Lanvéoc : quelques clichés.Une bulle Consopitensis inhibition contra piratas du pape Paul II en 1470 contre les pirates attaquant Camaret, Crozon et Roscanvel.
Sur la façade de l'actuel bar restaurant La Rade, à Lanvéoc, mais non sur sa façade principale, 1 rue de la Grève, orientée sud, mais sur celle de l'étroite rue du Fort, face à l'ouest. Elle n'a pas fait l'objet d'une description approfondie en ligne, mais d'un signalement et d'une photo dans le travail d'Erwana L'Haridon recensant le bâti du bourg pour l'Inventaire général. [J'ai eu accès plus tard à l'ouvrage de Marcel Burel Roscanvel d'un village à l'autre. qui y consacre ses pages 217-218.]
Dans ce travail, l'inscription est qualifiée de pierre de réemploi ; mais quelle curieuse idée de ré-employer une si belle pierre dans un emplacement adjacent. Et si, comme nous allons le voir, cette pièce appartient au patrimoine de mémoire de Roscanvel, que vient-elle faire ici ? Selon M. Burel, interrogeant le propriétaire du restaurant, c'était le linteau d'une des fenêtres de l'ancien établissement, détruit pendant la guerre de 39-45.
Malgré sa situation, elle est visible à tous les habitants de la commune, et à tous les visiteurs qui viennent admirer la place, centrée par son puits joliment fleuri. Comment son libellé a-t-il pu susciter si peu d'intérêt ? Comment sa petite énigme n'a-t-elle pas excité d'avantage la curiosité?
Elle porte mention (certes en abrégé) d'un pilote vice-amiral. Ce titre est-il si connu, cette profession si banale pour nos contemporains ? Alors que tout au contraire, elle relève de cette ethnographie maritime, discipline jadis en vogue grâce à Bernard Cadoret et son équipe du Chasse-Marée, qui devrait veiller jalousement à ses trésors indiciaires.
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Description.
Ce bloc tout en longueur est sculpté dans la pierre jaune de Logonna ou microdiorite quartzique provenant de la rade de Brest, en face de Lanvéoc. C'est elle qu'on voit utilisée à Lanvéoc, en mélange contrastée avec la kersantite de ton gris, pour les linteaux et entourages de portes et fenêtres du XVIIe et XVIIIe siècles, puisque le grès local ne se prête pas à la sculpture.
Ses caractères majuscules sont taillés en réserve sur deux lignes dans un cartouche dont les 4 bords nous assurent qu'elle est complète. Elle a bien résisté à l'altération, et sa lisibilité est bonne. La ponctuation de séparation des mots fait appel au deux-points.
Mensuration : longueur 135 cm, hauteur 26,5 cm. Hauteur des lettres de la première ligne : 10 mm. De la deuxième ligne : 8 à 9 cm.
Le mur est enduit tout autour d'un crépi de ciment, mais le chaînage d'angle laisse voir la pierre de Logonna, comme l'appareillage de la façade sud.
1 rue de la Grève, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.
Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.
Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.
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Son texte est le suivant :
NH : LE : BEVLIN : PV : AMIRAL
DLLE : ANNE : FOLGAR : 1730
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Sa transcription en est : Noble Homme LE BEULIN Pilote Vice-amiral / Demoiselle Anne FOLGAR 1730.
L'une des branches de la deuxième lettre V a été martelée, volontairement ou non.
Cette transcription s'appuie sur la copie, par un généalogiste consciencieux Poirrier78, de l'acte de mariage de Jeanne Folgar avec Bernard LELIAS, précisément en 1730 :
Acte de mariage - Lélias Bernard - Folgar Jeanne - Roscanvel - 1730 - Copy - Le seisième janvier mil sept cent trente après les fiancailles faites en face d'église et les trois proclamations des bans sans opposition par trois dimanches consécutifs du futur mariage entre Maître Bernard Lelias fils de défunts Yves Lelias et Jeanne Anthoine de la paroisse de Camaret d'une part, et demoiselle Jeanne Folgar fille de défunts le sieur Pierre Folgar, et demoiselle Marie Lozeach de cette paroisse de Roscanvel de l'autre part, et vu le décret de mariage en faveur de la dite Janne Folgar par messieurs les juges de Crauzon en datte du trente unième octobre mil sept cent vingt et neuf. Les ayant publiquement interrogé de leur mutuel consentement par paroles de présent, je soussigné pretre recteur de Roscanvel les ay conjoints en mariage solemnellement en présence de noble homme Jan Lozeach Sieur de Trevarguen, de noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest, de Jan Folgar, de Jan Longen, de Charles Souben.
Signé : Bernard Lelias Janne Folgar Le Mignon Beulin pilote amiral Jean Lozeach Jean Rolland Jean Longen Charles Souben Jean Folgar Jean Souben Lélias
Le mariage a été célébré le 16 janvier 1730 à l'église de Roscanvel par son recteur, et les témoins étaient Jean LOZEACH sieur de Trévarguen et oncle maternel de l'épouse, et noble homme Bernard Beulin pilote amiral du port de Brest.
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1. Jeanne FOLGAR 1714-1754.
Jeanne FOLGAR est née à Roscanvel le 22 août 1714 de Pierre FOLGAR (Camaret avant 1689-Roscanvel entre 1714 et 1730) et Marie LOZEACH, demoiselle de Kerveguen (Roscanvel v.1683-Kervian, Roscanvel le 8 décembre 1747). Son grand-père Jean FOLGAR était un honorable marchand de Camaret. Son oncle maternel est, nous l'avons vu, Jean LOZEACH, sieur de Trévarguen à Roscanvel.
Bernard LELIAS est né le 10 octobre 1704 à Camaret, dans le quartier du Notic principalement habité par des pêcheurs, armateurs et marins, puisque les maisons donnaient sur la grève, des escaliers faisant office de cale à marée haute. C'est également au Notic qu'il est décédé, veuf, à 63 ans, le 16 février 1768. Son père Yves était ménager à Camaret, sa mère Jeanne ANTHOINE (1668-1728) est née et décédée à Camaret.
Il était capitaine du guet, c'est à dire chargé de la police municipale (ou, à l'époque, paroissiale). Voir à Landévennec la maison de Nicolas BUZARE, né vers 1642 à Trégarvan et décédé le 9 février 1710 à Landévennec, qui était également Maistre, Capitaine de la paroisse de Landévennec, mais aussi Bourgeois, Sénéchal de la juridiction de Landévennec et Noble marchand.
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N.B un homonyme, maître Bernard Lélias est notaire de Crozon entre 1724 et 1744.
Le couple eut six enfants entre 1730 et 1747, dont Clotilde, qui épousa en 1764 à Camaret Jean-Marie PERON.
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3. Bernard LE BEULIN.
Selon la généalogie de Gilles Carichon il est né en 1667 à Roscanvel de Jean Le BEULIN et de Marguerite HARVEL. Ses grands-parents paternels sont Hervé LE BEULIN, notaire de Crozon et du Poulmic en 1674, 1681 et Marie LE TREUT.
Les généalogistes signalent aussi Hervé LE BEULIN, né en 1667, pilote, marié à Marie LE HOU en 1680.
Les familles LE BEULIN et HARVEL sont connues à Roscanvel, comme la famille TANIOU, pour appartenir au XVIIe siècle à ces familles possédant des manoirs ou riches demeures dans le bourg (Taniou en 1618, Le Beulin) et issues de ces patrons de barque, bateliers, canotiers ou chaloupiers principalement établis à Lanvernazal. Voir Lénaïg Laot, Inventaire général.
Les restes d'un manoir au Gouerest, qui aurait appartenu à Bernard Le Beulin sont décrits par 2 sites en ligne :
Mais les documents soutenant ces allégations ne sont pas fournies.
J'ai décrit les mentions épigraphiques témoignant de la prospérité de la famille HARVEL tant sur le clocher et le porche de l'église paroissiale (1686) que sur leur manoir de Lodoën, portant les noms de Henri HARVEL et GUEGUENIAT en 1617 et 1622
Là encore, les renseignements doivent être piochés ici ou là .
La Marine de l'Ancien régime est divisé entre Grand Corps, (uniforme rouge), portant l'épée, et Petit Corps (ou Officiers Bleus). Parmi ceux-ci, qui sont depuis l'ordonnance de 1689 les Officiers de Port, on distingue les officiers de plumes (intendant, commissaires, écrivain) et les officiers mariniers : capitaine du port ses lieutenants et enseignes, Pilote Royal, pilote entretenus, Maître Canonnier, Canonniers entretenus, Maîtres d'équipage, Maîtres charpentiers, Maître mateur...
Le pilote amiral est, on le devine, le poste le plus élevé de cet emploi. Il n'est employé que dans les Ports de Brest, Rochefort et Toulon,, où c'est un important personnage chargé de la discipline, des cours d'Hydrographie suivis par les Garde-Marine et du Pavillon : car il dirige l'école d'Hydrographie. On est d'abord pilotin, puis aide pilote ; second ; maitre pilote ; Officier Bleu ou auxiliaire ; puis maître pilote entretenu ; et enfin maître pilote vice amiral, comme ce Jean-Louis BELLON qui exerça à Rochefort de 1779 à 1787, et fut promu sous-lieutenant de vaisseau en fin de carrière. On cite François Azon , pilote vice-amiral sur les vaisseaux du roi à Rochefort, et ses états de services de 1720 à 1751. Ou Jean-Louis Calas, mort en 1771, pilote vice-amiral à Toulon, ou Jean-André Chauvet, à Rochefort entre 1741 et 1784. Ou Antoine Bernard, pilote de 1724 à 1794 puis lieutenant de vaisseau.
Je trouve mention de grade suprême de "pilote réal" (distinct de "pilote royal"), premier pilote d'une escadre de galère.
À Brest en 1725 (donc tout à fait dans le cadre de notre inscription), on distingue Boisouze Liard, le Premier pilote Amiral, Michot, Pilote Amiral, Toussaint Maupin, Pilote Vice-Amiral, Alexandre Maupin, Pilote entretenu, Aubin Poiré, Pilote entretenu, Sané, Pilote entretenu. Et ce dernier n'est autre que Noël Sané (1695-1762) deviendra pilote vice-amiral en 1758 : c'est le père de l'illustre architecte naval Jacques-Noël Sané (1740-1831), "l'un des plus brillants de l'âge de la voile, surnommé aussi le « Vauban de la marine ». Il est l'architecte de la quasi-totalité des vaisseaux de ligne construits en France de la Guerre d'Indépendance Américaine à la fin du Premier Empire."
Toujours à Brest, Joseph Nielly (1708-) débuta comme mousse-pilotin en 1727, puis 14 ans plus tard premier pilote entretenu, pilote amiral en 1756, capitaine de flûte en 1763, et lorsqu'il mourut en 1780 avec le grade de capitaine de brûlot, il avait fait quarante campagnes sur les vaisseaux du roi.
On voit que cette fonction n'est pas celle d'un pilote côtier assurant les entrées de port, mais celle d'un pilote hauturier exigeant courage et habileté manœuvrière lors des combats.
Par contre, je ne trouve aucune autre mention d'un pilote amiral de Brest du nom de Le BEULIN. Sans-doute faut-il consulter les archives de la Marine.
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Le Beulin, pilote vice-amiral, ou pilote amiral ?
Sur l'inscription, datée de 1730, il est clairement qualifié de Vice-amiral. Mais Jeanne FOLGAR est qualifiée de "demoiselle".
Sur l'acte de mariage du 16 janvier 1730, il est qualifié de pilote amiral.
Cela peut s'expliquer par les délais d'exécution de l'inscription, qui aurait été commandée quelque temps avant (avant les fiançailles le 31 octobre 1729 ?).
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Bernard Le Beulin, apparenté à Jeanne FOLGAR ?
Notre pilote avait 63 ans lors du mariage. Il y est présent — comme témoin — au même titre que l'oncle de l'époux. Est-il apparenté, à un titre ou à un autre, avec la mariée ?
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Comment expliquer cette inscription.
Que vient faire à Lanvéoc cette inscription qui se réfère à des personnages connus à Roscanvel ?
Si nous supposons qu'elle était apposée sur un bâtiment civil (un manoir ?), comment expliquer la présence de ces deux noms ?
Le contrat de mariage de Jeanne FOLGAR spécifie bien que les parents de cette dernière étaient décédés. Bernard Le BEULIN jouait-il le rôle de tuteur ? Avait-il recueilli chez lui la demoiselle ? En avait-il fait son héritière par contrat ?
Autant d'interrogations qui ne peuvent être levées, mais qui peuvent inciter un internaute à faire un lien avec une pièce du puzzle dont il disposerait.
Exista-t-il une Anne FOLGAR distincte de Jeanne ? Je découvre tardivement que oui.
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4. Anne FOLGAR.
a) Jocelyn Person décrit dans sa généalogie cette Anne FOLGAR, née le 26 février 1702 à Crozon, décédée le 30 novembre 1741 à Crozon, fille d'Yves FOLGAR (1682-1764), officier marinier et de Louise CARN (v.1684-1711). Elle épousa Marc DERRIEN vers 1723 (date de naissance de son fils Gabriel). Le couple vit à Tremet (1735) puis "Kerlern" ou Quélern en 1735 . Marc Derrien, veuf, continue à vivre à Quélern, notamment en 1742 lors du décès de son fils Marc.
b) Il existe une autre Anne FOLGAR, qui est sœur du tiers ordre de saint Dominique, et vit à Kergadiou. En juillet 1750, elle hérite de deux pièces de terre, Parc Cardinal et Leac'h Cardinal, près de l'étang de Kervian à Quéler, Roscanvern. Elle est la fille de Pierre FOLGAR, décédé vers 1719. Dont nous ne savons s'il s'agit du même Pierre FOLGAR père de Jeanne ( supra).
Remonter les chaînes ou réseaux généalogiques locaux de Roscanvel dépasse mes attributions, mais j'ai voulu montrer que les informations de cette inscription peuvent être croisées avec celles des généalogistes, ou avec d'autres sources, pour un enrichissement mutuel des connaissances.
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Inscription lapidaire de 1730, microdiorite quartzique, bourg de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile mai 2020.
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ADDENDA.
Je n'ai eu accès à l'ouvrage de Marcel Burel sur Roscanvel qu'une semaine après la rédaction initiale de cet article. Je découvris aux pages 217 et 218 les renseignements nécessaires.
a) l'acte de baptême de Bernard Le BEULIN en 1667.
Je le transcris comme je peux d'après l'acte original:
"Ce jour 13ème octobre 1667 fut baptisé sur le en fond baptismal de roscanvel bernard, fils naturel et légitime d'honorables gens Jean le beulin et marguerite harvel par la nommination d'honorable ----lucas et marie le beulin le baptême fut -messire lucas teffany prêtre et curé dudit roscanvel --"
Il est donc le fils de Jean Le Beulin et de Marguerite Harvel. Selon M. Burel, Lucas et Marie Le Beulin sont les frère et sœur aînés du nouveau-né, de même que le notaire Hervé Le Beulin. Il serait né au manoir du Gouérest.
b) le mariage en 1703.
Selon M. Burel, le 15 octobre 1703, Bernard Le Beulin épouse à Camaret Anne Folgar, la fille de Jean Folgar, un honorable marchand qui habite le village de Ty ar Guern, mais qui est originaire de Roscanvel. Anne Folgar est née en 1684 au village de Gouerest à Roscanvel, elle est âgée de 19 ans. Les deux familles étant apparentées par un grand-père commun Le Treut, les futurs époux ont demandé une dispense de consanguinité.
c) la naissance des enfants du couple, tous nés à Roscanvel.
Marie, née en 1708
Clémence, née en 1710,
Anne, née en 1711,
Jeanne, née en 1713
Hervé Toussaint en 1716.
d) Le déménagement au Notic à Camaret vers 1722 .
e) la carrière de Bernard Le Beulin.
Il a obtenu son brevet de pilote le 17 août 1709.
Il était pilote entretenu en 1711
Il a été promu pilote vice-amiral en 1722 : "Sachant que le nommé Bernard LE BUSLIN a les qualités nécessaires pour bien s'acquitter, sa Majesté Louis retiens et ordonne pilote vice amiral pour en faire fonction sur les pavillons et autres vaisseaux de sa Majesté".
Il est décédé vraisemblablement en 1741 dans le naufrage du Bourbon au large d'Ouessant.
Le nombre de pilote en service à Brest était de 9 en 1679 et a été porté à 12 en 1709 pour tenir compte de l'accroissement du commerce maritime, notamment avec les colonies.
Il existe à Roscanvel une tradition de pilotes entretenus, comme en témoigne les noms dans les registres de Noël MARTIN et de Jean HARVEL, de Roscanvel.
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Tout cela ne dit pas pourquoi le pilote vice amiral Le BEULIN et "demoiselle Anne FOLGAR" sont venus s'établirent à Lanvéoc en 1730.
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SOURCES ET LIENS.
— BUREL (Marcel), 2019, Roscanvel, d'un village à l'autre, ed. Les éditions buissonnières, Crozon.
L'Ophrys abeille Ophrys apifera Hudson 1782 à Crozon.
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Les Ophrys abeille sont apparues sur le bord des routes de la Presqu'île de Crozon, ou par essaims entiers dans des prairies où il est difficile de marcher si on ne veut les écraser.
Il n'est pas difficile de les photographier, il est difficile de cesser de le faire. C'est, à ras de terre, une telle féerie que vous butinez de l'une à l'autre, enivré de couleurs vert tendre, rose violine ou grenat. Surtout, ne faites pas comme moi, ne vous mettez pas en tête de collectionner les différentes formes de la macule jaune d'or de la labelle. Ou d'évoquer, en les contemplant de face, les peluches Kiki qui firent jadis fureur, ou encore les nains de jardins encapuchonnés. Ou de réussir une mise au point sur les pollinies, ces petites bourses jaunes se balançant au vent comme des cloches sonnées par un sacristain endiablé.
Sinon, vous serez punis de votre addiction par les heures passées à trier les centaines de clichés et à procéder à des choix impossibles.
J'ai sélectionner les sept photos que voici. Je regrette déjà celles que j'ai délaissées. Et je meure d'envie de retourner sur le terrain, à quatre pattes parmi le trèfle et le plantain.
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Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Lors de mon reportage de 2013 sur le Cimetière de bateaux (langoustiers mauritaniens) du port de Camaret, j'avais décrit un à un les huit navires qui s'y trouvaient.
Depuis, les deux premiers navires, les plus beaux à mes yeux, "La Salle" et le "Rosier Fleuri" ont dû être évacués et détruits.
Le spectacle de ces navires était poignant, puis qu'il parlait d'un passé maritime glorieux et florissant pour le port de pêche. Aujourd'hui, l'émotion est plus grande encore devant cette peau de chagrin, qui reflète tout autant la diminution des ressources halieutiques que celle de la flottille bretonne. Plus largement, ces coques échouées sur la surface minérale de la grève gardent comme la prescience de l'avenir de notre société.
Je tente d'en rendre compte, en présentant des cliches dont j'ai accentué la dramatisation. Je pense à tous les marins qui ont vécu cette grande aventure. Ou je pense aux larmes qui sont retenues dans beaucoup d'objets qui, dès lors, acquiert le statut de sujet car ils sont les interlocuteurs de nos interrogations.
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Sunt lacrymae rerum et mentem mortalia tangunt. "Il y a des larmes dans les choses mêmes, et ce qui est périssable frappe l’esprit" (VIRGILE, Énéide, liv. I, v. 462). Énée, fugitif, a été poussé par la tempête sur les côtes d’Afrique, aux lieux mêmes où s’élève Carthage. Dans un temple que Didon a consacré à la reine des dieux, un spectacle inattendu frappe les regards du héros : il voit représentés, dans l’ordre des temps, les combats d’Ilion et les événements de ces guerres que la renommée a déjà publiés dans tout l’univers. Il reconnaît le fils d’Avrée, le vieux Priam et le terrible Achille. Il s’arrête et ne pouvant retenir ses larmes : « Achate, dit-il, quel lieu n’a retenti, quelle contrée de la terre n’est pleine du bruit de nos malheurs ! Jusque dans ces déserts, le courage trouve sa récompense. Il y a des larmes dans les choses mêmes et ce qui est périssable frappe l’esprit. »
Ces objets chargés de larmes ont été d'abord pour moi, en marchant sur la grève, les vieilles pièces de bois rongées, pénétrés de pointes rouillées, qui sont les seuls dépouilles des deux coques disparues.
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Cliquez sur l'image.
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Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Qui est Eugène Andrieux, de Trélannec (Crozon) ? Le linteau de l'élévation nord d'une longère appartenant à une exploitation agricole de Trélannec porte l'inscription :
FAIT FAIRE PAR
EUGENE ANDRIEUX 1867.
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Inscription lapidaire de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Inscription lapidaire de Trélannec. Photographie lavieb-aile avril 2020.
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Le généalogiste Patrick Voirin consacre une fiche à Eugène Henri ANDRIEUX , né le 29 juin 1814 à Crozon et décédé le 5 novembre 1890 à Crozon à 76 ans. Il avait épousé Marie Anne LE CORRE le 3 octobre 1842. Il en eut trois filles, Jeanne Louise en 1843, Henriette Marie en 1852 et Rosalie Marie en 1863.
Il était le fils de Antoine Aubin ANDRIEUX 1775-1858 Lieutenant des douanes retraité, et de Marie-Henriette Le SENECHAL 1781-1861 ; il était le 6ème de leurs dix enfants.
Son épouse Marie Anne LE CORRE était la fille de Jean Marie et de Marie Claudine LASTENNET
La généalogie de Nathalie Bervas indique que la jeune fille était mineure, née le 12 novembre 1824 et âgée de 18 ans. À leur mariage, l'époux (notre Eugène Henri) habitait, comme ses parents, Kerarstrobel (le village voisin) et était cultivateur;
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La fille aînée, Jeanne Louise ANDRIEUX.
Elle est née le 7 octobre 1843 à Trélannec. Elle était domicilée à Trélannec lorsqu'elle épousa le 16 février 1867 à Crozon Jean Marie HERJEAN, né en 1843, cultivateur, né à Kerbasguen.
J'en déduis que Eugène Henri a quitté son domicile de Kerarstrobel pour s'installer dans le village de son épouse, dès son mariage. À son tour, Jean Marie Herjean, lorsqu'il a épousé la fille aînée Jeanne Louise, est venue s'installer dans le village de celle-ci.
C'est à Trélannec que le registre de recensement de 1896 les recense (page 124) : Jean Marie Herjean cultivateur, Jeanne Louise Andrieux femme, et leurs quatre filles Henriette, Marie, Marie et Claudine.
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Nous pouvons penser que Eugène Henri a fait construire le corps de ferme de 1867 sur laquelle il fait porter l'inscription, en raison de l'agrandissement de la famille liée à l'installation de son gendre. Ses deux autres filles (et leur époux Jean-Claude Danielou et Jean François POSTIC) ne sont pas mentionnées à Trélannec en 1896.
"Des résultats observés et plus particulièrement des chronogrammes relevés sur le bâti, se dégagent plusieurs tendances situant le corpus des constructions rurales dans une chronologie allant de la fin du 16e siècle aux années 1930. Les dates inscrites sur les bâtiments vont de 1580 à 1934, elles sont majoritairement gravées ou sculptées sur les linteaux de porte, rarement sur les souches ou les linteaux de cheminées. Le grès local étant très difficile à tailler, seul 14, 3 % du bâti rural est daté : 146 chonogrammes ont été relevés sur 1020 maisons rurales recensées. Les dates figurent sur des pierres importées, plus propices à la taille (microdiorite quartzique, granite, kersantite), parfois sur une ardoise incluse dans la maçonnerie. Deux dates gravées dans du grès armoricain ont été relevées : 1785 sur une maison de Ménesguen et 1854 sur une maison du Bouis.
En l'absence de chronogrammes, il est parfois délicat de dater avec précision des maisons construites entre la deuxième moitié du 18e siècle et la première moitié du 19e siècle car les proportions sont quasiment identiques durant un siècle et les baies sont dépourvues de décors. Les baies des maisons construites entre la fin du 16e siècle et le début du 18e siècle font souvent l'objet d'une ornementation sculptée sur des pierres importées (accolades, chanfreins, moulures, volutes et coeurs sur les linteaux, griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroits).
LES COMMANDITAIRES
Quelques inscriptions ou monogrammes relevés sur des logis révèlent le nom des bâtisseurs : DV : PRE : 1590 : GVILLAUME CO : KANDRIN (Porte provenant de Kerandrin remployée à Morgat) ; RENE HERIAN 1626 (Le Bouis) ; F : M : 1627 (Kergonan) ; A L : STEHAN 1663 JC (Dinan) ; H : H : MICHEL LE : DV 1696 (Saint-Jean-Leïdez) ; FAIT FAIRE PAR EUGENE ANDRIEUX 1867 ; A : P : 1745 (Dinan) D V 1855 J (Penfrat) ; E 1927 R (Poraon). Deux beaux puits moulurés du 17e siècle sont également signés et datés, ils témoignent de l'aisance des constructeurs et d'une certaine fierté paysanne : JEAN CANVET 1644 (Tromel) ; Y. CARN 1646 (Kerellot-Tremet). Trois anciennes maisons d'artisan affichent les attributs professionnels de leurs propriétaires : à Kervezennec, la maison d'un tailleur de pierre se signale par une équerre et un marteau sculptés en relief sur le linteau de porte avec son nom YVON et la date 1688 ; à Kerigou, la porte d'un logis de maréchal-ferrant du 17e siècle conserve la pince, le marteau et l'enclume sculptés dans la microdiorite quartzique ; à Trébéron une tenaille et un marteau sont gravés à côté de la date et des initiales du maréchal-ferrant (H : D 1814) ; à Kernaou le linteau du puits est orné d'une navette de tisserand."
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L'inscription du moulin de Kereuzen, que je viens de relever (article précédent) employait déjà en 1795 la formule "fait faire par", mais par abréviation F F P.
La rareté relative de ces inscriptions justifie mon souci d'en rendre compte en ligne et de tenter de préciser, derrière les texte, le contexte anthropologique.
Mes remerciements à Mr Joseph Pigent pour son accueil.
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Je passe souvent, dans mes promenades autour de la Réserve naturelle de l'Aber, devant cet ancien moulin.
Le moulin à eau de Kereuzen, sur la rivière de l'Aber à Crozon, est connu depuis le XVIIIe. Il figure, sous le nom de Moulin Colin, sur la carte de Cassini de 1783, et sous celui de Kereuzen, sur le cadastre de 1831. Il a été fermé en 1961.
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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
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Toponymie.
Disons d'abord que ce nom de lieu Kereuzen est rare. Je le trouve attesté à Elliant sur un aveu de 1663.
(le village de Kereuzen ô ses issues & apartenances & autres terres non icy spéciffiées sont sittuées en la Trêve nommée Treffnevez en laditte paroisse d'Eslyan).
Comme l'a remarqué M. Guilcher (12), le déterminatif de la plupart des villages en Ker— est un nom d'homme. Il s'agirait de Ker -Euzen, le village d'Euzen ou Eusen. Albert Deshayes signale pour ce nom Euzen 1446, Ploemeur ; 1513, Remungol ; 1644, Quimper, etc. Il dériverait du vieux breton Eudon , "bon talent", et se diffuse sous les formes Abeozen, Euzenat, Euzénou, Euzénès . Aucune de ces formes n'est attesté à Crozon avant le XVIIe siècle (sauf Guillaume EUSEN 1678).
Si le toponyme KEREUZEN est rare, l'anthroponyme correspondant ne l'est pas moins. À Lannion , Jean LE GUALLES, écuyer, sieur de Kereuzen, Ledict sieur de KERYVON, se fait connaître en 1600 par ses prééminences en l'église de Baly. Un Kereuzen représente Plonéour à la montre de 1481. On trouve un Kereuzen-Brelivet en Châteauneuf-du-Faou ; un Jehan Nouvell Kereuzen à Plougasnou ; à Plouezoc'h en 1545-1550 une Françoise de Kereuzen puis en 1578-1608 Maria de Kereuzen ou Marie de Kereuzen de Kerjean. Et enfin à Bieuzy (56) Françoise Le RUYET DE KEREUZEN 1580-1611, Jan Le RUYET DE KEREUZEN son frère, Yvonnette Le RUYET DE KEREUZEN sa soeur.
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Pour en revenir au toponyme, Pierre Trépos note en 1953 : "Quant à Kerezen et Petit- Kerezen, j'ai d'abord hésité à les classer avec les toponymes en « Vrins » : M. Buffet a interprété le Kerezen de Port-Louis par Ker-Euzen ; mais deux formes relativement anciennes de ce toponyme morbihannais, avec 2 r, (en Hello Querrezen } Besquellec Querrezen , 1080) me font penser que l'hypothèse Kezen, au lieu de Euzen peut au moins se discuter — avant qu'elle cède peut-être la place à une troisième : Kerezen, cerisier."
Henri-François Buffet, étudiant la toponymie du canton de Port-Louis suggère de rattacher à Ker-Euzen les lieux-dits Querezen, 1640, et Kerzine.
Quoiqu'il en soit, ce toponyme en ker- est très ancien, vers le Xe siècle :
"Les Bretons venant de l’île de Bretagne apportent en Armorique leur système toponymique. Aux nobles, l’on doit les noms formés sur Lez (qui désigne une cour et résidence seigneuriales). Aux prêtres, les différents Lann (lieu consacré), remplacés par Log après le Xe siècle ; aux paysans, les noms en Trev (lieu habité et cultivé), puis en Kêr. Ce dernier désignait d’abord un lieu défensif, comme c’est toujours le cas en gallois (cf. Car dans Cardiff). Mais c’est à partir du Xe siècle que fleurissent partout les noms en Kêr, lorsque le terme prend le sens d'exploitation rurale et d’endroit habité." (Office Public de la langue bretonne)
Il signale peut-être une seigneurie disparue, puisque de nombreux moulins à eau dépendaient des manoirs de seigneurs, qui les affermaient à des meuniers.
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Je découvre pour la première fois aujourd'hui qu'une pierre a été conservée de l'ancien moulin, détruit au XXe siècle pour construire une exploitation agricole. Ce bloc de kersantite porte la date de 1795 et le nom du meunier d'alors, Isidore KERAUDREN. Les inscriptions, c'est ma passion. Surtout lorsque j'apprends que plusieurs ne sont pas parvenus à déchiffrer celle-ci. Un défi ?
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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
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L'inscription se déchiffre ainsi :
F : F : P : IIOSSE KINEC
ISIDOR KAUDREN 1795.
Soit "fait faire par [Joseph] Kerinec. Isidore Keraudren 1795".
Les lettres IIOSSE me tracassent un peu. On connait l'habitude d'abréger les noms en Ker- par la seule lettre K, aussi il n'est pas difficile de transcrire KINEC par KERINEC et KAVDREN par KERAUDREN. La date ne prête pas à discussion, lorsqu'on connait la façon d'écrire le 5 en forme de S.
Ma lecture va se trouver validée dès que je vais interroger les données généalogiques.
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Une deuxième inscription, en pierre de Logonna cette fois, est sculptée dans une pierre de réemploi de la façade ouest du logis : On y lit en réserve dans un cartouche :
ANNE / COLIN.
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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
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On trouvera aussi sur le mur est de la grange rénovée qui lui fait face le chronogramme 1831 : une inscription plus tardive donc.
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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
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Les deux premières inscriptions prennent tout leur sens lorsque l'on sait qu'Isidore KERAUDREN a été le meunier de Kereuzen au XIVIIIe siècle, qu'il avait épousé Anne COLIN, et que sa mère était Marguerite KERINEC.
Isidore KERAUDREN est né le 12 octobre 1741 à Kerdaniou – Crozon ; il faut assimiler le toponyme à celui de Kersaniou , noté Kerdaniou sur la carte de Cassini. Le lieu-dit Kersaniou se trouve sur le flanc sud de la vallée de l'Aber, à 1,2 km du moulin. Isidore a été baptisé le lendemain de sa naissance, à Kerdaniou.
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Il est né de Jacques KERAUDREN, décédé avant 16 février 1813, et de Marguerite KERINEC, décédée avant 16 février 1813.
Jacques KERAUDREN, né le 17 décembre 1721 à Kerdaniou, Crozon, est décédé le 18 octobre 1787 à Moulin Rhun, Crozon à l'âge de 65 ans. Il se maria le 21 novembre 1740 à Crozon, avec
Marguerite KERINEC, née le 20 avril 1715 à Kerglintin Tréboul - Crozon, et décédée le 6 août 1779 à Kerglintin Tréboul - à l'âge de 64 ans. Elle était la fille de Jean KERINEC, né en 1692 à Ranvédan (au dessus de Postolonnec) et décédé le 20 janvier 1716 à Kerglintin Tréboul à l'âge de 24 ans . Marié le 5 juillet 1714 avec Jeanne SENECHAL, née en 1683, et décédée le 14 mai 1771 à Kerglintin Tréboul : veuve à 31 ans, elle épousa Jean KERAVEL, d'où 6 enfants. Marguerite KERINEC avait un frère Jean, né en septembre 1716- (contradiction avec le décès du père) ; j'y reviens.
Quel est ce "Moulin Rhun" de Crozon où décéda Jacques Keraudren ? Était-il lui-même meunier ? La carte de Cassini indique, en aval du moulin Colin, le moulin Kerune.
Isidore a donc un oncle maternel, Jean KERINEC (Kerglintin 1716-Kerdaniou1782), qui épousa Gilette KERAUDREN, 1718-1776, née à Kerdaniou (comme Isidore lui-même, et comme son père) et décédée à Kerdaniou, où le couple s'était semble-t-il installé. Enfin, il faut remarquer parmi les 8 enfants de ce couple Joseph KERVINEC, né à Kerglintin en 1749, et dont la date de décès est ignorée. Je le rapproche du IOSSE KERINEC de l'inscription de kersanton.
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Isidore est l'aîné de 5 garçons, Jean (ca 1744-1747), Corentin (1749-1750), Allain (1752 -?), marié en 1775 avec Anne BOUSART, et Joseph, marié en 1767 avec Marie BOZENEC.
Isidore épousa le 8 juillet 1761, à Crozon, Anne COLIN, décédée avant le16 février 1813. Elle était la fille d'Yves et de Marguerite LE ROUX. Le couple eut 7 enfants.
Yves KERAUDREN ca 1767-1799
Joseph KERAUDREN 1767-1841 marié Avec Marie Françoise ROLLAND /1777
Marie KERAUDREN 1770- Mariée le 23 juillet 1788 avec Henry LE BOUSSARD. Leur fille Anne Marguerite épousera en 1811 à Telgruc Louis Maurice LE MONZE (Telgruc 1789-Crozon 1857) . Ils eurent trois enfants, Louis-Maurice (Telgruc 1816-Crozon 1878), Jean-Pierre (Crozon 1817 -Crozon 1853) qui épousa en 1850 Marie Perrine LE CAP, et Corentin (Crozon 1820-Crozon 1889) qui épousa en 1844 Marie HERJEAN.
Julien KERAUDREN 1772-1808 Marié le 16 février 1802 à Crozon, avec Marie LE CORRE/1785
Anne KERAUDREN 1776-1844 Mariée le 18 juillet 1799 à Crozon avec Pierre LE MIGNON ca 1771-
Marie Anne KERAUDREN ca 1780-1781
Jeanne KERAUDREN 1783-1859 Mariée le 16 février 1802 à Crozon, avec Pierre Marie GOURMELEN 1777-1808 dont un fils Pierre Marie GOURMELEN 1805-1863, qui se maria le 15 juin 1829, Crozon, avec Marie Jeanne POSTIC 1810-1850. Jeanne KERAUDREN 1783-1859 se remaria le 7 novembre 1810, Crozon, avec Yves QUEMENER
Pour ces sept enfants, nous disposons pour la plupart du lieu de leur baptême, à Kerglintin-Tréboul, près du Véniec, à près de 3 km du moulin. C'est a priori leur lieu de naissance. Anne Colin venait donc accoucher à Kerglintin ? C'était la maison d'origine de sa belle-mère (le domicile de ses beaux-parents ?) et certainement un lieu de convergence familiale. La petite Marie-Anne y fut inhumée le 21 novembre 1781.
- J'ai surligné en gras les enfants du couple Marie KERAUDREN/Henry LE BOUSSARD, car les naissances montrent que ce couple est venu s'installer à Crozon en 1817. Or, les noms de Louis LE MONZE et de Corentin LE CAP figurent au cadastre de 1831 pour les moulins de Pont-Men et de Kereuzen.
- J'ai surligné en gras le nom de Jeanne KERAUDREN, car c'est apparemment elle et son mari Pierre-Marie GOURMELEN I (déclaré meunier à leur mariage en 1802 et à son décès en 1808) qui reprirent le moulin. Elle est déclarée cultivatrice. Jeanne Keraudren est décédée à Kereuzen à 76 ans le 4 juin 1859. Son fils Pierre-Marie II Gourmelen est qualifié à son décès à Kereuzen de "forgeron cultivateur meunier".
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Isidore KERAUDREN est décédé le 13 février 1813 à Kerdaniou. Il était alors veuf de son épouse Anne Colin.
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généalogie Madeleine Harmegnies
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Je note incidemment en 1838 un Philippe KERAUDERN demeurant à Trébéron et un Bernard KERAUDREN père et fils demeurant au Véniec.
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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
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Une pierre d'une forme particulière.
Le bloc de kersantite, actuellement déposé et présenté sur un muret fleuri devant la cour, n'est pas rectangulaire, mais le biseau du coté droit est sans doute intentionnel, puisqu'il est souligné par une moulure. Il est creusé de deux cavités de 4 cm de diamètre environ, et entaillé en sa partie basse par un onglet biaisé.
Ce n'est pas un linteau habituel, et il devait assurer un emploi précis dans le moulin.
Si on réfléchit au sens de l'inscription Fait faire par Joseph KERINEC / Isidore KERAUDREN 1795, nous pouvons penser que l'oncle et son neveu maternel ont fait exécuter des travaux suffisamment importants pour justifier la commande d'un tel travail de sculpture.
La date de 1795 ne correspond à aucun événement familial connu. Isidore KERAUDREN avait alors 54 ans.
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Ce que nous savons du Moulin de Kereuzen.
Aujourd'hui, le moulin a été rasé, les pierres et les meules ont été enfouis par les bulldozer pour permettre la création des bâtiments actuels, qui reprennent des parties anciennes. C'est aujourd'hui une exploitation agricole (Joseph et Laurent Prigent ?) consacrée à l'élevage de vaches allaitantes (Charolais et Blonde d'Aquitaine).
Deux vestiges en pierre sont conservés, qui portent la marque de leur adaptation au fonctionnement du moulin.
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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile avril 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.
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Des fragments de la meule en silex.
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Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.
Le moulin de Kereuzen à Crozon. Photographie lavieb-aile juin 2020.
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Qu'apportent les cartes et photos aériennes ?
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Allons du présent vers le passé. Cliquez sur les photos pour les agrandir. Source Geoportail Remonterletemps
La station de distribution d'eau potable de Poraon et son bassin de stockage de 3000 m3, qui remplace le moulin de Pont-Men, n'est pas encore indiquée. Elle assure 20% de la consommation d'eau potable de la commune.
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La photo aérienne 2015.
L'usine de Poraon y est bien visible, de même que les bâtiments agricoles et d'habitation de Kereuzen et le petit pont.
Le trajet de la rivière peut se deviner par les hésitations de sa ceinture d'arbres, contrastant avec la rectitude des haies.
On lit aussi la persistance partielle de l'ancien maillage (jadis bien plus serré) des parcelles (mez, mezou) lanières orientés dans le sens de la pente.
En 1957, Pierre Flatrès, étudiant la structure rurale du Sud-Finistère d'après les anciens cadastres , écrivait : "Les parcelles des méjous bretons étaient de dimensions et de formes très diverses. On pouvait rencontrer des parcelles de dimensions très variables, depuis les parcelles minuscules des courtils, jusqu'aux lanières de certains terroirs de Crozon qui atteignaient 400 m de long. Dans cette commune, certaines parcelles étaient particulièrement étirées. Nous avons noté, près du Moulin Kereuzen (environs de l'Aber), une parcelle de 394 m x 3,2 m. Toutefois, sur la plupart des terroirs, les dimensions moyennes (100 à 150 m x 10 à 20) prédominaient. La forme des parcelles était aussi variable que leurs dimensions. La plupart, comme il est naturel, étaient longues et étroites, laniérées, mais certaines étaient rectilignes, d'autres incurvées, sans qu'on puisse en donner immédiatement une raison. "
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Photo aérienne 2005.
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Photo aérienne ancienne 1950-1976.
Deux remarques :
-le maillage plus étroit des champs-lanières
-la meilleure lisibilité du cours d'eau, qui se dédouble après Kereuzen .
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Scan50 historique des années 1950.
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Entre les villages de Poraon et Kerun au nord et de Kersaniou au sud, la rivière passe par Kerenzen (4 bâtiments, dont un sur la rivière), et Moulin de Pont-Men (symbole en roue dentée pour "moulin"). La rivière se dédouble entre les deux lieux en deux bras, forment une retenue apparente.
La graphie Kerenzen est étonnante pour la date de 1959.
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Carte d'Etat-Major 1820-1866.
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Même constatation, mais "Kerenzen" est précédé de la mention "Moulin". Un chemin descend de Kersaniou à Pont-Men , traversant la rivière en ce point pour regagner Trelannec ; un autre long la rivière au sud entre la route Quimper-Lanvéoc et Le Véniec et Kerglintin.
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Cadastre de 1831, vue générale.
Le plan montre mieux la rivière se dédoublant en deux bras distincts entre Moulin de Kereuzen et Moulin de Pont-Men. Le bras nord, formant bief, est barré par le bâtiment de Pont-Men. Le moulin de Kereuzen semble avoir aussi un usage de ferme, car les trois bâtiments sont sur le chemin, et non sur la rivière. Il pourrait , comme un petit hameau, rassembler plusieurs familles qui ne travaillent pas en meunerie.
"Les formes des toponymes proviennent des usages locaux. En effet, les ingénieurs ont reçu pour mission de travailler, pour leur collecte, avec les habitants — le plus souvent, les curés et les seigneurs — des lieux cartographiés."
La feuille Carhaix-Plouher n° 171 dressée les ingénieurs Langelay, Fessard et C. Aldring sous la direction de de César-François de Thury de Cassini (1714-1784) est divisée en 21 rectangles. Celui le plus occidental nous concerne. La route Quimper-Lanvéoc y rejoint la route Le Faou-Crozon au dessus de la chapelle Saint-Laurent, en un carrefour qui deviendra Tal-ar-Groas "croisement des routes"
Nous y voyons l'Ance de l'Aber , la Rivière de l'Aber dominée au nord par Trébéron et Trellanec puis Porraon et au sud par Ruguenes [Raguenes], la Presqu'ile de Rozan et Kerdaniou [Kersaniou]. Lorsque l'estuaire se referme en un trait noir, le tracé de la rivière, les moulins apparaissent, signalé par une roue dentée : celui de Kerune, et celui de Colin. Ce dernier est accompagné du symbole indiquant un hameau. Plus loin, après la chapelle de Port-Salut (Porzh-Salo) un moulin n'est pas nommé : c'est celui de Ronvarc'h.
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Nous constatons que le moulin Kereuzen a été nommé "moulin Colin" en 1783, du nom d'Anne Colin, la propriétaire (ou locataire), et non de celui de son mari Isidore Keraudren. Rappelons qu'Yves Colin, père d'Anne, y était décédé en 1766, tout comme sa mère Marie LE ROUX en 1779, et son frère Corentin COLIN en 1783 à 36 ans, alors que cette famille COLIN était passé par Landévennec (lieu de naissance d'Anne), Plogonnec ou Lennon, et Telgruc. Anne est venue à Kereuzen accompagnée dès 1766 (et vraisemblablement dès son mariage en 1761) de ses parents et de son frère.
Il n'est pas possible de préciser pourquoi le moulin n'est pas nommé KERAUDREN, alors qu'Isidore n'était pas décédé en 1783 et qu'il a inscrit son nom en 1795.
La limite entre Telgruc et Crozon passe par la rivière : le moulin de Kereuzen est décrit sur le cadastre de Telgruc, ainsi que les terrains du sud de la rivière
Plan cadastral 3P45/2/54 section 24-5.
Etat de section 3P 45/6 volume 4 sections 24-29. Section 24 de Saint-Laurent.
Treboul 3P 45/1/44 section 23-1. Les états de section ne sont pas disponibles (un seul volume, 3P 282/2-3)
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1. Telgruc, section 23-1.
Le dédoublement des bras, et donc le creusement d'un bief vers Pont-Men n'apparaît pas : il aurait été construit après 1831. Au contraire, c'est en amont de Kereuzen qu'un bief, rectiligne, suit, le long du chemin, le tracé serpentin de la rivière.
Les champs lanières qui descendent de Kersaniou sont orientés soit nord-sud, soit est-ouest.
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2. Cadastre de Telgruc, section 23-1. Le moulin de K[er]euzen.
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Parmi les bâtiments 12, 14 (en pointillé) 15, 18, 22 , le moulin correspond à 15, avec le symbole d'une roue : l'eau venant du bief et de la retenue 19 passe sous l'arche du bâtiment 15. Une autre roue est symbolisée près de 14, correspondant à un trajet accessoire de l'eau dessiné au crayon bleu. L'eau regagne le ruisseau juste après un pont.
Ce plan indique donc une roue horizontale sous le bâtiment, comme au moulin de Rosmadec à Telgruc, avant qu'une roue verticale y soit installée après 1831.
Cette roue à pirouette était sans doute mieux adaptée à un cours d'eau à faible débit et faible dénivelé : l'altitude passe de 23 m environ à Kerledan à 12 m à Kerezeun, 3 km en aval. On la retrouve à Pont-Men.
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Le plan cadastral de Crozon.
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Le moulin de Kereuzen n'y est pas représenté, hormis le "Pont du moulin de Kereuzen". Il correspond à une zone déchirée. Bizarrement (le plan est-il plus tardif ?), juste après ce pont, un bief est figuré, au nord du ruisseau, se dirigeant vers l'étang 2173 puis le moulin avec sa roue. Là encore, une deuxième roue occupe le bâtiment 2175.
Après les parcelles 2423 à 2425, la parcelle 2426, nommée foennec vras ar pont (grand pré du pont) est attribuée sur l'état de section à "Le Cap Corentin, meunier moulin de Kereuzen".
La parcelle 2299 appartenant à Pierre Le Corre est nommée foennec pont ar veil, "pré du pont du moulin".
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Entre le bief et la rivière, les parcelles 2175 à 2178 et 2294 à 2297 portent le nom de Tré an daou dour, "pâture entre deux eaux".
Sur la pente nord, les parcelles en lanières 2179 (foennec vras), 2180 (foennec voan) et 2181 (foennec arguyoarch), et suivantes sont soit des landes, soit des près.
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Le moulin de Pont Men.
Il est intéressant à étudier pour nous documenter sur celui de Kereuzen. L'état de section indique :
2167 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men : Pratiz ar veil ("la pâture du moulin")
2168 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men . [Soldiv ?] à eau et courtil.
2173 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men ; étang : al len ("la mare")
2174 : Le MONZE Louis, meunier. Moulin de Pont-Men ; ar veil hir du [le long moulin noir]; Moulin à eau [Soldiv ?] à eau et courtil.
Didier Cadou a lu ar rodo goll : "canal de décharge". Il précise comment Louis Maurice Le Monze, cultivateur, demeurant à Kerdaniou, a acquis le 15 septembre 1825 le moulin à Louis, René et Adélaïde Visdelou de Bedée, héritiers de leur père Charles-François Hyacinthe-Claude marquis de Bedée, et de leur mère Bonne du Han, décédée en 1816.
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Le bief aboutit à l'étang de retenue 2173 qui se déverse sous le moulin 2168 avec sa roue placée au milieu (et non latéralement) : une roue à pirouette ? Puis elle traverse la pâture 2167 pour rejoindre la rivière.
L'étang peut être dérivée directement dans la rivière par un canal, auquel se rattache un bâtiment comportant un roue de moulin : 2174, qui est décrit de la même façon que le moulin 2168.
Dans les deux moulins, l'eau passe sous le moulin et non à coté.
Le moulin de Pont-Men, mentionné dès 1725, sera définitivement fermé en 1956 par Alain LE CORRE.
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L'apparition de Corentin LE CAP, Meunier à Kereuzen entre (au moins) 1831 et (au moins) 1859.
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1°) Le nom de Corentin Le Cap avec le qualificatif de meunier au Moulin de Kereuzen apparaît dans l'état de section du cadastre de Crozon pour la parcelle 2426 Foennec vras ar pont.
Il est possible ou vraisemblable que nous aurions retrouvé ce nom pour les parcelles du cadastre de Telgruc correspondant au moulin de Kereuzen, mais l'état de section n'est pas disponible.
2°) Il apparaît comme déclarant sur l'acte de décès de Jeanne Keraudren, cultivatrice, 78 ans, le 5 juin 1859 au moulin de Kereuzen. L'acte précise l'âge de Corentin LE CAP, 65 ans, sa profession, meunier, et son domicile, Moulin de Kereuzen.. Il était donc né en 1794. Il est accompagné d'un deuxième déclarant, Michel LE CAP, cultivateur, 29 ans, Moulin de Kereuzen.
3°) Un généalogiste, François HARMEGNIES, signale son décès un an plus tard, le 27 décembre 1860, au Moulin de Kereuzen.Il indique les identités de son père, Jean LE CAP, né vers 1768, décédé le 4 août 1814 à Kerazoret - Crozon (au nord de Kergoff-Port-Salut), cultivateur, marié le 10 février 1790 avec Anne Le Corre (16 août 1765, Penanhoat en Crozon - 30 novembre 1844 à Crozon, cultivatrice)
4°) Un autre généalogiste, Jocelyn Person indique sa date de naissance le 12 Octobre 1794 et son décès le 27 décembre 1860, ainsi que son mariage avec Jeanne KERMARREC (12 janvier 1802-17 avril 1885 à Kerbastum, Crozon), fille de André KERMAEC et de Jeanne GOURMELEN.
La même source indique les neuf enfants de Corentin LE CAP :
Sa profession de meunier est indiquée sur l'acte de mariage du 16 février 1802 avec Jeanne KERAUDREN, sur l' acte de naissance de son fils Pierre-Marie en 1805, et sur son acte de décès à 36 ans.
Sa profession de meunier apparaît sur un acte de 1849. Cette année, (sans doute en renouvellement d'un bail de 1840), Pierre Gourmelen, "meunier et cultivateur", loue pour neuf ans l'île de Rozan à son propriétaire, Louis-Victor Bourassin. (J.J. Kerdreux, Avel Kornog n°24 p. 53).
Elle apparaît aussi en 1861, 1862, 1863, 1863 et 1865 sur l'acte de naissance de ses enfants Anne, Jean-Pierre, François-Mathurin, et Catherine.
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Enfin, les actes d'état-civil mentionnent deux femmes :
a) Marie-Anne Kerspern, cultivatrice à Kereuzen en Crozon en 1935
b) Marie-Berbiline RITA, cultivatrice, demeurant Moulin de Kereuzen où elle décéda le 12 avril 1953
Ce registre décrit deux lieux-dits "Moulin de Pont-Neuf": le second doit être assimilé à Kereuzen.
a) Moulin de Pont-Men n° 7863 à 7872. 8 personnes.
Louis LE MONZE, meunier.
Jean-Pierre LE MONZE, son fils, meunier.
Corentin LE MONZE, charpentier
Louis Maurice LE MONZE,, cultivateur,
Marie-Jeanne KERAUDREN, cultivatrice.
Marie-Claude LE BOUSSARD, domestique,
Alain LASTENNET, domestique.
b) Moulin de Pont-Men n° 8098-8118. 22 personnes (moulin de Kereuzen)
Corentin LE CAP, cultivateur
Marie-Jeanne KERMARREC, son épouse,
Anne, Marie-Anne, Perrine, Michel, Pierre, et François LE CAP cultivateurs
Jeanne Cor---ff, domestique, enfant trouvé
Pierre THIEC, domestique.
Pierre GOURMELEN, meunier et Marie-Jeanne POSTIC son épouse,
Jean-Pierre Marie, fils, , Isidore, Anne, Marie Corentine, et Joseph GOURMELEN, cultivateurs,
Anne KERAUDREN cultivatrice
Etienne KERAUDREN, Henry RIOU et Anne Alix, domestiques
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La population de Kereuzen en 1911.
Le registre de recensement (où Pont-Men ne figure pas) comptabilise trente personnes appartenant à cinq familles : celle de Yves KERSPERN, Pierre LE CORRE, Corentin DERRIEN, Joseph LE CORRE et Alain DERRIEN. Les chefs de famille sont qualifiés de cultivateur, et aucun de meunier. Ainsi :
Yves KERSPERN (né en 1868), "cultivateur", "chef, patron"
Marie-Yvonne (1874), son épouse
Marie (1901), Jeanne (1902), Anna-Perrine (1903?), Marie-Anne (1907) et Joseph-Marie (1911), leurs enfants
Marie-Anne LASTENNET (1834), "mère" (de Marie-Yvonne ?)
Pour évaluer la valeur de ces chiffres de nombre d'habitants au moulin de Kereuzen, je peux me baser sur le registre du recensement de Telgruc en 1841 — page 11— pour le moulin de Ronvarc'h, immédiatement en amont de Kereuzen, avec ses 9 habitants : outre les deux meuniers Jean MORÉ, veuf, ( et ses enfants Yves et Barbe), et Pierre-Marie MORÉ (et son épouse Marguerite FOUEST et leur fils Jean), 3 domestiques sont employés. http://www.notrepresquile.com/population/recensement/telgruc/1841.php
Au moulin de Kerloc'h, toujours sur Telgruc, le meunier Yves FOUEST habite avec sa femme Marie-Jeanne QUEMENER, leurs fils Nicolas et Pierre et leur fille Anne.
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CONCLUSION.
J'ai abordé ce sujet en simple curieux, sans connaissances locales ni compétences ; mon enquête sur place m'a appris que d'autres m'avaient précédé, mais je n'ai pas trouvé de publication ni de documents : je souhaite que cet article incite les auteurs plus qualifiés que moi à approfondir la connaissance sur ce moulin, et à corriger mes erreurs.
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Une mise à jour en novembre 2021 : Tanguy RIVIDIC, meunier de Kereuzen en 1743.
Cette information est attestée par un papier timbré découvert dans des archives familiales privées.
Il permet d'interroger la base Geneanet :
Jean RIVIDIC est né vers 1655 à Crozon et il est décédé à Kereuzen, précisément en cette année 1743. Sa profession est celle de meunier.
Il a épousé vers 1675 à Crozon Anne DAINCUFF (v.1655-1721) et a eu six enfants, dont le dernier est notre Tanguy.
Ce Tanguy RIVIDIC est né le 1er août 1705 à Crozon, et a épousé le 27 janvier 1724 Marie KERMARREC. Leurs enfants éventuels ne sont pas spécifiés. Les témoins du mariage sont son père Jean, mais aussi son beau-frère (Jean) LE MOIGNE, qui a épousé vers 1719 Anne RIVIDIC. Parmi les quatre filles de ce couple, les deux premières sont nés à Brospell, mais en 1728 et 1730, les deux autres sont nées à Kereuzen : Jean LE MOIGNE a-t-il travaillé auprès de son beau-père comme meunier ?
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Remontons maintenant au grand-père de Tanguy c'est un homonyme, Tanguy RIVIDIC, né vers 1625 à Crozon et qui eut 8 enfants, dont sept fils. Outre Jean, déjà nommé, il faut citer Guillaume, qui est mentionné comme meunier ; s'il est décédé en 1721 à Kervenguy, Crozon (à 800 m. au nord-est de Kereuzen), sa fille Françoise est décédée en 1726 à Kereuzen.
— 6 sur la rivière de l'Aber, Kerune, Colin, [Ronvarc'h], puis sur Telgruc Kerspern, Kerledan et sur Argol Kerenpren.
—2 à Telgruc sur le ruisseau alimentant le Port de Goat : ceux de Kergreac'h (Port du Craon) et Kerstaigoff [Rostégoff]
— 1 sur Roscanvel, "Pointe du Diable" (sur le ruisseau Ragadal IGN).
Cette quantité est sans doute sous-estimée, mais la recherche est rendue plus difficile sur les cartes postérieures. On signale aujourd'hui que plusieurs dizaines de moulins à eau existaient sur la Presqu'île.
Didier Cadiou en compte 10 sur le cours de la rivière de l'Aber : Pont-Men, Kereuzen, Ronvarc'h (ou Meil Gorré), Le Launay, Meil Jeun, Keredan, Peran, Kernon, Kerloc'h, et Moulin-Neuf sur Argol.
Parmi ceux de Telgruc, le Moulin de Kerledan a été restauré et remis en fonctionnement.
Sur la presqu'île de Crozon, il signale en outre ceux de Lostmarc'h, Tromel, Penfond (ou Penfont, sur la rivière de Kerloc'h), La Fraternité (Roscanvel), Poulmic (Lanvéoc), et Rosmadec (Telgruc).
" Le moulin de Rosmadec est lié au manoir disparu du même nom. La porte du 16e siècle semble être le seul vestige du moulin primitif. Le cadastre ancien figure un moulin à roue horizontale alimenté par un canal qui mène l'eau sous le bâtiment. Le moulin actuel semble avoir été partiellement reconstruit après 1831selon un autre système de fonctionnement. "
Les moulins à eau les plus nombreux se trouvaient sur les ruisseaux se jetant dans l'Aulne, à Trégarvan (n=4) et à Dinéault (n=16).
À Trégarvan, : "Des quatre moulins figurant sur le cadastre de 1831 (moulin de Garvan, deux petits moulins au Cosquer, moulin de Kerfréval), seul celui du Garvan subsiste en partie en élévation. Les trois autres, situés sur le Stêr ar Pont Men, un affluent de l'Aulne séparant Trégarvan d'Argol, à l'ouest de la commune, ont disparu. Envisagé en 1837, le projet d´installer un haut fourneau près du moulin du Garvan n'a pas été réalisé."
À Dinéault , il en existait 16 en 1848, dont 9 ont disparu. Il persiste les vestiges des moulins de Coz Veil, Kergoat, de Rouinstin et du Veyer. Le "Moulin d'Eau" dépendait du manoir de Trévoazec (Trefgoazec en 1536). Le Moulin de Rozarnou dépendait du manoir de Rozarnou.
"Pour la plupart déjà présents sur la carte de Cassini (vers 1770), les moulins à eau de Dinéault étaient particulièrement nombreux. Parmi les seize sites localisés sur le cadastre de 1848, douze figurent sur le Garvan, un affluent de l´Aulne (Cosquer, Kerveur, Veyer, Lézaff, Treffiec, Ty Voënnec, le Stir, Kernevez, Kergoat, Roscoat, Coz Milin, Rouistin), un sur un affluent du Garvan (moulin de Dourvénez), un sur un affluent de l´Aulne (Roudouhir) et deux sur des affluents de la rivière de l´Aulne (Moulin d´Eau, Rozarnou). Les édifices, pour l'essentiel bâtis aux 17e et 18e siècles, s'ils n'ont pas disparu, ont connu des remaniements successifs ou des reconstructions entières. En 1799, le moulin de Veyer, tenu à titre de domaine congéable depuis 1766 par un nommé Le Pennec, était couvert de chaume. A l'état de vestiges en 1968, le rez-de-chaussée était divisé en deux parties abritant les mécanismes d'un côtés (deux roues horizontales) et la salle commune de l'autre. Le moulin de Coz Veil, remanié, porte la date de 1799. Le moulin de Kergoat (Ty Coz) abritait en 1970 les vestiges de meules. Plusieurs moulins, dont deux dans un état de conservation critique (Rozarnou, Moulin d'Eau), conservaient encore une partie de leurs mécanismes lors de l'enquête de 1968-1970. Ils font, tout comme le moulin de Lézaff, l'objet de dossiers individuels."
Le moulin était alimenté par plusieurs cours d'eau dérivés du ruisseau du Garvan. Il dépendait à l'origine du manoir éponyme situé à quelques centaines de mètres au sud. En 1719, il fait toujours partie du domaine noble de Lézaff. Le bâtiment actuel, qui abritait à la fois les mécanismes et le logis du meunier, porte la date de 1792. L'activité s'est arrêtée dans les années 1950. Parmi les deux meules en place en 1968, une seule subsiste aujourd'hui. Le cadastre de 1848 fait état d'un système hydraulique complexe, encore en grande partie identifiable (retenue, canaux d'amenée) alors que le four à pain situé au milieu de la cour a disparu. D'une ferme au sud subsistent le logis et les dépendances (transformées).
Le site a gardé l'empreinte de son usage ancien. Le moulin de Lézaff est le seul moulin de Dinéault qui conserve encore une de ces meules en pierre calcaire concassé et cerclé.
le Moulin d'Eau (Dinéault)
Le moulin dépendait du manoir de Trévoazec (Trezfgoazec en 1536). Le cadastre de 1848 fait état de deux parties ; les bâtiments au nord correspondent au logis (18e siècle remanié au 19e siècle) et à un four à pain, les deux bâtiments au sud dont un portait la date de 1694 abritaient respectivement les mécanismes d'un moulin à pirouettes avec une roue horizontale et une remise surmontée d'un grenier, à l'origine également un moulin comme le montre le cadastre se 1848. Ces deux corps de bâtiments étaient traversés par un petit ruisseau, affluent de l'Aulne. L'ensemble était en ruine avant 1970. Le logis et le four à pain sont en cours de réhabilitation.
Le Moulin de Rozarnou
Le moulin dépendait du lieu noble de Rozarnou, propriété des Kersauson en 1536. Situé dans l'ancien bois seigneurial et alimenté par un affluent de l'Aulne, il a été reconstruit au 19e siècle. En 1968, la structure du bâtiment et les mécanismes, bien que désaffectés, étaient intacts et le bâtiment était partiellement couvert de chaume. Un nouveau logis a été récemment construit à côté du moulin ruiné. Le site, inaccessible lors de l'enquête, a été profondément restructuré à l'époque contemporaine, avec, notamment, la création d'un étang au nord.
Je signale en Finistère les moulins à eau conservés :
Moulin du Pont à Daoulas (écomusée)
Moulin de Keriolet à Beuzec-Cap-Sizun
Musée de la Rivière à Sizun (Parc d'Armorique)
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Plans cadastraux de quelques moulins.
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Plan cadastral du moulin de Ronvarch (Telgruc) 1831
Plan cadastral 1831 du moulin de Launay (Telgruc)
Plan cadastral du moulin de Kerledan (Telgruc) 1831
Plan cadastral du moulin de Penfont (Crozon) 1831
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SOURCES ET LIENS.
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— BUFFET (Henri-François), 1952, La toponymie du canton de Port-Louis Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Année 1952 59-2 pp. 313-336
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)