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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 13:52
Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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CHAPELLE DE GUENILY Dédiée à Notre Dame de Vrai Secours.

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"L'édifice actuel, en forme de croix latine avec chevet à pans coupés, a été reconstruit en 1689 (date inscrite sur le chevet). Vendu comme bien national le 25 thermidor An IV, il fut racheté par un groupe d'habitants le 28 avril 1804 et donné par eux à la paroisse. Dans la longère sud de la nef, l'on a conservé d'un précédent édifice un fenestrage flamboyant ; le pignon ouest est surmonté d'un petit clocheton gothique à une chambre et sans galerie, refait au XIXe siècle." (Couffon)

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"Cette chapelle Notre-Dame de Guenily (ou Guennili), dite jadis Guern-ilis Penity ou Ilis-ar-Vern, sous le vocable de Notre-Dame de Vrai-Secours, est située au bord de l’ancienne route de Châteaulin à Pleyben, à cinq kilomètres du bourg, en l’ancien fief de Treffzéguidy.

Rien de précis sur la fondation de cet édifice : d’après une tradition, elle serait due à un voeu fait par l’un des seigneurs du château voisin de Trézéguidy durant sa captivité pendant les Croisades ! On croit généralement aussi qu’il y a eu, à l’origine, à Guernilis, un prieuré : le village proche de la chapelle, appelé le Moustoir (moustier, de monasterium), où encore jadis le manoir du Guern, indiquerait le lieu de résidence des religieux desservant ce prieuré. Ce village aurait donné son nom à la chapelle : Guern-ilis, Ilis-ar-Vern.

La date la plus ancienne concernant la chapelle nous est fournie par un ancien soubassement de calvaire gisant dans l'enclos. Cette date est : 1577, surmontée d’une autre : 1821, rappelant apparemment une restauration du calvaire.

Les registres paroissiaux, à la date du 25 Janvier 1655, font mention d’une célébration de mariage en la chapelle, après licence obtenue de l’officialité de Cornouaille.

L’édifice, menaçant ruine, fut rebâti en 1689, comme l’indique la date inscrite au pignon de l’abside.

Le seigneur baron de Tréziguidy (ou Trézéguidy), comme premier prééminencier de la chapelle, fit les avances d’argent nécessaires à la reconstruction, que lui soldèrent, dans la suite, les fabriciens de la chapelle.

En 1691 et en 1699, des, travaux de lambrissage et d’embellissement y furent exécutés par Jean le Séven et Jean Cévaër, artisans de Pleyben, qui sculptèrent les autels.

Jadis on y célébrait plusieurs pardons par an : le 19 Mars, fête de saint Joseph, le 1er Mai, fête des saints apôtres Jacques et Philippe, le 25 Août, fête de saint Barthélémy, et aux jours de fête de Notre-Dame, spécialement le 25 Mars.

La messe des jours de pardon était tarifiée 5 sols pour la messe basse ou matinale, 10 sols pour la messe chantée.

Des nombreux pardons qui se célébraient autrefois à Guennili, deux se maintinrent après la Révolution : celui du premier dimanche de Mai, et celui du 8 Septembre. Ce dernier a été supprimé vers 1842.

La chapelle de Notre-Dame de Guennili fut vendue comme bien national, le 25 Thermidor an IV, à Guillaume Moulin, cultivateur de Kergogan, qui la revendit le 28 Floréal an XII (28 Avril 1804), à Allain Hascoët de Kerdreux, François le Léon, de Moguen et autres, contre la somme de 60 francs, montant des francs l’achat avancés par lui, ce pour en empêcher la profanation. Les nouveaux acquéreurs remirent la chapelle et ses dépendances à la commune, qui les restitua à l'Église.

Notre-Dame de Guennili était desservie les jours de dimanche et fêtes par un prêtre, chapelain ou auxiliaire, rétribué pour ce service, et résidant d’ordinaire dans le voisinage même de la chapelle." (H. Pérennès)

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les trois autels, timbrés à leur sommet des armes de Paul de Kerlec'h et de Catherine-Françoise Fouquet, Seigneur et Dame de Trézéguidy, furent exécutés en 1698 par Jean Cévaër, sculpteur, et Jean Le Séven, menuisier.

Le retable du maître-autel a été restauré en 2002.

 

Les armes de Trézéguidy se voient dans l'une des fenêtres en alliance avec celles de Montdragon, rappelant l'alliance de Troïlus de Montdragon et de Françoise de la Palue, vers 1520.

Voir le gisant de Troïlus de Montdragon :

http://www.lavieb-aile.com/2017/08/le-gisant-de-troilus-de-mondragon-au-musee-departemental-breton-de-quimper.html

Statues en bois polychrome : Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Guenily, dans le retable à quatre pilastres cannelés du maître-autel .

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Paul de Kerlec'h.

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Selon La Garancière, "La famille de Kerlec'h est d'antiquité chevaleresque, issue en juveigneurie de la maison du Chastel, originaire de la paroisse de Ploudalmézeau, la famille de Kerlec'h fut l'une des plus illustres du pays de Léon. Lors de la réformation de 1671 elle fut reconnue noble et d'ancienne extraction chevaleresque, avec onze générations. Vivaient au milieu du XVIIème siècle : Messire René de Kerlec'h, chevalier seigneur de Tressiguidy, marié à demoiselle Françoise Hay de Coëtlan ; — Paul, son fils, marié : 1° à Vincente de Kerguézay, et 2° à [Catherine] Fouquet ; — Messire François de Kerlec'h, seigneur du Plessix, frère de René. — Messire Alain de Kerlec'h, chevalier, seigneur du Rusquec, marié à demoiselle Renée de Lannion, dont : Pierre-Claude de Kerlec'h, chevalier, seigneur du Rusquec, marié à Louise de Kersulguen, et Renée de Kerlec'h qui fut mariée à Claude du Perrier, seigneur du Menez ; etc..

Cette famille est éteinte dans toutes ses branches.

Armes anciennes : D'azur à dix sonnettes d'argent, 4. 3. 2. 1. Armes modernes : Du CHASTEL. (Fascé d'or et de gueules de six pièces) surmonté d'un lambel d'azur."

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Mais les armoiries représentées ici ne comportent pas des fasces, mais des burelles, et elles sont dépourvues du lambel.

Paul de Kerlech naît le 9 avril 1637 et est décédé après le 20 mai 1669 . Il est le fils de René de Kerlech †1665/1669 , baron de Trésiguidy, seigneur du Plessix et de Françoise Hay de Coetlay . Il est le jumeau de Magdalaine (qui épouse en 1663 Morice de Kermoesan). 

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Paul de Kerlec'h , baron de Trezeguidy, épousa Vincente de Kerguezay  puis Catherine-Françoise Fouquet de La Bouchefolière, née le 21 janvier 1668 – Saint-Germain,Rennes, baptisée le 30 janvier 1668 – Saint-Germain,Rennes, décédée à Pleyben en 1726 à l'âge de 58 ans , fille de François Fouquet, seigneur de La Bouchefolière ca 1632-1679 et de Françoise Oriot, dame de Kergoët †1668, veuve de Paul de Kerlec'h et remariée le 1er mars 1706 avec Maurice-Joseph Avril, sieur de La Chauvière 1678-1748 (sans postérité) . http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=10295 

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La tradition orale le dit présent à la noyade accidentelle sur l'Aulne, au moulin de Tréziguidy, en 1693, de 61   victimes. Ce drame est rappelé dans le vitrail réalisé en 1993 par Jean-Pierre Le Bihan de Quimper.

"Désireux de rentrer chez eux, après les processions religieuses ayant eu lieu dans la journée à Lothey, des centaines de paroissiens empruntent chaque année une embarcation depuis le vieux bourg de Lothey pour rejoindre Trésiguidy (et les installations du moulin facilitant l'embarquement), plutôt que d'emprunter le chemin plus long et abrupt menant au plateau de Pleyben.  Mais en ce soir du 26 juillet 1693, l’embarcation est déséquilibrée et elle coule dans l'Aulne, et avec elle 61 paroissiens de Pleyben et 16 paroissiens de Saint Ségal et Lopérec soit 80 passagers - environ - dont des familles entières."

 

 

http://traezhhatevenn.blogspot.com/2017/07/1693-naufrage-sur-laulne-tresiguidy.html



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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LA STATUAIRE.

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"Les statues en vénération à Guennili sont celles de Notre-Dame de Vrai-Secours, dominant le maître-autel, de saint Joseph, de saint Barthélemy, travesti en saint Antoine !, de saint Paul, de saint Philibert ! (jadis saint Philippe), de sainte Catherine d'Alexandrie, de saint Nicodème, de saint Eloi." (Pérénnès)

On remarque une coïncidence troublante :  les statues de Notre-Dame-de Vrai-Secours, de saint Nicodème  et de saint Éloi se retrouvent aussi à la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Et, dans les deux cas, on y garde le souvenir de  dons de produits agricoles ; mais à la différence de Saint-Nicodème, ceux-ci proviennent ici moins de l'élevage de vaches et de chevaux (avec le crin et le beurre) que des cultures de céréales et de légumes.

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-ix-le-retable-de-saint-eloi-et-sa-statue-dans-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-x.le-retable-de-saint-isidore-et-sa-statue-dans-le-transept-nord-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

"Les offrandes des fidèles étaient de diverses natures : les unes, constituées en espèces, provenaient surtout des « testaments » ou legs volontaires, dont on compte 47 en 1694. On relève parmi les autres oblations celles de chemises, légumes, habits, bride de cheval, lattes et tuiles, puis de pierres forinales (à four), de la valeur de 12 livres deux sols.

Il y avait aussi la « renderie » ou quête de fil, lin et chanvre, dont le revenu était variable suivant les époques, de 10 à 27 livres par an. Les collecteurs du fil recevaient, en 1688, 24 sols, en dédommagement « d’avoir amassé le dict fil », à travers les villages de la trêve.

Les revenus de la chapelle étaient importants : en 1689, de 490 livres, en 1782, de 917 livres, 10 sols, 4 deniers. En 1734, le Pape Clément XII accordait à la chapelle le bénéfice d’une indulgence plénière, par bref du 18 Août, conservé aux archives paroissiales." (Pérénnès)

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Nicodème, habillé en notable Juif, tient la couronne d'épines.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Éloi.

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Vêtu du tablier de maréchal-ferrand, il tient dans la main gauche la patte de cheval qu'il doit ferrer.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Barthélémy et son couteau de dépeçage.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Paul.

"Les statues  de saint Paul et de sainte Catherine, surmontant les autels latéraux, y ont été placées par les seigneurs de Trézéguidy, Paul de Kerlec'h et Catherine-Françoise Fouquet, en l'honneur de leurs patrons respectifs. Les armoiries de ces donateurs sont reproduites au sommet des trois autels de la chapelle.".(Pérénnès)

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Philibert.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La cloche MARIE JEANNE JOSEPHINE  a été fondue à Quimper

On y lit le nom de LEVAREC DU MENONT.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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PÉRÉNNÈS (Henri), 1938,   Pleyben (Notices des paroisses du diocèse de Quimper et de Léon). Dans : Bulletin de la commission diocésaine d´architecture et d´archéologie,

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

 

 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Pleyben
31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 14:23
La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. L'édifice (XVIe, 1662, 1731, 1776, 1808,...)

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SITUATION. LECTURE DU PAYSAGE.

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La chapelle de Saint-Laurent,  en forme de croix avec un petit clocheton mur, est située à 1,500 mètres au Nord-Ouest du bourg de Pleyben , à une altitude de 85m. La fontaine alimente un ruisseau formant la rivière du Vernic, affluent de l'Aulne qui s'écoule du nord-est vers le sud-ouest. 

On retrouve donc une situation fréquente, où le sanctuaire domine à près de 100 mètres d'altitude un cours d'eau boisé (Saint-Côme et Saint-Jean à Saint-Nic, Saint-Dispar à Dinéault,  le bourg ou la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal, la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven, etc...) qui se jette vers l'Aulne ou vers la mer. Il succède souvent à un premier sanctuaire, voire à un ermitage, dont les traces sont suspectées plutôt que patentes.

http://www.sage-aulne.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=4&Itemid=143

Ces vallons souvent émaillés de moulins servaient de voies de communications, et la route actuelle qui relie la chapelle avec Pleyben  suit le tracé du ruisseau.

La situation dominante du lieu est marquée par le toponyme du lieu bâti le plus proche, celui de Rozalghen (2019) dont les cartes donnent les variantes  Rosalaguer (1820-1866), Rosalguen ?? (Cassini, v. 1770), Rosaleguen (1950), puisque la racine roz ou ros signifie colline  (vieux-breton "tertre, hauteur"). C'est le cas de Rozarnou à Dinéault pour la chapelle Saint-Dispar.

"Le mot roz, signifiant montagne à pente généralement uniforme, sert à désigner Roz du (Botmeur), Roz ar yar (Plounéour), Roz an eol (La Feuillée), Roz ampaou (Brasparts). Les collines granitiques appelées roz forment une sorte de gradin entre les sommets et les bas-fonds marécageux. Ces roz étaient, à cause de la pente moins forte, les seules terres que l'homme pût cultiver au centre de l'Arrée. Ainsi depuis Botcador (en Botmeur) jusqu'à Tréludon s'étire une traînée de villages entourés d'un peu de verdure et de maigres champs. Par ex. le village de Kerbruc est abrité par trois roz : roz du, roz uihan et roz vras. Menez, c'est-à-dire la montagne au sommet arrondi, est moins fréquent : Les Menez et Menez quilliou en Plounéour. Reun est employé quand on considère la pente moyenne régulièrement inclinée : Le Reuniou (Berrien). "

Annik Toberne, La toponymie forestière des Monts d'Arrée , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1954  61-2  pp. 407-415 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1954_num_61_2_1970

 

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.983676&y=48.228033&z=14&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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PRÉSENTATION.

Notice en ligne par l'enquête de l'Inventaire Général.

 

Édifice de plan en croix latine, avec bras de transept très allongés et chevet peu saillant. Chevet et bras nord étayés par d´imposants contreforts. Nef éclairée au nord par une seule ouverture en arc brisé. Bras de transept accessibles par des portes (en arc brisé au sud, plein cintre mouluré au nord) et éclairés par des fenêtres (deux au sud, une au nord) en arc brisé à réseau flamboyant. Maîtresse-vitre en arc brisé à réseau flamboyant. Porte de la sacristie dans-oeuvre en arc brisé. Sol couvert de dalles de schiste. Sablières sculptées (sauf dans la nef). Charpente à arbalétriers courbes et entraits retroussés à engoulants, clés pendantes sculptées (fleurons, têtes d´angelots). Blochets figurant des anges portant les instruments de la Passion à la croisée du transept.

Fontaine bâtie dans les années 1640 (date en partie illisible), remontée,  couverte d´une voûte en plein cintre abritant une statue moderne..

granite , schiste , grès pierre de taille , moellon 

L´édifice, comme toutes les chapelles communales, a bénéficié du don de Madame Le Douzen pour sa restauration (mobilier compris) en 1992. Vitraux réalisés en 1992 par M. Le Bihan de Quimper. Mobilier de grande qualité et d´intérêt patrimonial.

 

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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I. L'HISTOIRE : LES INSCRIPTIONS.

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1°) La bulle d'indulgence de 1500 : une première restauration d'un édifice plus ancien.

On ne connaît rien de la fondation de la chapelle, mais elle doit remonter au-delà du XVIème siècle, puisqu’en l'an 1500, il était question de faire d’importantes réparation, comme en fait foi une bulle d’indulgences découverte aux Archives départementales et signée de 22 cardinaux, diacres et évêques.

Dans cette bulle, la chapelle est dite de Saint-Tugdual : on y signale les fêtes de Saint Marc, évangéliste, de Saint Tugdual, de Saint Laurent, de Saint Roch, comme y étant célébrées. La bulle est obtenue par Noble Fiacre Leinloët, clerc du diocèse de Quimper, en faveur des restaurations à effectuer à la dite chapelle.

Elle conserve de cette époque  le plan en croix  ainsi que plusieurs éléments (niche crédence nord, portes nord, sud et est, porte de la sacristie).

 

2°) Deuxième  mention en 1652, registre paroissial.

On relève aux registres paroissiaux de l'an 1652 qu’on trouva sur l’autel de la chapelle « ung enffant emmailloté dans des drapeaux, dont on ne cognoit ny père ny mère, et qui estoit une fille ».

 

3°)  En 1662, un document d'archive signale une nouvelle restauration : la chapelle est grandement reconstruite.

La bulle de 1500 fut utilisée à nouveau en 1662, lors d’une nouvelle restauration ; elle fut alors retranscrite, et la chapelle y est, cette fois, dite de « Monsieur Saint Laurent ».

Ce sanctuaire a porté les noms de Saint-Pabu ou Tugdual et de Saint-Laurent indifféremment, jusqu’en 1756, où elle s’est appelée définitivement chapelle de Saint-Laurent.

 

Le recteur de Pleyben était alors (de 1662 à 1682) Jean-Baptiste de Kerret, sieur du Carpont.

— Fils de Philippe de Kerret et de dame Julienne de Boisguehenneuc, seigneurs de Quillien, le Birit et autres lieux, Messire Jean-Baptiste de Kerret continua l'oeuvre d'ornementation, et d'embellissement commencée par Messire Coffec.

Il fit construire par les frères Le Déan, de Quimper, en 1666, le magnifique retable à tourelles du maître-autel, fit fondre sur place 4 cloches par Maître Hervé Léonard, fondeur, de Nantes.

En 1679, il passait marché avec le sieur Jégouïc, du Haut-Corlay, pour une grande horloge à placer dans la grande tour. Il eut soin également des âmes qui lui étaient confiées, en leur faisant donner deux missions par le Père Maunoir, en 1665 et 1676.

Il fit reconstruire, en 1662, la chapelle de Saint-Pabu (Saint-Laurent).

Les deux missions du père jésuite Julien Maunoir à Pleyben sont importantes à considérer, pour l'influence qu'il exerça sur la pratique religieuse, et, sans doute, sur les choix iconographiques qui s'ensuivirent. En 1665, il était accompagné de 50 missionnaires. Il mourut en 1683, et parmi les guérisons miraculeuses que G. Le Roux lui attribut après sa mort, il faut citer à Pleyben celle de Jean Pezron, qui avait été 13 ans sans marcher, de Louise Cozan, qui avait perdu la parole,  et surtout celle du recteur René de Kerret (cf. infra), qui " avait été pendant trois ans entiers fort incommodé d'une fluxion à la gorge , sans pouvoir trouver de remède ; il se voua au P. Maunoir ; il commença une neuvaine à son cœur au collège de Quimper , et le troisième jour de la neuvaine il se trouva parfaitement guéri. Il signa sa déposition à Plevin , le 21 de Juin 1685". Ce qui démontre combien le clergé de Pleyben avait été fasciné par le missionnaire. (Source)

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3°) Réfection de la charpente en 1686, Guillaume Coadour étant fabricien.

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La première inscription est celle inscrite sur la sablière (ou corniche) du bras nord du transept. Elle signale la réfection de la belle charpente en carène inversée sous la direction  du  fabricien, Guillaume Coadour  en même temps que les baies est.

On lit, gravé en creux  dans un cartouche  orné de volutes:

GVIL : COADOVR

FABRI : 1686

Soit Guillaume Coadour, fabricien en 1686.

Il s'agit sans doute de Guillaume Coadour, né en 1615, époux de Catherine PAIGE et père le 20 décembre  1642 d'Yvon  et en 1644 de Marie Coadour (Généalogie Michel Charoupis). Les parrain et marraine d'Yvon étaient Yvon LE BORGNE et Margaritte Coadour.

 

Le recteur était alors René de Kerret, frère du recteur précédent, Matthieu de Kerret, et fils d'Alexandre de K. et de Claude Mahaut, seigneur et dame de Chasteaunoir en Braspart.

René de Kerret était né à Pleyben le 10 mars 1657, il fut recteur de Pleyben de 1685 à 1690 avant d'être nommé à Plouarzel. Il commanda à Thomas Dallam de nouvelles orgues pour l'église de Pleyben. 

https://gw.geneanet.org/basset8?lang=fr&n=de+kerret&nz=basset&ocz=0&p=alexandre&pz=veronique+jeanne+camille+agnes&type=fiche

https://gw.geneanet.org/jcbo?lang=en&p=mathieu&n=de+kerret

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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4°) Réfection du pignon ouest en 1731 par I. Favennec.

L'inscription et la date sont portées au dessus de la porte ouest. La même année, le clocheton fut refait, avec obstruction de l´oculus.

L'inscription en lettres capitales romaines est en réserve dans un cartouche carré sur quatre lignes séparées par des réglures

FAITFA.

IREPAR. I .

FAVENN

ECF 1731

Soit FAIT FAIRE PAR I. FAVENNEC F 1731, soit Fait faire par I. Favennec, fabricien en 1731.

On peut suspecter le prénom IAN (Jean). Il appartient à une famille très souvent citée à Pleyben, soit comme fabricien (Nouel Favennec, fabrique de l'église Saint-Germain  en 1725, inscrit son nom sur l'arc de triomphe), soit comme prêtre (Hierosme Le Favennec en 1595, Nouel Favennec  entre 1695 et 1724), soit comme architecte et maçon ( maîtres François et son frère Germain Favennec, architecte et maçon, tous deux de Pleyben en 1718, puis Paul), soit comme habitant.

François Favennec demeure à Lelesguen.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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On comparera cette inscription avec celle conservée sur le linteau à coté  de l'Office du Tourisme de Pleyben, autour d'un calice indiquant que son auteur est un prêtre ( Noël Favennec) :

FAIT : FAIRE : PAR

MIRE : N : FAVENNEC

PTRE : CVRE : LAN 1709.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Inscription de la cloche de 1776.

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La date est signalée par Couffon, je n'ai pu la lire sur mes photos.

J'AI ETE FONDUE A BREST EN [1776]

[YVES CANSOT] CURE ET RECTEUR DE SAINT LAURANT EN PLEYBEN 

/ STE ---EUR MICHEL RANNOU FABRICIEN

Décor : un crucifix.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'inscription au dessus de la maîtresse-vitre : FAIT FAIRE PAR GUILLAUME LE MOULIN 1808 : 

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Vendue pendant la Révolution, la chapelle de Saint-Laurent fut remise à la commune le 21 nivôse an X [janvier 1802], par Françoise le Gall, veuve de Guillaume le Moulin, de Kergogant, qui s’en était rendu acquéreur en secondes mains, le premier acquéreur se nommant Jacques Kergoat, de Botlan. Guillaume le Moulin l’avait achetée à ce dernier dans l’intention d’en empêcher la profanation.

Je n'ai pas photographié cette inscription.

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De 1724 à 1781, la chapelle reçut de fréquentes et coûteuses réparations : en 1861, elle était à peu près écroulée, et on dut la reconstruire en partie pour un devis de 2.500 francs.

Jadis il était de tradition que la procession du Saint-Sacrement se rendît du bourg à la chapelle, le dimanche dans l'octave du Sacre, où avait lieu le pardon de Saint Papu ou Tugdual. Aujourd’hui, seule la procession des Rogations s’y rend.

La chapelle était desservie par un chapelain, qui recevait 18 livres 15 sols par an pour ses fonctions.

Le pardon de Saint-Laurent a lieu le deuxième dimanche d'Août, aux environs de la fête du saint diacre (10 Août).

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LA STATUAIRE.

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On  compte dans la chapelle abrite les statues de Saint-Laurent, la Vierge-Mère, saint Pierre, saint Pabu, saint Cado et saint Suliau, pour la plupart placés autour des trois autels de pierre.

Le maître-autel est accosté de deux niches soit enguirlandées de festons, soit munies de statuettes des apôtres .

 

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La statue de saint Pabu et sa niche : bois polychrome, XVIe siècle.

Saint Pabu, c'est saint Tugdual ou Tuwal, l'un des sept saints fondateurs de la Bretagne ; il aurait débarqué à Trébabu au VIe siècle avec 72 religieux du Pays de Galles pour évangéliser les Bretons, il aurait fondé son ermitage à Saint-Pabu, etc...

 Saint Pabu est représenté en évêque de Tréguier, dont il fut le premier prélat en 550.

La bordure de sa chape pluviale est ornée des figures en bas-relief de saint Etienne, saint Jean-Baptiste, un saint évêque, et saint Fiacre.

Sa niche comporte les figures en moyen-relief les douze apôtres ; on voit à gauche de bas en haut saint Thomas et son équerre, saint Simon et sa scie, saint Barthélémy et son coutelas, saint Jean et son calice, saint André et sa croix, saint Pierre et sa clef. À droite, saint Jacques et son bâton de foulon, un saint (Thaddée Jude ?) et son bâton, saint Matthieu et sa lance,  saint Philippe et sa croix, saint Jacques le Majeur et son bourdon, et saint Paul avec son épée, en face de saint Pierre.

Au sommet, trois masques à linges et palmettes.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Laurent et sa niche. Bois polychrome, XVIIe.

Il porte la dalmatique de diacre, tient un livre, la palme du martyr et le grill de son supplice.

Niche à guirlandes.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Laurent, son livre, sa palme  et son grill. Bois polychrome, XVIIe.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Laurent et son grill. Bois polychrome.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La Vierge à l'Enfant. Bois polychrome, fin XVe.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Cadou en abbé, XVIIIe (Couffon).

Ce gallois  fonda l'abbaye de Llancarfan (où furent formés saint Brandan et saint Malo) et vint en Bretagne au VIe siècle avant de devenir évêque de Bénévent en Italie, où il fut assassiné par les Barbares.

Selon le BDHA, les statues de Saint Sulliau et de Saint Cadou proviennent de deux chapelles tombées en ruines et dédiées au culte de ces deux saints bretons.

 

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Suliau, bois polychrome, XVIe-XVIIe siècle.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un des quatre évangélistes rédigeant son évangile,  sans son symbole. Bois polychrome.

Il s'agit vraisemblablement de saint Marc, dont  la fête  était célébrée ici, comme l'atteste  une bulle de 1500.

 

 

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'évangéliste Marc et son lion. Kersantite polychrome.

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C'est, avec celle de la Vierge, la statue la plus remarquable. Saint Marc est assis sur un siège dont nous ne voyons que le montant gauche, montant à degrès sur lequel Marc pose le pied gauche.

Il est coiffé d'un bonnet rond singulier, puisqu'il se prolonge devant la poitrine par deux pointes et entoure le cou sous la barbe. Ce bonnet s'intègre à un camail plissé.

Il caresse son lion, qui est dressé sur ses postérieures tandis que les antérieures s'appuient sur le bras du fauteuil, et celui de l'évangéliste. La queue du lion, droite et longue, passe entre l'arrière-train en diagonale sur les pieds de Marc.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Inscription S. MARC PRIE POVR NOVS

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LA CHARPENTE, SES ABOUTS DE POINÇON, SES BLOCHETS ET SES SABLIÈRES.

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Voir sur les sablières bretonnes :

 

— Sur les sablières et sculptures du Maître de Pleyben :

 

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Les sablières du Maître de Saint-Nic (1641-1675:

 

 

 

Pour s'en tenir à Pleyben et aux paroisses voisines, cette charpente datée de 1686 se place un siècle après celle de l'église de Pleyben et de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal, de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom sculptées par les Maître de Pleyben entre 1570 et 1580 environ. Elle est postérieure à celle de l'église de Plomodiern (Brélivet 1564), . Par contre, elle se rapproche des dates de celle de la chapelle Saint-Côme à Saint-Nic, réalisée entre 1641 et 1675, ou de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, datée de 1653, ou de celle de Trégarvan (1670), dont les sablières sont de la même main .

On  retrouve ici, pour les éléments figurés,  un style altéré mais néanmoins évocateur du sculpteur de ces chapelles, avec  les angelots sculptés de face et les visages bilobés. Mais le décor y est fruste, répétitif. L'admirable travail du charpentier n'est pas, par bonheur, caché par un lambris.

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"A la croisée du transept, beau poinçon de charpente, sculpté et peint (des têtes d'anges sur les côtés, des armoiries à six besants en dessous) et deux blochets sur quatre conservés (anges porteurs de la croix et de la couronne d'épines). Seul le transept a gardé sa charpente ancienne, ses entraits engoulés et ses sablières sculptées ; sur l'une de celles-ci, à gauche du choeur, inscription : "GVIL. COADOVR/ FABRI. 1686". Au chevet, fenêtre flamboyante et, au pignon du transept sud, porte en anse de panier. Charpente en carène renversée avec sablières et anges-blochets." (Couffon)

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La clef pendante de la croisée du transept.

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Quatre anges présentent une couronne contenant, dans deux palmes, un blason à six besants.

Ces armoiries n'ont pas été attribuées. Elles diffèrent de celles de la famille du Bouëtiez de Kerorguen, qui posséda en 1553 la trève de Lannélec en Pleyben. Ils blasonnaient d'azur à deux fasces d'argent accompagnées de six besants d'or.

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Les anges, qui sont coiffés d'un diadème, ont un visage bilobé, en cosse d'arachide.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les blochets de la croisée du transept : deux anges.

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1°) Ange présentant la croix.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Ange présentant un livre.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les sablières et leur décor d'angelots.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La charpente.

On comparera la charpente du transept avec celle de la nef.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

ABGRALL

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a0a5651f868070445ed8e54fb7eecff8.pdf

 

 

 


 


 

https://gw.geneanet.org/edouardpareja?lang=en&iz=3&p=gilles&n=coadour

https://gw.geneanet.org/coadour?n=coadour&oc=1&p=yvon

Guillaume Le Moulin (1620-1687), notaire royal

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=en&n=le+moulin&oc=1&p=guillaume

 

SOURCES ET LIENS.

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PEYRON, Paul, . Pleyben (Notices des paroisses du diocèse de Quimper et de Léon). Dans : Bulletin de la commission diocésaine d´architecture et d´archéologie, 1938

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

 

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel),

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-laurent/1e9b5ce0-97b9-4c88-8458-e7734af71ac5

 

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Published by jean-yves cordier - dans Pleyben Chapelles bretonnes. Sablières
30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 15:46

La chapelle Saint-Laurent de Rozalghen en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Voir aussi sur Pleyben :

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Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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« Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, de leurs Vierges de Pitié, et de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés. L'appartenance au même atelier de Bastien et Henri Prigent se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus." (Le Seac'h p. 140)

 

 

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PRÉSENTATION.

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Parmi les 24 croix et calvaires repérés à Pleyben, (y compris ceux  dont ne subsistent que les socles, à Guénily (1577 et 1821) et à Keryunet (1633),  19 sont des croix, cinq des calvaires. Ils sont répartis de manière à peu près uniforme sur l'ensemble du territoire communal, à l'exception du quart nord-ouest et de la frange centrale est qui en sont dépourvus.

Les cinq calvaires datent du 16e siècle. Quatre d'entre eux  sont composés de plusieurs personnages sur croisillon, ceux des  chapelles de  Garz Maria, de Lannélec et et de la chapelle Saint-Laurent à Rozalghen,  et celui de Kerflouz. Quant au calvaire monumental de l´ enclos paroissial, réalisé par l'atelier Prigent en 1555,  une trentaine de scènes de l´Évangile couronnent et surplombent le grand massif architecturé reposant sur quatre imposants contreforts.

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La chapelle Saint-Laurent (autrefois consacrée à saint Pabu et à Saint Tugdual) est située à 1,5 km du bourg de Pleyben. On ne connaît rien de sa fondation, mais elle doit remonter au-delà du XVIème siècle, puisqu’en l'an 1500, il était question de faire d’importantes réparation, comme en fait foi une bulle d’indulgences découverte aux Archives départementales et signée de 22 cardinaux, diacres et évêques. Elle est mentionnée dès 1550, restaurée en 1662 et reconstruite en 1731.

Le calvaire est certainement le principal témoin encore visible de la construction du XVIe siècle,  plus spectaculaires que la niche crédence nord, ou les portes nord, sud et est qui sont conservés dans la chapelle.

Il est attribué à un atelier de sculpture de la pierre de Kersanton, établi à Landerneau et actif entre 1522 et 1577, celui de Bastien Prigent, et de son fils (ou frère) Henri. L'un des critères les plus sûrs de cette attribution est la présence des larmes qui s'écoulent des joues de la Vierge et de Jean au pied du Crucifix. Si on se base sur le fait, bien documenté, que cet atelier a construit le calvaire monumental de l'église de Pleyben en 1555, après avoir fait celui de Plougonven en 1554, ou encore que leur compagnon Fayet, qui partage les mêmes caractéristiques stylistiques, a fait celui de Lopérec (à 10 km de Pleyben) en 1552, il est raisonnable de dater celui de la chapelle Saint-Laurent des années 1550-1560.

Il se trouve que ces trois larmes figurent aussi sur les deux  calvaires de Saint-Ségal (une ancienne trève de Pleyben), celui du bourg et celui de la chapelle Saint-Sébastien daté entre 1541 et 1554. Ces larmes forment donc un motif récurrent, un fil rouge de reconnaissance d'un artiste dont il faut savoir examiner de près la production.

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

 

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DESCRIPTION

Sur un emmarchement en moellon de schiste à trois degrés hauts, puis sur un socle cubique, un fût rond à écots en granite porte le croisillon aux deux statues géminées (Vierge - saint Laurent et saint Jean - saint évêque) entourant le Christ en croix avec au revers le Christ ressuscité ; ces parties figurées sont  en kersantite, dont la couleur sombre se repère aisément. Le calvaire atteint 6 m de haut.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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LA FACE OCCIDENTALE DU CALVAIRE : LA VIERGE ET JEAN AUTOUR DU CRUCIFIÉ.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Le Crucifié est au centre sous le titulus (le panonceau portant les lettres INRI) et au dessus de deux anges recueillant le sang s'écoulant des pieds dans un calice qu'ils tiennent ensemble.

Un autre ange est agenouillé mains jointes au sommet de la croix, comme un gentil oiseau venu se poser là ; hélas, il a perdu la tête, et des lichens foliacés grisâtres tentent maladroitement de le consoler. On remarquera la façon dont il a fait bouffer sa robe au dessus de la ceinture, en plis godronnés charmants.

Du Christ, nous remarquons tous les détails qui font le style de Bastien Prigent, et dont il faut énumérer à chaque fois la litanie. La couronne est tressée en brins parallèles et non croisés ; la barbe est peignée drue avec des mèches radiantes ; les cheveux tombent sur les épaules (devant les épaules de chaque coté, et non en avant à droite et en arrière à gauche comme chez Doré) en laissant un espace entre le cou et les grosses baguettes des mèches ; les yeux sont clos, la bouche entrouverte, la tête inclinée à droite, mais ce n'est guère spécifique ; les côtes sont étirés horizontalement par le supplice des bras crucifiés ; le nombril est un petit bouton ; le pagne forme trois plis horizontaux en vague qui se nouent sur le coté gauche ; et les jambes à peine fléchies sont fixées par un seul clou, pied droit au dessus.

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Le bras de la croix s'achève par des cylindres bien frustes, sans fleuron ni boule à godrons.

Rien oublié ? On continue.

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La Vierge.

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Avant tout (mais il faut parfois l'observer aux jumelles), il faut remarquer les fameuses trois larmes, en pendeloque, celle du milieu plus longue que les deux autres. 

Puis, le voile bien reconnaissable, mais qu'Emmanuelle Le Seac'h ne décrit que par l'adjectif "coqué" que le CNRTL ou l'Académie ignorent. Je ne sais pas ce qu'est un "voile coqué", j'imagine une coque de noisette coupée en deux, le Wiktionnaire renvoie au renfort de l'extrémité d'une chaussure, mais avec un peu d'intuition et la confrontation aux images qu'elle commentent, je comprends que Le Seac'h souligne le coté rigide, et la forme en boite presque carrée du voile.

Mon repère stylistique est plutôt le repli de l'étoffe au dessus de la tête.

On peut passer rapidement sur les yeux "en amande" (guère significatif) ou la bouche entrouverte. Le visage est figé, peu expressif, ce qui, paradoxalement, est bien expressif de la déréliction et  de l'anéantissement émotionnel de Marie.

Il faut ensuite remarquer la guimpe, cette pièce de toile cachant la poitrine et remontant sur le cou jusqu'à la gorge.

Sous le manteau à étoffe épaisse mais animé à droite de plis en courbes, la robe est très simple, juste serrée à la taille par une ceinture d'étoffe nouée. Le pied droit qui s'avance compense par son mouvement timide l'allure sévère et triste de la Vierge.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Saint Jean.

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Il contraste avec Marie par sa posture redressée, la tête levée et tournée vers le visage du Christ, et par ses deux bras écartés.

De même, son costume attire le regard par ses accessoires.

Mais à tout seigneur... les trois larmes, bien-sûr !

Et puis l'arcade sourcilière découpée comme par un tranchet sur de l'argile, les yeux en pruneaux, les narines qui hument le vent, la bouche entrouverte, les cheveux mi-longs qui moutonnent sur le front, le visage rectangulaire au dessus d'un petit menton pointu.

Prigent aime les boutons et les boutonnières en S. Il s'en prive ici au profit de l'attache du manteau, et du plumier d'écrivain glissé dans la ceinture avec son encrier au bout de deux cordons. C'est l'attribut du rédacteur de l'évangile (et de l'Apocalypse). Il remplace ici, et c'est mieux choisi, le livre que Jean tient sous son aisselle à Plougonven.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Bastien Prigent a donné ici la même statue que pour le calvaire de Pleyben : un autre indice pour dater ce calvaire de 1555 environ.

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Calvaire de Pleyben (B. Prigent, 1555). Photo lavieb-aile

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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LA FACE ORIENTALE DU CALVAIRE : LE CHRIST, SAINT LAURENT ET SAINT GERMAIN/PABU.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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1°) Le Christ ressuscité montrant ses plaies.

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On trouve  beaucoup plus souvent au revers du Crucifié de l'atelier Prigent le Christ aux liens, ou la Vierge à l'Enfant, ou une pietà. Cette sculpture est originale car si le Christ montre sa plaie du flanc et celle de sa paume gauche (comme dans les Apparitions, notamment à Thomas), ce n'est pas un Christ Ressuscité, au nimbe crucifère, vêtu du manteau, portant l'étendard de sa victoire, ou enjambant le tombeau. Il porte encore le pagne ou perizonium de la Croix, (exactement le même qu'au verso).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Saint Laurent.

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Le seul indice affirmant qu'il s'agit bien de lui est sa tenue de diacre (la dalmatique). Que ne tient-il pas son grill, ou du moins la palme, plutôt que ce chapelet ! Et pourquoi se tenir les coudes, laissant croire que ses bras sont liés ? Tels sont les mystères qui donnent à l'iconographe tout le charme de sa tâche : point de routine !

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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[Saint Germain ou] saint Pabu .

C'est, objectivement,  un évêque ou un abbé, et même, puisqu'il accède au croisillon d'un calvaire, un saint évêque ou un saint abbé. Guénolé ? Corentin ? 

Mais nous sommes à 1,5 km à vol d'ange du calvaire de l'église de Pleyben, dédiée à saint Germain. Je serai prêt à parier ma souris ou mon clavier (j'ai jeté le plumier et l'encrier aux orties) qu'il s'agit donc ici du patron de la paroisse, au coté du patron de la chapelle. Celui dont Bastien Prigent a sculpté la statue (aujourd'hui au dessus du porche de l'église).

Oui, mais sitôt entré dans la chapelle, nous trouvons, dans le chœur, les statues de saint Laurent à droite et de saint Pabu à gauche : ce dernier y est représenté en évêque, et son nom est clairement inscrit sur la niche qui l'abrite.

Tout réfléchi, je vote pour saint Pabu, premier titulaire de la chapelle.

 

Il est mitré (les fanons de la mitre couvrent ses épaules), il porte la chape, et tient la crosse, brisée au dessus du nœud. Il bénit le bon peuple.

Les yeux ovales et vides de pupilles, l'arcade sourcilière bien franche, le visage carré au dessus du triangle du menton qui s'affirme, la petite bouche charnue nous permettent de réciter encore une fois le vocabulaire des Prigent.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

 

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Les sculptures du croisillon.

Les faces latérales des croisillons sont sculptés, et, de loin, on parlerait volontiers rapidement de feuillages. Mais en s'y attardant, on découvre de véritables dragons, ailés, ou un masque humain   crachant  sa tige d'une large feuille, ou le motif — qu'on voit à foison sur les sablières de Pleyben— de deux dragons dont les cous sont attachés par un collier commun.

Ces dragons, ces masques, si on les voit sur les sablières, se trouvent surtout , pour notre propos, dans les porches décorés par Henri et Bastien Prigent : ceux de Landivisiau, de Pencran, de Guipavas que j'ai déjà eu l'occasion de décrire dans ce blog.

C'est le moment d'ouvrir l'œil !

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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ANNEXE. L'ART DE SCULPTER LE KERSANTON DE L'ATELIER PRIGENT.

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Outre les porches de Pencran (1553),  de Landivisiau (1554-1565), de Guipavas (1563), outre les statues isolées de divers porches ou sanctuaires, outre le gisant de Laurent Richard à Plouvien , outre les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), on conserve de l'atelier des Prigent 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier.

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Les 10  croix et calvaires complets :

Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré. Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

-Le Tréhou, croix de l'ouest du bourg 

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572, signée des Prigent, avec  le Crucifié avec une pietà :

-Lanhouarneau, croix de Kerlaouérat, attrib.Henri Prigent.

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages. Le Christ crucifié est entouré de la Vierge et Jean sur le croisillon.

- Saint-Servais, calvaire du sud du bourg.

2°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages (statues géminées du croisillon) ou 6 personnages (toutes les statues sont géminées, y compris celles du centre ).

-Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. On reconnaît ici le style de Bastien Prigent.

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 peronnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous., attribué à Henri Prigent.

3°) Calvaire à deux croisillons.

-Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.

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Les 17 vestiges de croix et calvaires :

 

-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : le Crucifié et l'ange orant, attribués à Henry Prigent  Dans la chapelle elle-même, d'autres statues de Prigent, qui faisaient partie du calvaire, sont représentées dos à dos : cellesde Saint Paul Aurélien et d'un saint non identifié, ainsi que de saint Nicolas une pietà et un "Christ ressuscité" .

-Dinéault, Calvaire de l'église Sainte Marie Madeleine. les Prigents ont travaillé sur le piédestal supportant le calvaire, Bastien Prigent a sculpté Marie-Madeleine, la tête levée vers Jésus sur la croix et Jean-l'Évangéliste debout, la tête baissée et le front plissé, tandis que François d'Assise est représenté et, à l’avant du piédestal, un bas-relief représentant un moine tenant un tissu sur lequel est gravé un visage sacré. Ces œuvres datent de 1550. Les statues sur la traverse ne sont pas de l'atelier des Prigent, mais datent de 1696 et représentent géminées des statues de la Vierge jumelées à Saint Sébastien, un évêque soutenu par un pietà, Marie-Madeleine agenouillée soulève le couvercle de son pot à onguents et Jean l'évangéliste s'associe à Saint Pierre, tandis que la sculpture de Jésus crucifié renversé avec un "Christ aux liens" est attribuée à l'atelier de Roland Doré. Ce calvaire a une hauteur de 6,00 mètres. D'autres sculptures de Prigent peuvent être vues dans l'église Sainte Marie Madeleine elle-même

 

-Guiclan, calvaires de la Croix-Neuve et de Kersaingilly. Il y a deux calvaires dans la région de Guiclan. Parmi les sculptures impliquées dans le calvaire de la Croix-Neuve, seules la statue de Sainte Véronique et la Vierge Marie avec bébé sont de l'atelier Prigent. Le calvaire est simple et contient des statues de Sainte Véronique et de la Vierge Marie avec un enfant placé de chaque côté de la représentation du Christ crucifié. Le calvaire de Kersaingilly présente des représentations de Saint Yves, le Christ crucifié inversé avec la Vierge Marie avec son enfant et Saint Gilles. L'atelier des Prigent ne travaillait que sur la statue de Saint Yves. Bastien Prigent est attribué au travail. Saint Yves est représenté dans la robe d'un avocat. Cette statue venait de La Roche-Maurice et a été ajoutée au calvaire lors de sa restauration en 1889 par Yan Larhantec.

-Guissény calvaire du cimetière de l'église. Il est inscrit "J. Habasc gouver (neur) 1555" et les statues sont attribuées à Henry Prigent. Le calvaire était à l'origine situé à la chapelle Saint-Yves à Kervézennec, mais après le pèlerinage de 1920 ("mission"), il a été érigé à Guissény par le restaurateur Donnart. Le calvaire a une représentation de la Vierge Marie adossée à une représentation de saint Yves, du Christ crucifié inversé avec un "Christ lié" et de Jean l'évangéliste soutenu d'une représentation d'un évêque. La tête de Jean l'évangéliste a disparu et la tête de l'évêque n'est pas la tête d'origine.

-Kerlouan : Croix Saint-Sauveur : Trinité de Bastien Prigent.

-La Forest-Landerneau : cimetière haut statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.

-La Forest-Landerneau : cimetière bas : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix.

-Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.

-Lanneufret : Calvaire de l'église Des statues géminées de l'atelier Prigent de la Vierge, associées à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associées à un moine, sont associées à une crucifixion du XXe siècle. 

-Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associé à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.

-Le Folgoët, musée  : vestige d'un Crucifié par Bastien Prigent.

-Plonevez-Porzay : Calvaire de l'église Le Crucifié et d'un ange portant un titulus est attribuée à l'atelier de Prigent. 

-Ploudaniel, calvaire de l'église : Dans la chapelle Saint-Éloi se trouvent les restes de deux calvaires. Il y a une statue géminée de Jean/un autre saint et un "Christ aux outrages". 

-Ploudaniel : calvaire de la chapelle Saint-Pétronille de attribué à l'atelier de Prigent avec les statues de Saint-Pétronille et de Jean l'évangéliste de Bastien Prigent et près du corps de la croix, une Marie-Madeleine attribuée à l'atelier.

-Quimper, jardin du cloître de l'église Notre-Dame de Locmaria de Quimper, restes d'un calvaire et l'atelier Prigent est attribué à une statue géminée de la Vierge/Saint-Pierre.

-Plouider, calvaire à Brondusval : Il ne reste plus grand chose du calvaire mais les statues de saint Yves, de saint Fiacre et d'un saint non identifié sont attribuées à l'atelier de Prigent. 

-Plouhinec, calvaire de la "Maison du sculpteur Quillivic" Il s’agit d’un calvaire contemporain où l’image du Christ crucifié est remplacée par la partie supérieure du cadre d’une fenêtre gothique. Le calvaire a des statues géminée de la Vierge /saint Yves et Jean

-Plouvorn, calvaire de la chapelle de Lambader : des statues de la Vierge Marie et de Marie Madeleine sont de l'atelier des Prigent qui ont également sculpté le blason d'Audren de Kerdrel et l'emblème des "Cinq-Plaies" .

 

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Les  croix et calvaires de Fayet :

A cette liste, on peut ajouter les calvaires de Fayet, un compagnon des Prigent au style « si proche de celui des sculptures des Prigent qu'il est parfois difficile de le différencier », s'il n'avait signé de son nom le calvaire de Lopérec avec la date de 1552.

Il rentre dans la liste des calvaires à deux croisillons avec la Vierge/Pierre et Jean/Marie-Madeleine en bas, les deux cavaliers de la Passion sur le 2ème croisillon et le Crucifié au dessus, avec le Christ aux liens au revers et deux anges au calice sous le Crucifié. Marie-Madeleine est au pied de la croix.

E. Le Seac'h lui attribue aussi :

-Le haut du calvaire du cimetière du calvaire de Laz : le Crucifié, les anges au calice, et l'Ecce Homo au revers.

-Le Christ mutilé de Coat-Nant en Irvillac.

-Le vestige du Crucifié du jardin du Doyenné au Folgoët.

-Le vestige du Crucifié du pignon de l'école Notre-Dame du Tromeur de Landerneau

 

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LA STYLISTIQUE « REALISTE » DE L'ATELIER PRIGENT.

Henri (frère ou fils de Bastien) est le moins habile. Bastien, par sa manières plus souple, qui produit un effet expressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme , la raideur des réalisations d' Henri.

a) Le Crucifié :

Les yeux en amande à l'arcade sourcilière cassée

Les mèches de cheveux qui ne sont pas collés au cou, laissant un vide = un espace ajouré entre les mèches de cheveu et le visage.

La couronne tressée 

Les yeux clos

Les grandes narines
La bouche charnue aux lèvres entrouvertes.

Une barbe étagée ou bifide

un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril en forme de bouton

Un pagne volant, noué sur le coté par une brande boucle

b) La Vierge

Elle porte une guimpe montant jusqu'au menton et un voile coqué.

Trois ou cinq larmes coulent sur la joue , en forme de patte d'oiseau avec une larme plus grande au milieu

Vierge de pietà : agenouillée, se tenant bien droite, le visage impassible, elle tient son Fils dans ses bras, le corps de celui-ci renversé en diagonale, en appui sur le genou de sa mère.

Marie-Madeleine agenouillée (Pleyben et Plougonven, Bastien Prigent) : tête inclinée en arrière, elle porte une robe aux plis lourds et harmonieux. Son voile a glissé sur son dos.

Par ailleurs

Visages rectangulaires ou ovales. Arcades sourcilières « aiguisées ». Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides.

 

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Fayet se distingue par :

un style sévère avec des Crucifiés raides

l'association de la statuaire gothique et d'un décor renaissance, avec les fleurons godronnés entourés d'un galon décoratif, des consoles moulurées et des feuilles d'acanthe sur les culots.

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SOURCES ET LIENS.

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BDHA 1938

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, article. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ed6c2bc160f40c8aa6e03dc9f0bdccb1.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/pleyben.html

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005, Guide des sept grands calvaires bretons, Minihy-Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

 

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel),

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-laurent/1e9b5ce0-97b9-4c88-8458-e7734af71ac5

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Pleyben Chapelles bretonnes. Calvaires
5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 20:56

Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan. Bas-relief en kersanton et traces de polychromie, soubassement de la Déploration.

Élément d'un cycle des Apparitions du Christ après sa Résurrection. XVIe siècle.

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— Voir sur Locronan :

 

 

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PRÉSENTATION.

La chapelle du Pénity ("ermitage") de l'église de Locronan a été construite sous le règne de François II (1458-1488) et de la duchesse Anne (1488-1514). Elle abrite le cénotaphe de saint Ronan, et le regard du visiteur est happé par cette œuvre monumentale d'un kersanton sombre et lustré. Pourtant, on prend le temps d'admirer la statue du saint (XVIe), dans sa niche à droite de la maîtresse-vitre, ou celle de saint Michel en archange pesant les âmes (XVe), et la Déploration à six personnages en pierre polychrome (v.1520) à gauche de l'autel.

C'est dire si on pardonnera le visiteur qui négligera un peu le soubassement de cette Déploration : ce fut mon cas lors de mes visites successives.

Et pourtant ! Aujourd'hui, alors que j'ai pris le temps de m'accroupir devant ce qui fut une contretable d'autel, je l'élève à la dignité de coup de cœur du mois  et je like frénétiquement ce chef d'œuvre de kersanton. 

Ah oui alors, cela vaut la peine de se pencher sur cette plaque de 118 cm de long et  54 cm de large (depuis mon inoubliable rencontre avec Louis Chauris, j'essaye de ne pas oublier mon mètre ruban) et de l'examiner de près.

L'encadrement d'abord : ce sont deux niches délimitées en haut par des arcatures liées (avec une sorte de poireau ou fenouil tronqué en fleuron à leur aisselle), sur le coté par des pilastres rectangulaires et en bas par un bandeau à losanges (mais non, ce ne sont pas des macles !). L'Hercule ... Poirot qui sommeille d'un seul œil en chacun de nous a tôt fait de remarquer à gauche le départ d'une autre arcade : nous n'avons ici qu'un fragment de la plaque originelle. 

À gauche, c'est l'Apparition du Christ à Marie-Madeleine juste après sa Résurrection. À droite, c'est le Repas d'Emmaüs. Donc, le sujet d'ensemble, qui se poursuivait certainement, c'est celui des Apparitions du Christ, auquel j'ai été initié dans ma visite des vitraux de Strasbourg puis de Louviers : il comprend jusqu'à huit épisodes, qui s'intègrent dans ce qui est parfois appelé la "Vie glorieuse du Christ". Les autres épisodes les plus représentés sont les apparitions à saint Thomas incrédule,  à saint Pierre sur les bords du lac, aux Apôtres lors d'un repas, ou aux Apôtres sur une montagne.

 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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CLIQUEZ, CLIQUEZ, MAIS CLIQUEZ DONC !

 

 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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1°) Noli me tangere : apparition du Christ-Jardinier à Marie-Madeleine .

Je ne reviens pas sur l'iconographie d'un thème qui m'a toujours séduit et qui est basée sur le texte évangélique de Jean XX :11-18. Voir les deux articles précédemment cités, ainsi que :

Marie-Madeleine est  agenouillée à gauche, cheveux défaits, tenant sur sa poitrine le flacon d'aromate qu'elle avait amené au tombeau. Une main au dessus du couvercle, une main soutenant le fond, l'artiste connaît bien la tradition. De son vêtement, nous ne voyons que le manteau qui l'enveloppe, mais aussi une robe plissée, et des manches non moins plissées, et bouffantes au poignets.

Cela est accessoire, car ce qui compte dans cette scène, c'est l'échange des regards : c'est, pour un sculpteur s'il ne veut pas faire appel à des inscriptions, le moyen de graver la fameuse phrase NOLI ME TANGERE, "ne me touche pas" ou "Ne me retiens pas" (Jn 20:17). L'intense envie de Madeleine de s'approcher de son Maître, et l'impérieuse nécessité du respect dû au corps glorieux de Jésus. La rencontre d'un homme et d'une femme, d'une marcheuse matutinale et d'un jardinier ... Et la fulgurance de la transcendance qui trace, entre eux, une démarcation irrévocable.

Mais auparavant, les deux cris du verset 16 se sont fait entendre, où Jésus appelle  : "MARIE!". Et la femme répond en hébreu : "RABOUNNI !", ce qui veut dire "Maître".

 

 

 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.
Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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Le Christ, debout, tourné de trois-quart vers Madeleine, est vêtu d'une longue tunique qui tombe sur ses pieds nus. Il tient la bêche qui le caractérise comme jardinier (kepouros dans le texte grec, "gardien du jardin").

C'est son chapeau en cloche qui se remarque. C'est bien un chapeau de jardinier, si on veut, mais il évoque surtout le chapeau de pèlerin, celui que porte souvent le Christ dans l'épisode suivant à Emmaüs. 

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Baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photo lavieb-aile

 

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Nous n'avons ici ni la posture de recul du Christ, si sa main droite paume en avant dans un geste de mise en garde. L'artiste a représenté ici un geste de bénédiction.

Les cheveux longs, la moustache et la barbe seront détaillés sur la scène suivante.

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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Le visage de Marie-Madeleine est peut-être l'un des plus beaux de la statuaire en kersanton. Les traces craquelées de la polychromie jaune et ocre font ressortir le grain gris-noir de la pierre de kersantite de façon hallucinante. Le corps de la sainte est comme aspiré par le visage, et tout ce visage est aspiré par le regard éperdu, comme dans la fascination amoureuse. Rien, dans la pureté de l'ovale, dans la ligne du nez, dans celle de la bouche, ne détourne de ce regard.

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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2°) Apparition du Christ aux Pèlerins d'Emmaüs.

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L'artiste n'a pas représenté le moment de la rencontre des pèlerins mais celui de la fraction du pain lors du repas de Luc: 24:30-31 : Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain et, après la bénédiction, ils le rompit et le leur donna. Alors, leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux.

C'est encore une histoire de regard : "leurs yeux s'ouvrirent". Le texte grec emploie les mots ophtalmos (œil) et dianoigo δι-ανοιγω - διανοίγω "ouvrir complètement (ce qui a été fermé)" (comme pour un enfant ouvrant la matrice, le premier-né ; ou ouvrir les yeux et les oreilles ; ou ouvrir l'esprit de quelqu'un, lui faire comprendre une chose, donner la faculté de comprendre ou le désir d'apprendre. Anoigo, c'est "ouvrir", donc dianoigo apporte une accentuation du verbe.

Mais ici, on ne peut pas dire que cette ouverture des yeux et des esprits soit bien représentés. Les trois personnages sont de face, les paupières à demi baissées, avec des visages presque endormis ou morose. Réveillez-vous, les gars!

Jésus tient entre ses mains les deux morceaux du pain : donc le moment crucial a eu lieu. Cléophas tient une cruche, tandis que Lucas est devant une assiette contenant un poisson. 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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Les trois visages ont des caractères communs : frange médiane, yeux en amande à paupière supérieure basse, nez droit, bouche légèrement convexe dont la lèvre inférieure est la plus charnue. La moustache du Christ débute des narines et trace un V inversé dégageant la lèvre supérieur et le philtrum, tandis que la barbe s'épaissit au niveau du menton en cinq épaisses mèches bouclées.

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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ATTRIBUTION.

L'attribution à l'un des grands ateliers de sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne n'a pas été affirmée par les différents auteurs, notamment pas par Emmanuelle Le Seac'h qui ne mentionne pas cette œuvre.

Je remarque néanmoins les points de convergence avec l'atelier de Bastien et Henri Prigent , actif à partir de  Landerneau entre 1527 et 1577 dans le Léon et la Cornouaille. Le souci du détail réaliste propre à cet atelier, et notamment du bouton de tunique ou de robe sur la ligne en S de l'encolure, se retrouve ici.

Le rapprochement s'impose aussi avec le sculpteur anonyme qui réalisé le porche de l'abbaye de Daoulas en 1566 : on y retrouve les arcades nouées au dessus des niches, les moustaches en V, la barbe à 5 mèches bouclées, et le bouton de robe sur le rabat en S (apôtres, Christ Sauveur).

Quelques articles pour se forger une opinion :

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 2 novembre 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/920.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

— DEBIDOUR (V.H), 1953, La sculpture bretonne, Plihon, Rennes.

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

DIVERRES (Henri) : 1886, Notice sur la chapelle du Pénity, Bull. SAF XIII p. 9-26.


— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

— PÉRÉNNES (Henri), 1933, "La maîtresse-vitre de l'église de Locronan". 7 pages.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f670.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 14:45

Les deux crossettes nord et sud (pierre de Logonna, vers 1690)  de l'église de Trégarvan : la sirène et l'ange. La galerie du clocher.  

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Voir :

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La parenté entre l'élévation occidentale et le clocher de l' église aux arêtes ornées de têtes de Landévennec et de celle de Trégarvan est remarquable, suggérant un atelier commun pour ces deux paroisses voisines qui se succèdent sur la fin du trajet de l'Aulne maritime.

Cette parenté se renforce aussi par des dates de réalisation rapprochées (1690-1696 pour Trégarvan et 1693 pour Landévennec) : autant d'indices précieux pour les historiens du patrimoine architectural.

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LA FAÇADE OCCIDENTALE DE TRÉGARVAN ET SES CROSSETTES.

Comme à Landévennec, elle est faite de pierres soigneusement taillées de microdiorite quartzite (ou pierre de Logonna, le site d'extraction en rade de Brest), et ces blocs rectangulaires superposés forment une ligne particulièrement alignée entre le début des deux rampants, là où, précisément, sont disposées les deux pierres sculptées figuratives en surplomb, ou crossettes, à fonction d'amortissement.

La porte en plein cintre est également commune aux deux pignons.

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Là où, à Landévennec, nous trouvions le blason de l'abbé Jacques Tanguy et la date de 1693, nous avons, à Trégarvan, l'inscription Y: SCOARNEC : F mentionnant le nom du fabricien chargé de superviser les travaux. Les inscriptions datées se retrouvent sur la tour (F: MORO 1690 ou 1696) et sur son cadran solaire (1698). 

 

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La crossette nord-ouest : une sirène ou femme-poisson.

Longueur 105 cm (dont 65 cm engagés dans le mur). Pierre de Logonna. Deux blocs ont été nécessaires. la face longitudinale est sculptée en faible relief. Corps pisciforme lisse — sans écailles, à la différence de Landévennec, queue bifide ("queue de poisson"), partie antérieure du corps se féminisant par une chevelure aux mèches parallèles.

La partie en surplomb, taillée en biais en haut relief, est résolument réservé à un visage féminin joufflu et puéril, dont les cheveux s'écartent en une frange médiane tandis que le cou est limité par une collerette à trois dents rondes.

Cette sirène a échappé au recensement effectué par Hiroko Amemiya (2005).

La ressemblance entre les deux corps, et entre les deux visages de Trégarvan et de Landévennec est très prononcée.

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La crossette sud-ouest : un visage féminin ou angélique.

Longueur 93 cm (dont 58 cm encastré) ; épaisseur 30 cm. Microdiorite quartzite. La face longitudinale n'est pas sculptée, seule la tranche est sculptée en haut-relief.

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À Landévennec, le visage était complété par des ailes, affirmant d'avantage qu'il s'agissait d'une femme-oiseau, ou d'un ange.

À Trégarvan, ces ailes font défaut, et nous n'avons ici qu'un visage féminin ou enfantin. Mais un élément vient plaider pour l'hypothèse d'un ange, celui d'un diadème à deux volutes frontale et occipitale, comme en portent fréquemment ces acolytes divins. Les cheveux aux mèches épaisses n'apparaissent que sur l'encadrement du visage, le sommet de la tête étant complètement recouvert par une coiffure intégré à ce diadème.

Le visage est juvénile, joufflu, souriant, le cou  encadré par une collerette (comme à Landévennec).

Depuis le cliché pris dans les années 1990 par Christel Douard pour l'Inventaire, l'attaque par les lichens blancs s'est considérablement accentué, masquant la belle teinte blonde de la pierre de Logonna.

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Le clocher, sa galerie et ses crossettes.

Le massif occidental légèrement saillant porte la tour à une galerie et la chambre des cloches, puis la flèche polygonale presque aveugle et ajourée à arêtes sculptées de têtes humaines.

L'accès au clocher est extérieur, nécessitant d'abord une échelle posée au nord, avant de parvenir à une succession de quatre longues pierres posées   en surplomb, puis à la volée de marche qui suit le rampant nord.

 

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La galerie à forte balustrade est cantonnée par quatre crossettes.

Au sud-ouest, et au nord-est ce sont des têtes de lion.

Au sud-est et au nord-ouest, des  têtes féminines. On notera la ressemblance entre celles-ci et les visages de l'ange et de la sirène.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-budoc/f41f378f-5e50-4f71-9baf-87a36bf63f18

Tour (vue sud), copyright Inventaire général du Patrimoine Christel Douard.

Tour (vue sud), copyright Inventaire général du Patrimoine Christel Douard.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Enfin, la flèche polygonale semblable à celle de Landévennec, avec ses mascarons aux arêtes  et au sommet des gables.

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Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 13:17

Les deux crossettes nord et sud (pierre de Logonna, 1693 ?)  de l'église de Landévennec : la sirène et l'ange. 

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Voir aussi sur Landévennec :

 

et  : Mes 150 articles sur la Presqu'île de Crozon.

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Cet article appartient à une étude des crossettes (pierres d'amortissement) sculptées figuratives du Finistère  destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

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Enfin, une autre série d'articles s'intéresse au thème développé dans la thèse d'Iriko Amemiya, celui de la "femme semi-humaine", Vierge ou Démone.

 

 

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Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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Il s'agit des deux crossettes figuratives des angles nord-ouest et sud-est de l'édifice, qui sont les seules crossettes de l'église. Bien qu'opposées dans leur  orientation (elles se tournent le dos), elles forment un couple stylistique et thématique, celui de l'ange et de la sirène, ou encore de la femme-oiseau et de la femme-poisson.

— auteur : inconnu.

— Matériau : microdiorite quartzique ("pierre jaune de Logonna"). 

"Le célèbre microgranite de Logonna, extrait depuis des siècles dans les perrières du Roz en bordure d'un diverticule de la rade, a fourni à l'église, non seulement de superbes pierres de taille, mais aussi des éléments aptes à la sculpture comme l'attestent les curieuses têtes des crochets de la flèche. cette roche à grains fi-moyen est immédiatement identifiable par sa teinte jaunâtre, presque blonde, comme renforcée par de nombreux cernes subconcentriques brunâtres d'hydroxyde de fer. La multiplicité des petites cavités qui lui confèrent un aspect "troué" est due à la disparition par érosion météorique des feldspaths phyllitisés ; mais cette altération toute superficielle n'altère en rien la solidité de la pierre.

L'âge d'or de la pierre de Logonna correspond aux XVIe et XVIIe siècle. À Landévennec, elle joue un rôle essentiel dans la façade occidentale en beaux éléments bien équarris, assez régulièrement appareillés quoique les assises soient de hauteur différentes." (L. Chauris 2011)

— Datation :  XVIIe siècle (1659 ou 1693), date de l'élévation occidentale. Je me base sur la notice de Christel Douard pour l'Inventaire du patrimoine :

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-landevennec/a3d63319-2d8e-427e-b84e-2b0c7cf106e0

"Dans sa structure, l´édifice semble remonter à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. De cette époque datent le porche sud, l´arc diaphragme séparant la nef du choeur, des vestiges de sablières de la nef, la charpente (poinçons, entraits, blochets) ainsi que quelques baies bouchées (nef, chevet). La pierre encastrée dans la partie supérieure du chevet porte la date de 1652 ainsi que les armoiries de Pierre Tanguy, abbé de Landévennec. La façade occidentale et le clocher sont érigés en 1659 et portent les mêmes armoiries que le chevet. La date de 1699 figurant sur le pignon du porche correspond à un remaniement. La sacristie a été rajoutée en 1740. Le portail monumental remonte à la seconde moitié du 17e siècle. L´ensemble a été fortement restauré à plusieurs reprises, notamment au 19e siècle et en 1969.."

Nota bene : je ne lis pas la date de 1659, mais clairement celle de 1693 sous le blason écartelé attribué à Jacques Tanguy (abbé de 1665 à 1695) de la façade occidentale. 

Si nous examinons cette façade occidentale, nous voyons que l'appareillage des pierres est renforcé au dessus de la clef de voûte de la porte, puis qu'une ligne continue de blocs rectangulaires relient les deux angles et leurs crossettes : j'y vois l'argument pour affirmer que ces crossettes appartiennent à ce pignon (et non aux élévations sud et nord).

L'élément intéressant à mes yeux, et qui n'a pas été noté jusqu'à présent, c'est que ces deux crossettes sont identiques dans leur aspect et dans leur situation au pignon occidental avec celles de l'église Saint-Budoc de Trégarvan, propriété de l'abbaye de Landévennec dès le milieu du XIe siècle. Or cette église possède d'autres points communs, puisque son pignon est également en pierre de Logonna et  que la flèche de son clocher est ornée sur ses arêtes de têtes humaines disposées comme à Landévennec. La tour du clocher de Trégarvan date de 1696, son cadran solaire de 1698 et le clocher de 1706 : ces dates se rapprochent de celle de 1693 portée sur l'élévation ouest de Landévennec.

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Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.

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I. LA SIRÈNE, OU FEMME-POISSON.

Iroko Amemiya la décrit en tête de ses 20 "ornements de type sirène" bretons, dont 13 en pierre (crossettes majoritairement) et 7 en bois (sablières principalement).

Les autres crossettes se trouvent à Saint-Urbain, Landerneau, Bodilis, Lampaul-Guimiliau, Pludaniel, Sizun, Kergrist-Moëlou et Vitré. Les sirènes  tiennent pour la plupart un miroir ou une pomme. On les distinguera de leurs homologues de type femme-serpent (Lannédern, Lennon, Sizun).

Description par I. Amemiya 2005 page 207 (avec un schéma):

"Crossette droite à la base des rampants du pignon ouest. 

Sirène : couchée sur le ventre, tête à gauche. Visage rond encadré d'une longue chevelure épaisse, séparée en mèches. Col rond godronné au cou. Le corps sculpté a la forme d'un poisson à écailles, en léger relief, l'extrémité est bifurique."

On regrettera que le technicien chargé de la pose du para-foudre n'ait pas été sensibilisé au respect du patrimoine.

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a) vue de profil.

Le bloc de pierre grossièrement rectangulaire est sculpté en faible relief sur sa face longue, pour représenter le corps en forme de poisson à la queue caractéristique. Le fuseau du corps est marqué d'écailles rondes. Puis, pour la partie qui vient en surplomb et qui est marquée par un rouleau en volute, l'artiste a rendu les cheveux par les lignes parallèles des mèches.

Rien n'indique le volume de la poitrine féminine (hormis le rouleau qui l'évoque habilement).

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Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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b) vue de face.

Elle est sculptée en moyen relief.

La chevelure vient former un  encadrement,  en courte coiffe au dessus du front puis en deux nattes torsadées sur le coté . Le visage très joufflu avec une bouche fine projetée en avant au dessus d'un petit menton évoque celui d'un enfant ou d'un angelot. Une sage collerette renforce cette impression.

Nous sommes donc loin de la représentation d'une démone, d'une séductrice maléfique ou d'une allégorie de la Luxure ou de la Coquetterie, ou de toute évocation d'une Ève-Lilith.

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Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019 à 19h.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019 à 19h.

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II. L'ANGE, OU FEMME-OISEAU.

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Nous retrouvons ici le bloc de pierre quadrangulaire, à l'arête soulignée par un rouleau, à la face ouest sculptée en bas-relief et à la tranche, tournée vers le sud, sculptée en moyen-relief.

C'est ici une aile triangulaire qui occupe la longueur du bloc (les plumes répondant aux écailles précédentes), et qui se poursuit par la chevelure féminine, tandis que la largeur, taillée en biais, figure un visage joufflu identique à celui de la sirène. Les cheveux sont divisés par une frange médiane, et la collerette s'inscrit en indentations pointues, comme l'anticipation de nos  Pierrot-Gourmands, mais se sont les seules différences, bien que l'exposition ensoleillée de la jeune femme rende celle-ci plus photogénique.

 

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Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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Au total, la gémelléité des deux crossettes est incontestable. Chacun peut préférer voir ici le couple d'un ange (le Bien, dextre et méridional) et d'une sirène (le Mal, sénestre et septentrional), ou les deux faces de la nature féminine, tantôt oiseau, tantôt poisson, ou l'allégorie de l'ambivalence de l'âme humaine, parfois aquatique et parfois aérienne, mais nous ne pouvons dissocier les deux crossettes pour ne retenir que son aspect marin et évoquer la légende d'Ys (grande tentation des celtomanes des jours fériés) ou dénoncer la fascination des Bretons pour l'Ève maléfique.

Si on accepte de dater ces crossettes de 1693, date du blason de la façade occidentale, on conçoit que ces crossettes ne s'intègrent pas dans la continuité des crossettes du XVIe siècle, encore marqués par des thèmes médiévaux (dragons, lions, allégories du Buveur ou de la Luxure, etc.) mais qu'elles participent à un souci plus esthétique et ornemental que théologique ou populaire propre à la fin du XVIIe siècle.

De même, l'église n'est plus alors l'expression de la foi des abbés réguliers (comme Jehan du Vieux-Chastel, le dernier d'entre eux en 1522), mais est soumise aux décisions d'abbés commendataires percevant les bénéfices de l'abbaye. 

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Je préfère rêver, et sortir des sentiers battus, en imaginant un couple d'anges, l'un volant et l'autre nageant, promenant dans les airs et dans les eaux de notre inconscient leur bonne bouille débonnaire et leur sourire enfantin, et distribuant à tous de tendres bisous.

Le premier ange ichtyologique vous embrasse.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (chanoine Jean-Marie) et PEYRON (chanoine Paul), 1917, Landévennec, [notices sur les paroisses], Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/017eb901a29a169d8d6edb403cc06c6b.pdf

AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko) Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129

Résumé : Le thème principal de cette étude est de voir quel rôle la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joue au japon et en Bretagne, a travers les récits relatifs à l'épouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'étendent également sur l'iconographie religieuse représentant l'être semi-humain telles la sirène et la femme-serpent. La région conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siècles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'épanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux façons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'étudier leur compatibilité dans leur contexte socioculturel. Les récits qui traitent le thème du mariage entre l'être humain et l'être non-humain révèlent la conception de l'univers d'une société. L'autre monde ou les êtres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet a la société de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en Bretagne, la destruction de la cite légendaire d'Is est causée par une fille maudite née d'une fee. Le premier volume de cette étude est compose de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au japon, ii. Récits relatifs au mariage au japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxième volume est un inventaire des différents types de représentation semi-humaine en Bretagne.

— CHAURIS (Louis), 2011, "Regards sur les pierres de l'église Notre-Dame à Landévennec", Avel Gornog n°19, juillet 2011, pages 82-84.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Landévennec

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANDEVEN.pdf

SIMON (Marc ), BARDEL (Annie), 1985, L'abbaye de Landévennec de saint Guénolé à nos jours,  Ouest-France, - 315 pages

SIMON (Marc ),  1997, Saint Guénolé et l'Abbaye de Landévennec, Editions Jean-Paul Gisserot, 1997 - 32 pages

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 15:12

La chapelle Saints Côme et Damien de Saint-Nic : la cloche Herveline-Marie Anne (1927).

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Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

 

 

 

 

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— La chapelle Saint-Jean :

 

L'église de Trégarvan (sablières de 1570 par le Maître de Saint-Nic) :

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La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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La chapelle Saint-Côme et saint-Damien possédait jadis deux cloches, mais une seule a été remplacée, une dizaine d'année après la fin de la Première Guerre, en 1927. 

À la Révolution, toutes les paroisses du Finistère reçurent l'ordre de déposer leurs cloches, sauf une, pour les mener à Brest afin de les fondre pour fabriquer des canons. Mais celles de Saint-Côme échappèrent à cette contribution à l'effort de guerre :

"[en 1793] Le même jour, enfin, qui est un dimanche, à l'issue de la messe, ils enjoignent à un certain nombre d individus « nommés à haute voix », de descendre les cloches des clochers des chapelles et de les transporter à l'église paroissiale pour être ensuite envoyées à la fonderie, eux-mêmes, officiers municipaux et procureur de la commune, se chargeant de descendre celle de l'église paroissiale. Effectivement, les cloches des chapelles furent descendues. Mais elles n'allèrent pas à la fonderie. La population aimait trop ses chapelles pour laisser commettre le sacrilège. Elle s'y opposa énergiquement, et les cloches de Saint-Côme furent cachées dans une prairie pour échapper à la réquisition. Du moins, c'est ce que rapporte la tradition ; aucun document n'en parle. La légende s'est empare du fait et l'a embelli selon son habitude : . depuis plusieurs années déjà, le clocher de Saint-Côme était vide et muet, lorsque, par un soir d'été, la tourmente ayant passé, l'on entendit un carillon mystérieux semblant provenir d'une prairie de Saint-Côme. C'était l'appel des cloches invisibles qui demandaient à être délivrées de leur prison de boue et à remonter dans leur clocher à jour. Guidés par leur son, les _habitants du village les trouvèrent facilement, et, tout joyeux, les rendirent à leur chapelle. On peut se demander si l'unique .cloche de l'église paroissiale - car si Saint-Côme avait alors deux cloches, l'église paroissiale n'en avait qu'une – fut descendue. Il semble bien que si le maire, les officiers municipaux et le procureur de la commune déclarent se charger eux-mêmes de cette besogne, c'est avec l'intention bien arrêtée de n'en rien faire. En effet, plus d'un mois plus tard, la cloche est toujours en place. Mieux encore, la municipalité convient, le lendemain de Noël, avec Corentin Gannat, marechal ferrant. à Pratigannat, en Plomodiern, de faire des réparations « sur nostre cloche et sur nostre orlauge » (sic). (Corentin Parcheminou)

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Description.

Cloche suspendue, de volée, non électrifiée, à mouton en barre en bois, à quatre brides rondes en fer, à battant en fer (boule corrodée), couronne à quatre anses ornées de palmettes. Décor sur la face est : crucifix.  Décors sur la face nord et sud : petite croisette.

Note sonnée : à déterminer.

Poids : inconnu.

Mesures : non prises.

 

La cloche est actionnée depuis la nef par une corde, mais ce système simple a été perdu ou ôté pendant une partie du XXe siècle, obligeant le sonneur à accéder, par une échelle, à l'escalier en pierre du rampant du toit pour sonner la cloche directement depuis la chambre.

En 1790, Saint-Nic avait un sonneur de cloche attitré, Olivier le Baron, qui fut chargé de faire "incanter" trois dimanches de suite les  annonces d'adjudication des travaux de réparation de la chapelle.

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Le cerveau est orné de 3 rinceaux ( palmettes, lambrequins), le vase comporte à l'ouest l'inscription de sept lignes, et la faussure porte le nom de la fonderie.

 

La face principale (tournée vers l'ouest).

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PAROISSE DE SAINT-NIC

JE M'APPELLE : HERVELINE – MARIE-ANNE

PAUL STEPHAN, RECTEUR.

PIERRE BIDEAU, MAIRE.

PARRAIN : HERVÉ KERNÉVEZ

MARRAINE : MARIE-ANNE LAROUR

1927

FONDERIE SPÉCIALE DE CLOCHES BREST FINISTERE

 

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

Hervé Kernévez, le parrain, est peut-être le même que celui dont parle Georges-Michel Thomas : " cultivateur à Brégalor, né en 1889, « ancien des Crapouillots » pendant la Première-Guerre," et encore présent pendant la Seconde.

https://books.google.fr/books?isbn=2402059451

La "Fonderie spéciale de cloches" est très probablement celle de Maurice Gripon, qui a repris la fonderie des frères Briens, une famille venue de Villedieu-les Poêles. Cette Maison Briens revendiquait sur ses publicités son installation à Brest depuis 1804.

La fonderie Gripon était installée 59 rue Yves Collet. Son activité a été florissante dans l'après-Guerre, vers 1925, pour remplacer un peu partout en France les cloches de tous les clochers abattus.

Voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.ii-viel-a-brest-1823.html

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Quelques images complémentaires.

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Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

—PARCHEMINOU (Corentin), 1930, Saint-Nic, ses monuments.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 22:37

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Rappel chronologique.

Les inscriptions lapidaires de l'enclos (en rouge infra) permettent de documenter la construction de l'église et des autres parties de l'enclos, et parfois d'en connaître les commanditaires, qui sont les deux "fabriques" en exercice pour l'année. J'ai indiqué en bleu les éléments datés de l'intérieur de l'église.

La construction de l'église a débuté par celle de la nef (peut-être en remplacement progressif d'une église romane dont il ne subsiste aucune trace).

1530 : Déploration en bois.

1533 : début argumenté  de la construction de l'église, par son tiers sud-ouest.

1573 : tour-clocher (ouest), le 19 avril.

XVIe siècle : retable anversois de la Passion

1609 : les travaux se poursuivent sur l'élévation nord et sa porte datée du 31 mai 1609.

1622 : progression  de la nef vers l'est : date sur la porte sud.

1627 : construction du chevet et dédicace (consécration) de l'église.

1634 : Bannière de Saint-Pol.

1650 : Fonts baptismaux : dais et dôme par Millio ROPARZ et Hervé ABGRALL fabriques

1651 : Fonts baptismaux par Laurens ROPARTZ et L. ABGRAL

1660 : tribune ouest par G. BRAS et Y. POULIQUEN.

1662 : tableau de la Sainte Famille pour le retable de Sainte Anne, peint par Nicolas FLOCH.

1667 : construction de l'ossuaire par I. GOFF et I. GUILLOU fabriques.

1667 : Bannière de la Vierge.

1669 : construction de l'arc de triomphe donnant accès au placître et à son cimetière, par A. RANNOU et C KERTANGUY fabriques.

1673-1679 : sacristie, par  A et Y POVLIQVEN fabriques, H. GVILLERM étant recteur. Porte intérieure faite en 1679 par le menuisier PAVL LE GOFF, POVLIQVEN étant  fabrique. 

1676 : Mise au Tombeau sculpté par Anthoine Chavagnac, par commande des fabriques I. LEGAT et H. POVLIQVEN  , H. GVILLERM étant recteur et C. ABGRALL curé.

1684 : lambris du chœur peints par François LERREL

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le porche sud : 1533.

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"L'église de Lampaul-Guimiliau, autrefois Lampaul-Bodénès, trève de Guimiliau, dédiée à Notre Dame et à saint Pol, premier évêque de Léon, est bâtie sur l'emplacement d'un monastère fondé par ce Saint dans le cours de ses pérégrinations à travers le pays qu'il évangélisait.

L'édifice actuel, qui a dû remplacer une église romane dont on ne trouve plus aucun vestige, a été construit par parties à des époques diverses, comme le constatent le style et les dates inscrites en différents endroits. C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance." (Abgrall)


 

L'inscription fondatrice est étudiée ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/la-facade-du-porche-sud-de-lampaul-guimiliau.html

J'en rappelle le texte : "L'an 1533" :

LAN MIL Vc XXX III

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Les inscriptions sont étudiées ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/le-porche-de-l-eglise-de-lampaul-guimiliau-ii-les-anges.html

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La tour-clocher : 1573.

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Le clocher, bâti 40 ans après le porche, était avec ses 70 mètres l'un des plus hauts du Finistère, après le Kreisker (78 m.). Il doit sa forme tronquée à la foudre qui en a détruit la flèche en 1809, et l'a amputé de 18 mètres.

Le bas de la tour s'ouvre sur l'extérieur par trois arcades de style classique, formant un porche. Elle porte deux inscriptions datées de 1573.

La première occupe le coté sud-ouest,  à l'angle d'un contrefort à coté du dais d'une niche. Elle  est dégradé et je ne lis plus que :

L'A[N] / M : V : [XX]X 

III

Le [N] est restitué d'après le tilde inscrit sur le A : Ã. Les deux X entre crochets [XX] sont ceux qui s'imposent mais qui sont manquant en raison d'une entaille. Elle est gravée sur un bloc de kersanton détérioré sur son quart droit,  en lettres gothiques et en chiffres romains. Si nous la comparons aux inscriptions de l'église du Faou, où celle de 1593 est également en lettres gothiques et chiffres romains, alors que celles de 1603 et 1613 sont en chiffres arabes, et que les suivantes à partir de 1628 adopte les majuscules classiques, nous constatons une cohérence dans la chronologie d'un style à un autre en Basse-Bretagne.

La dégradation du bloc de pierre est-elle consécutive à l'écroulement de la flèche du clocher en 1809 ?

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription de la tour-clocher.

On lit sur  l'architrave :

ANNO : D[OM]INI : 1573 : DIE : 19 : APRILIS : FV[N]DATA : FVIT : HEC : TVRRIS

"L'an du Seigneur 1573, le 19ème jour d'avril, fut fondée cette tour". (les lettres entre crochets sont abrégées par un tilde ~ sur l'inscription).

Si la date du jour et du mois est indiquée, c'est qu'e cette précision est importante. Si j'en crois ce site, le jour de Pâques était, en 1573, le 22 mars.

http://5ko.free.fr/fr/easter.php?y=16

Le 19 avril 1573 correspond alors au quatrième dimanche du Temps Pascal.

 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La  porte nord : 1609.

La porte percée dans le bas-côté nord est encadrée par deux colonnes cannelées, le cintre est formé de claveaux saillants et la frise est ornée de cette inscription qu'a lu le chanoine Abgrall :  ANNO : DOMINI : 1609 : DIE : VLTIMA : MAII Au-dessus est une niche qui abrite actuellement une statue en kersanton de saint Jean l'Evangéliste. 

Je n'ai pu lire ni photographier correctement l'inscription, mais il faut la traduire  ainsi : "l'an du Seigneur 1609, le dernier jour de mai".

En suivant le raisonnement et le site précédent, Pâques tombait en 1609 (calendrier grégorien depuis le 15-10-1582) le 19 avril, et la date indiquée ici correspond au septième dimanche du Temps Pascal, juste après l'Ascension.

 

La porte est surmontée d'une plaque en kersanton qui portait des armoiries aujourd'hui huchées.

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La petite porte sud : 1622. 

En avançant vers l'abside, on trouve dans le bas-côté Sud une porte dont le pilastre et le couronnement présentent un curieux mélange de gothique et de Renaissance. Sur l'entablement se lit cette date :

A : D : 1622 :

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le chevet de l'église : 1627.

Sous la fenêtre sud du chevet, près du contrefort, la date de 1627 est inscrite, en chiffre arabes, assez discrètement et dans un cartouche à peine marqué.
 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Dans le pignon qui couronne la fenêtre Sud du chevet, un cartouche porte cette inscription :

BENE : FVNDATA : EST : DOMUS : DOMINI.

Il s'agit d'un extrait d'une antienne du Commun de la dédicace d'une église (Bréviaire romain) : Bene fundata est domus Domini supra firmam petram , "La maison de Dieu a été bien fondée sur un roc solide". Elle a été particulièrement étudiée par  Robert Favreau  dans les Études d'epigraphie medievale, Volume 1 : Lors de la dédicace, après avoir consacré l'autel, l'évêque faisait trois fois le tour de l'église à l'intérieur, en aspergeant les murs chaque fois un peu plus haut, et on chantait Haec est dommus etc, texte inspiré de l'Ecriture (Matthieu 7:24-25 et Luc 6:48) mais d'expression liturgique. On la trouve sur l'église romane de Civaux, à Châteauneuf -sur-Charente au XVe s, à Saint-Frutos en Castillle en 1100, à la commanderie du Fouilloux à Neuville -les-Decize, sur un chapiteau du XIIe de saint-Etienne de Romorantin-Lanthenay.

Elle était chantée en grégorien et appartient aux antiphonaires les plus anciens, comme celui de l'abbaye de Saint-Gall.  

https://gregorien.info/chant/id/996/0/fr

https://www.e-codices.unifr.ch/fr/csg/0391/135

Son texte entier est le suivant : 

Haec est domus domini firmiter edificata, bene fundata est super

Bene fundata est domus Domini supra firmam petram

Lapider preciosi omnes muri tui exturres hierusalem gemmis aedifi

Mane surgens iacob erigebat lapidem intitulum.

En 1627, l'évêque de Cornouaille qui procéda à cette consécration était Guillaume Le Prestre  de Lezonnet. Il faut imaginer l'affluence attirée par cette cérémonie, la procession autour de l'église, les chants, les sonneries des cloches, ...

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription du chevet.

 

De l'autre côté, au-dessus de la fenêtre Nord se trouve un cartouche de même taille et de même forme que la précédente, mais dont l'inscription est érodée. Le chanoine Abgrall y a lu en 1891 :

 O : QVAM : METVENDVS : EST : LOCVS ; ISTE.

Cette inscription se retrouve aussi à Guimiliau et à Saint-Sauveur du Faou :

-Le Faou, porche ouest, vers 1628 :

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/les-dix-inscriptions-lapidaires-de-l-eglise-saint-sauveur-du-faou-29.html

- Gouesnou, porche  :

http://www.lavieb-aile.com/article-eglise-de-gouesnou-inscriptions-et-armoiries-117905766.html

Elle correspond également à un chant grégorien dont le texte est le suivant :

 

O quam metuendus est locus iste!
vere non est hic aliud,
nisi domus Dei et porta caeli.

 

Que ce lieu est redoutable !
vraiment, ce n’est ici rien d’autre
que la maison de Dieu et la porte du ciel.

 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LA SACRISTIE : 1679 .

 

 

La sacristie à deux étages sur plan rectangulaire à chevet à trois pans, et à chacun des angles monte un contrefort puissant et très orné, couronné aussi d'un clocheton. "Autrefois, cette sacristie avait un aspect plus pittoresque et plus artistique, lorsqu'elle était couverte d'une toiture en pavillon avec deux beaux épis ou deux belles urnes en plomb au-dessus des poinçons des Groupes. Le toit de la tourelle d'escalier était également surmonté d'un épi en métal." (Abgrall)

Elle porte deux ensembles d'inscriptions, l'un sur le pan nord, l'autre sur les pans nord-ouest.

a) Sur le pan nord-est, sous la fenêtre à épais barreaux (la sacristie contenait le coffre-fort), on lit :

A : ET : Y : POVLIQUEN : LORS : FABRIQVES : 1679.

Y[ves] POULIQUEN était également fabrique en 1660 puisque son nom figure (avec celui de G. BRAS) sur le coté nord de la tribune des orgues.

Le patronyme POULIQUEN est parfaitement attesté dans la paroisse à cette date . "A. POULIQUEN" peut correspondre à un  Alain Pouliquen.

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff540.htm#P_6209

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff538.htm

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff537.htm#P_3150

Nous retrouvons le nom de cette famille  sur la porte intérieure de la sacristie :

 PAVL. LE. GOFF. FLOCH, FAIT. FAIRE : P : POVLIQVEN : FABRIQVE. 1679.

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Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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b) sur les pans nord et nord-ouest de la sacristie, on lit , en deux inscriptions distinctes:

1. Sous une fenêtre à barreaux au dessus de la porte, dans un cartouche, en lettres majuscules droites :

FAIT: FAIRE : DV : TEMPS : DE MESSIRES : H

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2. Sous la troisième fenêtre à barreaux, la suite : 

 

GVILLERM RECTEV

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Le pluriel Messires annonce deux noms, celui du recteur et celui de son "curé" ou vicaire, mais je ne trouve pas ce dernier nom, qui est celui d'Abgrall.

Le recteur H. [Henri ?] Guillerm est en effet également connu par une  inscription de l'intérieur de l'église , celle de la Mise au Tombeau de 1676 :

M : H : GVILLERM : P : M : C / ABGRALL : CVRE

FAIT: F : PAR: I : LEGAT : H: POVLIQVEN

FABR[QVE· 1676.

Mais ce recteur "H. GVILLERM" (Henri Guillerm ?) est aussi celui dont le nom est inscrit à Guimiliau, puisque Lampaul-Guimiliau était alors une trève de Guimiliau. On le trouve nommé sur la chaire  à prêcher (1677), et sur le baptistère (1675) :   RE :M:H: GVILLERM : SIEVR : RECTEVR : LORS: IAN: TANGVY: E: HERVE :LE MEVR :FABRIQVES : 1677:" (chaire)  et :  1675 F : DV : TEMPS : DV : VENERABLE : M : H : GVILLERM : RECTEVR ..... LORS : DERIEN : POVLIQVEN : & : IACQVES : QVOTAYN : FABRIQVE. (Baptistère). 

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/les-huit-sibylles-de-l-eglise-de-guilmiliau-finistere.html

Le chanoine Abgrall a relevé de nombreuses inscriptions, à Guimiliau et à Lampaul-Guimiliau notamment, mais il n'a pas relevé celle-ci sur la sacristie.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_divers/abgrall_inscriptions-gravees.pdf

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Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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L'OSSUAIRE.

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L'ossuaire de 1667.

 

 

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus de la porte est : MEMENTO MORI.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La porte de l'ossuaire et l'Arbre de vie.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus de la porte : la statue en kersanton du Christ-Sauveur.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Sur le pan sud-est du chevet :  I. GOFF : Y : GVILLOV : F: 1667.

 

 

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Sur un lanternon : PARZ HANR.

avec un N rétrograde.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 

Sur l'un des gables : "C. KGOAT... KBRAT. 1669." . 

soit C. KERGOAT (et) KERBRAT 1669.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 

L'ARC DE TRIOMPHE (1668).

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  Du coté de l'enclos : A. RANNOV. Y.KTANGVY : F : 1668 .

a) Le nom de RANNOV se trouve aussi gravé sur un calvaire de la paroisse, à Cosquer-Bihan, Croaz-Kernévez avec la date de 1621 sur le socle et l'inscription RANNOV , sous une des premières réalisations en kersanton du sculpteur Roland Doré.

Les généalogistes connaissent bien cette famille RANNOU sur la paroisse, dès le XVIe siècle.

https://gw.geneanet.org/oberthele?lang=fr&v=RANNOU&m=N

b) K.TANGUY se lit KERTANGUY. Yves ou Yann Kertanguy

 

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Les inscriptions lapidaires de l'enclos de Lampaul-Guimiliau.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

— ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

PELLETIER (Yannick), 1991, Lampaul-Guimiliau, ed. Jean-Paul Gisserot, 32 p.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 08:35

Le calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau.

 

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Le porche :

 

 

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Les œuvres de l'atelier Prigent en plus des porches cités:

 

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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PRÉSENTATION.

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Ce calvaire prend place au centre du placître de l'enclos paroissial, devant le porche sud, tandis qu'un second calvaire se dresse sur l'Arc de triomphe, l'entrée d'honneur de l'enclos. 

Il a été très peu étudié. Je trouve dans la littérature ceci :

 

"Devant le porche de l'église, autre calvaire, du XVIè siècle : Croix des larrons sur le croisillon, anges au calice et, au revers, Pietà très mutilée." (Couffon & Le Bars 1988).

"Franchissant l'arcade d'entrée, on fait pratiquement face à la croix-calvaire du XVIe siècle, dressée au sommet d'un fût écoté. Au pied du Christ, deux anges présentent le Graal qui recueillit le sang divin. Sous la croix du bon larron, un ange reçoit son âme, alors qu'un démon (aujourd'hui mutilé) guette celle du mauvais larron. Au revers, un groupe de Notre-Dame de Pitié, ne reste plus que le cadavre du Christ dont le visage porte nettement les affres de l'agonie et de la Passion" (Y. Pelletier, 1991)

 "Le calvaire (XVIème siècle) en kersanton, très simple, présente le Christ en croix entre le bon larron apaisé, et le mauvais, au visage tourmenté. Sous la croix, 2 anges recueillent le précieux sang. Sur la face arrière, une piéta restaurée en 1993." (auteur non spécifié, rapporté sur le site Infobretagne)

La meilleure description est sans doute celle de l'Atlas des croix et calvaires du Finistère par Yves-Pascal Castel. Elle propose un dossier de six photos de "Barbetorte", un croquis de l'abbé Castel, et cette description :

http://croix.du-finistere.org/commune/lampaul_guimiliau.html

 

"925. Lampaul enclos no 1, g. k. 5,50 m. XVè s. Trois degrés de plan octogonal. Socle carré. Fût rond, écots. Croisillon, ange et démon, anges au calice, gibets des larrons, deux consoles carrées vides, Vierge de Pitié, très mutilée. Croix, branches rondes, crucifix. [YPC 1980]"

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croquis par Y.-P. Castel 1980

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— La datation proposée par Castel, du XVe siècle, est étonnante puisque le début de la construction de l'église elle-même daterait de 1533. Couffon propose au contraire le XVIe siècle. 

— Le fût rond à ergot est traditionnellement mis en relation avec les épidémies de peste, les ergots étant comparés à des bubons.

— les deux consoles vides accueillaient vraisemblablement les statues de Jean et de la Vierge. (Je peux juste mentionner que deux statues de ces personnages sont placés au sommet du lanternon du porche, de manière étrange car le crucifix qu'elle devraient encadrer est absent ; ces statues sont de l'atelier Prigent et datent de 1533).

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA FACE ORIENTALE.

Ce calvaire est correctement "orienté", au sens littéral, puisque la scène de la crucifixion fait face à l'ouest, comme c'est la règle.

Le coté est reçoit une Déploration (souvent appelée "Pietà") en kersanton. Si on en juge par la description de pelletier 1991, la plus grande partie de ce groupe est due à l'artiste qui a été chargé de la restauration de 1993. Jean à genoux soutenant la tête du Christ après sa Déposition de la croix, tandis que Marie-Madeleine, une main sur la poitrine et tenant le flacon de parfum ou de myrrhe destiné à l'embaumement, est agenouillé aux pieds de Jésus. Marie soutient de ses deux bras le corps de son Fils. Les visages sont très ronds malgré un menton pointu, les yeux sont saillants, les bouches petites et en arc concave. 

Enfin, n'oublions pas le soleil qui domine la scène.

Un détail m'intrigue beaucoup : venant de la droite, et se faufilant devant les genoux de la sainte, un serpent vient mordre le pied du Christ. Est-ce un artefact de ma photo ? On sait que cette "pietà" a été restaurée en 1993 : ce détail était-il noté auparavant ? S'il était confirmé, il poserait un problème ardu d'interprétation.

Au dessous, un personnage tient une épée levée dans sa main droite et un livre dans la main gauche : le Christ du Jugement Dernier.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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En contournant le calvaire, nous admirons ce diable de la face latérale. Il a les pieds fourchus, les oreilles en pointe, la face hideuse et grimaçante de l'emploi, et tient en main une petite fourche.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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À son opposé, un ange tient un cœur sur sa poitrine. Tunique plissée, cheveux longs mais sages, il vole, il va passer.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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II. LA FACE OCCIDENTALE.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les deux anges recueillant dans un calice le Précieux Sang.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Christ en croix entre les deux larrons.

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Le Bon Larron ne tourne pas la tête vers Jésus, il ne le regarde pas non plus. Sa barbe est courte et bien taillée. Son pagne simple et lisse est nouée par une rosette. Ses jambes en grenouille (seule la gauche est liée) sont celles de nombreux larrons des calvaires bretons. 

Le Mauvais Larron, plus musculeux, a une barbe plus tourmentée, tout autant que les plis de son pagne.

Le Christ a la tête inclinée à droite ; ses cheveux longs descendent, à droite devant l'épaule, tandis qu'ils forment une sorte de voile derrière l'épaule gauche. Le tronc est étroit, aux pectoraux peu soulignés et aux cotes horizontales seulement marquées par des rainures. Le pagne court, aux plis peu visibles, est noué sur les deux cotés. Les jambes sont parallèles mais les pieds se superposent, le droit au dessus du gauche.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PELLETIER (Yannick), 1991, Lampaul-Guimiliau, ed. Jean-Paul Gisserot, 32 p.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 19:32

La façade  du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau.

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Le porche :

 

Sur les porches de Bretagne :

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Les œuvres de l'atelier Prigent en plus des porches cités:

 

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PRÉSENTATION.

 

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Voir article Le porche II, les quinze anges.

" C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance. Ce porche, comme la plupart de ceux de la contrée datant de la même époque, semble avoir été préparé en carrière ou dans les ateliers d'un tailleur de pierre et imagier, du moins pour ce qui regarde toutes les parties sculptées en kersanton, comme l'indiquent les marques d'appareilleurs gravées sur ces pierres, pour leur mise en place. La grande entrée consiste en une arcade composée de moulures prismatiques séparées par des gorges profondes, lesquelles gorges sont tapissées de feuilles découpées, chardons, choux frisés et pampres de vignes. Les tiges de ces plantes sortent, comme dans les autres œuvres analogues, de la gueule de monstres variés : souris, lézards, dragons ailés. Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Le tympan porte un cadran solaire, au haut duquel deux anges gras et joufflus tiennent une tête de mort. Plus haut, est la date : A. D. m Ve XXXIII. Au-dessus, une sirène cornue, à queue contournée, forme cul-de-lampe pour une jolie statue de saint Michel terrassant le dragon. Ce saint Michel est couronné par un dais Renaissance sur lequel est portée la statue de saint Paul Aurélien, tenant en laisse un dragon ailé, au cou duquel il a passé son étole. Cette statue est abritée par une belle niche Renaissance, surmontée das statues de la Sainte Vierge et de saint Jean, qui accompagnaient autrefois un Christ en croix, maintenant disparu. ." (Abgrall, 1891)

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"Ce porche latéral est encore tout gothique de conception, bien que portant la date de 1533. L'arcade extérieure à moulures prismatiques et accolade à fleuron est flanquée de deux pinacles à crochets. Cependant, au sommet du pignon qui la surmonte, la niche abritant la statue de saint Paul Aurélien présente quelques éléments de la Renaissance ; elle est flanquée de pilastres. Au dessous, statue de saint Michel terrassant le dragon sous un dais Renaissance, inscription : "LAN. M. Vc XXXIII" et cadran solaire. A l'intérieur, tandis que les niches et dais abritant les Apôtres sont gothiques, le dais surmontant saint Pierre est Renaissance." (Couffon,& Le Bars, 1988)

 

Matériau :

Pour les statues, kersantite (extraite de la Rade de Brest et transportée par l'Elorn jusqu'à Landerneau), "un très beau kersanton noir , tandis que l'ensemble de l'édifice est en granite de Plounéour-Ménez, comme à Saint-Thégonnec et à Guimiliau" (Louis Chauris)

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Datation : inscrite sur le fronton extérieur du porche : 1533.

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Attribution (statues) : Bastien et Henri Prigent.

L'atelier de sculpture sur pierre expert en taille du kersanton en activité dans la région entre 1527 et 1577  est celui des frères Prigent, à Landerneau, auteurs des statues du lanternon et de la partie haute du porche, et Emmanuelle Le Seac'h se demande  "si il n'a pas réalisé aussi l'arc d'entrée du porche".

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Menu : je le déroulerai de haut en bas, depuis le sommet du lanternon jusqu'au portail.

-les statues en pleurs de Jean et de la Vierge

-la statue de saint-Paul-Aurélien tenant par son étole le dragon .

-la statue de saint Michel

-La sirène et l'inscription de 1533

- le cadran solaire

-le porche.

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Au dessus du gable qui a perdu  plusieurs de ses crochets, un lanternon sommital tranche par sa teinte gris sombre : du kersanton. 

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Le  porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Ce lanternon se termine par un pinacle gothique, à crochets, à la pointe brisée, mais qui se raccorde imparfaitement à une base rectangulaire devant lequel est agenouillé un ange aux mains jointes. Cet ange, ainsi surtout que les deux statues latérales, composent en fait un calvaire, et tout indique que ce pinacle a remplacé, comme l'a vu Abgrall, un Christ en croix.

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Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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 1°) les statues en pleurs de Jean et de la Vierge du lanternon (kersanton, Henri Prigent, 1533).

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Ces deux statues qui encadrent le pinacle y sont reliées par deux fins croisillons et reposent sur des culots à motifs de feuilles. Elles sont dues à Henri Prigent.

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Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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La Vierge éplorée.

 l'arcade sourcilière nette et le visages pointu appartient au style des Prigent et se retrouveront dans la statue de saint Jean. La forme en amande des yeux, soulignée par un trait précis, est accentuée pra l'extrémité en pointe de ce trait, de chaque coté. La bouche est concave, l'ensemble du visage est figé et défait par le chagrin. La Mère du Christ porte une guimpe couvrant ses épaules, et une grande cape au capuchon plissé en Z et orné d'un galon qui apparaît à gauche du visage : cette cape de deuil ou manteled se portait encore en Bretagne au début du XXe siècle.

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo220521

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La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Saint Jean.

Ses mains sont jointes en symétrie de la Vierge, alors qu'il adopte plus souvent une gestuelle expressive, main sur la poitrine.

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Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Les trois larmes.

Le détail important, mais visible seulement avec de bonnes jumelles, ce sont les trois larmes qui s'écoulent des yeux de Jean et de Marie : 

"Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif  : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire (et de Jean, qui peut leur être associé), leurs Vierges de pitié ou leurs Marie-Madeleine. On peut y voir une réminiscence du "don des larmes", pratique spirituelle qui met en acte la parole du Christ : "Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés". Leur style est donc imprégné de tradition médiévale, tradition que l'on retrouve dans la position conventionnelle des personnages, et de modernité, perceptible notamment au souci de parer les personnages de vêtements du temps." (Le Seac'h 2014 p.140)

J'en ai donné des illustrations avec la Pietà de Saint-Nic, le calvaire de Dinéault ou celui du Folgoët, et je présenterai plus tard les exemples des calvaires monumentaux de Plougonven ou de Pleyben, ou des statues de Pencran. Mais les calvaires de Lothey ou de Guisseny, parmi d'autres ( 27 calvaires et 17 vestiges de calvaire sont sortis de l'atelier des Prigent) montreraient le même détail touchant.

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La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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2°) La niche centrale du lanternon et la statue de Saint Paul-Aurélien (kersanton, Bastien Prigent, 1533).

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La niche décorée de pilastres ornés de rosettes ou de chapiteaux composites.

Le saint représenté en évêque de Léon, mitré mais non ganté, tient la crosse épiscopale (brisée) dans la main droite et un livre dans la main gauche. Surtout, dans cette main gauche, il tient en laisse par le biais de son étole un dragon ailé, tandis qu'il lui enfonce le bâton pastoral dans la gueule. La bête (symbole du paganisme de l'île de Batz, et du Léon  dont il délivra le pays au VIe siècle) se débat et lève une queue entortillée, selon le principe médiéval que tout ce qui est courbe est malin, alors que la vertu est droite.

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Une comparaison s'impose avec le lanternon de Landivisiau, du même atelier mais plus tardif (1554-1565),  richement orné, dans un style plus franchement Renaissance.

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau.html

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Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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3°) la statue de saint Michel terrassant le dragon (kersanton, Bastien Prigent, 1533).

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En dessous mais comme en miroir avec  la statue de saint Paul-Aurélien, se trouve la statue de saint Michel terrassant le dragon. L'archange est en armure, recouverte d'une cape, et il se protège par une rondache, tandis qu'il soumet le dragon en plaçant l'extrémité de la hampe dans sa gueule. Nous retrouvons bien-sûr les traits stylistiques des Prigent, avec les yeux effilés aux extrémités et les arcades orbitaires creusées. 

Le dragon n'est pas ailé, les mèches du pelage ne couvrent que l'arrière-train (l'inverse d'un lion) et comiquement  il n'attrape avec sa queue que sa propre patte. Comme partout ailleurs, ce combat n'est jamais terrifiant, le dragon ne suscite jamais la peur, mais la scène participe à une représentation théâtralisée des mythes.

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Saint Michel et le dragon (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Michel et le dragon (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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4°) La sirène et l'inscription  (kersanton, Bastien Prigent, 1533.

La sirène ou démone-poisson est cornue et sa queue est recouverte de grosses écailles. Sa poitrine est imposante. Elle a tous les caractères de Ève-démone qui sont foulées du pied par les  Vierges de l'Apocalypse, et comme elles, elle remonte la tête de façon arrogante en s'appuyant sur son coude, elle tient le fruit de la Tentation et dresse la queue : elle est le double féminin du dragon de saint Michel.

Comme H. Amemiya et Louis Le Thomas, je les ai recensées dans ce blog ainsi que ses consœurs non démonisées ; outre la sirène de ce porche , et la sirène au miroir (crossette du rampant droit de la 2ème fenêtre passante) de cette église de Lampaul-Guimiliau, je mentionne :

 

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H. Amemiya la décrit ainsi :

"Sirène couchée sur le ventre, tête à droite. Buste redressé de face. S'appuie sur le coude gauche. Visage carré. Deux cornes émergent des cheveux raides qui tombent sur ses épaules. La partie inférieure du corps  a la forme d'une queue de poissons à écailles apparentes. Elle fait une grande boucle, et l'extrémité bifurique est redressé à la verticale. Cette représentation est classée dans le type Sirène [20 exemples] pour la pointe bifurique de sa queue. Néanmoins, son apparence est plus proche de l'ornement du type Femme-Serpent [11 exemples], notamment de ceux qui se trouvent à l'église Notre-Dame de Bodilis, de celle de Notre-Dame-et-saint-Sujan de Braspart, au Musée de l'église Saint-Suliau de Sizun, dans le Finistère." (Amemiya p. 211)

Le Seac'h  écrit pour sa part :

"Le thème de la sirène est courant dans la vallée de l'Élorn  au XVIe siècle et a beaucoup été utilisé pour les crossettes et les gargouilles. Les deux sont à différencier de la démone-serpent que l'atelier Prigent a aussi représentée, écrasée par la Vierge à l'Enfant sur la façade occidentale du Folgoët . La démone-poisson de Lampaul-Guimiliau est le symbole de la volupté, discrète allusion aux plaisirs de la chair." (p. 156)

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Il est évident que nous avons sur cette façade une triple déclinaison du même thème : le combat contre le Mal, qu'il soit local et breton par un moine anglo-saxon évangélisant le Léon avec l'image du saint saurochtone, ou bien céleste et cosmique avec saint Michel terrassant Satan  à la fin des temps, ou bien inscrit dans l'histoire du Salut où le Christ (au sommet du lanternon) délivre par sa mort l'humanité du Péché : l'identification du Péché avec l'acte sexuel et "la chair", ou Démon tentateur avec la lubricité qu'illustre la femme nue, coquette et ambivalente par sa moitié animale et très ancienne, ancrée sur les écrits de saint Augustin. Seule manque ici (mais très présente pour les esprits) la Vierge dans son rôle de Nouvelle Ève salvatrice.

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La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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L'inscription :

Abgrall, Couffon et Le Seac'h en donnent chacun une leçon erronée. Il faut lire 

LAN MIL VC XXXIII.

Le sens reste le même : "l'an 1533".

Pour fixer le contexte, nous sommes sous le règne de François Ier, et le dauphin François de France est duc de Bretagne sous le titre de François III de Bretagne jusqu'à son décès en 1536. En  1533, le futur Henri II épouse Catherine de Médicis tout en restant l'amant de Diane de Poitiers.

Cette date est celle qui est admise pour le début de la construction de l'église (bien que sa localisation suppose que la partie principale du porche ait débuté plusieurs années auparavant). La participation de l'atelier landernéen des frères Prigent précède leur chantier des porches de Pencran (1553), de Landivisiau (à partir de 1554) et de Guipavas (1563), ou du grand calvaire de Plougonven en 1554.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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5°) Le cadran solaire.

Inventaire de la S.AF  : 2909701-1

Il est décrit par Abgrall en 1891 (cf supra)

Il est décrit par Michel Lalos comme un cadran méridional [placé au sud], gravé sur ardoise, circulaire, dégradé, avec des lignes en triangles, sans chiffres visibles, au style absent.

 

" Quant à passer à l’iconographie, au «visuel» comme on dit aujourd’hui, on constate que l’image funèbre elle-même évoquée par crânes et tibias qui se voient ailleurs, est rare sur nos cadrans solaires. Elle s’impose néanmoins à Lampaul-Guimiliau, au fronton du porche de l’église , «Décor d’une tête de mort encadrée de deux personnages». Ces deux-là ont tout l’air d’être des ignudi ailés." (Y.-P. Castel)

Personnellement, je ne vois pas d'ange ni d'ailes, mais deux personnages, dont l'un tient une palme. J'y vois deux allégories féminines du Temps.

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Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

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6°) L'arcade du porche (kersanton, vers 1533, atelier Prigent ?).

J'ai déjà décrit les deux anges des contreforts, qui sont les seuls éléments figurés sculptés avec les quatre animaux des volutes.

Comme ce sera le cas à Landivisiau, l'arc est en plein cintre, avec deux piédroits suivis de moulures en rejoignant une troisième moulure à l'aisselle des pinacles. Cette dernière, à crochets, libère une petite accolade sommée d'un fleuron.

Les frères Prigent (si ce sont bien eux les auteurs) reprennent des éléments de décoration des porches de l'atelier ducal du Folgoët, au Folgoët, à la cathédrale de Quimper, à Rumengol, à Saint-Herbot, etc..  avec la triple moulure à feuilles de vignes dont la tige s'échappe de la gueule d'un monstre animal. Ici, la première moulure porte un rinceau de feuilles de vigne, la deuxième des feuilles d'acanthe, et la troisième des pampres avec leurs grappes. Mais ces feuillages se succèdent de manière assez répétitive, sans être peuplés d'animaux (oiseaux, escargots, serpents), de petits personnages ou de saynètes comme ce sera le cas ensuite.

L'un des intérêts du porche de Lampaul-Guimiliau est d'avoir conservé les marques de taille des pierres d'appareillage constituant les piédroits et moulures, avec le principe que les lettres A, B et C signalent la rangée, et les chiffres le numéro de l'assise, en débutant en bas à gauche. Les pierres sont numérotées A1 à A22 pour la rangée extérieure, puis B1 à B18 pour la rangée médiane, et C1 à C15 pour la rangée intérieure.

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Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

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Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

— ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

— CASTEL (Yves-Pascal), l'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère

http://docplayer.fr/60408777-L-iconographie-religieuse-sur-les-cadrans-solaires-du-finistere.html

— CORNEC (Jean-Paul),  Labat-Ségalen (Pierre), 2010, «Cadrans solaires de Bretagne, horolajou heol Breizh» ( Skol-Vreizh, nov. 2010),

 

http://jean-paul.cornec.pagesperso-orange.fr/cs_itineraire.htm

— CHAURIS (Louis), 2009, Aperçu lithologique sur l'église de Lampaul-Guimiliau., Chapitre de l'ouvrage de H. Le Gall et P. Toullec, Lampaul-Guimiliau. Autopsie d'un clocher. 2009, pp.16-31

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

— LALOS (Michel), Cadrans solaires.

http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_morlaix.php

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

Sur les sirènes démones :

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko), 1996,  Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes . Thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 .

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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