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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 13:44

Les 10 personnages sculptés (poteaux d'huisseries, bois, vers 1500) de la façade de la maison à pondalez de Morlaix dite  "Maison de la Duchesse Anne". Les sculptures intérieures.

 

PRÉSENTATION.

Morlaix a été envahie et en grande partie détruite par les troupes du roi anglais Henri VIII, en 1522. Lors de sa reconstruction, la ville est refaite dans un style très contemporain, de la Renaissance. La mode des maisons à lanterne émerge alors : la lanterne ne désigne pas ici une lampe mais une cour intérieure couverte chauffée par une très haute cheminée.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui avaient abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm.  Seules restent en place cette "maison de la Duchesse-Anne" et l Maison à Pondalez/Musée de Morlaix " de  9 Grand-Rue. Deux maisons dont l'escalier à pondalez est partiellement en place se trouvent rue Ange de Guernisac. Des poteaux corniers sculptés de saints et saintes sont conservés dans la Grand-Rue

Autour de 1530, cet hôtel particulier, haut de trois étages, est construit dans la rue des Nobles (actuelle rue du Mur), au dessus des Halles. Il sera dénommé "de la Duchesse-Anne" au XIXe siècle par souci publicitaire.

 

La Maison de la Duchesse-Anne, rue des Nobles. En bleu, le confluent du Jarlot et du Queffleuth. Plan de Morlaix par Del Michal, avant 1733.

 

Dans ses éléments les plus marquants, il compte une cheminée monumentale et un escalier en chêne richement sculpté dont la colonne principale, haute de 10 mètres, a été construite dans un tronc d’un seul tenant.  C'est ce pilier central, sur lequel s'appuie toute la charpente, qui est LA particularité de ces maisons à pondalez : une vraie prouesse architecturale, presque propre à Morlaix (un exemple à Tréguier, Maison Saint-Pierre vers 1490, un autre à Landerneau, Maison des treize lunes).

L’hôtel particulier a été construit pour Yves Pinart de Kerverziou, docteur es droits, qui fut notamment sénéchal du nord du Léon et du Goëlo, sénéchal de Pordic (1507), de Langarzeau (1511), de Plouha et d'Yvias (1516) ou de Coëtmen (1522) et conseiller au Parlement de Bretagne. Il épousa successivement Jeanne du Boisgelin dame de la Noëverte, Marguerite de Kerbuzic, dame héritière de Keranglas et de Kerlaouënan, et après 1562, Jeanne de Kersauzon.

 

À l'extérieur, la façade sur rue repose sur un rez de chaussée en granit ; les étages supérieurs sont structurés autour de pans de bois dont les interstices étaient initialement rempli avec un mélange d'argile. La façade de la maison donnant sur la rue (33 du Mur à Morlaix) est décorée de 10 statues :  ses quatre poteaux corniers  reçoivent des personnages religieux (deux saints et deux saintes), tandis que 3 de ses poteaux d'huisseries sont sculptés de personnages profanes souvent irrévérencieux :

-Poteaux corniers :

Saint Jacques

Saint Yves

Sainte Barbe

Sainte Catherine

-Poteaux d'huisserie :

Homme sauvage tenant un bâton écoté

Fou et sa marotte

Homme en position d'atlante

Homme accroupi, coiffé d'un chapeau de pèlerin

Homme tirant la langue

Vieil homme songeur.

Il m'a paru intéressant de les présenter en détail, notamment pour les confronter aux statues, crossettes, blochets des édifices religieux contemporains, largement documentés dans ce blog, pour constater qu'on y trouve la même iconographie associant les personnages religieux et les thèmes profanes fabuleux ou imaginaires. Ainsi, les saints Jacques et Yves sont très représentés dans les églises et chapelles bretonnes, tandis que les saintes Barbe et Catherine sont les premières du catalogue des représentations sculptées bretonnes du XVe-XVIe siècle. Dans le domaine profane, on trouve plus souvent dans les églises et chapelles des animaux (lions, dragons), puis viennent les acrobates et les sirènes ou femmes serpents ; l'homme sauvage s'y retrouve  souvent, notamment comme tenant d'écus armoriés.

Mais les œuvres sculptées des maisons à pondalez ne différent guère, dans leur facture, de celles des église et chapelles bretonnes, et, notamment, de celles des églises Saint-Mélaine et Saint-Mathieu de Morlaix.

Rappel :

1)Le poteau cornier est une pièce maîtresse de la structure de la maison à pan de bois.
A l’origine, il était réalisé d’une seule pièce du sol au toit (bois long). Il est situé à l’extérieur dans l’angle formé par le pignon sur rue et le mur gouttereau donnant sur la cour.
Cette poutre angulaire symbolisait à la fois la propriété et le soutien de la demeure paysanne. Il n’est donc pas étonnant que cette pièce de bois, située à un emplacement stratégique, soit fréquemment dotée d’inscriptions côté rue : date de construction, inscriptions patronymiques, symboles chrétiens, emblèmes et inscriptions ayant un rapport étroit avec la vie professionnelle et affective du propriétaire.

2) les maisons à pondalez sont des demeures de négociants en toile de lin ou crées, spécialité du Léon. Elles sont à pans de bois, datant du premier quart du XVIe siècle. Elles se caractérisent par un imposant escalier à vis qui soutient les « ponts d’allée » galeries intérieures. Beaucoup ont disparu, mais deux maisons morlaisiennes, témoins de cette époque florissante, sont ouvertes au public : la Maison à Pondalez au 9 Grand Rue et la Maison dite de la Duchesse Anne, rue du Mur.

Elles se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties : un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue, un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur, et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXe siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

LES SCULPTURES EXTÉRIEURES

 

 

 

 

 

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'écu, non gravé,  est présenté non par un ange aux ailes déployées comme je le pensais, mais par un aigle, comme l'indique Daniel Leloup qui a remarqué la pointe du bec et les griffes des serres.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

LE PREMIER ÉTAGE.

1. Saint Jacques le Majeur.

Sous un dais à indentation, il est coiffé du fameux chapeau à larges bords des pèlerins de Compostelle. Il tient un livre ouvert dans la main gauche, tandis que sa main droite a perdu le bourdon qu'il tenait jadis. Sa robe est serrée par une ceinture, où on ne voit pas la classique besace.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

2. L'Homme sauvage tenant un bâton écoté.

L'homme sauvage, qui s'impose dans l'art occidental à partir du XIIIe siècle, est un personnage ambiguë : il est recouvert dans les textes comme dans les images d'une pilosité surabondante dont le caractère animal est attesté dans toutes les sources écrites (littérature, encyclopédisme, médecine). Il est une figure légendaire, folklorique et parfois héraldique couverte de poils et souvent armée d'un gourdin. Cet être anthropomorphe fait le lien entre l'humanité et l'animalité, entre le sauvage et le civilisé, et ces transitions ou transgressions de frontières, ces formes marginales entre humanité, régne animal et monde végétal fascinent les commanditaires d'églises et de chapelles, de manoirs et de châteaux, qui les réservent précisément aux espaces de transitions : sablières à la liaison entre le mur et la charpente à l'intérieur, crossettes entre mur et charpentes à l'extérieur, miséricordes et appuis-mains des stalles, charpente et boiseries intérieures et extérieures des maisons

Les trois régnes sont bien réunis, puisque le personnage est anthropomorphe, sa toison est animale, et le bâton est en bois écoté, brut de toute finition.

C'est ce même principe de métamorphose, très diffusé par l'œuvre d'Ovide, qui explique la profusion des êtres hybrides comme le dragon, la sirène, la femme-oiseau, les masques feuillus, les animaux feuillagés, et tant d'autres figures du vocabulaire ornemental médiéval et Renaissance.

La force de la nature sauvage doit être canalisée, domestiquée (par des rituels), mais ne perd jamais sa menace d'explosion violente. La figure du chasseur ne se contrôlant plus et oubliant toute civilité, tout respect des règles — religieuses— apparaît dans la légende de saint Julien, de saint Eustache ou de saint Hubert.

Le bois écoté rappelle aussi l'importance de la forêt, source de revenus, et lieu de chasse, mais aussi lieu où, dans les Romans bretons, le héros accède au merveilleux du monde féerique.

On trouve à l'intérieur de la maison un écu présenté par deux hommes sauvages à genoux.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

3. Le Fou et sa marotte.

La proximité du Sauvage et du Fou est bien réelle puisque la folie est  le franchissement de la frontière de la raison. Mais rien n'est simple, et c'est ce qui fascine : la raison la plus sage peut se dissimuler dans les dérèglements de l'esprit, et l'apparence humaine est si préservée que le fou nous tend  un miroir où nous sommes troublés de nous reconnaître, ou charmés d'un monde poétique ou, là encore, merveilleux. On pensera aussi à l'ambiguïté des bouffons des cours seigneuriale.

Ce Fou a tous les attributs que l'iconographie a fixés à la fin du moyen-âge, lors des fêtes des fous ou des carnavals, renversement des valeurs, ou depuis la parution en français de la Nef des Fous , traduction du Narrenschiff de Sébastian Brant en 1494 : le bonnet à longues oreilles d'âne, se prolongeant en capuche à bords crantés ; les manches aux coudes ornés de glands à fanfreluches (dissimulant sans doute un grelot) qu'on retrouve aussi à la pointe pectorale de la capuche ; les extrémités des manches et des quartiers des chaussures également crantées (s'opposant aux bords droits autant que l'esprit s'écarte de la rectitude de la logique); et, bien sûr la marotte, ce spectre de dérision présentant à l'aliéné son visage spéculaire. Le Fou le serre ici contre sa poitrine comme une poupée et appuie son index contre le menton, geste où nous pouvons hésiter à reconnaître celui de la risette, où celui de la leçon de morale...

Enfin, remarquons le sourire grimaçant, montrant les dents.

Ces sculptures des maisons étaient certainement peintes, et on peut parier que les vêtements du Fou étaient bariolés, mi-partis.

Voir :

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

4. L'homme en robe, soutenant le corbeau, en position de chevalier servant.

Ce personnage accroupi, peut-être un clerc ou un bourgeois, est figuré en atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

5. Saint Yves.

Saint Yves, qui fut Official à  Rennes puis Tréguier et recteur de Trédrez (Côtes d'Armor) avant de mourir en 1303, est largement vénéré en Finistère. Il est, on le sait, patron des juristes et des avocats et défenseur de droits des pauvres. Sa statue est bien abîmée. Il est assis sur un siège droit, comme une cathèdre, et est coiffé de la barrette de docteur recouverte de la capuche du camail qui recouvre ses épaules. Ses mains brisées ne fournissent plus les indices habituels : tenait-il un rouleau de parchemin? un livre de droit. Opposait-il pouce et index dans un geste d'argumentation juridique ?

Voir :

Yves Pinart avait plusieurs raison de faire représenter saint Yves : non seulement c'était son saint patron, mais il tenait son prénom de deux de ses ancêtres Yvon Pinart seigneurs du Val depuis le XIVe siècle. En outre, saint Yves de Kermartin était le patron des juristes, et il était docteur en droit. Et encore, la rue des Nobles se prolongeait par la rue Saint-Yves.


 


 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

II. LE DEUXIÈME ÉTAGE.

 

6. Sainte Barbe tenant sa tour.

Sainte Barbe propose les édifices de la foudre, et les fidèles des risques  d'explosion, ou, plus largement, de mort subite. C'est une sainte majeure de nos églises et chapelles, incontournable avec sainte Catherine dans les Livres d'Heures. Elle est reconnaissable à son attribut, la tour à trois fenêtres : elle fut enfermée en raison de sa foi chrétienne dans une tour, mais elle l'a fit percer de trois fenêtres pour affirmer son attachement au dogme de la Trinité.

Le sculpteur a souligné sa beauté et sa richesse de princesse par sa robe ajustée, son fin visage et sa longue chevelure, tandis qu'en la coiffant d'un turban il indiquait son origine orientale : elle vivait au IIIe siècle à Nicomédie, dans la Turquie actuelle.


 


 

 

 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Les trois personnages profanes qui occupent le second étage sont d’une catégorie différente de celle de leurs coreligionnaires du premier étage. Certains détails plaident pour une installation largement postérieure à la date de construction de l’hôtel particulier. À l’exception du vieillard endormi, à droite, elles détonnent par leur facture nettement inférieure à celle des trois statues profanes du premier étage, qui sont d’une grande unité stylistique. L’espace occupé par ces trois statues devait à l’origine contenir une ornementation plus simple, comme des « choux fleuris »."

7. Homme accroupi, coiffé d'un chapeau large.

Ce personnage ne paye pas de mine avec son visage très fruste engoncé sous son chapeau. Il porte un vêtement chaud sur les épaules, une tunique courte et des bottes basses. Il fait fonction d'atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

8. Homme en tunique, tirant la langue, en position de chevalier servant.

Ce jeune homme est une figure de la dérision puisqu'il grimace les bras croisés en tirant la langue. Son tablier indique-t-il qu'il est un artisan?

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

9. Homme barbu dans l'attitude du songeur, posture du chevalier servant.

On a proposé qu'il s'agisse de Jessé, père de David et  d'un emprunt à un édifice religieux doté d'un Arbre de Jessé.

"Le vieillard endormi doit correspondre à un élément d’arbre de Jessé. Ses dimensions excédant la hauteur « standard » expliquent qu’il ne repose pas sur une console. L’individu bras croisés du milieu ne tire pas gratuitement la langue aux passants, comme cela a été écrit, mais montre par son expression le poids qu’il porte sur ses épaules. Avec son chapeau au large bord relevé au-dessus de sa tête et sa cape, le personnage de gauche échappe à toute identification. 

Soulignons que les consoles sur lesquelles reposent ces deux dernières statues sont identiques, alors que l’artiste ou l’atelier qui réalisa les autres statues de la façade prit soin d’en varier les motifs et les dimensions. Cet élément supplémentaire plaide pour un apport postérieur. Remarquons que la Maison dite de la duchesse Anne hébergeait au début des années 1880 la boutique d’un antiquaire, contexte favorable à une telle modification de la façade. Des éléments de maisons démolies à cette époque ont pu être récupérés pour « compléter » la décoration. La statue de Jessé doit par contre provenir d’un édifice religieux." (source)

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

10. Sainte Catherine, sa roue brisée et son épée.

Sous un dais bien préservé, elle porte une couronne à fleurons, un manteau couvrant une robe de princesse, et ses attributs : l'épée de sa décollation et la roue brisée de son supplice.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

11. Le décor des autres poteaux.

Les poteaux intermédiaires alternent leurs ornements en rangs de perles, en feuilles, ou en tuiles, et en écailles.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Selon Daniel Leloup, ces fûts à décor d'écailles est une constante du vocabulaire des maîtres sculpteurs morlaisiens. On les retrouvent sur le poteau de jonction de l'escalier conservé au Victoria et Albert Museum :

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

LES SCULPTURES INTÉRIEURES.

Il est difficile de rendre compte des volumes de la demeure en raison du manque de recul, et pourtant, c'est l'organisation spatiale qui est passionnante à découvrir. Les galeries, qui déservent aux étages les pièces de réception des clients venus acquérir des créées, ou toiles de lin du Léon, s'appuient sur un seul pilier central monoxyle, comme celui conservé au Victoria et Albert Museum  de Londres : Il s'élève sans être appuyé à son extrémité supérieure, qui est sculptée (ici d'un Jean-Baptiste). Placer ce pilier et l'étayer était le premier acte de la construction, sur lequel venait s'étager du bas vers le haut des échafaudages, et même le colombage des façades.

Galeries présumées du 17 Grand'Rue à Morlaix. V&A Museum, Londres

Cet escalier  occupait un hall central fermé et reliait les pièces donnant sur la rue à celles de l'arrière, donnant sur une cour. Le poteau d'escalier décalé, bien visible, est orné d'un mélange de motifs de la fin du Moyen Âge et représente un évêque, saint Clément, un roi de France et saint Jean-Baptiste (en haut), peut-être le saint patron du premier propriétaire. Les balustrades encadrent des panneaux à plis de serviette, très répandus en Europe du Nord entre 1460 et 1550, et sont surmontées de figures représentant sainte Catherine, des paysans et des animaux dont des dragons. Richement sculptés et faiblement éclairés par le bas, ces escaliers devaient créer un effet magnifique dans cet espace haut et étroit.

J'emprunte cet écorché au site Baie de Morlaix : le pan manquant est celui ou s'élève l'immense cheminée qui chauffe tout le hall.

 

Voir aussi une maquette au 1/10e réalisée par des élèves du lycée de Quintin:

 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Je décrirai deux ensembles d'éléments sculptés : les sculptures du pilier et des galeries, en bois. Et celles, en pierre, des deux frises de la cheminée.

 

I. LES SCULPTURES EN BOIS.

On trouve sur le pilier, de bas en haut :

un ange à écusson

un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes

une tête isolé

saint Yves, assis, tenant un phylactère 

saint Roch et son Roquet (1ère galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

saint Christophe (3ème galerie).

Saint Michel (3ème étage couronnement de la poutre centrale)

Sur les galeries :

un acrobate tenant un tonnelet

un homme buveur.

un homme sauvage portant un écu

Sur les murs :

un crucifix

Samson et le lion

Un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes puis une tête isolée.

Remarquez les gardes-corps à panneaux de serviettes plissées.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Ce motif m'a beaucoup intrigué mais hélas je n'ai pu l'élucider, car le personnage occupant la chaire est partiellement détruit. Globalement, il m'a évoqué les scènes de Renart prêchant aux poules, mais c'est à l'évidence autre chose. Les crânes font-ils allusion aus prédications de saint Vincent Ferrier sur la mort. Sur le garde-corps de ce que j'appelle la chaire, on voit une série de barres qui peuvent évoquer les doigts d'une main.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Les sculptures des maisons à pondalez de Morlaix. I. La maison de la Duchesse Anne.

Je ne m'explique pas non plus cette tête sans corps. La série de références codées m'échappent. Un saint dont la tête fut tranchée? Un saint céphalophore? Denis? Mélar ? La tête d'un roi piétinée par sainte Catherine??

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un clerc tenant un phylactère : saint Yves.

Ce personnage partage avec saint Yves la coiffure (barrette de docteur), le camail recouvrant la tête, et la cotte talaire. Il ressemble au saint Yves de la façade extérieure.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un ange présentant un écusson.

 

Les armoiries d'Yves Pinart étaient un fascé ondé d'or et d'azur de six pièces au chef de gueules chargé d'une pomme de pin d'or. Mais Daniel  Leloup a montré que depuis 1451-1456,  les nobles de Morlaix, lorsqu'ils se consacraient au commerce, appartenaient alors à la "noblesse dormante" et abandonnaient leurs prérogatives, comme celle d'afficher les armes. Ils n'étaient plus exemptés d'impôts.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Poteau de jonction de l'escalier du 1er étage. Saint Roch montrant le bubon pesteux de sa cuisse droite, que désigne un ange ; son chien roquet lui amène un morceau de pain.

Le saint protecteur de la peste, barbu, est coiffé du chapeau des pèlerins vers Rome, dont il tient le bourdon et dont il porte la pèlerine.

 

 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Ornements intermédiaires. Un ange tenant un écusson.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Saint Nicolas est le patron des marins, et donc des armateurs et du commerce maritime. On retrouve sa statue en façade du 9 Grande Rue à Morlaix (en évêque avec les 3 enfants dans le chaudron). Au 17 Grande-Rue, c'est le pape saint Clément également patron des marins qui est représenté tenant une ancre.

Victoria & Albert Museum

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Saint Christophe portant l'Enfant-Jésus et traversant le gué, s'appuyant sur son bâton.

Saint Christophe est le patron des voyageurs.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Je ne présenterai pas de cliché du Saint Michel terrassant le dragon du couronnement du poteau, car l'accès au troisième étage n'est pas autorisé aux visiteurs. Voici saint Jean-Baptiste, sculpture sommitale du 17 rue du Mur (V&A Museum).

 

LES AUTRES ÉLÉMENTS SCULPTÉS.

1°) Sur les autres montants des galeries.

 

Poteau d'huisserie du 1er étage. Un acrobate tirant la langue et tenant un tonnelet.

Le motif de l'acrobate est très répandu sur les sablières, crossettes des églises, ou en ornement des manoirs et châteaux. Le thème du buveur l'est tout autant. Mais il est rare que les deux soient associés.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Un homme en position de chevalier servant, coiffé d'un chapeau rond et buvant à une bouteille. 

Le chapeau est ornementé d'un gland de passementerie. Le nez du personnage est épaté. Autre dénonciation du vice de l'ivresse.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Deux hommes sauvages à genoux, gourdin en main, tenant un écu non gravé.

Nous retrouvons le thème de l'homme sauvage remarqué sur la façade extérieure. 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Les poteaux de jonction sont ornés de feuilles quadrilobées et de rubans  à incrustations de perles.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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2°) sur les murs.

Samson et le lion.

Il s'agit sans doute d'une pièce de collection d'antiquaire d'origine exogène.

 

 

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Homme supportant le corbeau (atlante)

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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LA CHEMINÉE DE LA COUR INTÉRIEURE.

Cette cheminée est ornée de deux frises, l'une sur le manteau, l'autre à mi-hauteur. Ces frises montrent des vignes (les feuilles alternent avec des grappes) dont les tiges partent de la bouche ou des mains de masques grotesques aux yeux exorbités qui en occupent les angles.

 

 

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.14grandrue.eu/14grandrue.eu/Divers.html#3

— « La façade [archive] », sur mda-morlaix.com, Maison dite de la duchesse Anne - Morlaix, 2006 

https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.mda-morlaix.com%2Findex.php%2Ffr%2Fun-hotel-particulier-du-debut-du-xvie-siecle%2F80-the-house%2F72-the-facade

— Base PALISSY PA00090135, 64 photos

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090135

—Baie de Morlaix

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/planifier/les-maisons-a-pondalez-de-morlaix/

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/activite/maison-dite-de-la-duchesse-anne-pcubre029v53ktza/

"La ville de Morlaix, fréquentée dès l’époque romaine, n’est au XIIe qu’une simple bourgade de pêcheurs qui entre définitivement dans le Duché de Bretagne en 1187. Ville prospère grâce à ses actifs armateurs, elle subit de nombreuses invasions et pillages jusqu’à la construction, au XVIè siècle, du Château du Taureau pour protéger la baie. La Grand rue garde, dans sa configuration actuelle, l’image de la riche cité médiévale telle qu’elle a perduré au-delà de la Renaissance, même si aucune des constructions qui la bordent n’est antérieure au XVIè siècle.

Il semblerait, que dès le XVè siècle, on voit à Morlaix, se construire des maisons d’un genre particulier qu’on ne rencontre dans aucune autre ville de Bretagne et qui, dans cette ville, est, dès le XVIè siècle, très répandu.

Construites par des marchands, des négociants en toiles de lin, fines toiles appelées crées, spécialité du Léon, ces maisons à pans de bois, se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties :

-un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue,

-un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur

-et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXè siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

 

Une grande cheminée en pierre richement moulurée occupe un des murs mitoyens sur la hauteur de plusieurs étages, tandis que, lui faisant face dans un angle du vide central, l’escalier représente une permanence du genre : il est composé d’une vis, ensemble de marches pleines, assemblées sur un noyau cylindrique et d’une série de passerelles accrochées à l’escalier par l’intermédiaire d’un poteau d’angle, élément sculpté qui caractérise la maison et se termine par une représentation du saint patron, protecteur du propriétaire. Des passerelles, ou « ponts d’allée », permettent d’aller de l’escalier à la partie arrière."

La Maison dite de la duchesse Anne, à Morlaix, en Bretagne, offre un exemple particulièrement bien conservé de maison à lanterne, principe architectural emblématique de la ville à la Renaissance.

Le visiteur y découvre la lanterne – cour intérieure couverte – abritant une cheminée monumentale et un escalier en vis, en chêne richement sculpté, qui garantit le passage entre les pièces de l’avant et celles de l’arrière, ainsi sur trois étages.

Le 28 mai 1883, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, signait le décret de classement « au nombre des Monuments historiques » de la Maison dite de la duchesse Anne. Le premier monument morlaisien à bénéficier de cette mesure de sauvegarde et le seul de tout le 19e siècle.

Demeure de famille noble, bâtie vers 1530, la Maison dite de la duchesse Anne a échappé in extremis à la destruction programmée dans le cadre de lourds travaux d’urbanisme. Elle doit sa sauvegarde à l’intérêt suscité par sa cour couverte – sa lanterne – qui abrite son remarquable escalier sculpté.
Cet escalier unique en son genre, objet d’admiration, a suscité ce commentaire élogieux de Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques, le découvrant lors de sa visite de la ville en 1835 :
« Dans une maison de la rue des Nobles (aujourd’hui rue du Mur) on voit un magnifique escalier gothique, en bois, du quinzième siècle, parfaitement conservé, quoique d’un usage journalier. Ses ornements, variés à chaque étage, sont d’une délicatesse inouïe. Je n’avais jamais rien vu de plus parfait et de meilleur goût. »
Aux yeux des urbanistes, cette notoriété ne devait pas préserver l’édifice de la démolition. Tout au plus imaginait-on démonter l’escalier pour en assurer au moins la conservation. Ce fut le mérite d’Henri de Lestang du Rusquec de saisir toute l’importance du maintien de l’escalier en l’état, sur place, dans l’écrin constitué par la maison.
Henri de Lestang du Rusquec (1822-1906), maire de Sibiril, propriétaire du château de Kerouzéré, qui fut classé le même jour que la Maison dite de la duchesse Anne, en fit l’acquisition en octobre 1882 et obtint son classement huit mois plus tard.

Quelle ironie que celle de ce « crime d’avancer de quelques cinquante centimètres sur l’alignement imposé », soulignée par l’illustrateur et romancier Albert Robida, heureux de constater que « ce beau spécimen des riches maisons du Morlaix d’autrefois » ait pu finalement être préservé et restauré.
Pour le plus grand plaisir des amateurs du patrimoine, de l’art et de son histoire, la Maison dite de la duchesse Anne commet toujours ce crime. Elle devrait le commettre encore de très nombreuses années grâce aux travaux de restauration programmés qui permettront d’ouvrir de plus larges espaces à la visite tout en assurant sa pérennité.

La Maison est ouverte du jeudi au samedi, de 14 h à 17 h, jusqu’aux vacances de Pâques.
A partir du 8 avril, la Maison sera ouverte du mardi au samedi, de 14 h à 18 h, même les jours fériés.

Infos pratiques 33, rue du Mur, 29600 Morlaix Téléphone : 02 98 88 23 26

— DEMEURE HISTORIQUE

https://www.demeure-historique.org/collectes/maison-de-la-duchesse-anne/

La Maison dite de la duchesse Anne, fleuron du patrimoine de Morlaix (Finistère) situé dans l’ancien quartier des halles, a été bâtie vers 1530. Il s’agit du plus bel exemple conservé de maison à lanterne, type d’architecture caractéristique du Morlaix de la Renaissance. Le terme de lanterne désigne la cour couverte au centre de l’édifice, à l’origine éclairée par une suspension. Cette cour est ici particulièrement remarquable par sa hauteur de seize mètres, son escalier à galeries « à pondalez » tout en chêne, richement sculpté, haut de onze mètres et sa cheminée monumentale. Le terme « pondalez » désigne à Morlaix les galeries menant de l’escalier à vis vers les pièces de l’arrière. Cet ensemble unique par sa qualité justifia la préservation in extremis de l’édifice par son classement au titre des monuments historiques dès 1883. Il est ouvert à la visite de façon continue depuis 1983.

— LELOUP (Daniel), 2015, Demeures remarquables en Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'or, Morlaix. Ed Skol Vreizh

— MUSEE DE MORLAIX Dossier de presse

https://musee.ville.morlaix.fr/wp-content/uploads/2015/05/Dossier_Presse_Maison%C3%A0Pondalez_2015.pdf

—OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/les-maisons-pondalez-des-joyaux-au-coeur-de-la-ville-3566072

Chacune de ces maisons, construites en bois, nécessitait d'abattre un hectare de forêt de chêne. Un matériel robuste et moins inflammable que d'autres essences. Dans la maison à Pondalez, chaque marche pèse 80 kg. Le pilier qui tient l'escalier est réalisé en un seul tenant, dans un tronc de plus de 10 mètres.
Derrière le viaduc, blottie dans une vallée, la ville de Morlaix a conservé ses maisons à pans de bois ou à colombages. Certaines sont à pondalez. Elles datent du XVIe siècle. Les deux plus connues et les mieux conservées sont la maison dite de la duchesse Anne, rue du Mur, et la maison à Pondalez, Grand rue, qui fait partie du musée de Morlaix.

Pour constater la particularité de ces habitations, il faut y rentrer. À l'intérieur, une pièce principale, dont la hauteur de plafond représente une dizaine de mètres, et un escalier en vis, menant aux chambres. « Pondalez signifierait en breton corridor ou pallier. En français, on disait le pont pour aller d'un côté et de l'autre de l'habitation », explique un des guides du musée de Morlaix, Philippe Pogam. La grande cheminée centrale est aussi un élément marquant de leur architecture.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui ont abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. « Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm », décrit Philippe Pogam.

La maison de la duchesse Anne était à l'origine un hôtel particulier. Elle a appartenu à plusieurs propriétaires avant d'être en possession de la famille Lahellec. Elle a été habitée jusqu'en 1983. Un étage sur trois et la grande salle sont ouverts au public. Les propriétaires aimeraient ouvrir les cuisines et les jardins. Ils font des recherches sur la date de construction de l'édifice.

Au plus fort de la période, il y en aurait eu une centaine à Morlaix. Au fil des années et des successions, elles ont été modifiées ou détruites. À la crêperie Atypik Bilig, place de Viarmes, et au bar le Ty Coz, place Alliende, l'escalier est encore visible. Il y en a aussi rue Longue, rue Basse, rue Ange de Guernisac. "

—Maisons d'alsace en bois

https://www.couloirs-du-temps.com/2019/10/25/decors-des-poteaux-corniers/

—VIOLLET-LE-DUC, Dictionnaire d'architecture

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Poteau

—VIDEOS

https://www.youtube.com/watch?v=r4pdE5FwGbQ

— VICTORIA & ALBERT MUSEUM

https://collections.vam.ac.uk/item/O55930/staircase-unknown/

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. Acrobate Sainte Barbe. Saint Christophe. Saint Yves Fou.
16 décembre 2025 2 16 /12 /décembre /2025 11:41

Les 62 stalles (chêne, 1473-1487, André Sulpice) de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue : les jouées et les miséricordes.

 

—Voir sur les stalles :

 

a) En Bretagne par ordre chronologique :

b) Hors Bretagne :

 

PRÉSENTATION.

"La mise en place du chœur liturgique de la nouvelle église collégiale terminée au XV siècle fit l'objet de nombreux litiges entre les consuls et les chanoines. Pour leurs stalles, les chanoines s’adressèrent en 1473 à un huchier venu de Marvejols. André Sulpice. qui avait à son actif la mise en place, en 1462, des stalles de la cathédrale de Mende et dont le succès fut tel en Rouergue qu'on le chargea du chœur de la cathédrale de Rodez en 1478. Le contrat de la collégiale, relevé par Étienne Cabrol et daté du 1er mai 1473, prévoyait de donner au menuisier une somme de 600 livres et 60 pintes de vin mais l'installation du nouveau chœur provoqua la colère des consuls qui le trouvaient trop vaste. Ils exigèrent en 1484 la réduction de huit stalles mais en 1486, Antoine de Morlhon, président au parlement de Toulouse, intervint en faveur du chapitre collégial et imposa les dispositions du nouveau chœur souhaité par le chapitre.

En 1561, les stalles subirent les dommages des guerres de Religion, les huguenots détruisirent les statuettes qui ornaient les stalles basses et les chanoines firent, par la suite, scier les restes de cet ensemble de petites statues. Une deuxième vague de destructions eut lieu pendant la Révolution , période où les museaux des parcloses furent mutilés.

Enfin, en 1750, Joseph de Lavigne, prévôt du chapitre, fit retourner et pousser les stalles à leur emplacement actuel, au fond de l'abside.

Aujourd'hui, les stalles comptent soixante-deux sièges. Les stalles hautes se terminent par des jouées enroulées en volutes autour de quelques petites statues sauvées des destructions et les stalles basses par des panneaux ornés de remplages flamboyants Les hauts dossiers sont couverts de remplages et les miséricordes présentent la partie la plus originale du décor, selon les habitudes d'André Sulpice. Feuillages, animaux hybrides, scènes populaires, comme le combat pour la culotte, l'homme endormi sous son chapeau ou le « soufflacul », motif de dérision par excellence, sont traités dans une manière très particulière, faite de volumes vigoureux et de modelés lisses." (Michèle Pradalier-Schlumberger)

 

Note : selon Jacques Dubois, huit sièges ont été retirées des 70 stalles de la collégiale après un accord passé entre les consuls et le chapitre en date du 5 avril 1487, pour dégager la vue vers l'autel ; elles auraient été remontées à la chartreuse de Villefranche-de-Rouergue.

André Sulpice, originaire de Bourges, fut à la tête d'un atelier important. Il conçut entre 1462 et 1489-90, les stalles de la cathédrale de Mende, puis celles  de la collégiale Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue ainsi que celles de la cathédrale Notre-Dame de Rodez tandis que son fils Étienne réalisa vers 1490 celles de la chartreuse Saint-Sauveur de Villefranche-de-Rouergue.

Les stalles sont disposées en U dans l'abside, tournée vers l'autel qui occupe la croisée du transept. Ded deux côtés nord et sud, on dénombre onze stalles au premier rang (stalles basses), et quatorze au second rang (stalles hautes), tandis qu'au fond, on compte de chaque côté deux stalles au premier rang et quatre au second. Les panneaux de refend qui terminaient les stalles à l'entrée du choeur ont été sciés et détruits pendant les guerres de religion. Les accoudoirs ont été refaits. 

Les miséricordes alternent des feuillages (assez semblables) dans 29 cas,  avec des animaux , au naturel ou fantastiques (16 miséricordes) ou des êtres humains ou anthropomorphes (17 miséricordes). Parmi les animaux, les oiseaux sont moins nombreux et moins stéréotypés qu'à la chartreuse Saint-Sauveur. Il n'y aucun motif religieux (exception faite peut-être du biblique Samson). La plupart des sujets non végétaux se détachent sur un fond très caractéristique à pans coupés cubiques.

J'ai repris le principe de numérotation adopté dans mes autres articles :

 

Vue d'ensemble : POP Notice PM12000623.

 

Je débute ma description des jouées et miséricordes par le côté sud, stalles hautes.

                             Les stalles hautes côté sud

La jouée haute, sud-ouest.

Dans les volutes feuillagées, un moine priant est soutenu par un culot et coiffé par un dais gothique tenu par un angelot. Cette disposition est aussi choisie à la cathédrale de Rodez.

 

 

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.
Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.
Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°1. Une feuille (vigne ?).

Les feuilles sont accompagnées d'un rameau ligneux, évoquant un sarment.

 

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.
Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°2. Un homme ouvrant la gueule d'un animal. Samson et le lion?

Un homme dont la face a été buchée maintient entre ses jambes un animal dont il entrouvre la gueule. Cet animal est peut-être un lion (crinière, griffes), et dans ce cas, comment ne pas penser à la scène de Samson et le lion (Juges 14:6), préfiguration du Christ affrontant Satan, ou plus prosaïquement, figure d'une force surhumaine?

 

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°3. Feuille (vigne ?).

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°4 : 2 dragons aux têtes anthropomorphes (homme et femme) nouées.

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.
Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°5 : feuille (vigne?).

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°6 : un lion couché, de profil.

Notez les éléments cubiques en rocailles de l'arrière-fond.

 

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°7 : feuille (vigne?)

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n° 8 : couple de sauvages, la tête de la femme est buchée. L'homme, à la barbe très fournie, tient un objet : bougie ?

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n° 9 : feuille et rameau ligneux.

Les stalles de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue.

Miséricorde de la stalle n°10 : une femme assise, en coiffe, tourne une broche, face à un animal, dressé sur ses pattes arrière, qui l'assiste.

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Miséricorde de la stalle n° 11 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°12 : chien dévorant une volaille.

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Miséricorde de la stalle n° 13 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°14 : homme barbu, armé d'un rameau écoté, se protégeant derrière son bouclier, sort de la coquille d'un escargot : hybride humain/escargot.

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Angle entre 14 et 15. Deux appui-mains.

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Miséricorde de la stalle n°15 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n° 16 : femme en coiffe, la tête apparaissant entre ses bras écartés comme si elle sortait d'u trou.

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Miséricorde de la stalle n°17 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°18 : chien colleté, aux longues oreilles.

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La jouée B, fin des stalles hautes sud.

Selon le même principe que pour la jouée A, les volutes feuillagées présentent, sur un culot et sous un dais gothique, un personnage barbu, aux cheveux volulmineux, vêtu d'une robe longue et tenant un phylactère. Il peut s'agir d'un apôtre et il serait logique d'y voir le premier d'entre eux, saint Pierre, ou bien un prophète, et la tradition y identifie Isaïe.

 

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Les stalles basses du côté sud

 

La jouée C, début des stalles basses sud. Les deux personnages qui l'ornaient ont été bûchées, il ne reste que le bas de leur robe. S'il s'agissait d'une Annonciation, l'hypothèse de voir Isaïe à proximité serait confortée.

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Miséricorde de la stalle n° 19 : deux singes. Le premier mange un fruit et présente de la main droite son arrière-train au second qui, vêtu d'une cagoule, dirige l'extrémité d'un soufflet vers le postérieur. C'est la scène dit du "soufflacul" très appréciée des auteurs et des visiteurs.

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Miséricorde de la stalle n° 20 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n° 21 : une servante verse de l'eau dans la cuve où sa maîtresse prend son bain, la poitrine nue mais portant une coiffe à deux cornes.

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Miséricorde de la stalle n° 22 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n° 23 : singe en posture de roulade avant.

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Appui-mains 23/24 : un lion à collier de grelots ?

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Miséricorde de la stalle n° 24 : un centaure. L'union entre la partie animale (qui n'est pas réellement celle d'un cheval) et la partie humaine qui bande son arc est marquée par un revers, comme pour l'hybride humain/escargot de la miséricorde 14.

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Miséricorde de la stalle n° 25 : chat tenant dans sa gueule un rat.

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La jouée D encadrant le passage vers les stalles hautes.

Comme la jouée C et les jouées basses suivantes, elle a perdu ses personnages supérieurs, dont on devine les robes, ou du moins des étoffes.

 

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La jouée E encadrant le passage vers les stalles hautes.

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Miséricorde de la stalle n° 26 : feuille et rameau ligneux.

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Miséricorde de la stalle n° 27 : chien colleté tenant dans sa gueule un coq.

La forme du collier est particulière ; il s'associe à un mantelet.

 

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Miséricorde de la stalle n°28 : feuille et rameau ligneux.

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Miséricorde de la stalle n°29 : le contorsionniste. Un acrobate, sculpté de face, encadre son visage de sa jambe, le pied arrivant sous le menton, et de son bras gauche, la main se posant sur le crâne. Deux mains (ou une main et un pied) émergent sur les côtés.

Voir les stalles n°8 et 17 de la cathédrale de Tréguier.

https://www.lavieb-aile.com/2019/03/les-stalles-de-la-cathedrale-de-treguier-les-misericordes.html

 

 

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Miséricorde de la stalle n° 30 : feuille et rameau ligneux.

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Miséricorde de la stalle n°31 : un visage féminin de profil, portant une coiffe en cornette.

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                                            LE CÔTÉ NORD.

 

                                      Les stalles hautes.

 

Jouée G des stalles hautes du côté nord.

Comme les précédentes des stalles hautes, cette jouée accueille une statue, ici celle d'un moine, tonsuré, priant mains jointes.

 

 

 

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Miséricorde de la stalle n°32 : un lion, de profil, tête de face.

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Miséricorde de la stalle n°33 : un aigle, de profil.

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Miséricorde de la stalle n° 34 : une feuille et rameau ligneux.

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Miséricorde de la stalle n°35 : deux lièvres affrontés, têtes tournées.

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Miséricorde de la stalle n°36 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°37 : femme portant une coiffe et une robe à décolleté droit.

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Miséricorde de la stalle n°38 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°39 : sirène se coiffant de son peigne en se regardant dans un miroir.

Tout le haut du corps est parfaitement féminin et dénudé, exaltant la beauté et la coquetterie , tandis qu'au dessous d'un revers en forme de ceinture (comme pour les hybrides précédents), le corps est eclui d'un poisson aux écailles marquées et à la queue redressée.

 

 

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Miséricorde de la stalle n°40 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°41 : deux oies affrontées, la tête tournée.

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Miséricorde de la stalle n°42 : une feuille.

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Miséricorde de la stalle n°43 : un serpent qui semble avoir le ventre plein.

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Miséricorde de la stalle n°44 : une feuille.

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Miséricorde de la stalle n°45 : hybride mi-humain mi-lion. La partie humaine est celle d'un homme barbu encapuchonné comme un vieil ermite.

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Angle entre les stalles 45 et 46.

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Miséricorde de la stalle n°46 : une feuille.

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Miséricorde de la stalle n°47 : acrobate en renversement postérieur,  à visage simiesque, coiffé d'une cagoule et vêtu d'une culotte à lacet.

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Miséricorde de la stalle n°48 : une feuille.

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Miséricorde de la stalle n°49 : une feuille.

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Jouée H des stalles hautes nord côté est.

La statuette est celle d'une Vierge assise, mains jointes, couverte d'un voile qui descend en manteau jusqu'à terre. Un angelot est sculpté sur le dais.

Les feuilles accompagnées de leurs rameaux sont peu naturalistes, certaines sont divisées en trois fins lobes. Ces feuilles semblent posées sur la volute qu'elles épousent comme si elles étaient mise à sécher.

Sur le montant grimpe une vigne eucharistique et ses grappes de raisins.

 

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Stalles basses sud.

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Jouée I d'entrée est des stalles basses nord.

Le premier personnage tenait un phylactère.

 

 

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Miséricorde de la stalle n°50 : un couple assis tenant chacun les bords d'un chaudron.

La femme porte une coiffe dont le voile descend dans le dos jusqu'à sa taille. L'homme, barbu,  est coiffé d'un capuchon : il pourrait évoquer un moine avec son habit plissé par une ceinture, et sa capuche.

 

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Miséricorde de la stalle n°51 : feuille dont les rameaux portent des fruits ovales.

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Miséricorde de la stalle n°52 : fou au bonnet caractéristique, à grelot et oreilles d'âne. Comme pour la bourgeoise de la miséricorde n°16, il semble tenter de s'échapper de sous la sellette en poussant sur ses bras écartés.

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Miséricorde de la stalle n°53 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°54 : un homme endormi sur le côté gauche, coiffé d'un chapeau à larges bords.

Comparez avec la miséricorde des stalles de l'église de Behuard (v. 1481-1483) et avec celle de l'église Saint-Pierre de Saumur (v. 1473).

 

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Appui-main entre les stalles 54 et 55.

La tête du personnage assis, un livre sur les genoux, a été bûchée. Il s'agit probablement d'une femme, au long voile garni d'un ourlet brodé, et au très élégant manteau plissé.

 

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Miséricorde de la stalle n°55 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°56 : deux dragons réunis sous la même tête anthropomorphe lunaire et coiffée d'un bonnet.

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Miséricorde de la stalle n°57 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°58 : une chouette, de face, ailes ouvertes.

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Miséricorde de la stalle n°59 : une feuille et ses rameaux.

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Miséricorde de la stalle n°60 : un dragon au buste féminin tenant un moulinet.

Le moulinet, ou tourniquet, ou  scopperel, scopperil, ou whirligig  est un jouet d'enfant médiéval qui apparaît en iconographie par exemple en 1500 dans le Bréviaire d'Eléonore du Portugal, ou dans les mains du jeune Jean-Baptiste, sur un tableau de Bernhard Strigel (1520-1528), ou dans le tableau l'Escamoteur de Jérôme Bosch vers 1475-1505, ou dans les Jeux d'enfants de Brueghel où deux filles s'affrontent en duel.

 

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Miséricorde de la stalle n°61 : feuille.

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Miséricorde de la stalle n°62 : couple à corps de de félins et à tête de femmes portant l'un une  cagoule et l'autre une coiffe.

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Jouée L des stalles basses nord côté ouest.

Là encore, les personnages de la partie haute ont disparu, mais on devine un phylactère.

 

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SOURCES ET LIENS

—Palissy (mobilier), notice no PM12000623, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture  ( 46 photos)

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM12000623

— BOURNOT-DIDIER (Nancy), 2000, "André Sulpice et les stalles du Rouergue", thèse histoire de l'art Toulouse 2 sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger, non consultée

https://theses.fr/2000TOU20015

— CABROL (Etienne), 1860, Annales de Villefranche de Rouergue 

https://books.google.fr/books?id=4cZZ0ndFQKMC

— GOFFINET "Villefranche-de-Rouergue : l'église Notre-Dame"», dans Congrès archéologique de France. 100e session. Figeac, Cahors et Rodez. 1937, Paris, Société française d'archéologie, 1938, 570 pages, page 103. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5619772d/f108.item

"Les stalles de chêne qui garnissent l'abside forment les principales pièces du mobilier de l'église. Elles ont été exécutées de 1473 à 1487 par le maître menuisier André Sulpice, auteur de celles de la Chartreuse, de l'abbaye de Loc-Dieu et de la cathédrale de Rodez, pour le prix de six cents livres et soixante pintes de vin, suivant un contrat passé avec le Chapitre,

Elles furent mises en place en 1496, mais dans une position autre que celle qu'occupent aujourd'hui les soixante-deux stalles, qui formaient clôture devant le choeur, avec retours latéraux, ainsi que nous l'avons rapporté plus haut, en rappelant l'histoire de Notre-Dame.

En 1561, les huguenots leur firent subir d'importantes mutilations en brisant les statuettes qui ornaient les accoudoirs, puis d'autres dégradations furent le fait des révolutionnaires.

Néanmoins, on peut encore se rendre compte de ce qu'était la décoration ornementale, consistant en
branches d'arbres ou ceps de vignes avec leurs fruits disposés dans des panneaux et accompagnés de quelques statuettes échappées aux désastres. Enfin, on reconnaît certaines scènes comme l'Annonciation et le prophète Isaïe et on peut constater que les miséricordes étaient ornées de feuilles, de figures, d'animaux, de monstres et de scènes curieuses. Les dorsaux sont rehaussés d'arcatures, les unes de style rayonnant, les autres de style flamboyant."

 

—LAFON (Victor, abbé), 1889, Historique du choeur et iconologie des stalles de l'église Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue, Rodez, 1889. Non consulté.

https://www.google.fr/books/edition/Proc%C3%A8s_verbaux_des_s%C3%A9ances_de_la_Soci/Umi2xSqTAOsC?hl=fr&gbpv=1&dq=stalles+de+l%27%C3%A9glise+Notre-Dame+de+Villefranche-de-Rouergue&pg=RA1-PA96&printsec=frontcover"

—PRADALIER-SCHLUMBERGER (Michèle), « Villefranche-de-Rouergue, collégiale Notre Dame. », dans Congrès archéologique de France. 167e session. Monuments de l'Aveyron. 2009, Paris, Société française d'archéologie, 2011, 444 p., p. 359-370

https://inventaire.patrimoines.laregion.fr/dossinventaire/IVR73/IA12ANEX/IA12000042_01.pdf

 

Sur les miséricordes en général :

—    BLOCK (Elaine C.), 2003, Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 444 pages 26 et suiv.

— BLOCK (Elaine C.), 1996 "Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland", Profane A. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

—KRAUS (Dorothy et ‎Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur. p. 149-153 et 217.

https://books.google.fr/books?id=JkwAEQAAQBAJ&newbks=1&newbks_redir=0&dq=mis%C3%A9ricordes+stalles+brou&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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Published by jean-yves cordier - dans XVe siècle Sculpture Miséricordes. Fou. Acrobate
27 décembre 2024 5 27 /12 /décembre /2024 22:22

Gardez-vous de trop garruler ! Des dangers de la garrulité. Nimia garrulitatis, La nef des Folz du monde chapitre XIX. 

 

PRÉSENTATION.

C'est bizarre de se trouver accroché, face à une image, par un mot qu'on ne connaît pas, et ce qui est surtout bizarre, c'est l'attirance qu'il exerce sur vous, force magnétique d'un mot-aimant vous incitant à en rechercher la traduction depuis le latin, puis sa signification en français, jusqu'à en être troublé [oui, il existe vraiment dans les dictionnaires !] comme face à un visage du passé familial venant réveiller une mémoire d'autant plus effacée qu'elle n'a, en fait, jamais été acquise. Était-elle enfouie dans une crypte, dormait-elle en l'attente de ma visite?

C'et encore plus bizarre de publier un article sur cette attirance, toute personnelle : trouverais-je, au monde, un seul vivant qui partagerai avec moi cet attrait pour ce verbe, "garruler"?

Car je m'intéresse aux folios 16r et 16v, soit le 19ème des 113 chapitres de la Nef des Folz (1497), et dans ces folios, au verbe français "garruler"  ou au nom "garruleux", ou au nom latin "garrulitate", qui y figurent. Mots qui vont m'attirer vers un monde insoupçonné.

« La Nef des folz du monde » de 1497  est une traduction en prose libre du  Stultifera navis  de Jakob Locher, qui est elle-même une traduction en latin de la Narrenschiff (Nef des Fous) écrit en allemand par le strasbourgeois  Sebastian Brant et publiée à Bâle en 1494. En 1497 également, Pierre Rivière en proposa une version en rimes françaises. Et, toujours en 1497, Antoine Vérard en enlumina richement un exemplaire pour le roi Charles VII. C'est cet exemplaire que j'ai d'abord consulté :  BnF Réserve des livres rares, VELINS-607,  Paris : [André Bocard] pour « Jehan Philippes Manstener » en « décembre 1497 » [en nouvelle datation entre le 8 mars et le 15 avril 1498].

Ce poème satirique et didactique passe en revue, en 112 chapitres de 6684 vers octosyllabiques, toutes les variétés de fous que charrie le monde des humains, en les entassant dans un navire en route vers la "Narragonie".

On commence très fort pour la découverte des mots qui m'attirent, car le titre du chapitre 19, sous l'enluminure, est : De nimia garrulitate (littéralement :  "Du garrulement excessif"), traduit sur la même page par "De trop parler".

La forme latine garrulitate.

En effet, en latin, garrulitas, atis, féminin, désigne selon Gaffiot "le caquetage de la pie" dans les Métamorphoses d'Ovide, même si Pline l'attribue à la corneille. Suetone l'utilise pour qualifier le babillage des enfants, et Quintillien, le caquet des humains. C'est cette polysémie "cri de la pie"/"babil et caquet des humains" qui est la clef de la compréhension de l'image, rapprochant le bavardage du Fou du garrulement de la pie, qui, par son cri, indique aux passants l'emplacement de son nid et met en danger ses petits.

Plutarque a consacré le 35ème de ses traitès de morale (Moralia) au bavardage, sous le titre De garrulitate. Il attribue ce défaut à l'existence d'oreilles insensées et sourdes "car les bavards n'écoutent pas, et parlent toujours". Ses oreilles ne communiquent par avec l'âme, mais avec la langue, comme deux vases vides. Et le bavardage, ou loquacité, ne qualifie pas ici l'action de parler longuement ou pour ne rien dire, mais celle de parler imprudemment, de ne pas savoir tenir sa langue, de révéler des secrets. C'est une intempérance (un hubris?) comparable à l'ivresse.

Garrulitas vient de garrio, is, ivi, "gazouiller" -en parlant des oiseaux. Mais garritor, oris désigne le bavard, garritus, us, le bavardage (comme garrulatio, onis).

Wiktionnaire relie garrio à  l’indo-européen commun *ger (« appeler, crier ») dont est issu le breton ger, le gallois gair (« mot »), l’anglais care (« attention »).

Ses dérivés sont adgarrio (« dire des sornettes à »), circumgarriens (« qui bavarde autour »), congarrio (« redire souvent, radoter »), garritor (« bavard »), garritŭs (« gazouillement ; bavardage, babil »), garrulans (« qui conte, qui débite »), garrulātio (« bavardage »), garrulē (« à la manière d'un bavard. »), garrulitās (« gazouillement, caquetage, bavardage, loquacité, babil, caquet »), garrulus (« qui gazouille, qui fait du bruit, bruyant, bavard, babillard, loquace, verbeux ») et intergarritus (« chuchoté dans l'intervalle »).

Saint Jérôme écrivait dans son  Apologie contre Rufin 3,39 hirundinem in domo non suscipiendam, id est garrulos et verbosos homines sub eodem tecto non habendos. " Il ne faut pas accueillir une hirondelle dans la maison, cette expression veut dire  qu'il ne faut pas garder sous le même toit des personnes bavardes et bavardes." Car c'est souvent l'hirondelle qui garrule, pour les auteurs latins, depuis les Géorgiques de Virgile ,4,307 ante garrula quam tignis nidum suspendat hirundo.

Dans l'édition originale de 1494, en allemand, le titre est : Von vil schwetzen, du verbe actuel schwätzen, "bavarder, babiller". La gravure sur bois, par Dürer, au folio 25v, est comparable aux illustrations des traductions latine et française.

Sebastian Brant, Das Narrenschiff , 1494, f.25v

 

La traduction française.

Nimia garrulitatis est traduit par "de trop parler", mais on lit dès les premiers vers du texte le verbe "garruler" et le nom français de "garruleux" :

" Qui sait réfréner sa langue, et l'empêcher de trop parler, ne se voit pas conduit au mal par la tristesse, qu'il faut craindre. Mais celui qui parle trop se déshonore comme le fait la pie, qu'on repère de trop garruler.

Un garruleux et parlant trop, qui parle en tout temps vainement, que ne vient-il pas à la Nef des Fous? Venez-y donc et que la voile vole!" (adaptation très personnelle du moyen-français dont l'original est donné infra).

La nef des Folz du Monde BnF Res VELINS-607 f. 16r.

Au folio 16v, je vois un fou, en costume typique, avec sa cagoule à oreilles d'âne, crête de coq crénelée et grelots, avec sa tunique aux manches exagérées alourdies par deux grelots, sa marotte qui le singe, ses chausses rouges et son aumônière. Ce fou lève les yeux vers le sommet d'un arbre où un nid contient quatre oisillons de pie. De l'autre côté du tronc, la pie, en position spéculaire par rapport au fou, ouvre le bec : elle garrule.

On remarque que la langue du fou a été effacée (il n'en reste qu'une trace rose), mais elle est présente dans tous les autres exemplaires :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k858429c/f47.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k859087q/f49.item

https://digital.onb.ac.at/RepViewer/viewer.faces?doc=DTL_5429353&order=1&view=SINGLE

Par contre, la langue de la marotte est bien tirée ; elle "garrule" aussi!

 

Bibliothèque nationale de France, département Réserve des livres rares, VELINS-607 f.16r.

Il faut consulter l'exemplaire de Dresde pour disposer d'une illustration en couleur où la langue du Fou est correctement visible. Dans cette peinture de moins bonne qualité (une copie de l'exemplaire de Vérard?) la pie et ses petits ne sont pas noir-et-blanc. Par contre, le bonnet du Fou est, lui, mi-partie, jaune et bleu, et cette partition est un élément traditionnel important de la représentation de la Folie, témoignant du caractère hétérogène (divisée, schizophrène?) de la psyché de l'aliéné.

 

La nef des folz du monde - Ink.4114.2 Dresde, Bibliothèque d'État de Saxe - Bibliothèque d'État et universitaire, Ink.4114(2) page [51]-16

 

Le verbe garruler et ses dérivés.

Selon le CNRTL:

Garruler. [En parlant du geai] Crier. "Le merle siffle, le geai garrule, la pie glapit, le corbeau croasse, le pigeon roucoule, la poule glousse" (Hugo, Rhin,1842, p. 189). − Au fig. Bavarder, caqueter. (Dict. xixe et xxes.).

REM. 1. Garrulant, -ante, part. prés. adj.Qui garrule. Ce sont (...) des oiseaux garrulants qui s'envolent troublés (Banville, Cariat.,1842, p. 40).

2.Garrulement, subst. masculin.Cri du geai. "Les nombreux oiseaux que l'on rencontre ici n'ont que des sifflements, roucoulements, cris, garrulements, mais toujours très courts et stéréotypés" (Gide, Journal,1938, p. 1302).

3.Garrulité, subst. fém.

a) [En parlant d'un oiseau] Cri. "Rien n'était si charmant que cette solitude, Que ces milliers d'oiseaux et leur garrulité" (A. Pommier, Océanides,1839, p. 107).

b) Au fig. [En parlant d'une pers.] Bavardage immodéré. On pourrait bien me reprocher encore que je laisse quelquefois trop courir ma plume, et que, quand je conte, je tombe un peu dans la garrulité (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 23).

Étymolologie et Histoire :

1. Ca 1240 garruler « (d'oiseaux) gazouiller » (St François, 2199 ds T.-L.); 

2. xves. garruller (Pierre de Hautefeuille, Amant Trespassé, CCXLIX ds Jardin de Plaisance et Fleur de Rhétorique, éd. E. Droz et A. Piaget). Empr. au b. lat.garulare « débiter des inepties », du lat. class. garrulus « qui parle beaucoup; qui gazouille (d'un oiseau) », dér. de garrire « babiller; gazouiller »; cf. DEAF g 3, 344.

 

Recherchant ce que dit le dictionnaire Robert de "garruler" , j'ai la bonne surprise de le trouver cité en ligne dans une "top-liste de 10 mots étonnants du Grand Robert", témoins de sa richesse lexicale. Ah, comment désigne-t-on l'émotion ressentie à savoir qu'un bonheur d'érudition est   partagé par autrui ?

Garrulité : "Les mots rares employés par les plus grands auteurs sont le reflet de leur culture et de leur sensibilité. « Tu railles ma garrulité peut-être à tort », écrivit Verlaine dans ses Élégies (1893). Désignant l’envie constante de bavarder, garrulité est un synonyme rare de loquacité. Attesté en 1477, il est emprunté au latin garrulitas, de garrire « gazouiller ; bavarder ». Deux autres mots complètent la famille : l’adjectif garruleux « bavard » et le verbe garruler « gazouiller », apparu au XVe siècle et repris au XIXe siècle au sens de « bavarder »… également par Verlaine, qui semblait particulièrement sensible à l’expressivité de cette famille lexicale !"

Par contre, Alain Rey ne fait pas rentrer garruler ou garrulité dans son Dictionnaire Historique de la Langue Française.

Godefroy, dans son Dictionnaire,  en atteste la forme avec un ou deux -r- : "Ne parmetz point en ta maison garruler l'arondelle." Il relève la tradition par laquelle la pie harcelait les autres oiseaux de son cri et les chassait de son territoire : "Les oiseaux pour la noise de la pie s'en vont nicher ailleurs que aux pieds d'elle, qui par son aigre garrulement se fait fuir", écrit Deguileville vers 1331 dans son Pèlerinage de vie humaine dans le manuscrit Arsenal 2323 folio 84v. (Mais voir Matsumura

Alexandre Nequam  définit ainsi la Pie dans son  Natura rerum : « Pica loquax, garrulae representarix jactantiae ».

 En 1839, A. Pommier trouvait que rien n'était si charmant "que ces milliers d'oiseaux et leur garrulité".

Théodore de Banville parlait dans La Voie Lactée de 1843  d' "oiseaux garrulants qui s'envolent troublés". André Gide avait adopté le terme, et mentionnait "l'étrange descente chromatique du garrulement prolongé du geai" ou notait dans son Journal "Les nombreux oiseaux que l'on rencontre ici n'ont que des sifflements, roucoulements, cris, garrulements, mais toujours très courts et stéréotypés ".

Citons aussi Brillat-Savarin : "On pourrait bien me reprocher encore que je laisse quelquefois trop courir ma plume, et que, quand je conte, je tombe un peu dans la garrulité." — (Brillat-Savarin, La physiologie du goût, préface, 1826).

Un passereau d'Extrême-Orient— c'est un des plaisirs de cette recherche, qui m'a conduit en Himalaya — , Ianthocincla ocellatus, porte le nom vernaculaire de  "Garrulaxe ocellé", témoignant d'un genre Garrulax, créé par le médecin de Rochefort René Lesson en 1831 (après son tour du monde à bord de La Coquille en 1822?) et regroupant des "Grives bruyantes" commercialisées comme oiseaux chanteurs. Citons ausssi le le Garrulaxe bruyant, mais encore le Garrulaxe du Langbian, le Garrulaxe bicolore, le Garrulaxe hoamy, le Garrulaxe de Hainan, le Garrulaxe du Cambodge, le Garrulaxe à huppe blanche, le Garrulaxe de Maës, le Garrulaxe à poitrine tachetée, le Garrulaxe de Millet, le Garrulaxe à collier, le Garrulaxe mantelé, le Garrulaxe à front roux, et le Garrulaxe de Taïwan.

Qui connait la signification de ce nom de Genre ?

Le Garrulaxe ocellé.

 

Du bavardage de la pie, et de la critique de la garrulité dans la Nef des Fous de Sebastian Brant.

La gravure qui accompagne le texte du Narrenschift, reprise dans ses traductions est suffisament parlante (!) en elle-même et résume parfaitement le texte. Associée au titre et aux sept premiers vers, elle fonctionne déjà comme une illustration des Livres d'Emblèmes qui vont paraître à partir de 1531.

La langue tirée par le Fou n'est pas une grimace d'insolence à l'égard de l'oiseau (comme je l'avais pensé d'abord), mais c'est l'attribut qui témoigne de ses excés et déraillages de langue, de sa garrulité. Sa marotte l'imite.

Note : La plupart du temps, le Fou n'est pas accompagné de sa marotte dans les autres gravures de la Nef, et notamment sur la page de titre. Et dans les gravures ou peintures qui font exception, la marotte n'imite pas l'action ou le défaut du Fou.

Le comportement de la pie, qui par ses cris attire l'attention sur son nid, est mis en parallèle et illustration de l'excès inconsidéré de paroles.

Le texte développe le thème du chapitre (le bavardage est une folie), mais nous sommes trahis par la pauvreté de notre vocabulaire, car "bavardage" n'a pas aujourd'hui un sens si péjoratif : c'est un trait de personnalité, qu'on critique avec le sourire. Mais la garrulité, ou loquacité, est bien pire, c'est un comportement insensé, qui menace le bavard et son entourage, en menaçant l'ordre. Car la garrulité verse vite vers la médisance, pour celui qui est entrainé par le plaisir (presque auto-érotique) de parler :  "Plusieurs ya qui se delectent et aultre chose ne souhaytent Que tousiours parler et mesdire Quant touchent par leurs mauvais dire Ce que nul ne vouldroient toucher". Il rompt un tabou social, il est  impudique.

Ou bien il rompt l'unité et la cohérence du groupe : Souvent division en court Grans noyes et dissensions, Miseres molestacions, Mieulz luy seroit amoderer Sa bouche a bien considerer Que parler ainsi si souvent Qui de son gre comme savent Respond sans en estre prie Un foul de scavoir detrie A toute gent exhibe et monstre

C'est en ce sens que tirer la langue (pour garruler) serait un geste obscène, qui dévoile ce qui doit être caché ; et c'est ainsi que la parole imprudente est assimilée à un venin.

.

 

ANNEXE. LE TEXTE DES ÉDITIONS FRANÇAISES

I. La version en octosyllabes :

 

De nimia garrulitate.

De trop parler.

Qui scet sa langue refrener

et de trop parler la retreindre

Ne se voit à mal prosterner

Par tristesse que l'on doit craindre

Mais qui parle trop sans se plaindre

Se deshonneure com fait la pie

Par trop garruler qu'on s'espie.

1. Ung garruleux et trop parlent

Qui parle en tous temps vainement

Que ne vient il a la nef folle

Venez y tost la voille volle

Avancez vous qui trop parlez

Et voz langaigez ravallez

7.Plusieurs ya qui se delectent

Et aultre chose ne souhaytent

Que tousiours parler et mesdire

Quant touchent par leurs mauvais dire

Ce que nul ne vouldroient toucher

Mieulz luy seroit saller cacher

Comme gens sans corps et sans vie

Du dart dune fervente envie

Sans iamais le cueur appaiser

Qui se pelt en honneur taiser

Toustefois ce non obstant parler qui

Sans refraindre sa langue par le

langaige qui de luy sourt

Souvent division en court

Grans noyes et dissensions

Miseres molestacions

Mieulz luy seroit amoderer

Sa bouche a bien considerer

Que parler ainsi si souvent

Qui de son gre comme savent

27.Respond sans en estre prie

Un foul de scavoir detrie

A toute get exhibe et monstre

30. Le peril et le malencontre

De sa langue salle et villaine

Il y a des gens si tresfoulz

A qui leur parler semble doulx

Et de garuller sesiouyssent

Et sont bien aises quant iouyssent

De quaqueter et babiller

Mieux leur vaudroit saller biller

Car aucunes fois telles gens

Ont du dueil et des maulx ingens

Et quelque chose qui se face

41. Leur mauldite langue procace

Les contrainct souvent supporter

43.Mains accidens et mal porter

Et douleur de rage confite

Dictes moy de quoy luy profite

Ce quauquet babil et langaige

De riens  non que de dommaige

Dont tout malleur procede et vient

Et quant eulx confesser convient

Et dire leur mal et deffault

Toute la parolle leur fault

Sans scavoir aulktre chose faire

Si non que de leurs pechez taire

Et ne peuvent parolles direz-vous

Pour gaigner leternel empire

Et de leur crime abhominable

Est fait examen miserable

Maintes gens qui ont beaucoup dans

Fussent maintenant bien prudens

Qui sont comme foulz acculez

Silz ne se feussent maculez

Par trop parler : las quon contemplent

Et que chacun preignent exemple

64.A loyseau quon nomme la pie

Qui par garruler notifie

Le nid ou sont ses petits.

67.Refrenons tous noz appetits

Car mieulz vault parler sobrement

Que respondre a tous promptement

En une facon deshonneste

Pour apres en souffrir moleste

A tous plaist parolle petite

Qui est en temps modere dicte

Et cest grant vertus a la bouche

75. Quant seurement son parler touche

Combien de necessite

Soit en yeur ou en teste

Fault parler selon la doctrine

De la langue doulce et benigne.

Le texte s'appuie sur des citations littéraires, toutes tirées  de l'Ancien Testament et des épîtres de Jacques, et dont la source est indiquée en marge :

Vers 1 : 

Et lingua ignis est, universitas iniquitatis. Lingua constituitur in membris nostris, quæ maculat totum corpus, et inflammat rotam nativitatis nostræ inflammata a gehenna. (Iac. 3,6)

Omnis enim natura bestiarum, et volucrum, et serpentium, et ceterorum domantur, et domita sunt a natura humana : linguam autem nullus hominum domare potest : inquietum malum, plena veneno mortifero. (Iac. 3,7f.)

Qui custodit os suum custodit animam suam ; qui autem inconsideratus est ad loquendum, sentiet mala. (Prov. 13,3)

Acuerunt linguas suas sicut serpentis ; venenum aspidum sub labiis eorum. (Ps. 139,4)

Terribilis est in civitate sua homo linguosus : et temerarius in verbo suo odibilis erit. (Sir. 9,25)

Vers 7 :

Ne temere quid loquaris, neque cor tuum sit velox ad proferendum sermonem coram Deo. Deus enim in cælo, et tu super terram ; idcirco sint pauci sermones tui. Multas curas sequuntur somnia, et in multis sermonibus invenietur stultitia. (Ecl. 5,1f.)

Vers 27 :

Numquid sapiens respondebit quasi in ventum loquens, et implebit ardore stomachum suum ? Arguis verbis eum qui non est æqualis tibi, et loqueris quod tibi non expedit. Quantum in te est, evacuasti timorem, et tulisti preces coram Deo. Docuit enim iniquitas tua os tuum, et imitaris linguam blasphemantium. (Iob 15,2-5)

vers 30 :

Qui prius respondet quam audiat, stultum se esse demonstrat, et confusione dignum. (Prov. 18,13)

Vers 41 : Jérémie

Nunc ergo dic viro Juda, et habitatoribus Jerusalem, dicens : Hæc dicit Dominus : Ecce ego fingo contra vos malum, et cogito contra vos cogitationem : revertatur unusquisque a via sua mala, et dirigite vias vestras et studia vestra. Qui dixerunt : Desperavimus : post cogitationes enim nostras ibimus, et unusquisque pravitatem cordis sui mali faciemus. (Ier. 18,11f.)

Vers 43 :

cadent in gladio principes eorum, a furore linguæ suæ. Ista subsannatio eorum in terra Ægypti. (Os. 7,16)

Vers 64 notation marginale « pica », traduction latine de « pie »

Vers 67 :

Ne temere quid loquaris, neque cor tuum sit velox ad proferendum sermonem coram Deo. Deus enim in cælo, et tu super terram ; idcirco sint pauci sermones tui. Multas curas sequuntur somnia, et in multis sermonibus invenietur stultitia. (Ecl. 5,1f.)

Mala aurea in lectis argenteis, qui loquitur verbum in tempore suo. (Prov. 25,11)

Vers 75 :

Cor sapientis intelligitur in sapientia, et auris bona audiet cum omni concupiscentia sapientiam. (Sir. 3,31)

 

II. Le texte français dans la version en prose : 

1ere version :

En la satyre ensuyvante sont reprins les folz garrulateurs qui ne scavent tenir leur langue et parlent sans considération : dont souvent mal leur advient. Parquoy ilz sont comparez a la pie qui a des petits piars et quant elle voit passer aucun pres delle tant caquette que elle enseigne le nid de ses petits qui luy sont ostez : dont c'est une grant erreur à lhomme qui a iugement que pour faulte de garder sa langue aye du mal et soit compare a un oyseau des champs garrulateur que rien ne entent. Et pource allegue cest acteur lescripture [Jacques 3] qui dit. Toutes natures de bestes doyseaux de serpens et des aultres choses irraisonnables sont domees et seigneuries par humaine nature : mais nul des hommes ne peult domer, reffraindre et seigneurier la mauvaise langue. Car cest ung mal sans repos plaine de venin mortel qui macule et honnit tout le corps. Et pource qui garde sa bouche garde son âme. Mais qui est inconsidere a parler sans regarder quil dit : il sentira des maulx Dont met le prolude. Qui frene sa langue et reffraint les ris de sa bouche fait que sa pensee vacque sans angoisse et sans tristesse. Mais celluy qui parle follement chiet en blasmes repute comme la pie loquace qui par son caquet et murmure enseigne ses poullets dont ils sont perdus.

Haste soy le fol garrulateur [garrulus atque loquax] plein de langaige qui en tout temps blactere et ne scait quil dit vienne a la folle nef et monte au hault.

Hastez vous de entrer folz loquaces et baveurs : car le vent agite et demaine les carbases et voiles de la nef. Plusieurs folz sont maintenant dont loblectation de vie est grande : et tresgrant le desir de exercer leur langue procace et mauvaise. Car a lors quilz touchent de leur mauvais langaige ce que homme saige ne vouldroit avoir touchie ilz meritent le glaive de envie. Et pour certains mieulz leur vaulsist de estre teu : et est ung grant bien a qui se peult taire de retenir sa langue. Mais qui parle et ne veult reffraindre ses levres aucunesfoys encourt les crimes de griesve noise avecque fortunes miserables. Dont mieulz luy eust este avoir retraint ses levres. Et qui de son gre devant que estre prie respont a tous il se monstre fol impulse et sans consideration. Et pareillement offre les dangiers de la mauvaise langue.Sont aussi plusieurs folz qui prennent la puissance et liesse de leur inique garrulite : et leur semble quant ilz ont dit aucune villenie que ce soit a eulz ung grant soulas. Toutesfoys advient que entretant ilz sont ployez et reprins par une cruelle peine. Et selon le dit de iheremie en son dixhuitiesme:la langue procace et baveresse a contrainct plusieurs porter et souffrir angustes et estroictes adventures. Pource nous aultres qui ceste satyre lisons considerons que profitte aux baveurs et plains de langaige la fallacieuse delation ou folle maniere de parler.

 

https://www.narragonien-digital.de/exist/lesetexte/einzeleditionen.html?gw=GW5065&page_id=gw5065_030_providence_c3v

2eme version 

Deurs ebestes et langues dragoniques qui a trop parler et blamer aultruy vous arrestes toute nature de bestes, d'oyseaux et de serpents et aultres d natures humaine se peuvent chastier. Mais la langue de l'homme ne se peut chastier car elle est plaine de mal et de venin mortifere elle macule tout le corps ; Qui garde sa bouche garde son âme (Proverbes). Pource langues arceniques et mortifères, brides vous de cette doctrine car on dit communément que pis vault ung coup de langue qu'un coup de lance. Celuy qui parle trop et vainement en tout temps que ne vient-il pas à nostre folle nef.

Venez y tost pour gouverner les voilles avances vous fols a trop parler et ravales voz langages. Plusieurs ya qui se delectent et ne pensent que tousiours mal parler et mesdire daulteuy quant ilz disent ce que nul ne vous droit dire, mieulx leur voudrait avoir la bouche close a iamais que du dart denvie blessier aulcun et mal parler en plant sans restraindre la langue que luy vient en court souvent divicion, discensiin, noisez, molestations, miseres et calamitez.

Telles gens ont fait souvent guerrez entre les empereurs, roys, ducs, et comtes, et ont esmeut les cueurs des nobles a tyranie et crudelite.

De tant de perilz viennent par telles langues que de leurs gre sans estre priez resposent.

Ils sont plusieurs folz a se delecter a mal parler par la vaine ioye de leur langue eux esiouissant de leur babil et quaquet. Telles gens ont souvent dueil et de grans malx, mais nonobstant leur mauldite langue les entraict souvent supporter mains accidens et malux de rages confite

Dictes moy donc folz dangereus que vous sert ce langaige, ce quaquet, ce babil : de rien certes. Quant telles gens se ofessent la parolle leur fault et ne peuvent ouvrir la bouche pour dire leur pechez, et souvent quant ils vouldroyent parler dieu leur ferme la bouche.

Plusieurs folz sont que silz neussent trop parle que sussent sages et prudens .

Hellas prenes exemple a la pie qui par trop garruler et crier, notifie ou sont ses petits. (Pica)

Refrenons nos langues car meulz vault sobrement parler que respondre a tous a tous proppos et choses deshonnestes:et en avoir après reproche. (Ecclesiaste V et Proverbes XXXV) Peu parler plait à toutes gens quant le langaige est modéré. Cest grant vertus a la bouche quant elle tient la parole.

Et aussi quant seurement son parler touche combien de necessite il faut parler selon droicture. (Ecclesiaste III : Cor sapientis intelligitur in sapientia, et auris bona audiet cum omni concupiscentia sapientiam. (Sir. 3,31) )

 

 

SUITE : LA POSTERITÉ DE LA NOTION DE GARRULITAS AU XVIe SIÈCLE.

1. Erasme, 1500.

Erasme utilise le terme latin garrulitas , parfois remplacé par loquacitas ou volubilitas, pour critiquer le  vice de la parole : médisance, dénigrement, diffamation, ou parole creuse, stérile pour ne rien dire; bref, toute corruption de l'éloquence.

Mais le terme latin est — difficilement—traduit en français par bavardage.

Dans son Adage 828 sur la cigale,   Cicadam ala corripuisti, Erasme qualifie la cigale de "bavarde par nature" : cicadam natura garrulam. Là encore, le terme français garruleuse n'est pas utilisé par les traducteurs.

 

2. Alciat, 1531.

Source :  je cite ici Anne-Angélique Andematten 2017.

C'est surtout dans les Emblèmes d'Alciat  — inspirés des Adages d'Erasme— que la garrulité est joliement illustrée : mais, là encore, uniquement en latin, alors que la quasi totalité des éditions françaises à partir de 1534 sont bilingues. 

Rappel : L’emblème allie texte et image et se compose de trois parties qui interagissent entre elles : inscriptio (titre), pictura (image) et subscriptio (épigramme) : l’image est encadrée par un titre, l’inscriptio, et par l’épigramme, appelée aussi subscriptio.

Les termes latins qui nous concernent  se retrouvent directement dans les titres de deux emblèmes : n° XCVI In garrulum et gulosum  et n° LXX : Garrulitas, mais on les trouve aussi dans les épigrammes latins.

On y constate que ces emblèmes sont centrées sur des animaux (emblématiques...) mais que la garrulité, loin d'être le privilège de la Pie, qualifie l'Hirondelle ( 70 et 101), ou le Pélican, mais aussi la Corneille (19). Des oiseaux dans tous les cas, remarquables par leurs cris jugés dissonants ou répétitifs. L'emblème 185 applique le qualificatif à la Cigale, comme Erasme.

 

Emblema LXX Garrulitas.

Quid matutinos Progne mihi garrula somnos rumpis et obstrepero Daulias ore canis ? dignus epops Tereus, qui maluit ense putare, quam linguam immodicam stirpitus eruere.

"– Pourquoi interromps-tu, bavarde Procné, mon sommeil matinal et, toi, oiseau de Daulis, pourquoi chantes-tu d’une voix sonore ?

– Térée était digne de devenir une huppe, lui qui a préféré trancher par l’épée la langue immodérée que de l’arracher à la racine."

 

L'emblème met en scène trois oiseaux et fait allusion au mythe de Procné et Philomèle. Le premier distique se compose d’une question oratoire adressée à Procné, la bavarde hirondelle (garrula étant une épithète associée à l’hirundo chez Virgile), et à sa sœur Philomèle, devenue un rossignol, l’oiseau de Daulis. Le personnage qui parle à la première personne reproche à l'hirondelle d'avoir interrompu son sommeil matinal par son bavardage, jugé importun et agaçant.

 

Emblema XCVI In garrulum et gulosum : Emblème 96 Contre le bavard et le gourmand

: Le pélican au large gosier et au cri retentissant incarne le mauvais orateur .

Voce boat torva ; praelargo est gutture ; rostrum instar habet nasi multiforisque tubae. deformem rabulam addictum ventrique gulaeque signabit, volucer cum truo pictus erit.

"Il fait retentir un cri farouche ; sa gorge est très large ; son bec ressemble à un nez et à une trompette percée de plusieurs trous. Lorsque l’on représentera un pélican, il désignera un vil orateur, un être asservi à son ventre et à son gosier."

 

D’emblée l’inscriptio, marquée par les jeux sonores, annonce la cible visée par l’épigramme : le bavard (garrulum), censé correspondre à l’expression rabula (v. 3), et le gourmand (gulosum), équivalent de l’homme « asservi à son ventre et à son gosier » (v. 3).

Le premier distique décrit un oiseau qui, dans un premier temps, n’est pas nommé. Alciat tient en haleine le lecteur et ne mentionne que quelques-unes de ses caractéristiques : son cri puissant, son large gosier et son bec en forme de nez et de trompette. Le second distique dévoile son identité, le pélican ou truo, et en expose le sens symbolique. En effet, pour désigner un gourmand ou un bavard, l’épigramme suggère de peindre un pélican, comme s’il s’agissait d’une sorte de pictogramme, à la façon des Hiéroglyphes d’Horapollon.

L’oiseau insatiable incarne non seulement le glouton, comme dans l’emblème 91, mais aussi le bavard, appelé garrulus dans l’inscriptio, mais rabula dans la subscriptio. Le terme rabula qui, d’après Paulus Festus, dérive de rauca vox, possède une connotation très négative. 

 

 

Emblema XIX  Prudens magis quam loquax

Noctua Cecropiis insignia praestat Athenis, inter aves sani noctua consilii. armiferae merito obsequiis sacrata Minervae, garrula quo cornix cesserat ante loco.

"La chouette sert de symbole à Athènes, la ville de Cécrops, la chouette de sage conseil parmi les oiseaux. Elle est consacrée à juste titre au service de la belliqueuse Minerve, poste auquel l’avait précédée la corneille bavarde."

 

Emblema CI In quatuor anni tempora

 

Advenisse hyemem frigilla renunciat ales. ad nos vere novo garrula hirundo redit. indicat aestatem sese expectare cucullus. autumno est tantum cernere ficedulas.

"Le pinson ailé annonce que l’hiver est arrivé. L’hirondelle bavarde revient chez nous au printemps nouveau. Le coucou indique qu’il attend l’été. Les becfigues ne se laissent apercevoir qu’en automne."

L’hirondelle reçoit l’épithète garrula, déjà citée dans l’emblème 19 Prudens magis quam loquax et dans l’emblème 70 Garrulitas, la première fois, à propos de la corneille, et la seconde, de Procné. Alciat pourrait aussi s’être inspiré d’un vers des Géorgiques où l’hirondelle est qualifiée de garrula : […] ante garrula quam tignis nidum suspendat hirundo.

 

Emblema CLXXXV Musicam diis curae esse, La musique tient à cœur aux dieux

Locrensis posuit tibi, Delphice Phoebe, cicadam Eunomus hanc, palmae signa decora suae. certabat plectro Spartyn commissus in hostem et percussa sonum pollice fila dabant. trita fides rauco coepit cum stridere bombo legitimum harmonias et vitiare melos, tum citharae argutans suavis sese intulit ales, quae fractam impleret voce cicada fidem. quaeque allecta, soni ad legem descendit ab altis  saltibus, ut nobis garrula ferret opem. ergo tuae ut firmus stet honos, o sancte, cicadae, pro cithara hic fidicen aeneus ipsa sedet.

"Le locrien Eunomos a déposé pour toi, Phébus delphique, cette cigale, beau symbole de sa victoire. Aux prises avec son concurrent Spartys, il rivalisait avec le plectre et les cordes frappées par son pouce faisaient retentir un son. Lorsque la lyre usée par le frottement commença à grincer d’un bourdonnement rauque et à troubler les harmonies et la mélodie régulière, alors une cigale, douce créature ailée, s’élança sur l’instrument en babillant, pour emplir de sa voix la lyre brisée. Attirée pour suivre les lois musicales, elle descend de ses hauts séjours boisés, afin de nous venir en aide par son bavardage. Afin que l’honneur de ta cigale, ô dieu saint, soit durable, ce joueur de lyre d’airain est posé ici, au-dessus de la cithare même."

 

 

SOURCES ET LIENS

17 exemplaires de la première édition française ont été conservés dans des institutions publiques, dont les ouvrages numérisés suivants : 

         —BnF Arsenal, 4-BL-2142 :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k858429c/f47.item

—Paris, Bibliothèque nationale de France, RES-YH-1

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k859087q/f49.item

—Vienne, Bibliothèque nationale autrichienne, Ink 8.E.26

https://digital.onb.ac.at/RepViewer/viewer.faces?doc=DTL_5429353&order=1&view=SINGLE

—Dresde, Bibliothèque d'État de Saxe - Bibliothèque d'État et universitaire, Ink.4114(2)

https://digital.slub-dresden.de/werkansicht?id=5363&tx_dlf%5Bid%5D=86316&tx_dlf%5Bpage%5D=51

Le texte est relevé ici :

https://www.narragonien-digital.de/exist/lesetexte/einzeleditionen.html?gw=GW5065&page_id=gw5065_030_providence_c3v

Voir aussi :

https://ia601203.us.archive.org/5/items/lagrantnefdesfol00bran/lagrantnefdesfol00bran.pdf

— ANDENMATTEN (Anne-Angélique), 2017,  Les Emblèmes d’André Alciat. Introduction , texte latin, traduction et com mentaire d’un choix d'emblèmes sur les animaux SAPHEINEIA Contributions à la philologie classique

file:///E:/Paris%203%20au%209%20d%C3%A9cembre%202024/Louvre%202024%20Figures%20du%20Fou/La%20Nef%20des%20Fous/9783034326278.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Fou. Peinture.
16 décembre 2024 1 16 /12 /décembre /2024 10:52

Le vitrail du Fou tirant la langue face à son hibou, avec les armoiries du verrier Barthélémy Linck, Suisse centrale, 1553, Le Louvre inv. OA 1187.

 

Ce panneau rectangulaire de 35,2 cm de haut et de  24,4 cm de large (mesures avec cadre)  en verres transparent, rouge, bleu et mauve  peints sur les deux faces à la grisaille, la sanguine et au  jaune d'argent offre parmi ses multiples intérêts (historique, héraldique, etc.) celui de présenter un exemple de la figure du Fou à la Renaissance. C'est à ce titre qu'il figure dans l'exposition Figures du Fou - du Moyen-Âge aux Romantiques présentée au Louvre en 2024-2025.

Ce costume est parfaitement codé et associe :

-La capuche à oreille d'âne (un vrai bonnet d'âne) et à ligne de crêtes (crêtes de coq ou échine du dragon),

-les grelots qu'on retrouve sur le bonnet, comiquement placés à la pointe des oreilles, sur les poignets, les chevilles, autour des jambes (en bracelet) et à la pointe des chaussures.

-la tunique à manches exagérées et à glands de passementerie

-la bourse (ouverte?)

-les chaussures à la poulaine

-les couleurs mi-parties, associant le blanc et le damier noir et blanc, autre forme de partition.

Il manque ici que la marotte.

Le bouffon se détache, sous une arcade reposant sur deux colonnes à guirlandes, sur un fond jaune damassé (au pochoir ou "gratté à la plume"),  au dessus d'un parapet aux pierres réunies par des crampons.

 Le personnage est barbu, avec un collier se terminant par deux pointes, peut-être par référence à un portrait. Car selon la notice du Louvre, c'était la coutume en Suisse de s’offrir, particulièrement au XVIe siècle, des fenêtres et vitraux entre particuliers, : le donateur se faisait représenter directement ou indirectement sur l’œuvre, qu’il offrait à une connaissance, en signe des liens qui pouvaient les unir, ou en cadeau d'apparat d'une institution qu'il soutenait. Il y plaçait ses armoiries.

Ces armes se blasonnent  « d’écu porte d’or à un dragon du même passant sur un grésoir d’argent posé en bande », soit un dragon surmontant un grésoir – ou grugeoir -, outil des verriers servant à façonner les bords des pièces de verre. Elles renvoient donc au verrier, qui a indiqué son nom, avec la date de 1553 : 

BARTHLIME LINCK 1553 

Barthlime est une forme de Barthélémy, également attesté comme patronyme.

Ce verrier (ses armes indiquent sa profession) était sans doute installé en Suisse centrale, à Zouck ou Zoug, et serait le père d'un autre peintre-verrier, « Bartholome Lingckh, von Zürch », qui devient bourgeois de Strasbourg en 1581.

À Strasbourg, une lignée de peintre-verrier est bien connue : après Barthélémy II Linck, né à Zouck en 1555 (Wikipédia) , viennent ses fils Laurent, Hans Konrad et Barthélémy III, qui réalisèrent les vitraux de la chartreuse de Molsheim. C'est Barthélemy Linck  qui peignit en 1607 les vitraux de l'Hôtel de Ville d'Obernai qui  représentaient les blasons des anciennes familles nobles et bourgeoises d'Obernai.

Le don de vitraux en Suisse aux XVe-XVIe siècle.

"Libres de toute soumission à des rois ou à des princes, les confédérés développèrent, par les victoires sur le duc de Bourgogne (1476-1477), par le triomphe à la guerre de Souabe (1499) et par les campagnes milanaises, un fort « sens commun » et une conscience enthousiaste de leur propre valeur : ils étaient devenus un acteur important et influent en Europe. Par conséquent, le besoin de la représentation augmenta dans la vie de chacun. Des personnes haut placées commencèrent à revendiquer des lettres de noblesse. Des marchands, des aubergistes, des artisans et même des paysans se mirent à la recherche d’armoiries qu’ils arboraient fièrement. Ces prétentions trouvèrent dans les vitraux suisses leur expression la plus appropriée.

Les autorités, les institutions et les bourgeois renommés s’offraient ces vitraux de petit format à l’occasion de nouvelles constructions, de la transformation de bâtiments ou d’événements politiques ou familiaux ou autres encore. L’initiative d’en faire la demande était prise par le propriétaire de la maison, qui s’adressait alors à son entourage public et privé. La fenêtre à vitre blanche formait la base de la donation, mais le vitrail incorporé montrait qui avait offert cette fenêtre si coûteuse.

En général, la donation allait bien au-delà d’une simple aide financière du demandeur. On illustrait ainsi les liens d’amitié réciproques. Tout visiteur pouvait comprendre qui était sous l’autorité de qui et quel rang le fier propriétaire du panneau occupait dans la société. Le vitrail offrait aussi au donateur la possibilité de démontrer sa propre importance et sa position politique ou religieuse par une scène imagée, une inscription et des armoiries." (U. Bergmann)

Uta Bregmann décrit la quinzaine de vitraux suisses de l'Hôtel Rotschild, dont un vitrail montrant l'intérieur d'un atelier de maître-verrier.

 

Vitrail du Fou aux  armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

Vitrail du Fou aux armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

Vitrail du Fou aux  armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

Vitrail du Fou aux armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

Vitrail du Fou aux  armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

Vitrail du Fou aux armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

 

Le Fou tire la langue à un hibou qu'il tient en bout de bras, attachée par un lacet . Si on admet que la chouette est l'animal symbolisant la sagesse, par référence à Athéna, on peut y lire le parti-pris du bouffon de prendre le contre-pied de toute rationalité dans un renversement délibéré des valeurs.

Néanmoins, le Hibou est aussi la figure, très répandue à la Renaissance, de l'oiseau nocturne harcelé par les oiseaux diurnes.

D'autre part, le Fou tirant la langue évoque immanquablement aux contemporains la figure de la Nef des Fous de Sébastian Brant, où cette langue tirée témoigne d'un excès de paroles, d'un bavardage dangereux en miroir de la Pie bavarde qui par son garrulement fait découvrir l'emplacement de son nid et de ses petits.

Voir :

La lecture de ce chapitre nous indique que le Fou tire sa langue non pas par injure ou singerie envers le hibou, mais pour indiquer que sa folie tient à son désordre de langue, à l'aliénantion de sa parole.

 

Enfin on remarquera , si on part sur la piste d'un Fou à la langue bien pendue et bien sonore, que le hibou est un "chat huant" dont le hululement s'intégre parfaitement dans le concert des sons discordants des charivaris. C'est son chant dont on se sert, dans les chasses à la pipée, le verbe piper (du latin pipare) signifiant tout autant "pousser un petit cri, [cf notre expression "sans piper mot"], "piauler, glousser, voire gazouiller", que "tromper" (CNRTL). Le rapprochement avec la figure de la Nef du Fou s'en trouve accentué, mais on peut aussi voir ici deux figures en miroir du jeu de langue, le hibou au chant trompeur attirant les oiseaux trouvant son double dans le Bouffon jouant sur les mots et déconstruisant le "bon sens" du langage.

Vitrail du Fou aux  armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

Vitrail du Fou aux armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

 

Dans le registre supérieur apparaîssent dans  un cadre rectangulaire quatre valets d'atelier portant des chevelures de filasses de lin ou chanvre et portant des pagnes de même matériau.

Ils esquissent des pas de danse et trois d'entre eux portent des massues, donnant ainsi à voir des figures de "l'homme sauvage".

Selon W. Wartmann, "La coutume de se déguiser en sauvage, en employant des fibres de chanvre ou de lin, semble avoir été aussi commune qu'ancienne; on se rappellera le récit que fait Froissart (livre IV) du bal où le jeune roi Charles VI faillit perdre la vie (janvier 1393), parce que de semblables déguisements s'y étaient enflammés." (C'est le Bal des Ardents ou Bal des Sauvages).

Ces bals étaient associées dans l'Europe médiévale à Hellequin ou Hannequin, roi des enchantements, la Chasse sauvage ou Mesnie Hellequin étant son cortège nocturne et fantastique de morts qui prenaient tantôt l’aspect de guerriers, tantôt de chasseurs-ravisseurs (K. Hueltschi), notamment lors des périodes de Carnaval ou lors des Douze petits jours de Noël à l'Epiphanie.

Voir aussi :

https://vitrosearch.ch/de/search?keyword=Wilder+Mann

 

Vitrail du Fou aux  armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

Vitrail du Fou aux armoiries du verrier Barthélémy Linck (1553), Musée du Louvre. Photographie lavieb-aile 2024.

SOURCES ET LIENS.

—LE LOUVRE, Notice

https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010115951

— WARTMAN (Wilhelm), 1908, Les vitraux suisses au Musée du Louvre, Librairie central d'art et d'architecture, 1908 - 112 pages, pages 67-69

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64675066/f88.item

"Vitrail de personnage privé (Suisse centrale, 1553).
Sauzay, F. 206. — V. H. II. — L. 0,21 ; h. 0,32.

Un bouffon soutenant un écu armorié, dans un encadrement architectonique.
Deux fortes colonnes latérales d'un bon dessin, composées chacune d'un socle (h. 0,075) en
verre rouge foncé, d'un fût à peu près cylindrique (1. 0,025; h. 0,12), en verre bleu clair, et d'un
chapiteau en verre mauve (h. 0,04; ornementation identique à celle des chapiteaux du numéro 16),
supportent une sorte d'arcade.
Entre les colonnes, un personnage est debout, qui représente peut-être le donateur lui-même,
peut-être aussi est-ce un simple tenant d'armoiries déguisé en bouffon et s'appuyant sur l'écu. Il porte une tunique assez courte, dont la jupe flottante s'arrête bien au-dessus des genoux, et qui est mi-partie carrelée de noir et de gris (ou de blanc ?) à droite, et entièrement blanche à gauche ; ce vêtement possède des manches longues et très amples et un capuchon muni de deux grandes oreilles d'âne terminées chacune par un grelot. Des grelots sont pareillement attachés autour du genou, au cou de pied et à la pointe des souliers. Sur sa main droite, le personnage tient une chouette (cimier de l'écu?) à laquelle il tire la langue.
Pour fond, le motif central possède d'abord un petit mur ou parapet couleur de pierre, comme le sol sur lequel sont posés l'écu et son tenant ; il n'est guère plus haut que l'écu. Au-dessus
règne le fond proprement dit, un damassé jaune très fin, gratté à la plume dans une légère couche
de grisaille.

La partie supérieure du vitrail (h. 0,075 aux angles, 0,055 au milieu) ne peut figurer qu'un pan
de mur soutenu par les colonnes et remplaçant l'arc que d'ordinaire on trouve à cette place (les
colonnes n'auraient autrement aucune raison d'être) ; seulement, l'artiste, soit à dessein, soit par
négligence, n'a pas respecté la véritable nature de ce pan de mur, car il en a fait une frise avec
quatre enfants déguisés en sauvages (h. 0,06), portant des perruques et des pagnes en fibres de lin
ou de chanvre et armés d'énormes massues ; et ces enfants ne sont pas peints à l'imitation d'un bas-
relief, mais dessinés et modelés sur un fond transparent bordé de jaune.

L'écu (h. 0,10) porte : D'or à un dragon du même passant sur un grésoir d'argent posé en bande. Le grésoir [ou grugeoir] est l'insigne des verriers et peintres-verriers.

Au bas du vitrail, sur une bande de verre bleu très clair, comprise entre les socles des colonnes, on lit, en lettres gothiques minuscules : Barthlime Linck -1553 - (Barthélémi Linck, 1553).

Un peintre-verrier, « Bartholome Lingckh, von Zürch », devient bourgeois de Strasbourg en
1581 ; notre donateur ayant le même métier (le blason le prouve), est peut-être le père de celui-ci.
La façon dont a été introduite la figure du bouffon comme tenant de l'écu, est très personnelle
et originale ; son attitude n'a rien de commun avec le schéma habituel des tenants d'armoiries. On
remarquera avec quelle souplesse cette figure est adaptée aux dimensions et à la forme de la surface
dont l'artiste disposait. Les qualités du dessin, très soigné et d'un modelé bien exécuté, nous dédommagent entièrement du coloris assez terne.

Les morceaux de verre teint dont se composent les colonnes, constituent, en effet, les seules par-
ties colorées dans ce vitrail, tout le motif central, de même que la frise, étant peints uniquement en
grisaille et jaune sur deux grands morceaux de verre incolore. Aux fûts des colonnes, du jaune a
été appliqué au revers du verre bleu, pour produire le vert des guirlandes qui les décorent. Sur le
visage du fou, on constate, pour la première fois dans les vitraux du Louvre, un essai de carnation
à l'aide d'une grisaille brunâtre. La petite barbe qui garnit le menton du personnage est peinte en
jaune d'argent.

Le vitrail semble avoir reçu le choc d'un instrument pointu près de la patte postérieure gauche
du dragon, dans l'écu, car de ce point rayonnent dans toutes les directions six plombs supplémen-
taires (long. 0,045 à 0,195) ; à part cette détérioration, le panneau est intact.

La présence d'un fou dans un vitrail suisse n'a rien d'exceptionnel. Au musée national suisse on trouve même dans un vitrail de prélat un fou comme tenant des armoiries (donation de Félix Klauser, dernier abbé du chapitre de Rüti, 1504-1525; salle XVlIl, 3° fenêtre).
La coutume de se déguiser en sauvage, en employant des fibres de chanvre ou de lin, semble avoir été aussi commune qu'ancienne; on se rappellera le récit que fait Froissart (livre IV) du bal où le jeune roi Charles VI
faillit perdre la vie (janvier 1393), parce que de semblables déguisements s'y étaient enflammés.

Au sujet du grésoir dans les armes d'un (peintre-)verrier, voy., par exemple, au musée de Cluny, le n° 2086.

Sur Barth. Linck, voy. MEYER, op. cit., p. 259 et suiv. ; p. 260, n. 4, M. Meyer publie un extrait du registre du baptistère de l'église Saint-Nicolas de Strasbourg, qui dit que Barth. Linck, peintre-verrier, fait baptiser un fils du nom de Bartholome, en 1597, soit quarante-quatre ans après l'exécution de notre vitrail ; si on admet que celui-ci soit l'œuvre d'un maître âgé d'au moins vingt ans, il est peu probable que ce même maître, âgé de soixante-quatre ans, en 1597, ait pu encore avoir un fils ; le Barth. Linck devenu bourgeois de Strasbourg, se maria trois
fois : en 1581, en 1589 et en 1605 (MEYER, loc. cit., p. 259). Il semble bien que le «Barthlime Linck» qui, en 1553, a mis son nom sur notre vitrail, et le « Bartholome Lingk » qui, en 1597, fait baptiser son fils du même nom, soient deux personnages différents. Notre maître est probablement le père, domicilié en Suisse et y restant, tandis que le fils émigre et se fait bourgeois de Strasbourg. Le fils de celui-ci, baptisé à Strasbourg en 1597, le troisième Barth. Linck qui nous soit connu, pourrait être alors le monogrammiste r. (B. L.), l'auteur de notre numéro 28 a daté de 1628, et le collaborateur de Laurent Linck (autre fils né à Strasbourg en 1582, de Bart. Linck II),
pour la célèbre série des vitraux de l'ancienne abbaye de Molsheim, datés de 1622 à 1631 (LASTEYRIE, Histoire de la peinture sur verre, Paris, 1857, in-fol., pl. xcvm et xcix ; Peintres-verriers étrangers à la France, p. 16). Ainsi, trois générations correspondraient à une période de près de cent ans, s'étendant de 1530 (date de naissance approximative du Barth. Linck du vitrail de 1553) à 1630 (date des vitraux alsaciens signés B. L. et attribués à Barthélémi Linck III), ce qui est conforme aux observations de la statistique historique.

Malgré la note du registre de Strasbourg, qui le qualifie de Zuricois, ni Barthélémy II, ni son père, n'apparaissent parmi les peintres-verriers de Zurich ; il est d'autant plus plausible de classer notre vitrail, conformément aux caractéristiques de son style, parmi les vitraux provenant d'ateliers de la Suisse centrale."

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Published by jean-yves cordier - dans Héraldique Renaissance Fou. Sauvage.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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