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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 22:44

Les crossettes et gargouilles de l'église de Lampaul-Guimilau.

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Je dédie cet article à la mémoire d'Emmanuelle Le Seac'h, dont j'ai utilisé le travail hélas inédit.
 

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

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Sur les crossettes et gargouilles :

 

— Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

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PRÉSENTATION.

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a) Définition :

— Gargouille : gouttière en saillie par laquelle s'éjectent les eaux de pluie, souvent sculptée en forme d'animal, de démon, de monstre. Elles sont perpendiculaires à la façade pour écarter du mur  l'écoulement de l'eau .

— Crossette : elles ressemblent à des gargouilles mais n'ont pas de fonction d'évacuation des eaux (elles n'ont pas de conduit) et sont (le plus souvent) dans le même plan que la façade. Elles ont une fonction d'amortissement. J'utiliserai le terme de "crossette" tel que je le trouve défini dans Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014) d'Emmanuelle Le Seac'h page 40 :

"Les pierres d'amortissement, nécessaires à la structure et à l'équilibre d'un fronton ou d'un pignon, sont généralement prolongées par des acrotères, des crossettes ou des pots-à-feu. Les crossettes, situées à la terminaison des rampants d'un pignon ou d'un fronton, sont extrêmement nombreuses. Les plus belles sont sculptées dans la pierre de kersanton sur les porches de la vallée de l'Élorn, comme à Landivisiau où un lion et un dragon se font pendant. "

Régulièrement photographiées pour leur beauté et leur thème pittoresque, les crossettes zoomorphes et anthropomorphes de Bretagne ont fait l'objet d'une seule étude réglée, celle d'Emmanuelle Le Seac'h, pour les quatre cantons du Finistère de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, et Sizun : on y trouve ainsi l'étude des crossettes de l'église Notre-Dame de Lampaul-Guimiliau, et j'ai puisé dans ces descriptions et fait connaître ses croquis. Les autres articles de ce blog montrent que le bestiaire, la thématique et la stylistique sont suffisamment homogènes pour en étendre les conclusions à l'ensemble de la Basse-Bretagne.

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b) Datation et attribution.

Ces crossettes étant une partie intégrante de la construction, et non un élément surajouté, elles partagent avec celle-ci sa datation. Or, l'édifice a été commencé par son angle sud-ouest et par son porche sud à la période gothique (avant 1530 ) alors que la partie haute de son porche étant daté de 1533 avec des éléments Renaissance. La construction s'est poursuivie  vers l'ouest (porche occidental, 1573) et vers l'est  (petite porte sud et bénitier de 1622, chevet de 1627) et au nord (porte de 1069), nous serions amenés à supposer que les éléments sculptés ont été taillés par des ateliers différents entre 1500-1533 et 1627. Néanmoins, dans son mémoire, Emmanuelle Le Seac'h les datent de 1609 à 1627.

Ces sculptures ne sont pas attribuées. Les ateliers qui sont connus pour être intervenus sur l'enclos paroissial de Lampaul-Guimiliau (Le Seac'h, 2014) sont ceux de Bastien et Henry Prigent pour la partie haute du porche en 1533, et de Roland Doré avant 1663 pour le Christ de l'ossuaire. Ils travaillaient la pierre de kersanton.

 

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c) localisation, matériau et technique:

Les crossettes et les gargouilles sont en granite et sont souvent fortement érodées. Dix crossettes figurées, en faible relief et en ronde bosse, occupent les rampants droits et gauche des  5 fenêtres passantes de l'élévation sud de l'église. Six gargouilles figurées, en fort relief, drainent la toiture du chevet. 

 

d) codification et motifs.

Les crossettes figurées de l'église sont désignées par la lettre C (ou CM si mutilées) de C1 à CM11 sur l'élévation sud d'ouest en est.

Les crossettes figurées de la chapelle de la Trinité (ancien ossuaire) sont numérotées de Cct1 à Cct 6.

Les six gargouilles sont désignées par la lettre G de G12 à G17 (chevet et sacristie) et G18 à G29 (clocher)

Les deux gargouilles de la chapelle de la Trinité sont désignées par Gct1 et Gct2.

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CM1 : animal, 1609.

C2 : ange tenant un phylactère, 1609.

CM3 : non identifiable, 1609.

C4 : Sirène tenant un miroir.

C5 : lion assis, 1622.

C6 : dragon, 1622.

C7 : buveur au tonneau, 1622.

C8 : chien assis, 1622.

C9 : ange, 1622.

C10 : ange, 1622.

CM 11 : lion mutilé, 1627.

CMct3 : chien, 1667

CMct 4 : lion, 1667.

Cct5 : homme agenouillé, 1667,

Cct6 : tête d'homme, 1667.

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G12 : buste de femme, 1627

G13 : lion tenant une banderole, 1627.

G14 : lion tenant une banderole, 1627.

G15 : lion tenant une banderole, 1627.

G16 : lion, 1627.

G17, tête mi-homme, mi-lion, 1627.

G18 à G29, gargouilles-canons du clocher.

Gct 1 : masque de femme, 1667.

Gct 2 : homme barbu.

 

Une gargouille ithyphallique G30 et son homologue pudique G31 sont situées à l'ouest de l'église : elles ne sont pas érodées et sont d'une facture très différente, sans doute moderne, et non décrite par Le Seac'h.

 

 

 

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e) Intérêts.

Les onze crossettes anciennes (1609-1627) et les 5 gargouilles (1627) de l'église constituent un corpus très précieux.  Parce qu'il reprend les mêmes motifs que sur les églises et chapelles de Basse-Bretagne du XVe siècle, il reflète non pas un choix local et daté, mais la permanence d'un monde imaginaire que les fabriciens exigent de faire représenter dans les parties hautes de leur sanctuaire. Ce corpus trouve souvent son équivalent, à l'intérieur de l'édifice et à la même hauteur, dans les sablières, comme si ce lieu intermédiaire entre la toiture et les murs, lui fournissait un espace marginal d'expression.

Nous n'y trouvons ni représentation chrétienne (alors que celle-ci s'exprime sur les calvaires, les retables et la statuaire intérieure), ni scènes de genre, ni bestiaire familier, ni fables ou proverbes, mais la répétition inlassable, paroisse après paroisse, du même fond sacré populaire. 

Il serait fallacieux d'y voir l'expression d'une âme celte pré-chrétienne, car les dragons (l'un des leitmotiv) envahissent les marges des manuscrits sacrés du XIIe siècle des ateliers parisiens. Il serait fallacieux aussi de croire que ces crossettes sont, par leur éloignement, des manifestations d'un refoulé. Elles ne sont pas moins visibles que les statues des calvaires, et ne sont nullement escamotées. 

Exercent-elles une fonction apotropaïque ? Délimitent-elles une enceinte sacrée pour la protéger par l'énormité inouïe de leur statut ? 

 

Ce dragon, ce chien, ces lions viennent d'un Monde surnaturel au même titre que les anges, et leur message énigmatique, moins terrifiant que fascinant, nourrit cet art de la sculpture sur pierre comme ces Contes qui, répétés cent fois, continuent à dire quelque chose d'essentiel qui ne s'épuise pas. Le Vicieux, tout comme   la Sirène dans sa séduction ou l'Ève primordiale, sont des personnages clefs de ce Grand Guignol constituant un trésor de l'Humanité. Il ne s'agit pas d'un dragon, d'un ange, d'une sirène, mais de Dragon, d'Ange, de Chien, de Sirène ou de Lion, avec la même familiarité, mais aussi la même puissance que les constellations du zodiaque qui tournent dans notre ciel.

Il nous faut donc admettre que nos ancêtres voulaient que ces  figures soient présentes et tournent autour du sanctaire, car elles formaient le firmament de leur psyché sans opposition ni sacrilège avec la divinité chrétienne, mais dans une complémentarité mystérieuse. 

Ces crossettes et ses gargouilles ont donc le statut d'œuvre d'art, car leurs formes expriment une Idée, universelle, énigmatique, toujours et inlassablement surprenante : celle de l'Inconnu fertile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

L'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Éléments de datation de l'élévation sud de l'église d'après les inscriptions.

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Datation de l''église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Datation de l''église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Éléments de datation de l'église d'après les inscriptions : plan.

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Les crossettes et gargouilles de l'église de Lampaul-Guimilau.

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Codification des crossettes et gargouilles selon E. Le Seac'h 1997.

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Plan par Emmanuelle Le Seac'h 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Plan par Emmanuelle Le Seac'h 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Première fenêtre passante F1 (à gauche du porche).

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Crossettes de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossettes de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossettes de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossettes de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette CM1, animal mutilé, rampant gauche de F1, 1609.

On suppose une forme animale, dont la tête et le haut du buste (en ronde bosse) a disparu ; il reste, en faible relief et érodé, le buste, l'arrière-train et une patte. La description pourrait aussi être faite en partant de l'hypothèse d'un acrobate aux chaussures longues. Voir le buveur au tonneau.

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Crossette CM1 (granite, 1609) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossette CM1 (granite, 1609) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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n.b. On remarque, au dessus du rampant, en réemploi et en remplacement d'un pinacle, une statue en ronde bosse en kersanton : c'est l'évangéliste saint Marc rédigeant son évangile, dont le lion porte dans sa gueule le plumier et l'encrier. Atelier Prigent ?

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Saint Marc évangéliste, kersanton (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Marc évangéliste, kersanton (XVIe siècle) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette  C2 : ange tenant un phylactère, rampant droit de F1, 1609.

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"Le petit ange joufflu est habillé. Il déroule une banderole qui lui ceint la taille en tendant le bras droit. Le sculpteur a multiplié les plis pour donner de l'étoffe au personnage : plis transversaux pour le bas de la robe qui cache les pieds, plis en accordéons pour le bras et plis rectilignes verticaux pour le buste. Le visage reflète une expression grave et paisible." (E. Le Seac'h 1997)

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Ange au phylactère, crossette C2 (granite, 1609) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange au phylactère, crossette C2 (granite, 1609) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Deuxième fenêtre passante  F2, à gauche du porche.

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Crossette CM3, rampant gauche de F2. 

Le sujet n'est pas identifiable.

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Crossette C4, rampant droit de F2. Sirène tenant un miroir.

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"La sirène s'admire dans un miroir à pied [plutôt à poignée] qu'elle tient derrière elle. Les écailles de la queue ont presque disparu. Les cheveux longs tombent sur les épaules. Le visage est tourné vers le visiteur". (E. Le Seac'h, 1997).

 

H. Amemiya donne cette description :

"Sirène : couchée sur le ventre, tête à droite. Buste dressé . Visage ovale encadré d'une longue chevelure. Seins en relief. La main droite tendue vers l'arrière tient un miroir (?). Une ceinture à la taille, à partir de laquelle elle prend la forme d'une queue de poisson à écailles sculptées. L'extrémité est bifurique. Disposition analogue à la sirène de l'église Notre-Dame de Bodilis dont la partie visible du corps est semblable à celle-ci."

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En se basant sur des œuvres similaires, nous pouvons imaginer que la femme-poisson tenait un pigne dans la main gauche. Comparez avec la sirène de la rue Kerbrat à Landerneau, à celle de l'église de Saint-Urbain, de l'église Saint-Suliau de Sizun, 

Une autre sirène, ou plutôt une Femme-serpent, est sculptée à Lampaul-Guimiliau sur la partie haute du porche, sous la statue de saint Michel, et au dessus de la date de 1533.

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Sirène au miroir, crossette C4 (granite, 1609) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Sirène au miroir, crossette C4 (granite, 1609) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Troisième fenêtre passante F3, (1622), à droite du porche.

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Crossettes C5 et C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Crossettes C5 et C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette C5,  rampant gauche de F3.  Lion assis (1622).

"Le lion est assis sur une console. La gueule ouverte, il tire la langue. La crinière est élégamment peignée, les mèches se suivent sans s'embrouiller. La queue se divise en trois ramifications." (Le Seac'h, 1997)

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Lion assis, crossette C5 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Lion assis, crossette C5 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Lion assis, crossette C5 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Lion assis, crossette C5 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Crossette C6, rampant droit de F3 : dragon (1622).

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"Le dragon montre les crocs. Une aile membraneuse de chauve-souris se distingue à peine sur le dos. Le corps recouvert d'écailles se termine en queue de serpent. Des pattes d'animal sont rattachées à l'avant-corps. La tête du monstre est érodée". (Le Seac'h, 1997)

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Dragon ailé, crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dragon ailé, crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Dragon ailé, crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Dragon ailé, crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Quatrième fenêtre passante F4 (1622) .

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Crossette C7. Rampant gauche de F4 : le buveur au tonnelet (1622).

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"L'homme nu s'adonne à la boisson en portant à ses lèvres un tonnelet d'alcool qu'il serre dans ses mains" (Le Seac'h, 1997).

 

Ce type de petit tonneau à goulot médian se retrouve  sur les sablières .

Voir un exemple du XIXe :

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo113332

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Homme buvant au tonnelet,  crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme buvant au tonnelet, crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme buvant au tonnelet,  crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme buvant au tonnelet, crossette C6 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Crossette  C8. Rampant droit de F4 : un chien assis (1622).

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"Le chien de race setter ou labrador avec ses oreilles basses et tombantes est assis sur l'arrière-train. La tête est légèrement cachée par le contrefort". (Le Seac'h 1997)

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Chien assis, crossette C7 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Chien assis, crossette C7 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Cinquième fenêtre passante F5 (1622)

 

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Fenêtre F5 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fenêtre F5 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fenêtre F5 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fenêtre F5 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

 

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Crossette C9, rampant droit de F5. Ange (1622).

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"L'ange, en position allongée, s'appuie du bras droit sur la volute et la contre-volute qui terminent la crossette. L'autre bras suit les contours de la robe flottante." (Le Seac'h, 1977)

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Crossette C9 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C9 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C9 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C9 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Crossette C10, rampant gauche de F5. Ange (1622).

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"Le visage rond et joufflu de l'ange se rattache directement au reste du corps. Le bras droit est collé au buste. Les cheveux sont coupés en un carré bouclé. L'ange est vêtu d'une longue robe qui par ses plis, laisse deviner l'orientation des pieds vers le haut. La crossette se termine par une volute et une contre-volute." (Le Seac'h, 1977)

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Crossette C10 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C10 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C10 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C10 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C10 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette C10 (granite, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Crossette CM 11. Coté droit du lanternon du dernier contrefort de l'élévation sud (  angle sud-est) : lion mutilé (1627).

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"Le lion se tient debout. La tête est mutilée. On devine encore la langue pendante et les boucles de la crinière sur le reste de la sculpture. La pierre de la patte antérieure droite est fendue." (Le Seac'h, 1977)

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Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627),  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627), de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627),  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627), de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627),  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627), de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627),  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion assis, crossette CM11 (granite, 1627), de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouilles G11 à G14 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouilles G11 à G14 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LE CHEVET.

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Gargouille G12. Partie frontale du contrefort n°1 du chevet. Une femme bras croisées sur la poitrine (1627).

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"La femme se protège des regards indiscrets. Elle cache pudiquement la poitrine en croisant les bras sur le devant. Elle arrondit la bouche pour laisser s'écouler l'eau. Les yeux en amande sont très tirés sur le coté, avec pour l'œil gauche un petit trou. Les cheveux longs couvrent les épaules. Une frange courte et quelques boucles sur le devant complète la coiffure". (Le Seac'h, 1977)

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Gargouille C12 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouille C12 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Femme bras croisés, gargouille G12 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Femme bras croisés, gargouille G12 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Femme bras croisés, gargouille G12 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Femme bras croisés, gargouille G12 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Gargouille G13, niche du contrefort n°2 du chevet, sur la face frontale : lion tenant une banderole (1627).

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"L'animal repose sur une banderole qu'il déroule avec les pattes antérieures. Une fleur à pétales stylisés est sculptée sur le rouleau. La gueule ouverte, il sort la langue. La crinière est abondante.  Il est taillé dans la pierre d'une manière géométrique, dans une forme qui rejoint le parallélépipède". (Le Seac'h, 1977)

 

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Lion, gargouille (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Lion, gargouille (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Gargouille G14, niche du contrefort n°2 du chevet, sur la face frontale : lion tenant une banderole (1627).

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Il est identique aux gargouilles G13 et G15.

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Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Gargouille G15 : lion tenant une banderole (1627).

Il est identique aux gargouilles G14 et G15.

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Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2019.

Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2019.

Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2019.

Gargouilles G13 à G15 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2019.

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LA SACRISTIE.

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Gargouille G16 sur le contrefort de la sacristie : un lion (1627).

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"Le lion famélique regarde d'un air goguenard les visiteurs avec son large sourire qui quelques siècles plus tôt devait faire peur. Les incisions dans la pierre rappellent celles faites pour figurer la crinière d'un lion. Le mufle de l'animal se devine ainsi que les yeux. La tête est tournée vers le sud."  (Le Seac'h, 1977)

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N.B la sacristie elle-même date de 1673-1679 (inscriptions)

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Lion, gargouille G16 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Lion, gargouille G16 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Lion, gargouille G16 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Lion, gargouille G16 (granite, 1627) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouilles G16 (granite, 1627 ?) et G17 (granite, 1679) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouilles G16 (granite, 1627 ?) et G17 (granite, 1679) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Gargouille G17 sur le mur de la sacristie jouxtant le contrefort  tête mi-homme, mi-lion (1679).

À droite après la rotondité de l'escalier , très basse, environ à deux mètres du sol, et de forme parallélépipédique, en faible relief, érodée et en partie couverte de lichens.

 

"Vue de face, la tête est celle d'un homme avec des yeux ronds et des moustaches. Vue du coté droit, avec une oreille plate et étirée, elle ressemblerait d'avantage à un félin. Le coté droit est contre le contrefort, le dessous est marqué par un creux rond. " (Le Seac'h 1997)

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Gargouille G17 (granite, 1679),  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouille G17 (granite, 1679), de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouille G17 (granite, 1679),  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouille G17 (granite, 1679), de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouille G17 (granite, 1679),  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Gargouille G17 (granite, 1679), de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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LES GARGOUILLES DU CLOCHER.

G18 à G 29, cantonnées aux deux étages du clocher, elles adoptent la forme de canons tous semblables.

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Gargouilles-canons G18 à G29 du clocher de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouilles-canons G18 à G29 du clocher de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

 

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LES GARGOUILLES DE L'OUEST.

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Non décrites par E. Le Seac'h.

Ce sont deux sculptures jumelles en ronde bosse, de même facture, , réalisées dans la même pierre blanc crème au grain fin, et qui n'exerce plus leur fonction de gargouille puisque l'eau de pluie est collectée dans une gouttière qui passe dans un évidement de leur base. Elles ont en commun une tête, à la gueule caricaturale dévoilant des dents pointues, aux oreilles d'âne, avec une crinière en mèches épaisses couronnée par un collier. Elles diffèrent néanmoins par un détail.

J'y ai d'abord vu un couple de lions, mais le collier, ainsi que l'allure de G31, m'incite à y voir un chien et une chienne. La discussion est ouverte.

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La gargouille  G30 du coté nord de l'élévation ouest : un chien ithyphallique .

Ses pattes antérieures anthropomorphes tiennent un généreux phallus .

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Gargouille G30  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille G30 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille G30  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille G30 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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La gargouille G31 coté sud de l'élévation ouest : une chienne ? .

A la différence de son compagnon, dont le pelage du dos était ras, elle est dotée d'un pelage aux longues mèches.

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Gargouille G31  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille G31 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille G31  de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Gargouille G31 de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA CHAPELLE DE LA TRINITÉ (ancien ossuaire).

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Chapelle de la Trinité (1667), Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Chapelle de la Trinité (1667), Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Crossette CctM3, rampant droit de l'élévation à l'opposé du chevet, faible relief, très érodée : un chien mutilé (1667)

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"La tête de la crossette est mutilée. Au vu d'autres crossettes identiques (à Dirinon sur l'église Sainte Nonne, ou à Landerneau sur l'église Saint-Thomas), il s'agit d'un chien". (Le Seac'h 1997)

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Crossette CctM3, un chien mutilé (1667) , Chapelle de la Trinité (1667), Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Crossette CctM3, un chien mutilé (1667) , Chapelle de la Trinité (1667), Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Crossette CctM4, rampant de l'élévation à l'opposé du chevet : un lion (1667).

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"Au vu d'autres crossettes identiques (à Trémaouézan sur l'ossuaire de l'église Notre-Dame, ou à Landerneau église Saint-Thomas), l'arrière-train serait celui d'un lion, avec la queue divisée en deux touffes de poils à son extrémité". (Le Seac'h 1997)

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Crossette CctM4,  : un lion (granite, 1667), Chapelle de la Trinité (1667), Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019..

Crossette CctM4, : un lion (granite, 1667), Chapelle de la Trinité (1667), Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019..

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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PORTE NORD DE LA CHAPELLE.

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Porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Crossette Cct5 : un homme agenouillé (1667).

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"Élévation à l'angle tronqué, au centre de l'élévation et au dessus de la porte et de son tympan, ronde bosse et faible relief, bonne facture.

L'homme est agenouillé. Il est habillé d'une veste à col plat. La main gauche est plaquée sur le torse, la main droite est placée contre la hanche. Le visage dégage une expression douloureuse, parcourue d'une moue boudeuse. Il porte un chapeau au bord ondulé." (Le Seac'h 1997)

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Je ne serais pas étonné qu'il s'agisse plutôt d'un jouisseur et de la dénonciation de quelque vice.

Homme agenouillé, crossette Cct5, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme agenouillé, crossette Cct5, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme agenouillé, crossette Cct5, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme agenouillé, crossette Cct5, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Crossette Cct6 : tête d'homme caressant sa barbe (1667).

"Élévation à l'angle tronqué, au centre de l'élévation au dessus de la porte au niveau du tympan, ronde bosse et faible relief, bonne facture.

La tête de l'homme est accroché directement dans le mur au niveau du cou. Le personnage tient sa barbe dans la main droite d'un air songeur et méditatif." (Le Seac'h 1997)

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Le motif du vieil homme se caressant la barbe, déjà présent sur les modillons romans, renvoie à des évocations vicieuses bien établies. Il est très fréquent, en voici quelques exemples en Finistère :

Crossette du tympan de la petite porte sud de l' église Saint-Suliau, enclos paroissial de Sizun.  La ressemblance avec celui de Lampaul-Guimiliau est forte.

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photographie lavieb-aile

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http://www.lavieb-aile.com/2016/10/les-sculptures-exterieures-de-l-enclos-paroissial-de-sizun-29.html

Crossette du rampant du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel, XVIe

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/les-crossettes-et-les-gargouilles-de-l-eglise-de-loc-envel-22.html

Console  du Porche des Apôtres de la collégiale du Folgoët

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet.iii.le-porche-des-apotres.html

Console  du Porche des Apôtres de l'abbaye de Daoulas.

http://www.lavieb-aile.com/2017/06/sculpture-sur-pierre-de-l-abbaye-de-daoulas.i.le-porche-aux-apotres-1566.html

Sauvage caressant sa barbe, du porche de l'église de Landivisiau.

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau.html

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Homme se caressant la barbe, Homme agenouillé, crossette Cct6, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme se caressant la barbe, Homme agenouillé, crossette Cct6, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Homme se caressant la barbe, Homme agenouillé, crossette Cct6, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme se caressant la barbe, Homme agenouillé, crossette Cct6, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme se caressant la barbe, Homme agenouillé, crossette Cct6, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Homme se caressant la barbe, Homme agenouillé, crossette Cct6, porte de la chapelle de la Trinité (1667), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Gargouille Gct1 : masque de femme (1667).

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"Arête du pan du chevet de la chapelle au niveau du pied des balustres de la galerie de l'arc de triomphe, à l'extérieur de l'enclos, faible relief.

La gargouille est sculptée de manière très stylisée par des incisions dans la pierre. Le visage paisible d'une femme qui dort est représenté. Chacun des cotés de la gargouille est orné de volutes et contre volutes. " (Le Seac'h 1997)

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Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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Gargouille Gct1 : homme barbu (1667).

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"Arête du pan du chevet de la chapelle au niveau du pied des balustres de la galerie de l'arc de triomphe, à l'intérieur de l'enclos, faible relief.

Le visage d'un homme barbu est sculpté. Les traits sont très épurés et très stylisés. Le sculpteur a éliminé tout détail superflu et a donné au visage une expression grave. La jointure des lèvres est juste marquée, les yeux sont clos. La barbe est symbolisée par des excavations. Chacun des cotés de la gargouille est orné de volutes et contre volutes. " (Le Seac'h 1997)

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  Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

Croquis de E. Le Seach , 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère, mémoire dactylographié.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— AMEMIYA (Hiroko),2005,  Vierge ou démone, statuaire insolite en Bretagne. Keltia Graphic, page 211.

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

DITTMAR (Pierre-Olivier), RAVAUX (Jean-Pierre), 2006,  « Significations et valeur d'usage : le cas des gargouilles de Notre-Dame de L'Epine », Etudes marnaises,‎ 2006, t.CCXXIII, p.46-50. 

https://www.academia.edu/6446935/_Significations_et_valeur_d_usage_des_gargouilles_le_cas_de_Notre-Dame_de_l_Epine_avec_J.-P._Ravaux_Notre-Dame_de_LEpine_1406_-_2006._Actes_du_colloque_international._LEpine-Ch%C3%A2lons_15_et_16_septembre_2006_t._II_2008_Etudes_Marnaises_t._CXXIII_p._38-80

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

VIOLLET-LE-DUC (Eugène ) 1854-1868, « Gargouille », Dictionnaire raisonné de l’architecture française, Paris, Bance-Morel, , t.VI, p.24-28. 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Gargouille

Wikipédia "Gargouille".

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gargouille

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Chapelles bretonnes.
25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 15:09

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Descriptions disponibles :

" Continuant à circuler autour de l'église, on descend jusqu'au bas de la nef du Midi et l'on trouve les fonts baptismaux.

La cuve octogonale, sculptée dans le granit, a beaucoup de caractère et porte cette inscription : F ; F : LAVRENS : ROPARTS : E : L : ABGRALL : LORS : FABRIQVES : LAN : 1651.

Le baldaquin en chêne sculpté qui surmonte cette cuve n'a pas la valeur du baptistère de Guimiliau, auquel il est antérieur de vingt-cinq ans, mais il a cependant grand aspect et a le mérite d'avoir servi de modèle et d'inspiration pour ce travail, qui est le chef-d'œuvre de la sculpture sur bois dans cette contrée. Le grand dôme est soutenu par huit colonnes dont quatre sont torses et tapissées de pampres de vigne, les quatre autres cylindriques, entourées d'enroulements de rubans et de branches de laurier. Plus haut, règne une petite arcature abritant le Baptême de N. S. et les statues des douze Apôtres. La frise courant au-dessus des premières colonnes porte cette inscription : F : F : P : MILLIO ; ROPARTZ : E : HERVE : ABGRALL : LORS : FABRICQVE : LAN : 1650." (Abgrall 1891)

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Un siècle plus tard, René Couffon reprenait cette description : 

 

"Fonts baptismaux , dont la cuve octogonale en granit porte l'inscription : "F. F. P. LAVRENS. ROPARTZ. E. L. ABRAL. LORS. FABRIQVES. LAN. 1651.", et dôme : "F. F. P. MILLIO. ROPARTZ. E. HERVE. ABGRALL. LORS. FABRIQVES. LAN. 1650.". Huit colonnes, dont quatre torses, soutiennent un entablement octogonal ; sur celui-ci, un dôme ajouré de petites arcatures abritant un Baptême du Christ et les statuettes des douze Apôtres."

 

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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1°) La cuve octogonale (granite, 1651).

a) présentation.

La cuve octogonale est équipée de sa cuvette en plomb à couvercle carré. Elle est scellée par deux pattes en queue d'aronde, sur son coté oriental, avec sa cuve de vidange, hexagonale. Les deux cuves sont posés sur des piliers , le principal étant octogonal à niches creuses, l'autre cylindrique à cannelures.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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b) l'inscription .

Elle fait le tour de la cuve principale et s'achève sur la cuve secondaire.

Elle débute par une manicule (main à l'index pointé).

"[main ] F : F : P : LAVRENS : ROPARTZ : E : L : ABGRAL : LORS : FABRIQVE : LAN 1651."

La lettre N de LAN est rétrograde.

La leçon de Couffon est la meilleure, mais ne respecte pas la ponctuation par deux-points.

Transcription : "Fait par Laurent ROPARTZ et L. ABGRALL alors fabriques en l'an 1651.".

Ces deux familles ont eu accès à l'honneur et aux responsabilités du poste de fabricien (membre du conseil de fabrique de la paroisse) déjà en 1650 : cf. infra. De même, on retrouve le nom d'ABGRALL en tant que curé en 1676, cité comme commanditaire du sépulcre ; et en 1667, François ABGRALL appartenait au "corps politique". En 1715, Jacques ABGRALL est cité comme l'un des deux fabriques par l'inscription de la cloche.

La généalogie Lesgall signale, si je déchiffre bien,  un Laurent ROPARZ, décédé le 1er mars 1677,  père de 4 enfants dont Jean ROPARZ marié à Lampaul-Guimiliau et grand-père d'un Laurent ROPARZ, né à Lampaul-Guimiliau, lieu-dit Mespant. Mespant se trouve à moins d'un kilomètre au nord-est de l'église.

Et Laurent ROPARZ, décédé en 1676, époux d'Anne Floch et père de Catherine ROPARZ née en 1658.

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff599.htm#P_6049

Le prénom de L. ABGRALL était peut-être aussi celui de "Laurent". On retrouve plus tard  un Laurent ABGRALL 1674-1724, fils de Paul. 

https://gw.geneanet.org/flcharlet?lang=fr&pz=valentin&nz=charlet&p=paul&n=abgrall&oc=5

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=8282

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Le baldaquin.

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Il est posé sur un soubassement octogonal de deux degrés en pierre.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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L'inscription courant en frise sur l'entablement des colonnades

F : F : P : MILLIO : ROPARTZ : E : HERVE : GRAL : LORS : FABRICQVE : LAN : 1650

Nous retrouvons le N rétrograde de LAN.

MILLIO, c'est le prénom breton Miliau (sant Milio en breton) qui a donné son nom à Guimiliau ... et à Lampaul-Guimiliau. Il faut comprendre "Miliau ROPARTZ". On retrouve une personne portant ce nom à Plounéventer, mais non ici :

https://gw.geneanet.org/jellegoet?lang=en&iz=8&p=anne&n=ropartz&oc=31

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=12987

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les personnages en ronde bosse occupent, séparés par des colonnades,  les 16 niches du dôme : aux 12 apôtres, se joignent Jean-Baptiste, le Christ et saint Saturnin lors du Baptême, ainsi que le Christ Sauveur.

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Le baptême du Christ.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Paul tenant l'épée de sa décapitation.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Pierre (identifié à son toupet et son livre) et saint Jacques le Majeur.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Deux apôtres.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Saint Barthélémy et un autres apôtre.

Saint Barthélémy tient la peau qui lui fût ôtée lors de son martyre.

Les conditions de prise des clichés sont difficiles.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Deux apôtres ayant perdu l'attribut de la main gauche.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Saint Jean et saint André.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Un apôtre et le Christ Sauveur.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Les colonnades : oiseaux picorant du raisin et serpents.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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Colonnades aux feuilles de saule et ruban de pierreries.

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Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

Fonts baptismaux (1650 et 1651) de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

 

 

 

 

 

 

 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 16:32

Le retable de sainte Anne trinitaire (vers 1660) de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Le groupe incomplet de Saint Yves entre le Riche ...(manque le Pauvre).

 

 

 

 

Sur sainte Anne trinitaire (avec la Vierge et Jésus) , voir

Voir aussi :

GROUPES DE SAINTE ANNE TRINITAIRE de BRETAGNE.

-ailleurs : 

 

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Sur Lampaul-Guimiliau :

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Voir encore, sur saint Yves:

 

 

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Le chanoine Jean-Marie Abgrall a décrit dès 1891 ce retable, ainsi que l'ensemble de l'église, avec cette précision qui témoigne de sa passion pour notre patrimoine. Un siècle plus tard, René Couffon ne trouve rien à y ajouter.

 

 

 

" Autel de Sainte-Anne. Dans le retable, on trouve d'abord, en grandes statues, le groupe de sainte Anne et de la Sainte Vierge portant l'Enfant-Jésus ; puis, dans les côtés, saint Joseph et saint Joachim. Au haut, un saint Évêque, sainte Barbe et sainte Marguerite. Dans les petites niches du bas, les statuettes de saint Hervé l'aveugle, avec son loup traditionnel et Guic'haran, son guide. Saint Yves assis, portant surplis, camail et bonnet carré. Le Riche de saint Yves, tenant sa bourse et son argent ; le Pauvre de saint Yves manque. Enfin, saint Cadou, vêtu en moine, portant un livre et une cloche." (Abgrall 1891 et 1916)

- "Bas-côté sud : l'autel de sainte Anne avec retable à quatre colonnes lisses fin XVIIe: dans la niche centrale, groupe de sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus ; de part et d'autre, statues de saint Joachim et de saint Joseph. - Dans les niches de l'entablement, statues de sainte Barbe, d'un saint évêque et de sainte Marguerite. Au bas du retable , dans de petites niches, statuettes : saint Hervé, saint Yves, le Riche, saint ermite à clochette (Cadou ?)" (Couffon 1988)

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La fin du XVIIe siècle correspond, à Lampaul-Guimiliau, à une période de construction et de décoration . La construction de l'ossuaire (ou chapelle de la Trinité) date de 1667-1669, l'Arc de triomphe porte la date de 1668, et la sacristie est construite en   1673-1679 ; une fontaine dite Feunteun-Bol, est datée de 1661. En 1676, le sculpteur Anthoine réalise et signe la Mise au Tombeau en pierre ; en 1684, François Lerrel réalise les lambris sud du chœur. Et l'église conserve encore aujourd'hui la bannière de saint Paul Aurélien tissée en 1667.

C'est à la même époque que le chœur et les chapelles reçoivent les sept retables. Leur datation précise n'est pas connue. Néanmoins, dans le cas de ce retable de sainte Anne, nous pouvons remarquer que le tableau dit de la Sainte Famille, placé au-dessus de la porte sud  provient selon Couffon  "du retable du midi de la chapelle Sainte-Anne". Or, il est signé et daté : "FLOCH. FECIT. 1662".

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Le tableau de N. Floch, 1662.

La Vierge présente son Fils à sainte Anne, en présence de Joachim et de Joseph, avec  au sommet dans la nuée, Dieu le Père la tête encadrée du triangle trinitaire. Deux anges tendent des couronnes de fleurs.

L'inscription de signature est N. FLOCH, 1662.

Nicolas Floch, sieur de Porzmorvan (vers 1616-Landerneau, 1683) et.st un peintre vitrier de Landerneau, connu pour avoir penit une image de sainte Anne, de Notre-dame et de saint Joseph pour l'église de Plougastel en 1632, puis de saint Jean, saint Nicolas et sainte Catherine pour Locronan en 1638. Il intervient en 1656 sur un autel à Saint-Thomas de Landerneau, et en 1376 sur le lambris de Saint-Divy, en 1671 à l'hôpital de Landerneau, en 1680 sur un tableau de Saint-Thomas de Landerneau, et en 1682 à l'église Saint-Houardon de Landerneau (Hamoury, 2010).

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Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662),  église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662),  église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

Sainte Famille, Tableau de Nicolas Floch (1662), église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 30 mars 2019.

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Le retable de sainte Anne.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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1°) La niche centrale : groupe de sainte Anne trinitaire.

Sainte Anne, à droite, tient dans la main gauche une fleur d'or, symbole de la pureté, tandis qu'elle place sa main droite derrière le dos de sa fille, la Vierge Marie. Celle-ci porte l'Enfant-Jésus vêtu d'un pagne et tenant le globe le qualifiant comme Sauveur.

Les deux femmes sont debout, elle ne se regardent pas, elles ont en commun non seulement la robe gris taupe serrée par une ceinture dorée très haute, sous la poitrine, mais aussi une posture droite, fière ou hautaine, et la sévérité de leurs traits. Comme c'est la règle, l'artiste différencie la grand-mère, avec sa guimpe et son voile ne laissant paraître le moindre cheveu, et la fille aux cheveux libres sur les épaules, sous  un petit voile blanc.

On sait ce que ce thème est une défense ou une illustration de la conception immaculée de Marie, et aussi de l'élection prédestinée d'Anne, qui fut conçue et enfanté sans péché. Placée à la charnière entre Ancien et Nouveau Testament (comme Jean-Baptiste et Elisabeth), Anne prend place dans l'étude typologique des Écritures. Enfin, c'est une modulation  terrestre et féminine du thème de la Trinité. 

Tout cela, que j'ai exploré dans mes différents articles sur ce thème, est désormais clairement exposé dans le travail d'Annie Cloulas Brousseau et dans l'article Wikipédia

http://ste.anne.trinitaire.online.fr/introduction.php

ttps://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Anne_trinitaire

Mais nous sommes loin, ici, des charmantes compositions des groupes trinitaires de la vallée de l'Aulne, avec leurs femmes assises, les différences de taille accentuées entre mère et fille, les regards et gestes complices, et l'enfant situé comme divin objet transitionnel entre elles.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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LES STATUETTES DE L'ÉTAGE INFÉRIEUR.

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LE GROUPE INCOMPLET DE SAINT YVES ENTRE LE RICHE ET LE PAUVRE (vers 1660 ?).

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1°) Le Riche.

Il porte les cheveux longs et la moustache torsadée et la barbiche en pointe à la Louis XIII. Ce style capillaire a disparu sous Louis XIV. Ce personnage date plutôt de 1645, car, plus tard, en 1655, la barbiche se réduisit à une petite touffe en  mouche avant de disparaître en 1660. Mais cela ne nous donne pas la date de la statue, car l'artiste a pu choisir de montrer un seigneur du temps jadis. 

Il s'est choisi une toque du plus beau rouge, à bords hauts, relevés et évasés. Et il a placé au centre un bijou doré, un médaillon à trois épaisseurs ; celle du centre, polyédrique, correspond peut-être à un joyau.

Son habillement comporte :

Une chemise blanche, à petit col en pointe, et dont les poignets sont dorés.

Un pourpoint bleu sans manches, s'élargissant pour laisser voir la chemise, en deux pans (sans bouton pour la moitié inférieure) dont les pointes ne descendent pas plus bas que l'aine. Ce pourpoint n'est pas un justaucorps, avec ses poches et ses boutons (jusqu'à 46) ;  or c'est vers les années 1660 qu'il décline, pour disparaître vers 1680.

 

Une aumônière dorée, munie d'une sangle passée autour de la taille. Les angles du fond s'ornent de glands.

Une culotte (chausse) dorée, descendant une main au dessus des genoux, plissée en épais plis : on peut parler de rhingrave, à la mode en 1660-1670. Les auteurs de l'article Rhingrave soulignent sa persistance en Bretagne sous la forme des bragou-braz, mais le seigneur de Lampaul-Ploudalmezeau porte bien une rhingrave. https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhingrave_(v%C3%AAtement)

Des hauts de chausse bleus

Des bas blancs serrés par des galants dorés noués sur le coté extérieur.

Une paire de souliers de couleur beige, souples, longs et fins, sur une semelle bien différenciée, un talon bottier, dont les quartiers se prolongent en rubans noués en rosette (et non en aile de moulin), et une languette qui dessine sa langue bien visible devant la cheville.

Mais le plus extraordinaire est son manteau. Il n'a pas de manches, mais seulement des fentes par où passent les bras. De couleur vermillon, il est fermé par cinq boutons dorés sur le tiers supérieur, puis, au dessus d'un passant également doré, il s'évase en un pan si long qu'il couvre les talons, mettant en évidence la doublure blanche, surement de soie.

Au niveau des épaules, rembourrées,  ou  grâce à deux boutons décoratifs des manches, son habit montre à qui veut le voir que son propriétaire aime l'or.

S'il tend au juge de Tréguier, l'Official du diocèse, une pièce d'or, il en remet une bonne poignet dans son escarcelle. 

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Au total, mise à part la moustache et sa barbiche, désuète, l'ensemble est cohérent pour une datation avant 1670-1680, et donc vers, ou un peu avant 1660.

A une époque où la majorité (50 à 75 % ?) des habits étaient noirs, et où des lois somptuaires ne permettaient pas de porter n'importe quelle couleur, la tenue rouge et or de cet homme signe son extraction noble d'un milieu hors du commun. Ce n'est pas un petit juge qui va s'opposer à son ascension, et, à défaut de manches, il a le bras long.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Yves.

Le Riche ? Il ne le regarde même pas ! Assis comme il se doit dans le cadre de ses fonctions, il se tourne vers le Pauvre. Le sculpteur lui fait porter l'habit de recteur de Louannec, avec la barrette (à houppe) — qui est aussi alors le bonnet carré des docteurs en théologie, des juges et des avocats —, le camail, le surplis, et la cotte talaire. Yves de Kermartin n'aurait pas apprécié que le peintre ajoute toutes ces touches de couleur or un peu partout.

Le geste des deux mains est celui qui est déjà noté sur d'autres groupes de saint Yves : une paume levée, saisi dans l'éloquence de la plaidoirie ou de l'audience, l'autre tournée vers le plaideur (ou tenant le rouleau de parchemin).

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Enfin, le Pauvre est jugé in absentia, depuis longtemps, car sa statuette était déjà absente en 1891 lors de la visite de l'abbé Abgrall. Mais on l'imagine très bien.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Hervé, son jeune guide et son loup apprivoisé.

On sait que saint Hervé, venu de Grande-Bretagne et  fondateur d'un monastère à Lanhouarneau,  était aveugle : il a ici les yeux mi-clos et marche avec un bâton, conduit par le jeune Guic'haran . On sait aussi qu'après qu'un loup ait mangé son chien, Hervé l'obligea à le remplacer.

Saint Hervé est figuré en habit de Frère Prêcheur, avec la tunique blanche (dont on voit la ceinture), la bande centrale du scapulaire, et le manteau noir à capuce. Comme pour saint Yves, les rehauts de peinture or sont dus au zèle d'un artiste rénovateur.

Le garçon, vêtu en petit paysan breton avec la culotte, la tunique, ...et le chapeau rond, porte un bissac sur l'épaule droite.

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L'élément anecdotique amusant, c'est la muselière et le double collier servant de harnais pour le loup. On retrouve cela au Musée du Loup de Le Cloître- Saint-Thégonnec.

Saint Hervé est, avec saint Yves, le saint le plus vénéré en Bretagne. On trouve sa statue un peu partout, mais notamment tout près d'ici, sur le retable de Guimiliau.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Antoine.

L'abbé Abgrall y a reconnu saint Cadou , mais je ne trouve pas de confirmation que la cloche soit son attribut. C'est par contre celui de saint Antoine. Le livre est cohérent pour ce fondateur de l'Ordre des Antonins. Je présume qu'il tenait jadis dans la main droite la canne en T ou en tau qui confirmerait mon hypothèse.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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LES STATUETTES LATÉRALES  DE L'ÉTAGE PRINCIPAL : LES MARIS.

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À notre gauche , à coté de la Vierge: saint Joachim, père de Marie et époux d'Anne.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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À notre droite , à coté de sainte Anne : saint Joseph, époux de Marie.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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LES TROIS STATUETTES DE L'ÉTAGE SUPÉRIEUR.

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1. Au centre : un saint évêque. Saint Augustin ?

C'est vous qui voyez. Mais l'évêque d'Hippone est l'auteur de De Trinitate (De la Trinité), thème central ici.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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2. Sainte Barbe et sa tour.

Barbe ou Barbara, vierge et martyre, milita pour le dogme de la Trinité de façon spectaculaire, en faisant ouvrir une troisième fenêtre dans la tour où elle avait été enfermée. Cette tour aux fenêtres triples est devenu, avec la palme du martyr, son attribut.

Avec de bonnes jumelles, nous pourrions voir aussi ce qui lui est également caractéristique : son élégance (elle rivalise avec sainte Marie-Madeleine) et son origine orientale ; nous verrions son voile noué en turban, ses boucles d'oreilles et son collier de perles dorées. Son surcot très sexy découpe le contour de ses seins, soit pour reprendre, en l'exagérant,  le costume de sainte Anne et de la Vierge avec sa ceinture remontant la poitrine, soit pour souligner qu'elle eut les seins arrachés par ses bourreaux. Un peu des deux, non?

On l'invoque contre la foudre, ou contre la mort subite.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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3. Sainte Marguerite issant de son dragon.

Elle possède, coté nord, un retable rien que pour elle, mais la dévotion pour l'une des 14 grand Intercesseurs (féminin = ?) est immense, aussi grande que celle portée à sainte Barbe.

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Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Retable de sainte Anne trinitaire, chapelle sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

 

—ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

COUFFON (René), 1964, Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— HAMOURY (Maud), 2010, La peinture religieuse en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Presses Universitaires de Rennes.

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SALET ( Francis), Thirion Jacques, 1955, . Sculptures bretonnes de la fin du XVIIe siècle. In: Bulletin Monumental, tome 113, n°3, année 1955. p. 218; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1955_num_113_3_8185_t1_0218_0000_1

"Notre confrère M. Couffon a apporté des précisions intéressantes sur la sculpture du Finistère au XVIIe siècle. Etudiant certaines Vierges à l'Enfant de la région, il remarque qu'elles ressemblent aux figures de la Mise au tombeau de Lampaul- Guimiliau, exécutée en 1676 par Anthoine, et aussi à celles du baptistère de Plonevez-du-Faou qu'il attribue, du fait des analogies de facture avec le tombeau de Henri de Lorraine, à l'église Saint-Roch de Paris, à Nicolas Renard, qui devint chef de l'atelier des sculpteurs de la Marine, à Brest, en 1697.

Un grand nombre de statues du Finistère seraient donc l'œuvre de ces artistes envoyés par Colbert, qui constatait qu'il n'y en avait pas alors dans la région qui fussent capables de traiter de grandes figures. M. Debidour, dans son ouvrage récent sur La sculpture bretonne, arrivait, de son côté, à la même conclusion.

Couffon montre encore que quatre statues de l'Hôpital-Camfrout — un Crucifix, la Vierge, saint Jean, saint Yves — doivent être données à Anthoine. Elles datent de 1684. Au total, l'auteur groupe autour du nom de cet artiste un ensemble de quinze statues. D'autres, moins bien traitées, sont des travaux de son atelier. Ces productions des sculpteurs de la Marine tranchent sur ce qu'on faisait avant eux dans la région.

Les retables nombreux dus aux frères Le Déan, de Quimper, ou à Maurice Leroux, de Landernau, se font remarquer par l'excellence de leur sculpture décorative et la faiblesse de leurs statues, ce qui vérifie les dires de Colbert.

Pourtant, il y avait à Morlaix de très bons sculpteurs : Jean Berthoulous, Louis Palmay, Nicolas Halleguen, qui travaillaient dans la première moitié du xviie siècle.

A la fin du siècle, et en dehors des artistes de la Marine, quelques sculpteurs bretons se font remarquer au pays de Léon : Jacques Lespaignol, à Morlaix, avec la Mise au tombeau de Saint-Thégonnec, son œuvre maîtresse ; les Lerrel, à Landivisiau, avec la chaire de SaintThégonnec ; Jean Cevaër, à Pleyben, qui imite la manière d' Anthoine ; Olivier Daniel, à Quimper. — Mémoires de la Société d'émulation des Côtes- du- Nord, 1955."

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 12:24

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Face à ce groupe, l'amateur cherchant à se documenter se trouvera fort dépourvu. Il prendra connaissance de la description de Jean-Marie Abgrall (1891):

"Au-dessus de la porte de la sacristie est un beau groupe de Notre-Dame de Pitié : le corps de Notre Seigneur est étendu sur les genoux de sa Mère ; saint Jean et les trois Marie assistent la Sainte Vierge."

Et de celle de René Couffon (1988) :

"Groupe de Notre Dame de Pitié (ou Descente de croix à six personnages), XVIe siècle ".

Placé sous l'œuvre, un cartel bilingue lui expliquera plus précisément ceci :

"La Descente de croix. XVIe siècle. Oeuvre d'une qualité remarquable taillée dans un seul bloc de chêne. Elle représente l'expression d'une grande douleur contenue de Marie, saint Jean, Marie-Madeleine, et en arrière-plan d'une sainte femme et Joseph d'Arimathie. Le Christ présente des traits marqués par l'agonie. Notez la finesse des visages féminins et leur dignité dans la tristesse."

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Je récuserai d'abord la dénomination de "Descente de croix".  Mais aussi, stricto sensu,  celle de "Notre-Dame de Pitié" (ou Vierge de Pitié, ou Pietà), où ne figurent que Marie et son Fils. La présence de quatre personnages supplémentaires composent une Déploration du Christ

Je récuserai aussi l'identification d'un personnage comme étant Joseph d'Arimathie. Nous avons, comme l'indiquai le chanoine Abgrall,  au premier plan le Christ, au second plan Jean, Marie et Marie-Madeleine, et en arrière plan deux Saintes Femmes.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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La composition est remarquable. Si je la compare à la Déploration de Saint-Nic, elle s'en distingue car les personnages forment une ogive, comme deux mains jointes, et leurs fûts verticaux figés contrastent avec le dynamisme de la croix du corps et des bras du Christ.

Le paradoxe est évident, puisque les saints personnages sont anéantis et comme morts dans leur lamentation commune ; les têtes sont inclinées, les regards baissés, les voiles tombent, les plis s'affaissent. Seul le cadavre du Christ est animé par la bouche entrouverte, par les rides expressives du front et surtout par  la brisure en Z du bras gauche et de la jambe gauche, par le pied gauche qui ne tombe pas, et par la force de l'appui de la jambe droite.

 

Cette composition est propre à la technique, la sculpture sur bois monoxyle. C'est elle qui impose cette forme, ou bien plutôt, c'est grâce à cette contrainte que l'artiste obtient ce resserrement de l'attention et du recueillement.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Au sein de cette structure spatiale, il est facile d'en distinguer une autre, en poupée gigogne, qui dessine  le cœur émotionnel poignant de la scène : un oratoire à l'intérieur d'une chapelle.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Une fois ces préliminaires perçus, le regard peut aller d'un personnage à l'autre, se pénétrer de leur peine, y communier dans le cadre d'une démarche de dévotion individuelle (c'est dans ce but que la sculpture a été réalisée), ou seulement exercer sa curiosité artistique.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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La Vierge.

Le manteau bleu à galon d'or recouvre la tête et son voile blanc. La guimpe blanche impose son austérité à la robe rouge-orange. Rien d'autre qu'un silence. Tout est dit.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Saint Jean.

Il soutient la tête de celui dont il fut le disciple préféré. Sa bouche et son menton semblent trembler pour contenir les pleurs.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Une Sainte Femme.

C'est Marie Jacobé (ou bien Marie Salomé) ; elle tient dans ces mains le linceul, ou quelque linge funéraire. Elle est vêtue comme Marie.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Marie Salomé.

Elle emprunte à Marie-Madeleine les éléments de son iconographie que sont les longs cheveux dénoués et le turban de riches étoffes, ainsi que d'autres traits d'élégance comme la chaîne d'or qui attache sa cape . Elle prie, mains jointes.

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Marie-Madeleine.

Nous l'identifions par le pot d'onguent, ses cheveux libérés du voile et ruisselant devant les épaules, mais aussi par sa place de prédilection aux pieds de Jésus .

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Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

Déploration, chêne monoxyle, XVIe siècle, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 16 mars 2019.

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Comparaisons.

L'influence flamande est bien entendu évoquée, mais je n'ai pas trouvé d'œuvre équivalente.

Anvers, 1515-1520, chêne polychrome

http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not&idNotice=2516

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SOURCES ET LIENS.

 

—ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 70.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

"Au-dessus de la porte de la sacristie est un beau groupe de Notre-Dame de Pitié : le corps de Notre Seigneur est étendu sur les genoux de sa Mère ; saint Jean et les trois Marie assistent la Sainte Vierge."

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_pieta.html

 COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

—  COUFFON (René), 1964, Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52.

 Voir la Déposition de Collorec, désignée sous le terme de Thrène et photographiée figure 8 (Le Doaré).

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

- A. de la Barre de Nanteuil : Lampaul-Guimiliau (S.F.A. - C.A. 1914)  Non consulté.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

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17 mars 2019 7 17 /03 /mars /2019 21:01

L'Annonciation à trois personnages du tympan du porche sud de la chapelle de Quilinen (Landrévarzec) ...et son double.

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Voir aussi sur cette chapelle :

 

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L'abbé Abgrall, qui parcourut en vélo à la fin du XIXe siècle et au début du siècle suivant les routes autour de Quimper (dont il était chanoine), a fait remarquer les richesses de la chapelle de Quilinen, non seulement son calvaire,  mais aussi le portail méridional :

"Presque au bas du côté sud de la nef, est un porche ou une grande arcade encadrant une porte géminée et dans le tympan une gracieuse statue de la Vierge agenouillée ayant à sa droite l'ange Gabriel portant sur une banderole l' inscription gothique : AVE . GRATIA . PLENA.  A sa gauche un autre ange, aussi à genoux, tient l'inscription NOTRE . DAME . DE . BONNES . NOUVELLES. C'est en effet sous le vocable de Itroun Varia Kelou Mad,  Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, que les Bretons invoquent la Sainte Vierge dans le mystère de  l'Annonciation.

Le cul-de-lampe qui soutient la Vierge est formé d'un aigle tenant un écusson; ceux qui portent les anges sont formés de deux lions tenant aussi des écussons sur lesquels on a peint des blasons de fantaisie. Au-dessus de la grande arcade, sont trois ou quatre autres écussons, dont un timbré d'un casque. Ce joli porche de Quilinen est absolument analogue, comme forme et comme dimensions, à celui de Notre-Dame des Fontaines, en Gouézec [fin du XVe]."

René Couffon tente de surenchérir :

"La porte sud avec son archivolte très relevée, ses hauts pinacles et ses portes géminées, est très semblable à celle de Notre-Dame des Trois-Fontaines en Gouézec ; toutes ses voussures reposent sur des colonnettes à chapiteaux."

 

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I. LE PORTAIL SUD.

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Le portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Le portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Le tympan.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Le groupe de l'Annonciation : la Vierge, Gabriel à gauche et un ange à droite.

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Il y a une certaine étrangeté dans cette composition. Seule la Vierge est sous un dais, gothique, et pas forcément homogène. Elle nous fait face, alors que traditionnellement elle est tournée vers la gauche, où l'ange messager fait irruption. Elle est agenouillé sur un épais coussin, mais ses jambes sont vues de profil et non de face comme le corps. Alors qu'une composition triangulaire adaptée au tympan permettait de placer les personnages sur le même plan horizontal, le dais superfétatoire entraîne une position abaissée de Marie, d'autant que les trois culots sont hauts, et que le culot central est plus bas que les autres.

Enfin, le deuxième ange se trouve ici, comme on dit, "comme un cheveu sur la soupe" : où a-t-on déjà vu cela ? Sur le chapiteau de l'absidiole orientée du bras sud du transept d'Issoire , répondrez-vous ! Tandis que les anges sont trois dans la chapelle des Pelletiers de Cracovie, sur un tableau de Jean Le Grand. Je vois que vous avez lu Piotr Skubiszewski.

Certes, Bernardo Daddi peint, en 1335, deux anges, mais ils se tiennent respectueusement l'un derrière l'autre ! Et Fra Filippo Lippi également, en 1443-1450 dans l'Annonciation Murate

 

Il y a parfois un troisième personnage, mais c'est une suivante, l'Écouteuse, ou un témoin : sur la frise de Montmorillon ou, en peinture,  dans le chœur préroman de Saint-Martin-des-Puits (Aude) ou à Souillac ou à Conques où la servante s'occupe à filer, rappelant que Marie tissait, avec ses compagnes, le voile du temple.

 

Victor-Henri Debidour  trouve cela très astucieux : l'artiste confronté à la nécessité de centrer le tympan, a laissé le centre à Marie, et il a placé derrière elle un deuxième ange ; et parce qu'il fallait bien lui donner quelque chose à dire, il lui a confié un phylactère avec le nom de la titulaire de la chapelle. Mais il a été obligé de grandir le corps de la Vierge, qui, agenouillée, est aussi grande que si elle était debout. 

La belle affaire ! Depuis toujours, ce problème du centrage de la scène entre Marie et Gabriel placés latéralement a trouvé sa solution, en y plaçant une colonne, ou un lys dans son vase, ou une fenêtre, et cette colonne, ce vase ou cette ouverture ont acquis dès lors un sens spirituel élaboré. Ailleurs, c'est le lutrin qui occupe cette place, avec le livre des Écritures. Ou Dieu le Père, ou la colombe.

Face à un cadre identique à celui de notre tympan, dans les cellules de San Marco, Fra Angelico utilise l'arc d'ogive en y inscrivant un silence, le lieu du Mystère.

 

On voit bien, si on accepte de se l'avouer, que tout cela n'est pas équilibré et laisse deviner une réorganisation de l'espace dans l'après-coup.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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La Vierge.

Elle est vêtue d'un manteau bleu qui vient recouvrir sa tête, sans dissimuler entièrement ses cheveux blonds. Il recouvre une robe très simple, sans décolleté, vieux-rose, plissée dans sa moitié inférieure, avec un mouvement des plis qui glisse vers sa gauche. Ses mains, s'échappant du revers entrebaillé du col place les deux paumes face à face, dans un geste tenant à la fois de l'étonnement, de la prière et de l'acceptation.

Le visage est doux, rond, la bouche est petite, le regard songeur, le nez droit prolongeant la courbe des deux sourcils épilés.

Debidour l'a dit, nous hésitons devant cette masse en bas à droite : sont-ce ses jambes et ses pieds aux talons dressés ? Seul peut-être le pan trop long du manteau, s'étalant devant le gros coussin, nous convainc que Marie est bien à genoux.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Ange Gabriel.

C'est tout lui : le genou fléchi, mais dans l'élan de sa course, tenant les paroles de l'Annonciation sur un phylactère, et présentant le lys, la palme ou le bâton désormais brisé, mais que nous imaginons bien.

Le message est tourné vers la Vierge, en lettres gothiques minuscules AVE (en bas) puis la partie perdue GRATIA, et en haut PLENA : Ave gratia plena, Je te salue, pleine de grâces.

Il est sobrement vêtu d'un manteau qui le couvre entièrement, et dont le seul ornement est l'amict, replié sur le rabat du col en formant deux pointes bien repassées.

Nous ne pouvons plus dire si ses beaux cheveux bouclés étaient retenus par un bandeau. Son visage est beau, son regard expressif, ses lèvres à peine ouvertes.

 

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'ange acolyte.

Lui aussi est agenouillé sur un petit coussin, mais il amorce progressivement un mouvement de rotation et de renversement en arrière, dont la retenue, le naturel et la grâce nous charment, pour nous regarder avec un demi-sourire parfaitement réussi. Son aube vient bouffer sous l'effet d'une ceinture ou d'un cordon, donnant aux plis  l'occasion de souligner la torsion du tronc.  

L'amict est cette fois ci plissée en W, ce qui m'évoque immédiatement les anges de l'atelier ducal du Folgoët (1423-1509) dont c'est l'une des spécificités, tant au Folgoët qu'à la cathédrale de Quimper, à Rumengol, à Daoulas, ou Saint-Herbot. Ces amict se retrouvent aussi sur les vitraux (1402) de Merléac.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/la-chapelle-saint-jacques-de-merleac-les-lambris-peints-des-bas-cotes-anges-musiciens-et-legende-de-saint-jacques.html

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Il tient sa banderole en diagonale comme une écharpe de miss, et malgré les lettres manquantes nous y lisons :

NOSTRE DA~ME DE B.

On notera les lettres conjointes DE. Il y a en effet un tilde au dessus du A et il faut lire NOSTRE DAMME. Cette forme est attestée en France en 1287 à Reimsen 1480 en Anjou, ou à Liège dans la Chronique de Jean d'Oustremeuse, en Pays de Hainaut en 1461, mais aussi en 1776 dans l'appellation "Nostre-Damme de Kerdévot" en Ergué-Gabéric. 

La dénomination "Nostre Damme de Bonne Nouvelle" est attestée  à Rennes en 1526.

Elle ne permet donc pas une datation précise.

La suite de l'inscription est effacée, hormis un groupe de deux lettres, et il faut donner foi aux relevés de l'abbé Abgrall, un auteur suffisamment précis et soucieux d'épigraphie pour le mériter.

C'est aussi le nom de la Vierge vénérée à  la chapelle de Bonne Nouvelle de Locronan (Kelou Mad), ou à celle de Quillidoaré de  Cast , toutes les deux très proches de Quilinen. En breton, on la désignait sous le vocable Itron Varia a Gelou Mad, même sens.

Ce serait le duc Jean IV qui après avoir remporté la bataille d'Auray en 1364, aurait décidé d'honorer Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle par la création d'un couvent : "La nouvelle qui fust apportée à ce prince par un héraut au fort de la bataille de la deffaitte et de la mort de son ennemi donna à ce monastère le nom de Couvent de Bonne Nouvelle."

 

Le duc Jean IV favorise l'implantation des Jacobins (Dominicains) à Rennes, en 1369, et c'est dans ce couvent de Bonne-Nouvelle (ou des Jacobins) qu'a lieu le don miraculeux du tableau de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle en 1466 : le couvent devient au XVIe-XVIIe un lieu de pèlerinage incontournable.

Il aurait fait débuter la construction d'une chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Rennes, , et Guy XII de Laval aurait fait poursuivre les travaux.

La statue de Notre Dame figure dans un retable à volet ainsi que le gisant de saint Herbot à la chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou, or cette chapelle porte sur son porche sud de 1498 les armes ducales.

http://www.lavieb-aile.com/article-vierges-allaitantes-ix-chapelle-de-bonne-nouvelle-a-locronan-102853975.html

http://www.lavieb-aile.com/article-vierge-allaitante-iii-chapelle-de-quillidoare-a-cast-96288345.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/l-enclos-paroissial-de-saint-herbot-a-plonevez-du-faou-vi.le-porche-sud-1498-1509-par-le-second-atelier-du-folgoet-l-exterieur-et-le

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Niche à volets de Notre Dame de Bonne-Nouvelle de la chapelle Saint-Herbot. Photo lavieb-aile.

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Voir aussi la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Pleyben, celle de Roscoff, de Trébeurden, celle d'Uzel, etc.

https://www.bretagne-cotedegranitrose.com/offres/chapelle-de-bonne-nouvelle-trebeurden-fr-2714457/

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-bonne-nouvelle/c6b47b0b-7c71-4160-871a-56aaba482aac

 

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Quel sourire ! An-gé-lique.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, moulage) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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COMMENTAIRES.

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L'abbé Abgrall puis René Couffon  insistent plus, dans leur description de ce portail,  sur le monument architectural que sur le tympan et ses trois statues en ronde bosse. 

Pourtant, ce groupe est singulier pour au moins deux raisons :

a) il est en calcaire, dans un pays où les sculptures en pierre sont en granite ou en kersanton.

b) Le groupe de l'ange tenant le phylactère AVE GRATIA PLENA et de la Vierge mains ouvertes pour signifier le fiat de son adhésion compose une Annonciation, mais  la présence d'un deuxième ange présentant le nom de Notre Dame de Bonne Nouvelle est incongru ou du moins très inhabituel.

Surtout, cette œuvre est remarquable par sa beauté.

On cherchera pourtant en vain une étude (hormis peut-être dans les placards inaccessibles de la DRAC) qui lui soit consacrée en propre et qui réponde aux questions qu'elle suscite.

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Datation.

Pour situer le cadre temporel, disons que la chapelle date de la seconde moitié du XVe siècle.

Le riche matériau héraldique de la façade sud, des culots de ces trois personnages, et de l'intérieur, étudié avec brio par Michel Mauguin, indique que le début de la construction se situe entre 1450 et 1457 en raison des armoiries de Jean  Lespervez,  (l’évêque de  Quimper de 1450 à 1471) ; de Pierre II  (duc de Bretagne de 1450 à 1457 ), tandis que  les armes de Jan du Quélenec en alliance avec Marie de Poulmic, confirment que le début des travaux est antérieur à 1460. Cette construction s'est réalisée en deux étapes, la nef  en premier puis le chœur et le transept. La fin des travaux est moins précise, à la fin du XVe siècle. Le portail sud daterait donc de ce créneau initial 1450-1457 prolongé jusque vers 1490. Mais ce n'est qu'un indice pour la datation de l'Annonciation elle-même, contemporaine ou plus tardive. 

Daniel Kernalegenn souligne que "Si on regarde par contre les blasons peints sur les culs de lampes des statues de l’Annonciation nous avons un couple de 1413 (Kerguelen-Quistinic) et deux autres alliances non connues mais dont l’une des familles est chaque fois la famille de Launay. Ce qui est troublant dans ces trois blasons c’est que l’on ne retrouve pas le mariage fondateur qui donne un poids énorme à la famille de Kerguelen dans cette chapelle et qui est le mariage qui a été célébré en août 1449 entre Guillaume de Kerguelen et Blanche de Launay (La famille de Launay habitait le manoir de Penn ar yeun à 1km de la chapelle ; la famille de Kerguelen habitait au manoir de Keranroc’h à 5 ou 6 km). Si ce mariage avait été célébré avant le début de cette construction il aurait été en première place (des petits nobles bien sûr) dans les blasons de cette partie."

Matériau : le calcaire.

Dans son étude sur la sculpture sur pierre en Basse-Bretagne, Emmanuelle Le Seach écrit:

"Cinq types de pierre ont été utilisés dans la sculpture bas-bretonne : le kersanton, le granite, le grès feldspathique, la pierre de Logonna et le calcaire. [...] Le calcaire est pour la Basse-Bretagne une pierre d'importation qui provient le plus souvent de la vallée de la Loire (Saumur, Angers) mais la localisation des zones d'extraction ne peut être précisée sans des analyses pétrochimiques poussées. On la rencontre six fois dans le catalogue à partir du XVe siècle (Kergloff), toujours de manière polychrome, ce qui gêne parfois son identification".

Le catalogue d'E. Le Seac'h est extrêmement complet, pourtant il ne comporte ni ce groupe de l'Annonciation de la chapelle de Quilinen, ni  le Saint Cadoc (pierre calcaire) ni la statue de N.D. de Kilinenn ( enpierre calcaire également) , et pas d'avantage les  autres œuvres en calcaire remarquables par leurs dates : la Vierge allaitant dite Notre-Dame de Languivoa, datée du XIVe siècle, à Plonéour-Lanvern, et La Mise au tombeau (fin XVe-début XVIe) de l'abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé .

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-vierge-allaitant-de-la-chapelle-de-languivoa-a-plone

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-mise-au-tombeau-de-l-abbatiale-sainte-croix-de-quimperle.html

Les six sculptures en calcaire du catalogue sont : 

— La Pietà aux 2 anges de douceur de Saint-Herbot en Plovevez-du-Faou, XVe

http://www.lavieb-aile.com/2017/03/l-enclos-paroissial-de-saint-herbot-en-plonevez-du-faou.v.la-pieta-et-les-deux-anges-de-douceur-xvie-siecle.html

—  La Pietà  assistée de deux anges de Plozevet (XVIe) : même sculpteur qu'à Saint-Hernot.

—  La Pietà à l'ange de compassion de Melgven (1499)

—  La Pietà accompagnée de six anges de Penmarc'h (XVIe)

—  La Pietà  (XVIe)  accompagnée d'un ange de la chapelle de Trémorvezen à Névez

— La Pietà assistée de deux anges de Kergloff (XVe)

Cet inventaire des sculptures en calcaire n'est pas exhaustif, même en lui ajoutant deux autres Pietà , sans angelots se trouvent dans le Morbihan à la chapelle Notre-Dame-la-Blanche à Theix, et de l'église Saint-Pierre-es-liens de Plescop. Mais il est notable que sur ces onze œuvres, dix concernent spécifiquement la Vierge et que sept comportent des anges. Cinq sont antérieures au XVIe siècle.

Je vais donc faire, du fond de mon incompétence, le pari que ce groupe sculpté date de la deuxième moitié du XVe siècle, et qu'il est donc contemporain de la construction du portail sud. Cela me permettra de me focaliser sur cette période pour une mise en parallèle avec d'autres Annonciations.

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3. Sujet : l'Annonciation sur le tympan.

L'Annonciation se retrouve dans les églises ou chapelles bretonnes  suivantes :

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La seule Annonciation occupant le tympan d'un porche se trouve à Rumengol.  Elle mérite d'être comparée à celle de Quilinen. Le lien vers mon article ouvrira à une discussion iconographique.

 

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Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation, porche sud de l'église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

 

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Avant de quitter ce portail, voici les culots armoriés (après restauration): je renvoie à l'article de Michel Mauguin pour les commentaires.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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II. LA SCULPTURE ORIGINALE A L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE.

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"La municipalité avait été alertée en juin 2006 de l’état de conservation déplorable du groupe de l’Annonciation conservé dans le tympan du porche sud de la chapelle. Cette œuvre de très grande qualité, selon les dires de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), était en très grand danger. Après bien des péripéties, et une première entreprise de restauration qui fait faillite, l’œuvre a enfin été restaurée par Hélène Gruau, une restauratrice de sculptures travaillant à Tours. Malheureusement cette œuvre, réalisée en pierre calcaire, même restaurée, ne pourra être remise à son emplacement initial car elle est devenue trop fragile. Il aurait bien entendu été très dommage de laisser vide l’emplacement initial de ces trois sculptures et c’est pourquoi leurs copies sont actuellement en cours de réalisation." (Bulletin communal de Landrévarzec)

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Cette excellente initiative est d'autant plus appréciable que, nous l'avons vu, les moulages n'ont pas à rougir de leur statut de fac-similé, et que le portail en est fortement embelli.

Les photographes regretteront seulement que le groupe original soit placé  sur un autel de la chapelle nord, sous une fenêtre orientée à l'est, et que les photos soient perturbées par l'incidence de la lumière du jour. Par contre, les statues sont désormais parfaitement accessibles au regard.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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"Nostre Damme de Bonne Nouvelle"

 

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'ange Gabriel.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'ange acolyte.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

L'Annonciation (calcaire polychrome, XVe siècle ?) du portail sud de la chapelle de Quilinen. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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ABGRALL (Jean-Marie) 1903, BDHA, Quimper

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4f196b88dd412e5e8404c70acf3860ca.pdf

"Les portes jumelées en plein cintre se voient un peu plus tard aux deux portails sud de la chapelle de Quilinen en Landrevarzec et des Trois-Fontaines en Gouézec."

 

"Un sujet que l'on a figuré dans un certain nombre d'églises, c'est l'Annonciation. Au Folgoat, d'un côté de l'immense maîtresse vitre, la Sainte-Vierge est agenouillée sur un prie-Dieu, et de l'autre côté, en face d'elle, est l'ange Gabriel. Même groupe à la façade du porche Sud de Pleyben, 1588, à l'arc de triomphe de la Martyre, à la porte Sud de la chapelle de Quilinen, en Landrévarzec, au porche de Rumengol, en 1537, et à l'entrée du porche de Bodilis, en 1631. Ici l'ange Gabriel tient un lis entouré dune banderole portant sa salutation : Ave gratia plena. En face, la Vierge est à genoux sur un coussin, ayant à ses pieds un vase d'où sort un lis autour duquel s'enroule également une banderole, avec sa réponse : Ecce ancilla Domini, flat mihi secundum verbum tuum, ".BDHA 1903 page 32"

 

"Après saint Michel, l'Archange Gabriel ; mais celui-ci a beaucoup moins de représentations dans nos églises. Nous trouvons de lui une magnifique statue dans le sanctuaire du Juc'h, en face de Notre-Dame. Par ailleurs ii figure dans le mystère de l'Annonciation â côté de la maîtresse fenêtre du Folgoat, au joli petit porche de N. D. de Quilinen, en Landrévarzec, au fond du porche de Rumengol, à la façade de ceux de Bodilis et de Pleyben, aux calvaires de Tronoën, en Saint Jean Trolimon, de Plougonven, Plougastel et Pleyben. Dans ces groupes l'ange Gabriel est presque toujours figuré à genoux, vêtu d'une dalmatique et tenant un lis ou un sceptre autour duquel s'enroule une banderole portant sa salutation : Ave gratia plena. " BDHA 1903 Page 75

— ABGRALL (Jean-Marie) et PEYRON (Henri), 1917, Notice sur Landrévarzec, “ Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie 1917,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon,  https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/249.

 

  "Cette chapelle, située à 1.500 mètres du bourg, se trouve au bord de la route de Quimper à Châteaulin, près du 11e kilomètre. Elle présente extérieurement une ornementation très riche du côté de l'abside et sur la façade Midi, et est accompagnée d'un calvaire remarquable dont il sera fait une description détaillée. Le mur Est, formant l'abside droite et une branche de transept Nord, est percé de trois belles fenêtres et appuyé par quatre contreforts surmontés de pinacles aigus hérissés de crossettes. Sur la façade Sud on trouve trois autres jolies fenêtres, une petite porte élégante et deux contreforts, dont l'un très massif, renferme un escalier qui desservait autrefois un jubé intérieur ou une tribune  qui, sur sa face extérieure, contient une niche renfermant une statue de saint Pierre, en pierre blanche, maintenant dégradée, mais offrant toujours, dans les bordures de ses vêtements, des broderies d'une extrême finesse rappelant le genre et le style des draperies des personnages composant l'ancien Sépulcre de Sainte-Croix de Quimperlé.

Presque au bas de ce côté de la nef, est un porche ou une grande arcade encadrant une porte géminée et dans le tympan une gracieuse statue de la Vierge agenouillée ayant à sa droite l'ange Gabriel portant sur une banderole l' inscription gothique : AVE . GRATIA . PLENA. - A sa gauche un autre ange, aussi à genoux, tient l'inscription NOTRE . DAME . DE . BONNES . NOUVELLES. C'est en effet sous le vocable de Itroun Varia Kelou Mad,  Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, que les Bretons invoquent la Sainte Vierge dans le mystère de  l'Annonciation. Le cul-de-lampe qui soutient la Vierge est formé d'un aigle tenant un écusson; ceux qui portent les anges sont formés de deux lions tenant aussi des écussons sur lesquels on a peint des blasons de fantaisie. Au-dessus de la grande arcade, sont trois ou quatre autres écussons, dont un timbré d'un casque. Ce joli porche de Quilinen est absolument analogue, comme forme et comme dimensions, à celui de Notre-Dame des Fontaines, en Gouézec."

 

— ABGRALL (Jean-Marie) En vélo autour de Quimper page 26.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102119s/f27.image.r=quilinen

— ABGRALL (Jean-Marie) BDHA 1901.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1901.pdf

— Anonyme, 1960, "Eglises et chapelles de la Région de Châteaulin", C 1960, p. 22, I 1961, Association Bretonne, Congrès de Châteaulin - juillet 1960 - T LXIX Bulletin du 88° congrès - Conférences et mémoires

 

— BULLETIN COMMUNAL DE LANDREVARZEC 211

http://www.landrevarzec.fr/IMG/pdf/bulletin-communal_25_landrevarzec_01-2011.pdf

"La municipalité avait été alertée en juin 2006 de l’état de conservation déplorable du groupe de l’Annonciation conservé dans le tympan du porche sud de la chapelle. Cette œuvre de très grande qualité, selon les dires de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), était en très grand danger. Après bien des péripéties, et une première entreprise de restauration qui fait faillite, l’œuvre a enfin été restaurée par Hélène Gruau, une restauratrice de sculptures travaillant à Tours. Malheureusement cette œuvre, réalisée en pierre calcaire, même restaurée, ne pourra être remise à son emplacement initial car elle est devenue trop fragile. Il aurait bien entendu été très dommage de laisser vide l’emplacement initial de ces trois sculptures et c’est pourquoi leurs copies sont actuellement en cours de réalisation. Nous espérons que ces statues, originaux et copies, seront à leurs places respectives avant le début de l’été."

CASTEL (Yves-Pascal), LUBIN (Joël), 2014, Landrévarzec La chapelle Notre-Dame de Quilinen, Bulletin de la Société archéologique du Finistère, pages 133 à 154.

— COUFFON (René), 1988,  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANDREVA.pdf

La porte sud avec son archivolte très relevée, ses hauts pinacles et ses portes géminées, est très semblable à celle de Notre-Dame des Trois-Fontaines en Gouézec ; toutes ses voussures reposent sur des colonnettes à chapiteaux.

Mobilier : groupe de l'Annonciation avec deux anges à banderoles, "AVE GRATIA PLENA" sur celle de Gabriel, "NOTRE DAME DE BONNES NOUVELLES" sur l'autre (tympan du portail sud),

DEBIDOUR (V.-H.°, 1953, La sculpture bretonne, étude d'iconographie religieuse populaire, Rennes, p.91.

"Lorsqu'il s'agit d'un tympan, un problème de répartition se pose à l'artiste : il est souhaitable, évidemment, de laisser le centre à Marie ; c'est ce qui a été fait à Quilinen, mais il a fallu, malgré le dais au dessus et une console au dessous, allonger exagérément le corps pour qu'il meuble toute la hauteur : agenouillé, il a à peu près les proportions qu'il aurait debout : Gabriel, en génuflexion à la droite de Marie, et nettement plus petit, déploie vers elle un phylactère à Ave gratia plena en lettres gothiques. Mais l'équilibre a exigé en face un autre ange tout semblable — dont l'infériorité se marque pourtant à ce qu'il n'a qu'une robe simple et non la belle dalmatique de l'archange, — et qui, faute d'avoir quelque chose à dire, porte sur sa banderole le titre de dévotion de la chapelle : « Notre-Dame de Bonnes-Nouvelles »."

Dossier Monuments historiques  Dossier IA29005115 réalisé en 1992

http://www.patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-de-quilinen-landrevarzec/a975043e-5991-4e0a-a464-ce66f82e8f58

— Dossier  PA00090046

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes.

— MAUGUIN (Michel), 2016, Les armoiries de la chapelle de Quilinen alias Kilinenn en Landrévarzec, Bulletin SAF 

 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 14:31

L'église Saint-Budoc de Trégarvan.  Ses inscriptions, ses sablières et ses blochets, sa statuaire, ses bannières.

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Vous pourrez lire aussi, sur le sujet des sablières de Bretagne, les articles suivants :

 

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Sur les réalisations du Maître de Pleyben (1567-1576), voir :

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Sur les réalisations du Maître de Saint-Nic (1561-1576) :

 

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Et enfin :

La plaque de cocher du Passage à Rosnoën : le Chemin de Grande Communication n°47, et le Passage de l'Aulne par bac.

 

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 SITUATION.

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L'Aulne maritime, ou Rivière de Châteaulin, creuse, dans sa progression rêveuse mais avide d'en finir avec une course de 144 km, une large et profonde ria où elle dessine quelques derniers méandres ; ce sont eux qui  font toute la beauté du paysage qu'un promeneur peut découvrir du haut du Bélvédère (152 m), à Rosnoën. Le fleuve vient de recevoir son dernier affluent en rive droite, la Douffine, à Pont-de-Buis, mais accepte encore une dernière contribution en rive gauche, celle des eaux du Garvan, et ses saumons.

C'est précisément ce Garvan qui donne son nom à Trégarvan, de  tref , "village", en en délimitant le territoire à l'est . 

 

 

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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J'ai utilisé en complément de mes clichés les ressources de GEOPORTAIL / REMONTERLETEMPS avec les cartes IGN, d'Etat-Major, de Cassini, et les photos aériennes.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.214302&y=48.251928&z=15&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=normal

 

Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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C'est ce ruisseau du Garvan, qui descend des pentes du Ménez-Hom (330 m) en alimentant des moulins, qui, associé au "ster" du  Cosquer, va dessiner ce chapeau de gendarme de Trégarvan.

Site Géoportail hydrographie.

https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

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Geoportail /photo aérienne / Hydrographie.

Geoportail /photo aérienne / Hydrographie.

Géoportail IGN hydrographie.

Géoportail IGN hydrographie.

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Une dernière photo de l'Aulne en amont de Trégarvan nous permet de comprendre que les habitants qui ont inscrit leur nom sur les murs de l'église au XVI et XVIIe siècle étaient de riches cultivateurs, ou des meuniers.

Pourtant, Marteville et Varin écrivait encore en 1853, dans la nouvelle édition du Dictionnaire d'Ogée

 

 

"Trégarvan, commune formée de l'ancienne trève d'Argol, sans desservance. Limit. : N. rivière de Châteaulin ; E. Dinéault, anse de Garvan ; S. Saint-Nic ; Dinéault ; O. Argol.

Principaux villages : Goulenes, Brigneun, Toulargloët, Kerfréval, Le Cosquer. Superficie totale 972 hectares, dont les principales divisions sont terres labourables : 201 ha. Près et pâtures : 16 ha. Bois : 8 ha; vergers et jardins : 8ha. Landes et terres incultes 711 hectares. Quatre moulins à –au, Kerfréval, Le Cosquer et du Garvan. "Cette commune est peut-être celle de toute la Bretagne qui a le plus de landes : celles-ci couvrent plus de 7/10e de son territoire. On parle breton."

La première édition, de 1778, décrivait Trégarvan avec Argol, mais dans des termes comparables :

"Argol ; située entre des montagnes ; à 7 lieues au Nord-Nord-Ouest de Quimper, son Evêché, à 41 lieues trois quarts de Rennes ;& à 2 lieues un tiers du Faou , la Subdélégation. On y compte 1050 communiants, y compris ceux de Trégarvan, sa trêve. Elle ressortit à Châteaulin, & la Cure est présentée par l'Abbé de Landevenec.

Ce territoire , couvert de montagnes serrées les unes contre les autres & plein de landes , ne contient que des terres stériles , Il vous en exceptez quelques-unes limées au Nord & à l'Est, qui produisent du froment & autres grains."

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L'Aulne et l'embouchure du Garvan. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

L'Aulne et l'embouchure du Garvan. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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COMMUNICATIONS.

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La carte de Cassini (fin XVIIIe) montre que les voies de communication longent l'Aulne par les  routes Châteaulin-Dinéault-Telgruc-Crozon au sud, Braspart-Quimerc'h-Rosnoën-Térenez au  nord. Deux "passages" traversaient le fleuve du nord au sud, à Térenez et à La Forest entre Rosnoën et Dinéault, comme le suggèrent — sans indiquer les passeurs — les voies qui s'interrompent sur les deux rives.

Aux XVIe - XVIIIe siècles, période de construction de l'église tréviale, Trégarvan est à l'écart relatif de ces voies, sauf par sa proximité du Passage La Forest-Maison-Blanche.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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La carte d'Etat-Major de 1820-1866 montre la même chose. Notez la rareté du bâti sur la colline (42 m et 78 m) qui domine Trégarvan, et l'indigence des chemins conduisant à Le Passage, entre Rosnoën et Dinéault.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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La carte au 1/50000 de 1950 indique enfin un enrichissement du bâti sur le petit promontoire, et mentionne clairement le bac et la route (ex Chemin de Grande Communication) Le Faou-Dinéault passant par le bac, dûment indiqué.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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PRÉSENTATION.

D'après Chrystel Douard 2010.

 

Relevant dès le 11e siècle de l´abbaye bénédictine de Landévennec et trève de la paroisse d´Argol, Trégarvan est érigé en commune en 1792 et devient paroisse indépendante en 1842.

Aucun tissu urbain n'existe avant la seconde moitié du 19e siècle. En 1831, l'ancienne chapelle tréviale devenue ensuite église paroissiale, entourée du cimetière, se situe dans un secteur dépourvu de toute construction. Une demi douzaine de maisons dont l'ancien presbytère  est construite à la fin du 19e siècle dont deux à usage temporaire d'école communale et plusieurs à usage de commerce. Le presbytère, aujourd'hui désaffecté, conserve un élément sculpté ancien remployé au-dessus de la porte nord provenant peut-être de l'église et portant des armoiries associées à une crosse et une mître d'abbé, peut-être celles d'un abbé de Landévennec. La mairie, petit bâtiment à pièce unique, est construite en 1907, peut-être, comme le groupe scolaire à Kergroas (actuellement Musée de l'Ecole Rurale en Bretagne), d'après le projet de l'architecte A. Marie, de Brest. En 1930, le cimetière a été légèrement agrandi vers le sud et l'ouest et quelques maisons d'habitation ont été bâties au sud de l'église dans la période de l'entre-deux-guerres .

En 1965, une monographie succinte, rédigée par le ministère de la construction dans le cadre de la préparation d´un « plan sommaire d´urbanisme révèle une population éparse mais plus concentrée autour du bourg. Entre 1936 et 1962, la population diminue de 27 %. Parmi les 51 exploitations agricoles recensées en 1946, 44 subsistent en 1965 (contre cinq en 2009). Les 968 hectares du territoire communal sont alors composés de 367 hectares de terres labourables, de 56 hectares de prés, de 10 hectares de vergers, de 25 hectares de bois et de 477 hectares de landes, ces dernières couvrant presque la moitié de la commune. On y cultive la pomme de terre et les céréales.

Le bateau-vapeur liant Brest à Port-Launay, hors service dans les années 1960, faisait longtemps escale à Trégarvan pour permettre aux touristes de gravir le Ménez-Hom. En 1965, le potentiel touristique de la commune était perçu comme un atout. On comptait alors une cinquantaine de mouillages de bateaux et quatre cafés-épiceries dont deux au bourg et deux à Kergroas et Pont-Carvan. Situé dans la partie sud-ouest du Parc Naturel Régional d´Armorique, Trégarvan (arrondissement et canton de Châteaulin) fait partie de la Communauté de Communes du Pays de Châteaulin et du Porzay (Châteaulin, Dinéault, Saint-Nic, Plomodiern, Plonévez-Porzay, Ploéven, Quéménéven, Cast et Saint-Coulitz, Port-Launay). A dominante rurale et résidentielle, la commune se distingue par la qualité de de ses espaces naturels remarquables dont l´Aulne maritime et le Ménez-Hom, site classé depuis 2004, « en raison des ses caractères pittoresque et légendaire ». La commune couvre une superficie de 968 hectares et comptait 146 habitants au 1er janvier 2009. Avec plusieurs gîtes ruraux et un village de vacances, la commune est aujourd'hui tournée vers le tourisme rural, en lien avec l'attrait exercé par l'Aulne et le Ménez-Hom.

Un recensement des objets mobiliers conservés dans l´église, non reconduit dans le cadre de la présente enquête (fiches descriptives, photographies), avait été réalisé en 1977 ; il est disponible au centre de documentation du patrimoine (Région Bretagne). Trégarvan conserve des éléments patrimoniaux identifiés et dignes d´intérêts parmi lesquels figurent le Musée de l´Ecole Rurale en Bretagne, remarquable au niveau régional, ainsi que l´église paroissiale Saint-Budoc récemment restaurée et mise en valeur. Les hameaux de Goulénez, Stanquélen, Kerfréval, Keryé, Brigneun et Toul ar Gloët conservent des éléments significatifs de l´architecture rurale de la commune.

 

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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.

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 L'EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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"Plan en croix latine à trois vaisseaux datée par inscription de  1527 ; 1590 ; 1629 ; 1658 ; 1670 ; 1696 ; 1706 ; 172. Gros-œuvre en granite ; kersantite ; grès ; appareil mixte ; pierre de taille ; moellon  toit à longs pans ; croupe ; noue ; pignon ; flèche en maçonnerie Charpente : lambris de couvrement."

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Vue générale de l'Aulne maritime en amont de Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

Vue générale de l'Aulne maritime en amont de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES.

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Palissy :"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

À l'extérieur, les inscriptions lapidaires  portent les dates de 1629, 1658, 1696 et 1698, et les patronymes des fabriciens B[e]uzec Capitaine, N. Le Scoarnec,  Y. Scoarnec et F. Moro.

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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capitaine 1629.

2°) Sur le mur de la sacristie. N. Le Scoarnec 1658.

3°) Au dessus de la porte ouest. Y. Scoarnec

4°) Sous la galerie du clocher, côté sud. F : MORO  1696 " 

5°) Le cadran solaire de 1698.

 

 

 

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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capiten 1629.

Lettres capitales romaines ; fût perlé (I) . Ponctuation de séparation des mots par trois points. Pierre de Logonna (microdiorite quartzique). 

Longueur 50 cm, hauteur 40 cm

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BVZEC : CA

PITEN : F

1629.

"BUZEC : CAPITEN : F[ABRICIEN]  1629."

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BUZEC est vraisemblablement le prénom du fabricien, c'est une forme de Budoc.

Le patronyme CAPITAINE est très commun à Trégarvan.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Sur le mur de la sacristie.

Lettres capitales romaines. 

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N : LESCO

ARNEC :

FAB : 1658.

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"N : LE SCOARNEC : FAB[RICIEN] : 1658."

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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3°) Élévation occidentale,  au dessus de la porte .

Lettres capitales romaines.

Y : SCOARNEC : F.

"Y[ves] SCOARNEC F[ABRICIEN].

Sans date, mais la tour que soutient ce mur est datée de 1696.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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4°) Sous la galerie du clocher, côté sud.

F : MORO  1696 " (ou  1690 ?)

Microdiorite quartzite. Lecture douteuse du patronyme. Les auteurs de la notice de la base Palissy ont lu : "NORD 1696", ce qui est encore plus douteux.

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=24457

Je propose d'y voir une graphie pour MOREAU . Par exemple, on trouve dans la généalogie de Philippe Mérour Jean Moreau, père de Yves Moreau (décédé après 1699), lui-même père (?) de Jeanne Moreau, née à Dinéault le 10/02/1699 et décédée à Trégarvan (Cosquer) le 21/05/1771, qui épousa Jean Capitaine. Leurs enfants Corentin, Marie, Jeanne Catherine et Magdelaine ont vécu à Trégarvan, soit au Cosquer, soit à Brigneun. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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5°) Le cadran solaire de 1698.

Chambre des cloches. Schiste. cadran rayonné central, numérotation arabe de droite à gauche  7, 6,5,4,3,2,1 -fleur-11,10,9, 8, 7, 6, 5. 

Registre supérieur : cercle au monogramme christique I.~H S , le tilde surmonté d'une croix. Chronogramme 1698 entourant le motif religieux. 

L'inscription haute est partiellement (et sans doute volontairement) effacée, laissant lire ---N: ---:FA.

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Voir :Yves-Pascal CASTEL, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère, d'après Jean-Paul Cornec, Pierre Labat-Ségalen, «Cadrans solaires en Bretagne», Skol Vreizh, 2010

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/index_ypc_cadrans_solaires.html

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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II. LE CALVAIRE DE 1527.

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Description par Yves-Pascal Castel :

3022. Trégarvan, église, g. k. 1527. Trois degrés. Socle à cavet: MVCXXVII - - - FABRIQVE, écu usé. Fût à pans, griffes hautes. Croisillon aux anges, écu aux trois pommes de pin et à la crosse. (Alain de Trégain, de Briec, abbé commendataire de Landévennec). Croix, crucifix, anges au calice. [YPC 1980] http://croix.du-finistere.org/commune/tregarvan.html

Voir aussi Christel Douard:

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-du-cimetiere/df27706c-d01c-4250-bf59-7db1fb78d289

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1°) La face orientale : Vierge à l'Enfant.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) La face occidentale : Crucifix et anges au calice.

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Croquis de Yves Pascal Castel :

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Le blason d'Alain de Trégain, abbé de Landévennec de 1524 à 1530 : aux 3 pommes de pin pointes en haut, crosse en pâl.

Voir : 

 

. http://www.lavieb-aile.com/2019/05/les-blasons-de-quelques-abbes-de-landevennec.html

 

Le calvaire de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Le calvaire de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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III. LES STATUES EN KERSANTON DE L'ENTRÉE.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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1°) La Pietà aux anges de compassion.  Kersanton, XVIe siècle.

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inscrit au titre objet 2003/01/09 

h = 97 ; la = 105 ; pr = 36. "La Vierge agenouillée prie devant la dépouille de son fils soutenue par deux anges de part et d'autre du corps." Notice base Palissy.

Cette œuvre appartient donc au groupe des "Pietà aux anges de douceur", ou plus généralement aux crucifix où le Christ mort est assisté par deux anges. Voyez par exemple mon commentaire sur la Pietà de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou, où je donne une synthèse de l'iconographie.

 

Ici, l'ange de gauche soutient tendrement la tête du Christ, tandis que le deuxième ange enveloppe d'un linge les pieds.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Saint Budoc. Kersanton, XVIe siècle.

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a) Notice base Palissy

2003/01/09 : inscrit au titre objet

h = 135 ; la = 57 ; pr = 50 Saint Budoc en pied, en tenue d'évêque, tient la crosse de la main droite.

b) Saint Budoc : Evêque fêté le 9 décembre

 "Dans sa vie de saint Guénolé, écrite entre 850 et 885, Gurdisten reprend une tradition ancienne, selon ses propres paroles, quand il nous décrit Budoc comme "ministre angélique, richement doué de savoir, remarquable par sa droiture, que tout le monde de ce temps considérait comme l'une des plus fermes colonnes de l'Eglise". Budoc était le "maître" de l'Ile Lavret (Laurea), où Gwénolé fut, dès son enfance, élevé comme son disciple. Avec Maudez puis Budoc, nous sommes à la fin du 5e siècle et à l'aube de la grande expansion du monachisme chez nous : monachisme d'ermites où chacun a son "peniti" ; et, quand il s'agira d'un monastère, l'abbé continuera souvent à vivre en ermite (voir Goulven, Goeznou, Gwénolé) ; l'influence orientale reste prépondérante. Le culte de saint Budoc est couramment lié à celui de saint Gwénolé.

Saint Budoc (ou Beuzec) était le patron de l'ancienne paroisse de Beuzec-Cap-Caval (aujourd'hui en Plomeur). Il est toujours le saint patron des églises paroissiales de Beuzec-Cap-Sizun, Beuzec-Conq (en Concarneau), Trégarvan, Plourin-Ploudalmézeau et Porspoder." https://diocese-quimper.fr/fr/se-ressourcer/les-saints/story/917/saint-budoc

Saint Budoc, fils de sainte Azénor, fille du roi de Brest  donna son nom à la paroisse de Beuzec.

Les pêcheurs, obligés de lutter avec la mer ne croient pas avoir de meilleurs patrons que sainte Azénor  voguant sans voiles et sans rames  et son fils saint Beuzec, Buzec ou Budoc (littéralement le noyé, ou sauvé des eaux) .

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On comparera cette statue à celle de saint Guénolé (disciple de Budoc) en abbé (kersanton, vers 1520) dans l'ancienne abbaye de Landévennec ; il tient également  la crosse de la main droite.

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-reliquaire-et-les-statues-de-saint-guenole-au-musee-de-landevennec.html

Il est plus exact d'écrire que saint Budoc, si on admet cette identification non fondée, est représenté en abbé et non en évêque. Il s'agit peut-être aussi d'une statue de saint Guénolé, puisque nous sommes ici sur une possession de l'abbaye de Landévennec.

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Plaque émaillée à l'entrée du cimetière. Photo lavieb-aile.

Plaque émaillée à l'entrée du cimetière. Photo lavieb-aile.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La reliure ou couverte du livre qu'il tient porte cinq cercles placés en quinconce.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La mitre est également orné de de groupes de cinq fleurons en quinconce placés de chaque coté d'une bande verticale médiane décorée d'un fleuron et de deux languettes.

La mitre porte bien entendu des fanons.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Nous pouvons remarquer aussi que :

La crosse est tenue à droite, le crosseron (à crochets) orienté de façon axiale.

Cette crosse est tenue par l'intermédiaire d'un sudarium.

Des bagues sont enfilés sur chaque doigt long de la main droite (comme la statue de saint Guénolé à Landévennec).

Un manipule pend au poignet gauche, avec son gland de passementerie.

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IV. LE CLOCHER ET SES TÊTES.

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L'église paroissiale de Trégarvan partage certaines caractéristiques géologiques et stylistiques avec d'autres édifices religieux du Parc Naturel Régional d'Armorique. On retrouve, par exemple, des flèches à arêtes sculptées figurant des têtes humaines entre autres, à Landévennec (église paroissiale), à Dinéault (chapelle Saint-Exupère de Loguispar), à Brasparts (église paroissiale Notre-Dame et Saint-Tugen) ou encore à Pleyben (chapelle de la Madeleine). (d'après C. Douard)

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La galerie de la tour est cantonnée par quatre têtes, (deux têtes humaines et deux têtes animales), et l'élévation ouest est encadrée de deux crossettes (un ange et une sirène) : elles seront étudiés dans un article propre.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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V. LE CLOCHER : LES DEUX CLOCHES.

LA CLOCHE MARIE JOSEPH ANNA (1880).

Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude

Cette cloche a été fondue, comme celle de la chapelle Saint-Jean et celle de Guengat, celle de l'hospice de Châteaulin, celle de la chapelle Saint-André d'Ergué-Gabéric (1854) par Jean Fondeur, de Quimper, en 1880. Haute de 70 cm, elle porte  en ornementation un Salvator Mundi, et  l'inscription : 

PAROISSE DE TREGARVAN M. JOSEPH BARBOU RECTEUR J. M. MOAL MAIRE HERVE LAGADEC TRESORIER JE M'APPELLE MARIE JOSEPH ANNA JEAN MEROUR PARRAIN MARIE LAGADEC MARRAINE L'AN 1880

JEAN FONDEUR QUIMPER

LA CLOCHE DE 1859.

Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude

Egalement fondue par Jean Fondeur à Quimper, et haute de 76cm, elle est ornée d'une Vierge, d'une gloire et d'une étoile, avec l' inscription :

PAROISSE DE TREGARVAN MR POLIQUEN RECTEUR MM J. M. MOAL MAIRE J. CAPITAINE ADJOINT M. H. MOAL TRESORIER S. J. L. NICOLAS P. ALL LAGADEC F. P. J. LOUIS BATANY M. J. N. MEROUR

JEAN FONDEUR A QUIMPER 1859

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Elles sont ornées en début de ligne par des manicules dont l'index et l'auriculaire sont  tendus vers des couronnes ou O.

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L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.
L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.

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VI. UNE CROSSETTE.

Angle sud-est : un chien (?) attaquant sa proie.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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 L'INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.

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Trégarvan, est une ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841. Son église est en forme de croix latine, comprenant une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un chœur profond terminé par un chevet à trois pans. L'édifice présente des restes du XVIe siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIe siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept. (Couffon)

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES : 1706 et 1590 (?).

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1°) dans l'évasement du mur nord au dessus du 2ème pilier de la nef.

Un bloc de pierre sombre, de 53 cm sur 28 cm en deux fragments :

M : Y : CAPITAI

NE : P : I : GOVEOC

A : MARC : 1706 (ou A : MARO)

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M :  Y : CAPITAINE : P : I : GOVEOC / A : MARC  : 1706.

Interprétation possible  : "Messire Yves Capitaine Prêtre, I. Goveoc et A. Marc (fabriciens), en 1706."

a) le nom Capitaine est attesté comme nous l'avons vu. La lettre M précédant l'initial du prénom m'incite à y voir le titre messire qui précède le nom des recteurs, et la lettre P la mention "prêtre", mais aucun prêtre de ce nom n'est mentionné dans la paroisse d'Argol, dont Trégarvan est la trève jusqu'en 1842. Un "Yves Capitaine " est mentionné à Trégarvan, mais un peu plus tardivement puisque ses parents sont nés en 1704 et 1699.

b) le patronyme GOVEOC n'est  attesté, ni à Trégarvan ou Argol, ni comme patronyme en France. Nous trouvons en Bretagne Le Govec (diminutif de Le Goff : Le Goffic, Le Govic, Le Gouic,  Le Govec). Peut-être  une graphie dérivée de (LE) CORREOC ? Dans cette famille où Jean est attesté en 1685 à Dinéault, Anna Le Correoc épousa Yves Capitaine, et décéda à Brigneun, Trégarvan, en 1772.

c) A : MARC ou MARO pourrait correspondre aux patronymes Le Maro, Le Marchou, Le Marc'h, Le Marc, dérivé du breton marc'h, "cheval".

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Dans l'évasement du mur nord au dessus du 3ème pilier de la nef (1570 ? 1590 ?)

Elle semble être un fragment d'une inscription plus complète. Elle est elle-même traversée par une fissure (comblée de mortier ?). Les lettres latines sont irrégulières. On trouve des lettres conjointes liant entre eux le nom et le prénom, et un N rétrograde. La lecture est hasardeuse, notamment celle de la date, pourtant cruciale.

70 cm x 43 cm.

 

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Je lis 

YVOCAPYTE

ETON : 1570

 

Couffon a lu : " YVO CAPITE.../PETON. 1590. "

On peut penser à Yvon Capiten (Capitaine) , et , peut-être au patronyme Peton ou Petto

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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LES SABLIÈRES ET BLOCHETS : 1670 (NEF) et 1720 (CHOEUR).

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1°) Les sablières de la nef.

Si les trois travées découpent la nef, ce sont cinq entraits (poutres transversales que je numérote 1 à 5 d'ouest en est)) qui scandent la charpente lambrissée. Des pannes sablières sculptées s'intercalent entre les entraits, de la tribune de l'ouest jusqu'au chœur. Les premières ne sont ornées que d'une frise de tulipes, sans intérêt. Les pièces anciennes débutent après le premier pilier et le troisième entrait.

Je décrirai d'abord les sablières du coté nord, d'ouest en est.

a) Les sablières de la nef du coté nord. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet nord, contre le troisième entrait.

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C'est un personnage peut-être féminin, taillé dans une pièce de bois rectangulaire comme une poutre, sans aucune extension latérale. De ce fait, les cotés sont rabattus ; ils ressemblent à deux feuilles nervurées, mais pourraient être les ailes d'un ange.

Ce personnage est vêtu d'une tunique boutonnée de haut en bas, et serré au cou par une fraise courte mais cet habit est peu réaliste.

Deux éléments stylistiques doivent être notés :

a) le menton en godet ou en rideau forment avec les joues rondes un contraste particulier. Ce détail se retrouve sur le bas-coté sud de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic en 1661.

b) les trous forés assez profondément pour représenter les yeux et les boutons. Ils sont soigneusement exécutés, très réguliers, et nous allons les retrouver régulièrement. J'émets l'hypothèse qu'ils ont pu servir de mortaise pour des éléments décoratifs colorés.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Première sablière nord ancienne, entre le 3ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

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Cette frise est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.

Elle se double d'une étroite  frise inférieure, faite de pampre avec ses grappes.

Trous pour les yeux de l'angelot et de l'oiseau.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Deuxième sablière nord ancienne, entre le 4ème et le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Inscription sur la frise inférieure, à droite.

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I MAZEAV  FA : 16 / 76

René Couffon a lu : " M : I : MAZEAV : FA : 1676.  sur la corniche du choeur "

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Les généalogistes signalent à Trégarvan Budoc Mazeau, décédé le 2 février 1718. Ou un Jean Mazeau, compatible avec l'initiale I de Ian, dont le fils Nicolas s'est marié en 1717.

L'inscription, placée dans la frise sous-jacente à la sablière ornée, et tracée en capitales romaines très géométriques, est comparable à celles de la nef de la chapelle Saint-Côme à Saint-Nic, datées de 1641. Les lettres elles-mêmes sont identiques, hormis le A dont la traverse est droite à Saint-Côme, et en V ici. .

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

 

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Les sablières anciennes de la nef , coté sud, du chœur vers l'ouest.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Troisième sablière sud ancienne, après le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Deuxième sablière sud ancienne, entre le 5ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Première sablière sud ancienne, entre le 4ème et le 3ème entrait. Deux dragons affrontés attachés par un anneau entourant le cou.

Cette pièce est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.

Les caractéristiques en sont ici :

  • les écailles du corps traités, selon les zones, par deux entailles différentes, soit en coup de biseau, soit en ligne irrégulière et sinueuse.
  • Les plages du corps lisses, dépourvues d'écailles, 
  • les langues dont le caractère épineux est figuré par un aspect foliaire.
  • Le fouet des queues traité comme des épis ou des grappes.
  • Les trous des pupilles.

Toutes, sauf les langues foliées, sont présentes à Saint-Nic.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet sud, en avant du 3ème entrait. Ange ?

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Menton en galoche ou godet (cf. supra)

Vêtement stylisé, non réaliste.

Trous d'ornementation pour les yeux, la collerette et la ceinture.

La collerette en larges pétales , comme celle d'un Pierrot, se retrouve sur les blochets de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de Saint-Nic.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les six blochets et les sablières du chœur (1720 et 1750).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°1.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°2.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière entre les blochets 2 et 3.

Inscription : IA 1750.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°3. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Inscription entre les blochets 3 et 4 :

I : F. MASEO : CVRE : BVJOC : LEPAN : FABICN

La notice Palissy mentionne : "sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

René Couffon a lu : " I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef."

Le chronogramme 1720 a pu être détruit lors de restauration, puisque la corniche s'arrête là, avant une pièce de bois récente. Néanmoins, il faut bien lire LEPAN et non LERAN, d'une part par constatation de la photo, d'autre part car le patronyme LE PANN est attesté à Trégarvan.

On transcrira donc : I : F : MASEO : CURÉ : BUDOC : LE PAN[N] : FABRI[QUE] [1720]

ou" I.F. Mazeau curé, Budoc Le Pann fabricien (1720 ?)"

Je ne trouve pas d'information sur Budoc Le Pann, mais la famille Le Pann est attestée à Argol, (Bodogat) et à Trégarvan (Yves Le Pann, 1689-1742, père de Michel, père d'Alain qui épouse Marie Mazeau en 1780 à Trégarvan).

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°4.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière entre les blochets 4 et 5.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Blochet du chœur n°5.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°6.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les sablières du faux-transept sud.

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Blochets et sablières de la chapelle latérale sud (Sainte-Marguerite).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet de gauche.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière de gauche, coté ouest du faux-transept. Deux dragons affrontés tête reliées par un anneau. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière de droite, coté ouest du faux-transept. Frise à pampre, oiseaux.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Oiseau picorant les grappes : notez les trous d'ornementation.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet de droite du faux transept sud. Ange et inscription MARIA.

Inscription MARIA avec les deux premières lettres jointes comme dans le monogramme marial. Le personnage en buste est un ange, dont les ailes se devinent sur les cotés et dont le col est stylisé en collerette à la Pierrot. 

Cou large, menton en godet, trous pupillaires.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Synthèse : les sablières de Trégarvan et l'atelier de Saint-Nic.

Les sablières sculptées de l'église de Trégarvan sont, finalement au nombre de six pièces : deux dans la nef nord, deux dans la nef sud et deux dans la chapelle sud. J'exclus les  autres pièces, celle du début de la nef, aux successions de "tulipes", et celles du chœur, en frise géométriques dont seules les inscriptions datées (1720 ? et 1750) sont dignes d'intérêt. 

Ces six pièces sont non seulement homogènes mais aussi répétitives, puisqu'on n'y trouve que deux motifs : celui des dragons affrontés et liés, et celui des pampres aux grappes picorées par les oiseaux, de part et d'autre d'une tête d'angelot.

À cet ensemble ne s'applique pas les dates de 1720 et 1750, mais la date de 1676 associée au nom du maître d'ouvrage le fabricien I. MAZEAU.

Nous devons attacher à cet ensemble de six sablières les 12 blochets (deux dans la nef, six dans le chœur et quatre dans la chapelle sud) car ils sont tous cohérents sur le plan stylistique et qu'ils ont des caractères de style communs avec ces sablières : utilisation de trous pour les pupilles et le décor, menton en godet, double contour des yeux en amande, lignes sinueuses ornementales, stylisation non réaliste des vêtements.

Ces six sablières et ces douze blochets  de 1676 peuvent, par ces caractéristiques, être attribuées au sculpteur d'une partie des sablières de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, réalisées en 1653 sous la direction du recteur Guillaume Perfezou, M. Kervarec étant fabricien, et où les deux mêmes motifs des pampres à angelots et oiseaux et de dragons affrontés sont réalisés à l'identique. Et au sculpteur des sablières des bas-cotés de la chapelle Saint-Côme, à Saint-Nic, réalisées en 1661 et 1670-1675 sous la direction du même recteur Perfezou, tandis que R.G Marzin était fabricien en 1661 et  Alain Roignant en 1675 ; et où les mêmes motifs des sablières s'associent au caractères des blochets, notamment le caricatural menton en godet.

Faut-il déduire des inscriptions datées de Saint-Côme que le sculpteur était cet Alain Roignant, qui se signale à deux reprises comme "charpentier" ? C'est ce que suggérait Sophie Duhem dans sa thèse de 1997 :

 

"Un autre compagnon se joint aux ouvriers [ Olivier Guillosou et Jacques "Bolesec en 1641 et 1646] ,  une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier.

Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670."

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Avec plus de prudence, mais en me basant sur des critères stylistiques précis et un corpus d'images placées en ligne, je propose de définir un atelier, celui du Maître de Saint-Nic, actif entre 1661 et 1676 entre les deux chapelles de Saint-Nic et l'église de Trégarvan.

Il reste à définir la filiation entre cet atelier et celui qui avait réalisé les sablières de la nef de Saint-Côme en 1641-1646. Par la parenté entre l'inscription MAZEAU FA 1676 et celles des sablières de  la nef (et non plus des bas-cotés) de Saint-Côme, ou par la présence d'ornementation par trous dans le corps des dragons de cette nef, je suis tenté d'étendre l'activité de cet atelier à la période 1641-1676. Définir, dans cet atelier, les différentes "mains", sera la tâche suivante.

 

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LA STATUAIRE.

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I. Les statues du chœur.

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1°) Saint Budoc. Pierre polychrome. XVIIe

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Le saint est représenté en évêque avec mitre rouge et or, chirothèque, pantoufles épiscopales, cape, surplis et soutane, mais il tient le bâton pastoral en forme de croix simple, sans crosse ni double traverse.

Notice Palissy : h = 135 ; la = 42 ; pr = 26

1992/01/21 : inscrit au titre objet

Ou bien Base Palissy  h =140, la = 40, attribuée à Roland Doré. Base réparée au ciment.

Emmanuelle Le Seac'h n'inclut pas cette œuvre dans son catalogue critique de Roland Doré.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Saint Pierre en premier pape.

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Base Palissy. inscrit MH 1992/01/21

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Sébastien.

Ce saint était invoqué contre la peste, ou les épidémies apparentées, tout comme saint Roch (infra).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Roch et son chien Roquet.

Le médecin de Montpellier Roch, en costume de pèlerin de Rome, montre sa plaie bubonique, tandis que son chien Roquet,, miraculeusement, lui apporte chaque jour le secours d'un morceau de pain.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La chapelle nord et le retable de saint Étienne.

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Base Palissy.

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Prédelle : la lapidation de saint Étienne.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Antoine. Bois polychrome, XVIIe ?

 

Base Palissy  Inscrit 1992/01/21

Attribut : son habit d'Antonin,  son cochon et son chapelet. Il manque la cloche et le tau, mais c'est le livre que devait tenir la main gauche.

Hauteur 90 cm, largeur 34 cm, profondeur 25. Inscription peinte S. ANTON.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Statues de la chapelle sud.

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La Pietà. Bois (chêne) polychrome, XVIe.

Base Palissy Yves-Pascal Castel et Claude Quillivic

1960/02/23 : classé au titre objet

Statue d'applique à revers évidé, haute de 90 cm et large de 40 cm. La Vierge est assise, les mains jointes, le corps de son Fils étendu en arc sur ses genoux.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sainte Marguerite issant du dragon. Bois polychrome, XVIIe. 

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Base Palissy. inscrit MH 1960/02/23

Sainte Marguerite sort miraculeusement du dos du dragon qui l'avait avalé, et qui tient encore dans sa gueule l'extrémité du manteau bleu à revers rouge.

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Ses cheveux sont retenus par un bandeau postérieur, de même étoffe que le manteau.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Statue du bas-coté nord de la nef. Dieu le Père.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les fonts baptismaux. Grès, XVIe siècle.

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Base Palissy 

" grès peint faux granite ; cuve carrée, sur pied, avec piscine accolée de moindre hauteur, base commune ornée de moulures ; dimensions : h = 95" (Castel et Quillivic)

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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LES BANNIÈRES DE PROCESSION.

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Dans la tribune :

Velours rouge brodé 

SAINT PIERRE PRIEZ POUR NOUS.

SACRÉ COEUR DE JÉSUS SAUVEZ LA FRANCE.

Cette bannière peut être datée de la Grande Guerre 1914-1918 par son inscription votive patriotique.

 

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Bannières de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

Bannières de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Bannière de sainte Anne et de Notre-Dame de Lourdes.

Soie brodée, début XXe (?)

a) Bannière de sainte Anne.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de Notre-Dame de Lourdes.

inscription N-D DE LOURDES P.P. NOUS [Priez pour nous]

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de la guerre de 1914-1918 et de sainte Jeanne d'Arc.

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Soie brodée et peinte, cannetille. Début XXe.

a)  Bannière de la guerre de 1914-1918.

Inscription DON DES PAROISSIENS CONSOLATRICE DES AFFLIGÉS GUERRE 1914-1918.

La Vierge.

Une religieuse en cornette (probable sœur de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul) se penche sur le bras gauche garotté  d'un blessé dont elle pose le pansement.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320122201056nuca/4b322446-e624-4c07-ab04-a30a5dbd0e7a

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bannieres-de-procession-4/d49b2893-870c-46dc-a5e5-e003356dd97b

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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b. Bannière de Jeanne d'Arc.

Inscription JHESUS MARIA.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de Notre-Dame de Lourdes et de  l'ange gardien

 

a) Bannière de l'ange gardien : soie rouge. Inscription SOYEZ MON GUIDE.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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b) Bannière de Notre-Dame-de-Lourdes.

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N-D. DE LOURDES PRIEZ POUR NOUS.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La plaque tombale du dernier grenadier de Napoléon.

 

 

"Michel Hicher, grenadier de la garde impériale, est décédé à Trégarvan le 8 août 1857. En 2014, la plaque a été .redorée :

« Ici repose Michel Hicher né à Plonévez-Porzay, grenadier du 1er régiment de l'ex-garde impériale, Chevalier de la Légion d'honneur, décédé à Trégarvan le 8 août 1857 à l'âge de 86 ans ». 

Deux articles de  Jean-Jacques Kerdreux et de Patrick Jadé ont donné tous les renseignements sur ce grenadier : présentées dans « Avel Gornog » n°22 d'août 2013. 

Michel Hicher est né en 1771, au moulin de Lesvren en Plonévez-Porzay, dans une famille de meuniers de Dinéault (moulin de Tréfiec depuis 1760). Il fut enrôlé comme soldat de la Révolution lors de la levée en masse de 1794. ll devient fusillier du 1er bataillon des Ardennes.

Mesurant plus de 1,70 m, il devint grenadier dans l'armée d'Italie, sous les ordres de Napoléon Bonaparte.

Dans la 106e demi-brigade, il participe à la défense de Gènes en avril-juin 1800. Il est en Autriche en 1805, 1809, puis intègre le 1er régiment de grenadiers à pied de la garde impériale, l'une des quatre seules unités de la Vieille Garde et "la plus valeureuse de tous les temps". Cette unité accompagne Napoléon jusqu'à Moscou, et parvient à garder un ordre à peu près régulier pendant la retraite de Russie. 

 

Puis c'est la campagne d'Allemagne en 1813, puis la campagne de France en 1814, au cours de laquelle Michel Hicher reçoit la Légion d'honneur le 2 avril 1814, juste avant l'abdication de Napoléon le 6 avril. Il participe à la campagne de Belgique en 1815 mais est absent à Waterloo le 18 juin.

 

 

 

 

 En 1815, après 23 ans et 6 mois de service dont 23 ans de campagne,  il revient à Dinéault comme cultivateur. Il se marie le 25 septembre 1918 à Dinéault avec Laurence Bescou de Trégarvan et s'installe à Brigneun (Trégarvan). Il aura cinq enfants et aujourd'hui, plusieurs de ses descendants habitent la commune.

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Cimetière de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Cimetière de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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SOURCES ET LIENS.

—Base Palissy :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/dapapal_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Tr%e9garvan&DOM=MH&REL_SPECIFIC=3

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_8=REF&VALUE_8=IA00005336

"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980. Quimper, p. 356-357.

— CHAURIS, Louis. (2015) Pour une géo-archéologie du Patrimoine : Pierres, carrières et constructions en Bretagne. Revue archéologique de l ouest p. 259-283

https://journals.openedition.org/rao/925?lang=en

La langue bretonne emploie quelques termes pour désigner les roches, mais ceux-ci s’avèrent dans l’ensemble peu précis. Ainsi, la dolérite, appelée mein houarn ou menhouarn (pierre de fer), en raison de sa ténacité, n’est aucunement un minerai de ce métal. En presqu’île de Crozon, lorsqu’elles est altérée, la même roche est dénommée men rouz (pierre rousse) du fait de sa teinte ; plusieurs parcelles l’évoquent ainsi à Crozon : « Men roux » (section 36, n° 1364 à 1374) et « Parc Men roux » (section n° 36, n° 1375). Parfois, (à Trégarvan ou à Dinéault), les cultivateurs appellent la dolérite « Kerzanton », confusion éminemment fâcheuse (Chauris et Kerdreux, 2000). Il est rare qu’en breton le toponyme indique la nature de la pierre de manière relativement précise. 

— CHAURIS, L., KERDREUX, J.-J., 2000 – La dolérite : une pierre de construction singulière en presqu’île de Crozon, Avel Gornog (Crozon), 8, p. 18-23.

On trouve de la dolérite par exemple dans certains gisements affleurants dans le centre de la Bretagne et notamment près du village de Plussulien sur le site de Quelfennec qui est connu comme étant l'un des principaux sites de fabrication de haches polies de la période Néolithique qui s'exportèrent dans tout l'ouest de la France.

 

—CHAURIS, Louis. Un projet de haut fourneau à Trégarvan au XIXe siècle. Dans : Les Cahiers de l´Iroise, n° 147. Brest, 1990, p. 156-163.

— COUFFON (René), LE BARS, (Alfred), 1988,, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.;

"TREGARVAN Ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841.

EGLISE SAINT-BUDOC En forme de croix latine, elle comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un choeur profond terminé par un chevet à trois pans.

L'édifice présente des restes du XVIè siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIè siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions :

" BVZEC : CAPITEN : F : 1629. " au pan sud du chevet,

" N : LE SCOARNEC. FAB. 1658. " sur le mur de la sacristie,

" M : I : MAZEAV : FA : 1676. " sur la corniche du choeur,

" 1696 " et " MORO. F. " sous la galerie du clocher, côté sud, -

" M : Y : CAPITAINE : P :/I : GOVEOC : A : MARC : 1706. " sur un pilier de la nef,

" YVO CAPITE.../PETON. 1590. " sur un autre pilier de la nef,

" I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef,

" MI CAPITEN PBRE. " sur une sablière du choeur.

L'accès au clocher est extérieur. Une galerie à forte balustrade classique entoure la chambre de cloches. Au sommet des gables de la flèche, mascarons ; autres mascarons sur les arêtes. Ossuaire d'attache à deux baies. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept.

Mobilier Maître-autel en tombeau galbé. - Deux autels latéraux : au sud, petit retable à quatre colonnes lisses ; au nord, retable à deux colonnes torsadées évidées, représentation en bas-relief polychrome de saint Etienne dans le panneau central, et martyre du diacre dans la prédelle. Fonts baptismaux de granit."

Statues anciennes

- en pierre polychrome : saint " BVDOC " ;

- en bois polychrome : Dieu le Père portant la tiare et assis sur son trône, XVIIe siècle (porche),

-saint Pierre,

-saint Sébastien, XVIIe siècle (C.),

-saint Roch, XVIIe siècle (C.),

-sainte Marguerite, XVIIe siècle (C.),

-saint Antoine ermite, XVIIe siècle,

-Vierge de Pitié, XVIe siècle (C.),

-Christ en croix, XVIe siècle ;

- en bois doré : Immaculée Conception (statuette de procession), XVIIIe siècle.

Trois vitraux figuratifs dans le choeur, vers 1946.

Cadran solaire de 1698. 

A l'entrée de l'enclos, deux statues en kersanton :

Vierge de Pitié à genoux, contemplant son Fils étendu à terre et dont deux anges soutiennent la tête et les pieds ;

- saint Budoc en évêque.

Dans l'enclos, calvaire aux sculptures rongées par le temps, consoles vides ; sur le socle : " M Vc XXVII.

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. Presses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index . Voir pages 60 et 147.

— ARCHIVES PAROISSIALES.

https://diocese-quimper.fr/fr/archives/story/2484/archives-paroissiales-de-tregarvan

— — OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843, p. 917.

— OGEE, édition 1778 :

https://archive.org/stream/dictionnairehist01og#page/22/mode/2up

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Published by jean-yves cordier - dans Bannières. Sablières Inscriptions Chapelles bretonnes.
13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 19:54

L'église Notre-Dame de Rumengol (29).  I. Les inscriptions lapidaires.

Épigraphie lapidaire gothique XVIe siècle.

 

Voir aussi :

 

 

Et sur Rumengol :

 

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J'explore ici les inscriptions visibles à l'extérieur de l'église de Rumengol.

 

L'église Notre-Dame de Rumengol, lieu de pèlerinage attesté dès le 14e siècle, est un monument historique classé depuis 1985. La construction de l'édifice originel est attribuée au roi Grallon (5e siècle) et à saint Guénolé. La notice de la Base Mérimée PA00089926 © Monuments historiques, 1992 indique que   "L'édifice date du XVIe siècle (les deux porches, les portes et fenêtres, les murs du transept) par les Quelennec, vicomtes du Faou et fut largement reconstruite au XVIIIe siècle entre 1731 et 1754 (chœur, ajout des bras du double transept)."

Pourtant, le calvaire porte des armoiries qui le font dater entre 1433 et 1457, et les sculptures du porche sud ont conduit A. Mussat puis E. Le Seac'h à le dater vers 1468.

La première date inscrite sur l'église ne doit donc pas être considérée rapidement comme celle de sa fondation.

 

I. L'INSCRIPTION DU REBORD DE FENÊTRE SUD. 1523.

 

Sur la pente de l'appui de la fenêtre sud située à droite du porche, devant le calvaire,  on peut apercevoir une inscription en lettres onciales gothiques, dont la première ligne est en partie masquée par le grillage de protection du vitrail.

 : LAN : MIL :

- Vcc XXIII [Q]A (ou plutôt VccXXIJ A = 1524, à )

- H : GOUV  

- DE C  : FIST -

-- : C [3?]  : PIER

CIL. 

La lecture de cette inscription est incertaine. Sa transcription l'est encore plus . Le site Infobretagne donne : « L’an mil cinq cent vingt trois, Q(uéné)ah ( ?), gouverneur) de c(éans) tailla c(ette) pierre ». 

 

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Inscription de la pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de la pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Pente d'appui de la fenêtre sud, 1523, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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II. L'INSCRIPTION DE FONDATION. 1536.

 

Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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La première chose qui apparaît avec évidence lorsqu'on la découvre, dans la lumière tamisée par les pins du placître, c'est sa beauté. Si on s'en approche, on pressent qu'il s'agit d' un chef-d'œuvre de sculpture. 

1. Description.

Je décrirai d'abord son installation dans une fausse porte en anse de panier, inscrite sous une arcature gothique. Un rinceau de vignes alterne une marge feuille et son cep avec une grappe à une dizaine de reprise.

La pierre sculptée est rectangulaire, plus large que haute. C'est une pierre de  kersanton à grain fin, dont les caractères sont sculptés en réserve et donc en relief. On évalue sans peine la qualification nécessaire pour découper la pierre en préservant les fûts graciles des lettres. Elle comporte six lignes horizontales sans cadre, ni marges ni réglures,  d'une écriture gothique arrondie. Les quelques 75 à 78 lettres sont des majuscules gothiques pour la plupart, et seules les lettres D, G et H sont en onciales. Le style n'est pas le même pour les deux dernières lignes, dont les lettres sont moins hautes, plus épaisses et moins ornées. L'ensemble est, globalement, en très bon état de conservation, malgré quelques réserves qui seront faites plus loin.

–Dimensions : 58 cm de long sur 47 cm de large.

–Hauteur des lettres : 8 cm pour les 3 premières lignes. 5,5 cm pour les deux dernières.

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Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Examinons les premières lettres : LA

Le fût ou haste du L est perlé par l'adjonction d'une perle entière de chaque coté. Chaque extrémité du fût se termine en fourche dont chaque branche reçoit un empattement, ce qui forme à la base et au sommet un triangle à peine ouvert ou un losange. Ces extrémités  en losange évidé se retrouveront sur chaque lettre à la place des empattements habituels. Ces élargissements distaux évoquent aussi ceux de la croix dite "pattée".  Je les désignerai faute de mieux sous le nom de "patte en carreau" (de carte à jouer). 

 La traverse horizontale du L est remplacée par un crochet à deux  pattes à carreau.

Le A est doté au niveau de sa pointe d'une traverse ou plateau débordant et d'une barre transversal à chevron. Ce chevron forme une boucle à son sommet. 

Les fûts de ces lettres sont droits, mais leurs bases élargies par les "pattes à carreau" leurs donnent un aspect convexe. 

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Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Ponctuation.

Chaque mot est séparé du voisin par un deux-points. Sur la première ligne,  les deux points de ces derniers sont réunis par une ligne en "ouïe de violon" ou en "f", selon un procédé retrouvé aussi en la chapelle de Rocamadour à Camaret (1527), et à l'église Saint-Sauveur du Faou (1593). 

Seulement, la ligne en question s'est brisée et n'apparaît plus qu'en pointillé. Cela s'est peut-être produit lors de la sculpture de la première ligne, amenant l'artisan à se contenter ensuite de d'un point en losange plein sur la seconde ligne, de retenter un eux-points en "ouïe de violon" en fin de ligne, puis d'y renoncer ensuite au profit d'un deux-points en losanges pleins.

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Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Sur l'image précédente, j'ai cerclé aussi le caractère en forme de 3 que je lis comme une lettre Z gothique du mot CENTZ (voir Lecture infra), agrémentée de son empattement.

 

 

 

Exemple de graphie : A deiz en deiz (Catholicon, 1521)

L'orthographe "centz" se trouve dans l'Histoire de Bretaigne d'Argentré, ed. 1588. 

Ou tout simplement sur la plaque de fondation de la chapelle de Bonne-Rencontre à Rohan, dans l'écriture du chiffre 1510  sous la forme" mill cinq centz X"

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On comparera cette écriture gothique où prédominent les  majuscules en dentelle courbe, gracile et exubérante avec celle, beaucoup plus sobre  de la fondation par Jehan II de Rohan du Pont de Landerneau (1510), en minuscules gothiques aux fûts droits serrés, et réguliers mais non dépourvus d'ornementation, et avec celle de l'église toute proche de Saint-Sauveur du Faou, plus tardive (1593) , en minuscules gothiques à empattements très discrets, aux fûts également droits comme une gothique textura, mais dont les jambages s'envolent en courbes gracieuses.

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2. Sa lecture et son interprétation.

Le XVIe siècle n'est pas si éloigné de nous. Pourtant, déchiffrer une inscription lapidaire, sur le mur d'une église bretonne, peut s'avérer un exercice plein d'embûches. Celle de Rumengol m'en offre un nouvel exemple. Malgré une similitude apparente des transcriptions des auteurs de référence en matière de description du patrimoine religieux du Finistère, un examen attentif montre des différences infimes, mais significatives.

1°) Le premier sans doute à la relever fut le chevalier de Fréminville en 1832. Il écrit :

"L'église de Rumengol, comme toutes les autres en ce pays, fut d'abord  en bois  ; celle qu'on y voit aujourd'hui bâtie en pierre le fut en 1536 : elle est grande et assez belle, et son intérieur est  décoré d'une profusion de sculptures de mauvais goût d'ailleurs, et toutes dorées. Le clocher élevé et travaillé à jour est d'un style élégant et hardie. Sur une pierre placée près de l'angle de sa façade, on lit cette inscription sculptée en lettres majuscules gothiques fleuronnées :

 

L'an mil ciq cens trente  VI, le XIIII jour de may fust fundé. Guenolé go. H. Inisan Fabrique frt lors.

Il faut la lire ainsi : L'an mil cinq cens trente six, le quatorzième jour de may fust fundé. Guenolé gouverneur et H. Inisan fabrique furent lors.

Ce relevé est précis, les tildes sont figurées, mais il ajoute une apostrophe (L'an), écrit cens plutôt que centz,   et introduit une ponctuation arbitraire. Il lit "Inisan" et non "Inison". Il corrige les V en U. Dans sa transcription, il mélange les tournures et orthographes de moyen français avec sa propre lecture. Surtout, il détermine la phrase dans un sens particulier, qui va être suivi par les successeurs.

2°) Le second à se donner la peine de relever ce texte fut le chanoine Abgrall, en 1896. Il publia son relevé en 1898 puis en 1916 (figure). 

 

 

 

 

 

 

 

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Comme rien n'est facile, nous constatons un meilleur respect du texte (pas d'apostrophe, respect partiel de la ponctuation par deux-points). Mais le Z de centz est omis,  il lit aussi "Inisan" et surtout, il introduit une erreur de date en écrivant TRENTE VII au lieu de TRENTE VI. 

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3°) René Couffon et Alfred Le Bars (1988) écrivent :

Près du porche, une inscription en lettres gothiques fleuries donne la date du début des travaux : "LAN. MIL. CIQ / CENTS. TRENTE VI. /LE. XIIII. IOVR. DE/ MAY. FVST. FVNDE. / GVENOLE. GO. H. INISON / FABRIQVE. LORS."

La lecture d'"Inison" est correcte. L'ancienne graphie V est reprise. Les deux-points sont réduits à un point. Les auteurs ne se risquent pas à une transcription.

4°) Le site remarquable d'Infobretagne (consulté en 2016), avec un superbe dossier photo, écrit :

" Lan Mil Ci(n)q cents trente VI, le XIIII jour de may fust funde Guenole Go. H. Inisan Fabrique lors ".

  (Gwénolé Gouverneur Hervay Inisan fabrique alors ». 

Le relevé du texte est scrupuleux mais omet les deux-points, et reprend la faute sur Inisan. Surtout, la transcription attribue un prénom (Hervay) à cet Inisan sans l'argumenter. (Je découvrirai la source de cette transcription : la brochure de l'abbé Billant en 1924 p.38)

5°) L'article Wikipédia propose

« L'an mil ciq cens trente VI, le XIHI jour de may fust fundé. Guenolé go. H. Inisan Fabrique. »

et achoppe donc sur la lecture de XIIII, les deux I aux fûts perlés en abusant pour un H.

6°) Emmanuelle Le Seac'h (2014), très attentive et précise dans sa lecture des inscriptions, donne en note de sa description du porche le relevé suivant (p. 106) :

"LAN :MIL :CI[N]Q / CENTS : TRENTE VI : / LE XIIII : IOUR : DE / MAY : FVST : FUNDE / GVENOLE : GO (VERNEUR) : H : INISON / FABRIQUE : LORS".

Presque sans faute, malgré la modification du Z de CENTS et l'omission de 2 ou 3 signes entre FABRIQVE, et LORS.

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Et maintenant, monsieur le donneur de leçon, voyons comment vous allez vous en tirer. 

Je lis :

LAN : MIL : CI[N]Q

CENTZ :TRENTE . VI :

LE : XIIII : IOVR : DE

MAY : FVST : FVNDE

GVENOLE : GO : H : INISON

FABRIQVE T---LORS

"L'an mil cinq cent trente six, le 14 jour de mai fut fondé Guénolé Go H. Inison fabrique -- lors".

La date du 14 mai 1536 nous place sous le règne de François Ier, et cinq jours avant la décapitation d'Anne Boleyn par ordre de Henri VIII. Dans l'histoire de l'écriture et de la typographie, nous sommes 85 ans après le premier livre imprimé par Gutenberg (1451), 35 ans après les derniers incunables (1501) – parmi eux, le Catholicon de Jehan Lagadeuc date de 1499–, 7 ans après la parution du Champ Fleury de Gabriel Tory (1529),  mais avant la création des caractères typographiques de Claude Garamont, fils de l'imprimeur morlaisien Yvon Garamour. 

Plus significativement, nous sommes alors 15 ans après la parution du Catholicon édité à Paris par Yvon Quillivéré (1521). Ce qui permet de comparer les lettres gothiques majuscules :

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Si nous cherchons à situer cette inscription dans l'organisation de la sculpture sur pierre du Finistère mise au point par E. Le Seac'h, la date de 1536 peut correspondre :

  • à l'atelier de Landerneau de Bastien et Henry Prigent
  • à divers petits sculpteurs de la Renaissance bretonne de 1511 à 1542 (Toinas et Conci 1511, Maître de Cast v.1525, S. Coëtdeleu v.1527, ),

mais exclut totalement le célébrissime sculpteur de kersanton Roland Doré (1618-1663).

La date du 14 mai 1536, près d'un mois après Pâques, qui tombait alors le 16 avril, peut être celle de la pose de la première pierre de la nouvelle église ("fut fondée") plutôt que celle de sa dédicace. Soit cette date était fixée longtemps à l'avance, soit la pierre a été sculptée dans l'année ou les quelques années suivantes : le travail de sculpture peut dater de 1537-1538. 

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L'interprétation habituelle du texte peut être soumise à discussion. En effet, sa seconde partie est ambiguë. Dans son acceptation acceptée communément "L'an 1536, le 14ème jour de mai fut fondé Guénolé Gouverneur H. Inison Fabrique  lors", le verbe n'a pas de sujet.

Dans les autres exemples suivants, le sujet n'est pas omis. :

"Le 18e jour de mai l'an 1544, furent ces chapelles fondées J. Elez fabrique" (Saint-Sauveur, Le Faou)

"Y. Quelfellec . fab. Ce pingnon fut parachevé lan mil cix cent quatre, le 8 juillet." (Rosnoën)

"L'an 1527 fut fondée la chapelle Notre-Dame du roc" (Rocamadour, Camaret)

"Y : VIGOVROVX : FF : FAICT : FAIRE : CETTE CHAPE(LLE) P 1581 " (chapelle Saint-Trémeur à Plougastel.

" Y[ves] toux  procureur lan mil CCCC IIII XX  + cinq [1485] : au cõmenceme[n]t   de . ceste . chappele". (Église de Brennilis)

Il est donc nécessaire d'envisager, ne serait-ce qu'une fois, la possibilité que "Guénolé" soit le sujet du verbe . Nous aurions "L'an 1536, le 14ème jour de mai fut fondé Guénolé  Go,  H. Inison Fabrique pour  lors". On sait que saint Guénolé est à l'origine, avec le roi Gradlon, de la fondation de Rumengol selon la légende, que sa statue se trouve sur la fontaine de pèlerinage, et son effigie sur un vitrail, certes tardif, de l'église. 

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Enfin, il faut s'interroger sur les 2 ou trois derniers caractères qui précèdent LORS sur cette inscription, et dont le relevé est parfois omis. Juste après le E de FABRIQVE vient la lettre T, (j'ai cru d'abord à un P) dont la moitié gauche de la traverse est brisée  lecture est certaine. Puis vient un 3 auquel vient s'accoler un S inversé et informel. Ces deux caractères qui n'en forment peut-être qu'un échappent à mes tentatives de déchiffrement. 

In fine, j'adopte la suggestion de l'abbé Billant, auteur d'une brochure de 1924 qui voit en ce Guénolé le gouverneur, et en Henri Inison le trésorier. D'où les deux lettres TR après FABRIQVE.

Donc ma transcription est :

"L'an 1536, le 14ème jour de mai (cette chapelle) fut fondé(e) (par) Guénolé Go(uverneur)  H. Inison fabrique tr(ésorier) lors".

 

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Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Inscription de fondation 1536 (détail), église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Discussion.

Notons d'abord que le Finistère ne dispose pas de datations épigraphiques pour la période 1150-1420, que les seules dates épigraphiques du XIVe siècle se trouveraient sur une croix de Plogonnec (1305) et sur un calvaire à Plozévet (1400). Les inscriptions épigraphiques sont recensées sur le plan national par le Corpus des inscriptions de la France médiévale, mais le champ d'étude de ce dernier s'arrête au XIIIe siècle. Le volume 23 du Corpus, paru en 2008,  concerne les régions Bretagne et Pays de la Loire : sur les six départements, le Finistère ne totalise que 15 inscriptions (dont 8 disparues !), alors que la Vendée en compte 38 et la Loire-Atlantique 59.

Un atlas iconographique de l'épigraphie lapidaire  du Moyen-âge tardif et de la Renaissance pour les 333 églises, 465  chapelles, et 23 ossuaires du Finistère, manque ici "cruellement". La meilleure source reste la liste du chanoine Abgrall dressée en 1896 et publiée en 1898; elle totalise 337 inscriptions relevées sur 86 paroisses et 149 monuments religieux ou civils. L'auteur la compléta en 1915-1916 avec un total de 505 inscriptions, du XVe siècle et au delà. 

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III. LA DATE DE 1631 SUR LE COTÉ NORD-EST.

La chambre forte au nord a été rajoutée en 1631.

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1631, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

1631, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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IV. LE CADRAN SOLAIRE DE 1638 

Le cadran solaire gravé sur ardoise.

Inscription :

A NOTRE DAME DE REMETOLL. 1638. IESVS AVE MARIA.

Le mot REMETOLL vient du breton remed-holl qui signifie "tout remède". Le nom de Rumengol a été relu par l'étymologie populaire pour venir prier dans cet ancien sanctuaire druidique "Notre-Dame-de-tout-remède", qui guérit tout.

Cf Olivier Escuder, "Paroles de soleil Devises des cadrans solaires en France" Tome I, , Edition Le manuscrit 2005.

https://books.google.fr/books?id=T62V8zfcKtwC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Michel Laos, Cadrans solaires du Finistère

http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_chateaulin.php

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Cadran solaire de 1638, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Cadran solaire de 1638, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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V. L'INSCRIPTION DE LA SACRISTIE. 1694.

Elle est sculptée dans le linteau de la fenêtre à barreaux de la sacristie. Le texte est sculpté en relief sur deux lignes placées dans des cartouches en creux. Lettres capitales romaines (et b minuscule) et chiffres arabes. Ponctuation : deux-points. Langue latine pour la ligne supérieure. Non relevée par Abgrall.

HANC  : F : CVRAVIT

IAC : bALLAY : 1694

"Jacques Ballay a surveillé en 1694 la construction de ceci."

(Curavit vient du verbe curo, as, are : "avoir soin, veiller, s'occuper de, veiller à l'exécution (d'un pont par ex.)". Accessoirement car ce n'est pas le sens ici, le participe passé de curo, curatus, à donner le mot "curé", celui qui veille (sur les âmes). A l'ère gallo-romaine, la formule facere curavit, faciendum curavit  "a pris soin de faire"  était si courante qu'elle s'inscrivait sous forme d'initiales sur les monuments : F.C. ou, pour un autel, H.A.F.C Hanc aram faciendam curavit.

La sacristie, avec toiture en carène renversée, date donc de 1694. 

On trouve la famille Ballay ou Balay établie à Rosnoën et le Faou, avec des mentions d'un Jacques Ballay en 1697 (Jacques Ballet), 1699 et 1704 sur ce forum généalogique.

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=18525

Jacques Ballay,  époux de Marguerite Le Jollec (née le 14-02-1667, du manoir de Kermorvan en Quimerch ) et père de Mathurin Ballay qui fut procureur à Châteaulin, demeurait à Pennanprat à Rumengol. Vivant en 1708 et en  1730 où il était témoin du mariage de son fils.

Voir aussi Jacques Balay, né en 1670, demeurant à Penanprat, fils de Jean Balay et de Marguerite Cevaer, dans la généalogie Poulmarc'h/Le Bault par Joel Morvan :

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20615

Et voir dans ce blog  l'inscription des Fonts baptismaux de 1660 de l'église Notre-Dame de Rumengol : "Y : BAVT : F : 1660 :  A NOSTRE : DAME : DE : TOVT : REMEDE" incitant à découvrir les liens entre les familles LE BAULT et BALLAY. 

 

 

 

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Sacristie 1660, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Sacristie 1660, église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Inscription de la sacristie, 1694, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Inscription de la sacristie, 1694, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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VI. LE PORTAIL DU PORCHE OUEST. 1698.

Je conviens qu'il ne s'agit pas d'une inscription lapidaire, mais je la cueille au passage. Il paraît incroyable que le portail en bois du porche ouest date de 1698. L'inscription a plutôt été recopiée sur la porte récente. On lit néanmoins : 

- - L GVERMVR 1698.

J'ai cru à une erreur pour Guermeur, mais un forum mentionne une Isabelle Le Guermur, marraine en 1712 d'un fils de meunier de Hanvec (tout proche de Rumengol qui en était la trève)

BRELIVET Laurens né le 25/12/1725 au moulin de Bodellec à Hanvec fils de rené et SALAUN Isabelle. C'est également un fils de meunier. 
Le couple BRELLIVET René x SALAUN Isabelle a eu d'autres enfants tous nés au moulin de Bodellec: 
Le 22/08/1712 Salomon dont le parrain était Brellivet Salomon marraine Le Guermur isabelle   

En 1628, un Jean Guermeur était gouverneur de l'église du Faou et y a apposé son nom.

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VII. LE BONUS.

Ce petit animal  à la tête de chauve-souris et la queue de serpent peut être aperçu sur le pignon sud du transept.

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pignon sud du transept, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

pignon sud du transept, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie) 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42. page 189.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163/f241.item

 

— ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère page 95.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f126.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f155.item

 

— ABGRALL (Jean-Marie) 1898, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, par M. l'abbé J.-M. Abgrall. Congrès archéologique de France : séances générales tenues à Morlaix et à Brest ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques Société française d'archéologie. Derache (Paris), A. Hardel (Caen) 1898 page 155. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356651/f222.image

 

— BILLANT N Abbé .1924, Rumengol, son sanctuaire et son pélerinage Éditeur: Impr. de la Presse Libérale, 1924.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

 

— CAMBRY (Jacques), SOUVESTRE (Emile), 1835,  Voyage dans le Finistère page 62.

https://books.google.fr/books?id=Rm32310wpkIC&dq=%C3%A9tymologie+Rumengol&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— CASTEL (Yves-Pascal), 1991,.Essai d'épigraphie appliquée. Dates et inscriptions sur les croix et calvaires du Finistère du XVème au XVIIIème siècle Ouvrage: Charpiana : mélanges offerts par ses amis à Jacques Charpy..Fédération des Sociétés Savantes de Bretagne, 1991.

— CHAMARD-BOIS Pierre ; HAMON Jean-Yves ; HERVE Gusti .2001,  Puiser à la source. Notre-Dame de Rumengol Éditeur: (s.n.), 2001.

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

— FAVREAU (Robert), 1979, Les inscriptions médiévales .Éditeur: Brepols, 1979. 

— FRÉMINVILLE (Christophe-Paulin de la Poix, Chevalier de), 1832,  Antiquités de la Bretagne, Finistère. Brest. Volume I page 282.

https://books.google.fr/books?id=d04bAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

— JADART 1898, Les inscriptions commémoratives de la construction d'églises dans la région rémoise et ardennaise, par MM. H. Jadart et L. Demaison
Société française d'archéologie. Auteur du texte. Bulletin monumental / publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont. 1834.1898 (SER7,T3 = VOL63).

— LAGADEUC (Jeahan), 1521,  Catholicon, Yvon Quillévéré, 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122841f/f4.image

LECLERC (Guy), 1996-97, Monuments et objets d'art du Finistère (année 1996) : Le Faou, églises Notre-Dame de Rumengol et Saint-Sauveur du Faou  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (126, p. 145-149)

LECLERC (Guy), 2000, Monuments et objets d'art du Finistère. Etudes, découvertes, restaurations (année 2000) : Le Faou, église Notre-Dame de Rumengol, porche méridional, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 2000, (129, p. 59-62)

— MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur).

— TREFFORT Cécile ; DEBIAIS Vincent ; FAVREAU Robert ; MICHAUD Jean ; BROUARD Jean-Pierre . 2008, Corpus des inscriptions de la France médiévale. : Côtes-d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan (région Bretagne), Loire-Atlantique et Vendée (région Pays de la Loire). Éditeur: CNRS Editions, 2008. 

 

Notre-Dame de Rumengol Éditeur: s.n., s.d..

Infobretagne :

http://www.infobretagne.com/faou.htm

Médiathèque des Monuments historiques

 

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr

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Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Inscriptions Chapelles bretonnes.
22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 21:08

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La baie 0, ou maîtresse-vitre, mesure 4,50 m de haut sur 2,30 m de large et comporte 4 lancettes trilobées au décor réparti en trois registres, et un tympan à 3 fleurs de lys et écoinçons. Elle est datée vers 1500 par les auteurs du Corpus Vitrearum, et est consacrée à la Vie de la Vierge. Le registre inférieur est perdu, il était jadis masqué par un retable. Il a été partiellement comblé de pièces par Jean-Jacques Gruber en 1967. Une restauration a été menée en 1996 par Jean-Pierre Le Bihan et son fils Antoine  avec remplacement des pièces manquantes, pièces collées et doublées. Le vitrail est classé MH à la date du 10 novembre 1906.

Le maître-verrier J-P. Le Bihan a donné dans son blog une multitude d'indications et de réflexions dans un article dont je citerai de nombreux passages.


Restauration : "Depuis une quinzaine d'années, avec le progrès technique, les ateliers de verriers ont à leur disposition des colles à base de silicone réversible qui ne jaunissent pas et permettent d'offrir une meilleure lisibilité aux pièces de verres, qui, brisées, étaient devenues illisibles à cause du nombre de plombs dits de casses. Cette verrière présentait de nombreux cratères où les mousses proliféraient. Les ferrures qui séparent les panneaux étaient rouillées et la rouille du côté extérieur s'incrustait dans ces cratères sous l'effet de la pluie. De plus, la pose, lors de la dernière restauration, avait été très mal faite. Les panneaux avaient été coupés sur les rives et étaient posés en superposition à la jonction des ferrures. Des pièces manquantes avaient été fournies. Certaines dénotaient n'étant pas dans l'esprit de la verrière. Cela se remarquait dans les dais et les socles d'architecture ainsi que chez certains personnages. Nous en avons conservé  in situ certaines à titre de témoignage des diverses restaurations des XIX et XXème siècles. Il s'agit de la tête du Roi Mage, de celle de Gabriel, de certains morceaux de vêtements chez les Rois Mages et toute la partie concernant Joseph dans la Nativité. Les panneaux du bas de Jean Jacques Gruber ont été remplacés par un nouvel accompagnement plus coloré. Ces panneaux au graphisme répétitif étaient conçus pour être moins visibles à l'origine, un panneau d'autel en cachait les deux tiers." (J-P. Le Bihan)

L'examen des registres anciens des lancettes montre l'alternance des couleurs des fonds : dans les panneaux supérieurs, deux fonds bleus encadrent deux fonds rouges, alors qu'au-dessous, deux fonds rouges encadrent deux fonds bleus. 

 

 Situation de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Situation de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

 

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Réalisés vers 1500, les 8 panneaux des  lancettes sont consacrés à la Vie de la Vierge. Le retable de l'autel placé  sous la maîtresse-vitre traite également du même thème, avec les sept panneaux de  l'Annonciation, la Visitation, la Nativité, l'Annonce aux bergers, l'Adoration des Mages, la Présentation au temple. 

—La même année 1500, les chanoines de la Collégiale de Beaune font tendre le chœur de leur église de 19 pièces de tapisserie relatant la Vie de la Vierge

—En 1503-1508, Jean Bourdichon peint les enluminures des Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Dans les Livres d'Heures, par lesquels les laïcs suivent au rythme de leur lecture et de leurs oraisons la liturgie des Heures, et la partie principale de ces Heures repose sur le Petit office de la Vierge, Officium Parvum Beatae Mariae. Dans cet Office, chacune des huit "heures" est associée à un moment de la Vie de la Vierge , et Jean Bourdichon réalise une enluminure pour chacun de ces huit temps. En outre, six de ces Scènes de la Vie de la Vierge correspondent aussi à des fêtes liturgiques, ce qui ajoute un autre repère temporel.

 la journée comporte sept heures canoniales et la nuit en comporte  une :

  • Matines ou vigiles : milieu de la nuit (minuit) : l'Annonciation. (25 mars)

  • Laudes : à l'aurore : Visitation. (31 mai)

  • Prime : première heure du jour (6 h) : Nativité. (25 décembre)

  • Tierce : troisième heure du jour (9h) : Annonce  aux bergers.

  • Sexte : sixième heure du jour (midi) : Adoration des Mages. (6 janvier)

  • None : neuvième heure du jour (15h) : Présentation de Jésus au temple. (2 février)

  • Vêpres : le soir (18h) : Fuite en Égypte.

  • Complies : avant le coucher (21h) : Assomption. (15 août)

Cette séquence n'est pas propre aux Grandes Heures, et se retrouve dans les Heures du duc Pierre de Bretagne, dans les  Heures de Charles VIII ou dans les Heures  de Louis XII, comme dans les Heures à l'usage de Bourges  imprimés par Simon Vostre pour ne citer que quelques exemples princeps, et en réalité dans tous les livres d'Heures. Cela veut dire que chaque fidèle aisé et s'adonnant à la dévotion moderne connaissait ces huit scènes de façon intériorisée par une fréquentation quotidienne de l'oraison, de la contemplation suivie de méditation sur l'image, et que la simple présence de ces images au dessus de l'autel entrait en résonance active avec ses lectures, avec sa foi chrétienne et avec sa mémoire temporelle des rythmes de ses jours. Ainsi, la scène de la Nativité, parce qu'elle était liée à Prime, était pour lui associé au thème de la lumière naissante, et il décryptait mieux la manière dont le corps de l'Enfant irradiait de ses rayons son environnement, ou la raison pour laquelle saint Joseph tenait une lanterne.

A Brennilis, deux scènes ont été ajoutées, tirées des évangiles apocryphes : l'entrée de Marie au Temple, et le Mariage de Marie. A l'inverse, l'Annonce aux bergers manque, et l'Assomption n'y est pas représentée, du moins dans les panneaux conservés. 

A la différence de le cadrage en buste que va instituer Jean Bourdichon dans ses enluminures royales, les personnages sont représentés en pied, et restent dès lors un peu théoriques, un peu lointains. Le souci de dévotion participative et empathique va bientôt modifier cela. 

Pour des  impératifs de lisibilité, les maîtres verriers simplifient au maximum le décor, renoncent à faire figurer des paysages, limitent le nombre des personnages (3 à 6). 

Ces vitraux peuvent être contemplés/médités de mille façon. Soit tout simplement pour se remémorer le texte-source et "réviser" son Histoire Sainte". Soit dans une empathie à l'égard des souffrances acceptées par la Vierge et par son Fils pour le salut de l'Humanité en général, et de chaque fidèle en particulier. Soit par souci de sacraliser le temps profane, chaque moment du cycle naturel de la lumière du jour étant relié à un moment de l'histoire du Salut. Soit selon une démarche plus théologique, pour montrer que chaque épisode de la Vie de la Vierge et de l'Enfance du Christ accomplit les Écritures de l'Ancien Testament (démarche typologique). Soit  dans un esprit polèmique pour affirmer la valeur et la validité des articles de la foi catholique face à la contestation de la Réforme. Et aussi, pour l'amateur d'art d'aujourd'hui, en étudiant et appréciant les détails techniques propres au métier de verrier. Ou encore dans une comparaison d'un thème iconographique dans ses développements historiques...

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Vie de la Vierge, lancettes supérieures,  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Vie de la Vierge, lancettes supérieures, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Pour suivre l'ordre chronologique, je décrirai les panneaux de la gauche vers la droite en débutant par le registre supérieur.

1. Présentation de Marie au Temple.

— État : "Bien conservé" (Corpus Vitrearum).

— Fête le 21 novembre depuis 1585.

— Source :Protévangile de Jacques chapitre 7 Sainte Anne et son mari Joachim, tiennent leur promesse de consacrer leur fille à Dieu et la conduisent au temple de Jérusalem à l'âge de trois ans afin de se mettre au service du grand prêtre. Celui-ci  l'accueille au sommet des 11 ou 12 marches de l'escalier. Le Protévangile insiste sur le fait que la fillette ne se retourna pas vers ses parents. Elle resta dans le Temple, nourrie par un ange, jusqu'à sa majorité (12 ans), et s'occupait de tisser le voile du Temple.  

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Entrée de Marie au temple,  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Entrée de Marie au temple, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Entrée de Marie au temple(détail),  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Entrée de Marie au temple(détail), baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Le mariage de Marie et de Joseph.

— État : "Bien conservé"

 — Marie est habillée, tout au long des huit scènes, de la même façon , avec :  un manteau bleu retenu par un fermail, et orné d'un parement à motif géométrique ; une robe lie-de-vin à encolure dorée marquée d'ovales à godrons dorés ; de fins souliers brun clair.

— Source : Protévangile de Jacques chap. 8 et 9Après ses 12 ans, Marie ne peut rester au Temple et doit être confiée à un homme veuf : tous sont convoqués et doivent apporter une baguette, car un signe de Dieu doit désigner l'élu. Toutes les baguettes des prétendants restent sêches, mais, de celle de Joseph, une colombe s'élève et vient se poser sur sa tête. Dans une autre version, la baguette fleurit. C'est celle qui est représentée ici, puisque Joseph tient dans la main gauche cette verge en fleur. Le grand prêtre réunit les mains des deux époux. L'artiste n'a oublié ni d'indiquer que Joseph est modeste et déjà âgé, ni que les prétendants écartés étaient pourtant plus riches (collier en or) et plus jeunes.

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Mariage de la Vierge,  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Mariage de la Vierge, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Mariage de la Vierge (détail),  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Mariage de la Vierge (détail),  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Mariage de la Vierge (détail), baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation.

— État : "Tête de l'ange restauré".

— Fête : 25 mars.

— Heure du Petit Office de la Vierge : Matines, correspondant à la nuit, très tôt le matin. L'Incarnation, si on l'assimile à la lumière divine, est ici seulement annoncée, mais n'advient pas encore.

— Source :Evangile de Luc 1: 28-33

— Le texte du phylactère s'enroule autour du bâton de l'ange mais on déchiffre le texte : ave gratia plena dominus tecum. (onciales gothiques ; hampe du p bifide ; abréviation dn~s et tec~u. iedentiques à l'enluminure des Grandes Heures)

Selon Françoise Thélamon, la formule Ave gratia plena a pu être considérée au début du XVIe siècle comme une affirmation de l'Immaculée Conception, si on tient compte du fait que le latin ave gratia plena Lc 1:28 traduise le grec chairé kécharitôménè qui signifie littéralement « toi qui as été et demeures remplie de grâce » et indique donc un état de grâce pleinement réalisé et permanent. D'autant qu'à la salutation angélique s'ajoute celle de la Visitation : « Tu es bénie entre toutes les femmes ».

— Comparer avec l'enluminure des Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 61v. A Brennilis, le prie-dieu et le décor de la pièce, avec leurs remplages flamboyants, restent de style gothique.

— En typologie, cette scène accomplit le verset d'Isaïe 7:14 Ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitur nomen eius Emmanuel, " Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on lui donnera le nom d'Emmanuel. puisque le verset de Luc 1:31 le reprend textuellement  : Ecce concipies in utero et paries filium et vocabis nomen eius Iesus. "Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. ".

 

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Annonciation,  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Annonciation, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation (détail),  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Annonciation (détail), baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Visitation.

— État : "Bien conservé, grisaille altérée sur les visages, carnation réchauffées de sanguine."

— Fête liturgique : 2 juillet (cf calendrier des Grandes Heures : Visitatio beate

— Heures : Laudes : office de l'aurore ("Lueur brillante et rosée qui paraît dans le ciel avant que le soleil ne soit sur l’horizon.", où on rend grâce pour le jour qui  va se lever. Le trésaillement d'allégresse ressentie par Élisabeth est le premier signe, le prémisse, l'aurore de l'Incarnation.

— Source : Luc 1:39-45. Benedicta tu in mulieribus et benedictus fructus ventris tui "Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni".

—  La scène se déroule en plusieurs temps : d'abord Elisabeth entend la salutation de Marie. Puis, aussitôt  son enfant tresaille d'allégresse (exulsavit in utero eius) . Puis Élisabeth est remplie de l'Esprit Saint. Puis elle s'écrie d'une voix forte   "Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni". et elle ajoute :  ecce enim ut facta est vox salutationis tuae in auribus meis exultavit in gaudio infans in utero meo "Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein "

L'Annonce par Marie révèle le caractère prophétique de saint Jean-Baptiste, qui, encore dans le sein de sa mère Élisabeth, re connaît la divinité et l'humanité de son cousin Jésus, lui-même dans le sein de Marie.  Non sans rapport avec la survenue de l'aurore, saint Bernard compare cette reconnaissance à un feu d'origine céleste, "Alors, non pas la prédication, mais l'inspiration se révéla à Jean, que l'Esprit avait rempli dans le sein même de sa mère.[...] Ce nouveau feu qui descendu du ciel un peu auparavant par la bouche de Gabriel était  entré dans l'oreille de la Vierge, et à son tour par la bouche de la Vierge dans l'oreille de la mère de Jean, entra dans le petit enfant pour qu'à partir de là le Saint-Esprit remplisse ce vase qu'il avait choisi et prépare le flambeau pour le Seigneur". 

— Iconographie : il existe deux sortes de représentations : soit les deux femmes sont debout et se tiennent les mains(Grandes Heures f.36v), soit, comme ici, Élisabeth est agenouillé devant Marie .

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Visitation ,  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Visitation , baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Visitation (détail),  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Visitation (détail), baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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DEUXIÈME REGISTRE .

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Nativité.

— État : "Tête de saint Joseph et pièces voisines restaurées".

— Fête : Noël, le 25 décembre.

—  Heures : Prime, première heure du jour après le levant, soit 6 heures du matin. La naissance du Christ correspond métaphoriquement au lever du soleil de la divinité.

—Source : Luc 2:7 et Matthieu Puer natus est nobis et fili datus est nobis.

La comparaison avec l'enluminure des Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 51v montre que Joseph tient entre ses mains, dans le vitrail, une bougie, peu visible mais réelle. En relation avec la métaphore de la lumière naissante, les rayons qui diffusent autour du corps du Christ sont parfaitement compréhensibles. L'Office de la Vierge, le fidèle prie la Vierge en disant  Quia ex te ortus est sol iustitiae Christus deus noster,  "Parce que le soleil de justice, Jésus-Christ notre Dieu est sorti de vous. "La lumière de la bougie de Joseph peut signifier, elle, la lumière de la foi humaine, alors que, dans l'enluminure et sans-doute sur le vitrail dans son état d'origine, la lumière du Père traverse le toit de la crêche. Voir aussi la Nativité de Robert Campin.

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Nativité, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Nativité, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Nativité, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Nativité, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Présentation de Jésus au temple.

— État : "Bien conservé ; grisaille altérée."

— Fête : Il ne s'agit pas d'une Circoncision (fêtée le 1er janvier), mais de la Présentation au temple, fêtée le 2 février, 40 jours après Noël. 

— Heures : ici : Tierce, troisième heure du jour (9 heures). "Dans l'Office divin, Il commémore le moment où l'Esprit Saint est descendu sur les apôtres" (Wikipédia). Mais le Nunc dimittis est récitée traditionnellement par les fidèles chrétiens avant le coucher du soir ou dans les offices funèbres.

Dans les Livres d'Heures, Tierce est associé à l'Annonce faite aux bergers, et la Présentation au Temple est reporté à None. 

— Source : Luc 2:22-38. Nunc dimittis servum tuum Domine secundum verbum tuum in pace.

Comme tout ce qui nous paraît simple, cet épisode est compliqué. L'évangéliste Luc indique d'abord que Jésus fut circonci le 8ème jour (cérémonie qui ne se faisait pas au temple, mais à la maison), puis que Marie et Joseph se rendirent à Jérusalem pour y accomplir deux cérémonies : celle de la Purification de Marie (qui exige  l'offrande d'un couple de tourterelles), et celle du rachat par un sacrifice animal de tout premier-né mâle au Temple à l'âge d'un mois. Or, dans le Temple, les époux rencontrent un vieillard, Siméon, : "Syméon prit l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes,et gloire d'Israël ton peuple. » Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qu'on disait de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. - Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. - Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre. » 

L'iconographie fusionne traditionnelement  la présentation de Jèsus au grand prêtre, l'offrande des tourterelles, Siméon (qui se substitue au grand prêtre) tenant Jésus dans ses bras et proclamant  le cantique d'action de grâce de Syméon , connu sous le nom de Nunc dimittis. Le récit évoque aussi Anne la prophétesse (Lc, 2:36-38), et celle-ci est souvent figurée parmi l'assistance. Joseph, ou une servante,  tiennent le panier contenant les tourterelles, et le cierge rituel. Ce cierge, auquel le nom profane de la fête du 2 février, Festa candelarum ou 'Chandeleur", fait référence, joue un rôle important dans la liturgie, l'office de la Purification débutant par la procession et la bénédiction des cierges, symbole de la pureté virginale. Au XIIe siècle, saint Bernard y fait allusion dans ses Sermons pour le jour de la Purification : "Nous avançons deux à deux, tenant à la main un cierge allumé, mais allumé à un feu consacré d'abord à l'Eglise par la bénédiction du prêtre, non à un feu ordinaire. ". La fête de la Purification de Marie fut instituée à Jérusalem dès 386, et dès 450 y a été ajouté la Procession des cierges. La fête est accueillie à Rome au milieu du VIIe siècle, sous le nom d’Hypapantê ou ‘Obviatio’ (Rencontre), ou de ‘jour de St Siméon’. Au milieu du VIIIe siècle, une nouvelle appellation se fit jour en pays francs, celle de purificatio Sanctae Mariae. Aux IXe et Xe siècles, les deux titres se concurrencèrent, puis le second prévalut. 

—Comparer à :

Enluminure de Bourdichon pour Anne de Bretagne folio 70v.

Enluminure de Jean Bourdichon pour les Heures de Louis XII

Ici, le maître-verrier, par souci de simplification, a placé (assez maladroitement)  le cierge dans la main de Marie alors que Joseph tient une canne. Siméon tenant l'Enfant nu et nimbé* dans un linge, est par contre très semblable à celui des enluminures, avec sa tête penchée, sa longue barbe témoignant de son âge, sa cape aux riches orfrois, et son nimbe qui indique qu'il ne s'agit pas du grand prêtre.

 *Il s'agit d'un nimbe dont le champ est cruciforme avec soit une grisaille tamponnée, soit avec en plus des enlèves à la pointe en raies de lumière.(J-P. Le Bihan)

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Présentation de Jésus à Siméon, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Présentation de Jésus à Siméon, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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La maîtresse-vitre ou baie 0 de l'église Notre-Dame de Brennilis.

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Adoration des Mages.

— État : "Bien conservé".

— Fête : Épiphanie, le 6 janvier. Mention Epiphania domini en lettres d'or sur le calendrier des Grandes Heures  (lettre dominicale f)

— Heures : Sexte ou sixième heure du jour (midi). Le terme "épiphanie" provient du latin chrétien signifiant "qui apparaît", du grec phaino "se manifester, apparaître, rendre évident" mais aussi "briller". La référence à la lumière solaire se poursuit, pour un temps liturgique où la divinité se dévoile dans toute sa gloire face aux Gentils (les rois des trois continents alors connus), mais la référence va évidemment aussi à la lumière de l'étoile qui les guide, et dont la présence est constante dans cette iconographie.

— Source : Matthieu 2:1-12.

— Comparaison : Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 64v.

Sur le vitrail, saint Joseph est absent, mais la composition reprend le schéma habituel des enluminures en deux diagonales convergeant vers la tête de la Vierge : ligne ascendante vers Gaspar tenant l'encens (qui honore la divinité de Jésus) puis Balthasar tenant la myrrhe (qui honore son humanité mais aussi sa mort ). Ligne descendante incluant Jésus, son bras tendu vers la cassette contenant l'or  qui honore son caractère royal et s'achevant sur la tête et la barbe blanche de  Melchior. Ce dernier, figure du viellard, est vêtu d'un manteau damassé et a posé sa couronne. Gaspar, figure de l'homme mûr, porte une couronne autour d'un chapeau.  Balthasar, figure de l'homme jeune, est noir et porte un turban et une boucle d'or à l'oreille gauche. L'Enfant Jésus, plus âgé d'apparence (puer senex), est auréolé d'un nimbe crucifère.

— Technique : On remarquera la pièce bleue du mur de la crèche, posée selon la technique du chef d'oeuvre, c'est à dire un morceau de verre placé à l'intérieur d'une pièce de verre qui a été découpée.

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Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Malgré l'importance de la corrosion du verre, la finesse du dessin du visage de la Vierge peut être appréciée. Le nimbe est orné d'arcades. Les cheveux blonds (jaune d'argent), longs et peignés, sont divisés par une frange médiane et retenus par un serre-tête à médaillon orné d'un cabochon. Ils retombent sur les épaules en vagues et en boucles. Les sourcils affinés par épilation sont réduits à un arc sombre. Les paupières sont lourdes et épaisses, ne laissant voir qu'une étroite fente de l'œil ; celui-ci est souligné par une ride. Le nez, assez fort, est dessiné par le même trait que le sourcil gauche. La bouche est petite et lippue.

Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Adoration des Mages (détail) baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Fuite en Égypte.

—État : "Drapé de la Vierge restauré".

— Heures : Vêpres (coucher du soleil). La Fuite en Égypte a lieu la nuit.

— Sources : Matthieu 2:13-15 : surge accipe puerum et matrem eius et fuge in egyptum : "Joseph, se levant prit l'enfant et sa mère durant la nuit, et se retira en Égypte.

— Typologie : Osée 11:1 "Hors de l'Égypte j'ai appelé mon fils"

  — La Vierge portant l''Enfant, emmailloté avec des bandelettes est monté sur un âne mené par la bride par saint Joseph. Ce dernier tient, dans les enluminures, son baluchon au bout de son bâton, mais ce détail disparaît ici. On remarquera le circuit des regards, Joseph regardant la Vierge qui regarde l'Enfant qui regarde sa Mère. 

"Des petits cailloux ronds, groupés par deux ou trois, essaiment le chemin qui est égayé de plantes aux quatre ou cinq feuilles d'où sortent autant de pistils longiformes. Ce procédé graphique des cailloux et de leurs ombres sera repris plus tard par l'Atelier Le Sodec et existe chez Durer dès 1492." (J.P. Le Bihan)

Fuite en Égypte, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Fuite en Égypte, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Fuite en Égypte, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Les têtes de lancettes : dais architecturés. (lancette B et D)

État : "Dais architecturaux découpés. Bien conservé à droite [D], restaurés dans les autres lancettes. Fond coloré bleu, rouge, violet et pourpre. Rehauts de jaune d'argent très léger" (C.V)

"Les têtes de lancettes sont réservées aux dais d'architecture, en verre incolore rehaussé de grisaille et de jaune d'argent, dont le dessin est très ouvragé, avec une perspective concave répétitive, qui laisse entrevoir une tribune. L'esprit est gothique. Malheureusement, à une époque récente, XlXème ou XXème siècle, les parties supérieures ont été coupées, dénaturant la lancée (ou terminaison florale) de ces dais. Cela a semble-t-il été nécessaire suite à un affaissement de la maçonnerie du côté gauche." (J-P. L.B)

Dais de la lancette B, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Dais de la lancette B, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Tête de la lancette D,  baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Tête de la lancette D, baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

La maîtresse-vitre ou baie 0 de l'église Notre-Dame de Brennilis.

 

Les armoiries.

Le tympan contient 8 écus armoriés (avec emploi de verres gravés) dont je reprends la description donnée par le chanoine Abgrall. Je rectifie seulement un point, concernant Louise de Berrien, qui est donnée comme l'épouse d'Olivier de Quélen, alors que les généalogistes considèrent aujourd'hui que c'est Marie de Berrien (1471-1511), fille aînée d'Henri de Berrien (1444-1481) d'argent à trois jumelles de gueules au franc canton d'or au lion de sable et de Louise du Juch (1450-?), qui épousa Olivier de Quélen du Vieux-Castel (1440 ou 1445-1521 ou 1525) burelé d'argent et de gueules de dix pièces. L'erreur viendrait de Pol de Courcy, qui indique dans son Nobiliaire et armorial de Bretagne (1890)  à la rubrique -Bérien (de), sr de Kerranou, par. de Plestin :  " Louise, leur fille, dame de Coëtanezre et de Kerdudal, mariée à Olivier de Quélen, baron du Vieux-Châtel. ". 

 

Un peu de généalogie.

Les écus sont ceux de  Marie de Berrien et de ses parents et grands parents, ce qui amène à penser qu'elle est la commanditaire de ce vitrail, après son mariage avec Olivier de Quélen-Vieux-Castel, vers 1500 et avant son décès en 1511. Marie de Berrien, dame de Kerdudal, est née en 1471 et fut inhumée en 1511 au Couvent des Cordeliers de Quimper. 

Son grand-père paternel était Yvon de Berrien et sa grand-mère Jeanne de Lézongar. Un seigneur de Lézongar est représenté comme donateur sur la baie 114 de la cathédrale de Quimper réalisé vers 1495-1497, présenté par saint Christophe. 

Son père était Henri de Berrien (1444-1481), marié le 26 septembre 1470 à  Louise du Juch. 

Louise du Juch était pour les uns la fille de Christophe I du Juch et de Jehanne le Barbu (SAF 1997), pour les autres la fille d'Hervé IV du Juch (1425-1461), capitaine de Concarneau, Chambellan du Duc et de Louise du Mûr (v1430-1485). Ces seigneurs du Juch sont les donateurs d'un vitrail (baie n°104) de la cathédrale de Quimper vers 1425.

Puisque son père Henri décéda en 1481, alors que sa fille aînée avait 10 ans, on peut penser qu'une tutelle fut assurée par Roland de Berrien, oncle de Marie de Berrien et qui deviendra recteur de Pleyben de 1492 à 1498. C'est lui qui fit réaliser le vitrail de la baie à gauche du chœur. 

 Marie et Olivier eurent comme enfants :

1° Jean, qui épousa Jeanne de Troguindy 

2° Olivier, chevalier.

3° Marie, qui épousa : 1° Jean de Rocherf ; 2°, en 1524, Gilles le Rouge, Sr de Kerberiou.

4° Jeanne, femme de Jean de Kerguesay, Sr de Kergomar. XI.

 Les écus sont les suivants , de haut en bas :

1. D'argent à 3 jumelles de gueules, au franc canton d'or au lion de sable, qui est Berrien ;

2. Mi-parti d'un burelé d'argent et de gueules de 10 pièces, qui est Quélen-Vieux-Chastel et d'or à trois fasces de gueules, qui est du Chastel (Yvon de Quélen, seigneur du Vieux-Chastel, épouse, vers 1450, Jeanne du Chastel) ;

3. Mi-parti de Berrien et de gueules à trois épées d'argent en bande, qui est Coatanezre, fondu dans Berrien, puis Quélen-Vieux-Chastel ;

4. D'azur à trois besans d'or, parti de gueules à la fasce d'or ;

5. Mi-parti de Berrien et d'azur à la croix d'or, qui est Lézongar (Yvon de Berrien épouse, en 1443, Jeanne de Lézongar) ;

6. Mi-parti de Quélen et de Berrien (Marie de Berrien, dame de Coatanezre et de Kerdudal, épouse, vers 1500, Olivier de Quélen, baron du Vieux-Chastel) ;

7. Mi-parti de Berrien et d'azur au lion d'argent, qui est du Juch (Henry de Berrien, homme d'armes dans une montre de 1481, épouse Louise du Juch, père et mère de la précédente) ;

8. Mi-parti de Berrien et de ......... 

 

Seul le martyrologe de la basilique Saint-Pierre indique le nom de Présentation : Ypapanti Domini, id est obviatio seu appresentatio Domini nostri Iesu Christi s

 

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Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.
Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Dans l'ajour supérieur est peint une Trinité souffrante . (Grisaille et jaune d'argent datent du XXe siècle). L'église de Loqueffret, dont Brennilis était alors une chapelle tréviale, conserve un retable consacré à la Trinité du XVIe siècle.

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Trinité souffrante, tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Trinité souffrante, tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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Anges en prière et anges musiciens.

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Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

Tympan de la baie axiale, église de Brennilis. Photographie lavieb-aile.

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ANNEXE.

L'analyse technique de Jean-Pierre Le Bihan :

La palette des couleurs.


"Ce fut une surprise que de découvrir le grand nombre de teintes de verres qu employa le verrier. Cela indique aussi la présence d'un atelier possédant un stock et une palette de couleurs de verres, ce qui est assez rarissime. Il y a les rouges qui semblent prédominants par leur surface. Ils ont été choisis dans des feuilles de tonalité très proche ; ce qui n'est pas toujours facile. Le rouge ne laissant pas passer la lumière, il s'agit d'un verre blanc supportant au soufflage une fine pellicule de rouge.
Nous trouvons un bleu violet dans la robe d'Elisabeth, un autre, un peu plus fort pour St Joseph, que cela soit au Mariage ou dans la Nativité. 
Il y a le bleu du manteau de la Vierge que l'on retrouve dans toutes les scènes. Ce manteau bleu recouvre une robe d'un violet carmin, violet que l'on voit plus proche d'un brun laqué comme fond de la Circoncision, ou, plus brun vermillon chez Joachim. Il y a encore un violet, plus gris violacé pour les ailes de l'Ange Gabriel.
Les verts sont, eux aussi, nombreux. On en relève trois: une cendre verte derrière la Vierge de l'Annonciation, un moyen sur le pupitre de la même scène et que l'on retrouve pour les sols de l'entrée de Marie au Temple, de la Visitation et de la Nativité. Et enfin, un vert émeraude sur le manteau de l'Ange Gabriel.
Le verre incolore présente au moins deux teintes que l'on devine dans les architectures. L'une d'elles, la plus proche du blanc, est utilisée pour les visages, les mains et les corps."

Les visages

"L'approche du détail nous confirme, une fois de plus, la spécificité et la qualité hors pair de cet atelier, avec cependant une certaine réserve pour la scène de la Présentation de Marie au Temple.
Attirés par l'air de famille des visages, ce qui est une chose naturelle, lorsque c'est le même peintre qui oeuvre sur une verrière, nous avons été plus loin et avons découvert (et cela est la première fois en trente ans de métier) en superposant les visages, hommes sur hommes, femmes sur femmes, parfois face interne sur face externe, nous avons donc découvert que le peintre verrier devait posséder un dessin original de visages. Il le transposait très légèrement, sans grande modification, par transparence, ouvrant ici un peu plus grand les yeux, forçant là un peu sur le nez. Il a agi de même pour le toit de la crèche."


Le peintre
 

"Il n'était pas seulement un copieur, il savait tenir ses pinceaux et son registre plastique est époustouflant.
Le trait de grisaille noir est très sensible, juste ce qu'il faut, affirmant quelques traits comme les sourcils, les paupières, l'oeil ou les poils de barbe ou les cheveux. Tout le reste est une débauche luxuriante de sanguine.
Cette sanguine, il l'a posée sur les deux faces du verre, au dos pour accentuer la teinte, les traits et donner des ombres. C'est avec elle, qu'il crée les visage, les mains. Il va même plus loin. Avec cette même sanguine ou du Jean Cousin, qui est de la sanguine encore plus cuite et desséchée, et sa grisaille noire mélangées, il arrive à une teinte brune. Cette teinte se trouve dans le toit de la crèche, le couffin de l'Enfant Jésus, ou les ombres portées des vides sanitaires au-dessous des escaliers du Temple.
Toutes ces grisailles ou sanguines, il les enlève pour donner de la lumière ici et là, avec un bois ou une pointe et aussi parfois avec une brosse dure. Un damassé très effacé ou très léger recouvre les faces intérieures.
 Il y a aussi le jaune d'argent, nitrate ou chlorure d'argent, qui est très librement posé et qui, par endroit, c'est reproduit sur d'autres pièces par fusion lors des cuissons. Il anime les nimbes, les cheveux, les architectures."


Le verre.

"Autre spécificité de cet atelier, c'est aussi le verre et sa découpe. Le verre utilisé est un verre soufflé en plateau.
Nous avons pu relever, grâce aux ondes concentriques que laisse ce genre de fabrication, que les plateaux de verre utilisés faisaient près de 90 centimètres de diamètre, soit environ les 36 pouces des mesures d'époque. Le verre est d'une surface non plane dont l'épaisseur varie de 3 à 6 millimètres et, sur certaines pièces, on trouve les bords arrondis, dits bourrelets, spécifiques à ce genre de fabrication.
De nombreuses bulles, petites ou grosses comme une cerise, s'étalent en cercles plus ou moins concentriques suivant les couleurs et les morceaux de verre.
Dans certains cas, les cratères, dû à l'âge du verre et à l'acidité de l'air et des lichens et mousses, laissaient sur le verre rouge apparaître le verre incolore. 

Les pièces de verre découpées sont assez grandes dans l'ensemble. Une pièce bleue du manteau de la Vierge s'étale sur 34 centimètres. Cela peut être une indication intéressante sur les dimensions des fours de l'époque.

La coupe de ces pièces de verres montre une dextérité hors du commun à une époque où le verre était coupé au fer rouge. Cela est visible dans les morceaux supérieurs de l'architecture des dais. Par contre, nous n'avons relevé qu'un chef d'oeuvre, qui est, après l'ouverture d'une fenêtre dans le verre, la pose d'un autre morceau de verre. On le voit dans le mur de la crèche. Cet atelier n'a pas non plus profité de la technique de la gravure à l'archet des pièces rouges, technique très utilisée au XVlème siècle."


Les marques de repères
 

"Nous avons signalé l'absence de gravures à l'archet ; par contre, il existe une autre sorte de gravures que l'on trouve sur la face extérieure du vitrail et qui sert de repérages lors des diverses manutentions des pièces en vue de la mise en plomb.
Ces gravures, très petites, d'approche visuelle difficile, sont faites dans le coin des pièces, généralement dans le bas. Par rapport à certaines autres découvertes sur d'autres verrières, où ces marques de repères étaient d?une explication aisée à donner, ici nous nous trouvons devant quelque chose de plus complexe. Un seul panneau présente la même gravure et cela sur vingt pièces. Sur les autres panneaux, cela va de deux sortes de gravures à quatre, sans que l'on ne comprenne pourquoi, car il ne peut y avoir inversion de pièces. Ces marques de repères sont des F A. delta. , un triangle fermé, Z, o( . delta, z, et un graphisme représentant une paire de lorgnon. L'une d'entre elles nous a permis,  de remettre à sa place d'origine, une pièce d'architecture d'un dais qui s'était égarée dans un socle ou avait servi de bouche trou."

 

A la recherche d'un atelier.


"Espérons qu'un jour cette Vie de la Vierge révélera le nom de son auteur et sa date d'exécution, ou restera-t-il à jamais le verrier de Brennilis! Etait-il Cornouaillais ou extérieur à ce diocèse' Dans ce cas qui l'a fait venir.  Dans tous les cas, cette verrière n'est pas l'oeuvre de n'importe qui, et celui ci n'est pas à sa première oeuvre. Nous pouvons nous poser la question de savoir où sont passées ses autres oeuvres ? Ont-elles fait partie des quelques cinq cents ou milliers de verrières de Cornouaille disparues Ce verrier ne travaillait pas seul, il était aidé par des compagnons. Et nous pensons qu'il avait un commanditaire très au fait du programme car cette oeuvre révèle des tas de petits détails invisibles à plus de vingt à trente centimètres. Je pense ici à certaines terminaisons de lettres gothiques du Phylactère de l'Annonciation qui n'apportent rien en plus à la compréhension du sujet. C'est la première fois que nous nous posons la question de savoir si les maîtres verriers de l'époque, et particulièrement celui-ci, devaient travailler sous la surveillance du commanditaire ou donateur qui venait vérifier le travail en atelier, comme c'est le cas pour les orfèvres Cette recherche du détail, qui ne peut être aperçu du commun des paroissiens, était-elle faite par amour de l?art ou pour plaire au commanditaire?"

 

 

Le retable du maître-autel est composé de panneaux anciens, ayant conservé leur peinture primitive. 1. — Annonciation : La Sainte-Vierge, agenouillée sur un prie-Dieu, est toute troublée de la salutation de l'ange et se détourne pour lever vers celui-ci des yeux presque effrayés. L'ange Gabriel apparaît dans une nuée traitée à la façon du Moyen-Age ; d'une main il tient un sceptre et de l'autre une banderole très déliée qui fait plusieurs enroulements et sur laquelle on lit : Ave Maria Dominus tecum. Dans un angle du haut, on voit le Saint-Esprit. 2. — Visitation : La Sainte-Vierge, la tête découverte et sans voile, entre chez sa cousine Elisabeth qui s'agenouille devant elle. Derrière celle-ci s'avance Zacharie, dont la tête est coiffée d'un capuchon pointu. 3. — Nativité : L'Enfant-Jésus est étendu dans la mangeoire, sur un peu de paille. La Sainte-Vierge et saint Joseph sont agenouillés devant lui ; entre eux se trouve un petit ange en adoration. A l'arrière-plan, on voit le boeuf et l'âne. Comme théâtre de cette scène, ce n'est pas la grotte qui est figurée, mais les ruines de l'ancien palais de David. 4 — L'Ange apparaît aux bergers : L'ange est debout au milieu d'un nuage ; il tient une banderole portant ces mots : Gloria in excelsis Deo. Autour de lui, pour indiquer la troupe angélique, on a placé des têtes de chérubins. Deux bergers dorment sur la montagne, un troisième se réveille. 5.  — Adoration des Mages. La Sainte-Vierge, assise, tient l'Enfant sur ses genoux, pour le présenter aux adorations des princes de l'Orient. Saint Joseph, tête découverte, est debout derrière elle. Le premier Mage, ayant déposé sa couronne, est agenouillé devant l'Enfant-Jésus. Il est accompagné d'un page ou jeune serviteur. Les deux autres rois, couronne en tête, sont debout et tiennent en main les présents qu'ils vont offrir à leur tour. 6. — Circoncision : Un vieillard, peut-être de la tribu sacerdotale, tient l'Enfant-Jésus au-dessus d'une table. La Sainte-Vierge est agenouillée, saint Joseph est debout ; deux personnages, semblant être des lévites, se tiennent là comme assesseurs. 7. — Assomption : C'est le panneau qui sert de porte au tabernacle. La Sainte-Vierge, debout sur un nuage, est entourée de quatre anges vêtus de longues robes, qui la touchent à peine, pour la faire monter au ciel. Les deux anges du haut déposent une couronne sur sa tête. Outre ces anges, on voit encore six ou sept têtes de chérubins. Ces bas-reliefs sont séparés par six statuettes couronnées de dais à découpures flamboyantes. On peut reconnaître saint Roch, saint Jean l'Evangéliste, saint Jacques le Majeur et saint Paul, apôtre ; les deux derniers saints sont plus difficiles à déterminer.  

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SOURCES ET LIENS.

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Sur l'église de Brennilis :


 

— Site Infobretagne contenant les texte des chanoines Peyron et Abgrall :

http://www.infobretagne.com/brennilis.htm

— Inventaire descriptif de l'église de Brennilis fait pendant l'été 1983. Tapuscrit conservé à la bibliothèque du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71e51d7ff370034408d2b2e0ebdb6061.pdf

— ABGRALL, (Jean-Marie) 1904 Notice sur Brennilis, Bulletin Diocésain d'Histoire et d'Archéologie BDHA 1904 page 95-101 :

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/af488ed0b5ac10edd2fb9441496254a9.pdf

ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Ar. de kerangal, Quimper pages 283-284.

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n317/mode/2up/search/brennilis

AncreAncre  

— COMBOT (recteur de Brennilis), 1856, Note sur l'église de Brennilis,  cité dans BDHA 1904.

— COUFFON , Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8f6bfc6f028b1a3a6cf67e7cd7c3578f.pdf

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum vol. VII, Presses Universitaires de Rennes page 118.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), Brennilis, église Notre-Dame

 http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6197893.html

PEYRON, 1910, Eglises et chapelles, Bulletin Société archéologique du Finistère t. XXXVII pp. 293-294.

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 16:07

PRÉSENTATION.

L'église Notre-Dame est une ancienne chapelle tréviale de Loqueffret devenue église paroissiale en 1849. Une inscription en lettres gothiques à droite du maître-autel en indique la date de fondation en 1485 : " Y[ves] toux  procureur lan mil CCCC IIII XX  + cinq  : au cõmenceme[n]t   de . ceste . chappele". 

 

La verrière d'axe ou baie 0, datée vers 1500,conserve les armoiries de Louise de Berrien et de son époux Olivier de Quélen baron du Vieux-Chastel, décédé en 1521. Elle est consacrée à la Vie de la Vierge.

 

Situation de la verrière.

La baie n°2 se situe à droite du chœur, sur le mur oriental du bras sud du transept. Elle éclaire un autel en bois aux 12 sybilles  et est encadrée par les statues de saint Hervé et  de saint Sébastien.

 

 

Vue orientale du bras sud du transept, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.
Vue orientale du bras sud du transept, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Vue orientale du bras sud du transept, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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Le vitrail.

La baie 2 , de forme ogivale, mesure 2,50 m de haut et  1,80 m de large et est datée selon le Corpus Vitrearum vers 1490-1495 ; sous un tympan à 3 ajours, ses 3 lancettes (2 en plein cintre, 1 ogivale) montrent trois niches à hauts dais architecturaux abritant saint Michel, le Christ et saint Jacques.  Elle a été restaurée d'abord en 1965 par Jean-Jacques Gruber, qui a créé une vitrerie ornementale, puis en 2000 pour compléter les personnages. Selon le Corpus Vitrearum publié en 2005, "en 1996, la verrière principale a été restaurée et complétée par Jean-Pierre et Antoine Le Bihan, et la campagne se poursuit actuellement sur les baies 1 et 2 " Maître d'oeuvre : Philippe BONNET- LGMH  2000.

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Les fonds des lancettes sont alternativement rouge, bleu et rouge autour des dais et bleu, rouge, bleu à l'intérieur des niches.

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Baie n°2,  église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.
Baie n°2,  église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.
Baie n°2,  église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Baie n°2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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Les lancette A et B. Saint Michel et le Christ Sauveur.

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Lancettes A et B de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Lancettes A et B de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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a) Saint Michel.

Les cheveux et le nimbe de l'archange sont peints en grisaille sans rehaut de jaune d'argent . La croix est taillée dans un jaune teint dans la masse, plutôt que dans un verre blanc passé au jaune d'argent.

Le même carton à grandeur a été employé à l'église Saint-Fiacre de Guengat, baie 2, pour un vitrail réalisé à la même épque (ca 1500) par un atelier quimpérois actif dans toute la Cornouaille (Ergué-Gabéric, Plogonnec, Penmarc'h, etc..) .

http://www.lavieb-aile.com/article-l-eglise-de-guengat-29-i-les-vitraux-122885533.html

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Comparaison des saint Michel de Brennilis et de Guengat. Photographie lavieb-aile.
Comparaison des saint Michel de Brennilis et de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Comparaison des saint Michel de Brennilis et de Guengat. Photographie lavieb-aile.

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b) le Christ en Saint-Sauveur.

La couleur de la tunique (lie-de-vin) et le geste de bénédiction infirme l'hypothèse du chanoine Abgrall qui y voyait un Christ de Résurrection .

Le visage a reçu un rehaut de sanguine. La chevelure et la barbe sont dessinées par enlevé de grisaille au petit bois.

L'inscription AVE MARIA se lit sur l'encolure.

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Le Christ en Saint-Sauveur, lancette B de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Le Christ en Saint-Sauveur, lancette B de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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La lancette C : saint Jacques le Majeur.

Le Corpus Vitrearum laisse le choix : saint Jacques ou saint Roch avec les insignes de pèlerin. Fragment du visage restauré. 

Je ne vois pas d'argument pour y voir saint Roch.

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Lancette B et C de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Lancette B et C de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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Saint Jacques tient le bourdon muni de sa calebasse. Il est coiffé du chapeau à bords rabattus sur lequel est peint la coquille et les bourdonnets croisés. La besace se devine en bandoulière. Quelle est la part des restaurateurs ?

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Saint Jacques le Majeur, Lancette  C de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur, Lancette C de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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Dais architecturé de la lancette C. 

Les niches sont couronnées de dais flamboyants élancés apparentés à ceux de la baie 0 avec leurs grandes pièces aux découpes savantes, et leur peinture subtile rendant compte des ombres portées. Les crochets des gables et les moulures sont rehaussés de jaune d'argent. Dans la voûte à culot se lisent les mots MISERE MI DEUS  aux lettres perlées. C'est l'incipit du psaume 50, Pitié pour moi, mon Dieu.

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Dais de la lancette C  de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Dais de la lancette C de la baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

Le soufflet  ou ajour supérieur porte les armoiries de Quélen Vieux-Chastel burelé d'argent et de gueules de dix pièces entre des rameaux de chêne et de ..., et sous deux fleurs rouges. Le corpus vitrearum indique : "panneau réinséré, plus tardif que les précédents".

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Tympan, baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Tympan, baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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Mouchette gauche : ange portant la croix.

Ecus aux armes de Berrien D'argent à 3 jumelles de gueules, au franc canton d'or au lion de sable .

 

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Mouchette gauche, tympan, baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Mouchette gauche, tympan, baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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Mouchette de droite. Ange portant la colonne de Flagellation.

Ecus aux armes d'argent fretté d'azur de Guicaznou (ou de Goazmoal )

Meriadec de Guicaznou était grand panetier du duc Jean Le Sage en 1421.

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Mouchette droite,  tympan, baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

Mouchette droite, tympan, baie 2, église Notre-Dame de Brennilis, photographie lavieb-aile.

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Une étude des visages des baies 1 et 2.

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Visages, baie 1 et 2  saint Jacques et Christophe, le Christ, saint Michel, deux anges.
Visages, baie 1 et 2  saint Jacques et Christophe, le Christ, saint Michel, deux anges.
Visages, baie 1 et 2  saint Jacques et Christophe, le Christ, saint Michel, deux anges.
Visages, baie 1 et 2  saint Jacques et Christophe, le Christ, saint Michel, deux anges.
Visages, baie 1 et 2  saint Jacques et Christophe, le Christ, saint Michel, deux anges.
Visages, baie 1 et 2  saint Jacques et Christophe, le Christ, saint Michel, deux anges.

Visages, baie 1 et 2 saint Jacques et Christophe, le Christ, saint Michel, deux anges.

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SOURCES ET LIENS.

Blog du maître-verrier Jean-Pierre Le Bihan. mars 2007

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6197893.html

— Site Infobretagne contenant les texte des chanoines Peyron et Abgrall :

http://www.infobretagne.com/brennilis.htm

— Inventaire descriptif de l'église de Brennilis fait pendant l'été 1983. Tapuscrit conservé à la bibliothèque du diocèse de Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/71e51d7ff370034408d2b2e0ebdb6061.pdf

— ABGRALL, Notices, Bulletin Diocésain d'Histoire et d'Archéologie BDHA 1904 page 95-101 et 318-319. :

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/af488ed0b5ac10edd2fb9441496254a9.pdf

 

— COMBOT (recteur de Brennilis) Note sur l'église de Brennilis, 1856, cité dans BDHA

— COUFFON , Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8f6bfc6f028b1a3a6cf67e7cd7c3578f.pdf

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum vol. VII, Presses Universitaires de Rennes page 118.

— PÉRÉNNES (Henri), 1939, Pleyben le Clergé, BDHA 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1939.pdf

PEYRON, 1910, Eglises et chapelles, Bulletin Société archéologique du Finistère t. XXXVII pp. 293-294.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:39

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Pénétrer dans l'église Saint-Suliau de Sizun est un enchantement comparable à celui procuré par la contemplation de la voûte étoilée, pourvu qu'on y déambule le nez en l'air, à défaut de s'y allonger sur les dalles froides de la nef. On croira y perdre sa route tant le carroyage des nervures jaunes aux tranches mordorées et l'alignement des clefs pendantes nous sont, sous cet angle renversant,  étrangers, avant de reconnaître, en guise de constellation, les arma christi successivement portés par des anges en aube blanche, d'un angle à un autre du réseau des sablières. 

Ce sont eux qui vont nous guider à travers cette voie lactée.

 

Voûte de l'église Saint-Suliau de Sizun vue depuis le fond de la nef, photographie lavieb-aile.

Voûte de l'église Saint-Suliau de Sizun vue depuis le fond de la nef, photographie lavieb-aile.

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Voûte de l'église Saint-Suliau de Sizun vue depuis la nef, photographie lavieb-aile.

Voûte de l'église Saint-Suliau de Sizun vue depuis la nef, photographie lavieb-aile.

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Voûte de l'église Saint-Suliau de Sizun vue de la croisée du transept, photographie lavieb-aile.

Voûte de l'église Saint-Suliau de Sizun vue de la croisée du transept, photographie lavieb-aile.

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LES ANGES PORTEURS DES INSTRUMENTS DE LA PASSION

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Ange portant le titulus INRI.

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Ange portant le titulus INRI, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange portant le titulus INRI, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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L'ange portant la croix.

 

 

 

Ange portant la croix, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange portant la croix, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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L'ange portant la couronne d'épines.

Ange portant la couronne d'épines, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.
Ange portant la couronne d'épines, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange portant la couronne d'épines, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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L'ange portant le fouet ou flagellum (bras sud du transept).

 

Ange portant le fouet de la flagellation, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange portant le fouet de la flagellation, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Ange portant les verges de la flagellation.

 

Ange portant les verges, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange portant les verges, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Anges des scènes de l'arrestation au Jardin des Oliviers (bras nord du transept). 

L'oreille du serviteur du grand prêtre.

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Ange présentant l'oreille du serviteur du grand prêtre, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.
Ange présentant l'oreille du serviteur du grand prêtre, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange présentant l'oreille du serviteur du grand prêtre, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Ange présentant la main du grand prêtre qui gifla Jésus.

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Ange présentant la main du grand prêtre qui gifla Jésus, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange présentant la main du grand prêtre qui gifla Jésus, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Arrêt sur image : un portrait du duc et de la duchesse de Rohan.

Erwan le Ber a sculpté ici, en remplacement des deux blochets détruits, ces anges en leur donnant la tête de Josselin de Rohan-Chabot, actuel 14e duc de Rohan, et de son épouse Antoinette de Rohan (née Boegnier), les propriétaires du château de Josselin. Ces blochets encadrent une ancienne porte, dite de Rohan, encore visible à l'extérieur. 

Par ce geste, il crée un discret rappel du fait que les armes de la famille de Rohan de gueules à neuf macles d'or posées 3, 3, 3 sont gravées avec la date de 1588 sur le fronton de l'ossuaire de l'enclos paroissial. Pourtant, le vicomte de Rohan en titre en 1588 est difficile à définir, la date de 1588 écartant Henri Ier (1535-1575) Prince de Léon et comte de Porhoët, de confession protestante, René de Rohan (1550-1586), un huguenot convaincu, ni de Henri II de Rohan (1579-1638), chef de guerre huguenot. Un candidat bien plus crédible serait Jehan II, vicomte de Rohan, de Léon et comte de Porhoët, allié de Charles VIII dans sa lutte contre le duc de Bretagne, et qui fit construire le Pont de Rohan à Landerneau ...en 1510. En 1549, le vicomté de Léon comportait 4 juridictions, celles de Landerneau, Sizun, Ploudiry et La Roche-Morice. Voir Tudchentil http://www.tudchentil.org/spip.php?article551. Mais Jehan II de Rohan est décédé en 1516. Son successeur Jacques est décédé en 1527, sans postérité, laissant son titre à sa sœur Anne de Rohan (décédée en 1529). 

—Et alors ? Anne eut-elle des enfants de son mari Pierre II de Rohan-Gié ?  

— Elle en eut deux, pour lesquels Marguerite, sœur du roi François Ier, eut pour des soins maternels. Elle maria René, son préféré, avec sa belle-sœur, Isabeau d'Albret, infante de Navarre, fille de Jean III et de Catherine de Foix, souverains de Navarre le 16 août 1534 : elle introduisait ainsi le protestantisme dans la famille de Rohan.  René Ier mourut en 1552, laissant son titre à son fils Henri Ier de Rohan, et j'ai refermé la boucle.

—Antoinette de Rohan dans son Musée des poupées en 2004 :

Copyright Le Télégramme :http://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20040627&article=8247242&type=ar

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Josselin de Rohan en 2011 comme Président UMP de la commission des affaires étrangères au Sénat.  Photo Public-Sénat copyright AFP :

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Copyright Ouest-France 15 juillet 2008 Josselin pavoise et retrouve son festival https://mvistatic.com/of-photos/2008/07/15/va05_1768954_1.jpg

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L'ange porteur de la lanterne des gardes (bras nord du transept). 

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L'ange porteur de la lanterne des gardes, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

L'ange porteur de la lanterne des gardes, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Anges portant d'autres instruments.

 

Blochets de l'église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.
Blochets de l'église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Blochets de l'église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Ange portant l'échelle de la Déposition.

 

Ange portant l'échelle de la Déposition,  église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Ange portant l'échelle de la Déposition, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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AUTRES BLOCHETS. Saints et apôtres.

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Un diacre. Saint Suliau ??

 

Blochet,   église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Blochet, église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Un apôtre tenant un coutelas ou glaive. Mathias ?

 

Un apôtre, blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Un apôtre, blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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L'apôtre saint André tenant la croix en X. Croisée du transept.

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Saint André,  blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Saint André, blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Autre apôtre tenant un bâton de foulon (saint Jacques le Mineur), ou une croix (Saint Philippe).

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Apôtre,  blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Apôtre, blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Apôtre tenant un coutelas. Saint Barthélémy ??

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Apôtre,  blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Apôtre, blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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LE CHRIST SALVATOR MUNDI.

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Christ Sauveur du Monde, Apôtre,  blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Christ Sauveur du Monde, Apôtre, blochet de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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LES SABLIÉRES.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.
Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.
Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

Sablières de l' église Saint-Suliau de Sizun, photographie lavieb-aile.

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LIENS.

Le dossier photo de l'Atelier Le Ber, Kerféos, Sizun :

http://www.ateliersleber.fr/realisations/charpente/restauration-de-patrimoine-et-monuments-historiques/eglise-st-suliau-sizun

 

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