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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 19:18

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Alors que l'église de Brennilis et la chapelle Saint-Herbot de Plonevez-du-Faou possèdent sur panneaux de boiserie la série complète des douze Sibylles, — ces prophétesses de l'antiquité dont les vaticinations supposées furent considérées comme des prédictions de la naissance d'un Sauveur né d'une Vierge et de sa Passion—, et alors que la Poutre de Gloire de Lampaul-Guimiliau montre sur sa face coté chœur ces douze prêtresses païennes encadrant une Annonciation,  d'autres églises n'ont fait appel, dans leur ornementation, qu'à un nombre réduit de celles-ci. 

C'est le cas à Guimiliau, où sont conservés deux ensembles : les panneaux entourant l'arrière-chœur, qui associent trois Sibylles avec des scènes de l'Enfance du Christ, et les panneaux de la cuve de la chaire à prêcher, où cinq Sibylles dont une seule est identifiable encadrent les quatre évangélistes et les allégories morales et théologales. 

Souhaitez-vous les découvrir ? Suivez le guide !

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I. LES TROIS SIBYLLES DE L'ARRIÈRE- CHOEUR.

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 Dans le chœur, derrière l'autel trois élégants bas-reliefs Renaissance alternent avec une Adoration des Mages (2 panneaux),  un Saint Joseph dans la crèche, et une Annonciation  .

 

 

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 1.  La Cimmérienne ?

Cette Sibylle tient dans la main gauche un objet brisé qui doit correspondre à la corne servant de biberon, l'attribut de la  Cimmérienne.  Elle annonce l' allaitement de l'Enfant par la Vierge. Il est donc logique qu'elle accompagne les panneaux de la Nativité, comme dans les Heures de Louis de Laval folio 22v et 23r. 

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La Sibylle Cimmérienne, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

La Sibylle Cimmérienne, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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On la comparera aux Cimmériennes de Brennilis et de Saint-Herbot (photo lavieb-aile).

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 L'Adoration des Mages, 

Joseph, Marie et l'Enfant, et un Mage.

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Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

Adoration des Mages, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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Saint Joseph dans la crèche.

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Saint Joseph dans la crèche, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

Saint Joseph dans la crèche, arrière-chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile novembre 2016.

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2. La Sibylle Persique.

 La Persique tenant la lanterne et foulant un serpent  annonce la Vierge foulant le serpent et préfigure l' Immaculée Conception, l'Incarnation et la Nativité où la Vierge donne naissance à celui qui se dira Lumière du Monde. Dans les Heures de Louis de Laval folio 17v, elle précède deux enluminures illustrant les citations de  Jean 8:58 Antequam Abraham fuit ego sum : " Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis.", du verset 5 du Psaume 82   Intellexerunt in tenebris ambulant. "[Ils n'ont ni savoir] ni intelligence. Ils marchent dans les ténèbres.", et de Jean 1 Lux in tenebris lucet. "La lumière luit dans les ténèbres, [ et les ténèbres ne l'ont point reçue]". 

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La Sibylle persique, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle persique, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Comparez avec Brennilis puis Saint-Herbot (photo lavieb-aile) :

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3. L'Erythréenne.

 

"Les Sibylles sont de grandes dames. Parmi les plus belles, les trois femmes de l'arrière-chœur de Guimiliau. Parmi elles l'Erythréenne marche, légère, se retournant souplement comme dans un défilé de mode." (Y-P. Castel)

L'Erythréenne, tient une fleur car elle aurait annoncé au monde païen la conception par une Vierge. Elle est donc associée à l' Annonciation. Dans les Heures de Louis de Laval folio 19v, elle précède une enluminure de l'Annonciation. Il est probable que ce panneau de  Guimiliau précédait aussi un panneau semblable.

 

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La Sibylle d'Erythrée, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle d'Erythrée, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Comparer avec la Sibylle d'Erythrée de Brennilis et de Saint-Herbot (photo lavieb-aile) :

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La Sibylle d'Erythrée (détail), panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle d'Erythrée (détail), panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Présentation de Jésus au Temple.

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Présentation de Jésus au Temple, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Présentation de Jésus au Temple, panneaux du chœur de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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II. LES SIBYLLES DE LA CHAIRE À PRÊCHER (1677).

En 1912, le chanoine Abgrall donnait de cette chaire la description suivante :

 

"La forme de la chaire est loin d'être gracieuse, mais dans les motifs qui l'ornent on trouve des éléments du plus haut intérêt. Le pied est formé par un groupe de quatre angelots bien gras· ; de la corbeille qui les surmonte partent des gaines en cariatides pour supporter la cuve. Celle-ci  présente quatre pans ornés de médaillons  richement encadrés et richement soutenus. Dans ces médaillons sont les quatre Évangélistes, accostés des vertus théologales et morales : 1°)  La Tempérance avec coupe renversée ; et la Foi avec flambeau ; 2°) la Charité, petits enfants, et la Prudence, avec miroir et serpent ; 3°) la Religion, avec croix et l' Espérance, avec  ancre ; 4°) La Force portant une colonne, et la  Justice avec sa  balance  et une épée. · Deux jolis médaillons miniature, soutenus par de petits anges, représentent David jouant de la harpe et · Moïse portant les tables de la Loi. Dans les quatre angles sont les statues des sybilles.  Enfin: deux autres petits médaillons nous donnent l'inscription suivante:

 RE  :M:H: GVILLERM : SIEVR : RECTEVR :

LORS: *AN: TANGVY: E: HERVE :LE MEVR :

FABRIQVES : 1677:"

*lire : IAN

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Sa mention des statues des Sibylles restait ... sibylline. C'est en 2006 que son collègue l'abbé Yves-Pascal Castel donna une étude exhaustive des 70 sibylles du Finistère, et leva le voile sur les  prophétesses antiques de cette chaire : "Aux angles de la chaire à prêcher, la présence de la Cimmérienne reconnaissable au biberon en forme de corne laisse à penser que les quatre autres belles statuettes mutilées et désormais privées de leurs attributs distinctifs, la cinquième n'ayant d'ailleurs plus ni visage ni poitrine, représentaient des Sibylles". 

Tout en découvrant ces belles mutilées, examinons la chaire qui les accueille, dans son ensemble puis panneau par panneau. Je suivrai l'ordre de description d'Abgrall qui débute par le premier panneau de gauche.

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Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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1°) Premier panneau. L'évangéliste saint Marc.

Au centre, saint Marc accompagné de son lion est figuré dans une guirlande tenue par un angelot. L'évangéliste est encadré par la Tempérance tenant une coupe à demi-renversée,  et la Foi tenant un flambeau. 

Sur l'angle de gauche :  la Sibylle n°1, au dessus d'un médaillon ornemental

 

Au registre inférieur : un  aigle aux ailes éployées, parmi des rubans et couronnes.

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Premier panneau, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Premier panneau, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Premier angle : La première Sibylle.

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Première Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Première Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Deuxième Sibylle, tenant un livre.

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Deuxième Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Deuxième Sibylle, chaire à prêcher de Guimiliau (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Deuxième panneau. 

Pas de photo, pas de description

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Troisième Sibylle : la Cimmérienne.

 

identifiable à la corne à usage de biberon, elle est la seule à être (presque) intacte.

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La Sibylle Cimmérienne, chaire à prêcher (1667) de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Cimmérienne, chaire à prêcher (1667) de l' église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Troisième panneau : saint Luc et son taureau.

Saint Luc est représenté comme un homme âgé, le front dégarni, la tête couverte par son manteau, rédigeant son évangile sous le regard de son Taureau. La guirlande est encadrée par  la Religion, brandissant une croix et l' Espérance,tenant une ancre.

En dessous, un médaillon montre un vieillard barbu accroché à une sorte de cuve : e serait Moïse tenant les Tables de la Loi.

 

 

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Troisième panneau : saint Luc et son taureau.  chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Troisième panneau : saint Luc et son taureau. chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Quatrième Sibylle, tenant un livre.

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Quatrième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Quatrième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Quatrième et cinquième panneaux, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Quatrième et cinquième panneaux, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Cinquième panneau.

Saint Jean est représenté en homme jeune, imberbe, mais les cheveux longs, rédigeant son évangile sous le regard de son Aigle qui tient le cordon de son encrier et de son plumier. La couronne est encadrée par la Force portant une colonne, et la Justice avec sa balance et une épée.

En dessous, comme dans le premier panneau, un aigle aux ailes déployées tient les rubans d'une guirlande.

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Cinquième panneau, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Cinquième panneau, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Cinquième Sibylle.

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Cinquième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Cinquième Sibylle, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les inscriptions.

Premier médaillon à inscription :

RE :M:H: GVILLERM :

 

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Premier médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Premier médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Deuxième médaillon à inscription.

SIEVR : RECTEVR :

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Deuxième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Deuxième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Troisième inscription.

LORS: IAN: TANGVY: E: HERVE :

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Troisième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Troisième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Quatrième médaillon à inscription.

:LE MEVR :

FABRIQVES : 1677:"

 

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Quatrième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Quatrième médaillon à inscription, chaire à prêcher (1667), église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Conclusion sur l'inscription.

RE :M:H: GVILLERM : SIEVR : RECTEVR : LORS: IAN: TANGVY: E: HERVE :LE MEVR :

FABRIQVES : 1677:"

Elle peut être transcrite ainsi : "[Revérend ?] messire Henri Guillerm, sieur recteur alors que Jean Tanguy, et Hervé Le Meur étaient fabriques, en 1677".

Nous disposons d'une "liste des Recteurs de Guimiliau avant le Concordat" dressé par Abgrall et qui mentionne : "1600-1645 : Jean Guillerm, docteur en théologie". Mais le nom du recteur Henri Guillerm apparaît sur le baptistère à baldaquin où se lit l'inscription :  1675 F : DV : TEMPS : DV : VENERABLE : M : H : GVILLERM : RECTEVR ..... LORS : DERIEN : POVLIQVEN : & : IACQVES : QVOTAYN : FABRIQVE.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1935  “Eglise de Guimiliau : porche, calvaire, baptistère, etc. description archéologique, 9e éd. Morlaix 1935.

” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/10703.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1912, "Guimiliau", Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] , Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 12e année, 1912, p. 19-28, 44-56, 76-96.

Notices sur les paroisses“Guimiliau,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/351.

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

— INFOBRETAGNE "Guimiliau"

http://www.infobretagne.com/guimiliau.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Sibylles Guimiliau
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 12:37

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Le chancel de la chapelle Saint-Herbot  est formé de panneaux décorés d'arabesques et portant une claire-voie à balustres tournés. Sur les panneaux de la frise, du côté de la nef, sont sculptés, sur dix panneaux,  les douze  Apôtres entourant saint Herbot, et, au verso des mêmes panneaux du côté du chœur, les douze Sibylles, prêtresses païennes qui passaient pour avoir annoncé la venue du Sauveur.  

Cet ensemble des douze prophétesses antiques est l'un des trois exemples de cette série complète en Finistère, avec Brennilis et la Poutre de Gloire de Lampaul-Guimiliau, précédemment étudiés sur ce blog. D'autres séries sont incomplètes, à Guimiliau, Roscoff, Pleyben, Irvillac, Le Faou, Le Faou, La Martyre, Plabennec et Plouzévédé. Je renvoie à la description princeps des soixante-dix Sibylles du Finistère par l'abbé Castel.

J'ai longuement étudié leur iconographie dans mon article sur les Sibylles de Brennilis. Je ne donne ici que ce bref rappel :

 

Les Sibylles, légendaires prêtresses d'Apollon, apparaissent dans l'art français au XIIIe siècle, mais on n'en représente encore qu'une seule, la sibylle Erythrée, la redoutable prêtresse qui a prophétisé le Jugement dernier. Dans la seconde partie du XVe siècle, les sibylles se montrent en groupe pour annoncer le Sauveur. Le dominicain Philippo Barbieri, dans un livre paru en 1481, « Discordantiae nonnulloe ... », aux fins d'harmoniser le paganisme avec la religion chrétienne, rapproche les Sibylles des prophètes, en fixant à douze le chiffre de ce1les-ci. Il assigne, de surcroît, à chaque Sibylle un âge, un aspect, un costume déterminé. Ce motif des sibylles associées aux prophètes s'impose à l'art italien et français, dès 1481. Il se rencontre en 1489 dans le livre d'heures de Louis de Laval, dont procèdent toutes les sibylles que l'on trouve en France au XVe et au XVIe siècles.

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Ce qui va s'avérer passionnant, ce sera de placer en comparaison les panneaux homologues de l'église de Brennilis, et de constater une telle proximité, non seulement des postures et de la tenue des attributs, mais aussi des vêtements, que l'hypothèse d'une création par le même atelier mérite d'être envisagée. Ce qui, à ma connaissance, n'a pas été observé.

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1°) La Sibylle Cimmérienne et son biberon.

Elle annonce l'allaitement de Jésus par la Vierge.

Elle est coiffé d'un turban enrubanné d'une étoffe qui se poursuit par une barbette nouée dont les brins passent par l'anneau fermoir de la cape. La robe est plissée à la taille par une ceinture ; les manches sont doubles, et frangées. Le biberon, tel un hanap, s'évase en pavillon et est doté d'une embouchure.

 

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La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Cimmérienne de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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2°) La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection.

Elle porte un voile, un manteau à manches bouffantes, une robe serrée par une ceinture.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Je placerai en comparaison le panneau de Brennilis :

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 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

 La Sibylle Phrygienne et l'étendard de la Résurrection, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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3°) La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion.

La tenue vestimentaire est proche de la précédente, hormis le décolleté carré de la robe.

La croix est écotée.

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La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La proximité avec la Sibylle de Brennilis est là encore frappante, malgré la différence concernant la croix.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Hellespontine et la croix de la Crucifixion, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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4°) La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent (le démon dont triomphe le Christ).

 

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La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Persique et sa lanterne du Jardin des Oliviers, terrassant un serpent, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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5°) La Sibylle Erythrée et son rameau floral (un lys). La Sibylle Europa et son glaive.

La première annonce par ses vaticinations la virginité de la mère du Sauveur. La seconde a prédit le Massacre des saints innocents ordonné par Hérode.

 

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 La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

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 La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Erythrée et son rameau floral. La Sibylle Europa et son glaive, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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6°) La Sibylle de Tibur et son gant du soufflet de la Passion. La Sibylle Libyque et son flambeau.

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Comparaison avec les Sibylles de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle de Tibur et son gant. La Sibylle Libyque et son flambeau,  chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Tibur et son gant. La Sibylle Libyque et son flambeau, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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7°) La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité.

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En comparaison : la Sibylle Samienne de Brennilis :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Samienne et son berceau de la Nativité, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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8°) La Sibylle Delphique et la couronne d'épines.

 

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 La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 La Sibylle Delphique et la couronne d'épines,  chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Delphique et la couronne d'épines, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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9°) La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf.

Cet attribut semblable, à Brennilis, à un pain rond, est en réalité un coquillage de type porcelaine, vulgairement appelé Vulve de Vénus, et faisant allusion à la virginité . 

 

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La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis.

Nous retrouvons le même drapé, le même balzo  dont les rubans retombent sur les épaules, exactement la même feuille de figuier sous la ceinture, mais la prise du coquillage se fait en pronation à Saint-Herbot, et en supination à Brennilis .

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La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle de Cumes et son coquillage/œuf, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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10) La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation.

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La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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Comparaison avec Brennilis : on retrouve la même coiffure et le tablier se terminant par des glands en boules.

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La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

La Sibylle Agrippa et le fouet de la Flagellation, chancel de la chapelle de Saint-Herbot. Photographie lavieb-aile mars 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— Infobretagne "Enclos paroissial de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou" 

http://www.infobretagne.com/enclos-saint-herbot.htm

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

— COUFFON (René), 1953, L'église de Saint-Herbot , Bulletin Monumental Année 1953 Volume 111 Numéro 1 pp. 37-50

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLONEVFA.pdf

— PÉRENNÈS (Henri), 1942, Monographie de la paroisse de Plonévez-du-Faou. Imprimerie bretonne (Rennes) 55 p.: ill.; 21 cm.  Pérennès Henri, “Plonévez-du-Faou : monographie de la paroisse,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 19 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9799.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bd492284b708d27c6305fbdba8d5639a.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sibylles
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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 22:25

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Entre la cinquième et la sixième travée, la poutre aux entraits engoulés par de grandes mâchoires de dragon sépare symboliquement la nef du chœur, les fidèles des officiants, comme le faisaient matériellement les jubés, avant leur destruction presque totale.  La poutre est  sculptée sur trois faces avec des scènes de la Passion,  sur la face tournée vers les fidèles, et les douze Sibylles autour de l'Annonciation, pour la face tournée vers le chœur. 

Les Poutres de Gloire (traduction du latin trabes doxalis), ou tref, portent un Christ crucifié, entouré de la Vierge et de saint Jean, comme sur les calvaires bretons à trois personnages.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX.

Croix aux fûts écotés. Thorax marqué par les pointes du flagellum. Cheveux et barbe longues et mêchés. Yeux clos. Lettres INRI du titulus en majuscules gothiques, aux fûts ornés. Perizonium noué à gauche. 

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LA VIERGE.

Voile blanc recouvrant entièrement la tête. Cou et poitrine couverts par une guimpe. Manteau bleu ciel. Visage rond, peu expressif, yeux ouverts. Mains jointes. Impression générale de prostration et de sidération, ou de quiète confiance.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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SAINT JEAN.

Contraste avec la Vierge par le mouvement des bras et de la tête, levés vers le Christ, et par l'animation en vague de la chevelure bouclée, des manches plissées et, surtout de l'admirable pan du manteau rouge sur une robe dorée. (L'opposition des couleurs des manteaux, bleu de la Vierge et  rouge de Jean, est par contre très habituelle). Visage sublime de beauté juvénile, regard empreint d'admiration, d'amour et de foi. Pieds nus, comme ceux de tout apôtre. 

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Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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I. LE COTÉ OUEST DE LA POUTRE : LES  8 SCÈNES DE LA PASSION DU CHRIST.

Sur le coté tourné vers la nef et donc vers les fidèles, deux anges recueillent le Précieux Sang au pied de la Croix. Et, de part et d'autre,   encadrées par deux arbres à larges feuilles, 8 vignettes rappellent les temps les plus douloureux de la Passion. Des scènes bien connues, inspirées de gravures (Passions de Schongauer ou de Dürer pour ne citer que ces maîtres) largement diffusées, et qui figurent par exemple sur les maîtresses-vitres de très nombreuses églises et chapelles du Finistère ; mais, ici, tout l'intérêt vient d'un détail supplémentaire.

1. Agonie au Jardin des Oliviers.

Le Christ en agonie prie son Père, tandis que lui apparaît dans une nuée un ange tenant la croix du sacrifice auquel il doit se destiner. Les trois disciples (Pierre, Jean et André), sont endormis malgré la demande de Jésus. Mais ce qu'il faut noter, c'est le personnage, vêtu en moine, qui est agenouillé à gauche, mains jointes. Il peut s'agir du donateur et commanditaire, ou, plus généralement, de la figure du chrétien appelé à méditer sur les souffrances endurées lors de la Passion, dans le cadre d'une dévotion participative (Imitation de Jésus-Christ de Thomas a Kempis, Meditationes Vita Christi de Ludolphe le Chartreux, ou troisième semaine des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola, postérieurs à cette Poutre).

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Agonie du Christ, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Agonie du Christ, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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2. Flagellation (fouet) et fustigation (verges).

La scène de flagellation est classique, mais le Christ est lié à un arbre et non à la colonne. Là encore, un personnage inhabituel dans les gravures de référence est agenouillé, très différent des bourreaux , dans une tenue vestimentaire dont l'anachronisme avec la période judéo-romaine a été soulignée. Il m'est difficile de discerner s'il s'agit d'une femme, pieds nus, ou d'un riche marchand de toile vêtu d'une pelisse et tenant en main son chaperon. Il ne peut plus guère s'agir d'un donateur, et nous comprenons que l'artiste a choisi d'accompagner chaque temps de la Passion d'un de ses contemporains : après le Moine, le Bourgeois. L'hypothèse d'une œuvre marquée par le courant spirituel d'origine flamande de Devotio moderna se renforce. Les fidèles sont appelés à participer émotionnellement voire charnellement, comme ces personnages à genoux méditant sur  les souffrance endurées par le Christ, au Rédempteur.

Dés lors, nous sommes impatients de découvrir la scène suivante.

 

 

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Flagellation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Flagellation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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3. Couronnement d'épines.

Tandis que deux bourreaux enfoncent avec force la couronne d'épines sur la tête de leur victime à qui ils ont fait revêtir par moquerie de ses prétentions à la royauté le manteau pourpre et à qui ils ont donné en guise de sceptre un roseau, un roi du XVIe siècle, en manteau fourré, manches bouffantes et couronne doré, s'est agenouillé et lève la tête et les mains jointes, comme saisi par un élan de compassion.  Outre le fait que ce roi continue (comme dans une danse macabre) la liste des types sociaux, la relation spéculaire entre sa royauté temporelle et celle, divine, du Christ, est soulignée, de même ses prestigieux atours contrastent les regalia dérisoires du Dieu dont il tient son investiture.

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Couronnement d'épines, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Couronnement d'épines, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4.  Christ aux outrages.

Dans la même logique de la royauté tournée en dérision, deux bourreaux tiennent le pan du manteau pourpre comme une traîne tout en le bastonnant .

Le dévot qui est figuré à genoux porte, comme le "marchand" (c'était finalement plutôt une femme) de la deuxième vignette, un confortable manteau fourré. Il a posé son chapeau rond devant lui. Au vu des lois somptuaires, il s'agirait d'un seigneur ou d'un prince.

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Christ aux outrages, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Christ aux outrages, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. Deux anges recueillent le sang du Christ au pied de la Croix.

La séquence de la Passion s'interrompt pour cette station au pied de la Croix . La couleur des vêtements des anges est inversée. Le panneau est encadrée par deux tours qui peuvent évoquer les remparts de Jérusalem.

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Anges et calice, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Anges et calice, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Le Portement de Croix.

Le personnage à genoux, en manteau court et capuche,  tient son chapeau rond devant lui, face au spectacle du Portement de Croix. 

Portement de Croix, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Portement de Croix, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Contemplation des Arma Christi et du Christ aux liens.

Cette mise en scène, toujours entre deux arbres, prouve si besoin était que nous ne sommes pas dans le même registre que les Passions finistériennes : là encore, un homme est agenouillé, tenant sa toque à plume (à la mode sous Henri II et jusqu'à Henri III soit la période 1547-1589), mais les cheveux longs (Louis XII), la dague à la ceinture. Mais il est inclus dans une composition allégorique associant le Christ au liens sur un banc avec les Instruments de la Passion (Arma Christi), sans respect pour la chronologie du récit évangélique : croix, lance du percement du flanc, marteau et clous, pichet  (de vinaigre). Dans un sens, seul ce chevalier est présent dans cette scène, face à des images, des fruits de l'imagination émotionnelle. La Devotio moderna suit l'itinéraire spirituel qui débute par la lecture du texte saint, la poursuit par la méditation, puis par l'oraison (lecture chantée du Livre d'Heures par exemple), pour conduire à la componction, sentiment éprouvé devant l'indignité de l'homme à l'égard de Dieu, et, enfin, à la contemplation ou communion de l'âme avec le divin.

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Contemplation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Contemplation, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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La Crucifixion.

Les personnages du XVIe siècle disparaissent et le bas relief reprend le motif de la Poutre de Gloire: le Christ crucifié entre la Vierge et saint Jean. Mais comme ceux-ci, au lieu d'être debout, comme sur la Poutre, mais à genoux et les mains jointes. Ils sont donc assimilés aux dévots, ou, plus justement, ceux-ci s'assimilent à la Vierge et à saint Jean en oraison et contemplation face à la Croix. Le Stabat Mater, évoquant la souffrance de la Mater Dolorosa, s'inscrit dans la même tendance, car, comme l'écrit l'auteur de l'article Wikipédia : "Ce poème latin médiéval est souvent considéré comme l'expression classique d'une nouvelle forme de piété, plus empathique et émotive, caractéristique de la fin du Moyen Âge. L'affliction en demeure le thème central. Le croyant est plus à même de ressentir sa douleur humaine de mère que celle du fils d'essence divine, mais aussi de nature divine.". Voir la Trinité de Masaccio, peinte en 1425-1426, dans lequel, dans ce jeu subtile de l'espace contemporain ici-bas et de l'espace sacré, deux personnages en prière au premier plan contemplent intérieurement ce drame chrétien.

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Crucifixion, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Crucifixion, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. La Vierge de Pitié.

Le dernier arbre (clairement ici, un palmier) franchi, nous voyons la Vierge tenant le corps de son Fils après sa Déposition de la Croix : alors que sur les vitraux des Passions, ce sont plutôt l' épisode de la Déposition ou celui de la Déploration ou de la Mise au Tombeau qui sont choisis, ici, l'artiste a opté pour une Pietà ou Vierge de Pitié. L'accent est mis sur la compassion avec la souffrance de la Mère éplorée que sur le récit évangélique. Le fil d'interprétation de ces huit scènes est donc cohérent. 

Comme pour les cas précédents, le personnage de gauche n'appartient pas à l'espace sacré, mais il s'incline en prière et en contemplation. Est-ce une femme ? Un soldat casqué ? Quel est le sens de ce tablier ou linceul blanc placé devant lui ?

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Vierge de Pitié, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Vierge de Pitié, Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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II. LA FACE INFÉRIEURE DE LA POUTRE, EN CINQ MOTIFS.

Après la face occidentale et son profond mysticisme, cette face est décorative et marquée par le style des ornemanistes de la Renaissance.

1. Éphèbe, rubans et rinceaux.

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1. Éphèbe rubans et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

1. Éphèbe rubans et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. Masque ailé et rinceaux.

 

 Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. Tête bouclée d'ange, rinceaux et fleurs.

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Tête d'ange, rinceaux et fleurs. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Tête d'ange, rinceaux et fleurs. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4 Masque ailé et rinceaux.

 

 

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Masque ailé et rinceaux. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. Putto, rinceaux, rubans. 

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Putto, rinceaux, rubans.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Putto, rinceaux, rubans.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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III. LE FACE ORIENTALE DE LA POUTRE DE GLOIRE : LES SIBYLLES.

C'est elle qui a motivé ma visite, après ma découverte des 12 Sibylles de l'église de Brennilis. Je me suis suffisamment appesanti sur ce thème  (cf. le dossier complet de mon article sur Brennilis) pour me contenter de ce rappel :

Les sibylles du Finistère (d'après Y-P. Castel, 2000)

  • Brennilis, autel au sud,

  • Plonévez-du-Faou, église de Saint-Herbot, chancel, côté du chœœur,

  • Lampaul-Guimiliau,au revers de la poutre de gloire

  • Roscoff, garde-corps de la tribune de l'orgue. Sept bas-reliefs : Cimmérienne, Européenne à allure d'homme, Tiburtine, Delphique, Persique, Agrippa, Hellespontique.

  • Pleyben, croisée de transept. Le couvre-joint des arêtes du lambris de la croisée porte, appliquées, seize statuettes diverses. Les Sibylles, au nombre de cinq sont l'Européenne, la Samienne, la Libyque, l'Erythréenne et Agrippa.

  • Guimiliau, 1. Aux angles de la chaire à prêcher, la présence de la Cimérienne reconnaissable au biberon en forme de corne laisse à penser que les quatre autres belles statuettes mutilées et désormais privées de leurs attributs distinctifs, la cinquième n'ayant d'ailleurs plus ni visage ni poitrine, représentaient des Sibylles.

  • Guimiliau, 2. Dans le chœœur, derrière l'autel trois bas-reliefs Renaissance : Cimérienne ( ?), Erythréenne et Persique.

  • Irvillac, chapelle de Coatnan. Quatre Sibylles. Les attributs ne suivent la tradition de Lampaul que pour la seule Delphique (SI : DELPHICA). La Persique, (SI : PERSICA) prend la croix de la Résurrection. La Phrygienne (SI : PHRYGIA) porte l'épée. L'Hellespontique (SI : HELLESPONCA) tient le bouquet fleuri de l'Erythréenne.

  • Le Faou, église de Rumengol, stalles du chœœur, trois Sibylles : " Sibie " (sic), " Delphiqua " et " Persica ".

  • La Martyre, au bas de la première colonne dans le chœœur. On croit distinguer la Cimmérienne avec le biberon en forme de corne parmi les douze allégories féminines au milieu desquelles les vertus théologales.

  • Plabennec, chapelle de Locmaria-Lan, mur intérieur. Trois Sibylles, Cimérienne, Samienne, Libyque.

  • Plouzévédé, église Notre-Dame de Berven. Trois Sibylles en bas-relief, sur le rabat du volet gauche du retable de la Vierge : Cimérienne, Samienne, Erythréenne.

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1. Vue générale.

Autour d'une Annonciation centrale, des niches en plein cintre accueillent les 12 Sibylles tenant chacune son attribut, selon l'iconographie fixée, en France, par le Livre d'Heures de Louis de Laval. Chacune tient un livre, témoignant du texte de sa vaticination, mais l'artiste a rompu la monotonie en le représentant, alternativement, ouvert et fermé.

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Les douze Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les douze Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'entrait et les cinq premières Sibylles.

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Les cinq premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les cinq premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les deux premières Sibylles.

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Les deux premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les deux premières Sibylles de la Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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1. La Sibylle Cimmérienne et son biberon.

Elle porte le livre qui fait allusion à ses vaticinations, et un biberon qui, dans l'Antiquité, avait la forme d'une corne. Elle aurait annoncé en effet l'allaitement de Jésus par la Vierge.

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 La Sibylle Cimmérienne et son biberon. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Cimmérienne et son biberon. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. La Sibylle Europe et son épée.

La sibylle Europa ou Européenne  porte un glaive évoquant le massacre des Innocents et par association la fuite en Égypte.

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 La Sibylle Europe et son épée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Europe et son épée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les Sibylles Libyque et Hellespontique.

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Les Sibylles Libyque et Hellespontique.  Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Les Sibylles Libyque et Hellespontique. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. La Sibylle Libyque et son flambeau.

 

 

La sibylle Libyque porte  un cierge allumé qui symbolise la Lumière que la naissance du Sauveur  a apporté au monde. Elle aurait été mentionnée par Euripide, selon le pavement de la cathédrale de Sienne.

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La Sibylle Libyque et son flambeau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Libyque et son flambeau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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4. La Sibylle Hellespontique et sa croix.

La sibylle d'Hellespont ou Hellespontine : elle porte une grande croix en relation avec la crucifixion du Christ au Golgotha.

 

 

La Sibylle Hellespontique et sa croix. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Hellespontique et sa croix. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les Sibylles de Tibur et de Samos.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. La Sibylle de Tibur et la main coupée.

 

 

La sibylle de Tibur ou Tiburtine : elle porte un gant, ou une main coupée qui symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion.

 

La Sibylle de Tibur et la main coupée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Tibur et la main coupée. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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6. La Sibylle de Samos  et son berceau.

La sibylle de Samos ou Samienne : elle porte un berceau parce qu'elle avait entrevu la Vierge couchant l'enfant dans une crèche.

 

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 La Sibylle de Samos  et son berceau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Samos  et son berceau. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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L'Annonciation.

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L'Annonciation. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

L'Annonciation. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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7. La Sibylle Persique tenant une lanterne.

 

La sibylle Persique : on lui associe une lanterne symbolisant la lumière apportée par le Messie.  A Brennilis et ailleurs, elle foule au pied le serpent de Genèse qui a abusé Ève.

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La Sibylle Persique tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Persique tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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8. La Sibylle de Cumes.

La sibylle de Cumes ou Cuméenne  peut porter un coquillage qui représente la virginité de la Vierge. Mais ici, personne n'a trouvé le moindre indice, et nous la désignons comme Sibylle de Cumes par élimination.

 

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La Sibylle de Cumes. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Cumes. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. La Sibylle Érythréenne tenant une fleur.

La sibylle Érythréenne : elle porte un grand rameau fleuri qui évoque l'Annonciation parce qu'elle a proclamé qu'une vierge doit enfanter. Voir, sur l'Annonciation centrale, le lys blanc que l'ange Gabriel tient sur l'épaule droite.

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La Sibylle Érythréenne tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Érythréenne tenant une lanterne. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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10. La Sibylle Agrippa et le fouet.

La sibylle Agrippa ou Agrippine  porte un fouet symbolisant la flagellation du Christ.

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 La Sibylle Agrippa et le fouet. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle Agrippa et le fouet. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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11. La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines.

 

La sibylle Delphique ou Pythie  porte à la main une couronne d'épines, telle que celle dont les bourreaux affligèrent le Christ lors de sa Passion. Elle avait prophétisé « un Dieu viendra pour mourir et il sera plus grand que les immortels. »

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La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Delphes et la couronne d'épines. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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12. La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection.

La sibylle Phrygienne  porte l'étendard du Ressuscité ou la Croix du Crucifié et sa victoire.

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La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

La Sibylle de Phrygie et la bannière de Résurrection. Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les deux dernières Sibylles et l'entrait engoulé de la poutre.

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Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

Poutre de Gloire (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2016.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Chanoines Jean-Marie), PEYRON ( Paul), 1916, "[Notices sur les paroisses] Lampaul-Guimiliau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, 16e année 1916 p. 65-75, 97-107, 129-141.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/lampaul-guimiliau.pdf

 

ABGRALL (Jean-Marie), 1891, XVIII. Porche, clocher, chapelle et fontaine de Landivisiau, Bulletin de la Société archéologique du Finistère Société archéologique du Finistère. Pages 259-268.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f335.image

 

 —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

 

CASTEL (Yves-Pascal),1993, Les Sibylles de Lampaul-Guimiliau, in Courrier du Léon et Progrès de Cornouaille 23 août 1993.

“0571 Les Sibylles de Lampaul-Guimiliau... 16.12.89.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 mars 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2059.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/2b7d4a6314a7635dbf3400370c523cb5.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Répertoire des églises : paroisse de Lampaul-Guimiliau Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, , Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— LA BARRE DE NANTEUIL (Vicomte Alfred de) "Lampaul-Guimiliau", Congrès archéologique de France, LXXXIe session, 1914, Brest-Vannes. -Paris Caen : A. Picard : H. Delesques, 1919 p. 141-159 : ill. Sur les Sibylles : page 155.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f210.image

—Site Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/poutre-de-gloire-lampaul-guimiliau

— Wikipédia "Poutre de Gloire"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Poutre_de_gloire#/media/File:Enclos_du_nord_Finist%C3%A8re_-_Lampaul-Guimiliau_-_029.JPG

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lampaul-Guimiliau-_Enclos_paroissial_-_La_poutre_de_gloire_-_PA00090020_-_006.jpg

— http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/lampaul/lampaul.html

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Published by jean-yves cordier - dans Lampaul-Guimiliau Sibylles
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 14:43

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Plan :

  • L'interversion des deux noms des Sibylles
  • L'étude du texte de leur phylactère
  • L'inscription MEIAPAROS
  • L'Infante Isabelle du Portugal, modèle de la Sibylle de droite.

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Chacun connaît le polyptyque de  l’Adoration de l'Agneau mystique de la cathédrale de Gand, débuté vers 1420 par Hubert Van Eyck et achevé de 1426 à 1432 par son frère Jan. En effet, ce  chef-d'œuvre de la peinture des primitifs flamands, inscrit sur la liste du patrimoine culturel mondial par l'UNESCO, est mondialement connu, et a été étudié dans ses moindres détails, ce qui représente une lourde tâche  pour un ensemble de 24 panneaux mesurant  3,75 m sur 5, 20 m. 

Et pourtant, et pourtant, ce retable si fameux dissimule (visible comme le nez au milieu du visage) une belle erreur dont les peintres (où quelque restaurateur) se sont rendus coupables. Et dont les auteurs des articles encyclopédiques ( et même les auteurs du beau livre  Van Eyck par le détail) ne rendent pas compte, si j'excepte l'article Wikipédia en ..japonais. 

Cette "bavure" porte sur les deux Sibylles peintes en grisaille sur la face extérieure des volets.

En effet, le retable était ouvert les dimanches et fêtes, montrant en haut la Déisis et en bas l'Adoration de l'Agneau de Dieu, mais les volets  étaient fermés les jours de semaine et montraient une scène composite à tris registres. Au milieu, l'Annonciation ;   en bas le couple de donateurs  Joost Vijdt et  Lysbette Borluut autour de  saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste.  C'est en partie haute, au dessus de l'Annonciation, que nous trouvons sur les cotés deux prophètes dans des panneaux en demi-lunes et au centre les deux Sibylles occupant les deux moitiés de la  même arcade. Si les prophètes ont, pour l'Église, annoncés par leurs oracles la venue du Sauveur au monde hébraïque, les Sibylles ont prédit par leurs vaticinations le même événement aux "Gentils" (païens) d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Si les deux prophètes et les deux prophétesses sont venus occuper les combles au dessus du plafond de la chambre de la Vierge, c'est précisément parce qu'ils ont prévus depuis des lustres ce qui est en train de s'y dérouler : une jeune fille vierge va devenir enceinte par l'opération du Saint-Esprit et donner naissance au Sauveur dont  l'humanité attend sa rédemption. Le texte de leurs prévisions, qui le démontre, se déroule en paperolles au dessus de leurs têtes.

Alors, cherchons l'erreur ? En chemin, nous découvrirons des détails inattendus. Et des énigmes mal résolues.

Quelques images préalables pour situer les lieux.

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Agneau_mystique#/media/File:Lamgods_closed.jpg

 

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https://ja.wikipedia.org/wiki/%E3%83%98%E3%83%B3%E3%83%88%E3%81%AE%E7%A5%AD%E5%A3%87%E7%94%BB#/media/File:Ghent-altarpiece-Lunetes-left.jpg

 

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I. "SIBILLA ERITREA", panneau de 212 cm x 37.1 cm. Une inversion des noms avec la Sibylle de Cumes.

http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

Dans le panneau central de gauche, une femme à genoux et tournée vers la gauche  est vêtue d'une robe blanche bordée d'or très semblable à celles de la Vierge et de l'Ange et formant ainsi une triangulation.  Un châle  noir est noué autour de son cou . Sa tête est recouverte d'un turban blanc rayé de bleu. Celui-ci retient un voile jaune d'or, à bord échancré et ourlé de noir, et  qui recouvre ses épaules, son dos et ses reins. Une perle pend par un anneau à son oreille droite. Un bracelet est passé à son poignet gauche : c'est un épais demi-jonc en or, constellé de brillants.

Il est écrit sur la banderole  au dessus de sa tête : NIL MORTALE SONANS AFFLATA...ES NUMINE CELSO . La traverse au bas du compartiment porte l'indication  SIBILLA ERITREA.  En réalité, l'inscription est tirée du Livre VI de l'Énéide de Virgile et se donc rapporte à la Sibylle de Cumes. A l'évidence, il y a eu une interversion des panneaux et des noms des sibylles, puisque la prophétesse voisine porte sur la traverse inférieure l'inscription qui conviendrait ici,  SIBILLA CUMANA. Nous allons voir que c'est une interversion des inscriptions des traverses, et non des textes des banderoles,  et que la sibylle représentée ici est bien celle de Cumes. Cette interversion a été remarquée et argumentée en 1945 par Jean Gessler (1878-1952), professeur à l'Université de Louvain, dans une brève communication dans la Revue belge de philologie et d'histoire. On peut aussi arguer d'une confusion flottante, depuis Saint Augustin et toujours au XVe siècle, entre la Sibylle de Cumes et celle d'Érythrée avant de penser à une erreur.

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1. L'origine et le sens du texte de la banderole : l'Énéide de Virgile.

Nil mortale sonans afflata es numine celso  est une citation partielle et détournée d'une épopée extrêmement célèbre du poète latin Virgile, l'Énéide, racontant les aventures du héros troyen Énée, fils d'Anchise et de la déesse Aphrodite. Anchise, que son fils a enterré en Sicile, lui apparaît et lui demande d'aller voir la Sibylle de Cumes afin qu'elle le conduise aux Enfers, où il pourra lui parler. Il se rend donc avec son navire à Cumes, près de Naples (Italie), où se trouve l'antre de la Sibylle. Le Livre VI est celui de cette "catabase", ou descente aux Enfers ; il débute par l'arrivée devant le temple d'Apollon :

"Le pieux Énée de son côté gagne la hauteur que domine le haut Apollon et, plus loin, l'antre immense, la retraite de l'effrayante Sibylle, à qui le prophète de Délos [Apollon] insuffle grande intelligence et grande énergie, et lui découvre l'avenir." ...

"Le flanc immense de la roche euboïque [golfe d'Eubée] a été creusé, formant un antre, où conduisent cent larges accès, cent portes, d'où surgissent autant de voix, les réponses de la Sibylle. On était arrivé au seuil, lorsque la vierge déclara : « C'est le moment d'interroger les destins ; le dieu, voici le dieu ! »

C'est ici que se situe le vers qui nous occupe  : celui de l' Énéide Livre VI vers 50 :

Cui talia fanti ante fores subito non uoltus, non color unus, non  mansere comae ; sed pectus anhelum, et rabie fera corda tument ; maiorque uideri, nec mortale sonans, adflata est numine quando iam propiore dei

"Pendant qu'elle parle ainsi devant les portes, ses traits, son teint subitement se décomposent, ses cheveux en désordre se soulèvent, tandis que sa poitrine se fait haletante, et son cœur déchaîné se gonfle de rage ; elle apparaît plus grande, sa voix n'est plus d'une mortelle, puisque l'atteint le souffle puissant du dieu déjà tout proche." 

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V06-001-263.html

Ce rôle de la Cumméenne comme passeuse vers les Enfers fut si réputé dans tout le moyen Âge que Dante choisi Virgile comme guide dans l'Enfer de sa Divine Comédie (et selon Manetti, la "forêt obscure" du vers fameux Nel mezzo del cammin di nostra vita / mi ritrovai per una selva oscura / ché la diritta via era smarrita se situe entre Naples et Cumes).

Mais le vers a été modifié et le mot celso (de celsus "haut, élevé") a remplacé l'expression quando iam propiore dei. De même, Nec ("Ni, et ne") est remplacé par Nil ("rien, en rien, nullement").   Et Est, "elle est" se transforme en es "tu es".  Je traduis donc la banderole librement ainsi : " Tu ne prononces aucun des mots d'une mortelle, tu es inspirée par les signes d'en haut". Le Numen est, au départ, le signe de tête d'un Dieu qui marque sa volonté inflexible. 

Le vers de Virgile, simple description de la transformation de la Sibylle sous le coup de l'inspiration divine, est transformé par ces petits changements en une vaticination adressée à...Mais à qui ?

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 La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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Mais à qui s'adressent ces mots ? Ils ne peuvent, dans ce contexte, s'adresser à la Sibylle, puisque c'est elle qui parle. Pourtant, ils semblent définir l'action même de prophétiser : du latin tardif prophetizo, emprunt de l'ancien grec, variante hellénistique de propheteuo de πρό- ‎(pró-, “avant”) +‎ φημί ‎(phēmí, “J'annonce, je déclare, je parle ”). « j'annonce les desseins de Dieu, par inspiration spéciale» (en français dès 1155).

Il pourraient s'adresser à l'ange Gabriel, mais un indice montre qu'ils s'adressent à la Vierge : Dans l'Annonciation du Polyptyque, les paroles prononcées par l'ange Gabriel AVE GRATIA sont écrites à l'endroit, de même que leur suite écrites sur la fenêtre et la colonne voisine PLENA DNS TECU[M], alors que celles prononcées par la Vierge sont écrites doublement à l'envers (en miroir et donc en rétrograde et tournées vers le haut)  ECCE ANCILLA DNI. 

Cette subtilité, est reprise dans l'Annonciation de Van Eyck aujourd'hui à Washington, et peinte deux à quatre ans après l'achèvement du Polyptyque.

L'inscription inversée a été  interprétée comme "écrite à l'envers pour que Dieu puisse la lire du ciel" (!) ou "destinée à la colombe du Saint-Esprit" qui plane au dessus de la tête de Marie. En réalité, si nous considérons cette double inversion comme une représentation picturale du Nil mortale sonans, et du fait que les paroles qui sortent de la bouche de la Vierge sont inspirées par l'Esprit-Saint comme paroles non humaines, mais sacrées, nous atteignons des sommets de théologie et de spiritualité. Cette simple écriture rétrograde et renversée témoigne alors que la Vierge "per-phétise", rend actuel ce que la Sibylle a pro-phétisé, qu'elle accomplit la vaticination sibylline telle que l'a écrite plus haut le peintre.

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http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=49&id2=0

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http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=61&id2=0

 

 

 

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L'Annonciation de Jan Eyck de 1434-36 à Washington :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6a/Jan_van_Eyck_-_The_Annunciation_-_Google_Art_Project.jpg

 

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 La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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Les auteurs de la fin du XVe siècle (F. Barbieri) ne feront pas référence, pour la Sibylle de Cumes, au texte de l'Énéide, mais à trois autres textes : la légende des Livres et de Tarquin, les Métamorphoses d'Ovide, et les Bucoliques de Virgile. 

a) L'histoire de l'acquisition des livres sibyllins par Tarquin le Superbe, dernier roi de la monarchie romaine , ou Tarquin , est la suivante : une vieille femme "qui n'était pas originaire du pays"  arrive un jour à Rome et propose à Tarquin d'acheter neuf livres de prophéties ; et comme le roi refuse de les acheter, en raison du prix exorbitant qu'elle demandait, elle en brûle trois. Elle offre les six restant, pour le même prix. Nouveau refus du roi. Elle en brûle à nouveau trois, décidant ainsi le roi a acheter les trois derniers. C'est l'origine des Livres Sibyllins, les textes sacrés de l'État romain, conservés au Capitole et que l'on consultera lors des grands dangers car ils sont censés contenir les destinées de l’État.  Les livres sibyllins exposaient la doctrine de l'éternel retour : à la fin de chaque cycle, ou Grande Année, les astres retrouvent la même place dans le ciel, ce qui amène le retour des événements dans le même ordre.

 La vieille femme n'était autre que la Sibylle de Cumes.

b) Le Livre XIV des Métamorphoses d'Ovide reprend l'épopée d'Énée. Il se rend à Cumes, où sa réputation d'homme valeureux lui vaut la faveur de la Sibylle à qui il a demandé de pouvoir visiter  les mânes de son père. La Sibylle lui fait couper un rameau d'or, lui permettant l'accès au royaume des morts et la possibilité d'apprendre de la bouche d'Anchise les lois de l'au-delà et d'autres révélations sur les dangers qui l'attendent encore sur terre. Après quoi, il quitte le monde souterrain en compagnie de la prêtresse. (14, 101-121)

Chemin faisant, il promet à la Sibylle de lui élever un temple pour lui montrer sa reconnaissance. Précisant qu'elle n'est pas une divinité, la Sibylle lui raconte son histoire : elle inspira un jour une vive passion à Apollon qui, pour la séduire, lui proposa d'accomplir le vœu qu'elle choisirait ; elle souhaita vivre autant d'années qu'il y avait de grains de poussière dans une poignée de sable, sans spécifier qu'il s'agissait d'années de jeunesse. Le dieu, qui n'était pas arrivé à la séduire, tint pourtant sa promesse. C'est ainsi que la Sibylle, âgée de sept siècles déjà, toujours solitaire et vierge, doit encore vivre trois cents années avant de n'être plus qu'une voix. (14, 122-153)

c) Dans la quatrième Églogue de Virgile se trouve le célèbre vers : Ultima Cumaei uenit iam carminis aetas « Le voici venu, le dernier âge de l'oracle de Cumes »  Buc., 4, 4  . Les vers suivants annoncent qu'une vierge venue des cieux donnera naissance à un enfant qui renouvellera le monde. Au sens littéral et historique la quatrième Églogue est un message de félicitation adressé au consul Pollion, l'ami de Virgile, avant la venue au monde de son enfant. Le passage s'adresse à Lucine, protectrice des accouchées.  Et Virgo désigne Astrée, fille de Zeus et de Thémis, qui pendant l'âge d'or, habitait la terre, avant de prendre place parmi les constellations. Mais depuis Saint Augustin et les Pères de l'Église, les chrétiens, inspirés par  la consonance avec la prophétie d'Isaïe, 11, 1 : '" Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines",  s'accordèrent à y voir la prédiction par Virgile / par la Sibylle italienne de la naissance du Christ. Par une vierge (virgo). Le chant de la Cuméenne – Carmen cumaeum–  devient annonce messianique.

Ultima Cumaei venit jam carminis aetas ;

Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo.

Jam redit et virgo, redeunt Saturnia regna,

Jam nova progenies cœlo demittitur alto.

Casta, fave , Lucina, tuus jam regnat Apollo. Virgile, Bucoliques 4, 4-10.

"Il est venu, le dernier âge de la prophétie de Cumes  le grand ordre des siècles naît sur de nouvelles bases Déjà revient aussi la Vierge, revient le règne de Saturne, déjà une nouvelle race est envoyée du haut du ciel. Toi, du moins, à l'enfant qui naît par qui la race de fer finira enfin et surgira une race d'or dans le monde entier, chaste Lucine, accorde ta protection ; déjà règne ton [frère] Apollon" http://fleche.org/lutece/progterm/virgile/eglogue4.html

 

d) Cette réputation de l'Églogue de Virgile datait de saint Augustin,  au IVe siècle : d'après Jean-Michel Roessli, :

La conception qu'Augustin se fera des sibylles, découle de sa lecture chrétienne de la quatrième Églogue qui se profile déjà dans le premier texte où il y fait référence, soit dans l'ep. Rom. inch., § 3, rédigée vers 394-395. Dans ce petit traité exégétique, le futur évêque d'Hippone explique qu'il y eut, au cours de l'histoire, des prophètes qui n'étaient pas à proprement parler des interprètes de la Parole de Dieu, mais qui ont entendu des prophéties relatives au Christ et les ont chantées. C'est à cette catégorie, dit-il, que l'on rattache la Sibylle, rapportant ainsi une opinion apparemment fort répandue. Augustin s'empresse ensuite d'ajouter qu'il aurait du mal à y croire si le plus noble des poètes latins, à savoir Virgile, n'avait lui-même parlé du renouvellement du monde en des termes qui évoquent le règne de Jésus-Christ. Or, la source d'inspiration à laquelle Virgile se réfère n'est autre que le carmen Cumaeum, naturellement identifié par Augustin à un oracle de la Sibylle du même nom . 

« Il y a eu en effet des prophètes qui n'étaient pas les prophètes de Dieu et dans lesquels on trouve également quelques oracles prophétiques chantant les oracles qu'ils avaient entendus sur le Christ, comme on le dit aussi de la Sibylle ; ce que je ne croirais pas facilement, si l'un des poètes les plus nobles de la langue latine, célébrant l'avènement d'une ère nouvelle en termes qui paraissent assez correspondre et convenir au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, n'avait commencé par ce vers : “Le dernier âge de l'oracle de Cumes est enfin venu” (Virgile, Églogue, 4, 4). Or, personne ne doutera que l'oracle de Cumes est un oracle de la Sibylle. »AUG., ep. Rom. inch. 3 (PL, 35, col. 2089) 

Augustin reprend cette idée dans la lettre 258 à Marcianus : 

« Votre vie présente vous rend digne de recevoir, par les eaux salutaires du baptême, la rémission de vos péchés passés. Car c'est seulement à Notre Seigneur Jésus-Christ que le genre humain peut dire : “Sous ta conduite, s'il reste encore quelques traces de nos crimes, / elles disparaîtront, et la terre n'aura plus rien à craindre” (Virgile, Églogue, 4, 13-14). Virgile avoue qu'il a emprunté ces deux vers à l'oracle de Cumes, c'est-à-dire à la Sibylle. Peut-être cette prophétesse avait-elle, par une inspiration, appris quelque chose sur notre unique Sauveur, et avait-elle été forcée de le révéler. » AUG., ep. 258, 5 (CSEL, 57, p. 609, l. 11-17-p. 610, l. 3) 

Et à nouveau ici dans la Cité de Dieu Livre X chap. 27

« Car il ne t'aurait pas trompé celui que “vos propres oracles”, comme tu l'écris toi-même, ont reconnu saint et immortel : lui dont a parlé le plus illustre des poètes, en poète il est vrai, car il traçait l'ébauche d'un autre personnage, mais non sans vérité, si on rapporte au Christ ces vers : “Sous ta conduite, s'il reste quelque trace de nos crimes, / elle sera effacée et la terre délivrée de son perpétuel effroi” (Virgile, Églogue, 4, 13-14). Il s'agit ici de ce qui, en raison de l'infirmité de cette vie, peut subsister sinon de crimes, du moins de traces de crimes, même chez les plus avancés dans la vertu de justice et que seul peut effacer le Sauveur désigné par ces vers. Qu'il ne parle pas en son propre nom, Virgile lui-même l'indique au quatrième vers, je crois, de son Églogue en disant : “Déjà voici venu le dernier âge de l'Oracle de Cumes” (ibid., 4, 4). D'où il apparaît immédiatement qu'il parle ainsi d'après la Sibylle de Cumes », AUG., ciu., X, 27 (CSEL, 40, 1, p. 492, l. 29-p. 493, l. 14) :  traduction de G. Combès [BA 34], Paris, 1959, p. 523-524).

 

Le vers Jam nova progenies caelo de mittitur alto "Déjà une nouvelle progéniture est envoyée du haut du ciel" figure au portail gauche de la façade occidentale de la cathédrale de Laon au XIIe siècle , ou dans les peintures murales romanes récemment découvertes des Salles-Lavauguyon en Limousin, ou dans les stalles de la cathédrale d’Ulm au XVe s, etc.

Si les frères Van Eyck font figurer la Sibylle de Cumes au dessus de l'Annonciation et en référence avec elle, c'est bien-sûr à cause de ces vers de la 4ème Églogue. S'il n'ont pas choisi d'inscrire ces vers sur la phylactère, c'est qu'ils étaient connus de tous les lettrés, et que leur choix de détourner les vers du Livre VI de l'Énéide leur permettait de donner une dimension spirituelle nouvelle à l'ensemble des panneaux.

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La Sibylle de Cumes et la Vierge de l'Annonciation, Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique, http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

La Sibylle de Cumes et la Vierge de l'Annonciation, Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique, http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

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2. Le port de la boucle d'oreille par la Sibylle de Cumes.

La boucle d'oreille est, dans la peinture médiévale et plus tardive, non un ornement, mais un signe distinctif indiquant une marginalité ou l'appartenance à un peuple ou une religion différentes de ceux de la chrétienté. On la trouve sur l'oreille du mage Balthasar parce qu'il est noir de peau, à celle de sainte Marie-Madeleine parce qu'elle a été une prostituée, ou à celle de la Vierge pour signifier sa judéité (voir l'Annonciation d'Ambrogio Lorenzetti) . Ici, elle est particulièrement ostensible sur le lobe de la Sibylle, témoignant, comme le turban, d'une appartenance à la fois au monde païen, et à l'Asie (bien que Cumes soit en Italie, c'est une colonie grecque). Néanmoins, c'est une perle de belle taille et de belle eau qui est suspendue à l'anneau. La perle  est un symbole pluriel, attribut de la déesse de l'Amour, mais aussi un modèle de pureté, de limpidité  et donc de virginité et d'innocence, autant de qualités propres à la Vierge. Dans le panneau de l'Annonciation, Marie porte un diadème de dix perles (et cinq autour d'un saphir) et une broche de huit perles autour d'une émeraude. L'Ange en porte six autour du saphir du serre-tête et quatre sur le fermail de sa cape.

Les trois personnages partagent donc non seulement le même vêtement blanc orné d'or, mais aussi les mêmes perles de leurs bijoux. A mon sens, c'est elle qui est associée à l'Annonciation, et donc au Polyptique fermé, alors que sa collègue sera associé au Jugement, et à la peinture du Polyptyque ouvert. Elle est déjà par elle-même une préfiguration de la Vierge.

Les  mains de la Sibylle sont expressives. L'une présente la banderole portant l'oracle, alors que l'autre, la gauche, posée sur le genou droit dans une posture naturelle, tend néanmoins l'annulaire vers la chambre de Marie placée au dessous d'elle.

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 La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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3. Le prophète Zacharie.

Cette Sibylle est couplée (par voisinage) avec la lunette voûtée de gauche qui abrite le prophète Zacharie. Le prophète tend le doigt vers un livre ouvert, dont il tourne une page, tandis qu'une banderole cite le verset du Livre de Zacharie 9:9 :   EXULTA SATIS FILIA SYO[N] JUBILA ECCE REX TUUS VE[N]IT 9°  "Exulte de joie, fille de Sion, voici que ton roi vint à toi. [chap.] 99

La Vierge est reconnue "Fille de Sion" par les exégètes et par la liturgie après qu'il ait été reconnu dans le texte de l'évangile de Luc sur la Nativité et la Visitation (Lc 1:28-33 et Lc 1:46-54) des références avec les oracles prophétiques bibliques de Sophonie 3,14-17; Joël 2,21-27; et Zacharie 2,14.-15; 9,9-10 annonçant la  joie  qui se répandra sur Israël, quand YHWH accordera à son peuple le salut et la libération définitive par la venue d'un roi messianique. La relation typologique entre Zacharie 9:9 et l'Annonciation est donc bien établie à l'époque des frères van Eyck. 

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Le prophète Zacharie,  lunule du volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

Le prophète Zacharie, lunule du volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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II. LA SIBYLLE D'ÉRYTHRÉE SIBILLA CUMANA.

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Sibilla Cumana,  panneau de 213,5 cm x 36,1 cm.

Vous aurez compris que la femme désignée par les mots Sibilla Cumana sur la traverse gris du panneau est en réalité Sibilla Eritrea, la Sibylle d'Érythrée. Elle tient son nom d'une ville antique d'Ionie, en l'actuelle Turquie près d'Izmir (ou au dessus d'Éphèse). Notons que Cumes était, précisément, une colonie des grecs d'Ionie.

 Agenouillée, la tête inclinée vers le bas et la gauche, les sourcils et le front épilés, le regard triste ou pensif, elle  est richement vêtue d'une cotte bleue lacée par devant  et d'une robe verte garnie de fourrure et resserrée par une ceinture dorée.

Elle est coiffée d'un turban brun recouvert d'une résille de perles, puis  d'un voile diaphane qui retombe sur les épaules. Une banderole au dessus de sa tête porte : REX ALT [ISSIMVS]… ADVENIET P[ER] SECLA FVTVR[VS] SCI[LICET]  I[N] CARNE.

Ces mots  la désignent comme la sibylle d'Erythrée, et cette identification est confirmée par les lettres MEIAPAROS. Ce qu'il faut démontrer.

 

 La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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1°) L'inscription de la banderole.

Si on excepte le superlatif  altissimus, elle se réfère à un acrostiche fameux cité par Saint Augustin dans la Cité de Dieu – De Civitate dei – Livre XVIII chap. 23 qui lui a donné son autorité et sa validité. (Si, en matière de Sibylles, Augustin fut précédé par Lactance — Lactance, Institutions Divines Livre IV chap. 18 et 19.  (vers 321) et chapitres 6 et 15 où Erythrée est mentionnée, ou chapitre 13 où le lien est établi entre la tige de Jessé et la prophétie sibyllinne d'une fleur pure qui en  fleurira —, cet auteur ne mentionne pas ce texte et parle le plus souvent de "la Sibylle" sans la dénommer).

L'évêque d'Hippone est, après Lactance, (et avant Quodvultdeus, évêque de Carthage entre 437 et 453, qui fera également un large usage des Oracles sibyllins dans ses écrits, en particulier dans Le livre des promesses et des prédictions de Dieu, 445-455 ) , celui qui fait le plus souvent référence aux sibylles et aux oracles sibyllins dans sa réflexion théologique et dans son œuvre. Nous l'avons vu à propos de la Cuméènne. Dans la Cité de Dieu,  Augustin expose sa conception de l'histoire universelle et y distingue trois grandes étapes ou trois grands moments : 1) l'histoire du peuple de Dieu, telle qu'elle est représentée dans l'Ancien Testament (la Genèse, les Livres historiques et prophétiques), et qu'il commente dans les chapitres 1 à 8 du livre XV ; 2) l'histoire profane, évoquée une première fois au livre XVI, chap. 17, puis amplement développée au livre XVIII, du chapitre 2 au chapitre 26 ; et 3) la récapitulation de l'histoire avec l'entrée en scène de Jésus-Christ et l'avènement de l'Église, ce dont il est question dans les chapitres 49 à 54 de ce même livre XVIII. Dans cet ample tableau de l'histoire universelle, la place réservée aux sibylles est tout à fait exceptionnelle. Pour l'évêque d'Hippone, ces dernières appartiennent bien sûr, de par leurs origines, à l'histoire païenne ou histoire profane, qui se distingue de l'histoire du peuple de Dieu, telle qu'elle est relatée dans l'Ancien Testament, mais elles bénéficient d'un statut privilégié, et ce, parce qu'elles ont annoncé la venue du Christ et rejeté le culte des faux dieux ou des idoles. Ce faisant, Augustin semble ignorer, ou feint d'ignorer, que les poèmes de la Sibylle qui circulent à son époque sont majoritairement des pseudépigraphes rédigés à des fins apologétiques par des auteurs juifs et chrétiens entre le deuxième siècle avant J.-C. et le troisième ou quatrième siècle de notre ère. Il se montre prêt à les accepter comme d'authentiques témoignages de la prescience païenne et à les considérer comme de véritables prophéties, dont certaines n'ont pas grand-chose à envier aux prophéties de l'Ancien Testament. Pour Augustin, la Sibylle parle du Christ avec tant de vérité et contre les faux dieux et leurs adorateurs avec tant de force qu'elle « devrait être comptée au nombre des membres de la cité de Dieu ». Ainsi, bien que d'origine païenne, les sibylles ne sont pas rattachées à la ciuitas terrena, comme les anges déchus par exemple, mais semblent bien devoir être intégrées à la ciuitas Dei. Ici, Augustin n'éprouve pas le besoin de recourir explicitement à l'autorité de Virgile pour justifier son interprétation, comme il l'avait fait dans des écrits antérieurs, mais il y a néanmoins de bonnes raisons de penser qu'il n'aurait pas accordé tant de crédit à ces oracles, si, dans la quatrième Églogue déjà évoquée, Virgile n'avait fait de la Sibylle de Cumes l'annonciatrice du renouveau eschatologique lié à la naissance d'un enfant divin, renouveau qu'Augustin a naturellement rapproché du règne de Jésus-Christ, comme Lactance et Constantin l'avaient fait avant lui , pour autant que l'Oratio ad sanctorum coetum soit effectivement de Constantin ou, tout au moins, d'un auteur contemporain.

Dans le Livre XVIII de la Cité de Dieu, on apprend que l'évêque d'Hippone a pris connaissance de plusieurs oracles ou prophéties sibyllines relatives au Christ: 

"Plusieurs historiens estiment que ce fut en ce temps que parut la sibylle d’Erythra. On sait qu’il y a eu plusieurs sibylles, selon Varron. Celle-ci a fait sur Jésus-Christ des prédictions très-claires que nous avons d’abord lues en vers d’une mauvaise latinité et se tenant à peine sur leurs pieds, ouvrage de je ne sais quel traducteur maladroit, ainsi que nous l’avons appris depuis. Car le proconsul Flaccianus , homme éminent par l’étendue de son savoir et la facilité de son éloquence, nous montra, un jour que nous nous entretenions ensemble de Jésus-Christ, l’exemplaire grec qui a servi à cette mauvaise traduction. Or, il nous fit en même temps remarquer un certain passage, où en réunissant les premières lettres de chaque vers, on forme ces mots : Iesous Kreistos Theou Uios Soter, c’est-à-dire Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur . Or, voici le sens de ces vers, d’après une autre traduction latine, meilleure et plus régulière :

 

"Aux approches du jugement, la terre se couvrira d’une sueur glacée. Le roi immortel viendra du ciel et paraîtra revêtu d’une chair pour juger le monde, et alors les bons et les méchants verront le Dieu tout-puissant accompagné de ses saints. Il jugera les âmes aussi revêtues de leurs corps, et la terre n’aura plus ni beauté ni verdure. Les hommes effrayés laisseront à l’abandon leurs trésors et ce qu’ils avaient de plus précieux. Le feu brûlera la terre, la mer et le ciel, et ouvrira les portes de l’enfer. Les bienheureux jouiront d’une lumière pure et brillante, et les coupables seront la proie des flammes éternelles. Les crimes les plus cachés seront découverts et les consciences mises à nu. Alors il y aura des pleurs et des grincements de dents. Le soleil perdra sa lumière et les étoiles seront éteintes. La lune s’obscurcira, les cieux seront ébranlés sur leurs pôles, et les plus hautes montagnes abattues et égalées aux vallons. Plus rien dans les choses humaines de sublime ni de grand. Toute la machine de l’univers sera détruite, et le feu consumera l’eau des fleuves et des fontaines. Alors on entendra sonner la trompette, et tout retentira de cris et de plaintes. La terre s’ouvrira jusque dans ses abîmes; les rois paraîtront tous devant le tribunal du souverain Juge, et les cieux verseront un fleuve de feu et de soufre."

Ajoutez à cela que, si l’on joint ensemble les premières lettres de ces cinq mots grecs que nous avons dit signifier Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, on trouvera Ichthus, qui veut dire en grec poisson, nom mystique du Sauveur, parce que lui seul a pu demeurer vivant, c’est-à-dire exempt de péché, au milieu des abîmes de notre mortalité, semblables aux profondeurs de la mer.

D’ailleurs, que ce poème, dont je n’ai rapporté que quelques vers, soit de la sibylle d’Erythra ou de celle de Cumes, car on n’est pas d’accord là-dessus, etc..." (Cité de Dieu XVIII, 23)

Voici maintenant l'acrostiche et le passage qui nous concerne (les premières lettres, en gras, sont en réalité des lettres grecques)

 

I Iudicii signum tellus sudore madescet. "Signe du jugement : la terre sera trempée de sueur."

H E caelo rex adueniet per saecla futurus, "Du ciel viendra le roi qui régnera dans les siècles",

S Scilicet ut carnem praesens, ut iudicet orbem.  "pour en personne juger la chair et la terre."

O Unde deum cernent incredulus atque fidelis "C'est pourquoi l'incroyant et le fidèle le verront,"

U Celsum cum sanctis aeui iam termino in ipso. "le Dieu très haut, avec les saints, dès la fin même des temps."

S Sic animae cum carne aderunt, quas iudicat ipse, "Ainsi les âmes avec leurs corps seront là ; lui-même les juge,"

 

 

Soit, pour la part la plus citée et devenue fameuse: Indicii signum tellus sudore madescet, E coelo Rex adveniet per saecla futurus, Scilicet in carne praesens ut judicet orbem. La traduction diffère, notamment pour les mots in carne.  L'inscription Rex alt. adveniet per saecla futurus scilicet in carne, "et alors un Roi dont le règne doit être éternel, descendra des Cieux : il descendra revêtu d'un corps humain " 

Ce poème grec d'Eusèbe de Césarée attribué à la Sibylle érythréenne  et traduit en latin par Augustin fut repris par Quodvultdeus, évêque de Carthage dans son  Sermo contra Judaeos, Paganos et Arianos  ; ce sermon était lu comme sixième leçon des offices de la Nativité, puis  intégré à des drames liturgiques. Le poème figure avant le Xe siècle dans la liturgie de Noël sous le titre  Judicii signum tellus sudore madescet, et il fut  inclus au XIe siècle dans le drame liturgique intitulé "Ordo prophetarum". -On en connaît 23 versions monophoniques et 6 versions polyphoniques. Voir The Song of the Sibyll . Les vers sont inscrits dans divers monuments et documents : le premier vers Judicii signum se retrouve à la cathédrale de Sessa Aurunca en Italie du Sud au XIIIe siècle. Le vers qui suit, e caelo rex adveniet per secla futurus, est en l’église de la Nativité à Bethléem, au portail nord de la façade de la cathédrale de Laon, et dans les peintures murales des Salles-Lavauguyon. 

Pierre Abélard y fait référence au XIIe siècle dans ses Lettres à Héloïse an ajoutant  "Que la sibylle paraisse ici la première, et qu'elle nous dise ce qui lui a été révélé au sujet de Jésus-Christ. […] nous verrons que cette grâce [de la prophétie] est bien plus éminente dans cette femme que dans tous les hommes".

Au XIIe siècle également, Honorius d'Autun le cite dans  un Sermon pour le jour de l'Annonciation (Speculum Ecclesiae, In  Annuntiat. Patrol., I- CLXXII, col. 90 j et suiv.).


En conclusion, ce texte Rex altissimus adveniet per secla futurus scilicet in carne  au dessus de la Sibylle d'Érythrée est une citation partielle du début du célèbre acrostiche et se traduit ainsi :

"Un roi viendra du ciel qui sera pendant des siècles, bien entendu [scilicet]  dans la chair". Ou bien comme le propose Roessli "Du ciel viendra le roi qui régnera dans les siècles  pour en personne juger la chair et la terre."

Il annonce la venue d'un roi sauveur, ou bien l'incarnation royale d'une divinité céleste. En ce sens, il est lié à l'Annonciation, et c'est bien ainsi que ces mots sont sculptés au portail de la cathédrale de Laon sous la forme Et : P : Secla : Futur.

Le portail nord de la cathédrale de Laon.

Il mérite que nous l'examinions, car le tympan entièrement dédié à la Vierge associe l'Annonciation, la Nativité et l'Annonce aux Bergers, puis l'Adoration des mages, alors que les voussures comportent d'un coté Virgile avec une citation de la 4ème Églogue, et de l'autre la Sibylle avec l'inscription abrégée de Per secla futurus. Les relations avec l'Annonciation et les deux Sibylles du Polyptyque sont donc caractérisées. Je ne peux mieux faire que de renvoyer à l'étude et aux figures de Marie-Louise Thérel (1972).  Ce portail encadre les scènes centrales par une typologie biblique extrêmement élaborée, dont le but est de fonder par les textes bibliques et sibyllins la virginité de la Vierge.  En effet,pour les écrivains ecclésiastiques, le thème de la maternité virginale de Marie est l'un des plus fréquemment développés parce qu'il prouve la divinité du Christ. Aussi sont sculptés dans les voussures, outre Virgile et la Sibylle, la femme qui écrase la tête d'un dragon, le buisson ardent qui brûle devant Moïse sans se consumer, la pluie qui mouille la toison de Gédéon sans atteindre l'aire environnante, la porte close d'Ézéchiel, la nourriture portée à Daniel à travers la voûte scellée, la présence de Yahvé dans l'Arche qui garde la manne et la verge fleurie d'Aaron, La jeune fille attirant la licorne par sa virginité,  la préservation des jeunes Hébreux du feu de la fournaise, autant de prodiges qui préfigurent la conception et la naissance virginale du Christ.

L'inscription de la Sibylle d'Érythrée, qui m'avait d'abord paru annoncer le Jugement Dernier, est donc, comme celle de la Sibylle de Cumes, en rapport avec l'Annonciation qu'elles dominent, dans un argumentaire destiné à prouver que, comme les textes prophétiques bibliques, les vaticinations des prêtresses d'Apollon des païens annonçaient l'Incarnation d'un roi rédempteur de l'Humanité.

     

    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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    Le prophète Michée.

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    Cette Sibylle est couplée (par voisinage) avec la lunette voûtée de droite qui abrite le prophète Michée. 

     Drapé dans un manteau doublé de vair (fourrure) , il regarde Marie. A côté de lui, un livre est posé et au dessus de lui est inscrit:  Ex te egredietur qui sit dominator in Israel Michée 5:2 "mais c'est de toi que sortira celui qui doit régner en Israël."

    Le mot egredietur évoque si immédiatement la prophétie d'Isaïe 11:1 Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet, que l'on peut dire qu'elle se trouve citée ici en creux.Mais le verset de Michée insiste sur la fonction royale, reprenant l'annonce de la Sibylle sur le Roi qui viendra pour les siècles à venir.

     

     

    Le prophète Michée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

    Le prophète Michée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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    L'Inscription MEIAPAROS.

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    La Sibilla Cumana (alias la Sibylle d'Érythrée) porte sur un galon doré l'inscription MEIAPAROS brodé sur le galon doré de l'encolure carrée de son corsage.

    Ces lettres ont été interprétées par Jean Gessler en 1945 : 

    "Ceci étant admis [l'interversion du nom des deux Sibylles], on expliquera plus aisément l'inscription sur le corsage de la seconde sibylle, telle qu'elle a été découverte et transcrite correctement par le chanoine Van den Gheyn : M ΕΙ Α ΠΑΡΘΣ. Ce meia parthenos a été complété généralement comme Cumeia parthenos, e. a. par feu l'abbé L. Aerts, adversaire du chanoine précité dans l'identification du personnage principal. Cette reconstitution est inadmissible, parce que basée sur une forme fictive, la dénomination réelle étant Cumaea ou Cumana. Une fois la sibylle au corsage orné reconnue comme l'Erythrée, on lira, à la suite de Virgile (Priameia virgo : Cassandre) : Priameia parthenos, que l'on interprétera ici, pour les besoins de la cause, comme : « vierge (du pays) de Priam »."

    On objectera qu'aujourd'hui, on lit ΜΕΙΑPΑRΟΣ , que la cinquième lettre est un P et non un Π et que la septième lettre est un O et non un Θ ou thêta. Néanmoins, on ne balayera pas la précieuse hypothèse pour autant. Les publications du chanoine Gabriel  van den Gheyn ne sont pas consultables en ligne : il s'agit de publications qui font autorité : L'interprétation du retable de Saint Bavon à Gand: l'Agneau mystique des frères Van Eyck. Bruxelles, 1920, et  L'art ancien à Gand: le retable de l'Agneau mystique des frères van Eyck, Gand, 1921.

     

    Primaeia virgo se trouve, chez Virgile, dans l'Énéide livre III vers 321, où Andromaque s'exclame :

     "Elle est heureuse entre toutes, la fille de Priam, qui, près du tertre d'un ennemi, sous les hauts murs de Troie, fut condamnée à mourir, sans avoir à subir un tirage au sort et sans avoir, captive, à partager la couche d'un vainqueur ! "

    La "fille de Priam" est identifiée comme Polyxène, mais aussi comme Cassandre. Mais il faut beaucoup de bonne volonté "pour les besoins de la cause" pour glisser de Meiaparos à Meia Parthenos, pour emprunter le détour virgilien de  Primaeia virgo , pour accepter d'y reconnaître Cassandre, avant de traduire Primaeia pathenos par "Vierge du pays de Priam" et d'y voir la désignation d'une Sibylle, Cassandre alias Érythrée !

    "Force est de constater que, parmi les dix Sibylles de l’Antiquité, aucune ne s’appelait Cassandre. Néanmoins, une tradition ancienne, sûrement d’origine hellénique post-homérique, attribuait à ce personnage des dons divinatoires. Dans la mythologie grecque, Cassandre est la fille de Priam, le roi de Troie et d’Hécube. D’après Homère elle est d’ailleurs la plus belle des filles de Priam, alors que dans le XIe chant de l’Odyssée on raconte son meurtre perpétré par Clytemnestre. Le don de la prophétie procède d’une tradition plus tardive qui rapporte qu’elle fut aimée d’Apollon, qui lui accorda ce don, mais lorsqu’elle repoussa son amour, le dieu la condamna à toujours prophétiser la vérité sans être crue. Et c’est dans ce rôle qu’elle apparaît chez les tragiques grecs : elle prédit en vain la chute de Troie, en annonçant même la ruse du cheval d’Ulysse. Les princes étrangers, épris de sa beauté, viennent lutter aux côtés de Troyens, et tombent tous sous les coups de guerriers grecs. Cassandre est ainsi vouée à rester seule, et ne se mariera jamais. Après le sac de Troie, Cassandre échoit comme concubine à Agamemnon, chef des Grecs, mais lors de leur retour à Mycènes elle est assassinée par Clytemnestre, la femme d’Agamemnon. Nous retrouvons sa figure chez les Latins : Sénèque, dans sa pièce Agamemnon, décrit le désespoir de Cassandre après la perte des siens lors de la guerre de Troie (vers 695-709). Elle apparaît également à quatre reprises dans l’Enéide de Virgile (Virgile, Enéide, II, 246, 343, 403 ; III, 183, 187 ; V, 636, X, 68.), où on rappelle le destin malheureux de la célèbre prophétesse troyenne. Néanmoins, nous devons à Servius (Ve siècle de notre ère), le commentateur de Virgile le plus lu au Moyen Âge, d’avoir établi, sans le vouloir, le lien entre la Sibylle de Cumes et Cassandre. En effet, Servius commente la figure de Cassandre chez Virgile en la confondant avec celle de Cumes, sans doute influencé par l’histoire de cette dernière, qui apparaît aussi dans les Métamorphoses d’Ovide, et qui présente plusieurs points de contact avec l’histoire de Cassandre. Chez Ovide, la Sibylle de Cumes, comme chez Virgile au VI chant de l’Enéide, est celle qui permet à Enée d’avoir accès au royaume de l’Hadès, pour rencontrer l’ombre de son père Anchise grâce au rameau brillant (« fulgentem ramum ») (qui était d’or chez Virgile) qu’il doit détacher d’un arbre. Chez Virgile, tout comme chez Ovide, la Sibylle de Cumes est la gardienne de l’Hadès à cause de son âge immémorial, car elle avait demandé à Apollon, en échange de ses faveurs, de lui accorder autant d’années que le nombre des grains de sable qu’elle tenait dans sa main. Mais elle avait oublié de demander aussi que ces années fussent toujours ceux de la jeunesse, et Apollon, face à la trahison de la Sibylle, lui accorda son vœu, qui devint ainsi une malédiction, car la Sibylle vieillissait sans mourir, d’où le fait qu’elle ne put jamais se marier. Seule la voix lui resta, avec laquelle elle émettait un son de plus en plus rauque, qui exprimait son désir de mourir." (E. Canonica).

    Je lis aussi que "le marquis de Santillane, Iñigo López de Mendoza, dans sa Comedieta de Ponza (composée vers 1435-1436), associe la Sibylle Érythrée à Cassandre, dans deux vers consécutifs : « e la muy famosa sebila Heritea ; / vi a Casandra e vi a Almatea » (CII, vers 812-813)."

    Néanmoins, nous pouvons  penser que l'inscription n'est pas clairement déchiffrée aujourd'hui. Malgré la proposition qui va suivre.

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    La Sibylle d'Érythrée, inspirée par l'Infante Isabelle ?

      D'après Wikipédia "Le 19 mai 1425, une lettre patente  nomme Jan Eyck peintre de cour et valet de chambre au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Sa mission n'est pas attachée à une résidence du duc ni pour des travaux traditionnels de décorations pour des fêtes, il est chargé de missions exceptionnelles et secrètes comme l'indiquent les archives bourguignonnes à son sujet. Une rente annuelle fixe lui est régulièrement attribuée jusqu'à sa mort. Il doit pour cela rester proche du duc et déménage à Lille, résidence ducale habituelle, où il est mentionné avant le 2 août 1425.

     Pour ces missions,  il obtient à chaque déplacement des sommes beaucoup plus importantes que sa rente annuelle. En juillet et août 1427, il perçoit de nouveau des sommes pour des missions diplomatiques à l'étranger. L'une d'entre elle pourrait être un voyage à la cour d'Alphonse V d'Aragon, à Valence pour lui demander la main de sa nièce Isabelle d'Urgel pour Philippe le Bon. Entre le 19 octobre 1428 et le 25 décembre 1429, il est  envoyé en ambassade au Portugal, afin de négocier le mariage entre le duc de Bourgogne et Isabelle de Portugal auprès du père de celle-ci, Jean Ier de Portugal.Après qu'une tempête les ait forcés à passer quatre semaines en Angleterre, les Bourguignons sont arrivés à Lisbonne en décembre. En janvier 1429, ils ont rencontré le roi dans le château d' Aviz  où Jan Eyck réalise deux portraits de la future duchesse. Ils furent expédiés au duc le 12 février pour accompagner les deux groupes distincts qui ont quitté la ville par mer et par terre.

     Pendant cette période, Jan van Eyck effectue aussi des déplacements personnels. Il est invité le 18 octobre 1427 lors de la Saint Luc à Tournai. La corporation locale des peintres y organise un banquet en son honneur. Il y rencontre sans doute à cette occasion Robert Campin (1378-1444) et Roger de la Pasture, futur Rogier van der Weyden, ou encore Jacques Daret (1404-1470), tous membres de cette corporation. Il retourne d'ailleurs à Tournai le 23 mars 1428. Notez que Jacques Daret (ou Robert Campin) est l'auteur d'un "Portrait de Louise de Savoie en Sibylla Agrippa" daté de 1430-1440 par Chatelet (mais Louise de Savoie n'est pas née), et de 1525 par Thürlemann (mais les deux artistes sont morts  à cette date) . https://rkd.nl/en/explore/images/65821

     On a perdu la trace des portraits d'Isabelle de Portugal par Jan Eyck , mais une copie à l'encre de Chine  du XVIIe siècle en a été conservé  (Archives Nationales  de Torre do Tombo, Lisbonne) ). Le cadre  comporte dans la frise des briquets ou "fusils" en forme de B horizontal, éléments propres au duc de Bourgogne et que l'on retrouvent dans le collier de la Toison d'or, ordre fondé le 10 janvier 1430 à l'occasion du mariage du duc avec Isabelle du Portugal). On y lit le titre L'INFANTE DAME ISABIEL et l'inscription

    Cest la pourtraiture qui fu envoiié a phe duc de bourgoingne & de brabant de dame ysabel fille de roy Jehan de portugal & dalgarbe seigneur de septe par luy conquise qui fu depuis feme & espeuse du desus dit duc phe” 

    La comparaison entre ce dessin et la Sibilla Cumana révèle que Jan Eyck a  utilisé la robe de la princesse portugaise pour la sibylle érythréenne sur le Retable de Gand. La coiffure perlée, la robe doublée de fourrure, la large et haute ceinture sont identiques, de même que l'encolure.

     

    https://en.wikipedia.org/wiki/Portrait_of_Isabella_of_Portugal_(van_Eyck)

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    Au milieu du XXème siècle, l'historien de l'art Volker Herzner a noté la similitude de visage entre la Sibylle de Cumes et la femme de Philippe Isabelle de Portugal , d'autant plus qu'elle est représentée dans le portrait de fiançailles  maintenant perdu de van Eyck 1428-1429.  Herzner a spéculé que le texte dans la banderole dans le panneau de la sibylle avait un double sens, se référant non seulement à la venue du Christ, mais aussi à la naissance en 1432 du premier fils d'Isabelle du Portugal, donnant ainsi un héritier de Philippe. B. Ridderboos & al. (p. 58) rejettent cette idée, étant donné la contingence de cette naissance pour un Polyptyque destiné à une fonction sacrée, les taux élevés de mortalité infantile à l'époque, et les connotations de superstition négative généralement associées à l'a célébration d'un fils avant qu'il ne soit né. 

     

    La coiffure de la Sibylle est si caractéristique de la mode au Portugal qu'Olivier de la Garde, dans ses Mémoires, décrit ces bourrelets chargés d'orfèvrerie comme "à la façon du Portugal" : Lors du fameux Banquet du Faisan, lors du dernier des intermèdes,  une figure féminine allégorique portant un costume religieux, vient devant le duc pour lui présenter douze demoiselles accompagnées par douze chevaliers. Ces figurants se présentent dans de fabuleux atours décrits par Olivier de la Marche :

     "Et après vindrent douze chevaliers, chascun menant une dame par la main  […]. Et lesdictes douze dames furent vestues de cottes simples de satin cramoisy, bordées de letices (1) ; et par-dessus avoient en maniere d’une chemise de si fine toille, qu’on vit la cotte parmy ; et avoient ung atour (2) tout rond à la façon de Portugal, dont les bourreletz (3) estoient à maniere de rauces (4) ; et passoient par derriere, ainsi que pattes de chapperons pour hommes, de deliés voletz  (5) chargez d’orfavrerie d’or branlant ; et furent leurs visaiges couverts du volet."Olivier de La Marche, Mémoires…,, vol. II, p. 372.

    (1) La létice est la fourrure de couleur blanche de la belette des neiges.

    (2) L’atour désigne ici un bonnet ajouré, chargé d’orfèvrerie, selon la mode portugaise du milieu du XVe siècle.

    (3) Le bourrelet est une couronne faite de bourre, diversement agrémentée, servant de base à une coiffure de femme ou à un chaperon d’homme.

    (5). Le volet est une pièce d’étoffe flottant au vent.

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    En 2012, dans son livre“Os Painéis em Memória do Infante D. Pedro” , Clemente Baeta a repris cette hypothèse : L'inscription Rex altissimus adveniet per secla in carne peut être comprise comme l'annonce d'un héritier : "Un roi suprême prendra forme humaine pour régner dans les siècles à venir". Il propose quelques arguments :

    http://clemente-baeta.blogspot.fr/2014/09/17-apendice.html

    http://paineis.org/Isabel_c1430.htm

    a) La main de la Sibylle placée sur son ventre indique qu'elle est enceinte. Comme la duchesse, dont la grossesse alla de juillet 1431 à avril 1432, l'était lorsque le Polyptyque s'achevait. Mais en août,  elle perdit cet enfant, prénommé Joseph . En février le couple avait perdu un autre fils, Antoine, à l'âge de 13 mois. 

    b) Dans l'inscription MEIAPAROS  la lettre P peut se confondre  avec un D, ​​afin que nous puissions y deviner  MEIAP (D) AROS. En admettant qu'il s'agit d'un anagramme, nous pouvons le déchiffrer comme «DAME ISA POR," soit Isabelle du Portugal. Cette lecture nous amène à évoquer immédiatement l'inscription "L'INFANT DAME ISABIEL" placé juste au-dessus de la copie du portrait.
    Les peintures de Jan van Eyck comprennent beaucoup de ces jeux de mots (Rebus, anagrammes), des lettres inversées et des messages écrits.

    c) Dans un autre portrait  de la duchesse, celle-ci est comparée à une sibylle : celui du maître flamand  Roger van der Weyden qui porte  est en haut à gauche, l'inscription Sibylla Persica Iª. Clemente Baeta pense que dans les deux cas, il s'agit d'anagrammes dont la solution est Isabelle du Portugal :  SIBYLLA <> YSABILL.

    En effet, je retrouve facilement le portrait d'Isabelle de Portugal attribué à l'atelier de Rogier van der Weyden, et daté vers 1450. Les experts estiment que l'inscription Persica Sibylla a été ajoutée ultérieurement. 

    .

    huile sur panneau. Getty Museum, 78.PB.3 Image R. Mathis http://www.getty.edu/art/collection/objects/651/workshop-of-rogier-van-der-weyden-portrait-of-isabella-of-portugal-netherlandish-about-1450/

    https://en.wikipedia.org/wiki/Portrait_of_Isabella_of_Portugal_(van_der_Weyden)

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    En définitive, la ressemblance entre la Sibylle du Polyptyque et le portrait d'Isabelle du Portugal est indéniable. Sur le portrait de Van der Weyden, on retrouve la coiffure perlée recouverte d'un voile aussi transparent que la gaze. On y retrouve aussi le laçage en zig-zag du corsage, et la large ceinture verte, le front et les sourcils très épilés, et le visage ovale de la Sibylle.

    La célébration d'une naissance princière par le biais avec l'allusion à la prophétie d'une Sibylle n'a rien d'incongru, puisqu'on sait que  François Villon plaça, vers 1457, le vers jam nova progenies caelo demittitur alto en épigraphe de son Épître à Marie d'Orléans, Le Dit de la naissance Marie. , où il célèbre une naissance princière... qui lui a valu la bienveillance du duc Charles d'Orléans, d'être libéré de prison et lui a ouvert les portes du château de Blois ! Selon la thèse de Julien Abed (2010), cette  utilisation de la sibylle pour propager l’image d’une vierge mère d’un héritier royal  s’épanouira "surtout à la fin du Moyen Âge avec Anne de Beaujeu (fille de Louis XI), Anne de France (femme de Charles VIII puis de Louis XII), ou Louise de Savoie (mère de François Ier), qui ont toutes entretenu, par la commande de livres d’heures, de tapisseries ou d’ouvrages pro-féminins, l’écho des paroles sibyllines".

    Voir aussi : Memling, 1480, portrait d'une jeune fille en Sibylle Sambetha Persica avec l'inscription Sibylla Sambetha quae et Persica an : ante Christ :nat :2040.

    Néanmoins, il n'en demeure pas moins que le retable fermé est d'abord, par la scène de l'Annonciation, une célébration de la Virginité de Marie, selon une pensée typologique développée depuis les Pères de l'Église, illustrée dans toute la liturgie de la Nativité de Jésus, de la Nativité de la Vierge, sur les portails de chaque cathédrale, dans chaque Arbre de Jessé depuis le XIVe siècle,  dans les enluminures de l'Office de la Vierge des Livres d'Heures, et par la plupart des peintres primitifs  flamands , etc., etc. (Cf; M-L. Thérel).

    Par exemple :

    Le Triptyque de Pierre Bladelin de Rogier Van der Weyden vers 1450 : autour d'une Nativité centrale, la Sibylle de Tibur montre à l'empereur Auguste la Vierge et son Enfant. Pierre Bladelin (1408-1472), dont le mariage fut stérile,  fut trésorier de Philippe le Bon, mais aussi son conseiller (1440), son intendant (1446), le trésorier de l'Ordre de la Toison d'Or (1447).

    L'Annonciation à la Licorne, ou "Chasse mystique" de Martin Schongauer (v.1480) dans le Retable des Dominicains du Musée Unterlinden de Colmar.

    L'Annonciation (ca. 1490) de Pedro Berruguete à la Chartreuse de Miraflores ( Burgos). Perspective et points de fuite, transparence et lumières.

     

    Mais c'est une constance aussi que le thème de la Conception, central dans ce culte marial, a fasciné les reines, duchesses et princesses pour lesquelles leur propre capacité à engendrer, et à engendrer un fils, était dramatiquement préoccupant. 

    .

     

     

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    SOURCES ET LIENS.

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    1°) Sur le retable de l'Agneau Mystique des frères van Eyck à  Gand .

    — Wikipédia :

    https://en.wikipedia.org/wiki/Ghent_Altarpiece#Annunciation

    — Closer to Van Eyck rediscovering the Ghent altarpiece :

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=57&id2=0

     

    — Les frères VAN EYCK, L'agneau mystique (partie 1)

    http://daredart.blogspot.fr/p/les-freres-van-eyck.html

    — Les frères VAN EYCK, L'agneau mystique (partie 2)

    http://daredart.blogspot.fr/p/les-freres-van-eyck-lagneau-mystique.html

    — Isabelle GOUDE

    http://goude-news.overblog.com/2013/11/l-agneau-ressuscit%C3%A9.html

    — http://www.oogvanhorus.nl/index.php?option=com_content&view=article&id=33&Itemid=27&limitstart=2

    — BANJENEC (Élise), 2013, « Une cour cousue d’or. Les ornements précieux utilisés par le duc Philippe le Bon », Questes  L'habit fait-il le moine ? pages 45-64

    http://questes.revues.org/124 ; DOI : 10.4000/questes.124

    — BEAULIEU (Michèle) )et Jeanne Baylé, Le Costume en Bourgogne, Paris, Puf, 1956 .

    — BORN (Annick), MARTENS (M.P.J), sd, Van Eyck par le détail, Hazan.

     

    — FIERENS-GEVAERT (Hippolyte), 1905, La Renaissance septentrionale et les premiers maitres des Flandres: Jacques Cavael [et al.] Bruxelles https://archive.org/stream/larenaissancesep00fieruoft#page/190/mode/2up

     

    — GESSLER (Jean), 1945, Les Sibylles Eyckiennes , Chronique. In: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 24, 1945. pp. 493-671. http://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1945_num_24_1_1727

    IV. — La Section entend enfin une communication de M. Jean Gessler (Louvain), intitulée Les Sibylles Eyckiennes. Sur le voltes du retable de l'Agneau Mystique figurent deux sibylles, désignées par une inscription contemporaine sur le cadre, de gauche à droite, comme : Sibylla Erythrea - S. Cumana. Sur leur phylactère, la première porte un vers de l'Enéide (VI, v. 50) ; la seconde, le deuxième vers des Oracula Sibyllina, attribué constamment à la sibylle Erythrée, dont il constitue une caractéristique essentielle. Dans ces conditions, on peut affirmer que les inscriptions sur le cadre ont été interverties dans l'atelier de Jean van Eyck. Ceci étant admis, on expliquera plus aisément l'inscription sur le corsage de la seconde sibylle, telle qu'elle a été découverte et transcrite correctement par le chanoine Van den Gheyn : M ΕΙ Α ΠΑΡΘΣ. Ce meia parthenos a été complété généralement comme Cumeia parthenos, e. a. par feu l'abbé L. Aerts, adversaire du chanoine précité dans l'identification du personnage principal. Cette reconstitution est inadmissible, parce que basée sur une forme fictive, la dénomination réelle étant Cumaea ou Cumana. Une fois la sibylle au corsage orné reconnue comme l'Erythrée, on lira, à la suite de Virgile (Priameia virgo : Cassandre) : Priameia parthenos, que l'on interprétera ici, pour les besoins de la cause, comme : « vierge (du pays) de Priam ». Quoi qu'il en soit, l'interversion des deux appellations sibyllines sur le cadre du polyptyque est manifeste et méritait d'être signalée. 

    IACOBELLIS (Lisa Ann Daugherty), 1981, The portraits f Isabell of Portugal, Thèse, Master of Arts, Ohio State University, History of Art https://etd.ohiolink.edu/!etd.send_file?accession=osu1420211546&disposition=inline

     

    — JOLIVET ( Sophie)  (2003) , Pour soi vêtir honnêtement à la cour de monseigneur le duc de Bourgogne : costume et dispositif vestimentaire à la cour de Philippe le Bon de 1430 à 1455, thèse dactylographiée de doctorat sous la direction de Vincent Tabbagh, Université de Bourgogne, soutenue en 2003, p. 159.

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00392310/document

    — OLIVIER DE LA MARCHE  Olivier de La Marche, Mémoires d’Olivier de La Marche : maître d’hôtel et capitaine des gardes de Charles le Téméraire, éd. Henri Beaune et Jules d’arbaumont, Paris, Renouard, « Publications pour la Société de l’Histoire de France », 1883 1888

    Tome I : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6549624s

    Tome II : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65505119

    Tome III http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6550417f

    https://archive.org/details/mmoiresdolivie01lamauoft

    https://archive.org/details/mmoiresdolivie03lamauoft

    https://archive.org/details/mmoiresdolivier00marcgoog

    — RIDDERBOS ( Bernhard), Henk Th. van Veen, Anne van Buren 2005, Early Netherlandish Paintings: Rediscovery, Reception and Research, Amsterdam University Press, 2005 - 481 pages

    https://books.google.fr/books?id=e0X5lErg2tsC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    — SOMMÉ (Monique), 1995, Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, une femme au pouvoir au quinzième siècle Thèse de doctorat en Histoire Sous la direction de Marie-Thérèse Caron. Soutenue en 1995 à Lille 3 .Résumé :

    Isabelle de Portugal (1397-1471), épouse en 1430 de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, a exercé son autorité et sa protection sur une sphère familiale large composée de son fils Charles, de bâtards du duc, de cousins, de neveux et nièces, dont plusieurs furent des portugais. Elle disposait de ressources abondantes, certaines attribuées au maître de la chambre aux deniers pour le fonctionnement de son hôtel, d'autres étant des fonds propres provenant de ses domaines en Flandre, Artois et Bourgogne, de dons et d'aides votées par les états. Son hôtel, dont plus de quatre cents personnes ont été identifiées, formait un milieu protégé d'hommes et de femmes, de nobles et de roturiers, qui partageaient sa vie itinérante, essentiellement aux Pays-Bas. La stabilité de l'emploi y était remarquable. La duchesse a été associée par le duc au gouvernement de l'état et, en son absence, disposait de complètes délégations de pouvoir. Elle a montré une grande compétence dans la gestion des finances et a joué un role diplomatique important dans les relations de la Bourgogne avec l'Angleterre et la France. Son hôtel a été dissous à sa demande en 1455 et, en 1457, elle s'est retirée de la cour pour vivre dans la charité et encourager les formes nouvelles de vie religieuse, mais elle revint à la vie publique pendant les premières années (1467-1471) du règne de Charles le Téméraire.

    THÉREL (Marie-Louise), 1972, "Étude iconographique des voussures du portail de la Vierge-Mère à la cathédrale de Laon". In: Cahiers de civilisation médiévale, 15e année (n°57), Janvier-mars 1972. pp. 41-51.

    http://www.persee.fr/docAsPDF/ccmed_0007-9731_1972_num_15_57_2021.pdf

    2°) Sur les Sibylles en général.

    — Dans les vitraux :

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

    Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

    — Article de Wikipédia

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

    https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

    — ABÉLARD (Pierre) Lettres d'Abélard à Héloïse sur l'origine des religieuses. lettre VII. Lettre en latin 

    http://www.pierre-abelard.com/Tra-Abelard-Heloise%20VII.htm

    ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

    https://peme.revues.org/85

    — BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531, 

    — BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

    https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

    http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

    BURON (Emmanuel), 2004, Oracles humanistes et rumeurs de la cour : Sibyllarum duodecim oracula de Jean Rabel, Jean Dorat et Claude Binet (1586) in La Sibylle. Parole et représentation sous la direction de Monique Bouquet et Françoise Morzadec. Presses Universitaires de Rennes p. 241-254.

    — CANONICA (Elvezio ), 2013,  « La Sibylle au miroir des Anciens comme reflet de l’image de la Modernité dans l’Auto de la Sibila Casandra de Gil Vicente (début XVIe s.) », e-Spania [En ligne], 15 | juin 2013, mis en ligne le 15 juin 2013, consulté le 31 octobre 2016. URL :

    http://e-spania.revues.org/22416 ; DOI : 10.4000/e-spania.22416

     —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

    http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

    — CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

    — CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueuses

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

    DIURNAL DE RENÉ II DE LORRAINE , 1492-1493,  diurnale ad usum ecclesiae romanae diurnal de rené 2 de lorraine Bnf Latin 10491. Nancy. Artiste Georges Trubert. http://nossl.demo.logilab.fr/biblissima/id/Illumination/Mandragore/69433

    — EL ENIGMA DE LA SIBILA

    https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

    — GAY( Françoise),1987,. Les prophètes du XIe au XIIIe s. (Épigraphie). In: Cahiers de civilisation médiévale, 30e année (n°120), Octobre-décembre 1987. pp. 357-367;

    http://www.persee.fr/docAsPDF/ccmed_0007-9731_1987_num_30_120_2381.pdf

    — GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

     http://mefrm.revues.org/1527 

    — HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

     — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

    JOURDAIN & DUVAL, 1845, -"Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens", Mémoire de la Société des Antiquaires de Picardie Tome VIII pages 275-302 :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4083456/f273.image

     

     

    — KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

    (un dossier iconographique sur les Sibylles)

    http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

     —LAMBERT (Gisèle),   Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles . in Les premières gravures italiennes 

    http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

    LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

    https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

    — MÂLE  (Émile), 1910, L'art religieux du XIIIe siècle en France : étude sur l'iconographie du moyen age et sur ses sources d'inspiration . Paris : Libr. A. Colin 512 pages. Bibliographie: p. [471]-474 Sibylles page 181 ; 203 ; 387-397 ;

    https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mluoft#page/180/mode/2up/search/sibylle 

    — MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

    — MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

    — MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

    https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

    — PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

     http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

    https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

    RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

    — ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

    http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

    — ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

     http://rhr.revues.org/5265

    ROESSLI (Jean-Michel), 2003 "Augustin, les sibylles et les Oracles sibyllins" Saint Augustin, Africanité et Universalité, colloque Alger-Annaba 2001  Augustinus Afer, p 263-285, 

    http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-augustin-sibylles-oracles-sibyllins.pdf

    https://books.google.fr/books?id=wecM6Qn1o-kC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

     — Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

    — TASSERIE (Guillaume), 1499  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424472s

    Le Triomphe des Normans traictant de la Immaculée Conception Nostre Dame est un mystère qui fut joué en 1499. Une seule copie de ce texte nous est parvenue, dans un manuscrit ayant appartenu jadis au Duc de la Vallière. La mise en ligne et la mise en page ont été assurées par Denis Hüe à l’Université Rennes

    2http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/triomphe/triomphe.html

    BERTAUD (Jean) , 1529, Encomium trium Mariarum cum earundem cultus defensione aduersus Lutheranos [et alia opera : Sequitur Officium trium filiarum beatae Annae et ♦ De cognatione sacerrimi Ioannis Baptistae cum filiabus et nepotibus beatae Annae Libri tres ♦ expurgati et emuncti]

    — Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

    https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

    — Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

    https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Sibylles Retable
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    23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 12:18

    Les peintures murales des Sibylles (1506) de la cathédrale d'Amiens selon des données disponibles en ligne.

    Voir :

    .

    En 1506, 25 ans après la parution du livre du dominicain de Syracuse Filippo Barbieri qui en fixa le nombre à 12 et leur attribua des vaticinations, le doyen du chapitre cathédrale d'Amiens  Adrien de Hénencourt fit peindre  dans les arcatures du soubassement de la chapelle Saint-Éloi huit des douze Sibylles. Ces peintures murales jadis somptueuses furent recouvertes par des boiseries, puis redécouvertes en 1845 par deux chanoines de la cathédrale. Elles   sont à mettre en parallèle avec les enluminures des Heures de Louis de Laval (peu après 1475), avec les panneaux sculptés de Brennilis (milieu XVIe), avec la verrière de la cathédrale de Beauvais (1537), et celle de l'Arbre aux Sibylles d'Étampes (vers 1555), etc...

    Pour faciliter cette comparaison, j'ai rassemblé deux documents et quelques images.


     

    1. La description par Jourdain et Duval en 1845. Elle est certes consultable en ligne mais n'était pas transcrite, ce qui n'autorise pas les citations aisées.

    2. II.  Ilona HANS-COLLAS, De bon augure... Les somptueuses sibylles de la cathédrale d'Amiens. Communication devant la Société des Antiquaires de Picardie le 13 avril 2013.

     

    .

    I. LA DESCRIPTION DE JOURDAIN ET DUVAL 1845.

    Dans le but de réunir un dossier documentaire sur l'iconographie des Sibylles, je me suis contenté ici de transcrire l'article paru dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, tome VIII de 1845 sous le titre Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens, découvertes et expliquées par MM.DUVAL et JOURDAIN aux pages 275 à 302. J'ai utilisé la numérisation de la Bnf : 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4083456/f299.item.texteImage

    ... et pour les images, j'ai procédé par copie d'écran de la numérisation de Google :

    https://books.google.fr/books?id=5GPRu283il8C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    https://archive.org/details/LesSibyllesDamiens

    Des photographies sont disponibles en ligne ici :

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Amiens/Amiens-Notre-Dame2.htm

    http://www.regards.monuments-nationaux.fr

    http://www.gettyimages.fr/photos/sybilles?sort=mostpopular&excludenudity=false&mediatype=photography&phrase=sybilles#license

    J'ai placé quelques photographies supplémentaires dans le cours de l'article des deux chanoines d'Amiens.

    Ma transcription a laissé courir diverses fautes, pour, j'en suis certain, votre plus grand plaisir.

     Louis Edouard Jourdain (21 mars 1804 à Amiens (Somme) - 26 février 1891) était vicaire de la cathédrale d'Amiens, chanoine honoraire et membre résidant (élu en 1843)  de la Société des antiquaires de Picardie. Il est l'auteur de  « Les Stalles de la cathédrale d'Amiens, par MM. Jourdain et Duval », Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, tiré à part, Amiens, Duval et Herment, 1843 ;  « Le Portail Saint-Honoré, dit de la Vierge, de la cathédrale d'Amiens, par MM. Jourdain et Duval », tiré à part, Amiens, Duval et Herment, 1843
    ; « La Légende de saint Norbert d'après dix tableaux sur bois conservés au Musée d'antiquités d'Amiens, par M. l'abbé Jourdain, lue en séance du 7 novembre 1848 [à la Société des antiquaires de Picardie] », tiré à part, Amiens, Duval et Herment : ; et « Cathédrale d'Amiens. Les stalles et les clôtures du chœur, par MM. les chanoines Jourdain et Duval », tiré à part, Amiens, Vve Caron, 1867.

    Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens, découvertes et expliquées par MM.DUVAL et JOURDAIN

    "Notre chapelle St.-Eloi n'en renferme que huit couvrant deux faces du pentagone que décrit son enceinte et l'on ne voit pas qu'il il en ait jamais eu un plus grand nombre, les autres parois ayant été occupés par le retable d'autel, par d'autres peintures et par la porte de communication de l'église an cloître. Voici leurs noms, tels qu'ils sont inscrits, soit au-dessus de la tête, soit à droite et à gauche de chacune: Agrippa, Libica Europea Persica Frigia Erithrea – Cumana Tiburtina. 

    Le texte latin de leurs prédictions est peint sur un lambel qu'elles portent dans leurs mains ou qui s'ar- 
    rondit en arc-en-ciel au sommet (les niches sous les arcades. La Cumane seule le présente, nous dirons pourquoi, dans un livre ouvert et appuyé sur sa poitrine. Sous les pieds de chaque image un cartouche porte en rimes la traduction des prophéties. 

    J. Pages (ms. sur la Cathédrale d'Amiens) pense « qu'il y a  encore deux autres figures de Sibylles peintes sur l'autre côté de la muraille de la même chapelle qui sont cachés par des volets de  tableaux que l'on y a placés servant de cloison à une petite sacristie que l'on a pratiquée dans cette chapelle». L'examen attentif que nous avons fait de toutes les parties de la chapelle, même cachées par les boiseries et par l'autel, nous a convaincus que l'auteur du ms. est dans l'erreur, et qu'il n'a jamais dû exister là que huit Sibylles

    Parcourons maintenant l'une après l'autre chacune de ces niches ainsi consacrées: 

    Relevé (1895) de peinture murale de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens ; la sibylle phrygienne, l'Erythréenne, la sibylle de Cume et la Tiburtine, par  Henri-Louis  Laffillée (1859-1947) Charenton-le-Pont, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine http://www.photo.rmn.fr/archive/14-585046-2C6NU0AWCH6MC.html

    Relevé (1895) de peinture murale de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens ; la sibylle phrygienne, l'Erythréenne, la sibylle de Cume et la Tiburtine, par Henri-Louis Laffillée (1859-1947) Charenton-le-Pont, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine http://www.photo.rmn.fr/archive/14-585046-2C6NU0AWCH6MC.html

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    Agrippa et Libica.

     

    Dans la première et sous ce titre: SIBILE AGRIPPA se lève une femme se drapant dans l'ample manteau qui recouvre sa robe dont l'échancrure à la gorge est ornée de camées de diverses formes et de diverses grandeurs; une couronne aussi en pierreries et un voile léger emporté par le vent, composent l'ornement de sa tête. Ses yeux baissés vers le philactère qu'elle tient dans sa main gauche lui donnent l'air de méditer ces paroles prophétiques qui y sont inscrites Invisibile verbum palpabitur germinabit ut radis nascetur ex matre ut deus
    Les rimes du cartouche presque entièrement radiées par la mutilation ne laissent plus lire que ces quelques mots:

      Sibilla Agripa en son dict …. vaticine le fils de Dieu debuon ... el ventre ...

    2° Dans la niche suivante, la sibylle LIBIQUE nous offre l'image d'une véritable inspirée, mais non enthousiaste et furieuse comme nous la montrent d'ordinaire les historiens et les poètes. Notre dessinateur a bien exactement copié sa figure qui est pleine de douceur et de sérénité. Ses yeux et ses mains sont levés avec grâce et sans violence vers la légende dont elle est nimbée. Elle lit Ecce veniet dies et tenebit illum in gremio virgo domina gentium et regnabit in misericordiam et uterus matris ejus erit statera cunctorum. Tout cela est bien l'histoire de la douce et suave extase chrétienne plutôt que de l'inspiration désordonnée et saisissante des trépieds. Et pour qu'il en soit ainsi à tous égards, on a composé le gracieux costume de notre prêtresse d'une jupe traînante recouverte d'une courte robe fendue le long des hanches où des affiquets la retiennent. Cette robe frangée à tous ses bords, disparaît à sa taille sous un riche corset bordé lui-même de pierre à toutes les coutures et laissant échapper aux  épaules des manches bouffantes et serrées aux poignets. Une chevelure abondante descend de dessous une couronne de tendre verdure et s 'étale comme un voile sur ses épaules. 

    Les huit rimes du cartouche mieux conservées que celles du précédent ne sont cependant pas intactes; voici ce qui en reste :

    Vingt et quatre ans eut sibille Libicque 
    Lors qu'elle dit de Dieu l'advenement 
    Du sainct esprit aussi semblabement 
    Et que clarté céleste et angélique 
    Viendroit du ciel par voeul mistique 
    Et entremit la maison basse et orde 
    Plus desliroit la signagogue juique. 
    Et requerroit saincte miséricorde

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    Sibylles Agrippa et Libica, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Agrippa et Libica, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    Europa et Persica.

    3° La sibylle Europa.

    La troisième arcade étant occupée dans toute sa partie inférieure par une porte qui donne entrée  aux galeries du premier étage de l'église, l'image n'a pu y être exécutée qu'à mi-corps. Le nom de la sibylle a lui même été emporté ainsi que le cartouche. Nous avons pu rétablir le premier en nous reportant aux historiens et à d'autres monuments à l'aide de la légende ou prophétie qui est conservée au-dessus de sa tête.

    Photo de Vassil sur Wikipédia 

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sibylle_Cath%C3%A9drale_d%27Amiens_110608.jpg

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    Elle est ainsi conçue Veniet ille et transibit colles et latices olympi et regnabit in paupertate et egredietur de utero Virginis, oracle qui ne peut se rapporter qu'à la sibylle Europa qui prédit aussi, dans la bibliothèque des Pères, que le Messie franchira les vallées et les hautes montagnes en descendant du ciel, et qu'il viendra au monde portant les insignes de la pauvreté 

      Virginis aeternutn veniet de corpore Verbum 
    Purum, qui valles et montes transiet altos. 
    Ille volens etiàm stellato missus olympo 
    Edetur mundo pauper qui cuncta silenti 
    Rexerit imperio: sic credo, et mente fatebor: 
    Humano simul ac divino semine gnatus. 


    Dans les heures d'Anne de France (Ms. 920 de la bibl. royale)*, la sibylle d'Europe porte une inscription à peu près semblable à celle que nous avons ici: Veniet ille et transiliet colles et montes et latices olympi regnabit in paupertate et dominabitur in silentio, egredietur de utero virginis

    [* Il s'agit des Heures de Louis de Laval. NDT]

    L'espèce de turban dont est coiffé notre image est aussi le même qu'à la bibliothèque royale. 

    Le caractère qu'on a cherché à donner ici à la sibylle d'Europe est conforme aussi à la manière dont  elle est traitée dans les nombreuses descriptions que nous en avons rencontrées et selon la légende qui la suppose âgée seulement de quinze ans et belle comme on l'est à cet âge: sibilla Europa annorum quindecim et inter cœteras pulcherrima (Ms. 920 bibl. r. ).

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    4° La sibylle Persique, à laquelle nous arrivons sous la quatrième arcade a les manches tailladées avec des bouffants et des brassières comme on ne les portait plus au XVIe siècle. Sa robe, damassée et fendue par devant, laisse voir un habit de dessous très riche aussi. Un manteau, jeté en bandouillière de l'épaule gauche sur la hanche droite, corrige seul la raideur et le défaut de proportion qui forment le caractère dominant de cette image. La figure est peu gracieuse et mal dessinée sur notre muraille. Le voile de la tête est certainement trop empesé. Sa prophétie qu'elle nous montre sur son lambel, n'est qu'une répétition ou imitation du texte de la Genèse « Une femme écrasera la tête du serpent. » 
    Elle est ainsi conçue Ecce bestia conculcaberis et gignetur dominus in orbem terrarum et gremium virgini erit salus gentium. 

    Les rimes du cartouche sont en partie effacées; on y distingue encore ces mots: 

    Du Messyas la sibille Persique 
    Vaticine disant qu'il froisseroit 
    La....du serpent veneficque 
    Quant... vierge... enfanteroit 
    Car son enfant en la croix pendroit 
    Pour aux bumains bailler béatitude. 

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    Sibylles Europa et Persica , peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Europa et Persica , peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    FRIGIA et ERITHREA

    5° Sous la cinquième arcade se tient la Frigée SIBILE FRIGIA.

    Sa figure est ridée, ses bras sortent longs et nus, comme ceux des vieilles, de dessous ses manches pendant aux coudes, sa coiffure en turban est chaude et étoffée nous lirons tout-à-l'heure sur son cartouche qu'elle prophétisa en son vieil âge. Evidemment le peintre décorateur de ce mur a voulu réunir dans ce personnage tous les caractères et les allures de la vieillesse. Serait-ce qu'il aurait attribué à la sibylle de Phrygie ce que d'autres ont dit de celle de Cumes? L'histoire des sibylles est, du reste, si incertaine et si confuse qu'il est difficile de donner tort ou raison à personne dans sa manière de la traiter. Quoi qu'il en soit, voici le fait, tel qu'il est rapporté par plusieurs,  entre autres par Ovide. La sibylle de Cumes jeune encore, ayant pris de l'empire sur le cœur d'Apollon dont elle était la prêtresse, eut l'idée de lui demander que par la vertu de sa puissance, il lui assurât autant d'années de vie qu'elle pourrait contenir de menus grains de sable dans sa main. Le dieu, en lui accordant cette faveur, lui en proposa une seconde à laquelle elle n'avait point songé, et qui était de lui donner en même temps une jeunesse impérissable si elle voulait correspondre à sa passion mais la sibylle préféra la gloire d'une chasteté inviolable au plaisir de jouir d'une éternelle jeunesse. Elle n'en profita pas moins du premier avantage, si tant est que la décrépitude en soit un au temps d'Enée elle avait déjà vécu 700 ans, et, au compte de ses grains de sable, il lui restait encore à voir trois cents moissons et trois cents vendanges. C'est ce qu'elle raconte elle-même, dans Ovide, au fils d'Anchise pour charmer les ennuis de son voyage aux enfers :


    Lux aeterna mihi, carituraque fine dabatur. 
    Si mea virginitas Phaebo patuisset amanti. 
    Dùm tame hanc sperat, dùm praecorrumpere donis 
    Me cupit: «Elige, ait, virgo Cummaea, quid optes: 
    « Optatis potiere tuis. » Ego pulveris hausti 
    Ostendens cumulum. quot haberet corpora pulvis. 
    Tot mihi natales contingere vana rogavi. 
    Excidit optarem juvenes quoque protinus annos: 
    Hos tamen ille mihi dabat, aeternamque juventam 
    Si venerem paterer : contemto munere Phœbi 
    Innuba permaneo : sed jam felicior aetas 
    Terga dédit, tremuloque gradu venit aegra senectus, 
    Quae patienda diù est; nam jam mihi saecula septem. 
    Acta vides: superest, numéros ut pulverisaequem, 
    Tercentum messes, tercentum musta videre. 

    Ajoutons avec la fable qu'ainsi consommé par les années le corps de la sibylle se serait réduit à rien, et qu'on ne la reconnaissait plus qu'au son de sa voix qui avait dû lui être laissée éternellement par le destin :

    .nullique videnda,
    Voce tamen noscar, vocem mihi fata relinqoent
    ( Ovid. metamorph. Lib. XIV. /. – Virgil. Eneid. lib. VI. ). 

    Mais cette voix elle-même, selon d'autres auteurs, ne devait être conservée à la sibylle par la puissance d'Apollon qu'autant qu'elle quitterait la terre d'Erithrée sa patrie pour ne la jamais revoir. Fidéle à l'engagement qui lui était imposé, elle ne dut la perte de sa voix, seul reste de son immortalité, qu'à la ruse que ses concitoyens, soit par pitié, soit par malice employèrent à son égard. Ils imaginèrent de lui envoyer une lettre scellée avec de la terre selon l'usage ancien. En voyant cette terre qui était celle de son pays, la pythonnisse c'est-à-dire sa voix s'éteignit (Servius in Virgil. En. lib. VI. ). 
    Les oracles par lesquels la Frigée annonça les mystères chrétiens sont bien explicites de la part d'une prophétesse païenne. Autour de sa tête, ils sont conçus en ces termes Ex olympo excelsus veniet et confirmabit consilium celo et annunciabitur virgo in vatibus desertorum. Le cartouche qui lui sert d'escabeau nous apprend que: 

    La sibille Frigëe en son viel âge 
    Prophétisa la resurrection 
    Du fils de Dieu et son ascension 
    Et de son tamps l'éternel héritage 
    .. Vaticina aussi. ..
    ...
    Que des juifs 
    ....mage

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    6°) Erithrée que nous voyons un glaive en main et posant sur une sphère céleste sous la sixième arcade est illustre parmi toutes les sibylles. Nous lisons dans plusieurs auteurs ( Plin. lib. XIII. 13. – Lactant. De ira Dei XXII. Servius in Eneid, lib. VI. 1. ) que c'est dans la ville ou elle a prophétisé et qui lui a donné son nom que l'on retrouva la plus grande partie des livres sibyllins détruits dans l'incendie du capitole au temps de Sylla, Sa  légende et son cartouche exposent très explicitement le mystère de l'Incarnation. On lit sur la première In ultima etate humiliabitur deus, humanabitur proles divina, jacebit in feno agnus et puelari officio educabitur

    Le second développe les mêmes idées :

    Erithrée de science munie 
    Dyt au dernier age que déyté 
    Se humiliroit et que seroit unie 
    Divinité avecq humanité 
    Ypostaticque estant ceste unité 
    Dont messyas aguel qui tout pucelle 
    Gisant sus fain. puis sa nativité 
    Seroit nourry et sa mère pucelle. 



    Les écrivains prétendent qu'elle prophétisa, dans un acrostiche sur ces mots [caractères grecs pour Christus Ihesus Servator Crux ], la ruine du monde et la séparation des bons d'avec les méchants au jugement dernier, ce qui explique à la fois la présence du glaive dans ses mains et de la sphère sous ses pieds ( S. Aug. De Civit. Dei. Lib. XVIII. 23. – Biblioth. Pair. Tom. II page 516 ). Dans les heures d'Anne de France c'est la sibylle Europa qui porte le glaive, parce qu'elle y est représentée en même temps prédisant le massacre des innocents.

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    Sibylles Frigia et Erythrea, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Frigia et Erythrea, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    CUMANA.


    7° Voici venir enfin la Cumane, la plus célèbre chez les poètes. Sa robe blanche ramagée de bleu son manteau plus blanc encore que sa robe, ses bracelets, son diadème et son collier tous trois d'or et de rubis formaient sans doute le noble et brillant costume dans lequel la pure Amalthée se présenta à Tarquin-l'ancien pour traiter avec ce prince du prix de la sagesse et de la science profonde que renfermaient ses livres. Jaloux de posséder ces précieux recueils Tarquin en avait demandé le prix. « Cent écus d'or», avait-elle répondu et comme le roi hésitait la fière Cumane de jeter elle-même au feu trois des neuf livres qu'elle portait. «Et des six autres?» avait repris le roi étonné; « Cent écus d'or » .  Et, comme on ne répondait que par les exclamations de la surprise, trois autres volumes sont immédiatement livrés aux flammes. L'histoire raconte que, se gardant de marchander davantage, Tarquin s'empressa d'offrir le prix des trois qui restaient. C'était encore cent écus d'or ( Plin. lib. XIII. 13.-Solin. Polyhist. VIII.– Aul. Gell. I. 9. – Lactant. De falsâ Rclig. I. 6.  ). Notre sibylle n'en a conservé ici que deux très magnifiquement reliés. L'un est fermé dans sa main droite; sur les pages du second qu'elle appuie ouvert sur son sein on lit le célèbre oracle que Virgile aurait emprunté d'elle pour le transporter dans sa IVe églogue, au dire des partisans de l'authenticité des oracles sibyllins. Ces beaux vers, du reste, valent la peine d'être récités une fois de plus: 



    Magnus ab integro seculorum nascitur ordo; 
    Jam redit et virgo, redeunt saturnia regna, 
    Jam nova progenies celo dimmillitur alto. 


    Ceux qui remplissent ici le cartouche sous les pieds de la prophétesse n'ont pas à coup sûr autant de mérite, à moins que ce ne soit celui d'avoir mis dans la bouche de Virgile, ou de la Cumane des prophéties claires et précises à l'égal de celles d'Isaïe. On en jugera, voici la pièce 

    La sibille Cumane de Ysalye 
    A dix-huit ans du rengne Tarquin prisque 
    Prophétisa et dit tout en publique 
    Que Ihs-Crist seroit nay de Marie 
    Et que partout y auroit paix (unie?) 
    Sans nuls discords et inconveniens 
    Et verrait on lors leage dor flourie 
    Plus que jamais es jours saturniens. 

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    Sibylles Cumana et Tiburtina, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Cumana et Tiburtina, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    TIBURTINA. (planche supra)

     

    8°) La huitième et dernière image de cette série est en même temps une des plus curieuses par les développements que lui ont donnés le dessin et la peinture, ainsi que par la nature des oracles qui lui sont attribués sur notre muraille et qui concordent bien avec ce que nous retrouvons dans nos vieux et érudits compilateurs. Au-dessus de sa tête est inscrit son nom Sibile Tiburtina. A la différence de ses sept sœurs, elle admet dans son cadre des détails que nous allons signaler, tout en rappelant sa fabuleuse histoire. 
    La sibylle Tiburtine avait déjà parcouru et rempli du bruit de ses oracles toutes les parties du monde connu et n'était pas âgée de moins de deux cents ans, lorsqu'en je ne sais quelle année, peut-être aux premiers temps de la république comme le supposent certains écrivains du me siècle, et s'il est vrai qu'elle fut fille du roi Priam elle arriva à Rome escortée de la solennelle ambassade que le sénat et le peuple  lui avaient adressée. Voici à quelle occasion il ne s'agissait de rien moins, pour la célèbre Pythonisse, que d'expliquer les rêves ou plutôt le rêve, qu'avaient eu simultanément cent des plus vénérables et des plus puissants sénateurs. Donc la Tiburtine reçue triomphalement dans les murs de la ville éternelle, nos illustres pères-conscrits quittèrent leurs chaises curules et s'en vinrent d'abord complimenter sur sa beauté la prêtresse deux fois centenaire
    Venientes autem viri qui somnia viderant dicunt ad eam : magistra et domina quam magnus decor est corporis tui qualem nunquam in feminis praeter te vidimus ; et puis la supplièrent de leur expliquer la vision qu'ils avaient eue, chacun en particulier, de neuf soleils différents les uns les autres par leur forme leur couleur et leur aspect. Ce lieu est trop immonde et trop souillé, répondit la sibylle, pour qu'il soit convenable d'y faire la révélation de notre songe, allons au mont Aventin et là je vous annoncerai ce qui doit arriver dans les siècles futurs au peuple romain. Et la grave assemblée fit ce qui était demandé. 
    – Alors la prophétesse lisant, comme dans un livre, sur le front des astres, se met à dérouler tous les grands événements de l'histoire du monde qu'ils annoncent Novem soles quos vidistis omnes futuras generationes praesignant. Elle s'arrête plus longtemps à l'explication du quatrième soleil, plus rouge que le troisième qui est de sang, et qui rayonne à son midi comme un cristal étincelant. Dans ces jours là, dit-elle, il se lèvera une femme du côté du midi, elle sera de la race des Hébreux el s'appellera Marie. Son époux aura le nom de Joseph, et de son sein, sans le commerce de l'homme, mais par la vertu du St-Esprit naîtra celui qu'on nommera Jésus. Ce récit qu'on peut lire tout au long à la fin du 2e tome des œuvres du vénérable Bède, pourrait avoir inspiré le tableau de la Tiburtine montrant au sommet du mont sacré et comme dans un soleil la Vierge Marie et son fils Jésus, tel que nous l'avons dans notre cadre. Mais au lieu des cent sénateurs c'est un vieillard aux cheveux blancs à longue barbe et vêtu d'habits royaux que nous trouvons humblement agenouillé aux pieds de Ia sibylle, sa couronne et son sceptre étant déposés à terre. Pourquoi cette variante? Car, enfin les artistes de 1450 à 1500 étaient encore trop consciencieux et trop avisés pour oser travailler d'inspiration et de fantaisie à la manière de beaucoup de peintres et décorateurs d'aujourd'hui. La difficulté s'explique par le récit d'autres historiens qui racontent la même prophétie avec cette différence qu'ils substituent l'empereur Auguste en personne aux cent sénateurs, et les premiers temps de l'empire romain aux premières année» de la république.

    En puisant dans ces derniers auteurs le fond principal du sujet les peintres paraissent avoir tenu compte 
    de certaines circonstances racontées seulement par l'auteur que nous avons désigné en premier lieu et par ceux qui ont adopté sa version. 
    Laissons parler dans le style contemporain de nos peintures un interprète des écrivains dont le thème semble avoir servi de base principale à la composition du tableau « Orosius racompte que les romains du temps de  l'empereur Octovian qui estoient payens et ydolatres  et n'avoient pas vraye congnoissance de Dieu et voyant la grant paix et transquilité où ilz vivoient lors, et avoient ja vescu des XLII ans soubz le dit  Octovian; ilz pensèrent et creurent en eulx que le dit Octovian fust déifié et que la dicte paix procedast de sa vertu et puissance, et le voulurent adorer. Mais le dict Octovian qui estoit sage, congnoissant qu'il estoit homme mortel comme les austrcs,  demanda conseil à la dicte Tiburtine pour sçavoir se au monde devoit naistre plus grant que luy. Laquelle Tiburtine monstra au dit Octovian en l'air  une moult belle vierge sur un autel: la quelle tenoit ung enfant environné et enluminé d'un soleil d'or ayant une lune soubz lés piedz et en sa teste une couronne de douze estoilles disant la dite sibille que celle vierge devoit enfanter ung enfant qui seroit roy et seigneur du ciel et de la terre. Et lors ledit empereur l'adora et depuis ne voulut souffrir que Ies romains luy feissent quelque chose d'adoration. Au lieu où fust faicte la dicte apparition est de présent édifié à Romme une belle église qui encore est appellée: Nostre Dame de Ara cœli.» ( Bref sommaire des sept Vertus), etc, etc. 

    Cette citation avec celles qui précèdent nous dispensent presqu'entièrement de toute explication. C'est bien la sibylle de Tibur et César Auguste sur la terre, la Vierge mère dans le ciel, qui sont les éléments de toute la composition. Le rapport de ces personnages entre eux n'est pas moins clair.

    La prophétesse avait dit, dans le récit de Bède dans ces jours là, il se lèvera une femme du côtè du midi. La peinture a pris soin de placer l'apparition au midi du tableau.

    Le royal vieillard qui en recoit la révélation et l'intelligenoe est l'empereur Auguste que Baronius dit et que les autres supposent être alors d'un âge avancé, jam provectiore aetate. Jeune au contraire, belle, forte et maîtresse la sibylle donne bien par le caractère de toute sa personne, comme par la nature des oracles, l'idée des âges nouveaux qui vont succéder aux âges anciens, du règne  naissant prêt à remplacer l'empire caduque dont ce vieillard agenouillé est le triste représentant.

    Assise sur le ciel et revêtue du soleil, la vierge Marie est elle-même le trône et l'autel de celui qui sera roy et seigneur du ciel et de la terre. Sur un lambel mêlé aux rayons d'or vous voyez ces mots: Celle-ci est l'autel du fils de Dieu – Hœc ara filiî Dei est. Cette réponse entendue, César s'en revint à Rome construire, au capitole, un grand autel sur lequel on grava cette inscription huine Ara primogeniti Dei, circonstance qui n'a pas été négligée sur notre tableau où s'élève en arrière plan un édifice en style religieux du XVe siècle, souvenir peut-être de l'ex-voto d'Auguste, ou même de l'église qui existe encore aujourd'hui à Rome sous le titre d'Ara-Coeli et à laquelle on se plaît à attribuer la même origine. 

    Il y a beaucoup d'entente dans cette composition, il y a de la science légendaire, il y a en parliculier tout l'esprit et les idées du moyen-âge dans ce contraste d'un empereur du monde déposant en ce jour là son sceptre et sa couronne ( Voir V. Bèd. loin, Baronius, app. ad Ad. Eccl. tom, n. Serval. Gallœus. De or. sibjll. ri ) en présence d'une sibylle, qui, debout à ses côtés, la tête haute, le regard assuré et comme conquérant de l'avenir, lui montre d'un doigt à lire dans le ciel comme à un enfant dans un syllabaire tandis que dans sa main gauche se déroulent en un long philactère ces prophétiques paroles: 
    Nascelur Xus in Bethleem annunciabitur in Nazareth, regnante tauro pacifico fundatore quietis.
    La légende rimée sur le socle n'en est que la reproduction, augmentée seulement d'un court épithalame à la gloire de la mère heureuse et tant pudique. 
    N'omettons pas de la consigner ici


    La sibille Tiburtine en josne âge 
    Prophétisa Crist debuon estre né 
    En Bethelem et ce tressainct presage 
    En Nazareth an~uchié et fulminé 
    Rengnanl le tor pacificque ordonné 
    Fundateur de repos. 0 mère heureuse 
    Glore vous croist par lui avoir donné 
    Mamelle tant pudicquc et precieuse.

     

    Les expressions employées dans le texte latin de la prophétie pour désigner le règne d'Auguste : Regnante tauro pacifico fundatore quietis, se retrouvent dans l'inscription qui accompagne la sibylle Tiburtine sur deux autres monuments, le manuscrit de la bibliothèque royale dont. nous avons déjà parlé et une peinture de l'église de Sienne mentionnée dans Servatius Gallœus. La légende de la peinture italienne est absolument la même que la nôtre ,celle de la miniature française n'offre qu'une légère variante et porte regente tauro. L'identité de ces formules nous prouve que nous avons bien lu et que noua avons bien fait de reproduire, sur le lambel Regnante tauro pacifico fundatore quietis et dans les rimes Françaises Rengnant le tor pacifique ordonné fondateur de repos. 

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    Les anciennes peintures murales sont devenues trop rares maintenant et par conséquent trop précieuses pour que n'ayons pas tenu à sauver de l'oubli, si ce n'est de la destruction, le peu qui nous en reste de notre Cathédrale. Les deux planches que nous joignons aux quatre qui reproduisent les Sybilles, ne sont pas pour le sujet d'un intérêt aussi général que celles-ci; on nous saura gré néanmoins de les avoir publiées pour la raison que nous venons de dire et pour d'autres encore qu'il est facile de comprendre. 

    La décoration des églises à l'époque dont nous parlons, ne s'empruntait pas seulement aux actes et aux enseignements des Saints elle s'inspirait de tout ce qui est bon et recommandable pour l'édification et la réforme des mœurs elle faisait de la maison de Dieu une maison de famille une maison commune où tout se traitait les enseignements de la sagesse chrétienne et ceux de la sagesse profane les leçons du passé et celles du présent. Aux pieds de Jésus-Christ et des Saints on montrait ceux qui avaient retracé leurs vertus, et sur les parois des monuments leurs illustres donateurs. La vénération la reconnaissance et la piété meublaient ainsi et enrichissaient le saint temple et de la même manière que les statues et les portraits des personnages vénérés étaient reproduits, avec plus ou moins de bonheur, d'après l'image qu'on avait sous les yeux, ainsi les lieux qu'ils avaient habités, les objets qu'ils avaient touchés, les insignes et les vêlements de leur dignité faisaient l'accompagnement naturel et ordinairement fort naïf de ces intéressants motifs d'ornementation. 

    M. Adrien de Hénencourt, le père des pauvres et des églises dans tout le diocèse d'Amiens, au commencement du XVIe siècle, était aussi le principal donateur de la décoration de cette chapelle alors consacrée à la Mère de Dieu et aux mystères de Noël ; en raison de quoi, il y fit peindre les Sibylles que nous venons d étudier c'est pour cela sans contredit que,  sous les arcades opposées et au voisinage de I'autel on lui consacra une place qu'il occupe encore mais que les menuiseries postérieurement ajoutées ont changée pour lui en un vrai tombeau où faut l'aller chercher mutilé et défiguré par toute sorte d injures. C est cependant bien lui que nous reconnaissons à genoux au prie-dieu où il se prépare sans doute à célébrer les saints mystères accompagné de son chapelain à genoux aussi ; lui qui s'avance, dans l'arcade voisine, le calice en main et précédé de ses clercs dont l'un porte les burettes et l'autre le missel, celui peut -être dont l'illustre chanoine fut l'éditeur ( Voir sur ce Bréviaire les Stalles de la Cathédrale d'Amiens.)

    C

    e qui nous constate ici la présence de cet important personnage, c'est son costume dans lequel il faut bien remarquer en particulier la soutane rouge, c'est son blason appendu à la draperie de son prie-dieu; c'est son aumusse que relève encore son blason, c'est enfin sa devise favorite tolle moras telle que nous l'avons déjà retrouvée au tombeau de Ferry de Beauvoir. 

    Note Il n'est pas douteux que les chanoines du chapitre d'Amiens n'aient été, au XVe siècle dans l'usage, de porter la soutane rouge. Le chanoine Villeman en parle ainsi dans le chap. V de ses Observations sur les Missels. Bréviaires etc., (manuscrit n." 120 de la Bibliothèque d'Amiens): « Notre soutane est noire. Autrefois nous l'avons portée rouge, comme on le voit encore à d'anciens monuments, notamment dans le cloître du Machabé pour aller au chapitre; à droite en entrant, contre la muraille, est l'épitaphe de M. Robert de Fontaine, chanoine et doyen d'Amiens, mort en 1467, où il est représenté avec une soutane rouge. Au pilier du dehors de la chapelle de l'Aurore est l'épitaphe de M. Robert d'Ailly mort en 1413. 11 y est représenté à genoux vêtu d'une soutane rouge. M Adrien de Hénencourt chanoine et doyen en 1412, est représenté dans son missel ms. aussi habillé de rouge. Les enfants de chœur ont retenu cet ancien usage puisqu'on les voit encore vêtus de rouge de couleur de sang en mémoire de St.-Firmin martyr premier évoque et patron de ce diocèse. Les chanoines réguliers de St.Maurice d'Auganne en Suisse la portent encore rouge, et Guillaume, comte de Ponthleu, l'an 1210, leur assigna tous les ans 13 livres de rente sur la halle d'Abbeville pour acheter 20 aunes d'écarlate pour leurs Capuces, dit le P. Héliot (tome 2, page 82), et comme en portaient autrefois ceux de l'abbaye de St.- Vincent de Senlis fondée en 1061 ou selon d'autres en 106 par Anne, reine de France, deuxième femme de Henry qui y mit des chanoines, et ordonna qu'à la différence des autres ils portassent des robes et des capuchons rouges en mémoire de St.-Vincent, martyr. »

    Le dessin que nous donnons nous dispense de décrire les détails de ces peintures et tout ce curieux mobilier sacré, remarquable seulement par sa simplicité, et composant tout ce qui est nécessaire la célébration de la messe; le bénitier avec son goupillon les burettes avec leur plateau, la boîte aux pains à chanter, et le cierge de cire jaune pure et odorante que nos fabriques appauvries ont remplacée depuis par la graisse rance, puante et économique.

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    Donateur, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Donateur, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    La petite armoire que nous voyons là  fermée d'une porte aux longues pentures et aérée d'un jour en quatrifolium, n'est pas une simple peinture, mais une vraie et solide armoire devenue inutile aujourd'hui comme le sont devenues, je ne sais pourquoi, bien des choses remplacées par de vraies incommodités souvent par des inconvenances.  Il faut bien en dire autant de la piscine creusée dans la pierre au-dessous,de l'armoire, et dans laquelle était versée jadis l'eau bénite à l'offertoire, qu'on jette à présent je ne sais on. 
    Nous laissons à d'autres le mérite de reconnaître, dans la disposition et le style des édifices qui remplissent le fond du tableau n.° 10 la topographie ancienne des environs de la Cathédrale. 
    Les couleurs dont on a revêtu ces remarquables figures leur donnent un caractère que nous voudrions bien pouvoir reproduire autrement que par une note descriptive et inventoriale. Mais les dessins coloriés coûtent trop cher et puis notre but principal étant l'étude et l'explication du sens des  illustrations plutôt que l'appréciation de leur mérite artistique notre tâche est remplie. 

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    Armoire, Sibylle Cumana, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Armoire, Sibylle Cumana, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    Si ces peintures achèvent de disparaître avant qu'on ait complété notre travail en joignant le coloris au dessin que nous donnons ce ne sera pas notre Faute. Nous aurons fait tout ce que nous permet l'exiguïté de nos ressources en conservant au moins, l'imparfait souvenir que voici 

    1.° Nom des couleurs dont sont peintes les huit Sibylles de la Cathédrale d'Amiens, chapelle St.-Eloy. 

    Agrippa: Coiffure et voile, blanc – ornements, or- robe, rouge manteau, rouge-manches, bleu-ceinture et nœud, bleu à reflets blancs. 

    Libica : Coiffure, vert à reflets d'or -robe fendue, bleu avec franges d'or -robe de dessous rouge – corsage enveloppant le buste et la taille, blanc avec ornements en or et en pierreries – linge plissé aux épaules et au cou, blanc. 

    Europea. Turban, blanc nuancé de bleu – guimpe, blanc; -robe de desous bleu-surcot damassé à manches, rouge; ornements en or et en pierreries -manteau bleu, doublé de blanc. 

    Persica Voile, blanc – robe de dessous, rouge- robe de dessus ouverte par devant, et manches tailladées, blanc ramagé de gris -manteau, bleu. 

    Frigia Coiffure, bleu pale – -ceinture, id. – robe, rouge -manches de dessus pendantes, blanc. 

    Erithrea Voile, bleu foncé – robe, blanc manteau, bleu foncé; ornements d'or -ceinture, bleu nuancé de blanc -garde de l'épée, rouge – pommeau, or– sphère rouge – cercle ,bleu – étoiles d'or.

      Cumana Couronne ou bandeau, or -robe, gris foncé, damassé de bleu -manteau, blanc – livre de la main gauche, rouge -tranche d'or – livre ouvert de la main droite reliure rouge; tranche, gris. 


    Tiburtina Coiffure or – résille, bleu-robe, rouge– manches courtes et corsage rouge-manches serrées, bleu-ceinture, or-guimpe, blanc. Le Roi robe de dessus, rouge manches de dessus, id. – robe de dessous fendue sur les côtés, bleu damassé – manches de dessus pendantes, bleu – cheveux, gris – couronne, fond rouge ornements d'or. – La Vierge robe, bleu. 

    2.° Noms des couleurs dont sont peints les personnages et ornements des arcades à droite de l'autel. 

    Iere ARCADE: Personnage portant un calice,: Robe et toque, rouge – collet de chemise, blanc – manteau sans manches, gris-violet. 

    IIe Arcade 
    Personnage au prie-dieu: Surplis à manches, blanc – Calotte, noir – Soutane paraissant au cou, aux manches et au bas du surjtlis rouge-tapis du prie- dieu, vert pale – vêtement de l'acolythe, brun. 
     

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    II.  Ilona HANS-COLLAS, De bon augure... Les somptueuses sibylles de la cathédrale d'Amiens. Communication devant la Société des Antiquaires de Picardie le 13 avril 2013.

    https://sites.google.com/site/socdesantiquairesdepicardie/archives/communications-des-prochains-mois/communication-du-13-avril-2013

    "La communication prononcée devant une assistance très nombreuse nous a permis d’entendre Mme Ilona Hans-Collas, spécialiste de la peinture murale et de l’enluminure, membre du Groupe de recherche sur la peinture murale.

    Les sibylles de la chapelle Saint-Eloi de la cathédrale d’Amiens, peintes vers 1506 dans les arcatures du soubassement, figurent parmi les plus belles réalisations de peintures murales en France de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle. Elles sont le témoignage d’un art monumental lié au mécénat du doyen du chapitre Adrien de Hénencourt. Elles présentent de surcroît une iconographie fascinante.

    Les sibylles sont des femmes prophétesses dont l’origine remonte à l’antiquité païenne. Elles sont appelées d’après leur nom d’origine : Perse, Libye, Delphes, Erythrée (en face de l’île de Chios en mer Egée), Cumes, Phrygie, Tibur, Europa (Thrace). Leurs oracles ont été appliqués au Christ dès leiie siècle de notre ère. A la manière des prophètes, les sibylles annoncent les événements de la vie du Christ. Elles sont souvent 10, mais leur nombre peut atteindre 12, voire 14.

     Les sibylles d’Amiens sont signalées par le bénédictin Dom Grenier (1725-1789). En 1839, Charles Dufour, se référant aux écrits de dom Grenier, soupçonnait leur présence derrière les lambris de la chapelle. Elles furent redécouvertes en 1844 lors de la dépose provisoire des lambris ; les chanoines Joudain et Duval les étudièrent et en firent faire le dessin. En 1853, les boiseries du xviiie siècle furent définitivement enlevées. Outre les huit sibylles que nous connaissons et qui ornent les huit arcatures de deux pans de murs, Jourdain et Duval firent dessiner les peintures de quatre autres arcatures du côté de l’autel. A en croire les deux chanoines, le commanditaire Adrien de Hénencourt s’y fit représenter. Aujourd’hui ne subsistent que quelques infimes traces de couleurs.

     Les sibylles sont représentées debout, vues de trois-quarts, de face ou de profil. Chaque figure mesure environ 1m 60 de haut. Le lien avec l’architecture de la chapelle est très fort, obligeant l’artiste à peindre chaque sibylle dans l’espace relativement étroit d’une arcature. En 1895, l’architecte Henri Laffillée (1859-1947) réalisa deux relevés très précis pour le compte des Monuments historiques.

    Les inscriptions sur les peintures murales d’Amiens tiennent une place significative : le nom de chaque sibylle est écrit près de la figure ; une inscription en latin figure sur les phylactères ; une inscription en français, que l’on ne trouve que sur le cycle amiénois, figure sur un cartouche en bas de chaque sibylle. Sont peintes depuis l’extérieur de la chapelle vers l’intérieur les sibylles Tiburtine (qui prédit la naissance du Christ à Auguste), de Cumes, Erythrée, Phrygie (qui prophétise la Passion et la Résurrection), Persique, Europa (figure conservée à moitié), Libyque, Agrippa.

      La conservation de ces peintures murales est mauvaise ; la comparaison avec les relevés réalisés au xixe siècle montre une importante dégradation. Les peintures murales sont des œuvres fragiles ; indissociables de leur support architectural, elles subissent souvent les outrages du temps et des hommes : transformations et aménagements des espaces, grattages, humidité, variations de température, lumière. Au xixe siècle Laffillée signalait déjà de nombreux soulèvements de la couche picturale. En 1958 Aimée Neury, collaboratrice au musée des Monuments français, signale des peintures ruinées. La même année, Jean Taralon, inspecteur principal des Monuments historiques, donne un rapport aussi alarmant : « les peintures s’écaillent dangereusement, leur enduit est devenu pulvérulent ». En 1973 une analyse des peintures murales (stratigraphie et pigments) est réalisée par le Laboratoire de Recherche des Monuments historiques. Parmi les pigments ont été utilisés le vermillon (rouge très vif), l’azurite, le blanc de plomb ; l’huile a servi de liant. En 1980 la dépose des peintures est envisagée mais ensuite abandonnée. En 1992 l’étude préalable à la restauration des sibylles établit un constat alarmant. Les peintures ont beaucoup souffert de l’humidité et des remontées de sels. En 2007 est menée une intervention d’urgence, visant à refixer les soulèvements de la couche picturale. Aujourd’hui les peintures sont toujours en attente d’une intervention de conservation plus ample.

      Adrien de Hénencourt commanda l’œuvre en 1506. Le choix des sibylles pour la décoration est dans l’ère du temps à cette époque. En 1432, les frères Van Eyck avaient peint deux sibylles sur les volets fermés du polyptique de l’Agneau mystique de Gand. C’est surtout à partir de la fin du XVe et dans la première moitié du XVIe siècle qu’elles connaissent le plus grand succès dans les arts. Adrien de Hénencourt fit appel à un artiste de talent, probablement issu du milieu local. Plusieurs œuvres créées à Amiens - notamment dans le domaine de l’enluminure - s’apparentent fortement au décor des sibylles de la cathédrale. Bodo Brinkmann et Nicole Reynaud ont évoqué un lien possible entre un manuscrit et le décor mural de la cathédrale. Les recherches menées par Mme Hans-Collas confirment cette piste et de nouveaux éléments enrichissent le propos. La délicatesse et l’élégance des figures des sibylles, le soin apporté à leurs habits et coiffures, aux inscriptions, mais aussi le paysage plaisant de la sibylle Tiburtine se retrouvent dans l’Episolier à l’usage d’Amiens réalisé vers 1490 pour Antoine Clabault, échevin d’Amiens, et son épouse Ysabeau Fauvel, enluminé par un artiste anonyme à qui on a donné le nom de convention de Maître d’Antoine Clabault (BNF, Arsenal, ms. 662). De toute évidence, les sibylles de la chapelle Saint-Éloi se rattachent à l’art de cet enlumineur, attestant le travail polyvalent des artistes et des ateliers. On lui attribue d’autres œuvres, notamment un Missel à l’usage d’Amiens (Amiens, bibliothèque municipale, ms. 163). Ce manuscrit a été rapproché à juste titre par Marc Gil du Maître anonyme du retable d’Ochancourt (musée de Picardie). A ce petit corpus maintenant constitué, s’ajoute encore une autre œuvre : l’Escritel de la confrérie du Puy Notre-Dame d’Amiens (Amiens, Société des Antiquaires de Picardie, ms. 23) dont le frontispice montre une Vierge à l’Enfant protégeant sous son manteau les membres de la confrérie. De toute évidence il est de la même main que le manuscrit Clabault de l’Arsenal. Notons enfin que le style de ces miniatures n’est pas sans rappeler un autre décor peint à la cathédrale, celui qui accompagne le tombeau de Ferry de Beauvoir, érigé vers 1490-1500, à la demande d’Adrien de Hénencourt. La peinture de l’enfeu se place visiblement dans le même entourage artistique que le manuscrit de Clabault. La technique semble la même que celle de la chapelle Saint-Eloi (peinture probablement à l’huile, appliqué directement sur la pierre)Ces comparaisons montrent sans conteste que des liens existent entre la peinture monumentale et le décor des livres, et probablement aussi avec la sculpture. Les artistes sont polyvalents. Amiens en est des exemples les plus convaincants. Le style est tellement proche qu’on peut envisager la même main ou au moins le même atelier.

     Mais qui est donc cet artiste ou ce groupe d’artistes si actif vers les années 1490-1510 ? Nicole Reynaud avançait le nom de Riquier Haulroy, un peintre renommé d’Amiens, documenté par les archives dès les années 1480 : il peignit des bannières, des sculptures et faisait de la dorure. Il est le seul artiste documenté comme peintre et enlumineur. On sait qu’il fut maître de la confrérie de Saint-Luc en 1503, dont le siège était dans la chapelle Saint-Eloi."

     

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Sibylles Amiens Peintures murales
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    21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 15:39

    Le vitrail de la Galerie des dix Sibylles (1538-1539)  de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince. Baie 323 sous la Rose du bras nord du transept.

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    — Sur les Sibylles, voir :

     

     Sur les autres vitraux de La cathédrale  de Beauvais, voir :

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    — Voir :L'église Saint-Étienne :

    — Beauvais :

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    LA BAIE 323 : LA ROSE OCCIDENTALE ET SES GALERIES.

    Les vitraux dans les bras du transept de la cathédrale de Beauvais accueillent deux grandes verrières constituées chacune de deux galeries de saints et de prophètes, au sud (baie 324), et  de sibylles, au nord (baie 323). Ces deux thèmes, loin d'être isolés, se répondent mutuellement, les Prophètes bibliques étant considérés comme ayant annoncé au peuple Hébreu la venue du Christ, tandis que les Sibylles de l'Antiquité l'annonçaient aux "Gentils", les peuples païens du monde entier. Depuis 1481 avec Filippo Barbieri, chaque Sibylle avait été mis en correspondance avec un oracle, un Prophète dont le verset s'accordait à l'oracle, et avec un événement de la vie de la Vierge et de la Passion de son Fils. 

    Comme la majeure partie de la décoration des cathédrales et églises chrétiennes, cette disposition relève de la typologie biblique.

    "La typologie biblique est une doctrine théologique fondée sur le rapprochement entre une personne ou un événement de l'Ancien Testament (rarement aussi de la mythologie antique ou de légendes anciennes), le type et de leur antitype, personne ou événement du Nouveau Testament.

    Cette méthode d'interprétation de la Bible consiste à rechercher la « promesse » et le « respect » : ce qui, dans l'Ancien Testament, est annoncé, s'accomplit dans le Nouveau Testament (également préfiguration)." (Wikipédia Typologie biblique)

    Cette typologie, suggérée dès saint Paul à propos de la Bible hébraïque ("Ce sont des empreintes de choses à venir ; la réalité est à trouver dans le Christ." Col :2-17) a été développée par les Pères de l'Église.

    Préambule : les dix Sibylles du portail nord.

    Le fidèle qui pénétrait dans la cathédrale par le portail nord (actuellement fermé) recevait sur les deux vantaux une entrée en matière de cette pensée typologique : le sculpteur de Beauvais  Jean Le Pot y avait réalisé  à partir de 1530 (à peine avant la verrière) les statuettes en bas-relief  des quatre évangélistes, à droite, et de quatre docteurs de l'Église, à gauche : saint Augustin, saint Grégoire, saint Jérôme et saint Ambroise. Ces vantaux, toujours visibles, montrent qu'une Sibylle est placée entre chacune de ces statuettes. On trouve donc, intercalées, intégrées à ce corpus des huit piliers de l'Église, dix prophétesses antiques, ces mêmes dix Sibylles de la verrière qui domine ce portail.

    Je n'ai pas pris de photographies de ce portail, mais on peut en trouver ici :

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Beauvais/Beauvais-Saint-Pierre.htm

    http://www.cathedrale-beauvais.fr/nouveausite/cathedrale/portailnord/portailnord.html

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/paire-de-vantaux-du-portail-nord-n-2/e48b2ebf-cd44-474c-b5c3-c021c49356f3

    Nous y trouvons successivement  de gauche à droite :

    - la sibylle Érythrée, portant une rose ;

    - la sibylle de Cumes, portant un objet rond ;

    - la sibylle Samienne, portant un berceau 

    - la sibylle Persique, portant une lanterne ;

    - la sibylle Libyque, portant une torche enflammée ;

    - la sibylle Cimérienne, portant une une corne-biberon ;

    - la sibylle Tiburtine, portant une main ;

    - la sibylle Delphique, portant les clous et la couronne d'épines  ;

    - la sibylle Agrippa entourant une colonne ;

    - la sibylle Phrygienne, portant une croix-étendard .

    Soit exactement, comme nous allons le voir, les mêmes sibylles que sur le vitrail, dans le même ordre et portant les mêmes attributs.

    N.B Les stalles de la clôture de chœur de la Collégiale Saint-Etienne de Beauvais sont ornées de bas-relief du XVIe siècle représentant les 12  Sibylles  portant leur attribut sous des arcs Renaissance. Voir sur l'article Wikipédia la photo de Chatsam qui en montre six :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-%C3%89tienne_de_Beauvais#/media/File:Cloture_du_coeur_2.JPG

    On distingue les attributs suivants sur cette image : La fleur (ou le flambeau) ; le fouet (Agrippa) ; le glaive (Europa) ; la lanterne (Persique) ; la colonne de Flagellation (Agrippa ?) ; un objet à sommet arrondi (Cumes ?).

     

     

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    Retour à la baie 323.


    Le vitrail nord a été endommagé en 1940. Y subsiste la galerie des sibylles de Jean et Nicolas Le Prince (maîtres verriers à Beauvais), posée en 1537-1538. Au-dessous trônait une rangée de séraphins «couleur de feu à six ailes» [Congrès archéologique de Beauvais de 1905]. Selon des témoignages anciens, la rose était ornée d'un soleil d'or ,sous la forme d'une figure humaine et dont les rayons remplissaient les divisions du remplage, sur un ciel d'azur semé d'étoiles et de séraphins, datant peut-être du 17e siècle, qui fut détruit en 1940. . En 1958, Max Ingrand a remplacé la galerie des séraphins par une rangée de Vierges folles et Vierges sages. La rose d'Ingrand représente maintenant un Jugement dernier.

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    Baie 323 : la rose occidentale et ses galeries. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la rose occidentale et ses galeries. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    Baie 323 : la rose du Jugement Dernier (Max Ingrand). Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la rose du Jugement Dernier (Max Ingrand). Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    Baie 323 : la rose occidentale et la galerie des Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la rose occidentale et la galerie des Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    LA GALERIE SUPÉRIEURE DE LA BAIE 323 : DIX SIBYLLES.



     La rangée de sibylles du XVIe siècle est l'œuvre de Jean et Nicolas Le Prince (atelier d'Engrand Le Prince, maître-verrier auteur de l'Arbre de Jessé de Saint-Etienne de Beauvais ; cet atelier est réputé pour sa maîtrise du jaune d'argent). La galerie  a été posée dans le bras nord du transept en 1538-1539.

    Historique

    Dès l'achèvement du bras nord du transept, la vitrerie de la grande rose est commandée aux Le Prince. Jean Le Prince est payé en 1537 pour ses travaux sur la façade nord du transept et Nicolas Le Prince en 1538. Ils sont les auteurs des dix Sibylles garnissant les lancettes sous la rose, reprenant ainsi l'iconographie des vantaux du portail nord.  En 1958, Max Ingrand réalise de nouvelles verrières pour la rose (Jugement dernier) et pour la première galerie de lancettes (Vierges sages et Vierges folles).

    Description

    La façade nord du transept est abondamment vitrée : une grande rose surmonte deux galeries de dix lancettes chacune. Les lancettes de chaque galerie sont juxtaposées et assemblées par paire. Les lancettes de la galerie inférieure sont de tailles égales, tandis que les lancettes de la galerie supérieure présentent trois tailles différentes : les lancettes latérales étant les plus grandes et les deux lancettes centrales les plus petites. L'ensemble est en verre soufflé et les détails peints à la grisaille et au jaune d'argent. Dimensions approximatives : h = 2000 ; la = 780 (Corpus Vitrearum). 

     Dans la deuxième galerie dix sibylles prennent place sous des dais architecturaux modernes. La plupart des sibylles sont identifiables grâce à des inscriptions situées en dessous et grâce à leurs attributs (de gauche à droite) :

    - la sibylle Érythrée, portant une rose ;

    - la sibylle de Cumes, portant un objet rond ;

    - la sibylle Samienne, portant un berceau (l'inscription située en dessous l'identifie comme la sibylle delphique) ;

    - la sibylle Persique, portant une lanterne ;

    - la sibylle Libyque, portant une torche enflammée  ;

    - la sibylle Cimérienne, portant une une corne ;

    - la sibylle Tiburtine, portant une main coupée ;

    - la sibylle Delphique, portant les clous et la couronne d'épines (l'inscription située en dessous l'identifie comme la sibylle européenne) ;

    - la sibylle Agrippa entourant la colonne de la Flagellation ;

    - la sibylle Phrygienne, portant une croix-étendard.

    Les Sibylles Hellespontique et  Europa sont donc absentes.

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    Baie 323 : la galerie des 10  Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la galerie des 10 Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    1°) La Sibylle d'Érythrée et la Sibylle de Cumes.

    Inscription : Sibille erithree / Sibille cumane.

    La Sibylle d'Érythrée et la Sibylle de Cumes. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle d'Érythrée et la Sibylle de Cumes. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La Sibylle d'Erythrée.

    - la sibylle Érythrée tient une rose.  Elle évoque ainsi l'Annonciation  parce qu'elle a proclamé qu'une vierge doit enfanter. En effet, comme le rappelle É. Mâle, "entre la Vierge et l'ange Gabriel, les peintres, depuis le XIIIe siècle, ne manquaient jamais de mettre un beau vase plein de roses blanches ou de lis."  C'est également une rose qu'elle tient dans les Heures de Louis de Laval. Elle est vêtue, assez simplement, d'une robe dorée moulante et à manches courtes,  laissant apparaître le col plissé d'une chemise, et un manteau vieux rose dont le pan droit est retenu par la main gauche. Sa coiffure est plus étudiée, c'est un balzo, bourrelet rembourré d'étoupe et recouvert de velours vert autour duquel s'enroulent les spires espacées d'un large ruban ; celui-ci s'achève par u nœud dont les brins frisés s'envolent. Elle est pieds nus, comme toutes les autres sibylles qui vont suivre.

     

    — Le Prophète associé est  Ézéchiel dans Ez 44:2.: Porta haec clausa erit. La Porte close est une préfiguration de l'utérus clos de la Vierge, et donc de sa virginité. Ézéchiel est représenté en position  n°4 dans la galerie de la rose sud.

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    La Sibylle d'Érythrée, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle d'Érythrée, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Ézéchiel, baie 324. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Ézéchiel, baie 324. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    la Sibylle de Cumes.

     

    Elle est vêtue d'une robe vert d'eau (vert foncé en partie basse) et d'un manteau rouge à pan rabattu sur le bras droit. Une broche en or est suspendu à un collier. Ses cheveux sont retenus par un foulard rose.

    Elle porte un coquillage (?) tenu sur un linge. Le coquillage  représente la virginité de la Vierge. Cette Sibylle a annoncé qu'un enfant descendra du ciel.

    En fait, l'objet ovale et beige ne ressemble nullement à un de ces coquillages nommés porcellena en italien, du fait de sa ressemblance avec la vulve de la truie (porcella), et là comme ailleurs, sa nature est resté une énigme. On peut y voir un petit pain, ou bien astucieusement un petit pain fendu qui a représenté parfois la plaie du flanc du Christ.  Mais ici, l'objet n'est pas fendu, et garde son mystère, comme d'ailleurs à Brennilis, ou dans le Diurnal de René II de Lorraine (1492-1493). On peut le comparer à cette gravure de l'Encomium trium Mariarum de Jean Bertaud datant de 1529 et reproduit par É. Mâle p. 271 fig. 140.

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    La Sibylle de Cumes, in É. Mâle, L’Art religieux de la fin du Moyen Âge en France.

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    La Sibylles de Cumes est associée au prophète Daniel et aux versets Dan 2:34-35. Daniel est placé en 5e position dans la galerie de la rose sud.

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    La Sibylle de Cumes, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle de Cumes, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    2°) La Sibylle de Samos et la Sibylle Persique.

    — Inscriptions / Sibille delphic (l'inscription ne correspond pas à la sibylle représentée au-dessus)/ Sibille persique.

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La Sibylle Samienne  porte un berceau parce qu'elle a annoncé la Nativité dans la crèche. Ce berceau est parfaitement dessiné, avec son piétement permettant la bascule, et ses barreaux. Il est semblable à ceux des Heures de Louis de Laval, des panneaux de Brennilis.

    La sibylle est vêtue d'une robe blanche et d'un manteau parme. Ses cheveux sont retenus par une foulard blanc frangé d'or. Un rubis est suspendu à un collier en or. 

    Son partenaire du coté sud est  le premier de la galerie des Prophètes  : c'est le roi David, le compositeur des Psaumes. Le verset choisi pour s'apparier avec la vaticination de la Sammienne est le Psaume 71:11. — Adorabunt eum omnes reges terrae ; omnes gentes servient ei. "Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront".

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    La Sibylle de Samos et son berceau. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle de Samos et son berceau. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Le roi David, galerie des Prophètes, baie 324,  Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Le roi David, galerie des Prophètes, baie 324, Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    - la Sibylle Persique, porte une lanterne  symbolisant la lumière apportée par le Messie. Elle foule habituellement au pied le serpent de Genèse qui a abusé Ève, mais celui-ci n'est pas figuré. 

    Elle est vêtue d'une robe vieux rose et d'un manteau vert cru. Ses cheveux blonds vénitiens sont tenus par un large diadème. Son pied gauche est posé sur un bloc de pierre ; le détail serait insignifiant si on ne le retrouvait pas sur les stalles de Saint-Etienne de Beauvais où Agrippa pose le pied sur ce qui ressemble à un livre.

    Les deux sibylles sont tournées l'une vers l'autre.

    La Persique est associée à la prophétie d'Osée Os 13:14. Osèe est en sixième position sur la verrière de  la galerie sud .

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    La Sibylle Persique et sa lanterne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle Persique et sa lanterne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    3°) La Sibylle Lybique et la Sibylle Cimmérienne.

    Inscription :  Sibille libique/ Sibille cim[...]

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    Sibylles Lybique et Cimmérienne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Sibylles Lybique et Cimmérienne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La sibylle Lybique  porte une torche enflammée qui symbolise la Lumière que la naissance du Sauveur a apporté au monde, faisant repousser les ténèbres. Sa tête est recouverte par un voile qui retombe sur ses épaules et son buste. Robe violette à ceinture rouge et manches vertes. Comme la Persique, elle pose le pied sur un cube de pierre. Le visage est sombre, témoignant de l'altération du verre.

    Dans la galerie sud, son collègue le prophète Jérémie lui est associé, eu égard au verset Jr 23:5 Ecce dies veniunt "Les jours viennent, où je susciterai à David un germe juste" : ce "germe juste" de la Maison de David préfigure pour les chrétiens le Christ. 

     

    Sibylle Lybique . Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Sibylle Lybique . Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La sibylle Cimmérienne tient  une une corne ; cette dernière est en réalité un biberon  en forme de corne témoignant qu'elle a annoncé la venue d'une Vierge allaitant son Enfant.

    Elle est coiffée d'un véritable casque d'or qui dénote avec le voile violet qui y est fixé. Les traits de son visage sont virils, surtout en raison de la force du nez. Sa robe blanche est sobre, quoique les manches vertes laissent échapper aux poignets les fronces d'une fine étoffe. Mais cela se complique sous la ceinture, avec un double rang de guirlandes et de glands, de perles, de macarons multicolores et  de parements d'orfroi, toute une quincaillerie bling-bling qui n'est portable que dans cette seule circonstance : un défilé de mode sous les voûtes d'une cathédrale. Elle étudie la position de ses pieds, celui de gauche en avant, celui de droite en retrait, à 90°.

    Son compère en prophétie est Joël, pour le verset  Joël  2, 29 : In diebus illis effundam spiritum meum "En ces jours je répandrai mon esprit". Mais il est absent de la galerie sud.

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    Sibylle Cimmérienne..Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Sibylle Cimmérienne..Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    4°) La Sibylle de Tibur et la Sibylle Delphique.

     

    Inscription :Sibille tiburtine/ Sibille europe (l'inscription ne correspond pas à la sibylle représentée au-dessus).

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La sibylle Tiburtine  porte une main  coupée qui symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion. 

    Elle est coiffée du turban de velours rouge lacé de ruban jaune d'or, et d'où s'échappent des mèches blondes,  elle tourne son beau visage vers sa voisine, elle a noué autour de sa robe verte une ceinture dorée, et posé sur ses épaules un manteau rouge : elle a fière allure.

    Son prophète ? C'est Michée, que vous trouverez sous le nom de Micheas dans la galerie sud. 

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    - Ce n'est pas la sibylle Europe, mais bien la  Delphique qui, dans la tradition institué par Barbieri et surtout par les Heures de Louis de Laval, porte  la couronne d'épines. Mais tout est possible ! L'artiste lui a confié en outre les trois clous, autre Arma Christi ou instrument de la Passion du Christ . La Sibylle de Delphes avait prophétisé « un Dieu viendra pour mourir et il sera plus grand que les immortels ».

    Elle porte sur sa tête brunie un champignon vert à faveur rouge. Une robe parme, recouverte d'une robe dorée damassée à motif de rinceau. Une ceinture rouge ^nouée à la diable semble s'échapper.

    Elle va de pair avec le prophète Jérémie, déjà attribué pourtant à la Lybique. Mais ce n'est pas pour le même verset (j'allais écrire "pour la même danse") : il s'agit ici de Jérémie  31:21 : Revertere virgo Israhel revertere ad civitates tuas istas "Reviens, vierge d'Israël, Reviens dans ces villes qui sont à toi!"

    [Europe sort, elle, avec Zacharias, qui est bien présent parmi les dix prophètes de la Galerie, en antépénultième position.

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    5°) La Sibylle Agrippa et la Sibylle de Phrygie.

    Inscription : Sibille frigee / aome-nesp ---ci. (??)

     

     

     

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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     Au dessus de l'inscription Sibille frigée se voit une femme tenant dans ses bras une colonne. Elle nous fait face, avec ses cheveux blonds rassemblés sous un bourrelet vert très simple, son justaucorps vert laissant libre les manches rouges et jaunes, et les jupes superposées vert d'au et rouge. Je l'ai d'abord identifié comme la sibylle Agrippa, car celle-ci est associé à la scène de flagellation (attribut : le fouet), et qu'il s'agit très vraisemblablement ici de la colonne de flagellation, nouvel Arma Christi. Mais depuis que j'ai découvert sur les stalles de Saint-Étienne de Beauvais cette sibylle tenant la colonne à coté d'une authentique Agrippa tenant le fouet , je ne sais plus.

     

     

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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     On reconnaît ici la sibylle Phrygienne, portant l'étendard du Christ Ressuscité  : car c'est son attribut attitré. Pourtant, l'inscription sibille frigée est placé sous sa voisine. On imagine qu'il y a eu une belle salade lors de différentes restaurations plus ou moins qualifiées.

    Elle est tournée vers sa voisine ; elle est coiffé d'un diadème compliqué d'une couronne. Robe mauve très pale, manteau vieux rose pale, 

     

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    CONCLUSION.

    L'étude des inscriptions, des attributs et des détails vestimentaires ne permet pas de proposer une interprétation particulière. Les attributs indiquent que les  artistes connaissent les travaux de leurs collègues (Jean Colombe pour les Heures de Louis de Laval), mais le nombre de dix, plutôt que douze, l'ordre de succession des sibylles, la non concordance entre les noms et les attributs ne permettent pas d'établir des liens avec les sibylles d'Amiens, d'Étampes, de Brennilis, par exemple.

     

     

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    SOURCES ET LIENS.

    1. Sur les Sibylles de la cathédrale de Beauvais.

    — Laissez-vous conter la cathédrale de Beauvais : http://www.beauvais-cathedrale.fr/docs/vpah-cathedrale.pdf

    —​​​​​​Les vitraux de la cathédrale :

     http://www.cathedrale-beauvais.fr/nouveausite/cathedrale/vitraux/vitraux.html

    Patrimoine-histoire.fr : 

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Beauvais/Beauvais-Saint-Pierre.htm

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Beauvais/Beauvais-eStPierre_v15.htm

    — DESJARDINS (Gustave 1865 Histoire de la cathédrale de Beauvais en ligne

     

    —  PICARDIE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Verrière figurée : Jugement dernier, les Sibylles, les Vierges sages et les Vierges folles (baie 323)

     

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-figuree-jugement-dernier-les-sibylles-les-vierges-sages-et-les-vierges-folles-baie-323/cb5f6d58-96c2-417a-b1b0-3baade3b9bf8

    — GUILHERMY (Baron dee) BnF. NAF 6096. Papiers archéologiques du baron De Guilhermy. fol. 154

    — BM Beauvais. Collection Bucquet-Aux Cousteaux, tome 26. p. 519

    — BM Beauvais. Collection Bucquet-Aux Cousteaux, tome 28. p. 313

     

    — BARRAUD, Pierre-Constant (Abbé), 1850. Description des vitraux des deux grandes rosaces de la cathédrale de Beauvais (XVIème siècle). Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Beauvais : A. Desjardins, 1850, tome I. p. 225-246

    —  BONNET-LABORDERIE, Philippe. La Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. La Mie-au-Roy : GEMOB, 1978 (Histoire et architecture). p. 186 et 191

    — FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978. p. 181

    — DESJARDINS, Gustave. Histoire de la cathédrale de Beauvais. Beauvais : Victor Pineau, 1865.

    — LEBLOND, Victor. L'art et les artistes en Ile-de-France au XVIe siècle (Beauvais et Beauvaisis) d'après les minutes notariales. Paris : E. Champion, 1921. p. 30

    — LEBLOND, Victor. La Cathédrale de Beauvais. Paris : Henri Laurens, 1926 (Petites monographies des Grands Edifices). p. 70-71

    — PICARDIE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, architecture, mobilier et trésor. Réd. Judith Förstel, Aline Magnien, Florian Meunier et al. ; photogr. Laurent Jumel, Thierry Lefébure, Irwin Leullier. Amiens : AGIR-Pic, 2000 (Images du Patrimoine, 194). p. 56

    — PICARDIE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais,

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/la-cathedrale-saint-pierre/5cff9dd6-30a7-4d39-b709-5ddb6b03f1dd

    — WOILLEZ, Emmanuel. Description de la cathédrale de Beauvais, accompagnée du plan, des vues et des détails remarquables du monument et précédée d'un résumé des principaux évènements qui s'y rattachent. Paris : Derache, Beauvais : Caux-Porquier, 1838. p. 14

    Sur les Sibylles en général.

     

     

     

     

    Dans les vitraux :

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

    Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

    Article de Wikipédia

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

    https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

    ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

    https://peme.revues.org/85

    BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531

    — BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

    https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

    http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

    — BURON (Emmanuel), 2004, Oracles humanistes et rumeurs de la cour : Sibyllarum duodecim oracula de Jean Rabel, Jean Dorat et Claude Binet (1586) in La Sibylle. Parole et représentation sous la direction de Monique Bouquet et Françoise Morzadec. Presses Universitaires de Rennes p. 241-254.

     —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

    http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

    CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

    CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueuses

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

    — DIURNAL DE RENÉ II DE LORRAINE , 1492-1493,  diurnale ad usum ecclesiae romanae diurnal de rené 2 de lorraine Bnf Latin 10491. Nancy. Artiste Georges Trubert. http://nossl.demo.logilab.fr/biblissima/id/Illumination/Mandragore/69433

    EL ENIGMA DE LA SIBILA

    https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

    GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

     http://mefrm.revues.org/1527 

    HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

     — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

    — JOURDAIN & DUVAL, 1845, -"Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens", Mémoire de la Société des Antiquaires de Picardie Tome VIII pages 275-302 :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4083456/f273.image

     

     

    KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

    (un dossier iconographique sur les Sibylles)

    http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

     —LAMBERT (Gisèle), Les premières gravures italiennes =  Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles .

    http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

    LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

    https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

    MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

    MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

    MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

    https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

    PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

     http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

    https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

    RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

    ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

    http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

    ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

     http://rhr.revues.org/5265

     — Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

    TASSERIE (Guillaume), 1499  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424472s

    Le Triomphe des Normans traictant de la Immaculée Conception Nostre Dame est un mystère qui fut joué en 1499. Une seule copie de ce texte nous est parvenue, dans un manuscrit ayant appartenu jadis au Duc de la Vallière. La mise en ligne et la mise en page ont été assurées par Denis Hüe à l’Université Rennes

    2http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/triomphe/triomphe.html

     

    —BERTAUD (Jean) , 1529, Encomium trium Mariarum cum earundem cultus defensione aduersus Lutheranos [et alia opera : Sequitur Officium trium filiarum beatae Annae et ♦ De cognatione sacerrimi Ioannis Baptistae cum filiabus et nepotibus beatae Annae Libri tres ♦ expurgati et emuncti]

     

     

    Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

    https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

     

    Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

    https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

     

     

     


     

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    Published by jean-yves cordier - dans Beauvais Vitraux Sibylles
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    17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 07:50

    Le vitrail de l'Arbre aux Sibylles de la Collégiale Notre-Dame-du-Fort à Étampes. Vers 1555. 

    Voir aussi : 

    Les douze Sibylles de Brennilis étudiées à la lumière des Heures de Louis de Laval.

     

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    L'un de mes buts est de fournir une documentation en ligne en matière d'iconographie. Pour ce vitrail d'Étampes, le travail a déjà été supérieurement réalisé, disponible sur Commons Wikipédia. Mon autre but est d'y associer un texte d'analyse. Cette étude a été rédigée par Eugène Lefèbre-Pontalis en 1911. Néanmoins, les inscriptions latines ne sont pas disponibles en ligne, notamment parce qu'elles sont signalées comme étant issues des Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini  (1481) de Filippo Barbieri, ce qui est partiellement exact.

    J'ai tenté ici d'y ajouter malgré tout mon grain de sel.

    L'ARBRE AUX SIBYLLES D'ÉTAMPES (vers 1555).

    C'est un arbre en tout point comparable aux Arbres de Jessé, qui ont à l'évidence inspirés la conception de ce vitrail. Douze Sibylles, prophétesses de l'Antiquité, sont assises sur ses branches, tenant chacune un cartouche portant le texte latin de leur prophétie. De l'autre main, certaines tiennent un rouleau de papier, d'autres lèvent un index oraculaire et désignent le tympan. Dans celui-ci se trouve, au dessus du roi David et du prophète Isaïe, la Vierge tenant son Fils. En effet, depuis le XIIe siècle, les chrétiens ont estimé que les Sibylles avaient annoncé la venue du Christ comme Fils de Dieu et Sauveur par la Croix. A la fin du XVe siècle en Italie, c'est le rôle de la Vierge comme mère, et comme Nouvelle Ève indemne du Péché, qui a été mis en avant.

    1. L'Arbre de Jessé.

    Dans la démarche théologique consistant à démontrer que les vérités tirées des Évangiles se retrouvent  sous forme de prémonition dans le passé, l'Arbre de Jessé servait de support visuel spectaculaire pour montrer que la Vierge et son Fils réalisait (on dit "accomplissait") la prophétie d'Isaïe 7:14 "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.". Si on l'associait à  la prophétie du même Isaïe 11:1  "Un rameau poussera sur le tronc de Jessé, un rejeton naîtra de ses racines, et portera du fruit", cela permettait de développer l'idée que Jessé était à l'origine d'un arbre (assimilé à un arbre généalogique), et que le "rejeton" était la jeune vierge, et que son fils Emmanuel était le "fruit" de l'arbre de Jessé. Si on ajoute à cela que les descendants de Jessé ne sont autres que les rois de Juda, une dynastie débutant par David, on dresse un arbre enraciné dans la poitrine (ou le bassin) de Jessé, portant sur chaque branche l'un des 12 rois de Juda, et s'achevant par La Vierge et par son Fils, le Christ. 

    Il ne reste plus qu'à rapprocher cela des généalogies de Jésus énoncées dans les évangiles de Matthieu et de Luc, et témoignant des ascendances royales du Christ pour que le motif iconographique de l'Arbre de Jessé soit un condensé lapidaire d'une méditation théologique extrêmement riche. Initialement centré sur le Christ (au XIIe siècle à saint-Denis ou à Chartres), le thème va ensuite honorer Marie dans sa maternité, dans sa virginité, et dans sa nature royale.

    N;b. la valeur des prophéties d'Isaïe envers la virginité de Marie s'apprécie mieux à travers le texte latin : Is.7:14  propter hoc dabit Dominus ipse vobis signum ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitis nomen eius Emmanuhel et Is 11:1: et egredietur virga de radice Iesse et flos de radice eius ascendet (avec le jeu sur virga / virgo, "rejeton" et "vierge").

    Dans ce contexte, c'est tout naturellement David et Isaïe que nous retrouvons dans le tympan du vitrail d'Étapes. David tient le cartouche où est cité le psaume 110 Tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech "Tu es sacrificateur pour toujours à la manière de Melchisédek", qui rend honneur à la fonction sacerdotale du Christ (ses trois fonctions sont : sacerdotale; royale ; et prophétique). Isaïe tient le verset 11:1   egredietur virga de radice Iesse qui rend honneur à sa fonction royale car il est "de la maison de David" fils de Jessé. 


     

     2. Des 12 prophètes bibliques  aux Sibylles.

    Le théologien ou le clerc qui a conçu l'Arbre aux Sibylles d'Étampes a remplacé les douze rois de Juda par les 12 Sibylles, sans s'embarrasser du fait que la cohérence généalogique de l'image de l'arbre n'était plus respectée pour ces prophétesses d'époques, de pays et de continents différents, et en l'absence d'un ancêtre enracinant. L'essentiel était de récupérer la signification typologique de l'Arbre de Jessé (la Vierge donnant un Fils Sauveur a été annoncée au peuple hébreu par Isaïe) et de l'appliquer aux vaticinations énoncées pendant l'Antiquité : la Vierge donnant un Fils Sauveur a été annoncée aux nations païennes par les Sibylles. Le nombre de ces dames avait précisément été porté de 10 à 12 par Filippo Barbieri dans un livre imprimé en 1481 afin, notamment, de se calquer non seulement sur les 12 apôtres et les 12 articles du Credo, mais aussi sur les 12 rois de Juda, et sur les 12 prophètes qui les accompagnaient sur le coté des Arbres de Jessé (Saint-Denis, Chartres, etc..). Mais Barbieri avait aussi attribué aux prophétesses des oracles bien différents de ceux qui avaient été diffusés par Lactance, et les nouvelles proclamations étaient beaucoup plus centrées sur  le rôle de la Vierge. 

    Or, ce sont les textes de Barbieri qui sont placés ici entre les mains des Sibylles. 

    Un grand absent.

    Néanmoins, la perte du registre inférieur (détruit avant le XIXe siècle) ne permet pas de connaître complètement la pensée théologique qui est exposée ici. Il existait dans ce registre, non pas seulement peut-être des donateurs agenouillés et leur blasons, comme le suggère Lefèvre-Pontalis, mais aussi certainement le tronc initial de l'arbre, et, selon toute vraisemblance, un personnage tutélaire, transposition de Jessé dans cette nouvelle réflexion typologique. Il est vain de vouloir imaginer l'identité de cet ancêtre attribué aux Sibylles, et pourtant en l'absence de cette clef, tout le sens du vitrail nous échappe. Était-ce une grande figure de la philosophie antique, comme Platon et Aristote dans l'École d'Athènes (1508) de Raphaël ?  Une femme ? Une Allégorie ?

    Des précédents.

    1) Dans le Psautier d'Ingeburge de Danemark, reine de France (1176-1236), manuscrit conservé au Musée Condé de Chantilly et réalisé au début du XIIIe siècle, le folio 4verso représente un arbre de Jessé dans lequel, parmi les prophètes des secteurs latéraux se trouve une femme tenant elle aussi la banderole de sa prophétie. Je ne la déchiffre pas mais je découpe dans mes lectures cette information : "La Sibylle est généralement accompagnée d'un vers des oracles sibyllins. Le texte du psautier d'ingeburge ne correspond pas au texte donné par Eusèbe de Césarée (P.L., VIII, col. 450 à 454) mais à celui d'Augustin De civitate Dei (éd. «Bibliothèque augustinienne », n° 36, 1960,  "

    image Wikipédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:MuseeConde.jpg?uselang=fr

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    2) L'arbre de Jessé de la cathédrale de Soissons (baie 100, réalisée vers 1212) comportait deux Sibylles à coté des Prophètes Isaïe, Daniel, Michée, Ézéchiel, Jérémie et Osias.

    http://www.lavieb-aile.com/article-le-vitrail-de-l-arbre-de-jesse-de-la-cathedrale-de-soissons-124006261.html

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-figuree-maitresse-vitre-verriere-royale-l-arbre-de-jesse-baie-100/fae6dd56-8636-433f-842a-8ebeba8a9fcc

    3)  L'arbre de Jessé du folio 11 du ms 340 de la Bibliothèque de Douai, 12e siècle : De Laudibus sanctae Crucis, Hrabanus Maurus, (Raban Maur, 780-856), origine : Abbaye bénédictine Saint-Sauveur d'Anchin . Une sibylle (inscription SIBILLA dans le phylactère) figure parmi les 8 personnages latéraux avec 7 prophètes.
    Voir : http://initiale.irht.cnrs.fr/ouvrages/ouvrages.php?imageInd=9

     

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    VUE GÉNÉRALE.


     

    Cet objet mobilier est classé monument historique dans la base Palissy, base de données sur le patrimoine mobilier français du ministère français de la Culture, sous la référence IM91000245.

     La fenêtre du chœur, côté Nord, est séparée en trois lancettes cintrées par deux meneaux. Chaque lancette est divisée par des barlotières en cinq panneaux.  Les sibylles sont disposées comme les rois d'un arbre de Jessé, sur fond bleu ; chacune d'elle porte un cartouche rectangulaire où est inscrite son nom et sa propriété. Un registre inférieur dépourvu de figures est consacré au tronc et à la première division de l'arbre, sur fond de paysage. Ce registre date de la restauration menée en 1873 par les soins de M. l’abbé Delanoue, curé de Notre-Dame qui restaura la sacristie à la même époque.  Des restaurations ultérieures ont eu lieu en 1941, 1945, 1950 et 1959.

    Les calvinistes auraient saccagé en 1562 la plupart des vitraux de la ville, et donc peut-être la partie basse de celui-ci.

    Le  nom du maître-verrier auteur de ce vitrail est ignoré, de même que celui du commanditaire. Un vitrail voisin comporte deux vitraux d'époques différente : le vitrail du Baptême du Christ probablement été offert par maître Jean Hué, mort en 1488 ou 1489. Et  l'Adoration des bergers,  datable de 1571 grâce à une inscription.

    La commande a dû relever des attributions du chapitre des chanoines de la Collégiale.

    Selon l'auteur de l'article Wikipédia, "des liens de parenté avec des vitraux semblables de la cathédrale Saint-Étienne de Sens et de l'église de Fleurigny ne peuvent pas être exclus." La cathédrale de Sens contient un vitrail représentant La Sibylle de Tibur montrant à l'empereur Auguste la Vierge à l'Enfant dans la chapelle fondée par le chanoine Nicolas Fritard vers 1550 et qui fut consacrée ne 1560. Il est attribué à Jean Cousin l'aîné. Au même Jean Cousin est attribué, avec plus de certitude, le vitrail de la Sibylle de Tibur de la chapelle du château de Fleurigny, avec une datation vers1532 (Françoise Gatouillat). 

    Mais on n'oubliera pas de rapprocher ces 12 sibylles à celles de la galerie de la rose de la cathédrale de Beauvais (baie 323) réalisées par Jean Le Prince  et Nicolas Le Prince en  1538. Les dix Sibylles garnissant les lancettes sous la rose y reprennent l'iconographie des vantaux du portail nord.

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    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    I. LE TYMPAN.

    Je débute par lui puisque c'est lui qui donne son sens au rassemblement des Sibylles mis en parallèle avec la prophétie d'Isaïe Egredietur... . (cf. supra).

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    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:%C3%89tampes_Notre-Dame-du-Fort_Sibyllen_792.JPG

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:%C3%89tampes_Notre-Dame-du-Fort_Sibyllen_792.JPG

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    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    Le roi David.

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    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    LES TROIS LANCETTES.

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    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    Le registre inférieur.

    Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

     

    Il s'agit d'une composition décorative datant d'une restauration ( 1873 ?) dans laquelle le tronc de l'arbre (une vigne ?) et ses premières divisions s'épaulent à une balustrade. Derrière les montants se développe en arrière plan un paysage en grisaille, avec des montagnes, des châteaux-forts et des bourgs.


     

     

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    Registre inférieur du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Registre inférieur du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    Le deuxième registre .

    Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

    L'arbre possède des feuilles dissemblables évoquant parfois celles d'un figuier, parfois celles d'une vigne, ou encore d'un érable.

    On y trouve trois Sibylles : Phrygia, Erythrea et Europa.

     

     

    Deuxième registre du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Deuxième registre du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.


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    1. Phrygia, la Sibylle phrygienne.

    Commons Wikipédia

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    a) Cartouche : 

    PHRYGIA. 

    Invisibile verbum palpabitur et nascetur ex virgine ut deus 

     "On touchera le Verbe invisible de Dieu, et il naîtra d'une Vierge en tant que Dieu."

     

    Cette vaticination (prophétie, du latin vaticinari "action de prédire l'avenir")  provient de l'ouvrage de Filippo Barbieri, mais était alors attribuée à la sibylle Agrippa. D'autre part, elle n'en est qu'un fragment, et le terme "virgine" remplace celui de "matre" :

    Texte de Barbieri :

     Invisibile verbum, palpabitur et germinabit ut radix et siccabitur ut folium et non apparebit venustas ejus et circumdabit eum alvus maternus et flebit Deus letitia sempiterna et ab hominibus conculcabitur et nascetur ex matre ut Deus et conversabitur ut peccator.

    b) la Sibylle de Phrygie.

    Très belle coiffure à chignon et à tresses enlacées par un ruban jaune, lequel retient un foulard blanc à rayures jaunes qui revient sur l'épaule gauche. Sur une chemise plissée à encolure ras du cou, la robe bleue  à décolleté carré laisse les bras nus. L'emmanchure est resserrée au dessus des manches de la chemise par quelques tours croisés d'une bande blanche et or. Une chaîne servant de collier retient un pendentif d'or. La ceinture bleue maintient un tablier plissé jaune à galon blanc. Elle tient une feuille roulée de la main droite, et lève l'index gauche dans un geste d'énonciation.

     

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      Phrygia, la Sibylle phrygienne, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Phrygia, la Sibylle phrygienne, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      2. Erythrea, la sibylle Érythréenne.

      Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) Cartouche :

      Jesus christus filius dei salvator et coelo rex adveniet per secula futura, sanctus in carne presens, ut judicet orbem.

      "Jésus-Christ, fils de Dieu et sauveur, viendra comme roi du ciel dans la suite des siècles ; plein de sainteté et en chair, il viendra juger le monde."


       

      Source selon Lefèbre-Pontalis : "Stalles de la cathédrale d'Ulm d'après saint Augustin. On y lit Ex coelo rex adveniet."

      Mais aussi : Sermon apocryphe  d'un Bréviaire à l'usage du diocèse d'Arles, XIIe siècle

      Joachim Du Bellay dit, au seizième siècle, dans sa Défense et Illustration de la langue françoise, dédiée au roi Charles IX :

      « Quant à la disposition des lettres capitales, Eusèbe, au livre de Ia préparation évangélique, dit que la sibylle Érithrée avoit prophétizé de Jésus Christ, préposant à chacun de ses vers certaines lettres qui déclaroient le dernier advénement de Christ. Lesdites lettres portoient ces mots : Jésus, Christus, servator, crux. Les vers furent translatez par sainct Augustin (et c'est ce qu'on nomme les XV signes du jugement), lesquels se chantent encore en quelques lieux. « (OEuvres françaises de Joachim Du Bellay..., à Paris, de l'imprimerie de Fred. Morel, MDLXXlIII,fol. 29, verso. — Déf. et Ulustr., livr, II, chap. 8.)

      Augustin a en effet emprunté ces vers à Eusèbe, le sermon apocryphe les a empruntés à saint Augustin, et le moyen âge les empruntait d'ordinaire au sermon apocryphe.

      Robert Favreau, Sources des inscriptions médiévales  Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  Année 2009  Volume 153  Numéro 4  pp. 1277-1330

      "Les Oracles sibyllins fournissent un autre exemple de réemploi d’une œuvre de l’Antiquité sous une forme chrétienne. Le Judicii signum tellus sudore madescet, « Signe du jugement la terre s’imprègne de sueur » est prononcé par la sibylle qui annonce l’agonie du Christ au jardin des Oliviers. On a Judicii signum à la cathédrale de Sessa Aurunca en Italie du Sud au XIIIe siècle20. Le vers qui suit, e caelo rex adveniet per secla futurus, est en l’église de la Nativité à Bethléem, au portail nord de la façade de la cathédrale de Laon, et dans les peintures murales des Salles-Lavauguyon. Ce sont les deux premiers vers d’un ensemble de vingt-sept vers, que saint Augustin donne dans la Cité de Dieu (l. XVIII, ch. 23) et que son contemporain Quodvultdeus, évêque de Carthage cite dans son Sermon contre les juifs. Les deuxième, troisième, quatrième et vingt-sixième de ces vingt-sept vers sont inscrits au pignon de la châsse de San Millán de la Cogolla."

      b) La Sibylle d'Érythrée.

      Elle porte un voile sur la tête, un rouleau de parchemin dans la main, et est chaussée de sandales (seules Cymeria et Aegetina sont pieds-nus). Sa robe bleue et or est  ornée d'un motif géométrique à entrelacs de quatre-feuille. Ce motif  est appliqué au pochoir de manière mécanique sans s'ajuster aux effets de volume imposés par les plis, ce qui donne l'effet désagréable de collage de verre pré-imprimé.

       On remarquera la façon dont la partie du visage placé à l'ombre est traitée, comme la paupière droite et d'autres reliefs, par rehaut de jaune d'argent, ou plutôt de Jean Cousin.

       

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      Sibylle Erythrea, Collégiale d'Étampes, photographie lavieb-aile

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      3. Europa, la sibylle Europe.

      Voir aussi Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) le cartouche dit :

      Veniet ille, regnabit in paupertate et dominabitur in silentio.

      "Il viendra, il régnera dans la pauvreté et dominera dans le silence." 

      Source : Filippo Barbieri dont le texte complet dit : Veniet ille et transibit montes et colles et latices sylvarum Olympi ; regnabit in paupertate et dominabitur in silentio et egredietur de utero virginis.

      b) la sibylle.

      Tête baissée, main droite sur la poitrine, elle est coiffée d'un foulard retenu par un serre-tête perlé. Tunique rouge à manche violette et à bracelets de bras. La robe en verre blanc porte des motifs de brocard au jaune d'argent. Comme pour Erythrea, ces motifs sont appliqués au pochoir de manière mécanique sans s'ajuster aux effets de volume imposés par les plis.


       

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      Troisième registre.

      On y trouve les Sibylles Cymeria, Aegetina et Samia.


       

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      4. Cymeria, la sibylle Cimmérienne.

      Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

       

      a) Le cartouche.

      Nascetur de paupercula et bestye terrarunt et adorabunt eum

      "Il naîtra d'une pauvresse et les animaux l'adoreront."

      Source : fragment du texte attribué par Filippo Barbieri à la Sibylle de Samos :  Ecce veniet dies et nascetur de paupercula et bestiae terrarum adorabunt eum et dicent «laudate eum in atriis cœlorum .

      b) La Sibylle Cimmérienne.

      Elle lève l'index droit et abaisse l'index gauche en une gestuelle oraculaire. Cheveux frisés retenus par un foulard et un fin serre-tête. Collier et bracelets de bras. Tunique blanche, ceinture rouge. Robe en verre blanc et jaune d'argent qui reprend le motif stéréotypé de l'Erythrea. Pieds nus.

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      5. Oegetina (sic) , la Sibylle Egéenne ou Hellespontique

      Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) Le cartouche.

      Nascetur Deus ... diebus novissimis de virgine hebrea

       "Dans ces derniers temps un Dieu naîtra d'une vierge, juive."

      Source : Filippo Barbieri, fragment de l'Hellespontique De excelsis cœlorum habitaculo prospexit Deus humiles suos. Et nascetur in diebus novissimis de virgine hebraea in cunabulis terrae.

      b) La Sibylle.

      Foulard noué sur des cheveux courts, une perle est pendu au nœud. Robe verte, tunique blanche, ceinture violette, jupe grise à rayures blanches. Pieds nus.

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      Sibylle Oegetina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Oegetina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      6. Samia, La Sibylle de Samos.

      a) Le cartouche

      In ultima aetate humanabitur Deus et erit salus gentium.

      "Dans ce dernier âge, Dieu se fera homme et sera le salut des nations".

      Source : Les textes de Filippo Barbieri, mais la première partie est mise dans la bouche d'Erythrea (In ultima autem aetate humiliabitur Deus et humanabitur proles divina, jungetur humanitati divinitas. Jacebit in feno agnus et officio puellari educabitur Deus et homo. Signa praecedent apud Apellas. Mulier vetustissima puerum praemium corripiet. Boetes orbis mirabitur, ducatum prœstabit ad ortum) ...et la seconde de Persica (Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe terrarum, et gremium virginis erit salus gentium et pedes ejus erunt in valitudine hominum).

       

      b) La Sibylle.

      Cheveux noués par un foulard. Collier, bracelets et ceinture en or. Tunique vieux-rose, robe violette, manteau au motif stéréotypé à entrelacs de quadrilobes. Index prophétique.

       

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      Sibylle Samia, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Samia, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      Quatrième registre.

      On y trouve les Sibylles Delphica, Lybica, et  Persica.

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      7. Delphica, la sibylle de Delphes.

      Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012a.

      ) Le cartouche.

      Jacebit in feno agnus et puellari officio educabitur Deus et homo

      "Il reposera sur la paille comme un agneau ; Dieu et homme, il sera élevé par les soins d'une vierge."

      Source : Fragment des paroles attribuées par Barbieri à Erythrea (Jacebit in feno agnus et officio puellari educabitur Deus et homo. Signa praecedent apud Apellas. Mulier vetustissima puerum praemium corripiet. Boetes orbis mirabitur, ducatum prœstabit ad ortum.), avec un mot changé de place.  

      Barbieri: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f15.item

      b) La Sibylle de Delphes.

      Ses cheveux sont rassemblés par un foulard tressé et formant une natte. Sa robe bleue à revers or, son châle et son manteau blancs sont  unis. 

      Le gros plan sur le visage permet de remarquer, là encore, des rehauts brun-doré pour la partie ombrée du visage. Peut-on parler de "Jean Cousin" ? De "sanguine" ?

      "Le « Jean Cousin » désigne aujourd'hui les produits utilisés depuis le début du XVIème siècle pour colorer les carnations."  Couleur de cémentation qui varie du rosé au brun chaud selon la dilution appliquée. Elle est obtenue à partir de dérivés du fer. On l'utilise pour les carnations des visages ou pour la teinte des chevelures. Son aspect est mat et translucide. D'après Nicole Blondel, le « Jean Cousin » serait une couleur de cémentation variant du rosé au brun chaud, obtenue à partir de dérivés du fer (sulfate et peroxyde)."
      "La sanguine est le composant principal des produits de carnation, ceux-ci sont obtenus à partir de sa décantation. Elle est composée d'hématite (Fe2 O3 ), oxyde ferrique naturel produisant une couleur rouge s'il est broyé en grains très fins et une couleur brune s'il est utilisé en grains plus gros. En utilisant l'hématite en couche très fine on obtient la possibilité de colorer en ton chair et de façon translucide un verre incolore."

      http://www.infovitrail.com/index.php/fr/la-sanguine-le-rouge-jean-cousin-ou-la-carnation?showall=&start=1



       

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.


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      8. Lybica, la sibylle Lybique.

       

      a) Le cartouche :

      In paupertate egredietur de utero virginis et in perpetuum regnabit.

      "Dans la pauvreté il sortira du sein d'une vierge, et son règne n'aura pas de fin."

      Source : fragments de l'Europa de Barbieri, (Veniet ille et transibit montes et colles et latices sylvarum Olympi ; regnabit in paupertate et dominabitur in silentio et egredietur de utero virginis ) dont les mots ont été placés dans un sens différent et auxquels on a ajouté in perpetuum

      Voir aussi la sentence de la Lybica de Barbieri, contenant les mots regnabit et uterus matris.

      Barbieri : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f14.item

      b) La Sibylle de Lybie.

      Coiffure blonde et bouclée rassemblée par une étoffe blanche rayée de jaune ; robe bleue à manches courtes, manteau rouge ourlé d'or, chaussures hautes. Tient un rouleau de parchemin dans la main gauche.

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      9. Persica, La Sibylle Persique.

      Voir : Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) Le cartouche : 

      Ascendet puella puerum nutriens dans ei lac proprium.

      "Une vierge naîtra qui nourrira son enfant de son propre lait."

      Source : fragment de la Cimmérienne de Barbieri : ..prima facie virginis scendet puella pulchra facie,prolixa capillis, sedens super sedem stratam [nutrit puerum] , dans ei ad comedendum vis proprium, id est lac de cœlo missum.

      Barbieri : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f13.item

      b) La Sibylle de Perse.

      Chevelure blonde (jaune d'argent) retenue par un serre-tête et une natte circulaire. Robe jaune damassée en pomme de pin, motif centré par quatre losanges peints à l'émail bleu. Plaque pectorale à tête de putti, d'où part une languette qui s'insère dans la ceinture.


       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      Cinquième et dernier registre.

      On y trouve les Sibylles Agripa, Cumoea, et  Tiburtina.

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      10. Agripa, la Sibylle Agrippa.

      a) Le cartouche:

      Nascetur propheta magnus ex virgine absque maris coitu.

      "Un grand prophète naîtra d'une vierge".

      Source : Sentence de Filippo Barbieri pour la Delphique, modifiée et intervertie ( le texte de Barbieri est Nascetur propheta absque matris coitu ex virgin ejus )

      b) La Sibylle Agrippa (Aegypta).

      Coiffure complexe où les cheveux sont couverts d'un voile et resserrés par un ruban en plusieurs masses. Le voile retombe sur les épaules. Beau visage inspiré aux lèvres entrouvertes. La main droite est posée sur le cartouche, l'autre tient un codex. Tunique jaune d'or , frangée ;  manches vertes ; jupe violette.   


       


       

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      11. Cumoea, la sibylle de Cumes.

      a) Le cartouche :

      Dabunt Deo alapas manibus iniquis, Ora conspuent immundorum labiis.

      "Ils donneront des soufflets à Dieu, de leurs mains criminelles ; leurs lèvres impures le couvriront de crachats."

      source : inspiré de Lactance, dans une prophétie sibylline  relative à la Passion. Lactance dit : in manus iniquas infidelium postea veniet ; dabunt deo alapas manibus incestis et impurato ore exspuent venenatos sputus". Lactance reprend les termes de la Cité de Dieu Civitates Dei Livre 18 chap. 23 de Saint Augustin.


       

      b) La Sibylle de Cumes.

      Elle est représentée de dos, le visage tournée vers sa gauche. Elle porte un serre-tête orné d'un bijou. La robe jaune d'or est ornée de motifs répétitifs en cercle où s'inscrivent cinq lobes. Ses mains montrent qu'elle est en train de s'exprimer.

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      Sibylle Cumea, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      Sibylle Cumea, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Cumea, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      12. Tiburtina, la sibylle de Tibur.

      a) Le cartouche :

      Hic vere magnus est, ipsum adora

      "Celui-ci est vraiment grand, adorez-le."

      Lefèbre-Pontalis signale qu'il n'a pas retrouvé la source de cette sentence dans le travail , qui fait référence, d'Émile Mâle. Mais elle provient de la légende de l'Arca Cœli, diffusée dans toute l'Europe au XIIe siècle par la Légende Dorée au chapitre VI, De Nativitate Domini Nostri Jesu Christi.  Hic puer major te est et ideo ipsum adora. 

      Voici le résumé de cette légende :


       

        "Les sénateurs, remarquant la beauté surhumaine d'Auguste et l'éclat insoutenable de son regard, et prenant acte de la prospérité et de la paix qu'il faisait régner dans le monde, proposèrent de l'adorer. L'empereur demanda un délai. Il fit venir la Sibylle de Tibur et lui fit part de la motion des sénateurs. Celle-ci jeûna trois jours avant de rendre son oracle sous la forme de la récitation de trente-trois vers acrostiches (d'ordinaire mis dans la bouche de la Sibylle Erythrée). Lues verticalement, les trente-quatre lettres de ces hexamètres grecs donnent : Ίησοϋς χριστός θεοΰ ύιος σωτήρ σταυρός. (Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur (par la) Croix). Alors le ciel s'ouvrit et une théophanie lumineuse apparut au-dessus de l'empereur. Il vit dans le ciel une Vierge très belle, debout sur un autel et tenant un Enfant dans ses bras, cependant qu'une voix prononçait: «Hec ara filii Dei est». Il tomba à genoux et adora la vision. Les sénateurs auxquels il la rapporta s'en émerveillèrent. Elle eut lieu dans la chambre de l'empereur, sur l'emplacement de l'église de Sainte-Marie-au-Capitole que l'on appelle Sainte-Marie-de-l'Ara-Coeli " (Philippe Verdier).

      Émile Mâle s' est longuement intéressé à son iconographie :

      "Le XIIIe siècle connaissait déjà les Sibylles ; Vincent de Beauvais nomme les dix Sibylles cataloguées par Varron ; mais, en France, les artistes n'en représentent qu'une, la Sibylle Erythrée, la terrible prophétesse du jugement dernier.  L'italie honorait une autre Sibylle : la Sibylle de Tibur. C'est qu'elle était mêlée aux légendes qui enveloppent d'un réseau de poésie cette merveilleuse Rome du Moyen Âge. On racontait que l'empereur Auguste, incertain de l'avenir, et voulant savoir qui obtiendrait après lui l'empire, fit venir à Rome la Sibylle de Tibur. La prophétesse consentit à soulever pour lui le voile du temps ; du haut du Capitole, elle lui montra, dans le ciel entr'ouvert, une Vierge tenant un enfant dans ses bras ; en même temps, une voix prononça ces paroles : Haec est ara cœli. L'empereur Auguste, ému de cette vision, fit graver ces mots mystérieux sur un autel dédié au futur maître du monde, et c'est à cet endroit même que s'éleva plus tard l'église de l'Ara cœli . Dès la fin du XIIe siècle l'art italien représenta cette scène , que l'art du Nord ne connut que beaucoup plus tard. La Sibylle de Tibur et la Sibylle Erythrée sont donc les deux Sibylles que les artistes du moyen âge représentèrent d'abord Grâce au Speculum humanae Salvationis qui l'avait adoptée. [la scène entre la Sibylle et Auguste accompagne, dans le Spéculum le miracle de la Verge d'Aaron, et vient immédiatement après le Buisson ardent et la Toison de Gédéon]. Les plus anciennes représentations nous montrent, comme le Spéculum, Auguste seul avec la Sibylle (Très riches Heures de Chantilly ; tableau peint par Jean Van Eyck pour l'église d'Ypres [Triptyque de Saint-Martin d'Ypres, 1440]). Mais avec Rogier Van der Weyden (triptyque de Middlebourg, à Berlin)  la scène s'enrichit tout d'un coup. On voit près d'Auguste trois personages qui sont les témoins du miracle. Quels sont ces personnages ? Il suffit pour le savoir de lire le Mystère de l'incarnation joué à Rouen, ou le Mystère d'Octavien et de la Sibylle. On verra qu'Auguste est accompagné de ses fidèles : sénéchal, prévôt, connétable; on verra aussi qu'au moment où la Vierge portant l'Enfant apparaît dans le ciel, Auguste se découvre, puis qu'il prend un encensoir [Mystère de l' Incarnation] et encense. [...]. Il y avait donc une tradition artistique qui venait du théâtre. Dans notre art français, la vision de l'empereur Auguste se rencontre, assez souvent, au commencement du XVIe siècle. C'est un sujet particulièrement cher aux verriers champenois (Vitrail de Saint-Léger-lèz-Troyes, de Saint-Parres-les-Tertres, d'Ervy, de Saint-Alpin de Châlons, de Sens, du château de Fleurigny). Dans tous ces vitraux l'influence des Mystères est évidente.... Une tapisserie du Musée de Cluny, qui représente la vision d'Auguste, nous montre aussi trois suivantes derrière la Sibylle de Tibur." (É. Mâle, L'Art religieux..., page 255)

       

       

      b) La Sibylle de Tibur.

      Voile sur les cheveux. Robe lie-de-vin, damassée de pampres. Index oraculaire. Jean Cousin sur les lèvres, le cou, l'ombre des yeux et du nez.

       

      Sibylle de Tibur dans le Speculum humanae salvationis Latin 511  folio 9r (Gallica) &  Speculum humanae salvationis Latin 512folio 10r  (Gallica)
      Sibylle de Tibur dans le Speculum humanae salvationis Latin 511  folio 9r (Gallica) &  Speculum humanae salvationis Latin 512folio 10r  (Gallica)

      Sibylle de Tibur dans le Speculum humanae salvationis Latin 511 folio 9r (Gallica) & Speculum humanae salvationis Latin 512folio 10r (Gallica)

      La Sibylle de Tibur dans le Discordantiae de Barbieri (1481). Gallica

      La Sibylle de Tibur dans le Discordantiae de Barbieri (1481). Gallica

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      Sibylle Tiburtina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Tiburtina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      DISCUSSION.

      L'étude des inscriptions ne permet pas de connaître la source d'inspiration du commanditaire, puisque toutes ne proviennent pas des Discordantiae de Filippo Barbieri , et que, pour  celles qui en proviennent , la concordance n'est pas respectée entre l'oracle inscrit, et la Sibylle à qui Barbieri l'a attribué. Le texte de l'oracle n'est pas non plus suivi à la lettre, mais fait l'objet d'inversions ou de changement de mots. L'oracle n'est cité que partiellement, ce qui est compréhensible par manque de place.

      Au total, neuf des douze oracles viennent de Barbieri, un seul de Saint Augustin (via Lactance), et, selon Lefèvre-Pontalis, trois viennent des stalles de la cathédrale d'Ulm.

      Les Sibylles sont représentées l'index levé et tenant un parchemin, comme elles l'étaient avant que Barbieri ne décrivent leur âge, leur allure et leur attribut ; elles ne répondent pas non plus à la systématisation des attributs des Heures de Louis de Laval, qui fera autorité.

      La place donnée à la Sibylle de Tibur, en haut à droite, proche de la Vierge à l'Enfant, est choisie délibérément, mais rien n'indique par ailleurs le statut privilégié qui sera le sien à la cathédrale de Sens, ou sur les autres vitraux consacrés à la légende de l'Arca Cœli.

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      CONCLUSION

      Malgré les incertitudes concernant sa datation, l'identité de son auteur et de son commanditaire ou de ses sources, et enfin du personnage placé à sa base, cette verrière de l'Arbre aux Sibylles de la Collégiale d'Étampes est passionnante car elle représente l'unique exemple de la transposition vers les prophétesses païennes du thème iconographique de l'Arbre de Jessé. De même que ce thème a migré, du XIIe siècle au XVIe siècle, de la Christologie vers la Mariologie, les Sibylles ont connu la même évolution et, depuis la fin du XVe siècle, les auteurs leur ont prêté des oracles annonçant, comme la Tiburtine devant l'empereur Auguste, l'avènement d'une Vierge, la naissance d'un Fils . C'est ici le cas de Phrygia (nascetur ex virgine), de Cymeria (nascetur de paupercula), de Oegetina ou Hellespontique (nascetur deus...de virgine hebraea), de Samia (humanabitur Deus), de Delphica (puellari officio educabitur), de Lybica (egredietur de utero virginis) , de Persica (ascendet puella puerum nutriens), et d'Agripa (Nascetur propheta magnus ex virgine absque maris coitu), avec cette répétition des mots nascetur (il naîtra), virgine (vierge), ou puella  (jeune fille) qui témoigne de l'importance prise par les notions de virginité, de maternité et de naissance, et donc du rôle de Marie dans l'Incarnation et dans le plan du Salut.

       

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      Le vitrail photographié en 1910 in Revue de l'art chrétien p. 261 https://archive.org/stream/revuedelartchr60lilluoft#page/260/mode/2up

      Le vitrail photographié en 1910 in Revue de l'art chrétien p. 261 https://archive.org/stream/revuedelartchr60lilluoft#page/260/mode/2up

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      ANNEXES 
       

      Description du vitrail par Eugène Lefèvre-Pontalis, 1910.

       

      "Ia verrière occupe une grande fenêtre romane, dans un des bas-cotés du chœur, au nord-est de l'église. C'est l'œuvre d'un artiste d'un réel talent. Les visages des prophétesses sont d'un style très noble ; quelques-uns sont d'un grand charme, surtout celui de la sibylle Hellespontique qui est au centre de la composition. Les pieds nus ont été traités avec soin et les mains sont en général d'une exécution parfaite : plusieurs , malheureusement, ont souffert des injures du temps. On remarque beaucoup de grâce et de variétés dans les attitudes, ainsi qu'une étonnante diversité dans les coiffures, dans es bijoux, dans les costumes , dans les tissus et les broderies. Plusieurs robes sont en étoffes de brocart dont les dessins sont très remarquables. Dans son ensemble, l'œuvre est à la fois élégante et riche. On peut ajouter que cette verrière est assez bien conservée. Elle fut entièrement réparée, en 1873, mais nous pensons que cette restauration a été assez discrète et qu'on s'est contenté de faire le strict nécessaire. Si plusieurs robes de sibylles ont des teintes assez douteuses, et nous donnent à croire qu'elles sont en partie modernes, beaucoup de détails du moins et des plus importants, comme les visages et les mains des personnages, ont un caractère de beauté et de pureté, qui prouve incontestablement leur ancienneté.

      Seule toute la partie inférieure du vitrail est récente. Il est fort à craindre qu'une mutilation voulue et complète, accomplie par exemple au temps de la Révolution n'ait fait disparaître, soit des armoiries, soit une inscription importante, voire même de précieux portraits. Mais enfin le sujet principal a été épargné et c'est un document de valeur incomparable pour l'art et l'iconographie chrétienne."

       

           

       

       

           LA COLLÉGIALE: LE VITRAIL DES SIBYLLES, CURIOSITÉ DU SUJET, SA PERFECTION ET SA RICHESSE. Léon Guibourgé 1957.
       

         "Le vitrail, dit des Sibylles, dans l’église Notre-Dame est remarquable par sa facture et son sujet. Il date de l’époque de la Renaissance du XVIe siècle. Son dessin et ses couleurs sont fort bien traités. Léon Marquis écrit avec enthousiasme dans son livre sur Etampes: «Par un jeu de la perspective, dû sans doute à l’étrange irrégularité du monument, l’œil rencontre cette verrière presque de tous les côtés de l’église. Tantôt à demi voilée par une colonne, tantôt se découvrant tout entière, c’est une explosion de vive lumière où les têtes semblent s’animer et les personnages se mouvoir.»

           Quant au sujet traité, il est curieux. C’est la représentation de l’Arbre de Jessé, sujet que l’on retrouve assez souvent au moyen âge. [...].

           L’arbre de Jessé, c’est l’arbre généalogique du Christ. Le patriarche Jessé est représenté à terre et endormi. De sa poitrine s’élance un tronc vigoureux qui se ramifie de chaque côté, et chaque branche porte un des ancêtres ou un prophète qui a annoncé sa venue. La plus haute branche se termine par la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus entre ses bras.

           Ce qui est remarquable dans l’arbre de Jessé du vitrail d’Etampes, c’est que les ancêtres ou prophètes de Notre Seigneur sont remplacés par des prophétesses ou sibylles. L’auteur de ce vitrail a cédé à la tendance de son époque, la renaissance du monde païen, et il a dû faire un tour de force en attribuant aux Sibylles des prophéties concernant le Messie.

           Le vitrail représente donc douze Sibylles portées sur des branches. Elles montrent un écriteau où sont écrits en caractères gothiques, quelques passages de leurs soi-disants oracles. Voici les noms des personnages avec la traduction française des oracles.

           Le haut du vitrail représente la Vierge Marie et l’Enfant Jésus. Un peu au-dessous nous voyons deux vrais prophètes avec leurs prédictions authentiques.

           A droite, c’est Isaïe qui annonce: «Un rejeton sortira de la race de Jessé»; à gauche c’est David qui dit «Tu es prêtre pour l’éternité».

          Voici maintenant les Sibylles. Nous mettons leurs oracles entre parenthèses. D’abord, en partant de la gauche: la sibylle Agrippa (un grand prophète naîtra d’une vierge par miracle); la sibylle de Cumes (ils donneront des soufflets à Dieu de leurs mains criminelles, leurs lèvres impures le couvriront de crachats) la Tiburtine (celui-ci est vraiment grand, il faut l’adorer).
      Au deuxième rang: la Delphique (il reposera couché sur la paille comme un agneau, Dieu et homme il sera élevé par les soins d’une vierge); la Lybique (il naîtra d’une vierge dans la pauvreté et son règne n’aura pas de fin); la Persique (une vierge naîtra qui nourrira son fils de son propre lait).

           Dans la rangée suivante: la Cimmérienne (il naîtra d’une pauvre femme, les animaux eux-mêmes lui rendront hommage); l’Egéenne (dans des temps très prochains un Dieu naîtra d’une vierge juive); la Samienne (dans ce dernier âge, Dieu se fera homme et deviendra le salut des nations); la Phrygéenne (on touchera le Verbe invisible de Dieu, Dieu il naîtra d’une vierge); l’Erythréenne (Jésus-Christ, fils de Dieu et Sauveur dans la suite des siècles viendra du Ciel comme roi, plein de sainteté il paraîtra dans sa chair pour juger le monde); enfin l’Européenne (il viendra, il règnera dans la pauvreté et le silence).

           Toutes ces prophétesses aux attitudes différentes, sont richement habillées. Leur costume est varié. Il est éclatant sans être criard. L’or s’y mélange agréablement avec la pourpre; les perles brillent sur les sandales; les joyaux envoient de doux reflets; et rien dans les plis des vêtements ne saurait choquer la plus correcte élégance.

           Ce vitrail est vraiment une merveille. Il est du temps où  Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers furent en succession rapide duchesses d’Etampes. Sa beauté rare laisse fort à supposer qu’il est un présent de l’une de ces dames fameuses.

           A la Révolution il subit quelques dommages. Il fut réparé en 1873 par les soins de M. l’abbé Delanoue, le même curé de Notre-Dame qui restaura la sacristie à la même époque. Cette restauration porta seulement sur la partie inférieure du vitrail. Le sujet principal avait été épargné et il faut nous en féliciter, car c’est une œuvre d’art de haute valeur, en même temps qu’un curieux document comme sujet religieux et profane tout à la fois."

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      SOURCES ET LIENS.

      Sur le vitrail d'Étampes.

      — Les détails de la verrière des Sibylles en haute résolution sur Commons Wikipédia. Mis en ligne par G. Freihalter 2012.

      https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Vitrail_des_sibylles_(%C3%89glise_Notre-Dame-du-Fort_d%27%C3%89tampes)?uselang=fr

      — Notre-Dame d'Étampes sous l'ancien régime. Archives municipales d'Étampes, 

      http://www.corpusetampois.com/che-20-wingler1998notredame.pdf

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356891/f28.image

      —Site http://www.mythologie.fr/Sibylles_oracles_sibyllins.htm

      http://www.corpusetampois.com/che-20-guibourge1957etampes301notredame.html

      http://www.inschriften.net/worms/inschrift/nr/di029-0603.html#content

      —Images Réunion des Musées Nationaux : 

      http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PCDPRTSQK&SMLS=1&RW=1280&RH=616

      — GUIBOURGÉ (Léon), 1957, L’église Notre-Dame d’Étampes, in Étampes ville royale, chapitre III.1http://www.corpusetampois.com/che-20-guibourge1957etampes301notredame.html

      GRODECKI ( Louis), PERROT (Françoise), TARALON (Jean) 1978, Les Vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, Corpus vitrearum vol. I, Paris, Ed du CNRS, planche XVII et page 80.

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) 1920,  « Guide archéologique du congrès de Paris en 1919 : Étampes - Église de Notre-Dame », Congrès archéologique de France, LXXXIIe session tenue à Paris en 1919, Paris, A. Picard / Levé, vol. 82,‎ 1920, p. 3-49 

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) , 1910, Les Inscriptions prophétiques dans le vitrail des Sibylles de l'Eglise N.D.d'Etampes. Revue de l'Art Chrétien, 1910, LX , Honoré Champion / Desclée de Brouwer , p. 259.

      https://archive.org/stream/revuedelartchr60lilluoft#page/260/mode/2up

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) , 1909, « Les campagnes de construction de Notre-Dame d'Étampes », Bulletin monumental, Paris, vol. 73,‎ 1909, p. 5-31 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31099q/f63.item.r=sibylle.zoom

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) , 1913, - Note biographique sur maître Jean Hue, d'Étampes (xve siècle) Société historique et archéologique du Gatinais. Auteur du texte. Annales de la Société historique & archéologique du Gâtinais. 1883-1939.1913 (T31). pages 44-82

      http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb32694033g/date1913

      .

      .

      Sur les Sibylles en général.

      — EL ENIGMA DE LA SIBILA

      https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

      — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

      — Dans les vitraux :

      http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

      Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

      http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

      — Article de Wikipédia

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

      https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

      —ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

      https://peme.revues.org/85

      — BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

      Persica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f13.item

      Libica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f14.item

      Delphica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f15.item

      Chimica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f16.item

      Erythrea http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f17.item

      Samia http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f18.item

      Cumana http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f19.item

      Hellespontica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f20.item

      Phrygia ? http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f21.item

      Europa http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f22.item

      Tiburtina http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f23.item

      Agrippa http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f24.item

       

       BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

       

      https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

      http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth-century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

       —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

      http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

      — CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

      — CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueusesArnoullet Lyon 1503 Bibliothèque municipale de Lyon, Inc. 830

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f27.image

      — GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

       http://mefrm.revues.org/1527 

      — HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

       

      — KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

      (un dossier iconographique sur les Sibylles)

      http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

       —LAMBERT (Gisèle),  Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles . in Les premières gravures italiennes

      http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

      LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

      https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

      — MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

      https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

      https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

      — MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

      — MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

      https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

      — PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

       http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

      https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

      —RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

      — ROBERTET (Jean), Ce sont les douze Sibylles, Ou Les ditz prophetiques des sibilles tirés du altin et composés par feu messire Jehan Robertet, en son vivant notaire et secretaire du roy nostre sire et de monseigneur de Bourbon, greffier de l('Ordre et du parlement dalphinal. In Robertet, Oeuvres complètes, éditon critique par Margaret Zsuppan,Droz, Genève 1970

      — ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

      http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

      — ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

      http://rhr.revues.org/5265

      — ROESSLI (Jean-Michel), "Augustin, les sibylles et les Oracles sibyllins" Augustinus Afer, p 263-285, 

      http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-augustin-sibylles-oracles-sibyllins.pdf

       

       Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

      — SEPET (Marius) 1867, "Les prophètes du Christ. Étude sur les origines du théâtre au Moyen Âge"  Bibliothèque de l'école des chartes  Année 1867  Volume 28  Numéro 1  pp. 1-27 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1867_num_28_1_446185

      — VERDIER (Philippe), 1982   "La naissance à Rome de la Vision de l'Ara Coeli. Un aspect de l'utopie de la Paix perpétuelle à travers un thème iconographique ", Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes Volume 94 Numéro 1 pp. 85-119 http://www.persee.fr/doc/mefr_0223-5110_1982_num_94_1_2642

       

      Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

      https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

       

      — Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

      https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

       

      — David Blondel, Des Sibylles célébrées tant par l'antiquité païenne que par les Saints Pères ; Charenton, 1649, in-4°.

      — Servatii Gallsei, Dissertationes de Sibyllis earumque oraculis ; Amsterdam, 1688, in-4°.

      — Mgr X. Barbier de Montault, Iconographie des Sibylles (dans la Revue de l'Art Chrétien, 1869-1871).

      — G. Durand, Monographie de la Cathédrale d'Amiens, t. II, pp. 345-353.

      — Abbé Ch. Nioré, Les Sibylles dans l'église d'Ervy et dans le diocèse de Troyes, étude iconographique (extr. de l'Annuaire de l'Aube) ; Troyes, 1904, 84 pp.

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Sibylles Étampes Vitraux
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      26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 15:46

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      Présentation.

      Dans les boiseries néo-gothiques de l'autel latéral sud , sous le vitrail de la baie n°2, ont été encastrés douze petits panneaux de bois en bas-relief, de 44,5 cm de haut et 24 cm de large, sans polychromie, représentant les douze Sibylles,et datant du XVIe siècle. Les Sibylles sont toutes habillées à la mode de Catherine de Médicis. Dans l'Antiquité gréco-romaine, les sibylles passent pour avoir reçu d'une divinité le don de prédire l'avenir. À l'époque de la Renaissance, des théologiens leur prêtent la prédiction des mystères de l'Incarnation et de la Rédemption, d'où leur représentation dans l'art chrétien. Chacune d'entre elles est identifiable grâce à des attributs.

      Les douze sibylles en un coup d'œil :

       

      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.
      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.

      Les douze Sibylles de Brennilis. Photographies lavieb-aile.

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      L'étude iconographique d'Émile Mâle.

      Le thème iconographique des Sibylles a été étudié de manière exemplaire par Émile Mâle, qui lui a consacré sa thèse en latin (Quomodo Sibyllas...1899), et un important chapitre de L'Art religieux de la fin du Moyen-Âge (1922). C'est au milieu du XVe siècle qu'en Italie autour de Cosme de Médicis et de son Académie de Florence se développa la pensée néoplatonicienne et la tentative par Marcile Ficin d'une synthèse du Christianisme et du Platonisme dans son Traité de la religion chrétienne (De Christiana religione), paru en 1474.  Marsile Ficin invoque alors l’autorité des sibylles et élève Platon au rang des prophètes. En effet, dans ce courant de traduction des textes grecs et latins de l'Antiquité et de revalorisation de la profondeur de la pensée antique, il parut nécessaire de montrer que Dieu n'avait pas réservé aux Prophètes hébreux les préfigurations annonçant la venue de son Fils, et que les Sibylles, prophétesses de la Grèce, de l'Italie et de l'Asie Mineure avaient annoncé aux païens la venue du Sauveur et les épisodes de sa Vie : le paganisme, lui aussi, avait été inspiré et prophétique. "La sibylle est en effet pour le moyen âge un profond symbole. Elle est la voix du vieux monde. Toute l’antiquité parle par sa bouche."

      Varron, au 1er siècle av. J.-C., avait décrit dix Sibylles, et après Isidore de Séville au VIIe siècle, (Etymologies VIII,8), puis le Pseudo-Bède, Raban Maur, Vincent de Beauvais les avaient nommées au XIIIe siècle  au chapitre C-CII du Speculum historiale  ; mais les artistes n'en représentaient que deux :  la terrible Érythréenne qui avait annoncé le Jugement Dernier ; et la Sibylle de Tibur.

       

      Dans la seconde moitié du XVe siècle, après la publication en 1465 en Italie de l’édition princeps des Institutions divines de Lactance (250 – vers 325), apologiste chrétien du temps de l’empereur Constantin, et les nombreuses rééditions qui suivront (en 1468, 1470, 1471, 1474 et 1478) , on voit les dix Sibylles apparaître dans toute l'Europe. A chacune est attribué  un oracle, tiré des Institutions Divines de Lactance (vers 321), qui a lui-même puisé dans les Livres Sibyllins.

      Les prophétesses apparaissent sur les murs du palais Orsini avant 1438, puis dans un Mystère de l'Annonciation joué à Florence en 1471, puis/et sur les gravures de Baccio Baldini vers 1470-1480.

      Puis, en 1481, un dominicain nommé Filippo Barbieri fit paraître un livre (Discordantiae nonnullae inter sanctum Hieronymum et Augustinum)  proposant d'autres oracles que ceux de Lactance, et rapprochant chaque oracle des Sibylles d'un verset d'un Prophète hébreu. C'est lui qui fixe à chaque sibylle un âge, un attribut et un costume propre.  Mais il fait passer le nombre des Sibylles à douze de sorte que leur nombre  corresponde au nombre de prophètes mineurs : la sibylle Agrippine et la sibylle Européenne se sont alors ajoutées à la liste. Dès lors, les 12 Sibylles apparaissent partout en Italie, comme dans le pavement de la cathédrale de Sienne en 1483, ou dans les Appartements Borgia (1492-1494) peints par Bernardino Pinturicchio. Et de 1508 à 1512, Michel-Ange les peint au plafond de la Chapelle Sixtine.

      En 1506, 8 d'entre elles apparaissent à la cathédrale d'Amiens, fidèles aux textes et aux descriptions de Filipo Barbieri, mais ailleurs en France, les artistes vont combiner les oracles des Sibylles de Lactance et celles de Barbieri . Et dès avant 1489, on trouve ces 12 Sibylles "françaises" dans un livre d'Heures, celui de Louis de Laval Bnf latin 920.

      "On voit maintenant en quoi les Sibylles françaises diffèrent des Sibylles italiennes. Les Sibylles de Filippo Barbieri n'annoncent qu'une chose : l'avènement d'un Sauveur qui doit naître miraculeusement d'une Vierge. Les Sibylles françaises en savent davantage : elles ne parlent pas seulement de la naissance surnaturelle du Fils de Dieu, elles parlent encore de son enfance, de ses souffrances, de sa mort, de sa résurrection". Lactance complète Filippo Barbieri. Les attributs que portent nos Sibylles ont un sens : ils racontent en abrégé la vie de Jésus-Christ. Elles-mêmes ne sont pas placées au hasard, mais rangées dans un ordre savant : en tête se voient celles qui annoncent qu'un Sauveur va naître; puis viennent celles qui parlent de sa naissance, de son enfance; puis celles qui décrivent sa Passion, sa mort, sa résurrection. Les Sibylles françaises l'emportent donc sur les Sibylles italiennes : elles témoignent de cet amour de la  méthode, de la clarté, qui, dès le XIIIe siècle, est la marque de nos artistes " (Émile Mâle, )

       Elles sont désignées par leur lieu d’origine :  la Cimmérienne est née au bord de la Mer Noire (Crimée ?), la Persique en Perse et la Phrygienne en Anatolie. La Samienne est née sur  l'île de Samos, l'Erythréenne, de la cité disparue d'Erythrées, sur la côte Ionienne en face de Chio. L'Hellespont est une ancienne province romaine d'Asie Mineure. D'Afrique venaient la Libyenne et l'Agrippa, une déformation probable d'Aegypta, selon Emile Mâle. Quant aux Sibylles d'Europe, la Delphique est la Pythie de Delphes en Grèce,  , la Cuméenne et la Tiburtine, viennent respectivement de Cumes près de Naples et de Tivoli près de Rome, en Italie ; et  Europa était une province romaine en Thrace. 

       

       

      Le Livre d'Heures de Louis de Laval.

      Il nous intéressera à plus d'un titre. D'abord, sa date (antérieure à 1489) est proche de celle de la fondation de la chapelle de Brennilis en 1485. La série des Sibylles date de "peu de temps après 1470-1475". Surtout, il accompagne chaque enluminure des Sibylles de descriptions (latines) et d'une page d'enluminure typologique avec trois références à l'Ancien et au Nouveau Testament. Enfin, dans une double page (folio 50v et 51r), Louis de Laval y est peint agenouillé devant la Vierge à l'Enfant et l'inscription répétée deux fois sancta et immaculata virginitas, témoignant de l'importance du culte marial et de la thèse immaculiste pour Louis de Laval.

      Le manuscrit a été réalisé en plusieurs campagnes de décorations, entremêlées de manière complexe : la première grande campagne vers 1470-1475 : 96 miniatures en pleine page marquant le début de chaque grand chapitre du livre d'heures (f.30 à 342) ainsi que les miniatures situées dans les marges latérales du texte. Ces décorations sont réalisée d'abord par le Maître du Missel de Yale (f.300 à 312) et son atelier puis par le peintre de Bourges Jean Colombe, aidé de deux collaborateurs de style fouquetien pour les visages des personnages. Très peu de temps après, est ajouté le cycle des sibylles (f.17-29v : cycle de miniatures en pleine page), par Jean Colombe en compagnie d'un des deux collaborateurs qui est intervenu encore une fois sur les visages des personnages. Cette campagne est fortement marquée par l'influence de Jean Fouquet, plusieurs composition du maître tourangeau étant reprises, du Livre d'heures d'Étienne Chevalier notamment".

      Entre 1490 et 1500 a été réalisé en quasi copie Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes .

      .

      Les Sibylles de Notre-Dame de Brennilis, expression d'un culte marial de la Sainte Conception ?

      Il faut re-situer ces Sibylles de Brennilis dans le programme de décor de l'église pour en percevoir le sens. Dans un sanctuaire voué à Notre-Dame, et témoignant de l'influence franciscaine, la Vierge à l'Enfant foulant la Démone (niche à volets du chœur) affirmait l'importance du culte de Marie triomphant du Péché, tandis que les volets illustraient l'Annonciation et les mots Ave gratia plena.  La baie n°1 (vers 1498) montrant la Vierge dans le ventre de sa mère sainte Anne à coté de la mention "Chaste Mariage" et "Sainte Conception" insistait de manière spectaculaire sur la croyance en la conception immaculée (indemne du Péché Originel) de la Mère du Sauveur. La maîtresse-vitre (vers 1500) montrait 8 scènes de la Vie de la Vierge. Le maître-autel portait un retable dont les sept panneaux reprennent également les épisodes de la Vie de la Vierge.  Chacune de ces œuvres mettait en pleine lumière des décors peints que les paroissiens (notamment les membres de la Fabrique), les recteurs  et les seigneurs (famille de Berrien puis de Quélen-Vieux-Chastel) pouvaient retrouver dans leurs livres de prières, les bréviaires, missels et livres d'Heures sous forme d'enluminures : notamment  les huit enluminures du Petit Office de la Vierge. En un mot, la chapelle devenait elle-même le cadre permanent de cet Office.

      Or, le culte marial s'appuie, dès le XIIe siècle mais avec une vigueur plus forte au XVe siècle, sur une lecture typologique qui démontre que la virginité, la royauté (couronnement), la conception immaculée, et la maternité d'un Fils Sauveur du Monde sont annoncés dans l'Ancien Testament. Ces relations entre l'Écriture et le culte de Marie sont développés dans des textes, des oraisons, des litanies, des œuvres artistiques comme les Arbres de Jessé, les Annonciations à la Licorne, les Vierges aux symboles bibliques (litanies), les Vierges en Ève nouvelle foulant la Démone, les Vierges sur un croissant de lune en femme de l'Apocalypse, les Vierges allaitantes et Vierges couchées etc., avec une forte densité en Finistère. Cette pensée typologique est déjà présente dans l'Évangile de Matthieu, qui fourmille de citations de versets bibliques. Les 12 prophétesses antiques ont été associées par Lactance des oracles concernant (Mâle, p. 257) Dieu, le Christ,  le Christ considéré comme Rédempteur, les miracles du Christ,  la Passion du Christ,  la mort du Christ, sa Résurrection, et  le Jugement dernier. Mais dans un livre publié en 1481, mais dont le manuscrit circulait depuis une date antérieure, Filippo Barbieri (1426-1487) va introduire à coté de ces thèmes christiques des prédictions concernant le rôle de la Vierge et on peut considérer que dans son livre, les Sibylles sont reliées pour 7 d'entre elles à  la Vie de la Vierge, et pour les 5 autres à la Passion du Christ. L'importance de cette redistribution des vaticinations en faveur de Marie n'a pas été soulignée par Émile Mâle. Elle apparaît évidente dans les double-pages des Heures de Louis de Laval , qui suivent un ordre chronologique, qui était peut-être celui des Sibylles de Brennilis avant leur réaménagement. 

      Mon catalogue de la typologie des douze Sibylles (Filippo da Barbieri, XVe siècle) complété en italique d'après J-M. Roessli :

        Vie de la Vierge :

        • 1. La Persique tenant la lanterne et foulant un serpent : annonce la Vierge  foulant le serpent.  Immaculée Conception : Incarnation : la Vierge donne naissance à celui qui se dira Lumière du Monde.

        • 2. La Libyque tenant un cierge: la Vierge et l'Enfant apportant cette Lumière. Manifestation aux Gentils. 

        • 3. L'Erythréenne tenant la fleur: Annonciation. Conception virginale.

        • 4. La Cuméenne tenant un bol (une boule)  : Virginité (ou Venue d'un enfant).  Naissance dans une crèche

        • 5. La Samienne tenant un berceau : Nativité / Annonce aux Bergers.

        • 6. Cimmérienne tenant une corne (biberon) : allaitement de l'Enfant  par la Vierge 

        • 7. L'Européenne tenant une épée : Fuite en Égypte pour fuir le Massacre des saints Innocents.

        Passion et Christologie :

        • 8. La Tiburtine tenant une main : Passion (Jésus giflé par les bourreaux)

        • 9. L'Agrippine : Flagellation.

        • 10. La Delphique tenant une couronne : Couronnement d'épines de la Passion. Incarnation.

        • 11. L'Hellespontine tenant une croix  : Crucifixion. Incarnation et Passion

        • 12. La Phrygique tenant un étendard crucifère : Résurrection

         

         

        Autrement dit, comme les 7 volets de l'autel, comme les 8 panneaux de la maîtresse-vitre, les 12 panneaux de Sibylles illustrent, rappellent ou commentent les textes évangéliques, les textes liturgiques de l'Office divin et du Petit office de la Vierge tout en rappelant les vérités de la Foi chrétienne. 

        Je donnerai pour chaque Sibylle son nom, son attribut, l'événement qu'elle a annoncée, son âge (selon les textes de référence), son origine géographique, puis les inscriptions latines qui la concernent dans les gravures de Baldini, le livre de Barbieri, les Heures de Louis de Laval (selon la description d'Émile Mâle), et les relations typologiques que ce manuscrit développe, avec notamment le prophète biblique qui lui est associé.

        Je suggère de porter une attention spéciale aux très nombreuses mentions de la virginité de Marie et au thème de la conception ou de la petite enfance. 

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        Retable des 12 Sibylles, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        Retable des 12 Sibylles, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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        I. LA PARTIE BASSE OU COFFRE D'AUTEL.

        8 panneaux.

         

         

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        1.  La Sibylle Lybique portant  une torche (ressemblant à trois clous). Sur le coté nord (gauche) de l'autel : 

        — Description : la Sibylle est coiffée d'un bonnet pointu dont la base est un turban ou rouleau torsadé. Visage joufflu, cheveux longs. Manteau long et à manches très amples mais courtes. Robe plissée sous la ceinture, à bustier à encolure carrée. Chemise sans col. Manches d'avant-bras à crevés et fraises aux poignets. La main gauche retient le pan du manteau.  Attribut : une gerbe de trois objets prismatiques pointus. 

        Classiquement, la Libyque, âgée de 24 ans,  porte la torche flamboyante, symbole de la Lumière qui vient en ce monde repousser les ténèbres, et qui annonce la naissance du Sauveur. Mais ici, à  Brennilis, différents auteurs ont cru reconnaître dans l'objet qu'elle tient  trois clous semblables à ceux que présentent les anges honorant les instruments de la Passion du Christ. Je pense qu'il s'agit d'une erreur d'interprétation, certes répétée partout, et je suggère de penser que l'artiste a maladroitement sculpté ici  les trois flammes du flambeau habituel. Je note que tous les textes associent la Lybique à la Lumière, et jamais aux trois clous de la Crucifixion. Émile Mâle ne les mentionnent jamais.

        — Fille du dieu Zeus et de la fille de Poséidon, la Sibylle libyque est une prêtresse et une prophétesse qui  présidait l'oracle de Zeus et Ammon dans l'oasis de Siwa dans le désert de Libye. Elle aurait été mentionnée par Euripide.

        — Baccio Baldini (1470-1480) : SIbILLA·LIbICA· (S à rebours). Assise dans un jardin, coiffée d’un chapeau conique à plumes, elle tourne les pages d’un livre posé sur ses genoux. Un cartouche porte l'inscription  Ecce venientem diem et latentia aperientem tenebit gremio gentium regina

        Tentative de traduction "Voici venir le jour ou sera révélé celui que la reine des nations  tiendra en son giron"

        Le poème est le suivant :

        Di Verra chellet terno signore

        Lume dara all cose nas cose

        Elegami iscora del nostro errore

        Fara le sinagoge luminose

        E solera belabra al pechatore

        Efie stadira di tute le chose

        Engendrenbo alla reina delle gente

        Se bra questore santo evivente

         — Filippo Barbieri (1481) : Sibylla Libyca ornata serto viridi et florido in capite, vestita pallio honesto et non multum juvenis sic ait : Ecce veniet dies et illuminabit condempsa [sic] tenebrarum et solventur nexus Sinagogae et desinent labia hominum et videbunt regem viventium ; tenebit illum in gremio virgo domina gentium et regnabit in misericordia et uterus matris erit statua [ou statera] cunctorum. "Elle porte une guirlande verte et fleurie  sur la tête, elle est vêtue d'une belle robe et elle n'est plus toute jeune." A défaut de pouvoir donner une traduction claire de la suite, je remarque que la Libyque est associée à la venue de la Lumière dissipant l'obscurité de la Synagogue, mais aussi à celle d'un Roi régnant dans la miséricorde et issu de l'utérus d'une Vierge . cf in gremio virgo, "dans le giron d'une vierge" et uterus matris.

        — Prophète associé par Barbieri : Jérémie 23:5  Ecce dies veniunt dicit Dominus et suscitabo David germen iustum et regnabit rex et sapiens erit et faciet iudicium et iustitiam in terra "Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je susciterai à David un germe juste; Il régnera en roi et prospérera, Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays." 

        — Livre d'Heures de Louis de Laval  folio 18v: "La Sibylle Libyque  tient à la main un cierge allumé. L'inscription qui l'accompagne est ainsi conçue : « Sibylla Libyca, XXIV annorum, cujus meminit Euripides. Videtur clare vaticiriari de adventu Salvatoris cum prophetis. Ecce veniet deus et illuminabit condensa tenebrarum et solvet nexus Synagogœ... », etc. — La prophétie est empruntée au livre de Filippo Barbieri et l'auteur de l'inscription nous en explique le sens : la Sibylle, dit-il, annonce avec clarté l'avènement du Sauveur. C'est pourquoi l'artiste, voulant faire entendre que la prédiction de la Libyque était plus claire que celle de la Persique, lui a mis à la main, non pas une lanterne, mais un cierge allumé dont rien ne voile l'éclat." (E. Mâle)

        Je lis : Sibila Libica . XXIV annorum, cujus meminit Euripides. Videtur clare vaticinari de adventu Salvatoris cum prophetis. Ut infra/ Ecce veniet deus et illuminabit condensa tenebrarum, et solventur nexus Synagoge, et deficient labia hominum videbunt Regem viventuum et tenebit virgo illum in gremio domina gentium et regnabit in omnia et uterus matris eius erit statera cunctorum. 

         http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f47.vertical

        — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 19r : le prophète Isaïe et saint Jean.

        --L'enluminure supérieure montre dans une trouée du ciel la Vierge à l'Enfant présentée par la Sibylle (turban) à une foule de personnes à genoux. L'Enfant porte un phylactère où est inscrit le verset de  Jean 8:12 Ego sum lumen mundi "Je suis la lumière du monde. [Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres.]"  

        -- L'enluminure sous-jacente présente deux personnages tenant des phylactères : Isaïe 63 Venit lumen tuum Jerusalem et  saint Jean 1:9 Erat lux quae inluminat omnem hominem venientem in mundum " "Cette lumière était la véritable lumière qui en venant dans le monde éclaire tout homme".

         

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         La Sibylle Lybique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La Sibylle Lybique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La Sibylle Lybique  de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

        La Sibylle Lybique de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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        2.  La Sibylle de Phrygie portant un étendard. Sur le devant d'autel, à gauche : 

        — Description : cette Sibylle est assez semblable par sa coiffure et ses vêtements à la Lybique, malgré l'existence d'un gland à l'extrémité du bonnet, d'une fraise courte autour du cou, un corsage plissé et une ceinture plus large et d'un col montant sur le manteau. Elle tient une longue croix tréflée où s'enroule  une bannière frappée d'une croix pattée : on reconnaît là l'étendard de la Résurrection, que tient, en iconographie, le Christ au sortir du tombeau.

        Son nom lui vient de la Phrygie, région d'Anatolie. 

        — Baccio Baldini (1470-1480):

        Assise sur des nuages ignés, elle porte un bonnet conique avec un turban, d’où s’échappe sa chevelure. Elle tient une banderole : Veniet desuper filius dei et firmabitur in celo consilium et virgo annunciabitur.

         

        Le poème est à peu près le suivant :

        Vidilo excelso iddio che fragellare

        Havea disposito lagente otinata

        Neisecol nostro che ciertomipare

        Sipossa dirpelle fatte peccata

        Ondadisposto suo figlio mandare

        I Virgine per voce annuntiata

        Pepla sua humilita sara posato

        E questa fiecagion torviel pechato

        — Filippo Barbieri : Sibylla Frigia, nata apud Phrygios, mediocris aetatis, habitu et mantello rubeo, in modum mulieris nuptae, licet virgo, de Christo sic dicit : Flagellabit dominus potentes terrae, et Olympo excelso veniet, et firmabit concilium in cœlo, et annuntiabitur virgo in vallibus desertorum.

        N.B On lit dans le manuscrit de l'Arsenal n° 243 :  Sibylla Phrigia, induta veste rubea, nudis brachiis, antiqua Saturnina facie, crinibus sparsis, digito indicaus, dicens sic : « Flagellabit dominus... »

        "La Sibylle Phrygienne, née en Phrygie, d'âge moyen, porte un costume et un manteau rose, comme il convient aux femmes mariées. "

         

        — Prophète associé  Malachie 3:1-2 : Ecce ego mittam angelum

        — Heures de Louis de Laval folio 28v

        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f64.item.zoom

        "La Sibylle de Phrygie porte aussi une croix, mais c'est la longue croix ornée d'une bannière, qu'on appelle croix de résurrection. C'est cette croix triomphale que porte Jésus vainqueur de la mort, au moment où il s'élance hors du tombeau. Aux mains de la Sibylle de Phrygie elle ne peut donc rappeler que la Résurrection. Voici, en effet, le texte qui explique l'attribut : « Sibylla Phrygia, vetusta, hec vaticinata est de Christi resurrectione ut infra . Nascetur Christus in Bethléem, annuntiabitur in Nazareth, régnante Tauro pacifico . Suspendent illum in ligno, et occident, et nihil eis valebit, quia tertia die resurget et ostendet [se] discipulis suis, et ipsis videntibus, ascendet in cœlum et regni ejus non erit finis. » — Prophétie arrangée comme les autres, où l'on trouve un texte de Filippo Barbieri et des souvenirs de Lactance." (É. Mâle)

        — Typologie des  Heures de Louis de Laval folio 29r :

        L'enluminure supérieure montre la Résurrection : le Christ sort du tombeau vêtu de pourpre et tenant l'étendard. Une banderole porte le verset suivant : David Psaume 3:6 :  Ego dormivi [et soporatus sum ] exsurrexi. "Je me couche [je m'endors et ] je me réveille".

        L'enluminure inférieure confronte, sur un fond de colonnes,  le prophète Joël et saint Matthieu La  banderole de gauche indique  : In die ressurectionis meae congregabo gentes avec la mention Joelis tertio mais cete citation associe Joël 3:2 congregabo omnes gentes et Sophonie 3:8 In die ressurectionis meae in futurum quia iudicium meum ut congregem gentes. "le jour où je me lèverai comme témoin à charge puisque j'ai rendu mon arrêt: j'ai décidé de réunir les peuples".    La banderole de droite porte le verset de Matthieu 20:19  Et tertia die resurget,  "Et le troisième jour il ressuscitera".

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        La Sibylle de Phrygie, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La Sibylle de Phrygie, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
        La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
        La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
        La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
        La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

        La Sibylle de Phrygie selon Baccio Baldini, Filippo Barbieri, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

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        3. La Sibylle de Samos tenant un berceau.

        — Description : Même coiffure, même visage, même fraise, même chemise que la précédente. Pas de manteau, mais une robe à la coupe très élégante,  aux manches bouffantes,  resserrée à la taille par une ceinture. Son col à bord découpé se prolonge par un élément en pointe, noué à son extrémité sur un gland frangé, et décoré d'une fleure en rosette, de pastilles et de boutons. Sous la ceinture, la courbe de l'abdomen est soulignée par une sangle perforée ou poinçonnée à laquelle est suspendu deux glands et nœuds en bouton. La Sibylle tient contre son épaule un berceau qui a la forme d'une petite boîte rectangulaire à pietement arrondi en patin permettant le bercement.  

        Cette Sibylle de  23 ans tient son nom de  l'île de Samos, où elle donnait ses oracles. Elle porte un berceau parce qu'elle avait entrevu la Vierge couchant l'enfant dans une crèche.

        — Baccio Baldini (1470-1480) : 

        Assise dans un jardin, coiffée d’un chapeau conique à plumes, elle tourne les pages d’un livre posé sur ses genoux. Ecce veniet et dives et pauper nascetur et bellue adopabunt

        Le oème est le suivant :

        Echo che presto neverra quel die

        Che lucera le tenebre serrate

        Escoglerassi no die profetie

        Della gran sinaghoga rilascate

        Saran le labbradelle gente pie

        Vedrassi ere deviventi e palpate

        El venir suo ingrenbo averginvera

        Che cosi mostra el cielo eogni spera

         

        — Filippo Barbieri (1481)  Sibylla Samia a Samo insula, nudum ensem sub pedibus, formosum pectus, subtileque velim capiti habens, sic ait : Ecce veniet dies et nascetur de paupercula et bestiae terrarum adorabunt eum et dicent «laudate eum in atriis cœlorum »La Samienne, de l'île de Samos, l'épée nue sous ses pieds, à la poitrine généreuse, ayant un fin voile sur la tête,  disait ceci : "Voici que viendra le jour où naîtra  un enfant d'un pauvre et toutes les  bêtes de la terre l'adoreront et elles diront "louez-le au plus haut des Cieux".

         

        — Prophète associé :   David, Psaume 71:11. — Adorabunt eum omnes reges terrae ; omnes gentes servient ei. "Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront".

        —Les Heures de Louis de Laval folio 21v :  "La Sibylle de Samos porte une crèche. L'inscription est ainsi conçue : Sibylla Samia, annorum XXIII . Videtur vaticinari de hoc quod virgo reclinavit puerum in praesepio. Ecce veniet dies et nascetur puer de paupercula, bestiae terrae adorabunt eum. " L'artiste et son collaborateur ont interprété ingénieusement le texte de Filippo Barbieri. Il est évident qu'ils ont voulu voir, dans « ces bêtes de la terre qui adoreront l'enfant », le bœuf et l'âne de la Nativité, Cette interprétation les amena tout naturellement à mettre une crèche aux mains de la Sibylle de Samos. 

        Je lis : Sibyla Samie. annorum XXIII. De qua Erasthoves scribit  videtur vaticinari de hoc quod virgo reclinavit puerum in presepio. Ut infra.

        / Ecce veniet dies et nascetur puer de paupercula, bestiae terrae adorabunt eum clamabunt et dicent "laudate eum in atris celorum.

         "La Sibyle de Samos. Age XXIII ans. Décrite par  Eratostène.[ Eratosthène trouva, dit-il, un oracle dans les anciennes annales des Samiens]. Elle a prophétisé qu'une Vierge placera un enfant dans un berceau".

        — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 22r :

        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f51.item

        L'enluminure supérieure montre une Nativité : la Vierge est penché vers l'Enfant couché sur la paille de la crèche, sous le regard de Joseph, du bœuf et de l'âne. Des bergers, de l'autre coté du mur, tendent la main vers l'enfant. Banderole David Psaume 68:30  Ego sum pauper dolens  "Moi je suis malheureux et souffrant".

        L'enluminure inférieure confronte Isaïe et saint Luc (taureau), tandis que les banderoles portent les versets d'Isaïe 1:3 Cognovit [bos possessorem suum et] asinus praesepe domini sui [Israhel non cognovit populus meus non intellexit]  "Le bœuf sait bien à qui il appartient et l'âne connaît la mangeoire où le nourrit le maître .." / et de Luc 2:7 Reclinavit eum in praesepio "Elle le coucha dans une mangeoire".

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        La Sibylle de Samos, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La Sibylle de Samos, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
        Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
        Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)
        Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

        Sibylle de Samos de Baldini, Barbieri, des Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard)

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         4.  La Sibylle Europa tenant une épée nue à la main, Le Massacre des Innocents. Au milieu du coffre de l'autel. 

        — Description : On retrouve ici le bourrelet (turban, balzo) au dessus de cheveux mi-longs, le visage rond, la fraise très courte autour du cou, le manteau dont le pan gauche revient en croisant vers le poignet gauche, la jupe plissée, une ceinture ornée d'une fleur, et un bustier . ce dernier est échancré en V, les deux pans étant réunis par deux pattes. La main droite tient verticalement une épée alors que la main gauche est ramenée vers la poitrine.

        — Baccio Baldini : 

        Assise dans l’herbe, la sibylle regarde un livre. Ses cheveux sont relevés en deux torsades fixées sur le sommet de sa tête couverte d’un voile. L'inscription  dit Veniet colles et montes transiens et in paupertate regnans eum silentio dominabitus et e virginis vase exiliet.

        Le poème est le suivant :

        Verra quel verbo eterno inmaculato

        E del vergine vaso uscira pora

        Perchui icholi emonti fia passato

        Chosi lasonmita dolinpo anchora

        Sotto gran poverta nel mondo nato

        Singnio regiando chon silensio omniora

        Chosi credo ecchonfesso echonoschio

        Vero figlioi diddio e duomo eddio

         

         

        — Philippo Barbieri :  Sibylla Europa, decora, juvenis, facie rutilans, velo subtilissimo capite ligata, induta veste aurea, de Christo sic ait : Veniet ille et transibit montes et colles et latices sylvarum Olympi ; regnabit in paupertate et dominabitur in silentio et egredietur de utero virginis.La Sibylle européenne,  jeune, d'allure élégante et le visage rayonnant,  porte un léger voile noué autour de sa tête, et est vêtue d'une robe dorée. Elle a dit ceci  au sujet du Christ: [...] Je traduis approximativement : "Voici qu'il viendra, traversant les monts et les bois et les ruisseaux des forêts de l'Olympe ; il  règnera dans la pauvreté, gouvernera dans le silence et sortira de l'utérus d'une vierge".

        ​La  vaticination de la Sibylle évoque les déclarations de l'Épouse dans le Cantique des cantiques 2:8 vox dilecti mei ecce iste venit saliens in montibus transiliens colles : "J'entends mon bien-aimé, oui, le voici, il vient, sautant sur les montagnes et bondissant sur les collines." Puis elle évoque le verset de Zacharie annonçant un roi humble et monté sur un âne, et enfin le verset d'Isaïe 11:1 Egredietur virga de radice Jesse. Il est donc difficile de ne pas voir dans le texte de Barbieri une volonté de faire de la prophétie d'Europa une préfiguration de la Vierge  donnant naissance au Christ Sauveur.  

         

         — Prophète associé : Zacharie 9: 9-10 : Exulta satis filia Sion iubila filia Hierusalem ecce rex tuus veniet tibi iustus et salvator ipse pauper et ascendens super asinum et super pullum filium asinae . " Sois transportée d'allégresse, fille de Sion! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem! Voici, ton roi vient à toi; Il est juste et victorieux, Il est humble et monté sur un âne, Sur un âne, le petit d'une ânesse."

        Livre d'Heures de Louis de Laval folio 23v

        "La Sibylle Europe tient à la main une épée nue. « Sibylla Europa, dit l'inscription, annorum XV, inter ceteras pulcherrima. Videtur vaticinari de fuga pueri cum maire ejus in Aegipto. Veniet ille et transiliet colles et montes et latices Olympi, regnabit in paupertate et dominabitur in silentio ». Rien de plus vague, il faut le reconnaître, que ces paroles prêtées par Filippo Barbieri à la belle Sibylle Europe. Elle parlait d'un Sauveur qui vivrait dans la pauvreté : cela suffisait à l'Italien. Mais notre théologien français était plus exigeant ; il lui fallait de la précision, même au prix de la subtilité. Il imagina que ce passage: « Il franchira les collines », se rapportait à la fuite en Egypte. Il décida donc que la Sibylle Europe aurait à la main une épée pour rappeler le massacre des Innocents et le danger auquel l'enfant échappa par la fuite. "(E. Mâle)

        — Lien typologique des Heures de Louis de Laval folio 24r : 

        Enluminure supérieure : Fuite en Égypte. Banderole David Psaume 1:8 :Ecce elongam fugiens "Je me suis éloigné par la fuite".

        Enluminure inférieure : Osée confronté à saint Matthieu (ange) avec les banderoles Osée 11 : Ex egypto vocavi filium meum. / Matthieu 2:13-15 Accipe puerum [et matrem eius] et fuge in Egyptum

         

         

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        La Sibylle Europa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La Sibylle Europa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

        Sibylle Europe selon Baldini, les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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        5. La Sibylle Érythrée tenant une branche fleurie. L'Annonciation.

        — Description.

        Elle est coiffée du balzo ou turban, et porte un manteau mi-long au dessus d'un gilet à encolure carré et disposant, sous la ceinture, d'une poche plissée. La robe à encolure ronde retombe en plis arrondis. Les chaussures, à bout pointus, sont recouverts par un pan ondoyant. La Sibylle tient un rameau fleuri (trois fleurs à quatre ou cinq pétales) dans la main droite et lève la main gauche en un signe de bénédiction ou d'énonciation.

         

        la sibylle d'Érythrée, aussi appelée Hérophilé,  vient de la ville d'Ionie. C'est la fille de Théodoros et d'une nymphe de l'Ida de Troade. Hérophilé a la particularité de donner ses prédictions en vers. Elle a vécu au temps des Argonautes et de la guerre de Troie. Elle est décédée à l'âge de cent-dix ans et est enterrée à Troade. Mais certains disent que cette Sibylle d'Érythrées serait la même que celle de Cumes…

        "Parmi les nombreuses sibylles du monde antique, deux prophétesses vont acquérir auprès des premiers chrétiens un statut tout à fait privilégié : la Sibylle de Cumes, en raison de la prophétie “messianique” que ces mêmes premiers chrétiens ont voulu voir dans la quatrième Églogue de Virgile, et la Sibylle d’Érythrées, parce que c’est elle qui aurait chanté la parousie du Christ et le Jugement Dernier dans un célèbre acrostiche grec, qui a fait une entrée en force dans la chrétienté latine grâce à la traduction citée par Augustin dans la Cité de Dieu, XVIII, 23 travers les âges, puisqu’il est entré dans la liturgie du haut Moyen Âge par l’intermédiaire d’un sermon pseudo-augustinien qui le cite à la suite d’autres témoignages sur la divinité de Jésus, et qui a également inspiré des représentations théâtrales sacrées, ainsi que des compositions musicales du IXe au XVIe siècles. C’est sans doute à cette même Sibylle d’Érythrées que fait aussi allusion le Dies iræ attribué à Tomaso a Celano au XIIIe siècle, dans les fameux vers : « Dies iræ, dies illa, / Solvet sæclum in favilla, / Teste David cum Sibylla. »

        " Selon Joachim du Bellay (Défense et Illustration..), un évêque grec, Eusèbe prétendait que la Sibylle Érythrée avait prophétisé la naissance du Christ en plaçant au début des vers dans lesquelles elle rendait ses oracles chacune des lettres qui composent le nom du futur sauveur : J E S U S C H R I S T US SERVATOR CRUX.

        — Baccio Baldini (1470-1480). SIbILLA, ERITEA.

        Assise sur des nuages ignés, les pieds dans un cercle étoilé, elle porte un voile noir ; elle tient une épée et une banderole qui indique une phrase de Lactance : Et morte morietur tribus diebus somno suscepto et tunc ab inferis regressus ad lucem veniet primus

         

         — Filippo Barbieri : Sibylla nobilissima Erythraea, in Babylonia orta ; de Christo sic ait : In ultima autem aetate humiliabitur Deus et humanabitur proles divina, jungetur humanitati divinitas. Jacebit in feno agnus et officio puellari educabitur Deus et homo. Signa praecedent apud Apellas. Mulier vetustissima puerum praemium corripiet. Boetes orbis mirabitur, ducatum prœstabit ad ortum. . " La très noble  Sibylle Erythrée est née à Babylone. Elle a dit du Christ: ..." ..."

        Selon Émile Mâle : Il est possible qu' Apellas désigne les juifs (Cf. Horace, Sat. /, IV. v. 100 : a credat Judaens Apella »), Quant à la femme âgée, c'est peut-être la prophétesse Anne. Dans le manuscrit, la Sibylle Erythrée tient à la main une épée nue, ce qui mérite d'être noté".

         

        — Prophète associé : Ézéchiel 44:2.: Porta haec clausa erit.

        — Heures de Louis de Laval : folio 19v http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.vertical

        La Sibylle Érythrée tient une fleur. Au-dessus de sa tête on lit cette inscription : « Erithrœa [XV] annorum, dicta Eriphila. Videtur vaticiriari de Christi anriuntiatione per angelum facta. De excelso cœlorum habitaculo prospexit Deus humiles et nascetur in diebus novissimis de Virgine hebraea...», etc. L'oracle emprunté à Filippo Barbieri  peut se rapporter en effet, si l'on veut, à l'Annonciation. C'est ce que l'artiste a exprimé en donnant pour attribut à la Sibylle Érythrée une fleur. Car la fleur est, comme nous l'avons expliqué ailleurs , une sorte de symbole de L'Annonciation : entre la Vierge et l'ange Gabriel, les peintres, depuis le XIII e siècle, ne manquaient jamais de mettre un beau vase plein de roses blanches ou de lis." (Émile Mâle)

        Ma lecture : Sibila erithea. annorum dicta erophyla. Horta in Babilonia videtur vaticinari de Christi  annunciacione per angeli facta ut infra / De excelso celorum habitaculo prospexit Deus humiles suos. Et nascetur in diebus novissimis de virgine hebraea . Filius in cunabulis terre

        (même inscription pour la Sibylle de Pinturicchio)

        — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 20r : 

        Enluminure supérieure : l'Annonciation. Banderole de l'Ange Luc 1:28  Ave gratia plena dominus tecum ; banderole de Marie Luc 1:38  Ecce ancilla domini fiat [mihi] secundum verbum tuum

        Enluminure inférieure : Isaïe confronté à saint Luc (bœuf), avec les banderoles Isaïe 7:14 Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen eius Emmanuel et Luc 1:31 Ecce concipies in utero et paries filium et vocabis eius Iesum

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        La Sibylle Erythrée, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La Sibylle Erythrée, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

        La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
        La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480),   les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

        La sibylle Erythrée selon Baldini (1470-1480), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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        6. La Sibylle Delphique  et la couronne . 

        — Description.

        Elle est semblable aux précédentes par la coiffure, le visage, le manteau, la courte fraise, les manches à crevés. Un bracelet au poignet droit. La main et le bras gauche ne sont pas visibles, et il faut les imaginer tenant la couronne de deux torons tressés et le linge qui y passe. Ce n'est en aucun cas  une couronne d'épines (mais un trophée de vainqueur); par contre, le linge peut être comparé à celui dans lequel les anges présentent, en signe de respect, la couronne de la Passion. 

         

        — Baccio Baldini (vers 1470) : La Sibylle est sur une île : elle tient une très longue corne. elle est vêtue d'un manteau noir. On lit sur le Phylactère : "Nascetur propheta e virgine absque humana corruptione". : Le prophète naîtra d'une vierge sans "corruption humaine", sans acte sexuel."

        Le Poème est le suivant  : 

        Non e da eser lenta ma tranquilla

        Averta lopera e chonsiderare

        Dov el profeta grande a incharnare

        Lavenimento che alta villa

        Nel ventre verginal d'uman ancilla

        sanza congiunto d'uom mortal sa fare

        Eccho tal chosa fie sopra Natura

        Fatta per chuel chepuo che idio da ra

        — Filippo Barbieri : Sibilla Delphica vestita veste nigra et capillis circumligatis capiti, in manu cornu tenens et juvenis, quae ante Trojana belia vaticinata est, de qua Chrysippus ; ait : Nascetur propheta absque matris coitu ex virgin ejus. (le manuscrit de l'Arsenal  contient jus.)

         "La Sibylle Delphique est vêtue d'une robe noire et porte ses cheveux attachés autour de sa tête ; elle tient une corne et paraît  jeune; elle a parlé avant la guerre de Troie, comme  Chrysippe le dit. Elle a dit :  " Un prophète naîtra  d'une vierge, d'une mère sans accouplement ".

        La sibylle de Delphes tenait dans cette description une corne. Vers 1471, Baldini la représenta tenant une longue corne évoquant une corne d'abondance. La corne se transforme en couronne dans les Heures de Louis de Laval. 

        — Prophète associé : Jérémie  31:21 : Revertere virgo Israhel revertere ad civitates tuas istas "Reviens, vierge d'Israël, Reviens dans ces villes qui sont à toi!"

         

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        — Livre d'Heures de Louis de Laval folio 26v

        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f60.item.zoom

        "La Sibylle Delphique tient à la main une couronne d'épines. Voici l'inscription : « Delphica, XX annorum. Vaticinatur de Christi coronatione . Nasci débet propheta absque maris coitu de femina nomine Maria ex stirpe Judaeorum, filius Dei, nomine Jésus, qui videbitur in manibus infidelium et corona spinea coronabitur.  "Nous rencontrons encore ici une prophétie composite, née de la combinaison d'un texte de Filippo Barbieri avec un texte de Lactance. La première partie de l'oracle se rapporte, comme tous ceux que donne Filippo Barbieri, à la naissance du Sauveur. Mais il fallait à notre théologien une phrase qui put s'appliquera la Passion: il la trouva dans Lactance qui fait prédire par la Sibylle le couronnement d'épines. Dès lors l'attribut de la Sibylle Delphique était tout indiqué." (E. Mâle)

        Ma lecture :  Sibila Delphica, XX. Hec autem bellum troyanum vaticinatur de Christi coronacione. Ut infra. / Huius prophecia est hec : Nasci debet prophetat absque maris coitu de femina nomine Maria ex stirpe Judaeorum, filius Dei, nomine Jesus, qui videbitur in manibus infidelium et corona spinea coronabitur. "Celle-ci prédit pendant la guerre de Troie le couronnement du Christ. Sa prophétie est la suivante : "Il naîtra un prophète par une mère fécondée sans accouplement  d'une femme nommée Marie et d'origine Juive, le fils de Dieu, du nom de Jésus, qui sera livré aux mains des infidèles et sera couronné d'épines".

         Émile Mâle passe sous silence les éléments concernant la virginité de la mère du "prophète" annoncé par cette Sibylle, alors que celle-ci est au centre des textes de Baldini, de Barbieri  et des Heures de Louis de Laval. 

        — Typologie des   Heures de Louis de Laval folio 27r :

        http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f61.item.zoom

        Enluminure supérieure : Le couronnement d'épines avec sur la banderole le  Psaume 2:6 de David   ego autem constitutus sum ab eo rex "C'est moi qui ai établi mon roi sur Sion"

        Enluminure inférieure : le prophète Jérémie confronté à  saint Jean, avec les banderoles Jérémie 20:7 Factus sum in derisum tota die omnes subsannant me "A longueur de journée je suis un objet de risée, tous se moquent de moi". / Matthieu 27:29  Milites plectentes coronam de spinis posuerunt super caput eius. "Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'il posèrent sur sa tête". 

        Comparer avec la Sibylle de Delphes du Pinturicchio (1492-1494), associée au prophète Osée.

         https://it.wikipedia.org/wiki/Appartamento_Borgia#/media/File:Borgia_Apartment_019.jpg

         

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          La Sibylle Delphique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle Delphique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
          La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
          La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
          La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535
          La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535

          La sibylle Delphique selon Baldini (1470-1480), Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535

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          7.  La Sibylle de Tibur  tenant un gantelet.  flanc sud du meuble.

          — Description : Elle est coiffée d'un bonnet conique terminé par un gland et s'évasant en larges bords découpés autour de la tête. La robe est plissée , serrée par une ceinture et orné de deux bandes de tissus circulaires à fleurs, losanges et boutons. L'encolure en V du  bustier très ajusté se termine par une broche en fleur. Les manches sont bouffantes et plissées aux bras, longues avec plis en accordéon aux avant-bras. La femme tient un gant (ou une main coupée) dans la main droite.

          La sibylle Tiburtine ou Albunéa tient son nom de Tibur, aujourd’hui Tivoli où se situent les ruines de son temple. La main qu'elle tient symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion.

          — Frères Limbourg ; Riches Heures du duc de Berry 1410-1411. Folio 22r, La Vierge à l'Enfant, la Sibylle et l'empereur Auguste, illustrant l'Oraison à la Vierge.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Tr%C3%A8s_Riches_Heures_du_duc_de_Berry#/media/File:Folio_22r_-_The_Virgin,_the_Sibyl_and_the_Emperor_Augustus.jpg

          — Feo Belcari (1471) :

          Sara palpato l'invisibil verbo,

          E poi germinera come radice

          Seco sarai siccome il foglio acerbo

          E non apparira bello e felice :

          Gremio materno ne fara riserbo

          Dipoi piangera Dio come infelice

          E nascera di madre come Dio

          Poi tra gli altri usera com' uomo pio.

          — Baccio Baldini 1470-1478 :

          La Sibylla Tiburtina Assise est dans un jardin, les épaules couvertes d’une peau de bête, et coiffée d’un chapeau aux bords en forme de feuillage. Elle tient un livre ouvert d’où s’échappe une banderole où on lit Nascetur in bettelem in nasaret annum Tivbitur regnante quieto tauro. Le poème en italien est le suivant :

           Il gusto ddio alt tal mestier ma bito data

          Chi vabbl col mie dir manifestato

          Duna vergine cheffie nunsiata

          E nasaret te per lei abitata

          En bettalem sara manifestato

          La carne dove dio fie humanato

          E ben sara La sua mare filicie

          Che di tal figlo si sara p[er] notricie.

           

           

           — Filippo Barbieri : Sibylla Tyburtina (sic), quam Lactantius Tyburtem vocat, nomine A[l]bunea, quae Tyburi colitur ut dea juxta ripas amnis, in cujus gurgite simulacrum ejus inventum dicitur tenens in manu librum ; haec de Christo prophetavit : Nascetur Xristus in Bethleem et annunciabitur in Nazareth, regente Tauro pacifico, fundatore quietis : O felix mater cujus ubera illum lactabunt ! — Haec tunica crocea veslietur, violato mantello superimposito . "La Sibylle de Tibur, que Lactance nomme Tyburtem, nommée Albunéa, vivait près du Tibre et a été adoré comme la déesse de la rivière,  dans  les eaux de laquelle on dit qu'une statue d'elle, portant un livre, a été trouvée. Elle est vêtu d'une tunique dorée, recouvert d'un manteau pourpre.  Elle dit ceci du Christ :   " Il naîtra à Bethléem et sera révélé au taureau pacifique, fondateur calme. Ô heureuse la mère qui a allaité un tel fils !   ." 

          — Prophète associé selon Baldieri : Michée 5 :2 Et tu Bethleem  Ephrata parvulus es in milibus Iuda ex te mihi egredietur qui sit dominator in Israhel et egressus eius ab initio a diebus aeternitatis. " Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. "

           

           

          —Livre d'heures de Louis de Laval folio 24v:

           http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f56.item.zoom

           "La Sibylle de Tibur tient une main coupée. L'inscription est assez longue ; en voici d'abord la première partie : « Sibylla Tiburtina, XX annorum, quae prophetavit Romanis et vaticinata est de Christi alapatione. Flagellabit homines potentes, excelsus veniet et firmabit consilium in coelo, annuntiabitur virgo in vallibus desertorum... » Ce texte emprunté à Filippo Barbieri est obscur et, à vrai dire, n'offre à l'esprit aucun sens précis. C'est pourquoi notre théologien, désespérant d'en rien tirer, y ajouta ce passage de Lactance : « In manibus infidelium postea veniet, dabunt Domino alapas, accipiens tacebit, ne quis agnoscat. » Au moins cette seconde partie de la prédiction est claire : il s'agit du commencement de la Passion et des soufflets que Jésus reçoit sans se plaindre. Aussi est-ce le passage de Lactance qui a déterminé le choix de l'attribut : cette main coupée, que la Sibylle de Tibur porte comme un trophée barbare, c'est la main sacrilège qui a frappé le Christ '. Voilà pour la jeune Sibylle une étrange parure. Mais quoi ! nous sommes encore au temps où l'on coupe la main du parricide et du profanateur. " (E. Mâle) 

          — Lien typologique : Livre d'heures de Louis de Laval folio 25r :

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.item.zoom

          Enluminure supérieure : La Passion : sous le regard du grand prètre, trois hommes lèvent la main sur le Christ qui est assis, les yeux bandés. Banderole Isaïe 50 :6 Ego faciem non averti ab conspuentibus  (faciem meam non averti ab increpantibus et conspuentibus in me) 

          Enluminure inférieure : David face au Christ (?).  Banderole  David psaume 69(68) :[quoniam propter te sustiniu obprobium] operuit confusio faciem meam "Car c'est pour toi que je porte l'opprobe, que la honte couvre mon visage". /  Marc 14:65 : [Et coeperunt quidam conspuere eum et velare faciem eius et colaphis eum caeder et dicere ei prophetiza et] ministri alapis eum caedebant " Et quelques-uns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage et à le frapper à coups de poings, en lui disant : Devine ! Et les serviteurs le reçurent en lui donnant des soufflets".  

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          La Sibylle de Tibur, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle de Tibur, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle de Tibur selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

          La Sibylle de Tibur selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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          II. LE RETABLE POSÉ AU DESSUS DE L'AUTEL.

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          8. La Sibylle Agrippa. Un fouet à deux lanières. Annonce la flagellation du Christ.

          — Description : Sa coiffure est un bonnet divisé en oves et cerclé d'un rang de grosses perles. Elle porte une cape à fermail (une languette et deux losanges) dont le pan gauche revient sur l'avant-bras, et une robe au col ras-du-cou et au bustier ouvert sur le devant. La ceinture, ou baudrier, est très particulier, par sa largeur, ses découpures en larges feuilles, ses poinçons et boutons, mais surtout parce que de larges lanières y sont suspendues, terminées par des glands en boutons. La Sibylle porte dans la main droite un bâton où sont accrochées deux cordes, réalisant un fouet.

          Le nom d' Agrippa est une déformation probable d'Aegypta, "l'égyptienne".

          — Baccio Baldini 1470-1478 :

          Assise sur un trône, elle montre de la main gauche le texte latin d’un livre grand ouvert sur ses genoux. On y lit : Hoc verbum invisibile tangi permittet et tan quam radices germinabit.

          —Filippo Barbieri  : Sibylla Agrippa sic ait de Christo : Invisibile verbum palpabitur et germinabit ut radix et siccabitur ut folium, et non apparebit venustas ejus et circumdabit eum alvus maternus et flebit Deus laetitia sempiterna et ab hominibus conculcabitur et nascetur ex matre ut Deus et conversabitur ut peccator.

          Selon Mâle, "le manuscrit donne quelques détails sur l'aspect et le costume de la Sibylle Agrippa : Sibylla Agrippa,  rosea vesta, cum chlamyde rosea, non multum juvenis, manum tenens in gremio quasi admirans et deorsum respiciens.

          — Prophète associé par Barbieri : Isaïe 53, 2-3.  Et ascendet sicut virgultum [...]

          — Heures de Louis de Laval folio 25v:

          "La Sibylle Agrippa porte un fouet. Au-dessus de sa tête on lit cette inscription :  Agrippa, XXX annorum. Vaticinatur de flagellatione. Invisibile verbum palpabitur. .. et conversabitur ut peccator.  Cette fois notre auteur a pensé que la phrase de Filippo Barbieri offrait un sens raisonnable. Il voulait y découvrir une nouvelle allusion à la Passion : il l'y a trouvée; mais il y a mis de la complaisance. Il est clair qu'il a traduit « verbum palpabitur » non pas par : « on pourra toucher le Verbe », mais par : « on frappera le Verbe ». Ce sens admis, il était tout naturel de donner un fouet comme attribut à la Sibylle Agrippa." (Émile Mâle)

          — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 26r  :

          Enluminure supérieure : Flagellation du Christ lié à la colonne. Banderole Psaume 37:18 de David Ego in flagella paratus "Je suis prêt au châtiment du fouet"  

          Enluminure inférieure : David (avec sa harpe) confronté au Christ (?) avec les banderoles Ps 128:3 Supra dorsum meum fabricabantur peccatores "Sur mon dos des laboureurs ont labouré" / Matthieu 27:26  Iesum autem flagellatum tradidit eis   " Après avoir fait battre de verges Jésus".

           

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          La Sibylle Agrippa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle Agrippa, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
          La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
          La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
          La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.
          La Sibylle Agrippa selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

          La Sibylle Agrippa selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), et Léonard Limosin vers 1535.

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          9. La Sibylle Cimmérienne : une corne (un biberon) : annonce l'allaitement de Jésus.

          — Description.

          Le bonnet est relevé autour de la tête en larges bords découpés en feuilles. Le manteau, aux pans rassemblés par un bouton sous le menton, dégage les manches bouffantes et à crevés. L'élément le plus notable est un foulard noué devant la poitrine, et la boucle d'oreille en fleur.  La corne tenue de la main droite est longue, évoquant un olifant et ressemblant à celle que tient la Sibylle Delphique de Baldini.. 

           

           

          — Baccio Baldini 1470-1478 : 

          Assise sur des nuages ignés, elle tient un livre ouvert sur ses genoux. Sa tête est ornée de deux ailes maintenues par un ruban se terminant en deux volutes.  SIbILLA CHIMICHA.Sa banderole dit In pueritia sua cum facie pulcherrima puerum nutriet suo lacte i lacte celitus misso

          Le poème est le suivant :

          Una vergina santa in pueritia

          Cholla sua faccia gloriosa ebelle

          Notrira re delelt terna milisia

          Eber dellat te suo glidara puella

          Perla chui siuedra lacta laetitia

          Sopra avittoriale lasanta istella

          E sara vicitata da choloro

           

          Heglio ferranno incensio mira eoro

          —Filippo Barbieri : 

          Sibylla Emeria (lire « Cimmeria) in Italia nata, Chimica, vestita cœlestina veste deaurata, capillis per scapulas sparsis, et juvenis, de qua Ennius ; ait : In prima facie virginis scendet puella pulchra facie, prolixa capillis, sedens super sedem stratam [nutrit puerum] , dans ei ad comedendum vis proprium, id est lac de cœlo missum.

          "La sibylle Cimmeria, née en Italie, où on la nomme "Chimica" , est vêtue d'une robe bleue et or, avec les cheveux retombants sur les épaules. Ennius en parle. Elle a dit ceci  : ".???????????

          Prophète associé par Barbieri : Joël  2, 29.: In diebus illis effundam spiritum meum "En ces jours je répandrai mon esprit"... 

          — Les Heures de Louis de Laval folio 22v

          "La Sibylle Cimmérienne a pour attribut un vase en forme de corne, qui n'est pas autre chose qu'un biberon. L'inscription dit en effet : « Sibylla Cymeria, (annorum) XIIII Vaticinatur quo modo Virgo lacte t puerum. In prima facie virginis ascendit virgo quaedam... nutriens puerum, dans ei ad comedendum lac.. C'est donc l'allaitement d'un enfant par une vierge qu'annonce la prophétie. Il faut avouer qu'il n'était pas facile de trouver un attribut pour la Sibylle Cimmérienne : avec une naïveté qui fait sourire, l'artiste imagina de lui faire porter un biberon." (Émile Mâle)

          — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 23r :

          Enluminure supérieure : Marie allaite Jésus dans la crèche en présence de Joseph. Banderole David Psaume 101:10 Potum meum cum fletu miscebam "Je mêle des larmes à ma boisson"

          Enluminure inférieure : le prophète Isaïe confronté à saint Luc (taureau), avec les banderoles Isaïe 7:15  butyrum et mel comedet  "Il mangera de la crème et du miel"  / Luc 11:27   Beata ubera quae suxisti  "Heureuse les mamelles qui t'ont nourri".

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           La Sibylle cimmérienne, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle cimmérienne, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Cimmérienne selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

          La Sibylle Cimmérienne selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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          10. Sibylle Hellespontique tenant une grande croix. la Crucifixion.  Sur la porte du tabernacle. 

          — Description.

          Son costume est proche de celui de la Sibylle Persique. Son turban s'orne d'une fleur ou d'un nœud frontal. Même chevelure en mèches désordonnées. Courte fraise au ras du cou. Le manteau au col relevé n'est porté que sur le coté gauche, alors que le pan droit passe derrière l'épaule et est retenu par le bras opposé. Il dégage ainsi la robe bouffante sous l'épaule, se poursuivant par une manche rapportée cerclée d'anneaux d'étoffe et aux fins crevés. L'encolure de cette robe, carrée, est très basse, mettant en évidence la chemise plissée au col ornée de boutons. Sous une ceinture très haute, la robe aux plis ogivaux se mêle au pan du manteau. La croix est tenue de la main droite et repose sur l'épaule.  

          La sibylle hellespontine officiait à Dardanie, sur l'Hellespont. Née à Marpessos près de Troie, elle s’exprimait, selon Héraclite, « d’une bouche délirante, sans sourire, sans ornements, sans fards et sa voix parvenant au-delà de mille années grâce au dieu ». Elle rendait ses oracles sous la forme d'énigmes et les inscrivait sur des feuilles.

          — Baccio Baldini (1470-1480) : SIbILLA / ·ELISPONTICA.

          Assise sur un trône fait de branchages, elle tient un livre fermé et une banderole. Elle est coiffée d’un turban.  La banderole dit Ex excelso habitaculo. Respexit deus humiles et in terris novissimis diebus ex hebrea virgine nascetur

          Le poème  est le suivant  

          Nella miescola stando vidi fare

          Tanto nuna fantina grand onore

          Qual en verginita sivvol salvai

          E per divina gracia esso valore

          Discendllei evienan carnare

          Figlioi cheffia ditanto splendore

          Effie diddio svo figli volvercie

          Chettut tols econostro porranpacie

           

          — Filippo Barbieri : Sibylla Hellespontica, in agro Trojano nata, vetusta et antiqua, veste rurali induta, ligato velo antiquo [capite] sub gula circumvoluta usque ad scapulas quasi despectu de qua scribit Heraclides ; dicens : De excelsis cœlorum habitaculo prospexit Deus humiles suos. Et nascetur in diebus novissimis de virgine hebraea in cunabulis terrae. "Née dans la campagne troyenne,  vieille et très ancienne, vêtue d'une robe simple, un voile antique noué sous le menton et tombant sur les épaules. ainsi que dit  Héraclite. Elle a dit : "Du plus haut des cieux Dieu a regardé vers le bas  l'humble demeure.  Et il naîtra d'une vierge juive dans un berceau ".

          — Prophète associé "Jonas". (En réalité ce sont les paroles prononcées par Gédéon dans Juges 6:37) Ponam vellus hoc lanae in area, si ros in solo vellere fuerit, et in omni terra siccitas, sciam quod per manum meam, sicut locutus es, liberabis Israe Factumque est ita : de nocte consurgens et, expresso vellere, concham rore implevit. "Voici ce que je te demande: j'étendrai une toison de laine sur le sol de l'aire où l'on bat le blé. Si la rosée se dépose seulement sur la toison, et si tout le sol autour reste sec, je saurai que c'est par mes soins que tu veux délivrer Israël, comme tu l'as déclaré."

          On sait que ces versets sur la  toison de Gédéon ont été considérés par la tradition comme préfigurant la virginité de Marie. 

           

          ​Heures de Louis de Laval folio 27v

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f62.item.zoom

            "La Sibylle Hellespontique porte une grande croix. Et voici comment l'inscription justifie cet attribut : « Sibylla Hellespontica. L annorum. Vaticinata est de futur a Christi crucifixione. Jésus Christus nascetur de casta. Félix ille Deus ligno qui pendet ab alto. » Ici encore notre auteur a trouvé Filippo Barbieri trop peu significatif. La première phrase est de lui  ; elle se rapporte, comme d'ordinaire, à la Nativité du Christ et à la virginité de la mère. Mais cette prophétie dix fois répétée ne pouvait suffire. Notre théologien, qui voulait raconter par la bouche des Sibylles toute la Passion, avait besoin d'un texte se rapportant à la mort de Jésus-Christ sur la croix. Lactance n'en parle pas. Il eut donc recours à un passage de Sozomène, qui devait être fameux, puisqu'on le trouve également inscrit sur les stalles d'Ulm. Par cet artifice, la Sibylle Hellespontique, qui n'annonçait jusque-là que la naissance de Jésus-Christ, put encore prédire sa mort sur la croix. " (E. Mâle)

          Ma lecture : Sibilia aspontia. Annorum , L, nata in agro troyano temporibus tyu troyami~ vaticinata est de futura Christi crucifixione. Ut infra. /  Ihs Xps nascetur de casta Flelix ille Deus ligno qui pendet ab alto. 

          — Typologie : ​Heures de Louis de Laval folio 28r

          Enluminure supérieure : la Christ crucifié entre les deux larrons. Marie et Jean au pied de la Croix. Banderole Jean 12:32 Ego si exultatus fuero a terra omnia traham ad me. "Moi, quand j'aurais été élevé au dessus de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi".

          Enluminure inférieure : David devant saint Jean (sic). Banderole David Psaume 21:17 foderunt manus et pedes meos :  "Ils ont percé mes mains et mes pieds" / Luc 23:33 In loco calvariae crucifierunt : "à l'endroit appelé  "le Crâne" ils le crucifièrent."

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          Sibylle Hellespontique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          Sibylle Hellespontique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Hellespontique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

          La Sibylle Hellespontique selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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          11. Sibylle de Cumes : un petit bassin ou un pain rond.

          — Description : Ses cheveux sont couverts par un voile mainten par un balzo au dessin soigné. Ce voile descend sur les épaules et croise devant la poitrine. Un manteau (notez la manche large terminé par un gland ou pompon) recouvre une robe au bustier ajusté et à la jupe plissée. La ceinture est ornée de découpures en forme de feuilles. La main droite retient le pan droit du manteau, et la main gauche tient une boule plus large qu'elle.

          Cette boule n'est ni le coquillage de type Porcelaine, aussi nommé  "Pucelage" ou "vulve de vierge" (Louis Réau) et qui représente la virginité de la Vierge et qui est parfois l'attribut de la Cuméenne. Ce n'est pas non plus la coupe d'or (cf. Louis de Laval), mais cela pourrait être la pierre de la prophétie de Daniel chap. 2 (cf infra). Émile Mâle note "qu'à Saint-Bertrand de Comminges (comme d'ailleurs dans le manuscrit de l'Arsenal enluminé par Jean de Montluçon, la Sibylle de Cumes, qui annonce un nouvel ordre de choses, porte à la main une sphère. Cette sphère symbolise sans doute le monde. Il se pourrait que le bassin rond (si difficile à expliquer) de la Sibylle de Cumes se soit transformé en sphère. "

          Cette Sibylle tient son nom de la ville de Cumes, près de Naples. "Elle est aussi appelée Amalthée. Elle a vécu en même temps qu’Énée et on lui accorde une vie de mille ans. Le poète Ovide raconte dans ses Métamorphoses (XIV) qu’Apollon, épris des charmes de la sibylle de Cumes, offrit de réaliser son vœu le plus cher en échange de ses faveurs. Feignant d'accepter sa proposition, elle lui demanda autant d'années de vie que sa main contenait de grains de sable. Cependant, elle n'honora pas sa promesse. Or elle avait omis de formuler son vœu de manière à conserver toujours la fraîcheur de ses vingt ans et sa main contenait un millier de grains au moment de son vœu. Apollon l'exauça à la lettre, changeant ainsi le souhait en malédiction. Elle se mit à vieillir progressivement au fur et à mesure de son interminable existence, jusqu'à demeurer toute recroquevillée dans une bouteille suspendue au plafond de sa cave. Aux enfants qui lui demandaient ce qu'elle désirait, elle répondait : « je veux mourir ». Virgile décrit la descente d'Énée aux Enfers accompagné de la sibylle de Cumes (Enéide Livre VI : 1-42-263) ; elle lui avait montré où cueillir le rameau d'or, dans les bois sur les bords du lac d'Averne, rameau qui devait lui permettre de pénétrer dans le royaume d'Hadès."

           La Cuméenne est évoquée dans les Bucoliques de Virgile (Bucolique IV 1-4), considéré comme le chantre de l'âge d'or et de l'accomplissement des siècles où le Ciel suscite sur terre une progéniture nouvelle. 

          — Baccio Baldini (1470-1480) : SIbILLA·CVMANA.

          Assise sur des nuages ignés, elle porte un bijou sur son front ; ses cheveux torsadés, entrelacés de rubans, tombent sur ses épaules. Un voile passe au dessus de son épaule droite. Elle tient un livre ouvert portant une inscription. Iam redit et Virgo redeunt saturnia regnia... Iam nova progeimes celode muttit vr alto. sur une banderole au-dessus de sa tête .

          Le poème est le suivant :

          Lutimo mie parlar pie e veracie

          Pero che giunt son gli utimi canti

          Del venimento dello re di pacie

          Dichicci salvera noi tutti quanti

          E prendrera carn umana si gli placie

          E mosterrassi umil at tutti chuanti

          Per madre prende lumil verginella

          la chual sara sopr ogni donna bella

           

          — Filippo Barbieri :

          Sibylla Cumana fuit tempore Tarquinii Prisci, scripsit de Christo haec, referente Virgilio in lib. Bucolic. in hunc modum "La Sibylle de Cumes, qui vivait à l'époque de Tarquin l'Ancien, et dont parle Virgile dans ses Bucoliques ainsi : " :

          Ultima Cumaei venit jam carminis aetas ;

          Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo.

          Jam redit et virgo, redeunt Saturnia regna,

          Jam nova progenies cœlo demittitur alto.

          Casta, fave (sic), Lucina, tuus jam regnat Apollo.

          "Les Temps sont révolus qu'a prédits la Sibylle : 

          Les siècles, dans leur course immuable et tranquille, 
          A leur point de départ sont enfin revenus,
          Et le dernier de tous, l'Age de fer, n'est plus. 
          Déjà revient Saturne, et la Vierge immortelle 
          Abandonnant les cieux reparaît parmi nous ;
          Et les dieux, des humains cessant d'être jaloux, 
          Envoient sur notre Terre une race nouvelle.

          Un Enfant doit bientôt au jour ouvrir les yeux ; 
          Souris, chaste Lucine, à sa venue au monde : 
          L'Age d'or va renaître et sur terre et sur l'onde ; 
          Déjà règne Apollon, ton frère glorieux." (Bucolique IV trad. Henri Laignoux 1939)

           

           

           

          — Prophète associé par Barbieri  Daniel  Dan 2, 34-35. Abscissus est de monte lapis videbas ita donec abscisus est lapis sine manibus et percussit statuam in pedibus eius ferreis et fictilibus et comminuit eos  tunc contrita sunt pariter ferrum testa aes argentum et aurum et redacta quasi in favillam aestivae areae rapta sunt vento nullusque locus inventus est eis lapis autem qui percusserat statuam factus est mons magnus et implevit universam terram. "...lorsqu'une pierre se détacha sans le secours d'aucune main, frappa les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces. Alors le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or, furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s'échappe d'une aire en été; le vent les emporta, et nulle trace n'en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre."

           

          —Livre d'Heures de Louis de Laval folio 20v :

          "La Sibylle de Cumes porte un petit bassin couleur d'or. « Sibylla Cumana, dit l'inscription, XVIII annorunm. Videtur vaticinari de nativitate Christi in Bethleem. Ultima Cumaei venit jam carminis aetas...», etc. On reconnaît les vers de Virgile cités par Filippo Barbieri. Ces vers, nous dit l'inscription, se rapportent à la Nativité de Jésus-Christ. Mais comment cette sorte d'écuelle d'or que tient la Sibylle peut-elle symboliser la Nativité ? C'est là une véritable énigme que les contemporains eux- mêmes n'entendaient guère. Car j'ai vu souvent les artistes du XVIe siècle donner à la Sibylle de Cumes, au lieu d'une écuelle, quelque chose qui ressemble à un pain rond, fendu par le milieu. S'il fallait proposer une hypothèse, je dirais volontiers que le bassin de la Sibylle est une réduction du cuvier où les sages-femmes lavent les nouveau-nés — épisode qui, au XVe siècle encore, accompagne parfois la Nativité."

          Je lis Sibila Cumana in ytalia nata XVIII annorum que fuit tempere terquini de qua Virgilius prophetavit videtur vaticinari de nativitate Christi in Bethleem. / Ultima Cumaei venit jam carminis aetas Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo. Jam redit et virgo, redeunt Saturnia regna, Jam nova progenies cœlo demittitur alto. Te duce si que manent sceleris vestigia mea. Irrita perpetua soluet formidine terras. Tu modo nascenti puero que fervea primum. Desmet et toto surget gens aurea mundo.

          — Typologie des Heures de Louis de Laval folio 21r  :

          Enluminure supérieure : la Nativité et l'Adoration des Bergers, avec les banderoles de Luc 2:14 : Gloria in excelsis Deo et du Psaume 25:1 de David :  Ego in innocentia mea ingressus "Je marche dans l'intégrité"

          Enluminure inférieure : Isaïe face à saint Luc avec les banderoles portant le verset d'Isaïe 9:6 : parvulus enim natus est nobis filius datus est nobis "Car un enfant nous est né, un fils nous est donné". / Luc 2:7 : Peperit filium suum primogenitum : "elle enfanta son fils premier-né."

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          Sibylle de Cumes, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          Sibylle de Cumes, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
          La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
          La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
          La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..
          La Sibylle de Cumes selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..

          La Sibylle de Cumes selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard), les émaux de Léonard Limosin..

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          12. La Sibylle Persique tenant sa lanterne .

          — Description : Même coiffure à balzo, même visage rond, mêmes cheveux en mêches mi-longues, même fraise courte autour du cou, même chemise à col rond et serré que beaucoup de ses consœurs. L'ample manteau fait retour vers le poignet droit. Un bustier à décolleté carré sur une jupe plissée. La Sibylle tient une lanterne dans la main gauche et foule un serpent sous le pied gauche.

          La Sibylle Persique est la fille de Berosos et d’Erymanthé et on la nomme parfois Sabbé

          — Baccio Baldini 1470-1478 : 

          Assise dans un jardin, coiffée d’un hennin, elle tient un livre ouvert sur ses genoux et fait un geste de la main droite. L'inscription indique Ecce filius dei bellua equitans dominus universi cuiusque gentium salutis virgine erit et fiet nobis hoc verbum palpabile.

          — Filippo Barbieri (1481) :  Sibylla Persica vestita veste aurea cum vélo albo in capite dicens sic : Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe terrarum, et gremium virginis erit salus gentium et pedes ejus erunt in valitudine [sic] hominum. "La Sibylle Persique est vêtue d'une robe dorée avec sa tête couverte d'un voile blanc, et elle proclame : ".Voici que le serpent sera foulé sous ton talon, que le Seigneur sera enfanté sur le globe de la terre, et le sein de la Vierge deviendra le salut du monde ; le verbe invisible sera palpable ."

          — Prophète associé par Barbieri :  Osée 13:14.  De manu mortis  liberabo eos de morte redimam eos ero mors tua o mors ero morsus tuus inferne consolatio abscondita est ab oculis meis "Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts, Je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste? Séjour des morts, où est ta destruction? Mais le repentir se dérobe à mes regards!"

          — Heures de Louis de Laval  folio 17v :

           "On va voir clairement ce que l'artiste (aidé sans aucun doute d'un lettré) a emprunté à Lactance, ce qu'il a emprunté à Filippo Barbieri, et enfin ce qu'il a imaginé. Au-dessus de la Sibylle Persique on lit une inscription ainsi conçue : « Sibylla Persica, XXX annorum, cujus mentionem facit Nicanor. » — Et d'abord nous reconnaissons que cette indication précise : « la Sibylle Persique, dont Nicanor fait mention », est empruntée à Lactance. Sous les pieds de la Persique il y a une autre inscription. Cette fois c'est la Sibylle qui parle et elle dit : « Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe terrarum et gremium virginis erit salus gentium... » Il ne nous faudra pas longtemps pour nous apercevoir que ce sont les propres paroles que Filippo Barbieri assigne à la Sibylle Persique. — Mais voici quelque chose de tout nouveau : la Persique porte à la main une lanterne et foule aux pieds un monstre. D'où viennent ces attributs? — Ils sont une invention de l'artiste, ou plutôt de son collaborateur le théologien. On lit, en effet, au-dessus de la tête de la Sibylle cette explication : Videtur [Persica) vaticinari de futuro salvatore gentium sub nubilo. « La Persique semble annoncer le Sauveur sous un nuage. » L'oracle est obscur, en effet, et, pour exprimer que la lumière en est comme voilée, l'artiste a remis aux mains de la Sibylle une lanterne d'où filtre une vague lueur. Quant au monstre que la Persique foule aux pieds, c'est la bête dont parle l'oracle : « Ecce bestia conculcaberis. » Un dernier détail semble encore de l'invention de notre théologien. L'inscription, en effet, donne à la Sibylle un âge précis : elle a trente ans. Il n'y a rien de pareil ni dans Lactance ni dans Filippo Barbieri. Ce dernier, toutefois, pouvait mettre sur la voie de cette bizarre imagination. Il dit, en effet, à deux ou trois reprises, que telle Sibylle est vieille et telle autre jeune; mais jamais il n'a eu l'idée d'assigner à ses prophétesses un âge déterminé. "(E. Mâle) 

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f47.vertical

          — Typologie des Heures de Louis de Laval : folio 18r.

          Enluminure supérieure : la Vierge à l'Enfant apparaissant à Abraham et à la sibylle de Perse. L'Enfant tient la banderole du verset Jean 8:58 Antequam Abraham fuit ego sum : " Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis.".

          Enluminure inférieure : David confronté à saint Jean. David  tenant sa harpe tient la banderole du verset 5 du Psaume 82   Intellexerunt in tenebris ambulant. "[Ils n'ont ni savoir] ni intelligence. Ils marchent dans les ténèbres.". Jean tenant le calice de poison présente la banderole de Jean 1 Lux in tenebris lucet. "La lumière luit dans les ténèbres, [ et les ténèbres ne l'ont point reçue]". 

          — Voir aussi : Le Mistère du vieil testament, éd. J. de Rothschild, SATF, t. VI, 1891, p. 215 Cité par D. Hüe.

          sibilla persica
          Ung temps viendra que le serpent despit
          Se mussera au centre de la terre;
          Vaincu sera sans avoir nul respit;
          Le Filz de Dieu luy viendra faire guerre. 49150
          Lors le serpent sera tenu en serre,
          Car la Vierge son filz germinera,
          Puis descendra pour nostre salut querre;
          En ce monde sa lumiére estandra.

           

           Le lien qui unit cette Sibylle Persique avec la statue de la Vierge foulant la démone de l'église de Brennilis est évident.

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          Voici d'à bord la Sibylle Persique(fig.i 34). On va voir clairement ce que l'artiste (aidé sans aucun doute d'un lettré) a emprunté à Lactance, ce qu'il a emprunté à Filippo Barbieri, et enfin ce qu'il a imaginé.

          Au-dessus de la Sibylle Persique on lit une inscription ainsi conçue : « Sibvlla Persica, XXX annorum, cujus mentionem facit Nicanor. » — Et d'abord nous reconnaissons que cette indication précise : « la Sibylle Persique, dont Nicanor fait mention », est empruntée à Lactance 3 . Sous les pieds de la Persique il y a une autre inscription. Cette fois c'est la Sibylle qui parle et elle dit : « Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe ter- rarum et gremium virginis erit salus gentium... » Il ne nous faudra pas long- temps pour nous apercevoir que ce sont les propres paroles que Filippo Barbieri assigne à la Sibylle Persique. — Mais voici quelque chose de tout nouveau : la Persique porte à la main une lanterne et foule aux pieds un monstre. D'où viennent ces attributs? — Ils sont une invention de l'artiste, ou plutôt de son collaborateur le théologien. On lit, en effet, au-dessus de la tête de la Sibylle cette explication : Videtur [Persica) vaticinari de futuro salvatore gentium sub nubilo. « La Persique semble annoncer le Sauveur sous un nuage. » L'oracle est obscur, en effet, et, pour exprimer que la lumière en est comme voilée, l'artiste a remis aux mains de la Sibylle une lanterne d'où filtre une vague lueur. Quant au monstre que la Persique foule aux pieds, c'est la bête dont parle l'oracle : « Ecce bestia conculcaberis. » Un dernier détail semble encore de l'invention de notre théologien. L'inscription, en effet, donne à la Sibylle un âge précis : elle a trente ans. 11 n'y a rien depareil ni dans Lactance ni dans Filippo Barbieri. Ce der- nier, toutefois, pouvait mettre sur la voie de cette bizarre imagination. Il dit, en effet, à deux ou trois reprises, que telle Sibylle est vieille et telle autre jeune; mais jamais il n'a eu l'idée d'assigner à ses prophétesses un âge déterminé. -

          Voici d'à bord la Sibylle Persique(fig.i 34). On va voir clairement ce que l'artiste (aidé sans aucun doute d'un lettré) a emprunté à Lactance, ce qu'il a emprunté à Filippo Barbieri, et enfin ce qu'il a imaginé.

          Au-dessus de la Sibylle Persique on lit une inscription ainsi conçue : « Sibvlla Persica, XXX annorum, cujus mentionem facit Nicanor. » — Et d'abord nous reconnaissons que cette indication précise : « la Sibylle Persique, dont Nicanor fait mention », est empruntée à Lactance 3 . Sous les pieds de la Persique il y a une autre inscription. Cette fois c'est la Sibylle qui parle et elle dit : « Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe ter- rarum et gremium virginis erit salus gentium... » Il ne nous faudra pas long- temps pour nous apercevoir que ce sont les propres paroles que Filippo Barbieri assigne à la Sibylle Persique. — Mais voici quelque chose de tout nouveau : la Persique porte à la main une lanterne et foule aux pieds un monstre. D'où viennent ces attributs? — Ils sont une invention de l'artiste, ou plutôt de son collaborateur le théologien. On lit, en effet, au-dessus de la tête de la Sibylle cette explication : Videtur [Persica) vaticinari de futuro salvatore gentium sub nubilo. « La Persique semble annoncer le Sauveur sous un nuage. » L'oracle est obscur, en effet, et, pour exprimer que la lumière en est comme voilée, l'artiste a remis aux mains de la Sibylle une lanterne d'où filtre une vague lueur. Quant au monstre que la Persique foule aux pieds, c'est la bête dont parle l'oracle : « Ecce bestia conculcaberis. » Un dernier détail semble encore de l'invention de notre théologien. L'inscription, en effet, donne à la Sibylle un âge précis : elle a trente ans. 11 n'y a rien depareil ni dans Lactance ni dans Filippo Barbieri. Ce der- nier, toutefois, pouvait mettre sur la voie de cette bizarre imagination. Il dit, en effet, à deux ou trois reprises, que telle Sibylle est vieille et telle autre jeune; mais jamais il n'a eu l'idée d'assigner à ses prophétesses un âge déterminé. -

          La Sibylle Persique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle Persique, autel du bas-côté Sud, église Notre-Dame de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

          La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).
          La Sibylle Persique selon Baccio  Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481),  les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

          La Sibylle Persique selon Baccio Baldini (1470-1480), Filippo Baldieri (1481), les Heures de Louis de Laval (avec la page de typologie en regard).

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          DISCUSSION. LES SIBYLLES ET L'IMMACULISME.

          L'un des vitraux les plus singuliers de Brennilis représente sainte Anne portant en son ventre la Vierge sous forme d'une petite fille dorée et irradiante, avec les inscriptions Sainte Conception et Chaste Mariage : il s'agit d'un manifeste incontestable en faveur de la conception immaculée de Marie, point théologique qui n'est pas alors un dogme, mais fait l'objet d'âpres discussions entre "maculistes" (proche des Dominicains) et "immaculistes" (proches des Franciscains). Or, à bien y regarder, le développement de l'iconographie des Sibylles au XVe et XVIe siècle semble bien appartenir à un courant immaculiste. Dès lors, la présence des 12 Sibylles de Notre-Dame de Brennilis s'intégrerait dans un programme iconographique non seulement marial, mais aussi liée à ce courant. Voici quelques arguments.

          1. Datation.

          Une datation précise de ces 12 Sibylles de Brennilis serait utile pour ouvrir cette discussion. On sait (pierre de fondation) que l'église, alors chapelle tréviale de Loqueffret, a été fondé en 1485, que le chœur et le transept ont été vitrés vers 1492-1498 (baie 1 et 2), ou après 1500 (baie axiale), que la statue de Notre-Dame de Breac-Ellis a été datée vers 1575 par Christine Prigent. Le créneau vraisemblable pour les panneaux des Sibylles se situerait selon ces données d'activité d'aménagement de l'église entre 1500 et 1575. 

          Un autre indice concerne les autres Sibylles d Finistère (cf. Annexe). La poutre de gloire de Lampaul-Guimiliau date entre 1533 (fondation de l'église) et 1599. Les panneaux du chancel de Saint-Herbot datent "de la seconde moitié du XVIe siècle" (R. Couffon) .

          Enfin les costumes portés par les Sibylles peuvent donner des informations. Les fraises qui entourent leur cou sont courtes, correspondant à la mode entre 1530 et 1550.

          2. Source iconographique.

          Si on admet un créneau de datation vers  1530-1550, les artistes menuisiers (huchiers)  pouvaient s'inspirer des modèles développés à partir des gravures des livres d'heures de Simon Vostre, facilement disponibles. Ceux-ci reprennent eux-mêmes la systématisation mise en place par Jean Colombe pour Louis de Laval.

          3. Influence des Sibylles florentines de 1471.

          Comme Émile Mâle l'a souligné, le renouveau du thème des Sibylles, et l'augmentation de leur nombre à douze, est survenu en Italie et notamment à Florence à l'occasion de la représentation d'un Mystère de l'Annonciation (Sacre rappresentazioni dell'Annunciazione di Nostra Donna). Le texte avait été rédigé par l'écrivain pieux Feo Belcari, un membre de l'entourage de Laurent le Magnifique. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. Dans le texte qui nous est parvenu, texte publié en 1872 par Alessandro d’Ancona Rappresente della Annunziazione di Feo Belcari in Sacre rappresentazioni dei secoli xiv, xv, xvi, Firenze, 1872, t. I, p. 167-182,  un ange invite les prophètes et les sibylles à dire ce qu’ils savent du Sauveur promis aux hommes par Dieu et à révéler sa miraculeuse naissance. C’est par des couplets de huit vers prophétiques qu’ils s’expriment, en alternance (deux prophètes, une sibylle). Puis l’ange Gabriel, envoyé par Dieu, annonce à la Vierge qu’elle enfantera le Sauveur. Les sibylles se nomment Eritrea, Sofonia, Persica, Pontica, Samia, Micchea, Osea, Cumana, Tiburtina, Zaccheria.  

          Le Mystère s'achève par les paroles de l'Annonciation (Ave Maria Gratia Plena Dominus Tecum ...) suivies par un chant entonné par Gabriel. Il débute par les mots Vergine santa immacolata e pia , "Vierge sainte, immaculée et pieuse". 

          La Sainte Représentation montre donc comment la virginité de Marie et son rôle dans le plan du Salut a été annoncé au peuple hébreu par les prophètes et aux païens par les Sibylles, pour se conclure par une affirmation de sa  conception immaculée.

          C’est ce mystère que le graveur florentin Baldini a « illustré » vers 1470-1480, gravant sous chaque personnage les vers correspondants. Ceux-ci font allusion à l’avènement du Verbe, Fils du Père, né d’une vierge juive, à sa mort, à sa résurrection. Ils qualifient le Messie de Soleil naissant, de Clef de David, de Miroir sans tache, d’Étoile divine, de Roi des rois, de Sauveur, de Roi de la paix, de Bon Berger, de Salut des nations, d’Emmanuel (« Dieu est avec nous »). Ils insistent sur la virginité de la Mère du Sauveur et évoquent le Démon vaincu.  Mais dans les gravures de Baldini, le nombre des figures représentées est supérieur à celui des prophètes et des sibylles évoqués dans le texte, ce qui est expliqué par Gisèle Lambert ainsi  : ce genre de spectacle s’enrichissant en effet au fur et à mesure de ses représentations, Baldini s’est probablement inspiré de sa forme définitive, postérieure à celle qu’a découverte Alessandro d’Ancone. Certains historiens ont également envisagé une autre source littéraire – qui reste à découvrir –, commune à Belcari et à Baldini. 

          Certaines sibylles sont communes au mystère et aux gravures : les sibylles de Perse, de Samos, de Cumes, de Tibur, de l’Hellespont et la sibylle d’Érythrée ; le texte est identique pour la sibylle persique, présente quelques variantes pour celles d’Érythrée et de Samos ; il diffère pour les sibylles de Cumes, de l’Hellespont, de Tibur.

          En somme, à Florence vers 1470, une série de douze Sibylles a été définie, chacune avec son nom, sa présentation iconographique, et surtout sa prophétie fortement orientée vers l'annonce de la Vierge comme Mère du Sauveur. 

           

          4. Influence des Heures de Louis de Laval. Première organisation de la série sybilline.

          Le concepteur des Heures de Louis de Laval-Châtillon (son chapelain Sébastien Mamerot ?) a organisé pour la première fois la série de 12 Sibylles italiennes (Baldini et Barbieri) dans une séquence cohérente déterminée par les épisodes de la Vie de la Vierge et de la Passion du Christ. La présentation en double page associe étroitement chaque prophétesse avec un événement évangélique, et offre à la dévotion individuelle (celle sur laquelle repose la lecture d'un livre d'Heures) un support mnémotechnique spatial et temporel (cf.  Frances A. Yates 1987, L'Art de la mémoire ) aidé par le choix d'attributs simples, spécifiques (auparavant, les sibylles portaient indifféremment le livre de leur prophétie et levaient l'index vers le ciel) et expressifs. Les douze Sibylles traçaient ainsi un parcours de méditation et de participation émotionnelle (comme, plus tard, les 12 stations des Chemins de croix) et leur ensemble s'ajoutaient aux séries numériques énumérées dans les chapelles : 12 apôtres du Credo apostolique, 12 prophètes du Credo prophétique, 8 à 12 panneaux de la Vie de la Vierge ou des Passions des vitraux du Finistère, etc...

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          5. Les Heures de Louis de Laval et leur postérité, et la thèse immaculiste.

          J'ai déjà signalé que Louis de Laval s'est fait représenter dans ces Heures au folio 51r, sous l'inscription AVE MARIA GRATIA PLENA DOMINUS  agenouillé devant la Vierge à l'Enfant elle-même sous l'inscription SANCTA ET IMMACULATA VIRGINITAS.

          À la mort de Louis de Laval le 21 août 1489, les précieuses Heures furent léguées par ce dernier à Anne de Beaujeu, fille du roi Louis XI et épouse du duc  Pierre II de Bourbon, dont il était un proche. Elles passérent ensuite en possession de la fille d'Anne, Suzanne de Bourbon et de son époux Charles III de Bourbon, connétable de France. Or,  les Bourbons, et notamment  Anne de Beaujeu et son époux sont bien connus pour leurs convictions immaculistes, comme en témoignent, dans leur Collégiale de Moulins, le triptyque de Jean Hey et le vitrail très particulier de l'Arbre de Jessé. Le culte de sainte Anne est, par l'intermédiaire de l'épisode du Baiser sous la Porte Dorée, étroitement lié à la défense de l'idée d'une conception sans relation charnelle, et donc sans tache, de la Vierge ; aussi les prénoms d'Anne et de Suzanne (fille d'Anne de Beaujeu) sont-ils à remarquer. 

          Dans la thèse de Julien Abed, "La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge", un ultime chapitre  intitulé « La sibylle, la Vierge et la reine » étudie le lien qui a uni le personnage des sibylles aux reines de France.

          " La communication politique propre au royaume de la fleur de lys a utilisé la sibylle pour propager l’image d’une vierge mère d’un héritier royal. On en trouve des traces dans l’Épître à Marie d’Orléans de François Villon datée de 1457, mais elle s’épanouit surtout à la fin du Moyen Âge avec Anne de Beaujeu [...] ou Louise de Savoie (mère de François Ier), qui ont toutes entretenu, par la commande de livres d’heures, de tapisseries ou d’ouvrages pro-féminins, l’écho des paroles sibyllines. Une rivalité de maternité royale entre ces deux dernières pourrait expliquer deux manuscrits de processions sibyllines trouvés à la Bibliothèque nationale, où l’annonce par douze sibylles de la naissance d’un enfant-Sauveur dans le sein d’une Vierge pourrait signifier l’apparition d’un héros dans la Famille de France, image terrestre de la Sainte Famille."

          En poursuivant les réflexions sur les relations privilégiées entre les Heures de Louis de Laval et le couple Anne de Beaujeu / Pierre de Bourbon, on ne peut manquer d'être frappé par le fait que ce couple est le commanditaire des vitraux réalisés entre 1507 et 1513 par Arnaud de Moles de la cathédrale d'Auch et qu'ils y figurent en médaillon en baie 4 : 

          http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7741843h.r=&rk=386268;0

          On trouve :

          Baie 2 : Noé. L'Annonciation annoncée par une sibylle tenant un rameau fleuri. La sibylle d'Érythrée.

          http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3253/categories

          Baie 3 : la Sibylle de Samos tenant un berceau. Inscription « Sibyla  Samie  / Vingt et quatre ans eut quand elle dis." au dessus de la Nativité. 

          http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3258/categories

          Baie 4 . Au tympan, Sibylle Persique tenant une lanterne face au prophète Elie.  Anne de Beaujeu et son mari en médaillon.

          Baie 6 : Sibylle Libyque tenant un cierge entre Moïse et Enoch. Registre inférieur : la sibylle de Tibur montrant la Vierge et l'Enfant à l'empereur Auguste. 

          http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3260/categories

          Baie 8 : La Sibylle Europe tenant une épée entre Josué et  et le prophète Amos. Registre inférieur : la Fuite en Égypte.

          http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3262/categories

          Baie 13 : la Sibylle Agrippa tenant un fouet, entre Jérémie et Nahum. Registre inférieur : la Flagellation. 

          http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3248/categories

          Baie 14. Sibylle Cimmérienne tenant une corne entre Daniel et  Saint Matthieu. Registre inférieur : Daniel dans la fosse aux lions.

           http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3259/categories

          Baie 16 : Sibylle de Tibur   tenant une main coupée, avec l'inscription SIBILLE TIBURTINE. Esdras et Abacuc. Chapelle de la Passion.

          http://phototheque-peuriot-ploquin.com/piwigo/picture.php?/3251/categories

          Baie 17 Chapelle de l'Ascension Sibylle de Delphes tenant la couronne d'épines. Registre inférieur : le couronnement d'épines.

          Baie 18 : inscription :Le 25 juin 1513 furent achevées les présentes vitres en l'honneur de Dieu et de Notre-Dame.

          On retrouve donc non seulement les mêmes attributs que dans les Heures de Louis de Laval, mais aussi la même association aux épisodes de la vie de la Vierge et du Christ. Enfin, les époux de Beaujeu se sont fait représenter sous la sibylle Persique, la première de la série de Louis de Laval, celle qui foule le serpent et annonce la conception immaculée de Marie. 

          Jean Robertet, le duc et la duchesse de Bourbon.

          Enfin, l'un des "Sibyllologues" du XVIe siècle fut le grand rhétoriqueur Jean Robertet (mort en 1502 ou 1503), qui rédigea Les Ditz prophétiques des Sibylles (ou "Ce sont les douze sibylles" ou "poeme des douze sebilles"), publié dans la Nef des Dames Vertueuses de Symphorien Champier paru en 1503 (Son nom est cité au au colophon f.58 :" Les Oracles sibyllins sont traduits du grec en latin par Lactance, traduits en français et commentés par S. Champier et J. Robertet." ) Voir les folio 14-15 où sont gravées les figures de quatre Sibylles, dont l'une avec sa corne et l'autre avec sa fleur. . Or, non seulement Jean Robertet est connu pour ses Heures, enluminées par Fouquet et par Jean Colombe (comme celles de Louis de Laval), mais aussi  il fut notaire, bailli d'Usson  secrétaire et conseiller  du duc de Bourbon (en 1461) à la cour de Moulins puis secrétaire et valet de chambre du roi Louis XI, et greffier de l'Ordre de Saint-Michel. Margaret  Zsuppàn, qui a publié les Oeuvres critiques de Robertet, pense qu'il a écrit les Douze Sebilles pendant qu'il était au service d'Anne de France (Anne de Beaujeu, duchesse de Bourbon). Les poèmes furent écrits après la parution du livre de Barbieri, et ils trouvent leurs sources dans Barbieri et dans Lactance. Voir Oeuvres, page 140-147. Chaque poème est suivi d'une longue glose  et illustré par la gravure d'une Sibylle stéréotypée, soit l'index levé, soit tenant une corne dressée, soit tenant une fleur, sans distinction spécifique. Les Sibylles sont traitées page 14-15 et pages 58 à 73. Les poèmes de Robertet occupent les pages 70 à 71 et sont titrés  Les dits prophetiques des sibilles tires du latin et composes par feu messire iehan robertet en son vivant notaire et secretaire du roy nostresire et de monseigneur de bourbon greffier de l'ordre et du parlement delphinal. En marge de chaque poème est copié le texte oraculaire de Barbieri.  On trouve ensuite  page 72-73 une liste nommée Cy après comencent les ditz des prophetes avec aultres ditz des sibilles concordans ausditz prophetes avec la citation des oracles selon Barbieri et la concordance Sibylle/Prophète de cet auteur : Osée, De manu fortis liberabo eos  Persica Jérémie XIII. Libica Jérémie XXXI. Delphica -Joél II. Emeria -Ezéchiel XLIIII, etc...

          En résumé cet ouvrage de 1503 montre 1) le rôle de la cour ducale de Moulins dans la diffusion du thème des Sibylles. 2). L'influence déterminante du livre de Filippo Barbieri. 3). Des relations probables entre Robertet et Louis de Laval, et des artistes (J. Colombe) et poètes (J. Robertet) sur les Heures de Louis de Laval. 

           : 

          Extrait :

          Sebille Libie

          Du pais fuz extraicte qui s'apelle Libie ;

          Des choses advenir parlay moult en ma vie ;

          Je diz que Jhesuscrist nostre jou osteroit

          A noz colz importable, et nous delieroit

          Des loix et des liens violens et iniques :

          Ainsi le treuve l'en mes ditz prophétiques.

           

          Sebille Erithrée

          Je fuz dicte Sebille, par surnom Erithrée,

          Par mes livres trouvez dedans celle contrée :

          En Babillon fuz née où je feiz mainct dicté

          Des choses à venir, selon la vérité

          Du jugement le signe, terre en sueur madante ;

          aussi diz que du ciel le Roy feroit descente

          Et seroit à toujours par tous ciecles durable

          Oncques aucteur n'escrist chose plus veritable.

           

          Sibylle Cumane ou Almathée

          De Cumes fuz native , cité belle en Champaigne ;

          en Italie fuz aux Sibilles compaigne ;

          Almathea mon nom estoit, ainsi se treuve.

          A Tarquinus Priscus neuf livres feiz d'espreuve

          Pour savoir gouverner Rome en choses doubtables,

          Parquoy furent escriptz les decretz veritables.

           

          Sibille Agrippe.

          Je fus Sibille Agrippe nommée par droit nom :

          De mes dis prophetaulx par tout est grand renom.

          De l'Incarnation du verbe, dieu palpable,

          En visibilité j'escripts mains mots notables.

          Que mes livres a leu entendra le mistère

          Comment je prédisoye que Dieu naistroit de mère

          Joinct à humanité et aprés mainte peine

          Requérant à tousjours en gloire souveraine.

          .

          5. Les Sibylles et la Fête aux Normands. 

          a) Le Triomphe des Normands de Guillaume Tasserie.

          Si le culte de l'Immaculée Conception est chère au duc et à la duchesse de Bourbon, il l'est d'avantage encore aux Normands, qui les premiers ont institué en France une fête de la Conception de la Vierge Marie  le 8 décembre, rapidement nommée "La fête aux Normands",  et qui ont organisé à Rouen un concours (un "puy") de poésie de louange de cette conception sans tache. Ce sont les champions acharnés de cette cause. Il est donc significatif qu'en 1474 ait été composé et joué, sans-doute à Rouen, le Mystère de l'Incarnation et Nativité de Notre-Sauveur,  où la Sibylle de Tibur apparaît dès les premières pages pour prédire la venue du Messie, mais bien plus encore que Guillaume Tasserie ait écrit et ait fait joué en 1499 le  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame .

          Ce Triomphe a été composé pour la Confrérie de  l'Immaculée Conception ou Puy des Palinods de Rouen. Longtemps  inédit, il a été publié en 1908 par Pierre Le Verdier à partir du manuscrit de la Bibliothèque Nationale,  français, 24315. Son auteur Guillaume Tasserie  obtint,en 1490, à Rouen, le prix du chant royal pour sa pièce à la palinode, 
          Belle sans si en sa conception, qui se termine par l'envoi 
          Gentilz Normans, soyés donc curieux 
          De festiver en grand devosion 
          Le sainct concept de la Royne des cieux, 
          Belle sans si. 

          Cette formule Belle sans sy (sans pareil) en sa conception se retrouve avec une variante (Seule en sy) comme un slogan de la cause immaculiste sur le vitrail (vers 1540) de Marie entourée des symboles bibliques de Conches. Elle dit de manière condensée que la Vierge fut la seule du genre humain à échapper au Péché Originel, fatalement transmis selon Saint Augustin à tout enfant né de la concupiscence des parents, du désir sexuel et de l'acte de chair.

          Premier lauréat du chant royal  aux concours de 1490 et 1491, Guillaume Tasserie n'eut que le second prix  en 1493, 1495, et 1498. Couronné cinq fois, il fut élu prince, en 1499. C'est l'un des champions de l'Immaculée Conception. 

          Or, dans son Triomphe des Normans, 8 des 12 Sibylles sont citées par "Autorité", et les textes  prophétiques latins qui leur sont attribués comportent quasiment tous  le terme virgo "Vierge". Ces sibylles sont nommées   Tiburema, Erichia, Libica, Samica, Eleponna,  Delphica,  Cumana,  et Frigia. : 

          AUCTORITÉ. 

          0 tres elegant et tres sage, 
          Rendant justice en tout passage, 
          Roy erigé tres ardument,
          En parler doy je aucunement ? 
          Enseigner si grand personnage 
          Non pensant enseigner Minerve !
          Mais puis qu'il vous plaist que je serve 
          En bon et juste tesmoignage,  
          Je diroy touchant ce passage, 
          Sans estre a ce faire proterve. 
          La commune voix la renomme 
          Mere du Saulveur, Dieu et homme. 
          Saincte Eglise en chante Pulcra
          Es et decora filia

          Jerusalem; ainsi la nomme 
          Electa ut sol, toute belle, 
          Pulcra ut luna, elle est telle! 
          Oncques son corps ne macula, 
          Car elle est de mer clere estelle. 
          Dieu de toutes vertus l'arma, 
          Car plus que les aultres l'ama, 
          Qui sont polués en leurs conceptz.
          Ezechiel en dit : princeps 
          ipse sedebit in ea. 
          Plus,Ysaïe a compilé 
          Quod lignum imputribile
          Elegit suam.
          Pour quoy doncques
          Qu'il n'y eust villainye quelconques 
          En l'âme, est impossible. 
          0 felix, namque es sacra
          Piissima virgo Maria, 

          Beneuree sur toute femme,
          Puis que saincte Eglise la fame 
          Omni laude dignissima. 
          Plus, Sibilla Tiburema 
          Prophetisant du temps futur 
          Escript ainsi Firmabitur
          Consilium in celo 
          Et annuntiabitur virgo
          in terris.
          Ainsi en parla 
          Item Sibila Erichia 
          In novissimis diebus
          Nascetur Deus et agnus
          De virgine hebraïca.

          Item, Sibila Libica 
          Qui pleine de grace fut moult, 
          Escript en ce point videbunt
          Omnes regem vinctum 
          Et virgo tenebit illum

          Voire, in gremio domina 
          Gentium.
          Item Sibila 
          Samica,
          in hoc modo
          Parlant d'elle sedit virgo
          Pulcra nutriens puerum

          Quem gentes vocabant Jhesum
          Et Sibille Eleponna 
          Christus nascetur ex casta

          Felix ille deus ligno 
          Vinctus qui pendet ab alto
          Item, Sibila Delphica 
          A dit : Nascetur propheta

          Absque mari et de sancta

          Virgine Maria
          Item, Sibila Cumana
          Parlant comme les aultres font :
          Jam redit virgo, redeunt

          Que saturnia regna
          Item Sibila Frigia 
          Christus annuntiabitur

          In Nazaret et nascetur

          In Betleem terra Juda
          Felix mater, et cetera.

          Aultrement voions en registre 
          De Genese le tiers chapitre 
          Ponam inimicicias inter te et mulierum Et ipsa conteret caput tuum

           

          b) Les Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie.

          Encore un mot à propos de Guillaume Tasserie. Il est l'auteur d'Heures, dans lesquelles il traduit en poésie française les oraisons de l'office de la Conception de la Vierge. Ces Heures de 24 folio portent le nom de l'incipit : « Ensuit les Heures de la tres sacrée Conception Nostre Dame, composée par maistre Guillaume Tasserie ».  Bibliothèque Sainte-Geneviève Ms. 2734 / 4 (fol. 24 vo) Début : « Domine, labia mea... » « Dame sans per, vierge tres pure et munde... » Fin :« Contre noz ennemys rebelles. » « Oroson : Toute belle dame, etc... »http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=BSGC10414

          http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=13492&VUE_ID=1362313&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=1&angle=0&zoom=petit&tailleReelle= 

           Or, parmi les 4 enluminures  de ce bref manuscrit, celle des folio 15 et 16 (double page) représente la Vierge, au centre de rayons dorés et  foulant un dragon,  entourée de banderoles proclamant ses louanges :

          Ab initio et ante secula creata sum (Livre de la Sagesse XXIV)

          Felix es, sacra virgo et omni laude dignissima

          Tota pulchra es amica mea et macula non es in te

          Ipsa conteret caput tuum (Genèse 3)

          Omnes in Adam peccaverunt.

           

          .Dans le registre inférieur, Dieu le Père portant la tiare et le sceptre est entouré d'un prophète(ou d'un clerc) et d'une femme qui ressemble à une Sibylle. Deux banderoles portent des textes illisibles par moi..

          .

          Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026
          Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026
          Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

          Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

          Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026
          Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

          Heures de la tres sacrée Conception  Nostre Dame de Guillaume Tasserie. Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, ms. 2734, f. 025v-026

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          ANNEXE.

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          1°) Les gravures de Baccio Baldini (d'après Gisèle Lambert)

          http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

          La suite de trente-six gravures de Baccio Baldini, Les Prophètes et les Sibylles, eut un large  succès et une large diffusion, par des états, des interprétations, des copies. Les gravures sont accompagnées de textes : huit vers gravés dans la marge inférieure, auxquels s’ajoutent parfois des inscriptions indispensables à la compréhension de l’ensemble.

          Les huit vers en italien correspondent à des extraits du texte d’une « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation, attribuée au poète florentin Feo Belcari ; la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du XVe siècle.

          https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

          http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth-century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf


          Pour l’iconographie des sibylles, Baldini a dû s’inspirer des représentations mêmes (aspect, costumes, attributs) du mystère, dont les figures nous sont connues par un ouvrage de Filippo Barbieri, paru en 1481, les Discordantiae nonnullae. Cet ouvrage, consacré en grande partie aux sibylles, les décrit telles qu’on pouvait les voir sur scène à l’époque ; un manuscrit de la bibliothèque de l’Arsenal (Ms. 243) en fait une description encore plus proche des figures gravées par Baldini.  E. Mâle, « Une influence des mystères sur l’art italien du xve siècle », Gazette des Beaux-Arts, 1906, 1, XXXV, p. 8994.

           Ces ouvrages pourraient avoir pour source les fresques du palais Orsini où, peu avant 1438, le cardinal Orsini fit peindre une suite de sibylles maintenant disparue.

          Quant à son inspiration artistique et technique, interprétant ou copiant partiellement les attitudes des personnages,(Citons, pour les prophètes, Jacob, Habacuc, Aggée, Isaïe, Ézéchiel, Amos, Obadia, Malachie) Baldini l’a trouvée en grande partie dans les séries des Apôtres (assis et debout) et dans la suite des Quatre Évangélistes du graveur allemand, le Maître E. S. Les expressions des visages, très variées, sont plus personnalisées et elles retiennent l’attention. On constate aussi des emprunts à Schongauer et une influence très marquée de l’art bourguignon. Baldini modifie parfois certains détails pour que ses compositions reflètent le goût florentin, ainsi par exemple remplace-t-il les sièges gothiques nordiques par des trônes. Plusieurs estampes ont cependant un caractère spécifiquement italien.

          La suite des Prophètes et les Sibylles sera interprétée dans une série gravée au burin, « en manière large », attribuée à Francesco Rosselli, datée des environs de 1485-1490.

          La série des sibylles fut copiée en contrepartie par un anonyme, dans une technique proche de la « manière fine », probablement à Florence, à la fin du XVe siècle (H. I, F. 7). Ces gravures, grossièrement exécutées, ne sont pas comparables à la série en manière large de Rosselli.

          La série des Sibylles se compose de douze gravures d’un état unique. 181 x 111. Le Cabinet des estampes en possède une série complète.Elles sont datées vers 1470-1475, selon Hind, Levenson, Oberhuber ; vers 1475-1480, selon Zucker.

           

          2°) Les plaques émaillées de Léonard Limosin.

          Il s'agit d'un ensemble de 48 plaques de 22 cm sur 10 cm dont 21 sont conservées à Baltimore et 20 au Musée de la Renaissance du château d'Écouen. Représentant les apôtres, sibylles et prophètes, elles proviennent de l'église du couvent Santa Maria Della Celeste à Venise et ont été réalisées par Léonard Limosin ( Limoges 1505-1575) vers 1535. J'ai utilisé les images de la Réunion des Musées Nationaux : 

          http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks?k=Sibylle+limosin

          Voir les prophètes associés :

          http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/leonard-limosin_le-prophete-jeremie_email-peint

          http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/leonard-limosin_le-prophete-moise_email-peint

           

           

          3°) Les sibylles dans les manuscrits et les livres imprimés.

          "Ces Sibylles d'un aspect si nouveau, que nous avons rencontrées pour la première fois dans le livre d'Heures de Louis de Laval, ne tardèrent pas à se montrer dans d'autres manuscrits français." E. Mâle

          • Livre de prières de l'Arsenal enluminé par Jean de Montluçon, qui eut peut-être sous les yeux les Heures de Louis de Laval  .
          • Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes  (Les sibylles et les prophètes annonçant le Christ sauveur). Ce manuscrit est probablement issu de l'atelier de l'enlumineur français Jean Poyer (1445-1504 environ) de Tours. Cette œuvre est composée de 25 grandes enluminures : une représentation de l'arche de Noé et des enluminures réparties sur 12 doubles-pages. Le côté gauche de chaque double-page représente une des sibylles associée, à droite, à une scène de la vie du Christ et l'histoire du salut qu'elle aurait annoncé. Les scènes sur la droite sont accompagnées d'un prophète de l'Ancien Testament et d'un évangéliste. Le manuscrit fut vraisemblablement acquis par l'électeur Maximilien Ier de Bavière (1573-1651), plus en tant qu'œuvre d'art qu'en tant qu'ouvrage. À ce titre, il fut conservé dans la collection d'art de l'électeur. Il n'intégra la BSB Bibliothèque nationale de Bavière qu'en 1785. Les 25 pages sont extrêmement semblables aux pages correspondantes des Heures de Louis de Laval. https://www.wdl.org/fr/item/8969/view/1/13/

             

          • Le Missel à l'usage de Paris Bibliothèque Mazarine Ms 0412, daté vers 1492. Le folio 017 montre 12 médaillons des Sibylles en marge pour la messe de Noël et donc associées à la Nativité. Les Sibylles déroulent la banderole portant leur oracle. On y trouve "Sibilla helespontina" ('De excelso celorum habitaculo prospexit deus humiles suos et nascetur in diebus novissimis de virgine hebrea in cunabulis terre') ; "Sibilla cumana" ("Magnus ab integro seclorum nascitur ordo...",)."Sibilla phrigia" ("Ex olimpo veniet et firmabitur consilium in celo et annunciabitur virgo in vallibus desertorum"),  "Sibilla tiburtina" ('Nascitur chritus in bethleem, annunciabitur in nazareth, regnante thauro pacifico fundatore quietis. O felix illa mater...') ; "Sibilla agrippa" ("Invisibile verbum palpabitur...") ; "europa" ('Veniet ille et regnabit in paupertate et dominabitur in silencio et egredietur de utero virginis') ; "Sibilla erithrea" ("In ultima etate humiliabitur deus... et iacebit in feno agnus"; "Sibilla samia" ('Ecce veniet dives et nascetur de paupercula et bestie terrarum adorabunt eum clamabunt et dicent laudate eum in atriis celorum') ; "Sibilla delphica" ("Nascetur propheta absque matris coitu ex virgine eius") ; "Sibilla chimica" ("In prima facie virginis ascendet puella..."); "Sibilla persica" ("Ecce bestiam conculcaberis et gignetur dominus in orbem terrarum et gremium virginis erit salus gentium") ; "Sibilla libica" ("Ecce veniet dies...") . Le Folio 151 en marge d'un cycle pour Pâques montre une représentation liée à la Résurrection  avec l'inscription  "Sibilla" ("Et morte morietur tribus diebus somno suscepto et cum resurrectionis principio revocatis ostenso").
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          Mazarine Ms 0412 http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=CONTXT&VALUE_98=%27un%20cycle%20en%20marge%20pour%20No%EBl%20%27&DOM=All

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

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          •  Livre d'heures de la duchesse de Bourgogne, Adélaïde de Savoie » XVe siècle,  Chantilly Musée Condé  n°1362  folio 21r   La Vierge et l'Enfant, en gloire et les sibylles . Six Sibylles : Persique, de Cumes, de Phrygie, Europe, Agrippa et Lybique , avec les oracles selon Barbieri (cf leur relevé par J. Bouissounouse page 27). 

            Copyright http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PCD0NLR2L

          http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PCD0NLR2L

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

           

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          • les Heures de René II de Lorraine, qui furent peintes dans les premières années du XVIe siècle
          •  les Heures de Vérard,
          • et bientôt après dans les Heures de Simon Vostre : Heures a lusaige de Poitiers, 1508 .

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8408426/f46.item.r=Heures%20vostre.zoom

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8408426/f48.item.r=Heures%20vostre.zoom

          Les Heures à l'usage de Rouen de Simon Vostre. Liste des sibylles et attribut et prophétie

          https://books.google.fr/books?id=prcEAAAAQAAJ&pg=RA2-PA65&lpg=RA2-PA65&dq=sibylle+frigea&source=bl&ots=uaqIPDGrj2&sig=2gazRzQ1xZGBV0E69RJDW26ahv4&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjQz-mV7NLPAhXjIsAKHYDRAOIQ6AEIJzAC#v=onepage&q=sibylle%20frigea&f=false

          En 1586, Jean Dorat a publié Sibyllarum duodecim oracula ex antiquo libro latine. / per Joan. Auratum,... ; et gallice per Claud. Binetum edita... / Les oracles des douze sibylles, extraicts d'un livre antique / mis en vers latins par Jean Dorat,... ; et en vers françois par Claude Binet...avec les figures tirés des vieux exemplaires par Jean Rabel Bnf Res. Y B 60

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k720315 

          .

          4°) Dans les vitraux, sculptures et peintures.

          Les principales séries de Sibylles en France sont "toutes contemporaines de Louis XII ou de François Ier (É. Mâle): 

          • Clamecy (Nièvre), portail occidental de l'église 
          •  Autun, retable dit Noli me tangere de la cathédrale
          • Saint-Bertrand de Comminges, stalles en bois (1537) ; 
          • Beauvais, cathédrale (vantaux du portail nord ; claire-voie vitrée sous la rose du nord, orgue, 1532),
          • Beauvais, église Saint-Étienne (boiseries);
          • Dreux, portail (après 1524) 
          •  Bordeaux, portail de l'église Saint-Michel.
          •  Aix, portes de la cathédrale commandées au sculpteur Guiramand en 1509 ;
          • Auch, vitraux (1513) et stalles ;
          • Saint-Mâurille-des-Ponts-de-Cé, stalles provenant de la Haye-aux-Bonshommes ;
          • Gaillon, stalles, aujourd'hui à Saint-Denis (vers 1510) ;
          • Noyon, cathédrale (sculpture d'une des chapelles) ; 
          • Château-Thierry, buffet d'orgues (avant 1538) ; 
          • Chambly (Oise), panneaux sculptés de la tribune 
          • Saint-Ouen de Rouen, vitraux de la nef (fin du XV° siècle). 
          •  Sibylles du vitrail de Notre-Dame d'Étampes, baie 9, œuvre de l'école de Fontainebleau. Vers 1555. Elles  n'ont pas d'attributs. Elles portent des cartouches qui contiennent les prophéties de Barbieri ou de Lactance. Seule la Sibylle de Tibur porte un texte dont l'origine est inconnue. 
          • église priorale Notre-Dame de Cunault (Maine-et-Loire), fresques accompagnées d'inscriptions tirées du Livre d'Heures de Simon Vostre
          • Brou, tombeau de Philibert le Beau.

          5°) Les sibylles du Finistère (d'après Y-P. Castel, 2000)

          •  Brennilis, autel au sud,
          •  Plonévez-du-Faou, église de Saint-Herbot, chancel, côté du chœœur,  
          • Lampaul-Guimiliau,au revers de la poutre de gloire, de part et d'autre d'une Annonciation centrale.  assises de face ou de profil chaque Sibylle porte à Lampaul un livre qui est ouvert pour cinq d'entre elles et fermé pour les sept autres. Il s'agit évidemment du livre de la prophétie émise par chacune d'entre elles. Les attributs des Sibylles de Lampaul sont dans la tradition française du Livre d'heures de Louis de Laval déjà cité.
          • Roscoff, garde-corps de la tribune de l'orgue. Sept bas-reliefs : Cimmérienne, Européenne à allure d'homme, Tiburtine, Delphique, Persique, Agrippa, Hellespontique. 
          • Pleyben, croisée de transept. Le couvre-joint des arêtes du lambris de la croisée porte, appliquées, seize statuettes diverses. Les Sibylles, au nombre de cinq sont l'Européenne, la Samienne, la Libyque, l'Erythréenne et Agrippa.

          • Guimiliau, 1. Aux angles de la chaire à prêcher, la présence de la Cimérienne reconnaissable au biberon en forme de corne laisse à penser que les quatre autres belles statuettes mutilées et désormais privées de leurs attributs distinctifs, la cinquième n'ayant d'ailleurs plus ni visage ni poitrine, représentaient des Sibylles.

          • Guimiliau, 2. Dans le chœoeur, derrière l'autel trois bas-reliefs Renaissance : Cimérienne ( ?), Erythréenne et Persique.

          • Irvillac, chapelle de Coatnan. Quatre Sibylles.  Les attributs ne suivent la tradition de Lampaul que pour la seule Delphique (SI : DELPHICA). La Persique, (SI : PERSICA) prend la croix de la Résurrection. La Phrygienne (SI : PHRYGIA) porte l'épée. L'Hellespontique (SI : HELLESPONCA) tient le bouquet fleuri de l'Erythréenne.

          • Le Faou, église de Rumengol, stalles du chœœur, trois Sibylles : " Sibie " (sic), " Delphiqua " et " Persica ".

          • La Martyre, au bas de la première colonne dans le chœœur. On croit distinguer la Cimmérienne avec le biberon en forme de corne parmi les douze allégories féminines au milieu desquelles les vertus théologales.

          • Plabennec, chapelle de Locmaria-Lan, mur intérieur. Trois Sibylles, Cimérienne, Samienne, Libyque.

          • Plouzévédé, église Notre-Dame de Berven. Trois Sibylles en bas-relief, sur le rabat du volet gauche du retable de la Vierge : Cimérienne, Samienne, Erythréenne.

          Toutes ces Sibylles sont ciselées dans le bois. La majorité est traitée en bas-reliefs.

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          SOURCES ET LIENS.

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          Sur les Sibylles.

          — EL ENIGMA DE LA SIBILA

          https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

          — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

          — Dans les vitraux :

          http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

          Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

          http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

          — Article de Wikipédia

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

          https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

          —ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

          https://peme.revues.org/85

          —ABED ( Julien), 2007, "Une à la douzaine : le statut du personnage de la sibylle dans le BnF fr 2362 "in Façonner son personnage au Moyen Âge Chantal Connochie-Bourgne, Coll. Sénéfiance, Presses Universitaires de Provence,  pages 9-19 http://books.openedition.org/pup/2255?lang=fr

          — BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531

          BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

          https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

          http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth-century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

          — BOUISSOUNOUSE (Jean), 1925, Jeux Et Travaux D'apres Un Livre D'heures Du XV Siecle  : Livre d'heures Chantilly n°1362 « Livre d'heures de la duchesse de Bourgogne, Adélaïde de Savoie » Xve siècle folio 21r :La Vierge et l'Enfant, en gloire et les sibylles.  Paris 1925, Reprints Slatkine Genève 1977.

          https://books.google.fr/books?id=ZUq0Pgh2ye8C&dq=%22livre+d%27heures%22sibylles&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

           

           —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

          http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

          — CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

          — CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueuses

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f31.vertical

          — GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

           http://mefrm.revues.org/1527 

          — HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

           

          — KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

          (un dossier iconographique sur les Sibylles)

          http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

           —LAMBERT (Gisèle), Les premières gravures italiennes =  Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles .

          http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

          LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

          https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

          — MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

          https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

          https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

          — MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

          — MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

          https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

          — PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

           http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

          https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

          —RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

          — ROBERTET (Jean), Œuvres. Édition critique par Margaret Zsuppán, Genève, Droz; Paris, Minard (Textes littéraires français, 159), 1970, 208 p.

          https://books.google.fr/books?id=3Kn4gp0HSEQC&dq=Jean+Robertet,+%C5%92uvres.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

           

          — ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

           

          http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

          — ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

          http://rhr.revues.org/5265

          Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

          — TASSERIE (Guillaume), 1499  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame

          http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424472s

          Le Triomphe des Normans traictant de la Immaculée Conception Nostre Dame est un mystère qui fut joué en 1499. Une seule copie de ce texte nous est parvenue, dans un manuscrit ayant appartenu jadis au Duc de la Vallière. La mise en ligne et la mise en page ont été assurées par Denis Hüe à l’Université Rennes

          2http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/triomphe/triomphe.html

          — Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

          https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

           

          — Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

          https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

           

          —Sur l'église de Brennilis :


           

          — Topic-topos : http://fr.topic-topos.com/les-douze-sibylles-brennilis

          — Site Infobretagne contenant les texte des chanoines Peyron et Abgrall :

           http://www.infobretagne.com/brennilis.htm

          — Inventaire descriptif de l'église de Brennilis fait pendant l'été 1983. Tapuscrit conservé à la bibliothèque du diocèse de Quimper.

          http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71e51d7ff370034408d2b2e0ebdb6061.pdf

          — ABGRALL, (Jean-Marie) 1904 Notice sur Brennilis, Bulletin Diocésain d'Histoire et d'Archéologie BDHA 1904 page 95-101 :

          http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/af488ed0b5ac10edd2fb9441496254a9.pdf

          — ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de kerangal, Quimper pages 283-284.

          https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n317/mode/2up/search/brennilis

           

          — COMBOT (recteur de Brennilis), 1856, Note sur l'église de Brennilis,  cité dans BDHA 1904.

          — COUFFON , Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988 

           http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8f6bfc6f028b1a3a6cf67e7cd7c3578f.pdf

           PEYRON, 1910, Eglises et chapelles, Bulletin Société archéologique du Finistère t. XXXVII pp. 293-294.

           

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