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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 11:07

Saint Côme et saint Damien : le calvaire (kersanton, XVIe siècle) de la chapelle de La Magdeleine à Briec-sur-Odet.

La fontaine de la chapelle.

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Voir aussi :

 

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PRÉSENTATION.

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Situation.

 

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Geoportail remonterletemps

 

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L'examen des cartes est éloquente. Au sein d'un hameau de cinq ou six demeures, la chapelle et son calvaire (étoile) sont implantés en contre-haut de la fontaine votive (astérisque *),  et sur l'autre rive du ruisseau que le manoir de Pargamou dont la chapelle dépendait.

On voit aussi l'actuelle N165 Châteaulin-Quimper qui sépare désormais la chapelle et le manoir, et qui vient raser le cours d'eau.

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Carte IGN annotée.

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Par contre, la carte contemporaine ne montre pas le chemin qui reliait la chapelle et la fontaine sans passer, comme aujourd'hui, par Le Ty Men et son hangar. Remontons le temps, et consultons le cadastre de 1814, où ce chemin (cette route) apparaît. Elle traverse ensuite le ruisseau et appartient à un réseau de chemins reliant entre elles les différents hameaux comme Le Tymen, Lumunoc'h et Parc-a-mou.

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Cadastre de 1814 3P/23/1/1 Section C 3 La Magdelaine. Archives du Finistère.

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La carte d'Etat-Major rend bien compte  du fait  que Briec, comme Landrévarzec,  est caractérisé par un territoire vallonné habillé par un paysage mêlant bocages et cultures  positionné à une altitude comprise entre 44 et 230 mètres . Ce territoire, traversé par de nombreux cours d’eau, renferme également de plusieurs zones humides,  tandis que de nombreux hameaux et écarts (habitat isolé) occupent le reste du territoire communal dans un maillage dicté par le réseau hydrographique. Il est par contre difficile d'y imaginer les tracés d'une voie romaine ou d'un chemin de Compostelle passant, paraît-il, à coté de la chapelle.

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Carte d'Etat-Major 1820-1866

 

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C'est cette importance du réseau hydrographique que je voudrais souligner, car c'est lui qui détermine le paysage, mais aussi l'implantation des habitats, l'établissements des moulins (principale source industrielle d'énergie à l'époque), les voies de communication, la fertilité des cultures et donc la richesse économique, mais aussi sans doute l'implantation sans doute très ancienne voire pré-chrétienne, de fontaines à proximité des sources, avec leurs rituels de guérison. 

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chapelle = étoile.

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https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.030206&y=48.110324&z=18&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.022701&y=48.110745&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap

https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/P/03P/3P023/FRAD029_3P023_01_12.jpg

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Datation. 1578 ?

a) Nous ne disposons que d'un seul élément de certitude : l'inscription indiquant, à l'intérieur de la chapelle, sa fondation "le 14ème jour de février 1578". Mais les exemples sont nombreux de calvaires antérieurs à la chapelle ou l'église en place, et la chapelle de la Magdeleine  actuelle  a pu être reconstruite en 1578 sur un édifice antérieur où s'érigeait déjà un calvaire.

b) À Guernilis en Briec, la chapelle Saint-Sébastien date de 1574.

c) le blason du calvaire est celui des Moysan, sieurs de Parcamon, et se retrouve sur la chapelle, mais aussi sur leur  manoir situé à 500 m. de la chapelle. Or, un Guillaume Moysan figure parmi les nobles de Briac lors de la Montre de la réformation de 1481 en Cornouailles (il y représente sa mère). Il serait le fils, ou le descendant d'un Guillaume Moysan époux de Marguerite Trégain en 1469.

De même, Jan Moysan, sieur de Parcamon est présent à la Montre de la réformation de 1536, et représenté à la Montre de l'évêché de 1562. 

Donc ce blason laisse la possibilité d'une datation entre 1469 et le dernier tiers du XVIe siècle.

d) la stylistique ne permet pas encore d'attribuer ce calvaire à l'un des ateliers de sculpture sur kersanton recensés en Basse-Bretagne, et donc d'en préciser la datation.

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Le culte de Côme et Damien.

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J'ai exploré dans ce blog l'iconographie des deux saints médecins et jumeaux en Bretagne, et notamment en Finistère au XVIe siècle, pour découvrir que leur culte est attesté dans de nombreuses paroisses, tandis qu'une chapelle leur est dédiée à Saint-Nic.

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Hors de Bretagne :

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J'ai ainsi pu montrer que saint Côme se caractérisait, le plus souvent, par la tenue d'un flacon d'urine,  illustrant l'importance, dans l'art médical de l'époque, de l'uroscopie par laquelle le médecin, mirant les urines d'un patient, se prononce sur le pronostic en s'inspirant de la théorie des humeurs. L'attribut du saint est ainsi un récipient en verre, arrondi ou ovale, souvent tenu à hauteur de ses yeux. 

Damien, lui, tient un pot de pharmacie et parfois la spatule permettant de mélanger ou de prélever l'onguent qu'il contient. Si Côme illustre le versant diagnostic de la médecine, Damien illustre le versant thérapeutique, et on comprend que leur jumelage est nécessaire pour témoigner du caractère indissociable ou complémentaire des deux fonctions.

Les deux frères sont le plus souvent figurés dans la tenue vestimentaire propre à leur art, c'est à dire en habit de docteurs et coiffés du bonnet carré réservé à leur titre (et qui se retrouve sur la tête des docteurs en théologie ou en droit comme saint Yves).

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La présence de Côme et Damien sur ce calvaire de La Magdeleine en Briec (anciennement en Landrévarzec) montre l'importance du recours aux saints et à la religion  face aux pathologies de cette époque, au sein d'une sorte de pharmacopée hagiographique. Or, le toponyme La Madeleine indique, en France, d'anciennes léproseries ou des "lazarets" (de Lazare, frère de Marie-Madeleine), lieux d'isolement — confinement— lors des épidémies. Il parait logique que, dans cet endroit particulièrement voué aux problèmes de santé (et où saint Sébastien invoqué lors de la peste, a sa statue), nous trouvions ces deux docteurs en médecine.

On notera que l'ancien calvaire de la chapelle Saint-Côme de Saint-Nic, la statue de l'un des saints est géminé avec celle de Marie-Madeleine ; ou que le reliquaire du même lieu contenait les reliques des deux médecins, et de Marie-Madeleine . Certains Albarello (pots à pharmacie) sont peints d'un coté de Côme et Damien, de l'autre de Marie-Madeleine. Etc..

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Il est également important de noter que l'église de Landrévarzec disposait, du coté nord d'un autel dédié à Côme et Damien, et que l'abbé Abgrall signale qu'on y voit leurs statues. Je n'ai pu encore m'assurer que c'est aujourd'hui encore le cas.

Aucune confrérie de saint Côme et Damien, n'est attestée.

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I. LA FACE PRINCIPALE : LE CRUCIFIX, LA VIERGE ET JEAN. LE BLASON ET LES DEUX ANGES.

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Vue et description générales.

Le calvaire de La Magdeleine mesure 6 mètres de haut et date du XVIe siècle. Un  large soubassement architecturé à quatre niveaux,  à corniches moulurées,, supportant d'un coté une table d’offrande porte un socle asymétrique, orné sur la face principale d'un emblème funéraire, sur l'autre face d'un écusson muet, et sur le coté sud de la date 1829.

 

Puis s'élève le fût à pans supportant un croisillon à consoles godronnées. Ce croisillon reçoit les statues de la Vierge- géminée à saint Côme au revers, et de saint Jean- géminée avec saint Damien, tandis que le nœud est orné, sous deux anges hématophores, d'un blason  avec les armoiries des Moysan sieurs de Parcamou. La croix du crucifix est à branches rondes et fleurons-boules, et un saint évêque occupe le coté opposé.

Toute la partie haute (fût croix et croisillon) est en kersantite (roche principalement extraite en Rade de Brest et acheminée vers les ateliers de Landerneau) tandis que la partie basse est en granite.

J'ajouterai que ce calvaire placé sous la frondaison et sous l'ombre de grands érables ne favorise pas les tentatives d'un photographe amateur.

 

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Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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1. Le Christ en croix.

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Sous le titulus INRI, nous retrouvons les caractères assez répandus du Christ des calvaires de la région : tête inclinée à droite, yeux clos, moustache au dessus d'une petite bouche, barbe en pointe, couronne tressée à deux brins, cheveux formant deux masses rectilignes en V inversé sur les épaules, côtes horizontales, nombril en bouton, pagne dont les pans ne sont pas apparents, jambes parallèles, pieds superposés.

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Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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2. La Vierge au calvaire.

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Tête brisée replacée. Le visage, voilé, est inexpressif, le corps est peu animé, les mains sont jointes devant la poitrine. Le revers du manteau forme un large bande en S, au dessus d'une robe aux plis rectilignes.

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Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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3. Saint Jean au calvaire.

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Le corps est aussi hiératique que celui de la Vierge, mais la rectitude du manteau est rompue par une ceinture plate. La main droite (une large palette malhabile) est posée sur la poitrine, la main gauche retient le pan du manteau , et le livre est retenu sous l'aisselle.

Par contre, la tête est fortement inclinée et tournée vers le Christ.

La chevelure en boule rappelle celle de saint Jean du calvaire de Rumengol, attribué à l'atelier ducal du Folgoët vers 1433-1457. Mais ce trait stylistique, bien qu'il soit caractérisé, est trop isolé pour permettre une déduction.

https://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-eglise-notre-dame-de-rumengol-29-ii-le-calvaire.html

Par contre, la même chevelure, mais aussi les mêmes caractères généraux de posture ou de vêtement se retrouvent sur le calvaire de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain ; mais ce calvaire du XVIe siècle (article à suivre) n'est pas attribué à un atelier répertorié. 

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Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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4. Les anges hématophores ; le blason.

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Deux anges tiennent un calice pour recueillir le sang qui s'écoule des plaies des pieds du Rédempteur.

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Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Les armoiries peuvent se blasonner ainsi : à la bande losangée surmonté au canton senestre d'une tour. Cela permet d'y reconnaitre les armoiries décrits par procès-verbal sur les vitraux de l'église de Briec (d'or à la bande losangée de gueules, surmonté au canton senestre d'une tour crénélée d'azur murée de sable)  ou sur ceux de la chapelle de Quilinen en Landrévarzec (partye d’or à la bande Lozangé de gueulle accompagné au second quartier d’un chasteau d’azur que lesdits Kerguellen ont dit Estre Lalliance de la maison de Pacarmon, [Pargamou ou Pargamon]).

Ces armoiries se trouvent aussi sur l'une des portes de la chapelle de La Magdeleine, et je renvoie à mon article précédent, et à l'étude de ces armoiries par Michel Mauguin. On les trouverait aussi (je n'ai pu le vérifier) au manoir de Pargamou. Ce sont celles des sieurs de Pargamou, soit, pour le XVe et XVIe siècle, la famille de Moysan.

Seul bémol : le meuble qui occupe le coin supérieur droit ("canton senestre") est un peu différent d'une tour crénelée, ou d'un château.

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Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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II. LE REVERS. LES SAINTS CÔME ET DAMIEN.

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Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire, (kersanton, XVIe siècle), de la chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Au centre : un saint évêque.

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Rien ne ressemble plus à un saint évêque breton qu'un autre saint évêque, sauf lorsqu'il peut s'identifier par une inscription, par le poisson de saint Corentin ou du dragon de saint Pol Aurélien. L'embarras du choix ne peut être atténué que par un micro-indice : dans la chapelle se trouve la statue de saint Tugen (identifié, là, par le bâton qu'il enfonce dans la gueule d'un dragon).

La mention de la mitre, de la crosse (brisée) tenue à gauche, de la main gantée qui bénit, du surplis et de l'aube toutes deux plissées ou de la chape ne nous seront d'aucun secours.

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Saint évêque, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint évêque, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Saint Damien à droite de l'évêque (croisillon de gauche) tenant une spatule et un pot d'onguent.

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Le saint s'identifie comme docteur en médecine par son bonnet carré, mais aussi par l'épais manteau, fermé sur le devant, et à col rabattu. Il tient son attribut, le pot à onguent, et de l'autre main un objet oblong qui est sans doute une spatule plutôt qu'un livre.

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Saint Damien, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Damien, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Damien, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Damien, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Damien, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Damien, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Saint Côme à gauche de l'évêque (croisillon de gauche) tenant un livre et le flacon d'urine.

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La tête s'est brisée et est manquante (alors qu'au recto la tête de la Vierge, brisée, a été recollée). Le saint porte la même tenue que son frère, avec un manteau au col rabattu, fermé sur le devant et descendant sous les genoux au dessus d'une cotte plissée. Le bas de la cotte se soulève en deux logettes jumelles au dessus d'une solide paire de chaussures.

Il tient un livre en main droite et l'urinal ou matula en main gauche.

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Saint Côme, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Côme, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Côme, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Saint Côme, kersanton, XVIe siècle, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LA FONTAINE DE DÉVOTION ET SA STATUE.

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Le cartel près du calvaire en indique l'emplacement à 400 mètres au sud-ouest. Mais le chemin qui s'y dirigeait directement traverse une exploitation agricole et n'est plus en usage. Il faut reprendre la route de crête et se diriger vers Le Ty Men, puis longer un hangar et atteindre le vallon.  Jean-Patrick Leroy s'y est risqué en 2016, mais a trouvé le site en bien meilleur état que moi, comme en témoigne ses photos et son croquis. Son récit, par contre, évoque les difficultés auxquelles il faut s'attendre : "Arrivé dans la ferme vous avez une grange neuve sur votre gauche . Prenez le chemin qui s'ouvre entre la gauche de cette grange et une aire d'ensilage . Il est bétonné sur les premiers mètres, éventuellement boueux ensuite . il vous conduit à la fontaine, en contrebas de la voie rapide . Un ruisseau la longe . Bottes indispensables, et attention à ne pas vous les faire arracher par la boue ..". Et déjà en 2009 Marthe Knockaert avait décrit la même expérience.

En 2021, il faut accepter de s'égarer, découvrir au passage un tout petit moulin à roue horizontale en aval, revenir, écarter des ronces, s'aventurer au petit bonheur avec l'excitation d'un explorateur, et deviner, dans l'ombre, la forme rectangulaire d'un bassin. Ses belles pierres plates sont recouvertes de verdure, mais l'édicule est bien là, avec, à l'intérieur, l'une des plus curieuses statues, celle dite "de sainte Marie-Madeleine".

Ce que nous avons perdu en confort et accessibilité, ce que le photographe perd en qualité de cliché, nous le regagnons en nous laissant envahir par le mystère sacré des sous-bois humides, le chuchotement des eaux courantes, le pépiement des oiseaux, l'évocation des naïades, des dryades ou des faunes qui doivent nous épier, tapies derrière les feuillages.

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Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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De la statue en granite, nous reconnaissons une femme, couronnée, à la taille très fine sous les deux seins très écartés (ou bien deux bras ?). Les deux parenthèses striées peuvent correspondre à sa chevelure (ou à un voile), mais elles se referment, sous la taille en formant une mandorle au dessus d'un drap plissé.

J'y reconnais parfois une Vénus surgissant comme une anadyomène d'un écran, parfois une Vierge, et avec les yeux de la foi dans les auteurs qui m'ont précédé, une Marie-Madeleine avec ses longs cheveux.

Et cette statue m'a fait pensé à la Vierge que j'avais découvert quelques jours plus tôt sur le calvaire de Gouesnac'h.

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Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Fontaine de dévotion, chapelle de La Magdeleine , Briec-sur-Odet. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL Jean-Marie,  1904, Notice sur Briec,   B.D.H.A. 

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/af488ed0b5ac10edd2fb9441496254a9.pdf

la chapelle de la Madeleine (XVIème siècle), reconstruite en 1910. Elle est en forme de croix latine. La flèche a été tronquée par la foudre vers 1910. Sur l'un des piliers, on peut lire : "14è Jour de Février 1578", et sur le clocher, l'inscription : "Trellu Guillaume Fabrique 1578". La sacristie date de 1813. On y trouve des statues anciennes : sainte Madeleine, Vierge-Mère, saint Jacques, sainte Catherine, sainte Barbe, saint Sébastien, Couronnement de la sainte Vierge, saint Tugen ;

Cette chapelle dépendait de Landrévarzec avant la Révolution, mais est demeurée annexée à Briec après l'érection de Landrévarzec en paroisse. Elle ne fut pas vendue à la Révolution. Elle figure au rôle des décimes de 1765. Le pardon de cette chapelle située à une lieue au Nord du bourg, se célèbre le dimanche qui suit la fête de la Madeleine. La chapelle ne possède qu'un seul autel, on y remarque outre la statue de la Sainte représentée à genoux, une statue de saint Jacques. La chapelle aurait été bâtie ou rebâtie vers le milieu du XVIIIème siècle (M. Abgrall, 1904).

ABGRALL Jean-Marie,  1917, Notice  B.D.H.A Landrevarzec. 

http://backup.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f380bb38f284bdf4491c2244061a938a.pdf

"l'église Saint-Guénolé et Sainte-Trinité. L'édifice, en grande partie moderne, comprend une nef avec bas-côtés de trois travées, un transept avec chapelle polygonale au Sud, et un choeur. La façade ouest porte la date de 1762 et la chapelle Sud est du XVIIIème siècle. On y trouve le tombeau de la famille de Ploeuc. L'église abrite les statues anciennes de Notre-Dame, saint Guénolé (XVIème siècle, en pierre polychrome, H. 1,85 m, l'abbé est mitré avec une crosse dans la main droite et un livre ouvert dans la main gauche, avec inscription du fabricien du nom de Maellissien), saint Jean-Baptiste, saint Côme et saint Damien, saint Antoine et la sainte Trinité (au-dessus de l'autel)."

ABGRALL Jean-Marie, LE GUENNEC Louis, “Le chemin du Tro Breiz entre Quimper et Saint-Pol-de-Léon”, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1922, tome 49, p. 71

Cahiers de doléance pour la commune de Landrévarzec

http://infobretagne.com/landrevarzec-cahier-doleances.htm

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/briec_de_l_odet.html

152. Madeleine (La), g. k. 6 m. XVIè s. Large soubassement architecturé à quatre niveaux, corniches moulurées, table d’offrande. Socle asymétrique, emblème funéraire. Fût à pans. Croisillon à consoles godronnées. Statues géminées: Vierge-saint Damien, Jean-saint Côme, écusson avec armoiries. Croix à branches rondes, fleurons-boules, crucifix, anges recueillant le Sang. [YPC 1980]

COUFFON René, LE BARS Alfred, Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles, 2e éd., Quimper, Association Diocésaine, 1988

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/BRIEC.pdf

CDT29

https://cdt29.media.tourinsoft.eu/upload/Fiche-inventaire---chapelle-de-la-Madeleine.pdf

Comité de la Magdeleine à Briec : 

https://www.briec.bzh/contacts/comite-de-la-madeleine/

KNOCKAERT Marthe 6 mars 2009 (?)

http://martheknockaert.unblog.fr/category/fontaines-sacrees/page/60/

Pour trouver la fontaine, il faut se rendre au hameau de Ty Men qui se trouve à plus de 400m au sud de la chapelle. Il vous faudra traverser la cour de ferme et prendre à gauche le chemin le long des bâtiments de ferme . Il est stabilisé au début, ensuite….. . Encore une centaine de mètres et à droite dans la végétation se trouve la fontaine. La voie rapide se trouve juste au dessus.

LEROY Jean-Patrick 2016, "Chapelle de la Magdeleine à Briec", Journées du Patrimoine 2016, dossier photo Flickr

https://www.flickr.com/photos/valendrevarzecois/albums/72157623215271744/

https://www.flickr.com/photos/valendrevarzecois/5444430661/

MAUGUIN (Michel)

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf


PEYRON Paul, “Les églises et chapelles du diocèse de Quimper”, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1903, tome 30, p. 146

POP

https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?mainSearch=%22chapelle%20de%20la%20madeleine%20briec%22

SIX Anita (dir.), Le patrimoine des communes du Finistère, tome I, Charenton-le-Pont, Flohic éditions, 1998

SOURNIA (Jean-Claude), TREVIEN (M.), 1968, Essai d'inventaire des léproseries en Bretagne Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1968  75-2  pp. 317-343

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1968_num_75_2_2464

OUEST-FRANCE, 7 juillet 2013, 15 juillet 2015  et 21 juillet 2016,

https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/la-messe-dominicale-celebree-la-magdeleine-711214

https://www.ouest-france.fr/bretagne/briec-29510/une-nombreuse-assemblee-au-pardon-de-la-magdeleine-3565972

https://www.ouest-france.fr/bretagne/briec-29510/la-madeleine-michel-coz-veille-sur-la-chapelle-4382216

LE TÉLÉGRAMME 20 juillet 2011

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/briecdelodet/briec/pardon-de-la-magdeleine-une-quarantaine-de-fideles-20-07-2011-1376112.php

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Situation.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.030206&y=48.110324&z=18&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.022701&y=48.110745&z=15&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap

Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et du Tro Breiz passent à côté de la chapelle.

 

 

https://www.briec.bzh/patrimoine-religieux/

La Chapelle de la Madeleine en forme de croix latine, date du 16 siècle. Aux murs latéraux du choeur sont visibles des sablières sculptés et au-dessus de la porte sud, des armoiries tenues par deux lions.

Aujourd'hui, Landudal avec sa chapelle de Saint-Tugdual et Langolen avec sa chapelle de Saint-Magloire forment deux paroisses séparées, mais Landrévarzec s'est annexé la chapelle de Quilinen, ancienne trève de Briec, et a cédé à Briec sa chapelle de la Madeleine, et son ancienne trève de Trefflez. 

la chapelle de la Madeleine (XVIème siècle), reconstruite en 1910. Elle est en forme de croix latine. La flèche a été tronquée par la foudre vers 1910. Sur l'un des piliers, on peut lire : "14è Jour de Février 1578", et sur le clocher, l'inscription : "Trellu Guillaume Fabrique 1578". La sacristie date de 1813. On y trouve des statues anciennes : sainte Madeleine, Vierge-Mère, saint Jacques, sainte Catherine, sainte Barbe, saint Sébastien, Couronnement de la sainte Vierge, saint Tugen ; Cette chapelle dépendait de Landrévarzec avant la Révolution, mais est demeurée annexée à Briec après l'érection de Landrévarzec en paroisse. Elle ne fut pas vendue à la Révolution. Elle figure au rôle des décimes de 1765. Le pardon de cette chapelle située à une lieue au Nord du bourg, se célèbre le dimanche qui suit la fête de la Madeleine. La chapelle ne possède qu'un seul autel, on y remarque outre la statue de la Sainte représentée à genoux, une statue de saint Jacques. La chapelle aurait été bâtie ou rebâtie vers le milieu du XVIIIème siècle (M. Abgrall, 1904).

8 chapelles à Briec

PATRIMOINE de LANDREVARZEC

l'église Saint-Guénolé et Sainte-Trinité. L'édifice, en grande partie moderne, comprend une nef avec bas-côtés de trois travées, un transept avec chapelle polygonale au Sud, et un choeur. La façade ouest porte la date de 1762 et la chapelle Sud est du XVIIIème siècle. On y trouve le tombeau de la famille de Ploeuc. L'église abrite les statues anciennes de Notre-Dame, saint Guénolé (XVIème siècle, en pierre polychrome, H. 1,85 m, l'abbé est mitré avec une crosse dans la main droite et un livre ouvert dans la main gauche, avec inscription du fabricien du nom de Maellissien), saint Jean-Baptiste, saint Côme et saint Damien, saint Antoine et la sainte Trinité (au-dessus de l'autel).

 

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/briec_de_l_odet.html

152. Madeleine (La), g. k. 6 m. XVIè s. Large soubassement architecturé à quatre niveaux, corniches moulurées, table d’offrande. Socle asymétrique, emblème funéraire. Fût à pans. Croisillon à consoles godronnées. Statues géminées: Vierge-saint Damien, Jean-saint Côme, écusson avec armoiries. Croix à branches rondes, fleurons-boules, crucifix, anges recueillant le Sang. [YPC 1980]

LEROY Jean-Patrick 2016, "Chapelle de la Magdeleine à Briec", Journées du Patrimoine 2016, dossier photo Flickr

https://www.flickr.com/photos/valendrevarzecois/albums/72157623215271744/

Briec, fontaine sacrée dédiée à Madeleine .

Fontaine introuvable ! A Briec prenez la direction Pleyben, puis celle de le chapelle plus loin sur la gauche . Quand vous êtes à la chapelle, continuez vers Landrévarzec et tournez tout de suite à gauche pour la ferme de Ti Meo . Arrivé dans la ferme vous avez une grange neuve sur votre gauche . Prenez le chemin qui s'ouvre entre la gauche de cette grange et une aire d'ensilage . Il est bétonné sur les premiers mètres, éventuellement boueux ensuite . il vous conduit à la fontaine, en contrebas de la voie rapide . Un ruisseau la longe .

Bottes indispensables, et attention à ne pas vous les faire arracher par la boue .

 

Croquis au crayon .

 

Finistère, Bretagne, France .

En 2000 - 2001, j'avais l'ambition de constituer un album de dessins sur les fontaines de Bretagne . Comme tout ce que j'entreprends j'ai abandonné .

J-P Leroy, droits réservés .

https://www.flickr.com/photos/valendrevarzecois/5444430661/

KNOCKAERT Marthe 6 mars 2009 (?)

http://martheknockaert.unblog.fr/category/fontaines-sacrees/page/60/

Pour trouver la fontaine, il faut se rendre au hameau de Ty Men qui se trouve à plus de 400m au sud de la chapelle. Il vous faudra traverser la cour de ferme et prendre à gauche le chemin le long des bâtiments de ferme . Il est stabilisé au début, ensuite….. . Encore une centaine de mètres et à droite dans la végétation se trouve la fontaine. La voie rapide se trouve juste au dessus.

COUFFON René, LE BARS Alfred, Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles, 2e éd., Quimper, Association Diocésaine, 1988

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/BRIEC.pdf

CHAPELLE DE LA MADELEINE En forme de croix latine, c'est un édifice du XVIe siècle, dont la flèche, tronquée par la foudre en 1910, a été refaite. Sur l'un des piliers : "14e IOVR DE FEVRIER 1578", et sur le clocher : "GVILLAVM. TRELLV. FABRIQVE".

Aux murs latéraux du choeur, sablières sculptées avec deux anges porte-armoiries, deux autres, aux angles du transept, aujourd'hui mutilés, représentent, selon J.-M. Abgrall, la Madeleine au nord, et sainte Catherine au sud.

Aux mêmes angles, des piliers octogonaux encastrés ; celui de l'angle sud porte l'inscription en creux : "1578. 14/IOVR. DV/ FEVRIER (?)".

- Au-dessus de la porte sud, armoiries tenues par deux lions.

Mobilier : Clôture du choeur, arcature sur balustres, bois naturel, XVIIIe siècle. Trois autels en pierres de taille. Sur le maître-autel, restes de gradins, bois peint, avec décor en bas-relief d'oiseaux picorant des grappes de raisin.

Statues anciennes

- en pierre polychrome : Vierge à l'Enfant, XVIe siècle ;

- en bois polychrome : Christ en croix sur la poutre de gloire, sainte Marie-Madeleine, XVIe siècle, saint Jacques le Majeur (identification douteuse ; elle porte l'inscription "Saint Jean", mais c'est peut-être le Christ ressuscité, un bâton à la main), milieu XVIe siècle, sainte Catherine d'Alexandrie avec un livre à la main, XVIe siècle, sainte Barbe, saint Sébastien, XVIe siècle, saint Tugen plongeant son bâton dans la gueule d'un chien, XVIe siècle autre sainte Catherine d'Alexandrie, la roue à ses côtés et la tête de l'empereur Maxence sous les pieds, XVIIe siècle, et la Vierge Marie couronnée par deux anges, un troisième portant le nom "MARI".

Vitraux de l'atelier J.-P. Le Bihan, 1985 : Crucifixion (chevet), sainte Barbe (aile sud), les travaux des saisons (ailes sud et nord), restauration de la chapelle (nef). *

Sur le placitre, calvaire déplacé en 1955 : autel en pierre contre le socle, statues géminées sur le croisillon.

A 400 m, fontaine monumentale renfermant une statue frustre de la Madeleine

CDT29

https://cdt29.media.tourinsoft.eu/upload/Fiche-inventaire---chapelle-de-la-Madeleine.pdf

ABGRALL Jean-Marie,  1904, Notice  B.D.H.A. 

la chapelle de la Madeleine (XVIème siècle), reconstruite en 1910. Elle est en forme de croix latine. La flèche a été tronquée par la foudre vers 1910. Sur l'un des piliers, on peut lire : "14è Jour de Février 1578", et sur le clocher, l'inscription : "Trellu Guillaume Fabrique 1578". La sacristie date de 1813. On y trouve des statues anciennes : sainte Madeleine, Vierge-Mère, saint Jacques, sainte Catherine, sainte Barbe, saint Sébastien, Couronnement de la sainte Vierge, saint Tugen ;

Cette chapelle dépendait de Landrévarzec avant la Révolution, mais est demeurée annexée à Briec après l'érection de Landrévarzec en paroisse. Elle ne fut pas vendue à la Révolution. Elle figure au rôle des décimes de 1765. Le pardon de cette chapelle située à une lieue au Nord du bourg, se célèbre le dimanche qui suit la fête de la Madeleine. La chapelle ne possède qu'un seul autel, on y remarque outre la statue de la Sainte représentée à genoux, une statue de saint Jacques. La chapelle aurait été bâtie ou rebâtie vers le milieu du XVIIIème siècle (M. Abgrall, 1904).

- Un chantier de restauration, la chapelle de la Madeleine (Gwechall, 1978).

ABGRALL Jean-Marie, LE GUENNEC Louis, “Le chemin du Tro Breiz entre Quimper et Saint-Pol-de-Léon”, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1922, tome 49, p. 71

POP

https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?mainSearch=%22chapelle%20de%20la%20madeleine%20briec%22

DILASSER Maurice (dir.), HERVÉ Gusti, Patrimoine religieux de Bretagne, Brest, Éditions Le Télégramme, 2006 — PEYRON Paul, “Les églises et chapelles du diocèse de Quimper”, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1903, tome 30, p. 146

SIX Anita (dir.), Le patrimoine des communes du Finistère, tome I, Charenton-le-Pont, Flohic éditions, 1998

SOURNIA (Jean-Claude), TREVIEN (M.), 1968, Essai d'inventaire des léproseries en Bretagne Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1968  75-2  pp. 317-343

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1968_num_75_2_2464

— TROPÉ (Hélène), 2015, , « Saint Côme et saint Damien, patrons des chirurgiens, barbiers et apothicaires dans l’Espagne des XVe -XVIIIe siècle

https://hal-univ-paris3.archives-ouvertes.fr/hal-01720635/document

 

La chapelle occupe (une fois de plus) une hauteur (150 m) dominant le vallon d'un ruisseau, celui qui alimente, près de sa source, la fontaine. Ce ruisseau s'écoule vers le sud-ouest, animait plusieurs moulins (Meilh Kerroc'h, Meilh ar C'hrek, , Moulin de Kerrefren)  avant de se jeter dans le Steir. À 50 m en aval de la fontaine, un minuscule moulin à roue horizontale (pirouette) existe encore à Ty Men. Le  site d'implantation est sans doute dicté par la source de ce ruisseau, soit en raison d'un culte pré-chrétien aux eaux et à leurs pouvoirs thérapeutiques, soit comme richesse économique (les moulins étaient jadis la propriété des familles nobles et les paysans étaient contraint d'y faire moudre leur grain), mais la chapelle a peut-être été la propriété des seigneurs de Parc-ar-mou, ou, du moins, ceux-ci y exerçaient-ils leurs prééminences. Sans doute toutes ces raisons se cumulent-elles ou se succèdent-elles.


 


 

Dans une vitre du pignon occidental, armes de Bretagne et de France, au-dessous, armes du marquis de la Roche et celles de Penanjeun-Launay, parti : d'or à la bande losangée de gueules accompagnée au second quartier d'un château d'azur, alliance de la maison de Pacarmon.

Michel Mauguin, qui a étudié l'héraldique de la chapelle de Quilinen, cite le passage qui nous concerne et le commente :

« Et plus bas dans un autre soufflet les armes du Seigneur marquis de Laroche, et au-dessous Celles de la maison de Penanjeun Laulnay blasonnés cydevant, partye d’or à la bande Lozangé de gueulle accompagné au second quartier d’un chasteau d’azur que lesdits Kerguellen ont dit Estre Lalliance de la maison de Pacarmon, [Pargamou ou Pargamon]"

"Si le marquis de La Roche est bien identifié, il n’en est pas de même pour le second écu, Il s’agit de N. Launay et son épouse N. Moysan de Parc Hamon de Briec. L’écusson : d’or à la bande de gueules, accompagnée au second quartier d’un château d’azur est inconnu des armoriaux, il est identifiable par une alliance de Guillaume Moysan (4) et de Marguerite Trégain en 1469, dont les armoiries figuraient dans un vitrail de l’ancienne église de Briec. (4) Une généalogie des Trégain (BnF, Cabinet d’Hozier 9005) mentionne un Guillaume Moysan époux de Marguerite Trégain en 1469, http://www.tudchentil.org/spip.php?article29 "

n.b : Les armes des Trégain : d'or à trois pommes de pin de gueules la pointe en haut.


 

Je note qu'à la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai,  parmi les nobles  de Landrévarzec apparait : Jehan Moysan, sieur du Parc-Armou, (représenté par Guillaume Tréouret, dict faire pique sèche). Cette date est proche de celle de la fondation de la chapelle en 1578..


 


 

Montre 1481


 

Les nobles de Briziac.

Ancre[nota : source pour Briec : Bibl. mun. de Saint-Brieuc, collection de Boisgeslin (confirmer ?) aujourd’hui deux trèves de Briec sont devenus des communes : Landudal et Langolen [157].

Les paroisses de Briec et de Landrévarzec étaient alors géographiquement différentes de leurs découpages actuels : aujourd’hui Landrévarzec comprend les manoirs de Penayen – alors aux du Guern/De Launay – et de Lezodevet – aux Lesandevez]

AncreAncreAncreAncreAncreAncreAncreAncreAncreAncre - Pierre de Lesandevez [158], archer en brigandine.
- Hervé de Launay [
159], archer en brigandine.
- Jouhan Pezron [
160], en palletoc voulge.
- Danyel Quemarchec [
161], par Martin Le Goff, en brigandine voulge.
- Moricze Tremarchec [
162], en brigandine voulge.
- Jehan du Guern [
163], en brigandine voulge.
- Mahé Prigent, en brigandine pertuisane.
- Guillaume Moysan [
164], pour sa mere, en palletoc voulge.
- Geffroy Gueguennou [
165], en palletoc voulge.
- Jehan Tregain [
166], par Guillaume Le Gal [167], archer en brigandine.

[à ces seigneurs il faut probablement ajouter : Christophe Liziart, homme d’armes – cités page 326 – et son père, seigneur de Trohanet]

[p. 346]

Une généalogie des Trégain (BnF, Cabinet d’Hozier 9005) mentionne un Guillaume Moysan époux de Marguerite Trégain en 1469, cependant le fait qu’elle se soit remariée en 1479, laisse présager que son premier mari fut décédé. Il devait être le prédécesseur, sinon le père, du Guillaume de 1481.

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/tables-heraldiques/pieces/second-ordre/losange.htm


 

à cinq losanges de gueules rangées en bande.

Au cheur, ils ont un banc et accoudoire et tombe plate avec écusson de trois fasces surmontées de quatre hermines, tombe située devers l'arcade qui sépare le choeur d'avec la chapelle de Notre-Dame qui fait l'aile du côté de l'Evangile. Au Nord de la dite tombe, sont trois autres tombes s'entrejoignant : la première porte un écusson en bosse avec trois fasces, et quatre hermines qui sont de Kerguelen ; les deux autres armoriées de cinq écussons des mêmes armes. Dans la vitre de cette chapelle Notre-Dame est un écusson d'argent à 3 fasces de gueules surmontées de 4 hermines de sable, avec diverses alliances :

d'azur à 3 quintefeuilles d'argent, armes de Quistinic, appartenant au Sr. du Vieux-Chastel des Aubrays ;

d'azur à 3 mains d'argent accompagnées d'un fer d'épieux en abyme, de la Maison de Kervier ;

d'azur au croissant d'or, qui est Penanjeun-Launay.

En la même vitre, deux écussons : au premier, côté de l'Evangile, est un écartelé aux 1 et 4 d'argent à 3 fasces surmontées de 4 hermines de sable (Kerguélen), aux 2 et 3 trois quintefeuilles d'argent (Quistinic).


 

Au second écusson : écartelé au premier armes des Kerguélen ; au second d'argent partie et coupé d'un filet de sable et cantonné de quatre loups passants de sable ; au troisième : d'azur à une fasce d'argent chargé de trois molettes de sable, la dite fasce accompagnée de 3 pommes de pin d'or ; au quatrième : d'azur au dragon ailé d'or, qui est de Coetninou et Pontlez.

Toutes ces armoiries sont dépendantes de la maison de Keranroc'h. De plus, au corbeau qui supporte l'image de Notre-Dame au-dessus de l'autel, écusson des Kerguélen.

En la vitre côté Nord, qui donne jour à l'autel de Saint-Cosme et Damien, écusson des Kerguélen, qui ont une lisière funèbre autour du haut du choeur et de la nef, semée d'écussons portant les mêmes armes des Kergué­len, Sgr. de Keranroc'h ; mêmes écussons dans les sablières et clef de voûte du lambris » (M. Abgrall) ;


 

n. En la chapelle qui compose une aile du choeur, côté Nord, et de l'Evangile, il y a deux autels et deux vitres. En la prochaine vitre : 1° armes du marquis de la Roche ;

2° écusson écartelé au 1er et 4 de Kerguélen, au 2 et 3 d'azur à 3 quintefeuilles d'argent ;

3° écusson de Kerguélen. Au bas de laquelle vitre est un chevalier armé à genoux, portant sur sa cotte d'arme un écartelé des armes de Kerguelen et Quistinit, et une demoiselle priante, « ayant une coiffure d'une figure très ancienne », portant sur sa robe armes parti de Kerguélen et de Pénanjeun.


 

Dans la seconde vitre, armoiries : 1° de La Roche (Keranroc'h) ;

2° de Penanjeun-Launay (d'azur au grelier d'argent) ;

3° armes de Penanjeun, parti de Bodriec Lamarche, qui est de gueules au chef d'argent, et au bas deux priants ; un chevalier portant sur sa cotte les armes de Penanjeun-Launay, d'azur au croissant d'or, et une priante portant sur sa robe armes de Penanjeun avec alliance d'azur au grelier d'argent.

Et dans un autre jour de la même vitre, autre chevalier priant, portant armes de Pennanjeun, et, près de lui, une priante portant sur sa robe armes de Penanjeun en alliance avec Bodriec-Lamarche : de gueules au chef d'argent.

Sur l'autel Saint-Yves, côté Nord de la même chapelle, est un écusson de Penanjeun et Kervier.

Dans une vitre du pignon occidental, armes de Bretagne et de France, au-dessous, armes du marquis de la Roche et celles de Penanjeun-Launay, parti : d'or à la bande losangée de gueules accompagnée au second quartier d'un château d'azur, alliance de la maison de Pacarmon.


 

Sur autre vitre tirant vers le Nord, armes de Penanjeun-Launay.


 

Enfin, sur la porte du côté du cimetière, vers midy, est un écusson aux armes de Penanjeun écartelé d'azur à une macle d'or.

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Michel Mauguin

« Et plus bas dans Un autre soufflet Les armes du Seigneur marquis de Laroche, et au-dessous Celles de la maison de Penanjeun Laulnay blasonnés cydevant, partye d’or à la bande Lozangé de gueulle accompagné au second quartier d’un chasteau d’azur que lesdits Kerguellen ont dit Estre Lalliance de la maison de Pacarmon, [Pargamou ou Pargamon] Si le marquis de La Roche est bien identifié, il n’en est pas de même pour le second écu, Il s’agit de N. Launay et son épouse N. Moysan de Parc Hamon de Briec. L’écusson : d’or à la bande de gueules, accompagnée au second quartier d’un château d’azur est inconnu des armoriaux, il est identifiable par une alliance de Guillaume Moysan (4) et de Marguerite Trégain en 1469, dont les armoiries figuraient dans un vitrail de l’ancienne église de Briec. (4) Une généalogie des Trégain (BnF, Cabinet d’Hozier 9005) mentionne un Guillaume Moysan époux de Marguerite Trégain en 1469, http://www.tudchentil.org/spip.php?article29

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En 1736, fut inhumé dans cette chapelle François de Kerguélen, prêtre, mort au manoir de Penanjeun à l'âge de 28 ans, « après descente de justice », car il mourut par suite d'un homicide attribué, croit-on, au frère de la victime, parce que celle-ci n'avait pas voulu payer les dettes du manoir. En 1705, une cloche fut bénite pour cette chapelle, la marraine fut Anne Jacquette Danillo, dame de Penanjeun. La chapelle de Quilinen a aussi sa fontaine sainte, comme la plupart des chapelles de pèlerinage.

Sur la façade de l'édicule gothique sont trois écussons. Celui du milieu porte : d'azur au croissant d'or, qui est Penanjeun-Launay ; les deux autres sont parti du même et d'un second blasonné d'une croix. Le manoir de Penanjeun, Penn-ar-Yun (bout du marais), est distant d'environ 1 kilomètre, vers le Sud.

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants de Landrévarzec (Landrevarzec) étaient présents :

Guillaume de Kerguelen, représenté par Thibault de Kerguelen son fils, archer en brigandine ;

Yvon le Page, archer en brigandine.


 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Landrévarzec (Landrevarzec) apparaissent :

Jehan Moysan, sieur du Parc-Armou, représenté par Guillaume Tréouret, dict faire pique sèche ;

Olivier de Kerguelen, sr. de Kerenroch et de Penanyum, sous l'esdict ;

Henry de la Boëssière, présent, est sous l'esdict ;

Le sieur de Kerperennès est sous l'esdict ;

Péron Caradec est sous l'esdict.


 

PATRIMOINE de BRIEC

l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (XVIème siècle). Reconstruite en 1789, elle a conservé des éléments anciens, notamment le pignon ouest et le porche latéral sud. L'église est composée d'une nef avec bas-côté de cinq travées, un transept et un choeur accosté de deux chapelles. La porte ouest date du XVIème siècle (de 1530-1545 environ). Le clocher, postérieur, porte à la base la date de 1692, sur la chambre des cloches 1695 et, au sommet 1697. Endommagé par la foudre, le clocher est remis en état en 1802. La porte du porche latéral avec ses colonnettes à chapiteaux date de la fin du XIVème siècle ou du début du XVème siècle. Le chevet et les ailes du transept ont été reconstruits en 1909 sous la direction de M. Chaussepied. Le retable du maître-autel et quelques statues datent du XVIIIème siècle. On y trouve les statues de saint Pierre, saint Paul, la Vierge, saint Corentin, saint Jean-Baptiste, saint Etienne, sainte Marguerite, sainte Barbe, saint Eloi et saint Herbot ;


 

Nota 1 : La partie la plus ancienne de cette église est la façade Ouest, dont le style ogival flamboyant semble indiquer les premières années du XVIème siècle. La porte est encadrée de moulures prismatiques et surmontée d'une contrecourbe et d'un galbe feuillagé dont les rampants portent sur deux lions sculptés. Les contreforts sont percés de niches abritant les statues de saint Pierre et de saint Jean-Baptiste. Le clocher qui surmonte cette façade est postérieur, et porte à sa base la date de 1692, et sur la chambre des cloches celle de 1694 (ou 1695). Le porche latéral, assez simple, est couvert d'une voûte d'ogive ; au-dessus de la porte, est une statue de saint Adrien, en tunique courte, manteau et couronne. Le reste des murs extérieurs est très simple et semble appartenir au XVIIIème siècle.

A l'intérieur, l'église se compose d'une nef, de deux bas-côtés et d'un petit transept, le tout formant sept travées séparées par des piles rondes qui portent des arcs surbaissés, avec moulures dans le genre du XVIème siècle. Le maître-autel est surmonté de deux gradins ornés de feuillages et d'arabesques.

Le tabernacle est entouré de huit colonnettes torses, dont six feuillagées, encadrant deux niches à coquilles qui contiennent les statuettes de saint Pierre et de saint Paul. Le couronnement à dôme et lanternon est décoré de trois niches et statuettes, de colonnettes torses, volutes feuillagées, urnes et bouquets de fleurs, le tout surmonté de la statuette du Christ ressuscité. Des deux côtés du retable sont deux niches avec statuettes, quatre panneaux carrés avec peinture sur bois, représentant les quatre Evangélistes. Au-dessus court une galerie de fuseaux, sur laquelle sont deux anges portant des reliquaires. Les statues vénérées sont : saint Pierre et saint Paul, la Vierge-Mère, dans le genre des statues sortant des ateliers du port de Brest, saint Etienne, saint Pierre-Célestin, en chape, tiare et croix papale, sainte Anne, saint Corentin, sainte Marguerite et une petite Sainte-Vierge. Dans le cimetière, sont deux croix en pierre dont une est datée de 1656.

Un procès-verbal fut dressé en 1781, pour constater les armoiries de la cloche qui devait être refondue, car il y avait contestation entre les seigneurs de la Chateigneraye (Quistinic) et ceux de La Roche et Laz au sujet de la mouvance du patronage de l'église de Briec (B. 484). S'il y a un écusson en bosse, au pignon oriental, aux armes du seigneur de La Roche et Laz, il est constaté qu'il y a été placé par voie de fait mais que les dits seigneurs n'y ont aucun droit. La cloche du côté Nord a 25 pouces de hauteur sur 30 pouces de diamètre, elle ne porte aucun écusson, mais l'inscription suivante : ANNO : DNI : 1691 : LVDOVICO : MAGNO : XIV° : REGNANTE : ILLMO : DD :FRANCISCO : DE : COETLOGON : DIOECESIM : CORISOPITEN : GUBERNANTE : JOANNES : HVELVAN : SACR : FACULT : PARISIEN : BACCALAUREVS : THEOLOGVS : DOMVS : SORBONAE : NEC : NON : PAROCHIAE : BRIZIEC : RECTOR. Au bas est écrit : T. LE : SOUEFF : FONDEVR : Au milieu, côté du Nord : IHS. Côté du Midi, dans un médaillon circulaire de 4 pouces de diamètre, la Vierge avec l'Enfant-Jésus dans ses bras, assise sur des nuages. Sur la seconde cloche, du côté du Midi, qui a 27 pouces de haut et 31 pouces de diamètre, est écrit : SIT : NOMEN : DOMINI : BENEDICTVM : 1702. Sans armoiries, mais elle porte une croix sous laquelle on lit FRANCOIS : LE : MOYNE : FONDEVR. De l'autre côté, est une Vierge en pied ayant les mains jointes. Cette cloche est éclatée.


 

Lorsqu'en 1789, il fut question de reconstruire l'église, on dressa le procès-verbal suivant pour constater l'état des prééminences. Il est conservé aux Archives départementales (B. 484) :


 

Au pignon oriental, derrière le maître-autel, dans le vitrail représentant le mystère de la Passion, il y a 5 écussons ; 3 en haut, 2 en bas, au-dessus de la maçonnerie.

En haut, cinq compartiments, le plus supérieur à droite, côté Nord, contient un écusson aux armes de France, le 2° et le 3° des mystères, le 4° les armes de Bretagne, le 5, un mystère.

Au 2ème panneau Nord, au-dessus de l'appui de la maçonnerie, est un ange portant en bannière : d'azur à trois quintefeuilles d'argent 2 et 1. Côté gauche même niveau, est un ange portant en bannière : burellé d'argent et de gueules de 10 pièces. Aucun autre écusson. Ces deux derniers appartiennent à la seigneurie de la Chataigneraye, dont le Sr. Dervan est propriétaire.


 

Au côté Nord, entre la chapelle de la Vierge dite de Trohanet et la première marche du maître-autel, est une tombe en grosse fonte de fer portant un écusson circulaire avec le cordon de Saint-Michel : parti au 1er deux faces, au second trois pommes de pin renversées pointe en bas. Au pourtour est écrit : REVIVRE. CRAIGNONS : DIEV : SVR : .. et au pourtour, Jean Melou, chevalier seigneur de Kersaint-Eloy et dame Marie de Trégain, châtelaine.


 

Au haut est écrit : donné par Messire de Trégain à la mémoire de leurs ancêtres, et monument à leur postérité, Mars 1654. Le procureur du seigneur de la Chateigneraye a dit que cette tombe a été placée clandestinement depuis 6 à 7 ans, et demande qu'elle soit enlevée.

Au côté gauche de la dite tombe, en est une autre rase en pierre, portant une croix soutenue par des os de mort en sautoir avec un écusson sans rien de visible.

A gauche, vis-à-vis de l'Evangile, entre la marche du maître-autel. et la balustrade, est une tombe sur laquelle est un écusson : parti au 1er d'un croissant montant, au 2ème d'une portion de huchet ou cor de chasse ; à gauche morceau de pierre tombale avec un écusson, portant au 1er un croissant montant, et au 2ème une face.

Vis-à-vis, au milieu de l'autel, est une tombe sans armoiries apparentes appartenant à Jean-Vincent de Kerguelen, sr. de Pennanjeun. Entre la balustrade séparant le sanctuaire de la chapelle Saint-Jean et Sainte-Marguerite est une tombe ayant en son milieu un écusson portant 3 coqs 2. 1. Au-dessous à droite, est un autre écusson : parti au 1er de 3 coqs 2. 1., au 2ème 3 petits écussons 2. 1., chacun de 4 besans ou tourteaux couronnés. A gauche, autre écusson : parti au 1er de 3 coqs 2. 1., au 2ème de 2 fusées en face au milieu surmontées de 2 besans ou tourteaux ; tombe réclamée par Yves-Joseph de Kerguélen, dépendante de la terre de Trémarec, juveigneurie de la Chateigneraye.


 

-A la chapelle Saint-Jean et Sainte-Marguerite, il y a trois soufflets, le 1er porte un écusson : d'or à 3 pommes de pin de gueules pointe en haut 2. 1., le reste est en verre blanc ou représente le mystère de la Passion. Dans l'enfeu, sur le milieu est un écusson portant : 3 pommes de pin 2. 1., avec une petite croix pattée en abîme au milieu, ledit écusson chargé en chef d'un lambel à 3 pendants. Sur une seconde pierre, est un écusson chargé : d'un grelier ou cor de chasse. Au-dessus du dit enfeu, est une voûte surmontée d'une impériale avec moulure et porte un écusson chargé de : 3 pommes de pin pointe en haut 2. 1. avec un tourteau en abîme, le dit écusson couronné d'un lambel à 3 pendants. A la naissance droite de la dite impériale, est un écusson portant les armes de la Boixière : 3 pommes de pin 2. 1. avec une petite croix pattée au milieu ou en abîme. A l'autre naissance de l'impériale, à gauche, est un écusson de : 3 pommes de pin 2. 1. avec un tourteau en abîme surmonté en chef d'un lambel à 3 pendants. Proche de la balustrade du maître-autel, est une tombe rase, portant 3 écussons sans armoiries.


 

-En la chapelle de la Vierge, côté Nord, au haut, du vitrail, sont trois écussons : Le premier : écartelé au 1 et 4 d'or à 3 croissants montants de gueules 2. 1. au 2 et 3 d'azur à une quintefeuille d'argent. Le deuxième : parti d'un et coupé d'un, ce qui fait trois quartiers au 1er d'or à 3 croissants montants de gueules, au 2ème qui est le parti de sinople à la massue d'argent, le 3ème qui est le coupé d'azur à 1 quintefeuille d'argent. Le troisième : parti et coupé du premier, ce qui fait 3. Le 1er porte d'or à 3 croissants montants de gueules, 2 et 1, le 2ème qui est le parti d'azur à la croix pattée d'argent, au 3ème qui est le coupé d'azur à quintefeuille d'argent. Au-dessous à droite, écusson en forme de bannière, cerné du cordon de Saint-Michel : parti au 1er d'argent à 3 faces d'azur, le 2ème de sable à la bande d'or chargée de 3 croissants montants d'azur, la dite bande surmontée en son canton senestre d'un besan d'or.

-Au mur du bas côté du Nord, à droite de l'autel, enfeu avec écusson sans armoiries. En haut, écusson : écartelé au 1er et 4 de 3 croissants, au 2 et 3 d'une quintefeuille, dépendent de Trohanet, juveignerie de la Chateigneraye.

-Dans la deuxième fenêtre du bas côté, à la clef de voûte, est un écusson d'or à la bande losangée de gueules, surmonté au canton senestre d'une tour crénelée d'azur murée de sable. Au-dessous, écusson : parti au 1er d'or à la bande losangée de gueules, surmontée d'une tour comme ci-dessus, au 2ème d'or à 3 pommes de pin de gueules et d'une moitié de chevron d'argent.

-A l'extérieur, à la clef de voûte du porche, du côté du Midi, sur le cimetière, écusson très vieux sans armoiries.

-Sous la base de la tour, au pignon occidental, trois écussons, le supérieur, entouré du cordon de Saint-Michel porte : 3 quatre-feuilles 2. 1. Le 2ème du côté droit, entouré du cordon de Saint-Michel, porte : sept macles 3. 3. 1. Le 3ème : parti au 1er, de 7 macles 3. 3. 1., au 2ème burelé de 10 pièces. — Ces trois derniers écussons appartiennent à la Chateigneraye et Acigné.


 

Au pignon de la vitre du maître-autel, est un écusson : écartelé au 1er et 4 de 3 vannets ou coquilles oreillées au 2 et 3 d'un lion léopardé, surmonté d'une couronne de marquis ; appartient à M. le vicomte de Pont-Bellanger, démissionnaire de M. le marquis du Grego, du marquisat de la Roche et de la baronnie de Laz. L'église de Briec possède encore deux jolis calices du XVIème et du XVIIème siècle et une boite en argent pour les Saintes-Huiles portant cette inscription : Dono dedit Joannes peccator parrochiae de Briec rector anno Domini Jesu-Christi 1723. Ce recteur est Jean Heluan (MM. Peyron et Abgrall, 1904).


 


 

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https://www.briec.bzh/patrimoine-religieux/

La Chapelle de la Madeleine en forme de croix latine, date du 16 siècle. Aux murs latéraux du choeur sont visibles des sablières sculptés et au-dessus de la porte sud, des armoiries tenues par deux lions.

Aujourd'hui, Landudal avec sa chapelle de Saint-Tugdual et Langolen avec sa chapelle de Saint-Magloire forment deux paroisses séparées, mais Landrévarzec s'est annexé la chapelle de Quilinen, ancienne trève de Briec, et a cédé à Briec sa chapelle de la Madeleine, et son ancienne trève de Trefflez. 

la chapelle de la Madeleine (XVIème siècle), reconstruite en 1910. Elle est en forme de croix latine. La flèche a été tronquée par la foudre vers 1910. Sur l'un des piliers, on peut lire : "14è Jour de Février 1578", et sur le clocher, l'inscription : "Trellu Guillaume Fabrique 1578". La sacristie date de 1813. On y trouve des statues anciennes : sainte Madeleine, Vierge-Mère, saint Jacques, sainte Catherine, sainte Barbe, saint Sébastien, Couronnement de la sainte Vierge, saint Tugen ; Cette chapelle dépendait de Landrévarzec avant la Révolution, mais est demeurée annexée à Briec après l'érection de Landrévarzec en paroisse. Elle ne fut pas vendue à la Révolution. Elle figure au rôle des décimes de 1765. Le pardon de cette chapelle située à une lieue au Nord du bourg, se célèbre le dimanche qui suit la fête de la Madeleine. La chapelle ne possède qu'un seul autel, on y remarque outre la statue de la Sainte représentée à genoux, une statue de saint Jacques. La chapelle aurait été bâtie ou rebâtie vers le milieu du XVIIIème siècle (M. Abgrall, 1904).

8 chapelles à Briec

PATRIMOINE de LANDREVARZEC

l'église Saint-Guénolé et Sainte-Trinité. L'édifice, en grande partie moderne, comprend une nef avec bas-côtés de trois travées, un transept avec chapelle polygonale au Sud, et un choeur. La façade ouest porte la date de 1762 et la chapelle Sud est du XVIIIème siècle. On y trouve le tombeau de la famille de Ploeuc. L'église abrite les statues anciennes de Notre-Dame, saint Guénolé (XVIème siècle, en pierre polychrome, H. 1,85 m, l'abbé est mitré avec une crosse dans la main droite et un livre ouvert dans la main gauche, avec inscription du fabricien du nom de Maellissien), saint Jean-Baptiste, saint Côme et saint Damien, saint Antoine et la sainte Trinité (au-dessus de l'autel).


 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Kersanton Chapelles bretonnes.
11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 18:13

Le calvaire à dais gothique (kersanton, XVe siècle) du cimetière de Plougoulm, sa Vierge de Pitié et ses anges de tendresse.

 

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Voir sur Plougoulm :

 

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PRÉSENTATION.

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En 2014, Emmanuelle Le Seac'h a défini par un Catalogue raisonné la production de l'Atelier ducal du Folgoët de sculpture sur pierre, en distinguant  d'abord un Premier atelier (1423-1468) actif à l'église Notre-Dame du Folgoët, sur les porches de la cathédrale de Quimper, à Daoulas, à la chapelle du Penity de Locronan, au porche de La Martyre ou au porche du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon.

Elle attribue à cet atelier la Vierge allaitante de Plougoulm (kersanton, vers 1423-1433).

Cet atelier avait réalisé entre 1433 et 1457 le calvaire de l'église de Rumengol, au Faou. Celui-ci se caractérise notamment par un dais sommital carré gothique avec des arcs en accolade, par les fleurons feuillagés carrés de la croix, par la coiffure en macarons de saint Jean et, au revers, par une Vierge à l'Enfant couronnée par un ange dans un geste de sollicitude.

Ces quatre caractéristiques se retrouvent sur le calvaire du cimetière de Plougoulm, qui n'est pas attribué à l'atelier du Folgoët, mais à des sculpteurs anonymes héritiers de son style. En effet, on retrouve un dais gothique, le geste du couronnement bienveillant de l'ange (qui s'applique cette fois au Christ), la chevelure bien spéciale de Jean, et les fleurons carrés et massifs. 

Dés lors, ce calvaire de Plougoulm entre dans un ensemble stylistique des Héritiers du Folgoët, principalement dans le Haut Léon, et il est passionnant de le comparer  avec le calvaire du cimetière de Sibiril (kersantite, XVe), du cimetière de Scare (granite, 1400), et du cimetière de Lesneven (kersantite, XVe), avec la croix de Kerilis à Goulven (kersantite, XVe), celle du Pont-ar-Chastel à Plouider, celle de Castel-Huel (kersantite, XVe) à Coat-Meal et, plus au sud, avec avec un petit calvaire de l'enclos de Pleyben (porte des morts kersantite,  XVe).

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En excluant les croix, il s'agit donc de l'un des plus anciens calvaires de Basse-Bretagne, avec ceux de :

J'ajoute à cette liste proposée par Le Seac'h le calvaire du bourg de Dirinon et ses trois anges adorables.

 

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Sur le Premier atelier ducal du Folgoët, voir :

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Sur le second atelier ducal du Folgoët (1458-1509) voir :


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Situation : 

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.044969&y=48.664413&z=18&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS2000-2005&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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DESCRIPTION.

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Au milieu du cimetière  entourant l'église de Plougoulm et parmi les tombes, s'élève sur un emmarchement à deux degrés et un socle à griffe, le fût rond d'un calvaire dont le large nœud s'élargit en deux bras obliques portant des statues adossées.

Le calvaire a perdu son orientation dirigeant le crucifix vers l'ouest, et le coté principal fait désormais face à l'entrée de l'église (XXe siècle). Sur cette face, le Christ en Croix est entouré de la Vierge à sa droite et de saint Jean à sa gauche.

Le coté qui accueille le visiteur ayant franchi le portail du cimetière porte, au centre, une Déploration à quatre personnages, la Vierge de Pitié tenant le corps de son Fils est entouré de Marie-Madeleine à sa droite et d'une sainte Femme à sa gauche.

L'ensemble atteint 4,50 m de haut et est en kersanton pour la partie figurée au dessus du fût de granite.

Une date récente est portée sur le socle coté nord.

 

 

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Le cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Le cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LA FACE PRINCIPALE.

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Le Christ est remarquable par la hauteur donnée à la tête par rapport au corps. Il est représenté, bouche entrouverte, les yeux clos, portant  une couronne d'épines aux épaisses branches entrelacées. Les cheveux sont longs, ondoyant et séparés en mèches qui retombent en boucles sur les épaules. La jambe droite repose sur l'autre jambe.

Un ange de compassion semble surpris en plein vol, les ailes écartées mais les mains déjà posées sur la couronne. On reconnaît les caractères stylistiques de l'atelier du Folgoët, comme l'importance donnée à l'amict (rabat de l'encolure), et surtout la chevelure exubérante, à mèche frontale en crochet, et aux masses latérales de boucles crépues. Le visage de l'ange est très rond, puéril, avec une bouche toute petite et des yeux en amande, amandes très fines et acérées. Sa tunique est de drap épais, plissée sous l'effet d'un cordon.

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Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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La Vierge au calvaire.

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Elle est légèrement tournée vers sa gauche et tient les bras en croix devant la poitrine. Son voile forme trois plis, l'un au dessus du front et les deux autres sur le coté, selon un procédé que reprendra Bastien Prigent au XVIe siècle. Le manteau forme des plis épais mais laisse apparaître sous le pan inférieure la robe, qui à son tour laisse passer l'extrémité des chaussures. Celles-ci sont fines, mais moins pointues que celles, à la poulaine, de la Vierge allaitante du porche. 

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Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Saint Jean au calvaire.

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Il écarte légèrement les bras devant la poitrine pour témoigner de son émotion. La main droite est malhabile, trop large, ce qui donne raison à Le Seac'h : le sculpteur est un bon héritier de l'atelier ducal, dont la composition et la sensibilité sont grandes, mais dont le métier est moins affirmé.

Comme à gauche, le manteau est épais, le bas de la robe fait voir des chaussures pointues.

C'est la chevelure en macarons qui est la plus évocatrice des sculpteurs du Folgoët, et, comme à Rumengol, ou comme pour les anges de l'autel du Folgoët, du porche sud de Quimper et de La Martyre, les boucles forment des petites boules séparées, ressemblant parfois à des  cornes ou à des pâtisseries.

 

 

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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LE REVERS : LA DÉPLORATION À QUATRE PERSONNAGES.

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(Je réserve, comme il faut le faire, les noms de Vierge de Pitié, ou Pietà par emprunt à l'italien, aux groupes réunissant Marie et son Fils sans autre personnage).

Il faut bien remarqué à quel point cette sculpture extrêmement précieuse pour l'histoire de l'art et pour l'élévation de nos âmes par la Beauté est défigurée par l'envahissement des lichens. C'est particulièrement déplaisant lorsque ceux-ci couvrent le visage, le tronc et le bras gauche du Christ, et rendent peu discernable le geste magnifique par lequel l'ange pose avec douceur sa main sur celle, blessée, du Crucifié. Une photo de "Supermat" est publiée sur Wikipedia, elle a été prise en 2011, tout comme d'autres publiées sur le site Monumentum. On y voit des plaques rondes, blanches et plates d'un lichen incrustant, mais en quantité encore limitée, sans aucune trace de ce lichen jaune d'or, certes très décoratif mais se développant en reliefs déstructurant la sculpture.

Voir mon opinion à propos d'un des (très nombreux) calvaires victimes de cette dégradation :

https://www.lavieb-aile.com/2020/03/le-calvaire-de-l-eglise-de-cast.html

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Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Marie-Madeleine.

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Elle pose une main sur le pied du Christ et tient de l'autre main le flacon d'aromates. Marie de Magdala a un lien privilégié avec les pieds du Christ, sur lesquels elle a versé le vase à nard lors du repas chez Simon. Ainsi, dans les Déplorations, elle est toujours située du coté des jambes du Christ. Un autre de ses attributs est sa chevelure libre, non couverte, et ses longues mèches dénouées renvoient à son passé de courtisane, de même que son élégance. Elle porte ici une robe serrée par une ceinture plate, une cape à fermail ( dont l'agrafe est en forme de fleur), et des chaussures fines.

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Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Marie tenant son Fils.

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Elle se tient vraisemblablement assise, et son genou droit est fléchi et avancé pour soutenir le bassin du Christ. Celui-ci est tourné tête à notre droite, ce qui n'est pas le plus fréquent dans les Vierges de Pitié et les Déplorations. Par contre, la diagonale du corps, le bras intérieur (proche de Marie) allongé parallèle à la cuisse et le bras extérieur tombant à angle droit est un schéma très répandu en Basse-Bretagne. Les jambes sont pliées et les pieds se croisent.

Marie soutient le tronc du Fils par le bras et la main gauche. Ni la posture de la Mère, ni celle du Fils ne sont naturelles, mais cela ne choque pas le regard. De même, les personnages sont raccourcis, avec, notamment pour Marie-Madeleine, des jambes très courtes par rapport à l'étage supérieure. On pourrait même penser qu'elle est agenouillée (elle est plus basse que la Sainte Femme), mais non, les chaussures indiquent le contraire.

La Vierge porte un voile dont les plis sont cassés sur le coté et se rabattent sur le contour. Le visage est rond, gracieux, et n'exprime ni chagrin ni dévastation émotionnelle. La bouche est petite. Les chaussures à bouts fins sont les mêmes que sur la face principale.

Le Christ  a des cheveux longs qui retombent sur les épaules. Il porte la couronne d'épines. Les plaies de la Passion sont visibles.

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Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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Une Sainte Femme.

Qu'on y voit Marie Jacobé ou Marie Salomé, elle pose ses mains sur la couronne d'épines à une place le plus souvent réservé à Joseph d'Arimathie.

Sa tête est recouverte d'un voile, qui, comme pour la Vierge au calvaire de la face principale et comme pour Marie, est cadrée par des plis empesés.

Ainsi, nous avons ici réuni les "Trois Marie" selon un thème de dévotion et d'iconographie bien connu. Les trois visages sont sereins.

 

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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L'ange de compassion.

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Au pied du Christ, un ange  tient tendrement la main blessée du Christ, tandis qu'il pose sa main gauche sur sa poitrine, dans l'attitude du servant d'autel. Il flotte encore dans les airs, les ailes éployées et la tunique longue emportée par l'élan. Sur cette tunique, l'amict ou encolure est marquée de plis en accordéons, comme l'ange du couronnement du Christ.  

Dans son ouvrage, E. Le Seac'h, après avoir décrit le calvaire de Tronoën (vers 1470) et le geste charmant des anges qui y écartent le voile de la Vierge de Pitié, consacre un paragraphe  à cette gestuelle de l'ange de douceur de quelques sept pietà sortis du même atelier (à Kerbreudeur et ossuaire de Saint-Hernin, calvaires de Béron et Moustoir à Châteauneuf-du-Faou, Croas-an-Teurec à Saint-Goazec, Collorec, Laz, Saint-Trémeur de Carhaix, Kergloff, Le Moustoir, Plusquellec, Pennanvern à Gourin).

Puis elle décrit "les héritiers de la gestuelle de l'ange", dans cinq piétà du Finistère à Plonévez-du-Faou, Plozévet, Penmarc'h et Névez — toutes en pierre calcaire polychrome—, au Faouët (granite) et à Meslan (granite polychrome).

Ces anges sont déjà présents sur la Grande Pietà Ronde conservée au Louvre et peinte par Jean Malouel au début du XVe siècle.

Ils ne sont pas étrangers aux anges qui couronnent la Vierge sur le calvaire de Rumengol, et qui couronnent la Vierge et présentent le titulus sur le calvaire du bourg de Dirinon, mais il est remarquable qu'à Plougoulm sont associés le geste du couronnement le geste de compassion à l'égard des plaies du Christ.

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— Sur les anges de compassion, et la gestuelle de l'ange, voir :

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Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

Calvaire (kersanton, XVe siècle), cimetière de l'église de Plougoulm. Photographie lavieb-aile juin 2021.

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CONCLUSION.

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Par la fraicheur des visages aux traits sereins malgré le drame auquel ils participent, par la qualité du kersanton, très fin et non altéré, et par le charme des deux anges de tendresse, ce calvaire de Plougoulm saura séduire tous les visiteurs qui y feront une halte.

Les passionnés de la sculpture du kersanton lui réserveront une place de choix par son ancienneté et par les nombreuses citations stylistiques au premier grand atelier de sculpture sur pierre en Basse-Bretagne.

La composition de la Déploration avec Marie-Madeleine et une Sainte Femme, mais sans saint Jean, est originale.

La présence au dessus du porche d'une Vierge allaitante également remarquable et issue de cet atelier ducal du Folgoët renforce l'intérêt de ce site artistique.

Il ne reste plus qu'à souhaiter que les autorités de tutelle se préoccupent de le préserver de l'attaque des lichens.

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal) 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère. Site de la SAF.

  

n°1964. Plougoulm, cimetière no 2, g. k. 4,50 m. XVè s. Deux degrés. Socle à griffes, fût rond. Croix, large noeud portant Vierge et Jean adossés à des personnages du groupe de N.-D. de Pitié; au revers, anges, fleurons, Christ. [YPC 1980]

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plougoulm.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.( Revue bilingue breton-français  Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001)

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

"Les Pietà les plus anciennes associent parfois des anges pour consoler s'il est possible la douleur maternelle Au calvaire de Tronoën, à Saint-Jean-Trolimon, deux acolytes relèvent délicatement les plis latéraux du voile de tête de la Mère de Dieu. De même à Saint-Hernin, et au calvaire du Moustoir à Châteauneuf-du-Faou. Ces trois oeuvres sortent de toute évidence d'un atelier unique qui travaillait le granite, vers le milieu du XVe siècle et que nous nommons l'atelier du Maître de Tronoën (7). A Plougoulm un ange " vient, selon la formule de Debidour, en plein vol horizontal " se saisir de la paume percée du Christ (V.-H. Debidour, " La sculpture bretonne ", Rennes 1953, p. 114.). (Castel)

Pietà à quatre personnages dont saint Jean

En fait ces Pietà à trois personnages sont relativement rares, sans doute à cause de l'équilibrage plastique assez peu satisfaisant qu'elles sont amenées à produire. Pour pallier le déséquilibre, les artistes donnent à la Vierge l'assistance de deux acolytes. Sont évidemment tout trouvés pour accomplir un tel office, Marie-Madeleine, saint Jean ou une autre sainte femme, ce qui constitue deux types de Pietà à quatre personnages que l'on va examiner successivement, selon qu'on y voit un saint Jean ou une sainte femme.

La présence de saint Jean l'apôtre bien-aimé, n'a rien que de très normal en référence au récit évangélique de la Crucifixion : "Voyant ainsi sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère 'Femme, voici ton fils.' Il dit ensuite au disciple : 'Voici ta mère.' Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui." (Jean, 19, 26-27). Ainsi aux calvaires de Plougoulm (cimetière), du Quinquis à Saint-Urbain, et de la chapelle Saint-Eloi à Ploudaniel. Les deux dernières oeuvres en pierre de kersanton datant du XVe siècle, empreintes d'esprit médiéval, sont très proches l'une de l'autre par la facture. (Castel, Les Pietà)

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de Plougoulm, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUGOUL.pdf

Dans l'enclos, ...un calvaire portant la Vierge et saint Jean sur le croisillon et une petite Descente de croix sous un dais au revers (I.S.).

—— COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, Plihon, pages 118-130

"A Plougoulm , où la tête du Christ est à gauche de Marie , Jean y est remplacé par une Sainte Femme qui s'apprête à ôter  à ôter d'un geste délicat la couronne d'épines."

— DEBIDOUR (Victor-Henri), Croix et calvaires de Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_149/Croix_et_Calvaires_de_Bretagne__.pdf

— DEBIDOUR (Victor-Henri), La Vierge en Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_146/La_Vierge_en_Bretagne__.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— Wikipedia photo Thesupermat 2011

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Plougoulm_-_Le_calvaire_du_cimeti%C3%A8re_-_003.jpg

Le calvaire gothique et l’ossuaire du cimetière de Plougoulm sont inscrits aux Monuments Historiques par arrêté du 23 septembre 1970.

 

— BASE PALISSY.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090245

Moyen Age, 

Description historique

"Le calvaire gothique se compose de deux gradins carrés supportant le socle dont les arêtes supérieures sont abattues par quatre motifs en acanthe qui déterminent au sommet une section octogonale. La base et le sommet du fût sont carrés, le reste circulaire. A l'avers se trouvent le Christ entre la Vierge et Saint-Jean. Au sommet du croisillon, un ange se penche vers la tête du Christ. Au revers est représentée la Vierge de douleur entre deux saintes femmes. Le corps du Christ est à demi allongé sur les genoux de la Vierge, et soutenu par les trois femmes. Un ange lui tient le poignet gauche. La Pietà est abritée par un dais à pinacles et crochets."

 inscrit MH ; 1970/09/23 

 

 

— ROSCOFF-TOURISME.COM

https://www.roscoff-tourisme.com/fr/fiche/patrimoine-culturel/calvaire-gothique-et-ossuaire-du-cimetiere-plougoulm_TFOPCUBRE029V52PL5J/

D’un hauteur de 4,50 m, datant du XVè siècle, le calvaire gothique présente une croix portant d’un côté une représentation du Christ entourée de la Vierge Marie et Saint- Jean, avec au sommet du croisillon un ange , de l’autre la Vierge Marie, entourée de femmes, qui tient le corps du Christ dans ses bras, là aussi un ange est présent.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Kersanton Chapelles bretonnes. Vierges de Pitié
1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 19:19

Le calvaire (kersanton, Prigent ?, XVIe siècle ; 1762 ; 1887, mission) du cimetière bas de La Forest-Landerneau.

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— Voir à La Forest-Landerneau :

Fragments d'un calvaire (kersanton, vers 1555, atelier Prigent) au cimetière de La Forest-Landerneau. (3 larmes)

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— Voir  d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et hors blog: 

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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PRÉSENTATION.

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Le cimetière de La Forest-Landerneau, qui entoure l'église, est divisé en un cimetière haut, à gauche de l'allée qui mène vers le sanctuaire, et un cimetière bas. C'est dans la partie orientale de ce dernier qu'est érigé le calvaire présenté dans cet article.

Il est décrit ainsi en 1980 par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère (je complète les abréviations) :

"n°534. La Forest-Landerneau cimetière bas, kersanton, haut de 6 mètres, XVIe siècle. Trois degrés, Madeleine à genoux. Socle cubique à griffes: 1762, MISSION 1887. Croisillon, écus aux armes de France et de Bretagne. Statues géminées: Vierge-sainte martyre, Jean-évêque. Croix à branches rondes, crucifix, groupe Notre-Dame de Pitié. [YPC 1980]"

L'abbé Castel, qui avait indiqué pour les fragments d'un calvaire du cimetière haut (Atlas n°533, cf. mon article précédent) la datation vers 1550 et avait évoqué l'atelier des Prigent, ne s'engage pas pour ce calvaire du cimetière bas (alors qu'il est l'un des meilleurs spécialistes des ateliers de sculpture en kersanton du XVI et XVIIe siècle).

Trente quatre ans plus tard, Emmanuelle Le Seac'h, dans sa thèse publiée en 2014, attribue à l'atelier Prigent non seulement les fragments (atlas n°533) du cimetière haut, mais aussi ce calvaire en écrivant dans son catalogue :

"La Forest-Landerneau, Calvaire du cimetière bas (Atlas n°534) :

-Vierge/sainte martyre, Crucifié, / pietà, Jean/évêque

-sur le socle, Marie-Madeleine. Kersanton."

Je suis surpris de cette attribution, hormis celle de Marie-Madeleine, qui s'impose (voir article précédent), voire celles du Crucifié, et de la Vierge de Pitié ("pietà"). En effet, je ne reconnais pas, sur les visages des statues géminées, le style et l'allure de l'atelier Prigent.

L'attribution du calvaire est clairement énoncée dans le Catalogue de fin d'ouvrage (p.326), mais, semble contredite dans le texte principal, page  168, ou le calvaire du cimetière bas est classé dans le paragraphe "Vestiges de croix et de calvaires" avec la phrase "Dans le cimetière bas, sur le socle de la croix, une Madeleine éplorée, les mains levées vers le Christ, est de la même facture [que les vestiges du cimetière haut, sculptés par les Prigent]". En définitive, je crois que Le Seac'h a laissé passer, dans son Catalogue, une coquille.

C'est l'intérêt d'une mise en ligne des photographies détaillées de ce calvaire que d'ouvrir une discussion sur ce point.

Dans cette discussion, nous pourrons nous référer aux différents calvaires à un croisillon et 6 personnages attribués aux Prigent :

 

-Saint Derrien, 1557 ?, Crucifié, Vierge, Jean, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. 

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 personnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous.

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Et d'autre part, nous remarquons que le sculpteur Roland Doré est intervenu à La Forest-Landerneau (statues d'un évêque et de sainte Catherine en haut de l'escalier).

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LE COTÉ OCCIDENTAL. LA VIERGE ET JEAN AUTOUR DU CRUCIFIÉ ; BLASON DE FRANCE.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le Christ crucifié. Le blason aux armes du roi de France.

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Sous un titulus à l'inscription INRI en lettres romaines (alors que les tituli des calvaires du XVIe siècle me semblent porter généralement une inscription en lettres gothiques), le Christ crucifié possède les caractéristiques stylistiques suivantes :

Les mèches de cheveux qui ne sont pas collés au cou, laissant un vide,  un espace ajouré entre les mèches de cheveux et le visage. La mèche droite, épaisse et tubulaire, passe devant la poitrine, celle de gauche au dessus de l'épaule.

La couronne tressée à deux brins dessinant des 8.

Les yeux clos, étirés, les pommettes saillantes,  la bouche petite, aux lèvres fermées et avancées.

Une moustache partant des bords des narines, et une barbiche à deux mèches en parenthèses.

Un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril peu marqué ; la plaie du flanc droit peu visible.

Un pagne aux plis croisés sur le devant, avec une extrémité libre sortant du coté gauche tandis que l'extrémité droite est en dessous (les pagnes des Prigent sont noués sur le coté par une grande boucle).

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le blason est aux armes de France sous une couronne royale.

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Les armes de France en alliance avec la Bretagne (coté est) datent au plus tôt de 1499, date du mariage d’Anne de Bretagne à Louis XII , ou de 1532, le rattachement de la Bretagne au royaume. Les armoiries ne sont guère utiles à l'enquête d'attribution, car elles peuvent être très tardives.  

Par contre, bien que je n'ai pu fonder mon affirmation sur une recherche précise, la présence de ces armes de France et Bretagne et l'implication du pouvoir royale sur un calvaire du Finistère me semble être une exception, peut-être due à une restauration.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La Vierge au calvaire.

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Son allure toute rectiligne et hiératique avec les mains jointes n'est animée que par l'avancée de la jambe droite et du pied. La robe au col rond est serrée par une ceinture, mais celle-ci n'est pas bien visible. Le col du manteau passe au dessus du voile. La guimpe qui entoure soigneusement le bas du visage est discrète car recouverte par l'encolure.

Le visage est très rond et juvénile.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'apôtre Jean au calvaire.

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Son beau visage est également remarquable par ses traits juvéniles et angéliques. La robe est serrée par une ceinture et fermée par une fente pectorale à deux ou trois boutons. Jean pose une main gauche sur sa poitrine et ramène à soi le pan de son manteau.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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LA FACE EST.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le blason est moucheté de 12 hermines sous la couronne royale.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La Vierge de Pitié.

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La composition triangulaire barrée par la diagonale du corps du Christ est habituelle. La Vierge, agenouillée un seul genou à terre soutient l'épaule droite de son Fils et pose sa main gauche sur sa cuisse. Le visage est une fois encore rond et juvénile, et les pupilles sont creusées (comme le fait Roland Doré). Le lichen ne permet pas de dire si les trois larmes (assez caractéristiques des Prigent) sont présentes, mais il me semble que ce n'est pas le cas.

Le voile forme un repli au sommet de la tête, ce qui est un trait stylistique des Prigent.

Au total, je me garderai de proposer une attribution.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Une sainte, vierge et martyre.

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Ce visage encore naïf ou poupin est celui d'une vierge et martyre, comme l'indique la palme de sa main gauche. Nous ne pouvons aller plus loin dans l'identification.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Un saint évêque.

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Il a la mitre à fanons, la crosse et le geste de bénédiction des évêques.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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La date de 1762 du socle.

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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Sainte Marie-Madeleine éplorée au pied de la croix. Kersanton, atelier Prigent vers 1555.

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Je l'ai décrite dans mon article sur le calvaire fragmentaire du cimetière haut. Il est de la main de l'atelier Prigent. Les trois larmes caractéristiques sont bien visibles.

Fragments d'un calvaire (kersanton, vers 1555, atelier Prigent) au cimetière de La Forest-Landerneau. 

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Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière bas de La Forest-Landerneau. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

 

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ABGRALL (Jean-Marie), 1910, "Notice sur La Forest-Landerneau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, Kerangal. 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/60798cc0c60ed80e4fbabd1443d17155.pdf

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CASTEL (Yves-Pascal) 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère. Site de la SAF.

 https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/la_forest_landerneau.html

a) La Forest-Landerneau n° 532. cimetière haut.

"532. La Forest-Landerneau, , 1. g. k. 3 m. XVIe s. Trois degrés. Socle octogonal, Christ lié. Fût à pans avec trois petites croix en creux. Croix à pans, crucifix. [YPC 1980]"

 

b) La Forest-Landerneau n°533 La Forest-Landerneau n°2 . cimetière haut.

"533. La Forest-Landerneau, 1550. Trois statues provenant d’un calvaire. Groupe N.-D. de Pitié. Statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-personnage sans attribut. Ces pièces se rattachent à la manière des frères Prigent qui ont sculpté le calvaire de Plougonven. [YPC 1980]"

c) La Forest-Landerneau n°534 La Forest-Landerneau n°3. cimetière bas.

"534. La Forest-Landerneau, k. 6 m. XVIè s. Trois degrés, Madeleine à genoux. Socle cubique à griffes: 1762, MISSION 1887. Croisillon, écus aux armes de France et de Bretagne. Statues géminées: Vierge-sainte martyre (*), Jean-évêque. Croix à branches rondes, crucifix, groupe N.-D. de Pitié. [YPC 1980]"

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.( Revue bilingue breton-français  Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001)

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LA FOREST-LANDERNEAU, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7fe6b104461be9db56d8ced2650d285a.pdf

"Près de l'église, calvaire : base rectangulaire à pinacles gothiques, croix des larrons sur le croisillon"

—— COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

— DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, Plihon, pages 118-130

— DEBIDOUR (Victor-Henri), Croix et calvaires de Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_149/Croix_et_Calvaires_de_Bretagne__.pdf

— DEBIDOUR (Victor-Henri), La Vierge en Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_146/La_Vierge_en_Bretagne__.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Prigent
14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 13:53

Fragments d'un calvaire (kersanton, vers 1555, atelier Prigent) au cimetière de La Forest-Landerneau.

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— Voir  d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et hors blog: 

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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PRÉSENTATION.

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On a réuni à l'entrée du cimetière de La Forest-Fouesnant trois groupes sculptés en kersanton (soit au total six personnages) dont l'une des particularités est que chaque personnage est en pleurs. 

Face au spectateur, une Vierge de Pitié est ainsi entourée par sainte Marie-Madeleine et par saint Jean, comme dans les Déplorations. 

Mais les statues de Marie-Madeleine et de Jean sont en réalité géminées, c'est à dire qu'elles présentent, au dos, un autre personnage. Au dos de Marie-Madeleine, on reconnaît aisément la Vierge éplorée au pied du Calvaire, alors que Jean au calvaire est adossé à Jean en évangéliste (non identifié comme tel par Castel ou Le Seac'h).

Les larmes sculptées dans la pierre sous chaque paupière ont une forme caractéristique, en long filet d'eau s'achevant en perle : c'est l'un des traits stylistiques de l'atelier de Bastien et Henry Prigent, installés à Landerneau (proche du lieu d'extraction de la kersantite, principalement en Rade de Brest) et actifs entre 1527 et 1577.

On connaît plusieurs Vierges de Pitié présentant ces larmes. Les Prigent les placent aussi sur les visages de Marie et Jean debout au pied de la Croix, sur les calvaires qu'ils ont laissés, notamment en Léon, mais aussi sur ceux de Marie, Jean et Marie-Madeleine en déploration autour du corps du Christ, et, enfin, sur celui de Marie-Madeleine agenouillée au  pied de la Croix.

Cet indice a permis à Yves-Pascal Castel de remarquer vers 1980 que "Ces pièces se rattachent à la manière des frères Prigent qui ont sculpté le calvaire de Plougonven" et de proposer la datation de 1550 [le calvaire de Plougonven est daté de 1554, celui de Pleyben de 1555] .

Cette attribution a été validée de  façon  formelle en 2014 par E. Le Seac'h dans son catalogue raisonné des œuvres des Prigent (page 326), sans se prononcer sur la datation. Elle leur attribue aussi les personnages du calvaire du cimetière bas (Vierge et sainte martyre géminées, le Crucifié ; Jean et un saint évêque géminés ; Vierge de Pitié ; Marie-Madeleine agenouillée). Mais sur ce dernier calvaire, seul le visage de Marie-Madeleine porte les larmes caractéristiques.

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La réelle réussite de la disposition actuelle des statues, dont les personnages éplorés accueillent les familles se rendant sur la tombe de leurs proches, fait oublier qu'il s'agit ici de fragments d'un calvaire. Il faut se référer aux exemples (assez nombreux) de calvaires préservés pour imaginer les groupes géminés de chaque coté d'un croisillon entourant un Crucifix. La Vierge et Jean sont tournés, comme le Christ en croix, vers l'ouest, et par le fait même, Marie-Madeleine et Jean évangéliste sont tournés vers l'orient.

Au milieu du croisillon (le "nœud") se place alors, du coté est, la Vierge de Pitié, qui est creusée pour s'appliquer contre le fût.

Ce schéma est  assez facile à se représenter sur place puisque c'est celui du calvaire du cimetière de contre-bas (à la différence près que les personnages géminés avec la Vierge et Jean sont un évêque et une sainte).

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Cette reconstitution mentale du calvaire d'origine peut être enrichie par d'autres statues, c'est ce que nous verrons plus bas : un Christ aux liens pouvait être placé du coté opposé à la Vierge de Pitié, et une Marie-Madeleine pouvait être agenouillée au pied de la croix.

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Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Six personnages d'un ancien calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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LA VIERGE DE PITIÉ (KERSANTON, v.1555, ATELIER PRIGENT).

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La Vierge, dont le corps forme un triangle, est agenouillée genou gauche à terre, tandis que le genou droit supporte le dos du corps de son Fils.

Le Christ est presque assis  sur le genou gauche de sa Mère, et les jambes repliées mais non croisées reposent au sol par la pointe des pieds. Le dos se cambre sur le chevalet de la cuisse de Marie, en un arc qui est accentué par la chute de la tête qui se tourne vers sa droite.

La Vierge soutient son Fils par la main droite passée sous le flanc droit, tandis que sa main gauche soulève légèrement le bras du défunt. Elle est voilée, et porte la guimpe (cf. la Vierge du calvaire). Son visage est en larmes.

La plaie du flanc et celle de la main droite sont exposées au regard du fidèle.

À son dos, on constate un évidemment rectangulaire, correspondant à la forme du fût de la croix contre laquelle elle était posée.

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Bien que chaque Pietà du Finistère soit différente des autres, la posture du corps et des bras du Christ est semblable à celle des deux Vierges de Pitié de Plouvorn, attribuées à l'atelier Prigent, et marquées des trois larmes. Elle est comparable également à celle de Tal-ar-Groas en Crozon, à celle de Saint-Divy et celle du Folgoët. Les jambes du Christ sont souvent croisées.

La Vierge de Pitié du calvaire du bas répond aussi au même schéma, mais elle est d'une facture plus naïve.

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La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge de Pitié, détail, (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

 

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LES VIERGES DE PITIÉ DU FINISTÈRE.

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Yves-Pascal Castel en a dénombré une centaine, en bois et en pierre, mais il englobe sous ce terme les Pietà proprement dites à deux personnages (La Vierge et le Christ) avec ce qu'il faut désormais nommer des Déplorations, où la Mère et le Fils sont entourés de Jean, Madeleine, les Saintes Femmes, Joseph d'Arimathie et Nicodème, ou Gamaliel et son fils...

Elles sont assises, ou agenouillées, et parfois debout (Brasparts) .

 

 Sur les Pietà :

 

 

 

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Les Déplorations.

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Liste des Vierges de Pitié de l'atelier Prigent (Catalogue par Le Seac'h):

  • Brignogan, chapelle Saint-Pol
  • Dinéault, calvaire de l'église
  • Le Folgoët, calvaire (3 larmes)
  • La Forest-Landerneau, fragments, cimetière haut. (3 larmes)
  • La Forest-Landerneau, cimetière bas,
  • Landerneau, calvaire dit Croix de la Vierge atlas n°998
  • Lanhouarneau, croix de Kerlaouéret
  • Loc-Brévalaire, calvaire de l'église
  • Lothey [Gouezec], croix de Kerabri 1556 (3 larmes)
  • Plourin-Ploudalmézeau
  • Saint-Derrien, calvaire
  • Saint-Divy, calvaire oriental
  • Saint-Nic, intérieur église [en réalité Déploration]
  • Saint-Renan, hôpital Lejeune
  • Lopérec, calvaire [attribué à Fayet, compagnon de l'atelier Prigent]

Auquel j'ajoute :

  • Plouvorn, cimetière (3 larmes)
  • Plouvorn, chapelle de Lambader, fontaine (3 larmes)
  • Crozon, Tal ar Groas, calvaire chapelle Saint-Laurent (3 larmes)

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GROUPE GÉMINÉ MARIE-MADELEINE/VIERGE (KERSANTON, v.1555, ATELIER PRIGENT).

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1°) la Vierge.

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C'est, je l'ai dit, Marie au pied de la Croix, pleurant la mort de son Fils crucifié, la tête recouverte d'un voile et la gorge dissimulée par la guimpe du deuil, les mains jointes doigts croisés sous l'effet de la douleur et les jambes qui semblent fléchir : c'est Marie du Stabat Mater dolorosa.

Son voile, sa guimpe, son visage et ses larmes, son manteau, sa robe, ses chaussures sont ceux de la Vierge de Pitié.

L'une des caractéristiques des femmes voilées de l'atelier Prigent est que le voile est épais, rigide, à plis cassés, et nous retrouvons cela ici, mais parfois, et ce n'est pas le cas, le voile fait un pli au dessus de la tête.

Nous retrouvons le visage rond, les yeux ourlés d'un double trait, et surtout la petite bouche concave dont la lèvre inférieure s'avance en moue amère.

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La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge au calvaire (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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2°) Marie-Madeleine.

 

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Elle semble également chanceler, la tête est inclinée, mais aussi le torse, le genou gauche cède, et tout vient confirmer la crispation de la bouche réprimant un cri.

Comme d'habitude, la chevelure de Marie-Madeleine n'est pas recouverte d'un voile, et ruisselle dans son dos, seulement rassemblée au niveau de la nuque par le bandeau occipital si habituel à l'atelier Prigent, bien qu'il ne lui soit pas spécifique. 

Elle tient des deux mains le flacon d'aromates destiné à l'embaumement. Elle est vêtue d'un manteau dont le pan gauche, qui a glissé de l'épaule, fait retour vers une agrafe de la ceinture, d'une robe à décolleté rectangulaire et aux manches plissées, d'une chemise à col rond.

Son visage est proche de celui de la Vierge, mais le front très dégagé en arrière par la raie médiane accentue la rondeur très douce des traits, et malgré la lèvre inférieure qui s'éverse vers le menton, ce visage est d'une  beauté émouvante.

Ces statues géminées sont vues d'habitude en place, en haut de leur croisillon, mais lorsque nous les découvrons  à notre hauteur,  il se dégage de ces deux femmes adossées un fort sentiment de sororité ou de rapprochement entre deux générations ; et ce groupe devient une icone exemplaire de la solidarité qui scelle les corps et les âmes dans l'épreuve.

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Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Sainte Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

La Vierge Marie et Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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GROUPE GÉMINÉ JEAN AU CALVAIRE/JEAN L'EVANGELISTE (KERSANTON, v.1555, ATELIER PRIGENT).

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Jean au calvaire, le disciple préféré de Jésus qui lui  dit du haut de la croix  "Fils, voici ta mère" et le charge par cela de veiller sur Marie,  est adossé ici avec son double, Jean comme évangéliste. Ce n'est pas un cas unique, et cela s'observe par exemple sur le calvaire de l'église de Cast.

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1°) Jean au Calvaire.

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Nous retrouvons le visage très rond dont la hauteur de l'étage inférieur est réduite, la bouche petite à lèvre inférieure avancée, le petit menton rond, le regard baissé, et, bien entendu, les trois larmes sous la paupière inférieure. Nous retrouvons aussi le manteau (ne couvrant que le dos), la robe aux manches plissées, le genou fléchi.

La chevelure est soigneusement peignée en mèches rejetées concentriquement vers l'arrière.

Les détails de la boucle de ceinture avec son aiguillon, ou du bouton rond fermant le col de la robe, ont cette précision qui est habituelle aux sculpteurs de kersanton, et que l'on observe facilement sur les séries d'apôtres des porches bretons (cf. liens supra, les porches réalisés par les Prigent).

Je suis surpris par la taille malhabile des mains, et par la position étonnante des paumes tournées vers nous.

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n.b. On pourrait m'objecter que ce personnage ne porte aucun attribut permettant de l'identifier avec certitude. Néanmoins, les trois larmes sont, par elles-mêmes, un attribut. Et la posture est celle de Jean au calvaire. En outre, les  visages des deux saint Jean sont spéculaires, tout comme leur tenue vestimentaire. Enfin, un autre indice vient des pieds nus, qui sont propres aux apôtres ; et Jean est le seul apôtre imberbe...

 

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L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

L'apôtre Jean (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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2°) Jean l'évangéliste.

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L'attribut de l'évangéliste est accroché à sa ceinture, c'est le plumier, associé à l'encrier.

La tête est légèrement inclinée vers la droite. La main droite est posée sur la poitrine. Tout le reste (visage rond, 3 larmes, jambe avancée, pieds nus, ceinture à la boucle et à l'aiguillon détaillée, manteau porté en arrière, robe dont les pointes du revers de col sont larges, etc.) est semblable à la statue de son alter ego.

On verra sur le calvaire de la chapelle Saint-Laurent à Pleyben un Jean au calvaire de l'atelier Prigent, aux trois larmes, portant plumier et encrier à la ceinture.

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Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Saint Jean l'évangéliste (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Cimetière de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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SUGGESTION N° 1 : LE CHRIST AUX LIENS DU CALVAIRE HAUT.

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Le calvaire du cimetière haut (atlas n°532) de La Forest-Landerneau, daté du XVIe siècle, est simple, et ne porte qu'un crucifix,  ainsi qu'un Christ lié.

Il est douteux qu'il soit à son emplacement d'origine, et la plupart des Christ aux liens de ce type trouvent place en hauteur, entre les croisillons d'un calvaire.

Ne pourrait-on imaginer qu'il appartienne au même calvaire que les pièces étudiées précédemment ? La Vierge de Pitié serait placée en situation diamétralement opposée.

Une étude lithologique pourrait nous dire s'il s'agit  d'un kersanton de faciès identique. 

Et une étude comparative des Christ aux liens sortis de l'atelier Prigent pourrait fournir des éclaircissements.

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 Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Christ aux liens (kersanton, Prigent, XVIe siècle). Calvaire du cimetière haut de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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SUGGESTION N°2 : MARIE-MADELEINE AU PIED DE LA CROIX DU CIMETIÈRE BAS.

Je défendrais cette hypothèse avec plus de conviction. Car, bien que ce calvaire (avec son Crucifix et ses statues géminées sur une crossette) soit également attribué à l'atelier Prigent par E. Le Seac'h, l'unité stylistique me semble plus importante entre cette Marie-Madeleine et les fragments présentés plus haut, non seulement en raison des trois larmes que ces personnages ont en commun, mais aussi en raison de la proximité des visages et des vêtements.

Je m'appuierai sur l'avis d'E. Le Seac'h, qui écrivait page 168 :

"À La Forest-Landerneau, dans le cimetière haut, trois vestiges sont disposés sur des dalles de schiste : deux statues géminées, celle de Jean et d'un saint indéterminé, de la Vierge et Madeleine avec une pietà au milieu. Dans le cimetière bas, sur le socle [sic] de la croix, une Madeleine éplorée, les mains levées vers le Christ, est de la même facture".

Ces statues de la Madeleine éplorée qui trouvent leurs sources dans les Crucifixions des peintures de chevalet, des fresques (Fra Angelico) et des enluminures, puis des vitraux (Passions finistériennes contemporaines de la production de l'atelier Prigent) étaient certainement placées à l'origine immédiatement au pied de la croix, contre le fût, et le geste des bras de la sainte, écartés dans la posture du ravissement, paumes se faisant face, ne trouve toute sa cohérence que lorsqu'on sait qu'ils entouraient et enlaçaient presque — plus ou moins étroitement — le pied de cette croix. (Les rapports de Madeleine avec les pieds du Christ ouvriraient un long chapitre).

Marie-Madeleine, avec son flacon d'aromates, est aujourd'hui placée sur la deuxième marche d'un calvaire qui a été remanié en 1762 et 1887, ce qui est certainement l'emplacement le plus satisfaisant, puisque son regard et sa tête en extension sont levés vers le Christ. Mais on peut penser que sur le calvaire initial (celui-ci ou, pour moi, un autre) elle était placée sur le socle. 

On sera sans doute plus convaincu par mon hypothèse après avoir visité, par exemple, le calvaire de l'église de Dinéault sculpté par Bastien Prigent. On y trouve sur le croisillon la Vierge (3 larmes), saint Jean (3 larmes). Du coté est, la Vierge de Pitié ( larmes ?), et au pied de la croix Marie-Madeleine (3 larmes).

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Ses modèles ou semblables (qui ont perdu très souvent eux aussi leur rapport initial avec la croix) sont nombreux et situés majoritairement en Finistère sur le bassin de l'Élorn (Léon):

 

-Pelouse nord de l'église de Pencran (Prigent v.1553).

-Calvaire monumental de Pleyben (Prigent 1554)

-Calvaire monumental de Plougonven (Prigent 1555)

-Calvaire de Sainte-Marie du Ménez-Hom (Prigent vers 1550)

-Calvaire de l'église de Lopérec (Prigent ou "fayet", 1542 ou 1552)

-Calvaire est de l'église de Saint-Divy

- Calvaire du bourg de Saint-Ségal

-Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal

-chapelle Saint-Tugen en Primelin, contrefort sud-ouest.

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Les points communs (avec des exceptions à chaque fois) sont la posture agenouillée bras écartés, regard et tête levée ; les trois larmes ; le bandeau occipital ; la robe serrée par une ceinture nouée ; le manteau retombant en un éventail plissé derrière les reins ; le pot d'aromates.

Parfois (Plougonven), la sainte regarde vers le bas, et ouvre son flacon).

 

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Détails. 

Les trois larmes.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le bandeau occipital ou voile.

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Il recouvre l'arrière des cheveux au niveau de l'occiput, puis revient en avant, rassemblant ainsi la longue chevelure qui, ensuite, ruisselle dans le dos presque jusqu'à la taille. Mais ce voile, au lieu de passer derrière la nuque (comme un bandeau), glisse de chaque coté ses extrémités sous une natte antérieure.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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L'encolure.

Sous la robe au décolleté carré et  au col à pans larges et pointus se voit le col en V et sans rabat d'une chemise.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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Le bouton de la manche.

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Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

Marie-Madeleine (kersanton, Prigent, v.1555). Calvaire du cimetière bas de La Forest-Fouesnant. Photographie lavieb-aile 2021.

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SOURCES ET LIENS.

 

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1910, "Notice sur La Forest-Landerneau", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Quimper, Kerangal. 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/60798cc0c60ed80e4fbabd1443d17155.pdf

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— CASTEL (Yves-Pascal) 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère. Site de la SAF.

 https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/la_forest_landerneau.html

a) La Forest-Landerneau n° 532. cimetière haut.

"532. La Forest-Landerneau, , 1. g. k. 3 m. XVIe s. Trois degrés. Socle octogonal, Christ lié. Fût à pans avec trois petites croix en creux. Croix à pans, crucifix. [YPC 1980]"

 

b) La Forest-Landerneau n°533 La Forest-Landerneau n°2 . cimetière haut.

"533. La Forest-Landerneau, 1550. Trois statues provenant d’un calvaire. Groupe N.-D. de Pitié. Statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-personnage sans attribut. Ces pièces se rattachent à la manière des frères Prigent qui ont sculpté le calvaire de Plougonven. [YPC 1980]"

c) La Forest-Landerneau n°534 La Forest-Landerneau n°3. cimetière bas.

"534. La Forest-Landerneau, k. 6 m. XVIè s. Trois degrés, Madeleine à genoux. Socle cubique à griffes: 1762, MISSION 1887. Croisillon, écus aux armes de France et de Bretagne. Statues géminées: Vierge/sainte martyre, Jean/évêque. Croix à branches rondes, crucifix, groupe N.-D. de Pitié. [YPC 1980]"

 

 

CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère.( Revue bilingue breton-français  Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001)

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LA FOREST-LANDERNEAU, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7fe6b104461be9db56d8ced2650d285a.pdf

"Près de l'église, calvaire : base rectangulaire à pinacles gothiques, croix des larrons sur le croisillon"

—— COUFFON (René), 1961, "L'évolution de la statuaire en kersanton" Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc t. LXXXIX, 1961 p. 1-45. 

DEBIDOUR (Victor-Henri), 1953,  La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, Plihon, pages 118-130

DEBIDOUR (Victor-Henri), Croix et calvaires de Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_149/Croix_et_Calvaires_de_Bretagne__.pdf

DEBIDOUR (Victor-Henri), La Vierge en Bretagne, photos de Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_146/La_Vierge_en_Bretagne__.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

— PHOTOS.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:La_Forest-Landerneau_Restes_d%27un_ancien_calvaire.jpg

https://mapio.net/pic/p-48048484/

https://mapio.net/pic/p-48048171/

https://mapio.net/pic/p-48048324/

https://mapio.net/pic/p-48047998/

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Kersanton Prigent
31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 09:38

Le calvaire (kersanton, v. 1550, atelier Prigent ?) de Croas Lambader à Plougourvest et deux pièces (Vierge de Pitié et Jésus parmi les Docteurs) d'un calvaire monumental (kersanton, v. 1550 ou 1600) de Lambader.

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 Voir sur Lambader :

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— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent (1527-1577):

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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Voir sur le Maître de Plougastel (1570-1621)

 

 


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PRÉSENTATION.

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Le calvaire de Croas Lambader ou du Spernen appartient aujourd'hui à une propriété privée au 1 rue de Lambader sur le bord ouest de cette rue, à 200 m du calvaire de Lambader et de la chapelle.

La propriétaire de la maison m'a très gentiment proposé de pénétrer dans le jardin pour pouvoir observer la face principale portant le Crucifix et tournée vers l'ouest. Qu'elle trouve ici l'expression de ma gratitude pour cet accueil.

Le calvaire est situé aujourd'hui en Plougourvest, mais le cadastre de 1829 le montre à la frontière avec Plouvorn, et du coté de cette commune.

Il est classé monument historique (28 novembre 1910) et fait l'objet d'une notice Mérimée PA00090247 et d'une notice Monumentum avec 8 photographies, sous le titre "Croix de chemin en pierre de Lambader, XVIe siècle".

Wikipedia propose une photo de 2012 par GO69. Ce cliché montre que la statue de la Vierge était orientée par erreur vers l'orient. Ce défaut a été corrigé depuis, lors d'une intervention de réfection d'une partie d'un angelot d'extrémité de croisillon, par rotation de 180° de la statue géminée et rescellement.

Il est décrit par Y.-P. Castel dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère sous le n° 1977, avec un croquis :

" Spernen S, Croas-Lambader, g. k. 5,50 m. Vers 1550. Trois degrés. Socle, Vierge de Pitié, Jésus au milieu des docteurs. Fût à pans. Croisillon aux anges, statues géminées: Pierre-Vierge, Jean-Madeleine. Croix à branches rondes, anges en place des fleurons, titulus en lettres fleuries, crucifix, Christ aux liens. Les groupes conservés dans la chapelle voisine présentent la même facture que ceux-ci. [YPC 1980]"

 

Enfin, il est décrit par Christian Gallic dans le bulletin 2017 du journal municipal Plouvorn Information :

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C'est donc un calvaire composite, et les deux groupes de l'emmarchement, la Vierge de Pitié et Jésus parmi les Docteurs, ont dû être placés ici au début du XXe siècle. J'ai déjà décrit ces groupes dans mon article sur l'important ensemble de vestiges d'un calvaire monumental en kersanton (milieu du XVIe siècle ?), dont l'essentiel se trouve dans la chapelle. 

Le choix des personnages (Vierge et Jean d'un coté, Madeleine et Pierre de l'autre) est le même que sur le calvaire de Lambader mais ils ne sont pas couplés de la même façon (ici, la Vierge est couplée à Pierre alors qu'à Lambader elle est couplée à Marie-Madeleine).

Ni la carte de Cassini, ni la carte d'Etat-Major 1822-1866, ni les photos aériennes 1950-1965 (avant la construction des maisons bordant la rue), ne permettent de le situer, mais le cadastre napoléonien de 1829-1830 montre un symbole en étoile, à son emplacement actuel, tant sur la feuille d'assemblage que sur la 2ème feuille F du Bourg.

https://recherche.archives.finistere.fr/viewer/viewer/medias/collections/P/03P/3P211/FRAD029_3P211_01_01.jpg

Parmi les calvaires issus de l'atelier de Bastien et Henry Prigent (1527-1577), outre les  calvaires monumentaux  de Plougonven (1554) et  de Pleyben (1555), on conserve  6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier. Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré. Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages (statues non géminées).

3°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages ou 6 personnages avec statues géminées sur le croisillon

4°) Calvaire à deux croisillons.

Nous avons affaire ici au 3ème groupe, le plus nombreux.  On en voit des exemples à Saint Derrien, 1557,  à Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, à la chapelle Saint-Laurent de Pleyben, au cimetière de Bourg-Blanc, et à Saint-Divy.

 

 

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Feuille d'assemblage du plan cadastral 1829.

Feuille d'assemblage du plan cadastral 1829.

Feuille F2 du plan cadastral 1829.

Feuille F2 du plan cadastral 1829.

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LE COTÉ OUEST.

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Le crucifix central est entouré des statues de la Vierge et de Jean sur le croisillon.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Le Christ en croix.

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Il est placé sous un titulus aux lettres gothiques un peu effacées, dont le fût est perlé et l'empattement fourchu.

Sous une couronne d'épines à deux brins tressés, le visage est fin avec des yeux clos dont la paupière est ourlée, des pommettes émaciées, un nez droit et long, un philtrum creusé, une bouche entrouverte sur les dents, une moustache en V inversé qui naît à l'angle des narines et s'achève en hameçon, et une barbe dont les mèches forment des virgules. La chevelure tombe devant l'épaule droite, et derrière l'épaule gauche.

Sur les bras, le pli du coude est marqué par un V peu naturel.

Le torse court porte le dessin des mamelons, des côtes presque horizontales et de la plaie du coté ; le nombril est indiqué par un cercle.

Le pagne est noué avec un pan sortant à gauche, et rentré à droite, mais le dessin des plis est remarquable par son entrecroisement médian.

Il ne ressemble pas exactement au fragment de Christ conservé dans la chapelle, mais il en partage les éléments stylistiques.

Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Les anges orants et  hématophores.

Trois anges occupent les extrémités libres de la croix, ils sont agenouillés mains jointes, les ailes rabattues dans le dos; Ils portent une tunique bouffante au dessus du cordon de la taille.

Dans la même posture et le même habit, un quatrième ange présente le calice du sang des plaies du Christ.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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La Vierge éplorée.

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Elle est saisie dans une attitude recueillie, mains jointes et la tête légèrement penchée en avant.

L'élément le plus remarquable est le motif des trois larmes s'écoulant sous chaque œil. C'est l'un des traits stylistiques de l'atelier Prigent (1527-1577). Mais par contre, nous ne retrouvons pas le voile marqué de plis rigides qui est une autre de ces caractéristiques qui était présente sur  la Vierge du calvaire de Lambader et sur la Vierge de Pitié du Monument aux Morts de Plouvorn. Le voile encadre à angles droits le visage et rejoint la guimpe. (*)

Le visage est ovale, les yeux sont ourlés, le nez triangulaire et fort, la bouche petite et concave faisant la moue, le menton pointu.

Si on la compare à la Vierge du calvaire de Lambader, celle-ci est plus figée, son visage est moins marquée d'humanité, sa tête n'est pas inclinée, et même le plissé des vêtements est moins animé.

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(*) Ce plissement en Z du voile de la Vierge n'est pas constant sur les productions de l'atelier Prigent, et s'il est présent à Saint-Nic,  il est absent sur la Vierge de Dinéault.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Saint Jean éploré.

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Il porte une main sur la poitrine tandis que l'autre ramène le pan du manteau. Sa posture est hiératique (le terme s'applique aussi à la Vierge), figée par le chagrin, sans geste expressif, sans que la tête ou le regard ne soit tourné vers le Christ. Les deux angles pointus du col du manteau laissent voir la robe, fermée par deux (ou trois) boutons ronds.

Le visage est plus rond que celui de Marie, mais partage avec ce dernier la plupart des caractères, et notamment les trois larmes.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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LE COTÉ EST.

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Placé sur une console avancée, le Christ aux Liens est encadré par les statues du croisillon, celle de Pierre à sa gauche et Marie-Madeleine à sa droite.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Le Christ aux liens.

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Sa couronne et son visage sont proches de ceux du Crucifié, mais les yeux sont ouverts. 

Il porte le manteau de dérision, qui tombe directement à droite alors que le pan gauche fait retour par une large courbe au poignet. Les deux mains sont liées par une corde aux épais torons.

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D'autres Christ aux liens de l'atelier Prigent se trouvent au revers de la croix des calvaires de Bourg-Blanc, à Saint-Divy, ou, en tant que vestige, à Guissény (cimetière de l'église, 1555) et Lanneufret .

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Marie-Madeleine éplorée.

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Elle est vêtue d'une robe et d'un manteau au plissé très vivant. Elle tient de la main gauche le flacon d'onguent dont elle soulève le couvercle conique. De ses yeux coulent les trois larmes, aux extrémités recourbées en crochet.  Son visage est rond, avec de cheveux divisés en deux mèches autour d'une raie médiane.

Sa chevelure est retenue par le même bandeau occipital, enrubanné sur les mèches qui retombent dans le dos, que celui, par exemple, de la Vierge à l'Enfant des vestiges de calvaire de la chapelle de Lambader.

Elle n'est pas très différente de la Madeleine du calvaire de Lambader, mais sa tête est plus engoncée dans les épaules.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Saint Pierre tenant sa clef.

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Sa robe serrée par une ceinture  est recouverte d'un manteau fermée par une patte à bouton rond. Sa clef à poignée losangique est plus grande que son thorax.

Son visage, dont la bouche semble tendu en avant par l'imminence d'une parole, est presque léonin, peut-être en raison d'une mâchoire carrée et d'un barbe tortueuse. La moustache part en crochets à partir des coins des narines.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Les anges des extrémités du croisillon.

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Ils sont semblables aux anges orants de la croix, et sont agenouillés mains jointes, et les ailes plus écartés.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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LES GROUPES DES MARCHES DU SOCLE.

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Ils proviennent des vestiges d'un ancien calvaire (monumental) et daté vers 1550 et attribué par Castel à un anonyme nommé par convention "Maître de Lambader" , car la majorité des scènes de l'Enfance de Jésus et de la Vie de Marie sont rassemblés dans la chapelle de Lambader. Je reprends ma description donnée dans la description de ces vestiges dans l'article :

La statuaire de la chapelle de Lambader en Plouvorn. I, Vestiges d'un calvaire, kersanton, Maître de Lambader, vers 1550 / ou Maître de Plougastel vers 1600.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550-1600).

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Elle a la tête brisée. La forme générale de la Mère voilée dans son manteau est massive et triangulaire, et elle soutient sur ses deux genoux écartés le corps de son Fils, par une main placée sous la tête et une autre sur la cuisse droite. Le Christ forme une diagonale oblique vers le haut et la gauche et ses plaies des mains sont exposées, le bras droit fléchi pend (un peu maladroitement) le long de la jambe maternelle tandis que le bras gauche repose le long du corps.

Cette formule est proche de celle des deux autres Vierges de Pitié de l'ancienne paroisse de Plouvorn, celle de la fontaine de Lambader  et celle du Monument aux Morts du cimetière, toutes deux attribuées à l'atelier Prigent. Le visage de la Vierge y est marquée de larmes.

Bien que cette Pietà n' est pas attribué par Castel à l'atelier Prigent, on la comparera à ses homologues des calvaires de 

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572,

-Saint Derrien, 1557 Calvaire de l'église

-Saint-Divy, Calvaire de l'église

-Loc-Brévalaire, Calvaire de l'église

-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : .

-Dinéault, Calvaire de l'église

-La Forest-Landerneau : cimetière haut 

-Landerneau :  calvaire de la Croix-de-la-Vierge 

-Lanneufret : Calvaire de l'église 

-Le Folgoët Calvaire de l'église 

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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Jésus parmi les Docteurs (kersanton, vers 1550-1600).

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L'interprétation de ce groupe est difficile, notamment car il est camouflé (comme la Pietà) par les rosaces blanches, gris-vert ou rosées de lichens. Mais Yves-Pascal Castel a raison d'y voir Jésus parmi les Docteurs, grâce à l'attitude émerveillée des assistants, et malgré l'absence de Jésus qui occupait sans doute la place la plus haute au centre.

Les quatre personnages, assis en tailleur devant un pupitre à degrés,  lèvent tous la tête et le regard vers le haut, et écartent les paumes vers l'orateur en signe d'admiration. Deux portent le chapeau conique des Juifs, tandis que deux autres portent le bonnet carré des docteurs en théologie du XVIe siècle (ou un bonnet à rabat). Trois sont barbus. Deux portent un manteau à large rabat sur le col.

Je ne peux être plus précis, car leur tenue de camouflage est terriblement efficace, tant pour mon regard que pour la capacité de discrimination de mon objectif photo.

La scène est rare dans la sculpture en kersanton (porche de La Martyre), mais on la trouve, dans une composition très différente, sur le calvaire monumental de Plougastel.

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Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.
Le calvaire de Croas Lambader à Plougourvest.

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CONCLUSION.

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Ce calvaire associe à sa statuaire originale deux groupes provenant d'un autre calvaire.

Si on s'en tient aux données fournies par les sources de référence (Atlas de Calvaires et base Mérimée), ces deux sous-ensembles relève de la même datation, vers 1550. C'est aussi la datation acceptée pour le calvaire de Lambader. Cette proposition est suivie par Tanguy Daniel et par Christian Gallic.

Toujours selon les mêmes sources, aucun de ces deux sous-ensembles n'est attribué à un atelier déterminé. Rappelons que les ateliers actifs en Finistère (et en particulier dans le Léon) sont ceux de Bastien et Henry Prigent de 1527 à 1577, et de leur compagnon Fayet  de 1552 à 1563, puis du Maître de Plougastel de 1570 à 1621. 

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L'indice des trois larmes : l'atelier des Prigent ?

Néanmoins, il est possible ou probable qu'Yves-Pascal Castel ait choisit pour l'Atlas la date, très précise, de 1550 pour ces deux ensembles après avoir constaté la présence d'un indice stylistique de haute valeur sur les trois personnages du calvaire, indice qu'il avait signalé sur le calvaire monumental de Plougonven daté de 1554 et  signé des Prigent.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

E. Le Seac'h, qui n'a pas inclus le calvaire de Croas Lambader dans son Catalogue des sculpteurs de Basse-Bretagne, a attribué les statues de la Vierge et celle de Madeleine sur le calvaire de Lambader aux Prigent (Catalogue p. 331). Et c'est elle qui a insisté sur la description de ces trois larmes en écrivant (p.140): " Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, leurs Vierges de Pitié , de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés." 

Elle précise encore :"Si la manière de sculpter de  Bastien est plus souple, si ses drapés sont plus fluides si ses yeux sont taillés en un petit losange horizontal, tandis que celle d'Henry, moins habile,  est  hiératique, plus raide, avec un nez massif aux narines creuses,  l'appartenance au même atelier se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus."

Sur les statues de l'atelier Prigent :

 

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

 

Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

 

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie,), 1904,  L'Architecture bretonne Quimper, A. de Kerangall.

 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/3196

 

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2385 et 2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

2385. Lambader, dans la chapelle, k. Vers 1550, vestiges d’un calvaire dont certaines pièces sont placées à la croix de Spernen en Plougourvest (no 1977). Fuite en Egypte. Présentation au temple, Vierge de l’Annonciation, Vierge aux sept glaives, Nativité, saintes femmes, Crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Plougourvest  n°1977.

"1977. Spernen S, Croas-Lambader, g. k. 5,50 m. Vers 1550. Trois degrés. Socle, Vierge de Pitié, Jésus au milieu des docteurs. Fût à pans. Croisillon aux anges, statues géminées: Pierre-Vierge, Jean-Madeleine. Croix à branches rondes, anges en place des fleurons, titulus en lettres fleuries, crucifix, Christ aux liens. Les groupes conservés dans la chapelle voisine présentent la même facture que ceux-ci. [YPC 1980]"

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plougourvest.html

— CASTEL (Yves-Pascal), "Patrimoine du Finistère : les Pietà du Finistère" , site de la SAF, et Revue Minihy-Levenez n°69 de juillet-août 2001.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/204bbff59e0b1d6cf65264a34d22701f.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 25 mars 1995, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn. Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005,  “Minihi Levenez 092 : guide des sept grands calvaires bretons,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 mars 2021, https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9398.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, (René), LE BARS, Alfred), 1988, "Plouvorn",  Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/PLOUVORN.pdf

"Statues en kersanton, dont plusieurs proviennent d'un calvaire monumental détruit : groupe de la Présentation au Temple, Fuite en Egypte, XVIè siècle (C.), Adoration des mages, XVIè siècle (C.), Vierge de l'Annonciation, Notre Dame des Sept Douleurs, Vierge Mère assise sur un trône, les trois Marie au Calvaire, sainte Marguerite, saint Jean l'Ev., saint Divy (S:DIVI), saint évêque (S.GOUYNIE), saint Gouesnou (S.GOUESNOU), saint Patern (S.PATERNE), Ange de l'Annonciation (décapité), Christ de calvaire (mutilé)

— DANIEL (Tanguy), 1996, La chapelle de Lambader en Plouvorn,   Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires - Association bretonne et union régionaliste bretonne,  Congrès de Saint-Pol-de-Léon juin 1996 tome CV p. 50.

"On remarquera aussi et surtout les restes d'un ancien calvaire monumental, présenté en désordre en quatre endroits de la partie basse de la nef : une Présentation au Temple, une Annonciation et une Fuite en Égypte, une Nativité, un Christ (mutilé) et les Trois Marie. Il est possible que d' autres éléments de ce grand calvaire figurent sur la croix de Spernen ( dite aussi Croaz-Lambader ), à Plougourvest . Aucune date ne figure sur ces sculptures dont le style est celui du milieu du XVIe siècle . » .

https://books.google.fr/books/about/Comptes_rendus_proc%C3%A8s_verbaux_m%C3%A9moires.html?id=Ka0iAQAAIAAJ&redir_esc=y

 

DUCOURET (Jean-Pierre), 1971, Inventaire pour le Patrimoine dossier IA00005484

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-lambader-plouvorn/8e820a5c-91e6-410a-9857-c05679006ec6

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005484_01.pdf

— FRÉMINVILLE ((chevalier Christophe-Paulin de La Poix de Fréminville) 1832, Antiquités de la Bretagne: Finistère, Volume 1, Lefournier et Deperiers, 1832 p. 69

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&dq=lambader&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

"Plusieurs statues ornaient jadis l'église de Lambader, elles ont été renversées et mutilées, leurs débris gisent sur le gazon dans le préau ou cour du monastère. J'en remarquai une qui me frappa par le fini et la précision de son travail, elle représente un chevalier armé de toutes pièces , tenant l'épée nue sur l'épaule ; la forme de son armure indique la fin du quatorzième siècle. On remarque au bas de la cuirasse l'assemblage de pièces de lames transversales qui recouvre le défaut des cuissards et que l'on nommait tasseltes ou braconnière. La tête de cette statue a malheureusement été brisée ( Pour préserver cette statue de mutilations plus considérables, M. le marquis du Dresnay en a fait récemment l'acquisition et l'a fait transporter à Saint-Pol de Léon , où elle est placée dans son jardin. ) : je présume qu'elle représentait quelqu'un des commandeurs de Malte titulaires de la commanderie de Lambader. Ce ne peut être un templier, car, lors de la destruction de l'ordre du temple, les .chevaliers portaient encore le haubert ou armure entièrement en mailles, celle que l'on voit ici est celle de plaque et de lames adoptée au quatorzième siècle."

 — GALLIC (Kristian), PLOUVORN INFORMATION mars 2017 n°3 

https://fr.calameo.com/read/0047577681bc06131f887

— LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

"On vénère à Lambader une belle statue en kersanton de Notre-Dame. Au bas de la chapelle sont de nombreuses statues mutilées, en granit, provenant de l'ancien Calvaire. La maîtresse vitre contenait un brillant vitrail de 1543, qui a été brisé vers 1845 et remplacé, dans sa partie basse, par une maçonnerie, et dans sa partie haute, par un voile rouge. On en voit quelques débris à la chapelle de Keruzoret, ainsi qu'un saint Christophe et un saint Trémeur portant sa tête entre ses mains."

— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument."

 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

MIORCEC DE KERDANET (L.), 1837, Les vies des Saints de la Bretagne-Armorique De Albert LE GRAND ... Avec des notes et observations historiques et critiques par D. L. Miorcec de Kerdanet et revues par M. Graveran. Brest 1837 Page 502

https://books.google.fr/books?id=PIhhAAAAcAAJ&pg=PA502&dq=lanbader&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiF4dfrsr_vAhXH3oUKHbu0B1UQ6AEwA3oECAQQAg#v=onepage&q=lanbader&f=false

 

Texte principal : "Si vous entrez dans Ploumorn (Plouvorn), vous ne pouvez faire beaucoup de chemin , sans remarquer la belle Eglise priorale de N. D. de Lanbader tant pour l'excellence du bastiment, qu'à raison de la grande devotion du peuple qui y aborde de plusieurs endroits. Ceste chappelle est construicte non loin du bourc parrochial , sur la pente d'une colline , prés d'un agreable ruysseau qui fait moudre nombre de moulins, avant de se rendre à l'ocean. Ce lieu est fort consideré par les personnes devotieuses , &, estant limitrophe à plusieurs paroisses de cest Evesché, les pelerins y arrivent en affluence aux festes de la Vierge, & surtout le lundy de la Pentecoste."

Note de Kerdanet : "Cette église est construite dans le style de l'architecture gothique arabe : elle a huit arcades élégantes dans chacun de ses bas-cotés., son clocher est très beau, c'est une tour carrée, ornée d'une balustrade légère et surmontée d'une flèche élevée, de forme prismatique hexagonale, flanquée de quatre clochetons. Cette flèche, toute en pierres de taille, est travaillée à jour, ainsi que les clochetons qui l'accompagnent, dont l'un a été renversé par l'ouragan du 2 février 1836. Le clocher est supporté par des piliers formant trois arcades. Dans le fond est la porte d'entrée de l'église, couronnée d'une statue de la Vierge en kersanton avec ces mots : NOTRE DAME DE LANBADER ». À ses cotés, sont deux encadrements, l'un représentant six moines à genoux, sur trois lignes, et l'autre six religieuses dans la même position. Le dernier encadrement offre le millésime de 1598, et la légende : INTERCEDE P. DEVOTO FEIÕ SEXU » On remarque, de plus, autour de l'église, diverses statues curieuses, telles que celle de saint Christophe, ainsi désignée SXDÕPLE 1600 », et la statue de N.D de Pitié dans l'attitude la plus recueillie et la plus expressive.

Le jubé en bois de Lanbader est aussi fort renommé ; c'est un réseau de sculpture, presque aussi remarquable dans son genre que celui du Folgoët dans le sien : il a 16 pieds ½ de long sur 3 pieds , 9 pouces de large ; ses éventails ont 8 pieds 3 pouces de développement, et sa porte 4 pieds ½ d'ouverture ; son escalier tournant compte 22 marches ; le tout orné de petites statues d'anges, parmi lesquels vient figurer, on ne sait pourquoi, un joueur de biniou (musette)

M. de Fréminville pense que Lanbader était une ancienne commanderie ; il n'en n'est cependant fait aucune mention dans celles du duc Conan IV, de 1160 ; mais on trouvait autrefois, autour de cette chapelle, les propugnacula, turricula et alias munitiones dont parle Pierre Mauclerc das sa charte aux chevaliers du Temple. V. D. Morice, Pr. t. 1er col.638 et 850. Le gouvernement de Lanbader possédait, en 1790, 900 livres de revenu. »

PENNEC (Cyrille) 1825, Le dévot pèlerinage de Notre-Dame du Folgoët Vatar-Jausions, 1825 - 122 pages

https://books.google.fr/books?pg=PA46&dq=lanbader&id=OQszcnHk2lEC&hl=fr&output=text

L'église de LANBADER, avec un très-beau clocher.

« On trouve en cet endroit plusieurs jolies statues en Kersanton, entre autres celle de S. Christophe, portant la date de 1600. Sur la porte étroite de la chapelle, on a figuré une petite assemblée de moines, et vis-à-vis des religieuses à genoux et les mains jointes, avec cette légende : Intercede pro devoto foemineo sexii ».

 

— PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

"Dans le fond de la chapelle on a recueilli une trentaine de statues en pierres de taille qui doivent être les débris d'un ancien calvaire. Plusieurs de ces statues ont beaucoup d'expression dans la physionomie ; malheureusement presque toutes ont été mutilées pendant la révolution. Elles ressemblent comme travail aux statues du calvaire de Guimiliau et doivent être de la même époque."


— WIKIPEDIA

 

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Kersanton Maître de Plougastel Prigent
13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 11:32

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec).

 

 


 

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Sur Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les calvaires de Basse-Bretagne, voir :

Ateliers du XVe et début XVIe siècle :

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— atelier du Maître de Quilinen (vers 1500)

 

Atelier Prigent :

 

Atelier du Maître de Plougastel.

 

Atelier du Maître de Saint-Thégonnec (selon Castel et Le Seac'h)

 

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Atelier de Roland Doré.

 

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Divers ateliers.

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PRÉSENTATION.

Voir article partie I.

Si les 41 personnages du pourtour du socle se présentaient en costumes contemporains comme s'ils jouaient, non sans truculence, les scènes du Mystère de la Passion (et une Passion et Résurrection bretonne a été publiée en 1530 puis rééditée), la croix à deux croisillons où le Christ est entouré de ses disciples les plus proches relève d'une mystique du Sang versé, auquel répond l'effusion de larmes des témoins. Si on peut l'associer encore au texte de la Passion et Résurrection bretonne (qui devait être bien connu des paroissiens ayant demandé ce monument), c'est d'avantage le texte du Stabat Mater Dolorosa qu'il faut placer ici en contre-point : ce chant franciscain sera traduit en breton en 1622 par Tanguy Guéguen, chanoine à Morlaix.

Le duché de Bretagne, avant son annexion à la France, s'était montré très attaché au culte des Plaies du Christ : Voir Dévotion franciscaine aux Plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne. La province de Bretagne, depuis Anne de Bretagne,  a poursuivi cette vénération, et a couvert le Léon du gris manteau d'un réseau de croix et de calvaires dans la belle pierre sombre de kersanton, extraite en Rade de Brest. L'atelier Prigent (1527-1577), à Landerneau, a sculpté des larmes en gouttes d'eau sous les paupières de Marie, la Mère du Christ, de Jean, son disciple préféré, et de Marie-Madeleine, la disciple auquel il réserva sa première apparition comme Ressuscité. Ces larmes, devenues visibles et presque charnelles, suscitent chez les paroissiens la même effusion. Et ces trois-là, de calvaire en calvaire, de Déploration en Mise au Tombeau, deviennent les médiateurs, pour les fidèles, de la participation émotionnelle aux souffrances endurées par le Sauveur, car les larmes magnifiées comme des diamants scintillent ensuite — mais bien plus rarement—sur les œuvres des autres ateliers, celui du Maître de Plougastel (sur le calvaire éponyme, dans la Montée au Golgotha) et, au XVIIe siècle, celui de Roland Doré. Ailleurs, ces larmes seront évoquées indirectement, sur les Déplorations, par le mouchoir dont Marie-Madeleine s'essuie les yeux.

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C'est donc en observant, sur la croix centrale, ces références au Sang et aux Plaies et celles aux Larmes que nous dépasserons une lecture descriptive du monument pour accéder à un partage de cœur et d'âme avec les paroissiens de Saint-Thégonnec et le sculpteur qu'ils avaient choisis.

 

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Schéma lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Schéma lavieb-aile.

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I. SAINTE MARIE-MADELEINE AU PIED DE LA CROIX. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Une statue de Marie-Madeleine est visible sur le socle au pied de la croix. Elle lève la tête vers le Crucifié. Son pot d'aromates, posé à coté d'elle, est caché par les personnages de la Passion. 

C'est la reprise de la Marie-Madeleine du calvaire de Pencran (1521), mais surtout de celle du placître de Pencran, sculptée vers 1553 par les Prigent dans la même posture, avec pareillement le manteau rejeté des épaules et tombé en un éventail de plis lourds derrière les reins. Ce motif a eu tant de succès qu'on le retrouve sur de nombreux calvaires du Finistère, soit encore à Pencran sur son calvaire nord, soit à Pleyben en 1555, toujours par les Prigent, soit à la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1540 et v. 1630), puis à Lopérec vers 1552, mais aussi aux calvaires du bourg de Saint-Ségal et de la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (celui-là étant attribué au Maître de Saint-Thégonnec), et par d'autres ateliers à Commana en 1585, ou, en Cornouaille,  isolée sur un contrefort de la chapelle Saint-Tugen à Primelin .

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Voir ma présentation ici :

https://www.lavieb-aile.com/2019/07/saint-segal-le-calvaire-du-bourg.html

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Celle-ci se distingue des autres par l'absence de bandeau occipital retenant la chevelure, par l'absence des 3 larmes de compassion, par la chemise plissée dont  le col et le poignets sont fraisés et tuyautés, par les manches (rapportées ?) bouffantes sur l'épaule , par la robe au décolleté carré , et non plissée et moulante sous la ceinture, ce qui souligne le doux volume du ventre.

On dira aussi les oreilles rondes  plaquées sur le crâne, le front épilé, les paupières ourlées, la délicieuse fossette du menton, et les narines pincées comme si elles inspiraient jusqu'à la suffocation l'extase mystique.

On remarquera que les deux paumes des mains de la sainte ne sont pas orientées vers le tronc écôté de la croix, figure de tous les arbres sacrés, de l'Arbre de la Connaissance jusqu'à l'Arbre de Vie : car l'une des paumes est tournée vers le sein, vers l'intimité du Moi, comme pour affirmer un lien privilégié  entre Marie de Magdala et son Rabbouni, son Maître, lien qui se révèlera en Jean 20:11-18.

Elle est la figure essentielle du calvaire (révérence gardée au Christ, bien entendu), celle à laquelle les fidèles peuvent s'identifier, dans leur piété individuelle ou devotio moderna, pour concilier leur nature peccamineuse et leur aspiration à ressentir dans leur cœur et dans leur chair cette participation émotionnelle aux souffrances endurées par le Rédempteur. Et elle reprend la figure de la poésie classique latine de la déréliction, et le "lamento magdalénien" déploie son esthétique de la lamentation amoureuse (Laurence Beck-Chauvard).

 

Nous l'avons déjà vu, en faisant le tour des saynètes de la plateforme, parmi les huit saints personnages entourant le Christ mort dans la Mise au Tombeau. On la retrouvera, avec le même costume, mais cette fois-ci en larmes, sur la Déploration du premier croisillon.

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J'ai découvert les sources de cette vénération envers Marie-Madeleine lors de mon étude sur le Puits de Moïse de la Chartreuse de Champmol (vers 1405), où Madeleine figurait également éplorée au pied de la croix : elle est extrêmement abondante et je ne citerai que le Polyptique Orsini, les Très Riches Heures du duc de Berry folio 156v, et la Crucifixion de Fra Angelico pour la cellule 25 de San Marco. Et au XVIe siècle, cette figure est repris dans presque toutes les maîtresse-vitres de la Passion du Finistère

Il ne me manque dans ce très ou trop riche corpus scripturaire et artistique qu'un écrit en moyen-breton équivalent de la Passion en Breton de 1530 et de la traduction bretonne du Stabat Mater, Ouz hars an croas centrée sur la figure de Marie.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LA CROIX À DEUX CROISILLONS.

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Les calvaires bretons peuvent être classées de différentes façons. J'ai présenté dans le premier article comment les auteurs avaient distingué parmi eux sept calvaires "monumentaux", et celui de Saint-Thégonnec est le dernier d'entre eux. La forme de leur socle fondait déjà une typologie.

Nous pourrions aussi dresser en une liste chronologique, malgré leur nombre et les incertitudes de datation. Mais leur silhouette permet facilement de distinguer ceux sans croisillon, à un croisillon (Pleyben, Guimiliau) et à deux croisillons.

Parmi ces derniers, nous pouvons, toujours du premier coup d'œil, remarquer comme le propose J.-S. Gauthier ceux dont les deux croisillons sont de taille égale avec une structure en U (Pencran, Plounéventer, Plougastel, Lopérec, Le Tréhou, L'Hôpital-Camfrout, Commana et Saint-Thégonnec),  ceux dont le croisillon supérieur est plus étroit, donnant une structure en sapin (Quimerc'h,  Loqueffret, Plonéour-Ménez, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Plougonven, Locmélar, Saint-Sébastien en Saint-Ségal), et ceux dont au contraire le bras supérieur est plus large, avec une structure en V (Locmélar).

Nous pouvons aussi rechercher un schéma particulier où le Christ est entouré au croisillon supérieur des deux cavaliers du Golgotha, comme à Pencran, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, à Lopérec, Locmélar, Plougastel et Saint-Thégonnec.

Et mettre à part les calvaires où les gibets des larrons sont érigés séparément de la croix centrale.

 

Les calvaires à deux croisillons. Liste non limitative.

 

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  • Pencran nord, (1521 par inscription). Trois fûts. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Deux cavaliers, Madeleine/ Yves,  Jean/Pierre. Pietà, Vierge à l'Enfant . Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix.

  • Plomodiern, chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (1544, Prigent). Jean/Pierre et Madeleine/Yves. Pietà, Christ aux liens, Vierge à l'Enfant. Ange aux calices. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois larmes.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien (v.1541-1554, Prigent ou M° Saint-Thégonnec). Vierge et Jean  géminés avec des archers. Trois larmes.

  • Lopérec (1552) par l'atelier des Prigent ou de Fayet leur compagnon. Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. Trois fûts . Deux cavaliers, Christ aux liens, Jean ?/Marie-Madeleine / et Vierge/Pierre, Christ ressuscité. Les trois larmes.

  • Plougonven, (1554), Henri et Bastien Prigent. Calvaire monumental.  Marie-Madeleine agenouillée au pied de la croix. les larrons sur des croix séparées (mais depuis le XIXe), saint Yves,  Vierge et Jean non géminés.

  • Loqueffret (1576?)

  • Plounéventer (1578)

  • Locmélar (vers 1600), par le Maître de Plougastel

  • Plougastel-Daoulas (1602-1604) par le Maître de Plougastel.

  • Saint-Thégonnec (1610)

 

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Au total, le calvaire de Saint-Thégonnec se définit par ses  trois croix (celles des larrons et celle du Christ), et sa croix centrale écôtée à deux croisillons au pied de laquelle Marie-Madeleine est agenouillée. Le croisillon inférieur porte les statues géminées de Jean/Yves, et de Pierre/Vierge, avec au centre la Vierge à l’Enfant à l'ouest, et la Vierge de Pitié à l'est. Le croisillon supérieur porte les cavaliers convertis du Golgotha (Longin et le Centurion) avec au centre la date de 1610 et 2 anges à l'ouest, et le Christ aux liens à l'est . Au sommet, sur la Croix à branches rondes et fleurons, le Christ, dont le sang est recueilli par des anges. Une colombe au sommet domine le titulus. 

 

 

 

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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II.  LE PREMIER CROISILLON DE LA CROIX, COTÉ OUEST. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Saint Jean et saint Pierre.

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Une anomalie saute aux yeux : alors que nous devrions trouver au pied du Crucifix, à la droite du Christ sa Mère la Vierge-Marie et à sa gauche saint Jean, en illustration des versets Jean 19:26-27 "Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère "Femme, voici ton fils" puis il dit au disciple "Voici ta mère", nous voyons saint Jean placé à notre gauche, le nez en l'air, et à notre droite saint Pierre.

"Il suffirait" d'inverser les deux statues géminées (un personnage sur chaque face) pour replacer saint Jean à notre droite, regardant le Christ tout en exprimant sa foi et son émotion de recevoir les dernières paroles du Christ avec la main sur la poitrine.

 Et "il suffirait" de faire pivoter de 180° l'autre statue, pour tourner vers l'ouest la Vierge géminée avec saint Pierre.

Pas si simple ! D'après Castel et Le Seac'h, l'erreur datant d'un ancien remontage n'a délibérément pas été corrigée lors de la restauration de 1970 par Maimponte pour ne pas déséquilibrer l'édifice. Étonnant !

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

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Les cheveux longs et bouclés retombent sur la robe longue et pas même plissée sous l'effet d'une ceinture (dont la boucle et son aiguillon sont détaillés). Le manteau rejeté en arrière est soutenu par un pan sur l'avant-bras droit, tandis que l'autre pan est rassemblé dans le poing gauche. La jambe droite est avancée, comme pour soutenir la gestuelle expressive de la main droite. Le livre (des Evangiles) est tenu cavalièrement sous le coude.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre.

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Le sculpteur n'a pas oublié de représenter, outre la clef et le livre, le toupet qui subsiste en îlot sur la calvitie frontale.

Sous le bouton qui ferme le manteau, on aperçoit la fente de la robe, véritable leitmotiv du thème des apôtres repris par tous les ateliers de sculpture, et répété par exemple dans la série des apôtres du porche.

Enfin, nous remarquons les rides frontales gravées, petite signature du Maître de Saint-Thégonnec. 

Il me parait important de rechercher si le sculpteur n'a pas gravé les pétales en marguerite de quelques larmes sous les yeux  de saint Pierre. En effet, les larmes de son repentir après le chant du coq qui sonne son reniement sont célèbres, mentionnées par le texte évangélique, ainsi que par l'Erbarme dich mein Gott de la Passion selon saint Matthieu de Bach. Vu l'importance donnée aux larmes sur ce calvaire, nous pourrions même nous demander si ce ne sont pas elles qui orientent le choix de placer saint Pierre sur ce croisillon, plutôt (ou autant que) son titre de premier évêque et chef de l'Église.

Mais je ne distingue pas ici ce détail.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

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La statue posée sur une console semble faire corps avec le fût.

Sous une couronne à fleurons, le visage est rond avec un menton à fossette. La Vierge est vêtue d'une chemise plissée, au col ras du cou,  et d'une robe à décolleté carré. Le pan d'un manteau est retenu par une troussière au coté gauche (à la taille ou au poignet), près d'une ceinture fine.

Marie tient un objet semblable à un fruit . Son Fils, nu, est présenté en Sauveur du Monde, bénissant l'orbe.

E. Le Seac'h signale que cette statue est identique à celle, provenant d'un vestige de calvaire, placée au sommet de  l'arc de triomphe de Guimiliau. La position de la main droite diffère.

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Vierge à l'Enfant, kersanton, Maître de Saint-Thégonnec. Guimiliau, arc de triomphe. Photo lavieb-aile.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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III.  LE PREMIER CROISILLON DE LA CROIX, COTÉ EST. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Des motifs Renaissance décorent les croix : les croisillons sont moulurés, et le croisillon inférieur est orné d'une frise de vagues ( "flots" ou  "postes").

Au centre, sous la Déploration,  une agrafe à demi soleil rayonnant domine un nœud  à godrons et d'oves.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

 

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Sur le croisillon : Saint Yves et la Vierge.

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1. La Vierge éplorée. Du coté gauche du croisillon.

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C'est elle qui devait figurer sur la face ouest à droite du Crucifié. Elle témoigne de son chagrin en tordant ses bras vers la droite, les deux mains ayant les doigts  noués.

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La Vierge porte un manteau qui la voile et une robe plissée, à décolleté carré, serrée par une ceinture, et enfin une guimpe voilant la gorge. Un des genoux est fléchi et avancé.

Seul un examen attentif permet de déceler les trois larmes presque gravées sous chaque œil. C'est la reprise du motif des trois larmes en gouttes d'eau que les Prigent sculptaient (en plein, et non en creux) sous les yeux de Marie, de Jean et de Marie-Madeleine au Calvaire. Le Maître de Plougastel y eut recours à son tour, et Roland Doré ultérieurement. Le Maître de Saint-Thégonnec se contente de ces trois formes géométriques radiantes, en très léger relief ; on reconnaît aussi son style aux yeux un peu globuleux et aux paupières ourlées, mais aussi aux rides frontales en lignes horizontales gravées (comme sur de nombreux personnages de la plateforme).

Je n'ai pas retrouvé ces larmes sur le saint Jean du croisillon  ouest, mais elles ont peut-être échappé à mes clichés. On va les retrouver, par contre, sur le saint Jean de la Déploration.

L'importance de ces larmes est considérable pour comprendre le mouvement de piété  qui est à l'origine de ces calvaires. Cet écoulement, cette effusion des trois personnages majeurs du drame de la Passion est mise en parallèles avec l'écoulement du sang du Rédempteur et il exprime leur participation émotionnelle à ce drame. Le fidèle, en les regardant, est incité à les imiter comme médiateurs et initiateurs de leur dévotion.

Tout cet étage inférieur est consacré à cette mystique des larmes et du chagrin. 

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Extrait du Stabat Mater en breton :

Bras voa an poan hac an anuy

Hac an galchar an goar Mary

Pan guelas, allas, an casty

He map hon car e Caluary.

 

Pyou en heny, ma studyhe

En e calon, na estonhe,

Guelet hon mam à estlame,

Allas de buguel ez gouele ?

 

Pyou eu an Christen nep heny

A calon quen dyuelcony

Pan sonch e glachar à Mary,

Na ve queuzet, na lequet sy ?

 

Euit gueffret hon peched

Ez guelas, allas, e gloasou,

A dyou abrant bet en plantau

Cannet yvez gant scourgezau.

 

An guerches santel á guelas

He quer map e poan en langroas ;

Credit certen, pan tremenas,

Gant poan dazlaou ez caffauas." (Tanguy Guéguen 1622)

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"Immenses furent la peine et l’affliction

Et le chagrin de la douce Marie

Au spectacle, hélas, de la détresse.

De son fils, notre ami, au Calvaire.

 

Quel est l’homme, s’il y réfléchissait.

Sincèrement, qui ne serait ébranlé .

En voyant notre mère crier (de douleur),

Hélas, pleurant son enfant ?

 

Quel est le chrétien, quel qu’il soit,

Aussi frivole que soit son esprit,

Songeant à la souffrance de Marie,

Qui ne serait contrit, assurément ?

 

À cause nos péchés à tous

Elle vit, hélas, ses tourments ;

Des sourcils jusqu’aux pieds

Battu en outre par des fouets.

 

La sainte Vierge vit

Son fils chéri souffrant en croix ;.

Croyez bien, quand il expira,

Qu’elle gémit de douleur à en pleurer." (Traduction Yves Le Berre)

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix.

 

 

 

2. Saint Yves. Du coté droit du croisillon.

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Le saint patron de la Bretagne est présent ici comme il l'est sur de nombreux calvaires contemporains. On le voit notamment sur celui de Pencran, celui de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, et sur les deux calvaires de Saint-Ségal (celui du bourg et celui de la chapelle Saint-Sébastien).

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Il est coiffé de la barrette de docteur sous des cheveux courts sans doute tonsurés, et ce bonnet carré est recouvert du capuchon du camail qui recouvre ses épaules. Il porte le surplis au dessus de la cotte talaire, qui ne laisse voir que l'extrémité de solides chaussures.

Il tient d'une main son Traité de Droit, placé dans une reliure qui forme sac, et qu'il retient grâce à une boule terminale : voir sur ce "livre-ceinture" mon commentaire ici :

https://www.lavieb-aile.com/2020/08/le-calvaire-de-mellac.html

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-motreff.html

On  trouve aussi ce livre-ceinture parfois sur les statues de saint Jean (Mellac, Motreff, Quilinen), sur  les figures des apôtres (saint Philippe sur le Calendrier des Bergers 1498), et,  porté par Yves, sur le calvaire de Pencran et sur des vestiges d'un calvaire de Guipavas. Entre autre.

Dans la main gauche, il tient un rouleau de papier, comme la pièce d'un procès dont il a la charge.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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La Déploration à quatre personnages.

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Nous les avons vu au pied du Crucifié, l'une en pleurs et les mains tordues après l'avoir entendu dire "Mère voici ton fils", l'autre maîtrisant son chagrin après avoir été désigné comme tuteur "Fils, voici ta mère", et la dernière effondrée étreignant la croix.

Le corps crucifié a été descendu de la croix, et, avant d'être placé sur la table d'embaumement (scène représenté sur la plateforme) puis descendu dans le tombeau creusé dans le roc, il a été remis aux siens, pour de brefs et poignants instants : la mère tient son fils  sur ses genoux, entourée de Jean qui soutient la tête et Marie-Madeleine qui place sa main sur les jambes. Chacun de ces trois là laisse aller ses larmes. 

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Les plaies du Christ sont visibles, celle du clou de la main droite et celle du coup de lance du flanc droit. Son corps forme une croix, avec le bras droit tombant et le bras gauche soutenu contre le sein maternel. Son visage est paisible.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Marie-Madeleine.

Son costume est la réplique de celui de la statue du pied de la croix, avec la même fraise du col, les mêmes manches bouffantes, la même chevelure dénouée, et aussi le manteau rejeté en plis serrés derrière les reins (comme cela se voit plus haut sur le cliché de la Vierge à l'Enfant). Ces deux représentations diffèrent par contre de celles du socle (Montée au Golgotha et Mise au Tombeau).

Au dessus des larmes en pétales de marguerite, les rides du front sont nettes. 

 Elle tient le pot d'aromates, mais un autre pot est posé sous la jambe du Christ. 

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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IV.  LE  CROISILLON SUPÉRIEUR, COTÉ OUEST . Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

 

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Tout l'étage supérieur, crucifix inclus, est sous le signe du Sang versé et de la conversion.  Sang des plaies du Christ recueilli par des anges, sang s'écoulant du flanc droit et provoquant la conversion de Longin, sang versé pour la Rédemption et provoquant l'exclamation du Centenier, "Vraiment, celui-là était Fils de Dieu !".

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Il y a là une unité thématique, théologique et visuelle qui a débuté sur le calvaire de Pencran en 1521, s'est poursuivie à Plougonven (1554), à Pleyben (1555), Cléden-Poher, Lopérec (v.1552), à Locmélar (v.1600), et Plougastel-Daoulas (1602-1604).

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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A. LONGIN ET LE CENTURION, LES DEUX CAVALIERS CONVERTIS  DU GOLGOTHA.

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1. Le Centenier exprimant sa foi.

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Pour une raison inexpliquée, on trouve ce personnage désigné dans la littérature générale et sous la plume d'Y.-P. Castel et d'E. Le Seac'h sous le nom de Stéphaton. Ce nom n'est pas cité dans les Évangiles mais a servi a désigner dans la tradition médiévale le soldat Romain qui a tendu au Christ au bout d'un roseau (Matthieu 27:47) ou d'une branche d'hysope une éponge trempée dans un vase de vinaigre ou posca (Jean 19: 29).

Nous n'avons aucun motif pour valider cette hypothèse, et bien que l'éponge soit devenue l'un des Instruments de la Passion et une relique, ce Stéphaton n'a aucun titre de sainteté, et ce soldat n'est pas un exemple pour les Chrétiens lui permettant d'accompagner saint Longin au plus haut étage d'un calvaire. Bien au contraire, selon Marc 15:36, il accompagne son geste d'un défi de dérision : "à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte: Éloï, Éloï, lama sabachthani? ce qui signifie: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" Quelques-uns de ceux qui étaient là, l'ayant entendu, dirent: "Voici, il appelle Élie". Et l'un d'eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau,  il lui donna à boire en disant "Laissez, voyons si Elie viendra le descendre!".

J'ajouterai qu'un simple soldat n'a aucun titre pour être un cavalier de l'armée romaine.

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Il en va tout autrement du Centenier qui, dans Matthieu 27:54, et Marc 15:39, s'exclame après avoir assisté à la mort du Christ dans un tremblement de terre, "Assurément cet homme était Fils de Dieu." Car cette exclamation est considéré comme un acte de foi exceptionnel. Dans les enluminures, les retables et peintures sur verre de la Passion, le Centenier est fréquemment représenté dans cette posture à la main levée ou à l'index tendu qui est, avec le phylactère VERE FILIUS DEI ERAT ISTE, son véritable attribut.

C'est donc cet officier, et donc cavalier, qui figure ici comme modèle de la foi en raison de sa brusque conversion .

S'il fallait un argument supplémentaire, et fort solide, il suffit de se référer au texte de la Passion de 1530 : juste après que Jésus ait remis son âme entre les mains de son Père, le Centurion, puis Longin entrent en scène, et concluent ce tableau de la Crucifixion. Quand à la scène de l'éponge de vinaigre, elle avait été décrite auparavant, de façon triviale, et attribuée à l'un des bourreaux nommé Dantard : "Je cois que j'ai une mixture de vinaigre, de myrrhe et de fiel, un tord-boyaux qu'on pourrait lui faire goûter tout de suite au moyen de cette éponge. Tiens, Jésus, ne discute pas, Bois tout sans faire d'histoires." Ce n'est certes pas lui qu'on aurait représenté à la droite du Christ tout en haut du calvaire.

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CENTURION

An den man, certen, me en toe,

Ayoa, hep quen tra a voe

Ha so map da Doe a croeas

An nef affet, na lequet mar,

An aelez ha den, me en goar,

An heaul, han loar, han douar bras

 

A huy na guel pebez synou

So hoaruezet en hon metou ?

An elementou, traou bras

Na pebez tra a gra Natur

Na pez glachar nagoa mar sur

Dreist musur da nep he furmas

Me cret an bet eshem detaill

Crenet en douar disparaill

Han mean heaul collet e sclaerder

Na loar ne gueler na steret. ( Passion bretonne de 1530 v. 3019-3037)

 

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LE CENTURION (voyant la terre trembler).

"Cet homme, j'en suis tout à fait persuadé,

Qui était, c'est certain, et qui fut,

Est assurément le fils du Dieu qui créa

Réellement le ciel

Et les anges et l'homme, j'en suis certain

Le soleil, la lune et la vaste terre.

Ne voyez-vous pas quels prodiges

Se produisent autour de nous

Dans les éléments, c'est inouï

Et comme la nature se manifeste ?

Mais aussi quelle douleur, et quel malheur certes

Immenses pour celui qui la créa !

Je crois bien que le monde se disloque ;

La terre est extraordinairement ébranlée

Et les pierres fendues par prodige.

L'obscurité a tout envahi ;

Le soleil a perdu sa clarté,

Et on ne voit ni lune ni étoiles. (Traduction Yves Le Berre)

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Ce texte de 1530, ou sa dramaturgie, que je suppose bien ancrée dans ma mémoire des paroissiens de 1610 (il a été réédité en 1609, puis à Morlaix en 1622) , place la Croix et les deux cavaliers dans ce moment glorieux d'ébranlement cosmique de suspension du Temps décrit par Matthieu 27 : 42-53, entre la 6ème et la 9ème heure, et qui précède immédiatement le verset  concernant le Centurion.  C'est la véritable acmé du drame; "Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes."

Si nous avons en tête ce contexte littéraire (des Évangiles synoptiques et du Mystère breton), les silhouettes de la Croix se détachant dans le ciel entre les deux Cavaliers sont magnifiées par une aura surnaturelle, terrifiante et grandiose, épiphanie de la Puissance Divine. Et ces cavaliers acquièrent, au delà des personnages qu'ils figurent, une dimension archétypale réunissant les couples de cavaliers de la mythologie indo-européenne tels que les Ashvins védiques, les Dioscures grecs et leurs homologues romains et, bien-sûr,  les Cavaliers de l'Apocalypse.

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Description :

Barbu, aux longs cheveux, le Centenier porte un casque (ou une coiffure) conique à rabats et un capuche à gland frangé (par confusion avec un grand prêtre ?) et une cape au dessus d'une cuirasse. Une épée, témoin de son grade, est suspendu au coté gauche. Il est incliné vers le haut de la croix, où il regarde le Christ, et il accompagne son exclamation du geste de sa main droite.

Le cheval est soigneusement harnaché, le mors, les guides et étrivières sont détaillés,  sa crinière est tressée, sa queue est relevée par une sangle.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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2. Le lancier Longin retrouvant la vue.

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Ce cavalier est le lancier, nommé Longin ou Saint Longin par la tradition qui a transpercé le flanc droit de Jésus pour en attester la mort. Là encore, la tradition iconographique des enluminures, retables et vitraux rendent compte du miracle que les textes apocryphes lui attribue. Le sang s'écoulant de la plaie le long de la hampe de la lance éclabousse le visage de Longin, qui est souvent guéri du trouble de la vue dont il était affecté. Ce miracle entraîne sa conversion.

C'est ainsi qu'on le reconnaît immédiatement à l'index qu'il porte à la paupière gauche.

Cet épisode associe le thème de la Foi et celui du Sang versé, d'où son importance au sommet du calvaire.

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Dans la Passion bretonne de 1530, le texte décrivant le miracle de Longin suit immédiatement celui du Centurion :

LONGIUS:

Sevet ma goaf en e saf sonn,

So lem ha moan, didan e bronn,

Ha men scoy en calon gronnet;

Pe tost, en he gres am deseu,

Ha querz ez guelhet, rac pret eu,

Pe ef so beu pe nac eu quet.

Chetu marvaill nomparailhaf

Rac ma guelet an pret quentaf

So roet ent scaf gant dif;

Allas am goall me so fallet

En e quefver, disemperet

Hac ennhaf pepret ez credif

Hac evel doe en avoeif,

Hac a glan coudet en pedif,

Her dre bevif, ne fillif pret,

A guyr calon dam pardonaf

Dren meur trugarez: anezaf

Rac amantaf ne gallaf quet. (Passion bretonne de 1530 v 3038-3055)

LONGIN.

 

"Si j'arrive à lever ma lance mince et acérée

Bien droit sous son sein,

Je frapperai le cœur enclos

Dans sa poitrine ou tout près, j'espère ;

Et on verra bien, car il en est temps,

S'il vit encore ou non.

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Miracle à nul autre pareil !

Ma vue, tout soudain,

Il me l'a parfaitement rendue.

Hélas, je suis par ma faute coupable

envers lui, désespéré ;

Et je croirai toujours en lui,

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Et je le reconnaîtrai comme Dieu,

Et je le prierai de tout mon cœur,

Tant que je vivrai, à tout instant,

De me pardonner sincèrement

Dans mon immense miséricorde

Car je ne puis réparer ma faute." (Traduction Yves Le Berre)

 

 

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Longin porte, comme le Centenier, la barbe, des cheveux longs, un bonnet conique entouré d'un bourrelet, une cuirasse à crête médiane recouverte d'une cape, une armure protégeant ses jambes, des éperons, une épée à son coté gauche. Mais la lance n'est pas visible dans la main droite au pouce dressé.

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Sa monture est également harnaché et paré avec soin, bien que la crinière soit plus simplement tressée.

Ces deux cavaliers sont très proches de ceux du calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, attribué au même Maître de Saint-Thégonnec. Mais aussi à ceux de Pencran 1521 et de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, de Lopérec, de Plougonven et de Pleyben, Locmélar, Plougastel-Daoulas.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST EN CROIX ET LES ANGES HÉMATOPHORES.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_anges.html

Dans un vol gracieux, un ange recueille dans deux calices le sang s'écoulant de la paume droite du Christ et de son flanc.

Un autre ange recueille le sang de la plaie de la paume gauche.

Leurs corps forment un V qui donne plus d'élan à l'écartement des bras du condamné.

Deux anges se réunissent, sur le nœud du croisillon, pour recueillir le sang des pieds.

"La croix du Christ est garnie d'écots, symbolisant le tronc d'arbre que l'on vient d'ébrancher  pour en faire une potence. Le Crucifié paraît calme, les bras cloués sur des branches de croix décorées de boules godronnées. 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le titulus Crucis.

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Son inscription INRI est étonnante par son archaïsme, puisqu'en cette fin de Renaissance, les lettres y sont gothiques, aux empattements fourchus, aux fûts perlés, avec un bel exemple de N rétrograde, et avec une ponctuation entre chaque lettres par le deux:points.

Mais si je me réfère à la façade et au clocher du Faou, c'est précisément en ce début du XVIIe siècle que se situe la transition entre les inscriptions lapidaires gothiques et celles en lettres romaines.

Au dessus de ce cartel, la croix est coiffé d'une colombe, symbole de l'Esprit de Dieu, dont le Plan du Salut s'accomplit par cette mort rachetant le Péché originel.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec. II, les croix.
Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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VI.  LE  CROISILLON SUPÉRIEUR, COTÉ EST . Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

 

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST AUX LIENS.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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VII. LES LARRONS SUR LEUR GIBET. Kersanton, Maître de Saint-Thégonnec, 1610.

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Ils sont liés par les bras sur la traverse, et par un seul pied sur le fût. Je pense que le fait de ne lier qu'une seule jambe permet au sculpteur de représenter l'autre jambe fléchie (et comme brisée), afin de rendre compte du verset de l'évangile de Jean 19:31-32 : "Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir bisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l'autre homme crucifié avec Jésus".

Ils sont torse nu, et portent une culotte bouffante (braie ou bragou) marquée de taillades ou de crevé, avec pour l'un une ostensible braguette rembourrée.

Le nœud des croix est en forme de pot à godrons évidé dans sa partie horizontale.

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Le Bon Larron.

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Il dirige sa tête et son regard vers Jésus pour témoigner de sa foi en son Royaume.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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Le Mauvais Larron.

 

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Ses cheveux longs et bouclés sont retenus par un bandeau. Il baisse la tête et détourne le regard du Christ, et tire la langue, signifiant ainsi son refus du Salut.

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Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

Le calvaire de Saint-Thégonnec (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902,  Les croix et les calvaires du Finistère, Bulletin monumental 66 pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

— CASTEL ( Yves-Pascal) 1980, et contributeurs,  Atlas en ligne des croix et calvaires du Finistère

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/saint_thegonnec.html

CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne croix et calvaires, Kroaziou ha kalvariou or bro, Minihi Levenez, Saint-Thonan, 1997, ISBN 2.908230.09.7

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9374

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez Saint-Thonan, n°92.,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

CASTEL (Yves-Pascal), 1998, les larrons en Bretagne , articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a36ed6ce279ecec1b3fb8aff74cf6302.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f102406c740df26fa859695c87b46090.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/512240fd9710421f0c9c5f3960a6a552.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

DEBIDOUR (Victor H.) 1954, Grands calvaires de Bretagne ed Jos Le Doaré.

 —DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

ENLART (Camille), 1929, Manuel d'archéologie religieuse 1929 tome II et III

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36492m.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3041444j/f12.item

GAUTHIER (Joseph Stany), 1944, Croix et calvaires de Bretagne.

— GRUYER Paul, 1930 ? Les calvaires bretons, Paris : H. Laurens (Paris), 64 p

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/57074072b6d66d3a38320a0005bb8854.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

Hélène Remeur a consacré un mémoire de maîtrise (UBO, Brest, 1997) à l'Étude des costumes dans les grands calvaires bretons. Mais je n'ai pu consulter ce document de deux volumes (120 +113 pages) illustrés.

— ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

Site  Les 7 calvaires monumentaux

http://www.7calvaires.fr/saint-thegonnec/

 

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I. Sur le Mystère de la  Passion en breton :

LA VILLEMARQUÉ. 1865, Le Grand mystère de Jésus, Passion et Résurrection, drame en breton.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/7a2bf53ea6a74542a552585167e006b5.pdf

Le Mystère breton de la Passion, Aman ez dezrou an Passion  Paris 1530, Eozen Quilliveré.  BnF Res. Yn.11.

https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb33527847m

Le Mystère breton de la Passion de 1609 : A Man es dezrou an Passion, ha he Goude an Resurrection, Gant Treme︣van an Ytron Maria, ha he Pemzec levenez, hac en divez ezedi buhez mab den. E S. Malo, Gant Pierre Marcigay, imprimer, & librer. M. DC. IX. Bibliothèque Mazarine RES 8° 46623 

 

http://mshb.huma-num.fr/prelib/edition/1707/

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Le Mystère breton de la Passion, Aman ez dezrou an Passion annoté par  Tanguy Guéguen Morlaix 1622.  BnF Res. Yn.13.

http://mshb.huma-num.fr/prelib/edition/1927/

LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, UBO CRBC.

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II. Sur les Mystères de la Passion en France :

ROY (Emile), 1905, Le Mystère de la Passion en France du XIVe siècle au XVIe siècle, Dijon-Paris,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k118904x.texteImage

PARIS (Gaston) 1878, Le Mystère de la Passion d'Arnoult Gréban

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5510572p.texteImage

http://ebooks.unibuc.ro/lls/MihaelaVoicu-LaLiterature/Mystere%20de%20la%20Pasion.htm

Le Mystère de la Passion, attribué à Eustache Marcadé (v. 1425) ; 24 944 vers, 4 journées de représentation

La Passion, d'Arnoul Gréban (1452) ; 34 574 vers, 400 personnages, 4 journées de représentation

Le Mystère de la Passion de Jésus-Christ, par personnages  de Jean Michel (1486 ;  1493-1494) ; 65 000 vers,

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626768z.image

La Résurrection, de Jean Michel ; 20 000 vers, 105 personnages, 3 journées de représentation

— La Passion et Résurrection de nostre saulveur et redempteur Jhesucrist, ainsi qu'elle fut juée en Valenchiennes, en le an 1547, par grace demaistre Nicaise Chamart, seigneur de Alsembergue, alors prevost de la ville... ». Texte composite, pour lequel on a surtout fait usage de la Passion de Greban, révisée et amplifiée par Jean Michel. — A la suite du texte sont des notes sur l'organisation de la représentation, les acteurs et la recette. Nombreuses figures peintes. BnF Fr. 12536

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55005970q.image


 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Sculpture Calvaires
3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 23:48

Le calvaire monumental (kersanton, 1610, Maître de Saint-Thégonnec, et Roland Doré) de Saint-Thégonnec.  I. Les 41 personnages (Passion et Résurrection) du socle.

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Sur Saint-Thégonnec, voir :

 

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Sur les calvaires, voir :

— Ateliers du XVe et début XVIe siècle :

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— Atelier Prigent

 

—Atelier du Maître de Plougastel.

 

— Atelier du Maître de Saint-Thégonnec (selon Castel et Le Seac'h)

 

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— Atelier de Roland Doré.

 

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— Divers ateliers.

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PRÉSENTATION.

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L'un des sept calvaires monumentaux.

On désigne sous le terme des "sept  calvaires monumentaux bretons" sept grands calvaires à nombreux personnages "jouant" la Passion au pied de la croix. Six d'entre eux sont en Finistère, seul celui de Guéhenno est en Morbihan.

-Tronoën en Saint-Jean-Trolimon (14501470). Granite. Mace rectangulaire.

-Guéhenno en 1550. Granite, mace rectangulaire à quatre ailes.

-Plougonven, kersantite, 1554 par Bastien et Henri Prigent. Mace (base d'implantation) octogonale

- Pleyben, kersantite, 1555 par Bastien et Henri Prigent.  Mace octogonale prolongée par quatre ailes,

-Plougastel,  Kersantite, 1602 à 1604, Maître de Plougastel. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Guimiliau en 1581-1588, Maître de Guimiliau. Mace octogonale prolongée par quatre ailes

-Saint-Thégonnec, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec (et Roland Doré)

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On pourrait ajouter :

-Saint-Vénec à Briec-sur-Odet, 1556, à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile)

-Quilinen en Landrevarzec à mace triangulaire (2 massifs triangulaires superposés en étoile). ( granite, fin XVe ? XVIe ?)

-Confort-Meilars à mace triangulaire.

-Cléden-Poher 1575, kersantite. 

-Kergrist-Moëllou 1578 par Guillaume Jézéquel. Mace octogonale

 

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Matériau. Le kersanton.

Les statues du socle sont en majorité en kersanton noir à grain fin , une pierre remarquable par son aptitude à la taille et son étonnante résistance à l'érosion. Mais plusieurs éléments sont en kersanton gris : la Mise au Tombeau ; le Christ aux liens ; la Flagellation ; le Lavement des mains.

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Description générale.

Daté par inscription de 1610, le calvaire de Saint-Thégonnec est le dernier en date des grands calvaires des enclos paroissiaux. 

Sa mace (terme local pour désigner le massif de soubassement) est une maçonnerie de base rectangulaire en granite proposant aux paroissiens un banc de taille basse, puis élevant ses flancs sans aucun décor sculpté, sauf à l'ouest où un "autel" ou table d'offrande est surmonté de la niche abritant la statue du saint patron de l'église.

Les parois de ce massif s'élargissent en une corniche moulurée, contribuant alors à une plateforme où une quarantaine de personnages en costumes Henri III se succèdent, groupés par 3 ou 4, pour donner à voir, comme dans les Mystères médiévaux, la Passion et la Résurrection du Christ.

Sur ce socle se dressent trois croix, celles des Larrons et celle du Christ. Le fût de cette dernière est barrée de deux croisillons, et on y dénombre dix personnages et quatre anges, ainsi que Marie-Madeleine au pied de la Croix. Cet ensemble sera décrit dans le second article.

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Le sculpteur ; éléments stylistiques.

L'auteur anonyme de ce calvaire est nommé par Y.-P. Castel et E. Le Seac'h d'un nom de convention,  "Maître de Saint-Thégonnec". Selon ces auteurs, ce sculpteur a aussi réalisé le calvaire de Saint-Sébastien en Saint-Ségal, datable de 1541-1554 et donc près de 60 ans avant le calvaire de Saint-Thégonnec, ainsi que les deux saints (Yves et François) de l'arc de triomphe de cette chapelle. Ils lui attribuent aussi celui de Locquénolé, près de Morlaix, daté vers 1600.

Le critère stylistique  d'attribution est une certaine "moue triste" des personnages, et l'utilisation de motifs décoratifs classiques (volutes, godrons, agrafes) s'inscrivant dans le courant Renaissance et témoignant de l'influence des motifs décoratifs du château de Kerjean.

"Les personnages ont de grandes oreilles plaquées sur les têtes (Jean de la Mise au Tombeau, Marie-Madeleine au pied de la croix). Leurs visages sont ovales, affichant des barbes taillées en pointe pour les hommes, des nez droits un peu larges, des sourcils arrondis, et une bouche faisant la moue avec des commissures des lèvres tombantes qui voisine avec le rictus dédaigneux." (Le Seac'h p. 288)

Le style du Maître de Saint-Thégonnec a été reconnu aussi (Le Seac'h) :

-dans des vestiges de calvaire de Bourg-Blanc.

-sur l'arc de triomphe de Guimiliau

-sur le grand calvaire de Guimiliau, pour les statues géminées de la Vierge/Pierre et de Jean/Yves

-dans la Marie-Madeleine de la fontaine de Pleyben

-dans la Sainte Pétronille de la fontaine de Ploudaniel

-dans un évêque du fût de la Croas-ar-Vossen de Plougastel

-dans une statue géminée de la croix de la chapelle de Pont-Christ à La Roche-Maurice 

-sur le calvaire du nord de l'église de Saint-Thégonnec

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Les costumes.

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"Un contraste existe entre d'une part, les costumes à l'antique des principaux personnages religieux (Jésus, les Saintes Femmes, Jean, ceux de la Mise au Tombeau) ou des notables (Pilate), et d'autre part les soldats qui sont inspirés de la mode Henri III (1574-1589). Ils sont ainsi vêtus de hauts-de-chausses courts et bouffants à crevés (à petites ouvertures appelées mouchetures — le bon larron — ou à grandes ouvertures appelées taillades : soldats tireurs de corde ou tirant la langue du Portement de croix), à la gréguesque (avec des bandes verticales laissant voir le tissu du dessous pour le mauvais larron, soldat siffleur du Portement de croix) ou moulants avec braguettes proéminentes."

"Les pourpoints sont variés, souvent à col rond, carré ou rabattu et fermé par une rangée de boutons visibles (Portement de croix) ou cachés sous une glissière (Christ aux liens). D'autres s'enfilent simplement par la tête  avec des manches bouffantes remontées très haut sur les bras (Flagellation). Un seul soldat porte un col à fraise (soldat siffleur du Portement de croix). Marie-Madeleine au pied de la croix du Christ et de la pietà bénéficie elle aussi de cette coquetterie. Trois soldats de la Résurrection et le cavalier Longin sont pour leur part revêtus d'armures.

Les tenues sont complétées par des bottes à rabats bien visibles pour les soldats du Christ aux liens et Joseph d'Arimathie. Les couvre-chefs sont de toutes les formes : calotte avec ou sans pompons (soldats du Portement de croix, soldats de la Flagellation), chapeau à fond conique tronqué et à bords relevés (Simon de Cyrène, personnage à la banderole Ecce Homo, Gamaliel) ou chapeau à fond mou (soldat siffleur du Portement de croix), casque à cime (soldats de l'Arrestation, de la Résurrection) ou casque protégeant le haut du crâne appelé cervelière (soldat tirant la langue du Portement de croix), feutre à bord  étroit  (personnage de la banderole de l'Arrestation, Longin) et feutre à bords découpés et arrondis fixés par des boutons et à cime sphérique ([soit-disant] Stéphaton).

Nicodème porte un chapeau plus mou et plus bas. Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rebras, qui ressemble à une petite tour carrée et moulurée se terminant par un pompon. Il est vêtu d'une robe à fausses manches dites pertuisées qu'arboraient les hommes de loi, boutonnée sur le buste et recouvrant une tunique talaire.

Un personnage de l'Arrestation est vêtu d'une tenue d'ecclésiastique, un camail par dessus une tunique talaire et il porte un bonnet conique à l'orientale. Le bonnet conique à l'orientale est constitué de plusieurs lobes élevés sur le pourtour du crâne — ici deux — formant des évidements, ici devant et derrière. Il est important de ne pas le confondre avec la mitre dont les cornes se portent devant et derrière, (C. Enlarts, Manuel d'archéologie religieuse 1929). Joseph d'Arimathie est habillé d'une robe ouverte sur lescotés par des fentes dentelées qui recouvre une tunique s'arrêtant plus haut que les genoux. Les femmes sont drapées dans des manteaux enfilés sur des tuniques talaires. La Vierge et Véronique portent une guimpe autour du cou et leurs manteaux leur servent de voile (Saintes Femmes, Vierge de la pietà et de la Mise au Tombeau.)" Le Seac'h p. 288, citant Hélène Remeur 1997)

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Une typologie traditionnelle des costumes et traits des visages, héritée des enluminures depuis le XVe siècle, permettait aux spectateurs de reconnaître par codage quatre groupes : 1. les saints personnages évangéliques proches de Jésus, 2. les pharisiens et plus largement les Juifs, 3. les bourreaux, et 4. enfin les gardes et soldats, romains ou juifs. Ici, les saints personnages sont effectivement sobrement vêtus de robes longues, intemporelles, tandis que les costumes Henri III sont portés par les trois autres groupes, mais le codage est brouillé. Les éléments de reconnaissance des Juifs (bonnets coniques et à oreillettes, franges, barbes et cheveux longs, archaïsme, éléments orientalisants) sont absents ou inconstamment présents, et parfois à mauvais escient (Pilate). Les crevés et taillades ont été introduits par les lansquenets allemands et suisses, avant d'être adoptés par la Cour de France, mais ici, ils sont indifférement distribués aux pharisiens, aux bourreaux et aux soldats lorsqu'ils ne sont pas en armure.

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Datation.

La date de 1610 est très clairement lisible sur le nœud de la croix principale, au dessus de la Vierge à l'Enfant.

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Polychromie.

Le calvaire devait être polychrome à l'origine comme le suggère un compte de fabrique de 1703-1704 où il est fait mention d'une rémunération pour Godefroy de Morlaix et Yvon Thoribé du bourg qui ont peint la grande croix : "[...] disent avoir payé au sr Godefroy de la ville de Morlaix pour avoir peint et estoffer la grande croix de pierre de grain qui est dans le cimetière 102 livres. [...] payé à Yvon Thoribé du bourg pour avoir aydé lors de la peinture de la croix du cimetière 3 livres 5 sols» [...] .  (A.d. 255 G 60) Cité par Guy Leclerc , Les Enclos de Dieu 1996.

Ce Godefroy, maître-peintre à Morlaix, avait fait, avec Bourricquen, la peinture vers 1702 de la Mise au Tombeau de la crypte de l'ossuaire.

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"Ce calvaire a été l’objet d’un acte de vandalisme dans la nuit du 28 septembre 1908. Plusieurs groupes ont été renversés sur le socle et d’autres jetés à terre. Trois sujets : la flagellation, le portement de croix et Jésus souffleté par des soldats, ont même été brisés." (F. Quiniou)

Le calvaire a été restauré en 1970 par l'atelier Marcel Maimponte de Paris, également restaurateur de celui de Plougastel.

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Des bases littéraires bretonnes.

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La Passion.

Cette pratique des Mystères n'était pas abandonnée à la Renaissance, puisqu'en 1530, Yves Quillévéré édita à Paris le Mystère breton de la Passion (Aman ez dezrou an Passion). Cet imprimeur-libraire parisien avait imprimé en latin en  1516 le Bréviaire de Léon et en 1526 le Missel du Léon, c'est dire que cet évêché du Nord de la Basse-Bretagne, à laquelle Saint-Thégonnec appartient comme une majorité d'enclos paroissiaux, n'est pas indifférent à cet imprimeur. On sait qu'il existait à Paris jusqu'en 1610 un Collège de Léon, doté de sa chapelle Saint-Yves-des-Bretons. Ce Collège formait une quarantaine de clercs qui seront abbés, évêques ou à défaut recteurs après avoir obtenu leur bonnet de docteurs.

Tout cela pour souligner que cette Passion bretonne, quoiqu'imprimée à Paris, devait être diffusée dans les couches les plus cultivées du Léon, et on sait que les fabricants et marchands de toile de Saint-Thégonnec n'étaient pas, tant s'en faut, incultes.

Le Mystère de la Passion et de la Résurrection sera réimprimé en 1609, puis  à Morlaix à l'époque baroque en 1622, par Georges Allienne, et suivi de la Buhez Mabden ("La Vie de fils d'homme"), des Pemzec Leuenez Maria ("Les quinze joies de Marie") et du Tremenuan an Ytron Guerches Maria (Le Trépassement de madame la vierge Marie) Le texte est corrigé et amendé par Tanguy Guéguen, prêtre et organiste de Notre-Dame-de-Murs à Morlaix et natif de Saint-Pol-de-Léon. 

 

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Le Stabat Mater.

 

Ce même Tanguy Guéguen a traduit en breton le Stabat Mater sous le titre Ouz hars an Croas ["Au pied de la croix"], et l'a publié à la suite de sa Doctrin an christenien (Morlaix, 1622). Or, ce Stabat Mater est une incitation franciscaine à participer émotionnellement (de cœur) aux souffrances de Marie et de Jean au pied de la croix. Et cette incitation est à la base de l'érection des calvaires en Bretagne.

Voir le texte sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8608266g/f64.item.zoom

Voir la traduction par Y. Le Berre : 

Ouz hars an croas chanté par Yann-Fañch Kemener :https://www.youtube.com/watch?v=_TFiKx9VrtU&feature=emb_logo

https://lyricstranslate.com/en/stabat-mater-stabat-mater.html-1

Tanguy Guéguen a publié aussi l'auteur  en 1623 d'une traduction d’une Vie de saint Yves ,  de deux poèmes acrostiches (1623); et des Nouelou ancien ha devot publiés après sa mort (1650).

À propos du Stabat traduit par Tanguy Guéguen, Y. le Berre écrit que cet auteur assigne à son travail les buts suivants : "faire comprendre à tous les fidèles le message pédagogique qu’ils n’auraient pu recevoir en latin; produire un niveau de langue capable de favoriser la perception du mystique, plus souvent portée par une langue sacrée ; provoquer chez les auditeurs des sentiments d’admiration et d’exaltation esthétiques susceptibles d’entraîner leur adhésion spontanée à l’exécution publique de l’œuvre."

Mutatis mutandis, ce sont sans doute aussi les buts des commanditaires des calvaires des enclos, dans un projet bien plus fin que celui d'éduquer des masses supposées ignares par un "livre d'images". Il  s'agit moins de convertir les foules que de fournir à une communauté un lieu et une scène de participation collective à un exaltant mystère.

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On n'oubliera pas les éléments suivants, que je jetterai en vrac, pour témoigner du  bain culturel et spirituel du Léon et de la frange ouest du diocèse de Tréguier :

-L'existence de l'inscription en vers breton de l'arc de triomphe de Saint-Thégonnec, daté de 1587.

-L'existence à Morlaix d'un couvent de franciscains (Cordeliers), le monastère Saint-François de Cuburien, fondé en 1458,  construit en 1527-1530 et consacré en 1531 par Jean du Largez, abbé de Daoulas. Onze kilomètres séparent ce couvent de l'enclos de Saint-Thégonnec. Christophe de Penfeunteuniou en fut le frère le plus renommé, puisqu'il devint en 1571 général de son ordre. Une imprimerie y aurait fonctionné entre 1575 et 1585. Le fameux Mirouer de la Mort, rédigé en 1519 par Jehan an Archer Coz de Plougonven fut imprimé à Cuburien en 1575. 

-Un couvent de Cordeliers s'installa à Landerneau en 1588.

-La rédaction en 1499 du Catholicon par Jehan Lagadeuc, de Plougonven.

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Vu du coté ouest.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Vu du coté est.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

Plan du calvaire monumental de Saint-Thégonnec. Schéma lavieb-aile.

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I. L'AUTEL DU COTÉ OUEST ; LA STATUE DE SAINT THÉGONNEC.

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Dominant la table d'offrande, la statue du saint patron occupe une niche sommaire. Il est vêtu en évêque (chape à fermail, surplis, cotte plissée, mitre et crosse) et il bénit l'assemblée. À ses pieds, un chariot tiré par un animal (loup ? Cerf ? bœuf ? âne ?) rappelle la légende selon laquelle il apporta miraculeusement toutes les pierres  de la construction de l'église. (Cf. F. Quiniou ; cf. la statue du saint sur le clocher-porche (vers 1606) et la niche à volets du bas-coté nord). La tête a été recollée, et des fragments brisés de la hampe ou des plis témoignent des dégâts subis.

La console soutenant la table d'offrande est à godrons divergents et cupules.

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Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Calvaire monumental (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Niche et statue de saint Thégonnec (granite, kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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II. LA PASSION ET LA RÉSURRECTION DE LA PLATEFORME.

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A. LE COTÉ  SUD.

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L'Arrestation. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté sud.

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Le point de départ du récit se trouve à l'angle sud-ouest. On y voit deux hommes tenant un phylactère accompagnés d'un soldat, qui serait le vestige d'une Arrestation du Christ au Jardin des Oliviers après le Baiser de Judas. Ces personnages seraient les grands prêtres chargés de l'arrestation, accompagnés d'un garde l'épée en bandoulière.

Selon F. Quiniou

"À certains groupements, il manque même quelques personnages. Quand ces personnages ont-ils disparu, et à quelle époque, l’ordre des groupes a-t-il été bouleversé ? D’après une tradition encore vivante à Saint-Thégonnec, ce serait lors de l’époque révolutionnaire.

Les officiers municipaux de Saint-Thégonnec, comme bien d’autres d’ailleurs, reçurent une lettre pleine de menaces du district de Morlaix pour n’avoir pas encore abattu les croix qui se trouvaient sur le territoire de la commune.

« 16 Thermidor, an II (3 Août 1794). Je suis instruit que, malgré les diverses instructions que nous avons faites d’enlever les croix qui existent sur votre commune, vous n’avez fait jusqu’ici aucune démarche pour les faire disparaître ; je vous déclare que si, à la prochaine tournée que je ferai dans votre arrondissement, ces restes impurs du fanatisme insultent encore aux yeux des bons citoyens, je serai forcé de vous dénoncer aux autorités supérieures, et vous serez traités comme suspects, et vous savez la honte attachée à cette punition. »

 La municipalité n’exécuta pas cet ordre impie. On peut croire que, si les croix du calvaire sont encore debout, c’est que la chute de Robespierre et la réaction thermidorienne qui en fut la conséquence, arrêtèrent le zèle du district de Morlaix. Quant aux statuettes posées sur le socle du calvaire, la population se chargea elle-même de les faire disparaître. C’est à qui prendrait sa statue pour la soustraire à la haine iconoclaste des sans-culottes. Lorsque revint le calme, on vit le calvaire se reconstituer comme par enchantement. Les statuettes remontèrent de nouveau sur leur socle, et la reproduction des groupes se fit tant bien que mal. Quelques personnages de ces groupes furent même si bien cachés, qu’il fut dans la suite impossible de les retrouver."

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On remarquera sur ce cliché les deux faciès de kersanton.

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Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté sud (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ aux outrages. Kersanton, Roland Doré, vers 1625-1632, coté sud.

Datation : Roland Doré a sculpté pour le porche de l'église plusieurs statues, dont deux sont datées de 1625 et de 1635. Sa carrière autonome débute en 1618, et son style ne s'affirme avec maîtrise qu'à partir de 1624. 

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"Roland Doré a ajouté au calvaire réalisé en 1610 la célèbre scène du Christ aux outrages. Les deux soldats qui encadrent le Christ sont traités avec une parfaite symétrie, les mains levées à hauteur d'épaules, prêts à frapper. Ils tirent sur une corde qui lie les  mains du Christ sur le devant. La position de leurs pieds est la même. Seuls les bas des pourpoints diffèrent : en pointe pour l'un, en rond pour l'autre. La fermeture du vêtement est aussi traitée différemment sur le milieu, par un bord droit ou par un bord dentelé et arrondi. Les coiffures des soldats changent d'un personnage à l'autre : barbu et les cheveux frisés à la droite du Christ et pour l'autre imberbe, une mèche rassemblée sur le front. Les bas-de-chausses sont collants, resserrés aux genoux par des boutons et avec une braguette proéminente. Entre les deux, Jésus se tient droit et impassible, les yeux ceints d'un bandeau. À sa droite, le soldat serait la caricature d'Henri IV, assassiné en 1610, l'année de l'érection du calvaire de Saint-Thégonnec." (E. Le Seac'h p. 215)

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On notera les pupilles creusées, caractéristiques de la maturité de Roland Doré (bien qu'on les retrouvera sur d'autres personnages de ce calvaire, sur l'Ecce Homo).

Remarque. J'ai respecté la dénomination d'usage, employé par Y.-P. Castel puis par Le Seac'h, mais elle peut faire l'objet de discussions dont voici les éléments.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/la-statuaire-du-christ-aux-outrages/4d898a0f-1de3-4efc-bb0e-caa23a953180

https://patrimoine.bretagne.bzh/decouvrir/les-christ-aux-outrages-memoire-universitaire-et-inventaire/

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La même scène, où le Christ est frappé par les bourreaux tandis qu'il a les yeux bandés,  est représentée sur le calvaire de Plougastel (Maître de Plougastel, 1602-1604).

https://www.lavieb-aile.com/2020/04/sortir-d-une-epidemie-le-calvaire-de-plougastel.ii.html

Elle résulte d'un vaste iconographie (enluminures, vitraux, etc.)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f57.item.zoom

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Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Christ aux outrages, (kersantite, 1625-1532?), Roland Doré) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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B. LE COTÉ EST.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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La FlagellationKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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"Dans la scène de la Flagellation de la face est, la violence est contenue dans la gestuelle des bourreaux. Jésus, en pagne et le visage impassible, est encadré de deux soldats. Le premier l'empoigne par les cheveux en lui tirant la langue, un fouet à la main. Le second lui tourne le dos en serrant la corde relié à ses mains nouées dans le dos. Le jeu de jambes des soldats contraste avec l'impassibilité du visage du Christ. L'un lève le pied, alors que ceux de l'autre sont tournés vers l'intérieur." (Le Seac'h)

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Je remarque les yeux globuleux, mais aux paupières ourlées; les lignes sinueuses des rides du front ; les barbes taillées en pointe. Ce sont des éléments que nous retrouverons.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Ecce HomoKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"À coté, un pharisien, les rouleaux de la loi à la main, proclame : ECCE HOMO". Le Christ, les mains liées, se tourne vers lui, portant la cape royale et la couronne d'épines. Il semble manipulé comme un pantin, le corps déséquilibré par le soldat qui le pousse en avant." (Le Seac'h)

 

Le pharisien est coiffé du bonnet conique serti d'un turban.

Je  remarque les pupilles creusées des personnages. Faut-il attribuer ce groupe à Roland Doré ?

Voir aussi les traces de polychromie ocre.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le Lavement de main de Pilate. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

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Pilate, assis, se lave les mains dans un bassin qu'un serviteur remplit en levant très haut son broc tout en proposant au gouverneur de la Judée une serviette  sur son avant-bras droit.

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Ponce Pilate est coiffé d'un bonnet conique à rabats ; son visage aux cheveux longs et à la barbe longue est marqué de rides frontales. Il porte un robe à rangée de boutons ronds, et aux manches à crevés, recouverte d'un camail.

Son serviteur, à la barbe taillée,   est coiffé d'un bonnet plat ; il porte des hauts-de-chausses ajustés en collants.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

 

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Ecce Homo (2) : le Christ présenté à la foule. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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"Ensuit, Jésus, après sa condamnation, est amené par deux soldats au visage grave, pour l'un, et exprimant une certaine bêtise, pour l'autre. Il est habillé d'une grande robe longue. " (E. Le Seac'h)

 

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Le Christ est couronné d'épines ; sa bouche est entrouverte, sa barbe taillée en pointe. L'ouverture de sa robe se ferme par un unique bouton rond grâce à une patte  en S bien connue des ateliers de taille du kersanton depuis le XVe siècle, notamment pour les statues des apôtres. Ses mains sont liées par deux tours d'une corde épaisse. Son hiératisme, qui témoigne de son courage face aux bourreaux, est atténué par l'avancée de la jambe gauche, fléchie, qui donne aux plis de la robe une discrète ondulation.

Les deux gardes sont coiffés d'un bonnet rond assimilable à un casque. Les narines larges, les lèvres épaisses, le menton retroussé, les paupières supérieures plissées et les rides horizontales du front du premier participent de la caricature soulignant la bestialité cruelle des bourreaux. Ils portent une veste fendue en avant et courte, un peu comme le chupenn breton, et des braies plissées (ou fendues ?) semblables aux bragou ;  les jambes sont protégées par des houseaux.  Les braguettes rembourrées sont peut-être un peu démodées au début du XVIIe siècle. 

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Marie, Jean et Marie-Madeleine lors de la Montée au Golgotha . Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté est.

 

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Ce groupe de trois personnages associe Marie-Madeleine (très élégante, aux cheveux longs et libres, au pan de manteau retroussé vers le poignet droit,   et qui tient son flacon de parfum), saint Jean ( beau, jeune et imberbe, à la chevelure en mèches solaires, pieds nus, portant la robe à bouton rond et patte en S déjà signalée) qui soutient Marie (voilée, portant la guimpe, les mains jointes).

C'est un très beau groupe, et le visage de Marie-Madeleine (tête recollée) est d'une finesse remarquable. E. Le Seac'h a été frappé par son "drôle de sourire vague aux lèvres". Sans doute l'artiste voulait souligner son charme en évitant de la faire grimacer de chagrin.

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Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté est (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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C. LE COTÉ NORD.

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Le Portement de Croix. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté nord.

Sainte Véronique.

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Sept personnages en trois groupes sont réunis par la diagonale de la croix, puis par la corde à laquelle le Christ est lié.

En premier (et appartenant encore en partie à la face ouest) est figurée sainte Véronique présentant à la foule le voile avec lequel elle a essuyé le visage en sueur et ensanglanté du Christ ; et ce voile porte l'empreinte, l'image vraie du supplicié.

La sainte porte un long manteau qui n'attire pas l'attention, alors  que les traits dramatiquement attristés de son visage concentrent toute l'expressivité du personnage. La tête est voilée, le cou entourée d'une sorte de fraise.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Le deuxième personnage est Simon de Cyrène, qui a été requis pour aider le Christ à porter la lourde pièce de bois.  Son chapeau, sa barbe et son manteau long tentent peut-être de souligner qu'il s'agit d'un monsieur lambda, un brave passant, qui revenait des champs et passait par là ; sa seule particularité est être originaire de Cyrène, ville d'Afrique du Nord, mais on comprend bien que cela ne puisse fournir un "type" capable de le caractériser. On le reconnait néanmoins car au lieu d'être impliqué activement dans la scène, il n'y figure que du bout des doigts, le corps un peu en retrait, et le regard ailleurs.

Il faut, pour imaginer comment les gens regardaient ces saynètes,   avoir en tête le texte (que les paroissiens connaissaient peut-être par cœur, si c'était leur rôle) de la Passion en breton. En voici la traduction par Y. Le Berre, pour cette scène :

 

— Gadifier (l'un des soldats, s'adressant à Simon) : "Celui-là n'en peut plus. Eh, mon gars, au lieu de passer ton chemin, fais donc un crochet par ici!"

—Simon de Cyrène : "Pour quoi faire, mon Dieu ?"

— Dragon (autre soldat) : "Prends cette croix-là, bonhomme, Donne un coup de main à cet homme qui n'en peut plus."

— Simon : "Moi ? Sauf votre respect, je ne veux point le faire."

— Bruyant : "Tu ne veux pas ? Tu vas le faire, ou je te casse le nez"

— Simon : "Vous n'avez qu'à la porter, vous, si ça vous plaît. Moi, je n'y toucherai pas ; c'est tout !"

— Bruyant : "Tu vas la prendre sur ton dos, maraud ! Et tiens ça ! Tu en veux une autre ?"

— Simon : "Malheur à moi ! Ce serait une grande honte [de toucher à cette croix]"

— Dantard : "Allons, allons, avance ! Fais ce qu'on te dit"

— Simon : "Ah ! Il va bien falloir que je la porte, hélas !"

— Gadifier : "Oui, et illico !"

—Simon : "Bon, donnez moi la croix, maintenant. Elle a beau être fort conséquente et fort grande, j'arriverai sûrement à la porter. Mettez-la moi donc vivement (sur le dos). que je l'emporte sans traîner sur la hauteur, en dehors de la ville. Oh oh, j'ai beau être costaud, elle pèse son poids ! J'ai eu tort de croire que je serais capable de porter aujourd'hui un poids pareil jusqu'en haut. Je ne tiens plus ! Laissez-moi ici, parce que, là, je suis rendu. !"

—Dragon : "Allons, allons, maraud, marche, marche !"

— Simon : "Alors, là, si vous me donnez des coups, je n'avancerai pas, j'en serai bien incapable. Vous avez tort de me presser. Laissez-moi me reposer un petit peu, ou je vais tomber sous la charge. J'ai la tête qui tourne ; je n'en puis plus."

— Bruyant : " Redresse-toi, ou je te torche le nez !"

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Vient ensuite le soldat qui frappe du pied le Christ tombé à terre, une anecdote que les artistes  manquent rarement de représenter. Il porte un casque rond, une tunique à manches courtes et à encolure fermée par la patte en S et à bouton rond, et des chausses à deux motifs de crevés. Il tire la langue vers le condamné.

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Son voisin menace le Christ de son gourdin (ou de son fouet). Si on interprète le pompon de son casque comme un plumet, c'est peut-être un officier. Sa veste est boutonnée jusqu'en bas.

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Devant lui, un autre soldat, arc-bouté, tire violemment sur la corde pour inciter le Christ à se relever.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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Enfin, en tête, un soldat tient un épais bâton et porte la main à la bouche, pour crier (ou siffler) un ordre. Sa culotte à la braguette généreuse est bouffante et ornée de crevés ; sa veste boutonnée est serrée par une ceinture, et enfin il porte une fraise.

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Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté nord (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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D. LE COTÉ OUEST.

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La Mise au TombeauKersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté ouest.

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Sous cette dénomination d'usage, il faut plutôt voir ici l"Embaumement du corps du Christ sur la pierre de l'onction", pour reprendre l'analyse que Nicole Reynaud a donné de l'enluminure des Heures d'Etienne Chevalier par Jean Fouquet.

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Jean Fouquet, Heures d'Etienne Chevalier v.1452-1460.

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En effet, nous n'assistons pas à une scène, active, de descente du corps du Christ dans le sépulcre "taillé dans le roc" Jn19:41, (comme ici ou )  mais au recueillement, passif, de huit personnages autour du corps placé sur un linge plissé. Joseph d'Arimathie vient de lui ôter la couronne d'épines et Nicodème s'apprête à le couvrir d'un linceul. Outre Marie-Madeleine — dont c'est l'attribut —, un second personnage tient un flacon d'onguent destiné à l'embaumement. Il s'agit sans doute de Gamaliel, oncle de Nicodème selon l'évangile apocryphe éponyme. Voir ma discussion sur ce personnage ici:

Voir La Mise au Tombeau (calcaire, v.1500) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé.

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Nous avons donc de gauche à droite : Joseph d'Arimathie ; une Sainte Femme ; Marie-Madeleine ; Jean soutenant Marie ; une Sainte Femme (ou le jeune Abibon fils de Gamaliel, car le bonnet ne correspond pas au voile habituel des saintes femmes) : Nicodème.

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Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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COMPARATIF.

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Grand calvaire de Plougastel (1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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La Sortie du Tombeau : la Résurrection. Kersanton,1610, Maître de Saint-Thégonnec, coté ouest.

 

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"La résurrection est traitée beaucoup plus simplement qu'à Guimiliau et se rapproche davantage de celle de Plougastel-Daoulas, sensiblement contemporaine. " (E. Le Seac'h)

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Le Christ ressuscité enjambe la margelle. Il porte au dessus du pagne le grand manteau (rouge) témoignant de la gloire de la Résurrection, et il tenait jadis en main gauche la hampe de l'étendard de sa victoire dur la Mort. Il est barbu, bouche entrouverte, le front plissé. Les stigmates sont peu ou pas visibles.

De chaque coté, les deux soldats chargés de veiller le corps se sont endormis. Leur lance est brisée. Ils portent l'armure et le casque.

Un autre soldat, également en armure complète et casqué,  est allongé sur le devant du tombeau, lui aussi profondément endormi, les jambes pliées, tenant une hallebarde. 

Derrière le tombeau, deux hommes sont casqués, mais en habit civil ; et l'un d'entre eux lève les yeux, comme émerveillé ou ébloui par le Christ.

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Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

Coté ouest (kersantite, 1610, Maître de Saint-Thégonnec) du calvaire de Saint-Thégonnec. Photographie lavieb-aile.

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COMPARATIF. Cliquer sur l'image.

 

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Calvaires de Plougonven (1554) et Pleyben (1555) par l'atelier Prigent.

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L'atelier Prigent a réalisé une Sortie du Tombeau pour les deux calvaires monumentaux de Pleyben et de Plougonven (tous les deux restaurés). La cuirasse des soldats est à deux facettes formant un angle sternal, comme pour le soldat assis de Saint-Sébastien.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Pleyben (1555, Prigent). Photographie lavieb-aile.

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Sortie du Tombeau, calvaire de Plougonven (Prigent, 1554). Photographie lavieb-aile.

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Calvaire attribué par Y.-P. Castel au Maître de Saint-Thégonnec et daté de 1541-1554.

 

 

Calvaire de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile.

 

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Calvaire de Plougastel, Maître de Plougastel 1602-1604

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Calvaire monumental (kersantite, 1602-1604, Maître de Plougastel), Plougastel. Photographie lavieb-aile.

 

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1902,  Les croix et les calvaires du Finistère, Bulletin monumental 66 pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

CASTEL ( Yves-Pascal) 1956 Saint-Thégonnec, Renaissance du Haut-Leon, collection  Reflet de Bretagne , ed. Jos Le Doaré

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_137/Saint_Thegonnec_Renaissance_du_Haut-Leon_.pdf

CASTEL ( Yves-Pascal) 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux, exposition au Musée des Jacobins de Morlaix, conservatrice Françoise Daniel.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_233/roland__dore__et__les_enclos__paroissiaux.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, En Bretagne croix et calvaires, Kroaziou ha kalvariou or bro, Minihi Levenez, Saint-Thonan, 1997, ISBN 2.908230.09.7

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9374

CASTEL (Yves-Pascal), 2005 (trad. Lorañs Stefan, Job an Irien, photogr. Jean Feutren), « Guide des sept grands calvaires bretons / Ar seizh kalvar braz », Minihi-Levenez Saint-Thonan, n°92.,‎ août 2005, p. 0-106 (ISSN 1148-8824)

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1998, les larrons en Bretagne , articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/a36ed6ce279ecec1b3fb8aff74cf6302.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/f102406c740df26fa859695c87b46090.jpg

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/512240fd9710421f0c9c5f3960a6a552.jpg

CASTEL ( Yves-Pascal), 1985, « Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du xviie siècle) », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome 94, pages 97-116.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred),  1988,  Répertoire des églises : paroisse de SAINT-THEGONNEC,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, 

http://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1039.

— DEBIDOUR (Victor H.) 1954, Grands calvaires de Bretagne ed Jos Le Doaré.

 

DE L'ORME (A.), 1900, Saint-Thégonnec, in L'art Breton du XIIIe au XVIIIe siècle. Bulletin de la Société archéologique de Brest p.103 à 123. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076565/f100.item

— ÉLÉGOËT (Louis), 1996, Les Juloded Grandeur et décadence d'une caste paysanne en Basse Bretagne, Presses Universitaires de Rennes. 299 p.

https://books.openedition.org/pur/11548?lang=fr

— ENLART (Camille), 1929, Manuel d'archéologie religieuse 1929 tome II et III

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36492m.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3041444j/f12.item

— GAUTHIER (Joseph Stany), 1944, Croix et calvaires de Bretagne.

GRUYER Paul, 1930 ? Les calvaires bretons, Paris : H. Laurens (Paris), 64 p

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/57074072b6d66d3a38320a0005bb8854.pdf

— LE BERRE (Yves), 2011, La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, UBO CRBC.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

QUINIOU (François), 1909, Saint-Thégonnec. L’Église et ses annexes F. Paillard, 1909.

https://fr.wikisource.org/wiki/Saint-Th%C3%A9gonnec._L%E2%80%99%C3%89glise_et_ses_annexes/Texte_entier

—Hélène Remeur a consacré un mémoire de maîtrise (UBO, Brest, 1997) à l'Étude des costumes dans les grands calvaires bretons. Mais je n'ai pu consulter ce document de deux volumes (120 +113 pages) illustrés.

ROUDAUT (F.) (dir.), 1998, Saint-Thégonnec. Naissance et renaissance d'un enclos, Brest, CRBC, 183 p

— Site  Les 7 calvaires monumentaux

http://www.7calvaires.fr/saint-thegonnec/

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Calvaires Kersanton Roland Doré
4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 11:08

Le calvaire (kersantite, XVIe siècle vers 1550, atelier Prigent, et anonyme, 1910)  de la chapelle de Lambader en Plouvorn.

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— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

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Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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PRÉSENTATION.

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Nous disposons de deux descriptions analytiques (en dehors des brèves mentions) du calvaire qui se dresse aujourd'hui sur le placître de Lambader, celle d'Yves-Pascal Castel en 1980, et celle d'Emmanuelle Le Seac'h en 2014.

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Yves-Pascal Castel décrit en 1980 un monument en granite et kersantite de 6 mètres de haut, datant du XVIe siècle et XIXe siècle, débutant par un soubassement à trois degrés et un socle cubique, sur lequel se dresse un fût rond à écots. Puis vient la partie en kersanton (de teinte plus sombre) avec un croisillon portant deux statues géminées, celles de la Vierge couplée à Marie-Madeleine, et celle de Jean couplée à saint Pierre, dont la tête est manquante. Puis  au centre un écu et la croix à branches rondes et le crucifix. La description est complétée par un schéma.

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Yves-Pascal Castel, 1980, croquis du calvaire de Lambader.

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Yves-Pascal Castel, dans un article de 1995, complète ces informations. Les vestiges de croix, en kersantite, réunis au fond de la chapelle, coté nord sont à mettre vraisemblablement en relation avec les statues géminées  de la Vierge et de la Madeleine, de Jean et de Pierre replacées sur le calvaire de l'enclos à l'époque moderne par une famille qui l'a timbré du blason aux trois tours de Crec'hquerault (?)". Ces vestiges sont 1. un nœud creusé d'une large cavité pour l'assemblage à un fût, 2. un autre nœud creusé d'une large cavité pour recevoir la croix ; (l'un des deux est orné d'anges et assorti d'une console pour porter une statue), 3. un écusson aux cinq plaies, 4. un Christ mutilé.

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En 2014, Emmanuelle Le Seac'h attribue une partie de ce calvaire à l'atelier des frères Prigent, de Landerneau, atelier actif de 1527 à 1577. "À Plouvorn, le calvaire de Lambader porte une statue géminée de la Vierge avec Madeleine qui est de l'atelier ainsi que l'ange au blason chargé de trois tours, armes des Audren de Kerdrel, sur le milieu du croisillon. Au revers se trouve l'emblème des Cinq-Plaies;" (p. 169 et page 331) Précision page 137 : "À Plouvorn, à la chapelle de Lambader, l'écu est chargé des trois tours des Kerdrel de Kéruzoret, dont le blason est de gueules à trois tours couvertes d'or, maçonnées de sable (Potier de Courcy, Nobiliaire)"

E. Le Seac'h signale aussi page 337 que deux statues  en kersantite, des niches occidentales de la chapelle Saint-Trémeur du Manoir de Keruzoret, en Plouvorn sont à attribuées au Maître de Plougastel, plus tardif (1570-1621).

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Enfin, nous disposons d'un document datant de 1845.  C'est une peinture d'Auguste Mayer pour les Voyages Pittoresques de Nodier et Taylor. Le soubassement, le croisillon et sa croix semblent identiques, mais il faut remarquer au moins quatre différences : le fût, polygonal et non écoté ,  la présence d'une Vierge à l'Enfant du coté oriental : la présence d'une autre statue au pied du fût, coté oriental. l'existence d'anges sous les  trois consoles (celles des 2  croisillons et celle de la Vierge à l'Enfant). Nous ne voyons pas d'anges portant un écu, et la moulure perlée du croisillon ne semble pas être interrompue par un nœud.

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Croix de Lambader, peinte par Mayer, lithographie Sabathier et Mathieu, dans Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Bretagne par MM. Ch. Nodier, J. Taylor et Alph. de Cailleux 1845-1846

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Enfin, Kristian Gallic   indique dans le bulletin Plouvorn Infos que le calvaire  a été remonté sur le placître de la chapelle pour le 15 août 1910. Et que le crucifix date du XXe siècle.

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DISCUSSION.

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Il est à mon sens  assez facile de confirmer l'attribution des personnages à Bastien Prigent (ou à son frère), grâce à deux traits stylistiques propres à cet atelier : les trois larmes en triangles sous chacun des yeux de la Vierge, ainsi que son voile "coqué" (c'est à dire d'allure rigide) et plié au dessus et sur les cotés du visage par un pli caractéristique, comme s'il était empesé. Les articles de mon blog en donnent maints exemples. Si les trois larmes se trouvent également chez le Maître de Plougastel et chez Roland Doré,  le voile coqué et plié ajoute un critère supplémentaire.

Ces larmes se retrouvent souvent sur le visage de Jean, mais ici, la tête a été brisée et remplacée par une autre, de belle facture certes mais étrangère à l'atelier (même si je n'ai pas la caution d'E. Le Seac'h, qui est muette sur ce point).

Un autre détail stylistique est le bandeau occipital de Marie-Madeleine, qui couvre l'occiput et fait retour derrière la nuque. Là encore, je l'ai décrit très souvent, et  sil n'est pas spécifique des Prigent, il l'est de la statuaire bretonne du XVIe siècle.

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Par contre, je rejoins Y.-P. Castel pour ne pas attribuer aux Prigent le nœud portant le blason aux trois tours, et de l'autre coté les cinq plaies. La première raison est qu'il est d'une facture récente, absolument pas altérée par le temps. Une deuxième raison est que le motif aux cinq plaies, qui est lui, très altéré, est conservé dans la chapelle : nous avons donc sur le calvaire une copie.

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Discussion héraldique.

Le blason aux trois tours correspond aux armes de la famille Audren de Kerdrel. Mais cette famille est possessionnée au XVIe siècle sur la paroisse de Lannilis, et ne s'est installée, au château de Keruzoret en Plouvorn, que vers 1830. Ce château, construit vers 1550, avait appartenu aux Le Borgne de Kervennec, puis aux Le Borgne de Keruzoret (d'azur à 3 huchets  [ou gresliers] d'or, liés et virolés de même).  Jean-François Le Borgne, comte de Keruzoret, enseigne de vaisseau, 1701-1792, est mort à Jersey (en émigration) le 5 mars 1792, et son fils Alexandre  y est décédé en septembre 1791.  De retour en Bretagne, Jean-François Le Borgne de Keruzoret, autre fils de Jean-François, épousa Marie Le Borgne de la Tour . Leur fils ainé fut tué en duel sous la Restauration. Leur fille Sidonie, née à Keruzoret en 1811 va s'allier aux de Kerdrel :

— Jean Casimir Audren de Kerdrel (Lesneven 1781-1813) x1805 Zoë Calloët de Lanidy , d'où

— Casimir Audren de Kerdrel 1807-1862 x  Sidonie Le Borgne de Keruzoret 1811- d'où

— Amaury  Audren de Kerdrel, (conseiller général du Finistère, maire de Plouvorn de 1880 à 1921)  1837-1921. Il fit restaurer le manoir de Keruzoret en 1865.  Il épousa le 16 juin 1862   Allyre Cécile Renée  De Pluvié,  1841-1921 d'où

— Amaury  Casimir Audren de KerdrelL, Vicomte 1866-

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Sachant que la chapelle, fondée par Marc de Troérin (Une fasce ondée accompagnée de six besants) en 1481, a été rebâtie en 1877 notamment avec l'aide d'Amaury Audren de Kerdrel, qui fit  réaliser un bénitier en kersanton portant les armes des Le Borgne de Keruzoret, on conclut que les armoiries du calvaire datent de la restauration du calvaire en 1910 et sont celles de la famille de Kerdrel. C'est ce que confirme H. Pérennès : "Dans l'enclos de Lambader on voyait, aux premières années du XXème siècle, les restes d'une croix bosselée, avec deux anges tenant des écussons frustes. Cette croix a été restaurée en 1910. Elle porte les statues du Christ, de la Vierge, de saint Jean, d'une sainte femme et de saint Pierre. Aux pieds du Christ un ange présente un écusson chargé de trois tours, blason des Audren de Kerdrel."

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AU TOTAL

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Ce calvaire est composite et associe deux statues géminées en kersanton de l'atelier des Prigent (vers 1550), à un Christ,  à un nœud de croisillon dont les armes aux trois tours (Audren de Kermel) et à un nœud au  motif aux Cinq Plaies en kersanton, qui sont datables de 1910. Un document de 1845 permet de connaître à peu près la disposition ancienne incluant des anges, une Vierge à l'Enfant et un autre personnage. 

Les vestiges sculptés dans le kersanton et conservés dans la chapelle sont peut-être  en partie issus du calvaire du XVIe siècle, mais cette hypothèse devrait être étayée par des mensurations et rapprochements plus précis, et par une étude stylistique. Néanmoins, la présence du fragment de nœud aux Cinq Plaies semble cohérente.

Les larmes de la Vierge au pied de la Croix, et la composition aux Cinq Plaies (celles des mains et des pieds du Crucifié et plaie du cœur valant pour celle du flanc droit) témoignent d'un culte très ardent en Bretagne dès le XVe siècle pour la contemplation participative des souffrances du Rédempteur sur la Croix, culte d'origine ducale expliquant la fondation de très nombreux calvaires aux XVIe et XVIIe siècles.

Dévotion franciscaine aux Plaies du Christ à la cour ducale de Bretagne au XVe siècle : l'exemple d'Isabelle Stuart méditant devant la Pietà, étudié par les enluminures.

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On retrouve ces larmes sur une statue en kersanton conservée dans l'église, celle de Notre-Dame des Douleurs et ses sept poignards.

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LE COTÉ OCCIDENTAL.

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Le calvaire n'est pas à son emplacement initial, mais il est correctement orienté, avec le Crucifix tourné vers le soleil couchant.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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La Vierge au pied de la Croix, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Saint Jean l'évangéliste, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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L'ange portant le blason aux armes d'Audren de Kerdrel, sur le nœud du croisillon (anonyme, kersantite, 1910).

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Nœud ouest (kersanton,  anonyme vers 1910)  du calvaire de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Nœud ouest (kersanton, anonyme vers 1910) du calvaire de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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LE COTÉ ORIENTAL. MARIE-MADELEINE, SAINT PIERRE ET LES CINQ-PLAIES.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Marie-Madeleine portant son flacon d'aromates, statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ).

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de la Vierge et de sainte Marie-Madeleine.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue  (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de saint Pierre .

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Statue géminée (kersantite, vers 1550, atelier Prigent ) de saint Pierre et de saint Jean.

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Les Cinq Plaies, kersantite, nœud sculpté du croisillon (XXe siècle)

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Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

Calvaire (Granite et kersanton, atelier Prigent vers 1550 et anonyme vers 1910) de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2017 et 2020.

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Les Cinq Plaies, kersantite, nœud sculpté conservé dans la chapelle.

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Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

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Fragment d'un Christ en croix en kersantite, conservé dans la chapelle.

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Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

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Vierge des Sept Douleurs, kersantite, chapelle de Lambader.

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Vierge des sept douleurs, kersantite, chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile  2020.

Vierge des sept douleurs, kersantite, chapelle de Lambader en Plouvorn. Photographie lavieb-aile 2020.

Le calvaire de Lambader en Plouvorn.

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Armoiries des Le Borgne de Keruzoret, bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite.

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Bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite, chapelle de Lambader

Bénitier du bas-coté sud, XIX ou XXe siècle, kersantite, chapelle de Lambader

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ANNEXE.

I. CATALOGUE DE L'ATELIER PRIGENT.

Extrait de Emmanuelle Le Seac'h, 2014, "Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les Ateliers du XVe au XVIIe Siècle".  Presses Universitaires de Rennes.  PAGE 166

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_the_works_of_Bastien_and_Henry_Prigent

 

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"Outre les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), on conserve de l'atelier des Prigent 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier.

Les 13  croix et calvaires complets:

Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré.

-Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

-Le Tréhou, croix de l'ouest du bourg -

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572, signée des Prigent

-Le Crucifié avec une pietà :

-Lanhouarneau, croix de Kerlaouérat, attribué à Henri Prigent.

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages C, V, J. . Le Christ crucifié est entouré de la Vierge et Jean sur le croisillon.

-Calvaire du sud du bourg de Saint-Servais.

2°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages (statues géminées du croisillon) ou 6 personnages (toutes les statues sont géminées, y compris celles du centre ).

-Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. On reconnaît ici le style de Bastien Prigent.

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 personnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous., attribué à Henri Prigent.

3°) Calvaire à deux croisillons.

-Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.

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Les 17 vestiges de croix et calvaires :

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-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : le Crucifié et l'ange orant, attribués à Henry Prigent  Dans la chapelle elle-même, d'autres statues de Prigent, qui faisaient partie du calvaire, sont représentées dos à dos : celles de Saint Paul Aurélien et d'un saint non identifié, ainsi que de saint Nicolas une pietà et un "Christ ressuscité" .

-Dinéault, Calvaire de l'église Sainte Marie Madeleine. les Prigent ont travaillé sur le piédestal supportant le calvaire, Bastien Prigent a sculpté Marie-Madeleine, la tête levée vers Jésus sur la croix et Jean-l'Évangéliste debout, la tête baissée et le front plissé, tandis que François d'Assise est représenté et, à l’avant du piédestal, un bas-relief représentant un moine tenant un tissu sur lequel est gravé un visage sacré. Ces œuvres datent de 1550. Les statues sur la traverse ne sont pas de l'atelier des Prigent, mais datent de 1696 et représentent  des statues géminées de la Vierge jumelées à Saint Sébastien, un évêque soutenu par un pietà, Marie-Madeleine agenouillée soulevant le couvercle de son pot à onguents et Jean l'évangéliste s'associe à Saint Pierre, tandis que la sculpture de Jésus crucifié renversé avec un "Christ aux liens" est attribuée à l'atelier de Roland Doré. Ce calvaire a une hauteur de 6,00 mètres. D'autres sculptures de Prigent peuvent être vues dans l'église Sainte Marie Madeleine elle-même

 

-Guiclan, calvaires de la Croix-Neuve et de Kersaingilly. Il y a deux calvaires dans la région de Guiclan. Parmi les sculptures impliquées dans le calvaire de la Croix-Neuve, seules la statue de Sainte Véronique et la Vierge à l'Enfant sont de l'atelier Prigent. Le calvaire est simple et contient des statues de Sainte Véronique et de la Vierge Marie avec un enfant placé de chaque côté de la représentation du Christ crucifié. Le calvaire de Kersaingilly présente des représentations de Saint Yves, le Christ crucifié inversé avec la Vierge Marie avec son enfant et Saint Gilles. L'atelier des Prigent ne travaillait que sur la statue de Saint Yves. Bastien Prigent est attribué au travail. Saint Yves est représenté dans la robe d'un avocat. Cette statue venait de La Roche-Maurice et a été ajoutée au calvaire lors de sa restauration en 1889 par Yan Larhantec.

-Guissény,  calvaire du cimetière de l'église. Il porte l'inscription "J. Habasc gouver (neur) 1555" et les statues sont attribuées à Henry Prigent. Le calvaire était à l'origine situé en la chapelle Saint-Yves à Kervézennec, mais après la mission de 1920, il a été érigé à Guissény par le restaurateur Donnart. Le calvaire a une représentation de la Vierge Marie adossée à une représentation de saint Yves, du Christ crucifié inversé avec un "Christ lié" et de Jean l'évangéliste soutenu d'une représentation d'un évêque. La tête de Jean l'évangéliste a disparu et la tête de l'évêque n'est pas la tête d'origine.

-Kerlouan : Croix Saint-Sauveur : Trinité de Bastien Prigent.

-La Forest-Landerneau : cimetière haut : statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.

-La Forest-Landerneau : cimetière bas : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix.

-Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge. Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.

-Lanneufret : Calvaire de l'église. Des statues géminées de l'atelier Prigent (la Vierge, associée à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associé à un moine), sont associées à une crucifixion du XXe siècle. 

-Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame. La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associée à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.

-Le Folgoët, musée  : vestige d'un Crucifié par Bastien Prigent.

-Plonevez-Porzay : Calvaire de l'église. Le Crucifié et un ange portant un titulus sont attribués à l'atelier de Prigent. 

-Ploudaniel, calvaire de l'église : Dans la chapelle Saint-Éloi se trouvent les restes de deux calvaires. Il y a une statue géminée de Jean/un autre saint et un "Christ aux outrages". 

-Ploudaniel : calvaire de la chapelle Saint-Pétronille. Sont attribuées à l'atelier de Prigent  les statues de Saint-Pétronille et de Jean l'évangéliste de Bastien Prigent et près du corps de la croix, une Marie-Madeleine attribuée à l'atelier.

-Quimper, jardin du cloître de l'église Notre-Dame de Locmaria de Quimper, restes d'un calvaire . À l'atelier Prigent est attribué à une statue géminée de la Vierge/Saint-Pierre.

-Plouider, calvaire à Brondusval : Il ne reste plus grand chose du calvaire mais les statues de saint Yves, de saint Fiacre et d'un saint non identifié sont attribuées à l'atelier de Prigent. 

-Plouhinec, calvaire de la "Maison du sculpteur Quillivic" Il s’agit d’un calvaire contemporain où l’image du Christ crucifié est remplacée par la partie supérieure du cadre d’une fenêtre gothique. Le calvaire a des statues géminée de la Vierge /saint Yves et de Jean

-Plouvorn, calvaire de la chapelle de Lambader : des statues de la Vierge Marie et de Marie Madeleine sont de l'atelier des Prigent qui ont également sculpté le blason d'Audren de Kerdrel et l'emblème des "Cinq-Plaies" .

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A cette liste, on peut ajouter les calvaires de Fayet, un compagnon des Prigent au style « si proche de celui des sculptures des Prigent qu'il est parfois difficile de le différencier », s'il n'avait signé de son nom le calvaire de Lopérec avec la date de 1552.

Il rentrerait dans la liste des calvaires à deux croisillons avec la Vierge/Pierre et Jean/Marie-Madeleine en bas, les deux cavaliers de la Passion sur le 2ème croisillon et le Crucifié au dessus, avec le Christ aux liens au revers et deux anges au calice sous le Crucifié. Marie-Madeleine est au pied de la croix.

E. Le Seac'h lui attribue aussi :

Le haut du calvaire du cimetière du calvaire de Laz : le Crucifié, les anges au calice, et l'Ecce Homo au revers.

Le Christ mutilé de Coat-Nant en Irvillac.

Le vestige du Crucifié du jardin du Doyenné au Folgoët.

Le vestige du Crucifié du pignon de l'école Notre-Dame du Tromeur de Landerneau

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II. STYLISTIQUE « REALISTE » DE L'ATELIER PRIGENT.

Henri (frère ou fils de Bastien) est le moins habile. Bastien, par sa manières plus souple, qui produit un effet expressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme , la raideur des réalisations d' Henri.

a) Le Crucifié :

Les yeux en amande à l'arcade sourcilière cassée

Les mèches de cheveux quine sont pas collés au cou, laissant un vide = un espace ajouré entre les mèches de cheveu et le visage.

La couronne tressée 

Les yeux clos

Les grandes narines
La bouche charnue aux lèvres entrouvertes.

Une barbe étagée ou bifide

un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril en forme de bouton

Un pagne volant, noué sur le coté par une brande boucle

b) La Vierge

Elle porte une guimpe montant jusqu'au menton et un voile coqué.

Trois ou cinq larmes coulent sur la joue , en forme de patte d'oiseau avec une larme plus grande au milieu

Vierge de pietà : agenouillée, se tenant bien droite, le visage impassible, elle tient son Fils dans ses bras, le corps de celui-ci renversé en diagonale, en appui sur le genou de sa mère.

c) Marie-Madeleine agenouillée (Pleyben et Plougonven, Bastien Prigent) : tête inclinée en arrière, elle porte une robe aux plis lourds et harmonieux. Son voile a glissé sur son dos.

d) Par ailleurs

Visages rectangulaires ou ovales. Arcades sourcilières « aiguisées ». Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides.

"Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, leurs Vierges de Pitié , de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés. L'appartenance au même atelier se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus."

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Fayet se distingue par :

un style sévère avec des Crucifiés raides

l'association de la statuaire gothique et d'un décor renaissance, avec les fleurons godronnés entourés d'un galon décoratif, des consoles moulurées et des feuilles d'acanthe sur le culots.

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SOURCES ET LIENS.

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—CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère Plouvorn n°2386.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/croix/plouvorn.html

2386. Lambader, placître, g. k. 6 m. XVIè, XIXè s. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût rond, écots. Croisillon, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre (décapitée). Croix, branches rondes, crucifix, écu. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, A la découverte des croix monumentales, Plouvorn.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/3fb594a410e97c243be96830ef21eeda.jpg

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— COUFFON, René), LE BARS, Alfred), . Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

— GALLIC (Kristian), Le jubé de Lambader

https://www.youtube.com/watch?v=R8v-UGsxanQ&ab_channel=DanielleRopars— LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat brochure in-8°, 88 pages.

 — GALLIC (Kristian), PLOUVORN INFORMATION mars 2017 n°3 

https://fr.calameo.com/read/0047577681bc06131f887

— LE GUENNEC (Louis), Le Finistère monumental tome 1,  Morlaix et sa région, page 308. Droits réservés. Ouvrage numérisé avec l'aimable autorisation de la Société des Amis de Louis Le Guennec.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/9845

LE GUENNEC (Louis), 1911, La chapelle de Lambader, Morlaix, Lajat, in-8°, 88 pages. Non consulté.

"La plus ancienne mention de la chapelle se trouve dans un acte de 1333; les documents conservés aux Archives du Finistère, et que M. Le Guennec a savamment commentés, remontent à 1432 : ils lui ont permis d'écrire une histoire complète de cet intéressant monument." https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1911_num_27_2_4166

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

— PÉRENNÈS (Henri) 1943 Plouvorn Monographie de la paroisse, Rennes, Imprimerie du Nouvelliste, 1943, 86p., Réédition Le Livre d'histoire-Lorisse, Paris, 2004, 83p., p. 50-51.

http://www.infobretagne.com/plouvorn-chapelle-lambader.htm

 

—  REALS (Vicomte de, 1890, "La restauration de Lambader", in Bulletin archéologique de l'Association bretonne, 31e congrès tenu à Saint-Pol-de-Léon du 10 au 15 septembre 1888, Troisième série, Vol.8, Saint-Brieuc, Imprimerie-Librairie R. Prud'homme, 1890, 202p., p. 54-58. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2074856/f95.image

 

— FAUJOUR (Marc), La chapelle Notre-Dame de Kerzéan à Plouescat, ARMMA-SAPRAT : les armoiries possibles d'Audren de Kermel.

https://armma.saprat.fr/monument/plouescat-chapelle-notre-dame-de-kerzean/

— L'UNIVERS 27 septembre 1877 Inauguration de la chapelle restaurée sur l'initiative du recteur Hellard. Bénédiction par l'évêque en présence de la comtesse de Kerdrel. Promesse d'indulgence le jour du Pardon le lundi de Pentecôte.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-keruzoret-plouvorn/0fabf1a2-bd3c-4ed6-ae2b-055ceffcfe5f

—DIVERS, YOUTUBE

https://www.youtube.com/watch?v=CNQ221jkJZQ&ab_channel=ValentinDluz

https://www.youtube.com/watch?v=k9rsmv2Ih6g&ab_channel=XavierBoderiou

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— WIKIPEDIA

Famille Audren de Kermel

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Audren_de_Kerdrel

Chapelle Notre-Dame de Lambader

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Notre-Dame_de_Lambader

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Prigent Chapelles bretonnes. Sculpture
24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 14:09

Le calvaire (kersantite, Maître de Plougastel, 1621) de l'église du Relecq-Kerhuon.

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Sur le Maître de Plougastel, voir :

 

 

Sur les calvaires en général, utiliser l'onglet "rechercher"

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PRÉSENTATION.

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Le Maître de Plougastel.

Ce sculpteur, et son atelier probablement installé à Landerneau sont responsables d'œuvres en kersanton dans une cinquantaine de paroisses, essentiellement situées en Léon au nord de l'Élorn, mais aussi à Plougastel où il réalisa entre autres en 1602-1604 le calvaire monumental qui lui donne son nom, et en Cornouaille à Confort-Meilars et Saint-Tugen de Primelin (voir les articles supra), à Plogoff et Tréguennec.

Il intervient après l'atelier des Prigent (1527-1577) et avant celui de Roland-Doré (1618-1663), également sculpteurs de kersanton à Landerneau.

Il a travaillé pour 4 croix et 24 petits calvaires dont six sont complets, à la chapelle Christ de Guimaëc, pour le calvaire de Corran à Plougasnou en 1594 , à la chapelle Saint-Trémeur de Plougastel en 1600,  à la chapelle de Locmazé au Drennec et enfin au cimetière de Gouesnou.

Il est également l'auteur des statues géminées (mais non du Christ) des calvaires de la chapelle Saint-Adrien et de la chapelle Sainte Christine de Plougastel.

"Le style du Maître de Plougastel, dans sa maturité [après 1602] se caractérise par une certaine rigueur et un hiératisme prononcé, visible dans la gestuelle des personnages et les plis des vêtements. La rondeur des traits imprimés aux visages donne aux sculptures une quiétude magnifiée proche de l'ataraxie de pierre." Postérieures aux guerres de la Ligue (1589-1598 et à la peste de 1598 (Plougastel), les créations majeures du Maître de Plougastel ont pu être marquées par les atrocités et la souffrance physiques qu'il a dû voir autour de lui et qui imprègnent son œuvre d'une note d'intériorité froide." (Le Seac'h 2014) 

"Les crucifix se répétant sur le même  modèle avec la Vierge et Jean : les statues sont toutes en kersanton. Les sculptures du Crucifié sont de petites dimensions avec le thorax réduit et des flancs creusés. Les bras sont lisses, sans articulations visibles. La rotule du genou et le pli caractéristiques de la peau ne sont pas oubliés. Le bas-ventre est recouvert d'un pagne formé de plis plats ressemblants à des bandelettes, maintenu par un nœud simple dont chaque pan retombe sur les hanches. Les pieds larges se croisent avec des orteils marqués, le pied droit sur le pied gauche selon une tradition constante. Il en est de même pour la tête toujours incliné à droite. (Le Seac'h 2014) 

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DESCRIPTION.

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Le soubassement de granite porte un socle cubique chanfreiné, portant sur la face ouest la date de 1621 et le monogramme M.S.B.P. autour d'un calice indiquant que le commanditaire est un ecclésiastique. On peut  interpréter ces lettres ainsi :" Messire Sébastien Billant Prêtre", puisque Abgrall (BDHA Guipavas) signale ce nom dans la liste des curés ou vicaires attachés à Guipavas en 1614, et ajoute qu'il a été enterré en 1623 à Saint-Pierre de Plovavatz. Missire Sébastien Billant  fit également une fondation à la chapelle du Relecq.

Le Relecq est un démembrement de la paroisse de Guipavas : "La paroisse de Guipavas se divisait en huit cordellées, savoir : Le Froulven ; La Lande, le côté donnant sur Gouësnou et comprenant le bourg; l'EUès; Saint-Yves; Saint-Nicolas; Le Hellec; Sainte-Barbe, et Camfrout. Ces trois dernières cordellées étaient ordinairement désignées sous le nom de Trétrit, et sont devenues, en grande partie, Ia paroisse du Relecq-Kerhuon (1869)" (BDHA)

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On lit aussi sur l'autre face CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902.

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Le fût à pans porte un croisillon à culots portant les statues de Jean (à gauche) et de la Vierge (à droite). On remarque qu'elles ont été inversées, puisque en règle la Vierge est à gauche, c'est à dire à la droite du Christ crucifié. On remarque aussi que ces statues sont simples, et non géminées comme dans les autres calvaires du Maître de Plougastel.

La croix à fleurons porte le Christ crucifié, conforme à la description donnée supra par Le Seac'h.

Le nœud entre les bras du croisillon porte les armoiries du seigneur de Guengat ( trois mains dextres en pal)  associées à celles de son épouse Marie de Poulpry ( au rencontre de cerf), propriétaires du fief de Lossulien et des terres du Relecq. Jacques III de Guengat épousa Marie de Poulpry (fille d'Allain, conseiller au Parlement de Bretagne) en 1606. Le manoir de Lossulien (XVème siècle) fut la propriété des familles de Guengat, puis de Kergolay, Fleury, Kergroadès et enfin Kerouartz au XVIIIème siècle. En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. La chapelle seigneuriale  de Lossulien  date du XVIème siècle et était dédiée à Saint-Pierre. 

Poulpry : d'argent au rencontre de cerf de gueules.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f307.textePage.langFR

https://gw.geneanet.org/hamety?n=du+poulpry&oc=&p=francois

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La Vierge est très sobre dans sa gestuelle (les mains croisées devant la poitrine) et l'expression sévère du visage, presque absent.

Comparez avec la Vierge du Grand calvaire monumental de Plougastel :

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Maitre de Plougastel, Grand calvaire de Plougastel (kersantite, 1602-1604). Photographie lavieb-aile.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Jean est imberbe, bien-sûr. Il tient son livre sous l'aisselle gauche et pose la main droite sur la poitrine. Il est vêtu d'une robe serrée à la taille par une ceinture, et d'un manteau dont le pan gauche, délicatement pincé entre les doigts de la main gauche, est tenu par la main droite en un retour accentué. Ce mouvement du drap est le seul qui rompe la statique verticale et grave du personnage.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La face orientale ne présente pas de figures.

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Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

Calvaire de l'église du Relecq-Kerhuon (1621, kersantite, Maître de Plougastel). Photographie lavieb-aile août 2020.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PEYRON, Notice BDHA Quimper, Kerangal ed.

http://www.infobretagne.com/relecq-kerhuon.htm

le manoir de Lossulien (XVème siècle), propriété des familles de Guengat, Kergolay, Fleury, Kergroadès et Kerouartz (XVIIIème siècle). En 1536, Ollivier de Cornouaille, seigneur de Lossulien, était l'époux de Françoise de Lanroz. En 1727, le domaine appartient à Michel Corentin de Fleury ;

la chapelle de Lossulien (XVIème siècle), dédiée à Saint-Pierre. Il s'agit d'une ancienne chapelle privée de plan rectangulaire remontant en partie au XVIème siècle. La chapelle abrite une statue ancienne de saint Jean. Le coffrage d'autel ancien comporte un bas relief représentant saint Suliau

— ABGRALL (Jean-Marie), Notice de Guipavas, BDHA Quimper, Kerangal ed.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/243b23ce0573cffab3d8cd3e7b8a3048.pdf

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/le_relecq_kerhuon.html

"2630. Le Relecq-Kerhuon, église, g. k. 5 m. 1621. Soubassement. Socle cubique: calice, M.S.B.P. 1621. Autre inscription peu lisible et: CALVAIRE RESTAURE MISSION 1902. Fût à pans. Croisillon à culots, écu, statues: Jean, la Vierge. Croix, fleurons, crucifix. Les armoiries sont de Guengat, seigneurs de Lossulien. Le type de sculpture est de l’atelier du calvaire de Plougastel. [YPC 1980] "

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, nouveau répertoire des églises et chapelles.

https://www.diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/9903d7bdec041f2bee26eb26ce7db93e.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Description matérielle : 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm. Description : Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Édition : Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut page 191

WIKI-BREST

http://www.wiki-brest.net/index.php/Calvaire_de_1621

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Maître de Plougastel
16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 20:57

Le calvaire (granite et grès arkosique, Maître de Quilinen, vers 1500) de l'église de Mellac.

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Voir :

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PRÉSENTATION.

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Un certain nombre de caractères thématiques et stylistiques, remarqués par J.-M. Abgrall dès 1891, par Y.-P. Castel en 1980 et E. Le Seac'h en 2014, incitent à rapprocher ce calvaire de celui de la chapelle de Quilinen, en Landrévarzec, et de celui de Motreff, tous les trois en Finistère. Ce sont entre autres :

  • le rapprochement des trois croix sur une base étroite,

  • Les larrons renversés sur leur traverses, jambe  gauche repliée.

  • la Déploration sur le socle,

  • Les  marmousets formant console, et portant des écus,

  • Le Christ en croix encadré, en diagonale des deux anges tenant leur calice sous les mains du Crucifié,

  • Le titulus large, en linge plié,

  • Le Christ ressuscité vers l'est,

  • Le matériau : le granite (et quelques personnages en grès feldspathique à Mellac),

  • un élan vertical ascensionnel.

J'y ajoute la facture des visages, —ronds, à bouche concave et yeux enfoncés dans les orbites —, et, pour saint Jean, la présence d'un livre-ceinture.

J'ajouterai aussi que, comme à Quilinen et Motreff, le visiteur, pour se placer face aux différentes scènes, ne peut se contenter de se placer d'abord à l'ouest, puis à l'est, mais doit tourner, par séquence d'une trentaine de degrés, autour du calvaire, examinant par exemple d'abord la Déploration, —qui fait face au nord-ouest— et le Bon Larron, puis dans un nouvel axe le Christ en croix entouré de la Vierge et de Jean, puis le Mauvais Larron, puis, tournant encore, le Christ ressuscité, et, enfin, saint Michel qui fait face au nord-est. Cette composition  spatiale  géométrique, très calculée, stellaire ou à multiples axes de direction, des personnages ne peut être due au hasard, et découle sans doute d'une réflexion spirituelle sur le pèlerinage de l'âme et sur le processus de conversion pris ici au pied de la lettre du latin conversio "action de se tourner, mouvement circulaire, changement, métamorphose".

 

  Aussi, en 2014, E. Le Seac'h  a attribué ces calvaires, par un nom de convention, au "Maître de Quilinen". Et elle lui a attribué également les Larrons (grès arkosique) du calvaire de Saint-Hernin et la croix du Vieux-Bourg de Lothey.

J'ai décrit déjà les calvaires de Saint-Hernin et de Motreff. J'étudie aujourd'hui celui de Mellac, à 50 km au sud-ouest de Motreff.

 

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DESCRIPTION.

 

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Sur une plate-forme élevée de deux marches, un autel en pierre est surmonté d'un grand socle carré. Au milieu de ce socle est dressée la croix du Christ et, un peu en arrière d'elle, celle des  deux larrons.

Le calvaire de Mellac a été quelque peu décalé en 1886 — Christel Douard, 2002— par rapport à son emplacement d'origine. Il a été consolidé, les fûts raccourcis, de nouveaux socles et soubassements posés, ce qui le rend un peu plus petit (6 mètres de haut) que celui de Motreff (7 mètres).

L'un des  socles porte l'inscription gravée JUBILÉ 1886 40 DEVEZ INDULJANSOU et l'autre la plaque de marbre MISSION 1894. Cette dernière mission du 8 juillet rassemblait autour du recteur Émile Guichaoua 1100 personnes (Semaine Religieuse page 509). L'année 1886 est celle où l'église était restaurée ; elle sera bénie l'années suivante par un chanoine titulaire de la cathédrale de Quimper, l'abbé Le Moign (Semaine Religieuse 1887). Mais c'est celle du Jubilé sacerdotal de Léon XIII, proclamé par l'encyclique papale  Quod autorictate du 22 décembre 1885 ou Annonce d'une année sainte extraordinaire, destinée à lutter contre la décadence sociale et religieuse par la pratique du Rosaire. Un Jubilé est une fête survenant tous les 50 ans, mais les Jubilés ou Années Saintes sont célébrées dans l'église catholique tous les 25 ans (par ex. en 1825, 1850 et 1875). Cette Année Sainte supplémentaire est donc qualifiée d'extraordinaire. Elle permet l'obtention de 40 jours d'indulgences (40 devez induljansou).

 

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Les sculptures, du fait de ce remaniement, sont ainsi encore plus ramassées dans une pyramide chargée. La succession des étages, clairement lisible à Motreff, est escamotée. Nous ne trouvons ici qu'une forme de  fût, cylindrique, et non la transition des sections rectangulaire, puis octogonale puis ronde.

Le coté ouest.

Un premier étage sera néanmoins décrit, sur le socle qui porte une Déploration à quatre personnages. Derrière leur tête, la ronde des trois marmousets porteurs d'écus annonce le deuxième étage, car deux d'entre eux servent de consoles pour les statues de la Vierge et de Jean. Le troisième étage, chevauchant le précédent, est celui du Christ en croix, encadré de deux anges recueillant le sang des plaies du crucifié. Le corps des deux Larrons s'insère dans ce dernier étage.

Le coté est.

En bas, saint Michel terrasse le démon (il occupait à Motreff la face ouest). En haut, le Christ ressuscité montrant la plaie du flanc droit.

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VUES GÉNÉRALES.

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LE CRUCIFIÉ ET LES ANGES HÉMATOPHORES.

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Le titulus.

 

Avant d'examiner ces anges, il faut remarquer le titulus. C'est le nom donné à l'écriteau apposé au dessus de la tête du Christ et portant les lettres INRI (pour Iesus Nazarenus  Rex Iudaeorum, "Jésus de Nazareth, Roi des Juifs"). Dans les peintures et enluminures, il adopte la forme d'un panneau de bois, rectangulaire, ou d'un rouleau de papier aux bords enroulés. Mais jamais, comme ici,  celle d'une longue (très longue) bande d'étoffe, qui part du bras droit de la Croix, s'élève en diagonale, se replie en diagonale opposée en passant devant le bras supérieur de la Croix et en présentant les quatre lettres INRI, puis qui se replie, et que nous retrouvons sur l'autre face en formant un V inversé au dessus de la tête du Ressuscité.

Dans une vue générale, ce V inversé répond en miroir au V des deux anges hématophores.

Quelles sont les raisons de ce choix original ? Sont-elles graphiques, pour former ce losange centré par la tête du Christ, où sont-elles spirituelles, la banderole INRI s'inversant, vers l'est, comme la Mort s'inverse dans la Résurrection?

Quoiqu'il en soit, on  retrouve ce titulus-banderole, plus ou moins déplié, à Quilinen et à Motreff, mais aussi sur la croix du Vieux-Bourg de Lothey.

 

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Le calvaire de Mellac.

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Les anges hématophores.

- nb : hématophore : hemato "sang" et phore "porter" : se dit d'anges portant des calices recueillant le sang des plaies du Christ.

Il est important de souligner qu'un calvaire n'est pas seulement  un mémorial rappelant au chrétien que le Christ est mort sur une croix pour sauver l'Humanité du Péché, mais qu'il s'appuie sur une mystique médiévale (et d'abord monastique) du sang versé, et sur une pratique d'une communion émotionnelle. 

Le spectacle de ce sang salvateur (base de l'Eucharistie) appelle le fidèle à partager les souffrances du Rédempteur, cette participation émotionnelle s'exprimant par les larmes (de remords et de gratitude) qu'il verse lors de sa méditation, et la mystique des larmes rejoint celle du sang.

Ces anges sont ici au nombre de deux : celui à la droite du Christ recueille le sang de la main et du flanc droit, celui à sa gauche le sang de la main gauche. Les calices ont une forme de bobine. Les anges au visage rond sont vêtus d'une aube plissée, bouffant à la taille au dessus d'un cordon non visible. Leur corps longiligne forment de chaque coté de la croix deux arcs symétriques à partir du niveau du bassin du Crucifié. "La banderole et les deux anges avec leurs corps gracieusement ployés forment comme un nimbe autour du Christ." (Abgrall)

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Le Christ porte un pagne au linge croisé au milieu, entourant les hanches de façon basse. Il est tourné vers la droite, comme le montre la position du nombril, et sa tête est inclinée et fortement tournée vers la droite. Ce nombril est saillant, comme à Quilinen et Motreff.

L'épaule droite est plus basse que la gauche.

Les membres sont fins ; le pied droit est en dessous du gauche (à l'inverse de Motreff et Quilinen).

Ses cheveux sous la couronne d'épines forment une corde rejoignant l'épaule.

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Le calvaire de Mellac.

Le calvaire de Mellac.

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LA VIERGE ET SAINT JEAN.

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La Vierge. Grès feldspathique, XVIe siècle.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Saint Jean tenant son livre dans un sac. Grès feldspathique, XVIe siècle.

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Jean bénit ou fait un geste paume vers l'avant. Il est vêtu d'une robe blousant à la taille, et aux manches très larges.

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Le livre-ceinture, dont la reliure forme un sac se refermant par une boule permettant d'être tenue dans le poing ou retenue à la ceinture, est un signe stylistique précieux pour l'attribution à un artiste puisque qu'il n'est pas rencontré dans d'autres calvaires que ceux de Motreff et Quilinen. Voir dans mon article sur Motreff la description de cet accessoire.

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-motreff.html

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LES LARRONS.

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Ils sont crucifiés sur des croix en tau, mais dont la traverse forme un axe oblique avec le fût ; les bras entourent cette traverse et sont liées ensemble derrière le fût, tandis que les jambes sont liées au fût.

Les branches des croix sont perpendiculaires à celle de la Croix. Les Larrons sont symétriques et forment une courbe qui souligne, selon Le Seac'h, les contours des corps de la Vierge et de Jean juste au dessous.

Ils portent une culotte, à braguette généreuse, et dont les jambes descendent jusqu'au dessus des genoux. Tous les deux se contorsionnent dans les affres de l'agonie, corps formant un arc convexe (imposé par l'obliquité de la traverse), tête inclinée à gauche. Les jambes du Bon Larron sont droites, et liées aux chevilles, tandis que celles du Mauvais sont fléchies, et le lien des chevilles passent derrière le fût. C'est presque la même chose sur le calvaire de Saint-Hernin, mais le Mauvais Larron n'a qu'une jambe fléchie.

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Le calvaire de Mellac.

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Le Bon Larron. Granite.

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Le calvaire de Mellac.

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Le Mauvais Larron. Grès feldspathique.

Il détourne son visage du Christ.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LES  MARMOUSETS.

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Ils sont trois à Motreff et Quilinen, aux allures de petits pages bedonnant dans leur costume et se tenant par la main ou le bras, séparés par des écus. Mais ici, ils ne sont que deux, formant par l'intermédiaire d'un coussin posé sur le vertex, une console pour les statues de la Vierge et de Jean. 

L'abbé Abgrall les décrit comme des anges, mais ils m'évoquent plutôt des petits diables, au visage un peu bestial et aux yeux caves (l'érosion de la pierre aidant), tenant leur écu devant leur jambe, sous la taille.

Le raccourcissement des fûts fait qu'ils sont moins visibles, et moins faciles à discerner.

Les écus sont "muets", ils ne portent aucune armoiries. 

 

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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LA DÉPLORATION.

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Si nous poursuivons la séquence chronologique, après la Crucifixion, nous arrivons à la Déploration (granite), où Marie tient le corps de son Fils, après sa descente de la croix, entourée de Jean et de Marie-Madeleine, les disciples les plus proches.

Comme je l'ai dit, le groupe n'est pas orienté dans le même axe que la Croix, mais franchement tourné vers la droite. Mais au sein du groupe, Jean, Marie et Marie-Madeleine ne sont pas alignés de face, puisque le visage de la Vierge est orienté à 90° de celui de Jean. 

Marie est au centre du groupe, voilée par son manteau, qui couvre une robe dont la manche, aux 6 boutons ronds remarquables, est visible. Comme à Motreff et à Quilinen, elle est demi-assise (elle serait debout, à juger par sa tête à la même hauteur que les deux autres personnages ; et elle serait assise, pour supporter sur ses genoux le tronc de Jésus). Le bras droit de son Fils, tenu par Jean, pend le long de la jambe de Marie, avant-bras vertical. Le bras gauche, presque horizontal, est tenu par Marie-Madeleine. La Vierge soutient l'aisselle gauche. Le Christ est semblable à celui de la Croix, avec son pagne très bas au dessus du pubis sous un ventre rond.

La jambe gauche du Christ est brisée. Comme dans beaucoup de Pietà et de Déploration, les axes du corps du Christ (tête, tronc, 4 membres) sont disloqués, comme dans une métaphore du drame et du deuil, mais ici, cela est accentué par le changement d'orientation des corps des trois personnages supérieurs. Ces ruptures imposent de multiplier les angles de prises de vue pour rendre compte du groupe.

E. Le Seac'h, dans sa description de 2014, signale que la tête du Christ est brisée : elle a donc été réparée ou restituée depuis.

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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Marie-Madeleine.

Elle est identifiée par son flacon d'aromates posé à ses pieds, mais aussi par son élégance ou la finesse de sa taille, mieux visible en vue dorsale où le manteau, seulement porté sur l'épaule droite, dévoile un corsage très ajusté.

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Le calvaire de Mellac.
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Le calvaire de Mellac.

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LE CHRIST RESSUSCITÉ DE LA FACE ORIENTALE.

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Il est comparable à celui de la Croix (même inclinaison de la tête, même rotation du corps vers la droite, même pagne, même ventre, etc.) mais il est vêtu du manteau de la Résurrection et il montre, par sa main droite écartée, la plaie du flanc droit. Ses pieds sont posés sur le globe terrestre (à la différence de Motreff).

Notez le drapé du linge portant le titulus sur la face occidentale. Là encore, le Christ s'encadre dans la mandorle, cette fois-ci glorieuse, des anges vus de dos et de la banderole.

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Le calvaire de Mellac.

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SAINT MICHEL TERRASSANT LE DÉMON.

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Il est orienté vers le nord-est, à 60° de l'axe du Christ. On le retrouve presque semblable à celui de Motreff, taillé en demi-relief sur le fût, avec son visage rond, ses cheveux mi-longs en boules latérales, son armure, sa main droite posées sur la garde d'une longue épée dont la pointe s'enfonce dans la gueule du démon, qu'il traverse. Le bouclier n'est pas la rondache de Motreff, mais un écu.

Comme à Motreff, le démon est sur le ventre, mais repousse par le bras droit la lame de l'épée. Le bras droit entoure la jambe de l'archange, alors que le pied de ce dernier écrase le ventre de la bête.

Les jambes (ou pattes inférieures, comme on voudra) sont croisées et viennent agripper un objet arciforme évasé que je n'identifie pas. Une trompe ? 

 

Une fois de plus, pour voir correctement le démon, il faut se déplacer en tournant autour du calvaire.

 

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Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.
Le calvaire de Mellac.

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DISCUSSION.

Il est émouvant et passionnant de retrouver, sur trois calvaires séparés de 50 kms, les mêmes traits stylistiques, la même organisation spatiale, et de pouvoir affirmer, dans le grand brouillard de l'ignorance sur la vie des ateliers de sculpture au début du XVIe siècle par manque d'archives, qu'un même artisan est à l'œuvre sur ces trois paroisses. Pourtant, le changement de matériau (grès feldspathique et non granite) pour la Vierge, Jean et le Mauvais Larron conduit E. Le Seac'h a ne pas les attribuer au Maître de Quilinen (vers 1500) et à rester plus imprécise pour la datation de ces trois statues ("XVIe siècle"), alors même que le motif du livre-ceinture de Jean est un indice très fort d'une communauté d'atelier, mais dont la valeur n'a pas été noté par E. le Seac'h.

Le recours à ce grès propre à la vallée de l'Aulne centrale est d'ailleurs singulier, même s'il s'explique par la qualité exceptionnelle qu'il offre au sculpteur sur pierre. On le retrouve à Saint-Hernin pour les deux Larrons attribués par Le Seac'h au Maître de Quilinen vers 1530, ce qui montre que ce dernier ne se limite pas au granite.

http://www.lavieb-aile.com/2020/07/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-hernin.html

Les anges aptères qui recueillent le sang du Christ se voient dès ca. 1470 au calvaire de Tronoën.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1891, "Le calvaire de Mellac", Bulletin de la Société archéologique du Finistère  p. 246-247

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1891_0139_0140.html


"Dans le cimetière de Mellac se trouve un calvaire très curieux, d'un style qui diffère beaucoup de celui des autres calvaires de Bretagne. Sur une plate-forme élevée de deux marches est un autel en pierre surmonté d'un grand socle carré. Au milieu de ce socle est dressée la croix. Au-dessus de Notre-Seigneur crucifié, une grande banderole, et de chaque côté, deux anges recueillant dans des calices le sang qui coule des plaies des mains du Sauveur. La banderole et les deux anges avec leurs corps gracieusement ployés forment comme un nimbe autour du Christ. Deux autres anges sortant de la tige de la croix et portant des écussons sur la poitrine servent de cariatides pour soutenir les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean.
La Sainte-Vierge a les mains croisées dans l'attitude de la douleur. Saint Jean tient de la main gauche le livre de l'Évangile suspendu au moyen de cordelettes. Les deux larrons sont sur deux croix séparées, un peu en arrière de la croix principale. Ils ont les membres très maigres, et celui de gauche fait des contorsions étranges.
Au pied de la croix principale est le groupe de Notre-Dame-de-Pitié. Le corps de Notre-Seigneur repose à moitié sur les genoux de sa mère; les membres sont grêles, et la pose très mouvementée et tout à fait différente de celles des statues analogues de la même époque. Saint Jean et la Madeleine aident la Sainte-Vierge à rendre les derniers devoirs à Notre-Seigneur.
De l'autre côté, adossé à la croix, est le Christ ressuscité. Plus bas, saint Michel terrassant le dragon. De la main droite il tient une grande épée dont il perce de part en part la gorge de Lucifer. Celui-ci, le corps tordu autour de la tige de la croix, s'efforce de la main droite d'arracher l'épée et de l'autre s'accroche à la jambe de saint Michel. Par un caprice bizarre, le vieux sculpteur a transformé ses deux pieds en deux mains dont il étreint les replis de sa queue. est pleine de verve et semble dater toute cette œuvre des premières années du XVIe siècle.
À Braspartz existe un calvaire ayant beaucoup d'analogie par ce qui est de la disposition générale
et de certains détails avec celui de Mellac , mais sans offrir la même perfection ni la même richesse; c'est une œuvre sortant du même atelier qui, peut-être, a fourni également le calvaire de Notre- Dame-de-Quilinen, en Briec. J.-M. ABGRALL, Prêtre."

— CASTEL, ( Yves-Pascal), 1980,. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980, Quimper.

http://croix.du-finistere.org/commune/mellac.html

 "Mellac, église, g. 6 m. XVIè s. Soubassement élevé, corniche. Socle, double niveau. Trois fûts, au pied du fût central, Vierge de Pitié, sur des consoles, Jean et la Vierge. Sculpture du type de Quilinen (Landrévarzec). "

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. "Mellac", Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988 p. 210

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/6713ef0da1add323fc0da5f23f411635.pdf

"Sur le placitre, intéressant calvaire du XVIè siècle (I.S.) : sur un socle à deux niveaux, trois fûts de croix, la Vierge et saint Jean sur les consoles, Notre Dame de Pitié au pied de la croix centrale."

— DOUARD (Christel), 2002, Quimperlé et son canton, ed. Apogée, coll. Images du Patrimoine n°217, Rennes.

— BLOG LE RETOUR CHEZ CANELLE, 2016 "Le calvaire du cimetière". Très beau dossier photo.

http://www.dinclo56.com/2016/03/le-calvaire-du-cimetiere.html

 

ÉVEILLARD (Jean-Yves), 2001, "Les grès feldspathiques du bassin de Châteaulin dans l’architecture et la sculpture des siècles passés", La pierre en Basse-Bretagne, Brest, Université de Bretagne occidentale, CRBC, p. 41-53.

— OLLIVIER,( Sophie), 1993 -L'architecture et la statuaire en grès arkosique dans la vallée de l'Aulne centrale. Mém. de maîtrise d'histoire (inédit), J.Y. Eveillard, dir., U.B.O., Brest, 2 vol. Non consulté, cité par E. Le Seac'h.

https://memhouest.nakalona.fr/items/show/17711

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_2_3988

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne  les ateliers du XVe au XVIIe siècle / ouvrage préparé par Jean-Yves Eveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut , Rennes, Presses Universitaires de Rennes.  page 241

— MONUMENTUM

https://monumentum.fr/calvaire-pa00090114.html

— PATRIMOINE

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-pierre-aux-liens-mellac/24adf5e7-c8b8-4263-b0db-b1fb8b6abe12

— PÉRENNÈS,( Henri), 1933. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie. Quimper, 32e année, 1933. p. 243-280

Le calvaire du cimetière de Mellac (XVIème siècle). La croix du cimetière, note M. le chanoine Abgrall, a été composée avec une verve extraordinaire. La banderole qui surmonte le Sauveur, avec les deux anges qui recueillent le sang de ses plaies, semblent former autour de lui un nimbe en amande. On voit devant la croix la Sainte Vierge, saint Jean et une Pietà. Derrière, c’est le Christ ressuscité et saint Michel terrassant le démon et le pourfendant de son épée. Ce saint Michel est du genre de celui du calvaire de Laz, qui est de 1527 (M. Abgrall). La croix de Mellac porte les armes des Lescoet, seigneurs de Kernault, associées, à celles des Le Bot de Poulheriguen : d’argent au croissant de gueules surmonté de 2 haches d’armes de sable adossées, et accompagnées de 3 coquilles d’or . 

[Note : Les armoiries de Lescoet/Le Bot de Poulheriguen, et plus bas celles de Jean de Lescoet et de son épouse Catherine de Guer, dame de Kernault en 1495, figuraient sur la maîtresse-vitre de l'église de Mellac. Charles Le Lescoet faisait défaut lors de la Montre de l'évêché de Cornouailles de mai 1562.]

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— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Calvaire,_bourg_de_Mellac.jpg

Photo :

http://www.betermin.com/media/9cf76018-9a47-4c29-8fb5-fa036e63bb5a-calvaire-au-cimetere-de-mellac

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires

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