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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 11:57

Le calvaire (Roland Doré, 1630) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel.

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— Sur les chapelles de Plougastel, voir :

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— Sur les œuvres de Roland Doré, voir : 

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DESCRIPTION.

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Présentation.

La chapelle Saint-Claude ou Sant-C'hlaoda est dédiée à l'évêque de Besançon, décédé en 696. Elle aurait été édifiée après un vœu prononcé par le sire de Kergoat alors qu'il était retenu prisonnier des Maures.

Les éléments de datation sont la date de 1574 du chevet, Beaumanoir, l'inscription sous le blason des Roscerf C : MAVCAIRE PRIEVR RECTEVR : DE : PLOVGASTEL : IAN : CORRE : FABRIQVE 1652,  (*), l'inscription  IAN LE GALL F. :1665, celle de la base du clocher GVILLAME BIZAN FA [16--]. La sacristie porte la date 1747 et la mention MICHEL LE BOT PRETRE.

(*) R. Couffon a lu à tort 1661, et M.J. Quintin 1632.

On trouve aussi JEHAN : LE : VIGOVROVS: FABRICA

La chapelle dépendait de la famille des Buzic, seigneurs de Roscerf. Leurs armes de gueules à six annelets d'argent se voient sur la clef de voûte de la boiserie du chœur.

 

Le calvaire de 4 mètres de haut qui se dresse sur le placître est attribué à Roland Doré. C'est une belle œuvre de 1630, en pierre de Logonna (Castel) et principalement en kersantite, au soubassement à trois hauts degrés, socle cubique à larges griffes où sont gravés une croix et le monogramme IHS. Le fût est octogonal, portant un croisillon aux branches arquées et cannelées terminées par deux culots à godrons, qui portent les statues géminées de Yves-Vierge et Pierre-Jean. Au centre, sur une console, une Vierge de Pitié. La croix ne porte pas (ou ne porte plus) de Christ, et cette croix est nue à branches rondes, titulus et fleurons. Décrivons encore, sur le nœud du croisillon, un écu martelé (des Rocerf ?).

L'orientation est discutable. Lors d'un remontage, on a orienté vers le sud-ouest ( et vers le visiteur qui pénètre par l'entrée précisément sud-ouest) une face présentant saint Yves à gauche et saint Pierre à droite. On sait pourtant que les Crucifix (le Christ en croix entouré de la Vierge à gauche et Jean à droite) sont en règle tournés vers l'occident, par la symbolique reliant la mort du Christ , et le couchant. 

A contrario, c'est sur la face tournée vers le nord-est que le spectateur découvre la Vierge (mais à droite !), et saint Jean à gauche. Et c'est là encore, que la Pietà est placée.

Il faut dire que la chapelle n'est pas orientée exactement ouest-est ( mais sud-ouest/nord-est).

Si on inverse les statues géminées de place (translation) et d'orientation (rotation), on obtient bien, tournés vers l'ouest approximatif, la Vierge à gauche et Jean à droite, et, de l'autre versant, saint Pierre à gauche et Yves à droite.

Pour compliquer mon discours et emberlificoter un peu plus mon lecteur, on remarque que le Christ en croix ne peut prendre place entre le titulus et la Pietà. Peut-on imaginer que la Pietà était du coté oriental, le titulus restant occidental?

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LA FACE OCCIDENTALE.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de Pitié.

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La Vierge est émouvante par sa tendre inclinaison en arc au dessus de la tête de son Fils. Ses yeux sont ouverts, graves et pensifs ; les pupilles sont creuses, un procédé typique de Roland Doré. La bouche également caractéristique (presque souriante, arc de la lèvre supérieure droit, dilaté aux commissures par deux fossettes, petite lèvre inférieure charnue faisant — mais à peine —la moue) est encadrée par les parenthèses tristes des rides naso-labiales.

Les cheveux sont cachés par un voile-manteau formant une coque rectangulaire dont les strictes plis verticaux contrastent avec ceux, plus animés, de ceux en coups d'ongle de la guimpe .

Elle soutient son Fils assis par une main sous l'aisselle droite, près de la plaie du flanc, et elle ramène près d'elle son bras gauche.

Les cheveux longs du Christ répondent aux plis du voile, et la grille de ses côtes sont aussi un écho de ceux de la guimpe.

Une photo de G. Lemoigne se trouve ici : https://www.flickr.com/photos/glemoigne/4948226778

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Roland Doré a sculpté 4 autres Pietà, (à Brennilis , c'est une Déposition à 4 personnages), mais  à Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec,  à la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom à Plomodiern,et à la chapelle de Lantis au Passage à Plougastel-Daoulas,  le corps du Christ est allongé en diagonale sur le genou droit.

Il n'y a qu'à la chapelle Sainte-Anne-la-Palud de Plonévez-Porzay, que nous trouvons cette disposition, mais avec moins de grâce.

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Calvaire (1630-1656) de Sainte-Anne-la-Palud. Photo lavieb-aile.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre.

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Il s'identifie par sa clef et par la houppe de sa calvitie frontale, et, comme apôtre à son livre et à ses pieds nus. Le bas du visage est semblable à celui du Christ de la Pietà.

Pierre est le saint qui revient le plus souvent sous le ciseau de Doré. Il apparaît à sept reprises, à Locmélar d'Irvillac, à Dinéault, à la chapelle Saint-Guénolé de Plougastel, à la chapelle de Sainte-Anne-la-Palud, à celle de Saint-Nicodème en Ploéven et à celle de Landrevet à Esquibien.  Sans compter sa présence à Crozon ; à Irvillac sur le calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan ; à Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre ; à Plounéour-Ménez sur le calvaire (1641) de l'église ; et à Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632). Ou à Dinéault sur le calvaire de Croaz-Moudennou.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Saint Yves.

Il est coiffé du bonnet carré, vêtu d'une cotte talaire (laissant poindre le bout de solides chaussures)  longue et plissée, recouverte du surcot plus court mais non moins plissé (d'où le nom de "surplis"),  et ses épaules sont recouvertes d'un scapulaire à capuchon. Il s'identifie non seulement à cette tenue, mais aussi au livre de Droit placé dans une couverte (un sac de transport), au sujet duquel nous pouvons comme à chaque fois nous interroger : et si c'était le sac à procès contenant les dépositions ou requêtes ?

Surtout, nous remarquons le geste énumératif hélas parasité par les lichens, par lequel le juriste présentait ses arguments. J'ai étudié, à la suite d'Yves-Pascal Castel, ce geste professionnel caractéristique sur les statues de Saint-Ségal bourg et de Saint-Sébastien en Saint-Ségal.

Ce serait selon le recensement d'E. Le Seac'h, l'un des rares saint Yves de Roland Doré avec celui du calvaire de Bodéniry à Saint-Thégonnec en 1632, ou à Pen-ar-feunten de Guiclan en 1642.

 

 

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE "ORIENTALE".

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean.

Mains croisées, la droite au dessus (comme à Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez), les cheveux en perruque bouclée triangulaire comme à Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenz (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevez-Porzay, Saint-Nic, ou Cast.

Les deux plis du manteau tombent symétriquement, avant de  développer leurs plis obliques.

Ici, la tête à peine inclinée à gauche, Jean lève les yeux vers le haut, la direction du Christ en croix. 

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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ANNEXE.

 

 

 

 

ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

 

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 97 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)


 

 

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du Maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.Christ et anges aux calices, Vierge/évêque, Jean/évêque, Christ aux liens, 

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pietà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, chapelle Saint-Claude calvaire (v.1630). Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, chapelle Saint-Guénolé calvaire (1654) . Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) de l'église Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

 

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-vi-le-calvaire-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-nic.html

 

Mais aussi : Dinéault, croix de Ty-ar-Névez

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-ty-ar-nevez-ou-croaz-moudennou-a-dineault.html

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PORCHES AUX APÔTRES

  • Pleyber-Christ complet, non daté. Et décollation de Pierre en trois statues
  • Plestin-les-Grèves, complet, non daté. Christ dans le tympan
  • Trémaouézan, 11 apôtres . Roland Doré atteint la virtuosité de son style
  • Guimiliau (avec le Maître de Plougastel qui a fait saint Pierre et saint Jean). Christ dans le tympan
  • Le Tréhou, 4 apôtres Pierre, Jean, André, Thomas. Christ Sauveur dans le tympan. Les plus primitifs.
  • Pleyben : Jean et Jacques. Et décollation de Pierre
  • Saint-Thégonnec (1632): Jean, Jacques et Thomas (Pierre par le Maître de Plougastel)
  • Plougourvest : Jacques le Majeur et Christ dans le tympan
  • Saint-Houardon de Landerneau, saint Matthieu (transept)
  • Hôpital-Camfrout, Dieu sauveur
  • Bodilis, Christ Sauveur.
  • Rosnoën, Christ Sauveur

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STYLISTIQUE DE ROLAND DORÉ (d'après E. Le Seac'h)

 

 

Roland Doré a sculpté uniquement dans le kersanton. Son style dépouillé, facilement reconnaissable et proche de l'épure, a contribué à établir sa réputation. Il se distingue par sin souci de replacer la réalité des formes dans l'espace en allant à l'essentiel. Sa virtuosité à sculpter les visages doux de ses Vierges ou à donner un tempérament à ses œuvres profanes en fait un sculpteur d'exception. Il a débuté comme compagnon dans l'atelier du Maître de Plougastel (1585-1617) puis a entrepris une carrière prolifique à Landerneau.

Le Christ :

Les représentations du Crucifié sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes. Les Christ penchent la tête du coté droit, les yeux clos. Leurs pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept têtes (Y-P. Castel).

La couronne d'épines est caractéristique, aux deux brins entrelacés en forme de carré.

 

Les Vierges à l'Enfant : elles portent leur enfant sur le bras gauche, la main droite tenant une pomme. Elles ont le visage poupin , les yeux en amande au sillon palpébral bien dessiné. et arborent le fin sourire « doréen »

Les personnages de Roland Doré se reconnaissent aussi à leurs yeux aux iris creusés.

Saint Jean accompagne la Vierge sur les croix et calvaires. Sa gestuelle varie peu : les deux mains posées sur la poitrine, (Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez) ou simplement une seule main, l'autre étant caché sous sa tunique (Sainte-Anne-la-Palud à Plonévez-Porzay). Plus rarement, il serre le pan de sa tunique et appuie un livre fermé contre sa poitrine (Coatnan à Irvillac). Parfois il joint les mains, les doigts entrelacés (Plogonnec) ou il tient un livre dans le creux formé par sa main gauche (Cast, 1660). Sa physionomie est partout similaire. Le seul changement appréciable se voit dans sa chevelure lisse (Seznec ou Saint-Pierre à Plogonnec, Commana, Tinduff à Plougastel, à l'ouest de l'église de Plounéour-Ménez en 1641) ou bouclée (Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenz (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevz-Porzay, Saint-Nic, Cast) comme sur les gisants mais d'une manière aléatoire sans que l'on puisse repérer une évolution chronologique.

Saint Pierre

Il s'identifie par sa clef et, comme apôtre à son livre et à ses pieds nus. Pierre est le saint qui revient le plus souvent sous le ciseau de Doré. Il apparaît à sept reprises, à Locmélar d'Irvillac, à Dinéault, à la chapelle Saint-Guénolé de Plougastel, à la chapelle de Sainte-Anne-la-Palud, à celle de Saint-Nicodème en Ploéven et à celle de Landrevet à Esquibien.  Sans compter sa présence à Crozon ; à Irvillac sur le calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan ; à Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre ; à Plounéour-Ménez sur le calvaire (1641) de l'église ; et à Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632). Ou à Dinéault sur le calvaire de Moudennou.

 

SOURCES ET LIENS : ROLAND DORÉ.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Description matérielle : 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm. Description : Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Édition : Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut pages 222-226.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle), Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

— COUFFON, René,. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

— COUFFON (René), LE BARS, (Alfred) 1988, Notice sur Douarnenez, extrait de   Couffon, René, Le Bars, Alfred, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DOUARNEN.pdf

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

— DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm

 

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SOURCES ET LIENS POUR CETTE CHAPELLE.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/

http://croix.du-finistere.org/commune/plougastel_daoulas.html

"n°1914. Saint-Claude no 1, l. k. 4 m. Vers 1630, Roland Doré (?). Trois degrés. Socle cubique à griffes, monogramme IHS. Fût à pans. Croisillon, culots godronnés, statues géminées: Yves-Vierge, Pierre-Jean, au centre groupe N.-D. de Pitié. Croix nue, branches rondes et fleurons. [YPC 1980] "

— DENIS (Frédéric), blog.

https://www.plougastel.com/chapelle-st-claude.php

— QUINTIN Marie-José, 1987, "La chapelle Saint-Claude", in  Plougastel-Daoulas, Patrimoine architectural et statuaire, LES AMIS DU PATRIMOINE DE PLOUGASTEL, 1987 pages 53-61.

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Plougastel

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

 

CHAPELLE SAINT-CLAUDE .. - Edifice en forme d~ ·croix latine, avec ailes accentuées et chevet Beaumanoir de 1574. Les entraits de la chapelle sont ·engueulés. La façade ouest, du xvn• siècle, porte l'inscription : « H .. ET D. LE MAUCAIRE PRIEUR RECTEUR DE PLOUGASTEL lAN CORRE FABRIQUE 1661 » ; clocher amorti par un petit dôme. Sur le pignon ··de l'aile SUd : « IEHAN LE GALL FABRIQUE 1661 » .. La sacristie porte la date de 1747. .·. Mobilier : Statues anciennes : trois de saint Claude, saint Laurent, saint T?-o.mas apôtre, saint Jérôme, saint Loup dans une niche à volets, sainte Anne, ,saint Sébastien, saint Jean provenant d'une Crucifixion. Tableau de Yves Hen daté de 1661. Sur le placitre, calvaire de Doré : Pietà, saint Pierre, saint Yves. La fontaine voisine a été refait-e en 18911.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes.
9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 17:21

La chapelle de Kerluan à Châteaulin : inscriptions  et crossette.

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Je reprends en le complétant un article de 2012.

 

Voir aussi 

 

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Cet article appartient à une série sur les inscriptions lapidaires monumentales de Basse-Bretagne. (cf. "catégorie")

— Cet article appartient aussi à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

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PRÉSENTATION.

TOPONYME.

   Elle tire son nom du lieu-dit Kerluhan, toponyme dont l'étymologie vient du breton ker-, lieu fortifié puis "village, hameau" et de Luhan, patronyme lui-même dérivé de lugern, brillant, avec la forme diminutive -an. Il s'agit donc du "hameau de Luhan". La carte IGN de 1950 (scan historique") et la carte d'Etat-Major de 1822-1866 indiquent l'orthographe Kerluhan (également inscrite sur la cloche de 1843),une carte de 1677 celle de K[er]luant et la carte de Cassini de la fin du XVIIIe celle de Kerluan.

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SITUATION GÉOGRAPHIQUE.

On ne comprend bien cette chapelle qu'en considérant sa situation, très exceptionnelle. Elle domine, à une altitude de 70 m,  l'une des trois boucles que forme ici l'Aulne en d'étroits méandres (parcours imposant trois écluses très rapprochées du Canal de Nantes à Brest).  Cette boucle, aujourd'hui traversée sur sa crête par la N165, est large de moins de 1000 m. Je retrouve ici la situation fortement lié au réseau hydrologique remarquée pour d'autres chapelles érigées sur un mamelon dominant un cours d'eau (cf. Saint-Vendal à Douarnenez, Saint-Sébastien de Saint-Ségal sur une boucle de l'Aulne, l'église de Vieux-Bourg à Lothey sur une autre boucle encore) et évoquant un ancien culte liée à cet emplacement naturel doté d'une situation stratégique notable. 

La grande ressource de Châteaulin venait de la pêche des saumons, les pêcheries, comme les moulins, étant devenues en 1540 et au XVIIe siècle  la propriété du roi, qui les afféageait. Le creusement du canal en 1816 mit un terme à cette ressource, mais on ne peut lire le paysage sans l'avoir à l'esprit.

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Photographie aérienne Geoportail.

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Cet écart n'engendre pas un isolement, comme en témoigne la densité des toponymes de ce petit méandre. De sa racine jusqu'à son extrémité, je note Quélennec, Kergudon, Mezambellec (le champ du curé), Le Lec'h, Stanguivin, Prat-Hir, Kervoallien, Penn-ar-Pont, Quivouidic, Leuré et Le Quinquis. Ils sont tous anciens, et mentionnés sur la carte de Cassini. Il est important de les noter, car les patronymes des fabriciens sur les inscriptions que nous allons découvrir renvoient à des familles précisément établies à Quélennec, à Penn-ar-Pont, au Lec'h ou à Kerludon. Au microcosme géographique correspond, bien-sûr, un microcosme social. Ainsi, à Quélennec ( située près de la route Pleyben-Châteaulin, et dont le toponyme  kelen-eg signifie "ensemble de houx") se sont succédé les familles Le GOURLAY, Le HETET,  BAUGUION. À Prat-Hir vivait Yvon GUIDAL (1617-1671), parrain de Marie BAUGUION. Au Lec'h est né Allain Bizien, autre fabricien de la chapelle. En 1905, lors du pardon de Kerluan, la grande bannière était portée par Julien Nédélec de Penn-ar-Pont et la grande croix d'argent, portée par M. Jean Bauguion de Kergudon. etc.

En effet, nous allons trouver inscrits les noms de :

 

Y[ves] PLOUSENEC 1623, [fabricien] [rapproché de Mezambellec et Quélennec]

Allain BIZIEN, 1725, fabricien,  [Le Lech ]

Jean GUIZIEN 1734, fabricien, [Kervoallien]

Jean HÉTET 1811, fabricien [Quélennec]

Jean BAUGUION 1845, parrain de cloche [Quélennec]

Marie POULMARC'H 1845, marraine de cloche [Quélennec]

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Cartes par ordre chronologique :

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Carte de Cassini (fin XVIIIe) Géoprtail.

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Carte de l'Etat-Major (1822-1866). Géoportail.

 

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Scan 1950. Géoportail.

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Carte IGN Geoportail.

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À la frontière du Parc au Duc.

Un autre donnée de compréhension est la proximité de la chapelle avec le mur d'enceinte du "Parc au Duc.

"Le parc ducal de Châteaulin est une vaste étendue de terres appartenant au duc et cerné d’un mur. L’accession au trône ducal, en 1066, de Hoël descendant des seigneurs de Châteaulin fit passer le domaine seigneurial de Châteaulin dans le domaine ducal. On ne sait pas si Jean Ier Le Roux fit l’acquisition ou confisqua d’autres terres pour édifier son parc de Châteaulin en un seul tenant. Dans tout son duché, il établit plusieurs parcs comme celui de Châteaulin. 

Celui-ci, partant du Château de Châteaulin et y revenant, s’étend sur une longueur de plus de trente kilomètres et enserre une partie du territoire des communes de Châteaulin, de Lothey, de Briec, de Cast et la totalité de la commune de Saint-Coulitz. Le long du mur, vers l’extérieur, était aménagé un chemin. Ce parc de Châteaulin comme les autres parcs du duché était avant tout, comme l’indique l’acte de Jean IV de 1396 cité plus haut, un massif forestier : ressource importante à l’époque. La forêt fournissait le bois d’œuvre aussi bien que le bois de chauffage parfois transformé sur place en charbon de bois. Elle constituait une réserve de petits et gros gibiers. Elle fournissait la matière première à nombre de sabotiers."

Mais un siècle avant que la chapelle ne fut construite (sur un sanctuaire préexistant ?), cette forêt ducale avait disparu. Et le domaine ducal était devenu domaine royal lors du rattachement de la Bretagne au royaume de France en 1532.

[...] A contrario, la vocation forestière du parc au duc de Châteaulin est démontrée par le rapport que fait en 1537 Antoine Bullioud, général des finances du duché pour François Ier : « A Châteaulin, écrit-il, la forêt de Derguzec est quasiment détruite, comme la forêt de Carnoët à Quimperlé, à cause des coupes de bois faites pour la construction de nombreux navires à Brest pour le service du roi et des ducs. »

Non seulement la forêt a été détruite mais elle a été progressivement remplacée par des exploitations agricoles tenues par des paysans sous le régime du domaine congéable.

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En 1558,  le roi de France Henri II, vendit une partie du Parc au Duc de Châteaulin à Michel du Bot, seigneur du Guilly en Lothey . Or, le document de vente, qui cite les noms des villages et des convenanciers révèle ceux des écarts entourant la future Notre-Dame-de-Kerluan, et en précise la fonction liée à la rivière ; je souligne les noms que nous allons retrouver: :

"Les moulins de Penpontchorentin (PENNARPONT) et de Pennault (Pennod) situés en la paroisse de Lothey avec leurs écluses et retenues d’eau.

Penanros en Lothey ? tenu par Hervé Le Gof et Jehan le Bodolec et leurs consorts.

Penanpont (PENNARPONT) tenu par Derien POULMARCH et ses consorts.

Le Quencquis (LE QUINQUISs) en Châteaulin tenu par Guillaume Hervé, Henry et Yvon Quintin et leurs consorts et Aliette Prigent veuve de Jehan Quintin.

Leuzré et Penanselus (LEURÉ) en Châteaulin tenu par Hervé et Alain Periou, Yvon le Roux et leurs consorts.

PRATHIR en Châteaulin tenu par Yvon Blaës et la veuve Hervé Blaës et leurs consorts.

Runanpuncze (Reun ar Puns) tenu par François LE GOURLAY, Pezron le Faou et leurs consorts «Plus deux soulz six deniers monnoye à cause des Goretz (*) qu’ils tiennent sur la rivière d’Afve»

(*) Goretz : pêcheries (attesté à Landerneau en 1738)

En 1667, un plan nous montre la chapelle (avec un dessin très précis du bâtiment) construite proche de la "muraille du Parc au Duc. On notera la graphie K[er]luant.

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Kerluant en 1667

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DESCRIPTION.

La chapelle de Kerluan date du premier tiers du XVIe siècle (Couffon) ou de  1550 (G. Leclerc) et était surmontée d'une petite flèche gothique que l'actuel clocher  Renaissance à deux étages amorti par un dôme à lanternon a remplacée en 1623.  Son calvaire fut reconstruit en 1639  par Roland Doré. Elle est en forme de croix latine, complétée en 1743 par une sacristie hexagonale au sud. Son chevet a été reconstruit en 1725.  Le pignon ouest date du XVIe mais sa partie haute a été remontée au XVIIIe. La longère sud a été restaurée en 1811 ou 1837. 

Elle est située parmi les parcelles agricoles, à 50 m de la N175 Brest-Quimper. Depuis 1950, plusieurs arbres de son placître ont été abattus, notamment un hêtre encore présent sur mes photos de 2012.

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Photo aériennes Geoportail

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La chapelle vue du sud-est en 2012.

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La chapelle vue du sud-est en 2012. Photo lavieb-aile.

La chapelle vue du sud-est en 2012. Photo lavieb-aile.

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La chapelle vue du sud-est en 2019.

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Chapelle Notre-Dame de Kerluan vue du sud-est en 2019. Photo lavieb-aile.

Chapelle Notre-Dame de Kerluan vue du sud-est en 2019. Photo lavieb-aile.

Chapelle Notre-Dame de Kerluan vue du sud-est en 2019. Photo lavieb-aile.

Chapelle Notre-Dame de Kerluan vue du sud-est en 2019. Photo lavieb-aile.

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LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES 1623 -1811.

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Je présenterai les inscriptions lapidaires par ordre chronologique (sujet et ordre brièvement abandonnés pour décrire la cloche de 1845 juste près le clocher).

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LE CLOCHER : 1623.

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  Sur la chapelle elle-même, c'est en haut du clocher que l'on peut lire la date de 1623 sur le linteau de la chambre des cloches. Je lis l'inscription Y. PLOU / SENEC 

Ma lecture, proposée dès 2012 sur mon blog mais négligée, a été confirmée en 2017 lorsque Guy Leclerc a pu accéder au clocher (il a alors "découvert"  "Y. Plouzenec 1623" et non "Lagadec 1653" que Couffon avait cru lire).

  Le patronyme PLOUSENEC est attesté sur Ploeven avec cette orthographe, et à Châteaulin . En effet, une Claudine LE PLOUSENEC est marraine en 1665 de Catherine COUCHOURON, une famille de Mezambellec et Quélennec...

Yvonne PLOUZENEC  : https://gw.geneanet.org/philippedavid?lang=fr&iz=205&p=yvonne&n=plouzenec

  René Couffon signalait dans son Nouveau Répertoire des églises et chapelles de 1988 que "la date la plus ancienne inscrite sur l'édifice est celle de 1653 qu'on lit sur le linteau de la chambre des cloches avec le nom de M. LAGADEC, desservant de la chapelle à cette époque". Cette affirmation est désormais invalidée.

La date la plus ancienne relevée à Kerluan est ensuite celle qui est portée sur le calvaire qui provient de l'atelier de Roland Doré : 1639. On sait que cette date correspond à une épidémie de peste, et on n'est pas surpris de trouver sur le fût du calvaire les statues de Saint Sébastien et celle de Saint Roch. Un article lui sera consacré.

 

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Clocher de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile.

Clocher de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile.

Clocher (1623) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Clocher (1623) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Clocher (1623) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Clocher (1623) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Clocher (1623) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Clocher (1623) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

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LA CLOCHE : 1845.

Les cloches du XVIIIe siècle furent déposées, fondues et transformées à Brest en canons en 1793 (comme toutes celles du département du Finistère), avant qu'en 1796  la chapelle et son enclos ne soient vendues " à Charles-François Le Lièvre pour 500 Livres". 

La cloche actuelle porte une inscription de trois lignes , deux médaillons, et la signature du fondeur sur une ligne inférieure. Elle débute, comme il se doit, sur la face ouest, et ce début est marqué par une petite main à l'index tendu (comme les autres cloches de ce fondeur).

 

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[manicule ] FAITE EN 1845 POUR NOTRE DAME DE KERLUHAN

[manicule] JE M APPELLE JEANNE MARIE JAI POUR  PARRAIN ET MARRAINE JEAN BAUQUION

[manicule] ET MARIE YVONNE POULMARCH 

[bande de rinceaux]

[médaillons] Crucifix à l'ouest et Vierge à l'Enfant sur un croissant.

                 VIEL ALPHONSE FONDEUR A BREST

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Soit : « Faite en 1843 pour Notre-Dame de Kerluhan. Je m'appelle Jeanne Marie. J'ai pour parrain et marraine Jean Bauguion et Marie Yvonne Poulmarc'h »

Le parrain et la marraine.

Jean BAUGUION et Marie Yvonne Poulmarc'h sont de la famille BAUGUION, de la trêve de Kerluan, de Quélennec . Les familles sont liées depuis longtemps. Marie POULMARC'H née en 1610, a comme parrain Thibaud BAUGYON et comme marraine Marguerite BAUGYON.

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=fr&n=poulmarc+h&oc=4&p=marie

En 1689, le château de Châteaulin et sa motte féodale furent donnés à Yves Bauguion, prêtre desservant de Notre-Dame pour y installer un hospice dont il fut l' aumônier et le directeur. Ce Bauguion, né à Quimil Bras, était oncle du premier Bauguion qui s'établit à Quélénnec en 1775 comme gendre de Jacques Hétet. Il habitait le village de Penn an run. A sa mort il fut enterré en l'église de N.-Dame devant la statue de Sainte Catherine. 

Nous pouvons retracer la filiation : 

  • René BAUGUION,  1718 à Quimill Bras, Châteaulin -1783 x Marie Le Gall
  • Jean BAUGUION 1758 à Quimill Bras-1821à Quélennec, x Marie-Jeanne HETET, Quélennec, fille de Jacques HÉTET, cultivateur à Quélennec 1720-1794 et de Anne BIZIEN 1737-1764.
  • Jean BAUGUION, Cultivateur à Quélennec, Châteaulin 1788-1869 x
  • Jean Sébastien BAUGUION, Propriétaire Cultivateur à Quélennec, Châteaulin 1810-1871

 

https://gw.geneanet.org/chbeullier?lang=fr&pz=christine&nz=beullier&ocz=2&p=jean&n=bauguion&oc=1

D'autre BAUGUION sont dans les fermes voisines de Kerluan : En 1905, lors du pardon de Kerluan, la grande bannière était portée par Julien Nédélec de Penn-ar-Pont et la grande croix d'argent, portée par M. Jean Bauguion de Kergudon, était suivie de la Bannière de Kerluan, que portait Melle Marie Bauguion de Penn ar Pont.

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Le fondeur.

Le fondeur Alphonse VIEL (1800-1847) est également bien connu :  Pierre Alphonse VIEL, dit Alphonse Viel, né le 8 septembre 1800 à Brest, décédé le 31 décembre 1847 à Brest, exerçait la profession de fondeur. Il épousa le 23 novembre 1825 Marie-Félicité JACOLOT, décédée le 2 mai 1836 à Brest, dont 2 enfants décédés en bas-âge, puis le 06 octobre 1836 à Brest Françoise Adrienne Victorine DEVILLERS, dont il eut 3 enfants. Je note 17 cloches ayant sa signature, immuable.

 

— Milizac Viel Alphonse fondeur à Brest. 1817

— Lanidut en 1832,  Viel Alphonse 1832

— Plabennec chapelle de Lanorven en 1833, Viel Alphonse fondeur à Brest.

— Locmaria-Plouzané : Viel Alphonse, fondeur, Brest. 1834 (2 cloches).

— Lopérec. 1838 Viel Alphonse fondeur à Brest.

— Lannilis chapelle Saint-Sébastien en 1841, Viel Alphonse fondeur à Brest 1841.

— Guilers en 1841, Alphonse Viel 1841.

— Châteaulin pour la chapelle N-D. de Kerluan en 1843, Viel Alphonse, fondeur à Brest .

— Goulien en 1846,

— Hôpital-Camfrout  "  Les cloches ont été fondues en 1845 et 1850 par Alphonse Viel, fondeur à Brest. "

—  Plonevez-Lochrist chapelle du Lochrist  : Alphonse Viel 1844

— Plougar église Saint-Pierre : Viel Alphonse fondeur  à Brest, 1847.

— Tréglonou . Viel Alphonse Fondeur à Brest 1840

— Trémaouezan Viel Alphonse fondeur à Brest 1842

— Brest, Saint-Pierre-Quilbignon : Viel Alphonse 1843.

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Cloche (Alphonse Viel 1845)  de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Cloche (Alphonse Viel 1845) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Face ouest de la cloche (Alphonse Viel 1845)  de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Face ouest de la cloche (Alphonse Viel 1845) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

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LE CHEVET PLAT : 1725.

 

 À l'angle nord-est du chevet plat  se trouve cette inscription : 

 

FAIT PAR
ALLAIN
BEZIEN 

FABRIQVE 1725

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On peut retrouver un bon candidat dans cet Alain BIZIEN marié le 26 février 1748 à Jeanne Le GOURLAY (née le 15 mai 1698 à Quélennec, Châteaulin, et décédée le 30 août 1765), puisqu'une fois encore nous retrouvons le lieu-dit de Quélennec.  

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=en&iz=1542&p=alain&n=bizien

On le retrouve dans la généalogie chbeullier où  ALLAIN BIZIEN né à Le Lec, Châteaulin (donc, dans la boucle de l'Aulne centrée par la chapelle) en 1697, décédé en 1769, est marié à Françoise LÉON avant d'épouser Jeanne Le GOURLAY. De ce premier mariage est née Anne BIZIEN (1737-1764), qui épousa le 9 juin 1749 Jacques HÉTET, cultivateur à Quélennec !

https://gw.geneanet.org/chbeullier?lang=fr&pz=christine&nz=beullier&ocz=2&p=allain&n=bizien


 

 

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Chevet (1725)  de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Chevet (1725) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

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LA SACRISTIE : 1734.

 

  Sur l'angle ouest-sud de la sacristie, on découvre cette inscription bien lisible qui me fait le beau cadeau d'un N rétrograde  :

Je lis, sur un seul bloc de pierre, en lettres capitales latines

V : D : MRE : L : EDY : Rr

H : H: IANGVISIEN FABR :  

  et plus loin , sur un bloc séparé, la date 1734

  Ce que je comprends comme "Vénérable et Discret Messire L. Edy, Recteur. Honorable Homme Jean Guisien, Fabricien 1734".

Le titre Vénérable et Discret est réservé aux ecclésiastiques; l'abréviation Rr désigne donc le recteur. Il s'agit du recteur  Louis EDY  qui fut en poste  à Châteaulin selon Abgrall de 1737 à 1741 (bdha 1905) ; il succédait à Guillaume Bigeaud, docteur en Sorbonne. Cette inscription incite à modifier les dates de cette cure. Dans le même temps, un Jean Edy était recteur à Ergué-Gaberic ( inventaire après décès en 1748 : sur le site Grand Terrier).

    Cette inscription a été relevée par les chanoines Abgrall et Peyron dans la Notice consacrée à Châteaulin dans le Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Bdha de 1905, p. 164. http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=29

 

 Jean GUIZIEN fils de Martin GUIZIEN et de Marguerite TREVAREC, épousa le 22 octobre 1731 Jeanne MELLIN, laquelle était née à "Kermvoallien", aujourd'hui Kervoallien, à 600 m au sud-ouest de la chapelle. Son fils Louis GUIZIEN est né également à Kervoallien. Nous pouvons donc penser que l'honorable homme Jean GUIZIEN était cultivateur à Kervoallien (ou Kermoalien sur la carte de Cassini). Le toponyme Kermoalien est attesté à Saint-Jean-du-Doigt comme une graphie de Ker ar moal, Keramoal, Ker an moal, "le village du dénommé Le Moal" (moal = chauve). 

 

 

https://gw.geneanet.org/cbourhis1?lang=en&pz=christian+paul+marie&nz=bourhis&p=jean&n=guizien

https://gw.geneanet.org/amguizien?lang=en&pz=corentin&nz=guizien&p=jean&n=guizien&oc=7

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=en&p=jean&n=guidal&oc=10

 

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  L'inscription est disposée sur deux lignes chacune isolée dans un cartouche, et le mot abrégé FABR, aux lettres plus grandes, est isolé dans un cartouche à part, l'ensemble sur le même bloc de pierre taillé pour s'ajuster à l'angle du mur polygonal de la sacristie.

  Elle comporte deux lettres N dont seule la seconde est rétrograde.

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Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Sacristie (1734) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

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LA PORTE SUD  1811 ??

Au dessus de la porte  sud, se trouve sous un oculus une  inscription plus difficile à déchiffrer, surtout sur photographie :

 Elle s'inscrit sur un bloc de 68cm x 30cm, en lettres de 6cm de hauteur. Son examen permet de lire ceci :

   F :F :P :IEANHET

  ET FABRIQVE LA
             N 1... 

Ce que je lis comme "Fait Fait Par Jean HETET Fabrique l'an 1???" La date pourrait être 1811. René Couffon déchiffre 1819.

   Le patronyme HETET est courant encore actuellement à Châteaulin.  un Jean HÉTET (fils de Jacques HÉTET ca 1691-1761, domanier à Quélennec, et de Marie GOURLAY ) est né en 1722 à Quélénnec, Châteaulin et mort en 1761.

Jean Laurent HÉTET, cultivateur né à Quélennec Châteaulin en 1788 et décédé le 2 juin 1837, était le fils de Laurans HETET (Quélennec 1758-Quélénnec 1821) et de Marie-Françoise BAUGYON ou BAUGUION 1763-1798. Il était le petit-fils de Jacques LE HETET (Quélennec 1720, Quélennec 1794), époux de Marie GOURLAY.

https://gw.geneanet.org/bernadetteheyne?lang=fr&n=hetet&oc=0&p=jean+laurent

 

https://gw.geneanet.org/chbeullier?lang=en&pz=christine&nz=beullier&ocz=2&p=jean&n=hetet

https://gw.geneanet.org/chbeullier?lang=en&pz=christine&nz=beullier&ocz=2&p=jacques&n=hetet

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Porte sud  de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Porte sud de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

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LA CROSSETTE DE L'ANGLE SUD-OUEST.

Elle mérite notre intérêt car elle représente un lion (comme de très nombreuses crossettes de Basse-Bretagne), mais surtout parce que ce lion tient dans sa gueule un petit être humain (figurant vraisemblablement une âme), ce qui est plus rare, quoique bien attesté.

Il faut le faire le tour sous divers angles pour bien évaluer ce motif.

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Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Crossette (v. 1623 ?) de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

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Chérubin de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Chérubin de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2019.

Fontaine  de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Fontaine de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Fontaine  de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

Fontaine de la Chapelle Notre-Dame de Kerluan. Photo lavieb-aile 2012.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1905,  Notice consacrée à Châteaulin,  Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie Bdha de 1905, p. 164. 

http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=29

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3d4ddc200b55b91a631b1dee087ef917.pdf

"Cette chapelle est située exactement à l'Est de la ville de Châteaulin, à 3,600 mètres, à vol d'oiseau, dans une des boucles formées par le cours sinueux de l'Aulne, presque en face du bourg de Saint-Coulltz ; mais pour y. accéder par la route des voitures il faut faire près de 6 kilomètres. Diverses légendes ont cours sur son origine. La plus accréditée raconte que, dans l'ancien temps, les habitants du hameau de Kerluan et ceux de Saint-Coulitz, de l'autre côté de la rivière, étaient toujours en lutte et en bataille. Or, ceux de Saint-Coulitz étaient de vrais géants et ceux de Kerluan étaient faibles et malingres. La Sainte-Vierge intervint pour mettre la paix entre eux, demandant qu'on lui érigeât une chapelle et promettant en retour d'accorder aux gens de Kerluan force et vigueur. La chapelle fut bâtie, et depuis la Sainte-Vierge donne aux mères de Kerluan un lait abondant et généreux pour nourrir leurs enfants et leur donner une santé robuste. Voilà pourquoi Notre-Dame de Kerluan est représentée allaitant le divin Enfant-Jésus, honorée et invoquée sous ce vocable, Virgo lactans, par les fidèles et particulièrement par les mères de la paroisse et de toute la contrée.

La chapelle a été restaurée et un peu diminuée de dimensions, du temps de l'ancien curé-archiprêtre, M, Quéré, Sur l'abside, on lit cette date : BEZIEN . FABRIQUE . 1725 Outre les statues de Notre-Dame, on y trouve encore celles de saint Augustin, saint Corentin, saint Marc et saint Luc. La croix du cimetière, datée de 1639, porte les effigies de Notre-Seigneur crucifié, la Sainte-Vierge, saint Jean, saint Sébastien et saint Roch.

Sur la sacristie est gravée cette inscription. V : D : MRE : L : EDY : R' — H : H : IAN : GVIS1EN : FABR : 1734 La fontaine de Notre Dame, voisine de la chapelle, a été richement restaurée par M. le chanoine Le Roy, archiprêtre actuel."

— BULLETIN PAROISSIAL DE CHÂTEAULIN 1904-1910, archives diocésaines

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/browse?collection=7&sort_field=added

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7eae8f88551b4fc2364a3b0359427281.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1d80ad3f00fff343f11c62e22b7f265f.pdf

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1d80ad3f00fff343f11c62e22b7f265f.pdf

"Devenue bien national en 179o, désaffectée en 1793, vendue dans un lot qui comprenait des terrains et des arbres à N. Dame et à St Idunet, plus la chapelle de Kerluan avec son placitre et ses arbres, pour la somme de mille trois livres cinq sols. au citoyen Charles Le Lièvre· Une lettre du curé de Chàteaulin, adressée à celui-ci le II thermidor an XIII, c.-à.-d. le 3o juin 18o5, nous apprend qu'un incendie avait détruit une grande partie de la chapelle. Le I5 mai 18o8, M. Le Lièvre vendit la chapelle et son placitre à la fabrique de Châteaulin, rnoyennant la somme de 6oo fr. dont le solde lui fut versé le 9 novembre 18oo.Kerluan fut rebatie dans sa partie incendiée. Une autre restauration importante ( 2. 100 fr. ) fut faite par M. Quéré [archiprêtre 1874-1877]; enfin le Curé actuel, dans des restaurations très importantes entreprises depuis son arrivée, y a consacré une somme d'une dizaine de mille francs, provenant des dons des pèlerins et des fidèles."

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eda670fb19cd2344536c61242ae144f6.pdf

— COUFFON (René), 1988, Notice de Châteaulin.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eda670fb19cd2344536c61242ae144f6.pdf

"Edifice en forme de croix latine avec clocher Renaissance à deux étages amorti par un dôme. Le pignon ouest date dans sa partie basse du XVIe siècle et a été remonté au XVIIIe siècle dans sa partie haute au-dessus des sommiers. Le portail, flanqué de larges contreforts, est gothique avec ses voussures profondes et son accolade à fleuron. La date la plus ancienne inscrite sur l'édifice est celle de 1653 qu'on lit sur le linteau de la chambre des cloches avec le nom de M. LAGADEC, desservant de la chapelle à cette époque. Le chevet plat a gardé sa fenêtre à réseau flamboyant ; il porte l'inscription : "BEZIEN. FABRIQVE. 1725". La longère sud a été restaurée en 1837. La sacristie octogonale porte l'inscription : "V. D. Mre. LE DV. R./H. H. IAN. GVISIEN. FABR. 1734". Sur la porte sud, une autre inscription : "F. F. P. IEAN. HETET. FABRIQVE. 1819". Mobilier : Statues - en plâtre : Vierge à l'Enfant, qui a remplacé au début du XXe siècle une Vierge allaitant jugée trop réaliste ; - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Kerluan, XVIIIe siècle, autre Vierge Mère, saint Luc, saint Marc, saint Corentin, saint diacre (Laurent ?), saint Mathurin, Vierge Marie et saint Jean sur la poutre de gloire dépourvue du Christ. Diocèse de Quimper et Léon Couffon, Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, 1988 * Sur le placitre, calvaire daté 1639, de l'atelier Roland Doré : plus de Christ, Marie géminée à un saint sur l'un des consoles ; adossées au fût, statues de saint Roch et de saint Sébastien. Fontaine au village de Stang-vihan ; dans un enclos de pierres, niche en tiers-point avec statue de la Virgo Lactans."

— LECLERC (Guy), 1993,  Leclerc : La résurrection d'un calvaire, p. 12-14, ill. Historique et description du calvaire restauré de la chapelle Notre-Dame de Kerluan en Châteaulin (xvie-xviie siècles). L'Écho de Saint-Louis — Châteaulin. Bulletin de l'école secondaire privée Saint-Louis. № 154.

https://www.chateaulin.fr/histoire/histoire-de-la-ville/du-5e-au-14e-siecle/le-parc-au-duc

— S.N (Guy Leclerc ?), 1993, La chapelle Notre-Dame de Kerluan", Monuments et objets d’art du Finistère. Études, découvertes, restaurations (année 1992)  Bull. Société archéologique du Finistère Pages 179

— MAIRIE DE CHÂTEAULIN, s.D, Le Parc au Duc de Châteaulin

https://www.chateaulin.fr/histoire/histoire-de-la-ville/du-5e-au-14e-siecle/le-parc-au-duc

— LES ECLUSES SUR LE CADASTRE : Prat-Hir et Pennapont

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320092905010nucb/09553ad9-59a1-48b6-9398-06b81b143857

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320092905011nucb/3e3ca79f-07a8-4440-89fd-5049059c175d

—Pop.culture

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00005341

— L'HARIDON (Erwana), 2013, "La chapelle Notre-Dame de Kerluan"Inventaire Général du Patrimoine  http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-notre-dame-de-kerluan-chateaulin/dc1365f2-ae20-4bd1-921d-d00f736c8074

— Le Télégramme 11 octobre 2017

https://www.letelegramme.fr/finistere/chateaulin/kerluan-la-chapelle-continue-a-livrer-ses-secrets-11-10-2017-11697554.php

"Après l'épisode rocambolesque de la Vierge allaitante, il y a dix ans, les travaux de rénovation de la chapelle de Kerluan lèvent le voile sur de nouveaux mystères. Invisibles jusqu'alors, des dates et des inscriptions gravées sur le clocher et sa cloche apportent de nouvelles connaissances sur l'édifice.

On se souvient de la fameuse statue de la Vierge allaitante qui défia la chronique. On croyait à une légende et voilà qu'en 2007, elle réapparaît, enfouie depuis près de 100 ans sous un retable. D'autres découvertes viennent d'être mises au jour, grâce aux travaux que la Ville a lancé pour rénover le clocher (lire ci-dessous). Et forcément, dès qu'il s'agit d'histoire locale, Guy Leclerc n'est jamais très loin.

Contemporaine de Louis XIII

L'ancien directeur de Saint-Louis n'a pu résister à l'ascension de l'échafaudage. Le clocher culmine à 18,50 m. « Jusqu'alors, on croyait que le clocher datait de 1653 », raconte-t-il, l'oeil pétillant. « Mais de près, j'ai pu voir la date de 1623, gravée sur une des arcades du deuxième niveau de la chambre des cloches, côté est », s'enthousiasme l'ancien prof d'histoire. En prenant ainsi 30 ans de plus, l'auguste flèche devient contemporaine de Louis XIII. « Et aussi le premier clocher Renaissance de la vallée de l'Aulne », complète le spécialiste. « Ce type de clocher à dôme et lanternon apparaît dans les années 1580 dans le Léon. C'est l'époque où le gothique flamboyant cède la place à l'art de la Renaissance. Dans la vallée de l'Aulne, on le retrouve par exemple à Notre-Dame de Châteaulin (1754) et à Pleyben (1640) », cite Guy Leclerc.

Une première flèche gothique

Mais là n'est pas la seule découverte de l'impénitent chercheur. « Au-dessus de la date de 1623, on lit le nom de " Y. Plouzenec ". C'était soit le prêtre desservant de la chapelle, qu'on appelait le matinatier, soit le fabrique, c'est-à-dire le trésorier de la chapelle », décrypte-t-il. Pour mémoire, la chapelle date de 1550 et était surmontée d'une petite flèche gothique que l'actuel clocher a remplacée.

« Je m'appelle Jeanne Marie »

Si Guy Leclerc « enquête » sur le clocher, Annie Verveur se passionne pour la cloche. La cheville ouvrière des Mémoires de Châteaulin s'y intéresse depuis un an. « À partir des photos prises du sol, j'avais partiellement réussi à lire les inscriptions gravées sur la cloche mais une partie restait masquée par les pierres du clocher », raconte la fondue d'histoire locale. La cloche ayant été descendue pour restauration, la passionnée a pu lire la totalité du texte gravé : « Faite en 1843 pour Notre-Dame de Kerluan. Je m'appelle Jeanne Marie. J'ai pour parrain et marraine Jean Bauguion et Marie Yvonne Poulmarc'h ». Et c'est signé « Viel Alphonse, fondeur à Brest ». Lequel était originaire de Villedieu-Les-Poêles (Manche), commune réputée pour sa fonderie.

De célèbres descendants

« Les parrains et marraines sont en général des personnes importantes, puisque participant au financement. Celles qui sont mentionnées sur la cloche sont de la famille Bauguion, de la trêve de Kerluan, de Quélennec précisément », raconte Annie Verveur. Leurs descendants ne sont pas moins célèbres. Notamment un certain Gabriel dont « Les lettres à Marie » sont publiées depuis trois ans, par Les Mémoires, dans le bulletin Châteaulin 14-18. Gabriel, rappelons-le, est le grand-père de Jean-Luc Feillant, le président de l'association. Marie-France Le Cann, également membre des Mémoires, descend, elle aussi, de la famille Bauguion. « Le monde est petit », sourit Annie Verveur.

Transformée en canon

En 1843, cette cloche vient combler une longue absence car, à la suite d'un décret de la Convention, sa prédécesseure fut transformée en canon, en 1794, à Brest. Comme beaucoup d'autres d'ailleurs. Cependant, Jeanne Marie n'a pas encore livré tous ses secrets. Annie Verveur compte bien poursuivre ses recherches. « J'irai aux archives diocésaines consulter les registres des baptêmes car même celui des cloches y est mentionné ».

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Chapelles bretonnes. Gargouilles et crossettes
2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 23:32

Le calvaire (Roland Doré, 1655) de la chapelle Saint-Vendal de Douarnenez (quartier de Pouldavid).

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Sur cette chapelle, voir :

— Sur les œuvres de Roland Doré, voir : 

 

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PRÉSENTATION.

Le calvaire de la chapelle a été érigé une cinquantaine d'année après la construction de cette dernière, sur le placître à forte déclivité qui se développe à son nord, et dont nous ne savons pas s'il était alors aussi ombragé par la douzaine d'arbres de haute futaie (chênes et hêtres). Le recteur de Pouldergat, Gabriel Caurant, fit appel au meilleur sculpteur de Basse-Bretagne, un  expert dans la taille du kersanton (une pierre extraite en rade de Brest) nommé Roland Doré. Son atelier a réalisé des statues et des calvaires, ou des œuvres profanes, de 1618 à 1663. S'il a surtout travaillé autour de son atelier de Landerneau pour le Léon , la vallée de l'Elorn et le Porzay, il est également l'auteur d'œuvres en Cap-Sizun, à Poullan, Esquibien et à la chapelle Saint-They de Cléden-Cap-Sizun. Au total, il a travaillé pour 82 paroisses, et effectué, dans un style immédiatement reconnaissable, une petite centaine de croix et calvaires.

Hélas, pour l'apprenti photographe que je suis, ce bel ombrage, qui doit être fort plaisant lors du Pardon début octobre, ne m'a pas permis de rendre compte autant que je le souhaitai des talents de notre virtuose. Vous avancerez donc, en partie, à la bougie, dans une atmosphère souvent verdâtre, glauque...

Cherchez Charlie! Le calvaire est devant vos yeux....

Placître et calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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La date de 1655 est sculptée sur le socle (Couffon donne la date de 1665, et moi je n'ai rien vu), et celui du recteur sur le bras du croisillon, ce qui documente parfaitement sa fondation. Un blason est placé au nœud du croisillon, mais il est muet.

Son fût polygonal est posé sur un soubassement à trois degrés et un socle cubique chanfreiné. Ce fût porte en son tiers inférieur l'inscription I. LE BIAN : peut-être le nom du fabricien en exercice.

Le croisillon porte deux statues géminées avec, du coté ouest autour du Christ et comme c'est la règle, la Vierge à gauche et saint Jean à droite. Sil est plus difficile d'identifier les deux saints visible du coté oriental autour d'une Vierge à l'Enfant, on admet volontiers que l'évêque placé à gauche est saint Corentin, car un poisson se reconnaît à ses pieds. Enfin, une courtoisie élémentaire impose de reconnaître dans l'abbé placé à droite saint Vendal ou Gwenaël, 2ème abbé de Landévennec après saint Guénolé.

 

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Relevé par Yves-Pascal Castel 1980.

 

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Sur cette carte du début du XXe siècle, les statues géminées sont mal orientées, et ce sont les deux saints qui entourent le Crucifié.

CPA Plouhinec, Douarnenez

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La bannière porte l'inscription SANT GUENAEL PEDIT EVIDOMP au dessus d'une représentation du saint en abbé, crosse tenue à droite (cf. infra)

Photo Le Télégramme 2006.

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LA FACE OCCIDENTALE. Le crucifix, la Vierge et saint Jean, et un écu muet.

 

 

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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Elle est voilée et porte la guimpe. Ses mains sont croisées devant la poitrine. Les deux pans du manteau tombent , l'un au dessus du poignet et l'autre au dessous, en deux "plis de serviette" symétriques.

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean l'évangéliste.

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Il appartient, parmi les nombreux saint Jean de Roland Doré, au groupe aux cheveux bouclés formant un triangle, comme la perruque de ses gisants, et au groupe où les deux mains sont posés devant la poitrine, la droite au dessus. Comme pour la Vierge, les pans tombent en deux plis symétriques dessinant des sinuosités, et l'un des pans passe au dessous de l'avant-bras et l'autre au dessus.

La bouche est typiquement "doréenne", hésitant à  un demi-sourire (qui n'aurait pas lieu d'être ici), en arc élargi à ses extrémités par deux fossettes. Le menton est large, rond et poupin.

 

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ en croix.

Cf Annexe "stylistique". 

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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L'écu muet.

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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LA FACE ORIENTALE. La Vierge à l'Enfant, saint Corentin en évêque et saint Gwenaël en abbé. Inscription du recteur Caurant.

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

Elle est couronnée et voilée ; un manteau ample (dont le pan droit fait retour vers le coude gauche) recouvre une robe ajustée et lisse au niveau du buste et plissée au niveau de la jupe.

Le bras droit est brisé mais on voit ses deux points de fixation. Il devait tendre à l'Enfant une pomme.

La bouche "doréenne" est si typique que les coins des lèvres forment deux virgules entre la lèvre inférieure en moue.

L'Enfant entoure de son bras droit le cou de sa Mère, et tient dans sa main gauche un petit globe. Il est bouclé, en boules un peu comme la "perruque" de saint Jean, et il sourit largement. Il est vêtu d'une tunique courte sur des jambes nues, qu'empoigne la main gauche de Marie

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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Saint Corentin.

Le premier évêque de Quimper et patron du diocèse est identifié par le poisson qui le nourrit miraculeusement alors qu'il était ermite sur le Ménez Hom. Ce poisson est visible à ses pieds.

En dehors de cela, c'est un saint évêque comme tous les autres, avec sa mitre avec ses fanons, sa crosse, son geste de bénédiction index et majeur étendus, sa chape, sa robe recouverte d'un surplis.

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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Saint Vendal ou Gwenaël en abbé (de Landévennec).

Il porte la mitre et ses fanons, la chape, la robe, mais la crosse est tenue dans la main droite, et la volute est dans un plan  sagittal . Il tient un livre fermé en main gauche. Ces critères le définissent comme abbé.

Ce pourrait être aussi, dans un autre contexte, saint Guénolé, fondateur de Landévennec. Il est souvent vénéré avec saint Corentin (cf. chapelle St Guénolé d'Ergué-Gabéric)

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription.

Elle occupe, en lettres majuscules,  le bras gauche du croisillon.

CAURANT : RECTEUR DE : POULDREGAT.

Notez  les lettres conjointes AV et VL ; la ponctuation de séparation des mots par le deux-points ; la graphie "Pouldregat". Cette graphie n'est pas fautive, elle est attestée en 1512, 1680 et 1700  http://amzer-dremenet.fr/wordpress/?tag=pouldergat

En fait, un examen attentif montre, sur la partie haute du bras, au dessus de cette inscription, son début avec le titre et le prénom : MRE GABRIEL. (Je ne trouve pas mention dans la littérature de cette part de l'inscription)

Nous avons donc ici : "M[essi]re Gabriel Caurant recteur de Pouldregat", comparable à l'inscription du clocher "M[essi]re Ga[briel] Caurant recteur 1655".

 

Gabriel Caurant, probablement d'une famille du Faouët ou de Gourin, a été recteur de Pouldergat de 1639 à 1666. Son nom figure sur le clocher de la chapelle avec la date 1655.

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Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

Calvaire (kersanton, 1555, Roland Doré) de la chapelle Saint-Vendal. Photographie lavieb-aile.

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ANNEXE

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ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 97 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

 

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pietà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) de l'église Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-vi-le-calvaire-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-nic.html

 

Mais aussi : Dinéault, croix de Ty-ar-Névez

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-ty-ar-nevez-ou-croaz-moudennou-a-dineault.html

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STYLISTIQUE DE ROLAND DORÉ (d'après E. Le Seac'h)

 

Roland Doré a sculpté uniquement dans le kersanton. Son style dépouillé, facilement reconnaissable et proche de l'épure, a contribué à établir sa réputation. Il se distingue par sin souci de replacer la réalité des formes dans l'espace en allant à l'essentiel. Sa virtuosité à sculpter les visages doux de ses Vierges ou à donner un tempérament à ses œuvres profanes en fait un sculpteur d'exception. Il a débuté comme compagnon dans l'atelier du Maître de Plougastel (1585-1617) puis a entrepris une carrière prolifique à Landerneau.

— Le Christ :

Les représentations du Crucifié sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes. Les Christ penchent la tête du coté droit, les yeux clos. Leurs pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept têtes (Y-P. Castel).

La couronne d'épines est caractéristique, aux deux brins entrelacés en forme de carré

 

— Les Vierges à l'Enfant : elles portent leur enfant sur le bras gauche, la main droite tenant une pomme. Elles ont le visage poupin , les yeux en amande au sillon palpébral bien dessiné. et arborent le fin sourire « doréen »

— Les personnages de Roland Doré se reconnaissent aussi à leurs yeux aux iris creusés.

— Saint Jean accompagne la Vierge sur les croix et calvaires. Sa gestuelle varie peu : les deux mains posées sur la poitrine, (Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez) ou simplement une seule main, l'autre étant caché sous sa tunique (Sainte-Anne-la-palud à Plonévez-Porzay). Plus rarement, il serre le pan de sa tunique et appuie un livre fermé contre sa poitrine (Coatnan à Irvillac) . Parfois il joint les mains, les doigts entrelacés (Plogonnec) ou il tient un livre dans le creux formé par sa main gauche (Cast, 1660). Sa physionomie est partout similaire. Le seul changement appréciable se voit dans sa chevelure lisse (Seznec ou Saint-Pierre à Plogonnec, Commana, Tinduff à Plougastel, à l'ouest de l'église de Plounéour-Ménez en 1641) ou bouclée (Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenz (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevz-Porzay, Saint-Nic, Cast) comme sur les gisants mais d'une manière aléatoire sans que l'on puisse repérer une évolution chronologique.

 

 

 

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/

440. Douarnenez-Pouldavid, Saint-Guendal, g. k. 5 m. 1655. Atelier Doré. Trois degrés. Socle 1655. Fût I. LE BIAN. Croisillon mouluré: MRE GAURANT RECTEVR DE POVLDREGAT., statues géminées: évêque-Jean, saint Corentin-Vierge. Croix à branches rondes, fleurons, crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

http://croix.du-finistere.org/commune/douarnenez.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

— COUFFON, René,. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

COUFFON (René), LE BARS, (Alfred) 1988, Notice sur Douarnenez, extrait de   Couffon, René, Le Bars, Alfred, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DOUARNEN.pdf

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm

— DILASSER ( Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille: Locronan et sa région  Page 607.

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

Mairie de Douarnenez :

https://www.mairie-douarnenez.fr/decouvrir/patrimoine-religieux/chapelle-st-vendal.html

Guide du patrimoine religieux de Douarnenez :

https://www.mairie-douarnenez.fr/7240-guide-du-patrimoine-religieux-de-douarnenez-tourisme/file.html

— site guidedutourisme.net

http://www.guidedutourisme.net/tourisme/chapelle-saint-vendal-douarnenez-2621.html

Chapelle dédiée à saint Gwenaël, successeur de Guénolé à la tête du monastère de Landévennec, si l'on suit la liste des abbés incluse dans le cartulaire rédigé au milieu du XIe siècle.
Chapelle dissimulée sous les frondaisons, accrochée sur un terrain pentu qui regroupe le calvaire et la fontaine.
De plan rectangulaire, l'édifice a été construit à la fin du XVIe siècle, ainsi que l'attestent les nombreuses inscriptions qui ornent les murs nord et sud (1591, 1592,...) et les portes en accolade qui y sont percées.
Le chevet plat, plus récent, fut réédifié au début du XVIIe siècle (1604, 1607).
Le pignon occidental affiche un parti moderne avec une porte d'architecture classique à fronton triangulaire et supportant une chambre de cloche dont les linteaux portent la date 1633.
Il est amorti par un dôme surmonté d'un faux lanternon.
La nouvelle sacristie construite en 1881 a remplacé une autre plus modeste bâtie après 1607.
Cette même année 1881, l'autel des pardons fut construit contre le mur septentrional.

Mobilier :
- autel à retable classique avec tableau central représentant un évêque et une procession.
Sur les cotés, niche abritant au sud saint Vendal et au nord une statue en calcaire polychrome de Notre-Dame de Rumengol.
Autre statue de la Vierge à l'Enfant selon toute vraisemblance du même atelier (XVIe siècle).
Christ en croix sur la poutre de gloire; avant restauration, la poutre portait une inscription datée de 1612.
Les travaux de réfection et de nettoyage effectués récemment ont mis au jour des éléments du décor mural du XVIIIe siècle.
-vitraux : vitraux réalisés en 1992-1993, cartons de A. Ronan (baie nord et sud), atelier Ch. Robert.
- dans le placître, calvaire à degrés provenant de l'atelier R. Doré de Landerneau et daté de 1665.
- fontaine Saint-Vendal en contrebas, à la limite du placître.

 

 

 

     

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes.
1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 22:24

La chapelle Saint-Vendal (1591-1604) de Douarnenez (quartier de Pouldavid).

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Voir :

 

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PRÉSENTATION.

Cette chapelle de plan rectangulaire de la fin du XVIe siècle, en pierre de taille (granite) et couverture d'ardoise ne se découvre qu'en quittant la route D765 Douarnenez-Pont-Croix-Audierne, qui longe le cours d'une rivière,  pour grimper à flanc de coteau vers une exploitation agricole (celle, jusqu'à sa retraite,  d'Henri Le Bars, président du Comité de Sauvegarde de  Saint-Vendal depuis 1989), au lieu-dit Brunguen. Juste avant l'épingle à cheveux qui mène à la ferme, à gauche mais complètement encaissée sur la pente, la chapelle Saint-Vendal (ou Saint Guénal, Guendal, Guinal voire Gwennaël) se signale à peine par son clocheton. On descend vers elle, on franchit l'enceinte marquée par deux piliers, et on découvre, en contre-bas encore, un espace boisé de hauts arbres, puis, dans la quiétude de leurs ombres, un calvaire. Tout en bas, invisible jusqu'au bout, la fontaine réputée pour soigner les rhumatismes.

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TOPONYMIE.

Cette situation, et cette toponymie, sont éloquentes.  Comme beaucoup d'autres chapelles bretonnes, celle-ci est placée sur le coteau (42 mètres) d'un vallon de ruisseau (cf. chapelle Sant-Teï de Poullan-sur-Mer, sur le cours du même ruisseau) : elle est intimement liée à l'eau. Le toponyme BRUNGUEN se décompose en brun ou brin "colline" et guen, uen, "blanc" au sens de "sacré" (souvent pour qualifier une fontaine, tandis que GUENDAL reprend le radical gwenn pour l'appliquer à tal "front" (mais aussi façade, face, ou "en face") qui a donné talud "talus".

"Une couleur sacrée, le blanc.

Très rare dans la nature, gwenn y est, de loin, la plus fréquente de toutes les notions de couleurs, et si, dans les noms de personnes nous ne relevons plus la même suprématie, son importance (à la différence des autres notions de couleurs, nous est rappelée par de nombreux noms composée ou dérivés. Il nous faut donc, tenant compte de la rareté de gwenn dans la nature, rechercher une autre explication à sa fréquence. Dans la langue de tous les jours, gwenn (très généralement orthographiée guen) n'a plus que le sens de blanc », mais, s'agissant des noms de lieux ou de personnes, ceux-ci étant parfois très anciens, il faut se rappeler qu'en vieux breton le terme pouvait aussi signifier « lumineux, heureux, béni » voire « sacré », sens que l'on relève toujours en gallois moderne. Comme, de tout temps, l'eau fut un élément essentiel dans nos cultes, faisons appel à la notion de « sacré » pour expliquer FONTAINE BLANCHE et FEUNTEUN VENN des Côtes d'Amor ou du Finistère où, comme dans bien d'autres régions nombreuses sont les fontaines placées sous le patronage de tel ou tel saint.

Quelqu'en soit le sens, gwenn (cf. le gallois gwyn/gwen et l'irlandais find) remonte au celtique uindos que nous retrouvons déjà dans PENNO-VONDOS, un nom de personne de la gauche signifiant « tête blanche » ; la forme moderne PENVEN, parfois notée PEN-VENNE étant un nom de personnes assez courant.

Nous avions en vieux breton, un masculin guinn, uuin, et un féminin uuen ; aujourd'hui, en gallois, c'est encore le cas avec gwyn/gwen, bien que, comme en breton moderne, les adjectifs y soient pratiquement toujours invariables.

A signaler aussi qu'à la différence de la langue d'aujourd'hui, l'adjectif était fréquemment antéposé en vieux breton, ce qui entrainait généralement l'affaiblissement de la consonne suivant, une altération qui n'était pas toujours notée dans les formes écrites ;

Illustrant cette évolution de la grammaire du breton, nous avons TAL-GUEN (tal = front), un nom de personne assez faiblement disséminé dans le Trégor, qui n'est autre que la variante moderne de UUIN-TAL (=gwenn +tal), éponyme de SAINT-GUENDAL (une chapelle de Douarnenez, 29), d'où nous vient le prénom masculin actuel GWENDAL et que nous retrouvons comme déterminant (le gw- ayant muté en -f- ou -v- ) dans KERE+FENDAL, un hameau de Plouhinec (29) et KERFEN-DAL/KER-VENDAL, deux noms de personnes qui se montrent dans le sud-ouest de la Cornouaille (exemple : le Cap-Sizun). Avec sa fontaine dont les eaux avaient des vertus anti-rhumatismales, SAINT-GUENDAL situé à flanc de coteau de BRUN-GUEN (= brin + gwenn = colline.. ) traduit pratiquement ce dernier nom de lieu ; gwenn qui, dans ces deux cas, semble bien avoir le sens de « sacré » supposerait donc la récupération d'un culte pré-chrétien (celui des eaux)."

PLONEIS ( Jean-Marie), 1996, L'identité bretonne : l'origine des noms de personnes edition du Félin, 300 pages.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3329530h

Cette étymologie donnant à la racine -gwenn le sens de "sacré" appliqué à des fontaines thérapeutiques pré-chrétiennes a déjà été présentée, avec d'autres développements, dans mon article :

 

 

 

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.BRUNGWEN est attesté en 1702 ,1706, 1751, sous la forme BRUNGUEN, en 1706 (BRUNGUENT), en 1713 (LE BRUNGUENT), en 1752 (BRONGUENT), en 1776 (BREUGUEN), en 1815 (BRENGUEN), et on trouve actuellement les variantes BRUNGUEN et BRINGUEN. La carte d'Etat-Major 1820-1866 porte le nom BRUNGUEN (et ST GUENDAL), le scan historique de 1950 ceux de BRUNGUEN et de ST GUÉDAL,  la carte de Cassini de la fin du XVIIIe celui de BREUGUEN

"On retrouve plusieurs orthographes possibles pour ce toponyme, notamment pour la première partie qui le compose : Bre-, Bri- et Bru- Il semble pourtant qu'il s'agisse ici du terme Bronn (mamelon), c'est à dire colline en toponymie ou Bren de même sens. Il est vrai qu'il surplombe légèrement le ruisseau qui se trouve au fond du vallon en contrebas. Il n'est pas exclu non plus que Brun- ait ici le sens de source (présence de la fontaine à proximité). A première vue, les formes écrites, une fois encore, mais également la majeure partie des prononciations recueillies lors de notre enquête laissent à penser que le deuxième élément est Gwenn (blanc, mais aussi sacré) et ce pourrait être une explication tout à fait satisfaisante. Cependant, l'une des prononciations [bronn gwenal] recueillie lors de l'enquête orale nous oriente vers une autre direction. On voit nettement que ce n'est plus gwenn qui se trouve ici en finale, mais un terme Gwenal qu'on peut facilement rapprocher des formes anciennes attestées du nom de la chapelle Sant Wendal toute proche, Gwenal, Gwenel étant une variante de Gwendal. Les formes attestées pour la chapelle sont « Saint Guenel » en 1691 et « Saint-Guendal ». Il est donc probable qu'ion se trouve à cet endroit dans un lieu sacré dédié à Sant Wendal, on y trouve en effet une fontaine, une croix et une chapelle. La forme normalisée ne rétablit pas l'étymologie et conserve une orthographe proche de celle en usage actuellement. Des formes écrites plus anciennes nous manquent néanmoins afin de trancher catégoriquement entre une étymologie forgée sur Gwenn et une autre comportant le nom de saint Gwendal." Toponymie de Douarnenez - Ofis Publik ar Brezhoneg  http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_fichier/fichier/5fichier.pdf

Note : les deux hypothèses se rejoignent puisque l'étymologie de l'hagionyme Gwenaël ou Gwenhael, Guenaël, Guénault, Guinal, Guénal, Gwendal, Vendal, Guennal, Guénaud ou Guenhaël vient du breton gwenn "blanc, immaculé, pur, sacré" et haël "généreux, magnanime, noble". cf. Saint-Guinial à Ergué-Gabéric. Ou bien "Gwendal : Composé de gwenn et de tal. C’est un équivalent du prénom gallois Talwyn." (Wiktionary)

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Chapel Sant-Wendal :

"Les formes plus anciennes du nom collectées par écrit que ce soit sur les listes de l'INSEE de 1946 ou sur les registres d'état-civil d'Ancien Régime nous donnent des formes différentes sans -d. Selon Deshayes dans son "Dictionnaire des Noms de Lieux bretons", Gwenel ou Gwendal serait un nom attesté depuis le début du IXe siècle. Joseph Loth pour sa part ne le mentionne pas dans son étude des saints bretons. La forme normalisée conservera sans doute la forme proche des formes orales et écrites en usage actuellement. Ce saint a été assimilé, à tort, à Gwennael."Toponymie de Douarnenez - Ofis Publik ar Brezhoneg  http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_fichier/fichier/5fichier.pdf

 

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GÉOGRAPHIE.

Orientée par cette réflexion toponymique, l'étude des cartes incite à privilégier celle de l'hydrographie (les eaux) et des reliefs ( brun-, "colline") . Nous constatons vite que la chapelle est établie sur un mamelon dominant un vallon où s'échelonnent des moulins ( de Kervern, de Kernaveno,  de Kerdunig). Le ruisseau en question porte le nom de "ruisseau du Moulin de Pont-Toullec", affluent de la Rivière de Port-Rhu.

"La Rivière de Port Rhu sépare Douarnenez de Tréboul. Ce cours d’eau débutant au niveau de Pouldavid est soumis aux marées. Son embouchure se situe au niveau de l’île Tristan. Elle forme une vaste ria et reçoit les eaux du ruisseau du Moulin de Pont Toullec qui prend sa source sur les limites communales de Poullan-sur-Mer et Mahalon. Il reçoit les eaux de 4 affluents sur Douarnenez : 3 en rive gauche et 1 en rive droite. Sur la commune de Douarnenez, il traverse principalement des parcelles agricoles et boisées excepté en aval où il rencontre la zone industrielle de Pouldavid."

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https://books.google.fr/books?id=exNoAAAAMAAJ&q=chapelle+pouldergat&dq=chapelle+pouldergat&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjR1LurvPbnAhWPD2MBHXKQDboQ6AEIKTAA

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.343490&y=48.069945&z=14&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.349814&y=48.062693&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN50.1950&mode=doubleMap

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Sur la carte de Cassini, la chapelle est pointée par une étoile rouge. La route Douarnenez-Audierne passe sur les hauteurs . C'est l'un des chemins de Compostelle, partant de Pont-Croix et allant à la chapelle Saint-Jacques de Pouldavid puis  rejoignant la route partant de l'Abbaye Saint-Mathieu du Conquet.

Carte de Cassini. Le ruisseau en bleu, la route Douarnenez-Audierne en rouge.

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Sur la carte d'Etat-Major : la chapelle (étoile) sur le mamelon dominant le vallon (en vert). La route Douarnenez-Audierne passe désormais par ce vallon.

 

Carte d'Etat-Major 1820-1866.

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Sur la carte de 1950, les chapelles (étoile) de St Teï et de St Guédal sur leur mamelon respectif dominant leur ruisseau.

Le scan historique de 1950.

 

 

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Sur la carte IGN : le réseau hydrographique bleu entouré de verdure, l'éminence occupée par la chapelle (étoile), la route D765,  l'ancienne route de crête (vers 50 m) avec la croix de Lanriec (1606), et les moulins.

Carte IGN sur Géoportail

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Remarque.

 

La chapelle de St-Vendal est aujourd'hui sur le territoire de la commune de Douarnenez. Elle a été détachée de la paroisse de Pouldergat au moment de la création de la commune de Pouldavid au début du 20ème siècle. Pouldavid a ensuite été intégré à Douarnenez ainsi que Tréboul et Ploaré.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Carte postale ancienne, De Douarnenez à Audierne. Vieille chapelle Saint-Vendal. Coll. Plouhinec Douarnenez.

La chapelle Saint-Vendal de Douarnenez.

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LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES.

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"De nombreuses dates précisent l’avancement des travaux de cette chapelle. Ainsi sur les murs gouttereaux  nord et sud sont inscrits les millésimes 1591, 1592, 1593, 1594, qui montent une progression très régulière du gros œuvre ;  L’absence de mention des années suivant 1594 sur les maçonneries correspond à l’arrivée dans la région d’un sinistre visiteur qui s’installe au début du mois de juin 1595 à l’île Tristan pour quelques années : Guy Eder, plus connu sous le nom de La Fontenelle…" (J. Peuziat Bull. SAF 2008-1009)

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Huit inscriptions lapidaires témoignent d'une construction entre 1591 et 1593. Nous pouvons les suivre en débutant la lecture à la porte sud, et en tournant ensuite dans le sens inverse des aiguilles d'une montre :

-Au sud :

IO : QOETME/VR : F : 1592

MI : FEREC : FRE

P. SANQVER : RECT

G : ROE : F. LAN 159?

- à l'est,

IO. BESCOND. FAB 1561 [?]

- au nord,

IAC : BERE/GAR :F : 1591

IO AROUR : F : 1593

- à l'ouest, à gauche de la porte,

"GI. TANGI. F."

Ces inscriptions recoupent en partie celles de l'église de Pouldergat, construite pendant la même période. Nous pouvons supposer que les travaux eurent lieu alors que P. Sanquer était recteurs, tandis que Joseph Bescond, Joseph Coetmeur, Michel Ferec, G. Roué, Jacques Berregar, Joseph Larour et G. Tanguy étaient (successivement ? ) les fabriciens de l'années 1591 à 1593.

Le clocher témoigne d'une construction ou reconstruction du XVIIe siècle, sous le recteur Gabriel Caurant, qui fit ériger également le calvaire :

 M : GA : CAVRAN / T : RE :1655 .

 

Enfin trois inscriptions mentionnent le nom du recteur Yves-Bernard Fromentin (1860-1896).

 

 

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A. L'élévation méridionale (1592-1593).

 

1. Porte sud, en anse de panier, entre deux pinacles engagés, coiffés d'un décor en nid d'abeilles puis à crochets.

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IO : QOETME/VR : F : 1592, soit "Joseph Coetmeur, fabricien pour l'année 1592". Inscription gravée en réserve  dans un cartouche, par des lettres minuscules (le Q est rétrograde), les mots étant séparés par le deux-points.
 Coatmeur, Coetmeur, Coëtmeur, ou Couetmeur est un toponyme très fréquent avec le sens de grand bois (koad = bois + meur = grand). Plusieurs Coatmeur sont mentionnés dans les archives paroissiales de Ploudergat en 1681. En 1720, Marguerite Coetmeur, de Pouldergat, est l'épouse d'Henry Kervarec.

Le patronyme est retrouvé sur le mur ouest de l'église paroissiale de Pouldergat, après celui du recteur : " M : Y : AROVR. RECTOR : L'AN --- FABRIQUE HERVE QVOETMEVR "

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

http://www.penhars-infos.com/2017/11/contre-les-rhumatismes-la-fontaine-de-saint-vendal-a-pouldergat.html

http://www.penhars-infos.com/2017/11/contre-les-rhumatismes-la-fontaine-de-saint-vendal-a-pouldergat.html

 

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2. En haut à droite de cette porte :

 MI : FEREC : FRE, pour "Michel Ferec, fabrique (?)". Lettres majuscules romaines sculptées en réserve dans un cartouche.

Le patronyme FEREC est attesté à Pouldavid en 1681 (Messire Michel Ferec, prêtre). Son successeur René Gourmelen  était le fils de Jean Gourmelen, notaire à Pouldavid (1641) et de Lévénèze Férec. Le patronyme vient du breton fer, "cheville" qualifiant quelqu'un qui a de fortes chevilles. A. Deshayes cite FEREUC, 1598, FEREC, 1614 à Ergué-Armel, FERREC (Quimper 1649), Le FERREC (Quimper, 1654) et les formes léonardes FEROC et FERROC.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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3. Au sommet du pignon de la baie sud :

P. SANQVER : RECT, soit "P. Sanquer, recteur".

 

"Yvon Arour ( de Pouldergat) qui, en 1585, posa la première pierre de la façade occidentale de l'église, paraît avoir eu pour successeurs D. Breton et J. Henri. Ce dernier était remplacé en 1594 par un recteur nommé Sanquer.".

 

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Pignon de la baie sud, au dessus de la précédente :

NOEL JONCOUR ---

soit "Noël Joncour Fabricien ?".

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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À droite de la lucarne sud :

G : ROE :

F. LAN 159?,

en lettres majuscules (avec un N rétrograde et un A à traverse en V), en réserve dans un cartouche.  Soit G. ROE, Fabrique l'an 1591 (?). Peut-être pour G. Roué.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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B. Le pignon oriental .

Le pignon oriental porte deux millésimes plus tardifs que les précédents : dans ses parties hautes, 1604, et au-dessus de la maîtresse vitre, 1607.

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IO: BESCO/ND RECT:--

Soit "Joseph Bescond Recteur", suivi peut-être des chiffres 61. le mot RECT est très incertain, (peut-être PRET), mais la lecture de René Couffon  "IO. BESCOND. FAB. 1591 (ou 1607 ?)" n'est pas confirmée.

Notez le N rétrograde.

Je ne trouve aucun recteur, aucun prêtre ni même aucun Joseph Bescond à Pouldergat au XVIe ou XVIIe. Vers 1681, selon les archives paroissiales de Pouldergat, Henry Bescond habitait le village de Kervarlé Creis,  Jean Le Bescond celui  de Lannogat et un autre  Jean Le Bescond occupait le village de Botcarn, Jacques Le Bescond celui de Lesneven .

N.B en mars 2020, je lirai : IO BECOND FAB 1561.

 

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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C. L'élévation septentrionale (nord).

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Bloc de gauche :

 

RE: CTOR ou plutôt LE/TOR

Bloc de droite :

IAC : BERE/GAR :F : 1591, soit "Jacques Beregar, fabricien en 1591".

Selon J.M. Lecocq :

https://www.persee.fr/doc/ecelt_0373-1928_1986_num_23_1_1826

"Berrehar. Berrégar (NFBB p. 36), xviie-xvme s. Saint-Melaine, 1661 Plougonven, xviie-xvme s. Bodilis, 1856 Loqueffret (Gourvil), 1836 Plougar, Lothey, Bodilis (Le Brun), 1885 Saint-Derrien (Kerviler, III, 1889, p. 55, n° 990), Berrégare (NFBB p. 36) 1678 Poullaouen (Arch. Fin. A. 8), Berrégarre 1678 Poullaouen (Arch. Fin. A. 15), 1836 Plouyé, Poullaouen (Le Brun), Beregare An IX Plouyé, Poullaouen (Gourvil), Beregard ( Berrégard NFBB p. 36) 1890 Morlaix (Gourvil), Berréhar (NFBB p. 36) début xixe s. Botsorhel (Gourvil), 1836 Plougonven, Le Cloître Saint-Thégonnec, Berrien, La Feuillée (Le Brun), Berréhare (NFBB p. 36 Berréharre) 1836 Scrignac (Le Brun), 1862 Morlaix (Gourvil), Beréhare 1863 Morlaix (Gourvil), Beréhar (NFBB p. 35) début xixe s. Morlaix (Gourvil), 1836 Ploudiry, La Feuillée, Morlaix (Le Brun), Berréhard début xixe s. Morlaix (Gourvil), 1836 Plouvorn (Le Brun), Beréhart 1692 Scrignac (Arch. Fin. A. 12), Berêhard 1836 Morlaix (Le Brun), Berhar (NFBB p. 35) 1858 Brennilis, 1914 Landeleau (Gourvil). Ce surnom qu’on peut décomposer en * Berr-e-c’har (de gar ) « dont la jambe est courte » (litt. « courte sa jambe ») se montre en moyen-breton en 1633, Nom. p. 273 b : « homme à courte iambe » vnan a diuar berr, berr-ez-garr (latin : myscelus), cf. aussi GMB p. 58. Et dans un conte de l’écrivain cornouaillais Y. Crocq on lit ceci, SM (1924) p. 49 : «Ah ! paour kêz kammig, berr-e-c’har , ne dalveze ket d’it ar boan dont beteg aman » ( = « Ah ! pauvre petit boiteux..., ce n’était pas la peine que tu viennes jusqu’ici»). On peut comparer aussi avec le patronyme français Courlecuisse. Berréhar, et ses variantes Berregar , Berregarre, Berregard (formes figées et plus ou moins francisées) est un nom assez répandu dans le Nord-Finistère surtout."

Un lieu-dit Beregar est mentionné à Beuzec-Cap-Sizun vesr 1717..

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Sous l'auvent moderne, à gauche de la porte nord (condamnée) :

IO: AROUR : F : 1593.

soit "Joseph Arour, fabricien en 1593". Inscription en lettres romaines capitales, en réserve dans un cartouche, avec une ponctuation de séparation des mots par le deux-points. Notez le cartouche inclut dans l'angle inférieur droit.

Le nom est retrouvé sur le mur ouest de l'église paroissiale de Pouldergat, qualifiant un recteur   : " M : Y : AROVR. RECTOR : P... HERVE QVOETMEVR " . mais on trouve aussi au même endroit l'inscription  " LAN : 1585 : F : I : AROVR : ".

http://www.pouldergat.net/archives/ClergePouldergat&RegistresParoissiaux.pdf

Selon Geneanet, ce patronyme est principalement attesté à Ploaré (désormais attaché à Douarnenez), puis à Pouldergat, où un Jean L'AROUR est né vers 1607, qualifié d'honorable sieur homme, marié avec Catherine TUDAL et père de Pierre AROUR,  avant de décéder à Pouldergat en 1691. Généalogie jcln1.

Ce généalogiste cite aussi Jacques L'AROUR, né vers 1580, notaire royal, père du précédent, et Olivier L'AROUR, "seigneur de Pouldergat".

https://gw.geneanet.org/jcln1?lang=en&iz=16&p=jean&n=arour+l

 où une Marie Arour ou L'Arour est née en 1699 à Ploudergat.

https://en.geneanet.org/genealogy/arour/AROUR

Le nom Arheur, Larher, Larour correspondent au moyen breton archer "fabricant de coffre, huchier (coffre = arc'h).

 

 

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Contre l'auvent moderne abritant l'autel extrieur (1881)

FROMENTIN.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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D. Façade occidentale.

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"GI. TANGI. F."

 

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.
Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Face méridionale du clocher :

M : GA : CAVRAN / T : RE :1655 .

Soit "Messire Gabriel CAURANT recteur 1655".

Le nom CAVRAN figure sur le calvaire de 1655 avec la mention "recteur de Pouldergat". 

Il s'agit de Gabriel Caurant (du Faouet), recteur de 1639 à 1666. Par son testament du 25 Mars 1666, il légua à la fabrique une lande de 38 journaux dans la montagne de Trélen. Il était fermier général du prieuré de l'île Tristan de Douarnenez en 1642.

Il avait acheté en 1656 le village de Kerléguer, et ses deux moulins, et, en 1669, son héritière Janne Caurant est la propriétaire du vieux moulin.

https://douarou.com/wp-content/uploads/2019/12/Inventaire-moulins-Pouldergat-Pouldavid.pdf

 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1905_0278_0329.html

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Photo Didier Raillart http://chapelle.over-blog.fr/pages/Pouldergat-la-chapelle-de-st-vendal-2481848.html

Photo Didier Raillart http://chapelle.over-blog.fr/pages/Pouldergat-la-chapelle-de-st-vendal-2481848.html

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La cloche.

Elle porte le nom du recteur Yves Fromentin au dessus d'un médaillon de la Vierge ouvrant ses bras et du nom du fondeur. Du coté ouest, l'inscription AVE MARIA et un crucifix.

Yves Fromentin a été recteur de 1860 à 1896. En 1865, une croix de mission mentionnant son nom a été érigée devant l'église.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Sur une pierre de l'entrée du placître (réemploi) :

inscription qu'il faudra déchiffrer.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Pour conclure : les inscriptions intérieures :

"Lors de la restauration du retable de la chapelle, est apparu, camouflé sous le coffre actuel, un bel autel en pierre portant une inscription en caractères gothiques accompagnée de la date de 1590 . Cet autel proviendrai, selon toute vraisemblance , d’un édifice antérieur….

Lors de la restauration de la polychromie (du retable), il y a quelques années , des armoiries différentes sont apparues sous celles de la famille de Ploeuc qui y figuraient auparavant…."(extrait du bulletin 2008-2009 de la Société Archéologique du Finistère, article de Josik Peuziat suite à l’excursion" Autour de Douarnenez le 28/09/2008)

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LES CROSSETTES.

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Gables de la lucarne sud.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Gable de la lucarne sud, coté gauche. Un lion, et peut-être un lionceau.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Gable de la lucarne sud, coté droit. Un lion.

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Gable du pignon oriental, coté gauche. Un lion.

Tient-il quelque chose dans la gueule?

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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LA FONTAINE.

 

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Le pardon se célèbre le deuxième dimanche d'Octobre. C' est le tout dernier de l’année, il marque traditionnellement la fin des travaux agricoles, et on l’appelait aussi le "pardon des châtaignes" . Sous les bannières de 14 paroisses environnantes, il attire de nombreux pèlerins qui viennent, en chantant en breton le cantique Sant-Vendal,  invoquer saint Guenaël/Vendal pour la guérison de la goutte et des rhumatismes ( en breton gwendré) ou toutes difficultés de marche et boire l'eau de la source limpide qui jaillit au bas de l'enclos.

" Son pardon était très prisé surtout des bigoudens qui venaient nombreuses même si les conditions étaient difficiles : le pardon était appelé pardon va e kostez en raison de la configuration du terrain. Certains l'appelaient aussi pardon an dud affliged parce qu'on y priait le saint pour guérir les rhumatismes."

 

Ses eaux sont réputées guérir les rhumatismes et les difficultés de marche. 

Voir sur YouTube : la messe (1), les vépres (2), et la procession (3) du 11 octobre 2009

https://www.youtube.com/watch?v=VJDIXxcRmuM

https://www.youtube.com/watch?v=xmsxFEQg1xk

https://www.youtube.com/watch?v=QWjVpjayxl8

Et la procession du pardon de 2015 :

https://www.youtube.com/watch?v=_rVVqK5-IdI

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http://jose.chapalain.free.fr/pageprin1649.htm

http://jose.chapalain.free.fr/pageprin1649.htm

Cartel de la chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Cartel de la chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Cartel de la chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Cartel de la chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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Ecole bretonne "Pardon de Saint-Vendal". Gouache non signée. Dimensions : 17 x 22 cm.

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penhars-infos.com/2017/11/contre-les-rhumatismes-la-fontaine-de-saint-vendal-a-pouldergat.html

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Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

Chapelle Saint-Vendal à Pouldavid (Douarnenez). Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988, Notice sur Pouldergat, extrait de   Couffon, René, Le Bars, Alfred, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/d421cf2c433bb09d9a4ef03159382f02.pdf

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Douarnenez, extrait de   Couffon, René, Le Bars, Alfred, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/DOUARNEN.pdf

—Guerz Sant Guenal 

Cantiques bretons :Cantique raconte la vie de St Vendal - Gwenaël / les 2 avants derniers couplets parlent de la chapelle saint Vendal. ed. 
J.M. Guivarch 1922

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/9312

 

—INFOBRETAGNE (copie d'un article dont la source n'est pas renseignée)

http://www.infobretagne.com/douarnenez.htm

"la chapelle Saint-Vendal ou Saint-Guendal ou Saint-Guinal (XVI-XVIIème siècle), dépendant de la paroisse de Pouldavid. Il s'agit d'un édifice rectangulaire de la fin du XVIème siècle : on lit 1591-1592 au-dessus de la fenêtre et de la porte du mur Sud ainsi que sur la façade Nord. L'édifice porte plusieurs inscriptions : au sud, près de la porte plusieurs inscriptions avec la date de 1597, à gauche de la porte ouest, deux inscriptions "I. Tangi F." et plus haut "Io. Bescond. Fab. 1607", sur la sacristie "M. Quideau TRer". Le clocher carré porte un petit dôme amorti par un faux lanternon. Les retables datent du XVIIème siècle. La chapelle abrite les statues de saint Vedal, et deux statues de la Vierge-Mère dont une sous le vocable de Notre-Dame de Rumengol. Un autel extérieur sous auvent est adjoint au flanc Nord de la chapelle en 1881"

— KERVAREC (André), Le Clergé de Pouldergat .

http://www.pouldergat.net/archives/ClergePouldergat&RegistresParoissiaux.pdf

Labourerien an douar hag ar mor: Pouldergat-Pouldavid de l'Ancien régime, Amzer gwechall (Pouldergat (Finistère)), Association Amzer Gwechall, ULAMIR, Centre social du Goyen, 1999 - 254 pages

 

— LE BARS (Henri) présentation de la chapelle (en breton)  émission an divskouarn o nijal diffusé le 13 10 2012.

http://www.radiobreizh.bzh/fr/episode.php?epid=3265

 

— PLONEIS ( Jean-Marie), 1996, L'identité bretonne : l'origine des noms de personnes, édition du Félin, 300 pages.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3329530h

— Pop-culture

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00005824

Toponymie de Pouldergat :

http://www.pouldergat.fr/uploads/publications/nomsdelieux.pdf

Toponymie de Poullan-sur-mer

http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_fichier/fichier/6fichier.pdf

Société archéologique du Finistère - 2001 - ‎

 Ces deux derniers patronymes se voient sur les murs de la chapelle Saint- Vendal en Pouldavid, mais qui primitivement était dans la paroisse de Pouldergat : IO : QUOETMEVR: F: 1592 IAC : BEREGAR F : 1591 construction

 

 

— Mairie de Douarnenez :

https://www.mairie-douarnenez.fr/decouvrir/patrimoine-religieux/chapelle-st-vendal.html

 

— Maurice Dilasser - 1979 Un pays de Cornouaille: Locronan et sa région - Volume 1 - Page 607

 Chapelle Saint-Vendal La chapelle Saint-Vendal est agréablement située sur le versant nord d'une vallée qu'elle domine de plusieurs mètres. Elle est entourée de très beaux érables et châtaigniers. C'est un édifice rectangulaire de la fin .

https://www.youtube.com/watch?v=Ms2ngcTbup0&t=116s

 

     

440. Douarnenez-Pouldavid, Saint-Guendal, g. k. 5 m. 1655. Atelier Doré. Trois degrés. Socle 1655. Fût I. LE BIAN. Croisillon mouluré: MRE GAURANT RECTEVR DE POVLDREGAT., statues géminées: évêque-Jean, saint Corentin-Vierge. Croix à branches rondes, fleurons, crucifix, Vierge à l’Enfant. [YPC 1980]

http://croix.du-finistere.org/commune/douarnenez.html

 http://pouldergat.net/AmzerGwechall/monographie/AnciensRecteurs.htm

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Inscriptions Chapelles bretonnes.
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 23:34

La charpente sculptée (sablières et abouts de poinçon vers 1535, 2 pièces de sablières par le Maître de la nef de Plomodiern au milieu du XVIe siècle) de la nef  chapelle Saint-Tugen de Primelin.

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Voir :

Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

— Et enfin :

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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PRÉSENTATION

Au lieu-dit Saint Tugen, sur le site d’une ancienne chapelle tréviale mentionnée en 1118, l'édifice actuel, long de 29m et large de 25m et dominé par une tour monumentale haute de 28m, a été construit vers 1535 par René du Menez seigneur de Lézurec et son épouse Marie du Fou. Devant l’affluence des pèlerins, il a été agrandi plusieurs fois entre 1610 et 1750. Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier et grand-mère d’Henri IV, y vint en pèlerinage. On trouve des dates inscrites,    comme " 1584 " dans la chambre des cloches, ou  "1595", sur une porte de  la pièce nord de la tour, avec le nom du recteur Henri Capitaine. La tour porte aussi les dates (C. Toscer) de son commencement en 1569 ["K.C. 1659" sur la tourelle d'escalier selon Abgrall ]et de son achèvement en 1582. 

La chapelle nord a été considérablement agrandie  en 1611 par les soins de l'arrière-petit-fils du fondateur, Alain du Ménez, gouverneur d'Audierne et époux de Marie de Gourcuff, et nous trouvons les  inscriptions à cette date avec les noms des fabriciens D. Mérour et F. Moal à l'extérieur de la porte nord  . En 1663, Estienne Ansquer fait graver son nom sur le bois de la porte du porche avec son titre de fabricien. La sacristie  fut construite en 1720-1721, et puis ensuite, de 1749, 1750, 1760  à 1773, la chapelle sud fut très remaniée ; le fabricien de 1750, Brénéol et celui de 1760  Yves Follic ou Follec y ont inscrit leur nom avec la mention "honoré homme".

Jean Brénéol, fabricien en 1766, a fait inscrire son nom dans la pierre à l'extérieur près de la porte.

Également à l'extérieur, sur le mur de la sacristie I. Brechonnet se signale, sans date, comme fabricien sous un buste d'homme surgissant de la façade.

Des lambris portent des peintures datées : un mariage  porte la date de 1705  et le nom du "fabrique" Yves Poulhasan. Un Baptême porte l'inscription "Messire I. Gloaguen curé de Primelin en 1705  baptise cet enfant nay depuis un moment"  Un cycle du Baptême du Christ, de la confirmation et de la confession sur la clôture des Fonts, datée de 1679 porte le nom du recteur Messire Yann Perennes et du fabricien Hervé Ploinec. Auparavant, en 1674, le même recteur Jean Pérénnès avait fait exécuter un ciel étoilé, Pierre Guéguen étant le fabricien de l'année. Et le même recteur a demander à un peintre Parader (Barader) une allégorie de la confirmation.

Le chanoine Abgrall signale aussi l'inscription Ian : Bitar : 1709 : F. sur le lambris

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 Quand la chapelle fut classée le 23 juillet 1909, il était temps, car elle était alors, dit-on, dans un état lamentable. Elle fut restaurée avec le concours des fidèles et d'un ancien missionnaire à Haïti, l'abbé Yves Velly.

Le matériel héraldique est riche. Notamment, de nombreux blasons sont présents sur les abouts de poinçons : ceux des familles du  Menez (seigneurs de Lézurec en Primelin) , Autret (seigneurs de Lézoualc'h en Goulien) , Keridiern (en Cléden-Cap-Sizun) , Saluden (seigneur de Kerazan en Cléden) , et d'autres non identifiés.

C'est un édifice de plan irrégulier précédé du massif de la tour, et comprenant un vaisseau de quatre travées avec bas-côtés et chevet plat. Au nord, au droit des trois dernières travées, une vaste chapelle en aile est  recoupée transversalement par deux arcades. Au sud, au droit de la dernière travée, une chapelle en aile, sur laquelle s'ouvre la sacristie, est alignée à l'est, comme la chapelle nord, sur le chevet de la nef.

"La nef, du type obscur, est lambrissée sur toute sa longueur. Les grandes arcades en tiers-point, de hauteur et de largeur différentes, ont leurs voussures pénétrant directement dans les piliers octogonaux. Les deux arcades édifiées en 1611, transversalement à la nef, lors de l'agrandissement de l'aile nord, sont en plein cintre avec importante clef en console. Elles reposent sur de courtes colonnes ioniques montées sur de hautes bases à corniches saillantes. Les chapiteaux ont leur tailloir décoré de volutes très développées. La plupart des fenestrages flamboyants accusent le début du XVIe siècle, mais une petite fenêtre du XIVe a été remployée dans l'aile nord. " (R. Couffon)

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La datation de la construction de l'édifice est importante pour préciser celle des sablières. Or la date de 1535 communément donnée n'a pas (Tosquer) de confirmation écrite. Mais elle est épaulée par  une pièce d'archive de 1539, qui mentionne la présence de cinq prêtres desservants la chapelle, preuve de son importance déjà grande, et de l'existence d'une couverture. 

La charpente de la nef, à lambris peint, est rythmée par cinq entraits, à engoulants et nœuds sculptés, ainsi que par des nervures qui sont animées chacune  par des abouts de poinçons en deux rangées latérales à mi-hauteur et un rang central. Je désignerai ces entraits de I à V d'est en ouest. 

J'ai compté 23 ou 24 de ces nervures (on multipliera ce chiffre par 3 pour évaluer le grand nombre des abouts de poinçon, et le travail de bénédictin de leur description exhaustive reste à faire), mais leur régularité est interrompue, entre les entraits II et III par deux nervures jumelles (très rapprochées) qui correspondent à la présence d'un blochet des deux cotés. C'est précisément à partir de ces blochets que le style des sablières se modifie brièvement, vers l'ouest, pour deux pièces sculptées par le Maître de la nef de Plomodiern vers 1544. Tout le reste appartient au style à masques espacés, un peu plus précoce.

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Aucun des auteurs de monographies ou notices  n'a décrit cet ensemble sculpté de la charpente : ni Chaussepied en 1809, ni  Velly en 1930, Couffon en 1988 et, ni Cosquer en 1987. 

Sophie Duhem, dans son étude des sablières de Bretagne, signale la chapelle Saint-Tugen à plusieurs reprises, mais ne donne pas de description détaillée de ses pièces. C'est néanmoins elle qui en ordonne le corpus en deux ensembles et qui attribue deux pièces à celui qu'elle nomme "Jean Brellivet" (maître de la nef de Plomodiern" pour moi), et c'est elle qui décrit les ateliers de menuisiers-sculpteurs de sablières très actifs en Finistère sud au début et milieu du XVIe siècle (cf. extraits infra).

Ma propre description ne sera que partielle, car basée sur des photos trop vite prises lors d'une excursion de la SAF.

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I. LES SABLIÈRES À MASQUES ESPACÉS ( VERS 1535 ).

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Au début du XVIe siècle, un artiste anonyme actif en Cornouaille adopte pour le décor sculpté des sablières  un style où celles-ci ne sont sculptées que par intervalle, de masques et de feuillages sur la pièce de bois qui est, sans l'intervalle, lisse et simplement moulurée. On trouve des exemples de ce style tout près d'ici,  dans la chapelle du Rosaire de l'église de Pont-Croix, mais aussi, selon S. Duhem, dans l'église de Combrit et , plus loin à l'est du Finistère, dans celle de Plonévez-du-Faou.

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-sablieres-des-chapelles-sud-de-notre-dame-de-roscudon-a-pont-croix.html

Ici, dans la chapelle Saint-Tugen de Primelin, ces masques correspondent à la retombée des nervures du lambris peint. Je numérote ces nervures, et donc ces masques, de 1 à 24 d'est vers l'ouest.

Les nombreux  abouts de poinçon sont sans doute contemporains de ces sablières. 

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Sud, nervure 1 : une rose.

Sud, nervure 2 : deux masques siamois

Sud, nervure 3 : une barque de pêche à trois matelots.

ENTRAIT I engoulé, décor à perforation. Poutre en deux portions assemblées  par un trait de Jupiter. Poulie au centre.

Sud, nervure 4 : 2 masques barbus.

Sud, nervure 5 : feuille d'acanthe.

Sud, nervure 6 : une rose (4 sépales, 4 pétales, un cœur)

Sud, nervure 7 : un masque humain, coiffé d'un béret, bouche triste.

ENTRAIT II, engoulé; Noeud à deux dragons (perforations)..

Sud, nervure 8 : feuille.

Sud, nervure 9 : masque humain barbu.

Sud, nervure 10 : masque humain à coiffure en U inversé.

Sud, nervure 11 (jumelle) : blochet : tête de lion.

Sud, nervure 12 et 13 :  deux dragons (style du Maître de la nef de Plomodiern)

ENTRAIT III engoulé. Écu au centre.

Sud, Masque féminin contre l'entrait

Sud, nervure 14 : feuille.

Sud, nervure 15 : masque féminin sous une coiffe.

Sud, nervure 16 : fleur (5 pétales, 5 sépales, 4 feuilles)

ENTRAIT IV semi-engoulé. Deux gueules affrontées au centre

 Sud, nervure 17 [ de part et d'autre de l'entrait] : feuille et rose.

Sud, nervure 18 : masque humain, femme échevelée.

Sud, nervure 19 : feuille d'acanthe.

Sud, nervure 20 :à préciser

ENTRAIT V engoulé (écu au centre) ; Sud, nervure 21, 

Sud, nervure 22 : à préciser

Sud, nervure 23 : à préciser

Sud, nervure 24 contre le mur : Blochet, dragon gueule ouverte langue tirée.

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Le coté nord.

Nord, nervure 1 :

Nord, nervure 2 :

Nord, nervure 3 : fleur (8 sépales)

Nord, nervure 4 : masque humain crachant deux feuilles

ENTRAIT I, engoulé.

Nord, nervure 5 : lion couché, tête tournée à gauche, queue revenant sur le dos.

Nord, nervure 6 : ange souriant, tenant un phylactère

Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles

Nord, nervure 8 contre l'entrait : feuille 

ENTRAIT II, engoulé, à perforations.

Nord, nervure 8 contre l'entrait  : masque humain.

Nord, nervure 9 : masque léonin, bandeau occipital.

Nord, nervure 10 contre le blochet : masque léonin, bandeau occipital.

Blochet : gueule de dragon, décor à perforations.

Nord, nervure 12 et 13 :  deux dragons et médaillons (style du Maître de la nef de Plomodiern)

ENTRAIT III engoulé.

Nord, nervure 14 : feuille.

Nord, nervure 15 : écu.

Nord, nervure 16 : feuille à volutes latérales

ENTRAIT IV engoulé.

Nord, nervure 17 : à préciser

Nord, nervure 18 : à préciser

Nord, nervure 19 : masque de femme bouche ouverte.

Nord, nervure 20 : rose.

ENTRAIT V, engoulé.

Nord, nervure 20 sur l'entrait : feuille

Nord, nervure 21 masque humain cheveux en masses latérales.

Nord, nervure 22 : masque humain coiffé d'un bonnet.

Nord, nervure 23 contre le mur. Feuille d'acanthe.

Blochet : gueule de lion

 

 

 

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Les nervures 3 et 4 et leurs sablières.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 2 : deux masques humains accolés.

Ces gueules patibulaires à la bouche  de travers et aux yeux torves sont néanmoins civilement coiffés d'un bonnet.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Une barque de pêche et trois pêcheurs.

C'est l'un des motifs les plus originaux de la chapelle, et un autre exemple  a déjà été analysé dans le chevet de l'église de Pont-Croix (mais dans la partie créée par le Maître de la nef de Plomodiern, vers 1544).

Cette barque à clins, sans gouvernail visible, laisse apparaître les têtes de trois matelots, à qui les yeux exorbités (maladresse de sculpteur ou parti-pris ?) confèrent des allures de revenants. Elle relève, de la part des paroissiens commanditaires (représentés par le fabricien) du désir de souligner l'importance du milieu maritime dans leurs modes de vie, puisqu'à l'époque,   et pour toute la région du Cap Caval de Penmarc'h à Audierne et Cap Sizun, le commerce par de forts rouliers, et la pêche permettent un développement économique considérable.

L'agrès visible à l'avant est vraisemblablement le mât, rabattu pour la pêche et visible également à Pont-Croix.

Les sablières de 1553 de la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun en offrent également un exemple où l'on retrouve la barque à clins, les trois pêcheurs, le mât incliné (mais aussi des poissons):

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-tremeur-trouguennour-cleden-cap-sizun/39ce641b-88bf-4768-b36e-dc58a7aef219

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:061_Cl%C3%A9den-Cap-_Sizun_Chapelle_Saint-Tr%C3%A9meur.jpg

 

Je renvois à mes commentaires sur la barque de Pont-Croix.

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-sablieres-du-chevet-de-l-eglise-notre-dame-de-roscudon-a-pont-croix.html

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Cliquez sur l'image.

Sablières (v. 1544) du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Sablières de Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun? Photo H. Moreau Wikipédia

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 7 : un masque humain, coiffé d'un béret, bouche triste.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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L'entrait n° II : engoulants et nœud sculpté.

Cet entrait est remarquable par les deux gueules de dragons ou engoulants, avec les perforations au foret qui rendent les verrucosités de leur pelage, mais surtout par le nœud (sculpture centrale) ou deux petits dragons s'affrontent gueule à gueule.

Leurs ailes aux pennes taillés à la gouge ronde, et les multiples perforations des sinuosités serpentines de leur corps fin entrainent une confusion dans la lecture des formes, confusion tout à fait conforme au projet global de l'artiste, qui jette le trouble dans nos esprits rationnels pour nous emmener dans un monde intermédiaire et autre.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 9 : masque humain barbu.

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Ce visage est encadré par une chevelure et une barbe dont les mèches identiques sont repoussés par un vent frontal pour former une véritable crinière de lion. Et la taille du bois pour rendre ces mèches, en forme de 9, sera utilisée aussi pour les lions qui apparaitront plus loin. 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 10 : masque humain à coiffure en U inversé.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 15 : masque féminin sous une coiffe.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 18 : masque humain, femme échevelée.

C'est encore le même procédé d'animalisation de l'humain : le visage à l'ovale pur de la femme est encadré par des longues mèches enchevêtrées qui évoquent immanquablement des serpents.

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 19 : feuille d'acanthe.

Cette élégante  feuille aux bords frisés peut évoquer une étoile.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Le coté nord.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles.

Bois polychrome, jaune pâle et bleu.

Cf infra.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 5 : lion couché, tête tournée à gauche, queue revenant sur le dos.

Bois,  polychromie jaune, bleu et rouge . La queue passe entre les pattes postérieures pour revenir sur le dos, où le fouet étale ses trois branches. La patte postérieure est marquée d'entailles de gouges pour rendre les mèches de pelage. La crinière est figurée par des rangées de volutes en 9999, dont le centre est peint de bleu. La gueule débonnaire du lion est ouverte sur une balle rosée qui est la langue. Il existe de fortes affinités entre cette façon de sculpter les lion, et celle utilisée par les tailleurs de pierre sur les façades et les crossettes des chapelles.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 6 : ange souriant, tenant un phylactère.

Le phylactère portait peu-être quelques mots peints.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles.

C'est encore un motif très habituel du vocabulaire des sculpteurs de sablière, et des sculpteurs sur pierre dès le XIIIe siècle sur les portails et chapiteaux romans. Il répond au goût de la métamorphose, et de l'alliance/confusion entre les genres animal (et humain) et végétal, accentué  par le succès des Métamorphoses d'Ovide. C'est une variante du "masque feuillu", phytomorphe où le visage est encadré, en guise de chevelure ou de barbe, par des feuilles. Par son aspect fantastique, on peut lui prêter un rôle apotropaïque (conjurant le mauvais sort, ou les esprits mauvais), les sablières formant alors autour de l'espace sacré, liturgique, une ceinture de protection intérieure à laquelle répond, à l'extérieur, celle des crossettes.

L'alternance de feuilles et de masques  humains sur ces sablières relèvent du même souci de fusion/confusion des genres, tout comme, plus loin, les masques anthropomorphes mais léonins.

https://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=8

https://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?libre_Op=like&libre=masque&pos=4&id=80

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L'homme est coiffé d'une casquette aux oreillettes relevées.

On remarquera ici, mais aussi ailleurs, une intervention de restauration par laquelle un coin très effilé de bois a été introduit, peut-être dans une fissure, puis resculptée.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 8 sur l'entrait  : masque humain à facies  léonin.

La sculpture est traversée à mi-hauteur par une large pièce de bois taillée en sifflet et re-sculpée. Quoiqu'il soit difficile de faire la part des choses entre des fissures, cette pièce, et le décor, il semble que le pourtour du visage trace, en partie inférieure, des rayons, puis que vienne ensuite un bandeau occipital, et enfin une coiffure, ou plutôt une chevelure tirée en arrière.

Le bandeau occipital est fréquemment représenté en Finistère comme un accessoire qui rassemble les cheveux en arrière de la nuque avant de les laisser se répandre sur les épaules : on le vit sur des statues de la Vierge, de Marie-Madeleine ou plus rarement sur d'autres personnages. Est-ce cela que le sculpteur a figuré ici ?

L'aspect mi-humain mi-animal est dû aux lèvres épaisses (ce sera surtout le cas dans la sculpture suivante, au nez large et au menton fuyant, mais aussi à l'encadrement centrifuge du visage.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 9 : masque léonin, bandeau occipital.

 

Bois polychrome jaune pâle et bleu. Mêmes remarques que précédemment, mais la chevelure est divisée en deux masses latérales retenues par le bandeau.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 10 : masque léonin, bandeau occipital.

 Bois polychrome jaune pâle et bleu. Troisième exemple du même motif, dans lequel les pommettes rondes et saillantes contrastent avec le petit menton en courge, avec un effet comique évident. Le fuseau de bois de réparation est ici plus bas.

Remarquez, sur le blochet, les perforations au foret utilisées pour rendre la peau verruqueuse du dragon, un procédé que reprendra le Maître de la nef de Plomodiern.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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II. LES SABLIÈRES À DRAGONS ET MÉDAILLONS (MAÎTRE DE LA NEF DE PLOMODIERN, VERS 1540 ? ).

Seule peut-être une expertise de la charpente, ou une compréhension de l'évolution du chantier (qui aurait selon C. Toscer débuté par le chevet) pourrait expliquer à la fois les deux nervures jumelles, la paire de blochet, et surtout la rupture de style dans deux pièces de sablières, qui abandonnent les masques et leurs répartitions sous les nervures pour un décor continu, associant dragons et médaillons. Ce décor est si caractéristique du sculpteur qui a réalisé  la nef et le porche sud de l'église de Plomodiern qu'on peut les lui attribuer sans hésitation. On reconstitue donc le parcours d'un artisan qui a d'abord œuvré au Cap Sizun, dans cette chapelle Saint-Tugen (en 1535, ou vers 1540? ), pour le chevet de l'église de Roscudon vers 1544, et pour la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun en 1553. Puis, il s'est rendu en Porzay 40 km plus au nord-est, pour orner la charpente de Plomodiern en 1564, ainsi que celle de la nef et du porche sud de l'église de Saint-Nic en 1562 et 1566.

Dans tous les cas, on retrouve des caractéristiques que j'ai déjà décrites pour les sites précédents.

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Vue d'ensemble, coté sud.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Les deux médaillons contiennent ce profil reconnaissable par son nez imposant, son œil d'horus, son casque (pour l'homme) et sa coiffe à perles (pour la femme), ainsi que le cercle du médaillon marqué à la gouge droite de I successifs et de perforations au foret

Les dragons sont aussi spécifiques par leurs feuilles-plumes attachés au corps par des anneaux, par leur grand œil de profil, leurs grandes oreilles, leur museau retroussé et, là encore, par les marques de gouge en C et en I, les perforations et les estafilades.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Du coté nord ; putto tenant les queues de deux dragons, encadré par deux médaillons de profil.

Pas de surprise pour celui qui traverse la nef et qui retrouve, comme à l'école, le même vocabulaire soigneusement récité sous le regard du même couple emblématique. L'enfant barbu  nu, jambes écartées, coiffé de feuilles, retient les dragons par leur queue.

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Au nord ou au sud, il suffira d'observer les blochets ou les engoulants pour retrouver des coups de gouge et ses perforations au foret. Il n'y a pas de rupture de style entre ces dragons des poutres et ceux de ces pièces de sablières, ce qui incite à penser que ces dernières datent à peu près de la même époque, vers 1535-1540.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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QUELQUES ABOUTS DE POINÇON DE LA NEF.

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Un ange présentant un phylactère.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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L'acrobate en renversement postérieur.

Comme d'habitude, cet exercice, exécuté nu ou bien, comme ici, habillé, est l'occasion d'une exhibition virile. C'est aussi une expression du renversement des valeurs qui règne souvent  sous les lambris, entre faîte et sablières, les abouts de poinçon  étant vivement disputés entre les anges de toutes sortes (orants, chantants, musiciens, porteurs d'écu ou de phylactère, porteur d'instruments de la Passion), et d'un autre coté par des monstres, des humains difformes ou illustrant des vices, des musiciens, et des acrobates.

 

Le sujet est donc habituel, on en verra des exemples à Pleyben et à Grâces (cf liste de mes articles sur les sablières) .

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Un ange.

 

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Un ange porteur d'un écu muet.

(dans une conversation, parlez "d'ange scutifère").

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange porteur d'écu.

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Abouts de poinçon dAbouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.e la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Acrobate coiffé d'un bonnet à oreilles,  en renversement postérieur.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un écu muet.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un écu peint.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange porteur de phylactère.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Lion ou dragon.

Les perforations ornementales au foret, l'un des traits stylistiques de l'artiste auteur des sablières, blochets et entraits engoulés,  sont reprises ici pour rendre les particularités du pelage. La découpe  ovale doit correspondre à une réparation.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Deux roses.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Oiseau porteur d'écu.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme coiffé d'un bonnet, crachant des feuilles.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme tenant un arceau ou un phylactère ; à élucider.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Oiseau.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Feuilles.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme buvant au tonnelet.

Je regrette que ma photo soit floue, car c'est l'un des  abouts de poinçon les plus truculents. On verra ce type de tonneau individuel , et ce type d'ivrognes, sur les sablières de Grâces par exemple.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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 LES SABLIÈRES DE LA CHAPELLE NORD.

Et / ou: photos en désordre.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006352

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002735

 — ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Inscriptions gravées et sculptées dans le Finistère, BSAF, t. 43 p. 88-89.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f150.image

 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1916_0122_0159.html

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— Congrés archéologique de France 1956

— CHAUSSEPIED (Charles), 1809, Revue de Bretagne de Vendée & d'Anjou, Volume 42.

LA CHAPELLE DE SAINT-TUGEN EN PRIMELIN (finistère)

La chapelle de Saint-Tugen est un petit édifice assez remarquable situé dans un site pittoresque, au milieu de beaux arbres et non loin de la côte et du bourg de Primelin. Bon nombre d'artistes et d'archéologues, qui s'intéressent à ce monument, se sont justement émus de son état de délabrement, et l'un d'eux, M. Bernard, en a publié, l'année dernière, une savante notice historique qui mieux encore contribuera à faire connaître cet édifice et sur laquelle nous ne reviendrons pas. Nous nous associons à son vœu et à celui de tous ceux qui ont souci de la conservation de nos œuvres d'art, pour obtenir le classement de cette chapelle parmi les monuments historiques.

Ce monument, d'un plan assez irrégulier, mesure intérieurement 29 mètres de long de l'est à l'ouest, sur une largeur de 11 mètres 30 à la base du clocher, et 24 mètres au mur du chevet. Il se compose d'une entrée voûtée accolée de deux réduits d'où partent les escaliers ; d'une nef avec bas-côtés, de transepts et d'un chœur terminés par un même mur droit, enfin d'un porche et d'une sacristie au sud. 

Cette chapelle est de deux époques distinctes, c'est-à-dire que, bâtie au commencement du XVI* siècle, elle fut considérablement agrandie et remaniée au siècle suivant. Les transepts existaient-ils primitivement ? c'est possible, mais ils devaient être plus saillants. L'édifice devenant insuffisant pour l'affluence des pèlerins qui s'y pressaient en foule à certaines époques de l'année, on démolit presque toute la partie orientale pour la reconstruire sur de plus vastes proportions. Le large transept nord est séparé par deux arcades plein cintre ornées de clefs à consoles et retombant sur des piliers massifs d'ordre ionique à chapiteaux aux volutes très développées dans le style jésuitique. La partie la plus intéressante à l'intérieur est la voûte d'arête sous la tour reposant sur de hautes et minces colonnettes dégagées, placées dans les quatre angles de la partie centrale. En raison de l'importance, de cette tour et de la flèche qu'elle devait supporter, les murs et les arcs qui la reçoivent ont une grande épaisseur et sont bien contre-butés principalement au sud par un énorme contrefort.

La plus grande richesse de cet édifice réside à l'extérieur. La façade occidentale est perche d'une belle porte ogivale surmontée d'une accolade et d'un gable flammés. Elle est encadrée de quatre contreforts ornés de niches à dés et culs-de-lampe garnis de statues, les plus rapprochas s'élevent dans toute la hauteur delà tour et sont couronnés de pinacles et de fleurons. Au-dessus de l'entrée, une élégante balustrade repose en encorbellement sur une corniche richement sculptée. La tour proprement dite est percée sur chacune de ses faces de longues et étroites fenêtres à multiples colonnettes et séparées par de petits linteaux dans leur hauteur. Une autre balustrade termine la plate-forme sur laquelle repose un lanternon polygonal bien postérieur à la construction du clocher et sans grand caractère; il remplace la flèche qui ne fut jamais exécutée. Aux angles de la balustrade se vpientles substructions des pinacles qui devaient s'élever autour de la flèche centrale. Au sud de la façade occidentale est une tourelle surmontée d'une belle flèche à pans ornée de crochets ; cette tourelle renferme le premier espalier conduisant à la galerie extérieure, puis de là, à un autre escalier placé à l'angle nord-ouest qui mène alors à la plate-forme supérieure.

Après le clocher et la façade ouest lui servant de soubassement, le porche placé au sud est la partie la plus intéressante et la plus riche de cette chapelle II est bâti sur un plan carré, flanqué de contreforts d'angle ornés de niches et de statues, et couronnés de,pinacles fleuronnés. Le tympan de l'arcade d'entrée est ajouré dans le genre de ceux des édifices de cette région, les parois intérieures des murs latéraux sont garnies de niches accouplées assez profondes pour recevoir des statues. La façade de ce porche est aussi très décorée, les remparts du pignon sont surajoutés d'une crête — sorte de balustrade ajourée —, et un gable à crochets accompagne l'accolade qui couronne l'arcade avec d'élégantes colonnettes supportant des statues.

Malheureusement cette chapelle, mal entretenue, faute de ressources suffisantes est dans un état déplorable et les toitures menacent de s'effondrer. Les bois des charpentes ainsi que les planches qui constituent les voûtes lambrissées sont vermoulus, tombent en poussière ou sont disjoints de toute part ; les ardoises, naturellement mal retenues, se détachent les unes après les autres et achèvent les ruines des parties hautes. Dans le bas-côté sud, juste en face de l'entrée du porche, s'est fait un trou béant dans la couverture par où l'eau tombe dans un puits, et qui offre de plus le grand danger pour les personnes qui pénètrent dans l'édifice de recevoir ardoises ou chevrons sur la tête. L'humidité qui s'infiltre dans les murs par suite de l'état des toitures désagrège petit à petit les maçonneries. Nous avons remarqué de nombreuses fissures, notamment au clocher.

Si l'on veut conserver ce joli monument, si l'on veut préserver les fidèles et les visiteurs d'accidents imminents, il est indispensable et urgent d'y entreprendre dès maintenant les travaux de première nécessité, nous voulons dire la réfection complète des charpentes et des couvertures. — Cela exécuté, nous aurons déjà fait beaucoup pour empêcher la ruine de l'édifice; nous pourrons alors plus tard, quand les fonds nous le permettront, songer aux restaurations des façades et de l'intérieur. Mais pour que toutes ces choses puissent être mises en chantier, il nous faut l'aide et l'appui des Pouvoirs publics. Aussi attirons-nous l'attention de l'administration des Beaux-Arts sur la chapelle de Saint-Tugen, souhaitant qu'elle classe cet édifice parmi les monuments historiques pour conserver ainsi à la postérité un des beaux exemples de notre architecture nationale et bretonne si appréciée aujourd'hui. Quimper le 17 Mai 1909.

COUFFON (René) 1988, Notice sur Primelin

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PRIMELIN.pdf

"CHAPELLE SAINT-TUGEN (C.) Edifice de plan irrégulier comprenant, précédé du massif de la tour, un vaisseau de quatre travées avec bas-côtés et chevet plat. Au nord, au droit des trois dernières travées, vaste chapelle en aile recoupée transversalement par deux arcades ; au sud, au droit de la dernière travée, une chapelle en aile, sur laquelle s'ouvre la sacristie, est alignée à l'est, comme la chapelle nord, sur le chevet de la nef. Il est dû à la munificence des seigneurs de Lézurec et fut commencé vers 1535 par René du Ménez et Marie du Faou, dont les armes décorent plusieurs clefs du lambris. Terminé à la fin du XVIè siècle, il fut agrandi en 1611 par les soins de l'arrière-petit-fils du fondateur, Alain du Ménez, gouverneur d'Audierne et époux de Marie de Gourcuff. Durant tout le XVIIe siècle, l'on s'occupa de l'embellissement de la chapelle ; puis, au XVIIIe siècle, l'on construisit en 1720-21 la sacristie, répara en 1749 la chapelle sud, qui fut à nouveau consolidée en 1773 ; et en 1770-1772, l'on restaura la tour. La chapelle fut classée le 23 juillet 1909, alors dans un état lamentable. Elle fut restaurée avec le concours des fidèles et d'un ancien missionnaire à Haïti, l'abbé Yves Velly, qui se fixa à Saint-Tugen en 1913 et y mourut le 8 mars 1933. A l'intérieur, le porche ouest, par lequel on pénètre dans la nef, était anciennement voûté sur ogives. Il donne accès à deux chambres latérales dont celle du nord, dite prison de Saint-Tugen, servait à enfermer les personnes enragées pour attendre la mort. La nef, du type obscur, est lambrissée sur toute sa longueur. Les grandes arcades en tiers-point, de hauteur et de largeur différentes, ont leurs voussures pénétrant directement dans les piliers octogonaux. Les deux arcades édifiées en 1611, transversalement à la nef, lors de l'agrandissement de l'aile nord, sont en plein cintre avec importante clef en console. Elles reposent sur de courtes colonnes ioniques montées sur de hautes bases à corniches saillantes. Les chapiteaux ont leur tailloir décoré de volutes très développées. La plupart des fenestrages flamboyants accusent le début du XVIè siècle, mais une petite fenêtre du XIVè a été remployée dans l'aile nord."

 

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. Pont-Croix cité aux pages 18 ; 19 ; 63 (mutilations des sablières) ;  84 (atelier de sculpture sur pierre) ; 139 ; 141 à 143 ; 156 ; 179 ; 239 ; 267 ; et 301. Voir les pages  142 à 146 pour les sablières attribuées à "Bréllivet".

 

"Le Cap-Sizun : un chantier en effervescence.

Les grands chantiers architecturaux du Cap Sizun sont commencés au cours du Moyen-Âge avec l'édification de la collégiale Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix puis de la chapelle Saint-Tugen à Primelin au siècle suivant, celle des ornemanistes, sculpteurs de statues ou de retables, et peintres de tableaux. Parmi eux, les charpentiers-sculpteurs, bâtisseurs et décorateurs à la fois, ont su trouver au Cap Sizun des occasions d'exercer leurs talents.

 

L'anonyme de Plonévez-du-Faou, première moitié du XVIe siècle :

_Chapelle Saint-Tugen à Primelin, 1ère (ou 2ème) moitié du XVIe s, partie ouest de la nef. Tête d'homme coiffé d'un chapeau. La sculpture représente des visages joufflues, souvent expressifs , coiffés de chapeaux à rebords ou de bonnets qui laissent dépasser des chevelures bouclées.

_Église de Plonévez-du-Faou, 1ère moitié du XVIe siècle. Sablières plutôt postérieures à celles de Primelin. Bustes masculins ou féminins grimaçants, séparés par des feuilles de vigne denticulées, avec un travail très recherché des expressions, des positions et des tenues vestimentaires. L'inclinaison des têtes est caractéristique, comme les modelés des visages aux joues potelées, les boucles agglutinées des cheveux, les chapeaux hauts aux bords fendus ou le traitement des chevelures féminines. Par rapport à Primelin, on trouve en plus des figures de fous en buste, coiffés de capuchons dentelés à oreilles d'âne et de petits animaux.

L'anonyme de Combrit vers 1549.

-Saint-Tugen à Primelin, nef, vers le milieu du XVIe siècle, avec des sculptures présentées à la manière ancienne, disposées à intervalle réguliers sur la sablière, puis bras du transept nord quelques années plus tard, avec des sculptures disposées en frise. Reconnaissable aux fourrures des animaux, aux rebords des végétaux formant des boucles agglomérées. Visages ronds souvent coiffés de chapeaux aux rebords évasés. Thèmes médiévaux mêlant des têtes grimaçantes et des figures dans des positions grotesques.

-Combrit en 1549.

Moutons (lions) aux crinières bouclées. Scène de pêche dans le transept sud comme à Pont-Croix et Cléden-Cap-Sizun. Mais aussi influence Renaissance avec des portraits en bustes dans des médaillons.

-Chapelle Sainte-Marine à Combrit. Scène de pêche également.

-Plomeur, chapelle de Tréminou. Ensemble de sablières inspirées des décors réalisés à Combrit (mais avec plus de maladresse), notamment les figures de dragons ont les mêmes caractéristiques.

L'œuvre de Jean Brellivet vers 1544-1564. (page 142)

"Contemporain de l'anonyme de Combrit, J. Brellivet exerce comme lui son métier sur les chantiers du Cap Sizun avant de gagner des paroisses situées, cette fois, plus au nord. Les dates mentionnées par quelques sablières permettent de suivre son activité durant près d'une dizaine d'années, voire un peu plus si l'on tient compte des dates des campagnes de construction des sanctuaires où son passage est attesté. Avant de découvrir les étapes anciennes de son parcours, arrêtons-nous dans l'église de Plomodiern qui abrite l'ensemble le plus tardif que l'artisan ait réalisé.

L'œuvre, datée de 1564,  est de belle qualité : Brellivet n'hésite pas à évider le bois de manière à obtenir un relief assez haut, et comme l'artiste de la chapelle des saints Côme et Damien à Saint-Nic, il aime ornementer les surfaces de motifs taillés en creux, stries, encoches, facilitent l'identification de son travail. Les mentons sont fuyants, mais les fronts sont bombés net, les yeux immenses, aux contours très dessinés. Les figures originales qu'il représente sont inspirés des décors de la Renaissance : il apprécie surtout les figures humaines et animales « végétalisées » qui prennent la forme dans sa sculpture de bustes d'hommes et de dragons dont les cornes pisciformes sont couverts de végétaux. Il dynamise ses compositions par de petits portraits qu'il représente en buste ou de profil, sur des médaillons.

Ces images sont caractéristiques de sa production et apparaissent à quelques kilomètres de là, pointe du Cap Sizun sur les poutres plus anciennes de l'église de Pont-Croix. L'année 1544 marque la fin de la campagne de construction du chœur et sans doute est-ce durant cette période qu'il entreprend l'ornementation des sablières. Soit près d'une vingtaine d'années en amont de l'œuvre de Plomodiern. Les images choisies sont les mêmes ou du moins partiellement puisqu'une scène de pêche complète la décoration de l'ensemble. En réalité l'auteur n'a pas encore fixé son répertoire : il mêle à ses figures végétales renaissances des thèmes plus « locaux » dans la tradition de l'imagerie divertissante du bas Moyen-Âge. Il lui faudra quelques années avant d'adopter définitivement le registre des images les plus modernes, car son choix n'est toujours pas fait en 1554 : les fragments de sablières conservés dans la chapelle Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun le prouvent. Si le nom de Brellivet n'est pas mentionné par l'inscription qui fournit la datation, la paternité ne fait aucun doute.

Bien que nous ne connaissions pas les dates d'édification de la charpente de la chapelle Saint-Tugen à Primelin, une partie au moins est contemporaine des charpentes de Pont-Croix et de Trémeur. La présence de quelques sablières décorées par le sculpteur l'atteste. Nous retrouvons à Primelin l'image du putto tenant entre les mains les queues de deux dragons végétalisés, de même que les petits bustes pleins d'embonpoint qui ornaient déjà les culots des poinçons pontécruciens. C'est probablement vers le milieu du siècle que le sculpteur quitte la pointe du Cap Sizun pour gagner des chantiers situés plus au nord. Comme nous l'avons vu, il réalise les décors de Plomodiern en 1564. Il est à la même époque dans la paroisse de Saint-Nic où il est employé à l'ornementation de la charpente de l'église entre 1561 et 1566. La commande est importante si l'on tient compte des éléments conservés localisés sous le porche et dans la nef. La maîtrise technique de l'ouvrage est incontestable, mais il est vrai que le répertoire est déjà bien connu du sculpteur."

 

Les sculpteurs anonymes de Pont-Croix. (page 143)

Également localisés dans la région du Cap Sizun, les travaux d'un sculpteur anonyme décorent l'église de Pont-Croix.

a) Quelques sablières anciennes placées dans le bras sud du transept présentent des décors qui datent très probablement du début du XVIe siècle. Les figures principales sont constituées de bustes féminins et masculins coiffés de chapeaux et de turbans. Des représentations d'une facture très proche apparaissent dans les sanctuaires de Fouesnant et de Penmarch semblant attester un déplacement de sculpteur jusqu'au sud du diocèse.

b) L'église de Pont-Croix abrite un autre ensemble de sablières, placées à la jonction des deux chapelles du bas-coté sud sans doute au moment des modifications apportées à l'édifice au milieu du XVIe siècle. Le travail d'ornementation est élaboré, composé d'images de dragons déglutissant des végétaux, de personnages grotesques et de grylles monstrueux à plusieurs têtes. Il semble que l'auteur de cet ouvrage ait participé à la décoration de s poutres de l'église de Confort, située à quelques kilomètres de là. La conception de cet ensemble est très hétérogène mais on reconnaît à l'observation de quelques détails la facture de Pont-Croix. Les représentations, que l'on retrouve également dans l'église de Plouhinec, attestent les contacts visuels, et par conséquents la circulation des sculpteurs dans la pointe du Cap Sizun à cette époque." (S. Duhem)

 

— TOSCER (C.), 1987, La chapelle Saint-Tugen en Primelin, SHAB.p. 336-342.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/548345e82aa077.10302388/1987_24.pdf

— VELLY (Yves), 1930,   Velly Yves, “Saint Tugen et son église : joyau architectural du Cap-Sizun, monument historique monographie & explication de ses nombreux et merveilleux symbolismes,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 février 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3472. .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c3dcdf77786c24d8a65eed75a1f067f4.pdf

Wikipedia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Primelin_%2829%29_Chapelle_Saint-Tugen_Int%C3%A9rieur_02.JPG

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 18:19

La Vierge à la Démone de la chapelle de Locmaria-Lannn à Plabennec.

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Voir d'autres Vierges à la démone de Bretagne dans les articles suivants :

etc...

Et sur patrimoine.bzh :

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INTRODUCTION.

Les Démones tentatrices, ou les  Vierges à la Démone de Bretagne ont été étudiées par Louis Le Thomas en 1961, puis par Amemiya en 1996, puis j'ai multiplié sur ce blog  depuis une dizaine d'année mes articles d'analyse iconographique à leur propos.

1. Louis Le Thomas.

  Louis Thomas a recensé  19 Arbres de Jessé sculptés en Bretagne dont 6 en Finistère (outre Locquirec, Plounevezel, Plouzevedé/Berven, Plourin-les-Morlaix, St-Thégonnec, St-Yvi) dont un sous-groupe de 13 avec Démones.

  Ces Démones fascinent Louis Le Thomas, qui leur a consacré un article particulier, et les classe en deux figurations anthropomorphiques, celle de Démone-Serpent ou anguiforme, ou ophioure (ou "Echidna"), et celles, plus rares, de Démone-poisson (ou "Néreïde"). Il  voit dans ces formes qui "relèvent d'une gynécomorphie du Serpent de la tentation"  "l'occasion rare, dans l'iconographie religieuse; d'une étude du nu féminin, bustes et torses de démones ayant été, dans les Arbres de Jessé bretons, traités avec une verve évidemment complaisante et un réalisme particulièrement suggestif" car elles ont "pour attribut principal des mamelles orthomorphes, discoïdes, d'un galbe partout très exagéré" dont le mérite est néanmoins de consoler le fidèle des démons et démones de l'iconographie religieuse, très souvent affligées de mamelles pendantes, à titre péjoratif, et d'inspiration probablement monacale". Souvent, hélas, ces "exubérance mammaire a servi de prétexte à une chirurgie iconographique correctrice particulièrement tenace afin, presque partout, de réduire —sinon de supprimer— cette exubérance en pratiquant des amputations, alors qu'aux personnages "cacheurs" de Molière suffisait...le mouchoir".

 A la question qu'avait posé le chanoine Abgrall (Est-ce Éve ? Est-ce le serpent qui l'a trompé ?), Louis Le Thomas répond : c'est le Serpent, car il tend la pomme plutôt qu'il ne s'en saisit, mais aussi en raison de ses caractères chtoniens : main griffue, tête cornue, animalité.

 

2. Hiroko Amemiya.

H. Amemiya recense 52 "Vierges à l'Enfant foulant une représentation semi-humaine" en Bretagne, dont 28 en Finistère, 10 en  Côtes d'Armor, 11 en Morbihan et 3 en Ille-et-Vilaine, la grande majorité en pays bretonnant (seuls 4 exemples sont en pays gallo). Parmi les 28 exemples du Finistère, 13 se trouvent dans l'église paroissiale et 15 dans des chapelles. La Vierge est debout dans tous les cas, sauf 2. Elle appartient à un arbre de Jessé dans 12 cas, et est posée sur un croissant de lune dans 15 cas, ces deux représentations évoquant un lien avec le culte de l'Immaculé-Conception.

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Quant à la Démone, sur les 28 exemples finistériens, elle tient la pomme de la Tentation dans 22 cas, Elle associe un visage féminin, un buste aux seins dénudés, et une queue de serpent dans tous les cas.

De façon générale, "la grande série des Vierges sur croissant et démone date de la fin du XVIe"

 

Voici la liste commentée des 28 exemples du Finistère :


 

  • Bohars, église Saint-Pierre-es-Liens / chapelle de Locquillo : bois polychrome, assise, XVIe. Démone à la pomme. Queue de serpent  nouée sur elle-même.

  • Brest, église Saint-Louis, bois polychrome, XVIIIe. 

  • Landudal, église Notre-Dame-du-Populo, bois polychrome, Fin XVIe ? Vierge couronnée par deux anges. Croissant. Enfant tenant la citation d'Isaïe Ecce virgo concipiet. Démone à la queue de serpent se redressant verticalement.

  • Carhaix-Plouguer, chapelle Sainte-Anne, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Bandeau occipital, Jessé. Démone à la pomme associée à un dragon. Queue de serpent se redressant verticalement.

  • Kergloff, chapelle de la Trinité, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée ;  croissant.  Démone à la pomme. Queue de serpent se redressant verticalement.

  • Poullaouen, église Saint-Pierre et Saint-Paul, atelier de Carhaix ? 2eme moitié XVIe, bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Poullaouen, chapelle Saint-Tudec, bois polychrome, atelier de Carhaix ? 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent se redressant verticalement.

  • Saint-Hernin, ossuaire de l'église Saint-Hernin, bois polychrome : Anne trinitaire à la démone. "Fin XVIIe"?? Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant en socle.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien, bois polychrome, fin XVIe. Vierge couronnée (couronne perdue) par deux anges. Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Le Moustoir, chapelle Saint-Ruellin, bois polychrome, fin XVIe. Couronne ? Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Leuhan, église Saint-Théleau, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant autour du pied de la Vierge.

  • Irvillac, chapelle Notre-Dame de Lorette, granite polychrome, 2eme moitié XVIe.Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Plougastel-Daoulas, chapelle Saint-Trémeur. bois polychrome, XVIIe. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Plogonnec, chapelle Saint-Pierre, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée.  Démone  à poitrine nue. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Landeleau, chapelle Saint-Laurent, bois polychrome, 2eme moitié XVIe, assise. Vierge couronnée.  Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Locquirec, église Saint-Jacques. Bois polychrome. Niche à volets, arbre de Jessé. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Le Folgoët, église Notre-Dame. Kersantite, XVe (?) Ceinture nouée par une ganse. Cape fermée par une chaîne. Bandeau occipital. Croissant. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Plouider, chapelle Saint-Fiacre. Bois polychrome, XVIe. Bandeau occipital. Croissant. Queue de serpent remontant verticalement.

  • Plourin-les-Morlaix, église Notre-Dame.  Bois polychrome, début XVIe ? Vierge couronnée.  Croissant, arbre de Jessé. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant à l'arbre de Jessé.

  • Plabennec, chapelle de Locmaria Lann. Bois polychrome, XVIIe. Vierge à bandeau occipital. Mandorle rayonnante (perdue).Croissant.  Démone à la pomme ? (bras perdu). Queue de serpent remontant verticalement.

  • Brennilis, église Notre-Dame. Bois polychrome, vers 1575. Niche à volets. Vierge couronnée.  Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement.

  • Pleyben, chapelle de Gars-Maria. Kersantite.  vers 1578-1580. Vierge couronnée.  Démone à la pomme, Queue de serpent remontant verticalement.

  • Pleyben, chapelle de Gars-Maria. Bois polychrome, XVIe. Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement.

  • Pleyben, chapelle de Notre-Dame de Lannelec. Kersantite, vers 1578. Bandeau occipital.  Démone à la pomme.  Queue de serpent remontant verticalement. Atelier de Pleyben d'après les modèles de l'atelier de Locronan.

  • Lampaul-Ploudalmézeau, église Saint-Paul. Bois polychrome, XVIe? Démone à la pomme.  Queue de serpent remontant verticalement.

  • Saint-Yvi, église Saint-Yvi. Bois polychrome. Fin XVIe. Croissant (disparu) et Jessé endormi. Bandeau occipital. Fin XVIe.

  • Saint-Thégonnec, église Notre-Dame. Bois polychrome, fin XVIe. Niche à volets, Arbre de Jessé, croissant. Bandeau occipital. Démone à queue de serpent.

  • Scaer, chapelle Saint-Adrien. Bois polychrome, fin XVIe. Démone à la pomme.


 

Il faudrait ajouter à cette série les 20 exemples de "Vierge foulant un serpent ou un dragon", série apparentée mais apparaissant au XVIIe et XVIIe siècle (cf. Kerdévot en Ergué-Gabéric) . Ainsi, les démones semi-humaines disparaissent quasi complètement à partir du XVIIe.

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Commentaires.

Parmi ces 28 Vierges à la Démones du Finistère, on dénombre (rapidement) : 1 statue du XVe (en kersantite), 21 statues du XVIe, 3 statues du XVIIe et 1 du XVIIIe.

Dans le groupe majoritaire du XVIe, 1 date du début de ce siècle, 7 du milieu, 9 de son dernier tiers ou de sa fin, et 4 sont "du XVIe".

Cela confirme les remarques de Couffon puis de C. Prigent, pour qui la grande série des Vierges à croissant et démones date de la deuxième moitié du XVIe siècle : 16 exemples sur 28.

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Ces démones bas-bretonnes sont donc, on le voit, l'une des caractéristiques des sanctuaires de notre région, et leur confère un cachet d'autant plus intéressant à découvrir que leur compréhension n'est pas univoque, et que l'énigme qu'elles proposent rebondit à chaque nouvel exemple, alors qu'au contraire, les traits qu'elles ont en commun suscitent ce plaisir, pour le touriste, d'une connivence jubilatoire : Ah, j'en étais sûr, la queue de la démone s'entortille encore ici en se dissimulant dans le dos de la robe de la Vierge pour témoigner de son opiniâtreté à répandre son venin !

De même, j'ai plaisir à retrouver,   le bandeau occipital (mon chouchou) retenant en arrière les cheveux de la Vierge, un détail stylistique qui place cette œuvre dans une grande famille de sculptures presque exclusivement retrouvées en Finistère, au XVIe siècle et au tout début du XVIIe, sur des Vierges ou plus rarement des Marie-Madeleine, comme si cet accessoire capillaire était le marqueur d'une mode touchante car presque folklorique.

 À me lire, on pourrait croire que ce groupe sculpté de la petite chapelle de Locmaria en Plabennec  a été très étudié , mais il n'en est rien. Seul l'ouvrage de H. Amemiya en donne une description détaillée, avec une photographie noir et blanc de la Démone.

À moi de jouer !

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DESCRIPTION.

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Locmaria-Lan, formé avec le mot breton "lok " "lieu consacré" - ecclesia Beatae Mariae de Landa, en 1363, était une chapelle dépendante de Plabennec ( une trève) et lieu sacré depuis probablement la préhistoire. La fondation de la première chapelle chrétienne remonte au XIe siècle. Elle est réédifiée en  1450  à l'initiative du seigneur du Baudiez au Rest,  puis les familles Carman-Lesquelen et Lescoët agrandissent au XVIe siècle la chapelle de trois travées dans la partie est. Un ange du  bel autel en kersanton porte la date de 1512. D'autres inscriptions portent les dates de 1604 et de 1682.

 

 

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Le groupe sculpté de 1,70 m de haut en bois polychrome est placé contre le pignon du chœur, à gauche de l'autel, au dessus d'une porte de sacristie, sur une console en bois à 2 m environ du sol. 

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Photo Henri Moreau Wikipedia

 

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La Vierge à l'Enfant est debout sur un croissant de lune, foulant la Démone tandis que l'Enfant déroule un phylactère muet. Ses couleurs pimpantes témoignent d'une restauration récente dont je n'ai trouvé aucune trace en ligne.

Vénérée sous le vocable de Notre-Dame de Locmaria, elle date  du XVIIe siècle. Elle est couronnée, les cheveux bruns retenus par le bandeau blanc plissé, et elle tient dans la main droite un objet cylindrique brisé (sans doute la tige d'une fleur). Son manteau est resserré par  deux lignes d'une chaîne aux maillons larges, comme en portaient jadis les femmes de la haute noblesse au XVe siècle.Cette chaîne s'achève par une petite croix. Sous le manteau bleu, qui descend jusqu'à terre, vient une robe orange, aux manches plissées, mais tombant en plis larges et flottants, et dépourvue de tout décolleté. Enfin, une tunique blanche descend jusqu'au sol, dévoilant seulement la chaussure brune qui terrasse la démone.

Elle est posée sur un croissant lunaire, renvoyant ainsi au culte de la Vierge de l'Apocalypse.

Nous verrons plus loin qu'elle était le centre d'une mandorle de rayons, comme le veut l'iconographie de la Vierge de l'Immaculée-Conception.

L'Enfant, blond, cheveux courts et blonds, vêtu d'une tunique bleue, et portant lui aussi une chaîne en or, regarde devant lui. Il tient un phylactère sans inscription, et le globe terrestre non crucigère.

 

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La Démone est couchée sur le coté devant le croissant, sous le pied gauche de la Vierge, tête à droite. Buste redressé, elle regarde la Vierge en levant la tête, et on peut imaginer que ce regard est ironique ou nargueur. Son visage rond encadré d'une longue chevelure brune ne présente aucun caractère animal ou démoniaque.

Les avant-bras et les seins sont été bûchés. Une fleur de lys porte une ferrure en U, peut-être destinée à un accessoire. Le corps peint en rouge-orange est marqué de grosses verrucosités. Les deux ailes nervurées de chiroptères partent de la nuque comme un gros nœud papillon marron, comme un rappel (involontaire) des plis du bandeau de sa concurrente. 

La  queue porte une rangée de dents dorées. Il faut se déplacer sur le coté pour voir qu'elle remonte en torsades sournoises le long de l'extrémité gauche du croissant vers la cuisse de la Vierge.

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Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

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In caude venenum

 

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

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Une mandorle rayonnante.

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Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

Vierge à la Démone, bois polychrome, XVIIe siècle. Photographie lavieb-aile.

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LE BANDEAU OCCIPITAL.


 

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A. Il est présent sur huit Vierges allaitantes du Finistère

Vierges allaitantes I : Notre-Dame de Tréguron à Gouezec: les Vierges. 

 

Vierges allaitantes II : Kergoat à Quéméneven, la Vierge.

Vierges allaitantes III : Chapelle de Quillidoaré à Cast, la Vierge.. 

Vierges allaitantes IV : Kerlaz, la Vierge.

Vierges allaitantes VI : Kerluan à Chateaulin : la Vierge ressuscitée

Vierges allaitantes VII : Chapelle de Lannelec à Pleyben, la Vierge.

Vierge allaitante VIII :  de  l'ossuaire de Pleyben.

Vierges allaitantes du Finistère X. La chapelle St-Denis à Seznec, Plogonnec.

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B. Il est présent aussi sur plusieurs statues de la Vierge en Finistère :


 

1. La Vierge de l'Annonciation du porche de l'église saint-Germain de Pleyben. Kersanton, 1588.

On peut observer que le costume possède des points communs avec les vierges allaitantes, par exemple les poignets "gaufrés". Et aussi que la chevelure est dénouée et serpentine, ce qui est inhabituelle pour une vierge de l'Annonciation d'habitude plus retenue.

2. La vierge à l'enfant Notre-Dame de Bonne-Nouvelle à Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. Date ?

3. La Vierge à l'Enfant de l'église Saint-Julien de Châteauneuf du Faou (16e siècle) : 

L'église Saint-Julien et Notre-Dame à Châteauneuf du Faou.

4. Notre-Dame de Bons-Secours de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. XVIe siècle. Vierge à l'Enfant, bois polychrome, Bandeau occipital, croissant lunaire, mandorle, ceinture à boucle puis nœud

Le retable de Notre-Dame-du-Bon-Secours, église de La Roche-Maurice (29).

5. Vierge à la Démone du Folgoët.

Kersantite XVI ?, manteau à fermail en chaîne à pan gauche faisant retour sous le bras gauche, robe à ceinture nouée, croissant de lune, 

6. Vierge de la Nativité du tympan du porche de 1566.

7. Vierge à la Démone de Brennilis.

8. Sur une statue de l'église de Bodilis.

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On trouve ce motif exceptionnellement dans d'autres départements bretons (mais biais de recrutement ?)

8. Vierge à l'Enfant de Lantic (22)

 

 

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C. On le trouve aussi sur des statues de Marie-Madeleine  :

1. Sur le calvaire de Dinéault

Le calvaire de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault.

Marie-Madeleine, sculptée par les frères Prigent, actif entre 1527 et 1577, 

2. Sur une Déploration de Bodilis .

Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration. 

Bois polychrome, XVIe, bandeau occipital sur Marie-Madeleine.

3 À Pencran, sur une   statue de Marie-Madeleine. kersanton, Bastien Prigent.

4. Sur un calvaire de Ploéven.

 La chapelle Sainte-Barbe de Ploéven. Son calvaire, son vitrail, sa statuaire, son Pardon. Marie-Madeleine de la Déploration du calvaire (kersanton, vers 1575)

5. Sur un vitrail du Faouët.

Les vitraux du XVIe siècle de la chapelle Ste-Barbe du Faouët (56) : II. la Transfiguration. Vers 1512-1515. C'est Marie-Madeleine qui porte ce bandeau.

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D. Enfin, il peut se retrouver sur d'autres personnages féminins.

1. La Sibylle de Tibur de Roscoff.

Bois polychrome, 1606, le bandeau occipital est porté par la Sibylle Tiburtine.

 

2. La cariatide de La Martyre.

L'église Notre-Dame de Rumengol.  V : les gargouilles et crossettes. 

Ossuaire de La Martyre, cariatide, kersanton, 1606.

La chapelle Notre-Dame-de-Berven en Plouzévédé. I. L'Arbre de Jessé du retable de l'autel nord. Vierge à l'Enfant, bois polychrome, fin XVIe, Croissant lunaire, mandorle radiante, manteau à fermail par chaîne ; Enfant en Sauveur du Monde.

3. Un ange de la chapelle Saint-Côme.

Les sablières (1641-1675)  de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic. III. Les sablières des bas-cotés, et leurs blochets. Ange d'un blochet de 1661.

4. Pencran. Statue de sainte Anne, 1553

 

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Conclusion.

Ce bandeau occipital, surnommé "chouchou", est un bon marqueur iconographique car il est presque exclusivement retrouvé en Finistère, au XVIe et tout début du XVIIe siècle, sur des Vierges à l'Enfant ou plus rarement des Marie-Madeleine, anecdotiquement sur d'autre personnages, surtout en sculpture sur bois, mais aussi en sculpture sur pierre.

Il n'est pas attesté sur les enluminures françaises (dépouillement de Les Manuscrits à peinture de François Avril et Nicole  Reynaud et des Enluminures du Louvre des mêmes auteurs, et consultation des divers autres ouvrages), ni en enluminure religieuse, ni comme coiffure féminine, même si les voiles de la Vierge dégagent progressivement le front au XVIe siècle et deviennent plus postérieurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOURCES ET LIENS.

— PERENNES (Henri),, 1938,  Notices pour le diocèse de Quimper, BDHA, page 170

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

" La chapelle de Locmaria-Lann est située à quatre kilomètres au Nord du bourg de Plabennec. Elle a un fort beau clocher Renaissance, épaulé de contreforts, décoré de galeries et d’un double étage de beffroi, terminé par une flèche pyramidale. D’une base d’environ 6 mètres de largeur, la tour écrase de sa masse la chapelle assez pauvrement restaurée en 1841, mais dont heureusement l’intérieur est demeuré ancien. Sous le porche voûté de la tour, dont l'arcade, de forme gothique, est coupée de claveaux, on voit les statues, non des douze apôtres, mais de douze saintes, pour rappeler sans doute que le sanctuaire est dédié à la plus célèbre et la plus sainte d’entre elles.

Ces statues de bois, jadis peintes et dorées, ont le costume de la fin du XVIème siècle. On y reconnaît là Véronique, tenant le voile de la Sainte Face ; une autre Sainte a pour attribut une corde, une troisième un berceau ou un lit ; deux ou trois tiennent un livre ouvert. Au-dessus de la porte est une statue en pierre du Sauveur du monde. Quant à l'arcade extérieure, elle est surmontée d’une belle statue en kersanton de la Vierge Mère couronnée.

L’édifice peut mesurer 24 mètres de long sur une douzaine en largeur. A l’intérieur c’est une nef et deux bas-côtés à cinq travées au Nord, à quatre au Midi, toutes en gothique du XVIème siècle. Comme parquet, c’est le sol de terre battue ; des bancs apparaissent à la base des piliers. A la clef de voûte de la première arcade à gauche on voit le blason des Carman-Lesquelen, mutilé, mais encore lisible. La troisième arcade présente un écusson armorié portant une fasce de 3 quintefeuilles et surmontée d’un lambel. La porte du bas de la nef est surmontée d’un écusson fascé de 6 pièces (du Chastel ?).

Le maître-autel, en kersanton, mesure 3 mètres 50 de longueur. Il est gothique et décoré de panneaux finement ouvragés. Au-dessus règne une belle frise de feuillages découpés et évidés. Dans les panneaux du centre, on aperçoit deux angelots : l’un tient un écusson chargé d’un calice st une banderole portant, en caractères gothiques, l’inscription suivante : Yves an Du lan mil cincq centz x II ; le second porte une banderole qui offre aussi une dizaine de caractères gothiques très distincts. Le retable de l'autel, en bois sculpté, porte des têtes d’anges et deux oiseaux. Quant au tabernacle, il est double ; la partie inférieure offre un ostensoir, tandis que le tabernacle supérieur présente le Christ crucifié, avec la Vierge et Saint Jean, encadré de deux vertus supportant des guirlandes de fleurs. Plus loin figurent deux autres vertus dans les mêmes conditions. A gauche et à droite du tabernacle s’étale cette inscription : Y : LE GUEN R : DE L : L’AN 1682.

A gauche de l’autel on aperçoit une grande statue couronnée de N.-D. de Locmaria, qui de la main droite présente un objet à l'Enfant Jésus qu’elle porte de la main gauche. A ses pieds un grand croissant jaune et un dragon rougeâtre.

A droite de l’autel apparaît un grand Saint Jean-Baptiste. On voit dans la chapelle une autre statue, celle de Sainte Brigitte, qui tient un livre sur ses genoux ; deux bénitiers dont l’un mesure un mètre de diamètre, tandis que l’autre, près de la porte latérale, présente cette inscription : P . G . 1604 ; puis deux enfeux et une dalle funéraire qui porte une croix à longue hampe, dont le croisillon est entouré d’un cercle.

Un procès-verbal de 1614 a relevé quelques détails intéressants touchant N.-D. de Locmaria. Ce sont les Kerman-Lesquelen qui y avaient fait placer la verrière du chevet. On y voyait un groupe de N.-D. de Pitié, entouré des effigies de Tanguy de Kerman et de Louise de la Forest. Celle-ci est présentée par l'apôtre Saint Jean qui tient une coupe, son mari par Saint Goulven, en évêque. Au-dessous on lit : Sancte Golvine ora pro nobis. Au quatrième panneau figurent Saint Pierre avec sa clef, Saint Paul avec son épée, et le roi Saint-Louis rendant la justice assis, en grand manteau d’hermines semé de fleurs de lys d'or, et en chaperon rouge... Au-dessous : 1508 — S Louys. Les armes des Rohan, avec le collier de l'Ordre et la devise A plus brillent au sommet de la fenêtre, et onze écus de Kerman et alliances — entre autres Pestivien (?) Coëtmen et du Perrier — occupent les jours du remplage. Dans le quadrilobe d’une petite fenêtre latérale apparaît le lion de Léon (L. Le Guennec, Prééminences de la famille De Maillé-Kerman..., p. 22). 

Une pièce du 26 Juillet 1735 signale l'existence de deux fondations faites à Notre-Dame de Locmaria au cours du XVème siècle. Le 20 Juin 1410, Sébastien Coetelleau établit par testament une messe à note le jour de l'Ascension. Plus tard, en 1451, une dame Amabile Marzin fait une fondation aux termes de laquelle on viendrait processionnellement de l'église paroissiale à Locmaria, le jour de la Fête-Dieu, pour y chanter la messe du Saint-Sacrement "

AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko) Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129

Résumé : Le thème principal de cette etude est de voir quel role la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joue au japon et en bretagne, a travers les recits relatifs a l'epouse surnaturelle. Pour la bretagne, les recherches s'etendent egalement sur l'iconographie religieuse representant l'etre semi-humain telles la sirene et la femme-serpent. La region conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siecles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'epanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux facons en bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'etudier leur compatibilite dans leur contexte socioculturel. Les recits qui traitent le theme du mariage entre l'etre humain et l'etre non-humain revelent la conception de l'univers d'une societe. L'autre monde ou les etres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet a la societe de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du Japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en bretagne, la destruction de la cite legendaire d'is est causee par une fille maudite nee d'une fee. Le premier volume de cette etude est compose de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au japon, ii. Recits relatifs au mariage au japon et en bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxieme volume est un inventaire des differents types de representation semi-humaine en bretagne.

CASTEL (Yves-Pascal)1260 Plabennec, les petites croix de Locmaria-Lan... 31.08.96., Yves-Pascal Castel : articles du Progrès de Cornouaille / Courrier du Léon ” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 25 juin 2019, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2774.

 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/929d131ccf0e85c0f4d63b4794d6d5e9.pdf

CHAPELLE DE LOCMARIA-LANN Elle fut église tréviale jusqu'en 1696. Ruinée après la Révolution, elle a été restaurée en 1841. 

"De plan irrégulier, elle comprend une nef de cinq travées avec bas-côté au nord et de quatre travées avec bas-côté au sud. Clocher du XVIIè siècle : galerie à moitié détruite, une chambre de cloches, flèche sans crochets. Le porche est voûté : l'arcade gothique extérieure est surmontée d'une statue en kersanton de la Vierge Mère couronnée ; au-dessus de la porte intérieure, statue en pierre du Christ Sauveur du monde.

Les statues qui garnissaient les deux murs latéraux (saintes dont une Véronique) sont actuellement dans la chapelle. Mobilier : Maître-autel en kersanton, de 3,5 m. de longueur (C.). Le devant est orné de panneaux finement sculptés et d'une frise de feuillages découpés et évidés. Un ange tient une banderole portant l'inscription en caractères gothiques : "YVES. AN. DU. LAN. MIL. CINCQ. CENTS. XII."

Retable en bois sculpté avec deux tabernacles superposés ; inscription : "Y. LE GVEN. R. DE. LAN. 1682."

Statues anciennes : Crucifix, Vierge Mère dite Notre Dame de Locmaria, XVIIè siècle, saint Joseph, sainte Anne seule, et celles en bois autrefois dans le porche.

Deux bénitiers en pierre ; l'un d'eux porte l'inscription : ".P G. 1604" - Bénitier portatif de bronze : "NOSTRE DAME DE LANDE DE LOCMARIA."

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.

MAUGUIN (Michel), Loc-Maria-Lann, la chapelle,

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/sonj/loc_mari.htm

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

— LE THOMAS (Louis) 1963 "Les Arbres de Jessé bretons", première partie, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère 165- 196.

 — LE THOMAS (Louis) 1963, "Les Arbres de Jessé bretons", troisième partie, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère pp. 35-72.

PRIGENT, Christiane. 1981, Etude de quelques sculptures bretonnes influencées par les modes venues des pays nordiques. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. CVIII, 1981.

 — PRIGENT, Christiane, 1982, . Les statues des vierges à l'enfant de tradition médiévale: XVe- XVe siècles dans l'ancien diocèse de Cornouaille  Prigent, Christiane. - [Université de Rennes] (1982)

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vierges à la démone. Bandeau Chapelles bretonnes.
17 août 2019 6 17 /08 /août /2019 14:54

La chapelle de la Trinité (An Dreïnded) de Lanridec en Pleyben.

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Voir aussi sur Pleyben :

L'église

 

Les chapelles :

 

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PRÉSENTATION.

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Lanridec ou Lanrideg  se trouve à 5,6 km au nord du bourg de Pleyben, à égale distance de celui-ci avec ceux de Braspart et de Lopérec. La chapelle occupe une situation élevée, à 124 m d'altitude, sur une ligne de crête entre deux ruisseaux descendant se jeter dans la Douffine 50 m  plus bas.

À une centaine de mètres au nord, la carte IGN indique les lieux-dits Pennod (un promontoire surplombant à 113 m. la  Douffine), et Meilh Pennod (le moulin en contrebas), tandis que Nevez Pennod se trouve légèrement plus à l'ouest, et que, sur la route de Lopérec, Croaz Pennod indique au sud l'embranchement vers la chapelle : ces toponymes deviennent, sur la carte d'Etat-Major 1822-1866, Pennaut, Moulin de Pannault et Penahout, ou Pennant sur la carte de Cassini. On retrouve ce toponyme Pennod/Pennault à Lothey au dessus de l'Aulne. Il signifie "le sommet de la falaise", le suffixe gaulois -enn (ennus, enna) ici associé au suffixe oronymique -aod "falaise" se retrouvant  souvent pour désigner des hauteurs (Jacques Lacroix 2004).  Il est relié au radical celtique et breton -penn "tête, extrémité, qu' on le trouve tout autour du site de Pennod sous les formes Pennfeunteun, Penhoaden, Penn ar c'hoad, Penn an Neac'h, Pennawern indiquant que c'est tout le massif dominant au nord de la paroisse de Pleyben la boucle de la Douffine qui constitue une pointe en cul de sac à l'ouest de la route Pleyben-Braspart. En 1822-1866, un pont du Dour Du permet le passage de la route Lopérec-Pleyben, et la carte indique au nord le pont de Ruis.

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En effet, la chapelle a été probablement construite au XVIe siècle pour les seigneurs de Pennault (dont on trouve les armoiries sur le chevet au dessus de la maîtresse-vitre, et sur la tour), puisque d'après Pérénnès, Pierre de Coatrediez, sieur de Pennault en revendiquait le patronage dans un aveu de 1603 conservé aux Archives Départementales. En 1654, selon les archives paroissiales, il y célébrait un mariage. 

La tour et et la chambre de cloches datent du 17e siècle. La chapelle a été restaurée en 1675 (date portée sur le linteau d´une porte bouchée au niveau du chevet), puis en 1726 (date portée sur le clocheton ainsi que l´inscription « CHRISTOPHE LE BRIS FABRIQUE LAN 1726 »), et enfin en 1881 (intervention globale). La sacristie a été ajoutée au 19e siècle.

Le plan est en croix latine ; des  contreforts sont présents aux angles nord-ouest et sud-ouest ainsi que sur le mur sud de la nef. Le pignon ouest est appareillé en pierre de taille de granite surmonté d´une tour à une chambre de cloches.

Le toponyme An Dreïnded est la forme bretonne de La Trinité. Je n'ai pu établir si le toponyme Lanridec, par ailleurs non attesté, est une forme contractée d'An Dreïndec.

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La nef, le bras sud du transept, vue du sud-ouest.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Le pignon ouest, la nef, le bras sud du transept, vue du sud-ouest.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Le chevet et les deux bras du transept, vue de l'est.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Situation parmi les autres chapelle de Pleyben:

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Le chevet, vue de l'accès principal à la chapelle.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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LES ARMOIRIES.

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Ces armes se retrouvent  sur le mur du chevet (sous un larmier).

"Un autre Alain de Tyvarlen, petit-fils probablement du précédent, épousa Sybille de Kersaeou.Il fut père d'Alain de Tyyarlen qui décéda en 1384 et laissa de son mariage avec Plézou de Pennault ( Fille et héritière de Guillaume, seigneur de Pennaut (en Pleyben) et de Hazevis de Meylar, elle mourut en 1421, âgée de 70 ans, au château de Rosmadec et fut inhumée dans l'église dès Cordeliers, sous l'habit des frères. (Bibl. Nat. F. ms; 22.351), un fils de même nom, mort sans postérité en 1404, et deux filles dont la cadette, Margilie, fut mariée au seigneur de Coetrédrez ( Margilie de Tyvarlen eut en partage la seigneurie de Pennaut pour laquelle son fils Yvon de Coëtredrez rendit aveu au duc, en 1454)" (Conen de Saint-Luc, Notice de Landudec, Bull. SAF 1917)

1°) Jean de Coétredrez (1352-1392) fut le  père de Roland de Coetredrez qui épousa/ Marguerite de Tyvarlen :

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=en&p=roland&n=de+coetredrez

https://www.myheritage.fr/person-5078508_151331621_151331621/jean-de-coetredrez

https://www.myheritage.fr/person-5078505_151331621_151331621/marguerite-de-tyvarlen-de-coetredrez

Les armes pleines de Coetredrez sont un écartelé de gueules à la fasce d'argent et de gueules au lion d'argent. Elles se voyaient en l'église de Trédrez.

http://www.infobretagne.com/tredrez-eglise-preeminences.htm

Elles sont associées ici dans l'écusson de droite à d'autres armes en alliance, qu'il m'est difficile de lire.

2°) Yves de Coetredrez (1417) fils des précédents épousa Jeanne de Poulmic dont les armoiries figuraient sur la maîtresse-vitre.

3°) Yves de Coétredrez vers 1495-1546,  leur fils épousa Marie Le Moine (d'argent à trois coquilles de gueules)

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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On  retrouve aussi l'écu de gauche  sur le clocheton, où la pierre a été placée à l'envers, sommet vers le bas (peut-être par négligence récente) . Les armoiries de Coetredrez sont associées, au quatrième quartier, à celles à trois poissons qui se retrouvaient soit sur le vitrail, soit sur le bénitier. Pérénnès les qualifie de saumons.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Pérénnès et Couffon  les signalent aussi  sur la maîtresse vitre (sur le remplage selon Couffon) :

Sur la maîtresse-vitre, Pérénnès décrit : 

La maîtresse vitre a des armoiries : un écusson parti au 1er de trois saumons, au 2 d'un léopard, aux 3 et 4 des mêmes à l'inverse. — Un autre écusson divisé verticalement en deux parties : celle de gauche subdivisée en deux horizontalement. La partie de droite représente un damier de trois carrés sur chaque rang, verre blanc alternant avec verre rouge. Le haut de Ia partie de gauche est formé de trois bandes horizontales, une blanche entre deux rouges ; le bas renferme un léopard. Le premier écusson est reproduit à l'extérieur à la base du clocher, au-dessus du porche et se retrouve également au fronton de l'abside, accosté du second écusson. Ce sont les armoiries du sieur de Pennaut.

Le "léopard" doit être le lion d'argent des Coetredrez. On reconnaît dans le damier blanc et rouge les armes des Poulmic, une alliance également présente à Trédrez :

http://www.infobretagne.com/tredrez-eglise-preeminences.htm

 

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=en&p=yves&n=de+coetredrez

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Enfin, on voit deux poissons sur les pans du bénitier de la porte sud.  Selon Pérénnès, ces deux saumons se voyaient aussi sur le chapiteau d'une croix, brisée par la tempête en 1892. Rien ne plaide pour leur appartenance à l'héraldique.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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La date de 1675 à l'abside du chevet.

Si nul renseignement n'existe sur la fondation de la chapelle, et si, nous l'avons vu Pierre de Coetredrez , seigneur de Pennaut, réclamait son patronage avant de célébrer un mariage en 1654, les dates inscrites à l'extérieur et à l'intérieur témoignent d'une période d'activité entre 1664 et 1675 :  A l'intérieur : 1664, sur l'armoire de la sacristie ; 1666, sur un ancien confessionnal.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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L´inscription « CHRISTOPHE LE BRIS FABRIQUE LAN 1726 » relevée par Couffon.

Le texte s'inscrit en réserve, en lettres romaines majuscules, sur deux lignes séparées par une réglure. Elle occupe l'angle de la face sud de base de la tour du clocher, sous la chambre des cloches.  Je lis plutôt, avec ces variantes de graphie qui donnent à ces inscriptions lapidaires toute leur saveur, :

CRISTOPHE LE BRIS

FRABRIQVE LAN

La date (qui devait être portée de l'autre coté de l'angle) n'était déjà pas retrouvée par Pérénnès, mais ce dernier a retrouvé dans les archives l'année à laquelle Christophe Le Bris était fabricien : l'année 1726.

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La chapelle fut restaurée en 1727 : un pavé y fut placé : le montant des travaux fut de 319 livres 10 sols. En 1737, le peintre-doreur Meziven-Grall, de Landerneau, reçoit 200 livres pour travaux de peinture et d'embellissement. Les offrandes annuelles montaient à près de 300 livres, et ne différaient pas de celles des autres chapelles.

 

Vendue nationalement au moment de la Révolution au sieur Yves Lanniel, fils, du bourg de Pleyben le 25 Thermidor an IV, elle fut cédée avec cimetière et placitre et dépendances, Ie 30 Fructidor an VI (16 Septembre 1798) à Pierre Cozic, du manoir de Pennaut  [celui des anciens seigneurs de lieu] pour 120 francs. Ce dernier, à son tour, la céda au fabrique de l'église paroissiale. La Trinité avait son chapelain ou matinalier qui recevait 24 livres par an pour son office. La chapelle sert, à son tour, de chapelle de secours, pour Ies messes du dimanche. Le pardon s'y célèbre le dimanche même de la Trinité. (Pérénnès, 1938)

Yves Lanniel :   https://gw.geneanet.org/nlegrand?lang=fr&n=lanniel&oc=0&p=yves

Un acte désigne Pierre COZIC comme maître d'hôtel propriétaire du manoir de Pennaut. Il a épousé en 1774 à Brest Marie Jeanne Grall, puis en 1791 Jeanne Marie Le Gorrec, avant de décédé en 1816.

https://gw.geneanet.org/jangirault?n=cozic&oc=2&p=pierre

La chapelle fut entièrement réparée en 1881 : on y dépensa 3.559 fr. 65.

L'édifice, comme toutes les chapelles communales de Pleyben, a été restauré en 1993 grâce au don de Madame Le Douzen - les vitraux ont été réalisés par Alain Ronan de l'atelier C. Robert.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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LE CALVAIRE DU PLACÎTRE : SA PIETÀ À L'ANGE DE TENDRESSE.

 

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C'est à mes yeux le plus bel ornement de cette chapelle, placé en son sud devant la porte principale. 

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Sur un emmarchement à trois degrés en moellon de schiste et de grès arkosique, et un socle carré chanfreiné s'élève un  fût rond à écots en granite avec chapiteau, croix à branches arrondies et Christ en croix en kersantite de la fin du 19e ou au début du 20e siècle.

Mais on remarque surtout la Pietà en kersanton, datée du XVI ou XVIIe siècle, la tête de l'ange ayant été très récemment refaite par un artiste local.

Cette Vierge de Pitié assise est légèrement penchée et le visage tournée vers son Fils. Sa tête est couverte par son manteau formant voile, manteau dont le pan gauche s'écarte pour laisser passer le bras. 

Le Fils repose sur les deux genoux de sa Mère, le genou droit étant plus haut ; son visage barbu est tourné vers elle. Le corps et la tête  forment une ligne horizontale qui se brise perpendiculairement aux genoux ; les pieds sont croisés. Le bras droit tombe verticalement, exposant la large paume marquée du clou de la Crucifixion, tandis que le bras gauche, soutenu par la main de la Vierge, est parallèle au corps.

À gauche des deux jambes de la Vierge et de ses chaussures à bouts ronds est figuré le montant du fauteuil, et, en bas, ce qui ressemble parfaitement au flacon d'onguent de Marie-Madeleine, bien qu'elle soit absente ici.

L'élément le plus remarquable est l'ange, ailé, placé à la tête du Christ, qu'il soutient. Son visage très joufflu et ses cheveux bouclés en triangle ne témoignent pas du style de l'artiste d'origine, et ont peut-être été inspirés au sculpteur du XXIe siècle par les œuvres de Roland Doré.

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Cet ange entourant la Vierge de Pitié trouve son origine dans les quatorze pietà du Maître du calvaire de Tronoën (Saint-Jean-Trolimon, en Cornouaille) vers 1470. Sur ce calvaire, deux anges aptères soulèvent le voile de Marie dans un geste de tendresse qui a conduit Emmanuelle Le Seac'h à les qualifier d'anges de douceur. Le Christ est très semblable à celui de Lanridec, mais ces 14 pietà du XVe siècle diffèrent de celle-ci car elles sont en granite, que les plis du manteau entre les genoux forment une série de V, ou encore que l'ange tient le voile maternel.

Sept autres Pietà également recensées par Le Seac'h  reprennent ce motif des anges autour de la Vierge et du Fils, cette fois-ci au XVIe siècle. Cinq se trouvent en Finistère, et j'ai décrit dans ce blog celle de la chapelle Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou (en calcaire polychrome), ou celle de l'église Saint-Sauveur du Faou (à 3 anges et en granite polychrome). Aucune des sept  n'est en kersanton.

 

L'inventaire de ces anges apportant leur aide et leur tendresse à la scène de la Vierge de Pitié n'est pas clos ; on peut citer ainsi le calvaire de Plovan, non loin de Saint-Jean-Trolimon. (Atlas Plovan 2449), et sa pietà de kersanton.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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L'INTÉRIEUR.

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Dans cet édifice de plan en croix latine, le vaisseau unique est éclairé au sud par une porte en plein cintre et une fenêtre. Deux portes en plein cintre, de part et d´autre du chevet, ont été bouchées (fonction initiale indéterminée). Les baies du chevet et des bras de transept en arc brisé comportent des remplois de réseaux du XVIe siècle. Le lambris de couvrement est peint en bleu, tandis que le sol est couvert de dalles de schiste.

 

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L'édifice possède un mobilier religieux ancien important dont une statue de saint Michel, un groupe de la Trinité en kersantite, et une armoire de sacristie datée 1664 .

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Vierge à l'Enfant.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Sainte Catherine d'Alexandrie tenant sa roue et la palme du martyre.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Saint Charles Borromée, évêque de Milan.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Trinité souffrante. Deux blocs de kersanton polychrome.

C'est une œuvre qui retient l'attention, notamment parce que son style rappelle les statues des évangélistes des autres chapelle de Pleyben : saint Marc et son lion à Saint-Laurent, saint  Matthieu et son ange.

La colombe de l'Esprit Saint a disparu. Le Père vêtu comme un pape, tient son Fils crucifié.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Saint Michel archange terrassant le dragon.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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La cloche.

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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Tentative de déchiffrage :

 

MARIE JACQUELINE DE LA

BENITE LE 15 JUIN 1946

PARRAIN JACQUES RANNOU

DE PENNAVERN SAINT SULIAU

MARRAINE MARIE ANNE DREAU

DE PENNARVERN

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LOUIS BOLLEE ET SES FILS FONDEURS A ORLEANS

 

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Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

Chapelle de la Trinité à Pleyben. Photographie lavieb-aile 17 juillet 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Dans : Société archéologique du Finistère, 1980, Quimper. p. 185

http://croix.du-finistere.org/commune/pleyben.html

 

 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

" CHAPELLE DE LA TRINITE Edifice en forme de croix latine. Dans un aveu de 1603, le seigneur de Panaot ou Pennault en revendique le patronage. L'édifice actuel a été restauré au XVIIe siècle puis au XVIIIe siècle : la fenêtre flamboyante de l'aile nord paraît un remploi. On lit sur le mur du chevet la date de 1675 et sur le clocheton : "CHRISTOPHE LE BRIS FABRIQVE LAN (1726?)." Ce clocheton amorti par un dôme est timbré des armes des Pennault. Ces armes se retrouvent aussi sur le mur du chevet (sous un larmier), sur le remplage de la maîtresse vitre et sur le bénitier encastré de la porte sud.

L'édifice a gardé des traces de restauration : les deux colonnes à tailloir aux deux angles du choeur ne portent plus rien ; deux fenêtres ont été murées dans les pans nord et sud du choeur ; sur le pan nord se lit la date de 1675. La longère sud a été étayée par des contreforts ; sur l'un d'eux, date de 1820.

L'inscription "ASSELIN 1882", lisible sur le lambris de la nef, rappelle une restauration de la chapelle.

 

Mobilier : Le maître-autel ... quatre colonnes est de la fin du XIXe siècle, mais les deux niches à colonnes corinthiennes et pots à feu qui encadrent la fenêtre d'axe sont anciennes. Armoire de sacristie portant la date de 1664, et le confessionnal actuel ne porte aucune date ; celle de 1666 concerne un confessionnal aujourd’hui disparu. La balustrade porte l'inscription : "L. 1651. P. Y."

A la croisée du transept, poinçon de charpente qui rappelle celui de la chapelle Saint-Laurent.

Statues - en pierre : sainte Trinité, le Père présentant son Fils en croix ;

- en bois polychrome : autre groupe de la Trinité, Vierge à l'Enfant, sainte Catherine, la roue à la main gauche, saint Charles Borromée, sainte Anne seule, saint Michel terrassant le dragon, quatre blochets. * Sur le placitre, croix mutilée par la tempête de 1892 : l'ancien fût écoté de granit porte depuis un Crucifix en kersanton ; l'ange qui soutient la tête du Christ dans le groupe de la Pietà est mutilé. "

— INVENTAIRE GENERAL

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-de-la-trinite/a234e4df-c8c7-45f8-a769-1274d59e0d73

 

 

—PÉRÉNNÈS (Henri), 1938,   Pleyben (Notices des paroisses du diocèse de Quimper et de Léon). Dans : Bulletin de la commission diocésaine d´architecture et d´archéologie,

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 13:52
Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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CHAPELLE DE GUENILY Dédiée à Notre Dame de Vrai Secours.

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"L'édifice actuel, en forme de croix latine avec chevet à pans coupés, a été reconstruit en 1689 (date inscrite sur le chevet). Vendu comme bien national le 25 thermidor An IV, il fut racheté par un groupe d'habitants le 28 avril 1804 et donné par eux à la paroisse. Dans la longère sud de la nef, l'on a conservé d'un précédent édifice un fenestrage flamboyant ; le pignon ouest est surmonté d'un petit clocheton gothique à une chambre et sans galerie, refait au XIXe siècle." (Couffon)

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"Cette chapelle Notre-Dame de Guenily (ou Guennili), dite jadis Guern-ilis Penity ou Ilis-ar-Vern, sous le vocable de Notre-Dame de Vrai-Secours, est située au bord de l’ancienne route de Châteaulin à Pleyben, à cinq kilomètres du bourg, en l’ancien fief de Treffzéguidy.

Rien de précis sur la fondation de cet édifice : d’après une tradition, elle serait due à un voeu fait par l’un des seigneurs du château voisin de Trézéguidy durant sa captivité pendant les Croisades ! On croit généralement aussi qu’il y a eu, à l’origine, à Guernilis, un prieuré : le village proche de la chapelle, appelé le Moustoir (moustier, de monasterium), où encore jadis le manoir du Guern, indiquerait le lieu de résidence des religieux desservant ce prieuré. Ce village aurait donné son nom à la chapelle : Guern-ilis, Ilis-ar-Vern.

La date la plus ancienne concernant la chapelle nous est fournie par un ancien soubassement de calvaire gisant dans l'enclos. Cette date est : 1577, surmontée d’une autre : 1821, rappelant apparemment une restauration du calvaire.

Les registres paroissiaux, à la date du 25 Janvier 1655, font mention d’une célébration de mariage en la chapelle, après licence obtenue de l’officialité de Cornouaille.

L’édifice, menaçant ruine, fut rebâti en 1689, comme l’indique la date inscrite au pignon de l’abside.

Le seigneur baron de Tréziguidy (ou Trézéguidy), comme premier prééminencier de la chapelle, fit les avances d’argent nécessaires à la reconstruction, que lui soldèrent, dans la suite, les fabriciens de la chapelle.

En 1691 et en 1699, des, travaux de lambrissage et d’embellissement y furent exécutés par Jean le Séven et Jean Cévaër, artisans de Pleyben, qui sculptèrent les autels.

Jadis on y célébrait plusieurs pardons par an : le 19 Mars, fête de saint Joseph, le 1er Mai, fête des saints apôtres Jacques et Philippe, le 25 Août, fête de saint Barthélémy, et aux jours de fête de Notre-Dame, spécialement le 25 Mars.

La messe des jours de pardon était tarifiée 5 sols pour la messe basse ou matinale, 10 sols pour la messe chantée.

Des nombreux pardons qui se célébraient autrefois à Guennili, deux se maintinrent après la Révolution : celui du premier dimanche de Mai, et celui du 8 Septembre. Ce dernier a été supprimé vers 1842.

La chapelle de Notre-Dame de Guennili fut vendue comme bien national, le 25 Thermidor an IV, à Guillaume Moulin, cultivateur de Kergogan, qui la revendit le 28 Floréal an XII (28 Avril 1804), à Allain Hascoët de Kerdreux, François le Léon, de Moguen et autres, contre la somme de 60 francs, montant des francs l’achat avancés par lui, ce pour en empêcher la profanation. Les nouveaux acquéreurs remirent la chapelle et ses dépendances à la commune, qui les restitua à l'Église.

Notre-Dame de Guennili était desservie les jours de dimanche et fêtes par un prêtre, chapelain ou auxiliaire, rétribué pour ce service, et résidant d’ordinaire dans le voisinage même de la chapelle." (H. Pérennès)

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les trois autels, timbrés à leur sommet des armes de Paul de Kerlec'h et de Catherine-Françoise Fouquet, Seigneur et Dame de Trézéguidy, furent exécutés en 1698 par Jean Cévaër, sculpteur, et Jean Le Séven, menuisier.

Le retable du maître-autel a été restauré en 2002.

 

Les armes de Trézéguidy se voient dans l'une des fenêtres en alliance avec celles de Montdragon, rappelant l'alliance de Troïlus de Montdragon et de Françoise de la Palue, vers 1520.

Voir le gisant de Troïlus de Montdragon :

http://www.lavieb-aile.com/2017/08/le-gisant-de-troilus-de-mondragon-au-musee-departemental-breton-de-quimper.html

Statues en bois polychrome : Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Guenily, dans le retable à quatre pilastres cannelés du maître-autel .

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Paul de Kerlec'h.

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Selon La Garancière, "La famille de Kerlec'h est d'antiquité chevaleresque, issue en juveigneurie de la maison du Chastel, originaire de la paroisse de Ploudalmézeau, la famille de Kerlec'h fut l'une des plus illustres du pays de Léon. Lors de la réformation de 1671 elle fut reconnue noble et d'ancienne extraction chevaleresque, avec onze générations. Vivaient au milieu du XVIIème siècle : Messire René de Kerlec'h, chevalier seigneur de Tressiguidy, marié à demoiselle Françoise Hay de Coëtlan ; — Paul, son fils, marié : 1° à Vincente de Kerguézay, et 2° à [Catherine] Fouquet ; — Messire François de Kerlec'h, seigneur du Plessix, frère de René. — Messire Alain de Kerlec'h, chevalier, seigneur du Rusquec, marié à demoiselle Renée de Lannion, dont : Pierre-Claude de Kerlec'h, chevalier, seigneur du Rusquec, marié à Louise de Kersulguen, et Renée de Kerlec'h qui fut mariée à Claude du Perrier, seigneur du Menez ; etc..

Cette famille est éteinte dans toutes ses branches.

Armes anciennes : D'azur à dix sonnettes d'argent, 4. 3. 2. 1. Armes modernes : Du CHASTEL. (Fascé d'or et de gueules de six pièces) surmonté d'un lambel d'azur."

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Mais les armoiries représentées ici ne comportent pas des fasces, mais des burelles, et elles sont dépourvues du lambel.

Paul de Kerlech naît le 9 avril 1637 et est décédé après le 20 mai 1669 . Il est le fils de René de Kerlech †1665/1669 , baron de Trésiguidy, seigneur du Plessix et de Françoise Hay de Coetlay . Il est le jumeau de Magdalaine (qui épouse en 1663 Morice de Kermoesan). 

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Paul de Kerlec'h , baron de Trezeguidy, épousa Vincente de Kerguezay  puis Catherine-Françoise Fouquet de La Bouchefolière, née le 21 janvier 1668 – Saint-Germain,Rennes, baptisée le 30 janvier 1668 – Saint-Germain,Rennes, décédée à Pleyben en 1726 à l'âge de 58 ans , fille de François Fouquet, seigneur de La Bouchefolière ca 1632-1679 et de Françoise Oriot, dame de Kergoët †1668, veuve de Paul de Kerlec'h et remariée le 1er mars 1706 avec Maurice-Joseph Avril, sieur de La Chauvière 1678-1748 (sans postérité) . http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=10295 

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La tradition orale le dit présent à la noyade accidentelle sur l'Aulne, au moulin de Tréziguidy, en 1693, de 61   victimes. Ce drame est rappelé dans le vitrail réalisé en 1993 par Jean-Pierre Le Bihan de Quimper.

"Désireux de rentrer chez eux, après les processions religieuses ayant eu lieu dans la journée à Lothey, des centaines de paroissiens empruntent chaque année une embarcation depuis le vieux bourg de Lothey pour rejoindre Trésiguidy (et les installations du moulin facilitant l'embarquement), plutôt que d'emprunter le chemin plus long et abrupt menant au plateau de Pleyben.  Mais en ce soir du 26 juillet 1693, l’embarcation est déséquilibrée et elle coule dans l'Aulne, et avec elle 61 paroissiens de Pleyben et 16 paroissiens de Saint Ségal et Lopérec soit 80 passagers - environ - dont des familles entières."

 

 

http://traezhhatevenn.blogspot.com/2017/07/1693-naufrage-sur-laulne-tresiguidy.html



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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LA STATUAIRE.

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"Les statues en vénération à Guennili sont celles de Notre-Dame de Vrai-Secours, dominant le maître-autel, de saint Joseph, de saint Barthélemy, travesti en saint Antoine !, de saint Paul, de saint Philibert ! (jadis saint Philippe), de sainte Catherine d'Alexandrie, de saint Nicodème, de saint Eloi." (Pérénnès)

On remarque une coïncidence troublante :  les statues de Notre-Dame-de Vrai-Secours, de saint Nicodème  et de saint Éloi se retrouvent aussi à la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven. Et, dans les deux cas, on y garde le souvenir de  dons de produits agricoles ; mais à la différence de Saint-Nicodème, ceux-ci proviennent ici moins de l'élevage de vaches et de chevaux (avec le crin et le beurre) que des cultures de céréales et de légumes.

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-ix-le-retable-de-saint-eloi-et-sa-statue-dans-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-x.le-retable-de-saint-isidore-et-sa-statue-dans-le-transept-nord-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

"Les offrandes des fidèles étaient de diverses natures : les unes, constituées en espèces, provenaient surtout des « testaments » ou legs volontaires, dont on compte 47 en 1694. On relève parmi les autres oblations celles de chemises, légumes, habits, bride de cheval, lattes et tuiles, puis de pierres forinales (à four), de la valeur de 12 livres deux sols.

Il y avait aussi la « renderie » ou quête de fil, lin et chanvre, dont le revenu était variable suivant les époques, de 10 à 27 livres par an. Les collecteurs du fil recevaient, en 1688, 24 sols, en dédommagement « d’avoir amassé le dict fil », à travers les villages de la trêve.

Les revenus de la chapelle étaient importants : en 1689, de 490 livres, en 1782, de 917 livres, 10 sols, 4 deniers. En 1734, le Pape Clément XII accordait à la chapelle le bénéfice d’une indulgence plénière, par bref du 18 Août, conservé aux archives paroissiales." (Pérénnès)

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Nicodème, habillé en notable Juif, tient la couronne d'épines.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Éloi.

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Vêtu du tablier de maréchal-ferrand, il tient dans la main gauche la patte de cheval qu'il doit ferrer.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Barthélémy et son couteau de dépeçage.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Paul.

"Les statues  de saint Paul et de sainte Catherine, surmontant les autels latéraux, y ont été placées par les seigneurs de Trézéguidy, Paul de Kerlec'h et Catherine-Françoise Fouquet, en l'honneur de leurs patrons respectifs. Les armoiries de ces donateurs sont reproduites au sommet des trois autels de la chapelle.".(Pérénnès)

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Philibert.

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Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La cloche MARIE JEANNE JOSEPHINE  a été fondue à Quimper

On y lit le nom de LEVAREC DU MENONT.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle de Guénily en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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PÉRÉNNÈS (Henri), 1938,   Pleyben (Notices des paroisses du diocèse de Quimper et de Léon). Dans : Bulletin de la commission diocésaine d´architecture et d´archéologie,

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

 

 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 14:23
La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. L'édifice (XVIe, 1662, 1731, 1776, 1808,...)

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SITUATION. LECTURE DU PAYSAGE.

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La chapelle de Saint-Laurent,  en forme de croix avec un petit clocheton mur, est située à 1,500 mètres au Nord-Ouest du bourg de Pleyben , à une altitude de 85m. La fontaine alimente un ruisseau formant la rivière du Vernic, affluent de l'Aulne qui s'écoule du nord-est vers le sud-ouest. 

On retrouve donc une situation fréquente, où le sanctuaire domine à près de 100 mètres d'altitude un cours d'eau boisé (Saint-Côme et Saint-Jean à Saint-Nic, Saint-Dispar à Dinéault,  le bourg ou la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal, la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven, etc...) qui se jette vers l'Aulne ou vers la mer. Il succède souvent à un premier sanctuaire, voire à un ermitage, dont les traces sont suspectées plutôt que patentes.

http://www.sage-aulne.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=4&Itemid=143

Ces vallons souvent émaillés de moulins servaient de voies de communications, et la route actuelle qui relie la chapelle avec Pleyben  suit le tracé du ruisseau.

La situation dominante du lieu est marquée par le toponyme du lieu bâti le plus proche, celui de Rozalghen (2019) dont les cartes donnent les variantes  Rosalaguer (1820-1866), Rosalguen ?? (Cassini, v. 1770), Rosaleguen (1950), puisque la racine roz ou ros signifie colline  (vieux-breton "tertre, hauteur"). C'est le cas de Rozarnou à Dinéault pour la chapelle Saint-Dispar.

"Le mot roz, signifiant montagne à pente généralement uniforme, sert à désigner Roz du (Botmeur), Roz ar yar (Plounéour), Roz an eol (La Feuillée), Roz ampaou (Brasparts). Les collines granitiques appelées roz forment une sorte de gradin entre les sommets et les bas-fonds marécageux. Ces roz étaient, à cause de la pente moins forte, les seules terres que l'homme pût cultiver au centre de l'Arrée. Ainsi depuis Botcador (en Botmeur) jusqu'à Tréludon s'étire une traînée de villages entourés d'un peu de verdure et de maigres champs. Par ex. le village de Kerbruc est abrité par trois roz : roz du, roz uihan et roz vras. Menez, c'est-à-dire la montagne au sommet arrondi, est moins fréquent : Les Menez et Menez quilliou en Plounéour. Reun est employé quand on considère la pente moyenne régulièrement inclinée : Le Reuniou (Berrien). "

Annik Toberne, La toponymie forestière des Monts d'Arrée , Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1954  61-2  pp. 407-415 https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1954_num_61_2_1970

 

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.983676&y=48.228033&z=14&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

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PRÉSENTATION.

Notice en ligne par l'enquête de l'Inventaire Général.

 

Édifice de plan en croix latine, avec bras de transept très allongés et chevet peu saillant. Chevet et bras nord étayés par d´imposants contreforts. Nef éclairée au nord par une seule ouverture en arc brisé. Bras de transept accessibles par des portes (en arc brisé au sud, plein cintre mouluré au nord) et éclairés par des fenêtres (deux au sud, une au nord) en arc brisé à réseau flamboyant. Maîtresse-vitre en arc brisé à réseau flamboyant. Porte de la sacristie dans-oeuvre en arc brisé. Sol couvert de dalles de schiste. Sablières sculptées (sauf dans la nef). Charpente à arbalétriers courbes et entraits retroussés à engoulants, clés pendantes sculptées (fleurons, têtes d´angelots). Blochets figurant des anges portant les instruments de la Passion à la croisée du transept.

Fontaine bâtie dans les années 1640 (date en partie illisible), remontée,  couverte d´une voûte en plein cintre abritant une statue moderne..

granite , schiste , grès pierre de taille , moellon 

L´édifice, comme toutes les chapelles communales, a bénéficié du don de Madame Le Douzen pour sa restauration (mobilier compris) en 1992. Vitraux réalisés en 1992 par M. Le Bihan de Quimper. Mobilier de grande qualité et d´intérêt patrimonial.

 

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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I. L'HISTOIRE : LES INSCRIPTIONS.

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1°) La bulle d'indulgence de 1500 : une première restauration d'un édifice plus ancien.

On ne connaît rien de la fondation de la chapelle, mais elle doit remonter au-delà du XVIème siècle, puisqu’en l'an 1500, il était question de faire d’importantes réparation, comme en fait foi une bulle d’indulgences découverte aux Archives départementales et signée de 22 cardinaux, diacres et évêques.

Dans cette bulle, la chapelle est dite de Saint-Tugdual : on y signale les fêtes de Saint Marc, évangéliste, de Saint Tugdual, de Saint Laurent, de Saint Roch, comme y étant célébrées. La bulle est obtenue par Noble Fiacre Leinloët, clerc du diocèse de Quimper, en faveur des restaurations à effectuer à la dite chapelle.

Elle conserve de cette époque  le plan en croix  ainsi que plusieurs éléments (niche crédence nord, portes nord, sud et est, porte de la sacristie).

 

2°) Deuxième  mention en 1652, registre paroissial.

On relève aux registres paroissiaux de l'an 1652 qu’on trouva sur l’autel de la chapelle « ung enffant emmailloté dans des drapeaux, dont on ne cognoit ny père ny mère, et qui estoit une fille ».

 

3°)  En 1662, un document d'archive signale une nouvelle restauration : la chapelle est grandement reconstruite.

La bulle de 1500 fut utilisée à nouveau en 1662, lors d’une nouvelle restauration ; elle fut alors retranscrite, et la chapelle y est, cette fois, dite de « Monsieur Saint Laurent ».

Ce sanctuaire a porté les noms de Saint-Pabu ou Tugdual et de Saint-Laurent indifféremment, jusqu’en 1756, où elle s’est appelée définitivement chapelle de Saint-Laurent.

 

Le recteur de Pleyben était alors (de 1662 à 1682) Jean-Baptiste de Kerret, sieur du Carpont.

— Fils de Philippe de Kerret et de dame Julienne de Boisguehenneuc, seigneurs de Quillien, le Birit et autres lieux, Messire Jean-Baptiste de Kerret continua l'oeuvre d'ornementation, et d'embellissement commencée par Messire Coffec.

Il fit construire par les frères Le Déan, de Quimper, en 1666, le magnifique retable à tourelles du maître-autel, fit fondre sur place 4 cloches par Maître Hervé Léonard, fondeur, de Nantes.

En 1679, il passait marché avec le sieur Jégouïc, du Haut-Corlay, pour une grande horloge à placer dans la grande tour. Il eut soin également des âmes qui lui étaient confiées, en leur faisant donner deux missions par le Père Maunoir, en 1665 et 1676.

Il fit reconstruire, en 1662, la chapelle de Saint-Pabu (Saint-Laurent).

Les deux missions du père jésuite Julien Maunoir à Pleyben sont importantes à considérer, pour l'influence qu'il exerça sur la pratique religieuse, et, sans doute, sur les choix iconographiques qui s'ensuivirent. En 1665, il était accompagné de 50 missionnaires. Il mourut en 1683, et parmi les guérisons miraculeuses que G. Le Roux lui attribut après sa mort, il faut citer à Pleyben celle de Jean Pezron, qui avait été 13 ans sans marcher, de Louise Cozan, qui avait perdu la parole,  et surtout celle du recteur René de Kerret (cf. infra), qui " avait été pendant trois ans entiers fort incommodé d'une fluxion à la gorge , sans pouvoir trouver de remède ; il se voua au P. Maunoir ; il commença une neuvaine à son cœur au collège de Quimper , et le troisième jour de la neuvaine il se trouva parfaitement guéri. Il signa sa déposition à Plevin , le 21 de Juin 1685". Ce qui démontre combien le clergé de Pleyben avait été fasciné par le missionnaire. (Source)

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3°) Réfection de la charpente en 1686, Guillaume Coadour étant fabricien.

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La première inscription est celle inscrite sur la sablière (ou corniche) du bras nord du transept. Elle signale la réfection de la belle charpente en carène inversée sous la direction  du  fabricien, Guillaume Coadour  en même temps que les baies est.

On lit, gravé en creux  dans un cartouche  orné de volutes:

GVIL : COADOVR

FABRI : 1686

Soit Guillaume Coadour, fabricien en 1686.

Il s'agit sans doute de Guillaume Coadour, né en 1615, époux de Catherine PAIGE et père le 20 décembre  1642 d'Yvon  et en 1644 de Marie Coadour (Généalogie Michel Charoupis). Les parrain et marraine d'Yvon étaient Yvon LE BORGNE et Margaritte Coadour.

 

Le recteur était alors René de Kerret, frère du recteur précédent, Matthieu de Kerret, et fils d'Alexandre de K. et de Claude Mahaut, seigneur et dame de Chasteaunoir en Braspart.

René de Kerret était né à Pleyben le 10 mars 1657, il fut recteur de Pleyben de 1685 à 1690 avant d'être nommé à Plouarzel. Il commanda à Thomas Dallam de nouvelles orgues pour l'église de Pleyben. 

https://gw.geneanet.org/basset8?lang=fr&n=de+kerret&nz=basset&ocz=0&p=alexandre&pz=veronique+jeanne+camille+agnes&type=fiche

https://gw.geneanet.org/jcbo?lang=en&p=mathieu&n=de+kerret

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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4°) Réfection du pignon ouest en 1731 par I. Favennec.

L'inscription et la date sont portées au dessus de la porte ouest. La même année, le clocheton fut refait, avec obstruction de l´oculus.

L'inscription en lettres capitales romaines est en réserve dans un cartouche carré sur quatre lignes séparées par des réglures

FAITFA.

IREPAR. I .

FAVENN

ECF 1731

Soit FAIT FAIRE PAR I. FAVENNEC F 1731, soit Fait faire par I. Favennec, fabricien en 1731.

On peut suspecter le prénom IAN (Jean). Il appartient à une famille très souvent citée à Pleyben, soit comme fabricien (Nouel Favennec, fabrique de l'église Saint-Germain  en 1725, inscrit son nom sur l'arc de triomphe), soit comme prêtre (Hierosme Le Favennec en 1595, Nouel Favennec  entre 1695 et 1724), soit comme architecte et maçon ( maîtres François et son frère Germain Favennec, architecte et maçon, tous deux de Pleyben en 1718, puis Paul), soit comme habitant.

François Favennec demeure à Lelesguen.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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On comparera cette inscription avec celle conservée sur le linteau à coté  de l'Office du Tourisme de Pleyben, autour d'un calice indiquant que son auteur est un prêtre ( Noël Favennec) :

FAIT : FAIRE : PAR

MIRE : N : FAVENNEC

PTRE : CVRE : LAN 1709.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Inscription de la cloche de 1776.

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La date est signalée par Couffon, je n'ai pu la lire sur mes photos.

J'AI ETE FONDUE A BREST EN [1776]

[YVES CANSOT] CURE ET RECTEUR DE SAINT LAURANT EN PLEYBEN 

/ STE ---EUR MICHEL RANNOU FABRICIEN

Décor : un crucifix.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'inscription au dessus de la maîtresse-vitre : FAIT FAIRE PAR GUILLAUME LE MOULIN 1808 : 

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Vendue pendant la Révolution, la chapelle de Saint-Laurent fut remise à la commune le 21 nivôse an X [janvier 1802], par Françoise le Gall, veuve de Guillaume le Moulin, de Kergogant, qui s’en était rendu acquéreur en secondes mains, le premier acquéreur se nommant Jacques Kergoat, de Botlan. Guillaume le Moulin l’avait achetée à ce dernier dans l’intention d’en empêcher la profanation.

Je n'ai pas photographié cette inscription.

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De 1724 à 1781, la chapelle reçut de fréquentes et coûteuses réparations : en 1861, elle était à peu près écroulée, et on dut la reconstruire en partie pour un devis de 2.500 francs.

Jadis il était de tradition que la procession du Saint-Sacrement se rendît du bourg à la chapelle, le dimanche dans l'octave du Sacre, où avait lieu le pardon de Saint Papu ou Tugdual. Aujourd’hui, seule la procession des Rogations s’y rend.

La chapelle était desservie par un chapelain, qui recevait 18 livres 15 sols par an pour ses fonctions.

Le pardon de Saint-Laurent a lieu le deuxième dimanche d'Août, aux environs de la fête du saint diacre (10 Août).

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LA STATUAIRE.

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On  compte dans la chapelle abrite les statues de Saint-Laurent, la Vierge-Mère, saint Pierre, saint Pabu, saint Cado et saint Suliau, pour la plupart placés autour des trois autels de pierre.

Le maître-autel est accosté de deux niches soit enguirlandées de festons, soit munies de statuettes des apôtres .

 

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La statue de saint Pabu et sa niche : bois polychrome, XVIe siècle.

Saint Pabu, c'est saint Tugdual ou Tuwal, l'un des sept saints fondateurs de la Bretagne ; il aurait débarqué à Trébabu au VIe siècle avec 72 religieux du Pays de Galles pour évangéliser les Bretons, il aurait fondé son ermitage à Saint-Pabu, etc...

 Saint Pabu est représenté en évêque de Tréguier, dont il fut le premier prélat en 550.

La bordure de sa chape pluviale est ornée des figures en bas-relief de saint Etienne, saint Jean-Baptiste, un saint évêque, et saint Fiacre.

Sa niche comporte les figures en moyen-relief les douze apôtres ; on voit à gauche de bas en haut saint Thomas et son équerre, saint Simon et sa scie, saint Barthélémy et son coutelas, saint Jean et son calice, saint André et sa croix, saint Pierre et sa clef. À droite, saint Jacques et son bâton de foulon, un saint (Thaddée Jude ?) et son bâton, saint Matthieu et sa lance,  saint Philippe et sa croix, saint Jacques le Majeur et son bourdon, et saint Paul avec son épée, en face de saint Pierre.

Au sommet, trois masques à linges et palmettes.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Laurent et sa niche. Bois polychrome, XVIIe.

Il porte la dalmatique de diacre, tient un livre, la palme du martyr et le grill de son supplice.

Niche à guirlandes.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Laurent, son livre, sa palme  et son grill. Bois polychrome, XVIIe.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Laurent et son grill. Bois polychrome.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La Vierge à l'Enfant. Bois polychrome, fin XVe.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Cadou en abbé, XVIIIe (Couffon).

Ce gallois  fonda l'abbaye de Llancarfan (où furent formés saint Brandan et saint Malo) et vint en Bretagne au VIe siècle avant de devenir évêque de Bénévent en Italie, où il fut assassiné par les Barbares.

Selon le BDHA, les statues de Saint Sulliau et de Saint Cadou proviennent de deux chapelles tombées en ruines et dédiées au culte de ces deux saints bretons.

 

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Suliau, bois polychrome, XVIe-XVIIe siècle.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Un des quatre évangélistes rédigeant son évangile,  sans son symbole. Bois polychrome.

Il s'agit vraisemblablement de saint Marc, dont  la fête  était célébrée ici, comme l'atteste  une bulle de 1500.

 

 

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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L'évangéliste Marc et son lion. Kersantite polychrome.

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C'est, avec celle de la Vierge, la statue la plus remarquable. Saint Marc est assis sur un siège dont nous ne voyons que le montant gauche, montant à degrès sur lequel Marc pose le pied gauche.

Il est coiffé d'un bonnet rond singulier, puisqu'il se prolonge devant la poitrine par deux pointes et entoure le cou sous la barbe. Ce bonnet s'intègre à un camail plissé.

Il caresse son lion, qui est dressé sur ses postérieures tandis que les antérieures s'appuient sur le bras du fauteuil, et celui de l'évangéliste. La queue du lion, droite et longue, passe entre l'arrière-train en diagonale sur les pieds de Marc.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Inscription S. MARC PRIE POVR NOVS

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LA CHARPENTE, SES ABOUTS DE POINÇON, SES BLOCHETS ET SES SABLIÈRES.

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Voir sur les sablières bretonnes :

 

— Sur les sablières et sculptures du Maître de Pleyben :

 

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Les sablières du Maître de Saint-Nic (1641-1675:

 

 

 

Pour s'en tenir à Pleyben et aux paroisses voisines, cette charpente datée de 1686 se place un siècle après celle de l'église de Pleyben et de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal, de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom sculptées par les Maître de Pleyben entre 1570 et 1580 environ. Elle est postérieure à celle de l'église de Plomodiern (Brélivet 1564), . Par contre, elle se rapproche des dates de celle de la chapelle Saint-Côme à Saint-Nic, réalisée entre 1641 et 1675, ou de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, datée de 1653, ou de celle de Trégarvan (1670), dont les sablières sont de la même main .

On  retrouve ici, pour les éléments figurés,  un style altéré mais néanmoins évocateur du sculpteur de ces chapelles, avec  les angelots sculptés de face et les visages bilobés. Mais le décor y est fruste, répétitif. L'admirable travail du charpentier n'est pas, par bonheur, caché par un lambris.

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"A la croisée du transept, beau poinçon de charpente, sculpté et peint (des têtes d'anges sur les côtés, des armoiries à six besants en dessous) et deux blochets sur quatre conservés (anges porteurs de la croix et de la couronne d'épines). Seul le transept a gardé sa charpente ancienne, ses entraits engoulés et ses sablières sculptées ; sur l'une de celles-ci, à gauche du choeur, inscription : "GVIL. COADOVR/ FABRI. 1686". Au chevet, fenêtre flamboyante et, au pignon du transept sud, porte en anse de panier. Charpente en carène renversée avec sablières et anges-blochets." (Couffon)

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La clef pendante de la croisée du transept.

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Quatre anges présentent une couronne contenant, dans deux palmes, un blason à six besants.

Ces armoiries n'ont pas été attribuées. Elles diffèrent de celles de la famille du Bouëtiez de Kerorguen, qui posséda en 1553 la trève de Lannélec en Pleyben. Ils blasonnaient d'azur à deux fasces d'argent accompagnées de six besants d'or.

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Les anges, qui sont coiffés d'un diadème, ont un visage bilobé, en cosse d'arachide.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les blochets de la croisée du transept : deux anges.

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1°) Ange présentant la croix.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Ange présentant un livre.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Les sablières et leur décor d'angelots.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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La charpente.

On comparera la charpente du transept avec celle de la nef.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

ABGRALL

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a0a5651f868070445ed8e54fb7eecff8.pdf

 

 

 


 


 

https://gw.geneanet.org/edouardpareja?lang=en&iz=3&p=gilles&n=coadour

https://gw.geneanet.org/coadour?n=coadour&oc=1&p=yvon

Guillaume Le Moulin (1620-1687), notaire royal

https://gw.geneanet.org/zardoz?lang=en&n=le+moulin&oc=1&p=guillaume

 

SOURCES ET LIENS.

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PEYRON, Paul, . Pleyben (Notices des paroisses du diocèse de Quimper et de Léon). Dans : Bulletin de la commission diocésaine d´architecture et d´archéologie, 1938

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

 

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel),

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-laurent/1e9b5ce0-97b9-4c88-8458-e7734af71ac5

 

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Published by jean-yves cordier - dans Pleyben Chapelles bretonnes. Sablières
30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 15:46

La chapelle Saint-Laurent de Rozalghen en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Voir aussi sur Pleyben :

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Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

et : La Déploration à 6 personnages de Plourin par les Prigent  Les 3 larmes.

Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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« Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, de leurs Vierges de Pitié, et de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés. L'appartenance au même atelier de Bastien et Henri Prigent se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus." (Le Seac'h p. 140)

 

 

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PRÉSENTATION.

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Parmi les 24 croix et calvaires repérés à Pleyben, (y compris ceux  dont ne subsistent que les socles, à Guénily (1577 et 1821) et à Keryunet (1633),  19 sont des croix, cinq des calvaires. Ils sont répartis de manière à peu près uniforme sur l'ensemble du territoire communal, à l'exception du quart nord-ouest et de la frange centrale est qui en sont dépourvus.

Les cinq calvaires datent du 16e siècle. Quatre d'entre eux  sont composés de plusieurs personnages sur croisillon, ceux des  chapelles de  Garz Maria, de Lannélec et et de la chapelle Saint-Laurent à Rozalghen,  et celui de Kerflouz. Quant au calvaire monumental de l´ enclos paroissial, réalisé par l'atelier Prigent en 1555,  une trentaine de scènes de l´Évangile couronnent et surplombent le grand massif architecturé reposant sur quatre imposants contreforts.

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La chapelle Saint-Laurent (autrefois consacrée à saint Pabu et à Saint Tugdual) est située à 1,5 km du bourg de Pleyben. On ne connaît rien de sa fondation, mais elle doit remonter au-delà du XVIème siècle, puisqu’en l'an 1500, il était question de faire d’importantes réparation, comme en fait foi une bulle d’indulgences découverte aux Archives départementales et signée de 22 cardinaux, diacres et évêques. Elle est mentionnée dès 1550, restaurée en 1662 et reconstruite en 1731.

Le calvaire est certainement le principal témoin encore visible de la construction du XVIe siècle,  plus spectaculaires que la niche crédence nord, ou les portes nord, sud et est qui sont conservés dans la chapelle.

Il est attribué à un atelier de sculpture de la pierre de Kersanton, établi à Landerneau et actif entre 1522 et 1577, celui de Bastien Prigent, et de son fils (ou frère) Henri. L'un des critères les plus sûrs de cette attribution est la présence des larmes qui s'écoulent des joues de la Vierge et de Jean au pied du Crucifix. Si on se base sur le fait, bien documenté, que cet atelier a construit le calvaire monumental de l'église de Pleyben en 1555, après avoir fait celui de Plougonven en 1554, ou encore que leur compagnon Fayet, qui partage les mêmes caractéristiques stylistiques, a fait celui de Lopérec (à 10 km de Pleyben) en 1552, il est raisonnable de dater celui de la chapelle Saint-Laurent des années 1550-1560.

Il se trouve que ces trois larmes figurent aussi sur les deux  calvaires de Saint-Ségal (une ancienne trève de Pleyben), celui du bourg et celui de la chapelle Saint-Sébastien daté entre 1541 et 1554. Ces larmes forment donc un motif récurrent, un fil rouge de reconnaissance d'un artiste dont il faut savoir examiner de près la production.

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

 

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DESCRIPTION

Sur un emmarchement en moellon de schiste à trois degrés hauts, puis sur un socle cubique, un fût rond à écots en granite porte le croisillon aux deux statues géminées (Vierge - saint Laurent et saint Jean - saint évêque) entourant le Christ en croix avec au revers le Christ ressuscité ; ces parties figurées sont  en kersantite, dont la couleur sombre se repère aisément. Le calvaire atteint 6 m de haut.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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LA FACE OCCIDENTALE DU CALVAIRE : LA VIERGE ET JEAN AUTOUR DU CRUCIFIÉ.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Le Crucifié est au centre sous le titulus (le panonceau portant les lettres INRI) et au dessus de deux anges recueillant le sang s'écoulant des pieds dans un calice qu'ils tiennent ensemble.

Un autre ange est agenouillé mains jointes au sommet de la croix, comme un gentil oiseau venu se poser là ; hélas, il a perdu la tête, et des lichens foliacés grisâtres tentent maladroitement de le consoler. On remarquera la façon dont il a fait bouffer sa robe au dessus de la ceinture, en plis godronnés charmants.

Du Christ, nous remarquons tous les détails qui font le style de Bastien Prigent, et dont il faut énumérer à chaque fois la litanie. La couronne est tressée en brins parallèles et non croisés ; la barbe est peignée drue avec des mèches radiantes ; les cheveux tombent sur les épaules (devant les épaules de chaque coté, et non en avant à droite et en arrière à gauche comme chez Doré) en laissant un espace entre le cou et les grosses baguettes des mèches ; les yeux sont clos, la bouche entrouverte, la tête inclinée à droite, mais ce n'est guère spécifique ; les côtes sont étirés horizontalement par le supplice des bras crucifiés ; le nombril est un petit bouton ; le pagne forme trois plis horizontaux en vague qui se nouent sur le coté gauche ; et les jambes à peine fléchies sont fixées par un seul clou, pied droit au dessus.

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Le bras de la croix s'achève par des cylindres bien frustes, sans fleuron ni boule à godrons.

Rien oublié ? On continue.

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La Vierge.

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Avant tout (mais il faut parfois l'observer aux jumelles), il faut remarquer les fameuses trois larmes, en pendeloque, celle du milieu plus longue que les deux autres. 

Puis, le voile bien reconnaissable, mais qu'Emmanuelle Le Seac'h ne décrit que par l'adjectif "coqué" que le CNRTL ou l'Académie ignorent. Je ne sais pas ce qu'est un "voile coqué", j'imagine une coque de noisette coupée en deux, le Wiktionnaire renvoie au renfort de l'extrémité d'une chaussure, mais avec un peu d'intuition et la confrontation aux images qu'elle commentent, je comprends que Le Seac'h souligne le coté rigide, et la forme en boite presque carrée du voile.

Mon repère stylistique est plutôt le repli de l'étoffe au dessus de la tête.

On peut passer rapidement sur les yeux "en amande" (guère significatif) ou la bouche entrouverte. Le visage est figé, peu expressif, ce qui, paradoxalement, est bien expressif de la déréliction et  de l'anéantissement émotionnel de Marie.

Il faut ensuite remarquer la guimpe, cette pièce de toile cachant la poitrine et remontant sur le cou jusqu'à la gorge.

Sous le manteau à étoffe épaisse mais animé à droite de plis en courbes, la robe est très simple, juste serrée à la taille par une ceinture d'étoffe nouée. Le pied droit qui s'avance compense par son mouvement timide l'allure sévère et triste de la Vierge.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Saint Jean.

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Il contraste avec Marie par sa posture redressée, la tête levée et tournée vers le visage du Christ, et par ses deux bras écartés.

De même, son costume attire le regard par ses accessoires.

Mais à tout seigneur... les trois larmes, bien-sûr !

Et puis l'arcade sourcilière découpée comme par un tranchet sur de l'argile, les yeux en pruneaux, les narines qui hument le vent, la bouche entrouverte, les cheveux mi-longs qui moutonnent sur le front, le visage rectangulaire au dessus d'un petit menton pointu.

Prigent aime les boutons et les boutonnières en S. Il s'en prive ici au profit de l'attache du manteau, et du plumier d'écrivain glissé dans la ceinture avec son encrier au bout de deux cordons. C'est l'attribut du rédacteur de l'évangile (et de l'Apocalypse). Il remplace ici, et c'est mieux choisi, le livre que Jean tient sous son aisselle à Plougonven.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Bastien Prigent a donné ici la même statue que pour le calvaire de Pleyben : un autre indice pour dater ce calvaire de 1555 environ.

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Calvaire de Pleyben (B. Prigent, 1555). Photo lavieb-aile

 

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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LA FACE ORIENTALE DU CALVAIRE : LE CHRIST, SAINT LAURENT ET SAINT GERMAIN/PABU.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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1°) Le Christ ressuscité montrant ses plaies.

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On trouve  beaucoup plus souvent au revers du Crucifié de l'atelier Prigent le Christ aux liens, ou la Vierge à l'Enfant, ou une pietà. Cette sculpture est originale car si le Christ montre sa plaie du flanc et celle de sa paume gauche (comme dans les Apparitions, notamment à Thomas), ce n'est pas un Christ Ressuscité, au nimbe crucifère, vêtu du manteau, portant l'étendard de sa victoire, ou enjambant le tombeau. Il porte encore le pagne ou perizonium de la Croix, (exactement le même qu'au verso).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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Saint Laurent.

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Le seul indice affirmant qu'il s'agit bien de lui est sa tenue de diacre (la dalmatique). Que ne tient-il pas son grill, ou du moins la palme, plutôt que ce chapelet ! Et pourquoi se tenir les coudes, laissant croire que ses bras sont liés ? Tels sont les mystères qui donnent à l'iconographe tout le charme de sa tâche : point de routine !

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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[Saint Germain ou] saint Pabu .

C'est, objectivement,  un évêque ou un abbé, et même, puisqu'il accède au croisillon d'un calvaire, un saint évêque ou un saint abbé. Guénolé ? Corentin ? 

Mais nous sommes à 1,5 km à vol d'ange du calvaire de l'église de Pleyben, dédiée à saint Germain. Je serai prêt à parier ma souris ou mon clavier (j'ai jeté le plumier et l'encrier aux orties) qu'il s'agit donc ici du patron de la paroisse, au coté du patron de la chapelle. Celui dont Bastien Prigent a sculpté la statue (aujourd'hui au dessus du porche de l'église).

Oui, mais sitôt entré dans la chapelle, nous trouvons, dans le chœur, les statues de saint Laurent à droite et de saint Pabu à gauche : ce dernier y est représenté en évêque, et son nom est clairement inscrit sur la niche qui l'abrite.

Tout réfléchi, je vote pour saint Pabu, premier titulaire de la chapelle.

 

Il est mitré (les fanons de la mitre couvrent ses épaules), il porte la chape, et tient la crosse, brisée au dessus du nœud. Il bénit le bon peuple.

Les yeux ovales et vides de pupilles, l'arcade sourcilière bien franche, le visage carré au dessus du triangle du menton qui s'affirme, la petite bouche charnue nous permettent de réciter encore une fois le vocabulaire des Prigent.

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

 

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Les sculptures du croisillon.

Les faces latérales des croisillons sont sculptés, et, de loin, on parlerait volontiers rapidement de feuillages. Mais en s'y attardant, on découvre de véritables dragons, ailés, ou un masque humain   crachant  sa tige d'une large feuille, ou le motif — qu'on voit à foison sur les sablières de Pleyben— de deux dragons dont les cous sont attachés par un collier commun.

Ces dragons, ces masques, si on les voit sur les sablières, se trouvent surtout , pour notre propos, dans les porches décorés par Henri et Bastien Prigent : ceux de Landivisiau, de Pencran, de Guipavas que j'ai déjà eu l'occasion de décrire dans ce blog.

C'est le moment d'ouvrir l'œil !

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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La chapelle Saint-Laurent en Pleyben. Le calvaire (Bastien Prigent, vers 1555).

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ANNEXE. L'ART DE SCULPTER LE KERSANTON DE L'ATELIER PRIGENT.

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Outre les porches de Pencran (1553),  de Landivisiau (1554-1565), de Guipavas (1563), outre les statues isolées de divers porches ou sanctuaires, outre le gisant de Laurent Richard à Plouvien , outre les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), on conserve de l'atelier des Prigent 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier.

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Les 10  croix et calvaires complets :

Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré. Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

-Le Tréhou, croix de l'ouest du bourg 

-Guimiliau, croix de Laguen de 1572, signée des Prigent, avec  le Crucifié avec une pietà :

-Lanhouarneau, croix de Kerlaouérat, attrib.Henri Prigent.

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages. Le Christ crucifié est entouré de la Vierge et Jean sur le croisillon.

- Saint-Servais, calvaire du sud du bourg.

2°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages (statues géminées du croisillon) ou 6 personnages (toutes les statues sont géminées, y compris celles du centre ).

-Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.

-Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié

-Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. On reconnaît ici le style de Bastien Prigent.

-Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 peronnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.

-Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous., attribué à Henri Prigent.

3°) Calvaire à deux croisillons.

-Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.

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Les 17 vestiges de croix et calvaires :

 

-Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : le Crucifié et l'ange orant, attribués à Henry Prigent  Dans la chapelle elle-même, d'autres statues de Prigent, qui faisaient partie du calvaire, sont représentées dos à dos : cellesde Saint Paul Aurélien et d'un saint non identifié, ainsi que de saint Nicolas une pietà et un "Christ ressuscité" .

-Dinéault, Calvaire de l'église Sainte Marie Madeleine. les Prigents ont travaillé sur le piédestal supportant le calvaire, Bastien Prigent a sculpté Marie-Madeleine, la tête levée vers Jésus sur la croix et Jean-l'Évangéliste debout, la tête baissée et le front plissé, tandis que François d'Assise est représenté et, à l’avant du piédestal, un bas-relief représentant un moine tenant un tissu sur lequel est gravé un visage sacré. Ces œuvres datent de 1550. Les statues sur la traverse ne sont pas de l'atelier des Prigent, mais datent de 1696 et représentent géminées des statues de la Vierge jumelées à Saint Sébastien, un évêque soutenu par un pietà, Marie-Madeleine agenouillée soulève le couvercle de son pot à onguents et Jean l'évangéliste s'associe à Saint Pierre, tandis que la sculpture de Jésus crucifié renversé avec un "Christ aux liens" est attribuée à l'atelier de Roland Doré. Ce calvaire a une hauteur de 6,00 mètres. D'autres sculptures de Prigent peuvent être vues dans l'église Sainte Marie Madeleine elle-même

 

-Guiclan, calvaires de la Croix-Neuve et de Kersaingilly. Il y a deux calvaires dans la région de Guiclan. Parmi les sculptures impliquées dans le calvaire de la Croix-Neuve, seules la statue de Sainte Véronique et la Vierge Marie avec bébé sont de l'atelier Prigent. Le calvaire est simple et contient des statues de Sainte Véronique et de la Vierge Marie avec un enfant placé de chaque côté de la représentation du Christ crucifié. Le calvaire de Kersaingilly présente des représentations de Saint Yves, le Christ crucifié inversé avec la Vierge Marie avec son enfant et Saint Gilles. L'atelier des Prigent ne travaillait que sur la statue de Saint Yves. Bastien Prigent est attribué au travail. Saint Yves est représenté dans la robe d'un avocat. Cette statue venait de La Roche-Maurice et a été ajoutée au calvaire lors de sa restauration en 1889 par Yan Larhantec.

-Guissény calvaire du cimetière de l'église. Il est inscrit "J. Habasc gouver (neur) 1555" et les statues sont attribuées à Henry Prigent. Le calvaire était à l'origine situé à la chapelle Saint-Yves à Kervézennec, mais après le pèlerinage de 1920 ("mission"), il a été érigé à Guissény par le restaurateur Donnart. Le calvaire a une représentation de la Vierge Marie adossée à une représentation de saint Yves, du Christ crucifié inversé avec un "Christ lié" et de Jean l'évangéliste soutenu d'une représentation d'un évêque. La tête de Jean l'évangéliste a disparu et la tête de l'évêque n'est pas la tête d'origine.

-Kerlouan : Croix Saint-Sauveur : Trinité de Bastien Prigent.

-La Forest-Landerneau : cimetière haut statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.

-La Forest-Landerneau : cimetière bas : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix.

-Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.

-Lanneufret : Calvaire de l'église Des statues géminées de l'atelier Prigent de la Vierge, associées à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associées à un moine, sont associées à une crucifixion du XXe siècle. 

-Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associé à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.

-Le Folgoët, musée  : vestige d'un Crucifié par Bastien Prigent.

-Plonevez-Porzay : Calvaire de l'église Le Crucifié et d'un ange portant un titulus est attribuée à l'atelier de Prigent. 

-Ploudaniel, calvaire de l'église : Dans la chapelle Saint-Éloi se trouvent les restes de deux calvaires. Il y a une statue géminée de Jean/un autre saint et un "Christ aux outrages". 

-Ploudaniel : calvaire de la chapelle Saint-Pétronille de attribué à l'atelier de Prigent avec les statues de Saint-Pétronille et de Jean l'évangéliste de Bastien Prigent et près du corps de la croix, une Marie-Madeleine attribuée à l'atelier.

-Quimper, jardin du cloître de l'église Notre-Dame de Locmaria de Quimper, restes d'un calvaire et l'atelier Prigent est attribué à une statue géminée de la Vierge/Saint-Pierre.

-Plouider, calvaire à Brondusval : Il ne reste plus grand chose du calvaire mais les statues de saint Yves, de saint Fiacre et d'un saint non identifié sont attribuées à l'atelier de Prigent. 

-Plouhinec, calvaire de la "Maison du sculpteur Quillivic" Il s’agit d’un calvaire contemporain où l’image du Christ crucifié est remplacée par la partie supérieure du cadre d’une fenêtre gothique. Le calvaire a des statues géminée de la Vierge /saint Yves et Jean

-Plouvorn, calvaire de la chapelle de Lambader : des statues de la Vierge Marie et de Marie Madeleine sont de l'atelier des Prigent qui ont également sculpté le blason d'Audren de Kerdrel et l'emblème des "Cinq-Plaies" .

 

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Les  croix et calvaires de Fayet :

A cette liste, on peut ajouter les calvaires de Fayet, un compagnon des Prigent au style « si proche de celui des sculptures des Prigent qu'il est parfois difficile de le différencier », s'il n'avait signé de son nom le calvaire de Lopérec avec la date de 1552.

Il rentre dans la liste des calvaires à deux croisillons avec la Vierge/Pierre et Jean/Marie-Madeleine en bas, les deux cavaliers de la Passion sur le 2ème croisillon et le Crucifié au dessus, avec le Christ aux liens au revers et deux anges au calice sous le Crucifié. Marie-Madeleine est au pied de la croix.

E. Le Seac'h lui attribue aussi :

-Le haut du calvaire du cimetière du calvaire de Laz : le Crucifié, les anges au calice, et l'Ecce Homo au revers.

-Le Christ mutilé de Coat-Nant en Irvillac.

-Le vestige du Crucifié du jardin du Doyenné au Folgoët.

-Le vestige du Crucifié du pignon de l'école Notre-Dame du Tromeur de Landerneau

 

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LA STYLISTIQUE « REALISTE » DE L'ATELIER PRIGENT.

Henri (frère ou fils de Bastien) est le moins habile. Bastien, par sa manières plus souple, qui produit un effet expressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme , la raideur des réalisations d' Henri.

a) Le Crucifié :

Les yeux en amande à l'arcade sourcilière cassée

Les mèches de cheveux qui ne sont pas collés au cou, laissant un vide = un espace ajouré entre les mèches de cheveu et le visage.

La couronne tressée 

Les yeux clos

Les grandes narines
La bouche charnue aux lèvres entrouvertes.

Une barbe étagée ou bifide

un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril en forme de bouton

Un pagne volant, noué sur le coté par une brande boucle

b) La Vierge

Elle porte une guimpe montant jusqu'au menton et un voile coqué.

Trois ou cinq larmes coulent sur la joue , en forme de patte d'oiseau avec une larme plus grande au milieu

Vierge de pietà : agenouillée, se tenant bien droite, le visage impassible, elle tient son Fils dans ses bras, le corps de celui-ci renversé en diagonale, en appui sur le genou de sa mère.

Marie-Madeleine agenouillée (Pleyben et Plougonven, Bastien Prigent) : tête inclinée en arrière, elle porte une robe aux plis lourds et harmonieux. Son voile a glissé sur son dos.

Par ailleurs

Visages rectangulaires ou ovales. Arcades sourcilières « aiguisées ». Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides.

 

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Fayet se distingue par :

un style sévère avec des Crucifiés raides

l'association de la statuaire gothique et d'un décor renaissance, avec les fleurons godronnés entourés d'un galon décoratif, des consoles moulurées et des feuilles d'acanthe sur les culots.

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SOURCES ET LIENS.

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BDHA 1938

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, article. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ed6c2bc160f40c8aa6e03dc9f0bdccb1.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/pleyben.html

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005, Guide des sept grands calvaires bretons, Minihy-Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLEYBEN.pdf

 

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel),

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-laurent/1e9b5ce0-97b9-4c88-8458-e7734af71ac5

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Pleyben Chapelles bretonnes. Calvaires

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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