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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 21:50

La libellule Fauve Libellula fulva O.F. Müller 1764 en accouplement à Crozon. Le ruisseau de Kerloc'h.

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Voir sur ce blog :

Zoonymie des odonates : l'origine des noms de Libellula fulva.

 

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PRÉLUDE.

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1. L'étang de Kerloc'h.

Depuis 2010, j'ai exploré l'étang de Kerloc'h, à Crozon, pour y faire mes petits débuts en entomologie. C'est ainsi que cette année-là, fier comme Artaban, j'ai rédigé l'article Mes libellules du mois de mai. J'y trouvai, comme aujourd'hui, le  Calopteryx vierge, la Petite Nymphe à corps de feu, l'Ischnure élégante, L'Agrion Porte-coupe, et, parmi les Anisoptères (la chasse aux Gros) la Libellule fauve mâle, que j'identifiai comme une Déprimée, et la Libellule fauve en accouplement, ou le Gomphe gentil.

Ce fut un choc, et j'ai encore parfaitement en mémoire l'émerveillement devant les cœurs copulatoires des petites libellules, ou Zygoptères.

En 2011 je piaffai d'impatience, et dès le 3 avril je découvrai les Nymphes à corps de feu:

Premières libellules à Crozon : les nymphes à corps de feu.

En 2012, j'affichai à mon palmarès, au même endroit, (l'embarcadère des pêcheurs sur cet étang), la Cordulie bronzée (et encore la Libellule fauve)

Cordulie bronzée et Libellule fauve à Crozon.

En 2018, j'étais fidèle au rendez-vous, et j'observai un papillon, le Petit Sylvain, sans doute exactement là où, cette année 2020, je l'ai retrouvé. Et de la même façon, je photographiai le Crocothemis écarlate, et sa dame, que je viens de re-photographier cette année.

Le Petit Sylvain Limenitis camilla à Crozon.

Crocothemis erythraea ou Crocothémis écarlate à l'étang de Kerloc'h, Crozon.

Cherchant à varier mon point d'observation sur l'étang, je découvris le beau spot de l'Ancienne gare de Perros et je le fréquentai régulièrement. Que de beaux souvenirs entomologiques : Cordulie bronzée, Petite Nymphe à corps de feu, Poliste, Point-de-Hongrie, Grémil prostré, etc.

En mai 2010, à Kermoal (lande sèche dominant l'étang), j'avais observé un accouplement d'Oxycordulie à corps fin,  qui prouvait au monde entier que l'espèce se reproduisait bien sur ce site.

À cette exception près, tout cela est bien modeste, puisque ces espèces sont communes, tandis que le site abrite des espèces rares, "dont l’Aeshne isocèle (Aeschna isoceles), une espèce très rare et hors de son aire : la Cordulie bronzée (Cordulia aenea), et deux espèces d'intérêt communautaire : la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) observée à plusieurs reprises, ainsi que l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)." (ZNIEFF).

 

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2. Le Pont Gaulois.

En 2013, j'avais découvert le "Pont Gaulois" de Crozon, mais c'était dans un but archéologique, si je peux me hausser du col ainsi, pour admirer sa "pierre à cupules".

Le Pont Gaulois de Kervon à Crozon.

Mais ce n'est que cette année que, cherchant à diversifier mes points d'observation à Crozon (Poraon, Tromel, et cet étang), je m'avisai que ce Pont Gaulois enjambait allègrement, de sa portée de 3 mètres environ, le ruisseau de Kerloc'h.

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3. Le Ruisseau de Kerloc'h.

Quel choc, quelle découverte encore ! Ce ruisseau, qui alimente l'Etang de Kerloc'h avant de déboucher sur la plage du nord de l'Anse de Dinan, sur les limites communales  Camaret-Crozon suit un trajet de 16,8 km orienté strictement est-ouest et barre ainsi la Presqu'île parallèlement avec la Rivière de l'Aber, le deuxième principal cours d'eau. Il prend sa source sur l'autre versant de la presqu'île, celui qui donne sur la Rade de Brest, sous le manoir d'Hirgars (Crozon), à une altitude de 54 mètres, soit une pente de 0,003 m/m. On comprend que le débit sera faible, surtout en période chaude.

Il forme en son tiers moyen la limite entre les communes de Lanvéoc au nord et de Crozon.

 

On voit sur la carte l'ovale du site de Guenvenez, bien connu pour abriter les têtes nucléaires de l'île Longue, mais qui nous intéresse car il forme un noyau dense et élevé que le ruisseau contourne.

Selon B. Hallégouet,  la rivière de Kerloc'h  devait s'écouler, dans un passé vraiment lointain, en direction de la rade de Brest par la vallée du Fret avant sa capture par le ruisseau qui drainait l'emplacement de l'anse de Dinan.

Les eaux y sont douces, sauf dans la partie avale de la roselière de l'étang, en raison d'entrées d'eaux maritimes aux marées de vive-eaux, mais sans entraîner de plantes halophiles. Dans l'étang, les eaux sont qualifiées d'eutrophes, c'est à dire (eaux riches en nutriments et pauvres en O2 , turbides avec présence d’algues filamenteuses, présence de vase.

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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Il suffit d'accentuer le zoom pour faire apparaître une douzaine d'affluents, de simples rus qui soulignent néanmoins par leur trajet les pentes d'une vallée.

Si on continue à zoomer sur la carte, nous voyons que le ruisseau traverse un paysage de champs labourés, ou de prairies entourés de haies d'arbres et d'arbustes, avec quelques troupeaux, une douzaine d'exploitations agricoles, quelques manoirs (Hirgars, Kerdreux et Kerberiou à l'est, Lanvagen, Gassus  et  Keramprovost-Pennandreff au centre, Lescoat et Goandour à l'ouest), mais aucun moulin à eau, confirmant la nature nonchalante du cours d'eau. Il exista pourtant, juste à la fin du parcours du ruisseau (au nord-ouest du pont actuel où passe la route D8)  probablement au XVIe siècle un moulin à eau douce dont il ne reste qu'une plate-forme inaccessible à cause de la végétation (archives départementales 7 S 49, plans levés en 1842). C'était un moulin à foulon (Didier Cadiou).

 La pêche y est pratiquée, et j'ai cru voir passer quelques truites ; on y signalait du vairon et du chabot. "La pêche se pratique sur le cours d'eau de Kerloc'h et son étang. La pêche est ouverte toute l'année exceptée pour le brochet (1er à fin janvier et mi-avril au 31 décembre). Ce site n'est fréquenté essentiellement que par des habitués (5-6 pêcheurs) et n'est accessible que par un endroit au sud du périmètre (donc faible pression). Cette activité est gérée par l'Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) de Crozon qui dépend de la fédération départementale."

Le trajet du cours d'eau est marqué sur la carte par un couvert d'arbustes, le plus souvent large de quelques mètres entre les parcelles agricoles .

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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POUR CETTE ANNÉE, UN GRAND CHANGEMENT.

Pour ce printemps 2020, je décidai de procéder autrement. Plutôt que d'aller sur le site choisi et d'y photographier ce que je voyais, puis d'identifier mes prises, j'allai mieux tenter de comprendre à la fois le milieu environnant, et le comportement des individus.

Je n'étais ni pêcheur, ni chasseur, mais il me fallait adopter ce comportement de pisteur, non pour mieux les capturer, mais pour mieux les apprécier.

 

 

Je rappelle le postulat de ce blog : aborder en naïf des sujets sur lesquels je n'ai aucune compétence, ni naturaliste ni photographique, armé de ma seule curiosité.

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1. Le site d'observation : le Ruisseau de Kerloc'h au Pont Gaulois.

Ce pont est placé sur le Kerloc'h juste après l'arrivée d'un affluent qui passe sous la route par une buse. Le ruisseau  s'oriente vers le nord-ouest entre l'exploitation de Kervon et le village de La Boissière (toponyme indiquant la présence de Buis). Plus à l'ouest, les lieux-dits Lesvern Vras et Lesvern Bihan tiennent leur noms des aulnes (champ des aulnes), et signalent ainsi, à 200 m du lit du ruisseau, un lieu humide.

Coordonnées Lambert II : X 96990 Y 2383855.

Plan du cadastre napoléonien 3P 45/2/55 section 25-3 de Kervon: ce plan de 1831 montre que les parcelles de lanières très étroites se succèdent perpendiculairement au ruisseau (donc dans le sens de la pente du vallon). Il montre aussi le chemin reliant Kervon et La Boissière.

L'altitude est de 22 mètres, soit la moitié de celle de la source.

Je le choisis essentiellement pour son accessibilité, et pour le féliciter de son accueil et, comme pour les grandes tables, pour sa "carte". J'y ai passé de longues journées ensoleillées.

Il a ici un mètre de large, voire deux,  et il est, en ce mois de mai peu profond (10 à 20cm , jamais plus), laissant voir un fond de cailloux jaunâtres. De part et d'autre, la rive, meuble ou spongieux, est peuplée d'orties ou de fougères, parfois de joncs et sur les endroits ensoleillés, des larges feuilles retombantes des carex. La surface de l'eau accueille soit des feuilles mortes, soit des plantes ovales ou en lanières dont j'ignore le nom, mais qui font le bonheur des petites libellules pondant en tandem.

Il serait amusant d'y décrire, avec plus de compétences que les miennes,  une stratification horizontale depuis le fond, avec les têtards, les larves, les éphémères, la zone de ponte de -5cm  à 5 cm de la surface (des Zygoptères, des Calopterix, des Libellulidés), la zone de 30 cm qui est celle des tiges de hélophytes où se perchent et s'accouplent les mêmes libellules, et qui est aussi celle de beaucoup de papillons et d'autres insectes, puis la zone des branches des aulnes et saules, sur laquelle il faut savoir rechercher les libellules qui s'y réfugient (Calopterix ++), puis la frondaison qui cachent de nombreux oiseaux qui restent invisibles  mais dont j'entends le chant qui se mêle au frais chuchotis de l'eau qui s'écoule.

Je serai aussi curieux d'entendre décrire la vie de ce petit théâtre depuis le matin jusqu'au soir, tandis que le soleil le balaye tel un projecteur et rétrécit progressivement la zone lumineuse vers le bord du chemin : quels espèces sont du matin, quels événements surviennent ensuite, quels sont les rythmes, les successions de passage et de prise de possession temporaire des lieux. Quel est l'heure de l'apparition de la première libellule — et laquelle est-ce—, quelle est l'heure du départ de la dernière, et qui étaient la lumière en partant. À défaut de ce guide idéal, je tente d'observer la scène.

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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Mon sujet : la Libellule fauve, Libellula fulva.

 

Ce fut elle qui me choisit : elle était au menu du jour, et ses mâles s'exposaient au soleil.

C'est la première chose que j'avais à comprendre pour étudier les libellules : il fallait du soleil, le moins de vent possible, et de l'eau. (Pas de pluie ; nébulosité faible ; force du vent < 5 beaufort. température > 17° ; 10h-17h) Une libellule fauve est d'abord un œuf, puis une larve aquatique qui traverse plus de dix stades marquées par autant de mues. Pendant deux ans, vivant au fond de l'eau  enfouie dans des débris végétaux ou dans la vase, elle respire dans l'eau du ruisseau par des branchies. Puis, par une journée chaude dès la fin avril, elle sort, grimpe sur une tige, respire en mode aérien par les stigmates de son thorax, reprend quelques bains puis émerge définitivement, laissant sa vieille peau (l'exuvie) accrochée au porte-manteau de quelque plante de la rive. C'est son "vol imaginal". Dès lors, dans cette vie hors de l'eau, elle n'a plus que deux mois à vivre. Au grand maximum : elle vole de début mai à fin juillet, alors que les émergences, synchronisées sur un lieu donné à 100% en quelques jours, surviennent pour une zone plus vaste jusqu'à fin mai. Dolny a calculé une durée de vie maximale des spécimens adultes de 16 à 26 jours en 2002 et 2003.

 

Elle doit d'abord passer les deux premières semaines à acquérir sa maturation sexuelle. Lors de cette phase, elle restera discrète mais se livrera, assez loin des rivières, à la chasse (comme elle le faisait déjà comme larve) en croquant mouches, moucherons ou moustiques. Si l'aspect de la femelle ne change alors peu, celui du mâle change radicalement. Orange vif à l'émergence, il devient bleu-gris et noir une fois mature.

Vient alors la phase d'Imago reproducteur. Avec deux buts obsessionnels très différentes selon le sexe : pour la femelle, pondre, pondre, pondre et restée cachée. Pour le mâle, 1.capturer une femelle et s'accoupler, 2 chasser les concurrents.

Le mâle, désormais reconnaissable par sa livrée bleu, va se poster au dessus du meilleur  site de ponte (au soleil, abrité du vent) et attendre, juché sur l'extrémité d'une tige sèche ou d'une feuille de carex, qu'une femelle se montre dans son champ de vision. Il s'attribue un territoire d'une cinquantaine de mètres sur le cours du ruisseau et de temps à autre, il en fait le tour, vérifiant qu'une femelle ne se dissimule pas dans un coin sombre et humide. Si un mâle arrive, il l'attaque derechef, en fonçant sur lui et en le percutant. Puis il revient sur son perchoir, où sur un ou deux autres de rechange, délogeant tout insecte qui s'y serait installé. Pour des raisons qui m'échappe, il a le droit de changer de territoire dans la journée, ou au bout de quelques jours, ou encore il peut réduire la taille de ce territoire si la densité de population augmente. Ou bien, il peut opter pour une stratégie non territoriale. Les accouplements auront lieu en général à partir du début d'après-midi.

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La Libellule fauve se voit dans tous les départements bretons, mais (dans l'attente des résultats de l'Atlas des Odonates de Bretagne), elle est moins fréquente en Finistère et Côtes d'Armor qu'en Morbihan ; en presqu'île de Crozon, elle est donnée comme peu fréquente, et en 2017, la maille UU94  correspondant au ruisseau de Kerloc'h n'était même pas renseignée !

Elle affectionne les eaux faiblement courantes (ou stagnantes à alimentation régulière) des rivières et ruisseaux encadrés de saules et d'Aulnes qui assure la fraîcheur, mais pose deux conditions : l'existence de tronçons ensoleillés ( d'où l'intérêt de l'entretien des ruisseaux pour les dégager de l'excès d'arbustes) et malgré tout l'existence d'une bordure fournie d'hélophytes (qui vit dans la vase mais dont les feuilles sont au dessus,  comme les joncs, les Carex, les Iris, la menthe aquatique, parfois des Phragmites et des Typha ), souvent surplombante. Elle préfère disposer de plantes hydrophytes immergées, auxquels les œufs adhèrent grâce à leur épaisse couche de mucus. En un mot, elle est plus exigeante sur la qualité de l'eau que la Libellule déprimée ou que celle à quatre-tâches, et l'importance d'une riche végétation rivulaire est soulignée par tous.

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Les libellules partageant les mêmes terrains se regroupent pour les naturalistes en "cortèges", groupant les espèces fréquemment rencontrées ensemble. C'est une notion fluctuante dans le temps et l'espace, mais néanmoins on cite pour les eaux courantes des ruisseaux Calopteryx virgo (ce qui se vérifie ici dans les endroits ensoleillés), Coenagrion mercuriale (signalé sur l'étang de Kerloc'h), Cordulegaster boltonii (que j'ai vu au Pont Gaulois), l'ubiquitaire Pyrrhosoma nymphula (exact !) . Dommanget a donné plus de précision dans son Etude faunistique de 1987.

Le "cortège" que j'ai observé était  en mai au Pont-Gaulois : Calopteryx virgo, Pyrrhosoma nymphula, Coenagrion puella, Libellula fulva, rares L. depressa, et enfin Cordulegaster boltonii, les quatre premières espèces en accouplement.

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DESCRIPTION.

Les libellules fauves sont parmi les Odonates des Anisoptères, de gros gaillards qui se posent avec les quatre ailes étalées (à la différence des zygoptères ou Demoiselles qui sont fines comme des aiguilles à tricoter et gardent leurs ailes fermées au repos). On peut les distinguer en Patrouilleurs (sillonnant la surface des eaux, comme les Aeschnes, les Cordulégastres, par exemple) et Percheurs. À l'évidence, les libellules fauves sont, avec tous les Libellulidés, des Percheurs (même si elles patrouillent un peu). Dans leur famille des Libellulidés (Libellula, Orthetrum, Crocothemis, Sympetrum), les mâles sont bleus et les femelles rouges ou oranges (avec les exceptions à chaque fois pour nous énerver). Ce bleu est en fait une pruine d'aspect cireux ou poudreux comme sur les prunes ou les raisins, et si on le frotte, il disparaît au profit (au dépit) d'une teinte noirâtre. Un mâle qui a connu la forte étreinte d'une femelle reste marque, au milieu de l'abdomen, par deux cupules noirâtre.

Face à un mâle bleu costaud, je regarde la base des ailes : si elle est marquée d'une tache sombre, c'est— dans mon coin et en schématisant) une Libellula et non un Orthetrum. Et, parmi ces Libellula, j'ai le choix entre celle à quatre taches (ces quatre marques noires la rendent facile à déterminer), la depressa, et la fulva.

Comme je me suis fait avoir, je fais attention. La Libellule déprimée (la L. depressa) a un abdomen très large (d'où son nom), avec des marques jaunes sur le coté et, surtout, les taches noires de la base des ailes sont larges. La libellule fauve a un abdomen plus fin, sans marques jaunes, et surtout, ses marques noires de la racine des ailes sont modestes (sur l'aile antérieure, c'est une simple barre noire). En outre, la pointe de l'abdomen bleu des mâles est noire sur trois segments.

On ne retiendra qu'avec prudence le critère de la tache sombre de la pointe des ailes , car il est absent chez de très nombreux mâles, et n'est fiable que pour les femelles.

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Pour commencer par cette distinction, voici un mâle de Libellule déprimée. En fait, cette espèce n'est montrée bien plus rare sur mon site.

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Libellule déprimée mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule déprimée mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le mâle Libellula fulva.

Ils sont décrits dans les guides, auxquels je renvoie. Ils mesurent 42 à 45 mmm, ont le thorax velu, les yeux gris-bleu puis gris, l'abdomen noir couvert d'une pruine bleue sur S3-S7 et deux marques noires sur S5, après accouplements et les trois derniers segments  S8-S10 noirs. Ce sont des mâles puisque les appendices anaux sont rapprochés à la base (et inversement, écartés chez les femelles) ; ils ont la forme de deux S étirés parallèles.

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Ils sont perchés dès le matin sur leur tige "vue sur berge", les yeux rivés vers le ruisseau, quand ils n'en sont pas chassés ou menacés de l'être par un concurrent ou un autre insecte qui les attaquent en piqué-frôlé, ou bien font leur tour jusqu'à leur résidence secondaire, un perchoir subsidiaire placé à une vingtaine de mètres. Je ne sais pas  photographier en vol ces bolides bleus très affairés. Je ne sais pas non plus comprendre (sauf cas évident) s'ils patrouillent parce que je les ai dérangés de leur site, parce qu'ils chassent pour se nourrir, parce qu'ils attaquent un concurrent ou un autre insecte, ou parce qu'ils inspectent les cachettes des femelles.

Il y a un piège, le mâle immature : il est orange (thorax et abdomen), avec une bande mediodorsale sur l'abdomen. Pour ne pas le confondre avec une femelle, je regarde les pièces anales, qui se touchent à leur implantation. Mais j'en ai vu très peu ou pas du tout au bord de l'eau.

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Si je me mets devant eux pour montrer leur face noire, ils se mettent à hocher la tête comme s'ils aboyaient contre moi. 

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Les appendices anaux du dernier segment S10 : les cercoïdes ou appendices anaux supérieurs les plus grands et visibles, et les appendices anaux inférieurs ou cerques :

Appendices anaux des Anisoptères copyright SFO 2007

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LES FEMELLES.

Elles sont orange avec l'extrémité des ailes salies d'une cupule sombre. Et surtout, elles ont le talent de passer inaperçues. Contrairement aux mâles, les femelles n'apparaissent qu'à midi, de sorte que l'accouplement ne peut être observé qu'à la fin de la matinée.

Leurs yeux sont souvent décrits comme bruns, tandis que j'ai observés des yeux gris-bleus.

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Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Une vieille femelle.

Avec l'âge, elles s'assombrissent et leur abdomen devient brun et mat.

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Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'ACCOUPLEMENT.

Toute femelle repérée par un mâle est approchée, en vol, et saisie sans parade ou préludes, par l'arrière de la nuque grâce aux cercoïdes, ces pinces anales qui s'ajustent comme une clef dans une serrure (et qui ne s'ajusteraient pas à une autre espèce). La femelle replie alors son abdomen avec une angulation très accentuée entre thorax et abdomen. Elle enlace son partenaire avec ses pattes postérieures. Le duo  vole ainsi rapidement vers une feuille, proche de l'eau : c'est souvent le perchoir qui avait été sélectionné auparavant par le mâle.

Le mâle agrippe de ses pattes la tige, tandis que la femelle y appuie toute la longueur de la face dorsale de  son abdomen. C'est la "roue d'accouplement", Paarungsrad en allemand.

Ils vont rester ainsi durant quinze minutes à une demi-heure, non sans être embêtés par les autres mâles qui n'hésitent pas à se poser juste devant ou juste derrière eux, voire même à placer (photo) l'abdomen sur la tête du mâle. Ils seront aussi dérangés par les autres insectes, et soit ils bougeront de quelques centimètres, soit ils changeront de perchoir. Parfois une dizaine de fois!

Reprenons.

Les guides m'ont fourni les explications suivantes : L'accouplement est précédé, pour le mâle, par "la recharge de la vésicule séminale". Le sperme est sécrété par la pore génitale ou organe génital primaire du 9ème segment, presque à l'extrémité de l'abdomen, en wagon de queue. Ce sperme doit venir recharger l'organe copulateur (la vésicule séminale et le penis) qui se trouve, lui, pour le mâle, en S2, dans les wagons de tête; Le mâle doit donc replier son abdomen en boucle pour aboucher ou accoler S9 avec S2. Il procéde à cette opération en vol nuptial, après la formation du tandem. J'aurai bien aimer photographier cet instant, ou, à défaut, en trouver une photo ou un schéma pour la Libellule fauve. Mais cela dure une ou deux secondes!  J'aurai aussi aimé photographier ces deux organes. Mais les individus que j'ai photographié étaient posés sur une tige, me masquant ces détails anatomiques. Le site Mes Libellules fournit des clichés pour des zygoptères :

http://meslibellules.fr/pagesweb/lestidae/viridis/lestes-viridis-accouplement-5.php

http://www.meslibellules.fr/blog/category/vietnam/platystictidae/

Puis la femelle en repliant son abdomen place son propre organe copulateur (qui lui, est en S9) contre celui du mâle (le pénis), dont nous avons compris qu'il se trouve en S2. Le mâle élimine tout d'abord le sperme des accouplements antérieurs de la femelle, resté dans sa cavité spermatique "avec l'aide de sortes de petits plumeaux" (Précigout p.22), puis féconde les œufs de la  femelle.

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Enfin le couple se sépare, la femelle reste dans la végétation quelques minutes avant de pondre les œufs par paquets enduits de mucus dans les partie peu profondes des berges tandis que le mâle n'accompagne pas la femelle mais écarte agressivement tous les rivaux.

 

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Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

 

 

 

 

 

 

 

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LIENS ET SOURCES.

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LES SITES SUR LIBELLULA FULVA.

— http://aramel.free.fr/INSECTES7-5.shtml

http://meslibellules.fr/pagesweb/libellulidae/libellula/fulva/libellula-fulva-accueil.php

— Site du Museum

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65265

— Nature22.com

http://www.nature22.com/odonates22/anisopteres/libellule_fauve/libellule_fauve.html

— PREBOGGION.IT

https://www.preboggion.it/Odonata_SP_Libellula_fulva.htm

— Wikipedia, photo de Christian Fischer

https://en.wikipedia.org/wiki/Scarce_Chaser?oldid=540736794#/media/File:LibellulaFulvaCopula.jpg

https://de.wikipedia.org/wiki/Spitzenfleck

— British Dragonfly Society : les photos et la video

—  https://british-dragonflies.org.uk/species/scarce-chaser/

— ZIMMERMANN (Matthias)

http:/:www.natur-lexicon.com

http://www.natur-lexikon.com/Texte/MZ/001/00086-Spitzenfleck/MZ00086-Spitzenfleck.html

— Pierre DEFONTAINES 2012, Richesse odonatologique d'une mare artificielle,Martinia

 

http://www.libellules.org/fra/pdf/683_pagesdynadocs57e7840fc9030.pdf

 

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LES SITES OUTILS.

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— ZNIEFF ETANG DE KERLOC'H

https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/530030157/tab/commentaires

Descriptif synthétique : étang littoral avec fonds de vallée sauvages.

Milieux principaux : étang eutrophe à végétations aquatique flottante et submergée (dont tapis immergés de characées), avec roselières en partie sur bordure dunaire, cladiaie importante sur la rive sud, et saulaies marécageuses, et localement un groupement amphibie à littorelle, et plusieurs rus et ruisseaux d’alimentation. En bordure, par places : des landes humides à tourbeuses atlantique, des landes sèches et mésophiles sur buttes et versants, et de la prairie - pelouse sur remblais à influence dunaire, des fourrés à prunelliers, à ajonc d’Europe et ptéridaies. Quelques secteurs boisés avec chênaie maigre ou ormaie-frênaie littorale.

Espèces remarquables :

- Flore: 10 espèces protégées, dont 9 au niveau national, sont présentes ou ont été signalées après 1990 : les rossolis intermédiaire et à feuilles rondes (Drosera intermedia et D. rotundifolia), la littorelle des étangs (Littorella uniflora), la pulicaire commune (Pulicaria vulgaris) dont c’est l’unique donnée récente pour le Finistère mais qui n’a pas été revue après 1992, la grande douve (Ranunculus lingua), le grémil prostré (Lithodora prostrata), et quatre orchidées : le spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis) en tourbière acide, l’orchis punaise (Orchis coriophora), le sérapias à petites fleurs (Serapias parviflora) et l’ophrys araignée (Ophrys sphegodes). Une quinzaine d’autres plantes rares ou menacées du Massif armoricain sont aussi présentes, dont plusieurs très localisées ou en forte régression dans le Finistère comme l’ophrys sillonné (Ophrys sulcata), la fougère des marais (Thelypteris palustris) ou la petite utriculaire (Utricularia minor).

Est à signaler un herbier de characées, et particulièrement l’espèce Nitellopsis obtusa découverte dans ce site en 2011 et constituant ici un herbier de grande taille et forte densité ; c’est une redécouverte pour le Finistère car l’unique donnée précédente est ancienne et non revue (Etang de St-Vio en Baie d’Audierne) pour une espèce rare dans le Massif armoricain.

- Faune : nombreuses espèces d'odonates recensées avec plusieurs espèces rares et en limite d'aire dont l’Aeschne isocèle (Aeshna isoceles), une espèce très rare et hors de son aire : la Cordulie bronzée (Cordulia aenea), et deux espèces d'intérêt communautaire : la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) observée à plusieurs reprises, ainsi que l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale).

De nombreuses espèces de mammifères ont été inventoriées dont les espèces d'intérêt communautaire : la loutre d’Europe (Lutra lutra) présente en permanence sur le bassin versant du Ruisseau de Kerloc’h, et le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) qui a un gîte de reproduction à proximité immédiate de ce site.

 

— Atlas de répartition provisoire des Odonates de Bretagne, 2017, Bretagne Vivante.

https://cdnfiles2.biolovision.net/www.faune-bretagne.org/pdffiles/news/Odonatesmars2017-5597.pdf

— Pré-atlas des Odonates d'Aquitaine

https://www.cen-aquitaine.org/www/sites/default/files/files/Pre_Atlas_Odonates_Aquitaine_042017.pdf

— Atlas de Picardie

http://www.picardie-nature.org/IMG/pdf/atlas_odonates_1960_2013.pdf

— Atlas de l'Indre

https://www.indrenature.net/documents/odonates/Bilan_odonates_2013.pdf

— GEOPORTAIL réseau  hydrographique

https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

—PRESQU-ILE DE CROZON

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/curiosites/ruisseau-001.php

 

.

LES GUIDES.

— DIJKSTRA (K.-D. B.), 2007, Guide des Libelllules de France et d'Europe, Delachux et Niestlé.

—GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006, Les Libellules de France, Belgique et de Luxembourg, coll. Pathénope, ed. Biotope, Mèze.

—PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charente, ed. Poitou-Charente Nature.

.

LES ARTICLES.

Elisabeth Cabon, Benjamin Le Mell (Stagiaires de Bretagne Vivante – SEPNB) et David HEMERY (expertise naturaliste), Diagnostic du site de Kerloc'h,  Plan national d'actions du « Phragmite aquatique » 2010 – 2014 Conservation du Phragmite aquatique en Bretagne Déclinaison du plan d'actions – année 2013

file:///I:/05%20=%20mai%202020/CROZON%20LE%20KERLOCH/Diagnostic%20ACROLA%20de%20Kerloc%E2%80%99h%202013.pdf

"Parmi les oiseaux, Bouscarle de Cetti , Bruant des roseaux , Cisticole des joncs, Locustelle luscinioïde , Phragmite aquatique , Busard des roseaux , Râle d'eau, Phragmite des joncs, Panure à Moustaches."

 

—BOANO (Giovanni) &Antonio Rolando, 2003, Aggressive interactions and demographic parameters in Libellula fulva (Odonata, Libellulidae), Ecology & ethologyItalian Journal of Zoology vol.70 p. 159-166 2003

— DOLNY ( A.), Matějka P. 2007, : A contribution to population biology of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae) on coal sludge sedimentation pond (Karviná – Czech Republic). Ekológia (Bratislava), Vol. 26, No. 4, p. 341–351, 2007.

— DOMMANGET (Jean-Louis), 1987, Etude faunistique et bibliographique   des Odonates de France, INRA, Museum d'Histoire Naturelle fascicule 36.

 

http://www.libellules.org/fra/pdf/595_pagesdynadocs567836e6c68f4.pdf

— HALLÉGOUET (Bernard), 1976, Les formations de remblaiement des vallées mortes de la presqu'île de Crozon  [note critique], Norois  Année 1976  92  pp. 615-622

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1976_num_92_1_3544

— HALLÉGOUET (Bernard), Alain Henaff, L'engraissement des plages de l'anse de Dinan à l'ouest de la presqu'île de Crozon en Bretagne occidentale ,Norois  Année 1995  165  pp. 131-152

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1995_num_165_1_6616

— MACAGNO (Anna L. M. ), Giovanni Boano, Claudia Palestrini, Marco Stassi, Antonio Rolando, 2008, Movement and Demographics of Libellula fulva (Odonata, Libellulidae), Environmental Entomology, Volume 37, Issue 5, 1 October 2008, Pages 1145–1153, 

— NAGY (B.) et al., 2005, Site fidelity and fluctuating asymmetry in males of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae), Entomol.rom., 10: 59-64, 2005 ISSN 1224 - 2594 Beáta Nagy, Annamária Székely, Noémi Szállassy .

— NAGY (B.) et al., 2008, Site fidelity, satellite tactics and mating success in Libellula fulva (Müller) (Anisoptera: Libellulidae), Odonatologica 37(3): 203-211 September I. 2008 B.H. Nagy¹*, N. Szállassy² and G. Dévai¹

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=592629

—  NAGY (H. B.) et al. 2011, Population size effects on the behaviour of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae) males, a five year study   North-western Journal of Zoology,  7 (1): pp.39-46 

https://www.researchgate.net/profile/Zoltan_Laszlo/publication/234135264_Population_size_effects_on_the_behaviour_of_Libellula_fulva_Odonata_Libellulidae_males_a_five_year_study/links/02bfe50f7a04447f4d000000/Population-size-effects-on-the-behaviour-of-Libellula-fulva-Odonata-Libellulidae-males-a-five-year-study.pdf

 

— NAGY 2009 Survival of dragonfly Libellula fulva males according to their mating status: a four year study Noémi Szállassy, Zoltán D. Szabó, Beáta H. Nagy

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon Zoonymie des Odonates
24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 17:30

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Ischnura Charpentier, 1840.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

— Ischnura, Charpentier 1840, Libell. Europ. Lipsiae :9 :  du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable, mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia".

— Noms vernaculaire du genre Ischnura

-en anglais : "Forktail" ("queue fourchue")

- en allemand : "Die Pechlibellen" (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire). 

 

-en  français :  "Ischnures" 

- en néerlandais : "De lantaarntjes" ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou grasjuffers 

 

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LE NOM DE GENRE ISCHNURA.

Ischnura, CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 9 et page 20.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

Présentation :

Dans son paragraphe DE LIBELLULINARUM SUBGENERIBUS (page 9), Charpentier divise la classe ou famille (classis seu familia) des Libellulinae en trois genres : A. Libellulis ; B. Aeshnis ; C. Agrionis.

Chaque genre est classé en sous-genres , et le genre Agrionis se répartit ainsi : 

1. Epallage [créé par Charpentier]

2. Calopteryx [créé par Burmeister 1839].

3. Anapetes [créé par Charpentier, mais prévalence du genre Lestes de Leach] .

4. Sympycna [créé par Charpentier — ou erreur de graphie —, car prévalence du genre Sympecma de Burmeister 1839 ] .

5. Pyrrhosoma, [créé par Charpentier].

6. Erythromma [créé par Charpentier].

7. Ischnura [créé par Charpentier].

8. Agrion [créé par Fabricius], sous-genre qui deviendra notre genre Coenagrion.

9. Platycnemis [créé par Burmeister 1839].

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Le sous-genre ISCHNURA est ensuite décrit page 20, et son nom créé par l'auteur est explicité :

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Description originale :

 7. ISCHNURA.

Nomem e Graeco ίσχνός et ούρά compositum, ob abdominis eximiam tenuitatem.

Signa distinctiva huius subgeneris sunt: abdomen, praecipue medium, valde attenuatum seu angustum, caput minus latum, quam in reliquis subgeneribus: alae, habita longitudinis corporis ratione, perbreves. Caeterum ultimum abdominis segmentum in dorso vel ad marginem posticum mucronibus aut tuberculis munitum est.

Species nonnullae exoticae Agrionidum ad hoc subgenus fortasse haud iniuste referendae, quae abdomine longissimo praeditae sunt, e. g. Agrion lineare Fabr. et aliae.

Foeminae quarundam specierum Europaearum recens exclusae , colorem capitis, pedum, thoracis et reliquarum partium, qui in adultis laete viridis aut flavo-viridis est, habent croceum seu aurantiacum, qui interdum et in venis seu nervis alarum invenitur, et adeo post mortem animalis remanet.

Traduction :

"Le nom est composé du grec ίσχνός, ischnos   et ούρά,  oura  en raison de la finesse remarquable de l'abdomen.

Les caractères de ce sous-genre sont les suivantes : l'abdomen surtout au milieu est très mince voire même étroit. La tête est moins large que dans les autres sous-genres. Les ailes sont très courtes compte tenu de la longueur du corps. De plus, le dernier segment abdominal est renforcé de lames ou protubérances sur la face dorsale ou sur la partie postérieure des cotés." Etc.

Puis, à la page 24, Charpentier place dans le sous-genre Ischnura 3 espèces : tuberculata, speciosa, et pumilio. 

Ensuite, les trois espèces seront décrites aux pages 151 à 154 sous les noms d'Agrion speciosum [Nehalennia speciosa], Agrion tuberculatum [Ischnura elegans] et Agrion pumilio [Ischnura pumilio] .

Et enfin, elles seront dessinées et peintes ( descriptae ac depictae) dans les planches 38 et 39.

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RÉCEPTION DU GENRE.

Agrion (ischnura), le sous-genre Ischnura, du genre Agrion, a été repris par Sélys & Hagen 1850 (avec A. elegans comme espèce-type) avant de céder la place au nom Agrion (ceratura) dans les Synopsis des Agrionines de Sélys 1876, puis de devenir le genre Micronympha de Kirby 1890, Ceratura Kirby 1890, Ischnosoma Wallengren, 1894, mais aussi Celaeneura 1920, Anomalura 1920, etc. 

https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&dq=genus+Anapetes&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys considère Ischnura comme un genre propre en 1870, puis en 1887-1888.

 .

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ÉTUDE DU NOM ISCHNURA.

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L'étymologie du nom du sous-genre Ischnura est donnée par Charpentier dans sa description : "Le nom est composé du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison de la finesse remarquable de l'abdomen." puis "Les caractères de ce sous-genre sont les suivantes : l'abdomen surtout au milieu est très mince voire même étroit." 

  Mais comme cette finesse de l'abdomen ne caractérise pas vraiment Ischnura par rapport autres genres de Zygoptères et notamment de la plupart des Coenagrionidae ( Coenagrion, Sympecma, Erythromma), Pyrrhosoma),  des Lestidae et des Platycnemidae, H. Fliedner, qui a le premier étudié ce zoonyme, écrit qu'il ne se justifie que par comparaison avec le genre Calopteryx. J'y ajoute le genre Epallage (Euphadeidae), au corps robuste. Néanmoins, comme rien n'indique, dans les descriptions de Charpentier, qu'il distingue Ischnura par rapport à Calopteryx ou Epallage, cette interprétation de Fliedner ne résoud pas vraiment le choix de ce nom.

C'est en considérant que la première espèce de la liste de Charpentier est Agrion speciosum, aujourd'hui Nehalennia speciosa (Charpentier 1840), que ce choix s'éclaire : en effet, la Néhalennie précieuse est décrite par K.-D. B. Dijkstra comme "cette minuscule demoiselle, sans doute le plus fragile odonate d'Europe du fait de son vol peu vigoureux, de sa constitution fragile [...], le plus petit zygoptère de ce guide [...] outre sa petitesse, il se caractérise par sa minceur et ses ailes courtes à ptérostigmas clairs."

Parmi les deux autres espèces placées par Charpentier dans ce sous-genre, Ischunura pumilio, l'Ischnure naine, est également, après N. speciosa, l'une des plus petites demoiselles européennes.

Résumé : "Ischnura, du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia".

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-elegant/

"de ischnos (gr) = maigre, mince et ura (gr) = ventre du fait de la finesse de l’abdomen (comparé à celui des Calopteryx spp.) "

 

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Grk. ἰσχνός = thin, slender +οὐρά = tail, for the slender abdomen (compared to e.g. Calopteryx species) "

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"Ischnura - ισχηοσ = gracile + ουρα, ασ = coda; dalla coda gracile. Per la forma esile dell’addome."

 

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Ischnura [gr. ischnos - thin, lean; ura - tail, in insects: abdomen] is a name only suitable, if this genus is compared with Calopteryx; for in comparison to other coenagrionid genera known to Charpentier the abdomen is not significantly leaner."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"ischnos = dun/mager; ura = staart "

 .

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NOM VERNACULAIRE DU GENRE ISCHNURA.

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-en anglais : Forktail ("queue fourchue")

 " Ischnura is a genus of damselflies known as forktails in the family Coenagrionidae. Forktails are distributed worldwide, including various oceanic islands. The males have a forked projection at the tip of the abdomen which gives the group their common name.

Forktails are small or very small damselflies. The compound eyes of mature individuals have a dark upper region and contrasting lower part. The thorax is often green and may have lateral stripes and the abdomen in males is black with a blue tip. Females of some species are polymorphic, some being orangish and darkening with age, while others resemble the male."

  • Ischnura asiatica (Brauer, 1865) – Redtail

  • Ischnura aurora Brauer, 1865 – Aurora Bluetail

  • Ischnura barberi Currie, 1903 – Desert Forktail

  • Ischnura cervula Selys, 1876 – Pacific Forktail

  • Ischnura damula Calvert, 1902 – Plains Forktail

  • Ischnura demorsa (Hagen, 1861) – Mexican Forktail

  •  Ischnura denticollis (Burmeister, 1839) – Black-fronted Forktail

  • Ischnura elegans (vanderLinden, 1823) – Blue-tailed Damselfly

  • Ischnura erratica Calvert, 1895 – Swift Forktail

  • Ischnura gemina (Kennedy, 1917) – San Francisco Forktail

  • Ischnura genei (Rambur, 1842) – Island Bluetail

  • Ischnura hastata (Say, 1839) – Citrine Forktail

  • Ischnura heterosticta (Burmeister, 1839) – Common Bluetail

  • Ischnura kellicotti Williamson, 1898 – Lilypad Forktail

  •  Ischnura perparva Selys, 1876 – Western Forktail

  •  Ischnura posita (Hagen, 1861) – Fragile Forktail

  • Ischnura prognata (Hagen, 1861) – Furtive Forktail

  • Ischnura pruinescens (Tillyard, 1906) – Colourful Bluetail

  • Ischnura pumilio (Charpentier, 1825) – Small Bluetail or Scarce Blue-tailed Damselfly

  • Ischnura ramburii (Selys, 1850) – Rambur's Forktail

  • Ischnura senegalensis (Rambur, 1842) – Marsh Bluetail

  •  Ischnura verticalis (Say, 1839) – Eastern Forktail

 

 


- en allemand : Die Pechlibellen (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire. 

  • Ischnura elegans (Vander Linden, 1820) – Große Pechlibelle
  • Ischnura hastata (Say, 1840) – Rätselhafte Pechlibelle
  • Ischnura pumilio (Charpentier, 1825) – Kleine Pechlibelle

  • Ischnura senegalensis (Rambur, 1842) – Senegal-Pechlibelle

-en  français : les Ischnures (Ischnura elegans  Ischnure élégante, Ischnura genei tyrrhénienne, Ischnura graellsii Ischnure maghribérique, Ischnura sarahensis  Ischnure saharienne, Ischnura fountaineae Ischnure des déserts, Ischnura pumilio Ischnure naine, Ischnura hastata Ischnure  citrine)  mais les espèces portent un nom composé à partir d'Agrion (Agrion élégant, Agrion de Géné, Agrion de Graëlls, Agrion du Sahara,  Agrion de Fountaine, Agrion nain ).

 

- en néerlandais De lantaarntjes , ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou grasjuffers  ou grasjuffers 

.

 

 .


SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 21:37

Zoonymie des Odonates : les noms d'Erythromma viridulum (Charpentier, 1840), "la Naïade au corps vert".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

 

—  Erythromma, Hansemann, 1823 Wiede. Zool. Mag. 2(1).  Du grec erythros "rouge" et ómma "œil", en raison des yeux rouges des mâles de l'espèce-type E. najas décrite par Hansemann. Tous les Erythromma ont des yeux soit rouges, soit bleus mais tous de couleur vive et non surmontés de noir, contrastant avec la tête noire.

viridulum (Charpentier, 1840), Libell. Europ. Lipsiae. : 149  diminutif issu du latin viridis, "vert", donc ici "petit vert, verdelet", car l'espèce est plus petite que E. najas, et que la couleur verte y est présente, soit dans les reflets vert-bronze des parties sombres de l'abdomen des deux sexes, soit, dans la teinte des yeux, du thorax et du dessous de l'abdomen chez la femelle.

— noms en français : 1°) "L'Agrion verdelet", Sélys, 1850 ; 2°) "La Naïade au corps vert", P.-A. Robert, 1958.

— noms en d'autres langues :

- en anglais : The small red-eyed damselfly  (la petite demoiselle aux yeux rouges)

-en polonais Oczobarwnica mniejsza 

-en catalan L'Ullroig petit

-en suédois : Mindre rödögonflickslända 

-en néerlandais : de kleine roodoogjuffer

-en allemand : Das Kleine Granatauge 

- en gallois : Mursen lygatgoch fach

- en hongrois : A zöld légivadász 

- en frison occidental : Lytse hynstepoat

 

 

 

LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE ERYTHROMMA (HANSEMANN, 1823).

Voir 

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE E. VIRIDULUM (CHARPENTIER, 1840).

[Agrion viridulum],  CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 149 n°49.

 

Description originale.

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49. AGRION VIRIDULUM. Tab. XXXVII. Fig. infer. mas et foem.

Agr. superne fusco-aeneum, subtus coerulescens: maris viventis oculis rubris, foeminae viridibus: in collari utriusque sexus strigis duabus fulvis.

Habitat in Silesia.

Praecedenti aliquanto minus, gracilius, oculis maris rubris, formaque appendicum illi affine. 

Caput. Os, genae et frons rutilo-flava: nasus, vertex et totum occiput atro-viridia, cupreo-subsplendentia. Os valde prominens, pilis parvis, flavidis sparsum. Oculi magni, marium rubri, foeminarum virescentes.

Truncus. Prothorax parvus, globularis, viridi-aeneus, antice coeruleus, cum macula laterali flavida. Foeminarum macula prothoracis antica et margo posticus tenuissime flavida sunt. Alitruncus ad latera coerulescens, cum linea sesquialtera atra. Collare atro-viride, aenei vel cuprei splendoris, cum strigis duabus fulvis, plerumque continuis: foeminarum latioribus et in viridem colorem transeuntibus.

Alae subbreves, hyalinae, ad apicem paullulum acuminatae; parastigmata rhombea, fuscescentia.

Pedes cum tarsis flavidi: femoribus in exteriore, tibiis in interiore latere atris.

Abdomen cylindricum, longiusculum, gracile; maris subtus coerulescens, superne aeneum, idque in hunc modum: segmentum primum laete coeruleum, cum macula basali quadrata, atro-viridi: secundum coeruleum, margine postico et macula magna, basin non attingente, versus eam latiore et postice quasi stylo, cum margine postico cohaerente, atro-viridi. Segmentum tertium et sequentia usque ad septimum superne macula maxima, atro-viridi, anticam segmentorum singulorum partem non attingente, et ante marginem posticum ad latera coarctata. Ultima tria segmenta pulchre coerulea seu azurea, octavum et decimum cum macula magna dorsali, atra, quae in medio valde coarctata est. Margo posticus segmenti ultimi in medio paullulum excisus est, et in latere ventrali flavus.

— Foeminarum abdomen simili modo coloratum, colore coeruleo magis in viridem abeunte, et penultima duo segmenta superne atro-viridia, Ultimi segmenti margo posticus profunde excisus est.

Appendices maris speciei praecedenti similes, ultimi segmenti longitudinem-aequantes, compressae, valde divergentes, ad basin latae, quasi membranam luteam efficientes, et ad marginem crassiores, atrae, ad apicem bifidae: inferiores in abdomine absconditae; foeminarum brevissimae, conicae, obtusae, atrae.

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La planche 37 figure inférieure : mâle et femelle.

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Zoonymie des Odonates : Erythromma viridulum.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE VIRIDULUM.

.

L'épithète viridulum est un diminutif de l'adjectif latin viridis, "vert" et Sélys le traduira astucieusement par "verdelet" . Il  n'apparaît que chez les naturalistes, à partir de la fin du XVIIIe siècle,  à la suite de Linné qui, en Botanique, a donné le nom de Bryum viridulum à une mousse de son Herbier, le "Dicrame verdoyant".  Il est repris par Fabricius en 1780 pour un gastéropode marin,   Tritonium viridulum, Fauna groenlandica 1780 p. 402, nom synonyme d'Admete viridula. On trouve aussi en 1810  un mousse nommée  Lycopodium viridulum Bory  ex Willd. En 1810 toujours, Péron et Lesueur ont décrit La "Dianée viridule" Dianea viridula, une hydro-méduse connue aujourd'hui sous le nom d'Eirene viridula . D'autres exemples pourraient être fournis, comme Hyalinia viridula Mencke, 1830, mais globalement, cette épithète est rare et plutôt choisi pour des espèces, on l'admettra, de second ordre.

Mais l'emploi d'un adjectif latin sous une forme diminutive peut s'expliquer sous la plume de Charpentier de deux façons :

a) la nécessité, lorsqu'il faut choisir un adjectif de couleur, d'éviter les reprises d'épithètes déjà utilisés. En 1825, Vander Linden avait créé le nom d'Agrion viridis, le Leste vert aujourd'hui du genre Chalcolestes, ainsi que celui d'Agrion virens, "le Leste verdoyant" (Lestes virens). Dans sa publication de 1840, Charpentier a décrit Aeshna virens (syn. Aeshna viridis).

b) l'attrait des diminutifs pour qualifier des espèces animales, les Zygoptères, remarquables par leur taille fine et leur assimilation à des Demoiselles.

Charpentier avait donné en 1825 à Bratislava une première publication de 261 pages et 9 planches, Horae entomologicae, où le chapitre qui nous concerne, De Libellulinis Europaeis, décrit 43 espèces dont 15 Agrions. Parmi ceux-ci, page 14, il décrit  "Agrion chloridion",  une espèce reconnue ensuite comme synonyme d'Erythromma najas, la "Naïade aux yeux rouges", décrite 2 ans auparavant par Hansemann. Chloridion vient des mots  grecs chloros "vert-jaune" et ion "allant", soit "tirant vers le vert". Effectivement, l'auteur décrit l'abdomen vert-bronze sombre. 

https://books.google.fr/books?id=knlIAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

En 1840, Charpentier décrit à nouveau cet "Agrion chloridion",  puis son Agrion viridulum avec laquelle il la compare : Praecedenti aliquanto minus, gracilius, "plus petite, plus fine que la précédente" avant de mentionner les points communs : oculis maris rubris, formaque appendicum illi affine,  "les yeux rouges du mâle et la forme des appendices anaux". Dans la diagnose initiale, il la décrit comme "un Agrion brun-bronze au dessus, et bleu en dessous, le mâle vivant avec des yeux rouges et la femelle des yeux verts" (viridibus).

Cette mention de la couleur verte des yeux des femelles est reprise dans la description, mais avec l'adjectif virescentes : "verdâtre, verdissant" : Oculi magni, marium rubri, foeminarum virescentes. "les yeux grands, rouge .chez les mâles, tirant vers le vert chez les femelles".

L'adjectif revient ensuite pour qualifier certaines parties de la tête atro-viridi  vert-sombre, cuivré, ; puis le prothorax viridi-aeneus "vert-bronze", le collier du tronc vert-sombre comme le bronze ou le cuivre, les marques des segments de l'abdomen du mâle atro-viridi vert-sombre, bien que les taches des trois derniers segments soient d'un beau bleu azur.

Enfin, l'abdomen des femelles possède les mêmes couleurs, mais "le bleu y vire plutôt au vert, et les deux derniers segments sont vert-sombre au dessus" :  colore coeruleo magis in viridem abeunte, et penultima duo segmenta superne atro-viridia.

On voit qu'il est difficile de dire exactement pourquoi Charpentier nomme son espèce viridulum, mais c'est soit pour qualifier la couleur verte propre — selon l'auteur — aux yeux des femelles ou à leur abdomen, soit pour qualifier la couleur du dessus de l'abdomen des deux sexes, si on admet que le vert-sombre bronze correspond au noir des auteurs actuels . 

Conclusion : viridulum, diminutif issu du latin viridis, "vert", donc "petit vert, verdelet", car l'espèce est plus petite que E. najas, et que la couleur verte y est présente, soit dans les reflets vert-bronze des parties sombres de l'abdomen des deux sexes, soit, dans la teinte des yeux, du thorax et du dessous de l'abdomen chez la femelle.

Voir les images de l'article du site Odonates Costarmoricains

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/naiade_vert/naiade_vert.html

.

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

"Viridulum, diminutif de viridis (lat) = vert, verdâtre. La femelle a souvent le thorax teinté de vert."

 

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. viridulus, -a, -um = somewhat green, presumably for the greenish reflections on the black parts of the abdomen."

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"- da viridis, e = verde. Per la colorazione dominante del corpo."

 

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non étudié
 

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"viridulum — groenig, beetje groen"

 

.

 

 

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.

 

LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

 

 

LES NOMS D'ERYTHROMMA VIRIDULUM EN FRANÇAIS.

.

1°) "L'Agrion verdelet", Sélys 1850.

Revue des Odonates page 175 n°2. Sélys donne ici une traduction particulièrement bien inspirée de viridulum, puisque, en reprenant l'un des surnoms du Verdier d'Europe, elle en rappelle la forme diminutive ou atténuée (CNRTL verdelet = "vert tendre, un peu vert, qui tire vers le vert").

2°) "La Naïade au corps vert", P.-A. Robert 1958.

Robert nomme les espèces du genre Erythromma des "Erythrommes", mais un heureux remords l'amène à y substituer le nom de Naïade : Naïade aux yeux rouges pour E. najas, et Naïade au corps vert pour E. viridulum.

Ce nom a été adopté par tous depuis lors, "Naïade" devenant en quelque sorte le nom commun du genre Erythromma en français.

 

 

 

LES NOMS D'ERYTHROMMA VIRIDULUM EN D'AUTRES LANGUES.

 

.

 

- en anglais : The small red-eyed damselfly  (la petite demoiselle aux yeux rouges)

-en polonais Oczobarwnica mniejsza 

-en catalan L'Ullroig petit

-en suédois : Mindre rödögonflickslända 

-en néerlandais : de kleine roodoogjuffer

-en allemand : Das Kleine Granatauge 

- en gallois : Mursen lygatgoch fach

-en breton : Dimezellig daoulagad ruz (la petite demoiselle aux yeux rouges) (en attente de validation)

- en hongrois : A zöld légivadász 

- en frison occidental : Lytse hynstepoat

.

 

 

 

SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 22:06

Zoonymie des Odonates : étude des noms d' Erythromma najas (Hansemann, 1823, "La Naïade aux yeux rouges".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

najas, Hansemann 1823, Wiede. Zool. Mag. 2(1) : 158, du latin naias, "naïade". Hansemann a choisi ce nom désignant les nymphes des sources et fontaines parce que cette espèce fréquente les eaux calmes et stagnantes où les mâles se posent sur des feuilles flottantes, mais certainement aussi parce que les zygoptères (alors groupées dans le genre féminin Agrion) ont reçu depuis Linné des noms les assimilant à des Demoiselles. Najas appartient donc à la série virgo, puella, nymphula, à laquelle Hansemann ajoute dans sa publication, outre najas, les épithètes de sponsa (fiancée), et d'autre qui ne sont plus valides comme amazon, pupa (fillette), et pupilla (petite fille).

noms en français : 1°) L'Agrione naïade", Sélys, 1840 ; 2°) « L'Agrion naïade", Sélys, 1850 ; 3°)"La Naïade aux yeux rouges", P.-A. Robert 1958.

noms en d'autres langues.

- en allemand : Das Große Granatauge

- en suédois Större rödögonflickslända

- en néerlandais : De grote roodoogjuffer 

-en finnois : Grutte hynstepoat

- en anglais : The red-eyed damselfly

- en gallois : mursen lygatgoch fawr

 

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE ERYTHROMMA (HANSEMANN, 1823)

Voir 

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE E. NAJAS (HANSEMANN, 1823).

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[Agrion najas], Hansemann, 1823,  Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gartung Agrion F. von J.W. A Hansemann, prediger zu Lense in der Grafschaft Hoya [Début d'une discussion sur les espèces allemandes du  genre   Agrion par F. von J.W. Hansemann, prédicateur à Lense dans le comté de Hoya] , Wiedemann's Zoologisches Magazin 2(1) : 158-159.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/162/mode/1up

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Description originale.

 

6. Agrion Najas. 

A. alis erectis petiolatis hyalinis, earum interstilio laete coeruleo, stigmatibus rhombeis fuscis, capite immaculato, thorace maris supra immaculato , foeminae sub-bilineato. 


"Diese nur einzeln vorkommende, besonders beim männlichen Beschlechte ausgezeichnete Art sicht man in den Frühlings-monaten über stillstehenden Gewässern flattern, und sie entfernt sich selten weit vom Ufer.

Sie hat die Länge der vorigen Arten, ist aber in allen Theilen gedrungener.

Seltsam stechen die auf der hinterseite graublauen Augen des Männchens durch ihre kirschrothe Farbe ab. Die Mundtheile sind gelbraun. Der oen ungefleckte Kopf ist arünlich schwarz mit mattem Kupferschimmer. Die Fühler sind schwarz, das halschild desgleichen. Das oben zeichnungslose, erz oder kupferschimmernd schwarz gemischt. Die beiden ersten Gelenke des hinterleibes sind hochblau, wie die folgenden bis zum achten oben bei kaum verhärteten Exemplaren grünlich schwarz, späterhin aber mit einem milchblauen Reise mehr oder weniger überzogen. In der Mitte sind die Seiten gelblich schattirt. Die drei letzen Gelenke sind hochblau, das achte mit zwzi dreieckligen Pünctchen besetzt. Am ende zeigt sich nur das obere Paar der häkchen, weit abstehend, kurz, dick, stumpf und bräunlich. Die Flugel sind bedeutend länger und laufen spitzer zu, als die Arten drei, vier und fünf. Das Adernetz ist schärzlich, die Menbran bläulich wasserhell, das Stigma etwas grösser und länglicher, als bei obigen und schwarzbraun. Die startken deutlich gefranzten Füsse sind schwärlich, milchblau berift, innen und an der Basis heller gefärbt.

- Das Weibchen macht sich, als zu dieser Art gehörig, durch den hochblauen Zwischenraum der Flügel kenntlich, weicht aber vom Männchen sehr ab. Ihm fehlt der bläuclichweisse Reif. Die Augen sind grünlich dunckelbraun, welches nach unten in's Gelbe übergeht. Die Mundtheile sind hellgelb, die sogenannte Oberlippe mit einem schwarzen Queerstreif. Das Bruststück hat fast immer zwei verloschen und hell olivengrüne Längsstreiche, welche nicht bis an di Flügel reichen. Doch steht ost, wie bei A. Puella m., noch ein Punct darüber. Die Seiten des Brusttheils und des oben grünlich schwarzen hinterleibes sind hellgrün, meist trüb mit Gelb germischt. Die Gelenke sieben bis neun sind hinten schmal hell-blau gerandet. . Das Stigma nist braungrau. Die Füsse sind blasser gefärbt, zweilen die Schienen, wie bei den drei vorigen Arten hell, doch trüber."

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Je laisse chacun traduire ce texte, après l'avoir laborieusement transcrit depuis sa typographie gothique. Je soulignerai seulement la qualification rouge-cerise des yeux ( ihre kirschrothe Farbe), et surtout, pour les besoins de la zoonymie, je tenterai de rendre  la première phrase en langue vernaculaire : " Cette espèce se rencontre souvent individuellement, notamment les mâles qui se posent sur les eaux calmes et s'éloignent rarement de la rive."

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE NAJAS.

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najas : du latin naias, adis (du  grec ancien Ναϊάς, Naïás  ) : "Naïade" (nymphe des fontaines et des fleuves.

L'étude de cet épithète choisi par Hansemann ne peut s'en tenir là. Il faut considérer la liste des 8 espèces citées dans sa publication. Ce sont : 

1. Agrion Virgo : c'est notre Calopteryx virgo Linnaeus, 1758

2. Agrion Amazon  (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776))

3. Agrion Puella : Linnaeus, 1758

4. Agrion Pupa (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de C. puella (Linnaeus, 1758).)

5. Agrion Pupilla (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme d' Ischnura elegans (Vander Linden, 1820).)

6. Agrion Najas (nom créé par Hansemann)

7. Agrion Sponsa (nom créé par Hansemann, c'est notre Lestes sponsa)

8. Agrion Nympha (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de Lestes barbarus Fabricius, 1798))

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Au moment où Hansemann écrit, le genre Agrion renferme tous les Zygoptères. Linné, en nommant les deux premières  Libellula virgo et puella, a montré la voie assimilant ces libellules fines aux yeux écartés et aux ailes fermées au repos à des Demoiselles : "vierge" dans la premier cas, "jeune fille pour le second. Sulzer a suivi le Maître suédois en nommant son espèce Libellula nymphula, "petite nymphe" (avec un écho de Libellula et puella).  Fabricius est le seul  à avoir déroger à ce qui sera une règle pour les premiers auteurs et a nommé une espèce Libellula barbarus en 1798, puis Vander Linden a exploité la même veine en 1820 avec Agrion elegans (l'Agrione élégante, car Agrion est alors, bien entendu, féminin). Nous en sommes là lorsque Hansemann se lance dans sa description des espèces de ce genre Agrion en Allemagne. Peut-être méconnaît-il la publication de Sulzer, et peut-être n'a-t-il pas reconnu dans sa collection la barbarus de Fabricius, toujours est-il qu'il crée six nouveaux noms en complément de la L. virgo et de la L. puella de Linné. Chacun de ces noms est variation sur virgo et puella, sur "vierge" et "jeune fille", que ce soit amazon (les femmes guerrières rétives au mariage), Pupa = "petite fille" (Gaffiot), Pupilla = "petite fille" (Gaffiot), naias "naäide), sponsa "fiancée" et nympha "nymphe".

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=pupa

Ces noms seront complétés par Agrion pulchella (l'Agrione jolie) Vander Linden 1825, puis le thème sera épuisé et les auteurs opteront pour des épithètes souvent descriptifs des formes, des marques et des couleurs.

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Mais les Libellules ont reçu dans les différentes langues des noms vernaculaires évoquant la féminité, mais aussi leur milieu aquatique. Le choix de "najas" associe par la référence aux nymphes des eaux douces ces deux évocations.

Voir en langue souabe Fröschenhüeter [allemand Froschen Hütter = mère des grenouilles"), en France du sud gardo d'aigo , en Istrie   guardia del pozzo, paron d'aqua "gardien de l'eau" , en France du sud Trenco-l'aigo = tranche-eau (Gard) , Gira-panta (Ascoli-Piceno) Rota-cibbie (Rogliano), Pissa-in-fontana (Pirano) Cura-pess "Le pêcheur" (Comasco), en  Istrie . S. Pietro (cf. Saint-Pierre le pêcheur) et  Marinara (Reggio di Calabria).

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-des-odonates.les-noms-vernaculaires.html  

Cet attrait pour le milieu aquatique est bien souligné dans la description originale, où Hansemann décrit les mâles posés sur les eaux calmes à proximité immédiate des berges. K.-D. B. Dijkstra décrit en 2007 "les mâles généralement posés sur des feuilles flottantes, effectuant de brefs vols au dessus de l'eau", puis ajoute qu'il s'observe classiquement posé sur une feuille de nénuphar, ou il apparaît gris sombre avec trois taches colorées, yeux rouges, thorax et extrémité de l'abdomen bleu-vif".

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Conclusion : najas, Hansemann 1823, Wiede. Zool. Mag. 2(1), du latin naias, "naïade". Hansemann a choisi ce nom désignant les nymphes des sources et fontaines parce que cette espèce fréquente les eaux calmes et stagnantes (il le souligne d'emblée dans sa description) où les mâles se posent sur des feuilles flottantes, mais certainement aussi parce que les zygoptères (alors groupées dans le genre féminin Agrion) ont reçu depuis Linné des noms les assimilant à des Demoiselles. Najas appartient donc à la série virgo, puella, nymphula, à laquelle Hansemann ajoute dans sa publication, outre najas, les épithètes de sponsa (fiancée), et d'autre qui ne sont plus valides comme amazon, pupa (fillette), et pupilla (petite fille). D'autres suivront, comme scitula (mignonne) de Rambur 1842 ou  dryas (Kirby, 1890), les dryades étant des nymphes des arbres .

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/naiade-aux-yeux-rouges/

"Najas de naïades, déesses grecques protectrices des sources et rivières."

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" after Ναιάς = Naiad, a freshwater nymph in Greek mythology "

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

 

"- Najas, Najades = Naiade, ninfa delle fonti. Nome mitologico "

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf


"najas (Hansemann) [gr. naias - water nymph] suits very well a creature being nice and bound to water. "

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"najas : waternymph"

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) L'Agrione naïade", Sélys, 1840.

Monographie des libellulidées page 151 n°2.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=najas+agrione&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

2°)L'Agrion naïade, Sélys 1850.

Sélys et Hagen, Revue des Odonates page 177 n°3. Le genre Agrion, d'abord féminin lorsqu'il fut créé par Fabricius, et dans la Monographie de Sélys 1840, est devenu neutre lorsque Sélys le décrit avec Hagen en 1850.

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=Xa98vgAACAAJ&q=viridulum#v=snippet&q=viridulum&f=false

 

3°) "La Naïade aux yeux rouges", Paul-André Robert 1958.

Ce nom a été adopté par tous les auteurs, et validé par la SFO et l'INPN.

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LES NOMS d'E. NAJAS  EN D'AUTRES LANGUES.

- en allemand : Das Große Granatauge

- en suédois Större rödögonflickslända

- en néerlandais : De grote roodoogjuffer 

-en finnois : Grutte hynstepoat

- en anglais : The red-eyed damselfly

- en gallois : mursen lygatgoch fawr

- en breton : Dimezell daoulagad ruz « Demoiselle aux yeux rouges » (en attente de validation)

et selon http://www.hlasek.com/erythromma_najas.html

UK:  Large Red eye

DK: Rødøjet Vandnymfe

IT: Ninfa dagli occhi rossi

PL: Oczobarwnica większa

CZ: Šidélko rudoočko

SE: Rödögonflickslända

NO: Rødøyevannymfe

RU: Стрелка красноглазая

UA: Червоноочка-наяда

SI: Veliki rdečeokec

HU: Fürge légivadász

JP: ゴトウアカメイトトンボ

 

 

 

,"

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— HANSEMANN 1823,  Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gartung Agrion F. von J.W. A Hansemann, prediger zu Lense in der Grafschaft Hoya [[Début d'une discussion sur les espèces allemandes du  genre   Agrion par F. von J.W. Hansemann, prédicateur à Lense dans le comté de Hoya] , Wiedemann's Zoologisches Magazin 2(1) : 148-161

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/152/mode/1up  

 

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 16:11

Zoonymie des Odonates : les noms d'Erythromma lindenii (Sélys, 1840), "La Naïade aux yeux bleus".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

 Erythromma, Hansemann, 1823 Wiede. Zool. Mag. 2(1).  Du grec erythros "rouge" et ómma "œil", en raison des yeux rouges des mâles de l'espèce-type E. najas décrite par Hansemann.Tous les Erythromma ont des yeux soit rouges, soit bleus mais tous de couleur vive et non surmontés de noir, contrastant avec la tête noire.

lindenii (Sélys, 1840) Monog. Lib. Eur. :167, du nom de l'entomologiste belge Pierre Léonard Vander Linden (1797-1831) auteur de 9 Odonates entre 1820 et 1825, dont 5 Zygoptères, comme l'indique Sélys dans sa description : "Décrite sur un seul individu de Belgique que je dédie à la mémoire de Vander Linden, mon compatriote, qui , le premier, a éclairci l'histoire des Agriones d'Europe.".

— Noms en français :  1°) L'Agrione de Vander Linden, Sélys, 1840 ; 2°) L'Agrion de Vander Linden, Paul-André Robert, 1958 ; 3°) Naïade aux yeux bleus, Jourde in Dijkstra 2007.

— Noms en d'autres langues :

-en catalan : L'Ullprès comú 

-en anglais, Goblet-marked damselfly, Blue-eye

-en néerlandais : Kanaaljuffer

- en allemand : Die Pokaljungfer, Pokal-Azurjungfer, das Saphirauge 

-en polonais :  Łątka jeziorna, oczobarwnica jeziorna 

-en russe : Стрелка Линдена

- En tchèque Šidélko azurové

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ERYTHROMMA, HANSEMAN, 1823.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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NOM D'ESPÈCE E. LINDENII (SELYS, 1840).

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[Agrion lindenii], SELYS-LONGCHAMPS (baron Edmond de), 1840, Monographie des libellulidées d'Europe n°10 pages 167-169.

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Description originale.

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N° 10. AGRION LINDENII. (Nobis.)

AGRIONE DE VANDER LINDEN.

Diagnose. — Le bord postérieur du collier presque droit ; une tache oblongue derrière chaque œil et l'abdomen du mâle azurés; les segments annelés de noir; le second avec une tache noire un peu en croix , touchant les deux bords du segment. Appendices anals supérieurs grands, semi-circulaires (mâle).

Dimensions. — (Voyez le tableau.)
Synonymie. — (Espèce inédite.)

. Tête comme chez Pulchella et Hastulata. Collier comme celui d'Hastulata, mais le bord postérieur encore moins prolongé et un peu plus relevé. Thorax comme Hastulata. Abdomen à peu près comme Hastulata, mais le premier segment avec une grande tache noire en-dessus; la tache dorsale noire du deuxième segment prolongée depuis le bord antérieur jusqu'au postérieur, croisée par une sorte de tache de même couleur qui rappelle la tête du T de l'A. hastulata. Les autres segments colorés à peu près comme Hastulata, avec cette différence que la tache noire postérieure des 5°, 4° et 5° offre un prolongement ou pointe dorsale antérieure qui occupe les 3/4 du segment. Le dixième segment un peu échancré. Les deux appendices anals supérieurs aussi longs que le dernier segment , noirs, semi-circulaires ou en forme de cornes tournées en dedans , leur pointe mousse , un peu fléchie en bas ; les deux inférieurs ayant à peine le tiers des supérieurs, réniformes, blancs , à pointe noire tournée en dedans. Pieds et ailes comme A. hastulata, mais le parastigma d'un brun jaunâtre.

♀. Je ne connais pas la femelle, mais j'ai reçu de M. Curtis une note sur un individu qui pourrait bien la désigner. Le collier est noir , légèrement prolongé; en entier bordé de bleu comme celui du mâle. Le premier segment de l'abdomen est bleu avec une bande dorsale noire; le deuxième de même , mais la bande rétrécie au milieu ; le dixième bleu , noir à la base, assez échancré à son bord postérieur. Les deux appendices anals coniques , rapprochés, à pointes noires. M. Curtis pensait que c'était la femelle de l'A. annulare de Leach , qui répond, je crois , à Puella ou Pulchella.

Décrite sur un seul individu de Belgique que je dédie à la mémoire de Vander Linden, mon compatriote, qui , le premier, a éclairci l'histoire des Agriones d'Europe.

Cette espèce est sans doute fort rare , car je n'en ai encore trouvé qu'un seul individu. Sa coloration se rapproche de celle de l'A. hastulata, mais la forme des taches dorsales noires l'en distingue ainsi que des deux espèces précédentes. Les appendices anals supérieurs sont aussi tout différents, et rappellent, par leur forme semi-circulaire. ceux du genre Lestes. Dans l'A. hastulata, les appendices inférieurs sont semi-circulaires et plus grands que les supérieurs : dans l'A. Lindenii, le contraire a lieu. Cette proportion ne se retrouve dans aucune autre Agrione de ce groupe.

 

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Illustration : Rambur 1842 :

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Rambur 1842, Erythromma lindenii mâle, planche 6 fig2

Rambur 1842, Erythromma lindenii mâle, planche 6 fig2

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RÉCEPTION.

Le Lindenii, d'abord placé dans le genre Agrion puis Coenagrion  KiRBY, Syn. Cat. Neur.-Odon. London: 150 , a  été rangé en 1907 comme générotype  dans le genre Cercion par Navas (Broteria 6:55). Le nom Cercion dérive de cercus, "cerque", car Navas base sa création sur des critères de cerques et sur la nervation alaire. Il se trouve que les cercoïdes d'E. lindenii sont remarquables par leur longueur et leur visibilité.

"Many black-and-blue coenagrionids were originally lumped into the genus Agrion, later renamed Coenagrion. Things changed when NAVAS (1907: 55) placed Coenagrion lindenii, described by SELYS (1840) in honour of VanderLinden and with Belgium as type locality, in a new monotypic genus, Cercion. He founded this move on the fact that in lindenii males, the superior appendages are longer than the inferiors. In a footnote he explains the name of the new genus as meaning: “close to Agrion but with forcipate superior appendages, resembling those of a Lestes”. Many authors originally rejected this position, and kept lindenii in Agrion, later Coenagrion. They argued that, if such a character was to be given generic rank, species like C. armatum and C. glaciale would also needto be moved to different genera. Only alter 1970 (ST. QUENTIN, 1970) the name Cercion gained a wider acceptance, and it is currently used in a variety of local and European faunas. " P.H.H. Weekers* and H.J. Dumont, 2004, A molecularstudy of therelationship betweenthecoenagrionid generaErythromma andCercion, with thecreationof Paracercion gen.nov. fortheEast Asiatic “C ercion” (Zygoptera: Coenagrionidae), Odonatologica33(2): 181-188 June 1, 2004

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=592469

"Selon HEIDEMANN et SEIDENBUSCH (2002) et WEEKERS & DUMONT (2004), cette espèce appartient au genre Erythromma par plusieurs caractères morphologiques (adultes et larves) et génétiques. En 2012, il était toujours placé dans le genre Cercion dans la Fauna Europaea, qui n'a pas été mise à jour." (Dommanget et Boudot 2012)

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE LINDENII.

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lindenii : du nom de l'entomologiste belge Pierre Léonard Vander Linden (1797-1831), comme l'indique Sélys dans sa description : "Décrite sur un seul individu de Belgique que je dédie à la mémoire de Vander Linden, mon compatriote, qui , le premier, a éclairci l'histoire des Agriones d'Europe.". Pierre Léonard Vander Linden  est un entomologiste belge (1797-1831). Il obtint son doctorat en médecine à Bologne en 1821, puis à l’université de Louvain en 1823, puis devint  le premier professeur de zoologie de Belgique. Sa première publication concernant les Odonates, en 1820 comprend 11 pages et a été éditée à Bologne, puis elle a été republiée dans cette ville en 1823 :

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae ..., Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

On y trouve, en latin,  une description — complétée par une Note —, sur les Agrions de Bologne (Agriones Bolonienses) avec 7 +1 espèces, puis une description des Aeschnes de Bologne (Aeshnae bolonienses) avec 7 espèces.

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Enfin, il publia en 1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

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On lui doit 9 espèces d'Odonates dont 5 Zygoptères :

-Aeshna affinis Vander Linden, 1820

-Sympecma fusca (Vander Linden, 1820),

-Ischnura elegans(Vander Linden, 1820),

-Onychogomphus forcipatus unguiculatus Vander Linden, 1823 (Gomphe à pinces méridional) 

-Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825),

-Leucorrhinia dubia(Vander Linden, 1825),

-Chalcolestes viridis (Vander Linden, 1825),

-Somatochlora metallica(Vander Linden, 1825),

-Somatochlora flavomaculata (Vander Linden, 1825),

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LES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-de-vander-linden/

"Lindenii vient du nom de l’entomologiste P.L. Vander Linden (1797-1831). "

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"after Pierre Léonard Vander Linden (1797-1831), Belgian entomologist"

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"in onore del prof. Pierre Leonard Vander Linden (1797 - 1831), naturalista fiammingo."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non étudié.
.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

".-vernoemd naar P.L. v.d. Linden"

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NOMS EN LANGUES VERNACULAIRES.

 

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NOM D' ERYTHROMMA LINDENII EN FRANÇAIS.

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1°)" L'Agrione de Vander Linden", Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidées page 167. Le nom de genre scientifique Agrion étant alors féminin depuis Fabricius et  Latreille, Sélys le traduit par "Agrione".

2°) "L'Agrion de Vander Linden", Paul-André Robert, 1958.

Le genre Agrion étant devenu neutre, il est traduit en français par "Agrion" par le naturaliste suisse P.A. Robert.

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3°) "Naïade aux yeux bleus", Jourde in Dijkstra 2007.
 

Dans la traduction par Philippe Jourde en 2007 du Guide des Libellules de K.-D. B.  Dijkstra,  le nom des espèces du genre Erythromma se composent à partir du dénominatif commun "Naïade", certes inspiré par l'espèce-type (najas : du latin naias, "nymphe des eaux douces"), mais rappelant, tout comme le nom "Nymphe" commun aux espèces du genre Pyrrhosoma, la très ancienne comparaison entre les Zygoptères et les Demoiselles. Il nomme ainsi   E. najas "la Naïade aux yeux rouges", E. viridulum "la Naïade aux corps vert" , et  E. Lindenii  "la Naïade aux yeux bleus".

L'avantage est de créer des ensembles cohérents par genre : tandis que les 3 espèces du genre Erythromma sont nommées "Naïades", que celles du genre Ischnura sont nommées "Ischnures", que les deux espèces d'Enallagma décrits dans ce Guide sont nommées "Porte-coupe", le nom français d' "Agrion" est réservé aux 13 espèces du genre  Coenagrion.

La SFO n'a pas adopté ce nom et utilise celui d'"Agrion de Vander Linden". L'INFN donne les deux noms.

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/645873

 

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NOMS D'ERYTHROMMA LINDENII  EN D'AUTRES LANGUES.

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-en catalan : L'Ullprès comú (coquille commune)

-en anglais, Goblet-marked damselfly, Blue-eye

-en néerlandais : Kanaaljuffer

- en allemand : Die Pokaljungfer, Pokal-Azurjungfer, das Saphirauge (Oeil de saphir)

-en polonais :  Łątka jeziorna, oczobarwnica jeziorna 

-en russe : Стрелка Линдена

- En tchèque Šidélko azurové

-en breton : Dimezell daoulagad c'hlas (Demoiselle aux yeux bleus)

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SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 21.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/518/mode/1up

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 21:31

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Résumé :

— Nom de genre Erythromma, Hansemann, 1823 Wiede. Zool. Mag. 2(1).  Du grec erythros "rouge" et ómma "œil", en raison des yeux rouges des mâles de l'espèce-type E. najas décrite par Hansemann. Tous les Erythromma ont des yeux soit rouges, soit bleus mais tous de couleur vive et non surmontés de noir, contrastant avec la tête noire.

— Nom du genre en français : le nom des espèces se composent à partir du dénominatif commun Naïade, certes inspiré par l'espèce-type (najas : du latin naias, "nymphe des eaux douces"), mais rappelant, comme le nom Nymphe commun aux espèces du genre Pyrrhosoma, la très ancienne comparaison entre les Zygoptères et les Demoiselles.

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ERYTHROMMA HANSEMANN, 1823.

Erythromma, Hansemann, 1823,  Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gartung Agrion F. von J.W. A Hansemann, prediger zu Lense in der Grafschaft Hoya [[Début d'une discussion sur les espèces allemandes du  genre   Agrion par F. von J.W. Hansemann, prédicateur à Lense dans le comté de Hoya] , Wiedemann's Zoologisches Magazin 2(1) : 148-161

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/152/mode/1up  

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/162/mode/1up

https://en.wikipedia.org/wiki/Johann_Wilhelm_Adolf_Hansemann

Johann Wilhem Adolf Hansemann (14 Mai 1784, Finkenwerder Hamburg– 26 Juillet 1862, Diepholz) était un entomologiste et marchand d'insectes,   pasteur à  Leese dans le comté de Samtgemeinde Hoya en Basse-Saxe, qui est l'auteur de cet article sur le genre Agrion, et d'un autre article en 1862, Vertilgung der Eier und Raupen des ungleichen Spinners und anderer Ungezieferarten.Zeitschrift für deutsche Landwirthe, N. F., Leipzig - 13 167

http://www.online-ofb.de/famreport.php?ofb=NLF&ID=I198803

.

Son article, difficile à lire pour moi, ne semble pas contenir le mot erythromma, ou du moins je ne l'y ai pas trouvé. Il divise les Agrions en trois catégories A, B, et C selon leurs ailes. C'est dans cet article que Hansemann décrit E. najas page 158, qui est l'espèce type du genre.

.



 

 

Le genre a longtemps été attribué à Charpentier 1840 ; en effet, Toussaint von Charpentier a décrit ce nom comme sous-genre des Agrionides page 20 de Libellulinae europaeae descriptae et depictae , et il en a justifié le nom (cf. infra). K.-D.B. Dijkstra 2007 attribue le genre à Charpentier, mais le site INPN 2019 l'attribue à Hansemann.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_book_other_versions_r&cad=3#v=onepage&q=erythromma&f=false

 

.  

 

.

ÉTUDE DU NOM ERYTHROMMA.

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Charpentier donne l'étymologie de ce nom :

E Graecis vocabulis erythros et όμμα nomen est compositum, cum mares, dum vivunt, oculorum habeant colorem mire rubrum.  Le nom est composé des mots  grecs  erythros ["rouge"]et ómma ["œil] car les yeux des mâles tant qu'ils sont en vie sont d'une couleur rouge intense."

.

Pourtant, tous les yeux des mâles ne sont pas rouges, mais ils sont tous de couleur brillante (rouge ou bleu), non surmontés de noir, contrastant donc fortement avec le noir de la tête. (Dijkstra, 2007).

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LES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-de-vander-linden/

"Erythromma du grec erythros signifiant rouge et omma signifiant yeux ; les deux autres espèces du genre [autre que E. lindenii] ont en effet les yeux rouges. "

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"Erythromma: Charpentier, 1840 from Grk. ἐρυθρός = red + ὄμμα = eye"

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

 

"Erythromma - ερνυροσ, ον = rosso + ομμα, τοσ = occhio; dagli occhi rossi."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf


"Erythromma [gr. erythros - red; omma - eye] reflects a conspicuous feature of the males in this genus. "

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"erythros rood, omma = ogen,"

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RÉCEPTION.

En 1840, Sélys-Longchamps classe l'espèce najas parmi les Agrions (Monographie page 151). La même année, Charpentier crée son sous-genre Erythromma avec deux espèces, Agrion (Erythromma) chloridion [synonymie avec najas] et viridulum.

En 1850, Sélys & Hagen introduisent pour la Revue des Odonates dans son genre Agrion plusieurs groupes,  Nehalennia (Selys),  Erythromma (Charpentier), Pyrrhosoma (Charpentier)... J'en profite, dans cette étude zoonymique, pour remarquer l'étymologie donnée par le belge Sélys au nom Nehalennia : "Nom d'une déesse de la Gaule Belgique dont on a trouvé un temple dans l'île Walcheren en Zelande" (p. 172). Il place dans le groupe Erythromma les espèces najas et viridulum.

En 1890, Kirby reconnait le genre Erythromma et son espèce-type E. najas.

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NOM DU GENRE ERYTHROMMA EN FRANÇAIS.

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Depuis la traduction par Philippe Jourde en 2007 du Guide des Libellules  de K.-D. B. Dijkstra les noms des espèces du genre Erythromma se composent à partir du dénominatif commun Naïade, certes inspiré par l'espèce-type (najas : du latin naias, "nymphe des eaux douces"), mais rappelant, tout comme le nom Nymphe commun aux espèces du genre Pyrrhosoma, la très ancienne comparaison entre les Zygoptères et les Demoiselles.

 

Nous avons ainsi la Naïade aux yeux rouges E. najas, la Naïade aux corps vert E. viridulum, la Naïade aux yeux bleus (ou Agrion de Vander Linden en deuxième nom) E. Lindenii.

La SFO et l'INPN ont adopté ces noms (mais la SFO utilise "Agrion de Vander Linden" pour lindenii).

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NOMS DU GENRE ERYTHROMMA EN D'AUTRES LANGUES.

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-en allemand Granataugen "yeux grenat"

- en néerlandais :  Roodoogjuffers 

- en frison occidental :  Hynstepoaten

-en anglais : Erythromma lindenii (Selys, 1840) = Blue-Eye ; Erythromma najas (Hansemann, 1823) = Large Redeye ; Erythromma viridulum Charpentier, 1840 = Small Redeye.

- en suédois : Mindre rödögonflickslända (E. viridulum)  et Större rödögonflickslända (E. najas)

.

 

 

 

 

 

 

 

SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 21.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/518/mode/1up

RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 14:29

Zoonymie des Odonates : étude des noms d'Enallagma cyathigerum (Charpentier, 1840), "L'Agrion Porte-coupe ". 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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http://www.lavieb-aile.com/article-trois-zygopteres-a-crozon-agrion-joli-agrion-elegant-agrion-portecoupe-71617863.html

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Résumé.

Enallagma Charpentier, 1840, Libell. europ. Lipsiae : 21 du grec enallagma "changement en" . Charpentier (1840: 21) avait initialement prévu de nommer Enallagma [ du grec "changer" et ici peut-être "intervertir, confondre"] le sous-genre qu'il nomma finalement Agrion, pour inclure tous les coenagrionidés européens à abdomen uniformément cylindrique dans lesquels la coloration de l'abdomen des mâles est bleue avec des marques noires, c'est-à-dire qu'en plus du genre Enallagma, on y trouverait les Coenagrions et Erythromma lindenii. Il voulait exprimer par ce nom la "possibilité de confusion" entraînée par la similitude de ces espèces. Mais sa proposition n’a eu aucun effet jusqu’à la description valable du sous-genre par Selys en 1876 (d'après H. Fliedner) 

cyathigerum Charpentier, 1840, Libell. europ. Lipsiae :163 :  du grec kyathos  "coupe", et du latin gerulus  " porteur",  donc "porte-coupe".  Dans sa description, Charpentier ne compare pas explicitement les marques de S2 et celles de S3 à S7 à des coupes, mais décrit des contours arrondis, et une tige qui devient progressivement plus longue.

 

— noms en français : 1°) "L'Agrion cyathigère", Sélys 1850 ; 2°) "L'Agrion porte-coupe", Paul-André Robert, 1958 ; 3°) "Le Porte-coupe holarctique", Jourde in Dijkstra 2007.

— noms en d'autres langues : 

-En catalan : El Coper del rei 

-en espagnol : La libélula común azul 

-en allemand Die Gemeine Becherjungfer , Becher-Azurjungfer

-en anglais : The Common blue damselfly, Common bluet, Northern bluet)

-en gallois : Mursen las gyffredin

-en finnois : Okatytönkorento 

en suédois : Sjöflickslända 

en norvégien Stor blåvannymfe

- en néerlandais : Watersnuffel

-en frison occidental : Blauhynderke Wetterjufferke, Sneupjufferke, Wettersneupe

-en hongrois ;  A kéksávos légivadász 

-en dannois : Almindelig Vandnymfe

- en italien : Agrion coppiere

-en polonais : Nimfa stawowa

- en tchèque : Šidélko kroužkované

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ENALLAGMA CHARPENTIER, 1840.

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— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 21.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/518/mode/1up

Description.

Charpentier définit trois genres dans la famille LIBELLULINA :

Genus A : Libellulis, B. Aeschna et C. Agrionis.

Le genre Agrionis est divisé en sous-genres :

. Agriomidum:
1) Epallage.
2) Calopteryx.
3) Anapetes.
4) Sympycna.
-5) Pyrrhosoma.
6) Erythromma.
7) Ischnura.
8) Agrion.
9) Platycnemis.

Chacun est décrit dans un paragraphe. Dans le paragraphe Agrion, il écrit :

8. AGRION.

Nomen, a clarissimo Fabricio toti Agrionidum generi impositum, ad hoc subgenus significandum retinui. Vocabulum « Agrion » cl. vir fortasse a Graeco àyasis „venator“, aut ab άγοιος « ferus » desumsit, cui opinioni Illiger (Magazin I. I. p. 126) adstipulatur.

Species huius subgeneris inter se congruunt abdominis crassitudine aequali: marium colore ex atro-virescente cum laete-coeruleo alternante. Foeminae aut simili modo pictae, (sed colore viridi superante), aut obscuro-virides et in inferiore corporis parte laete flavo-virescentes.

Omnes species permagnam, quod ad colorem et picturam attinet, inter se habent similitudinem (— qua de causa prius hoc subgenus , « Enallagma » vocavi —) et utriusque sexus segmenta abdominis, imprimis priora, thoraci propiora, accurate sunt examinanda, quia eorum pictura diversa optime illae species distingui et secerni poterunt.

Traduction :

"8. Agrion. Le nom donné par le très illustre Fabricius, à tout le genre des Agrionidae, est choisi pour ne désigner que les espèces de ce sous-genre. Le terme Agrion, considéré comme venant du grec signifiant en latin venator, "chasseur", ou du grec άγοιος « bêtes sauvages » selon l'opinion d'Illiger (Magazin I.I p.126).

Les espèces de ce sous-genre se reconnaissent à leur abdomen d'épaisseur constante. Les mâles alternent des couleurs vert-sombre et bleu clair. Les femelles sont soit colorées de manière similaire, (mais où prédomine la couleur verte), soit vert sombre avec la partie inférieure du corps jaune-vert vif.

Tous les espèces sont grandement similaires entre elles, tant par leurs couleurs que par leur motif (c'est pourquoi j'avais d'abord nommé ce sous-genre Enallagma ) et dans les deux sexes les segments abdominaux d'abord, thoraciques en suite, doivent être examinés avec beaucoup d'attention pour pouvoir discerner ces espèces entre elles."

Nous voyons que Charpentier n'a pas réellement créé et décrit ce sous-genre Enallagma dans cette publication. Ce sera  Sélys qui (après avoir utilisé le nom Aenallagma) le reprendra comme sous-genre en 1876, mais en laissant la paternité à Charpentier. Dans sa description, il ne revient pas sur la justification du nom.

SÉLYS, 1876, Synopsis des Agrionines, 5me légion: Agrion (suite). Le grand genre Agrion Bulletins de l'Académie Royale des Sciences, des Lettres et des ..., Hayez, 1876, Volume 41 page 496.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/34716922#page/504/mode/1up



Enallagma (sous-genre) Charp. (Pars). 

Secteur inférieur du triangle naissant avant la nervule basale postcostale (tout au moins aux ailes supérieures) ; 8 à 10  nervules postcubitales; ptérostigma en losange, semblable aux quatre ailes. 
Des taches post-oculaires claires, ordinairement cunéiformes (quelquefois linéaires, rarement punctiformes). 
Lèvre inférieure fendue dans son quart ou son tiers apical. à branches rapprochées ou peu distantes. Prothorax à bord postérieur peu ou point redressé. 
Abdomen médiocre ou grêle. 
Pieds à cils courts (longs chez E. aduncum); 5-7 aux tibias postérieurs. 
♂ : Coloration généralement bleue. Le 10e segment à bord émarginé, non redressé en tubercule. Appendices anals variables, les supérieurs souvent dilatés en dedans. 
♀ : Épine vulvaire aiguë. Coloration généralement dissemblable, verte ou jaune, quelquefois bleue. Abdomen bronzé en dessus. 
Patrie: Hémisphère froid et tempéré des Deux-Mondes; quelques espèces dans les Antilles, l'Afrique et l'Asie tropicale. 

 

.

"Enallagma was proposed as a subgenus of Agrion by Charpentier (1840) to contain the widely distributed holarctic species A. cyathigerum. Selys (1875) described Aenallagma boreale from Newfoundland, but in 1876 corrected it to Charpentier's usage, Enallagma. Cowley (1934) credited the genus to Selys because he believed that Charpentier did not "adopt the name", whereas Selys' (1875) specific descriptions were "sufficient to characterize the genus". Other unadopted generic names do exist (e.g., Orthetrum Newman, 1833), but they have generally been credited to their original authors. Modern usage credits Enallagma to Charpentier." Garrisson 1984  https://www.cdfa.ca.gov/plant/ppd/PDF/Garrison1984-Enallagma_western_US.pdf

.

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ÉTUDE DU NOM ENALLAGMA.

 

https://fr.wiktionary.org/wiki/%E1%BC%90%CE%BD%CE%B1%CE%BB%CE%BB%CE%AC%CF%83%CF%83%CF%89

https://lsj.gr/wiki/%E1%BC%90%CE%BD%CE%AC%CE%BB%CE%BB%CE%B1%CE%B3%CE%BC%CE%B1

Le terme grec enallagma Ἐνάλλαγμα ,  composé de ἐν, en (« en- ») et de ἀλλάσσω, allássô (« changer, altérer »), signifie "changement en", donc "interchanger" et de là éventuellement  "confusion" :  Charpentier qualifie ainsi les coenagrionidés bleus particulièrement difficiles à identifier.

Plus précisément, Charpentier (1840: 21) avait initialement prévu de nommer Enallagma [ du grec "changer" et ici peut-être "intervertir, confondre"] le sous-genre qu'il nomma finalement Agrion, pour inclure tous les coenagrionidés européens à abdomen uniformément cylindrique dans lesquels la coloration de l'abdomen des mâles est bleue avec des marques noires, c'est-à-dire qu'en plus du genre réel Enallagma, on y trouverait les Coenagrion et Erythromma lindenii. Il voulait exprimer par ce nom la "possibilité de confusion" entraînée par la similitude de ces espèces. Mais sa proposition n’a eu aucun effet jusqu’à la description valable du sous-genre par Selys en 1876 (d'après H. Fliedner) 

Accessoirement, notons que le nom a été employé en Botanique pour des Bignoniacées : Enallagma cucurbitina (L.), nomen nudum, E. latifolia, E. obovata.
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—Nom du genre en français : "Portecoupe" (Jourde in Dijkstra). Il n'existe qu'une seule espèce en France, E. cyathigerum.

—Nom du genre en anglais : "Bluets".

Le genre contient selon Garrisson 75  espèces mondiales : ITIS

https://www.itis.gov/servlet/SingleRpt/SingleRpt?search_topic=TSN&search_value=102102#null

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NOM D'ESPÈCE ENALLAGMA CYATHYGERUM (CHARPENTIER, 1840).

CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 163 et Planche XLII fig. 1 mas et foem.

https://books.google.fr/books?printsec=frontcover&id=NTgjmPiyV1sC&hl=fr#v=onepage&q&f=false

C'est l'espèce-type du genre, désignée par Kirby 1890:145.

Description originale.

Agr. coeruleum, atro-viridi-maculatum: in maris segmento secundo macula orbicularis, postice cum margine cohaerens: foeminae maculis dorsalibus gracilioribus.

Habitat in Silesia .

Pictura constante et foeminae colore lucide coeruleo insigne.

Caput ut in congemericis.

Truncus. Prothorax triangularis, margine postico pauxillum rotundato; undique coeruleo-limbato: maculis duabus lateralibus coeruleis, distinctis. Alitruncus atro-aeneus, lateribus coeruleis: in collari strigae duae valde distinctae, coeruleae. Reliquae alitrumci partes, sicuti alae et pedes, uti in specie praecedente comparatae.

Abdomen paullo longius et gracilius, quam in Agr. lunulato: coeruleum. In segmento marium primo macula est basalis minima, atra. , Secundum habet marginem posticum atrum, et in parte postica maculam magnam, orbiculatam, atram, stylo cum margine postico segmenti cohaerentem. Similes maculae in segmentis tertio et sequentibus usque ad septimum, maculae autem in his sunt magis elongatae, et in posticis acuminatae, longiores. Octavum et nonum segmentum coeruleum totum. Decimum superne atrum, postice profunde excisum.

— Foeminarum segmentum primum uti in maribus est comparatum: secundum insigne est macula antice posticeque margini annata, antice paullulum latiore, et ad postica, ante finem, in lobulum orbicularem dilatata. Sequentia segmenta media macula magna, elongata, antice acuminata, postice, ante finem, dilatata picta sunt. Septimum et octavum postice atro-viridia fere tota, qui color acumine tenui marginem segmenti anticum tangit. Ultima duo segmenta in medio dorso atra.

Appendices marium superiores brevissimae, vix extra abdomen conspicuae, globulares, subpilosae, fuscae. Inferiores longiores, laterales curvatae, cylindricae, atrae. Foeminarum appendices brevissimae, conicae, obtusae, et (ut videtur) coerulescentes.

 

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La planche  42 fig. 1 mâle et femelle dessinée et peinte par Charpentier, avec le détail de S2.

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https://books.google.fr/books?pg=PA19&id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q&f=false

https://books.google.fr/books?pg=PA19&id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE CYATHIGERUM.

Du grec kyathos  "coupe", et du latin gerulus  " porteur",  donc "porte-coupe".

Charpentier décrit la marque du 2ème segment abdominal S2 du mâle dans sa diagnose ainsi: in maris segmento secundo macula orbicularis, postice cum margine cohaerens: "Chez le mâle le deuxième segment est orbiculaire [arrondi, de contour circulaire], relié avec des prolongements à l'arrière. "

Dans la description, il écrit :  Secundum habet marginem posticum atrum, et in parte postica maculam magnam, orbiculatam, atram, stylo cum margine postico segmenti cohaerentem. Similes maculae in segmentis tertio et sequentibus usque ad septimum, maculae autem in his sunt magis elongatae, et in posticis acuminatae, longiores. : je traduis avec incertitude : "le deuxième segment a une bordure  postérieure noire, et, dans la partie postérieure, une grande marque   noire, arrondie, réunie par une tige avec des prolongements  arrières segmentaires. Des marques semblables se trouvent sur les segments 3 à 7, mais elles sont plus allongées, et, dans les pointes postérieures, plus longues."

La comparaison entre ces marques et la forme d'une coupe n'y est donc pas explicite, mais évoquée. Mais il la précise dans l'encart de sa planche 42.

Dijkstra compare la marque de S2 à un champignon, et celles de S3 à S7 à des torpilles. Mais "le champignon de S2 peut être arrondi ou pointu, et présenter des extensions latérales en forme d'ailes ; son pied peut manquer". Grand et Boudot décrivent le dessin noir dorsal de S2 du mâle comme "une petite coupe posée sur un socle". Précigout, Prud'homme et Jourde le comparent à "une coupe ou un calice". L'auteur de Nature22.com.odonates22 écrit plus précisément  : "On observe la plupart du temps sur son deuxième segment abdominal un dessin en forme de petite coupe posée sur une soucoupe, ou de champignon, suivant l'imagination de chacun... Ce dessin est parfois réduit à un simple trait, non relié à la ligne noire de jonction entre les segments 2 et 3."

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_porte_coupe/agrion_porte_coupe.html

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LES AUTRES AUTEURS EN ZOONYMIE.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-porte-coupe/

"Enallagma : De enallagma (gr) = confusion : Charpentier dénommait ainsi les coenagrionidés bleus, particulièrement difficiles à identifier ;

- cyathigerum de cyathus (gr) = coupe et ger(um) (lat) = porter : porte-coupe du fait du dessin noir du 2e segment abdominal, qui ressemble à une coupe ou à un calice."

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Enallagma: Charpentier, 1840 from Grk. ἐνάλλαγμα = (risk of) confusion originally intended as a genus to subsume all (potentially confusing) Bluet species
-cyathigerum, from Grk. κύαθος = cup, beaker +Lat. -ger, -gera, -gerum = -bearing for the cup-shaped mark on the male's S2"

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"Enallagma - εναλλαγμα, τοσ = inversione, confusione; perché confusa con altri Ceniagrionidi.

cyathigerum : cyathus, i = coppa + gero, es = portare, mostrare; che porta la coppa. Per la presenza di un disegno a forma di coppa sul secondo tergite"

 

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"CHARPENTIER (1840: 21) originally had planned a genus Enallagma [gr. change] to comprise all European coenagrionids in which the coloration of the males abdomen is blue with black markings, i.e. besides the actual genus E. also Coenagrion and Erythromma lindenii as well. He wanted the name to be understood as ‘possibility of confusion’ because of the similarity of the species comprised. But his proposal had no effect until the valid description of the genus by Selys in 1876 (COWLEY 1934a: 241)."

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"enallagma = verwisseling cyathigerum kyathos = beker; gerere = dragen (duidt op de zwarte figuur op het tweede achterlijfsegment van het mannetje)"

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

 

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "L'Agrion cyathigère", Sélys 1850.

Revue des Odonates page 205

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=1850%C2%A0-+Revue+des+Odonates+ou+Libellules+d%27Europe.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

"Diagnose. — 1er segment de l’abdomen , avec une tache basale, carrée, bronzée ; bord postérieur du prothorax arrondi , entier, un peu relevé.

. 2° segment de l'abdomen avec une seule tache hastiforme , à tête épaisse , touchant ordinairement le bord postérieur. 10e largement et très-profondément échancré. Appendices anals courts.

. 8e segment portant en dessous une épine très-longue,- échancrure du 10e assez large , assez aiguë.

Cette espèce ressemble beaucoup à l’A. hastulatum. ".

Fidèle à lui-même, Sélys donne un nom "français" en traduisant le nom scientifique dans un baragouin plus proche du barbarisme que du néologisme.

.

2°) "L'Agrion porte-coupe", Paul-André Robert, 1958.

Synonyme : "l'Enallagma porte-coupe".

Heureusement, le suisse Paul-André Robert est intervenu pour ne pas laisser passer le "cyathigère" de Sélys, et pour le remplacer par la vraie traduction, si simple, de "porte-coupe". 

Le nom a été adopté par la majorité des auteurs, et par la liste de référence de la SFO en 2012.

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

.

3°) "Le Porte-coupe holarctique", Jourde in Dijkstra 2007.

Philippe Jourde, dans sa traduction du guide de Dijkstra, a placé le nom de "Porte-coupe holarctique" en premier, suivi en plus petit de celui de "Agrion porte-coupe".

L'avantage est de créer des ensembles cohérents par genre : les deux espèces d'Enallagma décrits dans ce Guide sont nommées Porte-coupe holarctique et Porte-coupe du désert (E. desertii), alors que le nom français d'Agrion est reservé aux 13 espèces du genre  Coenagrion, tandis que les 3 espèces du genre Erythromma sont nommées Naïades, celles du genre Ischnura sont nommées Ischnures, etc. Au contraire, dans la nomenclature de la SFO, les noms vernaculaires de tous les Coenagrionidae, et des  Platycnemididae sont composés sur "Agrion".

L'adjectif holarctique (de toutes les régions terrestres au nord du tropique du Cancer) rappelle que l'espèce se rencontre "du cercle arctique à l'Atlas Marocain, de l'Atlantqiue au Kamtchaka".

 

.

LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

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Le qualificatif "commun" renvoie à la distribution holarctique de l'espèce. Les allemands comparent la marque de S2 à une tasse (becher), les catalans à une coupe royale, espagnols 

 

-En catalan : "El Coper del rei"  : La coupe du roi

-en espagnol : "La libélula común azul"  

-en allemand "Die Gemeine Becherjungfer , Becher-Azurjungfer ": la demoiselle commune à la tasse, la demoiselle bleue porte-tasse..;

-en anglais : "The Common blue damselfly, Common bluet, Northern bluet"

-en gallois : "Mursen las gyffredin" (Demoiselle bleue commune)

-en breton : "Dimezell c'hlas voutin" (Demoiselle bleue commune), en attente de validation

-en finnois : "Okatytönkorento "

en suédois : "Sjöflickslända "

en norvégien "Stor blåvannymfe"

- en néerlandais : "Watersnuffel"

-en frison occidental : "Blauhynderke Wetterjufferke, Sneupjufferke, Wettersneupe"

-en hongrois ;  "A kéksávos légivadász "

-en dannois : "Almindelig Vandnymfe"

- en italien : "Agrion coppiere"

-en polonais : "Nimfa stawowa"

- en tchèque : Šidélko kroužkované"

-en russe : "Стрелка голубая"

-SE: "Sjöflickslända"

-SI: "Bleščeči zmotec Sijajni"

http://www.hlasek.com/enallagma_cyathigerum.html

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 21.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/518/mode/1up

— GARRISON (Rosser W. Garrison ), 1984, Revision of the Genus Enal/agma of the United States West of the Rocky Mountains and Identification of Certain Larvae by Discriminant Analysis (Odonata: Coenagrionidae) , Entomology Volume 105

https://www.cdfa.ca.gov/plant/ppd/PDF/Garrison1984-Enallagma_western_US.pdf

 — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 21:41

Zoonymie des Odonates : les noms de Coenagrion scitulum (Rambur, 1842), "L'Agrion mignon".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé. 

 

— genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : le nom (mais non le genre) Coenagrion devait alors, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

scitulum, Rambur, 1842 : du latin signifiant "joli, mignon, charmant" par diminutif en -ulus de l'adjectif scitus, de même sens. Ce diminutif répond en écho aux noms Libellula, puella, pulchellum et renvoie à la petite taille des "Demoiselles" et à leur allure féminine.

— noms en français : 1°) "L'Agrion scitule", Sélys 1850 ; 2°) "L'Agrion mignon", Paul-André Robert, 1958.

— Noms en d'autres langues :

- en allemand : "die Gabel-Azurjungfer".

-en catalan : "El Donzell del trinxant"

- en néerlandais : "Gaffelwaterjuffer" 

-en polonais : "Łątka zalotna "

- en anglais : "Dainty damselfly" ,  "Dainty damselfly  Bluet", "Dainty Blue Damselfly"

-en gallois : "Mursen las bert"


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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE COENAGRION, KIRBY, 1880.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-coenagrion-kirby-1890.html

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NOM D'ESPÈCE SCITULUM, RAMBUR, 1842.

[Agrion scitulum], RAMBUR (Pierre), 1842, Histoire naturelle des insectes : Névroptères, Paris, Roret, page 266, et Planches, PL.6, fig.4, d.Type : mâle, Mus. nat. Paris. Localité du type : France.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f288.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n.texteImage

Description originale.

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N° 13. AGRION SCITULUM , mihi. (Pl. 6, fig. i,d.) 

Coeruleum, viridi-aeneo variegatum; abdominis supra maculis antice mucronatis ; appendicibus superioribus gracilibus, curvis, ante basim tuberculo magno, inferioribus brevioribus, prostratis, divaricatis. 

Ressemblant beaucoup au Lindeni, mais un peu plus petit et plus court. Tête ayant une tache bleue ovale, postérieurement de chaque côté, touchant presque à l'occiput, qui forme une ligne de la même couleur. 
Bord postérieur du prothorax un peu sinueux, un peu saillant dans son milieu, surtout chez la femelle, où cette partie est un peu redressée ; thorax comme chez le Lindeni. -Abdomen presque semblable, plus court, bleu de ciel, un peu jaunâtre en dessous, avec des taches d'un vert bronzé noirâtre, disposées ainsi ; une très-large sur le premier segment, ne touchant pas le bord postérieur ; celle du second n'arrivant pas jusqu'au bord antérieur, très-profondément et très-largement échancrée antérieurement, fortement rétrécie à l'endroit où elle touche le bord postérieur ; celle des suivants occupant au moins la moitié postérieure du segment, un peu trifide antérieurement ; celle des 6 et 7e les couvrant complètement ; 8e sans tache ; 9e ayant une tache postérieure fortement échancrée et variant en longueur, celle du 10e le couvrant entièrement ; celui-ci échancré, ayant une petite saillie sur les côtés; appendices supérieurs plus longs que les inférieurs, fortement dilatés avant leur base en une sorte de tubercule épais, grêles , un peu courbés et redressés dans leur longueur ; les inférieurs déprimés, couchés et dirigés en haut et en dehors, venant se terminer en une petite pointe sur le côté externe des supérieurs ; femelle différant du mâle en ce que tout le dessus du ventre est vert bronzé, à l'exception des 3, 4, 5 et 6e segments, dont la partie antérieure est bleue; dessous jaune, avec une large tache de la même couleur sur les cotés du pénultième segment ; dernier échancré et tronqué en dessus postérieurement ; styles courts, presque triangulaires ; valves génitales longues, atteignant l'extrémité anale, ayant leurs appendices noirs. Pattes jaunâtres, ayant la face externe des cuisses, une ligne sur les deux tiers postérieurs du bord antérieur des tibias s'étendant à la partie interne de la base, noires. Ailes transparentes ; ptérostigma d'un roux obscur, plus clair à sa circonférence, en losange allongé 

Se trouve dans les environs de Paris, le long des étangs, pendant l'été ; rare. 

.

Note : Rambur a décrit page 269 l'Agrion distinctum, une femelle dont il écrit  "je n'ai pu rapporter cette femelle à aucune des autres espèces, quoique je l'aie comparée avec la plus minutieuse attention, et je pense qu'elle forme une espèce dont le mâle m'est inconnu.". Heinrick Steinmann en fait la femelle de Coenagrion scitulum. Le spécimen conservé au Museum d'histoire naturelle de Paris provient de Sardaigne (offert à Rambur par le marquis de Brème).

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Planche 6 figure 4,d.

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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE SCITULUM.

du latin scitulus, accordé au genre neutre de Coenagrion (et déjà par Rambur au genre Agrion), adjectif diminutif formé sur scitus "beau, élégant, joli, gentil, mignon,' avec le suffixe  -ulus. Gaffiot traduit ce diminutif par "joli, mignon, charmant".

 

https://fr.wiktionary.org/wiki/scitulus

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=scitulus

Rambur ne donne aucune explication sur le choix de ce nom, hormis peut-être la phrase "Ressemblant beaucoup au Lindeni, [Erythromma lindeni, Sélys, 1840] mais un peu plus petit et plus court." . Par contre, ce nom forme une série avec  Libellula (libella + -ula), puella (puer + -la), pulchellum (pulcher + -lus),  ou nymphula (nympha + -ula) qui soulignent par la forme diminutive la petite taille et la finesse de ces insectes, et pour les trois derniers , la beauté gracieuse et féminine qui leur a valu le nom de "Demoiselles".

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LES AUTRES AUTEURS EN ZOONYMIE.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-mignon/

"De scitulus (lat) = mignon, élégant."

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. scitus, dimin. scitulus, -a, -um = elegant, neat"

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

 

"scitulum (Coenagrion) - scitulus, a, um = grazioso, carino. Per l’aspetto del corpo."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non décrit

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" scitulum = allerliefst"

.

 

.

.

LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

 

.

LES NOMS FRANÇAIS DE COENAGRION SCITULUM.

1°) "L'Agrion scitule", Sélys 1850.

Revue des Odonates page 215 n°18.

https://books.google.fr/books?id=25LBNgWMuiMC&dq=scitulum+revue+des+odonates+s%C3%A9lys&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

On connait l'habitude d'Edmond de Sélys-Longchamps : faire suivre le nom scientifique d'un nom "français" dont il est la transcription la plus immédiate, fut-ce comme ici au prix d'un néologisme.

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2°) "L'Agrion mignon", Paul-André Robert, 1958.

Robert ne laisse pas passer le néologisme-barbarisme de Sélys, et choisit une vraie traduction de l'épithète scitulum,  en écrivant ; "signification du nom  : mignon, charmant, délicat".

Ce nom a été adopté par tous les auteurs.

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LES NOMS DE COENAGRION SCITULUM EN D'AUTRES LANGUES.

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- en allemand : "die Gabel-Azurjungfer".

-en catalan : "El Donzell del trinxant"

- en néerlandais : "Gaffelwaterjuffer" 

-en polonais : "Łątka zalotna "

 

- en anglais : "Dainty damselfly" ,  "Dainty damselfly  Bluet", "Dainty Blue Damselfly"

-en gallois : "Mursen las bert"

  http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/coenagrion_scitulum.html

-en breton : "Dimezell goant" ("Belle demoiselle")

CZ: "Šidélko huňaté"

RU: "Стрелка красивая"

UA: "Стрілка гарна"

HU: "Ritka légivadász"

SI: "Povodni škratec"

http://www.hlasek.com/coenagrion_scitulum.html

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— RAMBUR (Pierre), 1842, Histoire naturelle des insectes :Névroptères, Paris, Roret.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f288.image.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
24 mars 2019 7 24 /03 /mars /2019 15:59

Zoonymie des Odonates : les noms de Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825), "l'Agrion joli" ou "Agrion exclamatif".

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Résumé. 

— genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : le nom (mais non le genre) Coenagrion devait alors, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

pulchellum, Vander Linden, 1825 : l'auteur avait créé le nom Agrion pulchella , du latin signifiant "jolie" (diminutif féminin de pulcher, "beau") pour souligner la beauté féminine des "Demoiselles", dans le même esprit par lequel Linné avait créé Libellula puella ("jeune fille"), et en reprenant en écho  le diminutif en -ula et -ella de ces deux derniers noms. L'adjectif neutre pulchellum (accordé avec Coenagrion) ne rend plus compte de la subtilité poétique de ce choix.

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— noms en français : 1°) "L'Agrione gentille", Sélys, 1840; 2°) "L'Agrion gentil", Sélys, 1850 ; 3°) "L'Agrion joli",P.-A. Robert, 1958 : 4°) "Le gracieux Agrion",  P.-A. Robert, 1958 4°) "L'Agrion exclamatif", Jourde 2007.

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— Noms en d'autres langues :

- en allemand  : Die Fledermaus-Azurjungfer : la Demoiselle bleue Chauve-souris. 

- en hongrois A gyakori légivadász 

- en estonien Sarvikliidrik

- en lituanien Gražioji strėliukė

- en norvégien Variabel blåvannymfe 

- en polonais Łątka wczesna, łątka nietoperzówka  :  Chauve-souris. 

- en suédois Mörk lyrflickslända :  Libellule sombre fille lyrique ou mörk U-flickslända  « Zygoptère au U  sombre» 

- en finnois Sirotytönkorento = "la libellule jeune fille menue" ( Tytönkorennot = Coenagrionidae) 

- en néerlandais De variabele waterjuffer = la Demoiselle des eaux variable.

- en frison occidental : Blaumasterke Blaumasterke, Stipjufferke, Sompejufferke

- en catalan El Donzell del ratpenat :  la Demoiselle de la Chauve-souris. 

- en anglais The variable damselfly ou variable bluet , UK: Variable damselfly Bluet = la demoiselle bleue variable.

- en gallois Mursen las amrywiol 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE COENAGRION, KIRBY 1890.

 

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-coenagrion-kirby-1890.html

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NOM D'ESPÈCE COENAGRION PULCHELLUM (VANDER LINDEN, 1825).

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[Agrion pulchella ], Vander Linden (Pierre-Léonard) 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Pages 38-39 n° 9.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

Pierre-Léonard Vander Linden est un médecin et entomologiste belge ( Bruxelles, 12-12-1797/ Bruxelles, 4-04-1831) que les biographies en ligne présentent essentiellement comme un spécialiste des Hyménoptères. Pourtant, il est l'auteur de 7 espèces d'Odonates en 2 publications de 1820 et 1827 . Voir mes  articles sur I. elegans (Vander Linden, 1820) et sur Somatochlora metallica . 

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/zoonymie-des-odonates-le-nom-aeshna-affinis-vander-linden-1820-l-aeschne-affine.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-etude-des-noms-de-somatochlora-metallica.html

Rappel :

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En 1758, Linné avait décrit deux espèces de ce qui deviendra les Zygoptères : Libellula virgo et Libellula puella (avec quatre variétés alpha à delta). La tâche des naturalistes fut, après cette édition du Systema Naturae , de démembrer parmi ces quatre "variétés" (devenues sept dans le SN  , éd. de Gmélin 1789 avec epsilon, eta et chi ) lesquelles étaient les formes sexuées ou immatures de la même espèce, et lesquelles étaient des espèces distinctes. Puis de les corréler avec les descriptions de 3 espèces décrites par Geoffroy en 1762.

Olivier décrit en 1789 six variétés de Libellula puella A à F.

En 1804, Latreille, qui  créa son genre Agrion avec ses deux espèces, virgo (ailes colorées) et puella (ailes non colorées), ne décrit plus que trois variétés a, b, et c de son Agrion puella ou Agrion Jouvencelle .

 

"A. Jouvencelle; agrion puella. Fab. Libellula puella. Lin. Ailes transparentes, sans couleurs.

Var. a. Alternativement bleue et cendrée; un point noir aux ailes. - L'amélie. Geoff. — Roes. insect. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 1o , fig. 5, 4.

 Var. b. D'un verd bleu en dessous, brune en dessus ; corselet ayant des bandes brunes et bleuâtres alternes; 'un point noir, marginal, aux ailes. — La dorothée. Geoff. — Rœs. ius. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 11 , fig. 7

Var. . d. D'un verd incarnat pâle ; trois bandes noires, longitudinales, sur le corselet; un point brun, marginal , aux ailes. — La sophie. Geoff.

Comme l'on trouve ces variétés réunies pèle-mêle dans leurs amours, il est difficile de savoir si ce sont des espèces."

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En 1825, Vander Linden reprend, dans le genre Agrion de Latreille, les deux groupes I Alis coloratis  aux ailes colorées (A. virgo et haemorrhoidalis),  et II Alis albis aux ailes non colorées.

Dans ce groupe II, il décrit 10 espèces :

  • Agrion viridis correspond à Libellula puella alpha de Linné : ce sera Chalcolestes viridis (Vanderlinden 1825)
  • Agrion sanguinea correspond à Libellula puella beta  de Linné. Ce sera Pyrrhosoma nymphula (Sultzer 1776)
  • Agrion pulchella est une description propre de Vander Linden : ce sera Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825)
  • Agrion puella correspond à l'Amélie et à la figure 7 du tableau XI de Roesel (mais ne renvoie pas aux variétés de Linné). ce sera Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)
  • Agrion elegans est une description propre de Vander Linden  : ce sera  Ischnura elegans (Vander Linden, 1820)
  • Agrion platypoda correspond à la variété chi de Libellula puella du  SN Gmelin : ce sera  Platycnemis pennipes (Pallas, 1771) 
  • Agrion analis sera Agrion najas (Hansemann 1823)
  • Agrion rubella sera Cériagrion tenellum ( de Villers, 1789)

.

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Description originale :

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A G R I ON PULCHELLA

 A. Capite et thorace suprà nigris, macula post oculum utrumque, strigaque utrinque thoracis, cæruleis aut violaceis : abdomine fusco-æneo , segmentis plurimis basi caeruleis.

Schaeff. lcon. Ins., tab. 120, f. 4, fem.

Mas.

-Caput suprà nigrum, macula post oculum utrumque, et lineola intermedia, cæruleis : anticè cæruleum , strigis duabus transversis nigris. Oculi fusci subtùs cærulei.

-Thorax suprà niger, striga utrinque longitudinali cærulea, aliquando interrupta : subtùs lateribusque cæruleus. -Abdominis primum segmentum cæruleum ; 2. cæruleum macula bifida nigra; 3. 4. 5. 6. nigro-ænea, macula baseos cærulea ; 7. nigro-æneum; 8. cæruleum; 9. cæruleum postice nigrum ; 10. Nigrum.

-Pedes nigri, femoribus extùs, tibiis intùs, cæruleis.

-Alæ albæ, macula marginali obscura, puncto nigro.

Femina.

-Caput, thorax, pedes, alæ ut maris.

-Abdominis segmenta, 3. 4. 5. 6. 7. 8. nigro-aenea macula baseos cærulea; 9. 10. nigra. Variat etiam abdominis segmentis 3. 4. 5. 6. 7. nigris immaculatis : 8. macula baseos virescente.

Long. 14 lin. Ext. alar. M. 16 lin., F. 19 lin.

Habitat in Italia et Bruxellis. Mus. nostr.


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Zoonymie des Odonates : les noms de Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825).

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE PULCHELLUM.

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Vander Linden a accordé son épithète avec le genre Agrion, considéré par Fabricius comme  féminin. Pulchella est devenu pulchellum en s'accordant avec Coenagrion, neutre (alors que nous avons Gomphus pulchellus, car Gomphus est masculin).

L'adjectif latin pulchellus, a, um est un diminutif, par le suffixe -lus,  de pulcher, chra, chrum, "beau" et se traduit par "joli, tout à fait charmant" (Gaffiot p. 1275).

L'usage de cette forme diminutive en -lus s'est accentué avec Linné et a été fréquemment repris ensuite (tenellum, dim. de tener "tendre" ; scitulum, dim. de scitus "beau", viridulum, dim. de viridis "vert", nymphula, dim. de nympha "nymphe", simillimus, dim. de similis, "semblable", flaveolum, dim. de flavus, "jaune", ..) mais son emploi par Vander Linden dans -pulchella  fait surtout écho à Libellula (dim. de libella) et forme un duo sonore avec  puella (de puer, "enfant"). Les trois noms de libellula, puella et pulchella s'accordent en rime pour évoquer la grâce féminine des zygoptères, plus petites et plus minces que les anisoptères, dans une tradition de dénomination populaire des libellules comme Demoiselles attestée dès le XVIIe siècle. 

Dans le texte de Vander Linden, la description d' A. Pulchella fait suite immédiatement à celle d'A. puella.

Enfin, notons que, dans sa description originale, Vander Linden n'utilise pas l'adjectif pulchella, et ne se prononce pas sur la beauté de l'espèce, ce qui confirme que l'épithète est surtout déterminée par le contexte de dénomination de ces Agrions féminins, plutôt que par la qualité esthétique particulière de cette espèce.

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Autrement dit, toutes les formes neutre Coenagrion pulchrellum ou masculine "Agrion joli" trahissent la raison d'être de cette épithète soulignant que ces Agrions sont, dans la tradition populaire et dans le regard des naturalistes, des Demoiselles aux grâces féeriques.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-joli/

" De pulchellus (lat) = joli, gracieux."

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

 "from Lat. pulcher, dimin. pulchellus, -a, -um = pretty"

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"pulchellum (Coenagrion) - pulchellus, a, um = molto grazioso. Per l’aspetto generale del corpo."

 

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"The denomination - pulchellum (Vander Linden) [l. beautiful little ...] shows that Odonata are able to enchant even dry taxonomists."

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"komt van pulcher (mooi, prachtig) = mooi, lieflijk,"

.

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "L'Agrione gentille", Sélys 1840.

Monographie des Libellulidées d'Europe page 161.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=agrion+pulchella&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys, dont le mot d'ordre est de créer un nom français traduit littéralement du nom scientifique, choisit ce nom de genre "Agrione" qui souligne bien que le nom de genre scientifique Agrion de Fabricius (puis de Latreille ?) est féminin, mais il traduit bizarrement pulchella par "gentille" en dépit des dictionnaires latins. Et en dépit aussi du sens, car rien, dans cette espèce, ne justifie spécifiquement ce choix.

2°) "L'Agrion gentil" Sélys, 1850.

Revue des Odonates p. 197 n°12.

Le genre Agrion était féminin chez Fabricius et chez Latreille (qui écrit en 1804 pour A puella "Agrion jouvencelle" ... et non jouvenceau). Comme l'avait fait Toussaint de Charpentier en 1840, et Rambur en 1842, Sélys qui s'approprie le genre, en fait un neutre et il décrit donc Agrion pulchellum (Vander Linden) :  il est donc logique avec lui-même en le traduisant en français "Agrion gentil".

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3°) "L'Agrion joli", "le gracieux Agrion",   Paul-André Robert, 1958.

Les noms vernaculaires tombent en désuètude, jusqu'à ce que le naturaliste suisse se préoccupe de décrire chaque espèce avec un nom en français. Je suppose que la faute de traduction commise par Sélys lui est apparue dans toute sa grossièreté, et qu'il s'est empressée de la corriger en consultant son Gaffiot : la forme "L'Agrion joli" s'imposait. Il propose en synonyme "Le gracieux Agrion", qui n'a pas trouvé grâce pour la postérité.

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4°) "L'Agrion exclamatif", Jourde in Dijkstra 2007.

Dans la traduction en français par Philippe Jourde de Filed Guides to the Dragonflies of Britain and Europe de K.-D. B. Dijkstra, le traducteur introduit le nom d'"Agrion exclamatif", en plaçant "Agrion joli" en deuxième nom. L'intérêt de ces auteurs pour les noms en français est indéniable, et doit être souligné :

"Les noms vernaculaires sont essentiels pour mieux faire connaître les libellules. Ils doivent être aussi compréhensibles, utilisables et cohérents que possibles. "

Ce nom rappelle que "les mâles arborent normalement un point d'exclamation sur les "épaules". (page 106)

Dans Libellule de Poitou-Charente, auquel collabore Philippe Jourde (SFO), ce nom est abandonné.

Depuis 2012 (Liste de référence de la SFO), c'est le nom d'Agrion joli qui s'impose à tous.

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

 

Heureusement, les autres pays savent échapper à l'affligeante traduction littérale du nom scientifique imposée dans notre langue par le belge Sélys-Longchamps, et adopter des noms imagés aidant la mémoire des amateurs :

- en allemand  : Die Fledermaus-Azurjungfer : la Demoiselle bleue Chauve-souris. 

- en hongrois A gyakori légivadász 

- en estonien Sarvikliidrik

- en lituanien Gražioji strėliukė

- en norvégien Variabel blåvannymfe 

- en polonais Łątka wczesna, łątka nietoperzówka  :  Chauve-souris. 

- en suédois Mörk lyrflickslända :  Libellule sombre fille lyrique ou mörk U-flickslända  « Zygoptère au U  sombre» 

- en finnois Sirotytönkorento = "la libellule jeune fille menue" ( Tytönkorennot = Coenagrionidae) 

- en néerlandais De variabele waterjuffer = la Demoiselle des eaux variable.

- en frison occidental : Blaumasterke Blaumasterke, Stipjufferke, Sompejufferke

- en catalan El Donzell del ratpenat :  la Demoiselle de la Chauve-souris. 

- en anglais The variable damselfly ou variable bluet , UK: Variable damselfly Bluet = la demoiselle bleue variable.

- en gallois Mursen las amrywiol 

-  en breton : dimezell duc'hlas (demoiselle bleu-noir), en attente de validation.

OU  http://www.hlasek.com/coenagrion_pulchellum_bh1185.html

DK: Flagermus Vandnymfe

IT: Agrion leggiadro

CZ: Šidélko širokoskvrnné

SE: Mörk U-flickslända

SI: Stanjssani sskratec

RU: Стрелка изящная

UA: Стрілка чудова

SI: Suhljati škratec

 

 

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SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

 

 — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 18:39

Zoonymie des Odonates : étude des noms de  Coenagrion puella (Linnaeus, 1758), "l'Agrion jouvencelle".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé. 

genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : Coenagrion doit, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

puella, Linnaeus 1758 :  du nom latin féminin puella, ae "jeune fille", en raison de la petite  taille et de l'abdomen fin des Zygoptères, mais surtout sous l'influence des noms vernaculaires assimilant celles-ci à des "demoiselles" (attesté dès 1678 en français), et repris par les naturalistes : en hollandais "Juffertjes" Leeuwenhoeck, 1695,  puis en allemand "Jungfer", Frisch, 1738, et en français "Demoiselle" Homberg 1699 et Réaumur,  1742.

— noms communs en français : 1°) "L'Amélie" ou "La Dorothée", Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule Amélie", Olivier, 1789 ; 3° L'Agrion jouvencelle Latreille 1800 ; 4°) "L'Agrion fillette", Milne-Edwards in Lamarck, 1835 ; 5°) "L'Agrione vierge", de Sélys, 1840 ; 6°) L'Agrion Jeune fille", Chenu 1860. Depuis de Sélys 1850 et P.-A. Robert 1958, c'est le nom d'"Agrion jouvencelle" de Latreille qui s'est imposé. "Jouvencelle" est une forme vieillie voire médiévaliste, mais élégamment sonore  pour "jeune fille".

— noms communs dans d'autres langues :

Ils mettent en avant la couleur bleue, et le nom de puella = demoiselle, ou la marque en U noir (en fer à cheval) du 2ème segment des mâles.

 

- en anglais The azure damselfly, la Demoiselle (Zygoptères) bleu-azur

- en catalan : El Donzell de la ferradura  : La demoiselle du fer à cheval (marque en S2)

- en néerlandais :De azuurwaterjuffer : la demoiselle des eaux bleu-azur.

-en frison  Blaujufferke : la demoiselle des eaux bleu-azur.

- en allemand : Die Hufeisen-Azurjungfer : La demoiselle bleue au  fer à cheval (marque en S2)

-en russe : Стрелка-девушка, стрелка девушка : (fille-flèche)

- en finnois Eteläntytönkorento : la demoiselle (libellule-jeune-fille) du sud

-irlandais : Béchuil ghormghlas : (bleu-vert)

-en gallois  Mursen las asur : la Demoiselle bleu-azur.

-hongrois Szép légivadász : le beau Coenagrion 

-en lituanien Pasaginė strėliukė

-en letton : Gaišzilā krāšņspāre

-en norvégien  Sørlig blåvannymfe

-en polonais  Łątka dzieweczka

-en slovène  Modra vodendevojčica

-en suédois  Ljus lyrflickslända

 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE COENAGRION, KIRBY 1890.

 

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-coenagrion-kirby-1890.html

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NOM D'ESPÈCE COENAGRION PUELLA (LINNAEUS, 1758). 

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[Libellula puella] Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824.page 546

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034357#page/556/mode/1up

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Description originale.

Puella. 18. L. alis erectis hyalinis. 

— alpha. Libellula corpore sericeo, alis puncto marginali fusco. 

Fn. svec. 760. 
Raj. ins. 51. n. 15. 
Roes. aqu. 2. t. 10, 11. omnes. 
Reaum. ins.  6. t. 40 f. omnes. 

— beta. Libellula corpore incarnato, alis puncto marginali fusco.

Fn. svec. 761. 
Raj. ins 51. n. 16. & 52. n. 17. 
Reaum. ins. 6. t. 3. f. 4. & t. 4. t. II f. 6. 
Roes ins aqu. 2. t. 10, 11. 

—  gamma- Libellula corpore sericeo, alis puncto marginali nigro. 
Fn. svec. 762. 
Raj. ins. 140. n. 1. 

— delta. Libellula corpore caeruleo cinereoque alterno, alis puncto marginali nigro.

Fn. svec. 763. 
Goed. ins 3. p. 29.f. R
List. goed. 228. f 103.

Merian. eur. 78. t. 156. 

Raj. ins. 53. n. 18. 
Reaum. Ins 6. t. 35.f 6.

Frisch. insect. 8. t. 11. 

Habitat ad prata paludosa, victitans Muscis.  Varietates conjunxi, quas copula saepius junctas vidi. 

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella : ce sont nos ZYGOPTERA

Il indique pour chacune les références,  à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray, Réaumur et Roesel, mais aussi Goedard et Goedard par Lister, Mérian, et Frisch.

Parmi ses deux dernières, qui sont nos Zygoptères, la première correspondra à Calopteryx virgo.  Linné décrit ensuite sous le nom de Libellula puella quatre variétés appariées : deux variétés alpha et beta dont le point marginal des ailes (ptérostigma) est brun (l'une est "soyeuse", l'autre est rouge) et deux autres gamma et delta  dont le ptérostigma est noir (l'une est "soyeuse", l'autre bleu et gris alterné). Dans le texte des références à la Fauna suecica et à John Ray, les espèces "soyeuses" sont décrites avec des couleurs bleu, vert ou "livide". Ces quatre variétés correspondent alors à l'ensemble des zygoptères des collections européennes, aux ailes non colorées !

 

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Zoonymie des Odonates : Coenagrion puella (Linnaeus, 1758).

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Depuis cette description, de très nombreuses autres espèces de libellules aux yeux écartés ont été décrites, l taxonomie a établi le genre Coenagrion aux mâles bleus annelés de noir, et ses 13 espèces européennes. L'espèce Coenagrion puella, l'une des plus communes, se reconnait, pour les mâles  "au U noir du 2ème segment de l'abdomen et aux lignes latérales de l'abdomen".

Illustration par Lucas en 1900 : Coenagrion puella mâle.

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

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Source  : animalbase http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

Source : animalbase http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

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Les références faites par Linné pour Libellula puella.

 

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a) Sa propre Fauna suecica Linné 1746 page 229.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/263/mode/1up

Les quatre variétés y étaient décrites comme quatre espèces n° 760 à 763. Si la diagnose est la même que dans le Systema naturae, la description DESCR y est détaillée, et les références à John Ray sont accompagnées de la citation du texte de cet auteur.

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b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 140 et page 50 n°15 16 17 et 18 et page 140 n°1.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/139/mode/1up

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c) Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X et XI . omnes

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.]
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0295/image

La description des planches est donnée en allemand : Der kleine schmal-leibige Wassernymphen-Wurm mit drey breiten Ruder-Federn, nebst seiner Werwandlung. Tab. X et XI.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0297/image

Le titre peut se traduire par "La petite larve aquatique à corps mince avec trois "plume-gouvernail" avec sa métamorphose". Le sujet principal du chapitre est la larve, qui est décrite aux quatre premiers paragraphes, et illustrée aux figures 1 et 2 de la planche X et 8 de la planche XI.

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Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

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La figure XI fig.9 montre le masque caractéristique des larves.

Puis les imagos sont décrits au paragraphe  6 et 7 de la planche XI avec le détail des couleurs du corps et des yeux :.  

 

Einige fuhren einen grun, braun und gold schillerenden hinter-Leib ; hingegen aber ist der Worder-Leib zuwelien grûnlicht, zuweilen gelb und obenher dunckel braun ; die beeden Augen aber sind glänzend braun-roth, wie die sechste Figur der XI Tabelle zeiget. Wieder eine andere Art sehen wir in der sibenden Figur eben dieser Tabelle, und selbige wird wohl am häussiggsten gefunden, ist auch eine derer kleinesten Arten.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0300/image

 

 Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche XI.

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche XI.

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Sur la planche X fig. 4 et 5, les imagos sont montrés en tandem, les cerques du mâle (fig. 4) placés sur le pronotum de la femelle, en préparation de l'accouplement en cœur de la figure 6.

Voir  paragraphe 5 en renvoyant aux figures 3, 4 et 5 de la planche X.

 Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

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c)  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figure 6 ; référence pour la variété delta.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/685/mode/1up

 

 

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Réaumur, 1742.

Réaumur, 1742.

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d) Sibylla Merian De europische insecten, 1730, texte page 78 et planche CLVI ; référence pour la variété delta.

 

 

— MERIAN (Anna Maria-Sibylla) De Europische insecten 1730 Jean Marret, M.D. Amsterdam J.F. Bernard https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n3/mode/2up

La libellule est posée sur une grande Jacinthe bleue Hyacinthus orientalis maximus C.B. Pinus 44 (H. orientalis, L. 1753). Son abdomen porte des marques noires et bleues annelées ; le thorax et les yeux sont bleuâtres, et les ptérostigmas sont noirs.

https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n159/mode/2up

https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Dans l'édition française, la planche se trouve page 40, ce qui nous donne accès à la traduction du texte :

— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buchoz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

https://documents.univ-toulouse.fr/150NDG/T2/PPN07558171X.pdf

"Ces animaux naissants, n'excédant pas la grandeur d'une puce : ils croissent ensuite à vue d'œil, & deviennent beaucoup plus grands. On les trouve dans les fossés, & ils ne se servent d'autre nourriture, si ce n'est qu'ils se mangent les uns les autres. J'ai remarqué qu'un des plus grands a dévoré en peu de temps les plus petits de la même espèce ; d'où vient que ces petits animaux paraissent extrêmement craintifs. De l'un de ces insectes provint cet Animal bleu & ailé, qu'on voit représenté sur la Planche."

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Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

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Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

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e) Goedart 1662  tome 3 fig. R et Goedaert in Lister 1685 page 228 fig. 103.

— Goedaert (Johannes), Metamorphosis et historia naturalis insectorum, apud Jacobum Fierensium, volume 3, 654 p, page 29 figure R.

La larve est désignée sous le terme général d'Animalcula, et l'imago n'est pas nommé.

https://books.google.fr/books/ucm?id=XYMDFCMqBy0C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— GOEDART (Jan), 1685, Johannes Goedartius de Insectis nin methodum redactus cum notularum additione, operâ M. Lister, e Regia Societate Londinensi, Smith : London, 1685 [cf.  page 259 du lien suivant  fig. 103 dans l'édition colorisée : Bibl. Strasbourg]

 

http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Dans cette édition colorisée, l'abdomen et le thorax de la libellule sont colorés en bleu entre les anneaux noirs. Cela semble faire l'objet d'un commentaire en italique.

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Goedaert 1662

Goedaert 1662

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Goedaert in Lister 1685.

Goedaert in Lister 1685.

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f) Frisch. insecten, 1730. volume 8. tabellen 11.  référence pour la variété delta.

https://books.google.fr/books?id=78BCHTyXlzkC&dq=jungfer+libella&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Johannes Leonarhd Frisch consacre plusieurs chapitres du tome VIII de son Beschreibung von allerley Insecten von Teutchslands  (Description de toutes sortes d'insectes d'Allemagne), à partir de la page 16.

https://books.google.fr/books?id=xn-G0Q6gi9MC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

VIII: Von den Libellis oder sogenannten Jungfer. Der grössen Art.

IX. Von einem Wurm voraus eine breitleibige Libella kommt.

X. Von dem Wurm voraus der Langleibige Libella kriechet

XI. Von den Goldgrünen und Goldbraunen kleinen Libella.

C'est vers ce chapitre Sur la petite Libellule vert-doré et brun-doré que renvoie la référence linnéenne.

Homberg cite, pour souligner la différence entre sa propre description et la sienne, un article de Homberg pour les Mémoires de l'Académie royale des Sciences, daté de 1699 (page 145) : "Observations anatomiques sur les insectes apellées ordinairement Demoiselles" où est figuré l'accouplement de Calopteryx [splendens] sous le nom de Demoiselles. J'ai présenté cet article dans la zoonymie de Calopteryx virgo

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.image

http://www.lavieb-aile.com/2018/05/zoonymie-des-odonates-le-nom-calopteryx-virgo-linnaeus-1758.html

Il renvoie aussi aux descriptions de Johannes von Muralto (Jean de Murat, médecin de Zurich, 1645-1733)  et de Mentzer

 

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J.L. Frisch, vol. VIII tab. XI.

J.L. Frisch, vol. VIII tab. XI.

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RÉCEPTION DE LIBELLULA PUELLA DE LINNÉ

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La tâche des naturalistes fut, après cette édition du Systema Naturae , de démembrer parmi ces quatre "variétés" (devenues sept dans le SN  , éd. de Gmélin 1789 avec epsilon, eta et chi ) lesquelles étaient les formes sexuées ou immatures de la même espèce, et lesquelles étaient des espèces distinctes. Puis de les corréler avec les descriptions de 3 espèces décrites par Geoffroy en 1762.

Olivier décrit en 1789 six variétés de Libellula puella A à F.

En 1804, Latreille, qui  créa son genre Agrion avec ses deux espèces, virgo (ailes colorées) et puella (ailes non colorées), ne décrit plus que trois variétés a, b, et c de son Agrion puella ou Agrion Jouvencelle .

 

"A. Jouvencelle; agrion puella. Fab. Libellula puella. Lin. Ailes transparentes, sans couleurs.

Var. a. Alternativement bleue et cendrée; un point noir aux ailes. - L'amélie. Geoff. — Roes. insect. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 1o , fig. 5, 4.

 Var. b. D'un verd bleu en dessous, brune en dessus ; corselet ayant des bandes brunes et bleuâtres alternes; 'un point noir, marginal, aux ailes. — La dorothée. Geoff. — Rœs. ius. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 11 , fig. 7

Var. . d. D'un verd incarnat pâle ; trois bandes noires, longitudinales, sur le corselet; un point brun, marginal , aux ailes. — La sophie. Geoff.

Comme l'on trouve ces variétés réunies pêle-mêle dans leurs amours, il est difficile de savoir si ce sont des espèces."

En 1825, Vander Linden reprend, dans le genre Agrion de Latreille, les deux groupes I Alis coloratis  aux ailes colorées (A. virgo et haemorrhoidalis),  et II Alis albis aux ailes non colorées.

Dans ce groupe II, il décrit 10 espèces :

  • Agrion viridis correspond à Libellula puella alpha de Linné : ce sera Chalcolestes viridis (Vanderlinden 1825)
  • Agrion sanguinea correspond à Libellula puella beta  de Linné. Ce sera Pyrrhosoma nymphula (Sultzer 1776)
  • Agrion pulchella est une description propre de Vander Linden : ce sera Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825)
  • Agrion puella correspond à l'Amélie et à la figure 7 du tableau XI de Roesel (mais ne renvoie pas aux variétés de Linné). ce sera Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)
  • Agrion elegans est une description propre de Vander Linden  : ce sera  Ischnura elegans (Vander Linden, 1820)
  • Agrion platypoda correspond à la variété chi de Libellula puella du  SN Gmelin : ce sera  Platycnemis pennipes (Pallas, 1771) 
  • Agrion analis sera Agrion najas (Hansemann 1823)
  • Agrion rubella sera Cériagrion tenellum ( de Villers, 1789)

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Voir ensuite World catalogue of Odonata, Steinmann

https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA225&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjxvb6-1ZjhAhUtAWMBHdXkABgQ6AEIKTAA#v=onepage&q=%22agrion%20puella%22&f=false

 

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE PUELLA.

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Puella : du nom latin féminin puella, ae "jeune fille". Puer, eri est "un enfant", et puellus "un petit garçon".

a) Dans sa Fauna suecica de 1746 page 229, les 4 variétés de L. puella étaient décrites par Linné comme quatre espèces "alis erectis sedentes, parvae", "se tenant ailes écartées, petites", et 3 d'entres elles appartenaient aux Libella minor (petites Libellules) de John Ray : ce nom de puella renvoie au fait que cette espèce (représentant alors toutes les Zygoptères, je le rappelle) est plus petite que les autres libellules.

b) Parmi ces quatre variétés, la variété alpha renvoie à la n° 760 du Fauna suecica. Dans cet ouvrage, l'espèce n°760 donne en référence John Ray, mais aussi Leewenhoeck et son [Opera magna, seu ] Arcana naturae detecta ope microscopiorum, Delphis Batavorum 1695 , page 18 figure 9. Il n'indique pour cette référence que le mot JUNFFERTIES.  J'ai déjà signalé que c'était une coquille, une erreur de lecture pour JUFFERTIES. Or, ce mot hollandais est  issu de JUFFER, "demoiselle" dont il est le diminutif. Ce nom commun des libellules signifie donc  "petite demoiselle". C'est le seul nom commun (vulgo selon Linné, vulgaire ou vernaculaire) rapporté par Linné pour ses Libellules, et il y a de bonnes raisons de penser qu'il a influencé son choix de donner à la première espèce de petites libellules aux yeux écartés le nom de virgo, "vierge, jeune fille" et à la seconde le nom de puella, "jeune fille".

Le nom Juffertie est mentionné dans un dictionnaire de 1752 avec la mention "voyez Schillebald [en allemand]" ; mais il faut rectifier en Schillebold, ou Wasserjungfer, Wasserlibelle, termes allemands populaires pour les libellules. Je  trouve Juffertjes  dans une traduction de Rabelais en hollandais, datée de 1682 : Gy spreekt me van jonge Juffertjes te kussen, maer ik sweer je byden heyligen paltrok dien ik draeg, dat ik 'er geefne van ontslagen ben: zorgende dat my gebeuren mogt 't geene den Heer van Guyercharois geschiedde.

Il traduit le passage suivant du Quart Livre : "Vous parlez de baiser damoiselles. Par le digne et sacré froc que je porte, je m'en déporte, craignant que m'advienne ce qu'advint au seigneur de Guyercharois."

On trouve le terme également  en 1642 et en 1655.

Dans l'édition de 1722, le passage occupe la page 18  comme dans l'édition de 1695 ; et la figure (qui porte le n° 4 et non 19) montre ces demoiselles en tandem.

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JUFFERTJES in Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, page 18

JUFFERTJES in Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, page 18

Antonio van Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, figure 4.

Antonio van Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, figure 4.

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c) Si Linné écrit fautivement JUNFFERTJTES au lieu de JUFFERTJES, c'est probablement par contamination par l'allemand JUNGFER "jeune fille". L'équation Libellae = Jungfer figure dès 1738 chez Johannes Leonhard Frisch dans la préface de son Beschreibung von allerlei insecten in Teutschland publié à Berlin. C'est ce même Frisch qui est donné en référence de la variété delta de la puella, et il reprend ce nom de JUNGFER dans son volume VIII. Nous avons vu qu'il citait Homberg et le nom de DEMOISELLE.

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 Johann Leonhard Frisch,  verlegts Christoph Gottlieb Nicolai, 1738

Johann Leonhard Frisch, verlegts Christoph Gottlieb Nicolai, 1738

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JUNGFER, définition : Nouveau dictionnaire de la langue allemande et françoise, 1784

JUNGFER, définition : Nouveau dictionnaire de la langue allemande et françoise, 1784

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d) Si Linné a été influencé dans son choix pour puella par le hollandais JUFFERTJES ("demoiselle") Leeuwenhoeck, 1695, et par l'allemand JUNGFER (même sens) Frisch, 1738,  il l'a été également par le nom que Réaumur donne en 1742  à ses libellules, celui, précisément,  de DEMOISELLE. Il était utilisé depuis cette date par tous les naturalistes français, et donc connu par tous les naturalistes européens. On le trouve dès 1678 dans le Dictionnaire italien et françois de Nathanaël Düez page 126 en traduction de l'italien ba icola : "1. une  brouëtte. 2. une sorte d'insecte appellée demoiselle", puis en 1699 dans le titre de l'article de Guillaume Homberg où il est qualifié d' "ordinaire".

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Conclusion : bien que Linné ait formé son nom de LIBELLULA également sous l'influence de cette tradition populaire voyant dans les libellules de frêles jeunes filles, il restreint cette image, par les deux noms de virgo et de puella, aux espèces les plus petites et les plus fines, qui formeront les Zygoptères.

Puella : du nom latin féminin puella, ae "jeune fille", en raison de la petite  taille et de l'abdomen fin des Zygoptères, mais surtout sous l'influence des noms vernaculaires assimilant celles-ci à des "demoiselles", (attesté dès 1678 en français),  en hollandais "Juffertjes" Leeuwenhoeck, 1695,  puis en allemand "Jungfer", Frisch, 1738, et en français "Demoiselle", Homberg 1699 et Réaumur,  1742.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-jouvencelle/

"De puella (lat) = demoiselle, jouvencelle."

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. puella = girl, maiden"

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"puella, ae = fanciulla. Vale quanto detto per ancilla" ("jeune fille. La même chose est vraie pour ancilla" )"

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"The species name - puella (Linnaeus) [l. maiden, girl] was one of the two first in modern nomenclature of Odonata to reflect tender femininity."

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

"puella komt van puer (kind. jongen) = jonge vrouw, meisje"


 

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) L'Amélie, ou la Dorothée, Geoffroy 1762 .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/50613#page/236/mode/1up

Etienne-Louis Geoffroy décrit une de ses  14 espèces , la n°3, sous le nom d'AMÉLIE. Sa description, avec ses ptérostigmas noirs, son thorax bleu à trois bandes brunes (disons noires, il décrit des spécimens de collection) et ses segments abdominaux bleus à anneau noir est compatible avec un Coenagrion.  Il l'identifie comme étant la Libella puella de Linné dans sa variété delta (Fauna suecica n°763) et il renvoie aussi aux figures de la planche X de Roesel.

 

"LIBELLULA corpore cœruleo cinereoque alterno, alis puncto marginali nigro. Linn. faun. suec. n. 763.

Linn. syst. nat. Edit, 10, p. 546, n. 18. Libellula puella. 
Roesel. ins. vol. 2 , tab. 10 , fig. 3 , 4. Insect. aquatil. class. 2. 
L'amélie. 
Longueur 14 lignes. 
Ses aîles sont blanchâtres, finement veinées de noir avec un point noir sur le bord extérieur vers le bout. Sa tête est d'un bleu cendré avec les yeux bruns. Le corcelet qui est bleu, est orné de trois bandes longitudinales brunes, une au milieu , & deux plus étroites sur les côtés. Les segmens du ventre sont bleus, avec un anneau noir vers leur bout postérieur. Ils sont au nombre de neuf, & les deux derniers font plus gros que les autres & tout bruns. On trouve cet insecte dans les prés."

 

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Il décrit ensuite sous le nom de Dorothée une espèce qui ne diffère de l'Amélie que par une longue raie brune du dessus de l'abdomen. Le dessous du corps est bleu-vert, le dessous brun, le thorax est rayé de brun et bleu alterné, les ptérostigmas sont noirs. Cette longue raie brune dorsale m'a fait douter de l'existence d'anneaux noirs, mais il renvoie à la figure 7 de la planche XI de Roesel qui présente ces anneaux ; Dijkstra décrit pour C. puella, une "ligne longitudinale étroite qui s'étend sur le coté de l'abdomen à partir de chacun de ces anneaux", qui peut correspondre peu ou prou à la ligne brune du dessus du ventre. La forme femelle de couleur verte est également parfaitement compatible avec plusieurs des Coenagrions. "La femelle adulte a des marques semblables à celles du mâle, mais avec une couleur verdâtre au lieu du bleue. Elle a une fine bande noire ininterrompue le long de l'abdomen." (Wikipédia)

"4. LIBELLULA corpore infra cœruleo viridi , supra-fusco, thorace fasciis fuscis , coerulescentibusque alternis , puncto alarum marginali nigro. 
Roesel, ins. vol. 4 , tab. XI, fig. 7. Insect, aquatil. class. 2. 
La dorothée. 
Longueur 14 lignes. 
Je ne vois d'autre différence entre celle-ci & la précédente, que cette raie longue & brune, qui couvre tout le dessus du ventre. Du reste le corcelet & les ailes sont tout-à-fait semblables. Mais ce qu'il faut remarquer , c'est
que dans cette espèce-ci tout ce qui est bleuâtre dans les mâles , est d'un jaune un peu vert dans les femelles. Je 
les ai trouvés souvent accouplés dans les prés. "

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Pour la "variété" de la Dorothée, décrite ensuite, ne s'agit-il pas d'un Sympegma (fusca) ?

"NB. LIBELLULA corpore infra fulvo , supra nigro, thorace fulvo fuscoque vanegato, puncto alarum marginali fusco. 
Celle-ci n'est qu'une variété de la précédente , dans laquelle tout ce qui étoit bleu ou vert dans l'autre se trouve de couleur fauve, tandis que la raie de dessus le corps au lieu d'être brune est noire. Quelquefois aussi les raies du corcelet se trouvent manquer , & ce corcelet pour lors est tout brun , avec les côtés seulement fauves. "


 

 

 


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Enfin, Geoffroy décrit, avant de passer à sa deuxième famille, une espèce qu'il nomme La Sophie, et dont les ptérostigmas sont bruns : je l'écarte donc des Coenagrions, et je ne retiens pas son nom français dans ma liste.
 

5. LIBELLULA corpore viridi pallide incarnato , thorace fasciis tribus longitudinalibus nigrïs , alis puncto marginali fusco . 
Raj. ins. p. yi , n. 19. 
La sophie. 
Longueur 16 lignes. 
Sa couleur est d'un vert un peu rougeâtre & pâle,  elle a seulement trois bandes noires longitudinales sur le corcelet. Le dessus de son ventre est brun, &. quelquefois en-dessus il y a une raie brune longitudinale dans toute 
la longueur , mais elle n'est pas constante. Les aîles sont réticulées &. diaphanes , avec un point brun à l'extrémité 
du bord extérieur. On trouve cette espéce avec les deux précédentes auxquelles elle ressemble beaucoup.

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2°) "La Libellule Amélie", Olivier 1789.

— OLIVIER (Guillaume-Antoine), 1789, Histoire naturelle, discours préliminaire page 568 n°44.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA558&dq=Libellule+Am%C3%A9lie,+Olivier&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjarNX-vpjhAhXR8eAKHU5hDkYQ6AEIOzAD#v=onepage&q=Libellule%20Am%C3%A9lie%2C%20Olivier&f=false

 

Olivier regroupe sous ce nom sept variétés A à F pourtant assez différentes : la A, "d'un beau vert doré" est l'Amélie de Geoffroy, la D est sa Dorothée, la E est sa Sophie. 

Le nom reste en usage en 1792 et jusqu'en 1802.

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3° L'Agrion jouvencelle Latreille 1800 -1804.

LATREILLE, 1800, Histoire naturelle générale et particulière, vol. 91.

LATREILLE, 1804, Histoire naturelle générale et particulière des crustacés et des insectes, Dufart, page 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&dq=puella++jouvencelle&hl=fr&source=gbs_navlinks_s Latreille décrit l'Agrion jouvencelle ou Libellula puella avec ses trois variétés, l'Amélie, la Dorothée et la Sophie de Geoffroy : le genre Agrion se divise en Libellules aux ailes colorées, c'est l'Agrion vierge ou Libellula virgo, et aux ailes transparentes non colorées, c'est l'Agrion jouvencelle.

idem in Cuvier 1817

https://books.google.fr/books?id=kBAOAAAAQAAJ&pg=PA426&dq=libellula+puella+latreille&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjjsLj0v5HhAhXYBWMBHRSmBCsQ6AEIKTAA#v=onepage&q=libellula%20puella%20latreille&f=false

Le nom français "jouvencelle" et son masculin jouvenceau sont des formes vieillies aux colorations médiévales ou ironiques pour désigner une jeune fille ou un jeune homme, depuis le latin populaire juvencellus / juvencella ou du latin chrétien juvenculus /juvencula,  "jeune homme, jeune fille". Sous la plume de Latreille, il témoigne peut-être de l'influence du médiévalisme romantique du début du XIXe siècle; (Ivanhoé de Walter Scott = 1819) préparée par la celtomanie entrainée par les Poèmes d'Ossian (1760-63).

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4°) "L'Agrion fillette", Milne-Edwards in Lamarck, 1835.

Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, tome 4 page 432.

https://books.google.fr/books?id=he_ruKcCuPwC&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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5°) L'Agrione vierge, de Sélys, 1840.

SELYS, 1840, Monographie des Libellulidées d'Europe, page 163 n°8, Agrion puella (Vander Linden).

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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6°) "L'Agrion jouvencelle", Pierre Boitard 1843 puis de Sélys 1850 : reprise du nom donné par Latreille.

SELYS, Revue des Odonates page 200.

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=%22agrion+%22+revue+s%C3%A9lys&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

7°) L'Agrion Jeune fille", Chenu 1860.

CHENU (Jean-Charles), 1860, Encyclopédie d'histoire naturelle : Annelés , ed. Maresq, page 108.

https://books.google.fr/books?id=oiL4floRm5cC&pg=PA108&dq=%22agrion+jeune+fille%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiIirK12pjhAhVr8-AKHUBFAXUQ6AEIKTAA#v=onepage&q=%22agrion%20jeune%20fille%22&f=false

(et déjà en 1857:

  https://books.google.fr/books?id=ezpJAAAAcAAJ&pg=PA269&dq=%22agrion+jeune+fille%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiIirK12pjhAhVr8-AKHUBFAXUQ6AEIQDAE#v=onepage&q=%22agrion%20jeune%20fille%22&f=false

8°) Actuellement .

Le nom vernaculaire Agrion jouvencelle,  tombé en désuétude a été relevé un siècle plus tard par P.-A. Robert 1958 avec le commentaire puella = jouvencelle (jeune fille), et la citation d'Agrion jeune fille en synonyme,  puis par  Dommanget, 1987, et par l'ensemble des auteurs de guides naturalistes, par l'INPN et la liste de référence de la SFO..

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

Ils mettent en avant la couleur bleue, le nom de puella = demoiselle, ou la marque en U noir (en fer à cheval) du 2eme segment des mâles.

 

- en anglais The azure damselfly, la Demoiselle (Zygoptères) bleu-azur

- en catalan : El Donzell de la ferradura  : La demoiselle du fer à cheval (marque en S2)

- en néerlandais :De azuurwaterjuffer : la demoiselle des eaux bleu-azur.

-en frison  Blaujufferke : la demoiselle des eaux bleu-azur.

- en allemand : Die Hufeisen-Azurjungfer : La demoiselle bleue au  fer à cheval (marque en S2)

-en russe : Стрелка-девушка, стрелка девушка : (fille-flèche)

- en finnois Eteläntytönkorento : la demoiselle (libellule-jeune-fille) du sud

-irlandais : Béchuil ghormghlas : (bleu-vert)

-en gallois  Mursen las asur : la Demoiselle bleu-azur.

-en breton : dimezell c'hlas-oab  : la demoiselle bleu-azur (en attente de validation KAG)

-hongrois Szép légivadász : le beau Coenagrion 

-en lituanien Pasaginė strėliukė

-en letton : Gaišzilā krāšņspāre

-en norvégien  Sørlig blåvannymfe

-en polonais  Łątka dzieweczka

-en slovène  Modra vodendevojčica

-en suédois  Ljus lyrflickslända

 

 

 

 

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https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65141/tab/taxo

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SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

 

— FABRICIUS, 1775, Systema entomologiae : sistens insectorvm classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibvs, observationibvs / Flensbvrgi et Lipsiae :In Officina Libraria Kortii,1775. page 425 :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/82400#page/443/mode/1up

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates

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