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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 13:17

La Pietà aux trois larmes (kersanton,  XVIe, atelier Prigent) de la croix de Tal-ar-Groas à Crozon.

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Voir  d'autres exemples des trois larmes caractéristiques des Prigent :

 

Attribution personnelle hors catalogue Le Seac'h :

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Voir d'autres croix et calvaires :

 

— Voir aussi d'autres œuvres de Bastien ou Henry Prigent:

 

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PRÉSENTATION.

La croix placée devant l'actuelle chapelle Saint-Laurent (qui, en 1952, remplaça l'ancien sanctuaire détruit par les bombardements) à Crozon, quartier de Tal-ar-Groas, n'occupe pas son site d'origine, et résulte en fait de la recomposition d'éléments sans doute disparate du milieu du XVIe siècle. En effet, selon les experts de l'Inventaire général, une Vierge de pitié en kersantite, laissée, sur le revers, sous le coup de l'outil, est réunie à un nœud et un crucifix en granite. 

Mais l'examen attentif, aux jumelles,  de la Vierge décèle, sur son visage, les trois larmes caractéristiques de la production des frères Bastien et Henri Prigent, actif à Landerneau autour de 1550 et responsable des calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), tandis que leur compagnon Fayet a signé le calvaire de Lopérec. C'est dire, et le choc esthétique qu'il suscite le confirme, que nous avons ici, sur un emplacement qui n'a rien de touristique, un vrai petit chef d'œuvre dont la commune peut s'enorgueillir, car parmi les 14 croix et calvaires répertoriés à Crozon par l'Atlas, et dont la plupart sont des vestiges sommaires, la croix de Tal-ar-Goas sort du lot.

Il faut reconnaître qu'elle n'est pourtant  pas favorisée. Placée au centre d'un petit triangle de pelouse  devant une chapelle fort ingrate, entre une route, un hangar et une maison individuelle, elle est en outre mal "orientée", c'est à dire que le crucifix qui est sa face principale et sa raison d'être n'est pas tournée vers l'occident, face au soleil couchant dont le déclin s'accorde, en règle, avec la mort du Christ. 

D'ailleurs, le BDHA de 1907, René Couffon en 1988 ou le numéro d'Avel Kornog sur Tal ar Groas en 2015 n'en disent rien. Yves-Pascal Castel la décrit brièvement dans son Atlas (398. Tal-ar-Groas no 1 g. k. 1,5 m. XVIè s. Trois degrés. Socle orné d’armatures trilobées. Fût rond. noeud gravé, sainte Face, anges avec instruments de la Passion. Croix à branches rondes, crucifix, Vierge de Pitié. ) en 1980. Emmanuelle Le Seac'h l'ignore dans son catalogue des œuvres de Bastien et Henri Prigent de 2014, et ce n'est que récemment qu'a été mis en ligne le dossier de l'Inventaire Général de 2010 soulignant " Le groupe de la Vierge de Pitié s'inscrit dans une production artistique de qualité qui caractérise les créations des sculpteurs finistériens du 16e siècle, notamment l'atelier des frères Bastien et Henry Prigent actif autour de 1550 (calvaires de Lopérec et Plougonven)". (Dossier IA29004861). Les trois larmes de la Vierge ne s'y trouvent pas décrites.

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Description.

Sur son emmarchement  en schiste et microdiorite quartzite à trois degrés est posé  un socle carré orné d'arcades trilobées, puis un fût circulaire   en granite, qui reçoit un "nœud" de kersanton, qui transforme la section circulaire en une base carrée. Ce nœud est sculpté sous le crucifix d'un "voile de Véronique" ou Sainte Face, et de l'autre de deux anges séparés par une croix, et tenant l'un les clous et l'autre le marteau, deux instruments de la Passion. On remarque aussi une couronne d'épines entourant l'intersection de la croix. Ces anges ont la chevelure frisée en boules qu'affectionne l'atelier ducal du Folgoët.

Au dessus de ce nœud, et du coté principal, une croix à branches rondes, en granite, porte le Christ.

C'est du coté opposé (heureusement le mieux visible de la route) se trouve la Vierge de Pitié. On constate vite que le bloc a été brisé (ou même scié) , mais assez habilement réparé par du ciment pierre : le bras droit du Christ est en deux morceaux, sa jambe droite (et sans doute gauche) est sciée, le buste de la Vierge et ses jambes sont brisées, tandis que l'arrière semble avoir été frappé par une lourde masse. La sculpture a-t-elle réellement été "laissée, sur le revers, sous le coup de l'outil," ou simplement brisée ?

 

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SITUATION dans le temps et l'espace.

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Je commencerai d'emblée en soulignant la présence des trois larmes sous chaque œil, d'abord parce qu'elles sont difficiles à voir sous l'éclairage habituelle, et surtout parce qu'elles constituent la signature la plus sûre de l'atelier de sculpture de la kersantite de Bastien Prigent et de son frère (ou fils?) Henri, établis à Landerneau et actifs entre 1527 et 1577.

Mais l'image montrera aussi immédiatement la qualité de l'œuvre, plus fine et racée que beaucoup de Pietà sortis de cet atelier.

On remarquera les yeux en amande aux larges paupières, l'arcade sourcilière en éventail très pur, le nez droit, la bouche sans amertume, à la lèvre inférieure discrètement avancée.

On verra aussi le voile "coqué" (pour reprendre le terme d'E. Le Seac'h), c'est à dire formant autour de la tête un habitacle de toile raide, plissée au dessus et en auvent sur le coté.

Et l'admirable enchevêtrement des plis de la guimpe .

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Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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LA FACE SECONDAIRE : LA VIERGE DE PITIÉ.

Vue générale en fin de journée.

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Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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 Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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La Pietà.

La Vierge, assise, avance le genou droit en équerre, et supporte ainsi le haut du tronc de son Fils, dont elle soutient la nuque de la main. L'autre jambe est plus fléchie, et reçoit le haut des cuisses du Christ, dont le corps est ainsi incliné . Elle le retient par sa main gauche.

Le Christ a les jambes parallèles (et non croisées, comme on le voit souvent), et son bras tombe avec beaucoup de naturel en formant une courbe. C'est si naturel qu'on sera surpris de voir, dans d'autres Pietà du même atelier, ce bras, alors trop court, descendre sans courbure le long de la jambe maternelle ; mais c'est là le moyen d'exposer la plaie de la paume, ici non apparente.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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Le contour rond de Marie forme une tente protectrice et tendre tandis que les lignes du corps de Jésus sont droites, cassées, croisées, inscrivant le drame de la Crucifixion et de la Mort.

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Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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Le thorax du Christ ne porte pas la trace de la plaie du flanc droit, ce qui est très étonnant, mais s'accorde avec le fait que le sculpteur n'a pas représenté non plus les plaies des pieds et des mains. Plus encore, il n'a pas représenté sur la tête la couronne d'épines. 

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Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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Le nœud : les anges tenant les instruments de la Passion autour de la Croix et de la Couronne d'épines.

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Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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LA FACE PRINCIPALE : LE CRUCIFIX ET LA SAINTE FACE.

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Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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CONCLUSION.

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Par la finesse des traits de la Vierge, par la souplesse de ses drapés, et la délicatesse du mouvement du bras du Christ, la Vierge de Pitié de Tal ar Groas apparaît, malgré son état de bric et de broc, un des plus beaux exemples des Pietà des Prigent, dont je vais présenter infra plusieurs exemples. On pourrait même en contester l'attribution, si les trois larmes divergentes n'en était une marque de fabrique bien assurée.

Je souhaite donc que mon article incite les passants et les curieux à s'attarder d'avantage à sa contemplation. d'où ces trois dernières photos :

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Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

Vierge de Pitié (kersanton, Prigent, vers 1550), Croix de Tal ar Groas à Crozon. Photographie lavieb-aile septembre 2019.

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ICONOGRAPHIE : LES CROIX ET CALVAIRES DES PRIGENT, ET LEUR VIERGE DE PITIÉ.

 

 

 

D'après  E. LE SEAC'H PAGES 166-170.

Outre les calvaires monumentaux de Plougonven (1554) et de Pleyben (1555), on conserve de l'atelier des Prigent 6 croix et 23 calvaires dont 13 sont complets. Sur ces 29 œuvres, 23 sont dans le diocèse du Léon, 6 dans celui de Cornouaille et 1 seul dans celui de Tréguier.

Les croix et calvaires peuvent être classés en :

1°) Croix à revers figuré d'une Vierge à l'Enfant ou d'une Pietà.

-Le Crucifié avec la Vierge à l'Enfant au revers .

  • Le Tréhou, croix de l'ouest du bourg 

  • Guimiliau, croix de Laguen de 1572, signée des Prigent. Le sculpteur est Bastien, la Vierge à l'Enfant est tout à fait remarquable.

-Le Crucifié avec une pietà :

2°) Calvaire à un croisillon et 3 personnages C, V, J.. Le Christ crucifié est entouré de la Vierge et Jean sur le croisillon.

  • Calvaire du sud du bourg de Saint-Servais.

2°) Calvaire à un croisillon et 5 personnages (statues géminées du croisillon) ou 6 personnages (toutes les statues sont géminées, y compris celles du centre ).

  • Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.
  • Lanhouarneau, Croas-ar-Chor, saint Hervé au revers du Crucifié, le guide et le loup géminé avec la Vierge. Saint Houarneau sous le Crucifié
  • Pleyben, chapelle Saint-Laurent, 6 personnages : Crucifié/Christ ressuscité, Vierge / Laurent, Jean/évêque. On reconnaît ici le style de Bastien Prigent.
  • Bourg-Blanc, calvaire du cimetière, Crucifié/Christ aux liens, et croisillon à 3 personnages Vierge, Jean et Marie-Madeleine géminées aux trois acteurs de saint Yves entre le Riche et le Pauvre.
  • Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous, attribué à Henri Prigent.

3°) Calvaire à deux croisillons.

  • Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.

Les 17 vestiges de croix et calvaires :

  • Brignogan : calvaire de la chapelle de Pol : le Crucifié et l'ange orant, attribués à Henry Prigent  Dans la chapelle elle-même, d'autres statues de Prigent, qui faisaient partie du calvaire, sont représentées dos à dos : celles de Saint Paul Aurélien et d'un saint non identifié, ainsi que de saint Nicolas une pietà et un "Christ ressuscité" .
  • Dinéault, Calvaire de l'église Sainte Marie Madeleine. les Prigent ont travaillé sur le piédestal supportant le calvaire, Bastien Prigent a sculpté Marie-Madeleine, la tête levée vers Jésus sur la croix et Jean-l'Évangéliste debout, la tête baissée et le front plissé, tandis que François d'Assise est représenté et, à l’avant du piédestal, un bas-relief représentant un moine tenant un tissu sur lequel est gravé un visage sacré. Ces œuvres datent de 1550. Les statues sur la traverse ne sont pas de l'atelier des Prigent, mais datent de 1696 et représentent des statues géminées de la Vierge jumelées à Saint Sébastien, un évêque soutenu par un pietà, Marie-Madeleine agenouillée soulève le couvercle de son pot à onguents et Jean l'évangéliste s'associe à Saint Pierre, tandis que la sculpture de Jésus crucifié renversé avec un "Christ aux liens" est attribuée à l'atelier de Roland Doré. Ce calvaire a une hauteur de 6,00 mètres. D'autres sculptures de Prigent peuvent être vues dans l'église Sainte Marie Madeleine elle-même
  • Guiclan, calvaires de la Croix-Neuve et de Kersaingilly. Il y a deux calvaires dans la région de Guiclan. Parmi les sculptures impliquées dans le calvaire de la Croix-Neuve, seules la statue de Sainte Véronique et la Vierge Marie avec son enfant sont de l'atelier Prigent. Le calvaire est simple et contient des statues de Sainte Véronique et de la Vierge Marie avec un enfant placé de chaque côté de la représentation du Christ crucifié. Le calvaire de Kersaingilly présente des représentations de Saint Yves, le Christ crucifié inversé avec la Vierge Marie avec son enfant et Saint Gilles. L'atelier des Prigent ne travaillait que sur la statue de Saint Yves. Bastien Prigent est attribué au travail. Saint Yves est représenté dans la robe d'un avocat. Cette statue venait de La Roche-Maurice et a été ajoutée au calvaire lors de sa restauration en 1889 par Yan Larhantec.
  • Guissény calvaire du cimetière de l'église. Il est inscrit "J. Habasc gouver (neur) 1555" et les statues sont attribuées à Henry Prigent. Le calvaire était à l'origine situé à la chapelle Saint-Yves à Kervézennec, mais après le pèlerinage de 1920 ("mission"), il a été érigé à Guissény par le restaurateur Donnart. Le calvaire a une représentation de la Vierge Marie adossée à une représentation de saint Yves, du Christ crucifié inversé avec un "Christ lié" et de Jean l'évangéliste soutenu d'une représentation d'un évêque. La tête de Jean l'évangéliste a disparu et la tête de l'évêque n'est pas la tête d'origine.
  • Kerlouan : Croix Saint-Sauveur : Trinité de Bastien Prigent.
  • La Forest-Landerneau : cimetière haut, statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.
  • La Forest-Landerneau : cimetière bas : Marie-Madeleine agenouillée au pied de la Croix.
  • Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge.  Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.
  • Lanneufret : Calvaire de l'église Des statues géminées de l'atelier Prigent de la Vierge, associées à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associées à un moine, sont associées à une crucifixion du XXe siècle. 
  • Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associé à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.
  • Le Folgoët, musée  : vestige d'un Crucifié par Bastien Prigent.
  • Plonevez-Porzay : Calvaire de l'église Le Crucifié et d'un ange portant un titulus est attribuée à l'atelier de Prigent. 
  • Ploudaniel, calvaire de l'église : Dans la chapelle Saint-Éloi se trouvent les restes de deux calvaires. Il y a une statue géminée de Jean/un autre saint et un "Christ aux outrages". 
  • Ploudaniel : calvaire de la chapelle Saint-Pétronille de attribué à l'atelier de Prigent avec les statues de Saint-Pétronille et de Jean l'évangéliste de Bastien Prigent et près du corps de la croix, une Marie-Madeleine attribuée à l'atelier.
  • Quimper, jardin du cloître de l'église Notre-Dame de Locmaria de Quimper, restes d'un calvaire et l'atelier Prigent est attribué à une statue géminée de la Vierge/Saint-Pierre.
  • Plouider, calvaire à Brondusval : Il ne reste plus grand chose du calvaire mais les statues de saint Yves, de saint Fiacre et d'un saint non identifié sont attribuées à l'atelier de Prigent. 
  • Plouhinec, calvaire de la "Maison du sculpteur Quillivic" Il s’agit d’un calvaire contemporain où l’image du Christ crucifié est remplacée par la partie supérieure du cadre d’une fenêtre gothique. Le calvaire a des statues géminée de la Vierge /saint Yves et Jean
  • Plouvorn, calvaire de la chapelle de Lambader : des statues de la Vierge Marie et de Marie Madeleine sont de l'atelier des Prigent qui ont également sculpté le blason d'Audren de Kerdrel et l'emblème des "Cinq-Plaies" .

 

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A cette liste, on peut ajouter les calvaires de Fayet, un compagnon des Prigent au style « si proche de celui des sculptures des Prigent qu'il est parfois difficile de le différencier », s'il n'avait signé de son nom le calvaire de Lopérec avec la date de 1552.

Celui-ci rentrerait dans la liste des calvaires à deux croisillons avec la Vierge/Pierre et Jean/Marie-Madeleine en bas, les deux cavaliers de la Passion sur le 2ème croisillon et le Crucifié au dessus, avec le Christ aux liens au revers et deux anges au calice sous le Crucifié. Marie-Madeleine est au pied de la croix.

E. Le Seac'h lui attribue aussi :

Le haut du calvaire du cimetière du calvaire de Laz : le Crucifié, les anges au calice, et l'Ecce Homo au revers.

Le Christ mutilé de Coat-Nant en Irvillac.

Le vestige du Crucifié du jardin du Doyenné au Folgoët.

Le vestige du Crucifié du pignon de l'école Notre-Dame du Tromeur de Landerneau

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Les Pietà de l'atelier des Prigent (selon E. Le Seac'h)

 

  •  Saint-Servais, Calvaire du sud du bourg . 
  • Saint Derrien, 1557 ?, C, V, J, saint Georges et pietà.
  • Saint-Divy, croisillon vide, le Crucifié/Christ aux liens et pietà en dessous, attribué à Henri Prigent.
  • Loc-Brévalaire, église : Jean/Yves et Madeleine / Brévalaire, Christ aux liens/ pietà, selon le style délié de Bastien Prigent.
  • La Forest-Landerneau : cimetière haut, statues géminées Jean/autre saint et Vierge/Madeleine et Pietà : présence des 3 larmes.  http://croix.du-finistere.org/commune/la_forest_landerneau.html
  • Landerneau : Le calvaire de la Croix-de-la-Vierge, rue de la Tour d'Auvergne.  Il y a une pietà de Henry Prigent mélangée à d'autres statues qui datent de 1681.  http://croix.du-finistere.org/commune/landerneau.html
  • Lanneufret : Calvaire de l'église.  Des statues géminées de l'atelier Prigent de la Vierge, associées à un "Christ liė", une pietà et à Jean l'évangéliste, associées à un moine, sont associées à une crucifixion du XXe siècle.   http://croix.du-finistere.org/commune/lanneuffret.html
  • Le Folgoët Calvaire de l'église Notre Dame.  La pietà de l'atelier Prigent sur la face ouest du calvaire est associé à une représentation du cardinal de Coëtivy par le maître du Folgoët et à une crucifixion attribuée à la Maître de Plougastel.

On remarquera que ces calvaires sont regroupés autour de l'atelier de Landerneau (Maps).

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La Vierge et Jean en larmes, calvaire de l'église de Saint-Derrien, atelier Prigent. Photo lavieb-aile.

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Pietà de l'atelier Prigent de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Pietà (détail) de l'atelier Prigent de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.

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Pietà du calvaire de l'église de Saint-Servais par l'atelier Prigent. Photo lavieb-aile.

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Pietà (détail) du calvaire de l'église de Saint-Servais par l'atelier Prigent. Photo lavieb-aile.

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Pietà par B. Prigent, Le Folgoët, calvaire. Photo lavieb-aile.

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Lopérec, par Fayet.

 

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Pietà du calvaire de Lopérec par Fayet. Photo Bernard Bègne copyright Inventaire

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Enfin, il faut ajouter les Déplorations, souvent nommées "pietà" : celle de l'église Saint-Budoc de Plourin-Ploudalmézeau et celle de l'église Saint-Nicaise de Saint-Nic.

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Déploration par l'atelier Prigent de l'église de Plourin. Copyright cf. lien

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Calvaire monumental de Plougonven (Prigent, 1554). Photo lavieb-aile.

 

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Calvaire monumental de Pleyben (1555) par Bastien Prigent. Photo lavieb-aile

 

LA STYLISTIQUE « RÉALISTE » DE L'ATELIER PRIGENT.

Henri (frère ou fils de Bastien) est le moins habile. Bastien, par sa manières plus souple, qui produit un effet expressionniste, voire maniériste, contraste avec le hiératisme , la raideur des réalisations d' Henri.

a) Le Crucifié :

Les yeux en amande à l'arcade sourcilière cassée

Les mèches de cheveux qui ne sont pas collés au cou, laissant un vide = un espace ajouré entre les mèches de cheveu et le visage.

La couronne tressée 

Les yeux clos

Les grandes narines
La bouche charnue aux lèvres entrouvertes.

Une barbe étagée ou bifide

un torse étiré, aux côtes horizontales déployées en éventail ; le nombril en forme de bouton

Un pagne volant, noué sur le coté par une grande boucle

b) La Vierge

Elle porte une guimpe montant jusqu'au menton et un voile coqué.

Trois ou cinq larmes coulent sur la joue , en forme de patte d'oiseau avec une larme plus grande au milieu

b') Vierge de pietà :

agenouillée, se tenant bien droite, le visage impassible, elle tient son Fils dans ses bras, le corps de celui-ci renversé en diagonale, en appui sur le genou de sa mère.

c) Marie-Madeleine agenouillée (Pleyben et Plougonven, Bastien Prigent) : tête inclinée en arrière, elle porte une robe aux plis lourds et harmonieux. Son voile a glissé sur son dos.

Par ailleurs

Les visages sont rectangulaires ou ovales, aux arcades sourcilières « aiguisées ». Les yeux sont taillés en un petit losange horizontal. Les drapés sont fluides.

Les trois larmes.

« Le trait commun aux deux Prigent se repère à un détail qui devient leur signe distinctif : trois larmes en relief roulent sur les joues de leurs Vierges éplorées au calvaire, leurs Vierges de Pitié , de Saint Jean et de Marie-Madeleine quand ils lui sont associés. L'appartenance au même atelier se reconnaît à quelques autres traits : l'arcade sourcilière nette, et les visages pointus."

Je (JYC) les remarques notamment :

Lothey, calvaire de Kerabri, Pietà

Plourin-Ploudalmezeau, église Saint-Budoc, Déploration

Saint-Nic, église Saint-Nicaise, Déploration

 

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Fayet se distingue par :

un style sévère avec des Crucifiés raides

l'association de la statuaire gothique et d'un décor renaissance, avec les fleurons godronnés entourés d'un galon décoratif, des consoles moulurées et des feuilles d'acanthe sur les culots.

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SOURCES ET LIENS.

 — BDHA 1907

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f1068ba9b36279d9cfd73934b5f9f0b6.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, article. 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ed6c2bc160f40c8aa6e03dc9f0bdccb1.jpg

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, SAF.

http://croix.du-finistere.org/commune/pleyben.html

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

 

 

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 2005, Guide des sept grands calvaires bretons, Minihy-Levenez

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f0824151eb305fc701d19c07bec6270b.pdf

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/CROZON.pdf

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— Inventaire du Patrimoine, site Gertrude :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-1/2964822e-8106-468e-94be-8ea5ed0d8f58

— Revue AVEL KORNOG n° 25, numéro consacré à Tal-ar-Groas

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Crozon Prigent Pietà
15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 23:13

L'une des caractéristiques des chapelles bretonnes se trouve être leurs pignons "à crochets". La chapelle du Sillon de Camaret va me permettre des Travaux Pratiques sur ce point d'architecture sur lequel j'ai besoin de sérieuses révisions. Mais, ce faisant, je vais faire une petite découverte jubilatoire.

J'ai choisi comme  enseignant un vieux monsieur, Eugène Viollet-le-Duc. J'ouvre son Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle Éd. Bance-Morel 1854-1868 à l'article (en ligne) "Crochets". Dans le volume 4, page 400. 

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Crochet

C'est ma première découverte. J'ignorai la richesse de ce Dictionnaire, mais j'y trouve le simple crochet d'architecture traité comme un prince, avec un luxe de détails, une qualité des illustrations, un souci pédagogique et une maîtrise de l'écriture qui me laissent pantois et ravi. 

CROCHET, s. m. Crosse. C’est le nom que l’on donne aujourd’hui à ces ornements terminés par des têtes de feuillages, par des bourgeons enroulés, si souvent employés dans la sculpture monumentale du moyen âge à partir du XIIe siècle. Les crochets se voient dans les frises, dans les chapiteaux, sur les rampants des gâbles ou pignons, dans les gorges des archivoltes entre les colonnettes réunies en faisceaux. Le XIIIe siècle a particulièrement adopté cet ornement ; il s’en est servi avec une adresse rare.

AncreAncreAncreAncreAncreAncre Les premiers crochets apparaissant sous les tablettes de couronnement des corniches ornent déjà certaines églises bâties de 1150 à 1160. Ils sont petits, composés, à la tête, de trois folioles retournées ressemblant assez aux cotylédons du jeune végétal. La tigelle d’où sortent ces feuilles est grosse, élargie à la base, de manière à s’appuyer sur le profil servant de fond à l’ornement . Vers 1160, le crochet se montre bien caractérisé dans les chapiteaux ; le chœur de Notre-Dame de Paris, élevé à cette époque, est entouré de piliers cylindriques dont les chapiteaux n’ont plus rien de la sculpture romane. Ce sont des feuilles sortant de bourgeons, à peine développées, et, aux angles, des crochets à tiges larges, puissantes, à têtes composées de folioles retournées sur elles-mêmes, grasses et modelées avec une souplesse charmante . Bientôt ces folioles font place à des feuilles ; la tête du crochet se développe relativement à la tigelle ; celle-ci est divisée par des côtes longitudinales, comme la tige du céleri. Si les crochets sont posés dans une gorge d’archivolte, il arrive souvent que la base de la tigelle côtelée est accompagnée d’une feuille avec son coussinet bien observé, tenant à cette tigelle  ; ce qui donne une grâce et une fermeté particulières à cette sorte d’ornementation . Vers 1220, le crochet ne présente plus qu’un bouquet de feuilles développées, mais toujours roulées sur elles-mêmes ; l’imitation de la nature est plus exacte, la masse des têtes est moins arrondie et s’agrandit aux dépens de la tige.  Vers 1230, cette végétation de pierre semble s’épanouir, comme si le temps agissait sur ces plantes monumentales comme il agit sur les végétaux. Cependant, peu à peu, les têtes de crochets tendaient à se modifier ; ces feuilles, de recourbées, d’enveloppées qu’elles étaient d’abord dans une masse uniforme, se redressaient, poussaient pour ainsi dire, s’étendaient sur les corbeilles des chapiteaux, sous les profils des frises. À la Sainte-Chapelle de Paris (1240 à 1245), on voit déjà les têtes des crochets devenues groupes de feuilles, se mêlant, courant sous les corbeilles ; des pétioles sortent des tiges côtelées .

 

Ancre

Sur le rampant des gâbles qui couronnaient les fenêtres, dès le milieu du XIIIe siècle, le long des pignons des édifices, on posait des crochets incrustés en rainures dans les tablettes formant recouvrement . En 1260, on renonçait déjà à les employer, et on les remplaçait par des feuilles pliées, rampant sur les tablettes inclinées des pignons et se relevant de distance en distance pour former une ligne dentelée. Pendant le XIVe siècle, les crochets des rampants de pignons ou de gâbles prennent plus d’ampleur ; ils se conforment, dans l’exécution, au goût de la sculpture de cette époque ; ils deviennent contournés, chiffonnés ; ils sont moins déliés que ceux du siècle précédent, mais figurent des feuilles pliées et ramassées sur elles-mêmes.

AncreAncreAu XVe siècle, au contraire, les crochets de rampants prennent un développement considérable, sont éloignés les uns des autres et reliés par des feuilles courant le long des rampants ; ils adoptent les formes contournées de la sculpture de cette époque. Mais, dans l’Île-de-France particulièrement, leur exécution est large, pleine de verve, de liberté et de souplesse ; les feuilles qui les composent sont des feuilles de chardons, de passiflores, de choux frisés, de persil, de géranium.

Ce genre d’ornement appartient à l’époque gothique, il est le complément nécessaire des formes ascendantes de cette architecture ; il accompagne ses lignes rigides et détruit leur sécheresse, soit que ces lignes se découpent sur le ciel, soit qu’elles se détachent sur le nu des murs ; il donne de l’échelle, de la grandeur aux édifices, en produisant des effets d’ombres et de lumières vifs et pittoresques. Dès que la Renaissance revient à ce qu’elle croit être l’imitation de l’antique, le crochet ne trouve plus d’application dans l’architecture. Pendant la période de transition entre le gothique et la renaissance franche, c’est-à-dire entre 1480 et 1520 ; on signale encore la présence des crochets rampants. Il en est qui sont fort beaux et finement travaillés"

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La chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour a été reconstruite au XVIIe siècle, entre 1647 (nef) et 1657 (clocher) comme l'indiquent les inscriptions lapidaires ; mais à l'intérieur, l'arc de décharge isolant  le chœur de la nef a été ajouté avec la sacristie entre 1610 et 1648. Et dans la nef, deux piliers et arcs en ogive sont  de style roman. 

En effet, la chapelle actuelle a succédé à deux édifices ; le premier remonte à 1183 et était déjà dédié à N.D de Rocamadour. Une bulle papale de 1373 atteste l'existence d'une chapelle dédiée à la Sainte Vierge sous le vocable de Rocamadour : Capella Beatae Mariae Ripeamatoris 

Le second est gothique flamboyant et date de 1527 comme l'indique une pierre de fondation en kersanton placée à l'entrée. Les deux portes de l'ouest et du sud datent sans-doute de 1527. 

Mon intérêt se porte d'abord sur la porte sud, en gracieuse anse de panier "agrémentée d'un arc en accolade soutenu par des masques grimaçants et surmonté d'un fleuron. Au-dessus du portail, une pierre est sculptée aux armes des seigneurs de Crozon, successeurs des Rohan, représentés par la famille de Goulaine." (Topic-topos). Examinant les crochets en pierre de kersanton, j'ai la surprise de constater qu'ils sont tous différents. 

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Porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Le premier, en bas et à gauche, est une feuille aux bords frisés, et dont le foliole se replie sur lui-même.

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Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Le second est plus simple, ses bords sont lisses, mais ses nervures sont plus dynamiques et la feuille tend à se redresser.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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En bas à droite, nous retrouvons une feuille timide, refermée sur elle-même, mais elle différe de son homologue de gauche car ses bords sont réguliers, juste indentés par un discret frisson.

 

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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En haut à droite, l'extrémité de la feuille (son "bourgeon" ?) reste atone, incapable de se dresser, mais elle s'épanouit, dans cette posture recroquevillée, en larges lobes comme celle de la vigne. Surtout, elle se développe à partir d'une base frisée à l'extrême, sarmenteuse et tourmentée.

 

 

 Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte sud de la chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Surpris de voir que le sculpteur de pierre a poussé le souci d'excellence jusqu'à créer pour chaque crochet un type végétal différent, je regarde autour de moi à la recherche d'autres crochets. Ce serait drôle si...

J'aperçois le rampant du pignon est avec son monstre à la base, (on voit à chaque angle la queue de trois autres de ses semblables qui n'ont pas si bien resisté), puis trois beaux exemples de crochets. Chacun différents, mais manifestement taillès selon un principe organisateur par lequel le foliole se dresse progressivement au fur à mesure qu'il se rapproche du faîte.

Eh eh, amusant ! Je suis passé cent fois ici sans voir ce détail !

La pierre a changé, il ne s'agit plus de Kersanton et j'ignore l'expertise lithologique que Louis Chauris a du en donner.  Ces crochets datent sans-doute du XVIIe. Les feuilles frisées sont absentes, au profit d'une ligne plus dépouillée mais plus tonique, bien structurée par les nervures. Suivons du bas vers le haut leur épanouissement.

 

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Rampant sud du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant sud du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant du pignon est , chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Le rampant nord du pignon était à l'ombre, mais j'ai pris plaisir à retrouver le même principe de disposition des crochets. Pas de doute, cette ouverture progressive des feuilles n'est pas l'effet d' un hasard.

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Rampant nord du pignon est, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Rampant nord du pignon est, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Je terminais mon tour par la porte principale du pignon occidental avec son parement de kersanton. Comme sur la porte sud, on retrouve la variété des crochets dont certains sont frisés et d'autres lisses.

Porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Crochet de l'accolade, porte ouest, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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Ah, c'est plus fort que moi, je ne peux pas quitter la chapelle sans lever les yeux vers son inscription de la base du clocher pour m'amuser de ses N rétrogrades et déchiffrer à nouveau le texte.

"Mre : A KAVDREN: RECTEVR/I: DANIEL CVRE. 1685. Y. PALVD. F." (Messire Alain Keraudren, recteur [de 1671 à 1713] . I. Daniel curé. 1685. Yves Palud Fabricien.) .

 

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Flanc sud de la tour du clocher, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

Flanc sud de la tour du clocher, chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour, photo lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René), 1988,  Couffon, Le Bars, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4b3215959bb6af1be706479a2a28376d.pdf

TÉPHANY (Jean), 1904, "Une bulle de Grégoire XI relative à une chapelle de Notre-Dame-de-Rocamadour au diocèse de Quimper",  Bull. Diocésain Histoire Archéologie Quimper, pages 129-136.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1904.pdf

— Site fr. topic-topos.

http://fr.topic-topos.com/portail-sud-de-la-chapelle-notre-dame-de-rocamadour-camaret-sur-mer

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Published by jean-yves cordier - dans crozon
15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 22:42

Retour à Camaret : le cimetière de bateau du Sillon de Rocamadour.

Non, je ne vais pas refaire mon article d'avril 2013. Juste quelques clichés pour le plaisir. Souvent les mêmes qu'en 2013.

Voir :

Le cimetière de bateaux du Sillon de Camaret.

Le cimetière de bateaux du Sillon de Camaret.(2)

Les 125 articles de mon blog sur le patrimoine de la Presqu'île de Crozon. ​

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

Sillon de Camaret,15 mars 2016, photo lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon
15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 20:53

L'hélice d'un escorteur d'escadre à Lanvéoc (29).

Z' aimez les zélices ? J'en fait mes délices !

(sur l'air de "Tes laitues naissent-elles ? Oui mes laitues naissent").

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Voir :

L'Hélice de la Jeanne-d'Arc à Morgat : entre Babar et Moby Dick.

Les 125 articles de mon blog sur le patrimoine de la Presqu'île de Crozon. ​

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A 16h51 le mardi 15 mars 2016, Le Commandant L’Herminier F791, un aviso type A69, classe d’Estienne d’Orves spécialisé dans la lutte anti-sous-marine côtière, passait entre la Pointe du Gouin de Camaret et le phare du Minou pour s'apprêter à franchir le Goulet de Brest. Or, j'ignore tout de l'hélice de ce navire. C'est frustrant. On nous cache tout. (voir en fin d'article plus d'info)

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L'Aviso Commandant-L'Herminier F791 rentrant au port à Brest.

L'Aviso Commandant-L'Herminier F791 rentrant au port à Brest.

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Les dessous chics
C'est ne rien dévoiler du tout
se dire que lorsqu'on est à bout
c'est tabou (Serge Gainsb
ourg)

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Quelques minutes auparavant, j'avais examiné, que dis-je, j'avais touché l'hélice d'un  escorteur d'escadre, réalisée en laiton haute résistance aux chantiers navals de Nantes, et je pouvais en donner le poids (10,5 T) et le diamètre (3,70 m). La Marine Nationale l'avait offerte à la ville de Lanvéoc qui, peut-être embarrassée par ce bibelot, l'avait posé sur un espace-vert urbain. Une question m'obséde encore : cette hélice a-t-elle réellement navigué? (l'absence du nom du "bâtiment de combat" sur la plaque de présentation apposée dans le square me taraudait).   En un mot, car cela lui confère toute sa valeur,  a-t-elle été portée ?

Les dessous chics 
ce sont des contrats résiliés 
qui comme des bas résillés 

ont filé.  (Serge Gainsbourg)

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Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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les dessous chics
c'est la pudeur des sentiments
maquillés outrageusement
rouge sang


 

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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les dessous chics
c'est se garder au fond de soi
fragile comme un bas de soie

 

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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les dessous chics
c'est une jarretelle qui claque
dans la tête comme une paire de claques 

 

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DOSSIER TECHNIQUE.

Cette hélice a été réalisée par la Société Nantaise de Fonderie avec de l'acier Nantial. C'est avec cet alliage que seront fondues les hélices du paquebot France.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

Hélice d'un escorteur d'escadre, Lanvéoc, photo lavieb-aile.

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Cette société porte aujourd'hui le nom de Fonderie Atlantique Industrie. Son site permet de découvrir cet historique : 

http://www.fai-nantes.com/presentation.php

La société a été créée en 1908, par les frères BABIN - CHEVAYE, fils du dirigeant et fondateur des Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL).En 1918, la société s'agrandit et prend le nom de Nantaise de Fonderie. Elle continue à s'agrandir entre 1919 et 1921 en gardant sa spécialité fer et fonte.

En 1937, une fonderie de cuivre est créée parallèlement aux activités de fer et de fonte. Cette même année, la société se dote d'un four réverbère d'une capacité de 20 tonnes. A compter de cette date, la fonderie de cuivre se spécialise dans la fabrication d'hélices de bateau en alliage cupro-aluminium, alliage déposé sous le nom de "Nantial". 

Après de nouveaux agrandissement en 1952 et dans les années 60, la Nantaise de Fonderie est touchée par la crise pétrolière et le recul de la construction navale en France et en Europe.

En 1977, c'est le dêpot de bilan après diverses tentatives de reprise, c'est le groupe britannique LANGHAM Industrie, et sa filiale française, la Fonderie phocéenne à Marseille, qui reprend la société en ne gardant que l'activité "fonte de cuivre". Cette activité sera largement soutenue par le ministère de la défense (Direction des Constructions Navales - DCN) puisque l'entreprise est la seule en France capable de fondre des hélices pour des grands bâtiments comme ce fut le cas pour les portes avions Le Foch et le Clemenceau.

En 1989, suite à la baisse d'activité LANGHAM industrie cesse ces activités en France et l'entreprise devient FONDERIE de l'ATLANTIQUE sur l'impulsion de salariés repreneurs.

En mars 2000, la société est reprise par les BRONZES INDUSTRIES et devient FAI (Fonderie Atlantique Industrie).

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Le diamètre indiqué est de 3,7 m et le poids de 9 tonnes. "Christian" m'indique en commentaire qu'il s'agirait peut-être de l'une des deux hélices du Colbert, l'autre exemplaire se trouvant à Bordeaux. Le Colbert, construit par la DCAN de Brest en 1953 et lancé en 1956, a été desarmé en 1991. Converti de 1993 à 2007 en navire musée à flot à Bordeaux, en attente de déconstruction, il a rejoint le Cimetière des navires de Landévennec de 2007 à 2016 (ci-dessous, en 2013, entre les escorteurs d'escadre DUPERRÉ et GALISSONIÈRE.) avant d'être conduit le 5 juin 2016  à Bassens, près de Bordeaux, pour y être démantelé par Véolia.

http://www.lavieb-aile.com/article-le-cimetiere-de-bateaux-militaires-de-landevennec-117060268.html

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 Un article du Sud-Ouest du 7 décembre 2012 © PHOTO ARCHIVES « SUD OUEST »

montre une photographie de l'hélice du Colbert et en indique le diamètre (4,5m) et le poids (11 à 12 tonnes) .

L'hélice du Colbert en 1994 :

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En 2013, une des hélices du Colbert était sur la base navale de Toulon où elle a été photographiée.http://www.anciens-cols-bleus.net/t5131p380-colbert-1956-croiseur

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Sur cette photo, le diamètre de 4,50 m est indiqué à la craie. 

Conclusion : l'hélice de Lanvéoc, avec ses 3,70 m de diamètre, est a priori  plus petite que celle du Colbert. A suivre.

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DOSSIER ARTISTIQUE.

Il est évident que ces hélices sont de véritables sculptures. Elles relèvent directement du patrimoine industriel, du patrimoine scientifique et du patrimoine maritime. C'est exactement le point de vue d'un chercheur de l'Université de Nantes, Jean-Louis Kerouanton, dans son article de 2009 : 

 Jean-Louis Kerouanton, « De la théorie au modèle : les hélices comme sculptures calculées, le cas des Fonderies de l’Atlantique à Nantes », In Situ [En ligne], 10 | 2009, mis en ligne le 19 mai 2009, consulté le 14 mars 2016. URL : http://insitu.revues.org/4266 ; DOI : 10.4000/insitu.4266.

En voici le résumé 

​"La découverte, l’étude et la sauvegarde partielle des bâtiments des anciennes « Fonderies de l’Atlantique » à Nantes en 2001-2002 ont permis également de révéler puis de conserver une extraordinaire collection d’objets de fonderie au sable correspondant à la fabrication des hélices et des pales d’hélice pour les plus gros navires commerciaux et militaires. La technologie de fonderie d’alliage de cuivre pour les hélices avait été adoptée en 1937 dans l’entreprise. L’ensemble des modèles en bois de pales d’hélice est d’abord apparu comme une accumulation de sculptures monumentales particulièrement épurées. L’étude technologique plus fine montre cependant que cette « beauté » réelle ne correspond nullement à la volonté d’un artiste mais relève uniquement des calculs liés pour chaque production à un projet de navire. Et c’est seulement le calcul qui permet d’expliquer les réalisations d’hélices monoblocs par troussage, sans modèle aucun ; il ne reste alors de traces que les outils du troussage. Il s’agit bien dès lors d’un patrimoine scientifique - la transposition matérielle d’un calcul mathématique - tout autant que d’un patrimoine technique et industriel. C’est cette particularité qui fait la grande originalité de l’ensemble conservé par la communauté urbaine, en attendant, nous l’espérons, une valorisation future." 

Ce qui m'a fasciné, c'est de découvrir les illustrations (© Jean-Louis Kerouanton)  de cet article : je retrouve devant ses images la même émotion esthétique qu'à Morgat ou à Lanvéoc.

 

les dessous chics
c'est des dentelles et des rubans
d'amertume sur un paravent
désolant 

 

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Z'aimez les zélices? J'en ai encore attraper une petite, sur le sillon de Camaret.

http://www.lavieb-aile.com/article-le-sillon-a-camaret-nouvelles-images-du-cimetiere-de-bateaux-116872963.html

 

Hélice du langoustier-thonier Notre-Dame-des-Neiges, CM 231642, photo lavieb-aile.

Hélice du langoustier-thonier Notre-Dame-des-Neiges, CM 231642, photo lavieb-aile.

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A propos du Commandant-L'Herminier.

Un article du Télégramme est paru... le 22 mars sous le titre Une femme à la barre de l'aviso. : pour en respecter le copyright, j'en donnerai l'incipit :

Quatre-vingts mètres de long, une étrave à couper au couteau et une coque passe-partout qui épargne rarement les estomacs des nouveaux venus. Bienvenue dans l'univers des avisos, devenus officiellement « patrouilleurs de haute de mer » depuis le retrait de leurs missiles mer-mer en 2009.
Si leur silhouette et leur conception rustique trahissent leur âge, les avisos continuent de rendre de nombreux services à la Marine. La plupart du temps, ils sont dédiés à l'entraînement et l'accompagnement des sous-marins. Mais ne comptez pas sur le commandant pour vous en apprendre davantage ! Parler de l'activité des avisos serait trop en dire sur les sous-marins chargés de la dissuasion nucléaire... La plupart du temps, ils participent à des missions côtières d'observation du trafic et de sécurisation des voies d'accès maritime.

...et la finale :

Femme pacha

« Ce genre de bateau reste une véritable école de la mer et de la Marine », confirme le commandant, le capitaine de corvette Audrey B. Les espaces réduits et le nombre encore important de personnes embarquées pour la taille permettent de créer une véritable dynamique d'équipage. Sur le L'Herminier, une seule femme à bord, le commandant en personne, sur un navire qui n'a jamais été féminisé. La quatre-galons est l'une des huit femmes commandant actuellement un navire militaire français.


© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/brest/l-herminier-l-aviso-fidele-au-poste-22-03-2016-11002128.php?xtor=EREC-85-[PartageTT]-20160322-[article]&utm_source=PartageTT&utm_medium=e-mail&utm_campaign=PartageTT#closePopUp#P7xkXBehiJib0iH4.99

 

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon
16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 19:45

Rochers de Crozon. Pointe de Raguenes / Lamm Saoz.

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Pour miss caillou, natur-ailement

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Suite de :

​Les pétroglyphes de l'Aber.

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Les plus riches cités, les plus beaux paysages,

Ne contiennent jamais l'attrait mystérieux

De ceux que le hasard fait avec les nuages.

Charles Baudelaire, Le Voyage.

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Une estampe chinoise  Shanshui ( 山水, montagne-eau).

Une estampe chinoise Shanshui ( 山水, montagne-eau).

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Rochers de Crozon.

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Étonnants voyageurs, quelles nobles histoires

Nous lisons dans vos yeux, profonds comme les mers !

Ouvrez-nous les écrins de vos riches mémoires, 

Ces bijoux merveilleux faits d'astres et d'éthers.

Charles Baudelaire, Le Voyage.

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Rochers de Crozon.

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Lamm Saoz

Lamm Saoz

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Lamm Saoz

Lamm Saoz

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 15:05

Une souris des mers Aphrodita aculeata Linnaeus, 1758 sur la plage de l'Aber à Crozon.

Merci à Stéphane Wiza pour la détermination de cette espèce insolite.

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La plage de l'Aber n'est pas dépourvue de ressources. Avez-vous oublié votre crayon à papier pour remplir votre grille de mots croisés ? Lavieb-aile vous tire d'embarras et vous explique comment ramasser dans les rochers un morceau d'ampélite qui se révèlera merveilleusement adaptée à cette fonction, tout en vous permettant aussi de jouer à votre Sudoku.

Sur la piste de la "Pierre Noire" : les ampélites de Crozon (Finistère). ​

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Mais une fidèle lectrice nous écrit :

"Bonjour monsieur lavieb. Pouvez-vous m'aider ? Que faire si mon mari doit faire la vaisselle de notre pique-nique sur la plage et qu'il a oublié l'éponge à récurer ? Et que la nuit tombe. Merci d'avance"

Soucieux de faire partager à tous ses lecteurs l'ingénieuse réponse fournie à cette lectrice, aujourd'hui, lavieb-aile vous présente :

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L'éponge à récurer double-face auto-éclairante de dépannage. Gratuite. A ramasser sur la plage.

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Vous avez bien lu, chers lecteurs : auto-éclairante. Mieux qu'à la maison. Mesdames, offrez la à votre mari, il n'en voudra plus d'autre.

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D'abord, il faudra la trouver, de préférence après un de ces bons coups de tabac qui ne manquent pas chez nous. Elle vous attendra, cachée sous un peu de sable pour qu'on ne le vous la vole pas. 

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Vous la saissisez avec vos gants de ménage et vous la rincez à l'eau claire. Miracle, elle s'allume aussitôt de mille feux verts et dorés! 

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Elle adopte spontanément la forme arrondie de vos casseroles. Elle régle l'éclairage en fonction du niveau de l'eau. Son dos de feutrine ne raye pas le revétement anti-adhésif de vos poêles.

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.
Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Alors, convaincu ? Merci lavieb !

Ce drôle d'animal si pratique appartient aux Annélidés, autrement dit aux Vers annélides marins. Il appartient aussi à la classe des Polychètes, dont la caractéristique est de porter des  "parapodes" munis de soies. Les Polychètes sont soit sédentaires et tubicoles, comme le ver arénicole, soit errants, à la recherche de nourriture. Notre Scotch-Brite est un errant. On la nomme Aphrodita aculeata, et on la surnomme  souris de mer, taupe de mer, ou Aphrodite épineuse.

La souris de mer vit enterrée dans les fonds sableux (substrats mous) peu profonds, du bord jusquà une vingtaine de mètres. C'est un ver fouisseur, un ver vorace et prédateur muni d'un pharynx dévaginable et de mâchoires pour capturer des mollusques et d'autres vers qui vivent dans le sable.

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Linné, qui l'a baptisée en 1758, la définit comme ovalis hirsuta aculeata car sa forme ovale est caractéristique. Elle mesure 7,5 à 20 centimètres de long pour 5 à 8 centimètres de large. 

Wikipédia ajoute qu'elle vit dans les fonds marins sablonneux de l'océan Atlantique, la mer du Nord, la Baltique et la Méditerranée, où on peut la trouver jusqu'à une profondeur de 2 000 m.

Son corps est couvert de setae d'environ 2,5 cm, dont l'aspect ressemble à des poils. 

C'est un animal nécrophage, son régime étant essentiellement constitué des restes d'animaux en décomposition au fond des mers. La locomotion est assurée par de nombreux appendices latéraux (ou parapodes), elle rampe et creuse dans une attitude évoquant la souris.

La souris des mers est dépourvue d'yeux. Elle est hermaphrodite, des organes reproducteurs des deux sexes apparaissant chez un même individu, en revanche les ovules d'un individu sont fécondés par le sperme d'un autre.

Par contre, on évitera de suivre l'encyclopédie Wikipédia lorsqu'elle affirme que " son nom scientifique, dérivé de la déesse grecque Aphrodite, viendrait du fait que la vue ventrale de l'animal évoque des parties génitales féminines." En réalité, Linné a donné à ces créatures marines le nom de divinités de la mer : dans l'ordre de ses descriptions,  Doris est une océanide, épouse de Nérée et mère des Néréides, Tethys  est la mère des océanides, Nereis renvoie aux néréides, Aphrodite est "née de l'écume", Lernaea renvoie à l'hydre de Lerne. Le nom d'Aphrodite est sans relation avec un caractère morphologique de ce genre. 

Son épithète spécifique aculeata vient du latin aculeatus "qui a des piquants" , car ce ver possède  des acicules (une grosse soie rigide à l'intérieur du parapode, qui soutient les touffes de soies externes et sert de point d'insertion aux muscles permettant la locomotion), et des touffes de soies rigides.

 

 

Linnaeus, C. (1758) Systema Naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Laurentius Salvius: Holmiae. ii, 824 pp., page 655 n°256 

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/676/mode/1up

 

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Il est temps de retourner notre animal et de l'observer de près, tout en lisant la remarquable notice de doris.ffessm :

" La face dorsale du ver, convexe, est totalement recouverte d'élytres, sortes d'écailles, et d'une épaisse couche de soies fines grises sombres, ressemblant à des poils. Une quarantaine de sétigères portent des touffes de soies magnifiquement irisées, dirigées vers l'arrière, et sur chaque parapode s'enracinent des soies noires rigides plus épaisses. La souris de mer agite ses parapodes pour renouveler l'eau au contact de ses branchies.  La face ventrale est aplatie et typiquement annélidienne."

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 Chaque parapode est formé de 2 « rames » :

  • une « dorsale  » ou « haemale  » → notopode

  • une « ventrale  » ou « neurale  » → neuropode

Chaque rame est soutenue par des « acicules » (aiguillons). Elles sont formées de lames foliacées. Les deux rames sont formées à partir d'une base commune, et le parapode est dit « monostique ».
Une extension porte des soies articulées (formées de 2 pièces), de nature chitineuses.
Chaque rame porte un cire (cire dorsal, cire ventral) qui ont un rôle sensoriel. Le cire ventral est en contact avec le fond alors que le cire dorsal réalise la respiration (qui est cutanée et se fait par le cire dorsal).

 

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Linnaeus, C. (1758) Systema Naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Laurentius Salvius: Holmiae. ii, 824 pp., page 655 n°256 

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/676/mode/1up

 

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Aphrodita aculeata la Souris des mers, Plage de l'Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Jean-Hervéééé ? T'as fini la vaisselle ? La mer monte !

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SOURCES ET LIENS.

— http://www.marinespecies.org/polychaeta/aphia.php?p=taxdetails&id=129840

— http://www.marinespecies.org/polychaeta/aphia.php?p=image&pic=69376

— http://doris.ffessm.fr/Especes/Aphrodite4

— https://sv.wikipedia.org/wiki/Aphrodita_aculeata

— https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Aphrodita_aculeata

Fauvel, P. (1923) Polychètes errantes. Faune de France Volume 5. 1-488. Librairie de la Faculte des Sciences. Paris.,

—  Roule, Louis (1898) Notice preliminaire sur les especes d'annelides recueillies dans les explorations sous-marines du Travailleur et du Talisman. Bulletin du Muséum d'Histoire Naturelle, Paris, Ser. 1, 4: 190-195.,

Claparède, Édouard (1868) Les Annélides Chétopodes du Golfe de Naples. Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, 19(2): 313-584.,

Quatrefages, Armand de. (1866) Histoire naturelle des Annelés marins et d'eau douce. Annélides et Géphyriens. Volume 1. 1-588. Librarie Encyclopédique de Roret. Paris.,

—  Johnston, George (1840) Miscellanea Zoologica British Annelids. Annals and Magazine of Natural History, Ser. 1, 4: 368-375,plates10.,

Risso, A. (1826) Histoire naturelle des principales productions de l'Europe meridionale et particulierement de celles des environs de Nice et des Alpes Maritimes. Volume 4. 1-439. F.G. Levrault Libraire. Paris.,

—  Muller, Y. (2004) Faune et flore du littoral du Nord, du Pas-de-Calais et de la Belgique: inventaire. [Coastal fauna and flora of the Nord, Pas-de-Calais and Belgium: inventory]. Commission Régionale de Biologie Région Nord Pas-de-Calais: France. 307 pp.,

 

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 18:24

Noël 2015 : Cinquante ans après le naufrage, je retrouve l'épave de la Tante Yvonne, chalutier-thonier de Morgat CM 2909.

Voir :

​Sur la plage de Postolonnec à Crozon : le moteur du thonier "Tante Yvonne" CM 2909. Souvenir d'une nuit de Noël.

En novembre 2011, lorsque j'avais découvert le moteur du Tante Yvonne CM 2909 sur la grève de Postolonnec à Crozon, j'avais cherché en vain d'autres parties du navire.

Cinquante ans après le naufrage qui avait eu lieu dans la nuit de Noël 1965, j'ai l'émotion, en retournant voir le bon vieux moteur Crépelle 224 CV, de constater la présence, vingt mètres plus loin, de la partie arrière du thonier : selon mon hypothèse, un morceau de la quille, de l'étambot et du massif d'étambot.

Et une superbe pièce métallique, à la robustesse bien marine.

Certes, ma découverte n'est pas celle d'un chasseur d'épave sous-marine à la recherche de trésors, mais le nom que portait ce navire, celui de la résistante Yvonne Le Roux du réseau Johnny, lui confère à mes yeux toute son importance. Comme si la ténacité de ces membrures et de ces pièces mécaniques à résister et à se rappeler à notre mémoire avait un sens.

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Épave du Tante Yvonne CM2909, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne CM2909, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Noël 2015 : Cinquante ans après le naufrage, je retrouve la poupe de la Tante Yvonne

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Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Je ne peux m'empécher de reprendre quelques clichés du moteur.

 

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

Épave du Tante Yvonne, Noël 2015, photographie lavieb-aile.

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 11:57

Sur la piste de la "Pierre Noire" : les ampélites de Crozon (Finistère).

Si vous parlez à un breton de "pierre noire", il pensera au Phare des Pierres Noires, qui signale, en Mer d'Iroise et aux approches du Goulet de Brest, la chaussée du même nom. Nul ne conserve, si ce n'est l'association Ampélite de Panzè (35), le souvenir de la "pierre noire de Bretagne", et il est nécessaire de fournir quelques explications de ce matériau qui précéda le fusain, la mine de plomb et le crayon gras chez les dessinateurs et les peintres.

Nous allons voir que cette petite enquête va satisfaire l'amateur d'arts graphiques, le géologue, le promeneur arpentant le littoral, et toute personne curieuse d'élargir ses connaissances sur son patrimoine. Ou de se procurer à bon compte un crayon. La réunion du patrimoine naturel (sous le nom d' "ampélite") et du patrimoine culturel (sous celui de "pierre noire"), voilà en tout cas ce qui fait l'affaire de mon blog.

Il suffit de lire l'article Ampélite de Wikipédia pour apprendre que l'ampélite est un schiste pyriteux qui doit son nom au latin :

 ampes et au grec : ἄμπελος, ampelos, "vigne" ; αμπελιτις[γη] : "qui est propre à l'entretien de la vigne", car on en répandait autrefois au pied des vignes .

 

—  Des vignes en Bretagne ?

Pas vraiment, mais on trouve  l'ampélite aussi en italie, entre autre. Le nom est employé par  le grec Strabon — "celui qui louche"—  dans sa Géographie, un peu avant notre ère puis a été repris en latin avec le substantif ampelitis par Pline pour décrire une « terre bitumineuse pour écarter les vers de la vigne » (Pline, 35, 194 ). Pline l'Ancien, celui qui est mort en l'an 79  à Stabies lors de l'éruption du Vésuve !

 Laissons là les vignes et les vignerons, pour mémoriser un nom : le SI-LU-RIEN. Car c'est  au Silurien (444 à 416 millions d'années) que  des sédiments argileux  se sont déposés dans une mer calme, puis ont été  enfouis sous forte pression et haute température, ont alors cruellement manqué d'oxygène, ce qui  a préservé le plancton et autres matières organiques marines contenus dans les sédiments. Laissez refroidir, démoulez et  servez le schiste très noir et gras ainsi obtenu :  c'est l'ampélite. Si vous découvrez un gisement d'ampélite, vous pouvez le dater du Silurien. Commode.

Son nom est féminin, on dit donc de l' ampélite qu'elle comporte certes, comme tous les schistes, des silicates, mais surtout beaucoup de carbone qui lui donne sa couleur noire soyeuse. Et aussi du pyrite (sulfure de fer, FeS2) en grains fins ou en nodules, qui est responsable, quand elle s'altère, de coulées de rouille. Son chic, c'est de conserver parfois des fossiles de Graptolites aux  dessins de lignes blanches.

Voilà pour la Leçon de chose, dans son versant géologique. Mais cette ampélite nous est aussi sympathique lorsque nous apprenons qu'elle portait aussi le nom — vernaculaire— de "pierre des charpentiers" , parce qu'ils l'utilisaient pour tracer des traits sur le bois. Ou bien qu'on l'utilisait également autrefois pour se noircir sourcils et cheveux.

Muni de ce bagage, je prends mon appareil photo et je sors de chez moi pour chercher un gisement.

Un quart d'heure plus tard, c'est chose faite. 

Grâce au site

 Geodiversite.net, qui me proposait trois sites de balades, à Camaret et à Crozon,  je me suis rendu sur le parking du Four à Chaux de l'Aber, j'ai suivi la rivière et je me suis arrêté devant l'affleurement le plus noir possible.

 

La rivière de l'Aber à Crozon et le cordon dunaire. Photographie lavieb-aile.

La rivière de l'Aber à Crozon et le cordon dunaire. Photographie lavieb-aile.

. Mes coordonnées ? 48°13' 56" N et 4° 25' 50 " O.  J'y suis.

Tout fier, j'avise une dame qui promène son chien sur le sentier : 

Eh, c'est du Silurien !

Mais elle me répond :

Bien-sûr, de la base du Silurien supérieur. C'est la formation de la Tavelle avec  les ampélites du Ludlow ! Depuis le temps que les étudiants en géologie de Brest viennent en procession ici écouter leur prof, on a fini par le  connaître, le fameux Silurien ! 

.....

Vous êtes passés voir les brachiopodes et graptolites des schistes ordoviciens ?

Grrr...

 

 

 

 

 

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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 J'ai frotté mon doigt sur la roche, elle y a laissé une tache noire assez tenace. 

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

Affleurement d'ampélite, Aber, Crozon, photographie lavieb-aile.

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Il me reste à en ramasser un morceau et de le placer sur un ajonc — aïe, "ajonc, je-pique, genêt, je-ne-pique-pas"— pour illustrer le nom de "Pierre noire de Bretagne" pour débuter mon second chapitre.

L'ampélite ou " Pierre noire de Bretagne", photographie lavieb-aile.

L'ampélite ou " Pierre noire de Bretagne", photographie lavieb-aile.

La Pierre noire, médium des arts graphiques.

L'ampélite est décrite sous ce nom dans un autre article de Wikipédia : 

"On trouve la pierre noire le plus souvent sous forme de crayon, brut ou entouré de bois, ou de craie rectangulaire.

Il est utilisé pour les esquisses, mais aussi pour les dessins plus raffinés. Il a été très utilisé pendant la renaissance, souvent sur papier gris ou brun, et souvent accompagné de rehauts de gouache blanche, d'encre de Chine sèche ou en lavis, de lavis de bruns ou encore desanguines. La pierre noire employée avec la sanguine et la craie blanche est une technique dite « aux trois crayons ».

La majorité des grands peintres de la Renaissance ont dessiné avec cet outil."

Il me restait à faire ici une double démonstration : d'une part, de mon évidente incompétence en dessin. Et surtout, de la parfaite capacité du morceau d'ampélite ramassé tout à l'heure à devenir un remarquable instrument graphique. D'autant plus remarquable qu'une fois tracés sur ma feuille, les traits ont resisté au frottement et n'ont pas bavés, alors qu'ils peuvent être estompés avec un mouchoir en papier.

On ne se moque pas du résultat, s'il vous plaît.

 

Essai de dessin à l'ampélite de l'Aber par un piètre débutant, photo lavieb-aile

Essai de dessin à l'ampélite de l'Aber par un piètre débutant, photo lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

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— Au Musée de géologie de Rennes  1 , salle Mathurin Méheut : Ampélite à graptolites

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— La lithothèque de Rennes :

1°) Les Ampélites du Tertre Gris à Poligné (anciennes carrières) : Silurien inférieur.

http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/svt/lithotheque/poligne/poligne_01-02.html

http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/svt/lithotheque/poligne/poligne_01-03.html

2°) Les Ampélites de Crozon.

a) L'Aber ou Pointe de Raguenes.

  • Carte détaillée : http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/crozon_carte2.html
  • Carte d'accès : http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/arret1_acces.html
  • Strates géologiques : http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/arret1_acces.html

 

http://lithotheque-svt.ac-rennes.fr/crozon/arret1_acces.html

b) Les ampélites de Lamm Saoz .

 

— Sortie géologique au Veryac'h à Camaret 

https://sgmb.univ-rennes1.fr/vie-associative/excursions/12-excursions/55-veryac-h-camaret

— CHAUVEL J.-J. & PLUSQUELLEC Y. 1987- Découverte géologique en presqu’île de Crozon, éditions Ouest-France, 32p. 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 09:57

Les amitiés furtives.

Thomas et Spiruline à l'Île Vierge, Morgat, Finistère.

Pêcheur sur la plage de Goulien, Crozon.

Je repense à Proust et à sa laitière. Le narrateur est derrière la vitre de son train — E' pericoloso  sporgersi— lorsqu'il voit passer la belle laitière. Il ne la hèle pas pour boire à ses lèvres ou au bol de lait qu'elle propose, le train assourdissant hurle et repart, c'est fini. Seul persiste le goût amer de la chance manquée. D'autres poètes ont chanté la douce douleur de ces fantômes du souvenir.

 



A celle qu'on voit apparaître 
Une seconde à sa fenêtre 
Et qui, preste, s'évanouit 
Mais dont la svelte silhouette 
Est si gracieuse et fluette 
Qu'on en demeure épanoui 

Alors, aux soirs de lassitude 
Tout en peuplant sa solitude 
Des fantômes du souvenir 
On pleure les lèvres absentes 
De toutes ces belles passantes 
Que l'on n'a pas su retenir

Georges Brassens

 

 

Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Charles Baudelaire.

.

Nous restons si souvent dans l'aquarium désert de nos vitres, terrassés par la pulsion scopique, alors que l'échange révé a avorté.

La moitié des twett sont parait-il  rédigés — est-ce le terme ?— devant la télé, ou plutôt derrière les petits écrans.

Mon intention n'est pas du tout de me morfondre dans l'âcrité de ces propos, mais d'apporter à ces écrivains le contre-témoignage des rencontres, toutes aussi éphémères, mais qui ont su, par une effraction stupéfiante, crever l'écran.

Mon propos est de dire la force lumineuse et chaude de ces micro-rencontres, qui méritent le nom d' "amitiés furtives". 

Chacun a fait l'expérience de ces échanges inattendus où, souvent lors d'un voyage en train ou lors d' une traversée, l'étranger se transforme en confident, ou de ceux, plus brefs encore et plus superficiels, où des petits riens (sourire, regard, deux ou trois mots, un geste) ont brillés comme les astres de fraternités inopinées.

On n'en fera pas tout un plat, sous peine d'en rompre le charme. On présentera ces échappées d'écrans pour ce qu'elles sont, des bonheurs minuscules.

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I. Thomas le Végan et Spiruline.

C'est lors d'une balade à L'ïle Vierge de Morgat que je le découvre, en culotte courte, drapé dun drapeau breton et  en train de filmer une feuille de papier colorée qu'il a fixé à contre-jour sur le tronc d'un pin. Dans une main, celle qui ne tient pas le selfie-stick, il tient un ballon, qui se révèle être un globe terrestre. Son amie m'invite à les rejoindre.

Sur le papier, je lis les mots word green and blue. "la couleur de mes yeux !" explique-t-il, mais ces yeux là,  rieurs et même peut-être moqueurs,  reflètent des cieux idéaux.

Il explique qu'il s'appelle Thomas, de Quimper,  et qu'il est activiste du véganiste. Il intervient là où il peut pour combattre la consommation de produits animaux. Il a un grand projet, celui d'entreprendre la production de spiruline, cette algue riche en protéine. "Sur les toits des villes, pour exploiter les surfaces inutilisées".

C'est beau c'est généreux, c'est grand c'est magnifique, et, derrière lui, la Nature fait la queue de paon comme pour rejouer l'aurore du premier jour.

Son amie se contente de sourire. Elle ne veut pas faire de l'ombre à Nature. Elle lui vole un peu la vedette quand même.

Je les quitte dans leur paradis. N'ont-ils pas une place dans le mien, dans mon blog la-vie-est-belle ?

 

Thomas le Végan  devant l'Île Vierge, Morgat, novembre 2015.
Thomas le Végan  devant l'Île Vierge, Morgat, novembre 2015.

Thomas le Végan devant l'Île Vierge, Morgat, novembre 2015.

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II. Un pêcheur à pied de la plage de Goulien, Crozon.

Si le moment précédent était minuscule, celui-là serait microscopique. Mais pour combien de temps ces microbes du souvenir resteront-ils associés aux lieux de leur rencontre ? Ce temps là est incommensurable. Si la vie est belle, c'est par ces tout petits riens là, alors que les grands décors s'effondrent avec terreurs et fracas.

C'est, comme on dit, un monsieur. Il est penché sur l'estran et il y plante quelque chose. Nous nous rapprochons. 

Un monsieur, plage de Goulien, Crozon.

Un monsieur, plage de Goulien, Crozon.

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Ce sont des lignes de fonds avec leurs hameçons appâtès de tête de poisson ou de morceaux blancs. Voilà qui ne plairait pas à Thomas, mais nous avons laissé ce Petit Prince sur sa planète. Nous sommes sur la planète du monsieur qui plante dans le sable.

 

 

Un monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

Un monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

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La vitre de l'écran est brisée. Il nous explique qu'il pose ces lignes le soir. Il les relève quand la marée est descendu, avec parfois des daurades. ou des poissons plats. "Mais souvent rien".

Il a sa place sur lavieb-aile. Comme tout le monde, si l'occasion était offerte.

La Belle Occasion, chaleureuse et fugace.

 

Le monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

Le monsieur qui plante dans le sable, plage de Goulien, Crozon.

Au loin les couples se tiennent par la main. Les surfers profitent des dernières vagues. On se sent bien.

Plage de Goulien en novembre, Crozon.
Plage de Goulien en novembre, Crozon.

Plage de Goulien en novembre, Crozon.

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

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