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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 10:08

Le calvaire et la statue de sainte Anne (vers 1642, kersantite, Roland Doré)   de Sainte-Anne-la-Palud en Plonévez-Porzay.

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Sur les œuvres de Roland Doré, voir : 

 

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Sur les calvaires d'autres sculpteurs, en Pays de Porzay, et sur cette région :

Liste des mes articles sur le Pays de l'Aulne et du Porzay.

 

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PRÉSENTATION.

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Le calvaire actuel du placître de Sainte-Anne-la-Palud est un ensemble composite réunissant autour du calvaire de Roland Doré (1618-1663) diverses statues dont l'une du XVe siècle.

 

Il n'occupe sans doute pas son emplacement d'origine, puisque la chapelle néogothique actuelle a été construite entre 1858 et 1864 en remplacement d'une chapelle construite vers 1630 (suite à "l'apparition de sainte Anne" à Nicolazic à Auray en juillet 1624), elle-même en remplacement d'une chapelle romane qui portait dit-on les dates de 1230 et de 1419.

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THOMAS (Jacques), 1946, Sainte-Anne-La-Palud, illustrations Jos le Doaré Librairie celtique Paris)

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THOMAS (Jacques), 1946, Sainte-Anne-La-Palud, illustrations Jos le Doaré Librairie celtique Paris)

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THOMAS (Jacques), 1946, Sainte-Anne-La-Palud, illustrations Jos le Doaré Librairie celtique Paris)

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Une fontaine de dévotion avait été édifiée en 1642 avec une statue de sainte Anne éducatrice par Roland Doré. Cette fontaine a été détruite et remplacée en 1870, tandis que la statue a été préservée et on peut penser que les statues du calvaire et de la fontaine ont été sculptées en même temps : la date "vers 1642" peut être proposée pour le calvaire.

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Léon Gaucherel, Fontaine de Sainte-Anne-la-Palud à Plonévez-Porzay (Nodier et Taylor, Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, 1844), Paris, BnF.

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Il a été placé au XIXe siècle dans une enfilade visuelle discutable réunissant une porte de l'enceinte (ré-emploi de l'arc de triomphe du presbytère de Saint-Jean-Trolimon, déplacée en 1955) et une baie sud entre deux contreforts. Cet axe visuel n'est pas très heureux puisque le calvaire n'est plus orienté : le crucifix, qui devrait être tourné ver l'ouest (relation traditionnelle entre le couchant et la mort du Christ), est désormais tourné vers le sud.

Trois degrés de granite forment une plateforme supportant au centre le socle, et du coté sud une statue du XVIe siècle de saint Pierre, assis, couronné de la tiare papale.

Sur le socle cubique aux arêtes supérieures chanfreinées s'élève le fût à pans, encadré à gauche de sainte Catherine, une statue de kersanton du XVe siècle.

Tout le reste est en kersanton et sort de l'atelier landernéen de Roland Doré, et d'abord, à droite du fût, la statue de Marie-Madeleine. Mais elle n'est plus tournée, comme elle l'était surement jadis, vers la croix, car on a voulu se tenir au projet de tourner les œuvres vers le regard du fidèle qui pénètre vers la chapelle.

C'est un calvaire à un seul croisillon. Sur le culot de gauche, la statue géminée de la Vierge, et de saint Pierre au verso. Sur la culot de droite, la statue géminée de Jean, couplé au verso à saint Jacques. Le Crucifié est sur une croix à branches rondes et fleurons-boules, sous le titulus.

En faisant le tour, le visiteur découvre une Vierge de Pitié, entre les statues de Pierre et Jacques déjà mentionnées.

Une précieuse inscription indique les noms des commanditaires : le recteur et (sans doute) le fabricien.

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Remarque :

J'ai multiplié, selon mon habitude, les clichés. On comprend vite, en fréquentant les œuvres d'art, qu'elles sont vivantes, en ce sens qu'elles sont différentes (parfois radicalement) selon l'heure du jour et ses ombres portées, selon la lumière, le temps gris ou ensoleillée (il faudrait faire voir les statues de kersanton sous la pluie, qui  révèle cette pierre), et bien sûr selon l'angle de vue adoptée, l'appareil photo choisi, son objectif, et ses réglages , ou encore par le travail de traitement de l'image numérique qui a été choisi. En outre, observer une œuvre de loin est une chose, et la scruter avec de bonnes jumelles ou avec le pinceau de son téléobjectif en est une autre, comme deux mondes différents.

Photographier une œuvre en un seul cliché, c'est, dans mon cas, la trahir. Pour un photographe de talent, cela peut aussi être la recréer. Mais comme ce n'est pas mon cas, je préfère donner un petit aperçu des diverses facettes, pour vous inciter à venir vous-même découvrir le visage que, ce jour là, elle vous offrira.

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La chapelle de  Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

La chapelle de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Le calvaire  de la chapelle  Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Le calvaire  de la chapelle  Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Le calvaire  de la chapelle  Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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L'INSCRIPTION GRAVÉE.

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Alain Pouchous aurait lu la date de 1653, on ne la retrouve plus aujourd'hui.

Elle est gravée en lettres capitales, avec 2 lettres conjointes, sur le croisillon et sur le nœud, et on lit, débutant par la face principale et se poursuivant au verso, le texte suivant :

MISSIRE GVILLOME LE VERGOZ RECTEVR

LVCAS BERNAR[D]

(la lettre finale D se trouverait selon Le Seac'h au recto du nœud ; je ne l'ai pas trouvée).

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1°) Le recteur Guillaume le Vergoz.

Il est bien identifié, car il a fait inscrire son nom sur divers monuments. Il succéda à Guillaume AVAN, qui était encore en exercice en 1633, et selon Alain Pouchous son successeur Jean Feburier aurait été nommé en 1657. Une cloche de Kerlaz (une trève de Plonévez-Porzay) portait son nom avec la date de 1644. Et il a fait une fondation à l'église de Plonévez  le 9 août 1653. 

http://www.lavieb-aile.com/2020/03/les-inscriptions-lapidaires-de-l-eglise-saint-germain-de-kerlaz.html

2°) Le fabricien Lucas Bernard.

Bien que le patronyme LUCAS soit attesté à Plonévez-Porzay au XVIIe siècle au même titre que celui de BERNARD, il semble plausible de considérer que Lucas est ici le prénom. Il semble aussi plausible d'y voir la mention du fabricien, comme c'est généralement le cas.

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Le calvaire (kersanton, v. 1642)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, v. 1642) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, v. 1642)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, v. 1642) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, v. 1642)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, v. 1642) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Saint Pierre. Kersanton, XVIe siècle.

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Le premier évêque de Rome est sculpté assis sur une cathèdre, tenant sa clef, coiffé de la tiare papale et vêtu d'une chape sur une tunique longue. Il n'est pas pieds nus comme tout apôtre, mais chaussé de solides chaussures à bouts ronds.

Il est en kersantite d'un grain fin et homogène, qu'on ne retrouvera pas sur la statue de Marie-Madeleine.

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Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle)  de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle) de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Saint Pierre (kersanton, XVIe siècle) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Sainte Catherine d'Alexandrie. Kersanton, XVe siècle.

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On la comparera à deux autres statues de la sainte, au XVe siècle également, soit sur le portail sud de la cathédrale de Quimper, soit dans la collégiale du Folgoët ; et on la jugera peut-être, comme moi, moins belle, avec un visage plus ingrat au nez trop fort, un port de tête trop baissé, des accessoires et vêtements de facture trop épaisse. Mais le contraste entre le bustier et le plissé de la robe sous la ceinture, ou la projection en avant du ventre, me touchent néanmoins.

La statue est en kersantite de grain plus fin  et plus lisse que la précédente.

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Sainte Catherine, Kersanton, XVe siècle, Porche sud de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Sainte Catherine d'Alexandrie, Kersanton, Atelier du Maître du Folgoët (1423-1433) , angle sud-ouest de la chapelle de Coëtivy, Collégiale du Folgoët, photographie lavieb-aile avril 2017

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Le calvaire et la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud.
Sainte Catherine (kersanton, XVe siècle)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Catherine (kersanton, XVe siècle) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Catherine (kersanton, XVe siècle)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Catherine (kersanton, XVe siècle) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Catherine (kersanton, XVe siècle)   de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Catherine (kersanton, XVe siècle) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Sainte Marie-Madeleine.

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Le grain de la kersantite est ici moins fin, plus grenu que dans les statues précédentes, avec des éclats jaunes.

Roland Doré  sculpte Marie-Madeleine dans la même posture et avec les mêmes détails vestimentaires que ses prédécesseurs, les Prigent de Landerneau (1527-1577) et le Maître de Plougastel (1570-1621), car la figure de la sainte agenouillée mains jointes face à la Croix où ruisselle le sang des plaies est un véritable leitmotiv de la dévotion christique du Finistère, tant sur les vitraux que sur les calvaires extérieurs, très habituelles dans nos paroisses, même si cette dévotion au Sang, aux Plaies et aux souffrances de la Passion s'enracine dans la mystique monastique, et dans l'art bourguignon ou italien.

L'un de ces traits propres aux sculpteurs du kersanton est le manteau tombé à l'arrière du bassin sur les jambes où il vient se gonfler en plis bouffants spectaculaire.

Un autre trait est le bandeau occipital, cette étoffe pliée retenant les cheveux derrière le haut de la nuque avant de les laisser se répandre en flots devant les épaules et dans le dos ; et, parfois, continuant à s'enrouler en spires autour de ces nattes. Ici, il se contente de deux tours derrière la nuque avant de libérer les longues mèches bouclées.

On  trouve ce modèle stéréotypée dans les calvaires des Prigent à Pencran, à Lopérec (v.1552), à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, à Dinéault, ou au Tréhou, à Commana, et à Saint-Ségal au pied du calvaire du bourg et de celui de la chapelle Saint-Sébastien sans doute par les Prigent. Ou sur les calvaires monumentaux de Plougonven et de Pleyben également par les Prigent. Voir mon commentaire sur le calvaire de Lopérec. 

On le trouve même, déplacé de son calvaire d'origine, au dessus d'un contrefort de la chapelle Saint-Tugen de Primelin, sans doute par le Maître de Plougastel qui est l'auteur des statues des apôtres et évangélistes.

Mais Roland Doré apporte à ce poncif sa marque personnelle, ce bon sourire et ces bonnes  joues si reconnaissables, et qui, par leur volume, creusent deux fossettes aux commissures des lèvres. Et cette façon d'incliner la tête comme si le personnage était saisi en instantané d'une relation personnelle avec un interlocuteur.

On peut décrire aussi le chapelet passé à la ceinture, ou le flacon d'aromates posé devant le genou droit et qui est l'attribut le plus spécifique de la sainte.

J'aime beaucoup cette statue, et je ne me lasse pas de la photographier.

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Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Le calvaire proprement dit.

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Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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La Vierge (kersanton, Roland Doré, vers 1644).

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Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Saint Jean.

Parmi les 3 ou 4 modèles que Roland Doré propose pour Jean l'évangéliste au pied de la croix, celui qui a été retenu ici est celui à longs cheveux bouclés en perruque triangulaire, aux bras croisés devant la poitrine, et aux plis de manteau symétriques. On retrouve les caractéristiques du maître, les profonds plis naso-labiaux, le fin sourire, le menton à la pointe adoucie, 

 

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Le Christ en croix.

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Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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LA FACE POSTÉRIEURE.

C'est celle qui devrait être la face orientale. Elle est centrée par une Pietà, surhaussée pour être à peu près à la même hauteur que le Christ en croix dans une séquence opportune, tandis que les bras du croisillon montre à droite saint Pierre, et à gauche un saint dans lequel l'abbé Castel a reconnu saint Jacques (ce que je discuterai).

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Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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La Pietà.

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C'est encore une pièce très émouvante. On la comparera aux Pietà de Roland Doré à Cast, à Brennilis, à Commana, à Loc-Eguiner ou à Plougastel, chapelle Saint-Claude.

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La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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J'avais écrit à propos de la chapelle Saint-Claude :

"La Vierge est émouvante par sa tendre inclinaison en arc au dessus de la tête de son Fils. Ses yeux sont ouverts, graves et pensifs ; les pupilles sont creuses, un procédé typique de Roland Doré. La bouche également caractéristique (presque souriante, arc de la lèvre supérieure droit, dilaté aux commissures par deux fossettes, petite lèvre inférieure charnue faisant — mais à peine —la moue) est encadrée par les parenthèses tristes des rides naso-labiales.

Les cheveux sont cachés par un voile-manteau formant une coque rectangulaire dont les strictes plis verticaux contrastent avec ceux, plus animés, de ceux en coups d'ongle de la guimpe .

Elle soutient son Fils assis par une main sous l'aisselle droite, près de la plaie du flanc, et elle ramène près d'elle son bras gauche.

Les cheveux longs du Christ répondent aux plis du voile, et la grille de ses côtes sont aussi un écho de ceux de la guimpe.

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Roland Doré a sculpté 4 autres Pietà, (à Brennilis , c'est une Déposition à 4 personnages), mais  à Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec,  à la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom à Plomodiern,et à la chapelle de Lantis au Passage à Plougastel-Daoulas,  le corps du Christ est allongé en diagonale sur le genou droit.

Il n'y a qu'à la chapelle Sainte-Anne-la-Palud de Plonévez-Porzay, que nous trouvons cette disposition, mais avec moins de grâce."

Je peux tout reprendre, sauf ma dernière phrase, puisque mes visites successives m'ont révélé le profonde beauté de la Pietà de Sainte-Anne-la-Palud.

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Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Saint Pierre.

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Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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Un saint apôtre : saint Paul.

 

J'ignore pourquoi l'abbé Castel y voit, dans son Atlas des calvaires du Finistère, un saint Jacques. La statue n'a aucun des attributs jacobéen. Cet apôtre est barbu, sa calvitie frontale épargne un petit rouleau, et son seul attribut est une épée, dont la lame, quoique un peu confondue avec les plis du manteau, est bien visible, oblique, dans l'axe de la poignée. 

Certes, selon Emile Mâle, saint Jacques est représenté au XIIIe siècle à Chartres, mais il se distingue alors néanmoins par une besace et par des coquilles. 

Je propose donc de reconnaître ici saint Paul, avec l'épée de sa décapitation, formant un couple logique avec saint Pierre.

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Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire  (kersanton, vers 1642, Roland Doré)  de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Le calvaire (kersanton, vers 1642, Roland Doré) de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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LA STATUE DE SAINTE ANNE ÉDUCATRICE (1642, KERSANTITE, ROLAND DORÉ) DE LA FONTAINE DE PÈLERINAGE .

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"A une centaine de mètres au sud du sanctuaire est la fontaine de sainte-Anne. L'ouvrage actuel a remplacé, en 1871,, un édicule de 1664 sur le fronton duquel on lisait X. Kermaïdic, f. (Christophe Kermaïdic, fabricien). La, niche contient deux statues en pierre de sainte Anne et de la Vierge; fort anciennes et bien gracieuses. La niche a été gravement endommagée et la Vierge décapitée par les occupants le 23 janvier 1944." (J. Thomas)

"La fontaine porte "1642. X. Kermaïdic, f.. (A. Pouchous)

"De la fontaine de 1642 on n'a conservé que le douet et la statue ancienne de sainte Anne, œuvre également de Roland Doré. Cette statue a été décapitée par des soldats allemands le 23 janvier 1944." (R. Garrec)

 

 

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La fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

La fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

La fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

La fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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La Vierge enfant nous offre un superbe exemple du doux sourire et des bonnes joues des œuvres de Roland Doré. Son voile est retenu par une guirlande.

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Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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De loin, sainte Anne me semblait peu gracieuse, mais le cliché zoomé la dégage de la cage formée par le voile et le guimpe pour montrer son sourire timide.

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Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

Sainte Anne éducatrice (kersanton, 1642, Roland Doré) de la fontaine de Sainte-Anne-la-Palud. Photographie lavieb-aile juin 2020.

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ANNEXE

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ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 97 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

 

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre. Pietà.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pietà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) de l'église Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-vi-le-calvaire-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-nic.html

 

Mais aussi : Dinéault, croix de Ty-ar-Névez

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-ty-ar-nevez-ou-croaz-moudennou-a-dineault.html

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STYLISTIQUE DE ROLAND DORÉ (d'après E. Le Seac'h)

 

Roland Doré a sculpté uniquement dans le kersanton. Son style dépouillé, facilement reconnaissable et proche de l'épure, a contribué à établir sa réputation. Il se distingue par sin souci de replacer la réalité des formes dans l'espace en allant à l'essentiel. Sa virtuosité à sculpter les visages doux de ses Vierges ou à donner un tempérament à ses œuvres profanes en fait un sculpteur d'exception. Il a débuté comme compagnon dans l'atelier du Maître de Plougastel (1585-1617) puis a entrepris une carrière prolifique à Landerneau.

Le Christ :

Les représentations du Crucifié sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes. Les Christ penchent la tête du coté droit, les yeux clos. Leurs pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept têtes (Y-P. Castel).

La couronne d'épines est caractéristique, aux deux brins entrelacés en forme de carré

 

Les Vierges à l'Enfant : elles portent leur enfant sur le bras gauche, la main droite tenant une pomme. Elles ont le visage poupin , les yeux en amande au sillon palpébral bien dessiné. et arborent le fin sourire « doréen »

Les personnages de Roland Doré se reconnaissent aussi à leurs yeux aux iris creusés.

Saint Jean accompagne la Vierge sur les croix et calvaires. Sa gestuelle varie peu : les deux mains posées sur la poitrine, (Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez) ou simplement une seule main, l'autre étant caché sous sa tunique (Sainte-Anne-la-palud à Plonévez-Porzay). Plus rarement, il serre le pan de sa tunique et appuie un livre fermé contre sa poitrine (Coatnan à Irvillac) . Parfois il joint les mains, les doigts entrelacés (Plogonnec) ou il tient un livre dans le creux formé par sa main gauche (Cast, 1660). Sa physionomie est partout similaire. Le seul changement appréciable se voit dans sa chevelure lisse (Seznec ou Saint-Pierre à Plogonnec, Commana, Tinduff à Plougastel, à l'ouest de l'église de Plounéour-Ménez en 1641) ou bouclée (Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenz (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevz-Porzay, Saint-Nic, Cast) comme sur les gisants mais d'une manière aléatoire sans que l'on puisse repérer une évolution chronologique.

 

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

—BOSSUS (H) THOMAS (J.) 1935, Sainte-Anne-La-Palud (Brest)Photos Jos le Doaré

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/144a9dc886ae03a78004a6a7ebc5027b.pdf

 

 — CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/plonevez_porzay.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.  numéro 69 de la revue Minihy-Levenez de juillet-août 2001. L'auteur y étudie une centaine de Pietà et de Déplorations.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

— COUFFON (René), LE BARS, (Alfred) 1988, Notice sur Plonévez-Porzay, extrait de Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVPO.pdf

"Calvaire de Roland Doré : sur le croisillon portant les statues géminées, inscriptions : "MISSIRE GVILLOME LE VERGOS RECTEVR." et "LVCAS BERNAR." Sur les degrés du soubassement, statues en pierre de saint Pierre, sainte Catherine d'Alexandrie, sainte Marie-Madeleine."

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

— DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm

DILASSER ( Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille: Locronan et sa région  

— GARREC (Roger), Plonévez-Porzay, un territoire du pays glazik.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/dee10b7e2354fd590df7de7d7ec877f7.pdf

"Ce calvaire est dû au ciseau du sculpteur landernéen Roland Doré, qui a beaucoup travaillé dans le Porzay ; on reconnaît son style sur le calvaire de Saint-Nicodème en Ploéven, 1637, et sur celui de l'église de Cast, 1666, entre autres. Des statues géminées, juchées sur les branches du croisillon, veillent sur le Christ en croix. Le nom du recteur Guillaume Vergoz est sculpté au revers, et sur le nœud du croisillon on déchiffre encore Lucas Bernar, le nom du fabrique de la chapelle. Au pied du calvaire, trois statues de pierre ont été regroupées tardivement : l'Apôtre saint Pierre, sainte Catherine d'Alexandrie avec l'épée et la roue, et sainte Marie-Madeleine. La statue de la Madeleine, reconnaissable à son vase de parfum et à sa chevelure tressée, est également l'œuvre de Roland Doré. A l'origine, elle occupait seule le piédestal de la croix, ce qui était conforme au type traditionnel des petits calvaires de chez nous."

"De la fontaine de 1642 on n'a conservé que le douet et la statue ancienne de sainte Anne, œuvre également de Roland Doré. Cette statue a été décapitée par des soldats allemands le 23 janvier 1944."

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes. page 348

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PATRIMOINE BZH GERTRUDE

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-sainte-anne-la-palud-sainte-anne-la-palud-plonevez-porzay/d37350f7-80d7-4992-a725-4a5e65de0c1a

— PÉRENNÈS (Henri), 1942, Sainte-Anne-La-Palud (Rennes)

— POP-CULTURE.GOUV.

https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?mainSearch=%22sainte-anne-la-palud%22

— POUCHOUS (A.), 1894,  Monographie de la paroisse de Plonévez-Porzay B.S.A.F, deux parties.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207627h/f115.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207627h/f242.image

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1894_0117_0141.html

"La croix du cimetière (enclos) porte "1653, Missire Gme Vergoz recteur" et la fontaine "1642 X : Kermaidic, f."
 

— THOMAS (Jacques), 1946, Sainte-Anne-La-Palud, illustrations Jos le Doaré Librairie celtique Paris)

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5d6fd75090d7beaa3c7a227eda7cc22b.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Roland Doré
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 15:04

Le calvaire (kersanton, 1660, Roland Doré), la Vierge à l'Enfant (kersanton, v.1660, Roland Doré), et Marc évangéliste (kersanton, v.1660, Roland Doré) de l'église de Cast.

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1°) Voir sur la commune de Cast :

 

— Sur cette église Saint-Jérôme de Cast :

Sur la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Cast :

 

 2°) Sur les œuvres de Roland Doré, voir : 

 

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Sur des calvaires d'autres ateliers (Prigent, Maître de Plougastel, etc.) :

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PRÉSENTATION.

Le calvaire de Cast est l'un des nombreux calvaires sculptés dans la kersantite par l'atelier landernéen de Roland Doré. 

Nous y retrouvons inévitablement les mêmes Christ en croix avec tous les traits spécifiques à cet atelier, tels que je les ai présentés dans mes articles précédents, et que je rappelle ici en annexe. Ainsi que l'une des nombreuses Pietà de l'atelier, et une Marie-Madeleine aux cheveux retenus par le fameux bandeau occipital.

Alors, à quoi bon jouer au paparazzi pour multiplier les clichés de ce calvaire semblable à mille autres calvaires?

Pour un amateur, la question est presque sacrilège. En effet, toute œuvre d'art est unique. Surtout, parfois, par ses originalités.

a) La première originalité (si fréquente après tout qu'elle n'en n'est plus une), c'est le remontage fautif des statues géminées (à deux personnages dos à dos). La règle théorique est de trouver la Vierge à droite du Christ crucifié, et Jean à gauche. Mais l'ignorant qui a, (j'ignore quand, tant mieux pour lui) remis en place les éléments dispersés (Couffon indique que l'église conservait de son temps "débris de calvaire dont un Christ en croix de Roland Doré") a confondu la Vierge et Marie-Madeleine (pourtant facile à reconnaître avec son flacon d'aromates), et a inversé la statue géminée de ce groupe.  Première singularité, bien que je souhaite que cette faute  soit un jour régularisée.

b) Deuxième rareté : le groupe géminé du coté droit montre deux saints presque jumeaux : sont-ce deux saint Jean ? Lançons sur cette enquête les plus fins limiers du Patrimoine.

c) Autre chose : ce calvaire appartient, parmi les 98 croix et calvaires de Roland Doré au sous-groupe des 41   qui portent une date ; c'est même, avec sa date de 1660, l'un des plus tardif du corpus des calvaires (avec Saint-Thégonnec 1662), et également une œuvre de maturité dans la carrière de Roland Doré (1618-1663).

d) enfin, les inscriptions mentionnent les noms des commanditaires (environ 20 calvaires /98) . Il est possible de relier ces noms (le recteur Guillaume Le Glinec et le fabricien Jacques Le Croissant) avec des renseignements généalogiques qui ancrent cette œuvre dans son sous-sol humain.

e) le visiteur pourra admirer à l'église de Cast deux autres œuvres de Roland Doré : une Vierge à l'Enfant (niche du porche sud) et un Saint Marc évangéliste dans la niche de la façade occidentale.

g) L'attaque par les lichens est une des dix plaies de la statuaire monumentale dont il faudra bien qu'on se soucie un jour en Finistère, car elle défigure les trésors des enclos bretons. On restaure les vitraux attaqués par les micro-organismes et on les protège d'une nouvelle agression, on nettoie patiemment les peintures, on a procédé au ravalements des façades, mais on abandonne ces chefs-d'œuvres de sculpture du XVIe siècle aux conséquences de la pollution. Faut-il y voir "un biofilm protecteur" ? La conscience des effets secondaires de traitements mécaniques ou biocides trop agressifs doit-elle nous paralyser?.

— Geneviève Reille-Taillefert, 2010, Conservation-restauration des peintures murales: De l'Antiquité à nos jours Editions Eyrolles,

https://books.google.fr/books?id=tIjP4ErDkXwC&dq=prolif%C3%A9ration+lichens+monuments+historiques&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 Clifford A. Price, Eric Doehne, 2011, Stone Conservation: An Overview of Current Research Getty Publications, 15 févr. 2011 - 164 pages

https://books.google.fr/books?id=SVeJ4eOKU70C&dq=%22lichens%22+brunet&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

M.R.D. SEAWARD and C. GIACOBINI, LICHEN-INDUCED BIODETERIORATION OF ITALIAN MONUMENTS, FRESCOES AND OTHER ARCHAEOLOGICAL MATERIALS STUDIA GEOBOTANICA 8: 3-11, 1988

https://www.openstarts.units.it/bitstream/10077/15124/1/SEAWARD_GIACOBINI_3-11.pdf

Mais ici, les lichens incrustants blancs (peut-être la Lécanore des murs Protoparmeliopsis muralis , nitrophile) forment des lignes marbrées sur le gris sombre du kersanton, des moires et serpentins déstructurant la reconnaissance des formes, comme dans les meilleures techniques de camouflage. À défaut de pouvoir résoudre le problème, on en appréciera sur ces photos, en esprit curieux, la créativité graphique, tandis que le lichénologue complétera son inventaire de biodiversité, et préparera une Flore lichénologique de la kersantite du Finistère, ... Les botanistes et  frères Crouan, gloires brestoises, avaient déjà décrit dans leur Florule de 1867 sur ce biotope Umbilicaria pulsulata  (page 98) et Urceolaria scruposa (page 94) aujourd'hui Diploschistes muscorum, qui, comme son épithète l'indique, est muscicole (pousse sur les mousses) et choisit les dunes. 

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VUE GÉNÉRALE.

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L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le socle et l'emmarchement.

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Base octogonale à trois niveaux, moulures. Socle octogonal à large chanfrein:

L'inscription a été lue par le chanoine Abgrall en 1905 avec la leçon  sur les 2 côtés du socle, "N : G : H : GLINEC : R - A. ROGNANT : F : 1660".

L'abbé Castel a lu en 1980 : M: G-G: IC GLINEC R. IAC: CROISSANT F 1660." (Castel, 1980)

L'inscription que je n'ai pu relever, doit se transcrire ainsi : "Messire Guillaume Le Glinec recteur, Jacques Croissant fabricien, 1660".

Les deux noms se retrouvent sur les croisillons, celui du recteur à l'ouest, celui du fabricien à l'est.

1. Le recteur Guillaume LE GLINEC.

Il a été recteur de Cast de  1648 à 1667.  Son identité est précisée par une inscription des archives concernant une cloche de la chapelle Saint-Mahouarn ou Saint Magloire , chapelle disparue en 1787. Ce jour, 13 de Mai (1650), en l'église paroissiale de Cast, a été une cloche faicte et dédiée pour la chapelle de Monsieur de St Mahouarn, en la paroisse du dit Cast, baptisée par vénérable personne Missire Grégoire Blaise, prêtre de la dite paroisse, et nommée soulz et au nom de Monsieur St Louis par vénérable et discret Missire Guillaume le Glinec, recteur du dit Cast, et dame Louise de Moellien, dame douarière de Kerstrat, propriéteresse de Chef du Bois et autres lieux, présents les soussignants, à l'issue de la grand'messe, selon les formalités de notre mère Ste Eglise, Louise de Moelien, Quoetsquiriou, T. Le Louarn, Blaise prêtre, G. Glivec, Jouan, H. Le Queffellec, Guillerme". (in Abgrall 1905)

Selon villadesresedas, in genenanet, il serait né vers 1620, serait  le frère de Marguerite GLINEC, née vers 1615 à Cast, et décédée en août 1660 à Poul ar Sarf, Cast. Sa seconde sœur est Anne GLINEC, née et décédée à Cast. Un parent, Alain GLINEC, était prêtre. Née au milieu du XVIIe siècle, on mentionne aussi à Cast Marie et Françoise GLINEC.

Le recteur Guillaume Le Glinec  a signé 19 actes de naissance ou baptême entre 1648 et 1665.

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2. Jacques (Le) Croissant, fabricien.

Là encore, les généalogistes peuvent retrouver la famille LE CROISSANT à Cast. Il y a ainsi un Jacques LE CROISSANT, (Jacques  Croissant le vieux) né à Cast vers 1620 et décédé à Plogonnec en 1678. Il a épousé Jeanne JEZEQUEL (Cast v. 1630-Cast 1680) dont il eut deux filles et un fils, Jacques (Cast 1651-Cast 1713) et demeurant à Porzrichard, ou Porrichart Isellaff  . Pors Richard se trouve à 2,7 km à l'est de l'église.

L'orthographe est alors parfois LE CROASSANT.

Jacques Le CROISSANT le vieux a 2 frères prêtres, Guillaume et Hervé. Son fils Jacques était peut-être, et son petit-fils Jacques surement, notaire royal.

https://gw.geneanet.org/croissant29?lang=fr&m=N&v=CROISSANT

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20206

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Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LE COTÉ OCCIDENTAL. LA PIETÀ, LE CRUCIFIÉ ENTRE SAINTE MARIE-MADELEINE ET SAINT JEAN

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La Pietà.

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On en trouve d'autres exemples à Brennilis, Saint-Thégonnec, Sainte-Anne la-Palud de Plonévez-Porzay, Le Passage à Plougastel, la chapelle Saint-Claude de Plougastel, et à Trézilidé.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Nous retrouvons la composition de la Pietà de Saint-Claude en Plougastel, où la ligne courbe de la Mère enveloppe avec tendresse et affliction le corps aux lignes rompues de son Fils, assis sur son genou droit. Mais les deux œuvres diffèrent, et si je suis plus ému par la Vierge de Saint-Claude, le visage émacié du Christ de Cast, à l'humanité sublimée par la souffrance,  me semble mieux réussi que la version plus réaliste de Saint-Claude.

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La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La croix et le croisillon.

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Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le Christ en croix.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.
Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'ange et le titulus INRI.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Sainte Marie-Madeleine à gauche de la croix.

Sa main droite est posée à plat sur la poitrine (comme beaucoup de statues de saint Jean), et elle tient en main gauche un objet qui ne peut-être que le flacon d'aromates.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le bandeau occipital.

Sur ce bandeau, voir la Vierge à l'Enfant de Cast (infra), et pour l'iconographie :

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.

 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean à gauche de la croix.

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Il tient par dessus et au dessous le livre de ses écrits (son évangile plutôt que l'Apocalypse). Il nous fait face, exactement comme Marie-Madeleine. Nous retrouvons la perruque bouclée triangulaire habituelle. Mais il a sa petite particularité.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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En effet, une fine moustache dresse ses deux fines pointes au dessus de la lèvre. 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription du croisillon.

Je n'ai pas bénéficié de la lumière parfaite pour la lire, mais elle  a été relevée par Couffon qui a lu (avant la prolifération de lichens, mais ne revenons pas là-dessus) : "M. G. GLINEC. RECTEVR/DE CAST. M. R. CARIOV. C", et par Castel qui lit : M: L(?) GLINEC RETR DE CAST. M R CARCHEC (?).

Comme j'ai le choix, et parce que je lui ai fait parfois du tort par les critiques, je donne cette fois-ci ma préférence à René Couffon. Je transcris "Messire G[uillaume] [Le ] Glinec, recteur de Cast [et] Messire René Cariou curé".

Le recteur a déjà été présenté plus haut. Cariou n'est pas le fabricien, car l'inscription du socle nous avait révélé son  nom, Jacques Le Croissant, et, si nous l'avions oublié, nous le retrouverons inscrit sur le croisillon, coté est. Cariou est donc vicaire, ou curé c'est pareil.

Ma puissance  déductive se trouve  confirmée à la lecture de la notice de Jean-Marie Abgrall, qui mentionne "le 29e Octobre 1673, ont été faites Ies cérémonies requises et nécessaires par vénérable et discrete personne Missire René Cariou, curé de la paroisse de Cast, pour la bénédiction d'une cloche pour servir dans la chapelle de Monsieur S^Mahouarn du Loc, située en la dite paroisse." Certes,  Abgrall mentionne François CARIOU prêtre de Cast en 1661 : la date est plus proche de celle du calvaire.  Citons aussi en 1673, un Guillaume CARIOU est qualifié de "prêtre promoteur" sur une cloche de la chapelle de Quillidoaré, et la même année, 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE COTÉ ORIENTAL. JEAN ET LA VIERGE. UN SAINT ABBÉ.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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 Contre le fût : un saint abbé. Saint Guénolé ?

C'est un saint abbé car il tient une crosse en main droite, à extrémité pointue mais dont le crosseron est brisé. Il ne porte pas de mitre (bien que le haut de la tête semble manquer), et nous ne voyons pas de fanons derrière la nuque. Les cheveux sont courts, une tonsure pourrait être imaginé. Il ne porte ni gants ni anneau.

Il est vêtu, sous sa dalmatique ornée d'orfrois, d'une coule de moine, bien visible autour du cou.

Castel ne le mentionne pas. Couffon l'identifie comme moi en tant que saint abbé, et suggère "saint Gildas ?", peut-être en raison de l'existence d'une chapelle Saint-Gildas avec deux statues de pierre, "saint Gildas piétinant un dragon, autres saint Gildas en moine" . Ainsi qu'un vitrail, dans l'église Saint-Jérôme, de saint Gildas, mais du XIXe siècle.

À l'intérieur de l'église se trouvent plusieurs statues en pierre de saints portant une crosse à droite ; mais l'un est casqué, c'est saint Georges ; sa "crosse" est en réalité un étendard. L'autre (en chape, tenant un livre) est mitré. Le troisième, barbu, tête nue, pieds nus, place l'extrémité de la hampe dans la gueule d'un animal; ce serait saint Tugen maitrîsant un chien enragé. 

Ici, en l'absence de tout indice, je conclue à saint Guénolé, abbé fondateur de Landévennec la plus haute et la plus ancienne autorité du diocèse de Cornouaille avec saint Corentin, qui est, lui, le premier évêque de Quimper.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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La Vierge à droite.

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La tête voilée par son manteau et serrée dans la guimpe, les bras croisées devant la poitrine, le visage figé, anéanti, la chute dans la déréliction signifiée par les plis tubulaires de la robe et ceux en plis de serviette du manteau, elle est le prototype des Vierges au calvaire de Doré.

Je rappelle qu'elle devrait être orientée vers le couchant, autre symbole de la Mort avant le renouveau, et qu'elle retrouverait ainsi sa place à droite de la croix.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean.

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C'est le sosie du saint Jean du coté ouest, un sosie qui aurait rasé sa moustache et aurait déplacé sa main droite pour la placer sur la poitrine. 

Comme il est très troublant d'avoir deux fois le même personnage sur une statue géminée, Abgrall, Castel et Couffon puis Le Seac'h ont contourné la difficulté en ne décrivant pas ces statues. Castel suivi par Le Seac'h mentionne un vague "saint au livre", mais la comparaison avec l'ensemble des Jean au calvaire de Roland Doré ne permet pas une autre identification. Est-ce au contraire le sosie moustachu qui doit être identifié comme un autre saint personnage?  Rien ne permet de le dire.

On voit ici un des traits stylistiques du sculpteur landernéen : la bouche dont les commissures se creusent en fossettes, ce qui génère un demi-sourire caractéristique.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription des bras du croisillon .

On lit    JACOB CROISS[ANT]. Nous savons qu'il s'agit de Jacques Le CROISSANT : la forme Jacob est la forme hébraïque, ou biblique de Jacques.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'évangéliste saint Marc sur la façade occidentale.

Il est placé dans la niche centrale du sommet du porche occidental, entre deux statues qui sont, elles, issus d'un Credo apostolique.

Nous ne quittons pas notre sujet principal, car il provient selon Le Seac'h du calvaire.

Le saint est assis et rédige son évangile ouvert sur ses genoux.  Coiffé du bonnet carré de docteur et revêtu d'un camail à capuchon sur son surplis, il tient le calame en main droite et l'encrier en main gauche, alors que  son lion l'accompagne allongé à ses pieds.

Il est comparable au saint Jean évangéliste du porche sud de Saint-Thégonnec, daté de 1625.

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Porche ouest de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersantite, Roland Doré, v.1660), porche ouest de l'église   de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersantite, Roland Doré, v.1660), porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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La Vierge à l'Enfant.

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Il existe cinq Vierges analogues par Roland Doré, énumérées par Emmanuelle Le Seac'h :   celle de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal, de l'église de Plougourvest, de la chapelle de Locmaria-Lan de Plabennec, du fronton du porche de l'église de Trémaouézan, et de l'église de Penmarc'h.

En voici quelques exemples.

 

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal :

Vierge à l'Enfant, kersanton, Roland Doré. Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle de Locmaria-Lan de Plabennec

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Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré). Chapelle de Locmaria-Lan. Photo lavieb-aile.

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Penmarc'h. Croix de Lescors, conservée à l'église Saint-Nonna et datant de 1618, début de l'activité de Roland Doré.

 

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, H. 65 × L. 25 × P. 15 ) de l'église de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant de Cast est couronnée, et ses cheveux sont retenus derrière la nuque par le même bandeau occipital que j'ai signalé sur la statue de Marie-Madeleine au calvaire (et qui s'observe aussi à la chapelle Saint-Sébastien).

Son visage est plus allongé qu'à Plabennec et Penmarc'h, dans un canon semblable à celui de Plougourvest, mais on y reconnait les  commissures labiales en fossettes et le menton rond pointé en avant. Sa robe au décolleté rond et timide, est vite dissimulée par le large pan du manteau qui revient en diagonale vers l'aisselle gauche.

Elle tient sous l'index et le majeur la tige d'un objet , que Le Seac'h décrit comme "une pomme piquée sur un bâtonnet", comme à Saint-Ségal. Je pourrai voir dans cet objet piriforme, non pas un cornet de glace, mais un hochet.

L'Enfant enlace tendrement de sa main droite le cou de sa mère, et sa main gauche, qui  tient à  Plougourvest une pomme, est ici brisée. Ses deux petites jambes sont nues, et non couvertes par une tunique plissée comme dans les autres exemples.

À propos de pommes, on ne peut que souligner la rondeur appétissante des joues, encadrant un sourire délicieux : Roland Doré, c'est ça!

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Porche sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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ANNEXE

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ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 97 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

 

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pietà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) de l'église Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-vi-le-calvaire-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-nic.html

 

Mais aussi : Dinéault, croix de Ty-ar-Névez

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-ty-ar-nevez-ou-croaz-moudennou-a-dineault.html

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STYLISTIQUE DE ROLAND DORÉ (d'après E. Le Seac'h)

 

Roland Doré a sculpté uniquement dans le kersanton. Son style dépouillé, facilement reconnaissable et proche de l'épure, a contribué à établir sa réputation. Il se distingue par sin souci de replacer la réalité des formes dans l'espace en allant à l'essentiel. Sa virtuosité à sculpter les visages doux de ses Vierges ou à donner un tempérament à ses œuvres profanes en fait un sculpteur d'exception. Il a débuté comme compagnon dans l'atelier du Maître de Plougastel (1585-1617) puis a entrepris une carrière prolifique à Landerneau.

Le Christ :

Les représentations du Crucifié sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes. Les Christ penchent la tête du coté droit, les yeux clos. Leurs pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept têtes (Y-P. Castel).

La couronne d'épines est caractéristique, aux deux brins entrelacés en forme de carré

 

Les Vierges à l'Enfant : elles portent leur enfant sur le bras gauche, la main droite tenant une pomme. Elles ont le visage poupin , les yeux en amande au sillon palpébral bien dessiné. et arborent le fin sourire « doréen ». 

Les personnages de Roland Doré se reconnaissent aussi à leurs yeux aux iris creusés.

Saint Jean accompagne la Vierge sur les croix et calvaires. Sa gestuelle varie peu : les deux mains posées sur la poitrine, (Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez) ou simplement une seule main, l'autre étant cachée sous sa tunique (Sainte-Anne-la-Palud à Plonévez-Porzay). Plus rarement, il serre le pan de sa tunique et appuie un livre fermé contre sa poitrine (Coatnan à Irvillac) . Parfois il joint les mains, les doigts entrelacés (Plogonnec) ou il tient un livre dans le creux formé par sa main gauche (Cast, 1660). Sa physionomie est partout similaire. Le seul changement appréciable se voit dans sa chevelure lisse (Seznec ou Saint-Pierre à Plogonnec, Commana, Tinduff à Plougastel, à l'ouest de l'église de Plounéour-Ménez en 1641) ou bouclée (Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenez (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevz-Porzay, Saint-Nic, Cast) comme sur les gisants mais d'une manière aléatoire sans que l'on puisse repérer une évolution chronologique.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1905, Notice sur Cast, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie du diocèse de Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5ae9108578870bb6ca4958aedb0d9a8d.pdf

"Dans le cimetière, une croix ou calvaire dont le croisillon porte la Ste Vierge et St Jean avec 2 autres statues adossées, au pied, une N.D. de Piété, et sur les 2 côtés du socle, on lit ces inscriptions, "N : G : H : GLINEC : R - A. ROGNANT : F : 1660"."

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère. Photo Gilbert Lemoigne.

http://croix.du-finistere.org/commune/cast.html

194. Cast no 1, église, k. g. 7 m. 1660. Atelier Doré. Base octogonale à trois niveaux, moulures.

Socle octogonal à large chanfrein: M: G-G: IC GLINEC R. IAC: CROISSANT F 1660.

Groupe de N.-D. de Pitié. Fût à pans. Croisillon à culots feuillagés, portant inscriptions: M: L(?) GLINEC RETR DE CAST. M R CARCHEC (?), au revers.. JACOB CROISS- - - A,

statues géminées: Madeleine-Vierge, saint au livre-Jean l’Evangéliste.

Croix à branches rondes, fleurons-boules, crucifix, un ange au dessus. [YPC 1980]

198. Cast no 5, vers 1630. Vestiges divers. Crucifix mutilé (jardin du presbytère). Vierge à l’Enfant (église). Saint Luc, évangéliste (église). Atelier de Roland Doré. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Cast, Notices.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/CAST.pdf

EGLISE SAINT-JEROME (C.)  Calvaire du placitre, oeuvre de Roland Doré (C.). Statues géminées sur le croisillon ; Pietà et un saint abbé (Gildas ?) au pied du fût ; sur le socle, inscription : "P.O. 1660", - "M. G. LE. GLINEC. R/A. ROGNANT. F. 1660", - et, sur le croisillon : "M. G. GLINEC. RECTEVR/DE CAST. M. R. CARIOV. C".

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

— DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm

DILASSER ( Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille: Locronan et sa région .

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.page 211 et 

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— WIKIPEDIA

https://fr.qwe.wiki/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Inscriptions Roland Doré Pietà
12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 14:31

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DESCRIPTION.

Ce calvaire en granite (degrés et socle) et kersanton datant de 1637 (inscription) et attribué à Roland Doré  s'élève sur un soubassement à trois degrés, le premier étant doté d'une corniche. Puis vient le socle cubique gravé de canaux et portant l'inscription  M: S: H: MARZIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637. Le fût rond porte des écots. Ceux-ci sont souvent interprétés comme témoignant d'épidémies de peste (écôts = bubons), mais ils peuvent aussi relever de la tradition médiévale  qui veut  (d'après l'évangile de Nicodème puis la Légende Dorée)  que le bois de la croix provient de l'arbre qui a poussé sur la tombe d'Adam.

À sa base,  les  griffes sont timbrées de fleurs de lis. Le croisillon à culots, supporte, après un écu carré où se lit l'inscription Y QVEMENER FABRI, les statues géminées  Vierge-évêque et  Jean-Pierre. Le crucifié s'inscrit sur  une croix à fleurons en boules godronnés et à titulus gravé.

Hauteur 5,10 m. Hauteur des personnages 0,80 m.

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I. L'INSCRIPTION DE LA FACE SUD DU SOCLE.

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Inscrite sur granite, elle est érodée et sa lecture se base sur les relevés antérieurs , bien que ceux-ci diffèrent. La graphie est maladroite, les lettres sont de taille différente, mêlant les minuscules et les majuscules. Lorsqu'on se familiarise avec cette écriture,  la lecture en devient plus assurée.

Pérénnès a lu : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

Couffon a lu : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637"

Ducouret et Quillivic lisent : M: S: H: MARZIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637
Castel (repris par Le Seac'h) lit :  M: S: H: MARTIN: R: Y: QVEMENER: FA: 1637

La lecture la plus crédible à mes yeux est :

M:S: H: MARZIN : R

Y : QVEMENER :

FA : 1637.

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Les recteurs de Ploéven, dont la liste est affichée dans l'église furent J. MARZIN , arrivé en 1612, puis H. MARZIN (Hervé ? Hubert ?) arrivé en 1626, et en poste jusqu'en 1644, date de l'arrivée de son successeur BOURGUENNEC. La date de 1637 est donc cohérente.

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Le nom du fabricien, Y[ves] QUEMENER, est confirmé par l'inscription du nœud du croisillon. Sa famille semble très impliquée dans cette chapelle, puisque nous trouvons les inscriptions "H. QVEM(ENER?). FA. 1593": (mur du transept sud) et "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712. (sacristie)" .

Un Tanguy QUEMENER est attesté à Kergonan lors de son décès  en 1832 , une Jeanne LE QUEMENER également à son décès en 1803, etc.

Rappelons que le sculpteur Roland Doré fut actif de 1618 à 1663. Parmi la centaine de croix et calvaires qu'il réalisa (cf. annexe), celui de Saint-Nicodème est l'un des 41 qui comportent en date. Il appartient au cercle plus réduit des 15 calvaires qui sont encore complets. L'artiste landernéen est ici au milieu de sa carrière.

Cette date de 1637 place le calvaire à une date postérieure à la construction de la chapelle  (avec ses chronogrammes 1592, 1593, 1607). Et postérieure aussi aux calvaires du bourg et de la chapelle Sainte-Barbe, de la fin du XVIe siècle.

 

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.
Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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côts et Fleurs de lys.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA FACE OCCIDENTALE : CRUCIFIX, VIERGE, JEAN.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le Christ en croix.

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E. Le Seac'h et Yves-Pascal Castel ont  décrit les caractéristiques des Crucifix de Doré ; j'ai repris ces informations dans mes précédents articles sur les calvaires de cet artiste.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La Vierge.

Notez les pupilles creusées, caractéristiques de Roland Doré.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Jean.

Parmi les saint Jean de Roland Doré , il appartient à ceux (*) qui ont les deux bras croisés sur la poitrine (ici, c'est plus rare, main gauche en dessus), mais dont seul un pan du manteau est vertical, l'autre pan formant des plis obliques.

(*) avec Seznec  à Plogonnec, Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Vendal à Douarnenez, Saint-Claude à Plougastel, Tinduff à Plougastel, Moudennou à Dinéault, Sainte-Anne-la-Palud en Plonévez-Porzay, Cast, Saint-Nic.

De même, il appartient au groupe à  chevelure bouclée triangulaire, très caractéristique, en perruque comme sur les gisants  avec ceux de Seznec et Saint-Pierre à Plogonnec ; Commana ; Saint-Claude à Plougastel,  Tinduff à Plougastel ; Moudennou à Dinéault, Sainte-Anne-la-Palud en Plonévez-Porzay , Saint-Vendal à Douarnenez, Cast, Saint-Nic.

On remarque alors que toutes ces localités sont en Cornouaille, au sud de l'Elorn (et aucune en Léon), comme s'il y avait un sous-atelier chargé de ce secteur géographique. Mais il faudrait vérifier cela de façon plus approfondie.

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On retrouve le demi-sourire, —que je peux qualifié de "sourire de bienveillance" —, également vite reconnaissable.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le nœud du croisillon : inscription.

Elle occupe un carré et réserve quelques difficultés, car le sculpteur a employé le Q en forme de P rétrograde, ainsi que des lettres conjointes (deux lettres qui ont en commun une partie de leur corps).

Y QVE

MENER

FABRI

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Néanmoins, le sens est clair : Y QVEMENER FABRI, c'est à dire "Yves QUEMENER, fabricien".

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA FACE ORIENTALE. SAINT PIERRE ET UN EVÉQUE (MÉEN ?).

C'est la face la plus ardue à photographier, car elle reste à l'ombre le matin.

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Saint Pierre.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Un évêque : saint Méen?

Je l'assimile à saint Méen (un abbé, et non un évêque) puisque, à Pléven (Plou de saint Méen), c'est l'éventualité la plus probable. Mais rien, dans cet évêque ou abbé, n'en permet la détermination (à la différence de la statue au dragon et au monopalium de l'église). Il bénit de la main droite et tient la crosse de la main gauche. Je remarque les plis tubulaires du surplis.

De la même façon que, sur les bannières, les brodeurs ont représentés un "saint évêque de la Réforme" stéréotypé pour représenter tous les différents saints patrons des paroisses, on peut penser que l'atelier reproduit un modèle type de saint évêque sans aucun attribut spécifique quelque soit le titulaire (exception à Saint-Vendal où saint Corentin porte son poisson).

On note que Nicodème n'est pas représenté sur ce calvaire.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Le calvaire (kersanton, 1637, Roland Doré) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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ANNEXE.

ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 98 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pierà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de Kerangal, Quimper pages 344-345.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n399/mode/2up/search/plo%C3%A9ven

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, en ligne et interactif sur le site de la Société archéologique du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/ploeven.html

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

"En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, c'est un édifice de construction soignée. Au chevet, la corniche au-dessus des trois fenêtres flamboyantes se relève ainsi qu'à l'église de Plomodiern ; on y retrouve les mêmes denticules. Le clocher, renversé par la tempête, fut refait ainsi que le pignon ouest en 1712 ; la chambre de cloche est amortie par un dôme. La porte en plein cintre est surmontée d'un fronton triangulaire brisé. Escalier sur le rampant sud. La porte du transept sud est en anse de panier avec des piédroits en nid d'abeilles ; sur cette aile se lisent deux inscriptions : "H. QVEM(ENER?). FA. 1593" et "I. DAVOL. FA. 1607". A droite de la porte sud, de même style que la précédente, on lit : "E. GOVRTE. FA. 1592." La sacristie octogonale, construite hors oeuvre à l'angle S.-E. du choeur, porte l'inscription : "N. ET. D. M. P. /FVRIC. R. /H. QVEMENER. F. 1712."

Mobilier : Trois autels : maître-autel à boiseries peintes du XVIIIè siècle. - Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. Statues - en bois polychrome : saint Nicodème coiffé d'un turban et tenant la Couronne d'épines et deux clous (oeuvre de Pierre Le Déan ? - sur la console, un ange tient trois clous et un fouet), Christ en croix, Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Sikour, saint Isidore en bragou-bras, saint Eloi tenant le pied coupé du cheval ; - en pierre polychrome : autre Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Vertu, saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle. 

Sur le placitre, calvaire de Roland Doré : inscription sur le socle : "M. S. H. MARSIN. R. /Y. QVEMENER. FA. 1637" et au-dessus du Crucifix : "QVEMENER. FABRI." Statues géminées sur les consoles.

Fontaine de dévotion : inscription sur le fronton : "M. Y. CV/ER. RECTEVR. /I. PRIGANT. /FABRIQVE. 1667", et statue de saint Nicodème avec la Couronne d'épines dans la niche. Naguère, le jour du pardon, les chevaux faisaient le tour de la chapelle puis allaient en procession boire à cette fontaine."

DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=3&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes 

 

LINTEAUX-DE-FRANCE : 58 inscriptions lapidaires de Ploéven

http://www.linteaux-de-france.com/show_cat_carte.php?vraicle=Plo%E9ven

 

PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

"De mêmes dimensions que la chapelle Sainte-Barbe, la chapelle Saint-Nicodème comprend une nef, un transept, une abside à pans coupés. A l'extérieur, au sommet du croisillon Sud du transept, on lit : DAVOL . F A . 1607. Immédiatement au-dessous de cette inscription était fixé un cadran solaire, qui a disparu. Plus bas, au mur du transept : j . QVEMENEVR . FA . 1593. Sur la paroi latérale Sud de la chapelle : s. COVRIE . 1592. Au-dessus de la fenêtre de la sacristie : 1712. Le mur de l'abside est percé de trois fenêtres flamboyantes dont les arcades, terminées par une corniche moulurée, s'élèvent au-dessus de la toiture. Le clocher renversé par la tempête, fut refait, ainsi que le pignon Ouest de l'édifice, en 1712. Quatre portes donnent accès dans la chapelle. Au total Saint-Nicodème appartient au xvie et au début du xviie siècle, sauf les remaniements de la sacristie et du pignon Ouest en 1712. Le maître-autel, en granit revêtu de bois, semble du xviiie siècle. Derrière cet autel apparaît une grande statue en pierre de la Vierge : Intron Varia a guir vertu, Du côté de l'Evangile, c'est une autre statue en bois de Marie : Intron Varia Sikour ; du côté de l'épître, figurent un petit Christ assis, les mains liées , puis "saint Nicodème tenant la couronne d'épines et deux clous.

 Au croisillon Nord du transept on voit l'autel en pierre de saint Isidore, patron des cultivateurs. Le retable en est sculpté. II. présente en relief, le Saint, grandeur naturelle, en bragou-braz, un chapelet au bras droit, conduisant une charrue attelée de deux bœufs. Sur la gauche apparaît le manoir de son maître, à droite un parterre. Au-dessus de la scène, un ange montre le ciel, d'où s'échappent des rayons de lumière. De part et d'autre deux médaillons. Celui de gauche représente saint Isidore, les mains jointes ; l'homme et la femme qui se tiennent près de lui doivent être ses patrons. Dans Ie médaillon de droite, le saint, de son bâton, fait jaillir, devant son patron, une source du sol. Contre la paroi, un peu plus loin, est une belle statue en bois de notre saint, qui tient en main un instrument de labour. Le retable porte la date de 1829, qui marque une restauration. Au coin du croisillon est une grande statue en kersanton de Saint Alar ou Eloi, avec tenailles et enclume. I>u côté Midi le transept est réservé à saint Alar qui y a son autel, en granit revêtu de bois. Tout autour, dans des panneaux ou médaillons du retable, sont présentées, en relief, des scènes de Ia vie du Saint. Ici, costumé en évêque et accompagné d'un prêtre, il guérit un aveugle et un sourd ; plus haut il brise la corde et le carcan qui retenaient un jeune homme condamné à la potence ; là c'est une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt. Plus loin il ferre un cheval dont il a détaché le pied ; ailleurs enfin, le Saint présente au roi Dagobert, entouré de ses gardes de corps, des ouvrages d'orfèvrerie .

Ici encore le retable présente la date de 1829, qui dut marquer un rafraîchissement de la peinture. A droite et à gauche, au fond du transept, sont deux bahuts, dont l'un est destiné à recevoir Ie beurre donné en offrande au jour du pardon de Saint Nicodème ; l'autre, à mettre les queues de cheval ou de vaches offertes en la même occasion. Ce pardon a lieu le deuxième dimanche après Pâques ; un autre pardon a lieu en l'honneur de Saint Isidore le cinquième dimanche après Pâques.

Dans le placitre du côté Midi se dresse un calvaire où nous lisons deux inscriptions : au-dessous du Christ : Y. QVEMENEUR . FABR i. — sur le socle : : M : G : H : MARZIN .. R . QVEMENEVR . FA . 1667.

La fontaine de dévotion se trouve à quelque 300 mètres, Sud-Est, de la chapelle. Une vieille route, aujourd'hui obstruée par Ies broussailles, y conduisait. La fontaine est maçonnée et présente l'inscription suivante : M : Y : CVER : RECTVER . i : PRIGANT ; FABRQVE : 1667. Une niche à l'intérieur contient la statue de Saint Nicodème, le front ceint d'un turban et tenant la couronne d'épines."

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven Calvaires Roland Doré
25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 13:14

Le calvaire (kersanton, par Roland Doré, 1ère moitié XVIIe) de Ty-ar-Névez ou Croaz-Moudennou à Dinéault.

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Voir :

Sur Dinéault :

Sur Roland Doré :


 

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Avant toute chose, il faut dire que c'est une très belle œuvre d'art, une superbe surprise esthétique dans un cadre paisible, celui de l'Aulne qui ne se presse pas pour rejoindre la mer : le visiteur ressent le privilège qui lui est donné d'être là.

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PRÉSENTATION.

En juillet 2018, j'ai décrit la traversée de l'Aulne par le bac entre Rosnoën et Dinéault : Appartenant aux seigneurs du Faou sous l'Ancien Régime, le "passage" entre Rosnoën et Dinéault, situé à la limite administrative des eaux fluviales et maritimes, situé sur l'axe allant de Landerneau à Douarnenez, attesté depuis 1514, était appelé Treiz Guenhel, du breton treiz (passage), et du nom de "saint Guinal", dont la chapelle se dressait sur la côte de Dinéault et se faisait par des bacs ou des chalands.

Mais j'étais resté au lieu-dit "Le Passage" coté Rosnoën. Depuis, j'ai traversé la rivière, et me voici devant Maison-Blanche ou Le Passage, coté Dinéault. La chapelle Saint-Guinal y était jadis érigée.  Par l'ancien "Chemin de Grande Communication n°47 ", actuelle D47 ou  D247 puis par la D60, je monte la côte vers Kerbastard (fusion de deux écarts proches, Duault ou Duhot et Kerarbastard ) où vivaient les MOREAU en 1670-1724 et sans doute en 1809 (inscription C: MORE : MARC : 1809). Je me dirige vers le bourg de Dinéault.

Carte de Cassini

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Cinq cent mètres plus haut, une route vers la droite indique MOUDENNOU, et devant cet embranchement est posé un calvaire, justifiant le toponyme CROAZ MOUDENNOU . Le nom est le pluriel du breton Moudenn, "motte" (souvent féodale) ou parfois "tumulus". 

Ce calvaire est noté sur la carte IGN avec l'altitude de 59 m et l'indication Ty ar Nevez (la maison du nouveau?) ; en effet, un petit bâtiment — absent du cadastre 1848— jouxte le calvaire, au départ d'un chemin vers la gauche qui descend vers une source avant de rejoindre (jadis) Kervern et Penn ar Roz (Carte d'état major 1820-1866).

Cette route qui appartient au circuit de "Route touristique de l'Aune maritime" ou du Circuit de randonnée de l'Aulne au Ménez-Hom, est peu fréquentée, et elle est très à l'écart des axes routiers (route Crozon-Châteaulin), et c'est en se remémorant qu'elle était le principal moyen de liaison entre Le Faou et Plomodiern puis Douarnenez que l'on comprend mieux la qualité du calvaire que nous allons maintenant découvrir.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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LE CALVAIRE DE TY AR NEVEZ.

Il n'est pas décrit dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère section Dinéault, mais Christel Douard lui consacre son   dossier IA29004401 dans son enquête pour l'Inventaire Général, avec six clichés.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-ty-ar-nevez-dineault/2775cb1c-7315-4640-ac29-06e545dd9002

Elle l'attribue au sculpteur Roland Doré (1618-1663) ou à son atelier de Landerneau. Selon elle, "il figure, isolé, sur le cadastre de 1848, au milieu du chemin, au carrefour menant au hameau de Moudennou." La feuille 3P47/2/15 du cadastre montre un vague pointillé rosâtre à cet emplacement, qui me laisse septique.

Emmanuelle Le Seac'h ne l'inclut pas dans son catalogue des œuvres de Roland Doré, sans doute par méconnaissance de ce calvaire à l'écart. 

L'endroit est bien aménagé, fleuri, encadré de blocs de quartzite dressés, limité par une haie de buis. Sur trois degrés cimentés, le socle cubique chanfreiné  porte le fût à pans puis le croisillon à deux groupes de statues géminées et le crucifix, le tout en kersanton. La hauteur du calvaire atteint 4,29 m. 

Il est orienté selon les règles, le crucifix tourné vers l'ouest (occident = coucher du soleil = chute = mort = mort du Christ). Le crucifix est entouré de la Vierge et de Marie-Madeleine.  Les statues du croisillon sont géminées, c'est à dire que le bloc de pierre est taillé en deux personnages dos à dos. Sur la face orientale, un abbé (moine + croix) est au centre, entouré de saint Jean à sa droite et de saint Pierre à sa gauche. Les statues géminées sont donc Vierge/Pierre et Madeleine/Jean. La règle voulait que le Christ en croix soit encadré par la Vierge à sa droite et saint Jean à sa gauche (comme, immanquablement, sur les Poutres de Gloire), et il est donc très probable qu'initialement, nous avions ici à l'ouest le crucifix entre la Vierge et Jean, et à l'est l'abbé entre Madeleine et Pierre.

Un blason occupe, sur les deux faces, le cœur du croisillon. À l'ouest, ce sont des armoiries à croix ancrée accompagnée de 4 fleurs et d'un lambel, et à l'est, le blason d'un prêtre, où un calice et une patène sont encadrés du monogramme H.T. L'identité du commanditaire n'a pas été établie.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX ENTRE LA VIERGE ET MARIE-MADELEINE.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Le crucifix.

La croix a perdu ses fleurons latéraux (les moignons des bras de la croix sont creux) tandis que le fleuron supérieur est  à boule. 

De face, le Christ en croix a les caractéristiques stylistiques de Roland Doré.

Y.-P. Castel distingue les crucifix courts (longueur du corps = 5 longueurs de tête) et les crucifix étirés (corps =7 têtes). Ici, nous avons le canon court.

La tête est tournée vers la droite, et projetée en avant, faisant saillir les muscles du cou (cf. profil). La couronne carrée est faite de deux brins entrelacés en spires rondes et douces. Le visage aux yeux clos  est grave, anguleux, aux joues creuses, le  nez est long et droit, la moustache épaisse escamote la bouche aux lèvres fines, la barbe dessine de gros créneaux sur les joues avant de se terminer en deux pointes sous le menton. Les cheveux s'écartent vers les épaules à la façon d'un voile, mais la mèche droite revient devant la clavicule et l'autre derrière l'omoplate.  Tous ces détails sont typiques.

Le corps est en arc, le dos est cambré et le bassin s'écarte de la croix.  

Le pagne plat croise deux plis horizontaux supérieur et inférieur et des petits plis en diagonale, sous l'effet du nouage de l'étoffe,  où un brin pend sur le coté gauche alors que l'autre, à droite, est glissé et ressort au dessus de la cuisse en s'épanouissant.

Les jambes sont parallèles, le pied droit placé sur le gauche.

 

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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À gauche, la Vierge.

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Sa tête est voilée par son manteau, avant que celui-ci ne vienne former, en s'enroulant autour des bras aux deux mains jointes, un jeu de plis : à droite, un pan vertical descend en "pli de serviette" avant de serpenter jusqu'au pied, tandis qu'à gauche, ils convergent en diagonale vers une attache qu'on imagine fixée sous l'épaule droite.

Le visage au cou dissimulé par une sévère guimpe est assez ingrat, avec ses yeux globuleux , son nez fort et sa bouche en retrait sous la lèvre supérieure.

Là encore, nous retrouvons le "type" de Roland Doré, même si, à Rosnoën, à Seznec, par exemple, les deux pans du manteau sont symétriques et parallèles. Les plis asymétriques viennent d'un autre modèle, celui des Vierges à l'Enfant, où il est imposé par  le bras replié tenant l'enfant.

Si on admet qu'à l'origine, c'était la statue de saint Jean qui se trouvait à droite, on constate que les plis des deux statues se répondent .

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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À droite, sainte Marie-Madeleine tenant le flacon d'aromates.

Tête brisée. La sainte aux cheveux longs et dénoués pose la main droite sur la poitrine et tient le flacon d'aromate ou de parfum de la main gauche. Le manteau fait des plis en volutes au dessus des plis tubulaires de la robe.

Les calvaires de Roland Doré proposent au moins 4 autres statues de Marie-Madeleine.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Le blason.

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Sur le nœud du croisillon, un blason n'a pas été identifié par Christel Douard. Les meubles, pourtant très lisibles avec une croix ancrée où chaque bras est accompagné d'une fleur à quatre pétales ou quatrefeuille, restent mystérieux. Un lambel à trois pendants occupe la moitié senestre du chef.

L'énigme qu'il pose est complétée, au verso, par le monogramme  H. T (cf infra).

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Quelques données en vrac sur la croix ancrée en Bretagne :

— famille de Kermorvan et brisure par un lambel pour Kermorvan de Keruzou :

Les armes de  Kermorvan de  Keruzou sont d’argent a un nillé d’azur avec un lambeau de gueule c'est à dire avec une croix ancrée affectée d'un lambel une"nièle"

 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Gouesnou-heraldique.pdf

Situé près de l’Aulne, le site du manoir de Kermorvan à Rosnoën, est occupé depuis longtemps. Des découvertes archéologiques y ont été faites lors de travaux agricoles en 1923. Les mentions faisant référence à un manoir remontent à 1426. 

Penfeunteniou :  de Kermorvan , par. de Trebabu , — de Penhoët , par. de Plougonven , — de Kermoal, — de Keroman, — du Cosquer, ... par. de Cloharz-Fouësnant, — sr de Rosvern, — de Kerventénou, — de Lesveur, — de Rosarnou, par. de Dinéault 

https://books.google.fr/books?id=k7JBAAAAcAAJ&pg=PA243&dq=kermorvan+din%C3%A9ault&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwix6ZrOh7DiAhVbDmMBHSt1DGwQ6AEILTAB#v=onepage&q=kermorvan%20din%C3%A9ault&f=false

 

croix ancrée : seigneur de Kermorvan, chapelle Notre-Dame du Val à Trébabu :

https://www.patrimoine-iroise.fr/culturel/religieux/Val.php

http://www.patrimoine-iroise.fr/iroise-patrimoine/herald/Ecu-ND-Val-2.pdf

 

— famille du Dresnay "D´argent à la croix ancrée de sable, accompagnée de trois coquilles de gueules"

http://marikavel.com/blasons/croix-ancree.htm

 

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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LA FACE ORIENTALE : SAINT JEAN, SAINT PIERRE ET UN ABBÉ (GUÉNOLÉ ?).

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Au centre, un saint abbé.

Le personnage central est un moine (il porte la coule à capuche et on devine une tonsure) : et c'est un abbé, puisqu'il tient la crosse et qu'il bénit. S'il occupe cette place, c'est qu'il s'agit d'un saint.

L'identification la plus probable est celle de saint Guénolé, puisque nous sommes à quelques kilomètres de l'abbaye de Landévennec, dont Dinéault était une possession (*). Roland Doré en a donné une statue, différente, pour la chapelle éponyme à Plougastel.

(*) Huit paroisses dépendaient de l'abbaye, dont l'Abbé était recteur primitif ; c'étaient : Dinéault, Edern, Argol, Telgruc, Châteaulin, Landrévarzec, Lothey et Landévennec.

Voir 

 

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Saint Guénolé a ce visage joufflu aux narines dilatées sous une tige fine et à la bouche gourmande, charnue et amène, si caractéristique de Roland Doré.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Saint Pierre.

Roland Doré l'a sculpté 11 fois sur ses calvaires, notamment géminé avec la Vierge comme ici.

Il tient la clef et le livre ; il est pieds nus (comme tous les apôtres, dont Jean). Il est barbu (comme tous les apôtres, sauf Jean) et sa calvitie s'orne du toupet qui le caractérise. Sous le manteau dont les pans descendent en deux serpentins parallèles, sa robe est recouverte d'un camail, anachronique pour un pêcheur de Galilée mais habituel pour les chanoines de l'époque de Roland Doré ; la fente pectorale de ce camail se ferme par deux solides boutons ronds.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Le visage est remarquable par ses pommettes saillantes et son nez long, sorte de Don Quichotte exalté au regard de feu, et à la sévérité accentué par le V inversé de la moustache. La chevelure en triangle de boucles en boules rappelle celle de ses saints Jean, ou celles, inspirées des perruques Louis XIII, de ses gisants.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Saint Jean.

 

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Il était "occidenté" (tourné vers l'ouest) à l'origine et nous avions de ce coté le duo de saint Pierre et sainte Madeleine.

Alors que, dans les séries d'apôtres des porches, Jean est identifié par le calice de poison, sur les calvaires, il est sculpté avec une ou deux mains posées sur la poitrine. Les deux mains sont posées à plat et croisées à Saint-Nic, à Plogonnec chapelle Seznec, à Ploéven, calvaire de la chapelle Saint-Nicodème  à  Plonévez-Porzay,  calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud,  à  Cléden-Cap-Sizun, calvaire de la chapelle de Langroas, à Senven-Lehart, calvaire de l’église Notre-Dame et à Commana, chapelle de l'église.

Le pli vertical du manteau est double dans la plupart des cas, et il est simple, comme ici, à Cleden-Cap-Sizun, à Ploéven et à Commana. Du coté opposé, les plis convergent en diagonale vers l'aisselle. 

La tête a été brisée. Le visage est rond, avec cette chevelure presque nattée, féminine, qui fait qu'on hésiterait toujours entre Jean et Marie-Madeleine si les autres éléments et les rapprochements iconographiques ne nous aidaient pas. Les yeux ronds dans des paupières ourlées ne sont pas creusés au niveau des pupilles comme dans beaucoup d'œuvres de Roland Doré. Et puis il y a ce sourire crispé si reconnaissable...

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Madeleine/Jean, un bigéminisme doréen (*) .

(*) pour me faire plaisir.

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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Le monogramme H.T  d'un prêtre.

 Sur la surface carrée du nœud du croisillon, sont sculptés en réserve un calice (au fût perlé) d'où émerge une hostie (ou la patène du calice, Inventaire), encadrés du monogramme H.T, comme c'est la règle lorsque le donateur est un prêtre. 

Quel est cet ecclésiastique ? Le prénom est-il Hervé, Henri ou moins couramment Hubert ?

On ne trouve pas de recteur, curé ou vicaire correspondant à ces initiales dans la liste (incomplète) des prêtres desservant Dinéault relevée par Abgrall et Peyron.

Les abbés de Landévennec à l'époque d'activité de Roland Doré était Jean Briant , Pierre Tanguy  puis Jacques Tanguy.

Ce prêtre appartenait-il à la famille dont les armoiries sont sur le coté ouest, ou bien s'agit-il de deux donateurs différents?

S'agit-il d'un chapelain, ou d'un membre d'une famille noble locale ?

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Le calvaire de Ty-ar-Névez ou Croaz-Moudennou à Dinéault.

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ROLAND DORÉ ET SES 75 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle. Il a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon Le Seac'h, il a réalisé 98 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires :

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pierà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Roland Doré Dinéault

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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