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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 19:33

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Il s'agit d'une Pietà à cinq personnages dans laquelle la Vierge, drapée dans son grand voile-manteau bleu, retient le corps de son Fils en l'entourant de ses bras. Elle n'est pas assise, mais  a posé un genou à terre, et sa cuisse droite et ce genou gauche supporte le corps sans vie du Christ. Saint Jean a adopté aussi cette posture un genou posé à terre, tandis qu'à droite, une Sainte Femme et Marie-Madeleine sont agenouillées. Ces quatre personnages sont en larmes, et, selon le procédé caractéristique de l'atelier landernéen des Prigent, ces larmes sont sculptées en trois virgules effilées. Chacun diffère par sa posture : Jean a les mains jointes, la sainte Femme les mains croisées, et Marie-Madeleine tient le pot à onguent. 

Les vêtements se ressemblent ; un manteau à galon d'or sur une robe serrée par une ceinture. Mais on reconnaît, par exemple, sur saint Jean la tunique à col ras-du-cou fermée par quelques boutons dont les Prigent habillent leurs apôtres (Porche de Landivisiau, saint Pierre du calvaire de Dinéault,...). Ou bien, tout aussi habituel , le bandeau dont ils coiffent les cheveux de Marie-Madeleine (calvaire de Dinéault, calvaire et statue de Pencran, ...). 

Un style reconnaissable.

Les caractéristiques de l'atelier des deux frères (Bastien, le plus habile, et Henry) sont, outre les trois larmes emblématiques, le style réaliste, la forme pointue ou rectangulaire des visages (pour Bastien), le voile "coqué" des femmes, les arcades sourcilières nette ou aiguë voire cassées, les petits yeux étrécis et le nez droit aux narines légèrement dilaté, le Christ aux cotes saillantes et le pagne dont le tissu forme un motif à entrelacs.  Mais selon Emmanuelle Le Seac'h, qui a décrit ces données stylistiques et a dressé le catalogue raisonné des œuvres des Prigent, cette pietà, comparée à celle de l'église Saint-Budoc à Plourin-Ploudalmézeau, est plus petite, d'un style moins abouti, les personnages sont plus raides et leur éloignement par rapport aux autres empêche de les englober totalement du regard comme à Plourin-Ploudalmézeau. (E. Le Seac'h 2014 page 161).

Trois pietà venant de l'atelier Prigent.

Au sein de la statuaire décorative, trois Pietà sont sorties de cet atelier : celles de Saint-Nic et de Plourin-Ploudalmézeau, mais aussi une troisième, à deux personnages, offerte par Athelstan Riley dans les années 1930 à la cathédrale de Truro, en Cornouailles, où elle est nommée "The Breton Pietà". Voir photo sur Flickr ici. (avec une datation erronée "du XIVe siècle"). On y retrouve les trois larmes, le voile coqué, l'arcade sourcilière aiguë, etc... La position de la main gauche diffère, car elle soutient le bras gauche du Christ.

D'autres pietà des Prigent sur les calvaires.

— À Plougonven (1554) : la pietà est un peu dispersée au pied de la croix derrière d'autres personnages ; et seul saint Jean porte les trois larmes Prigent. Par contre, la Mise au Tombeau réunit les 4 saints personnages avec leurs larmes. (photo lavieb-aile).

 

 

 

 

 

 

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— À Pleyben (1555) où il s'agit en fait, là aussi, d'une Mise au Tombeau

– À Dinéault (photo lavieb-aile)

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  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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 Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Saint Jean, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Vierge, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Vierge, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Une sainte Femme,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Une sainte Femme, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Sainte Marie-Madeleine.

Avec son bandeau "chouchou". Deux exemples pris du calvaire de Dinéault :

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Dans les trois cas, le décolleté de la robe est rectangulaire.

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Sainte Marie-Madeleine,  Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

Sainte Marie-Madeleine, Pietà en kersanton polychrome par les frères Prigent. L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Published by jean-yves cordier - dans Saint-Nic
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  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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