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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 21:40

Les sablières (1663), l'entrait (1667)  et les statues de la chapelle de Lanjulitte exposées dans l'église Saint-Magloire  à Telgruc.

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Sur Telgruc, voir :

 

Sur les sablières, voir :

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PRÉLUDE.

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On connaît le mythe de Pygmalion ("poing" — grec qui a donné aussi Pygmée—), sculpteur qui tombe amoureux de la statue qu'il a créé ; il l'étreint et l'embrasse, et aussitôt  Aphrodite  lui confère la vie sous le nom de Galathée ("blanche comme lait"). Il l'épouse, et cette alliance de la force du poignet et de la grâce de la beauté devient féconde.

Je pourrais en proposer la version suivante :  une poignée d'amateurs, séduits par la beauté des trésors d'une chapelle, les ressuscitent et leur passion anime désormais ces sculptures de la vie propre aux belles choses. Ils se nomment, entre autre, Auguste Dizerbo, Dominique de Lafforest, Marie Bideau, Maurice Keravel, Louis Dagorn, Breiz Santel, EOST,  Eric Blanc, ou Christian Moureaux :  le récit de leur amour opiniâtre (sous la plume de Didier Cadiou) est magnifique. Le rôle d'Aphrodite serait tenu par la restauratrice d'art Hélène Champagnac .

Mais il faudrait disposer d'un autre mythe où le simple touriste tombe amoureux d'une statue et la voit  venir l'embrasser de ses lèvres mignardes.  C'est mon histoire, et mes yeux sont encore brûlants de l'azur du regard de la belle Julitte. Ses deux yeux bleus, deux flambeaux de ma vie,  dessus les miens foudroyant leur clarté, ont esclavé ma vieille liberté. Elle m'a rendu la vie et mort d'amour je suis. Transformé en un âne brayant.

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PRÉSENTATION.

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"Chapelle de la fin du 15e siècle construite sur les terres des Rosmadec. Deux socles de statue du transept sud portent des blasons : l'un d'un ecclésiastique ; l'autre, aujourd'hui muet, était peut-être peint aux armes des Rosmadec. La mise en oeuvre en petits moellons réguliers du transept sud ainsi que ses baies (avec remplage gothique) et celles du choeur témoignent de l'ancienneté de l'édifice. En 1677, la chapelle est partiellement reconstruite, notamment le pignon ouest et la charpente, à l'initiative du recteur François de Kerscao, du curé Horellou et du fabricien Jacques Le Monze dont le nom figure sur une pierre remployée à la croisée du transept et sur le pignon ouest, avec la date. C'est sans doute à cette époque que la baie du transept sud est partiellement bouchée pour mettre en place un retable. La fenêtre percée dans le mur sud du choeur est transformée en porte pour accéder à une sacristie construite après 1831, autrefois couverte en appentis. Les ruines de la chapelle ont été consolidées en 2000.

Chapelle construite en moellon de grès et de schiste avec encadrements de baies en granite. Plan en croix latine asymétrique avec aile sud profonde et petite aile au nord. Nef courte sans bas-côtés et chevet plat. Tour carrée avec chambre des cloches ajourée. Au sud, petite pièce accolée au choeur à usage probable de sacristie.

Seule chapelle de la commune conservée après la Révolution sur les quatre existantes, Sainte-Julitte possédait un riche décor de poutres sculptées et de statues en bois polychrome dont un groupe sculpté de sainte Julitte et saint Cyr, classé M.H. en 1994. Après la dernière messe célébrée en 1955, elle est laissée à l'abandon. Les ruines de la chapelle ont été restaurées par l'association Eost de Telgruc grâce à des subventions obtenues par la municipalité en 2000." (Judith Tanguy-Schröer)

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La chapelle a été restaurée au XVIIe siècle sur un édifice précédent du XIVe ou XVe siècle. Son historique a été remarquablement décrit par Didier Cadiou (Avel Gornog 2018) avec une précision de détective, et un dossier iconographique et bibliographique complet.

Les éléments de datation sont :

-1595 : une ancienne maison de prêtre est signalée au Lez voisin de Lanjulitte, avec sur le linteau de la porte nord une inscription, un calice (signalant la demeure d'un prêtre) et cette date.

-Une date de 1618 se trouve sur une pierre posée à l'envers (c'est donc un réemploi) à la base et au revers du clocheton avec la mention "G : HOREL/LOV : 1618."

-l'inscription lapidaire du linteau de la maison voisine portant le nom de "M.G. CADIOV" avec la date de 1646. Il s'agit vraisemblablement de maître Guillaume Cadiou, mentionné dans un acte de 1682 comme redevable d'une chefrente (rente perpétuelle payable en argent ou en nature au seigneur suzerain par le détenteur d'un héritage noble) à Eustache Joseph Marie du Han. 

-l'inscription des sablières avec IACQUES  FABRI et la date de 1663.

-D. Cadiou signale la date de 1663 sur une pierre de taille du chevet avec l'inscription GVIL. BOVSS/ART FAB 1663 soit "Guillaume Boussart fabricien en 1663". [un Guillaume Le Boussart (1652-1721) est mentionné par les généalogistes comme laboureur à Porslous, à moins de 1 km  au sud-ouest de Lanjullite. Il avait épousé Jeanne Le Monze. Il peut s'agir du fils du fabricien]. 

-Une  inscription lapidaire est brisée, le chronogramme est absent,  on ne  lit plus que IACQVESL / FABRI : L, comme sur la sablière de 1663.

-l'inscription lapidaire de la porte d'entrée, dont le plein cintre associe la date de 1677 sur la clef de voûte et les inscriptions gravées I LE MONZE  sur le claveau de gauche et FA --- sur le claveau de droite.

-l'inscription de l'entrait associant le nom du recteur François de Kerscao . Il n'était plus recteur de Telgruc en 1679.

-l'inscription d'un autre entrait, signalé par Dizerbo et photographié, portait l'inscription F: PAR . MOY : IACQVES : LE : MONZE : F : 1677 (Fait par moi Jacques Le Monze fabricien l'an 1677.)

-le pennon généalogique provenant de la chapelle, avec les armes de René de la Porte et Anne-Marie du Han, dont le mariage date de 1656.

-le nom du recteur Monfort sur la cloche : Maurice Monfort (1816-1890) fut recteur de Telgruc de 1865 à 1889.

-le millésime 1880 gravé sur un granite de la face sud du clocheton signalant la date de sa reconstruction.

-Une autre inscription lapidaire est brisée, le chronogramme est absent,  on ne  lit plus que IACQVESL / FABRI:L, comme sur la sablière de 1663.

On peut conclure, avec Didier Cadiou, de ce qui précède que la chapelle de Lanjulitte a fait l'objet d'une première restauration en 1618, à la fin des guerres de la igue, et qu'elle a ensuite été restaurée de façon plus importante entre 1663 et 1677. "On imagine qu'une première tranche de travaux, en 1663, a concerné l'aile sud-est et le chœur, tandis qu'une seconde tranche, en 1677, a concerné le chœur et le clocher" (D. Cadiou). Ces travaux ont été supervisés par les fabriciens Guillaume Boussart et Jacques Le ? en 1663. Ils ont été exécutés alors que René de la Porte et Anne Marie Le Han étaient les seigneurs du lieu.

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I. LES SABLIÈRES SCULPTÉES (1663).

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Les sablières sont des pièces de bois horizontale qui, à la jonction entre les murs et la charpente, reçoivent l'extrémité inférieure des chevrons dans un pan de toiture.

 

Celles de Lanjulitte n'ont pas été étudiées par Sophie Duhem, auteure de référence sur les sablières de Bretagne par sa thèse de 1997, puisque ces sablières de Lanjulitte n'étaient alors ni restaurées ni présentées.

Elles sont aujourd'hui présentées dans l'aile sud de l'église Saint-Magloire.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Première sablière. Deux dragons crachant un rinceau.

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Comme pour les autres pièces qui seront examinées, les identifications des animaux représentés sont imprécises. Les seules raisons de voir ici deux dragons sont d'une part la mise en perspective avec l'iconographie traditionnelle des sablières de Bretagne (et notamment du Finistère) , où les dragons sont prédominants, et d'autre part la queue de serpent. Les deux oreilles rondes sont également traditionnelles dans ces représentations ; les  écailles seraient un indice précieux ... si on ne les trouvaient pas ensuite sur des animaux différents.

Mais libre à chacun d'y voir des crocodiles...

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deuxième sablière. Inscription gravée de 1663.

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Jadis placée dans l'aile sud-est de la chapelle, elle a été restaurée jusqu'en juillet 2013 par Hélène Champagnac de l'Atelier régional de Restauration de Bignan (56), car son état nécessitait un traitement écologique contre les insectes, contre la pourriture cubique causée par les micro-champignons , et une consolidation par injection de résines époxydes.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'inscription  est gravée en lettres capitales avec ponctuation de séparation par le deux-points:

MESIRE : HENRI : HORELLOV
PBRE : CURE : 1663.

La graphie MESIRE pour "messire" est attestée dans les manuscrits français. PBRE est l'abréviation très courante pour "prêtre" par le latin presbyter, même sens.

Soit "Messire Henri Horellou, prêtre curé, 1663". Il ne s'agit donc pas du recteur de Telgruc, mais de son vicaire. La plupart des prêtres des paroisses en étaient natifs, mais la base Geneanet ne propose aucun individu portant ce patronyme à Telgruc avant 1663. Le nom, qui dérive du diminutif du breton horell "hochement, ébranlement" ou "balle de bois pour jouer à la crosse" est d'abord attesté à Quimper et  à Primelin vers 1580, puis à Saint-Nic en 1600 et Dinéault (vers 1615).

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Troisième sablière. Trois animaux, et inscription  par  le fabricien de 1663.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Inscription :

Elle n'est pas gravée, mais sculptée en réserve, en lettres capitales (sauf le Q), avec un S rétrograde, et une ponctuation de séparation des mots par le deux-points.

IACQVES :

FABRI : 1663.

Il est probable que IACQUES corresponde au prénom Jacques, et que le patronyme soit perdu. Pourtant, la partie brisée ne conserve pas la partie basse d'une inscription de complément, et, d'autre part, la disposition générale en deux lignes achevée par un feuillage n'est pas en faveur de cette hypothèse. Souvent, le prénom du fabricien est en initiale ou en abrégé (I. LE MONZE ou GVILL. Le BOUSSART). Pourtant, aucune autre lecture ne peut être proposée.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.
Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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L'âne.

Là encore, l'identification animale n'est que probable.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deux autres animaux affrontés (dragon et renard).

Ils différent surtout par leur queue, large, à droite, comme celle d'un renard et longue, fine et enroulée à son extrémité à gauche, comme celle des dragons de la première pièce. D. Cadiou évoque l'hypothèse d'une genette. Aucune certitude n'est possible.

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Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières (1663) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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II. L'ENTRAIT (vers 1677) DE LA NEF.

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Inscription : 

NOBLE ET DISCRET M[ESS]IRE  FRACOYS DE K'SCAO . RECR

Soit "Noble et discret messire François de Kerscao, recteur".

—"La famille de Kerscao est une très vieille maison qu'on voit aux anciennes réformations des XVème et XVIème siècles et dont un membre messire Maurice de Kerscao figure à celle de 1427, marié à noble demoiselle Typhaine Thomas ; ils vivaient en 1415, il était fils de messire Jean de Kerscao et de noble demoiselle Marguerite Le Long. Lors de la réformation de 1660 cette maison fut reconnue noble d'ancienne extraction avec neuf générations. Armes : D'argent à deux dauphins d’azur en pal adossés. (P. A-Grancière).


— Messire François de Kerscao apparaît dans un acte de 1679 (*) comme recteur de Quimper-Corentin, et il est qualifié en 1669 de seigneur de Penanguer.

(*)1679 , à Pluguffan : Mariage de fermiers demeurant au manoir de Kerascouët. Ont signé François de Kerscao, recteur de Quimper-Corentin, Alain de Goulhezre, Jeanne et Anne de Goulhezre, René Louis de Cornouaille." ( AVENEAU DE LA GRANCIÈRE,  1895 -Notes historiques sur la paroisse de Pluguffan, ‎Revue historique de l'Ouest - Volume 11 - Page 585)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67171p/f590.item.r=kerscao

 

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Extrémité à engoulant de la poutre : une gueule de lion ou de dragon.

Je privilégie l'hypothèse du dragon puisque c'est cet animal qui est le plus fréquemment trouvé aux extrémités des entraits des charpentes bretonnes. 

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Nœud de l'entrait : un cœur enflammé dans un cartouche à enroulement stylisé.

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Extrémité  à engoulant de la poutre : une gueule de lion ou de dragon.

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Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Entrait (1677 ?) de la chapelle de Lanjulitte, église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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DISCUSSION SUR LA CHARPENTE SCULPTÉE.

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Les 4 pièces (3 sablières et 1 entrait) sont datées par inscription de 1663 pour les premières, et par  estimation de 1677 pour la dernière. Si on compare ce créneau de la seconde moitié du XVIIe avec les dates des charpentes sculptées encore conservées en Presqu'île de Crozon et Aulne Maritime, nous constatons que celle de Lanjulitte sont trop tardives pour être attribuées au Maître de Pleyben (auteur des sablières de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom vers 1575) ou au Maître de Plomodiern (auteur des sablières de l'église de Plomodiern en 1564 et de celle de Saint-Nic en 1561-1566).

Par contre, cette charpente est contemporaine de celles de l'église de Landévennec (v.1659), de Trégarvan, et des chapelle Saint-Jean (1653) et Saint-Côme (1641-1675) de Saint-Nic. Pourtant, alors que les sculptures de ces 4 charpentes ont de manifestes points communs stylistiques, — au point que j'ai proposé de les attribuer à un atelier nommé par convention celui du Maître de Saint-Nic), ces caractères stylistiques ne sont par retrouvés à Lanjulitte.

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Peut-être cela est-il dû au trop faible nombre de pièces conservées ici, mais néanmoins et inversement, les sablières de Lanjulitte ont des particularités que nous ne trouvons pas ailleurs :

- importance des représentations animales.

-dessin grossier voire naïf, pauvre en détails anatomiques.

-contraste bicolore entre le fond blanc et le bois (du moins dans la présentation actuelle, mais qui se retrouve sur les photos des sablières avant restauration)

-surtout, remplissage de toute la surface des animaux par des encoches creusées à la gouge (et, dans le cas d'un "dragon", de stries parallèles)pour rendre les écailles des dragons et/ou le pelage de l'âne et du "renard" .

Ce procédé répétitif et invariant quelque soit le sujet est primitif, mais il excelle pourtant à obtenir par le contraste du bois sur le fond blanc un effet décoratif et une lisibilité remarquables.

Nous devons donc, sous réserve d'autres découvertes, conclure à une œuvre isolée (sans équivalent ailleurs), qui pourrait être attribuée à un menuisier local si nous ne constations pas la maîtrise de la réalisation.

Mais nous ne disposons plus des sablières des autres chapelles de Telgruc (celles de Luzéoc, de Saint-Thomas à Kérédan et de la Vierge-Noire à Penhoat-Jardin, déjà absentes du cadastre de 1831), de l'église paroissiale (du XVIe-XVIIe mais détruite par un bombardement en 1944), ou de nombreux édifices religieux des communes voisines, qui auraient pu témoigner d'une activité plus riche de ce sculpteur.

 

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III. LA STATUAIRE.

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Statue de sainte Julitte. Bois polychrome du XVIIe siècle, de 105 cm de haut, restaurée en 2001 à Kerguehennec. 

Classement MH 1991/11/14.

Il pourrait  s'agir d'une œuvre des ateliers de la Marine de Brest.

Un cliché ancien (de 1994 ?) de la Médiathèque du Patrimoine montre qu'il s'agissait à l'origine d'un groupe de Sainte Julitte avec son fils saint Cyr.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Elle tenait un objet (la palme du martyre ?) dans sa main droite ; sa main gauche est posée sur un livre. Un voile est visible sur sa tête, et il passe ensuite derrière sa nuque. Saint Cyr portait une pèlerine à larges rabats, et boutons antérieurs,  et une besace.

 

Sainte Julitte et son fils saint Cyr, âgé de 3 ou 4 ans, subirent le martyre à Tarse au IVe siècle.

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Copyright Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (objets mobiliers), tous droits réservés https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Copyright Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (objets mobiliers), tous droits réservés https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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On peut comparer ce groupe à celui de la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers : mais moi, j'ai ma préférée.

Cette cathédrale possède les reliques de saint Cyr et de sa mère depuis la fin du VIIIe siècle.

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Sainte Julitte et saint Cyr, pierre polychrome, XVIe siècle, cathédrale de Nevers. Photo lavieb-aile.

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Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de sainte Julitte provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Vierge allaitante ou Virgo lactans, bois polychrome de 75 cm de haut,  XVIe siècle, restaurée en mai 2012.

Vierge couronnée, présentant à travers une fente de sa robe le sein droit à son Fils.

Ce thème est répandu en Bretagne, notamment en Finistère :

 

 

Virgo lactans ou miss Néné ? Les candidates du Finistère. Les Vierges allaitantes.

 

 

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de la Vierge allaitante provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint Marc. Bois polychrome (4 niveaux successifs), XVIe siècle, restaurée en mars 2014 par l'ARR de Kerguehennec à  Brignan.

Inscrit MH au 21012/12/20

Le saint évangéliste tient un livre dans la main gauche . Il a perdu l'objet qu'il tenait en main droite et qui était peut-être un calame ou une plume de rédacteur.   Il s'identifie par le lion du Tétramorphe à ses pieds. Ce qui est particulier, c'est le bonnet de docteur dont il est coiffé. On retrouve cela en sculpture sur pierre, soit par Le Maître de Plougastel (statue en kersantite de saint Matthieu du Grand calvaire de Plougastel vers 1602 ; statue en kersantite de saint Marc du calvaire de Guipronvel), ou par Roland Doré (statue en kersantite de saint Marc su la façade ouest de Cast).

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004260

http://www.lavieb-aile.com/2020/04/la-fin-d-une-epidemie-le-calvaire-monumental-de-plougastel.html

http://www.lavieb-aile.com/2020/03/le-calvaire-de-l-eglise-de-cast.html

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Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Marc provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Saint- Yves. Bois polychrome du XVIIe siècle de 107 cm de haut, 34 cm de large et 26 cm de profondeur.

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Inscrit MH 1992/01/21.

Le saint est représenté en juriste (comme avocat ou comme Official) avec la barrette de docteur, le livre de droit en main droite, le rouleau de plaidoirie ou un "placet" (requête de justice) dans la main gauche, la cotte talaire (recouvrant les talons), le surplis, et le camail couvrant les épaules et dont la capuche entoure le cou. Les manches du surplis blanc ont des revers rouges.

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— Voir aussi sur l'iconographie de  saint Yves :

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Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Statue de saint Yves provenant de la chapelle de Lanjulitte, exposée dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte et restauré en avril 2016 par Gilles Mantoux.

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Ce pennon armorié était autrefois accroché au dessus du maître-autel de Lanjulitte. Il est en châtaignier polychrome et mesure 96 cm de haut, 105 cm de large et 12 cm d'épaisseur.

Les armoiries présenté de deux aigles sont timbrés d'une couronne de marquis, et sommée d'une tête d'ange ailée entourée de volutes.

A.H. Dizerbo et D. Cadiou l'ont décrit écartelé au 1 du Han — d'argent à la bande fuselée de sable soutenant un lion morné de sable —, au 2 Le Méneust — d'or à la fasce de gueules chargée d'un léopard d'argent et accompagné de trois roses de gueules—, au 3 d'Artois —de sable au greslier enguiché d'argent — et en 4 de Goulaine —mi-parti d'Angleterre et de France—, sur le tout de la Porte — de gueules au croissant d'hermines —.

Ce sont les armes de René de la Porte, vicomte d'Artois, conseiller au Parlement de Bretagne, qui a épousé en 1656 Anne Marie du Han, fille de Jean du Han et de Claude de Goulaine et petite fille de Le Meneust. C'est elle qui a hérité du comté de Crozon et de la seigneurie de Rosmadec.

Comme on le constate, les émaux (couleurs) d'origine n'ont pas été respectés, et tous les meubles ont été peints en or sauf le croissant central, bleu-gris sur fond blanc.

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Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte  et exposé dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Pennon généalogique provenant de la chapelle de Lanjulitte et exposé dans l' église de Telgruc. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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SOURCES, LIENS ET REVUE DE PRESSE.

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CADIOU (Didier) 2018,  Les restaurations de la chapelle de Lanjulitte, n°27 de la revue Avel Gornog  : Dossier  Telgruc-sur-Mer (Terrug) de juillet 2018 pages 83-95.
— CHAURIS (Louis), 2018,  La chapelle de Lanjulitte : polylithisme maîtrisé, 
 n°27 de la revue Avel Gornog  : Telgruc-sur-Mer (Terrug) pages 96-98.

— COUFFON (René) & LE BARS (Alfred), 1988,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8a73db67e2598582bf4670b1179c0215.pdf

CHAPELLE SAINTE-JULITTE A Lanjulitte. Edifice en forme de croix latine avec aile sud profonde, aujourd'hui en ruines. La poutre de gloire portait l'inscription : " FAICT PAR MOI IACQVES LE MONZE. 1677. ", mais la chapelle a gardé une partie de son fenestrage du XVe siècle.  Le mobilier, qui a pu être sauvé, a été transporté à l'église paroissiale (autel de l'aile nord, Crucifix du XVIe siècle de la sacristie, statue de saint Yves) et au presbytère (statues en mauvais état de sainte Julitte, saint Marc, saint Sébastien imberbe, Virgo Lactans). Chapiteau monumental ancien, au presbytère.

— DIZERBO (A.-H.), 1980, Monuments et objets d'art du Finistère. Telgruc, le chapiteau. Bulletin de la Société archéologique du Finistère. tome CVII p.262-264

—DIZERBO, A. Monuments et objets d'art du Finistère - Etudes, découvertes, restaurations. Telgruc, le chapiteau. Société archéologique du Finistère, tome CXXV, 1995, p. 166 et 521-522.

— DOUARD (Christel), 2011,  L'église Saint-Magloire, dossier IA29004999 de l'Inventaire.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-magloire-bourg-telgruc-sur-mer/5726fa3f-adbb-4471-8b54-855ae3ca1ee2

— DUHEM (Sophie), 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.) sous la direction d'Alain Croix, Rennes 2.

— MÉDIATHÈQUE DU PATRIMOINE : la statue de sainte Julitte et de saint Cyr en 1994, 29W04774. Hauteur h =105 ; XVIIe siècle (?). Il pourrait  s'agir d'une œuvre des ateliers de la Marine (de Brest). Classé au titre d'objet 1991/11/14

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001304?base=%5B%22Patrimoine%20mobilier%20%28Palissy%29%22%5D&mainSearch=%22telgruc%22&producteur=%5B%22Monuments%20Historiques%22%5D&idQuery=%228f0b44-786c-db22-812-84a1c56aa71%22

 

—  TANGUY-SCHRÖER (Judith), 2011, Dossier de l'Inventaire général IA29005013 .

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-sainte-julitte-lanjulitte-telgruc-sur-mer/e668da8c-0402-4e2d-be70-f4ca37c3dc55

 

"Chapelle de la fin du 15e siècle construite sur les terres des Rosmadec. Deux socles de statue du transept sud portent des blasons : l'un d'un ecclésiastique ; l'autre, aujourd'hui muet, était peut-être peint aux armes des Rosmadec. La mise en oeuvre en petits moellons réguliers du transept sud ainsi que ses baies (avec remplage gothique) et celles du choeur témoignent de l'ancienneté de l'édifice. En 1677, la chapelle est partiellement reconstruite, notamment le pignon ouest et la charpente, à l'initiative du recteur François de Kerscao, du curé Horellou et du fabricien Jacques Le Monze dont le nom figure sur une pierre remployée à la croisée du transept et sur le pignon ouest, avec la date. C'est sans doute à cette époque que la baie du transept sud est partiellement bouchée pour mettre en place un retable. La fenêtre percée dans le mur sud du choeur est transformée en porte pour accéder à une sacristie construite après 1831, autrefois couverte en appentis. Les ruines de la chapelle ont été consolidées en 2000.

Chapelle construite en moellon de grès et de schiste avec encadrements de baies en granite. Plan en croix latine asymétrique avec aile sud profonde et petite aile au nord. Nef courte sans bas-côtés et chevet plat. Tour carrée avec chambre des cloches ajourée. Au sud, petite pièce accolée au choeur à usage probable de sacristie.

Seule chapelle de la commune conservée après la Révolution sur les quatre existantes, Sainte-Julitte possédait un riche décor de poutres sculptées et de statues en bois polychrome dont un groupe sculpté de sainte Julitte et saint Cyr, classé M.H. en 1994. Après la dernière messe célébrée en 1955, elle est laissée à l'abandon. Les ruines de la chapelle ont été restaurées par l'association Eost de Telgruc grâce à des subventions obtenues par la municipalité en 2000."

—  TANGUY-SCHRÖER (Judith), 2011, Telgruc-sur-mer, Présentation de la commune. Dossier de l'Inventaire général IA29004998

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/presentation-de-la-commune-de-telgruc-sur-mer/38510869-7551-46df-8246-5459936d9f77

— FONDATION DU PATRIMOINE : Les sablières de la chapelle Sainte-Julitte.

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/sablieres-de-la-chapelle-de-lanjulitte-a-telgruc-sur-mer

— PRESQU-ILE-DE-CROZON.COM

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/telgruc-sur-mer/chapelle-de-lanjulitte-001.php

— WIKI-BREST

http://www.wiki-brest.net/index.php/Chapelle_Sainte-Julitte_de_Telgruc-sur-Mer

Ouest-France avril 2016. Le blason de la chapelle Sainte-Julitte a été restauré :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/telgruc-sur-mer-29560/le-blason-de-la-chapelle-de-lanjulitte-ete-restaure-4153985

— Ouest-France mars 2014. La statue Saint-Marc a été restaurée.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/telgruc-sur-mer-29560/la-statue-saint-marc-ete-restauree-2061292

— Le Télégramme 27 juillet 2013

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/crozon/telgruc/eglise-une-sabliere-de-lanjulitte-restauree-27-07-2013-2185404.php

— Le Télégramme 2016

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/eglise-le-blason-a-retrouve-sa-place-08-04-2016-11023362.php

— Le Télégramme 11 septembre 2017

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/patrimoine-des-sablieres-a-restaurer-11-09-2017-11658497.php

— Le Télégramme 22 décembre 2017

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/sablieres-lancement-de-la-souscription-22-12-2017-11790919.php

— LE Télégramme février 2019

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/patrimoine-une-souscription-pour-restaurer-des-sablieres-08-02-2019-12204521.php

— Le Télégramme mars 2020

https://www.letelegramme.fr/finistere/telgruc-sur-mer/les-entraits-de-lanjulitte-ont-rejoint-les-sablieres-dans-l-eglise-saint-magloire-03-03-2020-12517155.php

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 19:30

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PRÉSENTATION.

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L'église Saint-Onneau comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un chœur peu profond à chevet polygonal. Deux chapelles en ailes forment un faux transept au droit de la sixième travée qui est plus large ; celle du sud est partagée en deux par deux arcades et une architrave. Elle date de la seconde moitié du XVIe siècle et a été remaniée au XVIIe siècle.

La  charpente de la nef et celle du bras sud qui prolonge le porche montrent un bel ensemble de 22 pièces de sablières. Ces charpentes sont lambrissées , le lambris bleu constellé étant rythmé par le réseau de liernes et les abouts de poinçon.

Les sablières ne sont pas polychromes, et il est difficile de dire si elles l'étaient auparavant car elles sont recouvertes d'une couche monochrome jaune.

Elles ont été restaurées en 1850.

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CLIQUEZ SUR L'IMAGE.

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LE BAS-COTÉ SUD PROLONGEANT L'ENTRÉE PAR LE PORCHE SUD (1620).

Quatre pièces de sablières et quatre blochets figurés.

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A Le coté est.

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1. Première pièce. Inscription de fondation de 1620 présentée par deux hybrides.

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a) l'inscription.

Elle est écrite en lettres capitales sur deux lignes séparées par une moulure, mais n'est pas circonscrite par un cartouche.

 

D : MELGVN 

FVT : F : L : 1620.

Soit "D. MELGUN fut fabricien l'an 1620".

Cette date est cohérente avec celles des inscriptions lapidaires du porche sud, échelonnées entre 1612, 1618 et 1628, et précisant pour chacune des dates le nom du fabricien de l'année. Il y eut une interruption de 30 ans après le début de construction, indiquée, sous ces sablières, par l'inscription I : PARIS : F : 1581. Cette interruption a sans doute un rapport avec les guerres de la Ligue (1588-1598), les destructions et massacres de Guy de la Fontenelle à partir de son repaire de l'île Tristan de Douarnenez, le saccage de Penmarc'h en 1595 (et le surcroît de population d'Audierne qu'il engendre), la prise de Pont-Croix en septembre 1595. 

"Le port d’Audierne et celui de Penmarc'h étaient alors les deux principaux ports de commerce bretons. Cette période dura jusqu’aux désordres de la Ligue (guerres de religion). A cette époque, La Fontenelle, révolutionnaire breton, pille la région. Les industries ferment leurs portent et ne les rouvrent qu’après la signature de l’Edit de Nantes en 1598. Les commerçants, armateurs et maîtres de barque retrouvent alors leur richesse d’antan et participent activement à la construction des églises du Cap-Sizun. Pour que l’origine de leur prospérité marque les esprits, ils font sculpter au-dessus des porches la représentation de leurs navires. " (Audierne, histoire)

Or, Esquibien s'ouvre sur le Goyen (rivière traversant Pont-Croix et Audierne) par l'anse de Suguensou.

Néanmoins, cette date fait problème. Doit-elle qualifier l'ensemble des sablières d'Esquibien ? Simplement celles de ce bas-coté sud (pourtant placées au dessus de la date de 1581)? Simplement une restauration ou un achèvement de celles-ci ?

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Sous le nom du fabricien  MELGUN, il faut comprendre Melguen, nom bien attesté par les généalogistes, même si aucun des individus qu'ils mentionnent ne portent un prénom débutant par D (Daniel ? Denis ?).

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b) Les figures.

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L'inscription est présentée à gauche par un lion (qui tient dans sa gueule la moulure centrale) et à droite par un homme qui la désigne de l'index.

Les traits grossiers de cet homme barbu sont caractérisés par un œil de profil, placé en arrière du visage, et un nez fort, presque un museau, dont la proéminence pointe en triangle devant le front fuyant et le menton en retrait. Il porte une fraise courte, un pourpoint à boutons et des manches à crevés  en V laissant voir la dentelle des poignets : c'est bien le costume masculin de l'époque Henri IV.

La partie inférieure du corps, sous la taille, est remplacée par des feuillages tournoyant en une double volute.

Non sans humour, à la tête bestiale de l'humain répond la tête presque humaine du lion, dotée d'un petit nez, de cheveux bouclés, d'une barbiche ainsi que d'une fraise. Et autant le profil du premier formait un coin convexe, autant celui du second forme un entonnoir, concave. Mais ce "lion" s'achève également, après une crinière de plumes en deux volutes de feuilles.

Nous avons donc réuni, dès cette première pièce, les caractéristiques principales de cet ensemble : la dissolution des limites entre l'espèce humaine, le règne animal et le règne végétal, par des glissements de formes rappelant le succès littéraires des Métamorphoses (d'Ovide et de Lucien).

Ce caractère se retrouve fréquemment dans les sablières sculptées, il n'est donc pas spécifique d'un artisan donné, mais la façon dont il est traité est celle du Maître de Plomodiern, actif dans cette paroisse en 1564, mais, et cela nous concerne d'avantage, en 1544 à Notre-Dame de Pont-Croix, tout proche d'Esquibien. Et elle est aussi celle d'artistes anonymes actifs dans le Cap-Sizun au XVIe siècle.

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Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

 

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Un autre caractère, thématique cette fois, c'est l'importance donnée à la gueule et à la dévoration.

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Un dernier caractère, c'est le travail "brut", à la gouge, sans souci d'un ponçage de finition ou d'un amortissement arrondi des formes. Les détails sont rendus par des coups de gouge, soit francs avec une empreinte en arc de cercle ou en trait droit, soit glissés en cuillère. Là encore, c'est une façon qui se rencontre sur les sablières du Porzay (Plomodiern et Saint-Nic) comme en Cap-Sizun.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet A : homme tirant les pointes de sa barbe.

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C'est un thème ancien hérité des modillons romans, et fréquent notamment en sculpture sur pierre. On le considère même comme l'expression de la lubricité.

Mais on remarque ici la reprise de la fraise Henri IV, ou des crevés des manches u du pourpoint : c'est le même costume que pour l'homme de la pièce n°1.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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2. Deuxième pièce. Paires de dragons végétalisés avalant d'autres dragons, entourant un masque d'humain central.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet B : tête de dragon.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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B. Le coté ouest.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet C : tête de dragon.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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3. Troisième sablière.  Au centre, un masque léonin crache des têtes animales, qui dévorent des têtes humaines végétalisées. Aux extrémités, têtes de loup dont les langues sont végétalisées.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet D : tête de dragon dévorant un humain.

C'est là encore un motif fréquent du Cap Sizun : on le trouve à Confort-Meilars, à Pont-Croix (chapelle sud), ou à Plouhinec.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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4. Quatrième sablière.  Suite d'animaux, humain et végétaux.

Le thème de la dévoration, ou du motif "craché" de la gueule d'un autre, se poursuit. De gauche à droite, un dragon libère de sa gueule (ou menace d'avaler), un humain à bonnet de fou, lequel souffle/crache d'une tige évasée pourvue de feuilles un masque humain de profil, dont le cou libère des feuillages ou plumages, qui se confondent avec le corps végétalisé d'un autre, lui-même menacé par la gueule d'un loup.

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Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets du bas-coté sud de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LES 18 PIÈCES DE SABLIÈRES, ET LES BLOCHETS DE LA NEF.

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La nef est divisée transversalement par trois entraits (poutres) engoulés (à extrémités sculptés en tête de dragon avalant la pièce de bois) et centrés par un nœud de deux têtes de dragons.

Ces entraits sont complétés par douze blochets, pièces de bois transversales beaucoup plus courtes que les entraits et s'intercalant entre eux.

Les pièces de bois des sablières se trouvent ainsi limités par ces entraits et ces blochets.

Je les décrirai en partant de l'angle sud-ouest de la nef.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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LE COTÉ SUD.

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1. Première pièce sud. Anges présentant un médaillon.

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Ces "anges" n'ont rien de bibliques et s'apparentent plutôt à des hybrides humains/oiseaux, et leur corps s'effilochent vite en une queue  emplumée que dévore la gueule d'un lion.

Le visage humain de profil du médaillon est barbu, coiffé d'un casque, et monstrueux par son nez volumineux, et sa grimace.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet A. Tête de dragon.

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2. Deuxième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est dévorée par un dragon.

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Le dragon de droite est ailé, mais le corps de celui de gauche se déstructure en appendices foliaires et en une queue serpentine pénétrant la gueule dédoublée d'un dragon.

À l'opposé des sculptures du bas-coté sud, celles-ci sont poncées en volumes souples et lisses, tandis que les indentations des plumes et feuilles sont finement arrondies. Les coups de gouge restent utilisées pour rendre les écailles des gueules des dragons.

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Premier entrait engoulé.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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3. Troisième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est céphalisée en tête de dragon.

Les dragons à queue céphalisée sont légions sur les sablières du Cap Sizun. Les dragons se rapprochent de ceux de Confort-Meilars ou de Pont-Croix par leur nez retroussé, leur langue bouclée, les "nageoires" ou appendices foliaires, et par l'utilisation de trous de forets pour rendre les verrucosités des corps.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet B. L'Acrobate.

Il effectue, jambes et fesses nues, un renversement postérieur et amène sa tête moqueuse entre ses cuisses. Une fois de plus, le motif est très souvent retrouvés, mais plus souvent en about de poinçon.

Il ne faudrait pas croire que les sujets licencieux échappent à la vigilance des recteurs, ou à l'attention des fidèles. Au contraire, ils sont exigés, et les ymagiers doivent doter le nouveau bâtiment des mêmes scènes si appréciées dans les paroisses voisines (pour ne pas dire concurrente). Ils choquent, surprennent ou amusent nos regards mais le mélange des genres n'était pas jugé déplacé, et encore moins scandaleux à l'époque. Ils ne sont pas l'exception, ils sont la règle.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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4. Quatrième pièce sud. Dragons au corps végétalisé, à la  queue céphalisée en tête de dragon, entourant un masque de  femme grimaçant, de face.

La tête des deux dragons est celle de femmes portant une coiffe.

On retrouve  l'utilisation de trous de forets pour rendre les verrucosités des corps.

 

 

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deuxième entrait.

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5. Cinquième pièce sud. Être hybride au centre, tenant par leur langue deux dragons ailés .

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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BLOCHET C. Homme (ange?) présentant un écu.

Le haut du corps est travaillé par les traits glissés de gouges pour rendre une sorte de plumage . Le plissé du bas de la tunique est traité d'une façon similaire en  rainures parallèles par le fer de la gouge.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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6. Sixième pièce sud. Anges présentant un cartouche à inscription datée.

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Les anges présentent le texte suivant, sur 3 lignes :

15A1 / tête d'homme/ 1850

MM. STANGENNEC.R

RIOU .T . LE BARS M.

Le début est généralement interprété comme étant la date de 1541.Les lettres sont perlées et ornées pour imiter les inscriptions médiévales; Pourtant, le chiffre 4 est indiscutablement doté d'un jambage de A. D'autre part, il est contemporain de l'inscription générale, de 1850. Enfin, si on donne foi à cette date de 1541, cela remet en cause la date habituellement admise pour l'église, dans la seconde moitié du XVIe siècle. Et cela signifierait un écart de 80 ans entre les sablières du bas-coté sud, et celles de la nef : le style en est-il si différent ?

Sophie Duhem a validé la date de 1541 au même titre que celle de 1620. Faut-il la suivre ? 

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La ligne suivante fait mention du recteur Jacques Stanguennec, né le 14‐09‐1802 à Arzano, vicaire à Riec en 1830,  vicaire à Pont‐Aven  en 1838,  recteur de Trégourez en 1839 et , recteur d'Esquibien en 1847  jusqu'en 1875  avant de se retirer à Moëlan ; il est décédé le 26‐10‐1878.

L'inscription est également ambiguë : faut-il comprendre que le recteur Jacques Stanguennec a fit réaliser ces sablières, avec le soutien des (probables) fabriciens Riou et Lebars ? Ou bien qu'il s'est contenter de les faire restaurer ? Mais dans quel proportion ? 

S'il a souhaité indiquer cette date de 1541, l'a-t-il trouvée inscrite sur les sablières avant restauration ? Etc, etc...

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet D : gueule de dragon.

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7. Septième pièce sud. Anges encadrant un masque d'homme barbu.

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L'homme est caricatural par son gros nez, ses cheveux en flammes désordonnées, sa barbiche. On retrouve l'"œil d'Horus", amande d'un œil de face dans un visage de profil, déjà signalé dans les sablières du Maître de Plomodiern.

Il se détache sur une  gloire de rayons divergents qui ressemblent à des tuiles.

Les anges, volants, sont vêtus d'une aube bouffant à la taille autour d'une ceinture cachée. Une lanière marquée d'entailles droites en I traverse obliquement, mais sans de raison d'être, cette tunique. On les retrouve  sous le ciseau du Maître de Pleyben, notamment à Kerjean, mais avec une envolée lyrique de grande qualité.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Troisième entrait engoulé.

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8. Huitième pièce sud. Oiseaux hybrides encadrant un masque d'homme barbu.

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L'homme de profil ressemble au précédent, mais il est coiffé d'un casque. Il se détache sur un cercle. Si l'oiseau de droite est doté d'une aile et d'un début de corps avant sa queue en volutes, celui de gauche n'est qu'une tête, suivie de plumets bouclés. 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet E : ange tenant un livre ouvert.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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9. Neuvième pièce sud. Trois putti tiennent les spires d'une banderole marquée de tirets.

Les putti sont réduits à des têtes d'enfant, entourés de cornes de feuilles et coiffés de bicornes.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet F : ange tenant un phylactère.

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LE COTÉ NORD.

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Blochet G. : ange aux mains brisées.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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10. Neuvième pièce nord. Hybrides à tête humaine et corps feuillagé.

 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet H : ange tenant des clous et une fleur.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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11. Huitième pièce nord. Au centre, un homme de face, bras et jambes écartés. À gauche, un dragon ailé. À droite, un grylle, créature fantastique à plusieurs têtes greffées sur un corps feuillu.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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12. Septième pièce nord. Deux grylles aux têtes enlacées par un anneau.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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13. Sixième pièce nord. Au centre, tête coiffé d'un bicorne sur un corps de feuillages cornus. Sur les cotés, êtres à bonnet de fou et corps de feuillages.

 

 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet : ange tenant un écu.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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14. Cinquième pièce nord. Deux lions entourant une tête feuillagée.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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15. Quatrième pièce nord. Un homme et une femme aux corps feuillagés présentent un médaillon à profil d'homme.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet  K : homme barbu tenant un écu.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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16. Troisième pièce nord. Deux dragons avalant par les oreilles et la chevelure une tête humaine centrale. La queue des dragons est céphalisée.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Premier entrait.

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17. Deuxième pièce nord. Dragons reliés par un anneau entourant leur cou. Les corps feuillagés ou emplumés se transforment  un autre dragon. 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Blochet L. Personnage encapuchonné.

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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18. Première pièce nord. Dragons "engoulant" un visage de face. 

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Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Sablières et blochets de la nef de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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CONCLUSION.

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La liste des pièces est la suivante :

BAS-COTÉ SUD

 

1. Première pièce. Inscription de fondation de 1620 présentée par deux hybrides.

2. Deuxième pièce. Paires de dragons végétalisés avalant d'autres dragons, entourant un masque d'humain central.

3. Troisième sablière.  Au centre, un masque léonin crache des têtes animales, qui dévorent des têtes humaines végétalisées. Aux extrémités, têtes de loup dont les langues sont végétalisées.

4. Quatrième sablière.  Suite d'animaux, humain et végétaux.

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LES 18 PIÈCES DE SABLIÈRES, ET LES BLOCHETS DE LA NEF.

 

1. Première pièce sud. Anges présentant un médaillon.

2. Deuxième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est dévorée par un dragon.

3. Troisième pièce sud. Dragons liés par le cou, et dont la queue est céphalisée en tête de dragon.

4. Quatrième pièce sud. Dragons au corps végétalisé, à la  queue céphalisée en tête de dragon, entourant un masque de  femme grimaçant, de face.

5. Cinquième pièce sud. Être hybride au centre, tenant par leur langue deux dragons ailés .

6. Sixième pièce sud. Anges présentant un cartouche à inscription datée.

7. Septième pièce sud. Anges encadrant un masque d'homme barbu.

8. Huitième pièce sud. Oiseaux hybrides encadrant un masque d'homme barbu.

9. Neuvième pièce sud. Trois putti tiennent les spires d'une banderole marquée de tirets.

10. Neuvième pièce nord. Hybrides à tête humaine et corps feuillagé.

11. Huitième pièce nord. Au centre, un homme de face, bras et jambes écartés. À gauche, un dragon ailé. À droite, un grylle, créature fantastique à plusieurs têtes greffées sur un corps feuillu.

12. Septième pièce nord. Deux grylles aux têtes enlacées par un anneau.

13. Sixième pièce nord. Au centre, tête coiffé d'un bicorne sur un corps de feuillages cornus. Sur les cotés, êtres à bonnet de fou et corps de feuillages.

14. Cinquième pièce nord. Deux lions entourant une tête feuillagée.

15. Quatrième pièce nord. Un homme et une femme aux corps feuillagés présentent un médaillon à profil d'homme.

16. Troisième pièce nord. Deux dragons avalant par les oreilles et la chevelure une tête humaine centrale. La queue des dragons est céphalisée.

17. Deuxième pièce nord. Dragons reliés par un anneau entourant leur cou. Les corps feuillagés ou emplumés se transforment  un autre dragon. 

18. Première pièce nord. Dragons "engoulant" un visage de face. 

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Il est facile de constater la forte prévalence des dragons (8 pièces) ou des grylles. Aucune figure n'est indemne d'une métamorphose qui envahit les formes d'appendices aux formes de feuilles-plumes. Les "anges", lorsqu'ils sont ailés, ne sont pas respectés d'avantage. La complexité des figures mi-animales, mi-végétales est telle qu'il est difficile d'en donner une description succincte.

Les anges aptères des blochets sont plus dignes, dans leur fonction de porte-écu, porte-livre ou de présentateur de symbole liturgique.

Il n'y a pas de différence flagrante entre les pièces du bas-coté (dont la datation hésite entre celle de 1620, et celle de 1581 sur le pilier) et celle de la nef (datée peut-être de 1541, plus surement de la  construction de l'église dans la seconde moitié du XVIe siècle, et dont une part relève peut-être d'une restauration en 1850), car ce sont les mêmes thèmes, les mêmes accessoires de feuilles-plumes, et le même style qui s'y déploient.

Ce style (utilisation de la gouge en coup d'arc de cercles et en tirets, perforation au foret, visage au nez proéminent et menton et front fuyant, gros œil de face sur les profils, anges au buste plumés par des empreintes de gouge, etc), et ces thèmes de dragons et grylles dévorants et de transformation végétale, sont ceux que nous trouvons dans le Cap Sizun à Pont-Croix, Confort-Meilars, Saint-Tugen en Primelin, mais néanmoins nous ne trouvons à Esquibien pratiquement aucun élément du vocabulaire de la Renaissance : pas de vrai médaillon à profil à l'antique, pas de cartouche, pas de cuir à enroulement, pas de lanières ou volutes à encoches, pas de corne d'abondance, pas de guirlande, pas de coquille de Vénus, alors que tous ces éléments sont présents sur l'ancien jubé d'Esquibien remonté dans la tribune de la nef.

Par ailleurs, nous ne reconnaissons pas la main du Maître de Plomodiern actif à Pont-Croix et Saint-Tugen.

Ces parentés avec les sablières es paroisses environnantes, et cette absence d'influence de l'art des ornemanistes Renaissance, plaident-elles pour une réalisation plus précoce, avant 1550 ?

La discussion s'affinera sans doute grâce à d'autres compétences et d'autres mises en perspective, mais il importait déjà de mettre en ligne à la disposition de chacun la description reglée et exhaustive de cette charpente sculptée (j'ai seulement omis les abouts de poinçon de bas-coté sud).

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) et PEYRON (Paul), 1909, Notice sur Esquibien, BDHA, Quimper.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1099887/f85.image.r=Esquibien

 

— CALVEZ-DUIGOU (Nathalie) l'église Saint-Onneau d'Esquibien.

https://audierne.fr/aud-esq/eglise-esquibien/

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Esquibien, Nouveau répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a92259a04835f9c68053071304829681.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ESQUIBIE.pdf

EGLISE SAINT-ONNEAU (I.S.)

Elle comprend une nef de six travées avec bas-côtés terminée par un choeur peu profond à chevet polygonal. Deux chapelles en ailes forment un faux transept au droit de la sixième travée qui est plus large ; celle du sud est partagée en deux par deux arcades et une architrave. Elle date de la seconde moitié du XVIe siècle et a été remaniée au XVIIe siècle.

Le chevet a son fenestrage du XVIe siècle et, près du porche, à l'intérieur, on lit l'inscription : "I. PARIS. F. L. 1581."

L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec entraits engoulés et sablières. Les grandes arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers cylindriques ou octogonaux.

Blochets sculptés dans les sablières de la nef et face au porche.

 

— DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, L'église paroissiale d'Esquibien (Esquibien fusionnée en 2016 avec Audierne). Notice de l'Inventaire Général IA00006375

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-onneau-esquibien-fusionnee-en-audierne-en-2016/7bba1475-a53c-4c9b-92b5-465f992b7088

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997.  pages 142 à 146.

MEVEL (Gérard), 2018, Les sablières de l'église Saint-Onneau (sablières d'Esquibien filmées par un drone), texte d'Andrée CHAPALAIN.

"Les Films de l'Embarcadère" réalisent un film sur les sculptures des sablières de l'église Saint Onneau au bourg d'Esquibien 29770 AUDIERNE. Un travail des artisans des XVIème et XVIIème siècles présenté au cours des Journées Européennes du Patrimoine le 22 septembre 2019.

https://vimeo.com/361250205

 

Wikipedia : Eglise Saint-Onneau à Esquibien

Fiche Mérimée : PA00089924

Mobilier classé Monument Historique conservé dans l'édifice :

Confessionnal
Confessionnal n° 2
Statue : Saint Onneau
Autel, retable et tableau du L'Ange gardien
Maître-autel
Chaire à prêcher
Statue : Christ en croix
Autel, retable et tableau du Rosaire

MONUMENTUM

https://monumentum.fr/eglise-saint-onneau-pa00089924.html pop.culture.gouv :

PALISSY

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089924

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 14:56

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières (1559) de la nef et du chœur.

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— Voir les premiers articles de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

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— Voir aussi sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

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— Voir sur les autres monuments de la commune :

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Voir sur les sablières de Bretagne : 


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PRÉSENTATION.

Voir article II.

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La charpente de l'église Saint-Yves a été superbement restaurée entre 2014 et 2017  sous la direction de l'architecte en chef des monuments historiques Marie-Suzanne de Ponthaud assistée de Françoise Godet-Boulestreau, de l'agence d'architecture de Crozon,  supervisant les activités de peinture de l'entreprise Arthema de Nozay (44) et de menuiserie de l'atelier Le Ber de Sizun, dirigé par Steven Le Ber.

La nef est divisée par six entraits engoulés (poutres transversales dont les extrémités sont sculptées en gueule de dragon) en six travées. Le sixième entrait est une poutre de gloire, car elle porte les statues du Christ en croix entre Marie et Jean. Sous ce sixième entrait, un jubé polychrome (l'un des rares encore conservé malgré la Contre-Réforme qui demanda leur suppression) forme une séparation transversale : au delà  s'ouvre un nouvel espace, le chœur, rythmé à son tour par quatre entraits en autant de travées.

Malgré mes efforts didactiques, résumons : la charpente est divisée en 10 travées. Et chacune est décorée, à l'union entre le mur, et la voûte lambrissée, par des sablières sculptées et peintes : le sujet de cet article.

L'effet extraordinaire que  la restauration de 2017 suscite au  visiteur résulte en grande partie de la peinture du lambris en un très beau bleu profond, constellé d'étoiles, de macles (emblème des Rohan), de fleurs de lys, et décoré d'angelots et du monogramme IHS. Mon premier article, sur les culots de poinçon (ou abouts de poinçon), le montrait suffisamment. Des lustres en couronne conçus par Mael Iger diffusent un éclairage très adapté à ces splendeurs.

Me voilà à pied d'œuvre pour décrire les 20 sablières (12 pour la nef et 8 pour le chœur). Mais autant cette description s'est avérée plaisante (et, pour moi, passionnante) pour les bas-cotés, autant elle suscite pour cette partie IV une lassitude liée au caractère monotone du décor.

 Nous avions déjà eu un avant-goût de cela pour les quatre dernières sablières S7 à S10 et N7 à N10 des bas-cotés, faites de têtes isolées, d'hommes ou de sauvages tenant des phylactères ou d'anges. Eh bien, nous les retrouvons ici, placés beaucoup plus haut, bien que  cette fois, polychromes. Nous pouvons déjà postuler que c'est le même atelier de sculpteurs qui a réalisé les sablières S7 à S10 et N7 à N10 sur les bas-cotés, et l'ensemble des sablières hautes de la nef et du chœur. Un atelier différent, à mon avis, de celui qui a donné les belles pièces du début des bas-cotés, en 1552.

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Dois-je les présenter et les décrire une à une en les numérotant Ss1 à Ss 10 et Nn1 à Nn 10 comme je l'ai fait pour les bas-cotés? Repérer leur séquence dans le dédale de mes photos pour dresser une liste au risque de me tromper ? Faire ce travail fastidieux, inutile et vain? Oui, et débutons par la liste.

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La liste des sablières de la nef et du chœur :

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COTÉ SUD.

SS1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Ss2 : deux têtes de femme tenant chacune un phylactère.

Ss3 : têtes à oreilles de vache tenant un phylactère.

 Ss4 : deux masques à banderoles.

Ss5 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Ss6 : inscription A : ROLLANT 1559.

Ss7 : Deux têtes d'hommes tenant un phylactère.

Ss8 : deux bustes d'homme dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Ss9 : deux têtes de vache dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Ss10 :  Deux têtes d'hommes dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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COTÉ NORD.

Nn1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn2 : deux bustes d'hommes nus tenant une banderole.

Nn3 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn4 : deux têtes de femme  tenant chacune un phylactère à inscription.

Nn5 :  deux hommes sauvages, couronnés,  jambes écartées.

Nn6 : deux lions présentant un blason bûché.

Nn7 : deux hommes sauvages jambes écartées.

Nn8 : deux têtes d'anges, ailes déployées.

Nn9 : quatre têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

Nn10 : deux têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Schéma de Marie-Suzanne de Ponthaud, et mention surajoutée des dates portées par les sablières.

Schéma de Marie-Suzanne de Ponthaud, et mention surajoutée des dates portées par les sablières.

Voûte lambrissée  de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Voûte lambrissée de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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DESCRIPTION.

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LE COTÉ SUD DE LA NEF .

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SS1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss2 : deux têtes de femme aux chevelures excentriques tenant chacune un phylactère, entre deux masques humains de profil.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss3 : têtes à oreilles de vache tenant un phylactère entre deux serpents.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss4 : deux masques à banderoles.

La pièce suivante,  Ss 4, montre un masque humain au front ceint d'un ruban, et crachant une banderole à inscription. À coté de lui, un masque humain à oreilles de vache tient un phylactère blanc à inscription sibylline.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss 5 : hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss6 : inscription A : ROLLANT 1559.

Située  juste avant le jubé,  Ss6 porte une inscription donnant le nom du fabricien (c'est mon avis) et la date du chantier : A: ROLLANT / 1559:

 Donc sept ans après la construction de la charpente des bas-cotés. Le patronyme est attesté à Ploudiry, mais plus tardivement et sous la forme ROLLAND.

Les deux portions de l'inscription occupent des cartouches tenus par des personnages hybrides, au torse nu et aux jambes remplacées par des plumes. Au centre, noué par des faveurs bleues, un carré a été bûché : gageons qu'il portait les armoiries des seigneurs prééminenciers.

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Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Voûte lambrissée, coté sud, avant le jubé (Ss3 à Ss6).

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Voûte lambrissée, coté sud, après le jubé (Ss7 à Ss10).

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss7 : Deux têtes d'hommes tenant un phylactère.

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss8 : deux bustes d'homme et homme sauvage dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss9 : deux têtes de vache (ou de bœuf) dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières sud (1559) du chœur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Ss10 :  Deux têtes d'hommes dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).

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Blochet final au sud du chevet.

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La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice IV : les sablières de la nef et du chœur (1559).

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LE COTÉ NORD DE LA NEF .

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn1 : deux hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn2 : deux bustes d'hommes nus tenant une banderole.

 

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn3 : deux hommes sauvages jambes écartées.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn4 : deux têtes de femme   tenant chacune un phylactère à inscription.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn5 :  deux hommes sauvages, couronnés,  jambes écartées.

 

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn6 : deux lions présentant un blason bûché.

Cette pièce héraldique fait face à Ss6, qui portait l'inscription.

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Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) de la nef de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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SABLIÈRES DU CHOEUR, COTÉ NORD.

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Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn7 : deux hommes sauvages jambes écartées.

 

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Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn8 : deux têtes d'anges, ailes déployées.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn9 : quatre têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

 

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Nn10 : deux têtes d'homme, dans une frise en zig-zag blanche et jaune.

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Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1559) du choeur de l'église de La Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 11:50

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice III : les sablières du bas-coté nord (1561).

Voir les premiers articles de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

Voir sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

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Voir sur les autres monuments de la commune :

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Voir sur les sablières de Bretagne : 


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PRÉSENTATION.

Voir article II.

Un bonus : les photos de 2011 avant la restauration.

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Liste des  pièces de sablières du bas-coté nord

N1 : homme tenant une volute entre deux animaux (chevaux?)

N2 : diable ailé agrippant un homme. Feuillages ; deux têtes d'âne.

N3 : Funérailles

N4 : Labour.

N5 : Homme tenant des cornes d'abondance.

N6 : Inscription 1561 ou 1552. Homme levant son verre ; saint Matthias ; un charpentier.

N7 : Deux hommes au phylactère.

N8 : anges

N9 : deux hommes aux phylactères

N10 : deux hommes sauvages jambes écartées.

 

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Blochet BN.1 : Fou en tunique à grelot (Le Ber, 2017).

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N1 : homme tenant une volute entre deux animaux (chevaux?) .

L'homme tient-il un rabot ?

Frise inférieure de style bellifontain semblable aux frises de 1552 du coté sud, à volutes liées par des anneaux, et tête humaine aux yeux caves pénétrées par des arceaux. Ce décor est cité dans la partie supérieure.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet  BN.2 : homme portant une courte fraise.

Son pourpoint est orné d'un élément en T, plutôt décoratif que figuratif.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N2 : diable ailé agrippant un homme. Feuillages ; deux têtes d'âne.

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Frise inférieure : semblable à celle du coté sud, avec des épillets. Cartouche 2017 sous le blochet B.N3

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet BN.3 : homme portant la fraise. 

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Sablière N3 : scène de funérailles (1561)

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Un chariot (charrette sans ridelle) tiré par deux chevaux porte le cadavre du défunt, suivi par une femme et son enfant puis un homme portant une pelle sur l'épaule ; on considère qu'il s'agit du fossoyeur.

L'attelage est mené par un valet.

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Une scène de funérailles est également présente sur les sablières de La Martyre, village voisin de La Roche-Maurice, vers la date de 1560. Elle est plus complète, avec 15 personnages (le clergé en tête, les six membres de la famille derrière), et un attelage à trois chevaux mené par un clochetteur.  Le style de ses sablières relève d'un sculpteur bien différent de celui de La Roche-Maurice.

On la trouve également sur les sablières de l'ossuaire de  la paroisse voisine, Pencran, mais à la date de 1594. Cet ossuaire est privé : pas de photo.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Les modalités de l'attelage sont précisément représentées : les bras du chariot entourent le cheval arrière, qui en soutient la charge par un demi-collier de selle, et par un collier d'épaule. Un cordage (ou une traverse en bois)  fixé en aval des poignées des bras est tracté par le cheval de tête, par un demi-collier (sans selle) et un collier d'épaule. Les chevaux n'ont pas de bride, celui de tête étant mené par une corde passé au poitrail.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet  BN.4 : homme barbu.

Ce n'est pas un apôtre, car il est chaussé. Il est vêtu d'un manteau complètement ouvert, aux revers ornés, et s'évasant derrière le dos en capuchon.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N4 : scène de labour (1561)

 

Un paysan guide sa charrue tirée par deux chevaux menés par le valet de ferme.

Les scènes de labour sont rares en sculpture au XVIe siècle, notamment sur les sablières, et celle-ci fournit  donc un document iconographique précieux.

Mais si ces scènes sont rares, on en trouve néanmoins non seulement ici, mais aussi sur les sablières de  La Martyre (vers 1560), Le Tréhou (vers 1555), Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Pleyben, Bodilis, donc entre 1555 et 1570 dans un rayon de 50 km en Finistère. Les trois derniers sites relèvent de l'atelier du Maître de Pleyben. Plusieurs illustrent un accident par lequel un valet est écrasé par l'attelage. Soit un corpus de six exemples.

Je renvois à mon article sur la sablière du Tréhou, où j'ai approfondi l'étude de ce thème.

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Récapitulatif chronologique du corpus.

a) Église du Tréhou v.1555. charrue à avant-train à roues, attelage de 2 paires de bœufs et 1 bœuf de tête, conducteur + 1 guide de tête, renversé par le bœuf.

Les sablières de l'église Sainte-Pitère du Tréhou II : le labour.

b) Église Saint-Salomon de La Martyre (1560?).Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 chevaux + 2 bœufs + 2 chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident.

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières (1560?).

c) église de La Roche-Maurice ( 1552 ou 1561). Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 paires de chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident ?.

d) Église de Bodilis. I. (Maître de Pleyben 1567).

Charrue à avant-train à roues, attelage à 4 chevaux. Un conducteur,1 guide de tête et un semeur en avant. Pas d'accident.

Les sablières de l'église de Bodilis. I. La scène des semailles et du labour (anonyme, 1567).

 

e) Chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom (Maître de Pleyben v.1575). Charrue à avant-train à roue, attelage de 4 chevaux un conducteur, 2 guides et un 3ème écrasé par l'attelage.

La charpente sculptée du collatéral nord de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern par le Maître de Pleyben (vers 1575).

f) Église de Pleyben ( Maître de Pleyben vers 1571) : haut de la nef coté sud. Charrue à avant-train à roue, attelage à 2 chevaux en couple + 1 cheval de tête. Un conducteur + un guide latéral. Accident (emballement du cheval de tête et écrasement du guide.

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le chœur et le haut de la nef. Sablières et  blochets.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le maître courbé pour épouser la forme de la sablière, porte à la ceinture une hache. Il est coiffé d'un bonnet, porte un sarrau, et un bracelet de bras. Il tient les mancherons par ne prise différente de chaque coté.

La charrue comporte successivement les mancherons, tenus écartés par des traverses, et fixés sur le  dental (ou sep) par des goujons ; le soc, en avant du dental ; le timon, et ses deux chevilles élargies par des coins ; le coutre ou couteau, tranchant la terre en avant du soc.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le timon, posé sur l'avant-train à deux roues, est ceinturé par un cordage retenu par une cheville en T.

Puis vient, en avant des roues, le "timon d'avant-train" barré par deux forts madriers ; ce sont ces madriers qui sont tractés par les deux chevaux, par l'intermédiaire de deux cordages fixés à un double collier d'épaule et à un collier de dos.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Enfin, le cheval de tête est mené par un valet de ferme. Il est penché en avant, soit par l'effort qu'il produit, soit (mais c'est ici peu convaincant) par un accident qui le renverse.

Il tient un outil dont le manche se termine par une fourche en V ; il serait intéressant d'en trouver d'autres exemples. J'imagine que cela lui sert à aiguillonner ses bêtes.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.5 : saint Pierre.

Il est identifié par sa clef ; son livre porte cinq lettres gravées.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N5. Homme tenant deux cornes d'abondance

Au centre, un buste d'homme barbu coiffé d'un bonnet. Il tient dans ses mains les pointes de deux cornes d'abondance et, par un bracelet, de deux épillets. Les cornes libèrent à chaque extrémité des tiges qui s'épanouissent en bustes humains, plutôt féminins. Nous retrouvons ici la veine fantastique de métamorphoses entre l'humain et le végétal, noté sur les sablières sud et qui sont une des caractéristiques stylistiques du sculpteur, tranchant après deux scènes très réalistes de l'environnement rural.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet BN.6 : homme barbu en pourpoint à 7 boutons, col large à gland et courte fraise.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N6 : Inscription de 1561 ou 1552.

C'est la pièce la plus difficile, et, de ce fait la plus passionnante pour le chercheur.

Elle précède la frontière qui, dans la nef, sépare cette dernière du chœur par le jubé. Et elle correspond, sur le bas-coté sud, à la sablière S6, qui porte aussi un blason (au lion rampant des seigneurs de Léon) et aussi une inscription datée de 1552.

Au centre, un cartouche carré devait porter des armoiries qui ont été bûchées. Ce blason est présenté par un lion.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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À gauche, un homme, allongé, est vêtu d'un manteau de belle coupe et coiffé d'un bonnet. Il tient dans la main droite un bâton et lève un verre de la main gauche.

Sur la frise inférieur, l'inscription (dont nous allons parler) dit : "POUR LES SARPANTER". Cet homme, qui pourrait être le fabricien maître d'ouvrage, offrirait donc ainsi à boire aux charpentiers et rendraient hommage à leur travail.

Son bâton porte une série de points régulièrement espacés en quinconce : comme une canne écotée, mais comme aussi une règle d'arpenteur.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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L'apôtre Matthias , patron des charpentiers.

Pour l'identifier, je me base sur les pieds nus, la barbe  et le livre, trois éléments qui indiquent qu'il s'agit d'un apôtre. C'est alors soit saint Paul, soit saint Matthias. Je retiens ce dernier puisqu'il est le patron des charpentiers ; son attribut le plus habituel est la hache.

À ses cotés, un homme barbu et coiffé d'un bonnet frappe avec un maillet sur quatre gobelets qui pourraient être des clochettes. Si on oublie ces cupules, l'homme devient un portrait parfait d'un charpentier. Toute la pièce devient cohérente.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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L'inscription.

 

Elle est légèrement gravée, et surtout  peinte ; par conséquent, elle n'a pu traverser les siècles sans risquer d'être modifiée. Or, sa lecture est cruciale sur le plan de l'histoire de la construction, et des sablières.

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Lucien Lécureux a relevé en 1914 le texte suivant : POURLES : SARPANIEL : JA[n] LE BOELL *  G + A[n] LAN MIL V LXI : ALAER MENN.

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inscription relevée par Lucien Lécureux en 1914.

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Guy Leclerc propose :

"Pour les Sarpanters ; Jacques le Born, Gouverneur, A l'An MVLXI. Fiacr. Menn" (Pour les charpentiers. Jacques Le Born 1561. Fiacre Le Menn).

Couffon donne les relevés suivants : " IA(N). LE. BOELL. G. AN. LAN. MIL VcLXI //1561. H. H. ELAERE. LE. MEN."

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La difficulté provient, entre autre, de la confusion possible:

- entre les C, les S longs et les L.

-du sigle du deux-points (réunis comme d'habitude par un serpentin) qui peut être pris à tort pour un S

-du -r minuscule et du -e minuscule, selon que la barre forme, ou non, un œil . Ainsi "SARPANTERS" peut être lu "SAEPANTRE :"

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Je peux à mon tour proposer :

 

POURLES SARPANTEL : IA : LE BORN (une fleur) G A LAN MVLII AIACR :  MENN (puis une fleur), soit peut-être " Pour les charpentiers Jean Le Borgne Gouverneur en l'an 1552 Fiacre [le] Menn"

Remarques.

1. Quelque soit la lecture, les graphies sarpenter, ou sarpentre, voire sarpaniel ne sont pas attestées en moyen-français dans la base de donnée du CNRTL. Godefroy donne les formes cherpantier, carpentir, charpenter, cherpentiers, charpenter,et  cherphentier (comptes de la cathédrale de Léon 1657-1660). Le DAN, (dictionnaire anglo-normand) donne :

 charpenter1, charpentier; carpentare, carpenter, carpentere; carponter, carpunter; charpunter (karpuntre Leicester 383).

[FEW: carpentum; Gdf: 2,78b charpenter; GdfC: 9,53c charpenter; TL: 2,279 charpenter; DEAF:  charpent; DMF: charpenter; TLF: charpenter; OED: carpenter n.; MED: carpenter n.; DMLBS: 286b carpentator]

[occupation] carpenter: 

Des charpenters, dé (ed. de)  mazouns […]  Lib Cust 99;

touz les carpenters et masouns et fevres  Cron Lond 49.22;

un grant lathe pur l’office du Carpentar’   PRO E101/547/21/7;

Item pur un carpunter overantz en la sale et quisine […]  Mch Tayl Accs 22-23 Rich II

2. IA LE BORN : le prénom doit être IAN pour Jean (mais on pourrait lire FAB) ; le patronyme Le Born n'est pas attesté à Ploudiry. Mais c'est une forme de LE BORGNE, mais également non attestée, pas plus que Le DORN. Sans localisation, je trouve sur geneanet Jean Le BORGNE BORN, né en 1595. La barre du -r de BORN est en réalité fermée comme un -e, et la lecture BOEN (voire BOELL comme Lécureux et Couffon) est plausible. La recherche en généalogie avec LE BON ou LE BOEN est infructueuse. Le nom LE BOELL  est attesté dans l'est de la France : ce serait le nom d'un hûchier alsacien??.

3. Le dessin de fleurette est suivi d'un 6 qui a été considéré comme un G, lequel a été transcrit par "gouverneur" qualifiant le dénommé Le Born. Un "gouverneur" est un fabricien, il dirige la fabrique de l'église. C'est fort hasardeux.

4. La lecture du chronogramme fait consensus, avec la date de 1561, ... sauf pour moi. Je lis MVLII (ou MDLII), ce qui donne la date de 1552. Or, c'est cette date qui est lisible sur la sablière symétrique S6 du coté sud. Elle est plus cohérente avec la date de 1559 de la nef, si on estime que le haut de la nef a été bâtie après les bas-cotés. Autre argument, cette date du coté sud est accompagnée du même nom FIACRE LE MENN. Si c'est le nom du fabricien de l'année, les deux dates doivent être similaires. Comme sur le coté sud, c'est l'avant-dernière lettre qui est ambiguë. Le fût en I est barrée d'une diagonale, sous l'effet peut-être d'un artefact, et son pied est orné.

5. Nous avons ensuite ALACR, ou AIACR, ou MARC, ou ALACE, ou FLACR, ou FIACR, suivi du deux-point en S. La transcription tentante en "Fiacre" est aléatoire.

6. le patronyme MENN est clairement lisible, avec un M majuscule gothique. J'ai signalé que ce patronyme est attesté à Ploudiry.

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Au total, la transcription de Guy Leclerc "Pour les charpentiers. Jacques Le Born gouverneur 1561. Fiacre Le Menn" a le mérite d'être plaisante, et de faire sens .  Mais finalement, presque tous ses termes sont sujets à caution.

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Sur mes photos, j'ai adopté la leçon de Guy Leclerc.

 

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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UNE RUPTURE DE STYLE.

Au delà de la sixième pièce de sablière, ( correspondant, dans la nef, au franchissement du jubé), nous assistons à un changement de style, dont le critère le plus objectif est l'interruption de la frise inférieure. Il y a changement stylistique, et les scènes figurées complexes et fantasques laissent la place à des éléments ponctuels sur une pièce de bois non sculptée par ailleurs : bustes d'hommes ou d'anges, hommes au phylactère. Le changement d'atelier est manifeste.

La même rupture survient également sur le bas-coté sud au delà de la 6ème travée, qui reprend sans variété  les mêmes anges et les mêmes hommes au phylactère.

Cela correspond-il à une réalisation plus tardive (ou antérieure au contraire) ? 

Sophie Duhem mentionne un atelier de l'église de Plonévez-du-Faou, également actif à Combrit, qui adopte ce style ( assez banal et répétitif), dont j'ai décrit une réalisation sur la  chapelle sud dite du Rosaire de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

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Blochet B.N. 7. Non taillé.

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Sablière N7. Deux hommes au phylactère.

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Ils se remarquent par leurs bajoues saillantes, voire pointues.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.8 : non photographié.

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Sablière N8 . Bustes d'anges.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.8 : homme grimaçant .

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N9 . Deux hommes au phylactère.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.9 : tête de dragon tenant dans sa gueule un humain .

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sablière N10 : hommes sauvages jambes écartées.

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Ce motif d'homme sauvage permet, par son intérêt, de terminer la visite en beauté. Le thème a été très étudié ces dernières années par Sophie Duhem et son équipe de l'Université de Toulouse dans un ouvrage dont les titres de chapitre disent bien le champ d'investigation :  "L’homme primitif : figures des origines et des confins du monde, L’homme des « seuils » : osmose des lieux et ambivalence des signes, L’homme des bois : figure du lieu et du territoire ; Figurer la nature hybride de l’homme végétal et sylvestre. L’état sauvage : état de nature et contre nature.". L'ouvrage a succédé à un colloque  de 2017 sur "l'Homme des bois et l'homme vert"

http://blog.apahau.org/appel-a-communication-lhomme-des-bois-et-lhomme-vert-limaginaire-de-lhomme-sylvestre-dans-la-litterature-et-les-arts-toulouse-janvier-2017/

—DUHEM (Sophie), 2019, L’homme sauvage dans les lettres et les arts, Cristina Noacco et Sophie Duhem (dir.) Presses Universitaires de Rennes.

Or, la contamination de la figure humaine par le  monde végétal (feuilles, bois, racines, palmes, bâtons écotés) sous les signes de la métamorphose, de l'hybridation, de la dilution des frontières, est précisément ce qui caractérisaient plusieurs des pièces de sablières, surtout  certes du coté sud, et notamment sur ses frises inférieures.

Si les pièces 7 à 10 sont d'un autre sculpteur que l'auteur des pièces 1 à 6, du moins, nous "bouclons la boucle" par le retour d'une certaine unité sous ce vent baroque venu d'Italie sous François Ier. 

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La sauvagerie s'allie bien sûr ici par cette posture jambes écartées à l'obscénité, ce qui est "hors de la scène". Dans tous les cas nous sommes dans ces confins, ces limites, qui caractérisent les sablières : une zone d'écart pour l'église,  qui — comme pour les crossettes et gargouilles à l'extérieur— n'est pas régie par le champ liturgique mais qui, loin d'être dénuée de règles, développe une forme étrange du sacré.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet  BN.10 : ange.

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Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières et blochets du bas-coté nord de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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— LÉCUREUX (Lucien), 1914, Congrès archéologique de France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f218.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 14:06

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice II : les sablières et blochets du bas-coté sud (1552).

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Je poursuis ma découverte de la charpente sculptée de l'église Saint-Yves, après sa remarquable restauration en 2014-2017. Cette série comportera 4 articles : I,  Les abouts de poinçon. II, Sablières et blochets du bas-coté sud. III, Sablières et blochets du bas-coté nord. IV. Sablières et blochets de la nef.

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Voir le premier article de cette série sur la charpente sculptée de La Roche-Maurice :

Voir sur l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice :

 

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— Voir sur les autres monuments de la commune :

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Voir sur les sablières de Bretagne : 


 

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PRÉSENTATION.

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"La Roche-Maurice fut jusqu’au Concordat de 1801 une des nombreuses trèves de la paroisse de Ploudiry, elle-même prieuré cure de l’abbaye des chanoines réguliers de saint Augustin à Daoulas.

L’église actuelle fut construite au cours du XVIe siècle ; c’est dans une église ou chapelle qui la précéda, qu’en 1363, Hervé VIII dernier seigneur de Léon fonda par testament deux chapellenies. À cette date, l’église de La Roche-Maurice est déjà placée sous le patronage de saint Yves décédé en 1303 et canonisé en 1347.

L’édifice actuel est de plan rectangulaire comme l’étaient la plupart des églises et chapelles bretonnes jusqu’au XVe siècle. Il porte sur sa structure des dates s’échelonnant de 1539 sur la grande verrière à 1589 au-dessus du portail occidental. L’édifice dut être entièrement reconstruit et peut-être agrandi au cours du XVIe siècle comme tant d’autres édifices religieux qui avaient eu à souffrir des guerres bretonnes entre 1487 et 1491. Au cours de ces guerres, le château de La Roche-Maurice fut assiégé et endommagé, nul doute que le bourg castral et son église eurent à subir quelques méfaits. La paix et la prospérité revenues favorisèrent un élan de construction ou de reconstruction d’églises et de chapelles déjà amorcé au cours du XVe siècle.

La construction de la nouvelle église de La Roche-Maurice se fait du temps du vicomte René Ier de Rohan (1516-1552) qui devint prince de Léon vers 1530, des vicomtes Henri Ier de Rohan (1535-1575), René II de Rohan (1550-1585) et Henri II de Rohan, ce dernier devenu duc de Rohan en 1603. La fin du mécénat ducal à la mort, en 1514, d’Anne de Bretagne entraîne le tarissement progressif du mécénat seigneurial. Rappelons que les Rohan adhèrent au protestantisme de 1550 à 1645. À La Roche-Maurice comme ailleurs, les ressources paroissiales, gérées par des fabriques recrutés parmi la paysannerie aisée, permettent la mise en œuvre de chantiers aussi bien que la commande d’œuvres d’art. Les comptes conservés de la trève ne concernent que les années 1692-17025, les ressources annuelles sont alors d’environ 600 livres. Le plus ancien document laissé par la fabrique date de 1560 et concerne un acte de donation. De l’époque de la construction de l’église actuelle et de son embellissement nous n’avons que quelques noms de fabriques, appelés tantôt trésoriers tantôt marguilliers, inscrits sur le verre, dans le bois ou la pierre. Les armoiries des Rohan et de leurs alliances qui figurent ou figuraient dans divers endroits de l’église rappellent moins leur mécénat que leurs droits de seigneurs prééminenciers. Les Rohan percevaient une chefrente sur certains biens que possédait la fabrique de l’église. En ce XVIe siècle qui voit la reconstruction de son église, La Roche-Maurice reste le siège d’une juridiction, son château fort est aussi en reconstruction sous la direction des capitaines qui en assurent la garde. Ce double chantier anime la petite cité mais aussi pèse sur sa population sous forme de corvées pour le château, de charrois gratuits pour l’église." (G. Leclerc)

 

L'intérieur, du type à nef obscure, et dont les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers cylindriques, est lambrissé en berceau avec sablières et entraits engoulés. La richesse de ses sculptures, notamment des sablières, panneaux sculptés qui ornent le sommet des murs, a été remarquée depuis longtemps. 

Les auteurs les datent habituellement de 1559 (date sur le coté sud de la nef) et 1561 (bas-coté nord) , mais une inscription, particulièrement soignée du bas-coté sud,  méconnue jusqu'à la restauration de 2017, porte la date de 1552 et les armes des seigneurs de Léon.

La pose de la charpente aurait donc débuté par le bas-coté sud, puis le sud de la nef et enfin le bas-coté nord. Le chevet était construit depuis plus de 20 ans, puisque la maîtresse-vitre porte la date de 1539. On notera que la chapelle de Pont-Christ  reçut ses sablières en 1560.

La datation 1552-1561 des sablières correspond à la fin du règne d'Henri II et au début de celui de François II. L'influence des ornemanistes de l'École de Fontainebleau s'y décèle sur la frise inférieure, mais bien moins que dans les productions de l'atelier du Maître de Pleyben, postérieur d'une vingtaine d'année.

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Contexte : les ateliers de menuisier-imagiers de Bretagne à la moitié du XVIe siècle.

Le contexte peut se baser sur trois critères : stylistique, chronologique, et thématique.

— Les caractéristiques stylistiques du sculpteur des sablières de La Roche-Maurice n'ont pas été étudiées, et cette série d'article pourra procurer les moyens de le faire. 

— À défaut, nous pouvons profiter de connaître leur date pour les situer dans la production des sablières, même si beaucoup de celles-ci ne soient pas datées. En Finistère, 114 ensembles sont datés du XVIe siècle (S. Duhem).

En Basse-Bretagne, la charpente sculptée de La Roche-Maurice (1552-1561) est contemporaine de l'atelier  de Plomodiern (1544-1564), actif plus au sud, et antérieure à la production de celui de Pleyben (1567-1576). Elle est contemporaine des sablières de Pont-Christ (1560, perdues),  de Le Tréhou (ca 1555), de Lannédern (1559), et de La Martyre (ca 1560).

  — Sur le plan thématique, l'ensemble comporte au moins cinq thèmes remarquables : au sud une lutte au bâton de bouillie, un buveur au tonnelet, puis un couple de musiciens tambourin/cornemuse, et au nord  une scène de labour, et une scène de funérailles. Ces thèmes se retrouvent ailleurs en Bretagne. Le plus significatif est le labour à la charrue, retrouvé aussi  à La Martyre, Le Tréhou, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Pleyben, Bodilis, entre 1560 et 1570 dans un rayon de 50 km en Finistère. Les trois derniers sites relèvent de l'atelier du Maître de Pleyben.

Voir : Tous mes articles sur les sablières.

 

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Rappel sur la structure de la charpente.

Les entraits sont des grosses poutres de bois qui assurent la solidité de l'ensemble : des gueules de dragons ou engoûlants sont sculptés à  leurs extrémités. Des culots de poinçon sont ornés de blasons seigneuriaux, lion des Léon et macles des Rohan, ainsi que d'anges et de personnages aux expressions variées.

 

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Demi ferme. Copyright Anastasia Mityaeva d'après un dessin de Marie-Suzanne de Ponthaud.

Demi ferme. Copyright Anastasia Mityaeva d'après un dessin de Marie-Suzanne de Ponthaud.

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Ces sablières n'ont jamais fait l'objet d'une étude dédiée. L'auteure de référence reste Sophie Duhem, et l'Index de son ouvrage général sur les sablières de Bretagne, en 1997, pour l'item "Roche Maurice", possède 28 renvois de pages. Néanmoins, elle les attribue à B. Rollant (nom inscrit sur la nef sud, en réalité "A. ROLLANT"), alors qu'il faut voir sous ce nom, à mon sens, celui du fabricien en exercice en 1559. D'autre part, elle donne les dates de 1559-1561.

Guy Leclerc, en 2012 pour le SHAB, consacre un paragraphe de trente lignes aux sablières dans son article sur l'église, en indiquant les dates de 1569-1571.

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La charpente de l'église Saint-Yves est divisée en dix travées, tant dans la nef que sur les collatéraux. Dans la nef, les successions des entraits engoûlés se poursuit jusqu'au jubé, qui sépare la 6ème et la 7ème travée, qui débute le chœur.

Ces travées découpent la succession des sablières. Celles-ci sont sculptées en bas-relief peints monochromes sur l'extérieur des bas-cotés, et nous pouvons donc décrire dix pièces sculptées au sud et autant au nord : je les désignerai sous les sigles S1 à S10 au sud et N1 à N10 au nord.

Au centre les sablières de la nef puis du chœur sont également au nombre de 10 au sud (Sn 1 à Sn10) et dix au nord (Nn 1 à Nn 10).

Nous aurions donc, si le décompte est exact et qu'à la vérification il ne manque rien, un corpus de 40 pièces sculptées. Et chaque sablière est double, puisque sous la pièce supérieure, de 20 ou 30 cm de haut, court une pièce plus décorative, en frise, de 10 cm de haut environ. 

Chaque pièce des bas-cotés est entourée depuis la façade ouest jusqu'à la façade est d'un blochet : ajoutez donc au décompte 20 blochets, chacun sculpté en ronde-bosse d'un motif animal ou humain.

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Une restauration indispensable.

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Un cartel affiché pendant les travaux sur l'église apprenait au public que :

"Le principal désordre affectant les charpentes est un affaiblissement des structures des bas-cotés. Cet affaissement est en grande partie dû au pourrissement des sablières, repoussant l'ensemble de la charpente vers l'extérieur. Une précédente rénovation avait entraîné une remontée des parties basses de charpente, modifiant ainsi sa forme générale et provoquant des entrées d'eau aux extrémités des versants, le long des chevronnières. La charpente sera restaurée sur place afin de ne pas altérer les lambris constituant la grande richesse de cette église. Les ardoises de la couverture seront déposées, retaillées puis reposée sur la charpente une fois celle-ci restaurée. Les travaux seront réalisées en trois tranches, débutant par les deux premières travées du chœur. »

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Les trois tranches de travaux Tc1, TC2 et TC3 (plan M.-S. de Ponthaud) :

 

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Photo exposée dans l'église.

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Selon un autre plan (infra) établi par M.-S. de Ponthaud, les deux premières travées des bas-cotés  sont récentes, une partie de leurs sablières , et leurs blochets, ont été sculptés  en 2017 par l'atelier Le Ber de Sizun. 

La restauration des autres pièces :

"Les artisans ont préservé les bois d'origine et n'ont remplacé que les parties irrécupérables. En dépit de l'utilisation d'outils modernes, les méthodes de restauration restent traditionnelles. Les matériaux sont le chêne et le pitchpin, mis en oeuvre au XIXe siècle. Les principaux facteurs de dégradation sont l'humidité et l'utilisation de bois jeunes, propices à  l'installation des champignons et des insectes xylophages. La protection du bois est assurée par des produits anti-fongicides.

Les parties sculptées sont souvent altérées. Les artisans doivent remplacer les parties les plus abîmées. Ils ne conservent que le parement, la face visible et ouvragée. La pièce de bois est recoupée en atelier. Une partie de bois neuve remplace la section irrécupérable. Les parties sculptées sont remodelées à  l'aide d'une pâte, qui adhère bien au bois. La pièce est ensuite peinte par les polychromeurs." (Atelier Le Ber)

 

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Un bonus : on trouvera quelques photos des sablières datant de 2011, avant la restauration.

 

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Plan par Marie-Suzanne de Ponthaud, auquel j'ai ajouté les dates portées par les sablières.

Plan par Marie-Suzanne de Ponthaud, auquel j'ai ajouté les dates portées par les sablières.

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DESCRIPTION.

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Elle progressera d'ouest en est, donc de S1 à S10.

S1 : masque crachant des feuilles 

S2: Volutes entrelacées et têtes animales 

S3: deux hommes luttant au jeu du "bâton à bouillie" ou Baz yod ( 1552)

S4: Homme serrant un tonnelet ( 1552).

S5:  Musiciens (cornemuse et tambourin) ( 1552)

S6 : Inscription "Jacques Le Men 1552" ( 1552)

S7  et S8 : ?

S9 : têtes d'anges.

S10 : Deux hommes présentant des phylactères.

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Les pièces sont séparées par des blochets également désignés BS.1 à BS.10.

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Premier blochet BS.1  : un singe (Atelier Le Ber, 2017). Le sigle arobase.

Ce singe est peut-être un Capucin. Le menuisier s'est amusé, mais j'ignore son arrière pensée. À Sizun, il avait fait le portrait de l'architecte Marie-Suzanne de Ponthaud, qui a également dirigé le chantier de restauration 2014-2017 de La Roche-Maurice. Mais ici, qui est visé ?

Il  a également placé, en clin d'œil de la modernité de sa restauration, un sigle @ juste en dessous de ce singe.

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Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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S1 : masque crachant des feuilles (Le Ber,  2017)

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Toute la frise inférieure serait récente, puisqu'on ne l'observait pas en 2011.

 

 

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet BS.2 : un homme ou ange pieds nus en tunique.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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S2: Volutes entrelacées et têtes animales.

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Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières  du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de La Roche -Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Troisième blochet BS.3. Homme caressant sa barbe.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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S3: deux hommes luttant au jeu du "bâton à bouillie" ou Baz yod ( 1552)

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Ce jeu courant en Bretagne jusqu'au XIXe siècle — une lutte au bâton unique tenu transversalement et par les deux extrémités par chaque adversaire —, est également représenté sur les sablières de la chapelle Saint-Sébastien de Le Faouët (Morbihan) qui portent la date de 1608. On le trouverait aussi selon S. Duhem dans la chapelle de la Trinité de Bieuzy (Morbihan), mais je ne retiens pas cette suggestion car les deux hommes, avalés par des dragons, se battent en tenant chacun un bâton, par sa poignée.

Cette représentation dont nous n'avons que deux exemples en Bretagne possède donc une forte  valeur documentaire.

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Troisième travée : jeu de bâton breton, nef coté nord, chapelle Saint-Sébastien, Le Faouët. Photographie lavieb-aile.

 

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Mais à la différence de la chapelle Saint-Sébastien, où les concurrents sont figurés en costume XVIe siècle (à taillade pour l'un), les deux hommes de La Roche-Maurice sont nus, à la fois sur le dos et sur le ventre, les pieds tenus par des masques barbus, et, enfin, emplumés par des rubans, des volutes et des colliers de feuilles dépourvus de tout réalisme. Nous avons là une caractéristique stylistique, qui se retrouvera plus loin, de transformation du thème, au départ documentaire sur la vie rurale, en un décor fantastique. Nous trouvons aussi une dilution des frontières entre les trois mondes humain, animal et végétal, et une transformation de l'un en l'autre. Ces métamorphoses, ces passages se retrouveront plus tard — ou se  retrouvaient déjà —dans les réalisations du Maître de Plomodiern (1544-1564) en Porzay et au Cap-Sizun.

La frise (la première qui soit d'origine) est également importante à considérer car les masques humains tiennent des volutes enlacées par des anneaux (sans modèle naturel notamment végétal) et donnant naissance à des épillets. C'est, typiquement, le vocabulaire de l'Ecole de Fontainebleau, comme on en trouve dans les stucs du Grand Salon du château de Fontainebleau. Et ce vocabulaire sera repris par le Maître de Pleyben, notamment pour les sablières de la chapelle du château de Kerjean.

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Nous voyons donc que le style de ce huchier n'est pas assimilable à celui d'autres ateliers, mais qu'il existe des points de contacts témoignant, en Bretagne, d'une sensibilité aux influences artistiques du moment.

Les visages se caractérisent par des nez aux fortes narines, par des lèvres inférieures épaisses et par une ligne sourcilière longue et puissante, sous un front court et des cheveux presque crépus. Ces visages viennent ainsi frôler la monstruosité.

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet BS.4. Buste nu de femme aux lèvres épaisses et à la poitrine développée.

Elle est coiffée d'un bandeau au dessus d'un voile qui serre son menton. Ce buste se greffe sur des éléments décoratifs en volute.

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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S4: Homme serrant un tonnelet ( 1552).

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Le buveur, figure de l'intempérance, est encadré par deux grylles, personnages chimériques barbus à queue en feuille de lotus, dont la bouche crache une créature semblable.

Les exemples de ce type de tonneau, ou de figures d'ivrognes, ne manquent pas :

Scène d'ivrognerie autour de tonneaux à Notre-Dame de Grâces (1506-1508)

Scène d'ivrognerie au tonnelet à l'église de Loguivy-Plougras (1551-1557)

Scène d'ivrognerie des sablières sb4 de Bodilis en 1574.

blochet au tonnelet à la chapelle Notre-Dame des Cieux d'Huelgoat en 1580.

Buveur au tonnelet en about de poinçon de la chapelle Saint-Tugen de Primelin (ca 1535 ?)

Buveur au tonnelet des crossettes de Confort-Meilars (ca 1528).

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La frise alterne des volutes, des têtes reliées par des anneaux aux volutes, des sortes de monogramme,et des petits cuirs découpés (cuirs qui se développeront à Kerjean pour devenir une marque de fabrique du Maître de Pleyben, mais qui proviennent de l'École de Fontainebleau). Les masques aux yeux caves transpercés par des anneaux sont un nouvel exemple de la perte de réalisme. Ils se retrouvent en Sb4 sur les sablières de Bodilis (Maître de Pleyben,1574), juste a à coté de la scène d'ivrognerie.

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet BS.5 : une vache tenant un phylactère par ses sabots.

C'est peut-être un bœuf. Et pourquoi pas celui de saint Marc, si on y tient. Pas moi.

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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S5:  Musiciens (cornemuse et tambourin) ( 1552) et charrette de futailles.

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La scène à six personnages et deux animaux est riche, d'autant que la frise inférieure n'est plus strictement décorative. 

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les musiciens.

Le regard est attiré d'abord par les deux musiciens. Celui de droite joue d'une cornemuse, dont le bourdon, orné d'une ruban en boucle, est posé sur l'épaule. Les deux mains sont posés sur le hautbois.

http://jeanluc.matte.free.fr/fichio/rochemaur.htm

Son compagnon joue d'un tambourin avec deux baguettes.

Une main surgie de nulle part leur tend un verre de vin.

Ils sont chacun coiffé d'un bonnet à plume.

En fait, nous ne voyons que leur tête, leur buste et leurs bras, qui s'implantent sur une queue de plume ou de feuilles.

Derrière chacun d'entre eux, une tête de profil (coiffée d'un bandeau ou d'un bonnet)  et le haut d'un buste.

Le Maître de Pleyben a sculpté plusieurs sonneur de cornemuse :

En blochet pour la nef de l'église de Pleyben vers 1571.

En about de poinçon pour la croisée du transept de la même église de Pleyben. (avec le bourdon à l'épaule gauche)

En about de poinçon de l'église de Bodilis (ca 1574)

En about de poinçon de l'église de Saint-Divy (ca 1570-1580)

En about de poinçon de la chapelle du château de Kerjean (1570-1580)

 

 

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sur la frise, un cheval est attelé à une charrette dont on a déchargé deux tonneaux. 

 

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Aux extrémités, deux renards montrent leur tête, mais là encore empanachée de feuilles-plumes.

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet BS.6. Ange tenant deux clous.

Pas de photo.

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S6 : Inscription "Jacques Le Men 1552" ( 1552).

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Entre deux gueules de chien ou de loups (au corps végétalisé), deux anges allongés et volants tiennent d'une main un phylactère, et de l'autre un blason au lion dressé.

L'inscription dit ;

PIL E LACLE LE MEN / LAN MVLII

ce que je transcris par "[Fiacre] Le Men l'an 1552".

Le déchiffrage des premiers mots, et notamment de LACLE, est difficile. Faut-il lire IACIE pour ce rapprocher de IACQUES ? Ou plutôt lire FIACRE LE MEN, en s'inspirant de l'inscription nord , et en assimilant le E (quatrième lettre) à un F ?

(La généalogie Brenéol rapporte un Fiacre le Menn, mais il est né à Plouvien en 1680)

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Nous retrouverons ce "Fiacr Menn" sur la sablière N6 sur une inscription où son nom est suivi d'un G qui le désigne comme gouverneur, chef de la fabrique paroissiale.

Je ne le retiendrais comme auteur des sculptures que si la mention "  a fait faire" était présente. Dans le cas contraire, je le tiens pour le fabricien. Sa fonction était-elle précisée par le début "PIL E" ?

Un autre argument pour y voir un fabricien local est que le bénitier de kersanton du porche sud porte l'inscription A. MEN. Bien que, là encore, certains y voient le nom du sculpteur et d'autre celui d'un donateur, la présence du même patronyme sur deux chantiers différents, l'un en pierre, l'autre en bois, plaide pour deux fabriciens d'une même famille aisée de la paroisse. Le porche sud ne porte pas de date, mais on l'estime entre 1530 et 1540 (E. Le Seac'h), 1530 et 1550 (Abgrall 1183 et 1911) ou 1550 (Apève) : donc sans doute antérieur mais presque contemporain de ces sablières. Cela avait déjà été remarqué avant moi par L. Lécureux en 1914 ("un bénitier de granit à pans coupés , dont l' inscription en gothique A : MEN indique certainement le nom du donateur, que l' on retrouve, sur une sablière du bas-côté sud , orthographié Menn.") puis en 1919 "Nous noterons enfin, dans le bas-côté sud, au revers du trumeau de la porte, un bénitier en granit à pans coupés portant l'inscription en lettres gothiques A : MEN qui représente certainement le nom du donateur. Celui-ci est peut-être le même que Alaër Menn. — Alaer ou Alar est le nom d'un saint breton que l'on a fini par confondre avec saint Éloi — dont nous avons vu le nom figurer sur la sablière du bas-côté nord."

  

Si les archives ne permettent pas de retrouver des identités au XVIe siècle, le patronyme LE MEN ou LE MENN est attesté à Ploudiry (la paroisse à laquelle La Roche-Maurice appartient) sitôt que les généalogistes disposent d'actes . C'est bien le nom d'un paroissien.

Le blason montre les armoiries des seigneurs du Léon, dont les héritiers furent les vicomtes de Rohan.

La date est également problématique, en raison de l'avant-dernière lettre qui, en 2011, apparaissait comme un R. Néanmoins, cette date 1552 est donnée sur le site de l'entreprise Le Ber, qui, lors de la restauration, a pu faire la part entre les lettres réellement gravées, et les parties peintes postérieurement.

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Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les photos de 2011.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières (1552) du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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UNE RUPTURE DE STYLE.

Au delà de la sixième pièce de sablière, ( correspondant, dans la nef, au franchissement du jubé), nous assistons à un changement de style, dont le critère le plus objectif est l'interruption de la frise inférieure. Il y a changement stylistique, et les scènes figurées complexes et fantasques laissent la place à des éléments ponctuels sur une pièce de bois non sculptée par ailleurs : bustes d'hommes ou d'anges, hommes au phylactère. Le changement d'atelier est manifeste.

La même rupture survient également sur le bas-coté nord au delà de la 6ème travée, qui reprend sans variété  les mêmes anges et les mêmes hommes au phylactère.

Cela correspond-il à une réalisation plus tardive (ou antérieure au contraire) ? 

Sophie Duhem mentionne un atelier de l'église de Plonévez-du-Faou, également actif à Combrit, qui adopte ce style ( assez banal et répétitif), dont j'ai décrit une réalisation sur la  chapelle sud dite du Rosaire de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

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Blochet BS 8. Vache.

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Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2011.

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Blochet BS 8. Diable au phylactère.

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Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Blochet du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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S8 : Têtes d'hommes coiffés de bonnet carré.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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S9 : deux bustes d'anges.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet BS.9. Aigle au phylactère.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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S10 : Deux bustes d' hommes présentant des phylactères.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice II : les sablières du bas-coté sud (1552).
La charpente sculptée de l'église de La Roche-Maurice II : les sablières du bas-coté sud (1552).
Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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Blochet BS.10 : Ange au phylactère.

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Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

Sablières du bas-coté sud de l'église de la Roche-Maurice. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

BROUCKE (Paul-François), MAUGUIN (  Michel) ) 2006.  Les prééminences armoriées des Rohan au tympan de la maîtresse-vitre de l'église Saint-Yves, La Roche-Maurice (Finistère), Bulletin de la Société archéologique du Finistère.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/58ac1051308735.01528915/2012_03.pdf

BROUCKE (Paul-François), 2012, "L’emblématique de la maison de Léon aux XIIe-XIVe siècles et les prééminences de Daoulas et La Roche-Maurice aux XVe-XVIe siècles", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 59-82. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58ac1051308735.01528915/2012_03.pdf

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, La Roche-Maurice, in Nouveau répertoires des églises et chapelles du diocèse de Quimper

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/ROCHEMAU.pdf

 

"Les sablières portent les inscriptions suivantes : " IA(N). LE. BOELL. G. AN. LAN. MIL VcLXI/A. ROLLAND. 1559/1561. H. H. ELAERE. LE. MEN. "

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... Sophie Duhem ; préf. d'Alain Croix. Vue : ... Publication, Rennes :Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997.

LECLERC (Guy), 2012, La Roche-Maurice, église Saint-Yves et ossuaire,  Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne , Congrès de Brest SHAB pages 699-711. En ligne :

http://www.shabretagne.com/scripts/files/58e3e365148ef0.21808328/2012_31.pdf

 

LÉCUREUX (Lucien), 1914, Congrès archéologique de France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4224131z/f218.image

LÉCUREUX (Lucien), 1919, Congrès archéologique de France à Brest et à Vannes.

http://www.infobretagne.com/roche-maurice-eglise-ossuaire.htm

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 13:17

 

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Présentation, toponymie.

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   Kerlaz est une ancienne trève de Plonévez-Porzay devenue paroisse en 1874, puis commune en 1932. L'origine du toponyme est d'autant plus discutée qu'on ne dispose pas d'attestation avant la forme Kerlaz de 1653, suivie de Kerlas en 1670, Ker-las en 1780 et Kerlas en 1815. La tentation est grande de rapprocher ce nom du nom latin Oppidium Occisionis, le chateau du meurtre (occidio, onis, f. assassinat), mentionnée le 26 juin  1518 dans une délibération écrite en latin (mais traduite du breton en usage) du Général (ou Conseil de Fabrique) de Plonévez-Porzay et d'y voir, comme Abgrall et Peyron en 1915 dans leur Notice du Bulletin diocésain, l'étymologie bretonne kêr-, lieu fortifié et -lazh,  le meurtre. Ils reprenaient là les travaux de l'abbé Horellou, qui n'avait pas encore publié son "Kerlaz, son histoire, ses légendes, ses familles nobles" (1920) mais  qui signalait que le nom ancien était Treffri, ou Treffriot, et qu'il avait été modifié pour garder la mémoire du jour où, à la suite d'une rixe entre l'équipe de foot (alors nommé la soule, avec un ballon en pierre...) du village du Juch et celle de la future Kerlaz, la saine émulation sportive chère au Baron de Coubertin se transforma en un sanglant pugilat.

  "Non non,_ rétorquait le recteur de Plonevez-Porzay, Monsieur Pouchous, autre érudit local, ce n'est pas cela du tout, je vais vous raconter : c'était un dimanche, et voilà que les agents seigneuriaux s'en viennent tondre la laine des pauvres paroissiens et exiger d'eux le versement d'une nouvelle taxe ! Les kerlasiens voient rouge, ils lâchent le goupillon pour le sabre, ou pour la fourche ou le penn bazh, et massacrent les percepteurs indélicats (un dimanche, toud-même !). Monsieur le recteur voit tout-de-suite qu'ils viennent de commettre une grosse boulette, il prend lui-même la bannière dédiée à Sant Jermen et se met à la piétiner et la lacérer, puis il décroche la grande croix en argent, la fracasse contre le sol, la tord sur ses genoux, et réunit ses ouailles dégrisés pour leur déclarer : "on dira à M'sieur l'baron que ses gendarmes nous ont attaqué en pleine procession, qu'ils ont voulu s'emparer de nos reliques et de la bannière de Pardon, et que c'est pour défendre ces biens sacrés que nous avons affronté ses soldats !"  Voyant qu'il ne pourrait contester une si sainte version, le seigneur (peut-être Yvon du Quelen, baron du Vieux-Chastel) trouva sage de se contenter d'exiger le versement de son champart, et de son cens et  de son droit de moulin, du droit de four, ajouté aux arrérages du droit de pressoir, d'y adjoindre les novales sur les terres mises en friche, et de retrouver une facture impayée de quelques droits d'afforage sur des tonneaux mis en perce à la Saint-Jean et dont les droits de bouchon avaient été négligés. Pourvu qu'on n'oublie pas de lui apporter sa part des bénéfices du Pardon de juillet dernier, et il passait l'éponge. Ah, il ajoutait ceci : désormais, cet endroit se nommerait Kerlaz, et ce nom sinistre persécuterait les toponymistes de tout poil pendant des générations.

Source, cuisinée façon lavieb : http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=36 

 

    Mais les linguistes suggèrent qu'il puisse s'agir d'une forme mutée du breton kerglas ( à St Jean-du-Doigt un lieu-dit Kerlaz était  noté Kerglas en 1543) qui signifie kêr-, village et -glas, "vert, bleu, gris". Ou bien -laz serait un nom de personne et Kerglaz serait "le village de Laz". Encore une fois, personne ne peut trancher le noeud gordien à défaut de forme attestée ancienne. On se consolera en pensant à la commune de Laz (13,5 km de Pleyben), qui ne parvient pas non plus à résoudre l'énigme de son nom, et qui, de guerre lasse, pense l'attribuer au vieux breton lath-, "baguette, lance", évoquant peut-être une borne ou un menhir.

 

 L'église .

Ce qui est sûr, c'est que l'église est dédiée à Saint Germain, le mérovingien (380-448), qui fut un si dévoué agent impérial et qui participa si bien aux conciliations territoriales entre Francs et Bretons qu'il fut nommé évêque d'Auxerre en mai 418. Certains le croient breton parce qu'il est né en "Armorique", mais il s'agit de l'Armorique gallo-romaine du Ve siècle, qui inclut Auxerre dans les cinq provinces lyonnaises, sénonaises et d'Aquitaine. D'autres croient qu'il évangélisa la Bretagne parce que, en 429, Céléstin Ier l'envoya avec Saint-Loup de Troyes lutter contre l'hérésie pélagique qui sévissait outre-Manche, mais c'est, bien-sûr, de la Grande-Bretagne qu'il s'agit. C'est au cours de ce voyage que, s'arrétant à Nanterre, il décela les saintes dispositions d'une enfant nommée Geneviève, qu'il consacra : elle devint Sainte Geneviève. 

  Saint Germain est aussi le patron de l'église de Pleyben, de Laz et de Plogastel-Saint-Germain, des chapelles de Plougonven ou de Saint-Martin à Morlaix ou des chapelles du temps jadis à Crozon ou Clohars-Carnoet (René Couffon). Il est fété le 31 juillet. Il appartient à la série des saints exorciseurs et guérisseurs ; à Glomel, devant sa statue, des parents suspendaient leur enfant épileptique par les pieds au dessus des fonts baptismaux. Aucun témoignage de ce type à Kerlaz, tant à l'église qu'à la fontaine de saint Germain, Dour feunteun Sant Germen.

   L'église conserve de sa construction au XVIe siècle son porche sud (1572, 1576), son ossuaire d'attache où ont été placés depuis les fonts baptismaux, et le chevet plat. Un arc de triomphe de 1558 donnait accès au cimetière, d'où des pierres tombales de 1539 ont été placées en dallage dans l'église.Au XVIIe, le pignon ouest a été reconstruit en 1620, 1630 et 1635 en l'ornant de colonnes supportant un fronton triangulaires. La chambre des cloches fut construite en 1635, la cloche date de 1644. L'une des deux tourelles d'escalier porte la date de 1677.

 

 

http://catholique-quimper.cef.fr/annuaires/patrimoine/K.html

http://www.douarnenez-tourisme.com/fr/bienvenue/dsp/771

 

I. LES INSCRIPTIONS 

Corpus chronologique :

[1541 ?? maîtresse-vitre (détruite) : « L'AN.. M. D XLI. FUST. FAICT. CE PANNEAU ».] non vérifié

1558 : arc de triomphe du cimetière.

1566 : socle de la statue de la Vierge.

1567 : Fonts baptismaux.

1569 : socle de statue de saint Sébastien, blason Quelen/Vieux-Chastel

1572 : porche sud. blason Quelen/Vieux-Chastel.

[1576 : tympan du porche sud] Couffon, non vérifié

1588 : élévation nord

Interruption lors des guerres de la Ligue.

1603 et 1606 : élévation nord

1620 : fronton du portail ouest

1630 : Tour du clocher

1631 : galerie du clocher 

1644 : cloche (disparue) 

1660 et 1671 : flèche .

1675 : tourelle sud

 

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A l'extérieur :

1.  Au dessus du portail ouest à fronton dans le cartouche supérieur gauche :

 

M:P : BOCER . P. DE  PLONEVE & C

P. BRELIVET. FAB 1620

 Horellou a lu : "M. P. BOCER : DE PLONIAFF. Y. LUCAS. F. BRELIVET. FA."

Je propose "Messire P. BOCER, recteur de Plonévez et P. BRELIVET, fabricien, 1620". Le nom des recteurs de Plonévez-Porzay est connu de 1517 à 1538 (Harlé de Quélen) puis en 1644  (Guillaume Vergoz) et à partir de 1657  (Jean Féburier  de 1657 à 1665, Jean Corentin Billuart de 1666 à 1700, Charles Pezron de 1755 à 1763 et Mathurin Le Maître à partir de 1764). 

 

BOCER est une forme de BOSSER. Le nom Bosser ou Le Bosser est courant à Plonevez-Porzay, et on peut retrouver par exemple un Guillaume le Bosser né en 1666. Brélivet est un anthroponyme attesté à Kerlaz, et qui figure toujours dans l'annuaire de cette commune.

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kerlas 4644c

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2. Sur la face ouest de la tour :

  Y (?) LVCAS : F : 1630  

Un Bernard Lucas a fait inscrire son nom en 1653 comme fabricien de l'année sur le calvaire du placître de la chapelle Sainte-Anne La Palud, qui dépend comme Kerlaz alors de la paroisse de Plonevez-Porzay. Le nom Lucas, toujours en vigueur à Kerlas, est ainsi attesté à Plonevez ; Sébastien Lucas est signalé à Kerlaz comme décédé avant 1760. Nous trouvons de nombreux Yves Lucas dans la paroisse, mais pas vers 1630.

Horellou décrit "un clocher à flèche élancée, portant la date de 1660, et flanquée de deux tourelles couronnées de pyramides aigües, dont l'une porte la date de 1671."

 

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kerlas 4645c

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Sur le linteau ouest de la chambre des cloches :

M.G. AVAN . RECTEVR .G.QUINIOV.F. 1631 

  Le seul nom compatible avec -AVAN me semble être PICHAVANT, attesté à Kerlaz et à Plonevez. (Un Jean Pichavant fut recteur de Meilars -Confort en 1691). J'ai bien conscience qu'il est difficile de transformer AVAN en Pichavant. La fontaine Saint-Germain (sur la route de Trezmalaouen) porte l'inscription bien lisible I. AVAN : F 1639 (avec un bel exemple de N rétrograde) : il ne peut donc s'agir d'une erreur. Mais nous apprenons qu'il s'agit du fabricien et non du recteur. Si le V se lit U, nous obtenons AUAN qui ne nous avance pas.

Je veux tenter l'hypothèse de lire KERAZAN, avec la graphie K/AZAN ; mais cela n'aboutit pas. Plus acrobatique, mais plus fructueuse,  l'hypothèse K[ER]MAVAN renvoie à une famille dont Tanguy III épousa Aliette de Quelen, dame du Vieux-Chastel.

QUINIOU est un nom toujours en usage à Plonevez-Porzay.

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kerlas 4646c

Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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date de 1671.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LES CLOCHES.

3. Sur la cloche ouest  : "Nommée Marie-Françoise par François Marc et Marie-Anne Guidat--"...

4. Une cloche date de 1903 avec l'inscription  S.S LEON XIII pape,  Mgr Dubillard évêque de Quimper [1900-1907] , Abbé Charles Salou recteur, Guillaume Le Floch président Corentin Cornic trésorier. Elle a été fondue par Havard à Villedieu. Ornement : 2 coeurs enflammés, ceint de couronne d'épine.

5. L'autre date de 1879.

Une ancienne cloche datait de 1644. Elle portait l'inscription  S, GERMAIN . KERLAZ . 1644. LORS . ETOIT . RECTEUR . M'. GUILLAUME . VERGOZ . M- . HENRI . KERSALE. CVRE . E . IEAN . CARADEC. FABRIQUE.  Le nom de Guillaume Le Vergoz est également inscrit sur le calvaire de Sainte-Anne-La Palud, paroisse de Plonévez-Porzay dont il fut recteur de 1630 à 1656.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LE PORCHE SUD : INSCRIPTIONS ET BLASONS.

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Illustration Bruno Pilorget

Illustration Bruno Pilorget

Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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6. L'inscription lapidaire (leucogranite) du porche sud et ses blasons.

Cette inscription est remarquable par son esthétique. Elle débute sur la moitié du mur de gauche, et fait retour sur l'angle pour indiquer la date, au dessus de l'ange présentant un blason. 

La partie présente sur le mur occidental est sculpté en réserve sur trois blocs de pierre. Sa lecture n'est pas immédiate, d'autant qu'elle débute par le cartouche  inférieur et se complète par un petit cartouche au dessus. Surtout, les lettres gothiques  de belle taille, aux fûts  s'achevant en losange ou en fourche, sont animés d'une liberté plus habituelle sous la plume d'un secrétaire de chancellerie que sous le biseau. L'artisan, après avoir étendu avec insouciance les premières lettres, semble s'être aperçu trop tard qu'il allait manquer de place pour le nom propre, qu'il a collé au deux-points, dont il a bricolé le début CA, avant de reporter la fin DEC au dessus. En outre, il place la ponctuation en plein milieu du nom : "CARA:DEC". 

C'est bizarre, mais cela rend l'exploration de ces témoignages du passé passionnante, car on se prend à participer  avec empathie aux difficultés du sculpteur. Ah, ce n'est pas son jour. Et je l'entends même jurer ou maugréer (ce qui est presque pareil, me dit madame CNRTL).

Bref, nous finissons par lire : PHILIBERT : CARA : DEC F

Nous nous tournons maintenant tous ensemble vers la droite et nous lisons la date : 1572. Facile !

D'où la transcription "Philibert Caradec, fabricien en 1572", sur laquelle nous pouvons désormais travailler. 

Genenanet indique 277 occurrences de ce patronyme à Kerlaz, et 1171 à Douarnenez. Il vient du gallois Craddock.

Ce qui est plus intéressant, c'est que parmi les 6 nobles de Plonévez-Porzay présents à la Montre de Carhaix en 1481 figure Yvon Caradec, "archer en pal", et Henri Caradec, "en pal". La famille n'apparaît plus lors de la Montre de Quimper en 1562.

D'autre part, la cloche de 1644 portait l'inscription suivante : S, GERMAIN . KERLAZ . 1644. LORS . ETOIT . RECTEUR . M'. GUILLAUME . VERGOZ . M- . HENRI . KERSALE. CVRE . E . IEAN . CARADEC. FABRIQUE . Jean Caradec était donc fabrique ou fabricien en 1644. Cette fonction était confiée aux membres les plus aisés ou les plus notables d'une paroisse ou d'une trève.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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L'ange au blason sous la date de 1572.

Ce blason est muet. Il l'est peut-être depuis l'origine, faisant pendant à l'ange de droite.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Vue générale de la porte intérieure.

C'est une porte moulurée, en plein cintre encadrée de pilastre et sommée d'une accolade à feuilles et fleurons. L'aisselle de l'accolade porte un visage en masque.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Ange présentant le blason de Quelen-Vieux-Castel.

L'ange aux ailes éployées et à  la tunique plissée présente un blason mi-parti .

En 1 (c'est à dire dans la moitié gauche), les armoiries de Quelen, qui sont  burelé de dix pièces d'argent et de gueules.

En 2, les armoiries de Vieux-Chastel qui sont, et c'est amusant, presque semblable à trois fasces (ou burelles) accompagnées d'hermines 4, 3, 2, 1. 

Il faudrait reprendre cette photo à lumière frisante pour vérifier la présence des hermines ou mouchetures, que je devine en partie haute. J'ai décrit les armoiries de Jehan du Vieux-Chastel, abbé de Landévennec, ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/l-abbe-de-landevennec-jehan-du-vieux-chastel-et-la-cloche-de-1531-de-l-eglise-de-landevennec.html

 

Nous savons qu'en 1300, Geoffroy était seigneur du Vieux-Chastel. Son fils, Guillaume du Vieux-Chastel épousa, en 1335, Pleuzou de Quintin, fille de Geffroy II, sir de Quintin, et leur fille Aliette du Vieux-Chastel épousa en 1372  Yvon (Eon) de Quélen, gouverneur de Carhaix. Puis viennent Conan IV et Typhaine Quelennec, puis Yvon II et Jeanne La Jeune du Chastel, puis Olivier (v1440-1521) et Marie de Berrien, puis Jean de Quelen (1490-1547) et Jeanne de Troguindy, puis René et Marie du Bot. Leur fils Pierre (dont les dates correspondent à celle de 1572 qui nous concerne), décéda en 1586 sans descendance. La branche aînée des Quélen, baron de Vieux-Chastel,  a fini à leur fille Renée de Quélen, dame du Vieux-Chastel, qui épousa, vers 1590, Claude de Lannion, Sgr de Quinipilly. Pierre de Lannion, leur fils, prend le titre de baron de Vieux-Chastel ainsi que ses successeurs.

En conclusion, ce serait ici le blason affirmant, en 1572, les droits prééminenciers de la famille de Quelen-du Vieux-Chastel, du vivant de Pierre de Quelen.

Il correspond, en inversant les parti, à cette schématisation proposée par Michel Mauguin :

 

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Michel Mauguin : Histoire de Lez-kelen.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LES INSCRIPTIONS INTÉRIEURES.

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7. Socle de la statue de Saint Sébastien : armoiries Quelen/Vieux-Chastel 1569.

 La date de 1569 entourent dans un entrelacs les armoiries déjà découvertes sous le porche avec la date de 1572.  C'est sans doute un ré-emploi. Là encore, un nouvel examen avec un éclairage adapté révélerait peut-être les hermines des Vieux-Chastel.

 Quoiqu'il en soit, cela avance de 3 ans  la date de construction de l'église.

   En 1569, c'est le règne de Charles IX (1560-1574) qui a alors dix-neuf ans. Les guerres de religion aboutiront au massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572). Puis viendront, de 1588 à 1598, les guerres de la Ligue en Bretagne, et les pillages de la Fontenelle, installé à l'île Tristan toute proche de Kerlaz.

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  8.    Sur le sol devant cette statue : 1539 : la date la plus précoce de toute l'église ? Elle proviendrait d'une dalle funéraire du cimetière réemployée comme pavement . Mais selon Horellou, "Lors du dallage de l'église, du temps de M. Latreille, on dut transporter du cimetière de Plonévez-Porzay un grand nombre de vieilles pierres, tombales qu'on utilisa comme dalles à Kerlaz."

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kerlas 8887c

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  9.   Sur le mur intérieur nord de la nef :

 IA : BRILIVET : FA 1603

Horellou a lu : "SEB. CAUNAN 1606. JEAN, BRELIVET. F. 1603"

Ce Jacques BRILIVET fabricien en 1603 renvoie au BRELIVET fabricien en 1620 et dont le nom est inscrit sur la tour.

Dans l'histoire de la construction de l'église, que ces inscriptions nous racontent, il y eut une première période en  1569-1572 et même 1588, puis une interruption liée aux violences de la Ligue, puis une reprise entre 1603 et 1620.

 

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 10. Sur le même mur : une très belle inscription cachée par l'art saint-sulpicien, et par l'absence d'éclairage adéquat pour la mettre en valeur. Pourtant on voit les deux registres séparés par une barre, les lettres gothiques qui, au lieu d'être régulières, s'harmonisent avec le cadre, un beau R et un superbe H en onciale dont la hampe revient sous la ligne.  Ici ce serait  G.BOVRCH.1588 . Actuellement, c'est la forme Le Bourch qui est attestée à Plonevez-Porzay (annuaire Pages Blanches 2011).

  La graphie ressemble à celle de l'inscription du porche sud qui porte PHILIBERT CARADEC F; 1572 .

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  11. Sur le mur du bas-coté nord ont été ré-employées des pierres portant les inscriptions :

   H. COBNAN en onciale, hormis le N central. Elle est lue de façon avisée "H. CONNAN" dans le Nouveau Répertoire de René Couffon et Alfred Le Bars. Le patronyme Cobnan n'est pas attesté, mais le premier N a la forme des lettres b ou h .

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12. A coté dans la même graphie malhabile : H. LORANS : F

 

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13.   Les fonts baptismaux ont été placés dans l'ancien ossuaire d'attache. On lit tout autour de la cuve :LMVcLXVII. MOR : AVTRET : FAB , c'est-à-dire 1567 MOR : AUTRET : Fabricien. A comparer avec la date 1569 en chiffres arabes du socle de St Sébastien, et avec la graphie de la  date LMVccLXVI (1566) du socle de la Vierge.

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14. Un bénitier : 1779 Y G  dans un placard en creux, sur une cuve ornée de denticules et  posée sur un fragment de colonne réemployé.

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II. LES STATUES : 

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  1°) Saint Germain : 

       Statue en granit polychrome du XVIe-XVIIe située à gauche du choeur dans une niche en bois du XVIIe (?) siècle. Inscription non déchiffrée sur le socle. Le commentaire des Monuments Historiques lors de l'enquête 1978 indique, sous la référence 29001214 que c'est l'oeuvre du même atelier que la Vierge qui lui fait face à droite du Choeur dans une niche analogue et avance une datation du XVIe assortie d'un point d'interrogation.

  La niche associe, sur un beau travail de restauration de la menuiserie, des éléments classiques comme les colonnes cannelées à la base peinte en faux-marbre et les chapiteaux corinthiens,  avec des rinceaux qui se rejoignent en encadrant des armoiries épiscopales stylisées. Il subsiste un pot à feu,  symbole de charité qui voisine avec un décor floral.

 

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  Le saint est représenté comme il se doit en évêque, bénissant de la main droite, tenant la crosse à gauche, coiffé de la mitre, revêtu d'une lourde chasuble à orfroi, portant l'étole au dessus d'une tunicelle et d'une soutane ou d'une robe violette.

   Les deux fanons de la mitre, à frangés bouillon de cannetille or, encadrent le cou comme les barbes d'une coiffe bretonne.  

 

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   Il apparaît  que la hampe de la crosse épiscopale est tenue par l'intermédiaire d'un linge.  C'est le sudarium, parfois fixé à la hampe par un crochet aménagé par les motifs ornementaux . Il figure sur les armoiries des abbés et des prélats inférieurs aux évêques, qui ne portaient pas de gants initialement. Ce voile, autrement nommé velum ou panisellus, servait à éviter de toucher le bois ou le métal précieux avec des mains moites. 

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 Les gants épiscopaux ou chirothèques sont parfaitement représentés, avec l'anneau épiscopal (où un chrisme est ébauché) qui se porte au dessus, le motif doré en quatre-feuille sur le dos du gant, et le gland qui s'oppose aux plis de l'évasement sur le poignet. Mais quelque-chose ne va pas : un anneau épiscopal se porte à la main droite, et toujours sur l'annulaire alors que ce carré doré est placé sur les majeurs des deux mains. J'ai déjà noté cela à Plogonnec sur la statue de St Thurien  Église de Plogonnec : statues et bannières. Les premiers chrétiens portaient de nombreux anneaux, ornés de symboles christiques comme le poisson, la nef, et les dignitaires reprenaient l'usage romain des annuli sigillarii ou annuli signatarii pour frapper de leur sceau leurs documents : Clovis en confère le droit aux évêques, et saint Augustin fait allusion à cet usage. Les docteurs médiévaux portaient un anneau au pouce droit pour témoigner de leur doctorat.

   L'anneau épiscopal est remis à l'évêque lors de sa consécration en signe de l'étroite alliance qu'il contracte avec l'Église comme un époux. Mais autrefois il ne pouvait le porter à l'annulaire droit que lorsqu'il célébrait la messe, et ils le plaçaient au pouce le reste du temps. Aucun autre écclesiastique ne peut porter un anneau, du moins durant la messe. (Abbé André, cours de droit canon, article "anneau", 1860).

 Puisqu'il était porté au dessus du gant, il pouvait glisser, et il était parfois assuré par un deuxième anneau de sécurité.

 

  Dans l'église de Cast, une statue de Saint évêque montre également le sudarium, et une main gauche portant une bague sur le majeur et sur l'auriculaire.

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 2°) St Even :

  Selon Wikipédia, qui sait tout, Saint Even ou Ewen n'est autre que Saint Ouen, plus simplement nommé Dadon mais néanmoins chancelier ou référendaire (garde du sceau) du roi Dagobert et donc collègue de l'orfèvre Éligius, dit Saint-Éloi. 

   Mais selon Monsieur Pouchous,  le recteur de Plonevez-Porzay de 1832 à 1885 après avoir été celui de Rumengol, an aotrou person, ce Saint Even serait un ermite né à Quimper de parents nobles qui le chassèrent de leur manoir néobreton tant ils n'en pouvaient plus de le voir, à seize ans, réciter le chapelet au lieu d'aller jouer à la soule avec les autres, faire pénitence du samedi au jeudi en plus du vendredi réglementaire, donner aux mendiants l'argenterie armoriée familiale plutôt que de mettre le couvert, et regarder tristement sa mère en se signant lorsqu'elle allait danser. Maman  lui donna son argent de poche et Papa le jeta dehors. Bien-sûr, Even commença par s'agenouiller pour se recommander à Notre-Dame et à Saint Corentin,  puis chercha si bien qu'il trouva une famille éplorée pour distribuer ses économies, et le coeur et la bourse légère, il s'enfonça dans la forêt de Nevet (celle de Locronan) pour y camper et faire des feux de bois.  Et selon les termes de M. Pouchous " il vécut saintement dans son ermitage, il y mourut vénéré des voisins" et cette vie exemplaire lui valu, non seulement une statue à Kerlaz, mais une chapelle à son nom, et son pardon le troisième dimanche de septembre. (voir Abgrall & Peyron, Notice, Bdha 1915, p. 17).

  Indépendamment de cette tradition auriculaire précieusement recueillie par l'abbé, on peut aussi noter que Saint Even est le patron de la paroisse de Ploéven, Plou-Even, paroisse dont dépendait Kerlaz avant la création de celle de Plonevez-Porzay. 

  Dans les profondeurs de Koad-Nevet, ancien nemeton gaulois où tout baigne dans une mystérieuse ambiance druidique et sacrée se trouve la fontaine de saint Even, Feunteun Sant-Even, dont les eaux sont, c'est la moindre des choses, miraculeuses.

 

   D'ailleurs, cette statue vient directement de la chapelle Saint-Even, tombée en ruine dans le bois de Nevet : c'est tout-à-fait lui, en habit monastique avec son bourdon de pélerin avec lequel il arpentait landes et taillis, garennes (Ar Waremm) et marais, empruntant hent-ar-Spern et hent-ar-Louarn, hent-ar-Maro et hent-ar-Kreiz, hent-ar-Stankou et hent-plas-ar-Lochou, tous ces chemins de Koad-Nevet.(http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_fichier/fichier/69fichier.pdf)  .

  Elle est estimée datée du XVII-XVIIIe par les Monuments historiques, qui signalent une inscription de restauration à l'arrière : MARC F. 1885.

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3°) St Sébastien : (placé sur le socle daté 1569)

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... que les chanoines J.M. Abgrall et P. Peyron intitulèrent Ecce Homo pour un motif inexplicable, puisque les plaies sont celles des flèches du martyr de Saint Sébastien. A leur décharge, reconnaissons qu'il est inhabituel que les jambes du saint ne soient pas entravées et liées sur la colonne (aux allures de palmier) où les mains sont nouées, et encore plus inhabituel que l'éphèbe apollinien porte la barbe.  J'ai pourtant un doute puisque les Monuments Historiques y ont vu aussi en 1994 (ref PM 29000385) un Christ de Pitié ! J'examine comme un médecin légiste les onze ou douze plaies sanguinolentes, elles sont punctiformes, arrondies, elles ne peuvent correspondre à une flagellation par fouet (fut-il muni de boules de plomb) ou par branches d'épineux, et sont celles crées par la sagittation. Enfin, aucune couronne d'épine n'est présente. 

  Mais (rien n'est simple) les mêmes services MH classent sous la référence IM29001220 avec une notice rédigée par Jean-Pierre Ducouret un Saint-Sébastien statue en bois repeint daté "limite 16e-17e siècle (?)" de 140 cm avec la "mention du classement : s'agirait-il du Christ de Pitié, statue en bois de 1569 ?" dont la taille était de 131cm. 

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  4°)  Saint Michel terrassant le dragon : XVIe siècle.

 

  Certainement l'une des belles pièces de l'église, cette statue en bois peint de 1,08 m représente le chef des milices célestes brandissant son épée de feu et tenant de la main gauche la balance avec laquelle il pèsera nos âmes le jour fatal des ultimes bilans. (Un sortilège du Malin a rendu cette balance invisible).

  Cheveux longs à la mode du début XVIe, les lèvres peintes, il porte le manteau rouge à galon d'or qui le caractérise et dont il montre la doublure blanche à fleurs, au dessus de la courte armure Renaissance. N'étant pas expert, je ne m'aventurerai pas à décrire la tunique bleu-métal portant le christogramme IHS sans savoir s'il ne s'agit pas d'une brigandine, ce pourpoint de cuir recouvert de lames de métal superposées en tuiles et d'une finition extérieure en cuir, en velours ou en soie que tant de seigneurs bretons portent lors des Montres. Les canons d'avant-bras, les cubitières ou les genouillères rivetées sont peints de la même couleur métallique, alors que les cuissots, les grèves et solerets semblent remplacées par des chausses et des bas très ajustés sur de courtes chaussures. Les bandes dorées pourraient être damasquinées, ou seulement brodées. 

  Autour de la taille, une pièce protégeant bassin et trochanters  réunit braconnière et tassettes en une petite jupette bien seyante.

  Mais bien-sûr, la star involontaire est cet espèce de dobermann mâtiné de Pluto qui fait office de dragon et que son maître chatouille du pied, non sans provoquer moult aboiements et gémissements de plaisir.

 

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5°) Groupe de la crucifixion : la Vierge.

 

   Cette statue en bois de la Vierge fait partie d'une Crucifixion dont les trois éléments, vierge, crucifix et saint Jean, ont été séparés.

 

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6°) Groupe de la crucifixion : Saint Jean.

  Il indique qu'il est Jean l'évangéliste en tenant le livre de son évangile. D'habitude le manteau bleu est réservé à la Vierge et lui porte un manteau rouge, mais cette couleur est placée ici en doublure interne.  Il est imberbe, comme tout Jean l'évangéliste qui se respecte, et comme c'était la mode à la fin du XVe avec la coiffure page et l'association menton rasé-cheveux longs qui allait s'inverser vers 1520. Le cheveu est taillé court sur le front en une curieuse épilation des golfes temporaux formant une pointe, avant de libérer les mèches bouclées.

   La robe boutonnée comme une soutane est bordée en bas et aux manches  de fourrure.

 

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 III. Les sablières et les blochets.

  Elles valent à elles seules le détour, d'autant qu'elles ont été parfaitement restaurées en même temps sans-doute que le beau lambris de recouvrement de la charpente. Là, pas de boitier élécrique gris, pas de cables munis de cavaliers, pas de projecteurs mal placés, du beau travail.   Ces sculptures de chêne datent de la deuxiéme moitié du XVIe siècle et sont donc contemporaines des différentes inscriptions et statues que nous avons vu. 

        A la croisée du transept, quatre personnages vêtus de bleus contemplent le choeur. Le fait qu'ils soient barbus, sauf un (Jean) me fait penser aux quatre évangélistes.

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 Cet apôtre (?) semble singer par une frise de visages qui font les acrobates entre des angelots.

 

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   Le personnage suivant subit la même dérision de voir son portrait démultiplié par un écho visuel semblable aux éclats capricants d'un vaste rire.

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      Ici, c'est une figure ailée aux pommettes saillantes, chevelue, couronnée de feuilles, les mains jointes, à mi-chemin entre un chérubin et une renommée;

 

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   Le mystère et l'étrangeté, qui sont les charmes des sablières de nos chapelles, s'accentuent face à cette sorte de rébus où un cuir ou un drap est présenté à droite par une femme dépoitraillée comme une Bacchante et à gauche par une ange : deux mains, deux pieds, un cœur C'est un cartouche à cuir découpé des Cinq plaies du Christ, comme ceux réalisés par le Maître de Pleyben à Pleyben, ou  Sainte-Marie-du Ménez-Hom. On retrouve d'ailleurs, de ce Maître, la façon de faire tenir le coin du cartouche par un ange plein d'allant, comme celui de droite.

Mais là encore, le visage de la femme et celui de l'ange reprennent par ricochet ironique les traits du personnage qui se tient debout.

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Et que dire de ce visage coiffé d'un chapeau rond et que deux animaux écailleux encadrent ?

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On se  retrouve plus serein face aux  anges orants et adorants :

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/KERLAZ.pdf

En forme de croix latine, elle comprend une nef irrégulière de trois travées avec bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un transept spacieux, et un choeur peu profond accosté de deux sacristies. Le porche ouvre directement sur la nef, réduisant le bas-côté sud à une seule travée. Elle date des XVIè et XVIIè siècles. Le chevet plat est percé d'une fenêtre dont le remplage est semblable à celui de la fenêtre du transept de Pont-Croix. En 1880, elle contenait encore quatre panneaux d'une verrière datée 1541.

Le vaisseau est du type à nef obscure. Les grandes arcades ont des archivoltes très gauches pénétrant directement dans les piliers. Le mur nord de la nef porte les inscriptions : "IA. BRELIVET. F. 1603" et "G. BOVRCH. 1588". Des sablières sculptées et des blochets subsistent dans le choeur et dans le transept. Le porche porte l'inscription en lettres gothiques : "PHILIBERT. CARA. /DEC. F." (mur latéral), la date 1572 (à gauche de la porte) et celle de 1576 (tympan). Le portail ouest à fronton porte l'inscription : "M. P. BOCER. P. DE/ PLONEVE & C/P. BRELIVET. FAB. 1620".

La tour, datée à l'ouest "Y. LVCAS. F. 1630", est flanquée de deux tourelles d'escalier et porte une flèche très élancée (1671 ou 1675 sur le pan sud). Sur le linteau ouest de la chambre des cloches, inscription :"M. G. AVAN. RECTEVR. G. QVINIOV. F. 1631." ; "IAN. DOARE. F. 1675" sur la tourelle sud ; "H. CONNAN" et "H. LORANS. F" sur le mur du bas-côté nord (pierres remployées)

Mobilier : Mobilier de style néo-gothique, fin du XIXe siècle : maître-autel, chaire transformée en ambon, un confessionnal, stalles. Un second confessionnal du début du XIXe siècle. Fonts baptismaux en granit (C.), dans l'ancien ossuaire d'attache ; inscription : "L. MVcLXVII. MOR. AVTRET. FAB". Bénitier de pierre portant l'inscription : "1779. Y. G.". Statues - en pierre polychrome : dans des niches en bois polychrome ornées de pilastres, saint Germain évêque, XVIe siècle (C.), et Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Tréguron, datée "L. MVccLXVI (GV) IDAL. FABRI..." sur la console (C.) ; - en bois polychrome : groupe de la Crucifixion (le crucifix est séparé de la Vierge et de saint Jean), saint Sébastien, sans lien avec la date de 1569 sur la console (C.), saint Michel terrassant le dragon, XVIe siècle (C.), saint Even ; - en bois naturel : Vierge de la Médaille miraculeuse, vers 1950 ; - en plâtre peint : groupe de la Sainte Famille. Vitraux de l'atelier Léglise, 1917-1918 : Education de la Vierge, prédication du père Maunoir à Kerlaz, saints locaux et, dans les trois fenêtres du baptistère, épisodes de la persécution religieuse sous la Révolution. Orfèvrerie : Calice et patène en argent, il aurait appartenu à J.C. Billouart (1660-1679).

Cloche de 1644, elle porte l'inscription : "S. GERMAIN. KERLAZ. 1644. LORS. ESTOIT. RECTEVR. Mre. GVILLAVME. VERGOS. Mre. HENRI. KSALE. CVRE. E. IEAN. CARADEC. FABRIQVE.".

Trois dalles funéraires remployées dans le pavé de l'église : sur l'une, date de 1539, - sur une autre, l'inscription : "NOBLE/ MI. IOSE/PH COR/ENTIN/ BILLOVA(RT)/ 1679", et, sur la troisième : "1731/ MISSIRE/ IEAN/ LE BOT/ CVRE." (Ces pierres proviendraient de l’église ou du cimetière de Plonévez).

* L'arc de triomphe du cimetière porte la date de 1558 (C.) ; dans des niches, statues en pierre de saint Yves et de saint Germain. La croix du cimetière est aussi datée : "HIEROSME LE CARO. F. 1645" (C.). Fontaine Saint-Germain, sur la route de Trezmalaouen ; sur le fronton, "1639. I. AVAN. F." ; statue en granit du saint.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, B.D.H.A. 1915 : Notice sur Kerlaz

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7985bcf61d3df7aee5988d08dd5558ee.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) Inscriptions gravées et sculptées sur les églises du Finistère.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_divers/abgrall_inscriptions-gravees.pdf

 

KERLAZ. A l'interieur du porche: .. ;PHILlBERT. Aux fonts baptismaux : L : MVc LXVII : MaR AUTRET· FAB. Sur le mur- nord: H : conNAN " Y . KERSALE ', ,F . H . LORENS' F. Croix du cimetiere : H[EROSME' LE . CAROF . 1645. Arc de lriomphe : 1558.

— HORELLOU (abbé) v.1920 : Kerlaz, son histoire, ses légendes, ses familles nobles (Brest, vers 1920)

http://infobretagne.com/kerlaz-eglise.htm

L'église de Kerlaz, sous le vocable de Saint-Germain-l'Auxerrois, a été construite à différentes reprises, à en juger d'après les différentes dates qu'on lit sur les murs. Elle est assez grande, mais irrégulière. Quoique d'ordre assez modeste, elle présente, dit M. le chanoine Abgrall, un caractère de noblesse et de distinction, surtout pour ce qui est de l'extérieur. Le portail ouest est surmonté d'un clocher à flèche élancée, portant la date de 1660, et flanquée de deux tourelles couronnées de pyramides aigües, dont l'une porte la date de 1671. Ces dates semblent en désaccord avec la physionomie gothique de tout cet ensemble, mais elles doivent cependant être vraies, car les profils de certaines moulures et des bandeaux horizontaux concordent avec le style de cette époque. La hauteur totale du clocher est de 40 mètres. La flèche est postérieure de plusieurs années à la base, sur laquelle on lit les dates de 1620 et 1630. Outre ces dates, le clocher porte diverses inscriptions. Au-dessus de la porte principale on lit : M. P. BOCER : DE PLONIAFF. Y. LUCAS. F. BRELIVET. FA. Les ouvriers de M. Gassis ont rendu plusieurs de ces inscriptions illisibles en voulant les rajeunir. Le clocher possédait jusqu'au rectorat de M. Salou une ancienne cloche portant l'inscription suivante : « 1644 : S. GERMAIN P. P. N. LORS ETAIT RECTEUR GUILLAUME VERGOZ ET HENRI KERSALE, CURE. J. CARADEC. F. ». Cette cloche était fêlée depuis longtemps et sa voix n'était guère harmonieuse ; malgré cela, la population était restée très attaché à cette relique de l'ancien temps, et lorsqu'il fut question de la remplacer, M. Salou, alors recteur de la paroisse, rencontra une opposition très sérieuse ; mais on se consola bien vite lorsqu'on entendit le nouveau carillon jeter aux quatre coins de la paroisse ses notes argentines et harmonieuses.

Sur la facade midi, fait saillie un porche qui est absolument dans la note gothique de la première moitié du XVIème siècle. A l'intérieur du porche, de chaque côté de la porte d'entrée de l'église, on voit des écussons portant les armoiries des Quélen-Vieux-Châtel. Sur le mur Ouest, à gauche quand on entre sous le porche, on lit le nom de PHILIBERT CARADEC. F. 1572.

Entre ce porche et l'angle de la façade ouest, était autrefois un petit ossuaire ajouré de deux baies moulurées, à cintres surbaissés. M. Latreille a transformé cet ossuaire en une élégante petite chapelle où se trouvent aujourd'hui les fonts baptismaux.

A l'intérieur de l'église, sur le mur nord, on lit : SEB. CAUNAN 1606. JEAN, BRELIVET. F. 1603 et plus loin la date de 1588.

L'église est pourvue d'un mobilier neuf, datant du temps de M. Latreille. Le maître-autel, les deux autels latéraux, la balustrade, la chaire à prêcher et le nouveau confessionnal sont en châtaignier sculpté et verni.

Les statues vénérées dans l'église sont saint Germain l'Auxerrois, patron de la paroisse, et Notre-Dame de Tréguron, qui est invoquée surtout par les mères et les nourrices qui ont besoin de lait pour leurs nourrissons. Outre ces deux grandes statues, on voit encore sur la façade Est, du côté de l'Epître, les statues de Jeanne d'Arc, de la Sainte-Famille, groupe bizarre et de mauvais goût, de saint Even et de saint Sébastien, que quelques-uns ont pris pour un Ecce Homo. Cette dernière porte sur son socle un écusson avec les armoiries des Quélen-Vieux-Châtel.

Sur la même façade, du côté de l'Evangile, on voit les statues du Sacré-Cœur, de saint Jean-Baptiste, de saint Michel terrassant un dragon, cette dernière provenant de la chapelle de Saint-Michel en Plonévez-Porzay. Plus loin, sur le mur nord, se trouve une autre statue très ancienne, ne portant pas de nom. On dit qu'elle est venue de la chapelle de Saint-Even.

On voyait, aussi autrefois, adossé au pilier midi, un groupe en pierre, très curieux et très primitif, représentant saint Hervé, le chanteur aveugle, guidé par son petit compagnon Guic'haran, qui conduit un loup en le menaçant d'un fouet armé de gros nœuds. Ce groupe provenait ide la chapelle de Saint-Mailhouarn, à Lesvren (Plonévez-Porzay). M. le chanoine Abgrall déplore à juste titre sa disparition de l'église de Kerlaz. Sous prétexte que c'était une œuvre de style un peu barbare, on a cédé, pour une destination profane, cette statue qui avait été vénérée pendant quatre siècles par les paroissiens de Kerlaz. En attendant sa rétrocession et sa réinstallation à la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter, le R. P. Le Floch a eu la bonne et pieuse pensée de la reproduire aussi fidèlement que posible dans un des nouveaux vitraux.

La fenêtre absidale contenait autrefois, une maitresse-vitre qui a disparu. Elle était composée des sujets suivants : 1°) Couronnement d'épines ; 2° Notre Seigneur en croix entre deux larrons ; 3°) Descente de croix ; 4°) saint Jean-Baptiste présentant un chanoine donateur, avec un écusson portant « d'azur à trois poissons d'argent ». Au bas se trouvait cette inscription : « L'AN.. M. D XLI. FUST. FAICT. CE PANNEAU ». Le nouveau vitrail reproduit toutes ces scènes, à l'exception de la dernière.

Au milieu de la nef, en face de la chaire à prêcher, se trouvent deux pierres tombales qui pourraient faire croire au visiteur non averti qu'il y a là deux sépultures. La première porte l'inscription : « Jean Le Bot, curé de Kerlaz » ; la seconde : « Corentin Billova, etc. ». Le reste est illisible. D'après les renseignements fournis par M. l'abbé Briand, recteur de Plomeur, ce Corentin Billova est né à « Maner ar Goff », en Plomeur. Il fut pendant quelques années recteur de sa paroisse natale, d'où il fut transféré à Plonévez-Porzay, le 2 février 1666, et où il mourut le 11 juin 1700. La présence de cette pierre tombale à Kerlaz a fait croire à plusieurs que M. Billova y a été enterré. C'est une erreur. Cette pierre provient du cimetière de Plonévez-Porzay. Lors du dallage de l'église, du temps de M. Latreille, on dut transporter du cimetière de Plonévez-Porzay un grand nombre de vieilles pierres, tombales qu'on utilisa comme dalles à Kerlaz. La pierre tombale de M. Billova, qui méritait assurément un meilleur sort, se trouva du nombre. C'est ce qui explique sa présence à Kerlaz ; mais il ne faut pas en conclure autre chose, et croire, par exemple, que M. Billova, a été enterré à Kerlaz. L'autre pierre tombale vient du cimetière de Kerlaz, du tombeau de M. Le Bot, ancien curé de la trève.

Cimetière de Kerlaz.

Le cimetière de Kerlaz n'offre rien de particulier à signaler. C'est le vieux cimetière de campagne assis à l'ombre de l'église paroissiale. Kerlaz, quoique trève de Plonévez-Porzay, possédait de temps immémorial le privilège d'enterrer tous ceux qui mourraient dans la trève. Un petit arc de triomphe de tournure Renaissance, portant la date de 1558, donne entrée dans le cimetière. Deux niches renfermant deux anciennes statues en bois encadrent la porte d'entrée appelée « An or varo ». A l'angle sud se trouve un calvaire décapité. Au milieu du cimetière s'élève un autre calvaire d'une tournure plus artistique portant la date de 1645, avec, cette inscription : « HIERONYME CARO : F. ». Autrefois, dit M. Pouchous, on exposait les Reliques à toutes les foires de Pouldavid, sur la pierre qui est au-dessus de cette inscription, et qui était appelée pour cette raison : « Aoter ar Relegou », l'autel des Reliques. Au-dessous des pieds du Christ, il y a un écusson rongé par le temps, avec les armes de Lezarscoët. Le grand vitrail du transept Sud représente le P. Maunoir, debout sur les marches du Calvaire, prêchant aux paroisiens de Kerlaz la grande mission de 1658.

- Ass. Bret : Congrès de Douarnenez, 1965

— Dilasser (Maurice)  : Locronan et sa région (Paris, 1979).

— Site de la Mairie :

https://kerlaz.bzh/patrimoine/?lang=bzh

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Sablières
15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 22:48

Les sablières (vers 1555) de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou . II. La scène de labour. Chapelle latérale sud.

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Voir sur l'église de Le Tréhou :

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—Sur  les sablières bretonnes : 

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Chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Parmi les sept sablières sculptées de l'église Sainte-Pitère du Tréhou, datant de 1555 environ, se trouve, dans la chapelle latérale sud, en face du retable, une pièce de bois représentant une scène de labour.

Cette dernière nécessite d'être montrée (c'est mon premier but), d'être décrite et analysée (mon deuxième but) avant d'être interprétée ou même comprise. Mais dans cette triple démarche, il est nécessaire de savoir que quatre scènes similaires, mais non identiques, ont été sculptées vers la même époque sur les sablières de Sainte-Marie-du Ménez-Hom,  Bodilis, La Roche-Maurice, La Martyre et Pleyben. Les six paroisses se placent sur une ligne nord-sud de 60 km dans le Léon et la Cornouaille. 

Dans cette paroisse qui doit sa richesse au commerce de la toile de lin, il serait logique d'y voir une expression du désir des habitants de témoigner de leur activité agricole. Cela va s'avérer plus compliqué.

La scène elle même est encadrée à sa gauche par  un masque de profil avec des tiges de fleurs et feuillages partant de sa bouche, puis un blochet (un ange présentant un phylactère muet). À sa droite, elle se termine contre un blochet d'angle représentant saint Augustin évêque d'Hippone. Je pars du postulat que ces éléments restent étrangers  à cette scène du labour et je ne m'y attarde pas.

Voici la vue générale des deux pièces de bois de la sablière S1 :

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le semeur.

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A gauche, contre le blochet, un homme — un paysan — se tient de face, bras écartés. La main droite est posée sur un sac aussi haut que lui, et la main gauche tient un panier muni d'une barre servant de poignée.

Sophie  Duhem y voit "un paysan [qui] sème des graines au Tréhou, derrière la charrue qu'entraîne le laboureur" (Duhem p.238) mais je ne retrouve pas ici le geste du semeur. 

Il est vêtu d'une tunique ou veste (chupenn) rouge plissée sous la ceinture de cuir et de chausses blanches; ses cheveux sont serrés par un bandeau (ou recouverts d'un bonnet court).

Faut-il l'intégrer à la scène du labour ? Sans-doute.

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Le geste du semeur de lin est présenté à Quintin  le 3 mai 2017 :

"Les semailles du lin, grand rendez-vous des amoureux de la petite graine, se sont déroulées samedi matin, au parc de Roz-Maria. Sur la parcelle au sol extrêmement bien travaillé, sur une terre la plus fine, la plus souple et la plus moelleuse possible, Maurice Le Dourneuf a multiplié les lancers de poignées de graines. L'ancien veille au grain et connaît la coutume qui dit que pour que « la plante se tienne bien droite, soit vigoureuse et soit dotée d'une belle filasse, il faut que neuf graines puissent tenir dans le sabot d'un cheval ». Le lin qui fait son lit dès la première nuit, est une plante à croissance rapide, reste trois mois en terre, grandit vite et a la taille d'un doigt au bout d'un mois. La future plante est exigeante et sera sans éclat si on ne l'installe pas entre le 25 et 30 avril. En cette période de lune rousse, de saints chevaliers et de dernières gelées printanières, la semaille a bénéficié d'une fenêtre météo idéale, le lopin sera séduisant après la Saint-Pierre, au moment de la floraison. "
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/quintin/maurice-le-dourneuf-le-semeur-de-roz-maria-03-05-2017-11497530.php#7zeiuMyeU0tAvDDp.99

"Pour Maurice Le Dourneuf, un mode de semailles ancestral, le plus simple qui soit, non pas en ligne et à demeure, mais à la volée par passées parallèles en un long geste circulaire."
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/quintin/maurice-le-dourneuf-le-semeur-de-roz-maria-03-05-2017-11497530.php#7zeiuMyeU0tAvDDp.99

 

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La scène de labour.

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La culture des céréales se faisait au moyen d'instruments spécifiques préparant le sol avant d'y enfouir la graine . La première étape, celle de la préparation du sol, diffère peu selon la nature des cultures céréalières, seigle, épeautre , etc. , mais elle est fondamentale . Pour les petites surfaces cette préparation du sol s'effectuait avec des outils manuels, bêche , houe , et pour les autres avec des instruments aratoires tractés par l'animal, il s'agit alors de l'araire et de la charrue.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le laboureur et sa charrue.

Le laboureur est penché en avant, un genou fléchi ; cette posture évoque l'effort exercé sur les manches de l'outil mais répond aussi aux exigences techniques d'une figuration sur une poutre étroite.

Il est vêtu d'une tunique courte, peinte ici en rouge, plissée dans sa moitié inférieure au dessous d'une ceinture jaune .  Il porte un bonnet sans bords, très court au dessus de cheveux mi-longs. Ses jambes sont couverts par des bas-de-chausses, et le bas des jambes ainsi que les chaussures ne sont pas visibles puisque la partie basse de la sablière n'est pas conservée.

Il tient, par une prise manuelle inversée, les deux mancherons, dont l'écartement est maintenu par une traverse.

 

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La charrue

 

 

 

 

Une charrue se distingue de l'araire par la présence d'un versoir, présence dont nous ne pouvons nous assurer ici. Le versoir est une pièce en bois, à l'origine placée d'un seul côté du soc, qui retourne la terre soulevée par celui-ci. Ce retournement ramène à la surface les couches profondes du sol et l'aère . Il enfouit en même temps la partie supérieure envahie de mauvaises herbes. C'est donc la présence ou non d'un versoir qui permet de distinguer les deux instruments et de connaître le degré de préparation du sol. Le coutre est pratiquement obligatoire dans le cas d'une charrue où sa fracture permet de bien séparer la partie du sol qui doit être retournée . La charrue est donc un instrument de travail dissymétrique , c'est la différence essentielle. Elle est généralement munie d'avant-train à roues car cela facilite le travail en donnant plus de possibilités, mais cela n'est pas obligatoire .

Il pourrait s'agir d'un "araire à avant-train à roues". La précision de la pièce sculptée est néanmoins suffisante pour reconnaître les mancherons et le timon.  Ce timon est percé de trous et, pour le raccourcir, on modifie l'emplacement de la cheville de traction dans ces trous. Sur cette cheville est accroché un cordage de traction qui est relié avec l'avant-train grâce à une chaîne.  La couleur bleu-métal indique   le soc ainsi que le coutre.

Rappel :

 

L'araire est composé de plusieurs éléments : le soc en métal qui ouvre le sol; le sep ou dental, pièce de bois sur laquelle est fixé le soc. Cette partie glisse généralement dans le sol;  le timon ou age , une longue tige de bois, droite ou courbe, qui assure la traction de l'ensemble , car il est relié soit au joug soit à l'avant-train; le ou les mancherons, parties en bois que le laboureur empoigne d'une ou de deux mains pour diriger l'instrument et modifier la profondeur du labour.  Il est  muni d'un coutre,  une pièce en métal en forme de couteau fixée sur le timon de telle façon que la partie coupante se trouve près du soc . Il fend la terre en deux quand celle-ci est soulevée par le soc et facilite ainsi le travail de l'araire pour certains sols;

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L'araire.

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 Le passage de l'araire à la charrue avec versoir et avant-train à roues s'est produit dans l'Europe du Sud-Est vers le VI-VIle siècle . Même si  deux instruments ont été utilisés concurremment et ensemble jusqu'au XXe siècle selon les régions et la nature des travaux, partons du postulat qu'il s'agit d'une charrue, vu l'ampleur de son attelage.

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http://histoire-geo-crecy.over-blog.com/article-la-vie-des-paysans-au-moyen-age-115255572.html

 

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Une araire : BnF Latin 14267, fol. 157, Décor marginal Petrus Lombardus (1095?-1160?). 1175-1200

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La suite de la charrue : l'avant-train et son timon.

 

 

Le timon repose sur un avant-train à roues, sur lequel il pivote entre deux traverses verticales. L'effort de traction des animaux s'effectue sur cet avant-train. Un "timon d'avant-train" prend la suite, et se termine par une traverse en T permettant l'attelage de la première paire de bœufs grâce à des cordages.

Ces cordages arrivent de part et d'autre de la tête des bœufs, peut-être sur un collier, bien qu'un joug ait peut-être disparu.

Ensuite, le timon se poursuit, de façon moins analysable pour moi. Il passe, par l'intermédiaire sans doute d'un très gros câble dont nous voyons les brins torsadés et le sertissage bleu-métal. Il s'articule à un joug qui accouple la deuxième paire de bœufs.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il faut étudier la charrue, mais aussi les hommes qui l'utilisent, et, pour cela, nous devons passer en revue les divers documents iconographiques. Outre le conducteur, les mains appuyées sur les mancherons, nous voyons parfois un guide, placé à coté des animaux qu'il dirige d'un fouet.

 


 

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La charrue peinte dans les Très Riches Heures du duc de Berry (1440), miniature du mois de mars, musée Condé, Chantilly, ms.65, f.3 :

 

http://fardoise.eklablog.com/la-revolution-technologique-du-moyen-age-1-le-monde-rural-a114630558

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http://books.openedition.org/pup/3503?lang=fr

 

 

Nicolas de Lyra, Postilles sur la Genèse, Italie, entre 1395 et 1402, Paris, BN. Ms. lat. 364, f° 9.

 

 

http://mandragore.bnf.fr/jsp/classementThema.jsp

 

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-BnF Français 598, fol. 11, Cérès . 1403. Giovanni Boccaccio, (Boccace (1313-1375). ) De Claris mulieribus, traduction anonyme en français Livre des femmes nobles et renommees par le Maître des cleres femmes (13..-14..). Enlumineur Maître du Couronnement de la Vierge.

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L'attelage à deux paires de bœufs , + un bœuf de tête.

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Un attelage est tiré soit par des chevaux (qui nécessitent une plantation d'avoine), soit, comme ici,  par des bœufs.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La tête de l'attelage : l'accident.

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L'animal de tête (un bœuf a priori), attelé par un collier, est représenté incliné et comme soulevé tandis que ses pattes antérieures et son museau sont posés sur le bassin et le buste d'un personnage allongé, face tourné vers le haut.

Les bœufs tirent l'attelage en baisant la tête, ce qui justifie sans doute la présence d'un guide latéral ou de tête, et il est évident que celui (un valet de ferme) qui assure ce poste encoure de grands dangers. Ici, je pose l'hypothèse que l'homme a été renversé par le bœuf de tête, et qu'il a été grièvement blessé, ou qu'il a perdu la vie.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Blochet : saint Augustin.

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Blochet de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blochet de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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DISCUSSION.
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Nous constatons le regroupement spatial  et temporel de 6 scènes de labourage sculptées sur des sablières dans le Finistère entre 1555 et 1575. Les 3 dernières sont attribuables au même artiste anonyme, désigné sous le nom de "maître de Pleyben". Les 6 paroisses sont situées en Haute-Cornouaille ou Bas-Léon, dans un rayon de 60 kms. Maps. La période correspond à l'âge d'or des Enclos Paroissiaux, âge d'or lui-même en relation avec la prospérité économique liée à la production, au tissage et et au commerce du lin et du chanvre. Les charrues sont de même type (un type qui n'a d'ailleurs connu d'évolution notable entre le Moyen-Âge et le XIXe) mais les attelages sont différents dans les 6 cas, par les animaux (chevaux ou bœufs) de trait ou par leur montage, procurant ainsi de précieuses données d'ethnologie rurale.

La raison d'être de ces scènes est, vraisemblablement, le désir des paroissiens de faire figurer leur activité et source d'enrichissement, désir accru par une émulation mimétique entre clochers.

Mais dans 3 cas (Le Tréhou, Sainte-Marie du Ménez-Hom et Pleyben), c'est un accident qui est montré, par lequel un des guides de l'attelage est écrasé par les animaux. Nous ignorons comment interpréter cela. Nous pouvons écarter l'interprétation donnée à Sainte-Marie du Ménez-Hom, certainement tardivement, et qui y voyait un miracle en lien avec le motif adjacent de cette sablière, une Fuite en Égypte. Ces trois scènes sont-elles commémoratives, soit d'un événement dramatique, soit d'une répétition locale de ce type d'accident. 

Il serait précieux de s'assurer que ce thème n'a pas été représenté ailleurs en France, sur les sablières ou sur un autre support, ou décrit dans la littérature de l'époque. 

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Récapitulatif du corpus.

a) Église du Tréhou v.1555. charrue à avant-train à roues, attelage de 2 paires de bœufs et 1 bœuf de tête, conducteur + 1 guide de tête, renversé par le bœuf.

b) Église Saint-Salomon de La Martyre (1560?).Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 chevaux + 2 bœufs + 2 chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident.

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières (1560?).

c) église de La Roche-Maurice (vers 1560). Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 paires de chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident ?.

d) Église de Bodilis. I. (Maître de Pleyben?, 1567).

Charrue à avant-train à roues, attelage à 4 chevaux. Un conducteur,1 guide de tête et un semeur en avant. Pas d'accident.

Les sablières de l'église de Bodilis. I. La scène des semailles et du labour (anonyme, 1567).

 

e) Chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom (Maître de Pleyben v.1575). Charrue à avant-train à roue, attelage de 4 chevaux un conducteur, 2 guides et un 3ème écrasé par l'attelage.

La charpente sculptée du collatéral nord de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern par le Maître de Pleyben (vers 1575).

f) Église de Pleyben ( Maître de Pleyben vers 1571) : haut de la nef coté sud. Charrue à avant-train à roue, attelage à 2 chevaux en couple + 1 cheval de tête. Un conducteur + un guide latéral. Accident (emballement du cheval de tête et écrasement du guide.

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le chœur et le haut de la nef. Sablières et  blochets.

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La Martyre.Photo lavieb-aile.

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église de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile

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Sablières (1567) de la nef de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Sablières de Sainte-Marie du Ménez-Hom. Photo lavieb-aile.

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Sablière (vers 1571) du haut de nef, coté sud, de l'église de Pleyben.

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ANNEXE. 

Ma description de la sablières de Pleyben.

 La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage .

c) Le motif. Après avoir observé les sablières de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (Plomodiern), il est facile de reconnaître l'épisode de la mort accidentelle du paysan écrase par son attelage, qui côtoyait, là-bas, la Fuite en Égypte.  Car la victime, étendue visage épouvanté tourné vers le ciel,  était plus facilement identifiable. Ici, c'est par analogie que l'on comprend que l'homme qui lève les bras juste derrière les chevaux a les jambes écrasées par la roue de la charrue, coincé entre le palonnier et la roue, et que son collègue assiste au drame en témoignant de son impuissance par ses bras écartés. Cet accident a peut-être été causé par l'étourderie du chef d'attelage, qui, au lieu de regarder ce qu'il fait, s'est retourné vers l'arrière pour observer dans le ciel quelque chose (mais certainement pas le blochet, qui n'appartient pas à ce récit).

L'attelage à trois chevaux  qui a été choisi associe deux chevaux de front, et le troisième devant les deux autres. Ce dernier, "qui marche dans la raie", et qui est trop éloigné pour être accessible au fouet du conducteur, n'est pas placé entre les deux chevaux noirs, mais sur le coté droit. 

Les chevaux sont attelés grâce à un collier d'épaule. Ils n'ont pas de mors.

La charrue à roue.

Les parties métalliques sont peintes en gris anthracite. La charrue se compose du "coultre tranchant" qui ouvre la terre et coupe verticalement la tranche à renverser, frayant le chemin au soc. La bande de terre est alors tranchée par l'aile du soc, qui casse les tiges, puis basculée vers la droite par le versoir. La charrue est guidée par deux mancherons (comme à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom) ou par un seul (comme ici). Le laboureur appuie dessus pour faire pénétrer le soc. Coultre et soc sont réunis à l'age, ou perche. 

Le sillon, tranchée ouverte dans le sol par la charrue, se nomme "raie". Et on nomme "guéret" la partie non encore labourée.

 

On distingue dans l'avant-train des charrues la roue de raie et la roue de guéret . La première roulait dans la raie, la seconde sur la terre non encore fraîchement labourée, c'est-à-dire sur l'ancien guéret. 

 Il reste quelque chose à comprendre. Les trois chevaux ont au moins une patte posée sur un élément architectural polygonal grisâtre (qui n'existe pas à Plomodiern). Le cheval de tête, qui a franchi cet obstacle, s'est emballé. Le cheval noir redresse la tête et semble hennir. 

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Le chanoine Abgrall avait indiqué, dans son analyse de cette scène à Sainte-Marie-du Ménez-Hom,, placée à coté de la Fuite en Égypte,  "La tradition du pays dit que c'est la traduction d'une légende d'après laquelle ces gens, labourant leur champ, se seraient moqués de la Sainte Vierge et de saint Joseph fuyant en Égypte, et auraient été punis sur le coup et blessés par leur chevaux pris d'une terreur panique.". Mais cette explication, suscitée sans-doute a posteriori aux habitants par la proximité des deux motifs, ne tient plus à Pleyben, où la Fuite en Égypte n'est pas représentée. D'autre part, cette tradition locale n'a jamais été confirmée par une autre source. 

A défaut de comprendre avec exactitude à quel récit ou quelle fable morale fait allusion ces deux scènes, je propose d'y voir l'illustration de la "mort accidentelle", telle qu'elle peut survenir pour frapper n'importe qui, menaçant d'emporter en Enfer un paroissien  de Pleyben (en majorité des agriculteurs) s'il n'est en règle avec les exigences de l'Église. 

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SOURCES ET LIENS.

APEVE

Sablières et statues : http://www.apeve.net/spip/spip.php?article141

BASE PALISY :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Le%20Tr%e9hou&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=3

— DUBY (Georges), 1954, La révolution agricole médiévale , Revue de géographie de Lyon  Année 1954  Volume 29  Numéro 4  pp. 361-366 

http://www.persee.fr/doc/geoca_0035-113x_1954_num_29_4_2010

"Le premier grand changement est apporté vers la fin du VIIIème siècle avec l'introduction de l'assolement triennal, en remplacement de l'assolement biennal pratiqué depuis l'Antiquité. Il fonctionne de manière collective avec l'aménagement d'un saltus – friche, terre non cultivée, réservée à l'élevage – en proximité des forêts. La terre se régénère sur une durée plus longue et est fertilisée par l'élevage. Associée à la charrue, qui apparaît vers la même période, le défrichement va connaître un essor sans précédant à la période carolingienne. Son usage est attesté dès le Ve siècle, mais c'est avec la révolution agraire qu'elle va vraiment se répandre dans toute l'Europe. Contrairement à l'araire qui ne fait que scarifier la terre, la charrue est munie d'un versoir latéral qui rejette la terre, la retournant et créant ainsi un sillon plus profond. Associée à l'utilisation du fumier, elle va permettre de réellement augmenter le rendement. Le joug réservé aux seules bêtes à cornes depuis l'Antiquité, va être adapté ainsi au cheval et l'attelage a évolué progressivement depuis la fin de l'Empire romain." (blog Les dits de Fardoise http://fardoise.eklablog.com/la-revolution-technologique-du-moyen-age-1-le-monde-rural-a114630558)

 

COUFFON (René) 1988, .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/56a53f3ee05cfb4060f6a6fa70341225.pdf

DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes, 1997 - 385 pages, pages 169, 220, 231 à 236, etc.

 

"Le corpus rend compte du grand changement qui s'opère dans l'habillement autour du second quart du XVIe siècle. Jusqu'à cette époque, les vêtements portés sont conformes aux modèles de la garde-robe bas-médiévale européenne.

Le vêtement que porte l'homme du peuple à la fin du Moyen Âge est assez stéréotypé : il s'agit presque toujours d'une chemise ou jaque à manches longues, portée assez près du corps, fermé sur le devant par de gros boutons : ces derniers sont représentés avec précision par Jean Jouhaff à Trédrez, et remplacés à Grâces-Guingamp (1506) par un système de lacets croisés. Cette chemise, en général retenue à la taille par une ceinture (à La Martyre, Plougras, Le Quillio, Trémel (Ch. De Locquéméau), entre autres exemples) où sont parfois glissés des objets  (à Clohars-Fouesnant, La Roche-Maurice, Le Quilio), est portée sur une culotte serrée ou sur des collants « bas-de-chausses ».

Plusieurs modèles de chaussures apparaissent sur les décors. A Morlaix, un homme est chaussé de bootillons noués sur la cheville par des lacets, à Loc-Envel, un autre porte des souliers ouverts retenus par une bride passée sur le coup de pied, à Guimaëc, La Martyre et Ploërmel, les personnages ont des bottes hautes, dont l'usage était sans-doute plus fréquent chez les paysans aisés.

Chapeaux, bonnets, ceintures et chaussures sont les rares accessoires représentés sur les décors, en plus de deux exceptionnelles paires de lunettes sculptées sur les sablières conservées au Musée Dobrée à Nantes, et dans l'église de Loguivy-Plougras.

La plupart des individus sont coiffés de chapeaux à bords relevés, les autres de chaperons dont l'usage semble tardif comme en témoignent les petits pêcheurs des sablières de la chapelle Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun (1554) et le laboureur de l'église de Bodilis (1567). Nous n'avons d'ailleurs pas noté de changement notable dans cette tenue « de base » parfaitement adaptée aux travaux manuels et utilisée semble-t-il sans interruption jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Un autre type de vêtement apparaît sur les frises, dont l'emploi paraît aussi répandu que celui de la précédente tenue. Plusieurs personnages portent une tunique longue, ou robe courte, serrée à la taille par une ceinture. Quelques exemples ont été relevés sur des reliefs bas-médiévaux, et sur plusieurs sablières datées du XVIe siècle, voire plus tardives : les hommes vêtus de la sorte sont des paysans ou des laboureurs sur les poutres de La oche-Maurice, du Tréhou, de Guengatet de Magoar, et des musiciens, à Callac, Pluméliau et Cléguérec.

Alors que le vêtement populaire, la « tenue de travail », ne semble pas connaître de grands changement d'aspect jusqu'à la fin du XVIe siècle, les vêtements portés par les représentants des classes privilégiées sont, au contraire, plus variés." S. Duhem 1997 Page 233-234 :

 

ENLUMINURES : labour à la charrue ; labour et semailles

a) Sur Mandragore :

-Français 138, fol. 13, Jason semant les dents du dragon

-Français 331, fol. 106v, Jason semant les dents du dragon

-BnF Français 598, fol. 11, Cérès . 1403. Giovanni Boccaccio, (Boccace (1313-1375). ) De Claris mulieribus, traduction anonyme en français Livre des femmes nobles et renommees par le Maître des cleres femmes (13..-14..). Enlumineur Maître du Couronnement de la Vierge.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84521932/f32.item.zoom

-Français 1630, fol. 42, Renart et le laboureur

-Français 1630, fol. 42v, Renart labourant

-Français 12420, fol. 12, Cérès

-Français 12420, fol. 12, Cérès

-BnF Latin 14267, fol. 157, Décor marginal Petrus Lombardus (1095?-1160?). 1175-1200

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8541007m/f315.image

-BnF Latin 15675, fol. 3v, Massacre des serviteurs de Job

-Néerlandais 1, fol. 116v, Boèce et les paysans

 

b) sur Enluminures :

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28LABOUR%20A%20LA%20CHARRUE%29%20%3aSUJET%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=LABOUR%20A%20LA%20CHARRUE&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=All

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=%27LABOUR%20ET%20SEMAILLES%27

CORROZET (Gilles), (1510-1568) Ung laboureur son lin semoit.:

 http://www.ruedesfables.net/de-lhirondelle-des-autres-oiseaux/

— CAHIERS LORRAINS, 1994, no 1 Mars Cahiers lorrains Archéologie et ethnologie le soc d'araire gallo-romain de tarquimpol réexaminé. 

http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/43284/CL_1994_1_3.pdf?sequence=1

 

— LALAUSE(de), 1784, Cours complet d’agriculture, Hôtel Serpente, 1784 (Tome troisième, p. 51-144).

https://fr.wikisource.org/wiki/Cours_d%E2%80%99agriculture_(Rozier)/CHARRUE

 

— LE LIN COTÉ NATURE :

https://www.lelin-cotenature.fr/FR/La-Bretagne-cultive-le-passe-et-prepare-l-avenir-110.html

 

—POLGE (Henri), 1967, L'amélioration de l'attelage a-t-elle réellement fait reculer le servage ? Journal des Savants  Année 1967  1  pp. 5-42 Fait partie d'un numéro thématique : Janvier-Mars 1967

https://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1967_num_1_1_1144

"Tout charroi animal suppose en tout temps et en tout lieu :

1° une surface ou un périmètre de déplacement, exploitation agricole, carrière de marbre, cirque, rue, route x, etc. ;

2° une, deux ou plusieurs bêtes de trait, habituellement des solipèdes ou des bovidés, plus rarement des cervidés ou des caméliens, des chiens, etc. Animaux qui diffèrent entre eux par leurs aptitudes naturelles et aussi, le cas échéant, par l'idée que l'on s'en fait ;

3° un dispositif d'attelage (attache des animaux et attache du véhicule) ;

4° une, deux, trois ou quatre roues, exceptionnellement plus, et une charge plus ou moins bien disposée par rapport à elles ;

5° un, deux ou plusieurs véhicules (train) qui diffèrent de construction selon les époques et de conception selon les usages auxquels on les destine ;

6° un, deux ou plusieurs conducteurs qui ont pour mission de stimuler, de guider, de freiner et d'arrêter le véhicule, soit qu'ils marchent à côté (petites vitesses), soit qu'ils se fassent porter (plus grandes vitesses) ;

7° un dispositif de freinage permettant d'agir soit sur les bêtes de trait, soit sur la voiture, soit sur les deux à la fois ;

8° éventuellement des accessoires divers, actifs (comme un tortoir) ou passifs (comme un marche-pied, un porte-fainéant, un siège, etc.).

Pour tendre les traits, le bœuf baisse la tête ; s'il sent une résistance accrue, il appelle sur son avant-train la majeure partie de sa masse tandis que son train postérieur ne sert qu'à donner au corps l'impulsion progressive (en marche arrière il est mal à l'aise) ; au contraire le cheval emploie sa force musculaire à s'appuyer plus ou moins fortement sur la bricole ou le collier au point qu'il tombe en avant si les traits viennent à se rompre. Il s'appuie sur les pieds de devant, mais plus fortement encore sur ceux de derrière, si bien qu'à la limite de son effort les pieds de devant touchent à peine le sol et qu'il a tendance à se cabrer. Donc le joug pour le bœuf et le collier d'épaules pour le cheval semblent les instruments de tirage les mieux conditionnés.

En longueur un attelage trop étiré vire difficilement, surtout en montée, où les animaux intermédiaires, entre la tête et la queue, risquent d'être déportés sur la corde, tandis qu'en descente, sauf frein efficace agissant sur le véhicule, les bêtes de timon peuvent être amenées à bousculer les bêtes de volée "

 

TRÉPOS (Pierre), 1961, Enquêtes sur le vocabulaire breton de la ferme , Annales de Bretagne  Année 1961  Volume 68  Numéro 4  pp. 601-698

http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1961_num_68_4_2141

 

— SOBRADO CORREA (Hortensio), 2004 " La fertilisation des terres dans la Galice de l’Ancien Régime (xviie-xixe siècle)"

https://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2004-1-page-39.htm

—— WIKIPEDIA Le Tréhou

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tr%C3%A9hou

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Le_Tr%C3%A9hou_Parish_close

Le Tréhou est situé dans le centre nord du département du Finistère, à l'ouest des Monts d'Arrée ; les altitudes les plus élevées se trouvent dans la partie sud-est du finage communal, atteignant 172 mètres à l'est-nord-est de Bodénan, mais descendant jusqu'à 36 mètres dans la partie aval de la vallée du fleuve côtier la Mignonne (ce cours d'eau limite au nord la commune), à l'ouest de la commune ; le bourg est vers 97 mètres d'altitude. Les vallées de la Mignonne et de plusieurs de ses petits affluents de rive gauche, notamment le ruisseau du Moulin du Pont, qui ont leur source pour la plupart dans la commune, encaissées, échancrent assez profondément le territoire communal qui est très vallonné.

Le paysage rural est traditionnellement bocager avec un habitat dispersé en hameaux et fermes isolées.

Le nom de la commune apparaît au xive siècle. Le Tréhou est probablement issu du morcellement de la paroisse de Ploudiry. Le nom de la localité est attesté sous les formes Treffou vers 1330, Trevou en 1363, Treffvou en 1446, Treffou en 1467 et 1618, Treffuou en 1481 et Le Treffvou en 1521. Le Tréhou vient du breton trevou (« la paroisse »)

La paroisse du Tréhou faisait partie de l'archidiaconé de Léon relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de Sainte-Pitère, sous le patronage de Sainte Piterre. Elle avait comme trèves Tréflévénez érigée en paroisse en 1801 et Tréveur (ou Trévéreur), qu'elle a absorbée.

La culture du lin a été pendant longtemps la richesse du pays. Ce sont les juloded, paysans-marchands, producteurs du lin, qui dirigeaient la commune. Le Tréhou était au XVIIIe siècle au cœur de la zone toilière du Léon consacrée à la culture et à la transformation du lin et du chanvre : 27 kanndi y ont été dénombrés à ce jour ; selon les inventaires après décès la fréquence des métiers à tisser y était de 141,3 pour 100 inventaires, même si le lin n'y était apparemment assez peu cultivé et devait être souvent acheté ailleurs. Parmi les paysans-marchands, Guillaume Le Sanquer, de Leslurun, dont la fortune s'élève lors de son décès en 1727 à 23 738 livres selon son inventaire après décès ; celle d'un homonyme, décédé en 1733, s'élève à 27 788 livres et il donnait du travail à plusieurs tisserands.

 Repérable dès le XVe siècle, cette zone connaît son apogée au début des années 1680. Aux XVIe et XVIIIe siècles, époque des grands commerces entre la Bretagne et l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne et l’Amérique latine, alors que toutes les voiles des bateaux sont tissées en lin et en chanvre, les toiles crées, fabriquées dans le Haut-Léon, vont bénéficier d’un quasi-monopole sur le marché européen, créant ainsi une prospérité sans égale. Elle est le fait d’une petite caste de paysans-négociants, les juloded en breton, qui commercialisent leurs toiles essentiellement vers l’Angleterre via les ports de Morlaix principalement et de Landerneau. Par exemple en 1743, Morlaix reçoit 34 197 pièces de 100 aunes (soit 122 mètres) et Landerneau 10 027 ; en 1788, Morlaix en reçoit 18555 et Landerneau 2356.

Ils exploitent aussi des fermes dont la taille moyenne est de 15 à 40 ha alors que celle des autres paysans est alors, par exemple à Ploudiry, de 7 à 8 ha.

« La quasi-totalité de la production toilière est le fait de tisserands ruraux, et surtout de paysans-tisserands. Ceux-ci venaient prendre livraison du fil chez leur paysan-marchand, et ils revenaient quelques semaines plus tard rapporter leur pièce de toile. Il fallait environ un mois pour fabriquer une pièce de 122 mètres. En 1788, la zone toilière du Léon comptait un peu plus de 400 paysans-marchands et quelque 3 000 métiers à tisser (...) [Cette zone toilière] fabrique annuellement 80 000 pièces de toile de lin, soit près de 10 000 kilomètres. »

 Les marchands toiliers constituent alors l’élite sociale de la région : les "julots" (en breton juloded), à l’imitation des marchands hollandais de Morlaix, les "Julius". Implantés uniquement dans le Léon méridional ou Haut-Léon, proche des Monts d'Arrée, cette aristocratie paysanne (on parle parfois de "demi-nobles"), pratiquaient une véritable caste à très forte endogamie et jouèrent un rôle important lors de la « Renaissance bretonne », construisant églises avec un riche mobilier, calvaires et enclos paroissiaux, y compris à Plounéour-Ménez, même si ceux de certaines paroisses voisines sont plus célèbres. Ce sont ces juloded enrichis qui ont financé la construction et la réalisation des enclos paroissiaux du Léon, manifestation la plus visible de leur prospérité.

— WIKIPEDIA : article "Julod"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Julod

"Le lin est en Bretagne une culture de printemps, semé traditionnellement aux alentours de la Saint-Georges (23 avril) ; il fleurit aux environs de la Saint-Pierre (sa fleur, couleur bleu lavande, ne dure guère plus d'une journée) et il est prêt à être récolté vers le 14 juillet. C'est une plante qui a besoin de beaucoup d'eau pour croître et qui aime des terres légèrement acides.

1ere année sarrazin semé en juin et récolté en septembre, 2ème année seigle ou froment semé en octobre ou novembre, 3ème année avoine

Dans le Léon, au Nord-Finistère, on peut toujours découvrir des maisons buanderies (ou kanndis) qui permettaient de blanchir les écheveaux de fils de lin. Il s'agissait de petites bâtisses en matériaux locaux, schistes ou granites. Elles comportaient un bassin alimenté en eau par un ruisseau et destiné à rincer le fil blanchi. Le blanchiment du fil de lin s'opérait avec de la cendre de hêtre, dans une cuve alimentée par de l'eau chauffée à la cheminée.
Environ 50 kanndis ont été retrouvés dans le pays de Landerneau- Daoulas et certains font l’objet d’un projet de restauration.

Dans les Côtes d'Armor, de nombreux villages recèlent encore des routoirs, bassins en pierre où l'on faisait rouir le lin. Ils étaient sur le trajet d'un cours d'eau et le rouissage avait lieu à ciel ouvert. Des pierres posées sur des planches permettaient de maintenir le lin immergé. Une quinzaine de jours suffisaient pour séparer les éléments fibreux et ligneux de la plante par dissolution de la pectine.
Au 19ème siècle, près de 3000 routoirs ont été dénombrés dans la région de Lannion. Depuis 2012, l'office de tourisme de la presqu'île de Lézardrieux propose des randonnées pédestres sur une boucle de 21 routoirs à lin.

Les musées présentent également de nombreux objets liés au lin: peignes à égrener le lin, brayes à lin pour broyer manuellement les tiges, broyeurs mécaniques ou moulins flamands, rouets, métiers à tisser, presses à lin, armoires à deux battants pour conserver les biens précieux de la maison dont certaines pièces de lin.
Un patrimoine bâti est toujours présent et témoigne d'un passé actif. On peut ainsi voir dans le Trégor des moulins à teiller le long des principaux cours d'eau: le Léguer, le Jaudy, le Trieux...
Enfin, le commerce des toiles a enrichi des négociants qui ont construit de belles demeures et  contribué à la richesse du patrimoine religieux: chapelles, églises, enclos paroissiaux."

 

WIKI-BREST : Histoire de la culture du lin dans le Pays de Landerneau

http://www.wiki-brest.net/index.php/Histoire_de_la_culture_du_lin_dans_le_Pays_de_Landerneau

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 23:34

La charpente sculptée (sablières et abouts de poinçon vers 1535, 2 pièces de sablières par le Maître de la nef de Plomodiern au milieu du XVIe siècle) de la nef  chapelle Saint-Tugen de Primelin.

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Voir :

Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

— Et enfin :

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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PRÉSENTATION

Au lieu-dit Saint Tugen, sur le site d’une ancienne chapelle tréviale mentionnée en 1118, l'édifice actuel, long de 29m et large de 25m et dominé par une tour monumentale haute de 28m, a été construit vers 1535 par René du Menez seigneur de Lézurec et son épouse Marie du Fou. Devant l’affluence des pèlerins, il a été agrandi plusieurs fois entre 1610 et 1750. Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier et grand-mère d’Henri IV, y vint en pèlerinage. On trouve des dates inscrites,    comme " 1584 " dans la chambre des cloches, ou  "1595", sur une porte de  la pièce nord de la tour, avec le nom du recteur Henri Capitaine. La tour porte aussi les dates (C. Toscer) de son commencement en 1569 ["K.C. 1659" sur la tourelle d'escalier selon Abgrall ]et de son achèvement en 1582. 

La chapelle nord a été considérablement agrandie  en 1611 par les soins de l'arrière-petit-fils du fondateur, Alain du Ménez, gouverneur d'Audierne et époux de Marie de Gourcuff, et nous trouvons les  inscriptions à cette date avec les noms des fabriciens D. Mérour et F. Moal à l'extérieur de la porte nord  . En 1663, Estienne Ansquer fait graver son nom sur le bois de la porte du porche avec son titre de fabricien. La sacristie  fut construite en 1720-1721, et puis ensuite, de 1749, 1750, 1760  à 1773, la chapelle sud fut très remaniée ; le fabricien de 1750, Brénéol et celui de 1760  Yves Follic ou Follec y ont inscrit leur nom avec la mention "honoré homme".

Jean Brénéol, fabricien en 1766, a fait inscrire son nom dans la pierre à l'extérieur près de la porte.

Également à l'extérieur, sur le mur de la sacristie I. Brechonnet se signale, sans date, comme fabricien sous un buste d'homme surgissant de la façade.

Des lambris portent des peintures datées : un mariage  porte la date de 1705  et le nom du "fabrique" Yves Poulhasan. Un Baptême porte l'inscription "Messire I. Gloaguen curé de Primelin en 1705  baptise cet enfant nay depuis un moment"  Un cycle du Baptême du Christ, de la confirmation et de la confession sur la clôture des Fonts, datée de 1679 porte le nom du recteur Messire Yann Perennes et du fabricien Hervé Ploinec. Auparavant, en 1674, le même recteur Jean Pérénnès avait fait exécuter un ciel étoilé, Pierre Guéguen étant le fabricien de l'année. Et le même recteur a demander à un peintre Parader (Barader) une allégorie de la confirmation.

Le chanoine Abgrall signale aussi l'inscription Ian : Bitar : 1709 : F. sur le lambris

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 Quand la chapelle fut classée le 23 juillet 1909, il était temps, car elle était alors, dit-on, dans un état lamentable. Elle fut restaurée avec le concours des fidèles et d'un ancien missionnaire à Haïti, l'abbé Yves Velly.

Le matériel héraldique est riche. Notamment, de nombreux blasons sont présents sur les abouts de poinçons : ceux des familles du  Menez (seigneurs de Lézurec en Primelin) , Autret (seigneurs de Lézoualc'h en Goulien) , Keridiern (en Cléden-Cap-Sizun) , Saluden (seigneur de Kerazan en Cléden) , et d'autres non identifiés.

C'est un édifice de plan irrégulier précédé du massif de la tour, et comprenant un vaisseau de quatre travées avec bas-côtés et chevet plat. Au nord, au droit des trois dernières travées, une vaste chapelle en aile est  recoupée transversalement par deux arcades. Au sud, au droit de la dernière travée, une chapelle en aile, sur laquelle s'ouvre la sacristie, est alignée à l'est, comme la chapelle nord, sur le chevet de la nef.

"La nef, du type obscur, est lambrissée sur toute sa longueur. Les grandes arcades en tiers-point, de hauteur et de largeur différentes, ont leurs voussures pénétrant directement dans les piliers octogonaux. Les deux arcades édifiées en 1611, transversalement à la nef, lors de l'agrandissement de l'aile nord, sont en plein cintre avec importante clef en console. Elles reposent sur de courtes colonnes ioniques montées sur de hautes bases à corniches saillantes. Les chapiteaux ont leur tailloir décoré de volutes très développées. La plupart des fenestrages flamboyants accusent le début du XVIe siècle, mais une petite fenêtre du XIVe a été remployée dans l'aile nord. " (R. Couffon)

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La datation de la construction de l'édifice est importante pour préciser celle des sablières. Or la date de 1535 communément donnée n'a pas (Tosquer) de confirmation écrite. Mais elle est épaulée par  une pièce d'archive de 1539, qui mentionne la présence de cinq prêtres desservants la chapelle, preuve de son importance déjà grande, et de l'existence d'une couverture. 

La charpente de la nef, à lambris peint, est rythmée par cinq entraits, à engoulants et nœuds sculptés, ainsi que par des nervures qui sont animées chacune  par des abouts de poinçons en deux rangées latérales à mi-hauteur et un rang central. Je désignerai ces entraits de I à V d'est en ouest. 

J'ai compté 23 ou 24 de ces nervures (on multipliera ce chiffre par 3 pour évaluer le grand nombre des abouts de poinçon, et le travail de bénédictin de leur description exhaustive reste à faire), mais leur régularité est interrompue, entre les entraits II et III par deux nervures jumelles (très rapprochées) qui correspondent à la présence d'un blochet des deux cotés. C'est précisément à partir de ces blochets que le style des sablières se modifie brièvement, vers l'ouest, pour deux pièces sculptées par le Maître de la nef de Plomodiern vers 1544. Tout le reste appartient au style à masques espacés, un peu plus précoce.

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Aucun des auteurs de monographies ou notices  n'a décrit cet ensemble sculpté de la charpente : ni Chaussepied en 1809, ni  Velly en 1930, Couffon en 1988 et, ni Cosquer en 1987. 

Sophie Duhem, dans son étude des sablières de Bretagne, signale la chapelle Saint-Tugen à plusieurs reprises, mais ne donne pas de description détaillée de ses pièces. C'est néanmoins elle qui en ordonne le corpus en deux ensembles et qui attribue deux pièces à celui qu'elle nomme "Jean Brellivet" (maître de la nef de Plomodiern" pour moi), et c'est elle qui décrit les ateliers de menuisiers-sculpteurs de sablières très actifs en Finistère sud au début et milieu du XVIe siècle (cf. extraits infra).

Ma propre description ne sera que partielle, car basée sur des photos trop vite prises lors d'une excursion de la SAF.

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I. LES SABLIÈRES À MASQUES ESPACÉS ( VERS 1535 ).

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Au début du XVIe siècle, un artiste anonyme actif en Cornouaille adopte pour le décor sculpté des sablières  un style où celles-ci ne sont sculptées que par intervalle, de masques et de feuillages sur la pièce de bois qui est, sans l'intervalle, lisse et simplement moulurée. On trouve des exemples de ce style tout près d'ici,  dans la chapelle du Rosaire de l'église de Pont-Croix, mais aussi, selon S. Duhem, dans l'église de Combrit et , plus loin à l'est du Finistère, dans celle de Plonévez-du-Faou.

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-sablieres-des-chapelles-sud-de-notre-dame-de-roscudon-a-pont-croix.html

Ici, dans la chapelle Saint-Tugen de Primelin, ces masques correspondent à la retombée des nervures du lambris peint. Je numérote ces nervures, et donc ces masques, de 1 à 24 d'est vers l'ouest.

Les nombreux  abouts de poinçon sont sans doute contemporains de ces sablières. 

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Sud, nervure 1 : une rose.

Sud, nervure 2 : deux masques siamois

Sud, nervure 3 : une barque de pêche à trois matelots.

ENTRAIT I engoulé, décor à perforation. Poutre en deux portions assemblées  par un trait de Jupiter. Poulie au centre.

Sud, nervure 4 : 2 masques barbus.

Sud, nervure 5 : feuille d'acanthe.

Sud, nervure 6 : une rose (4 sépales, 4 pétales, un cœur)

Sud, nervure 7 : un masque humain, coiffé d'un béret, bouche triste.

ENTRAIT II, engoulé; Noeud à deux dragons (perforations)..

Sud, nervure 8 : feuille.

Sud, nervure 9 : masque humain barbu.

Sud, nervure 10 : masque humain à coiffure en U inversé.

Sud, nervure 11 (jumelle) : blochet : tête de lion.

Sud, nervure 12 et 13 :  deux dragons (style du Maître de la nef de Plomodiern)

ENTRAIT III engoulé. Écu au centre.

Sud, Masque féminin contre l'entrait

Sud, nervure 14 : feuille.

Sud, nervure 15 : masque féminin sous une coiffe.

Sud, nervure 16 : fleur (5 pétales, 5 sépales, 4 feuilles)

ENTRAIT IV semi-engoulé. Deux gueules affrontées au centre

 Sud, nervure 17 [ de part et d'autre de l'entrait] : feuille et rose.

Sud, nervure 18 : masque humain, femme échevelée.

Sud, nervure 19 : feuille d'acanthe.

Sud, nervure 20 :à préciser

ENTRAIT V engoulé (écu au centre) ; Sud, nervure 21, 

Sud, nervure 22 : à préciser

Sud, nervure 23 : à préciser

Sud, nervure 24 contre le mur : Blochet, dragon gueule ouverte langue tirée.

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Le coté nord.

Nord, nervure 1 :

Nord, nervure 2 :

Nord, nervure 3 : fleur (8 sépales)

Nord, nervure 4 : masque humain crachant deux feuilles

ENTRAIT I, engoulé.

Nord, nervure 5 : lion couché, tête tournée à gauche, queue revenant sur le dos.

Nord, nervure 6 : ange souriant, tenant un phylactère

Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles

Nord, nervure 8 contre l'entrait : feuille 

ENTRAIT II, engoulé, à perforations.

Nord, nervure 8 contre l'entrait  : masque humain.

Nord, nervure 9 : masque léonin, bandeau occipital.

Nord, nervure 10 contre le blochet : masque léonin, bandeau occipital.

Blochet : gueule de dragon, décor à perforations.

Nord, nervure 12 et 13 :  deux dragons et médaillons (style du Maître de la nef de Plomodiern)

ENTRAIT III engoulé.

Nord, nervure 14 : feuille.

Nord, nervure 15 : écu.

Nord, nervure 16 : feuille à volutes latérales

ENTRAIT IV engoulé.

Nord, nervure 17 : à préciser

Nord, nervure 18 : à préciser

Nord, nervure 19 : masque de femme bouche ouverte.

Nord, nervure 20 : rose.

ENTRAIT V, engoulé.

Nord, nervure 20 sur l'entrait : feuille

Nord, nervure 21 masque humain cheveux en masses latérales.

Nord, nervure 22 : masque humain coiffé d'un bonnet.

Nord, nervure 23 contre le mur. Feuille d'acanthe.

Blochet : gueule de lion

 

 

 

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Les nervures 3 et 4 et leurs sablières.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 2 : deux masques humains accolés.

Ces gueules patibulaires à la bouche  de travers et aux yeux torves sont néanmoins civilement coiffés d'un bonnet.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Une barque de pêche et trois pêcheurs.

C'est l'un des motifs les plus originaux de la chapelle, et un autre exemple  a déjà été analysé dans le chevet de l'église de Pont-Croix (mais dans la partie créée par le Maître de la nef de Plomodiern, vers 1544).

Cette barque à clins, sans gouvernail visible, laisse apparaître les têtes de trois matelots, à qui les yeux exorbités (maladresse de sculpteur ou parti-pris ?) confèrent des allures de revenants. Elle relève, de la part des paroissiens commanditaires (représentés par le fabricien) du désir de souligner l'importance du milieu maritime dans leurs modes de vie, puisqu'à l'époque,   et pour toute la région du Cap Caval de Penmarc'h à Audierne et Cap Sizun, le commerce par de forts rouliers, et la pêche permettent un développement économique considérable.

L'agrès visible à l'avant est vraisemblablement le mât, rabattu pour la pêche et visible également à Pont-Croix.

Les sablières de 1553 de la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun en offrent également un exemple où l'on retrouve la barque à clins, les trois pêcheurs, le mât incliné (mais aussi des poissons):

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-tremeur-trouguennour-cleden-cap-sizun/39ce641b-88bf-4768-b36e-dc58a7aef219

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:061_Cl%C3%A9den-Cap-_Sizun_Chapelle_Saint-Tr%C3%A9meur.jpg

 

Je renvois à mes commentaires sur la barque de Pont-Croix.

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-sablieres-du-chevet-de-l-eglise-notre-dame-de-roscudon-a-pont-croix.html

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Cliquez sur l'image.

Sablières (v. 1544) du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Sablières de Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun? Photo H. Moreau Wikipédia

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 7 : un masque humain, coiffé d'un béret, bouche triste.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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L'entrait n° II : engoulants et nœud sculpté.

Cet entrait est remarquable par les deux gueules de dragons ou engoulants, avec les perforations au foret qui rendent les verrucosités de leur pelage, mais surtout par le nœud (sculpture centrale) ou deux petits dragons s'affrontent gueule à gueule.

Leurs ailes aux pennes taillés à la gouge ronde, et les multiples perforations des sinuosités serpentines de leur corps fin entrainent une confusion dans la lecture des formes, confusion tout à fait conforme au projet global de l'artiste, qui jette le trouble dans nos esprits rationnels pour nous emmener dans un monde intermédiaire et autre.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 9 : masque humain barbu.

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Ce visage est encadré par une chevelure et une barbe dont les mèches identiques sont repoussés par un vent frontal pour former une véritable crinière de lion. Et la taille du bois pour rendre ces mèches, en forme de 9, sera utilisée aussi pour les lions qui apparaitront plus loin. 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 10 : masque humain à coiffure en U inversé.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 15 : masque féminin sous une coiffe.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 18 : masque humain, femme échevelée.

C'est encore le même procédé d'animalisation de l'humain : le visage à l'ovale pur de la femme est encadré par des longues mèches enchevêtrées qui évoquent immanquablement des serpents.

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 19 : feuille d'acanthe.

Cette élégante  feuille aux bords frisés peut évoquer une étoile.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Le coté nord.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles.

Bois polychrome, jaune pâle et bleu.

Cf infra.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 5 : lion couché, tête tournée à gauche, queue revenant sur le dos.

Bois,  polychromie jaune, bleu et rouge . La queue passe entre les pattes postérieures pour revenir sur le dos, où le fouet étale ses trois branches. La patte postérieure est marquée d'entailles de gouges pour rendre les mèches de pelage. La crinière est figurée par des rangées de volutes en 9999, dont le centre est peint de bleu. La gueule débonnaire du lion est ouverte sur une balle rosée qui est la langue. Il existe de fortes affinités entre cette façon de sculpter les lion, et celle utilisée par les tailleurs de pierre sur les façades et les crossettes des chapelles.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 6 : ange souriant, tenant un phylactère.

Le phylactère portait peu-être quelques mots peints.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles.

C'est encore un motif très habituel du vocabulaire des sculpteurs de sablière, et des sculpteurs sur pierre dès le XIIIe siècle sur les portails et chapiteaux romans. Il répond au goût de la métamorphose, et de l'alliance/confusion entre les genres animal (et humain) et végétal, accentué  par le succès des Métamorphoses d'Ovide. C'est une variante du "masque feuillu", phytomorphe où le visage est encadré, en guise de chevelure ou de barbe, par des feuilles. Par son aspect fantastique, on peut lui prêter un rôle apotropaïque (conjurant le mauvais sort, ou les esprits mauvais), les sablières formant alors autour de l'espace sacré, liturgique, une ceinture de protection intérieure à laquelle répond, à l'extérieur, celle des crossettes.

L'alternance de feuilles et de masques  humains sur ces sablières relèvent du même souci de fusion/confusion des genres, tout comme, plus loin, les masques anthropomorphes mais léonins.

https://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=8

https://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?libre_Op=like&libre=masque&pos=4&id=80

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L'homme est coiffé d'une casquette aux oreillettes relevées.

On remarquera ici, mais aussi ailleurs, une intervention de restauration par laquelle un coin très effilé de bois a été introduit, peut-être dans une fissure, puis resculptée.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 8 sur l'entrait  : masque humain à facies  léonin.

La sculpture est traversée à mi-hauteur par une large pièce de bois taillée en sifflet et re-sculpée. Quoiqu'il soit difficile de faire la part des choses entre des fissures, cette pièce, et le décor, il semble que le pourtour du visage trace, en partie inférieure, des rayons, puis que vienne ensuite un bandeau occipital, et enfin une coiffure, ou plutôt une chevelure tirée en arrière.

Le bandeau occipital est fréquemment représenté en Finistère comme un accessoire qui rassemble les cheveux en arrière de la nuque avant de les laisser se répandre sur les épaules : on le vit sur des statues de la Vierge, de Marie-Madeleine ou plus rarement sur d'autres personnages. Est-ce cela que le sculpteur a figuré ici ?

L'aspect mi-humain mi-animal est dû aux lèvres épaisses (ce sera surtout le cas dans la sculpture suivante, au nez large et au menton fuyant, mais aussi à l'encadrement centrifuge du visage.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 9 : masque léonin, bandeau occipital.

 

Bois polychrome jaune pâle et bleu. Mêmes remarques que précédemment, mais la chevelure est divisée en deux masses latérales retenues par le bandeau.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 10 : masque léonin, bandeau occipital.

 Bois polychrome jaune pâle et bleu. Troisième exemple du même motif, dans lequel les pommettes rondes et saillantes contrastent avec le petit menton en courge, avec un effet comique évident. Le fuseau de bois de réparation est ici plus bas.

Remarquez, sur le blochet, les perforations au foret utilisées pour rendre la peau verruqueuse du dragon, un procédé que reprendra le Maître de la nef de Plomodiern.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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II. LES SABLIÈRES À DRAGONS ET MÉDAILLONS (MAÎTRE DE LA NEF DE PLOMODIERN, VERS 1540 ? ).

Seule peut-être une expertise de la charpente, ou une compréhension de l'évolution du chantier (qui aurait selon C. Toscer débuté par le chevet) pourrait expliquer à la fois les deux nervures jumelles, la paire de blochet, et surtout la rupture de style dans deux pièces de sablières, qui abandonnent les masques et leurs répartitions sous les nervures pour un décor continu, associant dragons et médaillons. Ce décor est si caractéristique du sculpteur qui a réalisé  la nef et le porche sud de l'église de Plomodiern qu'on peut les lui attribuer sans hésitation. On reconstitue donc le parcours d'un artisan qui a d'abord œuvré au Cap Sizun, dans cette chapelle Saint-Tugen (en 1535, ou vers 1540? ), pour le chevet de l'église de Roscudon vers 1544, et pour la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun en 1553. Puis, il s'est rendu en Porzay 40 km plus au nord-est, pour orner la charpente de Plomodiern en 1564, ainsi que celle de la nef et du porche sud de l'église de Saint-Nic en 1562 et 1566.

Dans tous les cas, on retrouve des caractéristiques que j'ai déjà décrites pour les sites précédents.

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Vue d'ensemble, coté sud.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Les deux médaillons contiennent ce profil reconnaissable par son nez imposant, son œil d'horus, son casque (pour l'homme) et sa coiffe à perles (pour la femme), ainsi que le cercle du médaillon marqué à la gouge droite de I successifs et de perforations au foret

Les dragons sont aussi spécifiques par leurs feuilles-plumes attachés au corps par des anneaux, par leur grand œil de profil, leurs grandes oreilles, leur museau retroussé et, là encore, par les marques de gouge en C et en I, les perforations et les estafilades.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Du coté nord ; putto tenant les queues de deux dragons, encadré par deux médaillons de profil.

Pas de surprise pour celui qui traverse la nef et qui retrouve, comme à l'école, le même vocabulaire soigneusement récité sous le regard du même couple emblématique. L'enfant barbu  nu, jambes écartées, coiffé de feuilles, retient les dragons par leur queue.

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Au nord ou au sud, il suffira d'observer les blochets ou les engoulants pour retrouver des coups de gouge et ses perforations au foret. Il n'y a pas de rupture de style entre ces dragons des poutres et ceux de ces pièces de sablières, ce qui incite à penser que ces dernières datent à peu près de la même époque, vers 1535-1540.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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QUELQUES ABOUTS DE POINÇON DE LA NEF.

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Un ange présentant un phylactère.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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L'acrobate en renversement postérieur.

Comme d'habitude, cet exercice, exécuté nu ou bien, comme ici, habillé, est l'occasion d'une exhibition virile. C'est aussi une expression du renversement des valeurs qui règne souvent  sous les lambris, entre faîte et sablières, les abouts de poinçon  étant vivement disputés entre les anges de toutes sortes (orants, chantants, musiciens, porteurs d'écu ou de phylactère, porteur d'instruments de la Passion), et d'un autre coté par des monstres, des humains difformes ou illustrant des vices, des musiciens, et des acrobates.

 

Le sujet est donc habituel, on en verra des exemples à Pleyben et à Grâces (cf liste de mes articles sur les sablières) .

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Un ange.

 

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Un ange porteur d'un écu muet.

(dans une conversation, parlez "d'ange scutifère").

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange porteur d'écu.

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Abouts de poinçon dAbouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.e la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Acrobate coiffé d'un bonnet à oreilles,  en renversement postérieur.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un écu muet.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un écu peint.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange porteur de phylactère.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Lion ou dragon.

Les perforations ornementales au foret, l'un des traits stylistiques de l'artiste auteur des sablières, blochets et entraits engoulés,  sont reprises ici pour rendre les particularités du pelage. La découpe  ovale doit correspondre à une réparation.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Deux roses.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Oiseau porteur d'écu.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme coiffé d'un bonnet, crachant des feuilles.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme tenant un arceau ou un phylactère ; à élucider.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Oiseau.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Feuilles.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme buvant au tonnelet.

Je regrette que ma photo soit floue, car c'est l'un des  abouts de poinçon les plus truculents. On verra ce type de tonneau individuel , et ce type d'ivrognes, sur les sablières de Grâces par exemple.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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 LES SABLIÈRES DE LA CHAPELLE NORD.

Et / ou: photos en désordre.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006352

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002735

 — ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Inscriptions gravées et sculptées dans le Finistère, BSAF, t. 43 p. 88-89.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f150.image

 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1916_0122_0159.html

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— Congrés archéologique de France 1956

— CHAUSSEPIED (Charles), 1809, Revue de Bretagne de Vendée & d'Anjou, Volume 42.

LA CHAPELLE DE SAINT-TUGEN EN PRIMELIN (finistère)

La chapelle de Saint-Tugen est un petit édifice assez remarquable situé dans un site pittoresque, au milieu de beaux arbres et non loin de la côte et du bourg de Primelin. Bon nombre d'artistes et d'archéologues, qui s'intéressent à ce monument, se sont justement émus de son état de délabrement, et l'un d'eux, M. Bernard, en a publié, l'année dernière, une savante notice historique qui mieux encore contribuera à faire connaître cet édifice et sur laquelle nous ne reviendrons pas. Nous nous associons à son vœu et à celui de tous ceux qui ont souci de la conservation de nos œuvres d'art, pour obtenir le classement de cette chapelle parmi les monuments historiques.

Ce monument, d'un plan assez irrégulier, mesure intérieurement 29 mètres de long de l'est à l'ouest, sur une largeur de 11 mètres 30 à la base du clocher, et 24 mètres au mur du chevet. Il se compose d'une entrée voûtée accolée de deux réduits d'où partent les escaliers ; d'une nef avec bas-côtés, de transepts et d'un chœur terminés par un même mur droit, enfin d'un porche et d'une sacristie au sud. 

Cette chapelle est de deux époques distinctes, c'est-à-dire que, bâtie au commencement du XVI* siècle, elle fut considérablement agrandie et remaniée au siècle suivant. Les transepts existaient-ils primitivement ? c'est possible, mais ils devaient être plus saillants. L'édifice devenant insuffisant pour l'affluence des pèlerins qui s'y pressaient en foule à certaines époques de l'année, on démolit presque toute la partie orientale pour la reconstruire sur de plus vastes proportions. Le large transept nord est séparé par deux arcades plein cintre ornées de clefs à consoles et retombant sur des piliers massifs d'ordre ionique à chapiteaux aux volutes très développées dans le style jésuitique. La partie la plus intéressante à l'intérieur est la voûte d'arête sous la tour reposant sur de hautes et minces colonnettes dégagées, placées dans les quatre angles de la partie centrale. En raison de l'importance, de cette tour et de la flèche qu'elle devait supporter, les murs et les arcs qui la reçoivent ont une grande épaisseur et sont bien contre-butés principalement au sud par un énorme contrefort.

La plus grande richesse de cet édifice réside à l'extérieur. La façade occidentale est perche d'une belle porte ogivale surmontée d'une accolade et d'un gable flammés. Elle est encadrée de quatre contreforts ornés de niches à dés et culs-de-lampe garnis de statues, les plus rapprochas s'élevent dans toute la hauteur delà tour et sont couronnés de pinacles et de fleurons. Au-dessus de l'entrée, une élégante balustrade repose en encorbellement sur une corniche richement sculptée. La tour proprement dite est percée sur chacune de ses faces de longues et étroites fenêtres à multiples colonnettes et séparées par de petits linteaux dans leur hauteur. Une autre balustrade termine la plate-forme sur laquelle repose un lanternon polygonal bien postérieur à la construction du clocher et sans grand caractère; il remplace la flèche qui ne fut jamais exécutée. Aux angles de la balustrade se vpientles substructions des pinacles qui devaient s'élever autour de la flèche centrale. Au sud de la façade occidentale est une tourelle surmontée d'une belle flèche à pans ornée de crochets ; cette tourelle renferme le premier espalier conduisant à la galerie extérieure, puis de là, à un autre escalier placé à l'angle nord-ouest qui mène alors à la plate-forme supérieure.

Après le clocher et la façade ouest lui servant de soubassement, le porche placé au sud est la partie la plus intéressante et la plus riche de cette chapelle II est bâti sur un plan carré, flanqué de contreforts d'angle ornés de niches et de statues, et couronnés de,pinacles fleuronnés. Le tympan de l'arcade d'entrée est ajouré dans le genre de ceux des édifices de cette région, les parois intérieures des murs latéraux sont garnies de niches accouplées assez profondes pour recevoir des statues. La façade de ce porche est aussi très décorée, les remparts du pignon sont surajoutés d'une crête — sorte de balustrade ajourée —, et un gable à crochets accompagne l'accolade qui couronne l'arcade avec d'élégantes colonnettes supportant des statues.

Malheureusement cette chapelle, mal entretenue, faute de ressources suffisantes est dans un état déplorable et les toitures menacent de s'effondrer. Les bois des charpentes ainsi que les planches qui constituent les voûtes lambrissées sont vermoulus, tombent en poussière ou sont disjoints de toute part ; les ardoises, naturellement mal retenues, se détachent les unes après les autres et achèvent les ruines des parties hautes. Dans le bas-côté sud, juste en face de l'entrée du porche, s'est fait un trou béant dans la couverture par où l'eau tombe dans un puits, et qui offre de plus le grand danger pour les personnes qui pénètrent dans l'édifice de recevoir ardoises ou chevrons sur la tête. L'humidité qui s'infiltre dans les murs par suite de l'état des toitures désagrège petit à petit les maçonneries. Nous avons remarqué de nombreuses fissures, notamment au clocher.

Si l'on veut conserver ce joli monument, si l'on veut préserver les fidèles et les visiteurs d'accidents imminents, il est indispensable et urgent d'y entreprendre dès maintenant les travaux de première nécessité, nous voulons dire la réfection complète des charpentes et des couvertures. — Cela exécuté, nous aurons déjà fait beaucoup pour empêcher la ruine de l'édifice; nous pourrons alors plus tard, quand les fonds nous le permettront, songer aux restaurations des façades et de l'intérieur. Mais pour que toutes ces choses puissent être mises en chantier, il nous faut l'aide et l'appui des Pouvoirs publics. Aussi attirons-nous l'attention de l'administration des Beaux-Arts sur la chapelle de Saint-Tugen, souhaitant qu'elle classe cet édifice parmi les monuments historiques pour conserver ainsi à la postérité un des beaux exemples de notre architecture nationale et bretonne si appréciée aujourd'hui. Quimper le 17 Mai 1909.

COUFFON (René) 1988, Notice sur Primelin

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PRIMELIN.pdf

"CHAPELLE SAINT-TUGEN (C.) Edifice de plan irrégulier comprenant, précédé du massif de la tour, un vaisseau de quatre travées avec bas-côtés et chevet plat. Au nord, au droit des trois dernières travées, vaste chapelle en aile recoupée transversalement par deux arcades ; au sud, au droit de la dernière travée, une chapelle en aile, sur laquelle s'ouvre la sacristie, est alignée à l'est, comme la chapelle nord, sur le chevet de la nef. Il est dû à la munificence des seigneurs de Lézurec et fut commencé vers 1535 par René du Ménez et Marie du Faou, dont les armes décorent plusieurs clefs du lambris. Terminé à la fin du XVIè siècle, il fut agrandi en 1611 par les soins de l'arrière-petit-fils du fondateur, Alain du Ménez, gouverneur d'Audierne et époux de Marie de Gourcuff. Durant tout le XVIIe siècle, l'on s'occupa de l'embellissement de la chapelle ; puis, au XVIIIe siècle, l'on construisit en 1720-21 la sacristie, répara en 1749 la chapelle sud, qui fut à nouveau consolidée en 1773 ; et en 1770-1772, l'on restaura la tour. La chapelle fut classée le 23 juillet 1909, alors dans un état lamentable. Elle fut restaurée avec le concours des fidèles et d'un ancien missionnaire à Haïti, l'abbé Yves Velly, qui se fixa à Saint-Tugen en 1913 et y mourut le 8 mars 1933. A l'intérieur, le porche ouest, par lequel on pénètre dans la nef, était anciennement voûté sur ogives. Il donne accès à deux chambres latérales dont celle du nord, dite prison de Saint-Tugen, servait à enfermer les personnes enragées pour attendre la mort. La nef, du type obscur, est lambrissée sur toute sa longueur. Les grandes arcades en tiers-point, de hauteur et de largeur différentes, ont leurs voussures pénétrant directement dans les piliers octogonaux. Les deux arcades édifiées en 1611, transversalement à la nef, lors de l'agrandissement de l'aile nord, sont en plein cintre avec importante clef en console. Elles reposent sur de courtes colonnes ioniques montées sur de hautes bases à corniches saillantes. Les chapiteaux ont leur tailloir décoré de volutes très développées. La plupart des fenestrages flamboyants accusent le début du XVIè siècle, mais une petite fenêtre du XIVè a été remployée dans l'aile nord."

 

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. Pont-Croix cité aux pages 18 ; 19 ; 63 (mutilations des sablières) ;  84 (atelier de sculpture sur pierre) ; 139 ; 141 à 143 ; 156 ; 179 ; 239 ; 267 ; et 301. Voir les pages  142 à 146 pour les sablières attribuées à "Bréllivet".

 

"Le Cap-Sizun : un chantier en effervescence.

Les grands chantiers architecturaux du Cap Sizun sont commencés au cours du Moyen-Âge avec l'édification de la collégiale Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix puis de la chapelle Saint-Tugen à Primelin au siècle suivant, celle des ornemanistes, sculpteurs de statues ou de retables, et peintres de tableaux. Parmi eux, les charpentiers-sculpteurs, bâtisseurs et décorateurs à la fois, ont su trouver au Cap Sizun des occasions d'exercer leurs talents.

 

L'anonyme de Plonévez-du-Faou, première moitié du XVIe siècle :

_Chapelle Saint-Tugen à Primelin, 1ère (ou 2ème) moitié du XVIe s, partie ouest de la nef. Tête d'homme coiffé d'un chapeau. La sculpture représente des visages joufflues, souvent expressifs , coiffés de chapeaux à rebords ou de bonnets qui laissent dépasser des chevelures bouclées.

_Église de Plonévez-du-Faou, 1ère moitié du XVIe siècle. Sablières plutôt postérieures à celles de Primelin. Bustes masculins ou féminins grimaçants, séparés par des feuilles de vigne denticulées, avec un travail très recherché des expressions, des positions et des tenues vestimentaires. L'inclinaison des têtes est caractéristique, comme les modelés des visages aux joues potelées, les boucles agglutinées des cheveux, les chapeaux hauts aux bords fendus ou le traitement des chevelures féminines. Par rapport à Primelin, on trouve en plus des figures de fous en buste, coiffés de capuchons dentelés à oreilles d'âne et de petits animaux.

L'anonyme de Combrit vers 1549.

-Saint-Tugen à Primelin, nef, vers le milieu du XVIe siècle, avec des sculptures présentées à la manière ancienne, disposées à intervalle réguliers sur la sablière, puis bras du transept nord quelques années plus tard, avec des sculptures disposées en frise. Reconnaissable aux fourrures des animaux, aux rebords des végétaux formant des boucles agglomérées. Visages ronds souvent coiffés de chapeaux aux rebords évasés. Thèmes médiévaux mêlant des têtes grimaçantes et des figures dans des positions grotesques.

-Combrit en 1549.

Moutons (lions) aux crinières bouclées. Scène de pêche dans le transept sud comme à Pont-Croix et Cléden-Cap-Sizun. Mais aussi influence Renaissance avec des portraits en bustes dans des médaillons.

-Chapelle Sainte-Marine à Combrit. Scène de pêche également.

-Plomeur, chapelle de Tréminou. Ensemble de sablières inspirées des décors réalisés à Combrit (mais avec plus de maladresse), notamment les figures de dragons ont les mêmes caractéristiques.

L'œuvre de Jean Brellivet vers 1544-1564. (page 142)

"Contemporain de l'anonyme de Combrit, J. Brellivet exerce comme lui son métier sur les chantiers du Cap Sizun avant de gagner des paroisses situées, cette fois, plus au nord. Les dates mentionnées par quelques sablières permettent de suivre son activité durant près d'une dizaine d'années, voire un peu plus si l'on tient compte des dates des campagnes de construction des sanctuaires où son passage est attesté. Avant de découvrir les étapes anciennes de son parcours, arrêtons-nous dans l'église de Plomodiern qui abrite l'ensemble le plus tardif que l'artisan ait réalisé.

L'œuvre, datée de 1564,  est de belle qualité : Brellivet n'hésite pas à évider le bois de manière à obtenir un relief assez haut, et comme l'artiste de la chapelle des saints Côme et Damien à Saint-Nic, il aime ornementer les surfaces de motifs taillés en creux, stries, encoches, facilitent l'identification de son travail. Les mentons sont fuyants, mais les fronts sont bombés net, les yeux immenses, aux contours très dessinés. Les figures originales qu'il représente sont inspirés des décors de la Renaissance : il apprécie surtout les figures humaines et animales « végétalisées » qui prennent la forme dans sa sculpture de bustes d'hommes et de dragons dont les cornes pisciformes sont couverts de végétaux. Il dynamise ses compositions par de petits portraits qu'il représente en buste ou de profil, sur des médaillons.

Ces images sont caractéristiques de sa production et apparaissent à quelques kilomètres de là, pointe du Cap Sizun sur les poutres plus anciennes de l'église de Pont-Croix. L'année 1544 marque la fin de la campagne de construction du chœur et sans doute est-ce durant cette période qu'il entreprend l'ornementation des sablières. Soit près d'une vingtaine d'années en amont de l'œuvre de Plomodiern. Les images choisies sont les mêmes ou du moins partiellement puisqu'une scène de pêche complète la décoration de l'ensemble. En réalité l'auteur n'a pas encore fixé son répertoire : il mêle à ses figures végétales renaissances des thèmes plus « locaux » dans la tradition de l'imagerie divertissante du bas Moyen-Âge. Il lui faudra quelques années avant d'adopter définitivement le registre des images les plus modernes, car son choix n'est toujours pas fait en 1554 : les fragments de sablières conservés dans la chapelle Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun le prouvent. Si le nom de Brellivet n'est pas mentionné par l'inscription qui fournit la datation, la paternité ne fait aucun doute.

Bien que nous ne connaissions pas les dates d'édification de la charpente de la chapelle Saint-Tugen à Primelin, une partie au moins est contemporaine des charpentes de Pont-Croix et de Trémeur. La présence de quelques sablières décorées par le sculpteur l'atteste. Nous retrouvons à Primelin l'image du putto tenant entre les mains les queues de deux dragons végétalisés, de même que les petits bustes pleins d'embonpoint qui ornaient déjà les culots des poinçons pontécruciens. C'est probablement vers le milieu du siècle que le sculpteur quitte la pointe du Cap Sizun pour gagner des chantiers situés plus au nord. Comme nous l'avons vu, il réalise les décors de Plomodiern en 1564. Il est à la même époque dans la paroisse de Saint-Nic où il est employé à l'ornementation de la charpente de l'église entre 1561 et 1566. La commande est importante si l'on tient compte des éléments conservés localisés sous le porche et dans la nef. La maîtrise technique de l'ouvrage est incontestable, mais il est vrai que le répertoire est déjà bien connu du sculpteur."

 

Les sculpteurs anonymes de Pont-Croix. (page 143)

Également localisés dans la région du Cap Sizun, les travaux d'un sculpteur anonyme décorent l'église de Pont-Croix.

a) Quelques sablières anciennes placées dans le bras sud du transept présentent des décors qui datent très probablement du début du XVIe siècle. Les figures principales sont constituées de bustes féminins et masculins coiffés de chapeaux et de turbans. Des représentations d'une facture très proche apparaissent dans les sanctuaires de Fouesnant et de Penmarch semblant attester un déplacement de sculpteur jusqu'au sud du diocèse.

b) L'église de Pont-Croix abrite un autre ensemble de sablières, placées à la jonction des deux chapelles du bas-coté sud sans doute au moment des modifications apportées à l'édifice au milieu du XVIe siècle. Le travail d'ornementation est élaboré, composé d'images de dragons déglutissant des végétaux, de personnages grotesques et de grylles monstrueux à plusieurs têtes. Il semble que l'auteur de cet ouvrage ait participé à la décoration de s poutres de l'église de Confort, située à quelques kilomètres de là. La conception de cet ensemble est très hétérogène mais on reconnaît à l'observation de quelques détails la facture de Pont-Croix. Les représentations, que l'on retrouve également dans l'église de Plouhinec, attestent les contacts visuels, et par conséquents la circulation des sculpteurs dans la pointe du Cap Sizun à cette époque." (S. Duhem)

 

— TOSCER (C.), 1987, La chapelle Saint-Tugen en Primelin, SHAB.p. 336-342.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/548345e82aa077.10302388/1987_24.pdf

— VELLY (Yves), 1930,   Velly Yves, “Saint Tugen et son église : joyau architectural du Cap-Sizun, monument historique monographie & explication de ses nombreux et merveilleux symbolismes,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 février 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3472. .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c3dcdf77786c24d8a65eed75a1f067f4.pdf

Wikipedia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Primelin_%2829%29_Chapelle_Saint-Tugen_Int%C3%A9rieur_02.JPG

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 19:36

Les deux ensembles de sablières (début XVIe ? et 1659) de l'église de Landévennec .

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Voir :

sur Landévennec:

 

Sur les ateliers de sculpture des charpentes du centre-Finistère :

—Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

—En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

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—Sur les réalisations du Maître de Pleyben (1567-1576), attribution par S. Duhem :

 

— Attribution personnelle au Maître de Pleyben :

— Sur les réalisations d'un hypothétique Maître de Saint-Nic (1641-1676) :

Et aussi :

tous mes articles sur les sablières.

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PRÉSENTATION.

L'église de Landévennec.

"Elle comprend un clocher encastré à une chambre sans galerie, puis une nef sans bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un choeur à chevet plat ; ce choeur communique lui-même par deux arcades avec une chapelle nord en aile. L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher  porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 ; enfin, la sacristie est datée 1740. L'intérieur est lambrissé avec entraits engoulés. Les deux arcades en plein cintre reposent sur des tailloirs." (René Couffon)

 

"Dans sa structure, l´édifice semble remonter à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. De cette époque datent le porche sud, l´arc diaphragme séparant la nef du choeur, des vestiges de sablières de la nef, la charpente (poinçons, entraits, blochets) ainsi que quelques baies bouchées (nef, chevet). La pierre encastrée dans la partie supérieure du chevet porte la date de 1652 ainsi que les armoiries de Pierre Tanguy, abbé de Landévennec. La façade occidentale et le clocher sont érigés en 1659 et portent les mêmes armoiries que le chevet. La date de 1699 figurant sur le pignon du porche correspond à un remaniement. La sacristie a été rajoutée en 1740. Le portail monumental remonte à la seconde moitié du 17e siècle. L´ensemble a été fortement restauré à plusieurs reprises, notamment au 19e siècle et en 1969. "(C. Douard)

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Les sablières de cette église n'ont pas été étudiées. Sophie Duhem, auteure de référence, n'en parle pas dans son ouvrage issue de sa  thèse de 1997. Christel Douard date (citation supra) les sablières de la nef et autres éléments sculptés de la charpente de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.

Or, il existe manifestement deux ensembles de sablières, puisque un premier ensemble sur les deux cotés de la nef est recouvert, le long d'une partie du mur nord de la nef, par un second ensemble, qui ne comprend que deux pièces (planches). 

On comprend volontiers que cette charpente sculptée n'ait pas retenu l'intérêt des spécialistes (ou des visiteurs) car, hormis les beaux entraits engoulés, le reste des éléments est très discret, et recouvert d'une peinture uniforme jaune.

J'aurais volontiers fait à mon tour l'impasse sur leur description, si je n'y avais pas reconnu, comme un visage familier, un motif à raisins grappillés par les oiseaux que j'avais déjà décrit successivement à Trégarvan et dans les deux chapelles de Saint-Nic, et si je n'avais affublé péremptoirement l'auteur anonyme de ces sculptures du titre pompeux de "maître des chapelles de Saint-Nic".

Pour dire vrai, et pour vérifier une fois de plus qu'on ne sait pas voir le réel, j'avais d'abord reconnu le motif du pampre qui développait ses montagnes russes aux grappes grenues, mais l'absence des oiseaux me troublait. Travaillant sur mes photos tel un trappeur du Canada, je finis par mettre la main, victoire, sur un premier volatil, puis, encore longtemps après, l'autre vint se percher avec une évidence malicieuse sur le rinceau. Ils sont dans les vignes les moineaux !

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Or, le démembrement par atelier des réalisations sculptées a été superbement initié par Sophie Duhem, mais c'est à nous qu'échoit la mission de le poursuivre. D'une part pour permettre d'évaluer l'itinéraire et la sphère d'activité d'un artisan, d'autre part pour préciser parfois des datations.

C'est le cas à Landévennec, puisque ce prétendu maître des sablières des chapelles de Saint-Nic a travaillé entre 1641 et 1676 :

Nous sommes donc amenés à penser que ces deux pièces de sablières datent de cette époque, et à les mettre en relation avec une date de 1659 inscrite dans une pierre sur le mur qu'elle domine.

Nous pouvons alors reporter sur une carte l'activité de ce sculpteur, sur une distance de 40 kilomètres environ, et sur une période de 35 ans.

Nous pouvons aussi avoir une vision plus large de la succession de ces ateliers dans la région de Pleyben à Argol (voir les liens vers les articles dédiés) :

1. Atelier dit "de Jean Brellivet" actif à l'église de Plomodiern et à l'église de Saint-Nic entre 1561 et 1566, après avoir sculpté vers 1554 les sablières de l'église  Pont-Croix et des chapelles de Saint-Tugen en Primelin et Saint-Trémeur en Cléden-Cap-Sizun.

2. Atelier du "maître de Pleyben" actif de 1567 à 1576 à l'église de Pleyben, à Sainte-Marie-du Ménez-Hom en Plomodiern, ou à Saint-Sébastien en  Saint-Ségal, mais aussi au nord de l'Élorn à l'église de Bodilis, à celle de  Saint-Divy et ou au château de Kerjean en Saint-Vougay (et sans-doute à l'église de Roscoff.

3. Atelier d'un "maître des chapelles de Saint-Nic"  actif un siècle plus tard sur 4 sites très proches.

 

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Nef  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Nef de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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I. LES SABLIÈRES DE 1659, PAR LE "MAÎTRE DES CHAPELLES DE SAINT-NIC"

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Dans la partie orientale de la nef (celle dans laquelle on pénètre en entrant, et qui est séparée par un rideau de la partie arrière), la façade qui se présente au visiteur aussitôt la porte franchie  est la façade nord. Elle accueille un beau retable de saint Jean-Baptiste, et une statue du Christ-Roi. 

Mais il est important de remarquer, à mi-hauteur, une pierre portant une inscription, en réserve dans deux cartouches de largeur et de hauteur un peu différente. Le cartouche supérieur ne se laisse pas déchiffrer, et je prendrai mes rêveries pour une réalité en prétendant y voir SALAUN AN, ou même SALAUN FAB, après avoir lu QA: ---NAN. Mais ce qui est sûr, c'est la leçon du cartouche inférieur, après un espace vierge (ou martelé) : la date est clairement celle de 1659

Si cette date n'est pas relevée par Abgrall (pourtant grand amateur d'inscriptions lapidaires), si elle n'est pas rencontrée dans la nef par René Couffon dans sa Notice (qui écrit en 1959 "Le clocher porte à l'intérieur la date de 1659 , l'abside celle de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699", puis en 1988  "L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher  porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 "; )  , ou par Christel Douard dans sa note pour l'Inventaire Général (qui donne cette date de 1659 pour le clocher et la façade occidentale, avec les armoiries de l'abbé de Landévennec), elle est mentionnée à cette place dans la nef par l'auteur de la belle description de l'église dans l'article Wikipédia sur la commune.

J'ai déjà été confronté à ces difficultés lors de la rédaction de mon article sur la façade occidentale, qui porte, pour moi, un blason de Jacques Tanguy daté de 1693.

Ce chronogramme lapidaire pose 2 questions : 1. La pierre a-t-elle été déplacée de son emplacement initial? 2. La date de 1659 peut-elle s'appliquer aux sablières ?

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

élévation nord de la nef  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

élévation nord de la nef de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Inscription lapidaire  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Inscription lapidaire de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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C'est à la jonction entre ce mur et le lambris peint en bleu que l'on peut découvrir deux  sablières (à proprement parler, des corniches") presque superposées. La plus récente (puisque elle recouvre partiellement l'autre) est la plus belle, car une tige y trace une sinuosité régulière, et y libère des feuilles et des grappes. C'est donc un pampre de vigne. Les feuilles sont larges et indentées pour la plupart, et les grappes rassemblent leurs grains de raisins en épis denses et acuminés. Deux oiseaux picorent les fruits. Elle se compose de deux pièces uniformément peintes d'un jaune moutarde.

Ces pièces ne vont pas jusqu'au mur diaphragme séparant la nef du transept, elles ne dépassent pas le sommet du fronton triangulaire du retable, peut-être parce qu'une extrémité a été perdue. D'autre part, leur partie inférieure est engagée dans la maçonnerie et échappe à notre examen. 

Juste avant le fronton du retable, nous découvrons un ange, de face, ailes largement étendue. Sa tête est belle quoique sculptée assez grossièrement, sans sourcils, avec de petits yeux, une petite bouche, et une pyramide nasale sommaire. C'est sa chevelure qui se remarque, en large fer à cheval entaillé de petites marques en amande, comme une tête primitive, voire égyptienne.

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Vue générale de gauche à droite.

Première pièce. Le premier oiseau grappille la 3ème grappe. Les grains de celles-ci sont taillés en pointe de diamant, et alignés en damier. Les ailes de l'oiseau portent des marques de gouge pour rendre les plumes.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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L'ange, ailes étendues.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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L'oiseau gourmand.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Le deuxième oiseau .

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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DISCUSSION.

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1. La chapelle Saint-Jean sur la commune de Saint-Nic : sa charpente est datée de 1653.

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-chapelle-saint-jean-a-saint-nic-son-pardon-de-la-saint-jean-sa-fontaine-et-sa-statuaire.html

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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2. Le bas-coté nord (vers 1670-1675) de la chapelle Saint-Côme de la commune de Saint-Nic:

http://www.lavieb-aile.com/2018/07/les-sablieres-1641-1675-de-la-chapelle-saints-come-et-damien-a-saint-nic.iii.les-sablieres-des-bas-cotes-et-leurs-blochets.html

 

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.
Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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3. L'église paroissiale de Trégarvan.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

 

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Certes, nous pourrions trouver des différences, et je ne remarque pas à Landévennec les trous de foret utilisés pour rendre les effets de plumage sur les oiseaux.

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II. LES SABLIÈRES D'UNE PÉRIODE ANTÉRIEURE AUTOUR DE LA NEF.

Elles sont plus simples, puisque les éléments figurés ne s'y trouvent qu'aux extrémités des pièces de bois, mais pourtant, celles-ci sont soignées, et dotées d'une moulure.

D'autres enquêtes montreront peut-être un jour des sablières identiques permettant d'autres regroupements stylistiques.

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Dans la partie centrale de la nef, au dessus du retable de saint Joseph, un petit lapin se cache d'un chien qui le chasse. L'autre pièce est encadrée par deux feuilles.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Dans  la même partie de la nef, coté sud.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Le mur nord de la nef, salle du fond. Deux visages.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Deux engoulants des entraits.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Partie centrale de l'entrait médian de la nef.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Pour finir avec un bonus, voici deux détail d'un chapiteau placé en ré-emploi (C. Douard) comme support de la statue du Christ-Roi.

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Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL 1917 : Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Landévennec", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1917.pdf

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Landévennec

— DOUARD (Christel), l'Inventaire du Patrimoine :

http://w.bretania.fr/EXPLOITATION/Bretania/doc/GERTRUDE/IA29004724

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-landevennec/a3d63319-2d8e-427e-b84e-2b0c7cf106e0

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090041

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. / Sophie Duhem ; préf. d'Alain Croix  Les sablières sculptées en Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. / préf. d'Alain Croix- Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997, 385 p.-[16] p. de pl. en coul. : ill. en noir et en coul. ; 24 cm

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33703824/f21.image.texteImage

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Land%C3%A9vennec#%C3%89glise_Notre-Dame_de_Land%C3%A9vennec

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 11:39

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La première chapelle du bas-coté sud.

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Les deux poutres est et ouest portent un décor sculpté où prédominent les dragons  à queue dotée d'une gueule, et qui menacent ou dévorent des épis ou des humains tout en crachant des langues de feu. La proximité est donc forte, sur le plan thématique, avec les sablières du chevet (vers 1544), mais nous ne retrouvons pas ici les caractéristiques du "maître de la nef de Plomodiern" propres à ces dernières. Par exemple, les trous de foret, marques de gouges en C et en I ou les médaillons sont absentes, et le bois (non peint) est soigneusement poncé et poli tandis que les reliefs linéaires à type de nervures sont fines et soigneuses.  Nous avons affaire à un sculpteur de charpente bien averti des différentes réalisations qui décorent les monuments du Cap Sizun et du sud du Finistère, qui a enrichi sa mémoire visuelle et ses carnets de croquis des travaux effectués ailleurs, mais qui affirme son style. Il est peut-être l'auteur des sablières les plus orientales  de Confort-Meilars.

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"L'église de Pont-Croix abrite un autre ensemble de sablières, placées à la jonction des deux chapelles du bas-coté sud sans doute au moment des modifications apportées à l'édifice au milieu du XVIe siècle. Le travail d'ornementation est élaboré, composé d'images de dragons déglutissant des végétaux, de personnages grotesques et de grylles monstrueux à plusieurs têtes. Il semble que l'auteur de cet ouvrage ait participé à la décoration des poutres de l'église de Confort, située à quelques kilomètres de là. La conception de cet ensemble est très hétérogène mais on reconnaît à l'observation de quelques détails la facture de Pont-Croix. Les représentations, que l'on retrouve également dans l'église de Plouhinec, attestent les contacts visuels, et par conséquents la circulation des sculpteurs dans la pointe du Cap Sizun à cette époque." (S. Duhem)

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1. La poutre du coté est.

Deux registres.

 Six dragons à queue céphalisée (donc 12 gueules au total) dévorent ou menacent des êtres humains, des épis, ou un chien, lorsqu'ils ne crachent pas des flammes ou des rubans. Les blochets ajoutent à ce total trois dragons, l'un dévorant une tête humaine, les autres présentant un écu bûché.

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1. Le blochet de gauche: dragon tenant dans sa gueule un humain.

Ce blochet est d'un grand intérêt car il éclaircit l'interprétation du motif du dragon dans l'ornementation médiévale et Renaissance des monuments religieux. Si les dragons sont quasi constants en Bretagne, et notamment en Finistère, au XV et XVIe siècle, et si on ne les compte plus à l'intérieur sur les sablières, les blochets ou sur les entraits sous forme d'engoulants, et à l'extérieur sur les crossettes ou sur les façades, leur tête souvent débonnaire et leur attitude n'incitent pas à prendre vraiment au sérieux la peur théâtralisée et baroque qu'ils voudraient susciter. Bien-sûr, ils menacent souvent (notamment à Pont-Croix) des figures humaines ou semi-humaines de leurs crocs acérés, mais ni l'animal ni l'humain ne semblent vraiment croire à l'acte qu'ils mettent en scène. Le dragon est-il une figure du Diable ? Ou de la Mort ? S'inscrit-il dans une pensée chrétienne rappelant aux paroissiens les risques pour leur âme d'une conduite peccamineuse ? Annoncent-ils les tableaux que les missionnaires comme Michel Le Nobletz puis le père Maunoir  vont peindre au XVIIe siècle pour conduire les fidèles dévoyés vers les confessionnaux ?

Au contraire, relèvent-ils de la résurgence de croyances animistes, ou celtes, ou ésotériques ?

J'en doute fort, et j'y vois plutôt une farce gaillarde, l'expression pleine d'entrain de paysans adoptant une mode d'ornementation très en vogue, car ils en apprécient, précisément, la neutralité : dans les espaces intermédiaires qui échappent au champ liturgique, ils laisseraient une place à l'imaginaire. Mais de façon néanmoins très codée, voire ritualisée, puisque les artisans sculpteurs répètent, chacun avec son talent et ses inventions stylistiques, des modèles communs.

Ces animaux fabuleux sont à rapprocher de ceux qui figurent sur les armoiries : leur présence est plus emblématique que signifiante (en terme de croyance) ou narrative, même s'ils renvoient aux dragons foulés par saint Michel, asservis par saint Pol-de-Léon, et à celui dont sainte Marguerite s'est libérée.

Ici, ce dragon semble bien prendre son rôle de grand méchant loup très au sérieux, et la créature humaine (ou ce qui en reste, disons l'âme) n'en mène pas large. Ce passage à l'acte n'est pas fréquent pour des bêtes qui se contentent habituellement d'ouvrir  une large gueule, voire de tendre une langue gourmande vers les humains. Pourtant, dans une paroisse voisine, à Confort-Meilars, un blochet de la charpente de Notre-Dame de Confort est identique à celui-ci, ce qui incite à créer un cousinage (de date ou d'auteur) entre les deux réalisations sculptées. La même scène est représentée selon S. Duhem sur un blochet de l'église de Plouhinec (même secteur géographique, même époque) ainsi qu'à Bieuzy en 1560.

Nous tenons donc ici un détail qui a une haute valeur sémiologique pour le pisteur en patrimoine monumental.

Le style est néanmoins différent dans cette chapelle de Pont-Croix par rapport à Confort-Meilars. Certes, le haut du museau se retrousse en volute, l'œil est large et de face, mais le haut du corps accumule des nodosités creusées en leur centre, comme des petites pommes resserrées, pour rendre les pustules infectes de la bête. Le sourcil forme un éventail de plumes.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Partie gauche.

En haut : un chien aboie contre un animal, né de la queue d'un dragon ailé. Épillet et bouton floral d'un rinceau.

En bas : un masque humain de 3/4 est léché par un dragon né de la queue d'un dragon ailé. Épillet et  et bouton floral d'un rinceau.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Scène suivante :

En haut : le rinceau est bûché (ou usé), puis apparaît une gueule de dragon, crachant une tige à épis de grains.

En bas : le rinceau naissait en fait de la gueule d'un dragon, mêlé à des volutes (langues de feu ?). Là encore, il s'agit d'un dragon ailé à queue céphalisée, où l'autre gueule lance également des langues de feu.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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De l'autre coté du blochet central.

En haut, la pièce a été entièrement bûchée, nous devinons seulement le cheminement d'un rinceau.

En bas, un rinceau s'échappe d'une deux hommes se battent (l'un frappe l'autre avec un bâton ), mais le premier est avalé par sa chevelure par le dragon de gauche, tandis que la victime des coups de bâton, à la figure vultueuse, voit son bras gauche avalé par le dragon de droite.

 

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Le blochet central : deux dragons présentant un blason(bûché).

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Le blochet de droite (moderne).

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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2. La poutre du coté ouest.

Deux registres.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Pièce de droite.

Restauration récente avec remplacement de parties.

En haut (entièrement moderne ?) un lion et un dragon aux extrémités et un dragon à queue céphalisée crachent une tige à épillets.

En bas, un dragon ailé crache une tige à épillet picorée par un oiseau. Un masque humain de profil crache à son tour un épillet. À gauche, un lion (moderne) présente un écu avec un lion de la pièce de gauche.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Pièce de gauche.

Dragons ailés et lions crachant des tiges à épis.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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La chapelle du Rosaire du bas-coté sud.

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Les corniches sculptées des retombées ouest et est du lambris peint nous offrent un exemple d'une façon de faire très différente des frises précédentes, puisque les pièces de bois montrent à intervalle régulier des têtes en haut-relief d'hommes et de femmes dont les coiffes ou chaperons enturbannés supportent une tablette, inoccupée.

 

Sophie Duhem  les datent du début du XIVe siècle et remarquent leur parenté avec celles de Fouesnant et de Penmarc'h.

" Quelques sablières anciennes placées dans le bras sud du transept présentent des décors qui datent très probablement du début du XVIe siècle. Les figures principales sont constituées de bustes féminins et masculins coiffés de chapeaux et de turbans. Des représentations d'une facture très proche apparaissent dans les sanctuaires de Fouesnant et