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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 15:41

Les 54 stalles (vers 1530-1550) de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).

 

 

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Voir sur cette église :

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Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

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Note. J'ai lu avec passion et admiration, et j'ai largement exploité ici, la thèse (2012) de Florence Piat consacrée aux stalles de l'ancien duché de Bretagne. Je la citerai copieusement, et, quoique soucieux de publier un article personnel, je m'en voudrais de ne pas partager la qualité et la compétence de son travail, d'ailleurs rendu généreusement disponible en ligne. Je suis très loin d'en avoir épuisé les trésors d'érudition, et c'est à sa publication que je renvoie les lecteurs soucieux d'accéder aux meilleurs sources.

Mon souci principal est de mettre à la disposition des internautes une iconographie commentée des décors de la première Renaissance bretonne.

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Présentation.

Les stalles anciennes de Bretagne.

Selon Florence Piat, qui leur a consacré sa thèse, l’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, et majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18 stalles), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48 stalles), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8 stalles), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66 stalles), celles provenant du château de Kerjean (6 stalles), celles conservées dans l’église Saint-Symphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15 stalles) .

-Dol-de-Bretagne (cathédrale): XIVe siècle, les plus anciennes.

-Boquého (ancienne abbaye de Beauport) : fin XVe

-Tréguier (cathédrale) : 1508 (chapitre des chanoines)

-Saint-Pol-de-Léon (cathédrale) : 1504-1523 (évêque Jean de Carman et Guy le Clerc)

-Guerche-de-Bretagne : 1502-1525, duc Charles d'Alençon

-Plélo : 1520-1530. Origine inconnue.

-Saint-Herbot : entre 1550 et 1570.

On sait que les stalles sont destinées à accueillir un chapitre, assemblée de chanoines chargés de chanter (8 fois par jour) les offices dans le chœur, et assistés de façon variable de musiciens, de  choristes ou chantres, et d'enfants de chœur regroupés en une école nommée psalette et dirigée par un maître. Mais d'autres églises sont dotées de stalles. Les stalles des abbatiales accueillaient les moines et moniales.

On sait aussi que ces chapitres sont le propre de cathédrales (Dol-de-Bretagne, Saint-Pol de Léon, et Tréguier dans la liste énoncée, les stalles de Saint-Malo, Rennes, Nantes, Quimper et Vannes n'étant pas conservées), d'abbatiales, mais aussi d'églises ayant été élevées au statut de "collégiales" (Champeaux et Guerche de Bretagne). Ces collégiales sont issues de fondations par le pouvoir ducal (Le Folgoët) ou par de grandes familles de la noblesse, et ce sont ces dernières qui, dans la première moitié du XVIe siècle par leur lien avec la cour royale établie en Touraine, introduiront en Bretagne les manifestations assez précoces de l’influence des modèles renaissants sur l’art : la Première Renaissance bretonne.

Ces ensembles de stalles ont une disposition assez homogène, fixée par des impératifs liturgiques et acoustiques. Outre les miséricordes, (ces consoles de sellettes permettant aux choristes de se reposer en position debout-appuyée), elles disposent de parcloses, d'appui-main, de jouées, de dorsaux et de dais à frise.

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Les stalles de La Madeleine de Champeaux (35). Description.

On ne les confondra pas aux stalles de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux en Seine-et-Marne.

La collégiale de La Madeleine de Champeaux contient aujourd´hui cinquante-quatre stalles, en chêne,  datées entre 1528 et 1550. Elles furent, en effet, vraisemblablement réalisées à l´occasion du mariage de Louise de Goulaine et de Guy III d´Epinay, seigneur de Champeaux et grand-échanson de la duchesse Anne de Bretagne, en 1528. Cette hypothèse s'appuie sur les très nombreuses  armoiries car celles-ci, quoique presque toutes été bûchées, l'ont été  bien souvent de manière sommaire, de sorte que les lions couronnés et les fleurs de lys sont encore visibles et correspondent sans doute aux parties périphériques d'un blason mi-parti d' Espinay [d’argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d’oret de Goulaine [« mi-parti de France et d’Angleterre : mi-parti de gueules à trois léopards d’or passant l’un sur l’autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or ».]. Elles peuvent néanmoins être postérieures, jusqu'au décès de Guy d'Espinay en 1551.

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La première Renaissance bretonne.

Les stalles de la collégiale ont donc bien été commandées par Guy III d’Espinay et Louise de Goulaine et participaient  à un vaste programme de décoration de l’édifice., entièrement conçu alors dans le style de la première Renaissance bretonne. Ainsi, avec la participation des chanoines (attestée pour la commande de verrières entre 1538 et 1550  par les comptes de la fabrique), ils commandent huit verrières ornées de leurs armoiries et de leurs initiales (baie 0). Mais Les stalles de Champeaux ne sont cependant pas les premières stalles bretonnes à présenter des motifs issus de cette première Renaissance puisque celles de La Guerche-de-Bretagne leur sont  antérieures (1502-1525). 

On notera que Guy III était seigneur d'Espinay, mais aussi de Segré (au nord-ouest d'Angers), tandis que la famille de Goulaine possédait son château de Haute-Goulaine en Loire-Atlantique, sur les Marches de Bretagne. Ce château a été édifié au début de la Renaissance. Ce couple était donc largement ouvert aux influences du Val-de-Loire. C'est à un architecte d'Angers, Jean Delespine, que Louise de Goulaine confiera la réalisation de leur tombeau.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Goulaine

 

"Le répertoire décoratif italien est expérimenté en Bretagne sensiblement à la même époque que dans le royaume de France, ce dont témoigne des œuvres telles que le tombeau de Thomas James (1507), son missel (1484), le portail de la chapelle du Saint-Sacrement à Vannes (1515-1531), ainsi que la présence, dans la péninsule, d’artistes venus expressément des régions transalpines pour travailler auprès de mécènes influents. Comme dans beaucoup d’autres régions, ce nouveau vocabulaire s’intègre et se mêle jusqu’aux années 1520-1530 à l’architecture et aux images médiévales, sans pour autant profondément modifier les structures issues du Gothique.

Dans les stalles de l’ancien duché, le tournant s’opère effectivement en l’espace d’une décennie et, alors qu’un ensemble comme celui de Tréguier réalisé au début des années 1510 présente encore toutes les caractéristiques iconographiques médiévales, les stalles de La Guerche-de-Bretagne, réalisées à la fin de cette même décennie développent largement de nouveaux motifs directement inspirés de l’art italien. En l’espace d’une dizaine d’années, ces thèmes pénètrent donc le vocabulaire décoratif et iconographique des sculpteurs sous l’action combinée de grands mécènes, comme les Laval et Espinay, la diffusion de gravures provenant de Flandres, d’Allemagne et également du bassin ligérien. Cependant, cette arrivée des thèmes de la Renaissance ne se fait pas au même rythme partout en Bretagne et une distinction entre la partie occidentale et orientale du duché doit être faite. En effet, si l’on constate que les exemples de stalles situés en Haute-Bretagne et plus généralement le long des marches de Bretagne accueillent ces motifs dès les années 1515-1520, il semble qu’en Basse-Bretagne, ce répertoire ne s’implante véritablement que dans la seconde moitié de ce même siècle, par le biais de la seconde Renaissance comme dans la chapelle de Saint-Herbot. Ainsi, quatre groupes de stalles bretons présentent des éléments décoratifs empruntés à ce nouveau répertoire, cependant associés à des motifs déjà employés dans les exemples de la fin du XVe siècle : les stalles de la chapelle Saint-Quay de Plélo, celles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, de la collégiale de La Madeleine de Champeaux et, enfin, celles de la chapelle de Saint-Herbot." (F. Piat)

"Si la province reste attachée aux images propres au répertoire médiéval, pour autant, on ne peut pas parler d’une arrivée tardive des motifs de la première Renaissance dans le duché. Il est, en effet, fort à parier que la commande du tombeau de Thomas James à Dol-de-Bretagne, puis de celui du duc François II et de Marguerite de Navarre à Nantes ainsi que le passage dans la région de plusieurs artistes d’origine italienne et la circulation d’images imprimées aient marqué, rapidement, la production artistique dès le début du XVIe siècle. Les exemples des stalles de Tréguier, La Guerche-de-Bretagne et de Champeaux montrent d’ailleurs qu’en l’espace de dix ans, les premiers motifs italianisants sont assimilés par les menuisiers et que les thèmes et styles de la Renaissance sont totalement adoptés à l’horizon des années 1550, tout du moins pour la réalisation de ces objets particuliers. " (F. Piat)

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Un précédent : les stalles de 1520 de la cathédrale de Rennes .

 

Selon P. de la Vigne Villeneuve, et d'après le procès-verbal de 1775, le dossier de la troisième stalle du chœur, coté nord (en vis à vis de celle de l'évêque), portait un écusson aux armes de Guy II d'Espinay, en vertu d'un privilège obtenu en 1520 (8 ans avant le mariage de Guy III). Ces stalles commandées par le chapitre cathédral de Rennes relevait sans doute déjà du style de la Première Renaissance (le chêne des panneaux sculptés  des stalles provenait des forêts d'Orléans, même si le bois plus grossier venait du domaine d'Escures, propriété d'Espinay à Acigné):

"Si le contrat des stalles de la cathédrale de Rennes n’a pas été conservé, en revanche, la mention de la réalisation de nouvelles stalles en 1520 apparaît dans un acte extrait des archives du chapitre de la cathédrale rennaise. . Les stalles commandées en 1520 ont été réalisées grâce aux larges donations, notamment en matières premières, du seigneur Guy II d’Espinay dont le frère, Robert, était grand-chantre de ce même chapitre : « À ces causes, désireux de répondre dignement à de tels bienfaits, dans la mesure de notre pouvoir, Nous donnons, octroyons et concédons à Vous et à Votre héritier principal et successeur dans la Seigneurie d’Espinay existant dans la suite des temps, à perpétuité, et dans les meilleures forme et mode qui soient possibles et valables, une stalles ou chaire en quelque sorte semblable aux nôtres ; laquelle stalle sera armoriée et décorée du blason de vos armes, dans le chœur de notre Église et sur laquelle sera sculpté votre écusson ; elle sera placée et établie entre les stalles des Dignitaires de la Chantrerie et de la Scholasticité, tournée en face des sièges des chanoines. Cette donation, octroi et concession est faite au nom de Dieu d’une façon irrévocable. » La motivation des chanoines à faire réaliser de nouveaux sièges diffère de celle de leurs confrères du début du siècle. Le but principal est ici de rendre hommage à l’investissement d’un seigneur au demeurant puissant, lié à la famille Laval et proche du pouvoir royal, en lui donnant une place d’honneur et une présence perpétuelle au sein même de leur chœur. De plus, il n’est pas à douter que leurs anciennes stalles gothiques leur paraissaient démodées alors même que le vocabulaire de la première Renaissance était déjà expérimenté en divers endroits et notamment à la cathédrale de Dol-de-Bretagne où le tombeau de Thomas James sculpté par les frères Justes, achevé en 1507," (F. Piat)

On constate aussi qu'à Rennes, les chanoines occupaient les stalles du coté sud, tandis que celles du coté nord (coté de l'Évangile) étaient celles des dignitaires et de la "Scholasticité" [docteurs de l'université ?] : peut-être en était-il de même à Champeaux.

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Un autre précédent : les stalles de la chapelle de la collégiale d'Ussé.

Le frère de Guy I d'Espinay (grand-père de Guy III), Jacques d'Espinay, acquit le château d'Ussé et y fonda en 1521 une collégiale. Son fils Charles (1475-1535) et son petit-fils René poursuivent les travaux et la chapelle est consacrée en 1538. Les stalles (après 1520 et avant 1538) de style gothique  mais enrichies de décors "à l'italienne" sont dues à Jean Goujon. Sur l'une des joues, un  profil féminin dans un médaillon évoque celui de Champeaux.

 

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Description.

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Ces stalles s'organisent sur deux fois deux rangs (stalles hautes et basses) de 9,65 m de long, et 1, 75 m de profondeur. Chaque siège mesure (J.-J. Rioult) 97 cm de haut, 62,5 cm de long et 53 cm de profondeur (stalles basses). La dimension des stalles hautes ne diffère pas de celles des stalles basses, suggérant que le confort s’avère identique dans les deux sièges, le prestige associé aux rangs supérieurs tenant avant tout à la position surélevée de ceux-ci.

 Les stalles de la collégiale de  Champeaux  sont dotées de haut dossiers ou dorsaux et d'un dais à pan oblique. Elles  atteignent 3,75 mètres en hauteur,  alors que celles de La Guerche-de-Bretagne mesurent 3,58 mètres de hauteur, celles provenant du château de Kerjean, 3,70 mètres et celles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon  plus de 4,10 mètres. La hauteur des stalles rivalisait avec celle des jubés, obstruant complètement la vue du chœur depuis la nef et le déambulatoire, signalant leur présence par la forêt de pinacles qui s’alternaient sur les crêtes. (d'après F. Piat)

Leur organisation actuelle résulte d'un réarrangement, car elles ont été remontées au cours du 18e siècle lors du réaménagement du chœur et de la suppression de l´ancien jubé qui leur était associé, dans un ordre qui ne semble pas respecter l´alternance originelle ; de légères restaurations sont signalées en 1921 par Victor Pasquet et Norbert Le Floch de Vitré. Quoiqu'il en soit, il faut imaginer que l'ancien jubé fermait l'espace séparant aujourd'hui les deux doubles rangs qui s'y appuyaient.

Il faut mentionner aussi un 53ème siège, véritable cathèdre et probable siège d'honneur que j'ai décrit avec les boiseries encadrant la porte  menant à la chapelle latérale sud, chapelle des seigneurs d'Espinay. Sur ces boiseries, plus anciennes que la porte datant de 1594, les armes des époux figurent encore en bonne place, dans un écu  couronné d’un cimier et tenu par un couple de sauvages, l’homme portant une massue, baissée sur le panneau de droite et levée sur son épaule sur le panneau de gauche. La femme tient quant à elle une cordelette à houppe qui entoure le blason. Deux plumes dépassent du heaume sur lesquelles deux putti se tiennent debout. Tenant une cordelière à houppe également, ils encadrent deux grandes lettres : « G » et « L », qui pourraient être les initiales de Louise de Goulaine autant que celles des prénoms des deux époux. La cordelette à nœuds en huit et nœuds de capucin qui entourent les armes de Louise de Goulaine pourraient être un signe de son veuvage — ce que l'on retrouve sur le tombeau des époux —, ce qui daterait ces boiseries entre 1551 et 1567, date du décès de Louise.

A contrario, (F. Piat) les armes sculptées sur ces dernières ne présentent pas de cordelière ; il faudrait alors envisager que les panneaux qui décoraient le chœur aient été commandés à une époque postérieure à celle des stalles, mais certainement auprès du même atelier compte tenu des similitudes factuelles et de la cohérence de ces boiseries avec les chaires.

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Attribution et datation.

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"L´atelier qui a réalisé ces stalles n´est pas connu. Néanmoins, il est intéressant de noter la similitude de style entre ces stalles et la cathèdre se trouvant dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exécutée à la demande de François de Laval (1528-1556) au milieu du XVIe siècle. Détail intéressant, ce dernier était le fils de Guy XIV de Laval et d´Anne d´Espinay. Les lions qui tiennent les armes de l´évêque sur le siège épiscopal sont assez proches, dans leur traitement (crinières, museaux arrondis, griffes) de ceux présents sur les stalles de Champeaux, bien que le sculpteur semble différent. Enfin, les commanditaires de stalles de Champeaux ont également fait construire leur tombeau dans cette même collégiale par un architecte angevin, Jean Delespine."

Cathèdre de François de Laval :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/stalle-de-l-eveque/10dd00cb-c64c-49ae-96bc-89dc20e4d339

 

"Les documents d’archives ne sont que de peu d’utilité pour l’établissement d’une chronologie fiable de la réalisation des stalles de la collégiale, mais le style même de l’œuvre, les thèmes abordés dans la sculpture inclinent à la dater entre les années 1530 à 1550. Les comptes de la fabrique mentionnent le versement de 15 livres en 1538 à Guillaume Chenevièvre ou Chenevière pour la réalisation de travaux de menuiserie (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 456 : « comptabilité du dépensier, institution des receveurs du chapitre, comptes des recettes et des dépenses, 1509-1600 » ; Inventaire général : 35 – CHAMPEAUX – II – Canton de Vitré Ouest ). Cependant, la somme engagée ne semble pas à la hauteur de la réalisation, surtout si nous la comparons à celles mentionnées dans les trois contrats étudiés auparavant. Il est donc possible que ces travaux de menuiserie fassent référence à d’autres aménagements, comme ceux qui furent nécessaire à l’installation d’un orgue dans la galerie du jubé, et dont la présence est attestée en 1540 puisqu’il servait d’accompagnement à la psallette.

Deux ans plus tard, en 1542, Louise de Goulaine et Guy d’Espinay fondèrent douze obits par an qui prévoyaient la récitation des sept psaumes de la Pénitence, les litanies des saints ainsi que le chant d’un libera sur leur tombeau à chacune de ces cérémonie (9 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 431 : « Permission de Guy d’Espinay d’instaurer des fondations, 1531 » et « Règlements sur les célébrations des obits par l’évêque de Rennes, 1637 » ; A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux… », Op. cit., p. 389. ). Peut-être est-ce à cette occasion qu’ils envisagèrent de remplacer les anciennes stalles de chœur par les actuelles.

En 1545, le même Guillaume Chenevièvre est mentionné une nouvelle fois dans les comptes pour un travail plus long, semble-t-il (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine série 1 G 456 ; R. COUFFON, « La collégiale de Champeaux, contribution à l'étude de la première Renaissance en Bretagne », Mémoire de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, vol. 98, 1970, p. 35. ). Mais, le texte reste trop évasif pour y voir avec certitude la commande des stalles de Champeaux bien que l’idée soit séduisante. De plus, ces comptes ne mentionnent pas l’achat éventuel de bois ou ne serait-ce que le coût de son acheminement.

Les hypothèses sont donc multiples concernant la date de la commande de ses stalles, depuis le mariage de Guy III et Louise de Goulaine en 1528, jusqu’au décès du seigneur d’Espinay en 1551, en passant par les différentes donations qu’ils effectuèrent pour la collégiale et son chapitre. Néanmoins, l’élaboration de ces stalles dans une période maximale comprise entre 1530 et 1555 paraît la plus probable, élément corroboré par les rapprochements stylistiques qui peuvent être établis avec la cathèdre de Saint-Samson de Dol-de-Bretagne." (F. Piat)

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Les seigneurs d’Espinay et la collégiale de Champeaux

"La collégiale de la Madeleine de Champeaux est profondément liée à la maison d’Espinay puisque sa fondation, au XVe siècle, leur est due. Avant l’édification de La Madeleine, il existait une église primitive placée sous le vocable de saint Pierre et qui était alors entourée d’un cimetière. C’est dans ce dernier que se trouvait la petite chapelle seigneuriale d’Espinay, dédicacée à Sainte-Marie-Madeleine. En 1430, il semble que l’église, menaçant ruines, ne pouvait plus tenir lieu d’édifice paroissial. Simon d’Espinay, seigneur de La Rivière et chambellan du duc Jean V, décide alors d’agrandir la modeste chapelle et de la transformer en église paroissiale. Un peu plus tard, en 1437, Robert Ier fonde un chapitre de six chanoines qui, accompagné de chapelains, dessert la nouvelle collégiale. La véritable ambition du seigneur d’Espinay, à cette époque, est d’en faire le lieu de sépulture de la famille, vocation funéraire qui ne se dément pas puisque plusieurs de ses successeurs s’y font inhumer."

Le pape Eugène IV autorisa Robert Ier à établir et à doter cinq chapelains et éleva La Madeleine de Champeaux au rang d’église collégiale, tout en la maintenant paroissiale.

« Le collège de Champeaux […] est composé de six prébendes ou canonicats, où à chacun y a une cure annexée […]. Il y a dignité de doyen dix chapelains, quatre enfants de chœur, maistre de psalette, et chaque chanoine doit avoir un prêtre sous lui. Il y a bonne musique, le service divin y est célébré avec beaucoup de dévotion. Duquel collège le revenu vaut huit mille livres ou environ.» in : A. DU PAZ, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris 1620, p. 265 (également cité par A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château », in Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 1904, p. 328 ».

Si on estime que les chapelains ne sont pas des chanoines, mais des prêtres chargés des chapellenies, je compte 6 chanoines, 10 chapelains, 4 enfants de chœur et leur maître de psalette, 6 prêtres, et il faut ajouter sans doute un organiste(après 1540), et des musiciens : soit une trentaine de personnes. Or, les stalles comportent 54 sièges. Mon compte des desservants de la collégiale est peut-être sous-estimé, mais il faut prévoir aussi des sièges pour la famille des Espinay, et d'autres pour des dignitaires.

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"Vassaux du baron de Vitré qui est également comte de Laval, les Espinay n’en étaient pas moins proches de cette puissante famille. En 1399, Simon d’Espinay était ainsi sénéchal de Vitré et il fut l’un des signataires du contrat de mariage de Jeanne de Laval et de Louis I er de Bourbon-Vendôme en 1422. André d’Espinay (1451-1544), frère du précédent, s’est illustré dans le conflit franco-breton, par son attachement précoce et sans faille à la cause française338. Évêque de Bordeaux, il aide à la diffusion de la politique de Louis XI dans cette province nouvellement rattachée à la couronne, et, à la mort de ce dernier, il reste au service de la régente Anne de Beaujeu. Lors de la réunion des États Généraux à Tours au début de l’année 1484, c’est d’ailleurs lui qui défend les intérêts de la régente et du futur Charles VIII. De fait, le rattachement de la Bretagne à la France lui paraît naturel tout comme les prétentions de la famille royale à la couronne ducale, en vertu du rachat des privilèges des Penthièvre. Durant le conflit, il sert de messager à Anne de Beaujeu, n’hésitant pas à venir voir les barons rebellés contre le duc afin de leur confirmer l’envoi de troupes339. Au lendemain du mariage d’Anne de Bretagne avec Maximilien d’Autriche, c’est encore lui qui rapporte la nouvelle à l’ancienne régente. Enfin, il est présent aux négociations qui suivent la défaite des Bretons à Saint-Aubin-du-Cormier en 1488 et qui aboutissent à la Paix du Verger et au mariage d’Anne de Bretagne avec le roi de France. Comme pour la maison de Laval, la position d’Espinay ne fut pas simple durant ce conflit. Leur domaine, situé à proximité de la frontière franco-bretonne, les intérêts qu’ils partageaient avec le domaine français et leur allégeance aux Laval, les mettaient dans une situation inconfortable où le parti français apparut rapidement comme étant le plus prometteur. Le statut de cette famille ne cessa d’ailleurs jamais de croître depuis le XVe siècle, notamment par un jeu d’alliance réfléchi. À ce titre, le mariage de Guy III d’Espinay (♰ 2 août 1551) et de Louise de Goulaine (♰ 8 février 1567), célébré le 17 septembre 1528 est tout à fait représentatif de cette ascension sociale. La maison de Goulaine était en effet une de ces vieilles familles nobles qui composaient le haut de l’aristocratie bretonne. Établis autour de Nantes, leur nom apparaît dès le XIIe siècle, mais c’est à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que le château de Goulaine est érigé près du marais de Goulaine. La construction, remarquable, est composée d’un corps de logis central flanqué de deux pavillons carrés, dont les ouvertures sont ornées de sculptures empruntant au dernier gothique autant qu’à la première Renaissance. (F. Piat)"

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Plan  et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

Plan et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

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I. LES PANNEAUX EN BAS-RELIEF DES STALLES.

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Les jouées du coté sud-est.

Les "jouées" sont les cloisons fermant les rangées de stalles. Un grand volet étroit ferme les dais et les dorsaux de la rangée supérieure ; il est aéré par un élément médian à claire-voie.

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1. Le  panneau supérieur de la jouée.

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Il est sculpté d'angelots. Celui du haut crache des rinceaux — s'achevant en fleur au cœur en tête d'angelot —, et de rubans, auxquels est suspendu un cuir découpé à enroulement, globalement losangique. Celui-ci portait, avant d'être bûché par les burins de la Révolution, des armoiries. Les rubans, en se prolongeant en passant entre le long bec de deux échassiers, se transforment en dauphins, qui présentent un deuxième cuir découpé à enroulement, également bûché. On reconnait peut-être à deux endroits les pendants d'un lambel.

Si le motif héraldique ne peut être précisé sur cette jouée, ces cuirs découpés aux armoiries bûchées vont se retrouver sur tous les dorsaux, où on devine mieux le lion des Espinay et les lys des Goulaine, permettant de les attribuer à Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, mariés en 1528.

Nous avons donc déjà, sur ce premier panneau examiné, de nombreux éléments caractéristiques de ces stalles :

a) la forte prévalence des éléments héraldiques, témoignant du souci de la famille d'Espinay d'affirmer son mécénant sur cette collégiale et son chapitre.

b) Le souci de ce couple de rendre compte, de façon précoce en Bretagne, de l'art des ornemanistes de la Renaissance, d'origine italienne mais introduite en France à Fontainebleau et en Touraine. Car ces  blasons inscrits dans des cuirs découpés à enroulements, ces rinceaux exubérant métamorphosant leurs tiges végétales en floraisons anthropomorphes (têtes de putti) et ces dauphins témoignent du vocabulaire italianisant de ces artistes. Cette influence va se constater plus loin par de nombreux petits personnages hybrides, de nombreux masques feuillus, des têtes de lions, et deux médaillons de profil.

c) L'influence du tombeau de Thomas James en la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exemple le plus précoce (1507) de la Première Renaissance en Bretagne. La similitude entre les motifs des stalles de Champeaux et ceux développés sur le tombeau de Thomas James est très forte. "Les nombreux poissons hybrides [dauphins], dont le corps est partiellement recouvert de feuilles ou d’algues apparaissent aussi bien sur les jouées hautes de Champeaux que sur les piliers du tombeau . La composition diffère quelque peu mais la forme des queues de ces poissons, rattachées à leur extrémité et présentant des enroulements au même niveau, reste très proche." (F. Piat)

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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2. Le panneau inférieur de la jouée : masque-feuille crachant un couple de "dauphins", blason, etc.

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Ce deuxième panneau mérite aussi un examen soigneux, car il est également emblématique de la première Renaissance.

Le masque-feuille anthropomorphe est à lui-seul un témoin caractéristique de cet art. Nous le retrouvons plusieurs fois parmi les motifs des miséricordes. Ce motif du visage humain dont le contour s'étale en se transformant en une feuille indentée, est fréquemment retrouvé en sculpture bretonne Renaissance, notamment sur les sablières (Kerjean v.1570). On le trouve aussi dans les vitraux (Saint-Ouen, Rouen), et Jean Lafond  y voit "un motif cher aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon et à Arnoult de Nimègue", et repris en marque de fabrique dans les vitraux rouennais jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Voir ici Saint-Lô baie 8.

Ici, c'est un masque-feuille crachant des tiges de rinceaux, qui se retrouve sur les dais des stalles de Saint-Pol-de-Léon (1504-1520), sur de nombreuses sablières bretonnes (Saint-Sébastien de Saint-Ségal vers 1550, Kerjean vers 1570,  Saint-Thomas de Landerneau, etc).

Les tiges tout en produisant de nombreuses prolongements à petites feuilles enroulées, ou en bourgeons se transforment en dauphins affrontés.

Ce seul exemple est instructif : il exprime a) le goût pour les volutes, b) celui pour la production profuse, c) celui pour les métamorphoses entre les formes animales, végétales et humaines.

— L'un des rameaux de rinceaux suspend, par l'intermédiaire d'une boucle, un blason (bûché) dans un cuir découpé.

Là encore, nous avons une fusion/confusion des matières, et des thèmes. On sait que ces cuirs découpés imitent la forme d'une peau animale tendue par les mégissiers et tanneurs (avec le corps et l'amorce des pattes de l'animal), peau qui, détachée de ses cordes de séchage, s'enroule sur ses extrémités . Ces peaux servaient notamment à la fabrication des manuscrits en vélins (vélots, "veaux morts-nés"). Ils servent de cartouche (ornement en forme de carte) pour un blason, et ils envoient sur le coté des boucles ou serpentins évoquant des lambrequins. L'écriture codée, sur une peau semblable à un trophée,  de l'identification emblématique d'une famille de la noblesse (dont la lignée renvoie à l'idée d'arbre, de croissance et de fécondité), avec ses lions et ses fleurs (même s'ils sont effacés aujourd'hui), est déjà l'expression d'un passage entre humain, animal et végétal, mais cette expression est reprise et développée, comme un thème musical, par les motifs du masque-feuille, des rinceaux et de leur extrémités delphiques.

— Plus bas, les rinceaux se développent encore, libérant de nouvelles feuilles ; mais deux d'entre elles s'amusent à ressembler à des gueules animales.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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3. Jouée sud-est : panneau fermant le rang des stalles basses. Deux dauphins et deux oies affrontés autour d'un candélabre à rinceaux.

Les dauphins grotesques sont empanachés de feuilles plumes et dotés d'une queue en tête de dauphin.

Notez le graffiti IEANHAN et ses N rétrogrades, attestant de son ancienneté (voir les graffiti des enfants de la psallette sur les stalles de la cathédrale de Tréguier).

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées intermédiaires sud.

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Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n°15 à 19 au sud et 42 à 46 au nord) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés.

Au sud, ils présentent deux rinceaux en lyre, s'achevant en tête de "dauphins" affrontés autour d'un candélabre.

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Jouées d'extrémité, coté occidental.

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Là encore se reprennent les variations autour du trio rinceaux/dauphins/candélabre, avec, ici, une tête d'angelot.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées du coté nord-est.

Il est symétrique de celui du sud-est.

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1. Le  panneau supérieur de la jouée et les armoiries de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine.

Il débute par une tête de lion, ailé, tenant dans sa gueule un anneau. À cet anneau sont suspendus, bien-sûr, des rinceaux dont certaines tiges se transforment, bien-sûr, en dauphins. Mais ces tiges ont perdu leur aspect végétal et naturel pour adopter la forme, artificielle et manufacturée, de sangles marquées de I répétées. Ces sangles vont descendre en cabrioles et suspendre, en bas, un livre relié, ficelé avec deux pinceaux.

Ce motif, sous les deux blasons, qualifie le couple des commanditaires, et leurs deux familles comme des humanistes éclairés et des mécènes des arts. (On possède encore le Livre d'Heures de Richard d'Espinay).

Le blason supérieur dans son cuir découpé portait le lion d'Espinay, puisque ses pattes, en avant, et sa queue, en arrière, sont encore visibles.

Le blason inférieur portait les armoiries de Louise de Goulaine, mi-parti d'Angleterre (aux trois léopards passant) et de France (aux trois fleurs de lys). Deux de ces fleurs sont préservées.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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1. Le  panneau inférieur de la jouée nord-est.

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Autour d'un vase, ou candélabre, une paire de rinceaux s'achève en gueules de dragons. Plus bas, un couple d'animal dos à dos, comme deux lions héraldiques rampants. Mais les marques de poinçons imposent d'écarter cette hypothèse (le corps des lions est glabre, en dessous de la crinière) et d'opter pour des dragons aux pustules infectes. On pourrait croire que ces figures animales n'étaient pas affectées par le processus de transformation et contamination réciproque par le Végétal. Mais la langue et les oreilles, sont, sans aucun doute, des feuilles.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées intermédiaires du coté nord : les commanditaires Louise de Goulaine et Guy III d'Espinay de profil dans des médaillons Renaissance.

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Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n° 42 à 46) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés d'un médaillon et des armoiries des commanditaires.

 

 

  "Louise de Goulaine y est figurée vêtue d´une robe à encolure carrée et les cheveux recouverts par une petite coiffe nouée sous le menton. Le portrait ne paraît pas flatteur en comparaison de celui de Guy d´Espinay qui, lui, s´est fait représenter en César, couronné de lauriers. Nul doute ici que des médailles antiques ont influencé ces portraits. Cependant, celui-ci est figuré, de profil, dans un médaillon situé sur les jouées centrales des stalles basses nord. Représenté en César, couronné de lauriers et drapé d’une toge, les traits de son visage ne paraissent pas aussi réalistes que ceux de sa femme qui lui fait face, sculptée dans un médaillon sur l’autre jouée centrale. En effet, Louise de Goulaine y est représentée vêtue à la mode de l’époque, la tête couverte d’un chaperon à bavolet pendant noué sous le cou, les traits épais, le menton en galoche. Cet élément vestimentaire, plutôt répandu, a fait son apparition au début du XVIe siècle, s’inspirant des coiffures des Ciociare, paysannes des Romagnes et de la Calabre.( J. RUPPERT, M. DELPIERRE (et al.), Le costume.., p. 80 )" (F. Piat)

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Le panneau correspondant à Louise de Goulaine, à gauche en montant les marches, la montre en profil droit dans un médaillon, un motif parfaitement Renaissance inspiré, par exemple, des médailles sculptées par Pisanello dès 1438, et notamment de celle de Cécile de Gonzague en 1447, mais aussi de l'art du portrait comme représentation individualisée (Botticelli 1476-1480) lors de la première Renaissance italienne.

Au dessous, on reconnait de ce qui reste des  armoiries un lion couronné à gauche et une fleur de lys à droite : ce sont bien les armes de Goulaine.

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https://www.mba-lyon.fr/fr/fiche-oeuvre/medaille-de-jean-viii-paleologue#:~:text=Pisanello%2C%20c%C3%A9l%C3%A8bre%20peintre%20du%20Quattrocento,maintenu%20par%20Byzance%20en%20Orient.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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En vis à vis, le médaillon de Guy III d'Espinay, barbu selon la mode de l'époque et couronné de laurier comme un empereur romain, domine le blason dont les traces (lion couronné et reste de fleur) sont proches de celles de gauche.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les dorsaux des stalles.

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Chaque siège est dominé par un dorsal, et ces panneaux  sont tous du même modèle, lisses sur les deux-tiers inférieur et divisés en deux parties symétriques  sculptés au tiers supérieur. Chacune de ces parties associe un rectangle à figure emblématique en haut, et un élément cintré autour d'un blason (sur cuir découpé bien entendu) au dessous.

Croyant à une répétition un peu vaine des motifs, je n'ai pas pris la peine de les photographier tous, et je le regrette, car outre les tiges végétales, les dauphins, les oiseaux, les masques grotesques, les transformations animales, les têtes d'enfants, on y trouve  les emblèmes humanistes des arts libéraux, tels divers instruments de musique, (violon, flûte, tambourin ), ou des livres suspendus, dont l'inventaire iconographique serait en ligne précieux. Florence Piat signale ainsi plusieurs bucranes (crane de bœuf)  "toujours traité de la même façon : le crâne y est en effet entouré de grotesques et de rinceaux qui traversent ses orbites, donnant une composition symétrique". 

J'en donnerai néanmoins un exemple.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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II. LES 48 MISERICORDES.

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À  la différence des autres stalles du XVIe siècle en Bretagne, les sellettes de Champeaux adoptent une forme en arc de cercle.  "Cette différence souligne la singularité de ce groupe au sein du corpus breton, singularité accentuée par la sculpture en bas-relief ou demi-relief des miséricordes, alors que sur tous les autres groupes celle-ci est en haut-relief. Par ailleurs, les thèmes iconographiques abordés sur cet ensemble, relevant essentiellement du vocabulaire de la première Renaissance, ne se retrouvent sur aucun autre groupe. La particularité du cas des stalles de Champeaux s’explique par leur localisation, la date de leur construction et la personnalité des commanditaires." (F. Piat)

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Salles hautes sud.

Stalle n°1. Hybride ailé, barbu, au bas du corps feuillagé bifide.

Stalle n°2. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°3. Hybride ailé à la tête de cochon coiffé d'un bonnet.

Stalle n°4. Hybride ailé, au visage casqué et barbu, vêtu d'une tunique ceinturée et tenant une bourse.

Stalle n°5. Hybride ailé, au visage barbu ricanant, vêtu d'une tunique ceinturée. Son index droit désigne le sol.

Stalle n°6. Hybride ailé, à tête et buste humain (féminin ?) et au bas du corps feuillagé et bifide.

Stalle n° 7. Deux feuilles à 3 folioles indentés, posées sur une boule.

Stalle n°8. Centaure archer. Corps de lion, buste humain à visage juvénile.

Stalle n° 9. buste de personnage ailé, souriant ou ricanant, vêtu d'une tunique flottante, serrée autour du cou.

 Stalle n° 10. Deux feuilles de 3 folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n° 11. Vieillard ailé barbu et riant, vêtu d'une tunique ceinturée, agrippant en se cambrant son pied droit qu'il regarde, la main gauche étant placée vers le pubis : posture traditionnelle de l'acrobate lubrique.

Stalle n° 12. Hybride ailé, bélier aux cornes enrubannées.

Stalle 13.  Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle 14. Miséricorde absente.

Stalles basses sud.

Stalle n° 15 : hybride ailé, à visage et buste humain, et au bas du corps feuillagé et serpentiforme.

Stalle n°16. Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle n°17. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°18. Miséricorde au motif bûché.

Stalle n°19. miséricorde absente.

Stalle n°20. Grylle ailée à deux têtes.

Stalle n°21. Animal chimérique dragon/fouine/serpent.

Stalle n°22. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, patte antérieure droite levée.

 Stalle n°23. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

 Stalle n°24. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

Stalle n°26. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, langue tirée, patte antérieure droite levée, patte postérieure gauche tendue.

Stalle n°27. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

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Stalles du coté nord.

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Stalles hautes nord.

Stalle n°28. Un dragon ailé.

Stalle n°29. Enfant tenant un serpent : Hercule enfant ?

Stalle n°30. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°31. Dragon se mordant la patte.

Stalle n°32. Ange en buste, tête tournée vers la droite.

Stalle n°33. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°34. Masque-feuille anthropomorphe au visage riant, barbu et faunique.

Stalle n°35. Jeune femme agenouillée mains sur les hanches.

Stalle n°36. Angelot nu, tête baissée, main gauche entre les cuisses.

Stalle n°37. Hybride anthropomorphe ailé agenouillé, tête baissée, vêtu d'une longue tunique. Les bras sont réduits à des ébauches stylisés..

Stalle n°38. Masque-feuille anthropomorphe (homme bouche ouverte, à moustache en pointe).

Stalle n°39. Centaure, au buste d'homme casqué, tenant un bouclier (rondache) et une flèche (ou fronde).

Stalle n°40. Licorne à la crinière feuillagée, et dont la tête se tourne vers son flanc gauche.

Stalle n°41. Feuille à folioles découpées posées sur une boule.

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Stalles basses nord.

Stalle n°42. Hybride ailé aux ailes-feuilles, sans bras, à la tunique longue serrée par une ceinture, agenouillé ou en train de voler.

Stalle n°43. Femme nue, accroupie de face, levant l'index droit et touchant sa cheville gauche. Elle porte une coiffe ; une banderole passe devant sa gorge.

Stalle n°44. Ange ou hybride ailé dénudé jusqu'à la taille, main droite sur la hanche, index gauche tendu vers le haut. Le bas du corps est caché par une étoffe. Il semble voler.

Stalle n°45. Hybride ailé, à buste féminin (visage tourné vers la gauche et bouche entrouverte) dépourvu de bras, et queue bifide.

Stalle n°46. Miséricorde absente.

Stalle n°47. Grylle à tête de dragon et tête ventrale anthropomorphe.

Stalle n°48. Masque-feuille anthropomorphe, bouche ouverte en O allongé.

Stalle n°49. Garçon nu, bouche entrouverte, tenant un cimeterre en main gauche, jambes fléchies en avant comme s'il sautait.

Stalle n°50. Feuille à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°51. Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle n°52. Miséricorde absente.

Stalle n°53. Dragon ailé à deux pattes, dont une posée sur la tête.

Stalle n°54 : miséricorde absente.

 

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LES MISERICORDES DES STALLES HAUTES DU COTÉ SUD N° 1 À 14.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°1. Hybride ailé, barbu, au bas du corps feuillagé bifide.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-01/5683b994-4dc7-49ee-a9d8-c3cd591f6679

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Appui-main.

On ne découvre que trois appui-main sur les cinquante-quatre stalles , situés sur les stalles en retour n°01 et 02, qui étaient probablement, selon F. Piat,  des stalles d’honneur. La troisième est brisée.  Ce sont des  feuilles enroulées en boule, très accueillantes à la main.

Je n'ai pas pris de photos de détail de ces appui-main : on les trouve dans la thèse de F. Piat, t.II.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°2. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-02/70e5b625-45a5-4cac-a70e-4d413021ee19

 


 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°3. Hybride ailé à la tête de cochon coiffé d'un bonnet.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-03/50b3a75a-ce97-4278-ae66-352e8d8ae1ec

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°4. Hybride ailé, au visage casqué et barbu, vêtu d'une tunique ceinturée et tenant une bourse.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-04/4508196c-76c8-4e63-a648-c5047a72b19d

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°5. Hybride ailé, au visage barbu ricanant, vêtu d'une tunique ceinturée. Son index droit désigne le sol.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-05/e7aca789-e386-4c8a-81e3-afe6faea78ff

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°6. Hybride ailé, à tête et buste humain (féminin ?) et au bas du corps feuillagé et bifide.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-06/5f4460ca-6679-409c-b007-d3e210e9f188

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 7. Deux feuilles à 3 folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-07/6ba7ec47-3591-47fd-b905-7798e024e2c5

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°8. Centaure archer. Corps de lion, buste humain à visage juvénile.

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Les stalles de l'ancienne collégiale de Champeaux.

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Stalle n° 9. buste de personnage ailé, souriant ou ricanant, vêtu d'une tunique flottante, serrée autour du cou.

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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 Stalle n° 10. Deux feuilles de 3 folioles indentés, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-10/da1ba74f-e8f4-4b0c-9d70-f693d1aaf148

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 11. Vieillard ailé barbu et riant, vêtu d'une tunique ceinturée, agrippant en se cambrant son pied droit qu'il regarde, la main gauche étant placée vers le pubis : posture traditionnelle de l'acrobate lubrique.

Le thème de l'acrobate lubrique, se cambrant pour agripper sa cheville (cf. ici n°43) ou toucher son pied est fortement représenté sur les sablières et abouts de poinçon des charpentes bretonnes ou, en pierre,  sur les crossettes de la jonction mur-toiture des églises, et j'en ai donné de fréquents exemples dans ce blog. Souvent, les acrobates exécutent des renversements postérieurs au caractère exhibitionniste lorsqu'ils sont nus. Ce contexte iconographique incite à considérer ici la position de la main gauche comme autoérotique, et à interpréter de la même façon  l'expression du visage. La reprise de cette expression dans les stalles qui suivent, et les miséricordes franchement érotiques, confirment ce choix.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-11/2008161a-1f05-4c9a-9d2a-a1bc1aaee3ee

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 12. Hybride ailé, bélier aux cornes enrubannées.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-12/6374101a-62e1-4334-b1bd-5bfa37dd0c56

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle 13.  Masque-feuille anthropomorphe.

Ce motif du visage humain dont le contour s'étale en se transformant en une feuille indentée, est fréquemment retrouvé en sculpture bretonne Renaissance, notamment sur les sablières (Kerjean v.1570). On le trouve aussi dans les vitraux (Saint-Ouen, Rouen), et Jean Lafond  y voit "un motif cher aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon et à Arnoult de Nimègue", et repris en marque de fabrique dans les vitraux rouennais jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Voir ici Saint-Lô baie 8.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-13/5caef373-b995-4c8e-9c66-4b02b059f926

Florence Piat décrit cette miséricorde ainsi : " Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d' homme bien individualisé. Le nez est fin, il est joufflu et sa bouche est légèrement ouverte. Ses lèvres sont fines et le philtrum est bien marqué."

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°14 .

La stalle n°14 a perdu sa miséricorde.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES MISERICORDES DES STALLES BASSES DU COTÉ SUD N° 15 À 27.

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Stalle n° 15 : hybride ailé, à visage et buste humain, et au bas du corps feuillagé et serpentiforme.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-15/a4912535-f10c-403c-ad8d-c1600bdf3c85

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°16. Masque-feuille anthropomorphe.

Voir n°13.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-16/81bc17c0-5488-43dd-8926-c0df36a067ce

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°17. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-17/c0eeb575-765b-44c6-8751-fc4569ffac47

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°18. Miséricorde au motif bûché.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

 

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Stalle n°19. miséricorde absente.

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°20. Grylle ailée à deux têtes.

 

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Une grylle (du grec gryllos, "caricature") peut se définir comme une créature grotesque ou monstrueuse représentée notamment, à l'époque médiévale sous forme de drôleries sur les enluminures et en bas-relief sur les sculptures de bois ou de pierre. Ces chimères ou hybrides se retrouvent encore à la Renaissance, et associent à des formes animales des têtes de localisation ectopique (ventre, pattes, queue) et évoquant parfois les faciès humains. Les sablières bretonnes en offrent de nombreux exemples (Pont-Croix, Confort-Meilars, Notre-Dame de Grâces, Loguivy-Plougras, etc..). L' appuie-main n°38 des stalles de Saint-Pol de Léon m'a  amené à citer le commentaire de Florence Piat éclairant ce motif.

Ici, l'allure générale est celle d'un dragon, battant des ailes, dressant de grandes oreilles, et tirant une longue langue, mais les pattes antérieures sont remplacées, au niveau de leur attache sur le poitrail, par une tête presque jumelle de la principale, notamment par la taille de la langue. Le caractère troublant lié à l'hybridation est aussi dû à l'aspect de ces têtes, presque canines ou humaines, à l'absence d'écailles, à la forme de la queue (celle d'un lion ou d'un chien), des sabots trifides ou des pattes à ergots.

Le but n'est certainement pas ici de provoquer l'effroi, et il n'est pas probable que les chanoines bretons aient crus aux monstres sur lesquels ils s'asseyaient.  Ce sont, comme sur les enluminures, des motifs joyeux, ludiques, propres à égayer les chantres et prêtres lors des pauses de leurs offices. Et c'est aussi une variation sur le thème principal du décor des stalles, celui des métamorphoses et du floutage des limites entres genres.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-20/61f7730b-93b0-4611-9d4c-b1c35c660aba

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°21. Animal chimérique dragon/fouine/serpent.

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Le fait que Florence Piat hésite, dans sa description, entre une hermine et un renard témoigne de la réussite de l'effet recherché, celui de troubler nos repères d'identification. J'y vois un dragon, pour la tête et les pattes, une hermine ou autre mustélidé (loutre, fouine ou belette) pour la longueur du cou et de la queue et la finesse du corps (déformé pourtant par un bourrelet), mais aussi le serpent par les boucles et la pointe de la queue. Mais ces trois sortes d'animaux sont, dans notre imaginaires, quelque peu maléfiques, non?

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-21/e3cbabaf-9d15-474d-b60a-cc5ce29deb67

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°22. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, patte antérieure droite levée.

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La couronne discrètement gravée au dessus de la tête est le seul indice pour y voir une allusion au lion héraldique des seigneurs d'Espinay, mais ce lion n'est pas rampant (dressé debout) comme dans leurs armoiries. D'autre part, tout le matériel héraldique des commanditaires occupe largement les panneaux an bas-relief des dossiers et cloisons, alors que les miséricordes en sont préservées. Il s'agit seulement pour moi de la figure emblématique du Lion, roi des animaux.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-22/e646feca-abf5-4661-98b8-00449576c405

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°23. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-23/d5506064-bedd-4a3b-9dce-6271a2cc8dca

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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 Stalle n°24. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

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C'est le même motif que la stalle n°23. Les différences sont si minimes qu'on croit avoir photographié deux fois la même miséricorde. Mais non !

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-24/05fb71b8-37a3-4aed-8ab0-a25c696e4ca7

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 25. Miséricorde absente.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°26. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, langue tirée, patte antérieure droite levée, patte postérieure gauche tendue.

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Ce lion est assez proche de celui de la stalle n°22, mais la couronne, qui y était gravée, est ici sculptée en relief, tandis que la langue est gravée.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-26/45e9f7b5-7a68-4f6e-89a9-3affff823f2c

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°27. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-27/b0c4f82f-9f77-47fd-96f3-82d145737222

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalles du coté nord.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalles hautes n°28 à 41.

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Stalle n°28. Un dragon ailé.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-28/36eaca48-4012-4e4a-95f7-6e5ccafd7224

 "Monstre quadrupède de type dragon, ailé, vu de profil, tourné vers la droite. Il retourne sa tête et regarde derrière lui. Il lève la patte antérieure gauche. Sa queue est épaisse, ronde et striée. Il possède un bec, des oreilles de taille moyenne et pointues. L´échine de son cou est parcourue d´une crête et son corps est recouvert de reliefs de forme circulaire taillés en creux." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°29. Enfant tenant un serpent : Hercule enfant ?

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-29/edcbb770-16a6-4d6c-baeb-232a24eb1db4

"un enfant nu tient un serpent par la queue de la main droite. Le serpent, qui tire la langue passe sur l´épaule droite du jeune garçon." (F. Piat).

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°30 Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-30/8172fc56-7e39-4754-bfba-04a5d01b0031

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°31. Dragon se mordant la patte.

Je l'identifie à un dragon en raison des marques de pustules sur le corps.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-31/ec2b7f56-799a-4ba8-82cb-a62bbffc79d2

"Monstre hybride ailé, à tête de lion vu de profil, tourné vers la droite. Ses pattes postérieures sont celles d´un équidé. Son cou est long et il se mord le haut de la patte antérieure droite. Des tâches sont figurées sur son pelage." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°32. Ange en buste, tête tournée vers la droite.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-32/245d4502-7f1b-49ab-87cf-5b8d60a97990

"Ange vu en buste, de face. Il tourne la tête vers la gauche et porte une tunique à encolure ronde et à manches à crevées. Le visage est jeune et les traits à peine esquissés." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°33. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-33/39859c57-5e2e-4b88-a1e2-1d21cf0c0892

 

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°34. Masque-feuille au visage riant, barbu et faunique.

 

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-34/56075510-0134-4473-a398-5251d2e710ac

"Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche entrouverte et exagérément en pointe." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°35. Jeune femme agenouillée mains sur les hanches.

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Cette femme jeune, ou cet enfant, est vêtu d'une tunique bouffante à la taille, et dont les manches très amples partent vers l'arrière comme des voiles, comme emportée par le vent, en laissant les bras nus. Elle est agenouillée et renversée en arrière, les mains sur les hanches, et regarde vers le bas et la gauche avec un rire ironique.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°36. Angelot nu, tête baissée, main gauche entre les cuisses.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-36/019b30c6-c166-4f11-9472-0661dc21e54a

 

"Angelot assis. L´enfant ailé a les cheveux ondulés. Son visage est vu de profil, tourné vers la droite du spectateur. Il regarde          d'ailleurs celui-ci, la tête enfoncée dans les épaules. Sa jambe droite est repliée vers lui et il pose sa main droite dessus. Ses jambes sont écartées et il semble glisser sa main gauche, que l´on n´aperçoit plus vers l´intérieur de ses cuisses. Ses ailes sont déployées derrière lui." (F. Piat)

" Plusieurs scènes ont un caractère érotique assez net comme un petit angelot, assis, et qui plonge sa main entre ses cuisses, regardant le spectateur d´un air équivoque." (J.-J. Rioult)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°37. Hybride anthropomorphe ailé agenouillé, tête baissée, vêtu d'une longue tunique. Les bras sont réduits à des ébauches stylisés.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-37/e7eeb0a9-8f01-4d00-a575-3d402f514f4c

" Personnage féminin ailé, vêtu d´une tunique longue ceinturée à la taille. Son corps est tourné vers la droite mais elle regarde, la tête baissée, vers la gauche. Ses bras sont absents, remplacés par des sortes de feuillages faisant intégralement partie de sa tunique. Sa bouche est entrouverte et ses genoux pliés. Les ondulations de son vêtement sur l´arrière de la sculpture suggèrent que le personnage est en train de voler. Ses cheveux sont relevés et attachés." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°38. Masque-feuille anthropomorphe (homme riant bouche ouverte, à la moustache en pointe).

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-38/f86e83af-aff5-4916-8922-1243910f4a9f

"Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche ouverte et les lèvres ourlées. De plus, il porte une moustache." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°39. Centaure, au buste d'homme casqué, tenant un bouclier (rondache) et une flèche (ou fronde).

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-39/0f7e714f-c8da-48dd-8748-1d84228d1977

 "Centaure. Ce personnage possède le haut du corps d´un homme mais le bas du corps d´un cheval. Il porte un casque à la mode italienne, un bouclier orné d´une fleur dans la main gauche et une sorte de flèche dans la main droite qu´il s´apprête à lancer. Les cheveux sont courts, le visage carré, le nez aquilin et la bouche entrouverte."(F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°40. Licorne à la crinière feuillagée, et dont la tête se tourne vers son flanc gauche.

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Rien n'indique que cette licorne n'ait une valeur allégorique (comme ailleurs où elle renvoie à une figure de la virginité). Sa crinière en feuille indentée, sa queue épaisse comme un panache, la ligne de décoration en mèches de son corps ou ses sabots stylisés en font plutôt une figure imaginaire ou fantastique.

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-40/4ab09a8d-d3ba-4cb6-8d9b-c7362f58095f

"Licorne vue de profil, tournée vers la gauche. Sa tête, baissée, revient sur son flanc et elle lève sa patte avant droite." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°41. Feuille à folioles découpées posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-41/3d771808-3f62-48d4-87ce-02b24e06ea50

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalles basses du coté nord n° 42 à 54.

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Stalle n°42. Hybride ailé aux ailes-feuilles, sans bras, à la tunique longue serrée par une ceinture, agenouillé ou en train de voler.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-42/fde6577d-4320-4714-9a61-af56f498b21e

"Jeune garçon vêtu d´une tunique courte, ceinturée à la taille, regardant vers la droite. Ses bras sont absents, remplacés par des feuillages ou des plumes qui se trouvent dans le prolongement de sa tunique. Ses cheveux ondulés sont courts, sa bouche entrouverte. Il semble soit agenouillé, soit voler comme le suggère sa ceinture dont les extrémités ondulent derrière lui, incisées dans le bois." (F. Piat).

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°43. Femme nue, accroupie de face, levant l'index droit et touchant sa cheville gauche. Elle porte une coiffe ; une banderole passe devant sa gorge.

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C'est l'une des deux scènes érotiques du corpus, mais d'interprétation difficile. Comme les auteurs l'ont souligné, les parties génitales sont clairement visibles. La bouche est ouverte et grimaçante et les dents sont visibles. La tête est légèrement inclinée et complètement tournée vers la droite.

Cette posture, ce visage grimaçant, cette bouche entrouverte rappellent franchement ceux des personnages des miséricordes n° 5,  9, 11, 35, 36, et 37, mais aussi à un moindre degré ceux des n° 1, 3, 4, 15, 23, 24, 32, 42, voire de la licorne n°40. Une fois identifié, nous le retrouvons aussi aux n° 44 et 45.

Si nous interprétons ce fléchissement, cette rotation de la tête et ce rictus comme liés au plaisir érotique, nous devons considérer que ce thème concerne 18 miséricordes sur 48, et la quasi totalité des figures humaines.  La grande majorité de ces sujets (anthropomorphes ou animaux) sont ailés, ou, à défaut, semblent voler. 

Les ailes font-elles allusion aux anges, et à leur déchéance, ou au contraire le plaisir donne-t-il des ailes aux personnages emportés par les transports érotiques ?

La dénonciation morale de ces extases est absente ou, pour le moins, ambiguë. Seule la dénaturation en animal (cochon du n°3) ou par hybridation animale ou végétale du bas du corps peut en être un indice. Certains hybrides évoquent des sirènes, et c'est alors la figure de Mélusine, à la double nature de femme vertueuse et de créature féérique érotique, qui doit être évoquée.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-43/042db81f-d451-4479-bd02-20adae95a33f

 "Femme accroupie, vue de face et nue. Elle tourne la tête vers la gauche et pointe l'index dans cette direction. Sa bouche est entrouverte. Une écharpe ondule autour de son cou. Elle porte une sorte de casque. Sa main gauche vient retenir sa jambe gauche. Ses parties génitales sont visibles de même que ses seins et son ventre est arrondi."

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°44. Ange ou hybride ailé dénudé jusqu'à la taille, main droite sur la hanche, index gauche tendu vers le haut. Le bas du corps est caché par une étoffe. Il semble voler.

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La tête, tournée vers la gauche, est couronnée d'un anneau tressé ; la bouche est entrouverte . Le bras gauche passe devant la poitrine afin que l'index dressé désigne une direction à droite, en arrière et en haut. Les jambes, dissimulées par d'amples plis d'étoffe, seraient allongées vers la gauche comme si ce personnage volait.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-44/6dabad41-c4f4-4178-9fbf-76e67712c90b

"Un ange est vu en buste, de trois-quart. Il tourne la tête derrière lui, vers la droite. Sa main droite vient s´appuyer contre sa taille tandis que de la main gauche, il désigne, l´index levé, quelque chose. Le bas de son corps est caché par un tissu animé par de nombreux plis ; ses ailes sont visibles et déployées ; ses cheveux sont torsadés autour de son visage qui est d´ailleurs bien individualisé. Son nez est protubérant, son visage allongé et sa bouche entrouverte." (F. Piat)

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°45. Hybride ailé, à buste féminin (visage tourné vers la gauche et bouche entrouverte) dépourvu de bras, et queue bifide.

Ce serait une sirène si la queue était celle d'un poisson, mais elle est ici végétalisée ou stylisée en volutes.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-45/4af527ba-fc0c-42f3-a9cf-af88ae7b969b

"Sirène féminine (?). Le haut du corps est celui d´une femme (?), mais les bras ont été remplacés par des ailes. Elle est tournée vers la gauche, mais son visage regarde vers la droite. Ses cheveux sont courts et sa bouche entrouverte. Le bas du corps n´est pas celui d´un poisson mais constitué de feuillages." (F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°46. Miséricorde absente.

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Stalle n°47. Grylle à tête de dragon et tête ventrale anthropomorphe.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-47/1473c846-149f-4f1f-a899-be93175fef2d

 "Monstre hybride de type grylle à deux pattes et bicéphale. Ses pieds sont pourvus de trois doigts crochus et il avance. La première tête située au bout de son long cou est celle d´une chauve-souris à grandes oreilles pointues. Sa gueule est ouverte. La seconde tête se trouve sur le ventre de l´animal et il s´agit cette fois-ci d´une tête humaine." (F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°48. Masque-feuille anthropomorphe, bouche ouverte en O allongé.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-48/796e73b9-895a-4db7-bb30-2af78e1c83b8

"Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche est grande ouverte et ses yeux baissés." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°49. Garçon nu, bouche entrouverte, tenant un cimeterre en main gauche, jambes fléchies en avant comme s'il sautait.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-49/c943d27f-3f3b-4c55-8703-1de08c3935da

"Personnage masculin (?) assis, la jambe droite repliée vers le buste. Le haut du corps est vu de face mais le visage de profil. Les cheveux sont courts et ondulés et il a la bouche entrouverte. Son bras gauche est levé et sa main fermée sur un cimeterre gravé dans le bois de la miséricorde. Son bras droit est rejeté en arrière et il semble se saisir de quelque chose." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°50. Feuille à  folioles indentées, posées sur une boule.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-50/774201d1-c3cf-48d4-9526-5f93397c837b

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°51. Masque-feuille anthropomorphe.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-51/aed26549-cfb4-4872-8c65-45237f52d1b2

 "Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche entrouverte et légèrement de biais." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°52. Miséricorde absente.

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Stalle n°53. Dragon ailé à deux pattes, dont une posée sur la tête.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-53/6e962d3d-c499-455a-9f5f-5d3f501ec0c2

"Dragon à deux pattes ressemblant à celles d'un oiseau et pourvu de 2 ailes. Il est vu de côté. Son long cou est retourné vers le bas de son corps et sa patte droite vient s'appuyer sur sa tête. Celle-ci est de type oursine ou simiesque (petites oreilles, museau arrondi), mais sa gueule ouverte ne laisse pas voir de dents. Son corps est recouvert d'écailles ou de plumes figurées par des sillons en forme de fer à cheval scindés en deux par une intaille." (F. Piat)

 

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°54. Miséricorde absente.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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DÉCOMPTE ET ANALYSE DES MISÉRICORDES.

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1. Les  feuilles. N =9.

Au nombre de 9 (n°2, 7, 10, 17, 27, 30, 33 , 41 et 50), ces feuilles verticales sont stéréotypées, étant toutes une composition de folioles indentées posées sur une boule. Elle peuvent correspondre à un motif de ponctuation.

2. Les masques-feuilles anthropomorphes. N = 6.

Ces motifs se retrouvent aux stalles n° 13, 16, 34, 38, 48 et 51. À la différence des feuilles, ces masques feuilles aux visages d'hommes qui épousent la forme bombée et conique de la miséricorde sont tous construits sur le même modèle mais les visages varient en expression. Ces visages jamais grotesques sont ouverts, d'allure joviale et semblent décliner un personnage identique aux pommettes saillantes. 

Ils offrent ici  de très beaux exemples de ce motif.

3. Les lions couronnés. N = 3.

Ils occupent les miséricordes n°22 et 26, sur les stalles basses sud.  Ils peuvent renvoyer au lion des armoiries de la famille d'Espinay, ou seulement participer au décor.

4. Les animaux fabuleux traditionnels. N =10.

a) la licorne : stalle n°40

b) Le Centaure. N =2.  Stalle n° 8 (Centaure archer) et n°39 (Centaure armé)

c) Les dragons. N = 3. Ils sont ailés (n°28 et 53) ou non (N°31)

d) Les grylles à deux têtes. N = 2. n° 20 et 47.

e) l'animal chimérique dragon/fouine/serpent de la miséricorde n°21.

f. Le bélier ailé de la miséricorde n°12.

 

5. A part. L'enfant étouffant un serpent. N=1.

Miséricorde n° Faut-il le classer comme sujet mythologique d'Hercule enfant ?

6. Les personnages humains ou anthropomorphes, souvent hybrides (animalisés ou végétalisés), souvent ailés. N = 19.

Miséricordes n° 1, 3 , 4, 5, 6, 9, 11, 15, 23, 24, 32, 35, 36, 37, 42, 43, 44, 45  et 49.

Ils sont ailés pour 14 d'entre eux, mais on ne peut les considérer facilement comme des anges; Ils portent pourtant (comme des anges) pour la plupart des tuniques longues, bouffante au dessus d' une ceinture.  Un seul a le visage remplacé par une tête de cochon, coiffé d'un bonnet (de prêtre ?). Ce sont des vieillards ou des hommes jeunes, des femmes ou des garçons. Dans deux cas incontestables, les sujets sont érotiques, soit pour une femme (n°43) exhibant son sexe, soit pour un garçon (n°36) se caressant. D'autres sont nus (n°49, sans compter l'Hercule n°29) ou à la poitrine dénudée. Leur visage tournée ou inclinée est déformée par une grimace bouche ouverte, dents parfois visibles, proche du rictus, pouvant être interprétée comme liée au plaisir érotique. Enfin, deux tiennent leur pied, ce qui (notamment pour l'acrobate lubrique n°11) est associé dans l'iconographie romane ou médiévale où le motif est stéréotypé, à un écart de conduite.

L'intégrité corporelle des représentations humaines est rarement préservée, et au contraire, le processus d'hybridation transforme les êtres en oiseaux (par les ailes), en cochon, ou bien les bras sont remplacés par des sortes de feuilles, ou le bas du corps se transforme en queue de poisson, elle-même végétalisée.

7. Les thèmes absents. La religion, la musique, ou les scènes comiques.

Nous ne trouvons ni représentation religieuse ou liturgique (ce qui est vrai aussi pour les panneaux sculptés, mais aussi pour les tombeaux et la porte exécutés sous le mécénat des d'Espinay). Il n'y a pas non plus de caricature de chanoines. Cela témoigne-t-il du contexte religieux (la Réforme et le Concile de Trente 1542-1563 ?). Je pense plutôt que l'obsession des seigneurs d'Espinay est de reproduire dans "leur" collégiale la thématique italianisante inspirée de l'antiquité grecque et romaine.

Nous ne trouvons pas de musiciens ou d'allusion à la musique, alors que ces stalles accueillent des chanteurs et des instrumentistes.

Enfin, il n'existe pas de scènes issus des fabliaux, des proverbes, de la vie quotidienne ou d'activités professionnelles.

 

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EN CONCLUSION. MÉTAMORPHOSE, HYBRIDATION ET CONFUSION DES GENRES.

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Alors que ces miséricordes pourraient sembler encore fidèles aux œuvres des huchiers médiévaux, et qu'elles ne reprennent pas les motifs des panneaux des jouées avec leurs rinceaux, candélabres et  dauphins, il est néanmoins possible de constater qu'elles sont toutes l'expression d'un thème majeur, très présent sur les jouées, ou sur les panneaux sculptés : celui de la métamorphose.

On connaît le goût du XVIe siècle pour les Métamorphoses d'Ovide. La lecture des Métamorphoses a perduré pendant tout le Moyen-Âge mais sous forme d'un Ovide moralisé dressant des parallèles avec le christianisme. L'humanisme de la Renaissance et les éditions imprimés du texte entraine un retour au texte premier.

C'est aussi le goût pour les Métamorphoses de Lucien (l'Âne d'Or) qui a fait représenter la Légende de Psyché sur les vitraux (Ecouen) et les tentures.

Alors que le Moyen-Âge valorisait la pureté et l'intégrité et condamnait moralement les couleurs mélangées, les rayures, les tachetés, et l'atteinte à l'intégrité du corps (anneaux des oreilles) les transformations mythologiques (d'Actéon en cerf, de Diane en laurier) valorisent les tenues bariolées, ou mi-parti (sous l'influence des lansquenets), et d'une manière générale la transgression des limites.

Ces limites qui séparaient l'humanité, centre de l'univers, des animaux et des végétaux cèdent sous l'effet des progrès de la science, comme par exemple, lorsque Léonard de Vinci et les autres artistes s'intéressent à la dissection, introduite dans les études médicales à partir de 1470. (la Fabrica de Vésale ne paraît qu'en 1543).

La découverte à Rome de la Domus Aurea de Néron à la fin du XVe siècle incite Domenico Ghirlandaio, Raphaël et Michel-Ange à s'inspirer des fresques aux motifs qualifiés de grotesques : enroulement de feuillages, mascarons, animaux fantastiques et figures extravagantes, où le monde fictionnel se libère de toute allégeance au réel et au vraisemblable et à la perspective, au profit d'un jeu graphique onirique. Comme l'écrit André Chastel, les formes mi-végétales et mi-animales (dont le glissement de l'une à l'autre est constamment illustré à Champeaux) entraîne un sentiment de libération "à l'égard de l'ordre du monde, qui gouverne la distinction des êtres".

C'est bien ce qui est en jeu sur ces miséricordes de Champeaux, où les formes animales et humaines sont végétalisées, soit sous forme de masque-feuilles, soit par glissement d'un buste et ventre humain en une queue imitant celle des poissons avec des volutes et découpures végétales, soit par confusion humain/animal par les grylles dont les têtes humaines surgissent du ventre d'une bête, soit par toutes ces altérations grotesques des formes par des feuilles (moignon des bras, oreilles de dragons, crinière de la licorne, etc.).

La confusion terre/air/mer est présente aussi lorsque les êtres d'apparence humaine sont dotés d'ailes (parfois feuillagées), ou lorsqu'ils volent, ou lorsque les feuillages s'apparentent à des plumes.

C'est cette analyse que j'ai déjà présentée dans l'étude des sablières sculpté en Finistère par le Maître de Plomodiern en Porzay (Plomodiern et Saint-Nic) et au Cap Sizun (à Confort-Meilars, Pont-Croix, Saint-Tugen), et dans l'analyse des panneaux issus du jubé d'Esquibien (29)

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Voir :

 

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LIENS ET SOURCES.

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— BARRIÉ (Roger), DUCOURET (Jean-Pierre), RIOULT (Jean-Jacques), PIAT (Florence), 2006, « Ensemble de stalles dans la collégiale Sainte-Marie-Madeleine (contre les murs nord et sud du choeur) » Dossier IM35022581 de l'Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-sainte-marie-madeleine-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/d9c79125-9bf0-4cfa-9667-340fdff8e099

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22Piat+Florence%22&render=liste&type=&ou=Champeaux

Bibliographie citée :

BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments Rennes : Larcher, 1927 (1ère éd.), Mayenne : éditions régionales de l'Ouest, 1994 (rééd.).

FRAIN. Epinay en Champeaux, sa splendeur au XVIe siècle, son état de ruine au XVIIIe siècle, la restauration de nos jours. Vitré : Imprimerie Gilles, 1908.

LEPAROUX, Sylvain. Les stalles en Ille-et-Vilaine, XVIe-XVIIe siècles. Mémoire de maîtrise : Hist. De l'Art. Rennes : université Rennes 2 Haute-Bretagne, 1997.

 

—BLOCK, Elaine C. Corpus of medieval misericords in France, XIII-XVI century. Turnhout : Brepols, 2003.

 

COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

 

— LELOUP (Daniel), 2019, Rennes au temps d'Yves Mahyeuc : une ville entre gothique et Renaissance. in Augustin Pic, " Yves Mahyeuc, 1462-1541: Rennes en Renaissance"  Presses Universitaires de Rennes.

https://books.google.fr/books?id=I5izDwAAQBAJ&dq=COUZY+(H),+1968,+Coll%C3%A9giale+La+Madeleine+de+Champeaux,+Congr%C3%A8s+arch%C3%A9ologique+de+France,+126e+session,+Haute-Bretagne,+p.60-73&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En France, la période correspondant à la fin de l'Etat breton (Acte d'union de la France et de la Bretagne en 1532) correspond en histoire de l'art à celle de la Renaissance italianisante puis antiquisante, période où sont édifiés les châteaux de la Loire comme celui de Chenonceaux (v.1513-1516), d'Azay-le-Rideau (v. 1518-1527) et de Chambord (v. 1513-1516).

"Mais avant même la construction de ces œuvres majeures, l'influence de l'Italie du Quattrocento se fait sentir en Bretagne, notamment sur plusieurs monuments funéraires : tombeau de François II et de Marguerite de Foix par Michel Colombe dans la cathédrale de Nantes (1499-1507), tombeau de l'évêque Thomas James dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne (1507). L'apparition du vocabulaire et des formes italianisantes touche simultanément de nombreuses constructions, qu'elles soient civile (façade principale du château de Goulaine et loggias du château des ducs de Bretagne à Nantes vers 1500) ou religieuses (portail du croisillon nord puis cloître de la cathédrale Saint-Pierre de Vannes en 1515-1520).

Dès ses prémices en Bretagne, la Renaissance est l'art d'une élite aristocratique composée de certains hauts dignitaires civils (Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine à Champeaux, mais également de religieux proche du pouvoir (Claude de Rohan, évêque de Quimper)."

 

 

— LEVY (Tania), Projet de recherche. Le beau XVIe siècle en Bretagne - B16B, MCF en histoire de l’art moderne, UBO

https://www.univ-brest.fr/digitalAssets/82/82654_Projet-recherche-beau16e.pdf

 

— MUSSAT (  André), 1995, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Éditions Ouest-France, 380 p.

MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

En Haute-Bretagne, ce sont naturellement les châteaux de la grande noblesse qui donnèrent le ton. Ils imitèrent les modèles de la Touraine directement inspirés par l'occupation de l'Italie du Nord. Citons la délicieuse et blanche loggia du château de Vitré et dans la même région, les stalles de la collégiale de Champeaux, commande des Espinay, parents des châtelains d'Ussé en Touraine. Aux Laval encore est dû, vers 1530, au flanc d'un antique donjon l'élégant château de Châteaubriant et sa longue galerie où se marient adroitement la brique, le tuffeau et le schiste.

Aux seigneurs se joignent les ecclésiastiques retour d'Italie. Les neveux d'un prélat humaniste commandent, dès 1507, aux Justi ou Juste, florentins devenus tourangeaux, le grandiose et élégant tombeau de la cathédrale de Dol. Tout ces novateurs suivaient le chemin illustré par la duchesse-reine lorsqu'elle avait confié à Jean Perréal et à Michel Colombe le tombeau de ses parents aujourd'hui à la cathédrale de Nantes, exécuté en marbre d'Italie.

MUSSAT (André), 1975, "Le château de Vitré et l'architecture des châteaux bretons du XIVe au XVIe siècle", Bulletin Monumental  Année 1975  133-2  pp. 131-164

"C'est pourtant à la petite cour de Gui XVI que des nobles voisins, les Espinay, s'habituèrent au style nouveau, celui de leurs œuvres de Champeaux, qui, avec les châteaux des Nétumières en Erbrée, rappelle l'existence d'un foyer, mais qui fut sans large rayonnement. L'histoire de la Renaissance en Bretagne s'en trouve modifiée. Jusqu'à la fin de sa longue histoire architecturale, le château de Vitré resta donc une œuvre des marches, avec ce que cela veut dire de limites et d'ambiguïté. Il faut attendre les années 1560-1570 pour que des châteaux bretons s'inspirent du nouveau style : ce sera avec un parfum provincial plus marqué."

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1975_num_133_2_5456

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente.

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

 

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

 

— VILLENEUVE (P. DE LA BIGNE)1862, Les anciennes stalles de la cathédrale de Rennes et le privilège du sire d'Epinay, Bulletin et mémoires de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 2, pages 261-275.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110712p/f262.image

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

 

— WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

WIKIPEDIA

Listes des miséricordes en France

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_mis%C3%A9ricordes_de_France

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Renaissance Sculpture
5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 14:04

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Deux cathèdres anciennes (XVIe ?) aux appuis-mains sculptés (acrobate, cavaliers) abandonnées aux vrillettes en l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix (29).

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Sur les stalles des cathédrales et collégiales, voir dans ce blog :

 

 

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Lire sur Notre-Dame de Roscudon :

 

 

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PRÉSENTATION.

Je me suis rendu à Pont-Croix pour photographier les sablières du chevet. Là, j'ai trouvé stocké du mobilier déclassé sans doute après Vatican II, en bois teinté sombre, et qui passaient ainsi une triste fin de vie dans la semi-obscurité. On ne peut pas tout garder !

Il y avait là trois stalles d'intérêt médiocre, un  beau confessionnal en bois blond,  mais aussi,  l'une au nord et l'autre au sud comme pour les punir en les séparant, deux cathèdres jumelles. Leur croix pattée, leur superstructure néogothique, leur couleur noire et leur allure massive chassaient déjà mon regard vers d'autre cible, lorsqu'un des appui-mains me fit comme un clin d'œil. 

C'était un de ces rébus, l'une de ces charades en image, une olla-podrida animalo-humaine qu'affectionnaient les huchiers et dont les stalles des cathédrales  offrent de multiples exemples, tout en n'en n'offrant jamais la réponse, comme on la trouve, à l'envers et en petit caractère, dans les jeux de nos magazines. Des esprits fins y ont pourtant discerné des proverbes désuets, des fables et fabliaux (l'inévitable Renart), des allégories, des caricatures (des chanoines qui s'y asseyaient), des chimères, des scènes érotiques la plupart du temps amputées de leur sel, tandis que des musiciens, de rares anges ou des feuillages permettaient aux esprits moins vifs de s'y retrouver un peu.

J'était, du coup, fort intrigué de trouver au rebut ce qui est, ailleurs, mis en valeur et dûment restauré. Peut-être s'agissait-il d'une méprisable copie faite au XIXe siècle ?

Les vrillettes avaient déjà fait bonne chère, et des planches ruinées, des morceaux décatis et des amas pulvérulents témoignaient d'une certitude : en l'absence d'expert en patrimoine, des experts en gastronomie s'apprêtaient à faire de ces chefs-d'œuvre leurs hors-d'œuvre.

Chaque meuble se composait d'un siège à dossier élevé et à assise mobile, basculante et dotée d'une miséricorde. Ce siège fermé latéralement par deux accotoirs en demi-cercle, et c'étaient eux qui s'encanaillaient d'un appui-main sculpté énigmatique. Il était solidaire d'un prie-dieu, lui-aussi fermé par un volet dont la partie haute formait un quart de cercle. Et dans la convexité de ce dernier, une nouvelle sculpture venait rompre, par des croupes brillantes, des volumes doux et soyeux, l'austérité tout en rectitude du siège (si on oublie quelques moulures et une rangée d'ove). 

Il s'agissait de deux  stalles, ou, du moins, puisqu'ils n'appartenaient pas à une rangée et qu'ils formaient au contraire un meuble indépendant, de "sièges de célébrants" ou  cathèdres.

C'était le moment de se souvenir que l'église Notre-Dame de Roscudon avait été érigée en collégiale par les seigneurs bannerets de Tyvarlen, et accueillait donc des chanoines chargés d'y chanter les offices.  Les deux sièges étaient sans doute réservés au clergé local, ou à des dignitaires.

 

Aussi gourmand qu'un coléoptère (Anobium punctatum, l'"Horloge de la mort") devant un buffet Louis XIII, je dévorais des yeux et de mon objectif les quatre figurines de chaque stalle. 

En fin de visite, je découvrais une feuille de papier "ronéotypée" qui décrivait ces cathèdres. Voir en Annexe.

Puis, rentré chez moi, je trouvais sur POP.CULTURE la mention, hélas sans photo, de "deux sièges de célébrants" en bois ciré du XVIe siècle, de 2,20 m de haut, 90 cm de large et 1,25 m de profondeur, inscrits MH à titre d'objet en 2014. Certainement ceux qui m'intéressent, mais pourquoi tant de négligence ?

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005346

Par ailleurs, le Dictionnaire des artisans parlait d'un menuisier du nom de Pochic, qui avait réalisé en 1725-1727 des stalles à Pont-Croix (Bourde de la Rogerie 1998 et Castel 1987). Mais la date montre que cela ne concerne pas nos cathèdres.

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I. Le siège de célébrant placé au nord.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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1. L'acrobate en renversement postérieur. Appui-main du siège, coté droit pour l'occupant du siège.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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2. Homme à califourchon sur un animal. (Samson et le lion???). Appui-main du prie-dieu,  coté droit pour l'occupant du siège.

Un homme vêtu d'une tunique aux manches à replis au dessus d'une culotte plissée tend les deux bras vers l'encolure de sa monture, et écarte de ses deux mains la mâchoire. La tête de l'homme est peu distincte (ou bûchée). Les pattes de l'animal — qui n'a pas de queue — sont griffues. 

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Homme assis, penché en avant, tenant un récipient. Appui-main de l'assise, coté gauche pour l'occupant du siège.

Cet homme nu (ou sans détail vestimentaire) est assis sur une petite chaise. Il se penche en avant, bras tendus vers un objet qui est peut-être un livre ouvert, avec sa couverte. Son menton est enfoui dans le crâne d'une être ou animal à la gueule ouverte, montrant les dents.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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2. Homme en renversement postérieur. Appui-main du prie-dieu,  coté gauche pour l'occupant du siège.

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L'homme est chaussé de larges pantoufles ; on peut penser qu'il est coiffé d'un bonnet de fou.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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II. Siège de célébrant, placé au sud.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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1. Appui-main du siège, coté droit pour l'occupant. Créature à deux têtes.

Une tête humaine est placée sur le dos d'un animal, dont la queue la couvre. La tête de l'animal est peut-être celle d'un chien tenant en gueule des pains, ou celle d'un canard, etc..

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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2.  Appui-main du siège, coté gauche. Animal montrant les dents.

Il aurait la silhouette d'un chameau, car son dos est fortement convexe. Sa queue passe entre les pattes et étale son fouet sur le dos (comme les lions des crossettes), tandis qu'une bande le recouvre comme un phylactère.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Appui-main du prie-dieu, à gauche pour l'occupant. Un autre animal.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Appui-main du prie-dieu, à droite pour l'occupant. Feuillage ?

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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ANNEXE. Texte trouvé dans une vieille église de Pont-Croix...

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Église collégiale Notre-Dame de Roscudon.

"Trois petites villes du diocèse de Quimper : Rostrenen (qui faisait partie du diocèse de Quimper avant la Révolution), Carhaix et Pont-Croix possédaient chacune un chapitre collégiale.

LES STALLES DU CHOEUR

Des sièges en bois à dossier élevé garnissaient les deux cotés du chœur de la collégiale. Ces stalles étaient réservés aux chanoines. Sur les cartes postales anciennes, on en compte 18.

Dans sa monographie de Pont-Croix (1901), Auguste Tephany, chanoine honoraire, curé-doyen de Pont-Croix dénombre 19 stalles en comptant « celles du clergé paroissial ».

En 2013, dans la collégiale Notre-Dame de Roscudon, il n' en reste que six (deux groupes de trois) et deux cathèdres situées dans l'abside (celles du clergé paroissial?).

Les stalles ont été placées entre les piliers du chœur au début du XIXe, voir une délibération du conseil de fabrique  dans le registre paroissial (A. Tephany).

Les deux cathèdres sont beaucoup plus anciennes. Elles ont été "consolidées" et rehaussées d'un triangle de style gothique plus tardivement.

Les quatre sculptures étranges et remarquables qui ornent chacune des cathèdres attestent de leur ancienneté.

Il est probable qu'avant le XIXe siècle, toutes les stalles étaient de la même facture que les deux cathèdres.

Après le concile Vatican II convoqué par le pape Jean XXIII, la collégiale a été allégée du mobilier jugé encombrant et les stalles ont été descellées d'entre les piliers. Les vers sont actifs... , les réparations maladroites ne cachent palus le triste état du bois. Les éléments de l'une d'entre elles sont en train de se disloquer. Ces deux cathèdres mériteraient une restauration judicieuse, car elles sont actuellement en grand danger.

Le travail remarquable des artisans menuisiers, sculpteurs et artistes du Moyen-Âge, auteurs de ces chefs-d'œuvres mériteraient d'être respecté, restauré et mis en valeur.

Les deux cathèdres mériteraient d'être classées monuments historiques."

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ANNEXE II : citation d'Auguste Tephany 1901.

"Les stalles du chœur sont au nombre de dix-neuf, y comprises celles du clergé paroissial. Elles ont été placées, au commencement du XIXème siècle ; on trouve à cet égard une délibération du conseil de fabrique dans le registre paroissial. Elles sont d'une très grande simplicité. On pourrait trouver peut-être qu'elles encombrent un peu le chœur de l'église, et empêchent la double rangée de colonnes de se montrer dans toute leur beauté ; mais leur placement là était nécessaire, car elles servent aux membres du conseil de fabrique et aux prêtres qui viennent aux offices et aux pardons de la paroisse. Quelques-unes d'entre elles sont louées à certains particuliers qui y trouvent, le dimanche, plus facilement leur place. A vrai dire, elles donnent un aspect de cathédrale à l'église, et il ne manque dans l'ancienne collégiale de Notre-Dame de Roscudon que des chanoines, avec leur costume de chœur, pour y réciter, comme autrefois, l'office divin."

http://www.infobretagne.com/pont-croix-eglise-notre-dame-roscudon.htm

 

Des cathèdres médiévales abandonnées aux vrillettes en l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) 1894, L'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1894) pages 213-236

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207627h/f291.image

— TEFANY (Auguste), 1901, : Notice sur Pont-Croix (Quimper, 1901). 

—  L'église de Pont-Croix Notre-Dame de Roscudon visitée en dix minutes

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bc0540526e9f4a26544d92d18f560ddb.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/996

 

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Bibliographie de Couffon: 

 

 

- E. Lefèvre-Pontalis et L. Lécureux : Les influences poitevines en Bretagne dans l'église de Pont-Croix (S.F.A. B.M. 1909)

- R. Couffon : Notre-Dame de Roscudon et l'atelier de Pont-Croix (Mém. Soc. Hist. Arch. Bret., 1951) ; Pont-Croix, Notre-Dame de Roscudon (S.F.A. C.A. 1957)

- R. Grand : L'art roman en Bretagne (1958)

- Ass. Bret. : Congrès de Douarnenez, 1965

- G. Savina : Notre-Dame de Roscudon, Pont-Croix (Châteaulin, 1972)

- M.-M. Tugorès : Eglise Notre-Dame de Roscudon, le retable de saint Joseph (B.S.A.F. 1978).

- R. Barrié : Eglise Notre-Dame de Roscudon, les vitraux de J.-J. Gruber (B.S.A.F. 1978) - R. Gargadennec : Contribution à la datation de l'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1979) ; Le sculpteur Paul de la Haye (B.S.A.F. 1982)

- L.-M. Tillet : Bretagne romane (Coll. Zodiaque, 1982)

- J. Chardronnet : Pont-Croix (Rennes, 1983).

- R. Gargadennec : Eglise Notre-Dame de Roscudon. Panneaux peints du maître autel (B.S.A.F. 1982, p.324-325).

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles
6 octobre 2019 7 06 /10 /octobre /2019 21:18

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Les 32 stalles (vers 1522-1529 ) de l'ancienne abbaye de la Trinité de Vendôme. II. Les anges musiciens des parties supérieures.

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Voir aussi sur cette église :


Voir dans ce blog d'autres stalles :

 

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Sur les anges musiciens, voir :

 

 

 

 

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Au dessus des 32  des 88 stalles de l'ancienne abbaye,  qui furent réinstallées dans le chœur après leur dépose à la Révolution et leur dispersion (comme  à Villiers-sur-Loir et à Lunay) les restaurateurs du XIXe siècle ont créé des dais, et on y trouve en deux rangées d'abord comme pendentif puis en statue posée des anges musiciens et des anges portant les Instruments de la Passion. Certains des anges musiciens, après avoir passionné  Claude Bayle en 1967 qui les a dessiné,  sont étudiés sur le site Musicastallis : j'en reprendrai les commentaires.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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1. Ange portant la tunique sans couture du Christ.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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2. Ange jouant de l'orgue portatif.

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"L'orgue portatif à 4 rangées de tuyaux reste problématique à cause du poids et de la rareté de telles représentations au Moyen Age (à l'exception de manuscrits comme "Tacuinum sanitas in medicina" BnF, XIVe siècle)."

http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/fiche.php?id=257

Le manuscrit du Tacuinum doit être le BnF NAL 1673, et l'enluminure doit être celle du folio 86r:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105380445/f203.image

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Tacuinum sanitatis BnF NAL 1673 f.86r (détail). Copyright BnF Gallica.

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Un autre ange joue d'un orgue identique du coté nord. La principale différence est qu'on y voit une sorte de tablier pectoral (cf. infra) : est-ce un baudrier ?

"l'orgue portatif est fréquemment représenté dans l'iconographie médiévale. Sa petite taille et son faible poids facilitent son usage : le bras gauche soutient l'instrument et active la réserve d'air, pendant que la main droite joue sur le clavier. Le musicien le pose sur le genou ou, s'il désire le jouer debout, le maintient par un baudrier. Le contact direct avec le soufflet lui permet d’influer directement sur la puissance et l'enveloppe du son : L’instrument offre ainsi des possibilités expressives comparables à celles de l'accordéon ou du bandonéon. Conçu comme un instrument d'expérimentation, il trouve vite sa place comme instrument de procession, mais également dans des usages profanes, y compris de fêtes."

L'orgue positif : L'instrument ne semble guère différent de l'orgue portatif. Du fait du plus grand nombre de tuyaux et donc du poids accru de l'instrument, il a fallu poser l'instrument. Le jeu à deux mains est permis par la présence d'un "souffleur".  http://decouvrir.la.musique.free.fr/orgue.html

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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3. Ange jouant de l'ascaule.

La détermination du nom de l'instrument est donné par C. bayle et repris dans Musicastallis. Pourtant, ce nom correspond à un ancêtre de la cornemuse de la Grèce antique. C'est certainement l'instrument le plus intriguant ici.

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Ascaule :

Tuyau de flûte à bec dans une outre.

http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/fiche.php?id=256

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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5. Ange tenant le voile de la Sainte Face.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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6. Ange jouant d'un instrument à embouchure, perdu.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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7. Ange au phylactère.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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8. Ange jouant  du luth.

Les cordes sont pincées, sans plectre.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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9. Ange tenant un voile plié.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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10. Ange jouant de la flûte à bec.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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11. Ange bras écartés, aux mains coupées.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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13. Deuxième ange jouant de l'orgue portatif.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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14. Ange jouant de la harpe.

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"Harpe avec une grande volute".

http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/fiche.php?id=251

 

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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15. Ange tenant la colonne de flagellation, ou jouant de la trompe marine.

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"Seul le geste pourrait faire penser à un instrument de musique. Trompette marine ? en forme de colonnette, corde invisible." http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/fiche.php?id=255

 

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Vues générales.

Du coté sud.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Du coté nord.

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Les 32 stalles (vers 1522-1529 ) de l'ancienne abbaye de la Trinité de Vendôme. II.
Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Les images manquantes.

Ange jouant de la chalemie.

Ange jouant de la vieille à roue.

Ange luthiste

Ange jouant de la guitare.

et selon C. bayle :

Ange jouant de la flûte traversière

Ange jouant du tambourin.

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LES DESSINS DE CLAUDE BAYLE.

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Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

Claude Bayle 1967, Copyright BnF Gallica

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Un Graduel  à l’usage de l’abbaye de la Trinité de Vendôme, de la fin du XVe siècle,  Ms 267 montre, dans la marge du  folio 188 v. , quatre anges musiciens jouant du rebec ou de la vièle avec un archet, de la harpe, de la busine ou de la trompette et du luth.

http://www2.vendome.eu/docs/art16112590843.pdf

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Graduel ms 267 f. 188v

Graduel ms 267 f. 188v

Graduel ms 267 f. 188v

Graduel ms 267 f. 188v

Graduel ms 267 f. 188v

Graduel ms 267 f. 188v

Graduel ms 267 f. 188v

Graduel ms 267 f. 188v

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L'ANALYSE DE CLAUDE BAYLE.

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"Une série de montants nervures, interprétation en bois des contreforts en pierre de la façade, avec leurs ornements, se dressent entre chaque siège et rythment l'ensemble de belles verticales comme les piliers d'une nef gothique.

Sur un fond soit plein, soit ajouré, vide à la partie inférieure, se détache à la moitié supérieure un très fin et très riche décor fait d'arcatures flamboyantes, de feuillages dentelés et compliqués, le tout surmonté d'un fleuron en forme de croix rappelant d'assez près les sculptures en pierre du portail. C'est une restauration.

Ces motifs varient d'un panneau à l'autre. On trouve même un fleuron fait de chapeaux de pèlerins entourés de
coquilles Saint Jacques, et un autre avec deux têtes couronnées d'épines. Les rampants des arcs en accolade, tendus entre les montants verticaux, sont couverts de crochets de feuillages de toutes sortes et à deux ou trois reprises de têtes de personnages grimaçants et amusants qui passent facilement inaperçus au milieu de cet abondant décor.

Une corniche aux nombreuses nervures termine le dorsal vers le haut par une série de lignes horizontales très
marquées, heureusement entrecoupées dans le prolongement des montants verticaux par l'alternance d'anges et de fleurons qui s'accordent agréablement avec les anges et les feuillages placés en cul-de-lampe ou en console à mi-hauteur.

Était-ce l'aspect de la « corniche formant dais » que signalait le manuscrit de 1791 ? Qu'il nous soit permis d'en
douter.
L'oeuvre sculptée, en revanche, est bien la partie la plus captivante et sûrement la plus authentique de tout cet
ensemble. Etant donnés le nombre et la variété des sujets,nous nous bornerons à quelques remarques sur les réalisations les plus caractéristiques.
Sur le dorsal, anges et fleurons forment un ensemble de 88 sujets alternant au-dessus et au-dessous de la corniche.

Les fleurons de feuillages ne semblent pas tous d'origine. Certains sont abîmés ; cependant ils nous proposent, sous une forme générale semblable, des motifs d'enroulements, d'entrelacs aérés et légers, souvent évidés à l'intérieur, à l'aspect compliqué mais toujours variés et harmonieux.

Les anges, comme les feuillages, ne sont pas tous authentiques, ni tous en bon état. La vue d'ensemble de ces sujets au nombre de 41 est des plus satisfaisante... mais à y regarder de plus près on s'aperçoit que les restaurateurs ont eu du mal à remédier à certaines absences lors de la remise en place des stalles.


Ainsi, l'un des anges jouant de l'orgue portatif n'est qu'un moulage ou une copie en plâtre. Un ange déroulant un phylactère devait occuper à l'origine la place d'une console en bas et non celle d'un fleuron en haut ; la présence d'une importante masse de bois derrière la tête et entre les ailes tendrait à le prouver. Nous avons fait la même constatation pour sept ou huit figurines surtout au-dessus de la corniche gauche. Ces sujets ne doivent donc pas être à leur place normale et certains sont sans doute des copies. En revanche ,d'autres anges n'ont rien entre leurs ailes et semblent donc correctement disposés.

Le même genre de remarque s'applique également aux fleurons de feuillages : ceux du haut devraient logiquement
s'épanouir ; or, ils sont identiques à ceux du bas dont ils peuvent prendre la place par simple renversement. Précisons que tous les sujets sur les corniches peuvent s'enlever et se déplacer très facilement ; il serait peut-être prudent de les fixer plus solidement.

Plusieurs sujets ont subi des dégradations diverses : trois anges ont perdu leurs bras, cinq autres leurs mains ou
l'objet qu'ils tenaient ; l'avancée des bras dans un sens perpendiculaire au fil du bois était un point faible et leur
a été fatale. Mais tous gardent un aimable visage ou esquissent un geste gracieux tel cet « ange au tambourin » qui n'a plus aujourd'hui son instrument mais qu'une ancienne Ces constatations nous font sentir à quel point les sculptures de nos stalles ont pu souffrir des déplacements, du vieillissement, de l'humidité et se détériorent un peu plus chaque année, mais que cela ne nous empêche pas d'admirer quelques beaux spécimens.

Le plus remarquable de tous est certainement cet « ange jouant de la flûte traversière » dont le sourire évoque celui
des statues archaïques ou de certains anges célèbres de la grande sculpture gothique. (PI. 3). Les formes sculptées,
draperies, visage, mains sont plus fouillées que chez les autres sujets, les ailes sont d'un dessin plus varié, la robe
porte de fins ornements, l'attitude générale est souple et décidée- Les mêmes remarques peuvent s'appliquer à « l'ange jouant de la viole ». Tous deux sont taillés dans un bois plus sombre, sûrement plus dur et plus vieux que celui des autres sujets. Ces remarques convergentes inclinent à croire en leur authenticité.

Un autre sujet attire l'oeil par sa grâce enfantine, son visage tout rond encadré de cheveux ondulés : c'est « l'ange
jouant de la vielle à roue ». Citons aussi la belle allure souriante et réservée des deux anges jouant de la harpe portative et de l'orgue portatif.

On peut se demander quelle idée directrice a conduit cette représentation des anges.

Dans la présentation actuelle, il est possible de distinguer trois groupes mélangés :

Dans le premier : les anges qui tiennent les objets de la passion : la robe de Jésus, la colonne de la flagellation,
l'image en relief de la sainte face ; un ange porte la lance, un autre tient le manche d'un instrument brisé difficilement identifiable (un fouet peut-être) ; enfin un dernier tient un tissu, peut-être un linceul.
Le deuxième groupe est constitué par les anges musiciens au nombre de 23 environ.
Les anges du troisième groupe chantent et déploient des phylactères.





CONSIDERATIONS DIVERSES

De cet examen, tirons quelques remarques générales
concernant l'intérêt documentaire, technique et enfin artistique présenté par cette oeuvre.

L'intérêt documentaire est marqué surtout par la représentation des costumes et des coutumes à la fin du XVe siècle ainsi que par les instruments de musique. On en compte 15 ou 16 instruments différents répartis parmi les anges musiciens sur les miséricordes et sur les jouées. Toute une gamme d'instruments à vent nous est offerte  : des flûtes à bec, une flûte traversière, un des plus anciens instruments connus avec le cornet que l'on retrouve sur une miséricorde. Le cornet ou cor de chasse se faisait entendre journellement au moyen-âge, dans la plaine et la forêt, à l'église et à la salle de concert ; on en jouait à la guerre, à la chasse comme le fait notre « héraut d'armes » ; au château, le cor sonnait l'heure des repas : cela s'appelait « corner l'eau » pour rappeler sans doute aux convives qu'il fallait procéder à certaines ablutions avant de se mettre à table. Dérivé de cet instrument on trouve la trompette : deux anges ayant perdu leurs instruments devaient en jouer étant donné l'attitude des bras et les-rondeurs de leurs joues. Ces trompettes étaient souvent très longues et embarrassantes On les couda en forme de S ; c'est un de ces exemplaires que nous offre le personnage d'une jouée . Leur forme n'avait aucune influence sur la nature du son qui devait être sinon très harmonieux, du moins très puissant à en juger par les joues de notre musicien.

Mentionnons encore un instrument curieux, l'ascaule  constitué par l'assemblage d'un tuyau en forme de flûte et d'une outre gonflable, un peu comme une cornemuse et enfin l'orgue portatif simple avec soufflet et clavier.

Les instruments à cordes sont aussi variés (PL 5 et 6) : deux harpes, une grande, tenue par le personnage d'une jouée et une  petite que l'on portait suspendue au cou par un baudrier, très employée par les jongleurs, troubadours ou ménestrels, mais aussi par les dames et les seigneurs ; enfin une viole peu éloignée par sa forme de notre violon et qui devait se terminer au lieu de la volute traditionnelle par une tête d'animal (disparue aujourd'hui). On note encore plusieurs cistres ou colachons, un luth à cinq cordes, une vielle à roue qui n'était pas encore un instrument à caractère régional et participait aux concerts.

Le rassemblement de tous ces instruments ne doit pas nous faire croire qu'il existait des orchestres. Si tous ces
anges musiciens se trouvent réunis ici, c'est dans un but symbolique : ils accompagnent les chants à la gloire de Dieu.
Ce thème du concert a d'ailleurs été repris très souvent dans la peinture et la sculpture. Citons à titre d'exemple célèbre et de la même période les anges musiciens peints par Hans Memling et, plus proches de nous, plus modestes aussi, les quatre anges musiciens du XVe siècle qui se trouvent dans les mouchettes d'un vitrail de l'église de Lunay, là, précisément, où ont séjourné nos stalles." (Claude Bayle 1967)



 


 


 

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SOURCES ET LIENS.

BAYLE (Claude), 1968, - Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme par M. Claude Bayle ,Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois. (Vendôme) pages 16-44.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58186490/f18.item.r=stalles.texteImage

— BRUDIEUX (Roland), 1978, Les stalles de la Trinité à Vendôme, d'après 25 bois originaux, Garillon.. (non consulté)

CHASSANY (Chloé), 2010. Les stalles d’Entremont. Art et histoire de l’art. 2010. ffdumas-01146888f Mémoire de Master 2 Mention Histoire et Histoire de l’art Spécialité Histoire de l’art Année 2009-2010 Sous la direction de Mesdames Daniela Gallo et Laurence Rivière Ciavaldini

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01146888/document

— PLAT (Gabriel),1934, l'église de la Trinité de Vendôme, 

http://www.vendomois.fr/societeArcheologique/ressources/livres/triniteVendome.pdf

 

VENDÔME ET LA RENAISSANCE.

http://www2.vendome.eu/docs/art16112590843.pdf

Vendôme , abbaye de la Trinité et ses stalles de chœur. Description de 14 stalles.

 

http://cathedrale.gothique.free.fr/Abbaye_Trinite_Vendome_stalles.htm

 

 

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SOURCES CONCERNANT LES STALLES : 

— MUSICASTALLIS

http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/

 

 — ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

—  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

 

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

.—  BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

— E. C. Block: 'Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland', ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

.—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric)  Stalles de la cathédrale de Rouen (Les)

https://books.google.fr/books?id=7tThdObk0qwC&pg=PA78&lpg=PA78&dq=stalles+saint-pol-de-l%C3%A9on&source=bl&ots=tth0hiC8_3&sig=zZ9bwe1_Qj7cICq9VvvVWu8EHyY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMjJnC-IvYAhXDDcAKHcx-DRk4FBDoAQhEMAU#v=onepage&q=stalles%20saint-pol-de-l%C3%A9on&f=false

— BOURNOT-DIDIER (Nancy) , 2000, André Sulpice et les stalles du Rouergue Thèse de doctorat en Histoire de l'art soutenue à Toulouse 2

 

 

 

—  DURAND (Georges) : Monographie de l'église Notre Dame, cathédrale d'Amiens. Tome II . Yvert et Tellier, 1903.

http://www.stalles-dg.info/Acc/durdescrip.htm

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — KRAUS (Dorothy et Henry), 1968, Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris, 263 p. Les éditions de l'amateur.

— MISERICORDIA INTERNATIONAL MEDIEVAL ICONOGRAPHY

http://misericordia-international.blogspot.fr/

 

— PELAD-OLIVIER (Monique), L'emplacement et l'organisation des stalles de la cathédrale de Rouen des origines à nos jours.

http://docplayer.fr/62033271-L-emplacement-et-l-organisation-des-stalles-de-la-cathedrale-de-rouen-des-origines-a-nos-jours.html

http://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Stalles/Index.htm

 

 

— LANGLOIS (E.-H.) 1827, Notice sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale de Rouen et sur le Lay d'Aristote, E.-H. Langlois, Rev. de la ST. Lib. d'Em. de la S.-I., 1827, p.12.
— LANGLOIS (E.-H.)  1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, E.-H. Langlois, 1838.

— LEMÉ (K.) 1994,  Stalles de Haute-Normandie, K. Lemé, Etudes Normandes, 1994/3, p. 21.
—  LEMÉ (Khristiane), 1993, Images de la société à travers les stalles du nord-ouest de la France, XIVe http://www.theses.fr/1993PA040260

— LEMÉ (Kristiane) : Le costume au début du XVI°siècle à travers les stalles de la cathédrale d'Amiens. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 4° trimestre 1996

— LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

 

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

 

— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

 

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cathedrale-saint-tugdual-stalle-01/8f9c774e-d69b-4e48-9974-d08ce13d859b

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles
5 octobre 2019 6 05 /10 /octobre /2019 14:56

 

Les 32 stalles (vers 1522-1529 ) de l'ancienne abbaye de la Trinité de Vendôme. I. Jouées, miséricordes et appuis-mains.

 

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Voir aussi sur cette église :


Voir dans ce blog d'autres stalles :

 

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PRÉSENTATION.

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Rappel.

Les stalles sont les rangées de sièges, liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur des cathédrales ou églises collégiales et abbatiales, divisant les moines, moniales ou chanoines en deux groupes pour le chant (ou la récitation) alternative des psaumes de l’office divin. Ils ont la caractéristique de permettre deux positions : ou bien assise ou bien debout (si le siège est relevé), avec appui sur une « miséricorde ».



Chaque siège est composé ainsi qu'il suit :
— Un dossier ou
dorsal occupe la partie arrière du siège ; il peut s'élever plus ou moins haut contre la clôture du choeur et être surmonté d'un dais.
— Des accoudoirs ou
appuis-mains, souvent constitués par une figurine sculptée.
— Une
parclose, enceinte de bois enfermant le siège de chaque stalle.
— Une
"miséricorde", tablette servant de siège mobile autour d'une charnière : abaissée, elle permet de s'asseoir confortablement relevée, elle permet de se tenir debout non moins confortablement puisqu'il est possible de s'appuyer sur une petite console ménagée sous la tablette elle-même. Cette console aussi  appelée patience  ; est une place très propice, par son volume, à recevoir une décoration sculptée des plus variées.
— Enfin on trouve aussi
des jouées qui sont les cloisons limitant les stalles à chaque extrémité.
Les sièges peuvent être en nombre variable selon l'importance de l'église, disposés en simple ou double rang.
Dans ce dernier cas, la rangée de derrière est surélevée : ce sont les
hautes stalles, la rangée de devant est presque de plain-pied : ce sont les basses stalles.

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Les stalles de Vendôme.

Les stalles  du chœur de l'ancienne abbaye bénédictine  de la Trinité de Vendôme   avaient été  commandées par l’abbé Louis de Crevant (1487-1522) et elles furent terminées par son neveu Antoine de Crevant qui lui succéda de 1522 à 1539, comme en témoigne ses armoiries sur une jouée. Surmontées d’anges musiciens, elles ont des miséricordes sculptées où de pittoresques scènes de la vie quotidienne côtoient les travaux des mois. Les dais ajourés qui les surmontent sont modernes, à part quelques statues d'angelots remployées, mais les miséricordes sont toutes anciennes.  Vendues à la Révolution, elles furent réinstallés partiellement en 1838 sous l’égide de l’abbé Caille, prêtre de la paroisse de la Trinité,  mais il ne reste que 32 des sièges d’origine.

 

Elles forment deux rangées en face à face, mais il faut imaginer que jadis, l'espace ouvert sur la nef était fermé par un jubé, et qu'une rangée de stalles s'y adossait pour former dans le chœur un espace en double L , dont le centre était occupé par un ou plusieurs lutrins. Le jubé en bois  a été détruit à la Révolution.

"Le jubé occupait l'avant dernière travée de la nef et ses traces sont encore visibles sur le mur des deux bas-côtés. Il était ouvert d'une seule porte à deux battants, de style flamboyant, ornée de deux effigies d'apôtres. A droite et à gauche de la porte, vers la nef, se trouvait un autel, l'un dédié à saint Gilles, l'autre à saint Louis. Ils étaient tous deux du même style que la porte et surmontés d'une rose à jour destinée à éclairer l'intérieur du jubé. Sous le jubé et adossé au pilier nord se trouvait un escalier par où l'on accédait à la tribune. Les bas-côtés étaient également fermés par une porte. Au mur du jubé faisant face à l'autel étaient adossées une partie des stalles hautes et basses, les autres étant réparties à droite et à gauche du choeur. "(Gabriel Plat)

 

 

Dans son « Etude sur l'intérieur de l'église de la Trinité », l'abbé Plat fait mention d'un manuscrit émanant de l'un des membres du clergé constitutionnel qui remplacèrent alors les religieux dans l'église abbatiale- Par quelques détails précis et sûrement exacts, le manuscrit, avec son plan daté de 1791, nous donne là disposition des stalles à la veille de bouleversements importants, juste avant leur dispersion.

Ce manuscrit signale que : « dans le choeur des moines les stalles hautes étaient adossées contre le mur du jubé
faisant face à l'autel et contre les deux murs de pierre qui clôturaient le choeur. En ayant était le rang des stalles basses avec deux espaces vides pour servir d'entrée aux stalles hautes ; celles-ci étaient surmontées d'une boiserie à panneaux et à sujets divers sculptés avec un couronnement en saillie formant dais... Entre l'endroit où finissaient les stalles et par conséquent le choeur et les marches du sanctuaire, il y avait un espace plus bas d'une marche que le sol du choeur ».

Ces indications, jointes à d'autres éléments épars, comparées à l'état actuel des stalles permettent de faire les constatations suivantes sur les stalles d'origine : les boiseries sculptées : pourtour du choeur, portes latérales, stalles avec dorsal et dais, plancher... tenaient une place importante dans cette partie de l'édifice.
Les stalles formaient un ensemble beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui avec deux rangs de hautes et basses
stalles ; elles s'étalaient dans le sens de la nef comme à présent, mais arrivaient jusqu'au premier tiers de la deuxième travée de la nef (à 5,50 mètres environ des grilles actuelles) ; de plus, elles faisaient un retour à angle droit derrière le jubé. Sachant que la largeur moyenne de chaque stalle est de 66 cm (entre 65,5 et 66,5 exactement) c'est autour de 88 que l'on peut évaluer le nombre des stalles à l'origine !

 

 

Il ne persiste donc que 32 stalles basses sur 88 stalles hautes et basses à l'origine. Ce nombre peut donner une idée du nombre des moines (une centaine sous l’abbatiat de Geoffroy Ier entre 1093 et 1132).

 

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Plan de l'abbaye de Vendôme avec la disposition du jubé, daté du 15 juin 1677 et signé : Frère Vincent Herluyson.In Claude Bayle

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Le jubé et les stalles attenantes avaient disparu lorsque Gervais Launay en a donné ce dessin (Encre de chine, lavis et aquarelle sépia)

 

 

 

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Gervais Launay  22 - Église de la Trinité, grande nef et chœur, XIX e Encre de chine, lavis et aquarelle sépia h : 50,4 cm ; l : 33,7 cm Bibliothèque de la communauté du pays de Vendôme, inv.10

 

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DESCRIPTION DES STALLES : JOUÉES, MISÉRICORDES ET ACCOUDOIRS.

Je veux séparer  d'emblée les jouées du reste du décor. Même si celles-ci sont très vraisemblablement l'œuvre des mêmes artisans, elles se distinguent (ici comme ailleurs) par leur thématique théologique ou liturgique, en accord avec les sculptures des chapelles, leurs vitraux, avec le pourtour du chœur et témoignent des dévotions spécifiques de l'abbaye au premier tiers du XVIe siècle. 

Au contraire, le décor des miséricordes et accoudoirs relève de la "liberté" (relative, car conforme à la tradition de leur art) des huchiers, qui proposent aux moines un espace de divertissement et d'imaginaire  ne comportant aucune référence religieuse, si ce n'est pour tendre aux occupants un miroir un peu caricatural de leurs pratiques de prière et de lecture.

 

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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LES  DEUX JOUÉES COTÉ EST.

 

Faisant face à l'autel, et se présentant  au visiteur qui pénètre dans le cœur par la clôture latérale, ce sont les seules jouées en place qui soient sculptées. Elles sont formées d'un grand panneau rectangulaire de 110 cm sur 70  flanquée d'une colonnette . Ce panneau est coiffé d'une double volute dont les boucles servent d'assise à deux personnages en ronde-bosse et dont la pointe médiane s'épanouit en piédestal pour un motif religieux.

Cette disposition, commune aux deux cotés, rappelle immédiatement celle des jouées de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, réalisées en 1504-1520 soit dix ou vingt ans auparavant, ainsi que celle des jouées de la cathédrale de Tréguier réalisées en 1508-1512 par  deux artisans, dont l'un, Gérard Dru, a un nom de consonance rhénane.  Les deux diocèses  de situation littorale ont des ports et des foires qui les mettent en communication avec les ateliers d'Europe.

 

 

Cette ressemblance se renforce puisqu'on retrouve à Vendôme les personnages comiques des angles des panneaux.

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Les deux jouées sud et nord (étoiles vertes) forment une ensemble centré sur la Passion : La Crucifixion au sud (avec Marie-Madeleine, et les Instruments de la Passion) et la Sortie du Tombeau au nord (surmontée de  la Pietà). Ce thème général est en accord avec celui qui est propre à l'abbaye, le culte de la Sainte Larme, et ceux que choisit Louis de Crevant autour du chœur, par sa clôture (2 et 3), l'armoire de la Sainte Larme (2)  les vitraux de Marie-Madeleine (chapelle 8) et  ceux du transept nord avec Marie-Madeleine au pied de la Croix et  de la Croix comme Fontaine de vie (flèches accolées rouges).

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LA JOUÉE SUD-EST : MARIE-MADELEINE AU PIED DE LA CROIX.

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1. Les panneaux en bas-reliefs.

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Le panneau  inférieur  représente un autel de sacrifice ou plutôt un tombeau orné d'une guirlande entre deux larmes. Celles-ci rappellent le culte de la relique de la Sainte-Larme . Cette Larme était celle que le Christ aurait versé en signe de chagrin et de joie lors de la mort puis de la résurrection de Lazare à la demande de ses sœurs Marthe et Marie (Marie-Madeleine), mais elle est replacée dans un contexte qui en fait l'illustration du chagrin ressenti lors de la Crucifixion (et  de la foi en la Résurrection), Marie-Madeleine faisant le lien entre les deux scènes.

Le panneau principal montre non pas la Crucifixion, mais Marie-Madeleine agenouillée au pied d'une croix où sont placés les Instruments de la Passion : le fouet la colonne et les liens de la Flagellation, la Lance et l'éponge d'hysope,  les clous, le marteau et  la Couronne d'épines de la Crucifixion, et la tenaille et l'échelle de la Déposition. Le chiffre XXX du titulus renvoie sans doute aux 30 deniers de Judas. On voit aussi le flacon d'aromate de la sainte, et le crâne d'Adam. Ces éléments figurent aussi sur la clôture de chœur de 1528, témoignant de l'importance du thème pour le commanditaire. Voir le panneau des Instruments de la Passion de la clôture de chœur :

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Clôture de choeur de l'église de la Trinité de Vendôme. Photo lavieb-aile.

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Le drapé très particulier du manteau de Marie-Madeleine devrait permettre d'identifier la gravure qui a servi de modèle. Ce manteau a en effet glissé (ce qui permet de dévoiler la longue chevelure spécifique  de la sainte) et son repli vient former une ample orbe en dossier de fauteuil bien reconnaissable. Dans un nouveau lien avec la Bretagne, ce drapé se retrouve sur une série de calvaires du Finistère entre 1527 et 1555, à Pencran, Plomodiern, Pleyben, Saint-Ségal, Saint-Divy, Saint-Servais, etc..

La figure de Marie-Madeleine au pied de la Croix est si importante pour Louis et Antoine de Crevant qu'elle apparaît sur la seule enluminure pleine page du Bénédictionnaire de l'abbaye de la Trinité, avec les armes d'Antoine de Crevant.

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Le thème n'est pas original, et  avait été illustré magistralement en sculpture par Claus Sluter vers 1402 au Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol ; mais cette œuvre a perdu depuis son crucifix et sa Madeleine éplorée. Je renvoie à mon article sur ce Puits, et mon étude rapide du thème iconographique en peinture (1333 par Simone Martini ; 1414 par les frères Limbourg ; 1428 par Masolino ; 1442 par Fra Angelico). Vers 1540-1550, il est présent sur les calvaires du Finistère, mais aussi sur les maîtresses-vitres de Basse-Bretagne : 

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Dans les angles supérieurs,  le sculpteur s'offre un peu de récréation  À gauche, la tête d'un homme de profil, coiffé d'un bonnet conique à oreillettes. À  droite, un fou crachant des feuillages, et qu'on identifie par les grelots de son bonnet.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Le panneau principal montre non pas la Crucifixion, mais Marie-Madeleine agenouillée au pied d'une croix où sont placés les Instruments de la Passion : le fouet la colonne et les liens de la Flagellation, la Lance et l'éponge d'hysope,  les clous, le marteau et  la Couronne d'épines de la Crucifixion, et la tenaille et l'échelle de la Déposition. Le chiffre XXX du titulus renvoie sans doute aux 30 deniers de Judas. On voit aussi le flacon d'aromate de la sainte, et le crâne d'Adam. Ces éléments figurent aussi sur la clôture de chœur de 1528, témoignant de l'importance du thème pour le commanditaire. Voir le panneau des Instruments de la Passion de la clôture de chœur :

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Clôture de choeur de l'église de la Trinité de Vendôme. Photo lavieb-aile.

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Le drapé très particulier du manteau de Marie-Madeleine devrait permettre d'identifier la gravure qui a servi de modèle. Ce manteau a en effet glissé (ce qui permet de dévoiler la longue chevelure spécifique  de la sainte) et son repli vient former une ample orbe en dossier de fauteuil bien reconnaissable. Dans un nouveau lien avec la Bretagne, ce drapé se retrouve sur une série de calvaires du Finistère entre 1527 et 1555, à Pencran, Plomodiern, Pleyben, Saint-Ségal, Saint-Divy, Saint-Servais, etc..

La figure de Marie-Madeleine au pied de la Croix est si importante pour Louis et Antoine de Crevant qu'elle apparaît sur la seule enluminure pleine page du Bénédictionnaire de l'abbaye de la Trinité, avec les armes d'Antoine de Crevant.

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Le thème n'est pas original, et  avait été illustré magistralement en sculpture par Claus Sluter vers 1402 au Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol ; mais cette œuvre a perdu depuis son crucifix et sa Madeleine éplorée. Je renvoie à mon article sur ce Puits, et mon étude rapide du thème iconographique en peinture (1333 par Simone Martini ; 1414 par les frères Limbourg ; 1428 par Masolino ; 1442 par Fra Angelico). Vers 1540-1550, il est présent sur les calvaires du Finistère, mais aussi sur les maîtresses-vitres de Basse-Bretagne : 

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Dans les angles supérieurs,  le sculpteur s'offre un peu de récréation.  À gauche, la tête d'un homme de profil, coiffé d'un bonnet conique à oreillettes. À  droite, un fou crachant des feuillages, et qu'on identifie par les grelots de son bonnet.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Dans les spirales supérieures où courent des feuilles d'acanthe prend place un couple de bouffon.

Tout en haut, sur les volutes, deux hommes sont assis ; celui de droite est le roi David jouant de la harpe. Celui de gauche est sans doute  un prophète de l'Ancien Testament, barbu, au facies léonin, lisant un livre ouvert.

 Sur le plateau central deux anges tenaient  le blason du cardinal Antoine de Crevant . En 1967, C. Bayle écrit "Il manque actuellement la partie supérieure de ce blason : le chapeau cardinalice et les mains des anges tenant la cordelière". Aujourd'hui, les bras amputés des anges ne tiennent plus rien.

 

"Sur ce blason, en partie abîmé aujourd'hui, figuraient le chapeau cardinalice avec cordelière à cinq houppes et un écu aux armes des Crevant : « écartelé d'argent et d'azur » mais avec en plus « un lambel à trois pendants en chef », c'est-à-dire un filet d'où pendent trois denticules à la partie supérieure. Ces armes ne sont pas celles de Louis mais d'Antoine de Crevant, son neveu et successeur comme 33e et dernier abbé régulier de la Trinité de 1528 à 1539.

D'après ces observations, on peut penser que si Louis a fait achever la construction de l'édifice, il est fort possible
que ce soit Antoine qui, poursuivant l'oeuvre de son oncle, ait aménagé l'intérieur de l'église et soit aussi le continuateur des stalles, (ce qui expliquerait certaines différences de style ou de manière dans les sculptures).

Un autre fait vient renforcer cette hypothèse : l'abbé Plat écrit qu'en 1520, sous la direction de l'abbé Antoine de Crevant, on ajoute une clôture sur le pourtour du choeur, en pierre dure à la base, tendre à la partie moyenne, en bois à la partie supérieure. Sur cette clôture figurent également les armes d'Antoine de Crevant, (seule différence, la cordelière portait dix houppes au lieu de cinq)." (C. Bayle)

 

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Les armoiries d'Antoine de Crevant sur la clôture de chœur de l'église de la trinité de Vendôme. Photo lavieb-aile.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

C. Bayle

C. Bayle

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Au revers, deux autres personnages se faufilent dos à dos  dans les sinuosités. L'un d'eux souffle de bon coeur dans une trompette coudée en S. Un couple anonyme de bourgeois est représenté en haut-relief, l'homme coiffé d'un bonnet, la femme d'une coiffe à linge plié sur le dessus.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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LA JOUÉE NORD-EST. LA SORTIE DU TOMBEAU ET LA PIETÀ.



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Après la Crucifixion, la Sortie du Tombeau.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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" Au-dessus de ce panneau, deux soldats armés s'enroulent dans des volutes. Pour se divertir ou peut être inspiré par la forme des spirales, le sculpteur a représenté un d'eux sortant d'un coquillage comme un escargot. Au revers, deux autres personnages, deux pèlerins entourés de coquilles Saint-Jacques." (C. Bayle)

Ces deux soldats sont ceux de la Sortie du Tombeau (toujours au nombre de quatre), qui sont comiquement expulsés du panneau pour prendre place ici. 

Il faut souligner la liberté d'expression de l'artiste, qui reprend le chapiteau ionique en le renversant pour couronner sa jouée de façon parfaitement innovante.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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La Pietà entre deux saintes femmes.

 

"A la partie supérieure de la jouée, sculptée en ronde-bosse et lui donnant son nom : une Piéta, la Vierge tenant le
corps du Christ, entourée de deux Saintes femmes tenant un livre. Les drapés des robes sont amples, un peu compliqués, mais fort justes ; le corps du Christ est bien rendu anatomiquement, les mains sont un peu grosses, mais il en est ainsi pour tous les personnages des stalles. Ce thème avec sa composition n'est pas nouveau : il a été repris maintes fois par les sculpteurs, les imagiers et les peintres."(C. Bayle)

Identifier les deux femmes comme des Saintes Femmes est un peu rapide, puisqu'elles portent l'habit de moniales et sont plongées dans une pieuse lecture.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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LES MISÉRICORDES.

Je n'en ai photographié que 28. Elles sont présentées en parcourant les deux rangées de stalles en partant de la jouée sud-est.

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"Elles forment actuellement un ensemble de 32 sujets presque tous authentiques. Dans leur
répartition actuelle on ne trouve aucun ordre si ce n'est parfois une concordance épisodique entre les sujets de droite et de gauche. On a voulu y voir représentés les travaux des mois et les signes du zodiaque. Certains sujets s'y rapportent en effet sans équivoque : la vendange, le sagittaire,... mais d'autres, si variés dans leurs thèmes ne peuvent entrer dans ce cadre. Pour y mettre un peu d'ordre, nous en avons distingué trois groupes : Les sujets décoratifs ; Les travaux ;  Les sujets divers enfin." (C. Bayle)

http://www.lavieb-aile.com/article-le-vitrail-des-mois-et-du-zodiaque-de-la-cathedrale-de-chartres-122018183.html

 

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1. Un lion. 

On a pu y voir un signe du zodiaque.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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2. Un chasseur armé d'un pieu et sonnant de sa trompe.

 Il formerait un ensemble logique avec le lion, si cet animal n'était pas si exotique. Ou bien c'est un trait d'humour, comme dans les marges des enluminures. Sa trompe, sa gibecière  et sa pique le désigne comme veneur.

Dans les Très Riches Heures du duc de Berry, la scène de chasse (au sanglier) illustre le mois de décembre. Mais ailleurs, c'est le mois de Mai qui est associé à la chasse.

 

 

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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3. La semaison. Octobre

Le paysan est représenté au moment où il remplit son semoir, suspendu sur les épaules et noué en poche par la main gauche, de graines puisées dans un sac (ou plutôt, il sème à la volée, tous les trois pas, et le sac de grain est derrière lui). Il est vêtu d'une tunique à manche courte, au dessus d'une chemise, il est coiffé d'un bonnet couvrant les oreilles et il est chaussé de bottes. Un arbre sans feuille indique l'hiver ou le début du printemps (mois de mars). Un escargot équilibre la composition.

Dans le calendrier des Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 13r , la semaison correspond au mois d'octobre. Dans le Grand Calendrier et Compost des Bergers, Octobre porte en devise JE JETTE LA SEMENCE DEDANS LA TERRE.

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Dans les Très Riches Heures du duc de Berry, les semis sont illustrés  aussi dans le mois d'octobre (mais pour le mois de mars,  aussi par un paysan dans un champ entrain de vanner des graines. Pour le mois d'octobre, la tenue vestimentaire est identique à celle de la miséricorde, les "bottes" sont en fait des houseaux au dessus de chaussures basses, et le bonnet à oreilles se comprend mieux.

http://www.info-histoire.com/images/2010/08/les-tres-riches-heures-du-duc-de-berry-octobre.jpg

"Les scènes des travaux des champs et des occupations de la vie tout au long de l'année offrent l'occasion de fixer les gestes et les actions les plus variés avec un souci très poussé de vérité et d'exactitude. Elles proposent en même temps des exemples parfaits de compositions décoratives prouvant une réelle sensibilité dans la manière de rendre, de grouper, de répartir les formes et les lignes. En les dessinant il-m'a été donné de découvrir quantité de petits détails intéressants qui auraient échappé à un examen même attentif. C'est un résumé de la vie, des gestes, des modes et des coutumes à la fin du XVe siècle. Remarquons successivement :

« Les semailles », où, sur une petite surface, le sculpteur est parvenu à bien traduire l'attitude pourtant difficile du semeur car elle résulte de la combinaison de deux mouvements : la marche et le geste du bras. Les accessoires ne sont pas oubliés qui équilibrent la composition. (Actuellement ce personnage n'a plus de visage et les mains sont endommagées)." (C. Bayle)

"Les miséricordes offrent encore un catalogue de la mode au XVe siècle dans un milieu surtout rural. Les hommes sont souvent vêtus de la jaquette ou robe courte, à hauteur des genoux. La partie supérieure ou corsage avec les manches est assez ajustée, la partie inférieure ou jupe est très plissée ; sa longueur a varié selon les époques et les modes. "

Comme les jupes, les chapeaux sont portés par les hommes ; ils se taillent de mille façons et les nombreux exemplaires de la collection que nous offrent les stalles ne nous contrediront pas (PL 8) : ronds comme celui du « sujet grotesque », coniques ou pointus comme ceux du « vigneron » ou du « fabricant de chandelles », à bords retroussés ou en forme de toque comme chez le « rapporteur » ou « le valet de chiens », chaperon en forme de cape les deux mendiants, capuce des moines... d'autres enfin, monumentaux comme le couvre-chef du « bourgeois » composé d'une calotte recouvrant les oreilles et d'une étoffe volumineuse : la touaille.

Remarquons que les hommes portent les cheveux longs au-delà des oreilles.

Les jambes sont protégées par des jambières courtes, fixées par divers procédés. Quant aux souliers, ils ont tous
des bouts ronds, ce qui situe les personnages après 1480 date à laquelle les dernières chaussures « à la poulaine » disparurent et furent remplacées en réaction par des chaussures moins encombrantes... qui devaient bien vite changer de forme à leur tour. " (id)


 

 

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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4. La tuée du cochon, ou "tue-porc", ou "pèle-porc".

 

On tue le cochon  à la Saint-Martin le 11 novembre, ou entre octobre et février.  Dans le calendrier des Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 15r, , il illustre le mois de décembre.

"« Le tueur de porcs » avec la gerbe de paille longue, bien liée, qui servira à brûler les soies de l'animal mort.".

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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5. Dispute  de deux infirmes voleurs.

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 Sont-ce "deux mendiants qui se querellent pour avoir la meilleure part de l'aumône"  (C. Bayle), ou plutôt un voleur s'enfuyant après avoir dérobé l'aumône d'un infirme équipé d'une canne.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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6. Motif végétal à cinq fruits.

Les fruits semblables à des mures sont coiffés d'une feuille à trois parties. Cinq tiges sont nouées ensemble.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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7. Joueur de cornemuse.

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 Jean-Luc Matte décrit l'instrument avec  1 bourdon d'épaule se séparant en deux parties inégales (fourche)

http://jeanluc.matte.free.fr/fichsz/vendome.htm

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In C. Bayle.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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8. Les vendanges. Septembre. 

Elles correspondent bien-sûr au mois de septembre, dans les Très Riches heures du duc de Berry , ou dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 12r.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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9. Un centaure bandant son arc.

Il est doté d'ailes de chauve-souris.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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10. Homme portant une hotte et tenant un bâton.

 

C. Bayle propose d'y voir "ce personnage baptisé « le rapporteur », colporteur ou braconnier, arpentant la campagne avec un bâton et portant dans sa hotte... des rats... d'où son nom !"

Effectivement, ce sont bien des rats : encore un sujet rare et étonnant. Mais je n'ai pas trouvé de confirmation du nom de "rapporteur", qui serait plutôt un rébus ou un rat porte une hotte sur le dos, un rat-porteur. Ce serait un chasseur de rats, un collègue des taupiers .

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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11. Tête de Maure.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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12. La tonte des brebis. Juin ou Juillet.

Le Calendrier et Compost des Bergers donne en devise à Juin JE TONDS LES BREBIS.

La tonte des brebis illustre le mois de Juillet des Très Riches Heures du duc de Berry .

"« La tondeuse de brebis » est une jeune fille car elle n'a pas encore de coiffe et ses cheveux tombent sur ses épaules. Assise parmi les fleurs des champs, au milieu de ses moutons, elle nous regarde, le geste suspendu pour quelques instants... (Elle n'a plus de visage non plus)"

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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13. Valet  séparant deux chiens se disputant un os.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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14. Dragon chimère à plusieurs têtes.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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MISÉRICORDES DU COTÉ NORD.

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15. Homme se réchauffant au feu.

C'est le motif caractéristique du mois de février sur les Zodiaques et les calendriers : Voir les Très Riches Heures du duc de Berry

Dans le Calendrier et Compost des Bergers, Février énonce JE BRÛLE DU BOIS.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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16. Guerrier tenant un cimeterre et une rondache.

Ce guerrier redoutable appelé « le sarrasin » est vêtu d'une tunique aux longues manches fendues à grelots, comme les acrobates.  Son bouclier est orné d'un serpent.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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17. Homme tenant un verre et une cruche parmi les joncs.

Ce "joyeux buveur" pourrait correspondre au mois d'avril .

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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18. Âne bâté portant une charge de bois.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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19. Le fabricant d'oribus.

 

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Ce « marchand d'oribus »  fabrique les chandelles de résine que l'on suspendra sous la hotte de la cheminée  ou dans la fente d'un bois nommé oribanier. L'épicier les vendait en paquets.

 

"Oribus, nom donné aux chandelles de résine dans le pays compris entre les rivages de l’Armorique jusqu’en haut de la Loire, et encore usité en deçà d’Amboise dans les campagnes du Vendômois." (Honoré de Balzac, Les Chouans, 1829)

"Autrefois, on avait les oribus, les longues chandelles de résine que l’épicier vendait en paquets […] On les serrait dans la fente d’une baguette qu’on enfonçait entre deux briques, sous la hotte de la cheminée ; et la mèche de ficelle pétillait, postillonnait des gouttelettes chaudes, et sa chanson vous tenait compagnie." (Maurice Genevoix, Raboliot, 1925)

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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20. Deux feuilles entrelacées.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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21. Homme accroupi, vu de dos.

Il soutient la miséricorde comme un atlante, mais l'effet comique naît de son chapeau vu de haut et surtout de l'éventail formé par les plis de sa tunique et de ses jambes écartées comme un crapaud.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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22. Homme taillant du bois derrière une palissade.

Ce serait  "un vigneron  taillant la vigne dans son enclos (C. Bayle)

 

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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23. Escargot mangeant une feuille à 5 digitations.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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24. La porteuse de baquets.

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"Les femmes portent robes et jupes longues qu'elles relèvent avec un cordon sous la ceinture pendant le travail ainsi que le pratique « la porteuse d'eau » ; la tête est couverte d'une coiffe aux nombreux replis, les jeunes filles restent tête nue et ne se « coiffent » qu'à la veille du mariage.
« La porteuse d'eau », plus âgée que la tondeuse de brebis, revient de la fontaine, ses deux seaux accrochés à la palanche ; elle relève un pan de sa robe pour mieux marcher."

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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25. Feuillage.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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26. Le masque crachant des feuilles de chêne.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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27. Homme soutenant la miséricorde.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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28. Deux hommes attachés par la taille et formant une étoile à six branches.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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LES APPUI-MAINS.

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"Les accotoirs. On en compte 15 de chaque côté des stalles.
Les crosses de feuillages alternent régulièrement avec les formes humaines. Tous ont acquis sous l'action des mains et des bras une très belle patine mais beaucoup ne sont pas intacts. 
Les accotoirs faits de feuillages reprennent les motifs habituels en les adaptant à leur forme et à leur fonction ; la plupart sont pleins et massifs. Seuls, les deux premiers, côté droit, sont évidés intérieurement.
Les accotoirs à forme humaine représentent des têtes de moines serrées dans leur capuchon. La comparaison des
expressions des visages est amusante. Un moine tient un livre ouvert mais nous regarde avec un aimable sourire. Notons qu'ils ont tous des visages ronds et pleins ce qui est évidemment la forme exigée pour un accotoir. Deux têtes de mort nous ramènent à des pensées plus graves ; elles sont traitées très sommairement : une simple boule percée de trous et un profil rectiligne.
 Les fidèles laïques ne sont pas oubliés ; on en compte autant que de moines. Ils sont souvent représentés en buste
et épousent parfaitement la cambrure de la cloison de séparation des sièges, mais plusieurs d'entre eux portant un très beau drapé sont abîmés au visage. 
Il faut noter la pieuse attitude de cette femme disant son chapelet . Une certaine rudesse se remarque dans
la forme des mains ainsi que dans le visage qui la rend plus touchante encore. Le monde de la rue et des marchands est encore évoqué par une autre femme aux cheveux longs, en habit de ville, un panier au bras, un sac plein auprès d'elle.
Nous avons gardé pour la fin peut-être les deux plus belles figures de cet ensemble : une tête de femme et une
tête de vieillard, toutes deux recouvertes d'un grand voile avançant en visière et plongeant une partie des visages dans l'ombre. Elles sont traitées comme de la grande sculpture, évitant les simplifications et les raccourcis exigés par la petite taille des sujets comme dans les autres parties des stalles. Si le visage de la femme est encore rond avec une dominance des courbes, les traits du vieillard, fouillés et burinés dans un bois dur et presque noir sont parfaitement observés : enfoncement des orbites, cassure du nez, saillie des pommettes... qui font naître de belles oppositions! d'ombres et de lumières. La technique de cette sculpture diffère sensiblement de celle des autres accotoirs." (C. Bayle)

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Vieillard barbu coiffé d'un capuchon.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Moine lisant.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Prophète ? Homme barbu au bonnet conique tenant un phylactère.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Femme au baquet . Samaritaine ??

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Buste d'un jeune homme.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Tête de mort coiffée d'un linge.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Femme voilée priant mains jointes, son chapelet au bras gauche.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Tête d'une femme voilée.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Feuille enroulée.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Fou sous sa capuche à grelots,  au visage [grimaçant ? bûché.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Feuille enroulée.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Moine (ou moniale) lisant.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Moine joufflu et difforme levant son visage vers le haut.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Moine joufflu, tête couverte.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Moine au visage bûché.

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Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

Stalles de l'église de la Trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019.

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Moine à la barbiche.

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Stalles de l'église de la trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019

Stalles de l'église de la trinité de Vendôme. Photographie lavieb-aile août 2019

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CONCLUSION.

Je rapporterai la conclusion de l'article de Claude Bayle, dont je découvre qu'il fut professeur de dessin au lycée Ronsard de Vendôme :

"Un riche éventail des possibilités de la technique du bois sculpté nous est encore offert par les stalles, depuis les
simples ornements géométriques d'inspiration lointaine et barbare, imitant les imbrications de tuiles, d'écaillés, les
cannelures, les spirales sur les fûts des colonnettes qui bordent les jouées, - en passant par la décoration des panneaux en bas relief, des miséricordes en plus hauts reliefs, jusqu'à la sculpture en ronde bosse des anges ou des personnages surmontant les jouées.

La décoration des stalles possède une autre qualité : elle fait partie intégrante du meuble ; elle n'est ni de matière différente, en bois de couleur par exemple (excepté l'ange fait de plâtre !) ni rapportée comme on le fera plus tard ; elle gagne par là en simplicité.

La représentation des scènes empruntées à la vie religieuse et monastique, citadine ou rurale a donné l'occasion aux tailleurs d'images de s'exprimer dans une langue simple et franche particulièrement savoureuse, souvent pleine de fantaisie et d'humour ; mais cette tournure d'esprit que l'on trouve assez fréquemment au moyen-âge, sous une exagération pleine de drôlerie, cache peut-être une certaine angoisse devant le monde."

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On peut partager sa remarque concernant l'inspiration "encore gothique" des huchiers, fidèles à leurs traditions, mais on ne peut en déduire que Vendôme, et en particulier les abbés  de La Trinité, méconnaissait l'art de la Renaissance, puisque, en même temps que ces stalles étaient mises en places, la clôture de chœur en pierre, très influencée par l'art "à l'antique" et l'École de Fontainebleau, mais aussi le tombeau de Louis de Crevant (aujourd'hui disparu, mais sans doute par Jean Juste), ou hors de l'abbaye  le tombeau de François de Bourbon commandé par sa veuve Marie de Luxembourg prouvent le contraire. Sur ce dernier se retrouvent des grylles, des masques feuillagés dans des enroulements de rinceaux qui sont aussi présents sur les stalles.

 



"D'autre part, si nous trouvons sur les stalles des corbeilles de feuillages, des mascarons ou des figures mêlées
aux éléments floraux, nous sommes encore loin des rinceaux subtilement modelés en fines arabesques de la Renaissance. Leur inspiration comme leur plastique est encore gothique, malgré leur date tardive et leur proximité de cette vallée de la Loire où vont s'épanouir les nombreux châteaux. Vendôme alors ne devait pas tout à fait ignorer les révélations apportées par l'Italie puisqu'un de ses comtes, François de Bourbon, s'y trouvait auprès de Charles VIII. Mais d'une façon générale, dans l'art du bois comme dans celui de bâtir le progrès de la pénétration italienne en France a été lent et ce n'est que sous Louis XII que commence l'élimination progressive des formes gothiques par les formes de la Renaissance. La tradition des maîtres français du moyen-âge reste puissante et la tradition gothique, se maintient encore davantage dans l'art religieux. On assiste même sous Louis XII et Charles VIII à un renouveau de l'art gothique qui est peut-être aussi son dernier sursaut. " (C. Bayle)

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Ma propre conclusion est qu'il faut désormais, après avoir étudié les stalles comme une monade, les replacer dans le contexte du décor choisi dans et autour du chœur de l'abbaye, les éclairer par la connaissance des goûts des commanditaires, et plus largement  par les grands courants spirituels monastiques.

Il faut aussi comparer ces stalles à celles qui sont réalisées ailleurs à la même époque, et tenter de déceler des ateliers. Wikipédia propose une liste (considérable) des ensembles de stalles en France par département,, mais il faudrait aussi  la classer par ordre chronologique,  .

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SOURCES ET LIENS.

BAYLE (Claude), 1968, - Les stalles de l'église de la Trinité de Vendôme par M. Claude Bayle ,Bulletin de la Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois, Société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois. (Vendôme) pages 16-44.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58186490/f18.item.r=stalles.texteImage

 

— PLAT (Gabriel), 1934, l'église de la Trinité de Vendôme, 

http://www.vendomois.fr/societeArcheologique/ressources/livres/triniteVendome.pdf

Les stalles vendues à la Révolution et rachetées en 1835, ont repris leur place dans le choeur de la Trinité, mais avec bien des modifications qui en rendent aujourd' hui l 'étude difficile. Les dais ajourés qui les surmontent sont modernes, à part quelques statues d'angelots remployées. Mais les miséricordes sont toutes anciennes, sauf une ou deux assez suspectes et d ' ailleurs n'offrant que des motifs décoratifs. Les sujets représentés sont empruntés à diverses séries de modèles, dont les travaux des mois et les signes du zodiaque. Les séries sont incomplètes, soit que nous ne possédions pas toutes les miséricordes, soit que dès l'origine le tailleur d'images ait choisi à sa fantaisie les sujets qui lui agréaient davantage dans les dessins mis à sa disposition. Voici les sujets traités, tels qu'ils se trouvent aujourd ' hui répartis, à gauche et à droite du choeur :

Côté nord : deux lutteurs (Gémeaux?); une porteuse d'eau (Balance?) ; le vigneron (février ou mars) ; le fabricant d ' oribus ; le franc buveur (juin ou juillet) ; le fou; l ' homme qui se chauffe (janvier) ; le Capricorne.

Côté sud : le valet de chiens; la tondeuse de brebis (mai) ; le rapporteur, motif assez rare qui forme un calembour en action; le Sagittaire; la vendange (septembre) ; le joueur de musette; la querelle des mendiants ; le tueur de porcs (décembre) ; le semeur (octobre) ; le chasseur (avril) ; le Lion.

Tous ces sujets, traités avec beaucoup de verve et de réalisme, forment un ensemble des plus intéressants. On peut leur assigner comme date le quatrième quart du XVe siècle.

VENDÔME ET LA RENAISSANCE.

http://www2.vendome.eu/docs/art16112590843.pdf

Vendôme , abbaye de la Trinité et ses stalles de chœur 

Description de 14 stalles.

 

http://cathedrale.gothique.free.fr/Abbaye_Trinite_Vendome_stalles.htm

— MUSICASTALLIS:

http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/resultats.php?simplesrc=vend%C3%B4me&page=1

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.SOURCES ET LIENS LES STALLES..

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WIKIPEDIA, Liste des miséricordes en France.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_mis%C3%A9ricordes_de_France

 

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

 

 

 

 — ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

—  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

 

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

.—  BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

— E. C. Block: 'Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland', ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

.—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric)  Stalles de la cathédrale de Rouen (Les)

https://books.google.fr/books?id=7tThdObk0qwC&pg=PA78&lpg=PA78&dq=stalles+saint-pol-de-l%C3%A9on&source=bl&ots=tth0hiC8_3&sig=zZ9bwe1_Qj7cICq9VvvVWu8EHyY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMjJnC-IvYAhXDDcAKHcx-DRk4FBDoAQhEMAU#v=onepage&q=stalles%20saint-pol-de-l%C3%A9on&f=false

— BOURNOT-DIDIER (Nancy) , 2000, André Sulpice et les stalles du Rouergue Thèse de doctorat en Histoire de l'art soutenue à Toulouse 2

 

CHASSANY (Chloé), 2010. Les stalles d’Entremont. Art et histoire de l’art. 2010. ffdumas-01146888f Mémoire de Master 2 Mention Histoire et Histoire de l’art Spécialité Histoire de l’art Année 2009-2010 Sous la direction de Mesdames Daniela Gallo et Laurence Rivière Ciavaldini

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01146888/document

 

 

—  DURAND (Georges) : Monographie de l'église Notre Dame, cathédrale d'Amiens. Tome II . Yvert et Tellier, 1903.

http://www.stalles-dg.info/Acc/durdescrip.htm

 — KRAUS (Dorothy et Henry), 1968, Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris, 263 p. Les éditions de l'amateur.

— MISERICORDIA INTERNATIONAL MEDIEVAL ICONOGRAPHY

http://misericordia-international.blogspot.fr/

 

— PELAD-OLIVIER (Monique), L'emplacement et l'organisation des stalles de la cathédrale de Rouen des origines à nos jours.

http://docplayer.fr/62033271-L-emplacement-et-l-organisation-des-stalles-de-la-cathedrale-de-rouen-des-origines-a-nos-jours.html

http://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Stalles/Index.htm

 

 

— LANGLOIS (E.-H.) 1827, Notice sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale de Rouen et sur le Lay d'Aristote, E.-H. Langlois, Rev. de la ST. Lib. d'Em. de la S.-I., 1827, p.12.
— LANGLOIS (E.-H.)  1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, E.-H. Langlois, 1838.

— LEMÉ (K.) 1994,  Stalles de Haute-Normandie, K. Lemé, Etudes Normandes, 1994/3, p. 21.
—  LEMÉ (Khristiane), 1993, Images de la société à travers les stalles du nord-ouest de la France, XIVe http://www.theses.fr/1993PA040260

— LEMÉ (Kristiane) : Le costume au début du XVI°siècle à travers les stalles de la cathédrale d'Amiens. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 4° trimestre 1996

— LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

p. 17-44 ; p. 57-114 ; p. 168-173

— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cathedrale-saint-tugdual-stalle-01/8f9c774e-d69b-4e48-9974-d08ce13d859b

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf


 

— MUSICASTALLIS

http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles
17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 09:46

 

Les 86 miséricordes des stalles de la cathédrale de Rouen décrites et illustrées par  Eustache-Hyacinthe Langlois en 1838.

 

 

 

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Voir sur les stalles :

 

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées , N. Périaux ed.,1 vol. (V-221 p.-XIII pl.) ; ill., portr. ; 22 x 14 cm

Les images proviennent de l'ouvrage numérisé par Google : 

https://books.google.fr/books?id=y3_08JFKSBwC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

J'ai pensé rendre service aux chercheurs et aux amateurs en mettant en ligne, dans une nouvelle disposition, les gravures des miséricordes patiemment relevées par E.H. Langlois. Bien-sûr, Les Stalles de la cathédrale de Rouen, ouvrage  publié en 2003 par C. Elaine Block et F. Billiet aux Presses Universitaires de Rouen et du Havre est une source infiniment plus précieuse. 

Ce patrimoine est fragile : en décembre 1999, une tempête a endommagé 8 des 66 stalles actuelles.

J'ai respecté les titres et les interprétations de Langlois sans autre développement que deux notules "lavieb".

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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LES STALLES DU HAUT-CHOEUR

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1. Homme accroupi tenant des sacoches de la main gauche, et comptant ses espèces, de la droite, sur une table ou un escabeau.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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2. Un homme comptant de l'argent à un autre.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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3. Un cymbalier et un tambourineur.

La flûte à bec de ce dernier est brisée.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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4. Deux Israélites portant sur un levier la grappe de raisin de Nehescol ou du Torrent de la Grappe.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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5. Homme tranchant avec son sabre l'épaule de son adversaire, qu'il a terrassé de la main gauche.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

6. Homme étranglant un lion.

Est-ce David ? Est-ce messire Yvain, dit « le Chevalier au lion » ? Le casque dont il est coiffé devrait faire pencher la balance en faveur de ce dernier, ce nous semble.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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7. Samson coiffé d'un « tortil » et représenté dans une action semblable à la précédente.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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8. Deux joueurs de bedondaine, ou gros tambour à grelots

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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9. Aristote amoureux.

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Nous n'avons fait que mentionner en passant, dans la nomenclature qu'on vient de lire, sous le n° 9, un des sujets les plus remarquables retracés sur les miséricordes de nos stalles. Nous n'avons pas voulu distraire le lecteur, par l'intercallation d'un trop long récit, de la description sommaire que nous faisions dérouler sous ses yeux de ces quatre-vingt-six singulières représentations : il nous est permis maintenant d'y revenir.

Cette stalle est la neuvième des hautes-formes du côté du midi. Elle offre un sujet bizarre et peu connu. Si le fond n'en est pas véritablement historique, il est au moins assez moral, comme on le verra tout-à-l'heure.

Cette sculpture représente un homme vieux et barbu se traînant presqu'à plat ventre, et portant sur son dos une jeune femme assise. Celle-ci, coiffée du hennin', espèce de bonnet à deux cornes assez commun du temps de Charles VI, vêtue d'une robe longue et serrée,

'Ces bonnets à deux cornes plus ou moins pointues se mais la gorge fort découverte, selon l'usage des courtisanes de la même époque, paraît, dans maintinrent dans quelques parties de l'Allemagne jusqu'à la fin du xvn« siècle. Il est assez singulier qu'ils se retrouvent aujourd'hui chez les femmes Tchouwaches, paysannes russes, entre la Soura et le Volga. Une partie de nos anciennes modes semble s'être réfugiée dans le Nord, où la bourguignote, ou corne qui surmonte le bonnet de nos Cauchoises, orne encore aujourd'hui la tête des dames islandaises.

Le hennin était encore en vogue en France au déclin du xv siècle, lors des prédications du dominicain Gabriel Barlet, dont les sermons fourmillent de quolibets ridicules et de saillies burlesques, comme ceux de Michel Menot et d'Olivier Maillard. Dans son sermon latin De Tentatione diaboli, au milieu d'une sortie violente contre les divers ajustemens du beau sexe , Barlet n'oublie pas de lui reprocher sa coiffure. « Elles portent « des cornes, dit-il, et des cheveux tortillés en anneaux ( crtt« dellos ). Dis-moi, femme , à quel signe distinguerait-on de « Macaire, le diable en habit d'ermite? Réponds sans hésiter, n — Aux griffes et aux ongles. — Eh bien! toi, ce serait à tes « cornes. » Sermo 2; inprim. dominic. Quadrag.

C'est dans les écrivains ecclésiastiques, les conciles, les ouvrages de théologie morale, les sermonaires et les légendes, qu'on peut puiser plus abondamment qu'ailleurs des notions universelles sur les mœurs publiques et privées , les usages, les costumes et l'esprit religieux et politique de nos ancêtres. Les immortelles recherches de l'illustre Ducange prouveront toujours combien de ressources on pouvait tirer d'un pareil fond.

cet équipage, chevaucher le vieillard et le conduire au moyen d'une bride dont le mors est fixé dans la bouche de cette vénérable monture. Par suite de l'oubli des traditions et des écrits de nos vieux poètes, on a souvent cru voir, dans ce sujet reproduit dans quelques autres lieux, une allégorie de la patience ou plutôt de l'excessive bonhomie avec laquelle Socrate endurait les mauvais traitemens de sa femme, l'acariâtre Xantippe. Il n'a cependant aucun rapport avec cela : il s'agit d'une autre histoire que je pourrais préciser en deux mots , mais que je crois plus à propos de rapporter avec quelques détails. D'ailleurs, je suis, je le confesse, né quelque peu conteur; mais ce défaut, si c'en est un, m'est au moins commun avec nos pères, qui, dès les xiie et xme siècles, reconnaissaient l'hospitalité ou s'en tenaient pour suffisamment indemnisés par une chanson ou le récit d'un conte, usage simple et naïf que je me plais d'autant plus à rappeler, que ce fut en Normandie, lieu de son origine, qu'il eut spécialement cours, et que c'est encore en Normandie qu'on dut, plus fréquemment qu'ailleurs , payant son hôte en pareille monnaie, le régaler du conte ou fabliau dont le sujet a fourni celui de notre sculpture;' il est d'Henry d'Andely, trouvère renommé du xme siècle, et cette production de notre vieux compatriote se distingue éminemment, par sa délicatesse, de l'immense fatras des poèmes romans , sous le titre de Lay d'Jrislote. Je n'en exposerai néanmoins qu'une sorte de sommaire, en traduisant librement le texte, même en le citant littéralement quelquefois.

 

'« Usages est en Normeudie ,
« Que qui hébergiez est, qu'il die
« Fable ou chanson lie {joyeuse) à son oste.
« Ceste coustume pas n'en oste
« Sire Jehans li chapelains. »

Dit du Segretain de Cluny,
par Jean Le Chapelain. —

Voyez les Fabliaux publiés par Barbazan , édit. de Méon, t. III, préf., p. ix.

Nous trouvons, dit Henry, après un exorde fort grave, qu'Alexandre, roi de la Grèce, dont tant de potentats éprouvèrent la fureur guerrière, méprisait l'or et les richesses, faisant consister ses trésors dans sa chevalerie seule. Il s'empara de tout pour tout donner; il sema tout pour tout recueillir , et c'était en semblant mettre tout hors de sa puissance, qu'il travaillait à lui donner une étendue sans bornes. Mais je veuil, dit l'auteur, repairer à mon affaire. Ce roi de la Grèce et de l'Egypte avait soumis à sa domination jusqu'aux vastes états de l'Inde! C'est dans ces derniers climats qu'il se complut long-temps à résider; si vous me demandez pourquoi, je vous le dirai volontiers : c'est

« Qu'autant a amors sor un roy
« De droit pooir, ce est la somme,
« Comme sor tout le plus poure home
« Qui soit en Champaigne n'en France,
« Tant est sa seignorie franche. »

Or, le fier Macédonien, après avoir courbé le monde entier sous le joug, soupirait dans les fers d'une jeune Indienne que nature avait, il est vrai, comblée des charmes les plus ravissans. Le belliqueux monarque ne peut s'arracher de ses bras, ne voit, ne vit plus que par elle et pour elle; pour elle il oublie tout, jusqu'au soin de sa propre gloire. Enfin, le vainqueur des rois, le maître du monde, est devenu l'esclave idolâtre d'une simple et faible fille sortie d'un sang barbare. L'armée entière s'indigne et murmure sourdement; mais si tous se taisent encore devant le héros d'Arbelles, il n'est personne au moins qui ne le blâme en se* cret. Aristote, que le poète normand suppose à la suite du conquérant, Aristote enfin s'alarme pour la renommée de son élève, et lui reproche avec indignation de la sacrifier à une misérable étrangère. En vain le passionné monarque veut plaider contre le sage en faveur de son amour:

« Je cuit ( je crois ) que vous ne véez goûte,
« Roi, dit Aristote son mestre:
« Or vous puet-on bien mener pestre
« Tout issi comme beste en pré. »

Ce compliment, qui, soit dit en passant, ne respirait pas la politesse attique et ne ferait pas fortune aujourd'hui près des grands, produisit cependant, à l'appui de quelques autres argumens, son effet sur l'esprit du fils de Philippe. Aussi, dès ce jour même, témoigne-t-il, au moins en apparence, quelque refroidissement à sa mie. La belle Indienne s'alarme, pleure, se désole et se tait; mais son silence est celui du désespoir. Alexandre ne peut soutenir le spectacle de sa douleur : son cœur s'amollit, et le héros redevient amant. Il s'excuse sur Aristote, dont il révèle l'austère mercuriale; et la belle, essuyant ses larmes, jure de les faire payer à celui qui les lui fit répandre. « Sire roi, dit-elle, si Dieu me sauve et me maintient vive jusqu'à demain heure de none, vous pourrez, à votre tour, vous moquer de votre maître, de ce vieux bourru chauve et pâle, dont, j'en suis certaine, la dialectique et la clergie ne tiendront pas contre moi. Postez-vous seulement en secret, dès l'aube du jour, aux fenêtres de cette tour. »

Le lendemain, Alexandre se glisse au lieu du rendez-vous; et bientôt la jeune fille, n'ayant, pour couvrir ses charmes, que sa blanche chemise et un manteau bleu, voltige d'un pied léger, plus fraîche que l'aurore, sur le gazon fleuri du verger voisin. C'est près de là qu'est l'étude d'Aristote, et déjà le philosophe est enfoncé dans ses méditations. L'aimable syrène erre autour de sa retraite. Sa douce voix se marie au gazouillement des oiseaux qui saluent le retour de la lumière; elle répète les chansons les plus tendres, et, dans sa feinte insouciance, elle tresse une couronne de menthe et de fleurs dont elle orne son front plus clair que cristal, et l'or de sa longue chevelure. Le sage distrait prête l'oreille, s'émeut, abandonne son livre , et s'interroge, épouvanté de son trouble, sur le sentiment qui l'occasionne. D'une voix plus touchante encore, l'aimable étrangère fait entendre cette nouvelle chanson:

« Dans un verger, auprès d'une fontaine, la fille d'un « roi s'asseoit, la tête inclinée sur sa main ; en soupirant, « elle appelle son doux ami. Ahi! comte Guy , dit-elle, « votre amour m'enlève mon repos et mes plaisirs. »

Enfin le charme opère : le philosophe n'y tient plus; il paraît, déclare à la belle Indienne,

 

qui feint un mouvement de surprise, la passion dont il est embrasé, et la supplie de lui accorder le don d'amoureuse mercy.—« Ah ! Seigneur, dit-elle, despuis qu'ainsi est que vous tant m'amez. Eh bien! soit, j'y consens, mais veuillez au moins mériter mes bonnes grâces par une légère complaisance. Je ne puis, je vous l'avoue, résister à la fantaisie de vous chevaucher un peu dans ce verger, votre dos chargé de la selle d'un palefroy, pour être plus honneslement assise. » A quoi ne contraint pas l'amour ? Dans son transport, Aristote se prête à tout, et le voilà chargé de son gracieux fardeau, cheminant à quatre pattes sur le gazon humide de rosée. On se doute aisément que sa malicieuse cavalière le dirige vers la tour où son amant se tient aux aguets. Fièrede sa victoire, elle chante ces paroles d'une voix élevée:

« Ainsi va qui amors maine
« Pucelle plus blanche que laine;
« Mestre musars me soustient,
« Ainsi va qui amors maine
« Et ainsi qui les maintient. »

 

Alexandre, riant de ce plaisant spectacle, — eh! qui n'en eût pas ri !— se montre soudain à la fenêtre de la tour. « Maître, s'écrie-t-il, que vois-je ? Est-ce bien vous qui vous laissez conduire ainsi, oubliant à ce point votre sermon d'hier, et vous abaissant le premier à la condition des brutes ? »

Aristote lève la tête et s'arrête stupéfait, mais, malgré son trouble , tire de sa confusion même une nouvelle leçon pour son fougueux élève: « Sire, dit-il, vous dites vrai; jugez donc maintenant si j'avais raison de vous prémunir contre les écarts de votre bouillante jeunesse, quand, malgré la glace des ans, je n'ai pu me défendre des égaremens de l'amour, de cette passion fatale contre laquelle viennent d'échouer en un instant, et mes lumières et ma longue sagesse. » C'est ainsi, dit le poète andelien, que

« Moult s'est rescous (s'est tiré) et bel et gent
« Aristote de son meschief. »

Henry n'en convient pas moins avec Caton, que : turpe est doctori cum c.ulpa redarguit ipsum-, et conclut enfin son poème par cette prédiction plus certaine que celles de maître Mathieu Lœnsberg:

« Veritez est, et je le di,

« Qu'amors vainc tout et tout vaincra

« Tant com cis siècle durera. »

Tel est le fond du Lay d'Aristote, production gothique dont il serait difficile de faire passer, dans notre langage moderne, la grâce et la simplicité.

La Cathédrale de Rouen n'est pas la seule dans les décorations de laquelle ce sujet ait eu l'honneur d'être admis. Nous citerons seulement , pour abréger, et ne pas sortir de la Normandie , celle de Saint-Pierre de Caen, où il occupe le chapiteau d'un des derniers piliers du côté gauche de la nef, partie de l'édifice qui fut construite vers l'an 13o8. M. l'abbé De la Rue, qui fournit ce renseignement dans ses Essais historiques sur la ville de Caen, donne, dans le même ouvrage, une esquisse de ce bas-relief.'

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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10. Homme marchant à quatre pattes ; une femme lui pose le pied sur les mains : l'un des bras de cette dernière est à demi-brisé ; il paraît avoir été dans l'intention de frapper.

Lavieb :C'est manifestement un chausseur faisant essayer à une femme sa chaussure.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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11. Un homme et une femme tirant fortement en sens inverse une espèce de vêtement.

Ce sujet représente peut-être la dispute de la culotte, caricature triviale , commune encore dans la basse imagerie du siècle passé.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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12. Deux fabricans de patins ou galoches.

Cette chaussure se composait de semelles de bois qui posaient sur deux bases fort élevées, dont l'intervalle figurait une espèce d'arche : quelquefois elles faisaient partie du soulier; plus souvent elles n'étaient que de simples sandales dans lesquelles on passait le pied déjà chaussé. Nous trouvons, dans le traité de Beaudouin : De antiquo Calceo, que les Romains employaient souvent aussi des semelles de bois. Le patin dont il s'agit ici était fort en vogue en France dans le xve siècle , et les grands le chaussaient même en habit de cour, comme on le voit dans un portrait en pied de Philippe-le-Bon , duc de Bourgogne, où ce prince est représenté vêtu d'une chlamyde de pourpre bordée de riches orfrois.

Jean Hérolt, dans ses Sermones discipuli, serm. Lxxxn1 (Lugd., i535), déclame fort contre ces chaussures, contre les chapeaux à très haute forme, etc. « Quod vitium ( inquit ) « multùm abundat jeun in quibusdam viris qui « altospileos in capitibus, et colopidea in pe« dibus, et vestes longas per terram trahunt, « volentes sic adjicere ad staturam suam eua bitum unum. » Ducange et tous les autres glossateurs ne font aucune mention des colopidea.

On portait encore, sous Henri IV, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, des talons d'une hauteur énorme aux souliers et aux bottes surtout; ce ne fut que sous le règne de Louis XVI que nos dames commencèrent à renoncer aux talonnettes élevées de leurs souliers et de leurs pantoufles. Les femmes turques et grecques portaient assez communément des semelles de bois à deux bases, dans les xve et xvie siècles. Voyez, entr'autres preuves, les figures de l' Histoire des Turcs, trad. par B. de Vigenère, in-fol.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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 13. Deux autres fabricans de patins, dont l'un coupe son cuir.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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14- Deux lanneurs de drap.

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15. Deux épinceurs de drap..

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'La draperie de Rouen, au xve siècle, vers le temps même du travail de nos stalles, jouissait d'une haute réputation; si bien que les fabriques des autres villes contrefaisaient la lisière de ses draps , pour mieux vendre leur marchandise, et ce, en grand scandale, vitupère et deshonneur de lad. draperie, en diminution du bon nom, loz et renommée d'icelle, dit l'ordonnance royale à laquelle j'emprunte ce document. (Ordonnance de Charles VII, du 50 octobre 1458. )

Ces lettres étaient adressées aux baillis de Rouen , du Berri, de la Touraine, du Maine, de l'Anjou, et aux sénéchaux du Poitou et de la Saintonge.

 

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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16. Deux hommes luttant, dont l'un veut arracher quelque chose à l'autre.

L'objet que ce dernier tenait à la main est brisé.

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17. Homme assis; un autre le salue, le chaperon à la main, et à demi agenouillé.

 

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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18. Sculpteur travaillant à une porte gothique ou à un bahut.

Il évide les meneaux et les entrelacs qu'ils supportent.' idée de l'industrie rouennaise dans cette branche importante, au xve siècle. Aussi avons-nous cru devoir les transcrire, en grande partie, en les rejetant dans les Notes supplémentaires qui complètent cet ouvrage, pour ne pas distraire trop longtemps ici l'attention du lecteur. 

 Les sculpteurs en bois faisaient partie des huchiers, autrement dits menuisiers. Seulement on les distinguait quelquefois des simples ouvriers de la corporation, en les désignant par l'acception d'ymaginiers, d'ymagiers.

La corporation des huchiers de Rouen tient trop essentiellement au sujet traité dans cet ouvrage, pour que nous ne nous empressions pas de donner, dans les Notes supplémentaires, un extrait de ses statuts. Nous l'empruntons au Recueil des Ordonnances des rois de France. A. T).

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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19. Homme tenant une lance dont il semble éparpiller quelque chose.

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20. Deux hommes à table : l'un tient un énorme broc.

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21. Chimère ailée tenant d'une main sa queue de serpent.

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22. Un sculpteur de stalles.

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23. Deux jeunes diacres en tunique, tenant et montrant simultanément du doigt un grand phylactère.

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24 . Personnage encapuchonné marchant à quatre pattes.

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25. Vendangeurs , homme et femme. Tètes brisées.

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26. Sculpteur façonnant un des fleurons d'un tympan gothique. 

On leur donnait le nom   de chous rampans. A.D.

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27. Homme nu, couché , la tête coiffée d'un drap, qui couvre une partie du corps.

Cette figure est la seule dans laquelle on pourrait soupçonner une idée licencieuse. Disons, toutefois, à l'honneur du sculpteur, qu'il l'a laissée, en partie, à deviner : honni soit qui mal y pense!

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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28. Maître d'école fouettant un enfant.

Ici point de doute; les choses sont à nu.

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29. Deux hommes faisant usage d'un objet brisé, qui paraît avoir représenté une meule aiguisoire. 

Celui qui tourne la meule, à en juger par son âge et par son occupation secondaire, est l'élève ou serviteur; celui qui tient l'instrument est le maître.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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30. Un forgeron et sa forge.

La forge, ainsi que l'enclume, diffèrent peu de celles aujourd'hui en usage.

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31. Chirurgien pansant la jambe d'un homme.

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32. Lion à torse humain, tenant embrassé un lionceau de la même figure.

La tête de ce dernier manque. Celle du premier est coiffée d'un chapeau à forme bizarre.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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33. Marchand de galoches ou patins, en essayant une paire au pied d'un homme.

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II est à remarquer que, de toutes les corporations de métiers de Rouen, celle des cordonniers pourrait, à coup sûr, invoquer le titre le plus ancien; on connaît une charte de Geoffroy-Plantagenet en sa faveur, qui en relate une antérieure de Henri Ier : on sait que ce dernier prince gouverna la Normandie de 1101 à 1155. Geoffroy Plantagenet, s'autorisant de l'exemple de son prédécesseur, permet aux cordonniers de Rouen de s'organiser en corporation, qu'il nomme gilde, « gilda. »

Cette confrérie reçut une nouvelle organisation en 1575. On voit dans ses statuts , qui sont conservés aux archives de la ville , que la chaussure la plus estimée, à cette époque, était les estyveaux de cordouen ( de Cordoue, de cordouennerie , d'où, plus tard, est restée la qualification de cordonnerie, de cordonnier ); venaient ensuite les estyveaux de vache et les soulliers de veau. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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34- Homme voulant en poignarder un autre. 

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35. Deux hommes groupés à béchevet, d'une manière si bizarre que la tête et les pieds de chacun des deux semblent appartenir indifféremment à l'autre.

Cette combinaison plaisante se retrouve dans les bas-reliefs latéraux du portail des Libraires de notre Cathédrale. Ce n'est point là, au surplus, le seul point de comparaison qu'il serait possible d'établir entre l'œuvre des stalles et ces bas-reliefs; soit que les artistes des stalles se soient inspirés à ces compositions grotesques et originales, qui jouissaient peut-être de quelque célébrité, soit que les mêmes traditions, à raison de leur popularité, agissant sur l'imagination et du huchier et du maçon, aient fait sortir du ciseau respectif de ces ymagiers les mêmes réprésentations. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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36. Deux hommes , dont l'un paraît ouvrir de force la main de l'autre.

On peut encore induire, du mouvement de ces figures, que l'un attire violemment l'autre à lui.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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37. Samson et Dalila.

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38. Homme barbu , tenant d'une main un petit bouclier ou rondelle, et de l'autre l'épée courte ou estoc.

 

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39. Ymagier travaillant, avec action, à la sculpture d'une statue.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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40. Homme chaperonné, versant le contenu d'un broc dans une espèce d'assiette ou de jatte.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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41. Posture ridicule: homme les jambes extrêmement écartées, une main sur un genou , l'autre sur une escabelle.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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42. Homme barbu, déroulant un grand phylactère. 

Les figures du même genre qui se remarquent dans ces stalles, paraissent rappeler les personnages travestis et les prophètes qui jouaient un rôle dans la fête de l'Ane, à Rouen. Voyez la description de leurs costumes, dans Ducange, Gloss. : verb. «Festum asinorum.»

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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43. Homme enfonçant une lance dans la gueule d'une gargouille ailée.

Un tableau du cabinet Moscardo, peint par Jules Romain, cité par Misson dans son Voyage d'Italie, offrait, contre la coutume, saint Georges combattant à pied le dragon.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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44- Jeune homme tenant un grand phylactère, et feuilletant un livre.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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STALLES DU BAS-CHOEUR.

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45. Un pédagogue et deux enfans; il en fait lire un pendant que l'autre étudie.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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46. Un maçon.

 La confrérie des maçons paraît avoir pris naissance en Normandie, en 1145, à l'occasion de l'incendie de la cathédrale de Chartres. Les populations normandes, mues d'un zèle religieux , se portant en foule au pays Chartrain , pour aider à la réédification de cette église célèbre qui venait d'être consumée par le feu, s'étaient organisées en une vaste corporation, ayant à leur tête un chef, qu'ils nommaient leur prince. L'archevêque de Rouen, Hugues, a consigné ces curieux détails dans une lettre adressée à Théodoric d'Amiens. L'abbé de Saint-Pierre-sur-Dive, Haimon , nous apprend que ces compagnies, de re

a voulu reconnaître aussi la reine Clotilde, la reine Berthe, dite Berthe-aux-longs-Pieds. Voyez Montfaucon , Monum. de la Monarch. franc., t. i, p. 19a; et les Dissertations de l'abbé Lebœuf, de Mabillon, etc. 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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47. Homme (probablement un manœuvre)  jetant de l'eau d'un seau : un puits est auprès de lui.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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48. jeune poissonnière.

Les marchands poissonniers de Rouen avaient certainement jadis une confrérie dans la cathédrale, et furent les donateurs du magnifique vitrail représentant la vie de saint Julien-L'Hospitalier

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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49. Homme barbu, tenant un phylactère, comme dans le n°44 .

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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50. Femme ailée, à queue de serpent.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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51. Berger se disposant à jouer de la musette auprès de ses moutons.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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52.  Charpentier perçant une pièce de bois avec une tarière.

 

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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53. Alchimiste tenant un phylactère, et ayant une espèce de fourneau devant lui.

'L'objet arrondi, qui est placé derrière le bras droit du personnage, pourrait faire supposer que nous voyons ici un maitre-verrier : cet objet ne serait autre qu'un plat de verre, qui vient de sortir du fourneau. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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54. Homme les bras allongés sur une table couverte d'une nappe; il tient les vestiges d'un objet fracturé qu'on pourrait croire avoir été un broc.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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55. Homme barbu, muni de l'escarcelle, les jambes écartées, et s'appuyant, de la main gauche, sur un chicot d'arbre.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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56 Femme chimère, à queue, ailes et pattes d'oie , montrant un cœur dans sa main.

Les pieds de cette figure rappellent la reine Pédauque, dont les statues décoraient le portail de plusieurs églises, et dans lesquelles on a voulu reconnaître aussi la reine Clotilde, la reine Berthe, dite Berthe-aux-longs-Pieds. Voyez Montfaucon , Monum. de la Monarch. franc., t. 1, p. 1g2; et les Dissertations de l'abbé Lebœuf, de Mabillon, etc.1

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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57. Vieillard coiffé d'un énorme chapeau de pelleterie, qui a quelque analogie avec la mitre épiscopale, et qui dort, la tête appuyée sur sa main.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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58. Figure humaine avec des pieds d'oie, la tête ceinte d'un tortil; elle tient une fronde ou fléau brisé; l'autre main porte une rondelle fort bombée.

Nous retrouvons cette bizarre figure dans les bas-reliefs du portail des Libraires.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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59. Homme répandant une corbeille de fleurs devant deux cochons.

Est-ce une allusion au proverbe « Spargere margaritas antèporcos »?

'Mémoires de l'Académie des Inscriptions, passim.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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60. Femme chimère, à corps de lion; les bras très ouverts et couverts d'une draperie, ainsi que la tète.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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61. Chirurgien ou barbier  venant de faire une saignée, ou bien encore Chiromancien disant la bonne-aventure.

La corporation des barbiers, fort ancienne à Rouen, reçut une nouvelle organisation en 1407. Entre autres conditions pour être reçu maître, l'apprenti devait être en état de faire une lancette bonne et souffisante pour saingnier toutes vaines; car les barbiers avaient le droit de tirer du sang, et d'étancher, une première fois seulement, celui d'une personne blessée, en cas d'imminente nécessité. Là se bornaient les droits des barbiers rouennais à la pratique chirurgicale. Ceux de la ville de Paris, vers la même époque, pouvaient se donner un peu plus carrière ; il leur était permis de panser, et même de guérir les clous, les bosses et les plaies, pourvu qu'elles ne fussent pas mortelles. ( Ordonnance de 1572. )

L'ordonnance de 1407 défend aux barbiers de Rouen de rendre aucun service aux lépreux, sous peine de bannissement. Cette défense ferait supposer que ces malheureux ne leur faisaient pas éprouver au même degré l'horreur qu'ils inspiraient aux populations épouvantées, dans ces temps d'ignorance.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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62. Vieillard barbu, tenant un objet cassé.

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63. Homme en robe, portant une robe et un bouclier.

Ce bouclier, qui est garni de l'umbo,  a la plus grande analogie avec un bouclier antique d'une médaille figurée sur une médaille publiée par Montfaucon

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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64. Chimère à torse humain et à partie inférieure d'oiseau, pinçant la harpe.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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65. Figure drapée ou Mélusine relevant d'une main sa queue de serpent et portant de l'autre un miroir rond.

Les véritables figures de Mélusine représentent cette fée enfoncée dans l'eau d'un bain jusqu'à la ceinture, tenant un miroir, et démêlant sa longue chevelure.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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66. Femme assise sur un lion.

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67. Barbier savonnant un homme assis.

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68 Femme chimère, coiffée du voile et de la guimpe.

Elle tient d'une main l'écu d'armes, et de l'autre un objet brisé; la partie inférieure du corps offre la forme et la queue d'un coq.

 

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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69. Chimère à tête voilée, à face de singe.

Elle tient les débris d'un bouclier et une espèce d'épieu.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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70. Chimère en turban ou chaperon, tenant d'une main sa queue, de l'autre un trousseau de verges.

Elle porte, sur l'abdomen, une face humaine.

Cette monstrueuse transposition se voit très souvent dans les figures de diables exécutées dans le moyen-âge; on la trouvait quelquefois jusque dans les anciennes armures, sur la pancière, ou pièce inférieure de la cuirasse.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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71. Tondeurs de drap, homme et femme.

C'est aux individus de cette profession que la Cathédrale dut, dans le xuie siècle, le beau vitrail représentant la vie du patriarche Joseph. Voyez mon Ouvrage sur la Peinture sur verre.

Voyez Noël de la Morinière , Second Essai sur le département de la Seine-Inférieure, p. 265 et suiv.

« Marchands de draps, s'écriait, dans le xv« siècle , le prédicateur Maillard, vous vendez pour du drap de lia ne» celui « qui n'est que de Beauvais; vous vendez du drap humide « pour du drap sec; l'acheteur croit avoir deux aulnes et n'en « a qu'une. » Maillardi Sermones Adventus, serm. xxxiv. )

Il est également question du drap de Rouen dans la farce de Pathelin:

Pathélin.

« Cestuy cy est-il taint en laine?
« Il est fort comme un cordouen.

Le Drapier.

« C'est un très bon drap de Rouen ,
« Je vous prometz , et bien drappé. »

Ménage, dans son Dictionnaire étymologique , a désigné, sous le nom de limestre, certaines serges drapées, croisées, qui se faisaient de son temps à Rouen et à Darnétal. Dans ses Notes sur Rabelais, t. 2 , p. 1, Le Duchat parle aussi de ces étoffes.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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72. Jeune marchande de charbon

Elle en verse un boisseau dans le tablier d'une femme. 

Les cornettes dont ces figures sont coiffées sont encore fort en usage dans beaucoup de lieux de l'Italie. Souvent les modes que l'on croit éteintes n'ont fait que changer de pays ou se maintenir ailleurs.

Est-il bien présumable que cette femme reçoive du charbon dans son tablier? Peut-être sont-ce des petits pains ou des gâteaux qu'on lui compte. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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73. Homme jouant avec deux plectres d'un instrument à deux cordes, de forme fort longue et carré des deux bouts, dont le nom n'est probablement plus connu.

De Lancre, Tableau de [inconstance des Démons, Magiciens, etc., pag. aii , parle des danses des sorcières, au son du petit tambourin, de la flûte et d'un long instrument qu'on bat, dit-il, avec un petit baston; mais il ne nomme pas ce dernier. On pourrait présumer, cependant, par la position qu'il lui assigne, qu'il parle d'une espèce de trompette marine, instrument monocorde dont le nom induit beaucoup de monde en erreur sur sa forme et son usage, mais qui se jouait ordinairement avec un archet. M. Jourdain, dans le Bourgeois gentilhomme , n'oublie pas cet instrument dans son projet de concert: «Il y faudra mettre aussi, dit-il à son maître « de musique, une trompette marine. La « trompette marine est un instrument qui me « plait et qui est harmonieux. » Le Sage donne à son Turcaret des oreilles aussi délicates.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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74- Jeune femme , les bras ouverts, paraissant vouloir couvrir de son voile ou manteau un petit enfant debout.

Dans les bas-reliefs remarquables et si délicatement ciselés du portail des Libraires, on retrouve à peu près ce sujet; mais , dans ce dernier, la femme a l'air de recevoir l'enfant avec effroi.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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75. Vieillard frappant de verges un petit chien.

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76. Un fendeur de bois.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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77. Une moissonneuse.

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78. Deux hommes assis devant une espèce de billot rond et dans une occupation équivoque.

Sans l'absence du maillet, on aurait bien pu les prendre pour des ouvriers monnoyeurs.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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79. Deux cordonniers, l'un travaillant son cuir, l'autre cousant un soulier.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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80. Cordonnier fabricant des chaussettes de cuir et des escaphignons, espèces de souliers des xive et xve siècles.

Les premiers se laçaient latéralement au dessous des chevilles du pied , et les seconds se laçaient ou se bouclaient au-dessus.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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81. Autre cordonnier chaussant un soulier ou chaussette au pied d'un homme assis.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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82. Samson emportant les portes de la ville de Gaza.
Il faut convenir que si les portes de Gaza n'eussent pas été plus grandes que celles que le sculpteur a placées sur l'épaule de son personnage, il y aurait considérablement à rabattre du merveilleux de l'action de Samson, et que sa force, d'herculéenne qu'elle était, pourrait bien descendre à rester tant soit peu lilliputienne.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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83. Deux joueurs de panoye.

Rabelais a omis, dans les deux cent quinze jeux de Gargantua dont il donne les noms, celui dont il s'agit ici, ou peut-être l'y a-t-il autrement désigné. La panoye consistait à s'asseoir à terre, et pied contre pied, en face l'un de l'autre : chacun des deux adversaires s'efforçait alors de tirer à lui un bâton court, posé perpendiculairement et retenu par le bas, entre ses semelles et celles de l'autre tireur. Je n'ai trouvé de mention claire et positive de ce jeu que dans les Devises héroïques de Paradin, Lyon, 1557, page 182 : on y voit quatre bras se disputant le bâton, avec ces mots pour ame: « Et l'un et l'autre. ».

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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84- Homme barbu et encapuchonné, supportant des deux mains la moulure de la miséricorde.

Une femme lui soutient le coude.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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85. Deux servantes , dont l'une nettoie de la vaisselle.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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86. Deux serviteurs , homme et femme, lavant des plats dans une grande cuvette.

 

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées,

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87. 88. — Ces deux dernières sellettes n'appartiennent point aux stalles de la cathédrale de Rouen , et font partie , la première (n° 87 ), des stalles de l'église de Saint-Taurin d'Evreux; la seconde (n° 88), de celles de l'église de Bourg-Achard , arrondissement de Pont-Audemer. L'auteur avait cru devoir les ajouter ici pour compléter sa dernière planche, comme un type curieux de l'imagination et du caprice des artistes du moyen-âge dans notre province.

On est toujours étonné de rencontrer, dans nos temples chrétiens, ces obscena qui, s'ils ne détournaient pas l'attention des fidèles ( c'est le moins qu'on puisse accorder ) , ne paraissaient pas du moins les beaucoup scandaliser. Quant au clergé, il est plus extraordinaire qu'il en ait toléré la présence dans nos basiliques.

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N°87. église de Saint-Taurin d'Evreux. Un renard en chaire prêchant une poule et un canard.

La volatile qu'il a déjà dans son capuchon prouve qu'un premier sermon n'a pas été infructueux. Ce sujet, qui a un caractère tout-à-fait épigrammatique, se retrouve fréquemment dans les miniatures des anciennes heures manuscrites et dans les sculptures de nos édifices religieux. A. D.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de la cathédrale d'Evreux.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de la cathédrale d'Evreux.

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n°88. Stalle  de l'église de Bourg-Achard.

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LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de l'ancien prieuré de Bourg-Achard.

LANGLOIS (Eugène-Hyacinthe), 1838, Stalle de l'ancien prieuré de Bourg-Achard.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusqu'au_concile_de_Trente

Volume 2 Annexes :

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Saint-Pol-de-L%C3%A9on&type=&texte=stalles+

 

—  ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

 —  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

http://docplayer.fr/62357535-L-es-etudes-relatives-a-l-iconographie-des-stalles-de-choeur-ne-peuvent-ignorer.html

file:///F:/chapelles/Saint%20Pol%20de%20L%C3%A9on%20stalles/Stalles%20blog/05_billiet_frederic_un_mobilier_pour_le_chant_la_vie_musicale_dans_les_stalles_de_la_cathedrale_dami.pdf

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

.—  BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

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— BOURNOT-DIDIER (Nancy) , 2000, André Sulpice et les stalles du Rouergue Thèse de doctorat en Histoire de l'art soutenue à Toulouse 2

 

 

 

—  DURAND (Georges) : Monographie de l'église Notre Dame, cathédrale d'Amiens. Tome II . Yvert et Tellier, 1903.

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— MISERICORDIA INTERNATIONAL MEDIEVAL ICONOGRAPHY

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— PELAD-OLIVIER (Monique), L'emplacement et l'organisation des stalles de la cathédrale de Rouen des origines à nos jours.

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http://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Stalles/Index.htm

 

 

— LANGLOIS (E.-H.) 1827, Notice sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale de Rouen et sur le Lay d'Aristote, E.-H. Langlois, Rev. de la ST. Lib. d'Em. de la S.-I., 1827, p.12.
— LANGLOIS (Eustache-Hyacinthe.)  1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, ornée de treize planches gravées Edité par N. Periaux 

https://books.google.fr/books?pg=PA141&dq=stalles+bourg-achard&id=kO0TAAAAQAAJ&hl=fr#v=onepage&q=stalles%20bourg-achard&f=false


— LEMÉ (K.) 1994,  Stalles de Haute-Normandie, K. Lemé, Etudes Normandes, 1994/3, p. 21.
—  LEMÉ (Khristiane), 1993, Images de la société à travers les stalles du nord-ouest de la France, XIVe http://www.theses.fr/1993PA040260

— LEMÉ (Kristiane) : Le costume au début du XVI°siècle à travers les stalles de la cathédrale d'Amiens. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 4° trimestre 1996

— LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

p. 17-44 ; p. 57-114 ; p. 168-173

— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

 

 

 

 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles
17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 09:44

L'église saint-Lô est un ancien prieuré des chanoines réguliers de Saint-Augustin, installé — sans doute face à une épidémie de lèpre, car les léproseries furent nombreuses au XIIe s —  en 1143 et qui demeura jusqu'en 1766, date où il sera réuni au séminaire de Saint-Vivien de Rouen.

https://books.google.fr/books?id=pPRAAAAAcAAJ&pg=PA392&dq=bourg-achard&hl=fr&ei=fueoTK3DHoOSswb41rC5DA&sa=X&oi=book_result&ct=result&redir_esc=y#v=onepage&q=bourg-achard&f=false

Le prieuré  était  composé de chanoines, d'un bailli et dirigé par un prieur. Il disposait d'une salle capitulaire et d'un manoir prioral construit vers 1253. Les chanoines étaient au nombre de 10 en 1249, 15 en 1260, et 7 en 1640, sans compter les novices.

— Notice no IA00018530, base Mérimée, ministère français de la Culture

— LE PREVOST (Auguste), 1862   Mémoires et notes pour servir à l'histoire du département de l'Eure, Tome 1, Evreux: Imprimerie d'Auguste Hérissey, 1862. p. 392-402.

 

—PASSY (Louis), 1862,  Notice sur le prieuré de Bourg-Achard , Paris: imprimerie de A. R. Lainé et J. Havard, 1862.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k635338.image.hl.r=sausseuse.f2.pagination.langFR

Les chanoines, comme partout, disposaient de stalles pour chanter les offices. Ces stalles ont aujourd'hui été installées dans l'abside.

Comme l'explique l'article Wikipédia

"Les stalles sont les rangées de sièges, liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur des cathédrales ou églises collégiales et abbatiales, divisant les moines ou chanoines en deux groupes pour le chant (ou la récitation) alternative des psaumes de l’office divin. Ils ont la caractéristique de permettre deux positions : ou bien assise ou bien debout (si le siège est relevé), avec appui sur une « miséricorde ».

Elles sont principalement réalisées par une main-d’œuvre qualifiée, les huchiers.

Avec la longueur des offices, les stalles se composent par la suite de sièges amovibles et rabattables, sous lesquels se trouve une petite console, appelée « miséricorde », cette sellette servant d'appui discret lorsqu'on est debout. Chaque siège est séparé de celui d'à côté par des parcloses surmontées d'accoudoirs. Aux extrémités des stalles se trouvent les jouées, qui sont des plaques ornementées. Enfin, les stalles sont surmontées soit par un haut dossier (dais), soit par un baldaquin."

Il est rare de trouver encore des stalles encore entières (comme à Saint-Pol-de-Léon) , ayant conservé leur dossier et leur dais. C'est le cas à Bourg-Achard pour un ensemble de cinq sièges,  avec les  dossiers, les miséricordes,  les jouées et les baldaquins. Cet état complet se voit à Bourg-Achard et  surtout à Saint-Martin-aux-Bois.

À coté de cet ensemble, nous trouvons une dizaine de stalles isolées, sans jouées ni dais.

Soit, au total, (Dorothy et Henry Kraus, 1986) 15 miséricordes du XVIe s. dont deux miséricordes plus modernes : dans l'ensemble elles représentent des animaux (le plus souvent la tête en bas, les pattes soutiennent solidement les sellettes.), des bouffons, une tête d'homme vue de profil. 

Les images en ligne de ces stalles sont rares, celles de l'Inventaire ne sont pas disponibles...hormis une vieille photo noir et blanc. Le site musicastallis est muet.

La photo ancienne montre que des éléments (porte latérale et prie-dieu) ont disparu.

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Photo Paul Robert.

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Enfin, je n'ai pas trouvé d'étude ou de publication qui leur soient consacrées.

C'est à la découverte de ces stalles que je souhaite vous inviter.

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I. L'ENSEMBLE COMPLET DE CINQ SIÈGES.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les jouées.

Une jouée de stalle est une plaque ornementée qui se trouve aux extrémités des stalles du chœur.

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a) la jouée de droite.

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Les jouées sont formées de deux enroulements superposés d'une tige d'acanthes, à spires dans le même sens formant chacun deux médaillons. Chaque médaillon supérieur est orné d'un visage grotesque, obèse, aux yeux globuleux coiffé d'un chaperon et tenant dans sa bouche l'origine de la tige du rinceau. Chaque médaillon inférieur est orné d'un dragon à l'échine épineuse, tenant pareillement l'extrémité terminale du rinceau.

Des anges descendent en piqué sur la tranche de l'enroulement; Un personnage relie les médaillons dans la concavité de la volute.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Enroulement supérieur.

Le personnage interne est grimaçant, il est vêtu d'une sorte de large chasuble plissée.

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Les stalles de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard.

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Enroulement inférieur.

Le personnage interne est barbu, il est coiffé d'un bonnet et tient un phylactère, ce qui peut correspondre à une figure de prophète.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Joue droite, face externe.

 

 

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Enroulement supérieur.

 

Le personnage interne vêtu comme un chanoine d'une mosette (ou chaperon) sur la chape ; mais son visage grimace comme une tête de mort.

On notera la finesse de découpe des contours foliaires des acanthes.

 

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LMER,LPAL&VALUE_98=PA00099355

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LMER,LPAL&VALUE_98=PA00099355

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Enroulement inférieur.

 

Le personnage interne est à nouveau un prophète tenant un phylactère.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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La jouée de gauche. 

C'est la même disposition, avec deux prophètes cette fois.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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II. Les miséricordes et appuie-mains.

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La stalle complète.

 

La stalle complète montre de gauche à droite les miséricordes suivantes :

  • Un oiseau (aigle ?) pinçant son aile du bec.
  • Un chien, tête aux larges oreilles enfouie entre les pattes.
  • un visage, les yeux baissés.
  • Un animal (crinière, queue entre les pattes, gros dos, tête anthropoïde) courant dans le même sens que le chien et partageant avec lui la même silhouette. 
  • Un lièvre poil hérissé, tête entre les pattes. Il compose avec le chien et l'animal précédent une scène de poursuite.

Les appuie-mains sont, dans le même sens :

  • un chat tenant une souris,
  • un dragon
  • un chat (?) hurlant, langue pendante
  • un visage encapuchonné.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les stalles de l'église Saint-Lô de Bourg-Achard.

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Appuie-main : un chat tenant dans sa patte une souris.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Les autres stalles et leurs miséricordes.

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Les figures humaines ou anthropomorphes.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Les figures animalières.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Stalles (XVIe s.) du prieuré de Bourg-Achard, église saint-Lô. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

 

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

Volume 2 Annexes :

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Saint-Pol-de-L%C3%A9on&type=&texte=stalles+

 

 ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

 

—  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

http://docplayer.fr/62357535-L-es-etudes-relatives-a-l-iconographie-des-stalles-de-choeur-ne-peuvent-ignorer.html

file:///F:/chapelles/Saint%20Pol%20de%20L%C3%A9on%20stalles/Stalles%20blog/05_billiet_frederic_un_mobilier_pour_le_chant_la_vie_musicale_dans_les_stalles_de_la_cathedrale_dami.pdf

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

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— E. C. Block: 'Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland', ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

.—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric)  Les Stalles de la cathédrale de Rouen

https://books.google.fr/books?id=7tThdObk0qwC&pg=PA78&lpg=PA78&dq=stalles+saint-pol-de-l%C3%A9on&source=bl&ots=tth0hiC8_3&sig=zZ9bwe1_Qj7cICq9VvvVWu8EHyY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMjJnC-IvYAhXDDcAKHcx-DRk4FBDoAQhEMAU#v=onepage&q=stalles%20saint-pol-de-l%C3%A9on&f=false

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— PRIGENT (Christiane)   Sculptures de danseurs et de jongleurs dans les édifices religieux, à l’époque romane et à l’époque gothique. « Représentations sculptées de danseurs et de jongleurs comme manifestation de la culture laïque dans les édifices religieux à l'époque romane et à l'époque gothique », in M.S.H.B., tome LXXI, 1994, p. 279-313.

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— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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