phénix, comme sur les vitraux de la cathédrale):

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f57.item

Dans les suffrages, au f. 185r, sainte Catherine (dont le supplice est très précisément figuré)  est en deuxième position après sainte Madeleine, mais avant sainte Marguerite, patronne pourtant de la destinataire des Heures.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f361.item

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Le Livre d'Heures de Pierre II, duc de Bretagne, BnF lat 1159 est plus tardif  (1455-1459):

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100345449

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ANNEXE. 

La polychromie du porche nord d'après les illuminations de la cathédrale .

http://www.lavieb-aile.com/2019/01/iliz-veur-la-cathedrale-de-quimper-transfiguree-la-nuit.html

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Photo lavieb-aile.

Photo lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— BROUCKE (Paul-François), 2010, Les prééminences héraldiques de la cathédrale de Quimper au XVe siècle ,UBO master 1.

— CHAURIS (Louis), 2013, Les pierres sacralisées, dans Quimper, La grâce d'une Cathédrale, La Nuée Bleue

— LE SEAC'H (Emmanuelle), décembre 2010, Le ateliers de sculptures sur pierre en Bretagne du XVe au XVIIe siècle. Thèse soutenue à l'UBO sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut, 409 pages.

http://www.theses.fr/s155543

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs dur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut,Presses universitaires de Rennes. sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut, 409 pages.

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper (XIIIe-XVe siècle) , avec un plan

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MAUGUIN (Michel), Les armoiries de la chapelle de Quilinen.

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

— PRIGENT, (Christiane), 2013, "La sculpture médiévale", dans Quimper, La grâce d'une Cathédrale, Direction scientifique et coordination : Philippe Bonnet, Yann Celton, Jean-Paul Larvol, Jean Marc. Préface de JMG Le Clézio et Philippe Le Guillou. 416 pages, plus de 400 images.  co-édition La Nuée Bleue / Place des Victoires. page 170-172.

 

— PRIGENT, (Christiane), s.d. La cathédrale de Quimper, Quimper p.34.

— PRIGENT, (Christiane), 1992, La Bretagne mariale du XIVe au XVIe siècle en Bretagne : un exemple d'ouverture au monde extérieur, dans J. Kerhervé, D. tanguy (dir.) 1491, La Bretagne, terre d'Europe, Brest-Quimper.

Etude de quelques sculptures bretonnes influencées par les modes venues des pays nordiques, BSAF 1980 Pages 269 à 288

— PRIGENT, (Christiane), La statuaire bretonne aux XIVe et Xve siècle, dans La bretagne au temps des Ducs (1491-1991), Daoulas, 1991.

— PRIGENT, (Christiane) 1984, « Quimper, Cathédrale Saint-Corentin. Le tombeau en calcaire de l'évêque Gatien de Monceaux », BSAF t. CXIII p. 342.

PRIGENT, (Christiane), 1982, « Quimper, Cathédrale Saint-Corentin. Vierge à l'Enfant du portail sud », BSAF t. CX p. 330 .

— PRIGENT, (Christiane), 1992, Pouvoir ducal, religion et production artistique en Basse-Bretagne (1350-1575), Paris.

 

— YEURC'H (Bertrand), Les cérémonies d'intronisation en Bretagne ducale

https://www.academia.edu/24314709/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale

https://www.academia.edu/27163212/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale_-_publication_papier

CPA

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo151457

 

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo225762

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper Porches
31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 19:38

Raoul Dufy à Quimper : les robes à fleurs (et les éléphants).

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Sur Quimper, voir aussi :


 

La cathédrale :

 

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Le Musée des beaux-arts de Quimper présente actuellement l' exposition Raoul Dufy (1877-1953), les années folles.

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"Raoul Dufy (1877-1953) est l’un des artistes français les plus marquants du XXe siècle. Peintre, dessinateur, céramiste, créateur de tissus, décorateur, il a su, à l’instar de Gauguin, abolir les frontières entre art majeur et art mineur. L’exposition au musée des beaux-arts de Quimper présente environ trois cents œuvres issues d’une collection particulière.
Les peintures et dessins mettent en valeur les thèmes qui sont chers à Dufy : la mer, les régates, la musique et les fêtes pavoisées aux couleurs lumineuses. Le public peut également découvrir une autre facette de l’artiste qui a multiplié les expérimentations dans le domaine des arts décoratifs, impulsées par ses bois gravés réalisés pour le Bestiaire d’Apollinaire. Il a en effet collaboré avec le célèbre couturier Paul Poiret et la société Bianchini-Férier, l’une des principales maisons de soieries lyonnaises. Une vingtaine de robes et une soixantaine de tissus donnent un aperçu de la hardiesse et de la justesse des trouvailles de Dufy qui ont largement alimenté l’inventivité des grands couturiers des années folles."  http://www.mbaq.fr/fr/expositions/expositions-a-venir/raoul-dufy-1877-1953-les-annees-folles-669.html

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Ayant nommé (non sans ironie) mon blog lavieb-aile, je ne pouvais pas ne pas rendre hommage au peintre de la joie de vivre lumineuse,  colorée et musicale,  à celui dont le parti-pris fut de rendre compte non pas de la réalité (que nous ne voyons que trop), mais d'un parti-pris intérieur de jovialité, car si la vie n'est pas toujours belle, chacun peut se vouer à rendre belle la vie. Dufy m'accompagne depuis mes premières visites, à 17 ans, des salles du Musée d'Art Moderne de Paris, mais j'en avais retenu les bords de mer et les champs de course, la  palette  fraîche, le trait vif sur des couleurs tendres, et surtout le petit drapeau français qui battait gaiement au vent, comme chez Marquet. Quimper m'offre la découverte des autres facettes de son art par le biais d'une vingtaine de robes et d'une centaine de tissus ou projets de tissus..

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J'ai l'habitude de parcourir une exposition une première fois assez rapidement, d'y rechercher des axes de curiosité, puis de parcourir plus attentivement les salles. Ce jour là, j'ai organisé ma  visite en quatre ateliers, et je propose au lecteur de m'accompagner :

Les fleurs et la dissociation forme : couleur.

Les éléphants : Apollinaire (1910) puis Bianchini-Férier

Les robes à fleurs : Paul Poiret puis Bianchini-Férier.

Papillons,  oiseaux et  perroquets

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Atelier I. Les fleurs et la dissociation contour / couleur.

 

L'œuvre de Dufy compte environ 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins, des bois gravés, des lithographies, des tapisseries, des tissus… Mais cette œuvre est rythmée par des années charnières où il modifia sa technique

1913 est l'une d'entre elles avec le choix des couleurs vives qui déterminent des zones relativement arbitraires auxquelles se surajoutent les dessins des divers éléments.  Mais c'est en 1926, en regardant une petite fille qui court sur le quai de Honfleur, Dufy comprend que l’esprit enregistre plus vite la couleur que le contour. Il va alors vraiment dissocier les couleurs et le dessin. Dès 1925, il ajoutait  à son dessin de larges bandes de couleurs (généralement trois) horizontales ou verticales, ou bien à de larges taches colorées.

Dufy se rend compte que, pour l’œil, les couleurs n’appartiennent pas indéfectiblement à une chose : ce ne sont pas des qualités qui n’auraient pas d’existence hors une substance. Elles ont leur vie propre, débordent les objets, et cela surtout dans l’expérience de la perception du mouvement. D’où l’usage de ce que Pierre Cabanne appelle « les flaques de couleurs juxtaposées ». La dissociation entre la couleur et le dessin est parfois très poussée, et Dufy installe souvent les objets réduits à un contour sur trois ou quatre larges plages colorées.

Lire :

http://www.raoul-dufy.com/pages/pafauv07.html

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Fleurs dans un vase bleu 1943, aquarelle.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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La composition Épis de blé et coquelicots.

Gouache sur papier, s.d.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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Autre exemple : Les hippodromes : avant et après.

Deux exemples illustrent ce changement : dans l'exposition, une gouache sur papier Paddock, ou le Polo à Bagatelle, de 1920, voisine Paddock à Nice, une aquarelle de 1927. Dans la première, les couleurs sont à leur place logique, cohérente avec le contour du dessin. Dans la seconde, les couleurs ont pris leur liberté, et flottent devant les formes, teintant partiellement les chevaux de bleu, de rose ou de jaune.

 

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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ATELIER II : LES ROBES À ÉLÉPHANTS : APOLLINAIRE PUIS PAUL POIRET.

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Deux robes (des créations contemporaines reprenant des tissus créés par Dufy) sont présentées à Quimper avec le motif des éléphants et tigres (ou éléphants et guépards) : découvrons les, avant d'en révéler les sources.

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1. La veste et la robe rouge.

Veste Les Éléphants, création contemporaine d'après un tissu édité par la maison Bianchini-Périer similaire au motif Éléphants et tigres de 1925.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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2. La robe verte.

Robe de soirée Éléphants et guépards, soie, création contemporaine d'après un tissu édité par la maison Bianchini-Férier sur un motif de Raoul Dufy similaire au motif Éléphants et tigres entre 1920 et 1926.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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Le Bestiaire d'Apollinaire (1911) avec les bois gravés de Dufy : l'Éléphant.

Guillaume Apollinaire a demandé à Dufy d'illustrer par des bois gravés  son premier recueil publié, le Bestiaire ou le Cortège d'Orphée . Ce dernier, tiré à 120 exemplaires comportait trente quatrains d'octosyllabes (quelques quintils et sizains, quelques fois des alexandrins). C'est " un grand in-4° de 33 centimètres x 25 centimètres où la lettre et le trait, les mots et les formes, se répondent en un fascinant jeu de miroir."

« Les formes très géométriques et très sculpturales qu’il [Dufy] donne aux corps et au décor et le refus de toute proportion perspectiviste, dans ses illustrations, rappellent qu’il fut sensible à l’influence de Cézanne, un des pères du cubisme géométrique. Les formes gravées par Dufy ne sont pas figuratives : elles rappellent plutôt des langages plastiques archaïques et primitifs, observés et étudiés les peintres contemporains et par Apollinaire lui-même. La convergence est donc évidente, entre un langage pictural moderne et une écriture poétique moderne : le retour à une forme de primitivité, y compris dans ce qu’elle a de populaire, permet en toute liberté une création poétique originale et innovante. A bien des égards, Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée est une expérimentation poétique. » Vincent Jolivet  et Eric Thiébaud (édition TEI) http://obvil.sorbonne-universite.site/corpus/apollinaire/apollinaire_bestiaire .

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En 1919, Francis Poulenc mit en musique six de ces poèmes .

L'Éléphant est la 12ème gravure. L'animal massif et noir, élevant sa trompe, brille par ses défenses blanches, celles dont le poème forme son sujet. il est entouré d'une jungle peu tropicale de cyprès, de bleuets géants, où volent quatre oiseaux tandis que les deux yeux d'un félin brillent dans le fond.

Comme un éléphant son ivoire,

J’ai en bouche un bien précieux.

Pourpre mort !… J’achète ma gloire

Au prix des mots mélodieux.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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Du bestiaire au vestiaire : L'utilisation de l'Éléphant du Bestiaire dans les cartons de tissus.

L'Éléphant du Bestiaire devint un motif de tissu entre 1920 et 1926. 

 

 

Entre 1909 et 1918, Raoul Dufy créa en effet pour ce grand couturier Paul Poiret (celui qui libéra les femmes du corset) des impressions pour tissus. A l'époque, la firme lyonnaise de textiles Bianchini-Ferier était la référence de toutes les élégantes et fournissait les maisons de couture les plus en vue. Elle remarqua la créativité de Dufy et l'employa. Entre 1912 et 1928, Raoul Dufy collaborera très activement à la création au sein de cette société, créant entre 1909 et 1929 plus de 3000 dessins textiles. Il publia ses modèles en 1920 dans la revue de mode Le Bon Ton.

 

"Dans son mémoire "Le Roi de la mode" (1931), Poiret écrit " "Suis-je un imbécile quand je rêve de mettre de l'art dans mes robes, un imbécile quand je dis que la couture est un art? Car j'ai toujours aimé les peintres, sur un pied d’égalité avec eux. Il semble que nous pratiquions le même métier et que ce sont mes collègues. "

Rejetant les rivalités fraternelles qui ont toujours tenaillé les beaux-arts et les arts appliqués, Paul Poiret (1879-1944) pensait que l'art et la mode n'étaient pas simplement impliqués mais indivisibles. En plus de se présenter comme un artiste et mécène des arts, Poiret a promu ses modes comme des œuvres d'art uniques et originales en soi. Il l'a fait en mobilisant les arts visuels et le spectacle vivant, et en travaillant avec des artistes associés au modernisme d'avant-garde. Parmi les diverses collaborations de Poiret, la plus durable a été celle avec Raoul Dufy (1877-1953), dont il a contribué au lancement de la carrière de designer-textile. Les motifs graphiques plats de Dufy étaient parfaitement adaptés aux créations planes et abstraites de Poiret, ce qui est visible dans des créations emblématiques telles que le manteau `` La Perse '', la robe `` La Rose d'Iribe '', et la robe de soirée `` Bois de Boulogne '', qui est fabriqué à partir d'un tissu que Dufy a conçu en collaboration avec le fabricant de soie Bianchini-Férier. (Metropolitan Museum).

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1. Éléphant et guépard. 1925.

Carré de soie de la maison Bianchini-Férier, 90cm x 90 cm : édition contemporaine d'après un carton de Raoul Dufy en 1925.

C'est le motif repris dans le tissu de la robe verte.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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2. Les éléphants  harnachés de  leur tapis de howdah (baldaquin) parmi deux pivoines .

http://www.brochiersoieries.com/produit/carres/dufy-elephants/

Carré de soie de 90 x 90 cm, Bianchini-Férier.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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3. Les éléphants gris et oiseaux du paradis : vers 1922-1924.

Gouache sur papier pour un projet pour Bianchini-Férier.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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ATELIER III : LES ROBES À FLEURS. Paul Poiret puis Bianchini-Férier.

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1. Le célèbre manteau "La Perse", 1911.

Il se pare d'un motif en noir et blanc de roses, de pavots et de feuilles géantes.

"Ce manteau, "La Perse", avec son design audacieux imprimé sur bois par Raoul Dufy, apparaît dans un croquis de vêtements pour femmes d'Éve Lavallière, une actrice et courtisane célèbre. Elle le portait dans la comédie Les Favoris d'Albert Capus au Théâtre des Variétés en 1911. La simple forme en T du manteau de soirée, décrit dans Women's Wear comme "coupé sur des lignes de kimono" permet le déploiement efficace du motif surdimensionné. L'intérêt de Poiret pour l'intersection de tous les arts est illustré par le fait que ce motif a également été utilisé dans le traitement mural de son salon de l'avenue d'Antin.

Alors que le manteau de Lavallière était noir sur blanc avec des garnitures en fourrure de renard noir, ce manteau, qui appartenait à Denise Poiret et qu'elle portait lors de la première tournée officielle de mannequins de Poiret en Europe en octobre-novembre 1911, ainsi que lors de son premier voyage en Amérique en Septembre-octobre 1913, est imprimé dans un bleu nuit d'encre avec des garnitures en fourrure de lapin. Étant donné qu'il appartenait à Madame Poiret, il est probable qu'il s'agissait du prototype pour d'autres qui avait été fait pour les clients. (Une autre version a été faite pour Olga de Meyer, l'épouse du photographe Baron de Meyer et prétendument la fille illégitime du prince de Galles et Blanche, duchesse de Caraciolla.).

Poiret a inséré une pointe de couleur à travers la doublure en soie du manteau, le bleu vert vif des carreaux persans. Porté serré, cet élément signature n'aurait pas été vu, mais porté en arrière comme le voulait la mode, la doublure soulignait les allusions orientalistes de "La Perse"." (Metropolitan Museum)

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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2°) La rose d'Iribe, 1913.

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"La Rose d'Iribe," 1913

"Cette robe est une élaboration de la construction plus simple des chemises de Poiret. Comme les versions précédentes, elle a été conçue pour être portée avec une ceinture qui cintrait la robe au corps sous le buste dans une silhouette Empire. À la forme en T de base de la soie à motifs roses, Poiret a ajouté des rectangles de velours bleu noir pour former des manches larges et l'ourlet de la robe. Le résultat est l'illusion d'une sous-robe en soie et en velours. La proportion établie par cette stratégie de trompe-l'œil est cohérente avec celles des robes tuniques actuelles prônées par le couturier à cette époque.

Paul Iribe a conçu le motif rose de Poiret. De toutes ses collaborations avec des artistes et des illustrateurs, Poiret était le plus fier de son introduction d'Iribe à un public plus large. Iribe était responsable d'une publication au début de la carrière du couturier, Les robes de Paul Poiret (1908), promouvaient non seulement le couturier lui-même, de plus en plus influent, mais établissait également Iribe comme un talent majeur. En 1908 ou 1909, lorsque Poiret déménage son entreprise avenue d'Antin, la rose, délimitée par Iribe, est placée sur l'étiquette du couturier, une réaffirmation de l'estime de Poiret pour l'artiste. Le motif a ensuite été incorporé dans ce textile conçu par Raoul Dufy." (Metropolitan Museum)

 

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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Robe rouge.

Création contemporaine.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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Les cornets d'arums.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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Raoul Dufy, Cornets d'arums et fleurs sur fond bleu, 1919, gouache sur papier, 64 cm x 69 cm, coll. part.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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IV. Papillons, oiseaux et perroquets.

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Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-arts de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019.

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Conclusion.

Ce dernier article de l'année 2019 souhaite offrir, dans la joie et la beauté,  aux lecteurs un petit échantillon de ce que le visiteur peut découvrir jusqu'au 4 mai 2020 au MBA de Quimper. Puisse 2020 lui permettre d'en parcourir les 4 salles avec la même passion que moi, et profiter du beau film Raoul Dufy, la lumière entre les lignes (51 mn) à l'auditorium.

La joie et le rire : merci Dufy.

5 heures avant les 12 coups de minuit sonnant le passage en 2020, je dois à Dufy l'un de mes derniers éclats de rire de l'année. Après avoir légendé mes 49 photos, j'ai découvert que j'avais écrit 49 fois :

"Raoul Dufy, la mode des années folles , exposition du Musée des beaux-rats de Quimper (copyright). Photo lavieb-aile 2019."

Gloups!

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 16:37

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L'ENTRÉE DE LA SACRISTIE.

"Le bas-côté nord du chœur est divisé dans sa longueur en cinq travées qui correspondaient autrefois à autant de chapelles latérales. Mais comme on a au XVe  siècle, établi dans la dernière de ces travées du côté de l’est, une porte pour entrer de l’église dans la sacristie construite par l’évêque Bertrand de Rosmadec, le nombre des chapelles a été réduit à quatre.

 Comme on l’a déjà dit, il n’y a pas de chapelle dans la cinquième travée du bas-côté nord du chœur. C’est dans le mur de cette travée qu’est pratiquée la porte par laquelle on entre de l’église dans la sacristie. On voit au-dessus de cette porte un écusson timbré d’une mitre et portant les armes de l’évêque Bertrand de Rosmadec : pallé d’argent et d’azur avec sa devise : En bon espoir. C’est en effet ce prélat qui fit construire la sacristie supprimée, il y a quelques années, par Mgr Sergent. La nouvelle sacristie a été bâtie de 1857 à 1859, sur les plans de M. A. Durand, architecte à Paris. Les piliers et les arcades des deux galeries dont elle est accostée, sont  des copies de ceux, du cloître, aujourd’hui détruit, des Cordeliers de Quimper, construit au XIIIe siècle. " (Le Men)

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Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

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LA CHAMBRE DE PÉNITENCE.

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" Entre cette porte et celle d’un petit escalier à vis, qui conduit aux galeries de l’église on remarque une fenêtre de forme rectangulaire garnie d’un solide grillage en fer, au milieu duquel est une porte carrée, aussi en fer, de vingt-cinq centimètres de côté, qui s’ouvrait en tournant autour d’un axe qui la traverse dans sa partie médiane, et que l’on fermait à l’aide d’un fort cadenas. Le pourtour extérieur de cette fenêtre est orné d’une guirlande de ceps de vigne, sculptée avec une grande délicatesse. À droite et à gauche sont deux colonnettes dont les chapiteaux servaient de support à des statuettes. Au-dessus est un cercle ou couronne de fleurs de lys, dont l’intérieur contenait des armoiries qui ont été grattées. Cette fenêtre éclairait une petite salle d’environ un mètre soixante-dix centimètres de côté, voûtée sur croisée d’ogives, et dont la porte ouvrait sur le couloir qui reliait la sacristie à l’église.

Les nervures de la voûte avaient leur point d’appui sur des corbelets formés par des angelots sculptés avec soin, et portant des cartouches ou devises, sur lesquelles il y avait, sans doute, des inscriptions. L’un d’entre eux est armé d’un bâton noueux, c’est, peut-être, un emblème de la correction.

Diverses hypothèses ont été émises sur la destination présumée de cette pièce. Comme aucune ne me paraît satisfaisante, je m’abstiendrai de les rapporter. Sa situation vis-à-vis du sanctuaire, pourrait faire supposer que c’était une cellule, dans laquelle on se renfermait volontairement pendant un temps déterminé pour faire pénitence. Dans ce cas, si on en juge par le soin et la recherche de sa décoration intérieure et extérieure, elle devait être réservée à des personnages d’une certaine distinction.

Il est regrettable que cette petite pièce, qui avait été construite au XVe siècle, et à laquelle se rattachait probablement quelque coutume intéressante du moyen âge, ait été détruite.

On a heureusement conservé la fenêtre et les nervures des voûtes. Ces dernières ont été utilisées dans le vestibule de l’escalier de la nouvelle sacristie. On voyait dans le vitrail placé au-dessus de cette fenêtre, les armes de Claude de Rohan, évêque de Quimper de 1501 à 1540. Ces armes sont : de gueules à sept alias neuf macles d’or."

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 La chambre de pénitence.

"Quand on a passé la chapelle de Saint-Corentin, on trouve, en face de la cinquième travée du chœur, une sorte de petite abside à pans coupés où sont pratiquées différentes ouvertures: d'abord une porte donnant accès à un escalier qui conduit aux galeries, puis une embrasure profonde dans laquelle se voit un solide grillage en fer, au milieu duquel est une petite porte qui s'ouvrait autrefois, mais que la rouille a rendue désormais immobile.

Autour de ce travail de ferronnerie qui ne présente rien d'artistique, règne une décoration du meilleur goût sculptée dans le granit. L'embrasure est accostée de deux colonnettes dont les chapiteaux formant consoles, semblent réclamer des statues. Au-dessus s'ouvre une fenêtre qui n'a pas reçu de vitrail historié. Enfin, au troisième pan de l'abside est la porte de la sacristie, également surmontée d'une fenêtre garnie de verres blancs. Entre la porte et le pied- droit de cette fenêtre est un écusson aux armes de Bertrand de Rosmadec avec la devise de sa famille: En bon espoir. C'est en effet à cet évêque qu'on devait la sacristie démolie en 1857 et heureusement remplacée par la construction élégante et commode qui complète si bien la cathédrale. Plusieurs particularités frappent l'attention de l'archéologue dans cette partie de l'église Saint-Corentin. Comme pour la fenêtre de la chapelle précédente, il y a eu ici des remaniements présentant les caractères du XVe siècle: l'encadrement de la grille, la fenêtre placée au-dessous, le tympan de la porte de la sacristie sont évidemment de cette époque, tandis que les parties adjacentes sont bien du XIIIe siècle.

Était-ce bien là une chambre de reclus ou de recluse ?- Je serai tenté de le croire ; le xv• siècle est l'époque où ce genre de pénitence a été le plus pratiqué ; ainsi, _le savant dominicain Du Paz dit que Prigent, évêque de Saint-Brieuc, « fit enclore en une maison, près de l'église de Saint_-Guillaume, une religieuse nommée Roline Le François, de la ville de Fougère qui l'en requit après avoir solennellement voué entre les mains dudit prelat, viduité continence et chasteté, l'an 1460. » On comprend que la réclusion exigeât la contiguïté avec une église et l'ouverture d'une fenêtre entre la cellule et le lieu saint. On a aussi supposé que cette chambre était destinée à la distributeur des aumônes du Chapitre, qui passait par la petite porte mobile l'argent ou lés petits pains destinés aux pauvres. . On s'est même demandé si cette ouverture ne servait pas à faire passer le pain spécial, appelé pain du Chapitre, que l'on distribuait aux chanoines en plusieurs Circonstances ; mais je persiste à croire que la première hypothèse reste la plus vraisemblable." (Abbé Thomas)

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Les sculptures de ces moulures reprennent exactement celles des porches de la cathédrale, et de tous les porches des édifices bâtis par l'Atelier ducal du Folgoët sur commande du duc Jean, avec leur rinceau de vigne débutant dans la gueule d'un dragon ou d'un monstre bestial équivalent et se terminant, en haut et au centre, dans la bouche d'un drôle. On les rencontre au Folgoët, à Daoulas, à La Martyre, à Rumengol, à Saint-Herbot, etc...

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Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

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LES CHAPITEAUX DE LA BASE DES NERVURES.

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Ils sont sculptés de feuilles à trois larges indentations, et, parmi ce feuillage, un personnage encapuchonné se tient presque allongé, une main derrière la nuque.

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Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

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Il faut changer de point de vue pour constater la présence d'une colombe dont le bec est plongé dans un lieu incongru.

Nous avons là un exemple de ces obscena (la pudeur dissimule la verdeur du réel sous un voile latin) fréquents dans les chapiteaux et modillons, les sablières, les gargouilles  et les crossettes, que Bernard Rio a su découvrir en Bretagne dans Le cul bénit, liaisons sacrées  et passions profanes, Coop Breiz 2013. Notre oiseau y est décrit et interprété page 149.

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Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper. Quimper, Jacob.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— RIO (Bernard), 2013,  Le cul bénit, liaisons sacrées  et passions profanes, Coop Breiz 2013 p. 149.

— THOMAS (abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

— Blog

http://le-cirque-fou-des-religions.com/religions/on%20a%20retrouv%C3%A9%20le%20saint-esprit.html

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 11:56

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 15:55

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper IX : la baie n° 105 de Bertrand de Rosmadec.

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Voir :

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La baie n°105, fenêtres hautes du chœur, coté nord.

 

Cette baie  composée de 4 lancettes trilobées et d'un tympan à 12 ajours mesure 4,50 m de haut et 2,60 m de large. Chaque personnage ou groupe de personnages est placé devant des tentures rouges peintes de grands feuillages à nervures appuyées et feuilles de vigne , dans des niches à socles hexagonaux carrelés en noir et blanc, à montants en colonnes cannelées, et à dais coiffant les sujets d'une voûte ogivale. Ces motifs dissimulent presque complétement un "ciel" ou fond bleu qui apparaît surtout  derrière le fleuron des têtes de lancettes. Cette discretion du "ciel" permet un large emploi de la couleur bleue dans trois vêtements et un accessoire. Le rouge est reservé à la tenture, et les autres couleurs employées sont le vert clair, l'orange et le rouge lie-de-vin.

Baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, sur un plan de Chaussepied publié par Couffon 1988.

Baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, sur un plan de Chaussepied publié par Couffon 1988.

Descriptions des différents auteurs :

— Aymar de Blois 1820 : non consulté, mais il ferait de ce vitrail un don de l'évêque Gatien de Monceaux (Gatouillat 2005)

— Ferdinand de Guilhermy (1848-1862) :

"Quatre personnages, savoir : un saint moine, un saint évêque assistant un évêque agenouillé, vêtu de la chape et coiffé de la mitre, Vierge portant son fils, sainte Catherine, figures bien conservées."

— René-François Le Men (1877) page 24 :

" Vitrail de l’évêque Bertrand de Rosmadec. Quatre panneaux.

1er Panneau. — Un saint religieux, vêtu d’une longue robe blanche, et, portant une escarcelle ou aumônière de couleur bleue. Ce saint serait, d’après la tradition du chapitre de Quimper, saint Guénolé, premier abbé de Landévennec et contemporain de saint Corentin.

2e Panneau. — Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper de 1416 à 1445. Il est présenté à la Sainte Vierge par un saint évêque dont on ne distingue pas l’attribut, mais qui est probablement saint Corentin. Sur le prie-Dieu devant lequel il est agenouillé, est un petit écusson triangulaire portant ses armes, qui sont pallé d’argent et d’azur de six pièces.

3e Panneau. — Notre-Dame portant l’Enfant Jésus.

4e Panneau. — Sainte Catherine, la tête ornée d’une couronne. Elle était, d’après une tradition, issue des rois, de la Bretagne insulaire. Elle tient une roue, de la main droite. Catherine de Rosmadec, sœur germaine de l’évêque Bertrand avait épousé Guillaume de Lanros. "

—  Alexandre Thomas (1892)  page 119 :

"- Vitrail de Bertrand de Rosmadec 1. Saint Guénolé ; 2. Bertrand de Rosmadec présenté par saint Corentin ; 3. Notre-Dame ; 4. Sainte Catherine, patronne de la dame de Lanros, sœur de l'évêque Bertrand. "

— Louis Ottin [1896] page 173

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/n225/mode/2up

"1°) Religieux en blanc avec son sac bleu. 2°) Evêque D[onateu]r évêque 3°) Notre-Dame. 4°) Catherine toute en bleu."

— Françoise Gatouillat et Michel Hérold (2005) : cf. description des lancettes infra.

— Daniel Tanguy (2005) : cf

— Le Bihan (2007) http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6435433.html

"Saint Corentin et l'évêque Bertrand de Rosmadec

Au dessus du donateur qui serait Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper lors de la construction de la cathédrale,  se trouve un évêque. 

– Un possible saint Corentin, évêque de Quimper.

Il est probable que ce soit un saint Corentin, premier évêque de Quimper. La main droite gantée sur  le bois de sa crosse en verre incolore travaillé au jaune d'argent, dont la volute est à motif végétal, tandis que le noeud prend la forme d'une construction architecturale. il  pose la seconde main derrière le dos du donateur en geste de présentation. 
 Il revêt  la chape de couleur  verte, propre aux évêques, couleur qui  symbolise leur  indépendance et qu'on retrouvera chez des évêques dans les baies 116, 122 et131. Des orfrois, ici sans scène, aux motifs au jaune d'argent, descendent de l'encolure après l'avoir entouré. Sur la mitre aux deux cornes  apparaît une croix brodée.
 Cet évêque  tourne la tête de trois quart arrière, c'est à dire vers sainte Catherine, sa voisine de droite. La position de son corps déhanché et surtout l'inclinaison de sa tête n'est pas sans rappeler la Vierge de la Crucifixion de la baie 100. 

– Bertrand de Rosmadec, évêque et donateur.

Bertrand de Rosmadec, présenté ici de petite taille,  a pris la pose du donateur à genoux sur un coussin, ses mains jointes passent devant les bois  de sa crosse, au dessin très effacé, et de celle  de son présentateur.
 L'orfroi qui décore sa chape est très riche de dessins, et rejoint le prie-dieu où est visible un petit losange  encadré de deux autres motifs. C'est peut-être cela que Le Men avait dit voir : pallé d'argent et d'azur de six pièces.  Lors de la restauration de 1992 nous ne les avons pas trouvé, ni leurs couleurs ni leurs emplacements.
La position qu'a pris Bertrand de Rosmadec permet de découvrir un des deux fanons ( bandeau) de sa mitre qui tombe sur le haut de la chape. Celle-ci s'étale sur le sol..
Comme toutes les lancettes, pour fermer la niche, un rideau en verre rouge fleuri de damas dont certains de leurs traits  ont écaillé le couverte rouge de ce verre et laissent apparaître le support incolore de l'autre face."


 

 

 

 

Baie n°105, flanc nord  du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie n°105, flanc nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Baie n°105,  chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE A. SAINTE CATHERINE.

Sainte Catherine (tête moderne) en manteau bleu bordé de jaune d'argent tient la roue de son supplice (mais non de son martyre, car la roue crantée de lames acérées se brisa miraculeusement en blessant ses bourreaux). Elle tient aussi l'épée par laquelle elle fut décapitée. Sa couronne rappelle que la Légende Dorée de Jacques de Voragine fait d'elle la fille du roi Costus.

Il est inutile d'évoquer le prénom de Catherine de Rosmadec, sœur de l'évêque de Quimper, pour justifier sa présence : Catherine d'Alexandrie est la sainte la plus invoquée dans les verrières anciennes de Quimper (4 fois, autant que saint Michel, saint Paul et saint Jacques, et c'est aussi celle qui, avec sainte Marguerite et sainte Barbe, est la plus fréquemment retrouvée dans les vitraux, et aux premières places des Livres d'Heures, d'une part car elle appartient à la liste des 14 saint auxiliateurs pour protéger contre la mort soudaine sans sacrement et contre les dangers menaçant les femmes enceintes, mais d'autre part parce qu'elle, dans la représentation médiévale, une princesse de sang royal. La figure de cette vierge et martyre couronnée reprend pour elle la puissance de la Vierge reine des Cieux comme intercesseur : ici, les deux lancettes de Catherine et de la Vierge se répondent, avec le même port de tête, la même chevelure, le même manteau bleu.

Le duc Jean V attachait beaucoup d'importance à la couronne ducale, comme en témoignent les couronnes d'or qui se répêtent dans les fonds damassés de la baie 100 et de la baie 109. D'une façon générale, dans les vitraux les plus anciens de Quimper, les têtes couronnées abondent : ce sont celles de Dieu le Père (107), du duc et de la duchesse (101 et 102), de la Vierge (102, 105,110, 112 , des anciens rois de Bretagne (104), et de sainte Catherine (105, 106, 109 et 112). 

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Sainte Catherine,  lancette A, baie n°105,  chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine, lancette A, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Sainte Catherine,  lancette A, baie n°105,  chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Sainte Catherine, lancette A, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE B, SAINT CORENTIN (?) ET BERTRAND DE ROSMADEC (?).

On voit un saint évêque nimbé de jaune-orange (verre teinté dans la masse) "et vêtu de vert (nombreux collages et inclusions), tourné vers l'ouest et présentant un évêque donateur en chape bleue (tête moderne)" (Gatouillat, 2005).

Par déduction, Le Men a identifié ce donateur avec Bertrand de Rosmadec, dont l'épiscopat (1416-1444) correspond à la période estimée de création des vitraux (entre 1415 et 1424 ?), mais on peut aussi penser que son prédecesseur Gatien de Monceaux, qui a fait voûter le chœur de la cathédrale et apposer ses armoiries en clef de voûte, a pu participer à la commande du programme et se soit fait représenter sur un vitrail. Rien ne permet d'identifier formellement le donateur. Cette baie 105 est la première des quatre baies du nord du chœur, avant les fenêtres du rond-point . Ces verrières nord accueillent des figures de saint et des donateurs qui sont exclusivement des chanoines, et il paraît logique que l'évêque figure dans la première d'entre elles.

Le saint évêque n'est pas formellement identifiable non plus, et la proposition de Le Men qui y voit saint Corentin, premier évêque de Quimper, est seulement la plus probable.

La direction du regard et du visage de ce saint est curieuse, car elle est opposée à celle de son corps, et à celle du donateur, orientés vers le centre du chœur, et au sein du vitrail, vers la Vierge. 

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Saint évêque présentant Bertrand de Rosmadec, lancette B, baie n°105,  chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Saint évêque présentant Bertrand de Rosmadec, lancette B, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Saint évêque présentant Bertrand de Rosmadec, lancette B, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Saint évêque présentant Bertrand de Rosmadec, lancette B, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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La chirothèque (le gant épiscopal) du saint est ornée, comme il se doit, sur le dos de la main d'une plaque de métal doré en quadrilobe, alors qu'une bague est portée sur le majeur. Une bague de même type est aussi enfilée sur le majeur du donateur.

Je remarque sur la poitrine du donateur un médaillon dans lequel s'inscrit un écu aux bandes horizontales blanches et noires. Des boucles dorées sont visibles au dessus. Je suggère d'y voir les armoiries palé d'argent et d'azur de six pièces  de la famille de Rosmadec, et la mitre et la crosse (ici à crochets) d'or d'un blason épiscopal. Ce détail est-il dû au zèle de l'atelier d'Antoine Lusson ou bien est-il authentique ?

Voir le Nobiliaire et Armorial de Bretagne de Potier de Courcy page 70.

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Bertrand de Rosmadec, lancette B, baie n°105,  chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Bertrand de Rosmadec, lancette B, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE C. SAINT YVES (ou saint Guénolé).

Cette lancettte était, jusqu'en 1990, placée en première position, à gauche. On y voit un religieux identifié comme saint Guénolé, fondateur de l'abbaye de Landevennec. Pourtant, le costume qu'il porte avec la coule blanche et le sac à procès bleu autour du bras, correspond à celui dans lequel est représenté saint Yves, soit dans les autres vitraux de la cathédrale,  soit dans les enluminures contemporaines de leur création. 

a) Voir le Bréviaire de Charles V (1364-1370) Bnf Latin 1052 folio 378 :

http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Mandragore&O=08452549&E=765&I=61822&M=imageseule

b) Heures, folio 098,  vers 1415, Anne de Mathefelon priant saint Yves, Bretagne.

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Lancette C, baie n°105,  chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette C, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Ottin a donné dans son ouvrage Le Vitrail [1896] le dessin de sa copie de cette lancette au moment de sa restauration par Lusson en 1867-1869 :

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Ottin, Le Vitrail [1896] planche VIII.

Ottin, Le Vitrail [1896] planche VIII.

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Lancette C, baie n°105,  chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE D. VIERGE A L'ENFANT.

Gatouillat et Hérold (2005) décrivent cette Vierge à l'Enfant avec son nimbe vert (il est violet sur mes images), son manteau bleu galonné de jaune d'argent, et précisent que la tête de l'Enfant est ancienne, mais que celle de la Vierge est moderne. 

Tanguy Daniel décrit pour sa part le manteau vert-jaune de l'Enfant et le fruit qu'il tient dans sa main. [Une pomme de pin?].

Je compléterai en décrivant le voile au galon d'or de la Vierge, et sa robe damassée noir et or dont l'encollure à peine échancrée s'orne d'une frise d'entrelacs. 

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Lancette D, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette D, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette D, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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LES DAIS.

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Dais de la lancette A, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Dais de la lancette A, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Dais de la lancette B, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Dais de la lancette B, baie n°105, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

— Site infotout :

http://www.infotout.com/cathedrale_quimper/fenetreshauteschoeur.htm

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan) 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de Boisbilly, Arch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

— COUFFON (René) LE BARS ( Alfred) 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

 

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)", Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie. 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al., La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203, 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens."Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie. 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

 

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes. 

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

— LE BIHAN (Jean-Pierre.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII 

ou blog du 10 février 2010 : 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-les-vitraux-et-leurs-gravures-de-repere-en-bretagne-44640076.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 9 juin 2007,  Blog sur la baie n°105

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6435433.html

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2009, Blog, article  sur les fonds damassés

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-29447240.html

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242. 

— OTTIN (Louis), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, Quimper 170 pages,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 15:13

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper VIII : la baie n°104 du Juch.

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Voir :

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La baie n°104 de la baronnie du Juch, dernier vitrail sud du rond-point du chœur. Vers 1415 ; 1867-1869 Lusson ; 1992-1993 Messonnet.

Cette baie  composée de trois lancettes trilobées et d'un tympan à 6 ajours mesure 4,80 m de haut et 2,20 m de large. On la considère comme un don de la famille du Juch, en raison des armoiries d'azur au lion armé et lampassé de gueules en partie conservées sur les tabards des donateurs des deux premières lancettes (celles de la dernière sont de fantaisie)  . 

Puisque cette baie prend place à l'extrémité sud du rond-point axial du chœur, elle forme un ensemble cohérent avec les quatre autres baies de celui-ci. Or, les n°100, 101 et 102 où la Crucifixion est vénérée par le duc Jean V et son fils (101) et la duchesse Jeanne et sa fille (102) sont une expression directe du souci de Jean V d'asseoir son autorité et sa légitimité (après une lutte contre les Penthièvre et le très pieux Charles de Blois) par l'édification de sanctuaires où s'affichent son image et ses armoiries. La verrière n°103  place le pan nord de l'hémicycle sous la tutelle de saint Jean-Baptiste (patron avec Jean l'évangéliste du duc Jean et de la duchesse Jeanne), dernier prophète annonçant le Christ, de saint Pierre premier pape de l'Église, et de saint Paul premier théologien du Christianisme. On pouvait s'attendre à ce que la verrière n°104, placée en vis-à-vis sur le pan sud, soit celle de l'évêque Bertrand de Rosmadec, mais ce dernier a été en quelque sorte "rétrogradé" dans la baie suivante, n°105. Cela laisse à penser que les seigneurs du Juch étaient particulièrement puissants ou influents, soit auprès du duc, soit dans le diocèse de Cornouailles. On retrouve leurs armoiries, en parti, dans la baie 106 (donatrice).

 

La famille du Juch.

 Hervé du Juch et son fils Henri se succédèrent comme capitaine de Quimper. Voici les informations données par Pol Potier de Courcy dans son Nobiliaire et Armorial :

 " Juch (du), baron dudit lieu. sr de Toulancoat et de Porzmarc'h, paroisse dePlouaré,   –de Pratanroux, par. de Penhars, —du Mur, par. de Saint-Evarzec,— de Liscuit, par. de Laniscat, — de Troheir, par. de Kerfeunteun.

Réf. et montres de 1425 à 1536, dites par., év. de Cornouaille.

D'azur au lion d'argent, armé et lampassé de gueules (Sceau 1365). Devise : Bien sûr, et aussi : La non pareille.

 Le sire du Juch, à l'ost du duc à Ploërmel en 1294 ; Jean, évêque de Léon, décédé en 1369- Henri, chambellan du duc en 1419, épouse Jeannette le Barbu.

La branche ainée fondue en 1501 dans du Chastel, "etc...

—Actes :

- 11 août 1414 : "Monsieur Hervé du Juch et Monsieur Henri du Juch son père, Chevaliers, jurent fidélité au duc pour la capitainerie de Quimpercorentin dont ledit Monsieur Hervé estoit gouverneur." (Lobineau I, p.1634)

- Comptes 1-2- 1412 au 1-7-1414 : Henri du Juch Chambellan 100 livres par an.[...] Grand officier de la duchesse : Henri du Juch Chambellan du duc et Maître d'hôtel de la duchesse [...] p. 879 10 août 1413 Commissions du duc de Bretagne pour renouveller les trèves avec le roi d'Angleterre Nos Henricus du Juch miles, & Petrus de l'hospitali ... Henri du Juch notre Chivaler et Chambellan ...p. 881 Nos tres chiers et feaulx Chambellains le sire de Chasteaugiron notre Mareschal, le sire de Penhoet notre Amiral, le sire du Juch et Tritan de la Lande Gouverneur de la conté de Nantes. ...p. 1200 le 19 août 1427 Remise faite à Hervé du Juch notre Chambellan    (P.H Morice, Mémoires pour servir de preuves...pages 875 et suivantes)

- 1419 : somme allouée par le duc Jean V à Henri du Juch qui a été envoyé à Rouen auprès du roi d'Angleterre (Lobineau I p. 930) Etc..

— Données généalogiques :

  • Henri du Juch (1300-?), d'où :
  • Hervé du Juch (décédé en 1369 en Espagne, inhumé aux Cordeliers de Quimper) mariè à Marguerite de Pratanroux (1330-1380)
  • Henri du Juch 1360- 17 juillet 1427 (Seigneur de Pratanroux, capitaine de Quimper en 1414), marié à Catherine de Kerguegant de Kervéguan 1360-1430 (Dame de Sugnensou), d'où
  • Hervé du Juch décédé le 1er mai 1462 - Quimper, Seigneur de Pratanroux, capitaine de Quimper en 1418, marié avec Béatrix de La Forest (†1436) , d'où :
  •  Henri du Juch ( -† Mûr 5 octobre 1480) marié avec Marguerite du Juch (†1494), d'où
  •  Hervé du Juch, (- 4 septembre 1501) Seigneur de Pratanroux, inhumé aux Cordeliers de Quimper.
  • Raoul du Juch, (-11 octobre 1534) Seigneur de Pratanroux
  • La dernière à porter le nom de cette seigneurie illustre fut Marie du Juch, dame du Chastel et de Coëtivy qui se maria en 1501 avec Tanguy, seigneur du Chastel et de Trémazan.
 

— Alliances : Henri du Juch et C. de Kervégan eurent aussi trois filles :  Louise du JUCH 1380- Mariée avec Jean du QUÉLENNEC 1375-. Jeanne du JUCH 1410- Mariée avec Guillaume IV de PLOËUC 1410-1444/. Et  Jeanne du JUCH Mariée avec Riou de ROSMADEC

Le Men cite Jean du Juch, ami du seigneur de Nevet, 1377.

—Le château du Juch, l'église et la commune actuelle du Juch près de Douarnenez:

Le Juch s’est développé autour d’un château, aujourd’hui ruiné.  Le Juch est une ancienne trève de Ploaré et dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille. Le Juch est érigé en paroisse par ordonnance royale du 16 août 1884 et en commune en 1889.  Les seigneurs du Juch — en latin Jugum ou De Jugo (en 1254 et 1325) , en breton ar Yeuc'h « la butte »— tirent leur nom du château éponyme situé sur un éperon dominant la vallée du ruisseau du Ris (ou rivière de Névet). Abusivement appelés barons, ils ont le rang de banneret. Ils agrandirent leurs possessions par mariage et se hissèrent au plus haut dans la hiérarchie du duché de Bretagne, en devenant hommes de confiance, successivement de Jean IV de Bretagne et de Jean V de Bretagne, au début et au milieu du xve siècle.

 Les seigneurs du Juch furent donc les fondateurs et bienfaiteurs de l' église du Juch, mais ils étaient aussi fort attachés aux Pères Cordeliers de Quimper et ils possédaient dans leur église une chapelle dite du Juch, puis du Chastel, dans laquelle ils demandaient le plus souvent à être inhumés. Le nécrologe du couvent publié par M. Trévédy (1888) nous apprend que les restes d'Hervé du Juch, illustre chevalier, mort en Espagne, furent transportés aux Cordeliers de Quimper en 1369. 

— "Le blason représentant les alliances de ces deux familles est toujours visible sur l’un des vitraux de la belle chapelle Notre Dame de Kerdévot en Ergué-Gabéric. Après avoir appartenu aux du Chastel le château du Juch entra dans la propriété des seigneurs Gouyon, Rosmadec, Nevet et Franquetot de Coigny. On distingue le lion du Juch sculpté dans la voûte du porche de l’église du Juch."

 

 

Les descriptions du vitrail.

 

— Aymar de Blois (1820) :

Je n'ai pas accès à ce texte. L'auteur décrirait deux seigneurs de Juch et saint Henry empereur. Selon D. Tanguy, cet auteur a lu (vu) dans l'actuelle lancette A les armoiries de gueules à un château de trois tours d'argent qu'il attribue "à la maison de Tréouron-Vieux-Chatel, paroisse de Plonéour-Lanvern"

—Guilhermy (1848-1862) :

 "Deux donateurs assortis de leurs  patrons en mauvais état."

— Le Men (1877) :

" Vitrail de la baronnie du Juch, en la paroisse de Ploaré. Trois panneaux.

 1er Panneau. — Un chevalier armé et une dame à genoux présentés par un saint évêque. Le chevalier porte sur sa cotte rouge une croix d’or cantonnée de 4 coquilles de même. Ce sont des armoiries de fantaisie. Ce panneau a été entièrement refait lors de la restauration des vitraux en 1867. Il devait contenir l’image de saint Hervé ou de saint Henry, prénoms de plusieurs seigneurs du Juch.

2e Panneau. — Chevalier armé et dame à genoux présentés par saint Giquel (Judicaël), roi des Bretons, vêtu d’or et d’hermines, qui porte une bannière d’azur chargée d’un lion d’argent orné et lampassé de gueules. Les mêmes armes se voient sur la cotte bleue du chevalier. Ce sont les armes des barons du Juch, dont la devise était : Bien-sûr, et aussi : La Non-pareille. La dame est vêtue d’une robe de gueules (rouge) sur laquelle est un château de trois tours d’argent. Ces armoiries sont celles de la maison de Tréouron-Vieux Châtel, en la paroisse de Plonéour-Lanvern. Hervé, sire du Juch, était capitaine de Quimper, en 1414, et son fils Henry, y exerçait la même charge en 1418. C’est, comme on l’a dit, de cette époque que datent les vitraux du chœur.

3e Panneau. — C’est la reproduction du précédent. Ce panneau a été refait par M. Lusson, sans beaucoup de frais d’imagination, comme on peut le voir. "

— Alexandre Thomas (1892)

NEUVIÈME FENÊTRE. -Vitrail du Juch (côté Sud)  Un évêque présentant un chevalier et une dame. - Panneau moderne, fantaisie de M. Luçon ; 2. Hervé du Juch, capitaine de Quimper en 1414, et sa femme, de la famille de Tréouron-Vieux-Châtel, tous deux agenouillés et présentés par saint Judicaël, successivement moine et roi de Bretagne ; 3. Henri du Juch, fils d'Hervé, capitaine de Quimper en 1418, et sa femme, présentés également par saint Judicaël qui, avant la restauration du vitrail, n'était pas ainsi représenté deux fois de suite. Armes du Juch : d'azur au lion d'argent orné et lampassé de gueules 

— Louis Ottin (1880 ? [1896] :

1°) St Ronan evesque ermite (couronné). – 2°) St Houel … roi couronné. – 3°) St Hervé. Ces trois saints ont chacun un donateur et une donatrice agenouillés devant eux (l'une des plus belles fenêtres de l'église).

— Françoise Gatouillat et Michel Hérold (2005) :

"Largement restitué ; parties anciennes : dais et vêtements des personnages de la lancette centrale (complété d'après celle-ci dans le reste de la baie au XIXe siècle puis au XXe)."

 

— Tanguy Daniel (2005) :

"Restauration de Lusson en 1867-1868, dans laquelle ne subsistent que quelques éléments du XVe siècle, dans les lancettes a et b ; la lancette c est due à Lusson dans son intégralité. L'ordre actuel n'est pas celui que donnaient Le Men et Thomas (c, a, b)". 

"Les dais sont reconstitués à partir du dais de la 3e lancette qui, en mauvais état lors de la restauration de 1992-1993, a cependant pu servir de modèle à ceux des deux premières lancettes."

Discussion.

Guilhermy décrit deux donateurs avec chacun son patron : on suppose donc qu'il a vu deux lancettes. Il ne mentionne pas le caractère royal des saints patrons. C'est la seule description avant restauration (je n'ai pas eu accès au texte d'Aymar de Blois).

Le Men décrit le vitrail après sa restauration par Lusson, et après leur repose ; il ne cite pas les inscriptions (et sans-doute celles-ci sont trop éloignées pour qu'ils les déchiffre). Comme souvent, il n'épargne pas Lusson de ses critiques, notamment pour n'avoir pas suivi ses instructions, ici celle de placer saint Hervé ou saint Henri dans la première lancette (notre lancette C). 

L'abbé Thomas suit souvent le texte de Le Men ; il visite la cathédrale sans jumelles et sa description de deux saints Judicaël n'est pas fiable. Ce qu'il voit, ce sont deux saints couronnés semblables, mais il n'a pas accès aux inscriptions. 

La description de Louis Ottin est très fiable, d'une part parce qu'elle est précise, d'autre part parce qu'elle cite littéralement les inscriptions sans les extrapoler, et surtout parce qu'il a directement participé, comme membre de l'atelier d'Antoine Lusson, à la restauration de 1867. Tous les calques et tous les dessins qu'il a copié lors de ce chantier se sont avérés d'une fidélité irréprochable. Enfin, son érudition n'est pas celle d'un archiviste, d'un historien amateur d' héraldique ou d'un religieux, mais celle d'un peintre-verrier. Néanmoins, sa description est équivoque, car si elle concernait seulement les vitraux anciens, elle ne mentionnerait pas la lancette C, entièrement moderne. 

Alors que Jean-Pierre Le Bihan a laissé des documents témoignant de l'état de la vitre lors de sa restauration des baies du coté nord du chœur, son collègue Messonnet ne l'a pas fait, et nous ignorons dans quelle mesure les inscriptions ont pu être modifiées, et quel était l'état des verres.

Parmi les auteurs du XXIe siècle, aucun n'a donné le relevé complet des textes des trois banderolles. 

 

La baie 104 dans le rond-point du chœur, ajouté sur plan Chaussepied in Couffon 1988.

La baie 104 dans le rond-point du chœur, ajouté sur plan Chaussepied in Couffon 1988.

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La baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

La baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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La baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

La baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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La baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

La baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LA LANCETTE A : SAINT HERVÉ.

Inscription : S.herve hermite.

  Le saint est nimbé et couronné, en armure recouverte d'un tabard aux armes d'hermine plain (duché de Bretagne depuis Jean III en 1316). Il tient un étendard aux armes du donateur. Cette composition est pleine d'invraisemblance, car saint Hervé, ermite aveugle, et qui refusa le titre d'abbé, ne fut jamais roi. A contraio, si l'inscription est moderne, mais qu'il s'agit d'un roi, il ne s'abaisserait pas à tenir la hampe de l'étendard de son vassal. Rien ne s'arrange si on en croit L. Ottin, pour qui l'inscription indiquait St Ronan evesque et hermite, puisque saint Ronan, qui vécut en ermite dans le Porzay, ne porta jamais de couronne.

 

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Lancette A,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette A,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Le couple de donateurs.

Le verre de la tête du donateur a été déposé par l'atelier de Lusson puis vendu sous forme d'un panneau d'antiquaire, retrouvé par Françoise Gatouillat : il s'agit de la tête du coin inférieur droit : 

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Tous les auteurs citent Le Men et décrivent les armoiries du Juch d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueules, mais pourtant nous ne voyons ni sur le tabard ni sur l'étendard les griffes et la langue rouges justifiant le terme armé et lampassé de gueules.

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Lancette A,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE B. SAINT GIQUEL.

Inscription : St GICQUEL R- de BRET[AGNE].

Judicaël (né vers 590 - mort le 16 ou 17 décembre 647/652)  ou Gaël ou Giguel ou Gicquel ou Juzel est un saint breton. Fils du roi Judhaël de Domnonée  (un royaume qui occupait alors le nord de l'Armorique). A la mort de son père vers 605, Judicaël, pourtant le fils aîné et l'héritier, préféra se retirer au monastère Saint-Jean de Gaël que saint Méen venait d'ériger. Il quitta cependant le monastère pour prendre la direction du royaume de Domnonée puis avoir quitté sa charge, termina sa vie au monastère de saint Méen. Alain Bouchart  en 1514 dans ses « Grandes Chroniques », complète la liste des « Rois de Bretagne » dont l'origine remonte à Geoffroi de Monmouth en y incluant dans la descendance de Conan Mériadec un 10e roi à qui il attribue le nom du roi historique de Domnonée; Judicaël.  

Je rappelle que Ottin a lu (sur l'ancien panneau ?)  Houel et non Gicquel et qu'il n'a pu déchiffrer la suite. Hoël Ier de Bretagne, fils illégitime d’Alain II de Bretagne et d’une noble nommée Judith, fut comte de Nantes et duc de Bretagne de 960 à 981. Il fut le père de Judicaël de Nantes.

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Lancette B,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Louis Ottin a donné dans son ouvrage Le Vitrail (s.d, [1896]) planche VI le dessin de cette lancette . Curieusement, on y lit distinctement le texte restauré : S. Giquel : R : de Bretha[igne].

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Lancette B copiée par Louis Ottin, Le Vitrail [1896], Planche VI page 60bis.

Lancette B copiée par Louis Ottin, Le Vitrail [1896], Planche VI page 60bis.

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Lancette B,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette B,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE C. SAINT RONAN.

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Inscription : S. ronan esveque.

 

Lancette C,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Dais.

à trois gâbles à crochets, couronnés d'un fleuron, rehaussés de jaune d'argent, au dessus d'une voûte ogivale éclairée par des trilobes.

 

Lancette C,  baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie n°104 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

CONCLUSION.

L'ignorance dans laquelle nous nous trouvons sur le contenu de cette verrière lors de sa création vers 1415-1424, et la destruction de l'héraldique des tympanslors de la Révolution ne permet pas d'aller très loin dans son analyse. Elle comportait bien des donateurs, certains portant les armoiries de la famille du Juch, présentés par des patrons, tous tournés vers le centre du chœur c'est à dire vers la Crucifixion de la baie 100 encadrée par la famille ducale. La présence des seigneurs du Juch (a priori de Henri et de son fils Hervé) en première place juste après la verrière 102 de la duchesse Jeanne est parfaitement en phase avec les fonctions de Chambellans et ambassadeurs du duc, et de gouverneurs et Capitaines de Quimper qui étaient alors les leurs. Une dizaine d'années auparavant, alors que les voûtes du chœur s'achevaient, Jehan de Poulmic, gouverneur de Quimper en 1404, avait vu ses armoiries placées sur une clef de voûte médiane juste après celle de Jeanne de France, de son fils François, et de l'évêque Gatien du Monceau. C'est en 1413 que Henri du Juch était entré au conseil du duc, et en 1414 qu'il était devenu Capitaine de Quimper, Chambellan du duc et Maître d'hôtel de la duchesse.

Les saints tutélaires étaient-ils saint Hervé ou l'empereur Henry ? Portaient-ils des couronnes ? Les couples de la famille du Juch étaient-ils précédés par un premier panneau rappellant l'attachement du duc Jean V aux prérogatives royales et à la couronne, comme l'atteste encore celle qui figure sur le fond damassé de la baie 100 ? S'est-il efforcé d'affirmer, comme Alain Bouchard dans ses Grandes Croniques, qu'il avait été précédé dans ses fonctions par des Rois de Bretagne mythiques et saints ? Si ce fut le cas, cette revendication d'une tutélarité royale trouvait parfaitement sa place en baie n°104, dans ce saint des saints que représente le rond-point du chœur d'une cathédrale.

Jean Kerhervé (in D. Tanguy, 2005 pages 14-15) signale que, pour concurrencer Charles de Blois qui, le premeir avait compris l'intérêt de l'association du politique et du religieux, Jean IV s'était soucié d'associer son image à celle des saints les plus populaires dans le duché (Corentin, Brieuc, Pol, Patern, Tugdual, Gildas, Méen, Armel ou Ronan). "Il en va de même des saints rois du haut Moyen-Âge, insignes prédecesseurs des ducs, que la renommée a fait élever sur les autels, comme Judicaël ou Salomon, dont le duc ordonne, le 3 septembre 1393, de faire "enchasser partie des reliques" . 

En 1130, les reliques de Judicaël retrouvées, après un passage à l’abbaye Saint-Florent de Saumur, avaient rejoint l’abbaye de Saint-Méen : elles firent  renaître le culte de Judicaël, probablement aux dépens de celui de saint Méen, fondateur de l’abbaye. Vers 1474, un bras-reliquaire, aujourd’hui conservé dans la sacristie de l’église de Paimpont, est commandé par le duc de Bretagne à un orfèvre régional vers 1453. Le couple ducal, François II de Bretagne et Marguerite de Foix, en aurait fait don à l’occasion de leur mariage vers 1474.

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SOURCES ET LIENS.

— Site infotout :

http://www.infotout.com/cathedrale_quimper/fenetreshauteschoeur.htm

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan) 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de Boisbilly, Arch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

— COUFFON (René) LE BARS ( Alfred) 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

 

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)", Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie. 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al., La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203, 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens."Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie. 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

 

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes. 

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

— LE BIHAN (Jean-Pierre.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII 

ou blog du 10 février 2010 : 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-les-vitraux-et-leurs-gravures-de-repere-en-bretagne-44640076.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 9 juin 2007,  Blog sur la baie n°111

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6788764.html

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2009, Blog, article  sur les fonds damassés

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-29447240.html

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242. 

— OTTIN (Louis), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, Quimper 170 pages,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 14:25

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper VII : la baie n°111.

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Voir :

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Baie n°111, première travée du coté nord du chœur. 

C'est une fenêtre de 4,50 m de haut et 2,60 m de large, faite de 4 lancettes trilobées de 4 panneaux chacune, et d'un tympan à 3 grands quadrilobes. Les lancettes accueillent deux saints, Antoine et Jacques le Majeur, et une sainte martyre présentant un chanoine à la Vierge à l'Enfant de la dernière lancette. 

Les points remarquables sont par exemple les gravures de repèrage, la qualité des verres (commun avec la baie 109), et celle des fonds.

En effet, les personnages sont situés dans des niches à socle carrelé et dais architecturés, à l'intérieur desquelles une riche tenture damassée semble accrochée par les coins supérieurs alors qu'elle s'incurve en son bord supérieur. Un seul motif ( une palmette) est répétée par le biais d'un pochoir. La tenture est alternativement bleue, rouge, rouge, et bleue.

Description des différents auteurs  : 

— Aymar de Blois, 1820,  :

  «  Les panneaux représentent, l'un Notre Dame, l'autre le Chanoine donateur à genoux, présenté par un St qu'on ne distingue pas bien, le 3° St Jacques apôtre distingué par son bourdon et son chapeau garni de coquilles et le St Antoine ayant un cochon près de lui qui est son attribut. Même observation que cy devant pour l'effigie du donateur. » 

— Guilhermy 1848-1862 :

« Un saint s'appuyant sur un bâton, peut-être saint Antoine, un saint en costume de cardinal, peut-être saint Jérôme, un saint martyr assistant un donateur en chape bleue, la Vierge portant son fils sur ses bras »

 

— Le Men, 1877 : 

 

"1er Panneau. — Saint Antoine et son cochon. 2e Panneau — Saint Jacques de Compostelle, appelé au Moyen Âge en Bretagne, saint Jacques de Turquie, reconnaissable à son bourdon et à son chapeau garni de coquilles. 3e Panneau. — Un chanoine à genoux présenté à la Sainte-Vierge par un saint martyr. Le haut de ce panneau a été refait. 4e Panneau. — La Sainte-Vierge portant l’enfant Jésus dans ses bras."

— Thomas, 1892 (après restauration par Lusson):

1. Saint Antoine, patriarche des moines d'Orient; 2. Saint Jacques le Majeur ; 3. Un chanoine agenouillé présenté par un saint martyr; ~- Notre-Dame.

 

— Jean-Pierre Le Bihan, 1992, lors de la restauration :

Dépose de cette baie,  en vue d'une restauration. Il nous manque 6 panneaux entiers,  sur les 12, composants le vitrail. Il s'agit  entre autres, de deux têtes de lancettes,   de deux dais et du  panneau inférieur du saint Antoine. Deux têtes sont à reprendre, celle de saint Antoine et celle de la Vierge." Cf infra lancette par lancette.

— Gatouillat et Hérold, 2005. Cf infra lancette par lancette.

— Yves-Pascal Castel, 2005. Cf infra lancette par lancette.

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La baie 111 sur un plan dessiné par Chaussepied (in Couffon et Le Bars, 1988)

La baie 111 sur un plan dessiné par Chaussepied (in Couffon et Le Bars, 1988)

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Baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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LANCETTE A, SAINT ANTOINE.

— Gatouillat (2005) :

saint Antoine (verre blanc peint en grisaille et jaune d'argent, nimbe et livre rouges ; très restauré sauf le bas du panneau supérieur ; dais moderne).

— Le Bihan 2009 .

"Nimbé de rouge, présenté devant une tenture jaune à damas, saint Antoine revêt le costume de l'ordre des Antonins, au ton gris, avec capuchon. Il porte la barbe, et tient un livre rouge, à la tranche dorée, dans sa main droite, au pouce énorme,  pouce qui est à rapprocher de  celui que l'on retrouve chez le saint Jean Baptiste de la baie 103. De l'autre main, il s'appuie   sur sa canne en tau,  insigne de sa dignité.  En bas,une tête de cochon apparaît sur la droite du saint, dans un panneau de la restauration de  1992-1993. Cet animal est le symbole du démon de la luxure. On retrouve saint Antoine dans la baie 116 et dans les églises de Saint-Divy et Plogonnec pour le Finistère et Langast, dans le Morbihan avec une vie de ce saint."

  

 

 

Lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Verre d'origine (XVe) de la tête de saint Antoine, collection privée, Angoulême, publié par Gatouillat 2009.

Verre d'origine (XVe) de la tête de saint Antoine, collection privée, Angoulême, publié par Gatouillat 2009.

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Dais de la lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Dais de la lancette A, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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LANCETTE B, SAINT JACQUES LE MAJEUR.

— Gatouillat (2005) :

"saint Jacques le Majeur, en manteau blanc bordé de jaune d'argent et tunique rouge, chapeau jaune teint dans la masse orné d'une coquille blanche mise en plom (assez bien conservé)" 

—  Le Bihan (2007)

"Saint Jacques de Compostelle. Il est penché sur un livre grand ouvert qu'il tient délicatement de la main droite couverte d'un pan de son manteau de voyage. Ce manteau blanc  dont deux pans tombe presque jusqu'à terre est orné d'un galon  jaune dont le  motif d'ornementation est fait d'une série d'enroulements couronnés d'une volute, imitant la crête d'une vague ( Flots grecs),. Dessous, apparaît une robe de couleur rouge qui bien qu'elle tombe jusqu'à terre laisse apparaître les doigts de pieds du saint. Le bourdon de pèlerin de Compostelle, mais sans escarcelle, est maintenu sous son bras gauche, permettant ainsi à la main d'accompagner la lecture. Il se protège la tête avec un large chapeau brun orné de la coquille Saint-Jacques. Derrière, grand nimbe rouge vertical. Se détachant sur la tenture verte. Le sol d'origine, en partie, est de grands damiers noirs et blancs mis de biais.

On le retrouvera à la baie 124 de la nef de la cathédrale (*) et  ailleurs, dans le Finistère, à Notre-Dame du Crann en Spézet, dans le Morbihan, à Merléan et à Boqueho pour les Côtes d'Armor."

(*) et baie 112.

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Saint Jacques, lancette B, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Saint Jacques, lancette B, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques, lancette B, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Saint Jacques, lancette B, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Verre ancien  de ta tête de saint Jacques de la baie 111, Collection privée, Angoulême, in Gatouillat 2009.

Verre ancien de ta tête de saint Jacques de la baie 111, Collection privée, Angoulême, in Gatouillat 2009.

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LANCETTE C. Sainte martyre et donateur.

 

— Gatouillat (2005) :

"Sainte martyre en robe teintée de jaune d'argent sous un manteau vert doublé de blanc (tête refaite), et un donateur en surplis blanc et manteau bleu clair (bien conservé)."



—Le Bihan (2007)

Vierge patronne d'un chanoine
L'attribution du saint présentant le chanoine est difficile car, Le Men et Alexandre  Thomas parlent  d' « un saint martyr », comme  Aymar de Blois, mais avec réserve :  «Un  St qu'on ne distingue pas bien »
La tête qui était en place lors de la dépose en vue de la  restauration de 1992-93 était celle d'une femme nimbée. Etait-elle l'œuvre de Lusson ou d'une restauration suivante ? On ne peut vraiment  statuer.
 Il pourrait s'agir d'une pièce de Lusson, très effacée et qui aurait été reprise plus tardivement. Cette retouche a rapporté les grisailles manquantes, mais le passage au four du visage,  pour la seconde fois, avec des jaunes d'argent anciens n'a pas donné les résultats escomptés. Il a fallu l'a remplacer lors de la dernière restauration. Il fut donc rétabli un visage de femme.
Et le choix se révéla bon, car la pièce au dessous révéla une fin de natte de cheveux au jaune d'argent du XVe, et un chemisier ou haut de robe blanche avec des broderies elles aussi au jaune d'argent.
Il s'agit donc une Vierge ayant comme seul attribut la palme du martyr  et portant une robe verte doublé de blanc. Tandis que la main droite tient la tige de la palme,  l'autre main repose le long du dos du donateur, auquel aucun des trois historien de la cathédrale n'a pu fournir une identité.
Comme les autres chanoines de ce choeur, il est à genoux directement sur le sol, les mains jointes, tourné vers la Vierge Marie qu'il implore. Il n'y a pas  prie-Dieu, ni coussin, objets que nous trouverons dans le transept et la nef, en fin de siècle. Il a revêtu la chape de couleur bleue que l'on retrouve pour les deux donateurs chanoine et évêque précédents. Elle est ornée d'un galons semé d'olives et de perles blanches en enlevés sur fond de jaune d'argent. L'aube blanche aux larges manches s'écrasent en de nombreux plis sur le sol, ici de damier gris et blanc."

 

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Sainte Marie-Madeleine et donateur,  lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Sainte Marie-Madeleine et donateur, lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Sainte Marie-Madeleine et donateur,  lancette C, baie n°107, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Sainte Marie-Madeleine et donateur, lancette C, baie n°107, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Sainte Marie-Madeleine et donateur,  lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Sainte Marie-Madeleine et donateur, lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Chanoine donateur,  lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Chanoine donateur, lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

LANCETTE D. VIERGE A L'ENFANT.

— Gatouillat (2005) :

"Vierge à l'Enfant (bien conservé ; grisaille et jaune d'argent sur sur verre blanc sauf le nimbe et le haut de la robe rouges ; style voisin de celui des donateurs des baies n°110 et 112). "

— Le Bihan (2007) :

Vierge à l'enfant.
C'est un personnage élancé, portant une petit tête à l'aspect serein, drapé dans un ample manteau blanc aux nombreux plis et au galon de couleur jaune garni de grosses olives, que l'artiste nous présente ici. Rien de commun avec les autres Vierges à l'enfant, si ce n'est ce duo mère enfant. Ici Il est tout nu, assis sur le bras droit de sa mère, bras et main recouverts, délicatesse, d'un pan du manteau. Même intention que saint Jacques pour le livre des écritures La main droite de Marie fait le geste de lui tenir le genou.  Il l'écoute, la tête couronnée de cheveux d'or, tournée vers Elle. Il pose sa main gauche contre sa joue et le droite a pris un geste de dialogue.  La tache rouge du bustier de la robe force la lumière de l'enfant et de la mère. Il fait très sérieux.
Elle ne porte pas le voile des mères, elle laisse flotter ses cheveux en nattes dorées sur ses épaules, attribut des vierges. Un nimbe rouge très foncé,  de forme ronde, immense, comme on ne le verra plus dans le reste de la cathédrale, l'accompagne sur une tenture de damas bleu.  "

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Vierge à l'Enfant,  lancette D, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, lancette D, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant,  lancette D, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, lancette D, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Vierge à l'Enfant,  lancette D,baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Vierge à l'Enfant, lancette D,baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

DAIS ET SOCLES.

Gatouillat, 2005 :

Dais lisses et plats, à tourelles hexagonales ornées de trois grands gâbles teintés de jaune d'argent, arcs-boutants au sommet. 

 

— Jean-Pierre Le Bihan (2007)

"Derrière cette tenture, accrochée par les deux côtés, aux piliers des colonnettes apparaît, et pour toutes les lancettes de cette baie, un choeur d'église avec une baie du chevet à deux lancettes  et oculus vitrés de montage losangé."

[...] "Le dais 
Il est le plus élancé de  ces baies hautes du côté nord ; Avec les pièces du XVe siècle encore restées dans les lancettes c et d, un dais original était aisé à recomposer, Il était impossible de se servir de ce qui restait de la restauration du XIXe siècle. Toutes les pièces en verre incolore  étaient barbouillées de grisaille recuite et de jaune d?argent soit devenu pales soit arrivé au rouge le plus lourd.
Deux pinacles encadrent une tour dont trois faces sont visibles. Chacune de ces faces est ornée d?un  gable avec fleuron, crochets et ajouré d?un quadrilobe. Le gable central est entouré de deux pinacles.  Les crochets sont  traduits décorativement  par une succession de trois grosses perles jaunes, les deux extrêmes étant plus fines.
Au dernier étage, un clocher est entouré de quatre pinacles d?or qui démarrent comme lui  d?une tour, modèle réduit du premier étage, celle ci confortée par arcs boutants et culée."



 

 

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Ce vitrail fut sans dénomination, jusqu?à la sortie de l?ouvrage récent sur les vitraux de cette cathédrale.
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                C?est une baie à quatre lancettes trilobées dont chaque lancette est composée de quatre panneaux de vitrail. Elle se trouve être le sixième des baies hautes du côté nord en partant de la baie d?axe. 

Deux historiens de la cathédrale nous ont donné chacun leur description.
 Le relevé d?Aymar de Blois, de 1820, d?après  le registre,  plus ancien, du chanoine  de Boisbilly donne :
 «  Les panneaux représentent, l?un Notre Dame, l?autre le Chanoine Donateur à genoux, présenté par un St qu?on ne distingue pas bien, le 3° St Jacques apôtre distingué par son bourdon et son chapeau garni de coquilles et le St Antoine ayant un cochon près de lui qui est son attribut. Même observation que cy devant pour l?effigie du donateur. » 

. En 1877, la description de Le Men donne ;1er Panneau (lancette) - Saint Antoine et son cochon. 2° Panneau (lancette) - Saint Jacques de Compostelle, appelé au moyen âge en Bretagne, saint Jacques de Turquie, reconnaissable à son bourdon et à son chaperon garni de coquilles. 3° Panneau (lancette) - Un chanoine à genoux présenté à la Sainte-Vierge par un saint martyr. Le haut de ce panneau a été refait. 4° Panneau(lancette)- La Sainte-Vierge portant l?Enfant Jésus dans ses bras.


                                1992. 

Dépose de cette baie,  en vue d?une restauration. Il nous manque 6 panneaux entiers,  sur les 12, composants le vitrail

Il s?agit  entre autres, de deux têtes de lancettes,   de deux dais et du  panneau inférieur du saint Antoine. Deux têtes sont à reprendre, celle de saint Antoine et celle de la Vierge.

 Les gravures de repère.

Dans cette baie les gravures de repère sont extrêmement nombreuses, ce qui rend cette baie intéressante.

Devant le nombre de pièces qui constituent un vitrail, les verriers avaient trouvé la solution de graver au dos des pièces de verre des signes, qu?ils soient alphabétiques ou graphiques. ; chaque pièce étant maniée par les auteurs plus d?une dizaine de fois depuis la coupe jusqu?à la mise en plomb. 

Pour notre travail de restauration, cette façon de procéder nous a souvent été utile pour redonner une place à une pièce ; les restaurations précédentes les ayant parfois mélangé 
         Inventaire de ces gravures de repère.

La première lancette, celle saint Antoine, est la plus pauvre de cette baie, avec une seule gravure  dans la tête de lancette.. Le dessin est d'un graphisme proche d?un grain de café dont la fente se prolonge sur la droite. On ne peut en trouver plus, car deux des panneaux sont portés manquants.  Pour le troisième panneau, le buste de saint Antoine, il y a peu de pièces anciennes: 5, et elles sont reconnaissables.

La seconde lancette, celle de saint Jacques présente dans les deux panneaux du bas,  des petits s, et c, ainsi qu' un Is. Dans le second panneau, il y a  un e, un ZC et un S, ce dernier etant reproduit quatre fois sur les pièces du buste de saint Jacques. 

Dans la troisième lancette, celle du chanoine donateur, le panneau du bas  présente trois  X, le panneau avec le dais :  ZI, IS, trois 4 et un V, un  L, et un  X.  Cette dernière lettre est probablement une pièce provenant d?un autre panneau, procédé fréquent lors des restaurations

Dans la lancette de la Vierge à l? enfant, le premier panneau possède 6 gravures prenant comme base une croix. Le second panneau, il s?agit de 8 gravures prenant comme base un Y. Ce Y et ce X sont repris 12 fois dans le panneau du dais.Les gravures y sont plus ou moins grandes, suivant la taille de la pièce. Seules deux pièces anciennes ne sont pas gravées. A noter que la tête de la Vierge, reconnaissable, ne porte aucun repère.


Saint Antoine, 

Nimbé de rouge, présenté devant une tenture jaune à damas, saint Antoine revêt le costume de l?ordre des Antonins, au ton gris, avec capuchon. Il porte la barbe, et tient un livre rouge, à la tranche dorée, dans sa main droite, au pouce énorme,  pouce qui est à rapprocher de  celui que l?on retrouve chez le saint Jean Baptiste de la baie 103, 

De l?autre main, il s?appuie   sur sa canne en tau,  insigne de sa dignité1. s En bas,une tête de cochon apparaît sur la droite du saint, dans un panneau de la restauration de  1992-1993. Cet animal est le symbole du démon de la luxure. On retrouve saint Antoine dans la baie 116 et dans les églises de Saint-Divy et Plogonnec pour le Finistère et Langast, dans le Morbihan avec une vie de ce saint.

  

Saint Jacques de Compostelle.

 Il est penché sur un livre grand ouvert qu?il tient délicatement de la main droite couverte d?un pan de son manteau de voyage. Ce manteau blanc  dont deux pans tombe presque jusqu'à terre est orné d?un galon  jaune dont le  motif d?ornementation est fait d?une série d?enroulements couronnés d?une volute, imitant la crête d?une vague (. Flots grecques),. Dessous, apparaît une robe de couleur rouge qui bien qu?elle tombe jusqu'à terre laisse apparaître les doits de pieds du saint. Le bourdon de pèlerin de Compostelle, mais sans escarcelle, est maintenu sous son bras gauche, permettant ainsi à la main d?accompagner la lecture. Il se protège la tête avec un large chapeau brun orné de la coquille. Saint-Jacques. Chapeau brun avec coquille Saint-Jacques. Derrière, grand nimbe rouge vertical. Se détachant sur la tenture verte. Le sol d?origine, en partie, est de grands damiers noirs et blancs mis de biais.

On le retrouvera à la baie 124 de la nef de la cathédrale, .et  ailleurs, dans le Finistère, à Notre-Dame du Crann en Spézet, dans le Morbihan, à Merléan et à Boqueho pour les Côtes d?Armor. 



Vierge patronne d?un chanoine

L?attribution du saint présentant le chanoine est difficile car, Le Men et Alexandre  Thomas parlent  d? « un saint martyr », comme  Aymar de Blois, mais avec réserve :  «un  St qu?on ne distingue pas bien »

La tête qui était en place lors de la dépose en vue de la  restauration de 1992-93 était celle d?un femme nimbée. Etait-elle l??uvre de Lusson ou d?une restauration suivante ? On ne peut vraiment  statuer.
 Il pourrait s?agir d?une pièce de Lusson, très effacée et qui aurait été reprise plus tardivement. Cette retouche a rapporté les grisailles manquantes, mais le passage au four du visage,  pour la seconde fois, avec des jaunes d?argent anciens n?a pas donné les résultats escomptés. Il a fallu l?a remplacer lors de la dernière restauration. Il fut donc rétabli un visage de femme.

Et le choix se révéla bon, car la pièce au dessous révéla une fin de natte de cheveux au jaune d?argent du XVe, et un chemisier ou haut de robe blanche avec des broderies elles aussi au jaune d?argent.

Il s?agit donc une Vierge ayant comme seul attribut la palme du martyr  et portant une robe verte doublé de blanc. Tandis que la main droite tient la tige de la palme,  l?autre main repose le long du dos du donateur, auquel aucun des trois historien de la cathédrale n?a pu fournir une identité.

Comme les autres chanoines de ce choeur, il est à genoux directement sur le sol, les mains jointes, tourné vers la Vierge Marie qu?il implore. Il n?y a pas  prie-Dieu, ni coussin, objets que nous trouverons dans le transept et la nef, en fin de siècle. Il a revêtu la chape de couleur bleue que l?on retrouve pour les deux donateurs chanoine et évêque précédents. Elle est ornée d?un galons semé d?olives et de perles blanches en enlevés sur fond de jaune d?argent. L?aube blanche aux larges manches s?écrasent en de nombreux plis sur le sol, ici de damier gis et blanc.

Vierge à l?enfant.

C?est un personnage élancé, portant une petit tête à l?aspect serein, drapé dans un ample manteau blanc aux nombreux plis et au galon de couleur jaune garni de grosses olives, que l?artiste nous présente ici. Rien de commun avec les autres Vierges à l?enfant, si ce n?est ce duo mère enfant. Ici Il est tout nu, assis sur le bras droit de sa mère, bras et main recouverts, délicatesse, d?un pan du manteau. Même intention que saint Jacques pour le livre des écritures La main droite de Marie fait le geste de lui tenir le genou.  Il l?écoute, la tête couronnée de cheveux d?or, tournée vers Elle. Il pose sa main gauche contre sa joue et le droite a pris un geste de dialogue.  La tache rouge du bustier de la robe force la lumière de l?enfant et de la mère. Il fait très sérieux.

Elle ne porte pas le voile des mères, elle laisse flotter ses cheveux en nattes dorées sur ses épaules, attribut des vierges. Un nimbe rouge très foncé,  de forme ronde, immense, comme on ne le verra plus dans le reste de la cathédrale, l?accompagne sur une tenture de damas bleu. Derrière cette tenture, accrochée par les deux côtés ,aux piliers des colonnettes apparaît, et pour toutes les lancettes de cette baie, un choeur d?église avec une baie du chevet à deux lancettes  et oculus vitrés de montage losangé. 
Dais de la  lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Dais de la lancette C, baie n°111, coté nord du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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GRAVURES DE REPÈRE.

— Jean-Pierre Le Bihan :

"Dans cette baie les gravures de repère sont extrêmement nombreuses, ce qui rend cette baie intéressante. Devant le nombre de pièces qui constituent un vitrail, les verriers avaient trouvé la solution de graver au dos des pièces de verre des signes, qu'ils soient alphabétiques ou graphiques ; chaque pièce étant maniée par les auteurs plus d'une dizaine de fois depuis la coupe jusqu'à la mise en plomb. 
Pour notre travail de restauration, cette façon de procéder nous a souvent été utile pour redonner une place à une pièce ; les restaurations précédentes les ayant parfois mélangé 

 Inventaire de ces gravures de repère.
La première lancette, celle saint Antoine, est la plus pauvre de cette baie, avec une seule gravure  dans la tête de lancette.. Le dessin est d'un graphisme proche d'un grain de café dont la fente se prolonge sur la droite. On ne peut en trouver plus, car deux des panneaux sont portés manquants.  Pour le troisième panneau, le buste de saint Antoine, il y a peu de pièces anciennes: 5, et elles sont reconnaissables.
La seconde lancette, celle de saint Jacques présente dans les deux panneaux du bas,  des petits s, et c, ainsi qu' un Is. Dans le second panneau, il y a  un e, un ZC et un S, ce dernier etant reproduit quatre fois sur les pièces du buste de saint Jacques. 
Dans la troisième lancette, celle du chanoine donateur, le panneau du bas  présente trois  X, le panneau avec le dais :  ZI, IS, trois 4 et un V, un  L, et un  X.  Cette dernière lettre est probablement une pièce provenant d?un autre panneau, procédé fréquent lors des restaurations
Dans la lancette de la Vierge à l' enfant, le premier panneau possède 6 gravures prenant comme base une croix. Le second panneau, il s'agit de 8 gravures prenant comme base un Y. Ce Y et ce X sont repris 12 fois dans le panneau du dais.Les gravures y sont plus ou moins grandes, suivant la taille de la pièce. Seules deux pièces anciennes ne sont pas gravées. A noter que la tête de la Vierge, reconnaissable, ne porte aucun repère."

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Jean-Pierre Le Bihan, 1993, article paru dans le Bulletin de la S.A.F page 277, détail.

Jean-Pierre Le Bihan, 1993, article paru dans le Bulletin de la S.A.F page 277, détail.

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REGROUPEMENTS STYLISTIQUES des vitraux du chœur.

(Selon K. Macias-Valadez et Gatouillat 2009 et 2013)

— Verre blanc nacré peu sensible aux altérations, où figurent des personnages en grisaille et jaune d'argent : n°109 et 111.

—Groupe aux motifs architecturaux rehaussés au jaune d'argent analogues avec des motifs à double perle : baies 100, 105, 109 et 111.

— Visage de la Vierge de la lancette D rehaussé de jaune d'argent (œil, narine, menton) comme les figures des baies 110 et 112.

— Longs cils de la Vierge de la lancette D : aussi retrouvés sur trois autres têtes anciennes. 

 

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SOURCES ET LIENS.

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan) 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de Boisbilly, Arch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

— COUFFON (René) LE BARS ( Alfred) 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

 

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)", Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie. 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al., La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203, 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens."Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie. 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

 

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes. 

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

— LE BIHAN (Jean-Pierre.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII 

ou blog du 10 février 2010 : 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-les-vitraux-et-leurs-gravures-de-repere-en-bretagne-44640076.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 9 juin 2007,  Blog sur la baie n°111

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6788764.html

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2009, Blog, article  sur les fonds damassés

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-29447240.html

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242. 

— OTTIN (Louis), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, Quimper 170 pages,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 13:53

Comme les autres baies du chœur de la cathédrale de Quimper, la baie 103 a été vitrée en 1415-1420 pendant l'épiscopat de Bertrand de Rosmadec alors que Jean V et Jeanne de France étaient duc et duchesse de Bretagne. Avec en vis-à-vis la baie offerte par la famille du Juch (n°104), elle ferme latéralement le rond-point à cinq pans autour de la baie axiale de la Crucifixion (n°100) et les baies où le duc et son fils François (baie n°101), la duchesse et sa fille Isabelle (baie n°102) figurent comme donateurs et affirment leur influence politique.

Ces cinq baies caractérisées par leur 3 lancettes (les 8 autres fenêtres hautes du chœur en ont 4)  forment-elles une unité théologique ou politique ? Le programme de cette baie n° 103 s'intègre-t-il dans le projet de mobilisation des édifices cultuels au service de la propagande des Monfort et de l'élite qui se met à leur service ?

 

 

 

 

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Les 5 vitraux du rond-point du chœur, ajoutés à un plan de Chaussepied publié in Couffon et Le Bars 1988.

Les 5 vitraux du rond-point du chœur, ajoutés à un plan de Chaussepied publié in Couffon et Le Bars 1988.

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Cette baie mesure 4,80 m de haut et 2,20 m de large et dispose de 3 lancettes trilobées, composées chacune de 4 panneaux, et d'un tympan de 6 ajours (2 trilobes et 4 quadrilobes).  Il faut lever les yeux au delà des arcades, du triforium et de la galerie de circulation à quadrilobes pour voir, avec  de bonnes jumelles, les trois saints qui nous observent de haut dans leurs niches architecturés : saint Paul, saint Jean-Baptiste et saint Pierre. Plus haut, le tympan est une copie de la création de Lusson (tous les tympans du XVe ont été détruits à la Révolution), avec ses anges musiciens inspirés de l'Arbre de Jessé de la cathédrale d'Autun.

"Du vitrail d'origine, il ne reste que très peu de pièces : la majeure partie de la composition est l'œuvre de Lusson en 1867-1869 " (Tanguy Daniel, 1995). les socles et dais sont l'œuvre de Le Bihan en 1992-1993, ou, plus précisément, le dais est "conservé à gauche [lancette A], restauré au centre, et moderne à droite" (Gatouillat, 2005).

En 1820, Aymar de Blois écrit que "l'une des lancettes est détruite et que les deux autres représentent des éléments  des apôtres St Pierre et St Paul ».

Guilhermy, qui visita Quimper en 1848 et 1862, décrit : "Saint Jean-Baptiste et saint Pierre".

  En 1877, Le Men la décrit ainsi page 24 : " Trois panneaux. 1er Panneau — Saint Paul, apôtre. 2e Panneau. — Saint Jean-Baptiste (panneau neuf(*)). 3e Panneau. — Saint Paul, apôtre." . (*) Pour Katia Macias-Valadez, Le Men n'a pas pu vraiment observer les verrières démontées dans l'atelier, et il se trompe en croyant que saint Jean-Baptiste est "neuf" alors que c'est le personnage qui contient le plus de parties anciennes. 

Puis l'abbé Thomas corrige : " Saint Paul ; 2. Saint Jean-Baptiste ; 3. Saint Pierre. ". 

Le verrier Louis Ottin (1880, publié en 1896) qui a travaillé sur ce chantier, donne des informations plus fiables : "1°) St Paul. – 2°) St Jean-Baptiste. – 3°) St Pierre avec l'inscription sur un listel qu'il tient à la main : Ecce agnus Dei qui tollit peccata mundi. L'architecture basse et trapue de cette fenêtre qui comporte des têtes d'anges avec de longues plumes en guise de corps est des plus sauvages."

Jean-Jacques Gruber signale en 1952 que "toutes les restaurations du XIXe siècle, dont la grisaille n'avait pas été fixée à la cuisson, ont dû être reprises et recuites".

Nous disposons du témoignage précieux de Jean-Pierre Le Bihan, qui donne dans son blog des indications sur sa restauration de 1992-1993.

Selon Katia Macias-Valadez 1997 :

"La baie 103 semble en fait être une verrière remaniée. En effet, les dais d'architecture, surmontés de séraphins aux ailes plumées dans les têtes de lancette, ne se raccordent pas avec le registre suivant. Il manque toute une section architecturale entre les dais et les personnages puisque les gâbles des trois pans sont coupés dans le bas. Et comme les socles ont été entièrement refaits, il est difficile de savoir s'ils étaient aussi importants dans la lancette et, par conséquent, de savoir s'ils enlevaient de la place dans les dais, comme c'est le cas dans les baies 110 et 112.

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Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

LA LANCETTE A : SAINT PAUL.

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Le socle à carrelage noir et blanc est moderne (restauration en 1993 par l'atelier Jean-Pierre Le Bihan). C'est la lancette qui comporte le moins de pièces anciennes, ceux-ci se trouvant dans la tunique jaune, dans le manteau bleu du saint et dans le dais. 

Selon le blog de Jean-Pierre Le Bihan

"Le personnage de saint Paul est entièrement de 1992-1993 si ce n'est cinq  petites pièces. Visage barbu surmonté d'un nimbe vert , il est vêtu d'une robe jaune sous un manteau bleu où la pièce d'origine en est la pointe.
 De la main gauche, il tient  la poignée de son épée, ici effilée,  dont l'extrémité se découpe sur le rideau de damas au fond rouge. Un livre à fermeture est présenté de la main droite.
Etat du vitrail en 1992
Dans les premières années du XIXième siècle, les  écrits des historiens citès plus haut, signalent que "l'une des lancettes est détruite et que les deux autres représentent des éléments  des apôtres St Pierre et St Paul »
Lors de la dépose de cette baie et des travaux de restauration en 1992,par l'atelier de jean pierre le bihan,il n'a été trouvé, du saint Paul,    comme pièce d'origine, que la poignée de son épée, la pointe du manteau bleu, entourée de  trois pièces de sa robe jaune, une pièce de colonnette et sept pièces d'architectures du dais dont l'angelot formant fleuron."

 

 

 

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Le dais.

Ce serait le seul ancien des trois. Comment le décrire ? J'y vois une forme hémi-hexagonale encadrée de pilastres, avec trois gâbles à crochets, le gâble central étant triangulaire et couronné d'un séraphin et les deux latéraux en forme lancéolée, et couronnés d'un fleuron. Il forme au dessus de la tête nimbée une niche à trois arcades rythmées par des fleurons à quatre pétales et des culots à perles. Eh eh, pas facile ! Aurais-je la moyenne ?

Ah, je trouve la description de Le Bihan. Comment s'y prend-il ?

"Des dais, qui ont le grand avantage d'être identique. il  restait, en 1992-1993, juste assez de pièces d'origine pour établir un spécimen type.
Il s'agit donc d'un dais trapu, présentant au premier et seul étage, trois côtés dont deux fuyants. Deux colonnes adossées, avec cul de lampe, à base carrée, et surmontées d'un chapiteau, les séparent.
Sur chaque  face est dessiné un gable à l'angle plus ou moins aigu, les deux à gauche et à droite, se terminant par un fleuron, le central par un socle supportant un ange habillé de plumes. Le ciel qui apparaît derrière eux est bleu pour les deux de côtés et rouge pour le central. "

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Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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La tête de saint Paul n'a peut-être pas été perdue, car Katia Macias-Valadez signale qu'elle pourrait correspondre à celle d' "un médaillon avec une tête de saint barbu dont le regard est dirigé vers le bas"  conservé au Musée d'art de Pittsburgh, en Pennsylvanie, et dont la corrosion par cratère et dont les mesures correspondraient  au portrait-robot. Elle serait reproduit dans Stained glass before 1700 in American Collections : Mid-Atlantic and Southeastern Seabord States (Corpus Vitrearum Checklist 2), Washington, National Gallery of art, 1987, p. 182. Françoise Gatouillat confirme en 2009 cette information et précise que cette tête avait été achetée à Paris en 1922. Mais je n'ai pas trouvé d'illustration de cette tête paulinienne.

On admirera aussi les fonds, caractéristiques des fenêtres hautes du chœur à l'exception des trois baies à fonds damassés : leurs larges feuilles profondément indentées qui montent verticalement le long du personnage sont particulièrement décoratives ici.

 

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Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Enfin, on admirera le socle réalisé par Le Bihan en parcourant son blog :

"Des socles, comme on l'a dit plus haut,  il ne restait  donc que les pièces dix-neuvième du vitrail du  peintre verrier Lusson, pièces dont il ne restaient plus que le graphisme des plombs,des grisailles aux traits et au lavis complètement délavées.  Il a été donc été décidé, lors de notre restauration de 1992-1993, de reprendre  la composition que ce peintre verrier avait proposée. Tout nous fait penser à croire qu'il en ait eu entre les mains quelques pièces, peut-être irrécupérables à l'époque.
 Les sols sont  donc à base de demis losanges  et d'un damier noir et blanc, présenté de face, puis de biais "

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Socle, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Socle, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE B : SAINT JEAN-BAPTISTE.

"La lancette centrale est plus haute  de quelques centimètres et donne ainsi au saint Jean-Baptiste une stature plus importante que les deux autres apôtres. qui sont saint Paul et saint Pierre. Cette importance est peut être voulue, il est celui qui annonce la venue du Messie. Il porte l'Agneau, nimbé, sur le bras gauche, sa jambe gauche sort d'une peau de chameau dont il est vêtu. Une robe rouge, couleur du martyr, comme son nimbe, descend sur la droite. Un phylactère où il est écrit : Ecce Agnus Dei, qui tollit peccata mundi  (voici l'Agneau de Dieu qui efface le péché du monde) court autour de la partie haute du personnage " (Jean-Pierre Le Bihan, Blog, 2007)

Selon Françoise Gatouillat (2005), les panneaux sont peu restaurés, avec un grand nombre de pièces anciennes, alors que Le Bihan ne signale avoir trouvé lors de sa restauration qu' "un élément de son genoux entouré de sa peau de bête jaune".

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Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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L'image suivante est extraordinaire. Elle trouve sa source dans le texte de l'Évangile de Matthieu suivant lequel  ipse autem Iohannes habebat vestimentum de pilis camelorum et zonam pelliciam circa lumbos suos esca autem eius erat lucustae et mel silvestre, " Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage". Nous passons ici du vêtement en poils de chameau à la peau de chameau elle-même, et c'est la queue du camélidé qui serpente sans vergogne entre les jambes augustes du Précurseur.

Lancette B, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Le dais restauré.

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Lancette B, dais à séraphin, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, dais à séraphin, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LA LANCETTE C : SAINT-PIERRE.

 

 

 

 

Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Selon le blog de Jean-Pierre Le Bihan (2007) :

"A sa gauche,  saint Pierre, présenté de profil, est tourné vers lui [Jean-Baptiste].  
Cette tête ayant disparu nous l'avons refaite suivant un dessin du livre du verrier Ottin.  De sa robe jaune et de son manteau vert nous n'avions qu'une seule pièce  d'origine, comme il est indiqué plus bas.
Avec ses deux clés, il a le pouvoir d'ouvrir et de fermer les portes du paradis. Le plus souvent, il porte ces deux clés l'une contre l'autre et rarement comme ici, l'une tournée vers le sol, l'autre vers le ciel. Ce personnage, n'est pas sans rappeler, mais plus trapu, par sa pose de profil,par le tombé de son manteau vert et son épaule jaune, le saint Jean de la baie 100. Même atelier ? on ne peut être certain, mais même esprit.

Chez saint Pierre,pour les pièces du XV°, nous avons trouvé: la clé ascendante, un  petit élément de la clé descendante, deux éléments de la tenture à damas rouge, la partie haute de sa robe jaune ainsi que la partie basse.Il en était ainsi d'un petit élément  haut de son manteau vert, d'un petit élément du sol carrelé noir et blanc, de trois pièces de colonnettes. "

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Louis Ottin, copie par calque de la tête de saint Pierre de la baie 103, Le Vitrail page 168 fig.163.

Louis Ottin, copie par calque de la tête de saint Pierre de la baie 103, Le Vitrail page 168 fig.163.

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Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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CONCLUSION.

1. Hommage aux verriers.

Je commencerai en admirant le travail des restaurateurs, et notamment de l'atelier de Jean-Pierre Le Bihan, car si chaque détail est remarquablement dessiné et peint, l'ensemble est parfaitement composé. Six couleurs sont utilisées, le bleu, le rouge et le jaune, le pourpre, le bleu-vert et le vert. La fidélité à l'œuvre ancienne est optimale, basée chez Lusson et Ottin sur des copies soigneuses des verres trop encombrés de plombs de casse et trop encrassés et corrodés pour être (à l'époque *) reposés en prenant le soin de réaliser des calques, et basée chez Le Bihan sur une longue expérience des vitraux bretons, une érudition et une étude attentive des textes et des indices. * Jusqu'en 1970, le seul moyen de réparer un verre brisé était de glisser un plomb dans la fente.

Pour accroître encore cette admiration, on peut examiner une seconde fois les photographies en s'intéressant à la maîtrise de la disposition des barlotières et vergettes ( la tringlerie ou serrurerie) qui fixent les panneaux en contournant les plombs. Dans l'ouvrage Les Vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, Le Bihan explique :

"Pour permettre la mise en place de doubles verrières, —vitrail ancien et verrière de doublage — et pour des raisons d'équilibre et de résistance au flambement, une option à balancier à doubles pannetons traversant le fer central et les feuillards a été adoptée. Ces barlotières doubles ont été exécutées en fer galvanisé peint de trois couches glycero. Un fer à T, dans le bas de chaque lancette, maintenant le premier panneau, assure l'ouverture de la ventilation basse. Pour la ventilation haute, en plus des aérations ouvertes à chaque barlotières, une ou deux des pièces du sommet de la lancette ont été posées de biais, cachant ainsi l'ouverture."

Il faut réaliser d'abord le travail de dépose des verres, de suppression des plombs de casse (le vitrail passe alors en moyenne de 21 kg/m2 à 13 kg/m2) et de collage, de nettoyage par bains successifs, bain de chlorure de potassium, utilisation d'acide oxalique, de doublage de verres trop brisées, de thermoformage d'un verre de doublage, de remise en plombs, de masticage à l'huile de lin et au blanc de Meudon, sur les deux faces et plomb par plomb, de créations de pièces de verres neuves peintes à la grisaille et au jaune d'argent. Puis la repose, la protection extérieure par une seconde verrière de doublage posée, comme pour la verrière ancienne, avec des vergettes en forme. 

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2. Réflexion sur le programme iconographique.

Je reviens à un détail : saint Pierre est tourné non vers le Christ en croix de la baie 100, comme l'ensemble des autres personnages de ces verrières, mais vers l'ouest. Vers Jean-Baptiste.

Saint Jean-Baptiste, le Précurseur annonçant le Christ, est représenté 10 fois dans les  verrières du XVe siècle. Après le Christ (25 occurrences) et la Vierge (13 fois ) mais avant Jean l'Évangéliste (7 fois) et saint Pierre (7 fois), il est présent bien d'avantage que saint Corentin, le patron de la cathédrale qui n'est représenté que 4 fois.

Nous sommes donc amenés à considérer saint Jean-Baptiste comme le saint de premier plan pour la cathédrale de Quimper au XVe siècle. 

Une hypothèse simple peut faire le lien entre ce saint et les prénoms du duc Jean V et de son épouse Jeanne de France, qui sont chacun présentés autour de la baie n°100 l'un par Jean l'Évangéliste et l'autre par Jean-Baptiste. Jean-Baptiste viendrait inscrire le prénom et le pouvoir ducal par sa représentation dix fois répétée, comme un emblème au même titre que la cordelière et le culte de saint François pour le duc François. 

Mais, dans la mesure où le saint est représenté non pas lorsqu'il baptise le Christ, mais de façon stéréotypée, tenant l'Agneau de la Rédemption, cela conduit à s'interroger sur une affirmation théologique sous-jacente, par une influence du chapitre cathédrale, de l'évêque, ou en relation avec les enseignements et prédications du début du XVe siècle. 

On avouera que cela dépasse mes compétences. Je note que le polyptyque de l'Agneau mystique des frères van Eyck, achevé en 1432, a été commandé et débuté à peu près à la même époque, et que le registre supérieur montre le trio Marie / Père trinitaire /Jean-Baptiste  (alors que les Crucifixions et Poutre de Gloire montrent le trio Marie / Christ / Jean l'Évangéliste), et que le registre inférieur est centré par l'adoration de l'Agneau Mystique. 

Cette théologie de l'Agneau passe par la lecture de l'évangile de Jean 19:31-37 qui renvoie à Zacharie 12:10-14, ainsi qu'à la lecture de l'Apocalypse 1:7.

Cela va m'inciter à examiner la baie n°107, dans laquelle Jean-Baptiste coiffé d'une peau de bête et un donateur retrouve saint Pierre et saint Paul devant le Père trinitaire ( Trône de grâce). Je ne vous en dis pas plus.

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SOURCES ET LIENS.

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan) 

 BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de Boisbilly, Arch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

 COUFFON (René) LE BARS ( Alfred) 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

 DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

— GALLET (Yves), Les ducs, l’argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) p. 103-116 http://books.openedition.org/pur/5315

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)",  Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie. 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al., La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203, 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens."Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie. 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

 

 GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes. 

LAFOND (Jean), 1962," Le Christ en croix de la cathédrale de Quimper à Castelnau-Bretenoux",  Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France p. 36-38. 

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

— LE BIHAN (J.-P.), J.-F. Villard (dir.), 2005,  Archéologie de Quimper. Matériaux pour servir l’histoire, t. 1 : De la chute de l’Empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper, 2005.

— LE BIHAN (Jean-Pierre.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII 

ou blog du 10 février 2010 : 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-les-vitraux-et-leurs-gravures-de-repere-en-bretagne-44640076.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, p.524-525

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2007,  Blog sur la baie n°103

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6774151.html

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242. 

— OTTIN (Louis), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

 THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, Quimper 170 pages,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

— YEURCH (Bertrand) 2012, "Les premières entrées épiscopales en Bretagne ducale", Britannia Monastica  16, 2012, p. 93-161. https://www.academia.edu/1949697/Les_premi%C3%A8res_entr%C3%A9es_%C3%A9piscopales_en_Bretagne_ducale

 

 

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