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5 juin 2019 3 05 /06 /juin /2019 20:56

Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan. Bas-relief en kersanton et traces de polychromie, soubassement de la Déploration.

Élément d'un cycle des Apparitions du Christ après sa Résurrection. XVIe siècle.

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— Voir sur Locronan :

 

 

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PRÉSENTATION.

La chapelle du Pénity ("ermitage") de l'église de Locronan a été construite sous le règne de François II (1458-1488) et de la duchesse Anne (1488-1514). Elle abrite le cénotaphe de saint Ronan, et le regard du visiteur est happé par cette œuvre monumentale d'un kersanton sombre et lustré. Pourtant, on prend le temps d'admirer la statue du saint (XVIe), dans sa niche à droite de la maîtresse-vitre, ou celle de saint Michel en archange pesant les âmes (XVe), et la Déploration à six personnages en pierre polychrome (v.1520) à gauche de l'autel.

C'est dire si on pardonnera le visiteur qui négligera un peu le soubassement de cette Déploration : ce fut mon cas lors de mes visites successives.

Et pourtant ! Aujourd'hui, alors que j'ai pris le temps de m'accroupir devant ce qui fut une contretable d'autel, je l'élève à la dignité de coup de cœur du mois  et je like frénétiquement ce chef d'œuvre de kersanton. 

Ah oui alors, cela vaut la peine de se pencher sur cette plaque de 118 cm de long et  54 cm de large (depuis mon inoubliable rencontre avec Louis Chauris, j'essaye de ne pas oublier mon mètre ruban) et de l'examiner de près.

L'encadrement d'abord : ce sont deux niches délimitées en haut par des arcatures liées (avec une sorte de poireau ou fenouil tronqué en fleuron à leur aisselle), sur le coté par des pilastres rectangulaires et en bas par un bandeau à losanges (mais non, ce ne sont pas des macles !). L'Hercule ... Poirot qui sommeille d'un seul œil en chacun de nous a tôt fait de remarquer à gauche le départ d'une autre arcade : nous n'avons ici qu'un fragment de la plaque originelle. 

À gauche, c'est l'Apparition du Christ à Marie-Madeleine juste après sa Résurrection. À droite, c'est le Repas d'Emmaüs. Donc, le sujet d'ensemble, qui se poursuivait certainement, c'est celui des Apparitions du Christ, auquel j'ai été initié dans ma visite des vitraux de Strasbourg puis de Louviers : il comprend jusqu'à huit épisodes, qui s'intègrent dans ce qui est parfois appelé la "Vie glorieuse du Christ". Les autres épisodes les plus représentés sont les apparitions à saint Thomas incrédule,  à saint Pierre sur les bords du lac, aux Apôtres lors d'un repas, ou aux Apôtres sur une montagne.

 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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CLIQUEZ, CLIQUEZ, MAIS CLIQUEZ DONC !

 

 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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1°) Noli me tangere : apparition du Christ-Jardinier à Marie-Madeleine .

Je ne reviens pas sur l'iconographie d'un thème qui m'a toujours séduit et qui est basée sur le texte évangélique de Jean XX :11-18. Voir les deux articles précédemment cités, ainsi que :

Marie-Madeleine est  agenouillée à gauche, cheveux défaits, tenant sur sa poitrine le flacon d'aromate qu'elle avait amené au tombeau. Une main au dessus du couvercle, une main soutenant le fond, l'artiste connaît bien la tradition. De son vêtement, nous ne voyons que le manteau qui l'enveloppe, mais aussi une robe plissée, et des manches non moins plissées, et bouffantes au poignets.

Cela est accessoire, car ce qui compte dans cette scène, c'est l'échange des regards : c'est, pour un sculpteur s'il ne veut pas faire appel à des inscriptions, le moyen de graver la fameuse phrase NOLI ME TANGERE, "ne me touche pas" ou "Ne me retiens pas" (Jn 20:17). L'intense envie de Madeleine de s'approcher de son Maître, et l'impérieuse nécessité du respect dû au corps glorieux de Jésus. La rencontre d'un homme et d'une femme, d'une marcheuse matutinale et d'un jardinier ... Et la fulgurance de la transcendance qui trace, entre eux, une démarcation irrévocable.

Mais auparavant, les deux cris du verset 16 se sont fait entendre, où Jésus appelle  : "MARIE!". Et la femme répond en hébreu : "RABOUNNI !", ce qui veut dire "Maître".

 

 

 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.
Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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Le Christ, debout, tourné de trois-quart vers Madeleine, est vêtu d'une longue tunique qui tombe sur ses pieds nus. Il tient la bêche qui le caractérise comme jardinier (kepouros dans le texte grec, "gardien du jardin").

C'est son chapeau en cloche qui se remarque. C'est bien un chapeau de jardinier, si on veut, mais il évoque surtout le chapeau de pèlerin, celui que porte souvent le Christ dans l'épisode suivant à Emmaüs. 

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Baie 32, cathédrale de Strasbourg. Photo lavieb-aile

 

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Nous n'avons ici ni la posture de recul du Christ, si sa main droite paume en avant dans un geste de mise en garde. L'artiste a représenté ici un geste de bénédiction.

Les cheveux longs, la moustache et la barbe seront détaillés sur la scène suivante.

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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Le visage de Marie-Madeleine est peut-être l'un des plus beaux de la statuaire en kersanton. Les traces craquelées de la polychromie jaune et ocre font ressortir le grain gris-noir de la pierre de kersantite de façon hallucinante. Le corps de la sainte est comme aspiré par le visage, et tout ce visage est aspiré par le regard éperdu, comme dans la fascination amoureuse. Rien, dans la pureté de l'ovale, dans la ligne du nez, dans celle de la bouche, ne détourne de ce regard.

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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2°) Apparition du Christ aux Pèlerins d'Emmaüs.

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L'artiste n'a pas représenté le moment de la rencontre des pèlerins mais celui de la fraction du pain lors du repas de Luc: 24:30-31 : Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain et, après la bénédiction, ils le rompit et le leur donna. Alors, leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux.

C'est encore une histoire de regard : "leurs yeux s'ouvrirent". Le texte grec emploie les mots ophtalmos (œil) et dianoigo δι-ανοιγω - διανοίγω "ouvrir complètement (ce qui a été fermé)" (comme pour un enfant ouvrant la matrice, le premier-né ; ou ouvrir les yeux et les oreilles ; ou ouvrir l'esprit de quelqu'un, lui faire comprendre une chose, donner la faculté de comprendre ou le désir d'apprendre. Anoigo, c'est "ouvrir", donc dianoigo apporte une accentuation du verbe.

Mais ici, on ne peut pas dire que cette ouverture des yeux et des esprits soit bien représentés. Les trois personnages sont de face, les paupières à demi baissées, avec des visages presque endormis ou morose. Réveillez-vous, les gars!

Jésus tient entre ses mains les deux morceaux du pain : donc le moment crucial a eu lieu. Cléophas tient une cruche, tandis que Lucas est devant une assiette contenant un poisson. 

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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Les trois visages ont des caractères communs : frange médiane, yeux en amande à paupière supérieure basse, nez droit, bouche légèrement convexe dont la lèvre inférieure est la plus charnue. La moustache du Christ débute des narines et trace un V inversé dégageant la lèvre supérieur et le philtrum, tandis que la barbe s'épaissit au niveau du menton en cinq épaisses mèches bouclées.

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Le Noli me tangere et le Repas d'Emmaüs du Pénity de Locronan.

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ATTRIBUTION.

L'attribution à l'un des grands ateliers de sculpteurs sur pierre de Basse-Bretagne n'a pas été affirmée par les différents auteurs, notamment pas par Emmanuelle Le Seac'h qui ne mentionne pas cette œuvre.

Je remarque néanmoins les points de convergence avec l'atelier de Bastien et Henri Prigent , actif à partir de  Landerneau entre 1527 et 1577 dans le Léon et la Cornouaille. Le souci du détail réaliste propre à cet atelier, et notamment du bouton de tunique ou de robe sur la ligne en S de l'encolure, se retrouve ici.

Le rapprochement s'impose aussi avec le sculpteur anonyme qui réalisé le porche de l'abbaye de Daoulas en 1566 : on y retrouve les arcades nouées au dessus des niches, les moustaches en V, la barbe à 5 mèches bouclées, et le bouton de robe sur le rabat en S (apôtres, Christ Sauveur).

Quelques articles pour se forger une opinion :

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 2 novembre 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/920.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

— DEBIDOUR (V.H), 1953, La sculpture bretonne, Plihon, Rennes.

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

DIVERRES (Henri) : 1886, Notice sur la chapelle du Pénity, Bull. SAF XIII p. 9-26.


— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut

— PÉRÉNNES (Henri), 1933, "La maîtresse-vitre de l'église de Locronan". 7 pages.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f670.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
19 mai 2019 7 19 /05 /mai /2019 14:45

Les deux crossettes nord et sud (pierre de Logonna, vers 1690)  de l'église de Trégarvan : la sirène et l'ange. La galerie du clocher.  

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Voir :

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La parenté entre l'élévation occidentale et le clocher de l' église aux arêtes ornées de têtes de Landévennec et de celle de Trégarvan est remarquable, suggérant un atelier commun pour ces deux paroisses voisines qui se succèdent sur la fin du trajet de l'Aulne maritime.

Cette parenté se renforce aussi par des dates de réalisation rapprochées (1690-1696 pour Trégarvan et 1693 pour Landévennec) : autant d'indices précieux pour les historiens du patrimoine architectural.

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LA FAÇADE OCCIDENTALE DE TRÉGARVAN ET SES CROSSETTES.

Comme à Landévennec, elle est faite de pierres soigneusement taillées de microdiorite quartzite (ou pierre de Logonna, le site d'extraction en rade de Brest), et ces blocs rectangulaires superposés forment une ligne particulièrement alignée entre le début des deux rampants, là où, précisément, sont disposées les deux pierres sculptées figuratives en surplomb, ou crossettes, à fonction d'amortissement.

La porte en plein cintre est également commune aux deux pignons.

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Là où, à Landévennec, nous trouvions le blason de l'abbé Jacques Tanguy et la date de 1693, nous avons, à Trégarvan, l'inscription Y: SCOARNEC : F mentionnant le nom du fabricien chargé de superviser les travaux. Les inscriptions datées se retrouvent sur la tour (F: MORO 1690 ou 1696) et sur son cadran solaire (1698). 

 

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La crossette nord-ouest : une sirène ou femme-poisson.

Longueur 105 cm (dont 65 cm engagés dans le mur). Pierre de Logonna. Deux blocs ont été nécessaires. la face longitudinale est sculptée en faible relief. Corps pisciforme lisse — sans écailles, à la différence de Landévennec, queue bifide ("queue de poisson"), partie antérieure du corps se féminisant par une chevelure aux mèches parallèles.

La partie en surplomb, taillée en biais en haut relief, est résolument réservé à un visage féminin joufflu et puéril, dont les cheveux s'écartent en une frange médiane tandis que le cou est limité par une collerette à trois dents rondes.

Cette sirène a échappé au recensement effectué par Hiroko Amemiya (2005).

La ressemblance entre les deux corps, et entre les deux visages de Trégarvan et de Landévennec est très prononcée.

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La crossette sud-ouest : un visage féminin ou angélique.

Longueur 93 cm (dont 58 cm encastré) ; épaisseur 30 cm. Microdiorite quartzite. La face longitudinale n'est pas sculptée, seule la tranche est sculptée en haut-relief.

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À Landévennec, le visage était complété par des ailes, affirmant d'avantage qu'il s'agissait d'une femme-oiseau, ou d'un ange.

À Trégarvan, ces ailes font défaut, et nous n'avons ici qu'un visage féminin ou enfantin. Mais un élément vient plaider pour l'hypothèse d'un ange, celui d'un diadème à deux volutes frontale et occipitale, comme en portent fréquemment ces acolytes divins. Les cheveux aux mèches épaisses n'apparaissent que sur l'encadrement du visage, le sommet de la tête étant complètement recouvert par une coiffure intégré à ce diadème.

Le visage est juvénile, joufflu, souriant, le cou  encadré par une collerette (comme à Landévennec).

Depuis le cliché pris dans les années 1990 par Christel Douard pour l'Inventaire, l'attaque par les lichens blancs s'est considérablement accentué, masquant la belle teinte blonde de la pierre de Logonna.

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Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de  l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Le clocher, sa galerie et ses crossettes.

Le massif occidental légèrement saillant porte la tour à une galerie et la chambre des cloches, puis la flèche polygonale presque aveugle et ajourée à arêtes sculptées de têtes humaines.

L'accès au clocher est extérieur, nécessitant d'abord une échelle posée au nord, avant de parvenir à une succession de quatre longues pierres posées   en surplomb, puis à la volée de marche qui suit le rampant nord.

 

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La galerie à forte balustrade est cantonnée par quatre crossettes.

Au sud-ouest, et au nord-est ce sont des têtes de lion.

Au sud-est et au nord-ouest, des  têtes féminines. On notera la ressemblance entre celles-ci et les visages de l'ange et de la sirène.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-budoc/f41f378f-5e50-4f71-9baf-87a36bf63f18

Tour (vue sud), copyright Inventaire général du Patrimoine Christel Douard.

Tour (vue sud), copyright Inventaire général du Patrimoine Christel Douard.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Enfin, la flèche polygonale semblable à celle de Landévennec, avec ses mascarons aux arêtes  et au sommet des gables.

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Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Chapelles bretonnes.
8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 13:17

Les deux crossettes nord et sud (pierre de Logonna, 1693 ?)  de l'église de Landévennec : la sirène et l'ange. 

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Voir aussi sur Landévennec :

 

et  : Mes 150 articles sur la Presqu'île de Crozon.

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Cet article appartient à une étude des crossettes (pierres d'amortissement) sculptées figuratives du Finistère  destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

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Enfin, une autre série d'articles s'intéresse au thème développé dans la thèse d'Iriko Amemiya, celui de la "femme semi-humaine", Vierge ou Démone.

 

 

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Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

L'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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Il s'agit des deux crossettes figuratives des angles nord-ouest et sud-est de l'édifice, qui sont les seules crossettes de l'église. Bien qu'opposées dans leur  orientation (elles se tournent le dos), elles forment un couple stylistique et thématique, celui de l'ange et de la sirène, ou encore de la femme-oiseau et de la femme-poisson.

— auteur : inconnu.

— Matériau : microdiorite quartzique ("pierre jaune de Logonna"). 

"Le célèbre microgranite de Logonna, extrait depuis des siècles dans les perrières du Roz en bordure d'un diverticule de la rade, a fourni à l'église, non seulement de superbes pierres de taille, mais aussi des éléments aptes à la sculpture comme l'attestent les curieuses têtes des crochets de la flèche. cette roche à grains fi-moyen est immédiatement identifiable par sa teinte jaunâtre, presque blonde, comme renforcée par de nombreux cernes subconcentriques brunâtres d'hydroxyde de fer. La multiplicité des petites cavités qui lui confèrent un aspect "troué" est due à la disparition par érosion météorique des feldspaths phyllitisés ; mais cette altération toute superficielle n'altère en rien la solidité de la pierre.

L'âge d'or de la pierre de Logonna correspond aux XVIe et XVIIe siècle. À Landévennec, elle joue un rôle essentiel dans la façade occidentale en beaux éléments bien équarris, assez régulièrement appareillés quoique les assises soient de hauteur différentes." (L. Chauris 2011)

— Datation :  XVIIe siècle (1659 ou 1693), date de l'élévation occidentale. Je me base sur la notice de Christel Douard pour l'Inventaire du patrimoine :

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-landevennec/a3d63319-2d8e-427e-b84e-2b0c7cf106e0

"Dans sa structure, l´édifice semble remonter à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. De cette époque datent le porche sud, l´arc diaphragme séparant la nef du choeur, des vestiges de sablières de la nef, la charpente (poinçons, entraits, blochets) ainsi que quelques baies bouchées (nef, chevet). La pierre encastrée dans la partie supérieure du chevet porte la date de 1652 ainsi que les armoiries de Pierre Tanguy, abbé de Landévennec. La façade occidentale et le clocher sont érigés en 1659 et portent les mêmes armoiries que le chevet. La date de 1699 figurant sur le pignon du porche correspond à un remaniement. La sacristie a été rajoutée en 1740. Le portail monumental remonte à la seconde moitié du 17e siècle. L´ensemble a été fortement restauré à plusieurs reprises, notamment au 19e siècle et en 1969.."

Nota bene : je ne lis pas la date de 1659, mais clairement celle de 1693 sous le blason écartelé attribué à Jacques Tanguy (abbé de 1665 à 1695) de la façade occidentale. 

Si nous examinons cette façade occidentale, nous voyons que l'appareillage des pierres est renforcé au dessus de la clef de voûte de la porte, puis qu'une ligne continue de blocs rectangulaires relient les deux angles et leurs crossettes : j'y vois l'argument pour affirmer que ces crossettes appartiennent à ce pignon (et non aux élévations sud et nord).

L'élément intéressant à mes yeux, et qui n'a pas été noté jusqu'à présent, c'est que ces deux crossettes sont identiques dans leur aspect et dans leur situation au pignon occidental avec celles de l'église Saint-Budoc de Trégarvan, propriété de l'abbaye de Landévennec dès le milieu du XIe siècle. Or cette église possède d'autres points communs, puisque son pignon est également en pierre de Logonna et  que la flèche de son clocher est ornée sur ses arêtes de têtes humaines disposées comme à Landévennec. La tour du clocher de Trégarvan date de 1696, son cadran solaire de 1698 et le clocher de 1706 : ces dates se rapprochent de celle de 1693 portée sur l'élévation ouest de Landévennec.

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Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.

Façade ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.

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I. LA SIRÈNE, OU FEMME-POISSON.

Iroko Amemiya la décrit en tête de ses 20 "ornements de type sirène" bretons, dont 13 en pierre (crossettes majoritairement) et 7 en bois (sablières principalement).

Les autres crossettes se trouvent à Saint-Urbain, Landerneau, Bodilis, Lampaul-Guimiliau, Pludaniel, Sizun, Kergrist-Moëlou et Vitré. Les sirènes  tiennent pour la plupart un miroir ou une pomme. On les distinguera de leurs homologues de type femme-serpent (Lannédern, Lennon, Sizun).

Description par I. Amemiya 2005 page 207 (avec un schéma):

"Crossette droite à la base des rampants du pignon ouest. 

Sirène : couchée sur le ventre, tête à gauche. Visage rond encadré d'une longue chevelure épaisse, séparée en mèches. Col rond godronné au cou. Le corps sculpté a la forme d'un poisson à écailles, en léger relief, l'extrémité est bifurique."

On regrettera que le technicien chargé de la pose du para-foudre n'ait pas été sensibilisé au respect du patrimoine.

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a) vue de profil.

Le bloc de pierre grossièrement rectangulaire est sculpté en faible relief sur sa face longue, pour représenter le corps en forme de poisson à la queue caractéristique. Le fuseau du corps est marqué d'écailles rondes. Puis, pour la partie qui vient en surplomb et qui est marquée par un rouleau en volute, l'artiste a rendu les cheveux par les lignes parallèles des mèches.

Rien n'indique le volume de la poitrine féminine (hormis le rouleau qui l'évoque habilement).

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Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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b) vue de face.

Elle est sculptée en moyen relief.

La chevelure vient former un  encadrement,  en courte coiffe au dessus du front puis en deux nattes torsadées sur le coté . Le visage très joufflu avec une bouche fine projetée en avant au dessus d'un petit menton évoque celui d'un enfant ou d'un angelot. Une sage collerette renforce cette impression.

Nous sommes donc loin de la représentation d'une démone, d'une séductrice maléfique ou d'une allégorie de la Luxure ou de la Coquetterie, ou de toute évocation d'une Ève-Lilith.

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Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019 à 19h.

Crossette nord-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019 à 19h.

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II. L'ANGE, OU FEMME-OISEAU.

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Nous retrouvons ici le bloc de pierre quadrangulaire, à l'arête soulignée par un rouleau, à la face ouest sculptée en bas-relief et à la tranche, tournée vers le sud, sculptée en moyen-relief.

C'est ici une aile triangulaire qui occupe la longueur du bloc (les plumes répondant aux écailles précédentes), et qui se poursuit par la chevelure féminine, tandis que la largeur, taillée en biais, figure un visage joufflu identique à celui de la sirène. Les cheveux sont divisés par une frange médiane, et la collerette s'inscrit en indentations pointues, comme l'anticipation de nos  Pierrot-Gourmands, mais se sont les seules différences, bien que l'exposition ensoleillée de la jeune femme rende celle-ci plus photogénique.

 

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Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

Crossette sud-ouest de l'église de Landévennec. Photographie lavieb-aile 5 mai 2019.

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Au total, la gémelléité des deux crossettes est incontestable. Chacun peut préférer voir ici le couple d'un ange (le Bien, dextre et méridional) et d'une sirène (le Mal, sénestre et septentrional), ou les deux faces de la nature féminine, tantôt oiseau, tantôt poisson, ou l'allégorie de l'ambivalence de l'âme humaine, parfois aquatique et parfois aérienne, mais nous ne pouvons dissocier les deux crossettes pour ne retenir que son aspect marin et évoquer la légende d'Ys (grande tentation des celtomanes des jours fériés) ou dénoncer la fascination des Bretons pour l'Ève maléfique.

Si on accepte de dater ces crossettes de 1693, date du blason de la façade occidentale, on conçoit que ces crossettes ne s'intègrent pas dans la continuité des crossettes du XVIe siècle, encore marqués par des thèmes médiévaux (dragons, lions, allégories du Buveur ou de la Luxure, etc.) mais qu'elles participent à un souci plus esthétique et ornemental que théologique ou populaire propre à la fin du XVIIe siècle.

De même, l'église n'est plus alors l'expression de la foi des abbés réguliers (comme Jehan du Vieux-Chastel, le dernier d'entre eux en 1522), mais est soumise aux décisions d'abbés commendataires percevant les bénéfices de l'abbaye. 

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Je préfère rêver, et sortir des sentiers battus, en imaginant un couple d'anges, l'un volant et l'autre nageant, promenant dans les airs et dans les eaux de notre inconscient leur bonne bouille débonnaire et leur sourire enfantin, et distribuant à tous de tendres bisous.

Le premier ange ichtyologique vous embrasse.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (chanoine Jean-Marie) et PEYRON (chanoine Paul), 1917, Landévennec, [notices sur les paroisses], Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/017eb901a29a169d8d6edb403cc06c6b.pdf

AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko) Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129

Résumé : Le thème principal de cette étude est de voir quel rôle la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joue au japon et en Bretagne, a travers les récits relatifs à l'épouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'étendent également sur l'iconographie religieuse représentant l'être semi-humain telles la sirène et la femme-serpent. La région conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siècles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'épanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux façons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'étudier leur compatibilité dans leur contexte socioculturel. Les récits qui traitent le thème du mariage entre l'être humain et l'être non-humain révèlent la conception de l'univers d'une société. L'autre monde ou les êtres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet a la société de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en Bretagne, la destruction de la cite légendaire d'Is est causée par une fille maudite née d'une fee. Le premier volume de cette étude est compose de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au japon, ii. Récits relatifs au mariage au japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxième volume est un inventaire des différents types de représentation semi-humaine en Bretagne.

— CHAURIS (Louis), 2011, "Regards sur les pierres de l'église Notre-Dame à Landévennec", Avel Gornog n°19, juillet 2011, pages 82-84.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Landévennec

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANDEVEN.pdf

SIMON (Marc ), BARDEL (Annie), 1985, L'abbaye de Landévennec de saint Guénolé à nos jours,  Ouest-France, - 315 pages

SIMON (Marc ),  1997, Saint Guénolé et l'Abbaye de Landévennec, Editions Jean-Paul Gisserot, 1997 - 32 pages

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 15:12

La chapelle Saints Côme et Damien de Saint-Nic : la cloche Herveline-Marie Anne (1927).

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Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

 

 

 

 

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— La chapelle Saint-Jean :

 

L'église de Trégarvan (sablières de 1570 par le Maître de Saint-Nic) :

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La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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La chapelle Saint-Côme et saint-Damien possédait jadis deux cloches, mais une seule a été remplacée, une dizaine d'année après la fin de la Première Guerre, en 1927. 

À la Révolution, toutes les paroisses du Finistère reçurent l'ordre de déposer leurs cloches, sauf une, pour les mener à Brest afin de les fondre pour fabriquer des canons. Mais celles de Saint-Côme échappèrent à cette contribution à l'effort de guerre :

"[en 1793] Le même jour, enfin, qui est un dimanche, à l'issue de la messe, ils enjoignent à un certain nombre d individus « nommés à haute voix », de descendre les cloches des clochers des chapelles et de les transporter à l'église paroissiale pour être ensuite envoyées à la fonderie, eux-mêmes, officiers municipaux et procureur de la commune, se chargeant de descendre celle de l'église paroissiale. Effectivement, les cloches des chapelles furent descendues. Mais elles n'allèrent pas à la fonderie. La population aimait trop ses chapelles pour laisser commettre le sacrilège. Elle s'y opposa énergiquement, et les cloches de Saint-Côme furent cachées dans une prairie pour échapper à la réquisition. Du moins, c'est ce que rapporte la tradition ; aucun document n'en parle. La légende s'est empare du fait et l'a embelli selon son habitude : . depuis plusieurs années déjà, le clocher de Saint-Côme était vide et muet, lorsque, par un soir d'été, la tourmente ayant passé, l'on entendit un carillon mystérieux semblant provenir d'une prairie de Saint-Côme. C'était l'appel des cloches invisibles qui demandaient à être délivrées de leur prison de boue et à remonter dans leur clocher à jour. Guidés par leur son, les _habitants du village les trouvèrent facilement, et, tout joyeux, les rendirent à leur chapelle. On peut se demander si l'unique .cloche de l'église paroissiale - car si Saint-Côme avait alors deux cloches, l'église paroissiale n'en avait qu'une – fut descendue. Il semble bien que si le maire, les officiers municipaux et le procureur de la commune déclarent se charger eux-mêmes de cette besogne, c'est avec l'intention bien arrêtée de n'en rien faire. En effet, plus d'un mois plus tard, la cloche est toujours en place. Mieux encore, la municipalité convient, le lendemain de Noël, avec Corentin Gannat, marechal ferrant. à Pratigannat, en Plomodiern, de faire des réparations « sur nostre cloche et sur nostre orlauge » (sic). (Corentin Parcheminou)

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Description.

Cloche suspendue, de volée, non électrifiée, à mouton en barre en bois, à quatre brides rondes en fer, à battant en fer (boule corrodée), couronne à quatre anses ornées de palmettes. Décor sur la face est : crucifix.  Décors sur la face nord et sud : petite croisette.

Note sonnée : à déterminer.

Poids : inconnu.

Mesures : non prises.

 

La cloche est actionnée depuis la nef par une corde, mais ce système simple a été perdu ou ôté pendant une partie du XXe siècle, obligeant le sonneur à accéder, par une échelle, à l'escalier en pierre du rampant du toit pour sonner la cloche directement depuis la chambre.

En 1790, Saint-Nic avait un sonneur de cloche attitré, Olivier le Baron, qui fut chargé de faire "incanter" trois dimanches de suite les  annonces d'adjudication des travaux de réparation de la chapelle.

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Le cerveau est orné de 3 rinceaux ( palmettes, lambrequins), le vase comporte à l'ouest l'inscription de sept lignes, et la faussure porte le nom de la fonderie.

 

La face principale (tournée vers l'ouest).

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PAROISSE DE SAINT-NIC

JE M'APPELLE : HERVELINE – MARIE-ANNE

PAUL STEPHAN, RECTEUR.

PIERRE BIDEAU, MAIRE.

PARRAIN : HERVÉ KERNÉVEZ

MARRAINE : MARIE-ANNE LAROUR

1927

FONDERIE SPÉCIALE DE CLOCHES BREST FINISTERE

 

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

Hervé Kernévez, le parrain, est peut-être le même que celui dont parle Georges-Michel Thomas : " cultivateur à Brégalor, né en 1889, « ancien des Crapouillots » pendant la Première-Guerre," et encore présent pendant la Seconde.

https://books.google.fr/books?isbn=2402059451

La "Fonderie spéciale de cloches" est très probablement celle de Maurice Gripon, qui a repris la fonderie des frères Briens, une famille venue de Villedieu-les Poêles. Cette Maison Briens revendiquait sur ses publicités son installation à Brest depuis 1804.

La fonderie Gripon était installée 59 rue Yves Collet. Son activité a été florissante dans l'après-Guerre, vers 1925, pour remplacer un peu partout en France les cloches de tous les clochers abattus.

Voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/les-cloches-du-faou-et-les-fondeurs-de-cloche-du-finistere.ii-viel-a-brest-1823.html

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Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Cloche de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

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Quelques images complémentaires.

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Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

Clocher de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La chapelle vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

La plage de Pentrez vue du Clocher . Photographie lavieb-aile 23 avril 2019.

 

 

 

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SOURCES ET LIENS.

—PARCHEMINOU (Corentin), 1930, Saint-Nic, ses monuments.

 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 22:37

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Rappel chronologique.

Les inscriptions lapidaires de l'enclos (en rouge infra) permettent de documenter la construction de l'église et des autres parties de l'enclos, et parfois d'en connaître les commanditaires, qui sont les deux "fabriques" en exercice pour l'année. J'ai indiqué en bleu les éléments datés de l'intérieur de l'église.

La construction de l'église a débuté par celle de la nef (peut-être en remplacement progressif d'une église romane dont il ne subsiste aucune trace).

1530 : Déploration en bois.

1533 : début argumenté  de la construction de l'église, par son tiers sud-ouest.

1573 : tour-clocher (ouest), le 19 avril.

XVIe siècle : retable anversois de la Passion

1609 : les travaux se poursuivent sur l'élévation nord et sa porte datée du 31 mai 1609.

1622 : progression  de la nef vers l'est : date sur la porte sud.

1627 : construction du chevet et dédicace (consécration) de l'église.

1634 : Bannière de Saint-Pol.

1650 : Fonts baptismaux : dais et dôme par Millio ROPARZ et Hervé ABGRALL fabriques

1651 : Fonts baptismaux par Laurens ROPARTZ et L. ABGRAL

1660 : tribune ouest par G. BRAS et Y. POULIQUEN.

1662 : tableau de la Sainte Famille pour le retable de Sainte Anne, peint par Nicolas FLOCH.

1667 : construction de l'ossuaire par I. GOFF et I. GUILLOU fabriques.

1667 : Bannière de la Vierge.

1669 : construction de l'arc de triomphe donnant accès au placître et à son cimetière, par A. RANNOU et C KERTANGUY fabriques.

1673-1679 : sacristie, par  A et Y POVLIQVEN fabriques, H. GVILLERM étant recteur. Porte intérieure faite en 1679 par le menuisier PAVL LE GOFF, POVLIQVEN étant  fabrique. 

1676 : Mise au Tombeau sculpté par Anthoine Chavagnac, par commande des fabriques I. LEGAT et H. POVLIQVEN  , H. GVILLERM étant recteur et C. ABGRALL curé.

1684 : lambris du chœur peints par François LERREL

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le porche sud : 1533.

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"L'église de Lampaul-Guimiliau, autrefois Lampaul-Bodénès, trève de Guimiliau, dédiée à Notre Dame et à saint Pol, premier évêque de Léon, est bâtie sur l'emplacement d'un monastère fondé par ce Saint dans le cours de ses pérégrinations à travers le pays qu'il évangélisait.

L'édifice actuel, qui a dû remplacer une église romane dont on ne trouve plus aucun vestige, a été construit par parties à des époques diverses, comme le constatent le style et les dates inscrites en différents endroits. C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance." (Abgrall)


 

L'inscription fondatrice est étudiée ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/la-facade-du-porche-sud-de-lampaul-guimiliau.html

J'en rappelle le texte : "L'an 1533" :

LAN MIL Vc XXX III

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Les inscriptions sont étudiées ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/le-porche-de-l-eglise-de-lampaul-guimiliau-ii-les-anges.html

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La tour-clocher : 1573.

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Le clocher, bâti 40 ans après le porche, était avec ses 70 mètres l'un des plus hauts du Finistère, après le Kreisker (78 m.). Il doit sa forme tronquée à la foudre qui en a détruit la flèche en 1809, et l'a amputé de 18 mètres.

Le bas de la tour s'ouvre sur l'extérieur par trois arcades de style classique, formant un porche. Elle porte deux inscriptions datées de 1573.

La première occupe le coté sud-ouest,  à l'angle d'un contrefort à coté du dais d'une niche. Elle  est dégradé et je ne lis plus que :

L'A[N] / M : V : [XX]X 

III

Le [N] est restitué d'après le tilde inscrit sur le A : Ã. Les deux X entre crochets [XX] sont ceux qui s'imposent mais qui sont manquant en raison d'une entaille. Elle est gravée sur un bloc de kersanton détérioré sur son quart droit,  en lettres gothiques et en chiffres romains. Si nous la comparons aux inscriptions de l'église du Faou, où celle de 1593 est également en lettres gothiques et chiffres romains, alors que celles de 1603 et 1613 sont en chiffres arabes, et que les suivantes à partir de 1628 adopte les majuscules classiques, nous constatons une cohérence dans la chronologie d'un style à un autre en Basse-Bretagne.

La dégradation du bloc de pierre est-elle consécutive à l'écroulement de la flèche du clocher en 1809 ?

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription de la tour-clocher.

On lit sur  l'architrave :

ANNO : D[OM]INI : 1573 : DIE : 19 : APRILIS : FV[N]DATA : FVIT : HEC : TVRRIS

"L'an du Seigneur 1573, le 19ème jour d'avril, fut fondée cette tour". (les lettres entre crochets sont abrégées par un tilde ~ sur l'inscription).

Si la date du jour et du mois est indiquée, c'est qu'e cette précision est importante. Si j'en crois ce site, le jour de Pâques était, en 1573, le 22 mars.

http://5ko.free.fr/fr/easter.php?y=16

Le 19 avril 1573 correspond alors au quatrième dimanche du Temps Pascal.

 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La  porte nord : 1609.

La porte percée dans le bas-côté nord est encadrée par deux colonnes cannelées, le cintre est formé de claveaux saillants et la frise est ornée de cette inscription qu'a lu le chanoine Abgrall :  ANNO : DOMINI : 1609 : DIE : VLTIMA : MAII Au-dessus est une niche qui abrite actuellement une statue en kersanton de saint Jean l'Evangéliste. 

Je n'ai pu lire ni photographier correctement l'inscription, mais il faut la traduire  ainsi : "l'an du Seigneur 1609, le dernier jour de mai".

En suivant le raisonnement et le site précédent, Pâques tombait en 1609 (calendrier grégorien depuis le 15-10-1582) le 19 avril, et la date indiquée ici correspond au septième dimanche du Temps Pascal, juste après l'Ascension.

 

La porte est surmontée d'une plaque en kersanton qui portait des armoiries aujourd'hui huchées.

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La petite porte sud : 1622. 

En avançant vers l'abside, on trouve dans le bas-côté Sud une porte dont le pilastre et le couronnement présentent un curieux mélange de gothique et de Renaissance. Sur l'entablement se lit cette date :

A : D : 1622 :

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Le chevet de l'église : 1627.

Sous la fenêtre sud du chevet, près du contrefort, la date de 1627 est inscrite, en chiffre arabes, assez discrètement et dans un cartouche à peine marqué.
 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Dans le pignon qui couronne la fenêtre Sud du chevet, un cartouche porte cette inscription :

BENE : FVNDATA : EST : DOMUS : DOMINI.

Il s'agit d'un extrait d'une antienne du Commun de la dédicace d'une église (Bréviaire romain) : Bene fundata est domus Domini supra firmam petram , "La maison de Dieu a été bien fondée sur un roc solide". Elle a été particulièrement étudiée par  Robert Favreau  dans les Études d'epigraphie medievale, Volume 1 : Lors de la dédicace, après avoir consacré l'autel, l'évêque faisait trois fois le tour de l'église à l'intérieur, en aspergeant les murs chaque fois un peu plus haut, et on chantait Haec est dommus etc, texte inspiré de l'Ecriture (Matthieu 7:24-25 et Luc 6:48) mais d'expression liturgique. On la trouve sur l'église romane de Civaux, à Châteauneuf -sur-Charente au XVe s, à Saint-Frutos en Castillle en 1100, à la commanderie du Fouilloux à Neuville -les-Decize, sur un chapiteau du XIIe de saint-Etienne de Romorantin-Lanthenay.

Elle était chantée en grégorien et appartient aux antiphonaires les plus anciens, comme celui de l'abbaye de Saint-Gall.  

https://gregorien.info/chant/id/996/0/fr

https://www.e-codices.unifr.ch/fr/csg/0391/135

Son texte entier est le suivant : 

Haec est domus domini firmiter edificata, bene fundata est super

Bene fundata est domus Domini supra firmam petram

Lapider preciosi omnes muri tui exturres hierusalem gemmis aedifi

Mane surgens iacob erigebat lapidem intitulum.

En 1627, l'évêque de Cornouaille qui procéda à cette consécration était Guillaume Le Prestre  de Lezonnet. Il faut imaginer l'affluence attirée par cette cérémonie, la procession autour de l'église, les chants, les sonneries des cloches, ...

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième inscription du chevet.

 

De l'autre côté, au-dessus de la fenêtre Nord se trouve un cartouche de même taille et de même forme que la précédente, mais dont l'inscription est érodée. Le chanoine Abgrall y a lu en 1891 :

 O : QVAM : METVENDVS : EST : LOCVS ; ISTE.

Cette inscription se retrouve aussi à Guimiliau et à Saint-Sauveur du Faou :

-Le Faou, porche ouest, vers 1628 :

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/les-dix-inscriptions-lapidaires-de-l-eglise-saint-sauveur-du-faou-29.html

- Gouesnou, porche  :

http://www.lavieb-aile.com/article-eglise-de-gouesnou-inscriptions-et-armoiries-117905766.html

Elle correspond également à un chant grégorien dont le texte est le suivant :

 

O quam metuendus est locus iste!
vere non est hic aliud,
nisi domus Dei et porta caeli.

 

Que ce lieu est redoutable !
vraiment, ce n’est ici rien d’autre
que la maison de Dieu et la porte du ciel.

 

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Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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LA SACRISTIE : 1679 .

 

 

La sacristie à deux étages sur plan rectangulaire à chevet à trois pans, et à chacun des angles monte un contrefort puissant et très orné, couronné aussi d'un clocheton. "Autrefois, cette sacristie avait un aspect plus pittoresque et plus artistique, lorsqu'elle était couverte d'une toiture en pavillon avec deux beaux épis ou deux belles urnes en plomb au-dessus des poinçons des Groupes. Le toit de la tourelle d'escalier était également surmonté d'un épi en métal." (Abgrall)

Elle porte deux ensembles d'inscriptions, l'un sur le pan nord, l'autre sur les pans nord-ouest.

a) Sur le pan nord-est, sous la fenêtre à épais barreaux (la sacristie contenait le coffre-fort), on lit :

A : ET : Y : POVLIQUEN : LORS : FABRIQVES : 1679.

Y[ves] POULIQUEN était également fabrique en 1660 puisque son nom figure (avec celui de G. BRAS) sur le coté nord de la tribune des orgues.

Le patronyme POULIQUEN est parfaitement attesté dans la paroisse à cette date . "A. POULIQUEN" peut correspondre à un  Alain Pouliquen.

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff540.htm#P_6209

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff538.htm

http://lesgall.pagesperso-orange.fr/ff537.htm#P_3150

Nous retrouvons le nom de cette famille  sur la porte intérieure de la sacristie :

 PAVL. LE. GOFF. FLOCH, FAIT. FAIRE : P : POVLIQVEN : FABRIQVE. 1679.

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Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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b) sur les pans nord et nord-ouest de la sacristie, on lit , en deux inscriptions distinctes:

1. Sous une fenêtre à barreaux au dessus de la porte, dans un cartouche, en lettres majuscules droites :

FAIT: FAIRE : DV : TEMPS : DE MESSIRES : H

.

2. Sous la troisième fenêtre à barreaux, la suite : 

 

GVILLERM RECTEV

.

Le pluriel Messires annonce deux noms, celui du recteur et celui de son "curé" ou vicaire, mais je ne trouve pas ce dernier nom, qui est celui d'Abgrall.

Le recteur H. [Henri ?] Guillerm est en effet également connu par une  inscription de l'intérieur de l'église , celle de la Mise au Tombeau de 1676 :

M : H : GVILLERM : P : M : C / ABGRALL : CVRE

FAIT: F : PAR: I : LEGAT : H: POVLIQVEN

FABR[QVE· 1676.

Mais ce recteur "H. GVILLERM" (Henri Guillerm ?) est aussi celui dont le nom est inscrit à Guimiliau, puisque Lampaul-Guimiliau était alors une trève de Guimiliau. On le trouve nommé sur la chaire  à prêcher (1677), et sur le baptistère (1675) :   RE :M:H: GVILLERM : SIEVR : RECTEVR : LORS: IAN: TANGVY: E: HERVE :LE MEVR :FABRIQVES : 1677:" (chaire)  et :  1675 F : DV : TEMPS : DV : VENERABLE : M : H : GVILLERM : RECTEVR ..... LORS : DERIEN : POVLIQVEN : & : IACQVES : QVOTAYN : FABRIQVE. (Baptistère). 

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/les-huit-sibylles-de-l-eglise-de-guilmiliau-finistere.html

Le chanoine Abgrall a relevé de nombreuses inscriptions, à Guimiliau et à Lampaul-Guimiliau notamment, mais il n'a pas relevé celle-ci sur la sacristie.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_divers/abgrall_inscriptions-gravees.pdf

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Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sacristie de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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L'OSSUAIRE.

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L'ossuaire de 1667.

 

 

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus de la porte est : MEMENTO MORI.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La porte de l'ossuaire et l'Arbre de vie.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Au dessus de la porte : la statue en kersanton du Christ-Sauveur.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Sur le pan sud-est du chevet :  I. GOFF : Y : GVILLOV : F: 1667.

 

 

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Sur un lanternon : PARZ HANR.

avec un N rétrograde.

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Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 

Sur l'un des gables : "C. KGOAT... KBRAT. 1669." . 

soit C. KERGOAT (et) KERBRAT 1669.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire  de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Ossuaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

 

L'ARC DE TRIOMPHE (1668).

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  Du coté de l'enclos : A. RANNOV. Y.KTANGVY : F : 1668 .

a) Le nom de RANNOV se trouve aussi gravé sur un calvaire de la paroisse, à Cosquer-Bihan, Croaz-Kernévez avec la date de 1621 sur le socle et l'inscription RANNOV , sous une des premières réalisations en kersanton du sculpteur Roland Doré.

Les généalogistes connaissent bien cette famille RANNOU sur la paroisse, dès le XVIe siècle.

https://gw.geneanet.org/oberthele?lang=fr&v=RANNOU&m=N

b) K.TANGUY se lit KERTANGUY. Yves ou Yann Kertanguy

 

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Arc de triomphe de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Les inscriptions lapidaires de l'enclos de Lampaul-Guimiliau.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

— ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

PELLETIER (Yannick), 1991, Lampaul-Guimiliau, ed. Jean-Paul Gisserot, 32 p.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 08:35

Le calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau.

 

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Le porche :

 

 

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Les œuvres de l'atelier Prigent en plus des porches cités:

 

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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PRÉSENTATION.

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Ce calvaire prend place au centre du placître de l'enclos paroissial, devant le porche sud, tandis qu'un second calvaire se dresse sur l'Arc de triomphe, l'entrée d'honneur de l'enclos. 

Il a été très peu étudié. Je trouve dans la littérature ceci :

 

"Devant le porche de l'église, autre calvaire, du XVIè siècle : Croix des larrons sur le croisillon, anges au calice et, au revers, Pietà très mutilée." (Couffon & Le Bars 1988).

"Franchissant l'arcade d'entrée, on fait pratiquement face à la croix-calvaire du XVIe siècle, dressée au sommet d'un fût écoté. Au pied du Christ, deux anges présentent le Graal qui recueillit le sang divin. Sous la croix du bon larron, un ange reçoit son âme, alors qu'un démon (aujourd'hui mutilé) guette celle du mauvais larron. Au revers, un groupe de Notre-Dame de Pitié, ne reste plus que le cadavre du Christ dont le visage porte nettement les affres de l'agonie et de la Passion" (Y. Pelletier, 1991)

 "Le calvaire (XVIème siècle) en kersanton, très simple, présente le Christ en croix entre le bon larron apaisé, et le mauvais, au visage tourmenté. Sous la croix, 2 anges recueillent le précieux sang. Sur la face arrière, une piéta restaurée en 1993." (auteur non spécifié, rapporté sur le site Infobretagne)

La meilleure description est sans doute celle de l'Atlas des croix et calvaires du Finistère par Yves-Pascal Castel. Elle propose un dossier de six photos de "Barbetorte", un croquis de l'abbé Castel, et cette description :

http://croix.du-finistere.org/commune/lampaul_guimiliau.html

 

"925. Lampaul enclos no 1, g. k. 5,50 m. XVè s. Trois degrés de plan octogonal. Socle carré. Fût rond, écots. Croisillon, ange et démon, anges au calice, gibets des larrons, deux consoles carrées vides, Vierge de Pitié, très mutilée. Croix, branches rondes, crucifix. [YPC 1980]"

.

croquis par Y.-P. Castel 1980

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— La datation proposée par Castel, du XVe siècle, est étonnante puisque le début de la construction de l'église elle-même daterait de 1533. Couffon propose au contraire le XVIe siècle. 

— Le fût rond à ergot est traditionnellement mis en relation avec les épidémies de peste, les ergots étant comparés à des bubons.

— les deux consoles vides accueillaient vraisemblablement les statues de Jean et de la Vierge. (Je peux juste mentionner que deux statues de ces personnages sont placés au sommet du lanternon du porche, de manière étrange car le crucifix qu'elle devraient encadrer est absent ; ces statues sont de l'atelier Prigent et datent de 1533).

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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LA FACE ORIENTALE.

Ce calvaire est correctement "orienté", au sens littéral, puisque la scène de la crucifixion fait face à l'ouest, comme c'est la règle.

Le coté est reçoit une Déploration (souvent appelée "Pietà") en kersanton. Si on en juge par la description de pelletier 1991, la plus grande partie de ce groupe est due à l'artiste qui a été chargé de la restauration de 1993. Jean à genoux soutenant la tête du Christ après sa Déposition de la croix, tandis que Marie-Madeleine, une main sur la poitrine et tenant le flacon de parfum ou de myrrhe destiné à l'embaumement, est agenouillé aux pieds de Jésus. Marie soutient de ses deux bras le corps de son Fils. Les visages sont très ronds malgré un menton pointu, les yeux sont saillants, les bouches petites et en arc concave. 

Enfin, n'oublions pas le soleil qui domine la scène.

Un détail m'intrigue beaucoup : venant de la droite, et se faufilant devant les genoux de la sainte, un serpent vient mordre le pied du Christ. Est-ce un artefact de ma photo ? On sait que cette "pietà" a été restaurée en 1993 : ce détail était-il noté auparavant ? S'il était confirmé, il poserait un problème ardu d'interprétation.

Au dessous, un personnage tient une épée levée dans sa main droite et un livre dans la main gauche : le Christ du Jugement Dernier.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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En contournant le calvaire, nous admirons ce diable de la face latérale. Il a les pieds fourchus, les oreilles en pointe, la face hideuse et grimaçante de l'emploi, et tient en main une petite fourche.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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À son opposé, un ange tient un cœur sur sa poitrine. Tunique plissée, cheveux longs mais sages, il vole, il va passer.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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II. LA FACE OCCIDENTALE.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les deux anges recueillant dans un calice le Précieux Sang.

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Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Christ en croix entre les deux larrons.

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Le Bon Larron ne tourne pas la tête vers Jésus, il ne le regarde pas non plus. Sa barbe est courte et bien taillée. Son pagne simple et lisse est nouée par une rosette. Ses jambes en grenouille (seule la gauche est liée) sont celles de nombreux larrons des calvaires bretons. 

Le Mauvais Larron, plus musculeux, a une barbe plus tourmentée, tout autant que les plis de son pagne.

Le Christ a la tête inclinée à droite ; ses cheveux longs descendent, à droite devant l'épaule, tandis qu'ils forment une sorte de voile derrière l'épaule gauche. Le tronc est étroit, aux pectoraux peu soulignés et aux cotes horizontales seulement marquées par des rainures. Le pagne court, aux plis peu visibles, est noué sur les deux cotés. Les jambes sont parallèles mais les pieds se superposent, le droit au dessus du gauche.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

Calvaire de l'enclos de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— PELLETIER (Yannick), 1991, Lampaul-Guimiliau, ed. Jean-Paul Gisserot, 32 p.

- Y.-P. Castel : Lampaul-Guimiliau (Rennes, 1979) Non consulté.

- M.-M. Tugorès : Le retable de saint Jean-Baptiste de Lampaul-Guimiliau (B.S.A.F. 1980)  Non consulté.

- Christel Douard et Roger Barrié : Lampaul-Guimiliau : Un enclos paroissial du Léon (Châteaulin, 1987), Photos de D. Le Doaré et D. Soret. . Broché. 32 pages. Non consulté.

 

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 19:32

La façade  du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau.

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Le porche :

 

Sur les porches de Bretagne :

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Les œuvres de l'atelier Prigent en plus des porches cités:

 

 .

 

 

 

 

 
 

 

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PRÉSENTATION.

 

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Voir article Le porche II, les quinze anges.

" C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance. Ce porche, comme la plupart de ceux de la contrée datant de la même époque, semble avoir été préparé en carrière ou dans les ateliers d'un tailleur de pierre et imagier, du moins pour ce qui regarde toutes les parties sculptées en kersanton, comme l'indiquent les marques d'appareilleurs gravées sur ces pierres, pour leur mise en place. La grande entrée consiste en une arcade composée de moulures prismatiques séparées par des gorges profondes, lesquelles gorges sont tapissées de feuilles découpées, chardons, choux frisés et pampres de vignes. Les tiges de ces plantes sortent, comme dans les autres œuvres analogues, de la gueule de monstres variés : souris, lézards, dragons ailés. Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Le tympan porte un cadran solaire, au haut duquel deux anges gras et joufflus tiennent une tête de mort. Plus haut, est la date : A. D. m Ve XXXIII. Au-dessus, une sirène cornue, à queue contournée, forme cul-de-lampe pour une jolie statue de saint Michel terrassant le dragon. Ce saint Michel est couronné par un dais Renaissance sur lequel est portée la statue de saint Paul Aurélien, tenant en laisse un dragon ailé, au cou duquel il a passé son étole. Cette statue est abritée par une belle niche Renaissance, surmontée das statues de la Sainte Vierge et de saint Jean, qui accompagnaient autrefois un Christ en croix, maintenant disparu. ." (Abgrall, 1891)

.

"Ce porche latéral est encore tout gothique de conception, bien que portant la date de 1533. L'arcade extérieure à moulures prismatiques et accolade à fleuron est flanquée de deux pinacles à crochets. Cependant, au sommet du pignon qui la surmonte, la niche abritant la statue de saint Paul Aurélien présente quelques éléments de la Renaissance ; elle est flanquée de pilastres. Au dessous, statue de saint Michel terrassant le dragon sous un dais Renaissance, inscription : "LAN. M. Vc XXXIII" et cadran solaire. A l'intérieur, tandis que les niches et dais abritant les Apôtres sont gothiques, le dais surmontant saint Pierre est Renaissance." (Couffon,& Le Bars, 1988)

 

Matériau :

Pour les statues, kersantite (extraite de la Rade de Brest et transportée par l'Elorn jusqu'à Landerneau), "un très beau kersanton noir , tandis que l'ensemble de l'édifice est en granite de Plounéour-Ménez, comme à Saint-Thégonnec et à Guimiliau" (Louis Chauris)

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Datation : inscrite sur le fronton extérieur du porche : 1533.

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Attribution (statues) : Bastien et Henri Prigent.

L'atelier de sculpture sur pierre expert en taille du kersanton en activité dans la région entre 1527 et 1577  est celui des frères Prigent, à Landerneau, auteurs des statues du lanternon et de la partie haute du porche, et Emmanuelle Le Seac'h se demande  "si il n'a pas réalisé aussi l'arc d'entrée du porche".

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Menu : je le déroulerai de haut en bas, depuis le sommet du lanternon jusqu'au portail.

-les statues en pleurs de Jean et de la Vierge

-la statue de saint-Paul-Aurélien tenant par son étole le dragon .

-la statue de saint Michel

-La sirène et l'inscription de 1533

- le cadran solaire

-le porche.

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Au dessus du gable qui a perdu  plusieurs de ses crochets, un lanternon sommital tranche par sa teinte gris sombre : du kersanton. 

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Le  porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Ce lanternon se termine par un pinacle gothique, à crochets, à la pointe brisée, mais qui se raccorde imparfaitement à une base rectangulaire devant lequel est agenouillé un ange aux mains jointes. Cet ange, ainsi surtout que les deux statues latérales, composent en fait un calvaire, et tout indique que ce pinacle a remplacé, comme l'a vu Abgrall, un Christ en croix.

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Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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 1°) les statues en pleurs de Jean et de la Vierge du lanternon (kersanton, Henri Prigent, 1533).

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Ces deux statues qui encadrent le pinacle y sont reliées par deux fins croisillons et reposent sur des culots à motifs de feuilles. Elles sont dues à Henri Prigent.

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Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le lanternon sommital du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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La Vierge éplorée.

 l'arcade sourcilière nette et le visages pointu appartient au style des Prigent et se retrouveront dans la statue de saint Jean. La forme en amande des yeux, soulignée par un trait précis, est accentuée pra l'extrémité en pointe de ce trait, de chaque coté. La bouche est concave, l'ensemble du visage est figé et défait par le chagrin. La Mère du Christ porte une guimpe couvrant ses épaules, et une grande cape au capuchon plissé en Z et orné d'un galon qui apparaît à gauche du visage : cette cape de deuil ou manteled se portait encore en Bretagne au début du XXe siècle.

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo220521

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La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Saint Jean.

Ses mains sont jointes en symétrie de la Vierge, alors qu'il adopte plus souvent une gestuelle expressive, main sur la poitrine.

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Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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Les trois larmes.

Le détail important, mais visible seulement avec de bonnes jumelles, ce sont les trois larmes qui s'écoulent des yeux de Jean et de Marie : 

"Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif  : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire (et de Jean, qui peut leur être associé), leurs Vierges de pitié ou leurs Marie-Madeleine. On peut y voir une réminiscence du "don des larmes", pratique spirituelle qui met en acte la parole du Christ : "Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés". Leur style est donc imprégné de tradition médiévale, tradition que l'on retrouve dans la position conventionnelle des personnages, et de modernité, perceptible notamment au souci de parer les personnages de vêtements du temps." (Le Seac'h 2014 p.140)

J'en ai donné des illustrations avec la Pietà de Saint-Nic, le calvaire de Dinéault ou celui du Folgoët, et je présenterai plus tard les exemples des calvaires monumentaux de Plougonven ou de Pleyben, ou des statues de Pencran. Mais les calvaires de Lothey ou de Guisseny, parmi d'autres ( 27 calvaires et 17 vestiges de calvaire sont sortis de l'atelier des Prigent) montreraient le même détail touchant.

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La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La Vierge (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du lanternon du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Jean (kersanton, 1533, Henri Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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2°) La niche centrale du lanternon et la statue de Saint Paul-Aurélien (kersanton, Bastien Prigent, 1533).

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La niche décorée de pilastres ornés de rosettes ou de chapiteaux composites.

Le saint représenté en évêque de Léon, mitré mais non ganté, tient la crosse épiscopale (brisée) dans la main droite et un livre dans la main gauche. Surtout, dans cette main gauche, il tient en laisse par le biais de son étole un dragon ailé, tandis qu'il lui enfonce le bâton pastoral dans la gueule. La bête (symbole du paganisme de l'île de Batz, et du Léon  dont il délivra le pays au VIe siècle) se débat et lève une queue entortillée, selon le principe médiéval que tout ce qui est courbe est malin, alors que la vertu est droite.

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Une comparaison s'impose avec le lanternon de Landivisiau, du même atelier mais plus tardif (1554-1565),  richement orné, dans un style plus franchement Renaissance.

http://www.lavieb-aile.com/2017/01/le-porche-de-l-eglise-de-landivisiau.html

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Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Paul-Aurélien (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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3°) la statue de saint Michel terrassant le dragon (kersanton, Bastien Prigent, 1533).

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En dessous mais comme en miroir avec  la statue de saint Paul-Aurélien, se trouve la statue de saint Michel terrassant le dragon. L'archange est en armure, recouverte d'une cape, et il se protège par une rondache, tandis qu'il soumet le dragon en plaçant l'extrémité de la hampe dans sa gueule. Nous retrouvons bien-sûr les traits stylistiques des Prigent, avec les yeux effilés aux extrémités et les arcades orbitaires creusées. 

Le dragon n'est pas ailé, les mèches du pelage ne couvrent que l'arrière-train (l'inverse d'un lion) et comiquement  il n'attrape avec sa queue que sa propre patte. Comme partout ailleurs, ce combat n'est jamais terrifiant, le dragon ne suscite jamais la peur, mais la scène participe à une représentation théâtralisée des mythes.

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Saint Michel et le dragon (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

Saint Michel et le dragon (kersanton, 1533, Bastien Prigent ) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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4°) La sirène et l'inscription  (kersanton, Bastien Prigent, 1533.

La sirène ou démone-poisson est cornue et sa queue est recouverte de grosses écailles. Sa poitrine est imposante. Elle a tous les caractères de Ève-démone qui sont foulées du pied par les  Vierges de l'Apocalypse, et comme elles, elle remonte la tête de façon arrogante en s'appuyant sur son coude, elle tient le fruit de la Tentation et dresse la queue : elle est le double féminin du dragon de saint Michel.

Comme H. Amemiya et Louis Le Thomas, je les ai recensées dans ce blog ainsi que ses consœurs non démonisées ; outre la sirène de ce porche , et la sirène au miroir (crossette du rampant droit de la 2ème fenêtre passante) de cette église de Lampaul-Guimiliau, je mentionne :

 

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H. Amemiya la décrit ainsi :

"Sirène couchée sur le ventre, tête à droite. Buste redressé de face. S'appuie sur le coude gauche. Visage carré. Deux cornes émergent des cheveux raides qui tombent sur ses épaules. La partie inférieure du corps  a la forme d'une queue de poissons à écailles apparentes. Elle fait une grande boucle, et l'extrémité bifurique est redressé à la verticale. Cette représentation est classée dans le type Sirène [20 exemples] pour la pointe bifurique de sa queue. Néanmoins, son apparence est plus proche de l'ornement du type Femme-Serpent [11 exemples], notamment de ceux qui se trouvent à l'église Notre-Dame de Bodilis, de celle de Notre-Dame-et-saint-Sujan de Braspart, au Musée de l'église Saint-Suliau de Sizun, dans le Finistère." (Amemiya p. 211)

Le Seac'h  écrit pour sa part :

"Le thème de la sirène est courant dans la vallée de l'Élorn  au XVIe siècle et a beaucoup été utilisé pour les crossettes et les gargouilles. Les deux sont à différencier de la démone-serpent que l'atelier Prigent a aussi représentée, écrasée par la Vierge à l'Enfant sur la façade occidentale du Folgoët . La démone-poisson de Lampaul-Guimiliau est le symbole de la volupté, discrète allusion aux plaisirs de la chair." (p. 156)

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Il est évident que nous avons sur cette façade une triple déclinaison du même thème : le combat contre le Mal, qu'il soit local et breton par un moine anglo-saxon évangélisant le Léon avec l'image du saint saurochtone, ou bien céleste et cosmique avec saint Michel terrassant Satan  à la fin des temps, ou bien inscrit dans l'histoire du Salut où le Christ (au sommet du lanternon) délivre par sa mort l'humanité du Péché : l'identification du Péché avec l'acte sexuel et "la chair", ou Démon tentateur avec la lubricité qu'illustre la femme nue, coquette et ambivalente par sa moitié animale et très ancienne, ancrée sur les écrits de saint Augustin. Seule manque ici (mais très présente pour les esprits) la Vierge dans son rôle de Nouvelle Ève salvatrice.

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La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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L'inscription :

Abgrall, Couffon et Le Seac'h en donnent chacun une leçon erronée. Il faut lire 

LAN MIL VC XXXIII.

Le sens reste le même : "l'an 1533".

Pour fixer le contexte, nous sommes sous le règne de François Ier, et le dauphin François de France est duc de Bretagne sous le titre de François III de Bretagne jusqu'à son décès en 1536. En  1533, le futur Henri II épouse Catherine de Médicis tout en restant l'amant de Diane de Poitiers.

Cette date est celle qui est admise pour le début de la construction de l'église (bien que sa localisation suppose que la partie principale du porche ait débuté plusieurs années auparavant). La participation de l'atelier landernéen des frères Prigent précède leur chantier des porches de Pencran (1553), de Landivisiau (à partir de 1554) et de Guipavas (1563), ou du grand calvaire de Plougonven en 1554.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

La sirène (kersanton, 1533) du porche de l'église de Lampaul-Guimiliau . Photographie lavieb-aile 2019.

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5°) Le cadran solaire.

Inventaire de la S.AF  : 2909701-1

Il est décrit par Abgrall en 1891 (cf supra)

Il est décrit par Michel Lalos comme un cadran méridional [placé au sud], gravé sur ardoise, circulaire, dégradé, avec des lignes en triangles, sans chiffres visibles, au style absent.

 

" Quant à passer à l’iconographie, au «visuel» comme on dit aujourd’hui, on constate que l’image funèbre elle-même évoquée par crânes et tibias qui se voient ailleurs, est rare sur nos cadrans solaires. Elle s’impose néanmoins à Lampaul-Guimiliau, au fronton du porche de l’église , «Décor d’une tête de mort encadrée de deux personnages». Ces deux-là ont tout l’air d’être des ignudi ailés." (Y.-P. Castel)

Personnellement, je ne vois pas d'ange ni d'ailes, mais deux personnages, dont l'un tient une palme. J'y vois deux allégories féminines du Temps.

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Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

Le cadran solaire de l'église de Lampaul-Guimiliau (ardoise, s.d). Photographie lavieb-aile 2019.

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6°) L'arcade du porche (kersanton, vers 1533, atelier Prigent ?).

J'ai déjà décrit les deux anges des contreforts, qui sont les seuls éléments figurés sculptés avec les quatre animaux des volutes.

Comme ce sera le cas à Landivisiau, l'arc est en plein cintre, avec deux piédroits suivis de moulures en rejoignant une troisième moulure à l'aisselle des pinacles. Cette dernière, à crochets, libère une petite accolade sommée d'un fleuron.

Les frères Prigent (si ce sont bien eux les auteurs) reprennent des éléments de décoration des porches de l'atelier ducal du Folgoët, au Folgoët, à la cathédrale de Quimper, à Rumengol, à Saint-Herbot, etc..  avec la triple moulure à feuilles de vignes dont la tige s'échappe de la gueule d'un monstre animal. Ici, la première moulure porte un rinceau de feuilles de vigne, la deuxième des feuilles d'acanthe, et la troisième des pampres avec leurs grappes. Mais ces feuillages se succèdent de manière assez répétitive, sans être peuplés d'animaux (oiseaux, escargots, serpents), de petits personnages ou de saynètes comme ce sera le cas ensuite.

L'un des intérêts du porche de Lampaul-Guimiliau est d'avoir conservé les marques de taille des pierres d'appareillage constituant les piédroits et moulures, avec le principe que les lettres A, B et C signalent la rangée, et les chiffres le numéro de l'assise, en débutant en bas à gauche. Les pierres sont numérotées A1 à A22 pour la rangée extérieure, puis B1 à B18 pour la rangée médiane, et C1 à C15 pour la rangée intérieure.

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Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

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Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau (kersanton, 1533). Photographie lavieb-aile 2019.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

— ARMET (Alain), photos

http://www.collections.musee-bretagne.fr/resultat.php?type_rech=rs&index%5B%5D=fulltext&bool%5B%5D=&reset=1&nr=1&value%5B%5D=%22lampaul-guimiliau

— CASTEL (Yves-Pascal), l'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère

http://docplayer.fr/60408777-L-iconographie-religieuse-sur-les-cadrans-solaires-du-finistere.html

— CORNEC (Jean-Paul),  Labat-Ségalen (Pierre), 2010, «Cadrans solaires de Bretagne, horolajou heol Breizh» ( Skol-Vreizh, nov. 2010),

 

http://jean-paul.cornec.pagesperso-orange.fr/cs_itineraire.htm

— CHAURIS (Louis), 2009, Aperçu lithologique sur l'église de Lampaul-Guimiliau., Chapitre de l'ouvrage de H. Le Gall et P. Toullec, Lampaul-Guimiliau. Autopsie d'un clocher. 2009, pp.16-31

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

— LALOS (Michel), Cadrans solaires.

http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_morlaix.php

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

Sur les sirènes démones :

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko), 1996,  Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes . Thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 .

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
4 avril 2019 4 04 /04 /avril /2019 15:05

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau II : les Apôtres, la Vierge et les Saints (kersanton, vers 1533).

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Le porche :

 

Sur les porches de Bretagne :

Sur les Credo apostolique, utiliser l'onglet "recherche" ou voir infra Sources et liens.

 

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PRÉSENTATION.

Voir article Le porche II, les quinze anges.

" A l'intérieur du porche, les niches des Apôtres sont très variées dans leurs sculptures et leurs découpures flamboyantes.  Au fond, les deux portes séparées par un trumeau sont encadrées de fines moulures et couronnées d'accolades ornées de feuilles frisées. Un riche bénitier, avec torsades, modillons, perles et feuillages, est fixé dans le trumeau. Au-dessus, un personnage, tenant une légende PAX VOBIS, soutient la statue de Notre-Dame de Lampaul. Des deux côtés, sur des colonnettes prismatiques tournées en spirale, sont saint Fiacre tenant une bêche et un autre Saint tenant un livre. Un détail à noter c'est, auprès de la statue de saint Pierre, un petit brûle-cierges en fer, sur lequel il est d'usage d'allumer un flambeau quand un malade est à l' agonie, afin qu'il soit bien accueilli par le Portier du ciel. Les portes ont conservé leurs vantaux primitifs, et l'on ne peut trop admirer celte menuiserie si bien assemblée, solide et parfaitement raisonnée." (Abgrall, 1891)

Matériau : kersantite (extraite de la Rade de Brest et transportée par l'Elorn jusqu'à Landerneau).

Datation : par approximation, celle inscrite sur le fronton extérieur du porche : 1533.

Attribution : non établie.

L'atelier de sculpture sur pierre expert en taille du kersanton en activité dans la région vers 1533 est celui des frères Prigent, à Landerneau, auteurs des statues du lanternon et de la partie haute du porche  de Lampaul-Guimiliau, mais Emmanuelle Le Seac'h précise que si "les Apôtres de l'intérieur du porche et les trois statues au dessus des portes jumelles ne sont pas de l'atelier", néanmoins  "on peut se demander si il n'a pas réalisé aussi l'arc d'entrée du porche".

Menu :

Le bénitier

La Vierge, saint Jean et saint Fiacre.

Le Credo apostolique (les 12 Apôtres).

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I. LE  PORTAIL INTÉRIEUR AUX PORTES GÉMINÉES.

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Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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1°) Le bénitier en kersanton.

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"Un riche bénitier, avec torsades, modillons, perles et feuillages, est fixé dans le trumeau." (Abgrall)

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Le bénitier du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le bénitier du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Le tympan du portail : les trois statues.

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Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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La Vierge à l'Enfant.

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Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Saint Jean l'Evangéliste.

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Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Saint Fiacre (tête brisée) tenant sa bêche.

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Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les statues du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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I. LES SIX APÔTRES DE DROITE.

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Tous les apôtres sont pieds nus, sont barbus (sauf Jean) et tiennent (sauf Jean) un livre, le Livre des Apôtres. Ils tiennent tous un phylactère (vertical ou diagonal) où était peint jadis un article du Credo, c'est en ce sens que nous devons parler ici d'un Credo apostolique. Tous (sauf Jacques le Majeur qui est en habit de pèlerin) sont vêtus d'une robe longue, sans col, pourvus d'une fente d'une dizaine de cm fermée par deux ou trois boutons, serrée par une ceinture plate, et par dessus d'un manteau passé sur l'épaule gauche ou boutonné par un fermail central.

Toutes ces statues ont eu la tête brisée (à la Révolution probablement), et recollée à une date que j'ignore (avant la visite d'Abgrall en 1891 a priori).

Les traces de polychromie, nettes pour l'ocre des niches, sont discrètes sous forme d'aplats rouges . Chaque dais est différent, récitant le catéchisme de l'ornementation gothique avec des gables à fleurons, des arcatures ogivales ou cintrées polylobées ou à fin réseau, des pinacles et des fleurons, des oculi à bilobes ou trilobes, des balustres à branches écotées, parfois des motifs animaliers (André : dragons) ou humains (quatre têtes Renaissance au dessus du dais de Pierre), etc...

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Éléments stylistiques.

  • Niches à clef pendante sous des dais gothiques, différents : trois dais hauts atteignent le sommet de l'ogive.
  • Rides frontales en deux plis, fréquentes mais non constantes,
  • Yeux en amande sans que les pupilles ne soient dessinées,
  • Sourcils en large arc au dessus de l'excavation de l'orbite
  • Nez droit et fort, narines creusées, sans excès.
  • Philtrum bien marqué au dessus de lèvres étroites
  • Moustache sortant des narines en deux volutes.
  • Barbe à mèches verticales sinueuses puis bouclées à leur extrémité
  • Cheveux mi longs touchant les épaules.
  • Boutonnières des tuniques dessinant une forme en 8, le tissu étant tendu par les boutons  ronds ou plats.
  • Plissé des tuniques verticaux et épais
  • Genou gauche légèrement ployé .
  • Le livre est ouvert ou fermé, présenté de face ou sur la tranche, tenu dans une main ou sous l'aisselle, etc., de façon différente dans les 11 cas.
  • Les bouts de pieds nus dépassent des tuniques avec des orteils ronds et réguliers.
  • Identité des Apôtres nos spécifiée par une inscription sculptée, mais par un attribut le plus souvent interprétable sans ambiguïté.

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Pour moi, le seul détail, très caractérisé, de la fente aux deux ou trois boutons, m'évoque fortement les porches aux Apôtres des frères Bastien et Henri Prigent, mais en ce domaine j'suis pas méd'cin.

cf. Landivisiau.

L'ordre dans lequel ils sont placés n'est sans doute pas l'ordre initial, car saint André n'occupe jamais la dernière place du Credo, qui est celle de Matthias. 

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1. Saint Pierre (clef).

2. Saint Thomas (équerre).

3. Saint Philippe (croix à longue hampe).

4. Saint Jean (coupe de poison).

5. Saint Jacques le Mineur (bâton de foulon).

6. Saint Jacques le Majeur (pèlerin de saint Jacques).

7. Saint Simon (scie).

8. Saint Matthias (le glaive) sous réserve .

9. Saint Matthieu (balance).

10. Saint Barthélémy (coutelas)

11. Saint Jude-Thaddée (la lance) sous réserve : la lance est souvent attribuée à Thomas.

12. Saint André (croix en X).

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

 

 

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1°) Saint Pierre tenant sa clef.

Son "toupet" caractéristique est ici représenté par deux boucles en macarons.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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2°) Saint Thomas tenant son équerre (brisée).

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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3°) Saint Philippe et sa croix à longue hampe.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Saint Jean l'évangéliste bénissant et  tenant la coupe de poison (brisée).

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Voir l'apôtre Jean à Landivisiau : le pied de la coupe, mieux préservé, confirme ma suggestion.

 

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Saint Jacques le Mineur et son bâton de foulon.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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6. Saint Jacques le Majeur en pèlerin de Saint-Jacques.

Il tenait en main son bourdon, aujourd'hui brisé. Il porte encore son chapeau timbré au centre d'une coquille ou coustille, et il est ceint du baudrier à coquilles de la besace, qui est suspendue à son coté gauche. Enfin, il est vêtu de la pèlerine, un long manteau qui n'est pas ouvert en avant. C'est exactement ce contraste entre la tenue des autres apôtres et celle de Jacques que constate   Humbert Jacomet vers 1320 : " 

"De fait, au moment même où l' adoption du livre, du bâton et du sac au rabat timbré d'une unique coquille paraît chose acquise au point de reléguer l'épée dans l'ombre, une véritable révolution se produit dans l'économie vestimentaire de saint Jacques. D'un côté, la statuaire monumentale, fidèle au prestige qui s'attache aux mouvements de toge, poursuit sa course et donne naissance à force de virtuosité au "gothique international" qui impose au vitrail et à la peinture murale l'élégance de la tunique et du manteau drapé propres à ennoblir la figure des apôtres; de l'autre, le Majeur renonce soudain à la somptuosité de ces jeux d'étoffe pour endosser un uniforme rigide coupé dans du drap ordinaire. Celui-ci se compose  d'une cote qui lui tombe jusqu'aux pieds et d'un surcot à larges manches échancrées sous les aisselles, exactement moulé sur la cote dont il adopte les plis tuyautés, raides et verticaux."

Quand au baudrier, le même auteur remarque que "Le baudrier orné de coquilles a rencontré un tel succès en Bretagne que, pour un peu, il y ferait l'effet d'un trait autochtone. Saint Jacques arbore presque toujours ce type de baudrier dans les collèges apostoliques bretons du XVIe siècle dans lesquels , étant entendu qu'il s'agit de la courroie du sac. L'exemple le plus ancien connu en France se trouve à l'abbatiale de Mimizan, dans les Landes."

J'ai remarqué ce baudrier :

à la collégiale du Folgoët

à Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou vers 1509

à l'abbaye de Daoulas vers 1560-1566

à Sizun (ossuaire) vers 1585-1588

à Bodilis  en 1601,

etc.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Les six apôtres du coté gauche.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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7. Saint Simon et sa scie.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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8. Saint Matthias et son glaive.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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9. Saint Matthieu et sa balance de pesage de l'or en tant que publicain.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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10. Saint Barthélémy et son coutelas.

Barthélémy subit le martyre du dépeçage.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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11. Saint Jude-Thaddée  et la lance.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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12. Saint André et sa croix en X.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— JACOMET (Humbert), l'image de saint Jacques en France (XIIe-XIXe siècles)

https://www.academia.edu/27207006/Limage_de_Saint_Jacques_en_France_XIIe_-_XIXe_si%C3%A8cle_

 

Sur le Credo apostolique voir ici  :

 

 

 

Site http://idlespeculations-terryprest.blogspot.fr/2014/02/the-apostles-creed.html

— Grant Kalendrier et compost des bergiers , 1529, imprimé à Troyes.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86095054/f89.item.zoom

 

— Émile Mâle : http://patrimoine.amis-st-jacques.org/documents/000135_e_male_credo_des_apotres_2.pdf

—Denis Pichon Note sur les peintures murales de Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren : présence d'un Credo prophétique Société d'émulation des Côtes-d'Armor, 2000, 130, p. 115-122

— Robert Favreau Les autels portatifs et leurs inscriptions, Cahiers de civilisation médiévale 2003 Volume   46 pp. 327-352 :http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_2003_num_46_184_2865

 — Baptistère de Sienne : http://www.viaesiena.it/fr/caterina/itinerario/battistero/articoli-del-credo/articoli-della-seconda-campata

 — Psautier de Jean de Berry, Enluminures de André Beauneveu 1380-1400 : gallica 

— RANSON (Lynn) 2002 A franciscan program of illumination Insights and Interpretations: Studies in Celebration of the Eighty-fifth .publié par Colum Hourihane  ..pp 84-89 En ligne

 

— GAY (Françoise) 1993, Le choix des textes des prophètes face aux apôtres au Credo", in Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

— HASENORH (Geneviève), 1993 "Le Credo apostolique dans la littérature française du Moyen-Âge", Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

— LACROIX (Pierre) , Renon, Andrée,  Mary, Marie-Claude, Vergnolle, Éliane [Publ.] Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon (1993).Sommaire en ligne 

 — GAULTIER DU MOTTAY (Joachim) Répertoire archéologique du département des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, 1883-1884, extrait des Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, nouvelle série, T.I, 1883-1884.

 

— RENON F, relevé du Credo du chœur de la cathédrale de Cambray en 1404 Revue de l'art chrétien: recueil mensuel d'archéologie religieuse, Volume 8 Arras ; Paris 1864 page 262.

—  RITZ-GUILBERT, Anne 1993 ; "Aspects de l'iconographie du Credo des apôtres dans l'enluminure médiévale", Pensée, image & communication en Europe médiévale : à propos des stalles de Saint-Claude; Besançon; Asprodic L'auteur analyse les Credo typologiques apparus dans l'enluminure du 13e siècle, puis la version originale qu'en donne Jean Pucelle dans le Bréviaire de Bellevill (Paris, B. N., ms lat. 10483) aux environs de 1323-1326. Le peintre a utilisé le Credo des apôtres comme attribut de la vertu personnifiée de la Foi

SCHMITT (Jean-Claude), 1989  "Les images classificatrices", in Actualité de l'histoire à l'Ecole des chartes: études réunies à l'occasion publié par Société de l'Ecole des charte 1989 pp.311-341.

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Published by jean-yves cordier - dans Porches Chapelles bretonnes.
2 avril 2019 2 02 /04 /avril /2019 11:08

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau II : les quinze anges.

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Sur les porches :

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Rappel chronologie et attribution de quelques porches du Finistère :

Premier atelier ducal du Folgoët :

  • Notre-Dame du Folgoët, porche occidental : 1423
  • Notre-Dame du Folgoët, porche sud : 1423-1433
  • Quimper, cathédrale : 1424-1442
  • Saint-Pol-de-Léon, Kreisker : 1436-1472
  • Châteauneuf du Faou : Notre-Dame-des-Portes : 1436-1472
  • Kernascleden : 1433-1463
  • Le Faouët, chapelle Saint-Fiacre : 1450
  • Quimperlé, porche nord : 1420-1450
  • La Martyre porche sud : 1450-1468
  • Le Faou, Rumengol, porche sud : 1468.

Deuxième atelier ducal du Folgoët :

  • Plourach, porche sud : 1458-1488
  • Plonevez-du-Faou, Saint-Hernot porche sud : apôtres 1481/porche 1498-1509

Atelier des frères Prigent à Landerneau :

  • Pencran, porche sud : 1553
  • Landivisiau, porche sud : 1554-1565
  • Guipavas, porche nord : 1563

Maître de Plougastel :

  • Bodilis, 1601
  • Guimiliau, 1606-1617

non attribué :

  • Landerneau , Saint Houardon (1604)
  • Guimiliau (1606-1617)
  • Gouesnou (1640-1664)

Roland Doré (1618-1663) :

  • Guimiliau, apôtres 
  • Pleyber-Christ, apôtres
  • Plestin-les-Grèves, apôtres
  • Trémaouezan (1610-1623), apôtres
  • Le Tréhou, apôtres;

Jacques Mazé :

  • Plouneventer, apôtres 1679

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"Lampaul-Guimiliau. C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance. Ce porche, comme la plupart de ceux de la contrée datant de la même époque, semble avoir été préparé en carrière ou dans les ateliers d'un tailleur de pierre et imagier, du moins pour ce qui regarde toutes les parties sculptées en kersanton, comme l'indiquent les marques d'appareilleurs gravées sur ces pierres, pour leur mise en place." (Abgrall 1891)

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Datation : antérieure ou égale à 1533.

Attribution : non établie.

L'atelier en activité dans la région vers 1533 est celui des frères Prigent, à Landerneau, auteurs des statues du lanternon et de la partie haute du porche  de Lampaul-Guimiliau, mais Emmanuelle Le Seac'h précise que si "les Apôtres de l'intérieur du porche et les trois statues au dessus des portes jumelles ne sont pas de l'atelier", néanmoins  "on peut se demander si il n'a pas réalisé aussi l'arc d'entrée du porche".

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LE PORCHE EXTÉRIEUR.

"La grande entrée consiste en une arcade composée de moulures prismatiques séparées par des gorges profondes, lesquelles gorges sont tapissées de feuilles découpées, chardons, choux frisés et pampres de vignes. Les tiges de ces plantes sortent, comme dans les autres œuvres analogues, de la gueule de monstres variés : sourds, lézards, dragons ailés." (Abgrall 1891)

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Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Moulure  (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Moulure (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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A. LES DEUX ANGES DES CONTREFORTS .

 

 

"Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini. "(Abgrall, 1891).

 

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1°) L'ange de droite : 

 

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B[E]NEDICT[US] QUI VE[N]IT

IN NO[M]I [N]E D[OMI]NI

Les lettres entre crochets correspondent aux tildes, ces tirets horizontaux suscrits. Le -US final de BENEDICTUS est abrégé par le signe 9.

Traduction : "Béni soit celui qui vient an nom du Seigneur." Il s'agit du verset 26 du psaume 117, chanté en grégorien et présent dans les antiphonaires les plus anciens. Il appartient au texte du Sanctus, après les mots Hosanna in excelsis, et il reprend l'acclamation des rameaux dans l'évangile de Mathieu Mt 21:9

https://gregorien.info/chant/id/1093/2/fr

Dans l'esprit des paroissiens de l'époque, elle s'associe naturellement et indissociablement  au chant, à la liturgie, mais aussi aux anges qui sont souvent représentés entonnant le Sanctus en l'honneur de Dieu.

Placée à l'entrée du sanctuaire, elle devient une formule d'accueil des fidèles.

Son écriture en minuscules gothiques aux fûts droits  réguliers à brefs empattements en losange, aux hampes non bifides sans ornementation la rapproche de la textura quadrata, ce qui est cohérent avec le style gothique du porche souligné par Abgrall.

Le visage de l'ange est très rond, la tête est inclinée, la bouche est petite, les cheveux sont longs et bouclés. Il porte une aube qui descend sur les pieds, lesquels sont chaussé. Un surplis recouvre l'aube. L'amict se replie en un boudin circulaire, avec un créneau sous le menton.

La  main droite inoccupée est placée sur la poitrine, à la manière des enfants de chœur thuriféraires, tandis que la main gauche tient le phylactère.

 

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Ange  (kersanton) du contrefort droit du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange (kersanton) du contrefort droit du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange  (kersanton) du contrefort droit du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange (kersanton) du contrefort droit du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange  (kersanton) du contrefort droit du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange (kersanton) du contrefort droit du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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2°) L'ange de gauche .

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La tête a été brisée ; l'habit est le même, quoique l'amict ne soit plus roulé sous le cou. La main qui ne tient pas la banderole est levée en signe de salutation.

Curieusement, l'écriture est bien différente de celle du premier ange : elle est gothique, à fûts droits, mais elle fait usage du deux-points de séparation des mots, et l'extrémité de certains jambages est bifide, tandis que le jambage des Y s'enroule ce qui donne une allure plus contournée, et plus ancienne que la précédente. . 

L'inscription dit :

BONES : GENZ : QUE : YCY : PASSEZ

PRIEZ : DIEU : POUR : LEs : TREPASSEZ

"Bones gens qui ycy passez, priez Dieu pour les trépasséz"

Le premier N ne porte pas de tilde, l'orthographe est donc Bones et non Bonnes.

Ce distique rimé est fréquemment rapporté, sous des formes proches, mais, — et c'est cela qui est ici singulier — toujours sur un ossuaire, un cimetière ou dans le cadre d'une épitaphe. Je ne résiste pas à débuter par cet exemple tiré des Reflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant d'Andre Francois Boureau Deslandes :

 

"Bonnes gens, qui par cy passez

Priez Dieu pour les Trépasses :

Bonnes gens qui passez par icy,

Priez pour ce pauvre homme-cy :

Qui par cy passsez, bonnes genz,

A prier soyez diligens

Pour le pauvre frère GREGOIRE

Qui ne mourut que de trop boire."

 

Mais nos bons auteurs rapportent l'existence de ce distique sur les ossuaires de Trémaouezan  et de Ploudiry.  Je citerai d'abord cet extrait : 

"Cette inscription était la plus répandue sur les ossuaires tant de Bretagne que du reste de la France. Elle se lisait notamment sur la porte d’entrée du cimetière de Montfort l’Amaury, qui possédait deux très curieux charniers convertis en galeries (plusieurs crânes, formant métopes, sont encore encastrés entre les arceaux des piliers). À l’aide des quelques lettres qui en subsistent, M. A. de Dion l’a ainsi restituée :

Vous tous qui icy passez
Priez Dieu pour les trépassez.
Ce que êtes ils ont étez ;
Ce que sont un jour serez. " Charles Le Goffic, 1908, L’Âme bretonne Honoré Champion (série 2, p. 120-132).

 Alfred Lebars dans  Les ossuaires bretons, signale cet exemple à Sizun :

VOUS NOS ANFENS QUI PAR ICY PASSES

SOUVENEZ VOUS QUE NOUS SOMMES TREPASSES

HIRIO DIME VARHOAS DIDE (aujourd'hui à moi, demain à toi)

Il ajoute :

"Il subsiste de l'ossuaire Saint-Melaine de Morlaix une plaque en pierre de Locquirec dont l'inscription gothique maintenant en grande partie illisible était ainsi conçue :

BONES GENS QUI PAR ILLEC PASSES

PRIES DIEU POUR LES TREPASSES.

L'ossuaire de la cathédrale de Quimper, détruit vers 1842, comportait une inscription du même genre :

VOUS QUI PAR ILLECQUES PASSEZ

SOUVENEZ VOUS QUE NOUS SOMMES TREPASSES

Des inscriptions à peu près semblables rappelant l'idée de la mort, de la prière pour les trépassés, se lisaient autrefois sur l'ossuaire de Marville (Meuse), ; à Monfort-l'Amaury (Seine-et-Oise), au cimetière des Innocents et à la porte de celui de Saint-Séverin à Paris ; à l'entrée du grand canal d'Orléans ; contre le mur extérieur de l'église de Beauval (Somme) et sans doute dans les cimetières de la plupart des régions de France."

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On trouve encore :

Bonnes gens, qui en ce moustier

venez chascun jour pour prier

Pour Dieu, ne vueillez oublier les Trepassez.

Cet exemple est cité par A de la Borderie (L'Imprimerie en Bretagne), comme tiré de Les Loys des Trepassés, Bréant-Loudéac, 1484-1485, mais je ne le retrouve pas dans l'exemplaire de la Bnf

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1511301d/f15.image

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Ange  (kersanton) du contrefort gauche du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange (kersanton) du contrefort gauche du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange  (kersanton) du contrefort gauche du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange (kersanton) du contrefort gauche du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

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À l'intérieur du porche, vous pouvez organiser pour les groupes scolaires ou du troisième âge un concours : dix points pour chaque ange trouvé ! J'ai ainsi gagné 130 points.

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Intérieur du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Intérieur du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

 

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B. LES  ANGES DE LA FRISE DES CULOTS SOUS LES APÔTRES DU PORCHE.

 

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À l'intérieur du porche, les statues des douze apôtres sont disposées de chaque coté sur des culots dont un sur deux est sculpté d'un ange tenant une banderole, l'autre étant sculpté d'un chou frisé. Si j'ai bien compté, cela nous donne six anges, trois de chaque coté.

Ces banderoles portaient jadis des inscriptions, du temps où tout cela était peint de belles couleurs.

Je les décrirai en partant de saint Pierre (à droite près de la porte d'entrée) et en tournant comme si j'étais l'aiguille de quelque montre posée au sol, vers la voûte.

Ils sont chacun différents par la posture, par la prise manuelle des parchemins, etc.

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Intérieur du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Intérieur du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Ange n°1. sous saint Pierre.

Il tient sa banderole par les pouces entre ses deux bras étendus.

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Ange  (kersanton) des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange (kersanton) des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Ange n°2 sous saint Philippe tenant sa croix. 

Une demi-colonne l'oblige à ne dérouler le rouleau que vers sa droite.

Ses cheveux sont bouclés non seulement en deux volutes sous les oreilles, comme les autres, mais en vaguelettes. Sa tunique est bouffante au dessus d'une ceinture.

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Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Au passage : un beau chou frisé.

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Culot des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Culot des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Ange n°3, levant la main gauche sous saint Jacques le Mineur.

Il est placé à l'entrée du porche, et il accueille les fidèles par ce signe. Il tient le phylactère entre le pouce, écarté, et l'index et le majeur. Ses cheveux frisés forment une suite de petits macarons, jusqu'à l'alsacienne finale. 

L'amict forme, comme l'ange du contrefort droit, un créneau sous le menton. Il existe dans tous ces anges un détail ou un autre qui les relient et nous permet d'affirmer qu'ils sortent du même atelier.

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Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Les anges du coté gauche.

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Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Les Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Ange n°4 sous saint Barthélémy tenant son coutelas.

Il a le bras droit étendu, tandis que le bras gauche est fléchi. La tenue de la bande de parchemin est inversée, pouce au dessus avec la paume en arrière du coté droit, l'inverse à gauche.

Les cheveux forment des mèches plus ou moins bouclées. Sa tunique serrée par une ceinture fait des plis épais parallèles sur le buste, et froissés sur les manches. Bien-sûr, Le détail est dans ces deux sangles croisées sur la poitrine, et dont nous ignorons l'usage. 

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Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Ange n°5 sous saint XX avec son glaive.

Celui-ci ne s'est pas laissé embêter par la demi-colonne : hop, il a lancé sa banderole par dessus, et il a demandé à un lionceau de saisir l'extrémité dans sa gueule.

La chevelure est plus rétive aux boucles.

Il porte les sangles entrecroisées comme son collègue. 

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Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Ange n°6 sous saint André et sa croix en X.

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Il présente la banderole coudes fléchis, mais l'élégance presque précieuse tient à la prise par trois doigts (index à annulaire)  placés sur la tranche supérieure du parchemin. Chacun son truc !

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Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots des Apôtres du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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C. LES  ANGES  DES CULOTS AU DESSUS DES PORTES DU PORCHE.

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1°) Au centre sous la Vierge à l'Enfant : le messager Pax Vobis.

Ses ailes ne sont pas bien visibles, mais je le tiens néanmoins pour un ange, qui se serait coiffé d'un bonnet de feutre. Il tient une banderole avec les mots PAX VOBIS, "La paix soit avec vous". Vraiment, les anges de Lampaul-Guimiliau ont le sens de l'accueil.

Mais il sort de la meilleure école hôtelière des anges, là où on vous apprend à tenir, à la sortie des voyageurs d'un aérodrome, les panonceaux Mr INTEL d'une main, index et majeur au recto, les autres doigts au verso, le corps bien droit, le visage à peine marqué d'un sourire tout en  saluant l'heureux Intel de deux doigts sur le bord de la casquette. So class, so chic !

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Ange des culots  du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Sous la statue de saint Jean.

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Ange des culots  du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Sous la statue de saint Fiacre.

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Ange des culots  du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Ange des culots du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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En prime : deux scènes animalières

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Tout leur intérêt provient de leur motif : un quadrupède passant entre les spires d'un parchemin torsadé. En effet, ce motif rappelle fortement celui de l'hermine passant de la même façon à travers une banderole, et qui, accompagnée de la devise A MA VIE, affirme le rôle du duc de Bretagne comme commanditaire de la collégiale du Folgoët, par exemple, ou de l'église de Quimperlé.


On retrouve un aspect analogue sur les sablières de Notre-Dame-de-Grâces près de Guingamp en 1506-1508, avec une hésitation sur l'identification de l'animal, un renardeau a priori.

De même, le motif est repris sur les sablières de l'église de l'Hôpital-Camfrout.

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Ici, il est difficile d'identifier l'animal : un loup ? Un renard ? Une hermine ?

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1°) Du coté gauche des portes.

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Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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2°) Du coté droit des portes.

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Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Hermine ou renard passant entre les spires, porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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D.  LES  QUATRE ANGES  DES  CLEFS DE VOÛTE.

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"Dans les clefs de voûte, deux anges tiennent, l'un les instruments de la Passion, l'autre cette légende : Bonum est sperare in Domino. (Abgrall, 1891)"

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Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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1°) Les deux anges tenant deux banderoles entrelacées.

L'une des banderoles porte BON[U]M EST, et l'autre SPERARE IN D[OMI]NO. Elles se réunissent autour d'une fleur verte. Les banderoles sont vertes sur fond ocre rouge, les lettres sont jaunes.

Le visage des anges est rond, encadré par les boucles des cheveux. La tunique est plissée, bouffante sur les manches ; l'amict est arrondi en demi cercle mais non roulé.  Leurs ailes sont bien écartées.

Un tilde sur le M signale l'absence du U de BONUM, un autre sur le O celle de OMI de Domino. Les lettres RE de Sperare sont plus petites car elles s'inscrivent sous la main de l'ange.

L'écriture est celle de l'ange de droite du contrefort de l'entrée : une gothique textura régulière, claire, à empattements en losange, dont la hampe du b et le jambage du p sont bifides.

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Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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Le texte Bonum est sperare in Domino, "Il est bon d'espérer en Dieu" est le début du verset 9 du psaume 117, ce même psaume dont le verset 26 était tenu par l'ange de l'entrée. Le texte complet est : Bonum est confidere in Domino, quam confidere in homine, Bonum est sperare in Domino quam sperare in principibus. : "Il est bon de mettre sa confiance dans le Seigneur, plutôt que de mettre sa confiance en l'homme. Il est bon de mettre son espérance dans le Seigneur, plutôt que de mettre son espérance dans les princes".

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Ce verset chanté en grégorien appartient aux plus anciens antiphonaires, comme celui de l'abbaye de Saint-Gall.

https://gregorien.info/chant/id/1113/2/fr

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https://www.e-codices.unifr.ch/fr/csg/0339/88

https://www.e-codices.unifr.ch/fr/csg/0339/88

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Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Le porche de l'église de Lampaul-Guimiliau II : les anges.
Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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2°) Les deux anges porteurs des instruments de la Passion.

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L'un porte la couronne d'épines, un marteau et trois clous.

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Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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L'autre porte la colonne de la Flagellation, les verges et le flagellum.

Les anges ont le même visage poupon que les précédents, mais on remarquera la tunique à plis tubulaires, et serrée à la taille par une ceinture autour de laquelle elle vient bouffer.

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Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Clef de voûte (kersanton) du porche sud de l'église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

"C'est par le porche et l'angle Ouest du bas-côté Sud qu'on a commencé cette reconstruction, remontant à 1533, Là, l'ornementation et la structure sont encore absolument gothiques, avec quelques mélanges cependant de détails indiquant l'influence de la Renaissance. Ce porche, comme la plupart de ceux de la contrée datant de la même époque, semble avoir été préparé en carrière ou dans les ateliers d'un tailleur de pierre et imagier, du moins pour ce qui regarde toutes les parties sculptées en kersanton, comme l'indiquent les marques d'appareilleurs gravées sur ces pierres, pour leur mise en place. La grande entrée consiste en une arcade composée de moulures prismatiques séparées par des gorges profondes, lesquelles gorges sont tapissées de feuilles découpées, chardons, choux frisés et pampres de vignes. Les tiges de ces plantes sortent, comme dans les autres œuvres analogues, de la gueule de monstres variés : sourds, lézards, dragons ailés. Deux contreforts, posés sur les angles, accostent cette arcade, et sur les faces intérieures de chacun sont deux petits anges tenant une banderole avec ces légendes en caractères gothiques : Bonnes gens qui ycy passez priez Dieu pour les trépassés. Benedictus qui venit in nomine Domini.

Le tympan porte un cadran solaire, au haut duquel deux anges gras et joufflus tiennent une tête de mort. Plus haut, est la date : A. D. m Ve XXXIII. Au-dessus, une sirène cornue, à queue contournée, forme cul-de-lampe pour une jolie statue de saint Michel terrassant le dragon. Ce saint Michel est couronné par -un dais Renaissance sur lequel est portée la statue de saint Paul Aurélien, tenant en laisse un dragon ailé, au cou duquel il a passé son étole. Cette statue est abritée par une belle niche Renaissance, surmontée das statues de la Sainte Vierge et de saint Jean, qui accompagnaient autrefois un Christ en croix, maintenant disparu. A l'intérieur du porche, les niches des Apôtres sont très variées dans leurs sculptures et leurs découpures flamboyantes. Dans les clefs de voûte, deux anges tiennent, l'un les instruments de la Passion, l'autre cette légende : Bonum est sperare in Domino. Au fond, les deux portes séparées par un trumeau sont encadrées de fines moulures et couronnées d'accolades ornées de feuilles frisées. Un riche bénitier, avec torsades, modillons, perles et feuillages, est fixé dans le trumeau. Au-dessus, un personnage, tenant une légende PAX VOBIS, soutient la statue de Notre-Dame de Lampaul. Des deux côtés, sur des colonnettes prismatiques tournées en spirale, sont saint Fiacre tenant une bêche et un autre Saint tenant un livre. Un détail à noter c'est, auprès de la statue de saint Pierre, un petit brûle-cierges en fer, sur lequel il est d'usage d'allumer un flambeau quand un malade est à T agonie, afin qu'il soit bien accueilli par le Portier du ciel. Les portes ont conservé leurs vantaux primitifs, et l'on ne peut trop admirer celte menuiserie si bien assemblée, solide et parfaitement raisonnée."

— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes.
30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 21:42

Le bénitier  du "Baptême du Christ aux deux serpents" ou "Des diables" (kersanton, 1622) de l'église de Lampaul-Guimiliau.

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Sur Lampaul-Guimiliau : l'intérieur de l'église :

L'extérieur de l'enclos :

Sur les bénitiers :

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PRÉSENTATION.

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René Couffon a décrit les trois bénitiers de l'église :

"-Bénitier en granit [non, en kersanton]  sculpté au trumeau du porche sud, XVIe siècle (C.).

- 2ème bénitier, en kersanton, dit des Diables (1622), avec représentation du Baptême du Christ sous un fronton ; deux démons se tordent sur les bords de la cuve (C.).

- 3ème bénitier, en kersanton, encastré dans la longère nord, près de l'autel de sainte Marguerite, il porte sur son linteau la date de 1609."

Le chanoine Abgrall avait décrit en 1891 le 2ème bénitier ainsi :

"BÉNITIER DES DIABLES Tout à côté de l'autel de Saint-Laurent, est un beau bénitier en kersanton sur les bords duquel se tordent deux démons dont les pieds plongent dans l'eau bénite et dont les queues frétillent au fond de la cuve, sous forme de couleuvres. Au-dessus est sculpté le Baptême de N. S."

L'auteur de l'article Wikipédia sur l'église écrit :

"Le bénitier en kersanton est formé d'une cuve ciselée où deux diables plongent à moitié dans l'eau bénite et se tordent dans des convulsions." 

Le Guide Michelin signale :

"un curieux bénitier du 17e s. représentant deux diables se débattant dans l'eau bénite. "

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Je me propose  d'en donner une description plus détaillée, et de m'interroger sur l'interprétation qui en est donnée.

 

Datation :

Elle est déduite de celle de la porte sud à la droite de laquelle elle est placée, et qui porte en inscription : A : D : 1622.

Attribution.

Inconnue.

Le seul atelier de sculpture sur pierre du Finistère actif en 1622 et taillant le kersanton est celui de Roland Doré (1618-1663), actif à Guimiliau et à Lampaul-Guimiliau, mais dont aucun bénitier n'est connu.

Les frères Prigent de Landerneau, actifs à Lampaul-Guimiliau pour le porche sud, ont produit divers bénitiers de porche (Saint-Houardon à Landerneau, Landivisiau en 1554-1565, La Roche-Maurice) et ont signé celui de la chapelle Saint-Guévroc de Tréflez (1545) mais leur production s'achève en 1577. 

Un bénitier en kersanton de La Martyre porte la date de 1601. Un autre, en vasque, est signé Jean Le Bescond (azctif vers 1664-1682) et daté de 1681.

Jean Le Bescond est aussi l'auteur d'un bénitier circulaire de Ploudiry daté de 1680.

Le bénitier du porche sud de Guimiliau date de 1606-1617. 

Description.

Ce bénitier est scellé dans le mur, où il est suspendu (sans reposer sur une colonne).

"Les architectes du xiiie siècle aimaient à faire tenir aux édifices tous les accessoires nécessaires ; ils étaient portés à prévoir, dans la construction, des objets qui jusqu’alors avaient été regardés comme des meubles ; ils durent disposer des bénitiers faisant partie de l’édifice, près des portes, de même qu’ils accusaient franchement les piscines, les crédences. Ces accessoires devenaient pour eux autant de motifs de décoration. " (Viollet-le-Duc, "Bénitier")

Il associe une cuve hémisphérique reposant sur un culot en fleuron ; un plateau vertical rectangulaire ; et un fronton globalement triangulaire par la réunion de deux volutes. Ce dernier me semble en granite et n'est pas solidaire de la partie inférieure, en kersantite.

Il occupe, sur le bas-coté sud,  la partie droite de l'entrée après la deuxième porte sud (la première étant celle du porche) : cette porte date de 1622. Néanmoins, le bénitier, ou au moins sa partie basse en kersantite, peut être plus ancien.

a) le panneau frontal.

Il est sculpté en bas-relief de trois personnages au dessus d'une coquille et représente le baptême du Christ par Jean-Baptiste, tandis qu'un ange tient la tunique. Cette scène figure aussi au dessus des Fonts baptismaux (1650) de l'église, mais le personnage qui porte la tunique n'y est pas ailé.

Jean-Baptiste, sur une console,  tient un bâton pastoral à croix, et verse l'eau sur la tête de Jésus à l'aide d'un objet circulaire. Le Christ, jambe droite en ouverture, les pieds sur la coquille, et vêtu d'un pagne joint les mains. L'ange, tête légèrement inclinée, est également sur une console. Le rapport entre le bénitier (contenant de l'eau bénite pour que le fidèle se signe à son entrée dans l'église) et le Baptême du Christ est évident, mais rappelle au fidèle qu'en se signant, il réaffirme son propre baptême.

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b) L'extérieur de la cuve

Il est orné en bas relief de têtes d'angelots, de motifs floraux , de rangs de perles et d'éléments géométriques.

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c) L'intérieur de la cuve.

C'est lui qui est intriguant et parfaitement original.

Deux personnages, les épaules et la tête renversées en arrière, sont accoudés sur la margelle, tandis que le reste de leur corps descend dans la cuve ; lorsque celle-ci est fonctionnelle et qu'elle est remplie d'eau bénite, ils y baignent. Ils ont tous les traits d'êtres humains, et aucun des traits des démons. Il est difficile d'affirmer qu'il s'agisse d'un couple, bien que la poitrine et la chevelure du personnage de gauche soient plus fournies.

Au fond de la cuve, leurs pieds entrent en contact avec un ou deux serpents. La présence de serpents sculptés n'est pas rare au fond des bénitiers

 

"Quelquefois les sculpteurs se sont plu à figurer, au fond des cuves des bénitiers, des serpents, des grenouilles, des poissons, puérilités d’assez mauvais goût et qui font l’admiration de beaucoup de gens. Si ces fantaisies avaient pour but de rappeler aux fidèles qu’ils doivent prendre de l’eau bénite en entrant dans l’église, il faut avouer que cette singulière façon d’attirer l’attention eut un plein succès. À l’époque où le zèle religieux se refroidissait, les artistes s’ingéniaient souvent à exciter la curiosité, à défaut d’autre sentiment. Nous pensons qu’il faut classer ces sculptures d’animaux au fond des cuves des bénitiers parmi les fantaisies, parfois burlesques, des sculpteurs du xve siècle, quoiqu’on ait voulu trouver à ces figures un sens symbolique." (Viollet-le-Duc, article "Bénitier")

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Il me semble que l'on ne peut valider la description de deux diables qui se contorsionnent ou se débattent au contact de l'eau bénite : ce serait effectivement de mauvais goût.

J'y vois plutôt la représentation du  Premier Couple sous l'emprise du péché, et tentant d'y échapper, ou celle de l'Humanité avant la rédemption et le Baptême. Ce sens théologique est plus vraisemblable.

Néanmoins, l'interprétation reste ouverte : la première chose à faire était de proposer des images suffisamment précises aux internautes, afin qu'ils puissent y éprouver leur sagacité et leur science. Ce premier temps de l'iconographie, celui du collectage et de la diffusion des images, est le mien. 

Je donne un premier jeu de clichés, tel quel, et un second jeu pris après humectage des volumes, une technique à laquelle le kersanton se prête merveilleusement.

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Bénitier du "Baptême du Christ et des  serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des  serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des  serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des  serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des  serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des  serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

Bénitier du "Baptême du Christ et des serpents", kersanton, 1622, bas-coté sud, église de Lampaul-Guimiliau. Photographie lavieb-aile 29 mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1891,  Notice sur l'église de Lampaul-Guimiliau , Bulletin de la Société archéologique du Finistère .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f92.image

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Notice  sur l'église de Lampaul-Guimiliau, B.D.H.A.  page 65 .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb8a12b7e12798d2ef6eea2b182e7115.pdf

 

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), 1988,  Notice sur  Lampaul-Guimiliau , Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm. ISBN 978-2-950330-90-1.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ffdece473d8b2cacb3b0124f2e647d77.pdf

— COUFFON (René), 1964 Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du 12e au 19e siècle  In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 92 (1964) p. 21-52

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

—Site Monuments historiques

http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/lampaul/imgs/benitier-porche.html

— VIOLLET-LE-DUC, "Bénitier"

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Viollet-le-Duc_-_Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle,_1854-1868,_tome_2.djvu/203

 

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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