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9 février 2026 1 09 /02 /février /2026 17:39

L'ornementation Renaissance du Tour de chœur de Chartres : I. Les frises supérieures (calcaire, bas-relief, 1521-1529) de la sixième travée .

Sur ce Tour de chœur :

 

Voir aussi sur Chartres :

PRÉSENTATION:

Commandée à Jehan Le Texier dit Jehan de Beauce vers 1510 , la clôture de chœur dit "tour du chœur" de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, est une œuvre réalisée en pierre entre 1521 et 1535, se dressant à plus de 6 m de hauteur sur une longueur d'environ cent mètres, ayant pour objet d’isoler le choeur liturgique auquel les laïcs n’avaient pas accès. À la mort de Jehan de Beauce en 1529, le chœur est clos, et Mathurin Delaborde prend le relais comme maître d'œuvre, avant d'être nommé en 1531 maître des maçons de la ville et de ses environs.

Formant la transition entre l'art gothique (pour les 2 premières travées) et le style de la Première Renaissance française, cette clôture de chœur de style Louis XII est classée, en totalité et pour chacune de ses parties, au titre des objets monuments historiques depuis 1862.

Au dessus d'un soubassement à médaillons, précédemment décrit ici, une claire-voie communiquait jadis avec le chœur. Elle est surmontée de niches où se déroulent les scènes de la Vie de Marie et de Jésus : ces scènes font l'objet de descriptions détaillées, alors que les bas-reliefs sont moins décrits.

 

Toute l'ornementation en bas-relief du soubassement et des claire-voies porte dans des cartouches les dates de 1521, 1525, 1526 et 1529, ce qui indique qu'elle est postérieure à celle du pavillon de l'Horloge du même Jehan de Beaune, de 1520 ; mais elle relève comme elle du style Première Renaissance d'influence italienne, influence ramenée des campagnes de Louis XII et de François Ier. 

Ce décor italianisant témoigne de la pénétration en France de l'influence de la Renaissance italienne, comme déjà en Normandie au château de Gaillon ou à Rouen sous l'influence du cardinal Georges d'Amboise vers 1509, ou à Dol-de-Bretagne sous celle de l'évêque James en 1507 et encore sur l'escalier de l'aile Longueville du château de Châteaudun en 1518 (à 50 kms au sud de Chartres), commandé par Jean de Longueville alors archevêque de Toulouse.

Un peu plus tard en 1528, sera réalisée avec le même décor la clôture de chœur de l'abbaye de la Trinité de Vendôme , qui complète le jubé et le tombeau livré par Jean Juste en 1530.

Pour jouer au jeu iconographique des comparaisons et recherches d'influences, je propose d'examiner la frise supérieure de la claire-voie  de la sixième travée, sous l'actuelle Transfiguration sculptée en 1611 par Thomas Boudin .

Cette frise appartient à l'encadrement des lancettes de la claire-voie, qui comporte trois parties : a) une frise de guirlandes de fruits dans des spires enrubannées, où se nichent des amours, des oiseaux et des escargots ; b) un alignement de coquilles suspendues à des anneaux ; et c) le bas-relief à rinceaux.

On y trouve, affrontés souvent autour de candélabres :

— comme ailleurs, des oiseaux picorant les fruits de cornes d'abondances ; des aigles aux ailes éployées

— des chimères à tête de cheval et à corps ailé, ou  feuillagé, qualifiés de "chevaux marins".

— des amours ailés, en équilibre,

— des têtes d'angelots, ailés

—des putti au buste greffés sur des prolongements feuillagés,  parfois tirant à l'arc, parfois musiciens (trompes, traverso)

— un faune ou hybride à tête barbue, assis de face sur un vase, ses jambes velues écartées.

Tout ce répertoire, qui se retrouve sur les monuments qui précède ce Tour de chœur, notamment à Châteaudun, et est largement repris et amplifié sur toutes les surfaces disponibles des soubassements et de la claire-voie des travées, mais sans répétition et avec au contraire une grâce dans les variations et avec une imagination constante, formant le plus beau des ensembles ornemental de la Première Renaissance en France. On y trouvera avec une inépuisable luxuriance parmi les rinceaux et candélabres, les rubans et les guirlandes, des naïades et des satyres, des animaux fabuleux, des dauphins et des oiseaux, des petits musiciens ou des instruments noués par paires, des masques et des médaillons, des trophées d'armes ou des armes (arquebuse, arcs et carquois) et des gibecières, des tournebroches, des forces de tonte,  des suspensions de vases ou burettes liturgiques, des Gants de saint Béthaire, etc., etc. et, ici ou là, la Chemise de la Vierge, relique principale de la cathédrale. 

Cet article souhaite donné un avant-goût de cette richesse.

Ce Tour de chœur a été remarquablement restauré récemment.

 

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Ornementation Première Renaissance (1525-1527) de la 6ème travée du Tour de Chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

—Visite 3D ILIAD3

https://demo-iliad3.univ-tours.fr/chartres/Chartres_V10/app-files/

— Base Palissy 28000431 : la Transfiguration de la 6ème travée

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000431

—ChArtRes

https://projet-chartres.univ-tours.fr/

https://projet-chartres.univ-tours.fr/#Num%C3%A9riser_le_tour_de_ch%C5%93ur_pour_mieux_le_comprendre

—ensemble des 36 bas-reliefs du soubassement du Tour du choeur : scènes de l'Ancien Testament, travaux d'Hercule, scènes mythologiques et personnages à l'antique Notice IM28000456

https://patrimoine.centre-valdeloire.fr/gertrude-diffusion/dossier/IM28000410

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000455

 

—BEUVIER (Jean), Les sources de l'ornement sculpté du Tour de choeur de Chartres, base ROSER

https://roser.univ-tours.fr/s/roser/page/Article_L-ornement_sculpte_du_Tour_de_choeur_de_Chartres

"Les candélabres qui ornent la claire-voie du Tour de chœur de Chartres sont inspirés des candélabres gravés par Giovanni Antonio da Brescia (ca. 1505-1507). Ils n’ont toutefois pas été copiés tels quels mais enrichis de différents motifs, tirés de gravures de Nicoletto da Modena (ca. 1507), comme les têtes de bovidés affrontées et l’ange tenant une guirlande de fleurs, ou de médailles comme le Cupidon endormi de Fra Antonio da Brescia (ca. 1500).

Dans la région, cette dernière a aussi été sculptée dans le décor de la clôture de chœur de la Trinité de Vendôme (ca. 1525) et atteste l’échange de modèles entre ces deux chantiers. En outre, le portrait de Jules César a inspiré un portrait sculpté sur la jouée d’une des stalles de la collégiale Notre-Dame de Montrésor (ca. 1530). La diffusion des formes du Tour de chœur s’observe jusqu’à Limoges, où deux hybrides adossés sont sculptés dans le décor du jubé de la cathédrale Saint-Étienne (ca. 1530)."

—BEUVIER (Jean), L'ornementation, in La restauration du tour de choeur - Cathédrale Notre-Dame de Chartres (28) Collection "Patrimoines en région Centre-Val de Loire" Patrimoine restauré n°29, juin 2022, 86 p.

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— JOUANNEAUX (Françoise), 2000, Le tour du choeur de la cathédrale de Chartres, Orléans, Direction de l'Inventaire du patrimoine et Françoise Jouanneaux (Rédactrice),(photogr. Robert Malnoury), AREP-Centre, coll. « Images du patrimoine » (no 204), 2000, 63 p., ill. en noir et en coul.,

— ROSER Répertoire de l'Ornement Sculpté des Édifices de la Renaissance 2019

https://roser.univ-tours.fr/s/roser/item?fulltext_search=chartres

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. Chartres. Renaissance
20 janvier 2026 2 20 /01 /janvier /2026 18:14

Les 36 médaillons (calcaire, bas-relief, 1525-1529) du soubassement du Tour de chœur de la cathédrale de Chartres.

Voir aussi sur Chartres :

 

PRÉSENTATION

La décision de construire une clôture de choeur monumentale en pierres est prise dans la première décennie du 16e siècle. La maîtrise d'oeuvre est confiée au maçon Jehan de Beauce, qui a dirigé la reconstruction du clocher nord, achevée en août précédent. Les travaux débutent en 1514, la maçonnerie générale élevée d'ouest en est à partir de la croisée encercle les deux côtés du choeur qui est entièrement clos en 1529. L'ornementation du soubassement et de la claire-voie, de style gothique d'abord puis Renaissance, sculptée parallèlement, est terminée en 1529.

Le Tour de chœur de la cathédrale de Chartres se développe environ sur 100 mètres de longueur et six mètres de hauteur. C'est une véritable muraille de pierre sculptée qui  se dresse à plus de six mètres de hauteur en s'adossant aux piles et colonnes de l'édifice en enserrant la totalité du choeur qui n'est accessible que par la croisée du transept et les deux portes latérales ouvrant sur le déambulatoire. Rytmée par les travées, sa  lecture architecturale verticale et horizontale s'effectue traditionnellement du sud au nord en suivant l'ordre narratif des 40 grandes scènes religieuses des niches.

On lui décrit de haut en bas  un étage supérieur ou dais, une galerie de niches consacrées à la Vie de la Vierge et de Jésus, une ancienne claire-voie aujourd'hui vitrée ornée dès la 3eme tracée d'un répertoire luxuriant d'ornements décoratifs Renaissance (vers 1525), et  d'un soubassement  formant mur de soutènement habillé de faux fenestrages et de médaillons. 

 

 

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Le soubassement

il s'orne de 36 bas-reliefs débutant à la 5ème travée, au sud, par la levée du siège de Chartres en 911  et qui se poursuit jusqu'au rond-point axial par des scènes de l'Ancien Testament, certainement choisies avec soins par les chanoines pour leur portée théologique, alors que les cinq travées nord sont illustrées par des scènes antiques débutant par les travaux d'Hercule, ou des scènes mythologiques — petits tableaux mettant en scène Vénus, Mars, putti et faunes —, avant de s'achever à la treizième travée par des profils d'empereurs de l'ancienne Rome inspirés de médailles antiques. La douzième travée montre  le buste d'un homme en médaillon identifié comme le roi Louis XII, sous le règne duquel les travaux de la clôture ont débuté.

Un ensemble de 24 médaillons inscrits dans un losange, lui même inscrit dans un carré dont les écoinçons sont ornés d'angelots ou de personnages s'associe à  11 médaillons directement inscrits dans un carré et d'un bas-relief, à la douzième travée, en partie dissimulé par un jambage de chambranle.

Les carrés dans lesquels s'inscrivent les médaillons mesurent  70 cm de haut sur 70 cm de large . 

Notice IM28000456 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000456

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000455

Je n'ai pas trouvé en ligne la description détaillée des 36 médaillons, ce qui justifier cet article.

0.   La chemise de la Vierge présentée dans un écusson par un angelot.  quatrième travée sud,

On sait que la cathédrale de Chartres s'enorgueillit de posséder en relique le voile de la Vierge de Chartres, connu autrefois sous le nom de « chemise » ou sancta Camisia qui aurait été envoyée de Byzance par l'empereur d'Orient à Charlemagne et qui, selon la tradition,  est le voile  que portait Marie lors de l'Annonciation.  Cette relique majeure de la cathédrale était devenue l'insigne unique du chapitre au début du XVIe siècle.

Elle est sculptée en médaillon sur le soubassement, mais on la voit aussi représentée sur les pilastres de la claire-voie. 

 

 

 

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

La cinquième travée sud

 

 

première section     deuxième section
gauche droit gauche droit

Levée du

siège de Chartres

en 911

David et

Goliath 

 

 

Daniel dans la

fosse aux lions

 

 

1. La Levée du siège de Chartres en 911. Cinquième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche

On y voit Rollon, roi des Normands, lever le siège mis devant Chartres en 911, grâce à l'ostension de la relique de la Sainte-Chemise sur les remparts de la ville par l'évêque Guillaume.

Les écoinçons montrent un possible roi tenant une bourse et la poignée d'un sceptre ou d'une épée, et un possible pape tenant un ruban ou phylactère.

 

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Les écoinçons.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

2.David et Goliath, cinquième travée sud, soubassement de la première section, médaillon droit.

Le médaillon,  qui illustre le premier Livre de Samuel :17, relate la victoire de David, armé de sa fronde, sur le géant Goliath armé de sa massue. Dans une seconde scène en arrière-plan, David brandit la tête de Goliath sous le regard de Saül accoudé à la fenêtre de la muraille.

Deux écoinçons inférieurs montrent des personnages coiffés de cagoules (des fous, comme le suggèreraient les petites oreilles de la cagoule ?) et tenant un phylactère.

Jean Beuvier indique que le motif de David vainqueur de Goliath apparaît notamment dans le décor du cloître Saint-Martin à Tours (ca. 1508-1519).

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

3. Une bataille, troupe de cavaliers, cinquième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche.

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

4. Daniel dans la fosse aux lions. Cinquième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.

 Il illustre le passage du Livre de Daniel 14, 31-39. Daniel est debout dans la fosse, tandis que le prophète Habacuc, tenu par les cheveux par l'archange Michel lui donne à manger. Au-dessus de la fosse, le roi de Babylone, Evilmérodac, appuyant sa tête sur sa main droite se lamente sur le sort de Daniel. Au fond, l'ange du Seigneur rejoint Habacuc qui porte le repas des moissonneurs.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

La sixième travée sud.

 

 

première section        deuxième section
gauche droit gauche droit

le Pharaon ordonne

de tuer les garçons

Hébreux nouveau-nés

Moïse exposé sur le Nil

et sauvé des eaux

Massacre des

Hébreux nouveau-nés

Moïse et le

Buisson ardent

 

 

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

5. Pharaon ordonne la massacre des Hébreux nouveaux-nés, sixième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche.

Source littéraire : Bible, Livre de l'Exode 1, 22. ": Alors Pharaon donna cet ordre à tout son peuple: Vous jetterez dans le fleuve tout garçon qui naîtra, et vous laisserez vivre toutes les filles". Pharaon lève le bras droit en un geste oratoire et de commandement, un homme agenouillé demande grâce pour les enfants, un héraut sonne de la trompette et tient l'édit de proscription. Thermutis, la fille de Pharaon, se tient près du trône portant un petit animal (chien ?). C'est elle qui (selon Eusèbe de Césarée), recuillit l'enfant du médaillon suivant et le nomma "Moïse".

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Pilastre entre les deux médaillons.

On y voit des putti, dont l'un joue du traverso, l'Allégorie de l'Occasion dans le médaillon central entre un crâne et un livre, et un enfant , et une sphinge au dessus d'un candélabre.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

6. Moïse exposé sur le Nil et sauvé des eaux, sixième travée sud, soubassement de la première section, médaillon droit.

Le récit est réparti dans deux registres du bas-relief. Il illustre la Bible, Exode 2:1-10

En bas, au premier plan:

"Un homme de la maison de Lévi avait pris pour femme une fille de Lévi. Cette femme devint enceinte et enfanta un fils. Elle vit qu'il était beau, et elle le cacha pendant trois mois. Ne pouvant plus le cacher, elle prit une caisse de jonc, qu'elle enduisit de bitume et de poix; elle y mit l'enfant, et le déposa parmi les roseaux, sur le bord du fleuve. La soeur de l'enfant se tint à quelque distance, pour savoir ce qui lui arriverait."

En haut, sous les murailles de la capitale :

"La fille de Pharaon descendit au fleuve pour se baigner, et ses compagnes se promenèrent le long du fleuve. Elle aperçut la caisse au milieu des roseaux, et elle envoya sa servante pour la prendre. Elle l'ouvrit, et vit l'enfant: c'était un petit garçon qui pleurait. Elle en eut pitié, et elle dit: C'est un enfant des Hébreux! Alors la soeur de l'enfant dit à la fille de Pharaon: Veux-tu que j'aille te chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux, pour allaiter cet enfant?"

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Deuxième section.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

7. Massacre  des Innocents ordonnés par Hérode, sixième travée sud, soubassement de la deuxième  section, médaillon gauche.

Cet épisode des Évangiles est mis en parallèle dans une démarche typologique, avec le massacre des nouveaux-nés Hébreux . Dans le premier cas, les enfants de Palestine sont tués par l'épée, dans le deuxième le Pharaon ordonne qu'ils soient noyés.

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

8. Moïse et le Buisson ardent, sixième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.

Source littéraire : Bible, Livre de l'Exode 3. Moïse agenouillé et déchaussé face au Buisson ardent. Au second plan, Yahvé remet à Moïse les Tables de la Loi.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000484

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

La septième travée sud

 

 

première section                    deuxième section
gauche droit gauche droit
Gédéon fait une offrande à Yahvé David rencontre Abigaïl ?

Gédéon et la toison sèche

 

Samson tuant les Philistins à l'aide d'une mâchoire d'âne

 

 

 

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

9. Gédéon apporte l'offrande à Yahvé, septième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche

Source littéraire : Bible, Livre des Juges 6, 17-19. Gédéon apporte son sacrifice à Yahvé. Un assistant tient un flambeau allumé et la corbeille contenant la viande de chevreau. Gédéon tend les trois pains sans levain à Yahvé qui a déjà reçu le pot de jus de viande. Derrière, un temple a sa porte entrouverte. Gédéon est accompagné d'un soldat encore à cheval.

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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10. David rencontre Abigaïl montée sur un âne? [ou Balaam ?] Septième travée sud, soubassement de la première section, médaillon droit

Source littéraire : Bible, Premier Livre de Samuel 25, 20 (?).

 

 

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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 11. Gédéon et le miracle de la toison sèche puis humide, septième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche.

 

« Gédéon dit à Dieu : Si tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l’as dit, voici, je vais mettre une toison de laine dans l’aire ; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec, je connaîtrai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l’as dit. Et il arriva ainsi. Le jour suivant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l’eau plein une coupe. Gédéon dit à Dieu : Que ta colère ne s’enflamme point contre moi, et je ne parlerai plus que cette fois : Je voudrais seulement faire encore une épreuve avec la toison : que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée. » (Juges, 6, 36-40)

Gédéon porte une armure Renaissance. La toison est visible sur le flanc de la colline représentée en haut à droite. À gauche, le cheval de Gédéon, et au sommet Yahvé dans ses nuées.

 Cette scène, très illustrée, figure notamment dans la Biblia pauperum , ouvrage où chaque scène de l'Ancien Testament est mise en parallèle avec le Nouveau Testament. Dans le cas du miracle de la Rosée, ce signe envoyé à Gédéon est mis en parallèle avec l'Annonciation.

On aimerait alors que les commanditaires aient placé les scènes bibliques des médaillons sous les épisodes de l'Évangile correspondant, tels qu'ils apparaissent dans les niches de la galerie. Mais cela n'est pas le cas.

https://www.lavieb-aile.com/2016/06/l-annonciation-a-la-licorne-ou-chasse-mystique-de-martin-schongauer-v-1480.html

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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12. Samson tuant les Philistins à l'aide d'une mâchoire d'âne septième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon droit

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000488

Source littéraire : Bible, Livre des Juges 15, 9-16.

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La huitième travée sud

 

 

première section      deuxième section
gauche droit gauche droit
Samson capturé par les Philistins sacrifice d'Abraham

Samson enlève les portes de Gaza

Jonas et la baleine

 

 

13. Samson capturé par les Philistins suite à la trahison de Dalila, huitième travée sud, soubassement de la première section, médaillon gauche.

Source littéraire : Bible, Livre des Juges 16, 20-21.

Samson tenait sa force redoutable de  la vigueur de sa chevelure ; il eut le tort de confier ce secret à Dalila, qui le trahit. On voit sur le bas-relief que Samson, allongé, les yeux crevés, a la tête rasée.

"Après ces événements, il s’éprit d’une femme de la vallée de Soreq, nommée Dalila.Les princes des Philistins vinrent la trouver et lui dirent : « Séduis Samson : vois en quoi réside sa grande force et comment on peut triompher de lui. Alors nous le ligoterons pour le maîtriser, et nous te donnerons chacun onze cents pièces d’argent. [...]Dalila dit alors à Samson : « Tu t’es moqué de moi ; tu as menti. Révèle-moi maintenant comment tu devrais être ligoté. » Il lui répondit : « Si on me liait avec des cordes neuves et non travaillées, je perdrais ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Dalila le lia avec des cordes neuves, puis elle lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Des hommes étaient embusqués dans sa chambre ; mais il rompit les cordes qui lui enserraient les bras comme si c’était du fil. Dalila dit encore à Samson : « Jusqu’ici, tu t’es moqué de moi, et tu m’as menti. Révèle-moi comment tu devrais être ligoté ! » Samson lui dit : « Si tu tissais les sept tresses de ma chevelure avec la chaîne d’un tissu, et si tu les resserrais avec un peigne de tisserand, alors je perdrais ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Elle le laissa s’endormir, tissa les tresses de sa chevelure avec la chaîne, les resserra avec le peigne, puis elle lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Samson s’éveilla, et il arracha le peigne, la navette et la chaîne. Dalila lui dit alors : « Comment peux-tu me dire : “Je t’aime”, alors que tu ne m’ouvres pas ton cœur ! Voici trois fois que tu te joues de moi. Tu ne m’as pas révélé d’où vient ta grande force ! » Tous les jours, elle le harcelait, répétant les mêmes paroles. Samson, excédé à en mourir, lui ouvrit tout son cœur. Il lui dit : « Le rasoir n’a jamais passé sur ma tête, car je suis voué à Dieu depuis le sein de ma mère. Si j’étais rasé, je perdrais toute ma vigueur, et je serais comme n’importe quel homme. » Dalila vit qu’il lui avait ouvert tout son cœur, et elle fit appeler les princes des Philistins en leur disant : « Venez, car cette fois, il m’a ouvert tout son cœur. » Les princes des Philistins se rendirent chez elle, avec l’argent en main. Elle le laissa s’endormir sur ses genoux, et elle fit appel à un homme qui rasa les sept tresses de sa chevelure. Alors, il commença à faiblir, et sa vigueur l’abandonna. Dalila lui cria : « Les Philistins sont sur toi, Samson ! » Il s’éveilla et dit : « J’en sortirai comme les autres fois et je me dégagerai. » Mais il ne savait pas que le Seigneur s’était éloigné de lui. Les Philistins le saisirent et lui crevèrent les yeux ; ils l’emmenèrent à Gaza et le lièrent avec une double chaîne de bronze. Samson tournait une meule dans sa prison."


 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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14. Le sacrifice d'Isaac par Abraham,  huitième travée sud, soubassement de la première section, médaillon de droite.

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15.Samson enlève les portes de Gaza, huitième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche

L'épisode précède celui du médaillon n° 13. Source : Juges 16 :1-3

"Puis Samson se rendit à Gaza ; il y vit une prostituée et il entra chez elle.
On fit savoir aux gens de Gaza : Samson est venu ici. Ils firent des rondes et le guettèrent toute la nuit à la porte de la ville. Toute la nuit ils se tinrent tranquilles. Attendons, disaient-ils, jusqu'au point du jour, et nous le tuerons.
Mais Samson resta couché jusqu'au milieu de la nuit et, au milieu de la nuit, se levant, il saisit les battants de la porte de la ville, ainsi que les deux montants, il les arracha avec la barre et, les chargeant sur ses épaules, il les porta jusqu'au sommet de la montagne qui est en face d'Hébron."

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16 . Jonas dans la gueule de la baleine, huitième travée sud, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000492

Source littéraire : Bible, Livre de Jonas 2, 11.

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La neuvième travée sud

première section     deuxième section
gauche droit gauche droit
Hercule enfant ? Hercule ?

Hercule

arbre

déraciné

fontaine
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17. Quatre enfants parmi des arbres, neuvième travée nord, soubassement de la première section, médaillon gauche.

Deux enfants nus au premier plan pourraient être jumeaux, leur nudité est voilée par une bande d'étoffe. Ne s'agit-il pas de fillettes? L'une tient un miroir, l'autre une chaîne où est suspendu un cartouche avcec la date de 1528.

Au dessus d'elles, un troisième enfant est entièrement nu, il tient un poignard.

Enfin, en arrière-plan, un quatrième enfant tient un voile.

Dans les écoinçons, deux homme couronnés de laurier, de profil, à l'antique, et deux femmes en buste, au visage acariâtre .

Scène mythologique ?

Sur le pilastre, un décor Renaissance avec un carquois suspendu à un ruban, un visage d'enfant joufflu dans un médaillon, et deux vases à couvercles, suspendus aussi à des rubans.

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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18. Hercule enfant ? neuvième travée nord, soubassement de la première section, médaillon de droite.

Un enfant portant un pagne et ceint d'une épée, ar)thlétique et de grande taille, tient une fronde, accoudé à une console au bas-relief sculpté d'un carquois.

À ses pieds, à droite, une tête d'un homme barbu, et à gauche, un corps nu décapité dont un deuxième enfant soulèle le bras gauche. Et en arrière-plan un château.

Une scène de meurtre mythologique, mais de qui?

Les écoinçons supérieurs poretnt les profils de belles femmes, et les écoinçons inférieurs deux bustes, celui d'un enfant tenant une fleur et celui d'un homme pointant vers lui un poignard.

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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19. Combat entre un cavalier, et un homme armé d'un arbre déraciné, neuvième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche.

Au sol, un bouclier, et le corps d'un homme décapité.

Dans les écoinçons, quatre jeunes hommes et femmes, en buste, les cheveux au vent.

Sur le pilastre, un médaillon d'un homme barbu, et des piques et flambeaux entrecroisés.

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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20. Un couple nu autour d'une fontaine, neuvième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon de droite.

La fontaine a un bassin carré et deux étages circulaires. À gauche, une femme nue, de face, lève la main vers un arbre, tandis que son compagnon, à droite, est endormi. Dans le lointain, un château.

Les écoinçons montrent quatre femmes en buste, cheveux au vent ; celle du bas à gauche pointe vers sa poitrine un poignard, telle Lucrèce.

 

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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LE CÔTÉ NORD, APRÈS LE ROND-POINT CENTRAL.

La dixième travée nord

 

première section deuxième section
gauche droit gauche droit
Allégorie de l'Occasion Hercule terrassant Anté

cavalier terrassant

un dragon

la Mort sur un cheval

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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21. Allégorie  de l'Occasion, dixième travée nord, soubassement de la première section, médaillon gauche.

La femme assise sur une cuirasse et un bouclier et presque adossée à un arbre,  a la poitrine nue mais est entourée par un grand voile qui reunit son épaule et son bassin. Elle tient un objet oblong que je ne définis pas (une conque marine? Une pièce d'armure?).

Au sommet de l'arbre se discerne un aigle.

Dans les écoinçons, quatre angelots.

Jean Beuvier en trouve le modèle dans une médaille réalisée par Giovanni Pomedelli et conservée au NGA de Washington. Sur cette médaille, Fortune (selon NGA)  a le pied sur un crâne et présente une bride, ou mors.

Fortune Seated on a Rock [reverse] probably 1511/1517 Giovanni Maria Pomedelli, NGA , inv 1957.14.775.b

Mais ce qui distingue l'Occasion (Kairos), et qui se remarque sur cette médaille, c'est qu'elle est chauve à l'arrière de sa tête : on ne peut la saisir que par devant, lorsqu'elle est passée, c'est trop tard.

Sur le médaillon de Chartres, effectivement la chevelure forme une longue mèche sur le devant, emportée par le vent. Mais on ne voit pas de franche calvitie.

Si l'objet qu'elle tient est une cornucopia une corne d'abondance dont elle récolte les bienfaits par l'extrémité inférieure, elle mérite plutôt d'être reconnue comme la Fortune.

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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22. Hercule étouffant Antée ; le Lion de Némée,  dixième travée nord, soubassement de la première section, médaillon  de droite

Au premier plan, Hercule étouffe Antée. A gauche au second plan se tient le lion de Némée (premier travail d'Hercule).

 

Ce médaillon a pu trouver son modèle dans une plaquette de bronze de Galeazzo Mondella, dit Moderno (Vérone, 1467-Rome 1528):

Moderno, Hercule et Antée, version du Germanisches Nationalmuseum

 Des plaquettes et des médailles de Moderno ont aussi dû être utilisées comme modèles pour la réalisation de certaines sculptures (travaux d'hercule notamment) du château d'Assier construit entre 1518 et 1535 dans le Lot pour un proche de François 1er, et de la frise sculptée à thème guerrier de l'église Saint-Pierre d'Assier

D’autres plaquettes figurant les travaux du héros antique réalisées par Moderno ont été employées pour le décor de la chapelle Poillot de la collégiale Notre-Dame-du-Châtel d’Autun (ca. 1527-1529) dont les reliefs témoignent par leur format d’une étroite proximité avec ceux du tour de chœur (Jean Beuvier) : Hercule et le centaure de Nassos, Hercule et le Lion de Némée.

On pourrait rechercher ici l'influence des épisodes de L'Enlèvement de Déjanire, Hercule tuant les Serpents, Hercule et le Taureau de Crète, Hercule et l'Hydre de Lerne, etc.

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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23. Un cavalier combattant un dragon, dixième travée nord, soubassement de la deixième section, médaillon gauche

Le cavalier, au manteau spectaculairement emporté par son élan, lève son glaive tandis que son cheval très fugueux piétine un dragon. Au fond, la coupole d'un monument, et les murailles d'une cité.

Dans les écoinçons, les têtes joufflues de garçon, ébouriffés.

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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24. La Mort armée d'une flèche, montée sur un cheval, dixième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La onzième travée nord

 

 

deuxième section    première section
gauche droit gauche droit

Couple

(Mars et Vénus)

autour d'une

fontaine

3 enfants

1 faune

1 idole

Cacus volant

les boeufs

d'Hercule

Cavalier

 

25. Mars et Vénus autour d'une fontaine, onzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon gauche.

On peut identifier Mars dieu de la guerre, par son arc et son carquois, et son enseigne (qui porte la date 1527), et Vénus par la fleur qu'elle a en main. La fontaine est dominée par Eros, amour ailé, fils de Vénus.

Je n'ai pas pris de clichés détaillés des écoinçons et je le regrette, tant ce sont des miniatures très fines venant en écho de la scène centrale.
-En haut à gauche, un putto tient un aigle, et l'enseigne militaire de Mars, avec la date de 1527. La Sainte Chemise est représentée sur son siège.

-En haut à droite, Eros tient une fleur avec sur le cartouche la date de 1527.

-En bas à gauche, un Amour endormi ou pensif  porte un carquois  et tient en main un serpent.

-En bas à droite, un autre amour (ou putto) tient d'autres attributs de Mars : la flèche, l'arbalète, un bouclier, un casque ailé,  et une corne d'abondance.

Jean Beuvier dans la base ROSER (Répertoire de l'Ornement Sculpté des Églises de la Renaissance), reconnait la source du Cupidon endormi dans une médaille en bronze de Fra Antonio de Bresca réalisée vers 1500 et conservée au NGA de Washington. "Dans la région, cette dernière a aussi été sculptée dans le décor de la clôture de chœur de la Trinité de Vendôme (ca. 1525) et atteste l’échange de modèles entre ces deux chantiers."

 

Fra Antonio da Brescia, Cupidon endormi, vers 1500, Washington, National Gallery of Art, inv. 1942.9.186

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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26. Trois putti et un faune, onzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit.

 

 

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27. Le géant Cacus volant les boeufs d'Hercule endormi, onzième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000503

Jean Beuvier fait remarquer que  ce thème se retrouve sur la tribune d’orgue de Saint-André de Bordeaux (ca. 1531), provenant de l’ancien jubé, et que ce médaillon a pu trouver son modèle dans une plaquette de bronze de Galeazzo Mondella, dit Moderno (Vérone, 1467-Rome 1528).

Moderno Caecus volant les boeufs d'Hercule endormi, National Gallery of Art

https://www.nga.gov/artworks/44039-cacus-stealing-cattle-geryon-hercules

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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28. Cavalier (Hercule?) domptant un cheval, onzième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon droit.

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La douzième travée nord.

première section    deuxième section
gauche droit gauche droit

emblèmes :

carquois et flammes

Roi Louis XII ou

homme Renaissance

de profil

                                 PORTE

Empereur 

romain

 

29. carquois et flammes, douzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit

Ce panneau n'est peut-être pas achevé, on voit clairement un carquois et sa lanière, des flammes, et un oiseau, mais aussi en bas à gauche une gueule de chien. Cette composition a probablement une valeur emblématique.

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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30. Le roi Louis XII (?), douzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit.

C'est bien le style Louis XII (régnant entre 1498 et 1515) que le chapître adopta pour réaliser ce tour de chœur en abandonnant le style gothique flamboyant. Le roi avait financé en 1507 le remplacement du clocher de la tour nord, qui avait brûlé après avoir été atteint par la foudre.

Le personnage en buste et profil droit porte un bonnet au revers marqué de trois séries de trois bâtonnets qui sont peut-être des marques de pèlerinage ou simplement des ornements. Son visage est jeune, ses cheveux mi-longs  à la mode sous Louis XII et François Ier.

Le médaillon peut être rapproché de la médaille de Louis XII par Michel Colombe, réalisée en 1499.

C'est sur l'ancienn porte méridionale de ma troisième travée du tour de chœur que sont sculptés les chiffres royaux de François Ier et de Claude de France (lettre F et couronne, hermine et couronne), à côté de représentation de la ceinture de la Vierge offerte par Anne de Bretagne en 1510. François 1er et Claude de France firent leur entrée  dans la cathédrale le 11 novembre 1518 . 

Des recherches de Sarah Munoz en 2016 lui ont permis de proposer de reconnaître ici Charles Quint, sans que cela n'emporte la conviction de Jean Beuvier en 2022.

 

 

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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"À partir de la treizième travée, les bas-reliefs historiés disparaissent pour laisser place à des portraits en médaillon d’empereurs (Titus, qui apparaît deux fois, Vespasien, Néron, Domitien et Jules César) et d’un héros antique (Hector) (fig. 4). Ces têtes coiffées de casques de fantaisie ornent aussi la partie haute de l’horloge astrolabique de la troisième travée. Aucun modèle précis n’a été identifié, mais leur disposition – le buste de face et la tête de profil – est assez commune et se retrouve notamment dans la région, comme dans les portraits de l’hôtel de ville de Beaugency (ca. 1526-1533) et dans celui d’homme casqué sculpté sur la jouée d’une stalle de la collégiale Saint-Jean-Baptiste de Montrésor (ca. 1530).

Références directes à l’Antiquité et rattachés par leur forme à la Renaissance italienne, ces portraits sont aussi liés à l’histoire de Chartres et de sa cathédrale. Ainsi, Jules César est le premier à avoir mentionné le culte druidique de la Virgini pariturae dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules, et Néron – qualifié de « cruel César » par l’inscription qui l’accompagne – était tenu comme responsable de la persécution des premiers chrétiens chartrains dont les ossements ont été jetés dans le puits des Saints-Forts, conservé juste en-dessous du portrait, dans la crypte." (Jean Beuvier)

31. Empereur ou soldat romain, douzième travée nord, soubassement de la première section, médaillon droit.

Bas-relief partiellement dissimulé par le jambage gauche du chambranle de l'ancienne porte d'accès au choeur : soldat à l'antique ou héros coiffé d'un casque et portant une cuirasse, ou empereur romain.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La treizième travée nord

 

 

première section                                                                                           deuxième section    troisième                              section
sans précision     gauche droit gauche droit

l'empereur romain

César Titus 

l'empereur romain Domitien

l'empereur romain

Jules César

une impératrice

romaine

l'empereur romain Néron le Cruel 

 


32. L'empereur romain Titus, treizième travée nord, soubassement de la première section.

Inscription TITVS CESAR.

Le casque fantaisiste et feuillagé, à la visière en bec d'aigle, est orné d'un plumet. Il est comparable à celui de Jules César en n°34

Voir sur la base ROSER le rapprochement avec le médaillon de la jouée des stalles de Saint-Jean-Baptiste de Montrésor réalisée en bois en 1530.

 

 

 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

33. L'empereur romain Domitien, treizième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon gauche .

https://pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/IVR24_19992800496X

Inscription CESAR DOMIGIANVS. Les médailles romaines de l'empereur Domitien portent la mention DOMITIANVS.

Le casque feuillagé est fantaisiste. La cuirasse aux épaules ornée de gueules de lions se rapproche de celle attribuée à Louis XII, mais le centre est orné d'une tête d'ange.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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34. l'empereur  Jules César, treizième travée nord, soubassement de la deuxième section, médaillon droit

Inscription IVLIVS CESAR

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000509

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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35. Impératrice, treizième travée nord, soubassement de la troisième section, médaillon gauche

Ce buste à l'antique au profil droit d'une femme romaine pourrait correspondre à l'une des trois épouses de Néron, puisqu'elle lui fait face, et notamment à l'impératrice Poppée (62-65). 

 

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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36. l'Empereur Néron,  treizième travée nord, soubassement de la troisième section, médaillon droit

Inscription : NERON LE CRUEL CESAR (autour du personnage).

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Médaillon du soubassement du tour de chœur de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

SOURCES ET LIENS

—Visite 3D ILIAD3

https://demo-iliad3.univ-tours.fr/chartres/Chartres_V10/app-files/

—ensemble des 36 bas-reliefs du soubassement du Tour du choeur : scènes de l'Ancien Testament, travaux d'Hercule, scènes mythologiques et personnages à l'antique Notice IM28000456

https://patrimoine.centre-valdeloire.fr/gertrude-diffusion/dossier/IM28000410

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000455

 

—BEUVIER (Jean), Les sources de l'ornement sculpté du Tour de choeur de Chartres, base ROSER

https://roser.univ-tours.fr/s/roser/page/Article_L-ornement_sculpte_du_Tour_de_choeur_de_Chartres

—BEUVIER (Jean), L'ornementation, in La restauration du tour de choeur - Cathédrale Notre-Dame de Chartres (28) Collection "Patrimoines en région Centre-Val de Loire" Patrimoine restauré n°29, juin 2022, 86 p.

file:///F:/CHARTRES/Chartres%20cath%C3%A9drale%202025/Chartres%20tour%20de%20choeur%20avril%202025/Tour%20de%20choeur%20POP/CVL%20Patrimoine%20restaure%2029%20Cathedrale%20Notre%20Dame%20de%20%20Chartres.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Renaissance Chartres.
4 décembre 2025 4 04 /12 /décembre /2025 10:31

La baie n°5 de la chapelle St-Piat de la cathédrale de Chartres, un vitrail composite : les quatre Arts libéraux (Jehan Périer, 1415) et une Vierge à l'Enfant au chanoine donateur (Jacques le Tonnelier vers 1520).

 

Voir aussi sur Chartres :

 

PRÉSENTATION

Situé à l'est du chevet de la cathédrale de Chartres, la chapelle Saint-Piat est une salle capitulaire  de quatre travées  voûtées d’ogives datant de 1323-1350 et qui fut dotée d' une chapelle pour y placer la châsse de saint Piat, évêque de Tournai. Cette chapelle était desservie par un collège de douze chanoines, distincts des chanoines de la cathédrale. Parée d’un magnifique ensemble de verrières anciennes , elle a été, des années 1970 au début des années 2000, l’écrin réunissant les œuvres précieuses et rares qui constituent le trésor connu depuis 1323. Ce trésor a rouvert en 2024, après 23 ans de fermeture et 7 ans de travaux. Datées pour les plus anciennes d’entre elles du milieu du XIVe siècle, les verrières ont été restaurées et ont bénéficié de la pose de verrières de doublage pour assurer leur protection et leur parfaite conservation.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_Saint-Piat_de_Chartres

Notice no PM28000805

La baie 5.

La baie 5 (directement à gauche en entrant) est datée, selon ces sources,  de la fin du 14e siècle et fut complétée au début du 16e siècle. Elle fut restaurée en 2017 par Claire Babet.

La baie 5, comme la baie 6,  n'a pas été bâtie pendant la même campagne de travaux que les autres. "La travée à laquelle elles appartiennent a été ajoutée à l'édifice quelques années après sa construction, entre 1350 et 1358. Elles durent être vitrées aussitôt, au moins provisoirement, mais elles semblent n'avoir rien
conservé en fait de vitraux de cette époque. Tous les panneaux ou fragments qui s'y trouvent, ceux du moins qui ne viennent pas d'ailleurs, ne paraissent pas remonter plus haut que le XVe siècle." (Y. Delaporte)
 

Cette baie à 4 lancettes trilobées et un tympan à 3 roses quadrilobées et écoinçons accueille sur les 2 lancettes centrales une Vierge à l'Enfant vénérée par un donateur ; la partie basse des 4 lancettes est occupée par 4 panneaux consacrés aux Arts libéraux. Le reste des lancettes est occupée par une vitrerie losangée avec des bordures bleues à couronnes et fleurs de lys couleur or. Deux des roses du  tympan  sont dédiées à Marie, la rose supérieure à Jean-Baptiste.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

 

DESCRIPTION DES LANCETTES

 

I. LE REGISTRE INFÉRIEUR : Quatre Arts Libéraux. Dialectica, Arithmetica, Rhetorica, Geometrica. Jehan Périer, 1415, ancienne librairie

5 panneaux de 31 cm sur 21 cm. Cadre jaune complété par Lorin en 1920

C. Lautier décrivait en 1998 un cinquième panneau de même dimension, un personnage assis sur une cathèdre et replacé dans le grand triangle d'écoinçon du centre du tympan, où on le retrouve effectivement, portant un phylactère.

À la Géométrie, l'Arithmétique, la Dialectique,  et la Rhétorique, s'ajoutait jadis la Musique, Musica (panneau relevé par Ferdinand de Lasteyrie et disparu au XIXe siècle, qui comportait une harpe et l'inscription sonus citharizantium), pour former les arts libéraux . Selon Y. Delaporte, deux noms manquent à cette liste pour qu'elle concorde avec celle des connaissances appartenant au Trivium et au Quadrivium : ceux de la Grammaire et de l'Astronomie, dont les figures, sans aucun doute, ont fait partie de la même suite. Par contre, il existe, dans la même fenêtre deux fragments semblant avoir fait partie du même ensemble, qui aurait ainsi possédé l'image d'autres personnifications ou allégories (les Vertus et les  Vices).

Claudine Lautier a révélé que ces panneaux faisaient partie de l'ancienne bibliothèque capitulaire, dite "librairie" qui était parallèle au côté sud de la chapelle Saint-Piat. Sa construction décidée en 1411 fut achevée en 1415, et les comptes de 1415 ont enregistré le versement de sommes à Jehan Perier pour les verrières de la librairie.

Présentation des Arts libéraux à Chartres.

Les Arts libéraux, hérités de l’Antiquité, étaient enseignés par les ecclésiastiques, notamment dans les écoles des cathédrales. 

Ils se divisent en deux degrés : le trivium et le quadrivium.

Le trivium, ( les trois voies ou matières d'études ), concerne le « pouvoir de la langue ». Il se divise en : grammaire ; dialectique ; et rhétorique.

Le quadrivium, (les quatre voies au-delà du trivium), se rapporte au « pouvoir des nombres ». Il se compose de : l'arithmétique ; la musique ; la géométrie ; l'astronomie.

L'École de la cathédrale de Chartres connaît sa renommée à partir du XIe siècle grâce à son fondateur Fulbert de Chartres.On venait y étudier de partout en Europe, avant la création des universités. Elle atteint son apogée au XIIe siècle, sous l’impulsion de plusieurs philosophes et théologiens, auteurs d’études philosophiques savantes basées sur Platon, menées principalement par Yves de Chartres, Bernard de Chartres, Gilbert de La Porrée, Thierry de Chartres, Guillaume de Conches, Jean de Salisbury (qui avait étudié à Chartres) et Bernard Silvestre.

Ce qui retint le plus l’école chartraine ce furent les thèses pythagoriciennes de Platon, et les Chartrains vont ainsi s’emparer des arts libéraux, puisque les sciences du Quadrivium sont déjà connues des pythagoriciens. C’est sur ce fond que les sculpteurs illustreront, sous forme d'allégories féminines et d'auteurs latins, les arts libéraux dans les voussures du tympan du portail de droite de la façade (l'une des portes du portail royal), lors de la première reconstruction de la cathédrale de Chartres vers 1145-1155. Mais les représentations (féminines) des Arts Libéraux, sont disposées autour de la Vierge trônant, affirmant ainsi l’assujétissement de la Connaissance à la Foi.

Iconographie des allégories des sept arts libéraux.

Voir le travail de Georges Fleury. Les Arts libéraux sont décrits, avec divers attributs non spécifiques, par Martianus Capella (De Nuptiis Philologiae et Mercurii) au Ve siècle ou par Alain de Lille  au XIIe siècle, et représentés dans des enluminures, notamment dans l'Hortus Déliciarum, composé au XIIe siècle par Herrade de Landsberg. Selon E. Mâle, les sept arts sont sculptés non seulement à Chartres, mais à Auxerre, Rouen, Soissons, Laon, Sens ou Clermont ou de Fribourg.

On retrouve ainsi, pour la Dialectique, qui tient habituellement un serpent, la tête de dragon ou de "chien" (portail de Chartres, Hortus Deliciarum) qui devient, sur les vitraux de Chartres et la fresque du Puy, un couple de "lézards" se mordant réciproquement. De même, le compas de la Géométrie des vitraux de Chartres se retrouve dans la figure de l'Hortus Deliciarum, ou à l'abbatiale de Déols.

 
Une bordure royale.

 

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

1. Dialetica, la Dialectique.

Dans une pose très hanchée, la Dialectique- Dialectica, tient deux dragons ou lézards ou basilics qui luttent entre eux, se mordant symétriquement le cou, sans espoir que l'un triomphe sur l'autre, symbole des argumentations subtiles de l'École médiévale.

Sa robe, très ajustée à la taille, et à l'encollure rectangulaire, est ornée d'un galon d'or orné de fleurettes, tout comme son manteau, posé sur ses épaules  et dont le pan droit est accroché au poignet par une troussière. L'extrémité d'une chaussure pointue dorée sort sous la robe.

Son visage carré et peu amène est encadré d'une chevelure blonde retombant sur les épaules.

Elle se détache sur une tenture damassée verte.

 

 

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

2. Arithmetica, l'Arithmétique.

 



L'Arithmétique (ARI[THM]E[TI]C[A] se détache sur un drap rouge ornée de fleurs d'églantine doubles et de cages à  mouches. Son manteau blanc à fleurs liées d'or  cache presque entièrement sa robe, dont seul le décolleté rectangulaire est visible. Le front haut de son profil fin est encadré opar les rouleuax de sa chevelure blonde, retenue par un bandeau perlé.  Elle écrit sur une tablette posée devant elle. La lecture des mots et des chiffres tracés sur cette tablette est assez difficile mais  on arrive à lire presque entièrement l'inscription de la tablette.

Y. Delaporte, BnF gallica


Il y a d'abord un distique :
Hic algorismus presens ars dicitur, inquam,
Talibus Indorum fruitur bis quinque figuris


« L'art ici représenté est l'Algorisme; il fait usage de ces dix signes empruntés aux Indiens. »
Mais le mot algorismus n'est guère reconnaissable.

Les signes de numération, en  chiffres arabes  sont tracés au-dessous des deux vers latins. On les lit de droite à gauche, sur une première ligne, de 1 à 9; une deuxième ligne renferme les suivants : 1, 0 2, 3, 4. Le zéro, suivant l'usage du moyen âge, est barré à la manière du 0 grec. 



 

 

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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3. Rethorica, la Rhétorique.

"A droite, la Rhétorique — Rethorica (sic) — écrit d'une main, et de l'autre fait un geste oratoire . Sa pose rappelle celle de l'Arithmétique, mais elle regarde du côté opposé. Son profil se détache sur le fond bleu sombre du panneau. Le livre sur lequel elle écrit contient une inscription qui, cachée en grande partie par sa main, serait inintelligible si la comparaison avec une fresque à peu près contemporaine n'en rendait la lecture certaine. Cette fresque se trouve dans la salle capitulaire du Puy ; la Rhétorique y est accompagnée du vers suivant :
Est michi dicendi ratio cum flore loquendi
« J'enseigne par mes discours à parler un langage fleuri. »

C'est bien ainsi qu'il faut compléter l'inscription du vitrail de Saint-Piat, dont les premiers et les derniers mots sont parfaitement lisibles." (Y. Delaporte)

Se détachant sur une tenture bleue damassée de longues fleurs, la dame se présente de trois-quart, jambe droite en avant, car elle se tourne vers le pupitre où est posé un cahier afin d'y écrire sa déclaration, tout en comptant sur les doigts de sa main gauche en repliant l'annulaire vers le pouce, selon le procédé du comput digital de l'argumentatio.

Ses cheveux ondulés sont coiffés d'un fin diadème de perles réunies en fleurs. Son manteau est broché de fleurettes dorées, et le pan droit fait retour pour s'attacher sous le poignet gauche. Le sol est également fleuri. Nul doute que ces éléments floraux illustrent son art de "parler un langage fleuri" grâce aux figures de rhétorique.

Le fait que la même formule versifiée se retrouve à Chartres dans le premier quart du XVe siècle et au Puy-en-Velay au dernier quart du même siècle (entre 1482 et 1492) montre, comme le souligne C. Lautier, la permanence de la tradition iconographique.

On retrouve ce vers inclus dans  un ensemble de 9  vers dans les manuscrits médiévaux de Helmstedt Die Helmstedter Handschfriten: Codex guelf. 501 Helmst. bis 1000 Helmst Volume 2 , Herzog August Bibliothek  29) f. 151.

Arbor artium liberarium necnon scientiarum.
Daneben stehen die Verse:
Me pueris primum tradidit natura ministrum, ,
Frustra doctores sine coluere sorores, 
Est michi dicendi ratio cum flore loquendi,
Explico per numerum que sit proportio rerum,
Rerum mensuras et earum signo figuras,
Invenire vocum per me modulamina vocum,
Astra viasque poli varias michi vendico soli.

"La nature m'a d'abord donné le don d'être ministre auprès des enfants,

En vain les enseignants vénèrent-ils les sœurs sans vénération,

J'ai une façon de parler avec une éloquence raffinée,

J'explique par les nombres la proportion des choses,

Les mesures des choses et leurs figures par les signes,

Je trouve en moi les mélodies des mots,

Je m'approprie les étoiles et les diverses trajectoires du ciel."

 

 

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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4. Geometria, la Géométrie.

"Dans la partie gauche de la fenêtre, au centre du quatrefeuille, la figure de la Géométrie — Geometria — se détache sur un fond rose. Elle tient d'une main une équerre, de l'autre un grand compas au moyen duquel elle semble tracer des figures sur le sol."

"La Géométrie se tient devant une tenture mauve damassée de palmettes disposées en quinconces sur un fond de cages à mouches. Vêtue d'un manteau galonné d'or qui s'évase en corolle sur ses pieds, elle manie au sol un grand compas de la main droite et tient une équerre jaune de la main, tout en comptant sur ses doigts" (C. Lautier)

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

" Telles sont aujourd'hui les quatre seules figures auxquelles on puisse attribuer avec certitude le nom d'un art libéral. Une cinquième existait autrefois; elle se trouvait probablement dans la partie gauche du quatrefeuille, actuellement close d'un verre blanc barbouillé de peinture.

Ce panneau a disparu, dit-on, il y a un peu plus de vingt ans |vers 1900]. Par bonheur, il en existe une assez bonne reproduction en couleur, de la grandeur de l'original, dans l'Histoire de la Peinture sur verre, de F. de Lasteyrie. La Musique —Musica — était représentée sous la forme d'une femme drapée de longs vêtements et jouant de la harpe. A sa gauche, était une inscription où le texte était accompagné de notes de musique; on y lisait : Sonus cytharizantium. Le fond était bleu, avec une décoration de fleurs de lis inscrites dans les losanges d'un treillage.  (Y. Delaporte)
 

II. LE REGISTRE PRINCIPAL : Vierge à l'Enfant au chanoine donateur.

Les deux personnages sont placés dans une architecture Renaissance à arcades vitrées, et devant des tentures damassées, verte et rouge. Les pilastres et la niche à coquille sont surmontés d'angelots, dont des anges musiciens.

 

 

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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Le chanoine et l'oraison du phylactère.

Le chanoine est agenouillé en posture de donateur devant son prie-dieu où est ouvert son livre de prières. Il est âgé, ses cheveux sont blanc et ses mains noueuses.

Il porte l'habit de chœur des chanoines, avec l'aumusse de fourrure, le surplis blanc et la robe rouge. Un anneau d'or est passé à son index droit.

Devant lui, pour exprimer l'idée de paroles sortant de sa bouche, un phylactèe porte l'inscription, encadrée du deux-points : V----- toy : suis : pret~edãt : --couers : ton filz grace: attendent.

Cette inscription a été comprise ainsi : "Vierge de toi suis (le) prétentant. Secours ton fils grâces attendent."

(*)Prétendant : "Homme qui aspire à la main ou aux faveurs d'une femme." (CNRTL)

Cette partie centrale  de la baie a été décrite par Maurice Jusselin en 1925 et en 1936 :

"On admire depuis quelques mois dans la première fenêtre de gauche de la chapelle Saint-Piat nouvellement restaurée deux panneaux conçus dans le style en honneur au temps de Louis XII (1498-1515). Longtemps égarés dans la première forme de la grande verrière de la chapelle Vendôme, ces morceaux ont retrouvé leur emplacement d'origine, grâce aux études de MM. d'Armancourtl et Yves Delaporte. Ils représentent, sous un ornement très riche en forme de dais, un chanoine de Chartres revêtu de la soutane rouge et du surplis, portant l'aumusse, à genoux devant un oratoire et adressant à la Vierge avec l'Enfant, figurée vis-à-vis, la charmante prière : V[ierge de. toy suis prete[dan]t [Secou]ers ton filz grace attendent. Nous eûmes déjà l'occasion de parler de ces panneaux dans le Bulletin monumental et nous leur assignâmes une date très voisine de celle de la construction d'un petit jubé à Saint-Piat, en 1517. « Ce beau travail »— l'expression est de M. le chanoine Delaporte, bon juge en la matière —, doit être attribué à Maugarnier le Tonnelier, ainsi qu'une grisaille fermant la première fenêtre de droite de cette même chapelle Saint-Piat et la bordure d'une verrière du croisillon sud de la cathédrale, ornée, comme celle de la grisaille précitée, d'une alternance de fleurs de lys et de couronnes. « Jacquet Tonnelier, dit Maugarnier », car il est cité sous cette forme aussi bien que sous celle de Maugarnier  Tonnelier, vivait encore le 25 juin 1526, mais était mort avant le 12 septembre 1528 puisque sa veuve, Simone, et ses enfants, louent ce jour-là, à un vigneron de la paroisse Saint-Barthélémy un bien familial consistant en un quartier de vignes au clos « Feré1 » sur le chemin de Chartres à Oysème."

 

En 1925, Maurice Jusselin avait justifié par des documents d'archives le fait que les chanoines de Chartres portaient sous le surplis blanc une soutane ou robe rouge lors des fêtes solennelles. Il ajoutait : " S'il fallait mettre un nom sur ce portrait, le plus vraisemblable serait celui du chanoine Laurent Pommeraye, mort entre le 24 juillet et le 28 août 1522. II fait une fondation à Saint-Piat le 14 février 1519 et la confirme
le 18 juin 1521 . Son frère Nicole était chanoine de Saint-Piat et fit lui-même une fondation le 29 octobre 1522."

 

 

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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La Vierge est assise sur une cathèdre, tenant sur la cuisse droite son fils qui ouvre ses bras au donateur. Les rayons d'or au dessus de la couronne relèvent de la technique du verre rouge gravé.

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DESCRIPTION DU TYMPAN

 

1. La rose quadrilobée du sommet : Jean-Baptiste vénéré par deux anges.

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La rose quadrilobée de gauche : la Vierge allaitant, vénérée par quatre anges.

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Les qutre anges présentent des phylactères où s'inscrit le texte suivant qui a été lu ainsi :

O gloriosa femina (ange du haut)
Excelsa supra sydera,
Qui te creavit provide
Lactans sacrato ubere.
? Je lis LANCTARS, voire LANCTANS
O femme de nom glorieux !
Et plus haute que tous les Cieux !
A celui-là qui t'a creée,
Tu tends ta mammelle sacrée.

Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

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L'écoinçon au dessus du quadrilobe : Dieu le Père.

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La rose quadrilobée de droite : Vierge (XIXe) vénérée par quatre anges.

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L'écoinçon au dessus de la couronne : le Christ couronné d'épines.

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Baie 5 de la chapelle Saint-Piat de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2025.

J'ai omis de photographier correctement le panneau entre les roses. Il complétait les figures des arts libéraux. Ce personnage barbu et nimbé,  assis sur une cathèdre a un phylactère portant l'inscription Divinis servio prudentes---exercet.

Pourrait-il s'agir de saint Augustin, qui conduisait les sept arts libéraux sur une tapisserie de 1380 appartenant à Charles V ?

La baie 5 de la chapelle St-Piat de la cathédrale de Chartres : les Arts libéraux.

SOURCES ET LIENS

—Cely (Alejandro), 2020, Les Arts libéraux du Puy-en-Velay : une œuvre de Pedro Berruguete ?

https://www.academia.edu/45070646/Les_Arts_lib%C3%A9raux_du_Puy_en_Velay_une_%C5%93uvre_de_Pedro_Berruguete_

—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323

https://shs.hal.science/halshs-00948535v1/document

— DELAPORTE (chanoine Yves.)  (1915 - 1922) - Les vitraux de la Chapelle Saint-Piat Mémoires de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir vol. 15 (1915/22) p. 33-58

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562247s/f51.item

— FLEURY (Georges) Allégorie des arts libéraux. Académie de Touraine.

http://academie-de-touraine.com/gerard-fleury-allegories-des-arts-liberaux/#sdfootnote15anc—LAUTIER (Claudine), 1998, Les Arts libéraux de la "librairie" capitulaire de Chartres, Gesta Vol. 37, No. 2, Essays on Stained Glass in Memory of Jane Hayward (1918-1994), pp. 211-216 (6 pages), edité par The University of Chicago Press

https://www.jstor.org/stable/767261

— JUSSELIN (Maurice), 1936, "Les peintres-verriers à Chartres au XVIe siècle", Mémoires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, Volumes 16 à 17 page 170.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97703615/f188.item.r=Citadelle

— JUSSELIN (Maurice), 1925, "Le jubé jadis érigé dans la chapelle Saint-Piat à la cathédrale de Chartres", Bulletin monumental p. 321

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31090m/f145.item

—MÂLE ( Émile), 1899, L’art religieux du XIIIe siècle, Paris, 1899, p. 102-117.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9326593/f114.item

 

 —MASSON, (André), 1958 « Les arts libéraux du Puy et la décoration des bibliothèques à la fin du Moyen Âge » Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  102-2  pp. 150-170

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1958_num_102_2_10880

"La salle capitulaire qui remonte à 1323 existe encore, elle est surmontée d'une chapelle, à laquelle on accède par un escalier construit en 1358, la chapelle Saint-Piat. L'édifice est flanqué de deux tours rondes utilisées par les chanoines comme prison et comme dépôt d'archives. Parallèlement à la chapelle Saint-Piat, et dans la prolongation de la dernière chapelle dans l'axe du bas-côté sud, les chanoines avaient construit au xive siècle une salle connue sous le nom de Prétoire, où ils exerçaient leurs droits de justice. C'est au-dessus de cette dernière salle que, par délibération capitulaire du 7 août 1411, il fut décidé de construire la bibliothèque super domum Pretorii in quo consueverunt teneri pladta coram offlciale capituli.

La bibliothèque, située par conséquent au premier étage, mesurait environ 13 mètres sur 6 et était éclairée par dix fenêtres, cinq de chaque côté. Les comptes de l'OEuvre de 1414 et 1415 parlent « des armoires, des verrières, des serrures et surtout des chaînes avec lesquelles on attachait les livres de peur qu'ils ne fussent dérobés.Un plan du XVe siècle conserve la trace des dispositions intérieures, qui furent modifiées lors de l'agrandissement en 1730, date à laquelle furent percées de nouvelles fenêtres et où furent démontés sans doute les vitraux réutilisés dans la chapelle Saint-Piat. Ce sont des petits panneaux de verre, mesurant seulement 31 sur 21 centimètres, en grisaille rehaussé de jaune, se détachant sur un fond damassé. Avant leur remise en plomb, qui date de 1915, ils avaient été disposés sans ordre, manifestement pour boucher les trous, l'un d'eux étant même placé à l'envers, le côté peint vers le dehors."

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Published by jean-yves cordier - dans Chartres. XVe siècle XVIe siècle. Inscriptions
29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 14:00

Les  quatre sirènes et les deux anges musiciens (calcaire, 1520) du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 

 

Sur Chartres, voir :

 

PRÉSENTATION.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA28000006

Le pavillon de l'Horloge, établi au flanc nord de la cathédrale, est commandé par le chapitre de la cathédrale à Jehan de Beauce pour abriter le mécanisme d'horlogerie qui actionne le timbre à marteau sonnant les heures, placé dans la lanterne du clocher nord, et l'horloge de la façade du pavillon. Le mécanisme était relié aux cloches par une tringlerie. Sa construction est achevée vers 1520. Il est consolidé en 1862 puis restauré en 1864. En 1991, la pierre est nettoyée et les chiffres du cadran sont redorés à la feuille d'or. En 1887, le mécanisme qui a cessé d'être utilisé vingt ans plus tôt, est remplacé par une horloge comtoise installée par l'horloger chartrain Albert Renouf (1848-1895). En 1990, le mécanisme d'origine est restauré, et bien que vraisemblablement incomplet, est toujours en état de marche. 

On accède à cet édifice en calcaire de Berchères au plan rectangulaire de 5 m sur 3 m 50 , —dont le  mur méridional est partiellement scellé à la tour nord de la cathédrale — et au toit en pavillon couvert de bardeau par un escalier en vis, en maçonnerie.

 

 
 
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Le cadran  polychrome, d'un diamètre de 2,58 mètres encadré de pilastres, est  divisé en 48 rayons alternativement droits (marquant les heures) et flamboyants (marquant les demies) sur fond étoilé . Il porte les deux séries de chiffre gothique I à XII , selon la mode ancienne italienne en 24 heures ; il est entouré d'une frise de fruits et légumes enrubannés par un ruban marqués de traits en I, et ce décor végétal de type figue ou courge, typiquement  Renaissance se retrouvera largement sur les stucs de la Galerie François Ier à Fontainebleau.

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Les deux anges musiciens des écoinçons supérieurs.

L'un joue de la chalémie (chalémie-hautbois), l'autre de la harpe.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-instruments/les-vents-1/ch-ur-chalemie-8eme-travee.php

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-instruments/cordes-pincees-1.php

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Sur le Tour de chœur de la cathédrale (1529), des anges musiciens ou des putti jouent de la viole, du luth ou de la flûte. Ailleurs, sur la huitième travée, un bas-relief montre une chalémie et une flûte entrecroisées dans un décor de ruban plissé.

Luth, chalémie et flûtes se retrouvent sur un autre panneau de la huitième travée.

Tour de chœur de la cathédrale de Chartres, 1529.

 

 

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 

Les deux sirènes porte-lanterne des écoinçons inférieurs.

Elles sont comparables et tiennent d'une main une lanterne allumée ou torchère à l'extrémité d'une longue hampe , et de l'autre, par son enroulement, un cuir découpé en forme d'écu losangique, peint d'une croix noire sur fond jaune.

Elles sont ailées. Le haut de leur corps est celui de femmes, nues, aux traits fins, à la bouche entrouverte, aux cheveux bouclés, aux petits seins ronds et au ventre projeté en avant, simplement ceint d'une ceinture de ruban  nouée sur le côté et dont les longues extrémités flottent. 

Leur queue n'est pas celle d'un poisson (*), mais d'un serpent, couvert d'écailles et formant une boucle. mais cette queue n'est pas représentée de manière naturaliste, et elle s'orne d'appendices en forme de feuilles à l'extrémité de tiges en volutes, tandis que l'extrémité s'achève par un bouquet de feuilles et de fruits.

(*) stricto sensu, ce ne sont pas des "sirènes" ou femmes poissons, mais des créatures semi-humaines de type femme-serpent".

 Leur corps, si on en juge par la queue, est orientée vers l'extérieur de l'horloge, mais elles se tournent pour nous faire face, et leurs regards se tournent encore pour s'observer réciproquement.

Un décor première Renaissance.

Les cuirs découpés à enroulement, ces créatures hybrides et ces queues feuillagées témoignent de la pénétration à Chartres de l'influence de la Renaissance italienne, comme déjà en Normandie au château de Gaillon ou à Rouen sous l'influence du cardinal d'Amboise vers 1509, ou à Dol-de-Bretagne sous celle de l'évêque James en 1507.

Cette influence précoce s'épanouira après l'aménagement du château de Fontainebleau en 1535, et les exemples de cuir découpé à enroulement y abondent.

 

La sirène porte-torche de l'écoinçon de gauche.

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Mais en 1529, ce décor Première Renaissance se développe largement à Chartres tout au long des 100 mètres du Tour de chœur de la cathédrale, construit par le même architecte que l'horloge, Jehan de Beauce.

On y voit l'influence du décor en bas-relief de l'escalier de l'aile de Longeville du château de Châteaudun, terminée en 1520 :

On remarquera notamment le bas-relief du pilastre de jonction entre les deux sections, sixième travée sud : deux femmes ailées et élancées dont le corps de termine en rinceaux portent des vases dont les fruits sont picorés par des oiseaux situés au dessus.

 

Cathédrale de Chartres, claire-voie du Tour du choeur, photo Robert Malnoury.

Autre panneau comparable à nos sirènes, celui   de la treizième travée nord montre un décor de candélabre avec des amours en pied dansant, portant des torches allumées et tenant un cuir découpé losangique.

 

On trouvera assez rapidement se diffuser ensuite, notamment sur les sablières ou les stalles de Bretagne, le même vocabulaire de candélabres, de chutes d'objets suspendus à des rubans, etc., et des dragons qui se caractériseront par ces queues feuillagées. La Guerche de Bretagne v. 1518-1525,  Champeaux v.1530, Pont-Croix v. 1544.

 

La sirène porte-torche de l'écoinçon de droite .

 

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

Les chapiteaux.

Alors que la corniche supérieure ornée d'éléments végétaux, la corniche inférieure est  ornée d'oves et de denticules, alternance de modillons à feuille d'acanthe et coquille Saint-Jacques.

Les pilastres encadrant le cadran s'appuient sur des chapiteaux ornés de figures fantastiques..  et de sirènes.

Le chapiteau de droite.

Il est orné au centre d'un mufle de lion, ailé, tenant dans sa gueule l'anneau d'un médaillon perlé. Sur les côtés, deux supports anthropomorphes coiffés de bonnets en limaçon, la bouche ouverte,  les bras tronqués en appendices feuillagés, portent, sous une jupette de feuillage, une queue serpentine.

Notez aussi la frise supérieure avec ses spires de banderole.

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 

Le chapiteau de gauche.

Il est orné au centre d'une tête d'angelot. Les deux créatures féminines qui l'encadrent, bouche ouverte, perdent également leurs bras au profit d'appendices feuillagés, et leurs queues de serpent écaillées et débutant par une jupette de feuille, viennent s'entrecroiser au centre en volutes de feuillages. Ce sont des femmes-serpents, cousines des sirènes femmes-poissons (ou des sirènes grecques femmes-oiseaux).

Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.
Les sirènes du pavillon de l'horloge de la cathédrale de Chartres.

 L'architecte Jehan Le Texier, dit de Beauce.

Ce petit pavillon a été érigé entre 1519 et 1520 par l’architecte (ou plutôt "Maître des maçons de l'Oeuvre") Jehan Texier plus connu sous le nom de Jehan de Beauce. C'est lui qui a reconstruit dans un style gothique flamboyant la flèche nord de la cathédrale haute de 115 mètres (après sa destruction par la foudre en 1506), et, nous l'avons vu, son Tour de chœur, commandé par les chanoines en 1513, débuté en 1516 et dont la décoration renaissance est datée par inscription de 1529, mais fut introduit dès 1521 (*). Il rénova aussi  l'église Saint-Aignan de Chartres de 1513 à 1525.

(*) Tour de chœur "Très tôt et jusqu'au début des années 1530, une équipe de sculpteurs cisèle le décor du soubassement et de la claire-voie. Vingt-neuf dates, gravées dans des cartouches, parfois très discrètement, rappellent leur passage et permettent de suivre la conduite des travaux. 1521 portée à la quatrième travée méridionale est la date la plus ancienne ; 1532, à la treizième travée nord, année qui rappelle le déplacement de la porte d'accès au choeur, constitue la date extrême."

Auparavant, il avait reconstruit la façade de l'abbaye de La Trinité de Vendôme.

Il est décédé à Chartres le 29 décembre 1529.

Est-il responsable de l'introduction du décor Renaissance du Pavillon de l'horloge et du Tour de chœur? Le chapitre des chanoines a-t-il eu de l'influence? Ou bien, moins probablement par son conflit avec les chanoines, l'évêque Erard de la Marck ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jehan_de_Beauce

On notera que la clôture de chœur de l'abbaye de la Trinité de Vendôme réalisée en 1528, porte un décor Renaissance, complétant le jubé, les stalles, et le tombeau livré par Jean Juste en 1530. Voir mon article :

La clôture de chœur (1528) de l'église de la Trinité de Vendôme par les abbés Louis et Antoine de Crevant.

[Ce n'est pas le cas des stalles de Vendôme (1522-1529) qui restent de style médiéval.]

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM41000643

 

CONCLUSION.

Ces quatre sirènes aux queues feuillagées témoignent, au même titre que le cuir découpé à enroulement, de l'introduction à Chartres de la Première Renaissance française, consécutive aux guerres d'Italie de Charles VIII et de Louis XII et de l'arrivée des premiers artistes italiens au château d'Amboise en 1495.

J'ai cité le château de Gaillon (1506-1509) et le cénotaphe de Thomas James à Dol-de-Bretagne (1507) par la famille Juste, ou l'escalier de l'aile Longueville du château de Châteaudun (1520). Les historiens mentionnent aussi , pour ce style Louis XII, l'allée Louis XII du château de Blois (1498-1503), le Pilier Saint-Jacques de Gisors, ...

Les sirènes des écoinçons réunissent quatre "règnes" (à défaut d'autre termes) :

L'humain artificieux  et ses artefacts, produits de son industrie : les torches, et les cuirs — qui découlent de l'évolution dans l'art ornemental des peaux de tanneurs— découpés.

L'humain au naturel : le buste des femmes.

L'animal : la queue de serpent.

Le végétal : les appendices feuillagés évoluant en rinceaux.

Elles sont régies par le principe de métamorphose, cher à l'antiquité grecque et romaine — et à Ovide—, principe qui règne en maître dans l'art grotesque de la Domus Aurea de Néron, dont les pièces excavées ou "grottes" sont découvertes par les artistes italiens de la fin du XVe siècle (Michel-Ange, Raphael et Ghirlandaio). Ce principe de métamorphose introduit à la légereté, à l'onirisme et à la fantaisie.

 

 

SOURCES ET LIENS.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9b/Chartres_-_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_-_Horloge_astronomique_01.jpg

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000455

https://www.patrimoine-horloge.fr/as-chartrescath.html



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Published by jean-yves cordier - dans Sirènes et femmes-serpents. Sculpture XVIe siècle. Chartres.

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